Coran › Sourate 29 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 29 trad. humaine
29 -SOURATE DE L'ARAIGNÉE
Révélée à la Mecque, à l'exception des dix premiers versets révélés à
Médine
Révélée à la suite de la sourate des Romains
3LJWU
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm.
'alif-Lâ*m-mTm (1) 'ahasiba-n-nâsu 'ay-yutrakiï 'ay-yaqûlu 'â"mannâ
wahum là yuftanûna (2) walaqad fatannâ-1-ladîna min qablihim
falaya'lamanna-L-Lâhu-1-ladîna sadaqû wa laya'lamanna-1-kâdibîna (3)
'am hasiba-1-ladîna ya'malûna-s-sayyi'âti 'an yasbiqûnâ sâ A 'a ma
yahkumûna (4).
Au nom d'Allah le Misérordieux le Très Miséricordieux.
Alif-Lam-Mim (1) Les hommes croient-ils qu'en se disant croyants,
Allah leur évitera toute épreuve? (2) Nous avons éprouvé ceux qui les ont
précédés. Allah distingue ainsi les sincères des menteurs (3). Les méchants
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croient-Us échapper à notre châtiment: Ds se trompent (4).
D'après Ibn Abi Hatem, ces versets furent révélés au sujet des
gens qui vivaient à la Mecque et s'étaient convertis. Certains
compagnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à
Médine leur firent savoir par écrit que leur conversion ne serait
acceptée sans accomplir l'émigration à Médine. Voulant sortir à
Médine, les idolâtres les repoussèrent et les empêchèrent d'accomplir
leur émigration. Mais Ibn Sa'd raporte qu'il fut révélé au sujet de '-
Ammar Ben Yasser qui subissait les tortures des polythéistes.
Le verset signifie que Dieu éprouve l'homme aussi bien par le mal
que par le bien pour connaître la fermeté de sa foi. A ce propos, il est
cité dans un hadith que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Les Prophètes sont les plus éprouvés, puis les hommes
vertueux puis ceux qui leur ressemblent et ainsi de suite. Tout homme
sera éprouvé selon le degré de sa foi, autant qu'elle est ferme, autant
l'épreuve sera dure». Ce verset est pareil à celui-là: «Espérerez-vous
entrer au paradis sans passer par les épreuves qu'ont subies vos
prédécesseurs. La privation et les maladies ne les épargnèrent pas. Et Us
furent ébranlés au point que le Prophète et ses compagnons s'écrièrent: «-
Quand donc viendra le secours d'Allah? Courage, le secours d'Allah est
proche» [Coran II, 214].
«Allah distingue ainsi les sincères des menteurs» et connaît
parfaitement ceux qui disent la vérité et II connait les menteurs. «Les
méchants croient-Os échapper à notre châtiment? II se trompent». Ou selon
une autre traduction du verset: «Est-ce que ceux qui ont commis de
mauvaises actions comptent pouvoir nous devancer? Ou bien croient-
ils qu'ils ne subiront plus une certaine épreuve? Ils ont le jugement
faux».
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man kâna yarjû liqa"a-L-lâhi fa'inna 'ajala-L-Lâhi la'âtin wa tiuwa-S-
Samî'u-l-'Alîmu (5) wa man jâhada fa'innamâ yujâhidu linafsihT 'inna-L-
Lâha laganiyyun 'ani-l-'âlamîna (6) wa-1-ladîna *k"manû wa 'amilû-s-
sâlihâti lanukaffiranna 'anhum sayyi'âtihim wa lanjziyannahum 'ahsana-
1-ladî kânû ya'malûna (7).
Pour qui espère rencontrer Allah, cette rencontre sera certaine. Allah
entend et sait tout (5). Celui qui peine, peine pour son propre bien. Allah
peut se passer du monde (6). Nous absoudrons ceux qui croient et font le
bien et nous leur accorderons une récompense supérieure à leurs œuvres (7).
Celui qui aura vécu dans l'espoir de rencontrer Dieu dans la vie
future en faisant les bonnes œuvres, verra son espoir se réaliser et il
obtiendra sa récompense sans être lésé et même il la recevra au
centuple.
«Celui qui peine, peine pour son propre bien» en faisant les bonnes
actions et accomplissant ses devoirs complets en vue de Dieu, celui-ci
ne le fera que pour son intérêt et son profit, car Dieu peut se passer
de l'univers et n'a besoin de personne. Ce genre du militantisme,
comme a avancé Ai-Hassan Al-Basri, pourra être encore plus et mieux
rémunéré que les pratiques religieuses obligatoires. Donc ceux qui font
de telles actions trouveront leurs récompenses auprès de leur
Seigneur portées au décuple, ou même au centuple allant jusqu'à sept
cent fois, ou bien Dieu leur pardonnera toutes leurs mauvaises actions
et les rétribuera par contre. Il a dit ailleurs: «Allah ne lésera personne,
pas même du poids d'un atome. Il rémunéra au centuple les bonnes actions
et leur assurera une récompense magnifique» [Coran IV, 40].
wa wassaynâ-l-'insâna bi wâlidayhi husnan wa 'in jâhadâka litusrika bî
ma laysa laka bihî 'ilmun falâ tuti'humâ* 'ilayya marji'ukum
fa'unabbi'ukum bimâ kuntum ta'malûna (8) wa-1-ladîna 'â"manû wa
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'amilû-s-sâlihâti linudhilannahum fî-s-salihîna (9).
Nous vous recommandons de bien traiter vos parents. Toutefois s'ils
vous poussent à m'associer des divinités inconnues, ne les écoutez pas. C'est
à moi que vous reviendrez. Je vous expliquerai le véritable sens de vos actes
(8). Ceux qu croient et pratiquent le bien seront admis au nombre des
justes (9).
Dieu exhorte, voir ordonne, les gens à être bienveillants envers les
pères et mères et de les traiter avec bonté, car les pères et mères
sont les causes de leur existence. Et pour montrer l'importance de
cette recommandation, Il l'a citée juste après son adoration quand II a
dit: «Ton Seigneur ordonne de n'adorer que Lui, de bien se conduire avec
ses père et mère» [Coran XVII, 23]. Avec cette recommandation envers
eux, il y a par contre cet avertissement: «Toutefois s'ils vous poussent à
m'associer des divinités inconnues ne les écoutez pas». Cela veut dire que
s'ils sont des idolâtres, ne leur obéissez pas, vous reviendrez tous à
Moi et Je vous rétribuerai selon vos actions et Je vous rassemblerai
avec les hommes justes et bons.
A cet égard, Mouss'ab Ben Sa'd rapporte d'après son père qu'il a
dit: «Quatre versets furent révélés à mon sujet», puis il raconta son
histoire: «La mère de Sa'd dit: «Dieu n'a-t-il pas ordonné d'être bon
avec tes parents? Par Dieu, je ne goûterai ni nourriture ni boisson
jusqu'à ce que tu apostasies ou que je meure». Il poursuivit: «Quand
les hommes voulaient lui donner à manger, ils lui faisaient ouvrir la
bouche par force pour y introduire une bouchée de nourriture. A cette
occasion Dieu fit descendre ce verset: «Nous vous recommandons de
bien traiter vos parents. Toutefois s'il vous poussent à l'associer des
divinités inconnues, ne les écoutez pas».
ojiiuS
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wa mina-n-nâsi may-yaqûlu Ifmannâ bi-L-Lâhi fa'idâ* 'ûdiya fî-L-Lâhi
ja'ala fitnata-n-nâsi ka 'adâbi-L-Lâhi wa la'in jï'a nasrum mi-r-rabbika
layaqûlunna 'innâ kunnâ ma'akum 'awa laysa-L-Lâhu bi 'a'iama bimâ fî
sudûri-l-'âlamîna (10) wa laya'lamanna-L-Lâhu-1-ladîna 'â A manû wa
laya'lamanna-1-munâflqîna (11).
Des gens disent: «Nous croyons en Allah». Souffrent-ils pour la cause
d'Allah? Les voilà qui redoutent les représailles des hommes à l'égal du
châtiment d'Allah. Qu'Allah fasse réussir leurs frères? ils disent: «Nous
n'avons cessé d'être avec vous». Comme si Allah ne savait pas ce que
recèlent leurs cœurs (10). Allah veut connaître les croyants, comme II veut
connaître les hypocrites (11).
Dieu met à nu les qualités des menteurs et hypocrites, ceux qui
prétendent être croyants par leur langue, tandis que leurs cœurs
couvent l'inverse surtout quand une épreuve quelconque les frappe. Ils
croient que cela est dû à la colère de Dieu contre eux, et alors ils
apostasient. C'est pourquoi Dieu les dénonce en disant: «Des gens
disent: «Nous croyons en Allah». Souffrent-ils pour la cause d'Allah? les
voilà qui redoutent les représailles des hommes à l'égal du châtiment
d'Allah». Dieu a montré leur cas en disant d'eux ailleurs: «Il est des
hommes à la foi indécise. La vie leur sourit-elle? Us s'affermissent dans
leurs convictions. Au contraire, leur est-elle hostile? Ils font volteface...
jusqu'à: C'est le comble de l'aberration» [Coran XXII, 11, 12].
Si, ô Mouhammad, quelque victoire vient de ton Seigneur, ces
gens-là disent: «Nous n'avons cessé d'être avec vous», c'est-à-dire vos
coreligionnaires, comme Dieu le montre dans ce verset: «Ces gens-là
vous épient. Remportez-vous un succès? ils disent: «Ne sommes-nous pas
des vôtres?» [Coran IV, 141], rien que pour bénéficier et de la victoire et
du butin «Comme si Allah ne savait pas ce que recèlent leurs cœurs». Dieu
pénètre le tréfonds de leurs cœurs et connaît bien ce qu'ils recèlent
même s'ils se comportent autrement pour camoufler leur attidude. «-
Allah veut connaître les croyants, comme II veut connaître les hypocrites»,
en les éprouvant par le bien et le mal, pour savoir qui Lui obéit, tout
comme II a dit dans un autre verset: «Nous vous éprouverons jusqu'à ce
que nous discernions ceux d'entre vous qui luttent et souffrent pour leur
religion. Nous apprécierons votre conduite» [Coran XL VII, 31].
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wa qâla-1-lad îna kafarû li-1-ladîna "ïmanû-t-tabi'u sabîlanâ walnahmil
hatâyâkum wamâ hum bihâmilîna min hatâyâhum min say'in 'innahum
lakâdibûna (12) walayahmilunna 'atqâlahum wa 'atqâlam-ma'a 'at-
qâlihim wa layus'alunna yawma-1-qiyâmati 'anima kânû yaftarûna (13).
Les incrédules disent aux croyants: «Faites comme nous, et nous
répondrons de vos péchés. Non, en vérité, ils ne peuvent répondre d'aucun
péché. Ce sont des menteurs (12). Ils porteront leurs fardeaux et plus
encore. Ils auront à répondre de leurs mensonges au jour du jugement
dernier (13).
Les idolâtres Qoraichites disaient à ceux qui avaient suivi la bonne
direction et la foi: Revenez sur votre religion et retournez à la nôtre,
nous supportons vos péchés, si vous en avez. Mais Dieu leur répondit:
«Non, en vérité, ils ne peuvent répondre d'aucun péché. Ce sont des
menteurs». Car nul ne répondra des péchés d'un autre, même s'il est
un proche parent. Ces impies supporteront sûrement leurs fardeaux et
d'autres fardeaux encore en appelant les autres à l'égarement et à
l'incrédulité.
Il est dit dans un hadith authentique: «Celui qui appelle les hommes
à une bonne direction, aura une récompense équivalente à celle de ceux qui
le suivent sans toutefois que la récompense de ceux-ci soit diminuée. Et
celui qui appelle à un égarement, se verra commettre une faute équivalente
à celle qui le suivent sans toutefois que la faute de ceux-ci soit diminuée»
(Rapporté par Mouslim) (1J .
«Ils auront à répondre de leurs mensonges au jour du jugement
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dernier», et ils seront interrogés sur tout ce qu'ils auront inventé.
Abou Oumama a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Méfiez-vous de l'injustice, car, au jour de la
résurrection, Dieu dira: «Par Ma puissance et Ma majesté, aucun injuste
ne sera aujourd'hui sous Ma protection». Puis un crieur criera: «Où est tel
le fils d'un tel?». Cet homme comparaîtra ayant à son actif de bonnes
actions autant que les montagnes. Les hommes le regarderont jusqu'à ce
qu'il se mettra devant le Miséricordieux - à Lui la puissance et la majesté.
Puis on demandera au crieur de dire: «Que celui qui a subi une injustice de
cet homme vienne la présenter». Une foule de gens se mettront devant le
Miséricordieux. Le Seigneur dira: «Faites acquitter de mon serviteur ce
qu'il devait (aux autres)». On demandera: «Comment devons-nous
acquitter?». Il leur dira: «Prenez de ses bannes actions (pour les donner
aux ayants-droit)». Et ceci sera fait de sorte qu'il n'en restera aucune, et
cependant il restera des gens qui n'on pas encore repu leurs droits. Dieu
dira: «Faites acquitter de mon serviteur ce qu'il devait». On Lui répondra:
«Seigneur, il n'en lui reste aucune bonne action». Et Dieu de répliquer: «-
Prenez des mauvaises actions de ces hommes-là et chargez-en cet injuste».
Puis le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- récita à l'appui:
«Us porteront leurs fardeaux et plus encore. Il auront à répondre de leurs
mensonges au jour du jugement dernier» (Rapporté par Ibn Abi Hatem) (I) .
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walaqad 'arsalnâ Nûhan 'ilâ qawmihî falabita fihim 'alfa sanatin 'illâ
hamsîna 'aman fa'ahadahumu-t-tûfânu wa hum zâlimûna (14) fa *-
anjaynâhu wa'ashâba-s-safînati wa ja'alnâha *ayata-l-lil-'âlamîna (15).
Nous envoyâmes Noé à son peuple. Il y resta neuf cent cinquante ans.
Le déluge emporta ce peuple pervers (14). Nous le sauvâmes ainsi que ses
compagnons sur l'arche. Nous érigeâmes en enseignement cet épisode (15).
Noé avait demeuré une très longue période parmi son peuple
l'appelant à Dieu jour et nuit, en secret et en public. Et malgré tout, le
peuple persista dans son incrédulité à l'exception d'une minorité qui a
cru. Pour les punir, Dieu les fit noyer par le déluge. Dieu ne raconte
l'histoire de Noé avec son peuple que pour réconforter Son Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- qui éprouva un grand chagrin en voyant
son peuple persévérer dans leur égarement. Tout revient à Dieu,
sûrement, ô Mouhammad, Il te secourra et te donnera la victoire sur
les idolâtres.
Ibn Abbas a avancé que Noé, à l'âge de quarante fut envoyé à
son peuple et demeura neuf cent cinquante ans à le prêcher, et après
le déluge, il survécut soixante ans.
«Nous érigeâmes en enseignement cet épisode». Qatada a commenté
ce verset en disant: «Ou bien les débris du vaisseau exista sur le mont
Joudy jusqu'à l'avènement de l'Islam, ou bien Dieu en fit un exemple
afin que les hommes se rappellent toujours les bienfaits divins et
soient reconnaissants envers Lui, surtout en sauvant les fidèles du
déluge, comme II a dit: «Voici pour eux un signe: nous avons chargé leur
descendance sur le vaisseau bondé» [Coran XXXVI, 41].
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wa 'Ibrâhîma 'id qâla liqawmihi-'budû-L-Lâha wa-t-taqûhu dâlikum
hayru-1-lakum 'in kuntm ta'lamûna (16) 'innamâ ta'budûna min dûni-L-
Lâhi 'awtânan wa tahluqûna 'ifkan 'inna-1-ladîna ta'budûna min dûni-L-
Lâhi là yamlikûna lakum rizqan fabtagû 'inda-L-Lâhi-r-rizqa wa'budûhu
waskurû lahtî 'ilayhi turja'ûna (17) wa'in tukaddibû faqad kaddaba
'umamum-min qablikum wamâ 'alâ-r-rasûli 'illâ-l-balâgu-l-mubînu (18).
Nous envoyâmes Abraham. Il dit à son peuple: «Adorez Allah et
craignez-Le. C'est le mieux que vous puissiez faire si vous le comprenez.
(16) Alors que vous adorez des idoles et forgez des mensonges. Ceux que
vous priez en dehors d'Allah ne sauraient vous pourvoir d'aucun bien. Le
bien, demandez-le plutôt à Allah. Adorez Allah. Louez-Le. C'est à Lui que
vous retournerez. (17) Vous me traitez de menteur. D'autres peuples avant
vous ont traité leurs Prophètes de menteurs. La mission des Prophètes se
borne à avertir» (18).
Abraham, à son tour, appela son peuple à n'adorer que Dieu seul
sans rien Lui associer, d'être sincères dans son culte, de ne demander
les bienfaits que de Lui, et d'être reconnaissants envers Lui pour tout
ce qu'il accorde comme biens. Il leur dit: «Adorez Allah et craignez-Le»,
vouez-Lui un culte pur et soyez sincères dans vos pratiques. «C'est le
mieux que vous puissiez faire, si vous le comprenez». Si vous agissez
ainsi, vous obtiendrez le bien dans les deux mondes.
Il les mit en garde contre le châtiment de Dieu à cause des idoles
qu'ils fabriquaient et adoraient, et qui ne sont que des êtres créés
comme eux qui ne peuvent ni nuire ni être utiles.
«Le bien, demandez-le plutôt à Allah» qui est le seul pourvoyeur et
dispensateur. Recherchez donc vos moyens de subsistance auprès de
Lui, adorez-Le et louez-Le, vous serez ramenés vers Lui. Au jour de la
résurrection, Il vous rétribuera selon vos actions. Et Abraham de
poursuivre ses exhortations: Si vous qualifiez cela de mensonge, «-
d'autres Prophètes avant vous ont traité leurs Prophètes de menteurs» et
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vous avez eu connaissance du châtiment qu'ils ont subi. «La mission
des Prophètes se borne à avertir». Il leur incombe seulement de
transmettre le message dont ils ont chargés. Dieu dirige qui il veut
comme il égare qui II veut. Tâchez donc d'être du nombre des
bienheureux.
'awalam yaraw kayfa yubdi'u-1-Lâhu-l-halqa tumma yu'îduhu 'inna
dâlika 'alâ-L-Lâhi yasîrun (19) qui sîrû fî-l-'ardi fa-nzurû kayfa bada'a-
1-halqa tumma- L-Lâhu yunsi'u-n-nas'ata-l-'a hirata 'inna-L-Lâha 'alâ
kiilli say'in qadîrun (20) yu'addibu may-yasà A 'u wa yarhamu may-
yasâ*'u wa 'ilayhi tuqlabûna (21) wama 'antum bimu'jizîna fî-l-'ardi
walâ fi-s-samà*'i wamâ lakum min dûni-L-Lâhi min waliyyin walâ
nasîrin (22) wa-1-ladîna kafarû bi "ayâti-L-Lâhi wa liqa'ihT 'ûla'ika
ya'isû mi-r-rahmatî wa 'ûla 'ika lahum 'adâbun 'alîmun (23).
Ne voient-ils pas comment Allah engendre la création et la
recommence? Rien de plus facile pour Lui (19). Dis: Parcourez la terre et
voyez comment Allah a créé le monde. Cette création, Il la fera suivre
d'une autre. Car II est tout-puissant (20). Il châtie qui II vent. Il pardonne
à qui II veut. C'est à Lui que vous ferez retour. (21) Vous ne sauriez lu
résister ni sur terre ni dans les cieux. Vous ne sauriez trouver d'antre
protecteur ou patron que Lui (22). Ceux qui nient les preuves d'Allah et la
vie éternelle ne sauraient compter sur sa miséricorde. Ils subiront u
châtiment douloureux (23).
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Abraham avertit son peuple qu'il sera ressuscité et retourné à
Dieu. Il suffit de penser à sa propre création et qu'il est tiré du néant,
puis les voilà des hommes qui vivent en ce monde munis de leur ouie,
de leur vue et de tous leurs sens. Celui qui les a créés la première
fois, sera-t-il incapable de les renaître une deuxième fois? Que les
hommes méditent sur la création des deux et ce qu'ils renferment
comme étoiles et astres lumineux, et la terre et ce qu'elle contient
comme montagnes, rivières, vallées, arbres, déserts etc.. Tout cela ne
constitue-t-il pas une preuve de l'existence d'un créateur. «Ne voient-ils
pas comment Allah engendre la création et la, recommence? Rien de plus
facile pour Lui».
Que les hommes parcourent la terre et qu'ils considèrent comment
Dieu a commencé la création, puis II la renouvellera ensuite. Rien de
plus facile pour Lui. Il a dit ailleurs: «Nous leur ferons apparaître nos
signes dans la nature et dans leurs propres êtres jusqu'à ce qu'ils soient
persuadés de l'existence d'Allah» [Coran XLI, 53].
Dieu châtie qui II veut, comme II pardonne à qui II veut, Il est le
seul à juger et décréter, qui dispose de tout ce qu'il a créé, toute la
création Lui appartient et nul ne s'oppose à son ordre. Il est dit dans
un hadith que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Si Dieu châtie les habitants de la terre et des cieux, Il le fera sans
être nullement injuste envers eux». C'est vers Lui que les hommes
seront retournés.
«Vous ne sauriez Lui résister ni sur terre ni dans les cieux», les
hommes sont donc incapables de s'opposer à la puissance de Dieu,
tout Le craint et tout Le redoute et a besoin de Lui tandis que Lui, peut
se passer de l'univers. «Vous ne sauriez trouver d'autre protecteur ou
patron que Lui». Ceux qui sont incrédules à l'égard des signes de Dieu
et nient Ses versets ainsi que Sa rencontre, ceux-là sont désespérés
de la miséricorde divine et n'en auront aucune part, «Ils subiront un
châtiment douloureux», dans les deux mondes.
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famâ kâna jawâba qamihT 'illâ" 'an qâlû-qtulûhu 'aw harriqûhu
fa'anjâhu-L-Lâhu mina-n-nâri 'inna fî dâlika la *a*yâti-l-liqawmi-y-
yu'minûna (24) wa qâla 'innamâ-t-tahad tum min dûni-L-Lâhi 'awt
ânam-mawaddata baynikum fî-l-h ayâti-d-dunyâ tumma yawma-1-
qiyâmati yakfuru ba'dukum biba'din wa yal'anu ba'duknm ba'dan wa
ma 'wâkumu-n-nâru wamâ lakum min nâsirîna (25).
Pour toute réponse, le peuple d'Abraham déclare: «Tuons-le on
brûlons-le». Allah le sauva des flammes. Ce récit comporte un enseignement
pour qui croit (24). Abraham dit: «Vous prenez des idoles en dehors d'Allah
pour vous créer des amitiés en ce bas monde. Au jour de la résurrection,
vous vous renierez et vous vous maudirez les uns les autres. L'enfer sera
votre demeure. Vous n'aurez aucun soutient (25).
Pour toute réponse à l'appel d'Abraham, et mus par leur
obstination et leur incrédulité, les impies ne trouvèrent que dire:
«Tuons-le ou brûlons-le», car il a pu les vaincre par ses arguments qu'ils
n'ont pas pu réfuter. Ils se tournèrent du côté de la violence ayant
manqué toute logique. Ils se dirent entre eux: «Dressons un bûcher et
jetons-le dans les flammes» [Coran XXXVII, 97]. Ils préparèrent un grand
tas de bois, y mirent le feu, ligotèrent Abraham et le placèrent sur le
plateau de la catapulte, puis ils le lancèrent vers le feu. Mais Dieu a
fait de ce feu une fraicheur et une paix pour Abraham. Il en sortit sain
et sauf après y avoir demeuré quelques jours. Dieu a fait ensuite de lui
un modèle de piété pour les fidèles. «Ce récit comporte un enseignement
pour qui croit».
Abraham ne cessa pas de prêcher son peuple en le réprimandant
en même temps: «Vous prenez des idoles en dehors d'Allah pour vous
créer des amitiés en ce monde». C'est-à-dire: Vous avez choisi des idoles
à votre intention pour les adorer en dehors de Dieu, ce choix qui n'est
basé sur aucune logique, mais par simple amitié, et sachez qu'au jour
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de la résurrection, cette amitié sera transformée en inimitié et haine,
en vous maudissant les uns les autres, et vous vous renierez les uns
les autres, car Dieu montre leur cas en disant: «Ce jour-là, les amis
deviendront ennemis, exception faite pour ceux qui craignent Allah» [Coran
XLIII, 67]. Leur sort sera, certes, l'Enfer, et ils ne seront ni secourus ni
protégés.
fa'âmana lahû Lutun wa qâla 'innî muhâjirun 'ilâ rabbT 'innahû huwa-I-
'Azîzu-1-Hakîmu (26) wa wahabnâ lah'ii 'Ishâqa wa ya'qûba wa ja'alnâ fî
durriyyatihi-n-nubuwwata wa-I-kitâba wa 'îftaynâhu 'ajrahû fî-d-dunyâ
wa 'innahu fî-l-'a'hirati lamina-s-sâlihina (27).
Loth se convertit à la religion d'Abraham. «Je quitte le monde dit ce
dernier, pour me consacrer à mon Seigneur. Il est toute sagesse» (26).
Nous lui donnâmes pour descendance Isaac et Jacob. Nous fîmes de sa
descendance la dépositaire de la prophétie et du Livre. Nous le
récompensâmes dans ce bas monde. Dans l'autre, il siégera parmi les
vertueux (27).
Loth, qui était le neveu d'Abraham, crut en lui et émigra avec lui
au pays de Châm. Du vivant d'Abraham, il fut envoyé aux habitants de
Sodom (Sadoum) et ses alentours, comme nous en avons déjà parlé
et comme nous allons le montrer aussi plus loin.
Abraham dit: «Je quitte le pays pour me consacrer à mon Seigneur»
et trouver d'autres gens qui, peut-être, se convertiront et croiront. Il
quitta le village «Kawtha» qui est une région du Koufa, avec Loth,
d'après les dires de Qatada, vers le pays du Châm. A ce propos,
Abdullah Ben 'Amr Ben AI-'As rapporte que le Message de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y aura une émigration à la suite
d'une autre de sorte que les gens se rangeront du côté du pays où Abraham
a fait son émigration. Sur terre il n'y aura que les pires des hommes. La
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terre alors les expulsera et l'âme du Miséricordieux les répugnera. Le Feu
les rassemblera avec les singes et les porcs, il passera la nuit là où ils la
passeront, et fera la sieste la où ils la feront, et il dévorera celui qui se
trouvera à l'arriére». Il a ajouté ensuite: «Et j'ai entendu le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire encore: «Des hommes de ma
communauté feront leur apparition du côté de l'orient. Ils réciteront le
Coran sans que leur récitation dépasse leur gosier, chaque fois qu'une des
générations fera son apparition elle prendra fin -et il compta ces
générations jusqu'à vingt- et à la fin l'Antéchrist sortira vers leur dernière»
(Rapporté par l'Imam Ahmed et Abou Daoud) fl> .
«Nous lui donnâmes pour descendancce Isaac et Jacob», car, après
avoir quitté son peuple, Dieu accorda à Abraham, pour le rendre
heureux, un fils qui sera un Prophète, qui à son tour, a eu un autre fils
du vivant d'Abraham, et qui fut aussi un Prophète, tout comme Dieu le
montre dans ce verset: «Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de
surcroit, Jacob. Nous en fîmes des hommes vertueux» [Coran XXI, 72).
Mais Ibn Abbas l'a commenté de cette façon: «Il s'agit des deux
fils d'Abraham, à savoir Isaac et Jacob, car le petit fils est considéré
en tant que fils».
«Nous fîmes de sa descendance la dépositaire de la prophétie et du
Livre». C'est une des grandes faveurs que Dieu a accordée à
Abraham car, le prenant comme ami et confident, Il a fait de lui un
modèle des croyants et a établi dans sa descendance la prophétie et
le Livre, car chaque Prophète qui fut envoyé après lui, était de sa
descendance. Tous les Prophètes des fils d'Israël étaient de la
ÙJ çj* UAT içlaï à} çv* çjfi. UiS" <.f+j\y yj** ^ iïjiÙ ùjtjA i Jj-iil J-i
62
descendance d'Abraham jusqu'à Jésus -que Dieu leu salue-. Ce
dernier fit l'annonce de la venue du Prophète Arabe Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue-, le maître des fils d'Adam dans les
deux mondes, qui fit partie de la descendance d'Ismaël.
«Nous le récompensâmes dans ce bas monde. Dans l'antre, il siégera
parmi les vertueux». Dieu lui accorda le bonheur de ce monde et celui
de l'autre. Dans ce monde, il a eu la bonne réputation de sorte que
celui qui l'a connu, l'a aimé et l'a pris pour ami, comme ont avancé Ibn
Abbas, Moujahed et d'autres, car Abraham avait accompli sa tâche à
la perfection en s'acquittant de tous ses devoirs envers son Seigneur.
wa Lutan 'id qâla liqawmihî* 'innakum lata'tûna-1-fâhisata ma
sabaqakum bihâ min 'ahadim-mina-l-'âlamîna (28) 'a'innakum lata'tûna-
r-rijâïa wa taqta'ûna-s-sabîla wa ta'tûna fî nâdîkumu-1-munkara fama
kâna jawâba qawmihT 'illâ 'an qâlû-'tinâ bi'ad âbi-L-Lâhi 'in kunta
mina-s-sâdiqîna (29) qâla rabbi-n-surnî 'alâ-1-qawmi-l-mufsidîna.
Loth reprochait à son peuple: «Vous pratiquez un vice qu'aucun peuple
du monde ne connaissait avant vous (28). Vous assouvissez vos désirs sur
les hommes. Vous coupez les routes, vous prônez le vice dans vos
assemblées». Son peuple lui répondait invariablement: «Fais-nous subir le
châtiment d'Allah si tes menaces sont sérieuses» (29) Seigneur, conclut
Loth, viens-moi en aide contre ce peuple de dévoyés» (30).
Loth désavoua le faire ignominieux de son peuple qui consistait à
assouvir leurs désirs sur les hommes qu'aucun peuple n'a exercé
avant eux. En plus, ils coupaient les chemins pour s'emparer des biens
des voyageurs et les tuant, ils mécroyaient en Dieu et en ses
63
Prophètes, et ils commettaient la turpitude dans leurs assemblées, qui
ne seyaient pas aux hommes, sans que l'un d'eux réprouvât ces actes-
là.
A cet égard, l'Imam Ahmad rapporte que Oum Hani avait
demandé au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de lui
interpréter les dires de Dieu: «Vous prônez le vice dans vos assemblées»,
il lui répondit: «Ils éliminaient les passants, se moquaient d'eux, voilà la
turpitude qu'ils commettaient».
«Son peuple lui répondait invariablement: «Fais-nous subir le
châtiment d'Allah si tes menaces sont sérieuses», en le défiant ainsi de
faire abattre sur eux le châtiment de Dieu, mus par leur incrédulité et
leur obstination. Et Loth d'implorer le Seigneur de lui venir en aide et
de le secourir sur le peuple impie.
wa lammâ ja'at rusuluna 'Ibrâhîma bî-1-busrâ qâlïï 'innâ muhliku 'ahli
hâdihi-1-qaryati 'inna 'ahlahâ kânû zalimîna (31) qâla 'inna fîhâ Lûtan
qâlû nahnu 'a'iamu biman fîhâ lanunajîyannahû wa 'ahlahîî 'illâ-
mra'atahû kânat mina-1-gâbirîna (32) wa lamina" 'an ja"at rusuluna
Lûtan sT'a bihim wa dâqa bihim dar'an wa qâlû là tahaf walâ tahzan '-
innâ munajjûka wa 'ahlaka 'illâ-mra'ataka kânat mina-1-lgâbirîna (33) '-
innâ munzilûna 'ala 'ahli hâdihi-1-qaryati rijzam-mina-s-sanrâf'i bimâ
kânû yafsuqûna (34) wa laqa-t-taraknâ minhà* 'â* yatam-bayyinata-1-
liqawmi-y-ya'qilûna (35).
64
Lorsque nos Envoyés apportèrent à Abraham la bonne nouvelle, ils lui
confièrent: Nous allons anéantir les habitants de cette cité. Ce sont des
pervers (31). Loth est parmi eux, dit Abraham. Ils lui répondirent: «Nous
savons mieux que personne ceux que renferme la ville. Nous le sauverons
lui et les siens, à l'exception de sa femme qui sera parmi les victimes (32)»
Lorsque nos envoyés se présentèrent a Loth, il en éprouva une grande gêne.
Il ne sut où donner de la tête. Ils lui dirent: «Ne crains rien. Ne t'afflige
pas. Nous te sauverons toi et les tiens à l'exception de ta femme qui sera
parmi les victimes» (33). Nous ferons descendre du ciel un châtiment sur les
habitants de cette cité pour les punir de leur corruption (34) Nous avons
laissé subsister des traces de cette catastrophe comme avertissement pour
ceux qui méditent (35).
Ayant sollicité Dieu pour le délivrer de ce peuple qui semait la
corruption, Dieu exauça Loth et lui envoya des anges qui passaient
d'abord par Abraham sous l'aspect des hôtes, et ce dernier s'acquitta
de ses obligations envers eux. Apercevant qu'ils n'avaient aucun
appétit de la nourriture qu'il leur offrait, il éprouva une certaine crainte.
Ils le rassurèrent et lui annoncèrent que sa femme Sara lui engendrera
un enfant pieux et vertueux. Sa femme, qui était présente s'étonna de
cette nouvelle inouie. (Nous avons déjà parlé de cela en commentant
la sourate de Houd et celle de Hijr).
Les anges firent connaître à Abraham qu'ils sont envoyés pour
anéantir le peuple de Loth. Abraham se mit alors à le défendre
espérant que Dieu mettra ce peuple dans la bonne voie. En lui
affirmant leur mission, il s'écria: «Loth est parmi eux». Ils lui
répondirent: «Nous savons mieux que personne ceux que renferme la ville.
Nous le sauverons lui et les siens à l'exception de sa femme qui sera parmi
les victimes». Car cette femme adulait le peuple de Loth et approuvait
son faire ignoble.
Les anges quittèrent Abraham et se rendirent chez Loth ayant pris
les traits des jeunes hommes très beaux. En les voyant, Loth s'en
affligea, car s'il devait leur accorder l'hospitalité, il aurait peur pour eux
de son peuple, et s'il ne remplissait pas ses devoirs envers eux, il
éprouverait aussi cette crainte, car il n'avait aucune idée de leur
identité et de leur mission. Ils l'assurèrent: «Ne t'afflige pas. Nous te
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sauverons toi et les tiens à l'exception de ta femme qui sera parmi les
victimes. Nous ferons descendre du ciel un châtiment sur les habitants de
cette ville pour les punir de leur corruption». Car, plus tard, Gabriel
(Jibril) arracha toute la cité, l'éleva vers le ciel et le renversa sur leur
tête sens dessus-dessous, puis il envoya sur eux une pluie de pierres
d'argile. Dieu créa à sa place une mare d'une eau puante, faisant ainsi
une leçon pour les générations à venir et jusqu'au jour du
rassemblement, où ils subiront le châtiment le plus atroce. Dieu a dit
dans un autre verset: «Vous foulez journellement les lieux de leur
aventure» [Coran XXXVII, 137]. Peut-être les hommes y réfléchiront!
wa 'ilâ Madyana 'ahâhum su'ayban faqâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha wa-
r-jû-l-yawma-l-'a hira walâ ta'taw fî-l-'ardi mufsidîna (36) fakaddabûhu
fa'ahadathumu-r-rajfatu fa'asbahu fî dârihim jâtimîna (37).
Nous envoyâmes leur frère Chouaib aux Médianites. «Adorez Allah,
espérez au jour dernier, et ne faites pas le mal sur terre», leur dit-il (36).
L'ayant traité d'imposteur, ils furent pris de tremblements inextinguibles.
On y trouva le sol de leurs demeures jonché de cadavres (37).
Dieu envoya son Prophète Chouaib aux habitants de Médian pour
les appeler à Son adoration seul sans Lui associer aucune autre
divinité, et en les mettant en garde contre le châtiment et la vengeance
de Dieu. Il leur dit: «Adorez Allah, espérez au jour dernier» et pensez à
ce dernier jour où vous comparaîtrez devant le Seigneur «et ne faites
pas le mal sur terre» en y semant la corruption. En outre ils faussaient
la balance et la mesure, coupaient la route aux voyageurs et ils
mécroyaient à Dieu et en Son Prophète. Ils furent châtiés par un
cataclysme, par un cri foudroyant qui arrachait les cœurs de leurs
poitrines, et par le Jour de l'ombre qui avait anéanti les hommes. Nous
avons déjà parlé de cela dans les sourates Al-A'araf, Houd et les
Poètes. Le matin, ils gisaient dans leurs demeures.
66
wa 'Adam wa Tamûdâ waqa-t-tabayyana lakum mim-masâkinihim wa
zayyana lahumu-s-saytânu 'a'mâlahum fasaddahum 'ani-s-sabîli wa kânû
mustabsirîna (38) wa Qârûna wa Fir'awna wa Hâmâna walaqad jâ 'ahum
Mûsâ bi-1-bayyinâti fastakbarû fî-l-'ardi wa ma kânu sâbiqîna (3)
fakullan 'ahdna bidambihî faminhum man 'arsalnâ 'alayhi hâsiban wa
minhum man 'ahad athu-s-sayhatu wa minhum man hasafnâ bihi-l-'arda
wa minhum man 'agraqnâ wamâ kâna-L-Lâhu liyazlimahum walâkin
kântt 'anfusahum yazlimûna (40).
Vous avez vu ce qu'il reste de demeures de 'Ad et Thémoud. Satan
donna à leurs actions une belle apparence. D les détourna ainsi de la bonne
voie. Et, cependant, c'étaient des gens avertis (38). A Coré, Pharaon et
Hamon, Moïse apporta des preuves. Ils s'enorgueillirent sur terre mais ils
n'échappèrent pas à notre châtiment (39). A chacun de ces peuples, nous
demandâmes des comptes. Nous déchaînâmes un ouragan contre l'un d'eux.
Un cri sinistre saisit un autre d'effroi. La terre s'entrouvrit sous certains.
D'aucuns périrent noyés. Ce ne fut pas là une mesure injuste de la part
d'Allah. Eux-mêmes furent les artisans de leur malheur (40).
Dieu a exterminé tous les peuples qui ont traité leurs Prophètes
de menteurs et mécru en un Dieu unique. Parmi ces peuples, il y a le
peuple de Houd qui habitait à Al-Ahqaf, une région Yéménite située
près de Hadramout; le peuple de Saleh qui habitait Al-Hijr, tout près de
Wadil-Qoura. Les Arabes connaissaient bien leurs demeures et y
passaient tous les jours. Il y a eu aussi Coré (Quaroun) qui possédait
les grandes richesses, Pharaon et son ministre Hamon (Haman) qui
étaient des incrédules et traitaient le Prophète de Dieu de menteur.
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Dieu a puni chacun d'entre eux à cause de son péché qui lui convenait
sans être injuste envers quiconque.
«Nous déchaînâmes un ouragan contre l'un d'eux» qui est le peuple
de 'Ad, car ils disaient: «Qui est plus puissant et plus fort que nous?».
Dieu alors leur envoya un vent mugissant, impétueux et glacial, qui
balayait les pierres de la terre pour les jeter sur leurs têtes. Ce vent
aussi arrachait l'homme du sol, relevait vert le ciel et le renversait en
le réduisant à un corps sans tête comme de troncs de palmiers creux.
«Un cri sinistre saisit un autre d'effroi». Il s'agit du peuple de
Thèmoud qui demanda à Saleh de leur faire sortir du rocher une
chamelle pleine, cette preuve évidente, après avoir été réalisée,
consistait un argument irréfutable contre ce peuple pervers qui, malgré
tout, persista dans son égarement et son incrédulité. Ils complotèrent
contre Saleh pour le tuer et le faire sortir du pays avec ceux qui ont
cru en lui. Un cri foudroyant les extermina.
«La terre s'entrouvrit sous certains». Ce fut Coré qui avait désobéi
au Seigneur en pratiquant la tyrannie sur terre plein de gloriole et de
mépris pour les hommes. Il fut englouti par la terre où il ne cesse de
s'y enfoncer jusqu'au jour de la résurrection.
«D'autres péris noyés», il s'agit de Pharon, son ministre Hamon et
ses troupes qui furent noyés du premier au dernier dans un matin où
ils poursuivaient Moïse et son peuple pour les tuer.
«Ce ne fut pas là une mesure injuste de la part d'Allah. Eux-mêmes
furent les artisans de leur malheur». Car, il ne convenait plus à Dieu de
léser personne ou d'être injuste envers lui, mais ces peuples se sont
fait tort à eux-mêmes.
o
68
mat alu-1-ladîna-t-tahadu min dûni-L-Lâhi 'awliyâ A 'a kamatali-1-
'ankabûti-t-tahadat baytan wa 'inna 'awhana-1-buyûti labaytu-l-'ankabûti
law kânû ya'lamûna (41) 'inna-L-Lâha ya'lamû ma yad'ûna min dûnihî
min Say'in wa huwa-l-'Azîzu-l- Hakîmu (42) wa tilka-l-'amt alu
nadribuhâ li-n-nâsi wa ma ya'qiluhà* 'illa-l-'âlimûna (43).
Ceux qui cherchent un protecteur en dehors d'Allah ressemblent à
l'araignée tissant sa demeure. Quelle plus fragile demeure que celle de
l'araignée! Le comprennent-ils? (41). Allah connaît ce que vous invoquez en
dehors de Lui. Il est tout-puissant et sage (42). Nous citons de tels
exemples à l'usage des hommes. Mais seuls les hommes sensés les
comprennent (43).
A ceux qui ont pris des divinités en dehors de Dieu en s'attachant
à leur cuite et comptant sur leur aide, Dieu propose la demeure de
l'araignée comme étant la demeure la plus fragile qui ne tient pas.
Ainsi ces polythéistes qu'ils n'espèrent plus de ces divinités pas plus
que celui qui se protège dans la demeure de l'araignée pour éviter tout
danger. Tandis que le croyant dont la foi est inébranlable et se confie
à Dieu, il s'attache à une anse très forte et solide.
Puis Dieu menace ceux qui adorent d'autres divinités en dehors
de Lui, et dont les œuvres sont vaines, qu'il leur rétribuera pour leurs
distinctions, car II est puissant et sage. «Nous citons de tels exemples à
l'usage des hommes. Mais seuls les hommes sensés les comprennent» et
méditent sur leur sens. 'Amr Ben Mourra a dit: «Chaque fois que je lis
un verset du Coran sans comprendre son sens, j'éprouve un grand
chagrin, car j'ai entendu Dieu dire: «Nous citons de tels exemples à
l'usage des hommes. Mais seuls les hommes sensés les comprennent».
halaqa-L-Lâhu -s-samâwâti.wa-l-'arda bi-1-haqqi 'inna fî dâlika la
'â*yata-l-li-lmu'minîna (44) 'utlu ma" 'uhiya 'ilayka mina-1-kitâbi wa
'aqimi-s-salâta 'inna-s-salâta tanhâ 'ani-1-fahsà 'i wa-1-munkari wa lad
ikru-L-Lâhi 'akbaru wa-L-Lâhu ya'lamu ma tasna'ûna (45).
Ce n'est pas sans bot qu'Allah a crée les deux et la terre. D y a là un
enseignement pour les croyants (44). Récite ce qui t'a été révélé du Livre.
Fais la prière. La prière détourne des turpitudes et du mal. Invoquer Allah
est un devoir capital. Allah connaît toutes vos actions (45).
Dieu, le Tout-Puissant, a créé les cieux et la terre en toute vérité
et justice, et non sans but, mais «D récompense suivant leurs œuvres ceux
qui font le mal et décerne une belle récompense à ceux qui font le bien» [-
Coran LUI, 31]. Dans cette création, il y a vraiment des signes pour
ceux qui croient, et qui dénotent l'omnipotence de Dieu et Son
arrangement sage.
Puis Dieu exhorte Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
et les croyants à lire le Coran et le divulguer aux hommes, et de faire
la prière, car «la prière détourne des turpitudes et du mal». Ce qui veut
dire que la prière comporte deux actes principaux: Elle éloigne les
hommes des actions repréhensibles et des turpitudes, et sa
persévérance habitue l'homme à observer ce détournement du
repréhensible. Il est cité dans un hadith que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui dont sa prière ne le
détourne pas des turpitudes et du repréhensible, elle ne fera que
l'éloigner de plus en plus de Dieu».
«Allah connaît toutes vos actions»; ainsi que vos paroles.
Abou AI-'Alya a dit: «Chaque prière requiert trois conditions, si
l'une d'elles en manque, la prière serait comme incomplète: La
sincérité, la crainte et la mention de Dieu. La sincérité pousse l'homme
à ordonner le bien, la crainte l'empêche de commettre le
repréhensible, et la mention de Dieu c'est-à-dire le Coran- l'ordonne et
le déconseille».
En commentant cette partie du verset: «invoquer Allah est un devoir
capital. Allah connait toutes vos actions», Ibn Abbas a dit: Ceci a deux
aspects: La mention de Dieu quand II a rendu cela sacré, et le rappel
de Dieu de vous est beaucoup plus grand que lorsque vous vous
rappelez de Lui».
70
Dans une autre version rapportée par Abdullah Ben Rabi'a, Ibn
Abbas lui demanda: «Sais-tu ce que signifie ces dires de Dieu; «-
Invoquer Allah est un devoir capital?». Il lui répondit: «Certes, oui». Il
répliqua: «Donne-moi donc une explication». Je lui dis: Il s'agit de la
glorification de Dieu, de ses louanges, de la proclamation de Sa
grandeur dans la prière et la récitation du Coran». Il s'écria: «Tu viens
de dire quelque chose d'extravagant, mais en réalité, elle ne l'est pas.
Dieu voulut dire par là: Il se rappelle de vous quand vous le
mentionnez chaque fois qu'il y a un ordre à faire le bien ou un
répréhensible à éviter, et cela est plus grand que lorsque vous vous
rappelez de Lui».
walâ tujâdilïï 'ahla-1-kitâbi 'illâ bi-1-latî hiya 'ahsanu 'illa-1-ladîna zalamû
minhum wa qûlû 'a'mannâ bi-1-ladT 'unzila 'ilaynâ wa 'unzila 'ilaykum
wa 'ilâhunâ wa 'ilâhukvim wâhidun wa nahnu lahû muslimûna (46).
Ne discutez pas avec les gens d'Ecriture que d'une manière courtoise,
si ce n'est quand ils sont malintentionnés. Dites: Nous croyons à ce qui
nous a été révélé et à ce qui vous a été révélé. Notre Allah et le vôtre ne
font qu'un. Et nous Lui sommes soumis (46).
Qatada et d'autres exégètes ont précisé que ce verset fut abrogé
par le verset qui pousse au combat ceux que toute discussion avec
eux s'avère inutile, car il ne reste qu'à répandre l'Islam, ou réclamer le
tribut, ou combattre ceux qui s'opposent. Mais d'autres ont répondu
que ce verset est fondamental sans être abrogé pour celui qui cherche
à connaître leur point de vue dans tout ce qui concerne la religion, et
alors, on doit discuter avec eux de la manière la plus douce afin que
cela aboutisse au bien, tout comme Dieu a exhorté Son Messager en
lui disant: «Rallie les hommes au culte de ton Seigneur par de sages et
persuasifs appels» [Coran XVI, 125].
71
«Si ce n'est quand ils sont malintentionnés», en se détournant de la
voie droite et refusant d'accepter la vérité, et en se montrant rebelles
et opinâtres, dans ce cas le dialogue serait transformé en affrontement
et en lutte. Ils seront combattus tant qu'ils préfèrent l'égarement à la
bonne direction. Moujahed, quant à lui, a ajouté: il faut combattre
même ceux qui refusent de payer la capitation.
«Dites: nous croyons à ce qui nous a été révélé et à ce qui vous a été
révélé». C'est-à-dire s'ils déclarent une chose dont on ne connait ni sa
fausseté ni sa véracité, ceci on ne doit ni le refuser car il se peut qu'il
soit une sincérité, ni le croire car il se peut qu'il soit une erreur, mais
on est tenu de le tenir comme tel en général.
Al-Boukhari rapporte d'après Abou Houraira qu'il a dit: «Ne tenez
pas pour véridiques ni pour mensonges les paroles des gens du Livre,
mais dites plutôt: Nous avons cru à ce qui nous a été descendu et
révélé et vous a été révélé et desendu, notre Dieu et le vôtre ne sont
qu'un seul Dieu et nous Lui sommes soumis entièrement en tant que
musulmans».
Ibn Jarir rapporte que Abdullah Ben Massoud a dit: «Ne
demandez rien les gens du Livre au sujet de votre religion, car ils ne
pourraient plus vous diriger alors qu'ils sont égarés, or, vous pouvez
ainsi réfuter ce qui est juste ou croire ce qui est faux. Nul parmi eux
n'existe sans qu'il n'ait dans son cœur une tendance pour sa propre
religion, tout comme quand il est attiré par un profit matériel.
Boukhari rapporte d'après Ibn Abbas qu'il a dit: «Comment osez-
vous demander les gens du Livre sur une chose alors que vous avez
votre propre Livre qui est descendu à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- et qui est plus récent que le leur. A savoir aussi
qu'ils ont changé leur Livre et l'ont modifié. Or ils vous disent qu'il est
descendu de Dieu pour le vendre à un vil prix? Ce que vous avez reçu
de la science ne vous empêche-t-il pas de leur interroger sur de telles
choses? Par Dieu, nous n'avons jamais vu un d'entre eux vous
demander sur ce qu'il vous a été révélé»
72
wa kadâlika 'anzalnâ 'ilayka-1-kitâba fa-1-ladîna *a taynâhum-1-kitâba
yu'minûna bihî wa min hâ A 'ulà"'i man yu'minu bihî wamâ yajhadu
M'a yâtinlî 'illâ-1-kâfirûna (47) wamâ kunta tatlû min qablihî min kitâbin
walâ tahuttuhû biyamînika 'ida-1-lartâba-l-mubtilûna (48) bal huwa
'à* yâtum-bayyinâtum fî sudûri-1-ladîna 'ûtû-l-'ilma wa ma yajhadu bi
'ayâtina 'ilâ-z-zâlimûna (49).
C'est dans cet esprit que nous t'avons révélé le Livre. Les gens
d'Ecriture l'admettent. Parmi ton peuple, beaucoup y croient. Les impies,
seuls nient nos signes (47). Tu ne récitais pas de Livre et tu n'écrivais pas
de la main droite avant l'inspiration. Sans quoi les méchants pourraient
douter de l'authenticité du Livre (48). Le Coran est un ensemble de leçons
lumineuses pour les âmes bien douées. Seuls, les méchants nient nos preuves
(49).
Comme Dieu a fait descendre les Livres aux Prophètes qui t'ont
précédé ô Mouhammad, ainsi nous avons fait descendre sur toi ce
Livre -Le Coran-. Ceux qui ont pris le Livre et l'on récité comme il se
doit, parmi les doctes perspicaces tels que Abdullah Ben Salam,
Salman Al-Farisi et autres, ont observé ses enseignements. Parmi ces
autres les arabes de Qoraich et leurs semblables, n'y ont pas cru, or
seuls «Les méchants pourraient douter de l'authenticité du Livre». Ceux
qui dissimulent la vérité par l'erreur.
«Tu ne récitais pas de Livre et tu n'écrivais pas de la main droite
avant l'inspiration». Dieu dit à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-: Tu as demeuré une longue période parmi ton peuple sans lire
ni écrire aucun Livre, étant illettré, et c'est une réalité qu'aucun ne doit
la contester parmi tes concitoyens, et ainsi ton avènement est
mentionné dans les autres Livres. Pour affirmer cela, Dieu a dit
ailleurs: «A ceux qui suivent l'Envoyé- l'Apôtre inculte, annoncé par le
73
Pentateuque et les Evangiles, qui commande le bien et interdit le mal» [-
Coran VII, 157]. Ainsi demeurait le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- toute sa vie sans apprendre ni la lecture ni
l'écriture, mais il avait des scribes qui lui écrivaient ses lettres et la
révélation. Ceux qui ont prétendu qu'il a appris et la lecture et l'écriture
n'ont avancé aucune preuve. Dieu affirme cette réalité en disant: «Tu
ne récitais pas de Livre et tu n'écrivais pas de la main droite» pour réfuter
leurs présomptions, «Sans quoi, les méchants pourraient douter de
l'authenticité du Livre». Ils pourraient dire aussi que tu as appris cela
des Livres précédents, et cependant ils affirment que tu est illettré, car
certains parmi eux disaient: «Ce ne sont que vieux contes recueillis par
lui, qu'on lui dicte matin et soir» [Coran XXV, 5].
«Le Coran est un ensemble de leçons lumineuses pour les âmes bien
douées». C'est-à-dire que ce Coran renferme des versets clairs et
signes manifestes pour confirmer son authenticité, les savants, grâce à
Dieu, l'ont retenu par cœur et le récitent avec aisance, tout comme
Dieu a dit: «Nous avons présenté le Coran sous une forme facile. N'y
aurait-il personne qui réfléchisse?» [Coran LIV, 17].
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout
Prophète a reçu un Livre comme le mien en quoi les hommes on cru.
Ce que j'ai reçu était une révélation que Dieu m'a révélée. J'espère
que je serai le Prophète le plus suivi».
Mouslim rapporte dans son Sahih que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu Très Haut dit: «Je t'éprouve
et j'éprouve les hommes par toi. Je t'ai révélé un Livre que l'eau ne le lave
pas, tu le récites à l'état d'éveil et en dormant»' '" . Car il est retenu dans
les poitrines, facile à lire et à réciter, domine les cœurs et inimitable en
sens et en paroles. A cet égard, il est dit dans les Livres précédents
en parlant de la communauté Islamique: «Leurs Evangiles sont retenus
dans leurs poitrines».
74
«Seuls les méchants nient nos preuves». Seuls les injustes, les
associateurs, se refusent à avouer qu'ils croient à nos versets, qui
connaissent la vérité mais ils s'en détournent. Dieu a dit à leur sujet:
«Ceux qui ont encouru la colère de ton Maître ne croiront. Quels que
soient les signes qui leur parviennent, que lorsqu'ils éprouveront les tortures
de leur châtiment» [Coran X, 96, 97].
wa qâlû lawla 'unzila 'alayhi *2fyâtum-mi-r-rabbihî qui 'innamâ-l-'ayâtu
'inda-L-Lâhi wa 'innama 'ana-nadîrum mubînun (50) 'awalam yakfihim
'annâ* 'anzalnâ 'alayka-1-kitâba yutlâ 'alayhim 'inna fî d âlika la-
rahmatan wa dikrâ Iiqawmiy-yu'minûna (51) qui kafa bi-L-Lâhi baynî
wa baynakum sahîdan ya'lamu mâfî-s-samâwâti wa-l-'ardi wa-1-ladîna
'a manu bi-1-bâtili wa kafarû bi-L-Lâhi 'ûlï'ika humu-1-hâsirûna (52).
Ils objectent: «Pourquoi son Seigneur ne lui inspire-t-il pas des
miracles?» Réponds: «Seul Allah peut faire des miracles. Pour moi, mon
rôle se borne à avertir» (50). Ne leur suffit-il pas que nous t'ayons révélé le
Livre que tu leur récites? Pourtant, il y a là une bénédiction et un
avertissement pour ceux qui croient (51). Dis: Allah suffit comme témoin
entre vous et moi. Il sait ce qu'il y a dans les cieux et sur la terre. Les
perdants sont ceux qui ont opté pour l'erreur et renié Allah (52).
Les Qoraichites dans leur obstination, demandent des miracles
pour croire et être dirigés, comme par exemple le peuple de Saleh qui
lui ont demandé un tel miracle. Dieu ordonne à Mouhammad de leur
répondre: «Seul Allah peut faire des miracles». Tout revient à Dieu. S'il
savait que vous serez dirigés, Il ne manquerait pas à répondre à votre
demande. Mais il connaît que vous n'avez demandé cela que par
75
obstination et rébellion, et c'est pourquoi II ne vous a pas exaucés.
Dieu n'a-t-ll pas dit ailleurs; «Si nous ne faisons plus de miracles, c'est
que les générations passées n'y ont pas cru. A quoi a servi que nous ayons
envoyé aux Thémoudites une véritable chamelle?» [Coran XVII, 59].
Il lui ordonne de leur répondre aussi; «Pour moi, mon rôle se borne
à avertir». Je ne suis qu'un avertisseur explicite et je suis chargé
seulement de vous avertir en vous transmettant le message. Dieu
montre leur idiotie et la faiblesse de leur esprit, car ils ont demandé
des miracles qui appuient la prophétie de Mouhammad et la véracité
de son message, alors qu'il leur a communiqué et présenté le Livre
glorieux dont l'erreur ne s'y glisse de nulle part et qui constitue le plus
grand miracle. Les hommes les plus doués et les plus éloquents sont
incapables de l'imiter. Il dit: «Ne leur suffit-il pas que nous t'ayons révélé
le Livre que tu leur récites?». Cela signifie: Ne leur a-t-il pas suffi que
Dieu fasse descendre sur eux un Livre qui renferme l'histoire de leurs
ancêtres et des générations à venir? alors que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- n'est qu'un messager illettré qui ne sait ni lire ni
écrire et qu'il n'a jamais fréquenté un de leurs savants et doctes. Tu
leur racontes ce que les anciens Livres comportent et tu tranches leurs
différends en t'appuyant sur la vérité claire et absolue. En répondant à
leur objection, Dieu leur dit dans un autre verset en le leur rappelant:
«Ils disent: «Pourquoi ne nous montre-t-il pas un miracle de son Seigneur?
Est-ce que les annales des peuples passés ne constituent pas un
enseignement?» [Coran XX, 133].
Dans un hadith authentique, le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Il n'y a aucun Prophète parmi les Prophètes
qui n'ait reçu (des miracles) qui ont dirigé les hommes vers la foi. Mais ce
que j'avais reçu (parmi ces miracles) étaient des révélations que Dieu m'a
faites. J'espère qu'au jour de la résurrection être suivi par le plus grand
nombre des hommes» (Rapporté par Boukhari, MousBm et Ahmed)' '.
76
«Pourtant, il y a là une bénédiction et un avertissement pour ceux qui
croient». C'est-à-dire: Ce Coran est une miséricorde pour les hommes
en leur montrant la vérité pour les éloigner de l'erreur et un rappel pour
un peuple qui croit en les mettant en garde contre le châtiment de
Dieu qui est réservé aux menteurs qui le renient et passent outre de
ses enseignements.
«Dis: Allah suffît comme un témoin entre vous et moi», car II connait
bien ce que vous forgez comme mensonges, que j'ai communiqué le
message dont j'ai été chargé. Si j'étais un menteur comme vous
prétendez, Il se serait vengé de moi, tout comme Dieu montre cela
clairement dans ces versets: «Si le Prophète nous attribuait des propos
que nous n'avons pas tenus, nous l'aurions saisi avec force, et nous lui
aurions tranché la carotide. Qui d'entre vous pourrait s'interposer entre lui
et moi?» [Coran LXIX, 44, 47]. Tout ce que je vous communique n'est
que la vérité et je suis sincère. C'est pourquoi Dieu m'a appuyé par
des miracles clairs et évidents. Car «II sait ce qu'il y a dans les cieux et
sur la terre». Rien ne lui est caché. «Les perdants sont ceux qui ont opté
pour l'erreur et renié Alah». Au jour du jugement dernier, ils auront un
compte à rendre et seront interrogés sur tout ce qu'ils avaient commis
à partir de l'adoration des idoles jusqu'à leur reniement de la vérité. Ils
seront rétribués selon leurs œuvres.
wa yasta'jilûnaka bi-l-'adâbi wa lawlà* 'ayalum-musamma-l-lajï 'ahumu-
l-'adâbu wa laya'tiyânnahum bagtatan wahum là yas'urûna (53)
yasta'jilûnaka bi-l-'adâbi wa 'inna jahanama lamuhîtatum bi-1-kâfirîna
(54) yawma yagsâhumu-l-'adâbu min fawqihim wa min tahti 'arjulihim
wa yaqûlu dûqû ma kuntum ta'malûna (55).
Ils te demandent de hâter leur supplice. Ils ignorent qu'un terme fixe
77
l'heure de leur châtiment. Sans quoi, ce dernier les aurait déjà atteints sans
qu'ils s'en doutent (53). Us te demandent de hâter leur supplice. Ignorent-ils
que l'Enfer guette de tous côtés les infidèles? (54). Un jour, le châtiment les
enveloppera de la tête aux pieds. Goûtez le fruit de vos œuvres, leur dira-t-
on (55).
Les polythéistes ignorent complètement ce qui leur est réservé
comme châtiment atroce, et c'est pourquoi ils demandent sa hâte. Ils
avaient dit auparavant: «Grand Allah, si la vérité qu'on nous proclame
vient vraiment de Toi, fais tomber sur nous une pluie de pierres ou inflige-
nous un châtiment épouvantable» (Coran VIII, 32]. En réalité, si le terme
n'en était pas fixé, le châtiment les aurait déjà atteints soudainement
sans qu'ils l'aient pressenti. Ce châtiment les atteindra à ('improviste,
et qu'ils sachent que la Géhenne les enveloppera de toutes parts.
«Un jour, le châtiment les enveloppera de la tête aux pieds» pour
goûter le supplice douloureux où aucune partie de leur corps ne sera
épargnée du feu. «Goûtez le fruit de vos œuvres, leur dira-t-on». Il y a
dans ce verset une menace et un avertissement qui a une grande
influence sur les âmes des hommes.
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yâ 'ibâdî-1-ladîna "a manu 'inna 'ardî wâsi 'atun fa'iyyâya fa'budûni (56)
kullu nafsin da 'iqatu-1-mawti tumma 'ilaynâ turja'ûna (57) wa-1-ladîna
'a'manû wa 'amilû-s-sâlihâti lanubawwi 'annahum mina-l-)jannati
gurafan tajrî min tahtihâ-l-'anhâru hâlidîna fîhâ ni'ma 'ajru-I-'âmilîna
(58) 1-ladîna sabarû wa 'alâ rabbihim yatawakkalûna (59) wa ka'ayyim-
min da bbati-1-lâ tahmilu rizqahâ 'Al-Lahu yarzuquhâ wa 'iyyâkum wa
huwa-S-Samru-l-'Alîmu (60).
78
O mes fidèles serviteurs, ma terre est vaste. N'adorez que Moi. (56).
Toute âme subira la mort. Puis, vous retournerez à Moi (57). Ceux qui
croient et pratiquent les bonnes œuvres trôneront au haut du paradis. A
leurs pieds, des cours d'eau couleront, leur félicité sera éternelle. Quelle
belle récompense que celle des zélateurs, (58) qui sont patients et se fient à
Allah (59). Combien d'animaux inaptes à amasser leur nourriture! Pourtant
Allah pourvoit à leur existence comme à la vôtre. Allah entend et sait tout
(60).
Le premier verset constitue un ordre divin de quitter le pays où on
vit si on est incapable d'établir la religion de Dieu librement. Alors on
est tenu d'émigrer vers d'autre pays dans la même intention, et là, on
pourra proclamer l'unicité de Dieu, L'invoquer et Le glorifier loin de
toute persécution ou contrainte.
«O mes fidèles, ma terre est vaste. N'adorez que moi». Az-Zoubayr
Ben AI-'Awwam rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Tous les pays sont les pays de Dieu. Tous les hommes
sont les serviteurs de Dieu. Etalissez-vous là où vous trouvez le bien» (-
Rapporté par l'imam Ahmed)' 1 > . Car au début de l'ère islamique, les
premiers convertis subissaient une persécution et une contrainte de la
part des idolâtres. Ils quittèrent la Mecque pour émigrer vers l'Ethiopie
pour sauver leur foi. Négus (An-Najachi), le roi de ce pays les accueillit
et les soutint. Et lorsque l'oppression des polythéistes s'intensifia
contre les musulmans et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-,
ce dernier émigra vers Médine avec ses compagnons.
«Toute âme subira la mort. Puis, vous retournerez à Moi». Là où que
vous soyez, ô hommes, la mort vous atteindra. Soumettez-vous donc à
Dieu et obéissez à Ses ordres là où vous vous trouverez. La mort est
une fin inévitable, ensuite les hommes seront ramenés vers Dieu. «-
Ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres trôneront au haut du
Paradis» dans les demeures les plus élevées où coulent différents
fleuves: d'eau, de lait, de miel et de vin. Ils feront dévier ces fleuves là
79
où ils voudront. Ils y resteront éternellement sans désirer aucun
changement. «Quelle belle récompense que celle des zélateurs» ceux qui
auront fait les bonnes œuvres, se seront montré patients en supportant
les méfaits des autres idolâtres pour sauver leur foi, qui auront émigré,
qui auront affronté les ennemis, qui auront quitté familles et biens en
vue de Dieu et espérant être rétribués par la plus belle récompense.
Abou Malek Al-Ach'ari rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Au Paradis il y a des appartements dont
l'intérieur est visible de l'extérieur, et l'extérieur est visible de l'intérieur,
que Dieu le Très Haut a préparés à ceux qui ont donné à manger, tenu de
doux propos (avec les autres), observé les prières et le jeûne et accompli
des prières nocturnes alors que les hommes dormaient». (Rapporté par Ibn
Abi Hatem) (1 >.
«Qui sont patients et se fient à AUah», dans toutes leurs affaires
concernant leur religion ou leur vie mondaine. Puis Dieu fait connaître
à tous Ses serviteurs que Ses bienfaits ne résident pas dans une
région en dehors d'une autre, plutôt Ses biens se trouvent partout là
où que les hommes s'installent. Les biens des Emigrés, ils les ont
trouvés dans le lieu de leur émigration, amples et bénis. Ils sont
devenus les gouverneurs des régions qu'ils ont conquises.
«Combien d'animaux inaptes à amasser leur nourriture!» et
incapables de se la procurer d'eux-mêmes ou d'en faire une provision
pour le lendemain. «Pourtant AUah pourvoit à leur existence comme à la
vôtre». Dieu leur accorde leur subsistance malgré leur faiblesse et leur
inaptitude, même les fourmis auxquelles II assure leur nourriture, aux
oiseaux dans le ciel et les poissons dans les mers. Car Dieu a dit
ailleurs: «il n'y a pas de créature sur terre qui n'attende d'Allah sa
nourriture, dont Allah ne connaisse à la fois la demeure et le lieu de sa
mort. Tout est écrit dans le Livre authentique» [Coran XI, 6].
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80
Ibn Abi Hatem rapporte d'après Ibn 'Omar qu'il a raconté: «Je
sortis une fois avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue-. Il entra dans un jardin de palmiers à Médine, prit de ses dattes
et en mangea. Il me dit: «O Ibn 'Omar! pourquoi ne manges-tu pas?». Je
répondis: «O Messager de Dieu, je n'en ai pas envie. Il répliqua: «Mais
moi, je le désire, car depuis quatre jours je n'ai rien mangé faute de quoi
trouver pour me nourrir. Si je le voulais, j'aurais invoqué mon Seigneur, et
Il m'aurait donné comme II a accordé à Cosroès et César. Que penses-tu, ô
Ibn 'Omar, des gens qui, à cause de leur foi précaire, font provisions pour
toute une année?». Ibn 'Omar ajouta: «Par Dieu, nous n'avons rien
désiré ni quitté le lieu avant que ce verset ne fût révélé: «Combien
d'animaux inaptes à amasser leur nourriture! Pourtant Allah pourvoit à
leur existence comme à la vôtre. Allah entend et sait tout». Puis le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu ne m'a
pas ordonné de m' approvisionner pour la vie d'ici-bas ni de suivre mes
passions. Car quiconque fait ses provisions pour sa vie présente voulant
jouir d'une longévité, qu'il sache que la vie d'ici-bas est entre les mains de
Dieu. Or je ne garde rien fut-ce un dinar ou un dirham pour demain» (-
Rapporté par Ibn Abi Hatem) (,) .
D'après Abou Houraira le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Voyagez, vous ferez des profits, jeûnez, vous gardez un
corps sain et faites les expéditions, vous gagnerez de butin».
«Allah entend et sait tout», car II est l'omniscient et l'Audiant qui
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81
connait les actes de ses serviteurs comme II est au courant de leurs
paroles.
wa la'in sa'altahum man halaqa-s-samâwâti wa-l-'arda wa sahhara-s-
samsa wa-1-qamara layaqûlunna-L-Lâhu fa'annâ yu'fakûna (61) 'AL-
Lâhu yabsutu-r-rizqa limay-yasti'u min 'ibâdihî wayaqdiru lahïï 'inna-L-
Laha bikulli Say'in 'Alîmun (62) wa la'in sa'altahum man nazzala mina-
s-sama 'i ma" 'an fa'ahya bihi-l-'arda mim ba'di mawtihâ layaqulunna-L-
Lâhu quli-1-hamdu li-1-Lâhi bal 'aktaruhum la ya'qilûna (63).
Si tu leur demandes qui a créé les cieux et la terre et réglé la course
du soleil et de la lune? ils répondent: Allah. Pourquoi alors se détournent-ils
de toi? (61). Allah prodigue ses richesses ou les mesure à qui II veut. Allah
sait tout (62). Si tu leur demandes qui fait tomber l'eau du ciel pour vivifier
la terre après son épuisement? ils répondent: Allah. Dis: Loué soit Allah.
Hélas! la plupart d'entre eux ne comprennent pas!(63).
Dieu décrète qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, car les polythéistes
qui adorent d'autres divinités en dehors de Lui ne reconnaissent pas
qu'il est le seul créateur qui a créé les cieux et la terre, le soleil et la
lune, qui met la nuit et le jour au service des hommes, qui pourvoit aux
besoins de Ses créatures, qui a limité le terme de leurs vies comme il
a mesuré ses dons à chacun d'entre eux faisant des uns des riches et
d'autres des pauvres, Il connait parfaitement ce que mérite aussi bien
le riche que le pauvre. Il est le seul qui a le droit de disposer de tout
ce qu'il a créé. Etant ainsi, pourquoi donc les hommes prennent-ils
d'autres divinités que Lui? Pourquoi se fient-ils à un autre que Lui? S'il
est le seul possesseur de l'univers, Il est donc à plus forte raison le
82
seul à être adoré. Même les polythéistes ont reconnu cette réalité et
disaient dans leur talbia: «Nous voilà répondre à Ton appel, Tu n'as
pas d'associés sauf un associé qui t'appartient dont tu posèdes et ce
qu'il possède».
wamâ hâdihi-1-hayâtu-d-dunyï 'illâ lahwun wa la'ibun wa 'inna-d-dâra-
l-'ahirata lahiya-1-hayawânu law kânû ya'lamûna (64) fa'idâ rakibû fî-1-
fulki da'awu-L-Lâha muhlisîna lahu-d-dîna falammâ najjâhum 'ilâ-1-barri
'idâ hum yusrikûna (65) liyakfurû bimâ" "a'taynâhum wa liyatamatta'û
fasawfa ya'lamûna (66).
La vie de ce monde n'est que futilité et badinage. La véritable vie c'est
celle de l'autre. Mais les hommes ne le savent pas (64). Quand ils
naviguent, ils implorent Allah, ne mêlant aucune autre divinité à leur culte.
A peine sont-ils débarqués, sains et saufs, ils s'empressent de lui associer
d'autres divinités (65). Qu'ils nient nos révélations et qu'ils jouissent des
biens de ce monde, et, un jour, ils se rendront compte de leur erreur (66).
Cette vie d'ici-bas n'est que divertissement et jeu, et ne cessera
d'être anéantie tôt ou tard, elle n'est qu'une période éphémère. C'est
assurément la demeure dernière qui est la vraie vie qui est étemelle et
durable. Si les hommes savaient cette réalité, ils auraient préféré ce
qui est durable à ce qui est éphémère.
Une fois les idolâtres se trouvent dans un pétrin ou une nécessité,
ils invoquent Dieu pour les en débarrasser. «Quand ils naviguent, ils
implorent Allah, ne mêlant aucune autre divinité à leur culte», tout comme
Dieu a dit ailleurs: «Si un péril sur mer vous menace, c'est en vain que
vous invoquez d'autres divinités qu'Allah. Mais une fois qu'Allah vous a
ramenés sains et saufs sur la rive, vous vous détournez de Lui» [Coran
XVII, 67].
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On a rapporté, d'après Ikrima ben Abou Jahl, selon ibn Ishaq, que
lorsque le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a conquis
La Mecque 'Ikrima quitta cette ville en fuyant. Il prit une barque, et une
fois au large, le navire s'agita. Les passagers dirent; «O hommes!
Soyez sincères en invoquant Dieu, car nul ne saurait vous en délivrer
que Lui». 'Ikrima s'écria: «Par Dieu, si Dieu sauve de la mer, nul autre
ne vous sauverait sur terre. Grand Dieu! Si je sortirais sain et sauf, je
m'engagerai à mettre ma main dans celle de Mouhammad, et je le
trouverai certes compatissant et clément». Et ce fut ainsi.
«Qu'ils nient nos révélations et qu'ils jouissent des biens de ce monde,
et, un jour, ils se rendront compte de leur erreur». Qu'ils mainfestent toute
leur ingratitude, et qu'ils profitent des jouissances éphémères, car ils
auront bientôt des nouvelles. Telle est la prédestination de Dieu.
'awalam yaraw 'annâ ja'alnâ haraman 1T minan wa yutahattafu-n-nâsu
min hawalihim 'afabilbâtili yu'minûna wa bini'mati-L-Lâhi yakfurûna
(67) wa man 'azlamu mimmani-ftara 'alâ-L-Lâhi kadiban 'aw kaddaba
bi-1-haqqi lammâ jïf'ahïï 'alaysa fl-1-jahannama matwa-1-lil-kâfirîna (68)
wa-1-ladîna jâhadû fînâ lanahdiyannahum subulanâ wa 'inna-1-Lâha
lama'a-1-muhsinîna (69).
Ne voient-ils pas que nous leur avons assuré un territoire inviolable
alors qu'autour d'eux les gens sont enlevés? vont-ils croire à l'erreur et nier
les bienfaits d'Allah? (67) Qui est plus coupable que celui qui invente des
mensonges sur Allah ou qui traite la vérité d'erreur? L'Enfer n'est-il pas le
séjour des impies? (68). Nous soutiendrons dans notre voie ceux qui
combattent pour notre cause. Allah est avec les bons (69).
Dieu rappelle aux Qoraichites l'enceinte qu'il leur a rendu sacrée
et inviolable aussi bien pour les résidents que pour ceux de passage.
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Quiconque y entre sera en sécurité. Cette assurance est tellement
garantie alors que les bédouins tout autour pillent les uns les autres, et
tuent les uns les autres.
«Vont-ils croire à l'erreur et nier le bienfaits d'Allah?» Contre cette
grande faveur, les impies n'ont fait que méconnaître les bienfaits de
Dieu en adorant un autre que Lui, c'est-à-dire les idoles et les statues,
qui ont «répondu par des blasphèmes aux bienfaits d'Allah et qui ont causé
la perdition de leurs peuples» [Coran XIV, 28]. Ils ont mécru au Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue- et l'ont comabttu en le faisant sortir de
sa ville. Dieu les a privés de Ses bienfaits et fait périr une partie d'eux
le jour de Badr. Ensuite la ville se rendit au Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- et aux croyants, ils l'ont conquise et humilié les
impies.
«Qui est plus coupable que celui qui invente des mensonges sur Allah»
après que la vérité ne lui fût parvenue. Certes celui qui a renié Allah
subira le châtiment le plus atroce. «L'Enfer n'est-il pas le séjour des
impies?».
«Nous soutiendrons dans notre voie ceux qui combattent pour notre
cause», c'est-à-dire le Messager et ses compagnons fidèles, et Dieu
leur montrera la voie droite celle du bien dans les deux mondes, car
«Allah est avec les bons», et qui font le bien. On a rapporté, d'après
Ach-Cha'bi, que Jésus, le fils de Marie, a dit: «La charité consiste à
répondre par le bien à celui qui t'a nui, et non envers qui t'a fait un
acte pareil».
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