Coran › Sourate 46 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 46 trad. humaine
46 - SOURATH D'EL-AHQAF
35 versets
Révélée à La Mecque à l'exception des versets 9> 14 et 34 révélés à
Médine
Révélée à la suite de la sourate des peuples agenoullés
tëfi i^i kM fij \ tî? Cj
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
■
Ha-mîm (1) tanzîlu-l-kitâbi mina-L-Lâhi-1- 'Azîzi-1- Hakîmi (2) mâ
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halaqnâ-s-samâwâti wal 'arda wamâ baynahumà" *illâ bil-haqqi wa
ajalim musamman wal-ladîna kafarû 'ammlt'undirû mu'ridûna (3) qui
ara 'aytum mâ tad'ûna min dûni-L-Lâhi 'arûnî mâd â halaqû mina-l-'ardi
'am lahum Sirkun fî-s-samâwâti 'itûni bikitâbim min qabli hâdïî 'aw 'at
âratim-min 'ilmin 'in kuntum sadiqîna (4) waman 'adallu mimman yad'û
min dûni-L-Lâhi ma-l-lâ yastajîbu lahu *ilâ yawmi-l-qiyâmati wa hum
'an du'à^ihim gâfilûna (5) wa idâ huâira-n-nâsu kânû lahum 'a'dï'an wa
kânû bi'ibâdatihim kâfirîna (6).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Ha.Mim (1) Le Livre émane d'Allah le Tout-Puissant et le Sage. (2)
Ce n'est pas sans but que nous avons créé les cieux et la terre et ce qui les
sépare et c'est pour une durée déterminée. Mais les incrédules n'ont cure
des avertissements qu'on leur donne. (3) Dis: Voyons, ceux que vous
invoquez en dehors d'Allah, montrez-moi en quoi ils ont contribué à la
création de la terre! Montrez-moi leur part dans la création des cieux!
Apportez-moi un Livre révélé avant celui-ci ou seulement un indice
quelconque de leur divinité, si vous êtes sincères? (4) Quel plus grand égaré
que celui qui prie en dehors d'Allah une idole muettte jusqu'au jour de la
résurrection! une idole indifférente à ses suppliques. (5) Lorsque les hommes
seront rassemblés, les idoles se révéleront leurs ennemis et renieront les
cultes qu'on leur aura voués (6).
Dieu a révélé le Coran à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le
salue- . Il est le tout-Puissant et le sage en actes et paroles. Il a créé
les cieux et la terre en toute vérité pour un temps déterminé et décrété
à l'avance qui ne saurait ni augmenter ni diminuer.
Les incrédules se sont détournés de cette révélation sans se
conformer à ses enseignements et ont tourné le Prophète en dérision.
Ils sauront bientôt les conséquences de leur impiété. Ces idolâtres qui
adorent d'autres divinités avec Dieu, demande-leur ô Mouhammad,
montrez-moi ce qu'ils ont créé en fait de terre là où ils se trouvent. Ou
bien ont-elles associé à la création des cieux. En fait ces divinités
n'ont rien créé et ne possèdent quoi que ce soit ne serait-ce qu'une
pellicule de datte. Dieu est le seul créateur à lui la puissance et la
gloire. Comment adorez-vous d'autre en dehors de Lui? Qui vous a
demandé à agir ainsi? Qui vous a ordonné à suivre ce chemin? Qui
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vous a appelé à un tel culte sinon une invention de vous-mêmes.
Dieu les défie aussi: «Apportez-moi an Livre révélé avant celui-ci»
comme les Livres qui ont été descendus sur les Prophètes- que Dieu
les salue et prie sur eux- «on seulement un indice quelconque de leur
divinité» pour justifier votre adoration si vous êtes véridiques. Qui est
plus égaré que celui qui invoque en dehors de Dieu celui qui ne
répond pas à son appel jusqu'au jour de la résurrection. Ces divinités
resteront indifférentes à leurs prières car elles ne sont que de pierres
qui n'entendent pas et ne voient rien. Lorsque Dieu réunira toute
l'humanité pour le jugement dernier, ces idoles seront les ennemis de
ces incrédules et désavoueront leur culte dans le bas monde comme
Dieu a dit: «Quelle erreur! Ces divinités renieront leurs adorateurs et se
retourneront même contre eux» [Coran XIX, 82]. Au jour de la
résurrection, ils se renieront les uns les autres et se maudiront les uns
les autres. Leur refuge sera la Géhenne et n'auront aucun protecteur.
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wa 'idâ tutlâ 'alayhim 'â yâtunâ bayyinâtin qâla-l-ladîna kafarû lil-haqqi
lammâ jâ A 'ahum hâdâ sihrum mubînun (7) 'am yaqûlûna-ftarâhu qui
'ini-f-taraytuhû falâ tamlikûna lî mina-L-Lâhi say'an huwa Vlamu bimâ
tufîdûna fîhi kafâ bihî sahîdam baynî wa baynakum wa huwa-l-Gafûr-r-
Rahîmu (8) qui ma kuntu bid*am-mina-r-rusuli wamâ 'adrî ma yuf alu bî
walâ bikum "in 'attabi'u *illâ mâ yuhâ 'ilayya wamâ *ana 'illâ nadîrum-
mubînun (9).
Lorsqu'on leur récite nos versets les plus clairs, les incrédules traitent
notre vérité de magie manifete. (7) Ils affirment que tu as inventé ce
Coran. Réponds: «Si je l'ai inventé, vous ne sauriez détourner de moi le
châtiment d'Allah. Allah sait ce dont vous m'accusez. Son témoignage me
suffit entre vous et moi. Il est le Clément et le Miséricordieux. (8) Dis: «Je
ne suis pas le premier Prophète. J'ignore le sort qu'Allah réserve à chacun
de nous, vous et moi. Je me borne à suivre ce qui m'est révélé. J'ai pour
unique mission d'avertir clairement (9).
En entendant les versets du Livre de Dieu récités, malgré leur
clarté et leur évidence, les idolâtres plongés dans leur égarement et
leur opiniâtreté, s'écrièrent: «c'est de la magie manifeste», ou bien ils
prétendirent que Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- a
inventé ce Coran. Dieu lui dit de leur répondre: «Si je l'ai inventé, vous
ne sauriez détourner de moi le châtiment d'Allah» Si je vous ai menti
présumant que Dieu m'a envoyé et si je ne vous disais pas la vérité,
Dieu m'infligerait un châtiment qu'il n'a jamais infligé à un autre avant
moi. Nul d'entre vous ne pourrait me protéger contre Dieu, comme il
est dit dans ce verset: «Personne ne saurait me protéger contre Allah. Et
je ne saurais trouver de refuge en dehors de Lui» [Coran LXXII, 22]. Et
dans un autre verset Dieu affirme la véracité du Coran, qu'il est révélé
de Lui et que Mouhammad ne saurait prétendre qu'il est une invention
de sa part, autrement Dieu lui aurait puni. «Si le Prophète nous
attribuait des propos que nous n'avons tenus, nous l'aurions saisi avec
force» [Coran LXIX, 44, 45].
Dieu sait parfaitement ce que les incrédules propageaient au sujet
du Coran et ordonne à Son Prophète de leur répondre: «Son
témoignage me suffît entre vous et moi», un verset qui constitue un
avertissement et une menace contre leur fausse accusation. «H est le
Clément et le Miséricordieux» On y trouve une exhortation au repentir et
on peut l'interpréter de cette façon: Si vous vous repentez et revenez à
Dieu en toute sincérité, tl vous absoudra et vous recevra dans le sein
de sa miséricorde malgré tout.
«Je ne suis pas le premier Prophète» un grand nombre m'a précédé.
Je ne vous apporte pas un mesasage qui diffère d'autres dont les
Prophètes, avant moi, furent chargés de le communiquer à leurs
peuples. Pourquoi donc me reniez-vous et ne croyez pas en mon
message?
«J'ignore le sort qu'Allah réserve à chacun de nous, vous et moi» et
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ce qu'il fera de moi et de vous. Ibn Abbas a dit qu'après ce verset,
Dieu fit descendre cet autre: «Montrant ainsi que nous te pardonnons tes
fautes passées et présentes» [Coran XLVIII, 2]. Ikrima, Al-Hassan et
Qatada y ont ajouté: «Après la révélation de ce verset, les fidèles
s'écrièrent: «Félicitations ô Envoyé de Dieu? Et pour nous?» Dieu fit
alors descendre: «pour rendre dignes les croyants et les croyantes de
l'éternel séjour au paradis où courent des eaux vives...» [Coran XLVIII, 5].
En commentant le verset précité, Al-Hassan Al-Basri a dit: «Dans
la vie future, le sort du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - sera
certes le Paradis. Il leur a dit qu'il ignore son sort dans la vie présente
s'il sera expulsé comme certains Prophètes, ou sera tué comme
certains d'autres, ou ils seront engloutis par la terre ou une pluie de
pierres s'abattra sur eux. Telle est l'interprétation convenable qu'on
doit donner à ce verset. Lui et ceux qui l'ont suivi auront le Pardais
dans l'autre monde, il ignorait ce qu'il en sera des polythéistes
Qoraïchites: deviendront-ils croyants? resteront-ils incrédules? ou
seront-ils exterminés à cause de leur impiété?
Comme affirmation de l'ignorance du sort, on rapporte ce hadith
raconté par Kharija Ben Zaid Ben Thabet d'après Oum AI-'Ala qui a
prêté serment d'allégeance au Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue -. Elle a dit: «Comme les Ansars (Médinois) ont fait un
tirage au sort pour donner hospitalité aux Mouhajirins (Emigrés
Mecquois), notre part était Othman Ben Madh'oun qui demeura chez
nous et fut atteint d'une maladie qui causa sa mort.
«Quand il mourut, on l'a lavé et on Ta enseveli dans ses
vêtements. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - entra
chez nous et m'entendit dire: «Que Dieu te fasse miséricorde ô Abou
As-Saeb, je témoigne que Dieu t'a honoré»: L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - me dit: «Comment sais-tu que Dieu l'a
honoré?». Je lui répondis: «Que je sacrifie pour toi père et mère ô
Envoyé de Dieu. Qui est donc la personne que Dieu honore?». Il
répliqua: «Quant à lui, la mort lui survint, par Dieu, je lui souhaite tout
le bien. Par Dieu, je suis l'Envoyé de Dieu, j'ignore ce que Dieu fera
de moi». Je rétorquai: «Par Dieu, dorénavant, je ne déclarerai plus
quiconque pur aux regards de Dieu». Je dormis, et je vis Othman
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auprès d'un cours d'eau qui coulait à ses pieds. Je vins auprès du
Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - pour le mettre au
cours de ma vision, il me répondit: «Tel est le prix de ses œuvres» (-
Rapporté par Boukhari).
On peut déduire qu'on n'a pas le droit de déterminer le sort de
quiconque soit-il pieux ou pervers. Seuls les dix compagnons avaient
reçu l'annonce qu'ils entreront au Paradis ainsi que les récitateurs du
Coran qui étaient au nombre de 70 et furent tués par trahison auprès
du puits «Mé'ouna».
qui âra'aytum 'in kâna min 'indi-L-Lâhi wa kafartum bihî wa sahida
sahidum mim banî 'îsra *îla 'ala mitlihî fa'amana was-takbartum 'inna-
L-Lâha lâ yahdî-l-qawma-z-zalimîna (10) wa qâîa-î-ladîna kafarû lil-lad
îna *a manu law kâna hayram mâ sabaqûnâ 'ilayhi wa 'id lam yahtadû
bihî fasayaqulûna hâdaf 'ifkun qadîmun (11) wa min qablihî kitâbu
Mûsa 'imâman wa rahmatan wa hâdâ kitâbum musaddiqun lisânan
'arabiyyal-liyundira-l-ladîna zalamû wa busrâ lil-muhsinîna (12) 'inna-1-
ladîna qâlû rabbuna-L-Lâhu tumma-s-staqâmû falâ hawfun 'alayhim
walâ hum yahzanûna (13) 'ûlâ A, ika 'ashâbu-l-jannati hâlidîna fîhâ
jazâ'am bimâ kânû ya'malûna (14).
Dis: «Voyons. S'il était démontré que ce Livre -auquel vous ne croyez
pas- vienne d'Allah, alors que même un israëlite a témoigné de son
authenticité et il y a adhéré, qu'adviendrait-il de vous qui le rejetez avec
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mépris? Allah ne favorise pas les incrédules». (10) Les incrédules disent à
propos des croyants: «Si ce Coran avait vraiment une valeur, nous l'aurions
adopté avant eux. Mais comme ils ne s'y conforment pas, ils le traitent de
vieux mensonge». (11) Avant ce livre, il y a eu celui de Moïse qui a été
tout à la fois un guide et une bénédiction. Ce Coran confirme en langue
arabe le Livre de Moïse. Il t'autorise à menacer les méchants et à annoncer
des bonnes nouvelles aux gentils. (12) Ceux qui proclament: notre Maître
est Allah et qui se conduisent avec droiture ne connaîtront ni crainte ni
tristesse. (13) Us auront le Paradis pour séjour éternel en récompense de
leurs œuvres (14).
O Mouhammad, dis à ces incrédules idolâtres: Que diriez-vous si
ce Coran venait réellement de Dieu et que vous l'eussiez renié, que
pensez-vous que Dieu fera de vous «alors que même un Israélite a
témoigné de son authenticité et y a adhéré». Car les Livres précédents
révélés aux autres Prophètes contenaient les mêmes enseignements.
Un témoin parmi les fils d'Israël a reconnu sa conformité, mais vous,
vous l'avez renié par orgueil. Il s'agit, comme a avancé Masrouq, de '-
Abdullah Ben Salam et d'autres encore, qui ont cru en votre Prophète
et au Livre.
«Allah ne favorise pas les incrédules» et ne dirige pas le peuple
injuste. Amer Ben Sa'd rapporte que son père a dit: «Je n'ai jamais
entendu le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire à
un mortel qui marche sur la terre qu'il sera l'un des élus du Paradis
qu'à Abdullah Ben Salam -que Dieu l'agrée-, et à son sujet ce verset
fut révélé: «alors que même un israëlite a témoigné de son authenticité et y
a adhéré». Ainsi fut le commentaire de Moujahed, Ibn Abbas, Ad-Dahak
et Qatada.
«Les incrédules disent à propos des croyants: «Si ce Coran avait
vraiment une valeur, nous l'aurions adopté avant eux» voulant désigner
Bilal, Çouhayb, Ammar, Khabbab et leurs semblables parmi les vrais
croyants qui étaient des esclaves et des opprimés. Les incrédules ont
commis une grande erreur en les désignant comme Dieu le montre
dans ce verset: «C'est ainsi que nous déconcertons les hommes par le
destin que nous réservions aux uns et aux autres au point qu'ils disent:
«Comment, c'est à ces gens-là qu'Allah accorde des faveurs?» [Coran VI,
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53] Ils furent étonnés de voir cette catégorie de faibles et de pauvres
se convertir et croire au Coran et dirent: «Si ce Coran avait vraiment une
valeur, nous l'aurions adopté avant eux».
Les gens de la communauté et de la Sunna ont jugé que tout acte
ou parole dont l'auteur n'était pas un des compagnons du Prophète -
que Dieu les agréé- doit être considéré comme une innovation, car si
c'était un bien -ou une bonne chose-ils nous y auraient devancés,
étant donné qu'ils n'ont laissé un acte -ou une parole- de bien sans
prendre l'initiative et la déclarer.
«Mais comme ils ne s'y conforment pas, ils le traitent de vieux
mensonge» et affirment que le Coran n'est qu'un recueil de vieux contes
hérité des ancêtres, en le dénigrant ainsi que ceux qui suivent ses
prescriptions. Tel est l'orgueil que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit de lui: «Il est le reniement de droits des
autres et le mépris des hommes».
«Avant ce Livre, il y a eu celui de Moïse» qui est la Torah -ou le
Pentateuque- «qui a été tout à la fois un guide et une bénédiction» ou
une miséricorde. Mais celui-ci, le Coran, est un Livre qui confirme les
autres, écrit en langue arabe d'un style clair et éloquent. «H t'autorise à
menacer les méchants et à annoncer de bonnes nouvelles aux gentils» qui
font le bien. Ceux qui disent: «Notre Seigneur et Dieu» et adoptent la
voie de rectitude, ne connaîtront ni crainte de ce qui les attend, ni
tristesse de ce qu'ils ont laissé derrière eux. Ceux-là «auront le Paradis
pour séjour éternel en récompense de leurs œuvres» bonnes qui leur
assurent la miséricorde de Dieu et Sa satisfaction.
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wa wassaynâ-l-'insâna biwâlidayhi 'ihsânan hamalathu 'ummuhû kurhan
wa wada'athu kurhan wa hamluhû wa fisâluhû talâtûna sahran hattà*
'idâ balga 'aSaddahû wa balaga 'arba'îna sanatan qâla rabbi 'awzi'nî 'an
'askura ni'mataka-l-Iatî 'an'amta 'alayya wa *alâ wâlidayya wa 'an
'a'mala salihan tardâhu wa 'aslih lî fî durriyatî 'innî tubtu 'ilayka wa '-
innî mina-1-muslimîna (15) 'ûla 'ika-l-lad îna nataqabbalu 4 an hum 'ahsana
mâ 'amilû wa natajâwazu 'an sayyi'âtihim fî ashâbi-l-jannati wa'da-s-
sidqi-l-ladî kânû yu'adûna (1$.
Nous avons recommandé à l'homme de bien traiter ses pères et mère.
Sa mère l'a porté et Fa mis au monde en souffrant. Elle endure les fatigues
de la grossesse et de l'allaitement pendant trente mois. Quand il atteint
l'âge de maturité, à quarante ans, il prie ainsi: «Seigneur, fais que je
reconnaisse les bienfaits dont Tu m'as comblé, moi et mes parents. Fais que
mes actions t'agréent et rends-moi heureux dans ma descendance. Je
m'abandonne à Toi, je me range du côté des soumis»». (15) De tels
hommes, nous agréons les bonnes actions et nous leur pardonnons les
mauvaises. Ils seront parmi les bienheureux du Paradis. Ainsi se trouveront
réalisées les promesses qui leur auront été faites (16).
Dans le Coran on trouve plusieurs versets où le bon traitement
des parents est joint à l'adoration de Dieu. Nous citons celui-ci à titre
d'exemple: «Ton Seigneur ordonne de n'adorer que Lui, de bien se
conduire avec ses père et mère» [Coran XVII, 23]. Dans ces versets, Dieu
recommande, voire ordonne, d'être bienveillant à l'égard des père et
mère et d'être bon envers eux.
Au sujet de cette révélation, Abou Daoud at-Tayalisi rapporte
d'après Sa'd -que Dieu l'agrée- que la mère de ce dernier lui dit: «O
Sa'd, Dieu n'a-t-ll pas ordonné d'obéir aux père et mère? Je ne prends
ni boisson ni nourriture jusqu'à ce que tu renies Dieu». Elle s'abstint
ainsi de tout et on devait , pour la maintenir en vie, lui ouvrir la bouche
avec un bâton pour lui donner quelque chose» (Rapporté par Mouslim
et les auteurs des Sunans).
«Sa mère l'a porté et Ta mais au monde en souffrant» tout comme
chaque mère endure la période de grossesse, les envies, la nausée et
le poids de l'enfant dans son ventre. Lors de l'accouchement elle
éprouve également des douleurs et des peines. «Elle endure les fatigues
de la grossesse et de l'allaitement pendant trente mois.» Les ulémas ont
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déduit de ce verset et de cet autre: «... Elle l'allaite pendant deux ans»
[Coran XXXI, 14] que la durée minimale de la grossesse est de six
mois. En confirmation on cite ce que Ma'mar Ben Abdutlah Al-Jouhani
a rapporté. Il a dit qu'un de ses concitoyens a épousé une femme de
la famille Jouhaina, qui lui enfanta un garçon après six mois de
grossesse. Son mari alla voir Othman -que Dieu l'agrée- et lui raconta
le fait. Othman manda la femme qui, en s'apprêtant à s'habiller, sa
soêur se mit à pleurer. Elle lui dit: «Pourquoi pleures-tu? par Dieu nul
des créatures de Dieu n'a douté de ma conduite sauf lui. Dieu le Très
Haut tranchera entre nous».
Cette femme arrivée chez Othman avec son mari, Othman
ordonna de la lapider. Ali -que Dieu l'agrée- ayant eu vent de cette
affaire, vint trouver le calife Othman et lui demanda: «Que fais-tu?» -
Cette femme, lui répondit-il, vient de mettre au monde un enfant après
six mois de grossesse seulement. Est-ce possible?». Et Ali de
répliquer: «N'as-tu pas les lu Coran? -Oui. -N'as-tu pas entendu Dieu à
Lui la puissance et la gloire- dire: «... de la grossesse et de l'allaitement
pendant trente mois» et aussi: «pendant deux ans» De ça on peut déduire
que l'enfant n'est resté que six mois (dans le ventre de sa mère).
Othman dit alors: «Par Dieu, je n'ai pas fait attention à cela. Qu'on
m'emmène la femme.» Mais ce fut trop tard parce qu'on ia trouva
lapidée et morte. Et Ma'mar de poursuivre: «Par Dieu, un corbeau ne
ressemble pas à un autre ou un œuf ne ressemble pas un à autre plus
que cet enfant à son père. Ce père, voyant son fils, s'écria: «Il est bien
mon fils et je n'en doute pas.». Il fut atteint par un ulcère
phagédénique qui lui rongea le visage. Et le père devait mourir à
cause de cet ulcère».
Ibn Abbas a dit: «Si la femme accouche après neuf mois de
grossesse, l'allaitement de vingt et un mois suffit à l'enfant» A partir de
ce raisonnement on peut limiter la durée minimale de l'allaitement en
fonction de celle de la grossesse de sorte que les deux ne dépassent
pas trente mois.
«Quand il atteint l'âge de la maturité, à quarante ans» il devient
robuste, sage, car, en Islam, cet âge est considéré l'âge idéal où
l'homme parvient à sa perfection. Al-Hafedh Al-Moussali rapporte,
d'après Othman -que Dieu t'agrée- que le Messager de Dieu -qu'Allah
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le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque l'homme atteint l'âge de
quarante, Dieu lui allège son compte, à l'âge de soixante, Il lui accorde
le repentir, à i'âge de soixante-dix, les habitants du ciel l'aiment, à
l'âge de quatre-vingt, Dieu affermit ses bonnes actions et lui efface les
mauvaises, enfin, parvenu à l'âge de quatre-vingt-dix. Dieu lui efface
ses péchés et fautes passés et futures, accepte son intercession pour
les membres de sa famille et devient le prisonnier de Dieu sur terre».
A cet âge, il dit: «Seigneur, fais que je reconnaisse les bienfaits dont Tu
m'as comblé, moi et mes parents. Fais que mes actions» à venir «t'agréent et
rends-moi heureux dans ma descendance. Je m'abandonne a Toi, je me range
du côté des soumis» On trouve dans cette prière une exhortation à se
repentir vers Dieu, revenir à lui et être ferme dans tout cela. Ibn
Mass'oud a dit que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
enseignait les fidèles de dire après le tachahoud dans la prière: «Grand
Dieu, unis nos cœurs, dissipe toute animosité, montre-nous le chemin du
salut, fais-nous sortir des ténèbres vers la lumière, préserve-nous des grands
péchés apparents et cachés, bénis nos ouïes, nos vues, nos cœurs, nos épouses
et nos enfants, pardonne-nous car Tu es celui qui revient sans cesse vers le
pécheur repentant, Tu es le Miséricordieux, Fais-nous reconnaisants de vos
bienfaits dont Tu nous as comblé en Te louant et parachève-les sur nous»
(Rapporté par Âbou Daoud)^ 1 ^
«De tels hommes, nous agréons les bonnes actions et nous leur
pardonnons les mauvaises. Ils seront parmi les bienheureux du Paradis».
Ceux-là sont ceux qui se sont repentis revenant à Dieu, implorant le
pardon et ta miséricorde du Seigneur ayant l'intention de se consacrer
à son culte. Ils seront admis au Paradis car Dieu leur a promis une
telle récompense et «ainsi se trouveront réalisées les promesses qui leur
auront été faites».
tjbu^ U*rrlj t^J\ v l^iJl cJ dk\ L»U tLjbjij Wjjîj W^ij
610
Mouhammad Ben Hateb raconte: «J'étais chez Ali Ben Abi Taleb
alors que 'Ammar, Sa'Sa'a, Al-Achtar et Mouhammad Ben Abi Bakr s'y
trouvaient en même temps. Ils évoquèrent Othman en atteignant à sa
personne. Ali était assis sur son lit tenant un petit bâton en main. L'un
de ces hommes leur dit: «vous êtes chez un individu qui tranche entre
vous». En lui demandant son avis sur 'Othman -que Dieu l'agrée- il
répondit: «Othman était de ceux cités dans ce verset: «De tels hommes
'nous agréons les bonnes actions et nous leur pardonnons les mauvaises»
jusqu'à la fin du verset. Par Dieu, Othman et ses compagnons sont les
concernés par ce verset».
Youssof demanda à Mouhammad Ben Hateb: «Jures-tu par Dieu
que tu as entendu cela de la bouche de Ali -que Dieu l'agrée-?» Il lui
répondit: «Par Dieu, j'ai bien entendu cela de 'Ali -que Dieu l'agrée».
wa-l-ladî qâla liwâlidayhi 'uffil-lakumâ* 'ata'idâninî 'an 'uhraja waqad
halati-l-qurûnu min qablî wa huma yastagîtani-L-Lâha waylaka 'âmin
inna wa 'da-L-Lâhi haqqun fayaqûlu mâ hâda 'illif 'asâtîru-l-awwalîna
(17) 'ûla^'ika-l-ladîna haqqa 'alay himu-l-qawlu fî 'umamin qad halat
min qablihim mina-l-jinni wa-l-'insi 'innahum kânû hasirîna (18) wa
likullin darajâtum mimmâ 'amilû wa liyuwafïïyahum 'a'mâlahum wa
hum lâ yuzlamûna (19) wa yawma yu'radu-l-lad îna kafarû 'alâ-n-narri
'adhabtum tayyibatikum fî hayâtikumu-d-dunyâ wastamta'tum bihâ
falyawma tujzawna 'adâba-l-hûni bimâ kuntum tastakbirûna fîl-'ardi
bigayri-l-haqqi wa bimâ kuntum tafsuqûna (20).
611
Celui qui dit à ses parents: «Fichez-moi la paix. Pourquoi me rappeler
sans cesse que je renaîtrai? Alors que tant de générations se sont succédé
avant moi sans renaître?» Les parents l'adjurent ainsi au nom d'Allah:
«Malheureux! Soumets-toi. Les prédictions d'Allah sont vraies». Et lui
d'insister: «Ce sont de vieilles fables» (17) La parole d'Allah se vérifiera
contre l'auteur d'un tel langage, comme elle s'est vérifiée contre tant
d'autres peuples de génies et d'hommes aujourd'hui disparus. Us seront tous
réprouvés. (18) Chaque homme sera classé suivant ses œuvres. Ainsi nous
récompenserons les hommes d'après leurs œuvres et aucun ne sera lésé. (19)
Le jour où on conduira les infidèles à l'enfer, on leur dira: «Vous avez usé
= vos dons les plus rares à jouir de la vie et a en épuiser les plaisirs.
Aujourd'hui, un supplice infamant vous est infligé en punition de votre
coupable orgueil et de vos excès sur terre (20).
Ceux qui ont prétendu que le premier verset fut descendu au sujet
de Abdul Rahman le fils de Abou Bakr, leurs dires sont faibles et non-
fondés, car il s'est converti et est devenu l'un des musulmans les plus
fervents à cette époque. Ce verset concerne tout individu qui désobéit
à ses parents et renie la vérité.
Abdullah Ben Al-Médini raconte: «Me trouvant dans la mosquée,
j'entendis Marwan dire dans son prône: «Dieu le Très Haut a permis
au prince des croyants de former une bonne idée au sujet de Yazid et
de l'apprécier, et par la suite de le nommer comme calife. Avant moi,
Abou Bakr avait désigné Omar pour lui succéder au pouvoir». Abdul
Rahman Ben Abi Bakr -que Dieu les agrée- s'écria: «S'agit-il d'une
hérédité? Par Dieu Abou Bakr n'a pas laissé ce califat comme
succession à aucun de ses enfants, ni à un proche, ni même Mou'awia
sauf par un effet de clémence et de considération à ses fils». Marwan
lui dit alors: «N'es-tu pas l'homme qui a dit à ses paroles: «Fichez-moi
la paix?» Et Abdul Rahman de répliquer: «N'es-tu pas le fils de celui
que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a maudit
son père?».
Aicha -que Dieu l'agrée- entendant leurs propos dit à Marwan: «-
C'est toi qui a dit à Abdul Rahman telle et telle chose? Tu as menti car
ce n'est plus à son sujet que ce verset fut révélé, mais plutôt d'un tel
et d'un tel...» Marwan regretta son comportement et ses dires,
^ 612
descendit de la chaire, se rendit chez Aicha et demeura auprès de sa
chambre lui présenter ses excuses.
«Pourquoi me rappeler sans cesse que je renaîtrai?» et qu'on me fera
sortir du tombeau pour une nouvelle vie. «Alors que tant de générations
se sont sccédé avant moi sans renaître». Ses parents, tout en implorant
l'aide de Dieu, lui disent: «Malheureux! soumets-toi. Les prédications
d'Allah sont vraies» et seront réalisées sûrement. Et lui de répondre:
«Ce sont de vieilles fables».
Ce sont ceux-là contre lesquels la pardole de Dieu s'est réalisée
en même temps contre les peuples de génies et les peuples d'humains
qui ont vécu avant eux, et ont, par la suite, mérité le châtiment de Dieu
et étaient parmi les perdants et les réprouvés.
«Chaque homme sera classé suivant ses œuvres» et subira le supplice
en fonction de ses mauvaises actions. «Ainsi nous récompenserons les
hommes d'après leurs œuvres et aucun ne sera lésé». Abdul Rahman Ben
Zaid a dit: «Les degrés de l'enfer augmentent en profondeur, tandis
que ceux du paradis en s'élevant».
«Le jour où on conduira les infidèles a l'enfer, on leur dira: «Vous
avez usé vos dons les plus rares a jouir de la vie et à en épuiser les
plaisirs». Ces paroles leur seront adressées à titre de réprimande.
Tenant en considération la sagesse qui émane de ce verset, 'Omar
Ben Af-Khattab s'abstenait souvent même de consommer des choses
licites et bonnes et disait: «J'ai peur d'être parmi ceux qui sont
concernés par ce verset: «Vous avez usé vos dons......
«Aujourd'hui, un supplice infamant vous est infligé en punition de votre
coupable orgueil et de vos excès sur terre» Car ceux qui s'adonnent aux
excellentes choses qu'ils possèdent sur la terre, s'enorgueillissent en
se détournant du chemin de la vérité et commettent les turpitudes et
les mauvaises actions, Dieu les punira et leur infligera un supplice
humiliant et les précipitera dans l'abîme de la Géhenne. Que Dieu
nous en préserve.
-
613
wa-dkur 'ahâ 'Adin 'id 'and ara qawmahû bil 'ahqâfi waqad halati-n-
nuduru mim bayni yadayhi wa min halfihT 'alla ta'budû 'illâ-L-Lâha
'inriT 'ahâfu 'alaykum 'adâba yawmin 'azîmin (21) qâlû 'aji'tanâ
kta'fïkanâ 'an 'a lihatinâ fa 'tinâ bimâ ta*iduna 'in kunta mina-s-sâdikîna
(22) qâla 'innamâ-l-'ilmu 'inda-L-Lâhi wa 'uballigukum ma 'ursiltu bihî
wala kinnT 'arâkum qawman tajhalûna (23) falammâ ra'awhu 'âridam
mustaqbila 'awdiyatihim qâlû hâdâ 'aridum mumt irûna bal-huwa
masta'jaltum bihî rihun fihâ 'adâbun 'alîmun (24) tudammiru kulla
say'im bi'amri rabbihâ fa 'asbahû lâ yurâ 'illâ masâkinuhum kadâlika
najzi-l-qawma-l-mujrimîna (25).
Cite-leur le cas du frère des 'Àdites qui prêcha son peuple dans
l'Ahqaf où tant de Prophètes se succédèrent avant et après lui. Il leur
recommandait: «N'adorez qu'Allah. J'appréhende pour vous le châtiment
d'un jour qui sera mémorable». (21) Ils répondirent: «Viens-tu pour nous
détacher de nos idoles? Exécute tes menaces si tu dis vrai». (22) Allah seul
est fixé sur ces menaces, dit-il. Pour moi, j'accomplis ma mission. Mais je
vois que j'ai affaire à un peuple insouciant. (23) Apercevant un nuage
s'avancer vers leurs vallées, ils s'écrièrent: «Ce nuage nous apporte la
pluie» Erreur, c'est le châtiment que vous avez hâté, c'est un vent qui vous
apporte un épouvantable fléau. (24) Un vent qui, sur l'ordre du Seigneur,
détruira tout. Le lendemain, seules leurs demeures restaient debout. C'est
notre manière de punir les coupables (25).
Les peuples passés avaient traité leurs Prophètes de menteurs.
Dieu demande à Son Messager de citer à ces idolâtres de La Mecque
614
le Prophète Houd, le frère des Adites, que Dieu avait envoyé au
premier peuple de 'Ad qui habitait à Al-Ahqaf (qui signifie: la dune de
sable). Et Qatada a prcécîsé: Le premier peuple Adite vivait dans une
région sablonneuse au Yémen, dominant la mer, qui s'appelait: Al-
Chihr.
Dieu avait envoyé avant Houd et après lui, des Prophètes qui
avertissaient leurs peuples de n'adorer que Dieu seul. II est cité dans
le Coran ce qu'en fut de ces peuples mécréants quand Dieu dit par
exemple: «S'ils se montrent irréductibles, dis-leur: Je vous prédis un
cyclone comme celui qui a anéanti 'Ad et Thémoud. A toute époque, des
Prophètes leur furent envoyés les exhortant à n'adorer qu'Allah» [Coran
XLI, 13-14]. Son peuple lui répondit: «Viens-tu pour nous détacher de nos
idoles?» et nous détourner d'elles?» «Exécute tes menaces si tu dis vrai».
Ils demandèrent que Dieu dépêche leur supplice car ils n'y croyaient
pas, comme II a dit ailleurs: «Les incrédules sont impatients de la voir
venir...» [Coran XLII, 18]. Dieu seul décide à quel moment II dressera
Pheure et enverra son châtiment. Je vous transmets ce avec quoi j'ai
été envoyé.
Comme une sécheresse avait frappé le pays et les gens avaient
besoin de la pluie, en voyant un nuage se former et se diriger vers
eux, ils furent réjouis d'avoir de l'eau, mais Dieu leur répondit: «Erreur,
c'est le châtiment que vous avez hâté, c'est un vent qui vous apporte un
épouvantable fléau.» et un supplice douloureux, qui va, sous l'ordre de
son Seigneur, tout détruire. La menace de Dieu fut réalisée et «le
lendemain, seules leurs demeures restaient debout». Quant à eux, ils furent
exterminés du premier au dernier. Voilà comment Dieu rétribue le
peuple coupable et incrédule, et qui traite les Prophètes de menteurs.
On a rapporté que le pays de 'Ad fut frappé d'une disette. Ils
envoyèrent un homme appelé «Qil» qui passa par Mou'awia Ben Bakr ^
et demeura chez lui un mois durant lequel il lui servait du vin et deux
cantatrices appelées. «Al-Jaradatane» (les deux sauterelles) lui
chantaient les plus beaux refrains. Après l'écoulement de ce mois,
l'homme quitta son hôte et se dirigea vers les montagnes «Mahara».
Là il pria le Seigneur: «Grand Dieu, Tu sais bien que je ne suis pas
venu chez un malade pour le soigner, ni à un prisonnier pour le
615
racheter. Grand Dieu, donne au peuple 'Ad à boire ce que Tu lui as
donné jadis». A ce moment des nuages noirs passèrent au-dessus de
sa tête. Une voix l'interpella pour choisir lequel il voulut. Désignant un
nuage très noir, une voix y surgit et dit: «Considère alors comment il
sera très fin de sorte qu'il ne laissera survivre aucun du peuple de
'Ad». En effet un vent dont le courant passa presque à travers une
bague causa leur périssement.
L'imam Ahmed rapporte que 'Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Je n'ai
jamais vu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- rire à
pleine gorgée en sorte de montrer sa luette, plutôt il souriait, A la vue
d'une nuage ou du soufflement d'un vent, on pouvait remarquer les
effets de l'un et l'autre sur son visage. Je lui demandai un jour: «O
Messager de Dieu, lorsque les gens voient un nuage se former, ils
espèrent le bien et attendent la chute de la pluie. Quant à toi, je ne vois
que la répugnance se tracer sur ton visage?» Il me répondit: «Qu'est-ce
qu'il me garantit que ce vent n'apporte pas le châtiment comme en subit
un des peuples passés croyant obtenir de la pluie?».
Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Lorsque le vent devenait violent, le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- disait: «Seigneur, je Te
demande de m* accorder son bien (du vent) et le mieux qui s'y trouve et le
bien (de la pluie) dont il est chargé. Je recherche refuge auprès de Toi
contre son mal, le pire qui s'y trouve et le mal dont il est chargé». Et lorsque
le ciel s'obscurcissait en se couvrant de nauges, le visage du Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'assombrissait. Il entrait et sortait,
allait et venait, mais une fois la pluie chutait, il s'apaisait et devenait
tranquille. Un jour -raconte Aicha- je lui demandai au sujet de cela, il me
répondit: «O Aicha, il se peut que cela arrive et soit comme il en était du
peuple de 'Ad: «Apercevant un nuage s'avancer vers leurs vallées, ils
s'écrièrent: «Ce nuage nous apporte la pluie» (Rapporté par MousUm] ll K
616
Nous avons déjà parlé de l'histoire du peuple de 'Ad en
commentant les deux sourates AI-'Araf et Houd.
walaqad makkannâhum fîma 'in makkanâkum fîhi wa ja'alnâ lahum
sam'an wa 'absâran wa 'afidatan famà* 'agnâ 'anhum sam'uhum walâ A
'absâruhum wala* 'afidatuhum minsay'in 'id kânû yajhadûna bi 'a yâti-
L-Lâhi wa hâqa bihim mâ kânû bihî yastahzi'ûna (26) walaqad 'ahlaknâ
mâ hawlakum mina-l-qûra wa sarrafnâ-l-1fyâti la 'allahum yarji'ûna (27)
falawlâ nasarahumu-l-ladîna-t-tahadû min dûni-L-Lâhi qurbânan
Tlihatam bal dallû 'anhum wa dâlika 'ifkuhum wamâ kânû yaftarûna
(28).
Nous les avions installés sur terre plus solidement que vous. Nous les
avions bien pourvus sous le rapport de l'ouïe, de la vue et de l'intelligence.
Mais ouïe, vue et intelligence ne leur furent d'aucune utilité parce qu'ils
nièrent les signes d'Allah. Les châtiments qu'ils avaient tournés en dérision
se réalisèrent. (26) Nous avons anéanti nombre de villes autour de vous. Et
pourtant nous avions multiplié les avertissements pour ramener à nous leurs
habitants. (27) Si seulement ceux qu'ils avaient élus pour divinités et
intercesseurs à la place d'Allah les avaient secourus. Au contraire, ils les
abandonnèrent. Voilà à quoi aboutirent leur impiété et leurs inventions (28).
Dieu avait donné aux générations passées des moyens plus qu'il
en a donné aux impies de Qoraïch comme richesses et progénitures;
tout comme II leur a accordé des oreilles, des yeux et des cœurs. Mais
tous ces organes ne leur servirent à rien du moment qu'ils eurent nié
les signes de Dieu, et ce dont ils se moquaient les a enveloppés et
617
furent frappés par le supplice. Et vous, prenez garde qu'un tel
châtiment ne vous frappe dans ce bas monde et un autre dans l'au-
delà.
«Nous avons anéanti nombre de villes autour de vous» C'est à dire
autour de la Mecque, ces peuples de toutes ces cités tels que les
Adites qui habitaient dans l'Ahqaf, en Hadramout près de Yémen, les
Thémoudites qui vivaient dans une région située entre les premiers et
le pays du Châm, les habitants de Saba, les originaires de Yémen, les
Médianites dont leurs demeures étaient sur la route menant à Ghaza,
ainsi la mare du peuple de Loth où ils passaient en voyageant.
«Et pourtant nous avons multiplié les avertissements pour ramener à
nous leurs habitants» en leur adressant des signes dans le but de
revenir à Dieu. Que ne leur fussent donc venues à leur secours les
divinités qu'ils avaient prises et adorées en dehors de Dieu pour soi-
disant se rapprocher de Lui. «Au contraire, ils les abandonnèrent» au
moment où ils avaient besoin d'elles. Tel est le résultat de leur
imposture et leur impiété en adorant ces idoles, et voilà à quoi
aboutirent leurs inventions. Ils ne furent que trop égarés et perdus.
wa 'id sarafnà* 'ilayka nafaram mina-l-jinni yastami'ûna-l-Qur'a na
falammâ hadarûhu qâlïï 'ansîtû falammâ qudiya wallaw 'ilâ qawmihim
mund irîna (29) qâlu yâ qawmana 'innâ sami'nâ kitâban 'unzila mim
ba*di Mûsâ musaddiqa-l-limâ bayna yadayhi yahdT 'ilâ-l-haqqi wa 'ilâ
tarîqim mustaqîmin (30) yâ qawmana 'ajibû dâ'iya-L-Lâhi wa *a minû
bihî yagfïr lakum min dunûbikum wa yujirkum min 'adâbin 'alîmin (31)
618
wa mal-lâ yujib dâ*iya-L-Lâhi falaysa bi mu'jizin fil *ardi wa laysa lahû
min dûnihT 'awliya 'u 'ulâ'ika fî dalâlim mubînin (32).
Nous dirigeâmes vers toi un groupe de génies pour qu'ils entendent le
Coran. Une fois en ta présence, ils dirent: «Ecoutons» à la fin de la lecture,
ils s'en retournèrent auprès des leurs pour les convertir. (29) «O notre
peuple, dirent-ils nous avons entendu un Livre révélé depuis Moïse et qui
confirme les Ecriturs passées. Il enseigne la vérité et montre le droit
cnemin. (30) O notre peuple, réponds a l'apôtre d'Allah et convertis-toi.
Allah absoudra tes péchés et t'épargnera un supplice atroce». (31) Celui qui
ne répond pas a l'apôtre d'Allah ne saurait contrecarrer la puissance
d'Allah sur terre ou trouver un autre patron que Lui. Celui-là est dans un
égarement manifeste (32).
En commentant le premier verset, Al-Zoubayr a dit que cela arriva
au Messager de Dieu -qu'Allah Je bénisse et le salue- à «Nakhlé» alors
qu'il faisait la prière du soir (Icha). Sept djinns de Nassibine se
pressaient en foule autour de lui.
Dans son ouvrage «Les signes de prophétie» Al-Bayhaqi a
raconté, d'après Ibn Abbas, que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- n'a ni vu les génies ni récité du Coran pour eux.
Un jour, il partit à Souk 'Okaz accompagné de quelques uns de ses
compagnons. A ce moment de tisons ardents furent lancés contre des
génies qui essayaient de percevoir quelques nouvelles du ciel et
durent retourner chez les leurs. -Qu'y a -t-il, pourquoi êtes-vous
revenus, leur demanda-t-on. Ils leur répondirent: «On nous a
empêchés d'écouter et de dards flamboyants ont été lancés contre
nous». Les autres de répliquer: «Une chose très importante est arrivée
sans doute. Allez, dispersez-vous à l'est et à l'ouest à la recherche de
cet événement».
Les génies s'exécutèrent. Certains se sont dirigés vers Touhama
là où se trouvait le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le saiue-
avec ses compagnons en route vers 'Okaz alors qu'ils accomplissaient
la prière de l'aube. Les génies écoutèrent la récitation du Coran et
affirmèrent: «Ce Coran, par Dieu, nous a empêché d'avoir des
nouvelles du ciel». Ils rebroussèrent chemin chez les leurs et leur
dirent: «O notre peuple, nous avons entendu un coran merveilleux. Il
619
guide vers la voie droite, nous y avons cru et nous n'associerons
jamais personne à notre Seigneur». A cette occasion ce verset fut
révélé: «Dis: Il m'a été révélé qu'un groupe de génies m'ayant écouté...» [-
Coran LXXII, 1] Dieu lui révéla les propos des génies».
Ibn Abbas a commenté ce fait et dit:«Les génies entendaient la
récitation du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et
connurent sa mission alors que lui ne leur récitait pas ni les voyait.
Mais, plus tard, un des chefs des génies vint le trouver, il lui récita du
Coran et l'appela à Dieu à Lui la puissance et la gloire.
En voilà encore un autre récit: D'après Mouslim, Amer demanda à
Alqama si Ibn Mass'oud était avec le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- la nuit où les génies sont venus écouter la
récitation du Coran. Il lui répondit: «J'ai posé la même question à ibn
Mass'oud si l'un des compagnons était présent avec lui. Il répliqua:
Non, Mais une nuit, étant en compagnie du Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- quand nous les perdîmes de vue. Nous
mîmes à le rechercher dans le vallées et les gorges, et quefques uns
disaient: «Il est tué!». Nous passâmes la pire des nuits dans notre vie.
Le lendemain matin nous le vîmes venir du côté de la grotte de Hira.
Nous lui dîmes: «Hier nous t'avons cherché partout sans te trouver et
nous avons passé une très mauvaise nuit». Il nous répondit: «Un des
chefs des génies est venu me demander pour aller chez les siens et
leur réciter du Coran».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous
demanda de le suivre et il nous montra les traces des génies et le
reste de leur feu qu'ils avaient allumé. En lui demandant au sujet de
leur nourriture, il répondit: «Tout os sur lequel on a invoqué le nom de
Dieu fourré de viande, tout crottin provenant de la nourriture de vos
bêtes». Et d'exhorter ses compagnons, il poursuivit: «Ne vous torchez
pas avec ces deux choses car elles constituent la nourriture de vos
frères (les génies)».
Abdullah Ben Mass'oud raconte: «Un jour, le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- dit à ses compagnons: «Que celui
d'entre vous qui veut assister à une scène avec les génies soit présent
'cette nuit». Personne ne vint autre que moi. Nous partîmes ensemble
620
et, arrivés à une des hauteurs de La Mecque, le Messager de Dieu 4
qu'Allah le bénisse et le salue- traça une ligne avec son pied et
m'ordonna de m'y asseoir, puis il se leva et commença à réciter du
Coran. Plusieurs silhouettes noires arrivèrent et s'assirent entre lui ei
moi de sorte que je ne pus plus le voir et même n'entendis pas sa
voix. Ensuite elles commencèrent à quitter le lieu par bandes telles
que des nuages détachés, et il ne resta avec lui qu'un petit groupe. Il
termina la récitation, partit pour satisfaire un besoin naturel et revint
me demander: «Qu'a fait ce petit groupe de génies?» -Les voilà
encore là, répondis-je. Il se dirigea vers eux et leur donna comme
provision des os et des excréments. Le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- interdit qu'on se torche avec ces deux matières»
(Rapporte par Ibn Jarir).
Ces différents récits montrent que le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- est allé exprès chez les génies pour leur réciter du Coran
et les appeler à Dieu. Ceux parmi eux qui l'ont rencontré à Nakhlé
étaient les génies de Ninive, et ceux de la Mecque étaient les génies
de Nassibine.» Quant à leur nombre, on a dit qu'ils sont venus montés
sur soixante montures ou trois cent selon une autre version. Ceci
dénote qu'ils venaient souvent et en groupes chez le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-.
«Nous dirigeâmes vers toi, un groupe de génies pour qu'ils entendent le
Coran» et l'écoutent, et ce fut un acte de bienséance de leur part.
Jaber Ben Abdullah a dit: «Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - a récité la sourate du Miséricordieux (coran LV) tout
entière et dit à la fin: «Pourquoi vous vois-je silencieux? Les djinns
■
(génies) étaient mieux que vous en écoutant. Chaque fois que je leur
répétais ce verset: «Quel est donc des bienfaits de votre Seigneur que,
tous deux, vous nierez?» ils disaient: «Nous ne nierons aucun, autrement
nous aurons menti. Louange à Toi».
«A la fin de la lecture, ils s'en retournèrent auprès des leurs pour les
convertir» en leur reproduisant ce qu'ils ont écouté et les avertir,
comme Dieu a dit ailleurs: «... puis s'en retournent chez eux pour
l'enseigner à leurs concitoyens. Peut-être en viendront-ils à craindre Allah»
[Coran IX, 122]. On peut déduire de ces versets qu'aucun génie ne fut
621
un Prophète mais un avertisseur auprès de son peuple. Si on objecte
et dit qu'il y a là une contradiction avèc ce verset: «O race des génies et
des hommes, ne vous a-t-on pas envoyé des Prophètes près parmi vous» [-
Coran VI, 130], la réponse est la suivante: Il s'agit de choisir des
Prophètes parmi les deux espèces et non pas de chacune d'elles.
«O notre peuple, dirent-ils, nous avons entendu un Livre révélé depuis
Moïse» sans mentionner Jésûs -que la paix soit sur lui- auquel
l'Evangile fut révélé et qui contenait des exhortations et quelques lois
concernant le licite et l'illicite. Ce livre fut, en vérité, un complément au
Pentateuque qui était la base. «Et qui confirme les Ecritures passées. Il
enseigne la vérité et montre le droit chemin». Car le Coran guide vers la
vérité et ne raconte que la vérité et sa demande est une justice
comme Dieu l'affirme: «Les paroles de ton Seigneur s'identifient avec la
vérité et la justice» [Coran VI, 115]. Ainsi les génies dirent que ce
Coran guide à la vérité des croyances et un chemin droit dans
l'application de ses enseignements. «O notre peuple, réponds à l'apôtre
d'Allah» on trouve là une reconnaissance que Mouhammad -qu'Allah le
bénisse et le salue- fut envoyé aussi bien aux génies qu'aux hommes
et chargé de les appeler à Dieu. It leur récita la sourate du
Miséricordieux qui concerne les uns et les autres en les avertissant: «-
Réponds à l'apôtre d'Allah et convertis-toi».
«Allah absoudra tes péchés et t'épargnera un supplice atroce» Donc
les croyants parmi les génies entreront au Paradis comme ceux des
humains. Dans la sourate du Miséricordieux Dieu a dit: «Ceux qui
seront inclinés devant la noblesse de leur Seigneur auront deux jardins» [-
Coran LV, 46]. Il rappelle aux deux races que le croyant entrera au
Paradis. Dans les livres de Traditions et les différents commentaires, on
ne trouve pas que les humains seuls entreront au Paradis en dehors
des génies même si ceux-ci seraient préservés du châtiment du Feu.
Certains exégètes ont avancé des opinions extravagantes quand
ils ont dit par exemple qu'au Paradis les humains verront les génies
sans que ceux-ci voient tes premiers à l'inverse de ce qui se passe
dans le bas monde où les génies voient les hommes sans que ceux-ci
les voient. On a dit aussi que le génies ne mangeront pas au Paradis
ni ne boiront, plutôt on leur inspirera les glofirications et les louanges
622
au lieu de la nourriture et de la boisson tout comme les anges font car
ils sont de la même espèce. Mais tout cela demeure un sujet à
discussion car aucune preuve évidente n'a été avancée.
«Celui qui ne répond pas à l'apôtre d'Allah ne saurait contrecarrer la
puissance d'Allah sur terre» car la puissance de Dieu l'enveloppe de
toutes parts et il ne trouve pas de maître en dehors de Lui. «Celui-là
est dans un égarement manifeste» A la suite de cet avertissement, les
tjénies, en retournant chez les leurs, leur demandèrent à se convertir
et de répondre au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
Voilà pourquoi ils s'affluèrent vers lui en masses.
'awalam yaraw 'anna-L-Lâha-l-ladî halaqa-s-samâwâti wal-'arda walam
ya'ya bi halqihinna biqâdirin 'alà* 'an yuhyiya-l-mawtâ bala 'innahû 'alâ
kulli say'in qadîrun (33) wa yawma yu'radu-l-ladîna kafarû 'alâ-n-nâri *-
alaysa hâdâ bil-haqqi qâlû balâ wa rabbinâ qâla fad ûqû-l-'ad âba bimâ
kuntum takfurûna (34) fas-bir kamâ sabara 'ulû-l-'azmi mina-r-rusuli
walâ tasta'jil-lahum ka'annahum yawma yarawna mâ yu'adûna lam
yalbatïï 'illâ sa 'atam-min nahârim balâgun fahal yuhlaku 'illal-qawmu-l-
fâsiqûna (35).
Ne voient-Us pas qu'Allah qui a créé sans la moindre peine le ciel et la
terre est à plus forte raison capable de ressusciter les morts? Il est tout-
Puissant. (33) Le jour où les impies seront conduits au supplice du feu, on
leur dira: «Ce feu, est-ce bien une réalité?». Ils répondront: «Oui, par notre
Seigneur». Eh bien! expiez votre impiété par un pareil supplice. (34). Sois
623
patient comme l'ont été les plus fermes d'entre les Prophètes. Ne sois pas
trop prompt à provoquer leur châtiment. Le jour où ils seront en face de
leur supplice, il leur semblera être restés à peine une heure sur terre. Allah
n'anéantit que les peuples pervers (35).
Que ceux qui renient la résurrection et la reconstitution des corps
réduits en ossements et poussière, sachent que Dieu qui a créé les
deux et la terre n'en a éprouvé^aucune peine. II suffit qu'il dise à une
chose: «Sois» et elle est. Lui, le créateur des deux et de la terre, sera-
t-il incapable de ressusdter les morts?. N'a-t-ll pas dit: «La création des
deux et de la terre est une œuvre autrement considérable que celle du genre
humain. Mais la plupart des hommes l'ignorent» [Coran XL, 57]. Il est le
tout-Puissant et capable de toute chose.
Le jour où les incrédules seront exposés au Feu «on leur dira: «Ce
feu, est-ce bien une réalité?». Ce Feu que vous traitiez de mensonge,
est-ce donc de la magie ou ne voyez-vous rien?». Devant cette réalité
ils avoueront: «Oui, par notre Seigneur». On leur dira alors: Goûtez
donc le châtiment de votre incrédulité.
Dieu ordonna à Son Prophète d'endurer les méfaits de ceux qui
l v ont traité de menteur: «Sois patient, comme l'ont été les plus fermes
d'entre les Prophètes. Ne sois pas prompt à provoquer leur châtiment»
plutôt accorde-leur un répit. Car «le jour où ils seront en face de leur
supplice, il leur semblera être restés à peine une heure sur terre», ou
comme Dieu a dit ailleurs: «Le jour où ils la (l'heure) verront, ils auront
les sentiment de n'avoir passé sur terre qu'un soir ou un matin» [Coran
LXXX, 46].
Tel est ce Coran qui est un avertissement aux hommes. Qui
d'autres que tes gens sans foi, les pervers, sont donc anéantis? Dieu
appliquera Sa justice, ne lésera personne et n'infligera Son châtiment
qu'à ceux qui l'auront mérité.
624