Coran › Sourate 23 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 23 trad. humaine
23 - SOURATE DES CROYANTS
118 versets
Révélée tout entière à La Mecque, à la suite de la sourate des
Prophètes
Bismi-L-Lâhi r-Rahmâni-r-Rahîm
■ ■
qad 'aflaha-l-mu'minûna (1) 1-ladîna hum fî salâtihim hâsi'ûna (2) wa-l-
ladîna hum 'ani-l-lagwi mu'ridûna (3) wa-l-ladîna hum li-z-zakâti
fâ'ilûna (4) wa-l-ladîna hum lifurûjihim hâfizûna (5) 'illâ 'ala 'azwâjihim
'aw mâ malakat 'aymânuhum fa'innahum gayru malûmîna (6) faman-i-
btagâ warâ A 'a dâlika fa'ûla 'ika humu-l-'âdûna (7) wa-l-ladîna hum
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li'amânatihim wa 'ahdihim ra 'ûna (8) wa-l-ladîna hum 'alâ salawâtihim
yuhâfizûna (9) 'ûta 'ika humu-l-wâritûna (10) 1-ladîna yarituna-I-fîrdawsa
hum fihâ halidûna (11).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Heureux les croyants (1) qui prient avec humilité (2), qui dédaignent
les futilités (3), qui paient la dîme, (4) qui ont une discipline sexuelle, (5)
qui n'approhent que leurs épouses ou leurs esclaves, comme cela est permis,
(d) Mais qui ne désirent pas d'autres femmes car cela est coupable. (7) qui
prient conscieusement (8) Ce sont eux les héritiers indiscutables, (9) auquels
échoira le Paradis pour l'éternité (11).
L'imam Ahmed rapporte que 'Omar Ben Al-Khattab racontait que
lorsque le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- recevait
la révélation, on entendit comme un bourdonnement d'abeilles auprès
de son visage. Une fois, étant en sa compagnie, il demeura presque
une heure recevant la révélation. Une fois cessée, il se dirigea vers la
qibla, leva ses deux mains vers le ciel et dit: «Grand Dieu, augmente
(Tes faveurs) dont Tu vas nous accorder et ne les diminue pas, honore-
nous sans nous humilier, donne-nous sans nous priver. Préfère-nous aux
autres sans leur donner les avantages sur nous, agrée-nous et sois satisfait
de nous,» Puis il nous dit: «On vient de me révéler dix versets, quiconque
les observe sera admis au Paradis» Ensuite il nous récita les dix premiers
versets de la sourate des croyants» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi et
NassaT) (1) .
Nassaï rapporte que Yazid Ben Babnous demanda une fois à
Aicha -que Dieu l'agrée-: «O mère des croyants, comment était le
comportement du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-?»
Elle répondit: «Il se conformait aux enseignements du Coran» Puis elle
récita: «Heureux les croyants...» jusqu'à qui prient consciencieusement».
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Tel était le comportement du Prophète».
Anas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Dieu créa le Paradis de VEden de Sa main en posant une
brique en perle, sur une autre en rubis sur une troisième en chrysolite. Son
bas fond en musc, ses cailloux en perles et ses herbes en safran. Puis II lui
dit: «Parle». Le Paradis répondit: «Heureux les croyants» Dieu lui dit
alors: «Je jure par Ma puissance et Ma majesté nul avare n'y sera
introduit pour être proche de Moi» Puis l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- récita: «Heureux ceux qui évitent l'avarice» [Coran
LIX, 9J. (Rapporté par Ibn AU Ad-Dunia f Al-Bazzar et Tabarani) (1> .
«Qui prient consiencieusement» c'est à dire qui s'acquittent de la
prière avec humilité et recueillement, car Mouhammed Ben Sirine
raconte que les compagnons du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- regardaient le ciel en priant. Quand ce verset fut
descendu, ils abaissèrent leur regard vers la terre là où ils devaient
poser leur front.
En fait, le recueillement dans la prière n'est acquis que lorsqu'on
débarrase l'esprit, en priant, de toute autre préoccupation. La prière
serait alors un apaisement pour le cœur et une tranquillité pour l'âme.
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- disait: «On m'a fait aimer
le parfum et les femmes. La prière me procure la joie des yeux». M
disait souvent à Bilal: «O Bilal, appelle à la prière afin que nos cœurs
s'apaisent».
«Qui dédaignent lés futilités» en évitant les propos vains et en se
détournant de la vanité ou des péchés comme ont avancé certains
exégètes. En décrivant les croyants, Dieu a -dit: «... et qui, mêlés à une
conversation oiseuse, conservent leur dignité» [Coran XXV, 72].
«Qui paient la dîme» il s'agit de la zakat, l'aumône légale. Bien que
ce verset fut révélé à La Mecque, la zakat n'a été imposée comme
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une prescription qu'à Médine et précisément en l'an 2 après l'Hégire. Il
s'avère que cette zakat était aussi imposée à La Mecque. Dieu a dit à
ce sujet: «Acquittez la dîme le jour de la récolte» [Coran VI, 141] à
savoir que la sourate du Bétail (Coran VI) fut révélée à La Mecque.
Suivant un autre commentaire, il se peut qu'il s'agit de la purification
des âmes et non des biens, ou bien les deux ensemble, étant donné
que le croyant fait l'un et l'autre.
«Qui ont une discipline sexuelle, qui n'approchent que leurs épouses ou
leurs esclaves, comme cela est permis. Mais qui ne désirent pas d'autres
femmes car cela est coupable» Ce sont ceux qui évitent l'adultère et
l'homosexualité, deux actes interdits par Dieu. Ils n'assouvissent leurs
désirs sexuels que sur leurs épouses et les esclaves-captives de
guerre qui leur sont permises. Quant à ceux qui convoitent d'autres
femmes seraient en tant que transgresseurs aux ordres divins. Même
l'imam Ach-Chafé'i est allé plus loin en interdisant la masturbation en
tirant argument de ces versets.
«Qui se montrent d'honnêtes dépositaires et tiennent leurs
engagements». Ils gardent les dépôts et les restituent à leurs
propriétaires. Ils respectent et tiennent leurs engagements conclus
envers les autres, sans être des hypocrites desquels le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois caractères
distinguent l'hypocrite: Il ment quand il parie, manque à sa promesse
et trahit le dépôt».
«Qui prient consciencieusement» en accomplissant les prières à
leurs heures déterminées. A ce propos, Ibn Mass'oud rapporte: «J'ai
demandé: «O Envoyé de Dieu, quelles sont les œuvres les plus
aimées de Dieu?» Il me répondit: «La prière accomplie à son heure
déterminée». - Ensuite? - La piété filiale. - Ensuite?- - Le combat dans le
sentier de Dieu» (Rapporté par Boukhari et MousUm)* 1 *.
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On peut donc conclure que la prière a un grand mérite par rapport
aux autres obligations, surtout quand on l'accomplit à son heure
déterminée en observant à la perfection ses inclinaisons et ses
prosternations. On a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Agissez avec rectitude bien que vous n'y
parviendrez plus, et sachez que la prière est la meilleure de vos
œuvres. Nul autre qu'un croyant ne puisse observer les ablutions».
Ceux-là que Dieu avait décrits et montré leurs pratiques «auxquels
échoira le paradis pour l'éternité». Il est cité dans les deux Sahih que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: Lorsque vous
demandez à Dieu de vous accorder le Paradis que ce soit le Firdaws qui est
l'endroit le plus élevé du Paradis et son milieu. De là prennent source les
rivières du Paradis et au-dessus se trouve le Trône du Miséricordieux» (-
Rapporté par Boukhari et Mouslim) (I) .
Il a dit aussi: «Chacun d'entre vous a deux demeures; l'une au
Paradis et l'autre à l'Enfer. S'il meurt et sera introduit à l'Enfer les élus
du Paradis hériteront sa demeure qui s'y trouve. Tel est le sens de ce
verset: «Ce sont eux les héritiers indiscutables»,
Mouslim rapporte dans son Sahih que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu, pour chaque
musulman, pousse un juif ou un chrétien et dit: «C'est par celui-là que tu
t'es racheté de l'Enfer». Omar Ben Abdul Âziz, qui entendit Abou Barda
rapporter ce hadith d'après son père, le fit jurer trois fois par celui qu'il n'y
a de Dieu que Lui si vraiment le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- avait tenu de tels propos. Abou Barda s'exéxuta» {2) Et l'auteur
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L
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de cet ouvrage de conclure: «Ceci est pareil aux dires de Dieu: «TA
est le Paradis que nous donnerons en héritage à ceux d'entre nos serviteurs
qui nous craignent» [Coran XIX, 63].
ni)
walaqad halaqnâ-l-'insâna min sulâlatin min tînin (12) tumma ja'alnâhu
nutfatan fi qarârim-makînin (13) tumma halaqnâ-n-nutfata 'alaqatan fa-
halaqnâ-l-'alaqata mudgatan fa-halaqnâ-l-mudgata 'izâman fakasawnâ-1-
'izâma lahman tumma 'ansa'nâhu halqan 'â A hara fatabâraka-L-Lâhu
'ahsanu-l-hâliqîna (14) tumma 'innakum ba'da dâlika lamayyitûna (15) t
umma 'innakum yawma-l-qiyâmati tub'atûna (16).
Nous avons extrait l'homme de l'essence de la terre (12) Nous en
avons fait ensuite une goutte de sperme déposée dans un organe bien
protégé. (13) Nous avons transformé le sperme en un caillot de sang, le
sang en un morceau de chair, la chair en os, puis nous avons garni le
squellette de chair, enfin nous lui avons donné sa forme définitive. Béni soit
Allah, le plus merveilleux des créateurs. (14) Après avoir été créés, vous
mourrez (15) Puis, au jour dernier, vous serez ressuscites. (16).
Dieu parle de la création du premier humain qui fut Adam -que
Dieu le salue-. Il fut créé d'une argile extraite d'une boue malléable.
En commentant le terme: «de l'essence de la terre» Ibn Abbas a dit
qu'il s'agit de l'essence de l'eau. Et Ibn Jarir a avancé qu'Adam fut
nommé «l'essence de la terre» parce qu'il en fut tiré, un avis soutenu
aussi par Qatada en ajoutant: «Dieu Ta créé d'argile endurcie dont
l'origine est le limon comme Dieu le montre dans ce verset: «C'est un
signe de sa puissance que de vous avoir engendrés du limon et fait de vous
des êtres animés» [Coran XXX, 20].
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A ce propos, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit: «-
Dieu créa Adam d'une poignée du sable qu'il avait prise de tous les
coins de la terre. Les fils d'Adam sont nés ayant les couleurs de cette
terre: Il y en a parmi eux ceux qui ont la teinte rouge, d'autres d'une
teinte blanche, une troisième d'une teinte noire et d'autres d'une teinte
métisse. Il y en a les bons et les méchants».
«... une goutte de sperme déposée dans un organe bien protégé». Il
s'agit de l'utérus comme le confirme ce verset: «Ne vous avons-nous pas
créés d'une vulgaire goutte d'eau? que nous avons déposée dans une matrice
close» [Coran LXXVII, 20-21] et ceci pour une durée déterminée, après
que cette goutte ait subi les phases successives de la transformation:
un caillot de sang comme un morceau de chair qui n'a aucune forme
déterminée, puis de cette masse Dieu a créé les os où ont peut
distinguer la tête, les mains, les pieds ainsi que les nerfs et les
artères... A ce propos le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Tout le corps de l'homme sera réduit en poussière à l'exception
de l'os caudal (le coccyx) car à partir de lui l'homme est créé et sera
reconstitué».
«Puis nous avons garni le squelette de chair» afin que cette chair lui
donne la forme définitive et renforce le corps. Enfin l'âme lui sera
insufflée et voilà qu'il est devenu une créature parfaite munie d'ouïe,
de vue, de sentiment, de mouvement et d'émoi. «Béni soit Alain, le plus
merverilleux des créateurs».
A propos de la création de l'homme, Ali Ben Abi Taleb a dit: «-
Après une durée de quarante jours, Dieu envoie un ange qui lui
insuffle l'âme dans des trois ténèbres. Tel est le sens des dires divins:
«produisant une autre créature».
Ibn Abbas, dans un de ses commentaires, a dit: «Cette partie du
verset: «enfin nous lui avons donné sa forme définitive» signifie que
l'homme passe d'une étape à une autre jusqu'à devenir enfant, de
l'enfance, à la jeunesse, à l'âge de maturité, à l'âge adulte, à la
vieillesse enfin à l'âge de décrépitude».
Il est cité dans un hadith authentique que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Chacun d'entre vous demeure dans
le ventre de sa mère quarante jour une goutte de sperme, puis un caillot de
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sang pendant une durée égale, puis un morceau de chair (comme une
bouchée) pendant une période d'une durée équivalente. Ensuite Dieu envoie
l'ange chargé de lui insuffler l'esprit, ordonné d'écrire quatre mots (-
concernant le fœtus) à savoir: sa part des biens de ce monde, la durée de sa
vie, ses œuvres et sa destinée heureuse ou malheureuse. Par celui qu'il n'y a
d'autre Dieu que Lui, il arrive que l'un de vous pratique les œuvres des élus
du Paradis au point de n'en être séparé que d'une coudée, alors ce qui lui a
été inscrit intervient et cet homme agit comme les damnés et entrera à
l'Enfer. Par contre, il arrive que l'un de vous pratique les œuvres des
réprouvés de V Enfer au point de n'en être séparé que d'une coudée, alors ce
qui lui a été inscrit intervient et il pratique les œuvres des élus du Paradis
et entrera au Paradis» (Rapporté d'après Abdullah Ben Mass'oud, par
Boukhari, Mouslim et Ahmed
11 est aussi dit dans un hadith authentique: «Après quarante jours
que la goutte de sperme se fût installée dans l'utérus, l'ange s'y
introduit et demande: «Seigneur , sera-t-il un heureux ou un
malheureux? un mâle ou une femelle?» Dieu lui dicte et range écrit, à
savoir: Ses œuvres, ses périodes d'aisance et celles de ses calamités,
et sa part des biens de ce monde. Ce registre sera aussitôt plié et rien
n'y sera ajouté ou diminué».
«Après avoir été créés, vous mourrez» car la mort est la fin
incontestable de toute créature. «Puis, au dernier jour, vous serez
ressuscités». En ce jour-là les âmes seront rendues aux corps et
rassemblés pour être jugés selon les œuvres accomplies dans le bas
monde.
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waiaqad halaqnâ fawqakum sab*a tarï'iqa wamâ kunnâ 'ani-l-halqi
gâfïlîna (17).
Nous avons créé au-dessus de vous sept cîeux et nous demeurons
attachés à ce que nous avons créé (7).
Dieu mentionne souvent la création des cieux et de la terre avec
celle de l'homme. En voilà un verset qui montre la grandeur de la
création des cieux et de la terre: «La création des cieux et de la terre est
une œuvre autrement considérable que celle du genre humain» [Coran XL,
57].
Dieu a dit ailleurs: «Allah a créé sept cieux et autant de terre. Il fait
circuler ses ordres entre les deux pour vous manifester Sa puissance et
rétendue de Sa science» [Coran LXV, 12].
Donc que les sept cieux enveloppent la terre, cela n'empêche que
Dieu observe tout ce qu'il y a ou se passe dans les cieux, sur la terre
sans qu'une montagne puisse s'interposer, ou autre chose, dans les
abîmes des océans, bref II dénombre tout même les collines, les
déserts, les arbres et leurs feuilles: «H n'est pas de molécule dans les
entrailles de la terre, une brindille verte ou sèche qui ne soient dénombrées
dans le sommier de la création» [Coran VI, 59].
wa 'anzalnâ mina-s-sama *i ma *am biqadarin fa'askannâhu fî-l-'ardi wa
*innâ 'alâ dahâbim-bihî laqâdirûna (18) fa'ansa'nâ lakum bihî jannatim-
min nahîlin wa Vnâbi-l-lakum fîhâ fawâkihu katîratun wa minhâ
38S
ta'kulûna (19) wa sajaratan tahruju min turi sinï'a tambutu bi-duhni wa
sibgi-l-Iil-'a kilîna (20) wa 'inna lakum fî-l-'an'âmi la'ibratan nusqîkum
mimmâ fî butûnihâ wa lakum fîhâ manâfï'u katîratun wa minhâ
ta'kulûna (21) wa 'alayhâ wa 'ala-l-fulki tuhmalûna (22).
Nous faisons tomber l'eau du ciel dans une mesure convenable. Nous
la laissons s'amasser sous terre mais nous pouvons aussi la laisser se
perdre. (18) Nous nous servons de cette eau pour créer des vergers de
dattiers et de vignes. Us produisent des fruits en abondance qui servent à
votre nourriture. (19) Nous avons fait pousser au Mont Sinaï un arbre qui
produit à la fois une huile et une liqueur comestibles. (20) Les animaux
sont aussi sujet à réflexions. Vous buvez leur lait. Ils satisfont beaucoup de
besoins. Vous vous nourrissez de leur chair (21) Ils vous servent de
montures comme vous servent les barques sur mer. (22).
Dieu rappelle à Ses serviteurs les bienfaits qu'il leur accorde et
qu'on ne peut dénombrer: La pluie qui tombe du ciel avec mesure et
selon le besoin, car son abondance pourrait détériorer tout comme sa
rareté qui ne laisserait pousser aucune plantation. Elle est donc
descendue pour satisfaire aussi bien pour boire que pour irriguer et
pour d'autres besoins. Même les terrains qui exigent une grande
quantité d'eau et dont le sol ne peut recevoir ce qui leur suffit, l'eau
leur sera amenée d'autre pays sous forme de rivière. Tel est le cas de
l'Egypte qui a un terrain stérile dont le Nil lui appoorte du limon rouge
de l'Ethiopie durant la saison des pluies. Ce limon demeure sur le
terrain Egyptien et les habitants s'en servent pour l'agriculture. Qu'il
soit Béni et Glorifié ce Seigneur généreux et clément.
«Nous la laissons s'amasser sous terre» afin que le sol puisse
l'absorber et grains et fruits s'en nourrissent. «Mais nous pouvons aussi
la laisser se perdre» Dieu peut faire disparaître cette eau en l'envoyant
aux marécages et aux déserts. Ou bien II peut la rendre saumâtre qui
ne servira dans ce cas ni pour la boisson ni pour l'irrigation. Ou encore
Dieu peut la faire descendre au fond de la terre pour la rendre inutile.
Mais, par Sa générosité et Sa miséricorde, Il a rendu cette eau potable
en l'acheminant dans la terre vers des sources jaillissantes, grâce
auxquelles hommes et bêtes se désaltèrent, s'en lavent et II fait
germer des plantes diaprées.
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Grâce à cette eau aussi, Dieu fait naître des jardins de palmiers et
de vignes remplis de beauté. Si les palmiers et les vignes ont été
mentionnés dans ce verset, parce que les habitants du Hijaz s'en
réjouissaient. Mais cela n'empêche que d'autres peuples se réjouissent
aussi des fruits poussant dans leurs propres pays, c'est de cette façon
qu'on doit comprendre le sens du verset, comme Dieu Ta mentionné
«Ils produisent des fruits en abondance qui servent à votre nourriture» des
fruits variés de toutes les espèces. Il a dit ailleurs: «L'eau qui fait
croître le blé, l'olivier, le palmier, la vigne et toutes sortes de plantes» [-
Coran XVI, 11].
«Nous avons fait pousser au Mont Sinal un arbre qui produit à la fois
une huile et une liqueur comestibles». Le Mont Sinaï est celui d'où Dieu a
adressé la parole à Moïse -que la paix soit avec lui- et qui était
entouré d'oliveraies. L'olivier produit de l'huile qui sert comme
condiment. A ce propos, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Mangez de l'huile et enduisez-vous-en vos corps car elle
est le produit d'un arbre béni».
«Les animaux sont aussi sujet à réflexions. Vous buvez leur lait. Ils
satisfont beaucoup de besoins. Vous vous nourrissez de leur chair. Ils vous
servent de montures comme vous servent les barques sur mer» Sans doute
les hommes tirent un profit multiple des animaux: Leur lait qui sort de
leurs entrailles et tient le milieu entre le chyme et le sang, leur chair
comme nourriture, leurs poils et laine pour en confectionner des
vêtements, comme montures et pour porter leurs bagages: «Ils
transportent vos bagages dans les pays que vous ne pourriez atteindre qu'au
prix de difficultés insurmontables sans eux. Votre Seigneur est toute bonté
et toute clémence» [Coran XVI, 7]. Dieu a soumis aux hommes certains
animaux qui leur servent de montures, de nourriture, et ils en retirent
des produits utiles et des breuvages. Les hommes sont tenus à tout
moment de reconnaître les bienfaits du Seigneur.
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walaqad 'arsalnâ Nûhan *ilâ qawmihî faqâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha mâ
lakum mih 'ilâhim gayruhu 'afalâ tattaqûna (23) faqâla-l-mala'u-l-ladîna
kafarû min qawmihî mâ hâda 'illâ basarum mitlukum yurîdu 'ay-
yatafaddala 'alaykum walaw sa"a-L-Lâhu la'anzala maltf 'iktam-mâ
sami'nâ bihâdâ ff ^ bâ*'inâ-l-'awwalîna (24) 'in huwa 'illâ rajulum bihî
jinnatun fatarabbasû bihî hattâ hînin (25).
Noos déléguâmes Noé a son peuple. Il lui dit: «O mon peuple, adorez
Allah. Vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. Pourquoi ne le craignez-vous
pas?» (23) Les puissants, qui étaient incrédules, intervinrent: Qu'est cet
homme! sinon un homme comme vous qui cherche à se donner de
l'importance. Si Allah avait voulu nous toucher, D nous aurait envoyé des
anges. A notre connaissance, pareille chose n'est jamais arrivée du temps de
nos ancêtres» (24) C'est un homme possédé du démon. Ne vous en occupez
pas pour le moment.» (25).
Dieu envoya Noé à son peuple pour l'avertir et le mettre en garde
contre Son châtiment et Sa vengeance de ceux qui Lui désobéissent
et traitent Ses Prophètes de menteurs. Noé dit à son peuple: «Adorez
Allah; vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. Pourquoi ne Le craignez-vous
pas?» en Lui associant d'autres divinités?.
Les chefs et les notables parmi ce peuple, qui étaient des
idolâtres, intervinrent: «Qu'est cet homme! sinon un homme comme vous
qui cherche à se donner de l'importance» en s'élevant au-dessus de vous
prétendant qu'il est un Prophète, alors qu'il n'est qu'un mortel comme
vous. Et d'ajouter: «Si Allah avait voulu nous toucher, Il nous aurait
envoyé des anges». Nous n'avons jamais entéfidu de tels propos chez
nos plus anciens ancêtres.
«C'est un homme possédé du démon» car il prétend la prophétie et
que Dieu l'a envoyé avec la révélation. «Ne vous en occupez pas pour le
moment» et laissez-le dire ce qu'il voudra en lui donnant un répit car il
"ne tarderait à mourir.
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qâla rabbi-n-surnî bimâ kaddabûni (26) fa'awhayna 'ilayhi 'ani-sna'i-l-
fulka bi'a'yuninâ wa wahyinâ fa'idâ ja 'a 'amrunâ wa fara-t-tannûru
fasluk fîhâ min kullin zawjayni-t-nayni wa 'ahlaka illâ man sabaqa
*alayhi-l-qawlu mi hum walâ tuhâtibnî fî-l-ladîna zalamiï 'innahum
mugraqûna (27) fa'idâ-stawayta 'anta wa mam-ma'aka 'alâ-l-fulki faquli-
1-hamdu-li-L-Lâhi-l-ladî najjânâ mina-l-qawmi-z-zâlimîna (28) wa qui
rabbi 'anzilnî munzalam-mubârakan wa 'anta hayru-l-munzilîna (29)
inna fî dâlika la If yâtin wa 'in kunnâ-l-la mubtalîna (30).
Seigneur, supplia Noé, donne-moi aide contre de tels détracteurs. (26)
Nous lui révélâmes aussitôt ceci: «Construis une arche sous notre
surveillance et d'après nos conseils. Dès que notre ordre s'accomplira et que
l'eau bouillonnera dans sa source, embarque dans l'arche un couple de
chaque espèce ainsi que les tiens, excepté ceux dont le sort est déjà réglé. Ne
m'adresse aucune prière en faveur des méchants. Ils périront noyés. (27)
Lorsque toi et les tiens serez installés dans l'arche, dis: «Loué soit Dieu pour
nous avoir délivrés des méchants» (28) Dis: «O Seigneur, fais-moi aborder
sur une terre propice. Tu es le plus sûr des guides.» (29) Une telle aventure
n'est-elle pas probante? Notre habitude est d'éprouver les hommes. (30).
Noé implora son Seigneur: «Je suis vaincu, Aide-moi» Il lui
ordonna alors de construire l'arche en la chargeant d'un couple de
chaque espèce, c'est à dire un mâle et une femelle des animaux, de
fruits et de plantations et autres choses. Il devait aussi y embarquer
les siens «excepté ceux dont le sort est déjà réglé» Ceux qui restaient
mécréants et étaient voués au périssement, parmi eux figuraient sa
femme et son fils.
392
«ne m'adresse aucune prière en faveur des méchants. Ils périsont
noyés». Dès que tu verras la pluie descendre, Dieu dit à Noé, n'aie
aucune compassion envers ton peuple espérant de les voir croyants,
car Mon ordre est déjà arrêté, ils seront noyés à cause de leur
incrédulité et leur rébellion. Nous avons déjà commenté cette histoire
dans ta Sourate Houd (Coran XI).
«Lorsque toi et les tiens serez installés dans l'arche, dis: «Loué soit
Allah pour nous avoir délivrés des méchants» Dans un verset presque
pareil, Dieu a dit: «... Qui a créé les navires et les animaux pour vous
transporter. Fixez-vous sur leurs dos et célébrez les bienfaits de votre
Seigneur. Une fois à votre aise, dites: Gloire a celui qui nous a soumis ces
choses et que, seuls, nous n'aurions pu soumettre! C'est à notre Seigneur
que nous ferons retour» [Coran XLW, 12-14] Noé obtempéra aux ordres
divins et dit à sa compagnie: «Montez dans l'arche. O mon AUah, faites
qu'elle vogue et qu'elle atterrisse» [Coran XI, 41]. Il invoqua le nom de
Dieu au début de son amerrissage et lors de son atterrisage. Cet agir
divin en sauvant les croyants et noyant les incrédules est certes l'un
de Ses signes, et une preuve évidente de la sincérité des Prophètes et
de la véracité des messages. «Notre habitude est d'éprouver les
hommes» en leur envoyant les Prophètes et les messages.
393
& te z&z
tumma 'an7*C04-42*/*a'nâ mim ba'dihim qarnan 'â A harîna (31)
fa'arsalna fîhim rasûlan minhum 'ani'budû-L-Lâha mâlakum min 'ilâhin
gayruhtf 'afalâ tattaqûna (32) wa qâla-l-mala'u min qawmihi-l-ladîna
kafarû wa kaddabû biliq^'i-l-'^hirati wa 'atrafnâhum fî-l-hayâti-d-dunyâ
mâ hâdêf'illâ basarum mitlukum ya'kulu mimmâ ta'kulûna minhu wa
yasrabu mimmâ tasrabûna (33) wa la'in 'ata'tum basaram mitlakum -
innakum 'idâ-l-lahâsirûna (34) 'aya'idukum 'annakum 'idâ mittum wa
kuntum turâban wa ïzâman 'annakum muhrajûna (35) hayhâta hayhâta
limâ tu'adûna (36) 'in hiya 'illâ hayâtunâ-d-dunyâ mamûtu wa nahyâ
wamâ nahnu bimab'ûtîna (37) 'in huwa 'illâ rajulun-i-ftarâ 'alâ-L-Lâhi
kadiban wamâ nahnu lahû bimu'minîna (38) qâla rabbi-n-surnî bimâ
kaddabûni (39) qâla 'ammâ qalîli-l-layusbihunna nâdimîna (40) fa'ahad
athumu-s-sayhatu bi-l-haqqi faja'alnâhum gutcT'an fabu'da-l-li-l-qawmi-
z-zâlimîna (41).
Nous appelâmes une autre génération à succéder au peuple de Noé.
(31) Nous élûmes dans son sein un Prophète qui leur dit: «Adorez Allah.
Vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. Ne le craindrez-vous pas? (32) Les
puissants de ce peuple qui étaient sans foi et ne croyaient pas au jour du
jugement dernier-et à qui nous avions accordé les richesses de ce monde-
disaient: «Qu'est cet homme, sinon un homme comme vous, qui se nourrit
des mêmes aliments et boit les mêmes boissons (33) Si vous vous soumettez
a un homme comme vous, vous êtes perdus. (34) Il vous prédit qu'une fois
morts, et réduits en poussière et en os, vous reviendrez à la vie. (35) Quelle
invraisemblance, oui quelle invraisemblance qu'une telle prédiction. (36) II
n'y a d'autre vie que celle de ce monde. Nous mourons et nous vivons. Et
nous ne serons pas ressuscites. (37) Ce n'est qu'un homme qui colporte des
mensonges sur Allah. Nous n'ajoutons pas foi à ses paroles. (38) Seigneur,
donne-moi aide contre de tels détracteurs. (39) Avant peu» ils regretteront
leurs propos, répondit le Seigneur. (40) Une mort foudroyante les
extermina. Ce fut juste. Il n'en resta que des débris. Loin d'ici les
méchants. (41).
Après ce grand événement historique et la noyade du peuple de
394
Noé, Dieu a créé un autre peuple que fut celui de 'Ad d'après les uns
ou de Thémoud selon d'autres. Dieu lui envoya un Prophète qui
l'appela à l'adoration du Seigneur sans Lui reconnaître des égaux.
Mais ils l'ont démenti, renié son message en refusant de le suivre
étant un mortel comme eux, même ils le tournèrent en dérision.
En leur menaçant et les mettant en garde contre un supplice
atroce qui les attend au jour de la résurrection, les chefs parmi eux
dirent: Si nous te suivons, nous serons certes au nombre des
perdants. Comment serons-nous ressuscités lorsque nous serons
ossements et poussière? C'est une prédiction invraisemblable. Il n'y a
que la vie présente: nous vivons et nous mourons mais jamais nous
serons ressuscités.
«Ce n'est qu'un homme qui colporte de mensonges sur Allah» en
prétendant que nous serons un jour ressuscités et rassemblés pour
être jugés. Le Prophète s'écria alors en implorant: «Seigneur, donne-moi
aide contre des tels détracteurs». Protège-moi contre leur nuissance, ils
viennent de me traiter de menteur. Dieu de lui répondre: «Avant peu, ils
regretteront leurs propos» à cause de leur reniement et leur obstination.
«Une mort foudroyante les extermina». En effet II leur envoya un vent
impétueux et dévastateur qui a détruit tout sur Son ordre. Au matin, on
ne vit que leurs maisons: «Il n'en resta que des débris. Loin d'ici les
méchants». Dieu ne les a pas lésés, ils se sont fait tort à eux-mêmes à
cause de leur incrédulité.
tumma 'ansa'nâ mim ba'dihim qurûnan 'a harîna (42) mâ tasbiqu min *-
ummatin 'ajalahâ wamâ yasta'hirûna (43) tumma 'arsalnâ rasulanâ tatrâ
kulla mâ jâ A 'a 'ummata-r-rasûluhâ kad dabûhu- fa'atba'nâ ba'dahum
ba'dan wa ja'alnâhum 'ahâdîta fabu'da-l-liqawmi-l-lâ yu'minûna (44).
Nous appelâmes à leur succéder d'autres générations (42) Aucun
395
peuple ae peut ni avancer ni reculer le terme de sa vie. (43) Nous fîmes
succéder les Prophètes les uns aux autres. Chaque fois que l'un d'eux se
présenta à son peuple, il fut traité d'imposteur. Nous anéantîmes les
peuples les uns après les autres à titre d'exemple. Loin d'ici les incrédules.
(44).
Dieu créa ensuite d'autres générations et d'autres peuples qui se
succédèrent les uns aux autres. Aucun d'eux ne peut avancer ni
reculer sbn terme. A chacun d'eux Dieu envoya un Prophète dont leur
mission fut identique: Appeler à Dieu et n'adorer que Lui: «Nous avons
envoyé des Prophètes à chaque peuple. «Adorez Allah et évitez Taghout»
était leur mot d'ordre. Certains de ces peuples ont suivi la bonne voie*
d'autres ont précipité leur perte» [Coran XVI, 36].
Chaque foi qu'un Prophète venait à son peuple, celui-ci le traitait
d'imposteur. Dieu affirme cette réalité en disant: «Triste fin des hommes!
chaque fois qu'un Prophète leur est envoyé, ils le tournent en dérision» [-
Coran XXXVI, 30]. Et Dieu d'anéantir ces peuples l'un à fa suite de
l'autre «... et nous les dipersâmes dans tous les sens» [Coran XXXIV, 19]
en tes donnant un exemple aux autres peuples.
tumma 'arsalnâ Mûsâ wa 'ahâhu Harûna bi 'à^yâtinâ wa sultânim-
mubînin (45) 'ilâ Fir'awna wa mala'ihî fastakbaru wa kânû qawman
âlîna (46) faqâfiî 'anu'minu libacharaynii mitlinâ wa qawmuhunrâ lanâ
'âbidûna (47) fakad d abûhunmâ fakânû mina-1-muhlakîna (48) walaqad
*a taynâ Mûsâ-l-kitâba la'allahum yahtadûna (49).
Puis nous envoyâmes Moïse et son frère Aaron, qui étaient munis de
nos signes et de preuves irréfutables. (45) à Pharaon et à sa cour. Ceux-ci
les accueillirent avec morgue. C'était un peuple arrogant. (46) Allons-nous
396
croire, dirent-ils, à deux hommes comme nous et dont le peuple nous est
asservi? (47) Pour avoir traité Moïse et Aaron de menteurs, ils furent
anéantis. (48) Nous donnâmes le Livre à Moïse comme guide. (49).
Dieu envoya Moïse et son frère Aaron (Haroun) à Pharaon et aux
chefs de son peuple avec les signes manifestes et les preuves
évidentes. A cause de leur orgueil et leur obstination, Pharaon et son
peuple s'enorgueillirent et refusèrent de suivre Moïse et son frère,
comme avaient agi les peuples précédents en considérant que de tels
Prophètes n'étaient que des mortels comme eux. En un seul jour, Dieu
noya Pharaon et son peuple.
Le Seigneur révéla le Pentateuque à Moïse qui contenait les
enseignements, les ordres et les interdictions, après le périssement de
Pharaon et les coptes qui formaient son peuple. Après la révélation du
Pentateuque, Dieu n'a pas anéanti un peuple à cause de l'incrédulité
de son commun, mais II a ordonné aux croyants de combattre les
infidèles. Dieu montre cela clairement quand II a dit: «Nous avons donné
le Pentateuque à Moïse après avoir anéanti les peuples passés. Notre but
était d'instruire les hommes. Ce Livre est à la fois un guide et une
bénédiction. Peut-être fera-t-il réfléchir» [Coran XXVIII, 43].
waja'alnâ-bna Maryama wa 'ummahïï *a yatan wa 'awaynâhumji 'ilâ
rabwatin dâti qarârin wa ma*înin (50).
Nous fîmes de Jésus et de sa mère un symbole et nous les installâmes
dans un lieu élevé, paisible et arrosé de sources. (50).
Dieu a fait de Son serviteur et Envoyé Jésus -que la paix soit
avec lui- et de sa mère Marie un signe pour les hommes, et une
preuve irréfutable de Son pouvoir de créer ce qu'il veut. Il créa Adam
sans père ni mère, Eve d'un mâle sans femelle, Jésus d'une femelle
sans mâle, et les autres gens de mâles et de femelles.
«Et nous les installâmes dans un lieu élevé». Où se trouva ce lieu?
Les opinions se sont controversées à ce sujet. Sa'id Ben Al-Moussaiab
a avancé: Il est à Damas. Ibn Abbas a soutenu cette opinion et a
397
ajouté que les sources citées dans le verset sont les rivières de
Damas. Quant à Moujahed dont l'avis était presque identique a dit qu'il
s'agit de fa «Ghouta de Damas» et ses alentours.
Mais Abou Houraira a précisé que ce fut à Ramla en Palestine. Il
s'avère que l'opinion la plus logique est celle de Ibn Abbas qui a dit:
«Les sources signifient l'eau coulante que Dieu a mentionnée dans ce
verset: «Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds» [Coran XIX,
24]. (Sans préciser le lieu). Enfin Ad-Dahak et Qatada ont déclaré qu'il
s'agit bien de Jérusalem, qui est très probable d'après l'auteur. Et c'est
Dieu qui est le plus savant, car ceci est mentionné dans un autre
verset et les versets du Coran expliquent les uns les autres.
yâ 'ayyuhâ-r-rusulu kulû mina-t-tayyibâti wa'malû sâlihan 'innî bimâ
ta'malûna 'alîmun (51) wa 'inna hâdihT 'ummatukum 'ummatan
wâhidatan wa 'ana rabbukum fat-taqûni (52) fataqatta'u 'amrahum
baynahum zuburan kullu hizbim bimâ ladayhim farihûna (53) fadarhum
fî gamratihim hattâ hînin (54) 'ayahsabûna 'annamâ numidduhum bihî
mim-mâlin wa banina (55) nusâri'u lahum fî-l-hayrâti bal-lâ yas'urûna
(56).
O Prophètes, nourrissez-vous à volonté des fruits de la terre et
pratiquez les bonnes œuvres. Je connais toutes vos actions. (51) Vous ne
formez qu'un seul peuple. C'est moi votre Allah. Craignez-moi. (52) Les
hommes se sont partagés en sectes et chaque secte se confina dans son
dogme. (53) Abandonne-les pour un temps à leurs préjugés. (54) Croient-ils
que nous les comblons de richesses et d'enfants. (55) uniquement pour leur
être agréables? Ils se trompent (56).
398
Dieu ordonne aux Prophètes de se nourrir de ce qui est licite et
de pratiquer les bonnes œuvres car la nourriture licite et bonne aide à
faire le bien. Ils s'exécutèrent. Al-Hassan Al-Basri a commenté cela en
disant: «Par Dieu, Il ne leur a pas ordonné de choisir les meilleurs
fruits et de rechercher les bons aliments, mais II leur a recommandé
de n'acquérir que le licite. A savoir aussi que Jésus -que la paix soit
avec lui- se nourrissait du travail de sa mère qui exerçait la filature.
Dans un hadith authentique le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Tout Prophète était un pâtre». On lui
demanda: «Et toi aussi ô Messager de Dieu?» - Et moi aussi, répondit-
il, je gardais les moutons à des mecquois contre des qirats».
David, le Prophète de Dieu, - que Dieu le salue - mangeait du
travail de sa main, comme il a été rapporté dans un hadith.
Abou Houraira -que Dieu l'agrée- rapporte que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut est bon et
n'accepte que ce qui est bon. Il a prescrit aux croyants ce qu'il a prescrit
aux Prophètes. Il leur a dit: «O Prophètes, nourrissez-vous à volonté des
fruits de la terre et pratiquez les bonnes œuvres. Je connais toutes vos
actions». // a dit aussi: «O croyants, nourrissez-vous des aliments qu'Allah
vous octroie» [Coran II, 172]. Puis le Prophète mentionna le cas de
l'homme qui entreprend un long voyage la tête ébouriffée, poussiéreuse,
tend les mains vers le ciel en implorant: «Seigneur! Seigneur!» alors que sa
nourriture est illicite, sa boisson illicite, ses vêtements illicites et qu'il est
nourri de choses illicites. Comment serait-il exaucé?» (Rapporté par
Mouslim, Tirmidzi et Ahmed)* 1
«Vous ne formez qu'un seul peuple» ô Prophètes, votre religion est
399
unique et votre mission est la même qui consiste à appeler à
l'adoration d'un Dieu unique sans rien Lui associer «C'est moi votre
Allah. Craignez-moi».
Mais les peuples auxquels Dieu a envoyé des Prophètes, se sont
divisés en sectes, et chaque parti exultant de ce qu'il a devers lui. Ifs
se croyaient être dans le droit chemin, mais au contraire, ils étaient
dans un égarement manifeste. «Abandonne-les pour an temps à leurs
préjugés» jusqu'à leur périssement, comme le confirme ce verset: «-
Accorde un répit aux incrédules. Accorde-leur un court répit» [Coran
LXXXVI, 17].
«Croient-ils que nous les comblons de richesses et d'enfants
uniquement pour leur être agréables? Ils se trompent». Ceux qui se sont
leurrés de leurs richesses et de leur progéniture croyant que Dieu leur
a octroyés parce qu'il les aime ou les chérit? Non, ils se sont trompés
surtout quand ils déclarent: «Comblés de richesses et d'enfants comme
nous sommes, nous ne serons jamais voués au supplice» [Coran XXXIV,
35]. Qu'ils sachent que tout cela n'est qu'illusions. En répondant, Dieu,
en s'adressant à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, a dit:
«Ne te laisse pas séduire par leur richesses et par leurs enfants. Ces
richesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir
au cours de cette vie périssable» [Coran LX, 55].
Dans un autre verset II exhorte les hommes et les avertit en leur
disant: «Ce ne sont ni vos richesses ni vos enfants qui vous rapprocheront
de nous. Seuls s'en rapprocheront ceux qui croient et qui font le bien» [-
Coran XXXIV, 37].
Abduilah Ben Mass'oud rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a réparti les moralités entre
vous comme II a partagé Ses biens. Certes, Dieu accorde ( les biens de ) ce
monde à qui II aime comme à qui II n'aime pas, mais II n'accorde la foi
qu'à celui qu'il aime. Donc celui qui reçoit la foi aura acquis l'amour de
Dieu. Par celui qui tient mon âme dans sa main, l'un d'entre vous n'est un
vrai musulman que lorsqu'il aura la foi dans son cœur et sur sa langue. Nul
n'est croyant que lorsque son voisin sera à l'abri de ses méfaits». On lui
demanda: «Quels sont ces méfaits?» Il répondit: «Son mauvais traitement
et son injustice». Tout bien acquis illicitement duquel on fait l'aumône ne
400
serait béni et cette aumône sera réfutée. Tout ce qui laisse de ces biens sera
ses provisions pour l'Enfer. Dieu n'efface pas le mal par le mal mais par le
bien car le mauvais n'efface, jamais le mauvais» (Rapporté par l'imam
Ahmed)[].
'inna-l-ladîna hum min haâyati rabbîhim muSfiqûna (57) wa-l-ladîna
hum bi'àyâti rabbihim yu'minûna (58) wa-l-ladîna hum birabbihim la
yusrikûna (59) wa-l-ladîna yu'tûna ma**S h taw wa qulûbuhum wajilatun '-
annahum 'ilâ rabbihim râji'ûna (60) 'ûla^'ika yusâri'ûna fî-l-hayrâti wa
hum lahâ sâbiqûna (61).
Ceux que la crainte de leur Seigneur rend humbles, (57) ceux qui
croient aux révélations de leur Seigneur(58) ceux qui ne lui reconnaissent
aucun associé, (59) ceux qui font l'aumône, le cœur tremblant à l'idée qu'ils
retourneront à leur Seigneur, (60) ceux-là rivalisent l'ardeur à faire le bien
et y réussissent mieux que perosnne. (61).
Ceux qui font les actes de charité et les bonnes œuvres, qui ont la
foi et redoutent leur Seigneur et sa vengeance sont vraiment ceux qui
sont pénétrés de la crainte de Dieu. Al-Hassan Al-Basri a dit: «Le
croyant réunit la charité et la redoute, tandis que l'impie réunit les
mauvaises actions et la sécurité».
401
«Ceux qui croient aux révélations de leur Seigneur» et à Ses signes
universels et religieux, comme II a dit en parlant de Marie: «Elle crut
aux paroles de son Seigneur et à Son Livre» C'est à dire elle crut que
tout ce qui arrive émane de l'ordre de Dieu et Sa prédestination. Ce
que Dieu a prescrit est un ordre qui ne procure que Son amour et Sa
Satisfaction, et ce qu'il interdit est tout ce qu'il répugne et refuse qu'on
le commette. Si c'est un bien, ce sera alors une vérité.
«Ceux qui ne Lui reconnaissent aucun associé» n'adorent que Lui et
savent qu'il n'y a de Dieu que Lui, et n'a aucun rival on égal.
«Ceux qui font l'aumône, le cœur tremblant à l'idée qu'ils retourneront
à leur Seigneur» Cela signifie qu'ils font l'aumône et redoutent que Dieu
ne l'accepte pas, ayant peur qu'il ne soit à cause de la négligence
d'une prescription dont ils ne s'en sont pas acquittées.
L'imam Ahmed rapporte que Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «J'ai
demandé: «O Messager de Dieu, ceux qui donnent ce qu'ils donnent tandis
que leurs cœurs sont pénétrés de crainte, s'agit-il de ceux qui volent,
forniquent et boivent le vin du moment qu'ils craignent Dieu -à Lui la
puissance et la gloire-?» Il me répondit: «Non, ô la fille d'Abou Bakr, la
fille de Siddiq. Il s'agit de ceux qui prient , jeûnent et font l'aumône et
redoutent Dieu -à Lui la puissance et la gloire» (Rapporté par Tirmidzi et
Ibn Abi Hatem) (1) .
402
walâ nukallifu nafsan 'illâ wus*ahâ wa ladaynâ kitâbun yantiqu bi-1-
haqqi wa hum lâ yuzlamûna (62) bal qulûbuhum fî gamratim min hâdâ
wa lahum 'a'mâlum min dûni dâlika hum lahâ 'âmilûna (63) hatta 'ida
'ahadnâ mutrafîhim bi-l-'adâbi *idâ hum yaj'arûna (64) lâ taj'arû-l-
yawma 4nnakum minnâ lâ tunsarûna (65) qad kânat 'a yâtî tutlâ *-
alaykum fakuntum 'ala Vqâbikum tankisûna (66) mustakbirîna bihî
sâmiran tahjurûna (67).
Nous n'imposons à chaque âme aucune surcharge. Nous tenons le livre
des actions de chacune d'elles. Aucune ne sera lésée. (62) Leurs esprits sont
préoccupés de toute autre chose. Leurs actes ne tiennent aucun compte de
nos prescriptions. (63) Jusqu'au jour où nous châtions les plus marquants
d'entre eux. Ils poussent alors les hauts cris. (64) Inutile de vous lamenter.
Vous n'obtiendrez nul secours de nous. (65) Ce n'est pas faute qu'on vous
ait répété nos enseignements. Mais alors vous tourniez le dos
dédaigneusement. (66) Vous vous gonflez d'orgueil. Et, dans des
conciliabules nocturnes, vous bafouiez nos révélations (67).
Dieu parle de sa justice en imposant Ses lois à Ses serviteurs
dans le bas monde, car 11 ne charge aucune âme que de ce qu'elle en
est capable de porter et au jour de la réssurrection, Il les jugera étant
donné que tout ce qu'ils ont fait dans la vie d'ici-bas est écrit dans un
livre qui exprime la vérité. Nul ne subira aucun préjudice de ce qu'ils
ont fait comme bonnes actions, quant aux mauvaises, Il en effacera et
Il pardonnera une grande partie aux croyants.
Mais les incrédules et les idolâtres ont les cœurs dans un abîme
d'erreurs et dans un égarement à cause de leur détournement des
prescriptions du Coran révélé au Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- . «Leurs actes ne tiennent aucun compte de nos
prescriptions». En d'autre terme leurs œuvres sont plus viles et
cependant ils les accomplissent indubitablement avant leur mort. Nous
avons déjà cité le hadith dMbn Mass'oud: «Par celui qu'il n'y a d'autre
Dieu que Lui, il arrive que l'homme fait les œuvres des élus du Paradis
403
au point de n'en être séparé que d'une seule coudée, alors ce qu'il lui
est prédestiné surviendra et cet homme fera les œuvres des damnés
de l'Enfer et il y entrera».
«Jusqu'au jour où nous châtions les plus marquants d'entre eux. Ils
poussent alors les hauts cris» Lorsque les riches qui ont vécu dans
l'aisance constatent le châtiment de Dieu et Sa vengance, ils poussent
les cris d'angoisse. Dieu a dit ailleurs: «Laisse-moi le soin des incrédules,
comblés de faveurs. Patience» [Coran LXXIII, 11]. Donc qu'ils poussent
des cris et se lamentent, nul ne pourra les secourir et les préservera
du châtiment de Dieu, pour la simple raison: «Ce n'est pas faute qu'on
vous ait répété nos enseignements. Mais alors vous tourniez le dos
dédaigneusement». En vous appelant à la foi vous refusiez de répondre:
«Vous avez mérité un tel sort. Car, quand on vous prêchait le Dieu unique,
vous l'écartiez, et quand on lui donnait des associés, vous les acceptiez-
Toute décision appartient à Allah, le Sublime, l'Auguste» [Coran XL, 12].
«Et, dans de conciliabules nocturnes, vous bafouiez nos révélations».
Les polythéistes parlaient du Coran, tenaient de vains discours à son
sujet en disant: C'est de la magie, de la poésie, de la divination etc..
On a dit aussi qu'ils discutaient au sujet de Mouhammed -qu'Allah le
bénisse et le salue- en prétendant: Il est un poète, un devin, un
magicien, un menteur, un possédé etc..
En voilà enfin un autre commentaire d'après Ibn Abbas qu'il s'agit
de la Maison Sacrée qu'ils y tenaient leurs conciliabules nocturnes,
passaient la nuit puis ils la quittaient en s'enorgueillissant sans la
fréquenter plus tard.
404
'afalam yaddabarû-l-qawla 'am ja 'ahum mâ lam ya'ti 'a ba 'ahumu-1-'-
awwalîna (68) 'am lam ya'rifû rasûlahum fahum lahû munkirûna (69)
'am yaqûlûna bihî jinnatum bal ja'ahum bi-l-haqqi wa 'aktaruhum 11— 1—
haqqi kârihûna (70) wa lawi-t-taba'a-l-haqqu 'ahwâ* 'ahum lafasadat-i-s-
samâwâtu wa-l-'ardu wa man fîhinna bal 'ataynâhum bidikrihim fahum
'an dikrihim mu'ridûna (71) 'am tas'aluhum harjan faharâju rabbika
hayrun wahuwa hayru-r-râziqîna (72) wa 'innaka latad'uhum 'ilâ sirâtim
mustaqîmin (73) wa 'inna-l-ladîna lâ yu'minûna bi-l-*ï hirti 'ani-s-sirâti
lanâkibûna (74) walaw rahimmâhum wa kasafnâ mâ bihim min durri-1-
lalajjû fî tugyâmhim ya'mahûna (75).
Que ne méditent-ils ce qu'on leur dit? ou bien ont-ils reçu une
croyance différente de celle de leurs aïeux?» (68) Leur Prophète est-il pour
eux un inconnu, qu'ils le rejettent (69) Bien plus, ils le traitent de possédé.
Et cependant il leur apporte la vérité. Mais la plupart d'entre eux
abhorrent la vérité. (70) Si la vérité se modelait sur leurs penchants, le ciel
et la terre et tout ce qu'ils renferment seraient en pleine décomposition.
C'est en vain que nous leur avons prêché la conduite qui leur convient.
Cette conduite, ils n'en veulent à aucun prix. (71) Leur demandes-tu une
rétribution? La rétribution de ton Seigneur est autrement importante. Allah
est le plus généreux des dispensateurs. (72) Tu les convies à observer une
bonne règle. (73) Mais ceux qui ne croient pas à la vie future ne veulent
pas la suivre. (74) Les prenons-nous en pitié et les délivrons-nous de leurs
maux? Les voilà qui retombent dans leur aberration et leur aveuglement.
(75).
Dieu critique le comportement des idolâtres vis-à-vis du Coran
surtout qu'il est révélé en leur langue et pour leur bonheur, étant le
Livre le plus noble communiqué au Prophète le plus noble. Ils l'ont mal
compris. Au lieu d'agréer ce grand bienfait divin et de se monterr
reconnaissants envers leur Seigneur, ils s'en sont détournés.
405
Puis It critique l'agir des Qoraïchites à l'égard du Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Leur Prophète est-fl pour eux un
inconnu». Ne connaissent-ils pas sa sirfcérité, sa fidélité et les années
qu'il a pasées entre eux. On rapporte que le roi de l'Ethiopie, Négus
(Najachi) avait demandé à Jafar Ben Abi Taleb au sujet du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-, il lui répondit: «O roi, Dieu nous a
envoyé en Prophète dont nous connaissons bien sa lignée, sa sincérité
et sa fidélité» Ainsi était la réponse de Abou Soufian (étant encore
idolâtre) à Héraclius quand il lui avait demandé la même chose.
«Bien plus, ils le traitent de possédé» En leur récitant du Coran, les
idolâtres disaient du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: C'est
une invention de sa part, ou bien: Les djinns sont en lui, il ne
comprend rien de ce qu'il dit etc. Dieu les dévoile et montre que leurs
cœurs ne croient pas à cette révélation, et les défie d'apporter un livre
qui lui soit pareil s'ils sont véridiques, mais ils ne pourront rien le faire
ni produire quelque chose de semblable tant que la vie dure.
«Et cependant il leur apporte la vérité. Mais la plupart d'entre eux
abhorrent la vérité» A ce propos Qatada rapporte que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- rencontra un homme et lui dit:
«Convertis-toi» L'homme répondit: «Tu m'apelles à une chose que je
répugne» Et le Prophète de répliquer: «Même si tu le répugnes».
On a rapporté également que le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- rencontra un homme et lui dit: «Embrasse l'Islam». Cette
demande parut très lourde et pesante à l'homme, mais le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- poursuivit: «Que penses-tu si tu te
trouves dans un chemin reboteux et ardu, tu rencontres un homme
dont tu connais son visage et sa lignée, et que celui-ci t'invite à
emprunter un chemin plus vaste et facile à traverser, ne le suis-tu
pas?» - Certes oui, répondit-il. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- de reprendre: «Par celui qui tient l'âme de Mouhammed dans
Sa main, tu es dans un chemin plus ardu que l'autre et je t'apelle à un
chemin aisément accessible, et plus facile que l'autre».
«Si la vérité se modelait sur leurs penchants, le ciel et la terre et tout
ce qu'ils renferment seraient en pleine décomposition». La vérité signifie,
d'après Moujahed et As-Souddy, le Seigneur à Lui la puissane et la
406
gloire. Si Dieu avait répondu à leurs passions, les cieux, la terre et tout
ce qui s'y trouve seraient certainement corrompus, tant que ces
idolâtres avaient des penchants pervertis et diversifiés. Au sujet du
Coran, ils disaient par exemple: «Que ce coran n'a-t-il été révélé à
quelque personnage important des deux villes » [Coran XLIII, 31].
Dieu dit ensuite: «C'est en vain que nous leur avons prêché la
conduite qui leur convient» Nous leur avons fait venir leur Rappel, et
pourtant ils s'en détournent. «Leur demandes-tu une rétribution? La
rétribution de ton Seigneur est autrement importante». Tu ne leur
demandes aucun salaire, ô Mohammed contre ton appel à la voie
droite, mais, en vérité, tu comptes, avec foi, sur la récompense divine
qui est incommensurable. «Dis: «Le salaire que je pourrais vous
demander, et bien, gardez-le. C'est d'Allah que j'attends mon salaire» [-
Coran XXXIV, 47].
Ô Mouhammed, tu les appelles vers la voie droite «mais ceux qui
ne croient pas à la vie future ne veulent pas la suivre». Ibn Abbas rapporte
que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a raconté
qu'il a vu en rêve deux anges qui sont venus s'installer: le premier
auprès de sa tête et l'autre à ses pieds. Ce dernier dit à l'autre:
«Propose-lui son exemple et celui de sa nation» Le premier dit: «Lui et
sa communauté ressemblent à des gens qui se trouvent dans un
désert n'ayant plus la provision nécessaire pour leur permettre ni à
traverser ce désert ni pour retourner. Etant ainsi, perplexes, un homme
survint portant un vêtement somptueux et leur dit: «Que pensez-vous
si je vous conduis à un jardin verdoyant où il y a un bassin, me suivez-
vous?» -Certes oui, répondent-ils. En effet il les a amenés à ce jardin
où ils purent manger et se désaltérer, et même ils gagnèrent un
certain poids. Il leur dit ensuite: «Ne vous ai-je pas trouvé dans un état
désespéré en me promettant de me suivre si je vous conduis vers un
jardin verdoyant et un bassin d'eau?» - Oui, répondirent-ils. Et l'homme
de poursuivre: «En effet, il y a devant vous un jardin plus verdoyant
encore et un bassin où vous pouvez étancher mieux votre soif. Suivez-
moi donc». Une partie de ces gens répliqua: «Par Dieu, cet homme
est sincère. Suivons-le» L'autre riposta: «Nous nous contentons de ce
que nous avons maintenant».
Omar Ben Al-Khattab rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah
407
le bénisse et le salue- a dit: «Je vous tiens par les tailles, vous empêchant
de vous précipiter dans le feu et vous avertissant, mais vous ne faites que de
me résister. Vous vous précipitez dans ce feu à la façon des phalènes et des
sauterelles, au point où vous m'échappez. Je vous devancerai au bassin,
vous viendrez y boire: les uns m'accompagneront et les autres viendront par
groupes. Je vous reconnaîtrai grâce à vos marques et vos noms, comme un
homme qui reconnait d'autres chameaux qui rejoingnent les siens. On vous
conduira vers la droite et vers la gauche, j'appellerai le Seigneur des
mondes: «Seigneur, ma communauté! Seigneur, ma communauté!» On me
répondra: «Tu ignores, ô Mouhammed, ce qu'ils ont fait après ton départ.
Ils marchaient à reculons sur leurs pas» (Rapporté par Al-Hafedh Al-
Moussali) (1 K
«Mais ceux qui ne croient pas à la vie future ne veulent pas la suivre»
Ils s'en détournent en commettant une injustice à eux-mêmes, «les
prenons-nous en piété et les délivrons-nous de leurs maux? les voilà qui
retombent dans leur aberration et leur aveuglement» tellement leur
incrédulité est impardonnable. Si nous écartions d'eux te mal en leur
apprenant le Coran, ils ne l'auraient jamais suivi, plutôt ils
continueraient à persévérer dans leur obstination et leur rébellion, tout
comme Dieu les décrit en disant: «Si Allah leur avait connu quelque
aptitude, Il se serait employé à les convaincre. Même s'il s'était fait
entendre d'eux, ils se seraient éloignés de Lui, murés dans leur
indifférence» [Coran VIII, 23]. Ceci émande certes du Savoir de Dieu et
de sa science.
408
walaqad 'ahad nâhum bi-l-'adâbi famâ-s-takânû lirabbihim wamâ
yatadarra'ûna (76) hatta" 'idâ fatahnâ 'alayhim bâban dâ 'adâbin
sadîdin 'idâ hum fîhi mublisûna (77) wa huwa-l-ladT 'anâa'a lakumu-s-
sam'a wa-1- 'absâra wal-'af idata qalîlan mâ taskurûna (78) wahuwa-l-lad
î dara'akum fî-l-'ardi wa 'ilayhi tuhsarûna (79) wahuwa-l-ladî yuhyî wa
yumîtu walahu-h-tilâfu-l-layli wa-n-nahâri 'afalâ ta'qilûna (80) bal qâlû
mit la mâ qâla-l-'awwalûna (81) qâftî 'a'idâ mitnâ wa kunnâ turâban wa
'izâman Vinnâ lamab'ûtûna (82) laqad wu'idnâ nahnu wa 'a ba 'unâ
hâdâ min qablu 'in hâda 'ilfê 'asâtîru-l-'awwalîna (83).
Nous avons été jusqu'à leur punir. Ils ne se sont pas soumis pour cela
à leur Seigneur ni ont daigné l'implorer; (76) jusqu'au jour où nous avons
déchaîné contre eux un châtiment terrible. Ils se sont abandonnés alors au
désespoir. (77) C'est Allah qui vous a donné l'ouïe, la vue et l'intelligence.
Que vous êtes peu reconnaissants. (78) C'est Lui qui a facilité votre vie sur
terre et c'est à Lui que vous ferez retour. (79) C'est lui qui distribue la vie
et la mort et qui fait alterner le jour et la nuit. Fînirez-vous par
comprendre? (80) Hélas! non, ils tiennent les mêmes propos que leurs
devanciers. (81). Comment, disent-ils, une fois morts, retournes en poussière et
en os, nous serons ressuscites? Est-ce possible? (82). Ces mêmes choses, on
nous les a déjà dites ainsi qu'à nos pères. Ce sont là des fables du temps passé
(83).
Dieu les a éprouvés par les malheurs et les calamités. «Ils ne sont
pas soumis pour cela à leur Seigneur ni ont daigné L'implorer» Plutôt ils
se sont persévérés dans leur impiété et leur égarement sans s'humilier
devant leur Seigneur.
409
Ibn Abbas raconte: «Abou Soufian vint trouver le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Je te conjure par Dieu
et le lien du sang qui nous unit. Nous avons (eu faim) à tel point de
manger les poils et le sang». Dieu alors fit cette révélation «Nous avons
été jusqu'à leur punir... (A savoir que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- avait imploré le Seigneur pour frapper les idolâtres
par les calamités en Lui disant: «Seigneur envoie leur des années de
sécheresse comme celles (qui ont eu lieu du temps) de Joseph».
«Jusqu'au jour où nous avons déchaîné contre eux un châtiment
terrible. Ils se sont abandonnés alors au désespoir» C'est à dire jusqu'au
jour où l'Heure fatale et l'Ordre de Dieu leur surviendraient, alors ils
seraient pris par un châtiment auquel ils n'attendaient pas. C'est à ce
moment qu'ils désespéreraient de tout bien et leurs espoirs
deviendraient des illusions.
Dieu rappelle ensuite les bienfaits qu'il leur a accordés: l'ouïe, la
vue et les cœurs pour peu qu'ils soient reconnaissants; et qu'ils
méditent dans l'univers les signes qui montrent l'unicité de Dieu et qu'il
est le seul Maître des cieux et de la terre.
C'est Dieu qui a disséminé les hommes sur la terre, et cela
constitue un signe de Son omnipotence, en leur accordant diverses
couleurs et langues. Au jour de la résurrections, ils seront tous
rassemblés devant lui.
«C'est Lui qui distribue la vie et la mort» en ressuscitant les morts
une fois réduits en ossements «et qui fait alterner le jour et la nuit»
dont l'un poursuit l'autre sans arrêt, ils se succèdent sans s'être
séparés par aucun laps de temps. «Le soleil ne saurait pas plus atteindre
la lune que la nuit dépasser le jour» [Coran XXXVI, 40]. Les hommes
n'ont-ils pas des raisons pour y réfléchir?.
Mais ceux qui ont renié la résurrection ont tenu les mêmes propos
comme les incrédules d'autrefois: «Comment, disent-ils, une fois morts,
retournés en poussière et en os, nous serons ressuscites?». Ils renient donc
la résurrection après leur périssement. «Ces mêmes choses, on nous les a
déjà dîtes ainsi qu'à nos pères» C'est une chose inouïe voire impossible.
Dieu leur répond dans d'autres versets et dit: «Oubliant sa propre
origine, il nous pose des questions de ce genre: «Qui peut ranimer les os
410
tombés en poussière?» Les ranimera celui qui les a produits la première
fois...» [Coran XXXVI, 78-79].
qui limani-l-'ardu waman fîha 'in kuntum ta'Iamûna (84) sayaqûlûna li-
L-Lâhi qui 'afalâ tadakkarûna (85) qui man rabbu-s-samâwâti-s-sabi'i
wa rabbu-l-'ar§i-I-'azîmi (86) sayaqûlûna li-L-Lâhi qui 'afalâ tattaqûna
(87) qui man biyadihî malakûtu kulli Say'in wahuwa yujîru walâ yujâru
'alayhi 'in kuntum ta'Iamûna (88) sayaqûlûna li-L-Lâhi qui fa'annâ
tusharûna (89) bal 'ataynâhum bi-l-haqqi wa 'innahum Iakâdibûna (90).
Interroge-les: A qui appartient la terre et tout ce qu'elle renferme?
Qu'ils le disent, s'ils le savant. (84) Ils répondront: «A Allah». Dis alors:
«Ne finirez-vous pas par vous soumettre» (85) Demande-leur: «Quel est le
Maître des sept cieux et du sublime trône?» (86) Ils répondront: «Allah»
Ajoute: «Ne le craindrez-vous pas?» (87) Interroge-les: «Entre les mains de
qui se trouve la puissance universelle? Quel est celui qui peut défendre et
contre qui on ne peut pas être défendu? Dites-le si vous le savez» (88) Ils
répondront: «Allah». Objecte: «Et alors pourquoi vous laissez-vous abuser?»
(89) Nous leur avons donné la vérité. Mais ils ne sont que des menteurs.
Dieu déclare son unicité et qu'il est le seul Maître qui dispose de
Son Royaume. «A qui appartient la terre et tout ce qu'elle renferme»
comme bêtes, plantations, fruits et tout ce qu'il s'y trouve. Et les impies
de répondre: «A Dieu, seul, qui n'a pas d'associés». Si c'est ainsi «Ne
finirez-vous pas par vous soumettre?».
A la deuxième question: «Quel est le Maître des sept cieux et du
sublime trône?» et le créateur de l'univers et du monde céleste qui
renferme les astres et les anges soumis totalement à Dieu? Quel est
(90).
411
le Seigneur du sublime Trône qui représente le plafond supérieur de
toute la création?. Ils répondront à Dieu. Dans un hadith prophétique, il
est dit: «Les sept deux, la terre et tout ce qui se trouve entre eux, ne
sont par rapport au Trône qu'un anneau jeté dans un désert. Et le
Trône par rapport à la Royauté est comme cet anneau par rapport au
désert». Dans d'autres versets, Dieu a parlé de la grandeur du Trône,
de sa splendeur et de sa sublimité.
«Ne le craîndrez-vous pas?» Si vous reconnaissez ces vérités,
pourquoi n'appréhendez-vous pas le châtiment de Dieu et pourquoi ne
redoutez-vous pas sa vengeance en adorant d'autres divinités?.
«Interroge-les: «Entre les mains de qui se trouve la puissance
universelle?» et aucun être vivant qu'il ne le tienne par son toupet? et
dont II en dispose?. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- disait souvent en jurant: «Par celui qui tient mon âme dans sa
main» ou «Par celui qui fait tourner les cœurs». «Quel est celui qui peut
défendre et contre qui on ne peut pas être défendu?» qui donne asile aux
autres et n'a pas besoin qu'un autre le protège. Il est le seul Maître
absolu, le Tout-Puissant, qui interrogera les hommes sans être
interrogé.
Ils répondront: «C'est Dieu!» Si c'est ainsi, pourquoi alors vos
raisons vous permettent-elles à adorer d'autres en dehors de Lui? «-
Nous leur avons donné la vérité» qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu
en leur présentant les preuves évidentes. «Mais ils ne sont que des
menteurs» car ils persévèrent dans l'adoration des autres divinités sans
aucun prétexte ni excuse. C'est pourquoi Dieu a dit à la fin de cette
sourate: «Celui qui invoque inconsidérément d'autres divinités qu'Allah,
celui-là aura à en rendre compte à son Seigneur». Mais, en réalité, les
idolâtres ne font que suivre le culte de leurs ancêtres ignorants et
impies. Le seul prétexte qu'ils ont à présenter: «Nous avons trouvé nos
pères attachés à ce culte et nous marchons sur leurs traces» [Coran XLIII,
22].
412
ma-t-tahad a-L-Lâhu min waladin wamâ kâna ma'ahû min 'ilâhin *ida-l-
ladahaba kullu 'ilâhim bimâ halaqa wa la'alâ A ba'duhum 'alâ ba'din
subhâna-L-Lâhi 'amtnâ yasifûna (91) 'âlimi-l-gaybi wa-5-sahâdati fata'âlâ
'ammâ yusrïkûna (92).
Allah n'a pas de fils. Il n'y a aucun autre Allah auprès de Lui. Sinon,
chaque Allah s'isolerait avec sa création et chercherait à surpasser l'autre.
Gloire à Allah qui est au-dessus de telles inventions. (91) Gloire à Lui qui
distingue le visible et l'invisible. Il surpasse tous les êtres qu'on Lui associe.
Dieu s'élève au-dessus de ce qu'on lui attribue disant qu'il s'est
donné un fils ou qu'il a d'autres divinités auprès de Lui. Gloire à Lui! Si
c'était ie cas, certaines d'entre elles se seraient considérées
supérieures aux autres et chacune d'elles «s'isolerait avec sa création et
chercherait à surpasser l'autre» Ce serait alors le désordre dans l'univers
et la désorganisation sur tous les plans. Au contraire, Il est le seul
créateur où on ne trouve aucune faille dans la création.
Les exégètes ont proposé à cet égard l'exemple d'un objet créé
par deux artisans: si l'un d'eux voulait le déplacer et l'autre refusait nui
d'entre eux n'aurait exécuté sa volonté. S'ils s'obstinaient, alors l'un
d'eux se serait triomphé de l'autre et le rendrait incapable et
impuissant. Que le Seigneur soit loin de ce que les idolâtres lui
attribuent comme fils ou associé, et qu'il soit exalté.
«Gloire à Lui qui distingue le visible et l'invisible» Rien ne Lui est
caché de Ses serviteurs et de tout ce qu'il a créé.
qui rabbi 'immâ turiyannî mâ yû'adûna (93) rabbi falâ taj'alnî fî-I-
qawmi-z-zâlimina (94) wa 'innâ *a!â A 'an nuriyaka mâ na'iduhum
(92).
413
laqâdirûna (95) d-fa'bi-l-latî hiya 'ahsami-s-sayyi'ata nahnu Vlamu bimâ
yasifûna (96) wa qui rabbi 'a'ûdu bika min hamazâti-§-sayâtîni (97) wa
Vûdu bika rabbi 'ay-yahdurûni (98).
Dis: Seigneur, si je dois assister au châtiment que Tu prépares, (93)
fais que je ne sois pas du nombre des coupables (94) Nous pouvons te
montrer les châtiments que nous leur réservons. (94) Rends le bien pour le
mal. Nous savons mieux que personne ce qui ils complotent. (96) Dis:
«Seigneur, prémunis-moi contre les tentations des génies» (97) Je me
réfugie auprès de Toi pour échapper à leurs pièges (98).
Dieu ordonne à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- de
formuler cette déprécation le jour où II se vengera des prévaricateurs.
«Seigneur, si je dois assister au châtiment que tu prépares» pour l'infliger
aux injustes, ne me place par parmi eux. Le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- implorait souvent le Seigneur par ces mots: «Si Tu
veux frapper un peuple par une épreuve, fais-moi mourir et rappelle-
moi à Toi sans être ni tenté ni éprouvé».
«Nous pouvons te montrer les châtiments que nous leur réservons»
pour que tu sois témoin de leur supplice promis. Puis II l'exhorte à se
comporter convenablement à l'égard des hommes en repoussant ré
mal par le bien, comme II lui dit dans un autre verset: «Réponds au mal
par le bien. Ton enemi deviendra bien vite ton meilleur soutien» [Coran
XLI, 34].
Il lui ordonne ensuite de chercher protection auprès de Lui contre
les séductions des démons: «Je me réfugie auprès de Toi pour échapper
à leurs pièges» car de telles créatures on est incapable de les
repousser facilement. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- disairsouvent dans ses invocations: «Je me réfugie auprès de
Dieu qui voit et entend tout, contre le démon le lapidé et le maudit,
contre sa séduction, son souffle et son arrogance».
il lui ordonne également de se réfugier auprès de Lui contre la
présence des démons, surtout quand il veut entreprendre une certaine
affaire: au début du repas, lors des rapports avec ses femmes, quand
il égorge et autres choses.
On a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
414
salue- disait: «Grand Dieu je me réfugie auprès de Toi contre la vieillesse,
l'éboulement et la noyade. Je me réfugie auprès Toi contre le démon pour
qu'il ne me frappe lors de ma mort» (Rapporté par Abou Daoud) (I) .
Amr Ben Chou'aib rapporte d'apès son père que son grand père a
dit: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous
enseignait des mots avant de se coucher et contre la peur: «Au nom de
Dieu, je cherche refuge par les paroles parfaites de Dieu contre son
courroux, son châtiment, le mal de ses pires créatures, les séductions des
démons et leur présence» Abdullah Ben Amr enseignait à son tour ces
paroles à ses enfants adultes quand ils voulaient dormir. Quant aux
mineurs, il les leur écrivait sur un papier et l'attachait à leurs cous» (-
Rapporté par rimant Ahmed, Abou Daoud, Tirmidzi et Nassaï) (2) .
hattâ A 'idâ ja 'a 'ahadahumu-l-mawtu qâla rabbi-rji'ûni (99) laW
'a'mahi sâlihan fîmâ taraktu kallï 'innahâ kalimatun huwa qa*'iluhâ wa
min warâ^ihim barzahun 'ilâ yawmi yub'atûna (100).
Lorsque la mort se présente à l'homme, il s'écrie: «Seigneur, fais-moi
revenir sur terre. (99) J'y pratiquerai le bien que j'ai négligé». Que non
pas. Vaine prière. Entre eux et la terre un obstacle est dressé jusqu'au jour
de la résurrection. (100).
Etant à l'article de la mort, l'incrédule demande de revenir sur (a
f É i
415
terre afin de réparer tout ce qu'il a gâché durant sa vie. Peut-être, en y
revenant, il pourrait accomplir une œuvre bonne. A ce propos Dieu a
dit ailleurs en décrivant l'état de ces impies: «Ah si tu pouvais voir dans
quelle attitude humiliée les coupables se présenteront devant Allah. Ils
diront: «Nous voyons et nous entendons maintenant. Laisse-nous retourner
sur terre. Nous y ferons le bien. Nous voilà convaincus» [Coran XXXII,
12].
Dieu montre que ces coupables demanderont de revenir sur terre
lors de leur rassemblement et leur comparution devant le Tout-
Puissant, alors qu'ils subiront le supplice de la Géhenne.
«Que non pas-Vaine prière» Ce n'est qu'une parole qu'ils
adresseront à ce moment-là, car s'ils étaient ramenés sur la terre, ils
reviendraient à ce qui leur était interdit. Ce sont des menteurs. Qatada
a commenté ce fait et dit: «Par Dieu t l'incrédule ne souhaiterait revenir
ni vers sa famille ni vers sa tribu ni pour amasser les biens du monde
et assouvir ses passions. Plutôt il espérerait obéir à Dieu en
accomplissant les œuvres pies. Que Dieu fasse miséricorde à
quiconque œuvre dans la vie présente et accomplit tout ce qu'un impie
promettrait de faire quand il constaterait son funeste sort qui serait le
Feu».
Quant à Abou Houraira, il a rapporté ce hadith en le remontant au
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Lorsque l'incrédule est
enterré et on lui montre sa place au Feu, il s'écrie: «Seigneur, renvoie-
moi sur la terre afin que je me repentisse et accomplisse les bonnes
œuvres». On lui répond: «Tu as vécu assez dans le bas monde et tu
as tout renié et négligé». Alors sa tombe se rétrécit, ses côtes
s'entrelacent et devient proie aux insectes de la terre, ses sepents et
scorpions».
«Entre eux et la terre un obstacle est dressé jusqu'au jour de la
résurrection». Mouhammed Ben Ka'b Ta expliqué en ces termes: «A
cause de cet obstacle, les impies ne sont plus les convives des vivants
sur terre ni avec les gens de l'au-delà pour être rétribués. Les impies
ne cessent de recevoir le châtiment et les tourments de la tombe
jusqu'au jour dernier.
416
fa'idâ nufiha fï-s-suri falà A 'ansâba baynahum yawma'idin walâ
yatasâ A, alûna (101) faman taqulat mawâzînuhu fa'ûlà^'ika humu-1-
muflihûna (102) wa man haffat mawâzîmihû fa'ûlà 'ika-1-ladina hasirïï -
anfusahum fî jahannama hâlidûna (103) talfahu wujûhahumu-n-nâru wa
hum fîhâ kâlihûna (104). "
Le jour où la trompette sonnera, tons les liens de parenté
disparaîtront. Les proches ne pourront plus solliciter leur aide mutuelle.
(101) Ceux- en faveur de qui la balance penchera triompheront. (102)
Ceux-là seront perdus qui auront peu de bonnes œuvres dans la balance. Ils
auront l'enfer pour séjour éternel. (103) Les flammes lécheront leurs visages
crispés de douleur. (104).
Lorsqu'on soufflera dans la trompette pour la dernière fois, qui
sera le moment de la résurrection et le rassemblement «tous les liens
de parenté disparaîtront». Aucun proche ne sera utile pour un autre pas
plus qu'un père pour son fils, et «où l'ami ne questionnera pas l'ami, bien
que lui faisant face...» [Coran LXX, 10-11] même s'il aura un lourd
fardeau de péchés, il ne sera pas secouru même pas pour le lui
alléger le poids d'une aile d'un moustique. Ce jour-là: «l'homme fuira
son frère, sa mère et son père sa femme et ses enfants» [Coran LXXX, 34-
36].
Ibn Mass'oud a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu rassemblera
les premiers et les derniers et une voix interpellera: «Celui qui a subi
un certain préjudice dans le bas monde qu'il vienne réclamer son
droit». Chacun se réjouira et souhaitera avoir un droit quelconque
minime qu'il soit sur son père ou son fils ou son épouse. Ceci est
confirmé par ces dires divins: «Le jour où la trompette sonnera, tous liens
de parenté disparaîtront. Les proches ne pourront plus solliciter leur aide
mutuelle».
417
Al-Miswar Ben Makhrama rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Fatima est une partie de moi, ce
que l'irrite m'irrite et ce que la réjouit me réjouit. Or tous les liens
seront brisés au jour de la résurrection à l'exception de mes proches,
mes esclaves de guerre et mes beaux-fils».
i
«Ceux en faveur de qui la balance penchera triompheront». Ceux dont
leurs bonnes actions surpassent les mauvaises serait-ce une seule,
seront préservés et admis au Paradis. Par contre, ceux dont les
œuvres seront légères et les mauvaises actions supérieures aux
bonnes, seront les perdants.
A ce propos Anas Ben Malek rapporte ce hadith qu'il remonte au
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dans lequel il dit: «Dieu a un
ange auquel a confié la Balance. On amènera l'homme et l'installera
devant les*deux plateaux et on pèsera ses œuvres. Si la Balance
penchera en sa faveur, cet ange s'écriera d'une voix qui sera
entendue: Un tel a réussi, il sera heureux pour toujours sans connaître
le malheur. Mais si ce sera l'inverse, l'ange de s'écrier: Un tel a
échoué et il ne connaîtra que le malheur».
«Ils auront l'enfer pour séjour éternel» le feu brûlera leurs visages et
leurs lèvres seront tordues, comme Dieu le montre dans ce verset:
«Ah, si les infidèles pouvaient entrevoir le moment où ni leurs visages ni
leurs dos n'échapperont aux flammes et ou ils n'auront plus aucune aide» [-
Coran XXI, 39]. Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, a dit: «Une fois les incrédules
précipités dans l'Enfer, ses flammes les brûleront de sorte qu'aucun
morceau de chair ne restera collé aux os».
En interprétant cette partie du verset:«Ieurs visages crispés de
douleur» Abou Sa'id Al-Khoudri a dit: «Le feu brûle les visages au point
où la lèvre supérieure sera rétrécie jusqu'à atteindre le milieu du
visage, et la lèvre inférieure s'allonge jusqu'à arriver au nombril.
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'alam takun *afyâti tutlâ 'alaykum fakuntum bihâ tukaddibûna (105)
qâlû rabbanâ galabat 'alaynâ Siqwatunâ wa kunnâ qawmam dsfllîna
(106) rabbana 'ahrijnâ minhâ fa'in 'udnâ fa'innâ zâlimûna (107).
Ne vous a-t-on pas récité nos versets? Sans doute, mais vous les avez
traités de mensonges. (105) «Seigneur, diront-ils, nous avons été victimes
d'un mauvais destin. Nous nous sommes comportés en égarés. (106) Fais-
nous sortir de l'enfer, Seigneur. Et si nous retombons dans le péché, c'est
alors que nous serons vraiment coupables» (107).
Dieu réprimande les damnés du Feu à cause des péchés qu'ils
ont commis en transgressant les interdits. «Ne vous a-t-on pas récité nos
versets?» Sans doute, mais vous les avez traités de mensonges» En d'autre
terme, Je vous ai envoyé mes Prophètes qui vous ont communiqué
Mes Livres en vous montrant clairement les enseignements afin que
nous n'ayez aucun argument comme 11 a dit ailleurs: «Tous ces
Prophètes ont annoncé la nouvelle foi et ont averti pour ôter aux hommes
toute espèce d'argument contre Allah» [Coran IV, 165].
Les incrédules avoueront: «Seigneur, nous avons été victimes d'un
mauvais destin. Nous nous sommes comportés en égarés». Nous n'avons
aucun argument, nous nous en sommes détournés. Notre misère nous
a vaincus. Nous sommes des gens égarés. Puis ils supplieront le
Seigneur de les faire sortir de l'Enfer en promettant: «Et si nous
retombons dans le péché, c'est alors que nous serons vraiment coupables»
Ramène-nous sur terre et si nous récidivons, nous serons des injustes
et nous mériterons un tel supplice. Mais, hélas, ils n'en seront plus
sortis car ils adoraient avec Dieu d'autres divinités tandis que les
croyants lui vouaient un culte sincère.
419
qâla-h-sa'û fîhâ walâ tukallimûni (108) 'innahû kâna farîqun min 'ibâdî
yaqûlûna rabbanâ 'â A mannâ fagfïr lanâ wa-r-hmnâ wa 'anta hayru-r-
râhimîna (109) fat-tahad tumûhum sihriyyan hatta 'ansawkum dikrî wa
kuntum minhum tadhakûna (110) 'innî jazaytuhumu-l-yawma bimâ
sabafïï 'annahum humu-l-fa 'izûna (111).
«Restez dans les flammes et taisez-vous», leur répondra-t-on (108) Une
partie de mes serviteurs disait: «Seigneur nous croyons en Toi, pardonne-
nous, aie pitié de nous. Tu es tellement miséricordieux» (109) Ceux-là, vous
les avez assujettis aux plus vils besognes. Quant à vous, vous trouviez
superflu de m'invoquer. Ceux-là, vous les avez tournés en dérision. (110)
Ceux-là, Je récompenserai leur patience et ils seront heureux (111).
Dieu répondra aux damnés de l'Enfer: «Restez dans les flammes et
taisez-vous» Restez-y humiliés et ne m'adressez aucune parole car Je
ne vous répondrai plus.
Abdullah Ben Amr a dit: «Les damnés du Feu appelleront Malek-
auquel Dieu a confié l'Enfer- et celui-ci restera quarante ans sans leur
répondre. Puis il leur dira: «Vous y resterez». Comme cette réponse
ne leur sera plus favorable, ils s'adresseront au Seigneur: «Nous avons
été victimes d'un mauvais destin. Nous nous sommes comportés en égarés.
Fais-nous sortir de l'Enfer, Seigneur. Et si nous retombons dans le péché,
c'est alors que nous serons vraiment coupables». Dieu gardera le silence
autant que la vie sur terre a duré sans leur répondre, puis II leur dira:
«Restez dans les flammes et taisez-vous» Par Dieu, ces gens-là ne
proféreront aucun mot, et on n'entendera que leurs soupirs et leurs
expirations dans le feu de la Géhenne. Leurs voix rassembleront au
braiment de l'âne».
Quant à Ibn Mass'oud, il a commenté cela en disant: «Si Dieu
désire de ne plus sortir aucun d'eux, Il change leurs visages et leur
couleurs. Un croyant vient et les regarde sans pouvoir reconnaître
personne d'entre eux. Un des damnés s'écrie alors: «O un tel fils d'un
tel». Et l'homme de lui répondre: «Je ne te connais pas» C'est alors
que ces damnés demandent à Dieu de les faire sortir comme ii est cité
auparavant.
Ensuite Dieu leur rappelle les péchés qu'ils ont commis dans le
bas monde et comment ils se sont moqués de ses bons serviteurs. Il
leur dit: «Une partie de mes serviteurs disait: «Seigneur, nous croyons en
Toi, pardonne-nous, aie pitié de nous, Tu es tellement miséricordieux. Ceux
là, vous les avez assujettis aux plus viles besognes». Vous vous êtes
moqués d'eux parce qu'ils m'imploraient au point d'oublier mon
souvenir en les laissant, tandis que vous riiez. Dieu a dit aussi dans un
autre verset: «Sur terre, les mécréants se moquaient des croyants. Les
croisaient-ils, ils se les montraient du regard» [Coran LXXXNI, 29-30].
Dieu parle ensuite de la rétribution qu'il va accorder aux croyants:
«Ceux-là, Je récompenserai leur patience et ils seront bienheureux» Car ils
seront sauvés du Feu et introduits au Paradis.
qâla kam labittum fî-l-'ardi 'adada sinîna (112) qâlû labitnâ yawman 'aw
ba'da yawmin fas'alil-'a ddîna (113) qâla 'i-l-labittum^illâ qalîla-l-law
annakum kuntum ta'lamûna (114) 'afahasibtum 'annamâ halqnâkum
'abatan wa 'annakum 'ilaynâ lâ turja 'ûna (115) fata 'âlâ -L- Lâhu-I-
Maliku-1 - Haqqu la 'ilâha 'illâ huwa rabbu-I- 'arsi -I- Karîmi (116)
Ils seront interrogés: «Combien d'annés êtes-vous restés sur terre?»
(112) Ils répondront: «Nous y sommes restés un jour ou moins, peut-être.
Pose la même question à ceux qui peuvent compter» (113) Vous n'y êtes
restés que peu de temps mais vous l'ignorez. (114) Peut-être pensiez-vous
que vous aviez été créés sans but et que vous ne nous feriez jamais retour?.
(115) Qu'il soit exalté le vrai Souverain! H n'y a d'autre Allah que Lui. lui
siège sur le trône de la mansuétude. (116).
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Dieu fait regretter les impies ce qu'ils avaient raté comme œuvres
pies durantte court séjour dans le bas monde, et ce qu'ils auraient
trouvé auprès de Lui s'ils lui avaient obéi et été patients comme
avaient agi les croyants.
Il leur demandera: «Combien d'années êtes-vous restes sur terre?» Ils
répondront: «Nous y sommes restés un jour ou moins, peut-être» Pose la
même question à ceux qui peuvent compter». Et Lui de répliquer: «Vous
n'êtes restés que peu de temps, si vous le saviez. Vous n'auriez pas
préféré ce qui est éphémère à ce qui est durable voire éternel. Vous
vous seriez comportés autrement et vous n'auriez pas mérité ce
supplice, si vous vous montriez patients en obtempérant aux ordres de
Dieu et à ses prescriptions. Vous auriez acquis le même sort heureux
qu'avaient obtenu les croyants patients».
«Peut-être pensiez-vous que vous aviez été créés sans but» sans tenir
compte de la sagesse de votre création. Vous pensiez que vous
n'aviez été créés que pour jouer et pour vous divertir à la façon des
animaux qui ne pensaient ni à une récompense ni à un châtiment. En
vérité, vous avez été créés pour nous adorer et observer nos
-
enseignements. Vous pensiez aussi «que vous ne nous feriez jamais
retour» en reniant la vie future.
«Qu'il soit exalté le vrai souverain» et que son nom soit sanctifié. Il
n'a rien créé sans but. «II n'y a d'autre Allah que Lui. Il siège sur le
trône de la mansuétude» le Seigneur du Noble Trône. Il a mentionné le
Trône parce qu'il est au-dessus de tout ce qu'il a créé.
En voilà le dernier discours qui a fait Omar Ben Abdul Aziz. Après
avoir loué Dieu, il a dit: «Hommes! Vous n'êtes pas créés sant but et
on ne vous laissera pas libres. Vous serez rassemblés un jour devant
Dieu qui jugera entre vous et tranchera vos différends. Sera perdant et
déçu quiconque Dieu l'éloignera de sa miséricorde en le privant
d'accéder à un Paradis qui est aussi vaste que les deux et la terre.
«Ne savez-vous pas que seul restera à l'abri du châtiment de Dieu
celui qui aura redouté ce jour? en échangeant ce qui est durable
contre ce qui est précaire, le peu contre le plus, la crainte contre la
sécurité? Ne pensez-vous pas que vous êtes issus des reins qui
périssent et les autres qui viendront après vous subiront le même sort
422
jusqu'au jour où vous comparaîtrez devant le meilleur Héritier?.
«Chaque jour vous suivez te convoi funèbre de ceux dont leur
terme a échu, jusqu'à les enterrer dans les entrailles de la terre sans
que ces entrailles leur soient des lits de repos confortables, ceux qui
ont quitté parents et amis, sont enfouis dans le sable et qui bientôt
seront demandés comptes de leurs œuvres qui détermineront leur
sort? Ceux-là sont riches par rapport à ce qu'ils ont laissé mais très
pauvres en œuvres bonnes? O serviteurs de Dieu, craignez-le avant
que tout acte conclu avec lui soit expiré et la mort ne vous surprenne».
Puis Omar plia le pan de son manteau, pleura et fit pleurer les
hommes qui l'écoutaient.
Abdullah Ben Abbas rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Pour demander la protection de Dieu contre
la noyade, les hommes, une fois embarqués dans un vaisseau, sont tenus de
dire: «Au nom de Dieu, le Roi, la vérité! Ils n'ont pas estimé Dieu à sa
juste mesure. La terre entière, le jour de la résurrection, sera une poignée
dans sa main et les deux seront plies dans sa main droite. Gloire à Lui!
Très élevé au-dessus de ce qu'ils lui associent. Qu'il vogue et qu'il arrive au
port au nom de Dieu» (1 K
wa man yad'u ma'a-L-Lâhi 'ilâhan 'â A hara lâ bu rhâna lahû bihî fa
innamâ hisâbuhû *inda rabbihT 'innahû lâ yufiihu-l-kâfïrûna (117) wa
qui rabbi-gfir wa-rham wa 'anta hayru-r-râhimîna (118).
Celui qui invoque inconsidérément d'autres divinités qu'Allah, celui-là
aura à en rendre compte à son Seigneur. Les infidèles courent à leur perte.
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(117) Dis: Seigneur, pardonne et sois clément. Tu es la source de toute
miséricorde. (118).
Dieu avertit et menace les idolâtres qui ont adoré d'autres divinités
en dehors de Lui sans détenir ta preuve évidente de leur existence,
qu'ils devront en rendre compte le jour du jugement dernier. Qu'ils
sachent aussi que les incrédules «courent à leur perte» et ne seront
jamais heureux.
Qatada rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
demanda à un homme: «Qu'adores-tu?» -Dieu, répondit-il, en lui
énumérant plusieurs idoles. Il lui demanda de nouveau: «Laquelle de
ces idoles peut écarter ou repousser un mal qui te frappe?» Et
l'homme de répliquer: «Dieu -à Lui la puissance et la gloire- A la
troisième question: «Laquelle de ces idoles pourvoit à tes besoins et
t'exauce?» L'homme répondit: «Dieu, à Lui la puissnce et la gloire. Le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit alors: «Qu'est-ce qui te
porte à adorer ces idoles avec lui, ou bien crois-tu qu'elles te
triomphent sur lui?» L'homme répliqua: «J'ai voulu Lui être
reconnaissant en adorant celles-ci» Et le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- de conclure: «En réalité vous connaissez tout
cela mais elles n'en savant rien». Après la conversion de cet homme, il
dit: «J'ai rencontré un homme qui l'a emporté sur moi par son
argumentation».
«Dis: Seigneur, pardonne et sois clément. Tu es la source de toute
miséricorde» Dieu, par ce verset, exhorte les hommes à l'implorer pour
leur pardonner et effacer leurs péchés. La miséricorde signifie ici la
guidée vers les meilleures œuvres.
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