Coran › Sourate 41 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 41 trad. humaine
41 - SOURATE DES DEVELOPPEMENTS
54 versets
Révélée tout entière à la Mecque à la suite de la sourate du Croyants
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
■
Ha-mtra(l) tanzîlum-mina-r-Rahmâni-r-Rahîmi (2) kitâbun fussilat
'a yâtuhû Qur^nan 'arabiyyan liqawmiy-ya'lamûna (3) baSiran- wa nad
îran fa Vrada 'aktaruhum fahum la yasma'ûna (4) wa qâlû qulûbunâ fî
'akitmatim-mimma tad'ûnâ 'ilayhi wafî 'âd âninâ waqrun wa mim-
bayninâ wa baynaka hijâbun fa'mal 'innamâ ( âmilûna(5).
An Dom d'Allah le Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Ha. Mim (1) Voici des révélations d'Allah le clément et qui manifeste
sa clémence. (2) Voici on Livre dont les versets ont été classés. C'est le
Coran en langue arabe à l'usage des hommes sensés, (3) Il annonce et il
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avertit, mais la plupart refusent de l'entendre. (4) Us disent: Nos cœurs sont
fermés à la vérité que tu nous prêches et nos oreilles sont sourdes. Entre
nous et toi, il y a un mur. Agissons les uns les autres comme nous
l'entendons (5).
Le Coran est un Livre descendu de la part de Dieu le
Miséricordieux dont ses versets sont clairement détaillés et expoés, en
langue arabe, destiné à un peuple qui comprend. Les hommes avisés
et sensés le savent. Il comporte des bonnes nouvelles à ceux qui y
croient et des avertissements à qui y mécroient et le renient. Mais
hélas, la plupart des polythéistes s'en sont détournés. Ils disent: Nos
cœurs sont enveloppés (pour ne rien concevoir) et nos oreilles sourdes
(pour rien entendre) ce que tu nous apportes. Un écran s'interpose
entre toi et nous. Agis de ton côté, et nous agissons du nôtre. Chacun
de nous suit le chemin qu'il a choisi.
At-Baghawi rapporte (dans son Interprétation du Coran) d'après
Jaber Ben Abdullah: «Un jour tes Qoraïchites se sont rassemblés. Ils
dirent: Cherchez l'homme parmi vous qui soit le plus savant dans la
magie, dans la divination et dans la poésie, qu'il aille chez cet homme
(le Prophète) qui a semé la discorde entre nous, nous a jetés dans la
confusion des affaires et a dénigré nos divinités. Qu'il s'entretienne
avec lui et qu'il vienne après nous faire un compte rendu.» La majorité
choisirent 'Outba Ben RabPa pour cette mission, et lui dirent: «C'est toi
ô Abou Al-Walid l'homme recherché».
Outba se rendit chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- et lui dit: «Si tu te considères meilleur que ces gens-là, sache
qu'ils adorent les divinités que tu as dénigrées. Si tu prétends être
meilleur qu'eux, parle pour entendre tes propos. Par Dieu, nous
n'avons pas vu un rebut plus néfaste pour son peuple que toi: Tu as
semé la discorde entre nous, nous as jetés dans la confusion des
affaires, dénigré nos divinités et nous a humiliés dant les autres
Arabes. On leur a appris qu'un magicien se trouve à Qoraïch ou un
devin. Par Dieu, nous n'attendons que comme le cri d'une femme
enceinte qui accouche pour que les uns d'entre nous se lèvent contre
les autres pour s'entretuer et périr tous. O toi, homme, si tu cherches
la fortune, nous faisons de toi l'homme le plus riche à Qoraïch. Si tu
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désires les femmes pour les épouser, nous te choisissons les plus
belles d'entre elles en te donnant au moins une dizaine».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répondit:
«C'est tout ce que tu as à me dire?» -Oui, répliqua 'Outba. Et le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de reprendre en récitant: «Au
nom d'Allah, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ha.Mim. Voici les
révélations d'Allah le clément et qui manifeste sa clémence. ...jusqu'à «Je
vous prédis un cyclone comme celui qui a anéanti Ad et Thémoud» (verset
" 13). Alors 'Outba mit sa main sur la bouche et l'Envoyé de Dieu,
l'adjura par le lien de parenté de cesser. H le quitta aussitôt et revint
chez les siens. Il s'enferma chez lui sans retourner chez les
Qoraïchites pour leur raconter ce qui s'est passé avec Mouhammad.
Abou Jahl s'écria alors: «O Qorâchîtes, par Dieu, ce que je
constate du retard de 'Outba c'est qu'il s'est converti, et il parait que la
nourriture lui a plu, ou bien Mouhammad lui a comblé un besoin
quelconque. Allons voir Outba». Les hommes se rendirent chez ce
dernier. Abou Jahl lui dit: «Est-ce ta conversion qui t'a retenu de
retourner chez nous pour raconter ce qu'en fut avec Mouhammad, ou
bien tu as trouvé sa nourriture exquise! Dis-nous franchement, si tu es
dans l'indigence nous pouvons t'assurer une fortune qui pourrait te
suffire de Mouhammad!» 'Outba s'irrita alors et jura de ne plus
rencontrer désormais Mouhammad et poursuivit: «Vous savez bien que
je suis l'un des plus aisés à Qoraïch, mais en me rendant chez
Mouhammad, et m'entretenant avec lui, il m'a répondu par des mots
qui ne sont ni de la magie ni de la divination, ni même de la poésie. Il
m'a récité du Coran (les versets précités) et j'ai du mettre ma main sur
sa bouche pour le faire taire en lui adjurant par le lien de parenté de
cesser la récitation. Vous savez bien que lorsque Mouhammad dit une
chose il est sincère, et c'est pour cela que je l'ai prié de se taire».
En voilà un autre récit raconté par Ibn Ishaq dans son ouvrage:
«La biographie de Mouhammad» d'après Mouhammad Ben Ka'b Al-
Qouradhi. Il a dit:
«'Outba Ben Rabi'a, l'un des notables de Qoraïch, était dans une
assemblée avec ses concitoyens quand il vit Mouhammad -qu'Allah le
bénisse et le salue- seul dans l'oratoire. Il dit aux hommes: «Que
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pensez-vous si je vais chez lui pour lui proposer telle et telle chose,
peut-être il accepterait l'une d'elles et cesserait ses polémiques contre
nous?» Ce fut après l'islamisation de Hamza -que Dieu l'agrée- et en
constatant l'augmentation du nombre des partisans du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - Les hommes lui répondirent: «Vas-y et
parle avec lui».
'Outba se dirigea vers Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le
salue - et lui dit: «O fils de mon frère! tu es un des nôtres puisque tu
às appris ta dignité dans notre tribu qui provient d'une bonne lignée.
Tu as apporté à ton peuple une affaire importante qui l'a divisé, miné
ses rêves, insulté ses dieux et sa religion et traité de mécréants ses
ancêtres. Alors écoute-moi car je te proposerai des solutions
auxquelles tu pourras réfléchir et peut-être accepteras-tu quelques-
unes».
- Parle ô Aboul Walid, répondit-il, je t'écoute.
- Fils de mon frère, repartit 'Outba, si tu vises par cette affaire une
fortune nous ramasserons pour toi une somme d'argent qui te rendra le
plus riche parmi nous; si tu es à la recherche d'honneurs nous
t'accorderons des honneurs suprêmes au point que nous te
demanderons conseil pour toute affaire même minime. Si tu veux
dominer nous te prendrons pour chef. Enfin si tu n'arrives pas à
repousser ce que tu subissais de mauvais rêves de temps à autre, nous
te soignerons et payerons tes meilleurs médecins pour te guérir, car il se
peut que l'aliénation l'emporte sur l'homme jusqu'à ce qu'il en guérisse».
Quand 'Outba eut terminé, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - lui demanda:
- Est-ce tout ce que tu voulais me dire?
- Oui, répondit 'Outba.
Et le Prophète le pria de l'écouter, et 'Outba de répondre:
«J'écoute, parle». Il lui récita alors: «Au nom d'Allah le Miséricordieux,
le Très Miséricordieux. Ha.Mim. Voici des révélatiosn d'Allalh le clément
et qui manifeste sa démence. Voici un Livre dont les versets ont été
classés... jusqu'à ... mais la plupart refusent de l'entendre».
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Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - poursuivit sa
récitation tandis que 'Outba se tenait debout, ses mains posées derière
son dos et écoutait attentivement. Quand le Prophète - qu'Allah le
bénisse et ie salue - arriva au verset où la prosternation est exigible, il
se prosterna puis dit: «Aboul Walid, tu m'as bien entendu. Prends donc
ta décision]».
'Outba revint chez ses compagnons qui, à sa vue, se dirent: «-
Nous jurons par Dieu que Aboul Walid est revenu transformé». Quand
celui-ci s'assit parmi eux, ils lui demandèrent: «Qu'as-tu à nous dire?»
Il leur répondit: «Je vous dis que j'ai entendu des paroles que je n'ai
jamais entendues auparavant. Ce ne sont point des paroles de poème,
ni de magie, ni de prédiction. Obéissez-moi et laissez cet homme faire
ce qu'il lui plaira, car je jure par Dieu que ces paroles annoncent une
nouvelle importante, si les arabes le combattent, ils vous auraient
débarrassé de lui, mais s'il l'emporte sur eux, son royaume sera le
vôtre ainsi que sa puissance, et vous serez les plus heureux des
hommes». Ils s'écrièrent alors: «O Aboul Walid, les paroles de cet
homme t'ont ensorcelé!». H répliqua: «C'est mon opinion, vous pouvez
faire ce que bon vous semble»
qui 'innamâ 'anâ basarum mitlukum yuhâ 'ilayya 'annamâ 'ilâhukum *-
ilâhun wahidun fastaqîmû 'ilayhi wastagfirûhu wa waylun lilmusrikîna
(6) 1-ladîna la yu'tûna -z-zakâta wa hum bil 1i hirati hum kafîrûn (7)
'inna-l-ladîna If manû wa 'amilû-s-salihâti lahum 'ajrun gayru mamnûnin
Dis: Je suis un simple mortel comme vous auquel il a été révélé que
votre Allah est un Allah unique. Servez-Le avec droiture et implorez son
pardon. Malheur a ceux qui Lui donnent des associés, (6) qui n'acquittent
pas la dime et nient la vie future. (7) Ceux qui croient et font le bien
recevront une récompense irrévocable. (8).
(8).
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Dieu ordonne à Mouhammad de répondre à ces polythéistes qu'il
est un homme comme eux à qui on inspire que leur Dieu n'est qu'un
Dieu unique à qui ils doivent un culte exclusif et de cesser d'adorer les
autres divinités telles que les idoles et les statues. Ils doivent aussi
aller droit vers leur Seigneur (par la piété) et d'implorer Son pardon
pour les péchés qu'ils ont commis.
«Malheur à ceux qui lui donnent des associés, qui n'acquittent pas la
dîme et nient la vie future». L'expression: «n'acquittent pas la dîme» fut
interprétée par Ibn Abbas de la façon suivante: «Ceux qui n'attestent
pas qu'il n'y a d'autres divnités que Dieu, car la dîme -ou l'aumône-
signifie, d'après le texte arabe «;L5jJl» la purification de l'âme de toute
idolâtrie et de mauvaise moralité, et il cita à l'appui ce verset: «Es-tu
prêt à te purifier» [Coran LXXIX, 18] (La demande de Moïse à
Pharaon).
L'auteur a dit: Il s'agit sans doute de la purification de l'âme de
toute mauvaise moralité et surtout du polythéisme, comme il signifie
aussi la purification des biens (la zakat) de tout ce qui pourrait être
gagné illicitement, ainsi la somme qu'on paye purifie les biens et sera
un moyen pour sa bénédiction et sa prolifération.
Quant à ceux qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes
recevront une récompense intarissable.
la 4 £k 4 tâB 4\ pi J ♦
qui 'a'innakum latakfurûna bil-ladî halaqa-l-'arda fi yawmayni wa
taj'alûna lahïï 'andadan dâlika rabbu-l-'âlamîna (9) wa ja'àla fîhâ
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rawâsiya min fawqihâ wa bâraka fîhâ wa qaddara fîha 'aqwâtahâ fî
'arba'ati 'ayyâmin sawâ'an lissa 'ilîna (10) tumma -s-tawâ 'ilâ-s-sama* 'i
wa hiya duhânun faqala lahâ wa lil 'ardi 'itiyâ taw'an 'aw karhan qâlata
'ataynâ tâf'i'îna (11) faqadahunna sab'a sama watin fi yawmayni wa
awhâ fî kulli samâ A *in 'amrahâ wa zayyannâ-s-samâ*'a-d-dunyâ
bimasâbiha wa hifzan dâlika taqdîru-l-'Azîzi-l-'Alîini (12).
Dis: Comment osez-vous renier Celui qui a créé la terre en deux jours.
Comment osez-vous Lui reconnaître des égaux?, Lui, le Maître de Punivers!
(9) Il a hérissé la surface de la terre de montagnes, l'a bénie et Ta pourvue
de ressources, le tout en quatre jours. Dis-le à ceux qui t'interrogent. (10)
Puis II s'attaqua au ciel qui était une masse de gaz. H lui dit ainsi qu'à la
terre: «Soumettez-vous de gré ou de force». «Nous voila entièrement
soumis», répondirent le ciel et la terre. (11) Du gaz II tira la substance des
sept cieux en deux jours. Il assigna à chaque ciel sa fonction. Nous
couvrîmes d'astres le ciel le plus proche pour l'embellir et le protéger. Tel
fut l'ordre établi par le Tout-Puissant et le savant. (12).
Dieu désavoue et réprouve le comportement des polythéistes
qu'ils lui associent d'autres divinités dans leur culte. Il leur rappelle
qu'il est le créateur des cieux et de la terre et ce qu'ils renferment.
Dans un autre verset, en parlant de la création de l'univers II a dit:
«Votre véritable Seigneur c'est Allah, celui qui a créé les cieux et la terre
en six jours» [Coran VII, 54]. Et dans la sourate présente, Il a
mentionné d'abord la création de la terre en deux jours comme étant
des «assises» de Punivers tout comme il est normal quand on veut
faire un édifice de commencer par les fondements puis le toit. Il a dit
ensuite: «Puis il s'attaqua au ciel... jusqu'à... il a' tiré la substance de sept
cieux». Comme la création des cieux et de la terre fut un sujet de
controverse, et pour éclaircir toute cette ffaire afin de supprimer tout
doute qui porte les hommes à croire qu'il y a une contradiction dans
les versets coraniques, on mentionne cette discussion qui eut lieu
entre lbn Abbas et un homme comme Ta rapportée Sa'kJ Ben Joubayr.
Un homme dit à lbn Abbas: «Je trouve dans le Coran des choses
qui se contredisent et me causent une certaine confusion. Par
exemple: Dieu a dit:
1 - «Le jour ou la trompette sonnera, tous les liens de parenté
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disparaîtront» [Coran XXIII, 101] et: «Ils se tourneront les uns vers les
autres en s'interrogeant» [Coran LU, 25] aussi: «... plutôt que d'avoir
quelque chose à cacher à Allah» [Coran IV, 42] et encore: «Par Allah,
notre Seigneur, nous n'avons jamais donné des associés à Allah» [Coran VI,
23] or dans ce verset ils ont effectivement caché quelque chose à
Dieu.
2 - «O hommes, dites si c'est votre création ou celle des cieux qui a
été le plus difîfîcile... jusqu'à II a aplani la terre» [Coran LXXX, 27-30].
Dieu a mentionné la création des cieux avant la terre. Dans cette
sourate (en question) Il a dit: «II a hérissé la surface de la terre de
montagnes...» puis: «Il s'attaqua au ciel... jusqu'à: «Du gaz il tira la
substance de sept cieux en deux jours» d'où on peut déduire que la
création de la terre a devancé celle des cieux.
3 - Dans plusieurs versets, Il a dit: «Dieu (était) pardonneur et
miséricordieux» ou «(était) puissant et sage» ou encore: «(était) celui qui
entend et voit tout» (A savoir que dans le texte arabe le verbe être est
conjugué à l'imparfait: ù& qui signifie «était».
Et Ibn Abbas de répondre à chaque point:.
1 - Quant au verset: «Tous les liens de parenté disparaîtront» il s'agit
du premier soufflement dans la trompette comme II le montre dans ce
verset: «Au premier son de trompette, tous les êtres animés qui peuplent
les cieux et la terre et qu'Allah n'aura pas exceptés, seront anéantis» [-
Coran XXXIX, 68] . Après le second soufflement: «Us se tourneront les
uns vers les autres en s'înterrogeant». En ce qui concerne les dires des
idolâtres: «Par Allah, notre Seigneur, nous n'avons jamais donné des
associés à Allah» et: «... plutôt que d'avoir quelque chose à cacher à
Allah» Sache que Dieu pardonnera aux croyants sincères leurs
péchés. Les polythésites diront alors: «Répondons (à la question de
Dieu) que nous n'étions pas des idolâtres». On mettra alors un sceau
sur leurs bouches et leurs membres répondront à leur place. Ils
sauront à ce moment-là qu'ils ne pourront rien cacher à Dieu.
2 - Dieu créa la terre en deux jours, puis créa le ciel, il s'est
ensuite tournée vers le ciel qui était une fumée (comme un gaz). Il a
établi sept cieux en deux jours. L'expression: «Il a aplani la terre» -
signifie: Il en a fait surgir, les pâturages, y a créé les montagnes, le
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sable, les collines etc.. dans deux jours. Il a donc créé la terre et ce
qu'elle comporte en quatre jours et les cieux en deux jours.
3 - Le terme «était» cité dans plusieurs versets, signifie en effet fet
qu'il Tétait et II ne cesse d'être jusqu'à (a fin des temps.
Sache, enfin, que Dieu n'a voulu une chose sans que celle-ci ne
se réalise et réponde au vouloir de Dieu. Que le Coran donc ne
suscite en toi aucune contradiction.» [La fin de la discussion].
Dieu créa la terre en deux jours: Le dimanche et le lundi. Il y a
fixé les montagnes commes des piliers, Ta bénie en faisant de son sol
un lieu arable pour les différentes sortes de culture. Il y a réparti des
nourritures pour ceux qui en demandent, et ce fut le mardi et le
mercredi. Voilà le sens des dires divins: «... Fa bénie et l'a pourvue de
ressources, le tout en quatre jours».
«(Puis II s'attaqua au ciel qui était une masse de gaz» c'est à dire une
masse de vapeur d'eau lors de la création de la terre. «Il lui dit ainsi
qu'à la terre: «Soumettez-vous de gré ou de force» et répondez à mes
ordres de gré ou de force. Ceci fut commenté par Ibn Abbas de la
façon suivante: Dieu-Béni et Exalté- ordonna au ciel: Que le soleil, la
lune et tous les autres astres apparaissent. Et à la terre: Laissez
circuler tous les cours d'eau partout et faites pousser les plantations et
les fruits.
Les cieux furent créés en deux jours qui sont te jeudi et le
vendredi. «Il assigna a chaque ciel sa fonction» en révélant à chacun
d'eux ce qui le concerne , dont Lui seul le connaît, «Nous couvrîmes
d'astres le ciel le plus proche pour l'embellir» par les luminaires qui
éclairent la terre, «et le protéger» contre les démons qui y montent pour
écouter ce qui se passe dans les sphères célestes.. Tel est Tordre
arrêté par le Tout-Puissant, celui qui sait tout ce qui se passe dans
l'univers tout entier.
On a rapporté que les juifs vinrent trouver te Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- et lui demandèrent sur la création des cieux et de
la terre. Il leur répondit: «Dieu le Très Haut créa la terre le dimanche
et le lundi, les montagnes le mardi avec tout ce qui pourrait servir aux
hommes, les arbres, l'eau ainsi que toutes les habitations et les
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décombres le mercredi. Voilà que quatre jours eurent passé. Quant a
vous: «Comment osez-vous renier Allah qui a crée la terre en deux jours.
Comment osez-vous Lui reconnaître des égaux? Lui, le Maître de l'univers.
Il a hérissé la surface de la terre de montagnes, l'a bénie et l'a pourvue de
ressources, le tout en quatre jours. Dis-le à ceux qui t'interrogent». It créa
ensuite le ciel le jeudi, le vendredi, Il acheva la création des astres, du
soleil, de la June et des anges trois heures avant la fin de ce jour, et à
la deuxième heure II paracheva la création de tout ce qui sera utile
pour les hommes. Dans la troisième heure restante, Il créa Adam, fui
donna le Paradis comme séjour et ordonna à Iblis de se prosterner
devant lui». Les juifs lui demandèrent: «Et puis après?» Il répliqua: «-
Ensuite II s'établit en majesté sur Son Trône». Les juifs de s'écrier
alors: «Tu dis la vérité si tu peux nous dire ce qu'en fut après. Car,
après tout, Il se reposa». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
manifesta une grande colère en entendant leurs propos. A cette
occasion ce verset fut descendu: «Nous avons créé sans la moindre
fatigue les deux et la terre et l'espace qui les sépare en six jours. Endure
les propos des hommes...» [Coran L, 38-39] (Rapporté par Ibn Jarir).
fa'in Vradû faqul 'andartukum sâ'iqatam-mitla sâ'iqati 'Adin wa T
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amûda (13) *id ja 'athumu-r-rusulu mim bayni 'aydihim wa min halfihim
'alla ta'budïï 'illâ-L-Lâha qâlû law sa *a rabbunâ la 'anzala malft 'ikatan
fa 'innâ bima 'ursiltum bihî kâfîrunâ (14) fa 'ammâ *Âdun fastakbarû fîl
'ardi bigayri-l-haqqi wa qâlû man 'asaddu minnâ quwwatan 'awalam
yaraw 'anna-L-Lâha-l-lâdî halaqahum huwa 'asaddu minhum quwwatan
wa kânû bi *a yâtina yajhadûna (15) fa 'arsalnâ 'alayhim rîhan sarsaran
ff 'ayyâmin nahisati-l-linudîqahum 'adâbal-hizyi fîl-hayâti-d-dunyâ wa
la'adâbul *a hirati 'ahzâ wa hum la yunsarûna (16) wa 'ammâ Tamûdu
fahadaynâhum fastahabbul *amâ 'alâ-l-hudâ fa 'ahadathum sâ'iqatul 'ad
âbi-l-hûni bimâ kânî yaksibûna (17) wa najjaynâ-l-ladîna 'a* manû wa
kânû yattaqûna (18).
S'ils se montrent irréductibles, dis-leur: Je vous prédis un cyclone
comme celui qui a anéanti 'Ad et Thémoud. (13) A toute époque, des
Prophètes leur furent envoyés les exhortant à n'adorer qu'Allah. Ils les
accueillaient par ces mots: «Si notre Seigneur l'avait voulu, Il nous aurait
envoyé des anges. Nous repoussons votre message» (14) Le peuple de 'Ad
s'enflait d'orgueil sur terre sans raison. Il disait: «Quel peuple est plus fort
que nous en ce monde!» Ignorait-il qu'Allah, son créateur, était plus fort
que lui? Il méconnaissait nos signes. (15) Nous déchaînâmes contre lui un
vent glacial pendant les jours néfastes pour provoquer sa déchéance en ce
bas monde. Une peine plus ignominieuse encore lui sera infligée dans
l'autre. Tout secours leur fera défaut. (16) Nous montrâmes la bonne voie
au peuple de Thémoud. Il préféra femer les yeux à l'évidence. Un fléau le
frappa, abattant sa superbe et châtiant sa conduite. (17) Nous sauvâmes
ceux qui croyaient en Allah et le craignaient. (18).
Dis ô Mouhammad, lui ordonne Dieu, à ces polythéistes
mécréants qui traitent ton message de mensonge, si vous vous
détournez de ce que je vous apporte de mon Seigneur , le Très Haut,
je vous avertis que Sa vengeance ne s'abatte sur vous comme elle a
touché les peuples incrédules qui vous ont précédés, telle que la
foudre qui a anéanti les 'Adites et les Thémoudites, lorsque les
Prophètes vinrent à eux de toutes parts. Et malgré tout ils n'ont pas
cru et ont méconnu les signes de Dieu. Ils leur répondirent: «Si notre
Seigneur l'avait voulu, Il nous aurait envoyé des anges» pour nous assurer
qu'ils sont les vrais Envoyés de Dieu, c'est pourquoi «nous repoussons
votre message» puisque vous êtes des mortels comme nous.
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«Le peuple de 'Ad s'enflait d'orgueil» en se montrant rebelle et
insolent, «n disait: «Quel peuple est plus fort que nous» croyant que grâce
à leur puissance et la robustesse de leur corps ils pouvaient repousser
le châtiment de Dieu. «Ignorait-il qu'Allah, son créateur, était plus fort que
lui?» Ne pensait-il pas qu'il avait affaire avec Dieu, en le provoquant,
que c'est Lui qui a créé toutes les créatures en leur dotant de la force et
tout ce dont elles ont besoin, et que Son châtiment est terrible? C'est
pourquoi «nous déchaînâmes contre lui un vent glacial» et très impétueux
«pendant les jours néfastes» où ce châtiment se succédait matin et soir,
nuit et jour, comme Dieu le montre ailleurs: «Allah le déchaîna contre eux
sept nuits et huit jours consécutifs» [Coran LXIX, 7] en le dévastant du
premier au dernier, et dans l'autre monde «une peine plus ignominieuse
encore lui sera infligée». Et comme dans ce bas monde ils n'ont pas été
secourus, ainsi dans l'autre ils ne le seront plus.
«Nous montrâmes la bonne voie au peuple de Thémoud» en l'appelant à
la suivre, mais «il préféra fermer les yeux à l'évidence» Car leur Prophète
Saleh -que Dieu le salue- les a exhortés à suivre le chemin de la vérité, et
quel fut le résultat? Ils le traitèrent de menteur et égorgèrent la chamelle
qui leur fut envoyée comme un signe de la véracité de son message. «Un
fléau le frappa, abattant sa superbe et châtiant sa conduite» Dieu leur
envoya un cri qui les a terrassés, un ébranlement, une humiliation et un
supplice atroce. Quant aux croyants parmi eux, Dieu les a sauvés sans
subir aucune partie du châtiment, sains et saufs avec leur Prophète
Saleh pour prix de leur foi et leur crainte de Dieu.
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wa yawma yuhsaru Vd£'u-L-Lahi 'ilâ-n-nâri fahum yuza'îna (19) hattâ*
Mdâ mâ jSt'ûhâ sahida 'alayhim sam'uhum wa absâruhum wa julûduhum
bimâ kânû ya'malûna (20) wa qâlû lijulûdihim lima sahittum 'alaynâ
qâlû 'antaqana-L-Lâhu-l-ladî 'antaqa kulla say'in wa huwa halaqakum
'awwala marratin wa 'ilayhi turja'ûna (21) wa mâ kuntum tastatirûna
'ay-yashada 'alaykum sam'ukum walâ 'absârukum walâ julûdukum
walâkin zanantum 'anna-L-Lâha lâ ya'lamu kat îram-mimmâ ta'malûna
(22) wa d âlikum zannukumu-l-lad î zanantum bi rabbikum 'ardâkum fa
'asbahatum mina-l-hâsirîna (23) fa'iy-yasbirû fan-nâru matwal-l-lahum
wa 'iy-yasta'tibû famâ hum mina-l-mu'tabîna (24).
Un jour nous rassemblerons tous les ennemis d'Allah et les pousserons
en groupes vers l'enfer. (19) Quand ils y pénétreront, leurs oreilles, leurs
yeux et leurs membres témoigneront contre eux de leurs actes. (20) Ils
diront à leurs membres: «Pourquoi témoignez-vous contre nous?» Ils
répondront: C'est Allah qui nous fait parler, Lui qui fait parler toutes
choses. Il vous a créés une première fois et c'est à Lui que vous faites
retour maintenant». (21) Vous ne vous êtes pas cachés au point d'empêcher
que vos oreilles, vos yeux et vos membres ne témoignent contre vous. Mais
vous pensiez qu'Allah ignorerait la plupart de vos Actions. (22) C'est cette
illusion à l'égard d'Allah qui vous a perdus et jetés dans le camp de
réprouvés.(23) S'ils se résignent, l'enfer sera leur demeure. S'ils implorent
Allah, ce sera en vain. (24).
Rappelle aussi ô Mouhammad, lui dit Dieu, à ces idolâtres que les
anges les rassembleront et les précipiteront en enfer, comme II a dit
ailleurs: «Le jour où nous pousserons les criminels en troupeau dans
l'enfer» [Coran XIX, 85]. Quand ils y arriveront, leurs oreilles, leurs
yeux et leur peau témoigneront, contre eux, de leurs actions sans rien
omettre. Ils blâmeront leurs membres d'avoir témoigné contre eux, et
ceux-ci de répondre: «C'est Allah qui nous fait parler, Lui qui fait parler
toutes choses» et nous ne saurons qu'à Lui obéir.
Anas Ben Malek -que Dieu t'agrée- rapporte: «Etant un jour chez le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et te salue- nous le vîmes sourire.
Il nous dit: «Pourquoi ne me demandez-vous qu'est-ce qui! m'a fait sourire?»
En lui demandant, il répondit: «Je m'étonne de la discussion qui aura lieu
entre un homme et son Seigneur, Béni et Exalté soit-IL L'homme dira;
«Seigneur, ne m'as-tu promis de ne plus être injuste envers moi?» -Certes oui,
489
répondra Dieu. Et l'homme de poursuivre: «Donc je n 'accepterai qui que ce
soit pour témoigner contre moi si ce ne sera de moi-même». Dieu, béni et
exalté soit-Ii répliquera: «Les anges nobles et scribes et Moi ne te suffiront-ils
pas comme témoins?» et ces propos seront répétés plusieurs fois. Alors on
scellera la bouche de l'homme et on laissera ses membres parler de ses actions.
L'homme s'écriera alors: «Malheur à vous, c'est vous que je défends» (-
Rapporté par Al-Hafedh Al-Bazzar, MousHm et NassaT) flJ .
En voici un autre hadith rapporté par Abou Moussa. Il a dit: «Au
jour du jugement dernier, on amènera l'incrédule ou l'hypocrite pour lui
demander des comptes. Le Seigneur, béni et exalté soit-ll lui exposera
ses œuvres dans le bas monde et l'homme les reniera en disant:
«Seigneur, je jure par Ta toute-puissance que cet ange m'a inscrit des
choses que je n'ai pas faites». Et cet ange de lui répondre: «N'as-tu
pas fait telle chose en tel jour, et telle chose en tel jour...? -Non,
répliquera l'homme, je jure par Ta toute-puissance Seigneur. Alors on
mettra un sceau sur sa bouche et je crois, comme a ajouté le
rapporteur, on demandera d'abord à sa cuisse droite de parier».
En voici un troisième commentaire fait par Ibn Abbas. Il a dit: «Au
jour de la résurrection, il arrivera un moment où tous les hommes
seront cois, ils ne parleront pas, et ne seront autorisés à présenter
aucune excuse jusqu'à ce qu'une permission leur sera donnée. Ils
disputeront (leur sort et leurs œuvres). L'idolâtre niera avoir associé
une autre divinité à Dieu, il jurera, comme, dans le bas monde, a juré
devant vous. Dieu alors présentera à ces idolâtres ingrats des témoins
pris de leur propre personne: Leurs peaux, leurs yeux, leurs mains et
leurs pieds, et II mettra un sceau sur leurs bouches. Ensuite on
^A-Jlj ^ Jjjj tj yi JitfU4 -b^t) tJjW-T
490
enlèvera le sceau et tous les membres diront: «C'est Allah qui nous fait
parler» lof qui fait parler toutes choses, D vous a crées une première fois et
c'est à Loi que tous faites retour maintenant».
Après que les membres, tes organes et les peaux eussent été
blâmés, pour avoir témoigné contre les incrédules, ils leur répondront:
Vous ne pouviez cacher de nous ce que vous faisiez, plutôt vous
commettiez vos péchés au grand jour croyant que Dieu serait incapable
0e connaître toutes vos actions. C'est pourquoi Dieu a dit ensuite: «C'est
cette illusion à l'égard d'Allah qui vous a perdus et jetés dans le camp des
réprouvés». C'est votre fausse pensée sur votre Seigneur qu'il ne savait
grand chose de ce que faisiez, ce qui a causé votre perte.
L'imam Ahmed rapporte que Abdullah Ben 'Omar a raconté: «-
J'étais derrière le voile de la Ka'ba quand vint un groupe formé d'un
Qoraïchite et deux proches parents de Thaqif -ou un Thaqifite et deux
proches parents Qoraïchites-. Ils avaient des corps gras mais vide de
toute instruction dans la religion. Ils proférèrent des paroles, mais je ne
pus retenir aucune. L'un d'entre eux dit enfin à ses compagnons:
«Pensez-vous que Dieu a entendu toute notre conversation?» Un autre
répondit: «Il l'aurait entendue si nous pariions à haute voix, autrement
Il ne l'aurait pas entendue». Le troisième de répliquer: «S'il avait
entendu une partie cela veut dire qu'il a tout entendu». En racontant
ce fait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, poursuivit
Abdullah, Dieu à ce moment lui révéla ce verset: «Vous ne vous êtes pas
cachés au point d'empêcher que vos oreilles...» jusqu'à la fin du verset».
L'imam Ahmed rapporte aussi d'après Jaber -que Dieu l'agrée -
que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que
l'un d'entre ne meure avant d'avoir formé une bonne idée de Dieu. Car
Dieu a anéanti tout un peuple parce qu'il a pensé mal de Lui. Dieu a
dit: «C'est cette illusion à l'égard d'Allah qui vous a perdus et jetés dans le
camp des réprouvés».
«S'ils se résignent, l'enfer sera leur demeure. S'ils implorent Allah, ce
sera en vain» Cela signifie: Qu'ils se montrent patients ou non c'est tout
un car l'enfer leur est assigné et ne pourront plus en sortir. Quant à
leur imploration du pardon, Ibn Jarir l'a commentée comme suit: S'ils
demanderaient le retour au bas monde pour croire et faire du bien, on
491
ne leur répondrait plus. Dieu a parlé d'eux en disant dans un autre
-
endroit du Coran: «Seigneur, diront-ils, nous avons été victimes d'un
mauvais destin. Nous nous sommes comportés en égarés. Fais-nous sortir de
l'enfer, Seigneur. Et si nous retombons dans le péché, c'est alors que nous
serons vraiment coupables». -«Restez dans les flammes et taisez-vous», leur
répondra-t-D» [Coran XXIII < 106-108].
wa qayyadnâ lahum quranâ A *a fa zayyanû lahum mâ bayna 'aydihim
wamâ halfahum wa haqqa 'alayhimu-l-qawlu fî 'umamin qad halat min
qablihim mina-l-jinni wal 'insi 'innahum kânû hâsirîna (25) waqâla-l-lad
îna kafarû la tasma'û lihâd â-l-Qur*a ni wa-l-gû fîhi la'allakum taglibûna
(26) falnudiqanna-l-ladîna kafarû 'adâban sadîdan walanajziyannahum
'aswa'a-I-ladî kânû ya'malûna (27) dâlika jaztf'u 'a'da 'i-L-Lâhi-n-nâni
lahum fîha dâru-l-huldi jaza'am bimâ kânû bi ITyâtina yajhadûna (28)
wa qâla-1-Iad îna kafarû rabbanâ* 'arina-l-lad ayni 'adllânâ mina-l-jinni
wal 'insi naj'alhumâ tahta 'aqdâminâ liyakûnâ mina-I-'asfalîna (29).
Nous leur avions donné comme compagnons des démons qui leur
faisaient apparaître plus beaux leurs actes présents et futures. Et ainsi se
réalisa contre eux le décret d'Allah comme contre tant d'autres peuples,
hommes et génies, et leur perte fut consommée. (25) Les incrédules disent:
«N'écoutez pas à ce Coran. Dénigrez-le. Peut-être l'emporterez vous!» (26)
Nous infligerons aux incrédules un châtiment implacable et nous leur ferons
payer durement leurs mauvaises actions. (27) Les ennemis d'Allah auront
l'enfer en partage. Ils y demeureront éternellement. Ce sera leur punition
492
pour avoir repoussé nos signes. (28) Les incrédules diront: Seigneur,
montre-nous ceux d'entre les génies et les hommes qui nous ont égarés.
Nous les écraserons sous nos pieds en marque d'humiliation. (29).
Dieu, par Son vouloir et Son pouvoir, égare les idolâtres et leur
suscite des compagnons qui leur embellissent leur vie dans ce monde
et celle de l'au-delà ainsi que leurs actions en les revêtant
d'apparences trompeuses, de sorte que ces idolâtres croient qu'ils ont
fait de bien. «Les démons détournent les hommes du droit chemin en leur
donnant l'illusion qu'Us le suivent» [Coran XLIII, 37]. Ainsi la sentence de
Dieu se justifia sur eux comme il en fut sur les peuples mécréants qui
leur ont précédés, soient-ils des humains ou des génies, et leur perte
fut consommée.
«Les incrédules disent: «N'écoutez pas ce Coran. Dénigrez-le» Ils se
conseillèrent mutuellement de ne plus écouter la récitation du Coran et
de ne plus se conformer à ses enseignements. Et une fois récité,
faites semblant de ne plus l'entendre et de ne plus le prendre au
sérieux. Moujahed a rapporté à cet égard que les idolâtres sifflaient et
tapageaient quand ils entendaient le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- le réciter afin de brouiller sa récitation. «Peut-être
l'emporterez-vous» et vous aurez le dessus. Tel fut le comportement
des idolâtres en écoutant le Coran à l'inverse des croyants qui furent
ordonnés autrement quand Dieu leur a dit: «Quand on récite le Coran,
écoutez-le attentivement, si vous voulez obtenir la bénédiction d'Allah» [-
Coran VII, 204].
«Nous infligerons aux incrédules un châtiment implacable» pour prix
de leur comportement abominable à l'égard du Coran, «et nous leur
ferons payer durement leurs mauvaises actions» en les précipitant en
enfer. Telle est la rétribution des ennemis de Dieu où ils y demeureront
éternellement pour avoir refusé de reconnaître les signes de Dieu.
«Les incrédules diront: Seigneur, montre-nous ceux d'entre les génies
et les hommes qui nous ont égarés. Nous les écraserons sous nos pieds en
marque d'humiliation» En commentant ce verset, Ali Ben Abi Taleb -que
Dieu l'agrée- a dit: Il s'agit d'Iblis et du fils d'Adam qui a tué son frère.
Car Iblis incite toujours les hommes au mal et aux péchés dont le plus
grave est le polythéisme. Quant au fils d'Adam (Caïn), le Messager de
493
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à son sujet: «Pas un meutre
injuste ne sera commis sans qu'une partie (de ce crime) ne retombe sur le
premier fils d'Adam car c'était lui qui a décrété le meurtre» (Rapporté par
Boukhari, Moustim, Tirmidzi et Nassat) tl] *
L'expression: «Nous les écraserons sous nos pieds» signifie: qu'ils
occupent le fond de l'abîme en enfer afin que leur supplice soit plus
dur que le nôtre. Nous avons ^déjà commenté cela dans la sourate de
l'Araf quand Dieu répondra aux damnés: «Le supplice sera double pour
tous. Mais vous ne savez pas ce qui vous attend» [Coran VII, 38}. C'est à
dire: Dieu châtiera chacun en fonction de ses mauvaises actions sans
être injuste envers quiconque.
'inna-l-lad îna qâlû rabbuna-L-Lâhu t umma-s-taqâmû tatanazzalu
'alayhimu-l-mala*'ikatu 'alla tahâfû walâ tahzanû wa 'absirû bil-jannati-1-
latî kuntum tu'adûna (30) nahnu 'awliya 'ûkum fî-I-hayâti-l-d-dunyâ
wafî-l-'a hirati wa lakum fîhâ mâ tastahî 'anfusukum wa lakum fïhâ mâ
tadda'ûna (31) muzulan min gafurin Rahîm (32).
Ceux qui disent: «Notre Maître est Allah» et se conduisent avec
droiture recevront des anges cette assurance: «Ne craignez rien et ne vous
tourmentez pas. Vous irez au paradis comme on vous l'a promis». (30)
Nous sommes vos soutiens dans ce monde et dans l'autre. Vous réaliserez
dans la vie future tous vos désirs et toutes vos envies. (31) Vous apprécierez
l'hospitalité de l'Indulgent et du Misériconueux»(32).
Ceux qui se conduisent avec droiture sont les hommes qui vouent
494
un culte sincère et exclusif à Dieu en obtempérant à Ses ordres et
prescriptions. Anas Ben Malek rapporte: «Le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- nous récita une fois ce verset: «Ceux
qui disent: «Notre Maître est Allah» et se conduisent avec droiture» et dit:
«Il en est des gens qui l'ont récité -ou lu- puis la plupart d'entre y ont
mécru plus tard. Quiconque l'observe jusqu'à sa mort aura emprunté le
chemin de la droiture» (Rapporté par Nassai, Al-Bazzar et Ibn Jarir),
Plusieurs commentaires ont été donnés au sujet de ce verset dont
on cite ces quelques-uns:
*■ Ikrima rapporte qu'on a interrogé Ibn Abbas sur le verset dans le
Coran qui exige le moins de peine? il a répondu: «Il est celui-ci «Ceux
qui disent: «Notre Maître est Allah» et se conduisent avec droiture» qui
signifie qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu».
- Suivant un autre commentaire d'Ibn Abbas, il aurait dit: «La
droiture c'est l'acquittement de tout ce que Dieu a prescrit».
- Soufian Al-Thaqafi a rapporté: «J'ai demandé: «O Messager de
Dieu, parle-moi d'une chose à laquelle je m'attache?» Il répondit: «Dis:
Mon Seigneur est Dieu, puis agis avec rectitude».
Ces croyants une fois morts, les anges descendent vers eux poui
les rassurer: «Ne craignez rien de ce que vous avez commis dans le
bas monde, ne vous affligez pas pour ce que vous y avez laissé soit-il
des biens, soit-il des enfants ou autres car nous en prendrons charge,
et accueillez avec joie la bonne nouvelle du Paradis qui vous a été
promis». Ce qui corrobore cela est ce hadith rapporté par Al-Bara'
dans lequel le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
«... Les anges disent à l'âme du croyant: Sors ô âme bonne qui
habitait un corps bon. Sors pour rencontrer une paix reposante, une
odeur exquise et un Seigneur satisfait».
Quant à Zaïd Ben Aslam, il a dit que les anges rassurent les
croyants par ces mots lors de leur mort, leur séjour dans les tombes et
leur résurrection.
«Nous sommes vos soutiens dans ce monde et dans l'autre» Ce sont
les paroles des anges adresséës aux croyants pour leur dire qu'ils
étaient leurs protecteurs dans la vie présente, qui les dirigeaient sur la
5 495
voie drotie et les protégeaient avec la permission de Dieu, nous serons
avec vous pour vous tenir compagnie dans les tombes, lors du premier
souffle ment dans la trompette et nous vous rassurerons le jour de la
résurrection. Au Paradis vous aurez tout ce que vous demanderez,
comme un don accordé par celui qui absout les péchés et qui fait
miséricorde.
Il est dit dans un hadith d'après Anas- que Dieu l'agrée- que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui
aime se rencontrer avec Dieu, Dieu aime sa rencontre» Nous lui dîmes: «-
Mais nous répugnons tous la mort!» Il nous répondit: «Il n'est pas comme
vous le croyez, car lorsque la mort se présente au croyant, on lui annoncera
la satisfaction de Dieu et alors rien ne lui causera de joie autant que sa
rencontre avec Dieu, et Dieu aime sa rencontre. Quant au pervers ou
l'incrédule, lorsque la mort se présente à lui en lui annonçant la mauvaise
destinée, il répugne la rencontre avec Dieu et Dieu répugne sa rencontre»
(Rapporté par Ahmed) 1 * 1 .
wa man 'ahsanu qawlam mimman da'â 'ilâ-L-Lâhi wa 'amila sâlihan
waqâla 'innanî mina-1-muslimîna (33) walâ tastawî-l-hasanatu walâ-s-
496
sayyi'atu-d-fa* bil-latî hiya 'ahsanu-fa 'idâ-l-ladî baynaka wa baynahû
'adâwatun ka'annahû waliyyun hamîmun (34) wamâ yulaqqâha 'illâ-1-
ladîna sabarû wamâ yulaqqâha 'illâ dû hazzin 'azîmin (35) wa 'immâ
yanzagannaka mina-5-saytâni nazgun fasta'id bi-L-Lâhi 'innahû huwa-S-
Samru-l-'Alîmu (36).
Quelles plus belles paroles que celles consacrées à la cause d'Allah
par celui qui fait le bien et proclame sa soumission. (33) Le bien et le mal
ne sauraient être confondus. Réponds au mal par le bien. Ton ennemi
deviendrait bien vite ton meilleur soutien. (34) Une telle grandeur d'âme
est le privilège des persévérants, de ceux qu'a touchés une grâce infinie.
(35) A la plus légère tentation de Satan, appelle Allah. H entend et sait
tout (36).
Dieu mentionne les hommes qui appellent les autres à Son
adoration en se soumettant à Lui. Chacun d'entre eux profite de cet
avantage. Ceux-là sont de ceux qui ordonnent le bien et le font.
Certains exégètes ont avancé qu'il s'agit de ceux qui appellent à
la prière (les muezzins). On cite à l'appui ce hadith rapporté par 'Omar
Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée- qui a dit: «Si j'étais un muezzin, je
ne me soucierais plus ni des prières nocturnes ni du jeûne (bénévole)
les jours, car j'ai entendu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- dire par trois fois: «Grand Dieu, pardonne aux muezzins» Je
lui dis: «O Messager de Dieu, alors on se battra au sabre pour faire
l'appel à la prière!». Il me répondit: «Non ô Omar (il ne sera pas
comme ce que tu penses). Il arrivera le temps où les hommes
confieront l'appel à la prière aux faibles parmi eux. Dieu - à Lui la
puissance et la gloire- a interdit au feu de toucher les corps des
muezzins» (Rapporté par Ibn Abi Hatem). D'après Aicha -que Dieu
l'agrée- et d'autres ulémas, il s'agit bien des muezzins, surtout quand
ils disent: «Venez à la prière» en appelant les autres à Dieu. Et
l'auteur de cet ouvrage de conclure: Ce verset concerne en exclusivité
les muezzins, car l'appel à la prière n'a pas été d'abord imposé à
l'époque où le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se trouvait à
la Mecque. Il fut ainsi après la hégire (l'émigration) à Médine.
«Le bien et le mal ne sauraient être confondus. Réponds au mal par le
bien» Cela signifie: Si quelqu'un te nuit réponds à sa nuisance par un
497
acte de bien pour la repousser, et comme Omar Ben AJ-Khattab a dit:
«lis ne sont plus semblables ces deux actes: Punir quelqu'un en
désobéissant à Dieu en toi (c.à.d en te causant un mal) et d'obéir à
Dieu en lui (en ne lui rendant pas la pareille)».
«Ton enemi deviendrait bien vite ton meilleur soutien» car en
répondant à son mal par un acte de bien, celui qu'une inimitié séparait
de toi, deviendra pour toi un ami chaleureux. Mais ceci n'est offert qu'à
ceux qui sont patients malgré la peine qu'ils éprouvent dans de telle
circonstance. De même il n'est offert qu'à ceux qui auront une grande
part de bonheur dans les deux mondes. En commentant ce verset. Ibn
Abbas a dit: «Dieu a ordonné aux croyants d'être patients au moment
de la colère, d'être cléments à l'égard de ceux qui font une nuisance
par idiotie et de pardonner à ceux qui font le mal. En observant cette
recommandation, Dieu les préserve contre le démon et leurs ennemis
se soumettront à eux te!s des amis intimes».
«A la plus légère tentation de Satan, appelle Allah. Il entend et sait
tout» Ils se peut que le génie des hommes se soit leurré par un certain
acte de bien qu'un homme lui fasse, tandis celui des démons, rien ne
pourrait repousser sa suggestion sauf la demande de refuge auprès de
Dieu contre lui. Dans ce cas, ce refuge demandé, Dieu occorde la
protection et repousse le mal du démon. On a rapporté à ce propos
que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, quand il se
levait pour prier, disait: «Je demande refuge auprès de Dieu qui
entend et sait tout contre Satan le maudit et contre ses suggestions,
son souffle et son arrogance».
498
wa min lfyâtihi-1-laylu wa-n-nahâru was-samsu wal-qamaru lâ tasjudû
lissamsi walâ lilqamari was-judû li-L-Lâhi-ladî halaqahunna 'in kuntum
'iyyahu ta'budûna (37) fa 'ini-s-takbarû fal-ladîna 'inda rabbika
yusabbihûna lahû bil-layli wa-n-nahâri wahum lâ yas'amûna (38) wa min
^yâtihî 'annaka tarâ-l-arda hâsi'atan fa'idâ 'anzalnâ 'alayhâ-l-mâ'a-h-
tazzatt wa rabat 'inna-l-Iadî 'ahyâhâ la muhyi-l-mawtâ 'innahû 'alâ kulli
y'in qadîrun (39).
La nuit et le jour, le soleil et la lune sont parmi les preuves de
l'existence d'Allah. N'adorez ni le soleil ni la lune. Mais adorez Allah, leur
créateur, si vous avez la foi. (37) Si les hommes sont trop orgueilleux pour
adorer Allah, ceux qui sont auprès de lui célèbrent ses louanges nuit et jour
sans jamais se lasser. (38) Comme autre signe de sa puissance, vois la terre
aride. Dès que nous faisons pleuvoir, elle revit et se dilate. Celui qui l'a
ranimé ainsi ranimera les morts. Car H est tout-Puissant (39).
Comme signes de l'omnipotence de Dieu qui n'a pas de pareille,
la création du jour, de la nuit, du soleil et de la lune: La nuit obscure et
le jour éclairé qui se succèdent; le soleil avec sa lumière et la lune
avec sa clarté en lui assignant les phases successives. Grâce aux
mouvements, c'est à dire la révolution de ces deux astres, on peut
distinguer le jour de la nuit, les mois, les années et les moments de la
prière.
Le soleil et la lune qui sont entre autres des signes de Dieu, étant
les plus visibles aux hommes parmi les autres astres, Il attire les
atténuons qu'ils ne sont que deux créatures, et il ne faut se prosterner
ni devant l'un ni devant l'autre, plutôt devant Dieu leur créateur. Car de
telle adoration sera du polythéisme. «Ceux qui sont auprès de lui
célèbrent ses louanges nuit et jour sans jamais se lasser». Il s'agit sans
doute des anges, comme 11 a dit en parlant d'eux: «... qu'importe! nous
tes avons confiées à des gens qui ne les renieront pas» [Coran VI, 89].
A cet égard, Jaber Ben Abdullah -que Dieu l'agrée-, rapporte que
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «N'injuriez
ni la nuit, ni le jour, ni le soleil, ni la lune, ni le vent, car ceux-là sont
envoyés comme une miséricorde pour ceux qui ont la foi et comme un
châtiment pour les impies». Et pour montrer son pouvoir de ressusciter
les morts, Dieu propose aux hommes la parabole de la terre aride et
499
nue (comme morte). Mais dès qu'elle reçoit l'eau de la pluie, elle se
ranime et se reverdit pour donner les différentes sortes de plantations,
récoltes et fruits. Certes, celui qui rend la vie à la terre est capable de
revivre les morts. Il est puissant sur tout chose.
'inna-l-ladîna yulhidûna fî 'à'yâtina lâ yahfawna 'alaynlf 'afamay-yulqâ
fî-n-nâri hayrun 'am may-ya'tî Tminan yawmal-Iqiyâmati-'malû mâ
Si'tum 'innahû bimâ ta'malûna Basîrun (40) 'inna-l-ladîna kafarû bidd
ikri lammâ jâ^'ahum wa 'innahû lakitâbun 'azîzul (41) lâ ya'tîhi-l-bâtilu
mim bayni yadayhi walâ min halflhî tanzilum min Hakîmin Hamîdin
(42) mâ yuqâlu Iaka 'illâ mâ qad qîla lirrusuli min qablika 'inna rabbaka
ladû magfiratin wa dû 'iqâbin 'alîmin (43).
Nous connaissons ceux qui biaisent avec nos signes. Que vaut-il
mieux? être précipité en enfer ou venir à Allah en toute quiétude le jour de
la résurrection. Faites comme bon vous semble. Allah voit toutes vos
actions. (40) Ceux qui ont repoussé le Livre, quand on le leur a présenté,
ne savent pas combien il est précieux. (41) Il est exempt de toute espèce
d'erreur aussi bien en ce qui concerne le passe que l'avenir. Il émane du
Sage et du Sublime. (42) Il ne t'est révélé rien de plus qu'aux Prophètes
qui t'ont précédé. Si l'indulgence de ton Seigneur est infinie, sa répression
est implacable (43).
Ceux qui biaisent avec les signes de Dieu ou selon les différentes
traductions qu'on peut donner au texte arabe: ceux qui les
méconnaissent, ou ceux qui dénaturent le sens des versets, ou enfin
ceux qui s'en montrent rebelles % ceux-là ne peuvent se cacher de Dieu,
car II les connait parfaitement fcour les rétribuer suivant leurs actions.
i
500
En les menaçant et les avertissant, Il leur dit: «Que vaut-il mieux? être
précipité en enfer ou venir à Allah en toute quiétude le jour de la
résurrection?» Les uns et les autres ne seront plus semblables. Puis II
les défie et dit: «Faites comme bon vous semble» en les laissant agir à
leur guise puisqu'il voit toutes leurs actions.
«Ceux qui ont repoussé le livre» et n'ont pas cru au Rappel qui leur
est parvenu «quand on le leur a présenté, ne savent pas combien il est
précieux» car il est inattaquable, et Terreur ne s'y glisse de nulle part ni
par devant ni par derrière, parce qu'il est une révélation de la part du
Seigneur des mondes, qui est Sage dans Ses actes et paroles et
digne de louanges pour ce qu'il interdit et ordonne.
«H ne t'est révélé rien de plus qu'aux Prophètes qui t'ont précédé» ou
suivant une autre interprétation: on ne te dit que ce qui a été déjà dit
aux Prophètes avant toi en les traitant d'imposteurs. Comme ils ont
enduré leur méfaits, ô toi Mouhammad, patiente et sache que: «si
l'indulgence de ton Seigneur est infinie, sa répression est implacable». Il
pardonne à ceux qui reviennent à Lui repentants et châtie sévèrement
les incrédules rebelles et opiniâtres. Sa'id Ben Al-Moussayab a dit: «-
Lorsque ce verset fut révélé, le Messager de Dieu a dit: «S'il n'y avait
l'indulgence de Dieu personne n'aurait goûté le bien-être et la quiétude. S'il
n'y avait pas les avertissements et les menaces, les uns se seraient confiés
aux autres».
© i^; 41 J
walaw ja'alanâhu qur'ânan a'jamiyyal-laqâlû lawlâ fussilat 'a yâtuhiï
'a'a'jamiyyun wa 'arabiyyun qui huwa lil-ladîna *â*manû hudân wa
sifà'un wal-ladîna lâ yu'minûna fî 'adâmhim waqrun wa huwa 'alayhim
501
'aman 'ûla 'ika yunâdawna mim-makanim ba'îdin (44) walaqad 'à'taynâ
Mûsâ-l-kitâba fahtulifa fîhî walawla kalimatun sabaqat mir-rabbika
laqudiya baynahum wa 'innahum lafî sakkim-mînhu rourïbin (45).
Si nous avions exprimé le Coran en langue étrangère, ils auraient dit:
Que ses versets ne sont-ils pas présentés à la fois en langue étrangère et en
langue arabe! Réponds: Ce Coran est un guide et un baume pour les
croyants. Il se heurte à la surdité et à l'aveuglement des incrédules. Ceux-ci
sont comme des gens qu'on appelle de loin^f) Nous avions déjà donné un
Livre à Moïse. Il suscita des controverses. N'eût-ce été une décision déjà
prise par ton Seigneur, il aurait tranché entre les contestants. Ton peuple
est dans un doute profond au sujet du Livre. (45).
Malgré le style éloquent et disert du Coran, les impies n'y ont pas
cru par obstination et rébellion, comme Dieu a dit: «Si nous l'avions
révélé à un étranger qui l'aurait lu . ton peuple, il n'y aurait pas cru» [-
Coran XXVI, 198-199]. Quand bien même le Coran était révélé en
langue étrangère, les impies auraient dit: «Que ses versets ne sont-ils
présentés à la fois en langue étrangère et en langue arabe». En d'autre
terme: ils auraient dit: pourquoi les versets du Coran n'ont-ils pas été
exposés clairement, et pourquoi utiliser une langue étrangère alors que
nous parlons arabe?
A leurs questions, Dieu ordonne à Son Prophète de répondre: «Ce
Coran est un guide et un baume pour les croyants» et une guéri son pour
les cœurs malades atteints pas le doute et le septicisme. «H se heurte
à la surdité et à l'aveuglement des incrédules» car ils ne veulent plus
comprendre ce qu'il renferme ni avoir l'intention d'être bien guidés, tout
comme Dieu a dit ailleurs: «Ce Coran apporte soulagement et bénédiction
aux fidèles. Il ne fera qu'accentuer la ruine des méchants» [Coran XVII,
82].
«Ceux-là sont comme des gens qu'on appelle de loin» en ne
percevant rien de l'appel. Un verset est semblable à celui-ci: «Celui qui
prêche les infidèles ressemble à quelqu'un qui crie à un homme qui ne
perçoit que des sons et du bruit. Sourds, muets, aveugles, les infidèles ne
comprennent rien» [Coran II, 171].
Dieu a apporté à Moïse le Livre (La Torah) qui leur fut un sujet de
disputes et de désaccord. Moïse, à son tour, a subi leurs méfaits.
502
«N'eût-ce été une décision déjà prise par ton Seigneur» en retardant leur
compte au jour du jugement dernier, «il aurait tranché entre les
contestants» en hâtant leur châtiment, mais un rendez-vous a été fixé à
chacun et nul ne peut y échapper. «Ton peuple est dans un doute
profond au sujet du Livre». Car en le traitant dé mensonge et en le
reniant, ils agissent ainsi sans perspicacité ni compréhension. Ils en
doutent sans aucune preuve évidente.
mati 'amila sâliham falinafsihî wa man 'asa 'a fa'alayhâ wamâ rabbuka
bizallâmin lil'abîdi (46) 'ilayhi yuraddu 'ilmu-s-sâ'ati wa mâ tahruju min
tamarâtim mim 'akmâmihâ wa mâ tahmilu min 'untâ walâ tada'u 'illâ bi
'ilmihî wa yawma ynnâdihim 'ayna suraka 'i qâlïï 'àdannâka mâ minnâ
min sahîdin (47) wa dalla 'anhum mâ kânû yad'ûna min qablu wa zannû
mâ lahum mim mahisin (48).
Quiconque fait le bien, c'est à son profit. Quiconque fait le mal, c'est
à son détriment. Ton Seigneur n'opprimé pas les hommes. (46) La
connaissance de l'heure appartient à Allah. Il n'est pas une fleur qui
produise un fruit, une femelle qui ne porte ni ne mette bas sans qu'il le
sache. Le jour ou II intepellera les hommes: «Où sont mes associés?», ils
répondront: «Nous le reconnaissons, aucun de nous ne saurait témoigner sur
ce point»(47) Les divinités qu'ils invoquèrent autrefois auront disparu. Ils
comprendront alors qu'ils sont sans soutien (48).
Tout individu récoltera les fruits de ses œuvres: Quiconque fait le
bien le fait pour soi-même, et quiconque fait le mal le fait à son propre
détriment. Dieu ne lésera personne. Il ne châtiera l'homme qu'en
fonction de ses mauvaises actions et après lui avoir présenté tous les
503
arguments qui le condamnent, surtout en lui rappelant les Prophètes
qu'il lui a envoyés.
«La connaissance de l'heure appartient à Allah» comme le Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait répondu au demandeur
(qui était l'ange Gabriel): «Celui qui est interrogé n'est pas plus savant
que celui qui interroge» (Une partie d'un long hadith).. Dieu a dit à son
égard: «Elle ne relève que de vo^re Seigneur» [Coran LXXIX, 44] et: «Lui
seul la fera surgir au moment venu» [Coran VII, 187].
<dl n'est pas une fleur qui produise un fruit, une femelle qui ne porte ni
ne mette bas sans qu'il le sache» Ile est le sachant par excellence. Le
poids d'un atome n'échappe à Lui ni sur la terre ni dans les cieux,
comme il a dit ailleurs: «Il n'est pas une molécule dans les entrailles de la
terre, une brindille verte ou sèche qui ne soient dénmbrées dans le sommier
de la création» [Coran VI, 59]. Même II a fixé à chaque personne un
terme et Lui seul le connaît.
Au jour de la résurrection, Dieu interpellera les idolâtres devant
tous les hommes: «Où sont mes associés?» que vous adoriez dans le
bas monde. Et les idolâtres de répondre: «Nous le reconnaissons, aucun
de nous ne saurait témoigner sur ce point» et ils avoueront qu'ils étaient
dans l'erreur et aujourd'hui nul ne témoignera que Dieu avait des
associés. Ils constateront ce jour-là qu'aucun ne pourrait les sauver du
châtiment inéluctable qui les attend. Dieu a montré aussi leur cas dans
ce verset: «Les coupables verront le feu. Ds acquerront la certitude qu'ils y
seront précipités. Ils n'auront aucun moyen d'y échapper» [Coran XVIII,
53].
504
lâ yas'amu-l-'insânu min du*2f 'i-l-hayri wa in massahu-§-sarru faya'usun
qanûtun (49) wala 'in 'adaqnâhu rahmatam-minnâ mim-ba'di darrtf'a
massathu layaqulanna hâdâ lî wamâ 'azunnu-s-sâ'ata qâ^'imatan wa la'ir-
ruji'tu 'ilâ rabbT 'inna lî 'indahû lalhusnâ falanunabbi'anna-l-ladîna
kafarû bimâ 'amilû walanudîqannahum min 'adâbin galîzin (50) wa idtf
'an'amnâ 'alâ-l-'insâni 'a'rada wa na'â bijânibihî wa 'idâ massahu-S-sarru
fadû du'a'in 'aridin (51).
é L'homme ne se lasse pas d'implorer pour lui le bien-être. Mais qu'un
mal l'effleure, le voilà en proie au désespoir. (49) Si nous le faisons
bénéficier de notre grâce après un malheur, il dit: Cela m'est dû. Je ne
crois pas que l'heure vienne. Et à supposer que je retourne un jour à mon
Seigneur, je trouverais auprès de Lui la félicité la plus entière. Nous
rendrons compte de leurs œuvres aux infidèles et nous leur infligerons un
châtiment implacable. (50) Si nous accordons notre faveur à l'homme, il
nous abandonne et s'éloigne. Si un mal l'effleure, il ne tarit pas de prières.
(51).
L'homme n'aura pas de cesse pour obtenir tout le bien qu'il
voudra en implorant son Seigneur, soit-if une bonne santé ou une
richesse. Mais si un malheur ou une indigence le touche, voilà qu'il
devienne un désespéré et un désolé croyant qu'aucun bien ne lui
parvienne. «Si nous le faisons bénéficier de notre grâce il dit: Cela m'est
dû» en prétendant qu'il le mérite en étant digne de ces bienfaits. Mais
il ne tardera pas à mécroire à la survenue de l'Heure, et cela ne sera
qu'à cause de son bien-être présent. Dieu montre dans ce verset le
cas d'un tel homme: «Et néanmoins l'homme devient arrogant, dès qu'il se
sent assez fort pour se passer des autres» [Coran XCVI, 6-7].
Cet homme dit: «Et à supposer que je retourne un jour à mon
Seigneur, je trouverais auprès de Lui la félicité la plus entière». Il prétend
que s'il y aura vraiment une résurrection et un jour où tous les
hommes retourneront à Dieu, il serait gratifié des mêmes bienfaits qu'il
avait obtenus au bas monde, et ceci malgré qu'if avait méconnu un tel
jour par manque de certitude.
Dieu menace ces gens-ià en disant: «Nous rendrons compte de leurs
œuvres aux infidèles et nous leur infligerons un châtiment implacable». Car
lorsque Dieu comble un homme de bienfaits, celui-ci se détourne et
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s'éloigne de la piété en s'enflant d'orgueil au lieu de se soumettre aux
prescriptions de Dieu. «Si un mal l'effleure, il ne tarit pas de prières» en
s'y livrant pour s'en débarraser. Son cas aussi est cité dans ce verset:
«Qu'on malaise surprenne l'homme et le voilà qui nous appelle à son aide,
quelle que soit sa position, couché, assis ou debout A peine l'en ayons-nous
délivré, le voilà qui retourne à ses occupations comme si de rien n'était» [-
Coran X, 12].
i
qui 'ara'atum 'in kâna min 'indi-L-Lâhi t umraa kafartum bihî man
adallu miman huwa fî §iqâqim-ba'îdin (52) sanurihim *a yâtinâ fî-1 'âfâqi
wafT 'anfusihim hattâ yatabayyana lahum 'annahu-l-haqqu 'awalam
yakfi birabbika 'annahû 'ala kulli say'in sahîdun (53) 'ala 'innahum fî
miryatim mi-l-liqa 'i rabbihim 'ala 'innahû bikulli say'in-muhît.
Dis: Qu'adviendra-t-il si ce Livre est d'Allah et que vous l'ayez renié?
Il n' y a de plus égaré que celui qui est en rébellion ouverte. (52) Nous leur
ferons apparaître nos signes dans la nature et dans leurs propres êtres
jusqu'à ce qu'ils soient persuadés de l'existence d'Allah. Ne suffit-il pas que
ton Seigneur soit le témoin de toute chose. (53) Oui, ils doutent de se
rencontrer avec leur Maître, comme si Celui-ci n'embrassait pas tout. (54).
O Mouhammad, lui ordonne Dieu, dis à ces idolâtres qui renient
ce Coran et le traitent de mensonge, quel sort penserez-vous avoir
auprès de celui qui Ta révélé? Qui donc est plus égaré que celui qui
est dans une dissidence lointaine et en rébellion ouverte. Nous leur
montrerons nos signes dans les horizons, dans tout l'univers et en
eux-mêmes, que ce Coran est une vérité provenant de Notre part.
Comment les éxégètes ont interprété ces signes?
- Dans les horizons et dans l'univers: l'ascendant que Dieu a \
accordé à l'Islam pour conquérir les autres pays et soumettre leurs
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peuples aux musulmans, une réalité qui s'est réalisée.
- En eux-mêmes: la victoire accordée aux fidèles sur les idolâtres s
Qoraïchites le jour de Badr malgré le petit nombre des premiers par
rapport à celui des autres, comme ont avancé Moujahed, As-Souddy et
Al-Hassan. Selon d'autres, il s'agit de la création de l'homme-même
quant à sa constitution: os, chair, nerfs etc.
«... jusqu'à ce qu'ils soient persuadés de Fexisence d'Allah. Ne suffit-il
pas que ton Seigneur soit le témoin de toute chose» qui voit leurs actes et
entend leurs paroles, ainsi Dieu témoigne que Mouhammad -qu'Allah
le bénisse et le salue- est véridique et son message est une vérité
comme Dieu a dit: «Allah est témoin Lui-même de ce qu'il t'a révélé. Il te
l'a révélé avec intention» [Coran IV, 166]. Mais ces impies doutent de la
rencontre avec leur Seigneur et renient la survenue de l'heure, et c'est
pourquoi qu'ils n'y pensent pas et n'oeuvrent pas pour la vie future.
Dieu embrasse toute chose de Son savoir et de Son autorité.
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