Coran › Sourate 49 › Ibn Kathīr — trad. Harkat
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 49 trad. humaine
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49 - SOURATE DES APPARTEMENTS
18 versets
Révélée tout entière à Médine à la suite de la sourate de la
Discussion
Bismi-l-lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm.
Yâ 'ayyuhâ-1-lad îna ti'manû là tuqaddimû bayna yadayi-L-Lâhi wa
rasulihî wa-t-taqû-L-Lâha 'inna-L-Lâha Samî'un 'Alîmun! (1) Yâ
'ayyuhâ-1-ladîna 'amanû là tarfatî 'aswâtakum fawqa sawti-n-nabiyyi
walâ tajharû lahû bilqawli kajahri ba'dikum liba'din 'an tahbata
'a'mâlakum wa 'antum là tas'urûna (2) 'inna-1-lad îna yaguddûna
'aswâtahum 'inda rasûli-L-Lâhi 'ûla'ika-l-ladîna-m-tahana-L-Lâhû
qulûbahum littaqwâ lahum magfiratun wa 'ajrun 'azimun (3).
An nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux
O croyants, ne devancez jamais les décisions d'Allah et de Son
Prophète. Craignez Allah. Il entend et sait tout. (1) Ô croyants, ne courrez
jamais de votre voix celle du Prophète, n'élevez pas le ton avec lui comme
vous le faites entre vous, si vous ne voulez pas perdre le bénéfice de vos
œuvres à votre insu. (2) Ceux qui parlent au Prophète en baissant la voix
sont ceux que des épreuves divines ont incliné à l'humilité, fis seront
pardonnes et recevront une belle récompense (3).
Ces versets comportent des règles de bienséance que Dieu dicte
aux croyants pour se comporter avec un grand respect et hommage
vis-à-vis du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue -. «Ne
devancez jamais les décisions d'Allah et de Son Prophète» et n'anticipez
pas sur Dieu et sur Son Messager, plutôt suivez leurs enseignements
dans toutes vos affaires. «Craignez Allah» en observant Ses ordres car
«Il entend» vos paroles «et sait tout» aussi bien vos intentions que vos
œuvres.
En voilà aussi une autre règle: «O croyants, ne couvrez jamais de
votre voix celle du Prophète». Quant à la circonstance de cette
révélation, Al-Boukhari rapporte que Ibn Abi Moulayka a dit: «les deux
meilleurs hommes Abou Bakr et Omar Ben Al-Khattab ont failli périr,
car ils avaient élevé leur voix auprès du Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue - qui venait de recevoir une députation de Bani Tamim. L'un
de ces deux hommes proposa au Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue - de désigner Al-Aqra' Ben Habes -que Dieu
l'agrée- tandis que l'autre un autre homme et Nafé -l'un des
rapporteurs- ajouta qu'il n'a pas retenu le nom de ce dernier. Abou
Bakr dit alors à Omar: «Tu ne veux que me contrarier», mais Omar
répliqua: «Non, je n'ai pas voulu te contrarier» et leurs voix s'élevèrent.
Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «O croyants, ne couvrez
jamais de votre voix celle du Prophète, n'élevez pas le ton avec lui comme
vous le faites entre vous, si vous ne voulez pas perdre le bénéfice de vos
œuvres à votre insu». Après cet événement, rapporta ibn Al-Zoubayr,
Omar ne disait rien au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue - avant que celui-ci ne l'eût interrogé». (Rapporté par
Boukhari) 1 ".
Al-Boukhari rapporte aussi d'après Anas Ben Malek -que Dieu
l'agrée- que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue - avait
remarqué l'absence de Thabet Ben Qays - que Dieu l'agrée-. Un
homme lui dit: «O Messager de Dieu je vais aller pour toi aux
renseignements.» L'homme se rendit chez Thabet et le trouva assis
dans sa maison la tête baissée. Il lui demanda: «Qu'as-tu?» Et Thabet
de répondre: «Un malheur, j'élevais ma voix au-dessus de celle de
l'Envoyé de Dieu-qu'Allah le bénisse et le salue -, mes œuvres sont
vaines et je suis l'un des damnés de l'Enfer». L'homme retourna chez
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue - et lui répéta les
propos de Thabet. Moussa, l'un des rapporteurs, a dit: «L'homme
retourna une deuxième fois chez Thabet pour lui annoncer une bonne
nouvelle, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue - lui
ayant dit: «Non, tu ne seras plus un réprouvé de l'Enfer, plutôt l'un des
élus du Paradis» (Rapporté par Boukhari) 121 .
Dans une autre version rapportée par l'imam Ahmed, Anas aurait
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ajouté: «Nous regardions Thabet marcher parmi nous sachant qu'il
sera l'un des bienheureux du Paradis. Le jour de la bataille de
Yamama, remarquant qu'une partie de l'armée musulmane était sans
défense, Thabet s'embauma, porta son linceul, s'élança contre
l'ennemi en s'écriant: «C'est une mauvaise leçon que vous donnez à
vos semblables». Il les combattit jusqu'à ce qu'il trouva la mort».
Et dans une troisième version rapportée par Ibn Jarir, le Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à Thabet: «Serais-tu satisfait que
les gens fassent ton éloge, que tu sois tué en martyr et tu entreras au
Paradis?». Il répondit: «Je me contente de cette bonne nouvelle de la
part de Dieu et de Son Messager, et je n'élèverai jamais ma voix au-
dessus de celle du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue -
» Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Ceux qui parlent au
Prophète en baissant la voix sont ceux que des épreuves divines ont incliné
à l'humilité».
On a rapporté qu'Omar Ben Al-Khattab entendit deux hommes se
discuter dans la mosquée du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-
en élevant leur voix. Il leur dit: «Savez-vous où êtes-vous? D'où venez-
vous? -De Taëf, lui répondirent-ils. Il répliqua: «Si vous étiez de
Médine je vous aurais frappés avec rudesse». Et les ulémas de
commenter cet événement: «Il est très répugné de hausser la voix
devant le tombeau du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- tout
comme dans son vivant car il doit être toujours respecté vivant et mort.
Dieu interdit aux hommes d'adresser au Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- la parole à haute voix comme ils le font entre eux, plutôt il
faut que cela soit fait avec respect et calme comme II a dit ailleurs:
«N'interpellez pas le Prophète comme vous le faites entre vous» [-
Coran XXIV, 63]. Car il se peut que le Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue- s'irrite contre celui qui lui parle sur ce ton et alors Dieu s'irrite
encore contre lui, et c'est une raison pour rendre vaines les œuvres de
cet homme.
Il est cité dans le Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- a dit: «L'homme parfois profère des paroles agréables
m Dieu sans y attacher d'importance, Dieu lui destinera le Paradis. Et
l'homme parfois pronconce des paroles repoussées par Dieu son sy attacher
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d'importance, et il sera précipité en Enfer (dont la profondeur) dépasse la
distance existante entre ciel et terre» (Rapporté par Mouslim, Ahmed,
Tirmidzi et Nassaï) 1 '' .
Puis Dieu recommande aux hommes de baisser la voix en disant:
«Ceux qui parlent an Prophète en baissant la voix sont ceux que des
épreuves divines ont incliné à l'humilité» en façonnant le cœur pour la
crainte révérencielle. Ceux-là obtiendront l'absolution de leurs péchés
et une récompense incommensurable.
Moujahed rapporte qu'on a demandé à Omar par écrit: «O prince
des croyants, lequel de ces deux est meilleur: un homme qui ne désire
pas le péché et ne le fait pas ou un autre qui le désire sans le
commettre?» Il lui répondit: «Il est celui qui le désire sans le
commettre car il fait partie de «ceux que des épreuves divines ont incliné à
Phnniilité. Ils seront pardonnes et recevront une belle récompense».
'inna-1-ladîna yunâdunaka min warâ'i-1-huyurâti 'aktaruhum là ya'qilûna
(4) walaw 'annahum sabarû hattâ tahruja 'ilayhim lakâna hayra-1-lahum
wa-L-Lâhu Gafûru-r- Rahîmun (5).
«Ceux qui t'appellent du dehors manquent de raison pour la plupart.
(4) II vaudrait mieux pour eux d'attendre que tu sortes. Allah est toute
clémence et miséricorde (5).
Dieu blâme les hommes qui interpellaient le Prophète -qu'Allah le
bénisse et le salue- du dehors des appartements de ses femmes
comme faisaient les bédouins insensés. Il montre ensuite la règle qu'il
faut suivre en disant: «Il vaudrait mieux pour eux d'attendre que tu
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sortes» et ce serait préférable pour eux et ils auraient trouvé leur intérêt
dans les deux mondes. Puis II les appelle au repentir et à la demande
du pardon car «Allah est tonte clémence et miséricorde». Nombre
d'exégètes ont avancé que ce verset fut révélé au sujet de Al-Aqra'
Ben Habes Al-Tamimi qui, arrivé auprès des appartements du
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- commença à crier: «Ô
Mouhammed! O Mouhamed!» Comme celui-ci ne lui répondit pas, il
poursuivit: «O Messager de Dieu, mon éloge est une dignité pour moi
et mon blâme est un déshonneur!» Il lui répondit: «C'est plutôt Dieu - à
Lui la puissance et la gloire - qui jouit de ces qualités». (Rapporté par
Ahmed).
Dans une autre version, Zaïd Ben Arqam rapporte qu'un groupe
d'Arabes se réunirent et dirent: «Allons voir cet homme. S'il était un
Prophète, nous serions les plus heureux (en le suivant) et s'il était un
roi nous vivrions sous sa protection et sa bienveillance». Je me rendis,
reprit Zaïd, chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
pour lui répéter leurs propos. Mais ils vinrent, s'arrêtèrent tout près de
son appartement et s'écrièrent: «O Mouhammed! O Mouhammed!».
Dieu à ce moment fit descendre ce verset: «Ceux qui t'appellent du
dehors manquent de raison pour la plupart». Le Messager de Dieu me
tint alors par l'oreille en l'étirant et dit: «Dieu le Très Haut a confirmé
tes paroles ô Zaïd» (deux fois)».
Yâ 'ayyuhâ-1-ladîna 'manu 'in ja'akum fâsiqum binaba'in fatabayyaniï
'an tusîbû qawmam-bijahâlatin fatusbihû 'alâ ma fa'altum nâdimîna (6)
wa 'lamïï 'anna fîkum rasûla-L-Lâhi law yutî'ukum fi katîrim mina-1-'-
amri la'anittum walâkinna-L-Lâha habbaba 'ilaykumu-l-'imâna wa
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zayyanahû fi qulûbikum wa karraha 'ilaykum-1-kufra wal-fusûqa wal
'isyâna 'ûla* 'ika humu-r-râSidûna (7) fadlam mina-L-Lâhi wa ni'matan
wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (8).
O croyants, si quelque méchant vous apporte une nouvelle, vérifiez-la.
Sinon vous risqueriez de nuire à votre prochain par ignorance et d'en
éprouver du repentir. (6) N'oubliez pas que le Prophète d'Allah est parmi
vous. S'il cédait trop souvent à vos suppliques, ce serait pour votre
malheur. Mais Allah vous a fait aimer la foi, qu'il a embellie dans vos
âmes. II vous a rendu haissable l'impiété, le dévergondage et la
désobéissance. Une telle conduite est celle des gens qui sont bien guidés. (7)
Ils en sont redevables à la grâce et à la générosité d'Allah. Allah est savant
et sage (8).
Dieu ordonne à ses serviteurs croyants de vérifier toute nouvelle
apportée par un dévergondé et d'être circonspects. Nombre d'ulémas,
en se référant à ce verset, réfutent de telles nouvelles, mais d'autres
les admettent. La plupart des exégètes ont avancé que ce verset fut
descendu au sujet de Al-Walid Ben Abi Mou 'ait lorsque le Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avait envoyé pour collecter
les aumônes de Béni Al-Mostalaq, dont voici les différentes versions
rapportées par certains:
D'après l'imam Ahmad, Al-Hareth Ben Abi Dirar Al-Khouza'i a
raconté: «Je vins auprès de Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et
le salue- qui m'appela à embrasser l'Islam, je me convertis et
l'acceptai. Puis il m'invita à verser l'aumône légale (Zakat) et je
l'acceptai aussi. Je lui dis: «O Messager de Dieu, permets-moi de
retourner chez mon peuple pour l'inviter à se convertir et payer la
zakat. Celui qui répondra à mon appel je prendrai de lui l'aumône. Puis
en telle date tu m'enverras un émissaire pouf t'apporter ce que j'aurai
collecté». A la date convenue l'émissaire du Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- ne se présenta pas. Al-Hareth crut que
Dieu et Son Messager furent courroucés contre lui (pour une raison
qu'il ignorait). Il fit réunir les chefs de son peuple et leur dit: «Le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- m'avait fixé une
date afin de m'envoyer un de ses commis pour collecter les biens de
la zakat. Je crois que cet émissaire n'a été retenu qu'à cause de la
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colère du Prophète. Partons donc voir le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue-.
Entre temps, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
envoya Al-Walid Ben 'Ouqba pour apporter les biens de la zakat. Mais
à mi-chemin, cet homme éprouva une certaine peur et revint dire au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Messager de
Dieu, Al-Hareth a refusé de me donner les biens de la zakat et il a
voulu me tuer».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'irrita
contre Al-Hareth et envoya un groupe d'hommes pour le chercher. En
même temps, Al-Hareth et les chefs de son peuple s'étaient rendus à
Médine pour voir le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Ils rencontrèrent la troupe d'hommes chargés de le ramener en dehors
de Médine, ceux-ci s'écrièrent: «Voilà Al-Hareth». il leur demanda: «-
Vers qui avez-vous été envoyés?» - Vers toi, répondirent-ils. - Pour
quelle raison, s'interrogea-t-il - Parce que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue-, répliquèrent-ils, t'avait envoyé Al-Walid
Ben 'Ouqba, mais ce dernier retourna informer le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- que tu as refusé de lui remettre les
biens de la zakat et en plus tu as voulu le tuer.
Al-Hareth -que Dieu l'agrée- s'écria alors: «Non, par celui qui a
envoyé Mouhammed avec la vérité, je n'ai pas reçu Al-Walid et même
je ne l'ai pas vu». En entrant chez le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- celui-ci lui demanda: «Pourquoi as-tu refusé de
remettre les biens de la zakat à mon émissaire et tu as voulu le tuer?»
- Par celui qui t'a envoyé avec la vérité, répondit Al-Hareth, je ne l'ai
pas vu et il n'est pas venu chez moi. Je ne suis venu te voir qu'après
le retard de ton émissaire et de peur d'avoir commis quelque chose qui
m'a valu le courroux de Dieu et de Son Messager. A cette occasion,
ce verset fut révélé: «O croyants, si quelque méchant vous apporte une
nouvelle, vérifiez-la» jusqu'à: «Allah est savant et sage».
Ibn Jarir, de sa part, rapporte d'après Oum Salama -que Dieu
l'agrée- que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait
envoyé quelqu'un pour collecter les biens de la zakat de Bani Al-
Moustalaq après leur défaite devant les musulmans. Ces gens-là,
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entendant parler de l'arrivée de l'émissaire du Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- et pour lui témoinger de leur respect,
sortirent pour le recevoir. Le démon suggéra à cet homme qu'ils vont
le tuer. Il rebroussa chemin pour informer le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- que Bani Al-Moustalaq ont refusé de lui
donner les biens de la zakat et ont voulu le tuer.
Le Prophète -qu'Aliah le bénisse et le salue- et les musulmans
s'irritèrent contre eux. Comme ces gens-là, entre temps, furent
informés du retour de l'émissaire, ils vinrent trouver le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et se mirent en rangs attendant
qu'il termine la prière du midi. La prière achevée, ils lui dirent: «Nous
cherchons refuge auprès de Dieu contre son courroux et le courroux
de Son Messager. Tu nous as envoyé un émissaire pour collecter les
biens de la zakat et nous fûmes très réjouis de le savoir. Mais, il
parait, qu'il s'était retourné à mi-chemin, et nous craignîmes que ce ne
soit à cause du courroux de Dieu et de Son Prophète contre nous». Ils
continuèrent à converser avec lui jusqu'au moment où Bilal arriva pour
faire l'appel à la prière de l'asr. Et Oum Salama de poursuivre: «C'est
à ce moment que ce verset fut descendu: «O Croyants, si quelque
méchant vous apporte...» jusqu'à la fin.
Enfin la version de Moujahed et Qatada est la suivante: «Le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait envoyé Al-
Walid Ben 'Ouqba pour collecter les biens de la zakat de Béni Al-
Moustalaq. Mais cet homme retourna dire au Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- : «Les Béni Al-Moustalaq ont recruté
une armée pour te combattre». Et dans la version de Qatada on trouve
cet ajout: «Et ils ont apostasie». Le Messager de Dieu -qu'Allah le
bénisse et le salue- leur envoya alors Khaled Ben Al-Walid en lui
ordonnant de s'assurer d'abord de cette nouvelle avant de les
combattre.
En effet, Khalid Ben Al-Walid se rendit chez eux la nuit et envoya
un de ses éclaireurs qui revint aussitôt l'informer que ces gens-là se
sont attachés fermement à l'Islam et qu'il a entendu leur appel à la
prière et les a vu l'accomplir. Le lendemain matin Khaled entra chez
eux et trouva ce qui lui causa une grande admiration. Il retourna chez
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le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour le mettre au
courant. Et Dieu lui révéla à cette occasion le verset précité.
«N'oubliez pas que le Prophète d'Allah est parmi vous» Sachez que
le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- est parmi vous,
vous devez-donc le respecter, le secourir, vous soumettre à ses
enseignements, exécuter ses ordres car il est compatissant envers
vous plus que vous l'êtes envers vous-mêmes, et il connait votre
intérêt mieux que vous. «S'il cédait trop souvent à vos suppliques, ce
serait pour votre malheur» S'il se soumettait à vos désirs et vous
obéissait, cela vous serait certainement une source de difficultés pour
vous, comme Dieu a dit ailleurs: «Si la vérité se modelait sur leurs
penchants, le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment seraient en pleine
décomposition» [Coran XXIII, 71]. Mais Dieu vous a fait aimer la foi et
l'a embellie dans vos cœurs. Anas rapporte que le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- disait: «L'Islam est une proclamation
publique mais la foi se trouve dans le cœur», puis il désignait, par trois
fois, sa poitrine en ajoutant «La piété est là! La piété est là!» (-
Rapporté par Ahmed).
«II vous a rendu haïssable l'impiété, le dévergondage et la
désobéissance». Il vous fait détester l'incrédulité, les grands péchés et.la
désobéissance qui comporte tous les péchés. Ceci fait partie des
faveurs de Dieu. Ceux qui suivent ces préceptes sont ceux qui sont
bien dirigés.
Abou Rifa'a Al-Zouraqi rapporte que son père a raconté: «Quand
les polythéistes se sont repliés le jour de Ouhod, le Messager de Dieu
-qu'Allah le bénisse et le salue- dit aux fidèles: «Mettez-vous bien en
ordre afin que je puisse remercier mon Seigneur -à Lui la puissance et
la gloire». Ils s'exécutèrent. Il forumla alors cette invocation: «Grand
Dieu à Toi les louanges. Grand Dieu, nul ne peut retenir ce que tu accordes
et nul n 'accorde ce que Tu retiens. Celui que Tu égares personne ne le
dirige et nul n'égare celui que Tu diriges. Nul ne donne ce que tu empêches,
et nul n'empêche ce que Tu donnes. Nul ne rapproche ce que Tu éloignes et
nul n 'éloigne ce que Tu rapproches. Grand Dieu, étends sur nous de Tes
bénédictions, de Ta miséricorde, de Tes faveurs et de Tes bienfaits. Grand
Dieu, je Te demande la demeure éternelle qui ne disparait ni ne change.
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Grand Dieu, je Te demande le bonheur au moment de l'indigence et la
sûreté au moment de la peur. Grand Dieu, je me réfugie auprès de Toi
contre le mal de ce que Tu nous accordes et du mal de ce que Tu nous
refuses. Grand Dieu, fais-nous aimer la foi et embellis-la dans nos cœurs,
fais-nous détester l'incrédulité, la perversité et la désobéissance, et fais que
nous soyons de ceux qui sont bien dirigés. Grand Dieu, fais-nous mourir en
musulmans, fais-nous vivre musulmans (ou soumis) , fais-nous rejoindre les
saints serviteurs non humiliés ni tentés. Grand Dieu, anéantis les impies qui
traitent Tes Prophètes de menteurs, qui détournent les autres de Ta voie et
envoie- leur Ton supplice et Ton châtiment. Grand Dieu, anéantis les
incrédules parmi les gens du Livre; Toi le Dieu de la vérité» (Rapporté par
Ahmed et Nassaf) '".
«Ils en sont redevables à la grâce et la générosité d'Allah» Tout ce
que Dieu vous accorde sont des bienfaits et Sa grâce sur vous. Il
connait parfaitement ceux qui méritent d'être bien dirigés et ceux qui
méritent d'être égarés, car II est Sage dans ses actes, paroles, lois et
prédestination.
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wa 'in t<f 'ifatâni mina-1-mu'minîna-q-tatalû fa 'aslihû baynahumâ fa'im
bagat 'ihdâhumâ 'alâ-l-'uhrâ faqâtilû-1-latî tabgî hattâ tafTa 'ilîf 'amri-L-
Lâhi fa 'in fâ'at fa 'aslihû baynahumâ bil'adli wa 'aqsitîî 'inna-L-Lâha
yuhibbu-1-muqasitîna. (9) 'innamâ-1-mu'minûna 'ihwatun fa 'aslihû
bayna 'ahawaykum wat-taqû-I^Lâha la'allakum turhamûna. (10).
Lorsque deux groupes de croyants se combattent, conciliez-les. Si l'on
d'eux se montre intransigeant, tournez-vous contre lui jusqu'à ce qu'il
revienne aux commandements d'Allah. S'il revient, conciliez-les avec justice
et impartialité. Allah aime ceux qui sont impartiaux. (9) Les croyants sont
frères. Conciliez vos frères et craignez Allah si vous recherchez sa
miséricorde. (10).
Dieu ordonne à rétablir la paix entre deux groupes injustes les uns
envers les autres. Malgré leur animosité, Dieu les a nommés croyants.
Al-Boukhari et d'autres ulémas ont déduit de ce fait que quelque soit le
degré de la désobéissance ceci ne prive pas l'homme de sa foi à
l'inverse de ce que les Khawarej et les Mou'tazilat déclarent.
A cet égard, Boukhari rapporte d'après Abou Bakra -que Dieu
l'agrée- que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
monta un jour sur la chaire et à ses côtés se trouvait AL-Hassan Ben
Ali -que Dieu l'agrée- et dit aux hommes: «Mon fils que voici est un
maître. Peut-être Dieu le Très Haut lui donnera l'occasion de concilier
entre deux grands partis de musulmans». En effet il fut ainsi car Ai-
Hassan a pu établir la paix entre les habitants de Châm et ceux de
l'Iraq après de longues années de guerre terrible.
«Si l'un d'eux se montre intransigeant, tournez-vous contre lui jusqu'à
ce qu'il revienne aux commandements d'Allah» en s'inclinant devant ses
ordres et se soumettant aux décisions du Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- qui sont la vérité-même. Il est cité dans le Sahih que le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il faut secourir ton
frère qu'il soit injuste ou opprimé». On lui demanda: «O Messager de
Dieu, on apporte aide à l'opprimé, comment doit-on le secourir s'il est
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injuste?». Il répondit: «Tu l'empêches d'exercer l'injustice, tel est son
secours» (Rapporté par Boukhari) 1 ' 1 '.
Quant aux circonstances de cette révélation, nous nous
contentons de citer ces deux versions:
L'imam Ahmed rapporte que Anas -que Dieu l'agrée- a raconté:
«On a dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Pourquoi ne
vas-tu pas voir Abdullah Ben Oubay?». Sur cette proposition, il monta
son âne et les musulmans l'accompagnèrent en marchant sur un
terrain marécageux. A l'arrivée du Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue-, Abdullah s'écria: «Eloigne-toi de moi. Par Dieu l'odeur puante
de ton âne me gêne». Un homme des Ansars lui répondit: «Par Dieu,
l'odeur de l'âne du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
est plus agréable que celle de ton corps». Certains des compagnons
de 'Abdullah, entendant cela, se mirent en colère. De même les
compagnons du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'irritèrent à
leur tour et les deux partis se mirent à se battre en utilisant les queues
de palmier, les sandales et les mains». Et Anas de poursuivre: «On
m'a tait savoir que ce verset fut descendu à leur sujet».
La version de As-Souddy est la suivante:
«Un homme des Ansars appelé 'Imran avait une femme
surnommée Oum Zaïd. La femme voulant rendre visite à ses parents,
son mari l'empêcha et la retint dans un belvédère interdisant à tout
proche d'elle de venir la voir. Elle envoya quelqu'un informer ses
parents de son emprisonnement; ils vinrent, la firent descendre du
belvédère et l'amenèrent avec eux pendant l'absence du mari. Celui-ci,
rentrant chez lui et ne trouvant pas sa femme, demanda le secours de
ses cousins qui arrivèrent pour libérer la femme et la rendre à son
mari. Les deux groupes se mirent à se battre en utilisant les sandales.
Dieu, à cette occasion, fit descendre ce verset; et l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- devait ensuite les concilier. Les deux
partis s'inclinèrent devant l'ordre de Dieu.
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«S'A revient, conciliez-les avec justice et impartialité. Allah aime ceux
qui sont impartiaux». Les hommes doivent donc être équitables en
conciliant les autres car Dieu aime ceux qui appliquent la jusitce. A ce
propos le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit «Les
hommes équitables seront, au jour de la résurrection, sur des chaires de
lumière devant le Miséricordieux -à lui la puissance et la gloire- en
récompense de leur justice dans le bas monde» (Rapporté par Ibn Abi
Hatem et NassaT, d'après Abdallah Ben Amr) 1 ''.
«Les croyants sont frères» coreligionnaires comme le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le musulman est le frère du
Musulman il ne doit ni l'opprimer ni le livrer aux ennemis...». Et dans
un autre hadith il est dit: «Dieu aide Son serviteur tant que celui-ci aide
son coreligionnaire» «Conciliez vos frères» qu'une animosité oppose l'un
courte l'autre «et craignez Allah» dans toutes vos affaires «si vous
recherchez sa miséricorde» Car Dieu est toujours clément envers ceux
qui le craignent et le redoutent
yâ 'ayyuhâ-1-lad ma 'a* manu là yashar qawmum min qawmin 'asâ 'an
yakûnû hayran-minhum walâ nisîf'um min nisa 'in 'asa 'an yakunna
hayram-minhunna walâ talmizft 'amfusakum walâ tanâbazû bil 'alqâbi bi
'sa-l-'ismu-l-fusûqu ba'da-l-'imâni wa ma-l-lam yatub fa'ûla 'ika humu-
zzalimûna. (11).
O croyants, ne vous méprisez pas les uns les antrs. Ceux qu'on
méprise valent quelque fois mieux que leurs détractaires. Que les femmes,
non plus, ne se méprisent pas entre eues. Là encore, la supériorité peut être
18
du côté des méprisées. Ne vous dénigrez pas et ne vous donnez pas de
sobriquets. Combien s'allie mal la méchanceté avec la foi. Celui qui est
inaccessible au remords est vraiment injuste. (11).
Dieu interdit aux hommes de se moquer des autres et de les
mépriser. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'orgueil
c'est de méconnaître les droits des autres et de les dédaigner». En
effet, il se peut que l'homme opprimé ou dédaigné soit meilleur que
celui qui est injuste envers lui ou le méprise. C'est pourquoi Dieu - à
Lui la puissance et la gloire - recommande aux hommes croyants: «Ne
vous mérpisez pas les uns les autres. Ceux qu'on méprise valent quelquefois
mieux que leurs détractaires. Que les femmes, non plus, ne se méprisent
pas entre elles. Là encore, la supériorité peut être du côté des méprisées».
Cette recommandation doit être observée aussi bien par les femmes
que les hommes.
«Ne vous dénigrez pas» en médisant des autres ou en les diffamant
«et ne vous donnez pas de sobriquets» en appelant les hommes ou en
leur donnant des surmons qui leur déplaisent. Ad-Oahak rapporte: «-
C'est à notre sujet, nous les Béni Salama, que ce verset fut descendu.
Car lorsque le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
arriva à Médirte, il trouva que chacun d'entre nous possédait deux ou
trois surnoms. Quand il voulait appeler un homme par l'un de ses
surnoms, on lui disait: «Non ô Envoyé de Dieu, il se met en colère si
on l'appelle par ce nom». A cette occasion ce verset fut révélé». (-
Rapporté par Ahmed et Abou Daoud).
«Combien s'allie mal la méchanceté avec la foi» Comme il est mal de
se lancer des sobriquets injurieux et le mot «pervers» est détestable
entre croyants. C'était la coutume pratiquée du temps de l'ignorance -
Jahilia-, quant à vous, cela ne vous convient plus après avoir
embrassé la foi. «Celui qui est inaccessible au remords est vraiment
injuste» s'il ne cesse pas cette coutume et ne se repent pas de ses
fautes.
19
yâ 'ayyuhâ-1-ladîna "ï manû-j-tanibû katîram mina-z-zanni 'inna ba'da-z-
zanni 'itmun walâ tajassasû walâ yagtab ba'dukum ba'dan 'ayuhibbu '-
ahadukum 'ay-ya'kula lahma 'ahîhi maytan fakarihtumûhu wa-t-taqû-L-
Lâha 'inna-L-Lâha Tawwabu-r-Rahûnun. (12).
O croyants, évitez autant qne possible le soupçon. D y a des soupçons
qui sont des péchés. Ne vous épiez pas les uns les autres. Ne médisez pas
les uns des autres. L'un de vous mangerait-il la chair de son frère mort?
Non, cela vous répugnerait. Craignez Allah. Il est indulgent et
miséricordieux. (12).
Dieu interdit aussi à Ses serviteurs croyants de conjecturer sur
autrui en l'accusant d'une chose du moment qu'il en est innocent, car
de telle conjecture est un péché.
Abdullah Ben Omar -que Dieu l'agrée- a raconté: «J'ai vu le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- faire la circumambulation
autour de la Ka'ba en disant: «Comme tu es bonne et comme elle est
bonne ta senteur. Comme tu es magnifique et comme il est magnifique
ton caractère sacré. Par celui qui tient l'âme de Mouhammad dans sa
main, le caractère sacré du croyant auprès de Dieu le Très Haut est
plus précieux que le tien, ainsi que son sang et ses biens, et on ne
doit penser de lui que du bien» (Rapporté par Ibn Maja).
Abou Houraira -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Méfiez-vous du soupçon car
le soupfon est plus mensonger que ce qui est vrai. Ne soyez pas indiscrets,
n'espionnez pas, ne vous enviez pas les uns les autres, ne nourrissez pas la
haine entre vous et ne vous détournez pas les uns des autres et soyez des
serviteurs de Dieu frères» (Rapporté par Boukhari et Malek) l,! Dans une
version rapportée par Anas, on trouve cet ajout: «Il n'est plus permis à
.1:1 - I AU .1 ,
un musulman de fuir son frère (coreligionnaire) au delà de trois jours».
Haritha Ben An-Nou'man -que Dieu l'agrée- rapporte que le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois choses
auxquelles s'attache ma communauté et qui sont: Le mauvais augure,
la jalousie et le soupçon». Un homme lui demanda: «Comment peut-on
s'en débarrasser ô Envoyé de Dieu?» Il lui répondit: «Lorsque tu
jalouses quelqu'un, implore le pardon de Dieu; en cas du soupçon ne
cherche pas à s'en assurer; et lorsque tu tires mauvais augure d'une
chose pars (sans s'en soucier)».
Aboul-Haytham rapporte que Doujaïn, le scribe de 'Ouqba, dit à ce
dernier: «J'ai des voisins qui boivent du vin, je veux leur appeler la
police pour les appréhender». Ouqba lui répondit: «Non, ne le fais pas,
mais exhorte-les en les menaçant». Le scribe s'exécuta mais les
voisins persévérèrent dans la consommation du vin. Il vint trouver son
maître et lui dit: «Ils ne s'en sont pas abstenus. Je vais leur appeler la
police». - Malheur à toi, s'écria Ouqba, j'ai entendu le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Celui qui dissimule le
défaut d'un croyant c'est comme il a ressuscité une fille enterrée
vivante» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Nassaï).
«Ne vous épiez pas les uns les antres» et ceci ne se fait que pour
vouloir du mal à la personne épiée d'où la tâche criminelle de l'espion.
«Ne médisez pas les uns des autres» Les exégètes ont expliqué ce
fait en se référant à ce hadith rapporté pas Abou Daoud d'après Abou
Houraira qui a dit: «On demanda: «O Messager dé Dieu, qu'est-ce que
la médisance?» Il répondit: «Elle consiste à raconter les défauts de ton
coreligionnaire qu'il répugne» - Et si mon frère, reprit-on, possède ces
défauts»? Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répliquer:
«Dans ce cas tu auras médit de lui, et s'il ne les possède pas tu
l'auras diffamé» (Rapporté par Abou Daoud).
La médisance est interdite d'après l'unanimité des ulémas et il n'y
a exception qu'au cas où on cherche l'intérêt publique soit en récusant
un témoin, soit en amendant une chose, soit en prodiguant de
conseils. On cite à l'appui ces dires du Prophète -qu'Allah le bénisse et
le salue-:
21
- Lorsqu'un homme pervers avait demandé d'entrer chez lui, il dit
à ses compagnons: «Laissez-le entrer quel mauvais frère de la tribu».
- Quand il a répondu à Fatima Bent Qaïs qui était demandée au
mariage par Mou'awia et Aboul Jaham: «Quant à Mou'awia il n'est
qu'un misérable, mais Aboul Jaham est un homme violent (qui frappe
les femmes)».
Comme l'interdiction de la médisance est catégorique et pour
montrer sa gravité. Dieu la ressemble à la dévoration de la chair d'un
homme mort: «L'un de vous mangerait-il la chair de son frère mort? Non,
cela vous répugnerait». Un homme aurait sans doute horreur de manger
le cadavre de son frère, et le châtiment serait aussi plus sévère dans
l'autre montre. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-,
dans son pèlerinage d'adieu a souligné le fait que l'homme, tout
homme, jouit d'une «immunité» morale dont tout autre doit la
respecter. Il a dit: «Votre sang, vos biens et votre honneur sont aussi
plus sacrés que votre jour-ci, en ce mois-ci, dans votre jour-ci, en ce
mois-ci, dans votre pays-ci...».
Dans un autre hadith rapporté par Abou Houraira, le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La personne du musulman
est sacrée pour tout musulman comme ils sont: son honneur, ses biens et
son sang. Il suffit à un homme de commettre un acte de mal envers son
frère musulman en le méprisant» (Rapporté par Abou Daoud et
Tirmidzi) 1 ' 1 .
Et pour mettre en garde les croyants contre ce grand péché, Ibn
Omar rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «O ceux dont la foi n'a pas encore pénétré dans leur
cœur, ne médisez pas des musulmans. Que ceux qui cherchent à
déceler les défauts des autres musulmans sachent que Dieu est
capable de déceler les leurs même s'ils se trouvent chez eux...».
Abou Sa'id Al-Khudri rapporte: «Nous demandâmes au Messager
22
de Dieu -qu'Aliah le bénisse et le salue- de nous raconter ce qu'il a vu
dans son voyage nocturne et son ascension, il répondit: «... Puis
Gabriel et moi partîmes pour rencontrer une foule innombrable de
gens, hommes et femmes, confiés à des hommes qui les
contraignaient à manger de la chair du cadavre d'un mort. En la
prenant ils la trouvèrent aussi dures que les semelles en essayant de
la mastiquer. On leur dit: «Mangez comme vous l'avez fait, au bas
monde, en attaquant l'honneur de votre frère». Or ces gens-là
mangeaient en la répugnant tout comme ils répugnaient la mort. Je
demandai: «O Gabriel, qui sont ces gens-là?» Il me répondit: «Ce sont
les moqueurs et les médisants invétérés qui calomniaient les autres».
On dira à l'un d'eux: «L'on de vous mangerait-il la chair de son frère?
Non, cela vous répugnerait» alors qu'il sera contraint de le faire......
Al-Hafedh Al-Nayhaqi rapporte que Oubaid, l'affranchi du
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a raconté que, du
temps du Prophète, deux femmes étaient en jeûne. Un homme vint lui
dire: «O Messager de Dieu, deux femmes qui jeûnent sont sur le point
de mourir dans ce temps chaleureux». Il se détourna de lui - ou
suivant une variante: il garda le silence. A la deuxième fois, il lui
répondit: «Amenez-moi ces deux femmes». Quand elles furent en
présence du Prophète -qu'Aliah le bénisse et le salue-, il demanda de
lui apporter un verre vide et il dit à l'une d'elles: «Vomis». Elle vomit
jusqu'à remplir la moitié de ce verre du pus, du sang et de sanie. Puis
il demanda à l'autre de vomir aussi et le verre fut plein de ces
matières puantes. Il dit enfin: «Ces deux femmes se sont abstenues
de prendre ce que Dieu le Très Haut a rendu licite et elles ont rompu
leur jeûne en prenant de ce que Dieu a déclaré illicite. En effet, ces
deux femmes-là ne se sont réunies que pour manger la chair des
autres» (Rapporté par Bayhaqi et Ahmed).
En voilà aussi cet autre récit, à savoir que les hadiths s'abondent
dans ce sens: «Ibn Omar rapporte que Ma'ez vint auprès du Messager
de Dieu -qu'Aliah le bénisse et le salue- et lui dit: «Messager de Dieu,
j'ai forniqué». Il se détourna de lui. Mais à la quatrième ou à la
cinquième fois, il lui demanda: «As-tu vraiment forniqué?».
- Oui, répondit Ma'ez.
23
- Sais-tu ce que signifie la fornication?.
- Certes oui, c'est ce que l'homme commet avec sa femme mais
licitement.
- Que désires-tu ô Ma'ez.
- Je veux que tu me purifies.
- As-tu pénétré (ton membre viril) comme on fait entrer l'aiguille
dans un récipient de kohol ou la corde dans un puits?.
- Oui, ô Messager de Dieu.
Il donna alors l'ordre de le lapider et ce fut fait. Plus tard, le
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- entendit un homme dire à un
autre:
«N'as-tu pas remarqué cet homme que Dieu a dissimulé son
péché venir l'avouer jusqu'à ce qu'il fut lapidé tel un chien?» Puis il
continua son chemin et, arrivé à un endroit où il y avait la charogne
d'un âne, il demanda à ses compagnons: «Où sont-ils un tel et un
tel?». Une fois en sa présence, il leur dit: «Descendez du dos de vos
montures et allez manger du cadavre décomposé de cet âne». Ils
répondirent: «Que Dieu te pardonne ô Messager de Dieu? Cela est-il
comestible?» Il leur répliqua: «Ce que vous venez dire de votre frère
(Ma'ez) est aussi répugnant que de manger de cette charogne. Par
celui qui tient mon âme dans sa main, il (Ma'ez) se trouve
actuellement au Paradis en train de plonger dans ses ruisseaux». » (-
Rapporté par Al-Hafedh Abou Ya'la).
«Craignez Allah» en observant Ses ordres et Ses interdictions. «Il
est indulgent et miséricordieux» envers quiconque revient à Lui
repentant.
Nombre d'ulémas ont stipulé que le repentir consiste à ne plus
revenir à la médisance avec une intention ferme. Mais les opinions ont
divergé quant au regret d'avoir commis ce péché: doit-il demander le
pardon de celui qui a médit de lui? Les uns l'ont affirmé et stipulé.
Les autres de répondre: «Ceci n'est pas d'obligation car il se peut
que l'homme qui était l'objet de la médisance soit vexé et trouve que
la connaissance de cette médisance est aussi plus dure que la
24
médisance -même. Donc le seul moyen consiste à ce que le médisant
fasse l'éloge de cet homme dans les assemblées, de ne parler de lui
que du bien et de le défendre s'il est l'objet d'une autre médisance. Ils
ont cité à l'appui ce hadith dans lequel le Prophète -qu'Allah le bénisse
et le salue- a dit: «Celui qui défend un croyant contre un hypocrite qui
médit de lui, Dieu lui envoie un ange qui préservera son corps contre
le feu de la Géhenne. Et celui qui attaque un croyant voulant l'injurier,
Dieu le Très Haut le retiendra sur le pont de la Géhenne jusqu'à ce
qu'il se débarrasse de tout ce qu'il aurait dit»» (Rapporté par Ahmed et
Abou Daoud).
Et dans un autre hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Tout musulman fait défection à un autre sans le défendre
dans des circonstances où son honneur et sa personne sacrée sont
attaqués, Dieu le laissera à lui seul (sans le secourir) là où il aura
besoin de son secours. Par contre, tout musulman qui secourt son
coreligionnaire quand ce dernier est attaqué, Dieu - à Lui la puissance
et la gloire - le secourra dans des circonstances où il en aura besoin
de ce secours»» (Rapporté par Abou Daoud).
yâ 'ayyuhâ-n-nâsu 'innâ halaqnâkum min dakariw-wa 'untâ wa
ja'alnâkum §u'ûbaw-wa qabâ'ila lita'ârafû 'inna 'akramakum 'inda-L-
Lâhi 'atqâkum 'inna-L-Lâha 'Alîmun Habîrun. (13).
O hommes! Nous vous avons créés d'un homme et d'une femme. Nous
vous avons divisés en races et en tribus avec des caractères distinctifs. Le
plus méritant aux yeux d'Allah est celui qui le craint le plus. Allah est
savant et bien informé. (13).
Dieu a créé l'humanité d'une seule âme (Adam) et de lui II tira sa
compagne, puis de ce couple a créé les hommes en les constituant en
peuples, tribus, phratries etc.. Donc tous les hommes ont la même
origine: la boue, mais ce qui les distingue les uns des autres est la
piété et la crainte révérencielle de Dieu, ainsi que Son obéissance et
25
celle de Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Après Son interdiction de la médisance et le mépris, Il leur fait
connaître que tous les hommes sont égaux. Leur division en races et
tribus a pour but de se connaître entre eux. Chacun d'entre eux est
connu en disant de lui: un tel est le fils d'un tel de la tribu telle: «Le
plus méritant aux yeux d'Allah est celui qui Le craint le plus». En voilà
quelques hadiths qui expliquent ce verset:
- Al-Boukhari rapporte d'après Abou Houraira qu'on a interrogé le
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sur le plus noble
parmi les hommes? Il répondit: «Le plus noble auprès de Dieu est celui
qui est le plus pieux». On objecta: «Ce n'est pas sur cela qu'on
t'interroge». Il répliqua: «Le plus noble aux yeux de Dieu est Youssof
(Joseph) le Prophète de Dieu, le fils du Prophète de Dieu, le fils du
Prophète de Dieu, le fils de l'ami de Dieu» - On reprit: «Ce n'est pas sur
cela qu'on t'interroge». Et le Prophète de riposter: «S'agit-il des souches
des Arabes?» - Oui. - Sachez, conclut-il que les meilleurs d'entrés vous au
temps de l'ignorance sont aussi les meilleurs au temps de l'Islam s'ils
s'instruisent (dans la religion)»' 1 '.
- Abou Houraira -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu ne regarde ni vos
figures ni vos richesses, mais II regarde vos cœurs et vos œuvres». (-
Rapporté par Mouslim et Ibn Maja) l2/ .
- Ibn Omar -que Dieu l'agrée- a raconté: «Le jour de la prise de
La Mecque, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit
les tournées processionnelles (autour de la Ka'ba) monté sur sa
VjjJ ùi\-*^ j^ti :JU idJt — S li» j* .j-Jj il^JL» iiil ,^U. ^1 il y~i ^\
26
chamelle appelée «Al-Qaçua» en touchant les coins (de la Ka'ba) à
l'aide d'un bâton qu'il tenait à la main. Ne trouvant pas une place pour
que sa chamelle s'agenouille, il dut quitter son dos en s'appuyant sur
les mains des hommes. Ensuite il amena la chamelle au fond du ravin
où elle fut baraquée. Etant encore sur son dos, il harangua les
hommes en louant et glorifiant Dieu d'abord, puis il leur dit: «O
hommes! Dieu vous a débarrassés d'un des vices de la Jahilia qui
consistait à s'enorgueillir des ancêtres. Or les hommes sont de ceux
catégories: Un homme pieux, qui craint Dieu et il est noble à Ses
yeux, et un autre pervers, méchant et mal apprécié de Dieu. Dieu à
Lui la puissance et la gloire a dit: «O hommes! nous vous avons créés
d'un homme et d'une femme. Nous vous avons divisés en races et en tribus
avec les caractères distinctifs. Le plus méritant aux yeux d'AUah est celui
qui Le craint le plus. Allah est savant et bien informé». Puis il termina
son discours et dit: «Je vous dis cela et j'implore le pardon de Dieu
pour VOUS et pour moi» (Rapporté par Ibn Abi Hâtent, et Abd Ben
Houmayd).
«Allah est savant et bien informé». Il vous connait tout comme II
connaît vos propres affaires, Il égare qui II veut et dirige qui II veut, fait
miséricorde à qui II veut et châtie qui II veut, il est le sage dans ses
actes et paroles et bien informé.
~j
27
qâlati-l-'a'râbu 'à' mannà* qui lam tu'minû walâkin qûtîî 'aslamnâ wa
lammâ yadhuli-l-'imânu fi qulûbikum wa 'in tutî'û-L-Lâha wa rasûlahû
là yalitkum min 'a'mâlikum Say'an 'inna-L-Lâha Gafûrur-Rahîmun. (14)
'Innamâ-1-mu'minûna-l-ladîna "a* manu bi-L-Lâhi wa rasûlihî tumma lam
yartâbû wa jâhadû bi 'amwâlihim wa 'anfusihim fi sabîli-L-Lâhi 'ûla* 'ika
humu-s-sâdiqûna. (15) qui 'atu 'allimufta-L-Lâha bidînikum wa-L-Lâhu
ya'lamu ma fî-s-samâwâti wamâ fî-1-ardi wa-L-Lâhu bikulli Say'in
'Alîmun. (16) yamunûna 'alayka 'an 'aslamû qui là tamunnû 'alayya '-
islâmakum bali-L-Lâhu yamunnu 'alaykum 'an hadâkum lil-'imâni 'in
kuntum sâdiqîna. (17) 'inna-L-Lâha ya'lamu gayba-s-samâwâti wal 'ardi
wa-L-Lâhu Basîrum bimâ ta'malûna. (18).
Les bédouins disent: «Nous croyons». Réponds:«Vous ne croyez pas.
Dites plutôt: nous sommes soumis». Car la foi n'a pas encore pénétré vos
cœurs. Si vous obéissez à Allah et à Son Prophète, toutes vos actions vous
seront comptées. Allah est indulgent et miséricordieux. (14) Les vrais
croyants sont ceux qui croient à Allah et à Son Prophète, ne connaissent
pas le doute, mettent leurs biens et leurs personnes au service d'Allah. Les
voilà les croyants sincères. (15). AUez-vous apprendre à Allah votre religion
alors qu'il sait tout ce qui se passe dans les cieux et la terre et qu'il
embrasse tout de sa science. (16) Ils se prévalent auprès de toi de leur
conversion. Dis: Ne vous targuez pas ainsi de votre conversion. Ce serait
plutôt à Allah de vous rappeler qu'il vous a donné la foi. Avouez-le, si vous
êtes sincères. (17) Allah connait les secrets des cieux et de la terre. Il voit
toutes vos actions. (18).
Dieu désavoue ce que les bédouins imputent à eux-même d'avoir
la foi alors qu'elle ne s'est pas enracinée dans leur cœur. «Vous ne
croyez pas. Dites plutôt nous sommes soumis. Car la foi n'a pas encore
pénétré vos cœurs» On peut déduire de ce verset que la foi est distincte
de la soumission. Ce qui corrobore cela est ce hadith dans lequel
Gabriel -que Dieu le salue- est venu trouver le Messager de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue- pour l'interroger sur l'Islam, puis sur la
foi, puis sur Al-lhsan (la charité on l'excellence...) Donc, dans ses
questions, Gabriel passait des généralités aux particularités, c'est à
dire d'une chose générale à une autre qui est plus spécifique.
A ce propos Sa'd Ben Abi Waqas -que Dieu l'agrée- rapporte que
28
le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait donné (des biens
des aumônes) aux hommes et a privé d'autres. Sa'd lui dit: «O
Messager de Dieu, tu as donné à un tel et tu as privé un tel alors que
ce dernier est un croyant». Il me répondit: «Ou un musulman». Ce
dialogue se répéta trois fois, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue- le termina en disant: «Je donne à des hommes et je prive
d'autres du moment que ces derniers me sont les plus préférés et je
les prive de peur qu'ils ne soient précipités en Enfer sur leurs
visages».
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a fait donc une
distinction entre le croyant et le musulman, et il a montré que la foi est
plus importante. Il s'avère que l'homme qui a été privé des dons du
Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- était un musulman et non un
hypocrite, en le confiant ainsi à lui-même et à son islamisme. Les
bédouins cités dans le verset n'étaient pas des hypocrites mais la foi
n'a pas été encore bien ancrée dans leurs cœurs. Ils s'étaient attribués
des qualités dont ils n'en jouissaient pas et le verset ne fut révélé que
pour leur enseigner quelque règle de la morale.
«Dites plutôt: nous sommes soumis» Sa'id Ben Joubayr et Moujahed
ont avancé que ces gens-là avaient peur d'être tués ou capturés. Et
Moujahed d'ajouter Ce verset fut révélé au sujet de Bani Khouzaima.
Mais pour Qatada il s'agit des gens qui ont rappelé leur conversion au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- . Il s'avère que ce
verset fut descendu au sujet des gens qui prétendaient être croyants
sans qu'ils le soient en réalité. S'ils étaient des hypocrites, ils seraient
dénoncés et invectives. Pour leur apprendre une des règles de la
morale, Dieu leur ordonne: «Dites plutôt: nous sommes soumis». Car la
foi n'a pas encore pénétré vos cœurs». Vous n'avez pas encore atteint le
stade de la foi.
«Si vous obéissez à Allah et à Son Prophète, toutes vos actions seront
comptées» et leur récompense vous sera réservée comme Dieu le
confirme dans ce verset: «Nous ne leur ferons rien perdre du mérite de
leurs actions» [Coran LU, 21]. Dieu est certes celui qui pardonne et
accepte le repentir.
«Les vrais croyants sont ceux qui croient à Allah et à Son Prophète,
29
ne connaissent pas le doute» Car leur foi n'ébranle pas plutôt elle est
enracinée dans leurs cœurs, et en plus, ils luttent dans la voie de Dieu
avec leurs biens et leurs personnes en obtempérant à ses ordres dans
le but d'acquérir Sa satisfaction. «Les voilà les croyants sincères» qui ne
sont pas pareils à ces bédouins qui prétendent être croyants et ne
jouissent de la foi que de son nom.
«Allez-vous apprendre à Allah votre religion» et ce qui se trouve
dans votre for intérieur? Alors qu'il connait parfaitement ce qui se
trouve dans les deux et sur la terre et qu'une molécule ne saurait lui
être cachée ni sur la terre ni dans les cieux ou qu'elle soit plus petite
ou plus grande. «Il embrasse tout de Sa science».
«Ils se prévalent auprès de toi de leur conversion». Ces bédouins, ô
Mouhammad, te rappellent leur soumission, dis-leur: «Ne vous targuez
pas ainsi de votre conversion» Car elle ne profite un autre que vous, «Ce
serait plutôt à Allah de vous rappeler qu'il vous a donné la foi. Avouez-le
si vous êtes sincères». Tout comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le
salue qui, au jour de Hounaïn, a dit aux Ansars (les Médinois): «O
Ansars! ne vous ai-je pas trouvé égarés et Dieu vous a dirigés par
moi? N'étiez-vous pas séparés les uns des autres et II a établi la
solidarité entre vous grâce à moi? N'étiez-vous pauvres et II vous a
enrichis par moi?» Chaque fois qu'il leur rappelait une des faveurs
divines, ils répondaient: «Dieu et Son Messager sont les plus
généreux».
Ibn Abbas rapporte que les Bani Asad vinrent auprès du Messager
de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dire: «O Messager de Dieu,
nous voilà soumis-ou convertis. Les Arabes t'ont combattu et nous
nous en sommes abstenus». Il répondit: «Comme leur compréhension
est médiocre, Satan se prononce par leur bouche». A cette occasion
ce verset fut révélé.
Enfin Dieu fait connaître, comme on trouve ceci dans plusieurs
endroits du Coran, qu'il connaît parfaitement les secrets des cieux et
de la terre, l'invisisble et le visible et les œuvres de toutes Ses
créatures.
30