Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 3 trad. humaine
3 - Sûratu-âl-îmran
Bismi-L-Lâhi-R-Rahmâni-R-Rahîm
'Alef-Lâm-mîm (1) 'Al-Lâhu là 'ilâha 'illâ huwa-1-hayyu-l-qayyûm (2)
nazzala 'alayka-1-kitâba bi-1-haqqi musaddiqal-Iimâ bayna yadayhi wa
'anzala-t-tawrâta wa-l-'injîl (3) min qablu hudal-linnâsi wa 'anzala-1-fur-
qàna 'inna-1-ladîna kafarû bi'âyâti-L-Lâhi lahum 'adâbun sadîdun wa-L-
Lâhu 'aâzun dû-n-tiqâm (4).
3 - Sourate de la Famille d'Imran
200 versets
Révélée à Médine après la sourate du Butin
Au nom d'Allah le miséricordieux le Très Miséricordieux.
Alif. Lam. Mim.(l) Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah, le Vivant, l'anima-
teur de PUnivers.(2) Il t'a révélé le Livre, somme des vérités, qui confirme
ce qui l'a précédé. Il avait révélé le Pentateuque et l'Evangile aupara-
vant.(3) Pour servir de direction aux hommes. Et II a révélé le critérium du
bien et du mal. Ceux qui renient les signes d'Allah subiront un châtiment
terrible. Allah est puissant et réprime. (4).
Nous avons déjà montré que le nom Sublime de Dieu se trouve
dans ce verset: «Il n'y a d'autre Dieu q' Allah, le Vivant, l'animateur de
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l'Univers» en commentant le verset du Trône (voir n: 255 de la sourate
de la vache).
«n t'a révélé le Livre, somme des vérités» Il s'agit du Coran révélé à
Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- en toute vérité et sans
aucun doute, Il l'a révélé avec Sa Science, les anges en témoignent.
Dieu suffit comme témoin. Ce livre déclare véridique ce qui était avant
lui et révélé aux autres Prophètes et Messagers en corroborant les en-
seignements, les événements déjà racontés et confirment l'avènement
de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et la révélation du Co-
ran qui abroge par sa teneur et sa véracité tous les autres Livres.
Dieu a fait descendre la Tora -ou le Pentateuque- sur Moïse Ben
'Imran et l'Evangile sur Jésus fils de Marie -que Dieu salue tous les
deux. Ces livres constituaient auparavant une direction pour les hom-
mes. Il les suivit par le Coran qui est une distinction entre la bonne
voie et l'égarement, et entre l'erreur et la vérité. Car le Coran contient
les arguments, les signes clairs et les preuves évidentes.
Ceux qui ne croient pas aux signes de Dieu, un châtiment doulou-
reux leur est destiné pour prix de leur reniement et de leur incrédulité.
Dieu est puissant et se venge de ceux qui traitent Ses signes de men-
songes et s'opposent à Ses Prophètes et Messagers.
'inna-L-Lâha là yahfâ 'alayhi say'un fl-l-'ardi walâ fî-s-samâ'i (5) huwa-1-
ladî yusawwirukum fî-l-'arhâmi kayfa yasâ'u là 'ilâha 'illâ huwa-l-'azîzu-
1-hakîm (6).
Allah sait tout ce qui passe dans les deux et sur la terre. (S). C'est
Lui qui vous façonne à Sa guise dans le sein de vos mères. H n'y a d'autre
Allah que Lui, le puissant, le sage. (6).
Dieu, certes, connaît le visible et l'invisible et rien ne Lui est caché
dans les deux et sur la terre. «C'est Lui qui vous façonne à sa guise dans
le sein de vos mères» c'est à dire II accorde la beauté comme II accorde
la laideur, crée le mâle et la femelle, le bienheureux et le malheureux.
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«Il n'y a d'autre Allah que Lui, le puissant, le sage» une attestation
de Son unicité, Il n'a pas d'associés, le puissant sur toute chose dont
nul ne peut disputer Sa puissance, le sage dont Sa science embrasse
tout. On trouve dans ce verset une allusion même une déclaration que
Jésus le fils de Marie n'est qu'un serviteur créé comme les autres.
Comment donc pourra-t-il être un Dieu comme prétendent les chrétiens
alors que c'est Dieu qui l'a façonné comme II l'a voulu dans le sein de
sa mère où il a subi des transformations successives comme toutes
les autres créatures? Dieu montre également ces phases de la créa-
tion dans ce verset: «Il vous a créés dans les entrailles de vos mères: créa-
tion après création dans trois ténèbres») [Coran XXXIX, 6].
huwa-l- ladî 'anzala 'alayka-1-kitâba minhu 'âyâtum-muhkamâtun hunna
'ummu-1-kitâbi wa 'uharu mutasâbihâtun fa'amma-1-ladîna fi qulûbihim
zaygun fayattabi'ûna ma tasâbaha minhu-btigâ'a-1-fitnati wa-btigâ'a
ta'wîlihî wamâ ya'lamu ta'wîlahû 'illâ-1-L-Lâhu wa-r-râsihûna fi-l-'ilmi
yaqûlûna 'âmanna bihî kullum-min 'indi rabbina wa ma yaddakkaru 'illâ
'ulû-l-'albâb (7) rabbanâ là tuzi' qulûbanâ ba'da 'id hadaytanâ wa hab la-
nâ mi-1-ladunka rahmatan 'innaka 'anta-1-wahhâb (8) rabbanâ 'innaka jâ-
mi'u-n-nâsi liyawmi-1-lâ rayba fîhi 'inna-L-Lâha là yuh]ifu-l-mi'âd (9).
C'est Lui qui t'a révélé le Livre. Il se compose de versets fondamen-
taux, qui sont la base du Livre, et d'antres qui constituent des développe-
ments. Les malveillants ne s'en tiennent qu'à ces derniers versets dont les
ressemblances prêtent à confusion pour créer le désordre et satisfaire leur
goût de discussion. Et les rapports qu'il y a entre ces deux sortes de ver-
sets, Allah seul les connaît ainsi que les vrais savants. Ces derniers diront:
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Nous croyons dans ce Livre, tout ce qu'il renferme vient de notre Seigneur.
Mais , seuls, les gens sensés tirent parti des enseignements. (7) Seigneur, ne
détourne pas nos cœurs de la voie droite après que Tu nous l'a montrée.
Etends sur nous Ta miséricorde, car Tu es le vrai dispensateur. (8) Sei-
gneur, Tu rassembleras les gens au jour inéluctable. Allah ne décommande
pas les rendez-vous qu'il a donnés. (9).
Dieu veut dire que dans le Coran il y a des versets clairs qui ne
suscitent aucune ambiguité, et d'autres qui peuvent prêter au doute.
Quiconque renvoie ces derniers aux premiers en les traitant comme
écoulant d'eux et s'attache aux versets clairs, aura trouvé le chemin
droit, et si c'est le contraire, il sera égaré et perdant. C'est pourquoi
Dieu les appelle «La prescription-mère» c'est à dire son fondement, et
les autres «figuratifs» quant à la prononciation et à la structure et ja-
mais à cause de leur sens.
Les docteurs musulmans les ont commentés comme suit:
- Ibn Abbas: Les versets fondamentaux abrogent les autres, ils
constituent le licite, l'illicite, les devoirs, les prescriptions et les interdic-
tions.
- Sa'id ben Joubaï'r: Ils forment la mère du Livre parce qu'on les
trouve dans d'autres Livres.
- Mouqatel: Nul parmi les hommes qui professent une autre reli-
gion que l'islam ne s'y conforme.
Quant aux versets figuratifs ou qui prêtent au doute, ils sont les
versets abrogés (à savoir que dans le Coran il y a des versets abro-
geants et d'autres abrogés), ceux qui parlent du passé ou de l'avenir,
les exemples, en quoi on croit mais on ne le suit pas. Mais Ibn Abbas
précise qu'ils sont les lettres détachées qu'on trouve au début de cer-
taines sourates.
Pour Mouqatel et Moujahed, les versets figuratifs qu'on rencontre
au fil du discours donnant le même sens, ou qu'ils donnent les caracté-
ristiques et les qualités des deux choses contradictoires telles: le Para-
dis et l'Enfer, la situation des croyants et celle des incrédules (dans la
vie future) etc..
Mais la meilleure interprétation, selon l'auteur de cet ouvrage, est'
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celle donnée par Ibn Yassar qui a dit: «Les versets fondamentaux
constituent les arguments du Seigneur, qui préservent les hommes, et
qui repoussent l'erreur. On ne peut ni les décliner ni les altérer en leur
donnant un autre sens. Quant aux figuratifs ou qui prêtent au doute, ils
sont une épreuve pour les hommes, comme ils sont le licite et l'illicite,
afin qu'ils se maintiennent sur la voie droite sans être égarés».
C'est pourquoi Dieu a dit: «les malveillants ne s'en tiennent qu'à ces
derniers» pour se dévier du chemin droit et suivre l'égarement «pour
créer le désordre» en s'attachant à ce qui prête au doute en l'interpré-
tant à leur guise ne cherchant que satisfaire leur penchant, car ils sont
incapables de traiter de la sorte les versets fondamentaux. On donne à
titre d'exemple les chrétiens qui s'appuient sur ce qui est mentionné
dans le Coran au sujet de Jésus fils de Marie comme étant un Esprit
émanant de Dieu et une Parole jetée en Marie, et ils rejettent le verset
qui dit: «Lui n'était qu'un serviteur auquel nous avions accordé notre
grâce») [Coran XLIII, 59] et cet autre: «Oui, il en est de Jésus comme
d'Adam auprès de Dieu: Dieu l'a créé de terre puis D lui a dit: «Sois» et il
est [Coran III, 59] et d'autres versets aussi.
«... et satisfaire leur goût de discussion» c'est à dire, d'après Mouqa-
tel et As-Souddy: «Ils cherchent à savoir ce qu'il y aura lieu en le re-
cherchant dans le Coran». Aicha -que Dieu l'agrée- a rapporté: «Après
avoir récité ce verset: «C'est Lui qui t'a révélé le Livre... jusqu'à ... seuls
les gens sensés tirent parti des enseignements», L'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- a dit aux fidèles: «Si vous rencontrez des hom-
mes qui discutent ces choses-là, Us sont ceux que Dieu a désignés, méfiez-
vous d'eux». (Rapporté par Boukhari, Mouslim et abou Daoud) (l>
Abou Oumama a rapporté qu'en commentant ce verset: «Les mal-
veillants s'en tiennent à ces derniers versets..», le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- dit: «Ce sont les Khawarejs», ainsi quand il interpréta
ce verset: «Le jour où certains visages s'éclaireront tandis que d'autres vi-
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sages seront noirs») [Coran III, 106]. Bien que ce hadith est arrêté chez
ce compagnon sans le remonter, son sens est vrai. En effet la pre-
mière innovation qui a eu lieu dans l'islam, était celle des «Khawarejs»
qui demeurait leur principe à cause de leur amour pour ce bas monde
lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait partagé le
butin de Hounaïn en constatant qu'il n'a pas été équitable dans cette
répartition et en le jugeant ainsi mus par leur faux raisonnement.
Un de ces Khawarejs appelé «Dzoul-Khowaisira» dit au Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-: «Sois équitable!» Il lui répondit: «Tu es
perdant et humilié! Si je n'étais pas équitable, Dieu m' aurait-Il confié les
habitants de la terre et vous non?» Après le départ de cet homme, Omar
demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'aurosi-
sation de le tuer, mais il lui dit: «Non, laisse-le. De la postérité de cet
homme, naitront des gens qui réciteront le Livre de Dieu avec nonchalance,
leur voix ne dépasseront par leur gosier et chacun d'entre vous répugnera
de faire la prière avec eux. Ils sortiront de la religion (en tant que rebel-
les) comme une flèche qui perce un gibier. LÀ où vous les trouverez, tuez-
les, car quiconque tuera l'un d'eux sera récompensé»* ' .
Ces Khawarej firent leur apparition du temps du Califat Ali ben Abi
Taleb qui les tua à «An-Nahrawan». Mais au fil de jours plusieurs sec-
tes issues d'eux se répandirent dans différentes régions et eurent leur
propre dogme et leurs opinions. D'autres sectes aussi firent leur appa-
rition tels que les Kadaria, les Mou'tazila, les Jahamia et d'autres qui
créaient des innovations en matière religieuse, une chose que le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait prédite quand il a dit:
«Cette communauté sera répartie en soixante-treize sectes qui seront préci-
pitées dans le feu à l'exception d'une seule» On lui demanda: «O Envoyé
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de Dieu, laquelle de ces sectes sera sauvée?» Il répondit: «Celle qui
me suivra ainsi que mes compagnons» (Rapporté par AI-Hakem) (I) .
«Allah seul les connaît» c'est à dire les versets figuratifs. Mais qua-
tre commentaires ont été dits à ce sujet:
1 - Un commentaire dit que les hommes ne sont pas tenus de le
savoir.
2 - Un autre dit que les Arabes le connaissent déjà à cause de
leur éloquence et leur langue.
3 - Un troisième: seuls les hommes versés le connaissent.
4 - Un quatrième: seul Dieu le connait.
En effet pour bien diriger les hommes, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- leur dit: «Le Coran n'a pas été révélé pour que cer-
tains versets contredisent les autres. Ce que vous comprenez et saisissez,
mettez-le en pratique, mais ce qui prête au doute, croyez-y tout simple-
ment».
«... ainsi que les vrais savants» mais qui sont ces savants?
- Nous le sommes, comme a déclaré Ibn Abbas, et nous connais-
sons très bien l'interprétation de ces versets.
- Ils sont les hommes versés dans la religion qui connaissent l'inte-
prétation et y croient, selon les dires de Moujahed.
Dieu seul et ceux qui sont encradnés dans la Science qui disent:
«Nous y croyons» d'après Mouhammad ben Ja'far ben Az-Zoubaîr.
Les docteurs musulmans rattachent l'interprétation des versets fi-
guratifs à celle des versets fondamentaux qui ne comportent qu'une
seule interprétation. Ainsi chaque verset confirme un autre et par la
suite on ne trouve aucune fêlure dans le Coran, et il n'y a aucune
place à une contradiction ou une erreur. A ce porpos on cite ce hadith
où le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait invoqué Dieu en
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faveur d'Ibn Abbas en disant: «Mon Dieu, instruis-le dans la religion et
enseigne-le l'interprétation».
Par ailleurs et d'après les opinions des ulémas, l'interprétation du
Coran comporte deux branches:
- La première: elle est une explication d'une chose et à quoi elle
aboutit, on donne à titre d'exemple les dires de Joseph à son père: «O
mon père, voici, l'explication de mon ancienne vision») [Coran XII, 100},
ainsi ces dires de Dieu concernant le jour de la résurrection: «Qu'at-
tendent-ils sinon son accomplissement Le jour où viendra son accomplisse-
ment») [Coran VII, 53]. Si on admet cela, on doit donc, en récitant le
verset, s'arrêter là: «Allah seul les connaît» étant donné qu'il est le
seul à connaître la vérité des choses et leur nature, et la phrase: «ainsi
que les vrais savants» sera indépendante qui porte sur la croyance en
ces versets.
- La deuxième: qui consiste à interpréter et expliciter le sens, on
donne à titre d'exemple les deux hommes qui se trouvaient en prison
avec Joseph et ayant fait des songes, lui dirent: «Fais-nous connaître la
signification de tout ceci») [Coran XII, 36]. Dans ce cas on doit coordon-
ner les deux phrases car les hommes sensés saisissent bien le sens
des paroles de Dieu même s'ils ne connaissent pas à la perfection la
réalité des choses qui dépend de Dieu seul, mais ils y croient et
connaissent le but.
Dans tous les cas, les gens sensés croyent aussi bien aux versets
fondamentaux qu'aux figuratifs disant: «Nous croyons dans ce Livre, tout
ce qu'il renferme vient de notre Seigneur» et on n'y trouve aucune contra-
diction plutôt une corroboration que Dieu confirme dans ce verset: «Ne
méditent-ils pas sur le Coran? Si celui-ci venait d'un autre que Dieu ils y,
trouveraient de nombreuses contradictions») [Coran IV, 82].
Oubaidallah Ben Yazid, qui vivait du temps de Anas, Abou Ouma-
ma et Abou Ad-Darda', a rapporté qu'on demanda l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet des hommes qui sont enraci-
nés dans la Science, il répondit: «Ils sont ceux qui tiennent leur serment,
ne disent que la vérité, ont le cœur droit, ne mangent que le licite et sont
chastes».
L'imam Ahmed rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
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et le salue- ayant entendu des hommes discuter au sujet du Coran et
de ses versets, leur dit: «Des hommes qui vous ont précédés n'ont péri
qu'à cause de cela, ils ne faisaient que rechercher ce qu'il y a de contradic-
tion dans le Livre de Dieu (selon leur présomption). Or le Livre n'a été
descendu que pour qu'une partie des versets corrobore et confirme l'autre.
Dites ce que vous en connaissez, et ce que vous ignorez, confiez-le à vos sa-
vants» (Rapporte par Ahmed) (1) .
Quant à Nafé Ben Yazid, il a dit: «Les vrais savants sont les sou-
mis à Dieu et qui s'humilient devant Lui pour acquérir Sa satisfaction.
Ils ne s'enorgueillissent pas sur ceux qui leur sont supérieurs et ne dé-
daignent pas ceux qui leur sont inférieurs.
Puis Dieu montre la conduite de ces savants qui l'implorent par
ces mots: «Seigneur, ne détourne pas nos coeurs de la voie droite après que
Tu nous l'a montrée» qui signifient: Ne dévie pas nos cœurs de la
bonne direction après nous avoir dirigés, ne fais pas que nous pen-
chions vers l'erreur à la façon de ceux qui s'attachent à ce qui prête
au doute, plutôt affermis-nous sur la voie droite, et «Etends sur nous Ta
miséricorde» par laquelle Tu affermis nos cœurs, Tu établis la concorde
entre nous et Tu augmentes notre foi, car Tu es le Dipensateur par ex-
cellence.
Oum Salama rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- disait souvent: «O Toi qui tournes les cœurs, affermis mon
cœur sur Ta religion, puis il récitait: «Seigneur, ne détourne pas nos cœurs
de la voie droite après que Tu nous l'as montrée. Etends sur nous Ta misé-
ricorde, Car Tu es les vrai dispensateur».
Suivant une autre version, Oum Salama raconta qu'elle entendait
souvent l'Envoyé de Dieu -qu'Allah fe bénisse et le salue- invoquer
Dieu par ces mots: «Mon Dieu Toi qui tournes les cours, affermis mon
cœur sur Ta religion» Elle lui demanda: «O Envoyé de Dieu, le cœur se-
ra-t-il tourné?» Il lui répondit: «Oui. Dieu n'a créé un homme sans que son
cœur ne soit entre deux des doigts de Dieu à Lui la puissance et la gloire.
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S'il le veut, Il l'établit sur la voie droite, et s'il le veut, Il l'en détourne».
Oum Salama lui dit alors: «Enseigne-moi donc une invocation pour que
je la formule en ma faveur». Il répliqua: «Dis: «Mon Dieu, le Seigneur de
Mouhammad, absous mes péchés, dissipe la colère de mon coeur et préserve-
moi du mal des tentations» (Rapporté par Ibn Mardaweih et Ibn Jarir (1> :
Un autre hadith dans le même sens a été rapporté par 'Aicha -que
Dieu l'grée-. Elle a rapporté aussi que, quand le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- s'éveillait la nuit, il disait: «Il n'y a de Dieu que Toi,
gloire à Toi. Je Te demande de me pardonner, d'étendre sur moi Ta miséri-
corde, d'augmenter ma science, de ne plus détourner mon cœur après
m'avoir dirigé. Accorde-moi une miséricorde venant de Toi, Tu es le Su-
prême Donateur» (Rapporté par Abou Daoud et Nassaf) <2> .
«Seigneur, Tu rassembleras les gens au jour inéluctable» c'est à dire
que les fidèles disent dans leur invocation: Seigneur, Tu réuniras les
hommes le jour de la résurrection, Tu trancheras leurs différends, Tu
rétribueras chacun selon ses œuvres qu'il a accomplies dans le bas
monde».
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'inna-1-ladîna kafarû lan tugniya 'anhum 'amwâluhum walâ 'awladuhum
mina-L-Lâhi Say'an wa 'ulâ'ika hum waqûdu-n-nâr (10) kada'bi 'âli
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431
fir'awna wa-1-ladîna min qablihim kaddabû bi 'âyâtinâ fa 'ahadahumu-L-
Lâhu bidunûbihim wa-L-Lâhu sadîdu-l-'iqâb (1 1).
Quant aux infidèles, leurs richesses ou leurs enfants ne leur seront
d'aucune utilité auprès d'Allah. Ils seront la proie du feu. (10) Comme les
gens de Pharaon et ceux qui les ont précédés. Pour avoir traité nos signes
de mensonges, Allah ne leur a pas fait grâce de leurs péchés. Et Allah est
terrible dans ses châtiments.(ll).
Ces versets montrent le sort des incrédules au jour de la résur-
rection et qu'ils seront l'aliment du Feu, comme le montre également
ce verset: «Le jour où les excuses présentées par les injustes leur seront
inutiles. Ils seront alors maudits. La pire des demeures leur est desinée»)
[Coran XL, 52]. Ce que les infidèles avaient amassé comme riches-
ses dans le bas monde et la postérité qu'ils avaient engendrée ne les
metteront aucunement au large vis-vis de Dieu, ne les sauveront plus
du châtiment du Feu et iis subiront des supplices très douloureux.
Leur cas est présenté aussi dans ces deux versets: «Que leurs riches-
ses et leurs enfants ne t'émerveillent pas; Dieu ne veut par là que les châ-
tier en cette vie et qu'ils meurent incrédules») [Coran LX, 55]. et: «Que
l'agitation des incrédules habitants ce pays ne te trouble pas * Piètre
jouissance éphémère! La géhenne sera ensuite leur demeure: quel détes-
table Ut de repos») [Coran III, 196-197].
Oum Al-Fadl a raconté: «L'envoyé de Dieu -qu'Aliah le bénisse et
le salue-, dans une nuit à La Mecque, répéta par trois fois: «Ai-je trans-
mis le message?» Omar Ben Al-Khattab, qui était très compatissant, ré-
pondit: «Certes oui, je jure par Dieu. Tu l'as fait avec un désir ardent,
tu as déployé tes efforts et tu as prodigué de conseils. Sois patient»
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- répliqua: «La foi l'emporte-
ra et l'incrédulité sera repoussée jusqu'à ses sources. Des hommes pren-
dront le large pour répandre l'islam. Il arrivera un jour où les hommes
réciteront le Coran et l'enseigneront. Ils diront: Nous avons lu et enseigné,
qui donc pourra être mieux que nous? De ceux-là on n 'attendra aucun
bien» Les fidèles lui demandèrent: «Qui sont ces gens ô Envoyé de
Dieu?» Il rétorqua: «Ils sont des vôtres. Ceux-là seront l'aliment du feu».
(Rapporté par Ibn Abi Hatem et Ibn Mardawih) (1>
432
L'exemple de ces incrédules est Pharaon et sa cour qui ont traité
les signes de Dieu de mensonge et se sont opposés aux Messagers
de Dieu. Dieu certes est terrible dans Ses châtiments.
qui li-1-ladîna kafarû satuglabûna wa tuhsarûna 'ilâ jahannama wa bi'sa-
1-mihâd (12) qad kâna lakum 'âyatun fî fi'atayni-1-taqatâ fi'atun tuqâtilu
fî sabîli-L-Lâhi wa 'uhrâ kâfiratun yarawnahum mitlayhim ra'ya-l-'ayni
wa-L-Lâhu yu'ayyidu binasrihi may-yasa'u 'inna fî dâlika la 'ibrata-1-
ti'ulî-l-'absâr (13)
Dis aux infidèles: «Vous serez défaits puis précités en foule dans l'En-
fer. Quel triste séjour. (12) Vous avez l'exemple de ces deux armées qui se
sont affrontées, l'une en combattant pour la cause d'Allah, l'autre incré-
dule. Cette dernière paraissait à vos yeux deux fois plus nombreuse que
l'autre. Mais Allah donne la victoire à qui II veut. C'est une leçon pour
ceux qui méditent (13).
Dieu ordonne à Son Prophète: O Mouhammad, dis aux incrédules:
Vous serez vaincus, dans le bas monde, et au jour de la résurrection,
vous serez rassemblés dans la Géhenne. Quel détestable lit de repos.
Mouhammad Ben Ishaq raconte: «Après sa victoire à Badr sur les
polythéistes Qorachites, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- revint à Médine, rassembla les juifs dans le marché de Bani Qa-
nouqa'. Il leur dit: «O peuple juif! Embrassez l'Islam avant que Dieu ne
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vous inflige de la défaite qu'ont subie les Qoraïchites» Ils lui répondirent:
«O Mouhammad! Que cette bataille où tu as eu le pas sur cette troupe
de Qoraïchites ne te trouble pas. Ils n'étaient que des gens inexpéri-
mentés dans les combats. Par Dieu, si tu nous déclares la guerre, tu
sauras que nous sommes les vrais guerriers à qui tu n'a pas fait en-
core face» Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Dis aux infidèles:
«Vous serez défaits puis précipités en foule dans l'enfer» jusqu'à c'est une
leçon pour ceux qui méditent» (Rapporté par Ibn hhaq) (I> .
C'est pourquoi Dieu avertit les juifs qu'un signe leur a été donné
prouvant qu'il fortifie Sa religion, donne la victoire à Son Prophète sur
ses ennemis, afin que Sa Parole soit la plus élevée. Ce signe se mani-
festa lorsque deux troupes se rencontrèrent pour se battre: les uns
combattaient pour la cause de Dieu, et les autres étaient les incrédules
parmi les Qoraïchites, et ce combat avait lieu à Badr.
«Cette dernière paraisait à vos yeux deux fois plus nombreuse que
l'autre» Ce verset était un sujet de controverse entre les ulémas:
- Les uns ont dit: Les polythéistes voyaient de leurs propres yeux,
les musulmans, le jour de Badr, en nombre deux fois supérieur au leur.
En d'autres termes, Dieu faisait montrer le nombre de croyants comme
étant deux fois supérieur à celui des incrédules afin d'accorder la vic-
toire aux musulmans. Mais en fait, les polythéistes avaient envoyé
Omar Ben Sa'd pour guetter les musulmans et évaluer leur nombre
avant le combat. Il leur dit qu'ils étaient trois cents et quelques hom-
mesx. En réalité ils étaient 31 3 hommes mais, lors du combat, Dieu
leur avait envoyé un renfort de mille anges.
- Les autres ont dit: «les musulmans, de leurs propres yeux, voy-
(^r*L ii\ Jjî \j*S-J JjfJl ji" Il :Jlîj (£&*» ^) Jj- ^i JjfJI ç**r 4^-Ujl
ililî* jl? ,J iliî, ^LJI ^~J UÏ ÇJyJ \slM jj ilj L4 iJliiJI ôjhj*, "il IjUit
434
aient les polythéistes en nombre deux fois supérieur au leur, et pour-
tant Dieu leur a accordé la victoire, bien que certains ont rapporté que
le nombre des incrédules variait entre neuf cent et mille, ce qui consti-
tuait le triple.
Une question se pose: Quel est le point commun entre les deux
opinions sus-mentionnées, et ce verset où Dieu avait raconté l'histoire
de la bataille de Badr et dit: «Lorsque vous rencontrâtes vos ennemis, Al-
lah les fît apparaître à vos yeux moins nombreux qu'ils n'étaient, de même
s'il vous fit apparaître à leurs yeux moins nombreux. Allah exécuta ainsi
l'ordre qu'il avait décrété») [Coran VIII, 444]? On trouve la réponse
dans les dires suivants:
- ibn Mass'oud rapporte: Le jour de Badr, nous regardâmes les po-
lythéistes, pour la première fois, et constatâmes que leur nombre était
le double du nôtre. Nous les regardâmes, pour la deuxième fois, nous
trouvâmes que leur nombre était équivalent au nôtre. Tel est le sens
du verset.
- Ibn Mass'oud rapporte également: «Leur nombre était tellement
inférieur au nôtre quand nous les regardâmes, au point que j'ai dit à un
fidèle qui se trouvait à mes côtés: Penses-tu que leur nombre dé-
passe-t-il les 70?» Il me répondit: «Je crois qu'ils sont au nombre de
100». Mais en captivant un des leurs et lui demandant de leur nombre,
il nous dit qu'ils étaient 1000 hommes. Ainsi quand les musulmans re-
gardaient les polythéistes, ils les trouvèrent deux fois plus qu'eux afin
qu'ils se confient à Dieu et demandent Son secours.
Par contre quand les polythésites regardaient les musulmans, ils
les trouvèrent deux fois plus qu'eux pour être pris de panique. Mais
quand les deux années s'affrontèrent et le combat fit rage, Dieu fût di-
minuer chaque armée aux yeux de l'autre afin que chacune d'elles
fonde sur l'autre, et Dieu exécuta ainsi l'ordre qu'il avait décrété pour
distinguer entre la vérité et l'erreur, et afin que Sa Parole soit la plus
élevée. II a voulu rendre les croyants très puissants et humilier les in-
crédules comme II a dit: «Dieu vous a cependant secourus à Badr, alors
que vous étiez bomiliés») [Coran III, 123]. Il termina ces versets par:
«Allah donne la victoire à qui II veut. C'est une leçon pour ceux qui médi-
tent» qui signifie un enseignement pour ceux qui sont doués de clair-
voyance afin qu'ils constatent que Dieu réalise toujours Ses décisions
435
en accordant le secours aux fidèles dans le bas monde et dans l'au-
delà.
zuyyina li-n-nâsi hubbu-3-sahawâti mina-n-nisâ'i wa-1-banîna wa-1-
qanâtîri-1-muqantarati mina-d-dahabi wa-1-fîdati wa-1-hayli-l-musawwam-
ti wa-l-'an'âmi wa-1-harti dâlika matâ'u-1-hayâti-d-dunyâ wa-L-Lâhu 'in-
dahû husnu-1-ma'âb (14) qui 'a'unnabbi'ukum bihayrim min dâlikum li-1-
ladîna-t-taqaw 'inda rabbihim jannâtun tajri min tahtiha-l-'anhâru
hâlidîna fîha wa 'azwâjum-mutahharatun wa ridwânum-mina-L-Lâhi wa-
L-Lâhu basîrum bi-l-'ibâd (15).
Les hommes sont attirés par tout ce qui a de l'attrait, les femmes, les
enfants, les amoncellements d'or et d'argent, les chevaux de prix, les trou-
peaux, les champs de culture... éphémères jouissances dans ce bas monde.
Mais le plus beau séjour est auprès d'Allah, (14). Dis-leur: «Désirez-vous
connaître quelque chose de préférable à toutes ces jouissances?». Ceux qui
craignent Allah trouveront auprès de leur Seigneur des jardins arrosés d'eau
vive, où ils deumeureront éternellement, des épouses sans impureté, et les
grâces d'Allah. Allah observe Ses serviteurs. (15).
Dieu montre dans ces versets que les homme dans la vie pré-
sente sont attirés par ses clinquants et ses jouissances en citant les
femmes et les enfants. Il a commencé par les femmes car leur sédition
est pire que les autres jouissances. Une réalité qui est confirmée aussi
par ces paroles du Prophète: «je ne laisse après moi une sédition plus fu-
neste à l'homme que les femmes».
Mais si on cherche la femme pour garder la chasteté et fonder un
foyer dans te but d'avoir une postérité, ceci constitue un acte recom-
mandé voire obligatoire. Plusieurs hadiths ont été rapportés à cet
436
égard dans lesquels l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
avait déclaré que la meilleure des nations est celle où le nombre des
femmes dépasse celui des hommes. Il a dit:
- On m'a fait aimer les femmes et le parfum. Mais la prière est la joie
de mes yeux (1) .
- Ces bas monde n 'est que jouissances éphémères, or la meilleure jouis-
sance est la femme vertueuse qui, si tu la regardes, te plait. Si tu lui ordon-
nes, elle obéit. Si tu t'absentes d'elle, elle garde sa chasteté et tes biens.
(Rapporté par Nassatet Mouslim) f3) .
L'amour des enfants peut être pour la parure dans le bas monde
et l'orgueil, et aussi pour la progéniture et la multiplication de la
communauté de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- où il y
aura des hommes qui n'adoreront que Dieu seul sans rien Lui asso-
cier. Il incitait au mariage pour réaliser ce but quand il a dit: «Epousez
les femmes affectueuses et fécondes car je m'enorgueillirai de votre multi-
tude sur les autres nations le jour de la résurrection»^.
Quant à l'amour des richesses, tantôt il vise l'orgueil, l'ostentation
et l'arrogance sur les pauvres, ce qui est mépris; et tantôt pour dépen-
ser en aumône afin de se rapprocher de Dieu, ou pour les proches pa-
rents, les actes de charité, ce qui est loué et recommandé.
L'amour des chevaux est de trois sortes:
- Pour les consacrer au combat dans la voie de Dieu et les mettre
au service de ces guerrires quand ils en auront besoin.
- Pour être une charge à leurs propriétaires.
- Pour être une portière à celui qui les possède pour en profiter et
ne néglige pas ses devoirs envers Dieu en versant la zakate à leur su-
(3) .ci-Vill fji r Vl f£ jftC jpf jjljll jj»j!l l^pt :ijJ-Jl ^i cj
437
jet ou pour la copulation. (Nous en parlerons plus loin en commentant
la sourate du Butin).
Entre autres biens convoités figurent les troupeaux du bétail, les
terres cultivées. Souwaïd ben Houbaïra a rapporté que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les meilleurs biens que
puisse avoir un homme: une jument poulinière et une palmeraie fécondée».
Tout cela constitue pour l'homme une jouissance éphémère dans
la vie présente, mais le meilleur retour sera auprès de Dieu. On a rap-
porté qu'après la révélation de ce verset, Omar Ben Al-Khattab s'écria:
«Seigneur, serait-ce après nous avoir embelli ce bas monde?» L'autre
verset fut aussitôt descendu: «Dis-leur: «Désirez-vons connaître quelque
chose préférable à toutes ces jouissances?» Dieu ordonne à Mouhammad
de dire aux hommes que ceux qui Le craignent trouveront pour tou-
jours auprès de Lui des jardins où coulent les ruisseaux de différentes
boissons: du miel, du lait, du vin non enivrant et d'eau pure et limpide,
ce qu'un œil n'a vu, oreille n'a entendu et esprit humain n'a imaginé.
Ils y demeureront éternellement sans désirer aucun changement.
Ils y trouveront également des épouses toujours pures sans subir
ni menstruations ni lochies qu'ont les femmes dans ce bas monde. Et
la meilleure de toutes ces jouissances sera sans doute la satisfaction
de Dieu, une grâce qui dépassera toute les autres. Dieu, en observant
les hommes œuvrer, rétribuera à chacun la récompense qu'il méritera
selon ses actions.
'al-ladîna yaqûlûna rabbanâ 'innanâ 'âmannâ fagfir lanâ dunûbanâ waqi-
nâ 'adâba-n-nâr (16) 'assâbirîna was-sâdiqîna wa-1-qânitîna wa-1-munfïqî-
na wa-1-mustagfirîna bi-l-'ashâr(17).
Ceux qui craignent Allah sont ceux qui disent: «O Seigneur , nous
croyons, pardonne-nous nos péchés et préserve-nous du châtiment du feu»
(16). Ce sont ceux aussi qui sont sincères, patients, dociles, charitables et
implorent le pardon d'Allah au lever de l'aurore. (17).
Dieu promet à Ses serviteurs croyants la plus belle récompense,
438
ceux qui croient en Lui, en Ses Livres et en Ses Prophètes. Ils implo-
rent Son pardon et l'absolution de leurs péchés, et qui sont:
- Patients: en s'acquittant de leurs obligations et s'abstenant des
choses interdites et repréhensibles.
- Sincères: dont leur foi les porte à accomplir leur devoirs avec
zèle et assiduité.
- Dociles: pieux et soumis à Dieu.
- Qui dépensent de ce que Dieu leur a accordé: en aumône, pour
les proches parents les pauvres et les nécessiteux.
- Qui implorent, dès l'aube, le pardon de Dieu. Ceci montre sans
doute le mérite de l'imploration du pardon à ce moment-là».
A ce propos, il a été rapporté que, lorsque Jacob -que Dieu le sa-
lue- avait dit à ses enfants: «je vais, pour tous, demander le pardon de
mon Seigneur») [Coran XII, 98] il avait retardé cette imploration jusqu'au
lever de l'aurore. Et dans un hadith authentifié, le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Notre Seigneur descend chaque nuit dans le
ciel le plus proche, lorsqu'il ne reste qu'un tiers de la nuit et dit: «Qui
M'invoque, que Je puisse exaucer sa prière? Qui Me demande quelque
chose, que Je puisse la lui donner? Qui implore Mon pardon, que Je le lui
accorde?». (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1)
'Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- faisait la prière impaire (witr) au début de la nuit, à
son milieu, ou à sa fin et même juste avant le lever le l'aube».
Abdullah Ben Omar priait souvent la nuit et demandait à son do-
mestique: «O Nafe'l L'aube s'est-il levé?» Si la réponse était affirma-
tive, il multipliait ses invocations jusqu'au matin.
Ibrahim Ben Hateb a rapporté d'après son père qu'il a entendu un
homme dans un endroit de la mosquée dire: « O Seigneur! Tu m'as or-
donné et je T'ai obéi. Puisque c'est le lever de l'aurore, pardonne-
^ ^ y ï.uVti JJL. ^ J* :JjiJ ty Ji\ JJfl £X ^ ^ l^jJt ,U_JI
439
moi». Il constata que cet homme n'était qu'lbn Mass'oud -que Dieu
l'agrée-
sahida-L-Lâhu 'annahû là 'ilâha 'illâ huwa wa-1-malâ'ikatu wa 'ulû-'îlmi
qâ'imam bilqisti là 'ilâha 'illâ huwa-l-'azîzu-l-hakîm (18) 'inna-d-dîna 'in-
da-L-Lâhi-l-'islâmu wamâ htalafa-1-ladîna 'utû-1-kitâba 'illâ mim ba'di
ma jâ'ahumu-1- 'ilmu bagyam baynahum wa may-yakfur bi'âyâti-L-Lâhi
fa'inna-L-Lâha sari'u-1-hisâb (19) fa'in hâjjûka faqul 'aslamtu wajhiya li-
L-Lâhi wa man-ittaba'ani wa qui li-1-ladîna 'utû-1-kitâba wa-l-'ummiyyi-
na 'a'aslamtum fa'in aslamû faqadi-htadaw-w-wa'in tawallaw fa'innama
'alayka-1-balâgu wa-L-Lâhu basîrum bi-l-'ibâd (20).
Allah proclame et avec Lui les anges et les hommes de science, qu'il
n'y a d'autre Allah que Lui et qu'il régne par la justice. Il n'y a d'autre Al-
lah que Lui, le puissant et le juste. (18) Là religion d'Allah est l'Islam. Les
gens du Livre ne se sont divisés entre eux qu'après avoir reçu la vérité,
poussés par la jalousie. Celui qui repousse les enseignements d'Allah, Allah
est prompt à régler son cas. (19) A ceux qui contrediront, dis leur: «Moi, je
me suis soumis à Allah ainsi que ceux qui me suivent. Demande à ceux qui
ont reçu le Livre et aux illettrés: «Vous soumettez-vous?» S'ils se soumet-
tent, ils seront dans la bonne voie. S'ils s'insurgent, rappelle-toi que ton
rôle se borne à les avertir. Allah observe Ses serviteurs. (20).
Dieu est le plus sincère et le plus véridique des témoins quand II
atteste et déclare qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, l'Unique, le créateur,
et que tous les hommes sont Ses serviteurs qui ont toujours besoin de
Lui, mais Lui, se suffit des autres, puis II joint le témoignage des anges
440
et des hommes versés et savants au Sien, ce qui montre le mérite de
ces hommes.
Il maintient la justice, Il ne lèse personne et réprime l'injustice
voire l'interdire, Il est le puissant et le sage. Al-Zoubair Ben AL-'Awam
a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue-, alors qu'il se trouvait à 'Arafa, réciter ce verset et dire à la fin:
«Et moi aussi je témoigne ô mon Seigneur».
Ghaleb Al-Qattan raconte: «Je vins à Koufa pour faire le
commerce et j'habitai tout près de AI-'A'mach. Une nuit, voulant quitter
ma demeure, je le vis faire sa prière nocturne et l'entendis réciter ce
verset: «Allah proclame et avec Lui les anges..» Il dit à la fin: «Et moi
aussi je témoigne avec Dieu en lui confiant ce témoignage afin qu'il me
soit un dépôt auprès de Lui» Puis il répéta à plusieurs reprises: «la reli-
gion d'Allah est l'Islam» Je me suis dit: «Il y a là un certain secret que
j'aime savoir».
Au matin, voulant lui faire mes adieux, je lui dis: «O Abou Mou-
hammad, je t'ai entendu répéter ce verset!» Il s'écria: «N'as-tu pas
idée de son mérite?» Je lui répondis: «Ça fait un mois que j'habite
près de toi et tu m'en as jamais parlé» Il répliqua: «Par Dieu, je ne te
le dirai pas avant l'écoulement d'un an». Je passai ainsi un an qu'à sa
fin il me dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«Au jour de la résurrection, on amènera quiconque aura témoigné cela, et
Dieu dira: «Mon serviteur que voici s'est engagé vis-à vis de Moi dans le
bas monde, et il est de mon devoir de respecter mon engagement vis-à-vis
de lui. Faites entrer mon serviteur au Paradis» (Rapporté par Tabara-
AI .L* ^Jjl ji ;r JUjl jtjall jM V! *Jl "* Ja-àiy Utf pJUJI IjJjtj iSfcLJtj
tllji LijJ m juU :cJJ .ïjlj- UU tffSW^ -4' -^ ji^ 1 i>!^ *-i>j Al -^
fa- e-& (ii. Jl Ifj.iiiî.o-i V Jjlj :JU l^'w pJ j«i ii. iUiP lii :olî ïl^i
441
«la religion d'Allah est l'Islam» On entend par là que, l'Islam qui si-
gnifie la soumission à Dieu, aucune autre religion ne sera acceptée au-
près de Lui. Cette religion qui consiste à suivre les Messagers et ce
qu'ils ont apporté, mais comme Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le
salue- fut leur dernier ainsi que son message qui abrogea tous les pré-
cédents, quiconque ne suivra pas l'Islam, la religion qu'il aura suivie,
ne serait plus acceptée, comme Dieu le confirme dans un autre verset:
«Le culte de celui qui recherce une religion en dehors de l'Islam n'est pas
acceptée. Cet homme sera, dans la vie future, au nombre de ceux qui ont
tout perdu» [Coran III, 85].
Quant à ceux auxquels le Livre a été donné, une fois reçu la
science, les uns se sont opposés aux autres par jalousie, haine et ini-
mitié, et se sont divisés entre eux. Que ceux qui mécroient sachent
que Dieu est prompt dans ses comptes.
Dieu dit à Son Prophète, si ces gens-là argumentent contre toi au
sujet de l'unicité, réponds leur: «Moi, je me suis soumis à Allah ainsi
ceux qui me suivent» ne reconnaissant qu'un seul Seigneur à qui nous
vouons un culte pur. Dans le même sens Dieu dit dans un autre ver-
set: «Dis: «Voici mon chemin, j'en appelle à Dieu, moi, et ceux qui me sui-
vent» [Coran XII, 108]. Puis II lui ordonne d'appeler les hommes à se
soumettre à Lui et d'embrasser l'Islam, surtout ceux auquels le Livre a
été donné et les illettrés parmi les polythéistes, s'ils sont soumis, ils
sont bien dirigés, mais s'ils se détournent, ta mission s'arrête là et
Dieu réglera leur compte et les jugera car II observe parfaitement ce
qu'ils font, ils seront interrogés.
Le dernier verset sus-mentionné et d'autres qui lui sont pareils
qu'on rencontre dans le Coran, montrent que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a été envoyé vers tous les hommes, et cela est
confirmé par ce verset: «Dis: «O vous les hommes, je suis, en vérité, en-
voyé vers vous tous») [Coran VII, 158].
442
Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Par celui qui tient mon âme en Sa main, tout homme
qui entend parler de mon message, qu'il soit de cette nation ou un chrétien
ou un juif , n'y croit pas et meurt, il sera l'un des damnés de l'Enfer».
(Rapporté par MousUm) (1 K
Il a dit également: «J'ai été envoyé vers le rouge et le noir» (une ex-
pression qui signifie tous les hommes)». Il a dit aussi: «Tout Prophète,
avant moi, était envoyé vers son peuple. Quant à moi, je suis envoyé vers
tout le monde» (Rapporté par Boukhari et Mousttm) (i> '..
Anas Ben Malek raconte qu'un jeune homme juif était au service
du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, tomba malade et le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- alla le visiter alors que son père
se trouvait chez lui. Il lui dit: «O untel! Dis: il n'y a d'autre divinité que
Dieu» Le jeune homme regarda son père mais celui-ci garda le silence.
Comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- réitéra sa de-
mande, il regarda à nouveau son père qui lui dit: «Obéis à Aboul-Qas-
sem». Le jeune homme dit alors: «Je témoigne qu'il n'y a d'autre
divinité que Dieu, et je témoigne que tu es l'Envoyé de Dieu» Le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit en disant: «Louange à Dieu
qui l'a sauvé du feu grâce à moi» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) <3> .
Ji&fL-m Jijj) ijUl J*i j, ùlT VJ a, clUJ ifJSli yji ^ ôUj tqfrt* Vj
(3) KjJ°J $2$, ,^-JJ çjli OIT l&fto L*Sé Cl\ :« <S)I ^,j yJÎ je i-Uj-î fUyi ijjj
443
'inna-1-ladîna yakfurûna bi'âyâti-L-Lâhi wa yaqtulûna-n-nabiyyina
bigayri haqqin wa yaqtulûna-1-ladîna ya'murûna bi-1-qisti mina-n-nâsi fa-
bassirhum bi 'adâbin 'alîm (21) 'ulâ'ika-1-ladîna habitat 'a'mâluhum fî-d-
dunyâ wâ-l-'âhirati wamâ lahum min nâsirîn (22).
A ceux qui nient les enseignements d'Allah, mettent à mort ignomi-
nieusement les Prophètes et ceux qui prêchent le bien, annonce un châti-
ment douloureux. (21) Ils perdront le bénéfice de leurs actions dans ce
monde et dans l'autre et ne recevront aucun secours (22).
Dieu réprimande les gens du Livre qui ont commis tant de péchés
en transgressant les lois de Dieu, niant les signes de Dieu que leurs
Prophètes leur ont transmis en les traitant de mensonges, en se mon-
trant rebelles aux enseignements de Dieu, en choisissant autre que le
chemin droit tracé par leurs Prophètes, et en tuant une partie d'eux
rien que parce qu'ils les appelaient à Dieu, à suivre la Vérité et leur or-
donnaient la justice.
Abou Oubaida ben Al-Jarrah -que Dieu l'agrée- rapporte: «Je de-
mandai à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Qui, par-
mi les hommes, subira le châtiment le plus douloureux au jour de la
résurrection?» Il me répondit: «Un homme gui a tué un Prophète ou un
autre qui ordonnait le bien et déconseillait le repréhensible». Puis il récita
ce verset: «A ceux qui nient les enseignements d'Allah mettent à mort
iguomincieusement les Prophètes et ceux qui prêchent le bien, annonce un
châtiment douloureux». Ensuite il me dit: «O Abou Oubaida! Les fils d'Is-
raël ont tué 43 Prophètes au début de la journée dans une même heure, et
170 hommes parmi eux ont tué aussi à la fin de la journée ceux gui leur or-
donnaient le bien et déconseillaient le repréhensible. Ils sont ceux gue Dieu
les mentionne dans ce verset». (Rapporté par Ibn Abi Hatem et Ibn Ja-
rir) a >.
444
Quant à Abdullah Ben Mass'oud, il a rapporté qu'ils ont tué 300
Prophètes. Ces gens-là ne trouveront aucun défenser au jour de la ré-
surrection et leurs actions sont vaines en ce monde et dans l'au-delà.
'alam tara 'ilâ-1-ladîna 'utû nasîbam mina-1-kitâbi yud'awna 'ilâ kitâbi-L-
Lâhi liyahkuma baynahum tumma yatawalla farîqum minhum wahum
mu'ridun (23) dâlika bi'annahum qâlû lan tamassanâ-n-nâru 'illâ 'ayyâ-
mam ma'dûdâtin wa garrahum fî dînihim ma kânû yaftarûn (24) fakayfa
'idâ jama'nâhum liyawmi-1-lâ rayba fihi wa wufïîyat kullu nafsim ma ka-
sabat wa hum là yuzlamûû (25).
Ne vois-tu pas ces gens à qui une partie du Livre est parvenue et qui,
lorsqu'on les convie à faire arbitrer leurs différends par le Livre, s'y refu-
sent avec dédain? (23). Et cela parce qu'ils croient qu'ils ne subiront la
peine du feu que peu de jours. C'est leur fausse compréhension de la reli-
gion qui les jette ainsi dans l'erreur. (24) Qu'est-ce qu'il adviendra d'eux le
jour inéluctable où nous les réunirons, le jour où toute âme sera rétribuée
selon ses œuvres et où personne ne sera lésé.. (25).
Dieu désavoue le comportement des juifs et des chrétiens qui s'at-
tachent fortement à leurs Livres présumés: La Tora et l'Evangile, en
les appelant à la soumission à Lui, à prendre le Coran comme un juge
et à suivre Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ils s'en dé-
tournèrent avec dédain et s'éloignèrent poussés par leur obstination et
445
leur Insoumission. Ils prétendirent que le feu ne les touchera que du-
rant un temps limité, disant: «Nous subirons le châtiment du feu un
seul jour pour chaque mille ans de la vie présente, ce qui fera en tout
et pour tout sept jours (présumant que la durée de ce bas monde est
de 7000 ans). Et ceci parce qu'ils se sont laissés égarer dans leur reli-
gion par tout ce qu'ils ont inventé. Dieu les a laissés leurrer par leur
fausse religion ce à quoi nul pouvoir n'a été concédé.
Dieu les menace en disant: «Qu'est-ce qu'il adviendra d'eux le jour
inéluctable où nous les réunirons». Comment sera leur sort après avoir
nié les enseignements de Dieu, traité leurs Prophètes d'imposteurs en
les tuant avec ceux qui prêchaient le bien et déconseillaient le repré-
hensibles?» Certes Dieu les interrogera sur tout ce qu'ils auront ac-
compli dans le bas monde et chacun d'eux recevra la rétribution de
ses actions.
quli-l-Allâhumma mâlika-1-mulki tu'tî-1-mulka man tasâ'u wa tanzi'u-1-
mulka mimman tasâ'u wa tu'izzu man tasâ'u wa tudillu man tasâ'u biya-
dika-1-hayru 'innaka 'alâ kulli say'in qadîr (26) tûliju-1-layla fî-n-nahâri
wa tûliju-n-nahâra fî-1-layli wa tuhriju-1-hayya mina-1-mayyiti wa tuhriju-
1-mayyita mina-1-hayyi wa tarzuku man tasâ'u bigayri hisâb (27).
Dis: O mon Allah, Toi le Maître souverain, Toi qui confères et retires
le pouvoir à qui Tu veux, qui élèves et rabaisses qui Tu veux, Toi dont tout
le bonheur est entre Tes mains, Tu es tout - Puissant. (26). Toi qui fais suc-
céder la nuit au jour et le jour à la nuit, qui tires la vie de la mort et la
mort de la vie et qui distribues les richesses comme il Te plaît et sans
compter. (27).
Dieu ordonne à Son Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et
le salue- de Le louer, de Le glorifier, de Lui être reconnaissant, de se
fier à Lui, et de déclarer: «O Souverain du Royaume!» à qui appartient
446
tout ce qu'il se trouve dans les deux et sur la terre. Il est le Donateur
par excellence, comme II peut refuser à qui II veut».
Il y a dans ce verset une exhortation à reconnaître les faveurs et
les grâces de Dieu, surtout quand II a confié le Message à Mouham-
mad -qu'Allah le bénisse et le salue- et la prophétie à un Qoraïchite
arabe après l'avoir enlevée aux fils d'Israël. Il l'a envoyé vers les hom-
mes et les génies en lui accordant des qualités qui ont dépassé celles
conférées à d'autres Prophètes auparavant. Il lui a ordonné de profes-
ser l'Islam qui fut répandu dans les quatre coins du monde.
Dieu dispose de Ses créatures à Sa guise. Il honore qui II veut et
abaisse qui II veut. Nul n'a le droit de critiquer les décisions de Dieu
vers qui tout fera retour. A ceux qui ont objecté en disant: «Si seule-
ment on avait fait descendre ce Coran sur un personnage important de
l'une de ces deux cités?» Dieu répondit: «Sont-ils les dispensateurs de la
miséricorde de ton Seigneur?») [Coran XLIII, 31-32]. C'est à Lui qu'appar-
tient la Sagesse persurasive et II accorde la prophétie à qui II veut, en
le confirmant dans ce verset: «Dieu sait où placer Son message») [Coran
VI, 124] en préférant les uns aux autres.
Dieu fait pénétrer la nuit dans le jour et le jour dans la nuit, en al-
longeant l'un et raccourcissant l'autre, ou bien en leur donnant une du-
rée égale, qui sont des phénomènes qu'on remarque dans les quatre
saisons durant l'année.
«... qui tires la vie de la mort et la mort de la vie» qui signifie: Il fend
le grain pour faire pousser les plantations, comme II fait produire des
grains de ces dernières, ainsi un dattier d'un noyau et un noyau d'un
dattier, comme II peut faire un croyant d'un impie et vice versa, et cré-
er une poule d'un œuf et un œuf d'une poule.
Il accorde largement les richesses à qui II veut sans compter et
donne à d'autres en mesurant ses dons, tout dépend de Sa volonté et
de Sa sagesse.
Ibn Abbas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit: «Le nom Sublime de Dieu se trouve dans ce verset», et il récita:
«Ois: O mon Allah, Toi le Maître souverain...» jusqu'à la fin du verset.
447
lâ yattahidi-1-mu'minûna-l-kâfirîna 'awliyâ'a min dûni-1-mû'ninîna wa
man yaf al dâlika falaysa mina-L-Lâhi fi Say'in 'illâ 'an tattaqû minhum
tuqâtan wa yuhaddirikumu-L-Lâhu nafsahû wa 'ilâ-L-Lâhi-1-masîr (28)
Les croyants ne doivent prendre pour alliés que des croyants et non
des infidèles. Ceux qui le feraient perdraient tout appui auprès d'Allah à
moins que ce ne soit pour parer à un danger. Allah vous met en garde
contre sa colère. C'est devant loi que vous devez comparaître. (28).
Dieu à Lui la puissane et la gloire défend à Ses serviteurs
croyants de prendre les impies pour alliés et de leur manifester leur
amitié en dehors des fidèles, tout en menaçant de désavouer qui-
conque aura outrepassé Ses ordres et il n'aurait rien à attendre de
Dieu. C'est un ordre qui a été aussi confirmé par ce verset: «O
croyants, ne vous alliez pas à mes ennemis et aux vôtres. Vous leur offrez
votre amitié... jusqu'à Ceux d'entre vous qui s'allient à mes ennemis pren-
nent une mauvaise voie») [Coran LX, 1]. Il a dit également: «O vous qui
croyez, ne prenez pas les incrédules pour amis, de préférence aux croyants
Voudriez-vous donner à Allah une raison certaine de vous condamner?»)
[Coran IV, 144] et: «O vous croyez, ne prenez pas pour amis les juifs et
les chrétiens, ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les
prend pour amis, est des leurs») [Coran V, 51].
«A moins que ce ne soit pour parer à un danger» Il y en a donc ex-
ception quand ces gens-là constituent un danger pour les croyants, il
est donc permis d'éviter leur mal en leur manifestant l'amitié en appa-
rence. Al-Boukhari rapporte à ce propos que Abou Ad-Darda' a dit:
«Parfois nous sourions à des gens, mais au fond, nos cœurs les mau-
dissaient».
Cette appréhension, comme a dit Ibn Abbas, ne doit pas être tra-
duite en actes plutôt elle ne s'exprime qu'en paroles ce que Dieu le
confirme par ce verset: «... non pas celui qui subit une contrainte et dont
le cœur reste paisible dans la foi») [Coran XVI, 106].
Dieu enfin met les hommes en garde contre Lui-même, c'est à
448
dire contre Son courroux, Sa vengeance et Son châtiment que subira
quiconque enfreint Ses enseignements, car le retour final sera vers
Lui.
qui 'in tuhfû ma sudûrikum 'aw tubdûhu ya'lamhu-L-Lâhu wa ya'lamu
ma fî-s-samâwâti wamâ fî-l-'ardi wa-L-Lâhu 'alâ kulli §ay'in qâdir (29)
yawma tajidu kullu nafsin ma 'amilat min hayrim muhdaran wamâ 'ami-
lat min sû'in tawaddu law 'anna baynahâ wa baynahû 'amdam ba'îdan
wa yuhaddirkumu-L-Lâhu nafsahu wa-L-Lâhu ra'ufum-bi-l-'ibâd (30)
Dis-leur: Que vous cachiez vos pensées ou que vous les divulguiez? Al-
lah le sait. Et II sait aussi ce qui se passe dans les cieux et sur la terre. D
est tout-puissant. (29) Un jour viendra où toute âme sera mise en présence
du bien qu'elle aura fait. Mise en présence du mal qu'elle aura fait, elle
souhaitera mettre entre elle et lui un immense espace. Allah vous met en
garde contre sa colère. Il est plein de bonté pour les horames.(30).
Le poids d'un atome n'échappe au Seigneur, ni dans les cieux, ni
sur la terre, Il connaît ce que les hommes font en apparence et ce que
recèlent leurs cœurs, Il connait le visible et l'invisible, Sa science em-
brasse tout à tout moment et en tout lieu. Il est puissant sur toute
chose et réalise ce qu'il veut. Les hommes doivent donc l'appréhendre
afin de ne commettre ce qui suscite son courroux. S'il accorde un cer-
tain délai au pécheur, Il est capable de le saisir quand II voudra
comme peut le faire un puissant, un omnipotent.
C'est pourquoi II a dit ensuite: «Un jour viendra où toute âme sera
en présence du bien qu'elle aurra fait..» Il s'agit du jour de la résurrection
où l'homme sera informé de tout ce qu'il aura fait: il sera réjoui du bien
qu'il aura fait, et regrettera tout mal qu'il aura commis en éprouvant
une grande détresse, souhaitant ainsi qu'un long intervalle le sépare
de ce jour.
449
Comme Dieu menace les hommes et qu'ils doivent redouter Son
châtiment II leur rassure qu'il est clément et indulgent, ils ne doivent
pas désespérer de Sa miséricorde qu'il accordera sans doute à ceux
qui auront suivi Ses enseignements.
qui 'in kuntum tuhibbuna-L-Lâha fat-tabi'ûnî yuhbibkumu-L-Lâhu wa
yagfir lakum dunûbakum wa-L-Lâhu gafûru-r-raMm (31) qui 'atî'û-L-Lâ-
ha wa-r-rasûla fa'in tawallaw fa'inna-L-Lâha là yuMbbu-1-kâfirîn (32)
Dis-leur: Si vous aimez Allah, suivez-moi, D vous aimera et vous par-
donnera vos péchés. Il est miséricordieux et clément. (31) Dis-leur: Obéis-
sez à Allah et au Prophète. S'ils se montrent réfractaires, qu'ils sachent
qu'Allah n'aime pas les insoumis (32).
Quiconque présume aimer Dieu sans suivre le chemin tracé par
Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, est menteur. Voilà ce
qu'on peut déduire de ce verset, car il est tenu tout d'abord de se
convertir et croire à tout ce que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- a apporté. Ceci est confirmé par ce hadith prophétique: «Celui
qui introduit dans notre tradition ce qui lui est étranger, verra rejeter (ses
innovations)» (Rapporté par Boukkari) (li '.
Dieu dit par la langue de Son Prophèt: «Si vous aimez Allah, suivez-
moi, Il vous aimera», donc ce qui est recherché est cet amour mutuel
de part et d'autre qui est une conséquence normale. Un sage a dit à
cet égard: «Ce qui importe le plus c'est d'être aimé et ne plus se
contenter d'aimer».
Aicha -que Dieu l'agrée- a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «La religion est-elle autre que l'amour en vue
450
de Dieu et la haine en vue de Dieu? Dieu a dit: «Si vous aimez Dieu, sui-
vez-moi» (Rapporté par Ibn Abi Hatem) (I K
Quelle sera la récompense qui suit ces enseignements, sinon l'ab-
solution de ses péchés et l'obtention de la miséricorde de Dieu? La
soumission et l'obéissance à Dieu puis à Son Mesager sont donc les
conditions requises pour obtenir la grâce divine. Quant aux incrédules
et rebelles, ils ne seront jamais aimés de Dieu car ils se sont détrou-
nés de Ses enseignements. Nul ne pourrait donc prétendre aimer Dieu
s'il ne suit pas Son Messager qui, si les autres Prophètes et Messa-
gers vivaient à son époque, l'auraient suivi.
'inna-L-Lâha-stafâ 'Adama wa Nuhan wa 'âla 'Ibrâhîma wa 'âla 'Imrana
'alâ-l-'âlamîn (33) durriyatam baduhâ mim ba'din wa-L-Lâhu sami'un
'alîm (34)
Allah a élu parmi les hommes Adam, Noé, la descendance d'Abraham
et celle d'Imran, (33). Ces élus forment une seule et même lignée et Allah
entend et sait tout. (34).
Dieu a choisi, de préférence aux mondes:
- Adam en le créant de sa main, lui insufflant de Son esprit, de-
mandant aux anges de se prosterner devant lui, lui enseignant les
noms de toues les créatures, lui donnant le paradis comme demeure,
enfin le faisant descendre sur la terre comme Sa sagesse l'exigeait.
- Noé en faisant de lui le premier Messager vers les habitants de
la terre, lorsque ceux-ci commençaient à adorer les idoles et les sta-
tues, à Lui associer d'autres divinités qui n'avaient aucun pouvoir.
Comme Noé avait passé une longue durée avec son peuple les appe-
451
lant à un Dieu unique, jour et nuit, en public et en secret, et son appel
ne faisait que les éloigner, il invoqua alors Dieu pour qu'il se venge
d'eux. Ils furent tous noyés sauf ceux qui avaient suivi Noé et monté
sur l'arche avec lui.
- La descendance d'Abraham dont le maître des hommes et le der-
nier Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- était l'un
d'eux.
- La descendance de 'Imran: Cet Imran était le père de Marie la
mère de Jésus -que Dieu le salue-. Donc Jésus était de la descen-
dance d'Abraham comme nous allons en parler en interprétant la
sourte «Les troupeaux».
'id qâlati-mra'atu 'Imrâna rabbi 'innî nadartu laka ma fî batnî
muharraran fataqabbal minnî 'innaka 'anta-s-samî'u-l-'alîm (35) falammâ
wada'athâ qâlat rabbi 'innî wada'tuhâ 'untâ wa-L-Lâhu 'a'iamu bimâ
wadâ'at wa laysa-d-dakaru kal'untâ wa 'innî sammaytuhâ maryama wa
'innî 'u'iduhâ bika wa durriyataha nrina-s-Saytâni-r-rajîm (36).
La femme d'Imran dit un jour: «Seigneur, je voue à ton culte l'enfant
que je porte dans mon sein. Agrée-le, car Tu entends et sais tout. (35). Lors-
qu'elle l'eût mis au monde, elle s'écria: Seigneur, j'ai donné le jour à une
fille. Et Allah savait ce qu'elle avait enfanté. Il y a de différence entre un
garçon et une fille. Je l'ai appelée marie. Je la mets sous ta sauvegarde, elle
et sa postérité pour que Tu la défendes contre les maléfices de satan le mau-
dit. (36).
La femme de 'Imran la mère de Marie -que Dieu la salue- s'appe-
lait: Hanna Bent Faqoud. Mouhammad Ben Ishaq rapporte: «Elle était
une femme stérile. Un jour, elle vit un oiseau abecquer son petit et eut
tellement envie d'avoir un enfant. Elle implora le Seigneur qui l'exau-
ça. La nuit elle eut de rapport avec son époux et tomba enceinte.
452
Constatant sa grossesse, elle fit un vœu de consacrer cet enfant au
service du temple. Elle s'adressa au Seigneur: «je voue à ton culte
l'enfant que je porte dans mon sein. Agrée-le car Tu entends et sais tout»
Elle ne savait pas encore ce qu'elle portait: un garçon ou une fille.
Lorsqu'elle le mit au monde et sut qu'elle était une fille, elle s'écria:
«J'ai mis au monde une fille». Dieu savait ce qu'elle avait enfanté, je
l'ai appelée Marie. Mais un garçon n'est pas semblable à une fille
dans sa robustesse et sa capacité pour servir le temple.
De ce fait on peut conclure qu'il est toléré de donner un nom à l'en-
fant le jour de sa naissance, car une telle règle qui était suivie aupara-
vant, pourrait encore être appliquée chez nous, une chose qui a été
confirmée d'après un hadith authentifié dans lequel l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Cette nuit j'ai eu un garçon et je lui
ai donné le nom de mon ancêtre Ibrahim». (Rapporté par Boukhari et Mous-
tim)<».
Al-Boukhari a cité dans son Sahih qu'un homme informa l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de la naissance d'un garçon
et lui demanda quel nom devait-il lui donner? Il lui répondit: «Donne-lui
le nom Abdul-Rahman».
Samoura Ben Jondob rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «A la naissance de l'enfant et au septième jour,
on doit présenter une aqiqa (une bête à sacrifier), en donnant un nom à
l'enfant et en lui rasant la tête» (Rapporté par Ahmed et Us auteurs des
sman) <2> .
La mère de Marie pria le Seigneur: «Je la mets sous Ta sauvegarde,
elle et sa postérité, pour que Tu la défendes contre les maléfices de satan le
maudit». Elle mit donc sa fille ainsi que sa postérité, qui ne serait au-
tre que Jésus -que Dieu le salue- sous la protection de Dieu, et Dieu
l'exauça. A ce propos, Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Aucun enfant n'a été mis au
453
monde sans avoir été au moment de sa naissance, touché par le démon, il
sort en vagissant à cause de cet attouchement, à l'exception de Marie et de
son fils» Et Abou Houraira d'ajouter: «Récitez si vous voulez: «je la
mets sous Ta sauvegarde, elle et sa postérité, pour que Tu la défendes
contre les maléfices des Satan le maudit».
fataqabbalahâ rabbuhâ biqabûlin hasanin wa 'ambatahâ nabâtan
hasanan wa kaffalahâ Zakariyyâ kullamâ dahala 'alayhâ Zakariyyâ-1-
mihrâba wajada 'indahâ rizqan qâla yâ Maryamu 'annâ laki hâdâ qâlat
huwa min 'indi-L-Lâhi 'inna-L-Lâha yarzuqu may-ya5â'u bigayri
Wsâb (37)
Allah réserva un charmant accueil à cette enfant, lui assura une crois-
sance magnifique et en confia la garde à Zacharie. Toutes les fois que Za-
charie allait la voir au Temple, il trouvait des aliments auprès d'elle. Il lui
dit un jour: «Marie, d'où te viennent ces aliments?» Elle répondit: «Cela me
vient d'Allah, car Allah distribue ses biens à qui H veut sans compter (37).
Dieu accueillit la petite fille, étant un vœu de sa mère, en lui réser-
vant une belle réception, la fit croître d'une belle croissance en lui ac-
cordant un joli visage et une belle forme, et II la réunit avec les
hommes vertueux dans le but d'apprendre le culte et les actes du bien.
Etant une orpheline, comme raconte Ibn Ishaq, on confia sa garde
à Zacharie. D'autres ont dit qu'à cette époque, les fils d'Israël avaient
subi une année de disette et Zacharie la prit à sa charge. Que ce soit
l'une on l'autre des deux raisons, Zacharie s'occupa d'elle par la grâce
du Seigneur, afin d'apprendre et de s'instruire. Certains ont prétendu
que Zacharie était le mari de sa tante maternelle, comme Ibn Ishaq et
Ibn Jarir, mais l'opinion correcte est qu'il était l'époux de sa sœur, et
ceci a été confirmé par un hadith cité dans les deux Sahihs (qu'on
trouve dans le récit dun voyage nocturne et de l'ascension).... «où je
trouvai les deux cousins maternels Yahia (Jean) et Jésus...» Ce qu'on doit
retenir des deux opinions consiste à savoir que Marie était sous la
454
garde de la femme de Zacharie, car selon un hadith prophétique: «La
tante tient lieu d'une mère».
Ce que Zacharie avait vu de son cas exceptionnel l'étonna. Car:
«Tontes les fois que Zacharie allait la voir au temple, il trouvait des ali-
ments auprès d'elle» Moujahed, Ikrima et As-Souddy ont dit qu'il trouvait
chez lui les fruits de l'été pendant la saison d'hiver, et les fruits d'hiver
pendant la saison d'été, bien que Moujahed avait ajouté qu'il s'agit de
la science. Mais fa première opinion est la plus correcte étant donné
que Dieu honore Ses élus par Ses grâces. Elle lui répondait toujours
que ces aliments fui venaient de Dieu.
A ce propos, Jaber a raconté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- avait passé des jours sans rien goûter. Eprouvant
une faim de loup, il se déplaça entre les appartements de ses femmes
pour chercher de la nourriture mais vainement car il n'a rien trouvé. Il
alla voir sa fille Fatima: «As-tu quelque chose à manger car j'ai telle-
ment faim?» Non, lui répondit-elle, par Dieu je n'ai rien à te donner.
En sortant de chez Fatima, celle-ci reçut de la part d'une de ses
voisines deux pains et un morceau de viande. Elle les mit dans une
écuelle en disant: «Par Dieu, je ne les mangerai pas tant que l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ait faim» alors qu'ils éprou-
vaient tous une faime de loup. Elle envoya son fils Ai-Hassan- ou Ai-
Hussein suivant une variante-chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- pour le convier. A son arrivée cahez elle, elle lui dit:
«Père , je viens de recevoir du mets et je l'ai caché pour toi» - Ap-
porte-le, lui dit-il. Fatima apporta l'écuelle et en la découvrant, elle la
trouva débordante de la viande et du pain. Elle s'aperçut alors que
c'était une bénédiction et une faveur de Dieu. Elle loua Dieu et la pré-
senta à son père qui loua le Seigneur à son tour.
Il lui dit: «O fille, d'où cela te vient-il?» Et Fatima de répondre:
«Cela vient de Dieu. Dieu donne, sans compter, sa subsistance à qui II
veut». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria alors:
«Louange à Dieu qui a fait de ma fille une dame pareille à l'une des
femmes des fils d'Israël qui, quand elle recevait des aliments de la part
du Seigneur et en la lui demandant, répondait: «Cela me vient de
Dieu. Dieu distribue ses biens à qui II veut sans compter».
L'Envoyé de Dieu -qu'Allahj le bénisse et le salue- ses épouses,
455
sa fille Fatima, son mari Ali et ses enfants en mangèrent à satiété et
l'écuelle resta toujours pleine du mets qu'ils distribuèrent aux voisins.
hunâklika da'â Zakariyyâ rabbahû qâla rabbi hab Iî mil-ladunka durriya-
tan tayyibatan 'innaka samî'u-d-du'â'i (38) fanâdathu-1-malâ'ikatu wahu-
wa qâ'imun yusallî fî-1-mihrâbi 'anna-L-Lâha yubassiruka bi yahya
musaddiqam bi kalimatim mina-L-Lâhi wa sayyidan wa hasûran wa na-
bayyan mina-s-sâlihîn (39) qâla rabbi 'annâ yakunu lî gulâmun waqad
balaganiya-1-kibaru wa-mra'atî 'âqirum qâla kadâlika-L-Lâhu yaf alu ma
yasâ' (40) qâla rabbi-j'al-lî 'âyatan qâla 'âyatuka 'alla tukallima-n-nâsa t
alâtata 'ayyâmin 'illâ ramzan wadkur rabbaka katîran wa sabbih bi-1-
'aSiyyi wa-1 'ibkâr (41)
A cette occasion, Zacharie adressa à son Seigneur la prière suivante:
«Seigneur, donne-moi une belle postérité. Tu entends mes prières» (38) Des
anges l'interpellèrent pendant qu'il priait, debout, dans le sanctuaire: «Allah
t'annonce la naissance de Jean. Il croira à la parole d'Allah, sera noble,
saura dompter ses passions et sera un Prophète d'entre les justes» (39) Il
dit: «Ô Seigneur, comment puis-je être le père d'un garçon, moi qu'acca-
blent les ans et dont la femme est stérile?».- Les anges lui répondirent:
«Cest ainsi. Allah fait ce qu'il vent. (40). Zacharie dit: «Seigneur , donne-
moi un signe» Le Seigneur répondit: «Le signe que je t'envoie est que tu ne
pourras parler aux hommes pendant trois jours que par gestes. Répète sans
lassitude le nom de ton Seigneur et prie-le, matin et soir» (41).
Zacharie -que Dieu le salue-, voyant toujours les fruits auprès de
Marie en dehors de leur saison, souhaita avoir un enfant malgré sa
vieillesse, sa décrépitude et sa canitie. Il savait aussi que sa femme
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était stérile, mais malgré tout cela, il implora le Seigneur de lui donner
un enfant, avec une invocation secrète: «Seigneur, donne-moi une belle
postérité. Tu entends ma prière» c'est à dire une belle descendance, un
enfant qui sera un homme juste et vertueux. Tandis qu'il priait debout
dans le Temple, les anges lui crièrent d'une voix audible: «Allah t'an-
nonce la naissance de Jean (Yahia)» un garçon de ton sein dont le cœur
sera rempli de foi».
«H croira à la parole d'Allah» c'est à dire il croira en Jésus fils de
Marie qui est le Verbe de Dieu d'après l'interprétation d'Ibn Abbas.
Une opinion qui fut soutenue par Al-Rabi' Ben Anas qui a dit que Jean
(Yahia) était le premier à croire en Jésus. Et Ibn Abbas d'ajouter:
«Yahia et Jésus étaient deux cousins maternels, la mère de Jean (Ya-
hia) disait à Marie: «Je sens que l'enfant que je porte dans mon ventre
se prosterne devant celui que tu portes dans le tien». Voilà comment
Jean était le premier à croire en Jésus, le Verbe de Dieu, à savoir que
la conception de Jean était avant celle de Jésus».
Quant aux termes: «Sera noble», Qatada l'a commenté en disant
qu'il sera maître grâce à sa science et à sa piété. D'autres ont dit que
le mot noble signifie le clément et le pieux, ou le savant ou qui jouit
d'un bon caractère.
Les opinions ont été controversées en interprétant le terme «saura
dompter ses passions»:
- Celui qui s'abstient des femmes, d'après Ibn Mass'oud Ibn Abbas
et Moujahed.
- C'est le stérile qui n'éjacule pas, d'après Abou-'Alia et Al-Rabi'
Ben Anas.
- Tout homme rencontrera Dieu avec tant de péchés à l'exception
de Yahia Ben Zacharie, selon Abdullah Ben Amr Ben AI-'As.
- Sa'id, quant à lui, récita ce verset, prit avec la main quelques
grains de sable ef dit: sa verge ressemble à ces grains de sable, c'est
à dire impuissant sexuellement.
- Le juge 'Ayad a dit dans son livre «Ach-Chifa'»: «Sache que
lorsque Dieu a fait l'éloge de Yahia et qu'il était chaste et saura domp-
ter ses passions, il ne faut pas entendre par là qu'il était démuni d'une
457
verge. Commentateurs et docteurs ont critiqué cette interprétation et
ont dit que c'est un défaut qui ne sied pas aux Prophètes. Cela signifie
qu'il était préservé de tout péché que peut commettre un mortel.
Bref on peut conclure que l'impuissance sexuelle, étant un défaut,
le pouvoir de se dompter au moment où on peut avoir de rapports et
de s'en abstenir, constitue un grand faste: fut-ce à la façon de Jésus
qui n'a eu de sa vie aucun rapport, ou par la grâce que Dieu avait ac-
cordée à Yahia ben Zacharie.
Mais celui qui se marie et a de tels rapports avec les femmes
sans que cela le détourne de l'adoration de son Seigneur, bien au
contraire il aura accompli ses pratiques cultuelles à la perfection, celui-
là aura acquis un degré très élevé, ce degré qu'avait atteint notre maî-
tre et Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui, malgré ses nom-
breuses épouses, n'avait jamais négligé ses obligations envers Dieu.
Quant à ses femmes, il les avait bien dirigées, bien traitées et bien en-
tretenues dans la mesure de sa capacité. Il savait parfaitement qu'elles
n'étaient du tout son but dans le bas monde à la façon d'autres hom-
mes.
«... et un Prophète d'entre les justes» si la naissance d'un garçon
était la première annonce des anges, celui-ci est la deuxième qui est
meilleure que l'autre car il s'agit là de la prophétie.
Constatant la réalisation de son souhait, Zacharie s'étonna com-
ment il pouvait avoir un garçon dans un âge tellement avancé? Il
s'écria: «Seigneur, comment puis-je être le père d'un garçon, moi qu'acca-
blent les ans et dont la femme est stérile?» L'ange lui répondit: «Il en sera
ainsi. Dieu fait ce qu'il veut». Zacharie demanda d'avoir un signe par
lequel il s'assurera de la naissance d'un garçon, et l'ange de lui trans-
mettre: «... Tu ne pourras parler aux hommes pendant trois jours que par
des gestes» Puis il lui ordonna d'invoquer le Seigneur souvent et sans
lassitude, en le glorifiant au crépuscule et à l'aube.
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wa'id qâlati-I-malâ'ikatu yâ Maryamu 'inna-L-Lâha-stafâki wa thharaki
wa stafâki 'alâ nisâ'i-l-'âlamîn (42) yâ Maryamu-qnutî li rabbiki wa-sjudî
wa-rka'î ma'a-r-râki'în (43) dâlika min 'ambâ'i-1-gaybi nûhîhi 'ilayka wa-
ma kunta ladayhim 'id yulqûna 'aqlâmahum 'ayyuhum yakfulu Marya-
ma wamâ kunta ladayhim id yahtasimûn (44).
De même, lea anges dirent à Marie: «O Marie, Allah t'a choisie, Il
t'a purifiée, D t'a élue parmi tontes les femmes de Punivers».(42) O Marie,
sois dévouée à ton Seigneur, prosterne-toi devant Lui et courbe la tête avec
ceux qui la courbent. (43) Ce sont là des choses du temps passé que nous te
divulguons. Tu n'étais pas parmi eux lorsqu'ils tiraient du sort avec des flè-
ches pour savoir qui élèverait Marie. Tu n'étais pas non plus parmi eux
lorsqu'ils se disputaient. (44).
Dieu fait connaître à Son Prophète ce que les anges avaient dit à
Marie -que Dieu la salue- en lui rapportant que Dieu l'a choisie de pré-
férence à cause de son adoration, sa piété, sa chasteté et sa pureté. Il
l'a élue encore une fois après une autre pour sa haute considération, à
toutes les femmes de l'univers.
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La meil-
leure des femmes est Marie la fille de 'Imran.et la meilleure d'entre elles
est également Khadija Bent Khouailed». D'après Al-Boukhari, l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Beaucoup d'hommes ont at-
teint le degré de la perfection. Quant aux femmes, deux seules d'entre elles
ont atteint ce degré: Asia la femme de Pharaon et Marie la fille de 'Imran.
La supériorité de 'Aicha sur les autres femmes est pareille à la supériorité
du «Tharid» sur les autres mets» (1) .
Puis Dieu ordonna à Marie par l'intermédiaire des anges d'être
plus fervente dans ses adorations, de multiplier ses inclinaisons et ses
prosternations, d'être assidue à ses pratiques cultuelles et de ne ces-
ser d'invoquer Dieu, car elle occupera un rang élevé dans les deux
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mondes. Elle a été sujet à un des miracles de Dieu en la faisant en-
gendrer un enfant sans être touchée par un homme. Et Marie s'exécu-
ta en obtempérant aux ordres de son Seigneur.
Dieu, en mentionnant le récit de Marie dans ces versets, et dans
d'autres, a voulu faire connaître à Son Prophète une partie des événe-
ments concernant le mystère et ce qu'il en ignorait en lui disant qu'il
n'était par parmi eux lorsqu'ils se disputaient au sujet de Marie, mainte-
nant il est devenu comme un témoin.
'Ikirma rapporte: «Marie porta sa fille dans sa layette et se rendit
chez les Bani Al-Kahen Ben Haroun (Aaron) le frère de Moise -que
Dieu les salue- alors qu'ils étaient chargés du Temple, à l'instar de la
garde de la Ka'ba, et leur dit: «Voilà l'enfant que j'ai consacrée à Dieu,
occupez-vous d'elle car je ne la reprendrai pas et une fille n'entre pas
au Temple». Ils s'écrièrent: «C'est la fille de notre imam 'Imran, qui est
chargé de l'Eucharistie! à savoir que 'Imran dirigeait leur prière».
Zacharie leur dit: «Confiez-la à moi car ma femme est sa tante
maternelle» - Non, lui répondirent-ils, nous ne le ferons pas de notre
propre gré». Alors ils firent un tirage au sort et jetèrent leurs roseaux
avec quoi ils transcrivaient la Torah. Zacharie l'emporta sur eux et prit
Marie à sa charge».
'Ikrima, As-Souddy et Qatada ont ajouté: «Ils sont allés à la rivière
de Jourdain et ils se sont convenus d'y jeter leurs roseaux, le proprié-
taire du roseau qui résisterait au courant d'eau, aurait la garde de Ma-
rie. Ce fut fait, le roseau de Zacharie résista même il fendit l'eau en
allant contre le sens du courant. Zacharie était, malgré tout, leur maî-
tre, leur imam et leur Prophète - que Dieu le salue-
'id qâlati-1-malâ'ikatu yâ Maryamu 'inna-L-Lâha yubasSiruki bikalima-
tim-minhu-smuhu-1-masîhu 'Isa bnu Maryama wajîhan fî-d-dunyâ wa-1-
460
'âhirati wa mina-I-muqarrabîn (45) wa yukallimu-n-nâsa fîlmahdi wa
kahlan wa mina-s-sâlihin (46) qâlat rabbi 'annâ yakûna lî waladun walam
yamsasnî basarun qâla kadâlika-L-Lâhu yahluqu ma yasâ'u 'idâ qadâ
'amran fa 'innama yaqûlu lahû kun fayakûn (47).
Voici que les anges dirent: «O Marie, Allah t'envoie le message sui-
vant: H se nommera le Messie, Jésus, fils de Marie, sera intercesseur dans
ce monde et dans l'autre et un des familiers d'Allah. (45) Dès le berceau,
puis adulte, il parlera aux hommes. Il sera parmi ls justes». (46) Marie dit:
«O Seigneur, comment pourrais-je avoir un fils, moi qui n'ai jamais eu de
contact avec les hommes?» Les anges répondirent: «C'est ainsi, Allah crée
comme II lui plaît». Quand II décide une chose, II dit: «Qu'elle soit et elle
est».(47).
C'est une annonce que portent les anges à Marie qu'elle engen-
drera un enfant d'une grande importance, la bonne nouvelle d'un verbe
émanant du Seigneur qui dit à une chose «Sois» et elle est. Son nom
est: le Messie, Jésus, fils de Marie, et sera connu sous ce nom de
tous les hommes.
Dieu l'a attribué à sa mère car il est né sans père comme naissent
tous les gens. Il est illustre en ce monde, jouit d'une grande considéra-
tion auprès de Dieu en lui inspirant Ses enseignements, en lui révélant
le Livre et en lui accordant d'autres faveur. Dans l'autre monde, il inter-
cédera en faveur des hommes que Dieu voudrait les gratifier, comme
sera le cas d'autres Prophètes qui étaient doués d'une ferme résolu-
tion.
Dès le berceau, il parlera aux hommes en les appelant à l'adora-
tion d'un Dieu unique qui n'a pas d'associés, et ce sera un miracle, vu
son bas âge, et aussi il leur parlera comme un vieillard dans sa jeu-
nesse grâce à l'inspiration de Dieu. Il sera parmi les justes par ses ac-
tes et paroles».
Abou Houraira a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: «Trois nourrissons ont parlé dès le berceau. Jésus, un autre
du temps de Jouraij et un troisième».
Entendant la bonne nouvelle transmise par les anges, Marie s'ex-
clama en soi-même: «O Seigneur, comment pourrais-je avoir un fils moi,
qui n'ai jamais eu de contact avec les hommes?» Elle s'étonna comment
461
aurait-elle un enfant? Nul homme ne l'a touchée, elle n'avait pas l'in-
tention de se marier et en plus elle n'était pas une femme de mau-
vaise conduite?. L'ange ne tarda pas à lui répondre: «C'est ainsi, Allah
crée comme H veut» Rien ne pourra rendre Dieu à l'impuissance; Il af-
firme dans ce verset qu'il fera naître un garçon. Quand II décide une
chose, Il exécute sans aucun retard, une chose qui est plus que confir-
mée dans ce verset: «Notre ordre est une seule parole, il est prompt
comme un clin d'œil») [Coran LIV, 50]
wa yu'allimuhu-1-kitâba wa-1-hikmata wa-t-tawrâta wa-l-'injîl (48) wa ra-
sulan 'ilâ banî 'isrâ'îla 'annî qad ji'tukum bi'âyatin mir-rabbikum *annî
'ahluqu lakum mina-t-tîni kahay'ati-t-tayri fa'anfuhu fîhi fayakûnu
tayran bi 'idnî-L-Lâhi wa 'ubri'u-l-'akmaha wa-l-'abrasa wa 'uhyi-1-maw-
tâ bi 'idni-L-Lâhi wa 'unabbi'ukum bima ta'kulûna wamâ taddahirûna fî
buyûtikum 'inna fî dâlika la'âyatal-lakum 'in kuntum mu'minina (49) wa
musaddiqa-1-limâ bayna yadayya mina-t-tawrâti wa li'uhUla lakum ba'da-
1-ladî hurrima 'alaykum wa ji'tukum bi 'âyatin mi-r-rabbikum fattaqû-L-
Lâha wa 'ati'ûn (50) 'inna-L-Lâha rabbî wa rabbukum fa'budûhu hâdâ
sirâtum-mustaqîm (51).
Allah lui enseignera le Livre, la sagesse, le Pentateuque et l'Evangile.
(48). Il sera envoyé auprès des fils d'Israël. D leur dira: «je viens à vous
avec des signes de votre Maître. Je façonne avec de l'argile des corps d'oi-
seaux. Je souffle sur eux et ils s'envolent avec l'autorisation d'Allah. Je
guéris les aveugles de naissance et les lépreux. Je ressuscite les morts avec
l'aurotisation d'Allah. Je devine ce que vous mangez et ce que vous celez
dans vos maisons. Ce sont là autant de signes si vous êtes crédules. (49) Je
vous confirme ce que le Pentateuque vous à révélé avant moi. Je lève une
462
partie des défenses qui vous ont été faites jusqu'ici. Je vous ai apporté des
signes de votre Seigneur. Craignez Allah et obéissez-moi». (50) Allah est
votre Maître et le mien. Adorez-Le. C'est là la voie droite». (51).
Pour confirmer la bonne nouvelle de la naissance de Jésus -que
Dieu le salue- les anges informent Marie que Dieu lui enseignera le Li-
vre- c'est à dire l'écriture- la sagesse, le Pentateuque qui a été révélé
à Moïse et l'Evangile qui lui sera révélé. Dieu l'appuyera aussi par de
signes et de miracles en l'envoyant en tant que Messager aux fils d'Is-
raël: il crée d'argile comme une forme d'oiseau, souffle en lui et il s'en-
vole; il guérit l'aveugle de naissance et le lépreux, il ressuscite les
morts. Tout cela avec la permission de Dieu.
Les ulémas et éxégètes ont commenté ces faits en disant: Dieu a
envoyé les Prophètes avec des signes et miracles qui convenaient
avec ce qui était répandu à leur époque. Du temps de Moïse, il y avait
la magie, Dieu l'a envoyé avec des miracles qui ont rendu impuissants
tous les sorciers et les ont obligés à se soumettre et même à croire en
Dieu.
Du temps de Jésus, la médecine et la physique étaient à leur apo-
gée. Il leur a apporté des miracles qui les ont rendus stupéfaits malgré
leur degré très élevé de la science: comment pouvaint-ils par exemple
donner une âme à une chose inerte? ou rendre la vue à un aveugle de
naissance? ou guérir un lépreux? ou rappeler à la vie un mort qui ne
sera ressuscité qu'au jour du Jugement?
Quant à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, Dieu l'a en-
voyé vers un peuple à une époque où la poésie et l'éloquence étaient
de leur nature innée et avaient atteint le summum. Il leur a présenté
de la part du Seigneur à Lui la puissance et la gloire, le Coran qui, si
les hommes et les Djinns s'unissaient pour produire quelque chose
semblable, ils ne produiraient rien qui lui ressemble, ou dix de ses
sourates, et même s'ils s'aidaient mutuellement.
Jésus dit aussi aux fils d'Israël qu'il était capable de les informer
ce qu'ils mangent et cachent dans leurs demeures, avec l'inspiration
de Dieu sans doute, pour leur montrer la véracité de son message,
pour leur rendre licite une partie de ce qui leur était interdit et pour
confirmer ce qui existait avant lui de la Torah.
463
On peut en conclure que Jésus par ce fait avait abrogé une partie
du Pentateuque. Mais certains docteurs ont objecté disant qu'il n'a rien
abrogé mais il n'a fait que trancher leurs différends. Enfin il les a
conviés à croire aux signes qu'il leur a rapportés de la part du Sei-
gneur, de se soumettre à lui et de lui obéir car eux et lui, ne sont que
des serviteurs de Dieu qui sont appelés à suivre le chemin droit qu'il
leur a tracé.
falammâ 'ahassa 'Isa minhumu-1-kufra qâla man 'ansâri 'ilâ-L-Lâhi qàla-
1-hawâriyyûna nahnu 'ansarû-L-Lâhi 'âmannâ bi-L-Lâhi washad bi'annâ
muslimûn (52) rabbanâ 'âmannâ bimâ 'anzalta wa-t-taba'nâ-r-rasûla fak-
tubnâ ma'a-s-sâhidîn (53) wa makarû wa makara-L-Lâhu wa-L-Lâhu
hayru-1-màkirîn (54).
Lorsque Jésus s'aperçut de leur infidélité, il dit: «Quels sont ceux qui
me suivent dans la voie d'Allah?». «Nous, répondirent les apôtres. Nous
croyons en Allah et témoignons que nous sommes soumis». (52). «Seigneur,
ajoutèrent-ils, nous croyons à ce que Tu as révélé. Nous suivons Ton Pro-
phète. Inscris-nous parmi ceux qui témoigneront au jour du jugement der-
nier». (53). Les juifs complotèrent contre Jésus. Allah complota contre eux.
Et Allah est plus fort que ceux qui complotent. (54).
Constatant l'incrédulité des juifs et leur obstination, Jésus s'écria:
«Quels sont ceux qui me suivent dans la voie d'Allah?» c'est à dire qui
sont mes auxiliaires et qui m'appuient dans la voie de Dieu, tout
comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui demandait aux
hommes pendant la saison du pèlerinage: «Qui me donne asile et me
protège afin de faire parvenir les paroles de Dieu aux gens car les Qo-
raïchites m'ont empêché de le faire». Les Médinois (Ansars) répondi-
rent à son appel, l'abritèrent, le secoururent et il émigra vers Médine
pour y être en sécurité parmi ses partisans.
Ainsi Jésus a trouvé une foule parmi les fils d'Israël qui l'ont soute-
nu, cru en lui et suivi la lumière qu'il leur a apportée. C'est pourquoi
464
Dieu a dit: «Nous, répondirent les apôtres, nous croyons en Allah et témoi-
gnons que nous sommes soumis» Il a été dit que ces apôtres étaient des
blanchisseurs ou des pêcheurs, mais ce qui est le plus correcte, ils
étaient des partisans et souteneurs comme le montre ce hadith cité
dans le Sahih: «Le jour de la bataille des coalisés, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- convoqua les gens: seul Al-Zoubaïr se
présenta. Les convoquant une deuxième fois et seul Al-Zoubaïr se pré-
senta. Il dit alors: «Chaque Prophète a un apôtre, et mon apôtre est Al-Zou-
baïr»( Rapporté par Boukhari et MousKm) (1> .
«Inscris-nous parmi ceux qui témoigneront an jour du jugement der-
nier» Ibn Abbas a commenté cela en disant: «Parmi la communauté de
Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Quant au comportement des fils d'Israël, Dieu raconte que lors-
qu'ils voulurent attaquer Jésus -que Dieu le salue- le torturer et le cru-
cifier, ils médirent de lui auprès d'un des rois à cette époque, disant
qu'il y a là un homme qui égare les hommes et les incite à lui être re-
belles. Il corrompt les gens, sépare entre ie père et son fils et sème la
discorde. En plus, il est un bâtard. Le roi, emporté par sa colère, en-
voya des soldats pour le torturer et le crucifier. En entourant la maison
où Jésus était avec ses disciples, ces soldats crurent de l'avoir cap-
turé. Mais Dieu l'éleva vers Lui à travers une lucarne de la maison, je-
ta sa ressemblance à un autre homme parmi ceux qui se trouvaient
avec lui. Comme il faisait nuit, les soldats prirent cet homme, l'humiliè-
rent, mirent sur la tête une couronne d'épines et le crucifièrent. Voilà
comment Dieu a comploté contre eux en sauvegardant Son Prophète
et les laissant comme aveugles dans les ténèbres de leur égarement.
Il jette dans leurs coeurs la dureté et l'obstination contre la vérité, les
laissant ainsi humiliés jusqu'au jour du rasemblement.
465
'id qâla-L-Lâhu ya 'Isa 'inni mutawaffika wa râfi'uka 'ilayya wa
mutahhimka min-1-ladîna kafarû wa ja'ilu-1-ladîna-t-taba'ûka fawqa-1-lad
îna kafarû 'ilâ yawmi-1-qiyâmati tumma 'ilayya marji'ukum fa'ahkumu
baynakum fîmâ kuntum fîhi tahtalifûn (55) fa 'ammâ-1-ladîna kafarû
fa'u'addibuhum 'adâban sadîdan fî-d-dunyâ wa-l-'âhirati wamâ lahum
min nâsirîn (56) wa 'ammâ-1-ladîna 'âmanû wa 'amilû-s-sâlihâti fayuwaf-
fïhim 'ujurahum wa-L-Lâhu là yuhibbu-z-zâlimîn (57) dâlika natlûhu
'alayka minal-l-'âyâti wad-dikri-1-hakîm (58).
Allah dit alors à Jésus: «C'est moi qui mettrai fin à ta mission et te
rappellerai à Moi. Je t'arracherai aux infidèles. J'élèverai tes partisans au-
dessus des infidèles jusqu'au jour du jugement dernier. A la fin, tous retour-
nerez tous à Moi et je vous départagerai alors sur ce qui vous divise» (55).
J'infligerai aux infidèles un châtiment sévère dans ce monde et dans l'autre.
Et ils ne recevront aucun secours. (56). A ceux qui croient et font le bien,
Allah réserve une splendide récompense, car Allah n'aime pas les pervers
(57). Tels sont les signes que nous faisons se succéder à ton intention et tels
sont les sages enseignements. (58).
Il y a eu une divergence dans les opinions en commentant les ter-
mes: «C'est moi que mettrai fin à ta mission et te rappellerai à Moi».
- D'après Qatada: Je vais t'élever à moi et te faire mourir.
- D'après Ibn Abbas: Je vais te faire périr et t'élever.
- D'après Wahb Ben Mounabbeh: Dieu a fait mourir Jésus trois
heures au début de la journée quand il l'a élevé vers Lui.
- D'après Matar Al-Warraq et Ibn Jarir: Sa mort en ce bas monde
n'a pas été une mort réelle mais il s'agit de son ascension au ciel.
Mais la majorité ont jugé que ce n'était pas une mort effective
466
mais plutôt un genre de sommeil en se basant sur les sens de ces
deux versets:
- C'est Lui qui vous rappelle durant la nuit) [Coran VI, 60].
- Dieu accueille les âmes au moment de leur mort: H reçoit aussi celles
qui dorment, sans être mortes) [Coran XXXIX, 42].
Cette opinion est encore confirmée en nous référant à ce hadith
prophétique: «Au moment de son réveil, le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- disait: «Louange à Dieu qui nous a rendu la vie après
nous avoir péri».
Dieu dit ensuite: «je t'arracherai aux infidèles. J'élèverai tes partisans
au-dessus des infidèles jusqu'au jour du jugement dernier». En effet après
que Dieu ait élevé Jésus vers Lui, ses compagnons se divisèrent en
plusieurs sectes: Il en est ceux qui ont cru en son message et qu'il est
le serviteur de Dieu, Son Messager et le fils de Sa servante. Il en est
d'autres qui ont été fanatiques en religion et l'ont pris pour le fils de
Dieu. D'autres ont dit qu'il est Dieu et enfin ceux qui ont prétendu qu'il
était l'un des trinités. Le Coran a raconté beaucoup à leur sujet, car ils
persévéraient dans leurs suppositions 300 ans environs.
Un des rois grecs appelé Constantin surgit, et se convertit au
christianisme. Sa conversion, comme on a dit: ou bien pour corrompre
cette religion, ou parce qu'il était un philosophe, ou par ignorance.
Mais ce qu'il a fait plus tard est qu'il a altéré le christianisme en y ajou-
tant ou ôtant une partie de ses enseignements. Plusieurs lois ont été
établies à son sujet mais le grand dépôt devint la pire perfidie. Il leur a
rendu licite la consommation de la chair du porc. A cette époque aussi,
ils ont prié en se dirigeant vers l'Orient, ils ont orné et embelli les égli-
ses et les ermitages; ils ont ajouté un jeûne de dix jours à cause d'un
péché qu'il avait commis comme on a prétendu. Le christianisme est
devenu «La religion de Constantin». De sa part, Constantin leur a bâti
plus de 12000 églises et temples et la ville qui a porté son nom: Cons-
tantinople (Istanbul actuellement). Une partie des chrétiens l'ont suivi
et ont été appelés: Les melchites. Constantin avait agi ainsi pour vain-
cre et humilier les juifs, et Dieu l'avait secouru contre eux parce qu'il
était plus près de la vérité qu'eux, mais les uns et les autres n'étaient
que des infidèles.
467
Lorsque Dieu envoya Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue-, ceux qui ont cru en son Message, ont cru aussi à Dieu, à ses an-
ges, à Ses Livres et à Ses Prophètes en suivant ainsi le chemin droit
et la Vérité. Ils ont été considérés comme les adeptes de tous les Pro-
phètes car ils ont cru en Mouhammad, le Prophète Arabe, illettré, le
demie' des Messagers et Prophètes et le maître de tous les homme
sans contestation.
Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- les a appelés à
croire à la vérité. Ils étaient ainsi plus proches de leur propre Prophète
que ceux qui prétendaient le suivre après avoir altéré et falsifiée sa re-
ligion. Si cela n'existait pas, Dieu aurait abrogé toutes les religions de
Ses Prophètes par le Message qu'il a confié à Mouhammad -qu'Allah
le bénisse et le salue- et la vrai religion qui ne sera ni changée ni alté-
rée jusqu'au jour de la résurrection. C'est pourquoi l'Islam demeure la
religion dominante grâce à laquelle les musulmans ont pu conquérir les
royaumes et les pays tant à l'Orient qu'à l'occident; ils ont pu vaincre,
Cosroès et César et pillé leurs richesses et trésors en les dépensant
pour la cause de Dieu. Dieu leur avait promis tout cela par la bouche
de Son Prophète: «Dieu a promis à ceux d'entre vous qui croient et qui
accomplissent des œuvres bonnes d'en faire ses lieutenants sur la terre,
comme il le fit pour ceux qui vécurent avant eux. Il leur a promis aussi
d'établir fermement leur religion qu'il lui a plu de leur donner et de chan-
ger, ensuite, leur inquiétude en sécurité. Os m'adoreront et ils ne m'associe-
ront rien») [Coran XXIV, 55].
Comme ceux-là étaient vraiment ceux qui avaint cru en Jésus, ils
ont pu chasser les chrétiens du pays de Cham et les obliger à se réfu-
gier en constantinople, où l'Islam ne cessera d'être la religion domi-
nante jusqu'au jour de la résurrection.
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur fit connaître au
début de l'ère islamique, qu'ils allaient conquérir Constantinople, s'em-
parer de tous ses trésors et richesses, commettre un grand carnage
en tuant les Byzantins de sorte que les hommes ne verraient plus un
carnage pareil dans l'histoire. C'est pourquoi Dieu a dit: «J'élèverai tes
partisans au-dessus des infidèles jusqu'au jour de jugement dernier. A la fin,
vous retournerez tous à Moi et Je vous départagerai alors sur ce qui vous
468
divise. J'infligerai aux infidèles un châtiment sévère dans ce monde et dans
l'antre. Et ils ne recevront aucun secours».
Ainsi Dieu a fait subir un châtiment implacable à ceux parmi les
juifs qui ont mécru en Jésus et ceux qui ont dépassé la mesure dans
leur croyance en le prenant pour un Dieu ou un fils de Dieu. Ils étaient
sujet à un grand massacre, à la captivité, à la privation de leurs riches-
ses et leur éloignement du pouvoir, et dans l'autre monde, ils subiront
un supplice plus atroce encore.
«Tels sont les signes que nous faisons se succéder à ton intention et
tels sont les sages enseignements» Dieu a raconté à Son Prophète l'his-
toire de Jésus dès sa naissance et sa vie parmi les hommes, en lui
communiquant tout cela par révélation et de ce qui est inscrit dans la
Tablette Gardée qu'il ne faut pas mettre en doute. Dieu a aussi montré
le cas de Jésus dans la sourate «Marie» où II dit: «Celui-ci est Jésus,
fils de Marie. Parole de Vérité dont ils doutent encore. D ne convient pas
que Dieu se donne un fils; mais gloire à Lui. Lorsqu'il a décrété une chose,
n lui dit: «Sois» et elle est) [Coran XIX, 3-35].
'inna matala 'Isa 'inda-L-Lâhi kamatali 'Adama halaqahû min turâbin t
umma qâla lahû kun fayakûn (59) 'al-haqqu mir-rabbika falâ takum-mi-
na-1-mumtann (60) faman hâjjaka fîhi mim ba'di ma jâ'aka mina-i- 'ilmi
faqul ta'âlû nad'u 'abnâ'anâ wa 'abnâ'akum wa nisâ'anâ wa nisâ'akum
wa 'anfusanâ wa 'anfusakum tumma nabtahil fanaj'al-la'nata-L-Lâhi
'alâ-1-kâdîbîn (61) 'inna hâdâ lahuwa-1-qasasu-l-haqqu wamâ min 'ilâhin
'illâ-L-Lâhu wa 'inna-L-Lâha lahuwa-l-'arizu-l-hakîm (62) fa'in tawallaw
fa'inna-L-Lâha 'alîmum bi-1-mufsidîn (63).
469
Pour Dieu, l'origine de Jésus est la même que celle d'Adam. Il l'a crée
de l'argile, puis II lui a dit: «Sois» et il a été. (59) La vérité rient de ton
Seigneur. Evite d'être parmi les sceptiques. (60) A ceux qui te contrediront
au sujet de Jésus, maintenant que tu es informé, propose leur ceci: «Réu-
nissons nos enfants et les vôtres, nos femmes et les vôtres, joignons-nous à
eux, puis adjurons Dieu de maudire ceux d'entre nous qui sont de mauvaise
foi» (61) C'est là l'histoire authentique. Il n'y a de Dieu qu'Allah. Et Lui
seul est tout puissant et sage (62) S'ils persistent à douter, certes Allah dé-
couvre les méchants. (63).
Dieu, exalté soit-il, montre Son pouvoir dans la création, comme II
a créé Adam de terre, sans père ni mère, Il a aussi créé Jésus d'une
mère sans père. Donc la création de Jésus lui était plus facile. Si vrai-
ment on avait le droit de considérer Jésus comme étant le fils de Dieu,
on aurait plus de droit de considérer Adam comme tel, mais cette pré-
somption est fausse, erronée et rejetée totalement.
Dieu, exalté soit-ll, a voulu montrer Son pouvoir en créant Adam
sans père ni mère, Eve également, Jésus d'une femelle sans mâle et
tous les hommes des mâles et des femelles. Il a dit de Jésus: «Nous
ferons de lui un signe pour les hommes») [Coran XIX, 21] et a dit dans
cette sourate: «La vérité vient de ton Seigneur. Evite d'être parmi les scep-
tiques» qui signifie que c'est la vérité qu'il faut admettre sans en détour-
ner et après cette vérité il n'y a que l'erreur.
Dieu ordonne ensuite à Son Prophète que, après cette vérité écla-
tante, si quelqu'un te contredit après ce que tu as reçu en fait de
science, réponds-lui: «Venez! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes
et vos femmes, nous-mêmes et vous mêmes, nous feront alors une
exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les
menteurs».
La raison pour laquelle ces versets du début de cette sourate jus-
qu'ici furent révélés, était pour répondre à la députation des chrétiens
de Najran. En effet, Ibn Ishaq a raconté le récit suivant:
«Une députation des chrétiens de Najran vint trouver l'Envoyé de
Dieu. Elle était formée de soixante cavaliers dont quatorze parmi leurs
notables et maîtres. Ils entrèrent chez lui après la prière de l'asr, por-
tant des habits somptueux ayant la beauté des hommes de Bani Al-Ha-
470
reth Ben Ka'b. Ceux qui les avaient vus disaient: «Nous n'avons ja-
mais rencontré auparavant une députation plus élégante.» Comme le
temps de leur prière eut lieu, ils voulurent l'accomplir dans la mosquée
de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui s'adressa à
ses compagnons: «Laissez-les faire» Ils firent la prière en se dirigeant
vers l'orient.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'entretint avec
Abou Haritha Ben 'Alqama, AI-'Aqeb Abdul-Massih et Al-Ayham tous
des chrétiens selon le rite du roi malgré leurs différends: l'un d'eux dit:
Jésus est Dieu; l'autre: le fils de Dieu, et le troisième: l'une des trois
hypostases. Que Dieu exalté soit-ll soit élevé au-dessus de ce qu'ils
disent.
Mais tous les chrétiens prétendent que Jésus est Dieu disant qu'il
donnait la vie et la mort, guérissait le lépreux et l'aveugle, connaissait
l'invisible et le mystère, créait de terre une forme d'oiseau, et y souf-
flait et il s'envolait, en fait tous ces miracles avaient lieu avec la per-
mission de Dieu.
Ceux qui prétendaient qu'il est le fils de Dieu, disaient qu'il n'avait
pas un père connu, il parlait dès le berceau, un miracle dont nul parmi
les mortels n'avait fait une chose pareille.
Ceux qui prétendaient qu'il était l'une des trois hypostases, lui attri-
buaient les propos divins tels: nous avons fait, ordonné, créé, décrété,
car s'il était un homme semblable à nous, il aurait dit: J'ai fait, or-
donné, créé et décrété, mais il n'est que Jésus fils de Marie. Gloire à
Dieu, qu'il soit exalté. Il est au-dessus d'un tel blasphème.
Après son entretien avec les deux docteurs, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit: «Convertissez-vous» Ils lui ré-
pondirent: «Nous nous sommes déjà convertis». - Non, répliqua-t-il,
vous ne vous êtes pas convertis. - Mais certes oui, rétorquèrent-il, et
même avant toi». Il reprit: «Vous mentez! Ce qui vous empêche d'em-
brasser l'Islam est votre prétention que Dieu s'est donné un enfant, vo-
tre adoration de la croix et la consommation de la chair du porc».
Ils lui demandèrent alors: «Qui est donc son père ô Mouham-
mad?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- garda le si-
471
lence. Dieu alors lui révéla quatre-vingt et quelques versets qui sont
les premiers de la sourate «La famille d'Imran».
Et Ibn Ishaq d'ajouter: «Après cette révélation qui a tranché cette
question et qui a ordonné à Mouhammad de les appeler à une exécra-
tion réciproque s'ils s'obstinent, il les convoqua. Ils lui répondirent: «Ô
Abou Al-Qassem! Donne-nous le temps d'y réfléchir et nous viendrons
plus tard pour répondre à ton appel».
Ils allèrent joindre AI-'Aqeb, l'un des meilleurs parmi eux et le plus
perspicace, qui n'était pas avec eux lors de leur entretien avec le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- Ils lui demandèrent: «Que pen-
ses-tu ô Abdul Massih?» Il leur répondit: «Par Dieu ô chrétiens, vous
savez bien que Mouhammad est un Prophète envoyé de Dieu. Il vous
a raconté toute la vérité au sujet de Jésus. Vous savez aussi que tout
peuple qui a fait une exécration réciproque avec un Prophète, aucun
de ses âgés n'a survécu ni un jeune a grandi, et si vous persistez
vous ne chercherez que votre perte. Si vous refusez de répondre à
son appel pour garder votre propre dogme, faite la paix avec cet
homme-là et retournez à votre pays».
Les deux notables chrétiens revinrent chez le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- et lui dirent: «Nous nous sommes décidé à ne
plus faire avec toi une telle exécration, nous te laissons prêcher ta reli-
gion, quant à nous, nous gardons la nôtre. Demande à l'un de tes
compagnons pour retourner avec nous à notre pays afin qu'il tranche
nos différends au sujet de nos biens, car nous nous contenterons de
ton jugement».
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur répondit:
«Revenez me voir le soir et j'enverrai avec vous un homme digne de
confiance» A ce propos, Omar ben Al-Khattab disait: «De toute ma
vie je n'ai jamais convoité le commandement qu'en ce jour-là espé-
rant être l'homme qu'il va désigner. En effet, je me rendis tôt à la
mosquée pour faire la prière du midi. La prière achevée, l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- regarda à droite et à gauche et
je tendis le cou afin qu'ii me voie. Mais ils ne cessa de regarder les
hommes qu'à la fin il aperçut Abou 'Oubaida Ben Al-Jarrah, l'appela
et lui dit: «Va avec eux et tranche leurs différends» Omar dit à la fin:
«Abou Oubaida s'exécuta».
472
Un récit pareil est cité dans le Sahih de Boukhari d'après Houdzai-
fa -que Dieu l'agrée-. Quant à Ibn Abbas, il a raconté: «Abou Jahl -que
Dieu le maudisse- a dit: «Si je vois Mouhammad prier auprès de la
Ka'ba, je piétine son cou» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- ayant eu vent des propos d'Abou Jahl répondit: «S'il l'avait fait,
les anges l'auraient fait périr devant tous les hommes. Si les juifs
avaient demandé la mort, ils auraient péri et vu leurs places à l'Enfer.
Enfin si ceux qui voulaient faire une exécration avec l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, ils se seraient retournés chez eux sans
trouver ni familles ni biens».
L'arrivée de la députation de Najran à Médine eut lieu en l'an 9 de
l'Hégire comme l'a précisé AL-Zouhari. Les habitants de Najran étaient
les premiers à payer la capitation à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue-. Le verset concernant cette capitation a été révélé
après la conquête de La Mecque, et qui est le suivant: «Combattez
ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier») [Coran IX, 29].
Abou Bakr Ben Mardaweih raconte: «AI-'Aqeb et Al-Tayeb vinrent
trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui les appela à
faire une exécration réciproque. Ils lui promirent de le faire le lende-
main. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- arriva au ren-
dez-vous amenant avec lui Ali, Fatima, Ai-Hassan et Ai-Hussein et
envoya chercher les deux hommes, mais ils refusèrent de le faire et
consentirent à payer le tribut. Il dit alors: «Par celui qui m'a envoyé
avec la vérité, s'ils s'obstinaient, cette vallée leur aurait accablés une pluie
de feu». C'est à leur sujet que fut révélé ce verset: «... propose leur ce-
ci: «Réunissons nos enfants et les vôtres, nos femmes et les vôtres...».
(Rapporté par Ibn Mardaweih Al-Hakem et At-Tayalissi) (1J .
473
qui yâ 'ahla-1-kitâbi ta'âlaw 'ilâ kalimatin sawâ'in baynanâ wa baynakum
'alla na'buda 'illâ-L-Lâha walâ nusrika bihî say'an walâ yattahida
ba'duna ba'dan 'arbâbam min dûni-L-Lâhi fa'in tawallaw faqûlû-shadû
bf 'annâ muslimûn (64).
Dis: «O gens d'Ecriture, adhérez à nne formule qui nous soit unique
aux uns et aux autres, à savoir, nous n'adorerons qu'Allah, nous ne l'asso-
cierons à rien et nous ne nous prendrons point les uns les autres pour maî-
tres en dehors d'Allah» S'ils s'y refusent, dites-leur: «Prenez témoignage
que quant à nous, nous nous soumettons»(64).
Cette demande est adressée à tous les gens du Livre juifs, chré-
tiens et tous ceux qui se trouvent dans une situation pareille. Cette for-
mule unique est équitable envers tout le monde qui consiste à adorer
Dieu sans rien Lui associer, c'est à dire: s'abstenir d'adorer les idoles,
la croix, les satues, le Taghout, le feu et autre. D'ailleurs ce qui était le
message de tous les prophètes à leurs peuples car Dieu a dit à ce pro-
pos: «Nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler: «Il
n'y a de Dieu que Moi, adorez-Moi») [Coran XXI, 25], comme II a dit
aussi: «Oui, nous avons envoyé un Prophète à chaque communauté: «Ado-
rez Dieu! Fuyez les Taghout») [Coran XVI, 36].
Puis Dieu ordonne à Son Prophète de dire à ces gens-là: que nul
parmi nous ne se donne de Seigneur en dehors de Dieu. S'ils se dé-
tournent, dites-leurs: «Attestez que nous sommes vraiment soumis».
Al-Boukhari a raconté dans son Sahih l'entrevue entre Abou Sou-
fian et Héraclius qui lui avait demandé au sujet de l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- quant à: sa lignée, ses caractères, son
message etc..» Puis on apporta la lettre que l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah lé bénisse et le salue- lui avait adressée dans laquelle il a été écrit:
Au nom de Dieu le clément le Miséricordieux
De Mouhammad le serviteur de Dieu et Son Envoyé
474
Héraclius fe grand chef des Romains
Salut à quiconque suit la bonne voie. Ensuite je t'appelle à la foi
musulmane, embrasse donc l'Islam, tu seras sauvé et Dieu t'accordera
une part double de la récompense. Si tu te détournes, tu seras respon-
sable des péchés des laboureurs: «O gens de Livre! Venez à une parole
commune entre nous et vous: nous n'adorons que Dieu sans rien Lui as-
socier, nous ne prenons point les uns les autres comme Seigneur en de-
hors de Dieu. S'ils se détournent, dites-leur: Soyez témoins que nous
sommes soumis (des musulmans)».
yâ 'ahla-1-kitâbi lima tuhâjjûna fî 'Ibrahîma wamâ 'unzilati-t-tawrâtu wa-
l-'injîlu 'illâ mim ba'dihî 'afalâ ta'qîlûn (65) hâ'antum hâ'ûlâ'i hajajtum fi-
mâ lakum bihî 'ilmun falima tuhâjjûna fimâ laysa lakum bihî 'ilmun wa-
L-Lâhu ya'lamu wa 'antum là ta'lamûn (66) ma kâna 'Ibrâhîmu yahû-
diyyan walâ nasraniyyan walâkin kâna hanîfam-musliman wamâ kâna
mina-l-mu§rikîn (67) 'inna 'awla-n-nâsi bi 'Ibrahîma li-1-ladîna-t-taba'uhu
wa hâdâ-n-nabiyyu wa-1-ladîna 'âmanû wa-L-Lâhu waliyyu-1-mu'mi-
nîn (68).
O gens d'Ecriture, pourquoi discutez-vous au sujet d'Abraham, puisque
le Pentateuque et l'Evangile n'ont été révélés qu'après lui. Etes-vous dé-
pourvus de jugement? (65). Passe encore que vous discutiez sur des choses
que vous reconnaissez. Mais pourquoi discutez sur ce que vous ne savez
pas. Dieu sait et vous ne savez pas. (660) Abraham n'était ni juif, ni chré-
tien, mais il était droit et soumis. Ce n'était pas un idolâtre. (67). Les vrais
adeptes d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi et qui me suivront, moi et mes
fidèles. Dieu est le patron des croyants. (68).
475
Dieu béni soit-il le Très-Haut, blâme les juifs et les chrétiens
d'avoir discuté au sujet d'Abraham -que Dieu le salue- prétendant qu'il
était des leurs. A ce porpos, Ibn Abbas raconte que les chrétiens de
Najran et des docteurs juifs furent réunis chez l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- et se disputèrent au sujet 'd'Abraham. Les
juif prétendirent: «Abraham n'était qu'un juif, et les chrétiens de leur ré-
pondre: «non il était un chrétien». Dieu à ce moment fit cette révéla-
tion: «O gens d'Ecriture, pourquoi discutez-vous au sujet d'Abraham...» qui
signifie: O juifs comment prétendez-vous qu'Abraham était un juif alors
que le Pentateuque ne fut révélé de la part de Dieu qu'à Moïse? Et
vous chrétiens sur quoi vous vous êtes basés pour dire qu'il était chré-
tien et que le christianisme n'a fait apparition que bien lontemps après
lui? Dieu les réprimande en leur disant: «Etes-vous dépourvus de juge-
ment?» Il les blâme aussi d'avoir discuté sur des choses dont ils
n'avaient aucune connaissance. S'ils avaient discuté en se référant à
ce qu'ils avaient comme Ecriture concernant leurs propres religions qui
leur étaient révélées jusqu'à l'avènement de Mouhammad -qu'Allah le
bénisse et le salue-, cela leur aurait été plus bénéfique, mais ils discu-
taient sur des choses qu'ils ignoraient, il leur ordonne de rendre tout
cela à Lui qui connait les choses apparentes et cachées en leur disant:
«Dieu sait et vous ne savez pas».
Puis Dieu leur affirme qu'Abraham n'était ni juif, ni chrétien mais
un vrai croyant soumis à Dieu et jamais un polythéiste. Ce verset est,
dans son sens, pareil à l'autre qui est cité dans la sourate «La vache»:
«Us ont dit: «Soyez juifs, ou soyez chrétiens, vous serez bien dirigés». Il
leur montre ensuite que les plus proches d'Abraham sont vraiment
ceux qui l'ont suivi, ainsi que Mouhammad et ceux qui ont eu la foi.
Car Dieu est le Maître des croyants.
Donc ceux qui prétendent suivre la religion d'Abraham, doivent sui-
vre également Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et ceux
qui l'ont suivi parmi les Ansars, les Mouhajirins et leurs pareils.
Abdullah Ben Mass'oud a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Chaque Prophète avait un patron parmi les
autres Prophètes. Quant au mien, il est mon père, le confident de Dieu,
Abraham -que Dieu le salue-. Puis il récita: «Les vrais adeptes d'Abraham
476
sont cenx qui l'ont suivi et qui me suivent» Et Dieu termine ces versets
disant qu'il est le Maître de ceux qui ont cru en Ses Prophètes.
waddat tâ'ifatum-min 'ahli-1-kitâbi law yudillunakum wamâ yudilluna 'il-
lâ 'anfusahum wamâ yas'urûn (69) yâ 'ahla-1-kitâbi lima takfurûna bi
'âyâti-L-Lâhi wa 'antum tashadûn (70) yâ 'ahla-1-kitâbi lima talbisûna-1-
haqqa bi-1-bâtili wa taktumûna-1-haqqa wa 'antum ta'lamûn (71) wa qâ-
lat tâ'ifatum-min 'ahli-1-kitâbi 'âminû bi-1-ladî 'unzila 'alâ-1-ladîna 'âma-
nû wajha-n-nahâri wakfurû 'âhirahû la'allahum yarji'ûn (72) walâ
tu'minû 'illâ liman tabi'a dinakum qui 'inna-1-hudâ huda-L-Lâhi 'an
yu'tâ 'ahadum mit la ma 'utîtum 'aw yubâjjukum 'inda rabbikum qui 'in-
na-1-fadla biyadi-L-Lâhi yu'tîhi may-yaSâ'u wa-L-Lâhu wâsi'un 'alîm (73)
yahtassu bi-rahmatihî may-yaSâ'u wa-L-Lâhu dû-l-fadli-l-'azîm (74).
Une partie des gens d'Ecriture cherchent à vous égarer. Ils n'égarent
qu'eux-mêmes sans s'en rendre compte. (69). O gens d'Ecriture, pourquoi
reniez-vous les révélations de Dieu alors que vous en êtes les témoins?. (70)
O gens d'Ecriture, pourquoi mêlez-vous le mensonge à la vérité? Pourquoi
dissimulez-vous sciemment la vérité? (71) Une partie des gens d'Ecriture
dit: «Croyez à ce qui a été révélé aux croyants quand le jour pointe et, le
soir, reniez-le. Peut-être les détournerons-nous de leur religion? (72) Ne
vous fiez qu'à vos coreligionnaires». Dis-leur: La vraie direction vient de
Dieu. Comme H vous a donné, Il peut donner à d'autres. S'ils vous récusent
auprès de Dieu, réponds-leur: «La grâce est entre les mains de Dieu qui en
477
dispose comme il Lui plait» Dieu est incommensurable et omniscient» (73).
Il manifeste Sa clémence à qui II veut, car il dispose d'une grâce infï-
nie»(74).
Dieu montre dans ces versets la jalousie des juifs et leur intention
d'égarer les croyants poussés par leur haine, du moment que leur agis-
sement ne leur rapporte que les conséquences néfastes sans s'en
apercevoir. Dieu désavoue leur acte en leur disant: «O gens d'Ecritures,
pourquoi reniez-vous les révélations de Dieu, alors que vous en êtes les té-
moins?».
Dieu blâme et réprimande encore les gens du Livre pour avoir dis-
simulé la vérité sous le mensonge, surtout ce qui se rapporte au Mes-
sage du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui est mentionné
dans leurs Livres. Une partie d'eux dit: «Au début du jour, croyez à ce
qui a été révélé aux croyants, à son déclin, retournez infidèles». C'était
une machination de leur part pour embrouiller les faibles parmi les
hommes. Ils leur proposèrent de manifester leur foi au début du jour
en accomplissant la prière de l'aube avec les musulmans, et à sa fin
ils pourraient revenir à leur propre religion dans le but que les gens
disent: Certes il y en a de défauts dans cette religion et ils la déni-
grent. Plusieurs commentaires ont été dits à ce sujet et qui donnent
tous le même sens.
Dieu met en garde les fidèles contre les incrédules: «Ne vous fiez
qu'a vos coreligionnaires» qui signifie ne divulguez rien de votre religion
ni de vos secrets et propres affaires qu'à ceux qui suivent votre reli-
gion car, une fois cela montré aux musulmans, ils pourraient le prendre
comme argument contre vous. Mais Dieu est certes celui qui met les
hommes dans la voie droite. Il dirige les fidèles vers ce qui perfec-
tionne leur foi, ce qui a été en effet révélé à son serviteur et Messager
-qu'Allah le bénisse et le salue- comme signes évidents et arguments
tranchants, même si, ô peuple juif, vous dissimulez tout ce qui se
trouve dans le Pentateuque à son sujet .
La grâce est dans la main de Dieu. Il la donne à qui II veut. Car II
est celui qui donne et qui refuse, Il accorde la foi, la science et toutes
les autre faveurs à qui II veut, comme II égare qui II veut en le rendant
sourd et aveugle, et en mettant un sceau sur son coeur et un voile sur
ses yeux. Dieu est présent partout et II sait tout.
478
wa min 'ahli-1-kitâbi man 'in ta'manhu biqintârin yu'addihî 'ilayka wa
minhum man 'in ta'manhu bidinâril-lâ yu'addihî 'ilayka 'illâ ma dumta
'alayhi qâ'iman dâlika bi 'annahum qâlû laysa 'alaynâ fi-l-'umiyyina sabî-
lun wa yaqûlûna 'alâ-L-Lâhi-1-kadiba wa hum ya'lamûn (75) balâ man
'awfâ bi'ahdihî wattaqâ fa'inna-L-Lâha yuMbbu-1-muttaqîn (76).
Parmi les gens d'Ecriture, il en est qui, quand bien même on leur
confierait un talent, le rendaient; il en est d'autres qui, si on leur confiait
seulement un dinar, ne le rendraient qu'harcelés et contraints. Et cela
parce qu'ils pensent: «Nous n'avons aucun égard à avoir envers les igno-
rants». Ils prêtent ainsi sciemment un mensonge à Dieu. (75) Loin de là,
quiconque est fidèle à ses engagements et craint Dieu, éprouvera que Dieu
aime les gens soumis» (76).
Dieu fait connaître aux fidèles que parmi les juifs, il en est ceux
qui sont perfides et les met en garde contre eux en leur donnant cet
exemple: «quand bien même on leur confierait un talent (d'or ou d'argent),
le rendraient, il en est d'autres qui, si on leur confiait seulement un dinar,
ne le rendraient qu'harcelés et contraints» c'est à dire en usant de tous
les moyens de contrainte et d'insistance pour pouvoir récupérer ce
droit. Car ils pensent: «Nous n'avons aucun égard à avoir envers les igno-
rants», c'est à dire ils présument que les infidèles, qui sont pour eux
les arabes, n'ont plus le droit de récupérer leurs biens qu'ils sont les
leurs pour ainsi renier les droits des autres prétendant aussi que Dieu
leur a rendus licites. Ils ne font que proférer des mensonges contre
Dieu, alors qu'ils le savent.
Abou Sa'sa'a Ben Yazid a raconté qu'un homme demanda à Ibn
Abbas: «Dans nos expéditions, il arrive que nous gagnons les biens
des gens qui vivent dans les pays des musulmans et sous leur protec-
tion, même le butin pourrait être une poule ou un mouton» Ibn Abbas
de lui répliquer «Que pensez-vous alors de ce butin?» Et l'homme de
479
rétorquer: «On ne trouve aucun mal à s'en emparer». Ibn Abbas dit
alors: «C'est bien ce que les gens du Livre disaient: «Nous n'avorfs au-
cun égard à avoir envers les ignorants», mais sache que s'ils payent le tri-
but, vous n'aurez aucun droit à leurs biens à moins qu'ils ne vous les
donnent de bon gré».
Sa'id Ben Joubaïr a rapporté: «Lorsque les gens du Livre ont dit
que les ignorants - ou les infidèles -, n'ont aucun moyen de nous
contraindre, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria: «Ces
ennemis de Dieu ont menti. Rien de ce qui a été du temps de la Jahilia
sans qu'il ne soit sous mes pieds à l'exception du dépôt qui doit être resti-
tué à son propriétaire qu'il soit pieux ou pervers. (Rapporté par Ibn Abi
Hatem) a> .
Dieu dit ensuite que celui qui remplit ses engagements et qui
craint Dieu, parmi les gens d'Ecriture, qu'il sache que Dieu aime les
soumis qui obtempèrent à Ses ordres et suivent le dernier des Pro-
phète».
'inna-1-ladîna yastarûna bi 'ahdi-L-Lâhi wa 'Imânihim tamanan qalîlan
'ulâ'ika là halâqa lahum fî-1- 'âhirati walâ yukallimuhum-L-Lâhu walâ
yanzuru 'ilayhim yawma-1-qiyâmati walâ yuzakkihim wa lahum 'adâbum
'alîm (77).
Ceux qui vendent à vil prix leurs pactes avec Dieu et leurs serments,
ceux-là seront déconsidérés dans l'autre monde. Allah ne leur adressera pas
la parole, détournera Ses yeux d'eux et leur refusera Son pardon. Un châti-
ment douloureux les attend (77).
480
Ceux qui avaient conclu un pacte avec Dieu parmi ceux qui ont
suivi Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et avaient dissimulé
ses qualités et son avènement au monde, et qui vendaient leurs ser-
ments mensongers à un vil prix en échangeant la vie future contre des
biens éphémères de ce monde, ceux-là n'auront aucune part dans la
vie de l'au-delà, Dieu ne leur parlera pas, ne les regardera pas au jour
de la résurrection, c'est dire II ne leur accordera aucune élemence et
ne les purifiera pas de leurs péchés et de leurs souillures. Ils seront
précipités dans l'Enfer.
Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos dont nous allons
citer quelques-uns:
- Abou Dzarr a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Il y a trois hommes que Dieu ne leur adressera pas la
parole au jour de la résurrection, ne les regardra pas, ne les purifiera pas et
ils subiront un châtiment terrible» Je lui demandai: «Quels sont ces
hommes, ô Envoyé de Dieu? Ils sont sans doutes perdants et humi-
liés» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me répondit à
trois reprises: «Celui qui laisse traîner ses vêtements par ostentation, qui
fait écouler sa marchandise par des serments mensongers et qui joint à son
aumône de propos désobligeants» (Rapporté par Ahmed, Mousttm et les
auteurs des sunans) (1 K
- 'Ady Ben 'Omayra Al-Kindi raconte: «Un conflit surgit entre un
homme de la tribu kinda appelé Oumrou'l Qais Ben Amer et un
homme de Hadramout au sujet d'un morceau de terrain. Ils portèrent
plainte auprès de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui
demanda à l'homme de Hadramout de présenter une évidence et à
Oumrou'l Qais de faire un serment. Le premier s'écria alors: «Tu lui as
demandé de jurer ô Envoyé de Dieu? Par le Seigneur de la Ka'ba j'ai
perdu mon terrain!» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- répli-
qua: «Celui qui fait un faux serment pour s'emparer injustement d'un bien
481
d'un autre rencontrera Dieu à Lui la puissance et à la gloire, irrité contre
lui». Puis il récita: «Ceux qui vendent à vil prix leurs pactes avec Allah et
leurs serments...» Oumrou'l Qais lui demanda alors: «Quelle sera la ré-
compense de celui qui ne fait pas un tel serment, ô Envoyé de Dieu?»
- Le Paradis, lui répondit-il. Il répliqua: «Je te prends à témoin que je lui
cède ce terrain!» (Rapporté par Ahmed et Nassaï) (1> .
- Mou'adh Ben Anas rapporte d'après son père que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a des serviteurs qui ne
leur parlera pas au jour de la résurrection, ne les purifiera pas et ne les re-
gardera pas.» On lui demanda: «Qui sont-ils ô Envoyé dé Dieu?» Il ré-
pondit: «Celui qui désavoue ses père et mère et se détourne d'eux; celui qui
désavoue son propre fils, et un homme qui méconnait les biens que d'autres
lui ont accordés et les désavoue». (Rapporté par Ahmed) <2) .
- Abdullah Ben Abi Awfa raconte qu'un homme, voulant écouler
une marchandise et la vendre à un autre, jura par Dieu - en mentant-
qu'on lui a donné un prix supérieur. Dieu alors fit cette révélation:
«Ceux qui vendent à vil prix...».
- Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Il y a trois hommes que Dieu ne les regardera
pas au jour de la résurrection, ne les purifiera pas, et ils subiront un châti-
ment douloureux: un homme, ayant un superflu d'eau, l'interdit à un voy-
ageur; un homme qui prête un serment de fidélité à un imam (gouverneur)
.(XJ-Î .Ijj) I^ îyj
482
ne le faisant que dans le but d'obtenir des biens de ce monde, qui, lorsqu'il
les lui donne, sera satisfait, et quand il les lui refuse, sera courroucé contre
lui; et un homme qui présente sa marchandise (devant un acheteur) après
la prière de l'asr,jure (en mentant) qu'on lui a donné un tel prix, l'ache-
teur le croit» Puis il récita ce verset: «Ceux qui vendent à vil prix...».
(Rapporté para Ibn Abi Hâtent et Boukhari) (l> .
wa 'inna minhum lafariqan yalwûna 'alsinatahum bi-1-kitâbi litahsabûhu
mina-1-kitâbi wamâ huwa mina-1-kitâbi wa yaqûlûna huwa min 'indi-L-
Lâhui wamâ huwa min 'indi-L-Lâhi wa yaqûlûna 'alâ-L-Lâhi-1-kadiba
wa hum ya'lamûn (78).
Certains d'entre eux dénaturent les paroles du Livre en le lisant pour
donner le change sur ce qu'il contient. Mais ce qu'ils lisent n'est pas dans
le Livre. Ils disent: «Ceci vient de Dieu». Or, ceci ne vient pas de Dieu. Ils
prêtent sciemment à Dieu des meusonges»{78).
Dieu dans ce verset dénonce une partie des juifs qui altèrent le Li-
vre, en roulant leurs langues, en changeant quelque prescription dans
le but de détourner les hommes ignorants leur inspirant que cela fait
partie du Livre, mais en fait, il lui est étranger. Ils profèrent des men-
songes contre Dieu alors qu'ils savent. Ils prétendent que cela vient de
Dieu, mais cela ne vient pas de Dieu.
483
/
ma kâna libasarin 'an yu'tiyahu-L-Lâhu-1-kitâba wa-1-hukma wa-n-nu-
buwwata tumma yaqûla li-n-nâsi kûnû 'ibâdan lî min dûni-L-Lahi walâ-
kim kûnû rabbâniyyina bimâ kuntum tu 'allimûna-1-kitâba wabimâ
kuntum tadrusûn (79) walâ ya'murakum 'an tattahidû-1-malâ'ikata wa-n-
nabiyyina 'arbâban 'aya'murïikum bi-1-kufri ba'da 'id 'antum musli-
mûn (80).
Il n'est pas admissible qu'un homme à qui Dieu a donné le Livre, la
Sagesse et le don de prophétie, dise à ses semblables: «Adorez-moi à l'ex-
clusion d'Allah». H devra leur dire au contraire: «Soyez les serviteurs d'Al-
lah, vous qui connaissez le Livre et qui l'enseignez» (79). Il est non moins
admissible qu'il leur prescrive de prendre les anges et les Prophètes pour
des divinités. Va-t-il vous inciter à redevenir infidèles après avoir été sou-
mis?»(80).
Ibn Abbas a raconté: «Lorsque les docteurs parmi les juifs et les
chrétiens de Najran furent réunis chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue-, il les appela à embrasser l'Islam, Abou Rafé Al-
Qouradhi lui répondit: «Mouhamed! Veux-tu que nous t'adorons
comme les chrétiens adorent Jésus fils de Marie?» Un chrétien de Naj-
ran appelé Al-Ra'is (le chef) dit aussi: «C'est bien à quoi tu nous appel-
les ô Mouhammad?» L'Envoyé de Dieu répondit: «Que Dieu me protège
de n'adorer que Lui, ou d'ordonner à adorer un autre que Lui. Ce n'est
plus dans ce but qu'il m'a envoyé ou m'a ordonné». Dieu fit cette révéla-
tion à cette occasion: «Il n'est pas admissible qu'un homme à qui Dieu a
donné...» qui signifie qu'il n'appartient pas à un mortel auquel Dieu a
donné le Livre, la sagesse et la prophétie de dire ensuite aux gens:
«Adorez-moi en dehors de Dieu» c'est à dire avec Dieu. Si cela ne
convient plus à un Messager ou à un Prophète, à plus forte raison ne
conviendra jamais à un autre.
Ai-Hassan Al-Basri a raconté à cet égard que certains juifs ado-
raient leurs docteurs et leurs moines comme Dieu le montre dans ce
484
verset: «Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils
de Marie, comme Seigneurs, au lieu de Dieu» [Coran IX, 31].
Dans le Mousnad, Il a été cité que 'Ady Ben Hatem avait dit: «Ô
Envoyé de Dieu! Ils ne les ont pas adorés?» - Certes oui, répondit-il, ils"
leur ont rendu licite ce gui est interdit et leur ont interdit ce qui est licite.
Ils les ont suivi, voilà ce que signifie leur adoration». A savoir que les
ignorants parmi les docteurs, les moines et les chefs de l'égarement
rentrent dans cette catégorie et sont sujets à la réprimande et au
blâme, à l'inverse des Messagers et leur disciples parmi les ulémas qui
enseignent la religion.
Les Messagers - que Dieu les bénisse et les salue- sont les am-
bassadeurs de Dieu auprès des hommes en tant que porteurs de mes-
sages et chargés de missions. Ils ont été tous fidèles et ont transmis
les messages et prodigué de bons conseils aux hommes les appelant
à la vérité.
«Soyez les serviteurs de Dieu, vous qui connaissez le Livre et qui l'en-
seignez» Ibn Abbas a commenté ce verset de la façon suivante. «Le
Messenger disait aux hommes: «Soyez des sages, docteurs et clé-
ments» De sa part Al-Dahhak a dit que celui qui apprend le Coran doit
être un jurisconsulte en matière religieuse.
Dieu dit ensuite: conviendrait-il à un Prophète d'agir autrement
après que les hommes aient été soumis? Si c'est le cas, il n'aurait ap-
pelé qu'à l'incrédulité. Car les Prophètes ont été tous ordonnés d'appe-
ler à la foi et à l'adoration de Dieu seul sans rien Lui associer comme
le confirme ce verset: «nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans
lui révéler: «Il n'y a de Dieu que moi, adorez-moi») [Coran XXI, 25] et
aussi ce verset: «Interroge ceux de nos prophètes que nous avons envoyés -
avant toi. Avous-nous établi, à côté du Miséricordieux, une divinité qu'ils,
devraient adorer?») [Coran XLIII, 45]. Au sujet des anges, Il a dit: «Nous
rétribuerions par la Géhenne quiconque d'entre eux dirait: «je suis un dieu
en dehors de Lui». C'est ainsi que nous rétribuons les injustes) [Coran XXL
29]
485
wa'id 'ahada-L-Lâhu mîtâqa-n-nabiyyina lama 'âtaytukum min kitâbin
wa hikmatin tumma jâ'akum rasûlum musaddiqu-1-limâ ma'akum la-
tu'minunna bihî wa latansurunnahu qâla 'a'aqartum wa 'ahadtum 'alâ d
âlikum 'isri qâlû 'aqrarnâ qâla fashadû wa'ana ma 'akum mina-s-sâhi-
âhidîn (81) faman tawallâ ba'da dâlika fa'ûla'ika humu-1-fâsiqùn (82).
Dieu reçut des Prophètes l'engagement suivant sous la foi du Livre et
de la sagesse qui leur avaient été révélés: «Si un nouveau Prophète apparaît
et vous confirme ce que vous savez déjà, faites-lui confiance et prêtez-lui vo-
tre entier concours». «Acquiescez-vous à cela, insista-t-il? En assumez-vous
la responsabilité?» Ils répondirent: «Nous y acquiesçons». Il conclut:
«Prenez-en témoignage et moi aussi j'en témoigne» (81) Ils sont perdus
ceux qui, après un engagement aussi solennel, ne se soumettraient pas. (82).
Dieu raconte qu'il a reçu un pacte de chaque Prophète, depuis
Adam jusqu'à Jésus -que Dieu les salue- en leur accordant quelque
chose du Livre ou de la sagesse, que chacun d'eux devait croire à ce-
lui qui viendra après lui et le secourir sans que pour autant son Livre
ou sa sagesse ne l'empêchent de le faire. Il les a défiés: «Etes-vous
résolus et acceptez-vous mon alliance à cette condition?», et eux de
répondre: «Nous y consentons.» Après cet engagement les uns furent
les témoins contre les autres et Dieu aussi a témoigné avec eux.
Quant à celui qui se détourne ensuite il ne sera qu'un pervers.
A ce propos Ali et Ibn Abbas ont dit: «Dieu n'a envoyé un Pro-
phète sans recevoir de lui un engagement. Si Mouhammad -qu'Allah le
bénisse et le salue- vivait du temps de l'un d'eux, ce dernier devrait
croire en son message et l'aider. Dieu d'autre part a ordonné à Son
Prophète de recevoir un tel engagement de sa communauté».
L'imam Ahmed rapporte que 'Omar vint trouver le Prophète -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- et lui dit: «O Envoyé de Dieu! On m'avait
conseillé d'aller voir un juif qui m'a écrit quelques enseignements de la
Torah. Puis-je te les montrer?» Le visage de l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- fut contrarié. Abdullah Ben Thabet qui était
présent dit: «O Omar, n'as-tu pas vu son visage assombri? Omar
486
s'écria alors: «Je me contente de prendre Dieu comme Seigneur, l'Is-
lam comme religion et Mouhammad comme Envoyé» l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- fut soulagé et dit: «Par celui qui tient
mon âme dans Sa main, si Moïse vivait parmi vous et vous le suiviez en me
laissant, vous seriez égarés. Sachez que vous êtes ma communauté et que je
suis votre Prophète». (Rapporté par Ahmed/ 1 *.
Jaber a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «N'interrogez les gens du Livre sur rien car ils ne vous mon-
trent plus le chemin droit du moment qu'ils sont égarés. Si vous le faisiez,
vous auriez cru à l'erreur ou renié une Vérité. Par Dieu, si Moïse vivait à
cette époque parmi vous, il devrait me suivre». (Rapporté par Al-Hafedh
Abou You'la) m .
Il faut donc retenir que Mouhammad, étant le dernier des Prophè-
tes et Envoyés jusqu'au jour de la résurrection et le grand guide, s'il vi-
vait à n'importe quelle époque, il serait d'obligation pour tous les autres -
Prophètes se le suivre. C'est pourquoi quand il a fait le voyage noc-
turne à Jérusalem, il a dirigé la prière avec eux. Il est aussi l'interces-
seur au jour du rassemblement où Dieu demandera compte aux
hommes. Il y occupera le poste glorieux qui ne conviendra qu'à lui
dont les Prophètes de ferme résolution en seront écartés jusqu'à ce
tous les hommes s'adressent à lui pour intercéder en leur faveur. Que
Dieu lui accorde Son salut et Ses bénédictions.
rffft-
487
'afagayra dîni-L-Lâhi yabgûna walahû 'aslama man fï-s-samâwâti wa-1-
'ardi taw'an wa karhan wa 'ilayhi yurja'ûn (83) qui 'âmannâ bi-L-Lâhi
wamâ 'unzila 'alaynâ wamâ 'unzila 'alâ 'Ibrahîma wa 'Ismâ'îla wa
'Ishâqa wa Ya'qûba wa-1-asbâti wa ma 'ûtiya Mûsâ wa 'Isa wa-n-na-
biyyûna nri-r-rabbihim là nufarriqu bayna 'ahadim minhum wa nahnu la-
hû muslimûn (84) waman yabtagi gayra-l-'islami dinan falay-yuqbala
minhu wa huwa fî-l-'âhirati mina-1-hasirîn (85).
Êtes-vous attirés par une autre religion que celle de votre Allah, Lui à
qui est soumis de gré ou de force tout l'univers et à qui tout retourne?»
(83) Dites: «Nous croyons en Allah, à ce qu'il nous a révélé, à ce qui a été
révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et sa postérité. Nous croyons à ce
que Moïse, Jésus et les Prophètes ont reçu de leur Seigneur. Nous ne fai-
sons aucune différence entre eux et nous nous soumettons à Allah. (84) Ce-
lui qui adoptera une autre religion que celle de l'Islam sera désavoué par
Allah et il sera au nombre des réprouvés dans l'autre monde.(85).
Dieu désavoue tous ceux qui désirent une autre religion que La
Sienne par laquelle II a révélé les Livres et envoyé les Prophètes, qui
consiste à n'adorer que Lui sans Lui reconnaître un égal. C'est à Lui
qui se sont soumis ceux qui sont dans les cieux et sur la terre de gré
ou de force comme II l'affirme dans ce verset: «Ceux qui sont dans les
cieux et ceux qui sont sur la terre se prosternent devant Dieu») [Coran
XIII, 15]et aussi dans ce verset: «Tout être vivant, dans les cieux et sur
la terre, se prosterne devant Dieu ainsi que les anges qui ne s'enorgeuillis-
sent pas. Us craignent leur Seigneur au-dessus d'eux et ils font ce qui leur
est ordonné») [Coran XVI, 49-50].
Ainsi le croyant est soumis corps et âme au Seigneur de bon gré,
tandis que l'incrédule ne l'est que contraint et de force car il ne peut
rien contre le pouvoir absolu et irrésistible de Dieu.
488
Puis ordonne aux hommes de dire: «Nous croyons en Dieu, ce qui
nous a été révélé -c.à.d, Le Coran- à ce qui a été révélé à Abraham,
Ismaël, Isaac, Jacob et aux «Asbats» qui constituent les différentes
phratries des tribus juives, ce qui a été donné à Moïse- le Penta-
teuque- à Jésus - l'Evangile - aux Prophètes de la part de leur Sei-
gneur. Nous n'avons pas de différence pour l'un d'entre eux, nous
somme soumis à Dieu» Car les croyants parmi la communauté musul-
mane croient à tout Prophète envoyé, à tout ce qui lui a été révélé, qui
tiennent pour véridique tout ce que Dieu a révélé.
Dieu termine ces versets disant que le culte de celui qui recherche
une religion en dehors de l'Islam, qui signifie la soumission totale à
Dieu, n'est pas acceptée. Certes cet homme-là sera au nombre de
ceux qui ont perdu toutes leurs œuvres dans le bas monde». Le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit cet égard: «Celui qui intro-
duit dans notre religion des choses qui lui sont étrangères, elles seront
rejetées». (Rapporté par Boukhari) (1) .
kayfa yahdî-L-lâhu qawman kafarû ba'da 'imânihim wa sahidû 'anna-r-
rasûla haqqun wa jâ'ahumu-1-bayyinâtu wa-L-Lâhu là yahdî-1-qawma-z-
zâlimîn (86) 'ûlâ'ika jazâ'uhum 'anna 'alayhim la'nata-L-Lâhi wa-l-ma-
lâ'ikati wa-n-nâsi 'ajma'în (87) hâlidîna fîhâ là yuhafïafu 'anhumu-l-'ad
âbu walâ hum yunzarûn (88) 'illâ-1-ladîna tâbû mim ba'di dâlika wa
'aslahû fa 'inna-L-Lâha gafûrur-raMm (89).
Comment concevoir qu'Allah ramène dans la bonne voie ceux qui l'ont
renié après l'avoir élu, qui ont reconnu l'authenticité du Prophète et ont re-
çu tant de preuves de sa mission? Allah ne dirige pas dans la bonne voie les
.(tSjU^I
489
pervers. (86) Ceux-là, leur récompense sera la malédiction d'Alalh, des an-
ges et de tous les hommes'. (87) C'est pour l'éternité qu'ils seront maudits
et leur châtiment n'aura ni adoucissement ni répit. (88). Echapperont à ce
sort ceux qui se rachèteront par leur repentir et de bonnes œuvres, car Al-
lah est miséricordieux et clément. (89).
Ibn Abbas a rapporté qu'un homme des Ansars qui s'était couverti,
a apostasie puis, regrettant son faire, chargea ses concitoyens de de-
mander à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- si son re-
pentir serait accepté. Dieu à cette occasion fit descendre ces versets:
«Comment concevoir qu'Allah ramène dans la bonne voie ceux qui l'ont re-
nié... jusqu'à Allah est miséricordieux et clément» Ses concitoyens lui
transmirent ces propos divins et l'homme redevint musulman.
\ «... et ont reçu tant de preuves de sa mission» c'est à dire après avoir
été témoins de la véracité du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
et des preuves irréfutables qui leur sont parvenues. Comment ces
gens-là pourraient être dirigés à nouveau après leur apostasie et leur
retour aux ténèbres du polythéisme? C'est pourquoi Dieu dit: «Allah ne
dirige pas dans la bonne voie les pervers» Puis II montre leur cas et qu'ils
auront la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes, ils
demeureront dans l'Enfer immortels et leur châtiment ne sera pas al-
légé même pas pour une heure. Mais ceux qui s'étaient repentis et fai-
saient des bonnes œuvres, échapperont à ce sort car Dieu est celui
qui pardonne, Il est miséricordieux.
'inna-l-ladîna kafarû ba'da 'imânihim tumma-z-dâdu kufral-lan tuqbala
tawbatuhum wa 'ulâ'ika humu-d-dâllûn (90) 'inna-l-ladîna kafarû wamâtû
wa hum kuffafun falay-yuqbala min 'ahadihim mil'u-l-'ardi dahaban wala-
wi-ftadâ bihî 'ûlâ'ika lahum 'adâbum 'alîmun wamâ lahum min nâsi-
rin (91).
Ceux qui perdront la foi, après l'avoir eue, et se complairont dans l'im-
piété, leur repentir ne sera pas accepté et leur égarement n'aura pas de fin.
490
(90) Ceux qui vivent et meurent en infidèles, tout l'or de la terre ne suffi-
rait pas à les racheter. Un châtiment douloureux leur est réservé et ils ne
peuvent compter sur aucune aide.(91).
Dieu menace ceux qui auront été incrédules après avoir cru, et
croissent en incrédulité jusqu'à leur mort, et fait connaître que leur re-
pentir ne sera accepté, comme II le montre dans ce verset: «Mais il
n'y a pas de pardon pour ceux qui font le mal jusqu'au moment où la mort
se présentant à l'un d'entre eux, il dit: «Oui, je me repens maintenant»)
[Coran IV, 18]. Ceux-là sont les égarés qui se sont détournés de la
voie droite. Ibn Abbas a raconté que ce verset fut révélé au sujet des
gens qui s'étaient convertis puis avaient apostasie une fois après l'au-
tre et à maintes reprises. Ayant chargé leurs concitoyens de demander
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet de leur re-
pentir, Dieu alors fit cette révélation.
Ces infidèles qui meurent dans leur incrédulité, leur repentir ne se-
ra pas accepté car ils n'étaient que des égarés, s'ils donnaient tout l'or
de la terre croyant que cela leur serait un rachat, cela ne leur servirait
à rien. A cet égard on rapporte que 'Abdullah Ben Jad'an était un
homme qui hébergeait les hôtes, payait les rançons des captifs et don-
nait à manger aux pauvres. On demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- si ces bonnes œuvres lui seraient utiles? - Non,
répondit-il car il n'a jamais dit un jour: «Seigneur pardonne mes péchés au
jour du jugement dernier» ainsi s'il avait donné tout l'or de la terre pour se
racheter, cela ne serait accepté, comme Dieu l'affirme dans ce verset: «...
où nulle compensation ne sera admise, où nulle intercession ne sera utile»)
[Coran II, 123] et: «... avant que vienne le jour où il n'y aura plus ni ra-
chat, ni amitié») [Coran XIV, 31].
Anas Ben Malek a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection on dira au damné du Feu:
«Que penses-tu si tu possédais tout ce que la terre contient, le dépenserais-
tu pour te racheter?» - Certes oui, répondra-t-il. Dieu lui dira alors: «Je
t'ai demandé une chose qui est plus simple que cela alors que tu te trouvais
dans les reins d'Adam, de ne rien M'associer, mais tu n'as voulu que recon-
naître un égal à Moi» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1> .
491
Anas a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «On amènera un bienheureux du Paradis et on lui demandera: «0 fils
d'Adam! Comment tu as trouvé ta demeure?».
- Il n'y a plus de plus belle ô Seigneur, répondra-t-il. On lui dira: «De-
mande et souhaite» Il répliquera: «Je ne demande ni souhaite que d'être ren-
du au bas monde pour être tué dix fois pour ta cause ô Seigneur». Cela à
cause de ce qu'il verra comme mérites d'être martyrisé dans la voie de Dieu.
Par contre, on amènera un des réprouvés de l'Enfer et on lui demandera:
«Comment as-tu trouvé ta demeure?» - La pire, ô Seigneur, répondra-t-il.
On lui dira alors: «Si tu possédais tout l'or de la terre, le dépenserais-tu
pour te racheter? - Certes oui, ô Seigneur, répliquera-t-il. On lui dira: «Tu
mens, je t'ai demandé un chose plus simple que cela mais tu ne l'as pas faite»
et on le rendra à l'Enfer» (Rapporté par Ahmed) (I> .
C'est pourquoi Dieu a dit:«Un châtiment douloureux leur est réservé
et ils ne peuvent compter sur aucune aide».
lan tanâlû-!-birra hattâ tunfiqù mimma tuhibbûna wamâ tunfïqû min
say'in fa'inna-L-Lâha bihî 'alîm (92).
On ne peut acquérir la piété qu'en donnant sur ses biens les plus chers.
Quelle que charité que vous fassiez Dieu la connaîtra» (92).
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492
On a dit que cette piété n'est autre que le Paradis.
Anas Ben Malek raconte: «Abou Talha était des Ansars qui jouis\
sait de la plus grande propriété des palmiers. Parmi ces palmeraies
qu'il préférait le plus, était celle de «Bairoha» qui se trouvait en face
de la mosquée. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
avait l'habitude de venir boire de son eau douce. Quand ce verset du
Coran: «On ne peut acquérir la piété qu'en donnant sur ses biens les plus
chers» fut révélé, Abou Talha se leva et dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- : «O Envoyé de Dieu! Dieu t'a révélé ce ver-
set, et comme cette propriété de Bairoha m'est la plus chère, j'en fais
aumône à Dieu, espérant que cela me vaudra un bien, et qu'il me ré-
servera en revanche de Ses faveurs. Emploie-ia donc ô Enovyé de
Dieu comme Dieu t'indiquera». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- s'exclama: «Comme c'est merveilleux! C'est un bien fruc-
tueux, j'ai bien entendu ce que tu viens de dire, mais je vois qu'il est préfé-
rable de la donner à tes proches» Abou Talha répliqua: «Puis-je le
faire?». Ainsi Abou Talha la partagea entre ses proches et ses cou-
sins» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1> .
Il a été cité dans les deux Sahihs que 'Omar a dit: «Ô Envoyé de
Dieu, je n'ai jamais possédé dans ma vie des biens meilleur que mon
terrain qui se trouve à Khaibar. Que m'ordonnes-tu d'en faire?» Il lui
répondit: «Garde les arbres pour toi et donne leur fruit en aumônes.
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493
kullu-t-ta'âmi kâna hillal-libanî 'isrâ'îla 'illâ ma harrama 'isra'îhi 'alâ naf-
sihî min qabli 'an tunazzala-t-tawrâtu qui fa'tû bi-t-tawrâti fatlûhâ 'in
kuntum sâdiqîn (93) famani-ftara 'ala-L-Lâhi-1-kadiba mim ba'di dâlika
fa'ûlâ'ika humu-z-zâlimûn (94) qui sadaqa-L-Lâhu fat-tabi'û millata
'Ibrahîma hanîfan wamà kâna mina-1-musrikîn (95).
Tous les aliments étaient permis aux fils d'Israël, à l'exception de ceux
qu'Israël lui-même s'était interdits, avant que ne fut révélé le Pentateuque.
Dis-leur: Apportez le Pentateuque et lisez-le si vous êtes sincères. (93) Qui-
conque, après cela, mentira à propos d'Allah, sera vraiment coupable. (94)
Dis-leur: «Allah est la sincérié même». Suivez-le culte d'Abraham, le mo-
dèle de la droiture, qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres. (95).
Certains juifs vinrent auprès du Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- et lui dirent: «Parle-nous au sujet des choses que seul un Pro-
phète puisse en donner la réponse» Il leur répondit: «Demandez-moi ce
que vous voulez mais donnez-moi un engagement comme celui que Jacob
avait pris de ses fils, dont vous respectez et qui consiste à me suivre si je
vous donne les réponses exactes.» - Soit, dirent-ils, en voici les quatres
questions: Quel aliment Israël (Jacob) s'était interdit? Quelles différen-
ces y a-t-il entre les spermes de l'homme et ceux de la femme, et
pourquoi une fois il y aura un garçon et une autre fois une fille? In-
forme-nous au sujet de ce Prophète illettré et qui est son patron parmi
les anges?
En lui donnant leur engagement de le suivre, il leur répondit: «Je
vous adjure par celui qui a révélé la Tora à Moïse, ne savez-vous pas qu'Is-
raël tomba grièvement malade, et comme sa maladie dura longtemps, il fit
un vœu si Dieu le guérit, il s'interdirait des aliments qui les préférait, à sa-
voir qu'ils étaient la viande de chameaux et leur lait? - Certes oui, répon-
dirent-ils. Il répliqua: «Mon Dieu sois témoin», puis il dit: «je vous adjure
par celui qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, qui a révélé la Tora à Moïse, sa-
vez-vous que le sperme de l'homme est épais et blanc, tandis que celui de la
femme est jaune et fin, lequel de ces deux spermes domine, donnera la res-
semblance à l'enfant: si celui de l'homme domine, un garçon naîtra avec la
494
permission de Dieu, et si celui de la femme domine, il y aura une fille avec
la permission de Dieu. - C'est vrai, répondirent-ils. Le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- de poursuivre: «Mon Dieu sois témoin contre
eux», puis il poursuivit: «Je vous adjure par celui gui a révélé la Torah à
Moïse, savez-vous que les yeux de ce Prophète analphabète dorment tandis
que son cœur ne dort pas! - Seigneur, certes oui, dirent-ils. - Dieu sois té-
moin, répliqua-t-il. Quant à mon patron, il est Gabriel, et Dieu, n'a envoyé
un Prophète sans que Gabriel ne soit son patron» Ils s'écrièrent alors: «A
ce point nous nous séparons de toi, car si tu avais un autre patron que
lui, nous t'aurions suivi». Dieu à cette occasion fit cette révélation: «dis
à qui se déclare l'adversaire de Gabriel... jusqu'à la fin du verset») [Coran
II, 97] (Rapporté par Ahmed/".
Ibn Abbas raconte: Israël (Jacob) - que Dieu le salue- souffrait sou-
vent la nuit du nerf sciatique qui lui causait une douleur et une insomnie,
mais le jour il n'éprouvait rien. Il fit un vœu pour Dieu s'il le guérit, il ne
mangerait plus de la viande collée aux os, et ses fils firent de même
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495
pour le suivre. C'était avant que la Torah ne fût révélée, c'est à dire que.
Jacob s'interdisait d'après sa propre décision sans se conformer à un
enseignement. Et pour confirmer cela. Dieu demande aux fils d'Israël de
lire la Torah -ou le Pentateuque- s'ils étaient sincères.
Dieu les met en garde de forger de tels mensonges sur Lui en
leur disant: «Quiconque, après cela, mentira à propos d'Allah, sera vrai-
ment coupable» Entre autres mensonges, il y a aussi la question du
Sabbat que nous en parlerons plus loin, et leur prétention que Dieu n'a
pas envoyé un autre Prophète qui appelle à Dieu fortifié par les argu-
ments et les signes évidents.
Dieu ordonne à Mouhammad de Dire: «Dis-leur: «Allah est la sincé-
rité même» en ce qu'il raconte et ce qu'il a fait descendre dans le Co-:
ran comme enseignements. «Suivez le culte d'Abraham le modèle de la
droiture, qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres» car aucun Pro-
phète n'a apporté une religion gui soit claire et parfaite comme la
sienne, comme II l'a dit aussi dans un autre verset: «Dis: mon Seigneur
m'a mis dans la voie droite, m'a mis dans la vraie religion, le culte d'Abra-
ham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâ-
tres») [Coran VI, 161].
'inna 'awwla baytin wudi'a li-n-nâsi lalladî bibakkata mubârakan wa hu-
dal-lil'âlamîn (96) fîhi 'ayâtum bayyinâtum maqâmu 'Ibrahîma waman
dahalahû kâna 'âminan wa li-L-Lâhi 'ala-n-nâsi hijju-1-bayti mani-statâ'a
'ilayhi sabîlan waman kafara fa'inna-L-Lâha ganiyyun 'ani-l-'âlamîn (97).
Le premier temple élevé pour les hommes est celui de Bekka. C'est
une bénédiction et une lumière pour l'humanité. (96) Terre de miracles et
de signes sacrés, c'est en même temps l'oratoire d'Abraham. Quiconque y
pénètre, éprouvera une sécurité parfaite. En faire le pèlerinage est une obli-
gation envers Allah pour quiconque en a la possibilité. Quant aux infidèles,
qu'importe? Allah peut se passer de l'univers. (97).
La Ka'ba qui se trouve à Bekka (un des noms de La Mecque) est
496
en vérité le premier temple qui ait été fondé pour les hommes. Ils y ac-
complissent la prière, font leurs rites, vers laquelle ils s'orientent en
priant et y font la retraire spirituelle. Elle fut bâtie par Abraham dont
juifs et chrétiens prétendent suivre sa religion. C'est aussi le lieu de pè-
lerinage. Ce temple est béni et sert de direction aux hommes.
Abou Ozarr -que Dieu l'agrée a rapporté: «Je demandai: «Ô En-
voyé de Dieu, quelle est la première mosquée qui fut élevée sur la
terre?» Il me répondit: «La mosquée Sacrée - Et après? - La mosquée Al-
Aqsa (Jérusalem)- Combien d'années se sont écoulées entre les deux?
- Quarante ans. Là où la prière te surviendra fais-la, car où que tu te trou-
veras sera un lieu de prière (Rapporté par Ahmed, Boukhari et Mous-
ttm)< l >.
Ali, de sa part, a dit que tant de temples existaient avant la Ka'ba
mais celle-ci fut établie pour l'adoration de Dieu. Ces dires sont plus
corrects que ceux d'AI-Souddy qu'aucun Temple n'existait avant la
ka'ba,
«... est celui de Bekka» Bekka est un des noms de La mecque.
Mais Ibrahim précise que Bekka est le nom donné à la Ka'ba et à la
Mosquée, et Ikrima de dire: Bekka est la Ka'ba et son entourage, en
dehors de ces limites c'est La Mecque, une opinion soutenue aussi par
Mouqatel Ben Hayyan. A savoir qu'on a donné à La Mecque plusieurs
noms tels que: La Maison Antique, La Maison Sacrée, la Cité sûre, la
Mère des cités...
«Terre de miracles et de signes sacrés» en effet on y trouve de si-
gnes évidents que ce Temple a été bâti par Abraham et Dieu l'a ho-
noré. Or, à l'intérieur on y trouve aussi la station d'Abraham, c'est à
dire l'endroit où il se tenait pour achever la construction une fois les
murs avaeint atteint une certaine hauteur alors que son fils Ismaël lui
donnait les pierres. Cet endroit était attenant au mur du Temple, 'Omar
Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée- l'avait retardé pendant son califat,
vers l'est, afin de faciliter la circumambulation de sorte que ceux qui la
497
font n'embrouillent pas ceux qui prient, car le Seigneur nous a recom-
mandé de faire une prière tout près de la station d'Abraham: «Prenez
donc la station d'Abraham comme lien de prière») [Coran II, 125]. On a
dit que les traces des pieds d'Abraham sur la pierre existent toujours.
«Quiconque y pénètre, éprouvera une sécurité parfaite» Il s'agit de
l'Enceinte de La Mecque où tout homme effrayé y trouve la sécurité.
Ainsi était le cas du temps de la Jahilia, l'homme qui commettait un
meurtre, entrait dans cette enceinte mettant autour de son cou un mor-
ceau de laine, comme a raconté Ai-Hassan Al-Basri. Il arrivait que le
fils de la victime y rencontrait l'assassin de son père sans pour autant
pouvoir se venger qu'en dehors de cette enceinte.
Ibn Abbas a dit: «Quiconque cherche un lieu de protection le
trouve à l'intérieur de l'enceinte, mais, s'il est coupable, on l'y laisse
demeurer sans lui donner ni à manger ni à boire. En quittant ce lieu,
on l'appréhende pour le juger. Dieu a bien montré le caractère de cette
enceinte où règne la sécurité dans ce deux versets: «Ne voient-ils pas
que nous avons établi une enceinte sacrée et sûre, alors que tout autour des
gens sont enlevés?») [Coran XXIX, 67] et: «Qu'ils adorent le Seigneur de
cette Maison: Il les a nourris; Il les a préservés de la famine; D les a déli-
vrés de la peur») [Coran CVI, 3-4].
Ibn Abbas a rapporté que, le jour où La Mecque fut conquise, l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Plus d'émigration
(de cette ville) mais plutôt un combat et une intention (d'acquérir le bien).
Et si l'on vous invite à combattre, prenez-y part. Ce territoire Dieu l'a ren-
du sacré le jour où II a créé les cieux et la terre. Il est donc sacré à l'égard
de Dieu jusqu'au jour de la résurrection. On ne doit pas y livrer combat
après moi; et ce combat ne m'a été autorisé qu'une seule heure, d'une cer-
taine journée, il sera donc interdit à l'égard de Dieu jusqu'au jour de la ré-
surrection. On ne doit pas couper les épines, ni poursuivre un gibier, ni
ramasser une chose trouvée à moins de la remettre à son propriétaire qui la
reconnaîtra, ni cueillir ses dattes» Al-Abbas s'interrogea: «Ô Envoyé de
Dieu, à l'exception de «l'izkhir» (plante à odeur aromatique) qu'on em-
ploie dans les maisons et dans certaines industries». Il lui répondit: «A
l'exception de l'Izkhir» (Rapporté par Boukhari et MousUm) (I> .
498
Abdullah Ben Al-Hamra' Al-Zouhari a rapporté qu'il a entendu l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire, alors qu'il se trou-
vait au marché de La Mecque: «Par Dieu, tu es le meilleur territoire et le
plus préféré à Dieu. Si on ne m'avait pas contraint à te quitter, je ne t'au-
rais jamais quitté». (Rapporté pr Ahmed Tirmidzi Massai et Ibn Maja) fJ)
A savoir que plusieurs hadiths et versions ont été rapportés à ce pro-
pos.
«En faire le pèlerinage est une obligation envers Allah pour quiconque
en a la possibilité» D'après l'opinion unanime, c'est le premier verset qui
prescrit le pèlerinage, malgré qu'une minorité ont dit que le verset sui-
vant était plutôt le premier: «Acquittez-vous do pèlerinage et de la visite
des Lieux Saints en hommage a Allah») [Coran II, 196].
On peut déduire de plusieurs hadiths rapportés à cet égard, que le
pèlerinage est l'un des cinq piliers de l'Islam et une obligation qu'on
doit s'en acquitter une fois au moins dans la vie en se référant à ce
hadith rapporté par Abou Houraira: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- nous prêcha et dit: «O gens! Dieu vous a prescrit le pè-
lerinage, accomplissez-le donc: «Un homme demanda: «Doit-on le faire
chaque année, ô Envoyé de Dieu?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- garda le silence, mais à la troisième fois il lui répon-
dit: «Si je dis: oui, cette obligation devra être remplie et vous ne pourrez
plus la faire» Puis il ajouta: «Laissez-moi tranquille (sans poser torp de
questions) tant que je vous laisse tranquille, car ce qui causa la perte de
ceux qui vous ont précédés, ce fut l'excès de questions et leurs divergences
envers leurs Prophètes. Ce que je vous ordonne de faire, faites-le dans la
499
mesure de votre capacité, et ce que je vous interdis de faire, laissez-le
(Rapporté par Ahmed et Momhm)» (I> .
L'homme doit accomplir le pèlerinage lui-même, et s'il est inca-
pable de le faire, peut charger quelqu'un de le faire à sa place (en lui
assurant les frais).
Ibn 'Omar raconte: «Un homme demanda à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-: «Qui est, à ton avis, le vrai pèlerin?» Il
lui répondit: «Il est l'homme à la tête ébouriffée et au corps puant (à cause
du long voyage)». Un autre se leva et demanda: «Quel est le meilleur
pèlerinage?» Il lui répondit «C'est celui où l'on prononce la talbia à haute
voix et on présente les offrandes». Un troisième de demander aussi: «En
quoi consiste la possibilité?» - La monture et le viatique, répliqua-t-il».
Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Hâtez-vous à accomplir le pèlerinage prescrit parce que l'un
d'entre vous ne saura ce qu'il lui adviendra» (Rapporté par Akmed) (2> .
«Quant aux incrédules, qu'importe? Allah peut se passer de l'univers».
Plusieurs interprétations ont été faites à ce sujet:
- D'après Ibn Abbas: quiconque renie l'obligation du pèlerinage,
aura mécru et Dieu n'a pas besoin de lui.
- 'Ikrima rapporte: «Quand fut révélé ce verset: «Celui qui adoptera
une autre religion que celle de l'Islam sera désavoué par Allah» les juifs
s'écrièrent: «Mais nous sommes des musulmans» Le Prophète -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- leur dit alors: «Dieu a prescrit le pèlerinage
aux musulmans à qui en a la capacité». Ils répliquèrent: «Il ne nous l'a
500
pas prescrit» et refusèrent toute discussion à ce sujet. Dieu alors fit
cette révélation: «Allah peut se passer de FmùVers».
Ali -que Dieu l'agrée a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit «Quiconque possède la monture et le viatique et
ne s'acquitte pas du pèlerinage à la Maison de Dieu, peut lui importe s'il
mourra comme un juif ou un chrétien».
Ai-Hassan Al-Basri rapporte ces propos de 'Omar Ben Al-Khattab:
«J'ai pensé envoyer des hommes à toutes les régions pour s'enquêter
de ceux qui possèdent les moyens et n'accomplissent pas le pèleri-
nage, pour leur imposer un tribut car ils ne sont pas de vrais musul-
mans».
qui yâ 'ahlal-kitâbi lima takfurûna bi 'âyâti-L-Lâhi wa-L-Lâhu sahîdun
'alâ ma ta'malûn (98) qui yâ ahlal-kitâbi lima tasuddûna 'an sabîli-L-Lâ-
hi man 'aman tabgûnahâ 'iwajan wa 'antum suhadâ'u wamâ-L-Lâhu
bigâfïlin 'anima ta'malûn (99).
Dis: O gens d'Ecriture, pourquoi repoussez-vons les signes d'Allah
alors qnll est témoin de tontes tos actions. (98) Dis: O gens d'Ecriture,
pourquoi détournez-Tons de la voie d'Allah ceux qai ont la foi?. Préférez-
vous les voies tortneoses?s Tons qni êtes en état de témoigner. Mais Allah
n'est pas inattentif à ce que tous fahes.(99).
Dieu, par ces versets, réprimande les gens du Livre infidèles qui
se sont obstinés en reniant les signes de Dieu et détournant les
croyants de la voie de Dieu, qui savent bien la véracité de ce que l'En-
voyé de Dieu a apporté. Il les menace en les avertissant qu'il est té-
moin de toutes leurs œuvres, car ils ont contredit les enseignements
dé leurs Prophètes et maltraité le Messager qui les met en garde
contre ce reniement, cette ingratitude et cette obstination. Certes II les
jugera le jour «on ni les richesses, ni les enfants ne seront utiles») [Coran
XXVI, 88].
501
CfJ
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'âmanû 'in tuti'û fariqam mina-1-Iadîna 'utû-1-kitâba
yaruddûkum ba'da 'imânikum kâfirîn (100) wa kayfa takfurûna wa 'an-
tum tutlâ 'alaykum 'âyâtu-L-Lâhi wa fîkum rasuluhû wa man ya'tasim
bi-L-Lâhi faqad hudiya 'ilâ sirâtim mustaqîm (101).
O croyants, si vous écoutez certains adeptes du Livre, ils vous ren-
dront mécréants après que vous avez eu la foi. (100) Et comment pourriez-
vous perdre la foi, alors que vous entendez la lecture du Livre, alors que
l'Envoyé d'Allah est parmi vous? Celui qui se réfugie en Allah, celui-là est
dans la voie droite.(lOl).
Dieu met en garde les croyants parmi Ses serviteurs d'obéir à une
partie des gens du Livre, qui sont jaloux d'eux à cause des bienfaits
que Dieu leur a accordés, et à cause du Prophète qu'il leur a envoyé,
comme Dieu ie montre dans ce verset: «Beaucoup de gens du Livre, mus
pas l'envie, souhaiteraient de vous faire perdre la foi après que vous l'avez
eue, après que la vérité s'est manifestée à eux-mêmes») [Coran II, 109] et
aussi dans ce verset: «O croyants, si vous écoutez certains adeptes du Li-
vre, ils vous rendront mécréants après que vous avez eu la foi».
Puis Dieu avertit les croyants en leur disant: «Et comment pourriez-
vous perdre la foi, alors que vous entendez la lecture du Livre (I e Coran),
alors que l'Envoyé d'Allah est parmi vous?» c'est à dire vous êtes loin de
mécroire du moment que les versets de Dieu descendent nuit et jour
sur votre Prophète qui vous les récite en vous communiquant les en-
seignements. Ce verset est pareil à celui-ci: «Pourquoi ne croyez-vous
pas en Dieu, alors que le Prophète vous appelle à croire en vore Seigneur?
Il a vraiment conclu une alliance avec vous, si vous êtes croyants») [Coran
LVII, 8].
Dans un hadith authentifié, ie Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- dit un jour à ses compagnons: «Quels croyants ont la foi la plus
parfaite?. Ils répondirent: «Les anges». Il répliqua: «Et comment ne pas
l'avoir alors que la révélation descend sur eux» lis rétorquèrent: «Alors
502
c'est nous». Et lui de répondre: «Comment n'êtes-vous pas croyants alors
que je suis parmi vous». Ils lui demandèrent: «Qui a donc la foi la plus
parfaite?» Il répondit: «Ce sont de gens qui viendront après vous, liront les
Livres et croiront en leur contenu» Puis il récita: «Celai qui se réfugie en
Allah, celui-là est dans la vole droite» Cela signifie que s'attacher forte-
ment à Dieu et se fier à Lui, sont à la base de toute bonne direction.
Ce qui compte ensuite consiste à s'éloigner de toute aberration, re-
chercher toujours la voie droite pour arriver au but.
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'âmanû-t-taqû-L-Lâha haqqa tuqâtihî walâ tamûtun-
na 'illâ wa 'antum muslimûn (102) Wa'tasimû bihabli-L-Lâhi jami'an wa-
lâ tafarraqû wadkurû ni'mata-L-Lâhi 'alaykum 'id kuntum 'a'dâ'an fa
'allafa bayna qulûbikum fa'asbahtum bi ni'matihî 'ihwânan wa kuntum
'alâ safâ hufratim mina-n-nâri fa 'anqadakum minhâ kadâlika yubayyi-
nu-L-Lâhu lakum 'âyâtihî la'allakum tahtadûn (103).
O croyants, craignez Allah en mesrure de Sa puissance et ne mourez
que musulmans. (102). Restez tous attaches au lien d'Allah et ne tous divi-
sez pas. Reconnaissez les bienfaits d'Allah pour tous, Lui qui d'ennemis que
tous étiez, a fait l'union entre tos cœurs, Lui qui, par Sa grâce, tous a ren-
dus frères, Lui qui, alors que tous étiez au bord du gouffre de l'enfer, tous
a mis en lien sûr. C'est ainsi qu'Allah tous montre Ses signes. Peut-être
tous maintiendrez-Tous dans la Toie droite». (103).
Abdullah rapporté que l'Envoyé de Dieu a dit: «Craignez Dieu de la
crainte qu'il mérite» consiste à Le mentionner toujours sans L'oublier, se
soumettre à Lui sans Lui désobéir et à Lui être reconnaissant sans être in-
grat». D'après Anas, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«L'homme ne craint pas Dieu de la crainte qu'il mérite s'il ne contient pas
sa langue».
Sa'id Ben Joubaïr et Abou 'Alya ont dit que le verset précité a été
503
abrogé par celui-ci: «Craignez Dieu autant que vous le pouvez») [Coran
LXIV, 16], mais Ali Ben Abi Talha a rapporté d'après Ibn Abbas que ce
verset n'a pas été abrogé mais la crainte de Dieu en mesure de sa
puissance, se rapporte au combat pour la cause de Dieu sans craindre
le blâme de celui qui blâme, et agir avec équité même s'il est au détri-
ment d'eux-mêmes, de leurs pères et de leurs enfants.
«Ne mourez que musulmans» qui signifie: suivez toujours les précep-
tes de l'Islam lorsque vous vous portez bien, et vivez en sécurité ne
mourant qu'en observant la religion, car un généreux et noble n'agit
que selon ses bons caractères, et celui qui vit dans le vrai ou l'erreur,
mourra croyant ou infidèle. Celui qui meurt croyant ou infidèle sera res-
suscité tel qu'il était dans le bas monde.
Moujahed a raconté: «Les hommes faisaient leurs tournées pro-
cessionnelles au moment où Ibn Abbas était assis portant à la main un
bâton à la tête courbe. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- dit: «Hommes! Craignez Dieu de la crainte qui II mérite et ne mourez
que soumis musulmans. Sachez que si une goutte du Zaqoum était versée
dans ce bas monde, elle aurait gâté toute leur subsistance. Pensez-y, com-
ment sera le cas de celui qui ne se nourrirait que du Zaqoum?» (Rapporté
par Tirmidzi, Nassaïet Ibn Maja) (1> .
Abdullah Ben Amr a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Celui qui aime être éloigné de l'Enfer et entrer
au Paradis, ne meurt qu'en croyant en Dieu et au Jour Dernier. Qu'il se
comporte envers les hommes comme il aime qu'ils se comportent envers
lui».
Dans un hadith authentifié, Jaber rapporte qu'il a entendu l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Que l'un d'entre vous ne
meure qu'en formant une bonne idée de Dieu».
Anas raconte: «Un homme des Ansars était malade. L'Envoyé de
psjt, Vj ^j-j Vj <ah jj*. ji 1 . 1^01 iyJL jjâJI l+jt \a •££ J,i Jj_j ju iJUi
504
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- voulant lui rendre visite, le ren-
contra au marché, il le salua et lui demanda au sujet de sa santé. Il lui
répondit: «Je me porte bien maintenant ô Envoyé de Dieu, mais j'es-
père que Dieu me pardonne car j'ai trop péché». L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- répliqua: «Deux choses ne se réunissent
dans le cœur d'un malade sans que Dieu ne lui accorde ce qu'il demande:
l'espoir du pardon et la délivrance de la peur» (Rapporté par Al-Bazzar,
Tirmidzi et Ibn Maja) <v .
«Restez tous attachés au lien d'Allah» ce lien est l'alliance avec Dieu
comme II le montre dans ce verset: «L'humiliation les a frappés, là où ils
se trouvaient, à l'exception de ceux qui étaient protégés par une alliance de
Dieu et une alliance des hommes») [Coran III, 112]. D'autres l'ont inter-
prété qu'il s'agit du Coran en se référant à ce hadith concernant le Co-
ran: «Il est le lien solide avec Dieu et la voie droite».
«ne vous divisez pas» est un ordre d'être toujours avec la commu-
nauté sans se séparer d'elle, comme on le trouve également dans ce
hadith cité dans le Sahih de Mouslim et rapporté par Abou Houraira.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu agrée
pour vous trois choses et méprit trois autres. Celles qu'il agrée: L'adorer
seul sans rien Lui associer, de s'attacher fortement au pacte de Dieu sans
se diviser et de prodiguer de bons conseils à ceux qui sont au pouvoir. Cel-
les qu'il méprit: Les commérages, l'excès de questions et le gaspillage des
biens» (2> .
«Reconnaissez les bienfaits d'Allah pour vous, Lui qui, d'ennemis que
vous étiez, a fait l'union entre vos cœurs, Lui qui, par Sa grâce, vous a ren-
dus frères» jusqu'à la fin du verset. Cette partie du verset fut révélée au
sujet des deux tribus: Aws et Khazraj qu'une guerre permanente avait
.(^1-Jlj i^i-jJlj jljjl JiiUJI .Ijj) CiJUs U* otfj
505
éclaté entre elles du temps de la Jahilia (période pré-islamique). Une
animosité, des rancunes et des troubles avaient lieu de part et d'autre
à cause de cette guerre. Lorsque l'Islam fit son apparition, une grande
partie de ces tribus se convertit et les hommes devinrent comme frères
s'aimant en vue de Dieu, liés les uns aux autres en vue de Dieu et
s'encourageant mutuellment à la piété et à la crainte révérencielle de
Dieu. Dieu dit à leur égard: «C'est Lui qui t'assiste de son secours et par
l'intermédiaire des croyants. Il a uni leurs cœurs par une affection réci-
proque. Si tu avais dépensé tout ce que la terre contient, tu n'aurais pas uni
leurs cœurs par une affection réciproque; mais Dieu a suscité entre eux
cette affection») [Coran VIII, 62-63].
Les hommes des Aws et Khazraj étaient au bord d'un abîme de
feu à cause de leur incrédulité mais II les a sauvés après les avoir diri-
gés vers la foi.
Dieu a rappelé aussi Ses bienfaits à Son Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- lors de la répartition du butin de Honein. Certains
des fidèles manifestaient leur mécontentement du partage qui n'était
pas juste à leur regard; mais Dieu l'avait voulu. Alors l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit: «O gens des Ansars! Ne vous ai-
je pas trouvés égarés et Dieu vous a dirigés par moi? N'étiez-vous pas divi-
sés et Dieu vous a réunis par mon intermédiaire? N'étiez-vous pas pauvres
et II vous a enrichis grâce à moi?» Chaque fois qu'il leur rappelait une fa-
veur, ils dirent: «Nous sommes reconnaissants envers Dieu et Son En-
voyé».
Mouhammad Ben Ishaq a rapporté d'après Yassar et d'autres, que
ce verset fut révélé au sujet des Aws et des Khazraj: Un homme juif
passa près d'une foule des Aws et Khazraj et fut très mécontent de les
voir reconciliés. Il demanda à un homme qui l'accompagnait d'aller
s'asseoir avec eux et de leur rappeler ce qui avait eu lieu entre eux le
jour de Bou'ath durant leur ancienne guerre. L'homme s'exécuta et une
grande haine fit alors son apparition, le sentiment tribal surgit à nou-
veau, et les hommes commencèrent à ses soulever les uns contre les
autres et ils se donnèrent un rendez-vous à un endroit appelé Al-Harra
pour se battre. Le Prophète -qu'Aliah le bénisse et le salue- eut vent
de leur dispute et vint auprès eux pour les calmer en leur disant: «Re-
tournez-vous à votre animosité au temps de la Jahilia du moment que je
suis parmi vous?» Et il leur récita le verset déjà mentionné. Les hommes
506
regrettèrent leur comportement, se reconcilièrent, s'embassèrent et je-
tèrent leurs armes.
Oij-*i
waltakum minkum 'ummatun yad'ûna 'ilâ-1-hayri wa ya'marûna bi-1-
ma'rufi wa yanhawna 'ani-1-munkari wa 'ûlâ'ika humu-1-muflihûn (104)
walâ takunû ka-1-ladîna tafarraqû wa-htalafû mim ba'di ma jâ'ahumu-1-
bayyinâtu wa 'ûlâ'ika lahum 'adâbun 'azîm(105) yawma tabyaddu wujû-
hun wa taswaddu wujûhun fa'ammâ-1-ladîna-s-waddat wujûhuhum 'aka-
fartum ba'da 'imânikum fadûqû-l-'adâba bimâ kuntum takfurûn (106) wa
'amma-1-ladîna-byaddat wujûhuhum fafî rahmati-L-Lâhi hum fîha
hâlidûn (107) tilka 'âyâtu-L-Lâhi natlûhâ 'alayka bi-1-haqqi wama-L-Lâ-
hu yuridu zulman lil-'âlamîn (108) wa li-L-Lâhi ma fi-s-samâwâti wamâ
fl-l-'ardi wa 'ilâ-L-Lâhi turja'u-l-'umûr (109).
Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui ne commande
que de bonnes actions et qui défende les mauvaises. Ce serait là un peuple
de bienheureux. (104) N'imitez pas ceux qui, après avoir reçu les enseigne-
ments d'Allah, se sont diviés et ont glissé dans les luttes politiques. Ceux-là
subiront un châtiment exemplaire. (105) Un jour viendra où certains visages
s'illumineront de blancheur et où d'autres s'assombriront. A ces derniers Al-
lah dira: «Ah! Vous avez versé dans l'incrédulité après avoir cru? Endurez
maintenant les supplices qui sont réservés aux incrédules» (106) Quant à
ceux dont le visage rayonnera de blancheur, ils seront appelés dans la grâce
d'Allah et cela pour l'éternité (107) C'est par amour de la vérité que nous
te lisons ces versets d'Allah. Allah ne souhaite aucun mal aux hommes.
507
(108) Allah n'est - Il pas le Maître, en effet, des cieux et de la terre et
n'est-ce pas à Lui que tout fait retonr?»(109).
Dieu exhorte les fidèles à former une communauté dont les mem-
bres obtempèrent aux ordres divins en appelant au bien, ordonnant les
autres à faire de bonnes actions et déconseillant les mauvaises. Ceux-
là seront les bienheureux. Abou Jafar Al-Baqer rapporte que l'Envoyé
de Dieu -qu'Aliah le bénisse et le salue-, après avoir récité le verset:
«Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien» dit: «Le bien consiste à
suivre les prescriptions du Coran et ma sunna».
Le but donc de ce verset est que parmi les fidèles naisse un
groupe d'hommes qui n'aura pour mission que d'exécuter ces ordres
bien que cela est un devoir pour tout fidèle. Dans un hadith authentifié,
Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Que celui d'entre vous qui voit une chose repréhensible, la
change par sa main, s'il ne peut pas que ce soit par sa langue, et s'il ne
peut pas encore, que ce soit par son cœur, voilà le minimum de la foi». Sui-
vant une variante: «En dehors de ça il n'y aura plus de la foi fut-ce de la
grandeur d'un grain de moutarde» (Rapporté par MousUm) (1} .
Houdzaifa Ben Al-Yaman rapporte que le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main, vous
devez ordonner à faire le bien et interdire le repréhensible, sinon, Dieu vous
enverra un châtiment puis vous l'invoquerez mais II ne vous exaucera pas»
(Rapporté par Ahmed Tirmidzi et Ibn Maja/ 2> .
Puis Dieu exhorte les fidèles en leur disant: «N'imitez pas ceux qui,
après avoir reçu les enseignements d'Allah, se sont divisés» pour ne plus
être comme ceux qui les ont précédés parmi les autres générations qui
508
se sont divisés, se sont opposés les uns aux autres, et ceci parce
qu'ils ont cessé d'ordonner le bien et de déconseiller le repréhensible.
Abou Amer, Abdullah Ben Yahia, raconte: «Nous avons accompli
le pèlerinage en compagnie de Mou'awia Ben Abi Soufian. Arrivés à la
Mecque et après avoir terminé la prière du midi, Mou'awia dit: «L'En-
voyé de Dieu a -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les gens du Li-
vres se sont diviés, au sujet de leur religion, en soixante-douze sectes. Cette
communauté (musulmane) sera divisée en soixante-treize sectes dont une
seule échappera au Feu et les autres y seront précipitées à cause de leur di-
vergence dans l'application de la religion. De ma communauté naîtront des
hommes dont leurs instincts les domineront comme la rage qui attaque le
corps en n'y laissant aucune partie indemne». O Arabes! si vous n'assume-
rez pas la tâche que votre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, vous a
confiée en guidant les autres, il vaut mieux à l'un d'entre vous qu'il ne le
fasse envers lui-même» (Rapporté par Ahmed et Abou Daoud) (1> .
«Un jour viendra où certains visages s'illumineront de blancheur et où
d'autres s'assombriront» il s'agit du jour du Jugement Final où les visa-
ges des hommes qui avaient suivi la sunna et ne s'étaient pas séparés
de la communauté s'éclaireraient et jouiraient de la miséricorde de
Dieu. Mais ceux qui avaient suivi d'autres sectes qui avaient introduit
des innovations à la religion, auraient les visages noirs. Bien que cer-
tains exégètes ont précisé qu'il s'agit des hypocrites, l'étendue du ver-
set s'étale sur tous les impies et polythéistes.
Dieu rappelle enfin aux hommes que tout ce qu'il y a dans les
cieux et sur la terre Lui appartient et II en dispose selon sa volonté et
c'est vers Lui que tout fera retour.
509
(UiS) JJJujO Ij)6j
Kuntum hayra 'ummatin 'uhrijat li-n-nâsi ta'murûna bi-1-ma'rûfi wa
tanhawna 'ani-1-munkari wa tu'mihûna bi-L-Lâhi walaw 'âmana 'ahlu-1-
kitâbi lakâna hayral-lahum minhumu-1-mu'minûna wa 'aktaruhumu-lfâ-
siqûn(HO) lay-yadurrûkum 'illâ 'adan wa 'in yuqâtilûkum yuwalluku-
mu-l-'adbara tumma là yunsarûn (111) duribat 'alayhimu-d-dillatu 'ayna
ma tuqifû 'illâ bihablim mina-L-Lâhi wa hablim mina-n-nâsi wa bâ'û
bigadabim mina-L-Lâhi wa duribat 'alyhimu-1-maskanatu dâlika bi 'an-
nahum kânû yakfurûna bi 'âyâti-L-Lâhi wa yaqtulûna-l-'anbiyâ'a
bigayri baqqin dâlika bimâ 'asaw wa kânû ya'tadûn(112).
Je vous ai distingué parmi les peuples comme étant le meilleur. En ef-
fet, vous prescrivez le bien, vous défendez le mal et vous croyez en Allah.
Si les gens l'Ecriture avaient la foi, il n'en vaudrait que mieux pour eux.
S'ils comptent quelques croyants, la majorité est impie. (110). Ils ne peu-
vent vous causer aucun mal, tout au plus quelques tracasseries. S'ils entrent
en lutte avec vous, ils auront tôt fait de lâcher-pied. Ils ne seront jamais
vainqueurs. (111) L'opprobre les couvrira partout où vous les rencontrerez
à moins qu'ils ne se soumettent à la loi d'Allah ou à celle des autres hom-
mes. Ils se sont attiré la colère d'Allah et le mépris les couvre. Et cela
parce qu'ils ont nié les signes d'Allah et mis ignominieusement à mort ses
Prophètes. Et cela parce qu'ils se sont endurcis dans la désobéissance et
dans l'injustice. (112).
La communauté musulmanse est certes la meilleure parmi les au-
tres comme Dieu l'affirme dans le verset sus-mentionné. En quoi
consiste cette Supériorité?
510
Abou Houraira a dit: Parce que les musulmans amènent les autres
hommes, les carcans aux cous, afin qu'ils embrassent l'Islam, c'est à
dire qu'ils sont les plus utiles aux autres, en ordonnant le bien et dé-
fendant le mal.
Quant à l'imam Ahmed, il rapporte qu'un homme demanda à l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'il se trouvait sur
sa chaire: «O Envoyé de Dieu! Quel est le meilleur parmi les hom-
mes?» Il lui répondit: «Il est celui qui leur donne hospitalité, craint Dieu le
plus, ordonne à faire le bien et interdit le repréhensible et qui maintient le
mieux le lien de parenté».
Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de ceux qui ont émigré à Médine avec
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Mais ce qui est le plus correct est que ce verset concerne tout
homme parmi toutes les générations qui observe de tels enseigne-
ments, bien que les meilleurs étaient sans doute les compagnons,
viendront après eux ceux qui les avaient suivi et les suivront. Car
lorsque Dieu a dit: «Nous avons fait de vous une communauté éloignée des
extrêmes» c'est à dire l'élite «Pour que vous soyez témoins contre les hom-
Dans le Mousnad le l'imam Ahmed, il est cité que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Vous êtes venus après
soixante-dix communautés mais vous êtes les plus nobles et les meil-
leurs auprès de Dieu» Cette communauté n'a été élue ainsi que grâce
à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui était le plus noble
des autres Prophètes auprès de Dieu. Et ceci parce qu'il l'a envoyé ap-
portant la religion la plus parfaite qu'il n'a donnée à aucun des autres
Prophète et Messagers. Car quelque peu de ses pratiques qu'on
fasse, apportera plus de récompenses et de mérites que tant d'autres
des autres religions ne les apportent.
Il convient de mentionner à cet égard quelques hadiths que nous
avons choisis entre autres:
-Abou Bakr As-Siddiq rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Dieu m'a accordé la faveur défaire entrer au
Paradis soixante-dix mille membres de ma communauté sans aucun compte
à rendre, leurs visages aussi clairs que la pleine lune, leurs cœurs forment
comme un seul cœur. J'ai demandé davantage et Dieu m'a donné avec cha-
511
cun d'eux soixante-dix mille hommes» (Rapporté par Ahmed). Et Abou
Bakr de commenter cela en disant: «J'ai vu que cela englobera les ha-
bitants de toutes les cités et atteindra ceux qui habitent dans les val-
lées» <1) .
- Ibn Abbas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit: «Les différentes communautés me furent présentées, et je vis un
Prophète ou deux passer accompagnés d'un groupe d'hommes, un Prophète
qui n'avait aucun compagnon. Puis une grande multitude m' apparut, je de-
mandai: «Qu'est-ceci? Est-ce ma communauté?» On me répondit: «C'est
Moïse et sa communauté. Regarde plutôt à l'horizon» Je vis alors une
grande foule. Puis on me dit: «Regarde de l'autre côté de l'horizon, regarde
ici et là et à tout l'horizon» Et je. vis une foule innombrable. On me dit
alors: «C'est ta communauté. Soixante-dix mille d'entre eux entreront au
Paradis sans qu'on leur demande compte» Certains disaient: «Est-ce de
nous qu'il s'agit, nous qui avons cru en Dieu, qui avons suivi le messa-
ger? Ou s'agit-il de ceux qui sont nés en Islam, tandis que nous som-
mes nés au temps de la Jahilia (l'ignorance)?» Faisant part de ces
propos au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il sortit de chez
lui et dit: «Ce sont ceux qui n'emploient pas la magie, ni l'ornithomancie,
n'utilisent pas les pointes du fer, mais placent leur confiance en Dieu».
Oukhacha Ben Mohsen se leva et dit: «Serai-je l'un de ceux-là? Il
lui répondit: «Oui». Puis un autre se leva à son tour et demanda:
«Serai-je l'un d'eux? «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui
répliqua: «Oukacha t'a devancé» (Rapporté par Mousttm) a> .
512
- 'Outba Ben Abdul-Salami a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Mon Seigneur, à Lui la puis-
sance et la gloire, m 'a promis de faire entrer au Paradis soixante-dix mille
sans leur demander compte, et chacun d'eux intercédera en faveur de
soixante-dix mille. Puis mon Seigneur prendra dans le creux de Ses deux
mains à trois reprises d'autres hommes (pour les faire entrer au Paradis)»
Omar alors proclama la grandeur de Dieu et dit: «Les soixante-dix
mille premiers intercèdront en faveur de leurs pères, mères, enfants et
tribus. J'espère être parmi ceux que Dieu les prendra dans le creux de
Ses mains» (Rapporté par Ta6arani) (V .
- Anas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Mon Seigneur m'a promis de faire entrer quatre-cent mille de ma
communauté» Abou Bakr s'écria alors: «0 Envoyé de Dieu, invoque
Dieu afin d'augmenter ce nombre». Il lui répondit: «C'est bien cela qu'il
m'a promis» Omar dit alors à Abou Bakr: «Ça te suffit ô Abou Bakr».
Celui-ci répliqua: «Laisse-moi, peut t'importe que Dieu nous fasse en-
trer tous au Paradis». Et Omar de répondre: «Dieu, s'il voudra, pourra
faire entrer toutes Ses créatures au Paradis dans une seule poignée»
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors: «Omar a rai-
son».
Parmi les autre hadiths qui montrent l'honneur de cette commu-
nauté, et la haute considération que Dieu lui a réservée, et qu'elle est
la meilleure de toutes les autres tant en ce bas monde que dans l'au-
rfcj* c >i «4SÎ ijjTij v & \?j*, (Jj (.-a-V 1 y ijJij o*a ^ : r4 j uv
513
tre, il est cité dans les deux Sahihs d'après Abdullah Ben Mass'oud
que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ses
compagnons: «Ne seriez-vous pas satisfaits déformer le quart des bien-
heureux du Paradis?» Comme nous proclamâmes la grandeur de Dieu,
il poursuivit: «Ou bien le tiers?», en faisant le Takbir, il dit enfin: «J'es-
père que vous formiez la moitié des habitants de Paradis» (Rapporté par
Boukhari et Mousttm) (1> .
Abou Houraira a rapporté: «Après la révélation de ce verset: «H y
aura une multitude d'élus parmi les premiers arrivés * et une multitude par-
mi les dernires») [Coran LVI, 39-0] l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- dit: «Vous formerez le quart des élus du Paradis, ou le tiers,
ou la moitié, ou plutôt les deux tiers».
Abou Houraira a rapporté aussi qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Nous, venus les derniers, serons les
premiers au jour de la résurrection. Néamoins ils ont reçu le Livre avant
nous. Ce jour (le vendredi) que Dieu leur avait prescrit, ils se sont divisés
à son sujet, mais II nous a guidés vers ce jour, et les gens viennent par la
suite: les juifs, le lendemain, et les chrétiens le surlendemain» (Rapporté
par Boukhari et Mouslim) 1 K
Tous ces hadiths et d'autres encore se rapportent à ce verset: «Je
vous ai distingué parmi les peuples comme étant le meilleur. En effet, vous
prescrivez le bien, vous défendez le mal et vous croyez en Dieu» Qui-
conque agit de même sera l'un d'eux. A cet égard Qatada rapporte
qu'Omar Ben AL-Khattab -que Dieu l'agrée- vit dans un de ses pèleri-
nages des gens appliquer ces préceptes, il récita le verset et dit: «Que
4M jJ >i lyjSj dl ^-jV yiji -ju
U <î)l UU^i i-*.*» ^ «Ujjîj iLLi y t_A£]< Ijîjî »^it JLj &r?2i V>*j ^Ut Jjî
514
celui qui veut être de cette communauté, observe ces prescriptions di-
vines».
Quant à celui qui est loin de ces préceptes, sera l'un des gens du
Livre que Dieu les dénigre dans ce verset: «Es ne s'interdisaient pas mu-
tuellement les actions blâmables qu'ils commettaient») [Coran V, 79)].
Faisant l'éloge des fidèles et critiquant les gens du Livre, Dieu' a
dit: «Si les gens d'Ecriture avaient la foi» c'est à dire avaient cru en ce
qui a été révélé à Mouhammad «il n'en vaudrait que mieux pour eux.
S'ils comptent quelques croyants, la majorité est impie» qui signifie que
peu d'entre eux avaient cru à ce qui vous a été révélé et à ce qui leur
a été révélé, mais la plupart demeuraient des égarés, pervers et rebel-
les.
Pour rassurer les fidèles croyants et leur annonçant la victoire sur
le peuple impie, Dieu dit: «Os ne peuvent vous causer aucun mal, tout au
plus quelques tracasseries. S'ils entrent en lutte avec vous, ils auront tôt
fait de lâcher pied. Ds ne seront jamais vainqueurs» Ainsi était le sort des
gens de Livre le jour de Khaibar, et avant eux les juifs de Médine des
Bani Qainouqa', An-Nadir et Qouraïdha, les chrétiens du pays Cham
où les musulmans l'avaient emporté sur eux dans plusieurs combats et
s'emparèrent de leurs royaumes pour toujours. Les musulmans demeu-
reront au pays de Cham (actuellement Syrie) jusqu' la descente de Jé-
sus fils de Marie où il appliquera la religion de l'Islam et la loi que
Mouhammad avait apportée, il brisera la croix, tuera le cochon et re-
mettra le tribut. Aucune autre religion que l'Islam ne sera acceptée
après cela.
Puis Dieu montre le sort de ces impies dans le verset suivant:
«L'opprobre les couvrira partout où vous les rencontrerez à moins qu'ils ne
se soumettent à la loi d'Allah...» c'est à dire l'humiliation les a frappés là
où ils se trouvaient à l'exception de ceux qui étaient protégés par une
alliance de Dieu et une allinace des hommes. Ils étaient aussi soumis
au tribut et obligés à se conformer à la loi islamique. Ils vivaient sous
la protection des musulmans tout comme ceux qui avaient conclu un
pacte ou une trêve avec eux fut-ce avec une femme musulmane. Ils
ont subi tout cela à cause de leurs méfaits car ils tuaient injustement
les Prophètes et ne croyaient pas aux signes de Dieu, poussés par
leur jalousie, leur orgueil et leur haine. Une humiliation les ont frappés
dans ce bas monde et les frappera aussi dans l'autre.
515
laysû sawâ'am min 'ahli-1-kitâbi 'ummatun qâ'imatun yatlûna 'âyâti-L-
Lâhi 'anâ'a-1-layli wa hum yasjudûn (113) yu'minûna bi-L-Lâhi wa-l-yaw-
mi-l-'âhiri wa ya'murûna bi-1-ma'rûfï wa yanhawna 'ani-1-munkari wa yu-
sâri'ûna fî-1-hayrâti wa 'ulâ'ika mina-s-sâlihîn(114) wamâ yafalû min
hayrin falan yukfarûhu wa-L-Lâhu 'alîmum bi-1-muttaqîn (115) 'inna-1-
ladîna kafarû lan tugniya 'anhum 'amwâluhum walâ 'awladuhum mina-
L-Lâhi say'an wa 'ûlâ'ika 'ashâbu-n-nâri hum fihâ hâlidûn (116) matalu
ma yunfiqûna fî hâdihi-1-hayâti-d-dunyâ kamatali rihin fîhâ sirrun
'asâbat harta qawmin zalamû 'anfusahum fa'ahlakathu wa ma
zalamahumu-L-Lâhu walâkin'anfusahum yazlimûn (117).
Les gens d'Ecriture ne sont pas tons semblables. Il y en a parmi eux
qui ont le cœur ferme, qui passent leurs nuits à lire les versets d'Allah et à
se prosterner, (113) Ils croient en Allah et au jour du jugement dernier. Ils
prescrivent le bien, réprouvent le mal et s'adonnent avec empressement aux
bonnes œuvres. Ils sont au nombre des gens de bien. (114) Quelque bien
qu'ils fassent, il leur en sera tenu compte. Allah sait qui le craint. (115).
Quant aux infidèles, leurs richesses et leurs enfants n'entreront pas en ligne
de compte auprès d'Allah. Os seront voués au feu éternel.(116) Leurs aumô-
nes en ce bas monde ne leur vaudront aucune récompense, elles sont sem-
blables à ces champs cultivés par des injustes, qui un vent chargé de gel
anéantit. Ce n'est pas Allah qui les a maltraités; ce sont eux qui se sont
nuis à eux-mêmes. (117).
Ce qui est admis par la plupart des commentateurs, est que ces
versets furent révélés au sujet des docteurs des gens de Livre qui ont
516
embrassé l'Islam tels que: Abdullah Ben Salam, Assad Ben 'Ouba'id,
Tha'laba Ben Chou'ba et autres.
Ces versets signifient que tous ceux qui ont été le sujet des ver-
sets précédents parmi les incrédules des gens d'Ecriture et ceux-là ne
sont pas semblables, étant donné que les uns sont devenus croyants
et les autres restés infidèles. C'est pourquoi Dieu a dit qu'il en est par-
mi eux une communauté droite qui est soumise aux ordres divins, dont
les membres récitent, durant la nuit, les versets de Dieu, en faisant la
prière nocturne, invoquant Dieu et récitant le Coran dans leurs prières.
Ils croient en Dieu, au jour dernier, ordonnent le bien, déconseillent le
blâmable et s'empressent de faire le bien, ils sont ainsi au nombre des
justes. Ceux-là aussi ont été mentionnés à la fin de cette sourate:
«Parmi les gens d'Ecriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à ce
qu'A vous a révélé et à ce qu'il leur a révélé...») [Coran III, 199]. Dieu fait
connaître que quelque bien que ces gens-là accomplissent, il ne leur
sera pas dénié, car toute bonne œuvre sera rétribuée par Dieu qui
Donnait ceux qui Le craignent.
Quant aux polythéistes incrédules, ni leurs biens, ni leurs enfants
leur seront utiles contre Dieu. Ils mériteront le châtiment qui leur est ré-
servé pour l'éternité.
Puis Dieu donne l'exemple des aumônes qu'ils font en ce bas
monde à un vent chargé de grêle qui est pareil à un vent de feu qui
brûle et détruit la récolte sans en rien laisser de ceux qui se sont fait
tort à eux-mêmes. Leurs récoltes et fruits ont été anéantis au moment
où ces impies en ont besoin. Ainsi toutes les oeuvres des incrédules
seront vaines et aucune récompense ne leur sera accordée par Dieu.
Dieu certes ne les a pas lésés, et ne lèse personne, mais eux, ils se
sont nuis à eux-mêmes.
517
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'âmanû là tattahidû bitânatam min dunikutn là ya'lû-
nakum habâlan waddû ma 'anittum qad badati-1-bagdâ'u min 'afwâhihim
wamâ tuhfi sudûruhum 'akbaru qad bayyanna lakumu-l-'âyâti 'in kun-
tum ta'qilûn (118) hâ 'antum 'ûlâ'i tuhibbunahum walâ yuhibbûnakum
wa tu'minûna bi-1-kitâbi kullihî wa 'idâ lakûkum qâlû 'âmannâ wa 'idâ
halaw 'addû 'alaykumu-l-'anâmila mina-1-gayzi qui mûtû bigayzikum 'in-
na-L-Lâha 'alîmum bidâti-s-sudûr (119) 'in tamsaskum hasanatun ta-
su'hum wa 'in tusibkum sayyi'atun yafrahû bihâ wa 'in tasbirû wa
tattaqû là yadurrulcum kayduhum say'an 'inna-L-Lâha bimâ ya 'malûna
muhit (120).
O croyants, ne choisissez vos hommes de confiance que parmi vous.
Les infidèles mettront tout en œuvre pour embrouiller vos affaires. Rien ne
les enchante plus que de vous savoir dans la peine. La haine s'échappe de
leurs bouches et ce que leur cœur dérobe est pire encore. Vous voilà avertis,
si vous savez comprendre. (118) Où en êtes-vous avec ces gens-là? Vous les
aimez et ils ne vous aiment pas. Vous croyez à tous les Livres révélés. Lors-
qu'ils vous rencontrent, ils disent: Nous croyons. Mais dès qu'ils sont seuls,
ils se mordent les doigts de rage. Dis-leur: Mourez de rage. Car Allah
connaît le tréfonds de vos cœurs. (119). Le moindre de vos succès les at-
terre. Si vous éprouvez un revers, ils se réjouissent. Soyez fermes et crai-
gnez Allah et leur hostilité restera vaine. Allah sait tout ce qu'ils
font(120).
Dieu interdit à Ses serviteurs croyants d'établir des liens d'amitié
avec les hypocrites en leur révélant tous leurs secrets et dévoilant
leurs propres affaires. Ces hypocrites ne manquent pas de faire tort
aux croyants à tout moment et de leur nuire en usant de la tromperie
et des machinations. Pour cela, Il met en garde les fidèles contre eux
et leur ordonne de n'avoir comme conseillers et amis autres que leurs
coreligionnaires. A cet égard Abou Sa'id Al-Khouddri rapporte que l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu n'a envoyé un
Prophète ni institué après lui un sucesseur sans que chacun d'eux n'ait deux
518
genres de conseillers: les premiers leur ordonnent à faire du bien et les inci-
tent à le faire, et les deuxièmes leur ordonnent à faire le mal et les incitent
à le faire. Seuls seront préservés (de l'égarement) ceux que Dieu aura pré-
servés» (Rapporté par Boukhari et Nassaî) (1) .
Ibn Abi Hatem rapporte qu'on a dit à Omar Ben Al-Khattab qu'un
jeune homme de Hira qui est digne de confiance et un scribe se trouve
là, si tu le prends pour un secrétaire? Il répondit: «J'aurais donc par ce
faire un conseiller en dehors des croyants» Cela sans doute montre
qu'il n'est pas parmis de prendre de tels hommes qui ne sont pas mu-
sulmans mais qui vivent parmi eux, comme secrétaires et conseillers
car ils pourraient connaître tous les secrets des mmusulmans, se mê-
ler à leurs affaires personnelles et les communiquer à leurs ennemis.
Dieu les démasque en disant: «La haine s'échappe de leurs bouches
et ce que leur cœur dérobe est pire encore» et cela en avertissant les fidè-
les de les prendre pour amis, en leur montrant Ses signes peut-être ré-
fléchiront-ils avant d'établir des liens d'amitié avec eux. Il leur dit:
«Vous les aimez et ils ne tous aiment pas» même s'ils manifestent leur af-
fection car les cœurs des infidèles ne recèlent que le mal aux musul-
mans. Vous, croyants, croyez aux Livres célestes, les leurs et le vôtre,
mais eux mécroient en votre Livre et c'est vous qui devez leur garder
rancune.
«Os se mordent les doigts de rage» cela montre sans doute le degré
maximal de leur haine et leur jalousie. Mais II ordonne aux fidèles de
leur dire: «Mourez de rage» car quelque soit leur rage, Dieu ne cessera
plus de parachever Ses bienfaits et grâces sur Ses serviteurs croyants
en faisant triompher Sa religion, Il connaît parfaitement le contenu des
cœurs. Il réserve la belle récompense aux fidèles et infligera le plus
douloureux châtiment aux incrédules.
Pour mettre au clair la grande hostilité que les infidèles gardent
aux croyants, et leur haine, Il a dit: «Le moindre de vos succès les at-
519
terre» qui signifie que si un bien arrive aux fidèles les impies s'en affli-
gent car ils ne souhaitent plus un bien pour les croyants. Mais: «Si
vous éprouvez un revers, ils se réjouissent» voilà comment ils se compor-
tent envers les fidèles comme ce qui était arrivé aux musulmans à la
bataille de Ouhod, la défaite qui réjouissait les hypocrites.
Dieu enfin exhorte les croyants et les dirige: «Soyez fermes et crai-
gnez Allah et leur hostilité restera vaine» c'est à dire pour repousser leur
mal, soyez patients, craignez Dieu et mettez votre confiance en Lui,
Lui qui cerne les impies et les ennemis de toute part, car il n'y a ni
force ni puissance qu'en Lui, et sachez que rien n'arrive en dehors de
ce qu'il a décrété et prédestiné.
wa'id gadawta min 'ahlika tubawwi'u-1-mu'minîna maqâ'ida li-1-qitâ-li
wa-L-Lâhu samrun 'alîm (121) 'id hammat tâ'ifatâni minkum 'an tafsalâ
wa-L-lâhu waliyyuhumâ wa 'ala-L-lâhi falyatawakkali-1 mu'minûn (122)
walaqad nasarakumu-L-Lâhu bi badrin wa 'antum 'adillatun fattaqû-L-
Lâha la 'allakum taskurûn (123).
Souviens-toi du matin où tu quittas les tiens pour ranger tes fidèles en
ordre de bataille? Allah entendait et savait tout.(121) Deux groupes de sol-
dats étaient sur le point de faire défection. Mais Allah raffermit leur cou-
rage. C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance. (122).
Allah vous a accordé la victoire à Bedr, malgré votre infériorité. Observez
les enseignements d'Allah si vous voulez qu'il vous traite en hommes recon-
naissants (123).
Il s'agit de la bataille de Ouhod d'après l'unanimité sauf Ai-Hassan
Al-Basri qui a précisé que c'était la bataille des coalisés.
La bataille de Ouhod eut lieu le samedi au troisième jour du mois
Chawal en l'an 3 de l'Hégire, bien que d'autres ont donné une date dif-
férente.
La raison pour laquelle cette bataille déclencha, est que les poly-
520
thésites voulurent se venger après la défaite qu'ils avaient subie le jour
de Badr où un bon nombre de leurs notables furent tués, et où les mu-
sulmans s'emparèrent de la caravane à la tête de laquelle se trouvait
Abou Soufian. Les fils de ces hommes tués ainsi que les chefs des
Qoraïchites qui restaient en vie dirent à Abou Soufian: «Prends tout
cet argent et dépense-le pour la lutte contre Mouhammad» En effet ils
purent préparer une armée formée de 3000 combattants et marchèrent
pour camper près du mont Ouhod en face de Médine.
A Médine, après la prière du vendredi, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- consulta les fidèles: Devait-il sortir pour affronter
l'ennemi ou rester à Médine? Abdullah Ben Oubay lui répondit qu'il
vaut mieux rester à Médine, si les polythéistes restaient où ils étaient,
ils nous épargneraient leur mal, mais s'ils voulaient entrer à Médine,
les hommes les battraient et les jeunes et les femmes leur jetteraient
une envolée de pierres. Enfin s'il retournaient, ils se seraient déçus.
Les fidèles qui n'avaient pas pris part au combat le jour de Badr
lui proposèrent de sortir à leur rencontre. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- entra chez lui, puis sortit en portant l'heaume sur
la tête. Quelques-uns des fidèles regrettèrent d'avoir proposé la guerre
et lui dirent: «Peut-être nous t'avons contraint au combat? Ô Envoyé
de Dieu, si tu veux nous restons à Médine» Il leur répondit: «Il ne sied
plus à un Prophète qui a porté son armure de reculer jusqu 'à ce que Dieu
lui donne un gain de cause.»
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quitta Médine à la
tête d'une armée formée de mille combattants. Arrivés à Al-Chawt, Ab-
dullah Ben Oubay rebroussa chemin avec le tiers de cette armée irrité
parce qu'on n'a pas adopté sa propostion. Lui et ses compagnons dis-
ent: «Si nous savions combattre nous vous aurions suivi mais nous
croyons que vous n'êtes pas dans la mesure de combattre» Quant à
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et les autres fidèles,
ils poursuivirent leur marche jusqu'à ce qu'ils arrivèrent au versant de
la vallée où ils campèrent de sorte que le mont Ouhod les protège de
derrière. Il dit aux fidèles: «Ne commencez pas le combat avant que je
vous l'ordonne».
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se prépara pour
le combat, ordonna aux archers qui étaient au nombre de cinquante
521
sous le commandement de Abdullah Ben Joubaïr, le frère de Bani Amr
ben Awf de garder le sommet du mont et leur dit: «Repoussez par vos
flèches les cavaliers de l'ennemi car nous n'allons pas être devant
vous, surtout, ne bougez pas même si la victoire serait la nôtre ou la
leur. Ne quittez jamais vos places même si nous subirons la défaite».
Il mit à la tête d'une partie de l'armée Mouss'ab Ben 'Oumayr en lui
confiant l'étendard, et autorisa en ce jour-là aux jeunes de prendre part
au combat.
Dans le camp adverse, l'armée était composée de 3000 fantassins
et de cent cavaliers dont leur moitié se trouvait à droite sous le
commandement de Khaled ben Al-Walid, et l'autre était à gauche et à
la tête était Ikrima Ben Abou Jahl. Ils confièrent le commandement et
l'étendard à Bani Abd Eddar. Nous détaillerons plus loin le déroule-
ment du combat (voir le verset n: 151).
«Deux groupes de soldats étaient sur le point de faire défection» il
s'agit, selon les dires de Jaber Ben Abdullah, de deux tribus: Banou
Haritha et banou Salama.
Dieu ensuite rappelle aux fidèles la victoire qu'il leur avait accor-
dée à Badr «Alain vous a accordé la victoire à Bedr malgré votre infério-
rité» Cette bataille eut lieu le vendredi au dix-septième jour du mois de
Ramadan en l'an 2 de l'Hégire. Ce jour du discernement entre la Vérité
et l'erreur où Dieu a rendu sa religion puissante, dénigré le poly-
théisme et vaincu les impies alors que les fidèles ne comptaient pas
plus que 313 hommes y compris deux cavaliers et un seul chameau,
et tes autres étaient mal équipés, qui avaient affronté une armée de
1000 guerriers bien équipés et qui avaient à leur disposition un grand
nombre de montures et de richesses. Et ceci afin que les croyants sa-
chent que la victoire ne vient que de Dieu en leur donnant un autre
exemple et leur rappelant le jour de la bataille de Honein «quand vous
êtes fiers de votre grand nombre, celui-ci ne vous a servi à rien».
Dans son Mousnad, l'imam Ahmed a rapporté que Simak a enten-
du 'lyad Al-Ach'ari raconter «J'ai participé au combat Al-Yarmouk où il
y avait à la tête de notre armée cinq commandants. Omar nous dit
alors: «Si le combat est inévitable prenez pour commandant Abou 'Ou-
bayda». On lui envoya une lettre afin qu'il nous secoure par un renfort,
vu que notre situation était très difficile, il nous répondit: «J'ai reçu vo-
522
tre lettre et je viens par le présente vous désigner un chef qui est plus
puissant et dont i'armée est la meilleure. Il est Dieu à Lui la puissance
et ta gloire, implorez Son secours, car Mouhammad -qu'Allah le bé-
nisse et le salue-, a été rendu victorieux le jour de Badr à la tête d'une
armée qui était très inférieure à la vôtre. Lorsque vous recevez ma let-
tre-ci, combattez l'ennemi sans jamais me consulter.» En effet nous
avons battu l'ennemi, chassé à une distance de quatre parasanges et
acquis un grand butin».
A savoir que Badr est un endroit situé entre La Mecque et Médine
où il y a un puits qui a été creusé par Badr Ben An-Narayne.
'id taqûlu li-1-mu'minîna 'alan yakfiyakum 'an yumiddakum rabbukum
bi talâtati 'âlâfim mina-1-malâ'ikati munzalîn (124) balâ 'in tasbirû wa
tattaqû wa ya'tukum min fawrihim hâdâ yumididkum rabbukum
bihamsati 'âlâfim mina-1-malâ'ikati musawwamîn (125) wamâ ja'alahu-L-
Lâhu 'illâ busrâ lakum walitatma'inna qulûbukum bihî wamâ-n-n-nasru
'illâ min 'indi-L-Lâhi-i-'azîzi-l-hakîm (126) liyaqta'a tarafam mina-1-lad
îna kafarû 'aw yakbitahum fayanqalibû hâ'ibîn (127) laysa laka mina-1-
'amri say'un 'aw yatûba 'alayhim 'aw yu'addibahum fa 'innahum
zâlimûn (128) wa li-L-Lâhi ma fî-s-samâwati wamâ fî-l-'ardi yagfiru li-
may-yasa'u wa yu'addibu may-yasâ'u wa-L-Lâhu gafûru-r-raMm (129).
Tu disais aux fidèles pendant le combat: «N'est-ce pas assez que votre
Seigneur relève vos courages par trois mille anges descendus du ciel?» (124)
Bien mieux. Si vous êtes fermes dans votre foi et si vous craignez Allah,
vos ennemis peuvent fondre soudainement sur vous, Allah vous donnera le
523
concours de cinq mille anges d'élite. (125) Allah n'a agi ainsi que pour vous
donner confiance et affermir vos cours. Il n'y a qu'Allah, tout-puissant et
sage, qui puisse donner la victoire. (126) Soit qu'il provoque une scission
dans le camp des infidèles, soit qu'D les mette en déroute. Ceux-ci s'en re-
tourneront, défaits. (127) Cela ne te concerne pas. Bien que coupables, c'est
à Allah seul qu'il appartient de leur pardonner ou de leur faire expier leurs
fautes. (128) Allah est le Maître des cieux et de la terre. Il absout qui II
veut et châtie qui II veut. En vérité, Allah est miséricordieux et clément.
(129).
Cette promesse de Dieu, était-elle le jour de Badr on celui de Ou-
hod? Deux opinions ont été données à ce sujet:
La première:
Ibn Jarir a dit que le verset: «Tu disais aux fidèles pendant le
combat...» se rapporte à celui qui le précède: «Allah nous a accordé la
victoire à Bedr». Cette opinion a été soutenue par Ai-Hassan et Al-Ra-
bi' Ben Anas qui a ajouté: «Le jour de Badr Dieu a aidé les croyants
avec mille anges puis avec d'autres dont le nombre a atteint à la fin
cinq mille». Si l'on objecte et dit quelle relation existe entre ce verset
et un autre cité dans la sourate du butin où Dieu parle de la bataille de
Badr et dit: «Votre Seigneur ne resta pas insensible à vos prières: «Je vous
donne Pappui, dit-Il, de mille anges en file ininterrompue...») [Coran VIII,
9]? La réponse est la suivante: Le nombre mille cité dans ce verset ne
contredit pas le nombre trois mille cité dans le verset n: 124 cité dans
cette sourate. Car il faut entendre par: mille en file ininterrompue, un
mille à la suite d'un autre.
On peut en déduire que ce renfort de ces anges se rapporte à la
bataille de Badr où ils ont combattu à côté des musulmans.
La deuxième:
Quant à Moujahed, Ikrima et Ad-Dahak, ils ont jugé qu'il s'agit de
la bataille de Ouhod lorsque Dieu rappelle à Son Prophète Son se-
cours en lui disant: «Souviens-toi du matin où tu quittas les tiens pour ran-
ger tes fidèles en ordre de bataille...». Ce renfort n'a pas été complété
par les cinq mille anges car, dans ce combat, les musulmanms avaient
pris la fuite.
524
Bien que la première, s'avère plus comète, Dieu est le plus savant.
«Si vous êtes fermes dans votre foi et si vous craignez Allah...» qui si-
gnifie: Si vous être patients dans le combat des incrédules et vous
craignez Dieu en obtempérant à Ses ordres, «Allah vous donnera le
concours de cinq mille anges d'élite» ou suivant une autre interprétation:
«cinq mille anges marqueurs» c'est dire qui se donnent des marques
distinctives au moyen de touffes de laine blanche sur leurs turbans et
sur les toupets de leur cheveux comme a précisé Ali Ben Abi Taleb.
En commentant cela Ibn Abbas a dit: «Le jour de Badr, les anges
portaient des turbans blancs en laissant la bande flotter sur leurs dos,
et le jour de Honain, leurs turbans étaient rouges. Mais en fait, les an-
ges n'ont pris part au combat et battu les impies qu'à Badr.
«Dieu n'a agi ainsi que pour donner confiance et affermir vos cœurs»
c'est à dire que Dieu n'a promis aux fidèles de leur envoyer des anges
que pour leur annoncer une heureuse nouvelle et tranquilliser leurs
cœurs par la victoire qu'il allait leur accorder, et qui en est seul ca-
pable. En d'autres termes, Il pourra seul triompher sur Ses ennemis
sans le concours des fidèles, mais II l'a fait pour les pousser à combat-
tre dans sa voie comme il l'affirme dans un autre verset: «Il en est ain-
si: si Dieu l'avait voulu, il se serait débarrassé d'eux, mais II a voulu vous
éprouver les uns par les autres») [Coran XLVII, 4]. .
Donc Dieu ordonne aux croyants de combattre, et par leur inter-
médiaire: «Soit qu'il provoque une scission dans le camp des infidèles, soit
qu'il les mette en déroute» c'est à dire afin de tailler en pièces ou de
culbuter une partie des incrédules et qu'ils repartent vaincus sans pou-
voir réaliser leur projet.
Il fait connaître ensuite à Son Prophète que tout revient à Dieu qui
est maître de Ses décisions. Il lui dit: «Cela ne te concerne pas» tout'
comme II lui a dit dans d'autres versets pour affirmer cela: «Seule t'in-
combe la communication du message prophétique, le compte final nous ap-
partient») [Coran XIII, 40] et: «Il ne t'incombe pas de diriger les
incrédules. Dieu dirige qui II veut») [Coran II, 272] et aussi: «Tu ne diri-
ges pas celui que tu aimes, mais Dieu dirige qui II veut») [Coran XXVIII,
56].
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'avait pas le droit de
525
juger les incrédules, car, comme le montre le verset, Dieu pourra: ou
bien revenir vers eux en les dirigeant après leur égaremnet, ou bien
les châtier dans les deux mondes parce qu'ils sont injustes.
Al-Boukhari rapporté qu'IBn Omar a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- ne cessait d'appeler la malédiction de Dieu
sur les impies en citant leurs noms jusqu'à ce que ce verset fût révélé:
«Cela ne te concerne pas». Il a rapporté aussi d'après Abou Houraira,
que lorsque l'Envoyé de Diue -qu'Allah le bénisse et le salue- voulait
invoquer Dieu en faveur de quelqu'un ou maudire quelqu'un, il le faisait
dans son qounoute en se relevant de l'inclinaison, après avoir dit:
«Dieu écoute ceux qui le louent, notre Seigneur à Toi la. louange Mon
Dieu, sauve Al-Walid Ben Al-Walid, Salama Ben Hicham, 'Ayach Ben
Abi Rabi'a et les faibles parmi les croyants. Mon Dieu, agis avec vio-
lence contre la tribu de Moudar et accable-la par la disette comme les
années de Joseph» Il faisait cela à haute voix et disait parfois dans la
prière de l'aube: «Mon Dieu, maudis un tel, et un tel», en les désignant
par leurs noms ainsi quelques tribus des arabres jusqu'à ce que Dieu
lui révélât: «Cela ne te concerne i
L'imam Ahmed a rapporté d'après Anas que le jour de la bataille
de Ouhod, une incisive du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut
cassée et son sourcil blessé, et le sang coula sur son visage. Il dit:
«Comment un peuple peut-il réussir en maltraitant son Prophète de la sorte
alors qu'il l'appelle à Dieu?» Dieu alors lui révélai Cela ne te concerne
pas». Un hadith pareil a été rapporté par Qatada.
Dieu rappelle aux hommes «qu'il est le Maître des cieux et de la
terre» et ce qu'ils contiennent et leurs habitants ne sont que Ses escla-
ves. «Il absout qui II veut et châtie qui U veut» Car il dispose de tout,
personne ne s'oppose à Son jugement, Il interroge les hommes et II
n'est jamais interrogé
526
yâ 'ayyuha-1-ladîna 'âmanû là ta'kulû-r-ribâ 'ad'âfam mudâ'afatan wa-t-
taqû-L-Lâha la'allakum tuflihûn (130) w-attaqû-n-nâra-1-latî 'u'iddat lil-
kâfirîn (131) wa 'atrû-L-Lâha wa-r-rasûla la'allakum turhamûn (132) wa
sâri'û 'ilâ magfiratim mir-rabbikum wa jannatin 'arduhâ-s-samâwâtu wa-
l-'ardu 'u'iddat li-1-muttaqîn (133) 'al-ladîna yunfiqûna fî-s-sarrâ'i wa-d-
darrâ'i wa-1-kazimîna-l-gayza wa-l-'âfîna 'ani-n-nâsi w-AL-Lâhu yuhibbu-
1-muhsinîn (134) w-al-ladîna 'idâ fa'alû fâhisatan 'aw zalamû 'anfusahum
dakarû-L-Lâha fas-tagfarû lidunûbihim wa may-yagfiru-d-dunûba 'illâ-1-
Lâhu walam yusirrû 'alâ ma fa'alû wahum ya'lamûn (135) 'ûlâ'ika ja-
zâ'ûhum magfiratun mir-rabbihim wa jannâtun tajrî min tahtihâ-l-'anhâ-
ru hâlidîna fîhâ wa ni'ma 'ajru-l-'âmilîn (136).
O croyants, ne pratiquez pas l'usure en mutlipliant démesurément vo-
tre capital. Craignez Allah, si vous voulez vivre heureux. (130) Redoutez le
supplice du feu réservé aux insoumis. (131) Soumettez-vous à Allah et au
Prophète. Peut-être obtiendrez-vous la miséricorde d'Allah (132) Hâtez-
vous de gagner l'indulgence de votre Seigneur et le paradis, aussi vaste que
les cieux et la terre, qu'Allah réserve aux vertueux. (133) Les vertueux qui
distribuent leurs biens, qu'ils soient à l'aise ou dans la gêne, qui vainquent
leur colère et qui pardonnent à autrui. Allah aime les cœurs généreux. (134)
Les vertueux qui, lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent à
eux-mêmes, appellent Allah et implorent Son pardon pour leurs péchés. Car
qui peut effacer les péchés des hommes si ce n'est Allah? Les vertueux qui,
de propos délibéré, ne persévèrent pas dans le mal. (135). Ceux-là auront
pour récompense le pardon d'Allah et pour séjour éternel des jardins arrosés
d'eau vive. Quelle belle récompense pour les hommes de bien. (136).
Dieu le Très haut interdit à Ses serviteurs croyants de pratiquer
l'usure en produisant plusieurs fois leur capital. A l'ère préislamique -la
Jahiliah- et à l'échéance des dettes, le créancier disait à son débiteur:
ou tu payes out tu augmentes le montant de la dette. Si le débiteur ne
527
pouvait s'en acquitter, le créancier lui accordait un délai supplémen-
taire et ajoutait les intérêts. Ainsi au fil des jours, capital et intérêts
pouvaient atteindre les multiples du montant de la dette. Dieu ordonne
à Ses serviteurs de le craindre, peut-être seront-ils heureux dans la vie
présente et dans l'au-delà.
Puis II les menace du feu afin de l'éviter en leur disant: «Redoutez
le supplice du feu réservé aux insoumis» en les exhortant à Lui obéir ainsi
à Son Prophète leur promettant sa miséricorde. Il les porte à s'empres-
ser de faire toutes les oeuvres pies et de se rapprocher de Lui pour ob-
tenir comme récompense un paradis large comme les deux et la terre
préparé pour ceux qui le Craignent.
On a dit que ce Paradis se trouve sous la voûte du Trône dont sa
largeur est égale à sa longueur. Dans un hadith authentifié l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque vous implorez Dieu,
demandez-Lui de vous accorder le Firdaws gui est la partie supérieure du
Paradis dont son plafond est le Trône du Miséricordieux, et d'où prennent
source les fleuves du Paradis»' ".
Dans son Mousnad, l'imam Ahmed rapporte que Héraclius avait
demandé par écrit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-:
«Tu m'appelles à un Paradis large comme les cieux et la terre, où se
situe donc l'Enfer?» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ré-
pondit: «Gloire à Dieu! Lorsqu'il fait jour où va la nuit?».
Cette réponse comporte deux aspects:
1 - Le sens ne nous implique pas de renier l'existence de la nuit
dans un certain endroit si on ne la voit pas quand il fait jour, même si
on l'ignore. Ainsi l'Enfer est là où Dieu à Lui la puissance et la gloire
veuille qu'elle soit. Ce qui est très logique.
2 - Il se peut, dans un autre sens, que si le jour enveloppe une
moitié du globe terrestre, la nuit se trouve dans l'autre moitié. Ainsi le
Paradis pourra être au ciel le plus élevé sous le Trône et dont sa lar-
528
geur, comme Dieu le décrit, comme les cieux et la terre, et l'Enfer se
trouve dans l'abîme.
Il n'y a là aucune contradiction entre la largeur du Paradis et l'exi-
stence de l'Enfer. Et Dieu est le plus savant.
A qui ce Paradis est réservé:
- «Aux vertueux qui distribuent leurs biens, qu'ils soient à l'aise ou dans
la gêne» C'est dire qui dépensent leurs richesses en aumône qu'ils
soient aisés ou pauvres, à l'état de la maladie ou d'une bonne santé,
dans l'activité et dans la paresse, bref en toute circonstance comme
Dieu le montre dans ce verset: «Ceux qui dépensent leurs biens, la nuit et
le jour, en secret et en public») [Coran II, 27] c'est à dire qu'aucune autre
préoccupation ne les empêche d'obéir aux ordres de Dieu, de dépenser
pour obtenir Sa satisfaction, de faire la charité aux autres etc....
-«(A ceux) qui vainquent leur colère et qui pardonnent à autrui» c'est
à dire au moment de leur colère, ils se comportent avec clémence
sans répondre au mal par le mal, envers ceux qui leur nuisent. Il a été
cité dans une Tradition que Dieu a dit: «O fils d'Adam! Souviens-toi de
Moi quand tu t'irrites. Je me souviendrai de toi quand Je m'irrite contre
toi et pour t'épargner ma vengeance».
Plusuieurs hadiths ont été rapportés à ce propos dont nous citons
quelques-uns:
- Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «L'homme fort n'est pas celui qui bat les gens,
mais il est celui qui se maîtrise quand il est en colère». (Rapporté par Ah-
med) (1 >
- Abdullah a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- a dit: «Lequel d'entre vous préfère à ses propres biens les biens
qu'il laissera à ses sucesseurs?» On lui répondit: «O Envoyé de Dieu! Il
n'en est pas un parmi nous pour préférer à ses propres biens les biens
qu'il laissera à ses successeurs. Il répliqua: «Sachez que les biens d'un
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homme sont ceux qu'il a dépensés en aumône, et les biens de ses succes-
seurs sont ceux qu'il a conservés» (Rapporté par Ahmed) fl> .
- Anas a rapporté d'après son père que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Celui qui se maîtrise au moment où il peut
agir, Dieu l'appellera devant tout le monde pour lui accorder la faveur de
choisir la houri qu'il voudra» (Rapporté par Ahmed) (2> .
- En commentant ce verset «Qui vainquent leur colère» Abou Hou-
raira a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«Celui qui se maîtrise au moment où il peut se venger, Dieu remplit son
cœur de foi et de sécurité».
- «(A ceux) qui pardonnent à autrui» c'est à dire ceux qui, ayant
maitrisé leur colère sans se venger, pardonnent à ceux qui leur cau-
sent un certain préjudice, sans garder aucune rancune contre eux, et
tel est le sommet de la clémence. «Allah aime les cœurs généreux» et
ceux qui font le bien.
Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Il y a trois choses, j'en jure par Dieu, qu'elles seront
réalisées: Toute aumône ne saura diminuer les biens de l'homme, tout
homme qui pardonne aux autres, Dieu le rendra plus puissant, et tout
homme qui fait preuve de sa modestie, Dieu relèvera de degrés auprès de
Lui» !3 >.
- Oubay Ben Ka'b rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Celui qui aime occuper la plus haute demeure
530
(au jour de la résurretion) et les plus hauts degrés, qu'il pardonne à celui
qui l'a opprimé, qu'il donne à celui qui l'a privé et qu'il maintienne le lien
avec celui qui l'a rompu» (Rapporté par At-Hakem) (1) .
- (A ceux qui) lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent ît
à eux-mêmes, appelent Allah et implorent Son pardon pour leurs péchés»
c'est à dire une fois qu'ils commettent un péché, ils reviennent à Dieu
repentants et implorent Son pardon.
A ce propos, Abou Houraira a rapporté que le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit, en attribuant ces paroles au Seigneur:
«Un homme a commis un péché et a invoqué Dieu: «Grand Dieu! Par-
donne-moi mon péché» Dieu le Béni et le Très Haut répond: «Mon servi-
teur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout le péché ou
châtie celui^qui l'a commis». Puis le même homme a commis un autre pé-
ché et dit: «O Seigneur, pardonne mon péché» Dieu le Très Haut répond:
«Mon serviteur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout
les péchés et châtie celui qui les commet». Puis pour la troisième fois, le
même homme commet un péché et dit: «Seigneur, j'ai commis un péché,
pardonne-moi» Dieu le Béni et le Très-Haut lui répond: «Mon Serviteur a
commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout les péchés et châtie
qui les commet. J'ai pardonné à Mon serviteur, qu'il fasse ce qu'il veut»
(Rapporté par Ahmed) (2> .
Ali -que Dieu l'agrée- rapporte: «Chaque fois que j'entendais un
(1) ûï v- ^i :JU & il J^.j û! u^ w çj ^ uSjS*-^ ^i pTUJI tifjj
l»ij cJL^p ^) kjj :JUi jA Lii J— > »j h^J-jJ Cjjii -li <i Ji^-Vj i^JJJI jiXj
531
hadith de la bouche de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue-, j'en tirais un bon parti. Si je l'entendais d'un autre que lui, j'adju-
rais son rapporteur de son authenticité afin que je l'admette. Une fois
Abou Houraira m'a raconté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- dire: «Tout homme qui commet un péché puis fait
ses ablutions, prie deux rak'ats et implore le pardon de Dieu, Dieu lui par-
donne.» (Rapporté par Ahmed, Ibn Hibhan et les auteurs des Sunans) (1>
Ce qui confirme ce hadith est un autre cité dans le Sahih de Mousiim
rapporté par le prince des croyants Omar Ben Al Khattab dans lequel il
raconte qu'il a entendu le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
dire: «Pas un fidèle ne fait des ablutions intégres puis dit: «J'atteste qu'il
n'y a d'autre divinité que Dieu, l'Unique, Il n'a pas d'associés, et j'atteste
que Mouhammad est Son serviteur et Son Envoyé, sans que les portes du
Paradis ne soient ouvertes devant lui pour y entrer par laquelle il voudra».
(Rapporté par Mouslim) fl> .
Abou Bakr -que Dieu l'agrée- a rapporté que le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Ne cessez jamais de prononcer la profession
de la foi et d'implorer le pardon car Ibliss a déclaré: «J'ai fait périr les
gens en leur suggérant les péchés et ils m'ont fait périr par l'attestation
qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et l'imploration du pardon. Lorsque je
les ai vus agir ainsi, je les ai fait périr par leurs passions croyant qu'ils
sont dans la voie droite» (Rapporté par Abou You'la) (i> .
■(i*'*i Jf' JiiUJI »ljj) lùjJ^« |»4il 0j— ~ |^4» ielj»ll( |*|^UI iUi C^lj
532
Abou Sa'id rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit: «Iblis dit: «Seigneur, je jure par Ta puissance, je ne cesse de ten-
ter les fils d'Adam tant qu'ils sont en vie». Le Seigneur lui répondit: «Je
jure par Ma Majesté et Ma Puissance, je ne cesserai de leur pardonner
tant qu'ils implorent Mon pardon».
Certes Dieu est celui qui absout les péchés tant que les hommes
ne persévèrent pas dans le mal en s'entêtant alors qu'ils savent. Ils .
doivent donc revenir à Dieu en se repentant afin qu'ils obtiennent l'ab-
solution de leurs péchés comme Dieu l'affirme dans plusieurs versets,
notamment ceux-là:
- «ne savent-Us pas que Dieu accueille le repentir de Ses serviteurs»)
[Coran IX, 104}.
- «Quiconque fait le mal ou se fait tort à lui-même et demande ensuite
pardon à. Dieu, toruvera Dieu clément et Miséricordieux») [Coran IV,
110].
Ceux-là obtiendront leur récompense: un pardon de leur Seigneur;
des jardins où coulent les ruisseaux où ils demeureront pour l'étermité.
Telle est la belle récompense que Dieu a réservée à ceux qui font le
bien».
qad halat min qablikum sunanun fasîrû fî-l-'ardi fa-n-zurû kayfa kâna
'âqibatu-1-mukaddibîn (137) hâdâ bayânun li-n-nâsi wa hudan wa
533
maw'izzatul-lilmuttaqîn (138) walâ tahinû walâ tahzanû wa 'antumu-1-
'a'iawna 'in kuntum mu'minîn (139) 'in yamsaskum qarhun faqad massa-
1-qawma qarhum mitluhû wa tilka-l-'ayyâmu nudâwiluhâ bayna-n-nâsi
wa liya'lama-L-Lâhu-1-ladîna 'âmanû wa yattahida minkum suhâdâ'a w-
AL-Lâhu là yuhibbu-z-zâlimîn (140) wa liyumahhisa-L-Lâhu-1-ladîna
'âmanû wa yamhaqa-1-kâfirîn (141) 'am hasibtum 'an tadhulû-1-ljannata
wa lammâ ya'lami-L-Lâhu-1-ladîna jàhadû minkum wa ya'lama-s-
sabirîn (142) wa laqad kuntum tamannawna-1-mawta min qabli 'an tal-
qawhu faqad ra'aytumuhu wa 'antum tanzurûn (143).
Que d'expériences humaines ont été réalisées avant vous. Courez le
monde. Rendez-vous compte des châtiments qu'ont éprouvés les incrédules.
(137) C'est un avertissement pour les hommes. C'est un avis et une leçon
pour ceux qui craignent. (138) Ne vous laissez pas abattre, ne vous lamen-
tez pas, et vous aurez le dessus si vous avez la foi (139) Si un revers vous
atteint, dites-vous que d'autres en ont subi aussi. C'est la loi commune, for-
tune et infortune se succèdent parmi les hommes. C'est un moyen pour Al-
lah de reconnaître les croyants et de faire sortir d'entre vous des témoins.
Allah n'aime pas les injustes (140) C'est un moyen pour Allah de distinguer
ceux qui ont la foi et d'anéantir les incrédules. (11) Avez-vous caressé l'illu-
sion d'entrer au Paradis sans qu'Allah distingue entre ceux qui Le servent
et presistent dans Sa voie (142) Vous souhaitiez la mort avant de la voir
face à face. Maintenant vous l'avez vue. Vous l'avez bien vue. (143).
Après les tristes événements qui eurent lieu à la bataille de Ouhod
et le meurtre de soixante-dix musulmans, Dieu s'adresse aux fidèles
que de telles épreuves avaient subies des peuples avant vous qui,
d'ailleurs, avaient suivi honnêtement leurs Prophètes, mais à la fin ils
avaient emporté la victoire sur les incrédules qui traitaient les signes
de Dieu de mensonge.
«C'est un avertissement pour les hommes» il s'agit du Coran qui
contient les enseignements clairs, la bonne Direction et des exhorta-
tions pour ceux qui ont la foi et appliquent la loi divine.
Puis, pour réconforter les fidèles après cette défaite, Dieu leur dit:
«Ne vous laissez pas abattre» ne perdez pas courage «ne vous lamentez
pas, et vous aurez le dessus si vous avez la foi» vous serez certes victo-
rieux à la fin si vous êtes des croyants.
534
«Si on revers vous atteint, dites-vous que d'autres en ont subi aussi»
car que des blessures et des meurtres avaient accablés vos ennemis
non loin de vous dans d'autres combats: «C'est la loi commune, fortune
et infortune se succèdent parmi les hommes» c'est à dire que la guerre a
des alternatives et cela dépend toujours de la sagesse de Dieu afin
qu'il reconnaisse ceux qui croient, qui sont constants, et qui se font
martyrs dans Sa voie rien que pour obtenir Sa satisfaction, car II
n'aime pas les injustes.
«... et d'anéantir les incrédules» qui, une fois victorieux, ne tarderont
pas à opprimer et semer la corruption, un pareil agir ne provoquera
que leur perte et leur anéantissement.
Puis Dieu fait connaître aux hommes par Sa sagesse qu'il les met-
tra à l'épreuve pour distinguer ceux qui sont fidèles et constants:
«Avez-vous caressé l'illusion d'entrer au Paradis sans qu'Allah distingue en-
tre ceux qui Le servent et persistent dans Sa voie?» Il affirme cela dans
d'autres versets quand II a dit: «Espérez-vous entrer au Paradis sans pas-
ser par les épreuves qu'ont subies vos prédécesseurs? La privation et les ma-
ladies ne tes épargnèrent pas. Et ils furent ébranlés...») [Coran II, 214] et:
«Les hommes pensent-ils qu'on les laissera dire: «Nous croyons» sans les
éprouver?») [Coran XXIX, 2].
Il rappelle aux fidèles leurs souhaits: «Vous souhafttezla mort avant nt
de la voir face à face. Maintenant vous l'avez vue. Vous l'avez bien vue»
c'est à dire avant ce jour-là -le jour de Ouhod-vous souhaitiez rencon-
trer l'ennemi avec empressement désirant l'affronter afin de manifefster
votre constance, voilà maintenant ce que vous aviez tant souhaité, al-
lez-y et combattez.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit dans un
hadith authentifié: «Ne souhaitez pas la rencontre de l'ennemi, plutôt de-
mandez à Dieu de vous accorder le pardon et la bonne santé. Mais si vous
le rencontrerez, soyez constants et sachez que le Paradis est sous l'ombre
des sabres». (Rapporté par Boukhari et Moustim) (l>
(1) lili iLiUI ii\ IjL-j ijiJI t liJ l^ujtf 1/i :Jli 4§; il Jj-j ùf oy^-^rfJt ^j c-v
535
«Maintenant vous l'avez vue» c'est à dire voilà la mort dont vous
souhaitiez, vous la voyez de vos propres yeux dans la mêlée et l'af-
frontement de l'ennemi. Car un guerrier attend la mort en combattant
comme il souhaite sortir victorieux.
Oi^Siiiï tijs— "j ^ •-£-?$> Îj-s-jM ^j? jj 1 i>*j ^ ; ^ «^sjj lijoï vlv
wamâ Muhhmmadun 'illâ rasûlun qad halat min qablihi-r-rusulu 'afa'în
mata 'aw qutila-n-qalabtum 'alâ 'a'qâbikum wamay-yanqalib 'alâ 'aqi-
bayhi falay-yadurra-L-Lâha say'an wa sayajzi-L-Lâhu-s-sâkirîn (144) wa-
mâ kâna linafsin 'an tamûta 'ilâ bi 'idni-L-Lâhi kitâbam-mu'ajjalan wa
may-yurid tawâba-d-dunyâ nu'tihî minhâ wa may-yrid tawâba -l-'âhirati
nu'tihî minhâ wa sanajzî-s-§âkirîn (145) wa ka'ayyin-min nabiyyin qâtala
ma'ahû ribbiyyûna katîrun famâ wahanû lima 'asâbahum fi sabîli-L-Lâhi
wamâ da'ufû wamâ-s-takânû w-AL-Lâhu yuhibbu s-sabirîn (146) wamâ
kâna qawlahum 'illâ 'an qâlû rabbana-gfir lanâ dunûbanâ wa 'isrâfanâ fi
'amrinâ wa tabbit 'aqdàmanâ wa-n-surnâ 'ala-1-qawmi-l-kâfirîn (147)
fa'âtâhumu-L-Lâhu tawâba-d-dunyâ wa husna tawâbi-l-'âhirati w-AL-
Lâhu yuhibbu-1-muhsinîn (148).
Mouhammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu bien d'autres
avant lui. S'il venait à mourir ou à être tué, est-ce que vous déserteriez?
Ceux qui désertent ne causent aucun tort à Allah et Allah récompense les
reconnaissants. (144) Aucune âme ne quitte cette terre sans l'assentiment
536
d'Allah et sans que sa fin ait été écrite et fixée. Celui qui recherche les pro-
fits de ce monde, Je le satisferai et Je satisferai aussi celui qui recherche
les profits de l'autre monde. Je récompenserai les reconnaissants. (145)
Combien de Prophètes ont été tués au milieu de leurs compagnons! Ceux-ci
ne sont pas laissés abattre par l'épreuve subie dans la voie d'Allah. Us n'ont
pas faibli et ils n'ont pas capitulé. Allah aime ceux qui sont endurants.
(146) Ils ne savaient que répéter: «Seigneur, pardonne-nous nos péchés et
nos excès. Affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur les infidèles.
(147) Allah leur accorda les biens de ce monde et la récompense suprême
de l'autre monde. Allah aime ceux qui font le bien. (148).
Lorsque les musulmans subirent la défaite à la bataille de Ouhod
et quelques-uns d'entre eux furent tués, le démon proclama: Mouham-
mad a été tué. Ibn Qaml'a retourna au camp des polythéistes et leur
dit: «Je viens de tuer Mouhammad» Or cet infidèle ne l'avait pas tué
mais il le frappait en lui causant une blessuere à la tête. Cette rumeur
circula parmi les fidèles et crurent qu'il a été tué, ce qui engendra une
certaine faiblesse dans leurs cœurs et les découragea. Ce verset fut
alors descendu: «Mouhammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu
bien d'autres avant lui» c'est à dire son sort ne fut pas étrange car bien
d'autres Prophètes avant lui ont subi une fin pareille.
Abou Najih rapporte qu'un homme des Ansars passa par un autre
qui roulait par terre dans son sang. Il lui demanda: «O une tel, penses-
tu que Mouhammad a été vraiment tué?» Cet Ansarien lui répondit:
«S'il venait à être tué, il avait certes transmis le message. Défendez
donc votre religion».
Puis Dieu blâme ceux qui se sont affaiblis et devenus désespérés:
«S'il venait à mourir ou a être tué, est-ce que vous déserteriez?» c'est à
dire: retoumereiz-vous sur vos pas en battant en retraite. «Ceux qui
désertent ne causent aucun tort à Allah et Allah récompense les reconnais-
sants» les vaillants ceux qui ont observé Ses enseignements, en ob-
tempérant à Ses ordres, luttant pour Sa cause et qui ont suivi le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- mort et vivant. On rapporte
qu'à la mort de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-,
Abou Bakr As-Siddiq sortit pour annoncer cela et récita ce verset.
Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte que, lors de la mort du Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue-, Abou Bakr que Dieu l'agrée- arriva de
537
sa demeure à Sanh monté sur un cheval. Il entra directement dans la
mosquée sans parler à personne, puis se rendit chez elle voulant voir
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- convert d'un vête-
ment. Il découvrit son visage, l'embrassa et commença à pleurer, puis
il lui dit: «Que je ne sacrifie pour toi père et mère! Par Dieu, Dieu ne te
fait pas mourir deux fois. La mort qui fa été inscrite la voilà réalisée».
Ibn Abbas ajouta: «Abou Bakr sortit de chez le Prophète et trouva
Omar s'entretenir avec les hommes, il lui dit: «Assieds-toi ô Omar.
Puis s'adressant aux hommes, Abou Bakr dit: «Celui qui adorait Mou-
hammad, Mouhammad est mort. Celui qui aodre Dieu qu'il sache que
Dieu est Vivant et ne mourra jamais. Dieu le Très Haut a dit: «Mou-
hammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu bien d'autres avant lui...
jusqu à la fin du verset. Par Dieu, poursuivit Ibn Abbas, c'est comme si
les hommes ignoraient que Dieu à révélé ce verset que lorsque Abou
Bakr le récita, et les hommes ne cessèrent de le réciter.
Ibn Abbas raconte qu'Ali disait, du vivant de l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- en récitant le verset: «Par Dieu, nous
ne retournerons plus sur nos pas après avoir été dirigés par Dieu. Par
Dieu, s'il mourait ou s'il était tué, je combattrais pour les mêmes princi-
pes qu'il prêchait jusqu'à ce que je meure à mon tour. Par Dieu, je
suis son frère, son ami, son cousin paternel et son successeur. Qui
donc a de droit de lui plus que moi?».
Ces dires de Dieu: «Aucune âme ne quitte cette terre sans l'assenti-
ment d'Allah et sans que sa fin ait été écrite et fixée» signifient qu'aucune
personne ne meurt avant que son terme ne survienne qui lui a été fixé
dès sa naissance. Ils sont pareils à ce verset: «La vie d'aucun être n'est
prolongée ni abrégée sans que son destin ne soit inscrit dans un Livre»)
[Coran XXXV, II] et ce verset: «C'est Lui qui vous a créés d'argile, puis D
a décrété un ternie pour chacun de vous, un terme fixé par Lui») [Coran
VI, 2].
Dans ce verset il y a une exhortation au combat sans être lâche ni
hésiter à en prendre part, car combattre ou déserter ceci ne changera
pas le terme de la vie.
Quant aux biens de ce monde et à ceux de l'autre, Dieu les répar-
tit à tous Ses serviteurs comme II le précise dans le verset: «Celui qui
recherche les profits de ce monde, Je le satisferai et Je satisferai aussi celui
538
qui recherche les profits de l'autre monde» En d'autres termes, celui qui
œuvre pour acquérir les biens de ce monde, en aura sa part et sera
privé dans l'autre monde. Mais celui qui n'ceuvre que pour l'au-delà,
Dieu lui réservera la plus belle récompense dans l'autre monde et lui
donnera égalemnet sa part des biens de la vie présente, comme Dieu
le montre dans ce verset: «Nous croissons le champ de celui qui désire le
champ de la vie future. Nous accordons quelques profits à celui qui désire
le champ de la vie de ce monde, mais il n'aura aucune part dans la vie fu-
ture») [Coran XLli, 20] et dans celui-ci: «A quiconque désire ce qui passe
promptement, nous nous hâtons de donner ce que nous voulons, à qui nous
voulons. Puis, nous le destinons à la Géhenne où il brûlera méprisé et ré-
prouvé. Les croyants qui désirent la vie future et qui font tous leurs efforts
pour y tendre: voilà ceux dont le zèle sera reconnu») [Coran XVII, 19].
Pour soulager et reconforter les croyants après leur défaites à Ou-
hod, Dieu leur montre le cas de leurs prédécesseurs en disant: «Que
de Prophètes ont été tués au milieu de leurs compagnons» Ibn Jarir a
commenté cela et dit qu'il s'agit bien de la bataille de Ouhod quand les
musulmans subirent la défaite et laissèrent tout combat en entendant
les rumeurs que Mouhammad venait à être tué. Dieu les blâma à
cause de leur comportement et leur dit: «S'il venait à mourir ou a être
tué, est-ce que vous déserteriez?»
Mais Ibn Ishaq, dans la Biographie du Prophète, a commenté ce
verset d'une façon différente en disant: «Combien de Prophètes ont
combattu et ont été tués. Les troupes qui se trouvaient avec eux ne se
sont pas laissées abattre par ces épreuves, n'ont pas faibli devant
leurs adversaires, et n'ont pas cédé en combattant dans la voie de
Dieu, plutôt ils ont fait preuve d'endurance. Ils ont poursuivi le combat
sans que la mort de leurs Prophètes ne les arrête. Leur seule parole
était: «Notre Seigneur, pardonne-nous nos péchés et notre excès dans
notre conduite, affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur le peu-
ple incrédule. Ceux-là méritent sans doute la récompense dans la vie
présente, qui est la victoire, ainsi que la meilleure récompense dans
l'au-delà, c'est à dire en leur réunissant la belle rétribution dans les
deux mondes, car Dieu aime les gens qui font le bien».
539
yâ 'ayyhua-1-ladîna 'âmanû 'in tuti'û-1-ladîna kafarû yaruddûkum 'alâ
'a'qâbikum fatanqalibu hasirîn (149) bali-L-Lâhu mawlâkum wahuwa
hayru-n-nâsirîn (150) sanulqî H qulûbi-1-ladîna kafarû-r-ru'ba bimâ 'asra-
bi-L-Lâhi ma lam yunazzil bihî sultânan wa ma 'wâhumu-n-nâru wa
bi'sa matwa-z-zâlimîn (151) walaqad sadaqakumu-L-Lâhu wa'dahû 'id
tahussûnahum bi 'idnihî hattâ 'idâ fasiltum wa tanâza'tum fi-l-'amri wa
'asaytum mim ba'di ma 'arâkum ma tuhibbûna minkum man yurîdu-d-
dunyâ wa minkum man yurîdu-l-'âhirata tumma sarfakum 'anhum liyab-
taliyakum walaqad 'afâ 'ankum wa-L-Lâhu dû fadlin 'ala-1-mu'mi-
nîn (152) 'id tus'idûna walâ talwûna 'alâ 'ahadin wa-r-rasûlu yad'ûkum fî
'uhrâkum fa'atâbakum gammam bi-gammi-1-lakaylâ tahzanû 'alâ ma fâ-
takum walâ ma 'asâbakum w-AL-Lâhu habîrum bimâ ta'malûn (153).
O croyants, n'écoutez pas les infidèles si vous ne voulez pas retomber
dans vos erreurs. Vous seriez perdus alors. (149) Allah, vous le savez, est
votre Maître. C'est l'allié le plus sûr. (150) Nohs jetterons l'effroi dans le
cœur des infidèles pour les punir d'associer à Allah des divinités que ne
prouve aucune révélation. L'enfer sera leur séjour. Et quel triste séjour que
celui des réprouvés (151) Allah a tenu sa promesse en vous permettant
d'anéantir vos ennemis jusau'au moment où vous avez fléchi, où vous vous
êtes contrecarrés dans la conduite de la bataille et où vous avez désobéi
après qu'il vous eût fait entrevoir ce que vous désiriez. Parmi vous, certains
recherchaient les biens de ce monde, d'autres les biens futurs. Puis Allah a
brisé votre élan pour vous éprouver. Maintenant Allah vous a pardonnes,
540
car II est plein de sollicitude pour les croyants. (152) Vous fuyiez alors sans
vous soucier les uns des autres, tandis que le Prophète, sur vos derrières,
tentait de vous ramener au combat. Allah vous envoya déception sur décep-
tion pour vous empêcher de sentir à la fois ce que vous perdiez, et les coups
que vous receviez. Car Allah sait tout ce que vous faites. (153).
Dieu met en garde les croyants de prendre pour maîtres les incré-
dules et de leur obéir, car cette soumission n'engendre que la perte
dans les deux mondes. Il leur ordonne de n'obéir et de ne se soumet-
tre qu'à Lui, de demander Son secours et de mettre en Lui leur
confiance, en leur disant: «Allah, vous le savez, est votre Maître. C'est
l'allié le plus sûr».
Puis pour les rassurer, Il leur annonce qu'il va jeter l'épouvante
dans les cœurs des impies et les frapper d'humiliation pour prix de
leurs incrédulité et polythéisme. Et dans la vie future leur demeure se-
ra là Géhenne, l'affreux séjour qui leur est réservé, et II leur infligera
un grand supplice.
Dans un hadith authentifié cité dans les deux Sahihs, l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «O m'a accordé cinq (fa-
veurs) qu'aucun autre Prophète n'avait repues avant moi: La victoire (sur
mon ennemi) à une distance d'un mois de marche (en lui inspirant) la ter-
reur; toute la terre m'a été faite comme un lieu pour la prière et son sable
un moyen de purification, quiconque de ma communauté peut prier là où il
sera le moment de la prière. Les butins sont devenus comme des biens lici-
tes pour moi, alors qu'ils ne l'étaient plus à aucun avant moi. On m'a ac-
cordé le droit d'intercession. Dieu envoyait chaque Prophète à son peuple,
tandis que moi, j'ai été envoyé au monde entier». (Rapporté par Boukhari
et MousUm/'K
Dans un autre hadith semblable, on trouve cet ajout: «J'ai épargné
mon intercession à quiconque meurt sans rien associer à Dieu».
■- *«;j irfli <->jî JJ iL-*£ ( _ y JI iAïj liMiiil >I_Japij i^LjJI jj c-U-ïj iljJ*^J
541
En commentant cette partie du verset: «Nous jetterons l'effroi dans
les cœurs des infidèles» Ibn Abbas raconte que Dieu jeta l'épouvante
dans les coeurs d'Abou Soufian qui dut retourner à La mecque. Le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors: «Abou Soufian a eu
une idée de votre force et s'est retourné chez les siens le cœur plein
d'épouvante».
«Allah a tenu Sa promesse en vous permettant d'anéantir vos ennemis»
Cette promesse est la victoire d'après Ibn Abbas en accordant la supé-
riorité et le dessus sur les polythéistes pour les anéantir. Mais ceci,
malheureusement, ne dura pas longtemps car, lorsque les musulmans
ont fléchi et ont soulevé des contestations au sujet de cette affaire «et
où vous avez désobéi», il s'agit des archers qui ont enfreint les ordres du
Prophète en laissant leur poste sur le sommet de la montagne.
«Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde, d'autres les
biens futurs» car les fidèles, ayant vu les incrédules prendre la fuite au
début du combat, une partie d'eux avait cessé de combattre et allait à
la recherche du butin, et une autre était sur le qui-vive, celle qui dési-
rait les biens de l'autre monde. Et malgré la mauvaise conduite de cer-
tains, Dieu leur a pardonné sans les anéantir, d'après l'interprétation
d'Ibn Jouraij.
Ibn Mass'oud raconte: «Le jour de Ouhod, les femmes étaient der-
rière les fidèles pour achever les blessés parmi les polythéistes. Je
jure qu'aucun d'entre nous ne recherchait les biens de ce monde jus-
qu'à ce que Dieu eût révélé ce verset: «Parmi vous, certains recher-
chaient les biens de ce monde, d'autres les biens futurs» Après qu'une
partie de nous ait désobéi au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
, il demeura acculé avec sept hommes des Ansars (Médinois), et deux
Qoraïchites (Mecquois). Quand leur situation s'aggrava, il dit à ces
hommes: «Puisse Dieu faire miséricorde à quiconque les repousse» Un
homme des Ansars se leva, battit jusqu'à ce qu'il fut tué. Puis le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- réitéra sa demande qu'à la fin
les sept Ansariens furent tués, il dit aux deux autres: «Nous n'avons pas
agi équitablement envers nos compagnons».
Abou Soufian arriva et leur dit: «Proclamez la grandeur de Houbal
(une idole). L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à ses
deux compagnons: «Répondez-lui: Dieu est plus Haut et plus Puis-
542
sant». Ils s'exécutèrent. Abou Soufian reprit: «Nous avons (l'idole) Al-
'Ouzza et vous n'avez pas une idole pareille» L'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- dit à ses deux compagnons: «Répondez:
«Dieu est notre Maître, et les incrédules n'ont pas un protecteur».
Abou Soufian rétorqua: «Ainsi est la guerre: une fois pour et une fois
contre» (faisant allusion à la bataille de Badr). Mais l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- riposta: «Non, elle n'est plus ainsi nos
morts sont vivants, ils sont pourvus de biens auprès de leur Seigneur. Quant
aux vôtres, ils subissent le supplice du Feu».
Abou Soufian de poursuivre: «En ce jour-là, il y a eu des choses
abominables: des défigurations, je ne les ai ni ordonnées ni interdites,
je ne les ai pas aimées comme je ne les ai pas répugnées. C'est une
conduite qui ne m'a ni réjoui ni peiné.
A ces mots, les hommes regardèrent et trouvèrent Hamza le ven-
tre creuvé, Hind avait enlevé le foie pour le manger mais elle devait le
rejeter». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de deman-
der: «A-t-elle mangé quelque chose?» - Non, fut la réponse. Il reprit:
«Dieu n'a pas permis qu'une partie de son corps soit dans le feu (c'est
à dire Si Hind l'avait avalée).
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, plus tard, or-
donna qu'on place le cadavre de Hamza devant lui ainsi que celui d'un
Ansarien, fit la prière funéraire sur eux. On retira le cadavre de l'Ansa-
rien et on apporta celui d'un autre, et ainsi de suite. Il fit en ce jour-là
la prière funéraire soixante-dix fois, et toujours le cadavre de Hamza
devant lui.
D'après Al-Boukhari, Al-Bara' a raconté: «Le jour de Ouhod, fai-
sant face aux polytéhistes, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
ordonna aux archers, à la tête desquels se trouvait Abdullah Ben Jou-
baîr de prendre leur position sur le sommet de la montagne et leur dit:
«Si vous nous voyez prendre le dessus, ou si les polythésites l'au-
raient sur nous, ne quittez plus votre position pour nous secourir».
Lorsque nous affrontâmes l'ennemi et les vainquîmes, ils prirent la
fuite. Je vis même les femmes se réfugier auprès de la montagne cou-
rant et retroussant leurs vêtements de sorte que les braceletes qu'elles
portaient aux chevilles apparurent. Les archers s'écrièrent: «Au butin!
Au butin!» Abdullah ben Joubaîr leur dit: «Le Prophète -qu'Allah le bé-
543
nisse et le salue- m'a ordonné de ne plus quitter nos postes», mais ils
lui désobéirent. Les polythéistes purent alors tuer soixante-dix fidèles.
Abou Soufian arriva et s'adressa aux musulmans: «Mouhammad
est-il parmi vous?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
fit signe aux fidèles de garder le silence. Abou Soufian réitéra la ques-
tion pour savoir si Ibn Abi Qouhafa (Abou Bakr) ou Omar Ben AL-Khat-
tab s'y trouvaient, mais il ne reçut aucune réponse. Il dit à la fin: «Si
ces hommes-là étaient encore vivants, ils auraient répondu». Omar, ne
pouvant se maîtriser, lui répondit: «Tu mens ô ennemi de Dieu. Dieu a
laissé en vie ceux qui te causent de la peine». Abou Soufian répliqua:
«Proclamez donc la grandeur de Houbal» Le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- dit aux fidèles: «Répondez-lui» - Qu'est ce que nous
devons dire?, lui demandèrent-ils-Dites, répliqua-t-il: «Dieu est plus
haut et plus puissant». Abou Soufian de dire: «Nous avons Ouzza et
vous n'avez rien (des idoles) - Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- dit aux musulmans: «Répondez-lui» - Qu'est ce que nous de-
vons dire? - Dites: Dieu est notre Maître, mais vous autres, n'avez pas
un protecteur». Abou Soufian de répliquer: «La guerre certes a ses al-
ternatives: vous l'avez gagnée le jour de Badr, mais aujourd'hui nous
avons le dessus. Vous allez trouver quelques uns de vos compagnons
défigurés, une chose que je n'ai pas ordonnée, mais quand même elle
ne m'a causé aucun chagrin».
Al-Zoubayr Ben AI-'Awam raconte: «J'ai vu les domestiques de
Hind et ses amies en fuite, retroussant les pans de leurs vêtements ne
se souciant de rien. Les archers quittèrent leur poste sur la montagne
nous laissant ainsi sans défense. A ce moment les cavaliers de l'enne-
mi nous attaqua par le derrière, et un homme cria: «Mouhammad est
mort». Nous battîmes en retraite et les polythéistes à notre poursuite,
après avoir tué ceux qui portaient les étendards».
Abdullah Ben Mass'oud de commenter cet événement a dit: «Je
ne pensais guère qu'un des compagnons du Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- désirait les biens de ce monde jusqu' ce que Dieu ré-
vélât: «Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde... jusqu'à
la fin du verset.
«Puis Allah a brisé votre élan pour vous éprouver» Ibn Ishaq raconte:
«Anas Ben An-Nadar, l'oncle d'Anas Ben Malek, vint trouver Omar Ben
544
sonne ne les a vus ni avant cette bataille ni après elle. Il s'agit des
deux anges Gabriel et Michel -que Dieu les salue-.
Quant à Omar Ben Al-Zoubaïr, il a raconté: «Oubay Ben Khalaf, le
frère de Bani Joumah, avait juré à La Mecque qu'il allait tuer l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ayant eu vent de ce serment,
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria: «C'est moi qui le
tuerai avec la permission de Dieu» Le jour de Ouhod, Oubay arriva au
champ de bataille portant toute son armure en disant: «Puisse Dieu
me fait périr si je laisserais Mouhammad en vie». En s'approchant du
Prophète voulant le tuer, Mouss'ab ben 'Oumayr, le fils de Bani Abd-
Eddar se plaça en face de lui protégeant ainsi l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue-; mais il fut tué. Le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- remarquant alors un espace découvert entre la
clavicule d'Oubay et son heaume, lui y assigna un coup de lance. Ou-
bay tomba de son cheval sans qu'une goutte de sang ne fût coulée.
Les amïs d'Oubay le transportèrent alors qu'il mugissait comme un tau-
reau. Ils lui dirent: «Ne t'en fais pas, ce n'est qu'une égratignure» Il
leur raconta alors les dires du Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue-: «C'est moi qui tuerai Oubay». Puis il dit: «Par celui qui tient mon
âme dans Sa main, si les habitants de Dzil-Majaz avaient subi cette
blessure, ils auraient tous trouvé la mort». Il mourut ainsi en incrédule
dont le Feu est son sort. «Que les hôtes du Brasier soient done extermi-
nés».
Il est cité dans les deux Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Dieu se courrouce vivement contre des gens
gui ont maltraité Son Prophète». Disant cela, il montra une canine qui a
été cassée. «Dieu se courrouce vivement contre un homme que l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a tué en combattant dans le che-
min de Dieu».
Aicha, la mère des croyants -que Dieu l'agrée- a dit: «Chaque fois
qu'Abou Bakr évoquait le jour de Ouhod, disait: «Ce jour-là était
comme consacré à Talha». Puis il raconta: «J'étais le premier qui reve-
nais à Ouhod et je vis un homme qui battait en défendant l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Je dis: «Sois Talha» car je
n'avais pas assisté à sa bravoure auparavant. Puis je me dis: «S'il
était un des mes concitoyens, il me serait préférable alors qu'un
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Al-Khattab et Talha Ben Abdullah qui étaient avec une foule des Mou-
hajirins et des Ansars après avoir jeté les armes. Il leur dit: «Pourquoi
avez-vous cessé de combattre?» On lui répondit: «L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- est tué!» Il leur répliqua: «A quoi bon la
vie après lui? Allez combattre et mourez comme il est mort en prê-
chant l'Islam». Puis il s'élança sur les polythéistes et combattit jusqu'
ce qu'il fut tué.
Anas Ben Malek raconte que son oncle Anas Ben An-Nadar a dit:
«Je n'ai pas pris part à la bataille de Badr avec le Prophète -qu'Allah
" le bénisse et le salue-, mais si Dieu me permettra de battre à ses cô-
tés, Il vous fera voir ce dont j'en suis capable.» Le jour de Ouhod, voy-
ant les fidèles prendre la fuite, il s'écria: «Mon Dieu, je désavoue
auprès de Toi ce que les polythéistes ont perpétré» Il s'avança le sa-
bre à la main et rencontra Sa'd Ben Mou'adh et lui dit: «O Sa'd, je
sens l'odeur du Paradis à Ouhod». Il poursuivit son chemin et combat-
tit jusqu'à ce qu'il fut tué. Seule sa sœur put reconnaître son corps
grâce à un grain de beauté ou une certaine marque sur le doigt. On
compta sur son corps quatre-vingt et quelques coups de sabre et de
flèches».
«Vous fuiez alors sans vous soucier les uns des autres» En fuyant, les
fidèles remontèrent sur la montagne sans retourner sur personne à
cause de leur fureur. A ce moment le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- les appelait pour reprendre la bataille et résister devant l'en-
nemi. As-souddy raconte: «Lorsque les polythéistes foncèrent sur les fi-
dèles, ceux-ci prirent la fuite: Certains parmi eux retournèrent à Médine
et les autres remontèrent à la montagne et se tinrent sur un grand ro-
cher. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les appela: «A
moi ô serviteurs de Dieu! A moi ô serviteurs de Dieu!» C'est à quoi
Dieu a fait allusion dans ce verset: «Vous fuiez alors sans tous soucier
les uns des autres, tandis que le Prophète, sur vos derrières, tentait de vous
ramener au combat».
Plusieurs récits ont été racontés au sujet de la bataille de Ouhod
qui donnent presque tous le sens, cependant il y a dans quelques uns
certains détails. A ce propos, Sa'd Ben Abi Waqas rapporte qu'il a vu
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- combattre et deux hom-
mes vêtus en blanc étaient à sa droite et à sa gauche et dont per-
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homme inconnu ne soit entre les polythéistes et moi et que je sois plus
proche de lui de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Cet
homme, qui dérobait ses pas, n'était qu'Abou Oubayda Ben Al-Jarrah.
J'arrivai chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et
constatai qu'une de ses incisives fut cassée, une blessure au visage et
deux anneaux de son heaume y sont enfoncés. Il nous dit: «Allez voir
votre compagnon» sous-entendant Talha. Je ne prêtai pas attention à
ses paroles et je m'approchai de lui pour lui enlever les deux anneaux
quand Abou Oubayda s'écria: «Je t'adjure de me laisser faire».
Comme il répugna de les enlever avec sa main pour ne pas lui faire
du mal, il tint l'un des anneaux avec ses dents, et, en l'enlevant, causa
la cassure de son incisive. Je le priai de me laisser enlever l'autre an-
neau, mais il refusa et fit comme la première fois et causa la cassure
de l'autre incisive.
Après avoir soigné l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue-, nous nous dirigeâmes vers Talha et comptâmes sur son cadavre
soixante-dix et quelques coups de sabre et de flèches. Un de ses
doigts fut coupé.
Ibn Wahb raconte: «Le jour de Ouhod, quand le Prophète -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- fut blessé, le père de Abou Sa'id Al-Khoudri
suça la blessure afin de la nettoyer. On lui dit: «Rejette ce que tu viens
de sucer» - Non, répondit-il, par Dieu je ne le rejetterai plus» Lorsque
le père d'Abou Sad s'en alla, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- dit à ses compagnons: «Celui d'entre vous qui aime voir un des bien-
heureux du Paradis, qu'il regarde cet homme qui tomba en martyr».
On demanda à Sahl Ben Sa'd à propos de la blessure de l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il répondit: «Son visage fut
blessé, ses incisives cassées et son heaume brisé. Fatima lui lavait la
blessure et 'Ali versait de l'eau contenue dans son bouclier. Lorsque
Fatima constata que l'eau ne faisait que couler le sang davantage, elle
prit un morceau de natte qu'elle brûla et appliqua la cendre sur la bles-
sure, et ainsi le sang cessa.
«Allah vous envoya déception sur déception» c'est à dire une tris-
tesse sur une tristesse. Car la première, comme l'a expliquée Ibn Ab-
bas, était quand la rumeur fut répandue que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a été tué, et la deuxième lorsque les cavaliers des
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polythéistes dominèrent les musulmans après que leurs archers aient
quitté leur poste malgré les ordres du Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue-.
D'autres ont interprété cette partie de verset disant que la pre-
mière était la perte du butin et la deuxième la défaite; une explication
qui fut confirmée par la suite du verset: «Pour vous empêcher de sentir à
la fois ce que vous perdiez, et les coups que vous receviez» Dieu est bien
informé de ce que les hommes font.
tumma 'anzalà 'alaykum mim ba'di-1-gammi 'amanatan-nu'âsan yagsâ
tâ'ifatam minkum wa tâ'ifatun qad 'ahammathum 'anfusuhum
yazunnûna bi-L-Lâhi gayra-1-haqqi zanna-1-jâhiliyyati yaqûlûna haï lanâ
mina-l-'amri min say'in qui 'inna-1'amra kullahû li-L-Lâhi yuhfûna fî
'anfusihim ma là yubdûna laka yaqûlûna law kâna lanâ mina-1'amri
say'um-mâ qutilnâ hâhuna qui law kuntum fî buyûtikum labarza-1-ladîna
kutiba 'alayhimu-1-qatlu 'ilâ madâji'ihim wa liyabtaliya-L-Lâhu ma fî
sûdûrikum wa liyumahhisa ma fî qulûbikum w-AL-Lâhi 'alîmum bi dâti-
s-sudûr(154) 'inna-1-ladîna tawallaw minkum yawma-1-taqâ-l-jam'âni 'in-
namâ-s-tazallahumu-s-saytanu bi ba'di ma kasabû walaqad 'afâ-L-Lâhu
'anhum 'inna-L-Lâha 'gafûrun halîm(155).
Puis, après ces mécomptes, Allah plongea dans le sommeil une partie
d'entre vous pour les reposer. Les autres, uniquement occupés d'eux-mêmes,
imputaient à Allah toute autre chose que du bien, comme l'auraient fait des
548
idolâtres et disaient: «Noos est-il interdit d'intervenir dans cette affaire?»
Dis-leur: «Tonte cette affaire est aux mains d'Allah». Ils cachaient au fond
de leur cœur bien des choses qu'ils n'osaient te divulguer. Ils pensaient no-
tamment: «Si on nous avait laissé exprimer notre avis dans cette affaire,
nous ne serions pas venus nous faire massacrer ici». Dis-leur: «Même si
vous étiez restés dans vos demeures, ceux d'entre vous dont la mort a été
décrétée seraient sortis pour aller tomber là où la mort les attendait». Et
tout ceci pour permettre à Allah de découvrir ce qu'enferment vos poitrines,
de démêler ce que cachent vos cœurs. Allah pénètre le fond de vos pensées»
(154). Si certains d'entre vous ont trahi le jour de la rencontre des deux ar-
mées, c'est qu'ils ont été subornés par Satan, déjà prédisposés par leur pé-
chés. Néanmoins Allah leur a pardonné, car II est plein de miséricorde et
d'indulgence. (155).
Dieu rappelle à Ses serviteurs croyants qu'après l'affliction, Il leur
a accordé la sécurité en forme de sommeil alors qu'ils étaient armés et
ceci pour les rassurer. A ce propos Ibn Abbas a dit: «Dans le combat,
le sommeil provient de Dieu, mais dans la prière, il est suscité par le
démon».
Abou Talha, d'après Al-Boukhari, raconte: «J'étais au nombre de
ceux qui ont été enveloppés par le sommeil, mon sabre tombait de ma
main et je le reprenais à maintes reprises».
L'autre partie désignée dans le verset était les polythéistes et les
hypocrites qui étaient inquiets et ne se souciaient que d'eux-mêmes:
lis formaient de Dieu des opinions qui n'étaient pas conformes à la vé-
rité, bien que leurs suppositions n'émanaient que de leur ignorance.
Quant aux fidèles, ceux qui ont la foi et mettent leur confiance en
Dieu, ils étaient sûrs, en fin de compte, que Dieu allait tenir Sa pro-
messe et accorder la victoire à Son Prophète.
Donc, après cette victoire précaire, les polytéhistes croyaient qu'ils
avaient eu le dessus à jamais sur les fidèles et que, à partir de ce
jour-là, l'Islam est vaincu ainsi que les musulmans comme Dieu le
montre dans un autre verset: «Vous pensiez que jamais le Prophète et les
croyants ne retourneraient parmi les leurs. Cette méprise s'est imposée à
vos cœurs sous des apparences trompeuses» [Coran XLVIII, 12]. Ce ne
sont que des illusions et qui, d'ailleurs, ne se trouvent que chez les
549
gens dominés par leur doute et leur suspicion une fois qu'une chose
pareille leur arrive.
Les croyants, de leur part, disaient: «Y a-t-il quoi que ce soit qui
nous concerne en cette affaire?» Ce qu'ils dissimulaient au fond de
leur cœur, Dieu le révèle en s'adressant à Son Prophète: «Ois-leur que
l'affaire appartient à Dieu» Al-Zoubaïr raconte à ce propos: «Lorsque
nous fûmes pris d'effroi en nous trouvant dans cette situation difficile
en compagnie de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, le
sommeil nous gagna. Par Dieu, et comme je me trouvais dans un
rêve, j'entendis Mout'ab Ben Qouchaïr dire comme il se blâmait: «Nous
est-il interdit d'intervenir dans cette affaire?» des propos que je retins
de lui. Dieu ne tarda pas à faire cette révélation et leur dit ensuite:
«Même si vous étiez restés dans vos demeures, ceux d'entre vous dont la
mort a été décrétée seraient sortis pour aller tomber là où la mort les atten-
dait» Il leur fit savoir que nul ne pourra échapper à ce qu'il lui avait
prédestiné
«Et tout ceci pour permettre à Allah de découvrir ce qu'enferment vos
poitrines, de démêler ce que cachent vos cœurs» c'est à dire Dieu veut
vous mettre à l'épreuve pour qu'il sépare le mauvais du bon et distin-
guer le croyant de l'incrédule en actes et paroles, Car II connait le
contenu des cœurs. Il leur déclare ensuite que ceux qui se sont dé-
tournés lors de la mêlée, Satan les a fait trébucher à cause de ce
qu'ils ont accompli. On a dit à ce propos: «La bonne action n'apporte
qu'une bonne action et la mauvaise n'apporte qu'une mauvaise». Mal-
gré leur agir, Dieu les a pardonné car II est plein de mansuétude et de
clémence.
yâ 'ayyuha-1-ladîna 'âmanû là takûnû ka-1-ladîna kafarû waqaylû li
550
'ihwànihim 'idâ darabû fî-l-'ardi 'aw kânû guzzal-law kanû 'indanâ ma
mâtû wamâ qutilû liyaj'ala-L-Lâhu dâlika hasratan fî qulubihim w-AL-
Lâhu yuhyi wa yumîtu w-AL-Lâhu bimâ ta'malûna basîr (156) wa la'in
qutiltum fi sabîli-L-Lâhi 'aw muttum lamagfiratum-mina-L-Lâhi wa
rahmatun hayrum mimma yajma'ûn (157) wa la'in muttum 'aw qutiltum
la'ila-L-Lâhi tuhsarûn (158).
O croyants, n'imitez pas les infidèles qui pensent, lorsque leurs frères
partent en voyavge ou au combat: «S'ils étaient restés avec nous, ils ne se-
raient pas morts et n'auraient pas été tués». Cette pensée, Allah l'a déposée
dans leurs cœurs comme un germe de chagrin. Allah ne donne-t-il pas la vie
et la mort? Et ne voit-Il pas toutes vos actions? (156) Au surplus, si vous
êtes tués ou si vous mourez au service d'Allah, la rémission de vos péchés
et la miséricorde d'Allah ne sont-elles pas des biens plus précieux que ceux
que vous- amassez? (157) Que vous mouriez ou que vous soyez tués, ne de-
vez-vous pas faire retour à Allah? (158).
Dieu interdit aux fidèles d'être comme les incrédules dans leur
comportement et d'avoir les mêmes pensées, qui disaient aux leurs qui
parcouraient la terre pour un commerce ou un voyage d'agrément ou
qui combattaient, ils n'auraient pas trouvé la mort s'ils étaient restés
avec eux sans quitter le pays. Cette croyance, Dieu «l'a déposée dans
leurs cœurs comme un germe de chagrin» afin d'augmenter leur angoisse
sur leurs morts. Puis, pour répondre à leur croyance erronée, Il leur
dit: «Allah ne donne-t-il pas la vie et la mort?» C'est Lui donc qui crée,
fait vivre et ôte la vie, car nul ne vit ni meurt sans Sa volonté et Sa
prédestination. Que la vie soit courte ou longe, nul ne saurait la rendre
ainsi si ce n'est Dieu seul. Il leur rappelle toujours qu'il connait parfaite-
ment ce qu'ils font pour leur rétribuer et rien de leurs actions ne Lui se-
ra caché.
Il fait connaître aux hommes que s'ils meurent ou sont tués dans
la voie de Dieu, leur mort est un moyen pour obtenir la miséricorde de
Dieu et Sa satisfaction, et qui sera meilleure pour eux que de survivre
dans ce monde et ses biens éphémères. Tous les hommes feront cer-
tainement retour à Dieu qui leur demandera compte de leurs actions.
551
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fabimâ rahhmatim mina-L-Lâhi linta lahum walaw kunta fazzan galîzza-
1-qalbi lanfaddû min hawlika fa'fu 'anhum wastagfir lahum wa Sâwirhum
fî-l-'amri fa'idâ 'azamta fatawakkal 'ala-L-lâhi 'inna-L-Lâhâ yuhibbu-1-
mutawakkilîn (159) 'in yansurukum-L-Lâhu falâ gâliba lakum wa'in yahd
ulkum faman dâ-1-ladî yansurukum mim ba'dihî wa 'ala-L-Lâhi falyata-
wakkali-1-mu'minûn (160) wamâ kâna li nabiyyin 'an yagulla wa may-
yaglul ya'ti bimâ galla yawma-1-qiyâmati tumma tuwaffâ kulla nafsim
ma kasabat wahum là yuzlamûn (161) 'afamani-t-taba'a ridwâna-L-Lâhi
kamam bâ'a bi sahatin mina-L-Lâhi wa ma'wâhu jahannamu wa bi'sa-1-
masîr(162) hum darajâtun 'inda-Lâhi w-AL-lâhu basîrum bimâ
ya'malûn (163) laqad manna-L-Lâhu 'alâ -1-mu'minîna 'id ba'ata fihim
rasûlam min 'anfusihim yatlû 'alayhim 'âyatihî wa yuzakkihim wa
yu'alhmuhuimi-1-kitâba wa-1-hikmata wa'in kanû min qablu lafî dalâlim
tnubîn(164).
C'est par la grâce d'Allah que tu es si doux envers les hommes. Si tu
avais été brutal, que tu n'aies montré qu'un cœur endurci, ils se seraient dé-
tachés de toi. Pardonne-leur, implore le pardon d'Allah pour eux et
consulte-les dans les moments difficiles. Mais, une fois ta résolution prise,
confie-toi à Allah, car Allah aime ceux qui se fient à Lui. (159). Si Allah
vous prête appui, personne ne pourra vous vaincre. Mais s'il vous aban-
donne, qui pourra vous rendre victorieux? C'est en Allah que les croyants
doivent mettre leur confiance. (160) C'est indécent qu'un Prophète fraude
sur le butin. Celui qui l'aura fraudé, rapportera la part du butin qu'il aura
552
dissimulée au jour du jugement dernier. Ce jour-là, toute âme sera rétribuée
suivant ses œuvres. Il n'y aura pas d'injustice. (161) Celui qui cherche la
grâce d' Allah peut-il être comparé à celui qui a encouru la colère d'Allah et
qui aura l'enfer pour séjour? Et quel affreux séjour. (162) Allah les mettra
à un rang très différent. Car Allah voit toutes les actions des hommes.
(163). Allah a marqué une bienveillance aux fidèles en choisissant parmi
eux un Prophète pour leur divulguer ses enseignements, les rendre meilleurs
et leur apprendre le Livre et la sagesse, eux qui étaient naguère dans un
égarement complet. (164).
Dieu rappelle à Son Messager ainsi qu'aux croyants d'avoir, par
une miséricorde de Lui, rendu son cœur si doux à leur égard. Ai-Has-
san Al-Basri a dit à ce propos: «Tel fut le caractère de Mouhammad
par lequel Dieu l'a envoyé» Ce verset est semblable à un autre verset
dans lequel Dieu a dit: «Un Prophète, pris parmi vous, est venu à vous.
Le mal que vous faites lui pèse; il est avide de votre bien. Il est bon et mi-
séricordieux envers les croyants» Coran IX, 128].
Puis Dieu lui dit: «Si tu étais brutal, que tu n'aies montré qu'un cœur
endurci, ils se seraient détachés de toi» c'est à dire si le Prophète -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- tenait des propos inconvenables et sévères,
et si son cœur était dur envers les hommes, ils se seraient séparés de
lui, mais Dieu, en lui accordant un doux caractère, les avaient réunis
autour de lui pour rallier leur cœur.
Abdullah Ben Amr a dit: «J'ai lu dans les Livres précédents les
qualités du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: Il n'était pas
grossier, n'avait pas un cœur dur, ne vociférait pas dans les marchés
et ne répondait pas au mal par le mal, était indulgent et pardonnait aux
autres». C'est pourquoi Dieu lui dit: «Pardonne-leur, implore le pardon
d' Allah pour eux et consultez-les dans les moments difficiles». En obtem-
pérant aux ordres divins, il ne manquait pas à demander leurs opinions
pour calmer leurs esprits afin qu'ils aient plus de zèle et de sincérité
dans tout ce qu'il leur importait, par exemple quand il demandait leur
avis avant d'entamer l'expédition de Badr, et quand ils lui répondaient:
«Si tu nous demandais de traverser la mer, nous l'aurions fait avec toi.
Si tu nous amenais vers les «Bourak Al-Ghimad», nous t'aurions suivi.
Nous ne te dirons plus comme le peuple de Moïse lui a dit: «Mets-toi
en marche, toi est ton Seigneur; combattez tous deux, quant à nous,
553
nous restons ici» Mais plutôt nous te disons: «Mets-toi en marche,
nous combattons avec toi, devant toi, à ta droite, à ta gauche» A sa-
voir aussi que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
consulté ses compagnons le jour de Ouhod s'il devait rester à Médine
ou sortir pour affronter l'ennemi, et comme la pluaprt lui avait conseillé
de sortir, il sortit avec eux. Ainsi le jour des coalisés (la bataille du
fossé) quand il a conclu un pacte avec les coalisés suivant lequel il de-
vait leur céder le tiers de la récolte des palmiers de Médine, mais
comme Sa'd Ben Mouadh et Sa'd Ben 'Oubada le lui ont déconseillé, il
a passé outre de ce pacte. Enfin il les a consultés le jour de Houday-
bya s'il devait attaquer les enfants et les femmes des polythéistes,
mais ABou Bakr lui dit: «Nous ne sommes venus pour mener une
guerre mais pour accomplir la visite pieuse» et il a respecté cette opi-
nion.
ibn Abbas a dit que cette partie du verset: «Consulte-les» a été ré-
vélée au sujet de Abou Bakr et de Omar qui étaient les deux apôtres
de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, ses deux minis-
tres et les pères des musulmans. A ce propos Abdul Rahman Ben
Ghanam a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit à Abou Bkar et à Omar: «Si vous vous mettez d'accord sur une
affaire je ne vous saurais contredire».
Ali Ben Abi Talab rapporte qu'on demanda l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, au sujet de la résolution? Il répondit:
«Elle consiste à demander l'opinion des hommes avisés puis suivre leur
conseil».
«Mais, une fois ta résolution prise, confie-toi à Allah» c'est à dire
qu'une fois tu les as consultés, et tu as pris une décision, place ta
confiance en Dieu, car Dieu aime ceux qui se fient à Lui, Il secourt ses
fidèles serviteurs et ne les abandonne plus, et nul ne pourrait secourir
en dehors de Lui».
«C'est indécent qu'un Prophète fraude sur le butin» En commentant
ce verset, Ibn Abbas raconte qu'au jour de Badr une pièce de velours
avait été dérobée. Certains dirent: «Peut-être l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- l'avait prise?», et comme ils persistèrent
dans leurs suppositions, Dieu fit descendre ce verset. Il ne convient
pas à un Prophète, ni à un autre, de fraudeur sur le butin ni s'emparer
554
injustement d'un bien quelconque car ce fraudeur viendra avec son pé-
ché le jour de la résurrection.
A ce propos, plusieurs hadiths ont été rapportés, et nous allons
nous contenter de citer ces quelques-uns:
- Abou Malek Al-Achja'i a rapporté que le Prophète -quAllah le bé-
nisse et le salue- a dit: «La pire des fraudes aux regards de Dieu est une
coudée d'un terrain prise injustement. Tu vois deux hommes voisins dont
l'un d'eux s'empare injustement soit d'un morceau de terrain, soit d'une
partie d'un parvis d'une habitation. Celui-là se verra entouré de sept terres
au jour de la résurrection». (Rapporté par Ahmed/ 1 K
- L'imam Ahmed raconte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- employa un homme de la tribu Al-Azad appelé Ibn Al-Lot-
bya pour collecter les aumônes. Lorsqu'il revint, après avoir accompli
sa mission, il dit: «Ceci me revient car je l'ai reçu comme cadeau, et
cela est pour vous». Alors l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- monta sur la chaire, loua Dieu, le glorifia et dit: «Je charge
l'homme d'entre vous pour accomplir une tâche que Dieu n'avait confiée.
Lorsqu'il revient, il présume: «Voici ce qui vous revient et ceci m'appartient
car je l'ai reçu comme cadeau». Pourquoi ne reste-t-il pas dans la maison
paternelle pour qu'on lui remette ce cadeau s'il est vraiment sincère? Par
Dieu, qu'aucun parmi vous ne prenne pas une chose illicite sans qu'il ne
rencontre Dieu, au jour de la résurrection, en la portant. Je ne reconnaîtrai
aucun de vous, lorsqu'il rencontrera Dieu, s'il porte un chameau qui blatère,
ou une vache qui beugle, ou un mouton qui bêle». Puis il leva les bras, et
l'on put voir le blanc de ses aisselles, et dit: «Grand Dieu! Ai-je rempli
ma mission» et il répéta cela par trois fois». Suivant une variante, on
trouve cet ajout: «Cet homme-là m'appellera: «O Mouhammad: O Mou-
hammad!» Je lui répondrai: «Je ne puis rien pour toi». (Rapporté par Ah-
med)< 2 >.
555
- D'après AL-Tirmidhi, Mouadh Ben Jabal raconte: «Lorsque l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me chargea d'aller au
Yemen, et avant de partir il me manda et me dit: «Sais-tu pourquoi je
t'ai convoqué? Eh bien ne prends rien quoique ce soit sans ma permis-
sion car ce serait une fraude et: «Celui qui l'aura fraudé, rapportera la
part du butin qu'il aura dissimulée au jour du jugement dernier». Retiens-
ceci et va accomplir ta mission».
«Celui qui cherche la grâce d'Allah peut-il être comparé à celui qui a
encouru la colère d'Allah et qui aura l'enfer pour séjour? Et quel affreux
séjour?» c'est à dire iis ne sont pas pareils celui qui suit les enseigne-
ments de Dieu pour obtenir Sa satisfaction et sa meilleure récom-
pense, et celui qui a courroucé Dieu contre lui, qui ne mérite -par sa
mauvaise conduite- que la colère de Dieu et qui aura au jour du
compte final la Géhenne comme rétribution -quelle détestable fin. Ce
verset a ses pareils dans le Coran, on cite à titre d'exemple celui-ci:
«Celui qui sait que la révélation que ton Seigneur a fait descendre sur toi
est la vérité, serait-il semblable à l'aveugle?» [Coran Xili, 19] et celui-là:
«Celui à qui nous avons fait une belle promesse dont il verra l'accomplisse-
ment serait-il comparable à celui à qui nous avons accordé les brèves jouis-
sances de la vie de ce monde...» [Coran XXVIii, 61].
«Allah les mettra à un rang très différent» qui signifie que tant aux
gens de bien qu'aux gens du mai, ils constituent une hiérarchie auprès
de Dieu, qu'ils soient au Paradis ou qu'ils soient à l'Enfer, chacun
d'eux occupera la place qu'il méritera. C'est pourquoi Dieu a dit en-
suite: «Car Allah voit toutes les actions des hommes» Il accorde à chacun
d'eux la récompense qu'il mérite sans ie léser ni l'opprimer.
«Allah a marqué une extrême bienveillance aux fidèles en choisissant
parmi eux un Prophète» afin qu'ils puissent s'entretenir avec lui, lui po-
ser de questions, lui tenir compagnie et tirer un bon parti de ses ensei-
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556
gnements. Dieu a dit aussi dans un autre verset pour confirmer la na-
ture des Prophètes: «Dis: «Je ne suis qu'un mortel semblable à vous. Il
m'est révélé que votre Dieu est un Dieu unique» [Coran XVIII, 110],
comme II a dit également: «Nous n'avons envoyé avant toi que des Pro-
phètes qui se nourrissaient de mets et qui circulaient dans les marchés»
[Coran XXV, 20] et: «Nous n'avions envoyé avant toi que des hommes rési-
dant dans les cités, et que nous inspirions» [Coran XII, 109] et encore: «O
assemblées des -djinns et des hommes résidant dans les cités, et que nous
inspirions» [Coran XII, 109] et aussi: «O assemblées des djinns et des
hommes! Des Prophètes choisis parmi vous ne sont-ils pas venus à vous?»
[Coran VI, 130].
Donc c'est une grâce infinie qu'un Prophète soit choisi parmi les
hommes pour leur réciter les versets de Dieu, les purifier en leur enjoi-
gnant d'ordonner le bien et de déconseiller le reprehénsible, et par ce
faire leurs âmes seront purifiées et débarrassées de toutes les souillu-
res et infamies qu'ils perpétraient au temps de leur polythéisme et de
leur ignorance. Il leur enseigne également le Livre et la sagesse même
s'ils avaient été auparavant dans une erreur manifeste.
4 '44 '$& fi te) fet î$ pi) @) ksjSïï p& u $g
& IjojjI» J» Tjb L. by>U,1 j) Ijjuîj rf^ l? s t** Cp ûjS»S
'wa lammâ 'asâbtkum musîbatun qad 'asabtum mitlayhâ qultum 'annâ
hadâ qui huwa min 'indi 'anfusikum 'inna-L-Lâha 'alâ kulli say'in qa-
dîr(165) wamâ 'asâbakum yawma-1-taqa-l-jam'âni fa bi'idni-L-Lâhi wa
liya'lamâ-1-mu'minîna (166) wa liya'lama-1-ladîna nâfaqû wa qîla lahum
ta'âlu qâtilû fî sabîli-L-Lâhi 'awi-d-fa'û qâlû law na'lamu qitâlan la-t-ta-
ba'nâkum hum li-1-kufri yawma 'idin 'aqrabu minhum lil'imâni yaqûlûna
557
bi 'afawâhihim ma laysa fi qulûbihim wa-L-Lâhu 'a'iamu bimâ yaktu-
mûn (167) al-ladîna qâlû li 'ihwânihim wa qa'adû law 'atâ'ûnâ ma qutilû
qui fadra'û 'an 'anfusikumu-1-mawta 'in kuntum sâdiqîn (168).
Au moment de votre premier revers alors que vous aviez déjà infligé
plusieurs défaites à vos ennemis, vous vous écriâtes: «D'où nous vient cette
infortune?» Réponds-leur: «De vous-mêmes» Car Allah est tout-puisant.
(165). La défaite que vous avez essuyée le jour de la rencontre des deux ar-
mées à été voulue par Allah pour reconnaître les infidèles d'avec les hypo-
crites. (166) A l'appel qui leur fut lancé de venir combattre au service
d'Allah ou bien d'aider ses armées, ils répondirent: «Volontiers, si vous sa-
vions combattre». Ces propos montraient qu'ils étaient plus près de l'infidé-
lité que de la foi. Car leurs lèvres exprimaient des sentiments qui n'étaient
pas dans leurs cœurs. Mais Allah savait mieux que personne ce qu'ils dissi-
mulaient. (167) Ceux qui étaient restés dans leurs foyers disaient à propos
de leurs frères: «S'ils nous avaient écoutés, ils n'auraient pas été tués». Dis-
leur: «Repoussez la mort quand elle se présentera à vous, si vous êtes véri-
diques» (168).
Le jour de Ouhod les fidèles avaient perdu 70 hommes, par contre
lors de la bataille de Badr, ils avaient tué 70 polythéistes et capturé 70
autres. Ils se demandèrent, après la bataille de Ouhod: «D'où nous
vient cette inforture?» Dieu imspira alors à Son Prophète de leur répon-
dre: «De vous mêmes?».
A cet égard Omar Ben Al-Khattab a dit: «Les fidèles ont été punis
lors de la bataille de Ouhod en perdant 70 hommes, et en fuyant le
combat, laissant ainsi l'Envoyé dé Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
dont une de ses incisives fut cassée, sous le heaume brisé sur sa tête
en lui causant une blessure. Cette punition leur fut infligée car l'année
d'avant, lors de la bataille de Badr, ils avaient accepté le rachat des
captifs qu'ils tenaient. Dieu, le jour de Ouhod, leur rappelle cet événe-
ment en disant: «Au moment de votre premier revers alors que vous aviez
déjà infligé plusieurs défaites à vos ennemis, vous vous écriâtes: «D'où nous
vient cette inforture?. Réponds-leur: «De vous-mêmes». Ai-Hassan Al-Basri
a dit: A cause de votre désobéissance à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- après qu'il a ordonné aux archers de garder leur
poste à la montagne. Dieu est toute puissance, Il fait ce qu'il veut
H est vrai que les musulmans ont essuyé une défaite le jour de
558
Ouhod comme nous l'avons raconté, mais c'était une chose qui s'est
produite avec la permission de Dieu et selon Sa décision et Sa prédes-
tination pour reconnaître ceux qui ont fui mus par leur foi précaire et
leur hypocrisie, et ceux qui ont la foi solide et ferme, qui ont résisté et
enduré.
Parmi le premier groupe - les hypocrites - figuraient Abdullah Ben
Oubay Ibn Saloul et ses compagnons qui étaient revenus sur leur pas
laissant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et les fidèles
pousuivre leur marche. On leur a dit: «Avancez! Combattez dans la
voie de Dieu» Ils s'excusèrent en disant: «Volontiers, si nous savions
combattre» nous vous suivrions certainement.
On a raconté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- quitta Médine à la tête d'une armée qui comptait mille hommes.
Arrivés à «Al-Chawt» un endroit entre Ouhod et Médine, Abdullah Ben
Oubay lbn Saloul, en se détachant de l'armée, avec le tiers des hom-
mes, dit: «Il a obéi aux autres et m'a désobéi, (c'est à dire l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-) en consultant, ses compagnons,
certains lui proposaient de sortir pour combattre, et d'autres lui suggé-
raient de rester à Médine». Par Dieu, poursuivit Abdullah, pourquoi ô
hommes risquerons-nous nos vies?» Il revint sur ses pas accompagné
des hypocrites et de ceux dont la foi était à l'épreuve. Puis Abdullah
Ben Amr Ben Haram, le frère de Bani Salam, les appela en leur dis-
ant: «Hommes! Je vous rappelle que vous vous êtes engagés vis-à-vis
de Dieu de ne plus faire défaut à votre Prophète qui va au combat de
votre ennemi!» Ils lui répondirent: «Si nous savions que vous allez vrai-
ment combattre, nous ne t'aurions pas laissés seuls en face de l'enne-
mi, mais nous sommes sûrs qu'il n'y aurait plus un combat». Lorsqu'ils
persévérèrent dans leur obstination et leur refus, il répliqua: «Puisse
Dieu vous éloigner de nous ô ennemis de Dieu». L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- et les fidèles continuèrent à marcher
pour affronter les impies. Dieu alors dit à propos de ces hypocrites:
«Us étaient plus près de l'infidélité que de la foi».
Ces gens-là disent avec leurs bouches ce qui n'est pas dans leurs
cœurs, par exemple quand ils ont répondu: «Si nous savions combattre»
nous t'aurions suivi. Ils ont dit cela en constatant, dans leur for intér-
ieur, que des polythéistes étaient venus de pays lointains brûlés de dé-
559
sir de combattre les musulmans pour venger leurs morts qui ont été
tués à Badr. Mais d'autre part, ils savaient qu'un tel combat aura lieu
certainement, et Dieu dévoile ce qu'ils dissimulèrent quand II dit: «Mais
Allah savait mieux que personne ce qu'ils dissimulaient».
Puis Dieu mentionne ceux qui, après la défaite des fidèles et la
tuerie de quelques-uns, blâmaient ceux-là et les autres en disant:
«S'ils nous avaient obéi, entendu notre opinion et étaient restés tran-
quilles dans leurs foyers, ils n'auraient pas été tués». Dieu leur répond
en défiant: «Repoussez la mort quand elle se présentera à vous, -si vous
êtes véridiques» Ils croyaient que si on reste chez soi sans aller combat-
tre, on aura la vie sauve, mais ils ignoraient que la mort, tôt ou tard et
au moment fixé, les emporterait même s'ils se trouvaient dans des for-
teresses inexpugnables.
walâ tahsabanna-la-ladîna qutilû fî sabîli-L-Lâhi 'amwâtam-bal 'ahyâ'un
'inda rabbihim yurzaqûn (169) farihîna bimâ 'âtâhumu-L-Lâhu min fadli-
hî wa yastabSirûna bi-1-ladîna lam yalhaqû bihim min halfihim 'alla
hawfun 'alayhim walâ hum yahzanûn (170) yastabSirûna bini 'matim-ni-
na-L-Lâhi wa fadlin wa 'anna-L-Lâha là yudfu 'ajra-1-mu'minîn (171) 'al-
ladîna-s-tajâbu li-L-Lâhi wa-r-rasûli mim ba'di ma 'asâbahumu-1-qarhu
li-1-ladîna 'ahsanû minhum wa-t-taqû 'ajrun 'azîm (172) 'al-ladîna qâla la-
560
humu-n-nâsu 'inna-n-nâsa qad jama'û lakum fahsawhum fazâdahum
'imânan wa qâlû hasbuna-L-Lâhu wa ni'ma-1-lwakîl (173) fan-qalabû bi-
ni'matim mina-L-Lâhi wa fadlil lam yamsashum sû'un wa-t-taba'u
ridwâna-L-Lâhi wa-L-Làhu dû fadlin 'azîm (174) 'innamâ dâlikumu-S-
saytânu yuhawwifu 'awliyâ'ahû falâ tahâfuhum wa hâfuni 'in kuntum
mu'minîn (175).
Ne croyez pas que ceux qui ont été tués au service d'Allah soient
morts. Non, ils sont vivants. Ils sont auprès d'Allah qui pourvoit à tous
leurs besoins. (169) Heureux des bienfaits qu'Allah leur a distribués, sa-
chant déjà le sort enviable réservé aux combattants qui ne les ont pas en-
core rejoints, auquels tonte crainte et toute peine seront épargnées. (170)
Us se réjouissent des bienfaits et de la grâce d'Allah et de ce qu'Allah ne
laisse rien perdre aux fidèles de leurs récompenses. (171) Les fidèles qui ont
répondu à l'appel d'Allah et du Prophète, bien que l'adversité les ait frap-
pés. A ceux d'entre-eux dont la conduite et la foi auront été exemplaires,
une récompense magnifique est réservée. (172LLes fidèles qui, lorsqu'on est
venu leur dire: «Vos adversaires s'arment contre vous, prenez-garde», ont
vu leur foi se décupler et ont dit: «Allah nous suffit, c'est le meilleur des
protecteurs». (173) Ceux-là sont rentrés dans leurs foyers, comblés des
bienfaits et de la grâce d'Allah. Aucun mal ne les a atteints. Ils ont suivi
les commandements d'Allah, Allah dont la grâce est infinie. (174) Ces mau-
vaises nouvelles, c'est l'œuvre de Satan, qui toujours fait entrevoir des dan-
gers à ses adeptes. Ne vous laissez pas ébranler. Craignez-moi si vous êtes
croyants»(175).
Dieu fait connaître aux hommes que les martyrs, s'ils ont été tués
dans ce monde, leurs âmes sont vivantes dans la demeure de la stabi-
lité.
Au sujet des hommes que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- avait envoyés aux habitants de «Bir-Ma'ouna» Anas Ben Malek
raconte: «Je ne connais pas si leur nombre était quarante ou soixante-
dix, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les a envoyés au
«Bir-Maouna» (un certain puits) qui appartenait à Amer Ben Toufaïl Al-
Ja'far. Ces gens-là, qui étaient des compagnons de l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, campèrent dans une grotte qui sur-
plombe le puits. Certains dirent aux autres: «Qui de vous est prêt pour
communiquer le message du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
561
aux habitants de cet endroit?» Abou Milhan Al-Ansari se leva et dit:
«Moi».
Il sortit de la grotte et se dirigea vers les demeures et, arrivé tout
près d'elles, il s'écria: «0 habitants de Bir Maouna, je suis l'émissaire
de l'Envoyé de Dieu, j'atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que
Mouhammad est Son serviteur et Son Envoyé. Croyez en Dieu et en
Son Prophète» Un homme apparut du côté d'une maison et lui jeta une
lance qui perça son flanc et sortit de l'autre. Abou Milhan dit alors: «J'ai
réussi, je jure par le Seigneur de ia Ka'ba». Les habitants de ce lieu sui-
virent les traces d'Abou Milhan jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à la grotte et
Amer Ben Al-Toufaïl tua les compagnons d'Abou Milhan.
Au sujet de ces fidèles qui ont été massacrés Anas Ben Malek a
dit que des versets du Coran furent -descendus, dont le sens est le sui-
vant: «Faites connaître à nos concitoyens que nous avons rencontré
notre Seigneur, Il est satisfait de nous et nous sommes satisfaits de
Lui». Les fidèles avaient lu et récité longtemps ce verset, puis il fut
abrogé et substitué par celui-ci: «Ne croyez pas que ceux qui ont été tués
au service d'Allah soient morts. Non, ils sont rivants. Ils sont auprès d'Al-
lah qui pourvoit à tons leurs besoins».
Mouslim a mentionné dans son Sahih que Masrouq demanda à Ab-
dullah de lui interpréter ce verset: «Ne croyez pas que ceux qui ont été
tués au service d'Allah...», il lui répondit: «Nous avons déjà posé la même
question à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et il nous
dit: «Leurs âmes sont dans les gésiers d'oiseaux verts qui ont des abris
comme des lanternes supendues au Trône. Ils parcourent le Paradis à leur
gré puis reviennent le soir pour s'abriter dans ces lanternes. Dieu les observe
et leur demande: «Désirez-vous quelque chose?» Ils lui répondent: «O Sei-
gneur, quelle chose désirons-nous encore alors que nous parcourons dans tous
les coins du Paradis?». Mais, voyant que Dieu ne les laisse pas sans Lui de-
mander quelque chose, ils Lui disent: «O Seigneur, nous désirons être rame-
nés à la vie et retournés au bas monde afin d'être tué de nouveau dans Ta
voie». Lorsque Dieu constate qu'ils n'ont besoin de rien. Il les laisse tranquil-
les»'".
562
Jaber raconte: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
me dit: «Sais-tu que Dieu a ramené ton père à la vie et lui dit: «De-
mande-moi ce que tu veux» Il Lui répondit: «Rends-moi à la vie pour
que je sois tué encore une fois dans Ton chemin» Dieu lui répondit:
«J'ai décrété que-les martyrs- ne reviendront plus au bas monde».
Jaber raconte aussi: «Lorsque mon père fut tué, je le pleurai en
découvrant son visage. Les compagnons m'interdisaient mais le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- ne le faisait pas, il me dit: «Ne
le pleure pas car les anges ne cessèrent de l'envelopper de leurs ailes
jusqu'à ce que son âme fut élevée au ciel».
Les rapporteurs des hadiths ont relaté plusieurs versions concer-
nant le père de Jaber et les autres martyrs et qui, d'ailleurs, ne diffè-
rent l'un de l'autre que dans les petits détails. Ce qu'il faut retenir
consiste à savoir que Dieu honore le martyr et lui accorde un grand
mérite. Son âme parcourt le Paradis, se délecte à cueillir de ses fruits,
jouit de la plus haute considération divine et voit ce que Dieu a pré-
paré aux croyants. Selon un hadith: «L'âme du croyant prendra la
forme d'un oiseau au Paradis. Quant aux âmes des martyrs, elles sont
dans des gésiers d'oiseaux verts, et la différence entre les deux, est
que ces dernières s'envolent et parcourent là où elles voudront.
«Heureux des bienfaits qu'Allah leur a distribués...» jusqu'à la fin du
verset: signifie que les martyrs qui sont tués en combattant dans le
sentier de Dieu seront pourvus de toutes sortes de bienfaits et de la
grâce magnifilque du Seigneur, vivront dans un grand bonheur, se ré-
jouiront parce qu'ils constatent que ceux qui viendront après eux
n'éprouveront aucune crainte ni chagrin, et ils ne regretteront rien de
ce qu'ils ont laissé dans le bas monde.
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563
«Les fidèles qui ont réponde à l'appel d'Allah et da Prophète, bien que
l'adversité les a frappés» Ce verset fut révélé à la suite de la bataille de
«Hamra Al-Assad», car en ce jour-là, après que les polythéistes aient
accablés les fidèles de quelques pertes, ils retournèrent vers leur pays
mais, chemin faisant ils regrettèrent de n'avoir pas conquis Médine
pour mettre fin à la propagation de l'Islam. Ayant eu vent de cet événe-
ment, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda aux
musulmans de s'élancer à leur pousuite pour les effrayer et leur mon-
trer qu'ils sont encore très forts. Parmi les fidèles qui ont pris part à la
bataille de Ouhod, seul Jaber Ben Abduliah était autorisé à être avec
les hommes qui poursuivaient les polythéistes, comme nous allons le
relater plus loin.
Ikrima, de sa part, raconte «Après la bataille de Ouhod et le retour
des polythéistes à leur pays, leurs concitoyens leur dirent: «Vous avez
mal agi car vous n'avez pas tué Mouhammad ni avez fait des captives
parmi les musulmanes. Retournez» Ayant eu vent de ces propos, l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, envoya les fidèles à la
poursuite des polythéistes. Arrivés à Hamra Al-Assad, ils ne trouvèrent
personne car les infidèles avaient dit: «Nous reviendrons l'année pro-
chaine pour attaquer les musulmans». A la suite de cet événement qui
a été compté en tant qu'expédition,' Dieu révéla ce verset: «Les fidèles
qui ont répondu à l'appel d'Allah et du Prophète...».
Ibn Ishaq rapporte que Abou As-Saëb l'affranchi de 'Aicha Bent
Othman a raconté: «Parmi ceux qui ont pris part à la bataille de Ouhod
avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- un homme a
dit: «Mon frère et moi prîmes part à la bataille de Ouhod et fûmes tout
deux blessés. Entendant l'appel du Prophète ^qu'Allah le bénisse et le
salue- pour aller à la poursuite des impies, je dis à mon frère: «Allons-
nous rater une expédition que nous devions l'accomplir en compagnie
de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, non par Dieu,» à
savoir que nous n'avions aucune monture pour la monter; et chacun
de nous éprouvait la douleur de ses blessures. Comme les miennes
étaient moins graves, je dus porter mon frère sur mon dos à chaque
fois que je pouvais le faire jusqu'à notre arrivée à l'endroit désigné».
La bataille de Ouhod eut lieu au mois de Chawal. Les commer-
çants venaient à Médine au mois Dzoul-Qo'da et avant leur arrivée, ils
564
campaient auprès du petit puits de Badr (Badr Al-Soughra). En cette
année ils y arrivèrent après la bataille de Ouhod alors que les fidèles
avaient été atteints par cette infortune, et ils s'en étaient plaint auprès
du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui appela les fidèles à
sortir avec lui à la poursuite des polythéistes. Arrivé à Hamra Al As-
sad, il dit aux fidèles: «Ils lèvent le camp maintenant mais l'année pro-
chaine, quand ils viendront pour faire le pèlerinage, ils seraient
incapables de l'emporter» Satan inspira alors à ses adpetes: «Vos ad-
versaires s'arment contre tous, prenez-garde».
Ai-Hassan Al-Basri, en commentant ce verset: «Les fidèles qui ont
répondu à l'appel d'Anal et de Son Prophète» a dit «Après qu'Abou Sou-
fian et ses compagnons aient infligé les musulmans de certaines per-
tes et rotoumèrent à leur pays, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- dit aux fidèles: «Abou Souflan s'est retourné et Dieu a jeté
la frayeur dans son cœur. Qui se porte volontiers pour l'attaquer?» Lui,
Abou Bakr, Omar, Othman, Ali et une foule des compganons se mirent
alors à la poursuite d'Abou Souflan. Etant informé de cette contre at-
taque, Abou Souflan rencontra une caravane et dit aux commerçants:
«Repoussez Mouhammad et vous recevrez telle et telle chose, dites-lui
que j'ai préparé une grande armée et j'irai à leur rencontre». Les
commerçants transmirent le message à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- qui leur répondit «Allah nous suffit, c'est le meilleur
protecteur» et c'est à cette occasion que ce verset fut révélé.
Ibn Abbas a dit que lorsqu'Abraham fut jeté au feu, il s'écria: «Al-
lah nous suffit, c'est ie meilleur protecteur», ainsi Mouhammad -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- l'a déclaré quand on lui dit que les gens ont
sûrement réuni leurs forces contre vous, craignez-les» Alors la foi des
croyants augmentait et ils ne mettaient leur confiance qu'en Dieu.
Il a été rapporté dans un hadith: «Lorsque vous vous trouvez dans
une situation difficile et dans la gêne, dites: «Allah nous suffit, c'est le
meilleur protecteur».
«Ceux-là sont rentrés dans leurs foyers, comblés des bienfaits et de la
grâce d'Allah. Aucun mal ne les a atteints» cela signifie que lorsque les
fidèles se sont fiés à Dieu, Il combla leur besoin et les défendit contre
le mal de leurs adversaires, ainsi ils purent retourner chez eux en tran-
quillité. Quant aux bienfaits cités dans le verset, Ibn Abbas raconte
565
qu'une caravane de marchandises passa, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- les acheta et en fit un grand bénéfice qui les parta-
ga entre ses comapaons.
«Ces mauvaises nouvelles, c'est l'ouvre de Satan, qui toujours fait en-
trevoir ses dangers à ses adeptes» c'est à dire que le démon effraye les
gens par ses suppôts et qu'il sont si puissants et peuvent leur nuire
mais Dieu dit aux croyants, en répondant aux agissements de satan:
«Ne vous laissez pas ébranler. Craignez-moi si vous êtes croyants». Donc
les fidèles ne doivent que se fier à Dieu et ne rechercher un refuge
qu'auprès de Lui car c'est Lui qui leur suffit et leur accorde la victoire,
comme II le montre dans un autre verset: «Dieu ne suffit-Il pas à Son
serviteur, alors que les gens te font peur» [Coran XXXIX, 36]. Dieu ras-
sure Ses serviteurs croyants et les exhorte à ne prendre aucun protec-
teur en dehors de Lui, en mettant toute leur confiance en Lui, Il leur
accordera la réussite et la victoire. Plusieurs versets affirment cela
dont nous citons à titre d'exemples ces quelques-uns:
- «Combattez les partisans de Satan, la cause de Satan est fragile»
[Coran IV, 76].
- «Tels sont les partisans du Démon, Les partisans de Démons ne sont-
ils pas perdus?» [Coran LVIII, 19].
- «Oui Dieu sauvera ceux qui l'assistent. Dieu est, en vérité, fort et
puissant» [Coran XXII, 40].
- O vous qui croyez, si vous aidez Dieu, Il vous secourra») [Coran
XLVII, 7].
- Nous secourrons nos Prophètes et ceux qui auront cru durant leur vie
en ce monde, comme le jour où les témoins se dresseront») [Coran XL, 51].
- Dieu a écrit: «Moi et Mes Prophètes, nous vaincrons sûrement» Dieu
est fort et puissant») [Coran LVIII, 21].
5S6
walâ yabzunka-1-ladîna yusâri'ûna fî-L-kufri 'innahum lay-yadurrû-L-Lâha
say'an yurîdu-L-Lâhu 'alla yaj'ala lahum hazzan fîl-'âhirati wa lahum 'ad
âbun 'azim (176) 'inna-1-ladîna-starawu-l-kufra bil 'imâni lay-yadurru-L-
Lâha Say'an wa lahum 'adâbum 'alîm (177) walâ yahsabanna-1-ladîna ka-
farû 'annamâ numlî lahum hayrul-li 'anfusihim 'innamâ numlî lahum
liyazdâdû 'itman walahum 'adâbum muhîn(178) ma kâna-L-Lâhu liyad
ara-1-mu'minîna 'alâ ma 'antum 'alayhi hattâ yamîza-1-habîta mina-t-
tayyibi wamâ kâna-L-Lâhu liyutli'akum 'ala-1-gaybi wa lakinna-L-Lâha
yajtabî mir-rusulihî may-yasâ'u fa 'âminû bi-L-Lâhi wa rusulihî wa 'in
tu'minû wa tattaqû falakum 'ajrun 'azim (179) walâ yahsabanna-1-ladîna
yabhalûna bimâ 'âtâhumu-L-Lâhu min fadlihî huwa hayrl-lahum bal hu-
wa sarrul-lahum sayutawwaquna ma bahilû bihî yawma-1-qiyâmati wa li-
L-lâhi mirât u-s-samâwâti wa-l-'ardi wa-L-Lâhu bimâ ta'malûna
habîr(180).
Ne te lusse pas attrister par ceux qui se jettent dans l'impiété. Ils ne
sauraient entamer la cause d'Allah. Allah les privera de toute part dans la
rie future. Et ils encourront un châtiment terrible. (167) Ceux qui perdent
leur foi pour devenir infidèles ne font pas de tort à la cause d'AHah. fls en-
courront un châtiment douloureux. (177) Que les infidèles ne croient pas
que si nous les comblons de biens, ce soit pour leur être agréable. Nous ne
les comblons de biens que pour qu'ils fassent eux-mêmes plus de mal. Ils
encourront un châtiment ignominieux. (178) Allah ne saurait laisser les fi-
dèles dans l'état où ils sont, sans distinguer entre les mauvais et les bons. H
ne saurait, non plus, vous divulguer ses secrets. En vérité, Il choisit ses Pro-
phètes, comme II veut. Croyez en Allah et en ses Prophètes. Si vous croyez
et si vous craignez, Il vous donnera une récompense magnifique. (179) Que
567
ceux qui thésaurisent les biens qu'ils tiennent de la générosité d'Allah ne
croient pas qu'ils fassent ainsi une action avantageuse. Loin de là, c'est un
malheur pour eux. Au jour du jugement dernier, ils porteront, enroulés à
leur cou, les biens qu'ils auront amassés. Allah est l'héritier des cieux et de
la terre. Il est informé de toutes vos actions. (180).
Comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- éprouvait un
certain chagrin de voir les polythéistes se détourner de ses enseigne-
ments en les appelant à Dieu et de se montrer rebelles et obstinés,
Dieu le rassure qu'ils ne le nuisent en rien. Par sa sagesse, Il ne veut
leur réserver aucune part dans l'autre monde, et en plus, ils subiront
un châtiment douloureux. Car ils ont troqué la foi contre l'infidélité. Ces
gens-là qui persistent dans leur incrédulité ne doivent pas penser que
le délai que Dieu leur accorde soit un bien pour eux, au contraire, Il les
laisse ainsi pour augmenter leurs péchés et ils ne subiront dans l'au-
delà que le supplice le plus atroce. On trouve dans le Coran plusieurs
versets qui confirment ce fait, lorsque Dieu dît par exemple: «Pensent-
ils qu'en leur accordant des biens et des enfants, nous stimulons leur zèle
pour le bien? Au contraire, ils n'en ont pas conscience» [Coran XXIII, 55 -
56] Et aussi ce verset: «Laisse-moi donc avec ceux qui traitent de men-
songe ce discours; nous allons les conduire par étapes par où ils ne savent
pas.» [Coran LXVIII, 44] et cet autre: «Ne te laisse pas séduire par leurs
richesses et par leurs enfants. Ces richesses et ces enfants, Allah ne les leur
accorde que pour les faire souffrir au cours de cette vie périssable. Finale-
ment, ils rendent l'âme, qu'ils sont encore infidèles» [Coran IX, 55].
Pour discerner les mauvais hommes des bons, il n'y a autre mo-
yen que de les éprouver par une certaine infortune où fidèles et infidè-
les seront dévoilés et connus: les croyants patients et les incrédules
pervers. Il s'agit de la bataille de Ouhod qui était cette épreuve pour
les uns et les autres et où les hypocrites furent démasqués en trahis-
sant le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et en refusant de re-
prendre le combat et la poursuite des polythéistes.
As-Souddy raconte à ce propos que certains dirent en ce jour-là:
«Si Mouhammad est vraiment sincère et véridique, qu'il nous informe
donc qui est le croyant et qui est l'infidèle parmi nous?» Dieu alors fit
descendre ce verset: «Allah ne saurait, non plus, vous divulguer ses se-
crets» C'est à dire que Dieu seul tient et connaît tout le mystère dont la
568
discrimination entre fidèles et incrédules. Il choisit aussi qui II veut par-
mi Ses Prophètes, tout comme il dit dans un autre verset: «II connaît
parfaitement le mystère, mais II ne montre à personne le secret de son mys-
tère, sauf à celui qu'il agrée comme Prophète») [Coran LXXII, 26-27]. En-
suite Il ordonne à Ses serviteurs de croire en Lui et en ses Messagers
en leur obéissant et suivant les lois qu'ils apportent, ce qui sera très
bénéfique pour eux.
Puis II critique les avares: «ceux qui thésaurisent les biens qu'ils tien-
nent de la générosité d'Allah» sans les dépenser dans Son chemin et à
Son service croyant que ce qu'ils amassent leur sera utile, bien au
contraire, il sera un mal car, au jour du jugement dernier, ils porteront,
autour du cou tous les biens qu'ils auront amassés.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet
égard: «Celui à qui Dieu a accordé une richesse et n'a pas payé la zakat
(l'aumône légale) à son sujet, cette richesse lui apparaîtra au jour de la ré-
surrection sous la forme d'une couleuvre à la tête chauve munie de deux
points (au-dessus de ses yeux) qui s'enroulera autour de cou de cet homme,
le prendra dans ses mâchoires et elle lui dira: «Je suis ta richesse, je suis
ton trésor» Puis il récita: «Que ceux qui thésaurisent les biens.... jusqu'à la
fin du verset». (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi, Nassaï et Ibn Maja) (I} .
Bien qu'lbn Abbas a dit que ce verset a été révélé au sujet des
gens d'Ecriture qui ne montraient pas clairement les Livres qu'ils te-
naient de Dieu, la première interprétation s'avère plus correcte. Puis
Dieu rappelle aux hommes que l'héritage des deux et de la terre Lui
appartient, qu'ils dépensent donc et donnent en aumône ce dont II leur
a fait les dispensateurs, car en fin de compte, tout reviendra à Dieu qui
connaît parfaitement ce que les hommes font.
569
laqad sami'a-I^Lâhu qawla-1-ladîna qalû 'inna-L-Lâha faqîrun wa nahnu
'agniyâ'u sanaktubu ma qâlû wa qatlahumu-l-'ambiyâ'a bigayri haqqin
wa naqûlu dûqû 'adâba-1-harîq (181) dâlika bimâ qaddamat 'aydkikum
wa 'anna-L-Lâha laysa bizallâmin lil-'abîd(182) 'al-ladîna qâlû 'inna-L-
Lâha 'ahida 'ilaynâ 'alla nu'mina li rasûlin hatta ya'tiyanâ bi qurbânin
ta'kuluhu-n-nâru qui qad jâ'akum fasulum min qablî bi-1-bayyinâti wa
bi-1-ladî qultum falima qataltumûhum 'in kuntum sâdiqîn (183) fa'in kad
dabuka faqad kuddiba rusulum min qablika jâ'û bi-1-bayyinâti wa-z-zu-
buri wa-1-kitâbi-l-munîr (184).
Allah a entendu ceux qui disent: «Allah est pauvre et nous sommes ri-
ches». Il prend note de leurs déclarations et de la mort ignominieuse qu'ils
ont infligée aux Prophètes et II leur dira: «Eprouvez le supplice du feu»
(181) Et cela en châtiment de ce que vos mains ont perpétré. Allah ne punit
jamais à tort les hommes. (182) A ceux qui disent: «Allah nous a recom-
mandé de n'accepter pour Prophète que celui qui viendrait avec une of-
frande que le feu du ciel consumerait aussitôt», réponds: «Bien des
Prophètes m'ont précédé qui ont fait des mirades et même celui dont vous
parlez». Pourquoi les avez-vous mis à mort si vous êtes de bonne foi?»
(183) S'ils te traitent de menteur, dis-toi que les Prophètes qui t'ont pré-
cédé ont subi le même sort, et pourtant ils ont opéré des miracles, apporté
des Psaumes et des livres divins (184).
Ibn Abbas raconte que lorsque ce verset: «Quiconque prête à Allah
de bonne grâce, Allah de lui rend au centuple» [Coran II, 245] fut révélé,
les juifs demandèrent: «O Mouhammad, ton Seigneur est-il devenu si
pauvre qu'il demande aux hommes de lui prêter?» Dieu alors leur ré-
pondit par cette révélation: «Allah a entendu ceux qui disent: «Allah est
pauvre...».
Ibn Abbas raconte aussi: «Entrant dans la maison d'un ensei-
570
gnant, Abou Bakr As-Siddiq trouva une foule des juifs qui entouraient
un homme des leurs appelé Finhas, un de leurs docteurs en compa-
gnie d'un autre appelé Achia'. Abou Bakr dit à Finhas: «Malheur à toi ô
Finhas, crains Dieu et convertis-toi. Par Dieu, tu connais bien que Mou-
hammad est un Prophète envoyé par Dieu et venu à vous apportant la
vérité. Vous le trouvez cité chez vous dans la Torah et dans l'Evan-
gile». Finhas répondit: «Par Dieu ô Abou Bakr, nous ne sommes plus
des pauvres afin de recourir à Dieu, mais Lui, a besoin de nous. Nous
ne L'implorons pas comme II nous implore, nous nous sommes suffis
de Lui. Si vraiment II était riche, Il ne nous aurait pas demandé de Lui
prêter comme votre Prophète prétend. Il nous interdit de pratiquer
l'usure, mais par contre II nous accorde largement. S'il était riche, Il ne
nous aurait pas autorisé l'usure».
Abou Bakr, irrité, frappa violemment Finhas au visage et lui dit:
«Par celui qui tient mon âme en Sa main, s'il n'y avait ce pacte entre
nous, je t'aurais tranché la tête. O enenmi de Dieu, traitez-nous de
menteurs si vous pouvez le faire et si vous êtes véridiques».
Finhas alla trouver ensuite l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- et lui dit: «Ô Mouhammad, regarde ce que ton compagnon
a fait de moi» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de-
manda à Abou Bakr la cause de son agissement, il lui répondit: «Ô En-
voyé de Dieu, cet ennemi de Dieu a proféré des paroles
menstrueuses. Il prétend que Dieu est pauvre et eux sont riches. En-
tendant cela, la colère s'empara de moi en vue de Dieu et je le frappai
au visage». Mais Finhas renia d'avoir dit de choses pareilles. Dieu à
cette occasion fit descendre ce verset: «Allah a entendu ceux qui disent:
«Allah est pauvre et nous sommes riches».
Mais Dieu les menace et les avertit qu'il va consigner ces propos
par écrit et II leur demandera compte parce qu'ils ont tué Ses Prophè-
tes injustement dans le but d'aggraver leurs péchés, qui seront rétri-
bués par un feu ardent pour prix de leurs mauvaises actions et de ce
que leurs mains ont perpétré. Dieu certes, juge Ses serviteurs équita-
blement et ne lèse personne.
«Ceux qui disent: «Allah nous a recommandé de n'accepter pour Pro-
phète que celui qui viendrait avec une offrande que le feu du ciel consume-
rait» Dieu par ce verset démentit les propos de ceux qui ont prétendu
571
qu'il a conclu avec eux une alliance suivant laquelle ils ne croient en
aucun Prophète tant qu'il ne leur a pas apporté une offrande que le
feu consume. En d'autres termes qu'un des miracles de ce Prophète
soit un feu qui descend du ciel et consume l'aumône faite par l'un des
leurs. Mais Dieu charge Son Prophète de leur répondre: «Bien des Pro-
phètes m'ont précédé qui ont fait des miracles» c'est à dire qu'ils leur ont
présenté des signes et des arguments évidents «et même celui dont vos
parlez? Pourquoi les avez-vous mis à mort» en les traitant de menteurs,
en les contredisant et en vous montrant rebelles contre eux: «Si vous
êtes de bonne foi?» et vous présumez que vous suiviez les enseigne-
ments et la vérité qu'ils ont prêches.
Puis Dieu a voulu réconforter Son Prophète et apaiser son cœur.
Il lui dit: «S'ils te traitent de menteur, dis-toi que les Prophètes qui t'ont
précédé ont subi le même sort, et pourtant ils ont opéré des miracles, ap-
porté des Psaumes et des livres divins» c'est à dire les preuves évidentes,
les feuillets et toutes les autres Ecritures venant du ciel.
kullu nafsin dâ'iqatu-l-mawti wa 'innamâ tuwaffawna 'ujûrakum yawma-
1-qiyâmati faman zuhzida 'ani-n-nâri wa 'udhila-1-jannata faqad fâza wa-
mâ-1-hayâti-d-dunyâ 'illâ matâ'u-1-gurûr (185) latublawunna fi 'amwâli-
kum wa 'anfusikum wa latasma'unna mina-1-ladîna 'ûtû-1-kitâba min
qablikum wa mina-1-ladîna 'asrakû 'adan katîran wa 'in tasbirû wa tatta-
qû fa'inna dâlika min 'azmi-l-'umûr (186).
Chaque âme passera par les affres de la mort. Ce qui importe, c'est
que vous receviez nos récompenses au jour de la résurrection. Celui qui
échappera à l'enfer et entrera au paradis, sera le vrai vainqueur. La vie en
ce bas monde n'est faite que de plaisirs éphémères. (185) Vous serez éprou-
vés dans vos biens et dans vos personnes. Vous entendrez les gens d'Ecri-
572
tare et les idolâtres tenir bien des propos désagréables sur votre compte.
Mais prenez patience et pliez-vous à Allah. C'est là, la seule attitude re-
commandable (186).
Aucune créature ne restera certainement pas en vie car tout périra
et: «La face de ton Seigneur subsiste, pleine de majesté et de munificence».
Hommes, génies, anges et même les porteurs du Trône mourront,
Dieu seul le Dominateur Suprême ne mourra pas. Comme rien n'exis-
tait avec Lui, ainsi rien ne subsistera à l'exception de Lui. Dans ce ver-
set il y a une consolation pour les hommes qu'aucun d'eux ne sera
étemel mais une fois son terme échu, il mourra comme toutes lés au-
tres créatures. Au jour de la résurrection, ils seront rassemblés, jugés
et rétribués selon leurs œuvres, et Dieu ne lésera personne.
Ali Ben Abi Taleb raconte que quand le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- mourut, un personnage arriva, on entendait sa voix
sans le. voir, et leur dit: «Que la paix soit. sur vous ô habitants de cette
demeure, ainsi que la miséricorde de Dieu est Ses bénédictions». Il ré-
cita: «Tout homme goûtera la mort: vous recevrez sûrement votre rétri-
bution le jour de la résurrection» Puis il dit: «En Dieu vous trouvez une
consolation de toute chose perdue. Fiez-vous à Dieu et espérez Sa mi-
séricorde. Car le vrai affligé est celui qui sera privé de la récompense.
Que la paix de Dieu soit sur vous ainsi que sa miséricorde et Ses bé-
nédictions». Ja'far Ben Mouhammad a rapporté que Son père lui a dit
en commentant ce récit: «Ali Ben Abi Taleb demanda alors à ceux qui
étaient avec lui: «Connaissez-vous ce personnage? C'est Al-Khadir -
que Dieu le salue-».
Au jour du jugement dernier, quiconque sera préservé du feu et
entré au Paradis, aura trouvé la plus belle récompense et le bonheur.
A cet égard Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «La grandeur de la place qu'occupe un fouet au
Paradis est meilleur de ce bas monde et ce qu'il contient. Récitez si vous
voulez: «Celui qui échappera à l'enfer et entrera au Paradis sera la vrai
vainqueur». (Rapporté par Ibn Abi Hâtent dont l'orogine se trouve dans les
deux Sahth) a >.
573
Pour minimiser l'importance de ce bas monde et montrer qu'il
n'est qu'une jouissance éphémère et trompeuse, Dieu dit: «La vie en ce
bas monde n'est faite que de plaisirs éphémères» comme II le montre dans
d'autres versets: «Tout ce qui vous a été donné n'est que jouissance éphé-
mère de la vie de ce monde» [Coran XLII, 36] et: «Vous préférez la vie de
ce monde alors que la vie dernière est meilleure et qu'elle durera plus long-
temps» [Coran LXXXVII, 16 - 17].
Dans un hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«Par Dieu, ce bas monde par rapport à la vie future, est comparable à ce
qu'un doigt puisse apporter lorsque l'un de vous le plonge dans la mer».
«Vous serez éprouvés dans vos biens et dans vos personnes» un verset
qui est pareil à celui-ci «Il n'est que trop vrai que nous vous exposerons de
temps à autre à la peur et à la faim, que nous vous éprouverons dans vos
biens...» [Coran II, 155]. Cela signifie que tant que le croyant est en
vie, il sera éprouvé par la perte d'une partie de ses biens, d'un de ses
enfants ou de ses proches parents, et cela ne sera que pour apprécier
la fermeté de sa foi et son endurance».
Dieu aussi dans le but de réconforter les fidèles qui ont émigré
vers Médine en laissant biens et familles, et avant la bataille de Badr,
leur dit: «Vous entendrez les gens d'Ecriture et les idolâtres tenir bien des
propos désagréables sur votre compte». Mais en même temps II les ex-
horte à supporter leurs méfaits, être cléments et à pardonner jusqu'à
ce qu'il leur accorde une issue car la patience et la crainte révéren-
cielle de Dieu «Sont la seule attitude recommandable».
A cet égard, Oussama Ben Zaïd raconte le récit suivant: «L'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- monta sur un âne dont
le bât était fait en velours fabriqué à Fadk, il prit en croupe Oussama
Ben Zaïd (le rapporteur du hadith) pour aller visiter Sa'd Ben Oubada
qui était malade et habitait chez Bani Al-Hareth Ibn Al-Khazraj, et ceci
était avant la bataille de Badr.
Passant par une assemblée qui renfermait Abdullah Ben Oubay
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Ibn Saoul avant sa conversion à l'Isiam, et d'autres hommes musul-
mans, des polythéistes les adorateurs des idoles et des juifs. Il y avait
également Abdullah Ben Rawaha. Quand la monture passa près de
l'assemblée et il y eut de la poussière, Abdullah Ben Oubay couvrit
son nez par le pan de son vêtement et dit: «Ne nous couvrez pas de
la poussière» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les sa-
lua, s'arrêta près d'eux, descendit de sa monture et les invita à croire
en Dieu en leur récitant un peu du Coran.
Abdullah Ben Oubay Ben Saloul lui dit: «Homme! Ce que tu viens
de dire est merveilleux. Si c'est vrai, ne nous nuis pas dans nos as-
semblées et retourne chez toi. Celui qui ira te voir, raconte - lui cela».
Mais Abdullah Ben Rawaha objecta et dit: «Si, ô Envoyé de Dieu,
viens nous rejoindre dans nos réunions car nous aimons cela».
Les musulmans, les idolâtres et les juifs se révoltèrent, s'injuriè-
rent et furent sur le point d'en venir aux mains. Le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- ne cessa de les calmer jusqu'à ce qu'ils devien-
nent tranquilles. Puis il remonta sur son âne et continua son chemin
jusqu'à ce qu'ils arriva chez Sa'd Ben Oubada et il lui dit: «Ô Sa'd!
N'as-tu pas entendu ce qu'a dit Abou Houbab- il voulait dire Abdullah
Ben Oubay? Il a dit telle et telle chose.» Sa'd Ben Oubada répondit:
«Ô Envoyé de Dieu ! Pardonne-lui et sois indulgent. Par celui qui t'a
révélé le Livre, Dieu a apporté la vérité par cette révélation, car les ha-
bitants de cette petite ville (Médine) avaient décidé de le couronner et
de le prendre comme chef. Mais Dieu leur ayant refusé cela à la suite
de la vérité qu'il t'a révélée, il a manqué ce couronnement et il a agi
comme tu l'as vu».
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pardonna à Ibn
Oubay car les musulmans et l'Envoyé de Dieu pardonnaient aux poly-
téhistes et aux gens de Livre comme Dieu leur a ordonné, et ils se
montraient patients en supportant ce qu'ils subissaient de leur part jus-
qu'à ce qu'ils reçurent l'ordre de Dieu pour les combattre.
Dieu exhorte les fidèles à être patients et pardonner à ceux qui
leur nuisent, en montrant la raison quand II dit: «Beaucoup de gens du
Livre, mus par l'envie, souhaiteraient de vous perdre la foi après que vous
l'avez eue, après que la vérité s'est manifestée à eux-mêmes. Excusez-les et
575
pardonnez-lenr jusqu'à ce qu'Allah fasse connaître Sa volonté car II est
tout-Puissant» [Coran II, 109].
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se demandait
comment il pardonnait aux gens en obtempérant aux ordres divins jus-
qu'à ce que Dieu le lui autorisât. Après l'expédition de Badr où les no-
tables et vaillants parmi les Qoraïchites furent tués, Abdullah Ben
Oubay Ben Saloul ainsi que des polythéistes et des idolâtres dirent (au
sujet de ce pardon): «C'est un ordre qui fut adressé à l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Prêtez-lui donc un serment d'al-
légeance sur l'Islam. Les hommes alors se convertirent et firent ce ser-
ment. Il était normal que quiconque agissait équitablement envers les
autres, ordonnait de faire le bien et interdisait le repréhensible, fût assu-
jetti à un mal ou à une nuisance, et qui devait par la suite patienter,
endurer, demander l'aide de Dieu et revenir à Lui.
CfilS. •$ ((pi S -
wa 'id 'ahada-L-Lâhu mîtâqa-1-ladîna 'ûtû-1-kitâba latubayyinunnahu li-
n-nâsi walâ taktumûnahû fanabadûhu warâ'a zuhûrihim wa-staraw bihî \
amanan qalîlan fa-bi'sa ma yastarûn (187) là tahsabanna-1-ladîna
yafrahûna bimâ 'ataw wa yuhibbûna 'ayyuhmadû bimâ lam yaf alû falâ
tahsabannahum bimafâzatim mina-l-'adâbi wa lahum 'adâbun 'alîm (188)
wa li-L-Lâhi mulku-s-samâwâti wa-l-'ardi wa-L-Lâhu 'alâ kulli say'in qa-
dîr (189).
Allah a reçu des gens d'Ecriture la promesse qu'ils divulgueraient leur
Livre et ne le tiendraient pas caché. Ils l'ont jeté par-dessus leurs épaules et
l'ont échangé contre n'importe quoi. Quel honteux marché! (187) Que ceux
qui s'extasient sur leurs actes et qui cherchent à être loués, même pour ce
qu'ils n'ont pas fait, ne croient pas échapper au châtiment. Ils subiront un
576
châtiment douloureux. (188) Allah est Maître des deux et de la terre, et II
est tout-Puissant. (189).
Dans ces versets on trouve un blâme et une menace adressés
aux gens du Livre desquels Dieu a pris un engagement, par la bouche
des Prophètes, de croire en Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- et d'annoncer son avènement afin que les hommes soient prêts
pour recevoir son message, et au moment de son apparition, ils le sui-
vront. Mais au lieu de faire une chose pareille ils se sont contentés
d'acquérir un bien insignifiant et vil en dissimulant cette vérité et jetant
cet engagement par-dessus leurs épaules. Quel détestable troc qu'ils
ont conclu et quelle mauvaise allégeance. C'est un avertissement
adressé aux ulémas, théologiens et savants d'agir de la sorte. Ils doi-
vent divulguer leur science sans en rien cacher et montrer le bon che-
min aux gens afin qu'ils en profitent.
Dans un hadiih authentifié le Prophète -qu'Allah : bénisse et le
salue- a dit: «Celui à qui on pose une question relative à une science et la
dissimule, on mettra sur sa bouche une bride en feu au jour de la résurrec-
tion». Et dans un autre hadith rapporté par Boukhari et Mouslim, il a
dit: «Celui qui se vante posséder des choses qu'en réalité elles ne lui appar-
tiennent pas, est comparable à celui qui porte de faux habits» (Rapporté
par Boukhari et Mouslim ) (1> .
On a rapporté que Marwan a dit à son domestique: «Ô Rafe', va
chez Ibn Abbas et dis-lui: «Si chacun de nous se réjouit de ce qu'il a
fait et aime à être loué pour ce qu'il n'a pas fait, et sera châtié dans la
vie future, alors nous subirons tous ce châtiment» (en faisant allusion
au verset précité) Ibn Abbas répondit: «Ce verset ne vous concerne
pas, car il a été révélé au sujet des gens du Livre, Puis il récita: «Allah
a reçu des gens la promesse... jusqu'à la fin du verset. Ibn Abbas ajouta:
«Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait demandé aux juifs
une chose et ils la lui cachèrent en lui parlant d'autre chose. Ils
croyaient qu'ils devaient être loués pour ce renseignement et ils furent
réjouis de ce qu'ils avaient dissimulé en lui cachant la réponse».
577
Mais d'après Abou Sa'id Al-Khôudri, l'interprétation de ce verset
était la suivante: «Du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- il y avait des hypocrites qui, lorsqu'il partait pour faire une
expédition, restaient chez eux sans y prendre part en se réjouissant.
Après son retour, ils lui présentaient leur excuses et aimaient à être
loués pour ce qu'ils n'ont pas fait. Dieu à cette occasion fit cette révé-
latoin.
Mouhammad Ben Thabet Al-Ansari rapporte que son père deman-
da à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de
Dieu, je crains d'être perdu» - Pourquoi, lui répondit-il. - Dieu a interdit
à l'homme, répliqua mon père, d'aimer à être loué pour ce qu'il n'a pas
fait, quant à moi, j'aime à être loué. Il a interdit également la tartuferie,
et j'aime la beauté. Il a interdit aussi d'élever nos voix au-dessus de la
tienne, mais j'ai une voix forte.» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- lui dit alors: «Serais-tu content à être loué, tué en martyr et
entrer au Paradis?» - Certes oui, ô Envoyé de Dieu. Ainsi mon père
vécut loué et fut tué en martyr le jour du meurtre de Moussailama l'im-
posteur».
Ces gens-là, concernés par les verset, ne croient pas qu'ils échap-
peront au supplice du feu, bien au contraire, un châtiment très doulou-
reux les attendra.
Dieu enfin rappelle aux hommes qu'il est le Maître des cieux et de
la terre, puissant sur toute chose, qu'ils Le craignent et Le redoutent.
578
'inna fl halqi-s-samâwâti wa-l-'ardi wa-htilâfi-1-layli wa-n-nahâri la'âyâtil-
li'ulî-l-'albâb (190) 'al-ladîna yadkurûna-L-Lâha qiyâman wa qu'ûdan wa
'alâ junûbihim wa yatafakkaruna fi halqi-s-samâwâti wal-1'ardî rabbanâ
ma halaqta hâdâ bâtilan subhânaka faqina 'adâba-n-nâr (191) rabbanâ
'innaka man tudhili-n-nâra faqad 'ahzaytahû wamâ li-z-zâlimîna min
'ansâr (192) rabbanâ 'innanâ sami'nâ munâdiyan yunâdî li-l-'îmâni 'an
'âminû bi rabbikum fa'âmannâ rabbanâ fagfir lanâ dunûbanâ wa kaffir
'annâ sayyi'âtinâ wa tawaffanâ ma'a-l-'abrâr (193) rabbanâ wa 'âtinâ ma
wa'attanâ 'alâ rusulika walâ tuhzinâ yawma-1-qiyâmati 'innaka là tuhlifu-
1-mi'âd (194).
La création des deux et de la terre, la succession des nuits et des
jours sont des praires pour les gens qui méditent. (190) Les gens qui prient
Allah, debout, assis ou couchés et pour qui la création des cieux et de la
terre esfun sujet de méditation, les gens qui disent: »«0 Seigneur, Tu n'as
pas créé tout cela en vain. Gloire à Toi. Préserve-nous de l'enfer? (191) Sei-
gneur, celui que Tu précipites à l'enfer tombe dans l'ignominie. Les pervers
ne pourront compter sur aucun secours. (192) Seigneur, nous avons entendu
une voix qui nous conviait à croire en Toi. Nous avons cru. Pardonne-nous
nos péchés, réponds pour nous des torts que nous avons causés aux autres
et fais-nous mourir innocents. (193) Seigneur, donne-nous ce que Tu nous a
promis par l'entremise de Tes apôtres. Fais que nous ne soyons pas humi-
liés au jour de la résurrection. Toi qui ne manques jamais à Tes promesses
(194).
La création des cieux et de la terre signifie l'immensité et la hau-
teur des premiers, le baissement et l'épaisseur de l'autre. On y trouve
des choses formidables: des planètes, des astres, des mers, des mon-
tagnes, des déserts, des arbres, des plantations diverses, des ani-
maux, des minerais qui sont tous au service de l'homme.
«La succession des nuits et des jours» c'est à dire les uns se succè-
dent aux autres, ils s'allongent et s'écourtent suivant les saisons ou ils
ont une durée égale, tel est le décret du Tout-Puissant, l'Omniscient.
Ce sont là des signes pour ceux qui sont doués d'intelligence, qui
méditent, pensent et constatent la réalité des choses, non comme les
sourds et les muets qui sont démunis de toute raison et dont Dieu les
décrit dans ce verset: «Que de signes contiennent les cieux et la terre.
Les nommes passent auprès d'eux et s'en détournent» [Coran XII, 105].
579
Puis Dieu décrit les gens qui méditent: «qui prient Allah, debout, as-
sis ou couchés» c'est à dire en toute posture selon leur capacité phy-
sique. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit à 'Imran ben Houssayn: «Prie debout, si tu
ne peux pas, prie assis et si tu es aussi incapable de le faire, prie couché»
Donc ces gens-là ne cessent d'exercer leurs pratiques religieuses, en
toute circonstance, soit en public, soit en leur for intérieur. Ils méditent
sur la création des cieux et de la terre en s'apercevant de la sagesse
du créateur, Son pouvoir. Sa science et Sa miséricorde. Al-Darani a dit
à cet égard: «Je ne quitte ma maison sans que ma vue ne tombe sur
une chose dont j'en profite et j'en trouve une leçon». Quant Ai-Hassan
Al-Basri, il a dit: «Une heure de méditation vaut mieux qu'une nuit à
prier durant».
Jésus -que Dieu le salue- a dit: «Le bonheur est accordé à celui
dont ses paroles sont une mention de Dieu, son silence une réflexion
et sa vue pour en tirer une leçon».
Jésus -que Dieu le salue- a dit aussi: «Ô fils d'Adam, le faible,
crains Dieu où que tu sois, sois faible en ce monde, fais que tes de-
meures soient les mosquées et les oratoires, entraine tes yeux à pleu-
rer, ton corps à endurer, ton cœur à réfléchir, et ne te préoccupe plus
de ce que tu vas acquérir le lendemain».
Le prince des croyants Omar Ben Abdul Aziz, se trouvant parmi
ses compagnons, commença à pleurer. En lui demandant la cause, il
répondit: «J'ai médité ce bas monde, ses délices et ses bonheurs et
j'en ai tiré plusieurs leçons: A peine ses délices cessent, sa détresse
commence. S'il n'y avait pas de morale pour ceux qui réfléchissent, il y
aurait certainement des avertissements pour ceux qui s'en rappellent».
A l'inverse de ceux qui ne prêtent pas attention aux signes qui se
trouvent dans les cieux et sur la terre, ceux qui prient Dieu en Le men-
tionnent à tout moment, méditent sur la création des cieux et de la
terre et déclarent: «O Seigneur. i;u n'as pas créé tout cela en vain» c'est
à dire: Tu n'as pas créé toutes ces créatures sans un but, mais au
contraire, pour une raison loginue: pour rétribuer ceux qui font le bien
d'après leurs actes, et pour rétribuer ceux qurfont le mal. Puis ces
croyants-là chantent Sa pureté et s'écrient: «Gloire à Toi-Préserve-nous
nous de l'enfer» Lui, qui a créé fout par la vérité et avec équité, qui est
•*580
loin de tout défaut et vice, qu'il nous préserve du châtiment du feu,
qu'il nous dirige vers les bonnes actions qui mènent au Paradis et
nous éloignent de l'Enfer car: «Seigneur, celui que Tu précipites à l'enfer
tombe dans l'ignominie. Les pervers ne pourront compter sur aucun se-
cours».
Les fidèles disent aussi: «Seigneur, nous avons entendu un crieur
qui nous appelle à la foi, qui n'est que le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue-, nous avons cru en lui, en son message et nous l'avons
suivi, Seigneur, pardonne-nous nos péchés, dissiumule-les, efface nos
fautes et mauvaises actions et rappelle-nous à Toi avec les bons et les
justes. Seigneur, accorde-nous ce dont Tu nous a promis par l'intermé-
diaire de Tes Prophètes et ne nous humilie pas au jour de la résurrec-
tion devant tout le monde, car, en vérité, Tu ne manques jamais à Tes
promesses.
Il a été affirmé que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- récitait les dix derniers versets de la sourate «La famille d'Imran»
quand il se levait la nuit pour faire la prière nocturne. Ibn Abbas ra-
conte: «Je passai une nuit chez ma tante maternelle Maimouna. L'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- (son époux) s'entretint
avec elle durant une heure puis se coucha. Au troisième tiers de la
nuit, il se leva, regarda le ciel et récita: La création des deux et de la
terre... jusqu'à la fin du verset. Puis il fit ses ablutions, se cura les
dents et pria onze rak'ats. Bilal appela à la prière de l'aurore, l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit de chez lui à la mos-
quée pour faire la prière avec les fidèles.
Dans un autre hadith rapporté par Ibn Abbas, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- quitta son appartement vers la fin de la
nuit, regarda le ciel et récita: «La création des deux et de la terre... jus-
qu'à la fin de la sourate, puis invoqua Dieu par ces mots: «Grand Dieu,
mets de la lumière dans mon cœur, de la lumière dans ma vue, de la lu-
mière danrmon ouïe, de la lumière à ma droite et à ma gauche, de la lu-
mière devant moi et derrière moi, de la lumière au-dessus de moi et au-
dessous de moi et assigne-moi de la lumière au jour de la résurrection».
(Rapporté par Ibn Mardaweih) (I) .
581
'Ata raconte: «Nous nous rendîmes Ibn Omar, Oubayd Ben Ou-
mayr et moi chez Aicha -que Dieu l'agrée- et nous entrâmes chez elle
alors qu'un voile nous séparait. Elle dit à Oubayd: «Ça fait longtemps
qu'on ne t'a pas vu.» Il lui répondit: «C'est vrai. Plus que l'absence
dure, l'envie de la rencontre sera plus intense». Ibn Omar dit alors:
«Laissons cela. Raconte-nous ô Aicha la chose la plus étonnante que
tu as vue de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-» Elle
pleura et répondit: «Oh, toute sa vie était étonnante: Je me rappelle
qu'une nuit -qui m'était consacrée - il entra chez moi et nous nous en-
laçâmes puis il me dit: «Laisse-moi cette nuit adorer Dieu». Je lui ré-
pondis: «Par Dieu, j'aime être tout près de toi comme j'aime que tu
adores ton Seigneur».
Il se leva, prit un peu d'eau contenu dans une outre et fit ses ablu-
tions, puis il pria et pleura si longtemps que ses larmes mouillèrent sa
barbe. Il se prosterna ensuite en pleurant et ses larmes coulèrent sur
le sol. Enfin, la prière terminée, il s'étendit sur son flanc et pleura jus-
qu' ce que Bilal arriva pour l'avertir que c'est le moment de la prière de
l'aurore. Bilal demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue-: «Pourquoi pleurs-tu et Dieu t'a pardonné tes fautes antérieures
et futures?» Il lui répondit: «Malheur à toi â Bilal: Pourquoi ne pleuré-je
pas alors que cette nuit J'ai reçu cette révélation: «La création des deux et
de la terre, la succession des nuits et des jours sont des preuves pour les
gens qui méditent». Puis il dit: «Malheur à celui qui récite ce verset sans
méditer sur sa profonde signification».
•CA*
582
@ Jjà -^i iiç jSg %\
fastajâba lahum rabbuhum 'annî là 'udi'u 'amala 'âmilim minkum min d
akarin 'aw 'untâ ba'dukum mim-ba'din fa-1-ladîna hâjarû wa 'uhrijû min
diyârihim wa 'ûdû-fî sabîlî wa qâtalû wa qutilû la 'ukaffiranna 'anhum
sayyi'âtihim wa la'udhilannahum jannâtin tajrî min tahtiha-l-'anhâru t
awâbam min 'indi-L-Lâhi wa-L-Lâhu 'indahû husnu-t-tawâb (195).
Allah a exaucé leurs prières et leur a dit: «Je ne ferai perdre à aucun
d'entre vous, hommes ou femmes, le bénéfice de ses actions. Vous êtes issus
les uns des autres. Ceux qui auront souffert pour ma cause, qui auront
combattu ou auront été tués à Mon service, ceux-là, J'absoudrai toutes
leurs fautes. Je les recevrai dans des jardins où courent des eaux vives, en
marque de récompense de leur Seigneur. C'est Allah qui décerne les meil-
leures récompenses. (195).
Oum Salama rapporte: «Je demandai à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue-: «Je ne trouve pas dans le Coran jusqu'à pré-
sent un verset qui fait allusion aux femmes qui ont fait l'hégire (l'émi-
gration)?» Dieu alors fit descendre ce verset: «Je ne ferai perdre à
aucun d'entre vous, hommes ou femmes, le bénéfice de ses actions». En ef-
fet Oum Salama, selon les dires des Médinois, était la première femme
parmi les émigrés (Mouhagirins).
Le verset siginifie qu'après la prière des fidèles et leurs invoca-
tions, Dieu leur informe qu'il les a exaucés car II n'est pas loin d'eux
comme le montre ce verset: «Si mes serviteurs te questionnent sur moi,
dis-leur que je suis près d'eux» [Coran II, 186]. Il ne laisse pas perdre
l'action d'un homme ou d'une femme, mais II rétribue à chacun la ré-
compense qu'il mérite selon ses œuvres, ils sont tous égaux à Ses re-
gards. Il a réservé le Paradis, la plus belle récomepense à:
- «Ceux qui auront émigré» en laissant les demeures des polythéis-
tes pour se diriger vers la demeure de la foi, et en délaissant familles,
biens et proches...
- «qui auront souffert pour ma cause» c'est à dire leur seul péché
était la foi en Dieu seul, une profession qui n'a pas plu aux impies dont
leur comportement vis-à-vis d'eux était maléfique. Dieu a dit à ce pro-
pos: «Us expulsent le Prophète et vous-mêmes, parce que vous croyez en
583
Dieu, votre Seigneur» [Coran LX, 1] et: «Ils ne leur reprochaient que
d'avoir cru en Dieu le Tout-Puissant, celui qui est digne de louanges» [Co-
ran LXXXV, 8].
- «qui auront combattu ou auront été tués à mon service» c'est là le
plus grand sacrifice qu'un fidèle puisse accomplir dans la voie de Dieu.
Selon un hadith authentifié cité dans les deux Sahihs: «Un homme de-
manda: «O Envoyé de Dieu, si je mourais en combattant dans le che-
min de Dieu, mes péchés me seront-ils pardonnes?» -Oui, lui
répondit-il, si tu meurs dans le chemin de Dieu tout en étant constant et es-
pérant avec foi la récompense, et en état d'attaque et non plus de fuite».
Puis l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'interrogea:
«Répète la question?» L'homme lui répéta la question, et le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- de lui dire: «Oui (toutes les fautes seront
effacées) à l'exception de la dette, car c'est Gabriel qui vient de me le
dire» (Rapporté par Boukhari et MousHm/'K
Dieu promet à ces gens-là de leur pardonner leurs péchés, de les
faire entrer au Paradis où coulent des ruisseaux dont l'eau est incor-
ruptible, des ruisseaux de lait au goût inaltérable, des ruisseaux de vin,
délices pour ceux qui en boivent et des ruisseaux de miel purifié, ils
y trouveront ce qu'oeil n'a vu, oreille/Ta entendu et esprit humain n'a
imaginé. Telle est leur récompense de la part de Dieu qui a les plus
belles récompenses pour Ses fidèles.
là yagurrannaka taqalluba-1-ladîna kafarû fî-1-bilâd (196). matâ'un qali-
lun tumma ma'mawhum jahannama wa bi'sa-1-mihâd (197) lâkini-1-lad
îna-t-taqaw rabbahum lahum jannâtun tajrî min tahtiha -l-'anhâru
Mi «cJi hJsTi :JU pi h^i :JU Î^IjUi»- 1 pp <il jiiA lj( x- jj- 5Li. V_s»w.
584
halidîna fîhâ nuzulam min 'indi-L-Lâhi wamâ 'inda-L-Lâhi hayru-1-
ïil'abrar (198).
Ne Sois pas impressionné de voir les infidèles parcourir à leur aise
dans le pays. (196) Leur bien-être est éphémère. Ils sont voués à l'enfer. Et
quel triste séjour. (197) Par contre, ceux qui craignent leur Seigneur, au-
ront pour séjour des jardins arrosés d'eau vive, séjour éternel et aménagé
des mains mêmes d'Allah. Ce qui émane d'Allah est sans prix pour les jus-
tes.(198).
Cela signifie: ne te trompe pas à ce que les impies parcourent le
pays à leur aise, délectent de ses fruits et vivent dans l'aisance et le
bien-être. Toutes ces délices ne tarderaient pas à disparaître car elles
ne constituent qu'une jouissance éphémère. Bientôt ils auront la Gé-
henne comme détestable demeure éternelle. Dieu a montré le cas des
incrédules dans plusieurs versets du Coran dont on tire ces quelques-
uns:
- «Seuls les incrédules discutent les signes de Dieu. Que leur agitation
dans ce pays ne te trouble pas» [Coran XL, 4].
- «Ephémère sera leur réussite en ce monde. Finalement, ils nous fe-
ront retour. Puis nous leur infligerons un châtiment exemplaire pour les pu-
nir de leur impiété» [Coran X, 70].
- «Nous les laisserons jouir peu de temps de la vie de ce monde, nous
leur ferons endurer, ensuite, un terrible châtiment» [Coran XXXI, 24].
- «Accorde donc un délai aux incrédules; accorde-leur un court délai»
[Coran LXXXVI, 17].
Mais les croyants à qui Dieu a fait la belle promesse, verront l'ac-
complissement car ils trouveront leur récompense auprès de leur Sei-
gneur, un Paradis où coulent les ruisseaux, quelle manifique demeure
pour l'éternité à ceux qui sont pieux et bons.
Abou Ad-Darda' disait souvent: «La mort ne sera que du bien tant
au croyant qu'à l'infidèle. Quiconque ne me croit pas, Dieu dit: «Ce qui
émane d'Allah est sans prix pour les justes» comme II dit aussi: «Que les
infidèles ne croient pas que si nous les comblons de biens, ce soit pour leur
être agréable. Nous ne les comblons de biens que pour qu'ils fassent eux-
mêmes plus de mal. Ils encourront un châtiment ignominieux») [Coran III,
178].
585
wa 'inna min 'ahli-1-kitâbi Iamay-yu'minu bi-L-Lâhi wamâ 'unzila 'ilay-
kum wamâ 'unzila 'ilayhim hâsi'îna li-L-lâhi là yastarûna bi 'âyâti-L-lâbi
tamanan qalîlan 'ulâ'ika lahum 'ajruhum 'inda rabbihim 'inna-L-Lâha
sarfu-l-hisâb (199) yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'âmanû-sbirû wa sâbirû wa râbitû
wattaqû-L-Lâha la'allakum tuflihûn (200).
Parmi les gens d'Ecriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à
ce qu'il vous a révélé et ce qu'il leur a révélé. Entièrement soumis à Allah,
ils ne trafiquent pas de ses enseignements pour un misérable profit. Us trou-
veront leurs récompenses auprès de leur Seigneur qui régie rapidement ses
comptes. (199) Croyants, soyez patients; rivalisez de patience, soyez sur le
qui-vive et craignez Allah, si vous voulez être heurenx»(200).
Parmi les gens du Livre, il y a des hommes qui ont cru en Dieu, à
ce qu'il a été révélé à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et
à ce qu'il leur a été révélé dans leurs propres Livres, ils se sont sou-
mis à Dieu, ont suivi Ses enseignements, obtempéré à Ses ordres, ne
font pas un troc misérable en échangeant la foi contre un bien éphé-
mère de ce monde, et surtout ils ne cachent pas ce qui a été men-
tionné dans leurs Livres quant à l'avènement de Mouhammd -qu'Allah
le bénisse et le salue-, ses qualités, sa description, son message et sa
communauté. Ces gens-là sont l'élite qu'ils soient juifs ou chrétiens. A
leur sujet le Seigneur a révélé plusieurs versets dont on cite à titre
d'exemple ces quelques uns:
- «Ceux auquels nous avions donné le Livre avant lui, croient en celui-
ci» [Coran XXVIII, 52].
- «Ceux à qui nous avons donné le Livre et qui le récitent avec la foi
qu'il convient, ce sont-là les vrais adeptes du Livre» [Coran II, 121].
- «n existe, chez le peuple de Moïse, une communauté dont les mem-
586
bres se dirigent selon la vérité grâce à laquelle ils observent la justice»
[Coran VII, 159].
- «Les gens d'Ecriture ne sont pas tous sejriblables. Il y en a parmi
eux qui ont le cœur ferme, qui passent leurs nuits à lire les versets d'Allah
et à se prosterner» [Coran III, 113].
- «Oui, ceux qui ont déjà reçu la science tombent prosternés sur leurs
faces lorsqu'on leur lit le Coran. Ils disent: «Gloire à notre Seigneur! La
promesse de notre Seigneur s'est accomplie» [Coran XVII, 107-108].
Tout cela s'applique à une minorité des juifs dont Abdullah Ben
Salam et ses semblables parmi les docteurs mais, de toute façon, leur
nombre n'a pa dépassé les dix.
Quant aux chrétiens, il en est plusieurs qui ont été bien dirigés
vers la vérité comme Dieu le montre dans ce verset: «Tu constateras
que les hommes les plus hostiles aux croyants sont les juifs et les polythéis-
tes. Tu constateras que les hommes les plus proches des croyants par l'ami-
tié sont ceux qui disent: «Oui, nous sommes Chrétiens» [Coran V, 82]
Ceux-là, Dieu leur accordera des jardins où coulent les ruisseaux où ils
demeureront éternellement.
Dans un hadith authentifié, il a été rapporté que Ja'far Ben Abi Ta-
leb, lors de son émigration en Abyssinie avec ses compagnons, récita
la sourate de Marie devant Négus en présence de ses patriarches et
moines, et ceux-ci commencèrent à pleurer en entendant la récitation.
A savoir aussi que lorsque Négus mourut, le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- annonça sa mort à ses compagnons et leur dit: «Un
de vos compagnons en Abyssinie vient à mourir. Priez pour lui». Il sor-
tit dans le désert, rangea les fidèles et firent ensemble la prière funé-
raire sur Négus.
Abbad Ben Mansour rapporte qu'il demanda à Ai-Hassan Al-Basri
de lui interpréter ce verset: «Parmi les gens d'Ecriture, il en est qui
croient en Allah etc.», il lui répondit: Ils sont les gens du Livre qui vi-
vaient avant Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et pourtant,
ils avaient cru en lui et connaissaient l'Islam. Dieu leur accorda une
double récompense: pour leur foi et pour avoir suivi Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue- avant son message.
Il est cité dans les deux sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
587
bénisse et le salue- a dit que trois hommes recevront une récompense
double, parmi eux: «Un homme des gens du Livre qui a cru en son Pro-
phète et en moi» (1 K
«Ils ne trafiquent pas de ses enseignements pour un misérable profit» il
s'agit de quelques-uns, à l'inverse de l'autre majorité maudite, qui n'ont
rien dissimulé de ce qu'il a été révélé dans leur: Livre, mais ils l'ont pro-
mulgué et divulgué. Ceux-là trouveront leurs récompenses auprès de
leur Seigneur, car Dieu est prompt dans ses comptes.
«Croyants, soyez patients, rivalisez de patience, soyez sur le qui-vive»
Ai-Hassan Al-Basri a dit: «Dieu exhorte les fidèles à être patients en
accomplissant leurs obligations religieuses dictées par l'Islam que Dieu
a agréé comme étant leur religion, tts ne doivent plus s'en détourner ni
dans une gêne ni dans une aisance, ni lors d'une affliction ni d'un bon-
heur, ils ne meurent qu'en tant que musulmans soumis à Dieu. D'autre
part, ils sont tenus de s'encourager mutuellement à la patience pour af-
fronter leurs ennemis sans dissimuler leur foi.
Quant au terme arabe IjWj qui dérive du moHMj-Jiou Uiji , il a
deux significations dont chacune fut adoptée par une partie des ulé-
mas et soutenue par plusieurs hadiths. Nous allons ci-après parler de
chacune d'elles:
Première signification: c'est la persévérance dans les pratiques
cultuelles et la fermeté de la foi. Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Vous dirai-je quelles sont les
actions par lesquelles Dieu efface les péchés et élève de degrés! Elles sont:
if Les ablutions intègres malgré les circonstances difficiles, l'accomplisse-
ment des prières dans les mosquées et l'attente d'une prière suivante après
l'acquittement de sa précédente. Voilà la fermeté (de la foi)», et il répéta
cçtte dernière phrases trois fo\s».( Rapporté par Moustim et Nassat) m .
.(JL^Uj jJLj .Ijj) iJ.1^11 fSiii iiljjft fiUi (itijll
saa
Abou Salama Ben Abdul Rahman raconte: «Un jour Abou Hourai-
ra vint me voir et me dit «O fils de mon frère! Sais-tu la raison pour la-
quelle fut révélé ce verset: «Croyants, soyez patients, rivalisez de
patience, soyez sur le qui-vive?» Répondant par la négative, il reprit': «Du
temps du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les fidèles n'al-
laient pas à la conquête des pays étrangers. Il fut révélé au sujet des
hommes qui fréquentent les mosquées, s'acquittent des prières à leurs
moments déterminés et mentionnent et invoquent Dieu. «Soyez pa-
tients» en accomplissant les cinq prières, «rivalisez de patience» en
domptant vos passions et instincts. «Soyez sur le qui-vive» en demeu-
rant dans les mosquées, «et craignez Allah» en remplissant tous vos
devoirs, si vous voulez être heureux».
Un autre hadith a été rapporté par Jaber Ben Abdullah d'où on
peut déduire qu'il s'agit des ablutions et des prières.
Deuxième signification: il s'agit de la garde des postes et des lieux,
et d'être en face de l'ennemi pour l'empêcher d'entrer aux pays musul-
mans.
- Salman rapporte qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- dire: «La garde d'un jour et d'une nuit (en combattant
dans la voie de Dieu) vaut mieux que le jeûne d'un mois en y priant toutes
ses nuits. Si celui qui la fait meurt, les bonnes œuvres qu'il avait coutume
de les faire seront cumulées, il recevra les bienfaits (dans le Paradis) et se-
ra en sécurité dans sa tombe (lorsque les deux anges viendront lui poser les
questions». (Rapporté par Ahmed) <1} .
Ouqba Ben Amer a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Les œuvres de chaque mort seront scellées sauf celles de
celui qui aura combattu dans la voie de Dieu, car ses œuvres seront accrues
jusqu'au jour de la résurrection, et il sera préservé contre le tourment de la
tombe». (Rapporté par Ahmed/ 2 '.
589
Sahl Ben AL-Handhala raconte que le jour de la bataille de Hou-
na'in, les fidèles partirent en compagnie de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue-. Le soir, voulant faire la prière, un cavalier arriva
et lui dit: «O Envoyé de Dieu, je vous ai devancé et suis monté sur
telle et telle montagne où j'ai vu toute la tribu de Hawazen avec leurs
biens, leurs troupeaux et leurs familles». Le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- sourit et répliqua «Tel est le butin que les musul-
mans auront demain si Dieu le veut» Puis II dit: «Qui va nous garder
cette nuit?» - Moi, Ô Envoyé de Dieu, s'écria Anas Ben Abi Mirthad. -
Monte alors, lui dit-il, .en lui désignant un cheval. Anas le monta et
s'approcha du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui lui dit:
«Sois en face de ce défilé de la montagne jusqu'à ce que tu les domi-
nes mais ne pense guère à aucune .attaque».
Le lendemain matin, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- se dirigea vers son oratoire, pria deux rak'ats et dit aux hommes:
«Votre cavalier est-il revenu?» - Non, fut la réponse. Il retourna à son
oratoire pour faire d'autre prière surérogatoire tout en regardant vers le
défilé. La prière terminée, il dit aux hommes: «Réjouissez-vous, votre
cavalier est arrivé». Nous regardâmdes à travers les arbres et vîmes
en effet le cavalier qui fut de retour. Lorsqu'il fut devant le Prophète; il
lui dit: «Je suis parti et monté sur la hauteur du défilé là où tu m'as or-
donné de guetter l'ennemi. Mais le matin, je suis monté même sur le
deuxième défilé de la montagne sans observer personne» L'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui demanda: «As-tu descendu la
nuit?» - Non, répondit-il, sauf pour faire la prière ou satisfaire un be-
soin» Il lui dit: «Ça y est pour cette fois car tu as mal agi mais ne la re-
commence pas».
Abou Raihana a rapporté: «Nous étions dans une expédition avec
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Passant la nuit sur
une place élevée, nous fûmes atteints d'un vent glacial de sorte que
certains creusèrent dans le sol pour s'abriter en se couvrant de leurs
boucliers. Remarquant tout cela, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- demanda: «Qui se porte volontiers pour nous garder cette
nuit afin que je lui invoque Dieu et qu'il obtienne le mérite de mon invo-
cation?» Un Ansarien (Médinois) répondit: «Moi ô Envoyé de Dieu» -
Approche-toi, lui ordonne-t-il. Lorsque l'homme fut tout près du Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue-, celui-ci lui demanda: «Qui est-
590
tu?» En lui donnant son nom, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- fit en sa faveur une longue et merveilleuse invocation.
Et Abou Raihana de poursuivre: «Entendant cette invocation, je lui
dis: «Et moi aussi je me porte volontiers pour monter la garde» -Ap-
proche-toi, me dit-il. Je m'exécutai. - Qui est-tu? me demanda-t-il. Je
m'appelle Abou Raihana, répondis-je. Il m'invoqua Dieu mais d'une fa-
çon moins importante que la première. Puis il dit: «Il est interdit au feu
de toucher des yeux qui pleurent par crainte de Dieu et d'autres qui gar-
dent pour la cause de Dieu». (Rapporté par Ahmed et Nassaï) (1) .
Il est cité dans le Sahih de Boukhari que Abou Houraira a rapporté
que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah ie bénisse et le salue- a dit: «Que le
malheur tombe sur celui qui se fait le serviteur du dinar, du dirham et du
vêtement. Quand on lui donne il est content et quand on lui refuse, il s'ir-
rite et devient abattu. Si une épine transperce sa peau, il ne peut plus l'ar-
racher.
«Que le bonheur soit accordé à un serviteur qui tient son cheval par
la bride (pour le combat) dans la voie de Dieu, ayant les cheveux hirsu-
tes et les pieds couverts de poussière. S'il est en garde, il est aux avant-
postes, et s'il est à l'arrière-garde, il est à l 'arrière-garde. S'il demande
on ne l'écoute pas, et s'il intercède, on n'accepte pas son intercession».
(Rapporté par Boukhari) (2) .
On termine enfin par montrer le mérite du combat dans la voie de
Dieu, en citant ce hadith rapporté par Abou Houraira: «Un homme vint
trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit:
«Montre-moi une œuvre (dont le mérite) équivaut au combat dans la
591
voie de Dieu», il lui répondit: «Je ne trouve aucune», puis il lui ajouta:
«Serais-tu capable quand le guerrier est parti pour combattre d'entrer à la
mosquée pour y prier sans se lasser, et jeûner sans rompre le jeûne?» O En-
voyé de Dieu, répliqua l'homme, qui le pourrait?» Et l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- de poursuivre: «Par celui qui tient mon
âme en sa main, même si tu en étais capable, tu ne saurais atteindre le de-
gré réservé aux combattants pour la cause de Dieu». (Rapporté par Bouk-
hari) (1 >
INDEX
Préface 3
Sourate de l'Ouverture (Al-Fatiha) 11
Sourate de la Vache 28
Sourate de la famille d'Imran 422
UÎ Al J>-j ti :JLii itjkiî Si-fj-^'j ijiiï ">U tf 1 -** ùî ^,1»* î J*| :JUi <<il
592