Coran › Sourate 13 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 13 trad. humaine
im s
13 - SOURATE DE LA FOUDRE
45 versets
Entièrement révélée à Médine après la sourate de Mahomet
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
Alif-Lïm-mTm-râ tilka *ayâtu-l-kitâbi wa-1-ladî 'unzila 'ilayka mi-r-rab-
bika-1-haqqu walâkinna 'aktara-n-nâsi là yu'minûna (1).
Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Alif. Lam. Mim. Ra. Voici encore des versets du Livre. Ce que ton
Maître te révélé est la vérité. Mais la plupart des hommes sont incrédu-
les (1).
Ce Livre, qui est le Coran, est sans aucun doute une révélation de
Dieu. Ce qui a été révélé de la part du Seigneur est la vérité. Il en est
des gens qui en croient mais la plupart restent incrédules sans y croire
malgré les évidences irréfutables et les signes clairs, comme Dieu a
dit: «Quoi que tu fasses, peu d'hommes se convertiront» [Coran XII, 103] à
cause de leur obstination et leur hypocrisie.
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'Al-Lâhu-l-ladî rafa'a-s-samâwati bigayri 'amadin tarawnahâ tumma-sta-
wâ 'alâ-l-'arsi wa sahhara-§-samsa wa-1-qamara kullun yajrî li'ajalim mu-
samman yudabbiru-l-'amra yufassilu-l-'â A yâti la'allakum biliqâ*'i
rabbikum tuqinûna (2).
Allah a suspendu les deux, que rien en supporte. Contemplez-les. Puis
Il s'est installé sur Son Trône. Il créa à votre intention le soleil et la lune.
A chacun d'eux, Il impartit une course. Il commande à l'univers. Il multi-
plie les signes de son existence. Serez-vous enfin convaincus que vous vous
rencontrerez avec Lui? (2).
Dieu parle de Son omnipotence et de la grandeur de Son pouvoir.
C'est Lui qui a élevé les cieux sans piliers que les hommes puissent
voir mais par Sa volonté et Son pouvoir. Il les a élevés de sorte que
nul ne puisse concevoir leurs hauteurs ou atteindre leur fin. Le ciel en-
veloppe \a terre et ce qu'elle contient de toutes parts, dont la distance
entre celle-ci et le ciel le plus inférieur équivaut à une distance de cinq
cent ans de marche, ainsi est la distance qui sépare un ciel d'un autre
jusqu'au septième ciel. Une réalité corroborée par ce hadith: «Les sept
cieux, ce qu'ils contiennent et ce qu'il y a entre eux et le Siège, sont
comparables à un anneau jeté dans un désert. Le siège dans le Noble Trône
est cet anneau».
On a dit aussi que la distance qui sépare entre le Trône et la terre
équivaut à une marche de cinquante mille ans, ainsi est la distance en-
tre les deux bouts du diamètre. Ce trône est fait en corindon rouge.
«que rien en supporte» c'est à dire que le ciel parait comme une
voûte qui entoure la terre là où on se trouve, sans qu'il y ait des colon-
nes visibles qui le supportent, un phénomène que Dieu le confirme
dans ce verset: «Ses lois empêchent les cieux de tomber sur la terre»
[Coran XXII, 65].
«Puis n s'est installé sur Son Trône» nous avons parié de cela au-
paravant en commentant le verset 54 de la sourate de l'A'raf.
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«Il créa à votre intention le soleil et la lune» A chacun d'eux, Il impar-
tit une course» ce qui signifie que le soleil et la lune ne cessent de faire
leur révolution jusqu'au jour où l'Heure Suprême surviendra. Comme II
a dit aussi: «N'en est-ce pas encore un (signe) que le soleil parcourant son
cycle?» [Coran XXXVI, 38] qui finit au-dessous du Trône. Dieu a cité le
soleil et la lune comme étant les deux astres les plus visibles parmi les
planètes qui sont plus considérés que les autres étoiles. S'il a soumis
ces deux planètes c'est pour montrer que les autres planètes et astres
sont encore soumis à Sa volonté. Il exhorte, voire ordonne, aux hom-
mes en leur disant: «Ne vous prosternez ni devant le soleil ni devant la
lune. Prosternez-vous devant Allah qui les a créés, si c'est Lui que vous
adorez» [Coran XLI, 37]. Il a montré cela clairement en disant: «C'est
Lui qui a soumis à ses lois le soleil, la lune et les étoiles. N'est-ce pas à
Lui seul qu'appartient de don de créer et de gouverner toutes choses? Béni
Soit Allah, le Maître de l'univers» [Coran VII, 54].
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Il explique tous les Signes aux hommes pour qu'ils sachent et
croient qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui et comme II a procédé à la pre-
mière création, Il la recommencera.
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wa huwa-1-ladî madda-l-'arda wa ja'ala fîhâ rawâsiya wa 'anhâran wa
min kulli-t-tamarâti ja'ala fîhâ zawjayni-t-tnayni yugsî-1-layla-n-nahâra
'inna fî dâlika la 'a yâti-1-liqawmiy-yatafakkarûna (3) wa fî-l-'ardi qita
'um-mutajâwirâtun wa jannatum-mina 'a'nâbin wa zar'un wa nahîlun
sinwànun wa gayru sinwànin yusqâ bimâ A, in wâhidin wa nufaddilu
baduhâ 'alâ ba'din fî-l-'ukuli 'inna fi dâlika la 'â'yâti-l-liqawiy-
ya'qilûna (4).
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C'est Lui qui a aplani la terre, Lui qui l'a parsemée de montagnes et
de cours d'eau. Lui qui a introduit dans chaque espèce les deux sexes, Lui,
enfin, qui a lié le jour à la nuit. Ce sont là autant de signes pour qui réflé-
chit. (3) Il y a de nombreuses variétés de sol. Les champs de vigne, de blé
et de palmiers, aux fûts emmêlés ou non, se touchent. La même eau les ar-
rose. Il y a des fruits plus savoureux les uns que les autres. Ne sont-ce pas
là des signes pour qui réfléchit? (4).
Après avoir cité le monde céleste, Dieu parle ensuite du bas
monde. «Lui qui a aplani la terre» en l'étendant tant à la longueur qu'à
la largeur, en y plaçant des montagnes élevées, Il y fait couler des
sources et des ruisseaux pour arroser la terre qui grâce aux couples
de toutes les plantes donne de différentes plantations, différentes récol-
tes, et différents fruits en couleur, saveur et forme.
«Lui, enfin, qui a lié le jour à la nuit» dont chacun d'eux poursuit
l'autre sans arrêt de sorte que lorsque le jour disparaît par exemple, la
nuit ne tarde à le remplacer, durant toutes les saisons et les lieux. «Ce
sont là autant de signes pour qui réfléchit».
Puis, revenant à la terre, Dieu montre qu'il y a «de nombreuses va-
riétés de sol» c'est à dire des morceaux de terrains dont l'un est fertile
où poussent les plantations qui sont utiles pour les hommes tandis
qu'un autre qui lui est juxtaposé est salin ne donne rien. Ainsi on
trouve des parcelles voisines les unes des autres dont la couleur du
sol est tout à fait différente: l'une à la couleur rouge, l'autre blanche,
une troisième ocre et une quatrième noire etc.. L'une de ces parcelles
a le sable endurci, l'autre non, on bien la couche est épaisse dans
l'une et mince dans l'autre. Toutes ces variations on les constate en
examinant le sol qui est la création d'un Dieu unique.
Un autre signe encore quant à la variété des arbres: «Les champs
de vigne, de blé et de palmiers aux fûts emmêlés ou non se touchent» qui
sont disposés en touffes ou dispersés tels que les grenadiers, les fi-
guiers et certains dattiers, à savoir que «la même eau les arrose. Il y a
des fruits plus savoureux les uns que les autres» On y trouve toute une va-
riété de plantes dont les fruits ont des couleurs, des saveurs, des
odeurs et des formes différentes les unes des autres. Tout cela on ne
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peut jamais le limiter ou le restreindre à quelques espèces. «Ne sont-ce
pas là des signes par qui réfléchit?».
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wa 'in ta'jab fa'ajabun qawluhum 'a'id â kunnâ turâban 'a'innâ lafî
halqin jadîdin 'ûla'ika-1-ladîna kafarû bi rabbihim wa 'ûlï'ika-l-'aglâlu
fT'a'nâqihim wa 'ûlï'ika 'ashâbu-n-nâri hum fîhâ hâlidûna (5).
Si quelque chose est étonnant, c'est bien les propos de certains:
«Comment, disent-ils, c'est au moment même que nous tombons en pous-
sière que nous recommençons une nouvelle vie?». Ceux-là renient leur Maî-
tre. Ils auront le cou dans un carcan et le feu sera leur demeure
éternelle (S).
Dieu s'adresse à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -:
«O Mouhammad, si tu t'étonnes du reniement du jour de rassemble-
ment que déclarent ces polythéistes malgré tous les signes que nous
leur avons présentés et les preuves évidentes d'autant plus que toutes
les choses ont été créées de rien au commencement, et malgré tout ils
ne croient plus que Dieu pourra, au moment propice, créer un autre
monde. Ils s'exclament: «Comment, c'est au moment même que nous tom-
bons en poussière que nous recommençons une nouvelle vie?» Ne savent-ils
pas que la création des deux et de la terre est quelque chose de plus
grand que la création des hommes? Ne pensent-ils pas que Celui qui
a créé les hommes, le recommencement de leur création Lui sera plus
facile.. Dieu n'a-t-ll pas dit: «Ne voient-ils pas qu'Allah qui a créé sans la
moindre peine le ciel et la terre est à plus forte raison capable de ressusci-
ter les morts? H est tout-Puissant» [Coran XLVI, 33].
Puis II montre la triste fin des incrédules en disant: «Ceux là re-
nient leur Maître. Ils auront le cou dans un carcan» par lequel ils seront
trainés et précipités dans le Feu où ils demeureront éternellement.
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wa yasta'jilûnaka bi-s-sayyi'ati qabla-1-hasanati waqad halat min qablihi-
mu-1-mutulâtu wa 'inna rabbaka ladû magfîrati-1-li-n-nâsi 'alâ zulmihim
wa 'inna rabbaka la§adîdu-l-'iqâbi (6).
Ils te presseront de manifester le mal plutôt que le bien. Ce n'est pas
que les exemples aient manqué jusqu'ici. Mais ton Allah est un Allah de mi-
séricorde, malgré la perversité des hommes. Il est également terrible dans
la répression. (6).
Les renégats demandent de hâter le malheur avant le bienfait,
comme Dieu en a parlé dans d'autres versets quand II dit: «On inter-
roge: «A qui est destiné le châtiment annoncé?» [Coran LXX, I] . Et en
parlant de l'Heure suprême II dit: «Les incrédules sont impatients de la
voir venir» [Coran XLII, 18], Les impies disent aussi: «Seigneur, avance
notre châtiment sans attendre le jour de la résurrection» [Coran XXXVIII,
16].
Poussés par leur obstination et leur reniement, les mécréants de-
mandent de hâter la venue du châtiment et pourtant des événements
semblables se sont produits avant eux lorsque Dieu avait anéanti des
peuples passés à cause de leur impiété pour être des exemples aux
autres.
Mais Dieu accorde aux hommes un délai afin qu'ils s'amendent et
croient car «Si Allah punissait les hommes suivant leurs œuvres, il n'y au-
rait plus sur terre âme qui vive. Il se contente de les ajourner au terme
qu'il a fixé» [Coran XXXV, 45]. Mais II est le Maître du pardon pour les
hommes malgré leur injustice, qui pèchent jour et nuit. Et n'oublions
pas qu'il est «terrible dans la répression». Tout ceci est confirmé éga-
leront par ce verset: «S'ils t'accusent de mensonge, dis: Votre Seigneur est
toute miséricorde. Mais nul ne saurait arracher les coupables à son châti-
ment» [Coran VI, 147].
On trouve dans le Coran tant de versets où Dieu a joint la crainte
à l'espérance et la clémence au châtiment. Sa'id Ben Al-Moussaiba a
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dit: «Lorsque ce verset fut descendu «Mais ton Allah est un Allah de mi-
séricorde, malgré la perversité des hommes», l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - a commenté: «S'il n'y avait pas la clémence et le
pardon de Dieu, nul n'aurait goûté le plaisir de la vie. Et par contre, s'il
n'y avait pas les menaces et le châtiment, tout individu se serait fié à Dieu»
(Rapporté par Ibn Abi Hatem) (1) .
wa yaqûlu-1-ladîna kafarû lawla 'unzila 'alayhi H yatum-mir-rabbihT 'in-
nama 'anta mundirun wa Iikulli qawmin hâdin (7).
Les incrédules disent: «Que ne peut-il montrer un miracle de son Sei-
gneur?», fis ignorent que ton rôle se borne à avertir. Chaque peuple a son
guide (70.
Les idolâtres par obstination et impiété disent comme ceux des
peuples passés: «Pourquoi n'a-t-on pas fait descendre sur lui un signe
de la part de son Seigneur comme les Prophètes qui lui ont précédé?»
Même ils l'ont défié en lui demandant de transformer le mont As-Safa
en une masse d'or, ou de déplacer les montagnes et de rendre le dés-
ert en jardins arrosés de ruisseaux. Dieu leur répondit dans un autre
verset: «Si nous ne faisons plus de miracles, c'est que les générations pas-
sées n'y ont pas cru» [Coran XVII, 59],
Puis Dieu définit la tâche de Son Prophète: «Ils ignorent que ton
rôle se borne à avertir» et à divulgueur dont tu es chargé car tu n'as
pas pour mission de diriger les hommes, c'est Dieu qui dirige qui II
veut.
«Chaque peuple a son guide» Cette partie du verset on l'a interpré-
tée de plusieurs façons:
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- D'après Ibn Abbas: Toi Mouhammad tu n'es qu'un avertisseur et
Je (Dieu) suis le guide des peuples.
- Selon 'Ikrima: Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - est
le guide du peuple.
- Malek, quand à lui, précise que chaque peuple a un guide qui
l'appelle à Dieu à Lui la puissane et la gloire.
'Al-Làhu ya'lamu ma tahmilu kullu 'untâ wamâ tagîdu-l-'arhâmu wamâ
tazdâdu wa kullu say'in 'indahû bimiqdârin (8) 'âlimu-1-gaybi wa-s-sahâ-
ahâdati-1-kabîru-l-Muta'âli (9). /
Allah sait ce qu'il y a dans le sein de chaque femelle. Comme II sait
quand la matrice se contracte ou se dilate. Car H sait la mesure de toute
chose (8) Il perçoit l'invisible et le visible. H est le Grand, l'Infini (9).
La science de Dieu embrasse tout et rien ne Lui est caché. Même
Il sait ce que porte chaque femelle: un garçon ou une fille, beau ou
laid, heureux ou malheureux, qui jouit d'une longévité ou d'une courte
durée de vie. Ce verset ressemble à celui-ci: «Car H vous connaît mieux
que quiconque, Lui qui vous a tirés de la terre et qui vous distingue à peine
conçus dans le sein de vos mères» [Coran LUI, 32]. Il a dit aussi: «Il vous
crée, aux ventres de vos mères, création par création, dans trois ténèbres»
[Coran XXXLX, 6] C'est à dire étape par étape. Comme II le montre
dans ce verset: «Nous avons extrait l'homme de l'essence de la terre, nous
en avons fait ensuite une goutte de sperme déposée dans un organe bien
protégé» [Coran XXIII, 12-13].
A ce propos Ibn Mass'oud rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - a dit: «Chacun de vous demeure dans le ventre
de Sa mère quarante jours une goutte de sperme, puis un caillot de sang
pendant une durée égale, puis un morceau de chair (comme une bouchée)
pendant une période d'une durée équivalente. Ensuite Dieu envoie un ange
ordonné d'écrire quatre mots (concernant le fœtus) : sa part des biens du
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bas monde, la durée de sa vie, ses œuvres et sa destinée heureuse ou mal-
heureuse». Suivant une variante: «L'ange demande: «Seigneur, sera-t-il un
mâle ou une femelle, heureux ou malheureux, quelle sera sa part des biens
du bas monde, et la durée de la vie. Dieu dicte et l'ange écrit» (Rapporté
par Boukhari et Mouslim) 111 .
«Allah sait ce qu'il y a dans le sein de chaque femelle. Comme II sait
quand la matrice se contracte ou se dilate». Ibn 'Omar rapporte que l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Les clés du mys-
tère sont au nombre de cinq que Dieu seul les connaît: ce qu'il y aura lieu
le lendemain, ce que contient les seins des mères, la descente de l'ondée, en
quelle terre une âme mourra et la survenue de l'Heure Suprême» (Rapporté
par Boukhari) 121 .
En commentant le verset, Ibn bbas a dit: «Il s'agit d'abord de
l'avorton qui ne complète pas la durée normale dans le ventre de Sa
mère, puis l'enfant qui nait à l'expiration de neuf mois, ensuite celui qui
reste presque dix mois. Ou bien encore celui qui nait-normalement-
avant ou après neuf mois. Tout cela dépend de la science et de la vo-
lonté de Dieu.
Ad-Dahak a rapporté qu'il est resté deux ans dans le sein de sa
mère et quand elle l'a enfanté une de ses incisives avait déjà poussé.
D'autres tels que Qatada, Ai-Hassan Al-Basri, Moujahed, ont dit
que tant que la femme ne «saigne» pas et que le sang n'emporte pas
pas le fœtus, celui-ci complète sa période normale de création.
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575
Maqhoul, quant à lui, a dit: «le fœtus dans le ventre de sa mère
n'éprouve ni tristesse ni angoisse. Il reçoit sa nourriture du sang de sa
mère, c'est à dire celui de ses menstruations, à savoir que la femme
enceinte n'a pas ses menstrues. UDe fois né, le fœtus vagit en rencon-
trant un autre monde autre que le sein de sa mère. Lorsqu'on lui
coupe le cordon ombilical, il se nourrit des seins de sa mère afin qu'il
ne commence à se soucier de sa nourriture. Ensuite il commence à
chercher lui-même sa nourriture. A l'âge adulte, il s'écrie: Je dois mou-
rir ou bien je dois tuer d'où pourrai-je me procurer de la nourriture?.
«Car II sait la mesure de toute chose» en d'autres termes: chaque
chose a été mesurée auprès de Lui, s'agit-il du terme de la vie ou des
biens accordés à Ses serviteurs. A cet égard il est rapporté dans le
Sahih qu'une des filles du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - le
mit au courant que son fils est agonisant et demanda à son père de
venir le voir. Il lui envoya dire: «Tout ce que Dieu donne ou prend Lui ap-
partient. Toute chose a un terme. Dis-lui âe se résigner et d'espérer avec
foi sa récompense».
«Il perçoit l'invisible et le visible» Il connait toutes les choses appa-
rentes que les hommes puissent voir, et celles cachées et invisibles.
«Il est le Grand» le plus grand de tout «l'Infini» ou le Très-Haut qui est
au-dessus-de tout. Sa science embrasse tout et toutes les créatures
Lui sont soumises bon gré mal gré.
*,
sawa"'um-minkum man 'asarra-1-qawla wa man jahara bihî wa man hu-
wa mustahfim bi-1-layli wa sâribum bi-n-nahâri (10) lahu mu'aqqibâtum
mim-bayni yadayhi wa min halfihî yahfazunahû min 'amri-L-Lâhi 'inna-
L-Lâha là yugayyiru ma bi qawmin hattâ yugayyiru ma bi 'anfusihim wa
'idâf 'arâda-L-Lâhu bi qawmin su 'an falâ maradda lâhû wamâ lahum
min dûnihî min wâlin (11).
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H ne distingue pas entre vous, entre celui qui dissimule sa pensée et ce-
lui qui la dévoile, entre celui qui se cache dans l'ombre et celui qui se mon-
tre en pleine lumière (10) Auprès de chacun de nous, devant et derrière, des
anges se relèvent. Ils veillent sur nous par ordre d'Allah. Allah ne modifie
l'état d'un peuple en bien ou en mal qu'autant que ses sujets se sont trans-
formés eux-mêmes. Quand II désire punir un peuple, rien ne l'arrête. Et il
n'y a pas de secours en dehors de Lui (11).
Dieu certes connait les actions de tous les hommes comme II
connait leurs pensées. Il le confirme aussi quand II dit: «Peu importe
que tu élèves la voix. Il perce tous les secrets et découvre tout ce qu'on lui
cache» [Coran XX, 7] et aussi: «... qui sait ce qu'eux-mêmes dissimulent
ou ce qu'ils laissent voir» [Coran XXVII, 25].
«Celui qui se cache dans l'ombre» c'est à dire celui qui se trouve
chez lui alors qu'il fait nuit «et celui qui se montre en pleine lumière» en
marchant et se montrant au grand jour. Tous les deux sont égaux de-
vant Lui, Il les connait parfaitement sans aucune distinction.
«Auprès de chacun de nous, devant et derrière, des anges se relèvent»
Pour chaque individu il y a des anges, qui se succèdent les uns aux
autres, qui veillent sur lui, jour et nuit, le gardent des malheurs et des
catastrophes, d'autres les scribes qui inscrivent toutes ses œuvres les
bonnes et les mauvaises jour et nuit: celui de la droite inscrit les bon-
nes actions et celui de la gauche chargé des mauvaises, deux autres
qui veillent sur lui l'un devant lui et l'autre derrière. Il est donc entouré
par quatre anges pendant le jour et quatre autres la nuit: deux gar-
diens et deux scribes.
On a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
a dit: «(Des anges) vous accompagnent là où que vous soyez et ne se
séparent de vous que lorsque vous satisfaisez un besoin naturel et vous
cohabitez avec vos femmes. Donc ayez honte d'eux et honorez-les».
Ibn Abbas a commenté: Ces anges ne quittent l'homme que
lorsque l'ordre de Dieu survient qui consiste à recueillir son âme.
Quant à Moujahed, il a dit: Un ange est toujours attaché aux pas de
l'homme, il veille sur lui à l'état d'éveil ou de sommeil contre la nui-
sance des génies, humains et bêtes. Tout ce qu'il pourrait l'atteindre et
que l'homme redoutait, l'ange lui dirait: Je suis derrière toi ne crains
rien, à moins que ce ne soit une chose que Dieu lui a destinée.
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Abdullah Ben Mass'oud rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - dit: «Chacun d'entre vous est accompagné par un
génie et un ange. On lui demanda: «Et toi aussi ô Envoyé de Dieu?» -
Moi aussi mais Dieu m'a accordé le pouvoir sur lui (le génie) et ne
m'ordonne qu'à faire du bien» (Rapporté par Ahmed et Mouslim) [ " .
«Ils veillent sur nous par ordre d'Allah» El Ka'b Al-Ahbar de
commenter: «Si on avait dévoilé au fils d'Adam les choses heureuses
et les choses pénibles (avant leur survenue) il aurait tout vu et pris ses
précautions. Si Dieu n'avait pas chargé des anges de vous garder lors
de vos heures de manger, de boire et de se dévêtir, vous auriez été
saisis».
Abou Mijliz raconte qu'un homme vint auprès de 'Ali Ben Abi Ta-
leb qui priait et lui dit: «Prends garde il y a des gens qui veulent te
tuer». Il lui répondit: «Auprès de chaque homme se trouvent deux an-
ges qui le gardent contre tout ce que pieu ne lui a pas prédestiné,
mais si une chose décrétée devait être réalisée, ils le quittent. Le
terme est une protection solide».
On a rapporté qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue -: «Ô Envoyé de Dieu, que penses-tu de l'exor-
cisme, peut-il repousser ce que Dieu a destiné?» Il répondit: «Même
cet exorcismes est une chose que Dieu a décrétée».
Ibn Abi Hatem raconte qu'on a révélé à l'un des Prophètes des fils
d'Israël de dire à son peuple: Tous les habitants d'une cité même
d'une maison qui obéissent aux ordres de Dieu et s'acquittent de leurs
prescriptions religieuses et qu'ensuite ils changent leur conduite, Dieu
change leur bonheur en malheur, ceci est confirmé par ce verset: «Al-
lah ne modifie l'état d'un peuple en bien ou en mal qu'autant que ses sujets
se sont transformés eux-mêmes».
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huwa-1-ladî yurîkumu-1-barqa hawfan wa tama'an wa yunsi'u-s-sahâba-t
iqâla(12) wa yusabbihu-r-ra'du bihamdihî wa-1-malâ'ikatu min hîfatihî
wa yursilu-s-sawâ'iqa fayusîbu bihâ may-yasa 'u wa hum yuja dilûna fî-
L-Lâhi wa huwa sadîdu-1-mihâli (13).
H fait luire l'éclair qui tour à tour apporte l'effroi ou l'espérance. Il
suscite les nuages chargés de pluie (12) Le tonnerre proclame ses louanges.
Les anges le glorifient en tremblant. H lance la foudre. Il en frappe qui II
veut. Et malgré toutes ces manifestations de sa puissance, certains contes-
tent son existence. Il est terrible dans la répression (13).
j
L'éclair, cette lumière intense et courte qui jaillit parmi les nuages
est soumis à la volonté de Dieu. Il est pour les uns une source d'effroi
et de crainte tel le cas du voyageur comme a dit Qatada, qui redoute
son mal et ses peines qu'il crée, et pour les autres un espoir, surtout
pour les résidents qui ambitionnent sa bénédiction, son utilité. «Il sus-
cite les nuages chargés de pluie» en d'autres termes les lourds nuages
porteurs de la pluie et qui sont très proches de la terre.
«Le tonnerre proclame ses louanges» un verset qui est pareil à celui-
ci «Il n'est pas une chose qui ne bénisse Son «uvre». Quand l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - entendait la foudre et le ton-
nerre, il disait: «Grand Dieu, ne nous fais pas tuer par Ton courroux, ni
nous fais périr par Ton châtiment et pardonne-nous avant cela».
Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue -, quand il entendait le tonnerre disant: «Gloire à celui
que les anges et le tonnerre célèbrent ses louanges».
Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - a dit: Lorsque vous entendez la foudre, invoquez Dieu, car son
mal ne saurait toucher quiconque l'invoque».
«Il lance la foudre. Il en frappe qui II veut» cette foudre sera,
comme on a dit, l'instrument de vengeance de Dieu qui lancera à la fin
des temps. A cet égard l'imam Ahmed rapporte d'après Abi Sa'id Al-
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Khoudry que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
«A l'approche de l'Heure les foudres se multiplieront de sorte qu'un homme
se rendra chez des gens et leur demandera: «Qui a été foudroyé la veille?».
Ils lui répondront un tel, un tel et un tel».
A propos de la révélation de ce verset on a raconté que l'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait chargé un homme d'al-
ler mander un des tyrans arabes. L'homme se rendit chez ce tyran et
lui dit: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - te
convoque» Il lui répondit: «Quel est cet envoyé de Dieu? Quel est ce
Dieu? Est-il fait en or, argent ou cuivre?» L'émissaire retourna chez
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et le mit au courant
de la réponse du tyran en lui disant «O Envoyé de Dieu, je t'ai préve-
nu qu'il est très impétueux. Il m'a posé telle et telle question» - Re-
tourne chez lui, s'écria le Prophète. L'homme retourna chez le tyran
qui lui réitéra les mêmes propos. Et à-'la troisième fois, alors que
l'émissaire s'entretenait avec le tyran, Dieu à Lui la puissance et la
gloire envoya au-dessus de ce dernier un nuage qui gronda et une fou-
dre s'abattit sur sa tête et enleva son crâne. Dieu alors fit cette révéla-
tion.
Moujahed raconta un récit analogue mais ajouta que ce tyran était
un juif. Et Qatada a rapporté à son tour qu'il s'agit d'un homme qui a
renié le Coran. En voici encore un autre récit: «Amer Ben Al-Toufaïl et
_ Arbad Ben Rabi'a vinrent trouver l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - et lui demandèrent de leur attribuer la moitié du pouvoir,
mais il refusa. Alors Amer Ben Al-Toufaïl -que Dieu le maudisse-
Vécria: «Par Dieu, j'enverrai contre toi des chevaux sans selles et des
jeunes imberbes». Il lui répondit: «Dieu et les Médinois t'empêche-
ront». Puis ils eurent idée de battre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - à cet instant même, l'un d'eux se mit devant lui pour
converser tandis que l'autre derrière lui en dégainant son sabre voulant
le tuer. Dieu le préserva d'eux et le sauva. Ces deux hommes quittè-
rent Médine et se dirigèrent vers les autres tribus arabes pour sortir et
combattre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Dieu
alors lança une foudre contre Arbad et le calcina. Quant à Amer il fut
atteint par la peste et une grande glande sortit de son cou. Il disait à
ses concitoyens: «O Bani Amer, est-il possible d'avoir une glande
580
comme celle d'un chameau et de mourir dans une maison qui appar-
tient à une femme Saloulia?» Et les deux hommes trépassèrent ainsi.
«Et malgré toutes ces manifestations de sa puissance, certains contes-
tent Son existence». Ils doutent de la puissance et de la grandeur du
Seigneur et il n'y a d'autre Dieu que Lui, alors qu'il est: «terrible dans la
répression» et redoutable dans sa force. Il peut anéantir aisément qui-
conque se rebelle contre Lui et persiste dans son impiété. Ce verset
est pareil aux dires de Dieu: «Us mirent à exécution leur dessein, mais Al-
lah leur imposa le sien alors qu'ils ne s'y attendaient pas. Vois comment
s'acheva leur projet. Nous les anéantîmes eux et leur peuple» [Coran
XXVII, 50-51].
lahû da'watu-I-haqqi wa-1-ladîna yad'ûna min dûnihî là yastajîbûna la-
hum bi Say'in 'illâ kabâsiti kaffayhi 'ilâ-1-ma'i liyabluga fâhu wamâ hu-
wa bibâligihî wamâ du'a'y-1-kâfirîna 'illâ fi dalâlin (14).
C'est à Lui que doivent s'adresser les prières. Ceux qu'on prie en de-
hors de Lui n'accordent rien. S'adresser à eux, c'est ressembler à celui qui
supplie l'eau de venir à sa bouche et à qui l'eau jamais n'obéit. C'est ainsi
que se perdent dans le néant les prières des infidèles (14).
La véritable prière ne s'adresse certes qu'à Dieu. Quant à ceux
qui adorent d'autres divinités en dehors de Lui sont pareils à celui qui
tend ses deux paumes vers l'eau pour qu'elle y parvienne, mais l'eau
n'y parviendra jamais. Et Ali Ben Abi Taleb de commenter: Ils ressem-
blent à un homme qui, se trouvant auprès d'un puits, essaye de puiser
de l'eau avec le creux de sa main alors que l'eau est aussi loin de sa
main. Comment pourra-t-il l'avoir?
Donc ceux qui prient un autre que Dieu ne seront jamais exaucés
et ne tireront aucun profit dans les deux mondes, «c'est ainsi que se per-
dent dans le néant les prières des infidèles».
581
wa li-L-Lâhi yasjudu man fî-s-samâwâti wa-l-'ardi taw'an wa karhan wa
zilâluhum bi-1-guduwwi wa-l-'âsâli (15).
Tout ce qui palpite dans les cieux et la terre glorifie Allah de gré ou
de force. Jusqu'à leurs ombres qui s'inclinent matin et soir (15).
Tout est soumis à la domination et au pouvoir de Dieu. Ceux qui
sont dans les cieux comme ceux qui vivent sur la terre se prosternent
devant Lui, ainsi que leurs ombres, qu'ils soient au matin ou au soir,
de gré ou de force.
qui ma-r-rabhu-s-samâwâti wa-l-'ardi quli-L-Lâhu qui 'afattahadtum min
dunihT 'awliya 'a là yamlikûna li 'anfusihim naPan walâ darran qui hal
yastawi-l-'a'mâ wa-1-basîru 'am hal tastawî-z-zulumâtu wa-n-nûru 'am
ja'alû li-L-Lâhi suraka 'a halaqû kahalqihî fatasâbaha-1-halqu 'alayhim
quli-L-lâhu haliqu kulli say'in wa huwa-1-Wahidu-l-Qahhâru (16).
Interroge: Quel est le Maître des cieux et de la terre? Réponds: Allah.
Dis: Allez-vous choisir en dehors de Lui des maîtres qui ne pourront rien
pour vous ni en bien ni en mal?. Dis: Peut-on confondre l'aveugle et celui
qui voit, les ténèbres et la lumière? Les associés qu'ils ont donnés à Allah
ont-ils créé un monde qui puisse être comparé à celui qu'il a créé, en sorte
que, dans leur esprit, les deux créations n'en feraient qu'une? Réplique: Al-
lah est le créateur de toutes choses. Il est l'Unique, le Dominateur (16).
Il en est ceux qui reconnaissent que Dieu est le créateur des
cieux et de la terre, leur organisateur et leur gérant, et malgré tout, ils
582
inventent d'autres divinités pour les adorer en dehors de Lui. Ces divi-
nités ne détiennent ni pour elles-mêmes ni pour ceux qui les adorent ri!
profit ni dommage. Sont-ils égaux ceux qui adorent ces divinités et
ceux qui n'adorent que Dieu seul? ces derniers ne sont-ils pas dirigés
par une lumière provenant de leur Seigneur?. C'est pourquoi II a dit:
«Peut-on confondre l'aveugle et celui qui voit, les ténèbres et la lumière?
Les associés qu'ils ont donnés à Allah ont ils créé un monde qui puisse être
comparé à celui qu'il a créé, en sorte que, dans leur esprit, les deux créa-
tions n'en feraient qu'une?» Ces idolâtres ont-ils pris des divnités qui ri-
valisent Dieu dans la création de sorte que cette création leur paraîtrait
identique à celle de Dieu.
Non ce n'est pas comme tel! Rien ne Lui est égal ni Lui res-
semble. Il n'a ni rival, ni ministre, ni conseiller, ni enfant ni compagne.
«Gloire à Allah, qu'il soit exalté. H est au-dessus d'un tel blasphème» [Co-
ran XVII t /43]ll désavoue leur croyance, Lui, que personne n'intercédera
auprès de Lui sans sa permission. Qu'ils sachent que «Tout ce qui exi-
ste dans les cieux et sur la terre est asservi au Miséricordieux» [Coran
XIX, 93].
Si toutes les créatures sont les serviteurs de Dieu, pourquoi donc
certaines d'entre elles prennent pour maître des divinités en dehors de
Lui sans preuve ni évidence? Est-il autre qu'une invention? Mais le dé-
cret condamnant les incrédules sera exécuté et Dieu n'opprime per-
sonne.
'anzala mina-s-samà* 'i mï'n fasâlat 'awdiyatum biqadrihâ fahtamala-'s-
saylu zabada-r-râbiyan wa mimmâ yûqidûna 'alayhi fî-n-nâri-btigâ* 'a
hilyatin 'aw matâ'in zabadum mitluhû kadâlika yadribu-L-Lâhu-1-haqqa
wa-1-bâtila fa'ammâ-z-zabadu fayadhabu jufa'an wa 'anima ma yanfa'u-
n-nâsa fayamkutu fî-l-'ardi kadâlika yadribu-L-Lâhu-l-'amtâla (17).
583
Il fait descendre l'eau du ciel. Les rivières courent, chacun avec son dé-
bit. A leur surface, de l'écume flotte et glisse. De même, les métaux qu'on
coule au feu pour en tirer des bijoux ou des objets d'art dégagent une
écume. C'est par une telle image qu'Allah oppose le vrai et le faux.
L'écume est emportée, et ce qui est utile aux hommes demeure. C'est ainsi
qu'Allah propose des exemples (17).
Ce verset renferme deux exemples pour discerner le vrai du faux:
le caractère durable et ferme du premier et la disparaition de l'autre.
Dieu a dit: «II fait descendre l'eau du ciel. Les rivières courent, cha-
cune avec son débit» Donc cette eau de pluie coule dans les vallées à la
mesure de leur capacité: l'une vaste et pronfonde reçoit une quantité
plus grande que celle qui coule dans l'autre qui est étroite et peu pro-
fonde. Ceci est une allusion aux cœurs qui contiennent et saisissent la
science proportionnellement à leur grandeur.
«A leur surface, de l'écume flotte et glisse». L'inondation charrie une
écume flottante. En voilà le premier exemple. «De même les métaux
qu'on coule au feu pour en tirer des bijoux ou des objets d'art dégagent une
écume» qui est le deuxième exemple. Il s'agit de tout métal fondu au
feu pour en retirer des ornements ou d'ustensiles. Cette opération pro-
duit une écume semblable.
Ainsi Dieu propose en paraboles le vrai et le faux, une fois les
deux réunis: le faux disparait tout comme l'écume qui est emportée par
l'eau ainsi elle s'en va en faisant fondre l'or ou l'argent. Donc l'écume
ne sera d'aucune utilité et qui disparaitra et demeurera dans les deux
côtés de la vallée ou sur les troncs des arbres ou bien encore le vent
la desséchera. Ainsi l'écume produite par la fonte des métaux et ceux-
ci seuls demeureront: «et ce qui est utile aux hommes demeure. C'est ain-
si qu'Allah propose des exemples» Et dans un autre verset II a dit: «Nous
citons de tels exemples à l'usage des hommes. Mais seuls les hommes sen-
sés les comprennent» [Coran XXIX, 43]. A ce propos un des anciens ulé-
mas a dit: «Chaque fois que je lisais le Coran sans bien saisir le sens,
je pleurais sur moi-même car Dieu a dit que seuls les hommes sensés
les comprennent».
Et Ibn Abbas de commenter: C'est un exemple que Dieu propose
et les cœurs en conçoivent autant que leur foi ou leur doute. Aucune
584
œuvre ne sera utile avec le doute, quant à la certitude elle profite les
hommes. Le doute c'est l'écume et la certitude renferme tout ce qu'on
pourrait avoir de bijoux ou d'ustensiles des métaux fondus.
■ Pour confirmer ceci, Abou Moussa -que Dieu l'agrée- a rapporté
que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: La bonne
voie et la science que Dieu m'a envoyé pour les communiquer aux hommes,
sont comparables à une pluie abondante qui arrose une terre. Certain ter-
rain fertile a absorbé l'eau et par la suite il y a eu du pâturage et des her-
bes en abondance. Certain autre était aride, qui a retenu l'eau, et Dieu la
fait servir aux hommes afin qu'ils boivent, abreuvent leur troupeau et arro-
sent la plantation. Quant aux autres endroits, la terre était plate, elle ne re-
tenait plus l'eau et l'herbe n'a pas poussé. De même il y a différentes
catégories d'hommes: ceux qui sont instruits dans la religion de Dieu et ont
tiré profit de ce que Dieu m'a envoyé pour le répandre, ils ont appris et en-
seigné leur science. D'autres qui n'ont pas daigné lever la tête et n'ont
point accepté la voie de Dieu qui m'a chargé de la montrer» (Rapporté par
Boukhari et Mouslim) ll K
$fe jizj & 'A 3& *i fisas & fë» ii-£ aW
li-1-ladîna-stajâbû lirabbihimu-1-husnâ wa-1-ladîna lam yastajîbû lahû law
'anna lahum ma fï-l-'ardi jamî'an wa mit lahû ma'ahû laftadaw bihT
tUl C-LJ iiîU» \+±. ût£j Uijf L-iLoï ii_S JU^ ^X-Jij ti-L(Jl ^ o il ■■-;
585
'ûlï'ika lahum su'u-1-hisâbi wa ma'wâhum jahannamu wa bi'sa-1-mihâ-
du(18).
A ceux qui se donnent à Allah, la félicité la plus pure. A ceux qui se
refusent à Lui, quand bien même ils posséderaient tous les biens de la terre
et une fois plus encore, pas de rachat. L'heure du règlement du compte sera
pour eux pleine d'angoisse. Leur châtiment sera le feu. Quel lit de dou-
leur (18).
Dieu montre la rétribution des bienheureux et des damnés. Les
bienheureux qui ont répondu à l'appel de leur Seigneur en obtempé-
rant à Ses ordres, suivi son Envoyé et ont déclaré véridiques les évé-
nements des temps passés et à venir, à ceux-là on accordera la plus
belle récompense, comme Dieu le montre en disant: «Celui qui croira
et aura pratiqué les bonnes œuvres recevra la plus belle récompense et trou-
vera toujours bon accueil auprès de Moi» .[Coran XVIII, 88] et aussi ce
verset: «Ceux qui font le bien recevront une belle récompense et même
plus» [Coran X, 26].
«A ceux qui se refusent à Lui» en Lui désobéissant «quand bien mê-
me ils posséderaient tous les biens de la terre» et s'ils l'offriraient, dans la
vie future, pour se racheter contre leurs péchés, on ne l'accepterait
plus, car Dieu au jour du jugement dernier n'accepterait d'eux ni
compensation ni œuvres pies. Ceux-là, leur compte sera très mauvais,
très strict et rigoureux, et auront la Géhenne comme refuge. Quel dé-
testable lit de repos.
4tll
'afamay-ya'lamu 'annama 'unzila 'ilayka mi-r-rabbika-1-haqqu kaman
huwa 'a'mS 1 'innamâ yatadakkaru 'ûlû-I-'albâbi (19).
Peut-on comparer à un aveugle celui qui sait que les révélations de ton
Seigneur représentent bien la vérité? Seuls les gens sensés profitent de la vé-
rité (19).
Ceux qui ont cru à la révélation qui est la vérité venue du Sei-
586
gneur sans aucun doute et que les ordres et les interdictions divins
sont une équité, et ceux qui sont aveulges ne pouvant trouver le che-
min droit ou trouver leur bien et le concevoir, seraient-ils semblables?
Jamais car «les élus du paradis ne sauraient être comparés aux damnés de
l'enfer» [Coran LIX, 20] Les hommes doués d'intelligence sont seuls
qui puissent en profiter de ces révélations et s'en conformer
i^LDt jù-J-t -oyy-^Lt ^^J \n p£*M Uj \jiij\j yLjJI lyilïlj j^pj
'al-ladîna yûfûna bi 'ahdi-L-Lâhi walâ yanqudûna-1-mîtâqa (20) wa-l-lad
îna yasilûna ma 'amara-L-Lâhu bihT 'ay-yusala wa yahsawna rabbahum
wa yahafûna slî 'a-1-hisâbi (21) wa-1-ladîna sabarû-btiga 'a wajhi rabbihim
wa 'aqâmu-s-salâta wa 'anfaqû mimmâ razaqnâhum sirran wa 'alâniya-
tan wa yadra'ûna bi-1-hasanati-s-sayyi'ata 'ûla'ika lahum 'uqba-d-dâ-
ri (22) jannatu 'adnin yadhulûnahâ wa man salaha min 'âba 'ihim wa
'azwâjihim wa durriyyâtihim wa-1-mata 'ikatu yadhulûna 'alayhim min
kulli bâbin (23) salâmun 'alaykum bimâ sabartum fa ni'ma 'uqba-d-dâ-
ri (24).
Les gens qui observent leurs engagements vis-à-vis d'Allah et ne violent
pas la foi jurée (20) Les gens qui respectent les liens établis par Allah, qui
craignent leur Maître et redoutent les conséquences de leur règlement de
compte (21) Les gens qui patientent par respect de leur Seigneur, observent
la prière, redonnent publiquement ou en secret les biens qu'ils tiennent de
nous et qui répondent au mal par le bien. A ceux-là, le ciel (22) A eux, les
jardins de l'Eden où ils entreront avec leurs pères, leurs épouses et leurs en-
fsfits qui ont été bons comme eux. Les anges accourront à leur rencontre
587
de tous côtés (23) «Que le salut soit pour vous!» c'est le prix de votre pa-
tience. Quelle belle demeure que le ciel! (24).
La belle demeure est réservée à ceux qui jouissent de ces quali-
tés et auront rempli leurs obligations:
- «qui observent leurs engagements vis-à-vis d'Allah» et qui ne sont
pas comme les hypocrites qui manquent à leur engagement, qui sont
de mauvaise foi quand ils disputent et qui trahissent le dépôt.
- qui respectent les liens établis par Allah» comme le lien de parenté,
qui leur font la charité ainsi qu'aux besogneux et aux misérables et
font le bien.
- «qui craignent leur Maître» en commettant quoi que ce soit
comme œuvres, qui observent les enseignements de Dieu.
- «et redoutent les conséquences de Jeur règlement de compte» pour
cela ils n'agissent qu'avec rectitude.
- «qui patientent par respect de leur Seigneur» en s'abstenant de
commettre toutes les interdictions et recherchent constamment la Face
de Dieu.
- «qui observent la prière» en s'en acquittant à leurs momenst fixés
et les accomplissant à la perfection tant aux inclinaisons qu'aux pro-
sternations.
- «qui redonnent publiquement ou en secret les biens qu'ils tiennent de
Nous» c'est à dire qui dépensent pour ceux qui sont à leur charge tels
que les épouses, les proches, les pauvres et les besogneux, font l'au-
mône secrète et publique de jour comme de nuit sans discrimination.
-«qui répondent au mal par le bien» de sorte que lorsque quelqu'un
leur nuit ils patientent et lui pardonnent en se conformant aux dires de
Dieu: «Réponds au mal par le bien. Ton ennemi deviendrait bien vite ton
meilleur soutien» [Coran XLI, 34].
Ceux-là seront les bienheureux dans la vie future, dans la de-
meure de félicité les jardins de l'Eden pour l'éternité, avec les Prophè-
tes, les Messagers et les martyrs.
«Où ils entreront avec leurs pères, leurs épouses et leurs enfants qui
588
ont été bons comme eux». Ils seront au Paradis avec les justes parmi
les pères, les épouses, les enfants en complétude de leur joie, même
ceux qui mériteront, parmi ces derniers, de degrés inférieurs, seront
élevés aux plus grands par un effet de la grâce et de la bonté de Dieu
sans que le rang des premiers soit abaissé. Dieu confirme cela en dis-
ant: «Nous réserverons le même sort qu'aux croyants, à leurs descendants
qui auront suivi la foi» [Coran LU, 21].
«Les anges accourront à leur rencontre de tous côtés. «Que le salut
soit pour vous» C'est le prix de votre patience. Quelle belle demeure que le
ciel» Ces anges entreront auprès de ceux-là par toutes les portes pour
les saluer et les féliciter d'avoir obtenu la belle récompense, le rappro-
chement de Dieu et le séjour éternel dans la demeure de la félicité.
A ce propos Abdullah Ben Amr Ben AI-'As -que Dieu les agrée-
rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
«Savez-vous ceux qui entreront les premiers au Paradis parmi les
créatures de Dieu?». On lui répondit: «Dieu et Son Envoyé sont les
plus informés» Il poursuivit: «Ils seront les pauvres parmi les Mouhagé-
riens qui montent la garde des points stratégiques, grâce à eux Dieu
repousse les malheurs des autres et dont chacun d'eux meurt étant in-
capable de se pourvoir à son besoin. Dieu le Très Haut dira à ceux qui
voudra de Ses anges: «Allez les voir et saluez-les.» Les anges répon-
dront: «Nous les habitants des cieux et l'élite de Tes créatures nous
ordonnes-Tu d'aller les visiter et les saluer?» Et Dieu de répliquer: «Ce
sont Mes serviteurs qui M'adoraient sans rien M'associer, ils gara-
daient les frontières et les confins, défendaient les autres contre les
malheurs et dont chacun meurt étant incapable de se pourvoir à son
propre besoin».
Les anges se rendront chez ces gens-là et entreront auprès d'eux
par toutes les portes en leur disant: «Que le salut soit pour vous!» c'est
le prix de votre patience. Quelle belle demeure que le ciel» (Rapporté par
Ahmed).
En voici une autre version de Abdullah Ben Amr: «Le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «La première troupe qui entrera au
Paradis sera formée des pauvres Mouhagériens qui, grâce à leur mérite,
tout malheur est repoussé, qui, une fois ordonnés, ils écoutent et obéissent
589
et qui, si l'un d'eux a besoin du gouverneur pour une certaine affaire, meurt
sans le combler. Au jour de la résurrection, Dieu appellera le Paradis qui
se présentera avec toutes sa parure et ses ornements. Dieu dira alors: «Où
sont Mes serviteurs qui ont combattu dans Mon chemin, y ont souffert et y
ont résisté? Entrez au Paradis sans compte à rendre ni un châtiment à su-
bir» Les ange arriveront alors et diront: «Seigneur, nous glorifons Tes
louanges nuit et jour et proclamons Ta sainteté! Qui sont ces gens-là que
Tu as préférés à nous?» Le Seigneur à Lui la puissance et la gloire leur ré-
pondra: «Ce sont mes adorateurs qui ont combattu dans Mon chemin et y
ont souffert» Les anges alors entreront auprès d'eux par toutes les portes
en disant: «Que le salut soit pour vous!» C'est le prix de votre patience.
Quelle belle demeure que le ciel» (Rapporté par Ahmed)' 11 .
wa-1-ladîna yanqudûna 'ahda-L-Lâhi mim-ba'di mîtâqihi wa yaqta'ûna
ma 'amara-L-Lâhu biMT 'ay-yusala wa yufsidûna fi-l-'ardi 'ûla 'ika lahu-
mu-1-la'natu walahum sS'u-d-dâri (25).
Ceux qui transgressent les promesses qu'ils ont faites à Allah, qui bri-
sent les biens noués par Allah, qui commettent le mal sur la terre, à ceux-
là la malédiction et la souffrance pour l'étemité»<25).
Tels sont l'état des réprouvés, leurs caractères et leur triste fin qui
sera tout à fait opposée à celle des croyants parce qu'ils agissaient au-
Ja£ Ji OUaJL- ^J WL- ^(i. cJ& it\j iljAUoîj l_jfci-. \jj li[_j «jlSLjl -^j ts ÂS
jèi i^JI IjLtjl ï^cW- y» lj-»»U-j ^W- çs« IjJj'j yW- yji IjWt ^ ^^ <jj
590
trement dans le bas monde: Ils violaient le pacte de Dieu après avoir
accepté son alliance et rompaient ce que Dieu a ordonné de maintenir.
Il est rapporté dans un hadith authentifié que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «L'hypocrite se caractérise par
trois signes: quand il parle, il ment; quand il fait une promesse, il ne la
tient pas; et quand on lui confie une chose, il la trahit» (Rapporté par
Boukhari) 17 ' .
Les mécréants qui ont commis tous ces actes auront la malédic-
tion de Dieu qui est la privation de Sa miséricorde, et auront la le plus
mauvaise des demeures qui est la Géhenne.
Abou AI-'Alya a commenté: Ce sont six signes qui caractérisent
les hypocrites qui apparaissent chez eux à la première occasion: Ils
mentent/juand ils parlent, ils ne tiennent pas leurs promesses, ils tra-
hissent le dépôt, ils brisent l'alliance de Dieu après l'avoir engagée, ils
rompent ce que Dieu a commandé de maintenir et ils corrompent la
terre.
Sj*-p\ t| LjjJi iydA ty U-Ui »j3-\i )f~Jj JXJHJ J&ï ,>J iij)\ -i^i «M
'Al-Lâhu yabsutu-r-rizqa Iimay-yasà* 'u wa yaqdiru wa farihû bi-1-hayâti-
d-dunya wama-1-hayâtu-d-dunyâ fi-1 'âhirati 'illâ matâ'un (26).
Allah prodigue ses bienfaits ou les ménage comme II l'entend. Les
biens de ce monde séduisent certains. Mais comme ils représentent peu de
chose à côté de ceux de la vie future (26).
Etant le Dispensateur par excellence, Dieu accorde largement Ses
bienfaits à certains et donne aux autres sur mesure, tout dépend de
Sa volonté et Sa sagesse. Les incrédules se réjouissent lorsque Dieu
leur dispense ses dons sans s'apercevoir que les biens du monde ne
constituent qu'une épreuve et un ménage provisoire pour eux:
591
«Croient-ils que nous les comblons de richesses et d'enfants, uniquement
pour leur être agréables? Us se trompent» [Coran XXIII, 55 - 56]. Qu'ils
sachent donc que la vie de ce monde est une jouissance éphémère et
«c'est la vie future qu'ambitionnent les vrais croyants» [Coran IV, 77].
Dieu les a avertis dans un autre verset: «Hélas! vous préférez la vie de
ce monde, et cependant l'autre est meilleur et plus durable» [Coran
LXXXVII, 15-17].
Al-Moustawred le frère de Bani Fehr rapporte que l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le bas monde par rapport
à l'autre est comparable à ce que le doigt de l'un d'entre vous puisse appor-
ter en le plongeant dans la mer» (Rapporté par Mouslim et Ahmed)' '.
Dans un autre hadith rapporté par Mouslim, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue -, ayant passé par un chevreau mort aux
petites oreilles, a dit: «Par Dieu, ce bas' monde est moins insignifiant
aux regards de Dieu que ce chevreau lorsque son propriétaire l'a jeté».
wa yaqûlu-l-ladîna kafarû lawlâ* 'unzila 'alayhi ^yatum mi-r-rabbihî
qul"inna-L-Lâha yudillu may-ya5â" 'u wa yahdî 'ilayhi man 'anâba (27)
'al-ladîna 'a manu wa tatma'innu qulûbuhum bidikri-L-Lâhi 'alâ bidikri-
L-Lâhi tatma'innu-1-qûlûbu (28) 'al-ladîna 'amanû wa 'amilû-s-sâlihâti
tûbâ lahum wa husnu ma'âbin (29).
Les incrédules objectent: «Que ne peut-il exciper d'un miracle de son
maître». Réponds: Allah égare qui II veut et ramène à Lui ceux qui se re-
pentent. (27) Ceux qui croient et ceux qui trouvent la paix de leur âme
_ -Ni
592
dans l'exaltation d'Allah. N'est-ce pas, en effet, en exaltant Allah qu'on
trouve la paix?» (28) Ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres, à
eux la félicité et une douce communion avec Allah (29).
Les mécréants, en rebelles, objectent et répondent à l'appel de
Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Que ne peut-il exciper
d'un miracle de son maître?» comme ils ont dit auparavant: «Qu'il nous
fasse un miracle comme ses prédécesseurs» [Coran XXI, 5].
Dieu, certes, est capable de le faire mais II ordonne à Son Pro-
phète - qu'Allah le bénisse et le salue - de leur répondre: «Allah égare
qui II veut et ramène à Lui ceux qui se repentent». Donc tant à la bonne
direction qu'à l'égarement, l'un et l'autre ne dépendent pas du Pro-
phète, mais c'est Dieu qui les produira car II a dit à propos de ces ido-
lâtres: «Mais de quelle utilité peuvent être nos signes et nos avertissements
pour cei/x qui ne croient pas» [Coran X, 101]. Il a dit aussi: «Quand bien
même nous leur enverrons des anges, quand bien même les morts leur parle-
raient, quand bien même nous ferions défiler devant eux toute la création,
ils ne croiraient pas, si telle est la volonté d'Allah. La plupart d'entre eux
sont ignorants» [Coran VI, 111]. Pour cela II a dit qu'il égare qui II veut
et dirige vers Lui ceux qui reviennent à Lui repentants.
Quant à «ceux qui croient et ceux qui trouvent la paix de leur âme
dans l'exaltation d'Allah» dont les cœurs s'apaisent au souvenir de
Dieu, constatent que leurs cœurs se tranquillisent au souvenir de Dieu,
en Le prenant pour Maître et Défenseur. «Ceux qui croient et pratiquent
les bonnes œuvres, à eux la félicité et une douce communion avec Allah» à
ceux-là Dieu accordera tout le bien et aussi la plus belle retraite dans
le Paradis.
Le terme arabe «Touba» qui signifie bonheur ou félicité, l'a inter-
prété Chahr Ben Hawchab qu'il s'agit d'un arbre au Paradis dont ses
branches pénètrent dans les demeures des élus. On a dit aussi que
Dieu l'a planté de Sa propre main, qui était à l'origine une perle, et II
lui ordonne de pousser et s'étendre là où II veut. De ses racines pren-
nent source les fleuves du Paradis: du miel, du vin, d'eau et de lait.
Anas -que Dieu l'agrée- rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - en interprétant le verset: «sous d'éternels ombra-
ges» [Coran LVI, 30] dit: «Au Paradis il y a un arbre qu'un cavalier mar-
593
che sous son ombre cent ans sans toutefois pouvoir la franchir» (Rapporté
par Boukhari) 191
B& >
kadâlika 'arsalnâka fî 'ummatin qad halat min qabliha 'umamu-1-litatlû
'alayhimu-1-ladî 'awhayna 'ilayka wa hum yakfurûna bi-r-Rahmâni qui
huwa rabbî la* 'ilâha 'illâ huwa 'alayhi tawakkaltu wa 'ilayhi matâbi (30).
Nous t'avons délégué à un peuple que d'autres ont précédé, pour que
tu lui transmettes ce que nous t'avons révélé. Mais en vain. Ils nient le Mi-
séricordieux. Dis: c'est mon Maître, il n'y a d'Allah que Lui. Je me confie
à Lui et c'est à Lui que je ferai retour (300.
Dieu s'adresse à Son Prophète: Comme nous t'avons envoyé à
cette communauté «Pour que tu lui transmettes ce que nous t'avons ré-
vélé» et lui communiquer le message, ainsi nous avons envoyé d'autres
prophètes à leurs peuples, mais ils les ont traités d'imposteurs et tu as
dans ces Prophètes un exemple. Et comme nous avons sévi contre
ces impies en leur faisant goûter notre vengeance et notre châtiment,
que ta communauté prenne garde. Car: «des Prophètes ont été traités
d'imposteurs avant toi. Ils supportèrent ces injures et furent même molestés
jusqu'au jour où nous leur donnâmes assistance» [Coran VI, 34] et nous
avons réservé la bonne fin à ceux qui ont suivi les Prophètes dans les
deux mondes.
«Ils nient le Miséricordieux» en d'autre ternie, ces idolâtres vers qui
tu es envoyé ô Mouhammad, sont incrédules à l'égard de Dieu et refu-
sent de décrire le Seigneur comme étant le Miséricordieux et le Très
Miséricordieux. Dans le traité d'armistice conclu avec les polythéistes
594
le jour de Houdaybyah, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
voulant écrire au début «Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Mi-
séricordieux» ils objectèrent: «Nous ne savons plus ce que signifie le
Miséricordieux le Très Miséricordieux».
Réponds-leur ô Mouhammad: «C'est mon Maître-il n'y a d'Allah
que Lui» vous les niez mais, quant à moi, je crois en Lui et je recon-
nais Sa déité. Il est mon Seigneur, je me confie à Lui dans toutes mes
affaires et c'est vers Lui que sera le retour.
wa law 'anna qur'ânan suyyirat bihi-1-jibâlu 'aw qutti'at bihi-l-'ardu 'aw
kullima bihi-1-mawtâ bal li-L-Lâhi-l-'amru jamî'an 'afalam yay'asi-1-lad
îna 'ïmantî 'al-law yaSf'u-L-Lâhu lahadà-n-nâsa jamû'an walâ yazâlu-1-
ladîna kafarû tusibuhum bima sana'û qâri'atun 'aw tahullu qarîbam-min
dârihim hattâ ya'tiya wa'du-L-Lâhi 'inna-L-Lâha la yuhlifu-1-mi'âda (31).
Le Coran aurait beau soulever les montagnes, disloquer les continents
et faire parler les morts, qu'ils ne croiraient pas! Car Allah est l'arbitré de
tous tes destins. Les croyants doutent-ils qu'Allah, s'il voulait, pourrait ra-
mener à Lui l'Humanité toute entière. Comme punition, les fléaux ne cesse-
ront d'atteindre les incrédules ou d'éclater aux abords même de leurs
maisons jusqu'au jour où les prédictions d'Allah se réaliseront. Allah n'est
jamais absent au jour du règlement de compte. (31).
Dieu présente le mérite du Coran qu'il a révélé à Son Prophète
Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - et préféré à tous les Li-
vres qui le précèdent.
«Le Coran aurait beau soulever les montagnes» Si par le Coran les
montagnes pouvaient être mises en marche «disloquer les continents»
ou si la terre, par lui, pouvait être fendue, «et faire parler les morts» mê-
595
me au fond de leurs tombes, ce Coran serait le Livre qui renfermerait
toutes ces vertus en dehors de toutes les autres Ecritures. SI les hu-
mains et les génies s'unissaient pour produire un autre livre semblable
à ce Coran, ou même une de ses sourates, ils en seraient incapables
même s'ils s'aidaient mutuellement. Et malgré cela ces idolâtres et in-
crédules n'en croient pas.
«Car Allah est l'arbitre de tous les destins» c'est à Lui qu'appartient
tout le commandement, ce qu'il veut, il sera, et ce qu'il ne veut pas, il
ne sera jamais.
«Les croyants doutent-ils» et n'espèrent-ils pas «qu'Allah, s'il voulait,
pourrait ramener à Lui l'Humanité toute entière» étant donné qu'il n'y a
ni miracle ni argument plus évident que ce Coran que, si Dieu l'avait
fait descendre sur une montagne tu aurais vu celle-ci s'humilier et se
fendre sous l'effet de la crainte de Dieu. /
Il est rapporté dans un hadith authentifié que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il n'y a pas un Prophète sans qu'il
ne soit appuyé (par un miracle) pour que les hommes en croient: Quant à
moi, ce que j'ai repu, était une révélation de la part de Dieu, et j'espère
avoir le plus des suivants au jour de la résurrection».
Quant à la circonstance de la révélation du verset précité on a ra-
conté que les polythéistes avaient dit: «O Mouhammad! Si seulement
les montagnes qui entourent La Mecque auraient été déplacées afin de
pouvoir disposer plus de terrains pour semer, ou bien les distances au-
raient été raccourcies comme Solomon (Souleïman) dont le vent lui
était asservi, ou bien si tu peux ressusciter nos morts comme faisait
Jésus?» Alors Dieu fit descendre ce verset: «Le Coran aurait beau sou-
lever les montagnes...»
«Comme punition, les fléaux ne cesseront d'atteindre les incrédules
aux abords même de leurs maisons» à cause de leur reniement et leur
mécroyance afin qu'ils puissent en tirer des leçons et enseignements.
Ces fléaux on les a interprétés comme étant un châtiment venu du ciel
ou la venue du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - pour les
combattre, ou une catastrophe.
«Jusqu'au jour où les prédictions d'Allah se réaliseront» Il s'agit,
596
d'après certains, de la conquête de La Mecque, ou du jour de la résur-
rection comme a précisé Ai-Hassan Al-Basri. Car Dieu ne manque ja-
mais à Sa promesse. Il secourra son Prophète et les croyants dans les
deux mondes. «Soyez persuadés qu'Allah réalisera les prédictions de ses
Prophètes. Car Allah est puissant dans la répression» [Coran XIV, 47].
walaqadi-stuhzi'a bi rusulim min qablika fa'amlaytu li-1-ladîna kafarû t
umma 'ahadtuhum fakayfa kâna 'iqâbi (32).
Avant toi, d'autres Prophètes ont été tournés en dérision. J'ai comblé
les infidèles, puis Je les ai châtiés par un châtiment terrible (32).
i
Dieu réconforte son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - en
lui racontant que les autres Prophètes qui lui ont précédé ont été en
butte aux railleries de leurs peuples. Il a accordé un répit aux mé-
croyants ensuite II les a saisis en leur infligeant Son châtiment. Il af-
firme cette vengeance en disant: «Que de cités J'ai favorisées malgré
leurs fautes. Puis J'ai sévi. Tout aboutit à Moi» [Coran XXII, 48].
Dans les deux Sahihs, il est rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde un répit à l'injuste. Mais
quand II le saisit. Il ne lâche pas. Puis il récita: «Voilà de quelle manière
Allah punit les cités corrompues, fi leur envoie un châtiment terrible et dou-
loureux» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) 111 .
597
'afaman huwa qà*'imun 'alâ kulli nafsim-bima kasabat wa ja'alû li-L-Lâ-
hi âuraka'a qui sammûhum 'am tunabbi'unahû bimâ là ya'lamu fî-l-'ardi
'àm bi zâhirim mina-I-qawli bal zuyyina li-1-ladîna kafarû makruhum wa
suddû 'ani-s-sabîli wa may-yudlili-L-Lâhu famâ lahû min hâdin (33).
Comment, c'est à Celui qui lit dans toutes les âmes qu'ils osent donner
des associés? Dis: qu'ils les nomment ces associés! Avez-vons la prétention
de divulguer à Allah des choses qu'il ignore sur la terre ou bien prodiguez-
vous ce nom de divinités au hasard? La vérité, c'est que l'impiété de leur
propagande ne leur a pas été démontrée et qu'ils ont pu détourner leurs
semblables de la bonne voie. Celui qu'Allah égare ne saurait trouver aucun
guide (33).
Dieu avertit les idolâtres en leur disant: «Qui donc surveille
chaque homme, se tient auprès de lui et qui est témoin de ce qu'il
fait?» Une vérité que Dieu confirme dans plusieurs versets, on se li-
mite à citer ces quelques uns:
- «... (il n'est pas) d'actes que vous accomplissiez, que nous n'en soyons
pas témoins au moment même» [Coran X, 61].
- «Il ne distingue pas entre vous, entre celui qui dissimule sa pensée et
celui qui la dévoile, entre celui qui se cache dans l'ombre et celui qui se
montre en pleine lumière» [Coran XIII, 10].
- «Il perce tous les secrets et découvre tout ce qu'on Lui cache» [Co-
ran XX, 7].
-«Il est avec vous où que vous soyez. II voit toutes vos actions» [Coran
LVII, 4].
Ce Dieu, est-Il semblable aux statues que vous adorez, qui ne
voient rien, n'observent rien, né comprennent rien, ne peuvent ni faire
du mal ni être utiles et ne se défendent ni défendent leurs adorateurs?
Et malgré tout «ils osent donner des associés à Dieu» Si vraiment ces di-
vinités que vous avez inventées existent réellement et ont une certaine
nature ou une personnalité, nommez-les! Ou bien avez-vous la préten-
tion de divulguer à Allah des choses qu'il ignore sur la terre». Car si vrai-
ment elles existaient II les aurait certainement connues, et rien ne
Lui est caché. «Ou bien prodiguez-vous ce nom de divinités au hasard?»
ou bien c'est une façon de parler, ou bien, comme ont dit Qatada et
598
»
Ad-Dahak, c'est une erreur que vous suiviez en créant des statues
pour les adorer qui n'ont aucun pouvoir, et: «Ces idoles ne sont que des
noms que vous avez inventés vous et vos pères, qu'Allah n'a confirmées par
aucune preuve» [Coran LUI, 23].
«La vérité, c'est que l'impiété de leur propagande ne leur a pas été dé-
montrée» Et Moujahed de commenter: on a enjolivé aux incrédules
leurs ruses, ils sont égarés et appellent les autres à leur égarement
jour et nuit. Dieu a montré cela en disant: «Nous leur avions donné
comme compagnons des démons qui leurs faisaient apparaître plus beaux
leurs actes» [Coran XLI, 25].
«Celui qu'Allah égare ne saurait trouver aucun guide» Même si l'on
désire que ces idolâtres soient guidés, Dieu ne dirige pas ceux qui
s'égarent.
lahum 'adâbun fî-1-hayâti-d-dunyâ wa la'ad âbu-l-'âhirati 'aSaqqu wamâ
Iahum mina-L-Lâhi min wâqin (34) matalu-1-jannati-l-latî wu'ida-1-mutta-
qûna tajri min tahtihâ-l-'anhâru 'ukuluhâ da'imun wa zilluhâ tilka 'uq-
ba-1-ladîna-t-taqaw wa 'uqba-1-kâfirîna-n-nâru (35).
Ils seront punis dans ce monde, ils le seront encore plus dans l'autre,
et ils ne trouveront aucun intercesseur auprès d'Allah (34) Laissez-moi vous
décrire le jardin promis à ceux qui craignent Allah: des eaux vives le par-
courent; ses fruits se reproduisent sans cesse; l'ombre n'en est jamais chas-
sée. Voilà la demeure qui accueillera les croyants. Pour les incrédules, ce
sera la géhenne (35).
Pour punir les mécréants et les polythéistes, Dieu leur inflige un
châtiment dans le bas monde en donnant le pouvoir aux croyants sur
eux et les châtiant par les mains de ces derniers soit en les tuant soit
en le prenant comme prisonniers. En plus. Il leur réserve un supplice
dans l'autre qui leur sera plus atroce et pénible que celui du bas
599
monde. A cet égard, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit aux deux personnes qui faisaient devant lui un anathème ré-
ciproque: «Le châtiment dans le bas monde est insignifiant par rapport
à celui de l'au-delà.» Et quand il évoquait le Feu dans l'autre monde, il
a dit: «Ce châtiment dans le bas monde a un terme quant à celui dans l'au-
tre il est beaucoup plus douloureux, car le feu terrestre est une des soixan-
te-dix parties du feu de la vie future». On ne peut jamais imaginer le
châtiment de la vie future, sa vigueur et sa dureté, comme Dieu en
parle dans ces versets: «Ce jour-là, aucune répression ne sera aussi dure
que celle d'Allah. Aucunes chaînes aussi meurtrissantes que les siennes»
[Coran LXXXIX, 25-26] et «Nous réservons l'enfer à ceux qui nient cette
heure. En les apercevant de loin, l'enfer bouillonnera de colère» [Coran
XXV, 11-12].
Quant aux croyants et à ceux qui craignent Dieu, Il leur décrit le
Paradis qui leur est réservé: «des eaux vives le parcourent» partout ils y
trouveront des cours d'eau qui jailliront de toutes parts et même là où
ils voudront les avoir en les faisant jaillir en abondance. Dieu le décrit
aussi dans ce verset quand II dit: «Voici une description du Paradis qui
est réservé aux croyants: des sources d'eau dont l'eau reste toujours pure le
parcourent» [Coran XCLVII, 15].
«Ses fruits se reproduisent sans cesse» Les croyants s'y délectent à
ses fruits abondants non cueillis à l'avance ni interdits. A ce propos Ibn
Abbas, en rapportant un hadith relatif à la prière de l'éclipsé a dit que
les fidèles demandèrent à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue -: «O Envoyé de Dieu, on t'a vu prendre quelque chose de ta
place où tu te trouvais, puis tu t'es reculé». Il répondit: «J'ai vu le Para-
dis- OU suivant une variante: On me l'a fait voir- et j'ai voulu cueillir une
de ses grappes, si je l'avais prise elle vous aurait suffi tant que le bas
monde existe» (Rapporté Par Boukhari et Mouslim)' 1 ^.
Zaid Ben Arqam raconte: «Un homme des gens du Livre a dit à
L*i^*JI C^jl j\ - ii^Ji cJj (-ijl :JU» i^1-ji>j>J ilUiïj »j IJJ» dJUli* ^i Ivi cJjbî
600
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «O Abou-AI-Qas-
sem, tu prétends que les habitants du Paradis mangent et boivent?». Il
lui répondit: «Certes oui. Par celui qui tient l'âme de Mouhammad dans Sa
main, l'un de ses habitants aura la.force de cent hommes quant à la nourri-
ture, la boisson et le désir sexuel». L'homme lui demanda: «Mais celui qu
mange et boit devra satisfaire son besoin naturel, alors qu'au Paradis
de telles souillures n'existeront plus?» Il répliqua: «Le besoin naturel de
l'un d'entre eux sera satisfait comme une transpiration qui sortira de sa
peau pareille à l'odeur du musc, et alors son ventre en sera débarrassé»
(Rapporté par Ahmed et Nassaï) 111 .
Dieu en a parlé dans d'autres versets et dit: «Les fruits seront en
abondance, mûrs en toute saison. Leur cueillette sera toujours permises»
[Coran LVI, 32-33]: «Des ombrs épaisses les couvriront et des fruits s'offri-
ront d'eux-mêmes à leurs mains» [Coran LXXVI, 14]. Si Dieu avait joint la
description du Paradis à celle de l'Enfer, c'est dans le but d'exhorter
les hommes à ambitionner le premier et s'éloigner de l'autre, en termi-
nant le verset par le sort des croyants et celui des impies: «Voilà la de-
meure qui accueillera les croyants. Pour les incrédules, ce sera la
Géhenne».
a c jLïï i m t iz ^ffî z$ $> te cœ. %$ ipz
wa-l-ladîna *a taynâhumu-1-kitâba yafrahuna bimâ 'unzila 'ilayka wa mi-
na-l-'ahzâbi may-yunkiru ba'dahû qui 'innama 'umirtu 'an 'a'buda-L-
(1) \}\t :JUi ^bSJt J*î ^ J^j A* :Jli ^j ^ ^ j ^ ^'Udlj JU»I fUty Ujj
601
Lâha walà* 'usriku biKT 'ilayhi 'ad'û wa 'ilayhi ma'âbi (36) wa kadâlika
'anzalnâhu hukman 'arabiyyan wa la'ini-t-taba'ta 'ahwï 'ahum ba'da ma
jK'aka mina-I-'ilmi mâlaka mina-L-Lâhi min waliyyin walâ wâqin (37).
Les gens l'Ecriture ont accueilli avec joie ce qui t'a été révélé. Mais,
parmi les tribus, il y en a qui rejettent une partie du Livre. Dis: j'ai l'ordre
de n'adorer qu'Allah et de ne Lui associer quiconque. C'est à le servir que
j'appelle les hommes et c'est à Lui que je retournerai (36) Nous avons ré-
vélé un code en langue arabe. Si tu cédais à leurs tentations, après l'initia-
tion que tu as reçue, tu ne trouverais plus ni soutien ni intercesseur auprès
d'Allah (37).
Parmi les gens du Livre, il y en a ceux qui, en entendant les ver-
sets révélés à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - s'en ré-
jouissent car ils ne sont que des confirmations des enseignements qui
se trouvent dans leur Ecriture, en s'écriant: «Gloire à Allah. Voici que
les prédictions de notre Seigneur sont réalisées» [Coran XVII, 108].
Par contre, il en est des gens du Livre, les juifs et les chrétiens,
«qui rejettent une partie du Livre» et de la vérité. A ceux-là Dieu or-
donne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répondre:
«J'ai l'ordre de n'adorer qu'Allah et de ne Lui associer quiconque» tout
comme les autres Prophètes qui m'ont précédé. «C'est à Le servir que
j'appelle les hommes et c'est à Lui que je retournerai». Telle est ma mis-
sion et mon sort.
«Nous avons révélé un code en langue arabe». C'est à dire: comme
nous avons envoyé d'autres Prophètes dont certain d'entre eux furent
chargés de communiquer une Ecriture, ainsi nous t'avons révélé un Li-
vre en langue arabe qui contient des enseignements clairs et précis.
«Il est exempt de toute espèce d'erreur aussi bien en ce qui concerne le
passé que l'avenir. H émane du sage et du Sublime» [Coran XLI, 42]. Nous
t'avons honoré, ô Mouhammed, par la révélation de ce Coran dont
nous avons préféré a toutes les autres Ecritures.
«Si tu cédais à leurs tentations» en suivant leurs désirs après que la
science t'est parvenue «tu ne trouverais plus ni soutien ni intercesseur au-
près d'AUah». On peut en conclure que ce verset est aussi un avertis-
sement aux savants de suivre les gens égarés et aux ulémas après
602
avoir été initiés à la sunna du Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue-.
walaqad 'arsalnâ rusulan min qablika wa ja'alnâ lahum 'azwâjan wa dur-
riyyatan wamâ kâna lirasûlin 'ay-ya'tiya bi'ïyatin 'illâ bi 'idni-L-Lâhi li-
kulli 'ajalin kitâbun (38) yamhu-L-Lâhu ma yasâ*'u wa yutbitu wa
'indahû 'ummu-1-kitâbi (39).
Avant toi nous avons envoyé sur terre des Prophètes que nous avons
pourvus d'épouses et d'enfants. Mais nul Prophète n'a le pouvoir de faire
des miracles sans l'autorisation d'Allah. Chaque époque a son Livre (38)
Dieu abroge et maintient ce qu'il veut. Le germe du Livre est en Lui» (39).
Comme nous t'avons chargé du Message ô Mouhammad et en-
voyé à toute l'humanité, ainsi nous avons envoyé avant toi des Prophè-
tes parmi les mortels qui se nourrissaient comme les autres de
différentes nourritures, se déplaçaient dans les marchés, avaient des
rapports avec leurs compagnes pour engendrer les enfants et avaient
une postérité. Il lui ordonne de leur dire: «Je ne suis qu'un mortel comme
vous, à qui il a été révélé» [Coran XVIII, 110].
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - a dit (en répondant à certains individus qui sont
venus s'enquérir de ses pratiques cultuelles): «Quant à moi, je jeûne et
je romps le jeûne, je fais une prière nocturne et je m 'endors, je mange de la
viande et j'épouse les femmes. Quiconque se détourne de ma sunna n'est
plus des miens» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) I1] .
«Mais nul Prophète n'a le pouvoir de faire des miracles sans l'autori-
603
sation d'Allah». Donc aucun Prophète n'avait le pouvoir d'apporter à
son peuple un Signe ou de faire un miracle sans la permission de Dieu
qui décrète et fait ce qu'il veut.
«Chaque époque a son Livre» En d'autre terme, chaque chose (ou
même chaque communauté) à un terme prescrit. Dieu le confirme aus-
si dans ce verset: «Allah -Fignores-tu-sait tout ce qui passe dans les deux
et sur la terre. Il le consigne dans le Livre. C'est là une tâche facile pour
lui» [Coran XXII, 70].
Ad-Dahak de commenter: «Un Livre est envoyé pour chaque
époque bien déterminée». C'est pour cela et à l'expiration de cette pé-
riode «Allah abroge et maintient ce qu'il veut» Mais, après la révélation
du Coran, tous les Livres ont été abrogés».
Ce verset a suscité une controverse dans les opinions quant à son
interprétation:
- Ibn Abbas a dit: Dieu abroge tout ce qu'il veut excepté la mort, la
vie, le bonheur et le malheur qu'il avait déjà prédestinés.
- Mansour rapporte: J'ai demandé à Moujahed: «Que penses-tu si
l'un d'entre nous formule cette invocation: «Mon Dieu, si mon nom fi-
gure parmi les heureux maintiens-le, et s'il est parmi les malheureux
efface-le et fais qu'il soit parmi les heureux?» Il répondit: «C'est très
bien». Après l'écoulement d'un an je le rencontrai et lui posai la même
question, il me récita d'abord ces deux versets: «Voilà le Livre de l'évi-
dence, que nous avons envoyé aux hommes dans une nuit bénie» [Coran 2-
3], et dit: «La veille de la nuit du destin, Dieu décrète ce qu'il y aura
dans toute l'année à venir comme bienfaits ou péchés, puis II en
avance et en retarde ce qu'il veut. Quant au Livre du bonheur et du
malheur il est immuable et rien n'y sera changé».
- Al'A'mach rapporte que Abou Wa'el invoquait souvent Dieu par
ces mots: «Grand Dieu, si Tu nous a inscrits parmi les malheureux ef-
face cela et fait que nous soyons heureux. Et si nous figurons sur la
liste des heureux maintiens-y-nous. Car tu efffaces ou confirmes ce
que Tu veux».
- Abou Othman An-Nahdi rapporte que Omar Ben Al-Khattab fai-
sait la circumambulation autour de la Maison en pleurant et disait:
604
«Mon Dieu, si tu m'as décrété le malheur ou un péché quelconque, ef-
face-le car Tu effaces ce que Tu veux ou le confirmes et la Mère du Li-
vre se trouve auprès de Toi; et fais qu'il soit un bonheur et un
pardon».
On peut donc déduire de tous ces dires que Dieu efface comme II
confirme ce qu'il veut. A cet égard l'imam Ahmed rapporte d'après
Thawban que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
«Dieu retient Ses biens à un homme qui vient de commettre un péché. Rien
que les invocations ne puissent repousser le destin. Et la piété procure la
longévité» (Rapporté par Ahmed, Nassaïet Ibn Maja)' 1 .
Dans un autre hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit: «L'invocation et le destin se disputent entre ciel et terre».
Ibn Abbas a dit: «Il arrive qu'un homme suive les ordres de Dieu
toute sa vffe, puis il commet ce que Dieu a interdit et mourra ainsi
égaré, voilà ce que Dieu puisse effacer s'il le veut. Par contre, il se
peut qu'un homme toute sa vie durant désobéit à Dieu mais à la fin il
ne commet que les bonnes actions, voilà ce que Dieu confirme et
maintient».
On a rapporté que lorsque ce verset fut révélé: «Chaque Prophète
n'apporte de preuves qu'avec l'autorisation d'Allah» [Coran XL, 78] les in-
crédules Qoraïchites s'écrièrent: «Nous pensons que Mouhammad ne
pourra rien une fois la mission accomplie». Dieu alors fit descendre
«Allah abroge et maintient ce qu'il veut...» qu'on l'a interprété de la fa-
çon suivante: Si nous voulons nous lui susciterons ce que nous vou-
drons ainsi que dans chaque Ramadan». Dieu donc dans chaque nuit
du destin, donne on refuse ce qu'il veut, décrète les malheurs et les af-
flictions et chacun aura sa part soit des bienfaits soit des fléaux.
Quant à l'expression «Le germe du Livre» ou selon une autre inter-
prétation «la Mère du Livre», il s'agit du licite et de l'illicite, ou le conte-
ArU
605
nu du Livre et son germe, d'après Qatada, ou enfin l'invocation comme
a précisé Ibn Abbas.
wa 'im-mâ nuriyannaka ba'da-1-ladî na'iduhum 'aw natawaffayannaka
fa'innamâ 'alayka-1-balâgu wa 'alayna-1-hisâbu (40) 'awa lam yaraw
'annâ na'tî-l-'arda nanqusuhâ min 'atrafihâ wa-L-Lâhu yahkumu là
mu'aqqiba lihuknihî wa huwa sarî*u-l-hisâbi (41).
Soit que nous te découvrons une partie du sort qui attend les hommes;
soit que nous te rappelons, tu n'as pas d'autre attribut que de prêcher et
c'est à nous seul qu'il appartient de demander des comptes (40) Leur
échappe-t-11 que nous réduisons certaines parties du globe? Allah est le seul
juge. Ses arrêts sont sans appel. D est prompt dans la répression (41).
Dieu s'adresse à Son Prophète: «O Mouhammad, soit que nous te
montrions une partie de ce que nous avons préparé comme peine et
supplice dans ce monde à tes ennemis les impies, soit que nous te
fassions mourir avant cela, Tu n'as pour mission que de communiquer
le message aux hommes «et c'est à nous seul qu'il appartient de deman-
der des comptes». Nous les jugerons et nous les rétribuerons, un verset
qui est pareil aux dires de Dieu: «C'est à nous qu'ils feront retour. Et
c'est nous qui réglerons leurs comptes» [Coran LXXXVIII, 25-26].
«Leur échappe-t-il que nous réduisons certaines parties du globe?» Et
Ibn Abbas de commenter: «Les hommes ne voient-ils pas que nous
permettons à Mouhammed de conquérir la terre une partie après une
autre». Mais Ikrima et Moujahed précisent qu'il s'agit de la ruine de la
terre. Quant à Ai-Hassan et Ad-Dahak ont déclaré que c'est la victoire
accordée aux musulmans sur les idolâtres, ou bien la mort qui attaque
les hommes, la pénurie des récoltes et fruits et la ruine de la terre.
Ach-Cha'bi, quant à lui, a commenté: «Si la terre se réduisait on
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n'y trouverait même pas la place pour satisfaire un besoin mais ce
sont les pertes d'hommes et de récoltes.
En voilà une autre interprétation présentée par Ibn Abbas et Mou-
jahed: La réduction de la terre signifie la disparition des ulémas, des
théologiens et des hommes du bien.
Il s'avère, comme a précisé l'auteur de cet ouvrage, que la pre-
mière interprétation l'emporte car cela signifie la victoire des fidèles sur
les incrédules et la conquête des pays l'un après l'autre comme Dieu
l'affirme dans ce verset: «Nous avons anéanti nombre de villes autour de
vous» [Coran XLVI, 27] et Ibn Jarir l'a soutenue.
waqad makara-1-lad îna min qablihim fa-li-L-Lâhi-1-makru jamî'an
ya'Iamu ma taksibu kullu nafsin wa saya'lamu -1-kuffarû liman 'uqba-d-
dâri (42).
Avant eux, d'autres peuples se sont montrés perfides. Mais Allah se
joue de la perfidie. Il perce les intentions de chacun. Les infidèles verront
bien un jour à qui restera le dernier mot» (42).
Ceux qui ont vécu avant ces idolâtres ont usé de stratagèmes
contre leurs Prophètes voulant les expulser de leurs pays. Mais Dieu a
ourdi une autre ruse sans qu'ils s'en aperçoivent. La ruse de Dieu est
toujours la meilleure.
«Il perce les intentions de chacun». Dieu certes pénètre dans le tré-
fonds des cœurs et pensées et connait parfaitement ce qu'ils cachent
pour rétribuer chacun selon ses intentions. «Les infidèles verront bien un
jour à qui restera le dernier mot» La dernière demeure, en d'autre
terme, appartiendra à ceux qui ont suivi leurs Prophètes dans les deux
mondes.
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wa yaqûlu-I-Iadîna kafarû lasta mursalan qui kafâ bi-L-Lâhi sahîdam-
baynî wa baynakum wa man 'indahû 'ilmu-1-kitâb (43).
Les infidèles affirment: tu n'es pas un Prophète. Réponds: Il me suffit
d'avoir Allah et les gens d'Ecriture pour témoin entre vous et moi (43).
Ces impies te démentent en disant que tu n'es pas un envoyé,
Dieu ne t'a chargé d'aucun message. Réponds-leur: «Il me suffit
d'avoir Allah et les gens d'Ecriture pour témoin entre vous et moi». Dieu
témoigne de ma sincérité et témoigne contre vous et de ce que vous
avez inventé comme mensonges. Seront témoins également ceux chez
qui est la science du Livre.
On a dit que cela fut révélé au sujet de Abdullah Ben Salam et ce-
ci parait étrange car il s'est converti lors de l'arrivée du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - à Médine tandis que ce verset fut ré-
vélé à La Mecque! ,
L'opinion la plus logique est celle de Ibn Abbas qui a déclaré qu'il
s'agit des juifs et des chrétiens, bref tous les gens du Livre qui trou-
vent dans leurs propres Ecritures la description de Mouhammed -
qu'Allah le bénisse et le salue - et son avènement comme l'ont an-
noncé les Prophètes avant lui. Dieu affirme cela en disant: «A ceux qui
suivent l'Envoyé -l'apôtre inculte- annoncé par le Pentateuque et les Evan-
giles» [Coran VII, 157]. Il a dit aussi en parlant du Coran: «N'est ce pas
une preuve de son authenticité, que les docteurs du peuple d'Israël le
connaissent» [Coran XXVI, 197]. D'autres choses connaissent aussi les
docteurs du peuple d'Israël qu'ils trouvent dans leur Livre révélé.
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