Coran › Sourate 24 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 24 trad. humaine
24 - SOURATE DE LA LUMIÈRE
64 versets
Révélée à Médine à la suite de la sourate de l'Exil
S ^ © P$ & t& % s& w$ &
Bismi-L-Lâhiu-r-Rahmâni-r-Rahîm
Sûratun 'anzalnâhâ wa faradnâhâ wa 'anzalnâ fih'ï tfyâtim bayyinâti-1-
la'allakum tadakkarûna (1) 'az-zâniyatu wa-z-zâni fajlidû kulla wâhidim
minhumâ mi'ata jaldatin walâ ta'hudkum bihimâ ra'fatun fî dîni-L-Lâhi
'in kuntum tu'minûna bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-'a hiri wa-l-yashad 'ad
âbahuma ta 'ifatum mina-l-mu'mintna (2).
An nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Nous vous révélons une sourate que nous décrétons obligatoirement.
Elle comporte des signes évidents. Peut-être comprendrez-vous. (1)
Administrez cent coups de fouet à l'homme et à la femme de mauvaise vie.
Ne vous laissez pas apitoyer par eux. Car, c'est là une prescription d'Allah.
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Pas de pitié si vous croyez en Lui et au jour dernier. Que ce châtiment soit
exécuté en présence d'un groupe de croyants. (2).
Dieu a fait descendre cette sourate et prescrit clairement les
ordres et enseignements qu'elle comporte, en y montrant le licite,
l'illicite, quelques sentences et la peine prescrite qu'ont doit appliquer à
un genre de coupables. Elle contient des ordres fondamentaux que les
hommes doivent observer pour toujours.
«Administrez cent coups de fouet à l'homme et à la femme de
mauvaise vie». Il y a là la peine qu'ont doit appliquer aux fornicateurs
hommes et femmes. A cet égard les ulémas distinguent entre ces
gens-là en prenant en considération l'état civil de chacun: Ce
fornicateur peut être célibataire ou marié suivant un contrat légal,
adulte, libre et sensé.
La peine qu'on doit appliquer au fornicateur célibataire consiste à
le frapper de cent coups de fouet et de l'exiler en dehors de son pays
une année, d'après l'avis unanime des ulémas, à l'exception de l'imam
Abou Hanifa qui laisse la sanction de l'exil à la décision du
gouverneur. Ils ont tiré argument du fait suivant cité dans les deux
Sahitv
«Deux bédouins vinrent trouver le Messager de Dieu! -qu'Allah le
bénisse et le salue-. L'un d'eux prit la parole et dit: «Messager de Dieu!
Mon fils que voici était un salarié chez ce bédouin, il a commis l'adultère
avec sa femme. J'ai racheté mon fils du châtiment de cent moutons et une
esclave. En présentant son cas aux hommes versés, ils m'ont répondu que
mon fils doit subir cent coups de fouet et un an d'exil, et que la femme de
celui-là doit être lapidée (jusqu'à la mort)». Le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- répondit: «Par celui qui tient mon âme dans
sa main, je vais décider d'après le Livre de Dieu: On doit te rendre les cent
moutons et l'esclave, puis ton fils mérite cent coups de fouet et l'exil d'un
an». Ensuite il s'adressa à Ounaïs un homme de la tribu de Aslam, (un des
compagnons qui était présent) et lui dit: «Ô Ounaïs, va trouver la femme
de cet homme, si elle avoue son péché, lapide-la» Ounaïs se rendit chez la
femme qui avoua son péché, et il la lapida» (Rapporté par Boukhari et
426
MousUm, d'après Abou Houraira)' } ,
Ceci montre que le fomicateur célibataire doit recevoir cent coups
de fouet et l'exil d'un an. Quant à la personne mariée, on la lapide
jusqu'à la mort.
Ibn Abbas rapporte que 'Omar Ben Al-Khattab fit le discours
suivant, après avoir loué Dieu: «Hommes! Dieu a envoyé Mouhammed
-qu'Allah le bénisse et le salue- avec la vérité. Il lui a révélé le Livre où
on y trouve le verset relatif à la lapidation. Nous l'avons lu et bien
conçu. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
ordonné la lapidation et nous l'avons appliqué à notre tour, Ce que je
redoute qu'un jour viendra où on dira: «Le verset qui consiste à lapider
le fomicateur ne se trouve pas dans le Livre de Dieu» Ainsi les
hommes négligeront une peine prescrite que Dieu a imposée. La
lapidation existe dans le Livre de Dieu et doit être appliquée aux
hommes mariés fornicateurs et aux femmes également en constatant
ce péché par l'un des faits suivants: la preuve évidente, la grossesse
et l'aveu personnel».
Kathir Ben As-Salt rapporte: «Nous étions chez Marwane avec
Zaïd Ben Thabet quand celui-ci dit: «Nous lisions dans le Livre de Dieu
ce qu suit: «Les âgés (hommes et femmes), lapidez-les jusqu'à la mort
quand ils commettent l'adultère». Marwane demanda alors à Zaïd: «-
Pourquoi tu ne l'as pas écrit dans le Coran?» Et Zaïd de répondre: «-
Nous avons discuté cela avec Omar Ben Al-Khattab qui nous a
répondu: «Je vais vous présenter une solution satifaisante. -
Comment? demandâmes-nous. Ils reprit: «Un homme vint trouver le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et, en évoquant devant lui le
(1) ùi M Jj-j \t :U*a-Î Jlii |j| il iVj y ^IjtNI j js-ss—ll j
•Li iîlç ^jl c-jOali uàjAj ^jp IJL» j Jj~ _ l^-l _ \i,..c- ûlS* IJL»
11» ûîj fl*. vi>ïj *ÎU jJLr ^jl OÎ yljj^-îi fJJI J*f cJl— i ii-vJjj
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verset concernant la lapidation, lui dit: «Messager de Dieu, écris pour
moi le veret de la lapidation». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- lui répondit: «je ne puis le faire pour le moment».
Tout cela dénote que le verset concernant la lapidation existait
dans le Coran, mais sa récitation fut abrogée et n'en resta que son
exécution. Dieu est le plus savant.
On trouve dans la tradition et les récits divers que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- avait ordonné de lapider Ma'ez et la
femme Ghamidiah, sans administrer les cent coups de fouet avant la
lapidation. Et les ulémas, dans la majorité, de conclure: La personne
mariée qui commet l'adultère doit subir cent coups de fouet selon le
verset et la lapidation d'après la sunna. L'imam Ahmed et les auteurs
des Sunan ont rapporté, d'après Oubada Ben As-Samet, que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Retenez ce
que je vais dire (deux fois): Dieu nous impose cette issue à tout
fornicateur: Cent coups de fouet et un an d'exil à appliquer au
célibataire, et cent coups de fouet et la lapidation pour les mariées».
«Ne vous laissez pas apitoyer par eux. Car, c'est là une prescription
d' Allah». Pour appliquer cette peine, on ne doit donc pas être pris par
aucune pitié, sans user d'aucune indulgence envers eux, étant donné
que l'homme de par sa nature, penche vers la pitié et la clémence.
Même ceux qui sont au pouvoir doivent observer catégoriquement
cette sentence. Il est dit dans un hadith: «Une peine prescrite
appliquée sur terre vaut mieux à ses habitants que de recevoir une
pluie continue durant quarante jours».
D'autres ont interprété ce verset autrement. Ils ont dit: «-
N'appliquez pas la peine avec brutalité en frappant avec violence». A
ce propos Oubaïdallah Ben Abdullah ben Omar raconte: «Une esclave
appartenant à Omar a commis l'adultère. Omar la frappa aux pieds- et
je crois, a dit le rapporteur et au dos aussi: Je lui dis: «ne vous laissez
pas apitoyer par eux». Omar répliqua: «Fils, as-tu remarqué que j'ai eu
pitié envers elle, non, mais sache que Dieu ne m'a pas ordonné de la
tuer ni la frapper à la tête, et pourtant je n'ai pas été indulgent envers
elle».
«Si vous croyez en lui et au jour dernier»C'est à dire: Si vous êtes
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des vrais croyants n'hésitez du tout à appliquer cette peine prescrite
par Dieu et qu'elle soit une leçon pour les autres afin qu'ils s'en
abstiennent. Ne le faites pas avec brutalité. A cet égard, l'imam Ahmed
rapporte dans son Mousnad qu'un des compagnons dit: «Messager de
Dieu, j'égorge le mouton ayant pitié de lui». Il lui répondit: «Tu en
seras récompensé».
«Que ce châtiment soit exécuté en présence d'un groupe des croyants».
Car ce châtiment appliqué aux fornicateurs est aussi sévère et
humiliant s'il sera exécuté et un groupe de croyants en sera témoin.
Ceci pourrait réprimer les coupables pour ne plus récidiver car, dans
de telle circonstance, la honte les couvrira et leur scandale demeurera
un sujet de conversation entre les gens.
Quant au nombre de ce groupe, il fut le sujet d'une controverse.
Mais ce qui est logique, ils devront être quatre au moins, car pour
constater l'adultère, il faut que le nombre des témoins soit quatre,
comme nous allons le voir plus loin.
'az-zânî lâ yankihu 'illâ zâniyatan 'aw musrikatan wa-z-zâniyatu lâ
yankihuha 'illâ zânin 'aw musrikun wa hurrima dâlika 'alâ-l-mu'minîna
Le débauché n'épouse qu'une femme débauchée ou une idolâtre. La
débauchée n'épouse qu'un débauché ou un idolâtre. Cela est interdit aux
croyants. (3).
Ce verset signifie qu'un débauché n'ait des rapports charnels
illicites qu'avec une débauchée ou une polythéiste qui consent à avoir
de tels rapports et qui ne trouve aucun empêchement par manque de
foi. Ibn Abbas l'a commenté et dit: Ce n'est pas un mariage légal mais
un commerce charnel qui ne le pratique qu'un débauché ou un
idolâtre».
(3).
«Cela est interdit aux croyants» de commettre un tel péché grave
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ou de donner en mariage des femmes chastes et pieuses à des
hommes pervers ou de prendre comme compagne une débauchée si
on est croyant. Même certains ulémas sont allés plus loin en
interdisant catégoriquement aux croyants de se marier d'avec des
prostituées, comme Qatada et Mouqatel Ben Hayyan. Ce verset est
pareil aux dires de Dieu: «Assurez-vous qu'elles soient vertueuses, qu'elles
ne soient pas livrées à la débauche et qu'elles n'aient pas eu de liaisons
clandestines» [Coran IV, 25].
Ahmed a précisé: «L'acte du mariage conclu entre un homme
vertueux et une prostituée n'est plus valable tant que celle-ci ne se
repentisse, et dans ce cas le contrat devient valide, sinon on doit
rejeter un tel acte». Ainsi il ne faut pas donner en mariage une femme
chaste à un débauché tant qu'il ne se repente pas sincèrement.
Abdullah Ben Amr raconte: «Une femme appelée Oum Mahzoul
était une prostituée. Comme un des compagnons du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- voulut l'épouser, Dieu fit descendre ce
verset: «Le débauché n'épouse qu'une femme débauchée...» jusqu'à la fin
du verset.
Amr Ben Chou'aib rapporte d'après son père que son grand père
a raconté: «Un homme du nom Marthad Ben Abi Marthad était chargé
de porter les prisonniers de guerre de La mecque à Médine. Il avait
une maitresse à La Mecque appelée 'Inaq. Marthad rapporte: «J'avais
promis à un prisonnier Mecquois de le porter à Médine un certain jour.
Arrivé avec lui auprès d'une palmeraie de La Mecque dans une nuit où
la lune était pleine, je me reposai à côté d'un mur. 'Inaq, apercevant
une silhonette, arriva pour l'identifier. En me reconnaissant, elle s'écria:
«Marthad?» -Oui, Marthad, répondis-je. Elle me dit: «Sois le bienvenu,
lève-toi et viens passer la nuit chez moi» -O Inaq, répliquai-je. Dieu a
interdit l'adultère. Vexée, elle appela les gens: «O habitants de ces
tentes, cet homme porte vos prisonniers». Huit hommes me
poursuivirent et me contraignirent à entrer au jardin où je trouvai une
grotte-ou une caverne- et j'y pénétrai. Les hommes se tinrent juste à
l'entrée de la grotte, sans s'apercevoir que j'y étais, et urinèrent. Leur
urine coula sur ma tête, et Dieu voulut à ce moment que je restasse
inaperçu.
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Ils rebroussèrent chemin et je revins vers mon prisonnier et le
portai, à savoir qu'il était très lourd. Nous arrivâmes à Al-ldzkher, et là,
je le libérai de ses liens et je pus, tantôt en le portant, tantôt en le
laissant marcher à mes côtés, arriver à Médine, et je l'amenai devant
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en lui disant: «-
Messager de Dieu! Permets-moi de me marier d'avec Mnaq-» -deux
fois-. Il garda le silence sans me répondre et ce verset fut révélé. «Le
débauché n'épouse qu'un débauchée...» Le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- me dit alors: «O Marthad! Le débauché n'épouse
qu'une débauchée ou une polythéiste. Ne pense plus à ce mariage».
L'imam Ahmed rapporte que Abdullah Ben Yassar l'affranchi d'Ibn
'Omar a dit: «J'atteste que j'ai entendu Salem raconter que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Troià
n'entreront plus au Paradis et Dieu ne les regardera pas au jour de la
résurrection: Le désobéissant à ses père et mère, la femme hommasse qui
imite les hommes et le proxénète»'" Suivant une autre version, il a dit:
«Dieu a interdit le Paradis à ces trois hommes: Un buveur du vin
invétéré, le désobéissant à ses parents et celui qui laisse sa femme
forniquer».
Au cas où le débauché -ou la débauchée- se repent, leur mariage
devient licite, d'après Ibn Abbas qui a dit: «J'avais une maitresse et la
fréquentais souvent pour commettre avec elle ce que Dieu -à Lui la
puissance et la gloire- a interdit. Dieu m'inspira le repentir. Voulant me
marier d'avec elle, certaines gens s'écrièrent: «Le débauché n'épouse
qu'une débauchée ou une idolâtre» Ibn Abbas de répliquer: «Ce cas
n'est pas celui de l'un et l'autre. Je vais l'épouser et s'il y aura un
certain péché, je le prendrai à ma charge».
Certains ulémas ont avancé que ce verset a été abrogé. Sa'id Ben
Al-Moussaiab, en évoquant auprès de lui le verset précité, a dit: «Il a
été abrogé par le verset qui s'ensuit: «Mariez les célibataires, ainsi que
.lO^jJlj <JW-> hM\ iU-^il iïjllj t-a-sJljJ
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vos serviteurs vertueux des deux sexes» [Coran XXIV, 32] en y ajoutant:
les musulmans.
wa-l-ladîna yarmûna-l-muhsanâti tumma km ya'tû bi 'arba'ati suhada'a
fajlidûhum tamânîna jaldatan walâ taqbalû lahum sahâdatan 'abadan wa
'ûla"ika humu-l-fâsiqûna (4) 'illâ-l-ladîna tâbu mim ba'di dâlika wa
'aslahû fa'inna-L-Lâha gafuru-r-Rahîmun (5).
Ceux qui accusent les femmes honnêtes, sans produire les autres
témoins d'usage, seront punis de quatre-vingts coups de fouet. Leur
témoignage n'est plus recevable». Car ce sont des méchants. (4) A moins
qu'ils ne se repentent et ne se rachètent par une bonne conduite. Auquel cas
Allah est tout pardon et toute mansuétude. (S).
Ce verset détermine la peine qu'on doit infliger à celui qui diffame
la femme libre de condition, adulte et vertueuse, et qui consiste à lui
administrer quatre-vingts coups de fouet. Cette même peine s'applique
quand il s'agit d'un homme diffamé; aucune controverse n'existe entre
les ulémas à ce sujet.
Le diffamateur est exempt de cette peine s'il présente la preuve
évidente. C'est pourquoi Dieu a dit: «Sans produire le quatre témoins
d'usage, seront punis de quatre- vingts coups de fouet. Leur témoignage
n'est pas recevable. Car ce sont des méchants» Donc tout diffamateur qui
ne présente pas les preuves requises est soumis à ces trois
sentences:
1 - Une peine de quatre-vingts coups de fouet.
2 - Réfuter son témoignage.
3 - Etre pervers qui n'est pas juste ni auprès de Dieu ni auprès
des gens.
Et pourtant il y a exception: «A moins qu'ils ne se repentent et ne se
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rachètent par une bonne conduite» Cette exception porte-t-elle sur la
troisième sentence pour exempter le diffamateur de la perversité tandis
que les autres restent en réfutant toujours son témoignage même s'il
se repent? Ou bien il ne reste qu'à lui appliquer la première sentence?.
Malek, Ahmed et Chafé'i ont jugé que s'il se repent, son
témoignage sera accepté sans lui attribuer le titre: pervers. Quant à
Abou Hanifa, il ne sera pas exempté que de la troisième sentence.
Ach-Cha'bi et Ad-Dahak, quant à eux, ont avancé qu'on acceptera son
témoignage s'il condamne soi-même en avouant que ce qu'il a dit était
purement une calomnie. Et c'est Dieu qui est le plus savant.
wa-l-ladîna yarmûna 'azwâjahum walam yakul-lahum $uhada*'u 'illS '-
anfusuhum fasahâdatu 'ahadihim 'arba'u sahâdtim-bi-L-Lâhi 'innahû
lamina-s-sâdiqîna (6) wa-l-hâmisatu 'anna la'nata-L-Lâhi 'alayhi 'in kâna
mina-l-kâdibîna (7) wa yadra'u 'anhâ-l-'adâba 'an tashada 'arba'a
sahâdâtim-bi-L-Lâhi 'innahû lamina-l-kâdibîna (8) wa-l-hâmisata 'anna
gadaba-L-Lâhi 'alayhâ" 'in kâna mina-s-sadiqîna (9) walawlâ fadlu-L-
Lâhi 'alaykum wa rahmatuhû wa 'anna-L-Lâha Tawwabun Hakîmun
Ceux qui accusent leurs épouses d'adultère, sans pouvoir produire de
témoins, jureront quatre fois devant Allah qu'ils sont sincères. (6) Par un
cinquième serment, ils devront appeler sur eux la malédiction d'Allah pour
le cas où ils mentiraient. (7) La femme se soustraira à la peine prévue en
jurant quatre fois que son mari a menti: (8) Par un cinquième serment, elle
devra appeler sur elle la colère d'Allah pour le cas où son mari aurait dit la
vérité. (9) Cette réglementation témoigne de la bonté et de la miséricorde
(10).
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d'Allah pour vous. Allah aime à pardonner. D est sage. (10).
Ce verset procure aux hommes mariés un soulagement et aussi
une issue si l'un d'entre eux accuse sa femme d'adultère sans pouvoir
produire les quatre témoins, ou présenter les preuves requises. Dans
ce cas il a le droit de faire un serment d'anathème comme Dieu -à lui
la puissance- a ordonné. Pour cela, il la convoque et l'accuse devant
l'imam -le gouverneur ou autre qui lui est similaire- par ce qu'il l'a
diffamée. Le gourverneur lui demande de témoigner quatre fois devant
Dieu qui tiennent lieu de quatre témoins que son accusation est vraie
et qu'il est sincère.
«Par un cinquième serment, ils devront appeler sur eux la malédiction
d'Allah pour le cas où ils mentiraient». Si cet homme s'exécute, alors sa
femme est considérée comme divorcée de sorte qu'il ne pourrait la
reprendre -plus tard- que contre une dot, et elle lui deviendra interdite,
voire illicite. Il lui verse sa dot et elle sera soumise à la peine prescrite.
Ce châtiment ne sera détourné d'elle que si elle fait des exécrations
réciproques, en témoignant quatre fois devant Dieu qu'il est menteur et
qu'elle n'a pas commis l'adultère. Elle ajoute une cinquième fois en
appelant «Sur elle la colère d'Allah pour le cas où son mari aurait dit la
vérité».
Il est normal que l'homme n'accuse sa femme d'adultère que
lorsqu'il est sûr de sa trahison, autrement il ne préférerait jamais
causer un tel scandale parmi les siens. Il est donc excusé, quant à sa
femme qui connait bien son péché, elle mériterait la colère de Dieu
car, en témoignant le cinquième elle serait sujette à cette colère en
reniant ce qu'elle a commis.
Puis Dieu fait allusion à Sa pitié et Sa miséricorde envers Ses
serviteurs en leur montrant la sanction qu'il faut prendre à l'égard des
coupables et qui constitue pour eux une issue de cette situation
critique et pénible. Il accepte le repentir même s'il est déclaré après les
témoignages, car II est sage en imposant de tels ordres et
enseignements aux hommes et II connait bien leur intérêt.
Ibn Abbas raconte: «A la suite de la révélation de ce verset: «-
Ceux qui accusent les femmes honnêtes, sans produire les quatre témoins
d'usage, seront punis de quatre-vingts coups de fouet. Leur témoignage
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n'est plus recevable», Sa'd Ben 'Oubada -le chef des Ansariens-
demanda: «C'est en ces termes que ce verset fut descendu ô
Messager de Dieu?» Celui-ci s'adressa aux hommes: «Ô les
Ansariens, n'entendez-vous pas ce que votre chef vient de
demander?» On lui répondit: «O Messager de Dieu, ne le blâme pas,
c'est un homme jaloux. Par Dieu, il ne s'est marié que d'avec des
femmes vierges et n'a répudié aucune d'elles pour permettre à l'un
d'entre nous d'oser et la demander au mariage à cause de sa forte
jalousie». Sa'd objecta: «O Messager de Dieu, par Dieu je connais
bien que ce verset est une vérité qui est parvenue de Dieu. Mais ce
qui me fait étonner est le fait suivant: Si je trouve ma femme forniquer
avec un homme devrai-je rester coi sans agir jusqu'à ce que je
produise les quatre témoins et les laisser-ma femme et l'homme-
assouvir leur désir sans les gêner?».
Un certain temps s'écoula quand arriva Hilal Ben Omayya (l'un
des trois que Dieu a accepté son repentir après avoir fait défection au
Messager de Dieu lors de l'expédition de Tabouk). Hilal s'était rentré
chez lui un soir et avait trouvé un homme commettre l'adultère avec sa
femme. Il a vu de ses propres yeux ce qu'ils faisaient et entendait
leurs propos d'amour. Il n'a pas réagi mais, le lendemain matin, il est
venu raconter cet événement au Messager de Dieu. Celui-ci répugna à
entendre une telle histoire et éprouva une grande gêne.
Les Ansariens entourèrent Hilal et s'écrièrent: «Voilà que nous
sommes éprouvés par ce que Sa'd a redouté. Le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- va maintenant frapper Hilal Ben
Omayya et ne recevra plus jamais son témoignage». Hilal de riposter:
«Par Dieu, j'espère que le Seigneur me trouve une issue et un
soulagement». Puis en s'adressant au Messager de Dieu, il poursuivit:
«J'ai bien remarqué que tu as été très ému; Dieu connait que je suis
sincère».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'appprêta
pour frapper Hilal mais il s'arrêta et reçut aussitôt une révélation. Les
hommes remarquaient les traits que prenait son visage dans de tels
moments. Ils gardèrent le silence. Une fois la révélation cessée, il leur
récita: «Ceux qui accusent leurs épouses d'adultère, sans pouvoir produire
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de témoins, jureront quatre fois devant Allah qu'ils sont sincère». Le
visage du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'éclaircit
et il dit alors à Hilal: «Réjouis-toi ô Hilal, Dieu t'a trouvé une issue et
une solution». Hilal de répliquer: «J'attendais cela de la part de mon
Seigneur à Lui la puissance et la gloire».
Aussitôt le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
convoqua la femme de Hilal. -Lorsqu'elle fut en sa présence, il récita le
verset et rappela à Hilal et à sa femme que le châtiment dans l'au-delà
est encore plus atroce que celui du bas monde. Hilal dit alors: «O
Messager de Dieu, je jure par Dieu que je n'ai raconté que la vérité.»
C'est un menteur, objecta la femme. Le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- leur ordonna alors de faire les serments
d'anathème. Hilal jura «Je fais quatre fois ce témoignage devant Dieu»
et arrivé au cinquième, on lui attira l'attention: «O Hilal, crains Dieu, le
châtiment de ce bas monde est beaucoup moins facile que celui de
l'autre. Ce cinquième témoignage t'implique». Il les interrompit en
disant: «Par Dieu, Il ne m'infligera aucun châtiment et je ne mériterai
plus les coups de fouet». Il fit le cinquième serment en appelant sur lui
la malédiction de Dieu s'il est menteur.
On demanda alors à la femme: «Jure par Dieu quatre fois qu'il est
menteur». Elle s'exécuta, et à la cinquième fois on lui rappella: «Crains
Dieu, le châtiment d'ici- bas est beaucoup moins facile que celui de
l'au-delà, et ce cinquième serment t'impliquera». Elle hésita un bon
moment, décida de dire la vérité, et dit: «Par Dieu, je n'ai pas
l'intention de causer un scandale à ma famille». Elle fit le cinquième
serment en appelant sur elle la colère de Dieu si son mari est
sincère».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- la sépara de
son mari, décréta que son enfant qu'elle va engendrer ne sera attribué
à aucun père comme on ne devra pas, plus tard, accuser cet enfant
d'adultérin. Quiconque fera l'un ou l'autre, sera soumis à la peine
prescrite. Il décréta aussi que la femme n'a aucun droit ni à un gîte ni
à une nourriture, parce que cette séparation n'est due ni à un divorce
ni faite à la suite de la mort du mari. Il conclut enfin: «Si l'enfant que
cette femme va mettre au monde aura le teint roux et les jambes
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grêles, il sera le fils de Hilal. Si par contre il aura le teint brun, les
cheveux frisés, les jambes charnues, et aux grandes fesses il sera
donc adultérin».
La femme engendra un enfant qui répondit aux dernières
descriptions, et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-,
mis au courant, déclara: «Si ce n'était pas le témoignage qu'elle avait
fait, j'aurais agi autrement à son égard». Ikrima a rapporté que ce
même enfant fut le gourveneur de l'Egypte et on lui donnait le nom de
sâ mère» (Ce récit fut rapporté par l'imam Ahmed et Abou Daoud). Un
autre qui lui est analogue fut rapporté par Boukhari avec quelques
légères différences).
'inna-l-ladîna jS"u bi-l-ifki 'usbatum-minkum là tahsabûhu 5arra-l-lakum
bal huwa hayru-l-lakum likulli-mri'im minhum ma-ktasaba mina-l-'itmi
wa-l-ladî tawallâ kibarahû minhum lahû 'adâbun 'azîmun (11).
Un groupe d'entre tous a répandu une calomnie. Ne croyez pas qu'elle
tous nuise; elle tous sera plutôt profitable. Tous les complices de cette
calomnie seront punis. L'auteur principal subira un châtiment exemplaire.
(11).
Ce verset ainsi que les neuf qui s'ensuivent de cette sourate
furent révélés à propos d'un fait survenu dans la vie du Messager de
Dieu -qu'Allah ie bénisse et le salue-; Il s'agit précisément de 'Aicha,
Sa femme -que Dieu l'agrée- qui fut calomniée par les hypocrites. Dieu
révéla les versets pour l'innocenter. Le récit de la calomnie a été
rapporté dans les deux Sahihs.en voilà la version de Boukhari:
Aicha -que Dieu l'agrée- a rapporté:
«Quand le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
voulait partir en expédition, il procédait au tirage au sort entre ses
femmes, et celle dont le sort désigne, l'accompagnait. Dans une de
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ces expéditions, il faisait un tirage au sort et c'était moi qui devais
partir avec lui. Je partis donc avec lui après que le verset relatif au
voile était révélé, et on me fit installer dans un palanquin. Une fois
l'expédition terminée, nous retournâmes et nous fûmes près de
Médine, et la nuit le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
ordonna de nous mettre en route. Après que cet ordre fut donné, je
me levai pour aller satisfaire un besoin en dépassant le lieu du
campement. En retournant, je m'aperçus que mon collier de verroteries
fait à Zafar (au Yémen) fut détaché. Je rebroussai chemin vers le lieu
où j'étais afin de le rechercher et je fus retenue sur place pour le
retrouver.
Les hommes qui étaient chargés de ma monture portèrent le
palanquin et le mirent sur le chameau croyant que j'étaits dedans, à
savoir que les femmes à cette époque étaient légères et loin de
l'obésité, car elles se contentaient de peu de nourriture. Les hommes
en soulevant le palanquin ne firent pas attention à sa légèreté. J'étais
alors une femme très jeune; ils firent lever le chameau et partirent, et à
mon retour, je trouvai le collier, qui était sous l'animal, alors que
l'armée avait déjà quitté le camp.
Quand je trouvai mon collier, en revenant au lieu du campement, il
n'y avait personne, alors je décidai de rester là où j'étais, croyant que,
quand ils s'apercevront de mon absence, ils reviendront sûrement me
chercher. Etant ainsi, le sommeil me gagna et je m'endormis.
Safwan Ben Mou'attal As-Soulami puis Az-Zakwani, qui occupait
l'arrière de la troupe, arriva le matin à l'endroit où je me trouvais et vit
une silhouette d'une personne endormie, et il se dirigea vers moi. Il
m'avait déjà vue avant que le verset du voile fut révélé, et je m'éveillai
en l'entendant dire: «Nous sommes à Dieu et c'est vers Lui que nous
retournerons». Il fit agenouiller sa monture pour me porter sur elle,
nous nous mîmes en route, en la conduisant, jusqu'à ce que nous
atteignîmes la troupe qui faisait la sieste au temps de la canicule du
midi, alors qu'il y avait parmi eux ceux qui ont péri (sous l'effet de la
chaleur ardente).
C'était Abdullah Ben Oubay Ben Saloul qui avait répandu la
calomnie. Nous arrivâmes à Médine et je tombai malade pendant un
438
mois. Les gens à ce moment parlèrent longuement de cette calomnie,
mais ce qui me faisait trop souffrir, c'est que je ne sentais plus la
même compassion de la part du Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- qu'il me manifestait auparavant, et il se contentait, quand il
venait me voir, de dire: «Comment vas-tu?». Ceci dura jusqu'à ce que
je fus guérie.
Oum Mistah et moi, nous sortîmes à notre lieu d'aisance à «Al-
Manasse» et nous ne sortions que la nuit, et c'était avant de faire
construire des latrines tout près de la maison, en suivant une des
coutumes des Arabes qui allaient satisfaire leur besoin naturel dans la
campagne. En rentrant, Oum Mistah fit un faux pas en marchant sur le
pan de son vêtement, et elle dit: «Malheur à Mistah!» Je lui répondis:
«Tu as mal dit en injuriant un homme qui a assisté à la bataille de
Badr». Elle répliqua: «N'as-tu pas entendu ce que les gens disent?»
Elle me raconta les propos des calomniateurs, et ma maladie
s'aggrava. En rentrant chez moi, le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- se présenta à moi, il salua et dit: «Comment vas-
tu?» Je lui répondis: «Permets-moi d'aller chez mes parents», parce
que je veux savoir la nouvelle de leur bouche». Il m'accorda
l'autorisation et je me rendis chez mes parents. Je dis à ma mère:
«Que racontent les gens?» Elle me répondit: «Ma chère fille, ne donne
pas trop d'importance à leurs propos. Par Dieu, il est rare à une
femme quelconque, jolie, pure, aimée de son mari et ayant des co-
épouses sans qu'on ne lui lance pareilles invectives». Je répondis: «-
Gloire à Dieu, les gens ont-ils donc parlé de cela?». Je passai toute la
nuit à pleurer et sans goûter un moment de sommeil.
Le lendemain, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- manda Ali Ben Abi Taleb et Oussama Ben Zaïd, quand il
s'aperçut que la révélation tardait à venir. Les consultant au sujet de
notre séparation, Oussama, qui était au courant de l'affection pour ses
femmes, lui répondit: «On ne connaît de tes femmes que du bien».
Quant à Ali, il dit: «O Messager de Dieu, Dieu ne veut pas que tu sois
peiné, il y a beaucoup d'autres femmes. Interroge la servante, elle te
dira la vérité».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- appela la
439
servante Barira et lui demanda: «O Barira, as-tu remarqué une chose
chez ta maîtresse qui suscite les soupçons?» Elle répondit: «Non par
celui qui t'a envoyé par la vérité, je n'ai rien à lui reprocher sinon
qu'elle est une jeune femme qui s'endort en négligeant sa pâte de
sorte qu'un animal domestique vient la lui manger». Le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se leva et résolut de demander
justification à Abdullah Ben Oubay Ben Saloul. Il dit aux fidèles: «Qui
me justifie un homme qui, comme on me l'a dit, a calomnié ma
femme?. Par Dieu, je ne sais que du bien de ma femme, et on me
parla d'un homme dont je ne sais que du bien de lui qui venait souvent
chez moi en ma compagnie».
Sa'd Ben Mou'adz se leva et dit: «O Messager de Dieu, moi je le
justifie devant toi. S'il est de la tribu de Al-Asws, nous lui couperons la
tête, et s'il est de nos frères Al-Khazraj, nous ferons ce que tu nous
ordonneras de faire». Sa'd Ben Oubada se leva à son tour, qui est le
chef des Khazraj et un homme vertueux mais poussé par le sentiment
tribal, et dit: «Tu mens. Par Dieu, tu ne le tues pas et tu ne pourras
pas le tuer». Oussayd Ben Houdayr prit la parole et répondit à ce
dernier: «Par Dieu, toi tu mens aussi, nous le tuerons car tu n'es qu'un
hypocrite qui défend les hypocrites». Les deux tribus Al-Aws et Al-
Khazraj se levèrent et furent sur le point de venir aux mains alors que
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- était toujours sur
la chaire. Il descendit, les apaisa et garda le silence à son tour.
Durant toute la journée mes yeux ne cessèrent de fondre en
larmes et la nuit je ne pus goûter un moment de sommeil. Le
lendemain matin ils vinrent me trouver, j'avais pleuré deux nuits et une
journée au point où je sentis que les larmes vont crever mon cœur.
Alors que mes père et mère étaient auprès de moi, une femme des
Ansars demanda l'autorisation d'entrer chez moi, et une fois que cette
autorisation lui fut accordée, elle s'assit près de moi et commença à
pleurer avec moi. Etant ainsi, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- entra et s'assit, à savoir que depuis le jour où ils m'ont
accusée d'adultère, il n'a pas fait une choe pareille, sans qu'il n'ait
reçu pendant un mois une révélation à mon sujet. Il témoigna de
l'unicité de Dieu et me dit: «O Aicha, il m'est parvenu telle et telle
chose sur ton compte. Si tu es innocente, Dieu t'innocentera, et si tu
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as commis un tel péché, demande pardon à Dieu et reviens vers Lui,
car le serviteur qui avoue son péché et revient à Dieu, Dieu reviendra
à lui».
Une fois que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
ait terminé ses paroles, mes larmes s'arrêtèrent de couler, et je dis à
mon père: «Réponds pour moi». Il dit: «Par Dieu, je ne sais quoi
répondre au messager de Dieu». Je demandai alors à ma mère: «-
Réponds pour moi». Elle dit: «Par Dieu, je ne sais quoi répondre au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-».
Aicha poursuivit: «Etant toute jeune n'ayant pas appris beaucoup
du Coran, je dis: «Par Dieu, je sais que vous avez appris ce que les '
gens racontent, une chose qui s'est aggravée dans vos cœurs et vous
en croyez. Si je dis: je suis innocente, Dieu aussi le sait, vous n'allez
pas me croire, et si j'avoue un péché que je n'ai pas commis, Dieu sait
que je suis innocente, vous me croyez. Par Dieu, je ne trouve pour
nous tous un exemple que Jacob, le père de Youssof, quand il a dit:
«La résignation est ma seule ressource. J'en appelle à Allah de votre
machination» [Coran XII, 18].
Je repris mon lit espérant que Dieu me rende innocente. Par Dieu,
je n'attendais pas à ce que Dieu fasse une certaine révélation à mon
sujet, me considérant comme insignifiante afin que le Coran parle de
moi. Mais tout ce que j'espérais, c'est que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- aurait fait pendant son sommeil une
vision par quoi Dieu me rend innocente, Par Dieu, le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- n'avait pas quitté sa place et nui autre
n'avait le temps de sortir de la maison, que la révélation arriva au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Bien que ce fut un
jour d'hiver, et comme d'habitude, le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- fut pris par une certaine peine, et de grosses
gouttes de sueur commencèrent à couler sur son front.
Une fois la révélation cessa, on découvrit le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, il apparut souriant. La première parole
qu'il a prononcée était: «O Aicha, loue Dieu qui t'a innocentée». Ma
mère me dit alors: «Lève-toi et va vers le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue-». Je lui répondis: «Non par Dieu je ne me
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lèverai pas pour aller vers lui, et je ne loue que Dieu (qui m'a rendue
innocente). Dieu à Lui la puissance et la gloire -avait révélé: «Un
groupe d'entre tous a répandu une calomnie...».
Quand ce verset fut révélé et me disculpa, Abou Bakr As-Siddiq -
que Dieu l'agrée- qui dépensait pour Mistah Ben Outhatha, un de ses
proches, dit alors: «Par Dieu, désormais je ne dépenserai plus pour
Mistah après ce qu'il a dit de Aicha.» Dieu à Lui la puissance et la
gloire- révéla ce verset: «Les gens honorables et fortunés évitent de jurer
qu'ils ne Tiendront plus en aide à leurs proches... jusqu'à «Allah est
indulglent et miséricordieux» [Coran XXIV, 24] Abou Bakr dit alors:
«Certes, par Dieu, je veux bien que Dieu me pardonne», et il
renouvela à Mistah la pension qu'il lui faisait».
L'imam Ahmed rapporte que Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Après
la révélation de ces versets et l'annonce de mon innocence, deux
hommes et une femme furent amenés devant le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- qui donna l'ordre de les administrer les
coups de fouet selon la prescription divine».
«Un groupe d'entre vous a répandu la calomnie» en créant de
mensonges pour diffamer les autres injustement. «Ne croyez pas qu'elle
vous nuise» ô la famille d'AbouBakr dont Aicha faisait partie; «elle vous
sera profitable» pour vous dans les deux mondes: une sincérité dans la
vie d'ici-bas et une grande considération dans l'autre, après le geste
noble du Seigneur envers Aicha, la mère des croyants -que Dieu
l'agrée-, en révélant son innoncence. Etant sur le lit de la mort, Ibn
Abbas entra chez elle et lui dit: «Rejouis-toi, car tu étais la femme du
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui te chérissait le
plus parmi tes co-épouses et la seule vierge qu'il a épousée. Enfin ton
innocence fut descendue du ciel».
«Tous le complices de cette calomnie seront punis» Celui qui a
contribué à colporter cette calomnie et a diffamé la mère des croyants,
recevra la part convenable du châtiment. Quant à celui qui s'est
chargé de la plus lourde part, subira un châtiment douloureux. Il s'agit
bien sûr de Abdullah Ben Oubay Ben Saloul -que Dieu le maudisse-
comme on l'a montré au début du récit. Certains ont prétendu qu'il fut
question de Hassan Ben Thabet en avançant des opinions erronées,
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mais à l'inverse, il était l'un des compganons qui jouissait d'un grand
faste. Il suffit à cet égard de mentionner que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- lui a dit étant son poète défenseur: «Attaque-les
(les idolâtres) par tes poésies et sache que Gabriel est avec toi».
Mais Masrouq a rapporté une version étrange en racontant que
Hassan entra chez Aicha, alors que Masrouq était chez elle, et elle
ordonna qu'on lui donne un coussin. Après sa sortie, Masrouq dit à
Aicha: «Comment l'as-tu permis d'entrer chez toi et Dieu a dit: «-
L'auteur principal subira un châtiment exemplaire» Elle lui répondit: «Et
quel châtiment sera-t-il plus cruel que la cécité, à savoir que Hassan
devint aveugle vers la fin de sa vie. Puis elle ajouta: «Son seul mérite
consistait en la défense du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- par ses poésies».
lawlï 'id sami'tumûhu zanna-l-mu'minûna wa-l-mu'minâtu bi'anfusihim
hayran wa qâlû hâda 'ifkum mubînun (12) lawlâ ja 'û 'alayhi bi'arba'ati
§uhadâ"'a fa'id lam ya'tû bi-s-suhada'i fa'ûlï'ika 'inda-L-Lâhi humu-1-
kâdibûna (13).
Quant ils ont entendu cette calomnie, les croyants et les croyantes
auraient dû garder leur confiance à ceux qu'elle atteignait et dire: «C'est là
pure infamie» (12) Que n'ont-ils pas appuyé leurs propos sur la foi de
quatre témoins? Ne l'ayant pas fait, Allah les tient pour menteurs. (13).
L'histiore de 'Aicha -que Dieu l'agrée- constitue une discipline pour
les hommes qui ont répandu la calomnie entre les gens en l'attaquant
par des propos méchants. Pourquoi les croyants et les croyantes
lorsqu'ils en ont entendu parler n'ont-ils pas pensé à bien, en eux-
mêmes, et n'ont-il pas dit: «C'est une calomnie évidente». S'ils étaient
eux-mêmes le sujet de cette calomnie, ils auraient sûrement agi pour
mettre fin à ce qu'ont disait. Comment n'ont-ils pas trouvé cela
443
inconvenable surtout que l'affaire concerne une mère des croyants qui
devait être un exemple de chasteté et d'honnêteté pour eux!.
On a rapporté que Khaled Ben Zaïd Al Anasari (Abou Ayoub) sa
femme lui a dit un jour: «Abou Ayoub, n'entends-tu pas ce que les
gens disent de Aicha -que Dieu l'agrée!» - Certes oui, répondit-il, et
c'est pur mensonge. Dis-moi Oum Ayoub, as-tu pensé un jour à
commettre une chose pareille?». Elle répliqua: «Non par Dieu, je ne la
ferai jamais». Et Khaled de riposter: «Ainsi Aicha qui est meilleure que
toi». Après la révélation des versets relatifs à cette calomnie, et surtout
ce verset: «Quand ils ont entendu cette calomnie, les croyants et les
croyantes auraient dû garder leur confiance à ceux qu'elle atteignait et
dire: «C'est là pure infamie», on a dit que ceci concerne Abou Ayoub et
sa femme après leur conversation.
«C'est là pure infamie» et une calomnie manifeste, car ce que les
gens en pensaient n'avait aucun fondement. La preuve en est que '-
Aicha -que Dieu l'agrée - était sur la monture de Safwan et tous les
hommes l'avaient vue au milieu du jour. Si elle avait commis un acte
pareil, elle et Safwan, auraient dû rattraper la troupe clandestinement
sans être vus par les hommes.
Pour affirmer cette réalité, Dieu a dit: «Que n'ont-ils appuyé sur la
foi de quatre témoins?» Comme ils étaient incapables de produire les
autre témoins, ils sont donc, selon le jugement, des menteurs pervers.
© M *s % $
wa lawlâ fadlu-L-Lâhi 'alaykum wa rahmatuhû fî-d-dunyâ wa-l-'à*hirati
lamassakum fi ma 'afattum fîhi 'adâbun 'azîmun (14) 'id talaqqawnahû
bi'alsinatikum wa taqûlûna bi 'afwâhikum mâ laysa lakum bihî 'ilmun
wa tahsabûnahû hayyinin wa huwa 'inda-L-Lâhi 'azîmun (15).
Sans la grâce et la bonté d'Allah dans ce monde et dans l'autre, un
châtiment implacable vous aurait déjà punis pour les faux bruits que tous
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avez colportés. (14) Quand vos langues accueillaient ces propos et que vos
bouches les diffusaient sans que vous en ayez contrôlé l'exactitude, vous
n'attribuiez qu'une légère importance à la chose, alors qu'aux yeux d'Alalh
elle est très grave. (15).
N'était «la grâce de Dieu sur les hommes et Sa miséricorde» ici-
bas et dans la vie future, et n'était-ce le repentir de ceux qui ont
colporté et répandu la calomnie, «un châtiment implacable vous aurait
punis pour les faux bruits». Ceci concerne ceux qui avaient la foi à cette
époque et s'étaient repentis tels que Mistah, Hassan et autres. Et ceci
ne concerne plus les hypocrites comme Abdullah Ben Oubay Ben
Saloul et ses semblables, car ils n'étaient du tout des vrais croyants.
«Quand vos langues accueillaient ces propos et que vos bouches les
diffusaient» ce dont vous n'aviez science aucune «vous n'attribuiez
qu'une légère importance à la chose, alors qu'aux yeux d'AIlalh elle est très
grave» Vous pariiez mal de la mère des croyants pensant que ce n'est
rien. Même si elle n'était pas la femme du Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue-, cela était énorme auprès de Dieu, qu'en serait
alors si elle était l'épouse des derniers Prophètes et Messagers.
Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «L'homme profère parfois des paroles qui
déplaisent à Dieu sans y attacher de l'importance, à cause d'elles, il sera
précipité dans un Feu dont l'abîme est plus loin que la distance qui sépare
les deux de la terre».
wa lawlâ* 'id sami'tumûhu qultum mâ yakûnu lanâ" 'an natakallama
bihâdâ subhânaka hâdâ buhtânun 'azîmun (16) ya'izukumu-L-Lâhu 'an
ta'ûdû limitlihT 'abadan 'in kuntum mu'minîna (17) wa yubayyinu-L-
Lâhu lakumu-l-*ayâti wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (18).
Quand vous avez entendu ces propos, que n'avez-vous dit «Il ne nous
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sied pas d'aborder de pareils sujets «Grand Allah c'est une calomnie
indigne». (16) Allah vous défend de retomber dans de telles erreurs si vous
êtes croyants. (17) Allah vous commente ses enseignements. Il est savant et
sage. (18).
En voilà une autre règle de discipline qui consiste à ne plus
diffuser une nouvelle qu'on a entendue et à en parler aux autres. Dieu
a exhorté les gens: «Quand vous avez entendu ces propos, que n'avez-vous
dit: «Il ne nous sied d'aborder des pareils sujets» sans propager ce qu'on
a entendu et de se taire à son sujet: «Grand Allah c'est une calomnie
indigne» en accusant la femme de Son Prophète d'un péché
ignominieux.
«Allah vous défend de retomber dans de telles erreurs si vous êtes
croyants» Il vous interdit de commettre une chose pareille à l'avenir si
vous croyez en Dieu, en ses lois et vénérez Son Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- «Allah vous commente ses enseignements» en vous
expliquant et exposant ses signes, car «D est savant et sage» Il connait
bien ce qui convient à Ses serviteurs et sage dans Ses lois et Sa
prédestination.
'inna-l-ladîna yuhibbûna 'an tasi'a-l-fâhisatu fi-l-ladîna *ïmanû lahum
'adâbun 'alîmun fi-d-dunyâ wa-l-'ahirati wa-L-Lâhu yaiamu wa 'antum
lâ ta'lamûna (19).
Ceux qui se plaisent à discréditer les croyants encourront un châtiment
sévère dans ce monde et dans l'autre. Allah sait et vous ne savez pas. (19).
Ceci présente aussi une troisième règle de discipline et
d'éducation, adressée à celui qui, entendant de mauvais propos
concernant un autrui, en conçoit une partie, l'élabore et les répand.
Dieu dans ce verset met en garde ceux qui propagent ta turpitude
parmi les croyants, qu'ils subiront un châtiment atroce dans les deux
mondes: dans la vie d'ici-bas la peine prescrite, et dans l'autre un
supplice douloureux.
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«Allah sait et vous ne savez pas». En d'autre terme rendez cela à
Dieu l'Omniscient et il vous dirige. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: «Ne nuisez pas aux serviteurs de Dieu en les injuriant et en
recherchant leurs défauts. Celui qui fait l'un et l'autre, Dieu le démasque et
le déshonore même s'il se trouve chez lui» (Rapporté par Ahmed) (I> .
© ^ y % a
walawlâ fadlu-L-Lâhi 'alaykum wa rahmatuhû wa 'anna-L-Lâha Ra'ûfu-
r-Rahîmun (20) yâ 'ayyuhâ-l-ladîna Tmanû lâ tattabi'û hutuwâti-s-
sattâni wa may-yattabi' hutuwâti-s-saytâni fa'innahu ya'muru bi-1-
fahsa 'i wa-l-munkari walawlâ fadlu-L-Lâhi 'alaykum wa rahmatuhû mâ
zakâ minkum min 'ahadin 'abadan walâkinna-L-Lâha yuzakkî may-
yaàlf'u wa-L-Lâhu SamTun 'Alîmun (21).
Ces prescriptions sont empreintes de la grâce et de la bonté d'Allah.
Allah est plein de mansuétude et de clémence. (20) O croyants, ne suivez
pas les traces de Satan. Qui les suit, Satan l'entraîne dans les turpitudes et
les mauvaises actions. Sans la grâce et la mansuétude d'Allah, aucun
d'entre vous n'atteindrait l'état de pureté. Allah purifie qui II veut. Il
entend et sait tout. (21).
Et n'était-ce la grâce de Dieu et Sa miséricrode sur Ses
serviteurs, l'affaire aurait pris un autre tour. Mais II est clément et doux
envers les hommes, Il accepte le repentir de qui II veut s'il, vraiment,
ne revient pas à une telle turpitude, et II le purifie après avoir reçu la
peine imposée qui lui est une purification.
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«O croyants, ne suivez pas les traces de Satan» qui, par ses
machinations et tentations, conduit à la perte et à l'égarement. «Qui les
suit, Satan l'entraîne dans les turpitudes». Ce verset est un avertissement
et une mise en garde qui simplifie et réunit tout. On a rapporté qu'un
homme dit à Ibn Abbas: «Je me suis interdit une telle nourriture.». Et
Ibn Abbas de lui répondre: «C'est une suggestion de Satan. Expie ton
serment et manges-en».
«Sans la grâce et la mansuétude d'Allah, aucun d'entre vous
n'atteindrait l'état de pureté». En d'autres terme, si Dieu n'accorde pas
le repentir à l'un de ses serviteurs qui revient vers Lui, ne purifie pas
les âmes de leur idolâtrie, leur perversité et leur souillure qui entraînent
dans la mauvaise moralité et la mauvaise vie, nul ne se serait purifié ni
n'obtiendrait le bien. Dieu seul est celui qui purifie qui II veut parmi Ses
sujets, les dirige ou les égare. Car II est Omniscient et sage.
walâ ya'tali 'ulû-1-fadli minkum wa-s-sa'ati 'ay-yut\î 'ulî-l-qurbâ wa-1-
masâkîna wa-l-muhâjirîna fi sabîli-L-Lâhi wa-l-ya'fû wa-l-yasfah'ïï 'alâ
tuhibbûna 'ay-yagfira-L-Lâhu lakum wa-L-Lâhu gafïïru-r-Rahîmun (22).
Les gens honorables et fortunés évitent de jurer qu'ils ne viendront plus
en aide à leurs proches, aux pauvres et à ceux qui se sont exilés pour
Allah! Qu'ils se montrent, au contraire indulgents et leur pardonnent! Ne
voulez-vous pas, vous-mêmes, qu'Allah vous pardonne! Allah est indulgent
et miséricordieux. (22).
Que ceux qui sont capables et aisés ne jurent pas qu'ils privent
les proches, les pauvres et les émigrés dans le chemin de Dieu, de ce
que Dieu leur a accordé. Ceci, en vérité, constitue une exhortation à
être compatissant, indulgent et généreux envers les proches et les
besogneux. «Qu'ils se montrent, au contraire, indulgents et leur
pardonnent» leur nuisance et leur mauvaise conduite. Ceci émane de la
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mansuétude de Dieu, de son indulgence et de sa générosité malgré
que les hommes se font tort à eux-mêmes.
Comme nous l'avons monré auparavant dans le récit de la
calomnie, ce verset fut révélé à propos de Abou Bakr As-Siddiq qui a
juré de ne plus dépenser pour Mistah, mais après l'innocence de '-
Alcha -que Dieu l'agrée- et l'apaisement des âmes des croyants, le
repentir des croyants reçu par Dieu et la peine appliquée à ceux qui
l'ont mérité, Dieu le Très Haut exhorte les hommes à oublier le passé
et à reprendre la dépense pour les proches nécessiteux. A savoir que
Mistah Ben Outhatha était le cousin maternel de As-Siddiq et parmi les
premiers qui ont fait l'émigration de La Mecque à Médine avec le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Une fois ce verset
descendu, Abou Bakr s'écria: «Par Dieu, certes, je veux bien que Dieu
me pardonne». Et il continua ensuite à donner la pension nécessaire à
Mistah en disant: «Par Dieu, je ne vais plus l'en priver».
'inna-l-ladîna yarmûna-l-muhsanâti-l-gâfilâti-l-mu'minâti lu'inû fî-d-
dunya wa-l-lfhirati walahum 'adâbun 'azîmun (23) yawma tashadu -
alayhim 'alsinatuhum wa 'aydîhim wa 'arjuluhum bimâ kânû ya'malûna
(24) yawma 'idin yuwaffîhimu-L-Lâhu dînahumu-l-haqqa wa ya'lamûna
'anna-L-Lâha huwa-l-haqqu-l-mubînu (25).
Ceux qui calomnient les femmes vertueuses, fidèles à leur foi et
insouciantes de l'opinion publique, ceux-là seront maudits dans ce monde et
dans l'autre. Ils subiront un châtiment cruel. (23) Le jour où leurs langues,
leurs mains et leur pieds témoigneront contre eux de tous leurs actes. (24)
Ce jour-là, Allah rétribuera leurs œuvres en toute justice. Ils constateront
alors qu'Allah est la justice même. (25).
Dieu menace ceux qui calomnient les femmes honnêtes,
insouciantes et croyantes. Qu'en sera-t-il alors de celui qui calomnie
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une mère des croyants, pure et honnête? Les ulémas à l'unanimité,
ont jugé d'après ce verset que quiconque la calomnie et la diffame
aura apostasié en contredisant les enseignements de Dieu contenus
dans le Coran. «Ceux-là seront maudits dans ce monde et dans l'autre».
Ce verset, les ulémas ont assimilé à celui-ci: «Ceux qui offensent Allah
et son Prophète seront maudits...» [Coran XXX III, 57] qui concerne
Aicha en particulier. Elle a rapporté: «On m'a calomniée du moment
que j'étais insouciante et n'avais aucune idée de ce que les gens
disaient de moi. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
qui était chez moi, s'accorda et commença à essuyer son visage. Il me
dit: «Réjouis-toi ô Aicha». Je lui répondis: «C'est grâce à lui et non pas
grâce à toi». Puis il récita: «Ceux qui calomnient les femmes vertueuses,
fidèles à leur foi et insouciantes, à l'opinuion publique... jusqu'à: «Les bons
seront innocentés des mauvais propos. A eux, le pardon d'Allah et une
félicité infinie».
Ibn Abbas a commenté cela en disant que ceci concerne les
épouses du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en dehors des
autres, dont étaient le sujet de la calomnie de la part des hypocrites.
Ceux-ci encourent la colère de Dieu et sa malédiction. Puis ce verset
fut descendu à propos des autres: «Ceux qui calomnient les femmes
vertueuses...» où il fut question de la flagellation et le repentir, ce
dernier sera accepté tandis que le témoignage sera refuté.
A cet égard, Abou Houraira rapporté que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Evitez les sept périls (qui méritent
le Feu)... -On lui demanda: «Quels sont-ils ô Messager de Dieu?» Il
répondit: «Ce sont le polythéisme, la magie, le meurtre sans motif légitime,
l'usure, la dévoration des biens des orphelins, la fuite au jour du combat
dans la voie de Dieu et la diffamation des femmes insouciantes et
croyantes» (Rapporté par Boukhari et MousBm) (I K
«Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds témoigneront
(1) îJbl Jj-j SlïS» Uj ,-JJ usAttfi gj>\ l^a-l, :Jtf ^ il Jj-j ùi ijtjf à*
JU JiTÎj cl^l JTÎj ( jMv VJ M f> y& y-fall Jâj c<J>W 4rîJI»
,(^!UJIj ji— .Ijj) , ( oL.jll COW-H Jùij f> lrW gi
450
contre eux de tous leurs actes» Il s'agit, d'après Ibn Abbas des idolâtres
quand ils constateront que seuls qui ont observé les prières entreront
au Paradis. Ils diront les uns aux autres: «Renions tout». Alors leurs
bouches seront scellées, leurs mains èt pieds témoigneront contre eux,
et ils ne pourront rien cacher à Dieu de leurs propos:
Anas Ben Malek raconte: «Etant assis chez le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- quand il se mit à rire à pleine gorgée. Il nous
dit: «Savez-vous ce qui me fait rire?» -Dieu et Son Messager sont les plus
savants, répondîmes-nous. Il reprit: «La discussion qui aura lieu entre le
Seigneur et son serviteur. Celui-ci dira: «Seigneur, ne m'as-tu pas protégé
contre l'injustice? -Oui, dira Dieu. -Je ne permets à aucun, à moins qu'il ne
soit de moi-même, de témoigner contre moi. Dieu répliquera: «Il suffit
aujourd'hui toi-même pour témoigner contre toi-même, et les anges nobles
et scribes». Alors on mettra un sceau sur sa bouche et dira à ses membres:
«Parlez». Ces membres parleront, puis on ôtera le sceau, il leur dira alors:
«Malheur à vous! c'est vous que je défendais» (Rapporté par Mouslim et
Nassm) (1) .
Dans le même sens, Qatada a dit: «O fils d'Adam! Par Dieu,
certains de tes membres témoigneront contre toi, observe-les. Crains
Dieu en secret et en public. Rien ne Lui est caché- Les obscurités sont
des lumières par rapport à Lui, le secret est publique. Quiconque
pourra trouver la mort en formant une bonne idée sur Dieu, qu'il le
fasse. Il n'y a ni force ni puissance qu'en Dieu».
«Ce jour-là, Allah rétribuera leurs œuvres en toute justice» et leur
compte sera réglé en toute équité. Les hommes sauront alors, avec
certitude, que Dieu est la vérité évidente.
L£Ù SjMj Soij i^ï
'alhabîtâtu lil-habîtîna wa-l-habîtûna lil-habîtati wa-t-tayyibûna li-t-
tayyibâti 'ûlï'ika mubarra'ûna mimmâ yaqûlûna lahum magfiratun wa
rizqun karîmun (26).
Les mauvaises choses conviennent aux mauvais nommes et les mauvais
hommes aux mauvaises choses. Les bonnes choses conviennent aux bonnes
gens et les bonnes gens aux bonnes choses. Les bons seront innocentés des
mauvais propos. A eux, le pardon d'Allah et une félicité infinie. (26).
Ces bons et ces mauvais, furent interprétés de différentes façons:
Ibn Abbas a dit: Les mauvais propos sont aux hommes mauvais,
les mauvais hommes aux mauvais propos, tandis que les bons propos
sont aux bons hommes, les bons hommes aux bons propos. Ceci fut
révélé au sujet de Aicha et les hypocrites calomniateurs». Cette
opinion fut soutenue par Ibn Jarir qui a ajouté que les bons propos
sont propres aux bonnes gens, et les mauvais propos ne conviennent
qu'aux mauvaises gens. Ce que les hypocrites ont attribué à Aicha leur
convient seuls en dehors des autres.
Quant à Abdul Rahman Ben Zaïd Ben Aslam, il a dit: «Les
femmes mauvaises aux hommes mauvais, les hommes mauvais aux
femmes mauvaises. Celles qui sont bonnes à ceux qui sont bons, ceux
qui sont bons à celles qui sont bonnes. Visiblement il s'agit du
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et sa femme Aicha. En
d'autre terme, Dieu ne donne à son Prophète que la femme honnête,
étant donné qu'il est le meilleur et le plus honorable de tous les
hommes. SI elle était une femme mauvaise, elle ne lui conviendrait
plus ni légalement ni par voie de prédestination, voilà le sens des dires
divins: «Les bons seront innocentés des mauvais propos» Ces bons et
bonnes jouiront du pardon de Dieu et d'une grâce abondante. Il y en a
là une promesse divine que la femme du Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- sera admise avec lui au Paradis.
452
ya 'ayyuhâ-l-ladîna Ifmanû lâ tadhulû buyûtan gayra buyûtikum hattâ
tasta'nisû wa tusallimû 'ala 'ahlihâ dâlik aum hayru-l-lakum la'allakum
tadakkarûna (27) fa'il-lam tajidû fihà 'ahadan falâ tadhulûhâ hattâ yu'd
ana lakum wa 'in qfla lakumu-r-ji'û farji'û huwa 'azqâ lakum wa-L-Lâhu
bimâ ta'malûna 'Alîmun (28) laysa 'alaykum junâhun 'an tadhulû
buyûtan gayra maskûnatin fîhâ matâ'u-l-lakum wa-L-Lâhu ya'lamu mâ
tubdûna wamâ taktumûna (29).
O croyants, ne vous introduisez pas sans prévenir dans la maison >n
d'autrui, ni sans saluer les occupants. Voilà la bonne règle. Pensez-y. (27)
Si vous n'y trouverez personne, n'entrez pas sans autorisation. Si on vous
prie de vous retirer, retirez-vous. Cela vous rendra plus purs. Allah connait
tous vos actes. (28) Il ne vous est pas interdit de prendre pour refuge les
maisons inhabitées. Allah connait toutes vos actions, apparentes et cachées..
(29).
Ces dires divins sont une règle de conduite recommandée, voire
imposée de Dieu. Elle consiste à ne pas entrer dans des maisons qui
ne sont pas les siennes sans demander l'autorisation par trois fois, et
sans saluer leurs habitants. Si cette autorisation est accordée, on y
entre, sinon on droit se retirer.
A ce propos, il est cité dans le Sahih qu'Abou Moussa demanda,
par trois fois, l'autorisation d'entrer chez Omar Ben Al-Khattab. N'ayant
pas reçu cette autorisation, Abou Moussa rebroussa chemin. On dit à
Omar: «N'as-tu pas entendu la voix d'Abou Moussa qui demandait
l'autorisation d'entrer chez toi?» Il ordonna alors qu'on le recherche,
mais Abou Moussa était déjà loin mais on l'attrapa en lui demandant
de retourner.
453
Quand Abou Moussa fut en présence de 'Omar, celui-ci lui
demanda: «Pourquoi t'es-tu retiré?» -J'ai demandé par trois fois,
répondit-il, l'autorisation d'entrer sans me l'accorder. Car j'ai entendu le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Lorsque l'un d'entre
vous demande trois fois l'autorisation d'entrer sans l'obtenir, il doit se
retirer». Omar s'écria alors: «Tu dois m'apporter une preuve de
l'authencité de ce hadith, sinon, je te frapperai brutalement».
Abou Moussa se rendit chez un groupe de Médinois et les mit au
courant de cette affaire. On lui répondit: «Le plus jeune d'entre nous
va témogner de cela et t'accompagner chez Omar». Abou Sa'id Al-
Khoudri, qui fut l'homme désigné, se rendit chez Omar avec Abou
Moussa. Abou Sa'id rapporta à Omar le même hadith. Et Omar de
répliquer: «Ce devait être le négoce dans les marchés qui m'a
empêché d'entendre personnellement ce hadith».
Anas, de sa part, a rapporté le récit suivant:
«Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda une fois
l'autorisation d'entrer chez Sa'd Ben Oubada et dit: «Que la paix soit
sur vous ainsi que la miséricorde de Dieu». Il lui répondit le salut sans
faire entendre cela au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui lui
répéta le salut trois fois sans que Sa'd l'entendit. Le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- rebroussa chemin et S'ad le rechercha en lui
disant: «O Messager de Dieu, que je te donne pour rançon mes père
et mère , je ne t'ai fait entendre mon salut qu'une seule fois voulant
par là avoir beaucoup de la bénédiction et écouter ta voix». Puis il
l'introduisit chez lui et lui présenta de raisins secs. Le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- en prit et lui dit à la fin: «Que les
hommes vertueux mangent de ta nourriture, les anges te bénissent et
les jeûneurs rompent leur jeûne chez toi» (Rapporté par Ahmed, Abou
Daoud et Nassaï).
Que celui qui demande l'autorisation sache qu'en demandant cette
autorisation qu'il ne doit se tenir debout face à la porte mais que ce
soit à droite ou à gauche, c'était le faire de Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- comme a rapporté Abdullah Ben Bichr;
pour la simple raison, c'est qu'il n'y avait pas de voile sur les portes à
cette époque. A savoir qu'une fois un homme demanda d'entrer chez
454
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Comme il se trouvait face
à la porte, il lui fit remarquer «Tiens-toi à droite ou à gauche car cette
autorisation n'a été imposée qu'à cause de ce qu'on peut voir dedans
si on se tient en face».
Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Si un homme regarde à l'intérieur de ta
maison sans ton autorisation, que tu lui lances un caillou et tu lui crèves
son œil, tu n'auras pas commis une faute» (Rapporté par Boukhari et
MouUm) ( ".
Jaber rapporte: «Mon père devait à un autre une somme d'argent.
Je me rendis chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et tapai
à la porte. Il répondit: «Qui est à la porte?» - C'est moi, dis-je. Ma
réponse déplut au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-». En effet
il répugnait à entendre une telle réponse car on doit dire le nom et
même le surnom pour mieux s'identifier, autrement cette autorisation
n'aura plus de sens.
On a rapporté aussi, d'après Amr Ben Sa'id Thaqafi, qu'un homme
demanda l'autorisation d'entrer chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- en disant: «Je peux entrer?» Le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- dit alors à une servante: «Lève- toi et va à cet homme
pour lui apprendre la façon pour entrer; car il l'ignore. Dis-lui: «Qu'il
dise: «Que la paix soit avec vous, puis-je entrer». L'homme, entendant
les propos du Prophète, s'écria: «Que la paix soit avec vous, puis-je
entrer?». Il lui permit».
Ibn Mass'oud a dit: «Vous êtes tenus de demander cette
autorisation même si vous voulez entrer chez vos mères et vos
sœurs».
Quant aux circonstances de cette révélation, 'Adyi Ben Thabet
rapporte qu'une femme des Ansariens avait dit: «O Messager de Dieu,
455
il m'arrive parfois de me trouver dans un état où je ne désire qu'aucun
n'entre chez moi, même s'il s'agit' de mon père ou de mon fils. Et
malgré tout, même dans cet état, ils entrent chez moi». Ce verset alors
fut descendu: «O croyants, ne vous introduisez pas sans prévenir...».
'Ata Ben Abi Rabah rapporte avoir entendu Ibn Abbas dire: «Il y a
des choses que les hommes renient, à savoir:
1 - Dieu a dit: «Le plus méritant aux yeux d'Allah est celui qui Le
craint le plus» [Coran LXIX, 13], et les hommes, à leur tour, disent: «Le
meilleur est celui qui est issu de la meilleure souche».
2 - Les règles de l'éducation: J'ai demandé au Messager de Dieu
si je dois demander l'autorisation d'entrer chez mes sœurs qui habitent
avec moi dans une même maison, il me répondit par l'affirmative.
Comme je répétai cela pour qu'il m'exempte de cette autorisation, il
refusa et dit: «Aimes-tu voir ta sœur nue?» Répondant par la négative,
il répliqua: «Demande alors cette autorisation». A la troisième fois, il
me dit: «Aimes-tu obéir à Dieu?» - Oui, répliquai-je. Il dit enfin: «-
Demande donc l'autorisation.»
Plusieurs hadiths et recommandations ont été rapportés à ce sujet
dont on peut en conclure qu'il est d'obligation à demander l'autorisation
pour entrer chez autrui, et qu'il est recommandé de le faire lorsqu'on
entre chez les siens.
Pourquoi cette autorisation doit être demandée par trois fois? Et
les ulémas de répondre:
1 - Pour avertir les occupants d'une maison qu'il y a quelqu'un à
la porte.
2 - Pour que les habitants prennent leur attitude convenable.
3 - Pour leur laisser la liberté: ils peuvent autoriser comme ils ont
le droit de refuser. Ceux auxquels on refuse cette autorisation doivent
se retirer, car les gens ont d'autres préoccupations et besoins, et c'est
Dieu qui connait les raisons de ce refus.
A l'époque préislamique (Jahilia) Mouqatel Ben Hayan a avancé:
L'homme rencontrait un autre sans le saluer, il se contentait de dire:
«Je te souhaite le bonjour et le bonsoir», qui était la formule de
456
salutation entre eux. L'un d'entre eux se rendait chez l'autre, entrait
sans avertir ni demander l'autorisation, et se contentait de dire: «Me
voilà chez vous» ou une expression analogue. Cette façon causait
d'ennui aux autres, et il arrivait que l'un d'entre eux soit en position
sentimentale avec sa femme. Dieu par ce verset a tout changé en
rendant aux maison leur caractère sacré et pour purifier les âmes de
mauvaises suggestions. Il a dit: «O croyants, ne vous introduisez pas
sans prévenir dans la maison d'autrui, ni sans saluer les occupants...» C'est
préférable pour vous en observant cette règle et pour être protégés
contre toute entrée inopinée.
«Si vous n'y trouvez personne, n'entrez pas sans autorisation» car
entrer dans un cas pareil sera un abus de la propriété d'autrui. Il
appartient au maître de la maison de donner l'autorisation ou de la
refuser. «Si on vous prie de vous retirer, retirez-vous. Cela vous rendra
plus purs» sans commettre une tansgression aux droits des autres.
Dieu connait toutes les actions des hommes.
«Il ne vous est pas interdit de prendre pour refuge les maisons
inhabitées...» C'est une autorisation accordée d'avance aux hommes
pour entrer dans de telles maisons, comme celle d'hospitalité si on a
reçu cette autorisation pour la première fois. D'autres interprétateurs
ont pris l'expression arabe contenue dans le verset à la lettre et ont
dit: «Nul grief à vous d'entrer dans des maisons non habitées où se
trouve un objet qui vous appartient». Enfin d'autres aussi ont assimilé
ces maisons aux auberges ou autres maisons consacrées aux
voyageurs.
qui lil-mu'minîna yaguddû min 'absârihim wa yahfazû furûjahum dâlika
'azkâ lahum 'inna-L-Lâha habîrum bimâ yasna'ûna (30).,
Prescris aux croyants de tenir leurs yeux baissés et de dominer leurs
sens. Cela les rendra plus purs. Allah sait tout ce qu'ils font. (30).
C'est un ordre divin donné aux croyants de baisser leurs regards
457
et de regarder ce que Dieu a interdit de voir. S'il arrive qu'on regarde
une chose interdite sans le vouloir, on doit dévier les regards aussitôt
possible. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à
Ali: «O 'Ali, ne suis pas le regard par un autre, le premier t'est permis
mais l'autre constitue une faute».
Dans un hadith authentique, d'après Abou Sa'id Al-Khoudri, le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Evitez de
vous asseoir sur les voies publiques». On dit: «Mais nous n'avons pas
d'autre lieu pour nous entretenir». Il répliqua: «Dans ce cas respectez les
droits des voies». - Quels sont-ils? reprit-on» Il dit: «Ils consistent à baisser
le regard, s'abstenir de faire le mal, rendre le salut, ordonner le bien et
interdire le repréhensible» (Rapporté par Boukhari)"' '.
Comme le regard conduit à la dépravation, Dieu ordonne aux
gens d'être chastes et ceci en baissant les regards qui sont à l'origine
d'une telle corruption. Il dit: «Prescris aux croyants de tenir leurs regards
baissés et de domnier leurs sens»., Dominer les sens consiste: tantôt à
éviter l'adultère, tantôt à regarder les organes sexuelles, comme il est
dit dans un hadith: «Ne montre ton sexe qu'à ta femme et à l'esclave
ou la captive de guerre que du possèdes».
«Cela les rendra plus purs». Soit que cette purification désigne le
cœur soit la foi. L'imam Ahmed rapporte d'après Abou Oumama que le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout musulman qui
regarde les charmes d'une femme puis s'en détourne, Dieu lui accorde
une pratique dont il y trouve sa douceur». Ibn Mass'oud à son tour
rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Le regard est une des flèches de Satan. Quiconue le laisse, Je lui
donnerai en échange une foi qu'il goûtera sa douceur dans son coeur».
«Allah sait tout ce qu'ils font» comme II a dit ailleurs: «Allah
surprend les regards indiscrets et les secrets des cœurs» [Coran XL, 19].
458
Mais ce qui a été prédestiné au fils d'Adam arrivera inévitablement
sans qu'il s'en aperçoive. Ce qui corrobore cette réalité est ce hadith
rapporté par Abou Houraira dans lequel le Messaer de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a inscrit au fils d'Adam sa part de
l'adultère qu'il commettra inéluctablement de la façon suivante: L'adultère
des yeux, le regard; l'adultère des oreilles, l'ouïe; l'adultère de la langue, la
parole; l'adultère de la main, la violence, l'adultère du pied, la marche. Le
cœur aime et convoite, mais ce sont les parties génitales qui mettent cela à
exécution ou non» (Rapporté par Mouslim) (l> .
Les ulémas ont averti les hommes de regarder le jeune imberbe,
et même les soufis l'ont interdit, de peur que ce regard n'entraine à la
tentation.
Il est dit aussi dans un hadith: «Tout œil pleurera au jour de la a
résurrection à l'exception de ceux-ci: un œil qui ne regarde pas ce que
Dieu a interdit de regarder; un œil qui monte la garde dans le sentier
de Dieu et un œil qui secrète quelque chose pareille à la tête d'une
mouche (un larme) à cause de la crainte de Dieu»
.jiJiVl Uj lt j^JI ùL-JJI Lijj c>JI ùt*^ Li> <iJl~ ^ viili 4> UjJI ^ <k-
459
©
wa qui li-l-mu'minâti yagdudna min 'absârihinna wa yahfazna
furûjahunna walâ yubdîna zînatahunna 'illâ mâ zahara minhâ wa-1-
yadribna bihumurihinna 'alâ juyûbihinna walâ yubdîna zînatahunna 'illâ
libu'ulatihina 'aw 'â*bâ* 'ihinna 'aw 'â A bâ A 'i bu'ûlatihinna 'aw
'abnâ" 'ihinna 'aw 'abna'i bu'ûlatihinna 'aw 'ihwânihinna 'aw barif '-
ihwânihinna 'aw banT 'ahawâtihinna 'aw nisà" 'ihinna 'aw mâ malakat '-
aymânuhunna 'awi-t-tâbi'îna gayri 'ûlî-l-'irbati tnina-r-ijâh' 'awi-tifli-l-lad
îna lam yazharû 'alâ 'awrâti-n-nisâ A 'i walâ yadribna bi 'arjulihinna
liyu'lama mâ yuhfîna min zînatihinna wa tûbîî 'ilâ-L-Lâhi jamî'an
'ayyuha-l-mu'minûna la'allakum tuflihûna (31).
Prescris aux croyants de tenir leurs yeux baissés et de dominer leurs
sens, de ne laisser paraître de leurs charmes que ce qu'elles ne peuvent
dissimuler, de couvrir leur gorge d'un voile, de ne laisser voir les parties
découvertes de leurs corps qu'à leurs époux, à leurs père et mère, aux père
et mère de leur époux, à leurs enfants, à leurs beaux-enfants, à leurs frères,
à leurs neveux, à leurs amies, à leurs esclaves, à leurs domestiques
dépourvus de besoin sexuel et aux enfants non initiés aux rapports charnels.
Prescris-leur de ne pas frapper du pied pour découvrir leurs bijoux cachés.
Soumettez-vous tous à la loi d'Allah, si vous voulez faire votre salut. (31).
C'est un ordre adressé aux femmes croyantes par égard pour
leurs maris les croyants, et pour les distinguer de celles qui vivaient à
l'époque préislamique, les idolâtres. La raison pour laquelle ce verset
fut révélé est ce récit raconté par Mouqatel Ben Hayyan. Il a dit: «Il
nous est parvenu que Asma la fille de Marthad avait une boutique
dans le quartier de Bani Haritha. Les femmes entraient chez elle les
jambes découvertes pour montrer leurs bracelets de cheville, ainsi que
les poitrines et les têtes. Elle s'écria: «Que cela est mauvais». Dieu fit
alors descendre ce verset: «Prescris aux croyantes de tenir leurs yeux
baissés...».
Ce verset interdit aux femmes de regarder avec volupté aux
hommes qui ne sont pas leurs maris. Les ulémas ont tiré argument du
460
récit suivant: «Oum Salama raconte: Etant chez le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- avec Maïmouna, Ibn Oum Maktoum entra chez
lui après que nous eûmes reçu l'ordre de nous voiler. Le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous dit alors: «Voilez-vous». Je
lui répondis: «O Messager de Dieu, cet homme est un aveugle, il ne
nous connait ni nous voit». Il répliqua: «Et vous, êtes-vous aveugles?
ne le voyez-vous pas?».
D'autre part, il est permis à la femme de regarder les hommes
sans les convoiter, comme il est cité dans le Sahih que Aicha, la mère
des croyants, regardait les Abyssinins qui jouaient dans la mosquée en
manipulant leurs sabres. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- se tenait devant elle pour la soustraire aux regards des
hommes.
«... et de dominer leurs sens» contre la turpitude ou l'adultère. En
commentant ce verset, Abou AI-'Alya a dit: «Tous les versets, où il y a
mention des parties génitales, mettent les gens en garde contre
l'adultère à l'exception de celui-ci qui les exhorte à ne plus les montrer.
«... de ne laisser paraître de leurs charmes que ce qu'elles ne peuvent
dissimuler» Ces charmes, selon le texte, sont les atours qui paraissent
malgré le voile, tels que: les vêtemnts comme a avancé Ibn Mass'oud,
car la femme voulait paraître élégante en ornant les pans et les
extrémités de sa robe, ce qui ne constituait aucune transgression aux
enseignements; ou son visage, ses mains et les bagues qu'elle portait,
selon Ibn Abbas. Les deux opinions se contredisent car Ibn Mass'oud
a précisé: Les parures sont de deux sortes, le première est celle que
seul le mari a le droit de la voir comme les bagues, les bracelets et
similaires, et la deuxième ce que tout autre homme en dehors du mari
peut la voir comme les vêtements.
«... ce qu'elles ne peuvent dissimuler» il s'agit des bagues et les
bracelets de cheville, et ceci soutient l'opinion d'Ibn Abbas qui s'est
basé sur la règle générale que la femme ne peut découvrir que son
visage et ses mains. On peut aussi se référer à ce hadith rapporté par
Abou Daoud d'après Aicha. Elle a dit: «Asma la fille d'Abou Bakr entra
chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en portant des
vêtements minces et transparents. Il se détourna d'elle et lui dit: «O
461
Asma, sache qu'une femme qui atteint l'âge de puberté, il ne lui
convient de montrer que son visage et ses mains».
«... de couvrir leur gorge d'un voile» Ce voile doit couvrir toute la
poitrine pour se comporter à l'inverse des femmes à l'époque de la
Jahiliah où la femme passait et marchait devant les hommes en
montrant une partie de sa poitrine, la mèche de sa chevelure et les
boucles d'oreille. Dieu ordonne à la femme musulmane croyante d'être
différente en couvrant tout cela; tout comme II l'a ordonné au Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Prophète, recommande à tes
épouses, à tes filles et aux croyantes de rabattre leurs voiles sur le front.
Cela permettra de les distinguer et les mettra à l'abri de démarches
incorrectes.» [Coran XXXIII, 59].
A ce propos, Safia Bent Chaïba raconte: «Etant chez Aïcha, on a
évoqué les femmes de Qoraïch et leurs mérites. Aicha -que Dieu
l'agrée- a dit: «Certes les femme Qoraïchites ont un grand mérite. Par
Dieu, je n'ai vu d'autres femmes plus considérées que les Ansariennes
qui se conforment aux prescriptions et enseignements divins contenus
dans le Coran pousées par la foi. Lorsque la sourate de la Lumière fut
révélée qui comporte ce verset: «de couvrir leur gorge d'un voile» leurs
maris se rendirent chez elles en le leur récitant ainsi qu'à leurs filles et
sœurs, et toutes proches parentes. Chacune d'elles se voila la tête et
la poitrine et, en priant derrière le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- elles parurent comme une bande de corbeaux.
Toutefois ce verset comporte des exceptions. Les femmes
peuvent montrer leurs parures: «à leurs époux, à leurs père et mère, aux
père et mère de leurs époux, à leurs enfants, à leurs beaux-enfants à leurs
frères, à leurs neveux» car ceux-là sont, par rapport à elles, des
«Mahrams» c'est à dire que son mariage avec l'un d'eux est illicite et
interdit. Mais, une femme en parfaite toilette ne peut se montrer ainsi
que devant le mari seul, «à leurs amies» qui sont les autres femmes
musulmanes et croyantes, et non devant les femmes d'autres religions,
étant donné que ces dernières pourraient décrire la beauté et les
charmes de la musulmane à son mari. Ceci est inconvenable d'après
ce hdaith dans lequel le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Qu'une femme ne fréquente pas une femme et qu'elle
462
aille après décrire sa beauté et ses charmes à son mari à tel point que
celui-ci la regarde comme elle se tient devant lui».
A ce propos, Omar Ben Al-Khattab avait écrit une lettre à Abou
OubaTda dans laquelle il lui dit: «Il m'est parvenu que des femmes
musulmanes fréquentent les bains publiques avec les femmes
idolâtres. Or il n'est plus permis à une femme qui croit en Dieu et au
jour dernier de laisser une autre femme en dehors de sa religion voir
ses parties intimes».
Certains ulémas ont déclaré que les femmes musulmanes sont
tenues de ne plus montrer leurs atours aux autres femmes, et d'autres
ont souligné qu'il ne lui est du tout permis de les embrasser en se
rencontrant.
«à leurs esclaves» même si elles sont polythéistes, d'après Ibn Jarir,
soutenu par Sa'id Ben Al-Moussayab. D'autres ont dit qu'il est permis
à la femme croyante de laisser paraître ses charmes devant ses
esclaves mâles et femelles en tirant argument de ce hadith rapporté
par Abou Daoud d'après Anas qui a dit: «Le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- se rendit chez sa fille Fatima en lui amenant un
esclave, alors que celle-ci portait un vêtement tellement court de sorte
que si elle voulait en couvrir la tête il laissait les pieds découverts, et si
elle voulait en couvrir les pieds, la tête restait à découvert. Le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- remarquant sa perplexité, lui
dit: «Il n'y a aucun mal à ce que tu restes comme tu étais, nous ne
sommes que ton père et ton esclave».
«à leurs domestiques dépourvus de besoin sexuel» Il s'agit des
serviteurs et de la suite mâles qui sont incapables d'actës sexuels,
même s'ils sont sensés mais impuissants. Certains ont avancé que le
verset désigne le sot ou l'efféminé. A cet égard, il est cité dans les
deux Sahih, d'après Aicha, qu'un efféminé entrait souvent chez la
famille du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ils le
prenaient pour un homme qui n'avait aucune puissance sur les parties
cachées des femmes. Un jour, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- entra et le trouva en train de décrire une femme de la façon
suivante: «Une telle, quand elle se présente de face, montre quatre
plis (de graisse) autour de la taille, et par le derrière elle montre huit».
463
Entendant cela, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
s'écria: «Que des gens comme celui-là n'entrent plus chez vous».
«et aux enfants non initiés aux rapports charnels» c'est à dire les
jeunes qui n'ont aucune connaissance sur les femmes quant à leurs
parties intimes, leurs paroles douces et leurs démarches. Ceux-ci sont
autorisés à entrer chez les femmes sans aucun inconvénient, mais
ceux parmi eux qui sont près de la puberté et qui distinguent les
femmes belles des laides, ne sont plus autorisés.
«Prescris-leur de ne pas frapper du pied pour découvrir leurs bijoux
cachés». Car la femme à l'époque préislamique marchait et frappait le
sol de ses pieds pour faire retentir les bracelets de cheville et attirer
l'attention des hommes. Les croyantes ont été interdites de faire une
chose pareille ou tout autre acte pour découvrir ce qu'elles portent
comme bijoux. Ainsi il leur est interdit de se parfumer quand elles
sortent de chez elles et de laisser les hommes flairer leur parfum. A ce
propos le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout œil
commet l'adultère. Lorsqu'une femme se parfume et passe auprès des
hommes, elle est telle et telle- sous-entendant: fomicatrice».
On a raconté qu'Abou Houraira rencontra une femme dont son
parfum fut répandu. Il lui demanda: «O servante du Tout-Puissant!
étais-tu à la mosquée?» - Oui, répondit-elle -T'es-tu parfumée?» - Oui.
Et Abou Houraira de poursuivre: «J'ai entendu mon bien aimé Aboul-
Qassem -qu'Allah le bénisse et le salue- dire «Dieu n'accepte pas la
prière d'une femme dans la mosquée après s'être parfumée jusqu'à ce
qu'elle revienne chez elle et fasse une lotion comme .celle pour se
purifier de ses menstrues».
■i
Il est interdit également aux femmes de marcher au milieu de la a
chaussée, car c'est un acte qui est considéré comme la parure. A ce
propos, Hamza ben Abou Oussayd Al-Ansari rapporte que son père a
entendu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors
qu'il venait de sortir de la mosquée et les hommes se mêlaient avec
les femmes, dire aux femmes: «Restez derrière les hommes.il ne vous
convient plus de marcher au milieu de la chaussée, plutôt aux bords
de la route». Les femmes marchaient ainsi et il arrivait parfois que le
vêtement de l'une d'elle s'accrochait au mur.
464
«Soumettez-vous tous à la loi d'Allah, ô croyants, si vous voulez faire
votre salut». Faites ce que Je vous ordonne de faire qui consiste à
pratiquer les bonnes mœurs, et laissez à part les traditions de la
Jahiliah. Certes, on ne peut aboutir au salut et à la réussite qu'en
obtempérant aux enseignements de Dieu et de Son Prophète, et
s'abstenir de tous les interdits.
wa 'ankihû-l-'ayâmâ minkum wa-s-âlihîna min 'ibâdikum wa 'ima* 'ikum
'in yakûnû fuqara 'a yugnihimu-L-Lâhu min fadlihïï wa-L-Lâhu Wasi'un
'Alîmun (32) wa-l-yasta'fifi-l-lad îna lâ yajidûna nikâhan hattâ
yugniyahumu-L-Lâhu min fadlihî wa-l-ladîna yabtagûna-l-kitâba mimmâ
malakat 'aymânukum fakâtibuhum 'in 'alimtum fîhim hayran wa
'à*tûhum mim-mâli-L-Lâhi-l-ladT 'a'tâkum walâ tukrihû fatayatikum
'alâ-l-bagâ* 'i 'in 'aradna tahassunan litabtagû 'arada-l-hayâti-d-dunyâ wa
may-yukrihhunna fa'inna-L-Lâha mim-ba'di 'ikrâhihinna gafûru-r-
Rahîmun (33) walaqad 'anzalna 'ilaykum 'Syâtim-mubayyinâtin wa mat
alam-mina-l-ladîna halaw min qablikum wa maw'izata-l-li-l-muttaqîna
(34).
Mariez les célibataires, ainsi que vos serviteurs vertueux des deux
sexes. Que leur pauvreté ne soit pas un obstacle; car, par un effet de Sa
grâce, Allah peut les enrichir. Allah est tout-puissant et embrasse tout. (32)
Que ceux qui ne trouvent pas à se marier vivent dans la continence jusqu'à
ce qu'Allah pourvoie à leurs besoins. Affranchissez ceux de vos esclaves qui
465
vous le demandent, si vous les en jugez dignes. Faites-les bénéficier des
biens qu'Allah tous accorde. N'obligez pas, par esprit de lucre, vos jeunes
esclaves à se prostituer si elles veulent rester pures. Si vous les obligiez, en
présence d'une telle contrainte, Allah se montrerait indulgent et
compatissant. (33) Nous vous révélons des versets clairs. Ce sont des leçons
tirées de la vie des peuples passés. Ce sont aussi des avertissements pour
ceux qui craignent Allah. (34).
Ce verset comporte plusieurs sentences fondamentales. «Mariez
les célibataires». Le mariage, selon l'avis d'un groupe des ulémas, est
une obligation pour ceux qui en sont capables, en tirant argument des
dires du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O jeunes hommes!
Que ceux qui, parmi vous, peuvent assurer le ménage, se marient, car le
mariage est plus décent pour la vue et plus sûr de la chasteté. Quant à
ceux qui ne peuvent pas entrer en ménage, qu'ils jeûnent, car le jeûne leur
sera un calmant» (Rapporté par Boukhari et Mousttm) (1) .
Il est dit dans les Sunans:«Mariez-vous d'avec les femmes
fécondes, car je m'enorgueillirai de vous devant les autres nations au
jour de la résurrection».
Le terme «célébataires» signifie ceux et celles qui sont comme
tels et les hommes et femmes qui n'ont pas de conjoints soit à la suite
du divorce soit à la mort de l'un d'eux.
«Que la pauvreté ne soit pas un obstacle, car, par un effet de Sa
grâce, Allah peut les enrichir» Que les hommes et femmes soient-ils
libresr de condition ou des esclaves, étant pauvres et désirant se
marier, Dieu les enrichira par Sa faveur. Et à ce propos Abou Houraira
rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois individus qu'il incombe
à Dieu de leur venir en aide: Celui qui veut se marier pour garder sa
chasteté, un moukatab (un affranchi contractuel) voulant s'acquitter du
1
466
prix de son affranchissment et un combattant dans le sentier de Dieu» (-
Rapporté par Ahmed, Tirmidzi et Nassaï) (l) .
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a marié un homme
qui n'avait que son izar qu'il portait et pour dot qu'une bague en fer, et
un autre contre ce qu'il connaissait du Coran pour l'apprendre à sa
femme. Car on espère toujours que Dieu pourvoie aux besoins des
nécessiteux.
«Que ceux qui ne trouvent pas à se marier vivent dans la continence
jusqu'à ce qu'Allah pourvoie à leurs besoins». Dieu ordonne à ceux qui ne
trouvent pas les moyens de se marier, de rechercher la continence et
de s'abstenir de tout interdit, comme on a déjà cité dans le hadith
prophétique: «Qu'il jeûne, car le jeûne lui sera un calmant». Ce verset
a une portée générale, tandis que celui qui est cité dans la sourate
des Femmes: «Celui qui n'aura pas les moyens d'épouser des femmes de
bonne condition... jusqu'à si vous pouvez supporter l'abstinence du célibat,
c'est préférable. Allah est miséricordieux et clément...» [Coran IV, 25]
celui-ci est plus caractérisque; car s'abstenir d'épouser les esclaves
est meilleur que d'avoir un enfant qui naîtra un esclave à son tour.
Quant à Ikrima, il a commenté le verset de la façon suivante:
Celui qui regarde une femme qui lui plait en la convoitant, s'il a une
femme, qu'il aille assourvir ses désirs sur elle, sinon qu'il médite sur le
royaume des deux et de la terre jusqu'à ce que Dieu l'enrichisse.
«Affranchissez ceux de vos esclaves qui vous le demandent, si vous les
en jugez dignes». Ceux qui possèdent des esclaves et que ceux-ci
veulent être affranchis moyennant une «kitaba», c'est à dire une
somme à payer contre cet affranchissement par acomptes, ils doivent
leur accorder cette faveur si ces derniers sont capables de travailler et
payer. D'après l'opinion de la majorité des ulémas c'est une
recommandation et non un ordre catégorique.
Quant à Ibn Jouraïj, il a demandé à 'Ata: «Dois-je accepter
467
l'affranchissment de mon esclave s'il possède de l'argent qu'il me paye
à termes?». Il lui répondit: «A mon avis c'est une obligation». Amr Ben
Dinar demanda alors à Ata: «Le préfères-tu à un autre?» - Non,
répliqua-t-il. Puis il raconta que Sirine était un esclave riche et avait
demandé à Anas de l'affranchir par un contrat selon lequel il lui payera
le prix à termes. Comme Anas refusa, Sirine se rendit chey Omar Ben
Al- kahttab qui frappa Anas par sa férule en lui disant: «Accepte sa
proposition», et il lui récita: «Affranchissez ceux de vos esclaves qui vous
le demandent, si vous les en jugez dignes». Et Anas s'exécuta.
Malek a déclaré: Ce que nous appliquons consiste à ne plus
contraindre le maître de l'esclave à l'affranchir au moyen de la Kitaba
(par un contrat) et nul parmi les imams n'a obligé un homme à le faire.
L'expression: «si vous les en jugez dignes» signifie: soit que l'esclave
possède de l'argent, soit qu'il est capable de travailler.
«Faites-les bénéficier des biens qu'Allah vous accorde» L'interprétation
de ce verset a suscité une controverse dans les opinions:
- Il s'agit de remettre à ces esclaves une partie de leur prix
d'affranchissement (kitaba) comme ont avancé certains ulémas.
- D'autres ont dit qu'on doit leur donner une partie des biens de la
zakat.
- Ibn Abbas d'affirmer: Dieu a ordonné aux croyants de venir en
aide aux esclaves pour s'acquitter des termes de leurs contrats
d'affranchissement. (On l'a déjà cité dans un hadith prophétique).
Il s'avère que la première opinion est la plus logique.
«N'obligez pas, par esprit de lucre, vos jeunes esclaves à se prostituer»
On a rapporté qu'à l'époque préislamique les hommes contraignaient
leurs esclaves (femelles) à pratiquer la prostitution en leur imposant un
certain pourcentage chaque fois qu'elles la faisaient. L'Islam a aboli
cette coutume, et les croyants sont ordonnés à s'en abstenir. On a dit
aussi, à propos de la révélation de ce verset, que Abdullah Ben Oubay
Ben Saoul avait des esclaves qui les poussait à la prostitution en vue
de bénéficier de cet impôt qu'il leur imposait, d'avoir beaucoup
d'enfants et de rester un maître remarquable.
468
Entre auters récits concernant Abdullah Ben Oubay Ben Saloul et
ses esclaves, on se contente de raconter celui-ci d'après As-Souddy:
«Abdullah, le chef des hypocrites, avait une esclave appelée
«Mou'adza». Chaque fois que Abdullah recevait un hôte, il envoyait
cette esclave pour avoir de rapports charnels avec ui, espérant par cet
acte ignominieux gagner le respect de l'hôte et son amitié. Mou'adza
se rendit une fois chez Abou Bakr, le mit au courant et se plaignit du
mauvais comportement de Abdullah.
Abou Bakr, à son tour, alla trouver le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- qui lui demanda de retenir cette esclave chez lui.
Abdullah, ayant eu vent de l'acte du Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-, s'écria en menaçant: «Qui peut me justifier l'action de
Mouhammed qui se mêle à nos propres affaires et soulève nos
esclaves contre nous?» Dieu à cette occasion fit cette révélation.
«par esprit de lucre» c'est à dire pour se procurer les biens de ce
bas monde en bénficiant des impôts imposés sur la prostitution. A cet
égard, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a interdit
de bénéficier des biens provenant de ces trois sources: Le salaire du
Saigneur, le prix de la prostitution et le salaire du devin.
«Si vous les obligez, en présence d'une telle contrainte, Allah se
montrerait indulgent et compatissant». Dieu pardonne à celles qui ont
pratiqué la prostitution par contrainte, et le péché retombe sur celui qui
les a obligées à le faire.
Dans un hadith authentique, le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Dieu fait preuve de mansuétude à l'égard de
ma communauté quand elle pèche par erreur, oubli ou contrainte» (-
Rapporté par Ihn Maja et Baihaqi/ 1 '.
«Nous vous avons révélé des versets clairs» Dieu a fait descendre le
Coran qui comporte des versets clairs renfermant les enseignements.
469
«Ce sont des leçons tirées de la vie des peuples passés», et ce qu'ils ont
subi comme châtiments en enfreignant les ordres divins. C'était un
exemple afin que les hommes le sachent et s'en souviennent. Seuls
qui craignent Dieu en tirent un grand profit.
Au sujet du Coran, Ali Ben Abi Taleb a dit: «Il tranche vos
différends, raconte l'histoire des peuples passés et les événements à
venir».
'Al-Lâhu nûru-s-samâwâti wa-l-'ardi matalu nûrihî ka miskâtin fiha
misbâhun-i-l-misbâhu fî-zujâjatan-i-zujâjatu ka'annahâ kawkabun
durriyyun yuqadu min sajaratim mubârakatin zaytûnati-l-lâ sarqiyyatin
walâ garbiyyatin yakâdu zaytuhâ yudT'u walaw lam tamsashu nârun,
nûrun 'alâ nûrin yahdî-L-Lâhu linûrihî may-ya5â* 'u wa yadribu-L-Lâhu-
l-'amtâla li-n-nâsi wa-L-Lâhu bi kulli say'in 'Alîmun (35).
Allah est la lumière des deux et de la terre. Cette lumière est comme
un foyer dont la flamme luit au centre de glaces de cristal qui ont l'éclat
d'une étoile. L'huile d'un olivier béni qui ne se trouve ni en orient ni en
occident l'alimente. Peu s'en faut que cette huile s'enflamme d'elle-même.
C'est une lumière enveloppée de lumières- Allah dirige vers cette lumière
qui II veut. Allah cite des exemples aux hommes. Il embrasse tout. (35).
En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit: «Dieu dirige les
habitants des deux et ceux de la terre. Il dirige même les étoiles, le
soleil et la lune.» Quant à Anas, il a avancé que Dieu veut dire par là:
«Ma lumière est une guidée». Oubay Ben Ka'b a dit: «C'est le croyant
que Dieu a mis la foi et le Coran dans son cœur. Il le présente comme
exemple quand II a dit: «Allah est la lumière des cieux et de la terre» Il a
-e&mmencé par Sa propre lumière puis celle du croyant. Ceci signifie:
Elle ressemble à la lumière de quiconque a cru en Lui, il est certes le
470
croyant dont le cœur est rempli de la foi et du Coran. Enfin As-Souddy
1 a dit: «C'est grâce à la lumière de Dieu que les cieux et la terre sont
éclairés».
Il est cité dans un hadith que le Messager de Dieu invoquait Dieu
par ces mots: «Je cherche refuge dans la lumière de Ta Face qui
éclaire les ténèbres».
Ibn Abbas rapporte: «Quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- s'éveillait la nuit, il disait: «Grand Dieu, à Toi les louanges. Tu
es la lumière des cieux et de la terre et ce qu'ils contiennent. A Toi les
louanges. Tu es le Seigneur des cieux et de la terre et ce qu'ils
contiennent».
«Cette lumière est..» qui fut interprété de deux façons: Elle revient
à Dieu -à Lui la puissance et la gloire- et elle ressemble à celle qui se
trouve dans le cœur du croyant qu'il a dirigé. La deuxième: elle revient
au croyant et qui signifie que: la lumière qui se trouve dans le cœur du
croyant rassemble à une niche. Il a donné comme exemple le cœur du
croyant dont la foi lui est inhérente à cause de ce qu'il reçoit du Coran
(ses enseignements) qui se concorde avec sa natutre innée.
Dans ce verset Dieu compare le cœur du croyant à une lampe
faite en cristal pur et transparent, alimentée par ce qu'il a renteu du
Coran comparé à une huile d'une bonne qualité et pure. Cette lampe
se trouve dans un verre, et ce verre est semblable à une étoile
brillante.
«L'huile d'un olivier béni qui ne se trouve ni en Orient ni en Occident
l'alimente». C'est à dire que cet arbre se trouve dans un endroit
intermédiaire: ni à l'est où les rayons soleils ne l'atteignent pas au
début de la journée, ni à l'ouest où l'ombre le couvre avant le coucher
du soleil. Il se trouve au juste milieu, et donne une huile pure et claire.
Car, comme on a dit à ce sujet, tout olivier dont le soleil l'atteint toute
la journée, donne la meilleure qualité d'huile.
Al-Hassan Al-Basri a commenté cela et dit: «Si cet arbre se
trouvait sur la terre, il aurait été planté à l'est ou à l'ouest, mais on doit
entendre par cela qu'il est un exemple de Sa lumière que Dieu
_ présente.
471
La plus logique des opinions données, consiste à considérer cet
olivier comme se trouvant sur un plateau de la terre où le soleil le
couvre le matin jusqu'au soir pour donner une huile pure. C'est
pourquoi Dieu dit ensuite: «Peu s'en faut que cette huile ne s'enflamme
d'elle-même.» Cette huile est près d'éclairer sans que le feu la touche.
«C'est une lumièe enveloppée de lumières» qui signifie, d'après
Oubay Ben Ka'b: «Le croyant vit dans cinq phases qui sont toutes de
lumière: Ses paroles sont de lumière, ainsi que ses œuvres, son
entrée, sa sortie et son sort au jour de la résurrection qui sera le
Paradis.
Quant à l'interprétation de As-Souddy, elle est la suivante:
Lorsque la lumière du feu et celle de l'huile se réunissent, elles
produisent une grande lumière, mais aucune d'elles ne la donne sans
l'autre. Ainsi sont la lumière du Coran et celle de la foi quand elles se
trouvent dans le cœur du croyant.
«Allah dirige vers cette lumière qui veut» Dieu guide, vers Sa
lumière, qui II veut parmi ses créatures; comme il est dit dans un
hadith: «Dieu créa Ses créatures dans une obscurité totale puis II
diffusa sur elles de sa lumière. Celui qui en a eu une partie, fut dirigé,
et celui qui n'en a rien reçu fut égaré.
«Allah cite des exemples aux hommes. Il embrasse tout». Après avoir
présenté l'exemple du cœur du croyant, Dieu fait savoir aux hommes
qu'il est le seul à connaître ceux qui sont aptes à être dirigés. A cet
égard Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les cœurs sont au nombre de
quatre: un cœur sincère où se trouve une lampe qui éclaire, un cœur
dans un sac dont l'ouverture est bien fermée, un cœur renversé et un
cœur blindé. Le premier est celui du croyant où la foi l'éclairé, le
deuxième est celui de l'incrédule, le troisième celui de l'hypocrite qui a
connu la vérité puis s'en est détourné, enfin le quatrième est le cœur
où on y trouve de la foi et de l'hypocrisie. La foi est semblable à une
plante arrosée toujours par une eau pure; tandis que l'hypocrisie est
semblable à un ulcère qui se nourrit de sang et de pus. Laquelle de
ces deux alimentations l'emporte sur l'autre aura fait triompher celle
qu'elle alimente».
472
fî buyûtin 'adina-L-Lâhu 'an turfa'a wa yudkara fîhâ-smuhû yusabbihu
lahû fihâ bil-guduwwi wa-l-'asâli (36) rijalu-l-lâ tulhîhim tijâratum walâ
bay'un 'an dikri-L-Lâhi wa 'iqâmi-s-salâti wa 'ità*'i-z-zakâti yahâfûna
yawman tataqallabu fîhî-1-qulûbu wa-l-'absâru (37) liyajziyahumu-L-
Lâhu 'ahsana mâ 'amilû wa yazîdahum min fadlihî wa-L-Lâhu yarzuqu
may-yasa'u bigayri hisâbin (38).
Par la volonté d'Allah, des temples se sont élevés où l'on glorifie son
nom. Nuit et jour, (36) y prient des fidèles que ni la passion du négoce ni le
lucre ne détournent de la joie d'exalter Allah, de le prier et de faire la
charité. Ils redoutent le jour où les esprits et les regards seront annihilés.
(37) Par cette pieuse attitude, ils recherchent une belle récompense et
espérant s'attirer les effets toujours plus grands de la grâce d'Allah. Allah
distribue sans compter à qui II veut. (38).
Après avoir montré que le cœur du croyant rempli de science et
de guidée est tel qu'une lampe qui se trouve dans un verre, alimentée
par une huile bénie, comme un astre à grand éclat, Dieu indique les
places de ces lampes qui ne sont que les mosquées, les meilleurs
endroits sur terre aimés de Lui, consacrés à Son adoration.
«Par la volonté d'Allah, des temples se sont élevés» qui doivent être
tenus propres de toute souillure provenant d'un acte ou d'une parole
qui ne leur siéent pas. Ka'b Al-Ahbar disait: «Il est écrit dans le
Pentateuque: (Dieu dit) que les mosquées sont mes demeures sur
terre. Quiconque aura fait ses ablutions à la perfection et y viendra Me
visiter, Je l'honorerai. Il est du droit des visiteurs d'obtenir les
considérations du maître de la maison».
Plusieurs sont les hadiths prophétiques qui partent des mosquées,
473
de leurs mérites, de leur vénération et de leur encensement. En voici
quelques uns à titre d'exemple:
- Le prince des croyants Othman Ben Affan rapporte qu'il a
entendu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «-
Quiconque bâtit une mosquée pour obtenir la satisfaction de Dieu, Dieu lui
bâtit une demeure au Paradis» (Rapporté par Boukhari et MousUm) (1 K
- Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- nous a ordonné de construire des mosquées dans
les quartiers, de les tenir propres et de les encenser.
- Anas, que Dieu l'agrée - rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'Heure suprême ne se dressera
avant que les gens ne s'enorgueillissent dans le mosquées».
- Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, d'après
Abou Houraira, a dit: «Lorsque vous trouvez quelqu'un faire des
négoces dans les mosquées dites: «Puisse Dieu ne t'accorder aucun
bénéfice de tes transactions». Et si vous rencontrez quelqu'un dans la
mosquée rechercher un objet perdu, dites: «Puisse Dieu ne te le
rendre pas».
- Ibn Maja rapporte d'après Ibn Omar ce hadith qu'il remonte au
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dans lequel il dit: «Il y a des
choses qu'on ne doit pas les faire dans les mosquées: de les prendre
pour un passage (c'était avant la construction des mosquées), d'y
brandir une arme, de faire vibrer l'arc ou lancer des flèches, d'y passer
en portant de la viande crue, d'y appliquer une peine prescrite et de
les prendre pour de marchés».
On ne doit pas donc les considérer comme passage sauf dans le
cas urgent, n'y manipuler un arc de peur que les flèches n'atteignent
les prieurs, n'y porter de la viande crue afin de ne les souiller par le
sang, n'y appliquer une peine prescrite pour éviter les mosquées de la
474
souillure de l'exécuté et enfin les prendre pour des marchés car elles
ne sont établies que pour l'adoration et la glorification de Dieu. On a
dit enfin qu'il ne faut pas laisser les garçons et les fous prendre ces
mosquées pour un terrain de jeu.
Boukhari rapporte que As-Saïb Al-Kindi a dit: «J'étais debout dans
la mosquée quand quelqu'un me jeta d'un caillou. Je regardai et
trouvai Omar Ben Al-Khattab qui me dit: «Va et amène-moi ces deux
personnes (dont leur voix s'élevait dans la mosquée). En les lui
présentant, il leur demanda: «Qui êtes-vous? D'où venez-vous?» - De
Taëf, répondit-on. - Si vous étiez de ce pays, répliqua Omar, je vous
aurais frappés durement parce que vous élevez vos voix dans la
mosquée du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Ibn Omar rapporte que Omar -Son père- ordonnait aux gens
d'encenser les mosquées surtout le jour de vendredi.
Dans les deux Sahih, il est cité que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Une prière en commun surpasse de vingt-
cinq fois la prière que l'homme accomplit chez lui ou dans le marché. Celui
qui fait les ablutions chez lui, se rend à la mosquée rien que pour accomplir
la prière, il ne fait un pas sans qu'on l'élève d'un degré et qu'on lui efface
un péché. Lorsqu'il accomplit la prière, les anges ne cessent de lui
demander la bénédiction de Dieu, tant que cet homme se trouve dans le
même endroit où il a fait la prière, en disant: «Grand Dieu, accorde-lui Ta
bénédiction, fais-lui miséricorde» . Il est considéré en prière tant qu'il
attende la prière suivante» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (I> .
Il est recommandé à celui qui se rend à la mosquée d'entrer en
commençant par le pied droit. Al-Boukhari rapporte d'après Abdullah
Ben Omar que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
475
dit: «Lorsque l'un d'entre vous entre dans la mosquée, qu'il dise: «Je
me réfugie auprès de Dieu l'Inaccessible, de Sa Noble Face et de Son
pouvoir éternel, contre le démon le maudit». En formulant cette
invocation, il sera préservé du démon toute la journée».
Dans une autre recommandation!, le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Lorsque l'un d'entre vous entre dans la
mosquée, qu'il prie pour le Prophète et qu'il dise: «Grand Dieu, ouvre-moi
les portes de Ta miséricorde». En sortant, qu'il prie pour le Prophète et
qu'il dise: «Grand Dieu, accorde- moi de Tes faveurs» (Rapporté par
MousdMm et Nassaï) (1> .
Dans une autre version rapportée par Fatima -que Dieu l'agrée,
quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- entrait dans fa
mosquée, il disait: «Grand Dieu, pardonne mes fautes et ouvre-moi les
portes de Ta miséricorde» après avoir demandé la bénédiction et la
grâce de Dieu en faveur du Messager de Dieu. En sortant, il
demandait la même chose en ajoutant: «Grand Dieu, pardonne mes
fautes et ouvre-moi les portes de Ta grâce».
«Par la volonté d'Allah, des temples se soat élevés où l'on glorifie son
nom» ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Relevez vos fronts au
moment de chaque prière, invoquez-Le d'une foi pure» [Coran VII, 29]. Les
mosquées sont établies pour adorer Dieu en glorifiant son nom et
réciter son Livre.
«Nuit et jour, y prient des fidèles» Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de la
prière de l'aube qui est le début de la journée et celle de l'asr avant le
coucher du soleil qui sont les premières prescrites. «Des fidèles» én
désignant ceux qui ne cessent, grâce à leur foi profonde et ferme, de
fréquenter les mosquées pour s'acquitter des prièers, glorifier Dieu et
exalter Son unicité. Quant aux femmes, leurs prières dans leurs
demeures sont meilleures pour elles.
A ce propos, Ahmed rapporte que Oum Houmayd la femme de
476
Abou Houmayd As-Sa'idi, vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- et lui dit: «O Messager de Dieu, j'aime accomplir les
prières avec toi». Il lui répondit: «J'apprécie bien ton désir, mais sache
que ta prière dans ta demeure est meilleure que ta prière dans la
mosquée de ton quartier et une prière dans cette mosquée est
meilleure que ta prière dans ma mosquée». Plus tard, cette femme
ordonna qu'on lui construise une mosquée dans sa demeure la plus
éloignée où elle s'acquittait de toutes les prières jusqu'à sa mort».
D'autre part, il est permis aux femmes d'accomplir leurs prières en
commun avec les hommes (en se tenant derrère eux) à condition de
ne causer aucune nuisance ni de se parer ni de se parfumer. Car il est
cité dans un hadith authentique: «N'empêchez par les servantes de
Dieu de fréquenter Ses mosquées». Aicha -que Dieu l'agrée a
rapporté, d'après les deux Sahih, que les femmes assistaient à la
prière de l'aube avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue-, et retournaient chez elles calfeutrées de leurs manteaux sans
être reconnues à cause de l'obscurité de l'aube».
«... des fidèles que ni la passion dn négoce ni le lucre ne détournent de
la joie d'exalter Allah», tout comme Dieu a dit ailleurs: «O croyants, que
le souci de vos richesses et de vos enfants ne tous détournent pas d'Allah»
[Coran LXIV, 9]. Voulant dire par là: Que le bas monde avec ses
clinquants, ses biens et ses plaisirs ne vous distraient pas du Souvenir
de Dieu, car ce qui se trouve auprès de Lui est beaucoup plus meilleur
de ce qu'ils possèdent. Ceux-là préfèrent l'adoration et l'amour de Dieu
à quoi que ce soit du bas monde.
On a rapporté qu'lbn Omar se trouvait dans le marché quand on
appelait à la prière. Les hommes fermèrent leurs boutiques et se
rendirent à la mosquée». C'est à leur sujet que ce verset fut révélé.
On a rapporté suivant plusieurs versions, que les hommes qui se
trouvaient dans les marchés, lorsqu'ils entendaient l'appel à la prière,
et même s'ils étaient en train de conclure des transactions très
bénéfiques, ils laissaient tout et se rendaient aux mosquées pour
s'acquitter de la prière à son heure déterminée.
«Ils redoutent le jour où les esprits et les regards seront annihilés»
477
c'est à dire au jour de la résurrection, les cœurs et les regards seront
bouleversés à cause de la frayeur de ce jour, tout comme le Seigneur
a dit: «Il retarde son verdict jusqu'au jour où tous les regards seront figés
d'effroi» [Coran XIV, 42].
Et ainsi Dieu les récompensera pour les meilleures de leurs
actions. Il acceptera les bonnes actions en les décuplant et leur
pardonnera les mauvaises. «Allah distribue sans compter à qui II veut»
car sa récompense est incommensurable.
Dans un hadith il est dit: «Lorsque Dieu réunit les premiers et les
derniers, une voix interpellera les hommes de sorte que toutes les
créatures puissent l'entendre: «Les hommes sauront aujourd'hui ceux
qui jouiront des plus grandes faveurs de Dieu. Que ceux dont nul
négoce, nui troc ne les ont distraits du Rappel de Dieu se lèvent». Ils
se lèveront, mais ils seront peu nombreux. Puis toutes les autres
créatures seront jugées» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).
Ce jour-là Dieu récompensera les fidèles et augmentera Sa grâce
envers eux. En commentant cela, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «La récompense sera le Paradis, quant à l'autre grâce, il
s'agit de leur intercession en faveur de ceux qui lui ont fait un bien
quelconque dans le bas monde.
wa-l-ladîna kafariï Vmâluhum kasarâbim-biqî'atin yahsabuhu-z-
zam'ânu ma 'an hatta 'idâ ja 'ahu lam yajidhu say'an wa wajada-L-Lâha
'indahû fawaffâhu hisâbahû wa-L-Lâhu sarî'u-l-hisâbi (39) 'aw
kazulumâtin fï bahri-l-lujjiyyin yagsâhu mawjun min fawqihî mawjun
478
min fawqihî sahâbun zulumâtun ba'duhâ fawqa ba'din 'idâ 'ahraja
yadahû lam yakad yarâhâ wama-l-lam yaj'ali-L-Lâhu lahû nûran famâ
lahû min nûrin (40).
Les œuvres des infidèles ressemblent aux mirages du désert. Les
prenant pour de l'eau, l'homme altéré les poursuit mais jamais ne les
atteint. Ce qu'il trouve, c'est Allah pour régler son compte. Allah est
prompt à juger. (39) Elles ressemblent aussi à des ténèbres couvrant une
mer houleuse où les vagues s'entrechoquent. Sur ces vagues, s'étend un
épais brouillard et s'entassent des ombres. Si l'homme y tend sa main, il a
peine à la distinguer. Celui qu'Allah prive de lumière ne la trouvera nulle
part. (40).
Ce sont deux exemples que Dieu donne pour distinguer deux
sortes d'incrédules.
La première: comprend les incrédules prétentieux qui se croient
que leurs œuvres et leur croyance reposent sur une vérité alors
qu'elles sont nulles. Leur cas ressemble à un mirage qui apparait dans
une plaine et sera vu comme de l'eau qui existe entre ciel et terre, tout
altéré, le voyant, se rend pour se désaltérer mais en y arrivant, il ne
trouve rien. Ainsi l'incrédule qui dans la vie d'ici-bas, a fait d'actions
pensant qu'elles lui procureraient quelque bien et quelque récompense
au jour de la réssurection, une fois comparu devant le Seigneur pour
lui demander compte, il trouvera que ses œuvres étaient vaines et
même nulles. Dieu affirme cette réalité quand II a dit: «Nous irons droit
à leurs œuvres et nous les réduirons en poussière» [Coran XXV, 23]. Dieu
est prompt dans ses comptes.
Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection on demandera
aux juifs: «Qu'adoriez-vous (dans le bas monde)?» Ils répondront: «Nous
adorions 'Ouzai'r le fils de Dieu» -Vous mentez -répliquera-t-on, Dieu ne
s'est jamais donné un fils. Que désirez-vous?» Ils diront: «Seigneur, nous
avons soif, abreuve-nous» On leur ripostera: «Ne voyez-vous pas?». Et
alors on leur présentera les flammes du Feu sous forme d'un mirage, dont
ses parties dévorent les unes les autres.» Les juifs accourront vers ce
mirage et seront précipités dans le Feu» ( Rapporté par Boukhari et
479
Mouslim)
La deuxième: comporte les ignorants et les niais qui imitent les
incrédules, sourds et muets qui ne conçoivent rien. Ils sont semblables
«à des ténèbres couvrant une mer houleuse où les vagues s'entrechoquent.
Sur ces vagues, s'étend un épais brouillard et s'entassent des ombres. Si
l'homme y tend sa main, il a peine à la distinguer». Tel est le cœur de
l'impie, ignorant et niais qui avait imité d'autres ne sachant où ils
allaient le prendre et vers quoi ils le guidaient.
L'épais brouillard cité dans ce verst, signifie d'après Ibn Abbas le
sceau que Dieu pose sur le cœur, l'ouïe et la vue de l'impie, comme
Dieu le montre dans ce verset: «... duquel II endurcit l'ouïe et le cœur et
sur les yeux duquel II met un voile» [Coran XLV, 23]. L'incrédule vit dans
cinq ténèbres: Ses parole sont comme une ténébrité, ainsi que ses
actions, son entrée, sa sortie et sont sort au jour dernier.
«Celui qu'Allah prive de lumière ne la trouvera nulle part» Certes,
celui qui Dieu n'a pas dirigé, sera égaré et perdant.
Nous implorons le Seigneur de mettre de la lumière dans nos
cœurs, à nos droites, à nos gauches et d'assigner-nous de la lumière.
'alam tara 'anna-L-Lâha yusabbihu lahû man fî-s-samâwâti wa-l-'ardi
wa-t-tayru sïffâtin kullun qad 'alima salâtahû wa tasbîhahû wa-L-Lâhu
'Alîtnum-bimâ yafalûna (41) wa-li-L-Lâhi mulku-s-samâwâti wa-l-'ardi
wa'ilâ-L-Lâhi-l-masîru (42).
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480
Ne vois-tu pas que toute la création, les deux et la terre, chantent la
gloire d'Allah, jusqu'aux oiseaux qui- volent en file? Chaque être a une
prière et un mode d'adoration qui lui est propre. Allah connaît les actions
de chacun. (41) Allah est le Maître des cieux et de la terre et c'est à Lui
que tout fait retour. (42).
Tout ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre, soient-ils des
anges, des humains, de génies, d'animaux et des choses inanimées,
glorifie Dieu et chante Sa pureté. Même les oiseaux lors de leur envol,
adorent et glorifient leur Seigneur qui les guide vers quoi ils trouvent
leur subsistance alors qull connait bien leurs actions.
«Chaque être a une prière et un mode d'adoration qui lui est propre».
En guidant toutes les créatures, Dieu inspire à chacune d'elles son
mode d'adoration et de louange, et connait parfaitement comment ils
se comportent et toutes leurs actions.
La royauté des cieux et de la terre appartient à Dieu seul, Il est le
seul à en disposer sans aucun associé, et nul ne doit être adoré en
dehors de Lui ou s'opposer à Ses ordres.
«C'est à lui que tout fait retour» au jour de la résurrection pour
rétribuer chacun selon ses œuvres.
@ JM àji Uê M 4 k
'alam tara 'anna-L-Lâha yuzjî sahâban tumma yu'afflifu baynahû t
umma yaj'aluhû rukâman fatarâ-l-wadqa yahruju min hilâlihî wa
yunazzilu mina-s-sama 'i min jibâlin fîhâ mim baradin fayusîbu bihî may-
yasa'u wa yasrifuhû 'am-may-yasa 'u yakâdu sanâ barqihî yad habu-bi-1-
'absâri (43) yuqallibu-L-Lâhu-l-layla wa-n-nahâra 'inna fî-dâlika
la'ibratan li'ûlî-l-'absâri (44).
C'est Allah -ne le vois- tu pas? -qui crée les nuages, les groupe et les
481
1
s
amoncelle. Ne vois-tu pas aussi qu'il en tire une pluie abondante? C'est
encore Lui qui précipite du ciel des avalanches de grêle dont n accable ou
préserve qui II veut. Peu s'en faut que le feu de l'éclair ne ravisse la vue
des hommes. (43) Allah fait succéder le jour et la nuit. Tout ceci est sujet à
méditation pour qui réfléchit. (44).
Dieu crée d'abord les nuages minces et dispersés, puis il les
pousse pour les amonceler, ensuite l'ondée sort de leur profondeur. «-
C'est encore Lui qui précipite du ciel des avalanches de grêle dont II
accable ou préserve qui n veut». Certains, en traduisaant textuellement
l'expression arabe, ont avancé que Dieu fait descendre du ciel des
montagnes pleines de grêle, d'autres ont dit que les montagnes citées
dans le verset ne sont que les nuages amoncelés. Dieu en frappe qui
Il veut en détériorant les plantations et les fruits comme un signe de
Son châtiment et Sa vengeance, ou II en préserve qui II veut par un
effet de Sa miséricorde.
«Peu s'en faut que le feu de l'éclair ne ravisse la vue des hommes» Car
si on suit l'éclair et sous l'effet de son intensité, on craint d'être trop
ébloui au point où on perd la vue. Il fait succéder le jour et la nuit, en
allongeant ou raccourcissant l'un et l'autre selon les saisons. Il y a, en
vérité, en cela un enseignement et un signe pour ceux qui voient et
réfléchissent.
wa-L-Lâhu halaqa kulla dà bbatim min ma 'in fa minhum may-yamsî
'alâ batnihî wa minhum may-yam5î 'alâ rijlayni wa minhum may-yam5î
'ala 'arba'in yahluqu-L-Lâhu mâ yasa "u 'inna-L-Lâha 'alâ kulli say'in
qadîrun (45).
Allah a créé d'eau tous les animaux. Les uns rampent, d'autres
marchent sur deux jambes, d'aucuns sur quatre. Allah crée ce qu'il veut. Il
est tout-Puissant. (45).
482
Dieu montre Son omnipotence dans les différentes sortes de ses
créautres; quant à leur formes, leurs couleurs, leurs mouvements et
autre caractéristiques, à savoir qu'elles sont toutes créées à partir de
l'eau. «Les uns rampent» tels que les serpents, «d'autres marchent sur
deux jambes» tels que les humains et une catégorie d'oiseaux «d'aucuns
sur quatre» tels que les bestiaux et autres. Par Son pouvoir, Il crée ce
qu'il veut, car II est capable sur toute chose.
laqad 'anzalnâ* 'â'yâtim bayyinâtin wa-L-Lâhu yahdî may- yas'a'u 'ilâ
sirâtim mustaqîmin (46).
Nous avons révélé de clairs versets. Allah met qui II veut sur le droit
chemin. (46).
Dieu, dans le Coran, a fait descendre des Signes et versets clairs,
des exemples et des enseignements, pour ceux qui les comprennent,
les perspicaces, et veulent être bien dirigés. «Allah met qui II veut sur
le droit chemin».
15 & *5 fcjS «V
3 & rrJ 4 k£ é & & Ufi
wa yaqûlûna 'a mannà bi-L-Lâhi wa bi-r-rasûli wa 'ata'nâ tumma
yatawallâ fariqum min hum mim ba'di dâlika wamâ 'ûlâ^'ika bi-1-
mu'minîna (47) wa 'idâ du'û 'ilâ-L-Lâhi wa rasûlihî liyahkuma
483
baynahum 'idâ farîqum minhum mu'ridûna (48) wa 'iy-yaku-l-lahumu-1-
haqqu ya'tiî 'ilayhi mud'inîna (49) 'afi qulubihim maradun ami-r-tabû
'am yahâfûna 'ay-yahîfa-L-Lâhu 'alayhim wa rasûluhû bal 'ûlJf'ika
humu-z-zâlimûna (50) 'innamâ kâna qawlu-l-mu'minîna 'idâ dutî 'ilâ-L-
Lâhi wa rasûlihî liyahkuma baynahum 'ay-yaqûlû sami'nâ wa 'ata'nâ wa
'ûlâ'Mka humu-l-muflihûna (51) wamay- yuti'i-L-Lâha wa rasûlahû wa
yahSa-L-Lâha wa yattaqhi fa'ûlï'ika humu-l-fa 'izûna (52).
Ils affirment: «Nous croyons en Allah et an Prophète et nous leur
obéissons. Puis une partie d'eux renient leurs déclarations. Vraiment ce ne
sont pas là des croyants. (47) Quand ils sont cités au tribunal d'Allah ou de
Son Prophète, une partie d'entre eux le récuse. (48) S'ils sont sûrs de
triompher, ils s'empressent vers ce tribunal. (49) Leur cœur est-il imfirme
ou bien doutent-ils? ou bien appréhendent-ils l'arbitraire d'Allah et de Son
Prophète? Vraiment, ce sont de méchantes gens. (50) Voici ce qu'il sied de
dire aux croyants quand ils sont appelés au tribunal d'Allah et de Son
Prophète: «Nous avons entendu votre appel et nous nous y conformons»
Les voilà les bienheureux. (51) Quiconque obéit à Allah et à Son Prophète,
craint Allah et le redoute, celui-là est sûr de triompher. (52).
..- &
Dieu parle des hypocrites qui divulguent autres choses que celles
qu'il couvent. Ils disent: «Nous croyons en Dieu et au Prophète et nous
leur obéissons» Mais voilà que certains d'entre eux se détournent
ensuite. Ils se contredisent: ils disent ce qu'ils ne font pas, et font ce
qu'ils ne disent pas. «Vraiment, ce ne sont pas là des croyants».
«Quand ils sont cités au tribunal d'Allah ou de Son Prophète». En
d'autre terme, s'ils sont appelés devant Dieu et Son Prophète pour que
celui-ci juge leurs différends, ou encore suivant une autre
interprétation: s'ils sont appelés à suivre le droit chemin et ce que Dieu
a révélé, ils s'en détournent par orgueil, comme Dieu a dit ailleurs: «-
Lorsqu'on les convie à se rallier aux révélations d'Allah et à son Prophète,
on les voit, ces hypocrites, se détourner de toi» [Coran IV, 61]. Al-
Tabarani a cité le hadith suivant: «Celui qui est appelé à comparaître
devant un gouverneur et ne répond pas il est injuste et ne jouit
d'aucun droit».
«S'ils sont sûrs de triompher, ils s'empressent vers ce tribunal». Ils
viendraient à lui, s'ils avaient le droit pour eux et se soumettraient,
484
sinon ils ne répondraient pas, appelleraient à un autre que le droit et
préféreraient s'en rapporter à d'autre que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue-. Donc leur soumission n'est pas issue de leur
croyance que c'était bien le droit, mais parce que le verdict serait
compatible avec leurs penchants. C'est pourquoi ils s'en détourneraient
s'il était autrement.
«Leur cœur est-il infirme?» ou bien leur cœur est atteint d'une
maladie qui lui est inhérente, ou bien ils éprouvent un doute
quelconque quant à leur foi,, ou bien encore ils redoutent que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne soit injuste
envers eux. Quelle que soit leur attitude, leur comportement est une
pure incrédulité, et Dieu connaît bien leur intention. Ils sont vraiment
des injustes, car ni Dieu ni Son Prophète ne sauraient être inéquitables
et sont loin d'être accusés d'une telle iniquité.
A ce propos, Al-Hassan a dit: «Il arrivait qu'un litige mettait deux
hommes face à face. L'ayant-droit répondait à comparaître devant le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- que les deux parties
prenaient pour juge., Mais si l'un d'eux savait que le verdict ne saurait
être de son côté, il ne répondait pas. Il disait: «Je prends pour juge un
tel» autre que le Prophète.
Quant aux croyants qui ont cru en Dieu et à Son Prophète, ils ne
recherchent que le Livre de Dieu et la sunna du Prophète pour les
suivre. Ils disent: «Nous avons entendu votre appel et nous nous y
conformons» Ceux-là réussiront et seront les bienheureux.
Abou Ad-Darda' a dit: «Il n'y a d'Islam qu'en obéissant à Dieu, et
nul bien n'est acquis qu'en se trouvant en commun. On doit être
sincère envers Dieu, Son Prophète, les califes et tous les croyants».
Omar Ben Al-Khattab, quant à lui, disait: «L'anse de l'Islam est la
profession de foi qui consiste à attester qu'il n'y a d'autre divinité que
Dieu, de s'acquitter de la prière, de verser la zakat et d'obéir à ceux
qui détiennent l'autorité parmi les musulmans».
«Quicnque obéit à Allah et à Son Prophète,» en se conformant aux
enseignements «craint Allah et le redoute» à cause des péchés qu'il a
485
commis «celui-là est sûr de triompher» de se procurer du bien et d'être
à l'abri du mal dans les deux mondes."
wa 'aqsamû bi-L-Lâhi jahda 'aymânihim la'in 'amartahum layahrujanna
qul-lâ* tuqsimû tâ k 'atum-ma'rûfatun 'inna-L-Lâha Habîrum bimâ
ta'malûna (53) qui 'atî'û-L-Lâha wa 'atî'û-r-rasûla fa'in tawallaw
fa'innamâ 'alayhi mâ hummila wa 'alaykum mâ hummiltum wa 'in
tutrûhu tahtadû wamâ 'alâ-r-rasûli 'illâ-l-balâgu-l-mubînu (54).
Ils affirment par le serment le plus solennel que si tu leur ordonnes de
marcher au combat, ils y voleront. Dis-leur: «Votre serment est inutile, ce
qui compte c'est l'obéissance même. Allah sait tout ce que vous faites» (53)
Dis: «Obéissez à Allah et obéissez au Prophète». Si vous refusez, sachez
que le Prophète a sa responsabilité et vous la vôtre. Obéissez-lui et vous
serez dans le droit chemin. Le Prophète n'a d'autre mission que de vous
donner de clairs avertissements. (54).
Dieu mentionne les hypocrites qui juraient par Lui en serments
solennels au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- que si
ce dernier leur donnait l'ordre, très certainement ils se seraient mis en
campagne. Dieu ordonne à son Prophète de leur dire: «Votre serment
est inutile» ne jurez donc pas «ce qui compte c'est l'obéissance même»
quant à la vôtre, elle est déjà connue et qui consiste en parole et non
en acte». Chaque fois que vous jurez, vous mentez, comme Dieu a dit
ailleurs: «Ils vous feront des serments pour vous plaire» [Coran IX, 96] et:
«Ils se servent de leurs serments comme d'un bouclier» [Coran LVIII, 16].
Ces hypocrites sont des menteurs de par leur nature. Dieu a
montré leur comportement dans ce verset: «N'avez-vous jamais entendu
les propos que tiennent les hypocrites à leurs frères infidèles parmi les gens
d'Ecriture: «Si l'on vous exile, nous vous suivrons, nous ne croirons pas aux
486
médisances tenues sur votre compte, si on vous combat, nous vous
assisterons» Allah est témoin qu'ils mentent» [Coran LIX, 11].
L'expression: «ce qui compte c'est l'obéissance même» signifie:
l'obéisance est de règle qui n'exige aucun serment, car ceux qui ont
cru et suivi le Messager ne l'ont pas fait. La manifestation de
l'obéissance et le serment s'ils ont faciles à les montrer et les divulguer
ne comptent pas si l'on est pas sincère, à ne pas oublier surtout que
Dieu pénètre dans le tréfonds des cœurs et connaît les intentions
mieux que quiconque.
- «Dis: «Obéissez à Allah et obéissez au Prophète» C'est à dire:
prescrivez-vous de suivre le Livre de Dieu et la sunna de Son
Messager sans s'en dévier. «Si vous refusez» en délaissant l'un et
l'autre «Sachez que le Prophète a sa responsabilité», en divugluant le
message et accomplissant la mission dont il est chargée «et vous la
vôtre» en l'acceptant et en s'y conformant. Si vous le suivez, vous
aurez suivi le droit chemin «la voie d'Allah, le Maître des cieux et de la
terre» [Coran XLII, 53], car ce qui incombe au Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- c'est de transmettre en toute clarté ses messages,
sa principale mission.
wa'ada-L-Lâhu-l-ladîna 'â'manû minkum wa 'amilû-s-sâlihâti
layastahlifannahum fî-l-'ardi kamâ stahlafa-1-ladîna min qablihim wa
layumakkinanna lahum dînahumu-l-lad î-r-rtâd â lahum wa
layubaddilannahum mim ba'di hawfihim 'amnan ya'budûnant lâ
yusrikûn bî say'an wa man kafara ba'da d âlika fa'ûtfi 'ika humu-1-
fâsiqùna (SS).
Allah affermira sur terre ceux qui ont la foi et pratiquent le bien,
comme H a affermi leurs prédécesseurs. Il assurera le respect de la religion
487
qu'il leur a choisie. Il transformera en paix leurs inquiétudes. Qu'ils
M'adorent en ne m'associant personne! Ceux qui Me renieront après tous
ces bienfaits sont des impies. (55).
Dieu a promis à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- de
faire de sa communauté Ses lieutenants sur la terre, grâce auxquels la
vie en ce bas monde sera améliorée, les autres se soumettront à leur
autorité. Il a promis aussi de changer leur inquiétude en sécurité, ce
qui a été, en effet, réalisé surtout après la conquête de La Mecque,
leur dominance sur toute la presqu'ile arabique et quelques régions du
pays de Châm, et les trêves conclues avec Héraclius le roi des
Romains, Al-Mouqawqas 1e roi de l'Egypte, Négus le roi de l'Ethiopie
et autres.
Après le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, Abou Bakr, le
premier calife, envoya Khaled Ben Al-Walid qui a conquis la Perse,
Abou Oubaïda Ben Al-Jarrah qui a conquis le Châm et Amr Ben AI-'As
qui a conquis l'Egypte.
Son successeur au pouvoir, poursuivit les conquêtes pour arriver à
constantinople, en s'emparant des trésors de César et des Cosroès
comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a prévu, et qui
furent dépensés pour la cause de Dieu.
L'Empire Ottomane après ses conquêtes célèbres, put étendre
son pouvoir de l'Est à l'Ouest, pour réaliser aussi ce que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- avait prédit en disant: «Dieu m'a plié la
terre et j'ai pu voir ses orients et ses occiderits. Le royaume de ma
communauté occupera la partie de la terre qui a été pliée».
Jaber Ben Samoura rapporte avoir entendu le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Ce pouvoir (du califat) ne sera
déchu qu'après le douzième calife», puis il a débité des mots que je n'ai pas
entendus. Je demandai à mon père: «Qu'est-ce qu'il a dit?» Il me répondit:
«Tous ces califes seront des Qoraïchites» (Rapporté par MousUm) (,) .
488
Il s'avère de ce hadith qu'il y aura douze califes équitables qui -
sont autres que les douze imams chi'ites. Il n'est pas nécessaire que
chacun succède à l'autre mais durant plusieurs intervalles. Ceux qui se
sont succédés étaient: Abou Bakr, Omar, Othman puis Ali, Puis une
période passa sans qu'il y eût de califes, ensuite ils apparurent l'un
après l'autre. Mais vers la fin des temps le douzième surgira portant le
surnom «Al-Mahdi» dont le nom sera celui du Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- . Il établira la justice sur la terre après l'injustice
qui aurait régné.
Il a été rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: «Après mon départ, le califat durera trente ans puis il
sera une royauté à laquelle s'attacheront les gouverneurs».
«Allah affermira sur terre ceux qui ont la foi et pratiquent le bien».
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons-les
premiers musulmans-demeuraient dix ans à La Mecque où ils
appelaient à l'adoration de Dieu seul sans Lui associer d'autres
divintés, d'une façon discrète tant qu'ils avaient peur des idolâtres. Ils
n'avaient reçu l'ordre du combat qu'après leur émigration à Médine où
ils étaient, quand même, prêts à combattre quiconque pensait les
affronter. Ils étaient vraiment des vrais patients le temps que Dieu a
voulu. Un homme demanda au Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-: «Jusqu'à quand devons-nous rester ainsi éprouvant de la peur
des autres?. Il n'est pas temps de goûter de la sécurité et de rendre
les armes?» Il lui répondit: «Vous aurez à vous patienter une période
de temps, qu'à la fin l'un d'entre vous fréquentera les plus puissants
parmi les hommes et leur tiendra compagnie sans en rien redouter».
En effet, après quelques années, ils purent conquérir La Mecque
et toute la presqu'ile arabique et vécurent en toute sécurité durant le
califat des quatres premiers califes. Ensuite ils durent éprouver les
troubles et les séditions.
«... comme II a affermi leurs prédécesseurs». Il s'agit de Moïse et son
489
peuple quand il leur dit: «Peut-être, réplique Moïse, est-il dans le dessein
de votre Seigneur d'abattre vos ennemis.» [Coran VII, 129].
«Il assurera le respect de la religion qu'il leur a choisie» En recevant
chez lui 'Adiy Ben Hatem, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- lui dit: «Connais-tu Al-Hira» -Non, répondit 'Adiy, mais j'ai
entendu parler de cette ville (qui se trouve en Iraq). Et le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- de répliquer: «Par celui qui tient mon
âme dans Sa main, Dieu réalisera la sécurité de sorte que la femme
quittera Al-Hira pour venir faire la circumambulation autour de la
Maison Sacrée sans être accompagnée d'aucun protecteur. Vous vous
emparerez des trésors de Cosroès Ben Hormuz» -Ady s'exclama: «-
Cosrès fils de Hormuz?» -Oui, poursuivit le Prophète, Cosroès Ben
Hormuz, et l'argent sera tellement abondant qu'aucun ne l'acceptera (-
comme aumône)». 'Adiy Ben Hatem a dit: «En effet, j'ai vu la femme
quitter Al-Hira pour venir à la Maison Sacrée et faire la
circumambulation autour d'elle. J'ai été aussi parmi ceux qui ont
conquis la Perse et se sont emparés des trésors de Cosroès Ben
Hormuz». Quant à la troisième prédiction, certes, elle serait réalisée
car le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avait
prévue».
L'imam Ahmed rapporte, d'après Oubay ben Ka'b, que le
Messager de ieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Annoncez la
bonne nouvelle à cette communauté qu'elle sera triomphée, jouira de
la suprématie et sera affermie sur terre. Quiconque œuvrera pour la
vie future mais dans l'intention d'acquérir les biens de ce bas monde,
n'aura aucune part dans l'autre».
«Qu'ils M'adorent en ne M'associant personne». Il est dit dans un
hadith rapporté par Boukhari et Mouslim -que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à Mou'adz: «O Mou'adz!» - Me
voilà à tes ordres, ô Messager de Dieu, répondit-il. -Sais-tu quels sont les
droits de Dieu sur Ses serviteurs?» -Dieu et Son Messager sont les plus
savants. -Ils consistent à L'adorer sans rien Lui associer»*^.
490
«Ceux qui ne renieront après tous ces bienfaits sont des impies» C'est
à dire ceux qui désobéissent au Seigneur auront mécru et commis le
péché le plus grave. A noter que les compagnons étaient les plus
assidus à suivre les enseignements et les ordres divins, les plus
obéissants. Grâce à eux la parole de Dieu fut la plus élevée tant à l'est
qu'à l'ouest. Ils ont gouverné les autres peuples et Dieu les a
secourus.
Plus tard, quand les musulmans commencèrent à manquer à leurs
devoirs, la décadence fit son apparition. Il est cité dans les deux Sahih
que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Un
groupe de ma communauté ne cessera de triompher par la vérité, sans que
ceux qui les contrarient puissent leur nuire, jusqu'au jour de la résurrection.
-Ou suivant une variante: jusqu'à ce que l'ordre de Dieu viendra» (-
Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1 ' .
wa 'aqîmû-ss-salâta wa 'â* tû-z-zakâta wa 'atî'û-r-rasûla la'allakum
turhamûna (56) lâ tahsabanna-l-ladîna kafarû mu'jizîna fî-l-'ardi wa
ma'wâhumu-n-nâru wa labi'sa-l-masîru (57).
Observez la prière, faites la charité et obéissez au Prophète, si vous
voulez obtenir la clémence d'Allah. (56) Ne croyez pas que les infidèles
puissent tenir AUah en échec sur terre, eux qui auront l'enfer pour séjour.
Affreux destin. (57).
491
Dieu ordonne à Ses serviteurs de s'acquitter des prières à leurs
moments déterminés, de faire l'aumône aux nécessiteux et besogneux
en se conformant aux enseignements et obéissant au Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, peut-être Dieu leur fait
miséricorde.
Quant aux incrédules qui désobéissent à Dieu et à Son Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-, qu'ils sachent que sur terre, ils ne
sauraient s'opposer à la puissance de Dieu qui est capable de les
prendre à tout moment, et qu'il leur inflige le châtiment le plus
douloureux, «eux qui auront l'enfer pour séjour». Quelle détestable fin.
yâ 'ayyuhâ-l-ladîna 'â'manû liyasta'dinkumu-l-ladîna malakat '-
aymânukum wa-L-Lâdîna lam yabhigû-l-huluma minkum-talâta
marrâtim min qabli salâti-l-fajri wa hîna tada'ûna tiyâbakum mina-z-
zahîrati wa mim ba'di salâti-l-'HNf 'i talâtu 'awrâti-l-lakum laysa '-
alaykum walâ 'alayhim junâhun ba'dahunna tawwâfûna 'alaykum
ba'dukum 'alâ ba'din kadâlika yubayyinu-L-Lâhu lakumu-l-'ayâti wa-L-
Lâhu 'Alîmun Hakîmun (58) wa'idâ balag-l-'atfâlu minkumu-l-huluma
falyasta'dinû kamâ-sta'dana-l-ladîna min qablihim kadâlika yubayyinu-
L-Lâhu lakum "ayâtihi wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (59) wa-l-qawa'idu
492
mina-n-nisà* 'i-l-lâtî lâ yarjûna nikâhan falaysa 'alayhinna junâhun 'ay-
yada'na tiyâbahunna gayra mutabarrijâtim-bi-zînatin wa 'ay-yasta'fifna
hayru-l-lahunna wa-L-Lâhu Samî'un 'Alîmun (60).
Croyants, que vos esclaves et vos enfants impubère sollicitent votre
permission quand ils veulent pénéter dans vos appartements, aux heures
suivantes: avant la prière de l'aube, quand vous quittez vos vêtements au
moment de la sieste et après la prière du soir. Ce sont là des moments
réservés à des soins intimes. En dehors de ces moments, aucune obligation
ne vous incombe aux uns et aux autres qui vivez ensemble. C'est ainsi
qu'Allah vous explique ses préceptes. Il est savant et sage. (58) Quand vos
enfants auront atteint leur puberté, ils seront tenus de demander la même
autorisation qu'avant leur puberté. C'est ainsi qu'Allah vous explique ses
signes. Il est toute science et toute sagesse (59) Les femmes qui n'enfantent
plus et qui n'espèrent plus se marier peuvent se mettre en tenue légère mais
sans sortir de la décence. II est préférable qu'elles évitent une pareille
tenue. Allah entend et sait tout. (60).
Ce verset concerne les proches et les esclaves qui vivent dans
une même demeure et qui veulent entrer chez vous, à savoir qu'au
début de la sourate on a parlé des étrangers. Dieu ordonne aux
croyants, une fois leurs esclaves et leurs enfants impubères veulent
pénétrer dans leurs appartements à trois moments de la journée de
demander l'autorisation:
1 - Avant la prière de l'aube où les gens sont supposés être
encore endormis.
2 - Au milieu du jour pour faire la sieste où ils se débarrassent
d'une partie de leurs vêtements.
3 - Après la prière du soir ficha-) où esclaves et enfants sont
tenus de ne plus entrer, sans autorisation, car il se peut que l'homme
et la femme soient dans une position intime.
«Ce sont là des moments réservés à des soins intimes» c'est à dire
trois occasions pour se dévêtir. Mais en dehors de ces trois moments,
il n'y a aucun mal à pénétrer sans autorisation, étant donné qu'en ces
moments-là les servants par exemple seront en train de les servir et
de faire le ménage.
493
Les maisons à cette époque, comme a avancé Ibn Abbas,
n'avaient pas de rideaux et ne renfermaient pas des chambres
destinées aux parents seuls où ils pouvaient s'isoler pour avoir des
relations intimes. Certains des compagnons attendaient ces moments
pour avoir des rapports charnels avec leurs femmes afin qu'ils puissent
faire après une lotion et être purs pour accomplir les prières.
Mouqatel Ben Hayan a rapporté: «On m'a fait savoir qu'un
Ansarien et sa femme As m a la fille de Marthad avaient préparé un
repas pour le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Les gens
entraient chez eux sans demander l'autorisation. Asma dit alors: «O
Messager de Dieu, n'est-elle pas une mauvaise habitude qu'on entre
sans autorisation et il se peut que l'homme et la femme soient dans
une position intime». Dieu à cette occasion fit cette révélation: «O
croyants, que vos esclaves et vos enfants impubères soillicitent votre
permission...» Ceci dénote que ce verset est fondamental et n'est pas
aborgé». C'est ainsi que Dieu expose ses signes. Il est celui qui sait, Il
et sage.
«Quand vos enfants auront atteint leur puberté, ils seront tenus de
demander la même autorisation qu'avant leur puberté» ou suivant une
autre traduction: avant d'entrer chez vous comme le font leurs ainés, à
tout moment même dans les trois occasions qu'on a déjà citées.
«Les femmes qui n'enfantent plus» dont leurs menstrues ont cessé,
c'est à dire à l'âge de la ménopause «et qui n'espèrent plus se marier»
et n'ont plus envie des hommes, «peuvent se mettre en tenue légère mais
sans sortir de la décence». C'est à dire, elles peuvent ôter leurs voiles de
dessus, leurs vêtements de sortie sans laisser voir toutefois leurs
parures du corps.
A ce propos on rapporte que Oum Ad-Dia' entra chez Aicha -que
Dieu l'agrée- et lui dit: «O mère des croyants, que penses-tu du fard
du visage, de la blouse, de la toilette parfaite, des boucles d'oreille,
des bracelets de cheville, des bagues et des vêtements légers?»? Elle
lui répondit: «O femmes, votre histoire est la même, Dieu vous a
permis toute la parure à condition de ne plus montrer tous vos atours».
Ce qui signifie qu'il n'est pas permis à la femme de montrer une partie
du corps qui est interdite aux hommes de la voir.
494
«Il est préférable qu'elles évitent une pareille tenue» en se
débarrassant de leurs vêtements, même si cela leur est permis. Dieu
est celui qui entend et qui sait tout.
laysa 'alâ-l-'a'mâ harajun walâ 'alâ-l-'a'raji harajun walâ 'alâ-l-marîdi
harajun walâ 'alâ A 'anfusikum 'an ta'kulû min buyutikum'aw buyûti
'a'bâ'ikum 'aw buyûti 'ummahâtikum aw' buyuti 'ihwanikum 'aw buyuti
'ahawatikum 'aw buyuti 'a'mâmikum 'aw buyuti 'ammatikum 'aw buyûti
'ahwâlikum 'aw buyûti hâlâtikum 'aw mâ malaktum mafâtihahïï 'aw
sadîqikum laysa 'alaykum junâhum 'an ta'kulû jamî'an 'aw 'astâtan fa'id
â dahaltum buyûtan fasallimû 'ala 'anfusikum tahiyyatam min 'indi-L-
Lâhi mubârakatan tayyibatan kadâlika yubayyinu-L-Lâhu lakumu-1-
^yâti la'allakum ta'qilûna (61).
Ce n'est pas un péché pour l'aveugle, le boiteux et le malade de
s'asseoir à vos tables. Ce n'est pas un pour vous de vous recevoir à la table
les uns des autres ou de vous asseoir à la table de vos pères, de vos mères,
de vos frères, de vos sœurs, de vos oncles et de vos tantes paternels, vos
oncles et de vos tantes maternels, de ceux dont vous êtes les dépositaires et
de vos amis. Il vous est loisible de manger en commun ou séparément.
Quand vous pénétrez dans une demeure, saluez-en les maîtres. C'est là un
usage agréable à Allah. C'est ainsi qu'Allah vous enseigne ses leçons. Le
comprendrez-vous? (61).
495
Les opinions sont divergées quant à la faute qu'on ne peut
reprocher à l'aveugle, au boiteux et au malade et ses raisons, surtout
que le sujet diffère de celui contenu dans ce verset.
'Ata Ben Aslam a dit: Ces infirmes sont exempts du combat dans
le sentier de Dieu. Leur cas est aussi exposé dans le verset n:17 de la
sourate de la victoire [Coran XLVIII], Dieu a dit ailleurs: «Les faibles, les
malades, ceux qui manquent de moyens pour s'équiper sont soustraits à
l'obligation de combattre, à condition qu'ils se montrent dévoués à la cause
d'Allah et de Son Prophète. On ne peut rien contre ceux qui sont avec
Allah. Allah est clément et miséricordieux» [Coran IX, 91].
Sa'id Ben Joubayr et d'autres ont avancé: Les hommes
s'abstenaient de mettre à table avec l'aveugle à cause de sa cécité,
croyant qu'il ne peut pas distinguer les bons aliments et que l'un
d'entre eux ne s'en emparât, ni avec le boiteux de peur que l'un des
convives n'abusât de son infirmité pour le priver de ce qu'il désirait, ni
avec le malade qui ne pouvait prendre de tous les aliments comme les
autres. Dieu fit descendre ce verset afin que les hommes ne
s'abstiennent pas d'avoir de tels infirmes comme des convives.
Ad-Dahak a dit: «Avant le message les hommes s'abstenaient de
prendre leur repas avec ces infirmes par dégoût ou par peur d'être
injustes à leur égard en mangeant plus qu'eux».
As-Souddy de sa part à dit: «L'homme entrait parfois dans la
maison de son père, ou de son fils, ou de son frère et la femme de
l'un de ces derniers lui pésentait le repas, il n'en mangeait pas si le
maître de la maison ne s'y trouvait pas».
«Ce n'est pas un pour vous de vous recevoir à la table les uns des
autres...» On remarque que ce verset n'a pas indu la maison du fils, ce
qui constitue un argument que le père a le droit de disposer des biens
de son fils sans aucun inconvénient, et le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a affirmé cela en disant à un homme: «Toi et
tes biens appartenez à ton père».
Quant aux autres maisons, il y a là une exhortation à dépenser
pour les proches parents comme il est mentionné dans le verset. Telle
était l'opinion de l'imam Ahmed et Abou Hanifa.
496
«... de ceux dont tous êtes les dépositaires» ou suivant une autre
interprétation: «ou dans celle dont vous possédez les clés». Ils s'agit,
comme ont avancé Sa'id Ben Joubayr et As-Souddy, du servant ou de
l'intendant. A ce propos Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «En partant
dans les expéditions avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- les musulmans donnaient les clés à leurs dépositaires en leur
disant: «Vous êtes permis de manger de la maison ce que vous
voudrez». Et eux de répondre: «Non, cela ne nous est plus permis, car
cette autorisation n'est pas accordée de bon gré, nous ne sommes que
des dépositaires». Dieu fit cette révélation.
«... et de vos amis» Cela signifie qu'il vous est permis de manger
des maisons de vos amis si vous constatez que ceci ne leur cause
aucune gêne et ne leur répugne pas».
«Il tous est loisible de manger en commun ou séparément». En
commentant ce verset, Ibn Abbas a dit: «Après la révélation du verset:
«O croyants, ne tous appropriez pas vos biens les uns les autrs, sans
cause» [Coran IV, 29] les musulmans dirent: «Dieu nous a interdit de
manger inutilement nos biens entre nous. Puisque la nourriture est le
meilleur de nos biens, il nous n'est plus permis de manger en dehors
de nos propres maisons» et ils s'abstinrent. Dieu fit alors descendre ce
verset.
Quant à Qatada, il a dit: «A l'époque préislamique, l'homme se
sentait indigne et répugnait à manger seul, comme était l'habitude de
Bani Kinan. Même l'un d'entre eux menait son troupeau, affamé et ne
mangeait pas avant d'avoir un convive.
On peut dire que ce fut une autorisation de Dieu pour manger seul
ou en groupe, à savoir que le repas pris en commun est béni. A ce
propos, on a rapporté qu'un homme a demandé au Messager de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue-: «Nous mangeons sans nous rassasier». Il
lui répondit: «Peut-être vous mangez séparément. Mettez-vous en groupe à
table et invoquez le nom de Dieu sur votre nourriture et II vous la bénit»
(Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Ibn Maja) <1) '.
(1) «ctM» Qjtftl (&* :JU tçtl \, Jjrtl tî} :j| y^JJ JU %fj 4 tfjj
497
«Quand vous pénétrez dans une demeure, saluez-en les maîtres» c'est
à dire échangez le salut parmi vous. Qatada a dit: «Quand vous entrez
chez vous, saluez vos familles, et s'il n'y a personne, dites: «Que la
paix soit sur nous et sur les saints serviteurs de Dieu».
Anas Ben Malek a dit: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- m'a recommandé cinq choses et dit: «O Anas, lorsque tu fais tes
ablutions, qu'elles soient intègres car cela te donne une longévité; salue
quiconque tu rencontres de ma communuté, et cela augmente tes bonnes
actions; lorsque tu entres chez toi salue les tiens et le bien sera abondant
chez toi; accomplis la prière de Ad-Douha (avant-midi) car cette prière est
celle que faisaient ceux qui reviennent repentants vers Dieu. O Anas, sois
clément envers le petit, vénère l'âgé et tu seras parmi mes compagnons au
jour de la résurrection» (Rapporté par Al-Bazzar) (1 \
«C'est là nn usage agréable à Allah». On a rapporté qu'lbn Abbas
disait: «Je n'ai retenu le témoignage de foi que du Livre de Dieu. J'ai
entendu Dieu dire: «Quand vous pénétrez dans une demeure, saluez-en les
maîtres. C'est li un usage agréable à Allah» et le «Tachahoud» dans la
prière: «Les salutations bénies et les bonnes prières sont pour Dieu».
«C'est ainsi qu'Allah vous enseigne ses leçons Les comprendrz-vous».
Dieu, dans cette sourate, a montré tant de lois et d'enseignements qui
sont fondamentaux. Il exhorte ses serviteurs à les méditer et à s'y
conformer pour faire leur salut.
,j-jî l< iilM ùy'j^l W^l» w wnal S">U> Jvj ilUÎ
498
'innamâ-l-mu'rninûna-l-ladîna "îfmanû bi-L-Lâhi wa rasûlihî wa 'idâ
kânû ma'ahu 'alâ* 'amrin jâmi'i-l-lam yadhabû hattâ yasta'dinûhu 'inna-
1-ladîna yasta'dinûnaka 'ula^ika-l-ladîna yu'minûna bi-L-Lâhi wa
rasûlihî fa'id a-sta'd anûka liba'di sa'nihim fa'd a-l-liman si'ta minhum
wastagfir lahumu-L-Lâhu 'inna-L-Lâha Gafûrur-Rahîmun (62).
Les croyants, ce sont ceux qui croient en Allah et en Son Prophète, ce
sont ceux qui ayant débattu une question d'intérêt général avec le Prophète,
ne le quittent qu'avec son autorisation. Oui, ceux qui sollicitent ton
autorisation, voilà ceux qui croient vraiment en Allah et en Son Prophète.
S'ils te demandent une autorisation pour une affaire personnelle, accorde-la
à qui tu voudras. Implore pour eux Pinduglence d'Allah, car Allah est
clément et miséricordieux. (62-).
C'est une règle de conduite que Dieu ordonne à ses serviteurs et
qui consiste à demander l'autorisation pour entrer chez autrui, et aussi
quand ils veulent quitter une assemblée quelconque où on discute une
affaire d'intérêt général, ou on accomplit une prière telle que celle du
vendredi ou d'une fête, ou même quand ils se réunissent pour
échanger les avis sur une affaire importante. Il leur ordonne de ne plus
quitter le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avant de lui
demander l'autorisation. Et au Prophète, Il ordonne de l'accorder à qui
il voudra. A ce propos on rapporte que le Messager a dit: «Lorsque
l'un d'entre vous veut assister à une réunion, qu'il commence par
saluer, et quand il veut la quitter, qu'il salue aussi, car la première fois
n'est pas plus d'obligation, que l'autre».
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lâ taj'alû du'â'a-r-rasûli baynakum kadu'â'M ba'dikum ba'dan qad
ya'lamu-L-Lâhu-1-ladîna yatasallalûna minkum liwâdan falyahdari-l-lad
499
îna yuhâlifûna 'an 'amrihT 'an tusîbahum fïtnatun 'aw yusîbahum 'ad
âbun 'alîmun (63).
N'interpellez pas le Prophète comme vous le faites entre vous. Allah
connait ceux qui le trahissent en se dissimulant derrière les autres. Que
ceux qui contreviennent à ses ordres se méfient! Un malheur ou un
châtiment terrible peuvent les frapper. (63).
Ibn Abbas a dit: «Les hommes interpellaient le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- par ces termes: «O Mouhammed! O Aboul-
Qassem!». Dieu leur interdit cette façon par vénération pour Son
Messager. Ils devaient donc interpeller par: O Prophète de Dieu, ou: Ô
Messager de Dieu. Pour affirmer cela. Dieu a dit ailleurs: «O croyants,
ne couvrez jamais de votre voix celle du Prophète, n'élevez pas le ton avec
lui comme vous le faites entre vous, si vous ne voulez pas perdre le bénéfice
de vos œuvres à votre insu» [Coran XLIX, 2].
Tout cela comporte une règle de Politesse à l'égard du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- quand on veut l'interpeller ou
s'entretenir avec lui. Les hommes furent ordonnés aussi de faire un
acte de charité si on voulait avoir une conversation en tête à tête avec
lui.
Une autre interprétation fut donnée à ce verset en traduisant le
mot arabe cité dans le texte» *L*î par «invocation» et non par
«appel». Ce qui a porté les uns à le commenter de la façon suivante:
«Ne croyez pas que son invocation est pareille à celle d'un autre que
lui, car l'invocation du Prophète est toujours exaucée. Méfiez-vous
donc qu'il n'appelle la malédiction sur vous, et alors vous serez
perdants». Mais il s'avère que le premier commentaire est plus logique
et correct.
«Allah connait ceux qui le trahissent en se dissimulant derrière les
autres» En le commentant, Mouqatel a dit: «Il s'agit bien sûr des
hypocrites qui, en assistant à la prière du vendredi, entendaient le
prône du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui leur pesait
lourd. Pour sortir de la mosquée d'une façon inaperçue, ils se
cachaient derrière les compagnons pour trouver une issue. Et parfois
l'un d'entre eux faisait signe avec son doigt au Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- pour qu'il prenne congé».
500
«Que ceux qui contreviennent à ses ordres se méfient» C'est à dire
ceux qui s'opposent au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- en enfreignant ses ordres qui consituent sa voie, sa conduite,
sa loi, et sa sunna. A cet égard il est cité dans les deux Sahihs que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui
introduit des actes non-conformes à nos enseignements sont à rejeter» (-
Rapporté par Boukhari et Mouslim) (l> .
Donc que celui qui enfreint la voie du Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- soit ouvertement, soit en cachette, prenne garde
qu'une tentation ne l'atteigne, soit-elle une incrédulité, une hypocrisie
ou une innovation, ou «Un malheur on un châtiment terrible peuvent les
frapper» dans le bas monde soit une exécution, soit une peine
prescrite soit un emprisonnement.
L'imam Ahmed rapporte, d'après Abou Houraira, que le Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ma situation (en tant
qu'un Prophète qui invite les gens à la bonne direction) à l'égard des
hommes, est celle d'un homme qui a allumé un feu où les phalènes et les
autres insectes viennent y tomber bien qu'il les repousse pour ne pas y
tomber. Je vous tiens par la taille pour ne pas être précipités dans le Feu,
mais vous réussissez à me vaincre pour y tomber» (Rapporté par Boukhari
et Mouslim] <2) .
(2) >j Ji^ :£ Jbl Jj-j Jli tjli -.^ J, ^ j^rlSfl tfJU
501
'ala 'inna li-L-Lâhi mâ fi-s-samâwâti wa-l-'ardi qad ya'Iamu m'a 'antum
'alayhi wa yawma yurja'ûna 'ilayhi fayunabbi'uhum bimâ 'amilû wa-L-
Lâhu bi kulli say'in 'Alîmun (64).
Qu'on le sache, Allah est le Maître des deux et de la terre. Il connaît
les moindres mouvements de chaque âme. Le jour où les hommes
comparaîtront devant Lui, Il leur redira tous leurs actes. Il embrasse tout.
(64).
Dieu, certes, est le Souverain du Royaume des cieux et de la
terre, qui connait le visible et l'invisible ainsi tous les actes des
hommes apparents et cachés.
«Il connait les moindres mouvements de chaque âme» c'est à dire II
connait l'état dans lequel se trouvent les gens. Rien ne Lui est caché
ne serait-ce qu'un atome, une réalité qu'il confirme dans cet autre
verset: «O hommes, il n'est pas d'état où vous vous trouvez, de lecture du
Coran que vous ne fassiez, d'actes que vous n'accomplissiez, que nous n'en
soyons pas témoins au moment même. Il n'est pas un atome sur terre ou
dans les cieux qui soit soustrait à la puissance de ton Maître. Il n'est pas
d'être dans la création, petit ou grand, qui ne soit signalé dans le Livre.» [-
Coran X. 61].
Il se tient auprès de chaque homme comme témoin de ce qu'il il
fait, que ce soit du bien ou du mal, comme II connait aussi ce que les
hommes divulguent ou gardent en secret.
«Le jour où les hommes comparaîtront devant lui» qui est le jour du
jugement «Il leur redira tous leurs actes» qu'ils soient énormes ou
insignifiants, comme II a dit ailleurs: «Le compte de chacun sera apporté.
En lisant le leur, les coupables seront saisis d'effroi. Ils diront:
«Malédiction! Ce compte énumère tout, de la plus petite à la plus grande
action». Toutes leurs œuvres leur seront présentées. Ton Maître ne lèse
personne.» [Coran XVIII, 49].
Ce jour-là, Il fera connaître aux hommes ce qu'ils avaient fait dans
le bas monde. Il embrasse tout et rien ne Lui échappe.
502