Coran › Sourate 48 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 48 trad. humaine
mi
48 - SOURATE DE LA VICTOIRE
29 versets
Révélée tout entière à Médine à la suite de la sourate du Vendredi
Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm
'innâ fatahnâ laka fathan mubînal (1) liyagfira laka-L-Lâhu ma
taqaddama min dambika wamâ ta'ahhara wa yutimma ni'matahu '-
alayka wa yahdîka sirâtan mustaqîman (2) wa yansuraka-L-Lâhu nasran
'azEzan (3).
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
Nous t'avons donné une victoire éclatante (1) montrant ainsi que nous
te pardonnons tes fautes passées et présentes. Nous te l'avons donnée, en
outre, pour parfaire notre grâce envers toi, te mettre dans le droit chemin
(2) et prouver que désormais ta cause triomphera sans arrêt (3).
Cette sourate fut révélée quand le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- retourna de Houdaybya en l'an six de l'hégire,
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après que les polythéistes Mecquois l'aient empêché et les fidèles
d'accéder à la Maison Sacrée dans le but d'accomplir la visite pieuse
(Oumra). Puis les deux partis s'inclinèrent vers la reconciliation et la
trêve et conclurent un traité qui permettait au Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- de revenir l'année suivante faire la visite. Il
accepta cette clause mais ceci déplut à ses compagnons notamment
Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée-.
Après que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
ait immolé son offrande là où il fut empêché, et dans le chemin de son
retour à Médine, Dieu lui révéla cette sourate. Ce traité de paix fut
considéré comme une victoire pour les fidèles en vertu des clauses qui
contenait. Al-Bara a dit: «Vous considérez que la conquête de La Mecque
est la victoire la plus importante. Cette conquête était sans doute une
victoire, quant à nous, nous considérions que le serment d'allégeance de
«Ar-Radwan» le jour de Houdaybya révêtait plus d'importance. Nous
étions quatorze cents avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- . Al-
Houdaybya est le nom d'un puits où nous puisâmes l'eau de sorte qu'il n'en
resta aucune goutte. En informant cela au Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- il vint vers ce puits, s'assit sur sa margelle et demanda qu'on lui
apporte un vase plein d'eau. Il fit ses ablutions, puis se rinpa la bouche, fit
une invocation et versa le contenu de ce vase dans le puits. E n laissant ce
puits un certain temps, nous y retournâmes et il nous fournit de l'eau
autant que nous voulions pour nous désaltérer et donner à boire à nos
montures» (Rapporté par Boukhari) 1 ' 1 .
L'imam Ahmed rapporte que Omar Ben Al-Khattab -que Dieu
l'agrée- dit: «Etant dans une expédition avec le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, je l'interrogeai sur une chose trois fois
sans recevoir aucune réponse. Je me suis dit alors: «Que ta mère te
iLJlTjj j^ Lui L. LjjJl^I Lpl
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perde ô Ibn Al-Khattab! Tu as réitéré trois fois ta demande sans
pourtant avoir une réponse». Je poussai mon chameau et m'avançai
redoutant qu'une révélation ne descende à mon sujet. Je ne tardai à
entendre quelqu'un m'interpeller: «O Omar!» Je rebroussai chemin en
éprouvant la même redoute. Arrivé devant le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, il me dit: «Cette nuit, on'a révélé une
sourate qui m'est meilleure qui le bas monde et ce qu'il contient». Puis il
récita: «Nous t'avons donné une victoire éclatante, montrant ainsi que nous
te pardonnons tes fautes passées et présentes» (Rapporté par Ahmed,
Bouhari, Tirmidzi et Nassat de plusieurs sources) 111 .
L'imam Ahmed rapporte que 'Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait ses prières
de sorte que ses pieds s'enflassent. Je lui dis un jour: «O Messager
de Dieu, tu pries de la sorte alors que Dieu, t'a pardonné tes premiers
Bt tes derniers péchés?» Il me répondit: «O Aicha, ne dois-je donc pas
être un serviteur reconnaissant?» (Rapporté par Moustim et Ahmed) 121 .
Cette victoire éclatante était donc le traité de paix conclu entre les
musulmans et les idolâtres grâce auquel les deux partis purent tirer un
grand profit, et se réunir ensemble pour s'entretenir et ainsi la foi et la
science utile trouvèrent la voie pour se répandre.
«Montrant ainsi que nous te pardonnons tes fautes passées et
présentes» et cette grâce ne fut accordée qu'au Messager de Dieu -
.(yîLJIj ijX>ji'j (JjlJ»Jlj -JU.-I aljj) éj^ti \aj
(2) y&- f li yU li| jgjj il Jj-j DIT :oJlî l«j* il ^j UîU j* o^î r U>l tfjj
il ifil je- Aîj li* ji«aj"l il Jj~.j Ij :Ljit i ^j iiîU- *J cJU» niU-j _,lai:>
648
qu'Allah le bénisse et le salue- seul et un grand honneur pour lui pour
prix de sa soumission aux ordres divins et à sa rectitude dans toutes
ses affaires. Il est sans aucune contestation le maître des fils d'Adam
dans les deux mondes. Pour montrer son observance des
enseignements de Dieu en les appliquant à la perfection, on a raconté
qu'à l'époque de Houdaybya il partit dans une expédition. En route sa
chamelle s'agenouilla et les hommes essayèrent en vain de la faire
lever. Il dit alors: «Celui qui l'a immobilisée n'est autre que (Dieu) celui
qui a immobilisé l'éléphant (quand les Ethiopiens voulurent attaquer la
Ka'ba). Par celui qui tient mon âme dans Sa main ils (les Qoraïchites)
ne me demanderont pas de respecter ce que Dieu a déclaré sacré
sans que je ne le leur accorde».
En obtempérant aux ordres de son Seigneur il répondit aux
idolâtres par le traité de paix, Dieu lui dit alors: «Nous t'avons donné une
victoire éclatante, montrant ainsi que nous te pardonnons tes fautes passées
et présentes. Nous te l'avons donnée, en outre, pour parfaire notre grâce
envers toi» dans les deux mondes, «te mettre dans le droit chemin» en
suivant ce que Dieu t'a choisi comme religion droite, «et prouver que
désormais ta cause triomphera sans arrêt» pour prix de votre soumission
à Dieu- à Lui la puissance et la gloire- qui te prête un puissant
secours. Il est dit dans un hadith authentique: «Dieu n'accorde que la
puissance à celui qui pardonne et l'élévation de degrés à celui qui
s'humilie devant Lui».
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huwa-1-ladî 'anzala-s-sakinata fi qulûbi-1-mu'minîna liyazdâdû imânan
ma'a 'imânihim wa li-L-Lâhi junûdu-s-samâwâti wal-'ardi wa kâna-L-
Lâhu 'Alîman Hakîman (4) Iiyudhila-1-mu'minîna wal mu'minâti jannâtin
tajri min tahtihâ-l-'anhàru hâlidîna fiha wa yukaffir 'anhum sayyi'âtihim
wa kâna d âlika 'inda-L-Lâhi fawzan 'azîman (5) wa yu'ad d iba-1-
munâfiqîna wal munâfiqâti wal-musrikîna wal-musrikâti-z-zannîna bi-L-
Lâhi zanna-saw'i 'alayhim dâ*'iratu-s-saw'i wa gadiba-L-Lâhu 'alayhim
wa la 'anahum wa 'a'adda lahum jahannama wa sâ'at masîran (6) wa li-
L-lâhi junûdu-s-samâwâti wal-'ardi wa kâna-L-Lâhu 'Azîzan Hakîman
(7).
C'est Lui qui a apaisé les cœurs des fidèles pour enforcer leur foi. Les
forces des cieux et de la terre appartiennent à Allah. Allah est savant et
sage. (4) Il les a apaisés pour rendre dignes les croyants et les croyantes de
l'éternel séjour dn paradis où courent des eaux vives et pour absoudre leurs
péchés. C'est là un immense bonheur de la part d'Allah. (5) Allah punira
les hypocrites et les idolâtres, hommes et femmes, et tous ceux qui le
dénigrent. Le sort sera contre eux, Allah les poursuivra de son courroux et
de sa malédiction et leur réserve l'enfer. Terme crnel. (6) Les forces des
cieux et de la terre appartiennent à Allah. H est tout-puissant et sage» (7).
C'est Dieu qui fit descendre et la paix et la confiance dans le
cœur des croyants qui ont répondu à Dieu et à son Prophète et se
sont soumis à leurs ordres. Une fois leur cœur apaisé, leur foi
s'accroit. S'il le voulait, Dieu se serait vengé des impies car «les forces
des cieux et de la terre appartiennent à Allah». S'il envoyait un seul ange
contre eux, celui-ci les aurait anéantis du premier du dernier, mais
Dieu, par Sa sagesse, imposa aux croyants la lutte dans Sa voie. Il est
savant dans Ses décisions et sage dans Ses actes et paroles. Cette
lutte permettra aux croyants et aux croyantes l'introduction au Paradis
pour y vivre éternellement. Il absoudra leurs fautes et péchés sans les
punir, plutôt II les effacera et les dissiumulera aux autres. «C'est là un
immense bonheur de la part d'Allah» tout comme II a dit ailleurs: «Celui
qui sera préservé du Feu et introduit au Paradis aura trouvé le bonheur» [-
Coran III, 185].
«Allah punira les hypocrites et les idolâtres, hommes et femmes, et
tous ceux qui le dénigrent» c'est à dire qui se font une idée fausse de
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Dieu, portent atteinte à Ses lots, croient que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons courent à leur
perte. Ceux-là un sort malheureux les atteint, ils encourent la colère de
Dieu et II les maudit en les éloignant de Sa miséricorde. Il leur réserve,
en outre, la Géhenne, quelle détestable fin.
Ensuite Dieu confirme Son pouvoir de vengeance contre Ses
ennemis, les ennemis de l'Islam, parmi les hypocrites et les impies en
faisant rappeler aux hommes que les armées des cieux et de la terre
Lui appartiennent.
'inrià 'arsalnâka sâhidan wa mubassiran wa nadîra-1 (8) lutu'minû bi-L-
Lâhi wa rasûlihî wa tu'azzirûhu wa tuwaqqirûhu wa tusabbihûhu
bukratan wa 'asîlan (9) 'inna-1-ladîna yubâyi'ûnaka 'innamâ yubâyi'ûna-
L-Lâha yadu-L-Lâhi fawqa 'aydîhim faman nakata fa'innamâ yankutu
'alâ nafsihî wa man 'awfâ bimâ 'âhada 'alayhu-L-Lâha fasayu'tîhi 'ajran
'aziman (10).
Nous t'avons envoyé comme témoin et avec mission d'annoncer la
bonne nouvelle et d'avertir, (8) pour que les hommes croient en Allah et à
Son Prophète, l'assistent, lui rendent hommage et le louent matin et soir.
(9) Ceux qui te prêtent serment de fidélité le prêtent à Allah. La main
d'Allah est posée sur la leur. Ceux qui violent leur serment se feront tort à
eux-mêmes. Ceux qui tiennent leurs engagements recevront d'Allah une
magnifique récompense (10).
Dieu s'adresse à son Prophète: «Nous t'avons envoyé comme
témoin» contre les hommes «et avec mission d'annoncer la bonne
nouvelle» aux croyants «et d'avertir» les impies, afin que vous croyiez
en Dieu et en Son Prophète, pour que vous l'assisitez, que vous
l'honoriez en lui gardant un grand respect, que vous célébriez les
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louanges de Dieu à l'aube et au crépuscule.
Puis, pour montrer la haute considération et l'hommage qu'il lui
réserve, Il lui dit: «Ceux qui te prêtent serment de fidélité le prêtent à
Allah» tout comme II a dit dans un autre verset: «Celui qui obéit au
Prophète obéit à Allah» [Coran IV, 80] «La main d'Allah est posée sur la
leur» Une expression qui signifie que Dieu est présent avec eux,
entend leurs paroles, voit leur place, connait leur pensée discrète et
leurs actions apparentes, car c'est à Lui que les hommes prêtent, en
vérité, le serment d'allégeandb par l'entremise de Son Messager. Ceci
est pareil aux dires de Dieu: «Allah dispose des biens et des âmes des
croyants et en compensation D leur donne le Paradis. Us doivent combattre
pour Lui, tuer et se faire tuer» [Coran IX, 1 1 1]. Et le Messager de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque dégaine son sabre
dans le chemin de Dieu, il Lui aura prêté un serment de fidélité».
Ibn Abbas -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit au sujet de la Pierre Noire: «Par
Dieu, Dieu la ressuscitera au jour de la résurrection munie de deux yeux
par lesquels il voit et d'une langue pour parler et témoigner en faveur de
ceux qui l'auront touchée (effectivement ou par un signe de leurs mains).
Car celui qui l'aura touchée c'est comme il a prêté serment de fidélité à
Dieu». Puis le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- récita: «-
Ceux qui te prêtent serment de fidélité le prêtent à Allah» (Rapporté par
Ibn Abi Hatem),
«Ceux qui violent leur serment, se feront tort à eux-mêmes» car par
ce faire ils n'auront trahi qu'eux mêmes et Dieu se passera d'eux.
Quant à ceux qui tiennent leur engagement, Dieu leur apportera une
récompense incommensurable.
Ce serment de fidélité -ou d'allégeance- appelé «Al-Radwane»,
eut lieu sous un arbre à Houdaybya alors que les fidèles étaient au
nombre de quatorze cent hommes. Quant à ses causes, Mouhammed
Ben Ishaq raconte dans son ouvrage intitulé «La biographie du
Prophète» ce qui suit:
«... Puis le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
manda Omar Ben Al-hattab pour l'envoyer à La Mecque et avertir les
notables de Qoraïch au sujet de sa visite. Omar lui répondit: «O
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Messager de Dieu, je redoute que certains parmi les Qoraïchites ne
me tuent et nul et Bani 'Adiy Ben Ka'b ne se trouve à présent à La
Mecque pour me défendre. Tous les Qoraïchites me gardent rancune à
cause de ma rudesse contre eux. Mais je vous désigne un homme qui
est plus puissant que moi et mieux protégé. Il est Othman Ben 'Affan -
que Dieu l'agrée- qui peut être notre ambassadeur auprès de Abou
Soufiane et les grands dignitaires de Qoraïchi, et il leur dira qu'il est
venu vers eux en tant que visiteur de la Maison Sacrée..».
Ainsi Othman fut désigné pour partir à La Mecque. Dès son entrée
-ou sur le point d'entrer dans cette ville- Abbar Ben Sa'id Ben AL-'As
le rencontra, le porta dans se bras et lui accorda sa protection. '-
Othman se dirigea aussitôt vers Abou Soufian et les dignitaires de
Qoraïch pour leur transmettre la lettre du Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue-. A la fin ils dirent à 'Othman: «Si tu veux faire la
circumambulation autour de la Maison, fais-la». Il leur répondit: «-
Jamais avant que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
ne la fasse». Les Qoraïchites retinrent 'Othman chez eux, mais la
nouvelle qui parvenait aux musulmans paria de sa mort.
Et Ibn Ishaq de poursuivre le récit: «Abdullah Ben Abi Bakr m'a
dit «En informant le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
que 'Othman a été tué, il s'écria: «Nous ne quitterons plus cette région
avant d'affronter l'ennemi». C'est en ce moment qu'il demanda aux
gens de lui prêter un serment d'allégeance, et ce fut fait sous l'arbre.
Les hommes disaient à cette époque: «Le Messager de Dieu a
accepté leur serment d'allégeance pour qu'ils meurent.» Jaber Ben
Abdullah répondait: «Jamais de ça mais plutôt à ne plus fuir. Nul parmi
les musulmans n'a manqué à prêter ce serment sauf Al-Jad Ben Qaïs.
Et Jaber de continuer: «Il me semble le voir collé à la patte de sa
chamelle pour se cacher des hommes et la prendre comme refuge».
Plus tard on fit connaître au Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- que la mort de 'Othman n'était que rumeur. Anas
Ben Malek -que Dieu l'agrée- a dit: «Lorsque le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- demanda aux hommes de lui prêter le
serment d'allégeance (dit Al-Radwane), 'Othman était déjà l'émissaire
du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aux habitants de
W3
La Mecque. Après que les hommes aient prêté ce serment, le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria: «Grand
Dieu, 'Othman est en mission pour Dieu et pour Son Prophète.» Puis il
posa une main sur l'autre. Sa main qui remplaçait celle de 'Othman
était meilleure que toutes les autres mains».
Jaber -que Dieu l'agrée- rapporte: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- nous a dit le jour du Houdaybya: «Vous êtes les
meilleurs hommes sur la terre», nous étions alors mille et quatre cent.
Si je pouvais voir aujourd'hui, je vous aurais montré la place de l'arbre
(sous lequel les hommes ont prêté serment)» (Rapporté par Boukkhari
et Mousthn).
L'imam Ahmed rapporte d'après Jaber, que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nul parmi ceux qui ont prêté le
serment d'allégeance n'entrera à l'Enfer» (Rapporté par Boukhari et
Mouslim).
Dieu de sa part a fait l'éloge de ces hommes-là quand II a dit: «-
Ceux qui te prêtent serment de fidélité le prêtent à Allah. La main d'Allah
est posée sur la leur». Quant à celui qui est parjure, il est parjure à son
propre détriment. Mais ceux qui tiennent et respectent leur
engagement, obtiendront une récompense sans limites.
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sayaqûlu laka-1-muhallafûna mina-l-'a'rabi sagalatna' 'amwâlunâ wa '-
ahlûnâ fastagfïr lanâ yaqûlûna bi 'alsinatihim ma laysa fî qulûbihim qui
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famay-yamliku lakum mina-L-Lâhi say'an 'in 'arâda bikum darran 'aw
'arâda bikum nafam-bal kâna-L-Lâhu bimâ ta'malûn Habîram (11) bal
zanantum 'al-lay-yanqaliba-r-rasûlu wal mu'minûna 'ila 'ahlîhim abada-
w-wa zuyyina d âlika fî qulubikum wa zanantum zanna-s-saw'i wa
kuntum qawman bûran (12) wa mal-lam yu'mim bi-L-Lâhi wa rasûlihî fa
'inna 'atadnâ lil-kâfirma sa'îran (13) wa li-I^Lâhi mulku-s-sarnâwâti wal
ardi yagfîru limay-yasa'u wa yu'addibu may-yasa 'u wa kâna-L-Lâhu
gafûranr-r-abîman (14).
Les Arabes qui sont restes à l'arrière s'excuseront auprès de toi: «-
Nous avons été retenus par nos biens et nos familles. Obtiens pour nous le
pardon d'Allah». Ainsi leurs langues tiendront des propos qui ne sont pas
dans leurs cours. Dis: Qui saurait empêcher Allah de vous foire du mal ou
du bien? Allah connaît tontes vos actions». [11] En vérité, vous avez cru que
le Prophète et ses compagnons ne rentreraient plus dans leurs foyers et vos
cœurs s'en sont réjouis. Vous avez eu de mauvaises pensées. Vous êtes un
peuple de corrompus. (12) Que ceux qui ne croient pas en Allah ni en son
Prophète sachent que nous avons préparé un brasier ardent pour les
incrédules. (13) Allah est maître des deux et de la terre. Il absout ou punit
qui n veut. Allah est toute démence et tout pardon (14).
Ceux des Arabes -les bédouins- qui sont restés à l'arrière, ont
préféré demeurer avec les leurs sans sortir avec le Messager de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- pour participer au combat,
s'excuseront auprès de lui en lui demandant de leur implorer le pardon
de Dieu, prétendant qu'ils ont été préoccupés par leurs richesses et
leurs familles. Ils présenteront une telle excuse par adulation et non
pas par leur foi, voilà pourquoi Dieu a dit ensuite: «Ainsi leurs langues
tiendront des propos qui ne sont pas dans leurs cours». O Mouhammad,
dis à ceux-là: qui donc pourra faire quelque chose pour vous auprès
de Dieu s'il veut vous faire du mal ou du bien? Nul ne pourra
l'empêcher, et II connaît parfaitement ce que vous cachez dans votre
for intérieur et ce que vous montrez au grand jour même si vous
flagornez. «Allah connaît toutes vos actions».
Puis Dieu blâme ces bédouins et leur dit: «En vérité, vous avez cru
que le Prophète et ses compagnons ne rentreraient plus dans leurs foyers»
et ils seraient tués tous sans exception. En outre, vous vous êtes fait
655
une mauvaise idée de Dieu et-vous fûtes des gens perdus -ou
corrompus-. Ceux qui ne croient pas en Dieu et en Son Messager et
ne vouent pas un culte sincère à Dieu, qu'ils sachent que Dieu a
péparé un brasier pour les incrédules.
Certes la royauté des deux et de la terre appartient à Dieu qui en
dispose à sa guise. Il pardonne à qui II veut et punit qui II veut. Il est
toute clémence envers ceux qui se soumettent à Lui et reviennent
repentants vers Lui. ,
sayaqûlu-1-muhallafûna 'idâ-n-talaqatum 'ilâ maganima lita 'hudûhâ d
arûnâ nattabi'kum yuridûna 'ay-yubaddilû kalâma-L-Lâhi qui lan
tattabi'ûna kadâlikum qâla-L-Lâhu min qablu fasayaqûlûna bal
tahsudnanâ bal kânû là yafqahûna 'illâ qalîlan (15).
Partez-vous enlever un butin? Voilà que les Arabes restés à l'arrière
s'écrient: «Autorisez-nous à vous suivre», cherchant ainsi à enfreindre la
volonté d'Allah. Dis: «Non, ne venez pas avec nous. Allah en a décidé
autrement». «Vous agissez ainsi par jalousie, répliqueront-ils. Que non.
Mais si peu d'hommes sont intelligents (15).
Ces bédouins étaient restés en arrière quand le Messager de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- comptait faire la visite pieuse l'an de
Houdaybya. Quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et les
fidèles partirent pour conquérir Khaïbar, les bédouins leur demandèrent
de sortir avec eux pour acquérir une part du butin, alors que dans le
temps où les musulmans avaient besoin de leur secours pour
combattre leur ennemi commun, ils préférèrent rester en arrière. Dieu
à ce moment-là ordonne à Son Messager de ne plus donner
l'autorisation de combattre avec lui pour les punir, car Dieu avait
promis au Messager et aux musulmans qui lui avaient prêté serment
d'allégeance à Houdaybya qu'ils auraient un grand butin en attaquant
656
Khaïbar sans que personne, à part eux, n'en n'obtienne une part
surtout ces «arriérés».
Les bédouins cherchèrent «à enfreindre la volonté d'Allah» c'est à
dire la dite promesse, ou selon le commentaire d'Ibn Zaïd, il s'agit des
dires de Dieu en s'adressant à Son Prophète: «Si Allah te ramène au
milieu d'un groupe d'entre eux et s'ils te demandent à combattre avec toi,
dis-leur: «Vous ne m'accompagnez jamais et vous ne combattrez jamais avec
moi. Vous avez préféré rester à vos foyers la première fois. Eh bien,
continuez à y rester» [Coran IX, 83]. Ce commentaire d'Ibn Zaïd demeure
un sujet à discussion car le vers précité fut révélé à la suite de
l'expédition de Tabouk qui avait lieu après la 'Oumra de Houdaybya.
Quant au commentaire d'Ibn Jouraïj, il a dit: «Ils voulurent
détourner les fidèles du combat dans le chemin de Dieu.»
O Mouhammad, dis à ces bédouins: «Non, vous ne venez pas avec
nous. Allah a décidé autrement» car II a déjà promis aux hommes de
Houdaybya avant votre demande de sortir avec eux. Ils diront: «Vous
agissez ainsi par jalousie» Jamais de ça, mais ils ne comprenaient en
réalité que peu, et leur accusation est à rejeter.
Op UJl UUc AiJju JjL; ;yj
qui lil muhallafma mina-I-'a'râbi satud'awna 'ilâ qawmin 'uli ba'sin
sadîdin tuqâtilûnahum 'aw yuslimûna fa 'in tuti'û yu'tikumu-L-Lâhu *-
ajran hasanan wa 'in tatawallaw kamâ tawallaytum min qablu yu'add
ibkum 'adâban 'alîman (16) laysa 'alâ-1- 'a'mâ harajun walâ 'alâ-1- 'a'raji
harajun walâ 'alâ-1-marîdi harajun wamay-yuti'i-L-Lâha wa rasûlahû
yudhilhu jannâtin tajrî min tahtiha-l-'anhâru wa may yatawalla yu'add
ibhu 'adâban 'alîman (17).
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Dis aux Arabes restés à l'arrière: «Vous serez appelés à lutter contre
un peuple doué d'une grande force. Vous les traquerez jusqu'à ce qu'ils se
convertissent». Si vous obéissez, Allah vous accordera une belle
récompense. Mais si vous refusez comme vous l'avez déjà fait, Il vous
infligera un châtiment douloureux. (16) L'obligation de combattre
n'incombe ni à l'aveugle, ni au boiteux, ni au malade. Celui qui se soumet à
Allah et à Son Prophète sera reçu dans des jardins arrosés d'eau vive. Le
réfractaire subira un châtiment douloureux (17).
Plusieurs commentaires ont été donnés à l'expression: «contre un
peuple doué d'une grande force»:
- Il s'agit du peuple de Hawazen, selon les dires d'Ibn Joubaïr et
Ikrima.
- Ce sont la tribu Thaqif d'après Ad-DahaK
- D'après Jouwayber, Sa'id et Ikrima, c'est la tribu Banou Hanlfa.
- Enfin: Ce sont les perses selon les dires d'Ibn Abbas et
Moujahed, ou les Romains d'après Ka'b Al-Ahbar, ou les Perses et les
Romains d'après 'Ata et Ai-Hassan.
Dans le même sens, Abou Houraira rapporte que le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'Heure ne se dressera
avant que vous ne combattiez un peuple aux petits yeux et aux nez très fins
dont le visage ressemble au bouclier plat (battu).».
«Vous les traquerez jusqu'à ce qu'ils se convertissent» C'est à dire:
«Dieu vous permet de les combattre, et II vous accordera la victoire
sur eux, jusqu'à ce qu'ils se soumettent à Lui, ou bien ils se
convertiront de leur propre gré».
«Si vous obéissez» en répondant à votre Seigneur, combattant pour
sa cause et vous acquittant de cette obligation, «Allah vous accordera
une belle récompense. Mais si vous refusez comme vous l'avez déjà fait» le
jour Houdaybya, «D vous infligera un châtiment douloureux».
Puis Dieu mentionne les excuses valables qui dispensent les
nommes du combat. Il s'agit de l'aveugle, du boiteux et du malade qui
est considéré comme tel jusqu'à sa guérison. Puis II exhorte les fidèles
à se soumettre à Lui et à Son Messager et à lutter dans sa voie. «-
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Celai qui se soumet à Allah et à Son Prophète sera reçu dans des jardins
arrosés d'eau vive». Mais celui qui fait défection et s'adonne à ses
propres affaires dans le bas monde «subira un châtiment douloueux».
Dans la vie d'ici-bas, il sera frappé par l'humiliation et par le Feu dans
l'autre.
laqad radiya-L-Lâhu 'ani-1-mu'minîna 'id yubâyi'ûnaka tahta-5-5ajarati
fa'alima ma fî qulûbihim fa'anzala-s-sakînata 'alayhim wa 'atâbahum
fathan qarîban (18) wa magânima katîratan ya'hudûnahâ wa kâna-L-
Lâhu 'Azizan Hakîman (19).
Allah est satisfait des croyants qui t'ont juré fidélité sous l'arbre. Il
savait de quels sentiments leur cœur était animé. Il leur a donné la paix de
l'âme et une victoire rapide, (18) suivie d'un riche butin. Allah est puissant
et sage (19).
Dieu a été réellement satisfait des hommes qui ont prêté serment
d'allégenace à Son Messager sous l'arbre et qu'on l'a appelé «Al-
Radwane» (qui signifie la satisfaction de Dieu). Ils étaient au nombre
de quatorze cent et l'arbre se trouvait à Houdaybya. Al-Boukhari
rapporte que Abdul Rahman -que Dieu l'agrée- a dit: «En partant pour
accomplir le pèlerinage, je passai par des gens qui priaient dans un
certain endroit. Je leur dis: «Pourquoi avez-vous choisi cette place
comme oratoire?» On me répondit: «C'est ici que se trouvait l'arbre
sous lequel les fidèles ont prêté serment d'allégeance (Al-Radwane) au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-» Je vins trouver
Sa'id Ben Al-Moussayab et le mis au courant de cet événement. Il me
dit: «Mon père était parmi les hommes qui ont prêté ce serment. Il m'a
raconté aussi que l'année suivante ils ont cherché en vain la place où
se trouvait l'arbre». Puis Sa'id de poursuivire: «Les compagnons de
Mouhammed n'ont pas trouvé la place et vous, vous l'avez trouvée?
Seriez-vous plus informés qu'eux?».
659
«Il savait de quels sentiments leur cœur était animé». Ces sentiments
de sincérité, de loyauté et de soumission. «Il leur a donné la paix de
l'âme et une victoire rapide». Il s'agit du traité de paix conclu avec les
Qoraïchites, de la conquête de Khaïbar quelques mois seulement
après cet événement, ensuite la prise de La Mecque et enfin la
conquête d'autres régions et pays durant les années suivantes, et Dieu
a accordé aux musulmans la puissance et la supériorité sur les autres
peuples. Et comme II leur a promis, ils ont acquis d'énormes butins,
car Dieu est puissant et sage. '
Ibn Abi Hatem raconte que le père de lyas Ben Salama a dit: «-
Tandis que nous faisions la sieste, l'héraut du Messager De Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria: «L'allégeance, l'allégeance,
l'esprit saint est descendu». Nous nous dirigeâmes vers le Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui se trouvait sous un arbre
et nous lui prêtâmes le serment d'allégeance. Tel est le sens des dires
de Dieu: «Allah est satisfait des croyants qui t'ont juré fidélité sous
l'arbre». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit ce
serment à la place de 'Othman et posa une main sur l'autre. Les gens
s'écrièrent alors: «Félicitations à Ibn Affan, il fait actuellement ses
tournées processionnelles autour de la Maison alors que nous sommes
ici». Il leur répondit: «Si 'Othman demeurait telle et telle année il ne
ferait jamais les tournées avant que je les fasse moi-même».
O^UI iSM JSj .,_)* j>J J^tO I^JjUS *^'-4-a jjLjw illl £j&j
660
wa 'adakumu-L-Lâhu maganima katîratan ta'hudûnahâ fa'ajjala lakum
hâdîhi wa kaffa 'aydiya-n-nâsi 'ankum walitakûna t yatal-lil-mu'minîna
wa yahdiyakum siratam mustqîman (20) wa 'uhrâ lam taqdirû 'alayhâ
qad 'ahata-L-Lâhu bihâ wa kâna-L-Lâhu 'alâ kulli Say'in qadiran (21)
■walaw qâtalakumu-1-ladîna kafarû lawallû-l-'adbâra tumma la yajidûna
waliyya-w-walâ nasiran (22) sunnata-L-Lâhi-1-latî qad halat min qablu
walan tajida lisunnati-L-Lâhi tabdîlan (23) wa huwa-1-ladî kaffa '-
aydiyahum 'ankum wa 'aydiyakum 'anhum bibatni Makkata mim ba'di
'an 'azfarakum 'alayhim wakâna-L-Lâhu bimâ ta'malûna Basîran (24).
Allah avait promis que vous réaliseriez de riches butins. Il a hâté pour
vous le prix de celui-ci et II a arrêté le bras de vos ennemis en signe
d'encouragement pour les croyants et pour vous maintenir dans la voie
droite. (20) Il y a d'autres ennemis dont vous n'avez pu vous rendre
maîtres. Mais Allah les cerne de toutes parts et sa puissance est illimitée.
(21) Si les infidèles vous menaçaient, leur déroute serait rapide. Ils ne
trouveraient, en effet, ni patron ni alliés. (22) Telle est la loi d'Allah, la loi
qu'il a appliquée aux générations passées. Loi immuable. (23) C'est lui qui
a arrêté le bras de vos ennemis comme H a arrêté le vôtre dans la vallée de
La Mecque, après vous avoir donné la victoire. Allah voyait toutes vos
actions. (24).
Dieu promet aux fidèles un butin abondant dont ils s'empareront. Il
a hâté pour vous le prix de celui-ci, c'est à dire de Khaïbar comme a
avancé Moujahed. Mais pour Ibn Abbas il s'agit du traité de paix de
Houdaybya. «Et II a arrêté le bras de vos ennemis» sans qu'ils puissent
vous atteindre par un mal quelconque malgré qu'ils couvaient
l'intention de vous combattre. Ainsi II a détourné de vous les mains de
vos ennemis sans pouvoir nuire à vos familles que vous avez laissées
derrière vous, afin que tout cela soit un signe pour les croyants, et
pour être convaincus que Dieu les a secourus, aidés, gardés contre
leurs ennemis qui les dépassaient en nombre et force. Qu'ils sachent
aussi que Dieu connait d'avance les conséquences de toutes les
affaires et la bonne fin est toujours réservée aux croyants malgré qu'ils
en éprouvent parfois de la répugnance en apparence. Pour confirmer
cela on cite à l'appui cet autre verset où Dieu a dit: «Il se peut que vous
avez de l'aversion pour une chose, et elle est un bien pour vous» [Coran II,
216]. Et pour prix de votre soumission à Dieu et votre obéissance à
661
Son Messager, Il vous maintient dans la voie droite.
«Il y a d'autres ennemis dont vous n'avez pas pu vous rendre maîtres»
En d'autre terme: Il vous a promis d'autres butins et autre conquête
que vous êtes actuellement incapables de réaliser, mais Dieu l'a
entourés pour le moment par sa puissance, car II accorde Ses
bienfaits à Ses fidèles serviteurs par des moyens sur lesquels ils ne
comptaient pas. Ces butins, s'agit-il de celui de Khaïbar ou de la prise
de La Mecque ou la conquête des pays des Perses et des Romains,
selon les différents dires des exégètes, sont en effet, tout butin ou
toute conquête jusqu'au jour de la résurrection.
«Si les infidèles vous menaçaient, leur déroute serait rapide. Ils ne
trouveraient, en effet, ni patron ni alliés», Dieu dans ce verset, rassure
les croyants que si les idolâtres les avaient combattus, Il aurait
accordé la victoire à Son Messager et aux fidèles et l'ennemi aurait
pris la fuite devant eux. Car ces idolâtres avaient déclaré la guerre
contre Dieu et contre son parti des croyants.
«Telle est la loi d'Alain, la loi qu'il a appliquée aux générations
passées. Loi immuable» Telle est l'ancienne règle de Dieu et Sa
coutume envers Ses créatures, l'incrédulité et la foi ne se sont jamais
affrontées sans que Dieu ne donnât la victoire à la foi en élevant la
vérité et en faisant disparaître ('erreur. On cite à titre d'exemple ce
qu'en fut le jour de Badr quand Dieu a fait triompher Ses serviteurs
croyants, malgré leur petit nombre, sur les idolâtres.
«C'est Lui qui a arrêté le bras de vos ennemis comme II a arrêté le
vôtre dans la vallée de La Mecque, après vous avoir donné la victoire.
Allah voyait toutes vos actions». Dieu rappelle à Ses fidèles serviteurs
comment II a écarté d'eux les mains des polythéistes sans pouvoir leur
nuire ou leur causer aucun mal, et II a aussi écarté les mains des
fidèles des autres sans les combattre auprès de La Maison sacrée à
La Mecque. Il a arrêté les bras des uns et des autres en leur inspirant
la paix qui assurerait le bien aux croyants dans la vie présente et la
bonne fin dans l'autre.
A ce propos, l'imam Ahmed rapporte que Anas a dit: «Le jour de
Houdaybya, quatre-vingt Mecquois idolâtres armés jusqu'aux dents
descendirent du mont At-Tan'im voulant attaquer à l'improviste le
662
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons.
Il invoqua Dieu contre eux et les musulmans les capturèrent. Le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur pardonna et les
libéra et ce verset fut révélé aussitôt: «c'est Lui qui a arrêté le bras de
vos ennemis comme II a arrêté le vôtre dans la vallée de La Mecque...».
L'imam Ahmed rapporte aussi d'après Abdullah Ben Maghfal Al-
Mouzani le récit suivant: «Nous étions avec le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- sous l'arbre cité dans le Coran. Des
petites branches tombaient sur le dos du Prophète et de 'Ali Ben Abi
Taleb -que Dieu l'agrée- alors que Souhayl Ben Amr se trouvait devant
eux. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à Ali:
«Ecris: Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricrodieux».
Souhayl saisit la main de 'Ali et objecta: «Nous ne connaissons ni le
Miséricordieux ni le Très Miséricordieux. Ecris ce que nous
connaissons.» Il demanda alors à Ali: «Ecris: Au nom du Grand Dieu»
-et Ali s'exécuta-. Ceci est convenu entre Mouhammad l'Envoyé de
Dieu et les habitants de La Mecque» Souhayl retint une fois encore la
main de 'Ali et dit au Prophète: «Si nous t'avions reconnu comme
étant l'Envoyé de Dieu, nous aurions été injustes envers toi. Plutôt
écris ce que nous connaissons de notre affaire». -Ecris, ordonna le
Prophète à Ali, ceci est convenu entre Mouhammad Ben Abdullah...»
Etant ainsi, une trentaire d'hommes armés apparurent voulant nous
attaquer. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
invoqua Dieu contre eux et voilà qu'ils devinrent sourds, et nous
pûmes les capturer. Il leur dit ensuite: «Y a-t-il quelqu'un qui vous
protège? quelqu'un vous a-t-il garanti une assurance quelconque?» -
Non, répondirent-ils. Il les libéra et ce verset fut révélé: «C'est Lui qui a
arrêté...» jusqu'à la fin. (Rapporté par Ahmed et Nassaï).
D'autres récits ont été rapportés dans le même sens suivant des
versions différentes.
663
*> Pi-*
humu-1-ladîna kafarû wa saddûéum 'ani-1-masjidi-l-harâmi wal-hadya
ma'kûfan 'ay-yabluga mahillahû walawlâ rijâlum mu'minûna wa nisâ'um
mu'minâtu-1-lam ta'lamuhum 'an tata'uhum fatusîbakum minhum
ma'arratum bagayri 'ilmi-I-liyudhila-L-Lâhu fi rahmatihî may yaSÏ 'u law
tazayyalû la'addabna-1-ladîna kafarû minhum 'adâban 'alîman (25) 'id
ja'ala-l-ladîna kafarû fi qulubihimu-1-hamayyata hamiyyata-1-jâhiliyyati
fa'anzala-1-Iâhu sakinatahû 'alâ rasûlihî wa 'alâ-1-mu'minîna wa '-
alzamahum kalimata-t-taqwâ wa kanïï 'ahaqqa bihâ wa 'ahlahâ wa
kâna-L-Lâhu bikulli Say'in 'alîman (26).
H tous a donné la victoire contre ceux qui vous avaient interdit l'accès
de l'oratoire sacré et avaient empêché vos offrandes d'atteindre l'autel du
sacrifice. N'eût-ce été que des croyants et des croyantes étaient mêlés à eux
à votre insu, que vous auriez pu piétiner- ce qui vous aurait valu une honte
imméritée- si, au contraire, croyants et idolâtres avaient été séparés, nous
aurions infligé à ces derniers un châtiment sévère. Allah reçoit dans le sein
de Sa miséricorde qui II veut. (25) Les infidèles entretenaient dans leur
cœur un fanatisme, un fantisme barbare. Allah, au contraire, apaisa le cœur
du Prophète et des croyants. Il leur recommanda le langage de la raison.
Ils étaient dignes d'une telle recommandation et préparés à la recevoir.
Allah sait tout. (26).
Dieu parle des incrédules parmi les idolâtres de Qoraïch et de
ceux qui les ont soutenus pour combattre le Messager de Dieu. Ce
sont eux, en vérité, qui sont les impies, qui ont écarté les fidèles de la
Mosquée Sacrée alors que ceux-ci en sont les plus dignes, et qui ont
empêché les oblations de parvenir à l'endroit destiné pour y être
immolées, à cause de leur injustice et leur obstination. A savoir que le
nombre des animaux-offrandes était soixante-dix chamelles.
«N'eût-ce été que des croyants et des croyantes» qui vivaient parmi
664
vous mais dissimulaient leur foi par crainte de leurs concitoyens, nous
vous aurions accordé une certaine puissance pour les exterminer, mais
ils «étaient mêlés à votre insu, que vous auriez pu piétiner- Ce qui vous
aurait valu une honte imméritée» et un crime involontaire. Dieu retarde
l'application de son châtiment pour que les croyants se séparent des
incrédules et que, peut-être certains de ces derniers se convertissent.
Puis II dit: «Si, au contraire, croyants et idolâtres avaient été séparés, nous
aurions infligé à ces derniers un châtiment sévère» Ou suivant une autre
interprétation: Nous vous aurions accordé le pouvoir sur eux pour les
anéantir. A cet égard, Jounaïd Ben Soubaï" a dit: «Au début de la
journée, étant encore incrédule, j'ai combattu le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- et à sa fin j'ai combattu à ses côtés
après ma conversion. Nous étions neuf personnes: Sept hommes et
deux femmes, et c'est à notre sujet que ce verset fut révélé. «N'eût-ce
été que des croyants et des croyantes...» (Rapporté par Al-Tabarani, mais
l'auteur de cet ouvrage précise qu'il s'agit de Habib Ben Siba' et non de
Jounaïd...).
«Les infidèles entretenaient dans leur cœur un fanatisme, un fanatisme
barbare» et ceci, comme on a avancé, quand ils refusèrent d'écrire
dans le traité: «Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très
Miséricordieux» et de reconnaître Mouhammed comme étant l'Envoyé
de Dieu. «Allah, au contraire, apaisa le cœur du Prophète et des croyants.
Il leur recommanda le langage de la raison» ou suivante une autre
traduction: la parole de la piété qui n'est autre que la profession de foi
«Il n'y a d'autres divinités que Dieu».
Sa'id Ben Al-Moussayab a rapporté que Abou Houraira l'a informé
que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «j'ai
repu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'y a
d'autre divinité que Dieu. Celui qui en témoigne son sang et ses biens
seront préservés à moins qu'il ne soit coupable et Dieu à Lui la puissance
et la gloire réglera son compte» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) 1 ' 1 .
665
Dieu, dans son Livre avait mentionné un peuple qui: «Quand ils
entendaient dire: «D n'y a d'antre dieu qu'Allah» ils souriaient de dédain»
[Coran XXXVII, 35], et dans cette sourate II a dit: «D leur recommanda
le langage de la raison. Ils étaient dignes d'une telle recommandation et
préparés à la recevoir». Mais les incrédules s'enorgueillirent comme les
idolâtres se comportèrent le jour de Houdaybya.
Ce langage de la raison, ou la parole de la piété, on lui a donné
plusieurs interprétations:
- Ata a dit: Cela signifie: Il n'y a d'autres divinités que Dieu,
l'Unique, Il n'a pas d'associés, les louanges et la royauté lui
appartiennent et II est puissant sur toute chose.
- D'après Ibn Abbas: C'est la profession de foi qui est la tête de la
piété.
- Selon Sa'id Ben Joubayr: c'est la profession de la foi et le
combat dans la voie de Dieu.
Les musulmans étaient les plus dignes de cette parole de piété et
les plus proches, car Dieu sait tout et surtout ceux qui méritent le bien
et ceux qui méritent le mal.
En ce qui concerne le traité de Houdaybya et la trêve conclue
entre les musulmans et les idolâtres nous nous limitons à ce hadith
cité dans le Sahih de Boukhari d'après le récit raconté par Al-Miswar
Ben Makhrama et Marwane Ben Al-Hakam. Ils ont dit: «A l'époque de
Houdaybya, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- partit dans
une expédition. En route il s'écria: «Khaled Ben Al-Walid est à «Al-
Ghamim» (un endroit entre Rabegh et Al-Jouhfa) à la tête d'une troupe
de cavaliers qui sont une avant-garde des Qoraichites». Le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- poursuivit sa marche, arrivé au défilé
de la montagne, par où il comptait les attaquer, sa chamelle
s'agenouilla. Les gens essayèrent de la faire lever, mais elle ne
bougea pas, alors ils dirent: «Al-Qaswa» (le nom de la chamelle) est
devenue rétive! Al-Qaswa est devenue rétive». Le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- leur répondit! «Al-Qaswa n'est pas devenue
rétive et ce n'est pas de son habitude de le faire, mais celui qui l'a
immobilisée n'est autre que celui qui avait immobilisé l'éléphant (c.à.d.
666
Dieu quand il a immobilisé l'éléphant avec lequel les abyssins voulaient
détruire la Ka'ba). Puis il poursuivit: «Par celui qui tient mon âme en
Sa main, ils (les Qoraichites) ne me demanderont pas de respecter ce
que Dieu a déclaré sacré, sans que je ne la leur accorde». Le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- excita la chamelle qui ne
tarda pas à se lever, puis il quitta les musulmans pour aller camper à
l'extrémité de AL-Houdaybya auprès d'une mare qui contenait peu
d'eau où les gens se rendaient pour s'en servir et faire la sieste.
»
Les fidèles ne tardèrent pas à rejoindre le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- pour se plaindre de la soif et de la pénurie d'eau.
Il tira une flèche de son carquois en leur ordonnant de pratiquer un
petite fossé. Par Dieu, la mare ne cessa de leur fournir de l'eau en
abondance jusqu'au moment où ils quittèrent le lieu.
Etant ainsi, Boudail Ben Waraqa Al-Khouza'i arriva à la tête de
quelques hommes de la tribu de Khouza'a qui étaient des gens de
confiance pour l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et qui
habitaient Touhama. Il dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
: «J'ai laissé Ka'b Ben Louai et Amer Ben Louai qui ont campé près
des sources d'eau de Al-Houdaybya, ils ont amené avec eux des
chamelles laitières et leurs familles. Ils comptent te combattre en
l'empêchant d'arriver à La Maison Sacrée». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- lui répondit: «Nous ne sommes pas venus pour
livrer bataille à quiconque mais pour faire la visite pieuse. La guerre
n'a fait qu'accabler les Qoraichites et leur causant beaucoup de pertes.
S'ils le veulent, je suis prêt à conclure une trêve avec eux en affrontant
les autres tribus. Si je suis vainqueur et qu'ils veuillent accepter les
mêmes conditions que je stipule aux autres, ils n'auront qu'à le faire, et
si je suis vaincu, ils auraient épargné leur force contre les autres. S'ils
refusent, par celui qui tient mon âme en Sa main, je les combattrai
pour la cause que je soutiens jusqu'à ce que je trouve mon trépas.
Certes Dieu accomplira Sa décision».
Boudail répondit: «J'irai leur transmettre ta proposition». Boudail
retourna por trouver les Qoraichites en leur disant: «Je viens de la part
de cet homme qui nous a fait part des propos, si vous le voulez, je
peux vous les transmettre». Les hommes insensés des Qoraichites
667
répondirent: «Nous n'avons plus besoin de ce que tu vas nous
raconter». Mais les plus sensés dirent à leur tour: «Raconte ce que tu
l'as entendu dire». Boudail répliqua: «Je l'ai entendu proposer telle et
telle chose», et il leur mit au courant. Ourwa Ben Mass'oud se leva et
dit: «Ô mes citoyens, n'êtes-vous pas comme un père?». Certes oui,
répondirent-ils, -Ne suis-je pas comme un de vos fils?» -Certes oui. Me
reprochez-vous quelque chose?. -Non. -Ne savez-vous pas que j'ai
appelé les gens de Oukaz à se grouper autour de vous, et quand ils
refusèrent, je suis venu à vous en amenant familles, fils, et tous ceux
qui m'ont obéi?. -Certes oui- Cet homme-là vous propose une chose
raisonnable, acceptez-la donc, et laissez-moi aller le trouver. Ils lui
répondirent: «Vas-y».
Ourwa Ben Mass'oud se rendit chez le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue -, et en s'entretenant avec lui, le Prophète - qu'Allah
le bénisse et le salue - lui répéta ce qu'il a dit à Boudail. Ourwa dit
alors: «Ô Mouhammad! Que penses-tu si tu cherches à exterminer ton
peuple, as-tu jamais entendu un des Arabes qui a causé une chose
pareille à ses concitoyens? Si tu insites ( à les combattre), je jure par
Dieu, je vois que des notables et des ramassis des gens te fuient en
te laissant seul». Abou Bakr -que Dieu l'agrée- lui répondit: «Va sucer
le clitoris de Al-Lat (une expression de dédain), penses-tu que nous
allons fuir (le Prophète) et le laisser seul?» Ourwa s'interrogea: «Qui
est cet homme?». On lui répondit: «C'est Abou Bakr». Il répliqua: «Par
celui qui tient mon âme en Sa main, si je ne te devais une faveur dont
je n'ai pas pu m'acquitter, je t'aurais répondu». Ourwa se mit alors à
parler avec le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et chaque
fois qu'il lui adressait la parole, il lui tenait la barbe alors que Al-
Moughira Ben Chou'ba se trouvait tout près du Prophète l'épée à la
main et portant son casque, de sorte que chaque fois que Ourwa
prenait la barbe du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, il lui
frappait la main du fourreau de son épée en lui disant: «Eloigne ta
main de la barbe de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue
-. Ourwa leva la tête et s'interrogea: «Qui est cet homme?». On lui
répondit: «C'est Al-Moughira Ben Chou'ba'». Il répliqua: «Quel perfide!
Ne t'ai-je pas aidé à te tirer d'affaire lors de ta perfidie?». Al-Moughira
avait caccompagné des gens à l'époque antéislamique, il les tuait en
668
s'emparant de leurs biens, puis il vint trouver le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - pour embrasser l'Islam, mais il lui répondit: «-
J'accepte ta conversion, mais quant aux biens que tu as pris, cela ne
m'intéresse pas».
Ourwa se mit à toiser les compagnons du Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - puis il dit: «Par Dieu, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - n'a craché sans que son crachat ne tombe
dans la main de l'un d'eux qui s'en frotte le visage et la peau. Quand il
doene un ordre, ils s'empressent de l'exécuter, s'il fait ses ablutions,
on se bat pour en recueillir l'eau. Quand il parle, ils baissent leur voix
en sa présence, et ils ne lui lèvent pas leurs regards pour le grand
respect qu'ils lui réservent».
Ourwa retourna à ses compagnons et leur dit: «Ô gens! Par Dieu
j'ai été envoyé chez César, Cosroès et An-Najachi. Par Dieu! Jamais
je n'ai vu un roi qui fut honoré autant que les compagnons de
Mouhammad l'honorent. Par Dieu! Il n'a craché sans que son crachat
ne tombe dans les mains de l'un d'eux pour en frotter le visage et la
peau. Quand il donne un ordre, ils s'empressent de l'exécuter. Quand
il fait des ablutions, on se bat pour avoir de cette eau. Quand il parte,
ils baissent leur voix et ils ne le fixent pas leur regard par respect. Il
vous a proposé un plan raisonnable, acceptez le». Un homme de Bani
Kinana dit: «Laissez-moi me rendre auprès de lui». Vas-y lui fut dit.
Lorsque cet homme se trouva chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et
le salue - et ses compagnons, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - leur dit: «C'est un tel, il appartient à une tribu qui honore
les offrandes (les animaux destinés au sacrifice) envoyez-en-lui» et ce
fut fait. Les musulmans s'avancèrent vers lui en prononçant la talbia.
Voyant cela, l'homme s'écria: «Gloire à Dieu! Il ne convient pas
d'empêcher ces gens-là d'aller à la Maison Sacrée». Il revint chez ses
compagnons et leur dit: «Jai vu les animaux destinés au sacrifice
ornés de guirlandes et marqués, et je ne pense pas qu'on puisse les
empêcher de se rendre à la Maison Sacrée». Un homme appelé
Mikraz Ben Hafs se leva et dit: «Laissez-moi aller le rencontrer». Va,
lui répondit-on. Au moment où il arriva en vue du Prophète - qu'Allah
le bénisse et le salue - celui ci dit aux fidèles: «C'est Mikraz qui est un
homme pervers». Mikraz s'entretint avec le Prophète - qu'Allah le
669
bénisse et le salue -. Etant ainsi, Souhait Ben Amr arriva. Le Prophète
- qu'Allah le bénisse et le salue - lui dit: «Les choses sont devenue:
maintenant très faciles». Il lui dit: «Allons mettre par écrit une
convention entre nous». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue ■
manda alors le scribe (qui était Ali Ben Abi Taleb) et lui ordonne
d'écrire: «Ecris: «Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très
Miséricordieux». Souhail objecta: «Je ne sais pas ce que signifie le
mot «Le Miséricordieux», écris*plutôt: «Au nom de Dieu» comme ti
avais écrit (d'autres conventions)» Les musulmans répondirent: «Pai
Dieu nous n'écrivons que: «Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très
Miséricordieux». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - dii
alors (au scribe): «Ecris: «Au nom de Toi ô Grand Dieu» pui il ajouta
«Ceci est convenu entre Mouhammad l'Envoyé de Dieu». Mais Souhai
objecta de nouveau: «Par Dieu, si nous savions que tu es l'Envoyé de
Dieu, nous ne t'aurions pas empêché d'aller à la Maison Sacrée n
t'aurions combattu. Ecris plutôt: «Mouhammad Ben Abdullah» Le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui répondit: «Par Dieu je
suis l'Envoyé de Dieu même si vous me traitez de menteur. Ecris: «
Mouhammad Ben Abdullah». Puis il s'adressa à Souhail: «A conditiot
de nous laisser entrer à la Maison Sacrée pour faire les tournée:
processionnelles». Souhail répliqua: «Par Dieu, nous ne donnerons
plus l'occasion aux Arabes de dire que nous avons été contraints, que
cette demande soit ajournée à l'année prochaine». Le secrétaire, er
écrivant cela, Souhail lui dit: «Ajoute: «Et à condition que si l'un de
nous qui est de ta religion, te suit, tu dois nous le renvoyer». Les
musulmans lui répondirent: «Gloire à Dieu, comment pourra-ton le
renvoyer aux polythéistes après qu'il est devenu musulman?».
Etant ainsi, Abou Jandal Ben Souhail Ben Amr survint, marchant
avec des chaines aux pieds, qui vient de sortir du fond de La Mecque,
demandant la protection des musulmans. Souhail dit alors: «Ô
Mouhammad, c'est la première personne que je te demande de nous
la renvoyer». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui
répondit: «Nous n'avons pas encore terminé les termes de cette
convention». Souhail répliqua: «Par Dieu, je ne conclus donc aucune
convention avec toi». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
dit: «Fais-en exception!». Il lui répondit: «Non je ne ferai pas cela». -
670
Mais si, tu dois le faire-. Non jamais. Mikraz intervint et dit: «Il est à
toi». Abou Jandal prit la parole et dit: «Ô musulmans! Ne voyez-vous
donc pas ce que j'ai subi?» Il a été sauvagement torturé à cause de
sa toi en Dieu.
Omar Ben Al-Khattab dit ensiute: «Je vins trouver le Prophète de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dis: «N'es-tu pas vraiment
le Prophète de Dieu?» -Certes oui, lui répondit-il. Ne sommes-nous
pas dans la vérité et notre ennemi dans l'erreur?.- Certes oui. -
Pourquoi alors devons-nous déroger à la loi de notre religion?». Le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui répondit: «Je suis
l'Envoyé de Dieu et je ne désobéis pas car II est mon protecteur».
Omar répliqua: «N'avez-vous pas dit que nous viendrons à la Maison
pour faire notre tournée processionnelle?» -Mais t'avais-je promis que
nous irions cette année?». Non.- Tu iras sûrement et tu feras la
tournée processionnelle».
Omar puirsuivit: «Je vins trouver Abou Bakr, je lui dis: «Ô Abou
Bakr! N'est-ii pas vraiment le Prophète de Dieu?». Il répondit: «Certes
oui». -Ne sommes-nous pas dans la vérité et notre ennemi dans
l'erreur? -Certes oui. -Pourquoi alors devons-nous déroger à la loi de
notre religion?- Homme! Il est l'Envoyé de Dieu et il ne lui désobéit
pas car II est son protecteur, ne te sépare plus de lui (litt. accroche-toi
à son étrier). Par Dieu, il est dans la vérité. -Ne nous avait-il pas
promis que nous viendrons à la Maison pour faire la tournée
processionnelle?. -Certes oui. T'a-t-il dit que tu feras une chose
pareille cette année? -Non Tu iras sûrement (à la Maison) pour faire la
tournée processionnelle.
Omar ajouta: «Depuis ce jour je ne cessai de faire des œuvres (-
pies pour expiation à mon insubordination).
Une fois la convention fut écrite, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - dit à ses compagnons: «Allez sacrifier et rasez-
vous les barbes». Le rapporteur poursuivit: «Par Dieu, pas un homme
ne se leva, bien qu'il eut répété ces mots trois fois. Alors, voyant cela,
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - entra chez Ou m
Salama et lui raconta les faits. Elle lui dit: «Ô Prophète de Dieu! Si tu
| tiens à ce que tes ordres soient exécutés, sors sans adresser la parole
671
à quiconque parmi eux jusqu'à ce que tu sacrifies ton animal, et tu
appelles ton barbier pour te raser la tête». Le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - aussitôt sorti de chez elle, sacrifia, appela son
barbier pour se raser la tête. Les fidèles voyant cela, se levèrent, ils
égorgèrent leurs animaux et les uns rasèrent les têtes aux autres et ils
firent cela en s'empressant au point qu'ils faillirent s'écraser les uns les
autres.
Ensuite des femmes croyantes vinrent trouver l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - Dieu révéla ce verset: (Ô vous les
croyants! Lorsque des croyantes qui ont émigré, viennent à vous, éprouvez-
les... jusqu'à.. Ne retenez pas en les épousant celles qui sont incrédules» [-
Coran LX, 10]. Omar répudia alors deux femmes qui étaient
polythéistes, dont l'une d'elles épousa Mou'awia Ben Abi Soufian et
l'autre Safwan Ben Oumaya. Puis le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- retourna à Médine. Abou Bassir, un Qoraichite musulman vint le
trouver, mais les polythéistes envoyèrent deux hommes afin de le
ramener en disant: «Respecte la convention conclue entre nous». Le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur donna Abou Bassir et
les deux hommes partirent avec lui, arrivés à Zoul-Houlaifa, ils
descendirent pour manger de dattes de leurs palmiers. Abou Bassir dit
à l'un d'eux: «Par Dieu, je vois que tu as un sabre excellent».
L'homme dégaina son sabre et répondit: «Par Dieu, certes oui, il est
excellent car j'en ai fait l'épreuve à plusieurs reprises». Abou Bassir
répliqua: «Montre-le moi, afin que je l'examine». Abou Bassir frappa
l'homme avec le sabre et le tua, quant à l'autre, il prit la fuite jusqu'à
ce qu'il arriva à Médine en courant, et il entra à la Mosquée. L'Envoyé
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en l'apercevant, dit: «Celui-là
a vu quelque chose d'effrayant». Quand il fut tout près du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue-, il dit: «Par Dieu! Il a tué mon
compagnon, et moi-même je vais être tué». Abou Bassir arriva et dit:
«Ô Prophète de Dieu! Dieu t'a fait tenir tes engagements en me livrant
aux polythéistes, puis II m'a délivré d'eux». Le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- lui répondit: «Malheur à sa mère! Il se peut qu'il
soit un tisonnier d'une guerre s'il a quelqu'un à le secourir». Abou
Bassir, entendant cela et croyant qu'il sera livré aux polythéistes, prit la
fuite jusqu'à ce qu'il fût sur la côte.
672
Le rapporteur poursuivit: «Abou Jandal se sauva à son tour et alla
rejoindre Abou Bassir. Par la suite aucun des Qoraichites ne manqua
de quitter La Mecque sans qu'il ne vienne rejoindre Abou Bassir au
point où ils formèrent une grande troupe. Par Dieu, ils n'entendaient
parler de l'arrivée d'une caravane des Qoraichites, pour le Châm sans
l'intercepter en tuant les hommes et en s'emparant de leurs biens. Les
Qoraichites expédièrent quelqu'un adjurant le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- par Dieu et par le lien de parenté de cesser ces
hostilités, et en échange, tout musulman qui aura quitté la Mecque ne
craindra pas d'être renvoyé. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- demande à la troupe (de Abou Bassir) de cesser leur agression
(contre les Qoraichites) et Dieu révéla alors ce verset «C'est lui qui a
arrêté le bras de vos ennemis comme II a arrêté le vôtre dans la vallée de
La Mecque, après vous avoir donné la victoire. Allah voyait toutes vos
actions». Or cette fureur s'était manifestée en ne reconnaissant que
Mouhammad est le Prophète de Dieu, ni acceptant l'expression: «Au
nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux», en empêchant
ainsi les musulmans d'arriver à la Maison Sacrée».
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I
laqad sadaqa-L-Lâhu rasûlahu-r-rû'yâ bil-haqqi latadhulanna-l-masjida-1-
harâma 'in sâ*'a-L-Lâhu 'â*minîna muhalliqîna ru-'usakum wa
muqassirîna là tahafûna fa 'alima ma lam ta'lamû faja'ala min dûni d
âlika fathan qarîban (27) huwa-1-ladT 'arsala rasûlahu bil-hudâ wa dîni-
1-haqqi liyuzhirahû 'alâ-d-dîni kullihî wa kafâ bi-L-Lâhi sahîdan (28).
Allah réalisa le songe qu'il avait envoyé à Son Prophète: «Vous
entrerez sans le moindre risque dans le temple sacré par la volonté d'Allah,
la tête rasée ou les cheveux courts; vous y entrerez sans crainte». Allah
savait, en effet, ce que vous ignoriez et II vous avait donné entre temps une
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précoce victoire. (27) C'est Lui qui a envoyé son Prophète avec une règle
de vie et la religion de l'évidence destinée à surpasser tontes les antres. Le
témoignage d'Allah suffit (28).
Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait vu
en songe qu'il est entré à la Mecque et a fait les tournées
processionnelles autour de la Maison Sacrée. Il a mis ses compagnons
au courant de cette vision. L'an de Houdaiybya, une grande partie
d'entre eux ne doutèrent point que cette vision se réalisera cette année
même. Mais à la suite du traité de paix conclu avec les idolâtres
d'après lequel iis pourraient revenir l'année prochaine à La Mecque
pour accomplir le petit pèlerinage, certains parmi eux doutèrent de
cette possibilité, ce qui porta Omar Ben Al-Khattab à demander au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- «Ne nous as-tu pas
promis que nous allons visiter la Maison Sacrée et faire la
cricumambulation autour d'elle?» Il lui répondit: «Si, mais vous ai-je
promis que vous allez le faire cette année même?»» -Non, répliqua
Omar. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de poursuivre:
«Tu vas certainement la visiter et faire la circumambulation». Ainsi fut
la réponse à Abou Bakr qui lui posa la même question. Dieu, pour
confirmer ce fait a dit à Son Prophète «Allah réalisa le songe qu'il avait
envoyé à Son Prophète: «Vous entrerez sans le moindre risque dans le
temple sacré par la volonté d'Allah» En effet, certains parmi eux se sont
rasés la tête et d'autres ont coupé leurs cheveux..
Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah
le bénisse et le salue- a dit: «Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui se
rasent la tête» On lui dit: «Et ceux qui se taillent les cheveux ô Messager
de Dieu?» Il reprit: «Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui se rasent la
tête». On lui dit de nouveau: «Et ceux qui se taillent les cheveux ô
Messager de Dieu?» A la troisième ou à la quatrième fois il dit: «Et ceux
qui se taillent les cheveux» (Rapporté par Bokhari et MousRm) 1 ' 1 .
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«Vous y entrerez sans crainte». Dieu les a rassurés qu'ils auront
rien à craindre en entrant dans le temple sacré, et ce fut réalisé au
cours de la 'Oumra dite. «Al-Qada'» au mois de Zoul-Qi'da en l'an sept
après l'Hégire. Car le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en
retournant de Houdaybya à Médine, s'y installa pendant deux mois:
Zoul Hijja et Mouharram. Au mois de Safar, il fit l'expédition de
Khaïbar et la conquit par force au début puis il conclut un pacte de
paix avec ses habitants. Il partagea le butin et la ville entre ceux qui
étaient avec lui à Houdybya en excluant les autres à l'exception de
ceux qui venaient de rentrer de l'Ethiopie, à savoir Ja'far Ben Abi
Taleb et ses compagnons, ainsi Abou Moussa Al-Ach'ari et ses
compagnons. Puis le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- rentra à Médine.
Au mois de Zoul-Qi'da en l'an sept après l'Hégire, le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- partit à La Mecque pour faire le petit
pèlerinage avec les hommes de Houdaybya. Ils se mirent en état de
sacralisation à Zoul-Houlayfa et menèrent avec eux les soixante
chamelles destinées au sacrifice, en faisant la talbia.
Arrivés tout près de Marr-Adhahrane, le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- poussa Mouhammed Ben Abi Salama à
la tête d'une cavalerie bien armée pour être à l'avant-poste. A leur vue,
les idolâtres éprouvèrent une grande peur croyant que le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- est venu en conquérant et qu'il a
violé les clauses du pacte stipulant une trêve de dix ans. Ces idolâtres
partirent aussitôt à La Mecque pour mettre en garde ses habitants, et
ceux-ci chargèrent Mikhraz Ben Hafs de barrer la route. Il dit au
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Mouhammed, ce que
nous connaissons de toi c'est que tu n'as jamais violé un pacte?» Il lui
demanda: «De quoi s'agit-il?» Et Mikraz de répliquer: «Vous êtes
venus armés de lances et de bâtons». Le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- rétorqua: «Jamais de ça, car nous avons envoyé
ces armes à Ya'joj». Mikraz dit alors: «Nous t'avons connu comme
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étant le symbole de la fidélité et de la sincérité».
Les notables et les chefs des incrédules quittèrent La Mecque
pour ne plus voir Mouhammed et ses compagnons entrer tellement
étaient furieux et haineux. Les autres habitants de cette ville: hommes,
femmes et garçons s'assirent sur les toits de leurs maisons ou sur la
chaussée regarder le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- et ses compagnons entrer en ville, en faisant la talbia, alors
qu'ils avaient envoyé les offrandes à Zou-Tiwa. Le Prophète -qu'Allah
le bénisse et le salue- était à dos de sa chamelle «AL-Qaswa'» qu'il
avait montée le jour de Houdaybya, alors que Abdullah Ben Rawaha
Al-Ansari la tenait par les brides en fredonnant.
L'imam Ahmed rapporte qu'lbn Abbas a raconté: «Lorsque le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons
arrivèrent à La Mecque venant de Yathreb affaiblis par la fièvre, les
idolâtres dirent les uns aux autres: «Des gens viendront affaiblis par la
fièvre de Yathreb» et ils s'assirent de l'autre côté du Hidjr. Dieu en ce
moment révéla à Son Prophète les dires des idolâtres. Celui-ci
ordonna alors aux fidèles de faire les premières trois tournées autour
de la Maison à pas accéléré et à pas ordinaire entre les deux coins où
les idolâtres ne pouvaient plus les voir. Ce qui a empêché le Prophète
d'ordonner aux fidèles de faire les sept tournées à pas accéléré c'était
sa compassion envers eux. Constatant ce fait, les idolâtres s'écrièrent:
«Est-ce bien ces gens-là sont ceux que la fièvre de Yathreb a
affaiblis? Par Dieu ils sont plus robustes que tel et tel...».
«Allah savait, en effet, ce que vous ignoriez et II vous avait donné
entre temps une précoce victoire». Dieu - à Lui la puissance et la gloire-
savait parfaitement votre intérêt en vous empêchant d'accéder à La
Mecque en cette année-là ensuite votre entrée dans cette ville l'année
suivante. Avant cette entrée promise qui fut la vision du Messager de
Dvfeu -ou'Wilah le bécvlsse et le salue-. Il vous avait dot\t\4 une oromote
victoire qui n'était autre que le traité de paix entre vous et vos ennemis
idolâtres.
Ensuite Dieu annonce la bonne nouvelle qu'il va accorder la
victoire à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- sur ses
ennemis et l'élever au-dessus des habitants de la terre, en le
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chargeant de la bonne Direction et de la religion vraie qui procurent la
science utile et les bonnes œuvres étant donné que la loi religieuse
comporte deux branches: La science et l'œuvre.
«... destinée à surpasser toutes les autres» et à faire prévaloir l'Islam
sur toutes les religions de la terre pratiquées par les Arabes et non-
Arabes, polythéistes et autres. «Le témoignage d'Allah suffit» que
Mouhamad est Son Envoyé et qu'il est Son secoureur.
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Muhammadun rasûlu-L-Lâhi wal-ladîna ma'ahtt 'asidda'u 'alâ-1-kuffâri
ruhamâ'u baynahum tarâhum rukka'an sujjadan yabtagûna fadlam
mina-lL-Lâhi wa ridwanan simâhura fl wujûhihim min atari-s-sujûdi d
âlika mataluhum fî-t-tawrâti wa mataluhum fi-l-'Injîli kazar'in 'ahrja
Sat'ahû fa'azarahû fastaglaza fastawâ 'alâ suqihî yu'jbu-z-zurra'a liyugiza
bihimu-1-kuffâra wa 'ada-L-Lâhû-1-ladîna 'à* manu wa 'amilû-s-sâlihati
minhum magfiratan wa 'ajran 'aziman (29).
Mohammed est le Prophète d'Allah. Autant ses compagnons sont
implacables envers tes infidèles, autant ils sont compatissants entre eux. Ils
se prosternent et s'agenouillent, n'aspirant qu'à obtenir la grâce et
l'assentiment d'Allah. Leurs visages reflètent cet esprit de dévotion, fis
suscitent les mêmes comparaisons dans le Pentateuque et dans l'Evangile.
Tel le blé qui germe, se gonfle de sève et grandit pour se dresser sur sa tige
et réjouir les yeux du laboureur, tels Os apparaissent aux infidèles pour leur
dépit. Allah promet à ceux qui croient et font le bien, le pardon de leurs
péchés et une récompense magnifique (29).
Mouhammed est certes le Messager de Dieu sans aucun doute.
Puis Dieu montre les qualités de ses compagnons et fait leur éloge: «-
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Autant sont implacables envers les infidèles, autant ils sont compatissants
entre eux». Comme II a dit aussi dans ce sens: «Bons envers les
croyants, durs envers les infidèles» [Coran V, 54]. Tels sont les
caractères du croyant qui doit avoir un visage radieux et souriant en
accueillant son coreligionnaire, et être violent envers l'impie afin que
celui-ci le trouve dur.
An-Nou'man Ben Bachir rapporte que le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «Les croyants dans leur affection, leur clémence
et leur assistance mutuelle qu'ils portent, sont comparables à un seul corps
lorsqu'un membre est affecté, c'est l'ensemble du corps qui ressent la
douleur et s'enfièvre» ( Rapporté par Boukhari et MousSm)' 1 .
Et dans un autre hadith, il a dit: «Le croyant est à un autre croyant
ce que les pierres d'un édifice sont les unes aux autres, elles se
maintiennent les unes les autres». Disant cela, il entrelaça ses doigts. (-
Rapporté par Boukhari et Mouslim) 121 .
«Ils se prosternent et s'agenouillent n'aspirant qu'à obtenir la grâce et
l'assentiment d'Allah». Ils observent les prières qui sont les meilleures
des oeuvres. Ils sont sincères envers Dieu en Lui vouant le cuite car ils
ne recherchent que Sa satisfaction et la belle récompense auprès de
Lui qui n'est autre que le Paradis où ils trouveront ce qu'il leur a
promis comme félicité et un bien-être. La satisfaction de Dieu -à Lui la
puissance et la gloire- est préférable et elle est le bonheur sans
limites.
«Leurs visages reflètent cet esprit de dévotion» ainsi que le
recueillement et l'humiliation devant le Seigneur. On a dit: «Quiconque
multiplie ses prières la nuit aura un beau visage le jour». Cette beauté,
comme on a dit aussi, procure de la lumière dans le cœur, une clarté
du visage, une plénitude de biens et une affection dans les cœurs des
hommes».
(1) <u ySUii iii Jb-ijji jl-J-i j^r r+^Vj ftuiji j flt»jji ji-i :jg ^i Jts
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On a rapporté que 'Omar Ben Al-Khattab a dit: «Celui qui amende
son for intérieur, Dieu le Très Haut amende son apparence».
Dans un hadith, il est dit: «La bonne direction, le bon caractère et
la modération sont une des vingt-cinq parties de la prophétie». (-
Rapporté par Ahmed et Abou Daoud).
En effet tous les compagnons -que Dieu les agrée- jouissaient
d'une bonne et pure intention et leurs œuvres étaient bonnes.
Quiconque les voyait, il les admirait. Et Malek, de sa part, a dit: «On
m'a rapporté que les chrétiens disaient des fidèles qui ont conquis le
pays de Châm: «Par Dieu, ces gens-là sont meilleurs que les apôtres»
Ils ont dit vrai car la communauté musulmane fut très complimentée et
louée dans les livres déjà révélés, et les meilleurs de ses hommes
étaient les compagnons du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue-. Dieu, dans ces livres a fait allusion à leurs bons caractères et
leur bonne conduite quand II a dit: «Ils suscitent les mêmes comparaisons
dans le Pentateoque et dans l'Evangile. Tel le blé qui germe» et fait sortir
sa pousse «se gonfle de sève et grandit» il devint robuste puis il grossit
«pour se dresser sur sa tige et réjouir les yeux du laboureur». Ainsi étaient
ces compagnons qui ont aidé le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse
et le salue-, l'ont secouru et combattu à ses côtés «tels ils apparaissent
aux infidèles». De ce verset nombre d'ulémas ont déduit que quiconque
méprise ou dénigre ou injurie ces compagnons aura commis un acte
d'incrédulité.
«Allah promet à ceux qui croient et font le bien, le pardon de leurs
péchés et une récompense magnifique» Ce que Dieu promet sera réalisé
indubitablement, car II ne manque jamais à Ses promesses. Et pour
montrer les mérites et les fastes de ses compagnons, le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «N'injuriez pas mes
compagnons, car si l'un d'entre vous dépense (en aumône) autant que le
mont Ouhod, il n'atteindra plus le degré de l'un d'eux (litt: le moud, ni
même la moitié du moud». (Rapporté par Mouslim).
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