Coran › Sourate 42 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 42 trad. humaine
42 - SOURATE DE LA DELIBERATION
53 - versets
Révélée à La Mecque à l'exception des versets 22, 23 et 24 révélés à
Médine
Révélée à la suite de la sourate des Développements
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
■ ■
Ha-mTm (1) «âyn -sTn-qaf (2) kadâlika yuhT 'ilayka wa 'ilâ-I-Iadîna min
qabnka-L-Lâhu-l-'Aâzu-I-Hakîmu (3) lahû mâ fi^-samïwâti wamâ fl-1-
'ardi wa huwa-1- 'AUyyu-l-'Azîmu (4) takâdu-s-sama wâtu yatafattarna
min fawqihinna wal-mala 'ikatu ynsabbihûna bihamdi rabbihim wa
yastagfirûna liman fï-I-'ardi 'ala 'inna-L-Lâha imwa-U Gafûru-r-Rahfcm,
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(5) wal-lad îna-t-tahad û min dunihT 'awliyà 'a -L-Lâhu Hafîzun 'alayhim
wama 'anta 'alayhim biwakain (6).
An nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Ha.Mim. (1) Ain. Sin. Qaf (2) Oui, Allah le sage et le sublime
t'envoie des révélations comme II en a envoyées aux Prophètes qui t'ont
précédé. (3) U est le Maître des cieux et de la terre. Il est l'Auguste, le
ant (4) Peu s'en faut que la voûte céleste ne se fende. Les anges
célèbrent les louanges de leur Maître et implorent son pardon pour les
habitants de la terre. Certes, Allah est tout pardon et toute miséricorde. (5)
Allah surveille ceux qui se donnent d'antres patrons que Lui. Toi, tu ne
saurais répondre d'eux (6).
Dieu a révélé le Coran à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le
salue- et d'autres livres aux Prophètes qui lui ont précédé. Dieu est
terrible dans ses représailles et sage dans ses actes et paroles.
Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte que Al-Hareth Ben Hicham a
demandé au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O
Messager de Dieu, comment te vient la révélation?» Il lui répondit: «-
Parfois elle m* arrive comme un tintement de clochette, et cette façon m'est
la plus pénible. Lorsque'elle cesse je retiens alors ce que l'ange m'a
transmis. Et parfois l'ange se présente sous une forme humaine, il me parle
et je saisis tout ce qu'il me dit.» Aicha ajouta: «Je vis le Prophète recevoir
la révélation dans un jour où le froid était très vif, lorsque la révélation
s'interrompit, son front ruisselait de sueur» (Rapporté par Boukhari et
MousUm) ll K
Dans un autre hadith, 'Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée-
demanda une fois: «O Messager de Dieu f sens-tu la révélation?» Il
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répondit: «J'entends comme un tintemet, et alors je garde le silence.
Chaque fois que je recevais une révélation, j'étais sur le point de
rendre l'âme».
Tout ce que les cieux et la terre contiennent appartient à Dieifet il
est sous son autorité. Il est le Très Haut et le Sublime.
«Peu s'en faut que la voûte céleste ne se fende» par crainte de la
magnificence de Dieu. «Les anges célèbrent les louanges de leur Seigneur,
«Seigneur , disent-ils, ta miséricorde et ta science s'étendent à toutes
choses» [Coran XL, 7].
Quant à ceux qui ont pris des patrons-protecteurs en dehors de
Lui, Dieu veille à ce qu'ils font. Il dénombre leurs mauvaises actions
avec une grande exactitude et II leur en demandera compte pour les
rétribuer. Toi, Mouhammad, tu n'es ni leur observateur ni leur
protecteur.
wa kadâlika 'awhaynà* 'ilayka qur'â nan 'arabiyyan litundira 'umma-1-
qûra wa man hawlahâ wa tundira yawma-l-jam'i lâ rayba fini farîqun fû
jannati wa farîqun fî-s-sa'îri (7) walaw sâf 'a-L-Lâhu Iaja'alahum T -
ummatan wâhidatan walakin yudhilu may-yasaî'u fî rahmatihî waz-
zâlimûna mâ lahum min-waliyyin-wala nasirin (8).
C'est dans cet esprit que nous t'avons révélé un Livre en arabe pour que
tu avertisses la ville métropole et ses alentours et pour que tu les préviennes
du jour inéluctable du jugement dentier. Jour où les hommes iront partie au
paradis et partie en enfer. (7) Si Allah avait voulu, II aurait groupé les
hommes en un seul peuple. Mais il accueille qui II veut dans le sein de sa
miséricorde et les coupables ne trouveront ni aide ni protection (8).
Le Coran est une révélation très claire et en langue arabe afin que
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le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- mette en garde la
ville métropole, ou la Mère des cités: La Mecque, et ses alentours tant
à Test qu'à l'ouest. Avant son émigration vers Médine, le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- avait adressé ces mots à la Mecque:
«Par Dieu, tu es le meilleur territoire pour Dieu et le plus aimé;. S'il n'y
avait cette contrainte, je ne t'aurais pas quitté» (Rapporté par Plusieurs),
t «et pour que tu les préviennes du jour inéluctable du jugement dernier»
ou les hommes seront rassemblés sur un même tertre pour être jugés.
Une partie d'eux ira au Paradis et l'autre sera précipitée en Enfer. On
a donné aussi à ce jour l'épithète: «Le jour de la déception» où Dieu
désavantagera les impies et avantagera les croyants».
AbdullAh Ben 'Amr rapporte: «Un jour le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- vint vers nous tenant en mains deux
livres. Il nous dit: «Savez-vous ce que contiennent ces deux livres?» -Non,
répondîmes-nous, à moins que tu nous le fasses savoir ô Messager de
Dieu». Il répliqua en désignant le livre qu'il tenait en sa main droite:
«Celui-ci est un livre de la part du Seigneur des mondes et renferme les
nom des élus du Paradis, de leurs pères et de leurs tribus. Il réunit les
noms jusqu'au leur dernier, et il n'y aura ni ajout ni soustraction» Puis
désignant celui de la gauche, il reprit: «Celui-ci contient les noms des
damnés de l'enfer, de leurs pères et de leurs tribus. Il réunit les noms
jusqu'au dernier et il n'y aura ni ajout ni soustraction». Les compagnons lui
demandèrent alors: «Si c'est une décision qui est déjà prise, pour quel but
œuvrons-nous donc?». Il leur répondit: «Recherchez la perfection dans vos
œuvres et soyez modérés en les appliquant. On assigne, à l'élu du Paradis,
la dernière œuvre des élus quelles que soient ses autres actions ( même
mauvaises soient-elles)» Il referma ensuite sa main et dit: «Votre Seigneur
-à lui la puissance et la gloire- a déjà jugé les hommes» puis il étendit la
main droite et dit: «Une partie ira du Paradis», puis la main gauche et
poursuivit: «Et une partie au Brasier» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi et
Nassaï) [11 .
«Si Allah avait voulu, Il aurait groupé les hommes en un seul peuple»
i
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sur la voie droite ou dans l'égarement, mais II a voulu discerner les
uns des autres en dirigeant qui II veut et en égarant qui II veut. Tout
dépend de Sa sagesse et de sa décision. Le résultat est le suivant: «n
accueille qui II veut dans le sein de Sa miséricorde et les coupables ne
trouveront ni aide ni soutien» En commentant ce verset, Ibn Jarir
rapporte que Moïse -paix sur lui- a dit: «Seigneur, les hommes que Tu
as créés, Tu les as répartis en bienheureux du Paradis et damnés de
l'Enfer. Pourquoi Tu ne les feips pas entrer tous au Paradis?» Et Dieu
de lui répondre: «O Moïse, élève ton bouclier» -Je l'ai déjà fait,
Seigneur, répondit Moïse. Et Dieu de reprendre: «Encore plus haut»,
et ce fut répété plusieurs fois qu'à la fin Moïse s'écria: «Je l'ai élevé à
une hauteur vers laquelle je n'y trouve aucun bien pour moi»Dieu
rétorqua: «Ainsi Je ferai entrer au Paradis les hommes sauf ceux que
Je n'y trouve chez eux aucun bien».
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'ami-t-tahadû min dunihT 'awliyï'a fa-L-Lâhu huwa-l-Waliyyu wa huwa
yuhyi-l-mawtâ wa huwa 'alâ kulli sa'yin qadîrun (9) wamâ-htalaftum fîhi
min Say'in fahukmuhîf 'ilâ-L-Lâhi dâlikum-L-Lâhu rabbî 'alayhi
tawkkaltu wa 'ilayhi 'unîbu (10) fatiru-s-santôwati wal 'ardi ja'ala lakum
min 'anfusikum 'azwâjan wa mina-l-'an'âmi 'azwâjan yadra'ukum fîhi
laysa kamitlihi say'un wa huwa-S-Sami'u-l-Basîru (1 1) lahû maqâlidu-s-
samâ A wâti wal'ardi yabsutu-r-izqa limay-ya§â A *u wa yaqdiru 'innahû
bikulli say'in 'Alîmun (12).
Est-ce possible qu'ils prennent pour patrons d'autres que M? Allah est
le seul patron. C'est lui qui ressuscite les morts. H est tout-Puissant. (9)
Tous vos différends doivent être soumis au jugement d'Allah. Cet Allah est
mon Maître. Je me fie et me soumets à lui. (10) Créateur des deux et de
la terre, Il vous a donné les épouses de votre espèce comme II en a donné
aux animaux de leurs espèces. Il vous multiplie de la sorte. Rien ne lui
ressemble. Il entend et voit tout. (11) H a les clefs des deux et de la terre.
Il se montre prodigue ou ménager de ses biens envers qui II veut. H est
omniscient (12).
Dieu désavoue l'agir des idolâtres qui ont pris et adoré d'autres
divinités que Lui, Lui qui est te seul Maître de tout l'univers, qui fait
revivre les morts pour le jour de la résurrection et qui est puissant sur
toute chose. Toute chose sur laquelle les hommes ont été en
désaccord, c'est à lui qu'il appartient d'en juger. De même II a délégué
à Son Prophète d'en juger comme II le montre dans ce verset: «En cas
de désaccord, remettez-vous-en à Allah et à Son Prophète» [Coran IV, 59].
Tel est mon Seigneur qui dispose de tout, je me fie à lui dans
toutes mes affaires et c'est vers Lui que je reviens repentant. 11 est le
créateur des cieux et de la terre, de ce qu'ils contiennent et de
l'espace qui les sépare. Comme II vous a donné des épouses tirées de
vous-mêmes, de votre espèce et de votre nature, Il a aussi établi des
couples de vos troupeaux. «Il vous multiplie de la sorte». C'est à dire II
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ne cesse de créer génération après génération, mâles et femelles,
jusqu'à la fin du monde.
«Rien ne lui ressemble» de toutes ses créatures, Il est l'Unique,
l'impénétrable et l'Absolu. Il est l'omniscient et le parfait Sachant. Il
détient les clefs des cieux et de la terre. (On a déjà commenté cela
dans la sourate des troupes). Il dispense ses dons et fait largesse à
qui II veut tout comme II les mesure à qui II veut. Il connait
parfaitement toute chose. *
$ % h %z % m U $ &ï
Sara'a lakum mina-d-dîni mâ waSsa bihî Nûhan wal-ladî 'awhaynâ*
ilayka wamâ wassaynâ bihî 'Ibrâhîma wa Mûsâ wa 'îsâ 'an 'aqîmu-d-
dîna walâ tatafarraqû fini kabura 'alâ-l-musrikîna mâ tad'ûhum 'ilayhi-
L-Lâhu yajtabî 'ilayhi may-yasa A 'u wa yahdT 'ilayhi may-yunîbu (13)
wamâ tafarraqû 'illâ mim ba'di mâ jâ'amrani-l-'ilmu bagyam-baynahum
walawlâ kalimatun sabaqat mir-rabbika 'ilâ 'ajalim musamman laqudiya
baynahum wa 'inna-l-ladîna 'ûritû-l-kitâba mim-ba'dihim lafî sakkim-
minhu murîbin (14).
II vous a donné la même religion que celle qu'il avait déjà
recommandée à Noé. C'est celle-là même qu'il t'a révélée, celle-là même
qu'il avait recommandée avant à Abraham, à Moïse et à Jésus. Observez-
la bien et ne vous divisez pas, a-t-Il été prescrit à tous. De telles
prescriptions répugnent aux idolâtres. Allah attire à lui qui U veut et met
dans la bonne voie ceux qui le recherchent. (13) Ils ne se sont divisés
qu'après avoir reçu mes révélations et cela par esprit de rivalité. Si un
décret de ton Maître n'avait ajourné leur sort à une date fixée, Il l'aurait
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déjà réglé. D'ailleurs, ceux qui ont hérité du Livre après les Prophètes sont
dans un doute profond à son sujet. (14).
Dieu a fait pour les hommes, à partir de la religion, une législation
comportant les recommandations qu'il a faites aux Prophètes doués de
ferme résolution. Il a mentionné d'abord Noé -paix sur lui- qui fut le
premier Envoyé vers l'humanité, et Mouhammad -qu'Allah le bénisse et
le salue- qui fut leur dernier. Ces cinq Prophètes distingués des autres
&nt mentionnés aussi dans ce verset: «Nous avons reçu des
engagements de tous les Prophètes, de toi, de Noé, d'Abraham, de Moïse et
de Jésus fils de Marie» [Coran XXXIII, 7]. Cet engagement consistait en
Pappel à l'adortion de Dieu seul sans rien Lui associer; car Dieu n'a
envoyé un Prophète aux hommes sans qu'il n'ait pour mission de
n'adorer que Dieu seul. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit à cet égard: «Nous les Prophètes issus de plusieurs mères
mais notre religions est une».
Dieu, en établissant pour les hommes, en fait d'obligations
religieuses, leur a prescrit la même recommandation faite à Noé de
s'acquitter du culte sans se diviser et sans que celui-ci soit un sujet de
discorde. «De telles prescriptions répugnent aux idolâtres» qui ont renié le
message de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et même
l'ont combattu. «Allah attire à Lui qui H veut et met dans la bonne voie
ceux qui le recherchent». Ceux-là sont ceux qui méritent d'être dirigés et
être de vrais croyants. Quant aux autres, Il les égare car ils ont préféré
une autre voie.
«Ils ne se sont divisés qu'après avoir reçu mes révélations» en se
comportant comme rebelles contre la vérité émanant de Dieu. «Si un
décret de ton Maître n'avait ajourné leur sort à une date fixée, Il l'aurait
déjà réglé». Ce décret consiste à différer le jugement jusqu'au jour de
la résurrection, sans cela, Il aurait dépêché aux hommes leur
châtiment dans ce bas monde. «Dailleurs, ceux qui ont hérité du Livre
après les Prophètes sont dans un doute profond à son sujet», car ils n'ont
fait qu'imiter leurs pères et ancêtres sans preuve évidente, mais ils
vécurent dans l'incertitude, furent perplexes et plongés dans un doute
profond.
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falidâlika fad'u wastaqim kamâ 'umirta walâ tattabi"ahwa* 'ahum wa qui
'â A mantu bimâ A 'anzala-L-Lâhu min kitâbin wa 'umirtu li'a'dila
baynakumu-L-Lâhu rabbunâ wa rabbukum lana 'a'malunâ wa lakum
Vmâlukum lâ hujjata baynanâ wa baynakumu-L-Lâhu yajma'û '
baynamâ wa 'ilayhi-l-masîru (15).
C'est pourquoi prêche et sois droit comme tu en as reçu l'ordre. Ne
suis pas leurs penchants et dis: Je crois à tous les livres révélés par Allah.
J'ai reçu Tordre de vous juger avec impartialité. Allah est notre Maître et
le vôtre. Nous sommes responsables de nos actes et vous des vôtres. Il est
vain pour nous et pour vous de discuter. Allah nous réunira. Car c'est à Lui
que tout aboutit. (15).
Ce verset comporte dix ordres indépendants l'un de l'autre, et n'a
de semblable dans le Coran que le verset du Trône [Coran 11, 255].
Dieu y ordonne à son Prophète d'appeler les gens à Lui comme II en a
révélé aux autres Prophètes qui lui ont précédé, ceux qui ont établi les
lois religieuses avant lui.
«Sois droit comme tu en as reçu l'ordre» Toi, ô Mouhammad, et
ceux qui te suivent, devez adopter la voie droite et de s'y maintenir
sans suivre les penchants et les passions des idolâtres, qui furent le
sujet de leurs différends en s'y divisant. «Je crois à tous les livres révélés
par Allah» qui furent descendus sur les autres Prophètes sans y faire
aucune distincition. «J'ai reçu l'ordre de vous juger avec impartialité»
sans être injuste envers quiconque comme Dieu m'a ordonné. «Allah
est notre Maître et le vôtre» Il est le seul «Adoré» et nous l'avouons
avec une grande certitude. Quant à vous, ô impies, tant pis pour vous
car tout ce qui peuple les cieux et la terre se prosterne devant lui de
bon gré ou de force. «Nous sommes responsables de nos actes et vous des
vôtres», nous désavouons ce que vous faites, comme Dieu ordonne à
Son Prophète de leur répondre dans un autre verset: «S'ils te traitent
d'imposteur, dis: «Je suis responsable de mes actes et vous des vôtres. Ce
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que je fais ne vous regarde pas et ce que vous faites ne me regarde pas» [-
Coran X, 41].
«Il est vain pour nous et pour vous de discuter» As-Souddy l'a
commenté en disant que ce verset fut révélé à La Mecque et le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a reçu l'ordre
divin de combattre qu'après son émigration à Médine. «Allah nous
réunira» au jour du jugement dernier. «Car c'est a lui que tout aboutit»
et c'est vers Lui que tous les hommes feront retour.
»
wal-ladîna yuhâjjûna fî-L-Lâhi mim-ba'di mas-tujiba lahû hujjatuhum
dâhidatun 'inda rabbihim wa 'alayhim gadabun walahum 'adâbun
sadîdun (16) AL-Lâhu-l-ladî 'anzala-l-kitâba bil-haqqi wal-mizâna wamâ
yudrîka la 'alal-s-sâ'ata qarîbun (17). yasta'jilu bihâ-l-ladîna lâ
yu'munûna bihâ wa-l-lad îna If manû musfiqûna minhâ wa ya'lamûna
'annaha-l-haqqu 'alâ* 'înna-l-ladîna yumârûna fï-s-sâ'ati lafî dalâlim-
ba'îdin (18).
Ceux qui discutent sur Allah après le triomphe de sa cause, leurs
arguments ne trouvevront aucun crédit auprès de leur Maître. Ils
encourront à la fois sa colère et son châtiment. (16) Allah a révélé le Livre
et la balance comme expression de la vérité. Qu'en sais-tu? l'heure est peut-
être proche. (17) Les incrédules sont impatients de la voir venir, les
croyants en redoutent la venue, la tenant pour certaine. Combien sont
profondément égarés ceux qui contestent Pheure!(18).
Dieu menace ceux qui repoussent les hommes de suivre la voie
empruntée par ceux qui croient en Lui, et qui discutent âprement avec
ceux qui ont répondu à l'appel de Dieu et de son Messager dans le
but de les détourner de la voie droite. Ceux-là «leurs arguments ne
517
trouveront aucun crédit aupès de leur Maître», ils sont nuls et sans
valeur auprès du Seigneur. Sa colère retombera sur eux et ils subiront
un terrible châtiment au jour de la résurrection.
Pour identifier ces gens-là, on cite ces deux opinions:
f
- D'après Ibn Abbas et Moujahed, ce sont les idolâtres qui
discutent avec les croyants afin de les repousser et les détourner de la
voie droite, et de les rendre à l'époque du paganisme.
- Selon Qatada, ils sont lefe juifs et les chrétiens qui disaient aux
musulmans: Notre religion est meilleure que la vôtre, et nos Prophètes
sont venus avant le vôtre. Sûrement ils mentaient.
«Allah a révélé le Livre» tous les Livres révélés aux autres
Prophètes «et la balance» qui signifie la justice et l'équité, comme Dieu
a dit ailleurs: «Nous avons envoyé nos Prophètes avec des preuves et nous
leur avons donné le Livre et la Balance pour faire régner la justice entre les
hommes» [Coran LVII, 25]. Et pour avertir les hommes et les faire
mépriser le bas monde, Dieu dit à Son Prophète: «Qu'en sais-tu? l'heure
est peut-être proche».
«Les incrédules sont impatients de la voir venir» comme signe de
leur reniement, car ils n'y croyaient pas par incrédulité et par un esprit
rebelle. Mais «les croyants en redoutent la venue» ils en ont peur car ils
savent qu'elle est la vérité. C'est pourquoi ils s'apprêtent pour la
recevoir en accomplissant les bonnes oeuvres.
On a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- étant dans un voyage, un homme d'une vôix vive l'interpella: «O
Mouhammad!» Il lui répondit presque sur le même ton: «Me voilà!» Et
l'homme de reprendre: «Quand est-ce que l'heure arrivera?» -Malheur à
toi, répliqua le Prophète, qu as-tu préparé pour la recevoir? L'homme
rétorqua: «Seul l'amour de Dieu et de Son Messager». Il lui répondit: «Tu
seras avec ceux que tu aimes» (Rapporté par les auteurs des Sunan), De
ce hadith on peut déduire que les dires du Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- ne constituent pas une réponse claire à l'homme
mais une exhortation à être prêt pour la recevoir avec les bonnes
actions.
«Combien sont profondément égarés ceux qui contestent l'heure» et
discutent sans aucune connaissance de sa survenue. Ils ne sont que
518
des ignorants qui ont joint l'incertitude à la mécroyance. Dieu, qui a
créé les cieux et la terre est certainement capable de revivre les
hommes au jour de la résurrection quand l'heure surviendra.
AL-Lâhu latîfum bi'ibâdihî yarzuqu may-yasa'u wa huwa-l-Qawiyyu-1-'-
Azîzu (19) man kâna yurîdu harta-l-'a hirati nazid lahû fî hartihî waman
kâna yurîdu harta-d-dunyâ nu'tihî minhâ wamâ lahû fî-l-Thirati min
nasîbin (20) 'am lahum suraka 'u sara'û lahum mina-d-dîni mâ lam ya'd
an bihi-L-Lâhu walawla kalimatu-1-fasli laqudiya baynahum wa 'inna-z-
zâlimîna lahum 'adâbun 'alîmun (21) tarâ-z-zâlimîna musfïqîna mimmâ
kasabû wa huwa waqi'um-bihim wal-ladîna *a manu wa 'amilû-s-sâlihâti
fî rawdâti-l-jannati lahum mâ yasa 'ûna 'inda rabbihim d âlika huwa-1-
fadlu-l-kabîru (22).
Allah est plein de bonté pour les hommes. H distribue ses biens à qui H
veut. D est Poissant et Fort (19) Celui qui peine en vue de la vie future,
nous estimerons ses efforts au-delà de leur valeur. Celui qui peine en vue de
ce monde, nous laisserons aboutir ses efforts. Mais il n'aura aucune part
dans l'autre. (20) En sont-ils arrivés à prendre des associés qui leur ont
édicté des prescriptions religieuses non autorisées par Allah? S'il n'avait pas
décrété le jugement dernier, Allah aurait déjà réglé leur sort. Un châtiment
implacable attend les méchants. (21) Tu verras les injustes trembler pour
leurs péchés. Ils n'échapperont pas au châtiment. Ceux qui ont cru et
pratiqué le bien se délasseront dans des jardins du paradis. Leur Maître
519
satisfera tous leurs désirs. C'est la fayeur la plus enviable (22).
Grâce à Sa générosité, Dieu accorde Ses bienfaits aussi bien aux
pervers qu'aux pieux car, il n'y a pas de bête sur terre dont la
subsistance n'incombe à Dieu. Il répand ses largesses à qui II veut et
mesure Ses dons à qui II veut. Il est le Fort et le Tout-Puissant.
«Celui qui peine en vue de la vie future», en œuvrant dans le bas
monde à ces fins «nous estimerons ses efforts au-delà de leur valeur» en
le soutenant, l'aidant pour y arriver, et nous lui décuplerons ses
bonnes actions même à sept cent multiples et plus encore. «Celui qui
peine en vue de ce monde, nous laisserons aboutir ses efforts». Il obtiendra
ainsi le fruit de ses transactions dans le bas monde pour en jouir, mais
dans l'au-delà , il perdra tout et n'aura aucune récompense, sinon le
feu de la Géhenne, une réalité corroborée par ce verset: «Que ceux qui
recherchent la vie de ce monde sachent que nous en accordons les plaisirs à
qui nous voulons et dans la mesure que nous voulons. Qu'ils sachent aussi
que nous leur réservons l'enfer où ils seront précipités, couverts d'opprobre
et rejetés par tous» [Coran XVII, 18].
Il est dit dans un hadith: «Annonce la bonne nouvelle à cette
communauté qu'ils obtiendront la victoire, la suprématie et la haute
considération en les établissant sur la terre. Celui qui, parmi eux, fait
des œuvres pour la vie future mais veut cueillir leurs fruits dans la vie
présente, dans l'au-delà, il n'en aura aucune part».
«En sont-ils arrivés à prendre des associés qui leur ont édicté des
prescriptions religieuses non autorisées par Allah». En d'autre terme ils ne
suivent pas les lois religieuses que Dieu t'a prescrites, mais celles de
leurs démons parmi les humains et les génies, par exemple en leur
interdisant certaines bêtes du troupeau comme: Al-Bahira, As-Saiba et
autres, en leur permettant de consommer le sang, la bête morte et le
jeu de hasard et autres choses qui sont interdites en principe. A ce
propos, il est cité dans un hadith authentifié que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «J'ai vu en enfer Amr Ben Lahy
traîner ses entrailles», car il fut le premier qui a interdit la viande de la
bête dite: «As-Sa'iba». H était l'un des rois de Khouza'a, et le premier
à introduire ces innovations et aussi le premier à convier les
Qoraïchites à adorer les idoles. Que Dieu le maudisse.
520
«S'il n'avait pas décrété le jugement dernier» Allah aurait déjà décrété
leur sort», tl aurait hâté leur châtiment s'il n'y avait pas le jour de la
résurrection où il sera demandé à chacun des comptes. Les
prévaricateurs subiront un terrible châtiment et une mauvaise destinée.
«Tu verras les injustes trembler pour leurs péchés» auprès du pont (le
sirat) «Ils n'échapperont pas au châtiment» car ce qu'ils redoutaient
s'abattra sur eux. Quant à «Ceux qui ont cru et pratiqué le bien se
délasseront dans les jardins du paradis. Leur Maître satisfera tous leurs
désirs». Peut-on donc comparer ces deux destinées? Peut-on comparer
celui qui ne rencontrera que l'opprobre et l'humiliation avec celui qui
vivra dans la félicité dans le parterre du Paradis, qui y délectera de
ses fruits et boissons avec les houris aux grands yeux, là il y aura ce
qu'œil n'a vu, oreille n'a entendu ni esprit n'a imaginé? «Cest la faveur
la plus enviable» et le comble du bonheur
dâlika-l-ladî yuba§Sira-L-Lâhu 'ibâdahu 1-ladîna 'àmanû wa 'amilu-s-
sâlihâti qui 13" 'as'alukum 'alayhi 'ajran 'illâ-l-mawaddata fî-l-qurbâ wa
man yaqtarif hasanatan-nazid lahû fîhâ hûsnan 'inna-L-Lâha gafûrn
sakûrun (23) 'am yaqûlûna-f-tarâ 'allâ-L-Lâhi kadiban fa'in yaSa'i-L-
Lahu yahtim 'alâ qalbika wa yamhu-L-Lâhu-l-bâtila wa yuhiqqu-1-
haqqa hikalimâtihT 'innahu 'Alîmun bidâti-s-sudûri (24).
Voilà ce qu'Allah promet à ses serviteurs qui croient et font le bien.
Dis: «En échange du Coran, je ne vous demande qu'une chose, c'est d'aimer
vos parents. Celui qui fait une bonne action, nous en augmentons le mérite.
Allah est plein d'indulgence et de gratitude. (23) Ne soutiennent-ils pas que
tu inventes à propos d'Allah? Si Allah voulait, D fermerait ton cœur a toute
révélation, et, d'un seul mot, dissiperait l'erreur et imposerait la vérité. Car
D sait ce qui se passe au fond des ccrurs (24).
521
Les serviteurs de Dieu qui ont la foi et font le bien seront admis
dans les jardins du Paradis. Telle est la bonne nouvelle qui leur est
annoncée par les bouches des Prophètes et mentionnée dans les
Livres.
O Mouhammad, lui ordonne Dieu, dis à ces idolâtres Qoraïchites:
Je ne vous demande aucun salaire contre la divulgation de ce Coran,
ou de ce message (pour donner un sens plus général à la mission du
Prophète). Tout ce que je vous demande c'est de me laisser accomplir
ma tâche et n'essayez pas de me nuire et je vous le demande par le
lien de sang qui existe entre nous.
Les opinions sont controversées quant à l'interprétation de cette
expression: «C'est d'aimer vos parents» comme suit:
- Al-Boukhari rapporte qu'on a demandé à Ibn Abbas de
commenter cette partie du verset. Sa'id Ben Joubayr qui était présent
dit: «Ce sont les proches parents de Mouhammad». Ibn Abbas
l'interrompit: «Tu as hâté la réponse, car fe Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- avait un lien de sang avec toutes les phratries des
tribus Qoraïchites. Il leur dit: «A moins que vous maintiendriez ce lien
de sang qui existe entre nous».
- Un autre commentaire fut donné par Ibn Abbas rapporté par AI-
Hafedh At-Tabarani: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- leur a dit: «Je ne vous demande aucun salaire à moins que
vous n'ayez une affection pour ma propre personne étant l'un de vos
proches, et de maintenir ce lien de sang entre nous». L'auteur de cet
ouvrage a explicité cela et dit: Il voulait dire: A moins que vous
accomplissiez les bonnes œuvrs en s'acquittant de vos obligations
envers Dieu pour vous rapprocher de Lui.
- Sa'id Ben Joubayr a dit: «Cela signifie: à moins que vous ayez
une affection à mon égard étant l'un de vos proches parents et d'être
bons et bienveillants à leur égard». A ce propos As-Souddy raconte:
«On amena 'Ali le fils de Ai-Hussein comme prisonnier et le fit
s'asseoir sur un escalier à Damas. Un Châmite dit alors: «Louange à
Dieu qui vous a faits périr, vous a exterminés et mis fin à ces
troubles». Ali lui répondit: «As-tu lu le Coran?» -Oui, dit l'homme. Et
'Ali de reprendre: «Surtout la sourate de la Délibération? -Non, répliqua
522
l'homme, j'ai lu tout le Coran, mais pourquoi tu me désignes cette
sourate en exclusivité? -Ali rétorqua: «Parce qu'elle comporte ce
verset: «Je ne tous demande qu'une chose, c'est d'aimer vos parents» Et
l'homme de s'exclamer: «S'agit-il de vous?» -Certainement, répondit
Ali».
Et l'auteur de conclure: Le commentaire exact et le plus logique
est celui qui est donné par le docte Ibn Abbas,. Car il ne faut jamais
oublier la recommandation du Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salué- qui consite à être bienveilant envers les membres de sa famille,
de leur avancer tout acte de bien et de les respecter, car ils ne sont
issus que d'une souche pure, de la plus honorable famille sur terre et
de la meilleure généalogie.
De tous les hadiths et versions se rapportant à ce sujet, nous
nous limitons à ce hadith exhaustif rapporté par Yazid Ben Hayyan. Il
a dit: «Houçayn Ben Çabra, Omar Ben Moslem et moi, partîmes chez
Zaid Ben Arqam. Quand nous fûmes assis près de lui, Houçayn lui dit:
«O Zaid, tu as reçu plusieurs faveurs: Tu as vu l'Envoyé de Dieu, tu
as entendu ses paroles, tu as fait des expéditions en sa compagnie, tu
as prié derrière lui. O Zaid, tu as reçu tant de faveurs. Raconte-nous
quelques propos que tu as entendus de la bouche de l'Envoyé de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue-. Il répondit: «O fils de mon frère, je
suis devenu vieux. Plusieurs années se sont écoulées depuis son
départ, et j'ai oublié une partie de ce que je retenais. Acceptez ce que
je vais vous raconter et ne me demandez pas surtout davantage.
«Un jour, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous
fit un sermon auprès d'une source d'eau appelée «Khoum», située
entre La Mecque et Médine. Après avoir glorifié et loué Dieu, il nous
mit en garde en disant: «O gens! Je ne suis qu'un être qui répondra
bientôt à l'Envoyé de Seigneur (l'ange de la mort-)* Je laisse entre vos
mains deux dépots précieux: Le premier est le Livre de Dieu (le Coran)
dont vous y trouverez la bonne direction et la lumière, mettez donc ses
prescriptions en pratique et attachez-vous-en». Il insista à ce que nous
suivions le contenu du Livre de Dieu, puis il poursuivit: «Le deuxième, les
membres de ma famille. Je vous appelle (à la vénération) de Dieu à travers
les membres de ma famille ( trois fois)».
523
Houçayn s'interrogea: «O Zaïd, quels sont donc les membres de
sa famille? Ses femmes ne font-elles partie de ces membres?». Certes
oui, répondit-il, ses femmes le sont, mais elles sont aussi les membres
auxquels on ne fera pas aumône après son départ. Houçayn
redemanda: «Qui sont donc?» Et Zaïd de reprendre: Ce sont la famille
de 'Ali, la famille de Ja'far et la famille de 'Abbas -Tous ceux-ci n'ont
pas droit à recevoir l'aumône? -Oui, répondit Zaïd» (Rapporté par
Ahmed, Moustim et Nassau Cette version est celle de Mouslim) fl] .
«Celui qui fait une bonne action, nous en augmentons le mérite». Un
verset qui est pareil à celui-ci: «Allah ne lésera personne, pas même du
poids d'un atome. Il rémunéra au centuple les bonnes actions et leur
assurera une récompense magnifique» [Coran IV, 40] Dieu, certes, est
celui qui absout les péchés, efface les mauvaises actions, multiplie les
bonnes actions minimes soient-elles, dissimule les défauts et les
mauvaises œuvres et II est le Reconnaissant par excellence.
«Ne soutiennent-ils pas que tu inventes à propos d'Allah? Si Allah
voulait, n fermerait ton cœur à toute révélation» En d'autre terme: si tu
leur forges des mensonges, comme ces idolâtres le prétendent, Dieu
* * . »
4i)i yfcf WJj' <*JtJLiii> ^ t^b J^-j ^ ol iUjj ^ ui
524
aurait placé un sceau sur ton cœur en ôtant tout ce que tu as retenu
du Coran, comme Dieu a dit ailleurs: «Si le Prophète nous attribuait des
propos que nous n'avons pas tenus, nous l'aurions saisi avec force, et nous
lui aurions tranché la carotide. Qui d'entre vous pourrait s'interposer entre
lui et moi?» [Coran LXIX, 44-46]. Si le Prophète avait fait dire à Dieu
quelque chose mensongèrement, Il se serait vengé de lui en le
saisissant avec force pour lui trancher la carotide, et alors nul d'entre
les hommes ne serait capable de lui servir de rempart.
* Dieu efface et fait disparaître l'erreur et le faux et confirme la
vérité par Ses paroles, car II lit dans les cœurs et connaît parfaitement
ce qu'ils contiennent.
@ JLa fffi % £@ 00 G
wa huwa-l-ladî yaqbalu-t-tawbata 'an 'ibâdihî w ya'fïï 'ani-s-sayyi'âti wa
ya'lamu mâ tafalûna (25) wa y astajîbu-I-lad îna *a manû wa 'amilû-s-
sâlihâti wa yaziduhum min fadlihî wal kâfirûna lahum 'adâbun sadîdun
(26) wa law basata-L-Lâhu-r-rizqa li 'ibâdihî labagaw fî-l-'ardi wa lâkin
yunazzilu biqadarim mâ yasa 'u innahû bi 'ibâdihî Habîrum Basîrun (27)
wa huwa-l-ladî yunazzilu-l-gayta mim ba'di mâ qanitû wa yansuru
rahmatahû wa huwa-l-Waliyyu-l-Hamîdu (28).
C'est Lui qui accepte le repentir des hommes et pardonne leurs fautes.
Il connaît toutes leurs actions. (25) Ceux qui croient et font le bien
répondent à son appel et Lui, en retour, leur multiplie ses faveurs. Les
incrédules subiront un atroce supplice (26). Si Allah prodiguait sans mesure
ses richesses aux hommes, ceux-ci deviendraient arrogants. Il les leur
accorde dans la mesure qu'il lui plaît, car II connaît les hommes et lit dans
les cœurs. (27) C'est Lui qui envoie la pluie bienfaisante au moment que les
525
hommes désespèrent. Il étend sur eux sa miséricorde. H est le Protecteur et
le maganime(28).
Dieu rappefle à ses serviteurs qu'il accepte le repentir de
quiconque revient à Lui. Il est toute indulgence et le Pardonnant par
excellence. Dieu n'a-t-ll pas dit, pour affirmer cela, dans un autre
verset: «Quiconque aura commis une mauvaise action ou se portera tort à
soi-même trouvera Allah miséricordieux et indulgent, s'il L'implore» [-
Coran IV, 110]. »
A ce propos il est cité dans le Sahih de Mouslim, d'après Anas
Ben Malek -que Dieu l'agrée- que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Dieu se réjouit du repentir de Son serviteur
quand il se repent plus que Vun d'entre vous se trouvant dans une terre
déserte avec sa monture. Celle-ci s'enfuit portant avec elle la nourriture et
la boisson de cet homme. Désespérant de la retrouver, il s'endormit sous un
arbre. Etant ainsi, il s*éveilla pour trouver sa monture tout prés de lut II la
prit par la bride et s'exclama emporté par une grande joie: «Grand Dieu,
Tu es mon serviteur et je suis Ton Seigneur» Son excès de joie le porta à
commettre ce lapsus linguaé l K
Dieu accepte le repentir et en même temps, efface les mauvaises
actions passées. Il connait tous les actes des hommes. H exauça ceux
qui ont la foi et qui accomplissent des bonnes œuvres, que leurs
invocations soient pour eux-même ou pour leurs frères et amis, comme
a avancé As-Souddy, Et en plus, de par Sa générosité, Il augmente
ses grâces envers eux. En commentant ce fait, Abdullah rapporte que
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ce verset:
«H les leur accorde dans la mesure qu'il lai plaît» signifie que Dieu
accepte l'intercession des croyants en faveur de ceux qui leur ont
m m m
526
rendu un quelconque service dans le bas monde». Quant aux
incrédules, ils subiront un atroce supplice pour prix de leur impiété.
«Si Allah prodiguait sans mesure Ses richesses aux hommes, ceux-ci
deviendraient arrogants» Cela signifie: Si Dieu dispensait sans limites
les biens à Ses serviteurs, en leur donnant plus qu'ils en avaient
besoin par multiples, ils rempliraient la terre de leur injustice et de leur
insolence. Qatata a dit à ce propos: «Les meilleurs biens sont ceux qui
ne* vous distraient pas et ne vous rendent pas injustes, en se basant
sur ce hadith: «Ce que je redoute pour vous c'est que Dieu vous
dispense largement des clinquants du bas monde». «Il les leur accorde
dans la mesure qu'il lui plait» et selon une proportion bien déterminée,
car II connait parfaitement les besoins des hommes en faisant de
certains des riches et d'autres des pauvres, comme II connait aussi ce
qui leur convient. Il est dit dans un hadith (supposé être divin ou
Qoudoussi): «Il en est de Mes serviteurs que seules les richesses lui
conviennent, si Je faisais de lui un pauvre, Je lui gâcherais sa foi. Par
contre, il en est celui que la pauvreté lui convient, si je faisais de lui un
riche, Je gâcherais sa foi».
«C'est lui qui envoie la pluie bienfaisante au moment que les hommes
se désespèrent» croyant que la pluie ne descendrait plus en vivant dans
une sécheresse. On trouve dans le Coran un verset qui est pareil à
celui-ci: «Avant que cette eau ne tombe sur leur contrée, ils étaient dans le
désespoir» [Coran XXX, 49].
«Il étend sur eux Sa miséricorde» qui est la pluie qui chute dans
une région déterminée. Qatada a rapporté: «On nous a raconté qu'un
homme dit à Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée-: «O prince des
croyants, la pluie est retenue et les hommes vivent dans le désespoir».
Il lui répondit: «La pluie ne tardera pas à tomber, puis il récita: «C'est
lui qui envoie la pluie bienfaisante au moment que les hommes désespèrent.
Il étend sur eux sa miséricorde. Il est le Protecteur et le Magnanime». Il
est le seul qui est digne de louanges pour les bienfaits qu'il prodigue
aux hommes, qui leur sont utiles dans les deux mondes.
wa min *a*yâtihî halqu-s-samà wâti wal-ardi wa mâ bat ta fîhima min
dâ A bbatin wa huwa *alâ jam'ihim 'idâ yasafu qadîrun (29) wamâf
'asâbkum min musbatin fabimâ kasabat 'aydikum wa ya'fû 'an katirin
(30) wa msT 'antum bimu'jizîna fîl 'ardi wa mâ lakum min dûni-L-Lâhi
min waliyyin walâ nasîrin (31).
Un des signes de sa puissance est la création des cieux et de la terre et
de tous les êtres animés dont II les a peuplés. Il pourrait fondre ces
éléments en un seul s'il voulait. (29) Si un malheur vous frappe, c'est que
vous l'avez préparé de vos propres mains. Et pourtant que des fautes II
pardonne. (30) Vous ne sauriez résister à Allah sur terre. Vous n'avez ni
tuteur ni allié en dehors de Lui (31).
Sans doute, la création des deux et de la terre est un signe qui
montre l'omnipotence du Seigneur, qui sont peuplés de différents
êtres: Les anges, les hommes, les génies et les animaux répartis en
plusieurs catégories quand à leurs formes, couleurs, langues,
caractères, espèces et autres caractéristiques. II les a disséminés dans
les quatre coins du monde. Il a, certes, le pouvoir de les réunir au jour
de la résurrection sur un même tertre, aussi bien les premiers que les
derniers, de sorte qu'un crieur les fera entendre et la vue les atteindra
tous sans exception. Ensuite Dieu les jugera avec équité incontestable.
«Si un malheur vous frappe, c'est que vous l'avez préparé de vos
propres mains», à cause de vos péchés que vous avez commis. «Et
pourtant que des fautes H pardonne» sans vous punir, plutôt II les efface.
Car «Si Allah punissait les hommes suivant leurs œuvres, Il n'y aurait plus
sur terre âme qui vive» [Coran XXXV, 45]. Dans un hadith authentique,
ie Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Par celui
qui tient mon âme dans Sa main, tous les maux qui affligent le croyant,
qu'il s'agit d'une fatigue, d'une maladie, de soucis, de tristesse, même d'une
épine, lui valent de la part de Dieu une rémission de ses péchés» (Rapporté
528
par Boukhari) 1 1 .
Abou Jouhayfa rapporte: «Entrant chez Ali Ben Taleb, je l'entendis
dire: «Je vais vous rapporter un hadith dont chaque croyant est tenu
de le retenir et de le comprendre». -Quel est ce hadith, demandèrent
les hommes. Ali récita ce verset: «Si un malheur vous frappe, c'est que
tous Tarez préparé de vos propres mains. Et pourtant que des fautes II
pardonne» Et il dit ensuite: «Toute punition que Dieu a appliquée dans
ce bas monde, (son auteur) n'en rendra plus compte au jour du
jugement dernier pour en être sanctionné une deuxième fois, grâce à
la mansuétude de Dieu. Tout ce que Dieu pardonne dans le bas
monde, Il ne saurait le mentionner au jour de la résurrection grâce à
Sa générosité» (Ali remonte ce hadith au Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue-).
Entre autres commentaires, on cite celui-ci qui est avancé par Ad-
Dahak. Il a dit: «Tout ce que l'homme oublie ce qu'il a retenu du Coran
ne sera qu'à cause d'un péché qu'il a commis» Puis il récita le verset
précité et reprit: «Quel malheur est plus grand que l'oubli de ce qu'on
a retenu du Coran?».
wa min *£yâtatihi-l-jawâri fîl-bahri kal 'a'iâmi (32) iy-yasa' yuskini-r-riha
fayazlalan rawâkida 'alâ zahrihT 'inna fî dâlika la Tyâtin likulli
sabbarin Sakûrin (33) 'aw yubiquhunna bimâ kasabû wa ya'fu 'an katîrin
(34) wa ya*lama-l-ladîna yujâdilûna fî *a yâtinâ mâ lahum mim mahîsin
Sa puissance se manifeste dans les navires qui sillonnent les mers et
(35).
529
s'y dressent comme des montagnes. (32) S'il le voulait, Il apaiserait le vent
et les navires s'immobiliseraient sur la surface des flots. N'est-ce pas un
signe pour les gens sérieux et reconnaissants? (33) On bien E les ferait
sombrer pour punir les hommes. Et pourtant que des fautes D pardonne.
(34) Ceux qui contestent nos signes apprendront alors qu'ils ne sauraient
■
nous échapper. (35).
Parmi les signes de Dieu, on voit les vaisseaux qui courent à
travers les flots tels des montages (ou d'étendards suivant une autre
traduction). Il peut apaiser le vent quand II veut en immobilisant ainsi
ces vaisseaux sur la surface de l'eau. Il y a là vraiment un signe pour
tout homme constant, en supportant les malheurs, et pour tout homme
reconnaissant en vivant dans l'aisance et le bien-être.
«Ou bien II les ferait sombrer pour punir les hommes» à cause des
péchés qu'ils ont commis en les faisant périr noyés. Mais II pardonne
grâce à Sa mansuétude et à Sa générosité. Suivant une autre
interprétation, Dieu pourrait, s'il le voulait, dévier les navires de leurs
lignes tracées pour les empêcher d'aboutir à leur but. Mais il s'avère
que la première interprétation est plus exacte car Dieu, en immobilisant
les navires sans leur envoyer le vent pour les pousser, les passagers
risqueraient d'être perdus. Tout comme II peut, par exemple, envoyer
une ondée ininterrompue pour causer la destruction des habitations et
l'anéantissement de toutes les plantes. Il agit selon des mesures
déterminées pour assurer la vie aux hommes.
«Ceux qui contestent nos signes apprendront alors qu'ils ne sauraient
nous échapper» car ils sont toujours sous l'autorité de Dieu et n'ont
aucune chance de fuir ses représailles.
fama 'utîtum min say'in famata'u-l-hayâti-d-dunyâ wamâ 'inda-L-Lâhi
530
hayrun-wa abqâ lil-ladîna *ïmanû wa *aîâ rabbihim yatawakkalûna (36)
wal-ladîna yajtanibûna kabâ'ira-l-'itmi wal fawâhisa wa idâ mâ gadibû
hum yagfirûna (37) wal-ladîna-s-tajâbu lirabbihim wa aqâmu-s-salâta wa
'amruhum Surâ baynahum wa mimmâ razaqnâhum yunfiqûn (38) wal-
ladîna *idâ 'asâbahumu-l-bagyu hum yantasirûna (39).
Tous les biens qui vous échoient en ce monde sont éphémères. Ceux
que vous trouverez près d'Allah seront plus précieux et plus durables. Ils
sont réservés aux croyants qui se fient à leur Seigneur. (36) À ceux qui
s'abstiennent des péchés capitaux et des turpitudes et qui pardonnent dans
l'égarement de la colère. (37) A ceux qui répondent à l'appel de leur
Seigneur, observent la prière, délibèrent en commun sur leurs affaires et
font profiter les autres des biens que nous leur prodiguons. (38) A ceux qui
ne laissent pas impunies les offenses qui leur sont faites (39).
Dieu méprise fe bas monde et ce qu'if y a comme clinquants,
biens et jouissances éphémères. Car tout ce que les hommes y
acquièrent, il ne faut pas qu'ils en soient dupes en le préférant à
l'autre. Ce qu'ils trouveront près de Dieu sera l'éternel qui ne
s'épuisera plus comme: délices, félicité, quiétude et jouissances. La
récompense de Dieu dans l'autre monde est celle qui perdure. Tout
ceci est réservé à ces gens-là:
- «aux croyants» qui délaissent les plaisirs du monde.
- «qui se fient à leur Seigneur» afin qu'il les aide à accomplir leurs
devoirs religieux et à s'interdire de l'illicite.
- «qui s'abstiennent des péchés capitaux» comme nous en avons
parlé en commentant la sourate de f'Araf.
- «qui pardonnent dans l'égarement de la colère» car leur caractère
indulgent les porte au pardon. Il est dit dans un hadith authentique que
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne s'est jamais
vengé pour soi-même mais quand il s'agissait d'une dérogation à une
loi divine et une violation de ses prescriptions.
- «qui répondent à l'appel de leur Seigneur» en suivant les Prophètes
et en obtempérant à Ses ordres.
531
- «qui observent la prière» qui est le plus magnifique culte et la
meilleure pratique religieuse.
- «qui délibèrent en commun sur leurs affaires» dont toutes leurs
décisions naissent d'une consultation mutuelle, surtout pendant les
guerres et les autres affaires importantes, comme faisait le Prophète .
- «qui font profiter les autres des biens que nous leur prodiguons» en
faisant les actes de charité aux proches parents puis aux autres et
ainsi de suite selon le degré de parenté.
- «qui ne laissent pas impunies les offenses qui leur sont faites» qui
réagissent dès qu'ils sont en butte à la violence ou victime d'une
agression, tout comme ils peuvent pardonner étant capables de se
venger. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a donné
l'exemple en pardonnant aux huit individus qui voulaient l'attaquer Tan
de Houdaybiya, à Gorathe Ben Al-Hareth qui dégainait son sabre pour
le tuer pendant qu'il dormait et à Labide Ben Al -A' s a m qui l'avait
ensorcelé.
wa jazâ'û sayyi'atin sayyi'atun mitluha faman *afa wa aslaha fa 'ajruhû
'alâ-L-Lâhi 'innahû lâ yuh ibbu-z-zâlimîna (40) wa lamani-n-tasara ba'da
zulmihî fa 'ûlà *ika mâ 'alayhim min sabîln (41) 'innamâ-s-sabîlu 'alâ-1-
ladîna yazlimûna-n-nâsa wa yabgûna fî-1- 'ardi bigayri-l-haqqi 'ûla 'ika
lahum 'adâbun 'alîmun (42) walaman sabara wa gafara 'inna dâlika
lamin 'azmi-l-'umûri (43).
A ceux qui ne rendent pas pins de mal qu'ils n'en reçoivent. Celui qui
pardonne et cherche à se concilier sera récompensé par Allah. Allah n'aime
pas les méchants. (40) Celui qui se venge d'une injustice n'encourt aucune
peine. (41) Sont punissables en revanche, ceux qui oppriment leurs
532
semblables et qui suivent en ce monde leurs mauvais instincts sans souci
d'équité. Ceux-là subiront un supplice douloureux. (42) Etre patient et
pardonner, cela suppose de la fermeté d'âme (43).
Dieu a dit dans une autre sourate: «Si quelqu'un vous cause un
préjudice, causez-lui le pareil» [Coran II, 194]. Et dans la sourate
présente, Il a dit: «A ceux qui ne rendent pas plus de mal qu'ils n'en
reçoivent» Donc la loi de talion est tolérée et applicable à tout moment
et en tout lieu afin de mettre fin aux agressions, mais II a, en même
* temps, recommandé le pardon. Et dans ce cas la récompense
incombe à Dieu. «La victime qui pardonne, Allah lui pardonnera ses
péchés» [Coran V, 45]. Il est dit dans un hadith: «Dieu le Très Haut
n'accorde que puissance à quiconque pardonne». «Allah n'aime pas les
méchants» qui commencent l'agression.
«Celui qui se venge d'une injustice n'encourt aucune peine» En d'autre
terme, ceux qui, après avoir subi un tort se font justice à eux-mêmes,
aucun recours n'est possible contre eux et on ne leur reproche rien.
Ourwa rapporte que Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Je ne savais
rien de ce qui s'est passé entre le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- et Zaînab- -ma co-épouse, quand celle-ci entra
chez moi irritée et sans même demander l'autorisation. Elle dit au
Prophète: «Il te suffit que la fille d'Abou Bakr te tourne le dos». En se
dirigeant vers moi, je me détournai d'elle. Le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- me dit alors: «Venge-toi d'elle». Voulant l'attaquer
-par mes paroles-je remarquai qu'elle gardait le silence et la salive
s'était desséchée dans sa bouche. Le Prophète ^qu'Allah le bénisse et
le salue- fut alors tout réjoui» (Zaînab avait médit de 'Aicha).
«Sont punissables, en revanche, ceux qui oppriment leurs semblables et
qui suivent en ce monde leurs mauvais instincts sans souci d'équité». En
d'autre terme, le secours n'est possible que contre ceux qui traitent les
autres avec injustice et qui commencent leur agression. Il est dit dans
un hadith: «Deux hommes qui s'injurient, il incombe à celui qui a
commencé (de supporter la faute de son injure) à moins que l'injurié
ne lui réponde des injures pareilles ou plus».
«Ceux-là subiront un supplice douloureux» pour prix de leur injustice.
Dieu les méprit puis, en mentionnant la loi de talion, exhorte les
533
hommes à être longanimes en pardonnant aux autres leurs méfaits: «-
Etre patient et pardonner, cela suppose de la fermeté d'âme», tl lui réserve
une belle récompense pour le rétribuer.
A cet égard, Abou Houraira raconte: «Un homme insulta Abou
Bakr en présence du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui
tantôt souriait tantôt s'étonnaît. Comme l'homme persévéra dans ses
propos injurieux, Abou Bakr lui rendh quelques-uns. Alors le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- se leva irrité et partit. Abou Bakr -que
Dieu l'agrée- le suivit et lui dit: «O Messager de Dieu, tu as bien
entendu ses injures, pourquoi donc tu es devenu coléreux quand je lui
ai rendu quelques-uns de ses injures?» Il lui répondit: «H y avait avec
toi (sans le savoir) un certain ange qui répondait à ta place. Lorsque tu
t'es chargé de cela (l'ange partit) et un démon le remplaça, et je répugnai
à être avec un démon dans une même assemblée». Puis il poursuivit: «Ù
Abou Bakr, il y a trois choses qui sont toutes de la vérité: Tout homme qui
subit une injustice sans réagir, Dieu le Très Haut le secourt et le rend
puissant. Tout homme qui fait un don pour maintenir son lien de sang,
Dieu lui donne des multiples en compensation. Enfin tout homme qui
quémande pour s'enrichir, Dieu - à la puissance et la gloire- le démunit de
tout bien» (Rapporté par Ahmed et Abou Daoud) lî K
534
wa may-yud lili-L- Lâhu famâ lahû min waliyyim mim-ba'dihî wa tarâ-z-
zâlimîna lamma ra'awu-l-'adâba yaqûlûna hal 'ilâ maraddim min sabîlin
(44) wa tarâhum yu'radûna 'alayhâ hâsi'îna mina-d-dulli yanzurûna min
tarafin hafîyyin wa qâla-l-ladîna 'â manu 'inna-l-hâsirîna-l-ladîna hasirû
'anfusahum wa 'ahlîhim yawmal qiyâmati 'alâ 'inna-z-zâlimina fî 'ad
âbim muqîmin (45) wamâ kâna lahum min 'awliyâ'a yansurunahum min"
dûm-L-Lâhi wa may -yudtiiï-l-lâhu fama lahû mim sabîlin-i- (46).
Celui qu'Allah abandonne ne saurait trouver d'autre protecteur. On
entendra les méchants s'écrier à la vue de supplice: «Est-ce possible de
retourner sur terre?» (44) On les verra passer devant le lieu de leur
supplice, les yeux voilés de honte et n'osant se fixer qu'à la dérobée. Les
croyants diront: «Les voila les réprouvés qui ont perdu leurs âmes et celles
de leurs et que le jugement dernier a condamnés». Qu'on le sache! les
méchants subiront un supplice éternel. (45). Ils ne sauraient trouver d'autre
protecteur qu'Allah. Celui qu'Allah égare ne peut plus se guider. (46).
4
Dieu est celui qui dirige les hommes et les met sur la voie droite,
quant à celui qu'il égare, il ne saurait trouver un autre patron que Dieu.
Au du jour jugement dernier, et à la vue du châtiment qui les
attend, les impies souhaiteraient être ramenés sur terre comme Dieu le
montre également dans ce verset: «Si tu te trouves là le jour où ils
seront sur le point d'entrer en enfer, tu les entendras dire: «Plût à Allah
que nous puissions revenir sur terre! Nous ne traiterions plus de mensonge
les signes de notre Seigneur et nous serions croyants» [Coran VI, 27].
Ce jour-là ils seront humiliés en s'exposant à la Géhenne et jetant
des regards furtifs en éprouvant une grande peur car ils y seront
précipités. Quant aux croyants, ils diront: Voilà les coupables qui ont
préparé leur perte de leurs propres mains, et seront séparés de leurs
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bien-aimés et leurs familles. Or: «les méchants subiront un supplice
éternel» Ils n'auront aucun patron-protecteur en dehors de Dieu pour
les sauver, car «Celui qu'Allah égare ne peut plus se guider».
s-stajîbû lirabbikum min qabli ay-ya'tiya yawmun la maradda lahû mina-
L-Lâhi mâ lakum min malja'in yawma 'idin wama lakum min nakîrin
(47) fa 'in 'a'radû famâ 'arsalnâka 'alayhim hafîzan 'in 'alayka 'illâ-1-
balâgu wa 'innâ 4 'idlf 'adaqnâ-l-'insâna minna rahmatan fariha bihâ wa
'in tusibhum sayyi'atum bimâ qaddamat 'aydihim fa 'inna-l-'insâna
kafûrun (48).
Répondez à l'appel de votre Seigneur avant que ne vienne le jour
inéluctable fixé par lui. Ce jour-là, vous ne trouverez aucun refuge, vous ne
pourrez renier vos œuvres. (47) Si les hommes ne t'écoutent pas, tu n'en es
pas responsable. Tu n'es chargé que des les avertir. Gratifions-nous
l'homme de notre bénédiction? il s'en réjouit. Le frappons-nous d'un mal
pour le punir de ses fautes? il nous renie. (48).
Après que Dieu ait montré les affres du jour de la résurrection, Il
exhorte les hommes à faire leur préparatif pour rencontrer ce jour-là.
«Répondez à l'appel de votre Seigneur» et redoutez le jour du jugement
dernier qui arrivera sans aucun doute et rien ne le retardera ou le
repoussera. «Vous ne trouverez aucun refuge, vous ne pourrez renier nos
singes». Aucune forteresse inexpugnable ne pourrait protéger les
hommes, aucun refuge ne saurait les abriter, et vous serez incapables
d'échapper à Dieu, plutôt II vous appréhendera par sa science, sa vue
et son autorité. Ce jour-là: «l'homme s'écriera: «Où fuir?». Mais, il ne
trouvera pas de refuge. Ce jour-la, ô homme, tu rejoindras ton Martre pour
toujours» [Coran LXXV, 10-12].
Si les polythéistes, ô Mouhammad, se détournent de toi, sache
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que nous ne t'avons pas envoyé vers eux pour les observer car tu es
sans autorité sur eux et ta mission consiste à leur communiquer te
message et c'est à nous qu'ils rendront compte de leurs actions.
«Gratifions-nous l'homme de notre bénédiction? il s'en réjouit» Car il
vit ainsi dans le bien-être et l'aisance. Mais, par contre, «le frapperons-
nous d'un mal» soit-il une disette, une indigence, une maladie ou une
affliction quelconque, «il nous renie» en méconnaissant tous les
bienfaits qu'il a reçus auparavant et ne reconnaît, dans sa vie, que le
moment où il vit en oubliant tout. A l'inverse de cet impie, le Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a montré le comportement du
croyant dans ce hadith: «S'il reçoit un bienfait, il se montre
reconnaissant, et ceci est un bien pour lui. Si par contre un mal le
touche, il se résigne et l'endure, et ceci aussi est un bien pour lui. Tout
cela n'est assigné qu'au croyant».
li-L-Lâhi mulku-s-sama wâti wal 'ardi yahluqu mâ yasâ^'u yahabu limay-
ya§â A, u 'inâtan wa yahabu limay-ya§â A 'u-d -d ukûra (49) 'aw
yuzawwijuhum dukranan wa 'inâtan wa yaj'alu may-yasa l, u 'aqîman '-
innahum 'Alimun Qadîrun (50).
Allah est le Maître des deux et de la terre. Il crée ce qu'il veut. Il
donne aux uns des filles, aux autres des garçons. (49) à d'autres des
garçons et filles réunis pas couples. Il rend stérile qui II veut. Il est Savant
et Puissant.(50).
Dieu est le créateur des cieux et de la terre, et peut disposer de
ce qu'ils renferment à Sa guise. Nul ne donne ce qu'il refuse, et nul ne
saurait empêcher ce qu'il veut donner. Il donne à certains des filles, à
d'autres des garçons, à d'autres des filles et des garçons. Il rend
stérile qui 11 veut. Ainsi les gens sont répartis en quatre catégories
quant à leur progéniture. Il connaît parfaitement ce qu'il convient à
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chacun d'eux et capable de réaliser ce qu'il veut
wamâ kâna libasarin ay-yukallimahu-l-lâhu 'illâ wahyan 'aw min wara'i
hijâbin 'aw yursila rasulan fayuhiya bi-'idnihî mâ yasaf'u innahû
Aliyyun Hâkîmun (51) wa kadâlika 'awhaynâ 'ilayka rûhan min 'amrina
mâ kunta tadrî ma-l-kitabu walâ-l-*imânu walakin ja'alnâhu nûran-nahdî
bihî man nasà'u min 'ibâdinâ wa 'innaka latahdî 'ilâ sirât im-mustaqîm in
(52) sirât i-L-Lâhi-l-ladî lahû mâ fî-s-sama wâti wamâ fîl 'ardi 'alâ 'ilâ-L-
Lâhi tasîru-l-'umûr (53).
Allah ne communique pas directement avec l'homme. Mais D l'inspire
ou lui parle à travers un voile ou lui envoie un Prophète par qui H révèle ce
qu'il désire. H est le sublime et le Souverain juge. (51) C'est ainsi que nous
t'avons révélé l'esprit de notre règle alors que tu ne connaissais ni le livre
ni la foi. Nous en avons fait une lumière avec laquelle nous dirigeons qui
nous voulons. En vérité, tu appelles les hommes à une voie droite, (52) à la
voie d'Allah, le Maître des deux et de la terre. Dites-vous bien que c'est à
lui que tout fait retour. (53).
Voici donc les trois modes de révélation:
- Une inspiration directe.
- A travers un voile, ou derrière un écran.
- Par i'enremise d'un ange.
Comme exemples, on cite ces hadiths et faits:
- Ibn Hibban rapporte dans son Sahih que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'Esprit de sainteté m'a inspiré
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qu'aucune âme ne meurt avant qu'elle ne reçoive les biens qu'ils lui sont
impartis et qu'elle n'arrive au terme qui lui est fixé. Pour cela, craignez
Dieu et soyez modérés dans vos requêtes»^ 1 *'
- Moïse -paix sur lui- a demandé la vue du Seigneur après qu'il lui
ait adressé directement la parole, mais un voile s'interposait entre eux.
- Dieu a envoyé l'ange fidèle -Gabriel- pour transmettre les
révélations la plupart des temps aux Prophètes. (Donc c'était un ange
et non un Prophète comme il est cité dans le verset).
«C'est ainsi que nous t'avons révélé l'esprit de notre règle» ou suivant
une autre traduction: un Esprit ou un souffle- de notre commandement-
, il s'agit sans doute du Coran «alors que tu ne connaissais ne le Livre ni
la foi» car ce Livre comporte toutes les règles de la foi. «Nous en avons
fait une lumière avec laquelle nous dirigeons qui nous voulons». Le Coran,
comme il était cité dans d'autres versets, est une guidance et une
guérison pour ceux qui en croient. Et toi, ô Mouhammad, tu guides
vers la voie droite et à la bonne moralité. Cette voie qui est tracée par
Dieu à qui appartient tout ce qui se trouve dans les cieux et sur la
terre et qui en dispose comme II veut. C'est à Lui qu'aboutit la
destinée de toutes les choses pour les juger d'après sa parfaite équité.
Gloire à Lui, et qu'il soit très élevé au-dessus- de ce que les idolâtres
Lui imputent.
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