Coran › Sourate 16 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 16 trad. humaine
16 - SOURATE DE L'ABEILLE
128 versets
Révélée à La Mecque à l'exception des trois derniers versets révélés à
Médine
Révélée après la sourate de la Caverne
Bisnri-L-Lahi-r-Rahmâni-r-Rahîm
'atâ 'amru-L-Lahi falâ tasta'jilûhu subhânahû wa ta'âlâ 'ammâ yusrikû-
(1)-
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Le règne d'Allah est proche. Ne le hâtez pas. Gloire et louange à Al-
lah qui n'a pas d'associés (1).
Le règne d'Allah signifie l'Heure Suprême qui surviendra bientôt et
sans aucun doute. Dieu met en garde Ses serviteurs contre Sa surve-
nue où ils ne l'attendaient pas quand II dit: «Proche est l'heure des
comptes pour les hommes: mais, insouciants, ils ne s'y préparent pas» [Co-
ran XXI, 1].
«Ne le hâtez pas» c'est à dire ne cherchez pas à hâter la venue du
châtiment comme ce verset le confirme: «Us te demandent de hâter leur
supplice. Ils ignorent qu'un terme fixe l'heure de leur châtiment. Sans quoi,
ce dernier les aurait déjà atteints sans qu'ils s'en doutent» [Coran XXIX,
53].
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Les impies avaient demandé la venue du châtiment en doutant
qu'une telle punition les atteindrait à cause de leur incrédulité. Dans le
reste du verset, Dieu désavoue l'acte des impies qui Lui associent
d'autres divinités. Gloire à Lui, Il est très élevé au-dessus de ce qu'on
Lui associe.
yunazzilu-l-mafif'ikata bi-r-rûhi min 'amrihî 'alâ may-yaSS'u min 'ibâdi-
hT 'an 'andiifl 'annahû là* 'ilâha 'illï 'ana fàttaqûni (2).
Il fait descendre son esprit par l'intermédiaire de ses anges sur qui II
veut. H met dans leurs bouches cette proclamation. Il n'y a de Allah que
Moi, craignez-Moi» (2). j
L'esprit cité dans le verset signifie la révélation comme il est dit
dans ce verset: «C'est ainsi que nous t'avons révélé l'esprit de notre rè-
gle»» [Coran XLII, 52]. Cette révélation n'est descendue que sur qui II
veut, c'est à dire les Prophètes car II sait mieux que quiconque à qui il
convient de donner la mission de Prophète, comme II choisit aussi des
Envoyés parmi les anges et les mortels.
Ces Prophètes n'ont pour mission exclusive que d'appeler les
hommes à attester qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, de Le craindre
comme il se doit et d'appréhender la vengeance et le châtiment qui
sont réservés aux incrédules.
balaqa-s-samâwâti wa-l-'arda bi-l-haqqi ta'âlâ 'ammâ yuSrikûna (3)
halaqa-l-'insâna min nutfatim fa 'idâ huwa hasîmun mubînun (4).
Il a créé le ciel et la terre à dessein. Qu'il soit glorifié de ne pas avoir
*>^n, M (_•> ,, _ ...a* vu......... j«u„„ ,...,.!(<- des sperme. Aussitôt, il devient
son adversaire déclaré (4).
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Dieu a créé les cieux et la terre en toute vérité, Il est le seul créa-
teur. Que les hommes sachent et croient, L'adorent sans rien Lui asso-
cier, Gloire à Lui qu'il soit élevé au-dessus que les mécréants Lui
reconnaissent des égaux par incrédulité, ignorance et égarement.
Puis II parle de la création de l'homme: «d'une goutte de sperme»
D'une eau vile, puis II l'a placée dans un réceptacle solide pour une
durée déterminée. Une fois cet homme atteint sa maturité et devenu
sensé, il se montre querelleur, en mécroyant en son Seigneur, combat-
tant Ses Prophètes et les traitant d'imposteurs, au lieu d'être un servi-
teur reconnaissant et soumis. Il adore en dehors de Dieu des divinités
inertes qui ne peuvent ni lui être utiles, ni lui nuire et devient ainsi un
auxiliaire des ennemis du Seigneur.
A cet égard Bichr Ben Jihach rapporte: «L'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - cracha dans la paume de ses mains et dit:
«Dieu Très-Haut dit: «O fils d'Adam! Comment oses-tu Me rendre à l'im-
puissance alèrs que Je t'ai créé d'une substance comme celle-ci. Après que
Je t'ai modelé et constitué harmonieusement, te voilà marcher somptueus-
ment habillé sur la terre en produisant une voix retentissante. Tu as am-
massé ( une fortune) mais tu refuses d'en donner en aumône. Mais une fois
à l'article de la mort tu t'écries: «Je vais maintenant faire l'aumône!. Mais
hélas, c'est trop tard» (Rapporté par Ahmed et les auteurs des Sunans) 111
wa-l-'an'âma halaqahâ lakum fîhâ dif un wa manâ fi'u wa minhâ ta'kulû-
na (5) walakum fîhâ jamâlun hîna turîhûna wa hîna tasrahûna (6) wa
VU cylj t r uyt .Ijj t T5^l ùljï Jlj
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tahmilu 'atqâlakum 'ilâ baladi-l-lam takûnû bâligîhi 'illâ bi siqqi-l-'anfusi
'inna rabbakum la Ra'ûfu-r-Rahîmun (7).
Il a créé pour vous les animaux, vous en tirez vos vêtements, votre
nourriture et toute espèce d'avantages (5) Ils sont votre fierté, soit qu'ils se
trouvent au repos, soit qu'ils s'ébattent dans les pâturages (6) Ils transpor-
tent vos bagages dans les pays que vous ne pourriez atteindre qu'au prix de
difficultés insurmontables sans eux. Votre Seigneur est toute bonté et toute
clémence (7).
Dieu rappelle à Ses serviteurs ce qu'il leur a donné de bienfaits.
Entre autres II mentionne les bestiaux, les chameaux, les vaches et les
moutons dont ils en retirent tant d'avantages: Soit qu'ils utilisent la
laine, le poil et le crin pour en fabriquer les vêtements et des objets
d'un usage précaire, soit qu'ils se nourrissent de leur lait et de leur
chair, soit qu'ils les prennent pour l'apparat.
«Ils sont votre fierté, soit qu'ils se trouvent au repos» en les voyant le
soir quand ils reviennent le ventre plein et les pis gonflés de lait, «soit
qu'ils s'ébattent dans les pâturages» quand ils partent le matin pour brou-
ter l'herbe dans les pâturages. Au surcroît «ils transportent vos bagages»
ce dont vous en serez incapables de porter vous-mêmes «dans les pays
que vous ne pourriez atteindre qu'au prix de difficultés insurmontables sans
eux» soit dans le but de faire le pèlerinage et la visite pieuse, soit pour
entamer les expéditions, soit pour le commerce, soit pour d'autres usa-
ges. Dieu a parlé aussi de l'utilité des bestiaux dans ce verset: «C'est
Allah qui a créé les animaux que vous utilisez comme montures ou comme
aliments. Us présentent pour vous d'autres utilités. Ils vous permettent de
réaliser certains désirs. Comme les navires, ils servent à vous transporter»
[Coran XL, 79 - 80].
Après avoir enuméré les avantages de ces animaux, Dieu rappelle
aux hommes qu'il est bon envers eux et miséricordieux. On trouve ce
raonoi dans plusieurs versets, on cite ces quelques-uns à titre d'exem-
ple: «[Sous les leurs avons assujettis: les uns leur servent de montures, les
autres d'aliments» [Coran XXXVI, 72] et: «Qui a créé les navires et les
animaux pour vous transporter» [Coran XLIII, 12].
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wa-l-hayla wa-l-bigâla wa-l-hamîra litarkabûhâ wa zînatan wa yahluqu
mâ là ta'lamûna (8).
Il a créé les chevaux, les mulets et les ânes pour vous servir de mon-
ture et comme animaux de parade. Il crée aussi beaucoup de choses que
vous ne soupçonnez pas (8).
En voilà aussi d'autres espèces d'animaux que Dieu met au ser-
vice des hommes: les chevaux, les mulets et les ânes pour être mon-
tés et pour l'apparat.
La question qui se pose est la suivante: «Pourquoi ces espèces
d'animaux ont été indépendants les uns des autres en les énumérant
dans deux versets séparés?
La réponse en est que certains des ulémas ont déclaré que 1a x
viande des Chevaux est illicite, comme Abou Hanifa et d'autres, étant
cités avec les mulets et les ânes. A cet égard, il a été rapporté qu'lbn
Abbas répugnait, voire interdisait la viande des chevaux, des mulets et
des ânes et tirait argument des dires de Dieu: «II a créé pour vous les
animaux, vous en tirez vos vêtemets, votre nourriture» cette espèce est
donc pour la subsistance, et «Il a créé les chevaux, les mulets, et les ânes
pour vous servir de monture» ceux-là pour être montés sans aucun autre
avantage.
Un hadith, qui confirme les dires d'Ibn Abbas, a été rapporté par
l'imam Ahmed d'après Khaled Ben Al-WaJid que l'Envoyé de Dieu-
qu'Allah le bénisse et le salue - a interdit la viande des chevaux, des
mulets et des ânes. Mais un autre hadith rapporté par Jaber Ben Ab-
dullah et cité dans les deux Sahihs, contredit le premier où l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a interdit la consommation de la
viande des ânes domestiques et toléré celle des chevaux. Jaber ra-
conte aussi: «Le jour de l'expédition de Khaibar nous égorgeâmes les
chevaux, les mulets et les ânes. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - nous interdit la viande des mulets et des ânes sans
Par ailleurs on rapporte ce hadith d'après Asma la fille d'Abou
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Bakr -Que Dieu les agrée- où elle a dit« Du temps de l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors que nous nous trouvions à
Médine, nous égorgeâmes un cheval et mangeâmes de sa viande»
(Rapporté par Mouslim). L'opinion des imams Malek, Chafé'i et Ahmed
de leurs adeptes et de la majorité des ulémas fut basée sur les hadiths
précités, ainsi fut celle des ulémas contemporains.
wa 'alâ-L-Lâhi qasdu-s-sabîli wa minhâ ja"irun walaw 5â*'a lahadâkum
'ajmatha (9).
C'est à Allah qu'il appartient d'indiquer la bonne voie. Il y a des voies
divergentes. C'est possible, mais si Allah voulait, Il mettrait tous les hom-
mes dans la bonne voie (9).
Indiquer la voie droite est une affaire qui incombe à Dieu et les
hommes sont tenus de la suivre sans s'en détacher, car II l'ordonne en
disant: «Voilà la voie droite. Suivez-la et ne suivez pas les sentiers qui
l'avoisinent, car ils vous éloigneraient d'elle» [Coran VI, 153].
La voie de Dieu est celle de la vérité comme a déclaré Moujahed,
ou celle de l'Islam d'après As-Souddy, ou enfin celle qui discerne la
bonne direction de l'égarement comme a précisé Ibn Abbas. Mais il
s'avère que l'opinion de Moujahed l'emporte car Dieu a fait connaître
aux hommes qu'il y a tant de chemins qu'ils puissent les emprunter
mais il n'y a qu'un seul qui les conduit vers Lui c'est celui de la vérité
qu'il a agréé pour eux et tous les autres ne sont que des impasses.
«H y a des voies divergentes» et qui s'éloignent de la vérité, qui sont
d'après Ibn Abbas, basées sur les passions et les opinions différentes
telles que le judaïsme, le christianisme et le mazdéisme.
Tout dépend enfin de la volonté de Dieu qui, s'il le voulait, «Il
mettrait tous les hommes dans la bonne voie» comme II l'affirme dans
d'autres versets: «si ton Maître l'avait voulu, l'univers entier aurait em-
brassé Sa foi» [Coran X, 99] et: «Si ton Seigneur l'avait voulu, Il n'aurait
fait des hommes qu'un seul peuple» [Coran XI, 118].
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huwa-l-ladî 'anzala mina-s-sam3"i mâ"'a-l-lakum minhu sarâbun wa min-
hu sajarun fîhi tusîmûna (10) yumbitu lakum bihi-z-zar'a wa-z-zaytûna
wa-n-nahîla wa-1- 'a'nâba wa min kulli-t-t amarâti 'inna fi d âlika
la'ïyata-l-liqawmi-y-yatafakkarûna (11).
C'est lui qui envoie du ciel l'eau que vous buvez et qui féconde' les pâ-
turages où paissent vos troupeaux (10) L'eau qui fait croître le blé, l'olivier,
le palmier, la vigne et toutes sortes de plantes. Cela est plein d'enseigne-
ments pour qui réfléchit (11).
Et Dieu de continuer à dénombrer Ses bienfaits en parlant mainte-
nant de la pluie grâce à laquelle les hommes se désaltèrent quand elle
est potable et douce du moment qu'il est capable de la rendre saumâ-
tre. Il fait encore croître les plantes dont se nourrissent leurs trou-
peaux.
Toujours grâce à cette eau Dieu fait pousser une variété d'arbres
et de céréales: l'olivier, la vigne et le blé... Ces arbres malgré qu'ils
sont arrosés par la même source d'eau donnent de fruits de différentes
formes, couleurs et saveurs. N'es-ce pas qu'il y a là des signes pour
ceux qui réfléchissent? Dieu a dit aussi: «Celui qui a créé les cieux et la
terre, celui qui fait tomber l'eau du ciel et s'en sert pour faire croître de
riants bosquets, (ce n'est pas vous qui pourriez faire pousser des arbres?)
est-ce une autre divinité qu'Allah? Et cependant le peuple Lui donne des
égaux» [Coran XXVII, 60].
wa sahhara lakumu-1-layla wa-n-nahâra wa-s-Samsa wa-l-qamara
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nujûmu musahharâtum bi 'amrihT 'inna fî dâlika latf yâtil-liqawmi-y-
ya'qilûna (12) wamâ dara'a lakum fi-l-'ardi muhtalifan 'alwânuhïï 'inna
fî dâlika la'ïyata-l-liqawmi-y-yaddakkaruna (13).
H a créé pour vous le jour et la nuit, le soleil et la lune et tous les as-
tres dont l'ordre a été réglé pour votre convenance. Ne sont-ce pas là des
preuves pour ceux qui comprennent?» (12) Que de choses II a répandu sur
terre à votre usage et chacun avec une couleur différente? Cela ne consti-
tue-t-il pas une preuve pour qui médite? (13).
Parmi Ses signes éclatants il y a la nuit et le jour qui se succè-
dent, le soleil et la lune mis au service des hommes ainsi que les au-
tres astres, étoiles et planètes qui parcourent les cieux dont chacune
vogue dans son orbite et le tout soumis au pouvoir de Dieu et à Ses
ordres: «C'est Lui qui a soumis à Ses lois le soleil, la lune et les étoiles.
N'est-ce pas à Lui seul qu'appartient le don de créer et de gouverner toutes
choses? Béni soit Allah, le maître de l'Univers!» [Coran VII, 54].
Voilà bien là des signes, vraiment, pour des gens qui compren-
nent. Dans le ciel aussi bien que sur la terre, il y a des choses répan-
dues et étonnantes de couleurs variées: Is animaux, les métaux, les
plantes et les choses inertes dont chaque espèce est créée pour un
usage déterminé.
wa huwa-l-ladî sahhara-l-bahra lita'kulû minhu lahman tariyyan wa
. — . .. V . . I ', ... w.l . I . ^1 v .. t .. i .. 1 1 1 . T, wa tarâ-l-fulUa twawâhîra fïHi wa
litabtagû min fadlihî wa la'allakum taskurûna (14) wa 'alqâ fî-l-'ardi ra-
wasiya 'an tamîda bikum wa 'anhâran wa subula-l-la'allakum tahtadû-
na (15) wa'alâmâtin wa bi-n-najmi hum yahtadûna (16) 'afama-y-yahluqu
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kama-l-lâ yahluqu 'afalâ tadakkarûna (17) wa 'in ta'uddû ni'mata-L-Lâhi
lâ tuhsûhï 'inna-L-Lâha laGafûru-r-Rahîmun (18).
La mer, aussi, Il l'a conçue à votre intention. Elle vous procure des
chairs délicates et des pierres précieuses qui servent à votre parure. Voyez,
des barques glissent sur sa surface pour vous permettre d'aller chercher vo-
tre vie au loin. Lui en serez-vous reconnaissants? (14) Il a élevé les monta-
gnes sur la terre pour l'empêcher de vaciller. Pour faciliter vos
déplacements, Il a créé routes et fleuves (15) Repères et étoiles aident
l'homme à se diriger (16) Peut-on mettre sur le même pied celui qui crée et
celui qui ne crée pas? Ne faites-vous pas la différence? (17) Voudriez-vous
compter les bienfaits d'Allah que vous ne le pourriez pas? Ils sont innom-
brables. Allah est tout pardon et toute indulgence (18).
Dieu a mis aussi la mer au service de Ses serviteurs d'où ils peu-
vent procurer une viande fraîche et retirer les joyaux pour leur parure,
et prendre son large sur des vaisseaux qui voguent partout en traver-
sant les mers et les océans à la recherche des bienfaits de Dieu. A cet
égard on signale que Noé -que Dieu l'agrée- était le premier à fabri-
quer le vaisseau, son arche célèbre, et les hommes ont hérité cette in-
dustrie de lui.
Que les hommes donc soient reconnaissants envers leur Sei-
gneur. Qu'ils se rappellent aussi qu'il a jeté des montagnes sur la terre
comme des piliers afin qu'elle ne branle pas sinon la vie y aurait été in-
confortable et les hommes ne sauraient comment s'y déplacer ou assu-
rer une vie stable.
Qaïs Ben Sa'd a dit à ce propos: Lorsque Dieu a créé la terre
celle-ci commence à bouger et les anges de s'écrier: Aucune âme n'y
vivra. Mais le matin les montagnes y ont été placées pour l'empêcher
de vaciller.
«II a créé routes et fleuves» Ces dernières traversent les pays en
prenant leurs sources de l'un pour terminer dans un autre, les unes ont
un cours très court les autres un cours plus long et circulent dans tous
les côtés en formant des lacs ou autres, afin que les hommes s'en ser-
v/ont pour différente usages.
Quant aux routes, les hommes les empruntent en franchissant les
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différents territoires et même les cols et les vallées afin que les monta-
gnes n'y constituent aucune entrave devant eux et empêchent leur dé-
placement.
Les montagnes soient-elles hautes ou basses servent aussi
comme points de repère une fois les hommes en se déplaçant ne per-
dent pas le chemin. Les étoiles également indiquent le chemin aux
hommes quand ils voyagent la nuit.
Après tout cela «peut-on mettre sur le même pied celui qui crée» qui
est Dieu le seul créateur «et celui qui ne crée pas? les divinités que les
hommes ont inventées. Si les hommes veulent dénombrer les bienfaits
de Dieu, ils ne pourraient plus le faire à cause de leur multitude. Et
malgré tout Dieu pardonne l'ingratitude des hommes, car s'il voulait
leur demander de reconnaître chacun de Ses bienfaits, ils s'en seraient
incapables; s'il leur avait ordonné de le faire, ils s'en seraient impuis-
sants et auraient délaissé cette charge; enfin s'il voulait les châtier, Il
l'aurait fait sans les léser ou être injuste à leur égard. Mais II est le
Pardonneur par excellence et le clément qui récompense pour le peu
des bonnes actions.
m ^si g % & o rS & sas
wa-L-Lâhu ya'lamû mâ tusirrûna wamâ tu'linûna (19) wa-l-ladîna
yad'ûna min dûni-L-Lâhi lâ yahluqûna say'an wa hum yuhlaqûna (20)
'amwâtun gayru 'ahyï'in wamâ yaS'urûna 'ayyâna yub'atûna (21).
Allah sait ce que vous cachez et ce que vous montrez (19) Ceux que
vous invoquez en dehors d'Allah, non seulement n'ont rien créé mais sont
eux-mêmes créés (20) Ce sont des êtres inanimés, dépourvus d'âme et qui
ne savent même pas quand ils seront ressuscites (21).
Dîou Bail qua tes lïomrnoa caottent ol divulguant et pénètre dans
le tréfonds des cœurs, pour que, au jour de la résurrection, Il rétribue
chaque individu selon ses actions. Les idoles qu'adorent les polythéis-
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tes et invoquent en dehors de Dieu, ne sont que des êtres morts qui
ne créent rien et sont elles-mêmes créées. A ce propos Abraham l'ami
de Dieu -que Dieu le Slue- a dit à son peuple: «Comment vous adorez
les statues que vous avez vous-mêmes sculptées?. N'est-ce pas Allah qui
vous a créés ainsi que tout ce que vous façonnez?» [Coran XXXVII, 95 -
96]. Ce ne sont que des objets inanimés qui n'entendent, ni voient, ni
réfléchissent «et qui ne savent même pas quand ils seront ressuscites»
Comment espère-t-on d'elles un bien ou une récompense? Il ne faut
attendre cela que de Dieu l'omniscient et le créateur de toute chose.
'ilâhukum 'ilâhum wâhidun fa-l-ladîma lâ yu'minûna bi-l-'a" hirati qulû-
buhum munkiratun wa hum mustakbirûna (22) lâ jarama 'anna-L-Lâha
ya'lamu mâ yusirrûna wamâ yu'linûna 'innahu là" yuhibbu-l-mustakbirî-
na (23).
Votre Allah est un Allah unique. Ceux qui ne croient pas à la vie fu-
ture ont un cœur inaccessible. Ils sont pourvus d'orgueil (22) Ce qui est cer-
tain, c'est qu'Allah sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils montrent et qu'il
n'aime pas les orgueilleux (23).
Dieu affirme aux hommes qu'il est le Dieu Unique, mais les incré-
dules nient cette vérité en leurs cœurs et s'enorgueillissent en s'excla-
mant: «Comment il prétend réunir toutes les divinités en une seule? C'est
vraiment là quelque chose d'extravagant» [Coran XXXVIII, 5]. Lorsque le
Prophète appelle les idolâtres à un Dieu Unique, Dieu montre leur
comportement en disant: «Quand l'unité de Dieu est affirmée devant eux,
ceux qui ne croient pas à la vie future ricanent de dépit» [Coran XXXIX,
45]. Car ces gens-là «sont pourvus d'orgueil» mais qu'ils sachent que
Dïau le» menace on rfi»«r\t' «Ceux qui refusent de Me servir par orgueil
entreront tête basse en enfer» [Coran XL, 60].
Il leur rappelle qu'il sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent, Il
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les rétribuera pour cela, mais qu'ils n'oublient pas qu'il n'aime point les
orgueilleux.
wa 'idâ qîla lahum mâdà" 'anzal rabbukum qâlïï 'asâtîru-1- 'awwalî-
na (24) liyahmïtïï 'awzârahum kâmilatan yawma-l-qiyâmati wa min 'aw-
zâri-l-ladîna yudillûnahum bigayri 'ilmin 'alâ sa" 'a mâ yazirûna (25).
Si on les interroge: «Que pensez-vous des révélations de votre Maî-
tre?» «Veilles fables que tout cela» disent-il (24) Au jour du jugement der-
nier, ils auront à répondre de leurs propres péchés et de ceux des ignorants
qu'ils auront égarés. Lourde charge (25).
A ceux qui renient les révélations on demande: Qu'est-ce que vo-
tre Seigneur a fait descendre? Ils répondent: «Vieilles fables que tout ce-
la» c'est à dire des histoires qu'on trouve dans les anciennes Ecritures,
comme Dieu le montre dans ce verset: «Ce ne sont que vieux contes re-
cueillis par lui, ajoutent-ils, qu'on lui dicte matin et soir» [Coran XXV, 5]
Ils considèrent que tout ce que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - leur rapporte n'est que mensonges en inventant des réponses
contradictoires qui sont des futilités à cause de leur égarement: «Vois
tout ce à quoi ils te comparent? Ils sont égarés. Ils ne savent plus dans quel
sens s'orienter» [Coran XVII, 48]. Car quiconque se dévie du chemin de
la vérité Ses paroles sont vaines et non fondées.
Ils disaient du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -: «C'est
un devin, ou poète, ou magicien ou aliéné, enfin ils ont adopté ce que
leur chef Al-Walid Ben Al-Moughira leur dit après tant de réflexions.
«Ah! il suppute et ourdit des complots. Eh bien! qu'il soit pris à ses propres
pièges. Oui, qu'il soit pris à ses propres pièges. Un moment, il porta ses re-
garda sur le Prophète. Puis, il se renfrogna et s'assombrit; il se détourna et
s'enfla de dédain. «Le Coran n'est qu'une magie imitée» dit-il» [Coran
LXXIV, 18 - 24]. Ils s'accordèrent enfin sur tout cela et: «Au jour du ju-
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gement dernier, ils auront à répondre de leurs propres péchés et de ceux
des ignorants qu'ils auront égarés.
Dieu a destiné tout cela et inspiré à ces impies de dire de tels pro-
pos et d'adopter la situation de leur chef, afin que ce dernier supporte
son propre péché qui lui sera un grand fardeau et le péché de ceux
qu'il a égarés et de ceux qui les auront suivis. A ce propos l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Celui qui appelle les hom-
mes à une bonne direction aura une récompense équivalente à celle de ceux
qui le suivront, sans toutefois que la récompense de ceux-ci soit diminuée.
Et celui qui appelle les autres à un égarement, se verra comettre un péché
équivalent à celui de ceux qui le suivront, sans toutefois que le péché de
ceux-ci soit diminué» (Rapporté par Mousttm d'après Abou Houraira) lI h
qad makara-l-ladîna min qablihim fa'atâ-L-Lâhu bunyânahum mina-1-
qawa'idi faharra 'alayhimu-s-saqfu min fawqihim wa 'atâhumu-l-'ad âbu
min haytu lâ yas'urûna (26) tumma yawma-l-qiyâmati yuhzihim wa ya-
qûlu 'ayn surakâ'iya-l-ladîna kuntum tusaqqûna fîhnim qâla-l-ladîna
'ûtû-l-'ilma 'inna-l-hizya-l-yawma wa-s-sîî'a 'alâ-l-kâfirîna (27).
Leurs prédécesseurs avaient été non moins perfides. Allah ébranla les
fondements de leurs édifices. Les toits n'écroulèrent sur leurs têtes et leur
perte fut consommée d'une manière qu'ils n'avaient pas prévue (26) Au jour
du jugement dernier, Il les confondra et les interrogera: «Où sont les asso-
ciés à qui vous prêtiez une part de mes attributs». Les initiés s'écrieront:
«ce jour apporte confusion et supplices aux infidèles» (27).
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D'après les commentaires d'une bonne partie des exégètes, Nem-
rod fut le premier tyran sur terre qui avait bâti son édifice et avait usé
de stratagèmes pour égarer ses sujets. Noé avait dit: «en parlant de
son peuple: «Ils emploient des moyens d'une basse perfidie» [Coran LXXI,
22] en stratégiant pour détourner les hommes de la voie droite par
tous les moyens possibles et en les appelant à leur idolâtrie. Au jour
de la résurrection ceux qui ont été égarés dans le bas monde et les
faibles diront à leurs chefs: «Ce sont vos incessantes manœuvres, de jour
et de nuit, qui nous ont poussés à nier Allah et à Lui donner des associés»
[Coran XXXIV, 33].
Dieu est venu sur les bases de leur édifie et l'a sapé, le toit
s'écroula sur leurs têtes, le châtiment les atteignit sans le pressentir.
Au jour du compte final ils seront couverts d'opprobre et humiliés. Dieu
dénoncera leur félonie et leurs stragagèmes en dévoilant leurs secrets.
Ibn Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - a dit: «Au jour de la résurrection, à chaque perfide on hissera un
étendard derrière lui en fonction de sa perfidie en déclarant: «Celle-ci est la
perfidie d'un tel..» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) 1 * 1 . C'est ainsi que
les hommes seront comparus devant le Seigneur qui dévoilera tous
leurs secrets et les couvrira d'opprobre devant toutes les créatures. Il
leur dira: «Où sont les associés à qui vous prêtiez une part de mes attributs»
qui vous défendiez et combattiez pour eux pour leur satisfaire, qu'ils
viennent donc vous sauver du supplice qui vous attend «Peuvent-elles
(les divinités) vous défendre ou se défendre elles-mêmes» [Coran XXVI, 93].
Une fois se trouvant incapables à répondre par manque d'excuses et de
preuves, la parole du Seigneur se réalise. Ceux qui auront reçu la
science, les initiés et les chefs s'écrieront: «Ce jour apporte confusion et
supplices aux infidèles» et seront couverts d'ignominie et de honte et su-
biront le supplice qui est réservé aux mécréants.
690
'al-Iadîna tatawafâhumu-l-malâ'ikatu zâlimT 'anfusihim fa'alqawu-s-sala-
ma mâ kunnâ na'malu min Stî 'im-balà* 'inna-L-Lâha 'alîmum-bimâ kun-
tum ta'malûna (28) fadhulu 'abwâba jahannama hâlidîna fîhâ falabi'sa
mat wa-I-mutakabbirîna (29).
A ceux que les anges accueilleront encore insoumis au moment de la
mort. Ils se soumettront alors, disant: «Quel mal avons-nous fait?» Si, Al-
lah sait le mal que vous avez fait» (28) Passez les portes de l'enfer, qui sera
votre séjour éternel, qui est l'affreux séjour des orgueilleux (29).
Les idolâtres qui se sont manques à eux-mêmes, lorsque les anges
les achèvent recueillant leurs âmes, offriront la paix et se montreront
prêts à croire et à être soumis et diront: «Quel mal avons-nous fait?»
comme ils diront aussi «Par Allah, notre Seigneur, nous n'avons jamais
donné d'associés à Allah» [Coran VI, 23]. Dieu les démentira alors et leur
répondra: «Si, Allah sait le mal que vous avez fait. Passez les portes de l'en-
fer» qui sera le séjour détestable et la demeure de l'ignominie de ceux
qui s'enorgueillissaient, niaient les signes de Dieu et refusaient de sui-
vre les Prophètes. A leur mort, leurs âmes seraint touchées par les flam-
mes de la Géhenne ainsi que leurs corps dans les tombes. Au jour de la
résurrection les âmes seront ramenées aux corps pour demeurer à la
Géhenne pour l'éternité «La mort ne mettra jamais un terme à leur sup-
plice et celui-ci ne connaîtra pas d'adoucissement» [Coran XXXV, 36].
691
wa qîla-li-l-ladîna-t-taqaw mâdâ" 'anzala rabbukum qâlû hayra-l-li-l-lad
îna 'ahsanû fi hâdihi-dunyâ hasanatun wa ladâru-l-Thirati hayrun wa
lani'ma dâru-l-muttaqîna (30) jannatu 'adnin yadhulûnahâ tajrî min
tahtihâ-l-'anhâru lahum fîha mâ yasa'ûna kadâlika yajzî-L-Lâhu-l-mut-
taqîna (31) 1-Iadîna tatawaffâhumu-l-mal2"ikatu tayyibîna yaqûlûna salâ-
mun 'alaykumu- dhulû-l-jannata bimâ kuntum ta'malûna (32).
Si on demande aux noyants: «Que pensez-vous des révélations de vo-
tre Maître?» «Elles nous ont apporté le bonheur» répondent-ils. Ceux qui
font le bien dans ce inonde y trouvent une récompense mais ils recevront
une récompense plus belle encore dans l'autre monde: C'est un séjour de fé-
licité que celui réservé aux vertueux (30) C'est le jardin de l'Eden où cou-
lent des eaux vives et où les moindres désirs sont satisfaits. C'est ainsi
qu'Allah récompense ceux qui Le craignent (31) Ceux qui se présentent aux
anges en état de pureté au moment de leur mort. «Que la paix soit sur
vous, leur diront les anges, entrez dans l'Eden en récompense de vos œu-
vres» (32).
A l'inverse des mécréants qui nient les révélations ou disent qu'el-
les sont de vieux contes, les crédules avouent: «Elles nous ont apporté
le bonheur» et le bien, elles sont une bénédiction et une miséricorde
pour ceux qui y croient et s'y conforment. Ceux-là «trouvent une récom-
pense» dans le bas monde car Dieu l'affirme dans ce verset: «Qui-
conque, mâle on femelle, fait le bien tandis qu'il est croyant, sûrement
Nous le ferons vivre une excellente vie» [Coran XVI, 97], et dans la vie fu-
ture ils recevront une récompense plus belle encore. Une excellente ré-
tribution promise qu'on trouve dans plusieurs versets, et Dieu ne trahit
jamais Sa promesse. Il a dit à Son Prophète- qu'Allah le bénisse et le
salue -: «La vie future te réserve plus de joie que la présente» [Coran
XCIII, 4].
Ce sera le jardin de l'Eden qui est la demeure de la félicité où cou-
lent les ruisseaux parmi ses palais et ses arbres: «et où les moindres dé-
sirs sont satisfaits». Dans un hadith authentique, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le nuage passe au-dessus les élus
du Paradis alors qu'ils sont en train de prendre leur boisson. Aucun d'entre
— .„,„ sitnao sans que ce nuage ne la lui donne, même s'il de-
mande qu'il pleuve des jeunes filles d'un âge égal».
692
Lors de leur mort, ces croyants sont bons et purifiés de tout acte
d'impiété, les anges se présentent à eux pour recueillir leurs âmes en
leur annonçant le Paradis: «Ceux qui disent: «Notre maître est Allah» et
se conduisent avec droiture recevront des anges cette assurance: «Ne crai-
gnez rien et ne vous tourmentez pas. Vous irez au Paradis comme on vous
l'a promis» [Coran XLI, 30]. Nous avons montré auparavant comment
les anges recueillent l'âme du croyant et celle de l'incrédule, (voir le
verset n 27 de la sourate d'Abraham).
hal yanzurûna 'ilfêf 'an ta'tiyahumu-l-malâ'ikatu 'aw ya'tiya 'amru rabbi-
ka kadâlika fa'ala-l-ladîna min qablihim wamâ zalamahumu-L-Lâhù wa-
lâkin kânïï 'anfusahum yazlimùna (33) fa'asâbahum sayyi'âtu mâ 'amilû
wa hâqa bihim mâ kânû bihi yastahzi'ûna (34).
Qu'attendent-ils pour se convertir? que des anges se présentent à eux
ou que s'exécutent les ordres d'Allah! Ce fut l'attitude de leurs prédéces-
seurs. Ce n'est pas Allah qui leur a voulu du mal, ce sont eux qui se sont
fait du mal à eux-mêmes. (33) Le mal qu'ils avaient fait rejaillit sur eux et
ils subirent le châtiment- qu'ils avaient tourné en dérision (34).
Dieu menace les mécréants qui persévèrent dans leur incrédulité
et dont le bas monde les trompe. Qu'attendent-ils pour croice que les
anges viennent à eux pour les achever ou que l'ordre de Dieu survient
pour subir le châtiment. «Ce fut l'attitude de leurs prédécesseurs» qui se
sont comportés comme eux jusqu'au moment où ils ont goûté la ri-
gueur de Dieu et l'atrocité de Son Supplice.
Dieu ne les a pas lésés car II leur a envoyé des Prophètes pour
leur tranmettre les enseignements et les révélations. Mais ils se sont
fait Wi i mal à «uw m4m«s < < n r.'o(nio-wii tt aux Prophètes et en ïes Irai-
tant d'imposteurs: «Le mal qu'ils avaient fait rejaillit sur eux». Au jour du
jugement dernier «ils subiront le châtiment qu'ils avaient tourné en dési-
693
sion» On leur dira aussi. «Voilà le supplice que vous traitiez de mensonge»
[Coran LXXXIII, 17].
S^j iii jt» 4 23j © ovJIj'î ijtfï V)
wa qâla-l-ladîna 'aSrakû law s£"a-L-Lâhu mâ 'abadnâ min dunihî min
say'in nahnu walâ 'ifbâ'unâ walâ harramnâ min dûnihî min say'in kad
alika fa'ala-l-ladîna min qablihim fahal 'alâ-r-rusuli 'illa-l-balagu-l-mubî-
nu (35) walaqad ba'atnâ fî kulli 'ummati-r-rasûlan 'ani-'budû-L-Lâha
wa-j-tanibû-d-dâgûta faminhum man hadâ-L-Lâhu wa minhum man
haqqat 'alayhi-t-talâlatu fasîrû fî-l-'ardi fa-nzurû kayfa kâna 'âqibatu-1-
mukaddibîna (36) 'in tahris 'alâ hudâhum fa'inna-L-Lâha lâ yahdî ma-y-
yudillu wamà lahum min nâsirîna (37).
Ceux qui associent d'autres divinités à Allah disent: «Si Allah l'avait
voulu, nous n'aurions adoré que Lui, nous et nos pères, et nous n'aurions
prononcé d'autres interdictions que les siennes» C'est ainsi qu'ont agi ceux
qui les ont précédés. Les Prophètes ont-ils autre mission que celle d'aver-
tir? (35). Nous avons envoyé des Prophètes à chaque peuple. «Adorez Allah
et évitez Taghour» était leur mot d'ordre. Certains de ces peuples ont suivi
la bonne voie, d'autres, ont précipité leur perte. Parcourez le monde et
considérez quelle a été la fin de ceux qui ont méconnu les Prophètes (36)
Tu t'efforces de les mettre dans la bonne voie? Mais sache que nul ne sau-
rait guider ceux qu'Allah a voués à l'erreur. Ceux-là ne trouveront aucune
assistance (37).
Polaire. = excuaor.» =t prtïa.sr.,.,,,1 .Ici argumente de M qij<3
Dieu leur a destiné: Si Dieu avait voulu, nous n'aurions rien adoré en
dehors de Lui ni Lui associé d'autres divinités, nous et nos pèresl nous
694
n'aurions rien interdit en dehors de ses prescriptions comme les ani-
maux du troupeau appelés: Bahira, Saïba, Ouassila et Ham ou autres
de nous-mêmes à qui Dieu n'a donné aucun pouvoir. On peut déduire
de leurs propos que si Dieu répugnait ce que nous faisions, Il nous au-
rait interdit en nous infligeant une punition et en nous forçant à ne plus
persévérer dans notre incrédulité. Dieu réfute leurs arguments et leur
répond: «Les Prophètes ont-ils une autre mission que celle d'avertir?»».
Ce n'est pas comme vous le prétendez et qu'il n'a pas désavoué
votre agissement, plutôt II vous l'a interdit formellement en envoyant à
chaque peuple des Prophètes au fil des jours et des générations. Il n'a
cessé d'avertir les hommes du jour où les fils d'Adam ont reconnu
d'autres égaux à Lui du temps de Noé qui fut le premier Prophète en-
voyé aux habitants de la terre, jusqu'à Mouhammad - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - qui fut leur dernier dont le message est aderssé à
tous les peuples tant à l'est qu'à l'ouest. Leur mission était d'avertir et
dire aux hommes: «Adorez Allah et évitez Taghout».
Après tout comment peut-on admettre l'excuse des idolâtres qui
prétendent dire: «Si Allah l'avait voulu, nous n'aurions adoré que Lui» Le
vouloir de Dieu «légal», selon leur présomption, est refuté car les Pro-
phètes les ont avertis. Quant à son vouloir «créatif» qui consiste à les
laisser adorer ces divinités en dehors de Lui, est aussi refuté car Dieu
le Très Haut a créé l'enfer auquel a destiné les démons et les incrédu-
les. Quant à Lui, l'ingratitude de Ses serviteurs lui déplait, étant donné
que l'argument décisif et la sagesse convaincante Lui appartiennent.
D'autre part, Il a désavoué l'agissement des impies en les mena-
çant par la bouche de Ses Prophètes, et c'est pour cela II leur dit:
«Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin de ceux qui ont mé-
connu les Prophètes». Qu'ils interrogent sur la fin triste des autres peu-
ples mécréants qui les ont précédés «Allah les a exterminés et réserve
un pareil sort aux infidèles» [Coran XL VII, 10]. Il a dit aussi: «Avant eux,
d'autres peuples ont repoussé Mes messages. Quelle a été ma répression»
[Coran LXVII, 18].
Puis Dieu montre à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
luft - qus ta* ■ »ff« .. t . pont diriger ces idolâtres Sont VaînS S'il aV3Ît VOUlU
les égarer comme II a dit: «Tu ne pourras riea pour ceux qui Allah veut
695
perdre» [Coran V, 41] ou lorsque Noé a dit à son peuple: «Malgré toute
ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront à rien s'il est dans les des-
seins d'Allah de vous perdre» [Coran XI, 34].
Diriger et égarer dépendent de la voloné de Dieu qui ne guide pas
ceux qui s'égarent. «Ceux-là ne trouveront aucune assistance».
wa 'aqsamû bi-L-Lâhi jahda 'aymânihim lâ yab'atu-L-Lâhu ma-y-yamû-
tu balâ wa'dan 'alayhi h aqqan walâkinna 'akt ara-n-nâsi lâ
ya'lamûna (38) liyubayyina lahumu-l-ladî yahtalifûna fîhi wa liya'lama-1-
ladîna kafarû 'annahum kânû kâdibîna (39) 'innamâ qawlunâ lisay'in 'id
ï 'aradnâhu 'an naqûla lahû kun fayakûnu (40).
Ils affirment par les serments les plus solennels qu'Allah ne ressuscite-
ra les morts. Erreur. Allah a promis le contraire. Mais la plupart des hom-
mes l'ignorent (38). Il leur dira alors la vérité sur les questions qui les
avaient divisés sur terre. Et les infidèles se rendront compte à ce moment
qu'ils étaient dans l'erreur (39) Quand nous voulons une chose, nous disons:
«Que cette chose soit» et elle est (40).
Les impies ont juré par Dieu en prononçant les serments les plus
solennels que Dieu ne resssuscitera pas les morts! Mais II leur répond
en affirmant «Bien au contraire, mais qu'attendons-nous des gens igno-
rants?» «Car à cause de leur incrédulité ils tombent dans l'ignorance
et l'erreur en traitant les avertissements et les enseigments de men-
songe.
Dieu rassemblera les hommes pour le jugement dernier afin de
trancher le sujet de leur dissension et de leur prouver qu'ils étaient des
— . '«■'--•"< .«„„. n u =i«™n«i« qu'ils no seraient plus res-
suscités. Lorsque Dieu décrète une chose Sa parole suffit pour la réali-
696
ser. Il lui dit: «Soit» et elle est. La résurrectoin se fera promptement en
un seul mot car Dieu a dit à ce propos: «Notre ordre tient en un seul
mot aussi prompt qu'un clignement d'œil» [Coran LIV, 50] et aussi: «Vous
créer et vous ressusciter, c'est pour Lui comme créer et ressusciter une
seule âme» [Coran XXXI, 28] Donc il suffit que Dieu ordonne et tout se-
ra réalisé et rien ne pourrait repousser ou empêcher Son ordre, car II
est l'Unique, le Dominateur Suprême et le Tout-Puissant.
wa-l-ladîna hâjarû fl-L-Lâhi mim ba'di-mâ zulimû lanubawwi'annahum
fî-d-dunya hasanatan wa la'ajru-I- 'â'hirati 'akbaru law kânû
ya'lamûna (41) 'al-ladîna sabarû wa 'alâ rabbihim yatawakkalûna (42).
Ceux qui se sont exilés à cause de leur foi, après avoir été persécutés,
Allah leur facilitera ailleurs une installation convenable. Leur récompense
dans l'autre monde sera encore plus belle. Mais le savent-ils? (41) Ce sont
les mêmes qui sont résignés et qui mettent leur confiance en Allah (42).
Dieu promet à ceux qui ont été forcés à quitter leur pays -La
Mecque- à la recherche de Sa satisfaction en laissant derrière eux
biens et familles, la meilleure des récompenses dans les deux mon-
des. Quant à «l'installation convenable» elle est la Médine d'après Ibn
Abbas, ou les biens licites selon Mojahed. Aucune contradiction ne
s'avère entre les deux opinions car les Mouhagériens avaient reçu de
la part de leur Seigneur une cité hospitalière et tant de bienfaits bons
et licites en compensation de ce qu'ils avaient délaissé à La Mecque. Il
a fait d'eux des commandants et des imams et furent par la suite des
modèles-d'hommes vertueux à être imités. Leur récompense dans la
vie future sera encore plus belle.
Si ceux qui sont restés en arrière et ont refusé d'émigrer savaient
ce que Dieu avait réservé aux Mouhagériens, personne n'aurait
manqué l'émigration. A ce propos, lorsque Omar donnait au Mohagé-
rien sa part du butin ou d'autre il lui disait: «Prends ceci que Dieu te le
697
bénisse, c'est que Dieu t'a promis dans ce monde et ce qu'il t'a ré-
servé dans l'autre est encore meilleur».
Ils sont ceux que Dieu a décrits dans le verset en disant qu'ils
sont ceux qui furent constants en supportant à La Mecque les méfaits
des idolâtres et confièrent leur sort à Dieu qui leur a assuré la bonne
fin dans les deux mondes.
wamâ* 'arsalnâ min qablika 'illâ rijâlan nûhT 'ilayhim fas'alû 'ahla-d-d
ikri 'in kuntum lâ ta'lamûna (43) bi-l-bayymâti wa-z-zuburi wa 'anzalna*
'ilayka-d-dikra litubayyina li-n-nâsi mâ nuzzila 'ilayhim wa la'allahum
yatafakkarûna (44).
Nous n'avons envoyé avant toi que des hommes à qui nous avons
confié nos révélations. Interrogez les gens d'Ecriture sur ce point si vous ne
connaissez, (43) pas les livres saints. Nous t'envoyons ce Livre pour que tu
expliques aux hommes ce qui leur a été révélé. Peut-être réflélicheront-
ils? (44).
Ibn Abbas a commenté: Lorsque Dieu envoya Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue - comme un Prophète, les arabes ou
une partie d'eux le renièrent et dirent: «Dieu est plus grand qu'il envoie
un mortel» Dieu fit descendre alors ce verset: «Qu'y a -t-il d'étonnant à
ce que nous avons donné mission à l'un d'entre vous d'avertir ses sembla-
bles?» [Coran X, 2]. Puis II l'affirme par cet autre en confirmation du
message: «Nous n'avons envoyé avant toi des hommes à qui nous avons
confié nos révélations».
Interrogez les gens du Livre, les Prophètes étaient-ils des anges
ou des mortels? S'ils étaient des anges, vous auriez droit à renier,
mais s'ils étaient des hommes vous ne devriez plus renier Mouham-
• . — 1 - . A W _l . l- UIa^^a ôt le, <-.r\U ir* f~r\ «l'autre terme los PropKètQS
envoyés avant lui n'étaient que des mortels comme on le trouve dans
t
698
les autres Ecritures et Dieu l'indique dans ce verset: «Réponds-leur: Bé-
ni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Allah?»
[Coran XVII, 93] et dans celui-ci: «Dis: Je ne suis qu'un mortel comme
vous, à qui Q a été révélé» [Coran XVIII, 110].
Tous les Prophètes envoyés étaient appuyés par les Ecritures qui
contenaient les enseignements, et qui étaient également comme pre-
uves de la mission, dont le dernier fut le Coran: «Pour que tu expliques
aux hommes ce qui leur a été révélé» et tu leur exposes clairement ce
que Dieu a fait descendre vers eux. Peut-être réfléchiront-ils pour se
diriger et assurer leur salut.
'afa'amina-l-ladîna makarû-s-sayyi'âti 'ay-yahsifa-L-Lâhu bihimu-l-'arda
'aw ya'tiyahumu-l-'adâbu min haytu lâ yas'urûna (45) 'aw ya'hudahum
fî taqallubihim famâ hum bimu'jizîna (46) 'aw ya'hudahum 'alâ
tahawwufm fa'inna rabbakum laRa'ûfu-r-Rahîmun (47).
Ceux qui recourent à des procédés malhonnêtes ne craignent-ils pas
qu'Allah ne dérobe la terre sous leurs pieds ou qu'une calamité inattendue
ne les frappe (45) ou ne les atteigne dans leurs biens, sans qu'ils puissent se
défendre, (46) Ou ne les surprenne malgré leur vigilance. Certes, votre Sei-
gneur est toute indulgence et toute générosité (49).
Dieu fait connaître aux hommes qu'il est clément et accorde un ré-
pit aux rebelles qui font le mal et trompent les autres en les appelant à
les imiter, alors qu'il est capable de les faire engloutir par la terre ou
de leur infliger un supplice d'où ils n'attendaient pas et à l'improviste:
«Ne craignez-vous pas que le maître des cieux n'entrouvre la terre sous vos
pas? Elle oscillerait alors» [Coran LXVII, 16], ou bien «qu'une calamité ne
les frappe» dans leur subsistance ou dans leur voyage pour acquérir
les biens ou autre.
«Ou ne les surprenne malgré leur vigilance» C'est à dire qu'il ne les
^^z,^ en piem émoi et dans ce cas ça serait plus dur pour eux car
699
ils l'attendaient! Mais Dieu est bon envers Ses sujets et indulgent et ne
leur hâte pas Son châtiment avant qu'ils ne s'amendent et reviennent à
Lui s'ils veulent se repentir. A cet égard, il est cité dans les deux Sa-
hihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Nul
être n 'est plus patient que Dieu en entendant ce qui Lui nuit soit en Lui at-
tribuant un enfant, et malgré cela, Il leur pardonne et accorde les biens»
(Rapporté par Boukhari et MousUm) 1 ' 1 .
©i
'awa lam yaraw 'ilâ mâ halaqa-L-Lâhu min say'in yatafayya'u zilâluhû
'an-i-l-yamîni wa-s-saniâ* 'iK suijada-l-Ii-L-Lâhi wa hum dâhirûna (48) wa-
li-L-Lâhi yasjudu mâ fî-s-samâwâti wamâ fî-l-'ardi min d'à bbatin wa-1-
mala 'ikatu wahum là yastakbirûna (49) yahâfûna rabbahum min fawqi-
him wa yaf alûna mâ yu'marûna (50).
Ne voient-ils pas que toute la création projette son ombre dans tous les
sens, tantôt à droite tantôt à gauche, en signe d'adoration et d'humi-
lité?» (48) Tout ce qui vit dans les deux et sur la terre, les anges aussi, se
prosternent humblement devant Allah (49) Tous redoutent leur Seigneur
tout-puissant et exécutent ses ordres (50)».
Toutes les créatures dans les cieux et sur la terre, même les ani-
maux et les objets inanimés, les hommes et les djinns, sont tous sou-
mis à Dieu. Les ombres de toutes choses que Dieu a créées
s'allongent à droite et à gauche, ou suivant une autre interprétation de
l'orient à l'occident, en se prosternant devant Lui matin et soir. Et Mou-
jahed de commenter: Lorsque le soleil disparait -la nuit- tout se pro-
700
sterne devant Dieu à Lui la puissance et la gloire. Comme il a dit aus-
si: L'ombre de toute chose est sa prosternation; les ondes de la mer
sont ses prières, si Dieu voulait que tout cela soit comme des êtres
animés raisonnables, ils se seraient prosternés de la sorte. Il a dit
dans un autre verset: «Tout ce qui palpite dans les deux et la terre glori-
fie Allah de gré ou de force. Jusqu'à leurs ombres qui s'inclinent matin et
soir» [Coran XIII, 15]. Même les anges dans les cieux se prosternent
devant Dieu sans s'enorgueillir, plutôt ils redoutent Celui qui se trouve
au-dessus d'eux, exécutent Ses ordres et persévèrent dans leur sou-
mission à Lui.
waqâla-L-Lâhu lâ tattahidïï 'ilâhayni-t-nayni 'innma huwa 'ilâhum
wâhidun fa'iyyâya fa-r-habûni (51) walahû mâfî-s-samâwâti wa-l-'ardi
walahu-d-dînu wâsiban 'afagayra-L-Lâhi tattaqûna (52) wamâ bikum
min ni'matin famina-L-Lâhi tumma'idâ massakumu-d-durru fa'ilayhi
taj'arûna (53) tumma 'idâ kasafa-d-durra 'ankum 'idâ farîqum minkum
bi rabbihim yusrikûna (54) liyakfurû bimà* If taynâhum fatamatta'û fa-
sawfa ta'lamûna (55).
Allah a décrété: «N'adorez pas deux divinités. Il n'y a qu'un Allah. Et
c'est Lui qu'on doit craindre» (51) Il est le maître des cieux et de la terre.
Un culte absolu Lui est dû. Comment pouvez-vous craindre d'autres divini-
tés que Lui (52) C'est à Lui que vous devez tout ce qui vous arrive d'heu-
reux. Un malheur vous frappe-t-il? C'est Lui que vous implorez (53) Vous
délivre-t-Il du mal? nombreux sont ceux qui Lui reconnaissent des asso-
ciées. (54) Niez les bienfaits qu'Allah vous a accordés. Jouissez. Vos yeux
dessineront Mil JOUT (55).
701
Les hommes doivent adorer le Dieu seul car aucune autre divinité
n'existe en dehors de Lui. Il est le Maître de l'univers et de ce que les
cieux et la terre contiennent. Tout est tenu de Lui rendre un culte pur
et Lui être reconnaissant pour les bienfaits qu'il accorde. Comme il est
l'Utile, Il est aussi le Pernicieux. C'est vers Lui que les hommes doi-
vent s'adresser en Implorant Son secours et Le priant avec ferveur.
Par exemple «Si un péril sur mer vous menace, c'est en vain que vous in-
voquez d'autres divinités qu'Allah» [Coran XVII, 67]. Mais lorsqu'il vous a
sauvés du danger vous vous détournez. L'homme n'est qu'un ingrat.
«Vous délivre-t-Il du mal? nombreux sont ceux qui Lui reconnaissent des
associés» Jouissez donc, pour un temps, des biens éphémères de ce
bas monde, bientôt vous saurez le sort qui vous est réservé et le sup-
plice qu'il vous attend pour prix de votre ingratitude et impiété.
wa yaj'alûna limâ lâ ya'lamûna nasîbam mimmâ razaqnâhum ta-L-Lâhi
latus'alunna 'amma kuntum taftarûna (56) wa yaja'alûna li-L-Lâhi-l-ba-
nâti subhânahû walahum mâ yastahûna (57) wa 'idâ bustëira 'ahaduhum
bi-l-'untâ zalla wajhuhû muswaddan wa huwa kazîmun (58) yatawârâ
mina-l-qawmi min sÛ'i mâ bussira bihT 'ayumsikuhû 'alâ hawnin 'am ya-
dussuhû fî-t-turâbi 'alâ sa 'a mâ yahkumûna (59) li-l-ladîna lâ yu'minûna
bi-l-'ahirati matalu-s-sû'i wa li-L-Lâhi-l-matalu-l-'a'lâ wahuwa-l-'Azîzu-l-
Hakîmu (60).
Ilo •ôoswont nno partie des biens aue nous leur accordons à des divini-
tés qu'ils ignorent. Far Allah, vous aurez à rendre compte de ces inven-
tions. (56) Ils attribuent des filles à Allah. Qu'il soit exalté. Et ils
702
s'attribuent à eux le sexe qu'ils préfèrent (57) Annonce-t-on à quelqu'un la
naissance d'une fille? son visage s'assombrit et il suffoque de colère (58) Il
se cache des siens, dès qu'il apprend la mauvaise nouvelle. Doit-il garder
l'enfant et boire sa honte ou doit-il l'ensevelir sous terre? Quels grossiers
préjugés (59) Ceux qui ne croient pas à la vie future, il n'y a rien d'assez
vil à quoi ils ne puissent être comparés. Allah, au contraire, n'est jamais
comparé à quelque chose d'assez sublime. Il est toute puissance et toute sa-
gesse (60).
Dieu parle des actes abominables des idolâtres adorant avec Lui
d'autres divinités telles que les statues, les pierres dressées et les ido-
les sans aucune connaissance, en réservant à celles-ci une part des
biens qu'il leur a accordés en disant: «Ceci est à Allah, mais sans convic-
tion et ceci est à nos idoles» [Coran VI, 136]. Dieu jure par Sa Majesté
qu'il les interrogera sur ce qu'ils ont inventé et leur demandera compte
pour les rétribuer de leur incrédulité et les précipitera en enfer.
Il raconte aussi qu'ils considèrent les anges, serviteurs du Miséri-
cordieux comme des femelles et les Lui attribuent comme étant Ses
propres filles et les ont adorées avec Lui, «et ils s'attribuent à eux le
sexe qu'ils préfèrent» alors qu'ils ne l'agréent pas pour eux-mêmes. Il
leur dit: «Ainsi vous auriez des fils et Allah des filles?. Injuste répartition
que celle-ci» [Coran LIN, 21-22] Pour montrer leur imposture II dit: «Ef-
fectivement, cédant à leur goût du mensonge, ils disent: «Allah a des en-
fants». Ils mentent. Allah préfèrerait-Il les filles aux fils? Qu'est-ce qui
vous incite à porter un tel jugement?» [Coran XXXVII, 151 - 154].
Ils préfèrent pour eux-mêmes les mâles et dédaignent les filles
qu'ils attribuent à Dieu, gloire à Lui! Il est élevé à une grande hauteur
au-dessus de ce qu'ils disent.
Puis Dieu parle du comportement de l'un d'entre eux quand une
fille lui nait: «Annonce-t-on à quelqu'un la naissance d'une fille? son visage
s'assombrit» c'est comme elle lui cause un grand chagrin «et il suffoque
de colère» et se tait sous l'effet de sa mélancolie. «Il se cache des siens»
en répugnant que les hommes le trouvent en cet état, «dès qu'il ap-
prend la mauvaise nouvelle» que doit-il faire: «Doit-il garder l'enfant et
nAÎve cm knnte nu dnît îl Prànaevelii 1 eaus tftwe?» S'il la QardG VlvantG, Glle
n'héritera pas de lui, il la négligera sans prendre soin d'elle et il préfè-
703
rera certainement à elle ses fils. A savoir qu'au temps de l'ignorance -
Jahilia- ils enterraient les filles vivantes.
Donc comment osent-ils attribuer à Dieu ce qu'ils répugnent à gar-
der «Quels grossiers préjugés». Il est vraiment détestable ce qu'ils ju-
gent, partagent et attribuent. Ce verset est pareil aux dires de Dieu:
«Pourtant, quand on annonce à l'un d'eux la naissance d'une fille (du sexe
qu'il attribue à Allah) son visage s'assombrit et son cœur suffoque» [Coran
XLIII, 17].
A ceux qui ne croient pas à la vie future après la mort s'applique
l'exemple du mal, tandis que les comparaisons les plus élevées s'appli-
quent à Dieu qui est l'Etre le plus parfait, II est certes le Puissant et le
Sage.
walaw yu'âhidu-L-Lâhu-n-nâsa bi-zulmihim mâ taraka 'alayhâ min
dïbbatin walâkin yu'ahhiruhum 'ilà" 'ajalim musamman fa'idâ jï'a 'aja-
luhum lâ yasta'hirûna sîf'atan walâ yastaqdimûna (61) wa yaj'alûna li-L-
Lâhi mâ yakrahûna wa tasifu 'alsinatuhumu-l-kadiba 'arma lahumu-1-
husnâ lâ jarama 'anna lahumu-n-nâra wa 'annahum mufratûna (62).
Si Allah voulait réprimer toutes les fautes, il ne resterait plus un seul
être humain sur terre. Mais II ajourné ses poursuites jusqu'au terme fixé.
Lorsque celui-ci arrivera, personne ne pourra l'avancer ni la retarder d'une
heure (61) Ils imputent à Allah ce qu'ils méprisent. Ils mentent quand ils se
disent dignes de récompense. Au contraire, ils finiront dans le feu. Ce sont
des insolents (62).
Dieu le Clément montre toujours Sa mansuétude à l'égard de Ses
serviteurs malgré leur injustice. S'il voulait s'en prendre aux hommes à
cause dn oéohéc au'ils commettent. Il aurait anéanti toutes les bêtes de
la terre et avec elles les fils d'Adam. Mais le Seigneur que Sa Majesté
704
soit vénérée, fait preuve de Sa clémence et Son indulgence en leur ac-
cordant un répit jusqu'au terme fixé pour chacun sans hâter Sa puni-
tion, peut-être s'amenderaient-ils!.
Abou Ad-Darda rapporte à ce propos que l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu ne retardera aucune chose une
fois son terme échu. La longévité qu'il accorde à Son serviteur consiste à
lui accorder une bonne postérité qui lui invoquera Dieu après sa mort, et
leur invocation lui parviendra même dans sa tombe. Telle est la longévité»
(Rapporté par Ibn Abi Hatem) 1 ' 1 .
«Ils imputent à Allah ce qu'ils méprisent» en lui attribuant les filles
d'une part, et d'autre part des associés qui sont ses serviteurs alors
que l'un d'entre eux méprit qu'un autre lui soit un associé dans ses
biens.
«Ils mentent quand ils se disent dignes de récompense» Dieu dés-
avoue ce quêteurs langues profèrent comme monsonges après tout
cela. Dieu montre le comportement de l'un d'eux en disant: «Si nous le
faisons bénéficier de notre grâce après un malheur, il dit: «Cela m'est dû.
Je ne crois pas que l'heure vienne. Et à supposer que je retourne à mon Sei-
gneur, je trouverais auprès de Lui la félicité la plus entière» [Coran XLI,
50]. Il a dit aussi: «Tu n'es pas sans avoir rencontré ces gens qui, ayant
nié nos signes, disent: «J'aurai malgré tout richesses et enfants» [Coran
XIX, 77]. Comment l'un d'eux espère-t-il recevoir la récompense au
moment où il ne commet que des actes d'incrédulité et de mauvaises
actions?.
Dieu répond à ces gens-là: «Au contraire, ils finiront dans le feu»
au jour du jugement dernier en les y poussant durement et seront les
premiers à y pénétrer.
705
ta-L-Lâhi laqad 'arsalnif 'ilï 'umamim min qablika fazayyana lahumu-S-
.âaytânu 'a'mâlahum fahuwa waliyyuhumu-l-yawma wa lahum 'adâbun
'alîmun (63) wamà* 'anzalnâ 'alayka-l-kitâba 'illâ litubayyina lahumu-1-
ladî-htalafû fihi wa hudan wa rahmata-l-liqawmi-y-yu'minûna (64) wa-L-
Lâhu 'anzala mina-s-sama* 'i mîf'an fa'ahyâ bihi-l-'arda ba'da mawtihà*
'inna fî dâlika la 'a yata-l-liqawmi-y-yasma'ûna (65).
Par Allah, nous avons envoyé des Prophètes à d'autres peuples avant
toi. Mais ces peuples se sont laissés séduire par Satan, qui est devenu leur
patron. Un châtiment douloureux les attend (63) Nous t'avons envoyé le Li-
vre pour que tu leur expliques ce qui les divise. Il est en même temps une
direction et une bénédiction pour ceux qui croient (64) Allah fait descendre
du ciel l'eau avec laquelle il vivifie les terres mortes. C'est là un signe pour
ceux qui prêtent attention (65).
Avant toi ô Mouhamed, Dieu a envoyé des Prophètes aux autres
communautés qui les ont traités de menteurs. Tu as dans ces Prophè-
tes un exemple, peu t'importe leur reniement. Quant aux incrédules qui
n'ont pas cru, le démon a embelli à leurs yeux leurs propres actions. Il
est aujourd'hui leur patron qui ne pourrait ni les aider ni leur procurer
un moyen de salut, bien au contraire, ils subiront un châtiment terrible.
Puis Dieu dit à Son Prophète qu'il lui a révélé le Coran pour expli-
quer aux hommes les motifs de leurs dissensions. Ce Coran tranche
tous leurs différends, il est en même temps une guidée pour les coeurs
et une miséricorde à ceux qui se conforment à ses prescriptions et
s'attachent à ses ensignements, à ceux qui croient. Comme ce Livre
redonne la vie aux cœurs morts à cause de l'impiété, ainsi Dieu fait vi-
vifier les terres mortes. Il y a vraiment là un signe pour ceux qui prê-
tent attention.
706
wa 'inna lakum fî-l-'an'âmi la 'ibratan nusqîkum mimmâ fî butûnihi
mim bayni fart in wa dami-l-labanan halisan sâ"iga-l-li5Saribîna (66) wa
min tamarâti-n-nahili wa-l-'a'nâbi tattahidûna minhu sakaran wa rizqan
hasanan 'inna fî dâlika la tfyatal-liqawmi-y-ya'qilûna (67).
Les animaux aussi s'offrent à vos méditations. Dans leurs entrailles
s'élaborent les excréments, le sang et le lait, cette boisson exquise, que
nous vous faisons boire (66) Des fruits du palmier et de la vigne vous tirez
une boissoin et une nourriture délicieuse. Cela n'est-il pas un indice pour
qui r'éfléchit?» (67).
Les animaux du troupeau qui sont les chameaux, les vaches et les
moutons s'offrent aux méditations des hommes pour en tirer un ensei-
gnement et une preuve de la grandeur, de la sagesse et du pouvoir du
créateur. Les hommes peuvent obtenir des ventres de ces animaux le
lait qui est une boisson exquise parmi l'excrément et le sang: une fois
l'aliment digéré plusieurs matières se produisent: le sang passe dans
les veines, le lait aux pis, l'urine aux vessies et l'excrément aux derriè-
res. Chacune de ces matières ne saurait altérer l'autre n'y se mélange
une fois séparée.
A côté du lait, Il mentionne aussi une autre boisson enivrante tirée
des fruits du palmier et de la vigne que les gens fabriquaient avant l'in-
terdiction des boissons alcooliques. Ibn Abbas de commenter: «De ces
deux fruits, le palmier et la vigne, la boisson enivrante est illicite, mais
en tant que nourritures, ils sont licites».
«Cela n'est-il pas un indice pour qui réfléchit?» On ne peut réfléchir
si on n'est pas lucide et on a l'esprit saint. Pour cela Dieu a interdit à
cette communauté toute boisson enivrante pour garder leur raison
saine. Dieu indique aux hommes comment profiter de ces fruits en dis-
ant: «Nous les avons recouvertes de dattiers et de vignes et nous y avons
fait surgir des sources, pour que les hommes mangent leurs fruits. Ce n'est
pas leur œuvres. Consenlîfont-Us à reconnaître nos bienfaits?» ÏCoran
XXXVI, 34 - 35].
707
wa 'awhâ rabbuka 'ilâ-n-nahli 'an-i-ttahdî mina-1-jibâli buyûtan wa mi-
na-5-sajari wa mimmâ ya'risûna (68) tumma kulî min kulli-t-tamarâti
faslukî subula rabbiki dululan yahruju mim butûnihâ sarâbum
muhtalifun 'alwânuhû fîhi sifâ'ul-li-n-nâsi 'inna fî dalika la 'ï yta-l-liqaw-
mi-y-yatafakkarûna (69).
Ton Seigneur a suggéré ceci à l'abeille: Installe ta demeure dans les
montagnes, les arbres et les treilles (68) Nourris-toi de toutes les fleurs.
Voltige en tout sens. Le corps des abeilles secrète une liqueur de nuance va-
riée, qui sert de remède aux hommes. Leur vie n'est-elle pas un signe pour
qui réfléchit?»(69).
Dieu suggère à l'abeille de prendre une maison dans les monta-
gnes, les arbres et les ruches; de se nourrir, avec sa permission, de
toutes les fleurs et les fruits, d'emprunter différents chemins qui lui
sont faciles là où elle veut dans ce vaste atmosphère, ces plaines, ces
prairies, et ces hautes montagnes. L'abeille retourne ensuite à la ruche
où elle a laissé miel et petits. A l'aide de ses ailes elle produit la cire et
secrète le miel de sa bouche. Et cela se répète chaque jour.
«Le corps des abeilles secrète une liqueur de nuance variée» qui est le
miel présenté sous trois couleurs principales: le blanc, le jaune et le
rouge, ces couleurs qui dépendent des fruits et fleurs qu'elles butinent.
«Qui sert de remède aux hommes» pour guérir de tant de maladies. A ce
propos Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte qu'un homme vint trouver l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «Mon frère se
plaint d'une diarrhée» Il lui répondit: «Donne-lui une gorgée de miel»
L'homme s'exécuta. Il revint une deuxième fois et dit: «Ô Envoyé de
Dieu, je lui ai donné du miel mais sa maladie s'aggrave. Il lui ordonna:
«oonne /Ki une gorgée an miel» L'homme s'exécuta de nouveau, mais
retourna chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - lui
708
dire: «Le miel n'a fait qu'aggraver sa diarrhée» Il lui prescrivit de nou-
veau: «Dieu a dit vrai et le ventre de ton frère a menti. Va lui donner une
potion de miel» L'homme donna du miel à son frère qui fut guéri»
( Rapporté par Boukhari et Mouslim) 11 ' '.
Certains docteurs ont commenté ce fait de la façon suivante: Cet
homme qui se plaignit de la diarrhée avait dans le ventre un excédent
de la nourriture. A la première gorgée du miel qui est chaud, il s'est dé-
composé et augmenta la diarrhée. Le frère crut que cela est dû à l'ef-
fet du miel. Mais en lui donnant du miel pour la troisième et la
quatrième fois, l'excédent dut sortir avec tout ce qui nuisait au ventre
de son frère, et plus tard le ventre eut une sorte de constipation qui le
rendit sain et il fut guéri grâce à la prescription du Prophète - qu'Allah
le bénisse et le salue -.
Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - a dit: «La guérison se fait par trois moyens: une saignée, une po-
tion de miel etjune cautérisation. Mais j'interdis à ma communauté de se
cautériser» ( Rapporté par Boukhari) 111 .
Ibn Mass'oud rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - a dit: «Recourez à ces deux moyens de guérison: Le miel et le
Coran» (Rapporté par Ibn Maja) 131 (Sous-entendant: Le miel guérit le
corps et le Coran guérit l'âme).
On a rapporté que Ali Ben Abi Taleb a dit: «Lorsque l'un d'entre
vous cherche une guérison qu'il écrive un verset du Livre de Dieu sur
un plat qu'il le lave avec l'eau de la pluie, puis qu'il demande à sa
* ■ . . t
709
femme de lui donner un driham de bon cœur de son propre argent
pour acheter du miel et le boire. Cela constitue une guérison en se ré-
férant aux dires de Dieu: «Ce Coran apporte soulagement et bénédiction
aux fidèles» [Coran XVII, 82], et: «Nous faisons tomber du ciel une eau
bienfaisante» [Coran L, 9] et: «S'il leur plaît de vous en abandonner une
partie, profitez-en en toute tranquillité et le mieux possible» [Coran IV, 4].
Il y a dans le faire de l'abeille qui est un insecte petit et faible un
signe pour ceux qui y méditent. Car cet insecte est guidé par le Sei-
gneur pour faire un parcours déterminé pour butiner sur les fleurs et
transformer cette nourriture infinie en une boisson qui constitue une
guérison. C'est donc une preuve de Dieu le sage, l'Omnipotent, le Gé-
néreux et le Miséricordieux.
wa-L-Lâhu halaqakum tumma yatawaffâkum wa minkum ma-y-yuraddu
'ilâ 'ardali-l-'umuri likay lâ ya'lama ba'da 'ilinin say'an 'inna-L-Lâha
'Alîmun Qadîrun (70).
Allah donne et reprend la vie. H lui arrive de faire atteindre à certains
un tel âge qu'ils finissent par oublier tout ce qu'ils ont su. Allah est toute
science et toute maîtrise (70).
Comme Dieu a créé les hommes du néant, Il fait mourir certains
et laisse d'autres vivre jusqu'à un âge avancé pour atteindre la décrépi-
tude. A ce stade l'homme subira une faiblesse de force, un radotage,
un manque de compréhension, de retenue et de science. Après avoir
appris quelque chose, il l'oublie. A ce propos Anas Ben Malek rapporte
que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - invoquait sou-
vent par ces mots: «Je me réfugie auprès de Toi contre l'avarice, la pa-
resse, la décrépitude, le plus vil de l'âge, le tourment de la tombe, la
tentation de V Antéchirst , de la vie et de la mort» (Rapporté par
Boukhari (I >-
710
wa-L-Lâhu faddala ba'dakum 'alâ ba'din fî-r-rizqi famâ-l-ladîna fuddilû
birîfddî rizqihim 'alâ mâ malakat 'aymânuhum fahum fîhi sawà*'un 'afa-
bini'mati-L-Lâhi yajhadûna (71).
Allah accorde plus de richesses aux uns qu'aux autres. Les favorisés
voudront-ils partager avec leurs esclaves et en faire leurs égaux? Associe-
ront-ils, au contraire, d'autres bienfaiteurs à Allah? (71).
A cause de leur incrédulité et leur ignorance, les idolâtres recon-
naissaient des associés à Dieu et que ceux-ci sont aussi Ses esclaves.
Pendant leur pèlerinage et lors de leur talbia, ils disaient: «Nous voici
répondre à Ton appel, Tu n'as d'associés que celui dont Tu es son pa-
tron et de ce -qu'il possède».
Dieu leur répond: «Puisque vous ne consentez pas que vos escla-
ves soient vos parternaires en ce que Dieu vous a accordé comme ri-
chesses, comment Dieu consent-ll que d'autres soient Ses associés
dans la déité et la vénération?».
Ibn Abbas de commenter: Ils ne renversaient pas à leurs esclaves
ce que Dieu leur a accordé de biens ou les laissaient cohabiter avec
leurs femmes, comment les associeront-ils à Dieu? Voilà comment ils
reniaient les bienfaits de Dieu».
Ai-Hassan Al-Basri rapporte qu'Omar Ben Al-Khattab avait écrit à
Abou Moussa Al-Ach'ari: «Contente-toi de ce que Dieu t'a accordé, car
le Miséricordieux a favorisé certains de Ses serviteurs et cela leur sera
une épreuve pour connaître ceux qui Lui sont reconnaissants, qui s'ac-
quittent des droits qu'il leur a imposés»
. i _ ■ * 1. 1. ja*aia îiiwum min 'anfusïicum 'azwâjan wa ja'ala liikurn min
711
'azwâjikum banîna wa hafadatan wa razaqakum mina-t-tayyibâti
'afabilbâtili yu'minûna wa bini'mâti-L-Lâhi hum yakfurûna (72).
Allah a tiré vos épouses de vous-mêmes. Il vous fait avoir des fils et
des petits-fils par vos épouses. Il vous approvisionne en bons aliments. Ac-
quiesceront-ils à l'erreur pour méconnaître les bienfaits d'Allah? (72).
Dieu rappelle à Ses serviteurs qu'il leur a créé des épouses tirées
d'eux-mêmes (allusion à Eve qui fut créée d'une côte d'Adam) de la
même espèce et de la même nature. Si les femmes étaient créées au-
trement il n'y aurait ni amitié entre les deux sexes ni miséricorde. Mais,
de par Sa clémence, Dieu a créé des fils d'Adam des mâles et des fe-
melles et ces derniers comme épouses pour les premiers.
«Il vous fait avoir des fils et des petits-fils» Le terme «petits-fils» qui
signifie en Arabe «Hafada» veut dire, d'après Moujahed, des servants,
ainsi fut l'opinion de 'Ikrima, et Ad-Dahsfk, car fils et petits-fils servent
l'homme. Mais Ibn Abbas a précisé qu'ils sont les beaux-fils. Que ce
soit les uns ou les autres, tous ceux-ci rendent service à l'homme.
Dieu accorde aussi à l'homme des bons aliments et les choses ex-
cellentes, comment, après tout, cet homme Lui soit ingrat en Lui asso-
ciant des égaux. L'homme va-t-il croire le faux et méconnaître les
bienfaits de Seigneur?.
wa ya'budûna min dùni-L-Lâhi màlâ yamliku lahum rizqam-mina-s-sa-
mâwâti wa-l-'ardi say'an walâ yastati'ûna (73) falâ tadribû li-L-Lâhi-1-
'amtâla 'inna-L-Lâha ya'lamu wa 'antuiii lâ ta'lamûna (74).
Ils adorent les divinités qui ne leur procurent aucun bien du ciel et de
la terre et qui, du reste, n'ont aucun pouvoir (73) Ne prenez pas Allah
comme point de comparaison. Allah sait comparer. Vous, vous ne savez
pas (74).
Dieu, étant le seul bienfaiteur et dispensateur, s'étonne comment
ces polytnesltes adorent d'autres divinités qui ne peuvent leur procurer
712
aucune nourriture ni descendre la pluie du ciel, soit pour eux, soit pour
elles, et, du reste, elles sont incapables de rien faire. N'attribuez donc
pas des égaux à Dieu en Le prenant comme point de comparaison.
Dieu sait tout, tandis que vous, vous ne savez pas.
daraba-L-Lâhu matalan 'abdam mamlûka-1-lâ yaqdiru 'alâ say'in wa
ma-r-razaqnâhu minnâ rizqan hasanan fahuwa yunfiqu minhu sirran wa
jahran hal yastawûna-l-h amdu-li-L-Lâhi bal 'aktaruhum là
ya'lamûna (75).
Allaht cite l'exemple de deux hommes, l'un est un esclave dépourvu de
toute autorité, l'autre est un homme libre comblé de bienfaits et faisant se-
crètement et publiquement l'aumône. Est-il possible de mettre ces deux
hommes sur le même pied? Non, par Allah, mais la majorité des hommes
manque de jugement (75).
Ibn Abbas a commenté: «C'est la parable du croyant et de l'infi-
dèle que propose Dieu. Ansi fut l'opinion de Qatada et Ibn Jarir: L'es-
clave ressemble à l'infidèle incapable, et le croyant est l'homme que
Dieu lui a accordé d'amples ressources et qui en dépense en aumône
secrètement et publiquement.
Comme la différence entre les deux est claire, seul l'idiot l'ignore.
Louange à Dieu! La plupart d'entre les hommes ne savant pas.
wa daraba-L-Lâhu matala-r-rajulayni 'ahduhuma 'abkamu la yaqdiru
f*Afc wi» w«*.«w« kaiivm aia mawiàhu 'aynamâ yuwajjih-hu la ya'ti
713
bijhayrin hal yastawi huwa wamay-ya'muru bi-l-'adli wahuwa 'alâ
siràtim-mustaqîmin (67).
Allah cite aussi l'exemple de deux hommes: l'un est muet, propre à
rien, à la charge de son maître, incapable de rendre le moindre service. Un
tel homme peut-il être assimilé à un qui recommande le bien et suit la
bonne voie? (76).
Moujahed a commenté: L'homme muet est l'idole qui ne profère
'aucun mot de bien, impuissant, et cependant il est à la charge de son
propriétaire qui l'entretient. Quelque lieu il l'envoie, cet homme muet ne
lui apporte aucune bien et ses efforts sont vains. Peut-on le comparer
(cet homme ou cette idole) à celui qui ordonne l'équité et l'applique
dans ses actes et paroles et qui suit une voie droite?
On a rapporté que ce verset fut révélé au sujet de 'Othman Ben
'Affan qui était un homme de bien et son -'domestique muet qui était à
sa charge et qui refusait de se convertir.
wa-li-L-Lâhi gaybu-s-samâwâti wa-l-'ardi wamâ* 'amru-s-sâ'ati 'illâ
kalamhi-l-basari 'aw huwa 'aqrabu 'inna-L-Lâha 'alâ kulli Say'in qadî-
run (77) wa-L-Lâhu 'ahrajakum mim-butûni 'ummahâtikkum lâ
ta'lamûna Say'an wa ja'ala lakumu-s-sam'a wa-l-'absâra wa-l-'af idata
la'allakum taSkurûna (78) 'alam yaraw 'ila-t-tayri musahharâtin fî jawwi-
s-samâ*'! mâ yumsikuhunna 'illâ-L-Lâhu 'inna fî dâlika la'ïyâti-l-liqaw-
mi-y-yu'minûna (79).
Allah détient les mystères des deux et de la terre. La fin du monde se
Punira en un clin «l'œil nu plus rapidement OnOOTC. Allah GSt tOUt-pillS-
sant (77) Allah vous tire du sein de vos mères, dépourvus de toute sensibi-
714
lité. Il vous donne l'ouïe, la vue et l'intelligence. Lui en serez-vous recon-
naissants? (78) Voyez les oiseaux s'ébattre librement dans le ciel. D'où leur
vient cette aptitude? sinon d'Allah. N'y a-t-il pas là un indice pour qui
croit? (79).
Dieu seul connait les mystères des deux et de la terre et ne mon-
tre à personne le secret de son mystère sauf à celui qu'il agrée. Nul
ne peut s'opposer à sa décision ou repousser son décret. Lorsqu'il
veut créer une chose, Il lui dit: «Sois» et elle est. L'ordre concernant
l'Heure sera comme un clin d'oeil ou plus bref encore.
Puis II rappelle aux hommes qu'il les a tirés des seins de leurs
mères. Ils ne savaient rien. Il leur donne l'ouïe pour entendre les voix,
la vue pour distinguer et voir les choses, l'intelligence. Ces sens s'éla-
borent progressivement chez l'homme au fur et à mesure qu'il gran-
disse et une fois devenu pubère et sensé doit user ses sens et ses
organes pour se soumettre aux enseignements de Dieu.
Abou ,Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - a dit: «Dieu le Très-Haut dit: «Quiconque sera hostile à l'un
de Mes élus Je lui déclarerai la guerre. Tout ce par quoi Mon adorateur se
rapprochera de Moi, me sera plus agréable que l'accomplissement des de-
voirs que Je lui ai prescrits. Mon adorateur ne cesse de se rapprocher de
Moi par des prières surérogatoires en sorte que Je l'aime, et quand Je
l'aime, Je serai son oreille par laquelle il entendra, son œil avec lequel il
verra, sa main avec laquelle il frappera, son pied avec lequel il marchera.
Quand il Me demandera une chose Je la lui accorderai. S'il m'appellera Je
lui répondrai. S'il se réfugiera auprès de Moi, Je le protégerai. Je ne re-
tarde pas une chose que Je dois faire comme Je retarde pour le croyant la
mort qui lui serait pénible, car Je répugne à lui faire du mal, mais la mort
est inévitable» (Rapporté par Moustim) 111 .
715
On entend par ce hadith que lorsque l'homme est sincère en s'ac-
quittant des obligations que Dieu lui a prescrites, il n'entend ni voit que
ce qui plait à Dieu, il ne frappe ni se conduit que comme Dieu lui or-
donne, bref tout ce qu'il fait est en vue d'obtenir la satisfaction de Dieu
à Lui la puissance et la gloire.
Dieu a donné l'ouïe, la vue et l'intelligence à l'homme pour Lui
être reconnaissant. Puis II lui demande de regarder l'oiseau qui voltige
entre ciel et terre en usant ses deux ailes par le pouvoir de Dieu qui lui
a accordé cette capacité comme II le montre également dans ce ver-
set: «Ne voient-ils pas les oiseaux voler et planer au-dessus de leurs têtes?
Qui les maintient en suspens, si ce n'est le Miséricordieux. II a tout prévu»
[Coran LXVII, 19] Il y a là vraiment des signes pour ceux qui croient.
wa-L-Lâhu ja'ala lakum mim buyûtikum sakanan wa ja'ala lakum min
julûdi-l-'an'âmi buyûtan tastahiffûnahâ yawma za'nikum wa yawma
'iqâmatikum wa min 'aswâfïhâ wa 'awbârihâ wa 'aS'ârihâ 'atâtan wa ma-
tâ'an 'ilâ hînin (80) wa-L-Lâhu ja'ala lakum mimmâ halaqa zilâlan wa
ja'ala lakum mina-1-jibâli 'aknânan wa ja'ala lakum sarâbîla taqîkumu-1-
harra wa sarâbîla taqîkum ba'sakum kadâlika yutimmu ni'matahû 'alay-
kum la'allakum tuslimùna (81) fa'in tawallaw fa'innama 'alayka-l-balâgu-
1-mubînu (82) ya'rifûna ni'mata-L-Lâhi tumma yunkirûnaha wa 'aktaru-
humu-l-kâffrûna (83).
Allah vous a donné des matériaux pour construire vos demeures, des
peaux de bêtes pour fabriquer des tentes légères que vous transportez et
montez facilement. Avec la laine, le poil et les crins du bétail, vous fabri-
716
quez des objets et des ustensiles (80) Allah vous fait profiter des ombrages
de la création, des retraites qu'offrent les montagnes. H vous procure aussi
des vêtements pour vous défendre contre la chaleur des armures pour vous
protéger contre les coups. Ainsi II porte au comble ses bienfaits. Peut-être
vous convertirez-vous? (81) Qu'importe, apès cela, qu'ils te tournent le dos.
Ta mission se réduit à avertir (82) Les hommes n'ignorent pas tous ces
bienfaits. Et pourtant ils les nient. La plupart sont impies (83) .
Dieu énumère entre autres bienfaits qu'a accordés à Ses servi-
teurs ceux-ci: Les demeures pour s'y abriter et s'en servir pour d'au-
tres usages; les peaux de bêtes pour en faire de tentes qu'ils trouvent
légères à transporter là où ils se déplacent: le poil, la laine et les crins
du bétail pour en fabriquer des objets d'un usage précaire comme les
ustensiles, les tapis et les vêtements.
Dieu a créé les arbres afin que les hommes s'abritent sous leurs
ombrages au moment de la chaleur, les montagnes comme abris et
forteresses, les fibres textiles comme la laine, le coton et le lin pour en
confectionner des vêtements soit contre les coups soit contre la cha-
leur ou le froid: Ainsi II parachève ses bienfaits envers les hommes en
pourvoyant à leurs besoins, peut-être convertiront-ils, se soumettront-ils
à Ses ordres et Lui seront-ils reconnaissants.
Mais hélas! Les hommes reconnaissent ces bienfaits mais ne tar-
dent pas à les nier en adorant d'autres divinités que Lui.
Moujahed rapporte qu'un bédouin vint trouver le Prophète - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - et lui posa des questions. Il lui récita: «Allah
vous a donné des matériaux pour construire vos demeures». Le bédouin ré-
pondit: C'est entendu». Le Prophète poursuivit: «des peaux de bêtes pour
fabriquer des tentes légères». Entendu, s'écria le bédouin. En lui récitant
le reste des versets, et arrivant à ces paroles divines: «Ainsi n porte au
comble Ses bienfaits. Peut-être vous convertirez-vous?» A ces mots le bé-
douin montra les talons. Dieu fit descendre à la suite ce verset: «Les
hommes n'ignorent pas tous ces bienfaits. Et pourtant ils les nient» (Rap-
porté par Ibn Abi Hatem).
717
sj&àû pi &\ $u 3* & y I
wa yawma nab'atu min kulli 'ummatin sahîdan tumma lâ yu'danu li-1-
ladîna kafarû walâ hum yusta'tabûna (84) wa 'idâ ra'â-l-ladîna zalamû-1-
'adâba falâ yuhaffafu 'anhum walâ hum^yunzarûna (85) wa 'idâ ra'â-l-
ladîna 'asrakû surakï'ahum qâlû rabbana hï'ufêf'i Surakà"unâ-l-ladîna
kunnâ nad'û min dunika fa'alqaw 'ilayhimu-l-qawla 'innakum lakâd-ibû-
na (86) wa'alqaw 'ilâ-L-Lâhi yawma'idini-salama wa dalla 'anhum mâ
kânû yaftarûna (87) 'al-ladîma kafarû wa saddû 'an sabîli-L-Lâhi zidnâ-
hum 'adâban fawqa-l-'adâbi bimâ kânû yufsidûna (88).
Un jour viendra où nous susciterons de chaque peuple un témoin. Ce
jour-là, les infidèles ne seront pas admis à présenter des excuses et aucune
excuse ne sera valable (84) Amenés au lieu de leur supplice, les coupables
ne bénéificieront d'aucun adoucissement ni d'aucun répit. (85) Lorsque les
idolâtres apercevront les divinités qu'ils auront associées à Allah, ils s'ex-
clameront, voilà les divinités que nous avons adorées en dehors de Toi».
Mais celles-ci répliqueront: «Vous mentez» (86) Ce jour-là, les idolâtres se
soumettront à Allah et ils invoqueront en vain les faux dieux qu'ils auront
inventés. (87) Ceux qui n'auront pas cru et auront détourné les autres de la
foi, nous leur infligerons supplice sur supplice en punition de leurs cri-
mes (88).
Au jour du jugemet dernier tous les hommes seront comparus de-
vant Dieu. Ce jour-là II ressuscitera de chaque peuple un témoin qui
sera le Prophète qui leur a été envoyé, qui témoignera de l'incrédulité
des idolâtres qui présenteront des excuses mais Dieu ne \es acceptera
point. «Ce jour-là, les hommes seront muets de terreur, leurs excuses ne se-
718
ront pas admises» [Coran LXXVII, 35-36]. Leur supplice ne sera pas al-
légé fut-ce pour une heure et ils n'auront point de répit.
Lorsque les idolâtres verront les divinités qu'ils ont associées à
Dieu, ils s'écrieront: «Notre Seigneur, voilà les divinités que nous
avons adorées et invoquées en dehors de Toi». Celle-ci leur répon-
dront: «Vous mentez, ce n'est pas nous qui vous avons ordonné de
nous adorer. Voilà le sens de ces dires de Dieu: «Quel plus grand égaré
que celui qui prie en dehors de Dieu une idole muette jusqu'au jour de la ré-
surrection! une idole indifférente à ses supplices» [Coran XLVI, 5].
Ils offriront alors à Dieu leur soumission «C'est alors qu'ils entendront
bien et verront bien le jour où ils comparaitront devant nous» [Coran XIX,
38]. Les coupables seront dans une attitude humiliée et invoqueront en
vain les faux dieux qu'ils auront inventés. Dieu alors infligera supplice
sur supplice à ceux qui sont incrédules et à ceux qui écartent les hom-
mes de la, foi et du chemin de Dieu. Comme en ce jour-là les croyants
occuperont des rangs différents au Paradis en fonction de leur foi et
leurs bonnes actions, ainsi les infidèles subiront différents châtiment
dont la gravité dépendra aussi de degré de leur incrédulité et de leurs
mauvaises actions comme le montre ce verset: «Le supplice sera double
pour tous. Mais vous ne savez pas ce qui vous attend» [Coran VII, 38].
wa yawma nab'atu fî kulli 'ummatin sahîdan 'alayhim min 'anfusihim
wa ji'nâ bika Sahîdan 'alâ hif 'ula 'i wa nazzalnâ 'alayka-l-kitâba tibyânan
likulli say'in wa hudan wa rahmatan wa busrâ li-1-muslimîna (89).
Un jour viendra où nous susciterons de chaque peuple un témoin qui
déposera contre les siens. Nous t'appellerons alors pour que tu déposes
contre ton propre peuple. Nous t'avons envoyé un Livre qui donne l'explica-
tion de toute chose, qui est à la foi un guide une bénédiction et une bonne
nouvelle nour lee croyante (RQV
719
i t
Dieu fait connaître à Son Prophète Mouhammed - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - qu'il sera appelé à témoigner contre sa communauté
tout comme les autres Prophètes qui témoigneront contre les leurs. En
ce jour-là notre maître (Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -)
jouira d'une très haute considération et d'un grand honneur et occupe-
ra la poste glorieux qui lui est réservé.
«Nous t'avons envoyé un Livre qui donne l'explication de toute chose».
Moujahed a limité cette explication au licite et à l'illicite, mais Ibn
Mass'oud, dont son opinion s'avère être plus logique, a dit que le Co-
ran renferme toute science utile, les événements passés et les autres
à venir, le licite et l'illicite, et tout ce dont les hommes ont besoin de
savoir pour leur foi, leur subsistance et leur rassemblement. Ce Livre
est aussi une Direction pour les cœurs, une miséricorde et une bonne
nouvelle pour les croyants.
i
'inna-L-Lâha ya'muru bi-l-'adli wa-l-'ihsâni wa 'itâ 'i dî-l-qurbâ wa yan-
hâ 'an-i-l-fahsa 'i wa-l-munkari wa-l-bagyi ya'izukum la'allakum tadak-
karûna (90).
Allah commande la justice et la philanthropie. Il commande de venir
en aide à ses proches, ris réprouve l'indécence, le despotisme, et l'iniquité.
Vous voilà prévenus. A vous d'en profiter (90).
Dieu ordonne à Ses serviteurs d'être justes et charitables. La jus-
tice comme l'a expliquée Ibn Abbas consiste à attester qu'il n'y a d'au-
tre divinité què Dieu. Quant à Soufian Ben Ouyayna, il a précisé: La
justice citée dans ce verset signifie que tout homme qui fait une œuvre
en vue de Dieu secrètement ou publquement doit avoir la même inten-
tion sans préférer l'une à l'autre, et la charité (ihsan) implique que ce
qu'il fait secrètement soit meilleur que ce qu'il fait publiquement tant
que cela est fait pour Dieu.
«h ».......»„j« «u venir en aide à sos proches» en maintenant le lien
du sang et en dépensant pour les proches comme 11 l'ordonne: «Rem-
720
plis tes obligations envers tes proches, les pauvres et les voyageurs. Ne sois
point prodigue» [Coran XVII, 26].
«Il réprouve l'indécence, le despotisme et Pinquité» L'indécence est
tout ce qui est turpitude apparente ou cachée, ainsi que tous les actes
repréhensibles. Quant à l'iniquité, elle est le fait de traiter les autres
avec injustice. A ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - a dit: «Les péchés que commettent les gens et qui méritent le
prompt châtiment dans ce bas monde et un autre réservé dans l'au-delà
sont: l'injustice, la rupture du lien du sang...» (Rapporté par Tabarani) 1 ' 1 '.
«Vous voilà prévenus» Dieu vous exhorte à faire le bien peut-être
les hommes réfléchiront-ils! Et Ibn Mass'oud de commenter: «Le verset
le plus exhaustif dans le Coran est celui-ci: «Allah commande la justice
et la philanthropie» Qatada, quant à lui, a dit: «Toute bonne conduite et
tout bon caractère que les hommes pratiquaient du temps de l'igno-
rance (Jahilia), / Dieu les a commandés. D'autre part, Dieu a interdit tout
ce qui était mauvais caractère et acte blâmable».
A cet égard 'Oumayr rapporte d'après son père le récit suivant:
«Aktham Ben Saïfi eut vent de la venue du Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue -. Voulant se rendre chez lui, ses concitoyens l'interdi-
rent en lui disant: «Tu es notre chef, il ne te sied pas d'aller le voir». Il
leur répondit: «Alors que certains d'entre vous se chargent de m'appor-
ter de ses nouvelles et de lui faire connaître les miennes». Il choisit
deux hommes pour remplir cette mission.
Les deux hommes vinrent trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse
et le salue - et lui dirent: «Nous sommes les émissaires de Aktham
Ben Saïfi. Il nous a chargé de te demander: «Qui es-tu et quelle est ta
mission?» Il leur répondit: «Je suis Mouhammed Ben Abdullah, et je
suis le serviteur de Dieu et Son Envoyé». Puis il leur récita: «Allah
commande la justice et la philanthropie». Ils lui demandèrent de leur ré-
péter le verset. Il s'exécuta et les deux hommes le retinrent par cœur.
721
En retournant chez Aktham ils lui dirent: «Il est si modeste et n'a
pas voulu se vanter de sa généalogie, mais, en vérité, il est issu d'une
souche très honorable parmi les tribus de Moudar. Il nous a récité ce
verset que nous avons retenu.» En entendant le verset Aktham s'écria:
«Je vois qu'il ordonne la bonne morale et interdit la mauvaise. Confor-
mez-vous-y, soyez les pionniers et ne soyez pas les derniers».
'Othman Ben Abi AI-'As raconte: «J'étais chez l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - quand il fixa ses regards quelque part
puis il me dit: «Je viens de recevoir Gabriel qui m'a ordonné de placer
ce verset dans cette sourate: «Allah commande la justice et la philan-
thropie».
wa 'awfû bi'ahdi-L-Lâhi 'idâ 'âhattum walâ tanqudû-l-'aymâna ba'da
tawkîdihâ waqad ja'altumu-Lâha 'alaykum kafilan 'inna-L-Lâha ya'lamu
mâ taf alûna (91) walâ takûnû ka-l-latî naqadat gazlahâ mim ba'di quw-
watin 'ankâtan tattahidûna 'aymânakum dahalam-baynakum 'an takùna
'ummatun hiya 'arba min 'ummatin 'innamâ yablûkumu-L-Lâhu bihî wa-
layubayyinanna lakum yawma-l-qiyâmati mâ kuntum fîhi
tahtalifûna (92).
Soyez fidèles aux engagements que vous avez pris au nom d'Allah. Ne
violez pas les serments devenus définitifs. N'oubliez pas, en J'fet, que vous
en avez appelé au témoignage d'Allah. Il est informé de tout ce que vous
faites. (91) N'imitez pas cette femme qui brouille tout à coup la laine
qu'elle a soigneusement filée. Ne trahissez pas la parole donnée du fait
qu'un clan l'emporte sur l'autre. C'est là une occasion pour Allah de vous
éprouver. Il vous expliquera, au jour de la résurrection, ce qui faisait l'objet
de vos différends (92).
722
Dieu ordonne aux hommes de tenir et respecter leurs engage-
ments et les serments solennellement prêtés. Il n'y a aucune contradic-
tion entre ce verset: «Ne violez pas les serments devenus définitifs» et ces
dires de Dieu: «N'usez pas du nom d'Allah dans vos serments» [Coran II,
224]. Car en les trahissant, les hommes doivent faire une expiation
mais il vaut mieux qu'ils les respectent: «Telles sont les peines attachées
à la violatoin de vos serments. Respectez vos serments» [Coran V, 89]. Mê-
me l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, dans un hadith
cité dans les deux Sahihs, a dit: «Quant à moi. si Dieu le veut, je ne fais
un serment au nom de Dieu et je trouve qu'il y a mieux à faire, j'expie
mon serment et je fais ce qu'il y a mieux à faire».
Les serments qui entrent dans le verset: «Ne violez pas les serments
devenus définitifs» concernent les engagements et les pactes et non
ceux qui sont les sujets d'un acte à faire ou un autre à s'en s'abstenir.
Et Moujahed a précisé qu'il s'agit d'un pacte conclu du temps de la Ja-
hilia. A cet égard l'imam Ahmed rapporte d'après Joubaïr Ben Mot'em
que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Pas de
pacte dans l'Islam. Mais tout pacte conclu du temps de la Jahilia, l'Islam
ne fait que le consolider» (Rapporté par Ahmed et Mouslim) {Ii '. Cela si-
gnifie que l'Islam n'a besoin d'aucun pacte comme on le faisait du
temps de la période préislamique, et le fait de s'attacher à l'Islam est
amplement suffisant.
«
En interprétant ces dires de Dieu: «Soyez fidèles aux engagements
que vous avez pris au nom d'Allah» Bouraïda a dit: «Ce verset fut des-
cendu au sujet de l'allégeance sur l'Islam. Le verset leur ordonne
d'être fidèles à ce serment sans le trahir, et que le nombre faible des
musulmans par rapport à la multitude des polythéistes ne doit pas les
porter à la violation de ce serment». Dieu certes voit toutes les actions
des hommes.
A ceux qui violent leurs serments, Dieu propose la parabole d'une
femme qui défait le fil de sa quenouille brin par brin après l'avoir soli-
723
dément tordu, en prenant de leurs serments un sujet d'intrigue et de
tromperie entre eux, et en estimant qu'une communauté l'emportera
sur une autre. En d'autre terme: vous faites un serment à une partie
de gens pour les rassurer, et une fois devenus capables d'eux vous
les trahissez. Dieu vous a interdit un tel agissement.
Quant à l'interprétation de Moujahed, elle est la suivante: «Ils
concluaient un pacte avec des gens qui les trouvaient plus puissants
qu'eux. Mais s'ils constataient que d'autres étaient plus forts que les
premiers, ils trahissaient leur pacte pour conclure un autre avec ces
derniers».
«C'est là une occasion pour Allah de vous éprouver» Cela signifie,
d'après Ibn Jarir, que les gens doivent respecter leurs serments et pac-
tes sans les trahir ou les violer, car «H vous expliquera, au jour de la ré-
surrection, ce qui faisait l'objet de vos différends» et les raisons de vos
dissensions pour vous rétribuer selon , vos actions.
walaw 5a"a-L-Lâhu laja'alakutn 'ummatan wahidatan walâkiy-yudillu
may-yasâ A 'u wa yahdî ma-y-ya§â*'u wa latus'alunna 'ammâ kuntum
ta'malûna (93) walâ tattahidu 'aymânakum dahalam baynakum fatazilla
qadamum ba'da tubûtihâ wa tadûqu-s-sïï'a bimâ sadadtum 'an sabîli-L-
Lâhi walakum 'adâbun 'azîmun (94) walâ tastarû bi'ahdi-L-Lâhi tama-
nan qalîlan 'innamâ 'inda-L-Lâhi huwa hayru-l-lakum 'in kuntum
ta'lamûna (QSt mâ 'indakum yanfadn wamâ 'inda-L-Lâhi bâqin wa la
najziyanna-l-ladîna sabarû ajrahum bi 'ahsani ma kântt ya'malûna (96).
Si Allah l'avait voulu, Il aurait fait de vous un seule peuple. Mais il
724
égare ou se concilie qui II veut. Vous aurez à rendre compte de toutes vos
actions (93) Ne vous servez pas des serments pour vous tromper les uns les
autres. C'est comme si le sol se dérobait sous un pied qui vient de se poser.
Vous subirez un châtiment pour vous être écartés de la voie d'AUah. Et ce
châtiment sera implacable (94) Ne trahissez pas la parole d'Allah pour un
vil profit. Ce qu'Allah vous réserve est plus profitable, si vous réfléchis-
sez (95) Vos biens sont périssables, les biens d'Allah sont éternels. Les per-
sévérants recevront une récompense supérieure à leurs œuvres (96).
Si Dieu l'avait voulu, certes, Il aurait fait des hommes une commu-
nauté unique sans qu'une inimitié ou une hostilité ne les divise. Mais II
dirige qui II veut et égare qui II veut, et au jour du jugement dernier, Il
les interrogera sur toutes leurs actions sans omettre aucune.
Puis II met Ses serviteurs en garde de faire de leurs serments un
sujet de tromperie et d'intrigue, et alors le pied broncherait après avoir
été ferme. C'est un exemple que Dieu leur donne de celui qui, une fois
se trouvant dans la voie droite, il s'en écarte à cause de la violation de
ses serments et qui portent sur le détournement de la voie de Dieu.
En d'autre terme, lorsque l'infidèle s'assure que le croyant a pris
un engagement vis-à-vis de lui, puis le trahit, alors.l'infidèie n'aurait au-
cune confiance en la religion et le croyant l'aurait, par ce fait, détourné
de la foi et de se convertir. Voilà le sens des paroles divines: «Vous su-
birez un châtiment pour vous être écartés de la voie d'Allah».
«Ne trahissez pas la parole d'AUah pour un vil profit» C'est à dire ne
troquez pas à vil prix le pacte que vous avez conclu avec Dieu en
vous contentant des biens éphémères de ce monde, car même si
l'homme aura possédé de richesses, autant que les bas monde puisse
contenir, ce que Dieu lui réserve auprès de Lui est encore plus supéri-
eur, et ceci ne sera que pour ceux qui auront cru, respecté leur pacte
et espéré la récompense céleste. «Vos biens sont périssables» quelle
que soit leur valeur car ils ne cessent d'épuiser, mais «les biens d'AUah
sont éternels» et demeurent pour toujours.
«Les persévérants recevront une récompense supérieure à leurs œuvres»
Cela constitue comme un serment de Dieu qu'il accordera la belle ré-
compense et le Paradis à ceux qui auront été constants en fonction de
leurs meilleurs œuvres.
725
man 'amila sâlihan min d akarin 'aw 'untâ wahuwa mu'minun
falanuhyiyannahû hayâtan tayyibatan wa lanajziyannahum 'ajrahum bi
'ahsani mâ kânû ya'malûna (97).
Quiconque, mâle on femelle, fait le bien tandis qu'il est croyant, sûre-
ment Nous lui ferons vivre une excellente vie. Nous leur donnerons leur ré-
compense en fonction de leurs meilleures actions (97).
Dieu promet à tout croyant mâle on femelle, qui fait des œuvres
pies en se conformant aux enseignements contenus dans le Coran et
à la sunna du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, tandis que
son cœur croit en Dieu et en Son Envoyé, celui-là Dieu le rétribuera
de la plus belle récompense et le fera vivre une excellente vie.
Que signifie l'excellente vie?.
Ibn Abbas et d'autres ont dit qu'elle est celle qui lui procure les
biens licites et bons.
Ali Ben Abi Taleb a précisé qu'elle est la sobriété.
Al-Massan, Moujahed et Qatada ont déclaré qu'elle est le Paradis.
Quant à Al-Dahak, il a dit qu'elle est l'adoration dans le bas
monde et les biens licites.
En vérité, la vie excellente renferme tout cela, la preuve en est ce
hadith rapporté par l'imam Ahmed d'après Abdullah Ibn Omar où l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Réussira qui-
conque s'est converti à l'Islam, a reçu de biens qui lui suffisent et s'est
contenté de ce que Dieu lui a accordé»* 11 .
L'imam Ahmed cite églement le hadith rapporté par Anas Ben Ma-
.«a t.*** &ur jjjj 1( jlJ ^ jjii
72e
lek que l'Envoyé de Dieu - qu'Aliah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu
ne fera pas tort à un croyant pour une bonne action qu'il a faite, Il lui don-
nera des biens de ce monde et le rétribuera dans la vie future. Quant à l'in-
crédule, Il lui accordera des biens pour ses bonnes actions qu'ils a commises
en vue de Dieu dans le bas monde, de sorte que, dans la vie future, il n'aura
aucune bonne action pour en être rétribué» (Rapporté par Ahmed et Mous-
lim/".
fa'idâ qara'ata-l-Qur'âna fasta'id bi-L-Lâhi mina-5-saytâni-r-rajîmi (98)
'innahû laysa lahû sultânun 'alâ-l-ladîna "ïmanû wa 'alâ rabbihim yata-
wakkalûna (99) / 'innamâ sultânuhû 'alâ-l-ladîna yatawallawnhû wa-l-la£
îna hum bihî muSrikûna (100).
Quand vous lisez le Coran, cherchez refuge en Allah contre Satan le
maudit (98) Satan est démuni contre ceux qui croient en Allah et se fient à
Lui. (990 II n'a de de pouvoir que sur ceux qui le prennent pour patron et
qui le font participer à leur vie (100).
La majorité des ulémas ont jugé que la demande du refuge auprès
de Dieu contre Satan avant la lecture du Coran est une recommanda-
tion et non plus une obligation. Nous avons parlé de cela en commen-
tant la Fatiha, la permière sourate du Coran.
Satan n'a aucun pouvoir sur les croyants ni sur ceux qui se
confient à Dieu. Et Al-Thawri de commenter: Le démon est démuni de
toute autorité sur des gens qui commettent une faute mais ne tardent
pas à s'en repentir. Son autorité s'étend seulement sur les infidèles qui
l'ont pris pour patron.
727
wa 'idâ baddalnï "ïyatan makâna ^yatin wa-L-Lâhu 'a'iamu bimâ yu-
nazzilu qâlû 'innamS 'anta nmftarim bal 'aktaruhum lâ ya'lamûna (101)
qui nazzalahû rûhul-qudusi mi-r-rabbika bi-l-haqqi liyutabbita-l-ladîna
*a*manû wa hudan wa buSrâ li-1-muslimîna (102).
Si nous substituons une révélation à une autre -et qui mieux qu'Allah
connaît ce qu'il révèle-ils le traitent de menteur. Hélas! ils forment une masse
ignorante (101). Réponds que l'Esprit Saint t'a transmis la nouvelle révélation
de la part de ton Seigneur et qu'elle constitue la vérité. Allah a voulu ainsi affer-
mir les croyants, leur aporter une direction et une bonne nouvelle (102).
Dieu montre la faiblesse d'esprit chez les idolâtres et le manque
de leur foi même sa perte. Car chaque fois qu'un verset abrogea un
autre, ils dirent à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue •:
«Tu n'es qu'un faussaire» mais ils ignorèrent que Dieu fait ce qu'il
veut.
En commentant l'expression: «Si nous substituons une révélation à
une autre» Moujahed a dit: «Cela signifie que Dieu ôte un verset pour
affermir un autre à sa place, ce qui est pareil aux dires de Dieu:
«Toute révélation abrogée ou devenue caduque sera remplacée par une au-
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de
répondre aux infidèles que c'est bien Gabriel, l'Esprit Saint, qui fait
descendre ces révélations avec la vérité, pour «affermir les croyants,
leur apporter une direction et une bonne nouvelle» afin q'ils y croient et
leurs cœurs s'humilient.
walaqad na'lamu 'annahum yaqûlûna 'innamâ yu'allimuhû ba§aru-l-lisâ-
728
nu-Madî yulhidûna 'ilayhi a'jamiyyun wa hâdâ lisânun 'arabiyyum mubî-
nun (103).
Ils prétendent, nous le savons, que c'est un homme qui te divulgue tes
révélations. Et pourtant l'homme qu'ils visent ainsi parle une langue étran-
gère. Alors que tes révélations sont faites dans un pur arabe (103).
Entre autres prétentions que les infidèles propageaient, ils disaient
qu'un homme étranger apprenait le Coran à Mouhammed - qu'Allah le
bénisse et le salue -, un domestique qui travaillait chez des Qoraïchites
et vendait des choses dans une boutique près du mont As-Safa. Ils
prétendaient aussi que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - le
fréquentait souvent pour s'entretenir avec lui, sachant que cet homme
ne connaissait pas la langue arabe.
Dieu réfute leur mensonge et leur répond: «Et pourtant l'homme
qu'ils visent ainsi parle une langue étrangère. Alors que tes révélations sont
faites dans un pur arabe» Comment peut-il apprendre le Coran avec son
éloquence et ses versets diserts d'un homme étranger, alors qu'il est
révélé en langue arabe et qui surpasse par sa perfection et par son
contenu tous les Livres qui étaient révélés aux fils d'Israël?
Qui était cet homme?
Mouhammed Ben Ishaq répond: C'est un domestique chrétien ap-
pelé Jaber qui travaillait chez des hommes de Bani Hadrami.
D'après Ikrima et Qatada, il s'appelait Ya'ich.
Enfin Ibn Jarir rapporte qu'lbn Abbas a dit: «L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - enseignait à La Mecque un esclave ap-
pelé Bel'am qui ne connaissait pas l'arabe. Le voyant souvent aller et
venir chez lui les idolâtres disaient: Bel'am enseignait le Coran à Mou-
hammed» Dieu leur répond en faisant descendre le verset précité.
'mna-l-ladîna là yu'minûna bi"a yâti-L-Lâhi lâ yahdîhimu-L-Lâhu wa la-
729
mm 'adâbun 'alîmun (104) 'innamâ yaftarî-l-kadiba-l-Iadîna lâ yu'minû-
la bi"a"yâti-L-Lâhi wa'ulï'ika humu-l-kâdibûna (105).
Ceux qui ne croient pas aux révélations d'Allah, Allah ne les dirige
pas. Un châtiment douloureux les attend (104) Les menteurs, ce sont ceux
lui ne croient pas aux signes d'Allah. Les voilà, les menteurs! (105).
Dieu ne dirige pas ceux qui se détournent de Son Rappel et ne
croient pas aux révélations descendues à Mouhammed - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - en les réfutant et les traitant de mensonge rien que
pour rejeter les enseignements. Ceux-là subiront un châtiment terrible
dans l'au-delà.
Mouhammed - qu'Allah le bénisse et le salue - n'était ni un inven-
teur ni un menteur, ceux qui le traitaient ainsi sont les pires créatures
aux regards de Dieu. Bien au contraire, il était le plus sincère, le plus
véridique, l'homme le plus parfait, le plus fFdèle et connu comme tel
parmi ses concitoyens. Dans l'entretien qui eut lieu entre Abou Soufian
et Héraclius le roi des Romains, ce dernier a conclu: «il n'est pas lo-
gique qu'il ment aux hommes et en même temps à Dieu».
man kafara bi-L-Lâhi mim ba'di 'imânihT 'illâ man 'ukriha wa qalbuhû
mutma'inun bi-l-'imâni wa lâkim man saraha bi-l-kufri sadran
fa'alayhim gadabum mina-L-Lâhi wa lahum 'adâbun 'azîmun (106) dâli-
ka bi'annahumu-stahabbû-l-hayâta-d-unya 'alâ-l-'a hirati wa 'anna-L-Lâ-
ha lâ yahdî-l-qawma-l-kâfïrîna (107) 'ula 'ika-l-ladîna taba'a-L-Lâhu 'alâ
qulûbihim wa sam'ihim wa 'absarihim wa 'ulâ'ika humu-l-gâfilûna (108)
là lit^unM -K~ m fî-l'ÎC l^ïrati Uumu \ l^neirûna (100).
Celui qui tombe dans l'erreur, après avoir cru, et retrouve avec joie
730
l'infidélité, encourra la colère et la répressoin d'Allah à moins que son apos-
tasie ne lui ait été imposée et qu'il ne soit demeuré fidèle dans son for intér-
ieur (106) Ils seront châtiés pour avoir préféré la vie de ce monde à l'autre.
Allah abandonne les infidèles (107) Allah a posé son sceau sur leurs cœurs,
leurs ouïes et leurs vues. Il les prive ainsi de conscience (108) Pas de doute
qu'ils ne soient réprouvés dans l'autre monde (109).
Celui qui renie Dieu et Le mécroit après avoir cru, dont le cœur
reste paisible dans l'incrédulité, encourra la colère de Dieu et un châti-
ment implacable l'attend dans la vie future. Car il aura par son faire
préféré le bas monde à l'autre et apostasié pour obtenir des biens de
la vie présente. Dieu ne dirige pas son cœur et ne l'affermit pas sur la
religion véritable. Il scelle son cœur pour ne rien comprendre, sa vue
et son ouïe pour n'en rien profiter. Les gens qui sont comme tels au-
ront perdu leurs personnes, leurs biens et leurs familles au jour de la
résurrection.
«A moins que son apostasie ne lui ait été imposée et qu'il ne soit de-
meuré fidèle dans son for intérieur» Une exception faite de ceux qui sont
contraints à apostasier verbalement à cause d'une torture ou d'un sup-
plice, mais leurs cœurs demeureront tranquilles en la foi. Au sujet de
cette révélation Ibn Abbas raconte qu'il s'agit bien de Ammar Ben yas-
ser que les idolâtres l'avaient torturé pour renier Mouhammed, peut se
montrer comme tel pour sauvegarder son âme, de même il peut résis-
ter comme a fait Bilal -que Dieu l'agrée- malgré les tortures et les mé-
faits des idolâtres. Ils mettaient un grand rocher sur sa poitrine dans
un temps très chaleureux en lui ordonnant d'apostasier, mais il refusait
et leur répondait: «Unique! Unique» (c.à.d Dieu est Unique). Il disait
aussi: «Si je savais d'autres propos qui les irritaient plus, je n'aurais
plus hésité à les leur dire».
On a rapporté également que Moussailama le menteur, en tortu-
rant Habib Ben Zaid Al-Ansari, lui disait: «Attestes-tu que Mouhammad
est l'Envoyé de Dieu?» - Oui, répondait-il. - Attestes-tu que je suis l'En-
voyé de Dieu? - Il lui répliquait: «Je n'entends rien de ce que tu dis»
Moussailama le déchiquetait et Habib restait ferme dans sa foi.
De toute façon, conclut l'auteur de cet ouvrage, le musulman doit
rester terme dans sa toi même si cela lui cause sa perte. A ce propos
731
I-Hafedh Ben Assaker raconte que les Romains prirent Abdullah Ben
oudzafa As-Sahmi comme captif et l'amenèrent chez leur roi qui lui
roposa: «Convertis-toi au christianisme, je te ferai mon associé dans
ion royaume et je te donnerai ma fille en mariage». Il lui répondit:
Même si tu me donnes tout ce que tu possèdes ainsi ce que possè-
ent tous les arabes pour renier la religion de Mouhammed - qu'Allah
î bénisse et le salue - fut-ce pour un clin d'œil, je ne le ferais plus». -
Oors je te tue, r'épliqua le roi. - Et Abdullah de riposter: «Soit».
La roi ordonna de le crucifier et aux archers de tirer les flèches en-
re ses mains et ses pieds, en lui proposant toujours d'embrasser le
:hristianisme, mais Abdullah refusa. Puis il ordonna d'amener une
jrande marmite en cuivre qu'on chauffa à ébullition et d'amener un pri-
sonnier musulman qu'on le jeta dans la marmite. On le retira ensuite
jn squelette dépouillé. Abdullah les regardait faire et refusait leur pro-
oosition.
Le roi ordonna d'y jeter Abdullah en l'élevant à l'aide d'une poulie
alors Abdullah pleura. En l'interrogeant sur ses pleurs croyant qu'il al-
lait apostasier, il répondit: «Je pleure parce que je ne possède qu'une
âme qui sera jetée dans cette marmite pour la cause de Dieu. Comme
j'aurais aimé avoir une âme contre chaque poil de mon corps pour être
torturée pour la cause de Dieu».
Suivant une variante: «Le roi emprisonna Abdullah sans lui donner
ni nourriture ni boisson. Après une période de quelques jours, il lui en-
voya du vin et de la viande du porc, mais Abdullah n'en prit rien. En
l'interrogeant: «Pourquoi n'as-tu pas mangé?» Il lui répondit: «Bien que
dans ces conditions une telle nourriture m'est permise, je n'ai pas vou-
lu en prendre afin de ne te causer aucue joie» Le roi lui demanda en-
fin: «Embrasse donc ma tête et je te libère». Et Abdullah de répondre:
«Et tu libères aussi tous les prisonniers musulmans?» - Certainement,
répliqua le roi. Abdullah lui embrassa la tête et les prisonniers musul-
mans furent libérés. Omar Ben Al-Khattab de conclure: «Tout musul-
man doit embrasser la tête de Abdullah et je commence par le faire. Il
se leva, embrassa la tête de Abdullah. - que Dieu les agrée.
732
tumma 'inna rabbaka li-lladîna hajarû mim ba'di mâ futinû tumma jâ-
hadû wa saariï'inna rabbaka mim ba'dihâ la Gafûr-r-Rahîmun (110)
yawma ta'tî kullu nafsin tujâdilu 'an nafsib wa tuwaffâ kullu nafsim-mâ
'amilat wahum lâ yuzlamûna (1 1 1).
La sollicitude de ton Allah est acquise à ceux qui sont exilés et ont été
persécutés et, malgré tout, ont combattu et souffert pour Lui. Une telle
constance a appelé sa bénédiction et sa miséricorde (110) Un jour viendra
où toute âme plaidera sa propre cause et recevra le juste prix de ses œu-
vres (111).
il y avait une autre catégorie d'hommes qui étaient opprimés et
persécutés à La Mecque qui répondaient à la demande des idolâtres.
A ceux-là Dieu leur trouva une issue en leur ordonnant d'émigrer vers
Médine en laissant biens et famille en vue de Lui satisfaire. A Médine,
ils s'adhérèrent aux fidèles et combattirent à leur côté contre les incré-
dules et firent preuve de constance. Ceux-là comme Dieu leur a pro-
mis, bénéficieront au jour du jugement de Sa satisfaction et Sa
miséricorde.
En ce jour-là «toute âme plaidera sa propre cause» ni la cause d'un
père, ni d'un fils, ni d'un frère ou d'autre, et chaque personne sera ré-
tribuée pour ce qu'elle aura fait sans être lésée en quoi que ce soit fut-
ce une pellicule de datte.
p+J tjlj-JI p*J~\* »J>^ ^ J^mj ^*.L. AjJj (Qp iiyC^ai
wa A m ■ i»im mn\txiw qaryaian îcânat "S minatam-mutma'innatan
733
ya'tîhâ rizquhâ ragadam min kulli makânin fakafarat bi 'an'umi-L-Lâhi
fa'ad âqahâ-L-Lâhu Iibâsa-1-ju'i wa-l-hawfî bimâ kânû yasna'ûna (112)
walaqad jtf'ahum rasûlum minhum fakaddabûhu fa'ahad ahumu-l-'ad
âbu wa hum zâlimûna (113).
Allah vous propose cet exemple: Une cité vivait dans la paix la pins
complète et dans l'opulence la plus large. S'étant montrée ingrate, Allah loi
infligea en punition les affres de la faim et de la peur (112) Et pourtant un
Prophète choisi parmi eux avait été envoyé à ses habitants. Us le traitèrent
d'imposteur. Le châtiment d'Allah les surprit en pleine rébellion (113).
Cette cité est La Mecque. Elle était paisible et tranquille et les ri-
chesses lui venaient en abondance de toutes parts; alors que tout au-
tour des gens sont enlevés, tandis que ceux qui y pénétrèrent furent
en sécurité totale, comme Dieu le montre dans ce verset: «Comme si
nous ne les avions pas installés dans une enceinte inviolable et sûre, où, par
un effet de notre grâce, affluent toutes les richesses» [Coran XXVIII, 57].
Les habitants de cette ville ont méconnu les bienftaits de Dieu et renié
Ses signes dont le plus grandiose fut la mission de Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue -, Dieu en parie d'eux en disant: «Songe
à ces hommes qui ont répondu par des blasphèmes aux bienfaits d'Allah et
qui ont causé la perdition de leurs peuples. Ils brûleront dans l'enfer, l'hor-
rible demeure» [Coran XIV, 28 - 29].
Pour prix de leur incrédulité, Dieu a fait goûter aux habitants de
cette ville deux violences: La faim, car après qu'ils vivaient dans l'ai-
sance et l'opulence et recevaient les fruits et les récoltes de toutes
parts, et parce qu'ils ont désobéi à Dieu et à Son Prophète et mécon-
nu tous les bienfaits, ils furent atteints par sept années de sécheresse
grâce à l'imprécation de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue -. Puis la peur en l'échangeant contre la sécurité. Ils craignirent
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et ses compagnons
après leur émigration car ils attendaient toujours à des attaques qu'à la
fin La Mecque fut conquise.
Tout cela était dû à leur mécroyance et leur rébellion contre le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - qui le traitèrent d'imposteur.
•-•-»•>««.»« p„ r .^; eux «* Dieu rappela cela aux
734
croyants en leur disant : «Allah a marqué une extrême bienveillance aux
fidèles en choisissant parmi eux un Prophète» [Coran III, 164].
fakulû mimmâ razaqakumu-L-Lâhu halâlan tayyiban waskurû ni'mata-
L-Lâhi 'in kuntum 'iyyâhu ta'budûna (1 14) 'innamâ harrama 'alaykumu-
1-maytatà wa-d-dama wa lahma-l-hinzîri wamï 'uhilla ligayri-L-Lâhi bihî
famani-t t urra gayra bâgan walâ 'âdin fa'inna-L-Lâha Gafûr-r-
Rahîmun (115) walâ taqûlû limâ tasifu 'alsinatukumu-l-kad iba hâdâ
halâlun wa hâdâ harâmu-l-litaftarû 'alâ-L-Lâhi-l-kadiba 'inna-l-ladîna
yaftarûna 'alâ-L-Lâhi-l-kadiba lâ yuflihûna (116) matâ'un qalîlun wala-
hum 'adâbun 'alîmun (117).
Nourrissez-vous des aliments comestibles et licites qu'Allah met à votre
disposition. Reconnaissez les bienfaits d'Allah si vraiment vous l'ado-
rez (114) Ils vous a interdit la chair des bêtes mortes, le sang, la viande de
porc ainsi que toute autre viande consacrée à un autre qu'à Lui. Celui qui
transgresserait cette interdiction par nécessité et non par esprit de rébellion
et de malveillance obtiendrait le pardon d'Allah (115) Ne dites pas arbitrai-
rement: Ceci est licite ou illicite en tenant compte seulement de vos goûts.
Vous imputeriez ainsi un mensonge à Allah. Or, ceux qui imputent un men-
songe à Allah ne prospèrent pas (116) Pour un profit dérisoire, ils encour-
ront un châtiment exemplaire (117).
Dieu ordonne à Ses serviteurs de manger la nourriture bonne et li-
cite et de Lui être reconnaissants car II est le seul qui pourvoit à leurs
besoins et le Dispensateur par excellence. D'autre part, Il leur interdit
de consommer tout ce qui pourrait nuire à leur santé tel que le sang.
735
la bête étouffée et la chair de porc et «toute autre viande consacrée à un
autre qu'à Lui» C'est à dire que tout ce qui est sacrifié au nom d'autres
divinités.
«Celui qui transgresserait cette interdiction par nécessité» et ne serait
ni rebelle ni transgresseur «obtiendrait le pardon d'Allah» Une affaire
que nous avons traité auparavant, (voir le verset n 173 de la sourate
de la vache).
«Ne dites par arbitrairement: Ceci est licite ou illicite en tenant
compte seulement de vos goûts. Vous imputeriez ainsi un mensonge à Al-
lah» Il s'agit de toute innovation en matière de religion qui n'est pas
fondée sur une loi, car les idolâtres, du temps de i'ère préislamique,
avaient inventé tant de règles qui n'avaient aucune relation avec la reli-
gion en rendant des aliments licites et d'autres illicites à leur gré, pré-
tendant que Dieu les a rendus ainsi en forgeant des mensonges. Dieu
les menace et les avertit: «Or ceux qui imputent un mensonge à Allah ne
prospèrent pas» dans les deux mondes. Dans la vie présente ils jouis-
sent des biens éphémères, mais dans l'autre ils subiront un châtiment
terrible comme II a dit: «Nous les laissons se divertir un temps, puis nous
leur infligeons un supplice atroce» [Coran XXXI, 24]. Ils jouiront momen-
tanément de ce monde et ils retourneront ensuite vers leur Seigneur
qui leur fera goûter un dur châtiment pour prix de leur incrédulité.
© àt U 's&j & U
wa 'alâ-I-ladîna hâdu harramnâ mâ qasasnâ 'alayka min qablu wamâ
zalamnâhum walâkin kânïï 'anfusahum yazlimûna (118) tumma 'inna
rabbaka li-l-ladîna 'amîlu-s-sîî' bijahâlatin tumma tâbû mim ba'di dâlika
wa 'aslahtî 'inna rabbaka mim ba'dihâ la-Gafûrur-Rahîmun (119).
Nous t'avons déjà révélé les interdictions qui frappent les israëlites.
sont fait tort (118) Le pardon de ton Seigneur est acquis à ceux qui pè-
736
chent par ignorance, puis s'amendent et reviennent au bien. Allah est indul-
gent et miséricordieux (119).
Après avoir montré les choses interdites aux fidèles, Dieu parle
des choses qui étaient défendues à ceux qui suivaient le Judaïsme
avant que leur religion ne fût abrogée. Ces interdictions on les trouve
dans la sourate du Bétail, parce que les fils d'Israël se sont fait tort à
eux-mêmes et par la suite, ils ont mérité ces restrictions, quand II a dit:
«C'est pour les punir de leur iniquité que nous avons interdit l'usage d'ali-
ment autrefois autorisé. Pour les punir aussi de l'acharnement qu'ils ont
montré à écarter de la voie d' Allah» [Coran IV, 160].
A ceux qui ont fait le mal par ignorance, puis se sont repentis et
se sont amendés, Dieu promet le pardon et l'indulgence à condition de
cesser de commettre tout péché et de pratiquer les œuvres pies et de
s'acquitter de leurs obligations.
'inna 'Ibrâhîma kâna 'ummatan qânitan li-L-Lâhi hanîfan wa lam yaku
mina-l-muSrikîna (120) Sakira-l-li'an'umihi-jtabâhu wa hadâhu 'ilâ
sirâtin-mustaqîmin (121) wa *a*taynâhu fî-d-dunyâ hasanatan wa 'innahû
fî-l-'ïhirati lamina-s-sâlihîna (122) tumma 'awhayna 'ilayka 'ani-t-tabi'
millata 'Ibrâhîma hanîfan wamâ kâna mina-l-musrikîna (123).
Abraham fut un patriarche dévoué à Allah, inaccessible à toute
compromission avec les idolâtres (120) Il sut reconnaître les bienfaits d'Al-
lah. Pour l'en récompenser, Celui-ci le prit sous sa protection et le dirigea
dans la bonne voie (121) Nous lui accordâmes une heureuse vie dans ce
monde, n sera parmi les élus dans l'autre (122) Nous t'avons donné pour di-
' rection de suivre le culte d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est ja-
mais compromis avec les idolâtres (123).
737
Dieu fait l'éloge de Son ami Abraham et Son Envoyé, qui fut
l'imam des fidèles et le père des Prophètes. Il l'innocente d'avoir suivi
l'idolâtrie, le judaïsme et la christianisme. Il représenta tout un modèle
d'homme docile, obéissant à Dieu et ne fut point l'un des idolâtres.
Abraham reconnut les bienfaits que Dieu lui a accordés. Il s'est ac-
quitté de toutes ses obligations envers Lui. Dieu l'a choisi de préfé-
rence à tous les hommes, fit de lui un confident et le dirigea dans la
bonne voie qui consiste à ne reconnaître que Lui comme un Dieu et à
l'adorer avec ferveur.
Dieu demande à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -,
en lui révélant, de suivre la religion d'Abraham qui était parfaite et la
plus véritable, et d'avouer en lui ordonnant de dire: «Dis: Mon Seigneur
m'a mis dans la voie droite. M'a mis dans la vraie religion, le culte d'Abra-
ham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâ-
tres» [Coran VI, 161].
'innamâ ju'ila-s-sabtu 'ala-l-lad îna-htalafû fîhi wa 'inna rabbaka
layah kumu baynahum yawma-l-qiyâmati fîmâ kânû fîhi
yahtalifûna (124).
Le sabbat a été institué pour ceux qui ont été en désaccord à propos
d'Abraham. Ton Seigneur tranchera leurs différends au jour de la résurrec-
tion (124).
Dieu sans doute prescrit à chaque communauté un jour où les
hommes le consacrent à Son adoration. Le vendredi fut le jour des mu-
sulmans, le sixième de la semaine où le Seigneur acheva la création
et paracheva Ses bienfaits. On a dit que ce jour-même fut prescrit par
la bouche de Moise aux fils d'Israël mais ils le substituèrent par le Sa-
medi durant lequel Dieu n'a rien créé. Dieu, par la suite, le leur imposa
selon la loi du Pentateuque, leur recommanda de l'observer et leur or-
donna de suivre la religion de Mouhammed - qu'Allah le bénisse et le
salue - en prenant d'eux les engagements et les pactes. C'est pour ce-
738
la qu'il a dit: «Le sabbat a été institué pour ceux qui ont été en désac-
cord».
A ce propos, il est cité dans les deux Sahih d'après Abou Houraira
-que Dieu l'agrée- que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit: «Nous les derniers venus seront les premoiers au jour de la ré-
surrection. Néamoins ils ont reçu le Livre avant nous. Ce jour (le vendredi)
que Dieu leur avait prescrit, ils se sont divisés à son sujet; mais II nous a
guidés vers ce jour. Les gens viennent par la suite: les juifs le lendemin et
les chrétiens le surlendemain» (Rapporté par Boukhari et Mousttm) 111
'd'u 'ilâ sabîli rabbika bil-hikmati wa-l-maw'izati-l-hasanati wa jâdilhum
bi-l-latî hiya 'ahsanu 'inna rabbaka huwa 'a'iamu biman dalla 'an sabîli-
hî wa huwa 'a'iamu bi-l-muhtadîna (125).
Rallie les hommes au culte de ton Seigneur par de sages et persuasifs
appels. Si tu discutes avec eux, sois modéré. Allah connait que quiconque
ceux qui cherchent à s'écarter de Lui et ceux qui cherchent à s'en rappro-
cher (125).
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
d'appeler les hommes dans son chemin par la sagesse et la belle ex-
hortation selon les enseignements qu'il a reçus par les révélations, en
leur indiquant et expliquant, d'après les dires d'Ibn Jarir, les prescrip-
tions, les interdictions et la menace de Dieu au cas où ils enfreignent
Ses lois.
Quant à ceux qui veulent discuter, Il lui demande de discuter avec
eux de la meilleure façon, avec modération et bienveillance, tout
739
comme II lui a ordonné de le faire avec les gens d'Ecriture en disant:
«Ne discutez avec les gens d'Ecriture que d'une manière courtoise, si ce
n'est quand ils sont malintentionnés» [Coran XXIX, 46].
Les mêmes ordres furent donnés auparavant à Moï'se et Aa-
ron (Haroun) quand Dieu leur dit: «Tenez-lui un langage conciliant. Peut-
être l'amènerez-vous à réfléchir et à Me craindre» [Coran XX, 44].
«Allah connaît mieux que quicoccnque ceux qui cherchent à s'écarter
de Lui» c'est à dire II connaît ceux qui seront heureux et ceux qui se-
ront malheureux d'après le Sommier qui se trouve auprès de Lui. Que
l'âme du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - ne se répande pas
en regrets sur eux, car sa mission se limite à les avertir et Dieu les ju-
gera au jour de la résurrection. Quand le Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - appelait son oncle à se convertir et l'autre de
refuser, Dieu lui dit: «Tu ne diriges pas qui tu veux» [Coran XXVIII, 56].
Dieu connaît aussi mieux que quiconque ceux qui cherchent à se rap-
procher de Lui car c'est Lui qui dirige.
wa 'in 'âqabtum fa'âqibû bimitli mâ 'ûqibtum bihî wa la'in sabartum la-
huwa hayru-l-lissabirïna (126) wa-sbir wamâ sabruka 'illâ bi-L-Lâhi walâ
tahzan 'alayhim walâ taku fî tîqim mimmâ yamkurûn (127) 'inna-L-Lâha
ma'a-l-la(Jîna-t-taqaw wa-l-ladîna hum muhsinûna (128).
Si vous êtes appelés à châtier, faites-le dans la mesure où vous avez
été offensés. Mais si vous pardonnez, ce sera préférable pour vous. (126)
Patiente. Tu ne patienteras qu'avec l'aide d'Allah. Ne t'afflige pas sur le
sort des mécréants. Que leurs intrigues ne te serrent pas le cœur (127) Al-
lah est avec ceux qui Le craignent et les gens du bien (128).
Dieu ordonne aux nommes d'être justes dans les punitions et en
740
s'acquittant de leurs droits. Ibn Sirine de commenter: Si quelqu'un
prend de vous une chose, récupérez de lui une chose qui lui soit pa-
reille.
Ibn Zaïd rapporte: «Les fidèles furent ordonnés de pardonner aux
polythéistes. Certains parmi ces derniers qui étaient puissants et in-
fluents se convertirent et dirent à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue -: «Si Dieu nous le permettait, nous aurions chassé
ces chiens (les idolâtres)». Dieu a cette occasion fit cette révélation
mais, plus tard elle fut abrogée par celle qui oblige les croyants à
combattre dans la voie de Dieu.
La sourate de l'Abeille fut révélée à La Mecque à l'exception des
trois derniers versets cités là- haut, qui furent révélés à Médine après
l'assassinat de Hamza -que Dieu l'agrée- que les idolâtres l'ont mutilé.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit alors: «Si je
prends le dessus, je mutilerai les crops de trente hommes d'entre
eux». Les musulmans, ayant entendu les propos du Prophète - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - s'écrièrent: «Par Dieu si nous les vaincrons,
nous les mutilerons d'une façon que nul parmi les arabes l'avait fait».
Ce verset alors fut descendu: «Si vous êtes appelés à châtier......
A propos du meurtre de Hamza, Abou Houraira raconte: «Après le
martyre de Hamza, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
se tint auprès de son cadavre, le regarda et fut très peiné et chagriné,
surtout en le voyant mutilé. Il dit: «Que Dieu te fasse miséricorde. Je
ne t'ai connu qu'un homme qui maintenait le lien du sang et faisait le
bien. Par Dieu, si ce n'était à cause de mon chagrin sur toi, j'aurais
aimé te laisser jusqu'à ce que Dieu te ressuscitera des ventres des bê-
tes fauves le jour du rassemblement. Par Dieu, je mutilerai les corps
de soixante hommes d'entre eux». Gabriel descendit alors et lui
communiqua cette révélation: «Si vous êtes appelés à châtier, faites-le
dans la mesure où vous avez été châtiés» L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - expia son serment et s'abstint de toute mutilation.
Ce verset a d'autres qui lui sont pareils et qu'on trouve dans le
Coran, et tous appellent à agir avec équité et justice. Comme par
exemple quand le Seigneur dit: «La punition du mal est un mal iden-
741
tique» [Coran XLII, 40] et mieux encore: «Celui qui pardonne et cherche
à se concilier sera récompensé par Allah» [Coran XLII, 40].
Donc les hommes sont tenus de châtier comme ils ont été châtiés,
mais Dieu les exhorte à être patients en l'affirmant «Tu ne patienteras
qu'avec l'aide de Dieu», car que ce soit le châtiment réciproque ou la
patience, tout dépend de la volonté de Dieu, de Son aide et de Sa
puissance.
Il lui dit enfin: Ne t'afflige pas sur ceux qui te contredisent et s'op- p-
posent à toi, et ne sois plus angoissé à cause de leurs intrigues, qu'ils
ne veulent que te causer du mal, mais sache que Dieu te suffit contre
eux. Il te donnera la victoire sur eux et tu auras le dessus car «Allah
est avec ceux qui Le craignent et les gens de bien».
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