Coran › Sourate 17 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 17 trad. humaine
17 - SOURATE DU VOYAGE NOCTURNE
111 versets
Révélée à La Mecque, à l'exception de versets 26, 32, 33, 57, 73, 74,
75, 76, 77, 78, 79, et 80 révélés à Médine.
Révélée à la suite de la sourate des «Récits».
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm.
Subhâna-l-ladî 'asrâ bi 'babdihî laylam-mina-l-masjidi-l-harâmi 'ila-1-
masjidi-l-'aqsâ-l-ladî bâraknâ hawlahû linuriyahû min If yâtina 'innahû
huwa-s-samru-l-basîru (1).
An nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux.
Béni soit Allah qui a transporté, de nuit, son serviteur de l'oratoire
iacré au temple de Jérusalem, dont nous avons sanctifié les abords- pour
lui montrer notre puissance. D entend et voit tout(l).
Le Seigneur se glorifie d'avoir la puissance de faire ce qu'aucun
n'en est capable. Il fit voyager Son serviteur Muhammad - qu'Allah le
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bénisse et le salue -, de nuit, de la Maison Sacrée - à La Mecque - à
la mosquée très éloignée «Al-Aqsa» à Jérusalem ou llyia, où vécut le
père des prophètes Ibrahim -que le salut soit sur lui-. Comme nous
allons le voir plus loin, ces Prophètes étaient réunis en cette nuit-là et
notre Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - avait présidé leur
prière une preuve qu'il est le grand imam et leur meilleur.
«dont nous avons sanctifié les abords» et béni l'enceinte par
l'abondance des fruits et récoltes, pour montrer à Mouhammad
certains de nos signes, comme Dieu a dit: «A n'en pas douter, il vit
l'attribut le plus convaincant de la puissance d'Allah» [Coran LUI, 18].
Dieu, certes, est celui qui entend les paroles de ses serviteurs tout
comme II voit leurs actes pour les rétribuer.
Des hadiths relatifs au voyage nocturne
N.B. Plusieurs récits ont été rapportés au sujet du voyage nocturne,
quelques uns ont été authentifiés et admis, les autres non. La partie
principale de ces récits est presque la même dans tous les récits avec de
légères différences, ainsi que des événements qui ont été omis dans les uns
on les trouve dans les autres. De ces récits j'ai adopté celui qui fut rapporté
par Al-Boukhari d'après Anas, et j'ai cité après les ajouts rapportés par
d'autres.
Le traducteur
Anas Ben Malek raconte:
«La nuit où le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
fit le voyage nocturne de la mosquée sacrée à la Mecque, étant
endormi dans son enceinte avec d'autres compagnons, trois individus
vinrent vers lui. L'un d'eux demanda: «lequel est Mouhammad?». Le
deuxième lui répondit: «Il est le meilleur d'entre eux». Le troisième
s'écria: «Alors prenez-le». Rien ne fut signalé en cette nuit.
Le nuit suivante les mêmes individus arrivèrent. A savoir que les
yeux du Prophète dorment mais son coeur voit et ne dort jamais, telle
est l'habitude des autres Prophètes. Ces trois individus ne lui
adressèrent aucune parole jusqu'à l'emporter et le mettre auprès du
puits Zamzam où Gabriel le reçut, lui fendit la poitrine, fit sortir son
cœur et le lava. Il apporta ensuite un vase en or plein de lumière, de
foi et de sagesse, il y remplit son cœur puis le rendit à sa place.
Gabriel et Muhammad montèrent au ciel inférieur et Gabriel
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demanda de leur ouvrir. Une voix se fit entendre: «Qui est là?» -
Gabriel, répondit-il -. - Qui t'accompagne? - - Mouhammad. - A-t-il été
mandé?. - Oui. - Qu'il soit donc le bienvenu. Les habitants du ciel se
réjouissent car ils ne connaissaient point ce que Dieu veut faire sur la
terre par son immédiaire jusqu'à ce qu'il les fasse savoir.
Ils trouvèrent Adam et Gabriel de demander à Mouhammad: «-
Voici ton père, va le saluer». Il le salua et Adam lui rendit le salut et lui
dit: «Sois le bienvenu ô mon fils, le meilleur des fils». Alors qu'ils sont
toujours au ciel inférieur, Mouhammad vit deux rivières qui coulaient à
flots. Il demanda à Gabriel: «Quelles sont ces deux rivières?» - Le Nil
et l'Euphrate, répondit-il. Poursuivant leur chemin, ils rencontrèrent une
autre rivière au-dessus fut érigé un palais en perles et topaze. En
prenant de son eau et la trouvant dégager une senteur du musc, il
demanda à Gabriel: «Quelle est cette rivière?» Il lui répondit: «C'est le
Kawthar que ton Seigneur t'a réservée».
Ils montèrent au deuxième ciel et les anges de leur demander:
«Qui est là?» - Gabriel. - Qui t'accompagne?. - Muhammad. - A-t-il été
mandé? - Oui, - Qu'il soit le bienvenu. Ainsi ils continuèrent leur
ascension jusqu'au septième ciel. Le rapporteur ajouta: Dans chaque
ciel ils rencontrèrent des Prophètes, de leurs noms je n'ai retenu que:
Idris (Enoch) qui était au deuxième, Haroun (Aaron) au quatrième, un
autre au cinquième, Ibrahim au sixième et Moïse au septième grâce
aux paroles que le Seigneur lui a adressées. Moïse, en rencontrant
Mouhammad, dit à Dieu: «J'ai songé que Tu n'auras élevé un autre
Prophète au-dessus de moi».
En effet Dieu éleva Muhammad à une place que nul ne saurait la
déterminer jusqu'à atteindre le jujubier de la limite auprès duquel se
trouve le Jardin de la Demeure, à une distance de deux portées d'arc.
Là II lui a révélé ce qu'il lui a révélé, entre autres choses révélées fut
la prescription de cinquante prières de nuit et de jour à lui et sa
communauté.
En descendant, Moïse retint Muhammad et lui dit: «Que t'a-t-ll
presrit ton Seigneur?» Il lui répondit: «Cinquante prières quotidiennes
de nuit et de jour». Moïse répliqua: «Retourne auprès de ton Seigneur
et demande -Lui la réduction car ta communauté ne serait plus
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capable de s'en acquitter». Mouhammad regarda Gabriel, comme
voulant lui demander son avis, ce dernier lui fit signe de le faire s'il le
veut, et il le ramena chez le Tout -Puissant le béni et que Son Nom
soit sanctifié. Il lui supplia: «Seigneur! Allège la tâche à ma
communauté car elle ne saurait supporter ce dont Tu m'as prescrit». Il
lui remit dix prières. En retournant vers Moïse, il le retint chez lui puis,
il le chargea de revoir son Seigneur qu'à la fin les prières furent
réduites à cinq. Mais comme Moïse voulut encore le convaincre de
demander à Dieu de les réduire, il lui dit: «O Muhammad, j'ai tenté les
fils d'Israël ce qu'il était possible de tenter, d'observer moins que ça,
mais ce fut en vain. Ta communauté, quant à elle est encore plus
faible en corps, sens, cœurs, ...Retourne chez ton Seigneur et supplie-
Le d'alléger ses prescriptions» Durant ce dialogue Mouhammad
regardait Gabriel comme pour demander son avis et l'ange ne disait
mot en signe d'approbation.
Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - se rendit enfin chez
son Seigneur et lui dit: «Seigneur! Ma communauté est fabile en corps,
cœurs, sens, ouïe et vue. Je te supplie de réduire cette tâche. Le
Tout-Puissant s'écria: «O Mouhammad!» - Me voilà répondre à Ton
appel ô Seigneur», et Dieu de poursuivre: «La parole, chez moi, ne
change pas. Comme J'ai déjà signalé dans la Mère du Livre, chaque
bonne action sera décuplée. Ces prières prescrites sont au nombre de
cinq mais elles auront le mérite de cinquante».
En retournant chez Moïse et en répondant à sa question, il lui dit:
«Dieu nous a allégé la tâche en nous gratifiant d'une récompense de
dix fois autant chaque bonne action». Comme Moïse insista,
Mouhammad trancha la question et dit: «O Moïse, j'ai honte
maintenant, je me tiens pour satisfait et me résigne» - Descends donc
avec paix, s'écria Moïse, et au nom de Dieu.
Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se réveilla
Où il se trouvait à la Maison Sacrée.
Telle était la version de Boukhari dans son Sahih (le livre de
l'unicité de Dieu).
Au sujet de la vue du Seigneur, une question qui a soulevé de
polémique, Abou Dzarr demanda au Prophète - qu'Allah le bénisse et
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le salue -: «As-tu vu ton Seigneur?» La réponse fut: «Je n'ai vu qu'une
lumière». Une réalité qui a été soutenue par Aicha - que Dieu l'agrée -
et par les compagnons.
Dans la version de Ahmad ou trouve ce rajout: «Le Messager de
Dieu - qu'Allah le bénisse et te salue - a raconté: «On m'apporta le
«Bouraq» qui est une monture blanche plus grande que l'âne et plus
petite que le mulet dont son pas atteint la limite de sa vue. Je le
montai jusqu'à Jérusalem où je l'attachai à l'anneau où les Prophètes
attachaient les siennes. J'entrai à la mosquée, fis deux rak'ats et, en
sortant, Gabriel me présenta un vase de lait et un autre de vin, je pris
celui du lait. Il me dit alors: «Tu es sur la «fitra» (l'islamisme), puis je
montai avec lui au ciel...».
D'après cette version il trouva Adam au premier ciel, au deuxième
Jésus et Jean (Issa et Yahia) les deux cousins maternels, au troisième
Youssof (Joseph), au quatrième idris (Enoch), au cinquième Haroun
(Aaron), au sixième Moïse et au septième Ibrahim (Abraham) qui était
adossé à la Maison peuplée où entraient chaque jour soixante-dix mille
anges sans y retourner.
Quelle fut la réaction de ce voyage nocturne et l'asencion au ciel?.
Abou Salama Ben Abdul Rahman rapporte: «Entendant ce récit
les gens devinrent perplexes: devont-ils y croire ou le rejeter?. Les
Qoraïchites allèrent trouver Abou Bakr qui n'était pas présent et lui
demandèrent: «Ton compagnon (le Prophète) vient de raconter une
histoire inconcevable? Il prétend avoir visité la nuit précédente,
Jérusalem et revenu à La Mecque». Il leur demanda: «A-t-il dit de
chose pareille?» - Oui, affirmèrent -» Et Abou Bakr de rétorquer: «Si
vraiment il a raconté cela, je le tiens pour véridique». lis objectèrent:
«Vas-tu le croire qu'il a fait ce voyage en une seule nuit pour aller à
Jérusalem et revenir à La Mecque avant la pointe du jour?» Abou Bakr
s'écria alors: «Je le croirai même s'il racontait des choses plus
extravagantes».
Abou Salama ajouta: «C'est pourquoi on a surnommé Abou Bakr
le «Sidiq». Plus tard j'ai entendu Jaber Ben Abdullah rapporter que le
Messager de Dieu - qu'Aliah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque les
Qoraïchites m'ont traité de menteur, je me retirai au Hijr ( l'intérieur de
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l'enceinte sacrée) et Dieu à ce moment me montra Jérusalem comme
si je le voyais de mes propres yeux, et alors j'ai commencé à leur
décrire les plus petits détails.
Dans la version de Chadad Ben Aws on trouve cet ajout: «... En
retournant vers La Mecque, nous passâmes par tel endroit où nous
vîmes une caravane appartenant à des Qoraïchites et les hommes
recherchaient un chameau égaré qu'un homme l'avait joint aux siens.
Je les saluai et ils rendirent le salut, et un homme d'entre eux s'écria:
«Cet la voix de Muhammad!»....
... Après son entrevue avec Abou Bakr, le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - affirma aux Qoraïchites: «La caravane
arrivera à tel jour précédée par un chameau noir portant sur le dos
deux grands sacs noirs». A la date et à l'endroit fixés, les hommes se
rendirent au milieu du jour pour, en effet, rencontrer la caravane tel
comme le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - l'a
décrit...
Chapitre
De toutes les versions, Al-Zouhari a conclu que ce voyage eut lieu
avant la Hégire. Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue
- à l'état d'éveil, et jamais à l'état de sommeil, fit ce voyage de la
Mecque à Jérusalem monté sur le «bouraq». Arrivé à la porte de la
mosquée à Jérusalem, il y attacha sa monture, y entra et pria deux
rak'ats. On lui apporta comme un escalier, monta aux différents ciels
jusqu'au septième en rencontrant dans chacun les Prophètes. Il le
dépassa pour arriver en un lieu où il put entendre le crissement des
plumes, celles qui inscrivent le «destin» c'est à dire tous les
événements qui auront lieu jusqu'au jour de la résurrection. Il atteignit
ensuite le jujubier qui marque les limites des cieux enveloppé, par la
grâce de Dieu, de parure en or, d'ombres multicolores et entouré
d'anges. Il y vit Gabriel sous sa forme naturelle muni de six cent ailes,
et de coussins verts qui bouchent l'horizon. Il vit également la Maison
Peuplée et Ibrahim l'ami de Dieu et le constructeur de la Ka'ba
terrestre appuyant son dos à ta Ka'ba céleste. Chaque jour soixante-
dix mille anges entrent à la Maison pour adorer et glorifier Dieu et n'y
reviendront qu'au jour de la résurrection.
Il vit aussi le Paradis et l'Enfer et en cette nuit, Dieu lui prescrit
cinquante prières jour et nuit qui furent réduites à cinq par une grâce
et une miséricorde du Seigneur: Donc la prière est l'acte d'adoration la
plus noble et récompensée.
Il descendit du ciel accompagné d'autres Prophètes à Jérusalem
pour diriger leur prière qui fut celle de l'aube d'après les exégètes.
Dautres ont prétendu qu'ils ont fait cette prière alors qu'ils se
trouvaient au ciel, mais il s'avère qu'elle a été accomplie à Jérusalem.
Bien que certains ulémas ont raconté qu'il a fait cette prière à
Jérusalem lors de son arrivée de La Mecque, mais ce qui est probable,
voire affirmé, qu'elle fut exécutée après sa descente du ciel
accompagné des Prophètes qu'il rencontra dans les différents cieux en
interrogeant Gabriel sur chacun d'eux. La supériorité de notre Prophète
- qu'Allah le bénisse et le salue - par la grâce de Dieu, fut constatée
quand il présida à la prière. La prière terminée, il quitta Jérusalem
toujours monté sur le Bouraq pour retourner de nuit à La Mecque.
La majorité des ulémas affirment que le voyage eut lieu en âme et
corps à l'état d'éveil et non en rêve. Ils n'ont pas renié que l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, avait fait une vision qui fut
ensuite réalisée effectivement. La preuve en est le verset: «Gloire à
celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur...», car la glorification
n'est constatée que lorsqu'il s'agit d'un événement très important.
D'autre part si ce voyage était l'objet d'une vision, les Qoraïchites
impies n'auraient pas démenti une chose pareille et une foule qui avait
embrassé l'Islam n'aurait pas apostasié. D'autant plus le terme
«serviteur» signifie l'homme: âme et corps, d'ailleurs ce qui est
mentionné dans le verset.
En interprétant ce verset: «Ton rêve, nous ne te l'avons suggéré que
pour éprouver les hommes et c'est dans le même dessein que nous avons
latroduit l'histoire de l'arbre maudit» [Coran XVII, 60] Ibn Abbas a dit:
«Ce fut un rêve que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - a réalisé la nuit de son voyage nocturne et a vu de ses propres
yeux l'arbre maudit: «Al-Zaqoum». Dieu a dit ailleurs: «L'œil du
Prophète ne fut abusé ni altéré» [Coran LUI, 17] or l'œil est un organe du
corps et non de l'âme. Une autre preuve est la monture. «Al-Bouraq»
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qui est une bête blanche qui fut mise au service du corps et non de
l'âme car cette dernière n'a plus besoin d'une monture pour se
déplacer.
Une autre partie des ulémas ont prétendu que le voyage fut
réalisé en âme seulement, un chose qui contrarie le texte coranique.
Pour montrer enfin la véracité de ce récit, notons que des
hommes véridiques et dignes de confiance l'ont apporté tels que:
Omar Ben Al-Khattab, Ali, Ibn Mass'oud, Abou Dzarr, Abou Hourraira
et autres... Mais les impies et les athées n'ont fait que le renier et le
démentir, et Dieu a dit d'eux: «Es essaient d'éteindre la lumière d'Allah.
Mais Allah fera briller sa lumière en dépit des infidèles» [Coran LXI, 8].
Wa 'â"taynâ Mûsâ-I-kitâba wa ja'alnâhu huda-l-libanT 'Isrâ'îla 'allâ
tattahidû min dûnî wakîlan (2) durriyyata man hamalnâ ma'a Nûhin '-
innahu kâna 'abdan sakûran (3).
Nous avons donné à Moïse le Livre comme guide des fils d'Israël.
Nous avons recommandé à ces derniers de ne prendre que nous comme
maître. (2). N'êtes-vous pas les descendants de ceux que nous avons sauvés
avec Noé? Celui-ci était un serviteur reconnaissant. (3).
Dans plusieurs endroits du Coran on trouve le nom de Moïse joint
à celui de Mouhammad, et les deux Livres célestes le Pentateuque et
le Coran. Ainsi au début de cette sourate après avoir parlé du
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, Il a mentionné Moïse - que
Dieu le salue - à qui II a révélé le Pentateuque - La tora - pour être
une Direction aux fils d'Israël en leur avertissant de ne plus prendre de
protecteur en dehors de Lui. D'ailleurs ce que fut l'objet de tous les
Messages et la charge des Prophètes de n'adorer qu'un Dieu seul
sans rien Lui associer.
Dieu rappelle aux fils d'Israël: «N'êtes-vous pas les descendants de
ceux que nous avons sauvés avec Noé?» soyez donc comme votre père
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Noé qui fut un serviteur reconnaissant. Rappelez-vous aussi Ma grâce
en envoyant vers vous Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -.
Noé fut nommé ainsi, d'après les traditions, parce qu'il louait toujours
le Seigneur en mangeant, buvant, s'habillant et dans tous ses actes. Il
est cité dans un hadith: «Dieu agrée de Son serviteur de Le louer
après avoir mangé ou bu». Et dans un long hadith relatif à
l'intercession il est cité: «... Puis les hommes se rendront chez Noé et
lui diront: «Ô Noé, tu es le premier Messager envoyé vers les
habitants de la terre et Dieu t'a surnommé le serviteur reconnaissant,
intercède en notre faveur auprès de ton Seigneur.»
wa qadaynâ* 'ilâ banT 'isrâ A 'îla fî-l-kitâbi latufsidunna fî-l-'ardi
marratyani wa lata'lunna 'ulûwwan kabîran (4) fa'idâ jâ*'a wa'du *«
ulâhumâ ba'atnâ 'alaykum 'ibâda-l-lana 'ûlî ba'sin sadîdin fajâsù hilâla-
d-diyâri wa kâna wa'dam mafûlan (5) tumma radadnâ lakumu-l-karrata
'alayhim wa 'amdadnâkum bi'amwâlin wa banina wa ja'alnâkum 'aktara
nafîran (6) 'in 'ahsantum 'ahsantum li'anfusikum wa 'in 'asa'tum falahâ
fa'idâ ja 'a wa'du-l-'a hirati liyasîî'û wujûhakum wa liyadhulû-l-masjida
kamâ dahalûhu 'awwala marratin wa liyutabbirû mâ 'alaw tatbîran (7)
'asâ rabbukum 'ay-yarhamakum wa'in 'uttum 'udnâ wa ja'alnâ
jahannama li-l-kâfirîna hasîran (8).
Nous avons prédit dans le Livre que les fils d'Israël commettraient des
iniquités deux fois et qu'ils feraient montre d'un orgueil insupportable. (4)
11
Quand viendra le terme du premier châtiment, nous lâcherons contre eux
nos troupes les plus féroces. Ils envahiront leurs maisons. Et ainsi
s'accomplira notre menace. (5) Puis nous favoriserons votre revanche. Nous
accroîtrons vos richesses et vos enfants et nous augmenterons vos effectifs.
(6) Si vous faites le bien, vous vous ferez du bien à vous-mêmes; si vous
ferez du mal, vous vous ferez à vous-mêmes. Quand viendra le terme du
deuxième châtiment vos visages se crisperont. Vos ennemis profaneront le
Temple, comme la première fbis, et détruiront tout sur leur passage. (7)
Peut-être Allah vous fera-t-Tl grâce? Mais toute nouvelle faute entrainera
une nouvelle répression. L'enfer sera le séjour des infidèles. (8).
Dieu a décrété dans le Livre révélé aux fils d'Israël, qu'ils allaient
commettre par deux fois le désordre sur terre et s'élever avec un
grand orgueil en opprimant les gens et en s'enorgueillissant. «Quand
viendra le terme du premier châtiment» après qu'ils aient semé le
scandale sur terre, «nous lâcherons contre eux nos troupes les plus
féroces» des serviteurs doués d'une force terrible et pleins de dure
rigueur: «Ils envahiront leurs maisons» en occupant leur territoire et
pénétrant même à l'intérieur de leurs demeures sans craindre
personne. «Et ainsi s'accomplira notre menace».
Les exégètes se dont divergés quand à l'identité de ces troupes?
qui sont-elles?:
- Ibn Abbas et Qatada ont déclaré qul'ils étaient Goliath et son
armée, mais celui-ci fut tué plus tard par David, tel est le sens des
dires de Dieu: «Puis nous favoriserons votre revanche».
- S'aid Ben Joubaïr et d'autres ont précisé qu'il s'agit de
Bakhtanassar le roi de Babylone, après que les fils d'Israël aient semé
la corruption, l'injustice et tout acte de désordre sur terre. Il les a
vaincus, humiliés et maltraités car ils furent des gens rebelles en tuant
leurs Prophètes et savants.
A cet égard Sa'id Ben Al-Moussaïb raconte: Quand Bakhtanassar
fit apparition au pays du Châm et l'envahit, il détruisit le Temple de
Jérusalem et massacra les fils d'Israël. Retournant à Damas, il vit du
sang bouillir sur un morceau d'étoffe sans s'arrêter. En interrogeant les
habitants à son sujet, ils lui répondirent que cet un phénomène qur
data de l'époque de leurs ancêtres sans pouvoir connaître le secret. Il
12
dut alors tuer soixante-dix mille d'homme soumis et autres pour que le
sang cesse de s'écouler, en effet tel fut le résultat.
Et S'aid raconta aussi que Bakhtanassar avait tué les chefs et
docteurs des juifs au point de n'en laisser aucun qui connaissait la
Tora par cœur. Il fut également des autres des captifs de guerre dont
une partie qui formait les fils des Prophètes et autres, puis plusieurs
événements se succédèrent qu'on trouve dans les livres d'histoire et
de tradition.
«Si vous faites le bien, vous vous ferez du bien à vous-mêmes; si vous
faites du mal, vous vous ferez du mal à vous-mêmes» D'ailleurs c'est la
règle fondamentale de la rétribution car celui qui fait du bien le fait,
pour lui-même, et celui qui agit mal, le fait à son propre détriment.
«Quand viendra le terme du deuxième châtiment» en commettant le
désordre pour la deuxième fois et le retour de vos ennemis, «vos
visages se crisperont» car vous serez humiliés et vaincus. Comme pour
la première fois «vos ennemis profaneront le Temple» et le détruiront.
«Peut-être Allah vous fera-t-il grâce?» en les détournant de vous. «Mais
toute nouvelle faute entraînera une nouvelle répression» Si vous
recommencez votre désordre et votre corruption, nous reviendrons
vous infliger nos punitions et en plus, le châtiment qui vous attend
dans l'au-delà. «L'Enfer sera le séjour des infidèles» Comme une prison
pour les incrédules. Et Qatada de le commenter en disant: «Les fils
d'Israël ont récidivé et, pour les punir, Il leur envoya Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue - et ses compagnons pour leur imposer
le tribut qu'ils devront payer humiliés et couverts d'opprobre.
'inna hâd a-l-Qur'âna yahdî-l-l-latî hiya 'aqwamu wa yubassiru-1-
mu'minîna-l-ladîna ya'malûna-s-sâlihâti 'arma lahum 'ajran kabîran (9)
Wa 'anna-l-ladîna-lâ yu'minùna bi-l-'a' hirati 'a'tadnâ lahum 'adâban *<■
alîman (10).
13
Ce coran est le meilleur guide. Il annonce aux croyants qui pratiquent
les bonnes œuvres une belle récompense. (9) Il annonce à ceux qui ne
croient pas à la vie future un affreux châtiment (10).
Certes, le Coran que Dieu a révélé à Son Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - conduit vers une voie très droite et donne bonne
nouvelle aux croyants qui font le bien en se conformant à ses
prescriptions qu'ils auront la belle récompense au jour de la
résurrection. Quant aux fncrédules qui ne croient pas au Jour Dernier
et à la vie future, ils subiront le plus dur châtiment.
Wa yad'u-l-'insânu bi-s-sarri du 'îf'ahû bi-l-hayri wa kâna-l-'insânu '-
ajûlan (11).
L'homme appelle le mal avec la même facilité que le bien. Il est
irréfléchi. (11).
Parfois l'homme se montre pressé, vu sa nature. Il arrive qu'il
appelle le mal soit pour lui, soit pour ses enfants, tout comme il
appelle le bien. Si Dieu voulait exaucer son vœu, (I l'aurait fait périr par
l'effet de sa suppliction comme II le montre dans ce verset: «Si Allah
prodiguait le mal avec la même facilité qn'ii prodiguait le bien, les hommes
auraint tôt fait d'arriver à la fin de leurs jours» [Coran X, 11]. Ainsi était
l'interprétation d'Ibn Abbas, Moujahed et Qatada. Il est cité dans un
hadith que le Prophète a dit: «N'appelez pas le mal ni pour vous-mêmes
ni pour vos biens car il arrive que cela tombe sur une heure où toute
invocation serait exaucée» (Rapporté par Abou Daoud) (I> .
14
Waw ja'alnâ-1-layla wa-n-nahâra ^yatayni famahawna H yata-l-layli wa
ja'alna 'af yata-n-nahâri mubsirata-l-litabtagû fadlam mir-rabbikum wa
lita'lamû 'adada-s-sinîna wa-l-hisâba wa kulla say'in fassalnâhu tafsîlan
(12).
La nuit et le jour sont des marques de notre puissance. Nous avons
créé la nuit abscure et le jour brillant pour vous permettre de rechercher les
bienfaits d'Allah et de calculer le temps. A chaque chose nous avons donné
son Vdividualité propre. (12).
Entre autres signes divins, Dieu cite la nuit et le jour qui sont deux
phénomènes opposants, la nuit pour le repos et le jour pour travailler
et chercher une grâce du Seigneur, ainsi pour connaître les années,
mois et jours et calculer le temps. Si le temps était composé de
périodes homogènes, où il n'y avait ni changement ni différence, on
n'en aurait rien retenu ni connu. Une réalité qu'on déduit des dires de
Dieu: «Dis: «Qu'en pensez-vous? Si Allah vous avait plongés dans une nuit
sans fin jusqu'au jugement dernier, quel autre que Lui aurait pu vous
donner la lumière? Quand vous déciderez-vous à compendre?» [Coran
XXVIII, 71], aussi ce verset: «Il fait se succéder la nuit et le jour pour
donner plus de marge à ceux qui veulent adorer Allah et Lui rendre des
actions de grâce» [Coran XXV, 62] et encore: «n fait luire les matins; Il a
institué la nuit pour le repos, le soleil et la lune comme mesures du temps.
Tel est l'ordre conçu par le Tout-Puissant et le docte» [Coran VI, 96].
Chacun de ces deux phénomènes a de signes: l'obscurité de la
nuit qui est parfois éclairée faiblement par la lune; la clarté du jour et
le lever du soleil et sa lumière éclatante. Entre le clair de la lune et la
lumière du soleil il y a une différence énorme afin que les hommes
puissent les discriminer. A cet égard Dieu a dit: «C'est lui qui a créé le
soleil qui brille et la lune qui éclaire. C'est Lui qui a fixé les phases de
celle-ci pour vous permettre de calculer les années et de mesurer le temps.
Ce n'est pas sans but qu'Allah a créé tout cela. Nous multiplions nos signes
pour ceux qui comprennent» [Coran X, 5].
15
wa kulla 'insânin 'alzamnâhu tâ*'irahû fi 'unuqihî wa nuhriju lahû
yawma-l-qiyâmati kitâba-y-yalqâhu mansûran (13) 'iqra' kitâbaka kafâ
binafsika-l-yawma 'alayka hasîban (14).
Chaque homme a le compte de ses bonnes et mauvaises actions attaché
à son cou. Au jour du jugement dernier, nous lui présenterons un livre
ouvert. (13) - Lis dans ton livre, lui sera-t-il dit. Tu peux faire toi-même,
ton compte. (14).
Après que Dieu ait mentionné la nuit et le jour comme étant deux
signes, ils sont aussi des périodes où tout homme y commet ses
œuvres soit-elles bonnes ou mauvaises et leur compte est attaché à
son cou dont il sera responsable. Toute bonne ou mauvaise action
sera rétribuée: «Celui qui aura fait le plus petit atome de bien, le verra.
Celui qui aura fait le plus petit atome de mal le verra» [Coran XCIX, 7-8].
Des anges gardiens veillent sur chaque homme, de nobles anges
scribes inscrivent ses œuvres jour et nuit. L'homme ne profère aucune
parole ou fait une œuvre sans avoir auprès de lui un observateur prêt
à l'inscrire.
Bref toute œuvre est inscrite dans un livre et: «Au jour du jugement
dernier, nous lui présenterons un livre ouvert». Si ce livre lui sera donné
dans la main droite, il sera parmi les bienheureux, par contre s'il le
recevra de la main gauche, il sera parmi les damnés. Donc ce livre est
le sommier des œuvres de chaque individu où il pourra lui-même lire
tout ce qu'il a commis dans le bas monde: «Ce jour-là l'homme sera
informé de tout ce qu'il aura fait» [Coran LXXV, 13]. Nul ne sera lésé ni
opprimé et supportera la responsabilité. Le compte sera attaché au
cou, car le cou est une partie très importante du corps humain, pour
cela Dieu l'a mentionné et montré que le destin de chaque homme est
attaché à son cou.
Chacun est tenu de s'acquitter d'une obligation quelconque surtout
les obligations envers Dieu qui sont Ses prescriptions. Si l'homme est
habitué à faire des œuvres étant capable de les faire, lorsqu'il tombe
malade, ces œuvres lui seraient prescrites comme s'il les avait faites.
A cet égard le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: Toutes
les œuvres du fils d'Adam seront scellées. Quand il tombe malade, les anges
s écrient: «Seigneur, ton serviteur tel Tu l'as retenu?» Et le Seigneur à Lui
16
la puissance est la gloire de leur répondre: «Inscrivez les (bonnes) actions
que Mon serviteur avait l'habitude de faire, scellez-les lui jusqu'à mourir ou
guérir» (Rapporté par Ahmed/ 1 *.
Al-Hassan Al-Basri récita ce verset: «Deux anges se tiennent à la
droite et à la gauche de l'homme pour recueillir ses paroles» [Coran L, 17]
et dit: «Dieu dira à l'homme au jour du jugement dernier: «O fils
d'Adam! Voilà ton livre que J'étale devant toi. Deux anges ont été
> chargés d'écrire toutes tes actions: Celui qui se tenait à ta droite avait
inscrit les bonnes, quant à celui de la gauche il avait inscrit les
mauvaises. Une fois mort, ton livre fut plié et attaché à ton cou, et le
voilà, au jour de la résurrection, étalé devant toi afin que tu puisses lire
toutes les actions que tu avais commises dans le bas monde» Dieu
est équitable et ne lèse personne.
man-i-htadâ fa'innamâ yahtadî linafsihî wa man dalla fa 'innamâ yadillu
'alayhâ walâ taziru wâziratun wizra 'uhrâ wamâ kunnâ mu'addibîna
hattâ nab'ata rasûlan (15).
Qui suit le bon chemin le suit à son profit. Qui s'en écarte s'en écarte
à son détriment. Nul ne prendra charge les péchés d'un autre. Nous ne
sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète (15).
Le verset est très clair: quiconque est bien dirigé, ne se guide que
pour lui-même. Quiconque est égaré ne s'égare que contre lui-même,
et en supportera les conséquences. Nul ne portera les fardeaux (des
péchés) d'un autre. Dieu l'a affirmé en disant: «Si une âme demande à
une autre, fût-elle une de ses proches, de la soulager de son fardeau, ce
sera en vain» [Coran XXXV, 18]. Ceci ne contredit pas le sens de ce
17
verset: «Ils porteront sûrement leurs fardeaux et d'autres fardeaux encore
avec leurs propres fardeaux» [Coran XXIX, 1 3] et celui-ci encore: «Ils
auront à répondre de leurs propres péchés et ceux des ignorants qu'ils
auront égarés» [Coran XVI, 25] car ceux qui appellent à un égarement
supporteront les conséquences de leurs propres péchés et celles des
autres qu'ils ont égarés. Telle est la justice idéale de Dieu. De par Sa
miséricorde, Il ne châtiera personne sans l'avoir averti et sans lui
montrer le chemin droit: «Nous'ne sévissons pas sans lui montrer le
chemin droit: «Nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un
Prophète».
Au jour du jugement II présentera à chaque individu son propre
livre et fera avouer chaque homme sans laisser à aucun un argument
quelconque. Ce verset en est une preuve claire: «Les gardiens leur
diront: «Ne vous a-t-on pas envoyé des Prophètes choisis parmi vous pour
vous faire connaître les enseignements de votre Seigneur et vous prévenir de
l'arrivée de ce jour-là?». «Oui, répondront-ils, mais la menace prédite sera
déjà en voie d'exécution contre les infidèles» [Coran XXXIX, 71]. On
trouve dans le Coran plusieurs versets qui donnent tous le même
sens.
Un problème
Une question a suscité une divergence dans les opinions des
ulémas: qu'en serait des enfants morts en bas âges alors que leurs
pères étaient incrédules? Ainsi le fou, le sourd, le vieux radoteur et
celui à qui le message n'est pas parvenu?.
Pour répondre, nous nous contentons de citer des hadiths relatifs
à leur sujet et nous nous limitons à quelques-uns.
1 - Al-Aswad Ben Sari' rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le le
bénisse et le salue - a dit: «Quatre jouiront de leur propre défense au jour
du jugement dernier, un sourd qui n'entend rien, un idiot, un vieillard et un
homme qui meurt sur l'innéité. Le premier dira: «Seigneur, l'Islam est venu
alors que je n'en pus rien entendre. L'idiot dira: «Seigneur, l'islam est venu
et, (à cause de mon état) les enfants jetèrent des crottins sur moi. Le
vieillard dira: «L'islam est venu alors que je n'en pus rien concevoir. Quant
à celui qui meurt sur l'innéité, il dira: «Seigneur, je mourus alors que rien
18
ne m'est parvenu de Tes envoyés». Dieu alors prendra leur engagement de
lui obéir et de se soumettre à Sa volonté et il ordonnera de les jeter au
Feu-Par celui qui tient mon âme dans Sa main, s'ils étaient introduits à
l'Enfer, celui-ci aurait été pour eux paix et fraicheur» (Rapporté par
Ahmed).
2 - Al-Bara' Ben 'Azeb -qui Dieu l'agrée- a rapporté: «On
interrogea l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - sur les
enfants musulmans (qui sont morts en bas âge), il répondit: «Ils seront
avec leurs pères». Il donna la même réponse au sujet des enfants
idolâtres. On lui demanda: «Mais, ô Messager de Dieu, ceux-là ne
savaient rien!» Il répliqua: «Dieu seul connait (ce qu'ils pourraient
être)». (Rapporté par Al-Hafedh Abou Ya'la).
3 - Thawbane rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - parla de la gravité du problème et dit: «Au jour de la résurrection
les hommes de la période pré-islamique comparaîtront devant Dieu chargés
de leurs fardeaux. En leur demandant, ils répondront: «Seigneur, Tu n'as
pas envoyé vers nous un Prophète et aucun de Tes enseignements ne nous
est parvenu. Si Tu nous avais envoyé un Prophète nous aurions été Tes
serviteurs les plus dévoués». Il leur répliquera: «Que pensez-vous si je vous
ordonne de faire quelque chose, m'obéirez-vous?» - Certes oui, s'écrieront-
ils.
Il leur ordonnera alors d'entrer à l'Enfer. Ils s'exécuteront. A son
approche, ils entendront sa fureur et son pétillement. Ils retourneront
aussitôt vers leur Seigneur le supplier: «Seigneur, épargne-nous-en, ou
préserve-nous de lui». Il leur répondra: «Ne m'avez-vous pas promis
d'exécuter mon ordre?». Il leur demandera alors leur engagement et leur
dira: «Retournez et entrez-y». Ils partiront. A sa vue encore, ils seront
effrayés et retourneront dire: «Seigneur, nous en avons eu peur sans
pouvoir y entrer». Et Dieu de décider: «Entrez-y humiliés».
Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de conclure: «S'ils y
étaient la première fois, le Feu leur aurait été paix et fraicheur» (Rapporté
par Al-Bazzar) (1> .
19
4 - Abou Houraira -que Dieu l'agrée- a rapporté que l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tout enfant est né sur
l'islamisme (Fitra), et ses parents font de lui un juif, un chrétien ou un
mazdéen. De même toute femelle parmi les animaux engendre un animal
complet, en avez-vous jamais vu naître quelqu'un dépourvu d'un de ses
membres?» (Rapporté par Boukhari)..
Suivant une autre version: «On lui demanda: «O Envoyé de Dieu,
que penses-tu d'un enfant qui frieurt en bas âge?» Il répondit: «Ceux-là
Dieu seul connaît ce qu'ils auraient fait?» (Rapporté par Ahmed) (1> .
D'après Abou Houraira aussi, le Prophète - qu'Allah le bénisse et
le salue - a dit: «Les enfants musulmans (morts en bas âge) seront au
Paradis confiés à Ibrahim -que Dieu le salue-» (Rapporté par Ahmed).
5 - Khansa' Bent Mou'awiah de Bani Souraïm rapporte que son
oncle demanda au Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
: «Quels sont les élus qui seront au Paradis?» Il répondit: «Ils sont les
Prophètes, les martyrs, les nouveaux-nés et ceux qui ont été enterrés
vivants» (Rapporté par Ahmed).
Samoura Ben Jondob rapporte que le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue -, en racontant sa vision à ses compagnons, a dit
qu'il passa (lors de son ascension au ciel) par un vieillard qui se
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20
trouvait sous un arbre entouré d'enfants. Gabriel lui dit qu'il est Ibrahim
avec les enfants des musulmans et polythéistes» «Mais en nous
référant au hadith sus-mentionné (no2) il aurait dit que les enfants des
polythéistes seront avec leurs pères. Certains exégètes ont affirmé
qu'ils seront ainsi, et d'autres ont précisé que ces enfants seront mis à
l'épreuve lorsqu'ils se trouveront sur le pont au jour de la résurrection:
quiconque aura obéi à Dieu sera introduit au Paradis et Dieu
connaissait déjà d'après Sa science qu'ils seront soumis et fidèles.
» Quiconque aura désobéi sera précipité en Enfer, toujours d'après le
savoir de Dieu. Cette dernière interprétation peut résumer et réunir
toutes les autres opinions, basée sur des hadiths authentiques dont
chacun corrbore l'autre sans aucune contradiction.
Mais Ibn Abdul Birr conteste cette déduction prétendant que ces
différents hadiths ne sont ni authentifiés ni convaincants ni
argumentés. De même les ulémas les démentent pour la simple raison
c'est que la vie future est pour la rétribution» et non une «Charge et
obligation» Comment prétend-on qu'on leur demandera d'entrer à
l'enfer alors que Dieu n'impose à chaque homme que ce qu'il peut
porter??.
La réponse est la suivante: La plupart des hadiths sont
authentiques, et admis par les théologiens et que chacun est lié à
l'autre par un principe logique et ils ne renferment aucune
contradiction, ainsi ils forment en tout un argument suffisant pour
aboutir au même résultat.
D'autre part, il est vrai que la vie future est une demeure de
rétribution mais cela ne contredit pas la présence d'une grande partie
sur le pont (sirat) ou l'isthme où il y aura une épreuve qui permettra la
détermination du sort de l'homme: au Paradis ou à l'Enfer.
Telle est l'opinion d'Aboul Hassan qui exprime l'avis des gens de
la sunna et la communauté, concernant ces enfants. Par ailleurs Dieu
a dit: «Le jour de la fuite éperdue (du jugement dernier), ils seront conviés
à se prosterner» [Coran LXIII, 42], et il est cité dans les livres de
tradition (les Sahihs), que les fidèles seront appelés à se prosterner au
jour de la résurrection. Quant à l'impie il essayera de se prosterner
mais son dos sera transformé en une plaque inflexible, chaque fois
21
qu'il tentera de se prosterner, il sera renversé sur son dos.
Il est aussi cité dans les deux Sahihs (de Boukhari et Mouslim)
que le dernier qui sera délivré du Feu pour entrer au Paradis, donnera
au Seigneur des promesses et engagements de ne demander aucune
autre faveur, et cela se répétera à chaque fois qu'il demandera
d'autres faveurs, qu'à la fin Dieu s'écriera: «O fils d'Adam! Comme tu
es perfide» et II l'admettra au Paradis.
♦
Quant à la charge qu ils seront tenus de la supporter en leur
demandant d'entrer à l'Enfer, cela ne contredit point le hadith. Car au
jour de la résurrection, Dieu ordonnera à ses serviteurs de traverser le
Sirat (le pont) qui sera dressé au-dessus de l'Enfer- Il est plus fin
qu'un poil ou la lame de l'épée. Les croyants le franchiront en fonction
de leurs œuvres. Il y aura ceux qui passeront comme un éclair,
d'autres comme le vent, d'autre encore à la course de chevaux de
race, d'autres qui iront à pas accélérés, d'autres en marchant, enfin
ceux qui ramperont. Il y aura des hommes dont leurs visages seront
touchés par le feu, et ceux-là seront, par rapport aux croyants, les plus
supplicés».
wa 'idà" 'aradnà* 'an nuhlika qaryatan 'amarnâ mutrafîhâ fafasaqû fîhâ
fahaqqa 'alayha-l-qawlu fadammarnâhâ tadmîran (16)
Quand nous décidons d'anéantir une cité, nous prévenons ses citoyens
amollis dans le bien-être. S'ils persistent dans leurs turpitudes, notre verdict
se trouve justifié et nos ruinons cette cité de fond en comble. (16).
Le terme «nous prévenons» cité dans le verset, ou «nous
ordonnons» ou encore «nous commandons» qu'on trouve dans
d'autres traductions, était sujet de discussion entre les exégètes et
ulémas qui avait aboutir à une grande divergence dans les opinions:
L'homme est-il dirigé par le destin? d'où le principe du «falalisme», ou
bien il est responsable de ses actes et paroles en lui reconnaissant la
faculté du «libre arbitre»?.
22
Ce qu'il faut retenir consiste à admettre, et ceci est un principe
fondamental, que Dieu «n'ordonne jamais de mauvaises actions» [Coran
VII, 28] ou commande les turpitudes. Il ordonne à Ses serviteurs de
s'acquitter des prescriptions qu'il a imposées et ne faire que de bonnes
actions. Mais une fois les homme et surtout ceux vivant dans l'aisance
et le bien-être, sont livrés à leur iniquité et leurs turpitudes, Dieu les
punit.
On peut donc interpréter ce verset de la façon suivante: «Dieu
laisse les hommes aisés et les mauvais sévir dans une cité
quelconque en Lui désobéissant, alors II les fait périr, comme le
montre ce verset: «C'est ainsi que nous laissons dans chaque cité les pires
criminels pour y perpétuer le mal» [Coran VI, 123].
wa kam 'ahlaknâ mina-l-qurûni mim ba'di Nûhin wa kafâ birabbika bid
unûbi 'ibâdihî Habîram-Basîran (17).
«Que des générations nous avons anéanties après Noé! Nul mieux
qu'Allah voit et connaît les péchés de ses serviteurs. (17).
Dieu dans ce verset menace et en même temps rappelle aux
Qoraïchites qui ont traité Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue
- de menteur, qu'il a détruit depuis Noé des générations qui avaient agi
de même à l'égard de leurs Prophètes. Donc les générations existant
entre Adam et Noé étaient sur l'islamisme comme a précisé Ibn Abbas
et étaient au nombre de dix.
Dieu avertit: O vous qui traitez vos Prophètes d'imposteurs, vous
n'êtes pas plus considérés au regard de Dieu qu'eux mais c'est tout à
fait le contraire, ces Prophètes sont les élus de Dieu, quant à vous,
vous ne méritez que le châtiment car: «Allah voit et connaît les péchés
de ses serviteurs» et rien ne lui est caché ni de vos paroles ni de vos
actions.
23
man kâma yurîdu-l-'âjilata 'ajjalnâ lahû fîhâ mâ masa 'u liman nurîdu t
urrfma ja'alnâ lahû jahannama yaslâhâ madmûmam madhûran (18)
Waman 'arâda-l-'à*hirata wa sa^ lahâ sa'yahâ wa huwa mu'minun
fa'ula 'ika kâna sa'yuhum maskûran (19).
Que ceux qui recherchent la vie de ce monde sachent que nous en
accordons les plaisirs à qui nous voulons et dans la mesure que nous
voulons. Qu'ils sachent aussi que nous leur réservons l'enfer où ils seront
précipités, couverts d'opprobre et rejetés par tous (18). Celui qui désire la
vie future, qui s'efforce de la mériter et qui a la foi, Allah lui en saura gré.
(19).
Quiconque veut et recherche ce qui passe promptement, c'est à
dire les plaisirs d'ici-bas, Dieu les accorde à qui II veut. Mais dans l'au-
delà, Dieu lui a préservé l'Enfer comme séjour pour l'éternité où il sera
méprisé et réprouvé pour prix de ses mauvaises actions, ayant préféré
les jouissances éphémères à ce qui dure éternellement sans être
épuisé.
Il est cité d'après Aicha -que Dieu l'agrée- que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: Le bas-monde est la demeure de
celui qui n'aura pas une autre (dans la vie future), la richesse de celui qui
en sera privé, et c'est pour ce bas monde qu'un insensé amasse ses biens»
(Rapporté par Ahmed) (1> .
Par contre, ceux qui croient et recherchent les plaisirs
intarissables de l'au-delà et font leurs efforts pour y tendre, en suivant
le Prophète et se conformant à ses enseignements, ceux-là en seront
récompensés et leur zèle reconnu.
24
Kullan numiddu hâ"ulà"i waha"ula'i min *atâ" 'i rabbika wamâ kâna
'a|a"u rabbika mahzûran (20) 'unzur kayfa faddalnâ ba'dahum 'alâ
ba'din wa la-l-'ïhiratu 'akbaru darajâtin wa 'akbaru tafdîlan (21).
Nous accordons indifféremment nos bienfaits aux uns et aux autres.
Nos bienfaits ne sont pas limités. (20) Considère comment nous
avantageons les uns par rapport aux autres. Il y aura des différences plus
marquées encore dans la vie future. (21).
Ceux qui recherchent la vie future aussi bien que ceux qui
recherchent la vie d'ici-bas sont pourvoyés de Dieu qui donne, même
largement, à qui II veut car: «Nos bienfaits ne sont pas limités» et nul ne
saura repousser ce que Dieu donne.
«Considère comment nous avantageons les uns par rapport aux autres»
dans ce bas monde: il y en a l'aisé et l'indigent, les beaux et les laids,
ceux qui meurent en bas âge et ceux qui atteignent l'âge de
décripitude, à savoir qu'il y en a aussi qui sont au milieu de tout cela.
Mais «il y aura des différences plus marquées encore dans la vie future»
tout comme il y en a dans la vie d'ici-bas: il y aura ceux qui seront
précipités dans les abîmes du feu et ceux, qui seront au Paradis et
occuperont de rangs différents. Car entre deux degrés au Paradis il y
a une distance comme celle existant entre ciel et terre, à savoir qu'il y
a cent degrés. A cet égard et il est cité dans les deux Sahihs que le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Ceux qui seront
dans les degrés supérieurs verront ceux qui seront à «lllyine» comme
vous voyez l'étoile filante à l'horizon.
lâ taj'al ma'a-L-Lâhi 'ilâhan Ifhara fataq'udu madmûmam-mahdûlan
(22).
25
Ne reconnais aucune autre divinité qu'Allah. Sans quoi, tu tomberais
dans une disgrâce profonde (22).
C'est un avertissement adressé surtout à la communauté
musulmane de n'adorer avec Dieu aucune autre divinité ni la
reconnaître, sinon l'homme sera méprisé pour son association et
abandonné de Dieu qui ne lui accorde aucun secours.
Abdullah Ben Mass'oud rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Celui qui, atteint d'une indigence,
l'impute aux hommes, il n'en sera plus délivré, et celui qui l'impute à Dieu,
peut s'en faut que Dieu ne lui comble ses besoins tôt ou tard» (Rapporté
par Ahmed, Âbou Daoud et Tirmidzi» (J \
wa qadâ rabbuka 'alla ta'budïï 'illîf 'iyyâhu wa bil-wâlidayni 'ihsîfnan '-
immâ yabluganna 'indaka-l-kibara 'ahaduhumà 'aw kilâhumâ falâ taqul
lahumâ* 'uffin walâ tanharhumâ wa qui lahumâ qawlan karîman (23)
wahfid lahumâ janâha-d-dullî mina-r-rahmati wa qui rabbi-r-hamhumâ
kamâ rabbayâni sagiran (24).
Ton SeigneuT ordonne de n'adorer que Lui, de bien se conduire avec
ses père et mère, encore plus dans leur vieil âge. Garde-toi de tout écart de
langage ou de les contredire. Parle-leur avec respect. (23) Montre-toi
humble et tendre envers eux. Dis: Seigneur, reçois-les dans le sein de Ta
miséricorde pour m'avoir élevé. (24).
26
Dieu a décrété ou ordonné ou recommandé d'être bienveillant à
l'égard des père et mère, «encore plus dans leur vieil âge» ou suivant
d'autre traduction: «Si l'un d'entre eux ou bien tous les deux ont atteint
la vieillesse près de toi, ne leur dis pas: «Fi», c'est à dire «Garde-toi de
tout écart de langage». Car ce mot «Fi» est la parole la moins méprisée
qu'on se permette de leur adresser. Ne les repousse pas en se
conduisant mal envers eux en actes et paroles. «Parle-leur avec
respect» en usant un langage doux et des paroles douces et polies.
«Montre-toi humble et tendre envers eux» ou suivant une autre
interprétation: «baisse sur eux l'aile de la tendresse» et dis: «Seigneur,
reçois-les dans le sein de ta miséricorde» soit quand ils atteindront un âge
avancé, soit quand ils mourront. De plusieurs hadiths relatifs à la piété
filiale, nous avons choisi ces quelques-uns:
- Anas et d'autres ont rapporté: «En montant sur la chaire, le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - avait dit trois fois «Amen».
On lui demanda: «Pourquoi tu as répété par trois fois le mot: Amen?»
Il répondit: «Gabriel vint me trouver et dit: «O Muhammad! Sera humilié
quiconque auprès de qui ton nom est mentionné sans prier pour toi» Alors
j'ai dit: Amen. L'ange poursuivit: «Sera humilié quiconque aura accompli le
jeûne du mois de Ramadan sans qu'il soit absous de ses péchés». J'ai dit:
Amen. Il me révéla enfin: «Sera humilié quiconque atteint l'un de ses
parents ou tous les deux dans leur vieillesse sans qu'ils le fassent entrer au
Paradis» J'ai répondu alors: Amen» (Rapporté par Tirmidhi et Hakem
d'après Abou Houraira) (I> .
- Malek Ben Rabi'a As-Sa'idi rapporte: «Etant assis chez l'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, un Ansarien entra et dit: «O
Envoyé de Dieu! Après la mort de mes parents devrai-je encore envers
eux de la piété filiale?» - Certes oui, lui répondit-il, tu devras quatre
i*J jiii ,Ji çj± fl ilUj j+i J^-J J*î |»î 'ûfl oJii t^l Ji
Jj tVir-i* ,Ji LjUj-Î jî o-JIj iljjî Jtj kJJÎ piy : Jli fi £ft»t <iJJ5 ûf ' J*
27
obligations à leur égard: Prier pour eux en leur demandant le pardon de
Dieu, respecter et exécuter tout engagement qu'ils avaient pris, honorer
leurs amis et maintenir le lien de parenté dont le tien n'aura existé sans
eux. Voilà ce qu'il te reste à observer de la pitié filiale après leur mort» (-
Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et ton Maja) (I) .
- Mou'awia Ben Jahima As-Salami raconte que Jahima vint trouver
le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «O Envoyé de
Dieu! Je viens te demander conseil car je compte prendre part aux
expéditions (Jihad)» Il lui demanda: «Ta mère est-elle vivante?» -Oui,
répondit-il. Et le Prophète de lui ordonner: «Prends soin d'elle car le
Paradis se trouve à ses pieds» ( Rapporté par Ahmed, Nassaï et Tbn
Maja) (2> .
- Suleiman Ben Bouraïda a rapporté d'après son père qu'un
homme faisait la circumambulation autour de la Maison portant sa
mère sur ses épaules. Il demanda ensuite à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue -: «Me suis- je acquitté de ses droits sur
moi?» Il lui répondit: «Non, même pas d'un soupir (en t'accouchant)».
rabbukum 'a'iamu bimâ fi nufusikum 'in takûnû sâlihîna fa'innahû kâna
li-l-'awwâbîna gafûran (25).
28
Nul mieux que votre Seigneur pénètre vos consciences. Si vous êtes
bons, Il le sait. Il accepte toujours les repentirs sincères. (25).
Sa'id Ben Joubaïr l'a commenté en disant: «Il s'agit de l'homme
qui prend l'initiative pour rendre un service quelconque à ses parents
sans que, plus tard, on lui reproche son acte, ou« ne voulant que leur
faire du bien».
Qatada et Ibn Abbas ont précisé que ceci concerne les hommes
softmis qui font la prière ou un acte de charité. Mais Ibn Al-Moussaiab
a répondu qu'il s'agit de l'homme qui, une fois commet un péché, s'en
repent.
Ibn Jarir a déclaré: c'est bien l'homme qui se repent et ne revient
plus à son péché, il se soumet à l'obéissance après avoir désobéi aux
enseignements de Dieu, et d'éviter ce qui encourt la colère de Dieu
pour accomplir ce qu'il lui procure Sa satisfaction. Et l'auteur de
conclure: la dernière opinion est la plus correcte.
% 41 '& &ï 9?
wa *a ti dâ-l-qurbâ haqqahû wa-l-miskîna wa-bna-s-sabîli walâ tubaddir
tabdîran (26) 'inna-l-mubaddirîna kâriiï 'ihwâna-s-sayâtîni wa kâna-s-
Saytânu lirabbihî kafûran (27) wa 'immâ tu'ridanna 'anhumu-btiga'a
rahmatim mi-r-rabika tarjûhâ faqul lahum qawlam maysûran (28).
Remplis tes obligations envers le proches, les pauvres et les voyageurs.
Ne sois point prodigue. (26). Les prodigues sont les frères de Satan. Satan
a renié son maître. (27) Si tu t'éloignes de tes semblables pour vaquer à tes
affaires, aie pour eux un mot aimable. (28).
Après la pitié filiale, Dieu rappelle aux hommes leurs obligation de
charité envers les proches dans le but de maintenir le lien du sang
comme il a été dit dans un hadith que l'homme doit être bienveillant
d'abord envers sa mère, puis envers son père, ensuite envers les
proches parents. Et dans un autre hadith, il a été dit: «Quiconque veut
29
que Dieu lui accorde de biens et une longévité, doit maintenir le lien de
parenté».
«Ne sois point prodigue». En ordonnant la dépense, Dieu interdit la
prodigalité et exhorte l'homme à garder le juste milieu entre le
gaspillage et l'avarice. Il a dit dans un autre verset: «Ceux qui ne se
montrent dans leurs dépenses ni trop prodigues ni trop avares» [Coran
XXV, 67]. Il met en garde contre la prodigalité et accuse les prodigues
d'être les frères des démone, c'est-à-dire leurs semblables.
Mais la prodigalité est-elle toujours répugnée? A cet égard
Moujahed a avancé: Lorsque l'homme dépense tout son argent pour la
cause de la vérité il n'est plus considéré comme prodigue, mais une
autre dépense, fut-ce une certaine mesure de quoi que ce soit sans
une juste raison, il sera considéré en tant que prodigue. Et Qatada de
préciser: Toute dépense faite en dehors du sentier de Dieu sera une
désobéissance et une corruption, car Dieu a dit: «Les prodigues sont les
frères de Satan. Satan a renié son maître» car Satan est toujours
méconnaissant envers Dieu et lui est insoumis.
«Si tu t'éloignes de tes semblables pour vaquer à tes affaires» en quête
d'une miséricorde du Seigneur, en d'autres termes: si tes proches et
ceux dont Dieu a ordonné de dépenser pour eux te demandent et que
tu ne possèdes rien pour leur donner «aie pour eux un mot aimable»
promets-leur en leur adressant une parole convenable que lorsque tu
recevras des biens tu leur en feras part si Dieu le veut.
walâ taj'al yadaka maglûlatan 'ilâ 'unuqika walâ tabsuthâ kulla-l-basti
fataq'uda malûman mahsûran (29) 'inna rabbaka yabsutu-r-rizqa limay-
yasa 'u wa yaqdiru 'innahû kâna bi'ibâdihî Habîram-Basîran (30).
N'aie pas la main collée au cou, ni ne donne à pleines mains, si tu ne
veux pas être blâmé ou éprouver des regrets. (29) Ton Seigneur comble de
30
ses bienfaits qui II veut ou les distribue avec parcimonie. II connaît les
hommes. Il lit dans leurs cœurs. (30).
Dieu ordonne la modération dans les dépenses en méprisant
l'avarice et interdisant la prodigalité. Il dit: «N'aie pas la main collée au
cou» ne sois plus avare en refusant de donner aux autres quand ils
demandent, comme les juifs-que Dieu les maudisse -qui ont imputé la
parcimonie à Dieu en disant: «La main d'Allah est fermée» Qu'il soit
élevé au dessus de ce qu'ils lui décrivent. Plutôt II est le Généreux et
le Dispensateur par excellence.
«ni ne donne à pleines mains» en dépensant sans compter et peut-
être cela dépasse ta capacité en t'en privant de ce que tu as acquis
pour toi-même «si tu ne veux pas être blâmé ou éprouver des regrets»,
Dans ce cas les hommes te reprochent ta prodigalité, tu deviendras
honni et misérable en dépensant ce qui dépasse ta capacité.
A ce propos il est cité dans les deux Sahihs d'après Abou
Houraira qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - dire: «Celui qui dépense et l'avare sont comparables à deux
hommes qui portent deux cottes de maille qui leur serrent la taille de leur
poitrine jusqu'à leur cou. Celui qui dépense (en aumône), ne paye une
sojmme sans que sa cotte ne s'allonge jusqu'à couvrir son corps et trainer
derrière lui. Quant à l'avare, il ne propose de faire une dépense sans que sa
"cotte ne lui serre le corps davantage de sorte que chaque maille se colle à
sa place» (Rapporté par Boukhari et MousUm) (1) .
Abou Houraira rapporte aussi que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - a dit: «Chaque jour qui se lève sur les serviteurs,
deux anges descendent du ciel, l'un d'eux dit: «Grand Dieu, accorde un
dédommagement à celui qui dépense (en aumône)», et l'autre dit: «Grand
Dieu, inflige une perte à celui qui s'abstient» (Rapporté par Boukhari et
(1) Jjuf jidij J^M Jswi viyu H M Jj-j t— *à tj,j» J o* i&»***â j
31
Moustim) u) .
Abou Houraira rapporte également que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - a dit: «Toute dépense (en aumône) ne saurait
diminuer le capital de son auteur. Dieu accordera une puissance à
quiconque aura dépensé. Quiconque s'humilie devant Dieu, Dieu l'élèvera»
(Rapporté par Mouslim) <2> .
«Ton Seigneur comble de ses bienfaits qui II veut ou les distribue avec
parcimonie» Dieu le Dispensateur qui pourvoit aux besoins de Ses
serviteurs, dépense largement à qui II veut et mesure ses dons à qui II
veut. Il dispose à Sa guise des richesses et de ses serviteurs. Il n'agit
que d'après une sagesse qui émane de Sa science car «Il connaît les
hommes. II lit dans les cœurs».
Il est cité dans une tradition que Dieu a dit: «Il en est parmi Mes s
serviteurs celui que seule la pauvreté lui convient. Si Je lui avais
prodigué une fortune, celle-ci aurait gâté sa foi. Par contre, il en est
celui dont la richesse lui convient. Si Je l'avais privé, J'aurais gâté sa
foi».
walâ taqtulîf 'awlâdakum hasyata 'imlâqin nahnu narzuquhum
wa'iyyâkum 'inna qatlahum kâna hit 'an kabîran (31).
Ne tuez pas vos enfants par peur de la vie. Nous leur donnerons de
quoi vivre ainsi qu'à vous. Les tuer est un horrible forfait. (31).
Dieu est beaucoup plus compatissant envers Ses serviteurs qu'un
32
père ne l'est envers son enfant. Pour cela II a interdit de tuer les
enfants par crainte de la pauvreté- et II leur a imposé la part de
l'héritage.
Du temps de l'ignorance (la période préislamique) les hommes ne
réservaient aucune part de la succession aux filles, même certains
d'entre eux tuaient la fille de peur qu'elle ne rende la famille
nombreuse. Dieu interdit donc de tuer les enfants par crainte de
pénurie. «Nous leur donnerons de quoi vivre ainsi qu'à vous». Car ce
genre abominable de meurtre «est un horrible forfait».
A cet égard Abdullah Ben Mass'oud demanda à l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue-: «Quel est le péché le plue grave?». Il
lui répondit: «De lui reconnaître un égal alors que c'est Lui qui t'a créé». -
Puis après, redemanda-t-il. - De tuer ton enfant de peur qu'il mange avec
toi, répliqua-t-il. Et à la troisième question: «Et après?» le Prophète de
répondre: «De forniquer avec la femme de ton voisin» (Rapporté par
Boukhari et Mouslim) (1> .
walâ taqrabû-z-zina 'innahû kâna fâhisatan wa sa 'a sabîlan (32).
Evitez l'adultère. C'est une abomination; c'est une voie pleine
d'embûches. (32).
Dieu interdit aux hommes de pratiquer l'adultère et même les
actes qui y conduisent tels les attouchements ou autres car «C'est une
abomination; c'est une voie pleine d'embûches». Il est compté comme un
péché très grave.
L'imam Ahmed raconte d'après Abou Oumama qu'un jeune
homme vint chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui
(D
J\y ai» :Jli T^î ^ :oJi ail~ pfin ù1 A»Jj J=i" ùt» :JU W r ' îiidi
33
demandant la permission de forniquer. Les hommes le réprimandèrent.
Mais le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui ordonna de
s'asseoir et lui demanda: «Permets-tu à ta mère de le faire?» - Non,
répondit le jeune homme, que je sacrifie pour toi père et mère. Et le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répliquer: Ainsi tous les
hommes ne le permettent plus ni le souhaitent à leurs mères. Veux-tu
que ta fille le fasse? - Jamais, rétorqua le jeune homme, que je sacrifie
pour toi père et mère. Il lui répondit: «Ainsi les hommes ne le
permettent point à leurs filles. Laisses-tu ta sœur le pratiquer?». Le
jeunne homme rétorqua: «Non par Dieu, que je me sacrifie pour toi. Et
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui demanda s'il laisse ses
tantes paternelles et maternelles de le faire et le jeune de répondre par
une négation. Alors l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
mit sa main sur le jeune homme et dit: «Mon Dieu, pardonne-lui, purifie
son cœur et rends-le chaste». Dès lors ce jeune homme ne pensait
plus à ce péché.
On a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Après le polythéisme un homme ne commet un péché plus grave
qu'une goutte de sperme qu'il éjacule dans un utérus d'une femme qui
lui est interdite».
walâ taqtulû-n-nafsa-l-latî harrama-L-Lâhu 'illâ bi-l-haqqi waman qutila
mazlûman faqad ja'alnâ liwaliyyihî sultânan falâ yusrif-fî-l-qatli 'innahû
kâna mansûran (33).
Ne tuez pas votre prochain Allah le défend-à moins d'un motif valable.
Nous n'avons pas laissé sans secours les parents de celui qui est tué
injustement. Qu'ils ne se hâtent pas de se faire justice eux-mêmes. Car il y
a une justice. (33).
Dieu interdit de tuer un homme sinon pour une juste raison. Il est
cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: «Il n'est plus permis de tuer un homme qui témoigne qu'il
34
n'y a d'autre divinité que Dieu et que Muhammad est l'Envoyé de Dieu, à
l'exception de ces trois: Un homme marié qui a commis l'adultère, un
meurtrier sans motif valable et l'homme qui apostasie et se sépare de la
communauté (musulmane)» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (I> '.
Et dans un autre hadith, il est dit: «L'évanescence du bas monde
aux regards de Dieu est plus facile que le meurtre d'un musulman».
t (Nous n'avons pas laissé sans recours les parents de celui qui est tué
injustement» Ce recours qui est de droit au proche parent de la victime
peut être réprésenté par l'une des trois solutions: Soit en payant la
composition légale (dyia), soit en pardonnant sans aucune indemnité,
soit en exécutant le meurtrier.
Dieu ensuite exhorte les hommes à ne plus commettre d'excès
dans le meurtre «Qu'ils ne se hâtent pas de se faire justice eux-mêmes» et
ceci en se vengeant par exemple - avant jugement - du meurtrier ou
de l'un de ses proches en appliquant la vendetta «Car il y a une
justice» Les parents de la victime peuvent demander justice selon les
formalités connues.
walâ taqrabû mâla-l-yatîmi 'illâ bi-l-latî hiya 'ahsanu hattâ yabluga '-
asuddahû wa 'awfû bi-l-'ahdi 'inna-l-'ahda kâna mas'ûlan (34) wa 'awfû-
1-kayla 'idâ kiltum wa zinû bi-l-qistâsi-l-mustaqîmi dâlika hayrun wa
'ahsanu ta'wîlan (35).
Ne donnez vos soins aux biens de l'orphelin qu'autant qu'ils lui seront
profitables et seulement jusqu'à ce qu'il devienne capable de les gérer.
iijbiij tgreM tj&t ^ % j,i j^j jîj M
35
Remplissez vos engagements. Car des comptes vous seront demandés. (34)
Si vous mesurez, donnez bonne mesure. Ne pesez qu'avec une balance juste.
C'est la conduite la plus sage et celle qui vous donnera le plus de
satisfaction. (35).
Un tuteur, ou celui qui a pris à sa charge un orphelin, ne doit
toucher aux biens de l'orphelin que pour le meilleur usage, jusqu'à ce
qu'il ait atteint sa majorité et ses pleines forces, comme Dieu l'exige
dans ce verset: «Ne vous hâtez pas de les dilapider avant qu'ils ne
deviennet majeurs» [Coran IV, 6].
Mouslim a cité dans son Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- avait dit à Abou Dzarr: «O Abou Dzarr, pourquoi te
vois-je si faible? Je désire pour toi ce que je désire pour moi-même. Je
t 'exhorte à ne plus commander deux hommes ni de te charger des biens
«Remplissez vos engagements» que vous avez pris à l'égard des
hommes car vous y serez interrogés.
«Si vous mesurez, donnez bone mesure» sans léser les hommes de
leurs droits et de leur causer préjudices, et pesez avec la balance la
plus exacte afin d'éviter la fraude. Ce sera un bien pour vous dans
votre vie ici-bas et le résultat de cet acte sera la meilleure chose qui
vous rendra satisfaits et vous garantira un bon refuge.
A ce propos Ibn Abbas disait souvent aux hommes: «Vous êtes
chargés de deux choses qui avaient causé le périssement de ceux qui
vous ont précédés: la balance et la mesure».
36
walâ taqfu mâ laysa laka bihî 'ilmun 'inna-s-sam'a wa-l-basara wa-1-
fu'âda kullu 'ulîf'ika kâna 'anhu mas'ûlan (36).
Ne t'engage pas à la légère. L'ouïe, la vue, Uesprit ne nont pour toi.dc s-
facuflé s giatuites . (36). l^M^y m -^^yJ^Ci^U
Ne raconte pas des choses que tu n'as ni vues ni entendues, et
ne diffame personne et ne l'accuse pas ce dont tu n'as aucune
connaissance, car tu y seras interrogé. Observe ce que Dieu a dit: «...
-Evitez autant que possible le soupçon. Il y a des soupçons qui sont des
péchés» [Coran XLIX, 12]. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
à son tour avait exhorté les hommes en leur disant: «Evitez te soupçon
car il est la parole la plus mensongère». Il a dit aussi: «Le plus grand
mensonge c'est qu'un homme fait voir à ses yeux des choses, qu'en
réalité ils ne les ont pas vues».
Au jour de la résurrection, tout individu sera sûrement demandé
compte de l'ouïe, de la vue et du cœur.
walâ tamsi fî-l-'ardi marahan 'innaka lan tahriqa-l-'arda wa lan tabluga-
1-jibâla tûlan (37) kullu dâlika kâna sayyi'uhû 'inda rabbika makrûhan
(38).
«Sois humble en face de la nature. Tu ne saurais transpercer la terre
ni égaler la cime des montagnes. (37) Ce sont là autant d'actes que
réprouve ton Seigneur. (38).
Dieu défend aux hommes de marcher sur la terre avec insolence
et orgueil à la façon des tyrans et puissants. Quelque soit la force de
l'homme et sa façon de fouler la terre il ne pourra ni déchirer la terre ni
atteindre les cimes des montagnes.
Mouslim rapporte dans son Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Tandis qu'un homme marchait, vêtu d'un
habit somptueux et bien peigné, il fut englouti par la terre dans laquelle
i s'enforcera jusqu'au jour de la résurrection».
37
Dieu raconte aussi dans le Coran l'histoire de Coré (Qaroun) qui
sortit vers son peuple avec tout son faste. Le Seigneur l'a fait engloutir
par la terre ainsi que sa maison.
D'après Ibn Abi Ad-Dunia, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: «Lorsque les hommes de ma communauté fouleront la
terre avec orgueil et que Perses et Romains seront à leur service,
Dieu donnnera le pouvoir à certains d'entre eux sur les autres».
Tout ce que Dieu à commandé à partir de la piété filiale jusqu'à ce
verset, si l'homme enfreint ces enseignements, il aura commis un acte
qui est détestable devant Dieu.
t$
dâlika mimmà* 'awhâ 'ilayka rabbuka mina-l-hikmati walâ taj'al ma'a-L-
Lâhi 'ilâhan 'ahara fatulqâ fî jahannama malûmam-madhûran (39).
Tels sont les préceptes de sagesse que le Seigneur te révèle. Ne
reconnais pas d'autre Allah que Lui si tu ne veux pas être précipité dans la
géhenne, honni et avili. (39).
Dieu ordonne à Son Prophète de suivre et mettre à exécution les
préceptes dans les versets précités, et de les communiquer aux
homme pour s'y conformer. «Ne reconnais pas d'autre Allah que Lui si tu
ne veux pas être précipité dans la géhenne» Car ainsi tu ne blâmeras que
toi-même, et les gens te reprocheront cette injustice commise envers
Dieu, tu seras par la suite méprisé et réprouvé. Bien que cet
avertissement est adressé à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le
salue- mais il concerne tous les hommes sans exception, étant donné
qu'il est préservé de tout péché.
'afa'asfâkum rabbukum bi-l-banîna wa-t-tahad a mina-l-malà* 'ikati 'inât
an 'innakum lataqûlûna qawlan 'azîman (40).
Quoi! pour vous plaire, Allah vous aurait donné des fils et, lui, aurait
pris des filles pour anges? C'est là un horrible blasphème. (40).
Ceci est une réponse aux idolâtres qui avaient prétendu que les
anges sont les filles de Dieu, qu'il soit exalté, puis ils ont affirmé que
lefe anges sont de sexe féminin, enfin ils les ont adorés. Cet
agissement constitue un triple péché. Dieu le leur reproche en disant:
Votre Seigneur aurait-Il choisi pour vous les fils et adopté des femelles
parmi les anges? Vraiment vous proférez une parole menstrueuse en
dédaignant d'avoir de telles créatures et même si vous les aviez vous
les auriez enterrées vivantes! C'est un partage inique! Dieu dément
leur présomption et leur avertit: «Ils disent: «Le Miséricordieux s'est
donné un enfant». «Vous avez proféré là un blasphème monstrueux». A ces
mots, les cieux ont failli s'entrouvrir, la terre se fendre, les montagnes
crouler. Oser attribuer un fils au Miséricordieux? Le Miséricordieux ne
saurait avoir un fils. Tout ce qui existe dans le cieux et sur la terre est
asservi au Miséricordieux. II a tout répéré, Il a tout recensé. Chaque
créature comparaîtra séparément devant Lui au jour du jugement dernier»
[Coran XIX, 88-95].
walaqad sarrafnâ fî hâdâ-l-Qur'âni liyaddakkarû wamâ yazîduhum 'illâ
nufûran (41).
Nous n'avons pas ménagé nos avertissements dans ce Coran pour faire
réfléchir les hommes. Mais nous n'avons fait qu'augmenter leur aversion.
(41).
Dieu n'a exposé, cela dans le Coran que pour les hommes
réfléchissent, tiennent au sérieux ces avertissements et ces preuves
éclatantes, et cessent de s'enfoncer dans leur idolâtrie. Mais
malheureusement cela ne fait qu'augmenter leur répulsion et leur
éloignement de la vérité.
39
@ 5U 4 â j$3f fit &S£ et sf i J
qui law kâna ma'ahîî "Êflihatan kamâ yaqûlûna 'id a-l-labtagaw 'ilâ dî-1-
'arsi sabîlan (42) subhânahû wa ta'âlâ 'ammâ yaqûlûna 'uluwwan
kabîran (43).
Dis: S'il y avait d'aigres divinités que Lui, comme vous le prétendez,
elles ne manqueraient pas de lui disputer son trône. (42) Gloire à Allah,
qu'il soit exalté. Il est au-dessus d'un tel blasphème. (43).
Si ce que vous prétendez ô idolâtres est vrai et que d'autres
divinités existaient avec Dieu, chacun d'entre vous les aurait adorées
et demandé leur intercession par tous le moyens. Quant à vous ô
croyants, n'adorez que Dieu seul sans rien Lui associer et vous
n'aurez plus besoin d'un intercesseur pour vous rapprocher de Dieu et
de lui présenter les requêtes. Dieu n'a jamais agréé un tel
comportement, et c'est bien à quoi les Prophètes et les Envoyés ont
appelé les peuples.
Dieu se tient au-dessus de ce qu'ils lui attribuent. Gloire à Lui, Il
est élevé à une grande hauteur au-dessus de ce qu'ils disent. Il est le
seul Dieu, l'Impénétrable, qui n'engendre pas et n'a pas été engendré.
tusabbihu lahû-s-samâwâtu-s-sab'u wa-l-'ardu waman fihinna wa 'in min
Say'in 'illâ yusabbihu bihamdihi walâki-l-lâ tafqahûna tasbîhahum '-
innahû kâna Halîman gafûran (44).
Les sept cieux et la terre et tout ce qu'ils renferment, glorifient son
nom. II n'est pas une chose qui ne bénisse son œuvre. Mais vous n'entendez
pas ce murmure d'adoration. Il est toute mansuétude et toute miséricorde.
(44).
Les cieux, la terre et tout ce qui s'y trouve, chantent pureté de
40
Dieu et célèbrent ses louanges en réfutant les dires des idolâtres. Un
poète a résumé cela dans ce vers:
En toute chose il y a un signe.
Qui affirme qu'il est le Dieu unique.
Dieu avait montré dans d'autres versets que peu s'en faut que les
cieux ne se fendent à cause des paroles des idolâtres, que la terre ne
s'entrouvre et que les montagnes ne sécroulent, de ce qu'ils imputent
à*Dieu en lui attribuant un fils!.
«n n'est pas une chose qui ne bénisse Son œuvre. Mais vous n'entendez
pas ce murmure d'adoration». En d'autres termes, il n'y a rien qui ne
glorifie Dieu et célèbre ses louanges en usant un langage que les
humains ne le comprennent pas, s'agit-il d'un animal, d'une chose
inerte ou d'une plante. A ce propos Ibn Mass'oud a dit: «Nous
entendions la glorification de la nourriture que nous mangions». Et
dans un hadith rapporté par Abou Dzarr, le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- avait pris en main des cailloux desquels surgissait
une glorification pareille au bourdonnement des abeilles».
Jaber Ben Abdullah rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit à ses compagnons: «Vous dirai-je quel fut
l'ordre que Noé avait adressé à son fils? Noé -que la paix soit sur lui-
a dit à son fils: «Fils! Je t'ordonne de répéter souvent: «Gloire à Dieu»
car elle est la prière des créatures, leur glorification et grâce à laquelle
Dieu dispense ses bienfaits».
«Il n'est pas une chose qui ne bénisse Son œuvre». Ikrima l'a
commenté en disant: «Toute chose célèbre les louanges du Seigneur
s'agit-il d'une chose inanimée comme la colonne, la pierre, ou un arbre
etc..» Même certains se sont allés plus loin en disant que le
grincement de la porte et le bruissement d'eau sont une glorification.
«n est toute mansuétude et toute miséricorde». Cela signifie que Dieu
ne hâte pas le châtiment de l'insoumis, plutôt II lui accorde un répit
afin qu'il se repente et revienne à Dieu, mais au cas où il s'obstine, Il
le saisit à la façon d'un Tout-Puissant. Il est cité dans les deux Sahihs
que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu
accorde un délai à l'injuste, mais quand II le saisit II ne le relâche
41
plus» Puis il récita: «Que de cités j'ai favorisées maglré leurs fautes. Puis
j'ai sévi» [Coran XXII, 48].
Dieu de par Sa générosité et Sa mansuétude reviendra toujours
vers le pécheur repentant en le confirmant quand II a dit: «Quiconque
aura commis une mauvaise action ou se portera tort à soi-même trouvera
Allah miséricordieux et indulgent, s'il l'implore» [Coran IV, 110].
wa 'idâ qara'ta-l-Qur'âna ja'alnâ baynaka wa bayna-l-ladîna lâ
yu'minûna bi-l-'â* hirati hijâbam-mastûran (45) wa jâ'alnâ 'alâ
qulûnbihim 'akinnatan 'ay-yafqahûhu wa fî 'adânihim waqran wa 'idâ d
akarta rabbaka fi-l-Qur'âni wahdahû wallû 'alâ 'adbârihim nufûran (46).
Quand tu lis le Coran, il semble qu'un rideau tombe pour t'isoler de
ceux qui ne croient pas à la vie future. (45) Leur sensibilité semble
s'obsurcir comme pour les empêcher de comprendre; leurs oreilles
deviennent de plomb. Quand tu mentionnes l'unité d'Allah dans le Coran,
ils se détournent avec aversion. (46).
Ibn Chéhab a dit: «Lorsque l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- récitait du Coran aux polythéistes de Qoraïch et les
appelait à y croire, ils le tournaient en dérision et lui répondaient: «Nos
cœurs sont enveloppés d'un voile épais qui nous cache ce vers quoi tu
nous appelles et nos oreilles sont atteintes de surdité». Dieu dit à Son
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- «Quand tu lis le Coran, il
semble qu'un rideau tombe pour t'isoler». Cela constitue comme un
certain écran qui les sépare de la bonne direction pour prix de leur
incrédulité et leur opiniâtreté.
Asma la fille d'Abou Bakr -que Dieu les agrée- a raconté que
lorsque ce verset fut révélé: «Maudites soient les mains d'Abou Lahab et
maudit soit lui-même» [Coran CXI, 1] AI-'Awra Ourfi Jamil vint trouver le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en hurlant, tenant à la main
42
un petit pilon en pierre et disant: «Nous le réprimandons, nous
refusons sa religion et nous lui désobéissons». Abou Bakr qui se
trouvait à côté de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit
à ce dernier: «Cette femme est arrivée et je crains qu'elle te voie!» Il
lui rassurra: «Elle ne me verra plus», Puis il récita quelques versets
précisément: «Quand tu lis le Coran, il semble qu'un rideau tombe pour
t'isoler de ceux qui ne croient pas à la vie future». Alors cette femme se
tint devant Abou Bakr sans observer le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue-, et lui dit: «O Abou Bakr, on m'a fait savoir que ton
compagnon m'a dénigrée!» Il lui répondit: «Non, il ne l'a pas fait et je
jure par le Seigneur de la Ka'ba». Elle partit ensuite en disant: «Tous
les Qoraïchites savent bien que je suis la fille de leur maître».
Lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- récitait du
Coran, Dieu plaçait un voile épais entre lui et les idolâtres, et un autre
sur leurs cœurs en rendant leurs oreilles pesantes pour rien entendre
les empêchant ainsi de retrouver la voie droite. «Quand tu mentionnes
l'unité d'Allah dans le Coran» en témoignant qu'il est le Dieu unique, ils
tournent le dos avec répulsion comme II l'a montré dans ce verset: «-
Quand l'unité d'Allah est affirmée devant eux, ceux qui ne croient pas à la
vie future ricanent de dépit» [Coran XXXIX, 45].
Et Qatada de commenter: «Lorsque les musulmans proclamaient
l'unicité de Dieu, les polythéistes la reniaient et s'en détournaient avec
aversion en se soumettant à Satan et à sa cohorte, alors que Dieu ne
veut que faire retentir cette proclamation en dépit des incrédules. En
effet cela ne tarda pas à être répandu dans toute la presqu'île arabique
où l'Islam a régné.
nahnu Vlamu bimâ yastami'ûna bihT 'id yastami'ûna 'ilayka wa 'id hum
najwï 'id yaqûlu-z-zâlimûna 'in tattabi'ûna 'illâ rajulam mashûran (47) i-
nzur kayfa darabû laka-l-'amtâla fadallû falâ yastati'ûna sabîlan (48).
43
Rien ne nous échappe. Nous savons avec quelle intention certains
viennent t'écouter, et les propos qu'ils tiennent dans leurs conciliabules.
Nous n'ignorons pas qu'ils se disent entre eux: «Mais, voyons, nous suivons
là un homme possédé. (47) Vois tout ce à quoi ils te comparent! Ils sont
égarés. Ils ne savent plus dans quel sens s'orienter. (48).
Quand les idolâtres sont en conciliabules, les injustes disent: «-
Vous une suivez qu'un homme possédé». Cette conversation, Dieu la
révéla à son Prophète en lui disant: «vois tout ce à quoi ils te
comparent» ces idolâtrés ne peuvent trouver aucun chemin pour
l'emprunter. Car ils ne recherchent plus la voie de la vérité et n'y
trouvent aucun moyen pour y accéder.
Dans la «Biographie du Prophète» Ibn Ishaq raconte: «Abou
Soufian Ben Harb, Abou Jahl Ben Hicham et Al-Akhnas Ben Chouraïq
sortirent une nuit pour se rendre auprès de la demeure de l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et l'écouter en faisant sa prière:
chacun d'eux prit une place à part à cette fin ne s'apercevant plus de
la présence des deux autres. Ils restèrent ainsi écouter la prière
jusqu'à la pointé du jour. Sur le chemin du retour, ils se rencontrèrent
et se blâmèrent. Ils s'accordèrent à ne plus y revenir de peur qu'un
homme idiot ou insensé ne les rencontre dans cet état et alors il
pourrait se convertir.
La nuit suivante chacun de ces trois individus agit comme la nuit
précédente et s'isola dans un endroit pour ne plus être vu de ses
compagnons. A l'aube ils se dispersèrent et se retrouvèrent encore
une fois sur le même chemin et jurèrent de ne plus y revenir.
La scène se reproduisit à la troisième nuit et après avoir écouté
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faire sa prière, ils se
rencontrèrent de nouveau sur le chemin du retour. Ils dirent: «Que
chacun de nous s'engage à ne plus y revenir» et ce fut fait et ils se
dispersèrent.
Al-Aknas Ben Chouraïq prit son bâton et se rendit chez Abou
Soufian Ben Harb et lui dit: «O Abou Handhala! Donne-moi ton avis
après ce que tu as entendu du Prophète». Il lui répondit: «O Abou
Tha'laba'! Par Dieu, j'ai entendu des choses dont j'ai eu connaissance
auparavant et je peux facilement les interpréter. Ainsi j'ai entendu des
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choses que je ne les ai ni entendues ni connu le sens.» Al-Akhnas de
répliquer: «Et c'est bien mon cas, par celui que tu as juré par son
nom». Il le quitta pour se diriger vers Abou Jahl. Il entra et lui
demanda: «Que penses-tu de Mouhammad après ce que tu l'as
entendu dire dans ses prières, ô Abou Al-Hakam?» Il lui rétorqua: «-
Nous et Banou Abd Manaf avons disputé tant de dignité: ils ont donné
à manger et nous avons fait de même, ils ont secouru les leurs et
nous les nôtres, ils ont dépensé en charité et nous avons agi de
même, à tel point que nous sommes devenus égaux en tout comme
de chevaux de course. Ils ont dit enfin: Nous avons un Prophète qui
reçoit la révélation du ciel! Quant à nous, quand est-ce que nous
aurons le nôtre? Par Dieu nous ne croyons jamais ni en lui ni en son
message». Sur ce, Al-Akhnas se leva et le quitta».
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waqâltî 'a'dâ kunnâ 'izâman wa rufâtan 'a'inna lamab'ûtûna halqan
jadîdan (49) qui kûnû hijâratan 'aw hadîdan (50) 'aw halqam-mimmâ
yakburu fi sudûrikum fasayaqûlûna may-yu'îdunâ quli-1-ladî fatarakum
'awwala marratin fasayangidûna 'ilayka ru'ûsaKum wa yaqûlûna matâ
huwa qui 'asà* 'ay-yakûna qarîban (51) yawma yad'ûkum fatastajibûna
bihamdihî wa tazunnûna 'i-l-labittum 'illâ qalîlan (52).
Comment est-ce possible, disent-ils, qu'une fois réduits à notre
squelette ou tombés en poussière, nous puissions être appelés à une nouvelle
rie?» (49) Réponds: Oui, vous serez ressuscités quand bien même vous
seriez de pierre ou de fer, (50) ou de quelque autre matière que vous ne
sauriez imaginer. «Et qui va nous ressusciter?» opposent-ils. Dis: «Celui qui
vous a donné la vie la première fois». Ils hocheront alors la tête et
t'interrogeront: «Mais quand cela aura-t-il lieu?» Réponds: «Peut-être est-
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ce proche» (51) Le jour où Allah vous rappellera à Lui, vous vous
présenterez en célébrant ses louanges et vous constaterez alors que votre
séjour sur terre a été de courte durée» (52).
Les incrédules qui ont rejeté tout principe de la résurrection et du
rassemblement se sont exclamés: «Est-ce possible qu'une fois réduits à
notre squelette ou tombés en poussière, nous puissions être appelés à une
nouvelle vie?» La même interrogation qu'ils ont répétée en disant (dans
une autre sourate): «Allons-nous retourner sur la terre de misère» diront-
ils. «Après que nos os auront pourri dans son sein. Un pareil retour serait
vraiment démoralisant» [Coran LXXIX, 10-12].
Pour leur répondre, Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- de dire: «Oui, vous serez ressuscites quand bien
même vous seriez de pierre ou de fer» ces deux matières étant les plus
solides «ou de quelque autre matière que vous ne auriez imaginer». En
interprétant ce verset, Ibn Omar a dit: Même si vous étiez des morts,
vous seriez ressuscités et c'est Dieu qui en sera capable de le réaliser
s'il le voudra, car rien ne pourrait le rendre à l'impuissance si telle sera
sa volonté.
Moujahed, en commentant les termes: «de quelque autre matière» a
dit qu'il s'agit du ciel, de la terre et des montagnes. Et à leur demande
«Qui donc nous fera revenir» la réponse fut: Celui qui vous a créés la
première fois alors que vous n'étiez rien et puis vous êtes devenus des
hommes répandus dans les quatre coins du monde. Sachez aussi que
votre création sera une chose plus facile à Dieu que la première fois.
Les incrédules alors «hocheront la tête et t'interrogeront: «Mais
quand cela aura-t-il lieu?» Une question qui surgit de leur impiété en
reniant toute résurrection qui sera à leurs regards une chose
impossible; et même ils «sont impatients de la voir venir» [Coran XLII,
18].
«Réponds: «Peut-être est-ce proche». En leur répondant, le Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue- les met en garde contre son
avènement qui est inéluctable. «Quand II vous ordonnera de sortir de la
terre, vous en sortirez» [Coran XXX, 25]. Ce jour-là personne ne sera
que ressuscité pour comparaître devant le Seigneur car: «Notre ordre
tient en un seul mot aussi prompt qu'un clignement d'ail» [Coran LIV, 50].
46
Tous les hommes occuperont la surface de la terre en quittant son
sein «en célébrant ses louanges».
A ce propos il est rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: Ceux qui auront témoigné qu'il n'y a d'autre divinité que
Dieu n'appréhenderont plus la solitude dans la tombe. Il me semble les voir
sortir de leurs sépultures époussétant la tête proclamant: Il n'y a d'autre
divinité que Dieu». Dans une variante on trouve cet ajout: «Disant:
Louange à Dieu qui a écarté de nous la tristesse» (Rapporté par At-
Tabarani d'après Ibn Omar) (,) .
«Vous constaterez alors que votre séjour sur terre a été de courte
durée». En sortant de leurs tombes, les hommes penseront n'être
restés que peu de temps dans leurs sépulcres, car lorsque l'Heure
sonnera «ils auront le sentiment de n'avoir passé sur terre qu'un soir ou un
matin» [Coran LXXIX, 46].
wa qui li'ibâdî yaqûlû-l-latî hiya 'ahsanu 'inna-s-saytâna yanzagu
baynahum 'inna-s-saytâna kâna li-l-'insâni 'aduwwam mubînan (53).
Dis à mes fidèles de n'employer que les paroles les plus conciliantes.
Satan n'est que trop porté à susciter la discorde parmi eux. N'est-il pas, en
effet, l'ennemi déclaré de l'homme?» (53).
Les croyants sont tenus de prononcer de bonnes paroles et
d'avoir un langage conciliant avec les autres, sinon le démon glisse
entre eux pour semer la discorde et alors, les mauvaises paroles se
traduiront en actes méchants et inimitié. Son aversion pour Adam est
déjà connue lors de l'ordre qu'il avait reçu de se prosterner devant lui
et il s'était refusé.
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Pour cela il est interdit à l'homme de pointer un morceau de fer ou
autre contre son coreligionnaire pour éviter un mal imprévu qui pourrait
arriver. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que l'un de
vous ne pointe son arme contre son frère, car il ne sait pas si le démon ne
fera pas échapper l'arme de sa main et (tuera son frère), et alors il sera
précipité dans un abîme de l'Enfer» (Rapporté par Ahmed, Boukhari et
MousUm) (1) .
rabbukum 'a'iamu bikum 'in yasa' yarhamkum 'aw 'in yaSa' yu'add
ibkum wamâ" 'arsalnâka 'alayhim wakîlan (54) wa rabbuka 'a'iamu
biman fî-s-samâwâti wa-l-'ardi walaqad faddalnâ ba'da-n-nabiyyîna 'alâ
ba'din wa 'ïtaynâ Dawûda zabûran (55).
Votre Seigneur vous connait mieux que quiconque. D peut vous attirer
dans le sein de sa miséricorde comme II peut vous châtier. Nous ne t'avons
pas envoyé aux hommes, ô Prophète, pour être leur maître. (54) Ton
Seigneur sait mieux que persone ce que renferment les cieux et la terre.
Nous avons établi une hiérarchie entre les Prophètes; à David nous avons
donné des psaumes. (55).
Dieu certes connait parfaitement les hommes. Il accorde la bonne
voie à qui II veut et lui fait miséricorde en le poussant à suivre ses
enseignements et retourner vers lui, comme II peut aussi châtier qui II
veut, ceux qui lui seront rebelles et insoumis, quant à toi ô
Muhammad, tu n'es le protecteur d'aucun d'entre les hommes, mais un
avertisseur. Quiconque t'aura suivi entrera au Paradis. Par contre,
quiconque t'aura désobéi, l'Enfer sera sa demeure éternelle. Dieu
X* ja (4~^J iSj^< «frjWj -Ufl aljj) tjUI iji^- J a-b J
48
connait parfaitement ce qui est dans les cieux et sur la terre, et les
œuvres de ceux-ci les feront occuper de degrés différents.
«Nous avons établi une hiérarchie entre les Prophètes» comme II a dit
ailleurs: «Nous avons élevé certains Prophètes au-dessus des autres» [-
Coran II, 253]. Ceci ne contredit pas les propos du Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- qui a dit: «Ne faites aucune différence
entre les Prophètes» qui signifient: Ne préférez pas les uns aux autres
poussés par vos désirs et votre sectarisme sans aucune preuve, car si
cette preuve s'avère justifiée, on aura droit à recourir à cette
préférence. Mais ce n'est pas le cas bien que les Envoyés sont les
plus considérés parmi les Prophètes, surtout ceux qui jouissaient de la
forte résolution cités dans ce verset: «Nous avons reçu des engagements
de tous les Prophètes, de toi, de Noé, d'Abraham, de Moïse et de Jésus» [-
Coran XXXIII, 7] et dans cet autre: «Ils vous a donné la même religion
que celle qu'il avait déjà recommandée à Noé. C'est elle-même qu'il t'a
révélée, celle-là même qu'il avait recommandée avant à Abraham, à Moïse
et à Jésus Observez-la bien et ne vous divisez pas, a-t-il été prescrit à tous»
[Coran XLII, 13].
Il est incontestable que Muhammad est le meilleur d'entre eux,
viendra ensuite Abraham, puis Moïse, puis Jésus -que Dieu les salue
tous-.
«A David, nous avons donné les psaumes» qui est un signe de sa
haute considération et de ses mérites. A son sujet le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La récitation a été facilitée pour
David. Il donnait l'ordre de seller son cheval et, avant que l'animal fût
sellé, il avait achevé de réciter, c'est à dire le Coran».
quli-d'û-1-ladîna za'amtum min dûnihî falâ yamlikûna kasfa-d-durri '-
ankum walâ tahwîlan (56) 'ûlâ A 'ika-l-ladîna yad'ûna yabtagûna 'ilâ
49
rabbihimu-l-wasîlata 'ayyuhum 'aqrabu wa yarjûna rahmatahû wa
yahâfûna 'adâbahB 'inna 'adâba rabbika kâna mahdûran (57).
Dis: Invoquez les divinités que vous vous êtes données en dehors
d'Allah. Elles ne peuvent ni guérir vos maux, ni vous en préserver. (56) Ces
divinités cherchent elles-mêmes à qui mieux mieux le moyen de se
rapprocher d'Allah. Elles espèrent dans sa miséricorde et redoutent son
châtiment. La répression de ton Seigneur est, en effet, effrayante. (57).
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-:
Dis, ô Muhammad, à ces idolâtres qui adorent un autre en dehors de
Lui d'invoquer ces divinités telles les idoles et les statues et de se
rapprocher d'elles, qu'ils constatent enfin: Peuvent-elles repousser un
mal totalement ou le modifier et l'envoyer à un autre? Qu'ils sachent
que Dieu est le seul qui dispose de toutes Ses créatures et l'ordre,
enfin, ne dépend que de sa volonté. Ibn Abbas a dit à cet égard que
les idolâtres parmi les juifs et les chrétiens disaient: Nous adorons les
anges, Jésus et 'Ouzaïr.
En interprétant ce verset: «Ces divinités cherchent elles-mêmes à qui
mieux le moyen de se rapprocher d'Allah» Ibn Mass'oud a dit: Ce verset
fut révélé au sujet de certains Arabes qui adoraient les djinns, et ceux-
ci se sont convertis, mais les humains, leurs adorateurs, ne le savaient
pas et persévéraient dans leur adoration.
Ces «divinités» furent le sujet de controverse parmi les exégètes,
certains ont déclaré qu'il s'agit de: Jésus, 'Ozaïr, le soleil et la lune,
d'autres ont précisé: ce sont Jésus, 'Ozaïr et les anges etc.
«Elles espèrent dans sa miséricorde et redoutent son châtiment» Ayant
joint la crainte à l'espérance, Dieu montre que ce sont les bases de
l'adoration, car en redoutant le châtiment les hommes s'abstiennent
des interdictions, et grâce à l'espérance ils multiplient leurs pratiques
cultuelles et les œuvres surérogatoires. «La répression de ton Seigneur
est, en effet, effrayante» Tel est l'avertissement qu'on peut déduire de
ce qui précède.
wa 'im-min qaryatin 'illâ nahnu muhlikuhâ qabla yawmi-l-qiyâmati 'aw
mu'addibûhâ 'adâban sadîdan kâna dâlika fî-l-kitâbi mastûran (58).
Il n'est de cités que nous n'anéantissions avant le jour du jugement
dernier ou que nous ne frappions d'un châtiment exemplaire. Ceci est
inscrit dans le Livre (58).
Tout ce que Dieu a prédestiné et écrit dans la Tablette Gardée le
réalise. Toute cité dont ses habitants avaient désobéi à Dieu, ont été
anéantis ou châtiés soit par le meurtre, soit par d'autres épreuves; et
ce ne fut qu'à cause de leurs péchés et des enseignements qu'ils ont
enfreints.
Pour ce qui est des générations passées, Dieu a dit à leur propos:
«Ce n'était pas à nous qu'ils avaient nui mais à eux-mêmes» [Coran II, 57].
Il a dit ailleurs: «Combien de cités ont méprisé les ordres de leur Seigneur
et de Ses Envoyés. Nous avons réglé leur compte sévèrement et leur avons
infligé un dur châtiment» [Coran LXV, 8].
wamâ mana'anâ 'an nursila bi-l-'à*yâti 'illà' 'an kaddaba biha-1-'-
awwalûna wa 'a taynâ tamuda-n-nâqata mubsiratan fazalamû bihâ wamâ
nursilu bi-l-*ayâti 'illâ tahwîfan (59).
Si nous ne faisons plus de miracles, c'est que les générations passées
n'y ont pas cru. A quoi a servi que nous ayons envoyé aux thémoudites une
véritable chamelle! ILs n'en persistèrent pas moins dans leurs erreurs. Nous
■'envoyons des miracles que pour avertir. (59).
Ibn Abas raconte: «Les habitants de La Mecque avaient demandé
au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur transformer le
mont As-Safa en une masse d'or et d'écarter les montagnes qui
entourent la ville afin d'avoir des plaines pour les semer. On révéla
alors au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: Si tu veux on les
51
fera attendre, ou si tu veux nous les exauçons. Mais une fois qu'ils
redeviennent incrédules, nous les ferons périr comme nous avons
anéanti les peuples qui lui ont précédés. Et le Prophète de répondre:
«Plutôt on les fera attendre». Dieu à cette occasion fit descendre ce
verset: «Si nous ne faisons plus de miracles, c'est que les générations
passées n'y ont pas cru».
Suivant une variante, toujours d'après Ibn Abbas, et à la même
demande des Mecquois, Gabriel descendit et dit au Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue-: «Dieu te salue et te dit: Si tu le veux bien, Je
leur transformerai le mont As-Safa en une masse d'or. Mais une fois
revenant à leur incrédulité, Je les châtierai d'un châtiment dont Je n'ai
encore châtié personne dans l'univers. Et si tu veux, Je leur ouvrirai
les portes du repentir et de la miséricorde» Il répondit: «Plutôt je
préfère qu'on leur ouvre les portes du repentir et de la miséricorde».
Al-Hafedh Ben Ya'la rapporte dans son Mousnad ce -qui suit: «-
Lorsque ce verset fut révélé: «Avertis tes proches» [Coran XXVII, 214]
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- monta sur le mont
Abi Qabis et s'écria: «O la famille de Abd Manaf! Je viens pour vous
avertir». Alors les Qoraïchites se regroupèrent autour de lui. Il leur
avertit et les mit en garde. Ils lui dirent: «Tu prétends être un Prophète
qui reçoit les révélations. Dieu a mis le vent et les montagnes au
service de Souleiman, la mer à Moïse, Jésus redonnait la vie aux
morts. Invoque alors Dieu pour écarter ces montagnes, faire jaillir de la
terre des sources d'eau afin qu'on puisse la semer et manger de sa
récolte. Sinon, invoque Dieu afin de ressusciter nos morts et de nous
entretenir avec eux. Ou encore demande à Dieu de transformer le
rocher sur lequel tu te tiens debout en une masse d'or ainsi nous
pourrons avoir de richesses qui nous suffiront de faire le voyage d'été
et celui d'hiver. Car tu prétends être capable de faire de miracles
comme les autres Prophètes».
«A ce moment il reçut la révélation, puis il nous dit: «Par celui qui
tient mon âme dans Sa main, Il me donnera ce que vous venez de
demander, et si je le voulais, je l'obtiendrais. Mais Dieu m'a donné le
choix: soit que vous entriez par la porte de la miséricorde et ainsi les
fidèles parmi vous croiraient, soit qu'il vous laisse vous fier à ce que
52
vous préfériez pour vous-mêmes et ainsi vous perdrez la porte de la
miséricorde et nul parmi vous ne sera croyant. J'ai opté pour la porte
de la miséricorde afin que vous croyiez. Dieu m'a révélé aussi que s'il
vous exauce mais vous persévérez dans votre incrédulité, Il vous
infligera un châtiment qu'il n'a infligé à aucun peuple de l'univers». Il
leur récita ensuite le verset précité.
Donc à cette époque, ce qui a empêché la production des
miracles à l'instar des époques précédentes, c'était le reniement qu'on
attendait des idolâtres, bien que ces miracles qu'ils avaient demandés
à Dieu, étaient des choses très faciles à Dieu mais II ne les a pas
produits parce que les gens n'y croient pas. A leur sujet et concernant
la table que les fidèles avaient demandé à Jésus sa descente du ciel,
Dieu leur répondit: «La voilà, Je la fais descendre. Celui d'entre vous qui
me reniera après cela, Je lui ferai subir le supplice le plus affreux qu'on
puisse infliger à une créature» [Coran V, 1 1 5].
Ainsi, en ce qui concerne la chamelle que les Thémoudites
avaient demandée sa création, Dieu les a mis en garde contre son
meurtre, mais ils lui ont désobéi. Il leur dit: «Continuez à vous prélasser
dans vos demeures, pendant trois jours. Mon avertissement ne sera pas
démenti» [Coran XI, 65]. Et dans cette sourate II parle de ce miracle
qui n'a servi en rien à ce peuple injuste et mécréant: «A quoi a servi
que nous ayons envoyé aux Thémoudites une véritable chamelle? Ils n'en
persistèrent pas moins dans leurs erreurs». Ce miracle produit qui dénote
de l'unicité et du pouvoir du Créateur, le peuple de Thémoud l'a renié
en interdisant la chamelle - créée d'un rocher - de boire et l'égorgeant
après. Dieu les a anéantis et s'est vengé d'eux .
«Nous n'envoyons des miracles que pour avertir» Donc Dieu n'envoie
de miracles qu'à titre de menace, peut-être que les hommes y croient
en tirant une leçon et reviennent à Lui.
On a dit que du temps d'Ibn Mass'oud, que Dieu l'agrée, il y a eu
un tremblement de terre à Koufa. Il a averti ses habitants et dit: «Votre
Seigneur vous laisse la chance de revenir à lui, demandez-Lui donc de
vous excuser».
Dans un hadith cité dans les Sahihs, (à la suite de la mort
d'Ibrahim le fils du Prophète, le soleil fut éclipsé) L'Envoyé de Dieu -
53
qu'Allah le bénisse et le salue- dit aux hommes: «Le Soleil et la lune
sont deux signes de Dieu qui ne s'éclipsent pas à cause de la mort ou de la
naissance de quiconque, mais Dieu par laquelle menace ses serviteurs.
Lorsque vous voyez cela, invoquez Dieu, priez et refugiez-vous auprès de
Lui. communauté de Muhammad! Par Dieu, nul n'est plus jaloux que
Dieu lorsqu'un de Ses serviteurs ou l'une de Ses servantes commet
l'adultère. O communauté de Muhammad! Si vous saviez ce que je sais,
vous ririez peu et vous pleureriez beaucoup» (Rapporté par Boukhari et
MousSm) a> . *
wa 'id qulnâ laka 'inna rabbaka 'ahâta bi-n-nâsi wamâ ja'alna-r-ru'yâ-1-
latî 'araynâka 'illâ fitnata-l-li-nâsi wa-s-sjarata-l-mal'unata fî-l-Qur'âni wa
nuhawwifuhum famâ yazîduhum 'illâ tugyânan kabîran (60).
Nous n'avons cessé de te dire: «Ton Seigneur est le souverain maître
des hommes. Ton rêve, nous ne te l'avons suggéré que pour éprouver les
hommes et c'est dans le même dessein que nous avons introduit l'histoire de
l'arbre maudit dans le Coran. Plus nous essayons de les convaincre et plus
ils s'entêtent dans leur insoumission. (60).
En l'exhortant à communiquer le message dont il fut chargé, Dieu
rassure Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'il le préserve
contre la méchanceté des hommes. Ils sont tous sous Son pouvoir. La
vision qu'il lui a montrée la nuit du voyage nocturne et l'ascension au
(1) o> ùU~J^ V L^j «lit oliî au jify tr *A» ù\> jiil J
jl tXff- yijf Jl Jbl ^ yJ Jj-Ï L. Jllj JUjw k Ij _ Jli _ OjLiiiJj *ft*o_j
54
ciel, ainsi que l'arbre maudit dit Zaqoum, mentionné dans le Coran, ne
forment qu'une épreuve et une tentation pour les hommes.
En racontant ce voyage-miracle aux hommes, le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit qu'il a vu le Paradis et l'Enfer,
ainsi que l'arbre maudit. Ils le traitèrent de menteur. Abou Jahl -que
Dieu le maudisse- se leva et dit: «Hommes! Apportez-nous du beurre
et de dattes». Il en prit et dit: «Mangez-y, car pour nous, le Zaqoum
n'êst autre que ceci».
L'arbre maudit constitue donc une menace pour les gens surtout
les incrédules, mais, malheureusement, cela ne fait qu'accroître leurs
égarement, rébellion et impiété.
wa 'id qulnâ li-l-malà* 'ikati-s-judû li 'Adama fasajadu 'illâ Iblisa qâla **
a'asjudud liman halaqta tinan (61) qâla 'ara'aytaka hâdâ-l-ladî karramta
'alayya la'in 'ahhartani 'ilâ yawmi-l-qiyâmati la'ahtanikanna d
urriyyatahu 'illâ qalîlan (62).
Noos dîmes aux anges: «Prosternez-vous devant Adam» Ils
s'inclinèrent, sauf Iblis qui objecta: «Vais-je m'incliner devant un être tiré
du limon?» (61) «C'est bien celui-ci auquel tu donnes le pas sur moi?»
Ajouta-t-il. «Si tu me fais grâce jusqu'au jour du jugement dernier,
j'asservirai la presque totalité de sa descendance» (62).
Lorsque Dieu créa Adam de Sa propre main, Il ordonna aux anges
de se prosterner devant lui, mais Iblis s'enfla d'orgueil et refusa de le
faire. Dieu, dans ce verset, rappelé aux hommes l'adversité qui existe
entre eux et Ibliss le démon maudit depuis la création de leur père
Adam.
Iblis, une fois reçu l'ordre de se prosterner, s'exclama: «Me
prosternerai-je devant celui que TU as créé d'argile alors que moi, je
fus créé de feu, je suis donc meilleur que lui». Ainsi il osa à se
55
montrer rebelle en désobéissant à son Seigneur. Dans ce verset, il
s'adressa à Dieu: «C'est bien celui-là auquel tu donnes le pas sur moi?»
en lui accordant cette noblesse? Si tu me laisses subsister jusqu'au
jour de la résurrection, je le dominerai lui et sa descendance à
l'exception d'un petit nombre d'entre eux.
qâla-d-hab faman tabi'aka minhum fa'inna jahannama jazâ A 'ukum
jaza 'am-mawfûran (63) wastafziz mani-stata'ta minhum bisawtika wa '-
ajlib 'alayhim bi haylika wa rajilika wa sârikhum fî-l-'amwâli wa-1-'-
awlâdi wa 'idhum wamâ ya'iduhumu-s-saytânu 'illâ gurûran (64) 'inna
ibâdî laysa laka 'alayhim sultânun wa kafâ bi rabbika wakîlan (65).
«Fuis. Toi et ceux qui pactiseront avec toi, aurez l'enfer pour
récompense. Ample récompense. (63) Circonviens en paroles ceux d'entre
eux que tu pourras. Lâche sur eux tes cavaliers et tes fantassins. Partage
avec eux leurs richesses et leurs enfants. Fais-leur des promesses. Les
promesses de Satan ne sont pas autre chose que des mensonges (64) Mais
tu n'auras aucune prise sur mes fidèles. Ils trouveront dans leur Seigneur
un protecteur suffisant. (65).
Lorsque Iblis demanda à Dieu de lui accorder un délai, Il lui
répondit: «Soit, tu vivras jusqu'au délai convenu» [Coran XV, 37-38]. Il le
menaça ainsi ceux qui le suivront d'entre la postérité d'Adam «Fuis. Toi
et ceux qui pactiseront avec toi, aurez l'enfer pour récompense» La
Géhenne sera votre rétribution qui ne sera diminuée en rien. «-
Circonviens en paroles ceux d'entre eux que tu pourras» et excite-les par
ta voix et «lâche sur eux tes cavaliers et tes fantassins» sous-entendant:
rassemble contre eux ta cohorte et tes suppôts, ceux qui forment ton
armée. Les exégètes ont déclaré que cette campagne que Satan a
déclenchée depuis l'éternité n'est qu'une chose que Dieu avait
56
prédestinée, la preuve en sont Ses paroles contenues dans ce verset:
«Ne vois-tu pas que nous envoyons des démons auprès des incrédules pour
attiser leur révolte» [Coran XIX, 83] C'est à dire qui les pousseront avec
violence pour commettre les péchés.
«Partage avec eux leurs richesses et leurs enfants» qui signifie:
ordonne-leur les actes qui enfreignent les ordres divins. 'Ata de
commenter: c'est l'usure. Mais pour Al-Hassan: il s'agit de l'argent
acquis illicitement. Quand à «leurs enfants» ils ne sont que les
adultérins comme ont précisé Ibn Abbas, Moujahed et Ad-Dahak.
Suivant un autre commentaire d'Ibn Abbas: ce sont les enfants que les
pères tuent dans leur folie et leur ignorance.
Al-Hassan Al-Basri a précisé: Le démon, par Dieu, a bien partagé
avec les hommes leurs enfants qui ont fait d'eux des mazdéens, des
juifs, des chrétiens, ceux qui ne suivent pas la religion de l'Islam.
Quant à leurs richesses, ils en ont réservé une partie pour le démon
en la dépensant inconvenablement. Ibn Abbas a déclaré aussi que les
hommes donaient à leurs enfants des noms tels que Abd Al-Hareth,
Abd Chams, Abd d'un tel (le serviteur du démon, le serviteur du soleil,
le serviteur d'un tel...).
Et Ibn Jarir de conclure: Il s'agit de tout enfant qu'une femelle l'a
enfanté en lui donnant un nom que Dieu répugne, ou en l'adhérant à
une religion autre que celle de Dieu, ou en forniquant avec sa mère,
ou en le tuant, ou l'enterrant vivant ou autre chose. Tous ces actes
que Dieu a interdits constituent un partage avec le démon.
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Si quelqu'un, quand il veut avoir des rapports
avec sa femme, dit: «Au nom de Dieu. Grand Dieu, écarte-nous du démon,
et écarte le démon de ce que Tu vas nous accorder», si un enfant naîtra de
cette copulation, le démon ne lui causera aucun mal» (Rapporté par
Boukhari et Mouslim) (1> '.
57
«Fais-leur des promesses. Les promesses de Satan ne sont autre chose
que de mensonges». Lorsque la vérité éclatera et les hommes seront
jugés équitablement, Dieu fait connaître aux hommnes que Satan leur
dira: «En vérité, Allah vous avait fait de sûres promesses. Moi aussi je vous
ai fait des promesses, mais je ne les ai pas tenues» [Coran XIV, 22].
Dieu défie satan et lui dit: «Mais tu n'auras aucune prise sur mes
fidèles» Car Dieu les préserve contre le démon maudit et lapidé. Le
Prophète -qu'Allah le bénissê et le salue- a dit à cet égard: «Le fidèle
tient le démon par le toupet comme l'un d'entre vous qui tient sa
monture par la bride quand il voyage».
rabbukumu-l-ladî yuzjî lakumu-1-fulka fî-l-bahri litabtaîû min fadlihT '-
innahû kâna bikum rahiman (66).
C'est par la toute-puissance de votre Seigneur que vos barques voguent
sur les flots et vous permettent d'exploiter les ressources du monde. Sa
sollicitude pour vous est sans bornes. (66).
Dieu met les mers aux services des hommes ainsi que les
vaisseaux qui voguent sur leur surface à la recherche de Ses bienfaits,
en se déplaçant, dans leur commerce, d'un pays à un autre. Car Dieu,
en vérité, est miséricordieux pour Ses serviteurs.
wa 'idâ massakumu-d-durru fî-l-bahri dalla man tad'ûna 'illîf 'iyyâhu
falammâ najjâkum 'ila-l-barri 'a'radtum wa kâna-l-'insânu kafûran (67).
Si un péril sur mer vous menace, c'est en vain que vous invoquez
d'autres divinités qu'Allah. Mais une fois qu'Allah vous a ramenés sains et
saufs sur la rive, vous vous détournez de Lui. L'homme n'est qu'un ingrat.
(67).
58
Dieu montre la nature faible et ingrate de l'homme qui, une fois
exposé à un malheur sur mer, invoque Dieu pour le sauver. Quant à
ceux qu'il invoquait en dehors de lui ne font qu'égarer.
A cet égard on a raconté l'histoire de 'Ikrima le fils de Abou Jahl
qui quitta La Mecque lors de la conquête fuyant l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-. Il prit le large pour se réfugier en
Abyssinie. Un vent impétueux fit balancer le vaisseau et les hommes
déclarèrent: Rien ne vous sauve que Dieu si vous l'invoquez. Ikrima se
dit: «Par Dieu! Si Dieu est le seul qui nous secourt et sauve sur mer, Il
est certes qui le fait sur terre. Grand Dieu! Je m'engage vis-à-vis de
Toi, si Tu me sauves, j'irai donner une poignée de main à Muhammad
pour me convertir et certes il est compatissant et clément. Lorsqu'ils
arrivèrent sur la rive, Ikrima retourna chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- se convertit et fut un musulman loyal et dévot.
«Mais une fois qu'Allah vous a ramenés sains et sauf sur la rive, vous
vous détournez de Lui» en feignant d'ignorer tout ce qu'il y a eu lieu et
oubliant le Seigneur que vous venez d'invoquer en Lui reconnaissant
des égaux. Telle est la nature ingrate de l'homme qui méconnait les
bienfaits de Dieu, à part d'un petit nombre d'hommes que le Seigneur
a préservés de toute idolâtrie.
'afa'mintum 'ay-yahsifa bikum jâniba-l-barri 'aw yursila 'alaykum
hâsiban tumma lâ tajidû lakum wakîlan (68).
Qui vous garantit qu'Allah ne fera affaisser la rive sous vos pas ou ne
déchaînera sur vous un ouragan sans que vous puissiez trouver un
protecteur? (68).
Ces hommes, une fois se trouvant sur la rive sauvés du péril de la
mer, croient-ils qu'ils seront à l'abri du châtiment de Dieu et sa
vengeance en les faisant engloutir dans une crevasse, ou en leur
envoyant un ouragan ou une pluie qui fera tomber de cailloux, comme
Dieu a dit ailleurs en parlant du peuple de Loth: «Nous déchaînâmes
59.
contre lui une pluie de pierres. Nous ne sauvâmes que la famille de Loth.
Le jour n'avait pas encore lui» [Coran LIV, 34]. Et alors les hommes
infidèles ne trouveront aucun protecteur qui pourrait repousser ce
châtiment.
'am 'amintum 'ay-yu'îdakum fîhi târatan 'uhrâ fayursila 'alaykum
qasifam-mina-r-rîhi fayugriqakum bimâ kafartum tumma lâ tajidû lakum
'alaynâ bihî tabî'an (69).
Qui vous garantit que vous ne retournerez sur mer et qu'Allah ne
soulèvera pas une tempête où vous trouverez la mort? juste châtiment de
votre impiété. Et alors vous n'aurez aucun recours contre nous. (69).
Les hommes qui ont invoqué Dieu seul pour les sauver du péril
quand ils se trouvaient la première fois sur mer, croiront-ils qu'ils
seront sûrs, une fois qu'ils prennent le large une autre fois, que Dieu
ne leur envoie une tornade qui fera noyer le vaisseau et ils trouveront
la mort? Cela ne sera qu'à cause de leur impiété et leur détournement
de Dieu et de ses enseignements. «Et alors vous n'aurez aucun recours
contre nous» Personne ne vous défendra et la vengeance de Dieu sera
ainsi réalisée.
walaqad karramnâ banT 'Adama wa hamalnâhum fî-l-barri wa-l-bahri
wa razaqnâhum mina-t-tayyibâti wa faddalnahum 'alâ katîram mimman
halaqnâ tafdîlan (70).
Nous avons honoré les fils d'Adam. Nous avons facilité leur circulation
sur terre et sur mer. Nous leurs avons procuré d'agréables nourritures.
Nous nous sommes montrés pour eux d'une générosité exceptionnelle par
rapport à la majeure partie de la création. (70).
60
Dieu a ennobli l'homme en lui donnant un aspect et une forme
meilleurs que toutes les autres créatures. Il a dit: «Oui, nous avons créé
l'homme dans la forme la plus parfaite» [Coran XCV, 4]. Il marche droit
sur ses pieds et mange en se servant de ses deux mains à l'inverse
des animaux qui marchent sur leurs quatre pattes et mangent avec
leurs bouches. Il lui a accordé la vue, l'ouïe et le cœur afin qu'il
s'instruise et jouisse de toutes ses facultés, en discernant le vrai du
faux, ce qui lui est utile de ce qui lui nuit pour sa vie d'ici-bas et celle
de l'au-delà.
«Nous avons facilité leur circulation sur terre» en mettant à leur
service les différentes montures telles que les chevaux, les chameaux
et autres pour circuler sur la terre, comme les vaisseaux pour se
déplacer sur les mers. «Nous leur avons procuré d'agréables nourritures»
telles que: les plantes, les légumes, les fruits, la chair des animaux et
leur lait, qui constituent d'excellentes nourritures. Dieu ainsi a accordé
aux hommes de vêtements différents de tissus, de couleurs et d'usage
variés.
«Nous nous sommes montrés pour eux d'une généoristé exceptionnelle
par rapport à la majeure partie de la création» Ce verset est une preuve
évidente que l'homme est la créature qui jouit de tant de privilèges
même il est meilleur que l'ange. A ce propos Abdullah Ben Amr
rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les
anges s'écrièrent: «Seigneur! Tu as accordé le bas monde aux
hommes pour y manger, boire et se vêtir, alors nous, nous ne faisons
que célébrer Tes louanges sans manger ni boire ni nous divertir.
Comme Tu leur as donné le bas monde, réserve pour nous la vie
future!». Il leur répondit: «Je ne traite pas sur le même pied d'égalité la
postérité pieuse de celui que J'ai créé de Ma main et ceux à qui J'ai
dit: «Soyez» et ils ont été» (Rapporté par Tabarani).
61
yawma nad'û kulla 'unâsim-bi-'imâmihim faman 'utiya kitâbahû
biyamînihî fa'ûfa 'ika yaqra'ûna kitâbahum walâ yuzlamûna fatîlan (71)
wa mari kâna fî hâdihT 'a'mâ fahuwa fî-l-'a"hirati 'a'mâ wa 'adallu
sabîlan (72).
Le jour où comparaîtront devant nous toutes les sectes avec leurs
chefs, ceux à qui on remettra leur compte dans la main droite le liront avec
plaisir et y trouveront mentionné, leur moindre mérite. (71) Celui qui est
aveugle en ce monde le sera également dans l'autre et s'y dirigera encore
moins facilement. (72).
Au jour de la résurrection chaque groupement d'hommes seront
appelés par leur chef (litt-leur imam)! Les opinions se sont
controversées quant à la nature de ce chef comme nous allons voir:
- Pour Moujahed et Qatada, il s'agit de leur Prophète en citant à
l'appui ce verset: «Tous les peuples, ont un Prophète. Allah les jugera
chacun à leur tour en présence de leurs Prophètes» [Coran X,47] Certains
ont commenté cela en disant que les musulmans fidèles jouiront de
cette grande considération car leur chef sera en ce jour-là le Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue-.
- Ibn Ziad a précisé que cela signifie le livre que Dieu a révélé à
leur Prophète, une opinion qui est soutenue par Ibn Jarir.
- Moujahed, suivant une autre version, a dit le chef est le livre qui
renferme toutes les actions. Comme a déclaré aussi Ibn Abbas cette
opinion s'avère être la plus correcte car Dieu a dit ailleurs: «Nous
dénombrons tout dans le livre de l'évidence» [Coran XXXVI, 12] et aussi:
«Le compte de chacun sera apporté. En lisant le leur, les coupables seront
saisis d'effroi» [Coran XVIII, 49].
- D'autres ont précisé qu'il s'agit de ceux que les hommes ont pris
comme imams et l'ont suivi. Les fidèles suivaient leurs Prophètes et
les incrédules suivaient leurs chefs. Cette opinion est corroborée par
ce hadith cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «... Que chaque peuple suive ce qu'il adorait
dans le bas monde. Il y aura ceux qui suivront les idoles.... jusqu'à la
fin du hadith». Dieu a dit ailleurs: «Voilà notre Livre. Il témoignera
envers vous en toute justice. Nous avons pris acte par écrit de toutes vos
62
œuvres» [Coran XLV, 29J Tout ceci ne contredit pas quele Prophète ne
soit le témoin contre son peuple et qui sera présent lors du jugement,
comme le montre ce verset: «La lumière d'Allah éclairera la terre, le
Livre sera déposé, les Prophètes et les témoins appelés» [Coran XXXIX,
69].
On peut donc affirmer que ce «Chef» ou cet «imam» signifie bien
le livre des œuvres de chaque individu. Le fidèle qui aura fait les
bonnes actions dans le bas monde sera réjoui quand il recevra son
livre dans la main droite et le lira avec toute quiétude et allégresse.
Alors les hommes, en ce jour-là, ne seront lésés pas même d'un fil ou
quoi que ce soit, ou la pellicule d'une datte.
Au sujet du verset précité, Abou Houraira a rapporté que le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On appellera le fidèle
et on lui donnera son livre dans la main droite. On lui accordera une
grande stature, blanchira le visage, et on mettra sur la tête une
couronne de perles. Il partira vers ses compagnons qui, à sa vue,
s'écrieront: «Grand Dieu, donne-nous une chose pareille, et bénis-la
pour nous». Arrivé auprès d'eux, ce fidèle leur rassurera: «Réjouissez-
vous, chacun d'entre vous recevra la même chose». Quant aux impies,
le visage de chacun d'eux sera noirci en lui accordant une grande
stature. A sa vue de loin, ses compagnons hurleront: «Nous nous
réfugions auprès de Dieu contre un sort pareil. Grand Dieu, ne nous
traite plus de la sorte». Dès l'arrivée de leur compagnon, ils diront:
«Dieu, humilie-le» ,et lui de répondre: «Que Dieu vous éloigne (de sa
miséricorde), chacun d'entre vous sera traité ainsi» (Rapporté par Al-
Bazzar).
wa 'in kâdû layaftinûnaka 'ani-l-ladî 'awhaynà* 'ilayka litaftariya 'alaynâ
63
gayrahû wa 'ida-l-latta hadûka halîlan (73) walawlâ" 'an tabbatnâka
laqad kitta tarkanu 'ilayhim say'an qalîlan (74) 'ida-l-la 'adaqnâka di'fa-
1-hayâti wa di'fa-l-mamâti tumma lâ tajidu laka 'alaynâ nasîran (75).
Les infidèles ont été sur le point d'ébranler ta foi et de t'amener à
altérer nos révélations. Auquel cas, ils ne t'auraient pas ménagé leurs
sympathies. (73) Si nous ne t'avions rentenu, tu étais sur le point de
rapprocher d'eux. (74) Mais alors nous t'aurions infligé à la fois les
tourments de la vie et ceux d% la mort. Et tu aurais été sans recours contre
nous. (75).
Dieu rassure Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'il le
soutient, le secourt et le préserve contre les méfaits des idolâtres qui
ont essayé de le détourner de son message. Et II ne cessera de le
soutenir contre ceux qui lui déclareront leur hostilité, tant à l'orient qu'à
l'occident, jusqu'au jour de la résurrection.
wa 'in kâdû layastafizzûnaka mina-l-'ardi liyuhrijûka minhâ wa 'ida-l-lâ
yalbatûna hilâfaka 'illâ qalîlan (76) sunnat man qad 'arsalnâ qablaka mi-
r-rusulinâ walâ tajidu lisunnatinâ tahwîlan (77).
Par leurs persécutions, ils ont été sur le point de te faire abandonner
le pays. Auquel cas, ils y seraient eux-mêmes bien peu de temps. (76). Tel
a été le sort des Prophètes que nous avons envoyés avant toi. Ce sera là
aussi ton sort (77).
On a dit que ces versets furent révélés à propos des juifs qui
vinrent trouver le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et
lui dirent: «O Aboul Qassem! Si tu es vraiment un Prophète sincère,
rends-toi au pays de Châm, car c'est là que ce sera le lieu du
rassemblement et la rencontre des Prophètes». Alors il fit l'expédition
de Tabouk voulant ainsi qu'elle soit une étape pour la conquête du
Châm. Arrivé à Tabouk, Dieu lui révéla: «Par leurs persécutions, ils ont
64
été sur le point de te faire abandonner le pays». Dieu alors lui ordonna de
regagner Médine car c'est là qu'il vivra, y mourra et y sera ressuscité.
(Telle est la version de Baïhaqi d'après Abdullah Ben Ghanam. Mais
l'auteur l'a commenté et dit: c'est un sujet à discussion car lorsque
l'Envoyé de Dieu fit ses préparatifs pour faire l'expédition de Tabouk, il
avait reçu l'ordre de Dieu et non pas des juifs).
Selon un autre commentaire, ces versets furent descendus au
sujet des idolâtres Qoraïchites qui contraignirent le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- pour quitter La Mecque. Dieu alors les a
menacés et si, en effet, ils avaient réussi à le faire sortir de cette ville
à cette époque, ils n'y seraient restés que peu de temps. L'histoire
nous révèle qu'il restait à La Mecque environ un an et demi vivant
parmi les impies en endurant leurs méfaits, et devait enfin faire son
émigration vers Médine pour éviter leur méchanceté. Plus tard, ce fut à
la bataille de Badr que les deux parties se rencontrèrent sans un
rendez-vous préalable, et il eut le pas sur les idolâtres en rapportant
une grande victoire sur eux. Il tua leurs notables et captiva une partie.
Voilà bien le sens des paroles divines: (Tel est le sort des
Prophètes...» En d'autres termes: Telle est la coutume du Seigneur de
châtier ceux qui persécutent leurs Prophètes et leur nuisent les
contraignant ainsi à quitter leur propre pays. En vérité, si l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'était pas le Messager de la
miséricorde, Dieu se serait vengé d'eux en leur faisant goûter un
supplice qu'aucun peuple n'avait subi auparavant. En confirmant ce fait
Dieu a dit ailleurs: «Allah ne saurait punir les hommes pendant que tu es
parmi eux» [Coran VIII, 33].
'aqimi-s-salâta lidulûki-s-samsi 'ilâ gasaqi-l-layli wa qur'a'na-l-fajri 'inna
qur'a"na-l-fajri kâna mashûdan (78) wa mina-l-layli fatahajjada bihî
nâfilata-l-laka 'asa 'ay-yab'ataka rabbuka maqâmam-mahmûdan (79).
65
Récite ta prière du déclin du soleil jusqu'à nuit noire. Récite, le Coran
à l'aube, c'est le moment propice. (78) Lis le Coran la nuit. C'est là une
œuvre pie. Peut-être obtiendras-tu un rang privilégié dans ta vie future.
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
s'acquitter des prières prescrites à leurs heures marquées si on se
conforme au sens propre^du verset: «du déclin du soleil jusqu'à nuit
noire» une période qui couvre les prières du midi, de l'asr, du coucher
du soleil et du soir (icha). «Récite le Coran à l'aube» qui ne signifie
autre que la prière de l'aube. Voilà bien auquel l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- s'est conformé en accomplissant ces
cinq prières ainsi que tous les musulmans après lui un siècle après un
autre sans en rien changer.
La récitation du Coran à l'aube signifie sans aucune contestation
la prière en ce moment-là et qui aura ses témoins qui sont les anges
de la nuit et ceux du jour qui se succèdent. A ce propos Abou
Houraira -que Dieu l'agrée- a rapporté que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «La prière faite en commun surpasse de vingt
cinq degrés celle faite par un individu seul. Les anges de la nuit et ceux du
jour se réunirent à la prière de l'aube» Abou Houraira d'ajouter: «Récitez
si vous voulez: «Fais aussi une lecture à l'aube: «la lecture de l'aube a des
témoins» (Rapporté par Boukhari) (1> .
Il est cité aussi dans les deux Sahihs d'après Abou Houraira que
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les anges de la nuit
et ceux du jour se succèdent parmi vous et ils se réunissent au moment de
la prière de l'aube et celle de l'asr. Ceux qui ont passé la nuit parmi vous
montent au ciel et Dieu leur demande, bien qu'il le sache mieux que
quiconque: «Comment avez-vous laissé Mes serviteurs?» Ils répondent: «-
(79).
66
Nous les avons trouvé en train de prier et nous les avons laissés en train de
prier» ( Rapporté par Boukhari et Mouslim) (,> .
«Lis le Coran la nuit. C'est là une œuvre pie» On a commenté cela
comme étant une recommandation de faire la prière nocture en dehors
de la canonique, comme il a été rapporté qu'on a demandé à l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Quelle est la prière la plus
méritoire après celle prescrite?». Il répondit: «C'est la prière nocturne».
La question qui se pose est la suivante: Cette «œuvre pie» est-
elle exclusivement consacrée au Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-? Et Ibn Abbas et Ibn Jarir de répondre: La prière nocturne fut
recommandée au Prophète puisque Dieu lui a pardonné ses fautes
antérieures et ultérieures, et devait par la suite être reconnaissant en
s'acquittant de telle prière.
Les ulémas ont déduit qu'il est aussi recommandé à tout
musulman de la faire comme étant un acte surrégatoire grâce auquel
ses péchés lui seront pardonnés.
«Peut-être obtiendras-tu ainsi an rang privilégié dans la vie future».
C'est à dire: acquitte-toi de ce que Je t'ai ordonné de faire afin que tu
sois ressucité dans un état glorieux dont chaque homme t'en louera.
Ibn Jarir a ajouté: Ce poste glorieux dont jouira Muhammad -qu'Allah
le bénisse et le salue- au jour de la résurrection sera l'intercession en
faveur des hommes afin qu'elle mettra fin à ce qu'ils éprouveront de la
frayeur en ce jour-là.
A ce propos Hudzaifa a dit: Les hommes seront rassemblés sur
un même tertre où ils pourront voir et entendre tout ce qu'il se
produira. Ils seront nus et nu-pieds comme Dieu les a créés, debout
où personne ne lui sera permis de parler sauf à qui Dieu donnera
67
l'autorisation. Une voix criera: «O Muhammad!» Il répondra: «Me voilà
répondant à Ton appel, tout le bien est entre Tes mains et le mal n'est
pas de Tes habitudes. Il est bien dirigé celui que Tu auras dirigé. Me
voilà comme un serviteur devant Toi. Il n'y a ni refuge ni abri contre
Toi qu'auprès de Toi. Que Tu sois béni et exalté ô Seigneur de la
Maison». Tel est le poste glorieux que Dieu à Lui la puissance et la
gloire a mentionné. Ce poste est l'intercession.
L'auteur de cet ouvrage a commenté: Ces égards au jour de la
résurrection seront réservés exclusivement à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, et ne seront pas partagés avec un
autre et nul n'aura de pareil. Il sera le premier ressuscité qui sortira du
sein de la terre et se dirigera sur une monture vers le lieu du
rassemblement. Tous les hommes seront sous son étendard même
Adam. A lui appartiendra le bassin où nulle autre place ne sera
bondée plus que lui. Il jouira de la grande intercession en assistant au
jugement des autres, et ceci aura lieu après que les hommes
demandent respectivement à Adam, Noé, Ibrahim, Moïse et Jésus
d'intercéder. Chacun de ces Prophètes s'écriera: «Je ne puis le faire»
pour différentes raisons. Quand les hommes viendront le demander à
Mouhammad il leur rassurera: «J'en suis le plus digne» comme nous
allons en parler plus loin.
Il intercédera en faveur des damnés qui seront destinés à l'Enfer
mais aussitôt ils en seront sauvés. Il sera la premier des Prophètes qui
tranchera les différends entre les hommes de sa communauté, le premier
à traverser le pont (Sirat) avec sa communauté,; le premier intercesseur
au Paradis, le premier avec sa communauté qui y entreront.
Il intercédera également en faveur des hommes pour être élevés
de degrés dont leurs œuvres ne pourraient les y faire parvenir. Il sera
le seul dans ce poste glorieux qui est le plus haut degré du Paradis et
le plus digne. Une fois le Seigneur commencera à accepter
l'intercession en faveur des rebelles pécheurs, Il débutera par celles
des anges, des Prophètes et des fidèles. Quant à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, il la fera pour une multitude de gens
dont Dieu seul puisse les dénombrer. Cette intercession n'aura
nullement une pareille.
68
En voici quelques hadiths relatif au poste glorieux:
1 - Ka'b Ben Malek rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Lorsque les hommes seront ressuscités au
jour du Rassemblement, je serai avec ma communauté sur une colline.
Dieu à Lui la puissance et la gloire m'habillera d'un manteau vert, puis
Il me permettera de dire ce qu'il voudra. Tel est le poste glorieux.
2 - D'après Abou Ad-Darda, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le*
salup- a dit: «Au jour de la résurrection, je serai le premier qui recevra
l'autorisation de me prosterner et qui relèvera la tête. Je regarderai alors
devant moi et reconnaîtrai ma communauté parmi les autres, ainsi derrière
moi, à ma droite et à ma gauche» Un homme demanda: «O Envoyé de Dieu,
comment reconnaitras-tu ta communauté parmi les autres depuis Noé jusqu'à
la tienne?» Il lui répondit: «Grâce aux marques dûes aux ablutions, nul ne
sera comme eux, et aussi parce qu'ils recevront leurs livres dans la main
droite et leurs postérités seront devant eux» (Rapporté par Ahmed) (1> .
3 - Abou Houraira -que Dieu l'agrée- a rapporté: «On avait apporté
à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de la viande, il prit
l'épaule, la partie qui lui était préférée, la mordit en prenant un morceau
par ses incisives, et dit: «Je serai le maître des hommes au jour de la
résurrection. Savez-vous pourquoi cela? Dieu rassemblera les premiers et les
derniers sur un seul niveau de la terre de sorte qu'un crieur les fera entendre et
la vue pourra les apercevoir tous. Le soleil s'approchera d'eux, et les gens
éprouveront de l'angoisse et de l'affliction ce qu'ils ne pourront plus supporter.
Les uns diront aux autres: «Ne voyez-vous pas dans quel état sommes-nous?
Ne pensez-vous pas charger quelqu'un afin d'intercéder auprès de votre
Seigneur en notre faveur?» Les autres répondront: «Allez voir Adam».
(1) (jtj t i*t»îJI syt^Jl* *i Jijj ^> Jjl Lift J_f-j JU tjli «Ijj-JI yrl Q»
69
Ils iront voir Adam -que Dieu le salue- et lui diront: «Tu es le père de
la race humaine, Dieu t'a créé de Sa main. Il t'a insufflé de Son esprit, et
Il a ordonné aux anges de s'agenouiller devant toi. Intercède pour nous
auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu pas en quel état sommes-nous et à quoi
nous sommes réduits?». Adam leur répondra: «Aujoudh'hui mon Seigneur
éprouve une colère telle qu'il n'en a jamais eue de pareille auparavant et II
n'en aura plus jamais de semblable à l'avenir. Il m'a ordonné de ne plus
manger de l'arbre (interdit) et je Lui ai désobéi. C'est mon âme que je
doive sauver d'abord, allez chez un autre que moi. Allez voir Noé».
*
Ils iront chez Noé et lui diront: «O Noé! Tu es le premier Prophète
que Dieu a envoyé vers les habitants de la terre. Il t'a appelé «le serviteur
reconnaisant». Intercède pour nous auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu pas
en quel état sommes-nous?» Il leur répondra: «Mon Seigneur éprouve
aujourd'hui une colère telle qu'il n'en a jamais eue de pareille auparavant,
et II n'en aura plus jamais de semblable à l'avenir. J'avais (le mérite)
d'une invocation que je m'en suis servie contre ma communauté. C'est mon
âme que je doive sauver d'abord. Allez trouver un autre que moi. Allez voir
Ibrahim».
Ils iront voir Ibrahim et lui diront: «O Ibrahim! Tu es le Prophète de
Dieu et Son ami qu'il a choisi de préférence aux habitants de la terre.
Intercède pour nous auprès de votre Seigneur. Ne vois-tu pas en quel état
sommes-nous?» Il leur répondra: «Mon Seigneur éprouve aujourd'hui une
colère qu'il n'en a jamais eue de pareille auparavant et qu'il n'en aura plus
jamais de semblable à l'avenir. J'avais forgé trois mensonges[ (1) ]. C'est
mon âme que je doive sauver d'abord. Allez chez un autre que moi, allez
chez Moïse».
Ces hommes iront trouver Moïse et lui diront: «O Moi'se! Tu es
(1) Les trois mensonges d'Ibrahim sont les suivants:
A - En disant: «Oui, je suis malade» en regardant attentivement les étoiles.
B - Après avoir détruit" les idoles et accroché la pioche au cou de la plus
grande d'elles, il a répondu aux polythéistes: «C'est la plus grande d'entre
elles qui a fait cela» .
C - Quand il a dit à sa femme Sarah: «Dis à Pharaon que je suis ton frère, il
voulait dire son frère en religion. (Le traducteur).
70
l'Envoyé de Dieu. Il t'a choisi de préférence à tous les hommes pour que tu
transmettes Ses messages et Sa parole. Intercède pour nous auprès de ton
Seigneur. Ne vois-tu pas en quel état sommes-nous?». Il leur répondra:
«Mon Seigneur éprouve aujourd'hui une colère telle qu'il n'en a eue de
pareille auparavant et qu'il n'en aura plus jamais de semblable à l'avenir.
J'ai tué un homme qu'on ne m'a pas ordonné de tuer. C'est mon âme que je
doive sauver d'abord; allez chez un autre que moi, allez chez Jésus».
Ils iront voir Jésus et lui diront: «O Jésus! Tu es l'Envoyé de Dieu et Sa
Phrole qu'il a jetée en Marie, et un esprit émanant de Lui. Tu as parlé aux
gens dès le berceau. Intercède pour nous auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu
pas en quel état sommes-nous?» Jésus leur répondra: «Mon Seigneur
éprouve aujourd'hui une colère telle qu'il n'en a eue de pareille auparavant et
qu'il n'en aura plus jamais de semblable à l'avenir; sans mentionner aucun
péché. «C'est mon âme que je doive sauver d'abord. Allez chez un autre que
moi, allez chez Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-».
A la fin ils iront trouver Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-
et lui diront: «O Mouhammad! Tu es l'Envoyé de Dieu et le dernier des
Prophètes. Dieu t'a pardonné tes fautes antérieures et futures. Intercède
pour nous auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu pas en quel état sommes-
nous?» Je partirai, et arrivé sous le Trône, je me prosternerai devant mon
Seigneur à Lui la puissance et la gloire. Dieu m 'apprendra des formules de
louange et de compliment qu'il n'a apprises à aucun d'autres avant moi,
puis on me dira: «O Mouhammad! Relève la tête. Demande, tu obtiendras;
intercède et tu seras exaucé». Alors je relèverai la tête et dirai: «Seigneur!
Ma communauté! Seigneur! Ma communauté». On me répondra: «O
Mouhammad! fais entrer par la porte droite, une des portes du Paradis,
ceux qui n 'ont pas un compte à régler. Ils seront les associés de ceux qui
entreront par les autres portes». Il ajouta: «Par celui qui tient mon âme en
Sa main, la distance qui sépare les deux vantaux d'une porte du Paradis
est égale à celle qui sépare La Mecque de Hajar, ou celle qui sépare La
Mecque de Basra» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmed) (l> .
71
CL
' P
wa qui rabbi 'adhilnî mudhala sidqin wa 'ahrijnî muhraja sidqin wa-j'al
lî mi-l-ladunka sultânan nasîran (80) wa qui ja 'a-l-haqqu wa zahaqa-1-
bâtilu 'inna-l-bâtila kâna zahûqan (81).
Djs: Seigneur, fais que je commence et que je termine toute chose
heureusement. Prête-moi un appui efficace. (80) Dis: Que la vérité
triomphe et que l'erreur disparaisse. L'erreur a une vie précaire. (81).
Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé lorsque Dieu avait
ordonné à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de sortir de
La Mecque et d'émigrer vers Médine. Et Qatada a ajouté: Le Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue- avait demandé au Seigneur une entrée
conforme à la justice, c'est à dire à Médine, et une sortie pareille de
La Mecque.
Quant à «l'appui efficace» Al-Hassan Al-Basri l'a commenté en
disant: «Dieu lui a promis de s'emparer des trésors et des royaumes
de la Perse et des Romains».
Mais le commentaire de Qatada était quasi différent en disant:
Lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sut que cela ne
sera réalisé qu'avec une certaine autorité, il demanda au Seigneur un
secoureur au Livre de Dieu, à ses peines prescrites et à Ses
obligations afin d'établir Sa Religion, car un tel secoureur serait une
miséricorde divine, étant donné que s'il n'y avait pas ce secoureur les
hommes auraient attaqué et dévoré les uns les autres.
Ibn Jarir, quant à lui, a précisé qu'il doit y avoir un certain pouvoir
avec la présence de la loi. On a dit dans une certaine tradition: «La
force met fin à ce que le Coran -seul- ne pourra le faire». Donc pour
empêcher les gens de commettre les turpitudes et les péchés, malgré
l'application des enseignements du Coran, il faut qu'une certaine force
coercitive existe pour appliquer la loi.
«Dis: Que la vérité triomphe et que l'erreur disparaisse» C'est un
avertissement et une menace lancés contre les idolâtres de Qoraïch
73
qui devaient connaître enfin que la vérité est venue de Dieu sans
aucun doute qu'on trouve dans le Coran et le Messager du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-, comme il y en a aussi la science
nécessaire et utile aux gens. L'erreur doit disparaître à jamais et qui
est représentée par l'adoration des idoles. A cet égard Abdullah Ben
Mass'oud raconte: «Quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
entra à La Mecque (après sa conquête), il y avait autour de la Maison
360 pierres dressées et idoles. Il les fit tomber l'une après l'autre à
l'aide d'un bâton qu'il tenait à la main et disait: «La vérité est venue;
l'erreur a disparu, l'erreur doit disparaître. La vérité est venue: ce qui est
faux ne peut donner un commencement à rien, ni rien renouveler» (-
Rapporté par Boukhari, Mouslim Tirmidhi et Nassaï) <1) .
wa nunazzilu mina-l-Qur'â^ni mâ huwa sifâ"un wa rahmatu-l-li-1-
mu'minîna walâ yaridu-z-zâlimîna 'illâ hasâran (82).
Ce Coran apporte soulagement et bénédiction aux fidèles. Il ne fera
qu'accentuer la ruine des méchants. (82).
Ce livre que le Seigneur a révélé à Mouhammad -qu'Allah le
bénisse et le salue- est à la fois guérison et miséricorde. Il est une
guérison car il purifie les cœurs du doute, de l'hypocrisie, de
l'aberration et du détournement de Dieu. En tant que miséricorde, il
procure la foi, la sagesse, le vouloir du bien... Nul ne peut acquérir de
telles faveurs qu'en suivant ses enseignements et prescriptions. Quant
à l'infidèle il est bien loin de tout cela. En entendant la récitation du
Coran, il ne fait que de s'écarter de plus en plus du droit chemin car
l'incrédule de par sa nature n'a plus l'intention d'être dirigé. Dieu a dit:
74
(La sourate) a augmenté la foi de tous les vrais croyants, qui s'en
réjouissent. Quant aux cœurs infirmes, elle n'a fait qu'augmenter leur
acrimonie. Et au moment de la mort, ils sont encore infidèles» [Coran IX,
124-125]. Donc l'infidèle qui ne récite pas le Coran, ni le retient, ni
médite sur le sens de ses versets, n'en tire aucun profit et cela est
toujours à son détriment. C'est pourquoi le Coran accroit la perte de
prévaricateurs.
t
wa 'idâ~ 'an'amnâ 'alâ-l-'insâ*ni 'a'rada wa na'a bijânibihî wa 'idâ
massahu-s-sarru kâna ya'ûsan (83) qui kullun ya'malu 'alâ sâkilatihî
farabbukum 'a'iamu biman huwa 'ahdâ sabîlan (84).
Accordons-nous nos bienfaits à l'homme? il se détourne et s'éloigne de
nous. Le mal Feffleure-t-il? le voilà qui se désespère. (83). Dis: Que chacun
agisse à sa guise mais votre Seigneur distingue mieux que personne ceux
qui sont dans la voie droite. (84).
L'homme est de par sa nature plein de défauts à moins que Dieu
l'en purifie. Il montre son comportement dans l'aisance et dans la gêne:
Quand II le comble de bienfaits, de la bonne santé, de son secours et lui
donne le pouvoir, obtenant ainsi tout ce qu'il désire, le voilà cet homme
qui se montre ingrat en se détournant de l'adoration du Seigneur et
s'éloigne de Lui. Mais quand un malheur le touche, il est désespéré
comme n'attendant à aucun bienfait à l'avenir et ne pouvant récupérer
quoi que ce soit de ce qu'il aura perdu. Ces versets affirment le
comportement de l'homme: «Si nous accordons à l'homme notre
bénédiction et que nous la lui retirions, le voilà en proie au désespoir et au
ressentiment le plus vif. (9) Le faisons-nous bénéficier d'un bienfait après une
période d'adversité, il s'écrie: «Enfin, c'en est fini de mes malheurs». Car, il
est inconséquent et prompt à s'enorgueillir» [Coran XI, 9-10].
Dieu enfin, selon les dires des exégètes, met en garde les
idolâtres et infidèles «Que chacun agisse à sa guise», libre à eux qu'ils
fassen. ce qu'ils veulent car Dieu connait parfaitement ceux qui sont
75
dirigés vers la voie droite et ceux qui s'en écartent, car en fin de
compte, chacun sera rétribué selon ses œuvres.
wa yas'alûnaka 'ani-r-rûhi quli-r-rûhu min 'amri rabbî wamîf 'ûtîtum
min-l-'ilmi 'illâ qalîlan (85).
Ils t'interrogent sir l'âme Dis: L'âme est le secret d'Allah. Il ne vous
a livré que bien peu de connaissances. (85).
Abdullah Ben Mass'oud -que Dieu l'agrée- raconte: «Je marchais
avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, dans une
terre cultivée à Médine, qui s'appuyait sur une queue de palmier sans
feuilles quand nous passâmes auprès d'une foule de juifs. Les uns
d'entre eux dirent aux autres: «Interrogeons-le sur l'âme?». Les autres
ripostèrent: «Non, ne l'interrogez pas». Ils se décidèrent enfin à
l'interroger. On lui dit: «O Mouhammad! Qu'est-ce que l'âme?» Le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'appuyait toujours sur son
bâton, sans leur répondre, je me suis dit alors: «Peut-être il reçoit une
révélation. En effet, il leur récita ce verset: «Ils t'interrogent sur l'âme.
Dis: «L'âme est le secret d'Allah. Il ne vous a livré que bien peu de
connaissances». Alors ceux qui s'opposaient à l'interrogation blâmèrent
les autres: «Ne vous a-t-on pas interdit de le questionner?».
Cet événement montre que ce verset fut révélé à Médine où les
juifs vivaient, bien que la sourate, dans l'ensemble, fut descendue à La
Mecque. A ceux qui en doutaient, quelques exégètes ont répondu: Il
se peut que cela lui a été révélé deux fois, une à La Mecque et une à
Médine, ou bien Dieu lui a révélé ce verset afin de répondre aux juifs.
Ce qui confirme aussi que ce verset fut révélé à la Mecque est ce
hadith rapporté par Ibn Abbas: «Les Qoraïchites avaient dit aux juifs:
«Proposez-nous un sujet sur lequel on interroge cet homme (le
Prophète)» - Interogez-le sur l'âme, avaient-ils répondu. Alors ce
verset fut révélé, et les juifs de dire: «Nous avons obtenu tant de
connaissances, nous avons reçu le Pentateuque et celui auquel le
76
Pentateuque a été donné bénéficie d'un grand bien. Le Seigneur fit
descendre à la suite ce verset: «Dis: Si l'eau de la mer était muée en
encre pour écrire les paroles de mon Seigneur, elle se tarirait avant de les
avoir toutes écrites...» [Coran XVIII, 109].
Dans un autre hadith rapporté par Ibn Jarir d'après Ikrima, Dieu
aurait descendu ce verset en réponse aux juifs: «Quand bien même tous
les arbres de la terre se changeraient en roseaux pour écrire, quand bien
mênfe l'océan serait un océan d'encre où conflueraient sept autres océans,
qu'Allah aurait encore à écrire» [Coran XXXI, 27].
Que ce soit i'un ou l'autre la réponse fut très claire, bien que
d'autres ulémas avaient avancé plusieurs interprétations mais elle
étaient presque toutes les mêmes.
Qu'est-ce que l'âme?
Un sujet qui a créé des divergences dans les opinions. Nous nous
limitons à ce que Ibn Abbas a dit: Les juifs ont demandé au Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-: «Parle-nous de l'âme et comment elle
peut être torturée alors qu'elle se trouve encore dans le corps?»
Gabriel descendit avec ce verset: «Ils t'interrogent sur l'âme...» Ayant
communiqué cette réponse aux juifs, ils s'écrièrent: «Qui te l'a
apportée?» - C'est l'ange Gabriel, répliqua le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue-, qui m'est venu de la part du Seigneur. Ils
ripostèrent: «Par Dieu, c'est notre ennemi qui te l'a comnmuniquée»
Alors Dieu fit cette révélation: «Dis à qui se déclare l'adversaire de
Gabriel que c'est lui qui, d'ordre d'Allah, a déposé dans ton cœur le Livre
qui confirme les Ecritures Saintes...» [Coran II, 97].
«Dis: L'âme est le secret d'Allah» elle est Son affaire. Il s'est
approprié de cette science sans vous faire connaître aucune partie
d'elle. Et de toutes les branches de la science, Il ne vous a donné que
le peu. Nul n'embrasse de Sa science que ce qu'il veut. Donc l'âme -
ou l'esprit- procède du commandement de Dieu.
«Il ne vous a livré que bien peu de connaissances». En le
commentant, As-Souhayli a dit que le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- n'a pas répondu aux juifs à cause de leur obstination. Puis
As-Souhayli a ajouté: Les savants ont confondu entre l'âme et l'esprit
77
et certains ont affirmé que les deux sont les mêmes. Il a déduit enfin
que l'âme est une substance subtile tel le vent, qui circule dans le
corps comme l'eau dans les racines et les branches d'un arbre.
Et l'auteur de préciser: L'esprit est à la base de l'âme et sa
matière constitutive et c'est cette dernière qui est incorporée au corps
humain. C'est Dieu qui est le plus savant.
»
wa la'in Si'nâ lanadhabanna bi-l-ladT 'awhayna 'ilayka tumma lâ tajidu
laka bihî 'alaynâ wakîlan (86) 'illâ rahmatam-mir-rabbika 'inna fadlahû
kâna 'alayka kabîran (87) qui la 'ini-jtama'ati-l-'insu wa-l-jinnu 'ala 'ay-
ya'tû bimitli hâd â-l-Qur'â ni lâ ya'tûna bimitlihî walaw kâna ba'duhum
liba'din zahîran (88) walaqad sarrafnâ li-n-nâsi fi hâd â-l-Qur'â ni min
kulli matalin fa'aba 'aktaru-n-nâsi 'illâ kufûran (89).
Si nous le roulions, nous retirerions ce que nous t'avons révélé. Et tu
n'aurais personne pour te défendre. (86) Si Allah s'en abstient, c'est pure
grâce de sa part. Sa grâce pour toi est, en effet, sans limites. (87). Dis: Les
hommes et les génies auraient beau se concerter respectivement pour
produire un pareil Coran, qu'ils n'y parviendraient pas. S'associeraient-ils
même? qu'ils ne le pourraient pas non plus. (8) Nous avons eu beau
multiplier les exemples dans ce Coran, la plupart des hommes sont
demeurés incrédules. (89).
Dieu rappelle Ses grâces à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- dont le Coran, ce Livre glorieux, où l'erreur ne s'y glisse de
nulle part car c'est une révélation d'un Seigneur sage et digne de
louanges.
Ce Coran, étant un grand miracle, Dieu affirme que si les hommes
78
et les génies s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à
lui, ils seraient incapables de le faire et leur tâche s'avérerait
impossible et irréalisable. Les paroles divines sont tout à fait
différentes de celles des hommes.
Dieu a présenté dans ce Livre toutes sortes d'exemples, ainsi que
les preuves évidentes et irréfutables, Il a montré toute claire la vérité,
mais^malheureusement, «la plupart des hommes sont demeurés
incrédules». Ils ont méconnu tous les droits et repoussé la vérité.
wa qâlû lan nu'mina laka hattâ tafjura lanâ mina-l-'ardi yambû'an (90)
'aw takûna laka jannatum-min nahîlin wa 'inabin fatujjira-l-'anhâra
hilâlahâ tafjîran (91) 'aw tusqita-s-sama 'a kamâ za'amta 'alaynâ kisafan
'aw ta'tiya bi-L-Lâhi wa-l-malâ A 'ikati qabîlan (92) 'aw yakûna laka
baytum min zuhrufin 'aw tarqâ fî-s-sama 'i wa lan-nu'mina liruqiyyika
hattâ tunazzila 'alaynâ kitâbn naqra'uhû qui subhâna rabbî hal kuntu '-
illâ basara-r-rasûlan (93).
Ils disent: Nous ne t'accorderons notre confiance que le jour où tu
feras jaillir du sol une source. (90) Ou que, possédant toi-même un jardin
de plamiers et de vignes, tu y feras surgir de nombreux cours d'eau. (91)
Ou que, réalisant ta menace, tu détacheras sur nous un pan du ciel, ou que
tu pourras montrer à tes côtés Allah et les anges. (92) Ou que tu
posséderas un magnifique palais, ou que tu t'élèveras dans les cieux. Et
encore ne croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux
■n livre accessible à tous? Réponds-leur: Béni soit mon Seigneur! Suis-je
autre chose qu'un homme envoyé par Allah! (93).
Ibn Abbas raconte: «Outba et Chaïba les fils de Rabi'a, Abou
79
Soufian Ben Harb, Abou Al-Boukhtouri, Al-Walid Ben Al-Moughira,
Abou Jahl Ben Hicham, Abdullah Ben Abi Oumayya, Ben Khalaf et Al-
'As Ben Waël se sont réunis au crépuscule auprès du toit de la Ka'ba.
Les uns dirent aux autres: «Entretenez-vous avec Mouhammad,
disputez avec lui et effrontez-le afin qu'il sache que vous ne lui avez
laissé aucune excuse pour se défendre».
Ils lui envoyèrent un messager lui dire que les notables parmi ton
peuple veulent te parler. H répondit à leur invitation croyant qu'ils ont
commencé déjà à suivre le chemin de la vérité dont il était tellement
avide de les y mettre et trouvait pénible leur obstination. Arrivé chez
eux, ils lui dirent: «O Mouhammad! Nous voulons te parier afin que
plus tard nous serions excusés. Par Dieu, nous ne savions aucun
arabe qui a apporté à son peuple une telle offense: tu as injurié nos
pères, dénigré notre religion, effronté notre culte, insulté nos divinités
et semé la discorde entre les hommes. Tu ne nous a épargnés
d'aucun de tes méfaits. Si, par ton message, tu désires faire une
fortune, nous te donnerons tout ce que tu veux pour te rendre l'homme
le plus riche parmi nous. Si tu convoites le commandement et
l'honneur, nous ferons de toi notre chef. Si tu désires la royaué.nous te
couronnerons un roi. Enfin si ce que tu reçois (comme révélations et
visions) te provient du démon qui t'a rendu comme un possédé, nous
sommes prêts à dépenser la somme nécessaire pour te faire guérir,
qu'à la fin de tout cela nous serons excusés vis-à-vis de toi».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur
répondit: «Je ne suis pas un possédé. Par mon message je ne désire
ni un honneur, ni une fortune ni un pouvoir, et je n'ai jamais voulu être
couronné. Mais Dieu m'a envoyé comme un Prophète, m'a révélé le
Livre, m'a ordonné d'être pour vous en tant qu'un annonciateur et un
avertisseur. Je vous ai transmis les enseignements de mon Seigneur
et je vous ai prodigué tant de conseils. Si vous acceptez ce dont je
suis chargé de communiquer, ce sera votre part de la vie d'ici-bas et
celle de l'au-delà. Si vous le refusez, je me patiente jusqu'à ce que
Dieu tranche nos différends».
Ils répliquèrent: «O Mouhammad! Si tu rejettes notre proposition tu
connais mieux que quiconque que notre pays n'est pas tellement
80
vaste, que nous sommes des gens pauvres et notre vie est austère.
Invoque-nous Dieu qui t'a envoyé par ce message afin de déplacer ces
montagnes et ainsi notre pays deviendra plus étendu, de nous faire
jaillir des rivières comme celles qui se trouvent aux pays de Châm et
de l'Irak, qu'il ressuscite quelques-uns de nos morts et surtout Qassy
Ben Kalab car il était un homme sincère et véridique. Comme ça nous
aurons la certitude que ce que tu viens communiquer aux gens n'est
pas une erreur. Si nos morts une fois ressuscités croient en toi, nous
ferons de même et nous saurons ainsi le rang que tu occupes auprès
de Dieu, et tu es un vrai messager comme tu prétends».
Il leur dit: «Ce n'est pas pour ce but que j'ai été envoyé, sinon
pour vous transmettre le message dont je vous ai communiqué. Si
vous l'acceptez, ce sera votre part de bas monde et de la vie future, et
si vous le rejetez, je n'aurai qu'à me patienter jusqu'à ce que Dieu
tranche notre différend».
Ils lui demandèrent ensuite qu'un ange du ciel descende afin de
confirmer le message, et que Dieu lui donne de palais, de trésors et
de châteaux, comblés d'or et d'argent et que le ciel tombe en
morceaux sur eux, et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
leur donner la même réponse. Ils lui dirent enfin: «Ton Seigneur sait-il
que nous te tenons compagnie, ce que nous venons de te demander,
et peut-il venir te voir pour t'enseigner ce par quoi tu réponds à nos
demandes et te fera savoir ce qu'il va faire de nous si nous refusons
tes propositions? Or, sache ô Mouhammad, nous sommes bien au
courant qu'un homme à Yamama appelé Al-Rahman t'a enseigné tout
cela. Par Dieu nous ne croirons plus en Al-Rahman (Dieu le
Miséricordieux) et nous nous sommes excusés vis-à-vis de toi. Par
Dieu nous ne te laisserons plus agir à ta guise après ce que tu as fait
de nous ou nous avons fait de toi jusqu'à ce que l'un de nous
périsse».
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se leva pour les
quitter, Abdullah Ben Abi Oumayya Ben Al-Moughira, le fils de sa tante
'Atika Bint Abdul Muttaleb se leva à son tour, l'accompagna et essaya
de le dissuader: Ô Mouhammad, lui dit-il, tes concitoyens t'ont proposé
tant de choses qui te sont bénéfiques, puis ils t'ont demandé d'autres
81
choses pour savoir l'importance du rang que tu jouisses auprès de
Dieu, mais tu n'a répondu à aucune demande. Quant à moi, je ne
crois en toi que lorsque tu prends une échelle, que tu la montes
marche après marche alors que je te regarde faire pour monter au ciel
et m'apporter un feuillet déployé et que tu reviennes accompagné de
quatre anges pour témoigner de la véracité de ton message....
Les deux hommes se séparèrent et l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- entra chez lui triste, le cœur brisé car il attendait
autre chose de ses concitoyens au lieu de leur opiniâtreté et leurs
demandes illogiques. Il était convaincu que si Dieu était sûr de leurs
conversion, Il l'aurait exaucé s'il lui avait demandé de réaliser leurs
vœux. Mais le Seigneur savait qu'ils n'ont proposé ces demandes que
par obstination et incrédulité. Une voix céleste dit aux Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Si tu veux, j'exauce leurs
demandes mais s'ils persistent dans leur obstination, je leur infligerai
un châtiment dont je n'ai encore châtié personne dans l'univers. Et si
tu veux, je leur ouvrirai les portes de la miséricorde et du repentir». Et
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre: Plutôt les
portes de la miséricorde et du repentir.
«... où tu feras jaillir du sol une source» qui sera comme une rivière
qui coule en Hijaz et en d'autres régions, et ce fut une de leur
demande qui, si elle était exaucée, ils ne seraient que des incrédules
obstinés car Dieu savait mieux que quiconque ce qu'ils couvaient dans
leur for intérieur. D'ailleurs II l'a montré dans d'autres versets quand II
a dit: «Ceux qui ont encouru la colère de ton Maître ne croiront, quels que
soient les signes qui leur parviendront, que lorsqu'ils éprouveront les
tortures de leur châtiment» [Coran X, 96-97].
Ils ont demandé aussi: «Ou que, réalisant ta menace, tu détacheras
sur nous un pan du ciel». Tu nous a dit qu'au jour de la résurrection le
ciel se fendillera et ses extrémités envelopperont le bas monde; si tu
es sincère, demande à ton Seigneur de hâter ce phénomène. Ils ont
avancé la même demande du peuple de Chou'aïb quand iis lui ont dit:
«Fais tomber sur nous un pan de ciel si tu dis la vérité» [Coran XXVI,
187]. Dieu les a punis par le jour de l'ombre et les a anéantis.
82
Mais le Prophète de la miséricorde avait une attitude toute
différente. Il demanda à son Maître d'accorder un répit à ces idolâtres,
peut-être de leurs reins naîtront des gens qui n'associeront rien à Dieu.
Et ce fut fait. En effet, parmi ces hommes-là, il y a eu ceux qui se sont
convertis et devenus des musulmans fervents même Abdullah Ben
Oumayya qui avait accompagné le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- pour le dissuader....
»
«Ou que tu posséderais un magnifique palais» Ibn Abbas et
Moujahed ont précisé qu'il soit fait en or. «Ou que tu t'élèveras dans les
deux» sur une échelle et nous te regarderons faire. «Et encore ne
croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux un livre
accessible à nous». Moujahed l'a commenté en disant: «A chacun de
nous un livre où son nom est mentionné intitulé ainsi: Voilà un livre de
Dieu à un tel..
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur répondre
avec toute compassion: «Béni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose
qu'un homme envoyé par Allah?» Gloire à Lui et que Son nom soit
sanctifié! Que nul n'ose demander une chose qui émane de Son
pouvoir et de sa science, comment peut-on exiger une telle chose
alors que c'est Lui qui fait ce qu'il veut! Quant à moi, je ne suis qu'un
homme envoyé par Lui pour vous transmettre Son message et ses
enseignements, pour vous prodiguer de bons conseils et pour vous
ordonner de suivre ce qu'il vous a prescrit.
A ce propos Abou Oumama a rapporté que le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Mon Seigneur m'a proposé de réduire le
désert de la Mecque en or, je Lui répondis: «Non, Seigneur, je préfère me
rassasier un jour et crever de faim un autre. Car lorsque j'aurai faim, je
T'implorerai et Te mentionnerai, et lorsque je me rassasierai, je Te louerai
et Te remercierai.» (Rapporté par Ahmed et TrimdiM) <1> .
83
wamâ mana'a-n-nâsa 'an yu'mjnîî 'id jâ A 'ahumu-l-huâ A 'illâ" 'an qâlîî
'aba'at a^L-Lâhu basara-r-rasûlan (94) qui law kâna fî-l-'ardi
mala'ikatun yamsûna mutma'innîna lanazzalnâ 'alayhim mina-s-samï 'i
malaka-r-rasûlan (95).
C'est là ce qui a empêché les hommes de croire quand la bonne voie
leur a été indiquée. Est-ce convenable, ont-ils dit, qu'Allah ait envoyé un
homme pour le représenter?. (94) Dis: Si la terre était peuplée de tendres
séraphins, c'est un séraphin que j'y aurais envoyé comme Prophète. (95).
Ce qui a empêché la plupart des hommes de croire aux Prophètes
et de les suivre, fut leur étonnement: Comment des hommes comme
eux sont des envoyés par Dieu?. Dieu n'a-t-ll pas dit ailleurs: «Qu'y a-
t-il d'étonnant à ce que nous ayons donné mission à l'un d'entre vous
d'avertir ses semblables» [Coran X, 2], et aussi: «Car, lorsque les
Prophètes vinrent à eux avec des signes évidents, ils les accueillirent par ces
mots: «Comment, un homme comme nous nous indiquait la bonne voie?» [-
Coran LXIVV, 6] ou bien encore comme Pharaon et sa cour ont dit:
«Allons-nous croire, dirent-ils, à deux hommes comme nous et dont le
peuple nous est asservi?» [Coran XXIII, 47].
Dieu a répondu à ces gens-là et à ceux qui leur ont précédés
parmi les autres peuples, que, de par Sa miséricorde, Sa générosité et
Sa compassion envers eux, Il n'a envoyé que des hommes afin qu'ils
s'instruisent et comprennent ce qu'ils ont apporté. S'il leur avait envoyé
des anges, ils seraient incapables de les accueillir et de concevoir ce
qu'ils leur auraient rapporté. Dieu n'a-t-ll pas montré cela clairement
quand II dit: «C'est ainsi que nous vous avons envoyé un Prophète, élu
parmi vous, qui vous lit nos enseignements, qui vous purifie, qui vous
apprend le Livre et la Sagesse et qui vous divulgue ce que vous ne savez
Dans cette sourate, Dieu leur répond que s'il y avait sur la terre
84
des anges qui marchent en paix, nous aurions certainement fait
descendre du ciel, sur ces gens-là, un ange comme Prophète. Donc
Dieu n'envoie à Ses créatures que des créatures de la même nature et
qui leur sont semblables.
qui kafâ bi-L-Lâhi sahîdam baynî wa baynakum 'innahû kâna bi 'ibâdihî
hibîram basîran (96).
Dis: Allah est un témoin suffisant entre vous et moi. Il lit dans les
âmes de ses serviteurs et H les connaît» (96).
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
répondre aux idolâtres: Dieu suffit comme témoin entre vous et moi.
Ce que je vous rapporte n'est que la vérité venue de Lui et c'est bien
Lui qui est témoin de la véracité du message. Si je mentais, Il m'aurait
infligé un châtiment douloureux et se serait vengé de moi.
Le Seigneur connait parfaitement Ses sujets: ceux qui méritent
d'être dirigés et ceux dont leur situation est désespérée et qui méritent
par la suite le mauvais sort, l'égarement et l'aberration, comme II le
montre dans le verset suivant.
wa may-yahdi-L-Lâhu fahuwa-l-muhtadi wa may yudlil falan tajida
lahum 'awliya"a min dûnihî wa nahsuruhum yawma-l-qiyâmati 'alâ
wujûhihim 'umyan wa bukman wa summam ma'wâhum jahannamu
kullamâ habat zidnâhum sa'îran (97).
Seul, celui qu'Allah guide peut prétendre être dans la bonne voie. Celui
qu'il égare ne peut, plus trouver d'autre protection que Lui. Au jour de la
résurrection, nous réunirons tous les égarés, face contre terre, aveugles,
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sourds et muets. L'enfer sera leur séjour. A peine le feu baissera-t-il, qu'il
sera ranimé. (97).
Dieu traite Ses serviteurs comme II veut et nul ne s'oppose à ses
décrets. Il égare qui II veut et dirige qui II veut, et tu ne trouveras pas "
de maître pour celui qu'il égare.
«Au jour de la résurrection, nous réunirons tous les égarés, face contre
terre». A ce propos Anas, rapporte qu'on demanda: «O Envoyé de
Dieu, comment seront-ils traînés sur leurs visages?» Il répondit: «Celui
qui les a fait marcher sur leurs pieds, serait-ll incapable de les traîner
sur leurs visages?».
Toujours dans ce sens, Abou Dzarr harangua son peuple: «O Bani
Ghifar! Parlez mais sans trop jurer. L'homme (le Prophète) qui est
digne de confiance et le véridique m'a dit que les hommes, au jour du
Jugement Dernier, seront rassemblés vêtus, ceux qui marcheront avec
un grand effort enfin ceux que les anges les traîneront sur leurs
visages pour les précipiter en enfer».
«.. aveugles, sourds et muets» ils ne verront rien, ne proférant aucun
mort et n'entendront rien, pour prix de leur impiété. Dans le bas monde
ils n'ont voulu rien comprendre de la vérité et seront ainsi dans leur
rassemblement. Leur ultime séjour sera la Géhenne qui, chaque fois
que le feu s'éteindra, il sera ranimé et attisé et les flammes brûlantes
les envelopperont de toutes parts, et on leur dira: goûtez donc! Nous
n'augmenterons, à votre intention, que le châtiment.
dâlika jaza 'uhum bi'annahum kafarû bi 'a yâtinâ wa qâlû 'a'idâ kunnâ
'izâman wa rufâtan 'a'innâ lamab'ûtûna halqan jadîdan (98) 'awa lam
yaraw 'anna-L-Lâha-1-1 dî halaqa-s-samâwâti wa-l-'arda qâdirun 'ala 'ay-
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yahluqa mitlahum wa ja'ala lahum ajala-l-lâ rayba fîhi fa'abâ-z-zâlimûna
'illâ kufûran (99).
Tel sera leur châtiment pour avoir rejeté nos preuves et avoir dit:
«Est-ce possible qu'une fois réduits à un amas d'os et de poussière, nous
puissions être rappelés à une nouvelle vie?» (98) Quoi d'étonnnant à ce que
le créateur des cieux et de la terre puisse faire renaître les hommes! Le
jour de la résurrection est irrévocablement fixé, les méchants ne croient à
rien si ce n'est à leur incrédulité. (99).
Dieu a frappé ceux qui ont nié Ses signes par la cécité, le
mutisme et la surdité comme prix de leur incrédulité. Ils ont renié aussi
la résurrection en s'exclamant: Quand nous serons ossements et
poussière, serons-nous ressuscités en une nouvelle création?. Dieu
leur répondit en leur rappelant qu'il est le créateur des cieux et de la
terre. C'est lui qui donne un commencement à la création puis II la
renouvellera. Cela Lui est facile. Que les impies sachent que «la
création des cieux et de la terre est une œuvre autrement considérable que
celle du genre humain» [Coran XL, 57]. Ces gens-là «ne voient-ils pas
qu'Allah qui a créé sans la moindre peine le ciel et la terre est à plus forte
raison capable de ressusciter les morts? Il est tout-puissant» [Coran XLVI,
3].
Au jour de la résurrection les âmes seront rendues aux corps et
ce sera pour les hommes une autre création tout comme II les a créés
pour la première fois. Il a fixé à cette résurrection un terme qui aura
lieu sans aucun doute. Mais «les méchants ne croient à rien si ce n'est à
leur incrédulité» à cause de leur obstination et leur égarement.
qui law 'antum tamlikûna haza 'ina rahmati rabbT 'ida-l-la 'amsaktum
hasyata-l-'infâqi wa kâna-l-'insânu qatûran (100).
Dis: Quand bien même vous disposeriez des trésors de la miséricorde
divine, que vous hésiteriez à être charitables. L'homme est foncièrement
avare. (100).
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Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
dire aux hommes: Si vous étiez les maîtres des trésors de la
miséricorde de mon Seigneur, vous les serreriez certes de peur de les
dépenser, bien que ces trésors sont inépuisables. L'homme est de par
sa nature avare et parcimonieux. Dieu en a parlé ailleurs en disant:
«Viendraient-ils à acquérir un peu de pouvoir qu'ils ne donneraient même
pas une pelure de datte» [Coran IV, 53]. Dieu décrit l'homme comme
étant un être avare, timide et versatile: «L'homme est inconstant de
nature. Accablé quand un mal l'atteint. La fortune le rend égoïste. Seuls
font exception les gens pieux» [Coran LXX, 19-22].
Quant au Seigneur, Il est de nature tout à faire différente: Il est le
Généreux par excellence. A ce égard il est cité dans les deux Sahihs
que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La main
de Dieu est pleine, aucune dépense, durât-elle nuit et jour, ne saurait
l'épuiser. Voyez ce que Dieu a dépensé depuis qu'il a créé les deux et la
terre, et cependant ce qu'il a dans Sa main ne s'est pas épuisé» (Rapporté
par Boukhari et Mouslim) (1> .
wa laqad 'à*taynâ Mûsâ tis'a yâtim bayyinâtin fas'al banf 'Isrâ'îla 'id
ja"ahum faqâla lahû Fir'awnu 'innî la'azunnkua yâ Mûsâ mashûran
(101) qâla laqad 'alimta ma'anzala hï'ûla y'i 'illâ rabbu-s-samâwâti wa-
l-'ardi basâ A 'ira wa 'innî la 'azunnuka yâ Fir'awnu matbûran (102)
fa'arâda 'ay-yastafizzahum mina-l-'ardi fa'agraqnâhu wamam-ma'ahû
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jamî'an (103) wa qulnâ mim ba'dihî libarif 'Isra 'îla-skunû-l-'arda fa'idâ
jîî'a wa'du-1- 'ïhirati ji'nâ bikum lafîfan (104)
Nous avons fourni à Moïse neuf preuves indiscutables. Interroge à ce
sujet les fils d'Israël. Lorsque Moïse se présenta à Pharaon, celui-ci
l'accueillit par ces mots: «Tu as l'air d'un halluciné» (101). Tu sais bien
Pharaon, répondit Moïse, que des preuves aussi évidentes ne peuvent
émaner que du Maître des cieux et de la terre. Je crois ta perte
irrémédiable. (102) Pharaon voulut chasser les enfants d'Israël du pays.
Nous l'engloutîmes sous les eaux, ainsi que ses partisans. (103) Nous dîmes
aux enfants d'Israël: «Fixez-vous dans ce pays. Lorsque viendra le jour du
jugement dernier, nous vous rassemblerons tous» (104).
En envoyant Moïse à Pharaon, Dieu l'avait appuyé par neuf
signes manifestes et indiscutables qui témoignent de sa prophétie.
D'après les exégètes, ils sont: le bâton, la main, les années de disette,
le déluge, les sauterelles, les vermines, les grenouilles, le sang et le
fendillement de la mer. Mais les gens incrédules, Pharaon et son
peuple, «s'obstinèrent dans leur superbe, étant de l'engeance des rebelles»
[Coran VII, 133]. Malgré qu'ils ont vu de leurs propres yeux tous ces
signes se produire devant eux.
Dieu fait connaître à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
que, comme le peuple de Pharaon qui persévéra dans l'incrédulité, si
nous avions répondu aux exigences de ceux qui t'ont demandé entre
autres choses de faire jaillir de la terre une source, ils n'auraient
jamais cru à moins que Dieu ne le veuille.
Pharaon n'a fait que de répondre à Moïse: «Tu as l'air d'un
halluciné» ensorcelé, ou, suivant une autre interprétation: Tu n'es qu'un
sorcier.
Nous avons déjà parlé de quelques signes en commentant la
sourate de l'A'raf, et nous allons en parler en commentant la sourate
des fourmis, à savoir que Moïse avait reçu d'autres signes tels que la
manne et les cailles, le rocher duquel il faisait jaillir douze sources
d'eau, le nuage qui ombrageait les fils d'Israël... et ceci après leur
sortie de l'Egypte. Les signes cités dans les versets sus-mentionnés
furent ceux qu'avaient vus Pharaon et son peuple les Egyptiens. Ils
furent des arguments contre eux, car ils les ont reniés malgré tout.
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Moïse, en présentant les signes à Pharaon, le menaça de sa
perte en lui affirmant que tout ce qu'il en a vu ne peut émaner que du
Maître des cieux et de la terre. Quelle fut la réaction de Pharaon? Il «-
voulut chasser les enfants d'Israël du pays. Nous l'engloutîmes sous les
eaux, ainsi que ses partisans». Dieu a donné ensuite en héritage aux fils
d'Israël qui avaient été opprimés, les contrées orientales et
occidentales de la terre, ainsi que tout ce qui appartenait aux
Pharaons comme pays, biens, récoltes etc.. Ainsi Dieu a donné à
Mouhammad -qu'Allah le Bénisse et le salue- La Mecque en héritage
qu'il pénétra et conquit par la force en soumettant ses habitants qui
l'avaient forcé à quitter cette ville bénie. Puis il les libéra de par sa
générosité et sa clémence.
wa bi-l-haqqi 'anzalnâhu wa bi-l-haqqi nazala wamâ* 'arsalnâka 'illâ
mubassiran wa nadîran (105) wa Qur'anan faraqnâhu litaqra'ahû 'alâ-n-
nâsi 'alâ muktin wa nazzalnâhu tanzîlan (106).
Ce n'est pas en vain que nous avons envoyé ce Coran. Il est
l'expression de la vérité. Pour toi, ta mission se borne à annoncer et à
avertir. (105) Nous avons révélé le Livre verset par verset pour que tu les
récites au fur et à mesure. Notre révélation est indiscutable. (106).
Dieu a fait descendre le Coran avec la vérité, et il est descendu
avec la vérité, c'est à dire renfermant tout la vérité. Il a dit ailleurs: «-
Allah est témoin Lui-même de ce qu'il a révélé. Il te l'a révélé avec
intention. Et les anges en témoignent» [Coran IV, 166]. Il contient tous les
enseignements que Dieu a voulu que les hommes les sachent, s'agit-il
des prescriptions, des sentences, des interdictions... Ce Livre est
gardé et préservé contre toute altération ou modification et ne subira ni
rajout ni soustraction. Ce Coran l'a fait descendre l'ange fort et
puissant, obéi autant que fidèle.
Quant à toi ô Mouhammad, Nous ne t'avons envoyé que comme
un annonciateur à ceux qui auront cru en toi, et comme un avertisseur
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aux incrédules et rebelles. Telle est donc ta mission.
«Nos avons révélé le Livre verset par verset» c'est à dire fragmenté.
Il fut descendu de la «demeure de la puissance» au ciel inférieur, de la
«Tablette gardée», révélé et réparti dont la révélation complète dura
presque vingt trois ans. «Pour que tu le récites au fur et à mesure» et
que tu le communiques aux hommes afin qu'ils puissent le retenir et
méditent sur son sens.
»
qui 'â~minû bihT 'aw lâ tu'minïï 'inna-l-ladîna 'ûtû-l-'ilma min qablihT
'idâ yutlâ 'alayhim yahirrûna li-l-'adqâni sujjadan (107) wa yaqûlûna
subhâna rabbinâ* 'in kâna wa'du rabbinâ lamafulan (108) wa yahirrûna
li-l-'adqâni yabkûna wa yazîduhum husû'an (109).
Dis: Croyez au Livre ou n'y croyez pas. Les gens d'Ecriture se
prosternent, la face contre terre, quand on le récite. (107) Gloire à Allah,
s'écrient-ils: Voici que les prédictions de notre Seigneur sont réalisés. (108)
Ils se prosternent en pleurant. Leur foi est plus vive. (109).
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
dire aux mécréants: «Croyez au Livre ou n'y croyez pas» libre à vous, il est
la vérité venue du Seigneur qui en a fait allusion dans les autres Livres
célestes révélés à d'autres Prophètes -mességers. Les gens d'Ecriture
qui se sont attachés aux enseignements de leur Livre demeuré sans
altération ni modification, une fois que ce Coran leur fut récité, ils se
prosternent face contre terre devant le Seigneur à Lui la puissance et la
gloire, en signe de reconnaissance envers Lui pour Ses grâces et ses
bienfaits. C'est pourquoi ils s'écrient: «Gloire à notre Seigneur» en
proclamant Sa grandeur et Sa puissance, Lui qui ne manque jamais à
ses promesses. «Voici que les prédictions de notre Seigneur sont réalisées».
En manifestant leur foi et leur croyance en Son Livre et en Son
Messager, ils se prosternent en pleurant et leur humilité augumente.
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quli-d'û-L-Lâha 'awi-d'û-R-I^ahmâna 'ayyam-mâ tad'û falahu-I-'asma 'u-
l-husnâ A walâ tajhar bisalâtika walâ tuhâfit bihâ wabtagi bayna dâlika
sabîlan (110) wa quli-l-hamdu li-L-Lâhi-I-ladî lam yattahid waladan
walam yaku-l-lahû sarîkun fî-I-mulki wa lam yaku-l-lahû waliyyum mina-
d-dulli wa kabbirhu takbîra (111).
Appelez-Le Allah ou le Miséricordieux. Tous les titres lui conviennent
pourvu qu'ils soient beaux. Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé ni
trop bas. Qu'il se tienne dans un juste milieu. (110) Proclame: Gloire à
Allah qui n'a pas de descendance et au pouvoir duquel personne ne
participe. Il se passe d'aide. Exalte sa puissance. (111).
Ces polythésites qui renient l'attribut du «Miséricordieux», de Dieu,
qu'ils l'appellent par d'autres noms comme il leur plait pourvu qu'ils
soient beaux et siéent à Sa Majesté, car les plus beaux Lui
appartiennent. Makhoul rapporte qu'un des idolâtres entendit le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - invoquer Dieu dans sa
prosternation par: «Le Miséricordieux, le Très Miséricordieux». Il
s'écria: «Comment Mouhammad prétend-il qu'il et un Dieu Unique
alors qu'il L'invoque par deux noms?» Ce verset fut révélé à cette
occasion.
«Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé ni trop bas» Ibn Abbas
l'a commenté en disant: «Au début de l'ère islamique durant la période
où le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait son
adoration discrètement en compagnie des premiers islamisés, s'il
haussait la récitation les idolâtres injuriaient le Coran et celui qui l'a
révélé. Dieu ordonna à Son Prophète à cette époque d'user d'un ton
modéré de sorte de faire entendre la récitation du Coran à ses
compagnons. «Qu'il se tienne dans un juste milieu». Pour être ni haut ni
bas».
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D'après Ibn Abbas, l'idolâtre venait au moment de la prière
entendre la récitation du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il
baissait la voix mais ceux qui priaient avec lui n'entendaient par
conséquent rien de la récitation. Il fut ordonné, à cette époque comme
on l'a dit, de chercher un ton intermédiaire.
Mouhammad Ben Sirine raconte: On m'a rapporté que Abou Bakr
baissait sa voix en récitant dans la prière, tandis que Omar la haussait.
En demandant à l'un et à l'autre, Abou Bakr répondit: «Je m'entretiens
avec mon Seigneur qui connait bien mon besoin». Et Omar de
répliquer: Je ne fais que chasser le démon et réveiller l'ensomeillé.
Après la révélation de ce verset, Abou Bakr fut ordonné de hausser un
peu le ton et Omar de le baisser un peu.
«Proclame: Gloire à Allah qui n'a pas de descendance» Qu'il soit
exalté! Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. Il est
plutôt le Dieu Absolu. Il n'a pas d'égal. «Et au pouvoir duquel personne
ne participe» Ou suivant une autre traduction qui donne au verset un
sens plus correct: «Il n'a pas besoin de protecteur pour le défendre
contre l'humiliation» Car II est bien le seul au pouvoir, n'a besoin ni
d'un conseiller, d'un protecteur ou d'un associé. Il est le seul créateur
qui gère tout l'Univers, qui dispose de tout ce qu'il a créé sans être
interrogé sur son agissement, Son vouloir et son pouvoir sont absolus.
Le fidèle doit toujours proclamer sa grandeur et son unicité en dépit
des idolâtres et mécréants.
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