Coran › Sourate 15 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 15 trad. humaine
15- SOURATE DE HEJR
99 versets
Révélée à La Mecque à l'exception du verset 87 révélé à Médine
Révélée à la suite de la sourate de Joseph
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
'Alif-tï m-ra tilka 'ïyâtu-l-kitâbi wa Qur"a nim-mubînin (1) r-rubamâ ya-
waddu-l-ladîna kafarû law kânû muslimïna (2) darhum ya'kulû w yata-
matta'û wa yulhihimu-I-'amalu fasawfa ya'lamûna (3).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Alif.Lam.Ra, voilà les versets du Livre et l'expression de l'Evidence (1)
Les infidèles souhaitent parfois de croire (2)Laisse-les faire bonne chère et
jouir. Laisse-les à leurs ambitions. Ils connaîtront la vérité, un jour (3).
Voici le Coran qui est un Livre qui renferme des versets clairs et
d'une lecture évidente. «Les infidèles souhaitent parfois de croire» car ils
regretteront d'avoir mécru lorsqu'ils verront le châtiment qui les attend.
Bien que Ibn Abbas déclare qu'il s'agit des idolâtres de Qoraïch, mais
ce verst a une portée générale qui concerne tous les incrédules, dont
chacun d'eux formulerait ce souhait une fois se trouvant devant la
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mort. Au jour de la résurrection leur souhait serait encore plus ardent
car «le jour où ils seront sur le point d'entrer en enfer, tu les entendras
dire: «Plût à Allah que nous puissions revenir sur terre! Nous ne traiterions
pas de mensonge les signes de notre Seigneur et nous serions croyants»
[Coran VI, 27].
On a rapporté qu'une fois le compte réglé, ceux parmi les musul-
mans qui avaient commis de péchés seront rassemblés en enfer avec
les idolâtres. Ces derniers lui diront: Celui que vous adoriez dans le
bas monde ne vous suffit pas aujourd'hui. Alors Dieu se courroucera
contre eux et fera sortir tous les musulmans. Tel est le sens de ce ver-
set: «Les infidèles souhaitent parfois de croire» selon les dires de Anas
Ben Malek et Ibn Abbas.
Quant à Moujahed, il a dit: Les damnés du Feu diront aux mono-
théistes: «Votre foi ne vous suffit en rien». Dieu ordonnera alors à Ses
anges: «Faites sortir de l'Enfer quiconque aura dans son cœur le poids
d'un atome de foi». Plusieurs hadiths soiït été rapportés dans ce sens.
A cet égard Anas Ben Malek -que Dieu l'agrée- rapporte que l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il en est parmi
ceux qui proclamaient qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu qui entreront en
Enfer à cause de leurs péchés. Ceux qui adoraient Al-Lat et Al-Ouzza leur
diront: «Votre profession de foi ne vous a servi en rien alors que vous êtes
avec nous en enfer». Dieu alors se courroucera en entendant ces propos. Il
fera sortir les fidèles et les jettera dans le fleuve de la vie. Ils guériront de
leurs blessures juste comme la lune qui sort de sa phase écliptique et ils en-
treront au Paradis. On les appellera les «Géhennémiyines» (ceux qui
étaient à la Géhenne )d .
Abou Moussa Al-Ach'ari -que Dieu l'agrée- rapporte que l'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque les réprouvés
de l'Enfer seront réunis avec les gens de la qibla ceux qui Dieu a voulu
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qu'ils s'y trouvent, les infidèles diront aux musulmans: «N'étiez-vous pas de
musulmans soumis? - Certes oui, leur répondront-ils. Et les premiers d'ajou-
ter: «En quoi votre Islam vous a-t-il servi du moment que vous êtes avec
nous en Enfer? Ils répliqueront: «Nous y sommes à cause des péchés que
nous avons commis».
Entendant cette discussion, Dieu ordonnera de faire sortir de l'Enfer
tout musulman. Lorsque les impies constateront cela ils s'écrieront: «Oh! Si
nous étions musulmans, nous serions sortis avec eux». Puis l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - récita: «je me réfugie auprès de Dieu
contre Satan le maudit: «Alif. Lara. Ra, Voilà les versets du Livre et l'ex-
pression de l'Evidence... Les infidèles souhaitent parfois de croire» ( Rap-
porté par Tabarani et Ibn Abi Hatem) ll] .
Dieu dit ensuite à Son Prophète: «Laisse-les faire bonne chère»
manger et jouir un temps car leur sort sera l'enfer. Car l'espoir les dis-
trait de sorte qu'ils ne se repentent ni reviennent à Dieu et ils sauront
bientôt quelle sera leur fin.
wama 'ahlaknâ min qaryatin 'illâ walahâ kitâbum ma'lûmun (4) mâ tas-
biqu min 'ummatin 'ajalahâ wamâ yasta'hirûna (5).
Nous n'avons pas détruit une ville, que nous ne l'ayons dotée avant
d'un Livre qui ait pu l'instruire (4) Aucun peuple ne peut ni avancer ni re-
tarder son terme (5).
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Dieu n'a détruit une cité ou anéanti un peuple sans les avertir en
leur envoyant un Prophète et un Livre. Nulle nation devance son terme
et pas une non plus le retarde. Ce fut pour les Qoraïchites un avertis-
sement et une menace afin qu'ils mettent fin à leur égarement et leur
idolâtrie, pour suivre le chemin de la vérité et la foi.
wa qalû yâ 'ayyuhâ-l-ladî nuzzila 'alayhi-d-dikru 'innaka lamajnûnun (6)
law mâ ta'tînâ bi-l-mala 'ikati 'in kunta mina-s-sâdiqîna (7) mâ nunazzi-
lu-l-malSf'ikata 'illâ bi-l-haqqi wamâ kântî 'idam-munzarîna (8) 'innâ
nahnu nazalnâ-d-dikra wa 'innâ lahû lahâfizûna (9).
II disent: «O toi à qui le Livre a été révélé, ne serais-tu pas un pos-
sédé?» (6) Comment expliquer que tu ne sois pas accompagné d'anges, si tu
dis la vérité?» (7) Les anges ne descendent que si Allah le juge utile. Et
alors le sort des infidèles est vite réglé (8) C'est nous qui avons fait descen-
dre le Coran et qui en sommes les gardiens (9).
Poussés par leur impiété et leur obstination les idolâtres deman-
dèrent au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -: «O toi à qui le
Livre a été révélé» et que tu prétends de le recevoir «ne serais-tu pas
un possédé» en nous appelant à Dieu, à te suivre et en délaissant le
culte de nos pères? Si tu es véridique, pourquoi n'es-tu pas venu à
nous avec les anges pour témoigner de ton message. Avant eux Pha-
raon avait tenu les mêmes propos en répondant à Moïse. «Si seule-
ment il était couvert de chamarrures d'or ou qu'il étaite escortés d'anges»
[Coran XLIII, 53]. Les impies qui n'espèrent pas rencontrer Dieu dis-
ent aussi: «Qu'Allah ne nous envoie-t-H des anges ou ne se raontre-t-Il
Lui-même à nous?» Vraiment, c'est là de l'impudence et un monstrueux
orgueil» [Coran XXV, 21].
Kêponds-ieur, «j T\A«jui-»£amme<i: «Les anges ne descendent que si Allah
le juge utile» et Moujahed de commenter: «Les anges ne descendent
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qu'avec la vérité, le message et le châtiment. Puis Dieu fait connaître
aux hommes que c'est Lui qui a fait descendre le Rappel -c'est à dire
le Coran- et qu'il est son gardjen contre toute modification ou altéra-
tion.
walaqad 'arsalnâ min qablika fî siya'i-l-'awwalîna (10) wamâ ya'tîhim
mi-r-rasûlin 'illâ kânû bihî yastahzi'ûna (1 1) kadâlika naslukuhû fî
qulûbi-l-mfljrimîna (12) lâ yuîminûna bihî waqad halat sunnatu-1-
'awwalîna (13).
Déjà avant toi, nous avons envoyé des Prophètes aux peuples des an-
ciens (10) Il n'y a pas un seul Prophète qui n'ait été tourné en dérision (11)
C'est ainsi que nos avertissements ne font qu'effleurer l'esprit des mé-
chants (12) Ils n'y croient pas et pourtant l'histoire des anciens est là pour
les instruire (13).
Pour réconforter Son Messager, Dieu lui raconte que tant de peu-
ples passés avaient mécru en leurs Prophètes et s'étaient moqués
d'eux en les traitant d'imposteurs. «C'est ainsi que nos avertissements ne
font qu'effleurer l'esprit des méchants» en leur inspirant le polythéisme,
selon Anas et Al-Hassan Al-Basri, car ils se sont montrés rebelles
contre les signes de Dieu en se détournant de la voie droite pour em-
prunter celle de l'égarement. Malgré qu'ils sont maintenant au courant
de la triste fin des mécréants avant eux, et pourtant cela ne les empê-
che pas de persévérer dans leur incrédulité. Mais Dieu sauve toujours
Ses Prophètes et les fidèles.
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walaw fatahnâ 'alayhim bâbam mina-s-sama 'i fazallû fîhi ya'rujûna (14)
laqâlii 'innamâ sukkirat 'absârunâ bal nahnu qawmum-mashurûna (15).
Nous aurions beau leur ouvrir les portes du ciel et leur en permettre
l'ascension (14) Qu'ils diraient: nos yeux nous ont abusés, nous sommes en-
sorcelés (15).
Il s'agit toujours des idolâtres qui sont soumis à leur opinâtreté de
sorte que même si on leur ouvrit une porte du ciel et qu'ils puissent y
monter, ils ne croiraient plus et diraient: «nos yeux nous ont abusés» ou
d'après Moujahed et Ad-Dahak: «nous sommes frappés de cécité. Et
en plus «nous sommes ensorcelés»
walaqad ja'alnâ fî-s-samîf 'i burûjan wa zayyannâhâ li-n-nâzirîna (16) wa
hafiznâhâ min kulli Saytâni-r-rajîmin (17) 'illâ man-istaraqa-s-sam'a fa'at-
ba'ahû Sihâbum-mubînun (18) wa-l-'arda madadnâhâ wa 'alqaynâ fihâ
rawâsiya wa 'ambatnâ fîhâ min kulli say'im-mawzûnin (19) wa ja'alnâ la-
kum fîhâ ma'âyiâa wa ma-l-lastum lahû birâziqîna (20). N
Nous avons placé dans les cieux le zodiaque pour le plaisir de ceux qui
observent (16) Nous avons mis le ciel hors d'atteinte du Démon, le mau-
dit (17) Dès que celui-ci s'approche pour prêter l'oreille, un tison enflammé
le repousse (18) Nous avons étiré la terre et nous l'avons couverte de mon-
tagnes. Nous y avons répandu une végétation diverse et harmonieusement
proportionnée (19) Nous l'avons garnie d'aliments pour vous et pour les
êtres dont l'entretien ne vous incombe pas (20).
En créant les cieux, Dieu les a garnis des constellations et des
planètes qui sont des signes pour qui médite et observe. Il sera ébloui
,ji ir l<_- vj i rôle et leur mécanisme.
Dieu aussi a étendu la terre en y plantant les montagnes élevées
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dont tant de vallées séparent entre elles. On y trouve les déserts, les
terres, le sable, les différentes plantations qui donnent une variété de
fruits à l'intention des hommes et des bêtes. Toute chose a été créée
avec mesure et harmonieusement proportionnée. Il l'a garnie d'ali-
ments pour la subsistance de toutes les créatures qui sont, d'après Ibn
Jarir: Les esclaves, les troupeaux, les fauves... Dieu rappelle aux hom-
mes qu'il leur a assuré leur subsistance de la terre, mis à leur service
les montures et les bêtes de somme, les troupeaux dont leur chair
constitue une partie de leurs aliments, les esclaves et les servantes
pour les servir, bref c'est à Lui que tout incombe.
wa 'im-min say'in 'illâ 'indanâ hazâ'inuhû wamâ nunazziluhï 'illâ biqa-
darim-ma'lûmin (21) wa 'arsalnâ-r-riyâha lawâqiha fa'anzalnâ mina-s-sa-
mà*M ma 'an fa'asqaynâkumûhu wamâ* 'antum lahû bihâzinîna (22) wa
'innâ lanahnu nuhyî wa numîtu wa nahnu-l-wâritûna (23) walaqad
'alimnâ-l-mustaqdimîna minkum walaqad 'alimnâ-l-musta'hirîna (24) wa
'inna rabbaka huwa yahsuruhum 'innahû Hakîmun 'Alîmun (25).
L'essence de toutes choses est entre nos mains. Nous n'en faisons pro-
fiter les hommes que dans une mesure prédéterminée (21) Nous envoyons
les vents qui fécondent. Nous faisons descendre des cieux l'eau dont vous
vous abreuvez mais que vous ne sauriez mettre en réserve (22) Nous faisons
vivre et nous faisons mourir. Le monde sera notre héritage (23) Nous avons
connu les générations passées et nous connaissons à l'avance celles qui vien- *
nent (24) Ton Seigneur rassemblera tous les hommes devant Lui. Il est sage
et savant (25).
Dieu est le possesseur de toutes choses, il n'y a rien dont les tré-
sors n = 'soient . i li, >i <5 :, de Lui. Il n'en fait descendre pour les hOITlmfiS
qu'après une mesure connue et déterminée. Car II le fait d'après une
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connaissance parfaite et par une sagesse et une clémence envers Ses
sujets et non pas comme obligation dont II s'en charge. Il s'est prescrit
à Lui-même la miséricorde.
D'après une interprétation d'Ibn Mass'oud: Dieu fait descendre
chaque année la même quantité de pluie en donnant à un peuple plus
qu'il en donne à un autre et même en privant aussi un certain peuple.
Il envoie avec la pluie des anges qui dénombrent les gouttes qui tom-
bent et tout ce qui pousse sur la terre.
«Nous envoyons les vents qui fécondent» c'est à dire II envoie les
vents comme fécondateurs qui, en touchant les nuages, font descen-
dre la pluie, et les calices s'épanouissent. Dieu dans ce verset a men-
tionné les vents en pluriel car il y a aussi un vent stérile et dévastateur
qui ne laisse rien sur son passage sans l'avoir réduit en cendres. Ce
vent est au singulier en vue de sa particularité stérile.
«Nous faisons descendre des cieux l'eau dont vous vous abreuvez» une
eau douce et potable, car Dieu, s'il le voulait, l'aurait rendue saumâtre
afin que les hommes Lui soient reconnaissants: «Voyez l'eau que vous
buvez? Est-ce vous qui la faites descendre des nuages ou nous? Si nous vou-
lions, nous l'altérerions. Que n'êtes-vous reconnaissants?» [Coran LVI, 68-
70].
«Mais que vous ne sauriez mettre en réserve» vous n'êtes plus capa-
bles de conserver cette eau, mais Dieu en fait des sources et cours
comme II peut aussi la faire disparaître au fond de la terre pour la ren-
dre inutile. De par Sa miséricorde II la rend d'abord douce et potable,
la conserve et en fait ensuite des ruisseaux ou des sources inépuisa-
bles afin que les hommes puissent se désaltérer, abreuver leurs trou-
peaux et irriguer la terre pour produire de la récolte.
«Nous faisons vivre et nous faisons mourir» Comme II a créé tout la
première fois, Il est aussi capable de le recréer aussi une seconde
fois. Il a tiré les hommes du néant. Il les fait mourir puis 11 les ressus-
cite tous pour le jour du Rassemblement. Tout ce qui existe dans les
cieuK 1 sur (a terre Lui revient étant l'Hérïfier Suprême.
«Nous avons connu les générations passées et nous connaissons à
l'avance celles qui viennent» Et Ibn Abbas de commenter: Dieu connaît
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ceux qui ont péri de la descendance d'Adam -jusqu'à cette révélation-,
ceux qui sont en vie et ceux qui naîtront d'ici au jour de la résurrection.
A cet égard, l'auteur de cet ouvrage ajoute: Je veux mettre en
garde les lecteurs contre une interprétation erronée de ce verset qui
dit: Dieu connait au moment de la prière ceux qui viennent la faire à
son heure fixée et ceux qui la retardent.
walaqad halaqnâ-l-'insâna min salsàlin min hama'im masnûnin (26) wa-1-
jîf nna halaqtiâhu min qablu min nâri-s-samûmi (27).
Nous' avons tiré l'homme du limon, d'une argile malléable (26) Aupara-
vant, nous avons tiré les génies d'une flamme ardente (27).
Dieu parle de la création d'Adam d'une argile extraite d'une boue
malléable, comme II a créé auparavent les génies d'une flamme d'une
chaleur ardente.
Dans un hadith authentique l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - a dit: «Les anges sont créés de lumière, les génies d'une
flamme de feu et II a créé Adam comme on vous l'a décrit» (Rapporté par
Mouslim et Ahmed d'après Aicha)^'K
Le but de ce hadith est pour montrer l'honneur accordé à Adam -
que Dieu le salue-, la bonté de sa nature et la pureté de son origine.
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wa 'id qâla rabbuka li-l-mata 'ikati 'innî hâliqum basara-m-min salsâlim-
min hama 'im masnûnin (28) fa'idâ sawwaytuhû wa nafahtu fîhi mi-r-
rûhî faqa'û lahû sàjidîna (29) fasajada-l-malâ'ikatu kulluhum 'aj-
ma'ûna (30) 'illâ" 'iblîsa 'abà A 'ay-yakûna ma'a-s-sâjidîna (32) qâla lam
'akul-l-li'asjuda libasarin halqtahû min salsâlim-min hama'im-masnû-
nin (33).
S'adressant aux anges, Allah leur dit: «Je vais créer l'homme avec du
limon, avec de l'argile malléable» (28) Quand je l'aurai fçonné et que Je lui
aurai insufflé de ma vie, prosternez-vous devant lui» (29) Tous les anges se
prosternèrent (30) Si ce n'est Satan, qui réfusa de se joindre à eux (31) O
Satan, interpella Allah, pourquoi refuses-tu de te prosterner avec les an-
ges? (32). Satan répondit: «Je ne saurais me prosterner devant un être tiré
du limon, de l'argile malléable (33).
Dieu rappelle l'histoire de la création d'Adam et de l'honneur qui
lui a réservé auprès des anges en leur ordonnant de se prosterner de-
vant lui une fois créé. Mais Iblis, Satan, -que Dieu le maudisse- refusa
d'obtempérer aux ordres de Dieu par jalousie, mécroyance, orgueil et
rébellion. Il répondit au Seigneur: «Je ne saurais une prosterner devant un
être tiré du limon, de l'argile malléable» tout comme il a dit auparavant:
«Je m'estime plus que lui. Tu m'as tiré du feu alors que Tu l'as tiré du li-
qâla fahruj minhâ fa'innka rajîmun (34) wa 'inna "alayka-l-la'nata 'ilâ
yawmi-d-dîni (35) qâla rabbi fa'anzinff 'ilâ yawmi yub'atûna (36) qâla
fa'innaka mina-l-munzarina (37) 'ilâ yawmi-l-waqti-l-ma'lûmi (38).
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n dit: «Quitte ces lieux, lapidé que tu es» (34) Sors maudit jusqu'au
jour de la résurrection (35) «O Seigneur, invoqua Satan, fais-moi vivre jus-
qu'au jour de la résurrection» (36) Soit, dit le Seigneur, tu vivras (37) Jus-
qu'au délai convenu (38).
A cause de sa rébellion et sa désobéissance, Satan fut abaissé du
rang qui occupait avec les autres anges, chassé du Paradis et éloigné
de la miséricorde de Dieu. Il est maudit jusqu'au jour de la résurrec-
tion. A ce propos Sa'id Ben Joubaïr a dit: «Lorsque Dieu a maudit Sa-
tan (Iblis) ses traits furent changés et ne ressemblaient plus à ceux
des anges. Il poussa un gémissement qu'aucun ne lui sera pareil sur
terre jusqu'au jour de la résurrection».
Constatant le courroux de Dieu contre lui, et poussé par sa jalou-
sie qu'il a manifestée envers Adam et sa postérité, Iblis supplia te Sei-
gneur de le laisser vivre jusqu'à la fin des temps, le jour du
rassemblellemnt des hommes. Dieu l'exauça. Une fois reçu cette fa-
veur, Iblis -que Dieu le maudisse- fera connaître ses comportements à
l'égard des hommes que nous allons constater dans les versets qui
s'ensuivent.
qâla rabbi bimâ" 'agwaytanî la 'uzayyinanna lahum fî-l-'ardi wa
la'agwiyannahum 'ajma'îna (39)'illâ 'ibâdaka minhumu-1-muhlasîna (40)
qâla hâdâ sirâtun 'alayya mustaqîmun (41) 'inna 'ibâdî laysa laka 'alay-
him sultâmin 'illâ man-i-t-taba'aka mina-l-gâwîna (42) wa 'inna jahanna-
ma ïamaw'iduhum -ajma'îna (43) lahâ sab'atu 'abwâbi likulli bâbim
minhum juz'um maqsûmun (44).
Seigneur, dit Satan, puisque Tu m'as perdu, je tromperai les hommes
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sur terre et je les perdrai tous (39) Excepté les fidèles que Tu auras distin-
gués. (40) Voici la règle souveraine (41). Tu n'auras aucune prise sur Mes
serviteurs sincères, seuls, les insensés te suivront. (42) Ces derniers se retro-
uveront tous dans la géhenne (43) Elle a sept portes; à chaque porte est des-
tinée une catégorie de réprouvés (44).
Iblis dit Au Seigneur: «Puisque Tu m'as enduit en erreur et m'as
égaré, je tromperai les hommes en leur enjolivant le mal, les incitant à
commettre les péchés sur terre je les perdrai tous comme Tu m'as per- ■
du. Seuls échapperont à mes tromperies Tes sujets fidèles et sincè-
res». Satan a tenu les mêmes propos en disant: «Si Tu me fais grâce
jusqu'au jour du jugement dernier, j'asservirai la presque totalié de Sa des-
cendance» [Coran XVII, 62].
Dieu lui répondit avertissant et menaçant: «voici la règle souve-
raine» ou suivant une autre interprétation: «Voici pour Moi une voie
droite». C'est à dire, comme ont précisé iauatada, Ai-Hassan et Mouja-
hed, vous ferez tous retour vers Moi et Je vous rétribuerai selon vos
œuvres. Le chemin droit aboutira à Moi». Dieu dit à ce propos: «C'est
à Allah qu'il appartient d'indiquer la bonne voie» [Coran XVI, 9].
Dieu dit aussi à Iblis: «Tu n'auras aucune prise sur Mes serviteurs
sincères» ceux qui auront suivi la voie droite, le chemin de la vérité
«seuls les infidèles te suivront» ceux qui seront dans l'erreur. Et sache
que «ces derniers se retrouveront tous dans la géhenne» le sort qui est
destiné également à tous ceux qui ont mécru au Coran «Ceux qui nient
le Livre sont promis à l'enfer» [Coran XI, 17].
La Géhenne comme Dieu l'a décrite «a sept portes; à chaque porte
est destinée une catégorie des réprouvés» Les infidèles seront répartis en
groupes et chacun trouvera son nom écrit sur cette porte, d'où il entre-
ra et occupera la place qui lui est réservée selon la gravité et la multi-
tude de ses péchés et mauvaises actions.
Et Ali Ben Abi Taleb d'expliquer: La Géhenne est formée d'étage
superposés l'un au-dessus de l'autre et chacun sera rempli à partir du
pmmior ihn Jouraij a défini le nom de chaque porte: Jahannam (gé-
nenne), Ladha, Doutama, s air, saqar, janim et ai-nawia».
Samoura Ben Jondobe rapporte que le Prophète - qu'Allah le bé-
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nisse et le salue - en interprétant ce verset: «à chaque porte est destinée
une catégorie de réprouvés» a dit: «Parmi les damnés de l'Enfer il y aura
ceux que le feu les atteindra jusqu'aux chevilles, d'autres jusqu'à la taille et
d'autres aussi jusqu'aux gosiers. Leurs degrés de supplice seront en fonction
de leurs œuvres» (Rapporté par Ibn Abi Hatem) 111 .
'inna-l-muttaqîna fî jannâtin wa 'uyunin (45) 'udhulûhâ bisalâmin
If minîna (4(5) wa naza'nâ mâfî sudûrihim min gillin 'ihwânan 'alâ sur-
urim-mutaqâbilîna (47) lâ yamassuhum fîhâ nasabun wamâ hum minhâ
bimuhrajma (48) nabbi' 'ibâdî 'annT 'anâ-l-Gafûr-r-Rahîmu (49) wa 'an-
na 'adâbî huwa-l-'adâbu-l-'alîmu (50).
Ceux qui craignent Allah se délecteront au milieu des jardins et des
sources (45) Que le salut et la paix soient sur vous, leur criera-t-on, quand
ils y pénétreront (46) Leurs cœurs deviendront purs de toute haine. Ils se
sentiront frères les uns des autres. Ils se feront face, allongés sur des lits de
repos (47) Toute souffrance leur sera épargnée. Ce séjour sera le leur pour
l'éternité (48) Avertis les hommes que je suis indulgent et miséricor-
dieux (49) Et que mon châtiment est impitoyable (50).
Après avoir montré le sort des impies, Dieu parle de celui des fidè-
les qui seront au milieu des jardins et de sources. On les recevra par
ces mots: «Que le salut et la paix soient sur vous» vous serez en sécu-
rité sans éprouver ni peur, ni expulsion, ni interruption de ces délices
et vous y demeurerez éternellement.
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«Leurs cœurs deviendront purs de toute haine» qui en sera arrachée
comme le prouve ce hadith où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - dit: «Les croyants seront délivrés de l'Enfer et retenus sur un
pont dressé entre le Paradis et l'Enfer. Ils y régleront par la compensation
les préjudices et injustices qu'ils auront commis les uns envers les autres.
Une fois ces comptes réglés et que les fidèles seront purifiés on leur donne-
ra l'autorisation d'entrer au Paradis» (Rapporté par Boukhari) 1 ' 1 .
A cet égard aussi, Abou Habiba, l'affranchi de Talha raconte:
«Une fois la bataille du «Jamal» eût pris fin, Imran Ben Talha entre
chez Ali -que Dieu l'agrée- Il l'accueillit avec cordialité et lui dit: «J'es-
père que Dieu nous fasse parmi ceux qui sont cités dans ce verset:
«Leurs cœurs deviendront purs de toute haine. Ils se sentiront frères les uns
des autres. Ils se feront face, allongés sur des lits de repos» Deux hommes
qui étaient assis à l'extrémité de la natte s'écrièrent: «Dieu est encore
plus équitable! Tu viens de les tuer hief et tu comptes devenir leur
frère?» Ali leur répondit: «Levez-vous! Puisse Dieu vous éloigner à un
pays lointain et misérable. Qui seront donc des frères sinon moi et Tal-
ha?» Dans la tradition on trouve le même récit suivant d'autres varian-
tes.
Al-Hassan Al-Basri rapporte que 'Ali a déclaré: «C'est à notre sujet
et ceux qui ont combattu le jour de Badr que le verset fut révélé».
Al-Thawri, quant à lui, a dit en comentant le même verset: «Ceux
qui seront frères sont les suivants: Abou Bakr, Omar, Othman, Ali, Tal-
ha, Al-Zoubaï'r, Abdul Rahman Ben Awf, Sa'd Ben Abi Waqas, Sa'id
Ben Zaid et Abdullah Ben Mass'oud -que Dieu les agrée tous-.
«Toute souffrance leur sera épargnée» c'est à dire aucune peine ni
mal ne les toucheront. De cette demeure de félicité on ne les fera pas
sortir mais ils y seront éternellement. Donc, ce sera pour eux un «sé-
jour éternel, qu'ils ne voudront échanger contre aucun autre» [Coran XVIII,
108].
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Puis Dieu ordonne à Mouhammad: «Avertis les hommes que Je
suis indulgent et miséricordieux, et que Mon châtiment est impi-
toyable» Certes Dieu est, en vérité, celui qui pardonne, et ceci a été
dit pour que les hommes Le craignent et ne désespèrent plus de Sa
miséricorde et de Sa clémence.
Au sujet de la révélation, Ibn Abi Rabah rapporte d'après un des
compagnons le récit suivant: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - vint nous trouver en sortant par la porte d'où Banou Chaï-
ba entraient à la Maison et nous dit: «Pourquoi vous vois-je rire?» Puis il
nous quitta et arrivé auprès du Hedjr (de la Ka'ba) il revint à reculons et
nous dit: «En vous quittant Gabriel vint me dire: «O Mouhammed, Dieu
dit: «Pourquoi fais-tu désespérer Mes serviteurs? Informe-les: «Que je suis
indulgent et Miséricordieux, et que Mon châtiment est impitoyable» (Rap-
porté par Ibn Jarir) l,] .
Qatada rapporte: «Il nous est parvenu que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - dit: «Si le serviteur savait l'ampleur du
pardon de Dieu, il aurait osé commettre tout ce qui est interdit. S'il savait
la dureté du châtiment de Dieu, il se serait mortifié».
I wa nabbi'hum 'an dayfi 'Ibrahîma (51) 'id dahalû 'alayhi faqâlû salâman
t qâla 'innâ minkum wajilûna (52) qâlû lâ tawja'inna nubaSSiruka
lil jx- (jj iî r ' tùjSU^ j^rijî Vi :Jtii SapSj x v J*Jj i^Ul V UI j§£ il
661
bigulâmin 'alîmin (53) qâla 'abaSsartumûnî 'aîï'an mssaniya-I-kibaru fa-
bima tubaSsirûna (54) qâlû baSSarnâka bi-l-haqqi falâ takum-mina-1-
qânitîna (55) qâla wa may yaqnatu mi-r-rahmati rabbihT 'illâ-d-
dâllûna (56).
Rappelle-leur l'histoire d'Abraham (51) Ils pénétrèrent chez lui en le
saluant, «votre visite nous effraie», leur dit-il (52) Rassure-toi, répliquèrent-
ils. Nous t'annonçons la naissance d'un enfant bien doué. (53) Il riposta:
«Et vous m'annoncez cela au moment où je ne suis plus qu'un vieillard?
Qu'est-ce que vous m'annoncez-là?» (54) «Nous ne t'apprenons que la vé-
rité» dirent-ils. «Tu as tort de désespérer» (55) Seuls les insensés désespè-
rent de la grâce d'Allah, répondit-il (56).
Dieu demande à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
de rappeler aux hommes l'histoire d'Abraham avec ses hôtes, comme
nous en avons parlé en commentant la sourate de Houd (versets 69 -
79).
Lorsque les anges pénétrèrent chez Abraham, il éprouva une cer-
taine crainte de cette visite inattendue. Ils le saluèrent et le rassurè-
rent. Car en leur présentant le veau rôti, il remarqua que leurs mains
n'en approchaient pas. Puis ils lui annoncèrent la naissance de son fils
Isaac. Mais Abraham s'exclama: «comment aurai-je un enfant alors
que la vieillesse m'a atteint? et ma femme est dans un âge avancé?»
Ils lui affirmèrent cette bonne nouvelle et qu'il ne faut jamais désespé-
rer de la grâce de Dieu. Il leur répondit: «Seuls les insensés désespèrent
de la grâce d'Allah» car il était sûr de la miséricorde de Dieu et de Son
pouvoir pour lui offrir un enfant malgré sa vieillesse et l'âge avancé de
sa femme.
qawmim mujnmîna (58) 'illâ" 'âla Lût in 'innâ lamunajjuhum 'aj-
ma'îna (59) 'illâ-mra'atahû qaddarna 'innahâ lamina-l-gâbirîna (60).
662
«Quel est le but de votre visite, ô messagers?» ajouta-t-il (57) Nous
sommes envoyés vers un peuple criminel (58) Seule la famille de Loth sera
1 épargnée (59) Sauf sa femme, qui sera parmi les victimes (60).
Lorsqu'Abraham fut rassuré et que la bonne nouvelle lui fut parve-
nue, il leur demanda au sujet de leur mission «Nous sommes envoyés
vers un peuple criminel» lui répondirent-ils. Il s'agit du peuple de Loth. Ils
le rassurèrent qu'ils vont sauver sa famille excepté sa femme qui sera
i parmi les victimes du châtiment de Dieu.
falammâ ja 'a ïla Lûtin-i-l-mursalûna (61) qâla 'innakum qawmum mun-
karûna (62) qâlû bal ji'nâka bimâ kânû fîhi yamtarûna (63) wa 'ataynâka
bi-l-haqqi wa 'innâ lasâdiqûna (64).
Lorsque les messagers se présentèrent à Loth, (61) celui-ci dit: «Vous
me surprenez» (62) Ils répondirent: «Ne sois pas surpris. Nous venons pour
réaliser ce dont ton peuple a douté jusqu'ici» (63) «Nous t'apportons la vé-
rité. Nous sommes des gens de bonne foi» (64).
Les anges -messagers se présentèrent à Loth sous la plus belle
apparence de jeunes hommes tellement beaux. En les voyant, Loth
s'écria: «Vous m'êtes inconnus? Qui êtes-vous?» Et les anges de lui
répondre: «Nous venons pour réaliser ce dont ton peuple a douté jusqu'ici»
Cela signifie que ces anges sont chargés d'exécuter l'ordre de Dieu en
infligeant le châtiment au peuple de Loth dont ils doutent, car ce peu-
ple ne croyaient point qu'un tel châtiment les touchera.
«Nous t'apportons la vérité» Car Dieu n'envoie Ses anges aux .hom-
mes qu'avec la vérité. Les anges affirmèrent à Loth qu'ils sont sincères
et le rassurèrent qu'il sera sauvé avec sa famille, mais son peuple, ain-
si que sa femme, seront anéantis.
663
fa'asri bi'ahlika biqit'im-mina-l-layli wa-t-tabi' 'adbârahum walâ yaltafit
minkum 'ahhadun wa-mdû haytu tu'marûna (65) wa qadaynâ 'ilayhi d
âlika-l-'amra 'anna dâbira hï'ulï'i maqtû'um musbihîna (66).
Fuis, la nuit, avec ta famille. Tiens-toi à l'arrière du groupe. Qu'aucun
d'entre vous ne retourne. Et dirigez-vous là où vous en recevrez l'ordre (65)
Nous lui signifiâmes alors cet arrêt, à savoir que son peuple serait anéanti
jusqu'au dernier, à la pointe du jour (66).
Les anges demandèrent à Loth de partir avec sa famille après
l'écoulement d'une partie de la nuit, et qu'il soit à l'arrière pour la gar-
der. Ainsi était l'agissement du Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue -, comme on l'a rapporté, quand il sortait dans une expédition. Il
marchait à l'arrière de la troupe pour encourager les faibles et les aider
et portait en croupe celui qui ne trouvait pas une monture.
«Qu'aucun d'entre vous ne retourne». C'est à dire: Lorsque vous au-
rez entendu le cri, que nul de vous ne regarde en arrière pour voir le
sort des impies et l'effet de leur châtiment.
«Et dirigez-vous là où vous en recevrez l'ordre» Allez où il vous est
commandé, et ils devaient marcher tout droit si comme quelqu'un les
dirigeait. Tel fut le décret de Dieu pour les sauver, quand aux autres,
et à la pointe du jour, ils devaient être anéantis jusqu'au dernier. Dieu
affirme ce fait en disant: «C'est le matin que la catastrophe se produira et
le matin n'est pas loin» [Coran XI, 81].
wa ja 'a 'ahlu-1-madînati yastabsirûna (67) qâla 'inna ha 'ula 'i dayfî falâ
664
tafdahûni (68) wa-t-taqû-L-Lâha walâ tuhzûni (69) qâlïï 'awalam nanha-
ka 'an-i-l'âlamîna (70) qâla ha'ula"i banâfT 'in kuntum fâ'ilîna(71) la
'amruka 'innahum lafî sakratihim ya'mahûna (72).
Les gens de la ville accoururent chez Loth, tout joyeux (67) Lot h les
interpella ainsi: «Ces gens sont mes hôtes. Ne me déshonorez pas» (68)
Craignez Allah et épargnez-moi votre humiliation» (69) Us répondirent: «Ne
t'avons-nous pas défendu de recevoir des étrangers chez toi?» (70) Si c'est
pour assouvir vos sens que vous êtes venus, reprit Loth, voici mes filles (71)
Par ta vie, ô Prophète, dans leur délire, ils ont perdu le contrôle d'eux -mê-
mes( 72).
Ayant eu vent de l'arrivée des étrangers aux beaux visages chez
Loth, les hommes de la cité vinrent en quête de nouvelles et accouru-
rent chez Loth qui leur dit: «Ces gens sont mes hôtes. Ne me déshonorez
pas. Craignez Allah et épargnez-moi votre humiliation» Telle fut la ré-
ponse de Loth avant qu'il eût connaissance que ces hôtes sont les
messagers de Dieu.
Les concitoyens de Loth lui répondirent: «Ne t'avons-nous pas défen-
du de recevoir des étrangers chez toi?» Loth leur rappela que si c'est pour
assouvir leurs passions, il y a leurs femmes qui sont créées pour ce
but». Il ne faut pas prendre les dires de Loth: «Voici mes filles» au
sens propre du mot car ce terme signifie: «Voici vos femmes qui vous
sont licites» en les considérant comme étant ses filles».
Les hommes du peuple de Loth n'attendaient pas au supplice qui
leur était réservé mus par leur désir et étant insouciants de conséquen-
ces de leur comportement. Pour cela Dieu dit à Mouhammad: «Oui,
par ta vie ô Prophète: «dans leur délire, ils ont perdu le contrôle d'eux-
mêmes». Ce serment fait par la vie du Prophète lui vaut un grand hon-
neur et une haute considération de la part de son Seigneur. Et Ibn Ab-
bas de commenter: «Dieu n'a créé un être qui soit plus honorable que
Mouhammed - qu'Allah le bénisse et le salue - et je n'ai jamais enten-
du Dieu jurer par la vie d'un Prophète autre que lui».
L'expression «dans leur délire» signifie aussi d'après Qatada dans
leur égarement.
665
fa'ahadathumu-s-sayhatu musriqîna (73) faja'alnâ 'âliyahâ sâfllahâ wa
'amtarnâ 'alayhim hijâratam-min sijjîlin (74) 'inna fî dâlika la'âyâti-l-lil-
mutawassimîna (75) wa 'innahâ labisabîlim-muqîmin (76) 'inna fî dâlila
la'ïyata-l-lil-mu'minîn (77).
A la pointe du jour, un cyclone les surprit (73) La ville s'effondra sens
dessus dessous. Et une pluie de pierres brûlantes s'abattit sur eux. (74) D y
a là des signes pour ceux qui observent (75) Les ruines de cette ville sont
sur un chemin passant. (76) Il y à là des signes pour ceux qui croient (77).
Le châtiment qu'a subi le peuple de Loth fut d'abord un cri foudroy-
ant comme un tonnerre à la pointe du jour, la cité fut déracinée et sou-
levée au ciel puis renversée sens dessus dessous, et enfin une pluie
des pavés de glaise s'abattit.
«Il y a là des signes pour ceux qui observent» cela signifie il y a dans
ce châtiment des signes pour ceux qui font attention aux marques de
la vengeance divine pour bien se guider.
«Les ruines de cette ville sont sur un chemin passant» La ville est
connue sous le nom de Sadoum (Sodom) et se trouve sur le chemin
qu'empruntent les Mecquois pour aller au pays de Châm (Syrie) dans
les caravanes de commerce. Elle est devenue, comme on a dit, un
étang d'eau stagnante et puante. Dieu dit aux hommes en parlant de
cette ville: «Vous foulez journellement les lieux de leur aventure. Vous le
foulez aussi la nuit. Ne comprendrez-vous pas!» [Coran XXXVII, 137 -
138]. Ce que Dieu a fait du peuple de Loth fut vraiment un signe pour
ceux qui ont la foi, ainsi quand II a délivré Loth et sa famille.
@
666
wa 'in kâna 'ashâbu-l-'aykati lazâlimîna (78) fantaqamnâ minhum wa
'innahumâ labi 'imâmim mubînin (79).
Les habitants de Laïka, .eux aussi, étaient dénaturés (78) Nous les
avons châtiés. Leur cité, comme l'autre, se trouve sur un chemin
connu (79).
Les habitants de Laïka étaient le peuple de Chouaïb. A savoir que
le mot Laïka signifie en arabe le bocage ou le lieu où on rencontre des
arbres touffus. Dieu les a punis parce qu'ils étaient incrédules et faus-
saient la balance et la mesure. Dieu s'est vengé d'eux en les châtiant
par le cri, le cataclysme et le supplice du Jour de l'ombre. Ils habitaient
dans un pays proche de celui du peuple de Loth et vivaient presque à
la même époque. C'est pourquoi leur Prophète les a avertis en leur
disant: «L'exemple du peuple de Loth n'est pas si loin» [Coran XI, 89].
walaqad kaddaba 'ashâbu-l-Hijri-l-mursalîna (80) wa 'â'taynâhum
'a*yâtinâ fakânû 'anhâ mu'ridîna (81) wa kânû yanhatûna mina-1-jibâli
buyûtan minîna (82) fa'ahadathumu-s-sayhatu musbihîna (83) famâ*
'agnâ 'anhum mâ kânû yaksibûna (84).
Les habitants de Hedjr ont traité les Prophètes d'imposteurs. (80) En
vain, nous leur avons envoyé des signes. Us n'en eurent cure (81) Ils creu-
saient leurs demeures dans le roc, nullement inquiets (82), Un cyclone les
surprit à la pointe du jour (83) Ce qu'ils avaient entrepris ne leur fut d'au-
cun secours (84).
Ce sont les Thémoudites qui ont traité leur Prophète Saleh d'im-
posteur, à savoir que quiconque a mécru à l'un des Prophètes aura
mécru à tous les Prophètes.
Saleh fut soutenu par différents signes de Dieu tel que la chamelle
oui fut créée d'un rocher grâce à une invocation qu'avait adressée Sa-
leh à son Seigneur. Elle parcourait le pays, il lui appartenait de boire
667
au jour convenu et au peuple de Saleh un autre jour. Mais ils lui cou-
pèrent les jarrets en désobéissant aux ordres de Dieu. Dieu leur dit
alors: «Continuez à vous prélasser dans vos demeures pendant trois jours.
Mon avertissement ne sera pas démenti» [Coran XI, 65] Dieu a dit aussi
en parlant d'eux: «Nous montrâmes la bonne voie au peuple de Thémoud.
H préféra fermer les yeux à l'évidence» [Coran XLI, 17].
«Ils creusaient leurs demeures dans le roc, nullement inquiets» en
n'éprouvant aucune crainte. Ils faisaient cela sans aucun besoin à cés
demeures mais plutôt c'était par effronterie et insolence. Elles se trou-
vent dans la vallée de Hedjr qu'a traversée une fois l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue - avec ses compagnons lors de l'expé-
dition de Tabouk. Il couvrit sa tête, poussa sa monture et dit aux hom-
mes. «N'entrez pas dans les demeures de ces gens-là qui subissent le
châtiment, à moins que vous ne soyez en pleurs; si vous n'êtes pas en
pleurs, faites semblant de pleurer de peur* qu'il ne vous arrive le malheur
qui leur est arrivé» (Rapporté par les auteurs des Sahihs et Sultans) 111 .
«Un cyclone les surprit à la pointe du jour» au quatrième jour après
leur avertissement. «Ce qu'ils avaient entrepris ne leur fut d'aucun se-
cours» Car ils cueillaient les fruits et avaient une récolte abondante.
Mais, refusant à consacrer à la chamelle le jour convenu pour boire, ils
l'égorgèrent de peur que l'eau ne se tarisse. Alors leur prospérité et
leur vie aisée ne leur ont pas été profitables.
wamâ halaqnâ-s-samâwâtia-l-'arda wamâ baynahuma 'illâ bi-l-haqqi wa
'inna-s-sâ'ata la'âtiyatun fasfahi-s-safha-l-jamîla (85) 'inna rabbaka hu-
wa-l-hallâqu-1- 'Alîmu (86).
Les cieux et la terre et ce qui les sépare ne sont pas de vaines Concep-
668
dons. L'heure du jugement dernier arrivera. Montre une noble indul-
gence (85) Ton Seigneur est le souverain créateur (86).
Dieu n'a créé les cieux et la terre et ce qui se trouve entre eux
qu'avec la vérité. «L'Heure du jugement dernier arrivera» afin que Dieu
rétribue ceux qui font le mal d'après leurs actes et qu'il rétribue ceux
qui font le bien. Il avertit les hommes en leur disant: «Nous n'avons pas
créé sans but le ciel et la terre et ce qui les sépare. Il n'y a que les incrédu-
les pour le penser. Malheur aux incrédules! Ils seront livrés au feu» [Coran
XXXVIII, 27].
Il affirme à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - que
l'Heure Suprême se dressera sans aucun doute et lui ordonne de par-
donner aux impies leurs méfaits et leur reniement du message, comme
Il lui dit: «N'insiste pas auprès d'eux et quitte-les sur des paroles concilian-
tes. Vous apprendrez plus tard ce qu'il en est» [Coran XL III, 89]. Et Mou-
jahed et Qatada de commenter: «Ce fut avant l'ordre de les
combattre», fauteur de cet ouvrage d'ajouter: «Il en est ainsi car ce
verset fut révélé à La Mecque alors que l'ordre de combattre les idolâ-
tres fut donné à Médine après l'émigration».
«Ton Seigneur est le souverain créateur» Ce verset est un rappel
du jour de rassemblement et que l'Heure surviendra car, étant le
créateur qui ne cesse de créer, Dieu est l'Omniscient et sait que les
corps des hommes seront réduits en poussière et répandus dans tou-
tes les régions du monde. Il affirme dans un autre verset: «Quoi! Ce-
lui qui a créé les cieux et la terre ne serait pas capable de recréer les
hommes une deuxième fois? Que non. Il est le créateur par excellence»
[Coran XXXVI, 81].
walaqad "ataynâka sab'am mina-l-matânî wa-l-Qur'âna-l-'Azîma (87) lâ
tamuddanna 'aynayka 'ilâ mâ matta'nâ bihT 'azwâjam-minhum walâ
tahzan 'alayhim wahfid janâhaka lil-mu'minîna (88).
Noua 4'avong Jmhw 1«s vevsèls qui sont la base de Va prière, ainsi f|uc
669
le Coran sublime (87) Ne te laisse pas éblouir par les richesses que nous
avons accordées à quelques uns. Ne sois pas en souci pour eux. Montre une
douce bienveillance aux croyants (88).
Dieu dit à Son Prophète: Comme nous t'avons révélé et donné le
Coran sublime ne tends pas tes deux yeux vers ce bas monde et ses
clinquants et ce que nous avons donné à quelques uns de richesses
car ce ne sont que des jouissances éphémères. Ne les envie pas et
que ton âme ne se répande pas en regret sur eux en te contredisant,
en s'opposant à toi et en te traitant d'imposteur, mais abaisse ton aile
sur les croyants et montre leur une douce bienveillance. Dieu décrit
aussi Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - dans ce verset et
parle de ses qualités: «Un Prophèes choisi parmi vous est venu, compatis-
sant à vos peines, impatient de vous convaincre. Il est toute bonté et clé-
mence pour les croyants» [Coran IX, 128] 7
Quant aux «sept versets» (en Arabe: Al-Mathani) les commentaires
furent divergés à leur sujet comme nous allons le montrer:
- D'après Ibn Abbas: Ils sont les plus longues sourates du Coran à
savoir: La vache, la famille d'Imran, les femmes, la table, du bétail,
l'A'raf, et Jonas.
- Sa'id a dit: Ils sont ceux où Dieu a mentionné et montré les pre-
scriptions, la loi successorale, les récits historiques et les sentences.
- D'après Qatada, Ibn Jarir et aussi Ibn Abbas suivant une autre
version: Il s'agit de la sourate «Al-Fatiha» qui est composée de sept
versets y compris la Bismala (au nom de Dieu...) qu'on récite dans les
rak'ats de chaque prière soit-elle prescrite ou surérogatoire, en tirant
argument de ce hadith rapporté par Abou Sa'id Ben Al-Mou'alla: «Le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - passa auprès de moi au
moment où je priais et m'appela. Ma prière achevée, je me dirigeai
vers lui. Il me dit: «Qu'est-ce qui t'a empêché de répondre à mon ap-
pel?» - Je priais, répondis-je. Il répliqua: «Dieu n'a-t-ll pas dit: «Répon-
dez à Allah et à Son Envoyé lorsqu'il vous appelle»? Avant de ta sortie de
la Mosauée je t'apprendrai la meilleure sourate du Coran». En effet
avant ma sortie je lui rappelle ses propos et il me dit: «Louange à Allah
Seigneur des mondes» Cette sourate contient les sept versets qu'on répète
670
et aussi elle est le très grand Coran» ( Rapporté par Boukhari/ 11 .
Ceci ne contredit pas l'opinion qui précise qu'elles sont les sept
sourates les plus longues ni l'opinion qui considère que le Coran tout
entier est visé par ce verset car Dieu a dit à Son sujet: «Allah a fait
descendre le plus beau des récits: un Livre dont les parties se ressemblent et
se répètent» [Coran XXXIX, 23].
Dieu exhorte Son Prophète: «Ne te laisse pas éblouir par les ri-
chesses que nous avons accordées à quelques uns» c'est à dire:
«Contente-toi de ce que Dieu t'a donné comme ce Coran sublime et
passe-toi de ce qu'ils possèdent comme biens et jouissances temporai-
res.
Abou Rafé un des compagnons du Prophète - qu'Allah le bénisse
et le salue -'raconte: «Le Prophète reçut un jour un hôte et ne trouva
chez lui de quoi lui préparer comme nourriture. Il envoya quelqu'un
dire à un juif: «Mouhammed l'Envoyé de Dieu te demande de lui avan-
cer une quantité de la farine jusqu'au premier jour de Rajab» - Jamais,
à moins qu'ils ne me donne un gage, répondit le juif. Le rapporteur
ajouta: «Je retournai chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- et l'informai de la réponse du juif. Il s'écria: «Par Dieu, je suis fi-
dèle envers celui qui se trouve dans le ciel et envers ceux qui sont sur la
terre. S'il m'avait avancé ou vendu, je ne tarderais plus à m' acquitter». En
le quittant. Dieu lui fit cette révélation: «Ne te laisse pas éblouir par les ri-
chesses que nous avons accordées à quelques uns» (Rapporté par Ibn Abi
Hâtent/' 7 .
.(^jUJI j«Jji LfjJI ù\Ji\j yiliJl £~JI
671
En commentant le verset précité, Ibn Abbas a dit que c'est une ex-
hortation afin que l'homme ne souhaite avoir ce que les autres possè-
dent.
waqul 'innî 'anâ-n-nadîru-l-mubînu (89) kamà" 'anzalnâ 'alâ-l-muqtasimî-
na(90) 'al-ladîna ja'alû-l-Qur'âna 'idîna(91) fawarabbaka lanas'allana-
hum 'ajma'îna (92) 'ammâ kânû ya'malûna (93).
Dis: Je suis l'Annonciateur authentique (89) De même que des annon-
ciateurs ont été envoyés à ceux qui se sont divisés (90) A ceux qui ont frag-
menté les Ecritures Saintes (91) J'en jure par ton Seigneur, nous les
interrogerons tous (92) sur leurs actions (93).
La mission du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - est
d'avertir les hommes qui, s'ils ne croient pas, seront châtiés comme
l'ont été ceux des générations passées et qui ont traité leurs Prophètes
d'imposteurs en reniant leurs messages, ainsi les conjurés qui ont agi
de même.
D'autres exégètes comme Abdul Rahman Ben Zaid ont dit qu'il
s'agit du peuple de Saleh qui se concertèrent de la sorte: «Jurons par
Dieu de tuer Saleh et les siens pendant la nuit» [Coran XXVII, 49].
Abou Moussa rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - a dit: «Par rapport à ce que Dieu m'a chargé comme mission, je
ressemble à un homme qui vint trouver les hommes en leur disant: «Hom-
mes! J'ai vu de mes propres yeux l'armée (de l'ennemi), et je ne suis que
672
l'avertisseur nu' \ Sauvez-vous». Des hommes lui obéirent et partirent la
nuit sans se précipiter. D'autres qui le traitèrent de menteur restèrent en
place. L'ennemi les survint le matin, les envahit et les extermina. Ainsi se-
ront les cas de ceux qui m'ont suivi et mis à exécution ce que je leur ai ap-
porté, et de ceux qui m'ont désobéi et considéré comme mensonger ce que
je leur ai apporté de la vérité» (Rrrapporté par Boukhari et MousUm) 121 '
«A ceux qui ont fragmenté les Ecritures saintes. Il s'agit des gens du
Livre, comme ont précisé Ibn Abbas, Moujahed, Al-Hassan et d'autres,
qui ont mis leurs livres en pièces, cru en une partie, s'y sont confor-
més, et mécru en une autre et l'ont refutée.
Au sujet de la révélation de ce verset Mouhammad Ben Ishaq ra-
conte d'après Ibn Abbas: «Al-Walid Ben AL-Moughira qui était l'un des
notables de Qoraïch, lors de la saison du pèlerinage, reçut un groupe
de ses concitoyens idolâtres. Il leur dit: «O Qoraïchites! Durant cette
saison vous allez recevoir tant de députations arabes pour y assister.
Elles ont certéinement entendu parler de Mouhammed. Concertez-vous
en vue de prendre une décision à son égard et ne vous divisez pas de
sorte que certains d'entre vous démentissent les autres, ou que cer-
tains réfutent les dires des autres». Ils lui répondirent: «Et toi ô Abou
Abd Chams! Que dis-tu de lui? Que ton opinion soit la nôtre aussi pour
l'adopter» Il répliqua: «Plutôt dites-moi la vôtre, que je l'entende
d'abord pour que je puisse en juger» - Nous dirons qu'il est un devin,
rétorquèrent-ils - Non, il n'est pas un devin. -Alors un aliéné. -Jamais
de ça. -Un poète. -Non, il n'est pas un poète.- Donc un magicien.- Pas
non plus.
Ils lui dirent enfin: Alors que dis-tu de lui? -Il répondit: «Par Dieu,
(1) On a donné ce nom à un homme qui, dans le temps, se déshabillait pour
mettre en garde ses compagnons contre une attaque de l'ennemi (Le traduc-
teur).
tfaM «MB ûbjJI jt-LJI tf Jd itftt Ji#à <tjj ^1 fJ S l :JLïi 4,ji J J^j
673
sas paroles sont très douces, si vous les déclarerez comme telles, on
saura que vous direz une futilité. Il faut donc prétendre qu'il est un ma-
gicien. Les gens se dispersèrent en adoptant cette opinion. Ce verset
fut alors descendu.
«J'en Jure par ton Allah, nous les interrogerons tous sur leurs actions»
ces gens-là qui ont pris cette attitude à l'égard du Prophète. Mais Ibn
Omar a déclaré qu'ils seront interrogés au sujet de la profession de foi:
Il n'y a d'autre divinité que Dieu».
Ibn Mass'oud, quant à lui, a précisé: «Par celui qu'il n'y a d'autre
Dieu que Lui, chacun d'entre vous sera en tête-à-tête avec Dieu au
jour de la résurrection et lui demandera: «O fils d'Adam! Comment
donc as-tu été trompé à Mon sujet? Qu'est-ce que tu as fait de ta
science? O fils d'Adam, par quoi tu as répondu aux Messagers?».
A ce propos, Mou'adz Ben Jabal rapporte que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «O Mou'adz! Chaque individu sera
interrogé sur ce qu'il aura acquis dans le bas monde même sur le kohol
pour ses yeux, même sur les grains de sable qu 'ont touchés ses doigts. Que
je ne trouve donc pas un autre qui soit plus heureux que toi au jour de la
résurrection pour les biens que Dieu lui a accordés» ( Rapporté par Ibn Abi
Hatem)" 1 .
En commentant le verset: «J'en jure par ton Allah...» Ibn Abbas a
dit: «Dieu a dit aussi: «Ce jour-là, nul homme et nul djinn ne sera plus in-
terrogé sur ses péchés» [Coran LV, 39]. Donc l'homme ne sera plus inter-
rogé: as-tu commis un tel péché? Car Dieu le sait très bien, mais II lui
demandera: Pourquoi as-tu commis tel et tel péché?».
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fasda' bimâ tu'mar wa 'a'rid 'ani-l-musnkîna (94) 'innâ kafaynâka-l-mus-
tahzi'îna (95) 1-ladîna yaj'alûna ma'a-L-Lâhi 'ilâhan 'â'hara fasawfa
ya'lamûna (96) walaqad na'lamu 'annaka yadîqu sadruka bimâ yaqûlû-
na (97) fasabbih bihamdi rabbika wa kun-mina-s-sâjidîna (98) wa'bud
rabbaka hattâ ya'tîka-l-yaqîn (99).
Transmets sans crainte les ordres que tu as reçus et écarte-toi des ido-
lâtres (94) Nous nous chargeons de ceux qui te dénigrent (95) De ceux qui
associent à Allah d'autres divinités. Leurs yeux se dessilleront (96) Nous sa-
vons que leurs propos oppressent ton cœur (97) Prie pour la gloire de ton
Allah et sois du nombre de ses adorateurs. (98) Adore-le jusqu'au triomphe
de la vérité (99).
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de
transmettre le message, de proclamer ouvertement ce qui lui est
commandé et d'opposer aux idolâtres de ces preuves. Abdullah Ben
Mass'oud de commenter: «Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - divulguait son message en cachette jusqu'à la révélation de ce
verset. Alors les fidèles se montrèrent publiquement aux hommes en
les appelant à cette religion».
Désormais le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - fut donc
commandé de transmettre le message en se détournant des polythéis-
tes qui veulent le repousser de la voie de Dieu, sans craindre per-
sonne car Dieu lui «protégera contre les hommes» [Coran V, 67]. Et
Anas de confirmer cette protection et rapporte: «L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - passa par un groupe d'hommes dont
certains le calomnièrent. Gabriel leur répondit et ses propos furent
comme des coups de lances et ils trépassèrent».
Mouhammad Ben Ishaq raconte à son tour: «Parmi les ennemis
les plus acharnés des idolâtres, il y avait cinq des chefs qui jouissaient
d'une grande autorité sur les autres, dont l'un s'appelait Abou Zam'a
de Bani Assad Ben Abdul 'Ouzza. Le Prophète - qu'Allah le bénisse et
le Salue - appela la malédiction de Dieu sur lui en disant «Grand Dieu,
ta.s disparaître sa vue et ses enfants» et Dieu l'exauça. Les autres
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chefs étaient: Al-Aswad Ibn Abd Yaghouth de Bani Zouhra, Al-Walid
Ben Al-Moughira de Bani Makhzoum, AI-'As Ben Waël de Bani Sahm
et Al-Hareth Ibn Al-Talatoula de Bani Khouza'a. Ces gens-là avaient
persévéré dans leur impiété et nui au Prophète - qu'Allah le bénisse et
le salue -, Dieu fit descendre à leur sujet ces versets: «Transmets sans
crainte les ordres... jusqu'à Leurs yeux se dessilleront».
A ceux qui ont reconnu des égaux à Dieu et les ont adorés, Dieu
lance un avertissement et une menace. Puis Dieu s'adresse à Son
Prophète: «O Mouhammed, nous savons que ta poitrine se resserre
pour ce qu'ils disent. Chante pureté de ton Seigneur par les louanges
et les glorifications et sois de ceux qui se prosternent en Le priant.
Adore-Le donc jusqu'à ce que la certitude te parvienne», ou suivant
d'autre interprétation, d'après Salem Ben Abdullah et autres, «jusqu'à
ce que la mort te surprenne».
L'adoration de Dieu qui comporte la prière et les autres prescrip-
tions sont une obligation pour les hommes en toute circonstance
comme l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait dit à
Imran Ben-Houssaïn: «Prie débout, si tu ne peux pas, prie assis...».
Certains des athées prétendent que la certitude est la connais-
sance, et une fois arrivé à ce stade, on n'est plus tenu de s'acquitter
de toutes les obligations. Cette déduction est certes une impiété, un
égarement et une ignorance. Car les Prophètes, -que Dieu les salue
tous- ainsi que leurs adeptes, ont connu Dieu mieux que quiconque,
ainsi que Ses droits et Ses qualités qui nous portent incessamment à
Le glorifier et Le louer. Et pourtant ils étaient les adorateurs le plus fer-
vents jusqu'à la fin de leur vie. Donc, à plus forte raison, la certitude si-
gnifie la mort.
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