Coran › Sourate 27 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 27 trad. humaine
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ffr SOURATE DES FOURMIS
93 versets
Révélée à La Mecque à la suite de la Sourate des Poètes
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Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
Tah sTn tilka 'ïyâtu-l-Qur'à*ni wa kitâbim-mubînin (1) hudan wa busra
li-1-mu'minîna (2) 1-ladîna yuqîmûna-s-salâta wa yu'tûna-z-zakâta
wahutn bi-l-'Êf hirati hum yuqînûna (3) 'inna-1-Iadîna là yu'minûna bi-1-
Ifhirati zayyannâ lahum 'a'mâlahum fahum ya'mahûna (4) 'ula 'ika-1-lad
îna lahum su 'u-l-'adâbi wa hum fî-l-'â~hirati humu-1'ahsarûna (5)
wa'innaka latulaqqâ-1-Qurlf na mi-I-laduni Hakîmin 'Alîmin (6).
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Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Ta. sin. Voici des versets du Coran, le livre de la clarté. (1) Il est une
direction et une bonne nouvelle pour les croyants, (2) qui observent la
prière, acquittent la dime et ont fait foi dans la vie future. (3) A ceux qui
ne croient pas i la vie future, nous laissons l'illusion que leurs oeuvres sont
belles; nous les laissons divaguer. (4) Ils subiront le plus atroce des
châtiments. Ils consommeront leur perte dans l'autre monde. (5) Tu reçois
le Coran du Sage et du Savant (6).
Nous avons déjà parlé de ces lettres énigmatiques et détachées
en commentant la sourate de la Vache.
Le Coran comporte des versets clairs qui apportent la bonne
nouvelle à ceux qui en croient, s'y conforment, suivent ses
prescriptions, font scrupuleusement les prières, donnent l'aumône
légale et croient à la vie future et à la résurrection après la mort. Ils
seront rétribués selon leurs œuvres, les bonnes et les mauvaises par
le Paradis ou l'Enfer. Quant au Coran, Dieu a montré sa valeur dans
ce verset: «Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se
heurte à la surdité et à l'aveuglement des incrédules» [Coran XLI, 44].
«A ceux qui qui ne croient pas à la vie future» et démentent qu'il n'y
aura plus de résurrection «nous laissons l'illusion que leurs œuvres sont
belles». Dieu embellit à leurs yeux leurs actes et les voilà errant dans
leur aveulgement. Ils subiront le plus dur des châtiments et seront les
perdants dans la vie future.
«Tu reçois le Coran du Sage et du Savant». Tu reçois la révélation ô
Mouhammad, de la part de Celui qui connait bien ce qu'il ordonne et
interdit, car II connait les plus infimes des actes. Ses paroles sont la
Vérité même et Sa justice est parfaite, comme II a dit ailleurs: «Les
paroles de ton Seigneur s'identifient ave la vérité et la justice» [Coran VI,
115].
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'id qâla Mûsâ li'ahlihT 'inrif 'à nastu nâran sa'âtikum minhâ bihabarin
'aw "à*tîkum bi sihâbin qabasi-1-la'allakum tastalûna (7) falammâ jà 'ahâ
nudiya 'am-bûrika man fî-n-nâri wa man hawlahâ wa subhâna-L-Lâhi
rabbi-l-'âlamîna (8) yâ Mûsï 'innahîî 'anâ-L-Lâhu-l-'Azîzu-l-Hakîmu (9)
wa 'alqi 'asâka falammâ ra'âhâ tahtazzu ka'annahâ jâ'nnun wallâ
mudbiran walam yu'aqqib yâ Mûsâ là tahaf 'innî là yahâfu ladayya-1-
mursalûna (10) 'illâ man zalama tumma baddala husnan-ba'da stî'in
fa'innî gafûrur-Rahîmun (11) wa 'adhil yadaka fî jaybika tahruj Baydà"'a
min gayri su 'in fi tis'i 'ïyâtin 'ilâ Fir'awna wa qawmihT 'innahum kânû
qawman fâsiqîna (12) falammâ ja'athum 'ayâtunâ mubsiratan qâlû hâdâ
sihrum mubînun (13) wa jahadû bihâ wa-stayqanathâ" 'anfusahum
zulman wa 'uluwwan fa-n-zur kayfa kâna 'âqibatu-1-mufsidîna (14).
Moïse dit un jour aux siens: «J'aperçois un feu. Peut-être y trouverai-
je des nouvelles ou bien vous en apporterai-je de la braise pour vous
réchauffer. (7) Lorsqu'il en fut proche, une voix laissa tomber ces mots: «-
Béni soit celui qui est dans le feu et dans les alentours! Gloire à Allah, le
Maître de l'univers». (8) «O Moïse, c'est moi Allah, le tout-puissant et le
sage. (9) Jette ton bâton». Lorsque Moïse vit son bâton se tortiller comme
un démon, il recula d'épouvante et s'enfuit à toutes jambes. O Moïse,
entendit-il, ne crains rien. Les Prophètes n'ont rien à craindre de moi, (10)
à moins qu'ils n'aient commis quelque faute. A ceux qui substituent le bien
au mal, Je suis indulgent et miséricordieux. (11) Rentre ta main dans la
manche. Elle en sortira blanche sans que ce soit l'effet d'une maladie. C'est
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là un des neuf signes qui te serviront auprès de Pharaon et de son peuple.
Peuple pervers. (12) Quand nos preuves apparurent dans toute leur
évidence, ils dirent: «C'est là pure magie». (13) Bien que convaincus, ils les
repoussèrent par orgueil et par malignité. Considère quelle a été la fin des
méchants. (14).
Dieu rappelle à Son Prophète -qu'Allah lé bénisse et le salue- ce
qu'en était de Moïse lorsqu'il l'a choisi de préférence, lui a adressé
directement la parole, l'a appuyé par les signes et miracles évidents,
pour aller chez Pharaon et son peuple.
Après avoir quitté Médian avec sa famille, il marcha la nuit et
perdit la route à cause de l'obscurité qui régnait. Puis il vit un feu
allumé du côté du mont Thor, et dit aux siens: «J'aperçois un feu. Peut-
être y trouverai-je des nouvelles ou bien vous en rapporterai-je de la braise
pour vous réchauffer». Moïse, en retournant chez les siens, avait acquis
une grande lumière et reçu une grande nouvelle. Tel est le sens du
verset: «Béni soit celui dans le feu et dans les alentours!» Lorsque Moïse
y fut arrivé, il vit un spectacle grandiose: Un grand feu qui flamboyait
dans un arbre vert sans cesse, et l'arbre ne fit que devenir de plus en
plus verdoyant.
Moïse leva ses regards au ciel et constata que la clarté de ce feu
avait atteint le ciel. Ibn Abbas a commenté ce fait en disant que ce
n'était plus un feu mais plutôt une lumière brillante, et, dans une autre
version, il aurait dit: C'était la lumière du Seigneur. Quant à ceux qui
sont autour du feu, ils étaient les anges, d'après un avis unanime.
Ibn Abi Hatem rapporte que Abou Moussa a dit: «Le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu ne dort part, et le
sommeil ne Lui sied jamais. Il élève la Balance et la baisse. Les anges
Lui présentent les œuvres de Ses créatures de jour avant la tombée
de la nuit et celles de la nuit avant la clarté du jour». A cette version,
Al-Mass'audi a ajouté: «Son voile est en feu ou en lumière, s'il Cotait,
(cette lumière) Sa Face aurait brûlé tout ce qu'elle aurait atteint».
«Gloire à Allah, le Maître de l'univers» qui fait ce qu'il veut, rien ne
Lui ressemble parmi Ses créatures et rien de Ses créations ne puisse
atteindre Son abord. Il est le Très Haut et l'inaccessible qui est tout a
fait diffèrent de tout ce qu'il a créé. Il est l'Unique et l'Impénétrable.
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«O Moïse, c'est Moi Allah; le Tout-Puissant et le Sage». Dieu fait
connaître à Moïse que Celui qui lui parle est Dieu, son Seigneur. Il lui
ordonne de jeter son bâton pour lui montrer une des preuves évidentes
qu'il est le Tout-Puissant. Une fois le bâton jeté, voilà qu'il se
transforme en un serpent gigantesque qui se tortille (et non comme un
démon comme il est cité dans le texte d'après le traducteur). Pris de
panique, Moïse se sauva en arrière sans se retourner. Le Seigneur
l'interpella: «O Moïse! ne crains rien. Les Prophètes n'ont rien à craindre
de Moi». Et toi, Je t'ai choisi de préférence aux hommes pour faire de
toi un Prophète.
«A moins qu'ils n'aient commis quelque faute. A ceux qui substituent
le bien au mal, Je suis indulgent et miséricordieux». C'est une exception
qui comporte une bonne nouvelle aux hommes, à ceux qui, ayant
commis des péchés et reviennent repentants à Lui, Dieu leur pardonne
et les traite avec indulgence, comme II l'affirme dans ce verset: «Je
suis toute indulgence pour qui se repent, croit, pratique les bonnes œuvres et
se tient dans la voie droite» [Coran XX, 82].
Puis II ordonna a Moïse: «Rentre ta main dans la manche. Elle
sortira blanche sans que ce soit l'effet d'une maladie». Cela constitue une
autre preuve et un signe évident du pouvoir de Dieu. Il lui demanda
d'introduire sa main dans la fente de sa tunique (ou dans la manche)
et de la retirer après, et voilà qu'elle sorte blanche comme une pièce
de lune brillante comme un éclair. Ces deux signes font partie des
neufs signes, par lesquel Je t'appuie pour aller à Pharaon et à son
peuple et les appeler à Dieu.
«Quand nos preuves apparurent dans toute leur évidence, ils dirent: «-
C'est la pure magie». Ils furent persuadés en eux-mêmes qu'ils sont des
signes venus de Dieu, mais ils les renièrent par obstination et
rébellion. Ils furent vraiment des injustes portés par leur orgueil «-
Considère quelle a été la fin des méchants». O Mouhammad! Regarde
quelle a été la destinée des hommes dévergondes. Mais on peut dire
aussi que cet avertissement concerne tous les mécréants et ceux qui
le traitent de menteur. Et que ces idolâtres sachent qu'ils subiront un
sort plus mauvais que celui du peuple de Moïse. Mouhammad fut un
Prophète plus honorable et plus élevé que Moïse.
591
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walaqad 'a taynâ Dâwûda wa Sulaymâna 'ilman wa qâlâ-1-hamdu li-L-
Lâhi-1-ladî faddalana 'alâ katîrim min 'ibâdihi-1-mu'minîna (15) wa
warita Sulaymânu Dawûda wa qâla yâ* 'ayyuhâ-n-nâsu 'ullimnâ
mantiqa-t-tayri wa 'utînâ min kulli Say'in 'inna hâdâ lahuwa-l-fadlu-1-
mubînu (16) wa husira li-Sulaymâna junûduhû mina-1-jinni wa-l-'insi wa-
t-tayri fahum yuza'ûna (17) hatta 'ida 'ataw 'alâ wâdi-n-namli qâlat
namlatun ya 'ayyuhâ-n-namlu-d-hulû masâkinakum là yahtimannakum
Sulamymânu wa junûduhû wahum là yas'urûna (18) fatabassama
dâhikam-min qalihâ wa qâla rabbi 'awzi'nT 'an 'askura ni'mataka-1-laff
'an 'amta 'alayya wa 'alâ wâlidayya wa 'an 'a'mal sâlihan tardâhu wa '-
adhilnî birahmatika fi 'ibâdika-s-sâlihîna (19).
Quand nous donnâmes la science à David et à Salomon, ils s'écrièrent:
«Louange à Allah pour vous avoir élevés au-dessus du nombre de ses plus
fidèles serviteurs. (15) Salomon hérita de David. Il dit: «O hommes, je
comprends le langage des oiseaux. J'ai reçu des dons infinis. C'est là, de la
part d'Allah, une grâce éclatante» (16) Salomon réunit ses troupes
composées de génies, d'hommes et d'oiseaux et disposés en groupes
distincts. (17) Quand elles débouchèrent dans la vallée des fourmis, une
fourmi s'écria: «O mes sœurs regagnez vos demeures, pour que Salomon et
ses troupes ne vous écrasent pas par mégarde» (18) Salomon s'amusa des
propos de la fourmi et dit: «Seigneur, inspire-moi une reconnaissance
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sincère pour les bienfaits dont Tu m'as comblé, moi et les miens. Faites que
toutes mes actions Te soient agréables. Comprends-moi parmi les justes par
un effet de Ta miséricorde» (19).
Dieu montre les bienfaits qu'il a conférés à Ses deux serviteurs et
Prophètes David et Salomon -que Dieu les salue-, ainsi les bons
caractères et la royauté. C'est pourquoi Dieu a dit: «Quand nous
donnâmes la science à David et à Salomon, ils s'écrièrent: «Louange à
Allah...».
«Salomon hérita de David». Il s'agit de la prophétie et non la
richesse car s'il était autrement, David n'aurait pas privé ses autres
enfants de la succession. C'était donc la Prophétie et la royauté, car il
est dit dans un hadith: «Nous les Prophètes, ne laissons plus un
héritage, tout ce que nous laissons sera une aumône».
«O hommes, je comprends la langage des oiseaux». Salomon raconta
aux gens les différents bienfaits reçus de Dieu dont la compréhension
des langages des animaux et des oiseaux en constitue une partie.
Même Dieu mit à son service les hommes, les génies et les oiseaux. Il
comprenait le langage de chacun d'eux et jouissait de tout ce qu'un roi
en a besoin. «C'est de la part d'Allah une grâce éclatante». Tout fut clair
devant ses sujets.
«Salomon réunit ses troupes composées de génies, d'homes et d'oiseaux
et disposées en groupes distincts» Dans un cortège somptueux et
solennel, Salomon plaçait derrière lui les hommes, les génies puis les
oiseaux, et ceux-ci lui formaient comme une ombrelle dans les jours
chaleureux. Nul parmi ces créatures ne dépassait l'autre mais il
observait cet ordre.
«Quand elles débouchèrent dans la vallée des fourmis». Quand ces
troupes arrivèrent à la vallée des fourmis, une fourmi s'écria: «O mes
sœurs, regagnez vos demeures pour que Salomon et ses troupes ne vous
écrasent pas par mégarde». Cette fourmi craignait que Salomon et sa
cavalerie n'écrasassent les autres fourmis, elle les mit en garde contre
un accident imprévu et leur demanda d'entrer dans leurs demeures.
Salomon comprit ses paroles et dit: «Seigneur, inspire-moi une
reconnaissance sincère pour les bienfaits dont Tu m'a comblé, moi est les
miens». Il demanda à Dieu de le guider afin qu'il se consacre à
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déclamer les louanges du Seigneur pour les bienfaits dont il les a
gratifiés, lui et les siens, et à avoir une foi ferme en Lui et faire des
bonnes œuvres dignes de Sa satisfaction. «Comprends-moi parmi les
justes par un effet de Ta miséricorde». Cela signifie: Lorsque Tu me
rappelles à Toi, fais-moi entrer parmi Tes saints serviteurs et les plus
hauts des compagnons.
On a rapporté qu'une fois Salomon -que Dieu le salue- sortit pour
demander à Dieu d'envoyer la pluie, il trouva une fourmi levant ses
pattes vers le ciel en disant: «Grand Dieu, je ne suis qu'une de Tes
créatures, on ne peut pas passer outre de ton eau pour nous
désaltérer, si Tu nous ne donnes pas de l'eau, Tu nous feras périr».
Salomon, entendant ces propos dit à sa suite: «Dieu vous enverra de
la pluie grâce à l'invocation de cette fourmi».
Il est cité dans un hadith authentique d'après Abou Houraira, que
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a raconté: «Une
fourmi avait piqué un des Prophètes. Il ordonna de brûler la cité des
fourmis. Dieu lui inspira en ce moment: «A cause d'une fourmi qui t'a
piqué tu as brûlé une des nations qui glorifie Dieu? Pourquoi n'as-tu pas
brûlé une seule fourmi?» (Rapporté par Moustim) '.
wa tafaqqada-t-tayra faqâla ma liya ta* 'arâ-1-hudhuda 'am kâna mina-1-
ga 'ibîna (20) la'u'addibannahû 'adâban sadîdan 'aw la'adbahannahïï
'aw laya'tiyannî bi-sultânim-mubînin (21).
II passa les oiseaux en revue. «Comment se fait-il que je ne voie pas la
huppe, s'écria-t-il? Serait-elle absente?. (20) Je lui infligerai une peine
sévère ou je regorgerai, à moins qu'elle ne se justifie pleinement» (21).
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Ibn Abbas a dit: «La huppe était tel un ingénieur qui montrait la
présence de l'eau à Salomon, car se trouvant dans un désert, il
cherchait la huppe pour lui montrer l'eau en lui indiquant la place, et la
suite de Salomon commençait à perforer pour en puiser. Et c'était les
génies qui creusaient le puits. Un jour, il campa dans un lieu
désertique où il n'y avait plus d'eau, comme il ne trouva pas la huppe
parmi les oiseaux, il demanda: «Comment se fait-il que je ne trouve pas
la huppe? Serait-elle absente?».
Un jour qu'lbn Abbas racontait de tels récits, un des Khawarej
appelé Nafe' Ben Al-Azraq qui s'opposait souvent à Ibn Abbas lui dit:
«Arrête, ô Ibn Abbas. Aujourd'hui tu te trompes». Il lui dit:
«Pourquoi?». Et l'homme de répondre: «Tu prétends que la huppe a le
pouvoir de scruter la terre pour indiquer la place de l'eau. Il arrive
qu'un garçon pour la capturer, lui dresse une piège en lui mettant un
grain de blé et le camoufle par le sable. Lorsque la huppe vient le
prendre, elle tombe dans la piège et le garçon la prend». Ibn Abbas lui
répliqua; «Si cet homme ne disait après son départ qu'il a refuté les
dires d'Ibn Abbsa, je ne l'aurais pas répondu!» Puis il dit à l'homme:
«Malheur à toi, lorsque le destin surviendra, la vue sera ôtée et la
prévention ne servira à rien». Nafe' lui rétorqua: «Par Dieu je n'entrai
plus en polémique avec toi dans tout ce qu'il a relation avec le Coran».
Quant au commentaire de Mouhammad Ben Ishaq, il est le
suivant: «Chaque fois que Salomon tenait une assemblée, il passait en
revue les oiseaux, et chacune de toutes les espèces devait venir. Un
jour, comme il n'a pas vu la huppe, il s'enquérit: «Comment se fait-il que
je ne voie pas la huppe? Serait-elle absente?». Est-elle vraiment absente
ou bien mes yeux ne me la font pas voir?».
«Je lui infligerai une peine sévère ou je regorgerai». D'après Ibn
Abbas et d'autres, il la prit, la dépluma et la laissa sur la terre où les
fourmis commencèrent à la dévorer. «A moins qu'elle ne se justifie
pleinement», c'est à dire qu'elle lui montre une excuse valable de son
absence. D'après Soufian Ben Ouyayna, les autres oiseaux, voyant la
huppe, lui dirent: «Pourquoi as-tu manqué ton rendez-vous avec
Salomon? Il a décidé de te tuer». Elle demanda: «A-t-il fait une
exception?». -Oui, lui répondirent-ils, il a ajouté: «A moins qu'elle ne se
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justifie pleinement». Et la huppe de répliquer: «Alors je me suis
sauvée».
famakata gayra ba'îdin faqâla 'ahattu bimâ lam tuhit bihî wa ji'tuka
min saba'im binaba'in yaqînin (22) 'innî wajattu-mra'atan tamlikuhum
wa 'utîyat min kulli say'in wa lahâ 'arSun 'azîmun (23) wajattuhâ wa
qawmahâ yasjudûna lis-samsi min dûni-L-Lâhi wa zayyana lahumu-S-
Saytânu 'a'mâlahum fassaddahum 'ani-s-sabîli fahum là yahtadûna (24)
'alla yasjudû li-L-Lâhi-1-ladî yuhriju-1-hab'a fî-s-samâwâti wa-l-'ardi wa
ya'lamu ma tuhfûna wamâ tu'linûna (25) 'Al-Lâhu là" 'ilâha 'illâ huwa
rabbu-l-'arsi-l-'azîmi (26).
Son Absence fut de courte durée. Elle annonça: «J'ai appris quelque
chose que tu ignores. Je reviens de Saba avec une nouvelle certaine». (22)
J'ai trouvé une femme gouvernant le pays et disposant d'énormes
ressources. Elle trône sur un siège magnifique. (23) Elle et son peuple
adorent le soleil au lieu d'Allah? Satan donne à leurs actions une belle
apparence. Il les a détournés de la bonne voie. Ils errent sans direction.
(24) Us n'adorent pas Allah qui divulgue les secrets des deux et de la terre,
qui sait ce qu'eux-mêmes dissimulent ou ce qu'ils laissent voir. (25) Ils
n'adorent pas Allah en dehors de qui il n'y a pas d'Allah, le Maître du
trône sublime (26).
La huppe revint peu de temps après et dit à Salomon: «J'ai
embrassé de mon savoir ce qui a échappé au tien et à ta troupe. Je te
rapporte de Saba une nouvelle sûre. «J'ai trouvé une femme gouvernant
le pays». Ai-Hassan Al-Basri a dit: «Il s'agit de Balqis la fille de
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Chourahbil la reine de Saba». D'après Qatada, cette reine avait trois
cents douze conseillers dont chacun était responsable de dix mille
personnes. Elle vivait dans une région appelée Ma'reb, à trois miles de
San'aa.
«.. et disposant d'énormes ressources». C'est à dire elle est comblée
de tous le biens et ce dont un roi en a besoin pour maintenir son
royaume. «Elle trône sur un siège magnifique». D'après les historiens,
cette reine avait un trône incrusté de différentes pierres précieuses, et
vivait dans un palais de trois cent soixante fenêtres du côté de l'orient
et un nombre pareil du côté de l'occident. Ce palais était aménagé de
sorte que le soleil entrait chaque jour d'une fenêtre et disparaissait
d'une entre et eux, ils se prosternaient à chaque lever et à chaque
couchant. C'est le sens du verset: «Elle et son peuple adorent le soleil au
lieu d'Allah». Le démon leur a embelli leurs actes à leurs yeux en les
ayant repoussés loin de la voie droite, car le soleil est comme les
autres astres, sont parmi les créations de Dieu devant qui on doit se
prosterner, comme II a dit ailleurs: «La nuit et le jour, le soleil et la lune
sont parmi les preuves de l'existence d'Allah. N'adorez ni le soleil ni la
lune. Mais adorez Allah, leur créateur, si vous avez la foi» [Coran XLI,
37].
En commentant l'expression: «qui divulgue les secrets des deux et de
la terre», Ibn Abbas a dit que Dieu connait tout ce qui se trouve dans
les cieux et ce qui est enfoui en terre. D'après Sa'id Ben Al-
Moussaiab, c'est l'eau. Selon Abdul Rahman Ben Zaid Ben Aslam: Il
fait sortir ce qui est enfoui dans les cieux et en terre qui constitue tout
bienfait aux hommes tels que la pluie, les grains et autres. Tout cela
concorde avec les dires que la huppe connait, par son intuition, la
présence de l'eau au fond de la terre.
.«Qui sait ce qu'eux-mêmes dissimulent ou ce qu'ils laissent voir»
C'est à dire tous les actes des hommes et leurs paroles cachés ou
divulgués, comme II a dit dans un autre verset: «Il ne distingue pas
entre vous; entre celui qui dissimule sa pensée et celui qui la dévoile, entre
celui qui se cache dans l'ombre et celui qui se montre en pleine lumière» [-
Coran XIII, 10].
«En dehors de qui il n'y a pas d'autre Allah, le Maître du trône
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sublime». Il n'y a plus parmi les créatures qui soit plus grand ou plus
magnifique que Dieu, à qui tous les hommes doivent vouer un culte
sincère. On a déduit des versets précités qu'on ne doit pas tuer la
huppe parce qu'elle guide au lieu où se trouve l'eau. A cet égard,
Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- interdit de tuer ces quatres: la fourmi, l'abeille, la huppe et
la pie-griège»
13
qâla sananzuru 'asadaqta 'am kunta mina-1-kâdîbîna (27) dhab bikitâbî
hâdâ fa'alqih 'ilayhim tumma tawalla 'anhum fan-zur madâ yarji'ûna
(28) qâlat yâ 'ayyuhâ-1-mala'u 'innT 'ulqiya 'ilayya kitâbun karîmun (29)
'innahû min Sulaymâna wa 'innahû bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîmi
(30) 'alla ta'lû 'alayya wa'tûnî muslimîna (31).
Salomon dit: «Je vais voir si tu n'as pas menti. (27) Porte cette lettre
de ma part à la reine. Remets-la lui. Retire-toi et attends sa réponse». (28)
La reine dit aux grands qui l'entouraient: «Je viens de recevoir une missive
auguste; (29) elle vient de Salomon. Elle est ainsi libellée: «Au nom d'Allah
le Miséricordieux et le Très Miséricordieux. (30) ne vous élevez pas contre
moi. Faites-moi plutôt votre soumission» (31).
Ayant entendu les propos de la huppe, il lui dit: «Je vais voir si tu
n'as pas menti», et tu ne dis que la vérité, ou ne racontant que des
mensonges pour que tu te soustraies à ma punition. Il lui ordonna: «-
Porte cette lettre de ma part à la reine. Remets-la lui. Retire-toi et attends
sa réponse». Salomon, a, en effet, écrit une lettre à la reine Balqis et à
son peuple, la remit à la huppe qui à son tour l'a lancée d'une niche
qui se trouve au plafond. Puis la huppe se mit à l'écart par politesse
attendant sa réponse. La reine prit la missive et la lut. Elle contenait:
«Elle est de la part de Salomon: Au nom d'Allah, le Miséricordieux le Très
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Miséricordieux. Ne vous élevez pas contre moi. Faites-moi plutôt votre
soumission». Alors la reine réunit ses conseillers et ses chefs et leur
dit:«0 mes amis, on vient de me jeter une noble lettre», en
manifestant son étonnement d'avoir reçu une telle lettre par l'entremise
d'une huppe. Son entourage connut alors qu'elle vient de la part du
Prophète de Dieu Salomon -que Dieu le salue-. Cette lettre était très
concise et rédigée avec un style disert qui leur signifiait tant de
choses. A savoir que Salomon fut le premier à libeller une lettre par
l'expression: «Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très
Miséricordieux». Il les conviait à se soumettre à lui et à lui obéir.
qâlat ya 'ayyuhâ-1-mala'u 'aftûnî fT'amrî ma kuntu qâti'atan 'amran
hattâ tashadûni (32) qâlû nahnu 'ulû quwwatin wa 'ulû ba'sin sadîdin
wa-l-'amru 'ilayki fa-nzurî mâdâ ta'nmrîna (33) qâlat 'inna-1-mulûka 'idâ
dahalû qaryatan 'afsadûhâ wa ja'alû 'a'izzata 'ahlihï 'adillatan wa kad
âlika yaf'alûna (34) wa 'innî mursilatun 'ilayhim bihadiyyatin
fanâziratum bima yarji'u-1-mursalûna (35).
«O mes amis, dit-elle, à son entourage, conseillez-moi. Je ne ferai rien
sans votre avis». (32) «Nous sommes on peuple fort et bien armé,
répondirent-ils. Néamoins, la décision t'appartient. Vois les ordres que tu
veux donner» (33) Quand les rois s'emparent d'une ville, dit la reine, ils la
saccagent et en asservissent les puissants. C'est de cette façon qu'ils
procèdent. (34) Je vais envoyer à Salomon un présent. Je verrai l'accueil
qu'il réservera à mes envoyés. (35).
Après la lecture de la lettre devant les dignitaires de la cour, la
reine demanda leur avis, promettant qu'elle ne prendra aucune
décision sans leur consentement afin qu'ils lui partagent la
responsabilité. Ils lui répondirent qu'ils disposent d'une armée
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puissante et qu'ils sont durs au combat, puis ils lui confient cette
affaire et qu'ils lui laissent la liberté de prendre les mesures
nécessaires.
En effet, la reine, étant une femme, fut très perspicace et devina
qu'elle ne pourrait plus affronter Salomon même avec sa grande
armée car Dieu avait asservi à Salomon les hommes, les génies et les
oiseaux, et elle vient récemment de constater un tel fait en recevant
une lettre par l'entremise d'un oiseau. Elle dit à son entourage: «Je
crains, si on va l'affronter, qu'il ne vienne avec son armée pour envahir
notre pays et nous dévaster». Elle ajouta: «Quand les rois s'emparent
d'une ville, ils la saccagent et en asservissent les puissants» D'après Ibn
Abbas, quand les rois pénètrent dans une cité par force, ils la
détruisent et humilient les chefs et les commandants soit en les tuant,
soit en les capturant comme prisonniers. Dieu affirme cela en disant:
«C'est de cette façon qu'ils procèdent».
Puis la reine trouva qu'il est beau d'être conciliante avec Salomon
et de manifester son désir de la paix, elle dit aux dignitaires: «Je vais
envoyer un présent à Salomon. Je verrai l'accueil qu'il réservera a mes
envoyés». Il se peut qu'il accepte ce présent qui lui sera digne en tant
que roi, ou il nous imposera un tribut qu'on payera, et ainsi on aurait
évité son affrontement. Qatada a commenté cela en disant: «Comme
elle fut avisée et perspicace en prenant une telle décision, en montrant
sa soumission et gardant son idolâtrie. Car le présent, quoi que ce
soit, aura en effet sur la personne».
Mais le commentaire d'Ibn Abbas était le suivant: «Si Salomon
accepte le présent, combattez-le, car il se comportera comme un roi,
sinon il sera un Prophète, et alors suivez-le».
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falammâ jà"a Sulaymâna qâla 'atumiddunani bi malin fama 'à'tânî-L-
600
Lâhu hayrum-mimma Iftâkum bal 'antum bihadiyyatikum tafrahûna
(36) r-ji' 'ilayhim falana'tiyannahum bijunûdi-1-lâ qibala lahum bihâ wa
lanuhrijannahum minha 'adillatan wa hum sâgjrûna (37).
Lorsque les envoyés se présentèrent à Saloraon, il les accueillit par ces
mots: «Vous m'apportez des présents? Allah est montré plus généreux
envers moi qu'envers vous. Vous semblez être fiers de vos présents». (36)
Retournez vers le peuple de la reine. Je vais lancer contre lui des troupes
dont il ne soupçonne pas la force. Je le disperserai, réduit à l'impuissance
et couvert de honte» (37).
De quoi le présent était- il formé? Les uns dirent qu'il était une
grande quantité d'or et de pierres précieuses, et selon d'autres, il était
formé de vases en or. Salomon ne donna aucune importance au
présent, mais il s'en détourna et répondit aux envoyés: «Vous
m'apportez des présents?» c'est à dire: Vous cherchez à m'aduler pour
vous laisser pratiquer votre religion et vous laisser idolâtres? «Allah
s'est montré plus généreux envers moi qu'envers vous». Ce que Dieu m'a
donné dépasse par des multiples ce que vous en disposez soit de
richesses, soit de soldats, soit de puissance. C'est vous qui serez
impressionnés par le présent, quant à moi je n'accepterai de vous que
la soumission ou le combat.
Ibn Abbas rapporte: «En recevant les envoyés, Salomon ordonna
aux génies de lui camoufler mille palais en or et argent. Les envoyés,
regardant cela, se dirent: «Possédant tout cela qu'est-ce qu'il va faire
de notre présent?». On peut conclure, grâce à ce geste, que les rois
peuvent préparer à leurs visiteurs et envoyés tout ce qu'il faut pour
montrer leur bon accueil et leur somptuosité.
Salomon dit aux envoyés de la reine: «Reprenez votre présent, et
dites à la reine que nous allons les attaquer par une armée dont ils ne
pourraient l'affronter, et nous les ferons sortir de leur pays humiliés et
vaincus». Une fois retournés dans leur pays, les envoyés transmirent
le message à Balqis, qui, à son tour, et pour éviter la mêlée, marcha à
la tête d'une armée, soumise, humiliée et prête a toute décision que
prendra Salomon à leur égard. Salomon, constatant cela, fut réjoui et
content.
601
qâla yâ ayyuhâ-1-mala'u 'ayyukum ya'tînî bi'arSihâ qabla 'ay-ya'tûnî
muslimîna (38) qâla 'ifrîtun mina-1-jinni 'ana 'â'tîka bihî qabla 'an
taqûma mim maqâmika wa 'innî 'alayhi laqawiyyun 'amînun (39) qâla-1-
ladî 'indahû 'ilmun mina-1-kitâbi 'ana 'à*tîka bihî qabla 'ay-yartadda
ilayka tarfuka falammâ ra'ahu mustaqirran 'indahû qâla hâdâ min fadli
rabbî HyabluwariT 'a'askuru 'am 'akfuru wa man sakara fa'innamâ
yaskuru linafsihî wa man kafara fa'inna rabbî ganiyyun Karîmun (40).
Se tournant vers son entourage, il dit: «Qui de vous m'apportera le
trône de la reine avant que son peuple ne se soumette?» (38) Moi, dit un
génie les plus redoutables. Je te l'apporterai avant que ta ne quittes ces
lieux. Je m'en sens capable et tu peux compter sur moi (39) Un autre génie
initié aux Ecritures dit: «Je te l'apporterai en un clin d'ail». Quand
Saiomon vit le trône dressé devant lui, il s'écria: «C'est là une faveur que
m'accorde mon Seigneur pour voir si je serai reconnaissant ou ingrat. En
étant reconnaissant, on se sert soi-même. Quant à l'ingrat, il importe peu à
Allah le tout-puissant et le généreux (40).
Mouhammad Ben Ishaq raconte: «Lorsque les envoyés furent de
retour chez la reine, celle-ci devina ce que fut la réponse de Saiomon
et dit: «Par Dieu, il n'est pas un roi et nous ne pouvons plus lui tenir
tête, et notre résitance ne nous conduira à rien». Elle lui envoya dire
qu'elle se présentera devant lui avec tous ses chefs et dignitaires pour
voir ce qu'il leur ordonnera de faire et à quoi il les appellera
concernant sa religion. Puis elle ordonna qu'on garde son trône qui
était incrusté de perles et de pierres précieuses, à l'intérieur de sept
chambres*et de fermer ermétiquement chacune d'elles. Elle demanda
à son intérimaire: Dissimule ce que tu connais dans ton for intérieur et
602
le siège de mon royaume. Que personne n'y arrive à ce trône ou ne le
voie avant mon retour.
Elle prit la tête d'une troupe composée de douze milles soldats et
se dirigea vers Salomon. Celui-ci chargea les génies de lui rapporter
les nouvelles chaque jour et nuit. Quand elle fut près du pays,
Salomon réunit des génies et leur dit: «Qui de vous m'apportera le trône
de la reine avant son peuple ne se soumette?». Qatada a avancé: «En
décrivant le trône à Salomon, qui avait les pieds en perles et corinthe
et voilé de soie et de brocart, il lui plut de le posséder mais il répugna
à le prendre avant la conversion de la reine. Car il connait bien qu'une
fois convertie, il lui sera interdit de s'emparer de quoi que ce soit de ce
qu'elle possédait.
«Moi, dit un des génies les plus redoutables. Je te l'apporterai avant
que tu quittes ces lieux». C'est à dire, d'après Ibn Abbas: avant que tu
te lèves de ton siège, car Salomon siégeait du début de la journée
jusqu'à ce que le soleil eut quitté le méridien, pour juger entre les
hommes et expédier leurs affaires. Et le génie d'ajouter: «Je m'en sens
capable et tu peux compter sur moi» Salomon répliqua: «Je veux que ce
soit plus vite que ça» Salomon voulait par sa demande prouver la
supériorité que Dieu lui a accordée sur tous les hommes et la
magnificence de Ses dons dont il espérait qu'aucune des créatures
n'en disposera après lui, et aussi pour montrer à la reine Balqis sa
prophétie, car une telle chose ne pourrait être qu'un miracle.
«Un autre génie initié aux Ecritures dit: «Je te l'apporterai en un clin
d'œil». Ce fut, d'après Ibn Abbas un génie appelé Assaf, le scribe de
Salomon -que Dieu le salue-.
Selon Yazid Ben Rouman, c'était Assaf Ben Barkhia, un génie
véridique qui connaissait le nom sublime de Dieu. Il fut prêt à le lui
apporter en un clin d'œil. Puis ce génie se leva pour faire ses
ablutions et invoquer Dieu par ces mots, d'après Al-Zouhari: «O notre
Seigneur et Seigneur de toute chose, il n'y a de Dieu que Toi, apporte-
nous son trôr.e». Et le voilà devant Salomon qui le scruta et le
contempla avec ses chefs. Il s'écria: «C'est là, une faveur que
m'accorde mon Seigneur» parmi d'autres faveurs pour m'éprouver si je
suis reconnaissant ou ingrat. Celui qui méconnaît les faveurs de Dieu,
603
peu importe, car mon Seigneur est riche et se passe de l'univers.
Moïse avait tenu les mêmes propos: «Que vous soyez infidèles; que tonte
la terre le soit, qu'importe! Allah est toute puissance et toute gloire» [-
Coran XIV, 8].
Il est cité dans le Sahih de Mouslim ce qui suit: «Dieu Très Haut
dit: «O mes serviteurs! Si du premier au dernier homme ou djinn vous étiez
aussi pieux que l'est celui au cœur le plus pieux d'entre vous, cela
n 'ajouterait rien à mon Royaume. O mes serviteurs! Si du premier au
dernier homme ou djinn vous étiez aussi pervers que l'est celui d'entre vous
au cœur le plus pervers, cela ne diminuerait rien mon Royaume. O mes
serviteurs! Ce sont vos œuvres seulement dont Je tiendrais compte, ensuite
Je vous rétribuerai. Donc celui qui trouve du bien qu'il loue Dieu, et celui
qui trouve autre chose qu'il ne se prenne qu'à lui-même» (Rapporté par
Mousam) (I> .
qâla nakkirû lahâ 'arsahâ nanzur 'atahtadT 'am takûnu mina-1-ladîna là
yahtadûna (41) falammâ ja 'at qîla 'ahâkadâ 'arsuki qâlat ka'annahû
604
huwa wa 'utînâ-l-'ilma min qablihâ wa kunnâ muslimîna (42) wa
saddahâ ma kânat ta'budu min dûni-L-Lâhi 'innahâ kânat min qawmin
kâfirina (43) qîla lahâ-d-hulî-s-sarha falammâ ra'athu hasibathu lujjatan
wa kasafat 'an sâqayhâ qâla 'innahû sarhum mumarradun-min qawârira
qâlat rabbi 'innî zalamtu nafsî wa 'aslamtu ma'a Sulaymâna li-L-Làhi
rabbi-l-'âlamîna (44).
Maquillez le trône, dit Salomon, pour voir si elle le reconnaît ou non.
(41) Lorsque la reine parut, on l'interrogea: «Est-ce là votre trône?». Elle
répondit: «On dirait que c'est lui. D'ailleurs, je vous connaissais déjà avant
cet événement et moi et mon peuple vous étions soumis d'avance». (42)
Salomon lui fit renier les divinités qu'elle adorait auparavant, car elle était
idolâtre. (43) Entrez dans ce palais, lui dit-on. Quand elle le vit, elle crut
que c'était un miroir d'eaux et releva ses jupes. «Ce palais est revêtu de
cristal» expliqua Salomon. «O mon Allah, s'écria-t-elle, j'ai été coupable.
Comme Salomon, je me soumets au Maître de l'univers» (44).
Quand on apporta le trône à Salomon avant la venue de la reine,
il dit à ses servants: «Maquillez le trône» en y pratiquant quelques
modifications l'égères pour examiner sa connaissance en le voyant ou
en le reniant. D'après Moujahjed, l'opération consistait à changer les
couleurs par exemple en subsittuant le rouge par le jaune et vice
versa, Quant à Ikrima, il a dit qu'on a changé quelques parties en y a
ajoutant ou enlevant. «On l'interrogea: «Est-ce la votre trône?» Grâce à
son intelligence et sa perspicacité, voyant son trône, elle n'a pas
affirmé qu'il était le sien, mais elle répondit: «On dirait que c'est lui.
D'ailleurs, je vous connaissais déjà avant cet événement et moi et mon
peuple vous étions soumis d'avance». Moujahed a commenté cela en
attribuant ces propos à Salomon et non à la reine en s'appuyant sur le
verset qui s'ensuit: «Salomon lui fit renier les divinités qu'elle adorait
auparavant, car elle était idolâtre». On peut donc expliquer le verset de
la façon suivante: Salomon a dit: La Science nous a déjà été donnée
et nous sommes des musulmans (soumis à Dieu), du moment qu'elle a
été idolâtre et adorait d'autres divinités en dehors de Dieu.
L'auteur de cet ouvrage a ajouté: «Ce qui corrobore les propos de
Moujahed, c'est que la reine s'était convertie après son entrée au
palais comme on va le voir».
605
«Entrez dans ce palais», lui dit-on. Quant elle le vit, elle crut que
c'était un miroir...». A savoir que Salomon avait ordonné aux génies de
bâtir un palais en verre en faisant circuler au-dessous de l'eau. Celui
qui ignorait cette réalité, le prenait pour un cours d'eau, mais en fait,
c'était le verre qui l'isolait.
Mouhammad Ben Ishaq a dit: «Salomon demanda à la reine
d'entrer dans le palais pour lui montrer un qui est encore plus
somputueux que le sien et plus luxueux. En le voyant, elle le prit pour
une pièce d'eau et retroussa sa jupe de peur de la mouiller. On lui dit
après: «Ce palais est revêtu de cristal». Se trouvant seule avec
Salomon, celui-ci l'appela à l'adoration de Dieu seul sans rien lui
associer et la blâma d'avoir adoré d'autres divinités en dehors de Lui.
Elle répondit: «O mon Allah, s'écria-t-elle, j'ai été coupable. Comme
Salomon, je me soumets au Maître de l'univers» Elle embrassa l'Islam et
devint une musulmane (soumise à Dieu) fervente».
La raison pour laquelle Salomon avait bâti un palais en cristal est
de montrer à Balqis son pouvoir et sa puissance. Quand elle s'aperçut
que salomon était amplement graitifié par Dieu, que sa religion était la
meilleure, elle se soumit à Dieu et sut que Salomon était vraiment un
Prophète noble et un roi généreux. Elle invoqua alors le Seigneur pour
qu'il lui pardonne ses péchés et son idolâtrie avec son peuple en
vouant un culte au soleil en dehors de Lui.
walaqad 'arsalnï 'ilâ Tamûda 'ahâhum Sâlihan 'an-i'budû-L-Lâha fa'idâ
hum farîqâni yahtasimûna (45) qâla yâ qawmi lima tasta'jilûna bi-s-
sayyi'ati qabla-1-hasanati lawlâ tastagfirûna-L-Lâha la'allakum
turhamûna (46) qâlû-t-tayyarnâ bika wa bimam-ma'aka qâla ta'irukum
'inda-L-Lâhi bal 'antum qawmun tuftanûna (47).
606
Nous envoyâmes aux Thémoudites leur frère Saleh pour les convertir à
Allah. Ds se divisèrent en deux clans (45) O mon peuple, dit-il, pourquoi
êtes-vous plus presses de voir le mal que le bien? Invoquez plutôt le pardon
d'Allah, si vous voulez vous attirer sa clémence! (46) Tu nous portes
malheur, toi et les tiens. Votre sort, leur opposa Saleh, dépend d'Allah.
Vous êtes un peuple de querelleurs. (47).
Dieu raconte ce qu'en fut de Saleh avec son peuple quand II
l'envoya pour les appeler à l'adoration de Dieu seul sans rien Lui
associer. «Ils se divisèrent en deux clans», c'est à dire, selon Mojahed,
des croyants et des impies. Saleh dit à son peuple: «Pourquoi êtes-vous
pressés de voir le mal que le bien?». En d'autres termes: Pourquoi
demandez-vous le supplice de Dieu au lieu d'implorer Sa clémence?
Ils lui répondirent: «Tu nous portes malheur, toi et les tiens». A cause de
leur incrédulité, chacun d'entre eux, quand il fut atteint par un malheur,
s'écria: ceci me vient à cause de Saleh, tout comme le peuple de
Pharaon qui disait: Quand un malheur les frappe, ils l'imputent à Moïse et
aux siens (VII, 1311, et aussi quand Dieu dit à Son Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue-: «S'il leur arrive quelque événement heureux, ils
disent: «Cela nous vient d'Allah». S'il leur arrive un événement malheureux,
ils disent: «Cela nous vient ce toi». Réponds-leur: «Bonheur et malheur
viennent d'Allah» [Coran IV, 78]. C'est à dire: tout ce qui arrive dépend
de ce que Dieu a prédestiné.
Saleh répondit à son peuple: «Votre sort dépend d'Allah», C'est Lui
qui vous rétribue pour ce que vous avancez «Vous êtes un peuple de
querelleurs», c'est à dire: Vous êtes un peuple soumis à une épreuve.
607
wa kâna f-1-madînati tis'atu rahtin yufsidûna fl-l-'ardi walâ yuslihûna
(48) qâlû taqâsamû bi-L-Lâhi linubayyitannahû wa 'ahlahû tumma
lanaqûlannâ li-waliyyihî ma sahidnâ mahlika 'ahlihî wa 'innâ lasâdiqûna
(49) wa makarû makran wa makarnâ makran wahum là yas'urûna (50)
fa-nzur kayfa kâna 'âqibatu makrihim 'annâ dammarnâhum wa
qawmahum 'ajma'îna (51) fatilka buyûtuhum hâwiyatam-bimâ zalamïï '-
inna fi dâlika la'à yata-1-liqawmin ya'lamûna (52) wa 'anjaynâ-1-ladîna
lîmanû wa kânu yattaqûna (53).
Il y avait dans la cité neuf individus qui semaient le désordre et
n'étaient propres à rien. (48) Ils se concertèrent de la sorte: «jurons par
Allah de tuer Saleh et les siens pendant la nuit. Nous dirons à ceux- tenus
de le venger: «Nous n'avons pas assisté au meurtre de Saleh et de sa
famille. Vous pouvez nous croire». (49) Ils mirent à exécution leur dessein,
mais Allah leur imposa le sien alors qu'ils ne s'y attendaient pas. (50) Vois
comment s'acheva leur projet. Nous les anéantîmes eux et leur peuple. (51)
Leurs demeures sont en ruine. C'est le châtiment de leurs forfaits. Il y a là
un avertissement pour qui réfléchit. (52) Nous sauvâmes ceux qui croyaient
et craignaient Allah (53).
Dieu parle des rebelles et chefs des Thémoudites qui appelaient
leur peuple à l'égarement et à l'incrédulité. Ils égorgèrent d'abord la
chemelle puis décidèrent de tuer Saleh par trahison pendant la nuit,
puis de dire aux siens, ceux qui voudront le venger: «Nous n'avons pas
assisté au meurtre de Saleh» et n'étions pas témoins du massacre de sa
famille.
Dans la ville de Thémoud, il y avait neuf individus qui semaient la
corruption sur terre et ne faisaient aucun bien, car ils étaient les chefs
et les notables parmi les habitants et les plus puissants. Ils
complotèrent pour tuer la chamelle, le signe que Saleh avait apporté à
leur intention (comme nous avons déjà parlé). Ils se dirent entre eux:
«Jurons par Allah de tuer Saleh et les siens pendant la nuit». Mais Dieu
déjoua leur complot et leur fit subir les vicissiutdes du sort avant
l'exécution de leur projet.
608
Mouhammad Ben Ishaq a dit: «Après avoir égorgé la chamelle, ils
décidèrent de tuer Saleh et dirent: «S'il était sincère, nous l'aurions
exterminé avant qu'il nous arrive un mal quelconque. Et s'il était
menteur, nous l'aurions rejoint à sa chamelle». La nuit, sachant que
Saleh se trouvait parmi les siens, ils arrivèrent pour exécuter leur
complot. Mais les anges les abattirent par des pierres. Comme leurs
complices attendaient trop leur retour, ils vinrent les trouver auprès de
la maison de Saleh terrassés, ils accusèrent Saleh de leur meurtre.
Mais la tribu de Saleh endossa son armure et dit aux incrédules: «Par
Dieu, vous ne pouvez pas le tuer, il vous a averti que le châtiment
vous frappera dans trois jours. SI Saleh était un homme sincère, alors
n'encourez pas en plus la colère de Dieu, et s'il était autrement, vous
l'aurez plus tard». Les pervers devaient quitter le lieu.
Ibn Abi Hatem raconte: «Après qu'ils aient égorgé la chamelle,
Saleh leur dit: «Continuez à vous prélasser dans vos demeures pendant
trois jours. Mon avertissement ne sera pas démenti» [Coran XI, 65]. Ils
répondirent: «Saleh présume qu'il va se débarrasser de nous dans
trois jours, or nous allons l'achever et les siens avant cela». Saleh
avait un oratoire au Hijr où il s'adonnait à l'adoration de Dieu. Ils
sortirent vers ce lieu et se cachèrent dans une grotte ayant l'intention
de le tuer quand il viendra faire ses prières, en disant: «Lorsqu'il arrive
nous le tuons, puis nous rendons chez les siens pour les achever et
ainsi nous serons débarrassés d'eux». Cette nuit-là, Dieu fit dévaler de
la montagne une pierre vers eux. Craignant qu'elle ne l'atteigne, ils
entrèrent à la grotte. La pierre ferma l'entrée de la grotte, et leurs
parents ne savaient rien de leur sort. Ainsi fut réalisée la menace de
Dieu et ils furent exterminés les uns et les autres, et Saleh fut sauvé
avec les siens». Puis le rapporteur récita: «lis mirent à exécution leur
dessein, mais Allah imposa le sien alors qu'ils ne s'attendaient pas. Vois
comment s'acheva leur projet. Nous les anéantîmes eux et leur peuple.
Leurs demeures sont en ruine. C'est le châtiment de leurs forfaits. Il y a là
un avertissement pour qui réfléchit? Nous sauvâmes ceux qui croyaient et
craignaient Allah».
609
wa Lût an 'id qâla liqawmihT 'ata'tûna-1-fâhiSata wa 'antum tubsirûna
(54) 'a'innakum lata'tûna-r-rijâla sahwatam-min dûni-n-nisa'i bal 'antum
qawmun tajhalûna (55) famâkâna jawâba qawmihT 'ilEC 'an qâRî 'ahrijïï
'à* la Lutim-min qaryatikum 'innahum 'unâsun yatatahharûna (56)
fa'anjaynâhu wa 'ahlahû 'illâ-m-ra'atahû qaddarnâhâ mina-1-gabirina
(57) wa 'amtarnâ 'alayhim mataran fasS'a mataru-1-mundarîna (58).
Loth dit à son peuple: «Comment pouvez-vous pratiquer un vice
sciemment. (54) Comment pouvez-vous préférer les hommes aux femmes
pour assouvir vos passions? Vous êtes un peuple sans conscience. (55) Le
peuple de Loth se contenta de répondre: «Chassons Loth et les siens de
notre cité. Ils posent à la chasteté. (56) Nous sauvâmes la famille de Loth
à l'exception de sa femme dont nous avions décidé la perte. (57) Nous
fîmes pleuvoir sur eux. Et quelle pluie meurtrière que celle réservée à ceux
qui enfreignent nos avertissements. (58).
Loth, le Prophète de Dieu et son serviteur, avertit son peuple et le
mit en garde contre la vengeance de Dieu à cause du péché
ignominieux qu'aucun autre peuple n'avait pratiqué avant eux parmi les
hommes. Il s'agit de l'assouvissement des désirs sur les hommes en
dehors des femmes. En réprouvant cette infamie, Loth leur dit: «-
Comment pouvez-vous pratiquer un vice sciemment». C'est à dire vous
commettez cet acte infâme alors que chacun d'entre vous voit l'autre
le faire et vous vous vous livrez dans vos assemblées à des actions
abominables, il leur dit ailleurs: «Pourquoi assouvir vos désirs sur les
hommes, délaissant les femmes que le Seigneur a créées pour vous servir
d'épouses? Vous êtes vraiment un peuple pervers» [Coran XXVI, 165-166].
Pour toute réponse son peuple dit: «Faites sortir la famille de Loth
de votre cité, ce sont des gens qui veulent être purs. Il n'est plus
convenable qu'ils vivent parmi nous». Prenant cette décision, Dieu les
610
a exterminés. La même fin est réservée aux incrédules.
«Nous sauvâmes la famille de Loth à l'exception de sa femme dont
nous avions décidé la perte». Car cette femme approuvait le
comportement de ce peuple et, chaque fois que Loth recevait des
hôtes, elle les informait afin qulls viennent les chercher.
«Nous fîmes plenvoir sur eux. Et qnelle pluie meurtrière...» Cette
pluie était en masse des pierres d'argile. Quelle bien mauvaise pluie
que celle des gens pervers qui ont été avertis.
quli-1-hamdu-li-L-Lâhi wa salâmun 'alâ 'ibâdihi-1-ladîna-stafa *ï-L-Lâhu
hayrun 'ammâ yusrikûna (59) 'am man halaqa-s-samâwâti wa-l-'arda wa
'anzala lakum mina-s-samâ"'i ma" 'an fa'ambatnâ bihî hada"iqa data
bahjatim ma kâna lakum 'an tumbitû sajaraha 'a'ilâhum-ma'a-L-Lâhi
bal hum qawmun ya'dilûna (60).
Dis: Louange à Allah et que le salut soit sur les fidèles qu'il a élus!
Qui d'Allah ou des idoles qu'on lui associe est le plus digne d'amour? (59)
Celui qui a créé les deux et la terre, celui qui fait tomber l'eau du ciel et
s'en sert pour faire croitre de riants bosquets, (ce n'est pas vous qui
pourriez faire pousser des arbres) est-ce une autre divinité qu'Allah? Et
cependant le peuple lui donne des égaux. (60).
Dieu ordonne à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
dire: «Louange à Alalh» pour les bienfaits qu'il a octroyés à Ses
serviteurs et qu'on ne peut les dénombrer, et de saluer ceux qu'il a
élus parmi ses serviteurs pour être des Prophètes et porter les
messages qu'ils devaient communiquer aux hommes. Telle fut
l'interprétation de Abdul Rahman Ben Aslam en ajoutant aussi que ce
verset est pareil à celui-ci: «Gloire à ton Seigneur, le Maître suprême,
611
que n'atteignent pas les calomnies des hommes. Que la paix soit sur les
Prophètes. Gloire à Allah, la Maître de l'univers» [Coran XXVII 180-182].
Mais Al-Thawry et As-Souddy ont précisé qu'il s'agit des compagnons
de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- . Ceci ne contredit
pas l'opinion de Ben Aslam car si ces derniers étaient des élus, les
Prophètes et Messagers devraient figurer parmi eux à plus forte raison.
Ce qu'il faut retenir, consiste à exhorter les hommes à louer Dieu pour
Ses bienfaits et de saluer ceux qu'il a élus parmi les hommes pieux et
vertueux.
«Qui d'Allah ou des idoles qu'on lui associe est le plus digne
d'amour?». Une interrogation qui comporte une réfutation des dires et
actes des polythéistes qui adoraient d'autres divinités an dehors de
Lui. «Celui qui a créé les cieux et la terre» ainsi que les étoiles, les
astres, la terre et ce qu'elle contient de montagnes, plaines, déserts,
arbres, plantations; les mers et ce qu'elles renferment dans leurs
abimes; les animaux de différentes catégories et espèces etc.. Il fait
descendre du ciel une eau grâce à laquelle, Il faire croitre des jardins
remplis de beauté dont les hommes ne sauraient faire pousser ni
arbres ni plantations d'eux-mêmes. Dieu a dit ailleurs: «Si tu leur
demandes qui fait tomber l'eau du ciel pour vivifier la terre après son
épuisement? Us répondront: Allah» [Coran XXIX, 63]. Donc ces idolâtres
reconnaissent les bienfaits de Dieu et cependant ils Lui associent
d'autres divinités.
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'am man ja'ala-l-'arda qarâran wa ja'ala hilâlaha' 'anhâran wa ja'ala
lahâ rawâsiya wa ja'ala bayna-1-bahrayni hajizan 'a'ilâhum-ma'a-L-Lâhi
bal 'aktaruhum là ya'lamûna (61).
Celui qui a stabilisé la terre, qui l'a sillonnée de cours d'eau, l'a
hérissée de montagnes et qui a séparé les eaux douces des eaux salées, est-
ce une autre divinité qu'Allah? Mais c'est une chose que la plupart des
hommes ne comprennent pas. (61).
612
Dieu fit de la terre une masse stable qui ne bouge ni ne branle
autrement la vie sur elle sera chose difficile. Mais, par Sa grâce et Sa
miséricorde, Il a fait d'elle un lieu de séjour pour les hommes. Il la fit
traverser par des rivières et des cours d'eau douce et potable, qui
sillonnent la terre dans tous les côtés. Il y jeta de montagnes pour
l'empêcher de branler. Il plaça une barrière entre les deux mers, c'est
à dire entre le fleuve et l'océan; le premier donne une eau douce,
tandis que l'eau de l'autre est saumâtre. De la première on peut boire,
abreuver, irriguer etc.. Quant à la deuxième, elle cerne tous les
continents de toutes parts, et son eau n'est saumâtre que pour que
l'air ne soit pollué par son odeur. Dieu a dit ailleurs: «C'est Lui qui a
fixé les domaines des deux eaux, de l'eau douce et comestible et de l'eau
saumâtre. Entre elles il a établi une démrcation et une zone
infranchissable» [Coran XXV, 53] Dieu s'interroge de nouveau: «Est-ce
une autre divinité qu'Allah?» mais la plupart des hommes ne savent
pas.
'am man yujîbu-1-muttarra 'idâ da'âhu wa yaksifu-s-su 'a wa yaj'alukum
hulafa 'a-l-'ardi 'a'ilâhum-ma'a-L-Lâhi qalîlam -ma tadakkarûna (62).
Celui qui répond à l'appel des opprimés, qui dissipe la mal, qui établit
les peuples sur terre, est-ce une autre divinité qu'Allah? Ah! que vous
manquez de réflexion. (62).
C'est à Dieu seul que doivent être adressées les implorations lors
des malheurs et des afflictions, comme II a dit: «Si un péril sur mer vous
menace, c'est en vain que vous invoquez d'autres divinités qu'Allah» [Coran
XVII, 67]; et: «Un malheur vous frappe-t-il, c'est Lui que vous implorez» [-
Coran XVI, 53]. Donc tout homme qui se trouve affligé par l'infortune
ou la gêne ou n'importe quel autre malheur, est tenu de n'invoquer que
Dieu.
L'imam Ahmed rapporte qu'un homme de Houjaim a dit: «J'ai
demandé une fois: «O Messager de Dieu, a quoi appelles-tu les gens?». Il
613
me répondit: «Je les appelle a Dieu seul, sans rien Lui associer, qui, en
l'invoquant, dissipe le malheur qui t'a atteint, qui te guide et te montre le
chemin quand tu te trouves égaré dans un désert, qui t'envoie la pluie si une
disette frappe le pays»? Je lui dis: «Conseille-moi». Il répliqua: «N'injurie
personne, ne dédaigne aucun acte de bien ne serait-ce que d'acceuillir ton
frère (coreligionnaire) avec un visage radieux, de verser de ton eau dans le
seau de quelqu'un qui te demande, fais que ton vêtement dépasse les mi-
jambes, sinon que ce soit jusqu'aux chevilles, Méfie-toi de laisser ton
vêtement trainer derrière toi, car ce sera de l'ostentation, et Dieu ne l'aime
pas» (Rapporté par Ahmed) (1> .
Wahb Ben Mounabbah a dit: «J'ai lu dans un ancien livre ce qui
suit: «Dieu le Très-Haut dit: «Je jure par Ma puissance, quiconque
demande Ma protection, Je la lui acorderais même si les deux et ce
qu'ils renferment, la terre et ce qu'elle renferme étaient contre lui, et Je
lui donnerais une issue. Quant à celui qui ne Me demande pas une
telle protection, Je le ferai engloutir par la terre ou l'élever dans l'air en
le confiant à lui-même».
En voilà cette anecdote qui montre le témoignage de respect que
Dieu réserve à ses saints serviteurs, et racontée par Abou Bakr,
Mouhammad Ben Daoud Al-Dainouri, surnommé le soufi Al-Douqi. Il a
dit: «J'avais une mule dont je me servais pour faire le commerce entre
Damas et Al-Zabadani (à quelques kms de Damas). Un jour, je pris un
homme en croupe derrière moi, et nous passâmes près d'un chemin
rarement emprunté par les aniers ou les hommes. Me détournant de
ce chemin pour prendre un autre, l'homme me dit: «Non, prends ce
chemin qui est un raccourci, et tu vas constater cela toi- même»,
comme je refusai, il insista, et je dus emprunter le chemin indiqué, et
<iiï :JU lit! O— il «ijPOi 4w> dJbUoI ii[ i^-ÏJIj «tiJLlp Jj *j"^t-ii jii i/'jit il ll.,i»l
614
nous arrivâmes à un endroit raboteux dans une vallée où il y avait des
squellettes d'hommes. Il me dit: «Tiens la tête de la mule afin que je
puisse descendre». Je m'exécutai. Il descendit, attacha fortement ses
habits autour de sa taille, tira un couteau et se dirigea vers moi voulant
me tuer. Je pris la fuite devant lui, mais il me poursuivit, qu'à la fin je
lui dis: «Je te conjure par Dieu, si tu veux la mule, prends-la et tout ce
qu'elle porte». Il me répondit: «Cette mule sera certes à moi, mais je
veux te tuer d'abord». Je lui rappelai le châtiment qui attend les
coupables et les différentes peines et sanctions, mais ce fut en vain.,
Comme mes supplications furent inutiles, je lui dis: «Si tu veux me
tuer, sois, mais laisse-moi d'abord faire deux rak'ats». - Mais prie-les
aussi vite que possible, me dit-il. Voulant réciter du Coran dans ma
prière, les versets m'échappèrent, sauf ce verset qui me vint à l'esprit:
«Celui qui répond à l'appel des opprimés, qui dissipe le mal..»., alors qu'il
m'ordonnait à hâter la prière. A ma grande surprise, je vis un cavalier
se dirigeant vers nous du fond de la vallée, tenant à la main un sabre
qu'il lança vers mon compagnon et le tua. Je m'attachai à ce cavalier
lui demandant de montrer son identité. Il me répondit: «Je suis
l'envoyé de celui qui soustrait l'opprimé à l'injustice, et dissipe le mal».
A la fin je repris ma mule et ce qu'elle portait et continuai mon
Chemin» (Rapporté par Ibn Assaker).
«Qui établit les peuples sur terre» c'est à dire génération après une
génération, et un peuple après un autre. Si Dieu le voulait, Il aurait
créé les hommes tous à la fois sans que les uns descendent des
autres. Il pourrait aussi les créer tous de la même façon de la création
d'Adam sans faire périr les uns à la suite des autres, mais tous en un
seul moment etc.. Mais si Dieu avait procédé à cela en créant tous les
hommes à la fois, la terre ne saurait leur procurer leur subsistance et il
y aurait sur terre un grand désordre. Dieu, par Sa sagesse, a tout
réglé et aménagé, afin que la terre soit peulée par des générations qui
se succèdent les unes aux autres, et même en les faisant accroitre en
nombre, qu'à la fin des temps, chacun sera rétribué selon ses œuvres.
615
'am man yahdîkum fî-zulumâti-1-barri wa-1-bahri wa may-yursilu-r-
riyâha bu§ran bayna yaday rahmatihT 'a'ilâhum-ma'a-L-Lâhi ta'âla-L-
Lâhu 'ammâ yuSrikûna (63).
Celui qui vous guide au milieu des ténèbres de la terre et de la mer,
qui lâche les vents annonciateurs de la pluie bienfaisante, est-ce autre
divinité qu'Allah? Qu'Allah est au-dessus des associés qu'on Lui prête. (63).
En vérité, Dieu a créé dans le ciel des astres et étoiles pour
guider les hommes et que ceux-ci les prennent comme point de
repère. C'est lui encore qui déchaîne les vents comme annonciateurs
de Sa miséricorde, qui est la pluie, en conduisant les nuages porteurs
de pluie aux lieux où Dieu veut. Exalté soit-ll au-dessus de ce qu'ils
Lui associent.
'am man yabda'u-1-halqa tumma yu'îduhû wa may-yarzuqukum mina-s-
sama"i wa-l-'ardi 'a'ilâhum-ma'a-L-Lâhi qui hâtû burhânakum 'in
kuntum sâdiqîna (64).
Celui qui fait et refait la création et qui vous comble des biens des
cieux et de la terre, est-ce une autre divinité qu'Allah? Dis: Produisez vos
preuves si vraiment vous en avez. (64).
C'est Dieu, par Son pouvoir et Sa puissance, qui crée et redonne
la vie aux hommes une fois morts et ressuscites, car «C'est Lui qui fait
naitre et renaître la création. Il Lui est encore plus facile de la faire
renaître» [Coran XXX, 27].
C'est Lui aussi qui pourvoit aux besoins de ses serviteurs à partir
du ciel et de la terre. Il fait descendre de la pluie et la fait circuler en
terre en cours d'eau. Puis II fait pousser grâce à elle un champ aux
couleurs diverses de légumes, de fleurs et de fruits, pour que les
hommes en mangent et donnent à manger aux bestiaux.
Après toutes ces preuves évidentes et signes clairs, peut-on
invoquer une autre divinité avec Dieu? Si, ô idolâtres, vous possédez
616
une preuve, présentez-la si vous dites la vérité. Mais, à coup sûr ils
n'ont rien à produire, et qu'ils sachent que: «Celui qui invoque
inconsidérément d'autres divinités qu'Allah, celui-là aura à en rendre
compte à sons Seigneur. Les infidèles courent à leur perte» [Coran XXIII,
117].
qui là ya'lamu man fi-s-sama wâti wa-l-'ardi-l-gayba 'illâ-L-Lâhu wamâ
yas'urûna 'ayyâna yub'atûna (65) bali-d-dâraka 'ilmuhum fi-l-'ïhirati bal
hum fi sakkim-minhâ bal hum minhâ 'amûna (66).
Dis: Les habitants des deux et de la terre en ignorent les secrets si ce
n'est Allah. Ils ignorent aussi le jour où ils seront ressuscites. (65) Les
révélations sur ta vie future ont beau être concordantes! ils ne sont pas
persuadés. Plus encore, ils ferment les yeux (66).
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de
faire connaître aux hommes qu'il est le seul qui connait le mystère des
cieux et de la terre, Il a dit ailleurs: «Il détient les clefs de l'inconnu, qu'il
est le seul à connaître» [Coran VI, 59]. Plusieurs versets du Coran font
allusion à ce privilège réservé à Dieu, car le visible et l'invisible
dépendent du savoir de Dieu seul.
Les habitants des cieux ainsi que les habitants de la terre ne
connaissent rien de l'Heure et de son avènement «elle bouleversera les
cieux et la terre et arrivera brusquement» [Coran VII, 187]. On a rapporté
que "Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Quiconque prétend que
Mouhammad connait ce qu'il y aura demain, aura forgé un mensonge
sur Dieu, car Dieu n'a-t-ll pas dit: «Les habitants des cieux et de la terre
en ignorent les secrets, si ce n'est Allah».
Qatada a avancé: «Dieu a fait des étoiles trois catégories: Celles
qui forment un décor du ciel le plus proche, celles qui sont des points
617
de repère et celles par quoi les démons sont lapidés. Quiconque les
considère comme autrement aura commis une erreur et perdu sa part
de la vie future, avancé des choses qui sortent de sa compétence. Il
en est parmi les hommes ceux qui ignorent tout sur Dieu, mais ils
utilisent ces étoiles pour connaître l'avenir. Celui qui les prend comme
telles, soit pour célébrer ses noces, soit pour entretenir un voyage, soit
pour commenter la naissance d'un tel, ne fera que des suppositions
qui n'ont aucun lien avec la vérité, car de telles étoiles n'ont aucun
pouvoir ou une influence sur aucun événement.
Le savoirs des hommes s'arrêtent quand il s'agit de la venue de
cette Heure et ignorent tout sur Dieu et ils sont aveugles sur tout ce
qui concerne la vie future. Dieu n'a-t-ll pas dit: «C'est alors qu'ils
entendront et verront bien le jour où ils comparaîtront devant nous. Mais
actuellement les méchants sont dans une insouciance manifeste» [Coran
XIX,m 38].
«Ils ne sont pas persuadés. Plus encore, ils ferment les yeux» Cela
signifie que les incrédules doutent de cette Heure et ne veulent rien
savoir sur elle.
wa qâla-1-lad îna kafartî 'a'idâ kunnâ turâban wa 'abÊfunnâ* 'a'innâ
lamuhrajûna (67) laqad wu'idnâ hâdâ nahnu wa 'aba'unâ min qablu 'in
hà'da 'illâ A 'asâtîru-l-'awwalîna (68) qui sîrû fî-l-'ardi fa-nzurû kayfa
kâna 'âqibatu-1-mujrimîna (69) walâ tahzan 'alayhim walâ takun fî
dayqin mimmâ yamkurûna (70).
Les incrédules objectent: «Se peut-il qu'une fois retournés en poussière
nous et nos ancêtres, nous soyons ressuscites? (67) C'est une chose qu'on a
déjà annoncée, à nous et à nos ancêtres. Vieux contes que ceci» (68)
Réponds: «Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin des
618
coupables». (69) Ne t'afflige pas pour eux, et ne te laisse pas troubler par
leurs perfidies. (70).
Les incrédules renient la résurrection et se demandent: Comment
en fera-ton vraiment sortir une fois que nous soyons réduits en
poussière?., «C'est une chose qu'on a déjà annoncée à nos et à nos
ancêtres». Nous entendons toujours parler de cela sans que nous
constations cette réalité. «Vieux contes que tout cela». Ce ne sont que
des sornettes d'antan.
Dieu ordonne à Son Prophète de répondre à ces idolâtres: «-
Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin des coupables» ceux
qui ont traité les Prophètes de menteurs et renié la résurrection et le
rassemblement, comment ils ont été punis et châtiés par Dieu, et
comment le Seigneur a sauvé les Prophètes et les croyants. Il lui
recommande: «Ne f afflige pas pour eux» et que ton âme ne se répande
pas en regrets sur eux «et ne te laisse pas troubler par leurs perfidies» et
leurs machinations, car c'est Dieu qui te secourt et te donne la victoire
sur eux.
wa yaûlûna mata hâdâ-1-wa'du 'in kuntum sâdiîna (71) qui 'asa 'ay-
yakûna radifa lakum ba'du-1-ladî tasta'jiluyna (72) wa 'inna rabbaka lad
û fadlin 'alâ-n-nâsi wa lâkinna 'aktarahum là yaskurûna (73) wa 'inna
rabbaka laya'lamu ma tukinnu sudûruhum wamâ yu'linûna (74) wamâ
min ga 'ibatin fî-s-sama 'i wa-I-'ardi 'illâ fî kitâbim-mubînin (75).
Ils demandent: «Quand se réalisera votre promesse, dites-le si tous le
savez vraiment?». (71) Réponds: «Il se peut qu'elle soit proche cette chose
que vous êtes impatients de voir réalisée». (72) Ton Seigneur est plein de
bonté pour les hommes. Mais la plupart manquent de reconnaissance. (73)
Ton Seigneur sait ce que leurs cours cachent et dévoilent. (74). Il n'y a rien
619
d'obscur dans le ciel ou sur la terre qui ne soit expliqué dans le Livre de
l'évidence. (75).
Les incrédules demandent: «A quand cette promesse, en quel jour
se dressera l'Heure?» Tout comme ils n'en croyaient point. Dieu
ordonne à Son Prophète de leur répondre: «n se peut qu'elle soit proche
cette chose que vous êtes impatients de voir réalisée». Il se peut que ce
dont vous voulez hâter la venue ne soit plus loin de vous tomber
dessus. D'ailleurs iis ont demandé: «.. et t'interrogeront: «Mais quand
cela aura lieu?». Réponds: «Peut-être est-ce proche» [Coran XVII, 51].
«Ton Seigneur est plein de bonté pour les hommes»; en leur
accordant ce dont ils en ont besoin pour leur subsistance, et
cependant ils méconnaissent tous les bienfaits de Dieu, à l'exception
d'une partie parmi eux. «Ton Seigneur sait ce que leurs cœurs cachent et
dévoilent» tant les choses cachées que celles divulguées ne sont plus
méconnues de Dieu.
'inna hâdâ-1-Qur'ana yaqussu 'alâ banT 'isra'îla 'aktara-1-ladî hum fîhi
yahtalifûna (76) wa 'innahû lahudan wa rahmatu-1-li-l-muminîna (77) '-
inna rabbaka yaqdî baynahum bihukmihî wa huwa-l-'Azîzu-l-'Alîmu (78)
fatawakkal 'alâ-L-Lâhi 'innaka 'alâ-1-haqqi-l-mubîni (79) 'innaka là
tusmi'u-1-mawtâ walâ tusmi'u-s-summa-d-du'a 'a 'idâ wallaw mudbirïna
(80) wamâ" 'anta bihâdî-l-'umyi 'an dalâlatihim 'in tusmi'u 'illâ may-
yu'minu bi'ayâtinâ fahum muslimûna (81).
Ce Coran instruit les fils d'Israël sur la plupart des sujet qui les
divisent. (76) Il est une direction et une bénédiction pour ceux qui croient.
(77) Ton Seigneur départagera les hommes. Il est tout-Puissant et docte.
620
(78) Fie-toi à Allah. Tu t'appuies sur une vérité évidente. (79) Tu ne
pourras rien faire entendre aux morts. Tu ne pourras rien faire entendre à
des sourds qui te tournent le dos. (80) Tu ne saurais guider des aveugles et
les arracher à leur égarement. Tu ne pourras te faire entendre que par des
gens croyant à nos signes et soumis (81).
Le Coran est certes une bonne direction, une évidence et un
discernement du vrai de faux. Il raconte aux fils d'Israël, les porteurs
de la Torah (le Pentateuque) et l'Evangile, la plus grande partie des
choses sur lesquelles ils se sont divisés, comme par exemple en ce
qui concerne Jésus. Les juifs ont forgé des mensonges à son égard,
les chrétiens l'ont déifié, mais le Coran vient mettre fin à toutes ces
suppositions et déclare que Jésus n'est qu'un Prophète et un serviteur
de Dieu -que Dieu lui accorde sa grâce et sa paix-. D'ailleurs Dieu a
dit: «Voilà ce qu'était Jésus, fils de Marie. Oui en vérité, voilà ce qu'était
celui sur lequel on discute» [Coran XIX, 34].
Ce Coran constitue encore une guidée et une miséricorde de
Dieu, une direction pour leurs cœurs et une miséricorde pour eux. Au
jour de la résurrection, Dieu tranchera leurs différends qui les divisent
dans le bas monde par Sa sagesse et son équité.
«Fie-toi à Allah» dans toutes tes affaires et divulgue le message
dont tu es chargé, car tu es, ô Mouhammad, sur la voie droite. Et
sache que celui qui te contredit et ne croit pas en toi, sera parmi les
misérables et malhereux qui seront voués à l'enfer. Voici comment se
réalisera la Parole de ton Seigneur sur les incrédules, même s'ils
voient tout signe apporté par les envoyés de Dieu.
«Tu ne pourras rien faire entendre aux morts» ainsi à ceux dont le
cœur est voilé et les oreilles frappées de surdité, quand ils se sauvent
en te tournant le dos. Tu ne pourras non plus, ô Mouhammad,
ramener les aveugles de leur égarement. Tu ne pourras entendre que
ceux qui se sont soumis à Dieu et ont cru aux signes du Seigneur.
621
wa'idâ waqa'a-1-qawlu 'alayhim 'ahrajnâ lahum dà*bbatam-mina-l-'ardi
tukallimuhum 'anna-n-nâsa kânû bi'ayâtinâ là yûqinûna (82).
Lorsque notre parole sera près de se réaliser parmi les hommes, nous
ferons sortir de terre an monstre qui dira: «Les hommes n'ont pas cru à
nos miracles» (82).
Vers la fin des temps, Dieu fera sortir de la terre une bête, qui
sera l'un des signes précurseurs de l'Heure, de La Mecque ou d'une
autre région, qui parlera aux hommes et leur dira, comme a avancé
'Ata Al-Khourassani: «'es hommes n'ont pas cru à nos signes». Nous
allons nous limiter à quelques hadiths concernant la sortie de cette
bête.
1 - Houdzaifa Ben Oussaid Al-Ghifari rapporte: «Le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit vers nous de son appartement
alors que nous évoquions l'Heure. Il nous dit: «L'Heure ne se dressera
avant l'apparition des dix signes qui sont: Le lever du soleil de son
couchant, la fumée, la bête, la sortie de Gog et Magog (Yajouj et Majouj),
la descente de Jésus -que Dieu le salue-, l'Antéchrist, trois éclipses: le
premier à l'occident, le deuxième à l'orient et le troisième à la presqu'île
arabique, et un feu qui sugira du fond de 'Adan qui fera rassembler les
hommes de sorte qu'il passera la nuit là où ils la passeront et fera la sieste
là où ils loferont» (Rapporté par Ahmed, Mouslim et les auteurs des
sunans) (l> .
2 - Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Hâtez d'accomplir les œuvres pies avant la
production de ces six signes: Le Lever du soleil de son couchant, la fumée;
l'Antéchist, la bête, l'occupation de l'un d'entre vous de ses propres affaires
^y ^j—^JI jjU» :ol>ï jîj. (jjj ^ ULJl fjii Vi :JUi ÂtLJt jÀ f Lk; j^j
jU lyyjl »»*v i_i— j*j (jjinUj i^—j-j <Vj^' lJu-j- Li_*j*»i ïftUj tJUç-oJlj
.«Ijilï li-s- jHt«* Jjjj Ijflj iL-f- j,^«* C-Éfî (J-U1 j-^ jl Jj~j" ÙA*- yj ^ £jM
622
e
•t la négligence des affaires de la communauté» (Rapporté par
MousUm) (1) .
3 - Abou Houraira -que Dieu l'agrée- rapporte que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La bête de la terre sortira
ayant le bâton de Moïse et la bague de Salomon. Elle frappera (du bâton)
l'incrédule sur le nez et purifiera le visage du croyant avec la bague. Les
hommes se mettront ensemble à table d'où on pourra discerner l'incrédule
du croyant» (Rapporté par Abou Daoud At-Taiatissi) <2) .
4 - Wahb Ben Mounabbah rapporte les mêmes propos de 'Ouzair
-que Dieu le saue- qui a dit: «Du dessous des ruines de la cité Sodom,
une bête sortira et parlera à quiconque pourra l'entendre, les femmes
enceintes accoucheront avant leur terme, l'eau douce sera saumâtre,
les amis deviendront des ennemis, la science sera ôtée, la sagesse
sera consommée, chaque morceau de terrain s'entretiendra avec celui
qui l'avoisine, les hommes trimeront mais sans qu'ils puissent atteindre
ce qu'ils chercheront, souhaiteront ce dont ils ne pourront l'avoir et
travailleront sans se nourrir» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).
wa yawma nahsuru min kulli 'ummatin fawjam-mimman yukaddibu
bi'â*yâtinâ fahum yûza'ûna (83) hatta 'idâ jïû qâla 'akaddabtum bi-
.(OUI y.ij l^JL-î i«£.l».j liljjlj iJU-jJlj [ûUjîlj ll^ji» ,y
.( y .jy.!l Jjli ^î .Ijj) .IjilSCll j. ^p .-jyu Jlji-I ^ ^Ul ç^i Z^-
623
à'yâtî walam tuhîtû bihâ 'ilman 'am-mâdâ kuntum ta'malûna (84) wa
waqa'a-1-qawlu 'alayhim bimâ zalamû fahum là yantiqûna (85) 'alam
yaraw 'annâ ja'alnâ-1-layla liyaskunû fîhi wa-n-nahâra mubsiran 'inna fi
dâlika la'ayâti-1-Iiqawmi-y-yu'minûna (86).
Un jour nous mettrons à part, pour chaque peuple, ceux qui ont traité
son signes des mensonge. Ils formeront des groupes distincts. (83)
Lorsqu'ils se présenteront à Allah, Il leur dira: «Pourquoi avez-vous traité
mes signes de mensonge sans en avoir saisi la portée? Expliquez une telle
attitude». (84) La menace d'Allah se réalisera pour les punir de leur
iniquité. Ils ne trouveront rien à dire. (85) Ne voient-ils pas que nous avons
créé la nuit pour le repos et le jour pour l'activité? N'y a-t-il pas là un
signe pour les croyants? (86).
Au jour de la résurrection, Dieu fera réunir les injustes, ceux qui
ont traité Ses signes de mensonge, pour leur demander au sujet de
leurs œuvres dans le bas monde, en les réprimandant et les humiliant.
Chaque groupe de ceux-là sera rassemblé à part comme Dieu a dit:
«Rassemblez les coupables et leurs épouses..» [Coran XXXVII, 22]. «Ils
formeront des groupes distincts» et en rangs.
Abdul-Rahman Ben Zaid a dit: «Lorsque les hommes se
présenteront à Allah et comparaîtront devant Lui, Il leur dira: «Pourquoi
avez-vous traité mes signes de mensonge sans en avoir saisi la portée?
Expliquez une telle attitude». Ils seront interrogés sur leur dogme, leurs
œuvres et tout ce que leurs mains avaient perpétré dans le bas
monde. Comme ils seront des damnés de l'Enfer, comme Dieu a dit de
l'impie: «Jusqu'alors, il n'avait fait ni l'aumône, ni prié, bien plus il traitait
le Livre de mensonge et le repoussait» [Coran LXXV, 31-32], ils ne
trouveront ni argument ni excuses pour présenter, ils seront muets de
terreur, et leurs excuses ne seront pas admises».
Ce jour-là «la menace d'Allah se réalisera pour les punir», car dans
la vie d'ici-bas, ils étaient injustes envers eux-mêmes et s'étaient fait
du tort à eux-mêmes, et les voilà comparus devant le Seigneur qui leur
montrera toutes leurs œuvres et rien ne sera caché.
«N« voient-ils pas que nous avons créé la nuit pour leur repos» et
s'abstenir de toute activité afin que leurs muscles se relaxent et
reprendre leur énergie pour le jour suivant «et le jour pour l'activité» ou
624
suivant une autre traduction; «pour voir clair» et pour reprendre leurs
œuvres quotidiennes concernant leur moyen de gain et profit. «N'y a-t-
il pas là un signe pour les croyants?».
wa yawma yunfahu fi-s-sûri fafazi'a man fî-s-samâwâti wa man fî-l-'ardi
'illâ man sa 'a-L-Lâhu wa kullun atawhu dâhirîna (87) wa tarâ-1-jibâla
tahsabuhâ jamidatan wa hiya tamurru marra-s-sahabi sun'a-L-Lâhi-1-lad
T 'atqana kulla Say'in 'innahû Habîrum bimâ taf alûna (88) man ja"a bi-
1-hasanati falahû hayrum minhâ wa hum min faza'iy-yawma'idin
*a minûna (89) wa man ja"a bi-s-sayyi'ati fakubbat wujûhuhum fi-n-nâri
hal tujzawna 'illâ ma kuntum ta'malûna (90).
Au jour où la trompette retentira, tout ce qui peuple les deux et la
terre tremblera d'effroi. Allah exceptera qui II voudra. Le genre humain
s'humiliera devant Allah. (87) On verra les montagnes qu'on croyait
solides, se mouvoir comme des nuages. Ce sera l'œuvre d'Allah qui ordonne
si harmonieusement toutes choses. Il connaît toutes vos actions. (88) Celui
qui aura fait le bien sera récompense au-delà de ses efforts. L'effroi général
lui sera épargné. (89) Celui qui aura péché sera précipité au feu la face la
première. Peut-on être récompensé autrement que selon ses œuvres? (90).
Au jour de ia résurrection, Dieu ordonnera à l'ange Israfel de
souffler dans la trompette. L'ange soufflera longuement et toutes les
créautres seront effrayées, à savoir qu'en ce jour-là, seuls les pires
des hommes seraient en vie. «Allah exceptera qui voudra». Il s'agit,
comme ont avancé les exégètes, des martyrs qui seront pourvus de
biens auprès de leur Seigneur.
Mouslim rapporte d'après Abdullah Ben 'Amr, que le Messager de
625
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il ne restera sur la terre que
les pires des hommes qui, à la vitesse d'un vol d'oiseau et par la cruauté
des bêtes fauves, ne feront aucun acte de bien, ne réprouveront aucun acte
repréhensible , et le diable se présentera devant eux en leur demandant: «-
Pourquoi ne répondez-vous pas à mon appel?». Ils lui diront: «Qu'est- ce
que tu nous ordonnes de faire?». Il leur ordonnera d'adorer les idoles, et
eux, dans leur cas présent, jouiront de tous les biens et mèneront une vie
heureuse. Puis on soufflera dans la trompette, et personne n'entendra le son
sans qu'il ne tourne la tête à gauche et à droite. Le premier homme qui
l'entendra sera un homme qui sera en train d'enduire de boue le bassin de
ses chameaux, il sera foudroyé ainsi que tous les autres hommes. Ensuite .
Dieu enverra- ou suivant une variante: fera descendre- de la pluie qui
ressemblera à une rosée ou à une ombtre-le rapporteur en a douté- d'où les
corps des hommes seront ressuscites. Puis on soufflera une autre fois dans
la trompette, et voici tous les hommes se dresseront et regarderont, et on
leur dira: «Hommes! Répondez à l'appel de votre Seigneur! Arrêtez-les! Ils
vont être interrogés». Ensuite on dira: «Faites sortir (parmi ces hommes)
ceux qui sont destinés à l'Enfer». -Quelle sera la proportion, demandera-t-
on». Sur chaque mille, répliquera-t- on, neuf-cent-quatre-vingt-dix neuf».
Ce jour-là, les enfants deviendront comme des vieillards, et les jambes
seront à nu (la vérité sera bien claire)». (Une partie d'un long hadith
rapporté par Mouslim) (1) .
Au premier soufflement dans la trompette, toutes les créatures
tXjAi Li :ojiji^ ÎO^k^i-J VI :àyj JUa-iJl ^ Ji-v iljii* ùjjSôi V; 1»^^*.
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seront foudroyées et mortes, et au deuxième, elles seront ressuscitées
pour comparaître devant le Seigneur des mondes qui réglera leur
compte. Dieu a dit: «Le jour où Allah vous rappellera à Lui, vous vous
présenterez en célébrant ses louanges» [Coran XVII, 52].
Dieu a dit ailleurs: «Quand il vous ordonnera de sortir de la terre,
vous en sortirez» [Coran XXX, 25]. On a avancé: «Au troisième
soufflement dans la trompeté. Dieu ordonnera de mettre toutes les
âmes dans le trou de la trompette, Il dira ensuite à Israfel de souffler
encore une fois, et voilà les âmes dispersées en toutes parts après
que les corps aient été reconstitués dans les lieux où se trouvent.
Chaque âme alors regagnera son corps, celles des croyants seront
comme une lumière éclatante, tandis que celles des impies seront
comme des ténèbres. Les hommes se lèveront époussétant leurs têtes
et leurs corps «Ce jour-là, ils sortiront de leurs tombeaux comme
lorsqu'ils courent à leurs cérémonies idolâtres» [Coran LXX, 43].
«On verra les montagnes, qu'on croyait solides, se mouvoir comme des
nuages», on croira ces montagnes immobiles, mais les voilà qu'elles
passent à la vitesse des nuages pour être pulvérisées. Dieu a dit à ce
propos: «Que deviendront les montagnes? t'interrogent-ils. Dis: «Allah les
réduira en poussière. Il ne laissera à leur place qu'une plaine dénudée. On
n'y distinguera plus ni sinuosités, ni vaOonoements» [Coran XX, 105-107].
«Ce sera l'œuvre d'Allah qui ordonne si harmonisenement» et qui a
façonné toute chose à la perfection en y mettant de Sa sagesse. «H
connaît tontes vos actions» et rétribuera chacun selon ses œuvres dans
le bas monde. «Celui qui aura fait le bien» qui signifie d'après Zein Al-
AI-'Abidine, le témoignage qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu. «-
L'effroi général lui sera épargné» c'est à dire: L'épouvante du jour
dernier ne les accablera pas. Tandis que les impies qui auront péché,
seront précipités à l'Enfer pour prix de leur incrédulité. «Peut-on être
récompensé autrement que selon ses ouvres?». Car en ce jour-là, nul ne
sera lésé ou opprimé.
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AjU Jliî Jîj CT (JÈJJJJI j; U LJ Jii J> jy 4^ tfyé£
'innama' 'umirtu 'an 'a'buda rabba hâdîhi-1-baldati-l-ladî harramahâ wa
lahû kullu Say'in wa 'umirtu 'an 'akûna mina-1-muslimîna (91) wa 'an
'atlû-l-Qur*ana famani-htadâ fa'innamâ yahtadî linafasihî wa man dalla
faqul 'innamâ* 'ana-mina-1-mundîrîna (92) wa quli-1-hamdu li-L-Lâhi
sayurîkum 'âTyâtihî fata'rifûnahà wamà rabbuka bi gâfilin 'ammâ
ta'malûna (93).
J'ai l'ordre d'adorer le Seigneur de ce pays, que lui-même a déclaré
sacré. Tout lui appartient. J'ai l'ordre de me soumettre. (91). J'ai l'ordre
de réciter le Coran. Celui qui s'en écarte, dis-lui; que tu n'es chargé que
d'avertir. (92) Dis: Louange à Allah. D vous démontrera sa puissance. Vous
en serez convaincus. Ton Seigneur suit attentivement les actions des
hommes. (93).
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut ordonné, comme
tous les hommes, à n'adorer que Dieu seul, et de faire connaître aux
gens que La Mecque est un pays sacré. A ce propos, il est cité dans
les deux Sahih d'après Ibn Abbas, lors de la conquête de La Mecque,
que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ce
territoire, Dieu l'a rendu sacré le jour où 11 a créé les deux et la terre. Il
est donc sacré à l'égard de Dieu jusqu'au jour de la résurrection. On ne
doit pas y couper les épines, ni poursuivre un gibier, ni ramasser une chose
trouvée à moins de la remettre à son propriétaire, on ne doit non plus
cueillir ses dattes» (Rapporté par Boukhari et Moustim) (1> .
«Tout lui appartient», Il est le Seigneur de ce pays et de toutes
choses, Il est le seul possesseur. «J'ai l'ordre de me soumettre» et
d'être un vrai obéissant sincère. «J'ai l'ordre de réciter le Coran» et de
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le communiquer aux hommes afin de le retenir et de se conformer à
ses prescriptions.
«Celui qui s'engage dans la bonne voie trouvera le salut. Celui qui s'en
écarte, dis-lui, que tu n'es chargé que d'avetir». D'ailleurs il devait,
comme les autres Prophètes, communiquer le Message et d'avertir les
hommes, et c'est à Dieu de les juger.
«Louange à Allah. Il vous démontrera sa puissance; vous en serez
convaincus». En d'autres termes, Dieu vous fera voir Ses signes et
sachez qu'il ne châtiera personne avant qu'il ne le rende coupable à
cause de son Incrédulité, et après avoir reçu les avertissements de
Ses Prophètes. «Ton Seigneur, suit attentivement les actions des
hommes». Omar Ben Abdul 'Aziz a dit à cet égard: «Si Dieu voulait
négliger une chose, Il n'aurait négligé même pas les traces des pas du
fils d'Adam. Et l'imam Ahmed récitait souvent ces vers:
Si un jour tu te trouves seul, ne dis pas
Aujourd'hui je suis seul et nul ne me surveille.
Ne crois jamais que Dieu est inattentif fut-ce pour un instant.
Et sache qu'il connait tout et rien ne Lui est caché.
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