Coran › Sourate 26 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 26 trad. humaine
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26 - SOURATE DES POETES
■ 227 versets
Révélée à La Mecque à l'exception des versets 133 et suivants
Révélée à la suite de la sourate de l'Echéance
Bismi-L-Lâhiu-r-Rahmâni-r-Rahîm
Tah STn mtm (1) tilka 'â'yâtu-l-kitâbi-l-mubîni (2) la'allaka bâhi'un
nafsaka 'alla yakûnû muminîna (3) 'in naSa' nunazzil 'alayhim mina-s-
sama 'i *ayatan fazallat Vnâquhum lahâ hadi'îna (4) wamâ ya'tîhim min
dikrim-mina-r-Rahmâni muhdatin 'illâ kanû 'anhu mu'ridîna (5) faqad
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kaddabû fasaya'tîhim 'ambSt'u ma kânû bihî yastahzi'ûna (6) 'awa lam
yaraw ilâl-l-'ardi kam 'ambatnâ fîhâ min kulli zawjin karîmin (7) 'innâ fî
dâlika la , â A yatan wamâ kâna 'aktaruhum mu'minîna (8) wa 'inna
rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu (9).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Ta. Sin. Mira. (1) Ce sont des versets du Livre évident (2) Vas-tu te
consumer de chagrin a cause de leur incrédulité (3) Si nous l'avions voulu,
nous aurions fait descendre du ciel un signe devant lequel ils se seraient
unanimement inclinés. (4) Chaque fois qu'ils reçoivent du Miséricordieux un
nouvel avertissement, ils le négigent (5) Ils le traitent de mensonge. La
sincérité de ce qu'ils tournent en dérision leur apparaîtra un jour. (6) Ne
voient-ils pas la grande variété de plantes bienfaisantes que nous faisons
pousser une terre. (7) Ceci comporte cependant un enseignement. Mais la
plupart des hommes ne croient pas. (8) Ton Seigneur est toute majesté et
toute miséricorde (9).
Nous avons déjà parlé des lettres qui se trouvent au début de
certaines sourates en commentant la sourate de la Vache.
«Ce sont des versets du Livre évident», le Coran qui comporte de
versets clairs discernant la Vérité de l'erreur et le chemin droit de
l'aberration. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en le
divulguant, éprouva certain chagrin en trouvant des hommes qui le
renièrent et le contredirent. Il s'agit des incrédules de Qoraïch qui en
ont mécru. Dieu le réconforte en lui disant: «Vas-tu consumer de chagrin
à cause de leur incrédulité» tant il était avide à ce que tous les hommes
le suivent, comme II lui a dit dans un autre verset: «Ne te lamente pas
sur leur sort» [Coran XXXV, 8].
«Si nous l'avions voulu, nous aurions fait descendre du ciel un signe
devant lequel ils se seraient unaninement inclinés». Ce qui signifie que si
Dieu le voulait, Il ferait descendre un signe du ciel qui porterait ces
incrédules à courber leurs nuques devant lui qui serait comme une
force pour les contraindre à croire. Mais ce que Dieu voulut, c'est que
les hommes croient de bon gré par persuation et conviction, tout
comme II l'a montré dans ce verset: «Si ton Maître l'avait voulu,
l'univers aurait embrassé sa foi» [Coran X, 99] et dans cet autre: «Si ton
Maître l'avait voulu, II n'aurait fait des hommes qu'un seul peuple» [Coran
XI, 118]. Mais II a voulu avoir un argument contre Ses serviteurs, au
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jour dernier, en leur envoyant ses Prophètes afin de les diriger,
appuyés par les Livres et les enseignements.
«Chaque fois qu'ils reçoivent du Miséricordieux un nouvel
avertissement, ils le négligent». Aucun nouveau Livre de Dieu ne leur
pervient sans qu'ils s'en détournent en le reniant. D'autant plus, ils-
traitent les Prophètes de menteurs et se moquent d'eux, il leur viendra
de nouvelles de ce dont ils se raillent.
Puis Dieu rappelle à ses serviteurs son omnipotence dans la
cération, en donnant pour exemple la terre qui donne des espèces
différentes de plantations, de récolte, de frutis... Tout cela constitue un
signe de son pouvoir, mais hélas, peu de gens en croient.
«Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde». En d'autres
termes, il ne hâte pas le supplice avant de donner aux hommes le
temps de croire, car, une fois It les prend, il les châtiera sans
indulgence, comme it est clément envers ceux qui se repentent et
reviennent à Lui.
wa'id nâdâ rabbuka Mûsâ A 'ani'ti-1-qawma-z-zâlimîna (10) qawma
Fir'awna 'alâ yattaqûna (11) qâla rabbi 'innT 'ahâfu 'ay-yukaddibûni
(12) wa yadîqu sadrî walâ yantaliqu lisânî fa'arsil *ilâ Hârûna (13)
walahum 'alayya dambun fa'ahâfu 'ay-yaqtulûni (14) qâla kallâ fadhabâ
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bi'ef yâtina 'innâ ma'akum mustami'ûna (15) fa'tiyâ Fir'awna faqûlà* '-
innâ rasûlu rabbi-1-IT lamîna (16) 'an 'arsil ma'anâ bant 'isrff'îla (17)
qâla 'alam nurabbika fînâ walîdan wa labitta fînâ min 'umurika sinîna
(18) wa fa'alta fa'lataka-1-latî fa'alta wa 'anta mina-1-kâfirîna (19) qâla
fa'altuhà* 'idan wa'ana-mina-d-dallîna (20) fafarartu minkum lammâ
hiftukum fawahaba lî rabbî hukman wa ja'alanî mina-1-nmrsalîna (21)
wa tilka ni'matun tamunnuhâ *alayya 'an 'abbatta banT 'isra 'ila (22).
Ton Maître dépêcha, un jour, Moïse auprès du peuple pervers (10) Le
peuple de Pharaon, dépourvu de tout respect humain. (11) Seigneur, dit
Moïse, je crains d'être traité de menteur. (12) Le souffle me manque. Je ne
suis pas éloquent. Envoie Aaron à ma place. (13) Us m'accusent de crime.
Je crains qu'ils ne me mettent à mort. (14) Tu n'as rien à craindre. Partez
tous deux avec mes signes. Je suis avec vous et je vous entends. (15) Allez
tous deux rejoindre Pharaon et dites-lui: «Nous sommes les envoyés du
Maître de l'univers (16) Confie-nous les enfants d'Israël». (17) N'as-tu pas
été élevé chez nous pendant ton enfance? lui dit Pharaon, et n'as-tu pas
passé parmi nous plusieurs années de ta vie? (18) Ingrat, tu nous a répondu
par un forfait. (19) C'est vrai, j'ai commis un forfait, mais je manquais de
discernement. (20) Je vous ai fui par crainte. Mon Seigneur m'a donné la
sagesse et m'a désigné comme envoyé. (21) Le bienfait que tu me rappelles,
excuse-t-il, que tu aies asservi les enfants d'Israël. (22-).
Après que Dieu ait appelé Moïse sur le côté droit du Mont, lui a
parlé, l'a élu de préférence aux autres, Il lui ordonne d'aller trouver le
peuple pervers, le peuple de Pharaon qui ne Le craint pas. Et Moïse
de répondre; «Seigneur, je crains d'être traité de menteur. Le souffle me
manque. Je ne suis pas éloquent. Envoie Aaron à ma place. Ils m'accusent
de crime. Je crains qu'ils me mettent à mort»» Tels furent les excuses
présentées par Moïse au Seigneur, comme nous avons raconté son
histoire en détail en commentant la surate de Ta. Ha. A savoir que la
cause pour laquelle Moïse avait quitté l'Egypte, c'était d'avoir tué le
copte. Dieu le rassure: «Tu n'as rien à craindre» Tout comme II lui a dit
dans un autre verset: «Nous t'accordons l'appui de ton frère. Nous vous
donnerons une telle autorité.» [Coran XXVIII, 35].
Puis Dieu leur ordonne de dire à Pharaon qu'ils sont ses Envoyés,
pour qu'il envoie avec eux les fils d'Israël, de les libérer de leur
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servitude, de ses méfaits et sa tyrannie, car ils sont les serviteurs fidèles
de Dieu. Mais Pharaon se détourna de Moïse par mépris et répondit par
lui rappeler ses bienfaits sur lui: «Nas-ttf pas été élevé chez nous pendant ton
enfance?». Il lui reprocha aussi; tu n'as été que méconnaissant envers
nous après tout, et en plus tu as tué un des nôtres.
Moïse répliqua: «C'est vrai, j'ai commis un forfait, mais je manquais
de discernement». Car ce fut avant qu'il ait reçu le message et été
favorisé par la Prophétie. «Je vous ai fui par crainte», mais maintenant,
je me pésente en tant qu'envoyé du Seigneur, si tu Lui obéis, tu seras
sauvé, sinon, tu seras perdu. «Le bienfait que tu me rappelles, excuse-t-il
que tu aies asservi les enfants d'Israël» C'est à dire: tout le bien que tu
m'as avancé, tu l'as annihilé par l'asservissement des fils d'Israël que
tu les charges de corvée pour toi et pour ton peuple. Tous tes bienfaits
que tu m'as accordés n'équivalent pas ton injustice envers ces gens-là.
qâla Fir'awnu wamâ rabbu-l-'âlamina (23) qâlu rabbu-s-samâwâti wa-l-
*ardi wamâ baynahuma 'in kuntum mûqinîna (24) qâla liman hawlahïï
'alâ tastàmi'ûna (25) qâla rabbukum wa rabbu *a bâ* 'ikumu-l-'awwalîna
(26) qâla 'inna rasûlakumu-1-ladT 'ursila 'ilaykum lamjnûnun (27) qâla
rabbu-1-maâriqi wa-1-magribi wamâ baynahuma" 'in kuntum ta'qilûna
(28).
Pharaon reprit: «Qu'est-ce que le maître de l'univers?» (23) C'est le
créateur des deux et de la terre et de l'espace qui les sépare pour ceux qui
croient. (24) Se retournant vers son entourage, Pharaon s'exclama: «Avez-
vous entendu?» (25) Oui, répliqua Moïse, c'est votre maître et le maître des
premiers hommes. (26) Le Prophète qu'on vous a envoyé est un possédé.
(27) Oui, Il est le maître de l'Orient et de l'Occident et de ce qui les
sépare pour ceux qui réfléchissent (28).
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Poussé par son incrédulité, son obstination et sa rébellion,
Pharaon demanda à Moïse: «Qui est le maître de l'univers?». Car il
disait à son peuple: «Je oe vous connais pas d'autre dieu que moi» [Coran
XXVIII, 38] cherchant à égarer son peuple qui lui obéissait, et croyait
qu'il n'y a d'autre Dieu que leur roi. Moïse lui répondit: «Je suis l'envoyé
du Seigneur des mondes». Mais Pharaon s'exclama: «Qui donc est le
Seigneur des mondes? Existe-il un autre dieu que moi?».
Moïse répondit à Pharaon: «Il est le Maître de l'Orient et de
l'Occident et de ce qui les sépare». C'est Lui le maître et le souverain de
tout ce qu'il a créé: cieux, terre, mers, déserts, plantes, fruits, et ce qui
sépare les cieux et la terre comme air et oiseaux. Tous les hommes
sont Ses serviteurs, «pour ceux qui réfléchissent» si seulement vous
comprenez.
Alors Pharaon dit à ceux qui l'entouraient de sa cour, ses chefs et
d'autres, en se moquant des propos de Moïse: «Avez-vous entendu?
N'êtes-vous étonnés de ces paroles que vous avez un autre dieu que moi?»
Mais Moïse ne tarda à répliquer: «C'est votre maître et le maître des
premiers hommes». Il est le créateur de tous les hommes depuis
l'éternité. Et Pharaon de répondre: «Le Prophète qu'on vous a envoyé est
un possédé», et ne raisonne pas présumant que je ne suis pas votre
dieu. «Oui», affirme Moïse «H est le maître de l'Orient et de l'Occident et
de ce qui les sépare pour ceux qui réfléchissent». Il est le véritable Dieu
qui fait les astres apparaître du côté de l'orient et disparaître à
l'occident. Si vous considérez Pharaon un dieu, qu'il les fasse
autrement en faisant de l'orient un occident et vice versa. Abraham,
avant lui a dit à Nemrod: «Allah fait lever le soleil à l'Orient, fais- le
lever, toi, à l'occident» [Coran II, 258].
Se trouvant incapable d'affronter Moïse, même par des
arguments, Pharaon s'emporta, usa de sa force et de son pouvoir pour
répondre à Moïse ce que nous allons citer ci-bas.
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qâla la'ini-t-tahadta 'ilahan gayrî Ia'aj'alannaka mina-1-masjûnîna (29)
qâla 'awalaw ji'tuka bisay'im-mubînin (30) qâla fa'ti bihT 'in kunta
mina-s-sadiqîna (31) fa'alqâ 'asâhu fa'idâ hiya tu'bânum-mubînun (32)
wa naza'a yadahû fa'idâ hiya baydà^'u li-n-nâzirîna (33) qâla lilmala'i
hawlahtî 'inna hâdâ lasâhirun 'alîmun (34) yurîdu 'ay-yuhrijakum min
'ardikum bi sihrihî famâdâ ta'murûna (35) qâlïï 'arjih wa 'ahâhu wab'at
fî-1-mada 'ini hâsirîna (36) ya'tûka bikulli sahhârin 'alîmin (37).
Si tu adores un autre Allah que moi, je te jetterai en prison. (29)
Même si je t'apporte une preuve indiscutable! (30) Apporte-la, si vraiment
tu l'as. (31) Moïse lança son bâton qui se transforma aussitôt en serpent.
(32) II montra sa main qui apparut blanche aux spectateurs. (33) Pharaon
confia à ses intimes: «C'est vraiment un magicien extraordinaire» (34) «Il
cherche à vous chasser de votre pays avec ses sorcelleries. Qu'en pensez-
vous?» (35) Ses intimes lui dirent: «Fais-le patienter lui et son frère et
envoie dans chaque ville des messagers (36) qui recruteront les meilleurs
magiciens» (37).
Pharaon, se sentant incapable de faire face à Moïse soit en
argument soit en force, le menaça de l'emprisonner s'il prend un autre
dieu que lui. Moïse de lui répondre: «Même si je t'apporte une preuve
indiscutable». -Apporte-la, si tu es véridique, répliqua Pharaon. Moïse
jeta son bâton, et le voici un grand serpent qui circule dont la bouche
est ouverte et sa forme est effrayante. Puis comme une autre preuve,
il montra sa main, et la voici blanche pour ceux qui regardaient.
Pharaon, devant ce fait, ne trouva aucun argument que de dire à ses
alentours: «C'est vraiment un magicien extraordinaire» Il voulut par là
convaincre ses intimes que les preuves apportées par Moïse ne sont
que des sorts des magiciens et non comme des miracles. Et pour les
inciter contre lui, Pharaon s'écria: «H chercha à vous chasser de votre
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pays avec ses sorcelleries. Qu'en pensez-vous?» C'est à dire: Moïse, par
sa magie, aura beaucoup de partisans et une grande suite, et pourra
vaincre le peuple de Pharaon et le soumettre à sa volonté. Il consulta
ses intimes: «Qu'en pensez-vous», qu'est-ce qu'on doit faire pour
l'affronter et lui faire face?». Ils lui répondirent: «Fais-le patienter lui et
son frère et envoie dans chaque ville des messagers qui recruteront les
meilleurs magiciens». Remets-le à plus tard, lui et son frère, et envoie
des gens qui t'amèneront de tous le coins de ton royaume tout
magicien savant, ainsi tu pourras vaincre Moïse. Tel fut le dessein de
Dieu qui a voulu que tous les hommes seront rassemblés sur un
même tertre et verront les signes de Dieu sans aucune contestation.
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fajumi'a-s-saharatu limûqâti yawmim ma'lûmin (38) wa qîla li-n-nâsi hal
'antum mujtami'ûna (39) la 'allanâ nattabi'u-s-saharata 'in kânû humu-1-
gâlibîna (40) falammâ jâ"*a-s-saharatu qâlû li-Fir'awna 'a'inna lanâ
la'ajran *in kunnâ nahnu-1-galibîna (41) qâla na'am wa 'innakum 'ida-1-
laminal-1-muqarrabîna (42) qâla lahum Musa 'alqû ma 'antum mulqûna
(43) fa'alqaw hibâlahum wa 'isiyyahum wa qâlû bi'izzati Fir'awna 'innâ
lanahnu-1-gâlibûna (44) fa'alqâ Mûsâ 'asâhu fa*idâ hiya talqafu ma
ya'fikûna (45) fa'ulqiya-s-saharatu sâjidîna (46) qâîïï *a*mannâ birrabi-1-
'âlamîna (47) rabbi Mûsâ wa Hârûna (48).
Les magiciens furent convoqués à un jour fixé. (38) Toute la
population fut invitée. (39) «Nous sympathiserons avec les magiciens, s'ils
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ont le dessus», dit la foule. (40) Une fois assemblés, les magiciens dirent à
Pharaon: «Nous récompenseras-tu, si nous l'emportons» (41) Sans doute,
répondit-il, je vous admettrai dans ma cour (42) Moïse leur dit:
«Commencez». (43) Ils lancèrent leurs cordes et leurs bâtons en disant:
«Par la gloire de Pharaon, la victoire est à nous» (44) À son tour, Moïse
lança son bâton et le voilà qui enlève jusqu'aux traces de leurs artifices (45)
Les magkines se jetèrent la face contre terre. (46) Ils s'écrièrent: «Nous
nous soumettons au Maître de l'univers (47) Le «Allah de Moïse et
d'Araon». (48).
Les magiciens furent réunis. Ils étaient au nombre de douze mille -
ou quinze mille selon d'autres-, et les plus habiles et savants. Les
gens s'empessèrent à être témoins de ce spectacle qui bientôt allait se
produire. Ils dirent: «Nous sympathiserons avec les magiciens s'ils ont le
dessus», sans dire: nous suivrons la vérité qui va éclater. Car la gent du
peuple ne fait que suivre son maître.
Une fois se trouvant réunis devant Pharaon, sa cour, ses esclaves
et ses conseillers, les magiciens quémandèrent ses faveurs s'ils auront
le dessus sur Moïse: «Nous récompenseras-tu, si nous l'emportons?». Et
lui de les rassurer de leur promettre: «Sans doute, je vous admettrai dans
ma cour». Vous serez rapprochés de moi et ferez partie de mes
intimes.
Les magiciens se rendirent alors au lieu où ils devaient montrer
leurs magies à Moïse. Ils lui dirent: «Serons-nous les premiers à jeter
ou toi?». Il leur répondit: «Jetez ce que vous avez à jeter» et eux de
s'écrier: «Par la gloire de Pharaon, la victoire est à nous». Des propos
que les ignorants profèrent lorsqu'ils vont aduler les autres.
Moïse jeta son bâton à son tour, et le voilà qui engloutit tout de ce
que les magiciens avaient fabriqué. Ainsi la vérité se manifesta et leurs
manœuvres furent inutiles. Les magiciens, constantant que ce fut
quelque chose qui n'émane que d'un grand puissant, tombèrent alors
prosternés, crurent en Moïse et se soumirent au Seigneur des mondes
dans un moment solennel où Pharaon essuyait un grand échec. Mais il
était un homme insolent et audacieux, se détourna de Moïse et
commença à menacer les magiciens qui lui causèrent ce grand
scandale. Il leur dit: «Ce doit être votre chef celui qui vous a enseigné la
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magie. Vous aurez de mes nouvelles», comme il leur a dit dans un autre
verset: «Cest là une machination organisée d'avance..» [Coran VII, 123].
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qâla 'jfmantum lahû qabla 'an 'âtdana lakum 'innahû lakabîrukumu-1-
ladî 'allamakumu-s-sihra falasawfa ta'lamûna la'uqatti'anna 'aydiyakum
wa 'arjulakum min hilâfïn wa la'usallibannakum 'ajma'îna (49) qâlû là
dayra 'inriït 'ilâ rabbinâ munqalibûna (50) 'inna natma'u 'ay-yagfira lanâ
rabbunâ hatâyâria 'an kunria 'awwala-1-mu'minîna (51).
«Comment, vous vous soumettez à Lui avant qne je vous autorise»,
s'écria Pharaon. «Ce doit être votre chef, celui qui vous a enseigné la
magie, vous aurez de mes nouvelles». Je vous ferai couper un pied d'un côté
et une main de l'autre et je vous ferai tous crucifier. (49) Qu'importe!
répondirent-ils. Ne ferons-nous pas retour à notre Seigneur, (50) Nous
souhaitons qu'Allah nous pardonne nos péchés pour avoir fait notre
soumission les premiers (51).
Les menaces de Pharaon ne lui servirent à rien, bien au contraire,
elles firent accroître la foi des magiciens et leur soumission à Dieu, car
en voyant des miracles qui dépassaient le pouvoir humain, la vérité
leur apparut claire comme le jour. Donc Moïse n'est pas un sorcier
comme eux, mais un Prophète envoyé. Pharaon leur dit: «Comment,
vous vous soumettez à Lui avant que je vous autorise», il fallait demander
mon autorisation étant votre dieu et Seigneur «Ce doit être votre chef,
celui qui vous a enseigné la magie». Ce fut une impénitence dont chacun
connaît la cause et sa fausseté. Car les magiciens n'ont jamais
rencontré Moïse avant ce jour-là, comment pouvait-il être leur chef qui
leur avait enseigné la magie? Vraiment il y a là un raisonnement inoui.
Pharaon leur menaça ensuite de leur couper les pieds d'un côté et
les mains de l'autre, ils lui répondirent: «Qu'importe! Ne ferons-nous pas
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retour à notre Seigneur». Tout reviendra vers Lui, car II ne fera plus
perdre le bonnes actions des hommes, d'autant plus, Il connaît bien
comment tu nous a traités. «Nous souhaitons qu'Allah nous pardonne nos
péchés» surtout la magie dont tu nous a contraints à pratiquer «pour
avoir fait notre soumission les premiers» parmi le peuple copte, celui de
Pharaon.
wa 'awhayna 'ilâ Mûsâ" 'an 'asri bi'ibâdî 'innakum muttaba'ûna (52)
fa'arsala Fir'awnu fî-l-mada'ini hâsirîna (53) 'inna hllf'ûlif'i laSirdimatun
qalîlûna (54) wa 'innahum lanâ lagà* 'izûna (55) wa 'innâ lajamî'un hâd
irûna (56) fa'ahrajnâhum min jannâtin wa 'uyûnin (57) wa kunûzin wa
maqâmin karîmin (58) kadâlika wa 'awratnâhâ barif 'isra 'îla (59).
Nous suggérâmes à Moïse de s'enfuir de nuit avec nos serviteurs. Nous
le prévînmes qu'il serait poursuivi. (52) Pharaon envoya dans les villes des
agents pour les arrêter. (53) Us ne forment qu'un petit groupe misérable,
disait Pharaon. (54) Et cependant ils me mettent en souci. (55)
Heureusement que nous sommes vigilants. (56) Nous arrachâmes les
Egyptiens a leurs jardins et à leurs sources, (57) à leurs trésors et a leurs
résidences somptueuses. (58) Tel fut leur sort. Nous fîmes des Israélites
leurs héritiers. (59).
Comme le séjour de Moïse en Egypte dura longtemps en appelant
Pharaon et son peuple à l'adoration, de Dieu sans résultat, malgré les
signes et les preuves qu'il a présentés. Il ne resta alors que le
châtiment et le supplice qui devaient subir. Dieu ordonna à Moïse de
quitter l'Egypte de nuit accompagné des fils d'Israël, et de se diriger
vers le lieu où II le lui indiquera. Moïse s'exécuta, et son peuple
emprunta des coptes des bijoux et de parures la veille de leur sortie!
On a rapporté que ce fut lors de l'apparition de la lune, et que
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Moïse avait demandé de lui montrer la tombe de Youssof (Joseph).
Une vieille femme Israélite la lui montra, et alors Moïse emporta le
linceul avec fui en quittant le pays, même il recommanda aux fils
d'Israël de le porter avec eux là ils se dirigeront.
Le lendemain matin, Pharaon se mit en colère quand on lui apprit
qu'aucun Israélite ne se trouve chez lui, et sa fougue devint intense
contre tous les fils d'Israël. Il envoya dans tous les coins du pays ses
agents pour recruter une grande armée en s'écria nt: «Ces Israélites ne
forment qu'une petite troupe misérable et irritants pour nous mais
heureusement que nous sommes nombreux et vigilants». Il se crut
qu'à tout moment il sera capable d'eux et il les châtiera. Mais Dieu
était aux aguets, Il s'est vengé de Pharaon et de son peuple en les
dépouillant de jardins, de sources, de trésors, et des demeures
somptueuses qu'ils habitaient, et II les donna aux fils d'Israël, comme II
le montre dans ce verset: «Nous avons appelé à leur succéder le peuple
hier encore opprimé et, sur la terre couverte de nos bénédictions» [Coran
VII, 137].
£
fa'atba'uhum musriqîna (60) falammâ tarâ"a-l-jam*âni qâla 'ashâbu
Mûsa 'innâ lamudrakûna (61) qâla kallà 'inna ma'iya rabbî sayahdîni
(62) fa'awhayna Mlâ Mûsa 'ani-drib bi 'asâka-1-bahra fanfalqa fakâna
kullu fîrqin ka-t-tawdi-l-'azîm (63) wa 'azlafnâ-tamma-l-'aharîna (64) wa
'anjaynâ Mûsâ wa mam-ma'ahiï *ajma*îna (65) tumma 'agraqnâ-1-
'à'harîna (66) 'inna fî dâlika la 'â*yatan wamâ kâna 'aktaruhum
mu'minîna (67) wa 'inna rabbaka lahuwa-l-'Aâzu-r-Rahîmu (68).
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Les Egyptiens se lancèrent à leur poursuite au lever du jour. (60)
Lorsque les deux groupes furent en présence, les compagnons de Moïse
s'érièrent: «Nous sommes atteints». (61) Qu'importe! répliqua Moïse. Mon
Allah est avec moi. Il me sauvera. (62) Nous ordonnâmes à Moïse de
frapper les flots avec son bâton. Ils se fendirent aussitôt. Ils formèrent de
chaque côté comme une haute montagne. (63) Nous attirâmes les
Egyptiens. (64) Nous auvâmes Moïse et tous les siens. (65) Puis nous
refermâmes le flots sur les autres. (66) Cette histoire comporte un
enseignement. Mais la plupart des hommes ne croient pas. (67) Ton
Seigneur est toute majesté et toute clémence (68).
D'après plusieurs exégètes, Pharaon sortit à la tête d'un grand
nombre de ses ministres, conseillers et commandants, et atteignirent le
littoral au lever du soleil. «Lorsque les deux groupes furent en présence,
les compagnons de Moïse s'écrièrent: «Nous sommes atteints». Arrivés sur
le rivage de la mer(Rouge), à la vue de Pharaon et sa grande armée,
les Israélites éprouvèrent une certaine frayeur, mais Moïse les rassura:
«Qu'importe! Mon Allah est avec moi. Il me sauvera». Ne redoutez rien,
ils ne peuvent rien contre vous car Dieu m'a ordonné de vous conduire
jusqu'ici et m'a promis qu'il me mettra à l'abri, ainsi que yous, du mal
de Pharaon. A savoir que Aaron -que Dieu le salue- et Youch'a Ben
Noun étaient à la tête des fils d'Israël et le croyant du peuple de
Pharaon, tandis que Moïse était à l'arrière avec les autres. Dieu alors
ordonna à Moïse de frapper les flots avec son bâton, et voilà que la
mer s'entouvrit et chacune de ses deux parties devint pareille à une
immense montagne.
Mouhammad Ben Ishaq a raconté que Dieu inspira la mer que
lorsque Moïse la frappe, elle doit être fendue de sorte de laisser un
passage à Moïse et à son peuple. Au premier coup de bâton, la mer
s'agita et les flots s'entrechoquèrent par crainte et redoute du
Seigneur.
Quant à Ibn Abbas, il a dit: «La mer fut transformée en douze
passages dont chacun fut destiné à l'une des sectes des fils d'Israël.
Les hommes, en passant, regardait l'un l'autre à travers des flots qui
furent comme des murs séparant les uns des autres, et on put aussi
voir le fond qui apparut comme une terre solide, tout comme Dieu le
554
montre dans ce verset: «Ouvre-leur un chemin à travers les flots», lui
commandâmes-nous. «Ne crains pas d'être rejoint et sois sans inquiétude»
[XX, 77].
Dieu fit approcher de la mer Pharaon et son armée. A ce moment
Moïse fut sauvé avec son peuple, et Dieu fit engloutir Pharaon et les
siens. Ibn Mass'oud a commenté ce fait et dit: Une fois Moïse se
trouva avec les fils d'Israël et ceux qui ont cru en lui, et Pharaon et
son armée dedans les flots, ceux-ci se refermèrent sur eux et les
engloutirent du premeir au dernier. La mer parut alors noire à cause du
grand nombre de naufragés».
«Cette histoire comporte un enseignement.» et un grand miracle pour
les croyants, et afin qu'ils sachent que Dieu est omnipotent et sa
répression est redoutable. «Mais la plupart des hommes ne croient pas»
Le Seigneur, est, en vérité, le tout-Puissant et le Miséricordieux.
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wa-tlu 'alayhim naba'a 'Ibrâhîma (69) 'id qâla li'abîhi wa qawmihî ma
ta'budûna (70) qâlû na'budu 'asnâman fanazallu lahâ 'âkifîna (71) qâla
hal yasma'unakum *id tad'ûna (72) 'aw yanfa'ûnakum 'aw yadurrûna
(73) qâlû bal wajadnâ A 'â A bâf'anâ kadâlika yaf'alûna (74) qâla '-
afara'aytum ma kuntum ta'budûna (75) 'antum wa *a bâ A, ukumu-l-'-
aqdamûna (76) fa'innahum 'aduwwu-1-FT 'illâ rabba-I-'âlamîna (77).
Raconte-leur l'histiore d'Abraham. (69) Il dit, un jour, à son père et à
son peuple!» Qu'adorez-vous là?. (70) Ils répondirent: «Nous adorons les
idoles. Nous leur vouons un culte». (71) Vous entendent-elles quand vous les
invoquez? interrogea Abraham. (72) Vous servent-elles ou vous nuisent-
elles?» (73) Non, mais nos pères pratiquaient un tel culte. (74) Eh bien!
555
Sachez-le; les idoles que vous adorez (75) et qu'adoraient vos pères (76)
sont mes ennemis. Il n'y a qu'un maître de l'univers. (77).
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
raconter à ses compagnons l'histoire d'Abraham, ie modèle des
hommes droits, afin de le prendre comme Imam et le suivent en
imitant sa sincérité et son dévouement, et ceci en n'adorant que le
seul Seigneur qui n'a pas d'associés, et en désavouant ce que font les
idolâtres.
Un jour, Abraham demanda à son père et à son peuple:
«Qu'adorez-vous?». Ces idoles qui devant lesquelles vous vous
prosternez vous entendent-elles, lorsque vous les invoquez, ou vous
sont-elles utiles ou nuisibles?. La réponse fut la suivante: «Non, mais
nos pères pratiquaient un tel culte» Donc ils ne font que suivre leurs
pères dans leur adoration de ces idoles sans aucune réflexion.
Il leur dit: «Sachez que les idoles que vous adorez et qu'adoraient vos
pères, sont mes ennemis. Il n'y a qu'un seul maître de l'univers» Abraham
a voulu dire par cela: pour moi ces idoles ne signifient rien, qu'elles me
nuisent donc si elles en sont capables, elles ne sont que mes
ennemis. Ainsi Abraham désavoua le culte de son père et de son
peuple: «Je réprouve ce que vous adorez. Je n'adore que Celui qui m'a
crée. H me mettra dans le bon chemin» [Coran XLIII, 26-27].
 - >"
1-ladî halaqanî fahuwa yahdînî (78) wa-1-ladî huwa yut'imum wa yasqîni
(79) wa 'idâ marittu fahuwa yasfîni (80) wa-1-ladî yumîtunî tumma
yuhyîni (81) wa-1-ladX 'atma'u 'ay-yagfira lî hafT'atî yawma-d-dîni (82).
C'est Lui qui m'a créé et qui me dirige, (78) qui me nourrit et me
donne à boire. (70) qui me guérit quand je tombe malade, (80) qui me fera
mourir et me ressuscitera, (81) qui, je l'espère, absoudra mes péchés au jour
du jugement dernier. (82).
556
Abraham répondit: je n'adore que Celui qui est capable de faire
ces choses-là:
-Qui crée et dirige, Il égare, comme II dirige vers le chemin droit,
quiconque veut être égaré ou dirigé, bien que tout cela a été
prédestiné.
-Qui nourrit et qui abreuve, en d'autre terme: Il est celui qui assure
la subsistance des hommes et pourvoit à leurs besoins.
-Qui guérit les malades, car II est le seul guérisseur, malgré qu'il
est le créateur des maladies d'après sa prédestination.
-Qui fait mourir les hommes et les ressuscitera au jour dernier.
-Qui pardonne les péchés de quiconque se repent et revient à Lui.
*"£ -^
rabbi hab lî hukman wa 'alhiqnî bi-s-sâlihîna (83) waj'al-lî lisâna sidqin
fî-l-'a hirîna (84) waj'alnî min waratati jannati-n-na'îmi (85) wagfir li'abT
'innahû kâna mina-d-dâ A llîna (86) walâ tuhzinî yawma yub'atûna (87)
yawma là yanfa'u mâlun walâ banûna (88) 'illâ man 'atâ-L-Lâha
biqalbin salîmin (89).
Seigneur, donne-moi la sagesse et compte-moi au nombre des justes.
(83) Fais que je laisse la réputation d'un homme sincère parmi les
générations à venir. (85) Pardonne à mon père d'avoir été parmi les égarés.
(86) Ne m'humilie pas au jour de la résurrection. (87) Au jour où les
richesses et les enfants n'auront plus de valeur. (88) Une âme pure étant
seule agréable à Allah. (89).
Abraham demande à Dieu de lui accorder la sagesse, ou la
science ou le Coran, selon différentes interprétations des ulémas et de
le placer au nombre des justes. On a rapporté que le Messager de
557
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- disait lors de son agonie: «Grand
Dieu, que ce soit avec le plus haut Compagnon», et aussi il invoquait
le Seigneur par ces mots: «Grand Dieu, fais-nous vivre soumis
(musulmans), fais-nous mourir soumis, rattache-nous aux gens de
bien, non humiliés ni apostasies».
«Fais que je fasse la réputation d'un homme sincère parmi les
générations à venir» C'est à dire: assigne-moi une langue de vérité
qu'elle soit un exemple pour la postérité et qu'elle m'imite, et que ces
générations ne parleront de moi que du bien. «Appelle-moi parmi les
héritiers du jardin de la félicité» et dans la vie future, que mon sort soit
dans le Paradis du délice.
«Pardonne à mon père d'avoir été parmi les égarés», mais Abraham
cessa cette invocation en faveur de son père après avoir constaté qu'il
était parmi les incrédules et égarés invétérés, car Dieu a montré son
cas dans ce verset: «Si Abraham implora le pardon d'Allah en faveur de
son père, c'est qu'il le lui avait promis. Lorsqu'il se rendit compte que son
père était l'ennemi d'Allah, il le desavoua» [Coran IX, 1 14].
«Ne m'humlilie pas au jour de la résurrection» En d'autres termes:
fais que je ne serais plus humilié au jour du jugement dernier à cause
de mon père, le jour où tous les hommes seront jugés selon leurs
œuvres. A ce propos, Abou Houraira rapporte que le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurreection,
Abraham rencontrera son père enveloppé de poussière et d'humiliation».
Suivant une autre version, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Abraham rencontrera son père
Azar dont le visge sera couvert d'humiliation et de poussière. Abraham lui
dira: «Ne t 'ai-je pas demandé de ne pus me déosobéir?» Il lui répondra:
«Aujourd'hui, je ne te désobéis pas». Puis Abraham s'adressera au
Seigneur: «Mon Dieu, Tu m 'as promis de ne pas me faire l'affront où Tu
ressusciteras les hommes. Quelle honte serait-elle plus grande pour moi que
de voir mon père dépourvu de Ta miséricorde?» Dieu -à Lui la puissance et
la gloire- dira: «J'ai interdit aux incrédules d'entrer au Paradis». Ensuite
on dira: «O Abraham, qu'as-tu à tes pieds?». Abraham regardera et
trouvera une hyène toute maculée, on la prendra et on la précipitera dans
558
le feu» (Rapporté par Boukhari, d'après Abou Houraira, et Nassaï)* 1 *.
«Au jour où les richesses et les enfants n'auront plus de valeur» Ce
jour-là, ni biens ni enfants ne pourraient préserver l'impie du châtiment
même s'il donnait tout l'or de la terre pour se racheter. Seule la foi
servira à l'homme et qu'elle soit sincère.
«Une âme pure étant seule agréable à Allah». Cette âme sera
purifiée du polythéisme et de grands péchés. Mais Ibn Abbas a dit qu'il
s'agit du témoignage qu'il y a d'autres divinités que Dieu. Quant à
Sa'id Ben Al-Moussaiab, il a avancé que l'âme pure est celle du
croyant, tandis que celle de l'hypocrite est malade et tachée de
souillure.
+>ï
wa 'uzlifati-1-jannatu li-I-muttaqîna (90) wa burrizati-1-jahîmu-Ii-I-gâwîna
(91)wa qîla lahum 'ayna ma kuntum ta'budûna (92) min dûni-L-Lâhi hal
yansurûnakum 'aw yantasirûna (93) fakubkibû fîhâ hum wa-1-gâwûna
559
(94) wa junûdu 'Iblîsa 'ajma'ûna (95) qâlu wa hum fîhâ yahtasimûna (96)
ta-L-Lâhi 'in kunnâ lafi dalâlim-mubînin (97) 'id nusawwikum bi rabbi-
l-*âlamîna (98) wa ma" 'adallana 'illâ-1-mujrimûna (99) famâlanâ min
Sâfi'îna (100) walâ sadîqin hamîmin (101) falaw'anna lanâ karratan
fanakûna mina-l-mu'minîna (102) 'inna fî dâlika lalf yatan wamâ kâna
'aktaruhum mu'minîna (103) wa'inna rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu
(104) .
Au jour où le Paradis se rapprochera des vertueux. (90) Où l'enfer se
montrera aux réprouves. (91) Où cette question sera posée à ces derniers:
«Où sont les idoles que vous adoriez (92) à la place d'Allah?» Peuvent-elles
vous défendre ou se défendre elles-mêmes?» (93) Tous seront précipités dans
l'enfer, adorés et adorateurs. (94) et toutes les troupes d'Iblis. (95) Se
prenant à partie les uns les autres, les adorateurs diront (96): «Par Allah,
nous nous sommes manifestement trompés. (97) en vous assimilant au
maître de l'univers. (98) Ce sont les méchants qui nous ont égarés. (99)
Hélas! nous n'avons plus d'intercesseur! (100) ni d'ami sincère. (101) Ah! si
nous pouvions revenir sur terre, nous croirions! (102) Ceci constitue un
avertissement mais la plupart des hommes sont incrédules. (103) Ton
Seigneur est toute majesté et toute miséricorde. (104).
Au jour dernier, Dieu rapprochera te Paradis tout orné et embelli à
ceux qui Le craignent, et fera surgir la Géhenne aux incrédules égarés.
Puis on dira à ces derniers: «Où sont les idoles que vous adoriez à la
place d'Allah? Peuvent-elles vous défendre ou se défendre?». Aujourd'hui,
ces idoles ne vous serviront à rien ainsi que tous ce que vous adoriez
en dehors de Dieu, vous et eux, serez les aliments de la Géhenne où
vous serez précipités, ainsi que ceux qui vous incitaient à les adorer,
Iblis et ses suppôts. Alors ils s'écrieront: «Par Allah, nous nous sommes
manifestement trompés, en vous assimilant au maître de l'univers.» Les
faibles parmi les réprouvés diront aux plus puissants en les blâmant:
«Nous étions dans un égarement total quand nous vous considérions comme
des maîtres en vous obéissant et en désobéissant au Seigneur des deux
mondes. «Hélas! nous n'avons plus d'intercesseur nî ami sincère» car, selon
Qatada, si l'ami était sincère et juste, il serait utile, et s'il était un intime
et pieux, on accepterait son intercession.
Ils souhaiteraient: «Sî nous pouvions revenir sur terre nous croirions».
560
Mais Dieu connaît bien que s'ils étaient ramenés sur la terre, ils
reviendraient à ce qui leur était interdit. Ce sont des menteurs.
«Ceci constitue un avertissement mais la plupart des hommes sont
incrédules». La Polémique qui eut lieu entre Abraham et son peuple fut
un argument du Prophète de Dieu -que Dieu le salue- contre eux, et
qui ne fut autre que le témoignage qu'il n'y a d'autres divinités que
Dieu, mais, hélas, la plupart des hommes ne sont pas des croyants.
ES ùiUi a Li^l» E§ tlutJï L-y & VI'
kaddabat qawmu Nuhin-i-1-mursalîna (105) *id qâla lahum 'ahuhum
Nuhun 'alâ tattaqûna (106) 'innî lakum rasûlun 'amînun (107) fa-t-taqû-
L-Lâha wa 'atfûni (108) wama 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya
'illâ 'alâ rabbi-l-'âlamîna (109) fattaqû-L-Lâha wa 'atî'ûni (110).
Le peuple de Noé traita les Prophètes d'imposteurs. (105) Noé dit à
ses frères: «Pourquoi ne croyez-vous pas?» (106) Je suis un Prophète de
bonne foi. (107) Craignez Allah et obéissez-moi. (108) Je ne vous réclame
aucune récompense. Je n'attends ma récompense que du Maître de
l'univers. (109) Craignez -Allah et obéissez-moi. (110).
Noé fut le premier Prophète que Dieu envoya aux habitants de la
terre, qui, à cette époque, adoraient les idoles. Noé les mit en garde
contre le châtiment de Dieu et les appela à adorer le Seigneur des
mondes. Mais son peuple le traita de menteur et persévérèrent dans
leur égarement et leur incrédulité.
Il leur dit: «Pourquoi ne croyez-vous pas? Je suis un Prophète de
bonne foi». Je suis envoyé vers vous afin de cesser l'adoration des
idoles et vous devez n'adorer que Dieu. Je suis fidèle en vous
communiquant ie message du Seigneur tel quel sans rien ajouter ni
diminuer. «Craignez Allah et obéissez-moi. Je ne vous réclame aucune
récompense.» Car je n'attends ma rétribution que de Dieu. Ma sincérité
ne doit pas être un sujet de doute ni de reniement, le message que je
561
communique ne provient que de Dieu. Croyez-moi et obéissez à Dieu.
qâltî 'anu'minu laka wa-t-taba'aka-l-'ard alûna (111) qâla wamâ *ilmî
bimâ kânû ya'malûna (112) 'in hisâbuhum *illâ 'alâ rabbî law tas'urûna
(113) wamà A 'ana bitâridi-1-mu'minîna (114) 'in 'ana 'illâ nadîrum
mubînun (115).
Allons-nous te croire quand ta n'as convaincu que la lie du peuple.
(111) Je n'ai pas à connaître des actions de mes partisans, repartit Noé.
(112) Ils n'ont de compte a rendre qu'à Allah, le comprendrez-vous? (113)
Ce n'est pas moi qui repousserai les croyants. (114) Je ne suis
manifestement qu'un messager. (115).
Le peuple de Noé lui répondit: «Croirons-nous en toi alors que ce
sont les plus vils parmi les hommes qui te suivent?». Et Noé de
répliquer: «Je n'ai pas à connaître des actions de mes partisans» Ma
mission ne consiste pas à examiner les actions de ceux qui m'ont
suivi, il ne m'incombe que de croire en leur foi quelles que soient leurs
œuvres, et je confie leur secret à Dieu qui les jugera: «Ils n'ont de
compte à rendre qu'à Allah. Ce n'est pas moi qui repousserai les croyants»
Je ne chasserai plus ceux qui me suivent et croient en mon message,
car ils seront des miens, et je serai des leurs, qu'ils soient pauvres,
puissants, forts ou faibles, en vérité, je ne suis qu'un avertisseur.
qâlû la'il-lam tantahi yâ Nûhu latakûnanna mina-1-marjûmîna (116) qâla
rabbi 'inna qawmi kaddabûni (117) faftah baynî wa baynahum fathan
wa najjinî wa nam ma'iya mina-1-mu'minîna (118) fa'anjaynâhu wa mam
ma'ahû fî-l-fulki-l-ma5hûni (119) tumma 'agraqnâ ba'du-1-bâqîna (120) T -
inna fî dâlika la'âfyatan wamâ kâna 'aktanihum mu'minîna (121) wa **
inna rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu (122).
Si tu t'obstines dans cette voie, ô Noé, tu seras lapidé. (116) Il dit: «O
Seigneur, mon peuple me traite de menteur» (117) Tranche entre lui et moi.
Sauve-moi ainsi que ceux qui se sont convertis à ma foi. (118) Nous les
sauvâmes, lui et ses partisans, sur une arche abondamment approvisionnée.
(119) Puis, nous submergeâmes les autres. (120) Ceci constitue un
avertissement, mais la pluaprt des hommes sont incrédules. (121) Ton
Seigneur est toute majesté et toute miséricorde (122).
Le séjour de Noé parmi son peuple dura des siècles en l'appelant
à Dieu matin et soir. Chaque fois qu'il les conviait à croire en Dieu, ils
persévéraient dans leur obstination et leur incrédulité. Ils le
menacèrent enfin: «Si tu t'obstines, dans cette voie, ô Noé, tu seras
lapidé». Alors Noé ne trouva que s'adresser au Seigneur en lui priant
de trancher entre lui et son peuple, tout comme II a dit ailleurs: «Je suis
à bout, viens à mon secours» [Coran LIV, 10]. Dieu l'exauça en le
sauvant avec les croyants sur l'arche qui portait les provisions
nécessaires pour un long voyage et un couple de chaque espèce, en
faisant noyer les autres qui restaient mécroyants. Il y a vraiment là un
signe, mais les hommes sont incrédules.
kaddabat 'Âdun-i-1-mursalîna (123) 'id qâla lahum 'ahûhum Hûdun 'alâ
tattaqûna (124) 'innî lakum rasûlun 'amînun (125) fa-t-taqû-L-Lâha wa
'atî'ûni (126) wamâ* 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illâ 'alâ
rabbi-l-*âlamîna (127) 'atabnûna bikulli rî'in *£yatan ta'batûna (128) w,a
tattahidûna masâni'a la'allakum tahludûna (129) wa 'idâ batastum
batastum jabbârîna (130) fattaqû-L-Lâha wa 'atî'ûni (131) wa-t-taqû-1-
LadT 'amaddakum bimâ taiamûna (132) 'amaddakum bi 'an*âmin wa
banîna (133) wa jannâtin wa 'uyûnin (134) 'inrif 'ahâfu 'alaykum 'adâba
yawmin *azîmin (135).
Les Adites traitèrent leurs Prophètes de menteurs. (123) Leur frère,
Houd; leur dit: «Pourquoi ne croyez-vous pas?. (124) Je suis pour vous un
Prophète sincère. (125) Craignez Allah et obéissez-moi. (126) Je ne vous
réclame pas de récompense. Je n'attends ma récompense que du maître de
l'univers. (127) Construirez-vous sur chaque colline un belvédère de
plaisance? (128) Edifierez-vous des monuments en vue d'un usage éternel?»
(129) Quand vous sévissez, vous sévissez sans mesure. (130) Craignez Allah
et obéissez-moi. (131) Craignez celui qui vous a dispensé si généreusement
ses dons. (132) Qui vous a donné des troupeaux et une abondante postérité,
(133) des jardins et des sources. (134) J'appréhende pour vous le châtiment
d'une journée épouvantable. (135).
Dieu mentionne l'histoire de Son Prophète Houd qui fut chargé
d'appeler son peuple les Adites à l'adoration du Maître de l'univers. Ce
peuple habitait le pays de «Al-Ahqaf», une région constituée des
dunes de sable près de Hadramout et proche de Yemen. Ce peuple
succéda au peuple de Noé comme il est mentionné dans ce verset:
«Souvenez-vous que votre Seigneur vous a appelés à la succession du peuple
de Noé? Souvenez-vous qu'il a affermi votre puissance» [Coran VII, 69]. Ils
étaient des hommes de forte corpulence et robustes, jouissaient d'une
grande richesse, et vivaient dans un pays prospère où il y avait les
jardins, les plantations, les arbres fruitiers. Et malgré leur bien-être, ils
adoraient des idoles en dehors de Dieu. Dieu leur envoya un Prophète
pris parmi eux comme avertisseur, en les appelant à L'adorer et les
mettant en garde contre Son châtiment et Sa vengeance.
Houd dit à son peuple: «Construirez-vous sur chaque colline un
belvédère de plaisance?». C'est à dire: Bâtirez-vous sur chaque colline
564
des châteaux et des grands monuments rien que pour vous divertir
sans les habiter, mais pour montrer votre force et vos richesses! Leur
Prophète Houd désavoua leur prodigalité en dépensant leur fortune et
leur force dans des travaux qui ne leur serviront à rien dans les deux
mondes, et dans la construction des châteaux comme ils souhaitaient
vivre pour toujours, éternellement. Ne savez-vous pas qu'un jou r vous
les quitterez sans en profiter?.
A ce propos, on a rapporté que, une fois se trouvant en Syrie,
Abou Dzarr constata que ses habitants avaient trop dépensé dans la
construction de grands châteaux et la plantation de tant de jardins. Il
se tint en prédicateur dans la mosquée et leur dit: «O habitants de
Damas, n'avez-vous pas honte, n'avez-vous pas honte! vous faites de
provisions de ce que vous ne consumerez pas, vous construisez ce
que vous n'habiterez pas, vous espérez ce que vous n'atteindrez pas?
Avant vous, il y a eu des générations qui amassaient et thésaurisaient,
construisaient et consolidaient, et espéraient à une longue vie! Leur
espoir ne fut qu'illusion, leur thésaurisation délaissée, leurs demeures
des tombeaux! Or, les Adites possédaient de chevaux qui
remplissaient la région située entre Aden et Oman et d'autres espèces
de montures! Qui peut me les acheter à deux dirhams?».
Les Adites étaient aussi un peuple fort, puissant et tyran, Houd les
convia à craindre Dieu et à obéir à Son Prophète, puis il leur détailla
les bienfaits que Dieu leur a accordés: troupeaux, enfants, jardins,
sources d'eau etc.. Il leur conseilla d'appréhender le châtiment d'un
jour terrible. Mais tout cela fut sans résulat.
qâlû sawï'un 'alaynà* 'awa'azta am lam takum-mina-1-wâ'zîna (136) 'in
hâda 'illâ huluqu-l-'awwalîna (137) wamâ nahnu bimu'ad d abîna (138)
fakaddabuhu fa'ahlaknâhum *inna fï dâlika la'ayatan wamâ kâna *akt
565
aruhum mu'minïna (139) wa 'inna rabbaka lahuwa-l-'Arizu-r-Rahîmu
(140).
Il nous est indifférent que tu nous exhortes ou non, répondirent-ils
(136) Nos usages nous viennent d'une vieille tradition. (137) Nous
n'encourrons aucun châtiment. (138) Pour avoir traité Houd d'imposteur,
nous les avons exterminés. Ceci constitue un enseignement mais la plupart
des hommes sont incrédules. (139) Ton Seigneur est toute majesté et toute
miséricorde. (140).
Après que Houd ait montré le chemin de la vérité à son peuple en
l'y appelant, l'avertissant et le mettant en garde contre le châtiment de
Dieu, quelle fut sa réponse? . Il lui dit: «Il nous est indifférent que tu
nous exhortes ou non», qui signifie que nous ne cessons plus nos
pratiques, «Nous n'abandonnerons pas nos divinités sur tes simples dires.
Nous ne te croyons pas» [Coran XI, 53]. Ainsi fut-il, car Dieu a dit
ailleurs: «Ceux qui ont encouru la colère de ton Maître ne croiront» [-
Coran X, 96].
Us ajoutèrent: «Nos usages nous viennent d'une vieille tradition», tout
comme les polythéistes ont répondu à Mouhammad: «Ce ne sont que
vieux contes recueillis par lui, ajoutent-ils, qu'on lui dicte matin et soir»
[XXV, 5], Cette vieille tradition signifie la religion que suivaient leurs
pères et ancêtres, voulant dire par là: Nous suivons leur religion, nous
vivons comme ils ont vécu, nous mourrons comme ils sont morts, et il
n'y aura ni résurrection ni rassemblement, et en plus, «Nous
n'encourrons aucun châtiment».
A cause de leur mécroyance et leur obstination, Dieu les a châtiés
comme il est cité dans plusieurs endriots du Coran. Il leur a envoyé un
vent glacial dévastateur qui les a exterminés. Ce châtiment fut plus fort
et plus puissant qu'eux, car: «Le peuple d'Ad s'enflait d'orgueil sur terre
sans raison. Il disait: «Quel peuple est plus fort que nous en ce monde» [-
Coran XLI, 15]. Ce vent était plus fort qu'eux et les dévasta. Dieu a
montré leur sort dans une autre sourate en disant: «Un vent glacé et
d'une impétuosité inouie a décimé le peuple d'Ad. Allah le déchaîna contre
eux sept nuits et huit jours consécutifs. Les gens étaient renversés sur le sol
comme des troncs de palmier creux» [Coran LXIX, 5-7]. Comme les
ulémas ont expliqué ce fait, le vent arracha l'homme de la terre, Péleva
566
dans Pair et le lâcha, il tomba sur sa tête et se cassa le cou t et fut
pareil à un tronc de palmier creux. A savoir, que lorsqu'ils
commencèrent à subir ce châtiment, fis se sont réfugiés dans les
caves et les grottes en y creusant de fossés qui les couvrirent jusqu'à
la taille, mais tout cela ne leur servit à rien, car ils n'ont pas pu
échapper au supplice de Dieu.
kaddabat Tamûdu-1-mursalîna (141) 'id qâla lahum *ahuhum âlihun 'alâ
tattaqûna (142) *innî lakum rasûlun 'amînun (143) fa-t-taqû-L-Lâha wa
'atî'ûni (144) wamâ* 'as'ahikum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illâ 'alâ
rabbi-l-'âlamîna (145).
Les Thémoudites traitèrent leurs Prophètes d'imposteurs. (141) Leur
frère Saleh leur dit: «Pourquoi ne croyez-vous pas?» (142) Je suis pour
vous un envoyé de bonne foi. (143) Craignez Allah et obéissez-moi (144) Je
ne vous réclame aucune récompense. J'attends ma récompense du maître de
l'univers. (145).
Les Thémoudites étaient des Arabes qui habitaient la ville de Hidjr
entre Wadi Al-Qoura et les pays de Châm. Leurs demeures sont déjà
connues. Ils vécurent après les Adites et avant l'avènement du
Prophète Abraham -que Dieu les Salue-. Dieu leur envoya Saleh qui
les appela à Dieu, à L'adorer sans rien Lui associer, de lui obéir et
croire en son message. Mais ils le traitèrent d'imposteur et refusèrent
de le suivre. Il leur répondit qu'il n'attendait plus d'être recompensé par
eux car sa récmpense incombe à Dieu, puis il leur rappela les bienfaits
de Dieu.
567
'atutrakûna fi ma hâhuna *a*minîna (146) fi jannâtin wa 'uyûnin (147)
wa zurû'in wa nahlin tal'uhâ hadîmun (148) wa tanhitûna mina-1-jibâli
buyûtan fârihîna (149) fa-t-taqû-L-Lâha wa 'atî'ûni (150) walâ tutî'ïï
'amra-1-musrifïna (151) 1-ladîna yufsidûna fi-I-'ardi walâ yuslihûna (152).
Croyez-vous éternelle votre quiétude. (146), au milieu des jardins et
des sources, (147) au milieu des campagnes fécondes et des palmeraies aux
fruits succulents? (148) Croyez-vous qu'on vous laissera extraire à Fenvi la
pierre des montagnes pour vos demeures? (149) Craignez Allah et obéissez-
moi (150) N'écoutez pas les avis des impulsifs, (151) qui mettent le
désordre sur terre et ne font jamais œuvre utile. (152).
Il les exhorta à appréhenter la vengance de Dieu qui leur a
accordé de Ses bienfaits tels que: les jardins, les sources d'eau et les
différents fruits et récoites, en leur disant aussi: «Croyez vous qu'on
vous laissera extraire à l'envi la pierre des montagnes pour vos demeures».
A cet égard, on a rapporté que les Thémoudites étaient des maçons
habiles qui creusaient des demeures dans les montagnes sans en
avoir besoin, comme il est clair à celui qui visite actuellement ces
demeures. Il les exhorta aussi à suivre ce qui leur assurera leur salut
en suivant ses enseignements, et à ne plus écouter les ordres des
impies qui corrompent la terre et ne s'amendent pas. Il s'agit de leurs
chefs et leurs puissants qui étaient polythéistes et s'étaient détournés
de la vérité.
qâlïï 'innama 'anta mina-1-musahhirîna (153) ma* 'anta 'illâ basarum-
mitlûna fa'ti bi'â*yatin 'in kunta mina-s-sâdiqîna (154) qâla hâdihî
nâqatu-1-lahâ Sirbun wa lakum sirbu yawmim ma'lûmin (155) walâ
tamassûhâ bi su 'in faya'hudakum 'adâbu yawmin 'azîmin (156)
fa'aqarûhâ fa'asbahu nadimîna (157) fa'ahadahumu-l-'adâbu 'inna fî d
âlika la 'â A yatan wamâ kâna 'aktaruhum mu'minîna (158) wa 'inna
rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu (159).
«Tu es un possédé», lui dirent-ils. (153) Tu n'es qu'un mortel comme
nous. Apporte-nous une preuve si tu es sincère (154) Comme preuve, je vous
apporte cette chamelle. Elle aura sa portion d'eau et vous la vôtre, à jour
fixé. (155) Ne lui faites aucun mal, sans quoi un malheur effroyable
s'abattra sur vous. (156) Us regorgèrent. Ils le regrettèrent aussitôt. (157)
En effet, un malheur s'abattit sur eux. Ceci constitue un avertissement.
Mais la plupart des hommes sont incrédules. (158) Ton Seigneur est toute
majestée et toute miséricorde. (159).
Le peuple de Saleh lui répondit qu'il est un possédé dépourvu de
raison. En tant que mortel, comment ça se fait que tu reçoives le
message en dehors de nous? tout comme ils ont dit dans un autre
verset: «Aurait-il été préféré a nous tous pour recevoir un message? Non.
C'est un menteur effronté» [Coran LIV, 25].
Ils lui proposèrent de leur prodiguer un signe qui affirme son
message et ses avertissements. Les chefs parmi eux lui demandèrent
de faire surgir d'un rocher une chamelle pleine, en lui décrivant
quelques unes de ses qualités. Alors Saleh prit leur engagement et
leur pacte de lui obéir et de le suivre s'il leur ferait surgir une telle
chamelle. Ils s'exécutèrent. Saleh que Dieu le salue leva alors les
mains implorant Dieu afin qu'il l'exauce. Le rocher se fendit et fit sortir
une chamelle pleine remplissant toutes les qualités requises. Saleh
leur dit: «Elle aura sa portion d'eau et vous la vôtre, à jour fixe». Il lui
appartient de boire au jour convenu, et à vous de boire un autre jour.
Ne lui faites aucun mal, sinon un atroce châtiment vous saisira.
La chamelle demeura un certain temps vivre parmi eux, elle
broutait l'herbe et allait au pâturage à son gré, et eux, ils profitaient de
son lait. Comme cela dura longtemps, et les misérables parmi eux se
présentèrent, ils décidèrent de la tuer. «Ils regorgèrent. Ils le
569
regrettèrent aussitôt». La terre trembla sous leurs pieds, un cri terrifiant
leur arracha les cœurs. Ils subirent ce dont ils n'attendaient pas et ils
gisèrent dans leurs demeures. Ce fut pour les hommes un autre signe,
mais, hélas, la plupart d'entre eux ne croient pas.
kaddabat qawmu Lutini-1-mursalîna (160) 'id qâla lahum 'ahuhum
Lutun 'alâ tattaqûna (161) 'innî lakum rasûlun 'amînun (162) fa-t-taqû-
L-Lâha wa 'atî'uni (163) wama 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya
'illa 'alâ rabbi-l-'âlamîna (164).
Le peuple de Loth traita les Prophètes d'imposteurs. (160) Loth dit à
ses frères: «Pourquoi ne craignez-vous pas Allah?» (161) Je suis pour tous
un Prophète de bonne foi. (162) Craignez Allah et suivez-moi. (163) Je ne
vous demande aucune récompense. Je n'attends ma récompense que du
maître de l'univers. (164)
Loth, le neveu d'Abraham, Dieu l'envoya à une grande nation du
vivant d'Abraham. Elle habitait Sadoum (Sodom), près de Jérusalem,
qui fut transformée en une mare infecte et pourrie. Il appela ce peuple
à adorer Dieu sans rien Lui associer, à lui obéir et à délaisser l'acte
ignominieux qu'ils pratiquaient on assouvissant leur désir sur les
hommes en dehors des femmes.
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'ata'tûna-d-dukrâna mina-l-'âlamîna (165) wa taddarûna ma halaqa
lakum rabbukum min 'azwâjikum bal 'antum qawmun 'âdûna (166) qâlû
la'i-1-lam tantahi yâ Lûtu latakûnanna mina-1-muhrajîna (167) qâla *innî
li'amalikum mina-1-qâlîna (168) rabbi najjinî wa 'ahlî mimmâ ya'malûna
(169) fanajjaynâmi wa 'ahlahîî 'ajma'îna (170) 'illâ 'ajûzan fî-1-gabirîna
(171) tumma dammarnâ-l-*a harina (172) wa 'amtarnâ 'alayhim mataran
fasiPa mataru-l-mundarîna (173) 'inna fî dâlika la^yatan wamâ kâna
'aktaruhum mu'minîna (174) wa 'inna rabbaka lahuwa-l-*Azîzu-r-
Rahîmu (175).
Pourquoi assouvir vos désirs sur les hommes. (165) délaissant les
femmes que le Seigneur a créées pour vous servir d'épouses? Vous êtes
vraiment un peuple pervers. (166) Ils répondirent: «Si tu ne cesses tes
objurgations, ô Loth, nous te bannirons. (167) Je réprouve vos mœurs.
(168) Seigneur, préserve-moi, ainsi que les miens, de pareilles turpitudes.
(169) Nous les sauvâmes lui et les siens,» (170) à l'exception de sa femme
qui périt. (171) Nous anéantîmes les autres. (172) Nous fîmes tomber sur
eux une pluie. Quelle sinistre pluie que celle qui tombe sur les rebelles.
(173) Ceci constitue un enseignement. Mais la plupart des hommes sont
incrédules. (174) Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricordie.
(175).
Lorsque le Prophète de Dieu les interdit de commettre ce péché
infâme en leur désignant les femmes comme êtres que Dieu a créées
pour eux, ils ne trouvèrent autre réponse que de lui dire: «Si tu ne
cesses, ô Loth, tes objurgations, nous te bannirons» en t'expulsant du
pays, comme Dieu a dit ailleurs: «Le peuple de Loth se contenta de
répondre: Chassons Loth et les siens de notre cité. Ils posent la chasteté» [-
Coran XXVII, 56].
Quant Loth s'aperçut que son peuple ne délaisse pas cet acte
ignominieux, et qu'il persévère dans son égarement et sa turpitude, il
le désavoua en leur montrant son mécontentement, puis implora Dieu:
«Seigneur, préserve-moi, ainsi que les miens, de pareilles turpitudes». Dieu
l'exauça, le sauva ainsi que les siens sauf sa femme qui resta en
arrière pour être périe avec les autres. Car lorsque Loth reçut l'ordre
571
divin de quitter le pays, elle demeura avec les autres. Il lui ordonna
aussi que, une fois qu'ils entendront le cri, qu'aucun ne devra tourner
la tête. Ils obtempérèrent aux ordres de Dieu et se patientèrent. Dieu
alors abattit sur les pervers comme une pluie de pierres d'argile.
kaddaba 'ashâbu-l'aylcati-l-mursalina (176) 'id qâla lahum u'ahun 'alâ
tattaqûna (177) 'innî lakum rasûlun 'amînun (178) fat-taqû-L-Lâha wa
'atî'ûni (179) wamà" 'as'alukum *alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illâ 'alâ
rabbi-l-'âlamîna (180).
Les habilitants de Laïka ont traité leurs Prophètes d'imposteurs. (176)
Choaib leur dit: «Pourquoi ne craignez-vous pas Allah?» (177) Je suis pour
vous un Prophète de bonne foi. (178) Craignez Allah et obéissez-moi (179)
Je ne vous demande aucune récompense; je n'attends ma récompense que
du maître de l'univers. (180).
Les habitants de Laïka sont les Médianites, le peuple de Choaib,
comme les exégètes ont avancé. (A savoir que le mot Laïka signifie en
Arabe: le bosquet, car ces gens-là adoraient un grande arbre). Choaib
fut choisi d'entre eux pour porter le messager, ce qui le distingue des
autres Prophètes c'est que Dieu, en le mentionnant, n'a pas dit: leur
frère, comme les autres Prophètes. Ceci réfute les dires de certains
ulémas qui ont prétendu que les habitants de Médiane ne sont pas
ceux de Laïka. Mais en fait ils sont eux-mêmes.
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'awfû-l-kayla walâ takûnû mina-1-muhsirîna (181) wa zinû bi-l-qistâsi-1-
572
mustaqîmi (182) walâ tabhasû-n-nâsa'aSya 'ahum walâ ta'taw fï-l-'ardi
mufsidîna (183) wa-t-taqû-1-ladî halaqakum wa-l-jibillata-l-'awwalîna
(184).
Donnez la juste mesure. Ne commettez pas de fraude. (181) Pesez
avec de justes balances. (182) Ne dépréciez pas les biens de vos semblables
et ne répandez pas le mal sur terre. (183) Craignez Celui qui vous a créés
ainsi que les générations antérieures. (184).
Il les exhorta à utiliser des mesures exactes sans tricher les
autres, de peser avec une balance juste, et en réclamant ce qui leur
est dû, qu'ils ne damandent que leur droit et donnent à chacun son dû.
Il les incita à cesser aussi leur acte injuste en détroussant les
voyageurs. Il les mit en garde contre la vengeance de Dieu et son
châtiment, Lui, qui a créé tous les hommes et connaît bien leurs
actions.
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qâlû înnamâ 'anta mina-1- musahharîna (185) Wama 'anta 'illâ baâarum
mitlunâ wa 'in nazunnkua lamina-1-kâdibîna (186) fa'asqit 'alayna
kisafam-mina-s-samâf'i 'in kunta mina-s-sâdiqîna (187) qâla rabbT
'a'iamu bimâ ta'malûna (188) fakaddabûhu fa'ahadahum 'adâbu yawmi-
z-zulltai 'innahû kâna 'adâba yawmin 'azmin (189) 'inna fî dâlika
l'a yatan wamâ kâna 'aktaruhum mu'minîna (190) wa'inna rabbaka
lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu (191).
Ils lui répondirent: «Tu n'es qu'un possédé». (185) Tu n'es qu'un
mortel comme nous. Tu n'es qu'un imposteur. (186) Fais tomber sur nous
un pan de ciel, si tu dis la vérité. (187) Mon Seigneur, répliqua-t-il> connaît
vos intentions mieux que personne. (188) Ils traitèrent Choaib d'imposteur.
Un épais nuage les asphyxia. Ce fut un châtiment terrible. (189) Ceci
573
constitue un enseignement? Mais la plupart des hommes sont incrédules.
(190) Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde. (191).
Leur réponse était pareille à celle qu'avaient avancée les peuples
précédents: «Tu n'es qu'un possédé». Car leurs cœurs se ressemblent.
Tu forges des mensonges en prétendant que Dieu t'a envoyé! Si c'est
ainsi, alors fais tomber sur nous un pan de ciel, ou un châtiment du
ciel si tu es sincère, tout comme les idolâtres qui avaient demandé à
Mohammaed -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ou que réalisant tes
menaces, tu détacheras sur nous un pan du ciel, ou que tu pourras montrer
à tes côtés Allah et les anges» [Coran XVII, 92], et: «Ils disent: «Grand
Allah, si la vérité qu'on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber
sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable» [-
Coran VIII, 32].
Choaïb de leur répondre: «Dieu vous connait mieux que
personne si vous méritez un tel châtiment, Il vous infligera un tel
supplice sans être injuste envers vous». Et ce fut fait, car l'ayant
traité d'imposteur: «Un épais nuage les asphyxia. Ce fut un châtiment
terrible». Dieu leur envoya un vent torride durant sept jours, sans
qu'ils pussent trouver quoi que ce soit pour s'abriter. Puis, ayant
aperçu un nuage se former dans le ciel, ils s'empressèrent pour être
sous son ombre, mais ce nuage leur envoya des étincelles de feu et
une grande chaleur. Ensuite la terre trembla sous leurs pieds et un
cri foudroyant les atterrit.
A ce propos, Abdul Rahman Ben Zaid rapporte: «Dieu leur envoya
une certaine ombre, et une fois qu'ils se trouvassent réunis pour s'en
protéger contre la chaleur torride, Dieu l'écarta et le soleil les brûla
comme on frit des sauterelles dans une casserole». On a rapporté
encore d'autres récits qui donnent tous le même sens.
Ce fut un signe de Dieu afin que les hommes en tirent un profit et
croient. Mais, hélas, la plupart d'entre eux' restent mécréants.
(SI) ■>-* tkp àCL (ES i&Julfr
574
wa 'innahû latanzîlu rabbi-l-'âlamîna (192) nazala bihi-r-rûhu-l-'amînu
(193) 'alâ qalbika litakûna mina-1-mundirîna (194) bilisânin 'arabiyyim-
mubînin (195).
Ce Coran est un message du Maître de l'univers. (192) L'esprit fidèle
l'a descendu d'en haut, (193) pour l'offrir à ton cœur et t'investir de la
mission de Prophète. (149) II a été conçu dans le clair langage des arabes.
(195). OH
Le Coran est certes une révélation du Seigneur des mondes à
Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- par l'entremise de
l'Archange Gabriel, l'Esprit loyal et respectueux de dépôt, un ange
noble, doué de force, obéi autant que fidèle, comme Dieu a dit ailleurs:
«Dis à celui qui se déclare l'ennemi de Gabriel que c'est lui qui, d'ordre
d'Allah, a déposé dans ton cœur le Livre qui contient les Ecritures Saintes
et qui constitue un guide et une bonne nouvelle pour les croyants» [Coran
II, 97]. Il est exempt de toute altération et modification, pour que tu le
divulgues aux hommes et tu les avertisses.
«Il a été conçu dans le clair langage des Arabes» pour être un
argument contre ceux qui en doutent et le renient. Soufian Al-Thawri a
dit: «Toute révélation n'a été descendue qu'en langue arabe, les
Envoyés l'ont traduite à leurs peuples, à savoir que la langue qui était
répandue à ces époques est la langue Syriaque. Mais ceux qui
enteront au Pardis parleront tous la langue Arabe».
wa 'innahû lafî zuburi-l-'awwalîna (196) 'awa lam yaku-1-lahum 'ayatan
'ay- ya'lamahû 'ulamâ A 'u banT 'Isra 'îla (197) walaw nazzalnâhu 'alâ
ba'di-l-'a'jamîna (198) faqara'ahû 'alayhim ma kânû bihî mu'minîna
(199).
Ses principes sont déjà énoncés dans les Ecitures Saintes. (196) N'est-
ce pas une preuve de son authenticité, que les docteurs du peuple d'Israël le
575
connaissent. (197) Si nous l'avions révélé à un étranger, (198) qui l'aurait
lu à ton peuple, il n'y aurait pas cru. (199).
Le Coran est mentionné dans les Livres des anciens révélés aux
Prophètes qui ont annoncé la venue de Mohammad -qu'Allah le
bénisse et le salue-. Leur dernier -Jésus -que Dieu le salue-n'a-t-il pas
dit à son peuple dans son prône: «.. et vous annoncer la venue d'un
Prophète après moi qui s'appellera Ahmed» [Coran VXI, 6].
' «N'est-ce pas une preuve de son authenticité, que les docteurs du
peuple d'Israël le connaissent». N'est-ce pas pour eux un signe que les
docteurs juifs constatent son avènement dans les Livres qu'ils étudient,
et qu'ils cessent toute incrédulité et tout reniement pour devenir
croyants. Citons à titre d'exemple Abdullah Ben Salam et Salman Al-
Farissi, qui ont cru en lui et l'ont suivi et d'autres. Et pour montrer leur
obstination et leur impiété, Dieu a dit que: même si ce Coran a été
révélé à un non-arabe qui ne connait rien de la langue arabe; ils
n'auraient pas cru, tout comme Dieu a mentionné leur attitude dans ce
verset: «Si nous l'avions révélé à un étranger qui l'aurait lu à ton peuple, il
n'y aurait pas cru», et aussi dans ce verset: «Nous aurions beau leur
ouvrir les portes du ciel et leur en permettre l'ascension, qu'ils diraient:
«nos yeux nous ont abusés, nous sommes ensorcelés» [Coran XC, 14-15]
Mais ceux contre qui s'est réalisée la parole de Dieu ne croiront pas.
kadâlika salaknâtm fî qulûbi-1-mujriniîna (200) là yu'minûna bihî hattâ
yarawu-l-'ad âba-l-'alîma (201) faya*tiyahum bagtatan wa hum la
yas'urûna (202) fayaqûlû hal nahnu munzarûna (203) 'afabi'adâbinâ
yasta'jilûna (204) 'afara'ayta 'im-matta'nâhum sinîna (205) turama
576
jâ A, ahum ma kânû yu'adûna (206) ma* 'agnâ 'anhum ma kânû
yumatta'ûna (207) wama 'ahlaknâ mjn qaryatin 'illâ lahâ mundirûna
(208)- dikrâ wamâ kunnâ zâlinrîna (209).
Oui, le Coran ne fait que glisser sur le cœur des méchants (200) Os n'y
croient pas jusqu'à ce qu'ils se trouvent en face du châtiment douloureux
qui les attend. (201) Ce châtiment les frappera au moment où ils s'y
attendront le moins. (202) «De grâce, un peu de répit», supplieront-ils.
(203) Sont-ils si pressés de longues années. (205) Puis surpris par le
châtiment annoncé; (206) à quoi leur servira d'avoir joui ainsi? (207) Nous
n'avons détruit aucune cité, que nous ne l'ayons auparavant avertie. (208)
Qu'on réfléchisse, nous n'avons jamais été injuste. (209).
C'est de cette façon que Dieu fait entrer le septicisme dans le
cœur des négateurs, qui ne croient pas à la vérité et vivent dans le
doute et l'incrédulité, jusqu'à ce qu'ils voient le supplice douloureux, où
aucune excuse ne sera valable pour les injustes. Ce châtiment surgira
devant eux mais ils n'en ont pas conscience. «De grâce ou de répit»,
supplieront-ils». A la vue du châtiment ils souhaiteraint qu'on leur
accorde un répit afin qu'ils suivent les enseignements de Dieu et Lui
obéissent. Ainsi sera le cas de tout incrédule, pervers et injuste quand
il lui arrivera le supplice à ('improviste, il le regrettera, tout comme
Moïse a dit au Seigneur: «Tu as donné à Pharaon et a son peuple le faste
et l'abondance dans ce monde» [Coran X, 86]. Cette invocation eut son
effet sur Pharaon qui n'a cru que lorsqu'il se trouva devant le grand
châtiment où il s'écria: «Je crois qu'il n'y a pas d'autre Allah que celui
qu'adorent les fils d'Israël» [Coran X, 90].
«Sont-ils si pressés de subir notre châtiment?». Car les mécréants
disaient aux Prophètes: «Si vous êtes véridiques, faites qu'Allah nous
inflige son châtiment». Puis Dieu s'adresse à Son Prophète: «Les vois-tu
jouissant de la vie de longues années, puis surpris par le châtiment annoncé.
A quoi leur servira d'avoir joui ainsi?». Même si on leur accorde un répit
en les laissant vivre la période qu'ils demandent, puis lorsque notre
ordre surviendra à quoi bon leur aisance leur sera profitable? Dieu a
dit ailleurs: «Le jour où ils la (l'heure) verront, ils auront le sentiment de
n'avoir passé sur terre qu'un soir ou un matin» [Coran LXXIX, 46].
577
Et pour affirmer cette réalité, Dieu a dit aussi: «Au point qu'il n'est
aucun parmi eux qui ne désire vivre mille ans. Mais une pareille longévité
ne saurait malgré tout les soustraire au châtiment» [Coran II, 96]. A ce
propos, il est cité dans un hadith authentique, que le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On amènera l'incrédule et
on le plongera une fois dans le feu en lui disant: «As- tu recontré un
certain bien dans ta vie? As-tu jamais goûté des délices?» -Non,
répondra-t-il, ô Seigneur Puis on amènera le plus misérable parmi les
hommes et on le plongera dans les délices du Paradis, et on lui dira:
«As-tu connu une certaine misère dans ta vie?» Il répondra: «Par
Dieu, non, Seigneur».
Dieu montre ensuite aux hommes sa justice qu'il a appliquée aux
générations passées en leur envoyant les Prophètes qui les ont mis en
garde contre le châtiment de Dieu et en les avertissant pour qu'ils
n'aient aucun argument valable ou une excuse. Il a dit: «Nous n'avons
détruit aucune cité, que nous ne l'ayons auparavant avertie». Il a dit aussi
en confirmation: «Ton Seigneur n'anéantit jamais un pays sans qu'un de
ses Prophètes ait auparavant apporté nos avertissements à la ville
métropole. Il n'anéantit que les cités dont les habitants son injustes» [-
Coran XXVIII, 51].
wamâ tanazzalat bihi-s-sayâtînu (210) wamâ yambagi lahum wamâ
yastatrûna (211) 'innahum *ani-s-sam'i lama'zûlûna (212).
Le Coran n'a pas été descendu du ciel par des démons. (210) Cela
n'est ni dans leurs attributions, ni dans leur pouvoir.» (211) Ils ne sont pas
admis à entendre ce qui se passe au ciel. (212).
Certes, le Coran est un Livre précieux. L'erreur ne s'y glisse de
nulle part. C'est une révélation d'un Seigneur sage, que l'Esprit fidèle
est descendu avec lui sur le cœur du Prophète et appuyé de Dieu. Il
n'a pas été descendu au ciel par des démons». Cela leur fut
Impossible pour les trois raisons suivantes:
578
1 - Les démons de par leur nature ont la tâche de corrompre les
hommes et de les égarer.
2 - Le Coran, quant à lui, comporte la bonne direction aux
hommes et les preuves et signes évidents du Seigneur.
3 - Les démons ne sont pas admis à entendre ce qui se passe au
ciel, et cela n'est plus dans leur pouvoir, car, lors de la révélation du
Coran et durant toute la période de sa descendence, le ciel fut rempli
de gardiens redoutables et de dards flamboyants, et nul d'entre eux
n'a pu entendre un seul mot afin que ce ne soit pas un sujet de doute.
Cela constitue, en vérité, une miséricorde de la part de Dieu, pour
garder Sa loi et un soutien pour Son Messager. Dieu a montré le cas
des démons en disant: «Ils ne sont pas admis à entendre ce qui se passe
au ciel», et: «Mais aujourd'hui un tison ardent est prêt à frapper quiconque
essaie d'entendre» [Coran LXXII, 9].
falâ tad'u ma'a-L-Lâhi 'ilâhan IChara fatakûna mina-1-mu'addabîna
* — —
(213) wa 'andîr 'asîrataka-l-'aqrabîna (214) wa-hfid janâhaka limani-t-
taba'aka mina-1-mu'minîna (215) fa'in 'asawka faqul 'innî ban 'um
mimmâ ta'malûna (216) wa tawakkal 'alâ-'Azîzi-r-Rahîmi (217) 1-ladî
yarâka hîn taqûmu (218) wataqallubaka fî-s-sâjidîna (219) 'innahû huwa-
S-Samru-l-'Alîmu (220).
N'invoque aucune autre divinité qu'Allah, si tu ne veux pas être au
nombre des condamnes. (213) Avertis tes proches. (214) Sois d'un abord
facile pour les croyants qui se donnent à toi. (215) S'ils te désobéissent, dis-
leur: «Je désavoue votre conduite». (216) Fie-toi au Glorieux et au
Clément. (217) qui te voit quand tu te lèves, (218) qui suit tes mouvements
dans la foule des adorateurs (219) Il entend et sait tout (220).
579
Entre autre ordres que le Seigneur adresse à Son Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- sont les suivants: de n'adorer que Lui
sans rien Lui associer, car quiconque lui associe d'aures divinités, sera
considéré parmi les injustes; d'avertir ses partisans les plus proches et
que chacun d'entre eux sache que seul sera sauvé celui qui voue un
culte pur et sincère à Dieu; d'être modeste et doux avec les croyants
qui l'ont suivi et de désavouer quiconque lui désobéit.
Ce désavouement ne concerne plus les proches, mais plutôt tous
les hommes qui se montrent rebelles, car II lui dit dans un autre verset
pour confirmation: «Pour que tu rappelles â un peuple insouciant les
avertissements déjà donnés à ses pères» [Coran XXXVI, 6].
Il est cité dans le Sahih de Mouslim, que le Messager de Dieu - i -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque de cette
communauté, ou un juif, ou un chrétien qui entend parler de moi et ne
croit pas en moi, entrera à l'Enfer». Plusieurs hadiths ont été cités au
sujet de la révélation de ce verset, et nous nous limitons à ces
quelques-uns.
1 - Ibn Abbas rapporte: «Quand ce verset fut révélé: «Avertis tes tes
proches», le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- monta sur le
mont As-Safa et s'écria: «O mon matin! (Wasabahah).» Les hommes
commencèrent à affluer: Certains arrivèrent personnellement, et d'autres
envoyèrent des représentants. Lorsque les hommes furent réunis, il dit: «O
Bani Abdul-Mouttalebl O Boni Fihrï O Boni Lou'ayl Que pensez-vous si je
vous dis qu'une cavalerie de l'ennemi se trouve sur le versant de cette
montagne et s'apprête à vous attaquer, me croyez-vous?». Ils lui
répondirent: «Certes, oui». Il reprit: «Sachez alors que je ne suis en fait
qu'un avertisseur pour vous, vous mettant en garde contre de durs
châtiments». Abou Lahab se leva et dit: «Que tu sois maudit toute la
journée, c'est pour nous dire cela que tu nous a convoqués?». Dieu fît cette
révélation à cette occasion: «Maudites soient les mains d'Abou Lahab» (-
Rapporté par Ahmed, Boukhari, Mouslim, Tirmidzi et Nassaï/ 1 *.
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2 - L'imam Ahmed rapporte que Aicha a dit: «Lorsque ce verset fut
descendu; «Avertis tes proches», le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- se leva et dit: «O Fatima, fille de Mouhammad, ô Safya fille de
Abdul-Mouttaleb ■> ô Bani Abdul-Mouttaleb , je ne puis rien pour vous
auprès de Dieu, mais de ce que je possède, demandez-moi ce que vous
voudrez» (Rapporté pat Ahmed et MousHm) (1) .
3 - Abou Hou rai ra rapporte: «Quand ce verset fut révêlé: «Avertis tes
proches», le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- appela les
Qoraichites les proches et les éloignés et leur dit: «O Qoraïchites! Sauvez-
vous de l'Enfer! O Bani Ka'b, sauvez-vous de V Enfer ï O Bani Hachem,
sauvez-vous de l'Enfer! O Bani Abdul-Mouttaleb, sauvez-vous de l'Enfer! O
Fatima, la fille de Mouhammad, sauve-toi de l'Enfer! Par Dieu, je ne peux
rien pour vous auprès de Dieu y mais vous avez un lien de parenté que je ne
couperai jamais» (Rapporté par Mouslim, Ahmed et Tbrmdizi) (2) .
4 - D'après Qabissa Ben Moukhareq et Zouhayr Ben Amr, l'imam
Ahmed rapporte: «Quand ce verset fut révélé «Avertis tes proches», le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- monta sur une pierre de
bâtisse sur une montagne et interpella les gens: «O Bani Abd Manaf je ne
suis qu'un avertisseur! je ressemble à un homme qui veut soustraire sa
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famille à un ennemi en la priant de s'esquiver en criant: «O mon matin!»
(Rapporté par Moustim, Nassai et Âhmed) (1) .
«Fie-toi au Glorieux et au Clément» dans toutes tes affaires car
c'est Lui qui te garde, te secourt et de donne la victoire sur les autres.
«Qui te voit quand tu te lèves», c'est à dire II prend soin de toi, comme
Il lui a dit: «Accepte la loi de ton Seigneur . Nous ne te quittons pas des
yeux» [Coran LU, 48]. Mais Ibn Abbas l'a commenté en disant: «Quand
tu te lèves pour faire la prière», et d'autres aussi dans le même sens.
«Qui suit tes mouvements dans la foule des adorateurs». Cela signifie,
d'après Qatada, Dieu te voit quand tu t'acquittes de la prière seul ou
en commun avec les fidèles. Selon Ibn Abbas, Dieu observe ton
évolution dans les reins des Prophètes l'un à la suite de l'autre.
«11 entend et sait tout». Dieu entend les propos de Ses serviteurs,
et connaît bien leurs actes et leurs mouvements, comme 11 le confirme
dans ce verset: «Il n'est pas d'état où vous vous trouviez de lecture du
Coran que vous fassiez, d'actes que vous n'accomplissiez que nous n'en
soyons témoins au moment même» [Coran X, 61].
hal 'unabbi'ukum 'alâ man tanzzalu-§-Sayâtînu (221) tanzzalu 'alâ kulli
'affâkin 'atîmin (222) yulqûna-s-sam'a wa 'aktaruhum kâdibûna (223)
582
wa-s-su'ara 'u yattabi*uhumu-l-gâ\nina (224) 'alam tara 'annahum fî kulli
wâdin yahîmûna (225) wa 'annahum yaqûlûna ma là yaf alûna (226)
'illâ-1-ladîna 'a* manu wa 'amilû-ss-sâlihâti wa dakarû-L-Lâha katîran
wa-n-tasarû mim ba'di ma zulîmû wa saya'lamu-1-ladîna zalamû 'ayya
munqalabin yanqalibûna (227).
Voulez-vous que je vous dise avec qui pactisent les démons? (221) avec
les menteurs et les malfaiteurs. (222) Ils cherchent à surprendre les
révélations au ciel. La plupart d'entre eux sont menteurs. (223) Les poètes
ne sont écoutés que par les inconscients. (224) Ne les vois-tu pas errer sur
toutes les routes, (225) se vantant de choses qu'ils n'ont pas faites. (226)
Excepté ceux d'entre eux qui croient, pratiquent le bien, proclament à
l'envi le nom d'Allah et n'attaquent qu'après avoir été offensés. Les injustes
apprendront un jour comment se fera leur retour à Allah (227).
Aux polythéistes qui présumaient que ce que le Messager de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- a apporté n'est plus la Vérité, et qu'il
l'a inventé, ou bien que les démons lui ont fait voir, Dieu -à Lui la
puissance et la gloire- le purifie de tous ces mensonges, Il affirme que
cela ne lui est parvenu que du Seigneur par l'intermédiaire d'un ange
noble et digne de confiance, et jamais de la part des démons. Ceux-là
n'ont jamais convoité telle révélation ni même ceux qui leur sont
semblables parmi les devins.
Dieu s'adresse à tous ces idolâtres: Voulez-vous que Je vous
informe de ceux sur qui descendent les démons? fis descendent sur
tout pécheur calomniateur, qui forge des mensonges et qui est pervers
de nature. C'est lui qui pactise avec les démons ainsi les devins ou qui
leur sont semblables. Les démons cherchent à surprendre les
révélations au ciel et ils y ajoutent mille mensonges en les jetant dans
les cœurs de leurs partisans parmi les humains. Ces derniers en
parlent et les gens les croient, rien que pour avoir entendu une seule
parole descendue du ciel.
Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Lorsque Dieu, dans le ciel, a décidé quelque
chose, les anges frappent de leurs ailes comme signe de soumission en
entendant Ses paroles, qui sont un bruit pareil à celui d'une chaîne sur un
roc. Lorsque la frayeur sera bannie de leurs cœurs, on leur demandera:
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Qu'a dit votre Seigneur?». Ils répondront; «La Vérité! Il est le Très Haut,
le Très-Grand». Ceux qui écoutent à la dérobée, étant les uns sur les
autres, entendent ces paroles, mais il se peut que le dard flamboyant
atteigne l'écouteur avant de les transmettre à son compagnon et il le brûle.
D'autre part, il arrive que ce dard le manque, alors il transmet des paroles
au suivant, puis à celui qui se trouve au-dessous jusqu'à ce qu'elles arrivent
sur la terre, alors on les jettera dans la bouche d'un devin qui les mélange
avec cent mensonges de chez lui auxquels le gens croient, en disant: «Ce
devin) ne nous a-t-il pas informé telle et telle chose qui sont arrivées?».
Cela est grâce aux paroles qu'il avait entendues du ciel» (Rapporté par
Boukkari, et Moustim dans une version presque analogue ) (1) .
«Les poètes ne sont écoutés que par les inconcients». Ceci signifie,
d'après Ibn Abbas que les incrédules suivent les égarés parmi les
hommes et les génies. Mais Ikrima a dit: «Lorsque deux poètes se
lançaient dans la polémique, chacun d'eux avait des partisans qui
l'appuyaient. Dieu fit descendre ce verset».
A ce propos, Abou Sa'id rapporte: «Etant en compagnie du
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dans «AI-'Arj», nous
entendîmes un poète réciter ses poésies. Le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit alors: «Saisissez ce démon! Que le ventre de l'un
d'entre vous se remplisse de pus mieux que de retenir des poésies» (-
Rapporté par l'Imam Ahmed) (2 K
^ c-*- ^iJl U&JI dULi ô-L^i îUTj IJlT :LiT IJLT ^ LJ Jlî jtf ^-JÏ rjlii
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«Ne les vois-tu pas errer sur toutes les routes» Ibn Abbas et d'autres
exégètes ont avancé que les poètes ne disent que des futilités et sont
habiles dans l'art de la parole. Qatada l'a commenté par ces termes:
Le poète peut louer des gens par des paroles mensongères et
critiquent d'autres par les mêmes paroles».
«Se vantant de choses qu'Us n'ont pas faites». Ibn Abbas a dit: «Du
temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il y avait
deux poètes: L'un un Ansarien et l'autre d'une autre tribu qui se
livraient à la polémique. Chacun d'eux fut soutenu par des partisans
parmi tes idiots». En effet, les poètes peuvent se vanter de choses
qu'ils n'ont pas faites et se passionnent indifféremment et sans
raisonnement pour les tendances les plus diverses et les plus
opposées. Dieu, en louant Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-, a dit: «Nous n'avons pas enseigné la poésie au Prophète. C'est un
divertissement indigne de lui» [Coran XXXVI 69], et aussi: «Que le Coran
est la parole d'un envoyé sublime, et non d'un simple poète. Ah! que vous
avez peu de foi» [Coran LXiX, 40-41].
Mohammad Ben Ishaq rapporte: «Lorsque ce verset fut révélé:
«Les poètes ne sont écoutés que par les inconscients» Hassan Ben Thabet,
Abdullah Ben Rawaha et Ka'b Ben Malek se rendirent chez fe
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en pleurant. Ils lui
dirent: «Dieu a révélé ce verset et II connait bien que nous sommes
des poètes». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur récita
alors fe reste des versets: «Excepté ceux d'entre eux qui croient,
pratiquent le bien..» Puis il poursuivit: «C'est vous qui invoquez souvent
le nom de Dieu et vous vous défendez lorsque vous êts attaqués
injustement». Donc, sont exceptés ceux parmi les poètes qui évoquent
adondamment le nom de Dieu et se défendent une fois ayant subi une
injustice quelconque, et surtout en répondant aux polythéistes qui
critiquaient les fidèles. On a rapporté que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à Hassan: «O Hassan, dénigrez-
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les -ou suivant une version: attaquez-les-, et sachez que Gabriel est
avec vous».
«Les injustes apprendront un jour comment se fera leur retour à
Allah». Ceci est pareil aux paroles divines: «Le jour où les excuses des
méchants ne seront plus admises» [Coran XL, 52]. Il est cité dans un
hadith authentifié que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Gardez-vous de l'injustice, car elle formera des ténèbres
au jour de la résurrection».
Cette partie du verset ne concerne pas en particulier les idolâtres
de La Mecque comme ont avancé certains ulémas, mais plutôt elle
s'applique sur tous les injustes. Ibn Abi Hatem rapporte d'après Aicha
qu'elle a dit: Mon père- Abou Bakr As-Siddiq a écrit dans son
testament: «Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux.
Tel est le testament d'Abou Bakr le fils de Abou Qouhafa lors de sa
sortie de ce bas monde, lorsque l'incrédule embrasse l'Islam, le
pervers périt et le menteur ne dit que la'vérité. Or, j'ai désigné Omar
Ben Al-Khattab pour être mon successer au pouvoir. S'il sera juste, il
aurait exaucé mon vœu, et s'il sera autrement, je ne saurais connaître
l'invisible, car: «Les injustes apprendront un jour comment se sera leur
retour à Allah»
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