Coran › Sourate 21 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 21 trad. humaine
21- SOURATE DES PROPHETES
112 versets
Révélée à La Mecque
Révélée à la suite de la sourate d'Abraham
,Y i"
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm. ^s*" - I"
'qtaraba li-n-nâsi hisâbuhum wahum fi gaflatim mu'ridûna (1) ma
ya'tîhim min dikrim mir-rabbihim muhdatin 'illâ-stama'ûhu wahum
yal'abûna (2) lâhiyatan qulûbuhum wa 'asarrû-n-najwâ-1-ladîna zalamû
hal hada 'illâ basrum mitlukum 'afata'tûna-s-sihra wa 'antum tubsirûna
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(3) qâla rabbî ya'lamu-1-qawla fî-s-sam3 'i wa-l-'ardi wa huwa-s-Samî'u-1-
'Alîmu (4) bal qâlïï 'adgâtu 'ahlâmim bali-ftarâhu bal huwa Sa'irun
falya'tina bi 'ayatin kamà 'ursilal-'awwalûna (5) mS émanât qablahum
min qaryatin 'ahlaknâha 'afahum yu'minûna (6).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Proche est l'heure des comptes pour les hommes: mais, insouciants, ils
ne s'y préparent pas. (1) Chaque fois qu'ils reçoivent un nouvel
avertissement de leur Seigneur, ils l'écoutent mais sans s'y arrêter. (2)
Leurs cœurs sont indifférents. Les méchans se disent en secret: «Ce
Prophète est-il antre chose qu'un homme comme nous? Allez-vous être
dupes de ses artifices, bien qu'avertis?» (3) Dis: Mon Maître sait ce qui se
dit dans les cieux et sur terre. Il entend et sait tout. (4) « Ce Coran,
affirment-ils, n'est qu'un tissu de rêveries. Il n'est qu'une invention de sa
part et, lui, n'est qu'un poète. Qu'il nous fasse un miracle comme ses
prédécesseurs!» (5) Avant eux, aucune des cités que nous avons détruites
n'a cru. Vont-ils croire-eux? (6).
Amer Ben Rabi'a reçut un bédouin arabe, il lui accorda une bonne
hospitalité et intercéda en sa faveur auprès du Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- pour une certaine affaire. Cet homme
vint plus tard dire à Amer que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- lui avait concédé un morceau de terrain dans une
certaine vallée, et il voulut lui donner un morceau de ce terrain pour
que la descendance de 'Amer en tireront profit. Amer lui répondit: «Je
n'ai plus besoin de cette concession car une sourate venait d'être
révélée, elle a rendu les hommes consternés et les a fait oublier le bas
monde. Elle est celle-ci: «Proche est l'heure des comptes pour les
hommes: mais, insouciants, ils ne s'y préparent pas...».
Dans cette sourate, Dieu fait allusion aux idolâtres Qouraïchites et
leurs semblables parmi les arabes qui n'écoutaient pas la révélation
descendue sur le Messager de Dieu .-qu'Allah le bénisse et le salue-
mais ils l'entendaient en s'adonnant à la distraction et à la moquerie.
On a rapporté que 'Ibn Abbas a dit à ses compagnons: «Pourquoi
demandez-vous les gens du Livre au sujet de certains problèmes, eux
qui ont altéré, modifié et changé leur Ecriture en y ajoutant de chez
eux ou en en diminuant, alors que vous avez entre vos mains un Livre
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de Dieu inchangé que vous lisez?»
Ces impies, en parlant de Mouhammed -qu'Allah le bénisse et le
salue-, tinrent des conciliabules et dirent: «Ce Prophète est-il antre chose
qu'un homme comme nous?» Ils s'étonnèrent comment, seul, il reçoit la
révélation «Allez-vous être dupes de ses artifices, biens qu'avertis?» En
d'autre terme: «Allez-vous suivre un magicien alors que vous en êtes
sûrs que c'est une pure magie?».
En répondant à leur question, Dieu ordonne à Son Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- de dire: «Mon Maître sait ce qui se dit
dans les cieux et sur la terre» Rien ne lui est caché. C'est Lui qui a
révélé ce Coran qui renferme l'histoire des générations passées et que
nul ne pourrait faire descendre un livre pareil. «H entend et sait tout». Il
est au cours de vos propos et connait parfaitement ce que vous faites.
Un verset qui est à la fois avertissement et menace.
«Ce Coran, affirment-ils, n'est qu'un tissu de rêveries» Ceci dénote
l'obstination des impies qui, tantôt dirent que le Coran est une magie
et de la poésie, et tantôt ils dirent que c'est un amas de rêves, des
propos qui n'émanent que des hommes qui se débattent dans leur
égarement. Et comme défi ils demandèrent: «Qu'il nous fasse un miracle
comme ses prédécesseurs» voulant dire: «Qu'il nous apporte un signe
comme celui de la chamelle de Saleh et les miracles du Moïse et
Jésus. Dieu leur a répondu ailleurs: «Si nous ne faisons plus de miracles,
c'est que les générations passées n'y ont pas cru» [Coran XVII, 59].
«Avant eux, aucune des cités que nous avons détruites n'a cru. Vont-ils
croire, eux?» Ibn Jarir rapporte d'après Qatada que les idolâtres
Mecquois demanèrent au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-:
«Si ce que tu dis est vrai, et si tu veux qu'on croit en ton message,
transforme-nous donc le mont As-Safa en une masse d'or!» Gabriel
vint à ce moment dire au Prophète: «Si tu le veux bien, Dieu pourra
répondre à leur demande. Mais sois sûr que, plus tard, ils ne te
croiront plus et Dieu pourra les prendre aussitôt. Si tu veux aussi on
pourra leur accorder un répit (pour qu'ils croient)». Ce verset fut
descendu à cette occasion.
Ces hommes-là préfèrent-ils être anéantis comme ceux des
générations passées à qui nous avons envoyé des miracles et des
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signes et pourtant ils les ont reniés! «Ceux qui ont encouru la colère de
ton Maître ne croiront, quels que soient les signes qui leur parviendront,
que lorsqu'ils éprouveront les tortures de leur châtiment» [Coran X, 96-97].
A savoir que ces idolâtres de la Mecque ont pu voir de leurs propres
yeux des signes évidents mais, malgré tout, ils n'y ont pas cru.
wama 'arsalnâ qablaka 'illâ rijâlan-nûhT 'ilayhim fas'alïï 'ahla-d -d ikri
'in kuntum là ta'lamûna (7) wamâ ja'alnâhum jasada-1-lâ ya'kulûna-t-
ta'âma wamâ kânû hâlidîna (8) tumma sadaqnâhumu-1-wa'da
fa'anjaynahum waman nasa 'u wa 'ahlakna-1-musrifïna (9).
Avant toi, nous n'avons envoyé que des hommes qui recevaient des
révélations. Interrogez là-dessus les hommes d'Ecriture si vous ne le savez
pas. (7) Nous ne leur avions pas donné un corps qui puisse se passer de
nourriture et nous ne leur avions pas conféré l'immortalité (8). Nous avons
tenu nos promesses envers eux. Nous les avons sauvés, eux et ceux qu'il
nous a plu et nous avons exterminé les rebelles. (9).
Ceux qui ont été chargés des messages n'étaient jamais des
anges mais plutôt des mortels, une réalité que Dieu la montre dans
d'autres versets quand II dit: «Avant toi, nous n'avons toujours envoyé
que des hommes, choisis parmi les habitants des villes» [Coran XII, 109] et:
«Dis: Je ne suis pas le premier Prophète» [Coran XLVI, 9]. Les hommes
des générations passées s'exclamèrent: «Comment, un homme comme
nous nous indiquerait la bonne voie?» [Coran LXIV, 6].
Comme affirmation aussi, Dieu répond aux idolâtres: «Interrogez
là-dessus les hommes d'Ecriture si vous ne le savez pas» Demandez donc
aux juifs, aux chrétiens et aux autres qui ont reçu le Rappel, leurs
Prophètes étaient-ils des anges ou des humains?. «Nous ne leur avions
pas donné un corps qui puisse se passer de nourriture». Nous n'en avions
pas fait des corps qui ne mangeaient aucune nourriture, comme il est
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confirmé aussi dans ce verset: «Tons les Prophètes qui t'ont précédé se
nourrissaient des mêmes aliments que les antres hommes et, comme eux,
s'approvisionnaient sur les marchés» [Coran XXV, 20] Ceci n'a, en aucun
cas, diminué de leur prestige et de leur mission comme prétendaient
les impies qui ajoutèrent: «Curieux Prophète que cet homme qui mange et
circule sur les marchés comme un simple mortel! que n'est-il assisté d'un
ange pour l'accréditer dans sa mission» [Coran XXV, 7].
Tous ces Prophètes n'étaient pas immortels, ils vivaient et
mouraient, Dieu n'a conféré l'immortalité à nul parmi eux. Il leur
envoyait les révélations par l'intermédiaire des anges pour les
communiquer aux hommes et les avertir. Car Dieu a réalisé les
promesses qu'il a tenues envers eux, Il a anéanti les pervers et ceux
qui ont été mécréants et a sauvé les fidèles qui avaient cru. La
promesse de Dieu se réalise toujours.
laqad 'anzalna 'ilaykum kitâban fihi dikrukum 'afalâ ta'qilûna (10) wa
kam qasamnâ min qaryatin kânat zâlimatan wa 'ansa'nâ ba'dahâ
qawman 'â A harîna (11) falammâ 'ahassû ba'sanâ* 'idâ hum minhâ
yarkudûna (12) là tarkudû wa-r-ji'tf 'ilâ ma" 'utriftum fîhi wa
msâkinikum la 'allakum tus'alûna (13) qâlû yâ waylanâ* 'innâ kunnâ
zâlimîna (14) famâ zâlat tilka da'wâhum hattâ ja'alnâhum hasîdan
hamidîna (15).
En vérité, nous vous envoyons un Livre qui doit être votre règle de
conduite. Finirez-vons par comprendre? (10) Que de cités rebelles, n'avons-
nous pas anéanties et remplacées par d'autres? (11) Quand ils sentirent la
rigueur de notre répression, ils s'enfuirent hors de leurs villes. (12) Ne fuyez
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pas, leur fut-il dit. Revenez à vos plaisirs et à vos demeures. Vous avez des
comptes à rendre. (13) Malheur à nous! qui avons été coupables, avouèrent-
ils. (14) Leurs lamentations ne cessèrent que lorsque nous les eûmes
couchés à terre, inanimés. (15).
Dieu exhorte les hommes en général, et en particulier les
Mecquois à cette époque, à méditer le Coran où ils trouveront le
Rappel afin qu'ils saisissent ce qu'il renferme. Comment ne
reconnaissent-ils pas ce grand bienfait qui fut ce Coran! et comment
ne l'acceptent-ils pas? comme Dieu a dit ailleurs: «Le Coran constitue
une règle pour toi et ton peuple. Vous aurez des comptes à rendre» [Coran
XLiii, 44].
Quant au verset: «Que de cités rebelles n'avons-nous pas anéanties»,
on trouve dans le Coran d'autres versets qui lui sont semblables tels
que: «Que de générations nous avons anéanties après Noé» [Coran
XVI 1,1 7] et: «Que de cités avons-nous détruites en punition de leurs péchés!
elles gisent solitaires au milieu de leurs ruines» [Coran XXII, 45]. Dieu
ensuite créa d'autres qui leur succédèrent.
«Quand ils sentirent la rigueur de notre répression» Quand ils
sentirent qu'ils subiront notre châtiment inéluctable «ils s'enfuirent hors
de leurs villes» avec toute hâte, mais on leur dit: «Ne fuyez pas. Revenez
à vos plaisirs et à vos demeures» Dieu se moque d'eux et les avertit en
leur disant de revenir vers le luxe dont ils jouissaient et les demeures
confortables. Comme vous n'étiez plus reconnaissants envres les
bienfaits reçus de Dieu «Vous avez des comptes à rendre» et vous serez
interrogés.
En avouant leurs péchés et leurs ingratitude, ils s'écrièrent: «-
Malheur à nous! qui avons été coupables». Mais leurs regrets ne leur
serviront à rien. «Leurs lamentations ne cessèrent que lorsque nous les
eûmes couchés à terre, inanimés Leur clameur ne s'arrêta pas jusqu'à ce
que Dieu les ait réduits à l'état de moissons sèches, leurs voix et leurs
actions prirent fin.
wamâ halaqna-s-sama'a wa-l-'arda wama baynahumâ la'ibîna (16) law
'aradnâ* 'an nattahid a-lahwa-1-lattahad nâhu mi-1-ladunna 'in kunnâ
fa'ilîna (17) bal naqdifu bil-haqqi 'ala-1-bâtili fayadmaguhû fa'idâ huwa
zâhiqun walakumu-1-waylu mimmâ tasifûna (18) walahû man fî-samâwati
wa-l-'ardi wa man 'indahû là yastakbirûna 'an 'ibâdatihî walâ
yastahsirûna (19) ysabbihûna-1-layla wa-n-nahâra là yafturûna (20).
Ce n'est pas par vain jeu que nous avons créé le ciel et la terre et
l'espace qui les sépare. (16) Si nous n'avions recherché qu'un jeu, nous
Pauriors trouvé chez nous. Oni, si vraiment nous l'avions recherché. (17)
Au contraire, nous dressons la vérité contre l'erreur. Au premier choc,
l'erreur s'évanouit. Malheur à vous pour les blasphèmes que vous proférez
sur le compte d'Allah. (18) Il est le Maître des cieux et de la terre. Ceux
qui l'entourent ne rougissent pas ni ne trouvent pénible de l'adorer. (19) Ils
exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser. (20).
Dieu n'a créé les cieux et la terre qu'avec la vérité, afin qu'il
rétribue ceux qui ont fait le mal d'après leurs actes, et qu'il rétribue
ceux qui ont fait le bien en leur accordant une très belle récompense.
Il n'a pas créé par jeu ni l'un ni l'autre, car II a dit ailleurs: «Nous
n'avons pas créé sans but le ciel et la terre et ce qui les sépare. Il n'y a que
les incrédules pour le penser. Malheur aux incrédules! Ils seront livrés au
Feu.» [Coran XXXVIII, 27].
Si Dieu avait désiré un divertissement, Il l'aurait trouvé auprès de
Lui.
Que signifie ce «jeu» ou ce «divertissement»? Les opinions s'y
sont controversées:
- D'après Moujahed: Dieu n'aurait créé ni Paradis, ni Enfer, ni
mort, ni résurrection, ni rassemblement.
- D'après Ai-Hassan et Qatada: C'est la compagne selon la langue
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de Yemen, cette interprétation est soutenue par Ibrahim Al-Nakh'i qui a
dit qu'il s'agit des houris aux grands yeux.
- Enfin selon Ikrima et As-Souddy: C'est l'enfant, et ils ont cité à à
l'appui ce verset: «Si Allah avait voulu un fils, n l'aurait créé suivant sa
seule inspiration. Sa gloire le place au-dessus d'un tel désir. D est unique et
tout-puissant» [Coran XXXIX, 4]. Qu'il soit exalté et loin de ce qu'on Lui
associe.
«Au contraire, nous dressons la vérité contre l'erreur» en montrant la
vérité pour faire disparaître l'erreur. Quant à vous qui forgez de
mensonges sur le compte d'Allah: «Malheur à vous pour les blasphèmes
que vous proférez sur le compte d'Allah» en lui attribuant un fils ou des
compagnes parmi les anges. Ces anges ne sont que Ses serviteurs
qui n'ont autre tâche que l'adoration du Seigneur et sa glorification jour
et nuit. «Ceux qui l'entourent ne rougissent pas ni ne trouvent pénible de
l'adorer» Ils exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser» Ces
anges sont assidus à la glorification, à son obéissance, n'exécutant
que ses ordres. Ils ne désobéissent pas à l'ordre de Dieu, ils font ce
qui leur est commandé.
Al-Hareth Ben Nawfal rapporte: «Etant encore un impubère, je tins
une fois compagnie à Ka'b Al-Ahbar et lui dis: «Comment interprètes-tu
ce verset: «Ils exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser» Ces
Glorifications ne seraient-elles pas interrompues par d'autres actes tels
que les paroles, les messages et l'action?» Ka'b demanda à ses
compagnons: «Qui est ce jeune homme?» - De Bani Abdul-Muttaleb,
lui répondit-on. Alors il m'embrassa sur la tête et me dit: «O mon fils,
Dieu leur a créé la glorification comme II a créé pour les hommes la
respiration. Ne respires-tu pas en parlant ou en marchant.
'ami-t-tahadiï 'a lihatam mina-l-'ardi hum yunsirûna (21) law kâna
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fîhima" tflihatun 'illâ-L-Lâhu lafasadatâ fasubhâna-L-Lâhi rabbi-l-'arS
'ammâ yasifûna (22) là yus'alu 'ammâ yaf alu wahum yus'alûna (23).
Les divinités qu'ils ont choisies ont-elles le pouvoir de donner la vie?
(21) Si les cieux et la terre n'avaient pas un Allah unique, ce serait
l'anarchie. Gloire à Allah, le Maître du trône qui échappe à toute
description. (22) H n'a de comptes à rendre à personne. Mais les hommes
auront à Lui en rendre. (23).
Dieu désavoue l'acte des idolâtres qui, de la terre, ont pris de
divinités, pourraient-elles donner la vie ou ressusciter les morts? Si
elles sont comme telles, comment donc les prendra-t-on des divinités
en dehors de Dieu en les adorant. Si elles existaient vraiment, aussi
bien les cieux que la terre se seraient corrompus et en désordre. Dieu
le confirme dans un autre verset quand II dit: «Allah n'a pas de fils. H
n'y a aucun autre Allah auprès de Lui. Sinon, chaque Allah s'isolerait avec
sa création et chercherait à surpasser l'autre. Gloire à Allah qui est au-
dessus de telles inventions» [Coran XXIII, 91].
Pureté à Lui, qu'il soit éloigné de ce qu'ils inventent comme enfant
ou associé. «Il n'a de comptes de rendre à personne» Il est le Juge
souverain et nul ne s'oppose à ses décrets qui émanent de Sa Majesté
et Son équité. Mais les hommes seront interrogés et auront à Lui
rendre compte. Dieu a dit ailleurs: «J'en jure par ton Allah, nous les
interrogerons tous sur leurs actions» [Coran XV, 92-93].
'am-i-tahadû min dunihT 'a lihatan qui hâtû burhânakum hâdâ dikru
mam-ma'iya wa dikru man qablî bal aktaruhum là ya'lamûna-1-haqqa
fahum mu'ridûna (24) wamâ* 'arsalnâ min qablika mir-rasûlin 'illâ nûhT
'ilayhi 'annahû là* 'ilâha 'illï 'ana-fa'budûni (25).
Oui, les hommes adorent d'autres divinités qu'Allah! Dis-leur: justifiez-
vous? Voici les révélations adressées à mes contemporains, voici celles
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adressées aux générations passées. Malhenrsemnent la plupart des hommes
ignorent la vérité. Bien pins, ils lui tournent le dos. (24) Il n'est pas de
Prophètes qui t'aient précédé à qui nous n'ayions révélé qu'il n'y a d'autre
Allah que moi. Adorez-moi (25).
Si ces idolâtres ont pris des divinités en dehors de Dieu,
demande-leur ô Mouhammad d'apporter de preuves décisives. Dis-leur
aussi: Ce que je rapporte est une révélation de Dieu -c'est à dire le
coran) et celles adressées aux peuples passés, ce qui contrarie vos
prétentions. Car à tout Prophète -Envoyé, Dieu a révélé un Livre, et
chacun d'eux appelait à adorer le Dieu seul sans rien Lui associer «-
Malheureusement la plupart des hommes ignorent la vérité» et ils s'en
sont détournés. Dieu n'a envoyé aucun Prophète avant Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue- sans lui révéler qu'il n'y a d'autre Dieu
que Lui. Mais les polythéistes n'ont aucune preuve à présenter et sont
incapables de se justifier, c'est pourquoi ils subiront le châtiment le
plus douleureux.
wa qâlû-t-tahad a-r-Rahmânu waladan subhânahû bal 'ibâdum
mukramûna (26) là yasbiqûnahû bi-1-qawil wahum bi 'amrihi ya'mlûna
(27) ya'lamu ma bayna 'aydîhim wamâ halfahum walâ yasfa'ûna 'illâ
limani-rtadâ wa hum min hisyatihî musfiqûna (28) wa may-yaqul
minhum 'innT 'ilâhum-min dunihî fadâlika najzîhi jahannama kadâlika
najzî-z-zâlimîna (29).
Ils disent: «Le Miséricordieux s'est donné des anges pour enfants».
Non. Que sa gloire soit exaltée! Les anges ne sont que ses serviteurs
d'élite. (26) Ils ne lui coupent jamais la parole. Ils sont empressés à
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exécuter ses ordres. (27). Il connait leur passé et leur avenir. Ils
n'intercèdent que pour ceux qui peuvent être agrées de Lui. ils tremblent de
crainte devant Lui. (28) Quiconque prétend être Allah, en dehors de Lui,
est puni de l'enfer. C'est la punition des rebelles. (29).
Dans le temps, les arabes disaient que les anges sont les filles de
Dieu! Dieu leur répond: «Non. Que Sa gloire soit exaltée. Les anges ne
sont que ses serviteurs d'élite». Ils occupent des rangs élevés et
distingués auprès de lui pour prix de leur soumission et leur
obéissance en actes et paroles. «Ils ne lui coupent jamais la parole» Ils
ne devancent jamais la parole et ne la contredisent plus, ils ne font
qu'à obéir à Ses ordres et l'exécutent alors que Lui, connait toute
chose et rien ne lui est caché.
«Ils n'intercèdent que pour ceux qui peuvent être agrées de Lui». Les
versets pariant de cette intercession sont nombreux et nous avons
déjà traité une partie. «Ils tremblent de crainte devant Lui» Ils Le
redoutent et sont pénétrés de crainte par peur de Lui. Quiconque
parmi eux prétend être un dieu en dehors de Lui sera voué à la
Géhenne car elle est la rétribution des injustes et rebelles.
0t
'awa lam yara-1-lad îna kafarïï 'anna-s-samâwâti wa-l-'arda kânatâ
rataqan fafataqnâhumâ wa ja'alnâ mina-1-ma 'i kulla say'in hayyin 'afalâ
yu'minûna (30) wa ja'alnâ fî-l-'ardi rawâsiya 'an tamîda bihim wa ja'alnâ
fîhâ fijâjan subula-1-la'allahum yahtadûna (31) wa ja'alnâ-s-sama"a
saqfam mahfûzan wa hum 'an *à*yâtihâ imi'ridûna (32) wa huwa-1-ladî
halaqa-1-layla wa-n-nahâra wa-s-samsa wa-1-qamara kullun fî falaki-y-
yasbâhûna (33).
280
Les infidèles ne savent-ils pas que les cieux et la terre ne formaient
primitivement qu'une masse? Nous les avons séparés et nous avons tiré de
l'eau toute la vie. Se décideront-ils à croire? (30) Nous avons doté la terre
de montagnes pour la stabiliser. Et nous y avons aménagé de larges voies
pour permettre aux hommes de communiquer entre eux. (31) Nous avons
conçu le ciel comme une voûte indestructible. Et cependant les hommes sont
indifférents à toutes ces preuves. (32) C'est Lui qui a créé la nuit et le jour,
le soleil et la lune, chacun ayant sa périodicité propre (33).
Ceux qui renient le Seigneur ou ceux qui Lui ont inventé
d'associés, ne trouvent-ils dans cet univers des preuves de son
existence et qu'il est le Dieu unique?.
Les incrédules n'ont-ils pas remarqué que les cieux et la terre
formaient une masse compacte, à l'origine, puis Dieu les a séparés
qu'ils sont devenus sept cieux et sept terres. Entre ciel et terre II a
créé un espace envahi par l'air, Il a fait descendre, du ciel, de la pluie,
grâce à elle la terre a donné les plantations. Donc c'est l'eau qui est à
l'origine de tout être vivant. Pourquoi ces infidèles, en constatant un tel
phénomène, ne croient-ils pas? Le poète a dit:
Dans chaque chose se trouve un signe
Qui montre qu'il est le Dieu unique.
On a demandé à Ibn Abbas, comme rapporte Ikrima,: «lequel
existait avant l'autre le jour où la nuit?». Il répondit: «Lorsque les cieux
et la terre formaient une seule masse compacte, y avait-il entre eux
autre que l'obscurité, vous devez donc déduire que la nuit était avant
le jour.
D'après les différents avis de certains ulémas, tant aux cieux que
la terre, tout deux formaient, primitivement, une seule masse. En les
séparant, les cieux donnent de la pluie et la terre la récolte grâce à
cette eau.
«Nous avons tiré de l'eau toute la vie» c'est à dire que toute chose
vivante fut créée à partir de l'eau. A ce propos Abou Houraïra
rapporte: «J'ai demandé: «O Envoyé de Dieu! Lorsque je te vois mon
âme s'apaise et mon œil se réjouit. Parle-moi de toute la création. «-
Toute chose fut créée? à partir de l'eau, me répondit-il» Je redemandai:
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«Montre-moi une œuvre qui, si je la fais, me fera entrer au Paradis». Il
répondit: «Répands le salut, donne à manger, maintiens les liens du sang
prie la nuit alors que les gens dorment tu entreras au Paradis en paix» (-
Rapporté par l'imam Ahmed/ 1 *.
«Nous avons doté la terre de montagnes pour la stabiliser» Dieu a
assigné des montagnes à la terre, autrement la terre aurait bougé et
les hommes ne connaîtraient aucun moment de stabilisation, étant
donné que la terre est submergée presque totalement de l'eau sauf
son quart qui est exposé au vent et au soleil afin que les hommes
puissent observer le ciel et ce qu'il contient comme signes et preuves
extraordinaires.
Ces montagnes n'ont jamais constitué un obstacle devant les
hommes pour se déplacer, car Dieu y a disposé des défilés comme
des sentiers, peut-être les hommes se guideraient-ils?.
«Nous avons conçu le ciel comme une voûte indestructible» C'est à
dire le ciel parait comme une voûte -ou un toit- protégée, et dans un
autre verset Dieu a dit: «Et le ciel? Nous l'avons solidement construit et
nous lui avons donné de vastes proportions» [Coran Ll, 47], et dans un
triosième (à titre d'exemple) II a dit: «Que ne considèrent-Us le ciel qui
s'élève au-dessus de leurs têtes? Ils verraient comment nous l'avons créé et
embelli. Ils verraient qu'il est net de toute fissure» [Coran L, 6].
Mais malgré ces signes, les incrédules ne font que s'en détourner.
Ils ne méditent plus la création harmonieuse de Dieu: «Que de signes
sur terre et dans les cieux révèlent l'existence d'Allah! Mais les hommes les
considèrent sans y prêter attention» [Coran XII, 105]. Le ciel est
tellement élevé et Dieu l'a orné par les astres, les planètes et le soleil
dont sa révolution autour de la terre dure un jour et une nuit qui sont
deux phénomènes: l'un est éclairé et l'autre sombre pour des buts
déterminés, tantôt l'un s'allonge, tantôt l'autre selon les saisons.
oijij M cJU* M\ y\ fje- ^ijt :oi» tjli i»U j* i }l>- ttf i JT» :Jli lftf i Jf
.if*-, U-l
282
Quant au soleil et à la lune, deux astres créés aussi par Dieu à
l'Intention des hommes, dont le premier éclaire l'autre, et chacun d'eux
vogue dans son orbite. Tant à l'orbite qu'aux étoiles, lune et soleil, ils
sont dépendants l'un de l'autre, car aucun astre ne saurait voguer si
une orbite ne lui était pas tracée. Dieu a dit ailleurs: «Il fait luire les
matins; Il a institué la nuit pour le repos, le soleil et la lune comme mesure
du temps. Tel est l'ordre conçu par le Tous-Puissant et le docte» [Coran
VI, 96].
wamâ ja'alnâ libasarim min qablika-1-hulda 'afa'ina mitta fahumu-1-
hâlidûna (34) kullu nafsin da"iqatu-l-mawtu wa nablukum bi-5-Sarri wa-
1-hayri fitnatan wa 'ilaynâ turja'ûna (35).
Nous n'avons conféré l'immortalité à aucun homme avant toi. Si tu
meurs, l'auront-ils, eux, l'immortalité? (34) Chaque âme goûtera la mort.
Nous éprouverons par les revers et par les succès. C'est à nous que vous
ferez retour. (35).
Ibn Jouraïj rapporte que, quand on annonça au Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- sa mort prochaine, il s'écria: «Seigneur, à qui
ma communauté sera-t-elle confiée?» Ce verset fut descendu aussitôt:
«Nous n'avons conféré l'immortalité à aucun homme avant toi». Pour le
rassurer, Il a dit ailleurs: «Tout ce que porte la terre est périssable. Seule
demeure la face de ton Seigneur auréolée de majestée et de noblesse» [-
Coran LV, 26-27]. Donc quiconque aura espéré l'immortalité, qu'il
sache qu'il mourra bientôt et nul n'est immortel.
«Nous vous éprouverons par les revers et par les succès» Dieu
éprouve les hommes par le bien et par le mal, par l'aisance et par
l'indigence pour savoir qui croit et qui mécroit, qui patiente et qui se
désespère. Quant au commentaire d'Ibn Abbas il est le suivant: Dieu
éprouve les hommes par le mal et le bien, par la pauvreté et par la
richesse, par la santé et par la maladie, par les moments difficiles et
par les moments faciles, par le licite et par l'illicite, par la soumission et
283
par la désobéissance et par la guidée et par l'égarement. C'est à Dieu
que les hommes feront retour pour être rétribués selon leurs œuvres.
wa 'idâ ra'âka-1-ladîna kafarïï 'iy-yattahidûnaka 'illâ huzuwan 'ahâdâ-1-
ladî yadkuru 'âlihatakum wa hum bidikri-r-Rahmâni hum kâfîrûna (36)
huliqa-l-'insânu min 'ajalin sa'ûrikum 'ïyâtî falâ tasta'jilûni (37).
Lorsque les infidèles t'aperçoivent, ils te tournent en dérision. Voilà
l'homme, disent-ils, qui discrédite nos divinités. La seule évocation du
Miséricordieux les jette hors d'eux. (36) L'homme est impatient de nautre.
Un jour viendra où je vous produirai mes preuves. Ne vous montrez pas
impatients (37).
Quand les infidèles de Qoraïch tels que Abou Jahl et ses
semblables, rencontrèrent Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le
salue-, ils se moquèrent de lui et le dénigrèrent. Ils dirent d'un air
sarcastique: «Voilà l'homme qui discrédite vos divinités» qui médit d'elles
et qui contesta leur religion. Ceux-là, une fois le Miséricordieux ou Son
Rappel évoqué devant eux, les jette hors d'eux. Par cela ils
commettent deux actes réprouvés: la mécroyance en Dieu et la
moquerie de Son Messager. Dieu a dit d'eux ailleurs: «Quand ils te
voient, ils te tournent en dérision: «Est-ce là, disent-ils, celui qu'Allah a
envoyé comme Prophète?» [Coran XXV, 41].
L'homme a été créé d'impatience dans la plupart de ses paroles
ou actions. Pourquoi Dieu a mentionné l'impatience de l'homme dans
cette sourate? Quand II a parié de ceux qui tournent le Prophète en
dérision, il vient à l'esprit de quiconque l'idée de la vengeance de ces
impies et de les châtier le plus vite possible. Quant à Dieu, Il accorde
un répit à l'injuste mais quand II le saisit, Il ne le lâche point. Il accorde
un délai puis hâte Son châtiment du terme voulu, comme II le retarde
mais ne laisse rien échapper. Il affirme cela en disant qu'il va montrer
284
Ses signes d'abord et les hommes ne doivent pas lui demander de se
hâter. Il montrera sûrement Sa vengeance, Sa sagesse et Son pouvoir
-absolu sur toutes Ses créatures surtout ceux qui Lui désobéissent.
wa yaqûlûna mata hâdâ-1-wa'du 'in kuntum sadiqîna (38) law ya'lamu-1-
ladîna kafarû hîna la yakuffûna 'an wujûhihimu-n-nâra walâ 'an
zuhûrihim walâ hum yunsarûna (39) bal ta'tîhim bagtatan fatabhatuhum
falâ yastatrûna raddahâ walâ hum yunzarûna (40).
Ils disent: quand vos menaces se rélaiseront-ellcs? Précisez-les, si vous
êtes sincères. (38) Ah! Si les infidèles pouvaient entrevoir le moment où ni
leurs visages ni leurs dos n'échapperont aux flammes et où ils n'auront plus
aucune aide! (39) Le châtiment les surprendra à l'improviste. Déconcertés,
ils ne pourront ni l'éloigner ni en ajourner l'échéance (40).
Poussés par leur incrédulité et leur obstination, pour manifester
leur impiété, les mécréants hâtent le châtiment et dirent avec
sarcasme: «Quand vos menaces se réaliseront? Précisez-le, si vous êtes
sincères» Dieu leur répond: si les impies savaient quand ils ne sauront
empêcher le feu qui attaqeura leurs visages et leurs dos et ne seront
non plus secourus. Les flammes les envelopperont de toutes parts.
Qu'ils sachent que «le châtiment les surprendra à l'improviste» et ils
seront stupéfaits et déconcertés. Alors ils ne pourront le renvoyer et on
ne leur accordera aucun délai.
285
walaqadi-stuhzi'îa birusulim-min qablika fahâqa bi-1-ladîna sahirû
minhum ma kânû bihî yastahzi'ûna (41) qui may-yakla'ukum bi-1-layli
wa-n-nahâri mina-r-Rahmâni bal hum 'an dikri rabbihim mu'ridûna (42)
'am lahum 'â A lihatun tamna'uhum min duninâ là yastatî'ûna nasra '-
anfusihim walâ hum minnâ yushhabûna (43).
D'autres Prophètes, avant toi, ont été tournés en dérision. Mais les
moqueurs vérifièrent à leurs dépens la raison d'être ce qu'ils avaient raillé.
(41) Dis: qui vous protège de jour ou de nuit si ce n'est le Miséricordieux?
Qu'y faire? ils sont indifférents aux exhortations de leur Seigneur. (42)
Ont-ils de divinités capables de les défendre contre nous? Mais celles-ci ne
peuvent rien pour elles-mêmes, n'étant pas agréées par nous. (43).
Pour soulager Son Prophète -qu'Aliah le bénisse et le salue- Dieu
lui dit que bien d'autres Prophètes et Messagers avant lui furent le
sujet de la raillerie de leurs peuples, arme-toi de la patience car, le
châtiment qu'ils n'en crurent pas ou qu'ils le considèrent très éloigné,
ne tarderait pas à les attaquer. Dieu ne laisse plus Ses Prophètes
seuls sans être secourus, tout comme II a dit: «Des Prophètes ont été
traités d'imposteurs avant toi. Ils supportèrent ces injures et furent même
molestés jusqu'au jour où nous leur donnâmes assistance» [Coran VI, 34].
Puis II rappelle à Ses serviteurs Ses bienfaits, entre autres il y a le
fait d'être gardés de nuit et de jour et qui autre que le Miséricordieux
en est capable? Mais, malgré tout, les impies méconnaissent ces
bienfaits et se détournent des signes de leur Seigneur. Ces gens-là
«ont-ils de divinités capables de les défendre contre nous?» Un verset qui
est à la fois désaveu, réprimande et reproche. Non, ces divinités
auxquelles ils se fient ne pourraient plus les secourir ou de se
défendre contre le châtiment de Dieu.
286
bal matta'nâ hï'ulï'i wa "ïbï'ahum hattâ tâla 'alayhimu-l-'umuru '-
afalâ yarawna 'annâ na'tî-l-'arda nanqusuhâ min 'atrâfiha 'afahumu-1-
gâlibûna (44) qui 'innamâ* 'undirukum bi-1-wahyi walâ yasma'u-s-
summu-d-du'a* 'a 'idâ ma yundarûna (45) wa la'im-massathum nafhatum
min 'adâbi rabbika layaqûlunna yâ waylana* 'innâ kunnâ zâlimîna (46)
wa nada'u-1-mawâzîna-l-qista liyawmi-1-qiyâmati falâ tuzlamu nafsun
Say'an wa 'in kâna mitqâla habbatim-min hardalin 'ataynâ bihâ wa kafâ
bina hâsibîna (47).
La vérité, c'est que nous leur avons longtemps assuré une vie facile
ainsi qu'à leurs pères. N'ont-ils pas remarqué que nous faisons disparaître
des portions de continent? Sont-ce eux les plus forts? (44) Dis: Ce que je
vous annonce m'est révélé. Mais les sourds n'entendent pas les appels qui
leur sont adressés. (45) Qu'un châtiment les effleure et les voilà qui crient:
«Malheur à nous qui avons été coupables» (46) Nous dresserons des
balances d'une sensibilité inégalable au jour du jugement dernier. Aucune
âme ne subira le moindre préjudice. Le poids même d'un grain de moutarde
entrera en compte. Nos comptes sont infaillibles (47).
Les incrédules, plongés dans leur égarement, se laissèrent leurrer
par les clinquants du bas monde croyant, après une longue vie, qu'ils
ont eu le dessus et il n'y aura autre que la vie qu'ils ont vécue.
«N'ont-ils pas remarqué que nous faisons parfois disparaître des
portions de continent?» Ces paroles divines furent Interprétées de
différentes manières, mais, comme a dit l'auteur, nous allons adpoter
la plus logique d'après les dires de Ai-Hassan Al-Basri. Dieu a dit
ailleurs: «Nous avons anéanti nombre de villes autour de vous. Et pourtant
nous avions multiplié les avertissements pour ramener à nous leurs
habitants» [Coran XLVI, 27].
Ces deux versets qui donnent presque le même sens signifient:
Ces idolâtres, n'ont-il pas vu que Dieu intervient dans les pays
287
infidèles pour en diminuer l'étendue et ceci en laissant l'Islam se
répandre et abrogeant les autres religions, en donnant aussi la victoire
aux musulmans contre leurs ennemis, ou bien encore en sauvant les
fidèles et faisant périr les autres.
Ces idolâtres «sont-ce eux les plus forts», bien au contraire ils sont
les vaincus et les perdants.
«Dis: Ce que je vous annonce m'est révélé» Ma mission consiste*
aussi à vous mettre en garde, ô hommes, contre un châtiment et un
supplice atroce. Je vous divulgue ce qui m'a été révélé de la part de
mon Seigneur, mais ceci s'avère être inutile pour quiconque Dieu aura
aveuglé et scellé sur son ouïe et son cœur. Il a dit à ce sujet: «Mais
les sourds n'entendent pas les appels qui leur sont adressés».
Les infidèles, une fois atteints par un souffle du châtiment de
Dieu, «voilà qui crient: «Malheur à nous qui avons été coupables» en
manfiestant leurs regrets d'avoir été injustes. «Nous dresserons des
balances d'une sensibilité inégalable du jour du jugement dernier» Dieu a
mentionné qu'il y aura plusieurs balances pour juger les hommes,
mais, en fait, il n'y aura qu'une seule pour peser une multitude et une
grande variété des œuvres, c'est pourquoi il semblera aux hommes
qu'il y aura tant de balances.
«Aucune âme ne subira le moindre préjudice» Nul homme ne sera
lésé pour la plus petite chose ne serait-ce que l'équivalent d'un grain
de mourtarde qui sera pesé. Dieu est juste et équitable. Le Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a deux paroles qui
sont légères pour la langue, lourdes dans la balance et très aimées de Dieu.
Elles sont: «Gloire et louange à Dieu. Gloire à Dieu l'Inaccessible» (-
Rapporté par Boukhari et Mouslim) (,) .
Abdullah Ben 'Amr Ben AI-'As rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu -à
Lui la puissance et la gloire- choisira un homme de ma communauté et on
288
lui étalera quatre-vingt-dix neuf registres dont chacun sera étendu à perte
de vue. On lui dira: «Renies-tu quelque chose de ce qui est inscrit dans ces
registres? Mes anges scribes étaient-ils injustes envers toi?» - Non Seigneur,
sera la réponse. On lui demandera: «As-tu une excuse ou une bonne action
pour te justifier?». Il répondra: «Non Seigneur!» - Si, lui dira-t-on, tu as
une bonne action et tu ne seras plus lésé aujourd'hui». On lui fera sortir
une petite carte où c'est écrit: «Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que
Dieu et je témoigne que Mouhammad est l'Envoyé de Dieu».
- Amène cet homme, sera-t-il ordonné. Une fois présent, l'homme
demandera: «Seigneur, pourquoi cette petite carte se trouve-t-elle avec tous
ces registres?» - Tu ne seras pas lésé lui, répondra-t-on. On mettra alors les
registres dans un plateau et la petite carte dans l'autre, et voilà cette'
dernière qui basculera la balance» Et le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- d'ajouter: «Rien ne pèsera plus que: «Au nom de Dieu
le Miséricordieux le Très Miséricordieux» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi
et Ibn Maja) m .
L'imam Ahmed rapporte dans son Mousnad d'après Aicha qu'un
des compagnons du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- s'assit devant lui. Il lui dit: «O Messager de Dieu, j'ai des
esclaves qui me mentent, me désobéissent et me trahissent. Je les
frappe et ils m'insultent. Quelle sera ma situation vis-à-vis d'eux?» Le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répondit: «Dieu
tiendra compte de leur trahison, leur désobéissance et leurs
mensonges ainsi que de la punition que tu leur infliges. Si cette
dernière équivaudra à leurs actes, tu seras quitte. S'il avérera être
289
inférieure, tu obtiendras un mérite, mais si elle en sera supérieure, on
se vengera de toi pour établir la compensation».
L'homme se mit alors à pleurer et à se lamenter. Le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de s'écrier «Qu'a-t-il cet homme?
Ne lit-il pas ce verset qui se trouve dans le livre de Dieu: «Nous
dresserons des balances d'une sensibilité inégalable au jour du jugement
dernier. Aucune âme ne subira le moindre préjudice. Le poids même d'un
grain de moutarde entrera en compte. Nos comptes sont infaillibles.»
L'homme dit alors: «O Messager de Dieu, je ne trouve autre solution
que de les affranchir, et je te prends à témoin».
walaqad "ïtaynâ Mûsâ wa Hârûna-1-furqâna wa diyï'an wa dikra-1-lil-
muttaqîna (48) 1-1-ladîna yahsawna rabbahum bi-1-gaybi wa hum mina-
sâ'ati musfîqûna (49) wa hâdâ dikrun mubârakun 'anzalnâhu 'afa'antum
lahû munkirûna (50).
Nous avons donné à Moïse et à Aaron le moyen de distinguer le bien
et le mal, une lumière et un enseignement pour ceux qui craignent Allah.
(48) Pour ceux qui craignent leur Seigneur en secret et que tourmente
l'heure du jugement dernier (49) Et voilà encore: un livre béni que nous
vous envoyons. Allez-vous aussi le renier? (50).
Tous les Livres célestes tels que la Tora, l'Evangile et le Coran,
tant qu'ils sont dans leur texte originale, renferment les enseignements
qui permettent de discerner la vérité de l'erreur, la guidée de
l'égarement, le licite de l'illicte, et contiennent les avertissements et les
exhortations qui sèment la crainte dans les cœurs.
Ceux qui se conforment aux prescpritions divines, sont certes
ceux qui, dans l'invisible, redoutent sur Seigneur, et qui recevront la
plus belle récompense, comme il est affirmé dans ce verset: «Ceux qui
craignent leur Seigneur en secret obtiendront le pardon de leurs péchés et
290
une mangnifique récompense» [Coran LXVII, 12]. Ceux-là aussi sont
émus et tourmentés en pensant à l'Heure Suprême.
«Et voilà encore: un Livre que nous vous envoyons» Il s'agit du Coran
à qui le faux ne parvient ni de devant lui ni de derrière, car il est une
descente de la part d'un Sage, d'un digne de louange. «Allez-vous aussi
le renier?» et le méconnaître du moment qu'il est une révélation claire
et évidente.
walaqad 'a taynà 'Ibrâhîma rusdahû min qablu wa kunnâ bihî 'âlimîna
(51) 'id qâla li'abîhi wa qawmihî ma hâdihi-t-tamâtîlu-1-lafT 'antum lahâ
'akifûna (52) qâlû wajadnâ* 'âfbà"anâ lahâ 'âbidîna (53) qâla laqad
kuntum 'antum wa 1î ba 'ukum fî dalâlim-mubînin (54) qâlïï 'aji'tanâ bi-
1-haqqi 'am 'anta mina-1-lâ 'ibîna (55) qâla bal rabbukum rabbu-s-
samâwâti wa-l-'ardî-l-ladî fatarahunna wa 'ana 'alâ dâlikum mina-s-
sâhidîna (56).
Nous avons indiqué auparavant à Abraham sa direction car nous le
connaissions bien. (51) Il dit un jour à son peuple: «Que signifient ces
statues aux pieds desquelles que vous vous prosternez?». (52) Ils
répondirent: «Nos pères les adoraient déjà» (53) Vous et vos pères, répliqua
Abraham, êtes dans une erreur manifeste. (54) Dis-tu la vérité ou
plaisantes-tn? (55) Votre Seigneur est le Maître des deux et de la terre.
C'est lui qui a créé vos divinités. Je l'atteste. (56).
Depuis son enfance, Dieu a accordé la vérité et l'argument décisif
à Abraham «Telles sont les preuves que nous avons fournies à Abraham
contre son peuple» [Coran VI, 83]. Dieu fait connaitre aux hommes,
avant la circonstance en courant, qu'il avait accordé le bon chemin ef
291
la Direction à Abraham, car il le connaissait bien, étant donné qu'il
méritait une telle faveur.
«Il dit un jour à son père et à son peuple: «Que Signifient ces statnes
aux pieds desquelles vous vous prosternez?» On a déduit de cette question
qu'elle fut un signe de la direction, étant encore jeune et désavoua les
divinités qu'adoraient son peuple et son père. Ils n'avaient autre
argument que de dire: «Nos pères les adoraient déjà» en s'adonnant à
leur culte. Et Abraham de juger. «Vous et vos pères, êtes dans dune
erreur manifeste» Vous n'êtes plus sur le droit chemin mais dans un
égarement évident.
En réfutant leur argumentation et dénigrant leurs divinités ses
concitoyens s'exclamèrent: «Dis-tu la vérité ou plaisantes-tu?» Car nous
n'avons jamais entendu quelqu'un mener de tels propos à l'exception
de toi ô Abraham. Il leur répliqua: «Votre Seigneur est le Maître des
deux et de la terre» et de tous ce qu'ils contiennent ainsi que l'espace
qui se trouve entre eux. C'est Lui qui a tout créé et les statues que
vous adorez. «Je l'atteste» qu'il n'y a d'autre Dieu en dehors de Lui.
Uù» tiJbi ci* IjJi Op ^jXfïl *+U) u-;t)l trtcl jjc «g Ipli
wa-ta-L-Lâhi la'akîdanna 'asnâmakum ba'da 'an tuwallû mudbirîna (57)
faja'alahum judâdan 'illâ kabîra-1-lahum la'allahum 'ilayhi yarji'ûna (58)
qâlû man fa'ala hâdâ bi'a lihatina 'innahu lamina-z-zâlimîna (59) qâlû
sami'nâ fatan yad kuruhum yuqâlu lahïï 'Ibrâhîmu (60) qâlû fa'tû bihî
'alà 'a'yuni-n-nâsi la'allahum yashadûna (61) qâlïï 'a'anta fa'alta hâdâ
bi'âlihatinâ ya 'Ibrâhîmu (62) qâla bal fa'alahû kabîruhum hâdâ
fas'alûhum 'in kânû yantiqûna (63).
292
J'en jure par Allah, se dit-il en lui-même, je briserai vos statues quand
vous ne serez plus là. (57) Il les mit en pièces à l'exception de la plus
grande, pensant que peut-être les idolâtres l'interrogeraient (58) Qui a ainsi
détruit nos divinités? Ce ne peut être qu'un criminel. (59) Nous avons
entendu un jeune homme en parler. Il s'appelait Abraham (60) Ils dirent:
Faites-le comparaître en public. Que témoignage soit pris contre lui. (61)
Est-ce toi, interrogèrent-ils, qui a brisé nos dieux ô Abraham? (68) C'est le
plus d'entre eux, répondit-il. Interrogez-les, si toutefos ils peuvent répondre.
(63).
Ces idolâtres avaient une fête qui célébraient chaque année. Le
père d'Abraham lui dit: «Fils: Si tu viens avec nous pour célébrer la
fête, tu trouveras des choses étonnantes et notre culte te plaira
sûrement». Abraham sortit avec son père. En route il fit semblant
d'être malade et il tomba par terre. Les hommes passèrent et
demandèrent: «Qu'est-ce qu'il a?» - Il est malade, répondit-on. Quand
la grande majorité du peuple passa et il n'en resta qu'un petit groupe,
quelques-uns l'entendirent dire: «Je briserai vos statues quand vous ne
serez plus là».
En effet, une fois se trouvant seul avec les statues, Abraham se
précipita sur elles et les frappa de sa main droite. Il les mit en pièces à
l'exception de la plus grande au cou de laquelle il attacha la hachette.
«pensant que peut-être les idolâtres l'interrogeraient». D'après les dires de
certains exégètes, Abraham avait attaché la hachette au cou de la plus
grande statue pour laisser les hommes penser qu'elle était jalouse que
d'autres statues soient adorées avec elle. Alors elle s'est vengée.
«Qui a ainsi détruit nos divinités? Ce ne peut être qu'un criminel» En
revenant de la fête, les idolâtres virent ce qu'en fut de leurs dieux et
s'écrièrent: Ce n'est qu'un injuste qui a fait cela à nos divinités. Ceux
qui avaient entendu Abraham s'en rappelèrent: «Nous avons entendu un
jeun homme en parler. Il s'appelait Abraham». Ces témoins affirmèrent
de l'avoir entendu jurer qu'il allait détruire ces statues, c'était Abraham
ce jeune homme.
Ibn Abbas a dit: Dieu n'a envoyé un Prophète qu'à l'état de la
jeunesse, et nul n'a reçu la science qu'à l'état jeune. Puis il récita le
verset précité.
293
«Ds dirent: Faites-le comparaître en public» afin qu'il soit jugé devant
tout le monde. Tel fut aussi le souhait d'Abraham qui a voulu que, les
hommes une fois réunis, sachent que leur adoration est vaine et ces
idoles ne pourraient leur procurer aucun bien ni leur nuire. Comment
persévèrent-ils dans leur adoration?.
«Est-ce toi, interrogèrent-ils, qui a brisé nos dieux, ô Abraham?» Et lui
de répondre avec sarcasme: «C'est la pins grande d'entre eux» au cou
de laquelle il avait attaché la hachette. «Interrogez-les si toutefois ils
peuvent répondre» Abraham voulut par sa réponse laisser les hommes
savoir tout seuls que ces statues sont incapables de parler; et ainsi ils
constateraient que leur culte n'a aucun sens.
Au sujet des «mensonges» qu'avait proférés Abraham, il est cité
dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: «De toute sa vie, Abraham n'a menti que trois fois dont
deux étaient pour la cause de Dieu quand il a dit: «C'est le plus grand
d'entre eux» et «Je suis indisposé» [Coran XXXVII, 89].
Quant au troisième mensonge, il est le suivant:
«Tandis qu'Abraham se trouvait avec sa femme Sarah dans un
pays gouverné par un roi injuste, il s'installa dans un endroit. On mit
ce roi au courant qu'un homme s'est installé dans le pays et
accompagné d'une femme d'une grande beauté. Le roi manda
Abraham et lui demanda: «Qui est cette femme?» Il lui répondit: «C'est
ma sœur» - Va, ordonna le roi, et amène-la à moi.
Abraham rentra chez lui et dit à sa femme Sarah qu'il a déclaré
devant le roi qu'elle est sa sœur et non pas sa femme. Elle ne devrait
donc pas le démentir, car, en fait, elle est sa sœur en religion car tous
les deux étaient dans ce pays les seuls soumis (musulmans) à Dieu.
On fit entrer Sarah chez le roi, ce dernier, voulant la saisir par la
main, fut pris d'une syncope. Il supplia alors Sarah: Invoque Dieu en
ma faveur et je ne te toucherai pas. Sarah s'exécuta . Le roi réitéra
son faire deux et même trois fois et fut pris de la syncope sans pouvoir
toutefois faire quelque chose. Il convoqua ses gardes et leur dit: «Vous
ne m'avez pas amené une personne mais plutôt un démon». Il la
congédia en lui donnant Agar comme une servante, (un don).
294
Retournant chez elle, Sarah trouva Abraham prier. La prière
terminée, il lui demanda de lui raconter ce qui s'était passé. Elle lui
répondit: «Dieu m'a suffi de la perfidie de ce pervers incrédule et m'a
accordé Agar».
En rapportant ce hadith, Abou Houraira disait souvent: «C'est
(Agar) votre mère ô fils de «Ma-es-Sama» (C'était Agar la mère
d'Ismaël, à qui Dieu avait envoyé un ange pour faire jaillir la source de
Zamzam) (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
faraja'îî 'ilâ A 'anfusihim faqâltî 'innakum 'antumu-z-zâlimûna (64) t
umma nukisû 'alâ ru'ûsihim laqad 'alimta ma ha 'ulîf 'i yantiqûna (65)
qâla 'afata'budûna min dûni-L-Lâhi ma là yanfa'ukum say'an walâ
yadurrukum (66) 'uffi-l-lakum wa lima ta'budûna min dûni-L-Lâhi 'afalâ
ta'qilûna (67).
Us se concertèrent. Ils dirent: «En vérité, nous sommes dans l'erreur»
(64) Puis, changeant brusquement d'attitude, ils lui dirent: «Tu sais bien
que les statues ne parlent pas» (65) Comment, dit Abraham, vous adorez
d'autres divinités qu'Allah, qui ne peuvent ni vous être utiles ni vous nuire?
(66) Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors d'Allah. Finirez-vous
par comprendre? (67).
«Us se concertèrent» et revinrent à eux-mêmes en disant: «C'est
notre faute d'avoir laissé ces statues sans garde». Ils baissèrent la tête
ensuite et dirent à Abraham: «Tu sais bien que les statues ne parlent
pas». Comment oses-tu nous dire d'interroger la plus grande d'entre
elles. A ce moment Abraham s'écria: «Comment vous adorez d'autres
divinités qu'Allah, qui ne peuvent ni vous être utiles ni vous nuire?» Donc si
ces divinités sont ainsi, pourquoi leur vouez-vous un culte en dehors
de Dieu vraiment vous êtes dans un égarement évident, et vous n'êtes
295
qu'un peuple ignorant et pervers. Tel est le sens de ces paroles
divines: «Telles sont les preuves que nous avons fournies à Abraham contre
son peuple» [Coran VI, 83].
qâlû harriqûhu wa-n-surïï 'alihatakum 'in kuntum fâ'ilîna (68) qulnâ yâ
nâru kûnî bardan wa salâman 'ala 'Ibrâhîma (69) wa 'arâdû bihî kaydan
faja'alnâhumu-l-'ahsarîna (70).
«Jetez-le au feu, dirent-ils. Faites respecter vos idoles, si vous avez
quelque énergie» (68) Nous dîmes: «O feu, sois inoffensif et ne brûle pas
Abraham» (69) Ils voulurent Sa perte. C'est eux que nous avons perdus.
(70).
Se trouvant incapables de défendre leurs dieux et leur argument
sans valeur, ils usèrent de leur pouvoir pour punir Abraham. Ils dirent:
«Jetez-le au feu. Faites respecter vos idoles, si vous avez quelque énergie».
Pour cela, ils ramassèrent une grande quantité de bois. Chacun d'eux
s'évertua à participer à cette affaire à tel point que le femme malade fit
un vœu que si elle serait rétablie, elle ne manquerait plus à apporter
du bois ne serait-ce qu'un petit bâton.
Une fois le bois amoncelé, ils creusèrent un fossé, le remplirent du
bois et l'allumèrent. Ils firent un grand feu dont les flammes
attiengnaient quelques mètres de hauteur. Suivant une proposition d'un
homme kurde de la Perse, les hommes placèrent Abraham -que la
paix soit sur lui- dans le plateau de la catapulte et le lancèrent au feu.
Abraham s'écria alors: «Dieu me suffit, Il est le meilleur Protecteur».
Al-Boukhari rapporte qu'lbn Abbas a dit: «Lorsqu'Abraham fut jeté
a feu il dit: «Dieu me suffit, Il est le meilleur Protecteur». Ces mêmes
propos furent répétés aussi par Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le
salue- quand on lui dit: «Vos adversaires s'arment contre vous, prenez-
garde». La foi des fidèles augmenta et dirent: «Allah nous suffit, c'est le
meilleur des protecteurs» [Coran III, 173].
296
Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Quand Abraham fut jeté au feu, il invoqua
Dieu par ces mots: «Grand Dieu! Tu es l'Unique au ciel, et moi, je suis
le seul sur la terre qui T'adore».
On a rapporté aussi qu'en le ligotant, il disait: «Il n'y a de Dieu
que Toi! Gloire à Toi. A Toi les louanges et la Royauté, Tu n'as pas
d'associé» Abraham avait à cette époque seize ans.
Il est cité dans les traditions que lorsqu'Abraham fut en l'air, une
fois lancé par la catapulte, Gabriel lui demanda: «As-tu besoin de
quelque chose?» Il lui répondit: «De toi non, mais de Dieu, oui».
D'après Ibn Abbas, lorsqu'Abraham fut lancé l'ange- dépositaire- de la
pluie se demanda: «Quant est-ce que je reçois l'ordre pour envoyer
l'ondée?». Mais l'ordre de Dieu fut plus prompt car II a dit: «O feu, sois
inoffensif et ne brûle pas Abraham». On a dit aussi que tous les feux qui
existaient à cette époque furent éteints à ce moment-là. Quant à Ka'b
Al-Ahbar, il a dit que le feu n'a brûlé que le lien d'Abraham.
Abou Houraira raconte: Lorsqu'on fit sortir Abraham du fossé, son
front ruisselait de sueur. Son père lui dit alors: «Quel merveilleux
Seigneur est le tien ô Abraham».
Qatada a dit que, en ce jour-là, toutes les bêtes de la terre
participaient à éteindre le feu à l'exception du margouillat ou l'agame
(sorte de reptiles). A ce propos Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte que
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a ordonné de
tuer le margouillat pour cette raison.
«Ils voulurent sa perte. C'est eux que nous avons perdus» Les
idolâtres voulurent dresser des embûches contre Abraham, et Dieu de
sa part les rendirent les plus malheureux des perdants.
r
297
wa najjaynâhu wa Lûtan 'ila-l-'ardi-l-latî bâraknâ flhâ Ii-l-'âlamîna (71)
wa wahabnâ lahîf 'Ishâqa wa ya'qûba nâfilatan wa kullan ja'alnâ
sâlihîna (72) wa ja'alnâhum 'a'immatan yahdûna bi'amrina wa 'awhayriï
'ilayhim fï'la-1-hayrâti wa 'iqâma-s-salâti wa 'ifa" 'a-z-zakâti wa kânu Ianâ
'âbidîna (73) wa Lutan 'â'taynâhu hukman wa 'ilman wa najjaynâhu
mina-1-qaryati-l-latî kânat ta'malu-1-habà" 'it a 'innahum kânû qawma
saw'in fâsiqîna (74) wa 'adhalnâhu fi rahmatinâ* 'innahû mina-s-sâlihîna
(75).
Nous le sauvâmes, ainsi que Loth, en leur donnant pour asile une terre
bénie. (71) Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de surcroit, Jacob.
Nous en fîmes des hommes vertueux. (72) Nous en fîmes des vicaires
chargés de mettre les hommes sur la bonne voie, nous leur apprîmes à
pratiquer le bien, à dire la prière et à faire l'aumône. Ce furent pour nous
des fidèles dévoués. (73) Nous avons donné à Loth le pouvoir et la science.
Nous l'arrachâmes à la cité pourrie de débauche. Ses habitants étaient une
lie de méchanceté et de perversion. (74) Nous l'admîmes dans le sein de
notre miséricorde. Il fut un homme pur (75).
Après avoir sauvé Abraham des incrédules et Loth des habitants
de la cité qui commettaient la débauche et la perversité, Dieu les
conduisit dans le pays de Châm, le pays béni. Oubay Ben Ka'b a dit à
son sujet: C'est le pays où l'eau jaillit du dessous de chaque rocher.
Quant à Qatada, il a dit qu'Abraham était en Iraq et Dieu le sauva en
lui conduisant vers le Châm; ce pays qu'on appelait la meilleure
demeure de l'émigration. On a dit aussi que ce pays est le lieu de la
résurrection et du rassemblement, où Jésus -que Dieu le bénisse-
descendra vers la fin des temps et tuera l'Antéchrist.
«Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de surcroit, Jacob» C'est à
dire que Isaac engendrera Jacob comme II l'a montré dans ce verset:
«Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à Isaac et qu'Isaac aurait
lui-même un fils, Jacob» [Coran XI, 71] Ils furent tous des hommes de
bien et vertueux. Dieu en fit d'eux des chefs et imams qui dirigent les
298
autres et les mettent sur la voie droite.
En appelant à Dieu avec Sa permission, Il leur a inspiré des
œuvres bonnes, l'accomplissement des prières et l'acquittement de
l'aumône. Ils furent soumis totalement à Dieu, exécutèrent ce qu'ils
ordonnèrent aux hommes de faire».
Loth (le neveu d'Abraham) crut en Abraham et émigra avec lui.
Dieu lui accorda la science et la sagesse, et fit de lui un Prophète en
l'envoyant à Sadoum (Sodome). Mais les habitants de ce pays le
traitèrent de menteur et se rebellèrent contre lui, Dieu les extermina. Il
a dit de lui: «Nous l'arrachâmes à la cité pourrie de débauche. Ses
habitants étaient une lie de la méchanceté et de perversion. Nous l'admîmes
dans le sein de notre miséricorde, n fut un homme pur» et juste à l'inverse
de tous ses concitoyens.
wa Nûhan 'id nâdâ min qablu fastajabnâ lahû fanajjaynâhu wa 'ahlahû
mina-l-karbi-l-'azîmi (76) wa nasarnâhu mina-I-qawmi-l-ladîna kaddabû
bi'ïyâtina 'innahum kânû qawma sû'in fa'agraqnâhum 'amma'îna (77).
Noé nous appela à son secours. Nous répondîmes à son appel et le
sauvâmes, lui et les siens, du déluge. (76) Nous l'avons défendu contre son
peuple qui traitait nos signes de mensonges. C'était un peuple de gens
pervers. Nous les avons tous noyés. (77).
Noé appela son Seigneur pour le sauver de son peuple incrédule:
«Je suis à bout, viens à mon secours» [Coran LIV, 10] et formula aussi
cette prière: «Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle» [Coran
LXXI, 26]. Dieu le sauva ainsi que ceux qui ont cru en lui dans l'arche
bien que ces derniers furent peu nombreux.
Selon d'autres interprétations, Dieu n'a pas sauvé Noé du déluge
mais de «la grande angoisse» qu'il ressentait durant une période qui
dépassait neuf siècles en appelant son peuple à Dieu et n'adorer que
299
Lui. Mais eux, cet appel ne faisait qu'accroître leur rébellion et leur
impiété. Ce peuple mauvais, Dieu les a totalement engloutis.
t
wa Dâwûda wa Sulaymâna 'id yahkumâni fî-1-harti 'id nafasat fîhi
ganamu-1-qawmi wa kunnâ lihukmihim sahidîna (78) fafahhamnâhâ
Sulaymâna wa kullan 'â'taynâ hukman wa 'ilman wa sahharnâ ma'a
Dawûda-1-jibâla yusabbihna wa-t-tayra wa kunnâ fâ'ilîna (79) wa '-
allamnâhu san'ata labûsi-1-lakum lituhsinakum mim ba'sikum fahal '-
antum sâkirûna (80) wa li-Sulaymâna-r-rîha 'âsifatan tajrî bi 'amrihT
'ila-l-'ardi-l-latî bâraknâ fîhâ wa kunnâ bikulli say'in 'âlimîna (81) wa
mina-§-sayâtîni may-yagûsûna lahû wa ya'malûna 'amalan dûna dâlika
wa kunnâ lahum hâfizîna (82).
Lorsque. David et Salomon jugèrent le différend suscité par un délit de
pacage, nous étions présents au prononcé de la sentence (78) Nous
inspirâmes la bonne solution à Salomon. A tous deux, nous avions donné un
pouvoir et une science distincts. Nous assujettîmes les montagnes et les
oiseaux à prier avec David. Voilà de quoi nous sommes capables. (79) Nous
initiâmes David à l'art de fabriquer des cuirasses pouT vous protéger contre
vos propres violences. Finirez-vous par reconnaître ces bienfaits. (80) Nous
assujettîmes à Salomon le vent impétueux. Suivant son ordre, il soufflait
sur la Terre que nous avons béni. Notre science embrasse tout. (81) Nous
assujettîmes certains génies à explorer les mers pour lui et à exécuter
d'autres entreprises encore. Nous les surveillons nous-même. (82).
300
Des moutons appartenant à des gens avaient erré la nuit dans un
jardin planté de vignes appartenant à d'autres et l'avaient ravagé. Les
propriétaires de ce jardin portèrent plainte auprès de David qui leur
donna gain de cause et ordonna qu'on donne le troupeau comme
dédommagement (à savoir que le prix du mouton équivalait à celui du
ravage).
Salomon, entendant cette sentence, intervint et dit à son père
David: «Le verdict devait être donné autrement, ô Prophète de Dieu».
En l'interrogeant, il reprit: «Tu devais confier le jardin au propriétaire du
troupeau pour qu'il en prendra soin et l'amender afin, qu'il devienne
comme autrefois, et le troupeau au propriétaire du jardin pour en tirer
profit jusqu'au jour où son jardin deviendra comme était auparavant, et
alors il rendra le troupeau à son propriétaire. Tel est le sens des
paroles divines: «Nous inspirâmes la bonne solution à Salomon» comme a
avancé Ibn Mass'oud.
Ibn Abi Hatem raconte: «Lorsque lyas Ben Mou'awiah fut nommé
juge, Ai-Hassan vint le trouver et pleura. En lui demandant pourquoi il
pleure, il répondit: «O Abou Sa'id, on m'a dit que les juges sont de
trois catégories: Le premier qui prononce un verdict d'après ses
propores lumières en commettant une injustice et sera précipité en
Enfer. Un deuxième, qui connait la réalité des choses suit ses
penchants il sera aussi précipité en Enfer. Enfin un triosième qui
prononce une sentence en observant les droits des deux parties
adversaires, et sera admis au Paradis».
Ai-Hassan Al-Basri dit: «Dieu, en racontant dans Son Livre
l'histoire de David et de Salomon -que Dieu les salue- a avancé des
propos qui réfutent les dires des gens. Il a dit: «Lorsque David et
Salomon jugèrent le différend suscité par un délit de pacage, nous étions
présents au prononcé de la sentence» Dieu a loué Salomon pour son
jugement mais II n'a pas blâmé David. Puis Ai-Hassan poursuivit: «-
Dieu a posé trois conditions que doit remplir quiconque aspirera au
poste de la magistrature: Il ne doit pas troquer les signes de Dieu à vil
prix, ni suivre ses penchants, ni craindre personne. Puis il récita à
l'appui: «O David, nous avons fait de toi notre lieutenant sur terre. Juge
entre les hommes avec équité. Ne suis pas tes penchants, si tu veux rester
301
dans la voie d'Allah» [Coran XXXVIII, 26].
Il est cité dans les Sunans, ce qui suit: «Il y a trois genres de
juges dont un seul entrera au Paradis et les autres en Enfer: Le
premier est celui qui connait la vérité et donne son jugement d'après
elle, il sera admis au Paradis. Les deux qui seront précipités en Enfer
sont: un juge ignorant qui tranche les différends entre les gens, et un
autre qui connait les droits de chaque adverse mais ne juge pas
d'après la vérité».
On trouve aussi dans la tradition cette anecdote: «Abou Houraira
rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Tandis que deux femmes accompagnée chacune de son enfant,
un loup survint et prit l'un de ces enfants. Comme chacune d'elles
prétendit que l'enfant enlevé était le fils de l'autre, elles portèrent leur
différend devant David. Celui-ci donna gain de cause à l'aînée. En
sortant de chez David, Salomon les convoqua et leur dit: «Apportez-
moi un couteau afin que je fende l'enfant -survivant- en deux pour
donner une partie à chacune d'entre vous.» La femme moins âgée
objecta: Non que Dieu te fasse miséricorde, il est le sien. Et Salomon
de donner l'enfant à la femme la plus jeune qui était sa mère.
N.B. En l'absence de toute évidence, le jugement de David ne fut pas erroné car,
d'après ses propres lumières, il pensa que la femme la plus jeune aura une chance de
porter plus que l'autre qui la dépassait en âge. Plusieurs exégètes ont avancé cette
opinion.
(Le traducteur)
«Nous assujettîmes les montagnes et les oiseaux à prier avec David»
Car David avait une voix mélodieuse. Quand il récitait les Psaumes les
oiseaux dans l'air s'arrêtaient pour lui répondre ainsi que les
montagnes. On a rapporté à ce propos que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- passa une nuit près de la maison
d'Abou Moussa Al-Ach'ari qui lisait du Coran, et qui avait une voix très
mélodieuse. Il s'arrêta pour écouter sa récitation et dit: «Abou Moussa
possède un des Psaumes de la famille de David». «Abou Moussa a
dit, plus tard, au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-:
«Si je savais que tu m'écoutais, j'aurais embelli encore ma voix».
302
«Nous initiâmes David à l'art de fabriquer les cuirasses» Dieu a
appris à David la fabrication des cottes de mailles qui jusqu'alors,
d'après Qatada, furent faites en des plaques. David fut le premier à les
fabriquer en mailles. A ces fins Dieu a dit ailleurs: «Nous avons rendu le
fer ductile entre ses mains. Nous lui dîmes: «Fabrique des cuirasses et
ajuste bien les mailles» qui protègent contre les coups durant les
batailles. Pour ces bienfaits, les hommes sont-ils reconnaissants
envers Dieu!.
«Nous assujettîmes à Salomon le vent impétueux» qui à son ordre,
souffle pour le porter vers la terre bénie, le pays du Châm. A ce
propos, on a raconté que Salomon avait un tapis fait en bois où on
mettait tout ce dont il aurait besoin pour se déplacer: Les tentes, les
chevaux, les chameaux et les soldats. Il ordonnait au vent de le porter
en soufflant en-dessous. Les oiseaux, de leur part, protégeaient
Salomon et sa suite contre les rayons solaires en étalant leurs ailes.
Dieu a dit dans un autre verset: «Nous lui soumîmes le vent qui,
docilement, sur son ordre, souffle là où il veut» [Coran XXXVIII, 36].
Sa'id Ben Joubayr a dit: «On plaçait derrière Salomon de
centaines de milles de chaises sur lesquelles s'asseyaient d'abord les
croyants parmi les humains puis ceux des djinns. Il ordonnait au vent
pour les soulever et aux oiseaux pour les ombrager».
Parmi les démons qui étaient assujettis au service de Salomon, il
y avait ceux qui plongeaient pour lui dans la mer pour extraire les
perles et les pierres précieuses, et ceux qui lui accomplissaient
d'autres travaux.
«Nous les surveillons nous-même» Dieu gardait Salomon contre les
démons et les génies et le préservait contre leur nuissance. Ils étaient
sous son autorité et nul parmi eux n'osait s'approcher de lui ou lui
désobéir. «D'autres étaient enchaînés les uns aux autres» [Coran XXXVIII,
38]. Salomon avait le choix de libérer certains ou de les lier.
303
wa 'Ayyûba 'id nâdâ rabbahtî 'annî massarff -d-durru wa 'anta 'arhamu-
r-râhimîna (83) fastajabnâ lahû fakasafnâ ma bihî min durrin wa
tttaynâhu 'ahlahû wa mitlahum ma'ahum rahmatam-min 'indinâ wa d
ikrâ-li-l-'âbidîna (84).
Job adressa cette prière à son Seigneur: «La maladie m'accable, ô le
plus miséricordieux des plus miséricordieux» (83) Nous fûmes touchés par
son appel. Nous le délivrâmes de son mal et nous lui rendîmes sa famille
accrue an double. Ce fut là, de notre part, un geste de pitié et un
encouragement pour nos serviteurs (84).
Le Prophète Job (Ayoub) -que Dieu le salue- vivait dans l'aisance,
il possédait tant de troupeaux, de terrains et d'enfants. Dieu l'éprouva
par la maladie et il perdit toutes ses richesses. On a dit que sa
maladie dura dix-huit ans et à cause d'elle (tant il était répugnant à
l'approcher) nui ne resta comme proches et amis sauf deux hommes
qui venaient lui rendre visite matin et soir.
L'un de ces deux individus dit à son compagnon: «Par Dieu, Job a
commis un certain péché qu'aucun n'a commis avant lui». L'autre de
demander: «Quel est ce péché?» Il répondit: «Depuis dix-huit ans Dieu
ne lui fit miséricorde ni le guérit de cette maladie». Se rendant chez
Job, ils le mirent au courant de leurs propos. Et Job de répliquer: «Je
ne sais pas à quoi fais-tu allusion. Dieu à lui la puissance et la gloire-
sait que je passais par deux hommes qui se disputaient, puis ils
revenaient à Dieu et l'invoquaient. Quant à moi, je me rendais chez
moi et je dépensais de mes biens pour expier les faires des hommes,
de peur qu'ils ne L'eussent invoqué par autre que la vérité».
Ibn Abbas a dit: «Dieu, plus tard, lui a rendu au double ce qu'il
possédait comme richesses».
Wahb Ben Mounabbah rapporte: «Dieu révéla à Job qu'il va lui
rendre tout ce qu'il avait perdu comme richesses et enfants, et une fois
autant. Il lui ordonna: Va vers cette source d'eau et lave-toi, tu seras
guéri. Présente au nom de tes compagnons des offrandes et implore-
leur Mon pardon car ils venaient de me désobéir à cause de ton état».
304
«... nous lui rendîmes sa famille accrue au double». Ibn Abbas, en
commentant ce verset, a dit que toute sa famille lui a été rendue telle
qu'elle était avant son épreuve. Certains ont avancé que sa femme
s'appelait Rahma ou Léa selon d'autres et qui était la fille de Jacob -
que Dieu le salue-.
Quant à Moujahed, il l'a commeté de la façon suivante: On a dit à
Job: «Les tiens sont au Paradis. Si tu le désires nous pouvons les
amener à toi, ou préfères-tu qu'on les y laisse en te les remplaçant par
d'autres tels quels.» Job répondit: «Je préfère les laisser où ils se
trouvent, au Paradis. Dieu lui accorda d'autres en échange.
«Ce fut là, de notre part, un geste de piété et un encouragement pour
nos serviteurs». Dieu explique: Ce que nous avons fait, fut par un effet
de notre miséricorde, et afin que les hommes éprouvés ne croient pas
que nous les avons affigés par manque d'égard, non, mais plutôt qu'ils
sachent que la patience est leur meilleur secours, et nous n'éprouvons
certains que d'après notre sagesse.
wa 'Ismâ'îla wa 'Idrîsa wa dâ-1-kifli kulum-mina-s-sâbirîna (85) wa '-
adhalnâhum fî rahmatinï 'innahum mina-s-sâlihîna (86).
Ismaël, Idris et Zoul-Kifl étaient des modèles de patience. (85) Nous
les reçûmes dans le sein de notre miséricorde car ils étaient vertueux. (86).
Nous avons déjà parlé, en commenant la sourate de Marie, des
deux Prophètes Idriss et Ismaël le fils d'Abraham -que Dieu les salue-
Quant à Zoul-Kifl, étant mentionné avec d'autres Prophètes, il est
comme tel, mais certains ont dit qu'il n'était pas un Prophète mais un
homme vertueux, un roi équitable et un gouverneur juste. Moujahed a
soutenu cette dernière opinion et a avancé qu'il était un homme
vertueux qui prenait charge des affaires de ses concitoyens, jugeait
entre eux avec équité..
305
wa Da-n-nûni 'id dahaba mugâdiban fazanna 'a-1-lan-naqdira 'alayhi
fanâda fî-zulumâti 'a-l-tï 'ilâha 'illa 'anta subhânaka 'innî kuntu mina-
z-zâlimîna (87) fastajabnâ lahû wa najjaynâhu mina-1-gammi wa kad
âlika nunji-1-mu'minîna (88).
Jonas quitta son peuple dans un moment de colère, doutant même de
l'aide d'Allah. Il adressa cette prière du fond des ténèbres: «Il n'y a de
Allah que Toi. Gloire à Toi. J'avoue être du nombre des coupables. (87)
Nous entendîmes son appel. Nous le délivrâmes de ses angoisses. C'est ainsi
que nous secourons les fidèles. (88).
L'histoire de Jonas (Younos ou Zoun-Noun- est mentionnée dans
ces sourates: Les Prophètes, Les rangs [Coran XXXVII] et la Plume [-
Coran LXVIII].
Il s'agit de Jonas le fils de Mathieu, (Younos Ben Matta) que Dieu
a envoyé aux habitants de Ninive, un village de la région de Moussol
en Iraq. Il appela ses habitants à l'adoration de Dieu mais ils
refusèrent et persévérèrent dans leur incrédulité. Il les quitta courroucé
en les avertissant qu'ils subiront un châtiment céleste dans trois jours.
Constatant que Jonas était, en vérité, un Prophète qui ne ment
pas, les habitants de Ninive quittèrent leur village en acompagnant
leurs enfants et leurs troupeaux, et commencèrent à implorer Dieu afin
qu'il leur épargne Son châtiment. Dieu a dit d'eux dans un autre
verset: «Que n'ont-elles cru les cités d'autrefois? La foi leur eût été
profitable. Seul, le peuple de Jonas s'est converti. En récompense, nous
l'avons soustrait à un châtiment ignominieux dans ce monde et nous l'avons
laissé jouir de la vie pendant un certain temps» [Coran X, 98].
Jonas, de sa part, s'embarqua dans un navire avec d'autres gens.
Se trouvant en pleine mer, le navire commença à s'agiter et les
hommes faillirent trouver la mort. Ils firent un tirage au sort pour jeter
dans l'eau l'un des passagers et alléger la cargaison. A deux reprises
306
le sort le désigna. «On tira au sort. H fut parmi les perdants»» [Coran
XXXVII, 141].
Alors Jonas se leva, se dévêtit et se jeta dans l'eau. A ce moment
Dieu -à lui la puissance et la gloire-envoya une baleine qui l'avala, en
l'inspirant de le laisser sans rien dévorer de son corps, car Jonas ne
fut pas désigné comme une nourriture pour la baleine, mais le ventre
de celle-ci fut comme une prison pour lui.
A l'intérieur de la baleine, Jonas invoqua Dieu: «Il n'y a de Allah
que Toi, Gloire à Toi - J'avoue être du nombre des coupables» Il adressa
cette prière du fond des ténèbres: La ténébrité du ventre de la baleine,
celle de la mer, et celle de la nuit. La baleine l'emporta au fond; de la
mer et là Jonas entendit les galets qui glorifiaient le Seigneur.
Quant à son séjour dans le ventre de la baleine, on a dit qu'il a
duré quarante jours. Puis Dieu entendit son appel. «Nous le délivrâmes
de ses angoisses», en le sauvant de ces trois ténébrités. «C'est ainsi que
nous secourons les fidèles». A ce propos, on a rapporté que le Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout musulman qui
formule la prière de Zoun-Noun (Jonas) Dieu l'exauce. Cette prière est
la suivante: «En vérité, il n'y a de Dieu que Toi. Gloire à Toi. Oui,
j'étais au nombre des injustes».
Concernant cette même prière, Sa'd Ben Abi Waqas rapporte
avoir entendu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
dire que le nom Sublime de Dieu se trouve dans cette prière. Il lui
demanda: «Est-ce cela pour Jonas ou pour le commun des
musulmans?» Il lui répondit: «Pour le commun des musulmans quand
ils la formulent en s'adressant à Dieu. N'as-tu-pas entendu les paroles
divines: «Il adressa cette prière au fond des ténèbres: «Il n'y a de Allah
que Toi-Gloire à Toi. J'avoue être du nombre des coupables. Nous
entendîmes son appel. Nous le délivrâmes de ses angoisses. C'est ainsi que
nous secourons les fidèles.» C'est une promesse de Dieu comme le
montre clairement le verset».
LA'
307
wa zakariyya 'id nâdâ rabbahû rabbi là tad arnî fardan wa 'anta hayru-
1-wâritîna (89) fastajabnâ lahû wa wahabnâ lahû Yahya wa 'aslahnâ
lahû zawjahtf 'innahum kânû yusâri'ûna fî-1-hayrâti wa yad'ûnanâ
ragaban wa rahaban wa kânû lanâ hasi'îna (90).
Zacharie adressa cette prière à son Seigneur: «Seigneur, ne me laisse
pas sans descendance, bien que tu sois le plus désirable des hériters. (89)
Nous entendîmes son appel. Nous lui donnâmes Jean pour fils et nous fîmes
de son épouse une femme modèle. Tous trois étaient empressés à faire le
bien. Ils nous priaient avec persuation et crainte. Ils s'humiliaient devant
nous. (90).
Zacharie implora Dieu pour qu'il lui donne un héritier Prophète, en
lui adressant cette invocation secrète: «Mon Seigneur, ne me laisse
pas seul. Tu es le meilleur des héritiers». Dieu l'exauça, lui a donné
Jean (Yahia) et a amendé la situation de son épouse. D'après Ibn
Abbas, Moujahed et Ibn Joubayr: La femme était stérile et devint
féconde en engendrant Jean. Mais, selon 'Ata' la femme de Zacharie
avait la langue très longue et Dieu l'a lui amendée, ou encore, suivant
une troisième interprétation elle avait un mauvais caractère et Dieu la
lui a substitué par un autre meilleur. Mais il s'avère que la première
opinion est la plus correcte.
Ces trois: Zacharie, son épouse et Jean «étaient empressés à faire
le bien» en accomplissant les œuvres pies et s'acquittant des pratiques
obligatoires. Ils étaient des vrais croyants qui appelaient Dieu et
L'invoquaient avec amour et avec crainte. «Ils s'humiliaient devant
nous».
Abdullah Ben Hakim a rapporté: «Abou Bakr, dans un de ses
prêches, a dit: «Je vous recommande de craindre Dieu et de faire ses
louanges, de mélanger le désir avec la redoute et d'invoquer Dieu
avec insistance. Car Dieu a fait l'éloge de «Zacharie et de ses siens»
en disant d'eux: «Tous trois étaient empressés à faire le bien. Ils nous
priaient avec persuation et crainte. Us s'humiliaient devant nous».
308
wa-1-lafT 'ahsanat faijahâ fanafahnâ fihâ mi-r-rûhinâ wa ja'alnâhâ wa-b-
nahà* 'Syata-l-lil-'âlamîna (91).
Nous insufflâmes notre esprit à celle qui sut demeurer chaste, Nous
fîmes d'elle et de son fils un symbole pour l'humanité. (91).
Dieu mentionne à la fois l'histiore de Marie et son fils Jésus -que
Dieu le salue- et celle de Zacharie et son fils Jean (Yahia) -que Dieu
les salue-, car toutes les deux ont liées par un miracle venu de Dieu:
«celle qui sut demeurer chaste» et vierge sans approcher un homme.
Dieu l'a aussi mentionnée dans cet autre verset: «n propose aussi en
exemple Marie, fille d'Imran, qui vécut chaste. Nous lui insufflâmes une
parcelle de notre vie» [Coran LXVI, 12]. Dieu a voulu faire d'elle et de
son fils un signe pour les mondes, et montrer Son omnipotence en
créant qui II veut, son ordre consiste à dire à n'importe quoi: «Sois» et
il est.
'inna hâdihT 'ummatukum 'ummatan wâhidatan wa 'ana rabbukum
fa'budûni (92) wa taqatttî 'amrahum baynahum kullun 'ilaynâ râji'ûna
(93) fama-y-ya'mal mina-s-sâlihâti wahuwa mu'minun falâ kufrâna
lisa'yihî wa 'innâ lahu kâtibûna (94).
Hommes, vous ne formez qu'une seule communauté. Je suis votre
Maître. Adorez-moi. (92) Mais vous avez brisé les liens qui vous unissent.
Vous nous ferez tous retour. (93) Quiconque pratiquera les bonnes œuvres
dans la foi, ses efforts ne seront pas vains. Ils seront inscrits à son actif.
(94).
L'expression «une seule communauté» signifie, d'arpès Ibn Abbas
que la religion de tous les hommes est unique, et il a cité à l'appui ce
hadrth dans lequel le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Nous, les Prophètes, sommes engendrés par différentes
mères, mais notre religion est une (la même). Cette religion consiste à
adorer Dieu seul sans rien Lui associer, malgré que plusieurs lois
furent révélées pour son appliction, comme Dieu le montre en disant:
«A chaque peuple nous avons donné une loi et une voie» [Coran V, 48].
«Mais vous avez brisé les liens qui vous unissent» car parmi les
hommes il y a ceux qui ont eu la foi et d'autres qui ont mécru. Chacun
retournera vers Dieu au jour de la résurrection pour le rétribuer selon
ses œuvres dans le bas monde. «Quiconque pratiquera les bonnes
œuvres dans la foi» avec zèle et certitude «ses efforts ne seront pas vains»
et ne sera plus lésé car Dieu le récompensera ne serait-ce que pour le
poids d'un atome de bien et les bonnes actions que les anges avaient
inscrites durant toute sa vie.
wa harâmun 'alâ qaryatin 'ahlaknâhà" 'annahum là yarji'ûna (95) hattâ
'idâ futihat ya'jûju wa ma'jûju wa hum min kulli hadabin yansilûna (96)
wa-qtaraba-1-wa'du-l-haqqu fa'idâ hiya sâhisatun 'absâru-1-ladîna kafarû
yâ waylanâ qad kunnâ fî gaflatim-min hâdâ bal kunnâ zâlimîna (97).
Nous ne nous autorisons à anéantir une cité que lorsque nous
désespérons de rallier ses habitants. (95) Lorsque Gog et Magog seront
lâchés en liberté, ils dévaleront en masse de chaque crête. (96) L'échéance
fatale sera proche. Les yeux hagards, les infidèles s'écrieront alors: «-
Malheur à nous qui ne pensions pas à une telle issue! Nous étions vraiment
coupables. (97).
Il est interdit aux habitants d'une cité que Dieu a détruite de
310
revenir au bas monde jusqu'au jour de la résurrection, d'après les dires
d'Ibn Abbas.
«Lorsque Gag et Magog seront lâchés en liberté» Nous avons montré
auparavant que Gog et Magog (Ya'jouj et Ma'jouj) font partie de la
descendance d'Adam, et plus précisément de la progéniture de Yafeth
fils de Noé, dont les Turcs en forment une partie.
Les Gog et Magog, vers la fin des temps, se précipiteront de
chaque hauteur pour corrompre la terre. Le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- avait raconté plusieurs hadiths
concernant leur sortie: «Ils dévaleront en masse de chaque crête» en
fréquentant les hommes. Les musulmans, en ce moment-là, se
retireront dans de places inexpugnables avec leurs troupeaux.
Ils passeront par les courants d'eau et boiront toute l'eau sans
laisser une seule goutte de sorte que certains parmi eux-les derniers -
passeront par le même endroit et diront: «Il y avait dans le temps un
cours d'eau qui passait par ici» En chassant les habitants de la terre et
les contraignant à s'isoler, les Gog et Magog diront: «Il ne nous reste
que les habitants des deux». L'un d'eux agitera sa lance vers le ciel et
elle retournera tachée du sang comme signe de séditions et de
trouble.
Agissant de la sorte, Dieu leur enverra des vers qui attaqueront
leurs cous et les rendront raides morts. Le lendemain matin
n'entendant plus le vacarme de ce peuple, les musulmans diront: «Qui
se porte volontiers pour descendre et voir ce qu'il est advenu des Gog
et Magog?» Alors ils sortiront de leurs abris et forteresses conduisant
leurs troupeaux qui n'auront d'autre nourriture que ces cadavres qui
les trouveraient plus délicieux que les herbes.
Dans le hadith relatif à l'Antéchrist on trouve cet ajout: «Etant
ainsi, Dieu -à Lui la puissance et la gloire-révélèra à Jésus- que la paix soit
sur lui-: «J'ai fait sortir certains de Mes serviteurs dont personne n'est
capable de les battre. Ramène-les à la montagne Tor».
Dieu enverra ensuite Yajouj et Majouj qui se précipiteront de tous
côtés. Jésus et ses compagnons imploreront alors le secours de Dieu -à Lui
la puissance et la gloire- qui enverra au peuple Yajouj et Majouj des vers
311
qui les attaqeront aux cous et ils mourront comme une seule âme. Jésus et
ses compagnons descendront ensuite et ne trouveront une maison sans
qu'elle ne soit remplie de leur graisse et leur pourriture. Ils se porteront
ardemment au Dieu -à Lui la puissance et la gloire- qui leur enverra des
oiseaux dont les cous ressembleront à ceux des chameaux, ils les porteront
et les jetteront là où Dieu voudra».
Dieu fera descendre ensuite une pluie qui durera quarante jours et
emportera toutes les tentes et les maisons construites en terre dure et
lavera la terre de sorte qu'elle la laisse lisse comme un miroir. On dira
alors à la terre: «Fais pousser tes fruits et tes plantations et rends (aux
hommes) tes biens abondants.» En ce jour-là une foule d'hommes
mangeront d'une seule grenade et se protégeront sous son écorce (comme
une voûte). Dieu bénira Ses bienfaits de sorte qu'une chamelle suffira à un
peuple -ou une tribu-, une vache à l'âge de copulation suffira à une phratrie
et une brebis suffira à toute une famille.
Etant dans cet état, Dieu -à Lui la puissance et la gloire- enverra un
bon vent qui les prendra par leurs aisselles et recueillera l'âme de tout
musulman- -ou tout croyant- et il ne restera en vie que les méchants de la
terre qui s'y accoupleront sans pudeur à la façon des ânes». C'est à cette
époque que l'Heure se dressera» (Rapporté Mouslim, Ahmed et les auteurs
des Sunan) (1) .
CJyS ^.y ùy~*j c+ilij J Uii f+J* J-y ijaj-j jp Al\ Ji vl*wîj tf-î*-
(H-tLif ^-£ pjâs-ki i_l> Uwj J^-j ^t-Jbl tl_«j j) iilj ^ylt »_» U^j :Jlï iw~)
312
Il est dit aussi dans un hadith que, après la sortie des Gog et
Magog (Ya'jouj et Ma'jouj), Jésus accomplira le pèlerinage à la Maison
Sacrée et la 'Oumra (visite pieuse).
«L'échéance fatale sera proche» Il s'agit du jour du jugement dernier
qui aura lieu après ces tremblements de terre, ces troubles et ces
séditions. Avec l'avènement de ce jour difficile les fidèles sécrieront:
«C'est un jour très difficile». «Les yeux hagards» des incrédules se
figent à cause de ce qu'ils verront comme affres. Ils regretteront
d'avoir été insouciants à l'égard de ce jour et avoueront qu'ils étaient
injustes.
'innakum wamâ ta'budûna min dûni-L-Lâhi hasabu jahannama 'antum
lahâ wâridûna (98) law kâna ha 'ulï'i 'alihatam-mâ waradûhâ wa kullun
fîhâ halidûna (99) lahum fîhâ zafîrun wa hum fîhâ là yasma'ûna (100)
'inna-1-ladîna sabaqat lahum minnâ-1-husnï 'ûla 'ika 'anhâ mub'adûna
(101) là yasma'ûna hasîsahâ wa hum fî-ma-stahat 'anfusuhum halidûna
(102) là yahzunuhumu-l-faza'u-l-'akbaru wa tatalaqqâhumu-l-malà*'ikatu
hâdâ yawmukumu-1-ladî kuntum tu'adûna (103).
Vous et les divinités que vous avez adorées en dehors d'Allah, serez la
proie des flammes. C'est le supplice qui vous est réservé. (98) Si vos
313
divinités étaient de vrais dieux, elles ne seraient pas précipitées dans l'enfer.
Vous tous y séjournerez éternellement. (99) Vous vous y lamenterez sans
entendre aucun bruit du dehors. (100) Ceux qui auront reçu auparavant des
marques de notre faveur seront à l'abri d'un tel sort. (101) Les vacarmes de
la géhenne leur seront épargnés, ils jouiront de délices éternelles. (102)
L'épouvante du jour dernier ne les accablera pas. Les anges les
accueilleront par ces mots: «Le voilà venu votre jour, ce jour qui vous a été
promis» (103).
Dieu s'adresse aux idolâtres Qoraïchites de La Mecque: «Vous et
les idoles que vous adorez en dehors de Dieu, serez le combustible de
la Géhenne et vous y serez précipités sûrement. Si vraiment ces
divintiés étaient des vrais dieux, elles n'y seraient pas conduites. Vous
tous y séjournez pour l'éternité.
En commentant ce verset: «Vous vous y lamenterez sans entendre
aucun bruit du dehors» Ibn Mass'oud a dit: «Les damnés voués au feu
éternel seront mis dans des linceuls en feu munis de clous en feu de
sorte qu'ils ressentiront qu'ils sont les seuls à subir ce châtiment».
Ceux qui ont commis les bonnes œuvres dans le bas monde et
qui ont déjà reçu la très belle récompense, seront écartés du Feu et
seront rétribués d'une récompense incommensurable car Dieu ne
rétribue le bien que par un bien meilleur encore. «Les vacarmes de la
Géhenne leur seront épargnés» et ils jouiront, pour toujours, de ce qu'ils
désirent.
Au sujet des versets précités. Ibn Abbas a ajouté que les divinités
adorées en dehors de Dieu seront précipitées dans l'enfer à l'exclusion
de 'Ouzaïr et Jésus -que Dieu le salue-. D'autres y ont exclu aussi les
anges, le soleil et la lune.
«L'épouvante du jour dernier ne les accablera pas» Cette épouvante
signifie la mort d'après 'Ata, ou le souffle dans la trompette selon Ibn
Abbas et Ibn Jarir. Quant à Ai-Hassan Al-Basri, il a avancé que ceci
aura lieu quand le Feu sera refermé sur les damnés. Les fidèles seront
reçus par les anges, une fois ressuscites de leurs tombes, pour leur
annoncer le joyeux sort que Dieu leur a promis.
314
yawma natwi-s-samà 'a katayyi-s-sijilli lil-kutubi kamâ bada'nà 'awwala
halqin nu'îduhû wa'dan 'alaynâ* 'innâ kunnâ fa'ilîna (104).
Ce jour-là, nous fermerons les cieux, comme un secrétaire ferme son
livre. Avec la même facilité que nous avons créé l'univers, nous le
recréerons. Nous nous le sommes promis à nous-même. Nous le ferons.
(104).
Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Les hommes ne donnent pas
à Allah le rang qu'il mérite. Et, pourant, II appréhendera toute la terre
dans sa main au jour du jugement dernier et supprimera les cieux d'un seul
geste. Gloire à Allah! Il est au-dessus des associés qu'on lui donne» [Coran
XXXIX, 67].
Ibn Omar rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu saisira les sept
terres et les cieux seront plies dans sa main droite».
«Comme un secrétaire fefciflt un livre». Il s'agit, d'apès Ibn Abbas,
du sommier de l'univers où toute chose y a été inscrite. Puis Dieu
affirme qu'il procédera à la re-création des hommes comme II l'a fait
en les créant pour la première fois, une chose qu'il Lui sera très facile.
A ce propos Ibn Abbas rapporte: «Un jour, le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- nous prêcha et dit: «Hommes! Vous
serez rassemblés devant Dieu -à Lui la puissance et la gloire- sans
vêtements nu-pieds et incirconcis» Puis il récita: «Avec la même facilité que
nous avons créé l'univers, nous le recréerons. Nous nous le sommes promis
à nous-même. Nous le ferons» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et
Ahmed/ .
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315
wa laqad katabnâ fî-z-zabûri mim ba'di-d-dikri 'anna-l-'arda yarituhâ
'ibâdiya-s-sâlihûna (105) 'inna fî hâdâ labalâga-1-liqawmin 'âbidîna (106)
wamï 'arsalnâka 'illâ rahmata-l-lil-'âlamîna (107).
Nous avons dit dans les Ecritures Saintes, et nous l'avons répété dans
le Coran, que la terre serait l'héritage de nos bons serviteurs. (105) Il y a
là un sujet de méditation pour les gens pieux. (106) Nous ne f avons envoyé
sur terre que par commisération pour le monde. (107).
Comme Dieu a promis à Ses saints serviteurs qu'ils auront le
bonheur dans le bas monde et l'au-delà, Il affirme qu'il leur donnera la
terre en héritage dans les deux mondes. D'ailleurs, Il a mentionné cela
dans d'autres versets tels que les deux suivants:
- «La terre est à Allah. Il y fait succéder qui II veut. L'avantage
restera aux croyants» [Coran VII, 128].
- «Allah affermira sur terre ceux qui ont la foi et pratiquent le bien,
comme II a affermi leurs prédécesseurs. Il assurera le respect de la religion
qu'il leur a choisie» [Coran XXIV, 55].
Tout cela est mentionné dans les livres célestes, dans les
Psaumes après le Rappel. Ce dernier signifie le Pentateuque d'après
Ibn Abbas et Ai-Hassan, ou la «Tablette Gardée,» d'après Al-Thawri,
ou enfin selon Ibn Aslam, il est la «Mère des Ecritures» où toute chose
fut prédestinée et mentionnée. Quant à la terre qui sera héritée par les
saints serviteurs est celle du Paradis comme Ibn Abbas a avancé.
«Il y a là un sujet de méditation pour les gens pieux» C'est à dire
que les gens trouvent dans le Coran révélé à Mouhammad -qu'Allah le
bénisse et le salue- une communication aux hommes qui ont adoré
Dieu, Lui ont obéi et se sont conformés à Ses prescriptions sans
suivre le démon et leurs penchants.
«Nous ne t'avons envoyé sur terre que par commisération pour le
316
monde». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a pas
été envoyé vers son peuple, mais plutôt comme une miséricorde pour
les mondes. Quiconque accepte cette miséricorde et reconnaît cette
faveur divine, aura trouvé le bonheur dans les deux mondes.
Quiconque la rejette aura perdu le bas monde et la vie future. Dieu
affirme cette réalité quand II a dit: «Songe à ces hommes qui ont répondu
par des blasphèmes aux bienfaits d'Allah et qui ont causé la perdition de
leurs peuples. Ils brûleront dans l'enfer, l'horrible demeure» [Coran XIV,
28-29].
Au sujet des caractères et mérites du Coran, Dieu a dit: «Réponds:
Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se heurte à la
surdité et à l'aveuglement des incrédules. Ceux-ci sont comme des gens
qu'on appelle de loin» [Coran XLI, 44].
Mouslim rapporte d'après Abou Houraira qu'on a demandé au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- d'appeller la
malédiction sur les impies. Il a répondu: «Je n'ai pas été envoyé pour
maudire mais plutôt comme une miséricorde».
Dans le hadith rapporté par At-Tabarani, le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Je suis envoyé comme une miséricorde de la
part de Dieu qui ne me rappelle à Lui avant de faire triompher Sa religion.
J'ai cinq noms -ou épithètes~: Je suis Mouhammad, Ahmed, Al-Mahi ce
dont Dieu efface l'incrédulité, Al-Hacher celui aux pieds duquel les gens
seront rassemblés et Al-'Aqeb (qu'aucun Prophète ne viendra après
moi)» (1> .
Si Mouhammed -qu'Allah le bénisse et le salue- est une
miséricorde pour les mondes, qu'en sera de celui qui l'aura renié? La
réponse fut donnée par Ibn Abbas qui a dit: «Quiconque croit en Dieu
et au jour dernier aura acquis la miséricorde dans les deux mondes.
Quant à celui qui mécroit, celui-là subira le supplice qu'ont subi les
(1) J i*tft <iil stki ^ tfbfi Vj Jbl ^iis i^-j yiji -.^AjM >\jj ^ÀJI i*.iW J
317
générations passées: l'engloutissement par la terre et le châtiment
céleste (un ouragan de pierres).
*
qui 'innamâ yûha 'ilayya 'annama 'ilâhukum 'ilâhun wâhidun fahal '-
antum muslimûna (108) fa'in tawallaw faqul Ifdantukum 'alâ sawÊf'in
wa 'in 'adrî 'aqaribum 'am ba'îdum ma tu'adûna (109) 'innahû ya'lamu-
1-jahra mina-1-qawli wa ya'lamu ma taktumûna (110) wa 'in adrî
la'allahû fitnatu-1-laknm wa matâ'un 'ilâ hînin (111) qâla rabbi-hkum bi-
1-haqqi wa rabbunâ-r-Rahmânu-1-musta'ânu 'alâ ma tasifûna (112).
Dis: «Il m'a été expressément révélé que votre Allah est unique. Êtes-
vous soumis à cette vérité?» (108) Si vous n'y êtes pas soumis, reconnaissez
que je vous ai tous prévenus également. J'ignore si le jour annoncé est
proche ou non. (109) Allah sait ce que vous dites en publiée et ce que vous
dissimulez. (110) L'échéance incertaine du jour constitue-t-elle une épreuve
ou un sursis à vos plaisirs? je ne sais. (111) Dis: Seigneur, juge avec équité.
Notre Seigneur miséricordieux est notre soutien contre vos machinations.
(112).
Dieu ordonne à Son Messager de communiquer aux gens qu'il est
le Dieu Unique. Sont-ils prêts à reconnaître cela et à se soumettre?.
S'ils s'en détournent, qu'ils soient avertis et s'ils se montrent hostiles à
Dieu et à Son Messager, on les désavouera, comme Dieu a dit
ailleurs: «S'ils te traitent d'imposteur, dis: «Je suis responsable de mes
actes et vous des vôtres. Ce que je fais ne vous regarde pas et ce que vous
faites ne me regarde pas» [Coran X, 41].
Il fut ordonné de leur dire aussi: «J'ignore si ce qui vous est
promis est proche ou lointain, mais il arrivera inéluctablement. Dieu
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connait parfaitement aussi bien les actes que les paroles faits et dits
en public ou dissimulés, même II pénètre dans le tréfonds des cœurs.
«L'échéance incertaine du jour constitue-t-eUe une épreuve ou un sursis
à vos plaisirs? je ne sais» Cela peut être pour les hommes une tentation
ou une jouissance provisoire. «Dis: Seigneur, juge avec équité» entre les
fidèles et ceux qui renient la vérité. Les Prophètes disaient autrefois:
«Seigneur, tranche entre nous et notre peuple. Tu es le meilleur des
arbitres» (Coran VII, 89]. Notre Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- fut ordonné également de tenir les mêmes propos.
«Notre Seigneur miséricordieux est notre soutien contre vos
machinations». Dieu jugera certainement selon la vérité, et II est le
soutien des fidèles contre ce que les incrédules inventent comme
mensonges.
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