Coran › Sourate 11 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 11 trad. humaine
11- SOURATE DE HOUD
123 versets
Révélée à la Mecque, à l'exception des versets 12, 17 et 114 révélés à
Médine
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
'Alif-Là"m-ra kitâbun 'uhkimat 'â*yâtuhû tumma fussilat mi-l-ladun
hakîmin habîrin (1) 'allâ ta'budîî 'illâ-L-Lâha 'innanî lakum minhu nad
îrun wa baSirun (2) wa 'ani-stagfïrû rabbakum tumma tûbîî 'ilayhi yu-
matti'kum matâ'an hasanan 'ilâ 'ajalim musamman wa yu'ti kulla dî
fadlin fadlahû wa 'in tawallaw fa'innî 'ahâfu 'alaykum 'adâba yawmin
kabîrin (3) 'ilâ-L-Lâhi marji'ukum wahuwa 'alâ kulli say'in qadîrun (4).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Alif-Lam-Ra. Voici un livre conçu en versets fondamentaux et d'autres
qui constituent des développements de la part du Sage et de l'Instruit (1)
N'adorez qu'Allah. Je suis chargé de Lui de vous avertir et de vous annon-
cer la bonne nouvelle (2) Implorez le pardon de votre Maître. Soumettez-
vous à Lui. Il vous assurera une vie paisible jusqu'au terme fixé. Il recon-
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naîtra à chacun ses mérites. Si vous restez rebelle, je crains pour vous un
châtiment qui fasse date (3) C'est à Allah que vous ferez retour. Il est tout-
Puissant (4).
Le Coran est un Livre céleste révélé par un Sage et un Informé,
dont ses versets sont renforcés et expliqués où on ne trouve aucune
ambiguité, qui appelle les hommes à n'adorer qu'un Dieu seul sans Lui
reconnaître des associés.
«Je suis chargé par Lui de vous avertir et de vous annoncer la bonne
nouvelle» Si vous désobéissez à Dieu vous encourrez Sa colère et su-
birez Son châtiment, et par contre, si vous Lui obéissz vous serez ré-
compensés.
Dans un hadith authentifié on rapporte que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - monta un jour sur le mont As-Safa et
appela les phratries des tribus Qoraïchites une par une, les plus pro-
ches puis les moins proches. Une fois fes hommes réunis, Il leur dit:
«O Qoraïchites! «Si je vous dis que l'ennemi va vous attaquer de jour, me
croirez-vous?» Ils lui répondirent: «Certes oui car tu n'a jamais raconté
de mensonges». Il répliqua: «Alors je suis pour vous un avertisseur qui
vous met en garde contre un châtiment atroce et proche» (Rapporté par
Boukhari) (1 >.
«Implorez le pardon de votre Maître. Soumettez-vous à Lui» Deman-
dez pardon à votre Seigneur pour absoudre vos péchés précédents et
revenez vers Lui en vous soumettant à Lui pour être sauvés de ce qui
vous attend, persévérez-y et alors: «Il vous assurera une vie paisible»
dans ce bas monde «jusqu'au terme fixé. H reconnaîtra à chacun ses mé-
rites» dans la vie future. Ce verset, comme a dit Qatada, est pareil à
celui-ci: «Quiconque, mâle ou femelle, fait le bien tandis qu'il est croyant,
sûrement nous lui ferons vivre une excellente vie» [Coran XVI, 97].
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Dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu - qu'Aliah le bénisse
et le salue - a dit à Sa'd: «Tu ne fais une dépense en vue de Dieu sans que
tu ne sois récompensé, même pour la nourriture que tu mets dans la bouche
de ta femme».
Quant aux dires de Dieu: «Il reconnaîtra à chacun ses mérites» Ibn
Mass'oud a dit: «Quiconque commet une mauvaise action on la lui ins-
crira comme telle. Celui qui fait une bonne action, elle lui sera décu-
plée. S'il a été puni dans le bas monde pour une mauvaise action, les
dix bonnes actions resteront dans son actif. Mais s'il n'en a pas été pu-
ni, une seule bonne action sera soustraite et il lui restera neuf». Puis il
poursuivit: «Sera péri et perdu quiconque ses «unités» l'emporteront
sur ses «dizaines».
«Si vous restez rebelle, je crains pour vous un châtiment qui fasse
date» c'est une menace lancée à quiconque se détourne des enseigne-
ments de Dieu, traite Ses Prophètes des menteurs, car un châtiment
inéluctable l'attend au jour de la résurrection.
«C'est à Allah que vous ferez retour. Il est tout-Puissant» Tous les
hommes sans exception retourneront vers Dieu. Comme II est puissant
sur toute chose, Il rétribuera ses saints serviteurs par la plus belle ré-
compense, se vengera de Ses ennemis. Il y en a là donc une exhorta-
tion et un avertissement.
'alâ* 'innahum yatnûna sudurahum liyastahfû minhu 'alâ hîna
yastagsûna tiybahum ya'lamu mâ yusirrûna wa mâ yu'limûna 'innahû
'alîmn bidâti-s-sudûri (5).
Ils tournent le torse pour se cacher d'Allah. Oublient-ils qu'à l'instant
même où ils s'habillent, Allah sait ce qu'ils pensent et ce qu'ils expriment,
..< /X iii.ii vu it «tans» le tréfonds des CCEUXS (5).
En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit que les hommes, dans
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le temps, avaient honte de s'exposer au ciel entièrement nus quand ils
commerçaient avec leurs femmes.
Dans une autre interprétation, toujours d'après Ibn Abbas, il a dit:
En commettant les mauvaises actions, ou en disant quelque chose, ils
se couvraient de leurs vêtements pour se cacher de Dieu ou ils se re-
pliaient sur eux-mêmes. Dieu leur fait connaître «qu'à l'instant même où
ils s'habillent, Allah sait ce qu'ils pensent et ce qu'ils expriment» c'est à
dire même à l'instant où ils se couvrent de leurs vêtements dans les
ténèbres de la nuit, Il connaît ce qu'ils expriment et font, soit en secret,
soit ouvertement car «Allah voit dans le tréfonds des cœurs».
Abdullah Ben Chadad rapporte que lorsque quelqu'un passa par
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - il se repliait sur lui-
même et cachait sa tête. Dieu alors fit cette révélation.
wamâ min da bbatin fî-l-ardi 'illâ 'alâ-L-Lâhi rizquhâ wa ya'lamu musta-
qarrahâ wa mustawda'ahâ kullun fi kitâbim-mubînin (6).
H n'y a pas de créature sur terre qui n'attende d'Allah sa nourriture,
dont Allah ne connaisse à la fois la demeure et le lieu de sa mort. Tout est
écrit dans le Livre authentique (6).
Il incombe à Dieu de pourvoir aux besoins de Ses créatures et de
leur assurer la subsistance. Que cette créature (litt. bête) soit petite ou
grande, Il connaît son gîte et son repaire. Suivant une interprétation de
Ibn Abbas: Il connait son gîte et son dépôt c'est à dire le lieu de sa
mort. Pour Moujahed: il s'agit de demeure qui est l'utérus et du dépôt
qui est les reins. Tout cela est consigné dans un livre évident auprès
de Dieu, comme II a dit: «Nous n'avons rien omis dans le livre de la créa-
tion. Comme tous les autres êtres, ils retourneront à leur Seigneur» [Coran
VI, 38]. Il l'affirme également dans ce verset: «n sait ce que recèlent le
s«;mn lu «.«srrc et l'abi-IVe des mers. W n'est pas une feuille qui tombe, <|UÏ
n ne le sache, n n'est pas une molécule dans les entrailles de la terre, une
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brindille verte on sèche qui ne soient dénombrées dans le sommier de la
création» [Coran VI, 59]. Donc tout est écrit dans un livre évident.
wa huwa-l-ladî halaqa-s-samâwâti wa-l-'arda fî sittati 'ayyâmin wa kâna
'arsuhû 'alâ-^-mâ* 'i liyabluwakum 'ayyukum 'ahsanu 'amalan wa la 'in
qulta 'innakum mab'ûtûna mim ba'di-l-mawti layaqûlanna-l-ladîna kafa-
rïï 'in hadâ" 'illâ sihrum mubînun (7) wa la'in 'ahharnâ 'anhumu-l-'ad
âba 'ilâ 'ummatim ma'dûdatin liyaqûlunna mâ yahbisuhtî 'alâ yawma
ya'tihim laysa masrûfan 'anhum wa hâqa bihim mâ kânû bihî yastah-
zi'ûna (8).
C'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours. Son Trône était
sur les flots. Il avait pour but de faire apparaître quels étaient les meilleurs
d'entre vous. Et quand tu leur dis qu'ils ressusciteront après leur mort, les
infidèles ne manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie (7) Si
nous reculons leur châtiment à une date ultérieure, les voilà qui disent:
«Qu'est-ce qui empêche ce châtiment?» Qu'ils le sachent, le jour où il se
produira, rien ne pourra les en sauver. Ce qu'ils traitent avec raillerie les
accablera (8).
Dieu est certes capable sur toute chose. Il a créé les cieux et la
terre en six jours, Son Trône était sur l'eau. L'imam Ahmed rapporte
d'après Imran Ben Houssayn que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - a dit: «O Bani Tamim, ayez cette bonne nouvelle»
Ils lui répondirent: «Tu nous l'as déjà annoncée, donne-nous donc». Il
-O Us,kiiaM», de Vamen, acceptez cette bonne nouvelle» Ils
lui dirent: «Nous l'avons acceptée. Raconte-nous donc au sujet de la
création de cet univers». Il répliqua: «Dieu existait avant tout. Son
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Trône était sur l'eau. Il a écrit sur la Tablette Gardée tout ce qui existe-
ra». A ce moment, reprit Imran, un homme vint me dire que ma cha-
melle s'est détachée de son licol. Je partis à sa recherche et j'ignore
ce que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit après ma
sortie».
Abdullah Ben Amr Ben AI-'As rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit:
«Dieu a prédestiné à toutes les créatures leurs termes et leurs biens avant
la création des deux et de la terre de cinquante mille ans. Son Trône était
sur l'eau» (Rapporté par Mouslim/ 11 '.
Dieu créa les cieux et la terre afin que les hommes en profitent et
L'adorent sans rien Lui associer. Aucune chose soit-elle dans les cieux
ou sur la terre nfa été créée vainement et sans un but déterminé. Plu-
sieurs versets du Coran en parlent et nous nous limitons à ces deux à
titre d'exemple:
- Nous n'avons pas créé sans but le ciel et la terre et ce qui les sépare»
[Coran XXXVIII 27].
- Peut-être pensiez-vous que vous aviez été créés sans but et que vous
ne nous feriez jamais retour? Qu'il soit exalté le vrai Souverain» [Coran
XXIII, 27].
Lorsque Dieu a mentionné les œuvres, Il n'a pas exigé la «quan-
tité» mais «la qualité» et ceci pour éprouver Ses serviteurs et pour sa-
voir qui d'entre eux accomplissent les meilleures actions «H avait pour
but de faire apparaître quels étaient les meilleurs d'entre vous».
Aucune action ne serait agréée de Dieu si elle n'était accomplie
en vue de Lui et conforme aux normes qu'a précisées le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue -. Si l'une d'elles n'est pas conforme à
une de ces deux actions, elle serait nulle.
«Et quand tu leur dis qu'ils ressusciteront après leur mort» Si, Ô Mou-
hammad, tu avertis les idolâtres qu'ils seront ressuscités après la mort,
«kl
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et comme ils ont été créés ils seront ramenés à la vie, ils nieront la ré-
surrection et le rassemblement attribuant à Dieu son incapacité de
faire une chose pareille, alors que. ce sera pour Lui une affaire plus fa-
cile que la première création, comme II l'affirme dans ce verset: «C'est
Lui qui fait naître et renaître la création. H Lui est encore plus facile de la
faire renaître» [Coran XXX, 27]. Obstinés et rebelles «les infidèles ne
manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie» En plus ils préten-
dent que ceux qui croient à un tel phénomène ne sont que ceux qui
sont ensorcelés par les propos du Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue -.
«Si nous reculons leur châtiment à une date ultérieure» En d'autres
termes, si nous écartons d'eux le châtiment jusqu'à une date détermi-
née, où ils seront jugés en leur accordant un répit, ils répondent avec
impertinence: «Qu'est-ce qui empêche ce châtiment?» parce qu'ils sont
enclins au douté et au mensonge, et ils ne trouvent aucun autre pré-
texte.
wa la'in 'adaqnâ-l-insâna minnâ rahmatan tumraa naza'nâha minhu 'in-
nahu laya'ûsun kafûrun (9) wa la'in 'adaqnâhu na'mâ A 'a ba'da darra'a
massathu liyaqûlanna d ahaba-s-sayyi'âtu 'annî 'innahû lafarihun
fahûrun (10) 'illâ-l-ladîna sabarû wa 'amilû-ss-sâlihâti 'ûlèT'ika lahum
magfiratun wa 'ajrun kabîrun (11).
Si nous accordons à l'homme notre bénédiction et que nous la lui reti-
rions, le voilà en proie au désespoir et au ressentiment le plus vif. (9) Le
faisons-nous bénéficier d'un bienfait après une période d'adversité, il s'écrie:
«Enfin, c'en est fini de mes malheurs» Car, il est inconséquent et prompt à
s'enorgueillir. (10) Ceux qui sont constants et pratiquent les bonnes œuvres
ceux-là sont pardonnes et recevront une belle récompense (11).
L'homme de par sa nature possède des caractères répugnants, à
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l'exception de ceux qui jouissent de la miséricorde de Dieu. Une fois
infligé par un malheur quelconque après une période d'aisance, le voilà
désespéré et pessimiste ne voyant devant lui qu'un future sombre et,
d'autre part, il manifeste son ingratitude c'est comme il n'a jamais
connu une période prospère et aisée. Ainsi est son cas quand il goûte
un bienfait divin après que le malheur l'a touché, il s'écrie: «Les mal-
heurs se sont éloignés de moi» convaincu qu'il n'en sera plus infligé.
Alors il se montre joyeux et fier: joyeux à cause de ce qu'il dispose
comme bienfaits, et fier en s'enorgueillissant sur les autres.
Mais il en est des hommes qui sont à l'inverse de la catégorie pré-
cédente. Ils sont «ceux qui sont constants» en endurant les malheurs
sans se plaindre «et pratiquent les bonnes œuvres» en état d'aisance et
de bonne santé. «Ceux-là sont pardonnes» à cause de leurs malheurs
qu'ils ont supporté «et recevront une belle récompense» pour prix de leurs
bonnes actions qu'ils ont accomplies pendant la période d'aisance.
Il est cité dans un hadith que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - a dit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main, tout
mal qui atteint le croyant, s'agit-il d'une lassitude, maladie, détresse ou an-
goisse, même une piqûre d'épine, lui vaut de la part de Dieu une rémission
de ses péchés» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1 K
Et dans les deux Sahihs on trouve également ce hadith: «Par celui
qui tient mon âme dans Sa main, Dieu ne décrète une chose pour le
croyant sans qu'elle ne soit un bien pour lui. En effet lorsqu'un bonheur
l'atteint, il est reconnaissant et ceci est un bien pour lui, et lorsqu'un mal-
heur le frappe, il se montre constant, et cela est encore un bien pour lui.
Nul autre que le croyant ne lui adviendra une chose pareille» (Rapporté
par Boukhari et Mouslim) (2) .
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fala'allaka târikum-ba'da mâ yûha 'ilayka wa da'iqum-bihî sadruka 'ay-
yaqûlû lawlâ 'unzila 'alayhi kanzun 'aw jï'a ma'ahû malakun 'innamlf
'anta nadîrun wa-L-Lâhu 'alâ kulli Say'in wakîlun (12) 'am yaqûlûna.ft-
arâhu qui fa'tû bi'asri suwarim-mit lihî muftarayâtin wa-d'û mani-
stata'tum min dûni-L-Lâhi 'in kuntum sâdiqîna (13) fa'il-lam yastajîbû
lakum fa'lamïï 'annamà" 'unzila bi 'ilmi-L-Lâhi wa 'a-l-lâ* 'ilâha 'illâ hu-
wa fahal 'afitum muslimûna (14).
Vas-tu délaisser une partie de ce qui t'a été révélé, laisseras-tu faiblir
ton courage quand tu les entendras dire: «Que ne lui envoie-t-on un trésor
ou que ne lui adjoigne-t-on un ange?» Rappelle-toi que tu n'es qu'un simple
avertisseur et qu'Allah est le représentant de tout l'univers. (12) Ils s'obsti-
nent à dire que le Coran est une invention du Prophète. Réponds:
«Composez seulement dix sourates semblables aux miennes. Et, pour cela,
recourez à toutes les divinités que vous pourrez en dehors d'Allah, si vous
êtes sincères» (13) S'ils s'avèrent incapables, apprenez que ce Coran est ré-
vélé par la volonté d'Allah et qu'il n'y a d'autre Allah que Lui. Finirez-vous
par croire?» (14).
Dieu, par ces versets, réconforte Son Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - pour le laisser oublier ce que les idolâtres lui attri-
buent, par exemple quand «les méchants ajoutent: «Vous ne suivez qu'un
homme possédé» [Coran XXV. 8]. Il lui ordonne de ne plus ressentir de
l'angoisse à entendre des propos pareils et de persévérer dans l'appel
à Dieu de jour et de nuit sans se lasser, comme II a dit: «Nous savons
que leurs propos oppressent ton cœur» [Coran XV, 97].
«Vas-tu délaisser une partie de ce qui t'a été révélé, laisseras-tu faiblir
ton courage quand tu les entendras dire...» Sache que tu n'es qu'un aver-
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tisseur comme les autres prophètes qui t'ont précédé, qui ont été traités
d'imposteurs et même on leur a nui, ils ont tout enduré jusqu'au mo-
ment où ils ont été secourus par Dieu à Lui la puissance et la gloire.
Puis Dieu montre le caractère inimitable du Coran et que nul ne
pourra produire un livre pareil, ou dix sourates qui lui soient sembla-
bles ou même une seule sourate.. Car les paroles divines ne sont nul-
lement pareilles à celles de ses créatures, tout comme Ses qualités
diffèrent totalement des leurs; ainsi que Sa nature. Qu'il soit élevé et
exalté.
«S'ils s'avèrent incapables» si donc ils ne vous répondent pas, sa-
chez qu'ils ne pourraient plus le faire car le Coran est descendu avec
la science de Dieu, renfermant Ses ordres et Ses interdictions. Sou-
mettez-vous donc à Lui et sachez qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui.
man kâna yurîdu-l-hayâta-d-dunyâ wa zînatahâ nuwaffi 'ilayhim
'a'mâlahum fîhâ wa hum fîhâ Iâ yubhasûna (15) 'ûla 'ika-l-ladîna laysa
lahum fî-l-'âhirati 'illâ-n-nâru wa habita mâ sana'û fîhâ wa batilum-mâ
kânû ya'malûna (16). .* v " t
Ceux qui se confinent dans les plaisirs et le luxe du monde, nous rétri-
buerons leurs œuvres dans ce monde même, sans chercher à les dépré-
cier (15) Mais, dans l'autre monde, ils n'auront que l'enfer pour partage.
Leurs œuvres n'auront aucune valeur. Et on infirmera ce qu'ils ont fait sur
terre (16).
Ibn Abbas a commenté: On rétribue les bonnes œuvres des hypo-
crites dans le bas monde et ils ne sont pas lésés d'une pellicule de
datte».
Dieu veut dire par ce verset: Quiconque accomplit une bonne œu-
vre, s'agit-il d'un jeûne ou d'une prière, rien que pour acquérir les
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biens de ce monde, Je les lui accorde, mais, dans la vie future, ses
œuvres seront vaines et il sera perdant».
- Anas et Al-Hassan ont précisé que ce verset fut descendu au su- -
jet des gens d'Ecriture: les juifs et les chrétiens; tandis que Moujahed
a trouvé qu'il concerne tous les hypocrites.
Qatada a commenté: «Quiconque dont le bas monde est son but
et sa préoccupation. Dieu rétribue ses bonnes œuvres dans le bas
monde mais dans l'autre il ne trouvera dans son actif aucune bonne
action pour en être rétribué. Quant au croyant il récoltera une double
récompense: une dans la vie d'ici-bas et une dans l'au-delà; tout
comme Dieu l'affirme dans ce verset: «Que ceux qui recherchent la vie
de ce monde sachent que nous en accordons les plaisirs à qui nous voulons
et dans la mesure que nous voulons. Qu'ils sachent aussi que nous leur ré-
servons l'enfer" où ils seront précipités, couverts d'opprobre et rejetés par
tous. Celui qui désire la vie future, qui s'efforce de la mériter et qui a la
foi, Allah lui en saura gré» [Coran XVII, 18-19].
Ce qui est aussi confirmé par ce verset: «Celui qui peine en vue de
la vie future, nous estimerons ses efforts au-delà de leur valeur. Celui qui
peine en vue de ce monde, nous laisserons aboutir ses efforts. Mais il n'au-
ra aucune part dans l'autre» [Coran XLII, 20].
H fâ&i <é ùé us. ùi & & sf &
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'afaman kâna 'alâ bayyinatim-mi-r-rabbihî wa yatlûhu sâhidum-minhu
wa min qablihî kitâbu Mûsa 'imâman wa rahmatan 'ula 'ika yu'minûna
bihî wa may-yakfur bihî mina-l-'ahzâbi fa-n-nâru maw'iduhû falâ taku fî
miryatim minhu 'innahu-l-haqqu mi-r-rabbika wa lâkinna 'aktara-n-nâsi
lâ yu'minûna (17).
Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révéla-
tions de leur Seigneur et au Livre de Moïse, guide et bénédiction du ciel, et
qui calquent leur conduite sur leurs croyances? Les voilà, les vrais croyants.
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Ceux qui nient le Livre sont promis à l'enfer. N'aie aucun doute sur l'au-
thenticité du Livre. C'est la vérité apportée par ton Seigneur. Mais la plu-
part des hommes sont incrédules (17).
Tel est le cas des croyants ils sont conformes à la nature que
Dieu a donnée aux hommes, c'est à dire soumis, ou selon une inter-
prétation nés sur l'islamisme. Dieu ordonne à Son Messager - qu'Allah
le bénisse et le salue -: «Suis fermement ta religion dans toute sa rigueur.
C'est une obligation inhérente à la nautre de l'homme» [Coran XXX, 30].
A ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a
dit: «Tout enfant est né sur la «Fitra» (l'islamisme) . Ses parents font de
lui un juif, un chrétien ou un mazdéen ( Rapporté par Boukhari et Mous-
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit aussi:
«Dieu Très Haut dit: «J'ai créé tous Mes serviteurs des musulmans-sou-
mis. Les démons viennent emporter leur religion, leur interdisent ce que Je
leur ai rendu licite. Ils leur ordonnent de M' associer ce à quoi je n'ai confié
aucun pouvoir» (Rapporté par Mouslim) ,2] .
«Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révéla-
tions de leur Seigneur». Cette partie du verset, qui ne donne pas exac-
temnt le sens du texte arabe est interprétée de la façon suivante: «Que
dire alors de ceci qui est basé sur une preuve venant de son Seigneur et
qu'un témoin de Sa part récite». On peut dire, et c'est d'ailleurs la vérité,
que toutes les lois divines successives révélées aux Prophètes complè-
tent les unes les autres et sont terminées par celle de Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue - la parfaite qui aborge toutes les autres
étant la dernière. Ce témoin de la part du Seigneur n'est autre que le
Coran transmis par Gabriel au Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - et divulgué par celui-ci à sa communauté d'abord mais, en fait, à
tous les hommes.
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«et an Livre de Moïse» qui est le Pentateuque (ou la Torah) «guide
et bénédiction du ciel» que Dieu le fit descendre comme un guide au
peuple de Moïse et une miséricorde. Quiconque y croit fermement sera
guidé à croire au Coran, voilà le sens des dires de Dieu: «et qui cal-
quent leur conduite sur leurs croyances? Les voilà les vrais croyants».
Puis contre ceux qui traitent le Coran ou une partie de lui de men-
songe, Dieu lance cette menace: «Ceux qui nient le Livre sont promis, à
l'enfer» parmi les habitants de la terre, les incrédules, les idolâtres, les
gens du Livre et tous ceux que le Coran leur est parvenu. D'ailleurs,
Dieu à déjà averti tous les hommes en chargeant Son Prophète - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - de dire: «Ce Coran m'a été révélé pour que
vous soyez avertis ainsi que tous ceux qu'il touchera» [Coran VI, 19].
Donc ceux-là sont voués au Feu s'ils n'y croient pas.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Par ce-
lui qui tient mon âme dans Sa main, tout homme qui entend parler de mon
message qu'il soit juif ou chrétien et n'y croit pas, entrera à l'Enfer»
(Rapporté par Mouslim) 1 ' 1 .
Sa'id Ben Joubaïr a commenté: «Entendant les propos du Pro-
phète - qu'Allah le bénisse et le salue - cités dans le hadith précédent,
je me demandai: «Quel verset du Coran corrobore les dires du Pro-
phète? A la fin j'ai trouvé celui-là: «Ceux qui nient le Livre sont promis à
l'enfer».
«N'aie aucun doute sur l'authenticité du Livre. C'est la vérité apportée
par ton Seigneur». Il ne faut donc jamais douter de cette révélation, un
ordre venant de Dieu qu'on rencontre souvent dans le Coran dont voici
un verset à titre d'exemple: «Voilà le Livre qui ne doit pas être mis en
doute» [Coran II, 2].
Mais la plupart des hommes n'y croient pas malgré les preuves
évidentes et l'authenticité de ce Livre.
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wa man 'azlamu mimmani-ftarâ 'alâ-L-Lâhi kadiban 'ûlîî'ika yu'radûna
'alâ rabbihim wa yaqûlu-l-'aShâdu h2'ulâ~i-l-ladîna kadabû 'alâ rabbihim
'alâ la'natu-L-Lâhi 'alâ-z-zâlimîna (1§) 1-ladîna yasuddûna 'an sabîli-L-
Lâhi wa yabgunahâ 'iwajan wa hum bi-l-'âhirati hum kâfirûna (19)
'ûla'ika lam yakûnû mu'jizîna fî-l-'ardi wamâ kâna lahum min dûni min-
* L-Lâhi 'awliyîf'a yudâ'afu lahumu-l-'ad âbu mâ kânû yastatî'ûna-s-sam'a
wamâ kânû yubsirûna (20) 'ûlà~'ika-l-ladîna hasirîî 'anfusahum wa dalla
'anhum mâ kânû yaftarûna (21) lâ jarama 'annahum fî-l-'âhirati humu-1-
'ahsarûna (22).
Y a-t-il plus coupables que ceux qui inventent des mensonges sur le
compte d'Allah? Ceux-là seront confrontés avec leur Seigneur et les té-
moins s'écrieront: «Les voilà, ceux qui ont dit des mensonges sur leur Sei-
gneur». Malédiction d'Allah sur les coupables (18) Les coupables, je veux
dire ceux qui détournent leurs prochains de la voie d'Allah, qui cherchent à
rendre celle-ci tortueuse et qui ne . croient pas à la vie future (19) Ceux-là
qu'ils le sachent ne sauraient tenir Allah en échec sur terre ni trouver aucun
protecteur contre lui. Leur châtiment sera double. Ne leur répugnait-il pas,
en effet, d'entendre ou de voir tout ce qui touchait à la vérité? (20) Ils se se-
ront perdus eux-mêmes et ils invoqueront en vain les divinités qu'ils ont in-
ventées (21) Assurément, ils seront parmi les plus maltraités dans l'autre
monde (22).
Les injustes et ceux qui auront forgé des mensonges contre Dieu
seront dénoncés devant tout le monde au jour de la résurrection. A ce
456
propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu
rapprochera de Lui le croyant (au jour de la résurrection) , Il le prendra à
Ses côtés, le dissimulera (des regards des autres) et lui dira: «Reconnais-tu
tel péché? Reconnais-tu tel péché?» Il Lui répondra: «Certes oui, Seigneur»
Une fois qu'il a reconnu tous ses péchés, et que le croyant aura le senti-
ment d'être perdu, Dieu lui dira: «Je les ai dissimulés pour toi dans le bas
monde et aujourd'hui Je te les pardonne». Puis on lui donnera le livre de
ses bonnes actions. Quant aux incrédules et hypocrites, leurs témoins di-
ront: «Les voilà, ceux qui ont dit des mensonges sur leur Seigneur. Malé-
diction d'Allah sur les coupables» ( Rapporté par Boukhari, Mouslim et
Ahmed d'après Ihn Omar) rl! .
«Les coupables, je veux dire ceux qui détournent leurs prochains de la
voie d'Allah, qui cherchent à rendre celle-ci tortueuse» Ceux qui repous-
sent les autres à suivre la voie de la vérité et les empêchant à emprun-
ter le chemin qui les mène à Dieu à Lui la puissance et la gloire, en
leur rendant cette voie tortueuse. Ceux-là ne croient pas à la vie fu-
ture.
«Ceux-là, qu'ils le sachent ne sauraient tenir Allah en échec sur terre
ni trouver aucun protecteur» ils ne pourraient plus réduire Dieu à l'im-
puissance et ils sont toujours sous Son pouvoir et II est capable de se
venger d'eux à tout moment. Mais II leur a accordé un délai jusqu'au
jour où leurs yeux se fixeront d'horreur. A cet égard l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde un répit à l'injuste,
mais quand II le saisira, Il ne le lâchera plus».
Ceux-là, le châtiment sera doublé pour eux, car Dieu leur avait
donné des oreilles, des yeux et des cœurs; mais ni leurs oreilles, ni
leurs yeux, ni leurs coeurs ne leur ont servi à quoi que ce soit. Ils
étaient comme des sourds qui n'ont pas entendu la voix de la vérité et
ÎIJLT ^Ji ejyuî ttiS v_Ji ^jjJ ÏUT ^-Ji lJjJ :*) J^iy l(J .UI
457
l'-
aveugles n'ayant pas vu son chemin. Dieu les décrit clairement dans
ce verset: «Ils diront alors: «Si nous avions écouté et si nous avions été
raisonnables, nous ne serions pas parmi les damnés» [Coran LXVII, 10].
«Us se seront perdus eux-mêmes et ils invoqueront en vain les divinités
qu'ils ont inventées. Ceux-là seront au jour du compte final les plus
grands perdants où ils goûteront le feu ardent qui ne s'éteindra pas. Ils
y invoqueront en vain les idoles et les statues qu'ils adoraient en de-
hors de Dieu, mais au contaire, ces divinités ne feront qu'à leur nuire
davantage, tout comme lorsque Abraham a dit à son peuple: «Au jour
de la résurrection, vous vous renierez et vous vous maudirez les uns les au-
tres. L'enfer sera votre démeure vous n'aurez aucun soutien» [Coran XXIX,
25].
Les coupables seront les grands perdants au jour de la résurrec-
tion parce que, dans le bas monde, ils avaient préféré, à cause de
leurs péchés, l'eau bouillante aux délices du Paradis, la nourriture des
damnés aux houris aux grands yeux, et i'abime aux palais. Sans doute
ils sont les perdants.
'inna-l-ladîna 'â'mahû wa 'amilû-s-sâlihâti wa 'ahbatïï 'ilâ rabbihim
'ûla 'ika 'ashâbu-l-jannati hum fîhâ hâlidûna (23) matalu-l-farîqayni ka-1-
'a'mâ wa-l-'asammi wa-l-basîri wa-s-samî'i hal yastawiyâni matalan 'afa-
lâ tadakkarûna (24).
Ceux qui croient, pratiquent les bonnes œuvres et s'humilient devant
leur Seigneur, ceux-là auront le paradis pour séjour éternel (23) Incrédules
et croyants sont comparables à l'aveugle et au sourd et à celui qui voit et
entend. Ces deux sortes de personnes peuvent-elles être confondues? Fini-
rez-vous par comprendre? (24).
Après avoir montré le cas et le sort des réprouvés, Dieu parle des
bienheureux ceux qui ont cru et fart de bonnes œuvres, et qui auront
i
458
le Paradis comme récompense. Ils y trouveront les demeures élevées,
les fruits à portée de leurs mains, les vierges bonnes et belles, les dif-
férents fruits. Ils auront l'occasion de regarder leur Seigneur, le créa-
teur des cieux et de la terre. Ils y demeureront pour l'éternité, resteront
toujours jeunes, n'éprouveront aucune maladie, ne cracheront pas et
ne moucheront pas. Tous ces déchets ne sortiront que comme un rot
et leur sueur sera comme du musc.
Faisant la comparaison entre les deux catégories, Dieu démontre
que les damnés et les croyants ressemblent à un aveugle et un sourd
et à celui qui voit et entend. L'incrédule est pareil à un aveugle qui ne
voit ni connait le chemin du bien, sourd qui n'entend pas les argu-
ments et les exhortations pour en tirer profit. Car si Dieu avait reconnu
quelque bien en eux II aurait fait en sorte qu'ils entendent.
Quant au croyant, il est intelligent et perspicace, capable de distin-
guer entre la vérité et l'erreur, et par la suite, il suit la premier et dé-
laisse l'autre. Il entend l'argument et les preuves pour en profiter.
«Finirez-vous par comprendre?» que ces deux sortes de personnes
ne sont plus semblables comme l'affirme ce verset: «Les élus du Para-
dis ne sauraient être comparés aux damnés de l'Enfer. Bienheureux les élus
du Paradis» [Coran XLIX, 20] et celui-ci n'est qu'une autre affirmation:
«L'aveugle ne saurait être assimilé à celui qui voit, pas plus que les ténè-
bres à la lumière, pas plus que l'ombre à la chaleur. Les vivants ne sau-
raient être assimilés aux morts» [Coran XXXV < 19-22].
walaqad 'arsalnâ Nûhan 'ilâ qawmihT 'innî lakum nadîrum mubî-
nun (25) 'a-l-î ta'budïï 'illâ-L-Lâha 'innT 'ahâfu 'alaykum 'adâba yaw-
min 'alîmin (26) faqâla-l-mala'u-l-ladîna kafarû min qawmihî mâ narâka
'illâ basaram-mitlanâ wamâ narâka-t-taba'aka 'illâ-l-ladîna hum 'arâd
459
ilunâ bâdiya-ra'yi wamâ narâ lakum 'alaynâ min fadlim bal nazunnukum
kâdibîna (27).
Nous envoyâmes Noé à son peuple. «Je suis chargé, dit-il, de vous
avertir solennellement (25) N'adorez qu'Allah. Sans quoi je crains que vous
ne subissiez un châtiment douloureux». (26). Les puissants de son peuple,
qui ne croyaient pas, lui tinrent ces propos: «Tu ne nous parais pas fait au-
trement que nous. Tu n'as pas pour adeptes que la lie du peuple. Aucune
grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous. Bien plus, nous vous
prenons pour des imposteurs» (27).
Noé -que Dieu le salue- fut le premier Prophète envoyé vers les
polythéistes, les adorateurs des idoles. Il leur dit: «Je suis chargé de
vous avertir solennellement» de n'adorer que Dieu seul sinon vous subi-
rez Son châtiment terrible. Si vous persévérez dans votre idolâtrie, je
crains pour vous le châtiment d'un jour douloureux.
j
«Les puissants de son peuple» qui sont les chefs et les élites parmi
les mécréants lui répondirent: «Tu ne nous parais pas fait autrement que
nous». Tu n'es ni ange ni un autre être mais un mortel comme nous,
comment pourrait-il que tu reçoives une révélation en dehors de nous?
Bien plus, nous ne te voyons, à première vue suivi que par les plus
méprisables d'entre nous, tels que les marchands, les tiscerands et
leurs similaires, sans qu'il y ait parmi eux ni chef ni distingué. D'autant
plus, ceux qui t'ont suivi, ils ont agi à l'aveuglette. «Aucune grâce parti-
culière ne vous élève au-dessus de nous» Donc ni création ni caractère ne
vous donnent sur nous aucune supériorité en suivant cette nouvelle re-
ligion. «Bien plus, nous vous prenons pour des imposteurs» en nous appe-
lant à la piété, l'adoration d'un Dieu unique et au bonheur.
Cette opposition des incrédules à Noé et ses adeptes ne prouve
que leur ignorance et leur manque de perspicacité. Que ceux qui sui-
vent la vérité soient des pauvres ou des méprisables cela ne la déni-
gre pas et ne la conteste jamais, même si, en même temps, les chefs
et les avisés la suivent. Ce qui est logique et naturel que les vertueux
et les justes suivent la vérité même s'ils sont des pauvres, et les mé-
prisables soient ceux qui la nient même s'ils sont des riches et puis-
sants. L'exemple que nous donne la société est le plus grand témoin
quand les chefs, riches et orgueilleux s'opposent à la vérité, la preuve
460
est les dires de Dieu: «Mais ils disent: «Nous avons trouvé nos pères atta- *
chés à ce culte et nous marchons sur leurs fraces» [Coran XLIII, 22].
Dans un long récit rapporté par Abou Soufian, lorsque Héraclius le
roi des Romains lui demanda: «Ceux qui suivent Mouhammad sont-ils
les puissants ou les faibles?», il lui répondit: «Ce sont plutôt les fai-
bles».
Que les gens croient à la vérité, à première vue, ceci n'est ni un
défaut ni une honte, car une fois cette vérité apparue, il n'y aura aucun
moyen pour la contester. Les Prophètes et messagers -que Dieu les
salue- n'ont apporté que des lois et religions claires.
«Aucune grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous» Ces pro-
pos tenus par les mécréants ne dénotent que leur aveuglement car ils
étaient très loin de la vérité, ils ne l'avaient ni vue ni entendue, dans
leur doute ils tergiversaient et dans l'au-delà, seraient les grands per-
dants.
qâla yâ qawmi 'ara'aytum 'in kuntu 'alâ bayyinatim mir-r-rabbî wa 'âtâ-
nî rahmatan min 'indihî fa 'ummiyat 'alaykum 'anulzimukumûhâ wa
'antum lahâ kârihûna (28).
Il répondit: «O mon peuple, qu'y puis-je? Délégué vers vous avec des
preuves de mon Seigneur et pourvu de Sa grâce, ma mission vous demeure
incomprise. Vais-je vous contraindre à y croire, en dépit de votre aver-
sion?».
Et Noé de leur répondre: «Qu'y puis-je? Délégué vers vous avec des
preuves de mon Seigneur?» Voyez-vous si je m'appuie sur une" preuve ir-
réfutable envoyée par mon Seigneur et que je suis un Prophète sin-
cère, et si cela vous reste incompris ou caché sans pouvoir le saisir
«vais-je vous contraindre à y croire» et vous l'imposer alors que vous y
répugnez?
461
wa yâqawmi là" 'as'alukum 'alayhi mâlan 'in 'ajrî 'illâ 'alâ-L-Lâhi wamï
'ana bitâridi-l-ladîna "iîmanû 'innahum mulâqû rabbihim walâkinnT
'arâkum qawman tajhalûna (29) wayâqawmi may-yansurunî mina-L-Lâhi
'in tarattuhum 'afalâ tadakkarûna (30).
O mon peuple, je ne vous demande aucune rétribution. Je n'attends au-
cune récompense que d'Allah. Je ne saurais repousser ceux qui croient. Ils
ne font qu'entrer en contact avec leur Seigneur. Vous me semblez un peuple
d'ignorants (291) O mon peuple, qui me préservera de la colère d'Allah, si
je repousse ces gens? Allez-vous comprendre? (30).
Noé répliqua toujours aux incrédules: «Je ne vous demande aucun
salaire contre les conseils que je vous prodigue, mon salaire n'incombe
qu'à Dieu à Lui la puissance et la gloire. «Je ne saurais repousser ceux
qui croient» à savoir qu'ils lui avaient demandé de congédier ceux qui
avaient cru en lui par pruderie de s'asseoir avec eux, tout comme les
polythéistes de La Mecque avaient demandé à Mouhammad - qu'Allah
le bénisse et le salue - de repousser les pauvres et les faibles qui lui
tenaient compagnie pour qu'ils ne soient avec eux dans une même as-
semblée. Dieu à ce moment lui fit cette révélation: «Ne repousse pas
ceux qui implorent leur Seigneur, matin et soir» [Coran VI, 52].
walâ" 'aqûlu lakum 'indî hazâ'inu-L-Lâhi warà" 'aiamu-l-gaybi waKf
'aqûlu 'innî malakun wala 'aqûlu li-l-ladîna tazdarT 'a'yunukum lay-
yu'tiyahumu-L-Lâhu hayran 'Al-Lâhu 'a'iamu bimâ fi 'anfusihim 'innT
'ida-l-lamina-z-zâlimîna (31).
462
Je ne prétends pas disposer des trésors d'Allah ni deviner l'avenir. Je
ne prétends pas être un ange. Je ne saurais avancer qu'Allah ne gratifiera
pas ces gens que vous méprisez. Allah seul sait ce que recèlent leurs cœurs.
Si je m'arrogeais ces prérogatives, je ne serais moi-même qu'un ré-
prouvé (31).
Noé n'est qu'un Prophète chargé d'appeler les hommes à adorer
Dieu seul, sans leur demander aucune récompense. Pour cela II doit
appeler le noble et le pauvre, quiconque aura répondu à son appel au-
ra trouvé son salut. D'autre part il ne peut pas disposer des trésors de
Dieu, ni connait le mystère incommunicable sauf ce que Dieu a
voulu qu'il le sache. Il n'est plus un ange mais un mortel comme les
autres et chargé d'une mission et appuyé par des miracles et signes.
Quant à ceux que vous méprisez, je ne vous dis pas qu'ils n'auront
pas leur récompense auprès de Dieu car «Allah seul sait que recèlent
leurs cœurs» Si vraiment ils sont des croyants sincères, alors Dieu ne
les lésera pas de leurs récompenses.
qâlû yâ Nûhu qad jâdaltanâ fa 'aktarta jidâlanâ fa'tinâ bimâ ta 'iduntî
'in kunta mina-s-sâdiqîna (32) qâla 'innamâ ya'tîkura bihi-L-Lâhu 'in
sa 'a wama 'antum bi rau'jizîna (33) walâ yanfa'ukum nushu 'in 'aradtu
'an 'ansaha lakum 'in kâna-L-Lâhu yuridu'ay-yugwîyakum huwa rabbu-
kum wa 'ilayhi turja'ûna (34).
Ils dirent: «O Noé, assez discuté. Nous n'avons que trop discuté jus-
qu'ici. Provoque le malheur dont tu nous menaces, si tu es sincère» (32) Al-
lah vous l'enverra, S'il le veut. Et vous ne saurez l'en empêcher (33)
Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de rien s'il
est dans les desseins d'Allah de vous perdre. C'est votre Maître. C'est à
Lui que vous ferez retour (34).
463
Le peuple de Noé demanda de hâter le châtiment et la vengeance
de Dieu, il lui dit: «Noos n'avons que trop discuté jusqu'ici» nos discus-
sions sont devenues stériles. Invoque ton Seigneur d'abattre sur nous
Son supplice comme bon vous semble. «Provoque le malheur dont tu
nous menaces» Et Noé de répondre: «Allah vous l'enverra, s'il le veut. Et
vous ne saurez l'en empêcher». Dieu, qui est capable sur toute chose,
vous l'apportera quand II veut, ceci dépend de Sa volonté.
«Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de
rien s'il est dans les desseins d'Allah de vous perdre». Mon conseil ne
vous profiterait pas si je vous le donnais et que mon Seigneur veuille
vous dérouter et vous égarer. Il est votre Seigneur et vers Lui vous se-
rez ramenés.
'am yaqûlûna-ftarâhu qui 'ini-ftaraytuhû fa'alayya 'ijrâmî wa 'ana ba-
rî'um-mimmâ tujrîmûna (35).
Ils s'obstinent à dire que le Coran est une invention. Réponds: «Si
c'est une invention, j'en supporterai la responsabilité mais je vous laisse à
celle de vos péchés» (35).
Ce verset est une involution au milieu de l'histoire de Noé et Son
peuple. Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
de répondre à ces impies et ingrats qui t'accusent d'avoir forgé ce Li-
vre: «Si c'est une invention, j'e supporterai la responsabilité» et mon
crime retombe sur moi, «mais je vous laisse celle de vos péchés» je suis
innocent de ce que vous commettez. Je connais très bien le châtiment
qui attend quiconque aura forgé de mensonges contre Dieu.
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464
wa 'uhiya 'ilâ Nûhin 'annahû lay-yu'mina min qawmika 'illà man qad
'âmana falâ tabta'is bimâ kânû yaf alûna (36) wasna'i-l-fulka bi 'a'yuninà
wa wahyinâ walâ tuhâtibnî fî-l-ladîna zalamlî 'innahum mugraqûna (37)
wa yasna'u-l-fulka wa kullamâ marra 'alayhi mala'um-min qawmihî
sahirû minhu qâl 'in tasharû minnâ fa'innâ nasharu minkum kamâ
tasharûna (38) fasawfa ta'lamûna may-ya'tîhi 'adâbun yuhzîhi wa yahillu
'alayhi 'adâbum muqîmun (39).
Allah révéla à Noé que désormais il n'y aurait plus de nouvelles
conversions et l'exhorta à ne plus se lamenter sur la conduite de son peu-
ple (36) Construis une arche sous notre surveillance et suivant nos plans, lui
prescrivit-il, et cesse de m'apitoyer sur les incrédules. Ils périront noyés (37)
II entreprit de construire l'arche et chaque fois que les grands de son peuple
passaient près de lui, ils le tournaient en dérision. D leur disait: «Vous nous
raillez aujourd'hui, mais nous ne tarderons pas à vous railler à notre
tour» (38) Vous saurez bientôt pour qui se prépare un châtiment cruel dans
ce monde ét à qui un supplice éternel est réservé dans l'autre (39).
Pour en finir avec les incrédules et leur obstination, Noé invoqua
Dieu par ces mots: «Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle»
[Coran LXXI, 26] et: «Je suis à bout, viens à mon secours» [Coran LIV,
10]. Le Seigneur lui révéla alors: «Désormais il n'y aurait plus de nouvel-
les conversions» Nul de ton peuple vraiment ne croira que celui qui a dé-
jà cru. Donc ne t'attriste pas de ce qu'ils font et que leur sort ne te
préoccupe pas. «Construis une arche sous notre surveillance et suivant nos
plans». Construis l'arche sous nos yeux et notre révélation «et cesse de
m'apitoyer sur les incrédules. Us périront noyés».
Qatada commenta: «L'arche avait une longueur de trois cent cou-
dées et une largeur de cinquante. D'autres ont précisé: six cent en
long, trois cent en largeur et trente en hauteur dont trois étages et cha-
cun avait dix coudées de hauteur: l'inférieur était réservé aux bêtes
fauves et domestiques, le moyen aux humains et le supérieur aux oi-
seaux. Sa porte était de côté au milieu de sa largeur et un couvercle
fermait hermétiquement l'arche.
Le voyant construire cet arche, les chefs et les notables parmi son
peuple se moquaient de lui et niaient le supplice dont il les menaçait.
Et lui de répondre: «Vous nous raillez aujourd'hui, mais nous ne tarderons
465
pas à vous railler à notre tour». Un verset qui renferme à la fois un aver-
tissement et une menace sûre. «Vous saurez bientôt pour qui se prépare
un châtiment dans ce monde et à qui un supplice éternel est réservé dans
l'autre» donc un châtiment humiliant dans le bas monde -la noyade- et
un autre sans fin dans l'autre.
hatta 'idâ jâ"'a 'amrunâ wa fâra-t-tannûru qulnâ-hmil fiha min kullin
zawjayni-tnayni wa 'ahlaka 'illâ man sabaqa 'alayhi-l-qawlu waman
'âmana wama 'âmana ma'ahû 'illâ qalîlun (40).
Cette situation dura jusqu'au jour où notre décret arriva à exécution et
où l'eau se mit à bouillonner dans sa source. Nous dîmes alors à Noé:
«Embarque dans l'arche un couple de chaque espèce ainsi que les tiens, ex-
cepté ceux dont le sort est déjà réglé. Embarque aussi ceux qui croient:
«Hélas! ceux-ci n'étaient pas nombreux» (40).
Ce fut une promesse de Dieu à Noé quand viendra Son ordre,
d'envoyer une pluie torrentielle et incessante comme il est cité dans ce
verset: «Nous ouvrîmes les portes du ciel. L'eau tomba à torrents. Nous fî-
mes jaillir des sources de toute la terre. Eau de pluie et de source se
confondirent en exécution du décret d'Allah» [Coran LIV, 11-17].
Ibn Abbas commente ce fait: L'eau jaillit partout même des fours.
A ce moment Dieu ordonna à Noé «Embarque dans l'arche un couple de
chaque espèce» de toutes les créatures vivantes et plantations. Quant à
l'expression: «ainsi que les tiens, excepté dont le sort est déjà réglé» il
s'agit de sa famille et ses proches sauf qui ne partageaient pas la foi
de Noé, qui étaient son fils Yam et la femme de Noé qui était incré-
dule. Ceux qui avaient cru étaient peu nombreux malgré la longue pé-
riode qu'avait passée parmi son peuple et évaluée à neuf cent
cinquante ans. Ibn Abbas a précisé qu'il y avait sur l'arche quatre-vingt
personnes, hommes et femmes, mais Ka'b Al-Ahbar a limité le nombre
à soixante-douze et d'autres à dix. Dieu seul est le plus savant.
466
wa qâla-r-kabû fihâ bismi-L-Lâhi majrehâ wa mursâha* 'inna rabbî la
Gafûru-r-Rahîm (41) wa hiya tajrî bihim fî mawjin kal-jibâli wa nâdâ
Nûhun-bnâhû wa kâna fî ma'zalin yâ buniyya-rkab ma'anâ walâ takum-
ma'a-l-kâfirîna (42) qâla sa'âwT 'ilâ jabaliy-ya'simunî mina-l-ma"i qâla lâ
'âsima-l-yawma min 'amri-L-Lâhi 'illâ man-r-rahima wa hâla baynahu-
ma-l-mawju fakâna mina-l-mugraqîna (43).
Noé dit: «Montez dans l'arche. O mon Allah faites qu'elle vogue et
qu'elle atterrisse. O vous le clément et le miséricordieux (41) L'arche
commença à voguer au milieu d'énormes vagues, hautes comme des monta-
gnes. Noé interpella son fils qui était resté sur le rivage: «O mon fils,
monte avec nous. Ne reste pas avec les incrédules» (42). «Je me réfugierai
sur une montagne pour échapper aux eaux», répondit-il. «Nul n'échappera
aujourd'hui au décret d'Allah, répliqua Noé, si ce n'est par un effet de sa
clémence». Une vague les sépara. Le fils de Noé fut emporté par les
eaux (43).
Noé demanda aux croyants de monter dedans et que l'arche vo-
gue et arrive à destination au nom de Dieu: «Montez dans l'arche. O
mon Allah, faites qu'elle vogue et qu'elle atterrisse. O vous, le clément et le
miséricordieux». Que Dieu garde l'arche par Sa miséricorde de son
amerrissage dans sa course et à son mouillage. Dieu, en exauçant
Noé, l'exhorta à dire: «Lorsque toi et les tiens seront installés dans l'ar-
che, dis: «Loué soit Allah pour nous avoir délivrés des méchants» [Coran
XXIII, 28]. C'est une recommandation lorsqu'on monte sur une bête ou
sur un vaisseau d'invoquer le nom de Dieu et de se fier à Lui.
A ce propos Ibn Abbas rapporte que le Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - a dit: «Il est une assurance à ma communauté contre la
467
noyade de dire quand elle monte sur un vaisseau: «Au nom de Dieu, le Sou-
verain «Les hommes ne donnent pas à Allah le rang qu'îl mérite. Et, pour-
tant, Il appréhendera toute la terre dans Sa main au jour du jugement
dernier et supprimera les cieux d'un geste. Gloire à Allah. Il est au-dessus
des associés qu'on Lui donne» [Coran XXXIX, 67].
L'arche voguait avec les croyants au milieu des vagues sembla-
bles à des montagnes, même l'eau à ce moment-là dépassait les cî-
mes des montagnes à une hauteur de quinze coudées. Le vaisseau
flottait sur la surface de l'eau avec la permission de Dieu en toute sé-
curité gardé par la providence. Dieu mentionne cet événement dans un
autre verset en disant: «Au moment du déluge, nous vous avons sauvés sur
une arche, voulant vous donner ainsi une leçon et toucher les oreilles sensi-
bles» [Coran LXIX, 11-12].
Avant d'amarrer, Noé interpella son fils Yam (1) et l'invita à monter
sur l'arche avec les croyants pour ne pl>is subir le sort des mécréants.
Mais, étant toujours incrédule, il lui répondit: «Je me réfugierai sur une
montagne pour échapper aux eaux» croyant que l'eau ne dépasserait
plus les sommets des montagnes, et s'il s'y réfugiait, il serait sauvé. Le
père répliqua: «Nul n'échappera aujourd'hui au décret d'Allah, si ce n'est
par un effet de Sa clémence» Les vagues s'interposèrent entre le père et
le fils et ce dernier fut au nombre qui périrent noyés.
wa qîla yâ ardu-bla'î ma"aki wa yâ sama'u 'aqli'î wa gida-l-mâ"'u wa
qudiya-l-'amru wa stawat 'alâ-l-jûdiyyi wa qîla bu'da-l-lil-qawmi-z-
zâlimîna (44).
«O terre, fut-il dit, absorbe l'eau. O ciel, cesse de pleuvoir». Aussitôt
les eaux baissèrent. L'arrêt était accompli. L'arche atterrit à El-Djoudi.
«Loin d'ici les méchants, fut-il dit» (44).
<1) On a dit aussi qu'il s'appelait Kan'an. Les fils de Noé qui ont été sauvés
avec lui étaient: Sam, Ham et Yafeth.
468
Tout ce qui existait sur la terre fut englouti sauf ceux qui se trou-
vaient sur l'arche. L'ordre fut donné à la terre d'absorber l'eau qui en
jaillissait, et au ciel de s'arrêter de pleuvoir. L'ordre fut exécuté et l'af-
faire faite.
Le vaisseau atterrit à El-Djoudi. D'après Moujahed: c'est une mon-
tagne dans la presqu'ile arabique. (D'après la plupart des exégètes et
histoiriens le Djoudi est l'un des sommets de la chaîne Ararat en Armé-
nie).
Qatada commenta: L'arche fut atterrie sur la montagne pendant un
mois et ceux qui l'occupaient purent la quitter. Le vaisseau, Dieu le
laissa ainsi pour qu'il serve de leçon et d'exemple. Les premiers musul-
mans, dans leur voyage, purent l'apercevoir à savoir que d'autres vais-
seaux furent noyés et réduits en épaves. Et Qatada de poursuivre:
Noé et les croyants montèrent à bord le dixième du mois de Rajab, vo-
guèrent cent cinquante jours et l'arche s'installa enfin sur le Djoudi.
Leur sortie de l'arche eut lieu le dixième jour de Mouharram ('Achou-
ra).
«Loin d'ici les méchants» une expression qui signifie que les préva-
ricateurs furent éloignés de la miséricorde de Dieu, périrent tous du
premier au dernier sans laisser aucune trace. A ce propos Ibn Jarir
rapporte d'après Aicha -que Dieu l'agrée- que le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - a dit: «Si Dieu avait voulu faire miséricorde à l'un
des siens de Noé, Il l'aurait faite à la mère de son fils».
jyM CJj jli {ED àt û! dJi&î tîi & M
wa nâdâ Nûhun rabbahû faqâla rabbi 'inna-bnî min 'ahlî wa 'inna wa
'daka-l-haqqu wa 'anta 'ahkamu-l-hâkimîna (45) qâla yâ Nuhu 'innahti
469
laysa min 'ahlika 'innahû 'amalun gayru sâlihin falâ tas'alani mâ laysa
laka bihî 'ilmun 'innî 'a'izuka 'an takûna mina-l-jahilîna (46) qâla rabbi
'innî 'a'ûdu bika 'an 'as'alaka mâ laysa lî bihî 'ilmun wa 'illâ tagfir lî wa
tarhamrif 'akum-mina-l-hasirîna (47).
Noé adressa cette prière à Son Seigneur: «Seigneur, dit-il, mon fils est
des miens, mais Ta volonté est souveraine et Tu es le plus juste des ju-
ges». (45) «Non Noé, ton fils n'est pas des tiens, reprit Allah. Ta prière est
inconvenante. Ne m'interroge pas sur ce que tu ne dois pas savoir. Je t'en
avertis pour ne pas te laisser parmi les ignorants» (46). Seigneur , dit Noé,
pardonne-moi si je t'ai interrogé sur ce que je ne dois pas savoir. Si Tu ne
me pardonnes pas et si Tu ne m'accordes pas Ta miséricorde, je suis per-
du (47).
Noé demanda à son Seigneur: Mon fils appartient à ma famille, Tu
m'as promis de nous sauver tous, Ta promesse est sûrement la vérité.
Comment il fut noyé et Tu es le plus ju^te des juges?».
Et Dieu de lui répondre: «Non Noé, ton fils n'est pas des tiens» c'est
à dire parmi ceux qui ont cru et dont Je t'ai promis de les sauver, car il
a commis un acte infâme. Ce fils figure parmi ceux dont leur sort est
déjà réglé à cause de leur impiété.
qîla yâ Nuhu-hbit bisalâmim-minnâ wa barakâtin 'alayka wa'aîa 'uma-
mim-mimmam-ma'aka wa 'umamin sanumatti'ahum tumma yamassu-
hum minnâ 'adâbun 'alîmun (48).
«O Noé, lui dit-il, descends de l'arche, sain et sauf. Nous bénissons toi
et ceux qui t'accompagnaient. Il est des peuples auquels nous accorderons
les biens de ce monde et auquels nous infligerons un châtiment douloureux
dans l'autre» (48).
Mouhammad Ben Ishaq a dit: «Pour faire arrêter le déluge, Dieu
envoya un vent qui balaya la surface de la terre et aussitôt toutes les
sources d'eau furent bouchées et les portes du ciel fermées. La terre
470
commença alors à avaler l'eau. Quant à l'atterrisage sur El-Djoudi les
gens de la Torah prétendent que cela eut lieu la dix-septième nuit du
sptième mois. Le premier du dixième mois on put voir les sommets
des montagnes ainsi que la terre. Noé ôta le couvercle de l'arche et
Dieu lui dit: «Descends de l'arche, sain et sauf. Nous te bénissons toi et
ceux qui t'accompagnaient...»
tilka min 'amba 'i-l-gaybi nûhîhï 'ilayka mâ kunta ta'lamuha 'anta walâ
qawmuka min qabli hâdâ fasbir 'inna-l-'âqibata li-l-muttaqîna (49).
Ce sont là des épisodes du temps passé que nous te révélons. Vous les
ignoriez toi et ton peuple jusqu'à ce jour. Patiente, l'avantage restera à
ceux qui craignent Allah (49).
Tels récits font partie du mystère que Dieu révèle à Son Prophète
Mouhammed - qu'Allah le bénisse et le salue - c'est comme il les voit de
ses propres yeux. «Vous les ignoriez toi et ton peuple jusqu'à ce jour» Ceci
signifie ni toi ni aucun de tes compagnons n'avait connaissance de tou-
tes ces histoires pour que quelqu'un prétende qu'il te l'a racontées. Mais
Dieu te révèle ces événements comme ils se sont déroulés et comme il
est exactement dans les Livres des Prophètes qui t'ont précédé. Sois
patient si ton peuple te traite de menteur et endure leurs méfaits car
bientôt nous te secourrons, t'envelopperons de notre miséricorde et
nous accorderons la fin heureuse à toi et à tes suivants dans les deux
mondes, de la même façon que nous avons agi avec tes prédécesseurs
les Prophètes; car «Nous ferons triompher, nos Prophètes et les croyants en
ce monde et au jour du jugement dernier» [Coran XL, 51].
471
wa 'ilâ 'Âdin 'ahâhum Hûdan qâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha mâ lakum
min 'ilâhim gayruhû 'in 'antum 'illâ muftarûna (50) yâ qawmi la 'as'alu-
kum 'alayhi 'ajran 'in 'ajriya 'illâ 'alâ-l-ladî fataranî 'afalâ ta'qilûna (51)
wayâqawmi-stagfirû rabbakum tumma tûbtî 'ilayhi yursili-s-sam£"a
'alaykum midrâran wa yazidkum quwwatan 'ilâ quwwatikum walâ tata-
wallaw mujrimîna (52).
Nous envoyâmes au peuple de 'Ad leur frère Houd. O mon peuple, dit-
il, adorez Allah. Vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. Vous n'êtes que
des insensés. (50) O mon peuple, je ne te demande aucune rétribution. Je
n'attends ma rétribution que de celui qui m'a créé. Finirez-vous pas
comprendre? (51) O mon peuple, implorez le pardon de votre Seigneur, puis
soumettez-vous à Lui. Il déversera du ciel des pluies abondantes. A vos for-
ces, Il en ajoutera d'autres. Ne quittez pas cette terre en rebelles (52).
Houd, le Prophète, fut envoyé au peuplée de Ad pour leur ordon-
ner de n'adorer que Dieu seul sans rien Lui associer et leur interdire
l'adoration des statues qu'ils ont inventées en leur donnant des noms.
Contre ces exhortations, il ne leur demanda aucun salaire car il n'espé-
ra la récompense que de Dieu qui l'a créé.
«Finirez-vous par comprendre?» et concevoir ce qui amende votre si-
tuation dans les deux mondes. Puis il leur ordonna d'implorer le par-
don de Dieu pour leur absoudre les péchés qu'ils avaient commis et de
revenir à Dieu repentants pour assurer leur salut dans la vie future.
Quiconque aura suivi ces conseils, Dieu lui facilite l'acquisition des
biens et le sauve.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à ce pro-
pos: «Celui qui ne cesse d'implorer le pardon de Dieu, Il lui accorde un ré-
confort de toute angoisse, une issue de toute gêne et le pourvoira par des
moyens sur lesquels il ne comptait pas)/ 1 !.
.Ik_ "il
472
qâlû yâ Hûdu mâ ji'tanâ bi bayyinatin wamâ nahnu bitâriqf 'âlihatanâ
'an qawlika wamâ nahnu laka bimu'minîna (53) 'in naqûlu 'illâ-'tarâka
ba'du 'âlihatanâ bisîî 'in qâla 'innT 'ushidu-L-Lâha washadîî 'annî ba-
rî'um mimma tusrikûna (54) min dûnihî fakidûnî jamî'an tumma lâ
tunzirûni (55) 'inni tawakkaltu 'alâ-L-Lâhi rabbî wa rabbikum mâ min
da bbatjn 'illâ huwa 'âhidun binâsiyatihâ 'inna rabbî 'alâ siratim-musta-
qîmin (56).
Ils dirent: «O Houd, tu ne nous apportes aucune preuve. Nous n'aban-
donnerons pas nos divinités sur tes simples dires. Nous ne te croyons
pas (53) A n'en pas douter, une de nos divinités t'a troublé l'esprit». «Je
prends Allah à témoin, dit-il, et témoignez vous-mêmes que je ne crois pas
aux divinités que vous associez à Allah (54) Mettez tout en œuvre contre
moi et ne m'accordez aucun répit. (55) Je me confie à Allah, mon Seigneur
et le vôtre. Il n'est pas une seule créature qui ne soit à la merci d'Allah.
Mon Seigneur est dans le bon chemin (56).
Le peuple de Houd lui répondit: «Tu n'es pas venu à nous avec
une preuve décisive pour affirmer ce que tu prétends, et nous n'en
sommes pas à abandonner nos divinités sur ta parole. «A n'en pas dou-
ter, une de nos divinités t'a troublé l'esprit» Que disons-nous, sinon
qu'un de nos dieux t'a puni en te causant une certaine démence parce
que tu viens nous empêcher de l'adorer». Mais Houd répliqua: «Je
prends Allah à témoin et témoignez vous-mêmes que je ne crois pas aux di-
vinités que vous associez à Allah». Je désavoue tout ce que vous adorez
en dehors de Dieu. Usez tous des stratagèmes contre moi sans me
faire attendre si vous pouvez le faire, et même pas pour un clin d'oeil».
«Je me confie à Allah, mon Seigneur et le vôtre. Il n'est pas une seule
473
créature qui ne soit à la merci d'Allah» Il n'y a pas une seule créature
qu'il ne la tienne par le toupet. Une expression qui signifie que toutes
les créatures sont sous le pouvoir de Dieu et sa dominance. Il est le
juge équitable qui ne lèse personne. Il est sur la voie droite.
On trouve dans la réponse de Houd un argument irréfutable et
une preuve décisive qui corrobore son message et réfute les présomp-
tions des idolâtres qui prennent les statues et les idoles pour dieux et
les adorent, alors que celles-ci ne peuvent ni nuire ni être utiles, plutôt
elles sont des matières inertes qui n'entendent pas et ne voient rien,
elles ne sont ni hostiles ni alliées. Donc c'est à Dieu seul qu'on doit
vouer un culte pur. Il est le Maître des deux et de la terre et aucun
Seigneur n'existe hormis Lui.
fa 'in tawallaw faqad 'ablagtukum mâ* 'ursiltu bihî 'ilaykum wa
yastahlifu rabbî qawman gayrakum walâ tadurrûnahû say'an 'inna rabbî
'alâ kulli say'in hafïzun (57) wa lammâ jï 'a 'amrunâ najjaynâ Hûdan
wa-l-ladîna 'îf'manû ma'ahû bi rahmatim-minnâ wa najjaynâhum min
'adâbin galîzin (58) wa tilka 'Âdun jahadû bi 'ayâti rabbihim wa 'asaw
rusulahû wa-t-tabatî 'amra kulli jabbarin 'anîdin (59) wa 'utbi'û fi hâd
ihi-d-dunyâ la'natan wa yawma-l-qiyâmati 'ala 'inna 'Adan kafarû rab-
bahum 'alâ bu'da-l-li 'Âdin qawmi Hûdin (60).
Qu'importe que vous vous détourniez de moi! j'ai accompli ma mission.
Mon Seigneur appellera un autre peuple à vous succéder. Votre disparition
ne diminuera en rien Sa puissance. Mon Seigneur veille sur tout l'uni-
vers» (57) Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sauvâmes Houd et
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ceux qui croyaient avec lui par un effet de notre miséricorde et nous les ar-
rachâmes à un peuple effroyable (58) Telle est l'histoire du peuple de Ad
qui a nié les signes du Seigneur, qui a désobéi à ses Prophètes et qui a
obéi, au contraire, aux rebelles et aux oppresseurs (59) La malédiction les a
suivis dans ce monde et dans l'autre. Ad n'a-t-il pas, en effet, renié son Sei-
gneur? Loin d'ici, Ad, le peuple de Houd (60).
Houd, ayant averti son peuple de n'adorer que Dieu seul, dit à son
peuple: Si vous vous détournez, je vous ai transmis le message dont
j'étais chargé de vous le communiquer. Ceci est un argument qui sera
.contre vous si vous ne vous en conformerez pas: «Mon Seigneur appel-
lera un autre peuple à vous succéder» qui L'adorera sans Lui reconnaître
des associés. Et alors Dieu se souciera peu de vous et vous ne sau-
rez Lui nuire par votre incrédulité. De toute façon vous en supporterez
les conséquences. «Mon Seigneur veille sur tout l'univers». Il est le Gar-
dien vigilant et voit les œuvres de Ses serviteurs».
«Lorsque notre décret arriva à exécution» il s'agit du vent dévasta-
teur qui avait anéanti le peuple de Ad et les avait réduits en cendres
du premier au dernier, en sauvant Houd et ses adeptes de ce châti-
ment, par Sa clémence.
«Telle est l'histoire du peuple de Ad qui a nié les signes du Seigneur»
et a désobéi à Ses Prophètes, car quiconque désobéit à l'un d'eux au-
ra désobéi à tous les Prophètes. Ce peuple «qui a obéi, au contraire,
aux rebelles et aux oppresseurs» les tyrans opiniâtres. Pour cela une ma-
lédiction les poursuivra en ce monde toutes les fois qu'on les mention-
nera, et dans l'autre on les appellera devant toutes les créatures. «Loin
d'ici, Ad, le peuple de Houd» As-Souddy de commenter: «Tout Prophète
qui sera envoyé après Houd, appellera à son tour la malédiction sur
Ad».
475
wa 'ilâ Tamûda 'ahâhum Sâlihan qâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha mâlakum
min 'ilâhin gayruhû huwa 'ansa'akum mina-l-ardi wa-sta'marakum fîhâ
fastagfirûhu tumma tûbu 'ilayhi 'inna rabbî qarïbum mujîbun (61).
Nous envoyâmes au peuple de Thémoud leur frère Saleh. D leur dit:
«O mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. C'est
Lui qui vous a tirés de la terre et qui vous y a installés. Implorez-Le et sou-
mettez-vous à Lui. Mon Allah est préoccupé à exaucer les prières» (61).
Les Thémoudites habitaient les cités du Hijr entre Tabouk et Mé-
dine et existaient après le peuple de Ad. Dieu leur envoya son Pro-
phète Saleh pour les appeler à adorer Dieu seul. Il leur rappela: «C'est
Lui qui vous a tirés de la terre» tout comme II a créé Adam «et qui vous
y a installés» pour y vivre et exploiter ses biens. Demandez-Lui de vous
pardonner vos péchés commis et revenez repentants vers Lui. «Mon
Allah est préoccupé à exaucer les prières» Car II est proche et exauce
comme le montre aussi ce verset: «Si mes" serviteurs te questionnent sur
moi, dis-leur que je suis près d'eux. Je réponds à l'appel de ceux qui m'im-
plorent» [Coran il, 186].
qâlû yâ Sâlihu qad kunta fînâ marjuwwan qabla hâda 'atanhânà 'an
na'buda mâ ya'budu 'âbîf'unâ wa 'irihanâ Iafi sakkim mimmâ tad'ûria*
'ilayhi murîbin (62) qâla yâ qawmi 'ara'aytum 'in kuntu 'alâ bayyinatim
mir-rabbî wa 'âtânî minhu rahmatan famay-yansurunî mina-L-Lâhi 'in
'asaytuhû famâ tazîdûnanî gayra tahsîrin (63).
O Saleh, répondirent-ils, jusqu'ici nous avions confiance en toi. Mais
vas-tu maintenant nous interdire d'adorer ce qui adoraient nos pèrs? En vé-
rité, nous avons des doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes (62) Il
répondit: «O mon peuple, qu'y puis-je? délégué vers vous avec des preuves
476
de mon Seigneur et, pourvu de Sa grâce, qui me protégerait contre Lui si je
Lui desobéissais! Vraiment, vous voulez ma perte? (63).
Dieu raconte la polémique qui eut lieu entre Saleh et son peuple
qui était égaré et obstiné. Ils lui dirent: «jusqu'ici nous avions confiance
en toi» et, avant cela, tu étais un espoir pour nous. «Vas-tu mainteant
nous interdire d'adorer ce qu'adoraient nos pères? En vérité, nous avons des
doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes». Cependant, nous voilà
dans une profonde incertitude au sujet de vers quoi tu nous appelles.
«O mon peuple» leur répondit Saleh «qu'y puis-je? Délégué vers vous
avec des preuves de mon Seigneur» Que pensez-vous si je m'appuie sur
une preuve évidente de la part de mon Seigneur? qui m'a accordé Sa
miséricorde. «Qui me protégerait contre Lui si je Lui désobéissais» en
manquant à ma mission de vous appeler à suivre la vérité et à adorer
Dieu seul? Si je la délaissais vous ne me seriez d'aucune utilité et
vous ne feriez qu'ajouter à ma perte.
wayâqawmi hâdihî nâqatu-L-lâhi lakum 'a* yatan fadarûhâ ta'kulu fî
'ardi-L-Lâhi walâ tamassûhâ bi su 'in faya'hudakum 'adâbun qarî-
bun (64) fa'aqarûhâ faqâla tamatta'û fî dârikum talâtata 'ayyâmin dâli-
ka wa 'dun gayru makdûbin (65) falammâ jï'a 'amrunâ najjaynâ Sâlihan
wa-l-ladîna 'âmanû ma'ahu birahmatim-minna wa min hizyi yawmi'idin
'inna rabbaka huwa-l-Qawiyyu-1- 'Azîzu (66) wa 'ahda-l-ladîna zalamû-s-
sayhatu fa 'asbahu fî diyârihim jâtimîna (67) ka 'al-lam yagnaw fîhà*
'ata 'inna Tamûdâ kafarû rabbahum 'alâ bu'da-l-li-Tamûda (68).
477
On mon peuple, cette chamelle est pour vous un signe de la part d'Al-
lah. Laissez-la paître en paix et ne lui faites aucun mal. Sinon, votre châti-
ment ne se fera pas attendre (64) Ils regorgèrent. «Continuez, leur dit-il , à
vous prélasser dans vos demeures pendant trois jours. Mon avertissement ne
sera pas démenti» (65). Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sau-
vâmes, par l'effet de notre miséricorde, Saleh et ceux qui croyaient avec
lui. Nous leur évitâmes l'opprobre du châtiment. Ton Seigneur est puissant
et vénérable (66) Un cataclysme anéantit les injustes. On trouva leurs de-
meures jonchées de cadavres (67) Comme si leur existence n'avait jamais
égayé ces lieux. Oui, le peuple de Thémoud a renié son Seigneur. Loin d'ici
le peuple de Thémoud (68).
Nou avons déjà détaillé l'histoire de Saleh avec son peuple dans
la sourate Al-A'raf. (voir coran VII, versets 73-79).
walaqad ja'at rusulunâ 'Ibrâhîma bi-l-busrâ qalû salâman qâla salâmun
famâ labita 'an ja"a bi'ijlin hanîdin (69) falammâ ra'â 'aydiyahum lâ
tasilu 'ilayhi nakirahum wa 'awjasa minhum hifatan qâlû lâ tahaf 'innâ*
'ursilna 'ilâ qawmi Lutin (70) wa-m-ra'atuhû qïï 'imatun fadahikat fabaï-
v>sarnâhâ bi 'Ishâqa wa min warif'i 'Ishâqa ya'qûba (71) qâlat yâ way-
latâ 1 'a'alidu wa 'ana 'ajûzun wa hâdâ ba'lî sayhan 'inna hâdâ lasay'un
'ajîbun (72) qâtïï 'ata'jibîna min 'amri-L-Lahi rahmatu-L-Lâhi wa bara-
kàtuhû 'alaykum 'ahla-l-bayti 'innahu hamîdum-majîdun (73).
Nos émissaires allèrent trouver Abraham pour lui annoncer la bonne
nouvelle. Salut, lui dirent-ils. Il les salue aussi. Et il leur offrit aussitôt un
veau rôti (69) Lorsqu'il les vit s'abstenir de toucher au plat, il fut troublé et
478
en conçut une vive frayeur. «Ne crains rien, lui dirent-ils, nous sommes en-
voyés par Allah au peuple de Loth» (70) L'épouse d'Abraham, qui était à
ses côtés, se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à
Isaac et qu'Isaac aurait lui-même un fils, Jacob (71) O stupeur! s'exclama-
t-elle, comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon ma-
ri lui-même est une vieillard! C'est là une chose vraiment étrange! (72) Et
les anges de répliquer: «Comment peux-tu t'étonner d'une décision d'Allah?
Que la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous, ô habitants de
cette maison. A Allah doivent aller les louanges et la glorification» (73).
La bonne nouvelle qu'apportaient les émissaires de Dieu à Abra-
ham fut interprétée de deux façons: La première concerne la nais-
sance d'Isaac, et la deuxième l'anéantissement du peuple de Loth.
Mais il s'avère que la première l'emporte en nous référant à ce verset:
«Lorsque la crainte d'Abraham cessa...» (verset n: 74).
Les émissaires (les anges) saluèrent Abraham et il leur rendit le
salut. Abraham s'empressa de leur apporter de quoi manger «et il leur
offrit aussitôt un veau rôti» sur des pierres chaudes. Ce verset est pa-
reil aux dires de Dieu: «Il se dirigea du côté des siens et rapporta un veau
gras. Il le présenta à ses hôtes en leur disant: «N'en mangerez-vous pas?»
[Coran Ll, 26-27]. Ce geste accompli d'Abraham démontre les règles
de l'hospitalité.
«Lorsqu'il les vit s'abstenir de toucher au plat, il fut troublé et en
conçut une vive frayeur» étant donné que les anges ne sentent plus l'ap-
pétit et ne mangent pas. Voyant que leurs mains n'en approchaient
pas, il les trouva insolites et ressentit de la peur vis-à-vis d'eux. As-
Souddy de commenter: Lorsque Dieu envoya les anges, ceux-ci, en
forme humaine, se rendirent chez Abraham et lui demandèrent l'hospi-
talité. En les voyant en tant qu'hommes vénérables, il eut peur d'eux. II
alla discrètement trouver les siens, égorgea un veau gras qu'il rôtit sur
les pierres chaudes, le présenta à ses hôtes et s'assit avec eux. Sa-
rah, la femme d'Abraham, les servait. II leur présenta le veau rôti, mais
apercevant que leurs mains n'en approchaient pas, il s'écria: «N'en
mangerez-vous pas?» Ils lui répondirent: «Nous ne mangeons que
contre un prix?» II répliqua: «Ceci a donc un prix!» - Ils lui demandè-
rent: «Quel est son prix?» et Abraham de rétorquer: «Avant de
479
commencer à manger vous invoquez le nom de Dieu et, en terminant
vous le louez». Gabriel regarda alors Michel et lui dit: «Il est de droit
de cet homme que Dieu le prenne pour ami».
< Les voyant s'abstenir de toucher au plat, Sarah s'écria «Comme
c'est étonnant! Nous servons nous-mêmes nos hôtes et ils ne daignent
pas prendre de notre nourriture». Les anges dirent: «Ne crains rien»
Nous sommes des anges envoyés au peuple de Loth pour les anéan-
tir. Sarah se réjouit alors de l'anéantissement du peuple de Loth à
cause de leur perversité, leur obstination et leur incrédulité.
Sarah «se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à
Isaac et qu'Isa ac aurait lui-même un fils, Jacob». On peut déduire de ce
verset que le fils d'Abraham qu'il devait immoler était Ismaël car la
bonne nouvelle fut adressée à Sarah qu'elle aura un enfant qui, à son
tous, aura un fils. La question qui se pose: Combien peut-on ordonner
à Abraham de sacrifier son fils (si c'était Isaac) alors qu'il n'était en-
core qu'un nourrisson? et que son propre fils promis Jacob n'était pas
encore né? Dans cet état Abraham n'était pas ordonné de sacrifier
Isaac. Il devait donc être Ismaël. Ceci constitue une déduction irréfu-
table et logique.
Elle s'exclama: «Comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille
et que mon mari lui-même est un vieillard?» Dans un autre verset on
trouve ceci: «Sa femme survint, toute bouleversée, et se frappant le visage:
«Est-ce possible, une femme vieille et stérile comme moi? s 'exclam a-t-elle»
[Coran Ll, 29] tout comme les femmes d'autrefois agissaient. Les an-
ges lui répondirent: «Comment peux-tu t'étonner d'une décision d'AUah?»
Lui qui, s'il veut réaliser une chose, lui dit: «Sois» et elle est. Même si
tu es vieille et stérile et ton mari un vieillard, Dieu est capable de tout
faire. «Que la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous, ô habi-
tants de cette maison. A Allah doivent aller les louanges et la glorifica-
tion». II est loué dans Ses actes et paroles et glorifié pour Ses qualités
et Sa nature.
480
falammâ dahaba 'an Ibrahîma-r-raw'u wa ja 'athu-l-busrâ yujâdilunâ fî
qawmi Lutin (74) 'inna 'Ibrahîma lahalîmun 'awwâhum-munîbun (75) yâ
'Ibrâhîmu 'a'rid'an hâda* 'innahû qad ja"a 'amru rabbika wa 'innahum
"Jftîhim 'ad âbun gayru mardûdin (76).
Lorsque la crainte d'Abraham cessa et qu'il eut reçu la bonne nouvelle,
il intervint en faveur du peuple de Loth (74) Abraham était d'un naturel
doux, compatissant et dévoué (75) O Abraham, n'insiste pas. La décision de
ton Seigneur est prise. Un châtiment inexorable s'abattra sur eux (76).
Une fois Abraham rassuré, ayant ressenti une certaine crainte de
ses hôtes qui ne mangeaient pas, et recevant la bonne nouvelle qu'il
aura un enfant, entendant les anges parler de l'anéantissement du
peuple de Loth, il s'écria: «Allez-vous ruiner une cité où vivent trois
cents croyants? - Non, répondirent-ils. Il répliqua: «Et s'il y en a là
deux cents?» Comme la réponse fut négative, Abraham diminua le
nombre jusqu'au cinq et eux de le rassurer que certainement pas. A la
dernière question: «Que pensez-vous si vous ne trouverez qu'un seul
croyant et soumis et que cet homme serait Loth?» Les anges le rassu-
rèrent de nouveau. Il leur dit: «Loth est parmi eux. Ils lui répondirent:
«Nous savons mieux que personne ceux qui renferme la ville. Nous le sauve-
rons lui et les siens, à l'exception de sa femme qui sera parmi les victimes»
[Coran XXIX, 32].
Alors Abraham garda le silence et son âme fut apaisée. «Abraham
était d'un naturel doux, compatissant et dévoué» Dieu en a fait l'éloge
d'Abraham qui jouissait de ces qualités.
«O Abraham, n'insiste pas. La décision de ton Seigneur est prise» Nul
ne s'oppose à un décret pris par Dieu qui sera réalisé, le châtiment du
Seigneur ne saurait être écarté d'un peuple incrédule et pervers.
481
wa lammâ jtT'at rusulunâ Lutan sT'a bihim wa dâqa bihim dar'an wa
qâla hâd â yawmun 'asîbun (77) wa ja* 'ahîî qawmuhû yuhra'ûna 'ilayhi
wa min qablu kânû ya'malûna-s-sayyi'âti qâla yâqawmi h£Î 'ûlâ'i banâtî
hunna 'atharu lakum fa-t-taqû-L-Lâha walâ tuhzûni fî dayfî 'alaysa min-
kum rajulu-r-raSîdun (78) qâlû laqad 'alimta mâ lanâ fî banâtika min
haqqin wa 'innaka ta'lamu mâ nurîdu (79).
Lorsque nos envoyés se présentèrent à Loth, il en éprouva une grande
gêne. Il ne sut où donner de la tête. «Quelles pénibles -circonstances» mur-
mura-t-il (77) Il fut assailli, au même moment par des gens de son peuple,
qui sortaient à peine de leurs scènes de débauche... «O mon peuple, leur
dit-il, voici mes filles. Il serait plus naturel que vous en usiez. Craignez Al-
lah et ne m'offensez pas dans la personne de mes hôtes. N'y a-t-il pas par-
mi vous un homme sensé?» (78) Tu sais bien, répondirent-ils, que nous
n'avons que faire de tes filles. Et tu n'es pas sans conna^re ce que nous dé-
sirons» (79).
t !
Ayant quitté Abraham, les anges se rendirent chez Loth en|eunes
hommes très beaux en apparence pour éprouver son peuple. A leur
vue, Loth s'en affliga de peur que son peuple n'ose leur nuire. «Quelles
pénibles circonstances» murmura-t-il» Car il savait qu'il devait les défen-
dre alors que son bras était trop faible.
Qatada a raconté: «Les anges trouvèrent Loth travailler dans son
terrain. En lui demandant de leur accorder l'hospitalité, il eut honte de
ne plus répondre et leur demanda de le suivre en se mettant devant
eux. Chemin faisant il les insinua par de propos clairs qu'il n'y a plus
sur terre un peuple qui soit plus pervers et corrompu que le sien dans
le but de les porter à quitter la ville sans y rester fut-ce pour un ins-
tant. Il les leur répéta plusieurs fois. Et Qatada de poursuivre: «Les an-
ges étaient ordonnés de faire périr le peuple de Loth au vu et au su de
ce dernier.
482
As-Souddy, quant à lui, relata les faits suivants: «Après leur départ
de chez Abraham, les anges se dirigèrent vers la ville de Loth et arri-
vèrent à midi à Sadoum. Ils y trouvèrent la fille de Loth qui puisait de
l'eau. Ils lui demandèrent: «Jeune fille, où peut-on avoir de l'hospita-
lité?» Elle leur répondit: «Restez ici jusqu'à mon retour». Elle eut peur
que ses concitoyens ne viennent leur causer de gêne. Elle vint trouver
son père et lui dit: «Père, dépêche-toi et va recevoir de jeunes hom-
mes qui sont les plus beaux que j'ai vus avant que ton peuple ne leur
nuisent». A savoir que le peuple de Loth lui avaient interdit de donner
hospitalité à quiconque. Sa femme sortit pour mettre les gens au cou-
rant de l'arrivée de ces beaux jeunes hommes. «Il fut assailli, au même
moment par des gens de son peuple, qui sortaient à peine de leurs scènes de
débauche» Ils furent très réjouis de voir de telles personnes.
Pour éviter tout méfait, Loth leur dit: «O mon peuple, voici mes filles.
Il serait plus 7 naturel que vous en usiez» Il leur rappella que les femmes
sont plus pures pour eux; car en tant que Prophète, Loth devait leur
montrer la voie droite qui leur procurera le bien. Dans d'autres versets,
il leur dit: «Si c'est pour assouvir vos sens que vous êtes venus, reprit Loth,
voici mes filles» [Coran XV, 71] et: «pourquoi assouvir vos désirs sur les
hommes, délaissant les femmes que le Seigneur a créées pour vous servir
d'épouses? Vous êtes vraiment un peuple pervers» [Coran XXVI, 165 -
166].
Moujahed a commenté: Il ne s'agit pas bien sûr des propres filles
de Loth car tout Prophète est considéré comme le père de son peuple
dont les filles sont comme les siennes.
«Craignez Allah et ne m'offensez pas dans la personne de mes hôtes»
Faites comme je vous ordonne et contentez-vous de vos femmes «N'y
a-t-il pas parmi vous un homme sensé?» qui obtempère à mes ordres?.
Mais ils ne tardèrent à lui répondre: «Tu sais bien que nous n'avons que
faire de tes filles!» En d'autres termes: tu sais bien que nous n'avons
aucun droit sur tes filles et n'avons aucun désir d'avoir de rapports
avec elles «et tu n'es pas sans connaître ce que nous désirons» nous n'as-
souvissons nos désirs que sur les hommes.
483
qâla law 'anna lî bikum quwwatan 'aw 'âwT 'ilâ ruknin sadîdin (80) qâlû
yâ Lût in 'innâ rusulu rabbika lay-yasilîf 'ilayka fa 'asri bi 'ahlika
biqit'im-mina-l-layli walâ yaltafit minkum 'ahadun 'illâ-m-mra'ataka 'in-
nahû musîbuhâ m'a 'asâbahum 'inna maw 'idahumu-s-ssubhu 'alaysa-s-
subhu biqarîbin (81).
Que ne suis-je assez fort pour vous résister ou que ne puis-je trouver
de l'aide. (80) «O Loth, nous sommes les messagers de ton Seigneur. Ne
crains rien. Ils n'arriveront pas jusqu'à tpi. Pars, cette nuit, avec les tiens
et qu'aucun de vous ne tourne la tête en route! Quant à ta femme, elle sera
atteinte par le même fléau qui s'abattra sur les méchants. C'est le matin
que la catastrophe se produira et le matin n'est pas loin (81).
Loth menaça son peuple en leur disant: Si seulement je suis as-
sez fort pour m'opposer à vous, j'aurais agi moi-même contre vous. A
cet égard, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que
Dieu fasse miséricorde à Loth, il ne trouvait comme appui solide que Dieu
à Lui la puissance et la gloire. Après lui, Dieu n'a envoyé un Prophète sans
être secouru par les siens».
A ce moment les anges lui firent savoir qu'ils ont les messagers
de Dieu et que son peuple ne parviendrait jamais jusqu'à lui. Ils lui or-
donnèrent de partir à la fin de la nuit avec sa famille et: «Qu'aucun de
vous ne tourne la tête en route». C'est à dire: même si vous entendrez
Içur cris et leurs gémissements nul d'entre vous ne regarde en arrière.
«Quant à ta femme, elle sera atteinte par le même fléau qui s'abattra sur
les méchants» A ce propos, on a raconté qu'elle sortit avec eux mais,
en entendant le grand bruit qui se produisait derrière elle, elle regarda
et s'écria: «O mes concitoyens!» Alors une pierre s'abattit sur elle, pro-
venant du ciel, et la tua. Puis les anges annoncèrent à Loth la mort im-
minente de son peuple qui eut lieu à la première heure du matin.
«C'est le matin que la catastrophe se produira, et le matin n'est pas loin».
484
Loth était debout sur le seuil de sa porte et les gens s'affluèrent
vers lui de tous les côtés. Il les repoussait et les empêchait de leur
acte ignominieux mais ils insistaient en le menaçant. Gabriel sortit de
la maison, les frappa de son aile sur le visage et les rendit aveugles
sans pouvoir trouver leur chemin, comme ce verset l'indique: «Les
concitoyens de Loth voulurent abuser de ses hôtes. Nous leur ôtâmes la
vue.» Goûtez, leur dîmes-nous, notre châtiment et les menaces qui accompa-
gnaient nos avertissements» [Coran LIV, 37].
falammâ jâ"'a 'amrumâ ja'alnâ 'âliyahâ safïlahâ wa 'amtarnâ 'alayhâ
hijâratan-min sijjilim-mandûdim- (82) musawwamatan 'inda rabbik wa-
mâ hiya mina-z-zâlimîna bi ba 'îdin (83).
Lorsque notre ordre fut lancé, la ville se trouva bouleversée sens des-
sus dessous et une pluie de pierres brûlantes s'abattit sur elle (82) Pluie
drue, prédestinée par ton Seigneur, et toute prête à s'abattre sur les mé-
chants (83).
Lorsque vint l'ordre de Dieu, et c'était juste au lever du soleil, la
cité - Sodom - fut renversée de fond en comble «et une pluie de pierres
brûlante s'abattit sur elle» Et les exégètes de commenter: Elles étaient
des pierres en terre cuite et endurcie dont les unes furent lancées à la
suite des autres, et d'ajouter: chaque pierre portait le nom de la vic-
time sur laquelle elle devait s'abattre. A la suite de ce châtiment cé-
leste nul ne survécut.
Moujahed a raconté: «Gabriel arracha le peuple de Loth à leurs
demeures avec leurs effets et troupeaux, les porta tous sur son aile et
les souleva dans le ciel de sorte que les habitants des cieux entendi-
rent l'aboiement de leurs chiens, puis les renversa. Qatada a relaté un
récit pareil en ajoutant qu'ils étaient au nombre de quatre mille mille
(quatre millions). Voilà le sens des dires de Dieu: «La ville se trouva
bouleversée sens dessus dessous et une pluie de pierres brûlantes s'abattit
485
sur elle» pour exterminer les survivants. Ce châtiment s'abat sur tous
les injustes qui leur sont pareils.
wailâ Madyana 'ahâhum Su'ayban qâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha mâ la-
kum min 'ilâhin gayruhû walâ tanqusû-l-mikyâla wa-l-mizâna 'innî 'arâ-
kum bihayrin wa 'innî 'ahâfu 'alaykum 'adâba yawmim muhîtin (84).
Aux Médianites nous envoyâmes leur frère Choaïb. «O mon peuple,
leur dit-il, adorez Allah vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. Ne fraudez
par sur la mesure et sur le poids. Je vous trouve dans une situation pros-
père. Mais je crains que vous ne soyez englobés, un jour, dans un châtiment
du ciel» (84).
Médian est une région située entre le Hijaz et le Châm près de
Ma'an, qu'habitaient des arabes. Dieu leur envoya le Prophète Choaïb
issu d'une de leurs nobles tribus, pour les appeler à l'adoration de
Dieu seul sans rien Lui associer et de ne plus fausser ni la mesure ni
le poids. Il les avertit: «Je vois que vivez dans l'aisance et je crains
pour vous d'en être privés et de subir un châtiment de Dieu si vous en-
freignez Ses lois, dans la vie future».
wa yâ qawmi 'awfû-l-mikyâla wa-l-mîzâna bi-l-qisti walâ tabhasû-n-nâsa
'aëya'ahum walâ ta'taw fî-l-'ardi mufsidîna (85) baqiyyatu-L-Lâhi hayru-
1-lakum 'in kuntum mu'minîna wamâ 'ana 'alaykum bihâfîzin (86).
O mon peuple, donnez juste mesure et juste poids. Ne diminuez pas la
valeur du bien d'autrui. Et ne faites pas du mal sur la terre (85) Votre ré-
486
compense auprès d'Allah sera d'autant plus belle que vous êtes croyants. Je
ne suis pas responsable de vos actes (86).
Choaïb leur interdit d'abord de fausser la mesure et le poids puis
de commettre les crimes sur la terre en détroussant les voyageurs. Ce
qui reste par devers Dieu, leur dit-il, est meilleur pour vous. Et Ibn Jarir
de commenter: ce qui vous reste comme profit après les justes mesu-
res et poids est meilleur pour vous que la fraude en lésant les autres
de leur droit. Cette interprétation est pareille aux dires de Dieu: «Dis-
leur: «Ne confondez pas le bon et le mauvais et ne vous laissez pas séduire
par l'exubérance du mauvais» [Coran V, 100]. Et enfin, il les mit en
garde en disant: «Je ne suis pas responsable de vos actes» en d'autres
terme: Je ne suis pas un gardien pour vous. Donc faites tout cela en
vue de Dieu, si vous êtes des croyants, et non pas pour être vus des
hommes.
qâlû yâ Su'aybu 'asalâtuka ta'muruka 'an natruka mâ ya'budu 'âba 'un#
'aw 'an nafala fî 'amwâlinâ mâ nasîf'u innaka la 'anta-l-halîmu-r-rasî-
(87).
O Choaïb, répondirent-ils, est-ce sous l'influence de tes prières que tu
nous ordonnes de renier ce qu'adoraient nos pères ou de ne pas disposer de
nos biens comme nous l'entendons. Vraiment, tu es chaste et naïf (87).
Ils lui répondirent avec ironie: Est-ce ta religion qui te demande
d'abandonner les idoles et les statues qu'adoraient nos ancêtres et de
disposer de nos richesses comme bon nous semble, ou bien tu nous
l'ordonnes parce que tu es patient et droit?.
487
qâla yâ qawmi 'ara'aytum 'in kuntu 'alâ bayyinatim mi-r-rabbî wa raza-
qanî minhu rizqan hasanan wamîf 'urîdu 'an 'uhâlifakum 'ilâ mï 'anhâ-
kum 'anhu 'in 'urîdu 'illâ-l-'islâha ma-stata'tu wamâ tawfiqT 'illâ bi-L-
Lâhi 'alayhi tawakkaltu wa 'ilayhi 'unîbu (88).
O mon peuple, que diriez-vous s'il vous était prouvé que je suis vrai-
ment inspiré par mon Seigneur et qu'il m'a réellement gratifié d'une grâce
insigne? Loin de moi l'intention de faire ce que je vous défends. Je ne cher-
che qu'à vous rendre meilleurs dans la mesure où je le peux. Ma réussite
dépend d'Allah. Je mets ma confiance en Lui et c'est à Lui que je ferai re-
tour (88).
Il leur répliqua: Que penzez-vous si je me tiens sur une preuve
évidente de mon Seigneur et je vous exhorte en toute clairvoyance, et
si Dieu «m'a réellement gratifié d'une grâce insigne» qui signifie la pro-
phétie, d'après les uns, ou les biens licites selon d'autres.
«Loin de moi l'intention de faire ce que je vous défends» C'est à dire:
je n'ai du tout l'intention de vous interdire de faire une chose alors que
moi-même je la fais en cachette. «Je ne cherche qu'à vous rendre meil-
leurs dans la mesure oû je le peux». Je ne veux que vous reformer au-
tant que je le puis. Le secours ne me vient que de Dieu. Je me confie
à Lui en toute mes affaires et je reviens vers Lui repentant.
L'imam Ahmed rapporte que Rabi'a Ben Abi Abdul Rahman Al-An-
sari a entendu Abou Houmaïde et Abou Oussaïd relater ces propos de
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Si vous entendez un
de mes hadiths que vos cœurs connaissent et votre peau s'adoucisse, et que
vous constatiez qu'il est très près de vous, j'en serais plus proche que vous;
mais si vous entendez un hadith que vos cœurs renient et votre peau en fris-
sonne et que vous constatiez qu'il est loin de vous, j'en suis encore plus loin
que vous» (Rapporté par Ibn Abi Hatem) f11 .
Abou Salman Al-Dabi a dit: «Des lettres nous parvenaient souvent
488
de 'Omar Ben Abdul 'Aziz renfermant des ordres et des interdictions et
terminées par ce verset: «Je mets ma confiance en Lui, et c'est à Lui que
je ferai retour».
wa yâ qawmi lâ yajrimannakum siqâqî 'ay-yusîbakum mitlu ma 'asâba
qawma Nuhin 'aw qawma Hûdin 'aw qawma Sâlihin wamâ qawmu
Lûtin-minkum bi ba'îdin (89) wa-stagfïrû rabbakum tumma tûbïï 'ilayhi
'inna rabbî Rahîmun wadûdun (90).
O mon peuple, que votre passion à me contredire ne vous entraîne pas
à encourir les mêmes châtiments que les peuples de Noé, de Houd et de Sa-
leh. L'exemple du peuple de Loth n'est pas si loin (89) Implorez le pardon
de votre Seigneur et revenez à Lui. Mon Seigneur est toute indulgence et
toute mansuétude (90).
Choaïb exhorta son peuple en leur disant: «Que votre aversion et
votre mépris vis-à-vis de moi et notre séparation ne vous portent à per-
sister dans votre impiété et votre perversité et vous occasionnent de
châtiments à ceux qui atteignirent les peuples de Noé, Houd, Saleh et
Loth.
On a rapporté que lorsque 'Othman Ben Affan fut assailli par ses
ennemis en leur observant de sa demeure, il leur récita: «O mon peu-
ple, que votre passion à me contredire ne vous entraine pas à encourir les
mêmes châtiments que les peuples de Noé, de Houd et de Saleh». O hom-
mes! Ne me tuez pas! Si vous me tuez vous serez comme ça» et il en-
trecoisa ses doigts (Voulant dire que vous serez pareils à ces
peuples).
«L'exemple du peuple de Loth n'est pas si loin» cela signifie que le
peuple de Loth fut châtié il'y a un peu de temps. Demandez à Dieu de
vous pardonner les péchés que vous avez commis, puis revenez à Lui
repentants, Il est miséricordieux et aimant.
489
qâlû yâ Su'aybu mâ nafqahu katîram-mimma taqûlu wa 'innâ lanarâka
fînâ da'îfan walawla rahtuka larajammâka wamï 'anta 'alaynâ bi 'azî-
zin (91) qâla yâ qawmi 'arahtT 'a'azzu 'alayknm mina-L-Lâhi wa-t-tahad
.tumûhu warï'akum zihriyyan 'inna rabbî bimâ ta'malûna muhitun (92).
O Choaïb, répliquèrent-ils, nous ne comprenons pas grand chose à ce
que tu nous dis. N'as-tu pas conscience de ta faiblesse parmi nous. Si ce
n'était par égard pour ta famille, nous t'aurions déjà lapidé! Tu n'es pas si
précieux que ça pour nous (91). O mon peuple, dit Choaïb, auriez-vous plus
de considération pour ma famille que pour Allah, que vous rejetez loin de
vous! Mon Seigneur sait tout ce que vous faites (92).
L'expression «... de ta faiblesse parmi nous» a eu plusieurs interpré-
tations: Les uns dirent qu'il était aveugle comme ont précisé Al-Thawri
et Sa'id Ben Joubaïr, d'autres ont dit parce qu'il était le seul croyant
d'après As-Souddy, enfin d'autres ont déclaré qu'il était faible parmi sa
tribu car nul ne suivait sa religion. Mais malgré cette faiblesse, ils le re-
doutèrent de peur que sa tribu ne vienne le secourir. «Si ce n'était par
égard pour ta famille, nous t'aurions lapidé» Pour nous, tu n'as aucune
puissance pour nous opposer.
Choaïb leur répliqua: «Vous me laissez à cause de mon clan et
non pour considération de Sa majesté le Seigneur qu'il soit Béni et
Très Haut qui vous empêche de me nuire en vous éloignant de Lui et
Lui tournant le dos? Et vous n'avez à Son égard ni vénération ni sou-
mission? Sachez donc que mon Seigneur est au courant de tout ce
que vous œuvrez.
490
wayâ qawmi-'malû 'alâ makânatikum 'innî 'âmilun sawfa ta'lamûna
may-ya'tîhi 'adâbun yuhzîhi wa man huwa kâdibun wa-rtaqibïï 'innî
ma'akum raqîbun (93) wa lammâ ja'a 'amrunâ najjaynâ Su'ayban wa-1-
ladîna 'âmanû ma'ahû bi rahmatim-minnâ wa 'ahadati-l-ladîna zalamû-
s-sayhatu fa 'asbahu fi diyârihim jâtimîna (94) ka'al-lam yagnaw fîha*
'alâ bu'da-l-li Madyana kamâ ba'idat Tamûdu (95).
O mon peuple, continuez à agir comme vous l'entendez. J'agirai de
même comme je l'entends. Vous ne tarderez pas à savoir qui de nous sera
atteint par lin châtiment ignominieux et qui de nous est l'imposteur. Atten-
dez. Moi aussi j'attends (93). Lorsque notre ordre fut lancé, nous sauvâmes
Choaïb et ceux qui pratageaient sa foi par un effet de notre miséricorde.
Un cataclysme anéantit les méchants. On les trouva étendus morts dans
leurs maisons. (94) Comme s'ils n'avaient jamais occupé le pays. Loin d'ici
les Médianites. Qu'il en soit d'eux comme des Thémoudites (95).
Désespérant de leur conversion, Choaïb dit à son peuple: «conti-
nuez à agir comme vous l'entendez» Une réponse qui renferme à ta fois
un avertissement et une menace. «J'agirai de même comme je l'entends»
et vous saurez bientôt qui sera frappé par un châtiment ignominieux et
qui est menteur.
«Lorsque notre ordre fut lancé» ainsi pour montrer le sort de deux
parties «nous sauvâmes Choaïb et ceux qui partageaient sa foi par un effet
de notre miséricorde. Un cataclysme anéantit les méchants. On les trouva
étendus morts dans leurs maisons» comme s'ils n'y avaient jamais habité:
A mort les Médianites! comme moururent les Thémoudites, à savoir
que les deux peuples étaient voisins et impies.
491
walaqad 'arsalnâ Mûsâ bi 'âyâtinâ wa suit ânim-mubînin (96) 'ila
Fir'awna wa mala'hî fat-taba'û 'amra Fir'awna wama 'amru Fir'awna bi
rasîdin (97) yaqdumu qawmahû yawma-l-qiyâmati fa'awradahumu-n-nâra
wa bi'sa-l-wirdu-l-mawrûdu (98) wa 'utbi'û fi hâdihî la'natan wa yawma-
l-qiyâmati bi'sa-r-rifdu-l-marfûdu (99).
Nous envoyâmes Moïse pour transmettre nos enseignements, muni d'un
pouvoir authentique (96) Nous l'envoyâmes à Pharaon et à sa cour. La
cour prit le parti de Pharaon, bien que celui-ci manquait de Sagesse (97)
Pharaon marchera à la tête de son peuple au jour du jugement dernier. Il le
conduira à l'enfer. Funeste destin (98) La malédiction d'Allah les suivra
dans ce monde «t dans l'autre. Triste présent (99).
Dieu parla ensuite de. Moïse qu'il envoya à Pharaon le roi des cop-
tes et à sa cp.ur, avec Ses signes et une autorité manifeste. Sa cour
qui comprenait les siens, les conseillers et sa cohorte, qui suivaient
Pharaon, appliquaient ses ordres et lui obéissaient dans son égare-
ment, malgré que le commandement de Pharaon n'était pas bien di-
rigé. Comme il dirigeait son peuple vers l'aberration et l'impiété dans
ce monde, ainsi dans l'autre il marchera en tête les menant à l'enfer,
«Funeste destin^ car c'est le sort des suivants qui suivaient leur chef
sans perspicacité ni ratson comme un pâtre qui conduit son troupeau
vers l'abreuvoir, Même ceux-ci subiront un châtiment double, ils auront
le Feu comme supplice et une malédiction de Dieu les suivra comme
le confirme ce verset: «Nous les avons frappés de malédiction dans ce
monde et ils seront réprouvés dans l'autre» [Coran XXVIII, 42].
dâlika min 'ambâ* 'i-l-qurà naqussuhû 'alayka minhâ qâ A 'imun wa
492
hasîdun(lOO) wamâ zalammahum walâkin zalam 'anfusahum famâ"
'agnat 'anhum 'alihatuhumu-l-latî yad'ûna min dûnï-L-Lâhi min say'i-1-
lammâ jîf'a 'amru rabbika wamâ zâdûhum gayra tatbîbin (101).
C'est l'histoire des cités que nous te faisons revivre. II en est qui sont
encore debout, d'autres ont été complètement rasées (100) Ce n'est pas nous
qui avons été injustes envers eux. Ils ont été eux-mêmes les artisans de leur
malheur. L'aide des divinités qu'ils imploraient en dehors d'Allah leur a
manqué, lorsque l'ordre de ton Seigneur fut lancé. Elles n'ont fait qu'ac-
croître leur désarroi (101).
Tels sont les récits que Dieu a voulu raconter à Son Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - concernant les cités et les peuples
passés. Certaines de ces cités sont encore debout et d'autres ont été
rasées ou moissonées. Dieu n'a été jamais injuste envers elles, mais
les peuples se sont fait tort à eux-mêmes à cause de leur incrédulité et
leur obstination. Les divinités qu'ils adoraient en dehors da Dieu ne
leur ont servi de rien. Bien au contraire «elles n'ont fait qu'accroitre leur
désarroi» et leur perte.
wa kadâlika 'ahdu rabbika 'idï 'ahada-l-qurâ wa hiya zâlimatun 'inna
'ahdahu 'alîmun sadîdun (102).
Voilà de quelle manière Allah punit les cités corrompues. H leur envoie
un châtiment terrible et douloureux (102).
Tel est le châtiment du Seigneur quand II frappe les cités prévari-
catrices qui reniaient Ses signes et traitaient leurs Prophètes de men-
teurs. Son châtiment est terrible et violent. Abou Moussa rapporte que
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde
un répit à l'injuste, mais quand II le saisit II ne le lâchera pas» Puis il réci-
ta: «Voilà de quelle manière Allah punit les cités corrompues...» (Rapporté
par Boukhari et Mouslim) 1 ' 1 .
493
'inna fî dâlika la 'âyata-l-liman hâfa 'adâba-l-'âhirati dâlika yawmum-
majmu'ul-lahu-n-nâsu wa dâlika yawmum maShûdun (103) wama
nu'ahhiruhïï 'illâ li'ajalim-ma'dûdin (104) yawma ya'ti lâ takallamu naf-
sun 'illâ bi 'idnihî faminhum saqiyyun wa sa'îdun (105).
C'est là un enseignement pour ceux qui redoutent les supplices de la
vie future. Il y aura un jour où tous les hommes seront réunis, un jour qui
sera solennel (103) Ce jour est retardé jusqu'à une date fixée (104) Quand
ce jour viendra, aucune âme ne pourra parler sans la permission d'Allah.
Ce jour-là, il y aura des réprouvés et des bienheureux (105).
Voilà bien là un signe, vraiment pour celui qui craint le châtiment
de la vie de l'au-delà. Il faut donc en profiter et en tirer une leçon.
«Un jour qui sera solennel» où tous les hommes seront rassemblés
«Nous rassemblerons les hommes sans en omettre un seul» [Coran XVIII,
47]. Ce jour-là les anges seront présents, les Prophètes et les hom-
mes seront réunis, humains, génies et même les bêtes et les oiseaux,
bref toutes les créatures sans exception. Le Seigneur, le Juge équi-
table ne lésera personne fût-ce le poids d'un atome.
«Ce jour est retardé jusqu'à une date fixée» La résurrection n'est re-
tardée que parce qu'une parole de Dieu était intervenue auparavant
qu'il y aurait une postérité d'Adam à venir. Une fois le nombre des
créatures complété comme Dieu a décidé, alors l'Heure Suprême se
dressera. Donc la vie de chacun est bien déterminée et limitée, il n'y
aura ni un retardement ni une avance.
«Aucune âme ne pourra parler sans la permission d'Allah» un verset
qui est pareil à celui-ci: «Nul ne pourra dire un mot s'il n'est autorisé par
le Miséricordieux et s'il n'est sincère» [Coran LXXVIII, 38]. Dans les
deux Sahihs, il est cité dans le hadith concernant l'intercession, que
l'Envoyé de Dieu- qu'Allah le bénisse et le salue - a dirt: «Ce jour-là les
494
Prophètes prendront la parole et leur invocation sera: «Grand Dieu! La dé-
livrance! La délivrance» (Rapporté Boukhari et MousUm) [1] .
Parmi les hommes, après leur jugement, il y aura les bienheureux
destinés au Paradis, et les damnés destinés à l'Enfer.
fa 'ammâ-l-ladîna saqû fafî-n-nâri lahum fîhâ zafîrun wa sahîqun (106)
halidina fîhâ mâ dâmati-s-samâwâtu wa-l-'ardu 'illâ mâ sa" 'a rabbuka
'inna rabbaka fa"âlu-l-limâ yurîdu (107).
Les réprouvés seront précipités dans le feu. On entendra leurs cris de
douleur et leurs sanglots (106) Ils y resteront autant de temps qu'auront
duré les deux et la terre, à moins que ton Seigneur en décide autrement.
Car ton Seigneur est tout-Puissant (107).
Dieu montre le sort des damnés et des bienheureux. Les premiers
seront dans le Feu où on entendra leurs sanglots et leurs gémisse-
ments, ils y demeureront aussi longtemps que dureront les deux et la
terre. A savoir que, lorsque les arabes voulaient donner la qualité du-
rable d'une chose, ils la comparaient à la durée des cieux et de la
terre, ou bien ils disaient: autant qu'il y aura une succession des nuits
et des jours. Dieu a voulu dans ce verset utiliser leur propre expres-
sion.
L'auteur de cet ouvrage de commenter: Il est probable que cette
expresion désigne les cieux et la terre comme «substance» car dans la
vie future il y aura aussi des cieux et une terre mis différents de ceux
du bas monde en se référant à ce verset: «Le jour où la terre sera rem-
placée par une autre terre, où les cieux seront remplacés par d'autres
cieux» [Coran XIV, 48],
Ai-Hassan Al-Basri a dit à cet égard: Ils seront des cieux et une
495
-
terre différents des cieux et de la terre de ce bas monde. Et Ibn Abbas
de dire également: chaque paradis a un ciel et une terre.
«A moins que ton Seigneur en décide autrement. Car ton Seigneur est
tout-Puissant» et fait ce qu'il veut. Ce verset est pareil à celui-ci: «L'enfer
sera votre séjour éternel à moins qu'Allah en décide autrement. Allah est
sage et savant» [Coran VI, 128]. Les exégétes se sont divisés sur le sens
de cette exception, dont l'interprétation la plus logique était celle d'Ibn
Jarir qui a dit qu'il s'agit de rebelles parmi les monothéistes qui seront
sortis du Feu grâce aux Intercessions des autres; puis la miséricorde de
Dieu interviendra et en délivrera ceux qui, dans la vie mondaine, n'ont
fait aucun acte de bien mais ont témoigné de l'unicité de Dieu. Il ne res-
tera dans l'enfer pour l'éternité que ceux qui l'ont mérité.
wa 'ammâ-l-ladîna su'idû fafî-l-jannati halidîna fîhâ mâ dâmati-s-samâ-
wâtu wa-l-'ardu 'illâ mâ sa 'a rabbuka 'ata*'an gayra majdudin (108).
Les bienheureux iront au Paradis. Ils y séjourneront autant qu'auront
duré les cieux et la terre, à moins que ton Seigneur en décide autrement.
C'est là une récompense immuable (108).
Les bienhereux qui auront suivi les Prophètes, seront au Paradis
où ils demeureront immortels, autant qu'auront duré les cieux et la
terre. Donc cela dépendra de la volonté de Dieu qui dit à la fin du ver-
set: «C'est là une récompense immuable» afin que quelques uns ne dou-
tent de l'interruption de la grâce de Dieu.
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - a dit: «On amènera la mort sous la forme d'un bélier bigarré
et on l'égorgera entre le Paradis et l'Enfer. On dira: O élus du Paradis, vous y
demeurez éternellement sans mourir. O damnés de l'Enfer, vous y demeurerez
éternellement sans mourir» ( Rapporté par Boukhari et Mouslim) 1 ' 1 '.
496
On y trouve également ce hadith: «Un crieur criera: «Ô élus du Pa-
radis vous resterez sains sans tomber malades, vous survivrez sans mourir,
vous demeurerez toujours jeunes sans vieillir et vous goûterez les délices
sans connaître l'indigence» (Rapporté par Boukhati et Mouslim/ 1 ' '.
Vf Sjtï U( ifttf 4' f^g d ^ ft» $
falâ taku fî miryatim mimmâ ya'budu hà*'ulà"'i mâ ya'budûna 'illâ kamâ
ya'budu / a'bà''uhum min qablu wa 'innâ lamuwaffuhum nasîbahum gayra
manqûsin (109) wa laqad 'a taynâ Mûsâ-l-kitâba fahtulifa fîhi walawlâ
kalimatun sabaqat mi-r-rabbika laqudiya baynahum wa 'innahum lafî
Sakkim minhu murîbin (110) wa 'inna kulla-l-lammâ layuwaffiyannahum
rabbuka 'a'mâlahum 'innahû bimâ ya'malûna habîrun (111).
N'aie aucune illusion sur ce qu'adorent ces gens. Ils adorent ce qu'ado-
raient leurs pères avant eux. Nous réglerons leurs comptes sans rien omet-
tre (109) Nous donnâmes le Livre à Moïse et immédiatement il suscita des
controverses. Si Allah n'en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces
gens auraient été jugés. Car eux aussi ont douté de la parole de leur maî-
tre (110) Chacun d'eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omnis-
cient (111).
Ne sois donc pas en doute de ce que ces idolâtres adorent car ils
ne sont que dans l'erreur et l'égarement et ne font qu'imiter leurs ancê-
tres sans avoir aucune excuse, Dieu, de Sa part, les rétribuera de
497
leurs mauvaises actions «Nous réglerons leors comptes sans rien omet-
tre».
Puis Dieu parole du Livre qu'il a donné à Moïse et qui a été le su-
jet de leurs discussions. Il y a en ceux qui en ont cru et ceux qui en
ont mécru. Donc, ô Mouhammed, considère cet exemple des Prophè-
tes qui t'ont précédé et que le reniement des idolâtres ne te gêne pas
en traitant ton message de mensonge.
«Si Allah n'en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces gens
auraient été jugés» Et Ibn Jarir de commenter: Si Dieu n'avait pas dé-
cidé de retarder leur châtiment jusqu'à une date bien déterminée, Il au-
rait tranché leurs différends. Il se peut aussi que cette décision
concernant le châtiment ne soit prise avant le jugement et la confronta-
tion par les évidences qui affirment la culpabilité, et d'autre part, avant
l'envoi des Prophètes comme Dieu l'indique dans ce verset: «Nous ne
sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète» [Coran XVII, 15].
Ensuite Dieu fait connaître qu'il rassemblera les premiers et les
derniers pour les rétribuer de leurs actions selon Ses dires: «Chacun
d'eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omniscient» Il connaît les
œuvres de tous les hommes, les apparentes et les cachées, les gran-
des et les petites.
fastaqim kama 'umirta wa man tâba ma'aka walâ tatgaw 'innahû bimâ
ta'malûna basîrun (112) walâ tarkanïï 'ilâ-l-ladîna zalamû fatamassaku-
mu-n-nâru wamâ lakum min duni-L-Lâhi min 'awliyâ'a tumma lâ
tunsarûna (113).
Agis avec rectitude, comme il t'a été prescrit ainsi qu'à ceux qui se
sont convertis avec toi. Evitez les excès. Car Allah est témoin de tous vos
actes. (112) Ne pactisez pas avec les injustes. Sinon vous serez la proie du
feu vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d'Allah (113).
498
Dieu interdit aux croyants de s'appuyer sur les incrédules et les
idolâtres, et ne demandez jamais l'aide des injustes car si vous le fai-
tes, on dirait que vous agréez leur actes, et alors: «vous serez la proie
du feu. Vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d'Allah».
Dieu aussi recommande aux croyants d'être droits et d'agir avec recti-
tude, cela leur sera un grand secours sur les ennemis. Il interdit en ou-
tre l'injustice qui causera la perte même si elle est exercée sur un
polythéiste. Qu'on sache toujours que Dieu connait parfaitement ce
que font les hommes et rien ne Lui sera caché de leurs œuvres.
wa 'aqimi-s-salâta tarafayyi-n-nahâri wa zulfan mina-l-layli 'inna-1-
hasanâti yud hibna-s-sayyi'âti dâlika dikrâ lid -d âkirîna (114) wa-sbir
fa'inna-L-Lâha lâ yud?u 'ajra-l-muhsinîna (115).
Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes actions chassent
les mauvaises. C'est là un avertissement pour ceux qui réfléchissent (114)
Patiente. Allah ne laissera pas se perdre la récompense des gens de
bien (115).
Les exégètes s'étaient divisés au sujet de ces prières. On a dit
qu'il s'agit de la prière du matin et celle du coucher du soleil. Pour Ai-
Hassan: elles sont celles du matin et de l'asr. Quant à Moujahed, il a
précisé: elles sont celle du matin et celles du midi et de l'asr.
Quant à la prière qui devait être accomplie en une partie de la
nuit, elle est celle du soir (Icha') selon Ibn Abbas, ou elle renferme cel-
les du coucher du soleil et du soir.
Il est très probable que ce verset fut descendu avant la prescrip-
tion des cinq prières quotidiennes la nuit du voyage nocturne et l'as-
cension au ciel. Les prières étaient au nombre de deux obligatoires et
une surérogatoire: les deux prescrites sont celles qui devaient être ac-
complies avant le lever du soleil et avant son coucher.
499
Quant à la prière nocturne, elle était d'abord d'obligation pour le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et la communauté, mais
cette dernière en fut exempte de cette prière et resta obligatoire pour
lui, puis elle devint surérogatoire pour tout le monde.
«Les bonnes actions chassent les mauvaises» C'est à dire que tout
acte de bien efface les péchés commis. A ce propos il a été rapporté
par l'imam Ahmed et les auteurs des Sunans que le prince des
croyants Ali Ben Abi Taleb a dit: «Toutes les fois que j'entendais un-
hadith de la bouche de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - qui me procurait du bien de la part de Dieu, j'en tirais un profit.
En l'entendant d'un autre que lui, je faisaisjurer son rapporteur afin
d'en être assuré et s'il jurait, je tenais le hadith pour véridique. Une
fois j'ai entendu Abou Bakr As-Siddiq relater ces propos de l'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Tout musulman qui commet
une mauvaise action, fait ses ablutions et pr,ie deux rak'ats (surérogatoires)
Dieu lui pardonne ce qu'il a commis».
Dans les deux Sahihs il est cité que le prince des croyants Oth- -
man Ben Affan a dit: «Quiconque fait des ablutions comme celles de
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - (et il montra com-
ment il les faisait) et fait deux rak'ats sans penser qu'à la prière, ses
fautes passées lui seront effacées».
Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - dit: «Les cinq prières quotidiennes, la prière du vendredi jus-
qu'au vendredi prochain, le jeûne de Ramadan jusqu'au Ramadan prochain,
expient les fautes commises entre ces intervalles tant qu'on évite les péchés
capitaux» (Rapporté par Mouslim) 1 ' 1 .
D'après Boukhari, Ibn Mass'oud raconte: «Un homme, ayant em-
brassé une femme, vint trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - et lui fit part de son faire. Dieu à cette occasion fit cette révéla-
tion: «Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes actions chas-
sent les mauvaises». Et l'homme de demander: «Ce verset me concerne-
500
t-il personnellement ô Envoyé de Dieu?» Il lui répliqua: «Oui, et aussi
tous les membres de ma communauté» (Rapporté par Boukhari, Mouslim,
Ahmed et les auteurs des Sunans sauf Abou Daoud) 1 * 1 .
L'imam Ahmed a rapporté d'après Abdullah Ben Mass'oud que
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu a réparti
les caractères entre vous comme II a partagé vos biens. Dieu accorde des
biens de ce monde à qui en désire mais II ne donne la foi qu'à celui qu'il
aime et ce dernier est un favori de Dieu. Par celui qui tient mon âme dans
Sa main, nul n'est un vrai musulman si son cœur et sa langue ne le sont
pas. Nul n'est croyant s'il n'épargne son voisin de ses méfaits».
On lui demanda: «Quels sont ces méfaits ô Prophète de Dieu?» Il
répondit: «La tricherie et l'injustice. Dieu ne bénit jamais les biens acquis
illicitement et que l'homme en dépense, et n'accepte plus une aumône faite
avec ces biens. L'homme ne laisse de ces biens après sa mort sans qu'ils ne
soient ses.' provisions pour l'Enfer. Dieu n'efface pas les mauvais actes par
les mauvais, plutôt II efface les mauvaises actions par les bonnes car le
mauvais n'efface jamais le mauvais» (Rapporté par Ahmed)' 2 '.
Abou Al-Yousr (Ka'b Ben Amr Al-Ansari) raconte: «Une femme est
venue acheter de dattes avec un dirham, je lui dis: «Il y a chez moi de
dattes qui sont meilleures» En l'amenant chez moi je l'embrassai. Elle
s'écria: «Crains Dieu, dissimule ta faute et ne la renconte à personne».
Comme je ne pus la dissimuler, je me rendis chez le Prophète - qu'AI-
jui t ^oii-J ù^Oi oL_c-Ji ùi JJUi ^ tâJjj ji+Ji yj> ouji (jtj^ -M
501
lah le bénisse et le salue - et lui fis part de mon faire. Il me dit: «Oses-
tu faire cela à une femme dont son époux combat dans la voie de
Dieu?». Je resentis alors que je serais l'un des réprouvés de l'Enfer et
espérai de n'avoir embrassé l'Islam avant ce moment-là. L'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se mit à réfléchir pour un certain
temps et Gabriel descendit le voir. Puis le Prophète me manda. Arrivé
chez lui, il me récita: «Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bon-
nes actions chassent les mauvaises. C'est là un avertissement pour ceux qui
réfléchissent». Je lui dis: «Est-ce pour moi que ce verset fut révélé ou
bien pour tout le monde?» - Non, pour tout le monde, répondit-il.
Abou Dzarr rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - a dit: «Crains Dieu où que tu sois, fais suivre la mauvaise action
par une bonne, elle l'effacera, et comporte-toi avec un bon caractère à
l'égard des autres» (Tapporté par Ahmed/' 1 . Suivant une autre variante
Abou Dzarr aurait demandé: «O Envoyé de Dieu, donne-moi un bon
conseil?» Il lui répondit: «Lorsque tu fais une mauvaise action, fais-la sui-
vre d'une autre bonne pour l'effacer». Je lui dis: «Dire: «Il n'y a d'autre
divinité que Dieu» fait-il partie des bonnes actions?» - Plutôt c'est la
meilleure, répondit-il.
falawla kâna mina-l-qurûni min qablikum 'ûlû baqiyyatin yanhawna
'ani-l-fasâdi fî-l-'ardi 'illâ qalîlam mimman 'anjaynâ minhum wat-taba'a-
1-ladîna zalamû mâ 'utrifû fîhi wa kânû mujrimîna (116) wamâ kâna rab-
buka liyuhlika-l-qurâ bizulmin wa 'ahluhâ muslihûna (117).
Que ne s'est-il trouvé parmi les générations qui vous ont précédés des
.-u»-1 ffy 'cr—
502
gens pour combattre le mal sur la terre. A l'exception du petit nombre que
nous avons sauvés, les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se
comportèrent en indignes (116) II n'est pas dans le caractère de ton Sei-
gneur de détruire les cités dont les habitants sont justes (117).
Dieu se demande: Pourquoi donc, parmi les générations passées
n'y eut-il pas des hommes de piété qui, sur terre, interdisent la corrup-
tion, le désordre et tout ce qui est défendu? «A l'exception du petit nom-
bre que nous avons sauvés» car la majorité qui avait encouru la colère de
Dieu fut anéantie. Pour cela Dieu ordonne à la communauté musul-
mane. «Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui ne
commande que de bonnes actions et qui défende les mauvaises. Ce serait là
un peuple de bienheureux» [Coran III, 102].
Il est cité dans un hadith prophétique: «Lorsque les hommes voient
se produire f les actes repréhensibles et ne les changent pas, peu s'en faut
que Dieu ne les frappe d'un châtiment».
«Les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se comportèrent en
indignes» Ceux qui étaient plongés dans la corruption se persévèrent
dans leur impiété sans tenir compte des exhortations faites par le petit
nombre qui désavouèrent leurs actions, qu'à la fin le châtiment leur
survint. Puis Dieu fait connaître aux hommes qu'il ne Lui convient pas
de détruire sans raisons les cités alors que leurs habitants se réfor-
ment. Car «ton Seigneur n'opprime pas les hommes» [Coran X, 48].
walaw Sa* 'a rabbuka laja'ala-n-nâsa 'ummatan wâhidatan walâ yazâlûna
muhtalifîna (1 18) 'illâ ma-r-rahima rabbuka wa lidâlika halaqahum wa
tammat kalimatu rabbika la 'am la'anna jahannama mina-l-jinnati wa-n-
nâsi 'ajma'îna (119).
Si ton Seigneur l'avait voulu, Il n'aurait fait des hommes qu'un seul
peuple. Mais ils ne cesseront d'être différents. (118) A l'exception de ceux
503
qu'il aura touchés de Sa grâce. II les a créés pour être différents. Et qu'on
sache que ton Maître ne reviendra pas sur cette parole: «Je remplirai l'en-
fer de génies et d'hommes (119).
Dieu est capable de faire de tous les hommes un seul peuple de
croyants ou d'infidèles, comme II l'indique dans ce verset: «Si ton Maî-
tre l'avait voulu, l'univers entier aurait embrassé sa foi» [Coran X, 99].
Mais les hommes ne cessent d'être en désaccord d'entre eux à cause
de leurs dogmes, leurs sectes, leurs opinions etc. à l'exception de
ceux que Dieu a fait miséricorde, ceux qui ont suivi les Prophètes, se
sont attachés aux enseignements de Dieu et se sont persévérés dans
leurs bonnes pratiques, jusqu'à l'avènement du dernier des Prophètes,
alors ils l'ont suivi, cru en son message et l'ont secouru. Ces gens-là
formeront la troupe sauvée et auront acquis le bonheur dans les deux
mondes.
«Il les a créés pour être différents» C'est à dire qu'il y aura parmi
eux l'heureux et le malheureux, l'infidèle et le croyant, ceux qui seront
destinés au Paradis et ceux qui seront voués au Feu. A ce propos Ibn
Wahb rapporte: «J'ai demandé Malek au sujet de ce verset: «Mais ils
ne cesseront d'être différents, à l'exception de ceux qu'il aura touchés de
Sa grâce. Il les a créés pour être différents» Il me répondit: «Une partie
d'entre eux sera au Paradis, et une autre dans le Brasier».
«Et qu'on sache que ton Maître ne reviendra pas sur cette parole: «Je
remplirai l'enfer de génies et d'hommes» C'est à dire que Dieu par Sa
connaissance parfaite des choses, par Sa sagesse, avait prédestiné de
créer pour le Paradis ceux qui en seront dignes et pour l'Enfer ceux
qui le mériteront.
Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - a dit: «Le Paradis et l'Enfer furent en procès ( devant le
Seigneur). Le Paradis dit: «Pourquoi ne refois-je que les faibles parmi les
hommes et les humbles?» Et l'Enfer de dire à son tour: «Pourquoi ne fait-
on entrer chez moi que les orgueilleux et les tyrans?» Dieu à Lui la puis-
sance et la gloire de leur répondre: «Toi, le Paradis, tu es Ma Miséricorde
que Je fasse à qui Je veux. Et toi, l'Enfer, tu es l'instrument de mon châti-
ment pour me venger de qui Je veux. Chacun de vous sera rempli» Quant
au Paradis, il y aura toujours une place jusqu'à ce que Dieu lui crée d'au-
504
très créatures pour y demeurer, et l'Enfer ne cessera de dire: «Peut-on en
ajouter encore?» jusqu'à ce que le Seigneur de la toute-puissance pose Son
pied, alors l'Enfer dira: «Par Ta puissance, assez! assez!» (Rapporté par
Boukhari et Mouslim) 111
wa kullan naqussu 'alayka min 'ambîf 'i-r-rusuli mâ nutabbitu bihî fu'da-
ka wa ja 'aka fî hâdihi-l-haqqu wa maw 'izatun wa dikrâ li-l-mu'minî-
na (120).
En te racontant l'histoire de nos Prophètes, nous n'avons d'autre but
que d'affermir ta foi. Cette histoire t'apporte la vérité et un avertissement
et elle comporte une leçon pour les croyants (120).
Tous les récits concernant les anciens Prophètes que Dieu a rap-
portés à Son Messager ne sont destinés qu'à affermir son cœur. Car
ces Prophètes ont été traités d'imposteurs, ont eu des polémiques et
discussions avec leurs peuples, mais Dieu à la fin les a secourus. Ceci
sert comme un exemple au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
et un réconfort.
Dans cette sourate qui a renfermé les histoires des Prophètes
avec leurs peuples et comment II les a sauvés, il y a une exhortation,
un Rappel aux croyants, et un avertissemnent pour les infidèles qui de-
vait leur sévir comme une leçon afin de changer leur conduite.
(1) cJUi ijLJIj i*JI c... ^- . -> l> Jj-j Jli :JU Sjjj* tf- ^
c-iî :jLJJ JUj ifliî AL j^-J :ïiJtJl ;* jLîi i^j^uJj
^^a- J^ù l+j yi *i»J1 Uli iUjlU uJii. i^-i. ctLil i j^a >w k.i ^l-it
.tSjjt-J -lai -lai :Jji» O-Hi îj«JI CjJt ^wii
505
wa qui li-l-ladîna lâ yu'minûna 'malû 'alâ makânatikum 'innâ 'âmilû-
na (121) wa-ntaziitî 'innâ muntazirûna (122).
Dis à ceux qui ne croient pas: «Continuez à agir suivant votre cons-
cience. Nous, à agir suivant la nôtre. (120) Et l'un et l'antre attendons la
fin» (122).
C'est une menace que Dieu chargea Son Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - de lancer contre les infidèles en les défiant:
«Continuez à agir suivant votre conscience» votre situation et votre façon
de conduite, et «nous à agir suivant la nôtre». Attendez, nous aussi,
nous attendons». En d'autres termes et cpmme il est montré dans ce
verset: «O mon peuple, agis à ta guise et moi j'agirai à la mienne. Tu sau-
ras, un jour, qui aura un meilleur sort dans l'autre monde. Les injustes ne
triomphent jamais» [Coran VI, 135].
Dieu a réalisé pour Son Prophète Sa promesse. Il l'a secouru et
l'a fait triompher sur ses ennemis. Il a élevé Sa Parole et abaissée
celle des incrédules.
wa li-L-Lâhi gaybu-s-samâwati wa-l-'ardi wa 'ilayhi yuija'u-1- 'amru kul-
luhû fa'budhu wa tawakkal 'alayhi-wa mâ rabuuka bi gâfilin 'ammâ
ta'malûn (123).
Allah seul connait les secrets des cieux et de la terre. C'est à Lui que
tout aboutit. Adore-Le, mets ta confiance en Lui. Ton Seigneur suit attenti-
vement toutes les actionnes hommes (123).
C'est à Dieu qu'appartient le mystère des cieux et de la terre. Tout
commandement est ramené vers Lui. Tout homme sera rétribué selon
506
ses œuvres. Il nous ordonne de L'adorer seul en nous fiant à Lui. Il
suffit à quiconque de mettre sa confiance en Lui et revenir repentant.
Que ces hommes qui te traitent d'imposteur, ô Mouhammad, sa-
chent que Dieu n'est pas indifférent à ce qu'ils font et II les juger?
Quant à toi, tu auras le dessus dans les deux mondes.
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