Coran › Sourate 20 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 20 trad. humaine
l-SMM^-4
20 - SOURATE DE TA-HA
135 Versets
Révélée à La Mecque
Révélée à la suite de la sourate de Marie
02*
Bismi-L-Lâhi r-Rahmâni-r-Rahîm
Taha (1) ma 'anzalnâ 'alayka-1-Qurlf na HtaSqST (2) 'illâ tadkirata-1-
limay-yahsâ (3) temzïlam mimman halaqa-l-'arda wa-s-samâwati-l-'ulâ (4)
'ar-Rahmânu *alâ-l-'arsi-stawâ (5) ïahû ma fî-s-samâwâti wamâ fî-l-'ardi
wamâ baynahumâ wamâ tahta-t-tarâ (6) wa 'in tajhar bi-1-qawli
fa'innahû ya'lamu-s-sirra wa 'ahfâ (7) 'AL-Lâhu la" 'ilâha 'illâ huwa
lahu-l-'asmâ^'u-l-husnâ (8).
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Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Ta-Ha (1) Nous ne t'avons pas révélé ce Livre pour te faire souffrir.
(2) Mais pour avertir les gens de bonne foi (3) C'est une révélation envoyée
par le Créateur de la terre et des nues inaccessibles (4) Par le
Miséricordieux qui, du haut de son trône, exerce sa souveraineté. (5) Il est
le Maître des cieux et de la terre, de ce qui les sépare et des profondeurs
du sol. (6) Peu importe que tu élèves la voix. Il perce tous les secrets et
découvre tout ce qu'on Lui cache. (7) II est Allah. D n'y a d'Allah que Lui.
Il porte les épithètes les plus sublimes. (8).
Le terme Ta-Ha provient du verbe «Wata'» qui signifie «Reposer
te pied», car, d'après Ibn Abbas, Ikrima, Moujahed et autres exégètes,
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le saiue- se levait fréquemment la
nuit pour prier en se mettant debout sur un seul pied ce qui lui causait
beaucoup de peine. Dieu lui ordonne de reposer son pied et se mettre
debout sur les deux afin de lui alléger la fatigue. Quoiqu'étrange soit
cette interprétation, l'auteur de cet ouvrage ne Ta ni adoptée ni niée, et
d'après lui le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- consacrait la
nuit pour prier au point où ses deux pieds s'enflaient .
«Nous ne t'avons pas révélé ce Livre pout te faire souffrir» une
expression qui dénote la compassion et la haute considération que le
Seigneur réservait à Son Messager. Selon Ad-Dahak, au fur et à
mesure que les versets se succédaient le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- et les premiers islamisés observaient les
prescriptions et les enseignements divins et priaient. Les idolâtres
Qoraïchites disaient: «Ce Coran n'a été descendu sur Mouhammed
que pour le rendre malheureux». Ce verset fut alors révélé pour
montrer que le Coran n'a été révélé que pour accoder le bien, tout le
bien, à ceux qui s'y conforment. La preuve en est aussi ce hadith
rapporté dans les deux Sahih: «Celui à qui Dieu veut du bien, M
l'instruit dans la religion».
At-Tabarani, de sa part, rapporte ce hadith d'après Tha'laba Ben
Al-Hakam, dans lequel le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Au jour de la résurrection lorsque Dieu s'assoira sur Son
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Trône pour juger les hommes, Il dira aux savants (ulémas): «Je ne
vous ai accordé (une partie) de Mon savoir et Ma sagesse que pour
pardonner vos péchés quelles qu'étaient sans en tenir compte».
Qatada, quant à lui, a dit: «Je jure par Dieu que ce Coran n'a pas
été descendu pour rendre les hommes malheureux, bien au contraire,
il n'est que miséricorde, lumière et guidance vers le Paradis «Mais
pour avertir les gens de bonne foi», donc un Rappel à ceux qui redoutent
Dieu afin qu'ils en tirent le plus grand profit et alors iis assureront à
eux-mêmes l'admission au Paradis avec la persmissiosn et la
miséricorde du Seigneur.
«C'est une révélation envoyée par le créateur de la terre et des nues
inaccessibles». Le Coran est une révélation du Créateur des cieux
élevés et la terre dont une distance de cinq cent ans de marche
sépare un ciel d'un autre, comme il est cité dans un hadith rapporté
par Tirmidhi.
«Par le Miséricordieux qui, du haut de Son trône, exerce Sa
Souveraineté» ou suivant une autre traduction: «Le Miséricordieux se
tient en majesté sur Son Trône». Au sujet de ce verset l'auteur
conseille à l'adopter comme tel car la plus belle conduite consiste à
imiter les ancêtres à ne plus donner tant d'interprétations car rien n'est
égal à Dieu ni lui est semblable. Donc cette «tenue» ou cet
«établissement» sur le Trône ne doit pas être pris au sens concret.
Tout ce qui se trouve dans les cieux et ce que contient fa terre et
entre les deux appartient à Dieu dont II dispose à Sa guise.
«Peu importe que tu élèves la voix. Il perce tous les secrets et
découvre tout ce qu'on Lui cache». Ce que les hommes commettent et
ce qu'ils proposent de le faire même avant son exécution, Dieu le
connaît parfaitement car, par rapport à Lui, les fils d'Adam ne sont
qu'une seule âme comme II l'affirme dans ce verset: «Vous créer et
vous ressusciter, c'est pour Lui comme créer et ressusciter une seule
personne» [Coran XXXI, 28]. Ad-Dahak a dit: «O homme, tu connais ce
que tu gardes secret aujourd'hui, mais tu ne connais pas ce que tu
comptes tenir caché demain, mais Dieu connaît l'un et l'autre». Mais
Moujahed a dit qu'il s'agit de la suggestion.
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«Il est Allah. Il n'y a d'Allah que Loi. Il porte les épithètes les plus
sublimes». Le noms, les épithètes et les qualités les plus parfaits et
sublimes appartiennent à Dieu. Nous avons déjà commenté cela
auparavant (voir la fin de la sourate de l'A'raf-Coran VII].
wahal 'atâka hadîdu Musa (9) 'id ra'â nâran faqâla li'ahlihi-m-kuttî
'innT 'à*nastu na*ran la'allî 'a tîkum minhâ biqabasin 'aw 'ajidu *alâ-n-
nâri hudan (10).
Connais-tu l'histoire de Moïse? (9) Ayant aperçu un feu, il dit aux
siens: «Restez-là, j'aperçois un feu. Peut-être pourrai-je rapporter un peu de
braise ou y trouver l'indication de ma route? (10).
Cela eut lieu lorsque Moïse passa la période convenue entre lui et
son beau -père quand il lui a donné sa fille en mariage. Ce fut aussi le
début de la révélation. A savoir que Moïse se fut absenté d'Egypte
plus de dix années; et en ce jour-là il s'y dirigeait accompagné de sa
femme.
Le temps était pluvieux et la nuit était obscure. Il campa dans une
gorge d'une montagne dans une nuit où le froid était excessif, il
pleuvait à torrent, l'obscurité et les nuées l'enveloppaient avec sa
femme. Il vit un feu de loin dans l'autre côté de la montagne.
Eprouvant une certaine joie, il dit à sa femme: «Peut-être pourrai-je vous
rapporter un peu de braise...» pour nous réchauffer, ou bien ce feu me
fera-t-il trouver une direction. Il s'avéra, d'après Ibn Abbas, que Moïse
avait perdu son chemin. De toute façon, s'il ne trouverait pas quelqu'un
qui lui indiquerait le chemin, il pourrait apporter un tison pour se
réchauffer.
208
falammâ* 'atâhâ mûdiya yâ Mûsâ* (11) 'innT 'ana rabbuka fahla'
na'layka 'innaka bi-1-wâdi-l-muqaddasi tuwan (12) wa *anâ-hatartuka
fastami' lima yûhlf (13) 'innarif 'anâ-L-Lâhu là* 'ilâha 'illâ 'ana fa'budnî
wa 'aqimi-s-salâta iidikrî (14) 'inna-s-sâ'ata '^tiyatun 'akâdu 'uhfîhâ
litujzâ kullu nafsim bimâ tas'â (15) falâ yasuddannaka 'anhâ ma-l-lâ
yu'minu bihâ wa-t-tttaba'a hawâhu fataraddâ (16).
Lorsqu'il y parvînt, une voix l'interpella: «O Moïse» (11). «Je suis ton
Seigneur. Quitte tes chaussures. Tu es dans la vallée sacrée de Thowa»
(12) «Je t'ai élu. Ecoute ce qui te sera révélé» (13) «Je suis Allah. Il n'y a
d'autre Allah que Moi. Adore-moi. Et célèbre la prière en mon honneur.
(14) L'Heure viendra. Peu s'en faut qu'elle ne se manifeste. L'heure où
toute âme sera récompensée suivant ses œuvres. (15) Ne t'en laisse pas
distraire par ceux qui n'y croient pas et s'abandonner à leurs passions.
Autrement, tu serais perdu. (16).
Une fois se trouvant auprès du feu, une voix interpella Moïse «Je
suis ton Seigneur». Mentionnant le même événement, Dieu a dit
ailleurs: «Lorsqu'il atteignit la lumière, d'un arbre se dressant dans une
plaine bénie, sur la berge droite de la rivière, une voix laissa tomber ces
mots: «O Moïse, Je suis Allah, le Maître de l'univers» [Coran XXVIII, 30].
«Quitte tes chaussures». Dieu ordonna à Moïse d'ôter ses
chaussures qui ont été faites, d'après Ali et d'autres, en cuir d'âne, car
il se trouva dans une région sanctifiée, la vallée de Thowa. Et pour lui
montrer le rang qu'il lui est réservé, Dieu lui dit: «Je t'ai élu» comme II
a dit ailleurs: «Je t'ai préféré aux autres hommes pour porter mes
messages et tu es le premier à entendre mes paroles» [Coran VII, 144[.
Pour quelle raison? Les exégètes ont répondu que ce fut à cause de
la modestie extrême de Moïse. «Ecoute ce qui te sera révélé» et prête
bien ton attention: «Je suis Allah. Il n'y a d'autre Allah que Moi» Ce fut
le premier ordre aux mortels de ne croire qu'en un seul Dieu, Unique
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et n'a pas d'associés. «Adore-moi» et ne voue aucun culte à qui que
ce soit, et observe la prière en invoquant mon nom, et lorsque tu t'en
rappelles. A ce propos le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Lorsque l'un d'entre vous s'endort avant de s'acquitter de la
prière prescrite ou s'il oublie, qu'il la fasse quant il s'en rappelle, car Dieu
a dit: «Fais la prière en souvenir de Moi» (Rapporté par Ahmed d'après
Anas Ben Malek) (1) .
«L'Heure viendra», sa survenue est inéluctable. «Peu s'en faut
qu'elle ne se manifeste» Aucune créature que ce soit dans les deux ou
sur la terre ne saurait sa production, car c'est un des mystères que
Dieu a caché aux hommes, Il ne l'a révélé ni à un ange ni à un
Prophète. «Elle boulevesera les deux et la terre et arrivera brusquement»
[Coran VII, 187]. Quand cette Heure Sera dressée» Toute âme sera
récompensée suivant ses œuvres» ne serait-ce que le poids d'un
atome du bien ou du mal.
«Ne t'en laisse pas distraire par ceux qui n'y croient pas et
s'abandonnent à leurs passions» Ne suis donc pas ceux qui mécroient à
l'Heure et s'adonnent à leurs passions et se contentent des plaisirs du
siècle sinon tu périrais.
wamâ tilka biyamînika yâ Mûsa (17) qâla hiya 'asâya 'atawakka'u '-
alayhâ wa 'ahuSsu bihâ 'alâ ganamî waliya fîhâ ma*aribu 'uhrâ (18) qâla
'alqihâ yâ Mûsâ (19) fa'alqâhâ fa'idâ hiya hayyatun tas'â (20) qâla hud
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hâ walâ tahaf sanu'îduhâ sîratahâ-l-'ulâ (21).
Qu'as-tu dans ta main droite? ô Moïse (17) C'est mon bâton, dit-il. Je
m'appuie sur lui ou je m'en sers pour conduire mon troupeau. Je l'emploie
à d'autres usages encore. (18) «Jette-le, ô Moïse», dit-il. (19). Il le jette et
voilà qu'il se métamorphose en serpent qui se tortille. (20) Prends-le sans
crainte, ajoute-t-il, nous lui redonnerons sa forme première. (21).
La question de la transformation du bâton en un serpent est,
certes, l'un des grands signes miraculeux de la part de Dieu. Sur un
ton familier, Dieu demande à Moïse: «Qu'est-ce cela dans ta main
droite?» Une interrogation qui sera ensuivie d'une résolution. Et Moïse
de répondre: C'est mon bâton sur lequel je m'appuie en marchant et
avec lequel j'abats du feuillage pour en donner à mon troupeau, aussi
ce bâton me servira-t-U pour d'autres usages.
«Jette-le ô Moïse». Et le voici un grand serpent qui rampait ne
passant par un arbre ni une pierre sans l'avaler, et Moïse entendait le
craquement des pierres et des bois à l'intérieur de son ventre. Pris de
panique, il prit la fuite. On l'interpella de nouveau: «Reviens et
reprends ton bâton». Puis on le rassura en lui disant: «Saisis-le, ne
crains rien «Nous lui redonnerons sa forme première» On a dit qu'à ce
moment-là Moïse portait une tunique en laine. Quand il fut ordonné de
saisir le bâton, il enroula le pan de son vêtement sur sa main, puis la
mit dans la bouche du serpent et put sentir le grincement de ses
dents, enfin le voilà qui revient à son premier état: un bâton.
TA
3r7S f
211
wa-dmum yadaka 'ilâ janâhika tahruj baydâ^'a min gayri su'in *ïf yatan
'uhrâ (22) linuriyaka min *afyâtinâ-l-kubrâ (23) 'dhab 'ilâ Fir'awna '-
innahû taga (24) qâla rabbi-srah lî sadri (25) wa yassir G* 'arnrî (26)
wahlul 'uqdatam mi-1-Iisânî (27) yafqahû qawlî (28) waj'al lî wazîram
min 'ahlî (29) Hârûna 'ahî (30) 'sdud bihT 'azrî (31) wa 'asrikhu fT 'arnrî
(32) kay nusabbihaka katîran (33) wa nadkuraka katîran (34) 'innaka
kunta bina basîran (35).
Ramène ta main dans ta manche, elle en sortira naturellement blanche.
Voilà un deuxième miracle. (22). Ceci est pour te préparer a voir de plus
grands miracles encore. (23) Mets-toi en marche vers Pharaon. C'est an
impie. (24) Seigneur, dit Moïse, arme-moi de patience. (25) Facilite ma
mission. (26) Délie ma langue, (27) pour qu'on comprenne mes paroles. (28)
Donne-moi pour ministre un des miens. (29) Que ce soit mon frère Àaron.
(30) Affermis-moi avec son aide (31) Associe-le a ma mission. (32) Nous
pourrons ainsi mieux te glorifier. (33) Nous pourrons Te prier plus
assidûment (34) Car Tu nous connais mieux que personne. (35).
Puis Dieu ordonna à Moïse de ramener sa main dans sa manche,
ou suivant une autre tarduction: «de serrer sa main sous son aisselle»
elle en sortira blanche sans aucun mal. Tel fut le deuxième miracle
que Dieu a voulu en doter Moïse, comme II a dit dans une autre
sourate: «Puis presse tes bras sur ton corps pour lutter contre l'angoisse.
Ce sont les deux preuves que te donne ton Seigneur pour convaincre
Pharaon et sa suite» [Coran XXVIII, 32]. Ai-Hassan Al-Basri a dit: «-
Lorsque Moïse sortait sa main, elle était éclairante telle une lampe. Il
constata alors qu'if était en présence de son Seigneur».
«r lets-toi en marche vers Pharaon. C'est un impie» Va chez
Pharaon, ce rebelle que tu as quittté quand tu l'avais fui et qui te
menaçait, appelle-le à adorer le Dieu Unique sans rien lui associer.
Demande-lui de bien traiter les fils d'Israël et de cesser leur torture,
car il n'a que trop commis d'injustice à leur égard, préféré le monde
d'ici-bas à l'au-delà et oublié son Seigneur».
Wahb Ben Mounabah, dans un long récit, rapporte que Dieu aurait
dit à Moïse: «Prends le Message, tu es sous notre vue et notre ouïe,
Je t'ai vêtu d'un habit invisible de Mon pouvoir afin que tu sois fort en
divulgjant Mes décrets, tu es un de Mes puissants soldats. Je t'ai
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envoyé chez un peuple faible parmi Mes créatures qui a renié Mes
bienfaits et croit être à l'abri de Mon stratagème. Le bas monde l'a
séduit au point de méconnaître Mes droits et mécroire en Ma déité. Ce
peuple feint M'ignorer. Je jure par Ma puissance, s'il n'y avait la
prédestination que J'avais inscrite à l'égard de Mes créatures, J'aurais
sévi en Tyran contre elles et que deux, terre, montagnes et océans se
seraient courroucés contre elles.
Si J'avais ordonné le ciel, il aurait envoyé une pluie de graviers
vers ce peuple. Si J'avais ordonné la terre, elle l'aurait englouti. Si
J'avais ordonné aux montagnes, elles l'auraient anéanti. Si J'avais
ordonné aux océans, ils l'auraient noyé. Mais ce peuple n'est que trop
faible à Mes yeux et a perdu Mon estime. Ma clémence m'a empêché
d'agir et J'ai passé outre de lui infliger pour le moment quoi que ce soit
de Mon châtiment et de lui revendiquer Mes droits sur lui. Car Je suis
le plus riche des riches.
O Moïse, transmets à ce peuple Mes messages, appelle-le à Mon
adoration et à Me vouer un culte pur et sincère. Rappelle-lui les
journées de Dieu (où II est intervenu pour châtier les peuples
précédents) et mets-le en garde contre Ma vengeance et Mon pouvoir.
Use de paroles douces, entre autres, peut-être ce peuple se rappelle
et Me redoute. Dis-lui enfin que Je suis plus prompt à pardonner que
de châtier. Surtout ne crains rien de sa part s'il recourt à une
quelconque force que Je lui aie accordée. Croira-t-il qu'il pourra
m'affronter, ou me rendre à l'impuissance ou me devancer ou
m 'échapper?» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).
«Seigneur, dit Moïse, arme-moi de patience. Facilite ma mission». En
voilà une faveur que MoTse demanda à son Seigneur de lui accorder,
de lui élargir sa poitrine, une telle mission exige la patience, car II l'a
envoyé vers à un roi parmi les plus puissants à cette époque, le plus
redoutable, le plus tyran nique et le plus rebelle. Moïse a été élevé
dans sa cour, alors qu'un nourrisson dans son propre palais, puis a tué
l'un des siens. Craignant les représailles, il avait pris la fuite et passé
toutes ces années loin de Pharaon. Puis Dieu vient le charger de cette
mission qui consistait à l'appeler à adorer Dieu seul sans rien Lui
associer.
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«Délie ma langue pour qu'on comprenne mes paroles» Moïse
demanda à Dieu de lui donner la facilité de s'exprimer mais sans que
cela soit totalement, s'il avait demandé cela à Dieu, Il l'aurait exaucé,
car les Prophètes ne demandaient au Seigneur que ce qui leur facilitait
leur mission. (A savoir que dans le texte arabe, MoTse demanda à
Dieu de lui délier un «nœud» de sa langue). Donc cette difficulté de
s'exprimer persista chez lui, car Pharaon fit allusion à ce défaut quand
il s'adressa à son peuple en parlant de Moïse «Ne suis-je pas supérieur
à ce vil individu, qui s'exprime si maladroitement» [Coran XLIII, 52].
Ibn Abbas a dit à ce propos: «Moïse se plaignit auprès de Dieu du
meurtre qu'il a commis et de la vengeance de Pharaon, et son
incapacité d'exprimer avec éloquence car sa langue était comme
nouée et ses paroles incompréhensibles. C'est pourquoi il a demandé
de le secourir par l'un des siens.
«Donne-moi pour ministre un des miens. Que ce soit mon frère Aaron»
Ibn Abbas a commenté cela en disant que grâce à cette demande
Dieu accorda la prophétie et à Moïse et à Aaron. On a rapporté aussi
que 'Aicha était sortie pour faire la visite pieuse ('Oumra). En
s'installant dans un des camps de bédouins, elle entendit quelqu'un
demander à ses concitoyens: «Quel frère était dans le bas monde le
plus profitable à son frère?» On lui répondit: «Nous ne savons pas» Il
rétorqua: «Et moi aussi je ne connais pas, je jure par Dieu». Aicha dit
alors en soi-même: Cet homme a juré par Dieu qu'il l'ignore alors qu'il
le connaissait très bien. Mais cet homme ne tarda à dire: «Moïse,
quand il demanda à Dieu d'accorder le don de prophétie à son frère».
Et Aicha de s'écrier: «Par Dieu, tu dis vrai».
«Affermis-moi avec son aide. Associe-le à ma mission» en me
prodiguant de conseils. «Nous pourrons ainsi mieux te glorifier. Nous
pourrons te prier plus assidûment». A ce propos Moujahed a dit: On ne
peut être parmi ceux qui invoquent et glorifient Dieu que lorsqu'on le
fasse debout, assis et étendu.
«Car Tu nous connais mieux que personne» en nous préférant aux
autres, en nous accordant le don de la prophétie et en nous chargeant
d'aller vers ton ennemi Pharaon.
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qâla qad 'ûtîta su'laka yâ Mûsâ (36) walaqad manannâ 'alayka marratan
'uhrà* (37) 'id 'awhaynà* 'ilï 'ummika ma yûhà* (38) 'ani-qdifîhi fî-t-
tâbûti faqdifîhi fî-1-yammi falyulqihi-1-yammu bi-s-sâhili ya'hudhu
'aduwwu-1-lî wa 'aduwwul-lahû wa 'alqaytu 'alayka mahabbatam-minnî
wa litusna'a 'alâ 'ayrif (39) 'id tamsf 'uhtuka fataqûlu hal 'adullukum
'alâ may-yakfuluhû faraj'taka *iHf 'utnmika kay taqarra 'aynuhâ walâ
tahzana wa aqatalta nafsan fanajjaynâka mina-1-gammî wa fatannâka
futûnan.
Je t'accorde ce que tu me demandes, ô Moïse, répondit Allah. (36)
Nous t'avons témoigné sollicitude déjà une première fois. (37) lorsque nous
avons inspiré à ta mère l'acte suivant: (38) Mets ton fils dans un coffre et
dépose ce dernier sur les eaux. Les eaux le porteront sur d'autres rives. Là,
il sera recueilli par notre ennemi commun. Car je t'ai voué une amitié
particulière, ô Moïse. J'ai voulu que tu fusses élevé sous mes yeux. (39)
«Voulez-vous, dît un jour ta sœur, que je vous indique quelqu'un pour
prendre soin de cet enfant?». Nous t'avons alors rendu à ta mère pour
qu'elle se console et se tranquillise., Puis, tu commis un meurtre. Nous
t'avons épargné des remords mais nous avons multiplié sous tes pas les
épreuves...
Dieu exauça toutes les prières de Moïse. Dans ce verset M lui
rappelle son histoire avec sa mère qu'elle l'allaitait et craignait que les
soldats de Pharaon ne le tuassent après avoir donné l'ordre d'égorger
tous les mâles des nouveaux-nés et épargner la vie aux femelles. Dieu
a décrété que Moïse vive et s'élève dans la cour de Pharon et II a
semé son amour dans le cœur de Pharaon et son épouse comme II a
dit «Là il sera recueilli par notre ennemi commun. Car Je t'ai voué une
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amitié particulière, ô Moïse» c'est à dire: J'ai inspiré à ton ennemi de
t'aimer. Et là aussi, dans la cour de Pharaon tu seras élevé sous mes
yeux.
La famille de Pharaon ayant reçu Moïse dans le coffre, celui-ci
refusa de prendre le sein d'aucune nourrice. Sa sœur (qui travaillait à
la cour comme on a dit) constatant ce fait, leur proposa une famille qui
pourrait prendre soin de lui. Elle partit avec eux et son frère chez les
siennes, et là Moïse prit le sein de sa mère. La famille de Pharaon
éprouva une grande joie, paya la mère afin qu'elle le nourrisse, et
celle-ci fut tellement heureuse de donner le sein à son propre enfant. A
ce propos il est dit dans un hadith: «L'artisan qui n'espère que le bien
de son métier est pareil à la mère de Moïse qui l'allaitait et touchait
son salaire». Voilà comment la mère se fut consolée et tranquillisée.
«Puis tu as commis un meurtre» en tuant le copte «Nous t'avons
épargné des remords» en te laissant échapper aux soldats de Pharaon
qui voulaient te saisir «mais nous avons multiplié sous tes pas les
épreuves..».
En voilà l'histoire de ces épreuves d'après Ibn Abbas comme elle
a été rapportée par An-Nassaï selon le récit de Sa'id Ben Joubayr qui
dit:
«J'ai demandé à Ibn Abbas de m'interpréter les paroles divines
concernant les épreuves. Il m'a répondu: «Nous sommes à la fin de la
journée, et ces épreuves ont une longue histoire». Le lendemain matin,
je me rendis chez lui pour écouter l'histoire comme Ibn Abbas m'a
promis. Il dit:
«Pharaon et ses conseillers débattirent sur la promesse que Dieu
avait faite à Abraham -paix sur lui- qui consistait à établir dans sa
descendance la royauté. Certains avancèrent que les fils d'Israël
attendent certes la réalisation de cette promesse sans aucun doute.
Car ils croyaient que c'était Joseph le fils de Jacob. Mais à sa mort, ils
dirent: «Ce n'était pas du tout la promesse de Dieu». Et Pharaon de
leur demander: «Que pensez-vous alors?» Après délibération ils
décidèrent à envoyer des soldats pour égorger tout nouveau-né mâle
parmi les fils d'Israël en laissant vivre les femelles. Comme ils
constatèrent que les âgés parmi les fils d'Israël mouraient à leur terme
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et les enfants sont exterminés, ils se dirent: «Peu s'en faut que vous
exterminiez tous les mâles des fils d'Israël et alors vous seriez sans
servants ni travailleurs. Donc tuons une année les nouveau-nés mâles
en épargnant la vie à leurs femelles, et Tannée suivante laissons en
vie tous les nouveau-nés mâles et femells. Ainsi ceux qui naîtront et
resteront en vie remplaceront -en nombre- les âgés qui mourront, et de
cette façon vous n'auriez rien à redouter de leur multitude.
La mère de Moïse porta Aaron durant l'année où on ne devait pas
égoger les enfants et le mit au monde en toute tranquillité. L'année
suivante elle fut enceinte de Moïse et fut tourmentée par l'angoisse et
l'amertume. (Ô Ibn Joubayr, dit Ibn Abbas, en voilà la première
épreuve).
Ibn Abbas continua son récit:
«Dieu inspira à la mère de Moïse «Ne crains rien, ne t'attriste pas;
nous te le rendrons et nous en ferons un Prophète, Il lui ordonna: dès
que tu mets Moïse au monde, mets-le dans un coffre et jette-le dans le
flot». Elle s'exécuta. Une fois loin de son fils, le démon vint lui
suggérer et elle se dit: «Ah! Si je gardais mon enfant et qu'on le tuait
dans mon giron, cela m'aurait été préférable de le laisser aller dans les
flots où les poissons certes le dévoreront».
Le flot porta le coffre et le déposa sur l'autre rive où les servantes
de la femme de Pharaon venaient puiser de l'eau. A la vue du coffre,
certaines voulurent l'ouvrir pour voir ce qu'il y avait dedans, croyant
qu'il contenait d'argent, mais les autres suggérèrent de ne pas l'ouvrir
et de le ramener et le déposer tel quel devant leur maîtresse. Et ce fut
fait.
La femme de Pharaon ouvrit le coffre et trouva un garçon. Dieu à
ce moment lança sur elle l'amour de Moïse de sorte qu'aucune femme
n'éprouvasse un amour pareil même pour son propre fils. Alors le
cœur de la mère de Moïse se vida du tout sauf du rappel de Moïse.
Entendant la nouvelle, les «égorgeurs» se rendirent chez la femme de
Pharaon pour tuer l'enfant. (Ceci constitue une autre épreuve ô Ibn
Joubayr, dit Ibn Abbas). Et de continuer.
«La femme de Pharaon empêcha les égorgeurs d'exécuter Moïse
217
et leur dit: «Laissez-le vivre, un individu ne saurait augmenter le
nombre des fils d'Israël. Je vais parler à Pharaon afin qu'il me l'offre
comme un don. S'il accepte, vous n'aurez pas manqué à votre devoir,
mais s'il refuse, je vous ne blâmerai pas pour l'avoir égorgé».
Elle vint trouver son mari et lui dit: «Cet enfant est une joie de nos
yeux!» Pharoan lui répondit: «Une joie pour toi, oui, quant à moi je
n'en ai plus besoin» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-,
rapporte Ibn Abbas, a dit: «Par celui qu'on ne doit jurer que par son
nom, si Pharaon avait considéré MoTse comme une joie de ses yeux
comme avait fait sa femme, Dieu l'aurait bien dirigé tout comme II a
dirigé sa femme. Mais hélas, il fut privé de cette faveur divine».
«La femme de Pharaon, poursuivit Ibn Abbas, envoya chercher
une nourrice pour Moïse. Elles s'affluèrent chez elle mais MoTse ne prit
le sein d'aucune parmi elles. Craignant sa mort, la femme de Pharaon
ordonna qu'on prenne Moïse au marché, peut-être on y trouvera
quelqu'une qui fera l'affaire.
Entre-temps, la sœur de Moïse se tint à l'écart mais observa son
frère. En refusant toujours de prendre le sein d'aucune nourrice, elle
leur proposa: «Puis-je vous indiquer une famille qui, pour vous, se
chargera de cet enfant et lui sera dévouée?». Les gens saisirent la
sœur de Moïse et lui demandèrent: «Qu'en sais-tu de cet enfant? et
comment affirmes-tu que cette famille prendra soin de lui?» Ils
doutèrent d'elle. Et voilà aussi une autre épreuve ô Ibn Joubayr, dit Ibn
Abbas, et reprit son récit:
«Elle leur répondit: «Je voulais dire que la dévotion et la
compassion de cette famille sont, à mon avis, pour être proche du roi
et bénéficier de ses faveurs». En la laissant, elle se dirigea vers sa
mère et lui raconta tout. Celle-ci ne tarda pas à venir au marché. Dès
qu'elle donna le sein à Moïse, il le prit avidemment. Un homme
accourut vers la femme de Pharaon pour lui annoncer la bonne
nouvelle. Elle convoqua la mère de Moïse qui, devant elle, lui donna
son sein. Etonnée, elle lui demanda de demeurer chez elle à la cour
pour cette fin mais la mère de Moïse s'excusa prétendant qu'elle a une
maison et des enfants dont elle doit en prendre charge. Elle proposa à
la femme de Pharaon de lui confier l'enfant et de prendre soin de lui
218
car elle ne pourra en aucun cas négliger sa propre famille. A ce
moment-là elle se souvint de la promesse de Dieu. La femme de
Pharaon ne pouvait qu'accepter sa proposition. Et ainsi la mère de
Moïse prit l'enfant dans ses bras et revint chez elle. Dieu te fit
accroître d'une belle croissance et le préserva de tout mal. Grâce à lui,
les fils d'Israël s'isolèrent dans un quartier de la ville sans servir les
Egyptiens.
Au fur et à mesure que Moïse s'agrandît, la femme de Pharaon dit
à la mère de Moïse: «Emmène-moi l'enfant de temps en temps pour le
voir». Elle lui promit et lui fixa un jour. En ce jour-tà, la femme de
Pharaon demanda à toutes les femmes qui la fréquentaient et à sa
suite d'accueillir «son» fils tel un fils du roi, de lui assurer une
somptueuse réception et à ne jamais manquer à lui présenter des
cadeaux qui siéent à son rang. Les dons ne cessèrent d'affluer à
Moïse au moment qu'il quitta la maison de sa mère jusuqu'à son
arrivée à la cour de Pharaon. La femme de Pharaon, de sa part, fut
très généreuse à l'égard de la mère de Moïse et lui accorda une
grande récompense pour prix de sa bienveillance à l'égard de Moïse.
La femme de Pharaon se dit: «Je vais présenter cet enfant à
Pharaon et lui demander de l'honorer en lui présentant différents
dons». En effet elle entra chez son mari et le déposa dans son giron.
Moïse tint la barbiche de Pharaon et l'obligea à s'incliner devant lui.
Les hommes de son entourage, les ennemis de Dieu, s'écrièrent alors:
«O Pharaon, ne te rappelles-tu de la promesse que Dieu avait faite à
Son Prophète (Abraham) qu'un de sa descendance héritera de toi,
s'élèvera au-dessus de toi et te vaincra. Demande aux égorgeurs de
l'exécuter» (En voilà une autre épreuve ô Ibn Joubaïr) Et Ibn Abbas de
reprendre:
«La femme de Pharaon dit à son mari: «Comment as-tu trouvé ce
garçon? Que penses-tu de lui?» Il lui répondit: «N'as-tu pas remarqué
qu'il a essayé de me faire incliner?» Elle répliqua: « Ne dis pas cela!
Convenons-nous à un test qui pourra trancher entre nous et nous
montrer sa vérité. Qu'on apporte deux perles et deux braises et les lui
présente. S'il prendra les deux perles, on jugera alors son
raisonnement, mais s'il touchera aux braises et passera outre des
219
perles, alors son cas ne sera pas sujet à discussion». En effet, en lui
présentant les perles et les braises, Moïse s'accourut vers les braises
pour qu'il les prenne. Pharaon les lui arracha de peur qu'il ne brûle ses
mains. Sa femme lui dit alors: «Qu'en penses-tu?» Dieu inspira en ce
moment-là d'agir ainsi d'après Sa sagesse.
Lorsque Moïse eut atteint sa maturité et devenu homme, la
méfiance régnait à cette époque entre les fils d'Israël et les Egyptiens.
Alors que Moïse marchait dans un quartier de la ville, il trouva deux
hommes en querelle l'un des gens de Pharaon et l'autre de Bani
Israël, ce dernier lui demanda de le secourir contre l'Egyptien. Moïse
fut très irrité car les gens savaient déjà quel rang occupait aux yeux
des fils d'Israël et leur protection contre toute injustie. D'autre part les
hommes ne savaient rien de Moïse sauf qu'il a été allaité par une
Israélite. Moïse donna un coup de poing au Pharaonite et le tua. Il se
dit après: «C'est une œuvre du démon, c'est un ennemi qui égare les
hommes».. A savoir qu'à ce moment-là personne n'était présent quand
il a tué l'homme que cet Israélite qui lui demanda son aide, et certes
Dieu -à Lui la puissnce et la gloire. Moïse dit alors: «Seigneur, j'ai
commis une mauvaise action. Pardonne-moi - Allah le pardonna. H est
toute mansuétude et indulgence» [Coran XXVIII, 16].
Le lendemain, Moïse se trouvait dans la ville inquiet et regardant
de tous côtés. Il vint trouver Pharaon à qui on vient de raconter que
les fils d'Israël ont tué l'un des siens. «Venge-nous sans leur accorder
aucun répit demandèrent les Egyptiens. Pharaon s'écria «Emmenez à
moi et le meurte et les témoins, car un roi ne saurait rendre son
jugement avant qu'on lui présente les évidences».
Alors que les gens de la cour faisaient leur enquête pour chercher
le coupable, Moïse trouva le lendemain le même homme Israélite se
quereller avec un Egyptien, Comme il demanda à Moïse de l'aider, du
moment que celui-ci avait regretté son faire de la veille, il hésita, ce
qui porta l'Israélite à s'irriter contre lui en lui rappelant son crime.
Moïse s'écria «Vraiment tu es manifestement égaré». Cet Israélite,
croyant que Moïse allait le corriger et non l'autre homme, lui répliqua:
«O Moïse, veux-tu me tuer comme l'homme que tu as tué hier?».
L'Israélite et l'Egyptien se séparèrent, et ce dernier se dirigea vers la
220
cour de Pharaon pour les mettre au courant que Moïse était le
coupable du crime d'hier en leur rapportant les paroles de l'Israélite,
Pharaon chargea alors les égorgeurs à trouver Moïse et le tuer. Ceux-
ci quittèrent la cour à la recherche de Moïse pour l'exécuter. Un
homme vint en courant des extrémités de la ville, en empruntant un
chemin raccourci, pour avertir Moïse. (Telle est aussi une autre
épreuve Ô Ibn Joubayr, dit Ibn Abbas, et poursuivit:
«Moïse, aussitôt, quitta la ville en se dirigeant vers Médian sans
qu'il ait une connaissance du chemin, mais il se fiait toujours à Dieu
qui ne le décevrait point. Il se dit: «Peut-être Allah me mettra-t-ïl dans la
voie droite. Ayant atteint la source de Médian, il y trouva un groupe de
gens qui puisaient de l'eau. Non loin de ces gens, il aperçut deux femmes
tenant leur troupeau à l'écart» [Coran XXVIII, 22-23]. Il leur demanda:
«Que faites-vous? Pourquoi retenez-vous votre troupeau sans les
abreuver comme font les autres gens?». Elles lui répondirent: «Nous
ne sommes que deux femmes faibles qui ne sauraient concurrencer
les hommes forts, nous donnons à notre troupeau de l'eau qui reste
dans l'abreuvoir».
Moïse alors leur puisa de l'eau et abreuva leurs bêtes. Il puisait de
l'eau abondante avant les autres bergers. Les deux femmes se
rendirent chez elles avec leur troupeau, et Moïse chercha un arbre
pour s'abriter sous son ombre. Il dit alors: «Seigneur, j'ai besoin de ton
aide» [Coran XXVIII, 24].
Les voyant rentrer si tôt, le père demanda à ses deux filles: «-
Comment se fait-il que vous rentrez tôt et Je troupeau rassasié?». Elles
lui racontèrent le faire de Moïse. Il envoya l'une d'elles pour inviter
Moïse. Une fois se trouvant chez le père, Moïse raconta toute son
histoire au père qui lui répondit: «Ne crains rien, tu viens d'échapper
aux injustes. Ni Pharaon ni ses hommes n'auront aucun pouvoir sur toi
car nous sommes loin de leur pays.
L'une des deux filles dit à son père: «Père, engage-le à ton
service. Il est vraiment le meilleur de ceux que tu pourrais engager». Il
lui répondit: «Qu'est-ce qui te porte à juger ainsi, qu'en sais-tu de sa
force et de sa chasteté?» Elle répondit: «Quant à sa force, je l'ai
constatée en le voyant nous puiser de l'eau qu'aucun autre ne pouvait
221
le faire. Lorsque tu m'as envoyée pour l'inviter chez nous, en me
voyant, il détourna ses regards de moi jusqu'à ce que je l'eus tarnsmis
le message. Puis, pour te montrer sa chasteté, chemin faisant, il me
demanda de marcher derrière lui en lui indiquant le chemin à suivre»
Peut-on traduire son geste par autre que la chasteté?».
Le père fut très soulagé par le raisonnement de sa fille. Puis,
s'adressant à Moïse, il lui dit: «Je veux te marier à l'une de mes deux
filles que voici à condition que tu restes huit ans à mon service, si tu
en achèves dix, ce sera de ton plein gré. Je ne veux rien t'exposer
d'excessif. Tu me trouveras, si Dieu le veut, au nombre des hommes
intègres» - Moïse consentit.
Moïse, le Prophète de Dieu, devait donc servir huit ans comme
obligation et deux autres de son propre gré, et ainsi il compléta les dix
ans de service».
■
Sa'id Ben Joubayr raconte: «Un des doctes chrétiens me
rencontra et me demanda: «Connais-tu lequel des deux termes Moïse
a accompli?» - Non, répondis-je. En interrogeant Ibn Abbas sur ce
sujet, il me dit: «Ne savais-tu pas qu'il devait travailler huit ans comme
obligation sans en rien omettre et que Dieu avait facilité cette tâche à
Moïse, ce qui lui permettait d'accomplir dix ans». En rencontrant le
même docte chrétien et lui donnant la réponse, il me dit: «Celui à qui
tu as posé la question est plus savant que toi et moi» - Sans doute,
répliquai-je.
«En quittant le pays avec sa famille et ce que fut de l'histoire du
feu et du bâton, ainsi sa demande à Dieu de lui délier sa langue afin
qu'il puisse mieux s'exprimer, Moïse implora Dieu pour faire de son
frère un ministre et qui pourrait parler à sa place une fois sa langue en
serait incapable, car il était plus éloquent que iui. Dieu l'exauça et
l'inspira à rencontrer son frère, et tous les deux se mirent en route
vers Pharaon.
m
Après une longue attente ils entrèrent chez Pharaon et lui dirent:
«Nous sommes les Messagers de ton Seigneur». Il leur demanda:
«Qui est votre Seigneur?» Ils l'informèrent à Son sujet tel qu'il est
mentionné dans le Coran. -Que voulez-vous? leur demanda-t-il. Ils lui
répondirent: «Nous voulons que tu croies en Dieu et que tu laisses les
222
fils d'Israël partir avec nous». Il refusa et demanda à Moïse de lui
apporter un signe s'il est véridique.
Moïse jeta son bâton qui fut transformé en un serpent rampant
vers Pharaon. Eprouvant une grande panique, Pharaon quitta son
trône et implora Moïse de retenir son serpent. Puis celui-ci introduisit
sa main dans l'encolure de sa tunique et la fit sortir toute blanche sans
qu'elle fusse atteinte par aucun mal , la lèpre par exemple, puis il la
rendit pour la faire sortir de nouveau ayant sa teinte première.
Pharaon consulta son entourage au sujet de ce qu'ils ont vu, ils
répondirent: «Ce ne sont que deux magiciens qui veulent vous chasser
de votre pays au moyen de leurs sortilèges et abolir votre doctrine
exemplaire» En d'autres termes ils veulent s'emparer de votre
royaume et vous priver de cette vie aisée.
Les conseillers de Pharaon proposèrent de refuser la demande de
Moïse et d'appeler tous les magiciens savants pour l'affronter avec
leurs sorcelleries, et les amener de toutes les cités. Une fois ces
magiciens en présence de Pharaon, ils lui demandèrent «Quels sont
les moyens de la magie de Moïse?» -Les serpents, répondit-il. Et les
magiciens de répliquer «Non par Dieu, nul sur terre ne saurait utiliser
mieux que nous les cordes et les bâtons. Quelle sera notre
récompense si nous aurons le dessus?» - Vous serez mes proches et
mes siens, répondit Pharaon, je vous donnerai ce que vous voudrez».
Ils ont donné un rendez-vous à Moïse et à son frère, qui fut le jour de
la fête lorsque les hommes seront réunis».
Sa'id Ben Joubayr rapporte: «Ibn Abbas m'a dit que ce jour était
le jour de Achoura. Les hommes furent réunis et les uns disaient aux
autres: «Allons assister à ce spectacle «Nous sypmapthiserons avec les
magiciens s'ils ont le dessus» [Coran XXVI, 40] désignant par là Moïse et
son frère Aaron à titre de moquerie.
Les magicens proposèrent: «O Mois, est-ce toi qui jettes ou
serons-nos les premiers à jeter?. Il dit: «Non... jetez: «Ils lancèrent leurs
cordes'et leurs bâtons en disant: «Par la gloire de Pharaon, la victoire est
à nous» [Coran XXVI, 44]. Moïse en fut effrayé. Dieu lui révéla: N'aie
pas peur et jette ton bâton. Et voilà que ce bâton fut transformé en un
grand serpent dévorant tout ce que les magiciens avaient jeté comme
223
cordes et bâtons sans rien laisser. Les magiciens raisonnèrent ainsi: Si
vraiment cela était de la pure magie, il n'aurait jamais atteint ce grade
de gravité. C'est plutôt l'oeuvre de Dieu à Lui la puissance et la gloire,
ils déclarèrent: Nous croyons en Dieu, en Moïse et en son message
Nous nous repentons à Dieu.
Dieu en ce jour-là désarma Pharaon d'une de ses grandes
puissances. La vérité apparut et l'erreur doit disparaître. Les mécréants
furent humiliés. La femme de Pharaon était témoin de tout ce qu'il
passait et ne cessa d'implorer le Seigneur pour accorder la victoire à
Moïse. Quiconque la voyait en cet état croyait qu'elle invoquait Dieu
par compassion envers Moïse, mais en réalité elle attendait cette
victoire en croyant à Moïse.
Le séjour de Moïse en Egypte dura longtemps. Chaque fois qu'il
présenta un signe-miracle à Pharaon pour tenir sa promesse et laisser
partir les fils d'Israël, il demanda un autre, en disant à Moïse: «Ton
Seigneur, pourra-t-ll faire cette chose?» Dieu lui envoya, comme
signes et châtiments, le déluge, les sauterelles, les vermines, les
grenouilles et le sang. Et Pharaon ne cessa de demander à Moïse
pour invoquer Dieu et mettre fin à ces supplices.
A la fin, Dieu ordonna à Moïse de quitter l'Egypte une certaine
nuit avec les fils d'Israël. Le lendemain matin, et constatant cette
exode, Phraon recruta une grande armée et poursuivit Moïse. Arrivés
sur la côte, Dieu inspira. Moïse de frapper la mer avec son bâton qui
s'entouvrit et chacune de ses parties devint semblable à une immense
montagne afin de permettre à Moïse et aux Béni Israël de la traverser
vers l'autre rive.
Lorsque les deux groupes furent en vue l'un de l'autre, le peuple
de Moïse s'écria: «Nous somme rejoints! Agis, ô Moïse, selon l'ordre
de ton Seigneur car II ne t'a jamais menti.» Il répondit: «Dieu m'a
promis qu'une fois la mer devint entrouverte, de la traverser avec
vous». Puis il se rappela le bâton qui le prit et fappa la mer une
seconde fois lorsque l'armée de Pharaon eut atteint le peuple de
Moïse. Ce dernier fut tout sauvé et voilà la mer qui se rabattit sur
Pharaon et son armée. Les compagnons de Moïse lui dirent: «Nous
craignons que Phraon ne soit parmi les noyés, et nous n'y croyons que
224
lorsque nous voyons son cadavre de nos proprs yeux». Moïse invoqua
Dieu afin de faire sortir le corps de Pharaon, et le peuple de Moïse
crut en sa mort.
Les compagnons de Moïse rencontrèrent un peuple qui se
prosternait devant les idoles. Ils dirent: «O Moïse, donne-nous un Allah
comme en ont ces gens-là». Il répondît: «Vous êtes un peuple d'ignorants»
Les pratiques de ces gens sont promises au néant» [Coran VII, 138-139].
Vous avez déjà assez vu des miracles et entendu des leçons. Il les fit
camper dans un certain endroit en les confiant à son frère Aaron car il
devait s'absenter trente jours pour se rendre au rendez-vous avec son
Seigneur .
Quand Moïse fut au lieu fixé après trente jours de jeûne et,
répugnant à s'entretenir avec son Seigneur et le relent de sa bouche,
après ce jeûne, était très désagréable, il prit une certaine herbe et la
mâcha. Dieu le blâma: «O Moïse! Ne sais-tu pas que la mauvaise
odeur de l'haleine du jeûneur m'est plus agréable que celle du musc?
Retourne et jeûne dix jours en plus, puis reviens». Moïse s'exécuta.
Les fils d'Israël, constatant le retard de Moïse, furent mécontents.
Aaron leur harangua: «O fils d'Israël! Vous avez quitté l'Egypte alors
que vous aviez chez ses habitants des dépôts comme ils ont des
pareils chez vous. Vous pensez certes à ce qu'ils vous doivent. Quant
aux dépôts et choses empruntées que vous avez avec vous, nous
n'allons pas les leur rendre, mais nous ne devons pas quand même en
disposer en les retenant». Puis il ordonna de creuser un grand fossé
pour y mettre tout ce qu'ils ont apporté avec eux et il y alluma un
grand feu, en leur disant: «Nous sommes quittes».
Un samaritain, était de ceux qui adoraient le veau et vivaient au
voisinage de Béni Israël, quitta l'Egypte avec eux. Ayant vu une trace
sur le sol, il la prit et, en passant tout près d 'Aaron -que la paix soit
sur lui- celui-ci lui dit: «O Samiryi (Samaritain), pourquoi ne tu laisses
pas tomber par terre ce qu'il y a dans ta main? -Non, répondit-il ceci
est une poignée de poussière laissée par l'ange-envoyé qui vous a
accompagné en traversant la mer. Je peux la jeter à condition que tu
invoques Dieu pour qu'il la transforme à quoi j'en veux faire».
Aaron invoqua le Seigneur, le samaritain jeta la poignée de
225
poussière. - Qu'en voulais-tu faire ô samaritain? demanda Aaron. - Un
veau, lui répondit-il. Et alors tout ce qui trouvait dans le fossé comme
bijoux, métaux et autres choses, fut transformé en un veau creux sans
aucune âme mais qui mugit». Ibn Abbas, en commentant ce fait, a dit:
«Non par Dieu, ce veau ne mugissait pas mais, étant creux, le vent
entrait par son derrière pour sortir par sa tête en produisant un certain
son pareil au mugissement.
Alors les fils d'Israël se divisèrent en plusieurs groupes. Les uns
lui dirent: «O Samaritain qu'est-ce cela et tu le connais mieux que
nous?» - C'est votre Seigneur, répondit-il. Moïse fut égaré et n'a pas
pris le chemin droit. Un autre groupe répliqua: «Nous n'allons pas
renier cela, pour le moment, et nous attendons le retour de Moïse. Si
ce veau était notre Seigneur, nous ne l'aurions pas renié. Mais s'il était
autrement, sous suivrions les enseignements de Moïse».
Un troisième groupe riposta: «C'est là une œuvre du démon, il
n'est plus notre Seigneur et nous n'y croyons plus». Ceux-là étaient les
mieux dirigés. Enfin un dernier groupe crut aux paroles du samaritain.
Aaron leur dit: «O mon peuple, ce veau n'est qu'une tentation. Votre vrai
Seigneur est le Miséricordieux. Suivez-moi et écoutez mes paroles» [Coran
XX, 90] Ils lui demandèrent: «Qu'en est-il de Moïse, pourquoi a-t-il
tardé à revenir après ces trente jours la période qu'il nous a promise?
Voilà bien quarante jours qui se sont écoulés». Les insensés parmi
eux ajoutèrent: «Il s'est sûrement trompé de Dieu, il le recherche mais
ne le trouve pas».
Entre-temps, Dieu adressait ses paroles à Moïse et le mettant au
courant de l'agissement de son peuple. «Moïse retourna auprès de son
peuple, plein de dépit et de colère». Ibn Abbas dit à ses compagnons:
«Et ce fut ce que vous trouvez dans le Coran (en ce qui concerne
cette histoire). Moïse prit son frère par la tête en le trainant vers lui, et
jeta par terre les tablettes qu'il tenait en main. Puis il excusa son frère
et s'adressa au samaritain: «Pourquoi as-tu fait cela?» Il lui répondit:
«J'ai pris une poignée de poussière laissée par l'ange-envoyé. J'ai vu
une chose qui vous a été cachée «Je l'ai jetée dans le feu. Ce fut la une
suggestion de mon esprit». Va-t-en, répliqua Moïse. Désormais, sur terre,
tu ne pourras plus approcher personne. Un rendez-vous t'est fixé pour
226
l'autre monde auquel tu ne pourras te soustraire. Considère le dieu devant
qui tu t'es recueilli avec tant d'assiduité! Je le réduirai en poussière et je le
disperserai dans les flots» [Coran XX, 96-97]. Si vraiment était un dieu
pour toi, il t'en resterait rien de lui.
Les fils d'Israël constatèrent alors qu'ils ont été tentés. Ceux qui
s'étaient mis du côté d'Aaron furent réjouis. Ils dirent à Moïse, à la
place des autres: «O Moïse, invoque pour nous ton Seigneur afin qu'il
nous ouvre une porte de repentance, pour nous pardonner».
Moïse choisit alors soixante-dix hommes parmi les plus pieux des
fils d'Israël, et ceux qui n'ont pas participé à l'adoration du veau. Il
sortit avec eux demandant à Dieu d'accepter le repentir. La terre se
mit alors à bouger, Moïse eut honte de ces hommes lorsqu'il sentit ces
secousses légères et demanda à Dieu: «Seigneur, si Tu l'avais voulu,
Tu les aurais anéantis, auparavant, eux et moi. Vas-Tu maintenant nous
faire périr à cause du crime de quelques insoumis?» [Coran VII, 155].
Pourquoi la terre fut ébranlée sous les pieds des fils d'Israël? La
réponse en est qu'il y avait parmi eux ceux qui étaient abreuvés du
veau en leur cœur et avaient cru en lui. Dieu dit: «Et, d'autre part, ma
clémence est infime. Elle est acquise à ceux qui croient, font l'aumône et se
rallient à nos signes. A ceux qui suivent l'Envoyé inculte, annoncé par le
Pentateuque et les Evangiles» [Coran VII, 156-157].
Moïse demanda alors au Seigneur: «Je T'ai demandé d'accepter
le repentir de mon peuple, Tu me réponds que Tu as inscrit la
miséricorde à un autre peuple. Pourquoi donc n'as-Tu pas tardé ma
naissance afin que je sois du nombre de cette communauté à laquelle
Tu as réservé la clémence?». Dieu lui répondit: «Quant au repentir de
ton peuple Je l'accepterai à condition que chaque homme tue la
personne qu'il rencontre, soit-elle un père ou un fils. Qu'il la tue par
l'épée sans en tenir compte».
... Dieu ensuite accepta le repentir de ceux qui tergiversaient
parmi les fils d'Israël, qui avaient été coupables et obtempéré plus tard
à Ses ordres. Dieu pardonna ensuite aux assassins et aux victimes.
Ensuite Moïse se dirigea avec son peuple vers la Terre Sainte. Il
avait déjà ramassé ce qui restait des tablettes une fois sa colère
227
apaisée. Il demanda alors à son peuple de suivre ces enseignements.
Mais ils les trouvèrent trop excessifs, ils refusèrent de s'y conformer.
Dieu alors dressa une montagne qui les oppressait de tout son poids,
au point qu'ils craignaient qu'elle ne s'écroule sur eux. Us acceptèrent
les enseignements avec humilité en les écoutant et regardant en
même temps la montagne...
Ils arrivèrent enfin à la Terre Sainte, et là trouvèrent une cité où
vivait un peuple d'hommes forts dont leur comportement était très
méchant. Ils dirent à Moïse: «Nous n'y entrerons pas tant qu'ils n'en
seront pas sortis, s'ils en sortent, nous y entrerons». Deux hommes
parmi ce peuple redoutable arrivèrent, comme a avancé Yazid qui
écoutait le récit d'Ibn Abbas. On lui demanda: «O Yazid c'est de cette
façon qu'on a lu te verset?» - Certes oui, répondit-il. C'était deux
hommes qui avaient cru en Moïse et vinrent le trouver et lui dirent: «-
Nous connaissons notre peuple mieux que quiconque. Si vous
redoutez leurs grandes statures et leur nombre, sachez qu'ils ne sont
pas vaillants. Franchissez les portes et vous les vaincrez dès que vous
serez entrés». Mais d'autres exégètes ont répondu que ces deux
hommes étaient du peuple de Moïse.
Ceux qui avaient peur parmi les fils d'Israël, dirent à Moïse: «Nous
n'y rentrerons jamais tant qu'ils y seront. Allez-y, toi et ton Seigneur.
Combattez. Nous vous attendons» [Coran V, 24]. Moïse alors appela la
malédiction sur eux et il leur donna l'épithète: «Les pervers», une
chose qu'il n'avait pas faite auparavant même en les voyant faire des
péchés et lui désobéir.
Dieu décréta alors qu'ils vont errer sur la terre quarante ans ne
sachant avec le lever de chaque jour, où aller. Il plana sur eux, durant
leur errance, une nuée et fit descendre sur eux la manne et les cailles,
et fit en sorte que leurs habits ne s'usent pas et ne se salissent point.
Il créa entre leurs mains un rocher de forme carrée, et ordonna à
Moïse de le frapper. Douze sources en jaillirent, trois de chaque côté
et chaque secte sut où elle devait boire. Les fils d'Israël portèrent
toujours avec eux ce rocher là où lis se dirigeaient.
(Tel fut le récit des épreuves raconté par Ibn Abbas et dont il le
228
puisa, en partie, de sources Israélites comme a jugé l'auteur de cet
ouvrage).
falabitta sinîna ff 'ahli madyana tumma ji'ta 'alâ qadarin yâ Mûsâ (40)
wa-stana'tuka linafsî (41) 'dhab *anta wa 'ahuka walâ taniya fî dikrî (42)
'dhaba 'ilâ Fir'awna 'innahû tagâ (43) faqûla lahû qawla-l-layyina-1-
la'allahû yatadakkaru 'aw yahsâ (44).
... Tu passas plusieurs années parmi les Madianîtes, puis tu vins au
jour fixé, ô Moïse. (40) Je t'ai créé pour ma cause. (41) Partez toi et ton
frère, témoins de mes miracles, et ne m'oubliez pas dans vos prières. (42)
Dirigez-vous vers Pharaon, l'impie. (43) Tenez-lui un langage conciliant.
Peut-être Famenerez-vous à réfléchir et à me craindre. (44).
Moïse passa à Médian la période que Dieu lui a décrétée puis vint
au jour fixé. Dieu l'a choisi pour Soi-même c'est à dire pour sa cause.
A ce propos, Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Adam et Moïse se sont rencontrés. Moïse dit
à Adam: «C'est toi qui as rendu toute l'humanité malheureuse en les
faisant sortir- par ton péché- du Paradis?» Il lui répondit: «C'est toi que
Dieu a choisi de préférence aux hommes pour communiquer Son message,
t'a créé pour Sa cause et t'a révélé le Pentateuque?». - Certes oui, répliqua
Moïse. Et Adam de répliquer: «N'as-tu pas trouvé - dans ton Livre - que
Dieu a prédestiné cela pour moi avant ma création? - Oui, dit Moïse. Et
Adam -par cet argument- eut le dessus sur Moïse» (Rapporté par Boukhari
et Mouslim)[ (1) ].
229
Puis Dieu ordonna à Moïse d'aller chez Pharaon avec son frère
Aaron, dotés des signes et des miracles, saus négliger l'invocation de
Son nom. Ils devaient donc à tout moment invoquer le nom de Dieu,
car en faisant cela, ils n'auraient rien à craindre car II les soutiendrait
en toute occasion.
«Dirigez-vous vers Pharaon, l'impie» qui s'est rebellé, a désobéi à
Dieu et traité les gens avec injustice.
«Tenez-lui on langage conciliant». Il y a là une belle exhortation, car
Pharaon représentait le despote injuste tandis que Moïse était l'élu de
Dieu parmi tous les hommes à cette époque. Ai-Hassan Al-Basri a
commenté ce verset et dit: «Moïse devait exhoter Pharaon et lui dire:
Tu as un Seigneur devant qui tu seras rassemblé, il y aura à la fin,
comme sort final, le Paradis on l'Enfer». Bref ils devaient fui adresser
des paroles courtoises afin de toucher son cœur et ce sera plus
efficace, comme Dieu a dit ailleurs: «Rallie les hommes au culte de ton
Seigneur par de sages et persuasifs appels. Si tu discutes avec eux, sois
modéré» [Coran XVI, 125]. Peut-être cela portera Pharaon à réfléchir
ou à éprouver de la crainte, ensuite il se détournera de son égarement
et aura trouvé son salut. Mais, d'après les dires d'AI-Hassan Al-Basri,
cela signifie: «Ne lui dites, toi et ton frère, qu'il sera condamné avant
que Je lui accorde fa chance de se repentir».
qâlâ rabbana 'innanâ nahafu 'ay-yafruta 'alayria 'aw 'ay-yatgâ (45) qâla
230
\ê. tahafâ 'incanî ma*akuma 'asma'u wa 'arâ (46) fa'tiyâhu faqûlà* 'innâ
rasûlâ rabbika fa'arsil ma'anâ banT 'Isrâ'îla walâ tu 'addibhum qad
ji'nâka bi'sfyatim-mi-r-rabbika wa-s-salâmu 'alâ mani-t-taba'a-l-hudâ"
(47) 'innâ qad 'uhiya 'ilaynâ* *anna-l-*ad âba 'alâ man kaddaba wa
tawallâ (48).
O notre Maître, répondirent-ils, nous craignons qu'il ne se livre a
quelque acte de violence et ne commette quelque brutalité. (45) Ne
craignez rien, reprit le Seigneur, Je serai pour vous tout yeux, tout
oreilles. (46) Allez et dites-lui: Nous sommes les envoyés de ton Seigneur.
Rends-nous les fils d'Israël. Cesse de les opprimer. Nous t'apportons une
preuve de ton Maître. Paix à ceux qui suivent la bonne voie. (47) Il nous
a été révélé que ceux qui nous traitent d'imposteurs et nous délaissent
seraient châtiés. (48).
Moïse et son frère Aaron redoutaient Pharaon et sa violence. Ils
se plaignirent à Dieu: «Nous craignons qu'il ne se livre à quelque acte de
violence et ne commette quelque brutalité» du moment qu'ils ne
méritèrent aucune torture ni châtiment. Mais le Seigneur les rassura:
Je suis avec vous, J'entends et Je vois. Rien ne me sera caché ni de
vos actes et paroles ni des siens. Je le tiens par le toupet: il ne
parlera, ni respirera, ni commettra un acte de violence sans Ma
permission. Quant à vous, Je vous secourrai, vous aiderai et vous
préserverai de toute brutalité.
«Allez et dites-lui: Nous sommes les envoyés de ton Seigneur» Nous
avons déjà parlé de leur entrevue avec Pharaon dans le récit des
épreuves. «Nous t'apportons une preuve de ton Maître» des signes
évidents et même des miracles. «Paix à ceux qui suivent la bonne voie»
La paix, certes, sera sur quiconque aura suivi la bonne Direction. A ce
propos on cite que, lorsque le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- avait envoyé une lettre à Héraclius, le chef des Romains,
elle contenait ceci:
«Au nom d'Allah le Miséricordieux, le Très Miséricordieux».
De Mouhammad le Messager à Dieu à Héraclius le chef des
Romains.
La paix soit sur quiconque suit la bonne voie. Je t'appelle à te
231
convertir à l'Islam, tu te sauveras et Dieu t'accordera une double
récompense...».
Moïse et Aaron dirent à Pharaon: «Paix à ceux qui suivent la bonne
voie. Il nous a été révélé que ceux qui nous traitent d'imposteurs et nous
délaissent seraient châtiés» Nous ne te disons pas cela de nous-mêmes
mais d'après une révélation de Dieu. Et quiconque Lui aura désobéi,
sera châtié. Dieu a dit ailleurs: «Je vous mets en garde contre le feu qui
gronde. N'y seront jetés que ceux qui se seront livrés à leurs passions, nous
auront renié et dédaigné» [Coran XCII, 14-16].
qâla fama-r-rabbukumâ yâ Mûsâ (49) qâla rabbunâ-1-ladT Vtâ kulla
say'in halqahû tumma hadâ (50) qâla famâ bâlu-l-qurûni-l-'ûlâ (51) qâla
'ilmuhâ 'inda rabbî fî kitâbi-1-lâ yadillu rabbî walâ yansâ (52).
«Quel est ce Seigneur que vous invoquez? ô Moïse», demanda
Pharaon. (49) Notre Seigneur est celui qui a pourvu chaque chose de ses
conditions d'existence et qui a révélé la bonne voie. (50) Que deviennent
alors les croyances des générations passées? (51) Leur sort est fixé par mon
Seigneur dans son Livre. Mon Seigneur ni ne se trompe ni n'oublie. (52).
Reniant l'existence du Créateur suprême, Pharaon dit à Moïse et
à son frère: «Qui donc est votre Seigneur?, Celui qui vous a envoyés?
je ne le connais pas comme je ne connais pas qu'il existe un Seigneur
autre que moi» Ils lui répondirent: «Notre Seigneur est celui qui a pourvu
chaque chose de ses conditions d'existence et qui a révélé la bonne voie»
qui signifie, d'après Moujahed, que Dieu a donné à chaque chose sa
forme et a perfectionné la créature de chaque bête. Selon Ibn Abbas:
Il a créé à tout mâle une femelle, ou, suivant une autre interprétation:
chaque être comme il devait être: un homme, une brebis, un âne etc.
Quant à cette partie du verset: «et qui a révélé la bonne voie» Sa'id
Ben Joubayr Ta commentée de cette façon: Il a donné à chaque
232
créature le caractère et les qualités qui lui conviennent, en d'autres
termes, If n'a pas donné à l'homme ceux d'une bête, ni au chien ceux
d'une brebis. Puis II lui a accordé ce qu'il lui convient pour la
copulation. Les unes et les autres parmi Ses créatures ont leurs
propres actes, leur comportement et leurs moyens de subsistance».
Puis Pharaon demanda à Moïse: «Que deviennent alors les
croyances des générations passées?» Le meilleur commentaire donné à ce
verset, comme a avancé l'auteur, est le suivant: Lorsque Moïse fit
connaître à Pharaon que c'est Dieu qui l'a envoyé, Lui qui accorde les
bienfaits, qui décrète le destin et qui dirige. Pharaon demanda encore:
Qu'est-il advenu des générations passées, des hommes qui n'ont pas
adoré Dieu? Ceux-là n'ont pas voué un culte à votre Seigneur? Et
Moïse de répondre: Même s'ils ne l'ont pas adoré, tous leurs actes
sont inscrits auprès du Seigneur dans un livre qui ne laissera échapper
un acte, et ils seront rétribués d'après leurs œuvres. Car «mon Seigneur
ni ne se trompe ni n'oublie» Sa science embrasse tout sans rien
omettre, à l'inverse de l'homme qui s'égare et oublie.
1-ladî ja'ala lakumu-l-'arda mahdan wa salaka lakum fîhâ subulan wa *-
anzala mina-s-samà 'i ma 'an fa'ahrajnâ bihî 'azwâjam-min nabâtin sattâ
(53) kulû wa-r-'aw 'an'âmakum 'inna fî dâlika la'tfyâtin li'uli-n-nuhâ
(54) minhâ halaqnâkum wa fîhâ nu'îdukum wa minhâ nuhrijukum
târatan 'uhrâ (55) walaqad 'araynâhu *ayâtinâ kullahâ fakaddaba wa
'abâ (56). *
Mon Seigneur qui vous a donné la terre pour berceau, qui l'a sillonnée
de voies de communication et qui fait tomber la pluie. Cette pluie qui fait
éclore des couples de plantes variées (53) Nourrissez-vous de ces plantes,
vous et vos bestiaux. Ceci est plein d'enseignement pour qui réfléchit. (54)
233
C'est de la terre que nous vous avons tirés et c'est à elle que vous
retournerez.. Nous vous en ferons sortir une deuxième fois. (55) C'est en
vain que nous montrâmes les preuves les plus décisives. Il les traita de
mensonge et refusa d'y croire. (56).
Les premiers versets consituent une phrase incise dans le
dialogue qui eut lieu entre Moïse et Pharaon. Dieu a rendu la terre
pour les hommes comme un berceau, ils s'y installent, s'y lèvent, s'y
donnent et pour qu'ils voyagent sur sa surface. Il y a tracé, à l'intention
des hommes, des chemins à emprunter pour arriver à leur but, comme
Il le montre aussi dans ce verset: «Et nous y avons aménagé de larges
voies pour permettre aux hommes de communiquer entre eux» [Coran XXI,
31].
Dieu «fait tomber la pluie. Cette pluie fait éclore des couples de
plantes variées» qui donnent différents fruits aux formes, couleurs et
saveurs variées. «Nourrissez-vous de ces plantes, vous et vos bestiaux»
Donc une partie de ces plantes sert comme nourriture aux hommes et
l'autre aux bêtes. «Ceci est plein d'enseignement pour qui réfléchit» ceux
qui sont doués de raison.
«C'est de la terre que nous vous avons tirés, et c'est à elle que vous
retournerez. Nous vous en ferons sortir une deuxième fois». Adam, le père
de la race humaine, fut créé à partir de la terre, les hommes y seront
enterrés et, une fois devenus os et poussière, ils en seront ressuscites
pour le jour dernier. En ce jour-là «ou Allah vous rappellera à Lui, vous
vous présenterez en célébrant ses louanges et vous constaterez alors que
votre séjour sur terre a été de courte durée» [Coran XVII, 52].
Dans un hadith cité dans les Sunan, il est mentionné que le
Messager de Dieu -qu'Aliah le bénisse et le salue- assista aux
funérailes d'un homme. Devant la tombe, il prit une poignée de sable
et dit: «De la terre nous vous avons créés», puis une autre en disant:
«en elle nous vous ramènerons» enfin une troisième et dit: «et d'elle
nous vous ferons sortir une fois encore».
«C'est en vain que nous lui montrâmes les preuves les plus décisives. Il
les traita de mensonge et refusa d'y croire». Malgré les preuves et les
signes que Moïse a présentés à Pharaon, celui-ci a crié au mensonge
et, poussé par sa rébellion et son opiniâtreté, il a refusé d'y croire. Il
234
fut comme les autres qui sont concernés par ce verset: «Bien que
convaincus, 3s les repoussèrent par orgueil et par malignité» [Coran XXVII,
14].
qâla 'aji'tanâ iituhrijanâ min 'ardinâ bi sihrika yâ Mûsâ (57)
falana'tiyannaka bisihrim-mitlihî faj'al baynanâ wa baynaka maw'idal-lâ
nuhlifuhû nahnu wallf 'anta rnakânan suwan (58) qâla maw'idukum
yawmu-z-zînati wa 'ay-yuhsara-n-nâsu duhan (59).
Es-tu venu ô Moïse, dit Pharaon, pour nous chasser de notre pays?
Est-ce à cela que tend ta magie?» (57) De la magie, nous allons t'en
montrer aussi. Convenons d'un rendez-vous. Engageons-nous à n'y manquer
ni l'un ni l'autre. (58) Ce rendez-vous, fixons-le au jour de la prochaine
fête, dit Moïse. Ne manquez pas de rassembler le peuple ce jour-là. (59).
Voyant les signes qu'a apportés Moïse, à savoir le bâton et ta
main, Pharaon s'écria: «Ce n'est que de la pure magie. Nous sommes
prêts aussi à te présenter la nôtre. Ne pense pas que tu vas l'emporter
sur nous. «Convenons d'un rendez-vous» pour permettre aux uns et aux
autres de produire de leur magie. Et Moïse de lui répondre: «Ce
rendez-vous, fixons-le au jour de la prochaine fête». En ce jour-là les
hommes chômeront et pourrant assiter à tout, à observer la puissance
du Seigneur qui a doté Ses Prophètes par tant de miracles, pour abolir
toute magie. Moïse ajouta: que ce soit au cours de la matinée où les
hommes verront toute chose sans en manquer aucune.
A propos de ce jour, ibn Abbas a dit que c'était le jour de
'Achoura. Et l'auteur d'ajouter: et ce fut un jour de 'Achoura où
Pharaon et son armée furent noyés.
235
fatawallâ Fir'awnu fajama'a kaydahû tumma 'atâ (60) qâla lahum Mûsâ
waylakum là taftarû 'alâ-L-Lâhi kadiban fayushitakum bi 'adâbin
waqad haba mani-ftarâ (61) fatanâzalî 'amrahum baynahum wa 'asarrû-
n-najwâ (62) qâlu 'in hâdâni lasâhirâni yurîdâni 'ay-yuhrijâkum min
'ardikum bisihrihimâ wa yadhabâ bitarîqatikumu-1-mustlâ (63) fa
'ajma'û kaydakum tumma-'tû saffan waqad 'aflaha-l-yawma mani-sta'lâ
(64).
Pharaon se retira. H mit au point tous ses prépartifs et vint au rendez-
vous fixe. (60) Moïse s'adressa alors à la suite de Pharaon: «Gare à vous:
Ne propagez pas de mensonges sur Allah. Sinon, le ciel vous châtiera. La
perte des menteurs est fatale» (61) Les magiciens de Pharaon arrêtèrent
leur plan en se concertant. (62) Moïse et son frère, dirent-ils, sont deux
sorciers qui cherchent à vous chasser de votre pays avec leurs sortilèges. Us
veulent détruire vos plus fermes traditions. (63) Unissons nos moyens. Ne
faisons qu'un bloc. Honneur à qui l'emportera. (64).
Ayant fixé le rendez-vous avec Moïse, Pharaon s'occupa alors à
réunir les meilleurs de ses magiciens de tous le coins de son royaume,
à savoir que la magie à cette époque était pratiquée et plusieurs y
croyaient. Donc le souci de Pharaon était de rassembler tous les
savant magiciens comme Dieu a dit ailleurs en parlant de lui: «Amenez-
moi tous les magiciens de renom» [Coran X, 79].
Le jour de la fête arriva. Pharaon s'assit en majesté sur son lit de
repos entouré de ses conseillers et les hauts fonctionnaires de la cour,
les magiciens en rang devant lui écoutant ses incitations en leur
promettant de grandes récompenses. Et voilà Moïse appuyant sur son
bâton et accompagné de son frère Aaron qui s'avancèrent.
Les magiciens dirent à Pharaon: «Evidemment, nous aurons une
236
récompense si vous sortons vainqueurs de l'épreuve?» C'est entendu, dit-il,
mieux que ça, vous ferez partie de ma cour» [Coran VII, 113-114]. Et
Moïse de Les avertir: «Gare à vous. Ne propagez pas de mensonges sur
Allah» et ne vous laissez pas être éblouis par vos sortilèges en
produisant des choses illusoires qui apparaissent créées à leurs yeux
mais en fait elles ne le sont pas. «Sinon, le ciel vous châtiera» et ainsi
vous serez anéantis. «La perte des menteurs est fatale». Alors certains
de ces magiciens avancèrent: Ce ne sont pas les propos d'un
magicien plutôt d'un Prophète, mais les autres ripostèrent: Non, ce
n'est qu'un magicien.
■
«les magiciens arrêtèrent leur plan en se concertant. Moïse et son
frère, dirent-ils, sont deux sorciers» qui n'ont pour but que de l'emporter
sur vous et d'attirer l'attention des hommes pour qu'ils les suivent, et
ainsi ils se mettraient du côté de Moïse pour affronter Pharaon et son
armée et ils vous chasseraient de votre propre pays. Et en plus: «ils
veulent détruire vos plus fermes traditions» en s'emparant de l'art de la
magie qui était pour eux une source importante de leur subsistance.
D'autres exégètes ont dit: Ils s'empareront de la royauté et
l'honneur, ou bien ils porteront les gens à se détourner de vous. «-
Unissons nos moyens. Ne faisons qu'un bloc» Rassemblons donc nos
artifices et jetons nos bâtons et nos cordes en une seule fois, et de
cette façon nous pourrons éblouii* les yeux des hommes et nous
aurons le dessus. «Honneur à qui l'emportera» Ainsi nous obtiendrons
les récompenses promises. Mais si Moïse nous vaincra, il deviendra le
chef incontestable.
237
«
qâlû yâ Mûsà* *immâ 'an tulqiya wa 'immâ 'an nakûna 'awwala man '-
alqâ (65) qâla bal 'alqû fa'idâ hibâmhum wa 'isiyyuhum yuhayyalu '-
ilayhi min sihrihim 'annahâ tas'â (66) fa'awjasa fî nafsihî hîfatam Mûsâ
(67) qulnâ là tahaf 'innaka 'anta-l-'a*lâ (68) wa *alqi ma fî yaminika
talqaf ma sana*lî 'innamâ sana'û kaydu sâhirin walâ yuflihhu-s-sâhiru
haytu 'atâ (69) fa'ulqiya-s-saharatû sujjadan qâlïï Il mannâ bi rabbî
Harûna wa Mûsâ (70).
O Moïse, proposèrent-ils, est-ce toi qui vas entrer en scène le premier
ou nous? (65) Commencez les premiers, dit-il. Voici que leurs cordes et
leurs bâtons parurent brusquement s'agiter sous l'empire de la magie. (66)
Moïse se sentit envahi par une crainte secrète. (67) Sois sans crainte,
suggérâmes-Nous à Moïse, tu auras le dessus. (68) Jette le bâton qui est
dans ta main droite. H anéantira leurs artifices. Ces artifices ne sont rien
moins que des tours de charlatan. Or les charlatants finissent toujours par
être démasqués., (69) Les magiciens tombèrent face à terre en s'ècriant: «-
Nous nous soumettons au Allah d'Aaron et de Moïse» (70).
Les magiciens dirent à Moïse avec confiance: Est-ce toi qui jettes
ou serons-nous les premiers à jeter? -A vous de jeter les premiers,
répliqua Moïse, dans l'intention de voir comment ils vont agir en usant
de leur magie, et aussi pour montrer aux nommes à ta fin leur astuce.
«Voici que leurs cordes et leurs bâtons parurent brusquement s'agiter
sous l'empire de la magie» Dans un autre verset II a dit: «Ils lancèrent
leurs cordes et leurs bâtons en disant: «Par la gloire de Pharaon, la victoire
est à nous» [Coran XXVI, 44]. Ils déployèrent une puissante magie et
purent effrayer les hommes et ensorcelèrent leurs yeux.
Selon les experts, ils sont enduit leurs cordes et leurs bâtons du
mercure, et c'est à cause de ce métal qu'ils purent s'agiter et
apparurent aux yeux des spectateurs comme s'ils courent et rampent.
Etant nombreux, l'endroit où ils se trouvaient et les vallées qui
l'entouraient furent pleins de leurs sortilèges.
«Moïse se sentit envahi par une crainte secrète» Il songea que cela
allait sûrement influencer le peuple et avoir un grand effet sur lui avant
qu'il vienne sont tour. A ce moment, Dieu lui révéla de jeter son bâton
qu'il tenait à sa main droite. Et voilà qu'il se transforme en un grand
serpent qui commença à avaler tout. Les magiciens ne crurent plus
238
que cela devait se produire, étant les savants dans cet art, et les
hommes, à leur tour furent très étonnés de voir un tel spectacle. Ainsi
le miracle fut réalisé, et la vérité se manifesta au grand jour. Dieu dit à
ce propos: «Ces artifices ne sont rien moins que des tours de charlatan.
Or, les charlatans finissent toujours par être démasqués».
Constatant ce fait indéniable, les magiciens, les maîtres de cet art,
furent persuadés que l'acte de Moïse n'émana plus de la magie mais
dû à une force puissante qui dépasse le pouvoir des hommes. Ceci ne
put être réalisé que grâce à une puissance extra-humaine, et seul Dieu
peut le faire, Lui, qui s'il veut créer une chose, lui dit: «Sois» et elle
est. Alors les magiciens se prosternèrent face contre terre et
déclarèrent: «Nous croyons au Seigneur des mondes, le Seigneur
d'Aaron et de Moïse». A ce propos, Ibn Abbas a dit: «Ces magiciens
étaient au début de la journée magiciens et martyrs vers sa fin».
Quel était le nombre de ces magiciens? Mouhammad Ben Ka'b a
avancé qu'ils étaient au nombre de quatre-vingt milles, selon As-
Souddy: trente et quelques milles, et d'après d'autres moins que ça.
Mais d'après Al-Awza'i: Lorsque les magiciens se furent prosternés,
Dieu leur montra le Paradis et purent le contempler longuement.
qâla 'amantum lahû qabla 'an *a*dana lakum 'innahû lakabîrukum-I-ladî
'allamakumu-s-sihra fala 'uqatti'anna 'aydiyakum wa 'arjulakum min
hilâfîn wa la'usallibannakum fï judu'i-n-nahli wa lata'lamunna 'ayyuna
'asaddu 'adâban wa 'abqâ (71) qâlû lan nu'tiraka 'alâ ma jlf'anâ mina-1-
bayyinâti wa-1-ladî fataranâ faqdi ma'anta qâdin 'innamâ taqdî hâdihi-
l-hayâta-a-dunyà* (72) *innâ x 'â^mannâ* bi-r-rabbina liyagfira lanâ
239
hatâyânâ wamX 'akrahtanâ 'alayhi mina-s-sihri wa-L-Lâhu hayrun wa
'abqa (73).
Comment, s'exclama Pharaon, tous vous ralliez à Moïse sans prendre
mon consentement C'est sans doute votre maître et sans doute lui qui vous
a enseigné la magie. Je vous couperai le pied d'un côté et la main de
l'autre. Puis je vous crucifierai sur le tronc d'un palmier. Vous apprendrez
alors qui du Allah de Moïse ou de moi est le plus sévère et le plus
inexorable dans la répression. (71) Les magiciens reprirent: «Nous ne
saurions te préférer aux preuves qui viennent de nous être produites ni au
Allah qui nous a créés. Réalise tes menaces. Tes menaces ne dépassent pas
ce bas monde» (72) Pour nous, nous croyons à notre maître pour qu'il nous
pardonne nos fautes et les scènes de magie auxquelles tu nous as contraints.
Allah est ce qu'il y a de plus cher et II est immortel, (73).
Ces magiciens que Pharaon a voulu qu'ils soient son appui et son
soutien, les voilà qu'ils le déçurent en présence de tous les hommes.
Mû par sa rébellion et son impénitence, il les menaça et leur dit: «-
Vous vous ralliez à Moïse sans mon consentement, et vous vous êtes
accordés de me décevoir», et pour trouver pour lui-même un argument
quelconque, il reprit: «C'est sans doute votre maître et c'est sans doute lui
qui vous a enseigné la magie» voulant dire par ces propos: C'est Moïse
qui vous a appris la magie et vous avez comploté ensemble pour
montrer que son art est le meilleur devant tous mes sujets.
«Je vous couperai le pied d'un côté et la main de l'autre. Puis je vous
crucifierai sur le tronc d'un palmier» afin que vous serviez une leçon
pour les autres, et vous saurez alors qui de nous est le plus fort, en
fait de châtiment, et qui durera plus longtemps, Ces paroles signifient:
Vous prétendez que mes sujets et moi, sommes dans l'égarement, et
vous avec Moïse, êtes dans la voie droite. Vous saurez bientôt lequel
restera dans le supplice pour toujours.
Entendant ces menaces, les magiciens trouvèrent leurs âmes
faciles à sacrifier au compte de leur foi, et lui répondirent: «Nous ne
saurions te préférer aux preuves qui viennent de nous êtres produites» qui
constituent une vérité indéniable «ni au Allah qui nous a créés» car II est
le vrai Dieu qui nous a tirés du néant, c'est à Lui que nous devons
nous soumettre et l'adorer. «Réalise tes menaces» et fais ce que tu
240
voudras. «Tes menaces ne dépassent pas ce bas monde» que tu préfères,
quant à nous, nous aspirons à l'au-delà. «Pour nous, nous croyons à
notre Maître pour qu'il nous pardonne nos fautes» et tout ce que nos
mains ont perpétré et les sortilèges auxquels tu nous a contraints.
En commentant ce verset: «et les scènes de magie auxquelles tu nous
a contraints» Ibn Abbas a dit: «Pharon avait choisi quarante jeunes
hommes parmi les fils d'Israël en leur ordonnant d'apprendre la magie
de sorte que nul, à l'avenir, ne pourrait les vaincre. C'était eux qui ont
répondu à Pharaon: «nous croyons à notre Maître pour qu'il nous
pardonne nos fautes».
Les magiciens dirent à la fin: «Allah est ce qu'il y a de plus cher et
Il est immortei». Une expression qui signifie: Dieu est meilleur que toi
et Son châtiment durera plus longtemps que le tien qu'il infligera à
quiconue Lui aura désobéi. Mais Pharaon réalisa ses menaces et
tortura les magiciens croyants. C'est pourquoi Ibn Abbas a conclu: Les
magiciens étaient au début de la journée comme tels et martyrs vers
sa fin.
'innahû may-ya'ti rabbahû mujriman fa'inna lahû jahannama là yamûtu
fîhâ walâ yahyâ (74) wama-y-ya'tihî mu'minan qad 'amila-s-sâlihâti
fa'uta*'ika lahum-d-darajâtu-l-'ulâ (75) jannâtu 'adnin tajrî min tahtihâ-l-
'anhâru hâlidîna fîhâ wa dâlika jazïf 'u man tazakâ (76).
Au criminel qui comparaît devant Allah, l'enfer est réservé. Il y
éprouvera l'impression de n'être ni mort ni vivant. (74) Ceux qui
comparaîtront devant Allah, ayant eu la foi et ayant pratiqué les bonnes
œuvres, ceux-là recevront de hautes récompenses. (75) Ils auront pour
demeure éternelle les jardins de l'Eden, arrosés d'eau vive. C'est là la
félicité qui est réservée aux vertueux. (76).
L'auteur considère que ces versets font suite aux exhorations des
241
magiciens à Pharaon pour l'avertir de la vengeance divine et du
châtiment étemel, et l'appelant à la foi pour obtenir la récompense. Au
jour dernier, celui qui arrivera coupable devant le Seigneur, la géhenne
est lui est destinée pour y demeurer éternellement, une fin confirmée
par ce verset: «La mort ne mettra jamais un terme a leur supplice et
celui-ci ne connaîtra pas d'adoucissement. Tel est le châtiment que nous
infligeons aux impies» [Coran XXXV, 36].
Àbou Sa'id Al-Khoudry rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue-, a dit: «Ceux qui sont les damnés de l'Enfer, ils
n'y mourront n'y vivront. Il y aura parmi eux ceux dont leurs péchés les
feront mourir une seule fois puis, devenus calcinés, on intercédera en'
leur faveur et seront jetés dans les fleuves du Paradis en disant aux
bienheureux de celui-ci: «O habitants du Paradis, retenez-les». Et alors
ils seront ramenés à la vie telle une graine qui pousse dans le
torrent».
«Ceux qui comparaîtront devant Allah, ayant eu la foi et ayant
pratiqué les bonnes œuvres» ceux qui arriveront devant le Seigneur, étant
croyants et ayant accompli les œuvres pies, ceux-là se tiendront sur
les degrés les plus élevés, lis seront admis aux jardins de l'Eden dans
les demeures de la félicité où vivront tranquilles et pour l'éternité.
A cet égard il est cité dans le deux Sahih que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- dit: «Les habitants du Paradis apercevront
ceux qui seront dans les salles au-dessus d'eux, comme vous voyez l'étoile
filante qui disparait dans l'horizon en traversant le ciel de l'est à l'ouest; en
vue de leurs demeures distinguées». On lui demanda: «O Envoyé de Dieu,
ce seront les demeures des Prophètes que nul hormis eux n'y parviendra».
Il répondit: «Certes oui, par celui dont mon âme est entre Ses mains, ils
seront les hommes qui ont cru en Dieu et déclaré que les Envoyés étaient
véridiques» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (ï K
242
Dans un autre hadith le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
a dit: «Au Paradis il y a cent degrés dont une distance équivalente à
celle qui sépare le ciel de la terre, sépare l'un de l'autre, le Firdaws
étant au plus haut degré d'où prennent source les fleuves du Paradis,
et le Trône se trouve au-dessus. Lorsque vous demandez à Dieu de
vous accorder le Paradis, que ce soit le Firdaws».
walaqad 'awhaynâ* *ilâ Mûsa* 'an 'asri bi-*ibâdî fadrib lahum tarîqan fî-
1-bahri yabasa-1-lâ tahâfu darakan walâ tahSâ (77) fa'atba'ahum
Fir'awnu bijunûdihî fagasiyahum mina-1-yammi ma gaàiyahum (78) wa
'adalla Fir'awnu qawmahû wamâ hadâ (79).
Nous suggérâmes alors à Moïse de quitter le pays avec nos serviteurs:
«Ouvre-leur un chemin à travers les flots», lui commandâmes-nous. «Ne
crains pas d'être rejoint et sois sans inquiétude» (77) Pharaon se lança à
leur poursuite avec ses troupes. Ils furent submergés par les flots. (78)
Ainsi il consomma la perte de son peuple, l'ayant mal dirigé. (79).
Pharaon refusa de livrer les fils d'Israël à Moïse. Dieu ordonna
alors à ce dernier de quitter le pays avec eux à la nuit tombante pour
les sauver de sa tyrannie. Le lendemain matin, constatant que nul des
fils d'Israël ne se trouve en Egypte, Pharaon fut très irrité et envoya
ses commandants pour recruter une grande armée de tous les coins
du pays. Puis il sortit à leur tête à la poursuite de Moïse, et le rattrapa
au lever du soleil.
Lorsque les deux groupes furent en vue l'un de l'autre, les
compagnons de Moïse s'écrièrent: «Nous sommes atteints». Les fils
d'Israël s'arrêtèrent et derrière eux Pharaon et son armée. A ce
moment Dieu ordonna à Moïse: «de frapper les flots avec son bâton. Ils
se fendirent aussitôt. Ils formèrent de chaque côté comme une haute
montagne». Moïse s'exécuta et chaque partie des flots devint semblable
243
à une immense montagne. Dieu ensuite envoya un vent qui transforma
la mer en une terre solide. «Ouvre-les an chemin à travers les flots» et
commanda à Moïse: Ne crains pas d'être noyé, ni toi ni ton peuple.
Voyant cela «Pharaon se lança à leur poursuite avec ses troupes» et les
flots les submergèrent.
yâ banT 'isra Tla qad 'anjaynâkum min 'aduwwikum wa wâ'adnâkum
jâmiba-t-tûri-l-'aymani wa nazzalnâ *alaykumu-l-manna wa-s-salwâ (80)
kulû min tayyibâti ma razaqnâkum walâ tatgaw fini fayahilla 'alaykum
gadabî wa may-yahlil 'alayhi gadabî faqad bawâ (81) wa 'innî lagaffâru-
1-liman tâba wa 'amana wa 'amila sâlihan tumma-h-tadâ (82).
Fils d'Israël, nous avous avons tirés des mains de vos ennemis. Nous
vous avons donné rendez-vous sur le versant droit du Sinaî. Nous avons fait
descendre sur vous la manne et des cailles. (80) Dégustez ces mets délicats
préparés à votre intention. Ne vous montrez pas ingrats si vous ne voulez
pas encourir ma colère. Quiconque encourt ma colère est perdu. (81) Je
suis toute indulgence pour qui se repent, croit, pratique les bonnes œuvres et
se tient dans la yoie droite. (82).
Dieu rappelle aux fifs d'Israël, entre autres bienfaits qu'il les a
accordés, le jour où II les sauva de Pharaon en le voyant submergé
par les flots avec ses troupes «Nous vous avons sauvés et englouti
Pharaon sous vos yeux» [Coran II, 50].
Ibn Abbas rapporte: «Lorsque le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- arriva à Médine, il trouva les fils d'Israël jeûner le
jour de 'Achoura. En leur demandant, ils lui répondirent: «En ce jour-là,
Dieu accorda la victoire à Moïse sur Pharaon». Il dit alors à ses
compagnons: «Nous en avons plus droit que Moïse. Jeûnez ce jour».
244
Après la perte de Pharaon, Dieu donna un rendez-vous aux fils
d'Israël sur le versant droit du mont Sinaï. Là où Dieu parla à Moïse
quand il lui demanda de le voir. Et c'est là aussi que Dieu a révélé le
Pentateuque à Moïse. Durant leur séjour en cet endroit, ils adorèrent le
veau comme on Ta raconté auparavant.
Quant à la manne et aux cailles, la première est une sorte de
friandise qu'elle descendait sur eux. Les cailles sont un genre
d'oiseaux. De Tune et de l'autre, ils en prenaient leur besoin quotidien
pour subsister. C'était une des grâces de Dieu qui leur dit: «Dégustez
ces mets délicats préparés à votre intention. Ne vous montrez pas ingrats si
vous ne voulez pa encourir ma colère» Car quiconque aura encouru la
colère de Dieu ira sûrement à l'abîme de l'Enfer. D'autre part, Dieu
est, en vérité, celui qui pardonne et absout les péchés à quiconque se
serait repenti. Dieu, en effet, avait accepté le repentir de ceux parmi
les fils d'Israël qui avaient adoré le veau. Et ceci n'est accordé qu'à
celui qui se repent d'un repentir sincère sans revenir à ses péchés et à
sa désobéissance à Dieu et aura par contre trouvé le chemin droit.
*
wamma 'a'jalaka 'an qawmika yâ Mûsâ (83) qâla hum 'ûla *i *alà 'atarî
wa *ajiltu 'ilayka rabbi li tarda (84) qâla fa'innâ qad fatannâ qawmaka
mim ba'dika wa 'adallahumu-s-sâmiriyyu (85) fa raja 'a Mûsâ A 'ilâ
qawmihî gadbâna 'asifan qâla yâ qawmi 'alam ya'idkum rabbukum
245
wa'dan hasanan 'afatâla 'alaykumu-l-'adhu 'am 'arattum 'ay-yahilla l -
alaykum gadabum-mir-rabbikum fa'ahlaftum maw *idî (86) qâlû ma '-
ahlafnâ maw 'idaka bi-malkinâ walâkinnâ hummilnâ* 'awzâram-min
zînati-1-qawmi faqadafnâhâ fakadâlika 'alqa-s-sâmiriyyu (87) fa'ahraja
lahum 'ijlan jasada-I-lahu huwârun faqâlû hâdtf 'ilâhukum wa 'ilâhu
Mûsâ fanasiya (88) 'afalâ yarawna 'alla yarji'u 'ilayhim qawlan walâ
yamhku lahum darran walâ naf an (89).
Qu'est-ce qui t'a incité à devancer ton peuple, ô Moïse? (83) Mon
peuple me suit, répondit Moïse. Je me suis empressé vers Toi pour être
agréé plus tôt. (54) Nous avons éprouvé ton peuple en ton absence, ô
Moïse. Le Samaritain vient de l'égarer. (85) Moïse retourna auprès de son
peuple, plein de dépit et de colère. O mon peuple, s'écrïa-t-il, votre
Seigneur ne vous a-t-Il pas fait une belle promesse! Avez-vous trouvé cette
promesse trop longue à se réaliser? Ou bien avez-vous attirer sur vous la
colère d'Allah en trahissant vos engagements? (86) C'est malgré nous que
nous avons violé nos engagements. Nous avions emporté tous les bijoux
recueillis en Egypte. Sur l'ordre du Samaritain, nous les avons jetés dans le
feu. (87) Un véritable veau sortit des flammes en mugissant. Le voilà votre
Allah et celui de Moïse, nous dit-on alors. Mais Moïse l'a oublié. (88)
N'ont-ils pas compris que ce veau était incapable d'articuler une seule
parole? Pas plus qu'il n'était capable de leur être utile ou nuisible. (89).
Moïse avait fait un pacte durant trente nuits et qui étaient
complétées de dix autres pour porter la durée de ia rencontre avec le
Seigneur à quarante nuits où Moïse devait les jeûner, comme nous
l'avons raconté dans le récit des épreuves. Une fois la période
écoulée, Moïse s'empressa de se rendre au lieu fixé près de la
montagne Thor après avoir confié les fils d'Israël à son frère Aaron.
Dieu lui demanda: «Qu'est-ce qui t'a incité à devancer ton peuple?»
Et Moïse de répondre: «Mon peuple me suit» et sera bientôt auprès du
mont Thor. Quant à moi «Je me suis empressé vers Toi pour être agréé
plus tôt» Dieu lui dit alors: «Nous avons éprouvé ton peuple en ton
absence, ô Moïse. Le Samaritain vient de l'égarer». Cette épreuve qui
consitait à l'adoration du veau façonné par les bijoux fondus, par le
Samaritain. «Moïse retourna auprès de son peuple, plein de dépit et de
colère» à cause de son égarement en adorant le veau comme Dieu le
246
lui raconta. Moïse blâma son peuple et leur dit: «Votre Seigneur ne vous
a-t-D pas fait une belle promesse» C'est à dire ne vous a-t-ll pas promis,
par ma bouche, de vous accorder les biens en ce bas monde et la
bonne fin dans l'autre. Vous venez de constater cela quand II vous a
sauvés de Pharaon et vous a donné la victoire sur lui et autres
choses. «Avez-vous trouvé cette promesse trop longue à se réaliser?» Vous
êtes devenus ainsi impatients et vous avez oublié tous les bienfaits
qu'il vous a accordés. «Ou bien avez-vous voulu attirer sur vous la colère
d'Allah en trahissant vos engagements?».
Son peuple ne trouva autre excuse que de dire: «C'est malgré nous
que nous avons violé nos engagements». Puis ils lui avancèrent des
arguments fragiles disant qu'ils n'ont pas voulu garder pour longtemps
les bijoux et autres choses qu'ils avaient apportés avec eux en sortant
de l'Egypte. «Sur Tordre du Samaritain, nous les avons jetés dans le feu»
Le Samaritain invoqua à ce moment Dieu afin que cela fût transformé
en un veau qui mugit. Ainsi ce fut fait.
D'après tbn Abbas, Aaron passa par le Samaritain qui sculptait le
veau. Il lui demanda: «Que fais-tu?» Il lui répondit: «Je façonne une
chose qui nuit mais qui ne sert à rien». Aaron invoqua alors Dieu afin
qu'il exauce le Samaritain selon ses intentions. Aaron continua son
chemin et le Samaritain implora le Seigneur: «Mon Dieu, je Te
demande que tu fasses ce veau mugir!».
En fait, quand le veau mugissait, ils se prosternaient face contre
terre, et à fa deuxième fois, ils se relevaient de la prosternation. Les
égarés parmi les fils d'Israël qui furent tentés par le veau disaient aux
autres: «Le voilà votre Allah et celui de Moïse» Mais Moïse l'a oublié» ici
avant de nous quitter. Suivant le commentaire d'Ibn Abbas: Moïse a
oublié de vous rappeler que ce veau est votre dieu. Ils l'adorèrent et
furent très attachés à lui. Pour les réprimander et leur montrer leur
idiotie, Dieu dit: «N'ont-ils pas compris que ce veau était incapable
d'articuler une seule parole?» Pas plus qu'il n'était capable de leur être
utile ou nuisible» Ces gens-là, n'ont-il pas remarqué que ce veau ne
répondait ni à leur invocation ni à leurs paroles, et était incapable
d'être utile ou nuisible.
Selon Ibn Abbas son mugissement n'était dû qu'à l'entrée du vent
247
par son derrière et la sortie par la bouche en produisant certaine voix.
Bref leurs excuses et arguments parurent fragiles en disant qu'ils
voulaient se débarrasser des bijoux qui consituaient comme un dépôt
par rapport à eux afin d'avoir la conscience tranquille. Mais, en effet,
ils furent tombés dans un péché plus grave.
On rapporte à ce propos cette anecdote citée dans les deux
Sahih: «Un Irakien demanda à Ibn Omar: «Peut-on faire la prière en
portant un vêtement souillé par le sang d'un moustique?» Et Ibn Omar
de s'exclamer: «Hommes! Regardez ces hommes de l'Irak! Ils ont tué
te fils de la fille du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
(Al-Hussein) et sont venus poser la question si le sang d'un moustique
souille un vêtement?».
walaqad qâla lahum Hârûnu min qablu yâ qawmi 'innamâ futintûm bihî
wa 'inna rabbakimm-r-Rahmânu fa-t-tabi'ûnî wa 'atfïï 'amrî (90) qalû
lan-nabraha 'alayhi 'âkifîna hattâ yarji'a 'ilaynâ Mûsâ (91).
Aaron leur avait pourtant dît: «O mon peuple, ce veau n'est qu'une
tentation. Votre vrai Seigneur est le Miséricordieux. Suivez-moi et écoutez
mes conseils» (90) Ils répondirent: «Nous ne cesserons d'adorer ce veau
jusqu'au retour de Moïse» (91).
Durant l'absence de Moïse, Aaron mit en garde les fils d'Israël
contre l'adoration du veau, les exhorta à cesser de le faire et à
n'adorer que le vrai Seigneur qui est capable sur toute chose. «Suivez-
moi et écoutez mes conseils» Mais dans leur obstination ils lui
■
répondirent avec toute franchise: «Nous ne cesserons d'adorer ce veau
jusqu'au retour de Moïse» pour écouter ses paroles. Ils s'opposèrent à
Aaron et furent sur le point de le tuer.
248
qâla yâ Hârûnu ma mana'aka 'id ra'aytahum daiïïï (92) 'alla tattabi'ani
'afa'asayta 'amri (93) qâla yâ-bna 'umma là ta'hud bilihyatî walâ bi ra'sî
'innî hasîtu 'an taqûla farraqta bayna banT 'Isrlf 'îla walam tarqub qawlî
(94). "
Il dit: «O Aaron, qui t'a retenu de me rejoindre dès que tu les a vus
succomber à l'erreur. (92) Est-ce par désobéissance?» (93) O fils de ma
mère, dit Aaron, ne t'en prends ni à ma barbe ni à ma tête. J'ai craint que
tu ne m'accuses d'avoir désuni les fils d'Israël et de n'avoir pas suivi tes
recommandations. (94).
Moïse retourna auprès de son peuple, le cœur gonflé d'amertume
et de colère, jeta les tablettes qui tenait dans ses mains, saisit son
frère par la tête en le trainant et s'écriant: «O Aaron, qui t'a rentenu de
me rejoindre dès que tu les a vus succomber à l'erreur?» pour me mettre
au courant de leur acte ignominieux? «Est-ce par désobéissance?» après
avoir reçu mes recommandations: «Prends ma place auprès de mon
peuple. Sois juste. Evite la voie des méchants» [Coran VII, 142].
Pour se justifier, Aaron répondit: «O fils de ma mère» et ceci pour
avoir pitié de lui, bien qu'il était son frère germain, mais l'appeler par
cet attribut le pousse à avoir de la compassion envers lui. «Ne t'en
prends ni à ma barbe ni à ma tête» qui fut une excuse pour ne pas avoir
rejoint son frère et le mettre au courant du comportement de son
peupel en son absence. «J'ai craint que tu ne m'accuses d'avoir désuni
les fils d'Israël» J'ai eu peur aussi, si je t'avais rejoint, de me blâmer
pour les avoir laissé seuls sans chef, «et de n'avoir pas suivi tes
recommandations» en s'y conformant, à savoir qu'Aaron, d'après Ibn
Abbas, était très obéissant à Moïse et le redoutait.
249
qâla famâ hatbuka yâ sâmiriyyu (95) qâla basurtu bimâ lam yabsurû
bihî faqabattu qabdatam-min 'atari-r-rasûli fanabadtuhâ wa kadâlika
sawwalat lî nafsî (96) qâla fadhab fa'inna laka fî-1-hayâti 'an taqûla là
misâsa wa 'inna laka maw'ida-1-lan tuhlafahû wa-n-zur 'ilï 'ilâhika-1-ladî
zalta 'alayhi 'âkifa-1-lanuharriqannahû tumma lanansifannahû fî-1-yammi
nasfan (97) înnamà* 'ilâhukumu-L-Lâhu-1-ladî là* 'ilâha 'illâ huwa wasi'a
kulla say 'in 'ilman (98).
Quel est ton but ô Samaritain? (95). Il dit: «J'ai conçu un stratagème
dont la signification leur a échappé. J'ai ramassé un peu de poussière sous
les pas du Messager. Je l'ai jetée dans le feu. Ce fut là une suggestion de
mon esprit» (96) Va-t-en d'ici, répliqua Moïse. Désormais, sur terre, tu ne
pourras plus approcher personne. Un rendez-vous t'est fixé pour l'autre
monde auquel tu ne pourras te soustraire. Considère le Allah devant qui tu
t'es recueilli avec tant d'assiduité! Je le réduirai en poussière et je le
disperserai dans les flots. (97) Votre Allah, ô mes frères, est le Allah
unique. Il n'y a d'autre Allah que Lui. Sa science embrasse tout. (98).
Qui était ce Samaritain?
D'après Ibn Abbas, il étati un originaire de «Bajer» d'un peuple qui
adorait les vaches. If avait déclaré sa soumission avec les fils d'Israël.
Son vrai nom était: Moussa Ben Zafar. Selon Qatada, il était originaire
d'une ville qui s'appelle Samerra.
Il motiva son faire et dit: «J'ai conçu un stratagème dont la
signification leur a échappé» voulant dire par là: J'ai aperçu l'ange
Gabriel (Dijbril) qui est descendu pour anéantir Pharaon: «J'ai ramassé
un peu de poussière sous les pas du Messager» c'est à dire il a pris une
poignée de poussière où passait le cheval de Gabriel. Il Ta jetée sur
les bijoux qu'il avait fondus, un veau surgit en mugissant.
250
Une idée qui monta à l'esprit du Samaritain qui consistait au fait
suivant: S'il prend une poignée de cette poussière, il peut s'en servir
pour créer n'importe quoi.
Notons que les fils d'Israël avaient, la veille de leur sortie de
l'Egypte, emprunté les bijoux et parures des femmes Egyptiennes. Le
Samaritain leur dit: «Vous n'êtes mis à l'épreuve que parce que vous
avez sur vous ces bijoux». Alors ils les rassemblèrent, les jetèrent
dans un fossé et mirent le feu. Par une suggestion de l'esprit, le
Samaritain pensait que s'il jetait cette poignée de poussière, son vœu
serait réalisée sûrement. Et ce fut fait.
Moïse lui dit alors: «va-t-en d'ici. Désormais, sur terre tu ne pourras
approcher personne. Tu ne pourras pas toucher et eux ne te toucheront
pas non plus «Un rendez-vous t'est fixé pour l'autre monde auquel tu ne
pourras te soustraire» Au jour de la résurrection tu comparaîtras devant
Dieu qui te demandera compte de tout ce que tu as fait.
«Considère le Allah devant qui tu t'es recueilli avec tant d'assiduité»
Ce veau que tu as façonné de tes propres mains et tu l'as adoré si
longtemps. «Je le réduirai en poussière et je le disperserai dans les flots».
As-Souddy a dit que Moïse s'est servi de la lime pour réduire le veau
en poussière et l'a jeté dans le feu!. Mais Qatada a avancé que ce
veau fut transformé en un vrai veau en chair et os, Moïse le brûla et
répandit ses cendres dans les flots.
«Votre Allah, ô mes frères, est le Allah unique. Il n'y a d'autre Allah
que Lui. Sa science embrasse tout». C'est lui qui est digne d'adoration et
de glorification. Il est omniscient, connaît tout, dénombre tout, le poids
d'un atome n'échappe à Lui ni sur la terre ni dans les deux., il a dit
ailleurs: «Il n'y a pas de créature sur terre qui n'attende d'Allah sa
nourriture, dont Allah ne connaisse à la fois la demeure et le lieu de sa
mort. Tout est écrit dans le Livre authentique» [Coran XI, 6].
251
kadâlika naqussu 'alayka min 'ambà'i ma qad sabaqa waqad 'a taynâka
mil-ladunnâ dikran (99) mân 'a'rada 'anhu fa'innahû yahmilu yawma-1-
qiyâmati wizran (100) hâlidîna fîhi wa saf'a lahum yawma-1-qiyâmati
himlan (101).
Nous te racontons ceci pour te faire connaître l'histoire des événements
passés. Nous t'apportons un enseignement» (99) Celui qui se détourne de
nos révélations comparaîtra au jour de la résurrection avec un lourd passif.
(100) Il en portera éternellement les conséquences. Quelle pénible charge au
jour du jugement dernier. (101).
Telle est, ô Mouhammad, l'histoire de Moïse avec Pharaon
comme elle s'est passée, ainsi que nous te mettons au courant de
toutes les histoires du temps passé sans ajout ni diminuation.
«Nous t'apportons un enseignement» Cet enseignement n'est autre
que le Coran, Terreur ne s'y glisse de nulle part. C'est une révélation
d'un Seigneur sage et digne de louanges. Nul autre prophète n'a reçu
un Livre pareil, ni plus parfait, ni un autre qui a contenu tout le bien
pour les hommes. Ceux qui se détournent de ses prescriptions et
enseignements porteront un lourd fardeau, seront égarés et déviés de
la voie droite, auront par conséquent la Géhenne comme séjour
éternel.
Ceci s'applique à tous ceux que le Coran leur est parvenu, arabes
et non-arabes, les gens du Livre et autres. Car Dieu a dit: «Ce Coran
m'a été révélé pour que vous soyez avertis ainsi que tous ceux qu'il
touchera (VI, 19). Ceux qui ont suivi ses enseignements auront trouvé
le bonheur dans l'au-delà, mais ceux qui s'en détournent ne blâmeront
qu'eux-mêmes et seront précipités au Feu à cause du lourd fardeau de
péchés et de mauvaises actions qu'ils auront accomplis.
yawma yunfahu fi-s-sûri wa nahsuru-I-mujrimîna yawma'idin zurqan
252
(102) yatahâfatûna baynahum 'il-labittum 'illâ 'asran (103) nahnu
'a'iamu bimâ yaqûîûna 'id yaqûlu 'amtaluhum tarîqatan 'il-labittum *illâ
yawman (104) .
Au jour où la trompette sonnera et où nous rassemblerons les
criminels, livides de peur. (102) Ils chuchoteront entre eux: «Notre séjour
sur terre n'a pas dépassé dix jours» (103) Nous comprendrons mieux que
personne ce que voudront dire les plus avisés d'entre eux quand ils
répliqueront: «Que non pas. Nous n'y sommes restés qu'un jour. (104).
Il est cité dans un hadith authentique que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- en répondant à une question
concernant la trompette, a dit: «C'est un grand cor». Et dans un autre
hadith il a dit: «Comment goûterai-je la quiétude alors que l'ange
chargé de la trompette l'a posée sur ses lèvres, s'est incliné, attendant
Tordre divin pour qu'il y souffle». Les compagnons lui demandèrent:
«Que devons-nous dire ô Envoyé de Dieu?». Il répondit: «Dites: Dieu
nous suffit. Il est le meilleur protecteur. Nous nous fions à Dieu».
«Nous rassemblerons les criminels livides de peur». On a dit que les
coupables auront les yeux bleuis à cause des affres qu'ils
rencontreront au jour du jugement dernier. «Ils chuchoteront entre eux»
Ibn Abbas a dit que chacun s'adressera à son voisin à voix basse «-
Notre séjour sur terre n'a pas dépassé dix jours». C'est comme leur vie
dans le bas monde était de très courte durée qui n'a pas dépassé dix
jour et moins encore.
Dieu connaîtra parfaitement ce qu'ils diront lors de leur
chuchotement. «Les plus avisés d'entre eux quand ils répliqueront: «Que
non pas. Nous n'y sommes restés qu'un jour» à cause du court séjour
dans le bas monde par rapport à la vie éternelle dans l'au-delà. Ils
constateront que la vie terrestre comprenant ses jours et ses nuits, ne
sera pas pour eux plus longue qu'un seul jour. Dieu a dit ailleurs en
confirmation: «Lorsque l'Heure sonnera, les coupables, jureront qu'ils n'ont
séjourné sur terre qu'une heure» [Coran XXX, 55]. Il a dit aussi à l'appui:
«Ils seront interrogés: «Combien d'années êtes-vous restés sur terre?» Ils
répondront: «Nous y sommes restés un jour ou moins, peut-être. Pose la
même question à ceux qui peuvent compter» [Coran XXIII, 112-113]. Si
vous aviez été sensés, vous auriez préféré la vie éternelle à celle qui
253
est éphémère et vous auriez agi correctement et sagement.
wa yas'alûnaka 'ani-l-jibâli faqul yansifuhâ rabbi nasfan (105) fayad
aruhâ qâ'an safsafan (106) là tara fîhâ 'iwajan walâ A 'amtan (107)
yawma'idin yattabi*ûna-d-dâ'iyâ là 'iwaja lahû wa haSa'ati-l-'aswâtu li-r-
rahmâni falâ tasma'u 'illâ hamsan (108).
Que deviendront les montagnes? t'interrogent-ils. Dis: Allah les réduira
en poussière. (105). Il ne laissera à leur place qu'une plaine dénudée. (106)
On n'y distinguera plus ni sinuosités, ni vallonnements. (107) Ce jour-là, ils
suivront le héraut à la conscience inflexible. Les voix se feront plus basses
à l'approche du Miséricordieux. On n'entendra plus que le bruit de pas.
(108).
Qu'en sera-t-il des montagnes au jour de la résurrection?
Resteront-elles ou bien elles disparaîtront? Réponds ô Mouhammad:
«Allah les réduira en poussière» Un verset qui fut descendu suite à une
question qu'avaient posée les Qoraïchites. Dieu en fera un bas-fond
aplani où on ne trouvera ni sinuosités ni vallonnements. Donc on n'y
distinguera ni vallée, ni colline ni terre basse ni terre élevée. Tout sera
aplani».
«Ce jour-là, ils suivront le héraut à la conscience inflexible» et
répondront à son appel en toute hâte. S'ils avaient répondu, sur terre,
aux hérauts qui sont les Prophètes, cela aurait été plus bénéfique pour
eux, comme Dieu a dit ailleurs: «C'est alors qu'ils entendront bien et
verront bien le jour où ils comparaîtront devant nous» [Coran XIX, 38].
A ce propos Mouhammad Al-Qouradhi a dit: «Au jour de la
résurrection, les hommes seront rassemblés dans une obscurité totale,
les cîeux seront plies et les étoiles disperses, aussi bien le soleil que la
lune disparaîtront, un crieur interpellera les hommes qui suivront sa
voix, voilà le sens du verset: «Ils suivront le héraut à la conscience
254
inflexible» D'après As-Souhaily ce héraut ne sera autre que l'ange
Israfil.
«Les voix se feront plus basses à l'approche du Miséricordieux.» Le
silence régnera en présence du Seigneur clément, et on n'entendra
qu'un léger bruit produit par les pas des hommes qui se rendront au
lieu du rassemblement, et les mumures de leurs voix comme le montre
ce verset: «Quand ce jour viendra, aucune âme ne pourra parler sans la
permission d'Allah. Ce jour-là il y aura des réprouvés et des bienheureux»
[Coran XI, 105].
v
yawma'id i-l-lâ tanfa'u -S-Safâ'atu 'illâ man 'adina lahu-r-Rahmânu wa
radiya lahû qawlan (109) ya'lamu ma bayna 'aydihim wamâ halfahum
walâ yuhîtûna bihî 'ilman (110) wa 'anati-1-wujûhu-lil-hayyi-l-qayyumi
waqad hâba man hamala zulman (111) wa may ya'mal mina-s-sâlihâti
wahuwa mu'minun falâ yahâfu zulman walâ hadman (112).
Ce jour-là, aucune intercession ne sera acceptée à moins qu'elle ne
vienne de ceux autorisés par le Miséricordieux et dont II aura agréé la
parole. (109) Il connaît le passé et l'avenir des hommes. Mais ceux-ci ne
peuvent le concevoir. (110) Ils courberont le front devant l'Eternel,
l'Immuable. Malheur à ceux qui seront chargés de péchés (111) Ceux qui
ont pratiqué le bien avec foi n'auront à craindre ni injustice ni arbitraire.
(112).
Ce jour-là, l'intercession ne profitera qu'à celui en faveur duquel le
Seigneur l'aura permise, comme on trouve cela cité dans d'autres
versets dont voici un à titre d'exemple: «Ils n'intercèdent que pour ceux
qui peuvent être agrées de lui. Ils tremblent de crainte devant lui» [Coran
XXI, 28].
255
Il est cité dans les deux Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Ailah le
bénisse et le salue- a dit: «... J'arriverai devant le Trône et je me
prosternerai aux pieds de Dieu. On m'enseignera des formules de louanges
dont je ne peux les dire maintenant. Il me laissera en cet état le temps qu'il
voudra puis II me dira: «O Mouhammed relève la tête. Parle on l'écoute et
intercède on t'exauce» Dieu alors me fixera un nombre d'hommes pour les
faire entrer au Paradis, puis je reviendraL..» (J} Il dit qu'il reviendra quatre
fois pour intercéder en faveur des hommes.
«Il connaît le passé et l'avenir des hommes» et tout ce qui se trouve
devant et derrière eux alors que leur science ne peut l'atteindre.
«Ils courberont le front devant d'Eternel, l'Immuable» D'après Ibn
Abbas et d'autres: Ils seront humiliés devant Lui et soumis à Sa
volonté, Lui qui subsiste par Lui-même et qui ne mourra point. Il gère
l'univers et le garde. Il est le parfait en Soi-même et tous les hommes
auront besoin de Lui alors que Lui peut se passer d'eux.
«Malheur à ceux qui seront chargés de péchés» Car en ce jour-là
chcaun s'acquittera de ce qu'il devait envers les autres et nul ne sera
lésé. Même une brebis démunie de cornes prendra sa vengeance de
celle cornue (et qu'elle l'aura cognée dans le bas monde). Dieu-à Lui
la puissance et (a gloire- dira: Nul injuste ne pourra passer sans lui
demander compte. «Ceux qui ont pratiqué le bien avec foi n'auront à
craindre ni injustice ni arbitaire» Les croyants qui auront fait de bonnes
œuvres ne seront plus lésés mais plutôt leurs récompenses seront
augmentées.
256
wa kadâlika 'anzalnâhu Qur'a nan 'arabiyyan wa sarrafnâ fîhi mina-1-
wa'îdi la'allahum yattaqûna 'aw yuhditu lahum dikran (113) fata'âlâ-L-
Lâhu-1-maliku-l-haqqu walâ ta'jal bi-l-Qur*a"ni min qabli *an yuqda '-
ilayka wahyuhû wa qui rabbi zidnî 'ilman (114).
Nous avons révélé le Coran en langue arabe. Nous y avons multiplié
les avertissements. Peut-être suscitera-t-il de la crainte et provoquera-t-il
des réflexions. (113) Gloire à Allah, le Souverain et l'authentique. Evite de
divulguer le Coran tant que la révélation ne t'en a pas été ordonnée. Dis: O
Allah, augmente ma science. (114).
Comme le jour du jugement dernier aura lieu inéluctablement, et
afin que les hommes soient avertis, Dieu a fait descendre le Coran en
langue arabe qui contient des menaces pour qu'ils cessent de
commettre tout péché et toute turpitude. Peut-être les hommes
craindront Dieu ou qu'un Rappel leur soit renouvelé et qu'ils
réfléchissent, en se détournant de la désobéissance et feront des
œuvres pies.
«Gloire à Alalh le souverain l'authentique» et qu'il soit sancitifé, Sa
promesse est vérité et Ses menaces sont une vérité. Sa justice se
manifeste en avertissant les hommes par l'intermédiaire des Prophètes
qui sont envoyés afin de les mettre dans la voie droite, et ainsi les
hommes n'auront ni excuses ni arguments si Dieu leur infligera Son
châtiment.
«Evite de divulguer le Coran tant que la révélation ne t'en a pas été
ordonnée» Un verset qu'on trouve dans le Coran un autre qui lui est
pareil: «N'agite pas la langue, dans la hâte à réciter le Coran. C'est à nous
qu'il appartient de l'incarner en toi et d'en composer un Livre.» [Coran
LXXV, 16-17].
A ce propos, il est cité dans le Sahih d'après Ibn Abbas que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- éprouvait une
grande peine quand il recevait la révélation. Chaque fois que Gabriel
lui récitait un verset, il le récitait après lui pour qu'il n'oublie pas. Dieu
lui fit cette révélation pour le rassurer et lui faciliter la tâche. Suivant un
autre commentaire, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, dans
le moment où il recevait la révélation, il hâtait de la communiquer aux
hommes, il risquait ainsi de ne pas prêter attention au reste de la
257
révélation. Dieu lui dit après: Il nous appartient de le ressembler et de
le lire (le Coran). Suis sa récitation lorsque nous le récitons, c'est à
nous qu'il appartient, ensuite, de le faire comprendre.
«Dis: O Allah, augmente ma science» en se conformant à cette
recommandation, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ne
cessait de le faire jusqu'à sa mort. Il disait: «Grand Dieu, enseigne-moi
ce qui m'est utile, rends-moi utile ce que Tu m'as appris et augmente ma
science. Louange à Toi en toute circonstance» (Rapporrté par Ibn Maja et
Tirmidzi d'après Abou Houraira), et Ai-Tir midzi a ajoutté à sa version:
«Je me réfugie auprès de Toi contre le sort des damnés du Feu» (1) .
» *
walaqad 'ahidnâ* 'il a 'Adama min qablu fanasiya walam najid lahû *-
azman (115) wa'id qulnâ li-l-malï'ikati-s-judû li 'Âdama fasajadu 'ill^
'Iblîsa 'abâ (116) faqulnâ yâ A 'Âdama 'inna hâdâ *aduwwu-l-laka wa
lizawjika falâ yuhrijannakumâ mina-1-jannati fatasqa' (117) 'inna laka '-
alla tajû*a fîhâ walâ ta'râ (118) wa 'innaka là tazma'u fihâ walâ tadhâ
(119) fawaswasa 'ilayhi-s-saytânu qâla yâ 'Adamu hal 'adulluka 'alâ
sajarati-1-huldi wa mulki-1-lâ yablâ (120) fa'akalâ minhâ fabadat lahumâ
258
saw a tunuma wa tafiqa yahsifani alayhima min waraqi-1-jannati wa
'asa 'Adamu rabbahû fàgawâ (121) tnmma-jtabâhu rabbuhû fatâba '-
alayhi wa hadâ (122).
Nous avons adressé une recommandation à Adam, mais il ne l'a pas
observée. Nous Pavons trouvé défaillant. (115) Nous ordonnâmes aux anges
de se prosterner devant Adam. Ils se prosternèrent. Iblis, seul, s'y refusa.
(116) Nous dunes: O Adam, cet être est ton ennemi et celui de ton épouse.
Prenez garde qu'il ne vous fasse sortir du Paradis. Ce serait pour vous une
calamité. (117) Au Paradis, tu ne connaîtras ni la faim ni la nudité. (118)
Tu n'y souffriras ni de la soif ni des intempéries. (119) Satan le tenta: «O
Adam, lui dit-il, veux-tu que je te montre l'arbre de l'immortalité et un 4
royaume impérissable.» (120). Ils mangèrent du fruit défendu. Ils
s'aperçurent aussitôt qu'ils étaient nus. Ils se couvrirent avec les feuilles du
Paradis. Adam venait de désobéir à son Seigneur. Il s'était égaré. (121)
Son Seigneur le ramena à Lui. II accepta son repentir et le remit dans le
droit chemin. (122).
Dieu a honoré Adam, lui a accordé une haute considération et l'a
préféré aux autres créatures. Une fois créé, Il ordonna aux anges de
se prostener devant Adam, en guise de glorification de son Créateur.
Iblis seul refusa d'obtempérer aux ordres de son Seigneur. «Nous
dunes: O Adam, cet être est ton ennemi et celui de ton épouse». Que Iblis
ne vous fasse pas sortir du Paradis, sinon tu auras à peiner et même
trimer pour assurer ta subsistance en dehors de lui et tu seras
malheureux. Car tu vis actuellement dans un jardin où tu obtiens tout
ce que tu désires sans fatigue ni peine. D'autant plus: «Au paradis, tu
ne connaîtras ni la faim ni la nudité» Dieu a joint la faim à la nudité car
la première est à la base de l'humiliation de l'intérieur et l'autre celle
de l'extérieur.
«Tu n'y souffriras ni de la soif ni des intempéries» Car la soif est
celle qui cause la chaleur de l'intérieur et les intempéries qui sont dues
à la chaleur du soleil sont celle de l'extérieur.
«Satan le tenta: «O Adam, lui dit-il, veux-tu que je te montre l'arbre
de l'immortalité et un royaume impérissable» Nous avons déjà parlé de
ce fait en commentant le verset n:22 de la sourate de l'A'raf. Dieu
avait interdit à Adam et à son épouse Eve de manger d'un arbre qu'il
259
leur a désigné. Mais Satan ne cessait de les tenter qu'à la fin ils en
ont mangé. «Ils s'aperçurent aussitôt qu'ils étaient nus».
On a rapporté que 'Adam était un homme de haute taille, poilu, et
ressemblait à un grand palmier. Aussitôt qu'il goûta le fruit défendu,
ses vêtements tombèrent et la première chose qui apparut c'était la
partie intime de son corps. En la voyant, il parcourut dans le Paradis à
la recherche d'un abri. Le Miséricordidux l'interpella: O Adam, Me fuis-
tu?». Entendant ces paroles, il s'arrêta et répondit: «Non mon
Seigneur, mais j'ai honte de Toi. Si je me repens, retournerai-je au
Paradis?» -Oui, fut la réponse divine. Tel est le sens de ce verset: «-
Adam reçut d'Allah une formule de prière qui emporta son pardon» [Coran
II, 37].
«Us se couvrirent avec les feuilles du Paradis» D'après Ibn Abbas, ils
prirent les feuilles d'un figuier pour couvrir leurs parités honteuses. «-
Adam venait de désobéir à son Seigneur. Il s'était égaré».
Al-Boukhari rapporte d'après Abou Houraira que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Moïse, entra en discussion avec
Adam. Il lui dit: «Toi, par ta faute, tu as fait sortir les hommes du Paradis
et tu les as rendus malheureux». Adam lui répondit: «O Moïse, toi que
Dieu a choisi pour son Envoyé et son porte-parole, me blâmes-tu d'une
chose que Dieu avait écrite contre moi avant de m' avoir créé, ou qu'il avait
pédestinée avant de m'avoir créé?». Le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Adam triomphale Moïse dans son
Dans une version rapportée par Ibn Hatem, Te même hadith a été
raconté en ces termes: «Adam et Moïse eurent une discussion auprès
du Seigneur. Moïse lui dit: Toi que Dieu t'a créé de Sa main, t'y a
insufflé de Son Esprit, a ordonné à Ses anges de se prosterner devant
260
toi, t'a donné le Paradis comme lieu de séjour, puis, par ta faute, tu as
fait descendre les hommes sur la terre» Adam lui répondit: «Toi Moïse
que Dieu t'a choisi de préférence à tous les hommes pour que tu
transmettes ses messages et ses paroles, t'a donné les tablettes qui
contenaient tous les enseignements et t'a fait rapprocher de Lui. De
combien d'années Dieu a écrit la Tora avant ma création?» - De
quarante ans, répondit Moïse. Et Adam de poursuivire: «N'as-tu pas
trouvé dans ce livre: qu'Adam venait de désobéir à son Seigneur. If
s'était égaré? -Certes oui, répliqua Moïse. Adam reprit: «Me blâmes-tu
pour une faute que Dieu me l'avait écrite avant de me créer de
quarante ans?». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
a dit: «Adam triompha de Moïse dans son argument».
qâla-h-bitâ minhâ jamî'am-ba'dukum liba'din 'aduwwun fa'immâ
ya'tiyannakum minnî hudan famani-t-taba'a hudâyâ falâ yadillu walâ
yasqâ (123) waman 'a'rada 'an dikrî fa'inna lahû ma'îsatan dankan wa
nahsuruhû yawma-1-qiyâmati 'a'mâ (124) qâla rabbi lima hasartanT
'a'mâ waqad kuntu basîran (125) qâla kadâlika 'atatka 'â A yâtunâ
fanasaytahâ wa kadâlika-1-yawma tunsâ (126).
Fuyez ces lieux, ennemis les uns des autres, dit le Seigneur. Attendez-
vous à recevoir de Moi une direction. Celui qui la suivra évitera de s'égarer
et d'être malheureux. (123) Celui qui s'en détournera aura une vie
misérable. Il sera aveugle au jour de la résurretion.» (124) Il dira: «-
Pourquoi suis-je aveugle au jour où tu m'appelles à comparaître alors que
je jouissais de la vue avant?» (125) C'est parce que nous t'avons envoyé nos
preuves et que tu les as négligées. A notre tour, aujourd'hui, de te négliger.
(126).
261
Dieu ordonna alors à Adam, son épouse et Iblis de descendre sur
terre et de quitter le Paradis; ennemis les uns des autres: Adam et sa
postérité d'une part, Iblis et sa postérité en d'aute part.
m
«Attendez-vous à recevoir de Moi une direction» Abo AI-'Alya a dit
que cette direction serait les Prophètes, Envoyés et messages
comprenant les enseignements. Quiconque aura suivi ta direction et
les Prophètes ne s'égarera pas dans le bas monde et ne sera plus
malheureux dans l'autre. «Celui qui s'en détournera aura une vie
misérable» Il ne goûtera pas la tranquillité, aura la poitrine resserrée,
même s'il mènera une vie aisée: mangera, et portera ce qu'il voudra et
jouira de tous les biens éphémères du monde, car son cœur n'aura
pas trouvé la voie vers la foi et il n'éprouvera que la perplexité.
Abou Sa'id a commenté l'expression «aura une vie misérable» et
dit: Sa tombe sera rétrécîe de sorte qu'elle écrasera ses côtes».
A ce propos le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-,
d'après Abou Houraira a dit: «La tombe du croyant sera telle un jardin
verdoyant dont la longueur atteindra soixante-dix coudées. Elle sera
éclairée comme par une lune pleine. Connaissez-vous ie sens du
verset «Celui qui s'en détournera aura une vie misérable»? On lui répondit:
«Dieu et Son Envoyé sont plus savants» Il reprit: «Il s'agit du supplice
que l'impie subira dans sa tombe. Par celui qui tient mon âme en Sa
main, ou lui enverra quatre-vingt-dix dragons dont chacun sera plus
fort que quatre-vingt-dix serpents, et chaque serpent aura sept têtes
qui le morderont et lui souffleront de leur venin jusqu'au jour où il sera
ressuscité».
«Il sera aveulge au jour de la résurrection» c'est à dire il n'aura
aucun argument, comme ont avancé Moujahed et As-Souddy. Mais
cela signifie, d'après Ikrima, que toute chose lui sera dissimulée sauf la
Géhenne. Quant à l'auteur de cet ouvrage, il a dit: Il se peut qu'il soit
rassemblé aveugle et démuni de toute clairvoyance, et a cité à Tappui
ce verset: «Au jour de la résurrection, nous réunirons tous les égarés, face
contre terre, aveugles, sourds et muets. L'Enfer sera leur séjour» [Coran
XVII, 97].
L'impie demandera: «Seigneur, pourquoi m'as-tu amené ici,
aveulge, alors que je voyais clair auparavant?» Et Dieu de lui
262
répondre: «C'est parce que nous t'avons envoyé nos preuves et que tu les
as négligées. A notre tour, aujourd'hui de te négliger». De même que tu
as oublié nos signes, après qu'ils te sont parevenus, tu seras soublié
aujourd'hui, tout comme Dieu l'affirme dans ce verset: «Aujourd'hui,
nous les oublions comme ils ont oublié ce jour où ils devaient
comparaître..» [Coran VII, 51].
Cette menace ne s'applique pas à celui qui aura oublié la
récitation du Coran après l'avoir étudié et conçu tous ses
enseignements, à savoir qu'un autre avertissement a été lancé à ce
sujet. D'après Sa'd Ben 'Oubada -que Dieu l'agrée- la Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout homme qui aura récité et
appris le Coran et l'oubliera, sera comme amputé quant il rencontrera
Dieu».
wa kadâlika najzî man 'asrafa walam yu'mim-bi *à"yâti rabbihî wa la'ad
âbu-l-'âhirati 'asaddu wa 'abq£ (127).
C'est la façon dont nous traitons ceux qui s'égarent et ne croient pas
aux signes de leur Seigneur. Le châtiment du jour dernier est plus terrible
encore et dure plus longtemps. (187).
Ainsi sera la rétribution des incrédules: Un châtiment les atteindra
dans la vie d'ici-bas, mais un autre plus terrible leur sera infligé dans
l'autre, et n'auront pas de protecteur en dehors de Dieu. Ils seront
précipités dans l'Enfer pour l'éternité.
'afalam yahdi lahum kam 'ahlaknâ qablahum mina-1-qurûni yamsûna fi
263
masâkinihim 'inna fî dâlika la'â A yâti-l-li 'uli-n-nuhâ (128) walawiâ
kalimatun sabaqat mir-rabbika lakâna lizâman wa 'ajalum musamman
(129) fasbir 'alâ ma yaqûlûna wa sabbih bihamdi rabbika qabla tulû'i-5-
samsi wa qabla gurûbihâ wamin 'â A nâ'i-l-layli fasabbih wa 'atrâfa-n-
nahâri la'allaka tarda (130).
N'est-ce pas un avertissement pour eux que nous ayons anéanti tant de
générations passées? Ils foulent le sol où s'élevaient leurs demeures. Et
cependant il y a dans ceci des signes pour les gens perspicaces. (128) Sans
une décision antérieure de ton Seigneur et un délai fixé par Lui, leur
châtiment aurait été immédiat. (129) Endure patiemment leurs propos et
célèbre les louanges de ton Seigneur avant le lever et avant le coucher du
soleil. Célèbre-Le pendant la nuit. Célèbre-Le matin et soir, si tu désires
êter heureux. (130).
O Mouhammad, lui dit Dieu, ceux qui renient le message et le
traitent de mensonge, ne se rappellent-ils pas des générations que
nous avons fait périr. Elles furent anéanties. Ne remarquent-ils pas
qu'ils se promènent Jà où s'élevaient leurs demeures. Cet exemple ne
sert-il pas de leçon à ceux qui sont doués de raison et de
perspicacité?. Dieu a dit ailleurs: «Que ne vont-ils de par le monde? Alors
leur intelligence s'éveillerait et leurs oreilles s'affineraient» [Coran XXII,
46].
Si une parole du Seigneur n'avait pas précédé ce jour, cette
parole qui consistait à avertir d'abord les hommes, le châtiment serait
inévitable au terme fixé. S'il n'y avait pas ce terme, Dieu aurait infligé à
('improviste un châtiment à ces menteurs.
Dieu ensuite réconforte Son Prophète et lui dit: «Endure
patiemment leurs propos» et supporte-les. «Célèbre les louanges de ton
Seigneur avant le lever» qui signifie la prière de l'aube «et avant le
coucher du soleil» qui est le moment de la prière de l'asr. Il est cité
dans les deux Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Vous verrez votre Seigneur comme vous voyez cette lune
sans que vous rencontriez une peine. Si vous serez capables de faire la
prière de l'aube avant le lever du soleil et celle de l'asr avant son coucher,
faites-les» Puis il récita le verset» (Rapporté par Boukhari et Mouslim et
264
Ahmed/ 1 K
«Célèbre-Le pendant la nuit». Il s'agit de la prière nocturne bien que
d'autres ont avancé que c'est le moment des deux prières: celle du
Maghreb et celle d'Icha «Célèbre-Le matin et soir» aux deux bouts de la
journée «si tu désires être heureux» et agréé par Dieu, en obtenant Sa
satisfaction.
Dans un hadith authentique le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut interpellera: «O habitants
du Paradis!» Ils lui répondront: «Nous voilà à Tes ordres Seigneur». -
Etes-vous saisfaits, leur demande ra-t- II. Ils répliqueront: «Comment
pourrions-nous n 'être pas satisfaits t alors que Tu nous a donné ce que Tu
n 'as donné à aucune de Tes créatures?» Il leur dira: «Je vais vous donner
mieux que fa encore» - Qu'est-ce qui est mieux que tout cela?» Et Dieu de
leur répondre: «J'étendrai sur vous Ma satisfaction et jamais je ne me
mettrai en colère contre vous» (Rapporté Par Boukhari et MousUmy \
tjli^i "^ l^ ^Jt^ yuJl lilU» y\j (JCT cjwj j± S*j 3jjj
walâ tamuddanna 'aynayka *ilâ ma matta'nâ bihT 'azwâjam-minhum
zahrata-1-hayâti-d-dunyâ linaftinahum fîhi wa rizqu rabbika hayrun wa
'abqâ (131) wa'mur 'ahlaka bi-s-salâti wa-stabir 'alayhâ là nas'aluka
rizqan nahnu narzuquka wa-l-'âqibatu li-t-taqwâ (132).
(1) ù^i *iejj ,> Oj^U*; N j~Jù\ lx» àjjj LS p£jj ûjjj*- p&\* :ùt J ^ J *-^ 1 <y *^
265
Ne porte pas tes yeux sur les biens matériels que nous avons accordés
à certains, sur l'éclat des plaisirs du siècle. Nous n'accordons ces biens qu'à
titre d'épreuve. Ce que réserve ton Seigneur a plus de prix et est plus
durable. (131) Recommande la prière à tes procbes. Toi-même ne te lasse
pas de prier. Je ne t'impose pas de pourvoir a ta nourriture. C'est Moi qui
te nourris., La crainte d'Allah mène au meilleur destin. (132).
Dieu recommande à Son Messager de ne plus porter ses regards
sur les jouissances éphémères qu'il a accordées à certains groupes
parmi les hommes, et pourtant rares ceux qui sont reconnaissants. «Ce
que réserve ton Seigneur a plus de prix et est plus durable».
On a rapporté qu'Omar Ben Al-Khattab, -que Dieu l'agrée- pénétra
chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'il
était dans un belvédère loin de ses femmes. Il le trouva étendu sur
une natte tressée et accoudé sur un coussin. Chez lui, il n'y avait que
quelques feuilles d'un acacia blond (utilisé pour le tannage des peaux).
Omar pleura. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui
demanda: «Pourquoi pleures-tu ô Omar?» - O Envoyé de Dieu,
répondit-il, Cosroès et César vivent dans l'aisance, et toi l'élu de Dieu
tu vis de la sorte?». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- répliqua: «As-tu un doute quelconque ô Ibn Al-Khattab? A ceux-
là Dieu a hâté ses bienfaits dans le bas monde». A savoir que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- était le plus ascète
parmi les hommes du moment qu'il pouvait demander à Dieu de lui
accorder les biens qu'il voulait, mais il préférait quand même, une fois
obtenu ces biens, de les dépenser en aumônes sans rien garder pour
lui-même.
D'après Abou Sa'id Al-Khudry, le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Ce que je redoute pour vous que Dieu ne
vous accorde «les fleurs du bas monde». On lui demanda: «Quelles
sont les fleurs du bas monde, ô Envoyé de Dieu?». - L'abondance des
biens, répondit-il. Certains ont interprété l'expression: «l'éclat des
plaisirs du siècle» qu'ils sont les clinquants du bas monde.
«Recommande la prière à tes proches» ou suivant une autre
traduction: Ordonne la prière à ta famille, en l'observant et ainsi ils
seront sauvés, avec fa permission de Dieu, du châtiment de la vie
266
future. Quant à toi, ô Mouhammed, persévère toi-même dans la prière.
«Je ne t'impose pas de pourvoir à ta nourriture» Un verset qui
dépend du précédent et qui signifie: Si tu observes la prière, les biens
te parviendront d'où dont tu n'attendais pas. Dieu a dit ailleurs: «Allah
tirera toujours d'affaire celui qui Le craint, et le pourvoira par des moyens
qu'il ne soupçonne pas» [Coran LXC, 2-3]. Tous les Prophètes, quand
une famine les atteignait, recouraient à la prière.
Ibn Abi Hatem rapporte d'après Thabit, que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu Très Haut dit: «O fils
d'Adam, adonne-toi à Mon adoration, Je remplirai ta poitrine de richesses
et Je pourvoirai à tes besoins. Sinon, Je multiplierai tes occupations et
soucis sans combler ce dont tu auras besoin» (Rapporté par Tirmidzi et
Ibn Maja d'après Abou Houravta)^K
Zaïd Ben Thabet rapporte avoir entendu le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Quiocnque dont le bas monde
est sa seule préoccupation, Dieu le rendra perplexe, le frappera de la
pauvreté et n'aura du bas monde que ce que Dieu lui a prédestiné.
Par contre, celui qui aspire à la vie future, Dieu fera de lui un homme
de résolution, enrichira son cœur et le bas monde lui viendra humilié»
Certes, la bonne fin ne sera accordée qu'à celui qui aura craint Dieu.
wa qâlû lawlâ ya'tînâ bi 'ayatim mir-rabbiKf 'awalam, ta'tihim bayyinatu
267
ma fî-suhufi-l-'ûlâ (133) walaw 'annâ A 'ahlaknâhum bi'adâbim min
qablihî laqâlû rabbanâ lawla 'arsalta *ilaynâ rasûlan fanattabi'a lîyâtika
min qabli 'an nadilla wa nahzâ (134) qui kullum mutarabbisun
fatarabbasû fasata'alamûna man 'ashâbu-s-sirâti-s-sawiyyi wa mani-
htadâ (135).
Ils disent: «Pourquoi ne nous montre-t-il pas un miracle de son
Seigneur ?» Est-ce que les annales des peuples passés ne constituent pas un
enseignement? (133) Si nous avions déchaîné contre eux un fléau avant de
leur révéler le Livre, ils n'auraient pas manqué de dire: «Seigneur, que ne
nous as-tu envoyé un Prophète? nous aurions suivi Tes enseignements et
nous aurions évité la ruine et l'avilissement» (134) Dis: Que chacun
attende. Attendez aussi et vous saurez enfin qui de nous a suivi la bonne
voie et a été bien dirigé (135).
Les polythéistes dirent: «pourquoi Mouhammad n'est-il pas venu à
nous avec un signe de son Seigneur? pour le croire comme étant un
Envoyé authentique? Dieu leur répondit: «Est-ce que les annales des
peuples passés ne constituent pas un enseignement?» Suivant un
commentaire il s'agit du glorieux Coran qui lui est révélé, à savoir qu'il
était illettré et n'avait jamais fréquenté les gens du Livre pour acquérir
de leur science. Dieu a dit ailleurs comme réponse à leur demande:
«Ne leur suffit-il pas que nous t'ayons révélé le Livre que tu leur récites?
Pourtant, il y a la une bénédiction et un avertissement pour ceux qui
croient» [Coran XXIX, 51].
Dans les deux Sahih ce hadith a été rapporté: «Le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il n'y a aucun Prophète sans
qu'il n'ait reçu de signes qui ont dirigé les hommes vers la foi. Ce que j'ai
reçu est une révélation que Dieu m'a faite. J'espère au jour de la
résurrection être suivi par le plus grand nombre des hommes. (Rapporté
par Boukhari et MousHm) (1 K
Dans le verset précité, Dieu a cité le plus grand signe qui est le
.5.1 rll
268
Coran, qui renferme autant de miracles qu'on ne puisse les
dénombrer.
Puis Dieu dit ensuite: «Si nous avions déchaîné contre eux un fléau
avant de leur révéler le Livre, ils n'auraient pas manqué de dire: «Seigneur,
que ne nous as-tu envoyé un Prophète». Si Dieu avait fait périr ces
renégats dans un châtiment avant la venue de ce noble Prophète et
avant la révélation de ce Livre glorieux, ils auraient certainement dit:
«Seigneur, pourquoi ne nous as-tu pas envoyé un Prophète? afin que
nous le croyions et le suivions, et nous aurions évité la ruine et
l'avilissement. Dieu a dit ailleurs à ce propos: «Quels que soient les
signes qui leur parviendront, que lorsqu'ils éprouveront les tortures de leur
châtiment» [Coran X, 97] et aussi: «Ils ont juré de toute la force de leurs
serments que si un miracle leur était envoyé ils croiraient» [Coran VI,
109].
Dieu ordonne à Son Prophète de répondre à ces rebelles qui l'ont
traité de menteur: «Que chacun attende» de vous ou de moi «Attendez
aussi et vous saurez enfin qui de nous a suivi la bonne voie et a été bien
dirigé» Comme II a dit dans d'autres versets: «Us constateront, le jour
du châtiment, qui se trompe» [Coran XXV, 42] et: «Ils apprendront un jour
qui est un menteur effronté» [Coran LIV, 26].
269