Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 4 trad. humaine
4 - Sourate des Femmes
176 versets
Révélée à Médine après la sourate de l'Epreuve
A propos de la sourate des Femmes, Abdullah Ben Mass'oud a
dit: «Dans la sourate des Femmes, il y a cinq versets que je n'échan-
gerai plus contre ce que tout le bas monde contient. Ils sont:
- Allah ne lésera personne, pas même du poids d'un atome (40).
- Si vous évitez de commettre des péchés graves (31).
- Allah ne pardonne point qu'on lui associe d'autres divinités (48).
- Si ces gens, qui ont été volontairement iniques, reviennent à toi (64).
- Quiconque aura commis une mauvaise action ou se portera tort à soi-
même trouvera Allah miséricordieux. (110).
* — M
j
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
yâ 'ayyuhâ-n-nâsu -t-taqû rabbakumu-1-ladî halaqakum min nafsin
wâhidatin wa halaqa minhâ zawjahâ wa bat ta minhuma rijâlan katîran
wa irisa 'an wa-t-taqû-L-Lâha-1-ladî tasâ'alûna bihî wa-l-'arhâma 'inna-
L-Lâha kâna 'alaykum raqîban(l).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
O hommes, craignez Allah qui vous a crées d'un seul être, puis de cet
être tira sa compagne et de ce couple tira l'humanité toute entière. Crai-
gnez Allah au nom de qui vous vous demandez mutullement appui. ^Respec-
tez les liens du sang. Allah a l'œil sur vous. (1).
Dieu ordonne aux gens de Le craindre, en n'adorant que Lui, seul
sans Lui reconnaître des rivaux. C'est Lui qui tes a créés d'un seul
â4p& «iuï ôet Aeiam que Dieu la salue-, puie dô celui-ci. Il a créé son
épouse qui est Eve. Elle fut créée d'une de ses côtes gauches de par
^ ^ _ 4
son derrière alors qu'il s'endormait. A sa vue, elle lui plut et il la prit
pour compagne.
Abbu Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Soyez bienveillants à l'égard des femmes, car la femme
a été créée d'une côte. Or la partie supérieure est la plus courbe. Si tu
cherches à la redresser, tu la briseras, et si tu la laisses, elle restera
courbe». Suivant une variante on trouve cet ajout: «si tu veux qu'elle te
satisfasse, elle le fera bien qu'elle garde sa courbure» (Rapporté par Bouk-
hari et MousHm) (l K
«et de ce couple tira l'humanité toute entière» c'est à dire à partir
d'Adam et d'Eve un grand nombre d'hommes et des femmes fut répan-
du dans tout le monde malgré leurs espèces, races, qualités, couleurs
et langues. Mais, au jour du rassemblement ils feront tous retour à
Dieu.
«Craignez Allah au nom de qui vous vous demandez mutullement ap-
pui» qui signifie: grâce à votre soumission à Dieu, vous pouvez Lui de-
mander le maintien du lien de parenté sans le rompre.
«Allah à l'œil sur vous» Dieu observe toutes Ses créatures et voit
ce qu'elles font, Il est témoin de toutes les œuvres et rien ne Luf est
caché. Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Adore Dieu c'est comme tu Le vois, si tu ne Le
vois pas Lui, certes te voit» (2) .
Le secret qui réside dans la naissance de toute l'humanité toute
entière d'un seul couple, est la compassion que doivent les uns à
l'égard des autres et l'incitation à aider les faibles et les pauvres.
Jarir Ben Abdullah Al-Bajli raconte qu'un petit groupe des hommes
de la tribu Moudar vinrent trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue-, ne portant que des haillons à cause de leur pauvreté.
Après la prière du midi, il monta sur la chaire et commença son dis-
cours par la récitation de ce verset: «O hommes, craignez Allah qui vous
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a créés d'un seul être...». Puis il récita à la suite ce verset: «O vous qui
croyez, craiguez Dieu. Que chacun considère ce qu'il a préparé pour de-
main» [Coran LIX, 18] et exhorta les hommes à faire l'aumône. Chacun
des fidèles s'exécuta en donnant à ces pauvres de ce qu'il possédait
comme argent, froment, dattes, ou autre».
téff Égi y£i Uià
wa 'âtû-1-yatâma 'amwâlahum walâ tatabaddalû-1-habîta bi-t-tayyibi wa-
lâ ta'kuRî 'arawâlahum *ilâ 'amwâlikum 'innahû kâna hûban kabîran (2)
wa *in hiftum 'alla tuqsitû fî-1-yatâmâ fa-nkihû ma tâba lakum mina-n-
nisâ'i matnâ wa tulâta wa rubâ'a fa *in hiftum 'alla ta'dilû fawâhidatan
'aw ma malakat 'aymânukum dâlika 'adnâ 'alla ta'ûlû (3) wa'âtû-n-ni-
sa 'a saduqâtihinna nihlatan fa'in tibna lakum 'an Say'im minhu nafsan
fukulûhu hanTam marfan (4).
Rendez leurs biens aux orphelins. Ne substituez pas ce qu'ils possèdent
de bon à ce que vous possédez de mauvais. Ne subtilisez pas leurs biens en
les confondant avec les vôtres. Ce serait un méfait odieux. (2). Si vous crai-
gnez de n'être pas équitables envers les orphelines, épousez deux ou trois ou
quatre femmes, à votre convenance, parmi les autres. Si vous craignez de
ne pas les traiter avec égalité, n'en épousez qu'une ou une captive. C'est
pour vous le moyen d'être le plus juste possible. (3). Remettez à vos fem-
mes leurs dots en toute propriété. S'il leur plaît de vous en abandonner une
partie, profitez-en en toute tranquillité et le mieux possible. (4).
Une fois que les orphelines aient atteint l'âge de puberté, dont
vous êtes les tuteurs, donnez-leur les biens qu'ils leur appartiennent en
entier Tel est l'ordre de Dieu qui interdit aussi de substituer ce qui est
mauvais à ce qui est bon. En commentant cela, les dires des ulémas
éiaiem um peu différents les uns des autres:
6
- Soufian AL-Thawri a dit: «Ne hâtez-vous pas de manger les
biens qui vous sont illicites avant d'acquérir les biens licites qui vous
sont destinés.
- Saïd Ben Joubaïr a dit: «Ne mangez pas leurs biens illicitement
afin d'épargner vos biens licites.
- Quant à Al-Souddy, il raconte que l'homme prenait le mouton
gras des biens de l'orphelin et le remplaçait par un autre maigre de
son troupeau en disant: «Un mouton à la place d'un mouton». Il pren-
ait un dirham authentique et mettait à sa place un autre faux en disant
un dirham contre un autre.
«Ne substilisez pas leur biens en les confondant avec les vôtres» qui
signifie, d'après Moujahed et Sa'id Ben Joubaïr, ne mélangez pas vos
biens avec les leurs pour les manger en même temps car cela consi-
tue un grand péché qu'il faut éviter.
«Si vous craignez de n'être pas équitables envers les orphelines, épou-
sez deux ou trois...» Cela signifie que si l'un d'entre vous est le tuteur
d'une orpheline et pense à l'épouser mais se trouve incapable de lui
payer une dot qui lui convient, qu'il cherche alors une autre fille parmi
celles que Dieu a mises à sa disposition.
Il est cité dans le Sahih de Boukhari que 'Aicha a rapporté qu'un
homme avait épousé une orpheline qui était chez lui. Elle possédait
une palmeraie mais cet homme gardait toute la récolte sans rien en
donner à cette orpheline. C'est à cette occasion que ce verset fut ré-
vélé.
Et toujours d'après Al-Boukhari Aicha rapporte que 'Ourwa lui a
demandé au sujet de ce verset: «Si vous craignez de n'être pas équita-
bles envers les orphelines», elle lui répondit: «O fils de ma sœur! il s'agit
d'une orpheline qui est sous la tutelle d'un homme et elle lui associe
de ses biens. Ce tuteur, épris de ta fortune et de la beauté de cette or-
pheline, voulant l'épouser sans lui donner la dot qu'elle méritait, mais
lu' donnant une dotqu'unautre homme devait lui donner. Alors on in-
aux tuteurs d'épouser des pareilles orphelines à moins qu'ils ne
donnent la dot la plus convenable en la leur accordont plus que la
coutume l'assionait à lotir Àgard. (te furent ordonnés, d'épouser des
hormis ces orphelines, comme il leur plaira. Aicha ajouta:
7
«Les hommes consultant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- en lui demandant des explications de ce verset, Dieu à Lui la
puissance et la gloire lui fit cette révélation: «Us te demandent une déci-
sion au sujet des femmes») [Coran IV, 127]. Aicha reprit: «Quant aux pa-
roles divines contenues dans le verset précédent «et que vous ayez
l'intention de les épouser», elles s'appliquent au désir de l'un d'entre
vous quand il veut épouser sa pupille lorsqu'elle jouit d'une fortune mo-
deste et de peu de beauté». Elle ajouta: «Les hommes furent interdits
de demander en mariage ces orphelines quand elles jouissent d'une
grande fortune et d'une grande beauté à mois qu'ils ne leur réservent
une dot équitable, parce que ce désir ne se manifesterait pas si elles
avaient peu de fortune et peu de beauté».
«épousez deux ou trois ou quatre femmes» Dieu permet, dans ce ver-
set, aux hommes d'avoir jusqu'à quatre femmes, et ceci de Sa part,
constitue une tolérance et une grâce à condition de ne pas dépasser
ce nombre selon ravis de la majorité des ulémas, bien que des ulémas
Chi'ites permettent à l'homme d'épouser neuf femmes, et d'autres qui
ont toléré plus que ça. Quelques uns se réfèrent au fait que le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait neuf femmes.
Parmi les hadiths qui limitent le nombre à quatre, on cite celui-là:
«Salem a rapporté, d'après son père, que Ghilan Ben Salama Al-Tha-
qafi se convertit à l'islam alors qu'il avait dix femmes. Le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit: «Choisis-en quatre». Du temps
de 'Omar, Ghilan répudia toutes ses femmes et partagea ses biens en-
tre ses enfants. 'Omar, informé de l'acte de Ghilan, s'écria: «Je crois
que le démon, qui parvient parfois subrepticement à écouter, avait en-
tendu parler de ta mort et avait jeté cette nouvelle dans ton cœur, et
que tu ne survivrais que pour un court laps de temps. Par Dieu, tu dois
reprendre tes femmes et récupères tes biens, sinon je donnerai l'ordre
de leur donner leurs parts de la succession et de lapider ton tombeau
comme on a lapidé le tombeau de Abou Righal».
Ce qui prouve que si l'homme a le droit d'avoir plus que quatre
femmes, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, aurait to-
léré à Ghilan de garder les dix qui s'étaient converties.
Chafé'i rapporte que Nawfal Ad-Dili a dit: «Je me suis converti à
l'Icln m alot« «u«. i'avâU <='..^ * & mm«». L'Envoyé cl© Dieu -qu" Allah le Dé-
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nisse et le salue- m'a dit: «Garde quatre d'entre elles et répudie la cin-
quième» J'ai répudié la plus ancienne, qui était stérile, avec qui j'ai
passé soixante ans de mariage».
Si le fait d'avoir quatre femmes est un droit accordé à l'homme, il
est conditionné par l'équité qu'il doit établir entre elles, car Dieu a dit:
«Si vous craignez de iie pas les traiter avec égalité, n'en épousez qu'une ou
une captive». Donc celui qui craint de n'être pas équitable, doit se
contenter d'une seule femme, quant aux cpatives, il peut avoir autant
qu'il voudra car il n'est pas tenu d'être équitable entre elles, par exem-
ple de consacrer à chacune d'elles des jours comme aux autres, bien
que cette égalité est recommandée et sa dérogation ne constitue pas
une faute.
Le but de la limitation du nombre des femmes à une, à part l'éga-
lité, vise p épargner l'homme de la difficulté qu'il trouve pour pouvoir
subvenir aux besoins d'une famille nombreuse.
«Remettez à vos femmes leurs dots en toute propriété» L'homme donc
est tenu de donner à sa femme son douaire de bon gré. Si, après
avoir fixé la valeur, la femme veut en abandonner une part, l'homme a
le droit d'en profiter avec toute tranquillité et paix.
Hachim rapporte que, avant cette révélation, le père s'emparait dé
la dot de sa fille qu'il donnait en mariage sans en lui rien donner. C'est
pourquoi Dieu a montré que cette dot est le droit de la femme.
tu'tû -s-sufaha'a 'amwâlakumu-1-latî ja'ala-L-Lâhu lakum qiyâman
-ZDQÛhum fihâ wa-Vsûhum »i qûlû lahum qawlam- ma'rûfan (S).
-l-yatâmâ hatta 'idâ balagû-n-nikâha fa'in 'ânastum minhum
fadfa'u 'ilayhim 'amwâlahum walâ ta'kulûhï 'isrâfan wa bidâran
'ay yakbarû wa man kâna ganiyyan falyastaTif wa man kâna faqîran fa-
lya'kul bi-1-ma'rûfi fa'idâ dafa*tum 'ilayhim 'amwâlahum fa 'ashidû
'alayhim wa kafâ bi-L-Lâhi hasîban (6).
Ne confiez pas aux incapables les biens qu'Allah a donnés comme base
à votre activité. Prélevez sur ces biens de quoi les nourrir et les habiller et
tenez-leur toujours un langage poli (5). Eprouvez la capacité des orphelins à
partir du moment où ils approchent de la puberté. S'ils donnent des signes
de capacité confiez-leur la gestion de leurs biens. Ne vous hâtez pas de les
dilapider avant qu'ils ne deviennent majeurs. Si le tuteur est riche, il doit
s'abstenir de prélever quoi que ce soit sur la fortune de ses pupilles, s'il est
pauvre, il ne peut en disposer que modérément. Lorsque vous leur rendez
leurs biens, faites-en prendre témoignage. Quoique, pour recevoir des
comptes, Allah suflîse»(6).
Dieu interdit aux tuteurs de mettre à la disposition des insensés et
incapables leurs biens que Dieu a accordés et qui sont les sources de
leur subsistance. L'interdiction judiciaire (en matière de droit) découle
de ce verset, qui comporte plusieurs sortes:
- L'interdiction en raison de la minorité; car tout mineur est inca-
pable de s'exprimer.
- L'interdiction en raison de la folie.
- L'interdiction à cause d'une incapacité mentale.
- L'interdiction à raison de la faillite si l'endetté se trouve incapable
de s'acquitter de ses dettes et que les créanciers présentent une re-
quête au juge pour mettre sous séquestre les biens de l'endelté.
Au point de vue religieux, les ulémas ont dit qu'il s'agit des fem-
mes et des enfants. A cet égard, Abou Oumama a rapporté que l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Toutes les
femmes sont incapables et insensées sauf celles qui obéissent à leurs
maris».
«Prélevez sur ces biens de quoi les nourrir et les habiller et tenez-leur
toujours un langage poli» Ibn Abbas a commenté cela en disant: «Ce
que Dieu t'a accordé comme biens pour ta subsistance ne les donne
pas à ta femme ou à ta fille puis tu regardes ce qu'elles veulent en
(ai *-a .,( «ii.nn.,,,1 les. Jip.ttt-.ser, mais retiens tort argent el TalS-en Un
10
bon placement et c'est toi qui dois dépenser pour elles pour les nourrir
et les habiller».
■
Ibn Jarir rapporte qu'Abou Moussa a dit: «Les invocations de ces
trois hommes ne seront pas exaucées: un homme qui ne répudie pas
sa femme à cause de ses mauvais caractères; un homme qui donne
son argent à un insensé car Dieu a dit: «Ne confiez pas aux incapables
les biens qu'AUah a accordes» et un homme qui avance un prêt à un au-
tre sans en prendre de témoins».
«et tenez-leur toujours un langage poli», il s'agit, d'après Moujahed,
de la piété filiale et du lien de parenté.
Ce verset exhorte à être charitable envers la famille tant à la nour-
riture qu'à l'habillement en adressant des paroles convenables.
«Eprouvez la capacité des orphelins à partir du moment où ils appro-
chent de la puberté» La puberté, selon l'opinion des ulémas, est l'âge où
le jeune commence à être pollué à là suite d'un rêve erotique, ou lors-
qu'il atteint quinze ans. Ceci est confirmé par un hadith rapporté par
'Aicha et d'autres, que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit: «Sont déchargés de toute responsabilité: le jeune jusqu'à la
puberté ou l'âge de quinze ans; l'homme endormi jusqu'à ce qu'il se
réveille, et le fou jusqu'à ce qu'il récupère sa raison».
Les ulémas se sont référé aussi à un hadith rapporté par Ibn
Omar dans lequel il raconte: «Lors de fa bataille de Ouhod alors que
j'avais quatorze ans, j'ai demandé au Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- le permis de prendre part au combat, mais il a refusé. Ayant
atteint quinze ans le jour du «Fossé» - Le combat contre les coalisés -,
il m'a autorisé».
Lorsque le jeune donne des signes de capacité, c'est à dire lors-
qu'on découvre en lui un jugement sain, l'interdiction sera levée et le
tuteur pourra lui confier ses biens pour les gérer. Mais Dieu interdit au
tuteur de dévorer injustement les biens de sa pupille avant la puberté
et exhorte les riches à s'abstenir d'en profiter. Quant au tuteur pauvre,
i lui est permis d'en user modérément mais jamais avec prodigalité et
■VII.
**cna -que Dieu ragrée- a commenté ce verset: «s'il est pauvre, il œuvre, il
■* F* « disposer que modérément» et dit qu'il a été révélé au sujet du
tuteur qui ne doit disposer des biens de sa pupille que dans la mesure
convenable en lui assurant sa subsistance, son habillement et les frais
indispensables.
La question qu'ont posé les ulémas est la suivante: «Si le tuteur
pauvre devient riche, devra-t-il rendre à sa pupille ce qu'if avait dé-
pensé pour sa subsistance?» Deux opinions ont été données à ce su-
jet:
La première: Il ne sera pas tenu de le rendre car il n'a disposé que
de la somme qui lui était due en tant que salaire en échange de sa
mission. Tel était l'avis de Cahféi'i. A cet égard on a rapporté qu'un
homme vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui
dit: «J'ai à ma charge un orphelin qui a une fortune, quant à moi, je ne
possède rien. Ai-je le droit de profiter de sa fortune?» Il lui répondit:
«Oui, profites- en modérément et sans gaspillage» (Rapporté par Ibn Abi
Hatem, Abou Daoud et Nassaï) (1 K
Ibn Jarir rapporte qu'un homme vint demander à Ibn Abbas: «J'ai
à ma charge des orphelins qui possèdent des chamelles et j'ai les
miennes. Je donne du lait de mes chamelles aux pauvres. M'est-il per-
mis d'user du lait de celles des orphelins?» Ibn Abbas de répondre:
«Si tu dois chercher la chamelle égarée des leurs, enduire de goudron
la galeuse parmi elles, entretenir le bassin pour les abreuver et, bref,
t'occuper d'elles, use de leur lait sans en priver les chamelons et sans
gaspillage».
La deuxième: consiste à rendre tout ce qu'il en a dépensé, car les
biens des orphelins sont interdits au tuteur, et ce qui lui a été toléré,
en cas de nécessité, il devra le rendre une fois devenu riche. A cet
égard Ibn Abi Ad-Dunia raconte que 'Omar a dit: «En tant que tuteur,
je dois protéger les biens de l'orphelin, si je suis riche, je m'abstiens, si
j'en ai besoin, j'en prends en tant que prêt, et une fois devenu riche, je
dois m'en acquitter».
12
Quant à 'Amer Al-Cha'bi, il a dit: «Le cas du tuteur besogneux est
pareil à l'affamé qui est contraint à manger la viande d'une bête morte.
«Lorsque vous leur rendez leurs biens, faites-en prendre témoignage».
C'est un ordre adressé du Seigneur aux tuteurs qui, une fois que les
pupilles seraient en mesure de gérer leurs biens, doivent assurer la
présence de témoins lorsqu'ils remettent ces biens aux orphelins, bien
que Dieu suffit pour tenir compte de tout.
li-r-rijâli nasïbum-mimmâ taraka-1-wâlidâni wa-l-'aqrabûna wa-li-n-nisâ'i
nasîbun mimma taraka-1-wâlidâni wa-l-*aqrabûna mimma qalla minhu
'aw katura nasîbam mafrudan (7) wa *idâ hadara-1-qismata 'ulû-1-qurbâ
wa-l-yatâmâ'> wa-1-masâkînu farzuqûhum minhu wa qûlû lahum qawlam
ma'rûfan (8) wlyah§a-l-lad îna law taraqû min halfihim durriyyatan
di'âfan hâfû 'alayhim falyattaqû-L-Lâha wa-1-yaqûlû qawlan sadîdan (9)
'inna-1-ladîna ya'kulûna 'amwâla-I-yatâmâ zulman 'innamâ ya'kulûna fî
butunihim nâran wa sayaslawna sa'îran (10).
Il revient aux hommes une part sur ce que laissent leurs parents ou
leurs proches. De même, il revient aux femmes une part sur ce que laissent
leurs parents ou leurs proches. Que les biens laissés soient importants ou
mm, une part leur est assignée. (7). Lorsque des proches ou des orphelins
«m des pauvres assistent au partage, donnez-leur quelque chose et tenez-leur
■i langage aimable.(8) Ceux qui redoutent de laisser après eux des enfants
âge et sont inquiets, qu'ils craignent Allah et tiennent un langage de
i. (9) Ceux qui gaspillent injustement les biens des orphelins, c'est
■ ,e *' ils nourrissaient leurs entrailles de feu. Ils sont voués à l'en-
13
Sa'id Ben Joubayr et Qatada ont dit que les polythéistes réser-
vaient leurs biens aux mâles, adultes sans en rien donner aux femmes
ou aux mineurs. Dieu fit cette révélation: «Il revient aux hommes une
part...» en leur montrant que tous les réservataires ont droit à la suces-
sion sans distinction même si leurs parts varient selon le sexe ou le
degré de parenté ou le degré de patronage qui implique un droit tout
comme le lien de parenté.
Quant à Jaber, il a raconté que Oum Kouhha vint trouver l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O Envoyé de Dieu,
mon mari est mort en laissant deux filles sans leur rien laisser». Dieu à
cette occasion fit cette révélation.
Lorsque des proches -qui ne sont pas des réservataires- ou des
orphelins ou des pauvres assistent au partage de la succession, ça se-
ra un acte de charité de leur en attribuer une part, à savoir que cela
constituait une obligation au début de l'ère islamique. Cette obligation
a-t-elle été abrogée ou non? Deux opinions ont été dites: d'après Ibn
Abbas: la première rapportée par Al-Boukhari que ce verset est fonda-
mental et n'a pas été abrogé; la deuxième rapportée par Ikrima, et tou-
jours d'après Ibn Abbas, que ce verset à été abrogé par le verset qui
le suit concernant les successions et dans lequel la part de chaque
successeur a été déterminée.
Mais on peut quand même déduire de ce verset qu'il est recom-
mandé d'attribuer une part minime qu'elle soit aux pauvres et aux or-
phelins s'il s'agit d'une grande succession afin de soulager et
réconforter ces misérables qui auront le cœur serré quand ils voient
les réservataires prendre leurs parts. Dieu le compatissant et le miséri-
cordieux exhorte les hommes à attribuer une part à ces gens-là
comme un acte de charité ou une aumône tout comme II le montre
dans un autre verset: «Mangez de leurs fruits quand Us en produisent,
payez-en les droits le jour de la récolte») [Coran VI, 141] Dieu, d'autre
part, critique ceux qui portent leurs biens en cachette de peur que les
miséreux le sachent et le convoitent, leur cas sera pareil à celui des
propriétaires d"un jardin qui, pour éviter de donner de ses fruits aux
pauvres: «s'étaient promis de récolter leurs fruits de bon matin» et à
cette fin «Ils partirent en chuchotant «Nous ne laisserons entrer aucun pau-
vret, nffirmoifmi HUan. {Coran LW/1U.47 «=A ^4-^sy Et pour les punir: «x>ïeu
14
les a exterminés. La même fin est réservée aux incrédules») [Coran XLVII,
10].
Il arrive qu'un moribond fait un testament en faveur de Vun de ses
enfants causant ainsi un préjudice aux autres, poussé par la crainte de
laisser une postérité sans ressources, Dieu l'ordonne d'être équitable
et raisonnable. Il a dit: «Ceux qui redoutent de laisser après eux des en-
fants en bas âge et sont inquiets, qu'ils craignent Allah et tiennent un lan-
gage de droiture» D'après Ibn Abbas et d'autres, il incombe à celui qui
entend le moribond faire un tel testament, de l'interdire et le diriger
vers la bonne voie et de traiter ses successeurs comme il se doit.
Il a été rapporté dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- vint rendre visite à Sa'd Ben Abi Wa-
qas qui était malade. Ce dernier lui dit: «O Envoyé de Dieu, je suis un
homme fértuné et n'ai qu'une fille héritière. Peux-je faire une aumône
des deux tiers de mes richesses? - Non, fut la réponse. - La moitié? -
Non plus. - Alors le tiers? Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- de répondre: «Oui le tiers, même ce tiers est beaucoup. Vaut mieux
laisser tes héritiers riches que de les laisser quémander les gens» (Rapporté
par Boukhari et Mouslim) .
Les théologiens ont déduit du hadith précité que l'homme a le droit
de disposer du tiers de sa fortune pour en faire un legs, mais au cas
où elle n'est pas grande, il est recommandé de réduire cette aumône
pour être inférieur au tiers qui n'est pas une stricte obligation.
Il en est des ulémas qui ont traité le verset autremnet, et ont pré-
cisé qu'il s'agit des biens des orphelins en se référant au verset précé-
dent: «Ne vous hâtez pas de les dilapider avant qu'ils ne deviennent
majeurs» selon les dires d'Ibn Abbas. A mon avis, ajoute l'auteur de cet
ouvrage, cette interprétation est la meilleure, car Dieu menace ceux
qui dévorent injustement les biens des orphelins. En d'autres termes,
c'est une exhortation à l'homme de traiter les orphelins qui sont à sa
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15
charge de la même façon dont ses enfants devraient être traités après
lui. C'est pourquoi Dieu a ajouté: «Ceux qui gaspillent injustement les
biens des orphelins c'est comme s'ils nourrissaient leurs entrailles du feu* Us
sont voués à l'enfer».
D'après les deux Sahih, Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Evitez le sept périls». On lui
demanda: «Quels sont-ils?» Il répondit: «Le polythéisme, la magie, le
meurtre d'une âme que Dieu a interdît de tuer sauf pour une juste raison,
l'usure, de dévorer injustement les biens de V orphelin, la fuite du combat
(dans la voie de Dieu) et de calomnier les femmes mariées croyantes et in-
souciantes» (Rapporté par Roukkari et MousHm) (1 K
Abou Barza a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, des hommes seront res-
suscites de leurs tombeaux et un feu jaillira de leurs bouches» On lui
demanda: «Quels sont-il, ô Envoyé de Dieu?» li répondit: «Ne voyez-
vous pas que Dieu a dit: «Ceux qui gaspillent injustement les biens de
l'orphelin».
yusîkumu-L-Lâhu fî 'awlâdikum liddakari mit lu hazzi-l-'untayayni fa'in
kunna nisa 'an fawqa-tnatayni falahunna tulutâ ma taraka wa'in kânat
wâhidatan falahâ-n-nisfu wa li 'abawayhi likulli wâhidim-minhumâ-s-
sudusu mimma taraka 'in kâna lahû waladun fa'il-lam yaku-1-lahu wala-
dun wa waritahîf 'abawâhû fali'ummihi-t-tulutu fa'in kâna lahu
'ihwatun fali'ummihi-s-sudusu mim ba'di wasiyyatin yusî biha 'aw day-
nin 'abâ'ukum wa 'abnâ'ukum la tadrûna 'ayyuhum 'aqrabu lakum
nafan farîdatam-mina-L-Lâhi 'inna-L-Lâha kâna 'Alîman Hakîman (11).
Quand il s'agit de vos enfants, Allah vous recommande d'attribuer au
garçon la part de deux filles. S'il n'y a que des filles et qu'elles soient plus
de deux, elles prendront les deux tiers de ce que laisse le défunt. S'il n'y en
a qu'une, elle prendra la moitié. Les père et mère du défunt prendront cha-
cun le sixième de ce qu'il laisse, s'il a un fils. S'il n'a pas de fils et que ses
père et mère soient seuls héritiers, la mère aura un tiers* S'il laisse des frè-
res et sœurs, la mère aura un sixième. Et cela après que le legs et les dettes
du défunt auront été aquittés. Vous n'êtes pas juges du degré d'affection et
d'utilité de vos ascendants et de vos descendants. Toute réglementation en
cette matière vient d'Allah. Allah est savant et sage. (11).
Ce verset, les versets suivants et le dernier cité à la fin de cette
sourate constituent la base de la succession dont leurs développe-
ments et explications sont déduits des hadiths prophétiques et des in-
terprétations des théologiens. Nous allons détailler grosso modo cette
branche très importante de la loi islamique sans débattre les points qui
sont le sujet de divergence entre les ulémas suivant les écoles.
L'apprentissage des règles de la succession est un des sciences
qu'on doit en avoir connaissance, car, selon un hadith rapporté par Ab-
dullah Ben Omar, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «La science en matière religieuse, comporte trois branches essentielles
et tout ce qui se trouve en dehors d'elles, est un surcroît: un verset fonda-
mental, une tradition (sunna) pratiquée et une prescription juste». (Rap-
porté par Abou Daoud et ïbn Maja) (1) .
Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Apprenez tout ce qui est relatif à la succession car elle
(1) n* iUJj iSr* Uj Sttî jOJli :Uy^ jj-* ù* *h\ ±* ^ ^-u ^ij ajU J ^jj
17
constitue la moitié du savoir, elle pourra être oubliée comme elle pourra
être la première science ôtée aux membres de ma communauté». (Rapporté
pr Ibn Maja) a K
D'après Al-Boukhari, Jaber Ben Abdullah a rapporté «Etant ma-
lade, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et Abou Badr
se rendirent chez moi à pied pour me visiter. Comme le Prophète me
trouva inconscient, il demanda de l'eau, fit ses ablutions puis prit de
cette eau pour m'asperger le visage. Recouvrant ma raison, je lui de-
mandai: «Comment je dois disposer de mes biens?» C'est alors que
Dieu fit cette révélation: «Quand il s'agit de vos enfants, Allah vous re-
commande d'attribuer au garçon la part de deux filles...».
Jaber a rapporté un autre hadith qui est le suivant: «La femme
de Sa'd Ben Al-Rabi' vint chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- et lui dit: «O Envoyé de Dieu, voilà les deux filles de Sa'd
Ben Al-Rabi' qui a été tué à la bataille de Ouhod en martyr, leur on-
cle paternel s'empara de toute la succession sans leur en rien laisser,
et tu sais qu'une fille ne sera demandée en mariage si elle est dému-
nie». Il lui répondit: «Dieu, certes, me fera communiqeur Son jugement»
Aussitôt le verset relatif aux successions fut révélé, l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- manda l'oncle et lui dit: «Donne les
deux tiers de la succession aux filles de Sa'd, le huitième à leur mère et
garde le reste».( Rapporté par Ahmed, Abou Daoud, Tirmidzi et Ibn Ma-
Comme les hommes au temps de l'ignorance (Jahiiiah), ne don-
naient rien de la succession aux femelles, Dieu ordonne aux hommes
d'être équitables envers leurs enfants aussi bien aux femelles qu'aux
(1) tjJJl «Jl**î «^ ^-Uît vjhJ^j jAjiï \j~lmJi :$& S Jj-'j Jtf tjt* »y>» ^ je-
18
mâles. La raison pour laquelle la part du garçon est égale à celle de
deux filles, revient aux charges que rhomme doit assumer, aux dépen-
ses d'entretien, au commerce et aux efforts qu'il déployé.
Certains ulémas ont tiré de ce verset une vérité que, par cette re-
commandation, Dieu est plus clément envers Ses créatures qu'une
mère l'en est envers son enfant.
D'après Boukhari, Ibn Abbas a dit: «Dans le temps, l'héritage était
du droit des enfants et le legs en faveur des père et mère. Dieu a
abrogé cela en imposant une part au garçon égale à celle de deux fil-
les, un sixième à chacun des pèro et mère ou le tiers, à la femme le
huitième ou le quart et au mari la moitié ou le quart (des cas qui dé-
pendent de la présence des enfants)».
Ibn Abbas a dit également: «Lorsque le verset des successions fut
révélé, les tfens éprouvèrent un certain embarras, se demandant com-
ment peut-on attribuer une part à la femme, à la fille et au mineur alors
qu'aucun d'eux ne participe à une guerre, ni emporte un butin? Puis
les uns d'entre eux dirent aux autres: «ne discutez pas de cela, peut-
être l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'oublie ou le
change». Mais plus tard on lui dit: «O Envoyé de Dieu, comment peut-
on donner la moitié de la succession à une fille qui ne monte jamais
un cheval et ne combat pas, et attribuer une part au mineur qui n'est
bon à rien?» A savoir qu'au temps de la Jahilia on ne réservait une
part de l'héritage qu'à celui qui combattait en préférant l'aîné aux au-
tres. Mais ce verset fut révélé afin que chacun reçoive ce qu'il a de
droit.
Quant aux parts réservées au filles, on entend par le terme: «et
qu'elles soient plus de deux» que les deux tiers de l'héritage reviennent
aux filles quand elles sont au nombre de deux et plus s'il n'y a pas des
garçons héritiers. La preuve en est le hadith déjà mentionné plus haut
concernant les deux filles de Sa'd Ben Al-Rabi'».
g: u» J4<un* laitue une eeulo fille, elle a droit à la moitié. Quant
aux parts des père et mère, plusieurs cas sont à envisager:
1 - En cas de présence des enfants, mâles et femelles, chacun
d'eux reçoit le sixième. S'il n'y a qu'une seule fille, elle a droit à la moi-
mm* wt »=* deuxième moitié sers répartie entre la mèrô C\V1\ a drO\t à SOï"\
~~~~ 19
tiers, c'est à dire le sixième, et les deux autres tiers reviennent au
père: un tiers en tant que père et un tiers en tant que «Aceb» (un
agnat héritier).
2 - Si les père et mère sont les seuls héritiers, la mère obtient le
tiers et les deux tiers reviennent au père. En cas de présence d'une
femme ou d'un mari, la première reçoit le quart, le second la moitié,
quant au reste un tiers est réservé à la mère et les deux autres au
père.
Le cas de la mère a suscité une divergence entre les ulémas et
trois opinions ont été données à son sujet:
A - Si les père et mère sont les seuls héritiers, ou s'il y a un mari
ou une femme, la mère reçoit respectivement le tiers de l'héritage ou
le tiers du reste, quant aux deux tiers, ils reviennent au père car Dieu
a fixé la part de la femelle à la moitié de celle du mâle. Telle était l'opi-
nion de la majorité des ulémas.
B - Mais selon Ibn Abbas, dans les deux cas précédents, la mère
a le droit au tiers de tout l'héritage en se basant sur le verset «S'il n'a
pas de fils et que ses père et mère soient seuls héritiers, la mère aura un
tiers» car ce verset a une portée générale abstraction faite de la pré-
sence d'une femme ou d'un mari. Mais cette opinion parait faible.
C- Lorsque le défunt laisse une femme, la succession sera répar-
tie en douze parts: 3 pour la femme, 4 pour la mère et 5 pour le père.
Lorsque le mari hérite de sa femme défunte: la mère a le droit au tiers
du reste car si elle reçoit le tiers de l'héritage, la mère aura pris une
part supérieure à celle du père. Dans ce cas: le mari a le droit à la
moitié c'est à dire 3 parts, la mère une part et le père deux parts. Telle
était l'opinion d'Ibn Isrine qui est aussi faible» La première de ces trois
opinions est la plus correcte et c'est Dieu qui est le plus savant.
■
3-11 s'agit de la présence des père et mère avec les frères et
sœurs qu'ils soient germains ou consanguins ou utérins. Ceux-là n'éli-
minent pas le père mais ils réduisent la part de la mère du tiers au
sixième S'il n'y a pas d'autres héritiers, et dans ce cas on donne à la
mère le sixième oe la succession et le reste revient au père.
Cette partie du verset: «S'il laisse des frères et saurs, la mère aura
un sixième» concerne le paragraphe précédent, car comme on Ta mon-
tré, ces frères et sœurs réduisent la part de la mère sans qu'ils soient
des héritiers. A savoir que s'il s'agit d'un seul frère, la mère aura une
part intégrale, mais s'ils sont nombreux, alors sa part est fixée au
sixième. Les ulémas ont justifié cela en disant que c'est le père qui de-
vra leur assurer leurs dépenses et ce dont ils auront besoin.
«Et cela après que les legs et les dettes du défunt auront été acquittés»
Selon l'avis unamime des ulémas, anciens et contemporains, les det-
tes passent avant les legs et par la suite elles doivent être acquittées
avant l'application des legs. A cet égard Ahmed et Tirmidhi ont rap-
porté que 'Ali Ben Abi Taleb a dit: «Vous récitez souvent ce verset:
«Et cela après que les legs et les dettes du défunt auront été acquittés»
mais sachez que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
ordonné d'acquitter les dettes avant d'appliquer les legs, et que les frè-
res et frères et sœurs germains héritent les uns des autres en excluant
ceux qw sont consanguins, et que l'homme hérite de son frère germain
en excluant son frère consangrin».
«Vous n'êtes pas juges du degré d'affection et d'utilité de vos ascen-
dants et de vos descendants» Dieu, par ce verset, rappelle aux hommes
qu'il n'a laissé ni ascendant ni descendant sans qu'il n'obtienne une
part de fa succession en contredisant ce qu'il a été suivi au temps de
l'ignorance. L'homme ne sait plus lequel sera utile dans la vie présente
et dans l'autre, son père ou son fils?.
«Toute réglementation en cette matière vient d'Allah» c'est à dire que
les règles à suivre pour le partage de la succession comme il a été dé-
taillé là-haut, sont une obligation imposée par Dieu, car II est Sage et
Juste, et connaît bien l'intérêt de Ses créatures.
04
r
21
walakum nisfu ma taraka 'azwâjukum 'il-lam yaku-1-Iahunna waladun
fa'in kâna lahunna waladun falakumu-r-rubu'u mimma tarakna mim-
ba'di wasiyyatin yusîna bihà *aw daynin wa lahunna-r-rubu'u mimma ta-
raktum 'ila-lam yaku-1-lakum waladun fin kâna lakum waladun falahun-
na-t-tumunu mimma taraktum mim ba'di wasiyyatin tûsûna bihST 'aw
daynin wa 'in kâna rajulun yûratu kalâlatan 'awi-m-ra'atun wa lahïï
r ahun 'aw 'uhtun fali kulli wâhidim-minhumâ-s-sudusu fa'in kânû 'akt
ara min tâlika fahum surakâ'u fî-t-tulutu mim-ba'di wasiyyatin yûsâ bi-
hX 'aw daynin gayra mudâ A rrin wasiyyatam-mina-L-Lâhi wa-L-Lâhu
'Alîmun Haiïmun (12).
Sur ce que laissent vos épouses, la moitié tous revient, si elles ne lais-
sent pas d'enfants. Si elles laissent des enfants, vous n'avez droit qu'au
quart. Et ce, sous réserve que les legs et dettes grevant leur succession
aient été acquittés. Aux femmes revient le quart de ce que laissent leurs
époux quand ils n'ont pas d'enfants. Quand ils laissent des enfants, elles
ont droit au huitième. Et ce, sous réserve que les legs et dettes grevant leur
succession aient été acquittés. Quand un homme ou une femme meurent
sans laisser d'enfants, ou d'héritiers aceb, à la survivance d'un frère ou
d'une sœur, ces derniers ont droit chacun à un sixième. S'ils sont plusieurs,
ils auront droit indivisément au tiers de la succession. Et ce, après acquitte-
ment des legs et dettes de la succession, étant excepté l'hypothèse où les
legs porteraient préjudice aux héritiers. Cette réglementation vient d'Allah.
Allah qui sait tout et qui est clément. (12).
Dieu fait connaître aux époux qu'ils ont droit à la moitié de ce que
laissent leurs femmes si elles n'ont pas d'enfants, ou au quart si elles
ont d'enfants, après l'acquittement des dettes et des legs car toute
succession ne peut être répartie si elle est grevée de ces deux der-
niers dont leur acquittement doit devancer tout. D'autre part les petits-
Hl— Jouissant os iii4nies droits que les fils en Vabsence de ceux-ci.
Quant aux femmes, elles ont droit au quart de l'héritage s'il n'y a
pas d'enfants, ou au huitième en présence de ces derniers. Si le dé-
funt laisse plus d'une femme, elles auront droit au quart ou au huitième
22
quel que soit leur nombre, et toujours après l'acquittement des dettes
çt legs.
La question des cognats, c'est à dire qui ne sont ni les ascen-
dants ni les descendants du défunt, est très délicate et revêt une cer-
taine importance car elle n'est pas claire dans le Livre de Dieu. A cet
égard on a demandé Abou Bakr au sujet des cognats, il a répondu:
«Je vous donne ma propre opinion, si elle s'avère juste, ce sera par la
grâce de Dieu. Mais si elle est autrement, ce sera une erreur de ma
part et du démon; Dieu et Son Envoyé la désavouent. Le cognât est la
personne qui ne fait partie ni d'une ascendance ni d'une descendance
du défunt».
Comme du Califat de 'Omar on lui a posé la même question, il
s'écria: «J'ai honte de contredire Abou Bakr».
«.. à la survivance d'un frère ou d'une sœur» il s'agit d'un frère ou
d'une sœur utérins comme Ta interprété Abou Bakr As-Siddiq «ces der-
niers ont droit chacun au sixième.^ S'ils sont plusieurs, ils auront droit indi-
visément au tiers de la succession» Le cas des frères et sœurs utérins
est différent des autres cas dans les points suivants:
1 - Ils partagent la succession avec les proches de la mère.
2 - Ils ont une part égale sans distinction entre mâle et femelle.
3 - Ils n'ont aucune part en présence - par rapport au défunt - d'un
père ou un grand-père, ou un fils ou un petit-fils.
4 - Ils n'ont droit qu'au tiers quel que soit leur nombre: mâles et fe-
melles.
Mais les opinions des ulémas ont été divergées au sujet de ce
qu'on appelle «le cas commun» et qui est le suivant: une femme meurt
en laissant: un époux, une mère ou une grand mère, deux fils et filles
utérins et un ou plus des fils et filles germains. Selon l'opinion de la
majorité des ulémas, la succession sera partagée de la façon suivante:
- I_a moitié ô l'ôpOUX.
- Le sixième à la mère ou la grand mère.
- Le tiers aux frères et sœurs utérins et germains car ils sont tous
23
Ce cas eut lieu du temps de 'Omar Ben Al-Khattab qui appliqua la
règle sus-mentionnée mais en privant les frères et sœurs germains qui
vinrent lui dire: «Suppose que notre père était un âne, ne sommes-
nous pas nés d'une même mère?» 'Omar alors revient sur sa décision
et donna le tiers à tous les frères et sœurs utérins et germains.
«Et ce, après acquittement des legs et dettes de la succession, étant ex-
cepté l'hypothèse où les legs porteraient préjudice aux héritiers» On
comprend par cette partie du verset que celui qui veut faire un legs ne
doit pas causer un préjudice à quiconque. En d'autres termes ce legs
ne devra pas diminuer la part d'un réservataire ni l'en priver en outre-
passant les ordres de Dieu. Quiconque agit de la sorte aura contredit
Dieu. C'est pourquoi le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit
dans un hadith rapporté par Ibn Abbas: «C'est un grand péché qu'un legs
fasse préjudice aux héritiers».
Une divergence a éclaté entre les ulémas: A-t-on le droit de faire
un legs à un réservataire?
Ceci n'est pas permis en se basant sur ce hadith: «L'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a donné à chacun ce
qu'il a de droit, donc aucun legs ne devra être fait en faveur d'un héri-
tier». (1)) Telle était aussi l'opinion de Malek, Ibn Hanbal, Abou Hanifa
et Chafe'i, mais ce dernier l'a toléré plus tard.
Certains ont jugé qu'il ne faut pas léguer à un héritier pour que les
autres n'en conjecturent pas, et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Evitez de conjecturer sur autrui, car de telle conjecture est la
plus mensongère des paroles». Dieu a dit: «Dieu vous ordonne de restituer
les dépôts») {Coran IV, 58] Sans qu'il favorise personne parmi les héri-
tiers».
Il n'y a pas de mal, dans certains cas, à léguer une chose à un
héritier avec le consentement des autres, mais si ce legs est un mo-
yen de distinction entre les héritiers en diminuant une part ou en l'aug-
mentant, ceci est interdit.
24
tilka hudûdu-L-Lâhi wa man yuti'i-L-Lâha wa rasûlahû yudhilhu jannâ-
tin tajrî min tahtihâ-l-'anhâru hâlidîna fîhâ wa dâlika-l-fawzu-1-
'azîmu (13) wa man ya'si-L-Lâha wa rasûlahû wa yata'adda hudûdahû
yudhilhu nâran halidan fîhâ walahû 'adâbum-muhînun (14).
Tels sont les commandements d'Allah. Ceux qui se soumettent à Allah
et à Son Prophète, nous les accueillerons dans les jardins arrosés d'eau vive
où ils demeureront éternellement. C'est la félicité la plus enviable(13) Celui
qui désobéit à Allah et à Son Prophète et qui transgresse Ses commande-
ments, nous le précipiterons dans l'enfer pour l'éternité. Son châtiment le
couvrira d'ignominie. (14).
Ce que Dieu a montré dans les versets précités, constitue une loi
successorale tant aux héritiers qu'à leurs parts, et personne n'est to-
léré à la transgresser. Par contre, Dieu introduira dans le Paradis qui-
conque Lui aura obéi ainsi à Son Prophète, en observant strictement
Sa prescription. Quant aux désobéissants, ceux qui cherchent à en-
freindre cette loi, qu'ils soient prêts à être précipités dans la Géhenne,
ca ils auraient par leur faire, contredit les commandements divins. A ce
propos, Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «L'homme passe soixante-dix années à faire des
actes de bien, mais en faisant son legs, il se montre injuste. Il termine ainsi
sa vie par un péché et entrera à l'enfer. Par contre, l'homme passe soixan-
te-dix années à faire le mal mais il observe la justice dans son legs vers la
fin de la vie la terminant ainsi par un acte de bien et sera introduit au Pa-
radis» (I K Et Abou Houraira d'ajouter: «Récitez si vous voulez: «Tels
les commandements d'Allah... jusqu'à la fin du verset»
25
wa-l-lâti ya'tîna-1-fâhisata min nisâïkum fastashidû 'alyhinna 'arba'atam-
minlnim fa'in sahidû fa'amsikuhunna fî-1-buyûti hattâ yatawaffâhunna-1-
mawtu 'aw yaj'ala-L-Lâhu lahunna sabîlan (15) wa-1-ladâni ya'tiyânihâ
minlcum fa 'âdûhumâ fa'in tâbâ wa 'aslahâ fa 'a'ridû 'anhumâ 'inna-L-
Lâha kâna Tawwâba-r-Rahîman (16).
Celles de vos femmes qui forniqueront, faites-en prendre témoignage
par quatre d'entre vous. Si ce témoignage est rapporté, enfermez-les dans
vos maisons jusqu'à ce que la mort vienne les y prendre ou qu'Allah modifie
leur destin. (15) Sévissez contre les hommes et les femmes qui se livrent à
la débauche. S'ils se repentent et s'ils s'amendent, laissez-les en paix, car
Allah est miséricordieux et clément. (16).
Au début de l'ère islamique, une fois qu'une femme ait commis
l'adultère confirmée par des preuves évidentes, on ta retenait chez elle
jusqu'à sa mort. Ces preuves consistent à appeler quatre témoins qui
certifient cette action infâme. La rétention de la femme chez elle était
donc la peine appliquée jusqu'à la mort ou, comme Dieu le montre
dans le verset, qu'il modifie son destin c'est à dire un moyen de salut.
Ce moyen, selon Ibn Abbas, fut plus tard, la flagellation ou la lapida-
tion citées dans la sourate (La lumière.) [Coran XXIV].
A ce propos Oubada Ben As-Samet rapporte que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Retenez ceci! Retenez ceci! Dieu
m'a montré le sort de la femme adultère: Hommes et femmes non mariés
subiront cent coups de fouet et un exil d'un an. Hommes et femmes mariés
subiront cent coups de fouet et une lapidation (jusqu'à la mort)» (Rap-
porté par MousUm et les auteurs des Sunan) (I K
L'imam Ahmed qui rapporte ce hadith a affrimé que cette peine
double: flagellaiton et lapidation, est appliquée à la personne mariée,
mais la plupart des ulémas ont jugé qu'il faut appliquer la peine capi-
tale seule qui est la lapidation jusqu'à la mort, tirant argument du faire
du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand il a ordonné de la-
pider Ma'ez, AI-Ghamidiah et les deux juifs -qui avaient commis l'adul-
tère- sans les flageller.
«Sévissez contre les hommes et les femmes qui se livrent à la débau-
che» et ceci en les injuriant, les réprimandant et les frappant par les
chaussures, comme a dit Ibn Abbas mais plus tard Dieu imposa la
peine prescrite: la flagellation ou la lapidation.
Moujahed a dit que ce verset fut révélé au sujet des hommes qui
pratiquent l'homosexuatlité, ce qui a été soutenu par Ibn Abbas en rap-
portant que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«Tuez ceux qui pratiquent la sodomisation (litt. les actes du peuple de
Loth)».
Mais «s'ils se repentent et s'amendent» en laissant cette débauche
sans y revenir «laissez-les en paix» sans les blâmer ni les invectiver, car
celui qui se repent sincèrement et cesse de commettre un péché, c'est
comme il n'a pas péché. Dieu revient sans cesse vers le pécheur re-
pentant. Il est miséricordieux.
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Lorsqu'une de vos esclaves commet l'adultère,
qu'il lui applique la peine prescrite sans l'invectiver». (Rapporté par Bouk-
hari et MousHm) (1 K On entend par cela que la peine était pour elle une
expiation de son péché.
27
'innamâ-t-tawabatu 'alâ-L-Lâhi li-1-ladîna ya'malûna-s-su'a bijahâlatin
tumma yatûbûna min qaribin fa'ûlà* 'ika yatûbu-L-Lâhu 'alayhim wa kâ-
na-L-Lâhu 'Alîman Hakîman (17) wa laysati-t-tawbatu li-1-ladîna
ya'malûna-s-sayyi'âti hattâ 'idâ h ad ara 'ahadahumu-1-mawtu qâla 'innî
tubtu-I-'âna walâ-l-ladîna yamûtûna wa hum kuffarun 'ûîa *ika 'a'tadnâ
lahum 'adâban 'alîman (18).
Allah pardonne à ceux qui pèchent par ignorance et qui se repentent
aussitôt. Ceux-là, Allah leur pardonne. Allah est omniscient et sage. (17)
Pas de pardon à ceux qui ne cessent de faire le mal jusqu'au jour où la
mort les appréhende et où ils disent: «Nous nous repentons maintenant».
Pas de pardon, non plus, à ceux qui meurent infidèles. Nous avons préparé
a leur intention un châtiment douloureux. (18).
Il s'agit de ceux qui commettent les fautes et les péchés par igno-
rance, puis se repentent avant que la mort ne leur survienne. Dieu ac-
cepte leur repentir s'ils cessent d'y revenir.
La question qui a suscité beaucoup d'opinions provient de l'inter-
prétation du mot «aussitôt». Certains ont dit qu'il s'agit d'un mois, d'au-
tres, juste avant la mort en se référant à ce hadith prophétique
rapporté par Abou Houraira: «Dieu accepte le repentir du pécheur tant
que celui-ci n'a pas rendu Vâme» (s> .
(1)
sa
ya'ayyuhâ-1-ladîna 'à* manu là yahillu lakum 'an tarit u-n-nisà* 'a karhan
walâ ta'dulûhunna litadhabû bi ba'di ma* ^taytumûhunna 'illâ 'ay-ya'tî-
na bifâhisatim-mubayyinatin wa 'âsirûhunna bi-1-ma'rûfi fa'in karihtu-
mûhunna fa'asâ 'an takrahû say'an wa yaj'ala-L-Lâhu fîhi hayran kat-
îran (19) wa 'in 'aradtumu-s-tibdâla zawjim-makâna zawjin wa 'âtaytum
'ihdâhunna qintâran falâ ta'hudû minhu Say'an 'ata'hudunahû buhtânan
wa 'itmam-mubînan (20) wa kayfa ta'hudûnahû waqad 'afdâ ba'dukum
'ilâ ba'din wa 'ahadna minkum mitâqan galîzan (21) walâ tankihû ma
nakaha 'abâ A 'ukum mina-n-nisâ A 'i 'illâ ma qad salafa 'innahû kâna
fahisatan wa maqtan wa sa 'a sabîlan (22).
O croyants, il vous est interdit de vous attribuer des femmes par voie
d'héritage contre leur gré ou de les empêcher de se remarier dans le but de
leur reprendre une partie de leur dot, à moins qu'il ne soit avéré qu'elles
sont coupables de fornication. Montrez-vous convenables envers elles durant
la vie commune. Vous prouvez avoir de l'antipathie pour elles, mais ce
pourquoi vous avez de l'antipathie, il se peut que ce soit une source de bon-
heur pour vous. (19) Désirez-vous prendre une femme à la place d'une au-
tre? Et avez-vous donné un quintal d'or à celle que vous renvoyez? Sur ce
don, ne prélevez rien. Un tel prélèvement serait entaché d'injustice et d'une
iniquité manifeste. (20) Comment oseriez-vous leur reprendre quelque chose,
après que l'union la plus intime vous a associés et que vous avez échangé de
solennelles promesses. (21) Ne prenez pas pour épouses les femmes qui ont
été unies à vos pères. Cette défense ne s'applique pas au passé. De pareilles
pratiques sont d'une inconvenance et d'une immoralité flagrantes.(22).
D'apis Àl-BcLiUKarl, lt>r» Abbas a commenté le premier verset ©n
dfeant: «Dans le temps, lorsqu'un homme mourait, ses proches préten-
daient qu'ils avaient plus de droit à sa femme que les autres, ils l'épou-
saient ou la mariaient à un autre ou ils la retenaient sans la laisser se
remarier. Dieu fit alors cette révélation: «O croyants, il vous est interdit
attribuer des femmes par voie d'héritage contre leur gré».
29
Dans une autre version, Ibn Abbas a dit que, du temps de l'igno-
rance, lorsque le mari mourait et qu'un homme venait de mettre un vê-
tement sur la veuve, il avait plus de droit à l'épouser que tout autre
homme, et c'est pourquoi Dieu a fait cette révélation.
Quant au commentaire de Zaid Ben Aslam, il est le suivant: «Du
temps de l'ignorance, lorsqu'un homme de Yathrib mourait, son héritier
gardait la veuve comme étant une succession. Il l'empêchait de se re-
marier jusqu'à ce qu'elle lui cède sa part de la succession ou qu'elle
accepte l'homme qu'il lui présentait. Quant aux habitants de Touhama,
l'homme maltraitait sa femme et la répudiait en stipulant de ne la lais-
ser plus se remarier jusqu'à ce qu'elle se rachète par une partie des
biens qu'il lui avait donnés». Dieu a interdit aux hommes un tel
comportement.
Ibn Jouraïj a rapporté que ce verset fut révélé au sujet de Kabicha
la fille de Ma'n Ben 'Assem Ben Al-A^s. Comme son mari Abou Qaïs
Ben AL-Aslat mourut, son fils la contraignit. Elle vint se plaindre auprès
de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Ô En-
voyé de Dieu, je n'ai rien hérité de mon mari et son fils ne me laisse
pas me remarier». Dieu fit alors descendre ce verset.
En général on peut retenir de ce verset une chose essentielle qui
consiste à ne plus maltraiter la femme si la vie conjugale devient in-
compatible, ou la contraindre à se racheter d'une partie, ou de tout ce
que l'homme lui avait donné, ou de lui céder la dot pour la répudier, ou
la laisser se remarier. Mais ceci est soumis à une condition qu'on
trouve dans la suite du verset: «à moins qu'il ne soit avéré qu'elles sont
coupables de fornication» Dans ce cas, d'après Ibn Abbas et Ibn
Mass'oud, il est permis à l'homme de reprendre la dot et tout ce
qu'elle lui offre pour la répudier, ce genre de répudiation on l'appelle
«Khôl'» où la femme se rachète. Un tel agissement est toléré car Dieu
l'a permis quand II a dit: «Il vous est interdit de reprendre à vos femmes
quoique ce soit de ce que vous leur avez donné, à moins que tous deux ne
craigniez d'outrepasser les lois d'Allah en vivant ensemble») [Coran 11,
22Q1.
Il s'avère de toutes ces explications que cela se passait du temps
de l'ère préislamique -la Jahilia- A cet égard Abdul Rahman Ben Zaid
a dit: «Un Qoraïchite à La Mecque épousait une femme d'une noble li-
30
gnée. Comme il trouvait plus tard que la vie avec elle est difficile, il la
répudiait à condition de ne plus se remarier qu'avec sa permission. A
ces fins, il appelait les témoins et mettait ça par écrit. Lorsqu'un
homme venait la demander en mariage, l'ex-mari lui accordait son au-
torisation à condition qu'elle se rachète en le rendant satisfait, sinon, il
l'empêchait de se remarier.
«(Montrez-vous convenables envers elles durant la vie commune» c'est
une exhortation à avoir un bon comportement envers les femmes en
leur tenant un langage aimable, les traitant avec douceur et se présen-
ter devant elles avec un aspect convenable. Bref traitez-les de la façon
dont vous désirez être traités, en d'autres termes conformez-vous aux
dires de Dieu:«Les femmes ont autant de droits que de devoirs dans le ma-
riage suivant une juste mesure») [Coran II, 228].
A^cet égard l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Le meilleur d'entre vous est celui qui est bon envers sa femme. Je suis
le meilleur d'entre vous envers mes femmes» ^K En effet il traitait ses fem-
mes de la plus belle façon: il les câlinait, plaisantait avec elles et dé-
pensait pour elles dans la mesure de sa capacité.
On a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
pour se montrer aimable avec Aicha la mère des croyants, faisait la
course avec elle. Elle raconte: «Etant tout jeune et très mince j'ai em-
porté la course. Mais plus tard, après avoir gagné un certain poids, il
Ta emporté. Il m'a dit: «Maintenant nous sommes quittes».
Il réunissait toutes ses femmes dans l'appartement de celle à la-
quelle il consacrait la nuit pour prendre le diner ensemble. Ensuite cha-
cune d'elle s'enfermait dans son propre appartement et il passait la
nuit avec la femme chez qui il se trouvait et la cohabitait en se
comportant comme un époux affectueux. Et nous avons dans le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- un bel exemple.
«Vous pouvez avoir de l'antipathie pour elles, mais ce pour quoi vous
avez de l'antipathie, il se peut que ce soit une source de bonheur pour vous»
c'est à dire peut-être vous éprouvez de l'aversion pour vos femmes en
se montrant patients par le fait de les garder chez vous malgré cette
d)
31
aversion en laquelle Dieu a placé un bien pour vous dans la vie pré-
sente et dans l'au-delà. Ibn Abbas a commenté ceci de cette façon:
L'homme étant compatissant envers sa femme, il se peut qu'elle lui en-
gendre un enfant qui sera pour lui une source de biens et de bonheur.
Dans un hadith rapporté par Abou Hou rai ra, le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Un croyant ne doit pas haïr sa femme
croyante. S'il trouve en elle un caractère qui lui déplait, sûrement un autre
caractère pourra le satisfaire» (Rapporté par MousUm/ M) .
«Désirez-vous prendre une femme à la place d'une autre? Et avez-vous
donné un quintal d'or à celle que vous renvoyez? Sur ce don, ne prélevez
rien. Un tel prélèvement serait entaché d'injustice et d'une iniquité manifes-
tes» C'est une recommandation à ceux parmi les hommes qui veulent
répudier leurs femmes pour se marier d'avec d'autres, de rien repren-
dre quoique ce soit de ce qu'ils leur avaient donné en tant que dot ou
dons. Car ce faire constitue une infamie et un péché évident.
On peut déduire de ce verset qu'il est toléré d'accorder à la
femme une dot d'une certaine valeur selon la capacité et les circons-
tances. A savoir que 'Omar Ben Al-Khattab interdisait aux hommes de
présenter une grande dot aux femmes, mais plus tard, il revenait sur
ses paroles. D'après l'imam Ahmed, 'Omar a dit: «N'exagérez pas
dans la dot que vous donnez à la femme: Car si une telle dot consti-
tuait une considération pour la femme dans la vie présente ou une
crainte réverencielle de Dieu, votre Prophète l'aurait faite. Sachez que
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a donné à une de
ses femmes, et n'a demandé pour ses filles, une dot qui a dépassé les
douze onces d'argent».
Masrouq a rapporté cette anecdote: «Un jour, Omar Ben Al-Khat-
tab monta sur la chaire de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- et dit aux hommes: «Pourquoi montrez-vous très généreux dans
les dots des femmes! L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- et ses compagnons ont fixé la dot à quatre cent dirhams et même
moins. Si cette dot exagérée émanait de la crainte réverencielle de
Dieu OU una haute considération pour les femmes, ils vous auraient de-
32
vancés. Donc nul d'entre vous n'est tenu de donner plus de quatre
cent dirhams». En descendant de la chaire une femme Qoraïchite lui
barra le chemin et lui dit: «Tu viens d'interdire aux hommes de donner
plus que quatre cent dirhams comme dot?» - Oui, répondit-il. Et la
femme d'ajouter: «N'as-tu pas entendu ce que Dieu a révélé dans Soa
Livre?» -Qu'est-ce qu'il a dit? - N'as tu pas entendu Dieu dire: «Et
avez-vous donné un quintal d'or à celle...» Omar s'écria alors: «Grand
Dieu, je Te demande pardon. Tout le monde est plus instruit que
"Omar». Il remonta sur la chaire et s'adressa aux gens: «Hommes! Je
vous ai interdit de donner plus que quatre cent dirhams comme une
dot aux femmes. Que celui qui veut donner plus, le fasse».
C'est pourquoi Dieu désavoue les actes de certains hommes en
disant: «Comment oseriez-vous leur reprendre quelque chose après que
l'union la plus intime tous a associés..» Il s'agit, comme a dit Ibn Abbas,
de rapports sexuels.
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- aurait dit à un homme et une femme qui étaient
venus chez lui pour faire de serments d'anathème «Dieu sait bien que
l'un de vous est menteur, voudrait-il se repentir?» Il le répéta à trois re-
prises. L'homme s'écria: «O Envoyé de Dieu, que dis-tu de l'argent
que je lui ai donné (c.à.,d la dot). Il lui répondit: «Tu n'as droit à rien.
Si tu as dit la vérité, l'argent que tu lui as donné est le prix de votre co-
habitation (le rapport charnel) mais si tu as menti, elle a le droit à s'en
approprier».
«Et que vous avez échangé de solennelles promesses» il s'agit du
contrat du mariage. Mais soufian AL-Thawri l'a commenté en disant:
«C'est la reprise d'une manière convenable ou le renvoi décemment».
Il est cité dans le Sahih, d'après Jaber, que le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit dans le discours du pèlerinage de l'adieu:
«Graignez Dieu en vos femmes, car vous les avez prises selon un pacte que
vous avez conclu avec Dieu, et ce n'est qu'avec la permission de Dieu que
vous cohabitez avec elles». (Rapporté par Moustim) <1} .
33
«ne prenez pas pour épouses les femmes qui ont été unies à vos pères»
C'est une interdiction catégorique aux hommes d'épouser les femmes
que leurs pères ont eue pour épouses et ceci par égards aux pères en
leur gardant le respect convenable. 'Ady Ben Thabet a raconté que
Abou Qaïs, qui était l'un des meilleurs Ansariens, mourut. Son fils Qaïs
proposa à la veuve de l'épouser, elle lui répondit: «Je te prends pour
un de mes enfants et tu es un homme vertueux. Laisse-moi aller voir
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui demander son
opinion. En racontant le fait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- il lui répondit de retourner chez elle (sans lui donner son avis).
Dieu à cette occasion fit descendre ce verset».
Comme ce genre de mariage était pratiqué du temps de la Jahilia,
d'après al-Souhaïli, c'est pourquoi Dieu a ajouté» «Cette défense ne
s'applique pas au passé» comme II a dit aussi en ce qui concerne deux
sœurs: «et d'avoir pour épouses en même temps deux sœurs». Ce qui af-
firme ce genre de mariage l'histoire de Kinan ben Khouzaima qui avait
épousé la femme de son père mort, qui lui engendrait An-Nadar Ben
Kinan. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait dit à ce
propos: «Il est né d'un mariage légal et non d'une fornication».
Ibn Abbas a dit que les hommes du temps de l'ignorance s'interdi-
saient des femmes que Dieu a rendues illicites sauf la femme du père
et les deux sœurs ensemble. Dieu décrit ce mariage comme étant:
«Une inconvenance et une immoralité flagrantes» Certes ceci est un acte
haïssable car quiconque épouse la femme d'un autre déteste f'ex-mari,
ainsi le fils sera poussé à détester son père. Et pour la même raison
Dieu a interdit de se marier d'avec les femmes du Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- après lui, étant donné qu'elles sont en tant que
mère des croyants et le Prophète en tant qu'un père des musulmans.
Donc épouser la femme du père est un acte abominable et un
chemin détestable, quiconque l'emprunte après cet avertissment aura
apostasie, sera exécuté et ses biens iront au trésor publique. A cet
égard Al-Bara' Ben Azeb rapporte: «Mon oncle paternel Al-Hareth Ben
oumoii vjasse» pji-^jsi de moi portant un étendard que le PrODÏlèt© -QU'AI"
lah le bénisse et le salue- lui a confié. Je lui demandai: «Vers qui le
Prophète t'a envoyé?» Il me répondit: «il m'a envoyé vers quelqu'un
qui a épousé la femme de son père pour le tuer».
s-*
hurrimat 'alaykum 'ummahâtukum wa banâtukum wa 'ahawâtukum wa
'ammâtukum wa hâlâtukum wa banâtu-l-'ahi wa banâtu-l-'uhti wa 'um-
mahâtukumu-1-lâtî 'arda'nakum wa 'ahawâtukum mina-r-radâ'ati wa
'ummahâtu nisà A 'ikum wa rabâ'ibikumu-1-lâtî fî hujûrikum min ni-
st'ikumu-1-lâti dahaltum bihinna fa'il-lam takûnû dahaltum bihinna falâ
junâha 'alaykum wa halâ'ilu 'abnà 'ikumu-1-ladîna min 'aslâbikum wa
"an tajma'û bayna-l-'uhtayni 'illâ ma qad salafa 'inna-L-Lâha kâna
Gafûrar-Rahîman (23) wa-1-muhsanâtu mina-n-nisa 'i 'illâ ma malakat
'aymânukum kitâba-L-Lâhi 'alaykum wa 'uhilla lakum ma wara'à dâli-
kum 'an tabtagû bi 'amwâlikum muhsinîna gayra musâfîhîna famâ-s-
tamta'tum bihî minhunna fa'âtûhunna 'ujûrahunna farîdatan walâ
La 'alykum fîmâ tarâdaytum bihî mim ba'di-1-farîdati 'inna-L-Lâha
'Alîman Hakîman (24).
D tous est interdît d'épouser vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes
et maternelles, vos nièces des deux branches, vos mères et vos
i»ï*, i«» mères de vos femmes, les filles des femmes avec qui vous
1RS coosommé le mariage et qui sont sous votre garde. Pour ces dernières,
1 nfy a sas interdiction si le mariage n'a pas été consommé. D vous est éga-
■nterdit d'épouser les femmes de vos fils et d'avoir pour épouses en
4emt attins. Pau* uui est du passé Allah est miséricordieux et
(23) H vous est interdit d'épouser les femmes déjà engagées dans le
35
mariage, à moins que ce soient des captives. C'est ce qu'Allah vous
commande. Hormis ces interdictions, il vous est loisible d'employer vos
biens à vous établir par mariage mais non a vivre en concubinage. A toute
femme avec qui vous aurez consommé le mariage, donnez la dot convenue.
Il ne vous est pas défendu de modifier par la suite le montant de cette dot.
Allah est omniscient et sage. (24).
Ce verset renferme les interdictions imposées par le lien de pa-
renté, l'allaitement et la descendance. Les ulémas ont ajouté aux fe-
melles citées dans le verset l'adultérine qui est considérée parmi les
filles du fornicateur. Telle était l'opinion de Malek, Abou Hanifa et Ah-
med Ben Hanbal. Quant à Chafé'i il ne l'a pas considérée en tant que
telle car elle est illégale, et n'hérite pas de la succession.
«Vos mères et vos sœurs de lait» Comme la mère qui a engendré
l'homme lui est interdite, celle qui l'a allaité fui est également. A cet
égard, il est cité dans le Sahih dé Mouslim et de Boukhari que 'Aicha -
la mère des croyants, a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «L'allaitement impose les mêmes interdictions que
Les opinions se sont divergées au sujet du nombre de repas don-
nés au nourrisson pour appliquer cette interdiction:
- Malek et Ibn Omar l'ont précisé à une fois.
- D'autres l'ont fixé à trois repas en se référant à un hadith rap-
porté par Aicha, cité dans le Sahih de Mouslim, que l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Un repas ou deux (à un nourri-
son) ne constituent pas une interdiction». (1) Telle était aussi l'opinion de
Ahmed.
- D'autres ont déclaré que le nombre doit être cinq au moins, en ti-
rant argument du hadith cité dans le Sahih de Mouslim et rapporté par
Aicha: «Alors que le Coran descendait, il prescrivait que dix repas cré-
36
ent une interdiction, puis ils furent réduits à cinq. L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- mourut et les hommes se conformaient
à ses prescriptions qui considéraient que cinq repas complets consti-
tuent une interdiction». Chafé'i et ses disciples ont adopté ce nombre.
De toute façon cet allaitement doit être donné en bas âge c'est à
dire le nourrisson doit avoir moins que deux ans comme nous en
avons parlé auparavant en commentant le verset: «Les femmes répu-
diées sont tenues à allaiter leurs enfants pendant deux ans») [Coran II,
233].
«Les mères de vos femmes, les filles des femmes avec qui vous avez
consommé le mariage». Selon l'unanimité, la mère de l'épouse sera in-
terdite dès que l'homme conclut le contrat du mariage avec sa fille que
le mariage ait été consommé ou non. Quant aux filles des femmes
avec qui on a conclu le contrat du mariage elles ne sont interdites tant
que le mariage n'est pas consommé. Si l'homme répudie cette femme
avant la consommation du mariage, il a le droit d'épouser sa fille selon
les dires de Dieu: «il n'y a pas interdiction si le mariage n'a pas été
consommé» Par conséquent, Ibn Abbas disait: «Si l'homme répudie la
femme avant la consommation du mariage, ou si elle meurt, sa mère
est interdite à cet homme. Telle fut l'opinion de la majorité des ulémas
et les chefs des quatres écoles de la loi islamique, «et qui sont sous vo-
tre garde» Selon l'unanimité, ces belles filles qui sont nées des femmes
qu'elles soient placées sous la tutelle des hommes ou non, sont interdi-
tes.
A cet égard Oum Habiba Ben Abou Soufian a rapporté: «L'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- entra chez moi, et je lui dis:
«Désires-tu ma sœur la fille d'Abou Soufian?» Il me répondit: «Pour
quelle raison?» Je répliquai: «Pour la prendre comme femme?» Il dit:
«Veux-tu que je le fasse?» - Oui, dis-je, car j'ai d'autres co-épouses et
faime que ma sœur prenne part du bien (de ta compagnie)». Il rétor-
qua: «Il ne m'est pas permis de l'épouser» - On me fait savoir, dis-je,
aue tu ueuv te fiancer à Dourra Bent Abou Salama». Il dit: «La fille
a Oum Salama? - Oui, répondis-je. Il riposta: Elle m'est interdite pour
éeux raisons: d'abod parce quelle est la belle-fille placée sous ma tutelle
» de ma femme, et parce qu'elle est la fille de mon frère de lait, car
37
Thouwaibia m'a allaité ainsi que son père. Ne me propose donc pas tes fil-
les et tes sœurs» (Rapporté par Boukhari et MousUm) (1 K
Ceux qui prétendent que la belle-fille n'est interdite que si elle se
trouve sous la garde du mari de sa mère, leur opinion parait extrava-
gante car elle contredit la majorité.
Une autre question a été soulevée: cette interdiction est-elle appli-
cable sur les captives! Malek a répondu en rapportant qu'on a de-
mandé Omar Ben Al-Khattab: Peut-on avoir de rapports sexuels avec
une femme puis avec sa fille qui sont des captives de guerre? Il a ré-
pondu: «je n'approuve pas cela».
Abdul Rahman Ben Qais a posé la même question à Ebn Abbas
qui lui a répondu: Uu verset l'a toléré mais un autre Ta interdit. Quant
à moi, je ne le recommande pas. On peut donc conclure qu'il est inter-
dit d'épouser la belle fille alors qu'on est le mari de sa mère qu'elle soit
libre de condition ou esclave ou captive, en se conformant au verset
précité.
«Il vous est également interdît d'épouser les femmes de vos fils» il
s'agit des fils issus de vos reins pour les distinguer des autres adop-
tifs, une coutume qui était en vigueur du temps de l'ignorance (la Jahi-
lia). A cet égard Ibn Jouraïj rapporte: «J'ai demandé 'Ata au sujet de
ce verset, il m'a répondu: «Nous débattions et c'est Dieu qui est le
plus savant- du mariage du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
d'avec la femme de Zaid qui l'a répudiée. Les polytéhistes à La
Mecque disaient qu'il s'est marié d'avec la femme de son fils (adoptif).
Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Il vous est également interdit
d'épouser les femmes de vos fils» qui a été suivi par celle-ci: «ni que vos
enfants adoptifs soient comme vos propres enfants») [Coran XXXIII, 4] et
celle-ci: «Mohammed n'est le père d'aucun homme parmi vous») [Coran
XXXIII, 40].
«Et d'avoir pour épouses en même temps deux sœurs» il est aussi in-
terdit d'épouser deux sœurs qui vivent ensemble chez le même
homme ni de les avoir en tant que captives, exception faite pour le
passé, car Dieu a pardonné aux hommes qui pratiquaient ceci du
temps de la Jahilia.
Par conséquent les ulémas ont jugé, après cette révélation, que
celui qui a deux sœurs comme épouses doit absolument retenir l'une
d'elles et répudier l'autre, et agir également à l'égard des deux capti-
ves qui sont deux sœurs.
A ce propos lyas Ben Amer raconte: «J'ai demandé à Ali Ben Abi
Taleb: «J'ai deux captives de guerre sœurs. J'ai eu de rapports avec
l'une d'elles et m'a engendré des enfants, mais en même temps je dé-
sire l'autre. Que dois-je faire?» Il m'a répondu: «Tu affranchis la mère
des enfants puis tu cohabites avec l'autre» J'ai répliqué: «Des hommes
m'ont recommandé d'épouser la première (comme femme) et d'avoir
de rapports avec l'autre (comme captive)-?. Ali a rétorqué: «Si cette
esclave était la femme d'un autre, s'il l'a répudiée ou meurt, n'as-tu
pas le droit de l'épouser? Vaut mieux donc l'affranchir» Puis Ali me prit
par la main et me dit: «Parmi les captives il t'est interdit ce que Dieu a
révélé dans Son Livre concernant les femmes libres de condition ex-
ception faite du nombre, c'est à dire quatre, il t'est interdit aussi à
cause de l'allaitement ce qu'il a révélé dans Son Livre concernant la
descendance et le lien de parenté.» Et lyas de conclure: «Si un
homme s'était déplacé entre l'orient et l'occident en quête de savoir,
venait à La Mecque et ne retenait que ce hadith, son voyage n'aurait
jamais été vain».
«Il vous est interdit d'épouser les femmes déjà engagées dans le ma-
riage, à moins que ce ne soient des captives» C'est à dire les femmes ma-
riées de bonne condition sont aussi interdites à moins qu'elles ne
soient des captives de guerre, car il est permis d'avoir de rapports
avec ses dernières à condition de s'assurer de leur vacuité (c.à.d non
enceintes).
A ce propos Abou Sa'id Al-Khoudri a rapporté: «Dans une de nos
expéditions nous avons eu, parmi le butin, des femmes de Awtas qui
39
avaient des époux. Comme nous répugnions de les cohabiter, nous de-
mandâmes l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à leur su-
jet. Dieu alors fit descendre ce verset: «Il vous est interdit d'épouser les
femmes déjà engagées dans le mariage, a moins que ce ne soient des capti-
ves» Et par la suite nous eûmes de rapports avec elles.
Quelques-uns des ulémas (parmi les ancêtres) ont déduit du ver-
set précité qu'il est toléré de vendre ces captives, car leur vente consti-
tue une répudiation de leurs maris. Et Ibn Mass'oud de dire aussi:
Lorsqu'une captive, qui a un mari, est vendue, son nouveau maître a
le plein droit d'avoir de rapports avec elle».
Telle était l'opinion des anciens théologiens, mais la majorité des
ulémas l'ont contredit et ont affirmé que la vente d'une esclave ne
constitue pas un divorce, car dans ce cas l'acheteur a remplacé le ven-
deur, et ce dernier avait cédé son droit à cette utilité malgré lui. En ou-
tre, ils ont tiré argument de l'Wstoire de Barira citée dans les deux
Sahih, qui est la suivante: «Aicha, la mère des croyants, avait acheté
Barira et l'avait affranchie. Son mariage d'avec Moughith n'a pas été
annulé, et l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui a
donné te choix entre l'annulation du mariage ou de rester. Elle a opté
pour le premier» Si la vente constituait une répudiation, comme on a
prétendu, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne lui au-
rait pas donné le choix qui maintient toujours la validité du mariage.
Une autre interprétation a été donnée à ce verset concernant «ces
femmes» en disant qu'il s'agit des femmes chastes qui sont interdites
aux hommes s'ils ne se marient d'avec elles en concluant un acte de
mariage en présence de témoins, du tuteur et en leur offrant la dot.
Telle était l'opinion de Taous, d'Abou AI-'Alya et d'autres.
D'autres aussi ont dit qu'il s'agit d'épouser plus que quatre fem-
mes, qui est une interdiction, à moins qu'elles ne soient des captives
de guerre.
«C'est ce qu'Allah vous commande» c'est à dire: Telle est la pre-
scnption de Dieu qui limite le nomt>re des femmes à quatre et qu'il est
interdit de le dépasser.
«Hormis ces interdictions, il vous est loisible d'employer vos biens à
VOUS établir par mariage mais non à vivre en concubinage». Cela signifie
40
que hormis les interdictions citées dans le verset, il est permis aux
hommes d'utiliser leurs biens pour satisfaire leur désir, honnêtement,
sans se livrer à la débauche.
«À toute femme avec qui vous aurez consommé le mariage, donnez la
dot convenue» c'est à dire en échange de cette jouissance, donnez le
douaire aux femmes, une chose confimée par ce verset dont nous
avons parié auparavant: «Remettez à vos femmes leurs dots en toute pro-
priété») [Coran IV, 4] et par ce verset également:«Tl vous est interdit de
reprendre à vos femmes quoique ce soit de ce que vous leur avez donné»)
[Coran II, 229].
Sans doute ceci prouve que le mariage de jouissance ou tempo-
raire -était toléré au début de Père islamique, mais, plus tard, il fut
abrogé. D'après Chafé'i et d'autres ulémas, ce mariage était toléré et
aborgé deux fois, l'une après l'autre. Mais l'imam Ahmed le trouve per-
mis dans certaines circonstances et en cas de nécessité. Ce qui est
plus correct, c'est qu'il est abrogé pour de bon d'après ce hadith cité
dans les deux Sahihs et rapporté par Aii Ben Abi Taleb: «L'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous a interdit le jour de Khaibar
le mariage de jouissance et la consommation de la viande des ânes
domestiques».
On trouve également dans le Sahih de Mouslim ce hadith rapporté
par le père de Ma'bad Al-Jouhani, qui a participé à la conquête de La
Mecque, où l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«Hommes! Je vous ai toléré de conclure un mariage de jouissance avec les
femmes, mais sachez que Dieu l'a interdit jusqu'au jour de la résurrection.
Quiconque a de telles femmes, qu'il les libère et qu'il ne reprenne rien de ce
qu'il leur avait donné» (1) .
«Il ne vous est pas défendu de modifier par la suite le montant de cette
dot.» c'est à dire si vous fixez à la femme une dot et elle vous en dé-
O)
* _.
41
charge plus tard, vous ne commettez pas une faute en vous décidant
d'un accord pareil.
Ibn Jarir rapporte que des hommes fixiaient le montant de la dot,
mais ils se trouvaient par la suite dans la gêne. Il leur était permis de
Pamender selon un accord commun après avoir observé ce qui leur
était ordonné.
Mais Ibn Abbas Ta commenté d'une autre façon disant que cet ac-
cord consiste à verser la dot à la femme puis à lui laisser le choix de
poursuivre la voie conjugale ou d'être répudiée.
Et c'est Dieu qui est l'omniscient et le juste.
g &z ï&to *sa m tas» $&$ mfë$m
wa ma-l-lam yastati' minkum tawlan 'an yankiha-1-muhsanâti-l-mu'mi-
nâti famim-m-mâ malakat 'aymânukutn min fatayâtikunm-1-nm'minâti
wa-L-Lâhu 'a'iamu bi 'imânikum ba'dukum mim-ba'din fankihûhunna
■ m. %
bi'idni 'ahlihinna wa 'âtûhunna 'ujûrahunna bi-1-ma'rûfi muhsanâtin
èâyra musâfihâtin walâ muttahidâti 'ahdânin fa 'ida 'uhsinna fa'in
'atayna bifahiSatin fa'alyhinna nisfu ma 4 alâ-l-muhsanâti mina-l-'adâbi
I dâlika liman hasiya-l-'anata minlcum wa 'an tasbirû hayru-1-lakum wa-L-
Lâhu Gafûru-r-Rahîmun (25).
Celui qui n'aura pas les moyens d'épouser des femmes de bonne condi-
tion, cherchera parmi les esclaves jeunes et fidèles. Allah connaît mieux que
4uUo« 4U c la» -n^^iitt de votre toi. vous descendez tous les uns des autres.
Ne les épousez qu'avec l'autorisation de leurs maîtres. Donnez-leur une dot
convenable. Assurez-vous qu'elles soient vertueuses, qu'elles ne se soient pas
livrées i la débauche et qu'elles n'aient pas de liaisons clandestines. Si,
42
après le mariage, elles commettent l'adultère, la peine à leur appliquer doit
être moitié moindre que celle prévue pour les femmes de condition libre. De
telles unions sont tolérées pour ceux qui craignent d'avoir des rapports illi-
cites. Si vous pouvez supporter l'abstinence du célibat, c'est préférable. Al-
lah est miséricordieux et clément(25).
A celui qui est incapable d'épouser une femme de bonne condition
et de lui aussurer une vie conjugale à cause de la pénurie de ses mo-
yens, Dieu ordonne de prendre une parmi les captives de guerre
croyantes après l'autorisation de son maître. Dans ce cas, l'homme
n'est pas tenu de juger la véracité de la foi de ces esclaves d'une fa-
çon catégorique, mais il n'a qu'à juger l'apparence et le comportement
de cette femme et c'est Dieu seul qui est apte à scruter le tréfonds du
cœur.
r
Donc l'autorisation du maître est absolument nécessaire d'après
ces deux hadiths:
- «Tout esclave se marie sans la permission de son maure est un
fornicateur».
- «Une femme ne peut pas donner une autre en mariage, ni une femme
ne peut s'en donner sans représentant. Car toute femme qui se donne en
mariage est fornicatrice».
«Donnez-leur une dot convenable» c'est à dire de bon gré sans les
léser étant des esclaves, maïs à condition qu'elles soient chastes et
pudiques, sans être des prostituées ou bien qu'elles s'adonnent à la
débauche ou d'avoir des relations clandestines avec certains hommes.
Au cas où ces esclaves, ayant accédé à une bonne condition,
commettent l'adultère: «La peine à leur appliquer doit être moitié moindre
que celle prévue pour les femmes de condition libre». Mais il y a eu une di-
vergence dans les opinions en ce qui concerne la peine appliquée à
une captive de guerre qui a commis l'adultère, en voilà les deux princi-
pûlCr^
La première: Le terme «Ayant accédé à une bonne condition» (en
arabe ^-\ ) Ibn Omar et Ibn Mass'oud ont dit qu'il s'agit de sa
conversion à l'Islam. Mais Ibn Abbas, Moujahed, Ai-Hassan et d'autres
001 <*»*- quand elle s'engage dans le mariage. \\ s'avère, et c'est D\eU
43
qui est le plus savant, de la suite du verset que c'est le mariage et non
la conversion.
Que cette esclave soit musulmane, une impie, mariée ou non, on
lui applique cinquante coups de fouet si elle commet l'adultère, comme
l'a commenté Ibn Abbas, bien que, selon le verset, cette peine n'est
appliquée qu'aux mariées. Le vrai est que cette peine est d'obligation
en tirant argument de ce hadith rapporté, dans le Sahih de Mouslim,
par AJi Ben Abi Taleb qui a dit: «Hommes! Appliquez la peine prescrite
à vos esclaves en cas d'adultère, qu'elle soient mariées ou non. L'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- m'avait ordonné de fla-
geller une esclave qui a forniqué. Mais comme elle avait ses lochies,
j'avais peur de la tuer si je lui appliquais les cinquante coups de fouet.
Mettant le Prophète au courant de cela, il me répondit: «Laisse-là jus-
qu'à ce qu'elle se rétablisse».
j
A ce propos Abou H ou rai ra rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- a dit: «Quand une esclave commet l'adultère et
que sa fornication soit mise en évidence , fustigiez-la sans trop la répriman-
der. Si elle récidive, fustigiez-la sans la trop réprimander. Si elle commet
l'adultère pour la troisième fois, vendez-la même pour une corde en poils».
«La deuxième: Ibn Abbas et d'autres théologiens ont jugé que si
une esclave commet l'adultère sans qu'elle soit mariée, elle est
exempte de toute peine mais on la frappe pour la corriger. Ils ont tiré
argument du hadith rapporté par Abou Houraira et Zaid ben Khaled
qu'on a demandé l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- au
sujet de l'esclave qui commet l'adultère sans être demandée au ma-
riage, il répondit: «Si elle fornique, fustigiez-la, puis si elle fornique fusti-
giez-la, enfin si elle fornique fustigiez-la et vendez-la fût-ce pour une corde
en poils.» (Rapporté par Boukhari et MousUm) (2) . Ibn Chéhab, un des
rapporteurs du hadith, a dit: «Je ne me rappelle plus s'il a dit après la
troisième ou la quatrième fois».
44
On peut déduire du hadith précité que, pour l'esclave, il n'a pas
précisé le nombre de fornication. Quant à la femme de bonne condition
la peine est appliquée, à la première fois. Al-Chafé'i, de sa part, a dit:
«Les ulémas s'accordent pour l'exemption de l'application de la lapida-
tion sur un -ou une- esclave fornicateurs, car le verset montre que
l'esclave subit la moitié de la peine d'une personne libre. Donc la peine
qu'on peut réduire à la moitié est fa flagellation et non fa lapidation
(jusqu'à la mort).
«De telles unions sont tolérées pour ceux qui craignent d'avoir des rap-
ports illicites». Comme on l'a montré auparavant le mariage d'avec une
esclave est soumis à certaines conditions pour celui qui redoute la dé-
bauche et que le célibat lui pèse. Mais s'il s'abstient et se montre pa-
tient, cela lui vaudra mieux car un tel mariage n'engendre que des
enfants eéclaves et appartiendront au maître de cette esclave. C'est
pourquoi Dieu a dit: «Si vous pouvez supporter l'abstinence du célibat,
c'est préférable».
La majorité ont conclu qu'il est toléré d'épouser les esclaves à
ceux qui ne peuvent pas assurer le ménage en se mariant d'avec les
femmes de bonne condition, et pour éviter la débauche. Un tel mariage
est répugné à cause de l'esclavage des enfants et la bassesse de cet
homme en se détournant des femmes libres. Mais Abou Hanifa et ses
adeptes l'ont contredit en ce qui concerne ces deux conditions. Ils ont
déclaré: Il est permis à un homme marié d'avec une femme de bonne
condition d'épouser une esclave croyante ou parmi les gens d'Ecriture,
s'il est capable ou non, redoute la débauche ou non. Us se basent sur
ce verset: «et avec les femmes de bonne condition faisant partie du peuple
auquel le Livre a été donné avant vous») [Coran V, 5] c'est à dire les
chastes qui englobent les femmes de bonne condition et les esclaves.
■
45
yurîdu-L-Lâhu liyubayyina lakum wa yahdiyakum sunana-1-ladîna min
qablikum wa yatûba 'alaykum wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (26) wa-L-
Lâhu yurîdu *an yatûba *alaykun wa yurîdu-1-ladîna yattabi*ûna-s-saha-
wâti 'an tamîlû maylan 'azîman (27) yurîdu-L-Lâhu 'an yuhaffifa
'ankum wa huliqa-l-'insânu da*îfan (28)
Allah aspire à vous guider et à vous inculquer les traditions de ceux
qui vous ont précédés. Il aspire à vous rendre digne de Lui. H est omnis-
cient et sage. (26) Allah aspire à vous rendre digne de Lui, tandis que ceux
qui s'abandonnent à leurs passions souhaitent de vous entraîner dans les ex-
cès. (27). Allah aspire à vous rendre léger le fardeau de la vie. Car
l'homme, n le sait, est né faible» (28).
Le Seigneur, par ces versets et d'autres, veut montrer aux
croyants le licite et l'illicite, en leur faisant connaître les traditions des
générations passées et agréées par Lui. Il veut également les diriger
comme II veut leur pardonner, car II connait parfaitement les actions
des hommes et II est juste.
«Tandis que ceux qui s'abandonnent à leurs passions souhaitent de
vous entraîner dans les excès» il s'agit des adeptes du Démon parmi les
juifs, les chrétiens et les fornîcateurs qui veulent faire détourner les
croyants de la Vérité pour suivre l'erreur, et les entraîner sur une pente
dangereuse.
Dieu connait bien que l'homme est né faible et ne peut observer
strictement tes lois et prescntpîons divines. Pour cela 11 lui a permis
d'épouser les esclaves dans les conditions qu'on a montrées. Telle est
l'opinion de Moujahed et d'autres. L'homme est toujours faible envers
les femmes comme ont précisé Taous et WaW\
Lors de l'ascension Moïse -que Dieu le salue- demanda à notre
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Qu'a prescrit le Seigneur à
ta Communauté?» - Cinauante nrièree lo iour et la nuit, lui répot\dlt-ïl -
Retoume cr,ez ton seigneur, répliqua Moïse, et demande-Lui l'allége-
ment car ta communauté sera incapable de les accomplir. J'ai tenté les
gens avant toi en leur prescrivant une chose moindre que ça mais ils
se montraient incapables. Ta communauté aussi est plus faible en
«n foi» i_« prophète -qu'AHan le bénisse et le salue- ne
46
cessa de faire le parcours entre le Seigneur et Moïse qu'à la fin les
prières furent réduites à cinq.
ya 'ayyuhâ-1-ladîna 'âmanû là ta'kulïï 'amwâlakum baynakum bi-1-bâtili
'illï 'an takûna tijâratan 'an tarâdim-minkum walâ taqtuïïï 'anfusakum
-inna-L-Lâha kâna bikum Rahîman (29) wa may-yaf al dâlika 'udwânan
wa zulman fasawfa nuslîhi nâran wa kâna dâlika 'alâ-L-Lâhi yasîran (30)
'in tajtanibû kabà^'ira ma tunhawna 'anhu nukaffïr 'ankum sayyi'atikum
wa nudhilkum mudhalan karîman (31).
O croyants, ne vous appropriez pas vos biens les uns les autres, sans
cause. A la base de vos échanges, qu'il y ait une opération honnête libre-
ment consentie par vous. Ne vous tuez pas les uns les autres. Allah est plein
d'indulgence pour vous.(29) Quiconque tuera par iniquité, sans motif légi-
time, sera précipité en enfer. C'est un châtiment qu'il est facile à Allah
d'infliger. (30) Si vous évitez de commettre des péchés graves, nous vous
pardonnerons vos péchés véniels et nous vous ferons accéder à nous par une
voie facile. (31).
Dieu qu'il soit béni et exalté interdit les hommes de manger leurs
biens par des moyens illicites comme l'usure, et le jeu de hasard et au-
tres, même si on leur donne la forme légitime qui est au regard de
Dieu une ruse pour pratiquer l'usure. A ce propos Ibn Abbas donne
l'exftmole d'un homme qui achète un vêtement en disant au vendeur:?
«S'il me convient, je le garde, sinon je te le rends en te payant un di-
rham en plus. Voilà le sens de ce verset:
«O croyants, ne vous appropriez pas vos biens les uns les autres sans
cause» Et 'Alqama de dire: «C'est un verset qui est fondamental et ne
jamais abrogé jusqu'au jour de Va résurrection.
47
Ibn Abbas rapporte: «Quand ce verset fut révélé, les musulmans
s'écrièrent: Dieu nous a interdit de manger nos biens inutilement entre
nous, or la nourriture est la meilleure de nos biens. Et l'un de nous est
défendu de manger chez un autre, quelle sera donc l'attitude des hom-
mes?» Dieu fit révéler après cela ce verset: «H n'y a pas de faute à re-
procher à l'aveugle...» [Coran XXIV, 61] Ce verset précise qu'il n'y a pas
de faute ni à l'aveugle ni au boiteux ni au malade de manger dans sa
maison ou dans d'autres maisons...».
Mais Dieu a fait exception dans la suite du verset en disant: «A la
base de vos échanges, qu'il y ait une opération honnête librement consentie
par vous. C'est à dire sauf quand il s'agit d'un négoce par consente-
ment mutuel où vous gagnez honnêtement vos biens sans léser per-
sonne.
D'après les différents dires des ulémas, on peut affirmer que le
consentement des deux parties: acheteur et vendeur, est à la base de
tout négoce honnête. A ce porpos l'Envdyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «La vente se fait par consentement puis les deux
contractants sont libres. Il est interdit à un musulman de tricher un autre
musulman». (Rapporté par Ibn Jarir) (1) .
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «L'acheteur et le vendeur ont le droit d'option
tant qu'ils ne se sont pas séparés». (Rapporté par Boukhari et Mous-
«Ne vous tuez pas les uns les autres» Deux interprétations ont été
données à ce verset:
1 -L'interdiction de commettre les péchés soit en s'exposant à la
perdition en excerçant différentes actions, soit en dévorant les biens à
tort, car Dieu est miséricordieux envers les hommes quand ils obser-
vent Ses ordres.
48
Amr Ben AI-'As rapporte: «Dans l'expédition de Zat-Assalassil l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me chargea d'une mis-
sion. Je me réveillai un rnatin tout pollué à la suite d'un rêve erotique.
Comme il fut très froid, j'eus peur de m'exposer à une maladie si je de-
vais faire une lotion. Je me contentai de faire une lustration pulvérale
et je fis la prière du matin avec mes compagnons. Retournant chez le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- on lui fit part de mon faire. Il
me demanda: «Ô Amr! As-tu accompli la prière en état d'impureté ma-
jeure?» - O Envoyé de Dieu, répondis-ie, un matin je me trouvais pol-
lué et j'avais peur d'atteindre une maladie si je me lavais à cause du
froid glacial. Comme je me rappelai des dires de Dieu: «Ne vous tuez
pas les uns les autres» je fis une lustration pulvérale et j'accomplis la
prière» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se mit à rire sans
dire un mot».
2 - Le suicide: Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui se tue avec un morceau
du fer, viendra au jour de la résurrection ce fer à la main où il se frappe-
ra le ventre et sera précipité en enfer pour Véternité. Celui qui se tue en
avalant du poison, en boira toujours au jour de la résurrection où il entre-
ra à l'enfer pour y demeurer éternellement». (Rapporté par Ibn Marda-
weih) (1) .
Joundob Ben Abdullah Al-Bajli a rapporté que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Un homme avait une blessure à la
main. Ne pouvant supporter la douleur, il prit un couteau et se coupa les ar-
tères et le sang coula à flots sans s'arrêter jusqu'à ce que l'homme mourut.
Dieu à Lui la puissance et la gloire a dit: «Mon serviteur a voulu hâter sa
destinée, je lui interdirai le Paradis.» (Rapporté par Boukhari et Mous-
Utn) <2 \
' ' J 1 * Ù** *& $ Jj-J Jti tJU ïjijA ^i\ tf* U^l 4^\ ol» Ai* «Vjiyi ^l ijjî
Lf*i IjJljv UJUt- *-*pr Jà ^ <*LiJl ^ *ùu Lfj U«j oJb ^j aJa^Apo 5j^jl>o 4— uiJ
(2)
* *
49
Dieu met les hommes en garde d'outrepasser Ses ordres et inter-
dictions et de commettre les péchés sciemment, car ils seront voués à
l'enfer pour l'éternité.
«Si vous évitez de commettre des péchés graves, nous vous pardonne-
rons vos péchés véniels» Plusieurs hadiths ont été rapportés au sujet de
ce verset, concernant les péchés capitaux, nous allons nous contenter
de citer quelques uns qui nous donnent une explication suffisante.
Abou Houraira et Abou Sa'id ont rapporté: «Un jour le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- nous sermonna et dit: «Par celui qui
tient mon âme dans Sa main». Il répéta cel trois fois puis abaissa la
tête. Nous fîmes de même et commençâmes à pleurer sans savoir la
raison et pourquoi il jura trois fois et garda le silence. Enfin il releva la
tête, réjouissant, et son aspect nous parut aussi préféré que de possé-
der de chameaux roux. Il reprit: «Pas un homme qui s'acquitte des cinq
prières, jeûne le mois de Ramadan, verse la zakat de ses biens et évite de
commettre les sept grands péchés, sans que les portes du Paradis ne s'ou-
vrent devant lui et on lui dira: «Entres-y en paix». (Rapporté par Nassai,
Al-Hakem et Ibn Hibban) (1> .
Les sept péchés capitaux.
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Evitez les sept périls (ou les grands pé-
chés)». On lui demanda: «Quels sont ces péchés ô Envoyé de Dieu?»
Il répondit: «Ils sont le polythéisme, la magie, le meurtre aune âme que
Dieu a interdit de tuer sauf pour une juste raison, l'usure, de dévorer injus-
tement les biens de l'orphelin, la fuite au jour du combat et de calomnier
50
les femmes mariées croyantes et insouciantes» (Rapporté par Boukhari et
MousUm) (1> .
Tels sont les sept péchés capitaux cités dans le hadith, mais cela
ne veut pas dire qu'ils sont les seuls comme nous allons le montrer
plus loin.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- envoya une let-
tre aux habitants de Yémen avec Amr Ben Hizam, dans laquelle il leur
montra les prescriptions, les traditions et le prix du sang. La lettre ren-
fermait: «Les plus grands péchés au regard de Dieu au jour de la ré-
surrection sont: le polythéisme, le meurtre d'une âme croyante sans
motif légitime, la fuite au jour du combat dans la voie de Dieu, la dés-
obéissance aux père et mère, la calomnie d'une femme mariée, l'ap-
prentissage de la magie, l'usure et de dévorer injustement les biens de
l'orphelin.»
Le faux témoignage.
Anas rapporte qu'on a demandé l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- au sujet des grands péchés, il répondit: «Ils sont le
polythéisme, le meurtre (sans une juste raison) et la désobéissance
aux père et mère».
Puis il dit à ses compagnons: «Vous dirai-je quels sont les péchés
capitaux?» et il répéta cela trois fois. On lui répondit: «Certes oui, ô
Envoyé de Dieu» Il répliqua: «Ils sont: Le polythéisme, la désobéissance
aux père et mère», puis étant accoudé, il s'assit et reprit: «et le faux té-
moignage». Il ne cessa de répéter cela qu'à la fin nous dîmes: «S'il s'arrê-
tait de les répéter».
Le meurtre de l'enfant
Abdullah Ben Mass'oud rapporte: «Je dis: ô Envoyé de Dieu, quel
est le plus grand péché au regard de Dieu?» Il répondit: «De Lui recon-
naître un égal car c'est Lui qui t'a créé». Je répliquai: «C'est un péché
wj>« grave, et ensu'VeO» U «lit- «O'ejt «Je tttcr ton. enfant de peur qu'il
51
mange avec toi», Ensuite, repris-je?. Il ajouta: «De forniquer avec la
femme de ton voisin». Puis il récita: «Ceux qui n'invoquent pas une autre
divinité avec Dieu... jusqu'à, mais non celui qui se repent») [Coran XXV,
68-70]. (Rapporté par Boukhari et MousUm)°K
Le faux serment (ghamous).
Abdullah Ben Oumays Al-Jouhani a rapporté que l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les plus grands péchés sont: le
polythéisme, la désobéissance à ses père et mère et le serment «Ghamous».
Un homme ne fait un serment par Dieu en y introduisant une insincérité
fut-ce de la grandeur de l'aile d'un moustique sans que cela ne soit dans
son cœur comme une tache jusqu'au jour de la résurrection».
N.B. On entend par le serment ghamous, le faux serment par le-
quel on porte préjudice à un autre.
D'autres péchés capitaux.
Abdullah Ben Amr a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «C'est le plus grave des péchés qu*un homme in-
sulte ses père et mère» On lui demanda: «Ô Envoyé de Dieu, comment
un homme pourrait-il insulter ses parents?» Il répondit: «En insultant le
père et la mère d'une tierce personne qui, à son tour, insultera son père et
sa mère». (Rapporté par Boukhari et MousUm) <2) .
Il est cité dans le Sahih de Mouslim que l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- a dit: «Insulter un musulman est une perversité,
le combattre est une incrédulité»' .
jA Ϋ]J k\ g. ùjfiJi V j*yij£ Àj r * cciijU- ^JU ^Ijj ûîi ;Jli f^t pî :cJtf
52
Ibn Abbas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit: «// est un grave péché qu'un homme porte préjudice à un autre
dans son testament».
Abou Oumama rapporte que des hommes mentionnaient les
grands péchés alors que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
se trouvait accoudé parmi eux. Ils dirent: «Ils sont: le polythéisme, de
dévorer injustement les biens del'orphelin, la fuite au jour du combat;
la diffamation des femmes mariées, la désobéissance aux père et
mère, le faux témoignage, le fraude, la magie et l'usure». Il s'assit et
demanda: «Que dites-vous de ceux «qui vendent à vil prix leurs pactes
avec Allah et leurs serments?».
Des dires des ancêtres au sujet des péchés capitaux.
Ibn Jarir a rapporté d'après Ai-Hassan que des hommes demandè-
rent à Abdullah Ben Amr qui était gouverneur en Egypte: «Nous trou-
vons dans le Livre de Dieu à lui la puissance et la gloire des
prescriptions que les gens ne mettent pas en pratique. Nous désirons
rencontrer le prince des croyants à ce sujet.» Abduliah Ben Amr vint
trouver Omar Ben AI-Khattab -que Dieu l'agrée- accompagné de ces
hommes. Omar lui demanda: «Depuis quand tu es venu?» - Depuis
tels jours lui répondit Abdullah. Et Omar de s'enquêter: «As-tu reçu
l'autorisation de venir?» Le rapporteur ajouta: «Je ne me rappelle plus
ce qu'était la réponse de 'Abdullah. Mais il répondit à Omar: «O prince
des croyants, des hommes me demandèrent en Egypte qu'ils trouvent
dans le Livre de Dieu des prescriptions qu'ils ne mettent pas en pra-
tique, ils voulurent te voir à ce sujet» - Réunissez-les, dit Omar. Abdul-
lah s'exécuta.
Ibn 'Aoun -un de ces hommes- rapporte: «Une fois ces hommes
réunis dans un grand hall, Omar demanda à l'un d'eux qui était le plus
proche de lui: «Je t'adjure par Dieu et par le droit de l'Islam, as-tu lu
tout le Coran? - Oui, répondit l'homme. - L'as-tu retenu? - Par Dieu que
non. Le rapporteur dit: «S'il lui avait répondu par l'affirmative, il se se-
rait soulevé contre lui.»
Et Omar de poursuivre: «L'as-tu retenu par tes yeux? L'as-tu rete-
nu par ta lecture? L'as-tu retenu par tes pratiques?
Onrt&r posa la même question à tous ces hommes l'un après l'au-
53
tre et dit à la fin: «Que la mère de 'Omar le perde! Voulez-vous qu'il
(Abdullah Ben Amr) applique les prescriptions du Livre de Dieu sur les
gens? Dieu connaît certes que nous allions commettre des mauvaises
actions» Puis il récita: «Si vous évitiez de commettre des péchés graves,
nous vous pardonnerons vos péchés véniels., jusqu'à la fin du verset. En-
suite Omar demanda à Abdullah: «Les gens de Médine sont - ils au
courant de votre arrivée? - Non. - Quelqu'un des Médinois eut-il vent
de la raison pour laquelle vous êtes venus? - Non. Et Omar de* répli-
quer: «Si les Médinois étaient au courant de tout cela, je les aurais ser-
monné».
Des dires d'Ibn Abbas.
Taous rapporte qu'un homme vint trouver Ibn Abbas et lui dit:
«Que penses-tu des sept grands péchés que Dieu a mentionnés? Et
quels sont-ils?» Il lui répondit: «Plutôt ils sont plus près de soixante-dix
que de sept!» Selon une variante Ibn Abbas aurait ajouté: «Plus du
pardon pour un péché capital et aucun péché n'est considéré comme
véniel si on y récidive».
En commentant le verset précité «Si vous évitiez...» Ibn Abbas a
dit: «Tout péché est considéré comme grave si Dieu châtie son auteur
par l'enfer, par un courroux, par une malédiction ou par un supplice».
Les opinions des ulémas sont divergées quand à la peine appli-
quée à ta suite d'un péché capital. Certains disent: «Il est en tant que
tel s'il est soumis à une peine prescrite selon la loi» D'autres: il est en
tant que tel s'il est sujet d'une menace révélée dans le Livre de Dieu
ou d'après la sunna.
Abdul Karim Al-Rafi'i rapporte qu'il y a eu une controverse des opi-
nions parmi les compagnons dans la définition des péchés graves et
véniels et dans la différence entre eux. Ils ont dit:
- Le grand péché est toute désobéissance soumise à une peine
prescrite.
- q u ; est sujet à une menace cité© dans I© Coran ou d'après une
sunna.
- Il est toute dérogation qui montre l'indifférence de son auteur à
l'égard de la loi religieuse et qui cause une injustice.
54
- Il est toute action interdite par le Coran et sanctionnée par une ie
peine comme le meurtre ou autre.
Le juge Al-Rouyani a dit: «Ibn Abbas a énuméré ces péchés gra-
ves qui sont: Le meurtre d'une âme sans motif légitime, la fornication,
l'homosexualité, le vin, le vol, l'usurpation des biens, la diffamation.
Puis il leur a ajouté: le faux témoginage, l'usure, la rupture du jeûne
durant Ramadan sans excuse valable, le faux serment, la rupture du
lien de parenté, la désobéissance à ses père et mère, la fuite au jour
du combat, dévorer injustement les biens de l'orphelin, le fraude dans
le poids et la mesure, l'accomplissement de la prière avant son heure
déterminée, le retard de la prière sans excuse valable, l'agression
contre un musulman sans une juste raison, forger délibérément des
mensonges sur l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, in-
sulter les compagnons du Prophète, la dissimulation d'un témoignage
sans une excuse valable, le pot de vin, le proxénétisme, l'intercession
auprès du sultan, le refus de payer la zakat, la négligence d'ordonner
à faire le bien et de déconseiller le repréhensible alors qu'on est ca-
pable de le faire, l'oubli du Coran après son apprentissage, torturer un
animal avec le feu. le refus d'une femme d'avoir des rapports avec son
mari sans excuse, le désespoir de la miséricorde de Dieu, le sentiment
d'être à l'abri du stratagème de Dieu, la médisance des savants et
connaisseurs du Coran. Ils sont aussi considérés en tant que péchés
graves: De dire à sa femme: sois pour moi comme le dos de ma mère
(Al-Dhihar), la viande du porc et de la bête morte.
Ibn Abbas de dire à la fin; il est un péché grave tout ce que Dieu
le châtie par le feu.
walâ tatamannaw ma faddala-L-Lâhu bihî ba'dakum 'alâ ba'din lirrijâli
s'alû-L-Lâha min fadlihî 'inna-L-Lâha kâna bikulli lay'in 'Alîman (32).
55
N'enviez pas les bienfaits par lesquels Allah vous a élevés les uns au-
dessus des autres. Une part de leurs œuvres restera aux hommes; une part
de leurs œuvres restera aux femmes. Demandez à Allah ses bienfaits. II
connaît tous vos besoins. (32).
Moujahed rapporte qu'Oum Salama demanda à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu, les hommes font
les expéditions et nous, les femmes, ne les faisons pas et la part d'une
femme de la succession est la moitié de celle de l'homme?» C'est à
cette occasion que le verset sus-mentionné fut révélé.
Mais Ibn Abbas raconte qu'une femme vint trouver le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O Envoyé de Dieu, la part du
garçon, de l'héritage, est égale à celle des deux filles, le témoignage
des deux femmes contre celui d'un seul homme. Ainsi quand nous œu-
vrons la femme qui fait une bonne action on lui inscrit la moitié» Dieu
alors fit cette révélation: «N'enviez pas les bienfaits...»
Selon une autre version Ibn Abbas a commenté le verset et dit:
«Qu'un homme ne dise pas: «Ah, si je possédais les richesses d'un tel
et j'avais une femme comme la sienne». Dieu a interdit aux hommes
ce genre d'envie et qu'ils Lui demandent de leur accorder de Ses fa-
veurs».
Ces dires ne doivent pas contredire le hadith dans lequel l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On n'a droit d'envier que
deux personnes: un homme à qui Dieu a accordé des biens et qui ne
manque pas de les dépenser pour la cause de la vérité,,,» et qu'un homme
ne dise: Si j'avais les biens d'un tel j'aurais agi comme lui» car les
deux auront la même récompense. Car ce hadith n'a aucun rapport
avec ce que ce verset interdit, étant donné que le hadith autorise à
l'homme de souhaiter avoir des biens comme l'autre tandis que le ver-
set interdit de souhaiter avoir les mêmes richesses.
Puis Dieu a dit: «Une part de leurs œuvres restera aux hommes; une
part de leurs œuvres restera aux femmes» qui signifie que chacun sera ré-
tribué selon ses œuvres qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Mais
Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de la succession. Le Seigneur montre aux
i^r^TOoo, ^c^.rx^r,* *,is devant agir pour amender leur état en leur dis-
ant: «Demandez à Allah ses bienfaits» En d'autres termes, ne convoitez
56
pas les faveurs dont Dieu a gratifiés certains hommes car c'est une
chose déjà décidée, et ce souhait ne mènera à rien, mais plutôt de-
mandez à Dieu qu'il vous accorde Sa grâce car II est généreux et le
dispensateur suprême.
Abdullah Ben Mass'oud rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Demandez à Dieu de vous accorder de ses
bienfaits car II aime être demandé, et sachez que la meilleure adoration
consiste à attendre la délivrance». (Rapporté par Tirmidzi) (1) *
Dieu termine le verset en rappelant aux hommes qu'il connait
toute chose: ceux qui méritent d'avoir des biens de ce monde, ceux
qui méritent d'être appauvris, ceux qui convoitent la vie future en leur
facilitant les œuvres qui les feront arriver à leur but et ceux qui méri-
tent d'être humiliés en les empêchant de faire de bonnes œuvres
wa likullin ja'alna mawâliya mimma taraka-1-wâlidâni wal-l-'aqrabûna
wa-1-ladîna 'aqadat 'aymânukum fa'âtuhum nasîbahum 'inna-L-lâha
kâna 'alâ kulli Say'in sahîdan (33).
Nous avons désigné des héritiers pour recueillir ce que laisse chacun
d'entre vous. Ce sont les père et mère, les proches et ceux qui ont conclu
avec le défunt des pactes d'assistance. Car Allah est témoin de toutes vos
actions. (33).
Pour toute personne décédée, Dieu a désigné des héritiers, qu'elle
soit un des père et mère ou un proche. Parmi ces héritiers figurent
aussi ceux qui ont été liés par un pacte, et ceci était au début de l'ère
islamique. Car Ibn Abbas rapporte à cet égard que les Mecquois qui
ont émigré à Médine, héritaient des Médinois sans qu'il y ait entre eux
57
un lien de parenté, mais c'était à cause de la fraternité que l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait établie entre eux. Après
la révélation de ce verset, ce droit d'héritage fut annulé. A propos de
ces derniers Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Plus de pacte dans l'Islam. Tout pacte conclu du
temps de l'ignorance, l'Islam ne fait que le consolider et je ne l'échange ja-
mais contre un troupeau de chameaux roux. De ma part j'ai dénoncé le
pacte conclu à Dar El-Nadwa (sorte de parlement au temps préisla-
mique). » (Rapporté par Ibn Jarir) (1) ,
Daoud ben Al-Hossain raconte: «En récitant ce verset «...et ceux
qui ont conclu avec le défunt des pactes d'assistance» devant Oum Sa'd
Ben Al-Rabi' en présence de son petit-fils Moussa ben Sa'd, elle me
dit: «Ce verset a été révélé au sujet d'Abou Bakr et de son fils Abdul
Rahman avant que ce dernier n'embrasse l'Islam. Abou Bakr jura de le
priver de l'héritage. Mais après sa conversion et sa participation à plu-
sieurs expéditions Dieu fit cette révélation. Mais la première intepréta-
tion s'avère être plus correcte, car au début de l'ère islamique les
hommes héritaient les uns des autres selon un pacte. Le droit de la
succession fut aboli mais les termes du pacte persistèrent.
D'après un hadith authentifié rapporté par Ibn Abbas, l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Donnez aux réservataires
leurs parts de la succession et ce qui reste ira au mâle le plus pro-
che»^ Rapporté par Boukhari et MousHm/ 2 K
Il s'agit donc de partager la succession entre les héritiers suivant rit
le verset révélé à ce sujet, et s'il en reste quelque chose elle sera du
droit des acebs. Quant à ceux avec qui il y avait un pacte, donnez-leur
aussi leur part mais à partir d'aujourd'hui tout pacte n'aura aucun effet.
On a dit aussi que ce verset a aboli tout droit à l'héritage dû au pacte
conclu au passé ou dans l'avenir.
(2) Ui tftl*tf Jdlytf I^UJIi :JU $& &\ J^j OÎ tj# Ji & o^^à\ j w'
58
Quant à Ibn Abbas, il a commenté le terme «Donnez-leur part» en
disant qu'il s'agit du secours, de la nourriture et du conseil, bien que
Sa'id Ben Joubaïr affirme la part de l'héritage.
De toute façon ce verset exhorte les hommes à respecter leurs
pactes et engagements concernant le secours et le conseil, et sur ce,
il est un verset fondamental qui n'a pas été abrogé mais ceci est un
sujet discutable, car Ibn Abbas a répondu en disant: Le Mouhager
(émigré) héritait effectivement du Médinois sans qu'un lien de parenté
les relie et ceci a été abrogé. Comment prétend-on que ce verset est
fondamental? Et c'est Dieu qui est le plus savant.
'ar-rijâlu qawwâmûna 'alâ-n-nisï'i bimâ faddala-L-Lâhu ba'dahum 'alâ
ba'din wa bima* 'anfaqû min 'amwâlihim fassâlihâtu qânitâtun hâfizâtun
li-1-gaybi bimâ hafiza-L-Lâhu wa-1-lâtî tah âfûna nusuzahunna
fa'izuhunna wa-h-jurûhunna fî-l-madâji'i wa-daribûhunna fa'in
'ata'nakum falâ tabgû 'alayhinna sabîlan 'inna-L-Lâha kâna 'Aliyyan
Kabîran (34).
Les hommes ont le pas sur les femmes. Par les dons qu'il leur a oc-
troyés, Allah les a élevés au-dessus des femmes. C'est à eux qu'il a imputé
les charges de famille. Les femmes dignes et vertueuses demeurent dévouées
à l'homme pendant son absence et conservent ce qu'Allah leur a prescrit de
conserver. Celles qui sont insubordonnées, réprimandez-les, puis défendez-
leur de partager votre couche, et enfin corrigez-les. Mais dès qu'elles rede-
viennent soumises, ne leur cherchez plus querelle. Allah est le souverain
De par sa création et en vertu de la préférence que Dieu lui a ac-
cordée, l'homme a l'autorité sur la femme, il est son maître qui la gou-
verne et la corrige quand il le faut. Jouissant de cette suprématie, la
59
prophétie a été toujours le privilège des hommes à qui aussi ont été
confiées les rênes du pouvoir. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit à ce propos: «Un peuple ne saurait prospérer s'il est gouverné
par une femme».
Il y a aussi d'autres raisons pour cette autorité qui consistent aux ix
dépenses d'entretien dont ils sont chargés, la dot et autre: Les hom-
mes donc ont une prééminence sur les femmes, elles doivent leur être
soumises comme Dieu les a ordonnées, et cette soumission se traduit
par être bonnes à l'égard des parents du mari et la garde de ses
biens.
Ai-Hassan Al-Basri raconte qu'une femme vint se plaindre auprès
du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- accusant son époux de
l'avoir frappée. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
s'écria: «La loi du talion». Mais Dieu à ce moment fit cette révélation:
«Les hommes ont le pas sur les femmes...» et la femme devait retourner
chez elle sans appliquer aucune perhe à son mari.
Quant à Ali Ben Abi Taleb, il raconte que l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- ordonna d'amener l'époux d'une femme qui
venait se plaindre en lui disant: «Il m'a frappée et voilà les traces de
sa brutabilé sur mon visage». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- lui répondit: «Il n'a pas le droit de le faire» Dieu à cette occa-
sion fit descendre ce verset, et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- de s'écrier: «J'ai décidé une chose mais la décision de Dieu est
différente».
Puis Dieu montre que les femmes vertueuses sont pieuses, soumi-
ses à leurs époux et préservent dans le secret ce que Dieu préserve.
A cet égard Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Aliah le
bénisse et le salue- a dit: «La meilleure des femmes est celle qui te plait
lorsque tu la regardes, obéit à tes ordres, et lorsque tu t'absentes d'elle, elle
garde tes biens et sa chasteté». Puis il récita ce verset: «Les hommes ont
le pas sur les femmes... jusqu'à la fin du verset». (Rapporté par Ibn Jarir
et Ibn Abi Hatem) (1) .
(1)
4§f <iil Jj-j \jl ,J :Jtf adUU, L| — «; ^ iblu». l^ c~> V^ ( £IipU»Î 1^>Î
60
Abdul Rahman Ben 'Awf rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «La femme qui s'acquitte des cinq prières,
jeûne le mois de Ramadan» garde sa chasteté, et obéit à son mari, on lui di-
ra: entre au Paradis par la porte que tu voudras». (Rapporté par Ah-
med/ 1 *.
Comment un homme doit traiter sa femme insubordonnée, quand
elle lui désobéit et le méprise?
1 - La réprimander et lui rappeler le châtiment de Dieu et le droit
du mari en vertu de sa dépense pour elle et ses bienfaits. L'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Si j'avais le droit d'ordonner
à une personne de se prosterner devant une autre, j'aurais demandé à la
femme de se prosterner devant son mari». (Rapporté par tirmidzi) <2} .
En outre Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Lorsqu'un homme invite sa femme à son lit
pour le coït, qu'elle refuse et qu'il passe la nuit irrité contre elle, les anges
la maudissent jusqu'à ce qu'elle sera au matin». (Rapporté par Boukhari et
Moustim) <3) .
2 - La défendre de partager sa couche: c'est à dire, d'après Ibn
Abbas s'abstenir d'avoir de rapports charnels avec elle en la réléguant
dans la chambre ou de lui tourner le dos étant dans un même fit, et
sans lui adresser la parole tant qu'il se trouve avec elle dans le foyer
conjugal.
Mou'awia Ben Haïda rapporte qu'il a demandé à l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu! Quel droit a-t-elle
une épouse sur l'un de nous?» - Ses droits, répondit-il, sont: lui assurer
61
la nourriture, l'habillement, éviter de lui frapper le visage, ne pas l'insulter
et de ne la fuir que dans le lit».
3 - La frapper après avoir usé de tous les moyens pour la corriger
en lui prodiguant de conseils et en la fuyant... et ceci sans être brutal.
Mpuslim rapporte dans son Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit dans son discours lors du pèlerinage de l'adieu:
«Craignez Dieu en vos femmes car elles sont comme des captives chez vous.
Entre autres droits que vous avez sur elles, elles ne doivent plus recevoir
chez elles de personnes qui vous déplaisent. Si elles font cela, frappez-les
sans les brutaliser. Par contre vous devez leur assurer la nourriture et l'ha-
billement selon la coutume» (1) .
Si jamais un homme veut frapper sa femme pour la corriger, il doit
éviter de lui causer une fracture ou de laisser les traces sur son corps.
A ce propos, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait
dit: «Ne frappez pas les servantes de Dieu». 'Omar vint lui dire, plus tard:
«O Envoyé de Dieu, les femmes se sont révoltées contre leurs maris»
Alors, il autorisa aux hommes de les frapper. Par la suite, plusieurs
femmes vinrent trouver les épouses du Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- pour se plaindre du mauvais comportement de leurs maris,
il s'écria: «Certaines femmes sont venues porter plainte contre leurs maris,
or que ces derniers sachent qu'ils ne sont plus meilleurs qu'elles».
Dieu exhorte les hommes en leur disant: «Mais dès qu'elles rede-
viennent soumises, ne leur cherchez pins querelle» qui signifie qu'une fois
la femme devenue soumise et obéissante, l'homme ne doit pas la mal-
traiter en fa fuyant ou en la frappant. Dieu certes est plus élevé et plus
grand que les tiommes, Il les jugera et se vengera d'eux.
62
wa 'in hiftum Siqâqa baynihimâ fab'atû hakamam-min 'ahlihî wa
hakamam-min 'ahlihâ 'in yurîdâ 'islâhan yuwaffîqi-L-Lâhu baynahumâ
'inna-L-Lâha kâna 'Alîman Habîran (35).
Craignez-vous que les époux ne rompent leur lien? déléguez-leur un ar-
bitre pris dans la famille du mari et un arbitre pris dans la famille de la
femme. S'ils désirent sincèrement se reconcilier, Allah les y aidera. Car Al-
lah est savant et informé de toute chose. (35).
On remarque que Dieu a montré dans le verset qui a précédé ce-
lui-là le cas de l'insubordination de la femme. Dans le verset sus-men-
tionné, il s'agit de la mésentente entre les deux conjoints. Les ulémas
ont déclaré: dans ce cas, celui qui est au pouvoir les confie à une per-
sonne probe et avisée afin d'étudier la cause de leur désaccord et
d'empêcher l'un d'entre eux d'être injuste à l'égard de l'autre. Mais si
leur mésentente persiste, le gouverneur -ou similaire- suscite un arbitre
de la famille de l'époux et un autre de la famille de la femme pour dis-
cuter leur cas et trouver une solution qui soit bénéfique pour les deux
conjoints. Si l'homme et la femme veulent se réconcilier, Dieu rétablira
la concorde entre eux.
Ibn Abbas a dit à cet égard: S'il s'avère, aux deux arbitres, que
l'homme est fautif, ils séparent la femme de lui en obligeant le mari à
assurer sa dépense. Si c'est le contraire, ils font éloigner l'homme et
priver la femme du droit de la dépense. Après quoi ces deux arbitres
ont le droit de les reconcilier ou de les divorcer. S'ils décident de les
réunir à nouveau mais l'un des deux conjoints refuse, puis l'un d'eux
meurt, celui qui avait consenti la reconciliation hériterait de celui qui
avait refusé, et ce dernier n'hériterait plus du premier.
Ibn Abbas raconte: «'Aqil Ben Abi Taleb avait épousé Fatima la
fille de 'Outba Ben Rabi'a. Elle dit à son mari: «Tu dois me supporter
et je dépenserai pour toi». Chaque fois qu'il entrait chez elle, elle lui
demandait: Quel a été le sort de 'Outba Ben Rabi'a et Chaiba Ben Ra-
bi'a?» Il lui répondait: «Tu les trouveras dans l'enfer, à gauche quand
tu y entreras» (Comme cette réponse déplaisait à Fatima) elle alla trou-
ver 'Othman pour se plaindre. 'Othman rit et m'envoya, avec Mou'wia
comme arbitres. Je (Ibn Abbas) dis: «Je séparerai l'un de l'autre»,
mais Mou'awia riposta: «Jamais je ne séparerai deux personnes de
Bani Abd Manaf». ibn Abbas et Mou'awia se rendirent chez les deux
63
conjoints et trouvèrent qu'ils avaient fermé la porte derrière eux (c.à.d
ils se sont reconciliés), et devaient rebrousser chemin.
Oubaïda rapporte: «J'étais chez Ali quand un homme et une
femme vinrent le trouver et chacun d'eux escorté par une foule des
siens. Ali choisit un arbitre de chaque foule et leur dit: «Savez-vous
quelle est votre tâche? Si vous trouvez un moyen pour les réconcilier,
réconciliez-les», et la femme de dire: «J'accepterai le jugement d'après
le livre de Dieu». Mais le mari s'écria: «Jamais je ne me séparerai
d'elle». Ali lui dit alors: «Tu mens. Par Dieu, tu ne quittes cet endroit
avant que tu n'acceptes le jugement d'après le Livre de Dieu».
Les ulémas s'accordent à ce que les deux arbitres ont le droit.de
séparer les deux conjoints ou de les reconcilier. Au sujet de la sépara-
tion, Ibrahim Als-Nakhï déclare qu'ils peuvent aussi faire une répudia-
tion par une, deux ou trois fois, pe qui n'est pas l'avis de Ai-Hassan
Al-Basri qui limite la charge de ces deux arbitres à la reconciliation et
non à la répudiation; ainsi c'était l'opinion de Qatada et Zaïd Ben As-
lam en commentant les paroles de Dieu dans ce sens: «S'ils désirent
sincèrement se reconcilier, Allah les y aidera» ainsi il n'est plus question
de divorce. Mais s'ils représentent l'homme et la femme, alors leur ju-
gement doit être exécuté s'agit-il d'une séparation ou d'une reconcilia-
tion.
Mais les opinions des savants divergent quant à la désignation de
ces deux arbores? sont-ils nommés d'après une décision du gouver-
neur de sorte que leur jugement serait irréfutable que les deux
conjoints s'y soumettent ou non? ou bien ils sont tout simplement des
représentants de deux conjoints? Deux opinions ont été dites à ce su-
jet:
La première consiste à confier la tâche de leur désignation au gou-
verneur car, selon le verset, Dieu commande de nommer deux arbitres
et il est naturel qu'un jugement prononcé par un arbitre ne soit pas en
fousur d'une des parties. Ceci était l'opinion du Chafé'i, Abou Hanifa et
leurs adeptes.
La deuxième on la tire d'après la réponse de 'Ali à l'homme quand
il lui.a dit: ou ce serait la séparation. Mais comme il proteste, Ali repli-
~. u -. «, ^i* i« s «^«^tu* au iugemant d'après le Livre de Dieu, ce que
64
ta femme a demandé. Si vraiment le jugement s'avère décisif, il ne se-
rait pas conditionné par le consentement du mari.
wa'budû-L-Lâha walâ tu§rikû bihî Say'an wa bil-wâlidayni 'ihsânan wa
bidi-1-qurbâ wa-1-yatâmâ wa-1-masâkîni wa-1-jâri dî-1-qurbâ wa-l-jâri-1-
junubi wa-s-sâhibi bi-1-jambi wa-bni-sabîli wamâ malakat 'aymânukum
'inna-L-Lâha là yuhibbu man kâna muhtâlan fahûran (36).
Adorez Allah et ne L'associez à rien. Soyez bons envers vos parents,
vos proches, les orphelins, les pauvres, vos voisins immédiats ou non, vos in-
times, les voyageurs et vos esclaves. Allah n'aime pas les vaniteux et les
fanfarons. (36).
Dieu, qu'il soit béni et exalté, ordonne de n'adorer que Lui sans
rien Lui associer, car II est le créateur, le dispensateur par excellence,
qui pourvoit seul aux besoins de Ses créatures. Le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- avait demandé à Mou'adh Ben Jabal: Connais-tu
quels sont les droits de Dieu sur ses serviteurs?» Il lui répondit: «Dieu et
Son Envoyé sont les plus savants». Et l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- de répliquer: Ils consistent à L'adorer seul sans rien
Lui associer. Si les hommes font cela, connais-tu quels sont leurs droits vis-
à-vis de Dieu? C'est de ne pas les châtier». [Rapporté par Boukhari et
MousUm) (1) \
Puis II recommande d'être bon à l'égard des père et mère car
c'est grâce à eux que l'homme a vu le jour. Dans plus d'un verset on
trouve que Dieu a joint Son adoration à la bonté envers les parents. \\
a dit: «Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents») [Coran XXXI,
65
14] et: «Ton Seigneur a décrété que vous n'adoriez que Lui. II a prescrit la
bonté à l'égard de vos père et mère») [Coran XVII, 23] Puis II a recom-
mandé la bonté envers les proches. Dans un hadith authentifié l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit: «L'aumône
faite à un pauvre est comptée comme telle, mais si elle est faite à un pro-
che, elle est à la fois une aumône et un maintien du lien de parenté».
(Rapporté par Nassaï) (1) .
Puis envers «les orphelins» ceux qui ont perdu la personne qui
s'occupe et se charge d'eux, puis «les pauvres» qui ne peuvent combler
leur propre besoin et attendent l'aide des autres. Dieu ordonne de
pourvoir à leur nécessité et les tirer de leur indigence. Nous allons par-
ler de ces gens-là en commentant la sourate (le repentir) du Coran.
Ensuite on doit user de bonté à l'égard des: «Voisins immédiats ou
non», (bn Abbas a dit que le premier jouit du droit du lien de parenté,
ce qui n'est pas le cas du deuxième. Bien que d'autres comme Nawf
Al-Bakali, ont dit que le voisin immédiat est le musulman tandis que
l'autre est un des gens du Livre. Parmi les hadiths se rapportant au
voisin, on se contente de citer ces quelques-uns:
1 - Abdullah Ben 'Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Gabriel n'a cessé de me recommander d'être
bon à l'égard du voisin qu'à la fin j'ai cru qu'il allait en faire un de mes hé-
ritiers» (Boukhari et Moustim) <2> .
2 - Abdullah Ben Amr Ben AI-'As rapporte que le Prophète -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- a dit: «Le meilleur ami auprès de Dieu est ce-
lui qui est bon à l'égard de son ami, et le meilleur voisin qui est bon envers
son voisin» (Tirmidhi et Ahmed)' ' .
3 - Al-Miqdad Ben Aswad rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
66
le bénisse et le salue- demanda à ses compagnons: «Comment jugez-
vous l'adultère?» Ils lui répondirent: «Il est interdit. Dieu et Son Envoyé
l'ont interdit jusqu'au jour de la résurrection. Et l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- de répliquer: «Le péché que commet un
homme en forniquant avec dix femmes est moins grave que celui qui le
commet en forniquant avec la femme de son voisin». Puis i! leur demanda:
«Que dites-vous du vol?» - Il est interdit répondirent-ils; Dieu et Son En-
voyé l'ont ineterdit jusqu'au jour de la résurrection. Et lui de répliquer:
«Le péché que commet un homme en volant de dix maisons est moins gra-
ver que celui en volant celle de son voisin» (Rapporté par Par Ahmed) (1 K
4 - Jaber Ben Abdullah rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Les voisins sont de trois sortes: Un voisin qui
a un seul droit, un autre qui a deux et un troisième qui a trois et qui est le
plus gratifié. Le premier est un polythéiste qui ne jouit que du droit de voi-
sinage. Le deuxième est un musulman qui jouit du droit de l'Islam et du
droit de voisinage. Le troisième est un musulman proche qui jouit de trois
droits: du voisinage, de l'Islam et du lien de sang» (2) .
5 - Aicha que Dieu l'agrée- a rapporté qu'il a demandé à l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ayant deux voisins, à qui
dois-je faire un don le premier? Il lui répondit: «A celui dont la porte est
la plus proche que la tienne» (Rapporté Ahmad et Boukhari) (3 * .
m
(2) > 4 Jbr rffttf iïj&M :££ ùyj Jts cjl* -0JI jla ji jj± & jijJl j$; y\ Jlî
ùl^^JtJt J-^»l j-ij (i^JU- «î^tf a! jU-j iOUs- *J jUrj .Lis- Olj-^Jf ^.al y>j (Jj-Ij
G7
«Vos intimes» il s'agit de l'épouse comme disaient Ali et Ibn
Mass'oud. Mais Ibn Abbas et Moujahed ont riposté qu'il est le compa-
gnon du voyage. Selon d'autres: il est l'homme qui vous tient compa-
gnie soit en voyage, soit dans une assemblée.
«Les voyageurs» qui sont les hôtes, d'après Ibn Abbas. Selon Mou-
jahed, Ad-Dahak et Mouqatel, il s'agit du tout voyageur qui passe en
traversant un pays pour un autre. Cette dernière interprétation s'avère
être la plus correcte.
«Vos esclaves» étant donné que ceux-là sont démunis et ont besoin
de toute aide et protection, et qui sont considérés comme des captifs.
Il est rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue-, durant la maladie qui causa sa mort, ne cessa de recommander
aux fidèles: «Observez les prières et soyez bons envers vos escla-
ves».
Al-Miqdam Ben Yathreb rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Il te sera compté en tant qu'aumône lorsque tu
te nourris, ou tu donnes à manger à ton enfant, ta femme et ton domes-
tique» (Nassa'i) (1) .
Abdullah Ben Amr demanda à un majordome: «As-tu donné aux
esclaves leur repas?» - Non, pas encore, répondit-il - Va et donne-leur
leur repas car j'ai entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
?alue- dire: «Il suffit à un homme de commettre un péché en retenant la
nourriture à ceux qui sont à sa charge». (Rapporté par Mouslim)* 2 K
Abou Hou rai ra rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Tout esclave a le droit à la nourriture et à l'habille-
ment. On ne doit plus le charger d'un travail dont il n'en est plus capable»
60
Dans un autre hadith, il aurait dit: «Lorsque l'esclave de l'un d'entre vous
lui apporte le repas, qu'il le fasse asseoir à table avec lui, sinon, qu'il lui en
donne une bouchée ou deux, car c'est bien lui qui l'a préparé». (Rapporté
par Boukhari et MousUm) fl K
Abou Dzarr a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue-, pariant des esclaves, a dit: «Ils sont vos frères que Dieu les
a mis à votre service. Celui qui a à sa charge un de ces frères, qu'il le nour-
risse de ce qu'il mange, l'habille de ce qu'il porte, et qu'il ne lui confie pas
un travail dont il en est incapable de l'accomplir seul. Si c'est le cas, qu'il
lui vienne en aide» (Rapporté par Boukhari et MousHm) <2 K
«Allnh n'aime pas les vaniteux et les fanfarons» c'est à dire ceux qui
sont pleins de fatuité et de gloriole, croyant qu'ils sont supérieurs aux
autres alors qu'ils sont misérables auprès de Dieu et qui renient Ses
bienfaits. Abou Raja Al-Harawi a dit: «Pas un homme qui a de mauvais
caractères sans qu'il ne soit un insolent ou un infatué. Puis il a récité:
«et vos esclaves». Il n'est méconnaissant et désobéissant sans qu'il ne
soit un violent et un malheureux. Puis il a récité: «... et la bonté envers
ma mère. H ne m'a fait ni violent, ni malheureux») [Coran XIX, 32].
Moutraf raconte: «On m'a rapporté un hadith que Abou Dzarr ré-
pétait souvent, et j'avais tant envie de le rencontrer. Un jour je lui dis:
«O Abou Dzarr! Tu racontes que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Dieu aime trois hommes et déteste trois autres?» -
C'est vrai, répondit-il - Dis moi alors, répliquai-je, quels sont ces trois
hommes que Dieu déteste?». Il rétorqua: «L'un d'eux est le vaniteux et
le fanfaron. Ne le trouves-tu pas mentionné dans le Livre de Dieu?
Puis il récita: «Allah n'aime pas les vaniteux et les fanfarons». Je (Abou
Dzarr) demandai à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-:
69
«Donne-moi conseil, ô Envoyé de Dieu» Il me fit cette recommanda-
tion: «Ne laisse pas traîner ton izar, car ceci est de l'ostentation. Dieu
n'aime pas cet acte ostentatoire»
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'Al-ladîna yabhalûna waya'murûna-n-nâsa bi-1-buhli wa yaktumûna ma
'âtâhumu-L-Lâhu min fadlihî wa 'a'tadnâ li-1-kâfirîna 'adâbam
muhînan (37) wa-1-ladîna yunfiqûna 'amwâlahum rï'â A 'a-n-nâsi walâ
yu'minûna bi-L-Lâhi walâ bi-l-yawmi-I-'âhîri wa ma-y-yakuni-§-saytânu
lahû qarînan fasa *a qarînan (38) wa mâdâ 'alayhim law If manu bi-L-
Lâhi wa-l-yawmi-l-'âhiri wa 'anfaqû mimmâ razaqahumu-L-Lâhu wa
kâna-L-Lâhu bihim 'Alîman (39).
Allah n'aime pas les avares et ceux qui préconisent l'avarice. Il n'aime
pas ceux qui dissimulent les bienfaits dont II les gratifie. Il prépare un châ-
timent ignominieux pour les infidèles. (37) Il n'aime pas ceux qui distri-
buent leurs biens avec ostentation et qui ne croient ni en Allah ni au
jugement dernier. Qui a Satan pour compagnon a un bien triste compa-
gnon.(38) Que perdraient-ils à croire en Allah et au jour du jugement der-
nier et à remettre en circulation ce qu'Allah leur a donné, alors qu'Allah
est instruit de tout ce qu'ils font. (39).
Dieu méprise les avares qui ne dépensent pas de ce qu'il leur a
donné de Ses bienfaits pour les parents, les proches, les orphelins, les
pauvres, les voisins immédiats ou non, les intimes, les voyageurs et
les esclaves, et ceux qui ne s'acquittent pas de leur droit envers Dieu
et ordonnent l'avarice aux autres.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Méfiez-
vous de l'avarice qui a causé la perte des générations qui vous ont précédés.
Cette avarice les avait incités à la rupture du lien de parenté, et ils l'ont
70
rompu. Elle les a portés à la perversité et ils n'ont pas manqué à la prati-
quer » (1) .
«Ceux qui dissimulent les bienfaits dont II les gratifie» car l'avare est
méconnaissant envers le Seigneur et n'apparait jamais sur lui la trace
de la grâce divine, ni dans sa nourriture, ni dans son habillement, ni
dans ses actes de charité, comme Dieu le montre dans ce verset:
«Oui, l'homme est ingrat envers son Seigneur, il est témoin de tout cela
mais son amour des richesses est plus fort» [Coran C, 6-8].
Comme ces gens-là dissimulent ce que Dieu leur a donné de sa
grâce, Il les menace d'un châtiment douloureux. A ce propos, l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque Dieu accorde
Ses bienfaits à un de Ses serviteurs, Il aime que ses traces apparaissent sur
lui». Dans ses invocations il disait: «Grand Dieu, fais que nous soyons re-
connaissante envers Toi pour Tes grâces dont Tu nous a comblés, les accep-
ter en Te louant et parachève-les sur nous». Cette avarice, bien qu'elle se
rapporte dans le verset précité aux biens, elle concerne aussi la
science. C'est pourquoi Dieu a menacé les juifs du châtiment pour
avoir dissimulé la science aux hommes, surtout l'avènement de Mou-
hammad -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Après les avares, Dieu mentionne: «Ceux qui distribuent leurs biens
avec ostentation» prenant le démon comme compagnon, qui ne dépen-
sent pas en vue de Dieu et de Sa satisfaction, mais pour qu'on dise
d'eux: des généreux. Dieu les méprise comme II mérpise les avares.
Dans un hadith authentifié, l'Envoyé a dit: «Les trois premiers qui se-
ront l'aliment de l'Enfer sont: le savant, le conquérant et celui qui dé-
pense ceux-là accomplissent leurs œuvres pour être vus des hommes.
Celui qui possédait les richeses dira (au jour de la résurrection et lors
du compte final): «Mon Dieu, je n'ai laissé un moyen pour dépenser en
vue de Ton agrément sans le manquer» Dieu lui répondra: «Tu mens,
car tu as voulu qu'on dise de toi un généreux, et on l'a déjà dit».
En d'autres termes quiconque avait agi de la sorte dans la vie pré-
Mô aurait reçu sa récompense. On demanda à l'Envoyé de Dieu -
71
qu'Allah le bénisse et le salue- sur le sort de 'Abdullah ben Jad'an:
«Ses dépenses et ses affranchissements lui seraient-ils utiles?» - Non,
répondit-il, car il n'a jamais dit un jour: «Seigneur, pardonne-moi mes
péchés le jour du jugement».
Ceux-là, étant dirigés par satan qu'ils avaient pris pour compa-
gnon: «ne croient ni en Allah ni au jugement dernier» Puis Dieu les
blâme en disant: «Que perdraient-ils à croire en Allah et au jour du juge-
ment Dernier et à remettre en circulation ce qu'Allah leur a donné?». Quel
dommage auraient-ils donc subi s'ils avaient suivi le droit chemin, se
montraient sincères en se détourmant de Phypocrisie, avaient cru en
Dieu ambitionnant la demeure éternelle en récompense de leurs bon-
nes actions en dépensant comme Dieu leur a ordonné? Ne savaient-ils
pas que Dieu connaît parfaitement leurs intentions et tout ce qu'ils
font? Celui qui mérite d'être bien dirigé, Dieu lui montre le chemin droit
et lui accorde le succès, en lui préparant toute bonne action qui sera
agréée de Lui. Quant à celui qui mérite l'humiliation et la perdition, il
ne blâme que lui-même et Dieu l'éloigné du droit chemin et de sa mi-
séricorde.
*inna-L-Lâha là yazlimu mitqâla darratin wa 'in taku hasanatan
yudâ'ifhâ wa yu'ti mi-1-ladunhu 'ajran 'azîman (40) fakayfa 'idâ ji'nâ
min kulli *ummatim bi sahîdin wa ji'nâ bika 'alâ ha^ûîa'i sahîdan (41)
yawma'idîn yawaddu-1-ladîna kafarû wa 'asû-r-rasûla law tusawwâ
bihimu-l-'ardu walâ yaktumûna-L-Lâha hadîtan (42).
Allah ne lésera personne, pas même du poids d'un atome. Il rémunére-
ra au centuple les bonnes actions et leur assurera une récompense magni-
fique. (40) Qu'adviendra-t-il d'eux lorsque de chaque peuple sortira un
témoin. Lorsque, toi-même, tu te dresseras contre eux comme témoin. (41)
72
Ce jour-là, les infidèles et les adversaires du Prophète préféreront être sous
terre, plutôt que d'avoir quelque chose à cacher à Allah (42).
■
Dieu fait connaître à Ses serviteurs qu'il leur accordera leur ré-
compense et les comblera de Sa grâce sans faire tort à personne du
poids d'un atome. S'il s'agit d'une bonne action II la lui rendra au cen-
tuple et chacun recevra la rétribution qu'il mérite. H a dit dans d'autres
verset: «Nous poserons les balances exactes le jour de la résurrection)
[Coran XXI, 47], et par la bouche de Loqman qui exhortait son fils, Il a
dit: «O mon fils! Même si c'était l'équivalant du poids d'un grain de mou-
tarde et que cela fût caché dans un rocher ou dans les cieux, ou sur la
terre, Dieu les présentera en pleine lumière» [Coran XXXI, 16].
H a dit aussi: «Celui qui aura fait le poids d'un atome de bien, le ver-
ra * celui qui aura fait le poids d'un atome de mal, le verra») [Coran
XCIX, 7-8].
Dans les deux Sahihs, et d'après Abou Sa'id Al-Khoudri, l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, dans un long hadith se rap-
portant à l'intercession, a dit: «Dieu à Lui la puissance et la gloire dira:
Retournez et faites sotir du feu quiconque aura dans le cœur le poids d'un
grain de moutarde de foi» Ils feront sortir un grand nombre de personnes.
Puis Abou Sa'id dit: «Récitez si vous voulez: «Allah ne lésera personne,
pas même du poids d'un atome». (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1>
Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Au jour de la résurrection, on amè-
nera rhomme ou la femme, et un crieur criera en faisant entendre les
premiers et les derniers: «C'est un tel fils d'un tel, quiconque a un droit
sur lui qu'il vienne le récupérer». Alors la femme se réjouira de pouvoir
récupérer ses droits que lui devaient son père, sa mère, son frère ou
son mari» Puis il récita «H ne sera plus question, pour eux, de généalo-
gies, et ils ne s'interrogeront plus») [Coran XXIII, 101]. Dieu alors déga-
gera qui II veut de ses propres droits mais jamais des droits de ses
créatures. En jugeant Igs gens, Dieu leur dira: «Acquittez-vos des
73
droits des autres». Chacun répondra: «Seigneur, le bas monde est
complètement anéanti. D'où pourrai-je leur donner pour m'acquitter?»
Dieu dira alors (aux anges). «Prenez de ses bonnes actions pour satis-
faire les ayant-droits» S'il était fidèle à Dieu et il lui en restera le poids
d'un atome de ses bonnes actions, Dieu le lui doublera pour le faire
entrer au Paradis. Puis Ibn Mass'oud récita: «Allah ne lésera personne,
pas même du poids d'un atome. Il rémunérera au centuple les bonnes ac-
tions» Mais si cet individu était un malheureux, l'ange dira à Dieu:
«Seigneur, ses bonnes actions sont épuisées et il en reste tant de de-
mandeurs». Il lui ordonnera: «Prenez des mauvaises actions de ces
demandeurs et ajoutez-les à celles de cet homme, puis précipitez-le
dans l'Enfer».
Quant au polythéiste, d'après Sa'id Ben Joubair, on lui allégera le
châtiment le jour de la résurrection sans pour autant pouvoir sortir du
Feu où il demeurera éternellement. Ce qui confirme tout cela, est le
hadith authentifié dans lequel Ibn Abbas aurait demandé à l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu, ton oncle
Abou Taleb t'a entouré de sa protection et de ses soins, et t'a secouru.
As-tu pu lui être utile en quelque chose?» - Oui, répondit-il, il est dans
l'endroit le moins pénible de l'Enfer, et sans mon intercession il serait dans
le plus profond abîme».
Il se peut que cela soit réservé seulement à Abou Taleb, la preuve
en est ce hadith qu'on trouve dans le Sahih de Mouslim où Anas rap-
porte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, aurait dit:
«Dieu ne fera pas tort à un croyant pour une bonne action qu'il a commise.
Il lui donnera des biens de ce bas monde et le rétribuera dans la vie future.
Quant à l'incrédule, Il lui accordera des biens pour ses bonnes actions qu'il
a commises en vue de Dieu dans le bas monde, de sorte que dans la vie fu-
ture, il n'aura aucune bonne action pour en être rétribué»* ^.
Abou 'Othman raconte: «J'ai demandé à Abou Hou ra ira: «J'ai en-
tendu mes frères dire que tu as entendu le Prophète -qu'Allah le bé-
74
nisse et le salue- dire: «Dieu rémunérera à mille mille bonnes actions
chaque bonne action?» Il me répondit: «Par Dieu, je Pai entendu dire
qu'elfes seront de <ieux mille mille bonnes actions». Puis il récita:
«Qu'est-ce donc la jouissance éphémère de cette vie comparée à la vie fu-
ture, sinon peu de chose») [Coran LX, 38].
Pour montrer la grande terreur du jour de la résurrection, Dieu dit:
«Qu'adviendra-t-il d'eux lorsque de chaque peuple sortira un témoin.
Lorsque, toi-même, tu te dresseras contre eux comme témoin?» Qui signifie
que chaque Prophète sera le témoin contre son peuple comme on le
trouve dans ces deux versets: «La terre brillera de la lumière de son Sei-
gneur. Le Livre sera posé en évidence. Les Prophètes et les témoins vien-
dront») [Coran XXXIX, 69] et: «Comme le Jour où nous enverrons à
chaque communauté un témoin contre eux») [Coran XVI, 89].
D'après Al-Boukhari, Abdullah Ben Mass'oud raconte: «L'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- m'a demandé de lui réciter du
Coran. Je lui dis: «Ô Envoyé de Dieu, te réciterai-je le Coran alors que
c'est à toi qu'il a été révélé?» - Oui, répondit-il f car j'aime l'entendre ré-
cité par un autre que moi». Je lui récitai la sourate des femmes, et ar-
rivé à ce verset: «Qu'adviendra-t-il d'eux lorsque de chaque peuple sortia
un témoin. Lorsque, toi-même, tu te dresseras contre eux comme témoin?»
il s'écria: «Assez» et je vis ses yeux fondre en larmes» (1) .
«Ce jour-là, les infidèles et les adversaires du Prophète préféreront
être sous terre, plutôt que d'avoir quelque chose à cacher à Allah» Certes
il est le jour de la grande frayeur où les incrédules souhaiteront être
engloutis par la terre en s'attendant à la honte, à l'humiliation et à la
réprimande pour prix de leurs œuvres, lis ne pourront rien cacher à
Dieu et avoueront tout ce qu'ils auront commis.
A ce propos Sa'id ben Joubaïr raconte qu'un homme vint trouver
ibn Abbas et lui dit: «J'ai entendu Dieu à Lui la puissance et la gloire
75
répéter les paroles des polythéistes au jour de la résurrection: «Par
Dieu, notre Seigneur! Nous n'étions pas polythéistes» et dire dans un au-
tre verset: «d'avoir quelque chose à cacher à Allah»?. Ibn Abbas répondit:
«En constatant que nul n'entrerait au Paradis s'il n'était pas un musul-
man soumis.les polythésites se disent: «Pourquoi ne nions-nous pas?»
et ils déclarent «Par Dieu, notre Seigneur! Nous n'étions pas polythéistes»
Dieu alors met un sceau sur leurs bouches et leurs mains et pieds té-
moignent de ce qu'ils ont accompli. Voilà le sens de ce verset: «d'avoir
quelque chose à cacher à Allah».
Dans une autre version, un homme vint auprès d'Ibn Abbas et lui
dit: «Je trouve dans le Coran des versets qui se contredisent» Ibn Ab-
bas s'écria: «Lesquels? Tu en doutes?» - Non, répliqua l'homme, il
n'est plus question de doute mais des contradictions». - Donne-moi un
exemple, lui proposa Ibn Abbas -Et l'homme de dire: «J'entends Dieu
dire: «Dans leur égarement, ils ne pourront alors que dire: «Par Dieu, no-
tre Seigneur! Nous n'étions pas polythéistes») [Coran VI, 23] puis II dit:
«d'avoir quelque chose à cacher à Dieu» Ibn Abbas lui répondit: «Le pre-
mier verset signifie que lorsque ces polythéistes auront constaté au
jour de la résurrection que Dieu n'absoudra que les musulmans et leur
pardonnera leurs péchés quels qu'ils soient graves mais jamais quand
il s'agit du polythéisme, ils se diront: «Pourquoi ne nions-nous pas» et
déclareront: «Par Dieu, notre Seigneur! Nous n'étions pas polythéis-
tes» espérant obtenir le pardon. Mais Dieu - 1 mettra un sceau sur leurs
bouches, et leurs mains et pieds témoigneront de ce qu'ils ont ac-
compli». Et alors: «les infidèles et les adversaires du Prophète préféreront
être sous terre, plutôt que d'avoir quelque chose à cacher à Allah».
Une troisième variante rapportée par Ad-Dahak, et qui est pareille
aux deux premières, précise que l'homme qui a eu cette discussion
avec Ibn Abbas, était Nafé 1 Ben Al-Azraq.
76
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna Tmanû là taqrabû-s-salâta wa 'antum sukârâ hattâ
ta'lamû ma taqûlûna walâ junuban 'illâ 'âbiri sabîlin hattâ tagtasilû wa
'in kuntum mardâ* 'aw 'alâ safarin 'aw j^'a 'ahadum-minkum mina-1-
$Titi 'aw lâmastumu-n-nisa *a falam tajidû mâ'an fatayammamû sa'îdan
tayyiban famsahu biwujuhikum wa 'aydikum 'inna-L-Lâha kâna
'Afuwwan Gafûran (43).
O croyants, ne priez que lorsque vous êtes lucides. Attendez de
comprendre ce que vous dites. Si vous êtes impurs, lavez-vous, à moins que
vous ne soyez en voyage. Si vous êtes malades ou en voyage, si vous venez
de satisfaire un besoin ou d'avoir approché une femme, et que vous ne trou-
viez pas d'eau, avisez de la terre propre et frottez-vous- en le visage et les
mains. Allah est indulgent et miséricordieux» (43).
Dieu qu'il soit béni et exalté, interdit à Ss serviteurs croyants de
prier en cas d'ivresse, car l'homme n'y sera conscient de ce qu'il dira.
Comme II interdit à l'impur de fréquenter la mosquée et y demeurer, à
moins qu'il ne soit un passant (et c'était avant la construction des mos-
quées). Cela se passait avant l'interdiction catégorique du vin, comme
on l'a déjà montré en commentant le verset 219 de la sourate «la va-
che». Dieu a dit: «Ils t'interrogent sur le vin et le jeu» et l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- le récita à Omar. Celui-ci deman-
da: «Seigneur, montre-nous un ordre décisif concernant le vin». Les
hommes à cette époque, et après cette révélation ne buvaient pas tant
qu'ils priaient. Mais à la fin Dieu fit descendre ce verset qui constitue
une interdiction formelle du vin «O vous croyez, le vin, le jeu de hasard,
les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une
œuvre du démon. Evitez-les., jusqu'à «Ne vous abstiendrez- vous pas?»)
[Coran V, 90-91]. Entendant cela 'Omar s'écria: «Nous nous sommes
abstenus».
En voilà un autre récit relatif à l'interdiction du vin. Ali Ben Abi Ta-
leb racotne: «Abdul Rahman Ben Aouf nous prépara un repas et nous
présenta du vin. Les hommes en burent et devinrent ivres. Au moment
de la prière, l'un d'entre nous la présida et commit des erreurs en réci-
tant la sourate des incrédules. Il dit: «Dis: O vous les incrédules, je
n'adore pas ce que vous adorez, et nous adorons ce que vous ado-
rez...» Dieu à cette occasion fît cette révélation: «O croyants, ne priez
lorsque vous êtes lucides. Attendez de comprendre ce que vous dites».
77
On peut déduire de ce qui précède que cette interdictior était pro
gressive:
- Le premier verset consiste en une interrogation sur le vin.
- Le deuxième défend l'homme de prier à l'état d'ivresse.
- Le troisième renferme un ordre catégorique de l'abstention.
«Si vous êtes impurs, lavez-vous, à moins que vous ne soyez en
voyage». On doit d'abord montrer qu'au début de l'ère islamique et
avant la construction des mosquées, on réservait un morceau de la
terre pour y faire la prière en plein air. Certaines portes des demeures
donnaient directement sur ce terrain et l'on était contraint à le traverser
pour passer d'un côté à l'autre, dans le but d'aller puiser de l'eau pour
se purifier quand les hommes se trouvaient en état d'impureté ma-
jeure. Il leur était interdit de s'asseoir dans cet endroit consacré a la
prière, mais il leur était toléré d'y passer s'il n'y avait pas d'autre ac-
cès. Ce qui confirme ce fait est le hadîth authentifié rapporté par Bouk-
hari dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait
ordonné de fermer toutes les portes accédant à la mosquée sauf celle
d'Abou Bakr.
Ainsi cette règle s'applique à là femme qui est à ses menstrues ou
lochies. Car il est cité dans le Sahih de Mouslim que l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- avait demandé à Alcha de lui apporter
la natte qui se trouvait dans la mosquée. Elle lui répondit: «J'ai mes rè-
gles» Il rétorqua: «C'est une chose qui ne dépend pas de toi».
Mais 'Ali a interprété ce verset d'une manière différente.ll a dit qu'il
est permis au voyageur d'y faire ta prière quand il est en état d'impu-
reté et ne trouve pas de l'eau pour se purifier. Ceci corrobore le hadith
rapporté par Abou Dzarr dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Le sable pur est une purification pour tout musul-
man s'il ne trouve de Veau qu'à une distance de tels jours de marche. Mais
une fois cette eau est disponsible, lave-toi car ce sera mieux pour toi»,
(Rapporté par Ahmed et les auteurs des sunan3) (1> .
7R
Pour donner à ce verset une explication claire, on peut déduire
que l'homme ne doit prier tant qu'il est ivre jusqu'à ce qu'il soit en état
de lucidité pour comprendre ce qu'il dit. Ainsi il ne faut pas rester dans
la mosquée en état d'impureté rituelle et prier à moins qu'il ne soit un
voyageur.
En ce qui concerne la lotion, les trois imams Abou Hanifa, Malek
et Chafé'i ont jugé qu'elle est une obligation pour tout homme se trou-
vant en état d'impureté majeure qui demeure dans la mosquée, ou à la
rigueur, il doit faire une lustration pulvérale (tayammoum) s'il ne trouve
pas de l'eau pour se purifier. Quant a l'imam Ahmed, il a jugé que les
ablutions sont suffisantes, tirant argument d'un hadith rapporté par
Mouslim d'après 'Ata Ben Yassar qu'il a vu quelques uns des compa-
gnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- assis dans
la mosquée alors qu'ils étaient impurs rituellement, se contentant des
ablutions».
«Si vous êtes malades ou en voyage, si vous venez de satisfaire un be-
soin ou d'avoir approché une femme, et que vous ne trouviez pas d'eau, avi-
sez de la terre propre». La maladie dont il est question dans le verset
est celle qui attarde la guérison une fois on a utilisé l'eau pour faire
une lotion ou des ablutions, bien qu'une foule des théologiens tolèrent
une lustration pulvérale sans faire une distinction entre les différentes
sortes de maladies.
Moujahed rapporte que ce verset fut révélé au sujet d'un Médinois
qui, étant malade, n'a pas pu quitter sa place pour faire ses ablutions
et n'avait pas un domestique pour le servir. La satisfaction d'un besoin
naturel signifie l'impureté mineure.
Quant à «l'approche des femmes» il y a eu une divergence dans son
interprétation:
- Les uns ont dit qu'il s'agit de rapports charnels d'après Ibn Ab-
bas surtout, en donnant le même sens aux deux verbes (en arabe)
massa et lamassa qui signifie avoir de rapports charnels avec une
femme. Le verbe «lamassa» est cité dans le verset précité. Quant au
verbe «massa», il est cité dans ces deux versets: «... avec qui vous
n'aurez pas consommé le mariage») [Coran II, 236] et: «... quand vous les
répudiez ensuite sans les avoir touchées») [Coran XXXIII, 49].
79
- Les autres ripostent disant qu'il s'agit d'un simple toucher avec
un membre oa une parfle du corps, comme par exemple toucher la
femme avec la main ou l'embrasser, et cela exige des ablutions. Telle
était l'opinion de lbn Mass'oud, Abdullah Ben 'Omar et autres.
Mais suivant d'autres versions, Aicha a rapporté que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- embrassait sa femme et faisait la
prière sans renouveler ses ablutions, ainsi il faisait cela à l'état de
jeûne sans le rompre.
Bien que Malek, Chafé'i et ibn Hanbal exigent de l'homme de faire
ses ablutions s'il touche la femme, la première opinion qui contredit ce-
la s'avère être plus correcte, d'après les dires de 'Alerta, et c'est Dieu
qui est le plus savant.
«et que vous ne trouviez pas d'eau avisez de la terre propre» Plusieurs
ulémas ont déduit de ce verset que la lustration pulvérale (tayam-
moum) n'est valable qu'en cas de pénurie d'eau. A cet égard Imran
Ben Hossain rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et Je
salue- vit un homme qui s'isolait des autres au moment de la prière. Il
lui demanda: «O un tel! Qu'est ce qui t'empêche de prier avec les autres?
N'es-tu pas musulman?» - Certes oui, répondit-il, mais je suis pollué et je
n'ai pas trouvé de l'eau pour mé purifier» Et le Prophète de répliquer:
«Recours-toi à du bon sable, il te suffit». (Rapporté par Ahmed)* 1 **
La terre propre, ou le bon sable, signifie d'après Malek: la terre, le
sable, les arbres et les plantations. Selon Abou Hanifa: elle est toute
substance qui est de par sa nature ressemble à la terre comme le
sable, l'arsenic, le calcaire. Mais lbn Hanbal et Chafé'i précisent qu'il
s'agit du bon sable.
D'après Mouslim, Houdzaifa Ben Al-Yaman a rapporté que l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nous ayons été pré-
férés aux autres par ces trois faveurs: (Dans la prière) nos rangs sont
80
pareils aux rangs des anges, toute la terre nous est un lieu de prière et son
sable purificateur si nous ne trouvons pas d'eau» (1) .
«... et frottez-en le visage et les mains» Ce qui différencie la lustra-
tion pulvérale des ablutions, est que la première est restreinte au frotte-
ment du visage et des mains. Cependant la manière de la pratiquer
était sujet à de différentes opinions:
- La première consiste à frapper le sol deux fois par les paumes
des mains pour se frotter le visage et les bras jusqu'aux coudes, selon
Ibn 'Omar et Chafél.
- La deuxième consiste à frapper le sol deux fois pour se frotter le
visage et les mains. Ce qui était l'ancien avis de Chafé'i.
- La troisième se limite à frapper le sol une seule fois. A cet égard
on rapporte qu'un homme vint trouver 'Omar et lui dit: «je suis pollué
et n'ai pas trouvé d'eau pour me purifier». Il lui répondit: «Ne prie
pas». Mais Ammar qui était présent dit à 'Omar: «O prince des
croyants! Te rappelles-tu quand nous étions dans une expédition, toi et
moi, en état d'impureté majeure, toi tu n'as pas prié, quant à moi je me
suis roulé dans le sable et j'ai prié. En racontant ce fait au Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-, il me dit: «Il te suffirait de faire cela» et
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- frappa le sol de ses deux
mains, souffla dessus et se frotta le visage et les mains».
Dans une autre version on trouve cet ajout: «Abdullah dit à Abou
Moussa, tout deux étant présents: «Sans doute Omar ne paraissait
pas convaincu». Abou Moussa lui répondit: «Comment ne devait-il pas
l'être alors que c'est une chose claire d'après ce verset: «et que vous ne
trouviez pas d'eau, avisez de la terre propre» Abdullah ne savait pas par
quoi répliquer et se contenta de dire: «Si l'on était autorisé à faire le
tayammoum, l'un d'entre nous aurait abusé de cette autorisation en
pratiquant la lustration pulévrale à chaque fois trouvant l'eau très
froide».
81
Dans la sourate de la table, Dieu a dit: «et frottez-vous-en le visage
et les mains») [Coran V, 6]. Chafé'i en déduit que, pour faire le tayam-
moum il faut se servir de la terre propre dont sa poussière se colle au
visage et aux mains.
Dieu a dit aussi dans la sourate de la table:«Allah ne désire pas
vous causer de la gêne. Il aspire à ce que vous soyez propres» Cela signifie
que Dieu, par cette loi, ne veut pas vous imposer de charge supplé-
mentaire en vous autorisant à vous contenter de la lustration pulvérale
pour vous purifier en cas de pénurie d'eau. C'est une de Ses grâces
dont II vous comble afin d'être reconnaissants envers Lui, et ceci n'a
jamais été octroyé à une autre communauté.
Dans un hadith authentifié cité dans les deux Sahihs, Jaber Ben
Abdullah rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit: «On m'a accordé cinq faveurs qu'aucun autre Prophète n'avait
repues avant moi: La victoire (sur l'ennemi) à une distance d'un mois de
marche (en lui inspirant) la terreur; toute la terre m'a été faite comme un
lieu pour la prière, et son sable est un moyen de puriflcationl; quiconque de
ma communauté peut prier là où il sera le moment de la prière; les butins
sont devenus commes des biens licites pour moi alors qu'ils ne l'étaient plus
à aucun avant moi; on m'a accordé le droit d'intercession; Dieu envoyait
chaque Prophète à son peuple, tandis que moi, j'ai été envoyé au monde en-
tier». (Rapporté par Boukhari et MousUm) (1) ,
Et le verset se termine par: «Allah est indulgent et miséricordieux»
car dans les cas que nous avons déjà mentionnés, s'agit-il d'une
ivresse ou d'une maladie ou d'une impureté rituelle majeure, si on ne
trouve pas de l'eau pour se purifier, Il nous autorise à se servir du
sable propre afin qu'on accomplisse la prière d'une façon parfaite qui
exige une pureté et des abutions dont le tayammoum peut les rempla-
cer.
82
La légitimité du Tayammoum.
En principe nous devions mentionner les causes du tayammoum
et la circonstance de la révélation en commentant la sourate de la
table mais nous allons les citer ci-après pour les raisons suivantes:
1 - Le verset relatif au tayammoum cité dans la sourate des fem-
mes a été révélé avant le verset cité dans la sourate de la table.
2 - Ce verset fut descendu avant l'interdiction catégorique du vin
qu'on trouve dans la sourate de la table; et c'était peu après la bataille
de «Ouhod» en assiégeant les juifs de Bani An-Nadir.
3 - La sourate de la table était parmi les dernières qui furent révé-
lées à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Il est cité dans le Sahih de Boukhari que 'Alcha -que Dieu l'agrée
a raconté: «Nous étions partis en compagnie de l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- dans une de ses expéditions. Arrivés à
«Al-Bayda» ou «Zat-el-Jaich», je perdis mon collier. L'Envoyé de Dieu
s'arrêta pour le rechercher et tout le monde fît halte dans un lieu où il
n'y eut plus d'eau. Les hommes vinrent trouver Abou Bakr -que Dieu
l'agrée- et lui dirent: «Ne vois-tu pas ce qu'a fait 'Aicha? Elle a obligé
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de s'arrêter et les
gens n'ont plus d'eau et ils ne se trouvent point dans un lieu où il y a
de l'eau».
Abou Bakr (mon père) se dirigea où je me trouvais et l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- était endormi en posant la tête
sur ma cuisse. Il me dit: «Tu as retenu l'Envoyé de Dieu et les gens
n'ont plus d'eau et ne se trouvant pas dans un lieu où il y a de l'eau»
il se mit à m adresser des reproches et dire ce qu'il plut à Dieu de lais-
ser dire; et me donna de coups de poing à la hanche sans agir de ma
part à raison de la place qu'occupait l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- sur ma cuisse. Le lendemain matin quand l'Envoyé
de Dieu s'aperçut qu'il n'y eut plus d'eau, Dieu lui a révélé le verset
concernant le tayammoum, et tout le monde se mit à le pratiquer. Ous-
said Ben Houdaïr dit alors: «Ce n'est pas la première grâce que vous
receviez de Dieu ô famille d'Abou Bakr» Et Aicha de poursuivre:
83
«Quand nous poussâmes le chameau que je montais à se relever
nous trouvâmes le collier sous lui» (1) .
Al-Asla' Ben Charik raconte: «J'ai été chargé de bâter la chamelle
de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Dans une nuit
très froide je fus pollué, et le matin, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- me dit de lui préparer sa monture. Comme je répu-
gnai à la bâter à l'état d'impureté et j'eus peur de mourir ou de subir
une certaine maladie en me servant de l'eau froide pour me purifier, je
demandai à un Ansarien de bâter la chamelle à ma place. Puis j'arran-
geai quelques pierres pour en faire un petit foyer où je mis le feu pour
chauffer l'eau et je fis une lotion. En rejoignant l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue-, il me demanda: «Ô Asla', pourquoi as-tu
changé la façon de bâter la chamelle?» Je lui répondis: «Ô Envoyé de
Dieu, un Ansarien l'a fait à ma place - Pourquoi, dit-il. Je répliquai: «Je
subis une impureté rituelle et eus peur de mourir ou de tomber malade
en me purifiant à l'eau froide» Et je lui racontai ce que j'avais fait. Dieu
à cette occasion fit cette révélation: «O croyants, ne priez pas que
lorsque vous êtes lucides... jusqu'à Allah est indulgent et miséricordieux»* 2 *
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84
'alam tara 'ilâ-1-ladîna 'ûtû nasîbam-mina-1-kitâbi ya5tarûna-d-dalâlata
wa yurîdûna 'an tadillû-s-sabîla (44) wa-L-Lâhu Vlamu bi 'a'da'ikum
wa kafa bi-L-Lâhi waliyyan wa kafâ bi-L-Lâhi nasîran (45) mina-1-ladîna
hâdû yuharrifuna-1-kalima 'am-mawâdi'ihî wa yaquluna sami'nâ wa
'asaynâ wa-sma* gayra musma'in wa râ'inâ layyam-bi 'alsinatihim wa
ta'nan fî-d-dîni walaw 'annahum qâlû sami'nâ wa *ata'nâ wasma*
wanzurnâ lakâna hayra-1-lahum wa 'aqwama wa lâki-1-la *anahumu-L-
Lâhu bikufrihim falâ yu'minûna 'illâ qalîlan (46).
Considère ceux qui ont reçu une partie du Livre! Us courent après l'er-
reur et souhaitent de vous y précipiter à votre tour. (44) Allah connaît
mieux que quiconque vos adversaires. Allah vous suffît pour maître et vous
suffit pour allié. (45). Parmi les juifs, il y en a qui falsifient l'origine des
mots et qui se permettent de dire au Prophète: «Nous entendons et nous
désobéissons. Que tu entendes ou que tu n'entendes pas, ça nous est égal.
Aie de la considération pour nous». Et cela, en tordant leur langue avec
mépris et dans un esprit de dénigrement pour la religion. Que ne disent-ils
plutôt: «Nous entendons et nous obéissons» Ecoute-nous et regarde-nous»
Un tel langage eut été préférable et aurait été plus loyal. Mais que faire?
85
Allah les a maudits pour leur impiété. Ils n'ont en effet que peu de foi»
(46).
Il s'agit des juifs, que Dieu les maudisse jusqu'au jour du jugement rit
dernier, qui ont troqué Terreur contre la voie droite, se sont détournés
de ce que Dieu a révélé à Mouhammad, ont négligé et dissimulé par-
fois la science reçue des anciens Prophètes au sujet de l'avènement
de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ont échangé
tout cela contre un vil prix pour obtenir quelques biens éphémères de
ce bas monde. En plus, ils veulent que vous égariez du droit chemin et
que vous deveniez incrédules ô croyants en laissant la voie droite et la
science utile.
«Allah connaît mieux que quiconque vos adversaires» en vous mettant
en garde contre eux, et vous demandant à mettre votre confiance en
Lui car II est le meilleur protecteur et le meilleur défenseur.
Ces juifs-là altèrent le sens des paroles révélées délibérément et
disent au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Nous avons en-
tendu ce que tu viens de dire ô Mouhammad, mais quand même nous
te désobéissons. Entends, sans que personne te fasse entendre et re-
garde-nous». Ils veulent le tourner en dérision, que Dieu les maudisse,
en tordant la langue avec mépris pour attaquer la religion qu'il prêche.
Ils lui déclarent autre que ce qu'ils dissimulent. Mais Dieu fait connaître
à Son Envoyé leur réalité en lui disant: «Que ne disent-ils plutôt: «Nous
entendons et nous obéissons» c'est été certainement meilleur pour eux et
plus droit: «Mais que faire? Allah les a maudits pour leur impiété. Us n'ont
en effet que peu de foi» on suivant une autre interprétation: ils ne croient
pas à l'exception d'un petit nombre d'entre eux. Nous avons déjà parlé
de leur attitude hostile envers le Prophète en commentant le verset n:
104 de la sourate «La vache»
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96
yâ 'ayyuhâ-I-Iadînâ 'ûtû-1-kitâba *2fminû bimâ nazzalnâ musaddiqa-1-limâ
ma'akum min qabli 'an-natmisa wujûhan fanaruddahâ 'alâ 'adbârihâ 'aw
naranahum kamâ la'annâ 'ashâba-s-sabti wa kâna 'amru-L-Lâhi
mafûlan (47) *inna-L-Lâha la yagfïru ' ay-yusraka bihî wayagfiru ma
dûna d âlika limay-ya§ï *u wa may-yusrik bi-L-Lâhi faqad iftara 'itman
'azîman (48).
O gens d'Ecriture, croyez à ce que nous révélons et qui confirme ce ce
que vous savez déjà, avant que nous vous défigurions et tournions sens des-
sus dessous vos visages ou que nous vous maudissions, comme nous avons
maudit les profanateurs du Sabbat. Allah est prompt à exécuter ses mena-
ces, dm: Allah ne pardonne point qu'on Lui associe d'autres divinités. Hor-
mis cela, Il pardonne à qui II veut. Celui qui donne des associés à Allah
commet un horrible forfait (48).
Dieu ordonne aux gens du Livre de croire à ce qu'il a révélé à
Son Envoyé -qu'Allah le bénisse et le salue- et qui corrobore ce qu'ils
possèdent comme Ecriture en les menaçant d'un châtiment exemp-
laire: «avant que nous défigurions et tournions sens dessus dessous vos visa-
ges». Certains ont expliqué cela en disant que Dieu efface leurs
visages en les privant des yeux, des oreilles et de nez. Mais Ibn Ab-
bas l'a commenté autrement en disant que Dieu les défigure de sorte
que le visage soit tourné vers l'arrière et ils marchent à reculons. Cela
constitue un châtiment ignominieux pour prix de leur impiété et de leur
détournement du droit chemin.
D'autres comparent cette défiguration à ces paroles divines: «Oui
nous mettrons des carcans à leur cous, jusqu'à leurs mentons; leurs têtes se-
ront maintenues droites et immobiles. Nous placerons une barrière devant
..») ICoran XXXVI, 8-9].
eux..
Selon d'autres, Dieu efface leurs visages afin de ne plus voir la
voie droite et de rester dans l'égarement. Ou bien II les fait retourner à
Tétat d'incrédulité et les transforme en singes. On a rapporté que Ka'b
AI-Ahbar, entendant ce verset, se convertit à l'Islam.
'Issa Ben AI-Moughira raconte: «Etant chez Ibrahim, nous parlions
de la conversion de Ka'b. Il dit: «Ka'b embrassa l'Islam du temps de
"Omar. Voulant partir à Jérusalem, Ka'b passa à Médine. En le voyant
'Omar s'écria: «O Ka'b! Convertis-toi» Ka'b lui répondit: «Ne récitez-
87
vous pas ce verset: «Ceux qui était chargés de la Tora et qui, ensuite, ne
Pont plus acceptée, ressemblent à l'âne chargé de livres?») [Coran LXII, 5];
eh bien moi, je suis chargé de la Tora». Omar le laissa et Ka'b pour-
suivit son chemin. Arrivé à Homs, il entendit un des habitants attristé
réciter: «O gens d'Ecriture, croyez à ce que nous révélons et qui confirme
ce que vous savez déjà, avant que nous vous défigurions sens dessus dessous
vos visages» Ka'b s'écria alors: «Seigneur, je me suis converti»; de peur
qu'il ne subisse ce châtiment. Puis Ka'b retourna à sa famille à Yemen
qui se convertit à son tour et il l'amena à Médine en tant que musul-
mans.
«ou que nous vous maudissions, comme nous avons maudit les profana-
teurs du Sabbat» il s'agit de ceux qui avaient transgressé le sabbat par
une certaine ruse en tendant les filets pour recueillir les poissons,
Dieu, pour les punir, les avait transformés en singes et porcs.
Puis Dieu rappelle aux hommes qu'il exécute toujours ses mena-
ces et nui ne pourrait le rendre à l'impuissance. Il leur rappelle aussi
qu'il ne pardonne jamais à quiconque Lui reconnaît de rivaux, mais
pour les autres péchés, Il pardonnera à qui H voudra. A ce propos on
se contente de citer ces quelques hadiths:
1 - Anas Ben Malek rapporte, que le Prophète -qu'Allah le bénisse se
et le salue- a dit: «Il existe trois sortes d'injustice: une injustice que Dieu
ne pardonne jamais; une deuxième qu'il pardonne, et une troisième qu'il ef-
face totalement. La première est le polythéisme que Dieu ne pardonne
point». Puis il récita: «Le polythéisme est une injustice») [Coran XXXI,
13]. Quant à la deuxième que Dieu pardonne, elle est celle que les hommes
commettent à l'égard de leur Seigneur. La troisième commise entre les
hommes eux-mêmes de sorte que Dieu venge l'un de l'autre». (Rapporté
par Boukhari et Mouslim)"K
88
2 - Abou Idriss rapporte que Mou'awia a entendu l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Peut-être Dieu pardonne tous les
péchés à l'exception de ces deux: Lorsque l'homme meurt incrédule, et
lorsque l'homme tue un croyant de propos délibêré» (1 K
3 - Abou Dzarr rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Tout homme qui atteste: «Il n'y a d'autre divinité que
Dieu» et qui mourra aussitôt après, entrera au paradis». Je lui demandai:
«S'il a forniqué ou volé?» - Même s'il a forniqué ou volé, répondit-il. -
Même s'il a volé ou s'il a forniqué? demandai-je de nouveau. - Même
s'il a forniqué et s'il a volé, affirma-t-il. A la quatrième fois, il ajouta:
«Malgré Abou Dzarr». (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (2 K
Abou Dzarr raconte aussi: «Un soir, marchant avec l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dans le H a ira de Médine (un en-
droit couvert de pierres volcaniques) les yeux fixés sur le mont Ohod, il
me dit: «O Abou Dzarr! que je voudrais que Ohod fût en or et m'appartînt,
que trois jours passassent ayant encore en ma possession un seul dinar si ce
ne serait pour payer une dette, mais uniquement pour dire aux serviteurs de
Dieu: voici! voici! voici!» en faisant de sa main un geste comme pour
en prendre quelque chose et la donner à droite et à gauche. Puis il
poursuivit: «O Abou Dzarr! les hommes les plus aisés, (dans ce bas
monde) seront les plus pauvres au jour de la résurrection à moins qu'ils ne
donnent en aumônes». Nous continuâmes notre marche et soudain il me
dit: «O Abou Dzarr ne bouge pas et reste jusqu'à ce que je sois de retour».
Il me quitta, s'éloigna et disparut à mes yeux. Entendant un certain
bruit, je me suis dit: «Peut-être une chose fut arrivée à l'Envoyé de
Dieu» et voulant aller le rechercher quand je me souvins de ses paro-
les «Ne bouge pas». Je l'attendis et une fois de retour je l'informai du
bruit que j'avais entendu. Il me répondit: «C'est Gabriel qui est venu me
89
voir et me dire: «Tout homme de ta communauté meurt sans rien associer
à Dieu, entrera au Paradis» Je lui demandai: «Et s'il a commis l'adultère
et s'il a volé?» Il me répondit: «Même s'il a commis l'adultère et s'il a
volé». (Rapporté par Boukhari, Moustim et Ahmed) (1) .
4 - Damdam Ben Jaouch Al-Yamani raconte: «Abou Houraira m'a
dit: «Ô Yamami, ne dis jamais à une personne que Dieu ne lui par-
donne pas ou qu'il ne le fera pas entrer au Paradis. - O Abou Hourai-
ra, demandai-je, ce sont de propos qu'on dise souvent lorsque l'un de
nous est irrité contre un autre» Il répliqua: «Ne dis ça jamais à per-
sonne, car j'ai entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- raconter ceci: «Deux hommes de Boni Israël étaient fraternises. L'un
d'eux commettait des péchés tandis que l'autre s'adonnait à l'adoration. Ce
dernier, en s'apercevant que son frère persistait dans les péchés, lui dit:
«Cesse». L'autre de répondre: «Laisse-moi et laisse mon Seigneur. A-t-on
envoyé pour me surveiller?». Le premier répliqua: «Je jure par Dieu qu'il
ne te pardonnera point, et tu n'entreras pas au Paradis». Après leur mort,
ils se sont réunis devant le Seigneur des mondes. Dieu dit à l'homme ver-
tueux: «Savais-tu d'avance ma décision? Pouvais-tu faire ce que Je le pour-
rai Moi-même?» Puis Dieu dit au coupable: «Entre au Paradis par Ma
miséricorde» et à l'autre: «Entre à l'Enfer». Le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- d'ajouter: «Par celui qui tient lame d'Aboul-Qassem
dans Sa main, cet homme-là a proféré un mot qui a anéanti sa vie dans le
bas monde et dans l'autre». (Rapporté par Ahmed/ 2 *.
90
'alam tara 'ilâ-1-ladîna yuzakkûna 'anfusahum bali-L-Lâhu yuzakkî may-
yèt *u walâ yuzlamûna fatîlan (49) 'unzur kayfa yaftarûna 'alâ-L-Lâhi-1-
kadîba wa kafâ bihT 'itmam-mubînan (50) 'alam tara 'ilâ-1-ladîna 'ûtû
nasîban mina-1-Kitâbi yu'minûna bi-1-jabti wa-t-tâgûti wa yaqûlûna II— 1—
ladîna kafarû ha^ûltf'i 'ahdâ mina-1-ladîna *£manû sabîlan (51) 'ûïTika-
1-ladîna la'anahumu-L-Lâhu wa may-yarani-L-Lâhu falan tajida lahû
nasîran (52).
N'as-tu pas remarqué ces gens qui proclament leurs propres vertus?
Ignorent-Us que c'est Allah qui confère la vertu? Allah qui ne lèse personne,
même d'un brin de fibre. (49) N'a-s-tu pas remarqué comme ils débitent des
mensonges sur le compte d'Allah! N'est-ce pas là un péché caractérisé.(50)
N'as-tu pas remarqué ces gens qui ont reçu une partie des Ecritures et qui
croient cependant aux sorciers et à Taghout et qui disent des infidèles qu'ils
suivent une voie meilleure que celle des croyants. (51) Ces gens-là sont
maudits d'Allah. Et celui qu'Allah maudit ne trouve pas de protecteur. (52).
Jlii caJUP U*A*Jj U^-ljjî .jSiuit Ï£L* i- t -^ 4J ^yi :Jtf tU^I Î^Jl JJLL^-Oj
•V* cJîijî *~i£j plis] *;l o-Lri j—UJt J ^ ^ijij :Jli .jLJI Jl ^ l^ji çf^tf
91
Ai-Hassan et Qatada ont commenté le premier verset en disant
qu'il fut révélé au sujet des juifs et des chrétiens qui prétendaient qu'ils
sont les fils de Dieu et Ses bien-aimés, et qui disaient aux fidèles:
«N'entreront au Paradis que les juifs et les chrétiens») [Coran II, III].
Moujahed a dit d'eux: «En priant, juifs et chrétiens, plaçaient les
enfants devant eux prétendant que ces derniers sont purs de tout pé-
ché.»
Quant à Ibn Abbas, il a dit que les juifs proclamaient: «Nos en-
fants morts nous seront un moyen de rapprochement de Dieu, d'inter-
cession et de purification» Dieu alors fit descendre ce verset.
On a dit encore qu'il a été révélé afin que les hommes cessent de
louer l'un l'autre et de se purifier. A cet égard Mouslim rapporte que
Al-Miqdad Ben Aswad a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- nous a ordonné de jeter le sable sur le visage de ceux qui
adressent des éloges. Et dans les deux Sahihs on trouve ce hadith
rapporté par Abou Bakra: «Un homme évoqua le nom d'un autre de-
vant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et fit son éloge.
Le Prophète s'écria alors: «Malheur à toi, tu as coupé le cou à ton
compagnon» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- répétait
souvent: «Si quelqu'un veut absolument faire l'éloge d'un autre qu'il dise:
«Je pense de lui telle et telle chose» si ceci lui semble vrai, car Dieu lui en
demandera compte, et nul ne pourrait témoigner de bons caractères d'un
autre hormis Dieu». (Rapporté par Boukhari et MousUm)^ l K
Ibn Mardaweih rapporte que 'Omar a dit: «Ce que je redoute pour
vous sont la fatuité et la présomption. Celui qui prétend être un
croyant, est un incrédule. Celui qui prétend être un savant, est igno-
rant. Celui qui compte entrer au Paradis, ira certainement à l'Enfer».
Ma'bad Al-Jouhani a dit que Mou'awia rapportait rarement les pa-
roles de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, mais le jour
de vendredi, étant sur la chaire, il répétait souvent ce hadith d'après le
92
Prophète: «Celui à qui Dieu veut le bien, Il l'instruit dans la religion. Les
biens certes sont bons et plaisants. Quiconque, les acquiert d'une source li-
cite, Dieu les bénit. Méfiez-vous de réloge qui ne fait que perdre le loué».
(Rapporté par Ahmed) (1) .
Abdultah Ben Mass'oud a dit: «L'homme part du bon matin plein
de foi mais il se peut qu'il retourne le soir ayant perdu sa foi. Il rencon-
tre un homme qui est incapable de nuire ou d'être utile et lui dit: «Tu
es capable de faire telle et telle chose (en le flattant). Il se peut que
cet homme n'acquiert rien alors qu'il a encouru la colère de Dieu. Puis
Abdullah a récité: «N'a-tu pas remarqué ces gens qui proclament leurs pro-
pores vertus?» C'est pourquoi Dieu a dit: «Mais Dieu purifie qui II veut»)
[Coran XXIV, 21]. Car il connaît parfaitement les choses cachées et
apparentes et ne lèse personne.
«N'as-tu pas remarqué comme ils débitent des mensonges sur le
compte d'Allah» ceux qui prétendent être les fils de Dieu et Ses bien-ai-
més, qui disent que les juifs et les chrétiens seuls entreront au Para-
dis, ou bien: «Le feu ne nous touchera que durant un temps limité», ou
bien encore ils se fient aux bonnes œuvres de leurs pères, alors que
Dieu avait tranché cela en disant: «Cette génération a disparu, emportant
avec elle le mérite de ses actions. Vous-mêmes ne recueillerez que le mérite
de vos actions») [Coran II, 13] Il les met en garde contre leurs fausses
présomptions.
Puis Dieu attire l'attention des hommes sur ceux auquels une par-
tie du Livre a été donnée qui croient aux sorciers (le Jibt) et à Taghout
qui signifie le démon. Ces gens-là ne manquent pas à dire aussi, en
parlant des incrédules: «Ils sont mieux dirigés que les croyants». Ils
préfèrent les impies aux musulmans par ingorance et par manque de
foi en méeroyant au contenu des Ecritures qu'ils possèdent.
A cet égard 'Ikrima raconte: «Houyay Ben Akhtab et Ka'b Ben Al-
s.
93
Achraf vinrent à La Mecque et ses habitants leur dirent: «Vous êtes
des gens l'Ecriture et de science, que pensez-vous de Mouhammad et
de nous?» Ils leur demandèrent: «De quoi s'agit-il entre vous et Mou-
hammad?» Les Mecquois répondirent: «Nous maintenons te lien de pa-
renté, égorgeons le troupeau, donnons à boire aussi bien le lait que
l'eau, délivrons les captifs et abreuvons les pèlerins. Tandis que Mou-
hammad est un homme qui est privé de postérité qui nous a séparés
les uns des autres, et les détrousseurs des pèlerins de la tribu de Gha-
far l'on suivit. Lequel de nous est meilleur? «Les deux hommes ripostè-
rent: «Vous êtes sans doute les meilleurs car vous êtes sur la voie
droite» Dieu à cette occasion fit descendre ce veset: «N'as-tu pas re-
marqué ces gens qui ont reçu une partie des Ecritures...» Mais d'autres ont
raconté qu'à cette occasion un autre verset aussi fut révélé et qui est
le suivant: «Celui qui te hait: voilà celui qui n'aura pas de postérité») [Co-
ran CVIII, 3].
Mais Dieu les a maudits, ils ne trouveront ni protecteur ni défen-
seur aussi bien dans la vie future que celle présente, car ils sont allés
demander le secours des polytéhistes. Ils avaient mené ensemble la
bataille contre les fidèles le jour du Khandaq (fossé). Dieu en ce jour-là
accorda la victoire aux musulmans en les épargnant des méfaits et de
l'hostilité des polythéistes comme 11 le montre dans ce verset: «Dieu a
renvoyé les incrédules avec leur rage; ils n'acquerront jamais aucun bien.
Dieu a épargné aux croyants le combat; Dieu est fort et puissant») [Coran
XXXIII, 25]
*am lahum nasïbum-mina-1-mulki fa'ida-Mâ yu'tûna-n-nâsa naqîran (53)
'am yahsudûna-n-nâsa *alâ mà A 'âtâhumu-L-Lâhu min fadlihî faqad
*a taynâ 'a* la 'Ibrahîma-l-kitâba wa-I-hikmata wa 'âtaynâhum mulkan
M
azîman (54) faminhum man 'a mana bihî wa minhum man sadda *anhu
wa kafâ bijahannama sa'îran (55).
Viendraient-ils à acquérir un peu de pouvoir qu'ils ne donneraient mê-
me pas une pelure de datte (53) Pourquoi jalousent-ils les gens qu'Allah a
honorés de Sa grâce? N'avons-nous pas déjà donné à la descendance
d'Abraham le Livre et la sagesse en même temps qu'un vaste empire. (54)
Parmi eux certains ont cru à cette mission, d'autres l'ont dédaignée. L'en-
fer sera pour eux une peine suffisante. (55).
Ces gens-là ne recevront aucune part du pouvoir qu'ils cherchent,
plutôt ils sont des avares qui ne donnent aux autres même pas une
pellicule de datte. En d'autres termes, s'ils disposaient d'une part de
pauvreté, ils n'auraient rien donné aux autres quoi que ce soit et sur-
tout à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, car ils ne possé-
daient rien fut-ce une pellicule de datte; et malgré cela ils ne seraient
que des avares. Dieu les décrit dans un autre verset quand II dit: «Dis:
«Si vous étiez maîtres des trésors de la miséricorde de mon Seigneur, vous
le conserveriez de peur de les dépenser...») [Coran XVII, 100».
Puis Dieu dit: «Pourquoi jalousent-ils les gens qu'Allah a honorés de
Sa grâce?» c'est à dire ils jalousent Mouhammad -qu'Allah le bénisse et
le salue- que Dieu a honoré de la prophétie, en incitant les autres à ne
plus croire en son message étant donné qu'il est un Arabe et n'est pas
des fils d'Israël. Puis II rappelle aux juifs Ses grâces en leur disant:
«N'avons-nous pas donné à la descendance d'Abraham le Livre et la sa-
gesse en même temps qu'un vaste empire». Dieu en effet a donné aux
descendants des fils d'Israël dont Abraham est leur ancêtre, la prophé-
tie, le Livre et la sagesse, en faisant d'eux des rois. Malgré cela, cer-
tains ont cru en lui en reconnaissant ces grâces, tandis d'autres s'en
sont écartés et ont empêché les autres d'y croire. Il les menace et leur
fait connaître qu'ils auront la Géhenne pour prix de leur incrédulité et
leur obstination.
95
'inna-1-ladîna kafarû bi 'âyâtina sawfa nuslîhim naran kullamâ nadijat
julûduhum baddalnâhum julûdan gayrahâ liyadûqû-l-'adâba 'inna-L-
Lâha kâna 'Azîzan Hakîman (56) wa-1-ladîna 'â A manû wa 'amilû-s-
sâlihâti sanudhiluhum iannâtin tajrî min tahtiha-l-'anhâru hâlidîna fîhâ
'abada-1-lahum fîhâ 'azwâjum-mutahharatun wa nudhiluhum zillan
zalflan(57).
Ceux qui auront repoussé nos signes, nous les précipiterons en enfer.
Dès que leurs peaux se détacheront en lambeaux, nous leur en substituerons
d'autres, pour qu'ils consomment toute l'horreur de leur supplice, car Allah
est puissant et sage. (56). Ceux qui croient et qui font les bonnes oeuvres,
nous leur donnerons pour séjour des jardins arrosés d'eaux vives. Séjour qui
sera éternel. Ils y trouveront des épouses immaculées et de frais ombrages.
(57).
Leur supplice en enfer sera si grave et douloureux au point que
lorsque leurs peaux seront consumées, on leur donnera d'autres main-
tes fois dans un jour ou dans une heure selon une autre interprétation.
A ce propos Ibn Omar raconte qu'un homme, se trouvant chez
Omar, lui récitait ce verset: «Dès que leurs peaux se détacheront en lam-
beaux, nous leur en substituerons d'autres». Omar lui demanda de répéter
ce verset. Mou'adz ben Jabat^ qui était présent, lui dit: «Je l'explique
de la façon suivante: Leurs peaux seront substituées cent fois en une
heure» Omar s'écria alors: «C'est bien ce que j'ai entendu dire de l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-».
D'après la Tradition le supplice des incrédules en enfer sera aussi
plus terrible car Ibn Omar rapporte que le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Les damnés de l'enfer auront la stature tellement
considérable de sorte que l'espace qui sépare le lobe de l'oreille de l'un d'en-
tre eux de son épaule sera égal à une distance de sept cent ans de marche,
l'épaisseur de sa peau sera de soixante-dix coudées et sa dent autant que le
mont Ohod». (Rapporté par Âhmed) (I) .
96
Par contre: «Ceux qui croient et qui font de bonnes œuvres, nous leur
donnerons pour séjour des jardins arrosés d'eaux vives. Séjour qui sera éter-
nel» Tel sera le sort des fidèles qui ont cru et fait le bien. Ils entreront
dans des jardins où coulent les ruisseaux pour y demeurer éternelle-
ment, manger de ses fruits à discrétion, se déplacer là où ils voudront,
sans demander quoi que ce soit en échange. Ils y trouveront égale-
ment des épouses pures de toutes menstruations ou lochies, aux bons
caractères, affables et gentilles. D'épais ombrages leur seront réser-
vés, frais et confortables. A ce propos Abou Houraira rapporte que
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au paradis il y
a un arbre - Vabre de l'éternité -où un cavalier marche sous son ombre cent
ans sans toutefois la dépasser». (Rapporté par Ibn Jarir, Boukharie et
MousUm) (1) .
'inna-L-Lâha ya'murukum 'an tu'addû-l-'amânâti 'ilâ 'ahlihâ wa 'idâ
hakamtum bayna-n-nâsi 'an tahkumû bi-l-'adli 'inna-L-Lâha ni'imma
ya'izukum bihT 'inna-L-Lâ ha kâna SamTan Basiran (58).
Allah vous commande de restituer les dépôts à leurs maîtres et d'êtres
justes si vous êtes appelés à juger vos semblables. Ya-t-il meilleur conseil
que celui qui émane d'Allah? Allah entend et voit tout. (58).
La restitution des dépôts est donc une obligation pour tout le
monde. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet
égard: «Restitue le dépôt à qui te l'a confié et ne trahis pas qui t'a trahi».
En quoi consistent ces dépôts? Ils sont d'abord les obligations en-
vers Dieu telles que: la prière, la zakat, le jeûne, les expiations et les
vœux etc.. dont chacun est tenu de les remplir et dont les gens n'y
sont pas au courant. Ainsi les droits des hommes les uns envers les
97
autres tels que les objets que déposent et les confient sans qu'ils
soient les sujets d'une quittance ou des témoins. Quiconque aura trahi
ces dépôts, Dieu se vengera de lui au jour de la résurrection.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit dans un
hadith authentifié: «Au jour de la résurrection vous vous acquitterez à ceux
que vous deviez, même une brebis dépourvue de cornes pourra se vengera
d'une qui est cornue» (Rapporté par Boukhari) (1 K
Abdullah Ben Mass'oud rqpporte que le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «La profession de foi pourra expier les péchés à
l'exception des dépôts. Au jour de la résurrection on amènera l'homme mê-
me s'il s'était martyrisé pour la cause de Dieu et l'on lui dira: «Acquitte-
toi». Il répondra: «Comment devrai-je m'en acquitter alors que tout le bas
monde est anéanti?» On lui présentera alors le dépôt sous une certaine
forme, dans le fond de la Géhenne, il y descendra et, essayant de le porter,
il tombera de ses épaules, quant à lui il retombera dans l'abîme pour l'éter-
nité». (Rapporté par Ihn Ahi Hatem) (2 K
D'autres ont interprété le dépôt comme étant les prescriptions et
les interdictions selon Abou AI-'Alia, ou la chasteté de la femme selon
Oubay Ben Ka'b, ou tout ce qu'on doit envers les autres selon Al-Rabi 1
Ben Anas.
j
Mais la plupart des commentateurs ont précisé que le verset pré-
cité fut révélé au sujet de 'Othman Ben Talha le gardien de la Ka'ba
vénérée, qui est le cousin paternel de Chaïba Ben 'Othman Ben Abi
Talha à qui on a confié la garde ainsi qu'à sa postérité jusqu'au-
jourd'hui. Othman s'était converti ainsi que Khaled Ben Al-Walid et Amr
Ben AI-'As lors de la trêve résultant du traité de Houdaybia.
Après la conquête de La Mecque les hommes éprouvèrent une sé-
98
eu rite totale. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se diri-
gea vers la Maison, fit la tournée processionnelle sept fois à dos de sa
monture et tenant à la main un bâton avec lequel il toucha la Pierre
Noire au début de chaque tournée. La circumambulation terminée, il
demanda à 'Othman Ben Talha de lui remettre la clé de la Ka'ba. Il y
entra et trouva un pigeon fait en petits bâtons. Il le brisa et le jeta de-
hors. Puis il se tint auprès de la porte de la Ka'ba alors que les hom-
mes se trouvaient dans l'oratoire attendant sa sortie. Il leur dit: «Il n'y
a d'autre divinité que Dieu, l'unique, Il n'a pas d'associés. Il a tenu Sa pro-
messe, a accordé la victoire à Son serviteur et a mis seul les coalisés en dé-
route. Or toute vengeance, dignité ou biens sont maintenant sous mes deux
pieds que voilà, à l'exception de la garde de la Maison et la charge
d'abreuver les pèlerins.,..
Le discours terminé, il s'assit dans la mosquée. Ali Ben Abi Taleb,
la clé de la Ka'b en main, lui dit: «O Envoyé de Dieu, confie-nous la
charge de la garde et de l'abreuvement» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- demanda de lui amener 'Othman Ben Talha. Lors-
qu'il fut en sa présence, il lui dit: «Tiens, voilà la clé ô 'Othman. Aujour-
d'hui, c'est le jour de la fidélité et de la charité». (Rapporté par
Mouhammad Ben Ishaq) (1 .
Ibn Jarir a rapporté une version pareille en ajoutant que, à sa sor-
^i (j^LJl à! j^SCi-*! jJj ifjtSUl «_Aj ^JL* uôij ^J lI^jI» ^ «.i^ l> jr -iO DLup
99
tie de la Ka'ba, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- réci-
tait: «Allah vous commande de restituer les dépôts a leurs maîtres».
Que ce verset soit révélé à cette occasion ou en d'autres, sa por-
tée est générale. C'est pourquoi Ibn Abbas et Mouhammed Ben AL-
Hanafya ont dit: «Cela concerne le pieux et le pervers».
«et d'être justes si vous êtes appelés à juger vos semblables» C'est un
ordre d'être juste en jugeant entre les hommes. L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu est toujours avec le gouver-
neur tant qu'il est juste et probe, mais une fois devenu injuste, qu'il ne s'en
prenne qu'à lui-même». Et dans un autre hadith, il a dit: «Une justice éta-
blie en un seul jour équivant à quarante ans d'adoration»^ .
«Y a-t-il meilleur conseil que celui qui émane d'Allah! Allah entend et
voit tout» ce à quoi Dieu vous exhorte: à restituer les dépôts, à juger
selon la justice entre les hommes et mettre Ses ordres et prescriptions
en pratique. Car Dieu entend les paroles et voit les actions.
yâ 'ayyuhâ-I-ladîna ^manû'ati'û-L-Lâha wa 'atfû-r-rasûla wa'ûli-I-'amri
minkum fa'in tanâza'tum il Say'in faraddûhu 'ilâ-L-Lâhi wa-r-rasûli 'in
kuntum tu'minûna bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-'âhiri dâlika hayrun wa
'ahsanu ta'wîlan (59).
O croyants, obéissez à Allah, obéissez au Prophète et aux chefs que
vous vous serez donnés. En cas de désaccord, remettez-vous-en à Allah et à
Son Prophète, si vous croyez en Lui et au jour du jugement dernier. C'est
la démarche la plus sage et celle qui vous conduira à la meilleure solution.
(59).
D'après Boukhari, Ibn Abbas raconte que ce verset fut révélé au
100
sujet de Abdullah ben Houdzafa Ben Qaïs Ben 'Ady que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avait placé à la tête d'un régi-
ment. Mais l'imam Ahmed a rapporté d'après 'Ali le récit suivant:
«L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait envoyé un ré-
giment en plaçant à la tête un Ansarien. Un jour, étant irrité contre
eux, cet Ansarien dit à ses hommes: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- ne vous a-t-il pas enjoint de m'obéir?» - Certes oui, répon-
dirent-ils. Et l'Ansarien de répliquer: «Eh bien je vous demande
d'amasser du bois». Une fois ce tas de bois fut préparé, il leur ordon-
na d'y mettre le feu et d'y entrer. Un des hommes s'écria: «Vous avez
suivi l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour échapper
à l'enfer. N'exécutez pas l'ordre avant de rencontrer l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-. S'il vous ordonne d'y entrer, entrez».
Les hommes retournèrent chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- et le mirent au courant. Il leur répondit: «Si vous y étiez entrés,
vous n'en seriez jamais sortis. L'obéissance n'est due que lorsqu'il s'agit
d'un acte convenable».
Abdullah Ben 'Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Entendre et obéir constituent une obligation pour
tout musulman bon gré mal gré à moins qu'il ne s'agit d'une désobéissance
aux prescriptions divines. S'il en est ainsi, on ne doit ni entendre ni obéir».
(Rapporté par Âbou Daou4) ( K
Oubada Ben As-Samet rapporte: «Le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- nous invita à lui prêter serment d'allégeance. Il stipu-
la que ce serment devra nous porter à écouter et à obéir étant
capables de le faire ou incapables, dans l'aisance et dans la gêne, mê-
me si nous serons lésés de nos droits, de ne plus discuter les ordres
de nos chefs à moins que ces ordres ne soient une infraction mani-
feste aux instructions reçues de Dieu à ce sujet.»
Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
«I te salue- a dit: «Après mon départ vous serez gouvernés par des hom-
:
101
mes pieux et pervers. Entendez et obéissez à tout ce qui est conforme à la
vérité, faites la prière derrière eux. S'ils pratiquent le bien, vous aurez vos
parts, mais s'ils ordonnent Vinconvenable vous partagerez la responsabilité
avec eux>J } K
Abdul Rahman Ben 'Abd Rab -Al-Ka'ba raconte: «J'entrai dans ta
mosquée et trouvai Amr Ben AI-'As assis sous l'ombre de la Ka'ba en-
touré par tes hommes, et je pris part à leur réunion alors qu'il racontait
le récit suivant: «Nous étions dans une expédition en compagnie de
-l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, et nous fîmes halte
dans un certain endroit. Parmi nous, il y avait ceux qui dressaient leurs
tentes, ceux qui s'entretenaient du tir à Tare et ceux qui s'occupaient
de leurs montures. Le héraut de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- s'écira: «Le moment de la prière est venu» Nous nous réu-
nîmes autour de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui
nous dit: «Chacun des Prophètes qui m'ont précédé, devait montrer à son
peuple ce qu'il savait être un bien pour lui, et le prévenait de ce qu'il savait
être un mal. Or votre communauté, à son début, a été purifiée et préservée,
mais à sa fin, elle sera éprouvée par des événements et des malheurs que
vous éprouverez. Il y aura aussi des troubles de sorte que chacun d'eux sera
pire que Vautre. Le croyant dira en sentant la gravité de ce trouble: « Voilà
ce qui entraînera ma destruction», et quand ce trouble passera, sans qu'il le
détruise, et viendra un autre, il s'écriera: «Non, c'est celui-ci». Celui qui
voudrait être préservé au feu et entrerait au Paradis, que son trépas lui sur-
vienne tout en croyant en Dieu et au jour dernier, qu'il traite les gens<
comme il aime être traité. Celui qui fait un pacte avec un imam scellé par
la poignée de main et de lui ouvrir le cœur, qu'il lui obéisse, et au cas où un
autre viendra contester (Vautre imam), tuez-le».
Je m'approchai de Amr Ben AI- 4 As et lui dis: «Je te conjure par
Dieu, as-tu entendu cela de la bouche de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue-?» Il mit ses mains sur ses oreilles puis sur son
cœur et répondit: «Voilà ton cousin Mou'awia qui nous ordonne de
ty-J ;>u yj^jj ijUj «^ jiij u jr ^i \jMj ^ y^u ltJJ ^ ^ui,
102
nous approprier nos biens les uns les autres sans cause et de nous
entretuer, bien que Dieu avait révélé:: «O croyants, ne vous appropriez
pas vos biens les uns les autres sanu cause. À la base de vos échanges, qu'il
y ait une opération honnête librement consentie par vous. Ne vous tuez pas
les uns les autres. Allah est plein d'indulgence pour vous») [Coran IV, 29].
Amr Ben AI-'As garda le silence pour un certain temps, puis il me
dit: «Obéis à lui quand il s'agit d'un devoir que Dieu a prescrit, et désobéis
dans tout autre cas». (Rapporté par MousHm) (1 K
Quels sont ces chefs à qui on doit obéir?
Ibn Abbas répond: Us sont les ulémas et les hommes qui sont ins-
truits dans la religion: Moujahed et 'Ata ripostent: ils sont les ulémas
seuls.
Mais il s'avère -et c'est Dieu qui est le plus savant- que ce terme
s'applique aux ulémas et aux chefs. Les premiers sont cités dans ces
deux versets:
103
- «Pourquoi leufs maîtres et leur docteurs ne leur interdisent-ils pas de
pécher en paroles et de manger des gains illicites») [Coran V, 63].
- «Interrogez les gens auxquels le Rappel a été adressé si vous ne sa-
Quant aux deuxièmes, ils sont ceux qui sont au pouvoir d'après ce
hadith authentifié cité dans le Sahih et rapporté par Abou Houraira où
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque
m'obéit, obéit à Dieu, et quiconque me désobéit, désobéit à Dieu. Qui-
conque obéit au gouverneur, m'obéit, et quiconque désobéit au gouverneur,
me désobéit». (Rapporté par Boukhari et Mou$lim) (1 K
Dieu ordonne à Ses serviteurs de Lui obéir en appliquant Ses en-
seignements contenus dans le Coran, d'obéir à Son Prophète et suivre
sa sunna et d'obéir à ceux qui détiennent le pouvoir à moins que leurs
ordres ne constituent une désobéissance à Dieu.
«En cas de désaccord, remettez-vous-en à Allah et à Son Prophète»
Donc tout différend doit être tranché en se référant aux enseignements
de Dieu contenus dans Son Livre - Le Coran - et à la sunna de l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. On doit puiser dans ces
deux sources comme Dieu ordonne quand II dit: «Quel que soit le sujet
de votre désaccord, le jugement appartient à Dieu») [Coran XLII, 10] si
vraiment les hommes croient en Dieu et au jour dernier. Voilà com-
ment ils doivent se comporter car ce conseil émane de Dieu et consti-
tue le meilleur arrangement.
104
'alam tara 'ilâ-1-ladîna yaz'amuna 'annahum 'îf manu bimâ 'unzila 'ilayka
wamâ 'unzila min qablika yurîduna 'ay-yatahâkamû 'ilâ-t-tagûti waqad
'umirû 'ay-yakfurû bihî wa yurîdu-S-saytânu 'ay-yudillahum dalâlam-
ba'îdan (60) wa 'îdâ qîla lahum ta'âlû 'ilâ raï 'anzala-L-Lâhu 'wa 'ilâ-r-
rasûli ra'ayta-1-munâfiqîna yasuddûna 'anka sudûdan (61) fakayfa 'idâ
'asâbathum-musîbatum-bimâ qaddamat 'aydihim tumma jâ*'ûka
yahlifûna bi-L-Lâhi 'in 'ardnâ 'illâ 'ihsânan wa tawfîqan (62) 'ûlff'ika-l-
ladîna ya'lamu-L-Lâhu mâfî qulûbihim fa'a'rid 'anhum wa 'izhum wa
qui lahum fî 'anfusihim qawlam-balîgan (63).
N'es-tu pas étonné de voir ces gens, qui prétendent croire à tes révéla-
tions et à celles qui les ont précédées, recourir à la justice de Taghout,
alors qu'il leur a été commandé de le renier? Satan cherche ainsi à les pous-
ser le plus loin possible dans la voie de l'égarement. (60) Lorsqu'on les
convie à se rallier aux révélations d'Allah à Son Prophète, on les voit, ces
hypocrites, se détourner de toi. (61) Bien plus, si un malheur les frappe,
qu'ils ont eux-mêmes provoqué, ils accourent à toi et jurant: «Par Allah,
nous ne désirons que le bien et la concorde. (62) Ces gens-là, Allah sait ce
qu'il y a dans leur cœur. Ne leur tiens pas rigueur. Avertis-les et adresse-
leur des remontrances qui les touchent. (63).
Dieu désavoue ceux qui prétendent avoir la foi, croire en ce qui a
été révélé à Son Prophète et aux autres qui l'ont précédé, et pourtant
ils ne portent pas leurs différends devant autre que Dieu et Son Pro-
phète, mais Us s'en rapportent aVJ Taghout.
Ce verset a été révélé au sujet d'un Ansarien et d'un juif qu'un li-
tige avait surgi entre eux. Le juif dit: «Que Mouhammad tranche notre
différend» et PAnsarien de répondre: «Plutôt que Ka'b Ben Al-Achraf le
tranche». D'autres ont dit que c'était au sujet de certains hypocrites qui
avaient manifesté leur islamisme. Mais en fait, il peut être appliqué à
tous ceux qui se détournent des enseignements de Dieu et se semet-
tent à un autre que Lui, en s'éloignant ainsi de Lui et de Son Prophète.
105
Leur cas est pareil à ceux dont Dieu parle dans ce verset: «Si on leur
dit: «Suivez ce que Dieu a révélé» ils répondent: «Mais non!... Nous sui-
vrons plutôt les coutumes que nous avons apprises de nos ancêtres » [Coran
XXXI, 21].
Puis Dieu dénigre les hypocrites qui, une fois atteints par une cala-
mité pour prix des œuvres que leur mains ont accomplies, «Ils accou-
rent à toi et jurant: «Far Allah, nous ne désirons que le bien et la
concorde» Ils s'excusent auprès de toi qu'ils n'ont recouru à un autre
que toi pour te prendre comme juge, rien que pour chercher le bien et
la concorde, mais en fait ils ne déclarent tels propos que par adulation
et fourberie. Dieu a dit à leur propos: «Tu vois ceux dont les cœurs sont
malades se précipiter vers eux») [Coran V, 52].
Ibn Abbas rapporte que Abou Barza Al-Aslami était un moine qui
tranchait les différends entre les juifs. Comme les polythéistes allaient
le voir souvent pour le même but, Dieu fit descendre le verset précité:
Dieu certes connaît le contenu des cœurs de ces hypocrites et
leur demandera compte, car rien ne Lui est caché. Pour cela il de-
mande à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- de juger leur
apparence, lui demande de s'écarter d'eux sans les réprimander mais
de leur adresser des paroles convaincantes.
wama 'arsalnâ mi-r-rasûlin 'illâ liyutâ'a bi'idni-L-Lâhi walaw 'annahum
'id Kalat»\» 'anfusaKum j^'ûka fastaèfarû-L-Lâha wa-stagfara lahumu-r-
rasûlu lawajadû-L-Lâha Tawwâba-r-Rahîman (64) falâ wa-rabbaka là
yu'minûna hattâ yuhakkimûka fûnâ sajara baynahum tumma là yajidû fî
'anfusihim harajam mimma qadayta wa yusallimû taslîman (65).
Si nous envoyons des Prophètes, c'est pour qu'on leur obéisse avec
l'aide d'Allah. Si ces gens, qui ont été volontairement iniques reviennent à
toi et implorent le pardon d'Allah, en recourant à ton intercession, ils trou-
veront en Allah clémence et miséricorde. (64). Non, par ton maître, ces
gens-là ne pourront se dire croyants que lorsqu'ils t'auront fait juge de
leurs différends et auront accepté sans ressentiement tes sentences, et s'y se-
ront entièrement soumis. (65).
Dieu n'a envoyé un Prophète que pour qu'il soit obéi avec Sa per-
mission, c'est à dire comme Moujahed le commete: Ceux qui lui obéis-
sent sont ceux à qui Dieu a voulu le bien et avec Sa permission. Puis
Il exhorte ceux qui se sont fait tort à eux-même, qui se sont montrés
en rebelles, de venir à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- en implorant te pardon de Dieu et de lui demander pardon pour
eux. S'ils s'exécutent, Dieu revient vers eux, leur fait miséricorde et
leur pardonne.
Le cheikh Abou Mansour as-Sabbagh rapporte dans son livre: «Al-
Chamel» cette anecdote concernant Al-'Outbi qui a raconté ceci:
«Etant assis tout près de la tombe du Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue-, un bédouin arriva et dit: «Que la paix soit sur toi ô Envoyé
de Dieu. J'ai entendu le Seigneur dire: «Si ces gens, qui ont été volontai-
rement iniques, reviennent à toi et implorent le pardon d'Allah, en recou-
rant à ton intercession, ils trouveront en Allah clémence et miséricorde»
Quant à moi je viens à toi implorant le pardon pour mes péchés et te
demandant d'intercéder en ma faveur aurpès de mon Seigneur. Puis il
récita ces vers:
O toi le meilleur parmi les hommes dont ses os se trouvent au
fond de cette tombe.
Dont leur odeur agréable a été dégagée sur les monts et les pro-
fondeurs.
Que je donne ma vie comme rançon à une tombe où tu gîs.
■
Car on n'y trouve que la chasteté, la générosité et la largesse.
Après le départ du bédouin le sommeil me gagna. Je vis en rêve
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- me dire: «Ô 'Outbi! va
après ce bédouin et annonce-lui que Dieu lui a pardonné».
Puis le Seigneur jure par Son être sanctifié, que nul ne prétend
107
être un vrai croyant tant qu'il n'a pas fait de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- juge de toutes les affaires, litiges et différends.
Ses sentences et jugements sont irréfutables et on doit s'y conformer
et s'y soumettre, soit en apparence soit par conviction, et c'est pour-
quoi Dieu dit: «Et auront accepté sans ressentiment tes sentences, et s'y se-
ront entièrement soumis» C'est à dire ils ne trouveront plus, une fois la
sentence prononcée, en eux-mêmes la possibilité d'échapper à ce que
tu auras décidé. Un hadith corrobore ce fait quand le Prophète -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- a dit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa
main, nul d'entre vous n'est un vrai croyant tant que ses passions ne soient
conformes à ce que j'ai apporté.»
Al-Boukhari rapporte d'après Ourwa le récit suivant: «Az-Zoubaïr
et un Ansarien portèrent plainte auprès de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue-, au sujet d'une fente d'irrigation qu'ils utilisaient
tous les deux pour arroser leurs jardins. Il dit à Az-Zoubaïr: «Arrose ton
jardin puis laisse Veau couler afin que ton voisin arrose le sien.» L'Ansa-
rien s'écria: «Ô Envoyé de Dieu, tu as jugé ainsi parce que Az-Zoubaïr
est ton cousin?» Le visage de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- fut contrarié et dit: «Ô Az-Zoubaïr! Arrose et retiens l'eau de
sorte qui lorsqu'elle aura atteint le mur de ton jardin laisse-la». Ainsi il
donna à Az-Zoubair tout son droit et cela contrairement à son premier
jugement qui était plus profitable à 'Ansarien.
Az-Zoubair de dire: «C'est à cette occasion que le verset fut ré-
vélé: «Non, par ton Maître, ces gens-là ne pourront se dire croyants que
lorsqu'ils f auront fait juge...» (Rapporté par Boukhari)S 1}
loe
walaw *ânnâ katabnâ 'alayhim 'ani-qtulû 'anfusakum 'awi-hrujû min
diyârikum ma fa'alûhu 'illâ qalîlum minhum walaw 'annahum fa'alû ma
yu'azûna bihî lakâna hayra-1-lahum wa 'asadda tatbîtan(66) wa'ida-1-
la'ataynâhum mi-1-ladunnâ 'ajran 'azîman (67) walahadaynâhum siratam-
mustaqîman (68) wa may-yuti'i-L-Lâha wa-r-rasûla fa 'ûla 'ika ma'a-1-lad
îna 'an'ama-L-Lâhu 'alayhim mina-n-nabiyyîna wa-s-saddiqîna wa-5-
suhada'i wa-s-sâlihîna wa hasuna 'ûla'ika rafîqan (69) dâlika-1-fadlu
mina-L-Lâhi wakafâ bi-L-Lâhi 'Alîman (70).
Si nous leur avions commandé de mourir pour notre cause ou de s'ex-
patrier, bien peu d'entre eux l'auraient accepté. Et pourtant s'ils avaient
suivi nos prescriptions, c'eut été préférable pour eux. Leur foi en eût été
raffermie. (66) Nous les en aurions récompensé largement.(67) Et nous les
aurions mis dans la voie droite. (68) Ceux qui obéiront à Allah et au Pro-
phète, ceux-là Allah leur donnera pour compagnons les élus de sa grâce, les
Prophètes, les justes, les martyrs et les vertueux. H n'y a pas de plus belle
société. (69) C'est là une des faveurs d'Allah. Sa science suffit à tout. (70).
Dieu fait connaître la nature et les caractères de certaines de ses
créatures qui, si on leur avait ordonné de commettre des actes que
Dieu avait interdits, ils ne se seraient plus abstenus car, de par leur na-
ture, ils sont enclins à contredire les ordres. Ceci sans doute émane
de la science de Dieu. C'est pourquoi II dit: «Si nous leur avions
commandé de mourir pour notre cause». Ibn Jarir a raconté à ce propos
qu'un homme entendant ce verset, s'écria: «Si on nous avait ordonné
de faire une chose pareille, on se serait exécuté mais louange à Dieu
qui nous en a épargné» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-,
mis au courant de cela, a dit: «D'entre les hommes de ma communauté, il
109
y en a ceux dont la foi est plus raffermie dans le cœur que les montagnes
élevées».
-As-Souddy rapporte que Thabet ben Qaïs Ben CHammas et un
juif tiraient vanité de leur origine. Le juif dit: «Par Dieu, Dieu nous a or-
donné de nous entretuer et nous nous sommes exécutés», Thabet lui
répondit: «Par Dieu, si Dieu nous avait prescrit de nous entretuer, nous
nous serions exécutés.» C'est à cette occasion que ce verset fut ré-
vélé.
Mais Dieu dénonce ces gens-là en disant qu'il serait meilleur pour
eux s'ils avaient suivi les exhortations reçues et s'ils s'abstenaient des
interdictions, et ce serait plus efficace pour leur affermissement; ils au-
raient reçu une récompenses sans limites qui n'est autre que le Para-
dis, et auraient été dirigés vers un chemin droit dans la vie présente et
dans l'au-delà.
Par ailleurs, les soumis et les vrais croyants, seront dans la vie fu-
ture avec la meilleure assemblée formée des Prophètes, des justes,
des martyrs et des vertueux. Ils seront installés dans la demeure de la
stabilité et de la haute considération pour l'éternité. Et quel honneur
peut-on acquérir en dehors de cette belle société?. A cet égard Aicha
rapporte qu'elle a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- dire: «Pas un Prophète qui ne tombe malade sans qu'on lui laisse le
choix d'opter pour le bas monde et la vie future». Durant sa maladie qui
causa sa mort, sa voix fut enrouée, et je l'entendis réciter, «les élus de
sa grâce, les Prophètes, les justes, les martyrs et les vertueux» Je me
constatai alors qu'on lui demandait de choisir. Selon une variante, l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait déclaré: «Avec le
plus haut compagnon».
Les causes de la révélation de ce verset*
Nous allons ci-après citer les circonstances de la révélation de ce
verset, selon plusieurs rapporteurs:
- Sa'id Ben Joubair raconte: «Un Ansarien à l'air chagriné vint trou- u
ver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, qui lui demanda:
«Pourquoi as-tu l'air triste?» II répondit: «Ô Prophète de Dieu! Une
chose qui me tourmente?» - De quoi s'agit-il?- Et l'homme de déclarer
«Aujourd'hui nous te fréquentons matin et soir pour te tenir compagnie
110
et te regarder. Demain tu seras élevé vers les autres Prophètes et
nous serons privés de ta rencontre.» Le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- garda le silence, mais Gabriel lui communiqua cette révéla-
tion «Ceux qui obéiront à Allah et à Son Prophète...».
-Aicha -que Dieu l'agrée- raconte: «Un homme vint auprès du
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O envoyé de Dieu!
J'ai pour toi une affection plus que je l'en ai pour moi-même, ma
femme et mes enfants. Il m'arrive souvent de te mentionner et
j'éprouve une certaine impatience qui me porte à venir pour te voir.
Lorsque je constate que chacun de nous va mourir et que tu seras au
Paradis avec les autres Prophètes, je crains que je ne pourrai plus te
voir.» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- garda le silence jus-
qu'à ce que ce verset fut révélé.
- Dans le Sahih de Mouslim, Rabi'a Ben Ka'b Al-Aslam raconte:
«je passais la nuit souvent chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-. Un jour, en lui apportant de l'eau pour ses ablutions et dont il
était besoin, il me dit: «Demande-moi ce que tu veux» Je lui répondis:
«Je te demande de t'accompagner au Paradis» - Autre chose? répliqua
le Prophète - Non, rien que ça. Il me dit à la fin: «Alors aide-moi sur toi-
même en multipliant les prosternations.»* 1 *
- L'imam Ahmed raconte d'après Amr Ben Mourra Al-Jouhani
qu'un homme vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
et lui dit: «Ô Envoyé de Dieu! J'ai témoigné qu'il n'y a d'autre divinité
que Dieu, que tu es l'Envoyé de Dieu, je me suis acquitté des cinq
prières, ai versé la zakat et jeûné le mois de Ramadan» Il lui répondit:
«Quiconque aura accompli toutes ces obligations et meurt, sera avec les
Prophètes, les justes, et les martyrs au jour de la résurrection» Puis il dres-
sa son doigt et poursuivit: «A moins qu'il n'ait désobéi à ses père et
mère». (Rapporté par Ahmed) (2 K
111
- Quelques uns des compagnons demandèrent l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- à propos de l'homme qui aime d'autres
personnes sans toutefois être capable de les rejoindre. Il répondit:
«L'homme sera avec ceux qui aime».
- Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Les bienheureux du Paradis apercevront les
demeures de ceux qui seront au-dessus d'eux, comme vous voyez rétoile la
plus brillante qui luit en faisant le parcours au ciel entre l'orient et l'occi-
dent, tant sera large la distance qui les sépare». On lui dit: «O Envoyé de
Dieu! Ce sont les demeures des Prophètes que nul autre ne pourrait y
parvenir» Il répliqua: «Certes oui. Par celui dont mon âme est en sa main,
ils seront des hommes qui ont cru en Dieu et déclaré véridiques les paroles
des Envoyés». (Rapporté par Boukhari et MousUm) (1 K
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna if manu hudû hidrakum fa-nfirû tubâtin 'awi-nfurû
jamî'an (71) wa 'inna minkum lamal-layubatti'anna fa'in 'asâbatkum
musîbatun qâla qad 'an 'ama-L-Lâhu 'aUyya Md ïam *aku-m-ma'ahum
.(jt-UJ JàiUlj pJ^j ^jUJI ^-j^î) tùJL^Jl IjîjUj -àL 1^.1 JU-j B ju
112
sahîdan (72) wala'in'asâbakum fad lum-mina-L-Lâhi layaqulanna ka'al-
lam takum-baynakum wa baynahû mawaddatun yâ laytanî kuntu
ma'ahum fa'afûza fawzan 'azîman (73) falyuqâtil fî sabîli-L-Lâhi-1-ladîna
ya§runa-l-hayâta-d-dunya bi-l-'âhirati wa may-yuqâtil fî sabîli-L-Lâhi
fayuqtal 'aw yaglib fasawfa nu'tîhi 'ajran 'azîman (74).
O croyants, soyez toujours prêts au combat, volez à la bataille en
groupe ou en niasse. (71) Parmi vous, il y aura les retardataires. Si un re-
vers vous frappe, ils diront: «C'est une grâce d'Allah que nous n'ayons pas
pris part à cet engagement. (72) Si, au contraire, la fortune vous sourit,
vous les entendrez dire, comme si aucun bien ne vous unissait les uns les au-
tres: «Plût à Allah que nous ayons assisté au combat! Nous aurions gagné
un riche butin. (73) Qu'ils combattent dans la voie d'Allah ceux qui sont
décidés à échanger la vie présente contre la vie future. A qui combat dans
la voie d'Allah qu'il périsse ou qu'il triomphe, J'accorderai une belle récom-
pense. (74).
Dieu ordonne à Ses serviteurs fidèles de prendre garde contre
leur ennemi et ceci en s'apprêtant au combat, assurant l'équipement
militaire et recrutant les hommes, préparant ainsi tout une armée qui
sera capable d'affronter l'ennemi. Les fidèles doivent s'élancer en
masse ou par groupes, c'est à dire régiment après régiment.
«Parmi vous il y aura des retardataires» qui font défection et ne vont
plus au combat, ou bien, comme faisait Abdullah ben Oubay Ben Abi
Satoul, qui dissusadait les autrs de n'y pas prendre part. C'est pour-
quoi Dieu dénonce ces hypocrites qui, quand un malheur atteint les
croyants, s'agit-il d'une mort, d'un martyre ou d'une défaite, disent:
cDieu nous a comblés de Sa grâce et nous n'étions pas avec eux pour
porter témoignage» Ils comptent leur salut en tant qu'un bienfait de
Dieu sans s'apercevoir qu'ils ont manqué le mérite du martyre et de la
constance.
Par contre, si Dieu favorise les fidèles en leur accordant la victoire
et le butin, ils s'écrient: «Ah si nous étions avec eux, nous aurions ac-
quis un gain considérable» comme si nulle affection n'existait entre eux
et les fidèles, et comme s'ils professaient une autre religion.
Puis Dieu exhorte les croyants à combattre pour sa cause et dans
Sa voie, comme preuve de leur foi, ceux qui troquent la vie présente
113
contre la vie future; ceux qui vendent leur foi contre un bien éphémère
de ce bas monde manifestant ainsi leur incrédulité et leur obstination.
Il annonce ensuite la bonne nouvelle aux fidèles combattants: «A «a
qui combat dans la voie d'Allah, qu'il périsse ou qu'il triomphe, J'accorde-
rai un belle récompense». A ce propos il est cité dans les deux Sahih
d'après Abou Hou rai ra, que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Dieu s'est porté garant du sort de celui qui part pour
combattre dans le chemin de Dieu, n'ayant d'autre but que le combat dans
Son chemin, croyant en Lui et en Ses Envoyés, qu'il lui garantira de le
faire entrera au Paradis où de le rendre à sa demeure qu'il a quittée avec
ce qu'il a obtenu comme récompense céleste ou un butin de guerre». (Rap-
porté pat Boukhari et Mouslim) (l) ,
& & M a « 43 j& gît .$ k $$ % gg
wamâlakum là tuqâtilûna fî sabïli-L-Lâhi wa-1-mustaçTafîna mina-r-rijâli
wa-nissf'i wa-l-wildâni-I-ladîna yaqûlûna rabbani 'ahrijnâ min hâdihi-1-
qaryati-z-zâlimi 'ahluhâ waj'al lanâ mi-1-ladunka waliyyan waj'al lanâ
mi-I-ladunka nasîran (75) 'Al-ladîna 'a manu yuqâtilûna fî sabîli-L-Lâhi
wa-1-ladîna kafarû yuqâtilûna fî sabîli-t-tâgûti fqâtifiî 'awliya^'a-s-saytâni
'inna kayda-s-saytani kâna da'ïfan (76).
Pourquoi ne combattriez-vous pas dans la voie d'Allah pour défendre
les faibles, hommes, femmes et enfants, qui implorent Allah de la sorte:
«pourquoi, Seigneur, ne pas nous arracher à cette ville dont la populace est
cruelle, purquoi ne pas nous envoyer un chef, pourquoi ne pas nous envoyer
114
un protecteur?» (75) Les croyants servent la cause d'Allah tandis que les
impies servent la cause de Taghout. Combattez les partisans de Satan. La
cause de Satan est fragile»(76).
Dieu incite les fidèles à combattre dans Sa voie pour sauver les
faibles qui vivaient à La Mecque, hommes, femmes et enfants, qui
s'écriaient: «Seigneur, fais-nous sortir de cette cité dont les habitants
sont injsutes» et L'imploraient de leur accorder un protecteur et un dé-
fenseur. A ce propos Abdullah raconte qu'il a entendu Ibn Abbas dire:
«Ma mère et moi étions parmi ces faibles».
Puis Dieu exhorte aussi les fidèles à combattre, pour Sa cause,
les suppôts de Satan, et les pièges de Satan sont vraiment faibles.
ci & m ijç %m felï PI & -A & ïê k * t
'alam tara 'ilâ-1-ladîna qîla lahum kuffû 'aydiyakum wa 'aqîmû-s-salâta
wa Htû-z-zakâta falamma kutiba 'alayhimu-1-qitâlu 'idâ farîqum minhum
yahsawna-n-nâsa kahasyati-L-Lâhi 'aw 'asadda haâyatan wa qâlû
rabbanâ lima katabta *alaynâ-l-qitâla lawlâ 'ahhartana 'ila 'ajalin
qarîbin qui matâ*u-d-dunyâ qalîlun wa-l-'âhiratu hayrul-limani-t-taqâ
walâ tuzlamûna fatîlan (77)'ayaiiamâtakûnû yudrikkumu-1-mawtu walaw
knntum fî burûjim-musayyadatin wa'in tusibhum hasanatun yaqûlûhâd-
ikî min 'indi-L-Lahi wa 'in tusibhum sayyi'atun yaqûlû hâdihî min
115
'indika qui kullum-min 'indi-L-Lâhi famâli ha^îîlâ'i-l-qawmi la yakâdûna
yafqahûna hadîtan (78)- ma 'asâbaka min hasanatin famina-L-Lâhi wamâ
'asâbaka min sayyi'atin famin nafsika wa 'arsalnâka li-n-nâsi rasûlan wa
kafâ bi-L-Lâhi sahîdan (79).
N'as-tu pas remarqué ces gens à qui on a dit: «Abstenez-vous de toute
mauvaise action, priez et faites l'aumône». Lorsque la guerre fut déclarée,
un certain nombre d'entre eux montrèrent en face de Penncmi autant de
crainte qu'ils en avaient pour Allah lui-même, sinon plus. Ils s'écrièrent:
«Seigneur, pourquoi nous imposes-tu de combattre aujourd'hui? Que n'as-tu
remis à plus tard cette obligation» Dis-leur; «La vie de ce monde est éphé-
mère. C'est la vie future qu'ambitionnent les vrais croyants. La plus petite
injustice vous y sera épargnée» (77) Où que vous soyez, la mort vous pren-
dra. Fussiez-vous terrés dans des forteresses inexpugnables, elle vous pren-
dra. S'il leur arrive quelque événement heureux, ils disent: «Cela nous vient
d'Allah». S'il leur arrive un événement malheureux, ils disent: «Cela nous
vient de toi» Réponds-leur: «Bonheur et malheur viennent d'Allah». Que ces
gens sont durs à comprendre. (78) Le bonheur qui t'arrive vient d'Allah. Le
malheur qui te frappe vient de toi. Nous t'avons envoyé aux hommes
comme Prophète. Le témoignage d'Allah suffît. (79).
E
Au début de l'ère islamiqi/e, les fidèles qui se trouvaient à La
Mecque, étaient ordonnés de faire la prière, la zakat, de soulager les
pauvres d'entre eux, de pardonner aux polythéistes et d'endurer leurs
méfaits, lis brûlaient de désir à recevoir l'ordre du combat pour se ven-
ger de leurs ennemis. Mais la situation était inconvenante pour plu-
sieurs raisons: leur nombre inférieur par rapport à celui des impies,
leur présence dans leur ville qui est sacrée et la plus honorée de tou-
i— * , 03 atJ v r es eues ciu monoe. cet ordre ne leur fut donné que lors-
qu'ils émigrèrent à Médine qui devint pour eux un lieu sûr et une
demeure de protection, se trouvent parmi des partisans.
Une fois reçu Tordre de combattre, ils éprouvèrent une certaine
crainte de faire face à l'ennemi et déclarèrent: «Seigneur, pourquoi nous
imposes-tu de combattre aujourd'hui? Que n'as-Tu remis an plus tard cette
obligation». Ils demandèrent donc à Dieu de reporter à plus tard le
combat dont le résultat ne sera que ie meurtre et rendra le£ enfants or-
phelins et les femmes veuves. Ce verset est pareil à celui-ci: «Et ceux
qui croient disent: «Pourquoi ne fait-on pas descendre une sourate? Puis
/
116
quand on fait descendre une sourate renforcée et qu'on y fait mention de
combat...) [Coran XLVII, 20].
Ibn Abbas rapporte que Abdul Rahman et certains de ses compa-
gnons vinrent trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à La
Mecque et lui dirent: «O Prophète de Dieu, nous étions très puiisants
du temps de notre polythéisme, et nous voilà faibles et humiliés quand
nous sommes devenus croyants.» Il leur répondit: «J'ai été ordonné de
pardonner, ne cherchez pas querelle aux impies» Après son émigration
à Médine, Tordre du combat fut prescrit mais les hommes posèrent les
armes. Dieu alors dit descendre ce verset: «N'as-tu pas remarqué ces
gens à qui on a dit: «Abstenez-vous de toute mauvaise action». As-Souddy
a dit: «On ne leur avait prescrit que la prière et la zakat. Mais ils de-
mandèrent à Dieu de leur permettre de combattre, et une fois cet ordre
fut donné, ils éprouvèrent une crainte de faire face à l'ennemi en re-
doutant la mort. Mais le Seigneur leur rappelle que la jouissance de la
vie présente est précaire, et ils ne seront lésés même d'une pellicule
de datte.»
«Où que vous soyez, la mort vous prendra. Fussiez-vous terrés dans
des forteresses» C'est à dire: «La mort que vous fuyez vous atteindra,
tout comme Dieu le montre dans ce verset: «Chaque âme passera par
les affres de la mort») [Coran III, 185]. La mort est donc la fin inévitable
et nul ne s'en échappera, qu'il combatte ou non; qu'il soit dans un en-
droit quelconque ou dans un tour fortifié.
«Le bonheur qui t'arrive vient d'Allah» c'st à dire toute sorte de
biens: fruits, récolte, enfants ou autre. Mais «le malheur qui te frappe»
s'agit-il d'une sécheresse, une disette ou un manque de récolte ou la
«non cl un enfant ou autre «vient de toi» voulant dirô à CaUSO de tOl
nous t'avons suivi et adhéré à ta religion. Leur cas est pareil à
i du peuple de Pharaon qu'on trouve dans ce verset: «Ils disaient,
l'un bonheur leur arrivait: «Ceci est pour nous». Mais quand un mal-
les frappait, ils rendaient Moïse et ses compagnons responsables de
■ort») [Coran VII, 131]. Ainsi c'était le cas des hypocrites qui ont
tassé l'Islam en apparence alors qu'ils le répugnaient. Lorsqu'un
r les frappait ils prétendaient que c'était parce qu'ils avaient sui-
L «I le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Par contre s'il leur arri-
fk ■* un bien ils disaient que cela leur venait de Dieu.
117
Dieu ordonne à Son Prophète de leur répondre: «Bonheur et mal-
heur viennent d' Allah», ils n'ont lieu que selon la prédestination de Dieu
et atteignent toute créature sans distinction entre un pieux et un per-
vers, un croyant et un incrédule. Mais ces gens-làs semblent être igno-
rants et ne comprennent aucun discours.
Puis Dieu explicite cela clairement, bien que Ses paroles sont
adressées aux fils d'Adam: «Le bonheur qui t'arme vient d'Allah» par
Sa grâce, Sa générosité et sa miséricorde. «Le malheur qui te frappe
vient de toi» pour prix de tes mauvaises actions et tes péchés comme
Dieu le confirme dans un autre verset: «Quel que soit le malheur qui
vous atteint, il est la conséquence de ce que vous avez fait; mais Dieu ef-
face un grand nombre de vos péchés») [Coran XLII, 30].
A ce propos il est cité dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue- a dit: «Tous les maux qui affligent le musul-
man, s'agit-il d'une fatigue, d'une maladie, de soucis, de tristesse, de
préjudices, même d'une épine, lui valent de la part de Dieu une rémission de
ses péchés». (Rapporté par Boukhari) (1 K
«Nous t'avons envoyé aux hommes comme Prophète» pour leur
communiquer la loi et les enseignements de Dieu, et pour leur montrer
ce que Dieu agrée et ce qu'il refuse, mais en fin de compte «le témoi-
gnage d'Allah suffît» pour juger les hommes car il connaît bien que tu
leur as transmis le message et ce qu'ils t'ont répondu et qu'ils se sont
montrés incrédules et obstinés.
•5Ud
ne
may-yuti'i-r-rasûla faqad 'atâ'a-L-Lâha wa man tawallâ famâ 'arsalnâka
'alayhim hafîzan (80) wa yaqûlûna tâ'atun fa'idâ barazû min 'indika
bayyata tâ'ifatum-minhum gayra-1-ladî taqûlu wa-L-Lâhu yaktubu ma
yubayyitûna fa'a'rid 'anhum wa tawakkai 'alâ-L-Lâhi wa kafâ bi-L-Lâhi
Wakîlan(81).
Celui qui obéit au Prophète obéit à Allah. Ta mission ne te rend pas
responsable de ceux qui s'écartent d'Allah. (80) Us disent: «Obéissance». A
peine t'ont-ils quitté qu'ils complotent des actes contraires à leurs paroles!
Allah écrit ce qu'ils complotent. Détourne-toi d'eux. Fie-toi à Allah. La
protection d'Allah est suffisante. (81).
Dieu informe les hommes que quiconque obéit à Dieu, obéit à Son
Prophète, et quiconque désobéit à Dieu, désobéit à Son Prophète, car
ce dernier: «ne parle pas non plus d'impulsion: ce n'est là que révélation
révélée») [Coran LUI, 3-]. Puis pour rassurer le Messager, Il lui dit: «Ta
mission ne te rend pas responsable de ceux qui s'écartent d'Allah.» En
d'autres termes, ta mission se borne à leur communiquer le message,
quant à ceux qui s'en détournent, ils ne s'en prennent qu'à eux-mêmes
car tu n'es pas envoyé vers eux comme gardien. Dans un hadith au-
thentifié l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit:
«Quiconque obéit à Dieu et à Son Prophète, aura suivi la voie droite, et
quiconque désobéit à Dieu et à Son Prophète, ne fera tort qu'à lui-même».
À
Quant aux hypocrites, une fois en présence du Prophète, ils décla-
rent: «Nous obéissons». Mais aussitôt qu'ils le quittent certains d'eux
tiennent de nuit des propos étrangers à ce qu'il dit, et ils ne manquent
pas à contredire leur déclaration. Dieu est aux aguets car II «écrit ce
qu'ils complotent» et ceci en ordonnant aux anges scribes d'écrire tout
ce que les hypocrites déclarent et font, car II connaît parfaitement ce
s"'»s couvent en eux-mêmes et ce qu'ils trament la nuit, et \\ leur en
demandera compte de leur désobéissance et de leur rébellion.
Puis Dieu exhorte Son Prophète à leur pardonner, être clément et
indulgent à leur égard et s'écarter d'eux sans dénoncer leurs secrets
devant les hommes, enfin II le rassure et qu'il ne doit pas les redouter,
plutôt il doit se confier en Lui car II lui suffit comme protecteur.
©ù
119
:
'afalâ yatadabbarûna-1-Qur'âna walaw kâna min 'indi gayri-L-Lâhi
lawajadû fîhi-htilâfan katîran(82) wa 'idâ j^'ahum 'amrum-mina-l-'amni
'awi-1-hawfï 'adâ'û bihî walaw raddûhu 'ilâ-r-rasûli wa *ilâ 'ûli-l-'amri
minhum la 'alimahu-1-ladîna yastambitunahû minhum walawla fadlu-L-
Lâhi 'alaykum wa rahmatuhû lataba'tumu-s-saytâna 'illâ qalflan (83).
N'ont-ils jamais médité sur le Coran? Si ce Livre venait d'un autre que
d'Allah, ils y auraient relevé des nombreuses contradictions (82) Appren-
nent-ils une nouvelle? Qu'elle les rassure ou qu'elle les alarme, ils la propa-
gent. S'ils la rapportaient au Prophète et à leur chefs, ce serait le plus
qualifié de ces derniers qui l'utiliseraient. N'eût-ce été la grâce d'Allah et
Sa miséricorde, Satan eût entraîné la plupart d'entre vous. (83).
Pourquoi ces gens-là ne méditent-ils pas sur le Coran au lieu de
s'en détourner, et qu'ils comprennent le sens de ses versets, ses sen-
tences et ses paroles disertes. Sûrement ils n'y trouveront ni contradic-
tion, ni perturbation ni divergence, car il est une révélation d'un
Seigneur sage et digne de Louanges. Telle est l'altitude des polythéis-
tes et des hypocrites à l'égard du Coran. Quant aux hommes versés et
instruits dans la religion, ils déclarent: «Nous croyons dans ce Livre, tout
ce qu'il renferme vient de notre Seigneur») [Coran III, 7] c'est à dire aux
versets aussi bien les fondamentaux Que les figuratifs qui constituent
une vérité. En ramenant le figuratif au fondamental, ils ont suivi la
bonne direction. Quant à ceux dont les cœurs penchent vers l'erreur,
ils se sont égarés et écartés de la vérité.
Amr Ben Chou'aib raconte d'après Son grand père que l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- rencontra un jour des hommes
qui discutaient au sujet du destin. S'apercevant qu'ils tiraient argument
du Coran d'une façon qui ne lui plaisait pas, il fut irrité et s'écria:
«Pourquoi cherchez-vous à contredire les versets les uns les autres, c'est
bien cela qui causa la perdition du générations qui vous ont précédés».
«Apprennent-ils une nouvelle? Qu'elle les rassure ou qu'elle les alarme,
ils la propagent» ceci constitue un avertissement à celui qui, une fois
ayant entendu une nouvelle, accourt à la propager avant qu'il ne s'as-
sure de sa véracité du moment qu'elle ne peut être qu'une simple ru-
meur sans fondement.
A cet égard, d'après le Sahih de Mouslim, Abou Houraira rapporte
que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il est par-
fois un péché quand un homme raconte tout ce qu'il a entendu», (Rapporté
par Mouslim/ 1 K
Il est cité dans le Sahih de Mouslim aussi que 'Omar Ben Al-Khat-
tab, entrant dans la mosquée, entendit les hommes dire que l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait répudié ses femmes. Il
demanda l'autorisation d'entrer chez le Prophète. Permission accordée,
il lui demanda: «As-tu vraiment répudié tes femmes? - Non, répondit-il.
'Omar retourna à la mosquée et s'écria: «L'Envoyé de Dieu n'a pas ré-
pudié ses femmes». C'est à cette occasion que ce verset fut révélé.
Il incombe donc à l'homme, et surtout quand il s'agit d'une affaire
concernant sa foi et sa religion, de s'assurer de la véracité des nouvel-
les qu'il entend afin d'éviter son égarement. Et si jamais une telle af-
faire est susceptible d'être contestée qu'il la rapporte aux
enseignements du Prophète ou qu'il se réfère aux opinions des hom-
mes versés. C'est une grâce de Dieu sans laquelle un grand nombre
de gens auraient suivi Satan.
121
faqâtil fî sabîli-L-Lâhi la tukallafu 'illâ nafsaka wa harridi-l-mu'minîna
'asâ-L-Lâhu 'an yakuffa ba'sa-1-ladîna kafarû wa-L-Lâhu 'a§addu ba'san
wa 'aâaddu tanqîlan (84) may-yaSfa' Safâ'atan hasanatan yaku-1-lahu
nasîbum-minhâ wa may-yasfa' sâfa'atan sayyi'atan yaku-1-lahû kuflum-
minhâ wa kâna-L-Lâhu 'alâ kulli gay'im-muqîtan (85) wa 'idâ huyyiytum
bitahiyyatin fahayyû bi 'ahsani-minhâ 'aw ruddûhâ 'inna-L-Lâha kâna
•alâ" kulli say'in hasîb'an (86) 'AL-Lâhu là 'ilâha 'illâ huwa
layajma'annakum 'ilâ yawmi-1-qiyâmati la rayba fïhi wa man 'asdaqu
mina-L-Lâhi hadîtan (87).
Combats au service d'Allah. Tu n'es responsable que de toi-même. En-
courage les fidèles au combat. Il est possible qu'Allah ruine la puissance
des infidèles. Il est plus fort qu'eux et autrement sévère dans la répression.
(84) Celui qui intercédera dans une bonne intention participera à son résul-
tat; celui qui intercédera dans une mauvaise intention en partagera les
conséquences. Allah pourvoit à tout (85) Si quelqu'un vous salue, rendez-lui
un salut plus poli encore. En tout cas, rendez-le lui. Allah vous demandera
compte de tout. (86). Allah, il n'y a d'Allah que Lui, vous rassemblera in-
failliblement au jour de la résurrection. Il n'y a pas de doute. Qui mieux
qu'Allah voit ses propos réalisés?» (87).
Dieu ordonne à Son Prophète de combattre dans Son chemin et
de se passer de quiconque fait défection. C'est pourquoi ff fui dit: «Tu
n'es responable que de toi-même».
Il lui ordonne également «d'encourager les fidèles au combat» vu le
mérite du combat dans la voi» **> c>;~~ •* »- récompense qui attend
twiit comoattant. Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce sujet, nous
nous contentons de citer celui-ci rapporté par Abou Houraira et cité
dans le Sahih de Boukhari. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Celui qui croit en Dieu et en son Envoyé, s'acquitte des priè-
res, et jeûne Ramadan, il incombe à Dieu de le faire entrer au Paradis,
qu'il ait combattu dans la voie de Dieu ou qu'il n'ait jamais quitté le pays
où il est né». On lui demanda: «0 Envoyé de Dieu! N'allons-nous pas
annoncer cette bonne nouvelle aux hommes?» Il répondit: «Au Paradis
il y a cent degrés que Dieu a préparés à ceux qui combattent dans Sa voie,
122
entre deux degrés, il existe un espace équivalent à la distance qui sépare le
ciel de la terre. Lorsque vous demandez à Dieu de vous rétribuer le Para-
dis, que ce soit le Firdaws car il est le meilleur et le plus élevé degré du Pa-
radis, au-dessus duquel se trouve le Trône du Miséricordieux, d'où prennent
source les fleuves du Paradis.»^^
«Il est possible qu'Allah ruine la puissance des infidèles» et ceci se
réalise en poussant les hommes au combat qui s'élancent contre tes
mécréants et font arrêter leur violence en défendant l'Islam et les mu-
sulmans. Dieu est certes plus redoutable dans sa violence que les in-
crédules et plus sévère qu'eux dans Son châtiment.
«Celui qui intercédera dans une bonne intention participera à son résul-
tat» qui signifie, en d'autres termes, celui qui intercède d'une bonne in-
tercession qui ne vise que le bien, en obtiendra une part. C'est
pourquoi l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «In-
tercédez et vous serez récompensés. Dieu, par la bouche de Son Prophète,
décide ce qu'il veut».
Par contre «Celui qui intercédera dans une mauvaise intention en par-
tagera les conséquences» il en sera pleinement responsable et supporte-
ra les conéquences en tenant compte de son intention. Moujahed Ben
Jabr a dit que ce verset fut révélé à propos des hommes dont les uns
intercèdent en faveur des autres tant au bien qu'au mal. Mais Dieu de-
meure vigilant sur toute chose.
«Si quelqu'un vous salue, rendez-lui un salut plus poli encore. En tout
cas, rendez-le lui» c'est à dire lorsqu'on vous salue, répondez par une
formule plus courtoise et plus polie, ce qui est recommandé, sinon, et
ce qui est d'obligation, rendez simplement le salut qui vous a été
adressé.
123
Salman Al-Farissi raconte qu'un homme vint trouver l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Que la paix soit sur toi
ô Envoyé de Dieu» Il lui répondit: «Que la paix soit sur toi ainsi que la
miséricorde de Dieu». Un autre vint et salua: «Que la paix soit sur toi ô
Envoyé de Dieu ainsi que la miséricorde de Dieu». Et le Prophète de
lui répondre: «Que la paix soit sur toi ainsi que la miséricorde et les béné-
dictions de Dieu». Un troisième arriva et dit: «Que la paix soit sur toi ô
Envoyé de Dieu ainsi que la miséricorde et les bénédictions de Dieu»
Il lui répondit: «Et sur toi». L'homme s'exclama: «Que je te donne pour
rançons mes père et mère ô Prophète de Dieu, tu as répondu le salut
à un tel et un tel en y ajoutant quelque chose plus que tu l'as fait pour
moi?» Il lui répliqua: «Tu ne m'en as rien laissé à ajouter, et Dieu le Très
Haut a dit: «Si quelqu'un vous salue, rendez-lui un salut plus poli encore.
En tout cas, rendez-le lui» et me voilà te rendre le salut». (Rapporté par
Ibn Jarir) a K
Il s'avère du hadith précité qu'aucun ajout ne doit être donné à
cette formule du salut, car s'il était autrement le Prophète l'aurait fait.
Ibn Abbas a dit: «Lorsqu'un homme t'adresse un salut rends-le lui
même s'il est un Mage car Dieu nous ; ordonne de saluer d'une façon
encore plus polie ou bien rendre le salut.»
Quant à ceux qui vivent dans les pays des musulmans et sous
leur protection, il leur incombe de saluer le premier. A cet égard, il est
cité dans le Sahih de Mouslim qu'Abou Houraira a rapporté que l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ne soyez pas les
premiers qui saluent les juifs et les chrétiens. Lorsque vous les rencontrez,
124
ou bien lorsque vous rencontrez l'un d'eux, obligez-le à s 'écarter de votre
chemin (au cas où il y a de la cohue)» (1) .
Ai-Hassan Al-Basri précise que le salut est un acte bénévole mais
le rendre constitue une obligation, et cette obligation était l'avis una-
nime des ulémas. Par conséquent quiconque ne rend pas le salut aura
péché car par ce faire il aura désobéi à Dieu qui ordonne, selon le ver-
set, de rendre ce salut en tout cas.
Abou Houraira rapporte qu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Vous n'entrerez pas au Paradis tant que vous ne croyez
pas, et vous ne serez pas croyants tant que vous ne vous entraimiez pas.
Vous indiquerai-je une chose si vous la faites vous vous entraimez? Eh bien
énoncez le salut entre vous à haute voix». (Rapporté par abou Daoud) (2) .
«Allah, il n'y a d'Allah que Lui» est un rappel aux hommes qu'il est
le seul Dieu, le Créateur de toute chose, qui les réunira au jour de la
résurrection sans aucun doute possible sur un seul tertre et les rétri-
buera selon leurs actions. Et quand Dieu parle, nul n'est plus véridique
que Lui.
125
a
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famâ lakum fî-1-munâfiqîna fî'atayni wa-L-Lâhu 'arksahum bimâ kasabtï
'aturîdûna *an tahdû man 'adalla-L-Lâhu waman yudlili-L-Lâhu falan
tajida lahû sabîlan (88) waddû law takfurûna kamâ kafarû fatakûnûna
sawa'an falâ tattahidû minhum *awliyâ*a hattâ yuhâjirû fî sabîli-L-Lâhi
fa'in tawallaw fahudûhum waqtulûhum haytu wajattumûhum walâ
tatahidû minhum waliyyan walâ nasîran (89) 'illa-1-ladîna yasilûna 'ilâ
qawmim-baynakum wa baynahum mîtâqun 'aw jâ A 'ûkum hasirat
sudûruhum 'an yuqâtilûkum 'aw yuqâtilû qawmahum walaw 5¥'a-L-
Lâhu lasallatahum 'alaykum falaqâtalûkum fa'ini-'tazalukum falam
yuqâtilûkum wa'alqaw *ilaykumu-s-salama famâ ja*ala-L-Lâhu lakum
'alayhim sabîlan (90) satajidûna 'âharîna yurîdûna 'ay-ya'manûkum wa
ya'manû qawmahum kulla ma ruddû, ila-1-fitnati 'urkisû fihâ fa'iî-lam
ya'tazilûkum wa yulqû 'ilaykumu-s-salama wa yakuffû 'aydiyahum
fahudûhum waqtulûhum haytu taqiftumûhum wa 'ûla 'ikum ja'alnâ
lakum 'alayhim sultânam-mubînan(91).
Pourquoi vous divisez-vous en deux groupes au sujet des hypocrites?
Alors que leur conduite les a fait rejeter par Allah dans l'impiété. Voulez-
vous mettre dans la bonne voie ceux qu'Allah a abandonnés? Toutes les
perdiez la foi comme ils l'ont eux-mêmes perdue pour que vous deveniez
égaux. Ne nouez de rapports confiants avec eux, qu'ils ne se soient expa-
triés pour la cause d'Allah. S'ils refusent, combattez-les et mettez-les à
mort où que vous les trouviez. Gardez-vous de prendre des hommes de
confiance ou des alliés parmi eux. (89) Exceptez ceux qui auraient rejoint
un groupe allié. Exceptez égaleront ceux dont les cœurs se serreraient à
l'idée de vous combattre ou de combattre les leurs. Si Allah avait voulu, Il
les aurait poussés contre vous et qu'ils vous auraient combattu. S'ils restent
neutres sans vous attaquer et s'ils vous donnent toute sécurité, Allah ne
126
vous laissera aucun moyen de les inquiéter. (90) H en est d'autres qui cher-
cheront à capter à la fois votre confiance et celle de leurs frères. Chaque
fois qu'ils ont l'occasion de reprendre la lutte, ils succombent à leur pas-
sion. S'ils ne déposent pas les armes, ne vous assurent pas la paix, et ne
s'abstiennent pas de tout acte hostile, combattez-les et mettez-les à mort ou
que vous les trouviez. Nous vous laissons toute latitude à leur égard. (91).
Dieu déspprouve l'attitude prise par les fidèles à l'égard des hypo-
crites. Pourquoi les opinions furent-elles dîvergées?
L'imam Ahmed rapporte d'après Zaid Ben Thabet que quand l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, se rendit à 'Ohod pour
affronter les polythéistes, un nombre d'hommes rebroussèrent chemin,
les compagnons du Prophète se divisèrent en deux groupes pour juger
leur comportement: les premiers proposèrent de tuer ces hypocrites,
tandis que les autres refusèrent et ces derniers formaient les vrais
croyants, Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Pourquoi vous
divisez-vous en deux groupes au sujet des hypocrites?» L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah |e bénisse et le salue- s'écria alors: «C'est Tiba (c.à.d Médine)
qui expulse les mauvais comme le soufflet du forgeron qui débarrasse le fer
des scories». (Rapporté par Boukhari et Moustim) (I) .
Mouhammad Ben Ishaq rapporte qu'il s'agit d'Abdullah Ben Oubay
Ben Saloul qui, le jour de Ohod, retourna à Médine avec le tiers de
l'armée et les sept cent de l'effectif continuèrent leur chemin avec l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
«Alors que leur conduite les a fait rejeter par AWah dans V impiété»
c'est à dire à cause de leur agissement, Dieu les a refoulés et les a
égarés parce qu'ils ont désobéi à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- et préféré être dans l'erreur.
Puis Dieu s'adresse aux fidèles en leur disant qu'il est inutile de di-
riger ceux qu'il égare, ces hypocrites ne trouveront jamais le chemin
127
de la vérité car «ils souhaitent que vous perdiez la foi comme ils l'ont eux-
mêmes perdue pour que vous deveniez égaux». Tel est leur souhait de
vous voir incrédules semblables à eux, mus par leur hostilité et leur
haine.
Puis II ordonne aux fidèles de ne prendre aucun ami ni protecteur
parmi eux tant: «qu'ils ne se soient expatriés pour la cause d'Allah» qui
signifie d'après Ibn Ababs, qu'ils ont refusé à émigrer dans le chemin
de Dieu. Quant à As-souddy, il a dit parce qu'ils ont manifesté leur mé-
croyance. «Combattez-les et mettez-les a mort où que vous les trouviez»
ceci devra être leur sort. En plus, il est interdit aux fidèles de prendre
des aUiés parmi eux pour combattre les ennemis de Dieu. A l'exception
de ceux avec lesquels ils ont conclu un pacte, et quî doivent être trai-
tés sur un même pied d'égalité tout comme les musulmans, d'après les
dires d'Ibn Jarir et As-souddy.
A ce propos Ai-Hassan raconte que Souraqa ben Malek Al-Midleji
a dit: «Après la victoire du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- le
jour de Badr et le jour d'Ohod et la conversion de plusieurs personnes,
je fus mis au courant qu'il allait envoyer Khaled Ben Al-Walid chez ma
tribu Bani Midlej. Je me rendis chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- et lui dis: «Je t'adjure par la grâce de Dieu» Mais les hom-
mes me demandèrent de me taire. Il leur dit: «Laissez-le», puis il
m'adressa la parole: «Que veux-tu?» - On m'a fait savoir, dis-je, que tu
vas envoyer Khaled chez mes concitoyens, et je suis venu te prier de
conclure un pacte de paix avec eux. S'ils se convertissent, ils seront
ainsi de vrais musulmans, sinon, je te supplie de ne plus les traiter
aven eAuéFitftw- i'Eovo y 4 d e t>.«u -quAHah i© bénisse et le salue- prit
Khaied Ben Al-Walid et lui dit: «Va avec lui et réponds à sa de-
mande». Khaled conclut un pacte de paix avec eux en stipulant qu'ils
n'aideront plus personne contre l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue-, et si les Qoraïchites embrassent l'Islam, ils devront faire le
même. Dieu à cette occasion fit cette révélation. Mais Ibn Abbas a dé-
claré, plus tard, que ce verset fut abrogé par celui-ci: «Après que les
mois sacrés se seront écoulés, tuez les polythésites partout où vous les trou-
verez») [Coran IX, 5].
«Exceptez également ceux dont les cœurs se serreraient l'idée de vous
combattre on de combattre les leurs» il s'agit d'un autre peuple qu'on n©
128
doit pas les combattre. Ceux-là viennent aux fidèles le cœur serré
d'avoir combattu contre eux, et en même temps ils ne souhaitent plus
de combattre à côté des fidèles contre leur propore peuple; c'est à dire
dans le cas pareil ils préfèrent être impartiaux. Et c'est une des grâces
de Dieu car s'il avait voulu, Il leur aurait donné pouvoir sur les fidèles
et ils les auraient alors combattus.
Donc tant que ces gens-là se tiennent à l'écart, ne combattent pas
contre les musulmans et leur offrent la paix, «Allah ne vous laissera au-
cun moyen de les inquiéter» c'est à dire de lutter contre eux. Le cas de
ceux - là est pareil à celui des Hachémites qui étaient sortis, le jour de
Badr, avec les polythésites et qui avaient assisté au combat alors qu'ils
ne le désiraient pas, comme Al-Abbas et autres. A savoir que le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait ordonné en ce jour-là aux
fidèles de ne plus tuer Al-Abbas et d'en faire prisonnier.
«Il en est d'autres qui chercheront à capter à la fois votre confiance et
celle de leurs frères» Bien, qu'en apparence, ceux-là se ressemblent aux
premiers, mais leur intention n'est pas la même, car ils ne sont que
des hypocrites. Ils manifestent devant le Prophète et ses compagnons
leur islamisme rien que pour sauver leur âme, leurs biens et leur posté-
rité. Mais au fond ils ont la même foi que les incrédules, pratiquent le
même culte que le leur et ne cherchent la paix qu'auprès d'eux. Dieu
les avait déjà décrits dans ce verset:«Mais dès qu'ils ont rejoint leurs
tentateurs, ils affirment: «Nous sommes avec vous») [Coran II, 14].
«Chaque fois qu'ils ont l'occasion ijle reprendre la lutte, ils succombent
à four passion» Moujahed a commentésce verset et dit qu'il fut révélé au
sujet de certains Mecquois qui venaient déclarer leur islamisme devant
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- par hypocrisie, puis ils re-
tournaient chez les Qoraïchites polythéistes et adoraient leurs idoles,
voulant ainsi faire la paix avec les uns et les autres. Dieu ordonne de
les exterminer s'ils ne se retirent pas loin des fidèles et ne leur offrent
pas Isa paix. Maïs par contre, s'ils persistent dans leur lutte contre les
musulmans, saisissez-les comme prisonniers et mettez-les à mort où
que vous les trouviez car Dieu donne aux fidèles tout pouvoir contre
eux.
129
wamâ kâna limu'minin 'ay-yaqtula mu'minan 'illâ hata'an wa man
qatala mu'minan hata'an fatahrîru raqabatim-mu'imnatin wa diyatum-
musallamatun 'ilsC 'ahlihT 411a 'ay-yassaddaqû fa'in kâna min qawmin
'aduwwi-I-lakum wahuwa mûminun fatahrîru raqabatim-mu'minatin wa
'in kâna min qawmim-baynakum wa baynahum mîtâqun fidyatum-
musallamatun 'ilâ 'ahlihî wa tahrîru raqabatim-mu'minatin fama-1-lam
yajid fasiyâmu sahrayni mutatabi'ayni tawbatam-mina-L-lâhi wa kâna-L-
Lâhu *Alîman Hakîman (92) wa may-yaqtuî mu'minam-muta'ammidan
faja^â'ûhû jahannamu hâlidan fîhâ wa gatiba-L-Lâhu 'alayhi wa
la'anahû wa *a*adda lahû 'adâban *azîman(93).
■
n est inconvenable qu'un musulman en tue un autre si ce n'est involon-
tairement. Celui qui en aura tué un autre involontairement devra affranchir
un esclave de même confession et payer le prix du sang aux parents de la
victime, à moins que ceux-ci ne lui en fassent remise. Si le meurtrier est
d'un cjan qui vous est hostile, mais qu'il soit musulman, il devra seulement
affranchir un esclave de même confession. Si le meurtrier appartient à un
clan qui aura pactisé avec vous, il devra payer le prix du sang aux parents
<l» i<* nV.iifw —* »frranc«ûr un csciaYe musuimui. Celui qui en sera empêché
devra jeûner deux mois consécutifs. TeUe est la pénitence fixée par Allah.
Allah est omniscient et sage. (92) Celui qui tue volontairement un musul-
man aura l'enfer pour séjour éternel. Il encourt la colère d'Allah, sa malé-
diction et un châtiment terrible. (93).
H n'appartient pas donc à un croyant de tuer un autre en aucun
cas, comme il a été aussi confirmé par ce hadith cité dans les deux
Sahihs où L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il
n'est plus permis de tuer un musulman qui atteste qu'il n'y a d'autre divi-
nité que Dieu, saut ces trois: un meurtrier, une personne mariée qui
13D
commet l'adultère et Vhomme apostasie», (Rapporté par Boukhari et Mous-
tim) <2) . Dans ce trois cas, il n'est plus permis à quiconque d'exécuter
le coupable, mais la décision revient à l'imam -le gouverneur- ou son
auxiliaire. L'exception faite concerne l'homme qui tue par erreur.
Les opinions se divergent quant à la cause de cette révélation:
Moujahed raconte que ce verset fut révélé au sujet de 'Ayach Ben Abi
Rabi'a qui a tué Al-Hareth Ben Yazid Al-Ghamidi qui Pavait torturé
avec son frère pour avoir embrassé l'Islam. Mais Al-Hareth, plus tard,
se convertit et fit l'émigration sans que 'Ayach fût mis au courant de sa
conversion. Quand il Ta aperçu le jour de la conquête de La Mecque,
et croyant qu'il était toujours polythéiste, il le tua. Dieu à cette occasion
fit descendre ce verset.
Quant à Ibn Aslam, il précise qu'il fut révélé à propos de Abou Ad-
Darda' qui avait tué un homme après avoir prononcé la profession de
foi. Lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui reprocha
son crime, Abou Ad-Darda' répondit: «Il n'a fait cette attestation que
parce qu'il était menacé de mort» Et le Prophète de lui répliquer: «As-
tu fendu son cœur pour t'assurer de ses paroles?».
«Celui qui en aura tué un autre involontairement devra affranchir un
esclave de même confession et payer le prix du sang aux parents de la vic-
time» Il y en a là donc deux obligations».
1 - L'expiation de son crime involontaire en affanchissant un es- s-
clave croyant, quant à l'eslcave incrédule -ou d'une autre confession-
cela n'est plus accepté. A ce propos il a été cité dans le Mouwatta 1 de
Malek et le Mousnad de Chafé'i que lorsqu'on a amené l'esclave né-
oresse devant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- il lui
demanda: «Où est Dieu?» -Au ciel, répondit-elle.
- Qui suis-je? fut la deuxième question. - Tu es l'Envoyé de Dieu, u,
rétorqua-t-elle. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire à
Mou'awia: «Affranchis-la car elle est croyante».
131
2 - Le prix du sang pour indemniser les parents de la victime. A ce ce
propos, et d'après Ibn Mass'oud l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- avait fixé ce prix de la façon suivante, quand il s'agit d'un
meurtre commis par erreur:
- Vingt chamelles d'un an révolu.
- Vingt chamelets d'un an révolu.
- Vingt chamelles de deux ans révolus.
- Vingt chamelles de trois ans révolus.
- Vingt chamelles de quatre ans révolus.
,Ce qui fait en tout cent têtes que doivent donner «AI-'Aqila» - lés
proches parents du coupable- et l'on ne doit pas les surélever sur ses
biens. Mais Chafé'i a déclaré: «Je ne veux pas m'opposer à une telle
disposition, mais je ne trouve pas que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- avait imposé ce prix à Al-Aqila. En revenant aux
deux Sahih, nous y trouvons ce hadith rapporté par Abou Houraira:
«Deux femmes de la tribu Houzail se querellèrent. L'une d'elle frappa
l'autre, qui était enceinte- et la tua avec son foetus. On porta plainte
auprès de l'Envoyé de Dieu -qu*Allah le bénisse et le salue- qui pro-
nonça un jugement consistant à affranchir un ou une esclave comme
prix du sang du foetus, et une composition légale -dyia- que devait
payer la 'Aqila de la femme coupable».
Cette sentence concerne un crime qu'on commet sans viser le
meurtre qui est assimilé à un meurtre involontaire. Mais s'il s'avère
qu'il y a un doute, le prix du sang sera ainsi:
- Trente chamelles de 3 ans révolus.
- Trente chamelles de 4 ans révolus.
- Quarante chamelles pleines.
D'après le Sahih de Boukhari, Abdullah Ben Omar raconte: «Le
Messager de Dieu -qu'Allah le béniesQ et le salue- envoya Khaled Ben
Al-Walid vers Béni Joudzaïma pour les appeler à l'Islam. Au lieu de lui
déclarer leur islamisme d'une façon claire, ils lui répondirent: «Nous
avons changé notre religion». Khaled se mit alors à les tuer. L'Envoyé
de Dieu, ayant eu vent du faire de Khaled, leva les mains au ciel et
132
s'écria: «Mon Dieu, je désavoue ce qu'a fait Khaled» Puis il chargea
Ali de leur payer le prix de sang et l'indemnité de leurs biens détruits
même le vase dans lequel lapait un chien. Cela prouve que tout dom-
mage causé par un gouverneur, ou par son assistant, doit être indem-
nisé de la trésorie.
«A moins que ceux-ci ne lui en fassent remise» ou selon une autre in-
terprétation: «A moins qu'ils ne le donnent en aumône» Dans ce cas la
dyia - ou le prix du sang- ne sera plus d'obligation.
«Si le meurtrier est d'un clan qui vous est hostile, mais qu'il soit mu-
sulman, il devra seulement affranchir un esclave de même confession» En
d'autres termes, si la victime est un croyant alors qu'il appartenait à un
groupe ennemi, ses proches n'ont droit à aucun prix du sang, quant au
meurtrier, il doit affranchir un esclave croyant.
«Si le meurtrier apapartient à un clan qui aura pactisé avec vous...»
c'est à dire si la victime appartient à un groupe non-musulman, ou un
groupe auquel un pacte vous lie, le meurtrier doit payer le prix du
sang, d'après une foule d'ulémas.
Quef sera le prix du sang si ta victime est incrédule? Une partie
d'ulémas jugent que le meurtrier doit le payer complet comme s'il s'agit
d'un fidèle. Une autre dit que ce prix est fixé à la moitié. Enfin d'autres
disent qu'il est le tiers.
Le meurtrier doit en plus affranchir un esclave croyant; s'il «en sera
empêché, devra jeûner deux mois consécutifs» c'est à dire sans interrup-
tion (en dehors du mois de Ramadan). En cas où il interrompt le jeûne
sans une excuse valable telle qu'une maladie, des menstrues ou des
lochies, il devra reprendre son jeûne pendant deux motx. S'il voyage,
pourra-t-il interrompre le jeûne? Deux opinions ont été dites ce sujet:
«Telle est la pénitence fixée par Allah. Allah est omniscient et sage»
c'est à dire: le jeûne de deux mois est le signe du repentir imposé par
Dieu pour un meurtre commis involontairement.
Si le coupable est incapable de jeûner deux mois? Devra-til nourrir
soixante pauvres comme elle est l'expiaton du «Dhihar» (lorsque
Phomme utilise cette formule de répudiation en disant à sa femme:
«Sois pour moi comme fe dos de ma mère») Il y en a là deux Opi-
nas
- La première l'approuve mais ceci n'est pas cité dans ce verset
pour être plus sévère avec le meurtrier en le menaçant, l'avertissant et
le mettant en garde contre un péché pareil, et il n'est plus convenable
d'en faire allusion à cette tolérance dans le verset.
- La deuxième ne tolère plus cette compensation, car si c'était ain-
si, le merurtrier aurait abusé de ce droit et reporté ta nourriture des
soixante pauvres jusqu'au jour où il en serait capable et aisé.
Après que Dieu ait montré les sentences relatives au meurtre invo-
lontaire, Il parte de celui commis de propos délibéré:
«Celui qui tue volontairement un musulman...» On trouve dans ce
verset une grande menace à celui qui commet un tel crime qui est, à
cause de sa gravité, joint à l'association d'un autre à Dieu comme te
montre ce verset: «Ceux qui n'invoquent pas une autre divinité avec Dieu;
ceux qui ne tuent pas quelqu'un que Dieu a interdit de tuer sauf pour une
juste raison») [Coran XXV, 68].
Plusieurs hadiths ont été rapportés à propos du meurtre et de son
interdiction dont nous alfons nous contenter de ces quelques-uns:
- «Le premier jugement qui sera rendu entre les gens au jour de la ré-
surrection sera celui relatif aux effusions du sang.
- «La disparition totale du bas monde aux regards de Dieu serait
moins grave que le meurtre volontaire d'un musulman».
- «Si tous les habitants des deux et de la terre se réunissent pour tuer
un musulman, Dieu les précipitera tous dans l'enfer».
- «Quiconque aura aidé à tuer un musulman fut-ce par une demi-pa-
role, viendra au jour de la réssurection dont ces mots seront inscrits sur son
front: «Un désespéré de la miséricorde de Dieu».
- D'après Al-Boukhari, Al-Moughira Ben An-Nou'man raconte qu'il
a entendu tbn Joubaïr dire: «Un différend avait éclaté entre les habi-
tants de Koufa au sujet du repentir d'un meurtrier volontaire. Je me
rendis alors chez Ibn Abbas pour lui demander son opinion. Il me ré-
pondit: «Ce verset: «Celui qui tue volontairement un musulman aura l'en-
fer pour séjour éternel» figure parmi les derniers versets révélés et
aucun autre ne l'a abrogé. Quant à ce verset: «Ceux qui n'invoquent pas
«ne autre divinité avec Dieu; ceux qui ne tuent pas quelqu'un que Dieu a in-
134
terdit de tuer sauf pour mie juste raison» il ne concerne que les polythéis-
tes» A savoir qu'lbn Abbas avait jugé que le repentir d'un meurtrier vo-
lontaire n'est plus accepté.
- Salem Ben Abi Al-Ja'd raconte: «Etant chez Ibn Abbas qui fut at-
teint par une cécité vers la fin de sa vie, un homme arriva et lui dit: «Ô
Abdullah Ben Abbas! Que penses-tu de celui qui tue volontairement un
croyant?» Il lui répondit; «Il aura la Géhenne pour demeure éternelle,
Dieu exercera son courroux contre lui, le maudira et lui préparera un
châtiment douloureux.» Et l'homme de lui demander aussi: «Et si cet
homme se repent, fait de bonnes œuvres et se trouve dans le droit
chemin?» Ibn Abbas répliqua: «Que sa mère le perde! Comment pour-
rait-il se repentir et être dans la voie droite? Par celui qui tient mon
âme dans sa main, j'ai entendu votre Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- dire: «Que sa mère perde celui qui tue volontairement un croyant.
Au jour de la résurrection, la victime, aux jugulaires saignant, viendra te-
nant la tête par une main et son assassin par l'autre, pour être tout près du
Trône du Miséricordieux et s'écriera: «Seigneur, demande à celui-là pour-
quoi il m'a tué?» Par celui dont l'âme de Abdullah est dans Sa main, ce
verset qui fut révélé n'a pas été abrogé jusqu'à la mort de votre Pro-
phète.»
r
- D'après l'imam Ahmed, Mou'awia raconte qu'il a entendu le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Dieu absoudrait peut-être
tous les péchés sauf à celui qui meurt incrédule ou l'homme qui tue volon-
tairement un croyant» 1 2 K
D'après l'unanimité des ulémas, le repentir du meurtrier sera une
question entre lui et son Seigneur qui pourra lui pardonner ou le châ-
tier. S'il se repent et revient à Dieu, s'humilie, se soumet aux ordres di-
vins et fait de bonnes actions, Dieu lui changera ses mauvaises
actions en œuvres bonnes, dédommagera la victime contre l'injustice
qu'if a subie et le rendra satisfait. Quant aux paroles divines: «Ceux qui
n'invoquent pas une autre divinité avec Dieu.» jusqu'à mais non celui qui se
135
repent, qui croit et qui fait le bien») [Coran XXV, 68-70] on ne doit pas
les considérer comme étant abrogées par un autre verset par manque
de preuves, et par la suite, on ne doit pas les limiter aux polythéistes
et l'autre verset aux croyants.
Par ailleurs, Dieu a dit: «Dis: «O mes serviteurs! Vous qui avez
commis des excès à votre propos détriment ne désespérez pas de la miséri-
corde de Dieu. Dieu pardonne tous les péchés») [Coran XXXIX, 53].
C'est un verset dont le contenu s'applique à tous les péchés
s'agit-il d'une incrédulité, un polythéisme, un doute, une hypocrisie, un
meurtre, une perversité ou autre. D'autre part, Il a dit: «Allah ne par-
donne point qu'on Lui associe d'autres divinités. Honnis cela, Il pardonne à
qui II veut») [Coran IV, 48] Ceci s'applique à tous les péchés sauf le
polythéisme, dont le but est de semer l'espérance dans les cœurs des
fidèles. La preuve en est l'histoire de l'israélite, cité dans les deux Sa-
hïhs, qui a tué cent personnes puis il s'est rendu chez un savant pour
lui demander s'il pourrait se repentir. Et l'autre de lui répondre:
«Qu'est-ce qu'il t'empêche de te repentir?» Puis il lui indiqua un certain
pays pour y aller. En route, il succomba et les anges de la miséricorde
recueillirent son âme, tenant compte de l'intention de l'homme et de
son espérance en Dieu.
E
Si c'était le cas d'un israëlité à qui on avait annoncé l'acceptation
du repentir, notre communauté aurait plus de droit de cette grâce di-
vine car II a ôté les liens et les carcans qui pesaient sur elfe et agrée
pour elle cette religion droite et simple à pratiquer.
Quant au sort de celui qui tue volontairement un croyant et qu'il
aura l'Enfer pour demeure éternelle, il sera ainsi si Dieu voudrait fe
châtier, comme ont dit Abou Houraira et une foule des anciens ulémas.
Ainsi chaque péché sera jugé de la sorte prenant en considération les
bonnes actions qu'aurait commises le pécheur et qui pourraient lui allé-
ger le châtiment ou lui procureraient le pardon. Et c'est Dieu qui est le
plus savant.
En ce qui concerne la précipitation du meurtrier dans l'Enfer pour
l'éternité et qu'aucune autre bonne œuvre ne l'y délivrerait, selon les
dires d'Ibn Abbas, ceci n'est plus admis en principe, car plusieurs ha-
diths les contredisent. A ce propos l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
136
nisse et le salue- a dit: «Il sortira de VEnfer quiconque aura dans son
cœur le poids d'un atome de foi».
4
D'après tes versets précités, celui qui meurt incrédule, Dieu ne lui
pardonnera plus. Quant à la revendication de la victime au jour de la
résurrection pour récupérer ses droits, elle est un droit personnel dont
le repentir ne le compensera pas. Aucune distinction ne aéra faite en-
tre un tué, un diffamé ou à qui on lui a dérobé ses biens. Ainsi il sera
d'obligation de restituer aux victimes leurs droits afin de rendre le re-
pentir susceptible d'être agréé, sinon, la revendication sera de droit le
jour de la résurrection. Mais cette revendication n'implique pas néces-
sairement le châtiment car il se peut que l'auteur aura de bonnes ac-
tions dont une partie ou l'ensemble passera à l'actif de la victime. S'il
en reste une partie au coupable, il se pourra que Dieu le fera entrer au
Paradis grâce à elle, sinon, Il accordera plus de Ses faveurs à la vic-
time.
Le meurtre volonaitre est soumis à des lois dans la vie présente et
dans l'autre. Dans le bas monde, on lui applique la décision prise par
les parents de ta victime comme le montre ce verset: «Lorsqu'un
homme est tué injustement nous donnons à son proche parent le pouvoir de
le venger») [Coran XVII, 33]. Ce pouvoir de vengeance pourra être tra-
duit à une' exécution, un pardon, ou un prix du sang plus précieux, à
savoir
- Trente chamelles de trois ans révolus.
- Trente chamelles de quatre ans révolus.
- Quarante chamelles pleines.
Quant à l'autre expiation, c'est à dire: l'affranchissement d'un es-
clave, ou le jeûne de deux mois consécutifs ou la nourriture de soixan-
te pauvres, les opinions se sont divergées:
- Chafé'i, ses adeptes et une partie d'ulémas ont jugé qu'elle est
d'obligation, car si une telle expiation est imposée à un homme qui tue
par erreur, elle doit à plus forte raison être appliquée à qui tue volontai-
rement, ainsi au serment mensonger.
- L'imam Ahmed et d'autres ont dit: «Le meurtre volontaire est plus
grave d'être expié, donc aucune expiation n'est acceptée ainsi que le
serment mensonger».
137
Ceux qui ont adopté l'opinion qui exige une expiation, ont tiré ar-
gument de ce que Ahmed a rapporté d'après Wathila ben AL-Asqa'
qu'un groupe de Béni Soulaim vint trouver le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue-, et lui dit: «Un des nôtres a commis un meurtre sou-
mis à l'expiation» Il leur répondit: «Qu'il affranchisse un eslave et Dieu
lui préservera chaque membre du Feu correspondant à chaque mem-
bre de l'autre».
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'âmanû 'idâ tarabtum fî sabîli -L-Lâhi fatabayyanû
walâ taqûlû liman 'alqà* *ilaykumu-s-salâma lasta mu'minan tabtagûna
'arada-1-hayâti-d-dunya fa'inda-L-Lâhi magânimu katîratun kadâlika
kuntum min qablu famantia-L-Lâhu 'alaykum fatabayyanû 'inna-L-Lâha
kâna bimâ ta'malûna habîran (94).
O croyants, lorsque vous êtes en campagne n'intervenez pas à la lé-
gère. Ne vous hâtez pas de repousser celui qui vient à vous, la main tendue,
en lui disant: «Tu n'es pas un musulman» mû secrètement par l'appât des
biens terrestres. Allah dispose d'énormes richesses. Et vous aussi, vous
n'avez pas été toujours musulmans. Mais Allah vous a reçus dans Sa grâce.
Agissez donc avec discernement car Allah sait tout ce que vous faites. (94).
Ibn Abbas raconte: «Un homme de Bani Soulaim qui menait son
troupeau au pâturage, passa par quelques-uns des compagnons du
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et les salua. Ils se dirent: «Il
n'a salué que pour assurer sa sécurité.» Ils se précipitèrent sur lui, le
tuèrent et amenèrent le troupeau chez le Prophète. C'est à cette occa-
sion que ce verset fut révélé.
-
D'après Al-Boukhari, Ibn Abbas raconte aussi suivant une autre
version qu'un homme, menant devant lui sa petite brebis, passa au-
près d'un groupe des musulmans. Ils les salua en disant: «Que la paix
138
soit sur vous». Ils le tuèrent et s'emparèrent de la brebis. Dieu alors fit
cette révélation: «Ne vous hâtez pas de repousser celui qui vient à vous, la
main tendue, en lui disant: «Tu n'es pas un musulman?».
En voilà aussi une troisième version racontée par Ibn Abbas: «Le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- envoya un régiment dans
une des expéditions à la tête duquel il plaça Al-Miqdad Ben Al-Aswad.
L'ennemi se dispersa à la vue des musulmans mais un homme d'entre
eux qui possédait de richesses garda son endroit et déclara: «Je té-
moigne qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu». Mais Al-Miqdad le tua. Un
homme lui demanda: «As-tu tué un homme qui a témoigné qu'il n'y a
d'autre divinité que Dieu?» Par Dieu r je mettrai l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- au courant de ton faire». Lorsqu'ils fu-
rent de retour, iis lui racontèrent ce qui s'était passé. Le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- manda Al-Miqdad, et quand il fut en sa
présence, il lui dit: «O Miqdadl Comment oses-tu tuer un homme qui a té-
moigné qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu? Par quoi te défenderas- tu- au
jour du jugement- contre ce témoignage de la profession de foi?» Dieu
alors fit descendre ce verset. Puis l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- dit à Al-Miqdad: «Il devait être un croyant qui vivait
parmi des impies. Et quand il déclara sa croyance tu l'as tué. As~tu oublié
que, vivant à la Mecque il y a peu de temps, tu dissimulais ta foi?». (Rap-
porté par Âl-Hafedh AI-Bazzar) (1 \
-d»ïj SÈ\ V] *J] V ô\ X+i y^rj cJbîî :^Uw»î ù* J^-j -J jUi -ULOi jUUJt ^Jl
J| ^ ôjk \krj cJbïî aÏJUU t* uUiJl ^ tyoli :jUi alJLiJl <Uii <fr }U -Jt V ùl
139
«Allah dispose d'énormes richesses», c'est à dire: si vous cherchez le
butin, vous le retrouvez certes auprès de Dieu en abondance et ça se-
ra meilleur que ce butin insignifiant que vous recevez en tuant un
homme qui vous offre la paix, en manifestant sa foi dont vous vous
êtes passés sans en donner aucune importance. Et par contre vous
l'avez accusé de l'adulation et d'appréhension afin d'acquérir un bien
éphémère de ce bas monde oubliant qu'auprès de Dieu vous trouvez
les biens licites et inépuisables.
«Et vous aussi, vous n'avez pas été toujours musulmans. Mais Allah
vous a reçus dans Sa grâce» qui signifie que vous aussi vous comportiez
comme cet homme-là en dissimulant votre foi avant la déclarer devant
votre peuple. Dieu leur rappelle cette situation en disant dans un autre
verset: «Souvenez-vous! Lorsque, sur la terre, vous étiez peu nombreux et
faibles») [Coran VIII, 26].
Oussama qui avait tué un homme dans une circonstance sem-
blable et après les reproches que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- lui avait adressés, a juré, en entendant aussi ce
verset, de ne plus tuer quiconque aura prononcé la profession de foi.
Dieu met en garde les homme et les menace en leur disant:
«Soyez lucides» avant d'agir de la sorte car II connait parfaitement ce
que vous faites.
■
là yastawî-1-qâ'idûna mina-I-mu'minîna gayru 'ûli-d-darari wa-1-
mujâhidûna fî sabîli-L-Lâhi bi-'amwâlihim wa 'anfusihim faddala-L-
Lâhu-1-mujâhidîna bi'amwâlihim wa 'anfusihim *alâ-l-qâ*idîna darajatan
wa kullan wa-*ada-L-Lâhu-lehusnâ wa faddala-L-Lâhu-1-mujâhidîna *alâ-
l-qâ l idîna 'ajran *azîman (95) darajâtim minhu wa magfiratan wa
rahmatan wa kâna-L-Lâhu Gafûra-r- Rahîman (96).
140
Allah ne saurait traiter d'une même façon les croyants qui sont restes
attachés à leurs occupations, les malades exceptes, et ceux qui, en temps de
guerre, mettent à Son service leurs personnes et leurs biens. Allah tient
dans une plus grande estime ceux qui Lui sacrifient personnes et biens.
Quoique les promesses d' Allah s'étendent aux uns et aux autres, Allah ac-
cordera aux combattants une récompense plus belles qu'à Ses autres servi-
teurs. (95). Honneur, indulgence, miséricorde, en toutes ces choses les
combattants seront avantagés. Allah est clément et miséricordieux. (96).
Al-Boukhari rapporte qu'AI-Bara' a dit: «Lorsque l'Envoyé de Dieu
-qu'Ail ah le bénisse et le salue- reçut cette révélation, il chargea Zaid
pour l'écrire. «Allah ne saurait traiter d'une même façon les croyants qui
sont restés attachés à leurs occupations» Entendant ce verset, Ibn Oum
Maktoum (qui était aveugle) se présenta au Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- en lui plaignant de sa cécité. Dieu alors fit révéler:
«les malades exceptés».
Al-Boukhari rapporte un autre récit d'après Sahl Ben Sa'd As-
Sa'idi qui a dit: «Apercevant Marwan ben Al-Hakam dans la mosquée,
j'y entrai pour lui tenir compagnie. Il nous raconta que Zaid Ben Thabet
lui a informé que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'a
chargé d'écrire ce verset: «Allah ne saurait traiter d'une même façon les
croyants...» Au moment où il le transcrivait, Ibn Oum Maktoum arriva et
s'écria: «Ô Envoyé de Dieu! Par Dieu, si je pouvais combattre dans la
voie de Dieu, je l'aurais fait» à savoir qu'il était aveugle. Dieu alors fit
descendre: «les malades exceptés» alors que le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- posait sa cuisse sur la mienne de sorte que je crai-
gnisse qu'elle ne subisse une contusion, à savoir qu'il recevait à ce
moment la révélation.
Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet des fidèles qui
sont sortis le jour de Badr pour combattre et ceux qui sont restés chez
eux. Abduliah Ben Jahch et Ibn Oum Maktoum, qui était aveugles, vin-
rent demander à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-:
«Etant aveugles ô Envoyé de Dieu, sommes nous exempts?» Dieu
aussitôt fit cette révélation.
Dieu, promettant à tous ses serviteurs d'excellentes choses, a pré-
féré ceux qui combattent aux non combattants qui ne sont pas excu-
sés pour une difformité quelconque.
141
Pour montrer les mérites des combattants plus que les autres, ex-
ceptés les malades, Anas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Il y a à Médine des hommes, vous ne parcou-
rez une distance ou traversez une vallée sans qu'ils ne soient avec vous».
Les fidèles s'exclamèrent: «Comment peuvent-ils être avec nous ô En-
voyé de Dieu?» Il répliqua: «La maladie seule les retient». (Rapporté par
Boukhari) a) .
«Quoique les promesses d'Allah s'étendent aux uns et aux autres» il
s'agit du Paradis et de la plus belle récompense. Ainsi ce verset prou-
ve que le combat dans la voie de Dieu n'est pas une obligation pour
chaque personne, il suffit qu'une partie le fasse pour en exempter les
autres. Mais Dieu n'octroie pas la même rétribution aux uns et aux au-
tres car «Il accordera aux combattants une récompense plus belle qu'à Ses
autres serviteurs» en les élevant auprès de Lui de plusieurs degrés,
dans les demeures supérieures au Paradis, en leur accordant une ab-
solution de leurs péchés, un honneur et une miséricorde.
Dans un hadith cité dans les deux Sahih, Abou Sa'id Al-Khoudri a
rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, a dit:
«Au Paradis il y a cent degrés que Dieu a préparés pour ceux qui combat-
tent dans Sa voie, la distance qui sépare un degré d'un autre est équivalente
à celle qui existe entre le ciel et la terre». (Rapporté par Boukhari et
MousUm) (2 K
%M
142
'innâ-1-ladîna tawaffathumu-Nmalâ'ikatu zâlimî 'anfusihim qâlû fîma
kuntum qâlû kunnâ mustad'afîna fî-l-'ardi qâlû 'alam takun 'ardu-L-
Lâhi wâsi'atan fatuhâjirû fîhâ fa'ûlà* 'ika maVâhum jahannamu wa sâ'at
masîran (97) *illâ-l-mustad*afîna mina-r-rijâli wa-n-nisa *i wa-1-wildâni la
yastati'ûna hîlatan walâ yahtadûna sabîlan (98) fa'ûlÊf'ika 'asâ-L-Lâhu
'an ya'fuwa 'anhum wa kâna-L-Lâhu 'Afuwwan Gafûran (99) wa may-
yuhâjir fî sabîli-L-Lâhi yajid fî-l-'ardi murâgaman katîran wa sa'atan wa
may-yahruj mim-baytihi muhâjiran 'ilâ-L-Lâhi wa rasûlihî tumma
yudrikhu-1-mawtu faqad waqa'a 'ajruhû *alâ-L-Lâhi wakâna-L-Lâhu
Gafûra-r-Rahîman (100).
Venant ravir la vie à des croyants indignes, les anges les questionnè-
rent: «Où étiez-vous?» Ils répondirent: «Nous étions parmi les opprimés sur
terre» Les anges répliquèrent: «La terre d'Allah n'est-elle pas assez vaste
que vous n'ayez pas pu vous expatrier». Ces gens auront l'enfer pour sé-
jour. Quelle triste fin. (97) Les impotents, les femmes, les enfants qui sont
dans l'incapacité absolue de s'expatrier ou même de se diriger, sont excep-
tés. (98). Ceux-là peuvent obtenir le pardon d'Allah. Allah est clément et
miséricordieux. (99) Celui qui s'expatrie pour la cause d'Allah est sûr de re-
trouver facilement une patrie où s'installer. Celui qui s'exile au service d'Al-
lah et de son Prophète et qui la mort surprend, la récompense d'Allah lui
est acquise. Allah est miséricordieux et clément. (100).
■
Ibn Abbas rapporte que du temps de l'Envoyé de Dieu il y avait
des musulmans qui s'étaient alliés aux polythéistes rendant ainsi leur
armée nombreuse. Pendant le combat une flèche atteignait l'un d'eux
ou il recevait un coup de sabre qui lui était fatal. C'est à leur sujet que
le verset fut révélé: «Venant ravir la vie à des croyants indignes...».
Dans une autre version, Ibn Abbas a dit: «Il y avait à La Mecque
143
des hommes qui avaient embrassé l'Islam mais leur foi était précaire.
Le jour de la bataille de Badr, les polythéistes amenèrent avec eux ces
gens-là dont quelques-uns d'entre eux trouvèrent la mort. Les musul-
mans fidèles dirent alors: «Ceux-là étaient nos coreligionnaires mais ils
étaient contraints à sortir de chez eux pour subir un tel sort,» et ils leur
implorèrent Dieu pour leur pardonner. Après la révélation de ce verset:
«Venant ravir la vie à des croyants indignes...» ceux qui survécurent me
demandèrent par écrit le sens de ce verset et je leur répondis qu'ils
n'ont aucune excuse de rester ainsi» En quittant leurs demeures pour
s'expatrier, les polythéistes les rencontrèrent et ils durent leur accorder
la «Taqia», à cette occasion un autre verset fut révélé: «Certains hom-
mes disent: «Nous croyons en Dieu».
N.B. La taqia est le fait de manifester un certain sentiment envers
quelqu'un ou une croyance alors qu'en son for intérieur on croit ou on
garde un autre sentiment rien que pour être à l'abri d'une certaine nui-
sance ou une agressivité.
Quant à Al-Dahak, il a dit: «Ce verset fut révélé au sujet de cer-
tains hypocrites qui furent restés derrière l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- à La Mecque mais, au jour de Badr, ils sortirent
avec les polythéistes pour attaquer lés musulmans, il y eut parmi eux
des morts et blessés. Mais en fait, conclut Al-Dahak, ce verset
concerne tous les musulmans qui restèrent à La Mecque avec les poly-
téhistes alors qu'ils pouvaient la quitter pour émigrer, du moment que,
là où ils se trouvaient, ils étaient incapables d'établir la religion et la
pratiquer».
On peut donc déduire de ce verset que ceux qui, étant capables,
n'ont pas fait la hégire se sont fait tort à eux-mêmes, et Dieu leur re-
proche leur agissement malgré leur excuse d'être opprimés,en disant:
«La terre d'Allah n'est-elle assez vaste que vous n'ayez pas pu vous expa-
trier?» A cet égard l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Celui qui préfère vivre parmi les polythéistes, il leur est sem-
blable».
Mais Dieu fait exception de ceux qui sont incapables tels que les
malades ou autres dont leur délivrance des polythéistes s'avère impos-
sible, et qui ne trouvent pas une autre voie pour l'emprunter.«Ceux-là
144
peuvent obtenir le pardon d'Allah» en laissant l'hégire, car II est clément
et miséricordieux.
A ce propos Abou Houraira raconte: «En accomplissant la prière
du soir ('Icha') le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se releva
de l'inclinaison et dit: «Dieu écoute ceux qui le louent», et avant de se
prosterner, il invoqua Dieu par ces mots: «Grand Dieu, délivre Al-Walid
ben Al-Walid; délivre Salama Ben Hicham; délivre Ayach Ben Abi RabVa.
Grand Dieu, délivre les faibles parmi les croyants. Excerce Ta pression
contre la tribu Moudar. Rends leurs années comme celles des années de
Joseph (c.à.d des années de disette)». (Rapporté par Boukhari) a K
Ibn Abbas a dit: «Ma mère et moi étions parmi les faibles que
Dieu a excusés».
Puis Dieu montre le sort de ceux qui émigrent dans Sa voie et dit:
«Celui qui s'expatrie pour la cause d'Allah, est sûr de retrouver facilement
une patrie où s'installer» qui est une exhortation à s'expatrier et faire
l'émigration en se séparant des polythéistes, car le croyant où qu'il se
dirige, trouvera indubitablement un refuge qui le protégera et une terre
où il pourra s'installer pour recommencer une autre vie et jouir des
bienfaits de Dieu.
«Celui qui s'exile au service d'Allah et de Son Prophète, et que la
mort surprend, la récompense d'Allah lui est acquise» car tout dépend de
l'intention et cela est confirmé aussi par ce hadith rapporté par Omar
Ben Al-Khattab dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Les actes ne valent que par les intentions, et à chacun selon
son dessein. Celui qui aura émigré pour acquérir des biens du bas monde ou
une femme à épouser, son émigration ne sera comptée que pour ce dont il a
émigré». (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (2 * , Donc ceci est commun
à l'émigration et à toutes les autres actions.
145
A ce propos aussi Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a raconté: «Parmi les générations
qui vous ont précédés , se trouvait un homme qui avait tué 99 personnes. Il
demanda voir l'homme le plus instruit sur la terre, on lui indiqua un ermite
auprès duquel il se rendit et lui dit: «J'ai tué 99 personnes. Dieu acceptera-
t-Il mon repentir?» - Non, répondit l'ermite. Alors l'homme le tua en
complétant ainsi la centaine. Il s'enquiert de nouveau de l'homme le plus
instruit sur la terre on lui indiqua un savant qui, en lui posant la même
question, répondit à l'homme: «Certainement; qu'est-ce qui t'empêcherait
de te repentir? Va dans tel pays où tu trouveras des gens qui adorent Dieu,
adore-le avec eux et ne reviens jamais dans ton pays, car c'est un lieu de
perdition».
L'homme partit, et arrivant à mi-chemin, il mourut. Aussitôt les anges
de la miséricorde et les anges du châtiment se disputèrent à son sujet. - Il
est venu, dirent les anges de la miséricorde, repentant et dont le cœur est
tourné vers Dieu. - Il n'a jamais fait du bien, objectèrent les anges du châti-
ment. Alors un ange, sous la forme humaine, se présenta devant eux, ils
l'ont pris pour arbitre. Il leur dit: «Mesurez la distance entre les deux
pays, celui dont il sera le plus près deviendra le sien.» Ils mesurèrent et
trouvèrent qu'il est plus proche du pays vers lequel il avait émigré!. Les an-
ges de la miséricorde recueillirent alors son âme». (Rapporté par Boukhari
et MousHm) (1 K
Abdullah Ben Atik a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Quiconque quitte sa demeure pour
c g.
JL*j7 ùl «JUfcj toi* ^ t-jyâj ùl «À* hSi! y»\i tltf* j+i Vj" *^ W*' J£ ÙÇ&J^
146
aller combattre dans le sentier de Dieu, s'il tombe de sa monture et meurt,
ou un animal le pique et cause sa mort ou meurt tout simplement, sa ré-
compense incombera à Dieu».
On a rapporté que Damra Ben Joundob qui, s'exilant pour rejoin-
dre l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, mourut en route.
C'est à son sujet que ce verset fut révélé.
Abou Houraira rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Celui qui sort de chez lui pour accomplir un pèlerinage ou
une visite pieuse et meurt en route, la récompense accordée à un pèlerin lui
sera attribuée jusqu'au jour de la résurrection. Celui qui sort pour combat-
tre dans la voie de Dieu et meurt en route, acquerra la récompense d'un
combattant jusqu'au jour de la résurrection»* 1 *.
wa'idâ darabtum fï-l-'ardi falaysa 'alaykum junâhun 'an taqsurû mina-s-
salâti 'in hiftum 'ay-yaftinakumu-1-ladîna kafarû 'inna-1-kâflrîna kânû
lakum 'aduwwam-mubinan (101).
Quand vous êtes en déplacement, il vous est permis d'abréger la prière
si vous craignez d'être inquiétés par les infidèles. Les infidèles sont vos en-
nemis jurés». (101).
Il y a dans ce verset une tolérance pour ceux qui se déplacent
d'abréger la prière, c'est à dire réduire celle qui est faite normalement
de quatre rak'ats à deux. Mais les ulémas stipulent que ce déplace-
ment doit être fait pour accomplir une œuvre selon les enseignements
de Dieu, c'est à dire: un combat dans la voie de Dieu, un pèlerinage,
une visite pieuse, à la recherche d'une science, une visite ou autre.
Quant aux autres sortes de voyage, il faut absolument qu'ils soient
147
de permis et ne comportent aucune dérogation aux lois divines, tout
comme lorsque Dieu accorde la tolérance de manger la viande d'une
bête morte quand on est contraint, en disant: «Celui qui contreviendra à
ce qui précède par nécessité, en cas de disette, et à condition qu'il n'ait pas
l'intention de mal faire...») [Coran V, 3] surtout quand on est en voyage
sans une désobéissance à Dieu. Telle était l'opinion des chefs des
écoles de la loi islamique, à l'exception d'Abou Hanifa.
Mais d'autres ont jugé qu'il s'agit de n'importe quelle sorte de voy-
age, qu'il soit toléré ou non, même si l'homme qui compte faire un cer-
tain voyage et constate que la route est devenue périlleuse, d'après
Abou Hanifa, Al-Thawri, Daoud et autre.
«Si vous craignez d'être inquiétés par les infidèles» car après l'émi-
gration (hégire) les musulmans ne se déplaçaient que pour faire une
expédition ou des attaques contre leurs ennemis. Donc cette tolérance
ne leur a été accordée qu'en cas où ils redoutaient les incrédules en
l'affrontant.
A cet égard You'la Ben Oumaya rapporte: «J'ai demandé Omar
Ben Al-Khattab au sujet de ce verset en ajoutant que les hommes se
trouvent actuellement en étant de sécurité. Il me répondit: «J'ai été en
effet étonné comme toi en méditant sur les sens de ce verset, mais en
posant la question à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
il m'a répondu: «Considérez ceci en tant qu'une aumône que Dieu vous oc-
troie, acceptez don Son aumône».
Abou Al-Wadak rapporte qu'il a demandé Ibn Omar au sujet de la
réduction de la prière à deux rak'ats quand on voyage, il m'a répondu:
«C'est une tolérance descendue du ciel, vous pouvez en passer outre,
si vous voulez».
A propos de l'abrègement de la prière on cite ces quelques ha-
diths:
- Anas rapporte: «Nous partîmes de Médine à La Mecque en
compagnie du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il faisait la
prière de deux rak'ats jusqu'à notre retour à Médine». On demanda à
Anas: «Combien vous êtes restés à La Mecque?» H répondit: «Nous
sommes restés dix jours».
5
- Ibn Omar rapporte: «Je fis une prière de deux raka'ats en
148
compagnie du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à Mina ainsi
avec Abou Bakr, Omar et Othman durant la première période de son
califat ce dernier l'a complétée ensuite à quatre».
- Haritha Ben Wahb rapporte: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- nous fit une prière de deux raka'ats à Mina bien qu'il n'y avait
aucun danger».
- Ibn Mass'oud a rapporté qu'on lui demanda qu'Othman a fait une
prière de quatre rak'ats à Mina. Il s'écria alors: «Nous appartenons à
Dieu et c'est vers Lui que nous nous retournerons)» Puis il dit: «J'ai fait
une prière de deux rak'ats avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- à Mina, ainsi avec Abou Bakr et 'Omar -J'aurais bien aimé
prier quatre rak'ats au lieu de deux et que ces deux rak'ats seraient ac-
ceptées de Dieu».
Ces différents hadiths prouvent d'une façon claire que l'abrège-
ment de la prière ne dépend pas de la crainte ou du cas de danger.
Pour cela certains ulémas ont déclaré que cet abrègement ne porte
pas sur le nombre de rak'ats mais plutôt sur la manière de s'acquitter
de la prière, selon Moujahed, Ad-Dahak et As-Souddy, tirant argument
de ce hadjth rapporté par Malek d'après 'Aicha: «D'abord la prière fut
imposée de deux rak'ats qu'on soit résident ou en voyage. La prière du
voyage resta telle quelle, et celle de ta résidence fut complétée à qua-
tre».
m
Si d'après ce hadith la prière en cas de voyage est fixée à deux
rak'ats, comment prétend -on que cet abrègement porte sur la façon
de s'en acquitter et non pas du nombre des rak'ats? En plus, on cite
ce hadith rapporté par l'imam Ahmed d'après Ibn Omar: «La prière en
cas de voyage est formée de deux rak'ats ainsi que celles des deux fê-
tes -Fitr et Adha- et du vendredi par la bouche du Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- et chacune de ces prières est considérée en
tant que complète». Mouslim et Nassaï ont cité le même hadith avec
cet ajout d'après Ibn Abbas: «A savoir quatre rak'ats quand on est rési-
dent deux en voyage et une en cas du danger, sans négliger les priè-
res surérogatoires aussi bien en résidant qu'en voyageant».
Ceci ne contredit pas ce que 'Aicha a déclaré que la prière était à
l'origine formée de deux rak'ats en lui ajoutant deux autres quand on
149
réside. Et ce qui est de convenu, c'est que ta prière du voyage est limi-
tée à deux rak'ats.
Si c'est ainsi, on peut conclure qu'il s'agit de fa façon d'accomplir
la prière en commentant ce verset: «il vous est permis d'abréger la
prière» comme en cas de danger et c'est pourquoi Dieu dit ensuite: «Si
vous craignez d'être inquiétés par les infidèles» et encore: «Lorsque tu se-
ras au milieu de tes troupes et que tu les appelleras à la prière» (le verset
suivant que nous allons commenter) qui confirme que cet abrègement
porte sur la façon de s'acquitter de la prière.
Quant à Moujahed, il a commenté ce verset: «il vous est permis
d'abréger la prière» et dit: «Le jour où le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- se trouvait à Osfan avec les fidèles, et les polythéistes à
Dajnan, il fit la prière du midi de quatre rak'ats en accomplissant à la
perfection ses inclinaisons et ses prosternations, au moment où les po-
lythéistes voulaient saisir l'occasion pour les attaquer et s'emparer de
leurs effets et matériels de guerre.
Oumaya Ben Abdullah Ben Khaled Ben Oussayd rapporte qu'il a
demandé à Abdullah Ben Omar: «On trouve dans le Coran le verset
relatif à l'abrègement de la prière eh cas de danger, mais le verset
concernant la prière en voyage n'y existe pas?» Il répondit: «Nous
avons trouvé notre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pratiquer
cette prière et nous l'avons imité». Abdullah Ben Omar tira argument
du faire du Prophète et non plus du Livre de Dieu.
En voilà aussi un autre argument: Samak Al-Hanafi a dit: «J'ai de-
mandé Ibn Omar à propos de la prière en cas de voyage, il me répon-
dit: «Elle est formée de deux rak'ats sans être considérée comme
étant incomplète ou abrégée à l'opposé de celle de la crainte». Je ré-
pliquai: «Comment on doit faire fa prière en cas de danger?» Il dit:
«L'imam fait d'abord une seule rak'at avec une partie de fidèles qui, en
la terminant, quittent l'endroit de la prière pour les céder à l'autre par-
tie, et rimam fait avec eux une autre rak'at. De cette façon chaque par-
tie aura prié une seule rak'at et l'imam deux».
130
î
wa 'idâ kunta fîhim fa'aqamta lahumu-s-salâta faltaqum tâ A *ifatum-
minhum ma'aka wa-1-ya'hudû 'aslihatahum fa'idâ sajadû falyakûnû min
war^T'ikum walta'ti ta^'ifatun 'uhrâ lam yusâllû falyusallû ma'aka wa-1-
ya'hudû hidrahum wa 'aslihatahum wadda-1-ladîna kafarû law tagfalûna
'an 'aslihatikum wa 'amti'atikum fayamîlûna 'alaykum maylatan
wâ"hidatan walâ junâha 'alaykum *in kâna bikum 'adan mim-matarin
'aw kuntum manda* 'an tada'û 'aslihatakum wa hudû hidrakum 'inna-L-
Lâha 'a'adda-lil-kâfirîna 'adâbam-muhînan(102).
Lorsque tu seras au milieu de tes troupes et que tu les appelleras à la
prière, qu'une partie prie avec toi en gardant ses armes. Son oraison termi-
née, qu'elle se retire et cède la place à l'autre partie. Que celle-ci entre
alors en prière avec toi mais qu'elle reste sur le qui-vive et garde aussi ses
armes. Les infidèles attendent que vous vous débarrassiez de vos armes et
de vos munitions pour tomber sur vous de toute leur masse. Il vous est per-
mis lorsque la pluie vous incommode ou, si vous êtes malades, de déposer
les armes. Restez quand même sur le quoi-vive. Allah a préparé pour les in-
fidèles un châtiment ignominieux. (102).
Il y a plusieurs sortes de prière en cas de danger et autant de fa-
çons pour les accomplir: il se peut que l'ennemi soit en face de ta di-
rection de la qibla ou non. La prière qu'on doit s'en acquitter peut être
de quatre rak'ats comme celle du midi, de l'asr ou du soir, ou de trois
telle la prière du coucher du Soleil, ou enfin de deux telle la prière de
l'aurore. Tantôt on l'effectue en commun et tantôt individuellement lors
de la mêlée, en se dirigeant ou non vers la qibla, marchant à pied ou
montant. En cas où on doit l'accomplir en marchant, on doit observer
les actes successifs de la prière. Les ulémas ont dit: Dans ce cas on
fait la prière d'une seule rak'at en tirant argument du hadith sus-men-
151
tionné diaprés Ibn Abbas, comme on peut aussi la faire avec des ges-
tes quand on se bat, sinon on se contente d'une seule prosternation
car il y en a là un rappel de Dieu.
D'autre part, les ulémas ont toléré de retarder la prière lors de la
mêlée tout comme le faire du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
le jour de la bataille des coalisés qui s'est acquitté des prières du midi
et de l'asr après le coucher du soleil; puis il a fait celle du coucher du
soleil et ensuite celle du soir.
Ainsi c'était le cas lorsque les fidèles voulurent attaquer les Bani
Qouraidha, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit: «Que
l'un d'entre vous ne fasse la prière de l'asr qu'une fois arrivé tout près
de Bani Qouraidha». En cours de route certains la firent en disant:
«L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a pas voulu qu'on
retarde la prière mais de hâter le pas afin d'y arriver le polutôt pos-
sible.» D'autres la retardèrent jusqu'à leur arrivée tout près de Bani
Qouraidha après le coucher du soleil. Le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- n'a adressé de reproches ni aux uns ni aux autres. Mais la
majorité des ulémas ont jugé que tout cela a été abrogé par le verset
relatif à la prière en cas de danger qui si'a pas été encore révélé.
«Lorsque tu seras au milieu de tes troupes et que tu les appelleras a la
prière» c'est un cas qui diffère du premier, se rapporte à la prière en
cas de danger et qui est composé d'une seule rak'at, qu'on l'accom-
plisse en commun derrière un imam ou seul, à pieds ou en montant,
se dirigeant vers la qibla ou non.
Le mérite de cette prière est inconstestable comme ont jugé les
ulémas en se basant sur ce verset en rapportant qu'il renferme un
grand pardon aux priants.
Quant à ceux qui ont prétendu que la prière en cas de danger a
été abrogée après la mort du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
en commentant ce verset à la lettre: «Lorsque tu seras au milieu de tes
troupes» leur argument est très faible. Pour leur répondre on cite l'atti-
tude de ceux qui avaient refusé de verser la zakat de leurs biens
après la mort du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en tirant ar-
gument de ce verset: «Prélève une aumône sur leurs biens pour les puri-
fier et les rendre sans taches. Prie pour eux: tes prières sont un apaisement
pour eux» [Coran ix, 4 091, Us disaient: «Apre s le Prophète nous ne
152
payons la zakat à personne, mais nous la prélevons sur nos biens et
donnons à qui nous voulons. Nous ne la donnons qu'à celui dont ses
prières - c.à.d invocations - nous seront un apaisement.» Cependant
les compagnons réfutèrent leurs dires, les obligèrent à payer la zakat
et combattirent les rebelles.
Avant de montrer la façon de cette prière, nous allons citer la cir-
constance de la révélation de ce verset. Ali -que Dieu l'agrée- a rap-
porté: «Des hommes de Bani Najjar demandèrent à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu, nous voyageons
souvent, comment devrons-nous faire la prière?». A cette occasion
Dieu ftt descendre ce verset: «Quand vous êtes en déplacement, il vous
est permis d'abréger la prière» Puis la révélation fut interrompue pendant
une année entière. Puis dans une de ses expéditions le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- fit la prière du midi avec les fidèles. Les
voyant ainsi, les polythéistes dirent les uns aux autres: «Mouhammed
et ses compagnons vous ont laissé l'occasion pour les attaquer, élan-
çons-nous donc contre eux». Un homme d'entre eux leur dit: «Atten-
dons, car ils vont faire aussi une prière après celle-ci». Dieu à Lui la
puissance et la gloire fit alors cette révélation: «Si vous craignez d'être
i inquiétés par les infidèles» et par la suite la prière de la crainte fut éta-
jblie».
Abou 'Ayach Al-Zourqi rapporte: «Etant avec le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- à 'Osfan en face des polythéistes, dont Khaled
Ben Al-Walid était leur commandant, qui étaient dans la direction de
notre qibla, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous fit la
prière du midi alors que les polythéistes disaient les uns aux autres:
«Si nous les avions attaqués au moment de la prière nous aurions pu
avoir le dessus». Certains d'entre eux répondirent: «Ils feront bientôt
une prière qu'ils préfèrent à eux-mêmes et à leurs enfants». Gabriel
descendit avec ce verset entre midi et l'asr. «Lorsque tu seras au milieu
de tes troupes et que tu les appelleras à la prière». Au moment de la
prière de Pasr, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous ordon-
na de porter nos armes, nous mit en deux rangées derrière lui. H s'in-
clina et nous fîmes de même, puis H se releva et nous nous relevâmes
également. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se prosterna
et ceux qui se trouvaient au premier rang se prosternèrent tandis que
ceux du deuxième rang les gardèrent.
153
En se relevant de la prosternation, les premiers échangèrent leur
place avec les autres, pour les garder, et ceux-ci se prosternèrent à
leur tour puis se relevèrent avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-, s'inclinèrent avec lui et quand il se prosterna, les hommes qui
se trouvaient derrière lui se prosternèrent alors que les autres montè-
rent la garde. Quand ils s'assirent, les premiers firent de même, à la
fin le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fît la salutation finale.
Ainsi la prière fut terminée. A savoir que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- avait fait cette prière deux fois: la première à 'Os-
fan et la deuxième dans le territoire de Bani Soulaim».
Selon une troisième version Jaber Ben Abdullah raconte: «L'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- mena une capmagne
contre la tribu Khasfa. Un homme parmi ces derniers appelé Ghawrath
Ben Al-Hareth, se trouvant tête à tête avec le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue-, brandit son sabre et lui dit: «Qui te protège de
moi?» - Dieu, lui répondit-il. Le sabre tomba aussitôt de la main de
l'homme, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- le prit et lui
posa la même question: «Qui te protège de moi?» Et l'homme de répli-
quer: «Sois clément!». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui
dit: «Attestes-tu qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que je suis le
Messager de Dieu? - Non, riposta-t-il, mais je te donne ma parole que
je ne te combattrai pas et ne serai plus à côtés d'autres qui te combat-
tront.
L'homme, mis en liberté, regagna ses concitoyens et leur dit: «Je
viens de chez un homme qui est le meilleur du monde».
Le moment de la prière survint, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- fit la prière de la crainte en divisant les fidèles en
deux groupes: le premier monta la garde et l'autre fit une prière de
deux rak'ats avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et prit la
place du deuxième groupe qui fit aussi une prière de deux raka'ats
avec le Prophète. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit
une prière de quatre rak'ats et les fidèles une prière de deux.
Il s'avère de ce qui précède que le port d'arme au moment de la
prière en cas de danger est recommandé ce qui explique, d'après Al-
Chafé'i, ce verset: «H vous est permis, lorsque la ploie tous incommode
&n, si voua êtes malades, de déposer les armes. Heste? quand même Sur le
154
qui-vive» qui signifie qu'on peut porter l'arme en priant et que Ton pren-
ne garde sf on la dépose, et dans les deux cas Ton doit être toujours
prêt à affronter l'ennemi pour qui Dieu a préparé un châtiment ignomi-
nieux.
fa'idâ qadaytumu-s-salâta fadkurû-L-Lâha qiyâman wa qu'ûdan wa'alâ
junûbikum fa'idâ-t-ma'nantum fa'aqimû-s-salâta *inna-s-salâta kânat
'alâ-1-mu'minîna kitâban mawqûtan (103) walâ tahinû fî-btigâ'i-1-qawmi
'in takûnû ta'lamûna fa 'innahum ya'lamûna kamâ ta'lamûna wa tarjûna
mina-L-Lâhi ma là yarjûna wa kâna-L-Lâhu 'Alîman Hakîman (104).
La prière terminée, mentionnez le nom de Dieu, debout, assis ou cou-
ché. Quand vous êtes en sécurité, récitez normalement vos prières. La
prière est une obligation pour les musulmans. Elle doit avoir lieu aux mo-
ments fixés (103) Ne cessez pas de harceler vos adversaires. Si vous souf-
frez, eux aussi souffrent. Mais vous attendez d'Allah une récompense qu'ils
ne sauraient espérer. Allah est omniscient et sage. (104).
La mention et les invocations de Dieu étant recommandées après
chaque prière, après celle de la crainte elles doivent être plus intenses.
Pour cela II ordonne à Ses serviteurs de penser à Lui toujours en toute
situation et posture: assis, debout ou même couchés. Puis Dieu leur
dit: «Quand vous êtes en sécurité, récitez normalement vos prières» c'est à
dire accomplissez la prière comme il se doit en faisant ses inclinai-
sons, prosternations et relèvements à la perfection avec recueillement,
car la prière est prescrite aux croyants à des moments déterminés.
«Ne cessez pas de harceler vos adversaires» un ordre adressé aux fi-
dèles de ne plus faiblir dans la poursuite de leurs ennemis, d'être aux
aguets et de les combattre avec acharnement. Car tout malheur qui
pourrait arriver aux croyants comme mort ou blessures, il atteindrait
"ISS
aussi les adversaires, toutes les deux parties en seraient assujetties;
une chose qu'on trouve dans un autre verset: «Si un revers vous atteint,
dites-vous que d'autres en ont subi aussi») [Coran III, 140].
Pour rassurer les fidèles qui, en combattant, s'exposent aux mê-
mes calamités, Il leur promet de leur accorder ce qu'ils espèrent de Sa
part: la récompense, la victoire et le secours, ce que les autres n'en
espèrent point. C'est bien une promesse véridique citée dans le Livre
de Dieu et annoncée par la bouche du Prophète. Pour cela les
croyants sont plus dignes du combat dans la voie de Dieu afin que Sa
parole soit la plus élevée. Dieu certes est celui qui sait tout et II est
juste.
'innâ 'anzalnâ 'ilayka-1-kitâba bi-1-haqqi litahkuma bayna-n-nâsi bimâ
'arâka-L-Lâhu walâ takun li-l-hâ 'inîna hâsîman (105) wa-stagfiri-L-Lâha
'inna-L-Lâha kâna Gafûra-r-Rahîman (106) walâ tujâdil 'ani-1-ladîna
yahtânûna 'anfusahum 'inna-L-Lâha la yuhibbu man kâna hawwânan
'atîman(107) yastahfûna mina-n-nâsi walâ yastahfûna mina-L-Lâhi wa
huwa ma'ahum 'id yubayyitûna ma là yardâ mina-1-qawli wakâna-L-
Lâhu bimâ ya'malûna muhîtan(108) hâ A 'antum hâ'ûlâ'i jâdaltum
'anhum fï-1-hayâti-d-dunyâ fama-y-yujâdilu-L-Lâha 'anhum yawma-1-
qiyâmati 'am-man yakûnu 'alyhim wakîlan (109).
Nous t'avons révélé le livre, expression de droit, pour que tu juges en-
tre les hommes selon les indications d'Allah. Ne défends jamais la cause des
plaideurs malhonnêtes. (105) Appelle sur toi le pardon d'Allah. Allah est
156
miséricordieux et clément. (106) N'assiste pas ceux qui ne sont pas en paix
avec leur conscience. Le perfide et le méchant déplaisent à Allah. (107). Ils
se cachent des hommes et ils ne se cachent pas d'Allah, alors qu'Allah est
présent lorsqu'ils tiennent secrètement leurs conciliabules qui Lui déplaisent.
Allah sait tout ce qu'ils font. (108) Ces gens-là, c'est entendu, vous plaidez
leur cause dans ce monde. Mais qui les défendra auprès d'Allah au jour de
la résurrection? Qui consentira à être leur avocat?» (109).
Dieu s'adresse à Son Messager et lui dit qu'il lui a révélé le Coran
avec la vérité afin qu'il juge entre les hommes selon ses prescriptions
et d'après ce qu'il lui fait voir.
Certains ulémas ont tiré argument de ce verset que le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- avait le droit de trancher les différends
selon ses propores lumières, ainsi qu'un hadith rapporté par Oum Sala-
ma corrobore ce fait. Elle raconte: «Entendant une dispute auprès de
sa porte, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit et dit aux
deux hommes qui se disputèrent: «Je ne suis qu'un être humain. Je re-
çois l'un des adversaires qui pourra être plus éloquent en exposant son ar-
gument qu'un autre, croyant qu'il a raison, je prononce une sentence en sa
faveur. En fait je procure une place à l'enfer à qui je donne raison contre
un autre musulman, qu'il la prenne ou qu'il la laisse de côté». (Rapporté
par Boukhari et Afou$iïm) (1) .
Selon une autre version, il s'agit des deux médinois qui se dispu-
taient une succession et chacun d'eux n'avait aucune évidence. Enten-
dant les propos du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et
craignant une injustice, ils se mirent à pleurer et chacun d'eux s'écria:
«Je suis prêt à céder mon droit à mon frère». L'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue-, leur dit: «Allez, partagez cette succession entre
vous. Que chacun d'entre vous recherche la vérité et son droit, et faites un
tirage au sort, puis que chacun d'entre vous déclare licite ce qu'il donne à
son frère».
157
Quant à la circonstance de la révélation de ce verset: «Nous
t'avons révélé le Livre...» Ibn Abbas raconte le récit suivant: «Un groupe
des Ansariens -Médinois- firent une expédition avec l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-. Le bouclier de l'un d'eux fut volé, il ac-
cusa un Ansarien du vol et alla dire à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue-: «Tou'ma Ben Oubayreq a volé mon bouclier». Le
voleur, mis au courant, prit le bouclier et le mit dans la maison d'un
homme innocent, et vint dire à ses concitoyens: «J'ai caché le bouclier
dans la maison d'un tel, si vous voulez le rechercher, vous l'y trouve-
rez».
Les Ansariens vinrent trouver la nuit le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- et lui dirent: «Notre concitoyen est innocent (c.à.d
Tou'ma) et le bouclier se trouve dans la maison d'un tel, c'est bien ce
qu'on nous fait savoir. Déclare donc l'innocence de notre ami devant
tout le monde, car si tu ne déclares pas son honnêteté, il serait per-
du». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'innocenta de-
vant tout le monde, et le verset lui fut révélé: «Nous t'avons révélé le
Livre, expression du droit, pour que tu juges entre les hommes selon les in-
dications d'Allah. Ne défends jamais la cause des plaideurs malhonnêtes».
Ensuite Dieu dénonce les comploteurs et dit: «N'assiste pas ceux
qui ne sont pas en paix avec leur conscience. Le perfide et le méchant dé-
plaisent à Allah» il s'agit naturellement de ceux qui sont venus chez le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour innocenter leur compa-
gnon le coupable. Puis Dieu, dans les versets qui s'ensuivent, met en
garde les perfides, et dit: «Quiconque aura commis une mauvaise action
ou se portera tort à soi-même...» une allusion à ceux qui avaient menti à
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour innocenter leur
ami, et poursuivit: «Celui qui commet une mauvaise action volontairement
ou involontairement, puis s'en décharge sur un innocent, se rend coupable
d'une félonie et d'un infâme péché» il s'agit du voleur et de ceux qui ont
plaidé sa cause.
Qatada Ben An-Nou'man a raconté à son tour cette histoire:
«Dans une famille des nôtres appelées Bani Oubayreq il y avait
trois hommes dont les noms sont Bichr, Bachir et Moubachir. Bachir
était un hypocrite qui satirisait les compagnons du Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- et attribuait ses poèmes des poètes Arabes. Il
158
prétendait: Un tel a dit, un autre a dit... Entendant ces poèmes», les
compagnons déclaraient: «Par Dieu nul autre que cet homme méchant
ne compose de tels poèmes? et affirmaient que c'était le fils de Oubay-
req. Cette famille se plaignait toujours de la pauvreté et de l'indigence
du temps de la Jahilia et après l'Islam. Les gens, à cette époque-là, ne
se nourrissaient que de l'orge et de dattes. Si l'un d'eux possédait une
petite somme d'argent, et que des marchands ambulants venaient du
Cham portant de la farine du froment, ils s'achetaient une petite quan-
tité pour lui-même sans en donner aux membres de sa famille qui ne
prenaient que les dattes et du pain d'orge.
Un jour ces marchands arrivèrent du Cham et mon oncle paternel
Rifa'a ben Zaid acheta de la farine du froment et la garda dans une ar-
moire où il avait mis aussi un sabre et un bouclier. Un voleur réussit à
pratiquer une brèche au-dessous de Farmoire et prit la farine et les ar-
mes. Le lendemain matin mon oncle vint me trouver et me mit au cou-
rant de ce vol.
Nous fîmes une enquête et quelques uns de nos voisins nous in-
formèrent qu'ils ont vu les Bani Oubayreq allumer un four pour faire du
pain avec la farine dérobée. En demandant à la famille de Bani Oubay-
req, ils répondirent: «Le voleur n'est autre que Labide Ben Sahl» alors
que nous, savions qu'il était un pieux et un bon musulman.
Labide, entendant cette accusation, dégaina son sabre et s'écria:
«M'accusent-ils du vol? Par Dieu je vais leur trancher la tête s'ils ne
donnent pas le nom du voleur». Les hommes le calmèrent en témoi-
gnant de son innocence, sans innocenter les Bani Oubayreq. Mon on-
cle me demanda alors d'aller voir l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- pour lui faire part de cet événement.
Qatada poursuivit son récit: «Je vins trouver l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dis: «Des hommes qui nous haïs-
sent ont voie mon oncie en pratiquant une brèche sous l'amoire et se
sont emparé de la farine et des armes. Qu'ils nous rendent les armes,
quand à la fairne, nous n'en avons plus besoin». Il me rassura et dit:
«Je vais leur ordonner de le faire».
Les Bani Oubayreq, mis au courant de cela, allèrent voir un des
leurs appelé Oussayd Ben 'Orwa qui, avec d'autres personnes, se ren-
dirent chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent:
159
«Ô Envoyé de Dieu, Qatada Ben An-Nou'man et son oncle nous accu-"
sent de ce vol sans présenter ni une évidence ni amener des témoins
alors que nous sommes des gens vertueux et de bons musulmans».
Je retournai de chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
regrettant ma plainte et j'aurais aimé bien sacrifier une partie de mon
argent que de raconter ce fait à l'Envoyé de Dieu. Mon oncle vint chez
moi pour savoir quel était le résultat de mes entretiens avec le Pro-
phète. En fui racontant ce qu'il s'est arrivé, il s'écria: C'est de Dieu que
j'implore le secours». Ce verset fut alors révélé: «Nous t'avons révélé le
Livre, expression du droit, pour que tu juges entre les homnes selon les indi-
cations d'Allah. Ne défends jamais la cause des plaideurs malhonnêtes»
c'est à dire les Bani Oubayreq «Appelle sur toi le pardon d'Allah» pour
avoir refuté l'accusation présentée par Qatada «Allah est miséricordieux
et clément. N'assiste pas ceux qui ne sont pas en paix avec leur cons-
cience...». Si ces gens-là avaient imploré le pardon de Dieu, ils L'au-
raient trouvé clément et miséricordieux. «Celui qui commet une mauvaise
action se mit lui-même jusqu'à et d'un infâme péché» il s'agit de Labide
«Sans la grâce d'Allah.... jusqu'à Grande a été la sollicitude d'Allah sur
toi».
Après cette révélation on apporta les armes à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- qui les rendit à son tour à Rifa'a.
Et Qatada de continuer son récit: «En remettant les armes à mon
oncle, alors qu'il était un vieilard qui avait subi une cécité du temps de
la Jahilia et je doutais de son islamisme, il me dit: «J'offre mes armes
pour la cause de Dieu», et c'est à ce moment que je constatai qu'il
était un vrai musulman».
Quant à Bachir, après la révélation des versets précités, il se ren-
dit chez Soulafa la fille de Sa'd Ben Samya pour rejoindre les poly-
théistes. Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Celui qui
reniera le Prophète, après que la bonne voie lui ait apparue, et qui suivra
une autre direction que celle des fidèles, celui-là nous l'abandonnerons au
destin qu'il a choisi et nous le précipiterons dans l'enfer. Triste fin. Allah
ne pardonne pas qu'on lui reconnaisse un associé. Hormis cette injure, Il
pardonne à qui II veut. Celui qui associe quelqu'un à Allah commet une er-
reur sans nom») [Coran IV, 115-116]. Après cette révélation, Soulafa,
que Hassan Ben Thabet l'avait satirisée, porta alors les effets de Ba-
160
chir pour les jeter à Al-Abtah en lui disant: «Tu ne m'apportes aucun
bien, et voilà Hassan qui me satirise».
«Ils se cachent des hommes et ils ne se cachent pas d'Allah» il s'agit
des hypocrites qui veulent se cacher des hommes à cause de leurs ac-
tions abominables pour ne plus les leur reprocher du moment qu'ils en
font parade devant le Seigneur, Lui qui connaît parfaitement ce qu'ils
cachent même dans leur for intérieur, c'est pourquoi II dit: «Allah est
présent lorsqu'ils tiennent secrètement des conciliabules qui Lui déplaisent.
Allah sait tout ce qu'ils font» des paroles qui constituent une menace et
un avertissement.
Puis II dit: «Ces gens-là, c'est entendu, vous plaidez leur cause dans ce
monde» qui signifie en d'autres termes: A supposer que ces gens-là
sont soutenus dans ce bas monde en vertu de leurs actions apparen-
tes, quel sera leur sort en se tenant devant Dieu au jour de la résurrec-
tion qui connaît aussi bien l'invisible que le visible? Qui pourrait être
leur défenseur en ce jour-là? Sûrement personne ne leur portera se-
cours.
s_->l j^f- ^LmU. c«i ,<Cr-jj tikk Jdil J-ii 'jjjj (M tlj
wa ma-y-ya'mal su 'an 'aw yazlim nafsahû tumma yastagfiri-L-Lâha
+
yajidi-L-Lâha Gafûra-r-Rahîman(llO) wa may-yaksib 'itman fa'innamâ
yaksibuhû *alâ nafsihî wa kâna-L-Lâhu 'Alîman Hakîman (111) wa may-
yaksib hatî'atan 'aw 'itman tumma yarmi bihî barî'an faqadi-htamala
buhtânan wa 'itmam-mubînan (112) walawlâ fadlu-L-Lâhi 'alayka wa
rahmatuhû lahammat tâ'ifatum-minhum 'an yudilluka wamâ yudillûna
161
'illâ 'anfusahum wamâ yadurrûnaka min Say'in wa 'anzala-L-Lâhu
'alayka-1-kitâba wa-I-hifcmata wa 'allamaka ma lam takun ta'lamu wa
kâna fadlu-L-L£âhi 'alayka 'azîman (113).
Quiconque aura commis une mauvaise action ou se portera tort à soi-
même trouvera Allah miséricordieux et indulgent, s'il l'implore. (110) Celui
qui commet une mauvaise action se nuit à lui-même, car Allah est savant et
juste.(lll). Celui qui commet une mauvaise action volontairement ou invo-
lontairement, puis s'en décharge sur un innocent, se rend coupable d'une fé-
lonie et d'un infâme péché. (112) Sans la grâce d'Alain et sa sollicitude
pour toi, une partie d'entre eux auraient tenté de t'égarer. Ils n'égareront
qu'eux-mêmes. Et ils ne pourront te causer aucun tort. Allah t'a révélé le
Livre et la sagesse et II t'a enseigné ce que tu ne savais. Grande a été la
sollicitude d'Allah pour toi (113).
Pour montrer Sa générosité et Son indulgence, Dieu fait connaître
aux hommes que celui qui revient à Lui repentant après avoir commis
un péché ou une faute vénielle, ou il s'est fait tort à lui-même, trouvera
Dieu clément et miséricordieux.
Ibn Jarir rapporte que Abdullah a dit: «Lorsqu'un homme des fils
d'Israël commettait un péché, il trouvait le matin le moyen de son ex-
piation écrit sur sa porte. S'il avait souillé ses vêtements en urinant, il
coupait la partie souillée avec des ciseaux. Un homme s'écria: «Dieu a
accordé de Ses biens aux fils d'Israël» Et Abdullah -que Dieu l'agrée-
de riposter: Ce que Dieu vous a donné est meilleur en vous permettant
de nettoyer la partie souillée avec de l'eau et le contenu de ce verset:
«Les vertueux qui, lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent
à eux-mêmes, appellent Allah et implorent Son pardon pour leurs péchés»)
[Coran III, 135] et aussi ce verset: «Quiconque aura commis une mau-
vaise action ou se portera tort à soi-même trouvera Allah miséricordieux et
indulgent s'il L'implore».
Ali -que Dieu l'agrée- a dit: «A chaque fois que j'entendais de la
bouche de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- une
chose qui m'était utile, je demandais à Dieu de m'en accorder. Abou
Bakr, le véridîque, m'a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Tout musulman qui commet un péché, fait ses
ablutions, prie deux rak'ats et implore le pardon de Dieu, Dieu l'absoudra»
Puis il récita ces deux versets: «Quiconque aura commis une mauvaise
162
action...» et «Les vertueux qui, lorsqu'ils commettent une mauvaise ac-
tion...».
Ces dires de Dieu: «Celui qui commet une mauvaise action se nuit à
lui-même» sont pareils à ceux ci: «Nul ne prendra à charge les péchés
d'un autre») [Coran XVII, 15] c'est à dire que chacun sera responsabe
de ses propres actions, car Dieu est sage, juste et miséricordieux.
«Celui qui commet une mauvaise action volontairement ou involontaire-
ment, puis s'en décharge sur un innocent» ceci concerne, par exemple,
les Bani Oubayreq que nous avons déjà raconté leur histoire et qui,
par leur félonie, avaient accusé du vol un homme vertueux comme La-
bide Ben Sahl, ou bien le juif Zaid Ben As-Samine selon les dires des
autres rapporteurs, et qui était un homme innocent dont les prévarica-
teurs l'avaient accusé injustement, mais Dieu avait montré la vérité à
Son Envoyé. Donc ce blâme et cette réprimande concernent en géné-
ral toute personne qui commettra de telle félonie.
«Sans la grâce d'Allah et Sa sollicitude pour toi, une partie d'entre
eux auraient tenté de t'égarer. Ils n'égareront qu'eux-mêmes».
L'Imam Ahmed, comme on Ta montré auparavant, raconte le récit
de Qatada Ben An-Nou'man et son histoire avec Bani Oubayreq qui
essayèrent d'accuser Oussayed Ben Ourwa du vol, et de leurs amis
qui firent l'éloge de Bani Oubayreq et blâmèrent Qatada pour son agis-
sement. Par la suite il s'avère que la vérité n'était pas telle qu'ils
l'avaient racontée à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Pour cela, et pour trancher cette question et mettre la vérité au clair,
Dieu lui fit descendre les versets sus-mentionnés, en lui rappelant son
secours pour le préserver de toute injustice, et le Livre qu'il lui a ré-
vélé, le Coran, et la sagesse qui est en principe la sunna. «D t'a ensei-
gné ce que tu ne savais» c'est à dire avant la révélation, et ceci est
pareil à ces dires de Dieu: «Nous t'avons ainsi révélé un Esprit qui pro-
vient de notre commandement. Tu ne connaissais ni le Livre, ni la foi»)
[Coran XLI1, 52] et à ceux-ci: «Tu n'espérais pas que le Livre te serait en-
voyé, cela ne se fit que par une miséricorde de ton Seigneur») [Coran
XXVIII, 86]. C'est pourquoi Dieu termine ce verset par: «Grande a été la
sollicitude d'Allah sur toi».
163
là hayra fî katîrim-min najwahum 'illâ man 'amara bisadaqatin 'aw
ma'rûfin 'aw 'islâhin bayna-n-nâsi wa may-yafal dâlika-btigâ'a mardâti-
L-Lâhi fasawfa nu'tîhi 'ajran 'azîman (114) wa may-yuàaqiqi-r-rasûla
mim-ba'di ma tabayyna lahu-1-hudâ wa yattabi' gayra sabïïi-l-mu'minîna
nuwallihî ma tawallâ wa nuslihî jahannama wa sâ'at masîran (115).
On ne trouve rien d'édifiant dans la plupart de leurs propos. Mais ce-
lui qui recommande la charité, le bien, l'union entre les hommes et cela
dans le but de plaire à Allah, celui-là nous lui donnerons une récompense
magnifique. (114) Celui qui reniera le Prophète, après que la bonne voie lui
ait apparu, et qui suivra une autre direction que celle des fidèles, celui-là
nous l'abandonnerons au destin qu'il a choisi et nous le précipiterons dans
l'enfer. Triste fin. (115).
■
La plupart des paroles et entretiens des gens ne comportent rien
de bon exceptés les paroles de ceux qui ordonnent une aumône ou un
bien notoire ou une reconciliation entre les hommes, et à part cela,
tous les propos sont comme futilités. A cet égard Oum Habiba rap-
porte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On de-
mandera compte du fils d'Adam de tout qu'il profère sauf quand il
mentionne Dieu à Lui la puissance et la gloire, ou ordonne à faire un bien
ou déconseille un repréhensible».( Rapporté par Mardaweih)* 1 *.
Et dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Il n'est pas considéré comme menteur celui qui
(crée des mensonges) afin de reconcilier entre les hommes, en disant du
164
bien et en colportant de bonnes paroles» (Rapporté par Boukhari et
MousUm) (1> .
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ses
compagnons: «Vous dirai-je quel est l'acte qui est plus méritoire que le
jeûne, la prière et l'aumône? -Certes oui, répondirent-ils. Il poursuivit:
«C'est la reconciliation entre les gens». Donc quiconque pratique ces actes
en ordonnant une aumône ou un bien ou reconcilie entre les hommes avec
sincérité et espérant la récompense divine, aura une récompense sans limi-
tes.
«Celui qui reniera le Prophète, après que la bonne voie lui ait apparu»
il s'agit de celui qui se sépare du Prophète après avoir connu d'une fa-
çon très claire la vraie direction en suivant un chemin différent. Ainsi
c'est le cas de celui qui se sépare de la communauté qui s'accorde sur
une affaire quelconque et la contredit sans aucun prétexte valable. Plu-
sieurs hadiths ont été rapportés à ce propos, et l'imam Chafé'i de
considérer que toute dérogation à un avis unanime est interdite en se
basant sur le verset sus-mentionné. C'est pourquoi Dieu met en garde
et menace toute personne qui commet un tel acte en disant: «Celui-là
nous l'abandonnerons au destin qu'il a choisi et nous le précipiterons dans
l'enfer. Triste fin» C'est à dire s'il emprunte un autre chemin (qui n'est
pas droit) Dieu le laisse agir à sa guise en le lui embellissant pour le
conduire "par étapes vers son mauvais destin, comme II le montre dans
ce verset: «Laisse-moi donc avec ceux qui traitent de mensonge ce dis-
cours.; nous allons les conduire par étapes par où ils ne savant pas») [Co-
ran LXVIII, 44].
Dieu aussi, dans d'autres versets, montre le cas de ceux qui se
détournent de la voie tracée, et dit: «Lorsqu'ils dévièrent, Dieu fit dévier
leurs cœurs» [Coran LXI, 5] et: «Nous les laisserons marcher aveuglément
dans leur rébellion» [Coran VI, 110]. Leur sort sera sans aucun doute la
Géhenne pour avoir suivi un autre chemin que celui de la vérité, et ne
trouveront aucune issue comme Dieu a dit: «Les criminels verront le
Feu; ils penseront y tomber et ils ne trouveront aucun moyen d'y échap-
per».
165
*inna-L-Lâha là yagfiru 'ay-yuâraka bihî wa yagfiru ma dûna d âlika
limay-yasa'u wa may-yusrik bi-L-Lâhi faqad dalla dalâlan ba'îdan(116)
'in yad'ûna min dûnihT 'illâ 'inâtan wa 'in yad'ûna 'illâ Saytânam-
murîdan(117) la'anahu-L-Lâhu waqâla la 'attahidanna min 'ibâdika
nasîbam-mafrûdan (118) wa Iâ'udillannahum wa la'umanniyannahum wa
la'âmurannahum falayubattikunnalfdâna-l-'an'âmi wa la 'âmurannahum
falayugayyirunna halqa-L-Lâhi wa may-yattahid i-s-saytâna waliyyam-
min dûni-L-Lâhi faqad hasira husrânam-mubînan (119) ya'iduhum wa
yumannihim wamâ ya'iduhumu-s-saytânu 'illâ gurûran (120) 'ûla"ika
ma'wâhum jahannamu walâ yajidûna 'anhâ mahîsan (121) wa-l-ladîna
'a manu wa 'amilû-s-sâlihâti sanudhiluhum jannâtin tajrî min tahtihâ-1-
'anhâru halidîna fîhâ 'abadan wa'da-L-Lâhi haqqan waman 'asdaqu
mina-L-Lâhi qîlan (122).
Allah ne pardonne pas qu'on Lui reconnaisse un associé. Hormis cette
injure, Il pardonne à qui II veut. Celui qui associe quelqu'un à Allah
commet une erreur sans nom. (116). À part Allah, ils n'adorent que des
symboles féminins, ils n'adorent que Satan, le rebelle. (117) Qui pour avoir
été maudit par Allah a dit: «Je t'enlèverai une partie de tes fidèles. (118)
«Je les égarerai, j'exacerberai leurs ambitions, je les inciterai à couper les
oreilles des animaux, je les persuaderai de dénaturer les lois de la création.
OaImï <mi itvonrUa Ratait oour maître plutôt qu'Allah, celui-là COUTt à Une
166
perte certaine» (119) H leur fait des promesses, il stimule leurs désirs. Les
promesses de Satan sont trompeuses. (120) Ceux-là auront l'enfer pour sé-
jour. Ils ne sauraient y échapper. (121) Ceux qui croient et pratiquent le
bien séjourneront éternellement dans des jardins arrosés d'eau vive. C'est là
une promesse d'Allah et qui sera tenue. Qui est plus sincère qu'Allah.
(122).
Nous avons déjà commenté le premier verset et rapporté quelques
hadiths à ce propos. Ali à cet égard a dit: Aucun verset de Coran ne
m'est préféré que celui-ci «Allah ne pardonne pas qu'on lui reconnaisse un
associé».
«Celui qui associe quelqu'un à Allah commet une erreur sans nom» et
ceci en suivant un autre chemin que la voie de la vérité en se déviant
de la bonne direction, exposant ainsi son âme à la perdition dans les
deux mondes et il aura manqué le bonheur réservé aux fidèles.
«A part Allah, ils n'adorent que des symboles féminins» c'est à dire
des statues d'après Aicha. Mais Ad-Dahak a commenté ce verset de la
façon suivante: «Les polythéistes déclarent: les anges sont les filles de
Dieu, nous allons les adorer afin qu'elles nous rapprochent de Dieu».
Ils les ont prises en tant que maîtres en les peignant comme des filles
et en précisant qu'elles ressemblent aux filles de Dieu. Dieu mentionne
aussi leur agissement dans ces versets: «Avez-vous considéré al Lat et
al 'Uzza» [Coran LUI, 19] et: «Ils considèrent les anges, serviteurs du Mi-
séricordieux, comme des femelles» [Coran XLIII, 19] Quant à Ibn Abbas
et Ai-Hassan, ils ont assimilé ces symboles féminins à des choses iner-
tes sans vie.
«Ils n'adorent que Satan le rebelle» car c'est bien lui qui leur or-
donne d'agir ainsi en leur embellissant leur faire, mais en fait, ceux-là
n'adorent que le démon comme Dieu le montre dans ce verset: «O fils
d'Adam! ne vous-ai je pas engagés à ne pas adorer le démon» [Coran
XXXVI, 60]. Les anges, quant à eux, désavoueront les polythéistes, au
jour de la résurrection, qui les avaient adorés dans le bas monde et di-
ront: «Ils adoraient, au contraire, des djinns, auxquels la plupart d'entre
croyaient» [Coran XXXIV, 41].
Dieu maudit satan en le chassant et le privant de sa miséricorde,
mais il répondit au Seigneur: «Je t'enlèverai une partie de tes fidèles»
A%V
c'est à dire un nombre déterminé qui sera, d'après Qatada, 999 sur
mille qui iront à l'enfer et un seul entrera au Paradis. «Je les égarerai»
en les détournant de la vérité «J'exacerberai leurs ambitions» en leur
inspsirant de vains désirs, leur empêchant de se repentir, leur promet-
tant tant de choses «je les inciterai a couper les oreilles des animaux» il
s'agit, d'après Qatada, de fendre les oreilles des animaux comme un
signe pour distinguer parmi eux les: Bahira, Sa'iba et Wassila. «je les
persuaderai de dénaturer les lois de la création» qui consiste, selon Ibn
Abbas, à castrer les étalons. Mais Ai-Hassan Al-Basri a précisé qu'il
s'agit du tatouage, comme le montre ce hadith rapporté par Ibn
Mass'oud et cité dans le Sahih. L'Envoyé de Dieu -qu'Allahj le bénisse
et le salue- a dit: «Dieu a maudit, celle qui tatoue et celle qui se fait ta-
touer, celle qui épile et celle qui le fait, celle qui lime ses dents afin de pa-
raître belle en changeant la création de Dieu» (Rapporté par MousUm) (i) .
«Puis Ibn Abbas ajouta: «Et moi aussi je maudis celles que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et te salue- a maudites, et pourquoi ne pas le
faire tant que je trouve cela dans ce verset: «Prenez ce que le Prophète
vous donne et abstenez-vous de ce qu'il vous interdit» [Coran LIX, 7].
Suivant une autre version d'après Ibn Abbas, Moujahed et Ad-Da-
hak, les lois de la création signifient la religion de Dieu comme on le
trouve dans ce verset: «Acquitte-toi des obligations de la Religion en vrai
croyant et selon la nature que Dieu a donnée aux hommes en les créant. Il
n'y a pas de changement dans la création de Dieu» [Coran XXX, 31] Cela
signifie: Laissez les gens tels que Dieu les a créés. Abou Houraira rap-
porte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«Tout enfant est né sur l'Islamisme (Al-Fitra) et ses parents font de lui un
juif, un chrétien ou un Mage (adorateur du feu). De même, toute femelle
parmi les animaux engendre un animal complet, en avez-vous jamais vu naî-
tre quelqu'un dépourvu d'un de ses membres». (Rapporté par Boukhari et
MousUm) <2) .
r îuUjL*-
168
Dans le Sahih de Mouslim on trouve également ce hadith rapporté
par 'Aydad Ben Hammad dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit en attribuant ces propos au Seigneur: «Dieu à
Lui la puissance et la gloire a dit: «J'ai créé tous mes serviteurs comme
de vrais croyants mais les démons les ont détournés de leur religion, en leur
rendant illicite ce que Je leur ai permis»* 1 *.
Ensuite Dieu avertit les hommes de prendre les démons pour pa-
trons pour qu'ils ne perdent les deux mondes en disant: «Celui qui
prendra Satan pour maître plutôt qu'Allah, celui-là court une perte cer-
taine». Car Satan ne fait que des promesses en stimulant leurs désirs,
mais ces promesses ne sont que des mensonges, comme Dieu le
montre dans le verset en pariant de Satan au jour du Rassemblement:
«Lorsque le décret aura été décidé, le Démon dira: «Dieu vous a certaine-
ment fait une promesse vraie, tandis que je vous ai fait fait une promesse
que je n'ai pas tenue...» [Coran XIV, 22]. Ceux qui auront obéi au dé-
mon et cru en ses promesses, auront la Géhenne pour demeure et ne
trouveront aucun moyen d'y échapper.
Par contre les hommes vertueux «Ceux qui croient et pratiquent le
bien» avec sincérité, dont leurs actions traduisent leur foi «séjourneront
éternellement dans des jardins arrosés d'eau vive». Telle est, en toute vé-
rité, la promesse de Dieu sans aucun doute possible, car qui est donc
plus véridique que Dieu quand H parle. A cet égard l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- dans ses sermons disait: «Les paroles
les plus véridiques sont celles de Dieu; la bonne direction est celle de Mo-
hammad. Tandis que les pires des choses sont les innovations (en matière
religieuse) car toute innovation est un égarement et chaque égarement
conduit au Feu>/ 2 K
(jJUU-î L« f 4 , » U C-*^>-j 'p-*^ o* (*-fJWii ù&^LJjl p^tUJ tr\Àj>- i£ï^i* c*iUi
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169
W 111
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laysa bi'amâniyyikum walâ 'amâniyyi 'ahli-1-kitâbi may-ya'mal stî'an
yujza bihî walâ yajid lahû min duni-L-Lâhi waliyyan walâ nasîran (123)
wa may ya'mal mina-s-sâlihâti min dakarin 'aw 'untâ wahuwa
mu'minun fa'uta 'ika yadhulûna-1-jannata walâ yuzlamûna naqîran (124)
jvaman 'ahsasnu dînan mimman 'as lama wajhahû li-L-Lâhi wa huwa
nuhsinun wa-t-taba'a millata 'Ibrâhîma hanîfan wa-t-tahada-L-Lâhu
Tbrâhîma halîlan (125) wa li-L-Lâhi ma fî-s-samâwâti wamâ fî-l-'ardî wa
:âna-L-Lâhu bi kulli Say'im-muhîtan (126).
Fi de vos caprices, fi des caprices des gens d'Ecriture! Celui qui fait du
mal en répondra. Et il ne trouvera personne autre qu'Allah pour patron ou
pour protecteur. (123) Homme ou femme, quiconque fera le bien et en mê-
me temps sera croyant, entrera au Paradis et le dommage le plus infime lui
.Sara épargné. (124) Quelle plus belle religion que celle où on se soumet à
Aïlah, où on fait le bien et où on suit le culte d'Abraham ce modèle de droi-
ture? Allah a pris Abraham pour ami (125) Allah est le maître des deux et
4ë-la terre. Sa science s'étend à toute chose. (126).
Qatada raconte que les musulmans et les gens du Livre se glori-
rent de leur religion. Les gens du Livre déclarèrent: «Notre Prophète
t venu avant le vôtre ainsi que notre Livre fut révélé avant le vôtre.
' ^us sommes donc plus proches de Dieu que vous». Les musulmans
estèrent: «Nous sommes plus rapprochés de Dieu que vous et notre
ophète est le dernier des Prophètes. Quant à notre Livre, il abroge
. js les autres Livres révélés» Dieu à cette occasion fît descendre ce
rset: «Fi de vos caprices, fi des caprices des gens d'Ecritures...» et celui-
«Quelle plus belle religion de celle où on se soumet à Allah...» Ainsi
170
s r
Dieu donna aux musulmans le dessus sur les autres parmi ceux qui se
disputaient avec eux au sujet de la religion.
Quant à la version d'Ibn Abbas, elle est (a suivante: «Les gens du
pentateuque se vantèrent: «Notre Livre est le meilleur des Livres et no-
tre Prophète est le meilleur des Prophètes.» Les gens de l'Evangile tin-
rent les mêmes propos. Les musulmans répondirent aux uns et aux
autres: «Il n'y a de religion que l'Islam, notre Livre a abrogé tous les
autres Livres, notre Prophète est le sceau des autres Prophètes. Nous
sommes ordonnés comme vous l'étiez de croire en votre Livre mais de
suivre le nôtre». Dieu alors fît cette révélation pour trancher la question
et fit connaître aux hommes «Quelle plus belle religion que celle où on se
soumet à Allah...».
Moujahed a dit: «Les Arabes disaient qu'ils ne seraient ni ressusci-
tes ni châtiés. Quant aux juifs et chrétiens, ils prétendaient: «N'entre-
ront au Paradis que les juifs ou les chrétiens» [Coran 11,11 1] et disaient
aussi: «L'épreuve du feu, si nous devons la subir, sera de courte durée»
[Coran II, 80].
Ce qu'on peut déduire de ces versets consiste à considérer que la
vraie religion n'est pas de simples souhaits à formuler, plutôt elle est la
foi qui demeure dans le cœur et les actions qui la confirment. Celui qui
ambitionne une chose ne l'acquerra pas par de simples souhaits, et
quiconque prétend être dans la voie droite est demandé à présenter
des preuves de la part de Dieu. C'est pourquoi Dieu répondit aux uns
et aux autres: «Fi de vos caprices, fi des caprices des gens d'Ecriture...»
qui signifie qu'on ne pourrait à jamais assurer le satut en le convoitant
tout simplement, plutôt il faudrait faire preuve de soumission à Dieu en
suivant les enseignements des Prophètes et Messagers, et quiconque
fait le mal sera rétribué en conséquence, comme Dieu le montre dans
un autre verset: «Celui qui aura fait le poids d'un atome de bien, le verra;
celui qu aura fait le poids d'un atome de mal le verra» [Coran XCIX, 7-8].
On a rapporté qu'à la suite de la révélation de ce verset: «Fi de
vos caprices etc..» les compagnons éprouvèrent une certaine inquié-
tude. L'imam Ahmed raconte qu'Abou Bakr s'écria: «Ô Envoyé de
Dieu! Après la révélation de ce verset comment pourrons-nous nous
sauver du moment que nous serons rétribués en conséquence de
chaque mauvaise action que nous avons commise?» Il lui répondit:
171
«Que Dieu te pardonne ô Abou Bakr! Ne tombes-tu pas malade? N'éprou-
ves-tu pas de la fatigue? ne subis-tu pas parfois de calamités?» - Certes
oui, répliqua Abou Bakr. Et le Prophète de rétorquer: «En voilà les
maux dont vous en serez rétribués en conséquence».
Selon une autre version Abou Bakr raconte: «Etant chez le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il reçut cette révélation: «Celui
qui fait du mal en répondra» Il me dit: «O Abou Bakr, ne te réciterai-je
un verset qui me fut révélé en ce moment?» - Certes oui, ô Envoyé de
Dieu, dis-je» Il me le récita et j'éprouvai une certaine douleur au dos et
dus m'étirer. Il me demanda: «Qu'as-tu ô Abou Bakr?» - Que je te
donne pour rançon mes père et mère ô Envoyé de Dieu, répondis-je,
qui d'entre nous n'a pas commis de mal? Serions-nous en rétribués en
conséquence» Il répliqua: «Quant à toi ô Abou Bakr et à tes compa-
gnons les croyants, vous en serez rétribués dans ce bas monde jus-
qu'à ce que vous recontriez Dieu absous de tout péché. Mais les
autres, leurs mauvaises actions leur seront cumulées pour en être châ-
tiés au jour de la résurrection».
Plusieurs hadiths ont été rapportés à propos de ce verset dont
nous allons citer quelques uns:
■
- Abou Hou ra ira raconte: Après la révélation de ce verset: «Celui
qui fait du mal en répondra» les musulmans éprouvèrent un certain em-
barras. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit:
«Recherchez la perfection dans vos œuvres et soyez modérés en les appli-
quant, car tout mal qui afflige un musulman même une épine qui le pique
lui vaut de la part de Dieu une rémission de ses péchés». (Rapporté par Ah-
med et Ibn Jarir) (J) ,
- Ibn Abbas rapporte qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Al-
lah le bénisse et le salue-: Celui d'entre nous qui aurai fait un mal se-
ra-t-il rétribué en conséquence?» Il répondit: «Oui, et celui qui fait une
172
bonne action elle lui sera décuplée. Quiconque dont sa mauvaise action
l'emportera sur ses dix bonnes actions sera perdu».
- Ibn Jarir a rapporté d'après Ai-Hassan que le verset précité
concerne l'incrédule en se référant à ce verset: «Rétribuerions-nous ain-
si un homme qui ne serait pas incrédule?» [Coran XXXIV, 17].
«Et il ne trouvera personne autre qu'Allah pour patron ou pour protec-
teur» Ibn Abbas Ta commenté en disant à moins qu'il ne se repente et
Dieu accepte son repentir. Mais ce qui est plus correct, comme a dit
Ibn Abi Hatem, ceci est commun à toutes les œuvres comme les hadi-
thes précités le confirment.
«Homme ou femme, quiconque fera le bien et en même temps sera
croyant» on commente cette partie du verset de la façon suivante:
Après que Dieu ait montré que chacun sera châtié selon ses mauvai-
ses actions qu'il aura commises soit dans ce bas monde, et ce sera un
bien pour lui, soit dans la vie future dont les conséquences seront pi-
res, Il fait connaître aux gens croyants, hommes et femmes, qu'il les
fera entrer au Paradis pour prix de leurs bonnes actions sans les léser.
Puis Dieu affirme que la plus belle religion consiste à se soumettre
à Lui, être sincère avec Lui en accomplissant ses œuvres avec foi et
espoir de la récompense «où on fait le bien» c'est à dire en suivant les
enseignements que Dieu a révélés à son Messager. Bref toute bonne
action est soumise à deux conditions: La sincérité envers Dieu et la
conformité à la loi divine. En l'absence d'une de ces deux conditions,
toute œuvre sera de l'hypocrisie et n'est accomplie que pour plaire aux
autres. Une fois le serviteur réunit les deux conditions sera parmi:
«Ceux dont nous acceptons les meilleures actions sans tenir compte de leurs
méfaits» [Coran XLVI, 16]. C'est pourquoi Dieu le Très Haut a dit: «et
où on suit le culte d'Abraham ce modèle de droiture». Ceux qui le suivent
sont certes Mouhammad et ses adeptes jusqu'au jour de la résurrec-
tion et Dieu les mentionne dans ce verset: «Les hommes les plus proches
d'Abraham sont vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète» [Co-
ran III, 68] et II a dit aussi: «Les hommes les plus proches d'Abraham sont
vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète» [Coran III, 68] et II a
dit encore: «Nous t'avons révélé: «Suis la religion d'Abraham, un vrai
croyant». TJ n'était pas au nombre des polythéistes» [Coran XVI, 123].
Pour exhorter les hommes à suivre le culte d'Abraham et de le
173
prendre comme modèle de droiture Dieu a dit: «Allah a pris Abraham
pour ami» car, en vérité, Abraham n'a atteint ce stade de la haute
considération qu'en se soumettant à Dieu en appliquant à la perfection
tous Ses ordres au point que Dieu a dit de lui «Abraham qui fut très fi-
dèle» [Coran LUI, 27]. Les ulémas ont dit qu'Abraham n'a laissé aucune
pratique cultuelle sans s'en acquitter avec sincérité quel qu'était son
degré d'importance. Par ailleurs Dieu a mentionné dans son Livre
Abraham en disant:
- Après qu'Allah eût envoyé des commandements a Abraham comme
épreuve et qu'il les eût exécutés» [Coran 11, 124].
- Abraham représente vraiment tout un peuple: docile envers Dieu,
c'était un vrai croyant; il ne fut pas au nombre des polythéistes» [Coran
XVI, 120].
Al-Boukhari raconte d'après Amr ben Maymoun que Mou'adz, en
arrivant du Yémen, fit la prière de l'aurore avec ses habitants et récita:
«Allah a pris Abraham pour ami» Un homme s'écria alors: «La mère
d'Abraham devait être très réjouie».
Abraham a été appelé l'ami de Dieu à lui la puissance et la gloire
- ou Son confident - à cause de son amour pour Lui en persévérant
dans tout acte qui rend le Seigneur satisfait de lui. L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- à son tour, comme il est cité dans les
deux sahihs, après qu'i) ait sermonné les gens, leur dit à la fin: {(Hom-
mes! Si j'avais le droit de prendre pour ami un des habitants de la terre,
j'aurais choisi Abou Bakr ben Àbi Qouhafa, mais votre compagnon - Abra-
ham - était l'ami de Dieu».( Rapporté par Boukhari et Mouslim)* 1 *.
Ibn Abbas raconte: «Quelques uns des compagnons de l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'attendaient. Lorsqu'il fut tout
près d'eux, il les entendit dire: «C'est étonnant de savoir que Dieu a
pris parmi ses créatures un ami qui est Abraham» Un homme riposta:
«N'est-il pas encore étonnant qu'il est certain que Dieu a parlé à
174
Moïse?» Un autre de répliquer: «Jésus n'est-il pas l'Esprit de Dieu et
son verbe?» Puis un quatrième de dire: «Dieu n'a-t-ll pas choisi Adam
de préférence?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les
salua et leur dit: «Je viens d'entendre vos propos et votre étonnement
qu'Abraham soit l'ami de Dieu, Moue Son interlocuteur, Jésus Son Esprit
et Son verbe et enfin Adam comme son favori. Sûrement il en est ainsi.
Mais sachez aussi que je suis aussi le bien-aimé de Dieu sans orgueil. Je se-
rai le premier intercesseur écouté sans orgueil. Je serai le plus honoré par-
mi les premiers et les derniers sans orgueil». (Rapporté par Ibn
Mardaweih) (1 K
Ishaq Ben Yassar a dit: Après que Dieu eût pris Abraham pour
ami, Il jeta la crainte dans son cœur au point où l'on entendait le batte-
ment de son cœur de loin comme on entend le battement des ailes
d'oiseaux. Quant à l'Envoyé Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'on
entendait jaillir de sa poitrine un bruit pareil au bouillonnement d'une
marmite à cause de ses pleurs.
Enfin Dieu rappelle aux hommes qu'il est le Maître des cieux et de
la terre, tous les hommes sont Ses serviteurs, Il dispose de tout, rien
ne repousse Sa décision, et nul ne l'interroge sur ce qu'il fait en vertu
de Sa grandeur, Son pouvoir, Sa justice, Sa sagesse, Sa clémence et
Sa miséricorde.
«Sa science s'étend à toute chose» Il est l'omniscient et rien ne lui
est caché des œuvres de Ses serviteurs et le poids d'un atome ne lui
échappe ni sur la terre ni dans les cieux».
■ M «M I*
175
wa yastaftunaka fî-n-nisa 'i quli-L-Lâhu yuftikum fîhinna wamâ yutlâ
'alaykum fî-1-Kitâbi fî yatâmma-n-nisa 'i-l-lâtî là tu'tûnahunna ma kutiba
lahunna wa targabûna 'an tankihûhunna wa-1-mustad'afîna mina-1-
wildâni wa 'an taqûmû lilyatâmâ bi-1-qisti wamâ taPalû min hayrin
fa'inna-L-Lâha kâna bihî 'Alîman (127).
On te consulte au sujet des femmes? Réponds: «Allah vous instruira
sur elles. Ce que le Livre divulguera à ce sujet s'appliquera aux orphelines
auxquelles vous ne remettrez pas la dot prescrite, bien que vous désiriez les
épouser. Et il s'appliquera aussi aux mineurs sans défense qu'il prescrira de
traiter avec justice. Il n'est pas une bonne action de vous qui ne soit connue
d'Allah (127).
Al-Boukhari rapporte que 'Aicha - que Dieu l'agrée - en commen-
tant ces paroles de Dieu: «On te consulte au sujet des femmes?... jusqu'à
vous désiriez les épouser» a dit: «Il s'agit de l'homme qu'une orpheline se
trouve à sa charge et dont il est son tuteur et son successeur, et leurs
biens sont communs. Il désire l'épouser lui-même et répugne qu'il la
donne en mariage à un autre pour que ce dernier ne devienne un as-
socié de ces biens, à ces fins il refuse de la donner en mariage à qui
que ce soit. Ce verset fut révélé à ce sujet».
Selon une autre version Aicha rapporte que Ourwa lui a demandé
au sujet de ce verset: «Si vous craignez de n'être pas équitables envers les
orphelines» [Coran IV, 3] elle lui répondit: «Ô le fils de ma sœur, il
s'agit d'une orpheline qui est sous la tutelle d'un homme et elle lui as-
socie de ses biens. Ce tuteur, épris de la fortune et de la beauté de
cette orpheline, voulant l'épouser sans lui donner la dot qu'elle méritait,
mais en lui donnant une dot qu'un autre homme devait lui donner.
Alors on interdit aux tuteurs d'épouser des pareilles orphelines à moins
qu'ils ne leur donnent la dot la plus convenable en la leur accordant
176
plus que la coutume l'assignait à leur égard. Ils furent ordonnés
d'épouser des femmes hormis ces orphelines comme il leur plaira. Ai-
cha ajouta: «Les hommes consultant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- en lui demandant des explications de ce verset, Dieu
à Lui la puissance et la gloire lui fit cette révélation: «On te consulte au
sujet des femmes?».
Aicha reprit: «Quant aux paroles divines contenues dans le même
verset précédent: «bien que vous désiriez les épouser» elles s'appliquent
au désir de l'un de vous quand il veut épouser sa pupille lorsqu'elle
jouit d'une fortune modeste et de peu de beauté. Les hommes furent
interdits de demander en mariage ces orphelines quand elles jouissent
d'une grande fortune et d'une grande beauté à moins qu'ils ne leur ré-
servent une dot équitable, parce que ce désir ne se manifesterait pas
si elles avaient peu de fortune et peu de beauté».
Bref on peut conclure que lorsqu'un homme a une pupille et veut
l'épouser, il doit lui donner une dot convenable. Si cette pupille ne lui
plait pas et qu'elle jouisse d'une fortune, il ne lui est plus permis de
l'empêcher de se marier de peur que ce mari ne lui associe de ses
biens.
r
«Et il s'appliquera aussi aux mineurs sans défense» Ibn Abbas a dit
que, du temps de l'ignorance, les mineurs et les filles n'avaient pas
droit à la succession. Dieu les interdit d'agir ainsi et leur montra que le
mâle a le droit à une part égale à celles des deux femelles, qu'il soit
mineur ou majeur.
Que les hommes agissent donc selon les enseignements de Dieu
et soient équitables envers les orphelines car II sait ce qu'ils font.
177
wa *ini-mra*atun hâfat mim-ba'lihâ nusûzan 'aw Trâdan falâ junâhâ
ly- ■ » ri
'alayhimâ* 'an yuslihâ baynahumâ sulhan was-sulhu hayrun wa
'uhdirati-l-'anfusu-S-guhhu wa *in tuhsinû wa tattaqû fa 'inna-L-Lâha
kâna bimâ ta'malûna habîran (128) wa lan tastatî*ïï 'an ta'dilû bayna-n-
nislf'i walaw harastum falâ tamîlû kulla-1-mayli ftadarûhâ kalmu'allaqati
wa'in tuslihû wa tattaqû fa 'inna-L-Lâha kâna Gafïïr-r-Rahîman (129)
wa 'iy-yatafarraqâ yugni-L-Lâhu kullan min sa'atihî wa kâna-L-Lâhu
Wâsi'an Hakîman (130).
Quand une femme appréhende de mauvais traitements ou constate de
la lassitude de la part de son mari, ce n'est pas un péché pour les époux de
se séparer aimablement, quoiqu'une réconciliation soit préférable. L'égoîsne
guette toujours les âmes en de pareilles circonstances. Si vous vous montrez
généreux et si vous appréhendez Allah, ça ne Lui échappera pas. (128).
Vous ne parviendrez jamais à faire régner la concorde entre vos femmes,
quelle que soit votre bonne volonté. Toutefois ne vous laissez pas emporter
par vos penchants au point d'en délaisser une complètement. Si vous main-
tenez l'entente dans vos ménages et si vous craignez Allah, la clémence et
la miséricorde d'Allah vous seront acquises. (129) Si les deux époux se sé-
parent, Allah est assez puissant pour assurer à chacun d'eux un autre des-
tin. Allah est omnipotent et sage. (130).
D'après ces versets, trois cas sont à envisager concernant les re-
lations entre les deux époux: quand la femme redoute l'abandon ou
l'indifférence de son mari; quand il y a entente; et quand la séparation
devient la solution inévitable.
Le premier cas.
Quand la femme constate une certaine aversion de la part de son
mari ou une lassitude, peut, pour remédier à cette situation, désister
de son droit, ou d'une partie, aux dépenses d'entretien tel que l'habille-
ment par exemple, ou à la cohabitation ou autre. Quant à lui, il a le
droit deraccepter ou de le refuser sans commettre un péché. Pour cela
Dieu a dit que nul péché ne leur sera imputé s'ils se reconcilient car la
réconciliation est préférable à la séparation, même si cela entraîne
l'avarice pour maintenir toujours la cordialité et l'entente.
178
On rapporte à cet égard que Sawda Bent Zam'a ayant atteint un
certain âge, craignit d'être répudiée par le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue-, elle lui proposa de concéder le jour qui lui est consa-
cré à Aicha. Il accepta son offre et la retint. Et Ibn Abbas de dire que
ce verset fut révélé aussitôt: «Quand une femme appréhende de mauvais
traitements... jusqu'à soit préférable» Aicha a dit: «Il s'agit de la femme
qui n'a pas d'enfant dont son mari a avec elle des rapports conjugaux
très limités mais leur compagnie fut assez longue, elle lui dit: «Ne me
répudie pas et tu ne dois rien à mon égard» Selon une autre version,
et toujours d'après Aicha: «Il s'agit de l'homme qui a deux femmes
dont l'une d'elles est laide, âgée et il la cohabite rarement, elle lui dit:
«Ne me répudie pas et je te concède tous mes droits». D'autres ver-
sions ont été rapportées d'après Omar Ben Al-Khattab et Ali Ben Abi
Taleb et qui donnent presque le même sens.
Sa'id Ben Al-Moussaiab et Souleiman Ben Yasser ont dit: «En se
conformant au verset précité et pour appliquer la tradition suivie, on
donne l'exemple d'un homme qui éprouve une certaine lassitude et
une aversion envers sa femme. II a le droit de fui proposer le divorce
ou bien de la retenir à condition de se désister de ses droits aux dé-
penses et à la cohabitation».
Quant à la reconciliation que Dieu a mentionnée dans le verset,
Sa'id Ben Al-Moussaiab et Souleiman ont raconté que Rafe' Ben Kha-
dij PAnsarien avait une femme devenue âgée. Après avoir épousé une
jeune, elle lui demanda de la répudier, et il le fit une seule fois. Après
l'écoulement de la période d'attente il la reprit et comme Rafe* préférait
toujours la jeune, en la négligeant, l'autre la femme demanda une deu-
xième fois de la répudier, fi lui répondit: «Si je te répudie cette fois-ci, il
ne nous reste qu'une répudiation. SI tu veux rester chez moi, libre à
toi, alors que tu as constaté sans doute mon penchant vers ta jeune
co-épouse, et si tu insistes, je te répudie» Elle répliqua: «Plutôt je de-
meure chez toi malgré tout». II la garda selon ces conditions, et telle
était leur reconciliation.
Le deuxième cas:
«Quoiqu'une réconciliation soit préférable» qui signifie d'après Ibn
Abbas le libre arbitre, et cela consiste en ce que le mari donne la li-
berté à sa femme de rester dans le foyer conjugal en consacrant ses
179
droits, surtout de la cohabitation, ou la séparation finale qui sera la pire
des solutions, tout comme le faire du Prophète -qu'Allah le bénisse et
te salue-, quand il avait retenu Sawda Bent Zam'a en cédant son jour
à Aicha. Ce comportement était une leçon aux hommes afin de l'imiter
car il est cité dans un hadith que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Le divorce est la chose licite que Dieu haït le plus».
«Si vous vous montrez généreux et si vous appréhendez Allah, ça ne
Lui échappera pas» on trouve dans ce verset une exhortation aux hom-
mes d'endurer ce qu'ils répugnent de la part des femmes et de respec-
ter leurs droits à la cohabitation en premier lieu, et de les traiter
comme les autres épouses, car c'est un bien qu'ils font et Dieu en sau-
ra gré.
«Vous ne parviendrez jamais à faire régner la concorde entre vos fem-
mes, quelle que soit votre bonne volonté» c'est une réalité tangible, et
quel que soit le désir des hommes, ils ne pourront être équitables à
l'égard de chacune de leurs femmes. Même si un homme consacre un
jour et une nuit à chacune d'elles il y aura certainement une diférence
de traitement et de sentiment quant à l'amour et au désir. A cet égard,
Abdullah Ben Yazid rapporte que 'Àicha a dit: «L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- partageait ses jours entre ses femmes
équitablement et disait: «Mon Dieu, c'est mon partage de ce que je pos-
sède, ne me blâme pas pour une chose que Tu possèdes et que je ne possède
pas», il s'agit du cœur. (Rapporté par Ahmed et les auteurs des Su-
nans) (2 K
«Toutefois ne vous laissez pas emporter par vos penchants au point
d'en laisser une complètement» c'est à dire en cas où vous penchez
vers Tune d'elles ne laissez pas l'autre comme en suspens: ni mariée
ni répudiée en la négligeant complètement, voilà pourquoi le Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue- a dit d'après Abou Houraira: «Celui qui
a deux femmes et aura penché vers l'une plus que l'autre, viendra au jour
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180
de la résurrection ayant un côté de son corps tombé», (Rapporté par Ah-
med et les auteurs des sunans) (i) .
«Si vous maintenez l'entente dans vos ménages et si vous craignez Al-
lah, la clémence et la miséricorde d'Allah vous seront acquises» Ceci
constitue une autre exhortation aux hommes pour établir la concorde
entre les femmes, de les traiter sur un même pied d'égalité et de crain-
dre Dieu en toute circonstance, Il leur pardonne ce qu'il a été de leur
penchant.
m
Le troisième cas.
Il n'est que le contenu de ce verset: «Si les deux époux se séparent,
Allah est assez puissant pour assurer à chacun d'eux un autre destin. Allah
est omnipotent et sage» qui signifie que la séparation finale des deux
conjoints est devenue inévitable. Dieu suffira chacun d'eux de l'autre,
l'enrichira et lui donnera en compensation de ce qu'il aura perdu,
s'agit-il d'un autre conjoint ou autre chose, car la grâce de Dieu est in-
commensurable, Il est juste dans Ses décisions et connaît parfaitement
les actions de Ses serviteurs.
wa-li-L-Lâhi mâfî-s-samâwâti wa mâfî-l-'ardi walaqad wassaynâ-1-ladîna
'ûtu-1-kitâba min qablikum wa 'iyyâkum 'ani-t-tâqû-L-Lâha wa'in
takfurû fa'inna li-L-Lâhi mâfî-s-samâwâti wamâ fî-l-'ardî wa kâna-L-
■
181
Lâhu Ganiyyan Hamîdan(131)wa-li-L-Lâhi mâfî-s-samâwâti wamâ fî-1-
'ardi wa kafâ bi-L-Lâhi wakîlan (132) 'iy-yaSa* yudhibkum 'ayyuhâ-n-
nâsu wa ya'ti bi 'âharîna wa kâna-L-Lâhu *alâ dâlika qadîran (133) man
kâna yurîdu tawâba-d-dunyâ fa'inda-L-Lâhi tawâbu-d-dunyâ wa-1-
'âhirati wa kâna-L-Lâhu Samî*am-Basîran (134).
Allah est Maître des cieux et de la terre. Nous avons recommandé à
ceux qui ont reçu les Ecritures avant vous et à vous-mêmes, de craindre Al-
lah. Si vous refusez, qu'importe! Allah est le Maître des cieux et de la
terre. II est couvert de richesses et de gloire. (131) Allah est le Maître des
cieux et de la terre. Allah suffît comme protecteur. (132) II ne tient qu'à
Allah, s'il le veut, de vous anéantir et de vous remplacer par d'autres hom-
mes. Il est assez puissant pour le faire. (133) Celui qui recherche la récom-
pense de ce monde, qu'il sache que cette récompense et celle du monde
futur sont entre les mains d'Allah. Allah sait et entend tout. (134).
Etant le Roi suprême des cieux et de la terre, et tout ce qu'il s'y
trouve Lui appartient, Dieu recommande aux hommes, comme II l'a fait
aux gens du Livre, de Le craindre et de n'adorer que Lui sans rien Lui
associer. Si les hommes refusent: «Qu'importe! Allah est le Maître des
cieux et de la terre».
Dieu dans un autre verset raconte que Moïse avait dit à son peu-
ple: «Si vous êtes ingrats, vous et tous ceux qui sont sur la terre, sachez
que Dieu se suffît à Lui-même et qu'il est digne de louanges» [Coran XIV,
8] Mais <dls furent incrédules et ils se détournèrent. Dieu s'est retiré d'eux.
Dieu se suffît à Lui-même. Il est digne de louanges» [Coran LXIV, 6].
Il rappelle aussi aux hommes qu'il est le Maître des cieux et de la
terre et II suffit comme protecteur, qui observe Ses serviteurs et ce
qu'ils font. Il peut les anéantir, s'il le veut, et mettra d'autres à leur
place s'ils se montrent rebelles et insoumis, comme II le montre dans
un autre verset: «Si vous tournez le dos, II mettra un autre peuple à votre
place et ces gens ne vous ressembleront pas» [Coran XLVII, 38]. Et les ulé-
mas de commenter cela en disant: «Comme 11 est facile à Dieu
d'anéantir Ses serviteurs s'ils n'observent pas Ses ordres» et ils ont
mentionné ce verset: «II vous ferait disparaître, s'il le voulait et II ferait
surgir une nouvelle création. Cela n'est pas difficile à Dieu» [Coran XXXV,
16-17].
182
Pour ceux qui ne souhaitent que la récompense de ce monde,
qu'ils sachent: «que cette récompense et celle du monde future sont entre
les mains d'Allah» Il pourvoit aux besoins de tous les hommes aussi
bien à l'incrédule qu'au croyant, car II est le dispensateur par excel-
lence. Ceux qui recherchent le bien de ce monde, Dieu les a mention-
nés dans plusieurs versets dont voici quelques-uns:
- n y a des gens qui disent: «Seigneur, comble-nous en ce bas monde,
insoucieux des biens de l'autre monde» [Coran II, 200].
- Nous accroissons le champ de celui qui désire le champ de la vie fu-
ture. Nous accordons quelques profits à celui qui désire le champ de la vie
de ce monde, mais H n'aura aucune part dans la vie future» [Coran XLII,
20].
- Que ceux qui recherchent la vie de ce monde sachent que nous en ac-
cordons les plaisirs à qui nous voulons» [Coran XVII, 18].
Mais que ces gens-là sachent que la récompense de ce monde et
celle de la vie future dépendent de Dieu. Donc, il incombe à l'homme
de ne plus déployer ses efforts à la recherche des plaisirs de la vie
présente en oubliant ceux de l'au-delà. Qu'il œuvre pour la vie future
comme il le fait pour ce bas monde et ainsi il pourrait réunir les biens
et les récompenses des deux mondes. Qu'il sache également que tout
dépend dé Dieu qui partage le bonheur et le malheur entre Ses servi-
teurs dans la vie présente et dans l'autre en établissant Sa justice et
Son équité d'après Sa sagesse, car II sait et entend tout.
j $& & % i ë$ ¥4\ tfS w $x ce ç% ♦
yâ 'ayyhuâ-1-ladîna 'atmanû kûnû qawwâmîna bi-1-qasti suhadâ'a li-L-
Lâhi walaw *ala 'anfusikum 'awi-I-wâlidayni wa-l-'aqrbîna 'in yakun
ganiyyan 'aw faqîran fa-L-Lâhu 'awlâ bihimâfalâtattabi*u-l-hawa 'an
ta'dilû wa 'in talwû 'aw tu'ridû fa'inna-L-Lâha kâna bimâ ta'malûna
■
habîran(135).
O croyants, soyez respectueux de la vérité quand vous témoignez de-
183
vant Allah, votre témoignage dût-il vous nuire à vous, vos parents et vos
proches. Que votre témoignage concerne un pauvre ou un riche, l'un et l'au-
tre dépendent d'Allah plus que de vous-mêmes. Ne vous fiez pas à vos im-
pulsions de crainte de vous tromper. Ne soyez pas tortueux. Ne refusez pas
votre témoignage. Allah connaît toutes vos actions. (135).
Dieu ordonne à ses serviteurs croyants de pratiquer avec cons-
tance ia justice sans dévier et sans craindre le blâme de celui qui
blâme, d'être fidèles envers Lui en témoignant et que leur témoignage
soit juste sans être altéré, ni falsifié, ni changé même s'il serait à leur
détriment en leur causant un certain préjudice car Dieu leur accordera
une issue favorable à leurs affaires s'ils se soumettent à Ses ordres.
Ainsi sera le cas quand le témoigange concerne «vos parents et vos
proches» qui doit être juste. Quand il s'agit d'un: «Pauvre ou un riche»
l'homme, en témoignant, ne doit pas aduler le riche ni éprouver une
compassion envers le pauvre car Dieu a la priorité sur les deux dont
l'un et l'autre dépendent de lui.
«Ne vous fiez pas à vos impulsions de crainte de vous tromper» qui
est une exhortation à ne plus suivre les passions personnelles au détri-
ment de l'équité en désobéissant aux ordres divins, comme Dieu le
montre dans un autre verset: «Que la haine ne vous rende pas injustes!
Soyez justes. Vous vous rapprocherez ainsi de la vertu» [Coran V, 8].
A cet égard on raconte l'histoire de Abdullah Ben Rawaha lorsque
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avait envoyé à Khaibar
pour évaluer la récolte de leurs dattiers. Ses habitants voulurent le sou-
doyer mais il refusa en leur disant: «Par Dieu, je viens de la part de
celui que je chérisse le plus parmi les créatures de Dieu. Tandis que
vous, vous m'êtes les plus odieux parmi ceux que Dieu avait transfor-
més en singes et porcs. Mon amour pour celui qui m'a envoyé et ma
haine contre vous me portent à être équitable et juste» Ils lui répondi-
rent: «C'est par l'équité que les deux et la terre furent établis».
Mais si les hommes louvoyent en changeant et altèrent leur témoi-
gange, ou s'ils s'en détournent en le dissimulant, Dieu connaît toutes
leurs actions et II les met en garde contre le refus du témoignage en
leur disant: «ne refusez pas votre témoignage. Quiconque le refuse commet-
tra un péché» [Coran tl, 283[.
184
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ce propos:
«Le meilleur des témoins est celui qui présente son témoignage avant qu'on
le lui demande»
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yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'a manu *3fminû bi-L-Lâhi wa rasûlihî wa-l-kitâbi-1-
ladî nazzala 'alâ rasûlihi wa-1-kitâbi-l-ladî 'anzala min qabhi wa may-
yakfur bi-L-Lâhi wa malâ'ikatihî wa kutubihî wa rusulihî wa-l-yawmi-1-
'âhiri faqad dalla dalâlan ba'îdan(136).
O croyants, croyez en Allah, à Son Prophète, au Livre qu'il lui a ré-
vélé et aux Saintes Ecritures qui l'ont précédé. Celui qui renie Allah, Ses
anges, Ses Livres, Ses Prophètes et le jour de la résurrection, s'écarte à ja-
mais de la vérité. (136).
Dieu ordonne à Ses serviteurs fidèles de croire à toutes les reli-
gions qu'il a révélées à Ses Prophètes et Messagers, à leurs lois
comprenant les piliers et les branches, et ceci dans le but que leur foi
soit perfectionnée, tout comme le croyant lorsqu'il prie et dit: «Dirige-
nous dans le chemin droit» qui signifie augmente notre lumière et affer-
mis notre foi.
Il leur ordonne également de croire en Lui, en Son Prophète et au
Livre qui n'est autre que le Coran. A savoir que le Coran fut révélé ver-
sets après versets et sourate après sourate selon les circonstances et
le besoin des hommes aux lois et règlements. Tandis que les autres Li-
vres célestes ont été révélés en une seule fois.
Quant à ceux qui ne croient ni en Dieu, ni en Ses anges, ni en
Ses Livres, ni en Ses Prophètes se trouvent dans un profond égare-
ment.
185
ni
'inna-1-ladîna 'a manu tumma kafarû tumma ' âmanû tumma kafarû
tumma-z-dâdû kufra-1-lam yakuni-L-Lâhu liyagfira lahum walâ
liyahdiyahum sabîlan(137) bassiri-1-munâfiqîna bi'anna lahum 'adâban
'alîman (138) 'al-ladîna yattahid ûna-1-kâfirina 'awliyâ'a min duni-1-
mu'minîna 'ayabtagûna 'indahumu-l-'izzata fa'inna-l-'izzata li-L-Lâhi
jamî'an(139) wa qad nazzala 'alykum fî-1-kitâbi 'an 'idâ sami'tum
'a yâti-L-Lâhi yukfaru bihâ wa yustahza'u bihâ falâ taq'udû ma'ahum
hattâ yahudû fî hadîtin gayrihT 'innakum 'idan mitluhum 'inna-L-Lâha
jâmi'u-1-miinâfiqîna wa-1-kâfirîna fî jahannama jamTan (140).
Ceux qui croient, puis nient, puis croient, puis nient encore et s'an-
crent dans l'impiété, il n'y aura pas de pardon pour eux et Allah ne les re-
mettra jamais dans la bonne voie. (137) Annonce aux hypocrites un
châtiment douloureux. (138) Aux hypocrites qui choisissent leurs modèles
chez les infidèles plutôt que chez les croyants. Recherchent-ils l'honneur au-
près d'eux? L'honneur n'est qu'à Allah. (139) Le livre vous a déjà enseigné
ceci que vous devez éviter ceux qui traitent de mensonge les versets d'Allah
et les tournent en raillerie à moins qu'ils ne changent de conversation. En
les écoutant, vous devenez leurs complices. Allah rassemblera en enfer sans
en omettre un les hypocrites et les infidèles. (140).
On trouve dans ces versets le sort de ceux qui avaient cru et qui
sont ensuite devenus incrédules, puis, de nouveau, croyants, puis in-
crédules, et qui n'ont fait que s'entêter dans l'incrédulité. Ceux-là leur
repentir ne sera plus agréé, Dieu ne leur pardonnera plus, Il ne leur ac-
cordera aucun moyen de salut et ne les mettra pas dans la bonne di-
186
rection. A ce propos Ali -que Dieu l'agrée- a dit: «On accorde un délai
de trois jours à l'apostat pour qu'il revienne».
«Annonce aux hypocrites un châtiment douloureux» il s'agit de ceux
désignés par ie verset précédent qui, comme surcroit de leur impiété,
prennent les infidèles pour amis de préférence aux croyants, alors
qu'en apparence ils manifestent à ces derniers leur amitié. Mais une
fois se trouvant parmi les infidèles, ils leur déclarent: «Nous sommes
avec vous, le reste est plaisanterie» [Coran II, 14].
Puis Dieu dénonce et dénigre leur comportement en disant: «Re-
cherchent-ils l'honneur auprès d'eux?» Mais ils ignorent que l'honneur et
la puissance appartiennent à Dieu seul qui peut les conférer à Ses ser-
viteurs croyants comme le montre ce verset: «La puissance appartient à
Dieu, à Son Prophète et aux croyants, mais les hypocrites ne savent pas»
[Coran LXIIi, 8]. Le but de cette exhortation consiste à ne plus recher-
cher l'honneur et la puissance qu'auprès le Seigneur, en se soumettant
à Lui, à Ses ordres et en L'adorant, car les fidèles seuls seront secou-
rus dans les deux mondes.
«Le Livre vous a déjà enseigné ceci que vous devez éviter ceux qui trai-
tent de mensonge les versets d'Allah et les tournent en raillerie à moins
qu'ils ne changent de conversation. En les écoutant, vous devenez leurs
complices» En d'autres termes: après avoir reçu les enseignements
contenus dans le Coran, lorsque vous vous trouvez en compagnie des
hommes qui n'y croient pas et s'en moquent, vous devez vous séparer
d'eux sinon vous deviendriez semblables à eux, c'est à dire des pé-
cheurs. Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier ne
doit pas se mettre à table où on consomme le vin».
On trouve dans le Coran un autre verset qui corrobore celui-là et
qui est le suivant: «Quand tu vois des gens plongés dans la discussion au
sujet de nos Signes, écarte-toi d'eux»» [Coran VI, 68],
Et Mouqatel de conclure que ce dernier verset abroge le premier
surtout le terme «vous devenez leurs complices» en se basant sur ce ver-
set qui parle du sort réservé aux polythéistes et hypocrites: «Allah ras-
semblera en enfer sans en omettre un les hypocrites et les infidèles». Car
ces gens-là comme ils se sont réunis aux incrédules dans ce bas
monde en leur tenant compagnie, ainsi ils seront rassemblés avec eux
187
en enfer dans l'autre monde où ils subiront les châtiments les plus dou-
loureux.
i"^
'al-Iadîna yatarabbasûna bikum fa'in kâna lakum fathum mina-L-Lâhi
qâlû 'alam nakum-ma'akum wa 'in kâna li-1-kâfîrîna nasîbun qâlû 'alam
nastahwid 'alaykum wa namna'akum mina-1-mu'minîna fal-L-Lâhu
yahkumu baynakum yawma-1-qiyâmati wa lay-yaj'ala-L-Lâhu li-1-kâfïrîna
*alâ-l-mu'minîna sabflan (141).
Ces gens-là vous épient. Remportez-vous un succès? Ils disent: «Ne
sommes-nous pas des vôtres?» Si, an contraire, la fortune sourit aux infidè-
les, ils disent: «Ne vous couvrions-nous pas et ne vous protégions-nous pas
contre les croyants?» Allah vous départagera au jour dernier. Allah ne don-
nera jamais le pas aux infidèles sur les croyants» (141).
■
Il s'agit des hypocrites qui guettent le revers des fidèles en leur
souhaitant la défaite et le mal. Si Dieu accorde la victoire aux croyants,
les hypocrites s'empressent de leur manifester leur amitié et leur cor-
dialité disant: «ne sommes-nous pas des vôtres?». Mais, au contraire, si
les infidèles obtiennent un avantage, comme c'était le cas le jour de la
bataille de Ouhod, ils leur disent: «Ne vous couvrions-nous pas et ne vous
protégions-nous pas contre les croyants?» Ce comportement des hypocri-
tes n'est qu'une adulation à la recherche de certains profits, mus par la
fragilité de leur foi. Dieu jugera entre les hommes au jour de la résur-
rection, dénoncera les hypocrites dont leur agissement dans le bas
monde ne leur servira à rien plutôt il entraînera leur perte.
«Allah ne donnera jamais le pas aux infidèles sur les croyants» On a
rapporté qu'un homme demanda à Ali Ben Abi Taleb de lui interpréter
ce verset, il lui répondit: «Approche-toi! Approche-toi! Dieu jugera entre
188
vous, le jour de la résurrection. Dieu ne permettra pas aux infidèles de
l'emporter sur les fidèles. Ceci aura lieu au jour du jugement dernier».
D'autre interprétation a été donnée à ce verset: Dieu ne permettra
pas aux infidèles d'anéantir les croyants dans le bas monde. S'ils ont
le pas sur eux, parfois, dans la vie présente, le meilleur sort aussi bien
dans ce bas monde que dans la vie de l'au-delà est réservé toujours
aux fidèles, comme Dieu le montre dans ce verset: «Nous secourrons
nos Prophètes et ceux qui auront cru durant leur vie en ce monde» [Coran
XL, 51] qui peut être une réponse aux hypocrites qui espèrent autre
chose en s'approchant par leur adulation des infidèles. Dieu les a dé-
crits aussi dans ce verset: «Tu verras des gens à la foi chancelante re-
chercher l'appui des infidèles... jusqu'à ils regretteront leurs pensées
secrètes» [Coran V, 52].
En se basant sur ces versets précités, nombre des ulémas ont in-
terdit la vente d'un esclave musulman à un impie de peur de le traiter
d'une façon inconvenable...
'inna-1-munâfïqîna yuhâdi'ûna-L-Lâha wa huwa hâdi'uhum wa *id â
qâmû 'ilâ-s-salâti qâmû kusâlâ yura 'ûna-n-nâsa walâ yadkurûna-L-Lâha
*illâ qalîlan (142) mudabdabîna bayna dâlika lâ'ilâ ha 'ula 'i walâ 'ilâ
hà 'ûla'i wa may-yudlili-L-Lâhu falan tajida lahû sabîlan (143).
Les hypocrites cherchent à tromper Allah; c'est Lui qui les trompera.
Quand ils se lèvent pour prier, ils se meuvent paresseusement, cherchent à
ce qu'on les remarque. Mais ils ne prient Allah que du bout des lèvres.
(142) Oscillant de l'un à l'autre ils ne prennent parti ni pour ceux-ci ni
pour ceux-là. Celui qu'Allah égare, toutes les voies lui sont fermées. (143).
Nous avons déjà parlé de la tromperie des hypocrites au début de
la sourate de la vache (voir le verset n:9).
Les hypocrites, par ignorance et un manque de raison, se compor-
189
tent à leur guise croyant que leurs secrets et intention ne seraient plus
dévoilés. Bien au contraire, car Dieu les dénoncera, le jour de la résur-
rection maglré leur serment trompeux espérant qu'ils seraient sauvés,
et II a dit à leur égard: «Le jour où Dieu les ressuscitera tous, ils lui fe-
ront des serments comme ils faisaient des serments»» [Coran LVIII, 18].
Dieu les trompera en les conduisant par des chemins détournés les
laissant dans leur égarement semblables à des aveugles, les empê-
chant d'arriver à la vérité tant dans la vie présente que celle de l'au-de-
là. Il a dit à leur propos: «Le jour où les hommes et les femmes hypocrites
diront aux croyants: «Attendez-nous afin que nous prenions de votre lu-
mière...» [Coran LVII,13[.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui
diffame, Dieu le diffamera, et celui qui est hypocrite Dieu le dénoncera» Il
a dit dans un autre hadith: «Un homme sera comparu devant le Seigneur
au jour de la résurrection, les gens croiront qu'il le fera entrer au Paradis,
mais II ne tardera pas à le précipiter dans l'Enfer, (il s'agit sans doute de
l'hypocrite).
«Quand ils se lèvent pour prier, ils se meuvent paresseusement» C'est
une des caractéristiques des hypocrites en accomplissant l'œuvre la
plus méritoire qui est la prière. Ils la font sans aucune intention, insou-
ciants, sans foi ni recueillement. Ibn Abbas a dit à ce propos: «Il est ré-
pugnant qu'un homme se lève paresseusement pour faire la prière, il
doit plutôt avoir le visage radieux, soucieux de l'accomplir avec un
grand désir car il sera en tête à tête avec son Seigneur qui le trouvera
devant lui pour lui pardonner et l'exaucer».
Puis Dieu dévoile leur for intérieur en disant: «ils cherchent à ce
qu'on les remarque» sans aucune sincérité mais simplement pour être
vus des hommes sans penser à Dieu surtout quand il s'agit des prières
du soir et de l'aurore comme le montre ce hadith cité dans les deux
Sahihs. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les
plus pénibles des prières pour les hypocrites sont celle du soir et celle de
l'aube. S'ils savaient ce qu'il y a de mérites dans ces deux prières, ils s'y se-
raient rendus (à la mosquée) même en tramant à quatre pattes. Je pense
parfois à ordonner d'appeler à la prière, à un des fidèles de la diriger, à
partir en compagnie d'autres portant du bois, chez ceux qui ne viennent pas
190
à la mosquée pour les accomplir, et les brûler dans leurs mai-
sons». (Rapporté par Boukhari et Mous1im) (1) .
Abdullah rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et te
salue- a dit: «Quiconque aura fait la prière à la perfection là où les gens le
voient, mais il l'aura faite à la légère quand il est seul, cela constitue un si-
gne de mépris à Végard de Dieu, et Dieu le méprisera».
«Mais ils ne prient Allah que du bout des lèvres» c'est à dire ils font
la prière sans recueillement, n'y pensent plus à Dieu sans méditer sur'
ce qu'ils récitent, plutôt ils sont insouciants le cœur occupé par d'au-
tres affaires. Anas Ben Malek rapportre que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «C'est la prière de l'hypocrite (trois fois): il
s'assied en contemplant le soleil qui commence à disparaître, puis il se lève
pour faire quatre rak'ats à la hâte sans y penser à Dieu que rare-
ment». (Rapporté par MaUk) (2 K
«Oscillant de l'un a l'autre ils ne prennent parti ni pour ceux-ci ni
pour ceux-là» c'est à dire ces hypocrites sont indécis, ils ne suivent ni
les fidèles ni les incrédules, ils sont, en apparence, avec les croyants
mais leurs cœurs sont avec les infidèles, et certains parmi eux doutent
de leur foi, c'est pourquoi ils penchent tantôt vers ceux-ci tantôt vers
ceux-là «A la moindre lueur, ils avancent, mais dès que le ciel s'obscurcit,
ils s'arrêtent» [Coran II, 20] oscillant des uns qui sont les compagnons
de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- aux autres les juifs.
Quant à Ibn Jarir, il a rapporté d'après Qatada qu'il a dit en
commentant le verset précité: ils ne sont ni des vrais croyants ni des
polythéistes, puis il a ajouté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- nous donnait l'exemple du croyant, de l'hypocrite et de l'incré-
191
dule de la façon suivante: ils sont pareils à trois individus qui sont tom-
bés dans une rivière: Le croyant a pu la franchir. L'hypocrite, arrivé
tout près du croyant, l'incrédule l'appelle: «Viens à moi car j'ai peur
pour toi, mais le croyant l'interpelle: «Plutôt viens à moi car j'ai pour toi
telle et telle chose. L'hypocrite ne cesse de tergiverser qu'à la fin il se
noie».
En voilà un autre exemple que donnait le Prophète -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- «L'hypocrite ressemble à une brebis qui se trouve
entre deux troupeaux de moutons sur deux places élevées: elle va au
premier et en le flairant constate qu'elle n'en fait pas partie. Elle se di-
rige vers l'autra^et fait la même chose sans en tirer aucun résultat.
C'est pourquo^Ôieu a dit: «Toutes les voies sont fermées à celui qu'Allah
abandonne» [Coran IV, 88] et: «Celui qui'ïl égare ne saurait plus trouver
ni conseil ni protection» [Coran XVIII, 17]. Ainsi sont les hypocrites que
Dieu a égarés, ils ne trouveront personne pour les mettre dans la voie
droite.
>& as rLâs %f& oi %$« w $a%
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'a manu là tattahidû -1-kâfirîna 'awliya 'a min dûni-1-
mu'minîna 'aturîdûna 'an taj'alû li-L-Lâhi 'alaykum suit ânan
mubînan (144) 'inna-1-munâfiqîna fî-d-daraki-l-'asfali mina-n-nâri wa lan
tajida lahum nasîran (145) 'illâ-l-Iadîna tâbû wa'aslahû wa'tasamû bi-L-
Lâhi wa 'ahlasû dinahum li-L-Lâhi fa*ûlâ A 'ika ma'a-l-mu'minîna wa
sawfa yu'ti-L-Lâhu-1- mu'minîna 'ajran 'azîman (146) ma yaf alu-L-Lâhu
bi'adâbikum *in sakartum wa 'âmantum wa kâna-L-Lâhu sakiran
'Alîman(147).
O croyants, ne prenez pas vos modèles parmi les infidèles faisant fi
192
des croyants. Voulez-vous fournir a Allah un légitime prétexte contre
vous?(144) Les hypocrites seront au dernier cercle de l'enfer. Et ils ne pour-
ront espérer aucun secours. (145) Ceux qui se repentent et se rachètent par
de bonnes actions, ceux qui se fient uniquement a Allah et Lui vouent une
foi exclusive, ceux-là se confondent avec les croyants. Allah réserve aux
croyants une récompense magnifique. (146) Allah n'a que faire de châtier si
vous êtes reconnaissants et si vous croyez. Allah est reconnaissant et sait
tout (147).
Dieu interdit à ses serviteurs croyants de prendre les infidèles
pour amis en leur tenant compagnie, en leur prodiguant de conseils et
d'amitié et en leur fournissant des informations au sujet des croyants.
Car par ce faire ils donnent à Dieu une raison pour les condamner.
Puis il informe les croyants que: «les hypocrites seront au dernier
cercle de l'enfer» c'est à dire au fond de l'abîme du Feu au jour de la
résurrection à cause de leur infidélité, ou selon les dires de Abdullah
Ben Mass'oud: ils seront dans des linceuls en feu hermétiquement
clos. Nul ne serait capable de les sauver et les en fera sortir.
Mais ceux qui se repentent et reviennent à Dieu avec un repentir
sincère, ceux qui s'amendent et se fient à Dieu en Lui demandant Sa
protection, ceux-là auront échangé la sincérité contre l'hypocrisie dont
leurs bonnes actions lui seront bénéfiques. Us seront rassemblés avec
les croyants et jouiront avec eux d'une récompense sans limites.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Aie une
foi sincère et le peu des œuvres pies te suffit».
Enfin Dieu fait connaître à Ses serviteurs: Pourquoi leur inflige-t-ll
un châtiment s'ils sont de vrais croyants et reconnaissants? Quiconque
est reconnaissant, cela lui sera bénéfique. Celui qui aura la foi sincère,
en sera rétribué par la plus belle récompense.
193
la yuhibbu-L-Lâhu-1-jahra bi-s-su'i mina-1-qawli 'illâ man zulima wa
kâna-L-Lâhu Sami'an 'Alîman (148) 'in tubdû hayran 'aw tuhfûhu 'aw
ta'fû 'an sti'in fa'inna-L-Lâha kâna 'Afuwwan Qadîran (149).
Allah déteste les propos grossiers. Il ne les tolère que chez ceux qui
sont provoqués. Allah entend et sait tout(148) Que tous fassiez le bien pu-
bliquement ou secrètement ou que vous pardonniez le mal, Allah est indu-
glent et puissant. (149).
En commentant ces versets Ibn Abbas a dit: «Dieu n'aime pas
qu'un homme L'invoque contre un autre à moins qu'il ne soit opprimé,
car dans ce cas II le tolère. S'il endure cette injustice, ça sera encore
plus bénéfique pour lui».
Quant à Abdul Karim Al-Jazri, il a dit: «Il s'agit d'un homme qui
t'insulte et tu lui réponds son insulte. Mais s'il forge de mensonges sur
toi ne fais pas de même en te conformant aux dires de Dieu: «Quant a
ceux qui, après avoir subi un tort, se font justice a eux-mêmes: voilà ceux
contre lesquels aucun secours n'est possible» [Coran XLII, 41].
Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit: «Deux hommes qui s'injurient, il incombe à celui
qui a commencé (de supporter la faute de son injure) à moins que l'injurié
ne lui réponde par des injures pareilles ou plus». (Rapporté par Abou
Daoud) (I) .
Quant à Moujahed, il a dit que ce verset concerne l'homme, étant
l'hôte d'un autre qui ne le traite pas selon la coutume, le quitte disant
qu'il a été mal hospitalisé.
A cet égard Ouqba Ben Amer rapporte:«Nous dîmes: «Ô Envoyé
de Dieu, tu nous charges parfois d'une mission et nous descendons
chez des gens qui ne nous donnent pas hospitalité, que penses-tu de
leur agissement?» Il nous répondit: «Lorsque vous descendez chez de
gens, demandez-leur l'hospitalité qui sied à un hôte et acceptez-le. S'ils re-
fusent de vous accorder le droit de l'hâte, prenez-le comme il est de cou-
194
tume» Et dans un autre hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit; «Tout musulman qui descend chez des gens qui ne lui offrent
pas le droit de l'hote, il incombe à tout musulman de le secourir afin de re-
cevoir ce droit soit des biens de l'hospitalier soit de sa récolte». (Rapporté
par Ahmed/ 1 >.
Abou Houraira rapporte qu'un homme vint trouver le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Mon voisin me nuit» Il lui ré-
pondit: «Prends tes effets et mets-les sur la chaussée» L'homme
s'exécuta-. Les hommes, passant près de lui, lui demandèrent: «Qu'as-
tu?» Il leur répliqua: «Mon voisin me nuit» Et eux de s'écrier «Grand
Dieu, maudis-le et/humilie-le» Le voisin pria alors l'homme de retourner
chez lui en lui disant: «Par Dieu, je t'épargnerai mes méfaits».
«Que vous fassiez le bien publiquement ou secrètement ou que vous
pardonniez le mal, Allah est indulgent et puissant» qui signifie: si vous di-
vulguez le bien ou si vous le cachez, ou si vous pardonnez aux hom-
mes leur mal, cela vous fait rapprocher de Dieu qui vous accordera
une récompense sans limite. Car parmi les qualités de Dieu figure le
pardon qu'il accorde à Ses serviteurs alors qu'il est capable de les
châtier. Pour cela II a dit: «Allah est indulgent et puissant».
On a rapporté dans la tradition que les anges porteurs du Trône
glorifient le Seigneur les uns disent: «Gloire à Toi, comme Tu es clé-
ment envers Tes serviteurs en observant leurs actions» et les autres
dirent: «Gloire à Toi, comme Tu es indulgent du moment que Tu es ca-
pable de les châtier». Dans le Sahih de Mouslim, on trouve ce hadith:
«Jamais une aumône n'a diminué le capital de son auteur. Dieu n'a jamais
accordé au serviteur qui pardonne aux autres qu'une grande considération.
Nul ne s'humilie devant Dieu sans qu'il ne l'élève» .( Rapporté pmr Mouslim
Malek, et tirmidù/ 2> .
195
'inna-l-ladîna yakfurûna bi-L-Lâhi wa rusulihî wa yurîdûna 'an yufarriqû
bayna-L-Lâhi wa rusulihî wa yaqûlûna nu'minu biba'din wa nakfuru bi
ba'din wa yurîdûna 'an yattahidû bayna dâlika sabîlan (150) *ïïl#'ika
humu-1-kâfirûna haqqan wa Vtadnâ li-1-kâfirîna 'adâbam muhînan (151)
wa-1-ladîna 'â A manû bi-L-Lâhi wa rusulihî wa lam yufarriqû bayna
'ahadim minhum 'ûlâ A *ika sawfa yu'tihim 'ujûrahum wakâna-L-Lâhu
Gafûra-r-Rahîman (152).
Ceux qui nient Allah et ses Prophètes ou qui tentent de les opposer en-
tre eux ou encore qui croient à une partie des révélations et en rejettent
l'autre, cherchent à louvoyer entre les deux parties. (150) Ceux-là sont les
vrais infidèles. Nous avons préparé à l'intention des infidèles un châtiment
ignominieux. (151) Ceux qui croient en Allah et à Ses Prophètes sans faire
de distinction entre eux, ceux-là nous leur réservons une récompense. Allah
est clément et miséricordieux. (152).
Dieu menace d'un terrible Châtiment ceux qui ne croient pas en
Lui, font distinction, dans la foi, entre Lui et Ses Prophètes en croyant
à certains d'entre eux et niant les autres tels les juifs par exemple qui
renient la prophétie de Jésus et de Mouhammad, ou bien les chrétiens
qui ne croient pas en Mouhammad, mus par leur fanatisme et leurs
passions.
il incombe à tout individu de croire à tous les Prophètes de Dieu
et aux Livres qui leur ont été révélés sans aucune distinction ni suivre
un chemin qui le mène à l'incrédulité et à l'égarement. Ceux qui agis-
sent autrement sont les vrais mécréants qui méritent le châtiment pro-
mis. Il y en a parmi eux qui ne cherchent que les biens éphémères de
cë bas monde en se détournant des ordres et enseignements divins.
On donne à titre d'exemple les juifs qui ont jalousé Mouhammad -
196
qu'Allah le bénisse et le salue-, l'ont contredit, l'ont traité de menteur et
l'ont combattu. Dieu, pour les punir, les a frappés par l'humiliation dans
les deux mondes «et ils encoururent la colère d'Allah pour s'être détour-
nés de Ses signes et avoir mis injustement à mort Ses Prophètes».
Quant aux vrais croyants, ils croient à tout Livre révélé et à tout
Prophète envoyé comme Dieu a dit: «Le Prophète et les fidèles croient à
ce que leur Seigneur a révélé. Ils croient à Allah, à ses anges, a Ses Livres
et à Ses Prophètes» Ceux-là, Dieu leur réserve la plus belle récompense
et pardonne leurs péchés.
yas'aluka 'ahlu-1-kitâbi 'an tunzzila 'alayhim kitâbam mina-s-samâ'i
faqad sa*alû Mûsâ 'akbara min dâlika faqâlïï 'arinâ-L-Lâha jahratan
fa'ahadathumu-s-sâ'iqatu bizulmihim tumma-t-tahadu-l-'ijla mim-ba'di
ma jâ x, athumu-l-bayyinâtu fa'afawnâ 'an dâlika wa 'âtaynâ Mûsâ
suit ânam-mubînan (153) wa rafa'nâ fawqahumu-t-tûra bimitâqihim wa
qulnâ lahumu-d-hulû-1-bâba sujjadan wa qulnâ lahwn là ta'dû fî-s-sabti
wa 'ahadnâ minhum mîtâqan galîzan (154).
Les gens d'Ecriture te pressent de faire descendre un Livre du ciel. Ils
avaient demandé bien plus encore à Moïse. Ils lui avaient dit: «Fais-nous
voir Allah en substance» La foudre tomba sur eux pour punir leur audace.
Puis ils se mirent à adorer le veau, bien qu'ayant reçu des preuves éviden-
tes. Nous leur pardonnâmes et nous donnâmes à Moïse des arguments irré-
futables. (153). Nous avons fait surgir au-dessus d'eux le mont Thor pour
qu'ils tiennent leurs promesses. Nous leur avons dit: «Franchissez la porte
de la ville en vous prosternant». Nous leur avons dit: «Ne transgressez pas
la loi du Samedi». Nous avons reçu d'eux un engagement solennel. (154).
As-Souddy et Qatada ont rapporté que les juifs avaient demandé
197
à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de faire descendre
du ciel un Livre écrit comme ta Tora qui a été révélée à Moïse. Ibn
Jouraïj, a dit qu'ils lui avaient demandé de faire descendre du ciel des
livres -ou des lettres- adressés à un tel et à un tel pour croire en sa
prophétie. Ils n'avaient exigé tout cela que pour montrer leur opiniâ-
treté, leur rébellion et leur incrédulité, tout comme les Qoraïchites qui
avaient dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Nous
ne croirons pas en toi tant que tu n'auras pas fait jaillir pour nous une
source de la terre» [Coran XVII, 90]. Pour cela Dieu a dit: «Ils avaient de-
mandé bien plus encore à Moïse. Ils lui avaient dit: «Fais-nous voir Alain
en substance». La foudre tomba sur eux pour punir leur audace». Un ver-
set pareil à celui-ci a été cité dans la sourate de la vache: «Lorsque
vous dîtes: «O Moïse, nous ne croirons a ta mission que le jour où nous
verrons Allah face à face» vous vîtes la foudre fondre sur vous et vous ter-
rasser» [Coran II, 55].
Après avoir vu et constaté les preuves décisives et les signes évi-
dents de la part de Moïse en les faisant sortir de l'Egypte, «ils se mi-
rent à adorer le veau». Car les fils d'Israël, ayant passé par des gens
qui adoraient des statues, dirent à Moïse: «Donne-nous un Allah comme
en ont ces gens-là» [Coran VII, 138].
L'histoire du veau qu'ils ont pris pour un dieu est mentionnée en
détail dans les deux sourates «AI-'Araf» et «Ta. Ha.» Après son retour
de son entretien avec le Seigneur au mont Sinaï, Moïse trouva les fils
d'Israël adorer un veau en or. En suivant les commandements de
Dieu, et pour accepter leur repentir, ceux qui n'avaient pas adoré le
veau devaient exécuter ceux qui l'avaient adoré, puis Dieu ressuscita
les morts «Nous leur pardonnâmes et nous donnâmes à Moïse des argu-
ments irréfutables».
Puis Dieu dit: «Nous avons fait surgir au-dessus d'eux le mont Thor
pour qu'ils tiennent leurs promesses» ce fut quand ils ont refusé de se
conformer aux enseignements de la Tora et se sont montrés rebelles à
Moïse. Peu après ils obtempérèrent et se prosternèrent en regardant
d'un œil le mont élevé au-dessus d'eux de peur qu'il ne tombe sur eux
comme Dieu le montre dans ce verset; «Nous avons dresse une montage
qui les oppressait de tout son poids, au point qu'ils craignaient qu'elle ne
198
s'écroule sur eux. Recevez en tonte humilité nos enseignements, leur dîmes-
nous» [Coran VII, 171].
Ensuite on leur dit: «Franchissez la porte de la ville en vous proster-
nant» en refusant de nouveau de se soumettre aux ordres en actes et
paroles, ils furent ordonnés d'entrer à Jérusalem en se prosternant et
en demandant la rémission de leurs péchés. Car ils avaient refusé de
combattre dans la voie de Dieu, et par conséquent ils avaient erré
dans le désert de Sinaï pendant quarante ans. lis entrèrent ensuite à
Jérusalem en se traînant sur leurs derrières.
Dieu leur ordonna: «Ne transgressez pas la loi du Samedi» c'est à
dire «le Sabbat» en s'abstenant de toute activité par respect pour ce
jour en se conformant aux enseignements. A ce propos: «Nous avons
reçu d'eux un engagement solennel» mais ils le trahirent, usèrent d'expé-
dients pour commettre ce que Dieu leur avait interdit.
Nous allons raconter leur histoire complète en commentant la sou-
rate «AI-'Araf» [Coran VII].
fabimâ naqdihim mitâqahum wa kufrihim bi'ïyâti-L-Lâhi wa qatlihimu-
l-'ambiya *a bigayri haqqin wa qawlihim qulûbunâ gulfum bal taba'a-L-
Lâhu 'alyhâ bikufrihim falâ yu'minûna 'illâ qalîlan (155) wa bikufrihim
wa qawlihim 'alâ Maryama buhtânan 'azîman (156) wa qawlihim 'inna
qatajnâ-1-masîha 'Isa bna Maryama rasûla-L-Lâhi wamâ qatalûhu wamâ
salabûhu walakin subbiha lahum wa 'inna-1-ladîna-htalafû fîhi lafî
199
sakkim-minhu ma lahum bihî min 'ilmin 'illâ-t-tibâ'a-z-zanni wamâ
-
qatalûhu yaqînan (157) baf rafa'ahu-L-Lâhu 'ilayhi wa kâna-L-Lâhu
*Azîzan Hakîman (158) wa'i* min 'ahli-1-kitâbi 'illâ layu'minanna bihî
qabla mawtihî wa yawma-1-qiyâmati yakûnu 'alayhim sahîdan (159).
Ils n'ont pas tenu leurs promesses, ils ont nié les signes d'Allah, ils ont
mis ignominieusement à mort les Prophètes et ils ont dit: «Nous avons l'es-
prit trop lourd». Non certes, si Allah a mis un sceau sur leur esprit, c'est
en punition de leur infidélité. Leur foi est bien tiède. (155) Oui, c'est en pu-
nition de leur infidélité et à cause de la calomnie abominable qu'ils ont por-
tée sur Marie (156) C'est ainsi pour les punir d'avoir dit: «Nous avons tué
le Messie, Jésus fils de Marie, Prophète d'Allah» Non, ils ne l'ont pas tué,
non, ils ne l'ont pas crucifié. Mais quelqu'un lui ressemblant l'a été a sa
place. Et ceux qui ont discuté sur ce point eux-mêmes étaient dans le
doute, ils n'avaient que des hypothèses. En vérité, ils ne l'ont pas tué. (157).
Allah l'a élevé à Lui. Et Allah est puissant et sage. (158) Il n'est pas un
homme d'Ecriture qui ne croira à Jésus avant de mourir. Et, au jour de la
résurrection, Jésus se dressera en témoin contre eux. (159).
■
Parmi les péchés qu'ils avaient commis et qui devaient les éloi-
gner de la voie droite, était la rupture de leur alliance et en plus le re-
niement des Signes de Dieu et des miracles qu'ils avaient vus se
produire de la part de leurs Prophètes. Mais ce qui était pire encore
«ils ont mis ignominieusement a mort les Prophètes» en s'enhardissant à
eux, les traitant de menteurs et en exécutant un grand nombre parmi
eux injustement, ils déclarèrent: «Nous avons l'esprit trop lourd» qui si-
gnifie en d'autre termes «Nos cœurs sont incirconcis» à la façon des
dires des polythéistes: «Nos cœurs sont enveloppés d'un voile épais qui
nous cache ce vers quoi tu nous appelles» [Coran XLI, 5].
Quant aux dires de Dieu: «Allah a mis un sceau sur leurs esprit» on
les a interprétés comme suit: C'est comme ils s'excusent disant que
leurs cœurs ne conçoivent pas les enseignements car ils sont comme
enveloppés d'un voile, mais certes ils répondirent ainsi parce qu'ils
étaient mécréants. Suivant une autre inteprétation, parce qu'ils se sont
montrés toujours rebelles en se persévérant dans leur incrédulité»
«Oui, c'est en punition de leur infidélité et à cause de la calomnie abomi-
nafcie qu'ils ont portée sur Marie» en l'accusant d'adultère, comme a
précisé Ibn Abbas et As-Souddy. Dieu les a punis aussi à cause de
200
leurs dires: «Nous avons tués le Messie, Jésus, fils de Marie, Prophète
d'Allah».
L'histoire des juifs avec Jésus, nous allons la présenter en résumé
d'après le Coran et la tradition:
«Lorsque Dieu a envoyé Jésus fils de Marie apportant fa voie
droite et appuyé par les preuves et les signes évidents, les juifs le ja-
lousèrent à cause de sa prophétie et des miracles qu'il présentait. Il
guérissait l'aveugle et le lépreux, ressuscitait les morts et créait d'argile
comme une forme d'oiseau, soufflait en lui et devenait un oiseau, tout
cela avec la permission de Dieu. Malgré ces miracles les juifs le
contredirent, le traitèrent de menteur et lui nuirent. Pour cela, Jésus et
sa mère cherchaient à être loin d'eux parcourant la terre. A cette
époque il y avait à Damas un roi plolythéiste qui adorait les astres dont
ses sujets étaient des Grecs. Les juifs allèrent le trouver et lui racontè-
rent qu'à Jérusalem il y a un homme qui séduit les gens, les égare et
les incite contre lui. Ce roi, irrité, ordonna par écrit à son préfet à Jéru-
salem de capturer Jésus, le crucifier en mettant sur sa tête une cou-
ronne d'épines pour mettre fin à ses séditions. Le préfet s'exécuta. Il
se dirigea avec un groupe de juifs vers la maison où se trouvait Jésus
-que Dieu le salue- avec ses douze apôtres (On a dit aussi qu'ils
étaient au nombre de treize ou dix-sept). C'était un jour de vendredi au
moment de l'asr. En les entourant de toutes parts, Jésus constata qu'il
n'y a aucun moyen pour s'évader. Il dît à ses compagnons: «Qui donc
parmi vous accepte de prendre mes traits (pour qu'il soit à sa place) et
sera avec moi au Paradis?». Un homme se leva et se porta volontaire.
Comme cet homme était encore jeune, Jésus réitéra sa question deux
ou trois fois et nul autre que ce jeune homme ne se portât volontaire. Il
lui dit à la fin: «Soit». Dieu alors donna à cet homme les traits de Jé-
sus de sorte qu'on disait que c'est le Christ lui-même. Dans le toit de
la maison une lucarne fut ouverte d'où Dieu éleva Jésus vers Lui à
l'état de l'assoupissement, comme II le montre dans ce verset: «Allah
dît alors à Jésus: «C'est Moi qui mettrai fin à ta mission et te rappellerai
Jésus fut alors élevé au ciel et ses compagnons sortirent de la
maison. Les hommes qui entouraient la maison, voyant le ressemblant
de Jésus, fe prirent la nuit, le crucifièrent et mirent sur sa tête une cou-
201
ronne d'épines. Les juifs, après cet événement prétendirent que
c'étaient eux qui ont participé à sa crucification et une partie des chré-
tiens à l'esprit faible les crurent sauf ceux qui étaient avec lui à l'inté-
rieur de la maison furent les témoins de leurs mensonge. Et ainsi tous
les chrétiens, par la suite, furent convaincus que Jésus a été crucifié.
On a rapporté aussi que Marie s'était assise devant l'homme crucifié,
le pleurait, et qu'il lui a parlé.
Ce qui a été récité dans le Coran au sujet de Jésus, reste le plus
corect et c'était un des miracles de Dieu qui émane de Sa Sagesse
pour éprouver Ses serviteurs. Il a affirmé: «Non, ils ne Pont pas tué,
non, ils ne l'ont pas crucifié. Mais quelqu'un lui ressemblant l'a été à sa
place» Et pour plus de confirmation. Il a dit: «Et ceux qui ont discuté sur
ce point, eux-mêmes étaient dans le doute. Ils n'avaient que des hypothè-
ses» C'est à dire ceux qui ont prétendu qu'on l'a tué après sa livraison
n'avaient aucune connaissance certaine, ils ne suivaient qu'une conjec-
ture «En vérité ils ne l'ont pas tué» Car ils croyaient que l'homme qu'ils
avaient crucifié était Jésus et leur croyance n'était pas fondée. «Allah
l'a élevé à Lui. Et Allah est puisant et sage».
Ibn Abbas a raconté à ce propos: «Lorsque Dieu voulut élever Jé-
sus à Lui, celui-ci entra dans la maison la tête dégouttant encore de
l'eau pour trouver les douze apôtres. Il leur dit: «Il en est parmi vous
quelques uns qui me renieront douze fois après avoir cru en moi».
Puis il poursuivit: «Qui donc d'entre vous se porte volontaire pour avoir
mes traits, être tué à ma place et sera avec moi au ciel?» Un jeune
homme se leva en répondant à sa demande. Il lui dit: «Assieds-toi».
Après la troisième fois, Jésus lui dit: «C'est toi alors l'homme volon-
taire» On donna à ce jeune homme la ressemblance de Jésus, et ce
dernier fut élevé au ciel par une lucarne. Les juifs prirent le ressem-
blant de Jésus, le tuèrent puis le crucifièrent. Certains, après avoir cru
en lui, le renièrent douze fois et ils se divisèrent en trois groupes:
- Les premiers, qui sont les Jacobins, déclarèrent: «Dieu était par-
mi nous le temps qu'il voulut puis monta au ciel.»
- Les deuxièmes, qui sont les Nestoriens, dirent: «Le fils de Dieu
vécut parmi nous le temps que Dieu voulut, puis II l'éleva à Lui».
- Les troisièmes, qui formaient les soumis (musulmans) affirmè-
202
rent: «Le serviteur de Dieu et Son Prophète était resté parmi nous le
temps que Dieu voulut puis Dieu releva à Lui».
A la suite les deux premiers groupes se coalisèrent et tuèrent le
troisième groupe. Ainsi l'Islam demeura latent jusqu'à l'avènement de
Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Quant à Ibn Ishaq, il a rapporté: «Un chrétien qui avait embrassé
l'Islam m'a raconté que lorsque Jésus reçut une révélation du ciel que
Dieu va l'élever à Lui, il dit: «Ô apôtres! Qui donc d'entre vous désire
être mon compagnon au Paradis et prend ma ressemblance pour être
tué à ma place?» Un homme appelé Sergus (ou Serge) se leva et dit:
«Moi, ô Esprit de Dieu». Jésus lui demanda alors de s'asseoir à sa
place et fut aussitôt élevé au ciel. Les juifs entrèrent, prirent le ressem-
blant de Jésus et le crucifièrent. Ils connaissaient déjà le nombre des
apôtres, en les comptant, ils constatèrent qu'un homme manquait. Voi-
là ce qui était le sujet de leur discussion. Comme ils ne connaissaient
pas Jésus personnellement, ils proposèrent à Judas Iscariote trente de-
niers pour le leur indiquer. Il leur répondit: «Lorsque vous entrerez je
l'embrasserai». Comme Judas n'était pas au courant de ce qui s'est
passé entre Jésus et les apôtres, il embrassa Sergus le prenant pour
Jésus sans en douter. Alors les juifs prirent le ressemblant et le cruci-
fièrent. Judas, plus tard, pris de remords, se pendit. Tous les chrétiens
le maudissent, car il a été considéré parmi les apôtres. A savoir que
parmi les chrétiens il y a ceux qui prétendent que Judas était l'homme
qui avait pris les traits de Jésus, les juifs le crucifièrent malgré ses cris:
«Je ne suis pas Jésus! Je suis l'homme qui vous l'ai indiqué». C'est
Dieu qui est le plus savant.
«Il n'est pas un homme d'Ecriture qui ne croira à Jésus avant de mou-
rir. Et au jour de la résurrection, Jésus se dressera en témoin contre eux»
ibn Jarir rapporte que tes opinions sont divergées en commentant ce
verset:
- Les uns disent: Tous les gens du Livre croiront à Jésus avant sa
mort quand il descendra du ciel pour tuer l'Antéchrist, et à cette
époque toutes les religions seront une seule qui est l'Islam.
- D'après Ibn Abbas: ils croiront à Jésus avant sa mort.
203
- Abou Malek a dit: Avant la mort de Jésus et après sa descente
du ciel tous tes gens du Livre croiront en lui.
- Quant à Ai-Hassan, il a précisé que Jésus est vivant auprès de
Dieu, quand il descendra du ciel, et avant sa mort, tous les hommes
croiront en lui.
- D'après Moujahed: tous tes gens du Livre croiront en Jésus
avant leur mort.
Suivant une autre interprétation d'Ibn Abbas: Pas un juif ne mour-
ra avant de croire en Jésus. On lui demanda: «Que penses-tu s'il
tombe du toit de sa maison?» Il répondit: «Il pensera à Jésus en tom-
bant». - Et si l'on tranche la tête de l'un des juifs? demanda-t-on en-
core. Il répliqua: «Sa langue prononcera son nom».
Il en est également parmi les ulémas ceux qui ont dit que pas un
juif ou chrétien ne mourra avant de croire en Mouhammad -qu'Allah le
bénisse et le salue-.
Et Ibn Jarir de conclure: Après la descente de Jésus tous les gens
de Livre croiront en lui. Cette opinion s'avère être la plus correcte. Car
ceci réfute les présomptions des juifs qui disent qu'ils ont tué Jésus et
l'ont crucifié, et aussi les dires des ignorants parmi les chrétiens qui
ont admis cela.
Dieu, dans ce verset, leur répond qu'il n'était pas ainsi, ils ne l'ont
ni tué ni crucifié, mais quelqu'un lui ressemblant l'a été à sa place,
sans s'en apercevoir. Dieu l'a élevé à Lui, il est vivant toujours et il
descendra avant le jour de la résurrection, comme l'affirment plusieurs
hadiths prophétiques, pour tuer l'Antéchrist, briser la croix, tuer le porc
et remettre le tribut dont nul parmi les gens du Livre ne sera tenu de le
payer.
Quant à l'interprétation qui précise que chacun des gens du Livre
ne mourra avant de croire à Jésus et à Mouhammad -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- s'avère correcte, car tout moribond verra clairement
ce qu'il ignorait et croira, bien que sa croyance à ce moment-là ne lui
sera pas utile, en apercevant devant lui l'ange de la mort. C'est une
réalité qu'on ne peut contester et qui est pareille au contenu de ce ver-
set: «Pas de pardon à ceux qui ne cessent de faire le mal jusqu'au jour où
la mort les appréhende et où Us disent: «Nous nous repentons maintenant»
204
[Coran IV, 18] et aussi à ce verset: «Lorsqu'ils rirent ensuite notre vio-
lence, ils dirent: «Nous croyons en Dieu l'Unique Nous ne croyons pas à
ceux que nous Lui avons associés. Mais leur foi ne leur a servi a rien,
après qu'ils eurent constaté notre rigueur» [Coran XL, 84 - 85].
Des hadiths relatifs à la descente de Jésus
à la fin des temps
- D'après Al-Boukhari, Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Par celui qui tient mon âme
en Sa main, le fils de Marie (Jésus) ne tardera à descendre parmi vous en
tant qu'un juge équitable, il brisera la croix, tuera le porc, remettra le tri-
but et l'argent sera tellement abondant qu'aucun ne l'acceptera, et une pro-
sternation faite par l'un d'entre vous lui sera meilleure que ce bas monde et
ce qu'il contient.» Puis Abou Houraira ajouta: «Récitez si vous voulez:
«n n'est pas un homme d'Ecriture qui ne croira à Jésus avant de mourir.
Et, au jour de la résurrection, Jésus se dressera en témoin contre
eux».f Rapporté par Boukhari et Mouslim) (l K
- D'après l'imam Ahmed, Abou Houraira a rapporté que le Pro-
phète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les Prophètes sont des frè-
res malgré qu'Us ont nés des mères différentes, leur religion est une. Je suis
le plus proche: de Jésus fis de Marie car aucun Prophète n'existe entre lui
et moi. Il descendra du ciel. Lorsque vous le verrez, reconnaissez-le de ceci:
sa taille est moyenne, sa teinte est blanche rougeâtre, portera deux vête-
ments rouges, et sa tête dégouttera de l'eau. Il brisera la croix, tuera le
porc, remettra le tribut et appellera les gens à l'Islam. Dieu fera disparaître
toutes les religions sauf V Islam. Dieu, à cette époque , fera périr l'Anté-
christ et les gens vivront en paix de sorte que les lions vivront avec les cha-
meaux, les tigres avec les vaches, les loups avec les moutons et les garçons
joueront avec les serpents sans rien craindre. Il demeurera quarante ans
205
puis mourra et les musulmans feront sur lui la prière funéraire». (Rapporté
par Ahmed) (1) .
- D'après Mouslim, Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu >u
-qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'Heure ne se dressera avant que
les Romains n'occupent «Al-A'maq» ou «Dahaq» (deux localités situées au-
près d'Alep en Syrie) . Alors une armée formée de meilleurs hommes de la
terre sortira de Médine pour les affronter. Quand les deux armées se trou-
veraient face à face, les Romains diront: «Laissez-nous combattre ceux qui
nous ont injuriés» Les musulmans leur répondront: «Non par Dieu, nous ne
vous laisserons pas le faire car Us ne sont que nos frères». Les deux armées
alors livreront bataille: un tiers de Varmée quittera le lieu du combat et
Dieu ne reviendra pas vers lui, un tiers sera tué et il formera les meilleurs
martyrs auprès de Dieu, quant au tiers restant, il subira une dure épreuve
et fera la conquête de constantinople. Pendant qu'ils seraient en train de
partager le butin, après avoir accroché leurs sabres aux oliviers, le démon
s'écriera: «Jésus vous a remplacé auprès de vos familles». Les hommes sor-
tiront (bien que ce serait une fausse alerte) et arrivant en Syrie, ils ne le
retrouveraient pas. Pendant qu'ils s'apprêteraient au combat, on appellera à
la prière. Jésus le fils de Marie -qu'Allah le bénisse et le salue- descendra
et présidera la prière. Si l'ennemi de Dieu (l'Antéchrist) l'avait vu, il serait
fondu comme fond le sel dans Veau, et (si Dieu) le laissait, il serait fondu
de la même manière, mais Dieu le tuera de Sa propre main et fera voir les
musulmans, son sang sur le bout du sabre»™.
206
- Ibn Maja a cité dans «Ses Sunans» que Abou Oumama Al-Bahili ili
a raconté: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous fit
un discours dont la plupart était au sujet de l'Antéchrist, et il nous mit
en garde contre lui. Il dit: «Depuis le jour où Dieu a créé la terre aucune
sédition ne serait pire que celle de V Antéchrist. Dieu n'a envoyé sur la terre
un Prophète sans mettre en garde son peuple contre l'Antéchrist. Comme je
suis le dernier des Prophètes et vous la dernière des communautés, il appa-
raîtra sans doute parmi vous. S'il apparaît et que je me trouve parmi vous,
je m'attaquerai à lui. Mais s'il apparaîtra après mon départ que chacun de
vous se défende et Dieu assistera chaque musulman. L'Antéchrist est un
homme aux cheveux très frisés, son œil sort de son orbite. Il sortira d'un
croisement de deux chemins dont l'un mène à la Syrie et l'autre à l'Irak. Il
usera de violence à droite et à gauche en dépravant les gens. O adorateurs
de Dieu, soyez fermes. Je vais vous le décrire: Il est borgne et votre Sei-
gneur ne l'est pas. Il sera écrit sur son front le mot: «INCREDULE» et
chaque croyant pourra le lire qu 'il soit lettré ou illettré.
«Il apportera avec lui comme un paradis et un Enfer, dont son Paradis
sera un enfer, et son enfer un Paradis. Quiconque sera éprouvé par son en-
fer qu'il demande la protection auprès de Dieu, et qu'il récite les premiers
versets de la sourate «La caverne» [Coran XVIII], et son feu lui sera une
froideur et une paix comme il Tétait sur Ibrahim.
«Entre autres de ses séditions, il dira au bédouin: «Que penses-tu si je
ressuscite pour toi tes père et mère, attesteras-tu que je suis ton Seigneur?
Répondant par l'affirmative, alors un démon se présentera devant le bé-
douin comme étant ses parents qui lui diront: «Suis-le il est ton Seigneur».
«Il amènera un homme et le coupera en deux parties avec une scie et
dira: «Regardez et malgré cela il prétend avoir un Seigneur autre que
moi». Dieu le ressuscitera en ce moment et l'Antéchrist lui demandera:
âjft Jliili ùjO^ p* U„^j ig^t fUJl lj*L^ |j^ tjk^ dJLIij idjr*-J*Lj p^JW ^i
207
«Qui est ton Seigneur?» Et l'homme de répondre: «Mon Seigneur est Al-
lah; et toi tu es l'ennemi de Dieu. Par Dieu je n'ai jamais été plus perspi-
cace dans ma vie que ce jour-ci».
«De ses séditions également, il ordonnera au ciel qu'il fasse tomber de
la pluie et la terre pour faire pousser les plantations. Les troupeaux iront
paître le matin et reviendront le soir ayant les bosses plus hautes, les seins
produisant une abondance de lait et leurs ventres plus gros.
«L'Antéchrist pénétrera dont tous les pays à Vexception de la Mecque
et Médine. A chaque ouverture de cette dernière ville, il y aura des anges
placés en rang qui la garderont. Ensuite, Médine subira trois tremblements
de terre, Dieu fera sortir de la ville tout incrédule et tout hypocrite comme
le soufflet du forgeron qui débarrasse le fer de ses impuretés. On donnera à
ce jour le nom «Le jour de la délivrance».
«Oum Charik Bent Abi AI-'Akar demanda: «O Envoyé de Dieu, où
seront les Arabes en ce jour-là?» il lui répondit: «Ils seront peu nom-
breux mais la majeure partie se trouvera à Jérusalem où leur imam sera un
homme très vertueux. Alors que cet imam dirigera la prière des fidèles à
l'aube, Jésus fils de Marie descendra et l'imam lui cédera la place mais Jé-
sus mettra sa main entre ses épaules et lui dira: «Non continue la prière
car tu la dirigeais». La prière terminée, les fidèles sortiront et Jésus s'écrie-
ra: «Ouvrez la porte». En ouvrant la porte, on trouvera l'Antéchrist suivi
de 70.000 juifs dont chacun porterea un sabre incrusté d'or et de pierres
précieuses. En voyant Jésus, VAntéchirst fondra comme fond le sel et pren-
dra la fuite et Jésus lui dira: «Je vais t'asséner un seul coup et j'aurai le
dessus» Il le suivra pour l'atteindre à «la porte orientale du Loudd» et le
tuera. Les juifs subiront une grande défaite et chaque chose que Dieu a cré-
ée soit-elle une pierre, un arbre, un mur, ou une bête à l'exception de l'ar-
bre «Al-Gharqada», parlera en ce jour-là et dira: «O musulman serviteur
de Dieu! un juif est caché derrière moi, viens le tuer.»
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- poursuivit:
«L'Antécrhist demeurera quarante jours sur la terre: un jour équivaut à un
an, un jour équivaut à un mois, un jour équivaut à une semaine, et les au-
tres jours sont comme des éclairs de sorte que l'un d'entre vous ne sera à la
porte de la ville le matin sans qu'il ne s'aperçoive qu'il est au soir en fran-
chissant Vautre porte» On lui demanda: «Comment sera donc notre
zoo
prière en ces jours-là?» Il répondit: «Vous donnerez à chaque prière sa
juste mesure comme vous la faites aujourd'hui, puis priez».
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de poursuivre:
«Jésus le fils de Marie sera parmi ma communauté un juge équitable et un
imam juste. Il brisera la croix, tuera le porc, remettra le tribut et laissera
les aumônes. Il n'y aura aucune animosité entre les créatures, ni haine ni
hostilité, même un nourrisson jouera avec le serpent sans le piquer, le nou-
veau-né des troupeaux tiendra compagnie au lion sans V attaquer, le loup
gardera le troupeau comme le chien, le bas monde sera rempli de paix
comme vous remplissez le verre de Veau. On n'adorera que Dieu seul, la
guerre cessera, Qoraich sera dépourvue de sa royauté, une lumière argentée
couvrira la terre, les plantations seront comme du temps d'Adam où les
hommes cueillir ont une grappe de raisin qui leur suffira ainsi qu'une gre-
nade. On achètera le veau à tel et tel prix et le cheval à quelques dirhams».
On lui demanda: «A quoi servira alors le cheval? et pourquoi le
veau aura un prix élevé?» Il répondit: «Le cheval ne sera plus monté
pour faire la guerre et on se servira du veau pour le labour. Trois ans avant
Vavènement de V Antéchrist, il y aura une sécheresse où les gens éprouve-
ront une grande faim. Dieu ordonnera au ciel de retenir le tiers de la pluie
durant la première année, et à la terre de rentenir également le tiers de ses
fruits. Dans la deuxième année, Dieu ordonnera au ciel de retenir les deux
tiers de la pluie et à la terre les deux tiers de sa récolte. A la troisième an-
née aucune goutte de pluie ne tombera du ciel et la terre ne donnera aucun
fruit. Tous les troupeaux périront» On lui demanda: «Comment les gens
survivront alors?». Il répondit: «Le témoignage de l'unicité de Dieu, la
proclamation de Sa grandeur, les glorifications et les louanges tien-
dront lieu des aliments».
Dans d'autres versions on trouve cet ajout: «Dieu révélera à Jésus:
«J'ai fait sortir certains de Mes serviteurs dont personne n'était capable de
les battre, protège-les, ramène-les à la montagne». Dieu enverra ensuite Ya-
jouj et Majouj (Gog et Magog) qui se précipiteront de tout côté, les pre-
miers passeront auprès du la Tibériade (Tabaraya), boiront toute son eau
de sorte que les derniers y passeront, ne trouvant aucune goutte d'eau, di-
ront: «Il y avait dans le temps de Veau dans ce lac». Jésus et ses fidèles
compagnons auront un serrement du cœur au point que Vun d'eux souhaite-
rait avoir une tête de bœuf qui lui vaudrait mieux que cent dinars que pos-
209
sède actuellement l'un de vous. Ils auront un désir ardent envers Dieu le
Très Haut qui leur enverra des vers qui les attaqueront aux cous et ils
mourront comme une seule âme. Jésus et ses compagnons descendront en-
suite à la terre, et ne trouveront pas une place de la grandeur d'un empan
sans que Dieu ne Voit remplie de leur graisse et de leur pourriture. Les dé-
sirs de Jésus et de Ses compagnons se porteront ardemment au Dieu qui
leur enverra des oiseaux dont les cous ressembleront aux cous de cha-
meaux, ils les porteront et les jetteront là ou Dieu voudra, ensuite Dieu fe-
ra descendre de la pluie qui emportera toutes les autres tentes et les
maisons construites en terre dure, et lavera la terre au point quelle la
laisse lisse comme un miroir. Puis on dira à la terre: «fais pousser tes
fruits et tes plantations, rends aux hommes les biens abondants». Une foule
d'homme mangeront d'une seule genade à satiété et se protégeront sous son
écorce. Les mamelles seront tellement bénies que la traite d'une seule cha-
melle suffira à un peuple, la traite d'une vache suffira à une tribu et la
traite d'une brebis suffira à plusieurs familles. Etant dans cet état, Dieu à
Lui la puissance et la gloire enverra un bon vent qui les prendra par leurs
aisselles, et recueillira l'âme de tout croyant et tout musulman, et il ne res-
tera en vie que les méchants de la terre qui s'y accoupleront sans pudeur à
la façon des ânes. C'est sur eux que se dressera l'Heure Suprême.»
Dans une autre version on trouve également ce rajout: «Il ne reste-
ra sur la terre que les pires des hommes qui, à la vitesse d'un vol d'oiseau
et par la cruauté des bêtes fauves, ne feront aucun acte de bien, ne réprou-
veront aucun acte repréhensible, et le diable se présentera devant eux en
leur demandant: «Pourquoi ne répondez-vous pas à mon appel?» Ils lui di-
ront: «Qu'est-ce que tu nous ordonnes de faire?» Il leur ordonnera alors
d'adorer les idoles, et eux, dans le cas présent, jouiront de tous les biens et
mèneront une vie heureuse.
Puis on soufflera dans la trompette et nul n'entendra le son sans qu'il
ne tourne sa tête à droite et à gauche. Le premier qui l'entendra sera un
homme qui sera en train d'enduire de boue le bassin des chameaux, il sera
foudroyé ainsi que tous les autres hommes. Ensuite Dieu enverra de la pluie
qui ressemblera à une rosée ou à une ombre d'où les coprs des hommes se-
ront ressuscites. Puis on soufflera une autre fois dans la trompette et voici
tous les hommes se dresseront et regarderont. On leur dira: «Hommes! Ré-
pondez à l'appel de votre Seigneur! Arrêtez-vous! Ils vont être interrogés.»
jEnwîi* «„ cJtVâ* //Faîtes sortir parmi ces hommes ceux qui sont destinés à
210
VEnferî». Quelle sera sa proportion? Demandera-t-on - Sur chaque mille,
répliquer a-t-on, neuf-cent-quatre-vingt dix- neuf». Ce jour-là, les enfants de-
viendront comme des vieillards et les jambes seront mises à nu, la vérité se-
ra bien claire».
- D'après Mouslim, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- a dit: <(UHeure Suprême ne se dressera avant que vous ne voyez dix
signes précurseurs: la fumée, V Antéchrist, la bête (qui parlera aux hom-
mes), le lever du soleil de son coucher, la descente de Jésus fils de Marie,
Yajouj et Majouj, trois éclipses: le premier à l'orient, le deuxième à l'occi-
dent et le troisème à la presqu'île Arabique, et le dernier signe sera un feu
qui jailira à Yemen et qui conduira les gens au lieu du rassemble-
ment». (Rapporté par Ahmed et Moustim) (1) .
«Et, an jour de la résurrection, Jésus se dressera en témoin contre
eux» en affirmant qu'il a transmis le message et appelé les hommes à
adorer Dieu seul.
£
m
fabizulmim-mina-1-ladîna hâdû harramnâ *alyhim tayyibâtin 'uhillat
lahum wa bisaddihim 'an sabîli-L-Lâhi katîran (160) wa 'ahdihimu-r-ribâ
(1) ù+tjiu* à* ^r*- sJï f_jlt icAJ ji* IjjJ ^ **LJ1 r ^L" Vi :^jk Al Jj^-j Jtf
*-TAjj tJU-aJIj ip-ij* & y — -* Jj>îj i^^-L-j rrj*h CJj^s iïjIjJIj tûL^jJlj
211
waqad nuhû 'anhu wa 'aklihim 'amwâla-n-nâsi bi-1-bâtili wa'a'tadnâ li-1-
kâfirîna minhum 'adâban 'alîman (161) lâkini-r-râsihûna fî-l-'ilmi
min hum wa-I-mu'minûna yu'minûna bimâ 'unzila *ilayka wamâ 'unzila
min qablika wa-l-muqîmîna-s-salâta wa-I-mu'tûna-z-zakâta wa-1-
mu'minûna bi-L-Lâhi wa-1-yawmi-l-âhiri 'ulâ A 'ika sanu'tihim 'ajran
'azîman (162).
C'est pour les punir de leur iniquité que nous avons interdit l'usage
d'aliments autrefois autorisés. Pour les punir aussi de l'acharnement qu'ils
ont montré à écarter de la voie d'Allah. (160) C'est pour les punir d'avoir
pratiqué l'usure, malgré l'interdiction prise. Pour les punir d'avoir injuste-
ment accaparé les biens des gens. Nous préparons pour ceux d'entre eux
qui sont restés infidèles un châtiment douloureux. (161) Mais les docteurs,
ceux qui croient à tes révélatoins et à celles qui les ont précédées, ceux qui
observent la prière et pratiquent l'aumône, ceux, enfin, qui croient en Allah
et au jour dernier, à tous ceux-là nous donnerons une belle récompense.
(162).
A cause des différents péchés captitaux que les juifs avaient
commis, Dieu leur avait interdit d'excellentes nourritures. Cette interdic-
tion peut être issue de leur propre volonté et Dieu leur a facilitée parce
qu'ils avaient mal interprété les enseignements de la Tora ou altéré en
s'interdisant des choses qui leur étaient permises, ou bien légale c'est
à dire que leur Livre renfermait des interdictions d'une façon claire et
précise, tout comme le montre ce verset: «Tous les aliments étaient per-
mis aux fils d'Israël, à l'exception de ceux qu'Israël lui-même s'était inter-
dits avant que ne fut révélé le Pentateuque» [Coran III, 93]. Il s'agit,
comme on Ta commenté auparavant, de la viande des chameaux et
leur lait, à savoir que Dieu leur a interdit tant des choses dans la Tora
comme il est cité dans la sourate du Bétail: «Aux juifs, nous avons inter-
dit tous les animaux qui ont des griffes. Nous leurs avons aussi interdit la
graisse des bœufs et des moutons, excepté celle du dos et des boyaux et
celle qui entoure les os. Ceci pour les châtier de leur insoumission. Nous
sommes justes» [Coran VI, 146] Car une telle interdiction, ils la méri-
taient à cause de leur injustice, leur contradiction de leur Prophète et
leur écartement du chemin de Dieu. Ils empêchaient aux hommes de
suivre fa voie droite, une chose qu'ils pratiquaient depuis longtemps et
même de nos jours; comme ils avaient tué aussi les Prophètes et dé-
claré leur hostilité à Jésus et Mouhammed en reniant leurs messages.
212
Par ailleurs, Dieu les avait interdit de pratiquer l'usure mais ils ont
désobéi en cherchant plusieurs moyens pour en profiter et manger les
biens de gens injustement. Il leur a préparé un châtiment douloureux.
Mais il y avait parmi eux des hommes enracinés dans fa science
et des croyants qui ont cru à ce qui a été révélé à Mouhammad -qu'Al-
lah le bénisse et le salue-. Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au
sujet de Abdullah Ben Salam, Tha'laba Ben Sa'ia, Assad Ben Sa'ia et
Assad ben Oubaïd qui ont embrassé l'Islam et cru en Mouhammad -
qu'Allah le bénisse et le salue-.
Dieu réserve une récompense sans limites à ceux qui font les priè-
res à leurs heures fixées, qui s'acquittent de la zakat de leurs bien et
qui croient en Dieu et au jour dernier, c'est à dire au jour de la résur-
rection après la mort et du compte final.
'innâ 'awhayriïf 'ilayka kamâ 'awhaynï 'ilâ Nûhin wa-n-nabiyyina mim-
ba'dihî wa 'awhayria *ilâ 'Ibrahîma wa 'Ismâ'îla wa 'Ishâqa wa Ya'quba
wa-l-'Asbâti wa 'Isa wa 'Ayyûba wa Yunusa wa Harûna wa Sulaymâna
wa 'âtaynâ Dawûda Zabûran (163) wa rusulan qad qasasnâhum 'alayka
min qablu wa rusulan lam naqsushum 'alayka wa kallama-L-Lâhu Mûsâ
taklîman (164) rusulam-mubassirîna wa mundirîna li'alla yakûna li-n-nâsi
*alâ-L-Lâhi hujjatum ba'da-r-rusuli wa kâna-L-Lâhu 'Azîzan
Hakîman (165).
Nous t'avons envoyé des révélations, comme nous en avons envoyé, à
Noé et aux Prophètes venus après lui, comme nous en avons envoyé à
Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, aux apôtres des douze tribus, à Jésus, Job,
213
Jonas, Aaron, Salomon. A David nous avons donné les psaumes. (163) Il y
a des Prophètes dont nous t'avons conté l'histoire, d'autres sur lesquels
nous ne t'avons rien dit. Il est certain qu'Allah a parlé à Moïse. (164).
Tous ces Prophètes ont annoncé la nouvelle foi et ont averti pour ôter aux
hommes toute espèce d'argument contre Allah. Allah est puissant et sage.
(165).
Ibn Abbas a dit: «Sakan et 'Ady Ben Zaïd demandèrent à l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Mouharomad! Nous ne
croyons pas que Dieu a envoyé une révélation à un mortel après
Moïse» C'est à cette occasion que ce verset fut révélé: «Nous t'avons
envoyé des révélations...» en dénonçant leurs mauvaises coutumes,
mensonges et vices, comment les juifs étaient du temps de leur Pro-
phète et à quoi ils sont réduits aujourd'hui. Puis Dieu affirme qu'il a ins-
piré Mouhammad comme 11 a inspiré (es autres Prophètes qui lui ont
précédé en leur révélant les Livres. Quant à David, H a donné les
Psaumes dont nous allons en parler en commentant fa sourate des
Prophètes [Coran XXI].
«Il y a des Prophètes dont nous t'avons conté l'histoire....» On ne
trouve leurs noms que dans les sourates qui ont été révélées à La
Mecque. Ils sont: Adam, Idris, Noé, Houd, Saleh, Ibrahim, Loth, 1s-
maël, Isaac, Jacob, Joseph, Job (Ayoub), Chou'aïb, Moïse, Haroun
(Aaron) , Jonas (Younos), David, Solomon, Elie, Elisée, Zacharie, Yahia
(Jean), Jésus et Zoul-Kifl comme il a été rapporté par les exégètes, et
leur maître est Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-.
«d'autres sur lesquels nous ne t'avons rien dit.» Le nombre de ces
Prophètes et Messagers était un sujet de controverse entre les ulé-
mas. Mais pour le préciser, nous n'avons d'après la tradition que le ha-
dith rapporté par Abou Dzarr qui a dit: «J'ai demandé: «Ô Envoyé de
Dieu, quel était le nombre des Prophètes?» Il me répondit: «Cent-vingt-
quatre mille». - Et le nombre des Messagers? répliquai-je. - Trois cent
treize, rétorqua-t-il, un grand nombre». Je lui demandai de nouveau: «O
Envoyé de Dieu, qui a été le premier?» - Adam. - Etait-il un Prophète
envoyé vers les hommes? - Oui. Dieu l'a créé de Sa main, lui a insufflé
de son esprit puis il fut un homme». (Rapporté par Ibn Mardaweih) (1 K
214
«H est certain qu'Allah a parlé à Moïse».
C'est une grande considération que Dieu avait accordée à Moïse
d'en faire Son interlocuteur. On a rapporté qu'un homme récita ce ver-
set devant Abou Bakr Ben 'Ayach en commettant une faute de gram-
maire dans la récitation qui a donné le sens suivant: «Moïse a parlé à
Dieu». Abou Bakr fut irrité et s'écria: «Seul un incrédule lit le Coran de
cette façon». Ceci était l'opinion des Mou'tazila qui avaient renié que
Dieu avait adressé la parole à Moïse ou à un autre Prophète plutôt
c'était Moïse qui l'avait fait. On raconte qu'un de ces Mou'tazila a lu
devant un des ulémas: «Il est certain que Moïse a parlé à Allah». Et
l'uléma de lui dire: «O le fils de la puante! Comment interprètes-tu ces
paroles de Dieu: «Lorsque Moïse arriva au rendez-vous, Allah lui parla»?
[Coran VII, 143]. Ibn Mass'oud raconte: «Le jour où le Seigneur lui a
parlé, Moïse portait un manteau, une chemise et des pantalons en
laine. Ses sandales étaient en cuir d'âne».
«Tous ces Prophètes ont annoncé la foi et ont averti» c'est à dire ils
ont annoncé la bonne nouvelle aux croyants qui ont cru en Dieu, se
sont soumis à Lui en cherchant Sa satisfaction, et ont averti ceux qui
se sont montrés rebelles et insoumis qu'ils subiront le châtiment le plus
terrible «Pour ôter aux hommes toute espèce d'argument contre Allah. Al-
lah est puissant et sage». Donc nul n'aura un argument à opposer à
Dieu après qu'il ait envoyé les Prophètes aux hommes pour leur
| communiquer Ses enseignements, comme Dieu le montre dans ce ver-
| set: «Si nous les avions fait périr dans un châtiment antérieur à sa venue,
ils auraient certainement dit: «Notre Seigneur, pourquoi ne nous as-tu pas
envoyé un Prophète? Noos aurions alors suivi Tes signes, avant d'être humi-
liés et confondus» [Coran XX, 134].
Dans les deux Sahihs il est cité d'après Ibn Mass'oud que l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nul n'est plus ja-
loux que Dieu, pour cela II a interdit les péchés abominables apparents et
215
cachés. Nul n'aime les louanges plus que Dieu, pour cela II s'est loué Lui-
même. Nul n'accepte les excuses plus que Dieu, pour cela, Il a fait descen-
dre le Livre et envoyé les Prophète comme annonciateurs et avertis-
seurs» (Rapporté par Boukhari et MousUm^K
U& «W iÂa &ï 2£Ql & % JÇS8 $ $
lâkini-L-Lâhu yashadu bimâ 'anzala 'ilayka 'anzalahû bi 'ilmihî wa-1-
malâ'ikatu yaâhadûna wa kafâ bi-L-Lâhi 3abîdan(166) 'inna-1-ladîna
kafarû wa saddû 'an sabîli-1-Lâhi qad dallû dalâlam ba'îdan (167) 'inna-
1-ladîna kafarû wa zalamû lam yakuni-L-Lâhu liyagfîra lahum walâ
liyahdiyahum tarîqan (168) 'illâ tarîqa jahannama halidîna fîhâ 'abadan
wa kâna dâlika 'alâ-L-Lâhi yasîran(169) yâ'ayyuhâ-n-nâsu qad
jï'akumu-r-rasûlu bi-1-haqqi mir-rabbikum fa'âminû hayral-iakum wa'in
takfurû fa'inna li-L-Lâhi ma fi-s-sama* wâti wa-l-'ardi wa kâna-L-Lâhu
'AlîmanHakîman (170).
Allah est témoin lui-même de ce qu'il t'a révélé. Il te Ta révélé avec in-
tention. Et les anges en témoignent. Le témoigange d'Allah n'est-0 pas suf-
fisant?. (166) Ceux qui ne croient pas et écartent les autres de la voie
d'Allah sont plongés dans une erreur profonde. (167) Ceux qui ne croient
- »
.14^ Jjiîj *Uj J-jï iUi J*-i ^» :>ï JàiJ ^j n^o^j jijï** Cê**iï
216
pas et se montrent iniques, Allah ne leur pardonnera pas et les laissera sans
direction. (168) Si ce n'est la direction de l'Enfer où ils séjourneront éter-
nellement. Ce qui est facile pour Allah (169) O hommes, le Prophète vous
a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Croyez-y. Cela sera plus
profitable pour vous. Si vous la rejetez, qu'importe! Allah n'est-Il pas le
maître des cieux et de la terre? Allah n'est-Il pas omniscient et sage? (170).
Dans les versets précédents Dieu affrime la Prophétie de Mou-
hammad et qu'il lui a révélé le Livre pour répondre à ceux qui ont nié
l'un et l'autre parmi les polythéistes et les gens du Livre. Dieu dit: «Al-
lah est témoin Lui-même de ce qu'il t'a révélé» malgré le reniement et
l'impiété des hommes, et c'est bien Lui qui t'a révélé le Livre qui est le
glorieux Coran dont: «l'erreur ne s'y glisse de nulle part. C'est une Révéla-
tion d'un Seigneur sage et digne de Louanges» [Coran XLI, 42].
Dieu témoigne que c'est par sa connaissance qu'il a fait descen-
dre le Coran afin que les hommes y trouvent les signes de la voie
droite, ce que Dieu aime et ce qu'il déteste, ce qu'il agrée et ce qu'il
réfute, ce qui est cité du passé et de l'avenir et les attributs sacrés de
Dieu que nul ne les saurait trouver même les Prophètes les plus rap-
prochés sans Sa permission.
'Ata Ben As-Saëb a rapporté: «A chaque fois qu'un homme récitait
le Coran - ou le lisait - devant Abou Abdul Rahman As-Salami, il lui dis-
ait: «Tu as acquis déjà une partie de la science de Dieu. Nul n'est
meilleur que toi aujourd'hui autre qu'un homme qui fait de bonnes ac-
tions» Puis Abou Abdul Rahman récita: «Il te l'a révélé avec intention.
Et les anges en témoignent. Le témoignage d'Allah n'est-il pas suffisant» A
cet égard Ibn Abbas raconte qu'un groupe de juifs entrèrent chez l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il leur dit: «Je sais bien
que vous connaissez que je suis l'Envoyé de Dieu». Ils lui répondirent:
«Non, nous ignorons cela». Dieu alors fit descendre ce verset».
«Ceux qui ne croient pas et se montrent iniques, Allah ne leur pardon-
nera pas et les laissera dans une erreur profonde» Il s'agit des incrédules
qui n'ont pas la foi et qui écartent les hommes du chemin de Dieu, lis
ont emprunté un autre chemin que la voie droite et se sont égarés
pour toujours. Ceux-là ne sauraient trouver le chemin droit, n'auraient
plus le pardon de Dieu et leur destin serait la Géhenne pour l'éternité.
Enfin Dieu exhorte les hommes à croire au Prophète Mouhammad
217
qui est venu vers eux avec la vérité émanant du Seigneur pour les
mettre sur fe chemin droit et le suivre. Quant à ceux qui n'en croient
pas, qu'ils ne blâment qu'eux-mêmes car Dieu se suffît à Lui-même et
tout ce qu'il se trouve dans les cieux et sur la terre Lui appartient. Il
connaît bien ceux qui méritent d'être guidés et les dirige vers la bonne
direction car II est sage et omniscient.
*V--*
yâ 'ahla-1-kitâbi là taglû fi dînikum walâ taqûlû *alâ-L-Lâhi 'illa-1-haqqa
innamâ-1-masîhu 'Isa bnu Maryama rasûlu-L-Lâhi wa kalimatuhû
'alqâha 'ilâ Maryama wa rûhum minhu fa'âminû bi-L-Lâhi wa rusulihî
walâ taqûlû talâtatun-i-ntahû hayra-1-Iakum 'innamâ-L-Lâhu 'ilâhun
wâhidun subhânahu 'an yakûna lahû waladu-1-lahû mâfî-s-samâwâti
wamâ fî-l-*ardi wa kafâ bi-L-Lâhi wakîlan (171).
O gens d'Ecriture, n'exagérez pas dans votre religion. Ne dites que la
vérité à propos d'Allah. La vérité, c'est que le Messie, Jésus fils de Marie,
a été le Prophète d'Allah et Son verbe, qui a été déposé dans Marie. C'est
une âme venue d'Allah directement Croyez donc à Allah et à Ses Prophè-
tes. Ne dites pas: «Ils sont trois» Cessez de pareils propos, il vaut mieux.
Non, il n'y a qu'un seul Allah. Il est trop glorieux pour avoir un fils. N'est-
Il pas le Maître des cieux et de la terre? N'est-ïl pas un protecteur suffi-
sant? (171).
Dieu interdit aux chrétiens de dépasser la mesure dans leur reli-
gion, en faisant reloge du Messie, Jésus fifs de Marie, de sorte qu'ils
l'ont déifié et adoré. Même ceux qui leur ont enseigné la religion, ils les
ont considérés comme des hommes préservés de tout vice, les ont sui-
vis et se sont soumis à leurs ordres sans les discuter même s'ils
comportent des erreurs et égarement. Dieu les blâme dans leur
comportement en disant: «Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines ainsi
218
que le Messie, fils de Marie, comme seigneurs, au lieu de Dieu» [Coran (X,
31].
A ce propos Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bé-
nisse et le salue- a dit aux fidèles: «N'exagérez pas dans mon éloge
comme ont fait les chrétiens à l'égard de Jésus fils de Marie. Je ne suis
qu'un sujet de Dieu. Dites de moi: Son serviteur et son Messa-
ger». (Rapporté par Ahmed)* 1 *.
Anas Ben Malek raconte qu'un homme a dit à l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Mouhammad, notre maître, le fils
de notre maître, notre meilleur et le fils de notre meilleur». Il répondit:
«Hommes! Choisissez bien vos propos! Que le démon ne vous tente pas. Je
suis Mouhammad Ben Abdullah, le serviteur de Dieu et Son Messager. Par
Dieu, je n'aime pas que vous me placiez au-dessus du rang où le Seigneur à
Lui la puissance et la gloire m'a accordé». (Rapporté par Ahmed)* .
«Ne dites que la vérité à propos d'Allah» c'est à dire ne forgez pas
de mensonges au sujet de Dieu disant qu'il a une compagne et s'est
donné un fils. Que Dieu soit élevé au-dessus de ce qu'ils décrivent.
Qu'il soit exalté dans Sa gloire et Sa grandeur, loin de ce qu'ils lui im-
putent. Il n'y a nul Seigneur et nul Dieu hormis Lui. C'est pourquoi (f dit
à ces gens-là, les gens d'Ecriture: «Le Messie, Jésus fils de Marie, a été
le Prophète d'Allah et Son verbe qui a déposé dans Marie» En d'autres
termes, il n'a été qu'un des serviteurs de Dieu, une de Ses créatures,
Il lui a dit: «Sois» et il a été. Il n'a été qu'un de Ses Messagers et Sa
parole qu'il a jetée en Marie. Il l'a créé par la parole qu'on a confiée à
Gabriel pour la jeter en Marie et en lui insufflant de Son Esprit. Ce
souffle qui a pénétré dans l'intérieur de Marie pour arriver à son utérus
était comme une semence des père et mère. Pour cela on a donné a
Jésus le surmon: «Le verbe de Dieu et l'Esprit émanant de Lui».
219
En confirmation du verset sus-mentionné et dans le but de démord
trer la nature de Jésus, on cite à titre d'exemple ces versets:
- Qu'est-ce que le Messie, fils de Marie, sinon un Prophète, comme
tant d'autres qui l'ont précédé? Sa mère était une femme sincère. Tous
deux se nourrissaient d'aliment [Coran V, 75].
- Pour Allah, l'origine de Jésus est la même que celle d'Adam. Il l'a
créé de l'argile, puis D lui a dit: «Sois et il a été» [Coran III, 59].
- Lui n'était qu'un serviteur auquel nous avions accordé notre grâce et
nous l'avons proposé en exemple aux fils d'israël» [Coran XLIII, 59].
Donc Jésus était né à la suite du verbe que Gabriel a déposé en
Marie puis il lui a insufflé l'Esprit. Il est cité dans le Sahih de Boukhari
d'après Oubada Ben As-Samet que l'Envoyé de Dieu le bénisse et le
salue- a dit: «Quiconque atteste qu'il n'y a d'autre divnitié que Dieu,
l'Unique, Il n'a pas d'associé, que Mouhammad est Son serviteur et Son
Messager, que Jésus est le serviteur de Dieu et son Messager et la parole
qti'Il a jetée en Marie, que le Paradis est une vérité et que l'Enfer est une
vérité, celui-là entrera au paradis quelle qu'étaient ses œuvres.» (2)
Quant au terme «Esprit» il ne faut pas l'interpréter comme étant
une «partie» de Dieu comme prétendent les chrétiens, plutôt c'est une
«âme» créée comme d'autres puis on l'a adjoint à Dieu en disant «Un
Esprit émanant de Dieu» pour le combler de respect et de haute consi-
dération.
Puis Dieu ordonne aux gens du Livre de croire à Lui et à Ses Pro-
phètes et de cesser de dire que Jésus est Dieu ou le fils de Dieu, car
le Seigneur n'a pas une compagne et n'a pas engendré. En plus ne di-
tes pas: «Ils sont trois» en associant à Lui Jésus et sa mère, car c'est
une incrédulité de proférer de tels propos, comme on va le voir dans la
sourate de la Table où Dieu a dit: «Ce ne sont que des infidèles ceux qui
disent qu'Allah est le Messie, fils de Marie» [Coran V, 72]. Les chrétiens
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sont dans un égarement manifeste en considérant Jésus comme étant
un Dieu, ou le fils de Dieu ou Son associé. Leur divergence était mani-
feste à ce sujet. Un des ulémas a dit: «Si dix hommes chrétiens
s'étaient réunis pour discuter, ils se seraient séparés sur onze opi-
nions».
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lay-yastankifa-1-masîhu 'ay-yakûna 'abdan li-L-Lâhi walâ-l-malâ'ikatu-1-
muqarrabûna wa may-yastankif 'an Mbâdatihî wa yastakbir
fasayahsûfhum 'ilayhi jamî'an(172) fa'ammâ-Madîna 'â A manû wa
'amiiîî-s-sâlihâti fayuwafïïhim 'ujûrahum wa yazîduhum min fadlihî wa
'ammâ-1-ladîna-s-tankafû wa-stakbarû fayu'addibuhum 'adâban 'alîman
walâ yajidûna lahum min dûni-L-Lâhi waliyyan walâ nasîran (173).
Le Messie ne rougît pas d'être le serviteur d'Allah, pas plus que les an-
ges qui l'approchent. Ceux qui rougissent de servir Allah et s'enflent d'or-
gueil, Allah les fera tous comparaître devant Lui. (172) Ceux qui auront
cru et auront pratiqué les bonnes œuvres, Allah leur accordera une large ré-
compense et y ajoutera le surcroît de sa grâce. Ceux que leur morgue et
leur orgueil auront détournés d'Allah, un châtiment douloureux leur sera in-
fligé et ils ne trouveront ni appui ni protection contre Allah. (173),
Dieu affirme que ni les anges rapprochés de Lui ni Jésus ne dé-
daignent d'être ses serviteurs, car parmi les hommes il y avait ceux qui
avaient adoré les anges tout comme les chrétiens qui adorent Jésus
après sa déification. Tant aux anges qu'a Jésus, étant des serviteurs
de Dieu, seront rassemblés bientôt devant Lui.
Ceux qui ont la foi et font les bonnes actions, jouiront d'une ré-
compense sans limites et même d'un surcroit de la grâce divine, une
promesse qu'on trouve souvent dans le Coran.
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Quant à ceux qui refusent de L'adorer et ceux qui s'enorgueillis-
sent, Dieu les jugera équitablement en leur montrant leurs mauvaises
actions qu'ils avaient commises et ne trouvant ni défenseur ni protec-
teur en dehors de Lui, ils subiront le châtiment douloureux.
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yâ 'ayyuhâ-n-nâsu qad jâ'akum burhânun mi-r-rabbikum wa 'anzalnà*
'ilaykum nûram-mubînan (174) fa'ammâ-1-ladîna If manu bi-L-Lâhi wa-
'tasamû bihî fasayudhiluhum fî rahmatim minhu wa fadlin wa yahdihim
'ilayhi sirâtam-mustaqîman (175).
O hommes, une preuve irrécusable vous a été envoyée par votre Sei-
gneur. Nous avons fait descendre pour vous une lumière éblouissante (174)
Ceux qui croient en Allah et se fient à Lui, Allah les admettra dans le sein
de Sa miséricorde et de Sa grâce et les guidera dans la voie droite. (175).
Dieu s'adresse à tous les hommes sans distinction qu'une preuve
décisive leur est parvenue de Sa part, en leur envoyant également une
lumière éclatante qui est le Coran d'après les dires dMbn Jouraïj et
d'autres. Puis en joignant l'adoration à la confiance en lui, Il leur or-
donne de croire en Lui et se fier à Lui. Ceux qui auront obtempéré à
ses ordres seront sous Sa protection, entreront au Paradis, obtiendront
la belle récompense et seront élevés de degrés auprès de Lui.
Donc les vrais croyants sont ceux qui sont sur le chemin droit
dans la vie présente en traduisant leur foi en actes et paroles, en se
conformant aux enseignements, et dans la vie future ils seront aussi
sur la voie droite qui les mènera au Paradis. Ali Ben Abi Taleb a rap-
porté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le Coran
est le chemin droit de Dieu et Sa corde solide».
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yastaftunaka quli-L-Lâhu yuftikum fî-l-kalâlati 'ini-mru'un halaka laysa
lahû waladun walahû 'uhtun falahâ nisfu ma taraka wahuwa yarituhâ
'il-lam yaku-l-lahâ waladun fa'in kanatâ-tnatayni falahumâ-t-tulutâni
mimmâ taraka wa 'in kânû *ihwatan rijâlan wa nisa 'an faliddakari mit-
lu hazzi-l-'untayayni yubayyinu-L-Lâhu lakum 'au tadillû wa-L-Lâhu
bikulliSay'in^ÂumCnô).
On t'interroge. Dis-leur: «Voici la règle d'Allah sur les collatéraux. Si
an homme décède sans postérité, ne laissant qu'une sœur, celle-ci a droit à
la moitié de ce qu'il laisse. Si c'est elle qui décède sans postérité, lui a droit
à tout ce qu'elle laisse. S'il laisse des frères et sœurs, les frères auront une
part double de celle des saurs. Allah vous l'explique pour ne pas vous expo-
ser à des erreurs. Allah sait tout. (176)*
D'après AI-Boukhari t Abou Ishaq rapporte qu'il a entendu Al-Bara'
dire: «La dernière sourate du Coran qui fut descendue est «Le Repen-
tir» [Coran IX] et le dernier verset qui se trouve à la fin de la sourate
des Femmes».
Jaber Ben Abduilah raconte: «Etant malade et ayant perdu toute
connaissance, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- vint
me rendre visite. Il fit ses ablutions et versa l'eau -de ses ablutions-
sur moi. Je m'éveillai et lui dis: «Que dois-je faire de ma succession
alors qu'il n'y a que des cognats qui héritent de moi?» Dieu à cette oc-
casion fît descendre ce verset.
Il s'agit d'un homme qui meurt sans laisser ni enfants ni parents,
comment partager les biens qu'il laisse?
Il est cité dans les deux Sahihs que cette affaire posa un pro-
blème pour Omar Ben Al-Khattab qui a dit: «Comme j'aurais aimé que
l'EnvDyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous avait montré
clairement les sentences relatives à ces trois sujets: la part de la suc-
cession due au grand père, la part des collatéraux et les différentes
aortes de l'usure» (faisant allusion au verset 130 de la sourate de la fa-
illite d'Imran)».
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Suivant une variante, Omar rapporte qu'il a demandé à l'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et fe salue- au sujet des collatéraux, il lui
répondit: «Il te suffit d'appliquer le verset qui fut révélé pendant l'été»
(c.à.d le dernier verset de la sourate des femmes). Et Omar de décla-
rer plus tard: «Si j'avais demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah fe bé-
nisse et le salue- l'explication de ce verset, ça m'aurait été meilleur
que de posséder un troupeau de chameaux roux». C'est pourquoi ce
verset lui était confus.
Quant à Qatada, il a raconté: «Abou Bakr As-Siddiq nous a dit
dans un de ses discours: «Or le premier verset mentionné au début de
la sourate des femmes au sujet de la succession, concerne les enfants
et les parents, le deuxième fut au sujet des: mari, épouse et frères et
sœurs utérins, et te verset par lequel II a terminé cette sourate
concerne les frères et sœurs germains. Quant au verset qui se trouve
à la fin de la sourate du Butin «Mais ceux qui sont unis par les liens du
sang sont plus solidaires les uns des autres» concerne les «Açaba» (c'est
à dire les proches parents parmi les mâles).
En méditant sur le sens du verset qui montre le cas d'un homme
qui décède sans laisser des enfants, on en déduit aussi qu'if n'a pas
un père vivant, autrement, la sœur, comme il est mentionné dans le
verset, n'aura droit à aucune part de la succession en présence du
père.
Ahmed rapporte qu'on a demandé Zaid Ben Thabet au sujet de
l'homme qui décède en laissant: une épouse et une sœur germaine,
comment l'héritage sera-t-il réparti?. Il lui dit: «Chacune d'elle reçoit la
moitié». En s'étonnant de cette réponse il répondit: «J'ai été témoin
quand l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a donné la
même sentence».
Quant à Ibn Abbas et Ibn Az-Zoubayr, en leur demandant leur opi-
nion à propos d'un mort qui a laissé une fille et une sœur, ils répondi-
rent: «La sœur n'a droit à aucune part» en se basant sur ce verset:
«Si un homme décède sans postérité, ne laissant qu'une sœur...» Ils ont
jugé que cette fille est sa postérité. Mais la majorité des ulémas l'ont
contredit et précisé que la moitié sera la part de la fille et l'autre moitié
ira à la sœur étant une des proches parents (Açaba), sans tenir
compte de ce verset, mais d'après un jugement pris par Mou'adz Ben
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Jabal du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
en répartissant l'héritage en deux parties égales entre la fille et la
sœur.
Dans le Sahih de Boukhari il est cité qu'on a demandé Abou
Moussa Al-Ach'ari au sujet de la part de chacune d'une fille, d'une fille
du fils et d'une soeur de la succession. Il a répondu: «La fille a le droit
à la moitié, et l'autre moitié à la sœur. Allez voir Ibn Mass'oud qui sera
de mon avis». En posant la même question et le mettant au courant
de la réponse d'Abou Moussa, Ibn Mass'oud répondit: «Si je donnais
un autre jugement différent de celui du Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue-, je serais égaré et jamais de ceux qui sont dirigés. Il a donné
la moitié à la fille, le sixième à la fille du fils pour compléter les deux
tiers, quant au reste qui est le tiers, il l'a donné à la sœur». En reve-
nant chez Abou Moussa pour lui faire part de la réponse d'ibn
Mass'oud, il s'écria: «Ne me posez aucune question tant que ce docte
vit parmi vous».
«Si c'est elle qui décède sans postérité, lui a droit à tout ce qu'elle
laisse» c'est à dire le frère hérite seul si la décédée n'a laissé ni en-
fants ni père, car si elle a un père le frère n'a droit à aucune part. Car
si la défunte a laissé un mari ou un frère utérin, le frère aura droit au
reste après avoir donné aux personnes désignées ce qui leur revient.
Et ceci en se référant à un hadith prophétique cité dans les deux Sa-
hihs «Donnez aux réservataires leur parts de la succession».
«S'il laisse deux sœurs, elles ont droit aux deux tiers de sa succession»
on entend par cela que même si le nombre des sœurs dépasse les
deux, elles n'ont droit qu'aux deux tiers de la succession en les assimi-
lant ainsi aux filles comme il est montré dans ce verset: «S'il n'y a que
des filles et qu'elles soient plus de deux, elles prendront les deux tiers de ce
que laisse le défunt» [Coran IV, H].
«S'il laisse des frères et sœurs, les frères auront une part double de
celle des sœurs» d'ailleurs ce qui est appliqué aux enfants mâles et fe-
melles.
Dieu donne par ceci une explication claire aux hommes pour qu'ils
ne s'égarent pas, après avoir précisé à chacun sa part de la succes-
sin, car Dieu connaît toute chose.
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Sa'id Ben Al-Moussaib rapporte qu'Omar Ben Al-Khattab, voulant
donner des consignes par écrit concernant le grand père et les collaté-
raux, demeura un certain temps en faisant la prière de la consultation
du sort en disant: «Mon Dieu, si Tu sais que ceci est vrai inspire -moi
à le mettre en exécution» En préparant cet écrit, il attendait que quel-
qu'un lui indiquât une erreur pour qu'il l'efface sans qu'il s'aperçoive.
Enfin il dit aux hommes: «J'avais mis par écrit les consignes concer-
nant le grand père et les collatéraux, et j'avais demandé plusieurs fois
à Dieu de me le guider, qu'à la fin je me suis décidé à passer outre de
cet écrit et à vous laisser agir comme vous le faites actuellement.»
On a rapporté aussi, d'après ibn Jarir, que 'Omar Ben Al-Khattab
disait: «J'ai honte de contredire Abou Bakr» A savoir qu'Abou Bakr
considérait comme collatéraux tous les proches en dehors des enfants
et des pères. Et c'est bien qu'appliquent la majorité des ulémas et les
chefs des quatre écoles de la loi religieuse (les quatre imams). Par ail-
leurs c'est bien ce qui a été mentionné dans le Coran, et ce à quoi
Dieu fait allusion en disant: «Allah vous l'explique pour ne pas vous expo-
ser à des erreurs. Allah sait tout».
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