Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm
تفسير القرآن العظيم
Exégèse complète de la sourate 9 trad. humaine
9 - SOURATE DU REPENTIR
129 verset
'Révélée à Médine, à l'exception des deux derniers \ersets révélés à La
Mecque
Révélée à la suite de la sourate de la Table
bara 'atum-mina-L-Lâhi wa rasûlihT 'ilâ-l-ladîna 'âhattum mina-l-musri-
na (1) fasîhû fî-l-'ardi 'arba'ata 'ashurin wa-lamû 'annakum gayru
mu'jizî-L-Lâhi wa 'anna-L-Lâha muhzî-l-kâfirîna (2).
Rupture par Allah et Son Prophète des pactes qui les lient aux idolâ-
tres (1) Pendant quatre mois encore vous pouvez circuler dans le pays.
Mais sachez que vous n'aurez jamais raison d'Allah, et qu'Allah Lvî, sou-
mettra les infidèles (2).
D'après les dires d'AI-Bara Ben Azeb, cette sourate figure parmi
les dernières qui furent révélées à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue -, et le dernier verset est le suivant: «On t'interroge.
Dis-leur: «Voici la règle d'Allah sur les collatéraux...» [Coran IV, 176].
On remarque qu'elle ne commence pas par l'invocation du Miséri-
cordieux, c'est que les compagnons, en transcrivant le Coran, ne l'ont
pas citée en imitant le prince des croyants Othman Ben Affan -que
Dieu l'aqrée et le rende satisfait-.
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Les premiers versets de cette sourate furent descendus au Pro-
phète - qu'Allah le bénisse et le salue -, lors de son retour de l'expédi-
tion de Tabouk où il chargea Abou Bakr de présider à la mission du
pèlerinage en cette année, et afin d'apprendre aux hommes les rites
de ce devoir, d'avertir les polythéistes qu'il leur sera interdit de faire le
pèlerinage après cette année-ci et de réciter aux gens cette sourate:
«Rupture par Allah et Son Prophète....» Abou Bakr fut suivi par Ali Ben
Abi Taleb comme nous allons en parler plus loin.
Cette «rupture» signifie un désaveu de la part de Dieu et de Son
Prophète à l'égard des polythéistes avec lesquels ils ont conclu un
pacte.
«Pendant quatre mois encore vous pouvez circuler dans le pays». Ce
verset fut le sujet d'une controverse dans les opinions entre les exégè-
tes:
On a dit qu'il s'agit de ceux avec qui ont conclu un pacte perma-
nent, ou un pacte dont la durée est inférieure à quatre mois, dans ce
cas on lui accorde un temps complémentaire pour les compléter.
Quant à ceux dont le pacte expire après un temps limité, en jouiront
tant que la date n'a pas échu, en se référant à ce verset: «Exécutez les
engagements que vous avez pris envers eux jusqu'au terme fixé» [Coran IX,
4]. Enfin quiconque avait conclu un pacte avec l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue -, en jouira jusqu'à l'écoulement de ce
terme.
Ibn Abbas a commenté cela en disant: «A ceux qui avaient conclu
un pacte avec l'Envoyé de Dieu, Dieu leur fixa une période de quatre
mois pendant laquelle ils voyageraient librement. Et à ceux qui ne
jouissent pas d'un tel pacte, Il octroya une date qui échoira après
l'écoulement des mois sacrés. Il ordonna à son Prophète qu'à la date
échue, il devra combattre ces derniers jusqu'à ce qu'ils embrassent l'Is-
lam. Quant à ceux qu'un pacte vous lie à eux, après l'écoulement de
quatre mois, à partir du jour de sacrifice jusqu'au dixième jour de Rabi'
deuxième, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - fut ordonné
également de combattre ces gens-là tant qu'ils n'auront pas embrassé
l'Islam.
Moujahed a précisé que ce verset concerne surtout les tribus
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Khouza'a et Medlej et d'autres qui jouissaient d'un pacte. Le Prophète
- qu'Allah le bénisse et le salue -, en retournant de l'expédition de Ta-
bouk et voulant accomplir le pèlerinage, dit aux hommes: «Puisque les
idolâtres font la circumambulation nus autour de la Ka'ba, je n'aime
pas être présent à ce spectacle». Il envoya Abou Bakr et Ali -que Dieu
les agrée- pour aller dire aux hommes qui se trouvaient en ce moment-
là à Zil-Mijaz et en d'autres endroits où ils pratiquaient le commerce
surtout dans les foires, que ceux qui bénéficient d'un pacte ne seront
en sécurité que pendant quatre mois. Puis à l'expiration de cette pério-
de qui commençait au 20 Zoul-Hijja et terminait le 10 de Rabi' deu-
xième, ils n'auraient aucun droit à la protection tant qu'ils ne se
convertissent pas.
wa 'adânum-mina-L-Lâhi wa rasûlihT 'ilâ-n-nâsi yawma-l-hajji-l-'akbari
'anna-L-Lâha barf'um mina-l-musnkîna wa rasûluhû fa'in tubtum fahu-
wa hayru-l-lakum wa 'in tawallaytum fa'lamti 'annakum gayru mu'jizî-L-
Lâhi wa baSSiri-l-ladîna kafarû bi 'adâbin 'alîmin (3).
D'ordre d'AUah et de Son Prophète, il devra être porté à la connais-
sance des hommes, le jour du pèlerinage solennel, qu'Allah et son Prophète
sont déliés de tout pacte avec les idolâtres. S'ils se soumettent, ce ne sera
que profit pour eux. S'ils s'obstinent, qu'ils sachent qu'ils n'auront jamais
raison d'Allah. Annonce aux infidèles un châtiment rigoureux (3).
Ce fut donc une proclamation de la part de Dieu et de Son Pro-
phète aux gens le jour «du pèlerinage solennel» c'est à dire le jour du
sacrifice où l'on accomplit le rite le plus méritoire, cette proclamation
consistait à faire connaître aux hommes «qu'Allah et Son Prophète sont
déliés de tout pacte avec les idolâtres». Mais elle ne s'arrêta pas là, car
elle appela cês idolâtres à revenir à Dieu repentants en reniant tout po-
lythéisme et égarement, et cela «ne sera que profit pour eux» En cas où
ils persévèrent dans leur incrédulité «qu'ils sachent qu'ils n'auront jamais
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raison d'Allah» en d'autres termes ils ne pourront plus rendre le Sei-
gneur à l'impuissance car II est capable d'eux à tout moment et ils
sont sous Son autorité. «Annonce aux infidèles un châtiment rigoureux»
qui consiste à l'humiliation et aux malheurs dans le bas monde, les
chaines, carcans et massues en fer dans l'autre.
Il est cité dans le Sahih de Boukhari que Abou Houraira a rap-
porté: «Je fus parmi ceux qu'Abou Bakr avait envoyés à Mina le jour
du sacrifice pour annoncer qu'après cette année aucun idolâtre ne
pourra faire le pèlerinage, ni un homme en nudité totale de faire les
tournées processionnelles. Le jour du pèlerinage solennel -ou le grand
pèlerinage- est le jour du sacrifice. En cette année-là, Abou Bakr rejeta
toute alliance avec les gens et l'année où L'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue -. fit le pèlerinage de l'adieu, aucun idolâtre n'y
participa».
Quant à l'imam Ahmed, il a rapporté que Abou Houraira a dit:
«J'accompagnais Ali Ben Abi Taleb quand l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - l'envoya chez les Mecquois pour leur réciter la
sourate du Repentir». On lui demanda: «A quoi appeliez-vous les
gens?» Il répondit: «Nous leur annoncions que seule une âme
croyante entrerait au Paradis, qu'aucun homme nu ne pourrait faire la
circumambulatin autour de la Maison, que celui qu'un pacte le lie à
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, la validité de ce
pacte ne devrait pas dépasser les quatre mois, et après l'écoulement
de cette période Dieu et Son Messager désavoueraient les polythéis-
tes, et enfin aucun idolâtre n'aurait le droit de faire le pèlerinage à la
Maison après cette année, Et Abou Houraira d'ajouter: «J'annonçais
cela aux hommes à haute voix qu'à la fin ma voix fut éraillée».
Mouhammad Ben Ishaq, de sa part, rapporte: «Après que l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - ait chargé Abou Bakr
de présider au pèlerinage pour enseigner aux hommes ses rites, la
sourate du Repentir lui fut révélée. On lui dit: «O Envoyé de Dieu,
pourquoi ne charges-tu pas quelqu'un pour avertir Abou Bakr?» - Non,
**(*^*-k4î441 ; iô Hoir-, mal même mettre Abou Bakr au courant de cette
sourate, ou un de ma famille». Puis il manda ALi et lui dit: «Retiens
ces versets de la sourate du Repentir et, une fois les hommes réunis à
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Mina pour sacrifier, annonce-leur que nul incrédule n'entrera au Para-
dis, aucun idolâtre ne pourra après cette année faire le pèlerinage et
aucune personne à l'état de nudité ne fera la circumambulation autour
de la Maison. Quiconque avait conclu un pacte avec l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue - il en jouira jusqu'à la date de son ex-
piration».
Ali monta «Al 'Adba'», la chamelle de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - et parvint à atteindre Abou Bakr en route. En le
voyant, Abou Bakr lui demanda: «Es-tu venu me rejoindre en tant que
chef ou subordonné?» - Subordonné, répondit-il. Puis tous les deux
poursuivirent leur course -avec les autres fidèles- et arrivés au lieu
destiné, ils firent halte là où les hommes avaient l'habitude de faire leur
campement du temps de l'ignorance (Jahilia).
Le jour de sacrifice, Ali se leva en orateur et annonça aux gens ce
dont il en fut chargé de communiquer. Il leur dit: «Hommes! Un incré-
dule n'entrera pas au Paradis, après cette année un idolâtre n'aura
pas le droit de faire le pèlerinage et un homme nu ne pourra non plus
faire les tournées processionnelles autour de la Maison. Celui qu'un
pacte le lie à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a le
droit d'en jouir jusqu'à la date de son expiration». Tous ces ordres fu-
rent exécutés.
Deux interprétations ont été données au terme: «Pèlerinage solen-
nel» ou «grand pèlerinage»:
La première: est celle de 'Ata qui a dit qu'il s'agit de la station à
Arafa. Elle est aussi adoptée par Abbad Al-Basri qui a rapporté: «J'ai
entendu Omar Ben Al-Khattab dire: «Aujourd'hui c'est le jour de 'Arafa.
c'est le jour du grand pèlerinage, nul n'a le droit de le jeûner». Plus
tard je fis le pèlerinage puis je me rendis à Médine et je demandai voir
l'homme le plus avisé parmi ses habitants, on me désigna Sa'id Ben
Al-Moussaiab. En le rencontrant je lui dis: «Comme tu es l'homme que
je cherche, informe-moi au sujet du jeûne du jour de 'Arafa?» Il me ré-
pondit: «Je vais te transmettre l'opinion d'un homme qui était mille fois
meilleur ano moi. aui OCt 'Omar -ou suivant une variante: lfc>r\ Oimr. U in-
teraisan aux nommes de jeûner en ce jour leur disant qu'il est le grand
pèlerinage.
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La deuxième: Al-Hareth Al-A'war a rapporté qu'il a demandé Ali à
propos du grand pèlerinage et il lui a répondu qu'il est le jour du sacri-
fice. Telle était aussi l'opinion de 'Abdullah Ben Abi Awfa, et de Al-
Moughira Ben Chou'ba. Ce que soutient encore cette opinion, est ce
récit raconté par Abdul-Rahman Ben Abi Bakra d'après son père: «En
ce jour-là (le jour du sacrifice), l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - s'assit sur sa monture que les gens la tenaient par le licol.
Il" leur demanda: «Quel jour sommes-nous?» Nous gardâmes le silence
croyant qu'il va lui donner un autre nom. Puis il poursuivit: «N'est-il pas
le jour du grand pèleriange?» (Rapporté par Ibn Jarir) <t} .
'illâ-l-ladîna 'âhattu mina-l-musrikîna tumma lam yanqusukum say'an
wa lam yuzâhirû 'alaykum 'ahadan fa'atimmïï 'ilayhim 'ahdahum 'ilâ
muddatihim 'inna-L-Lâha yuhibbu-l-muttaqîna (4).
Cette mesure ne s'applique pas aux idolâtres avec qui vous avez conclu
des pactes et qui les ont fidèlement observés, ni à ceux qui n'ont favorisé
aucune entreprise contre vous. Exécutez les engagements que vous avez pris
envers eux jusqu'au terme fixé. Allah aime les gens de bonne foi (4).
C'est une mesure exceptionnelle et ne s'applique qu'à ceux qui
ont conclu avec les musulmans un pacte permanent. Une période de
quatre mois leur est octroyée pour parcourir la terre et chercher un
asile où ils trouveront leur salut. Quant à ceux qui jouissent d'un pacte
à date limitée, ce pacte sera observé jusqu'au terme fixé. Mais de
toute façon les uns et les autres doivent durant la validité du pacte res-
pecter ses clauses sans aider quiconque contre les musulmans. C'est
pourquoi II exhorte les fidèles à respceter leur engagement pris vis-à-
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vis de cette catégorie des polythéistes, «Allah aime les gens de bonne
foi» ceux qui Le craignent.
fa 'idâ-n-salaha-l-'ashuru-l-hurumu faqtulû-l-musrikîna haytu wajattu-
mûhum wa hudûhum wa-hsurûhum waq'udû lahum kulla marsadin fa'in
tâbû wa 'aqâmû-s-salâta wa 'à*tû-z-zakâta fahallû sabîlahum 'inna-L-Lâ-
ha gafûr-r-Rahîmun (5).
A l'expiration des quatre mois sacrés, combattez les idolâtres partout
où vous les trouverez, capturez-les, cernez-les, coupez-leur toute retraite.
S'ils se soumettent, s'ils observent la prière et paient la dîme, laissez-les en
paix. Allah est miséricordieux et clément (5).
Quels sont ces mois sacrés? Une question qui a suscité tant d'opi-
nions:
- Ibn Jarir a dit qu'il s'agit des quatre mois cités dans ce verset:
«Quatre de ces mois sont sacrés. Voilà la vérité» [Coran IX, 36].
- Ibn Jarir a ajouté une autre fois que le dernier de ces mois est
Mouharram; ceci est un sujet discutable.
- Ibn Abbas a précisé qu'ils sont la période octroyée aux idolâtres
pour circuler dans le pays selon le verset. Puis Dieu a dit: «A l'expira-
toin des quatre mois sacrés» c'est à dire: après l'écoulement des quatre
mois désignés où tout combat est interdit, et pour permettre à ces
gens-là de se décider de leur sort durant, partout où vous les trouve-
rez, tuez-les.
Nous allons revenir à cette question plus loin. Après cette période
déterminée, l'ordre de combattre les idolâtres fut donné «combattez les
idolâtres partout où vous les trouverez» sans distinction entre un pays et
un autre, toutefois il y a une exception qui est la Maison Sacrée selon
ce verset: «Ne les combattez pas dans l'oratoire sacré à moins qu'ils ne
vous y attaquent. S'ils vous y attaquent, tuez-les» [Coran II, 191].
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Il a donné ensuite le choix aux fidèles qui pourront se contenter de
capturer les idolâtres, ou de les cerner en les assiégeant et en leur
dressant des embuscades: soit dans leurs forteresses, soit dans les
routes qu'ils empruntent afin de les contraindre et opter ou bien pour la
conversion, ou bien pour la mort.
Une fois ces polythéistes soumis en traduisant cette soumission
par des pratiques religieuses imposées: «S'ils observent la prière et
paient la dîme, laissez-les en paix. Allah est miséricordieux et clé-
ment». voilà comment on doit les traiter; une façon qu'a adoptée Abou
Bakr après le départ du Prophète, à l'égard de ceux qui ont refusé de
payer la zakat en se basant sur ce verset qui interdit leur combat jus-
qu'à leur conversion et l'acquittement de leurs obligations cultuelles.
Donc ce qu'on doit demander aux idolâtres consiste à les appeler:
à la profession de la foi, l'observance de la prière qui est le droit sacré
de Dieu à Lui la puissance et la gloire, puis l'acquittement de la zakat
qui est le droit des pauvres et misérables qui est aussi considéré
comme étant l'œuvre la plus noble à l'égard des créatures. C'est pour-
quoi on trouve dans le Coran plusieurs versets (qu dépassent les 80)
où Dieu a joint la prière à l'aumône -ou la zakat qui est l'aumône lé-
gale-.
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - a dit: «J'ai été ordonné de combattre les gens jusqu'à
ce qu'ils témoignent qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, et que Mouham-
mad est l'Envoyé de Dieu, de s'acquitter de la prière, de verser la zakat...»
(une partie du hadith rapporté par Boukhari et MousUm) (1> .
En commentant ce hadith, Abdullah Ben Mass'oud a dit: «vous
êtes ordonnés de s'acquitter de la prière et verser la zakat. Quiconque
ne paye pas la zakat, ses prières ne seront plus agréées» Et Ibn As-
lam de dire également: «Dieu refuse d'accepter toute prière si la zakat
n'est pas payée. Que Dieu fasse miséricorde à Abou Bakr comme il
était versé dans la religion».
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L'imam Ahmed rapporte d'après Anas que l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «J'ai été ordonné de combattre les
gens jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que
Mouhammad est l'Envoyé de Dieu. S'ils se dirigent vers notre qibla ( en
priant), mangent de nos bêtes égorgées (en suivant les règles) et prient
comme nous prions, leur sang et leurs biens seront interdits à moins qu'il
n'y ait une transgression à la loi. S'ils font tout cela ils jouiront des mêmes
droits que les musulmans et observeront les mêmes obligations»^ x> '.
Le repentir de ces idolâtres, comme a dit Anas, consiste à renier
leurs dieux, à adorer le Seigneur, à faire la prière et à verser la zakat.
Dieu a dit à leur propos dans un autre verset: «S'ils se soumettent, s'ils
observent la prière, et s'ils paient la dîme, ce sont vos frères en religion»
[Coran IX, 11].
Le verset cité auparavant, selon les dires de Ad-Dahak, a mis fin
à tout pacte conclu entre le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
et les polythéistes tant au contenu qu'à la durée. On lui a donné l'épi-
thète «Le verset de l'épée». C'est à dire qui stipule le combat contre
tout polythéiste. Mais il fut abrogé, plus tard, par ce verset: «A la fin de
la guerre, libérez-les ou échangez-les» [Coran XL VII, 4] selon les dires de
Ad-Dahak et As-Souddy, et selon Qatada il n'était pas abrogé:
wa 'in 'ahadum mina-l-musrikîna-s-tajâraka fa 'ajirhu hattâ yasma'a ka-
lâma-L-Lâhi tumma 'ablighu ma'manahu dâlika bi 'annahum qawmu-lâ
ya'lamûna (6).
Si un idolâtre demande ta protection, accorde-la-lui pour lui permettre
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d'entendre la parole d'Allah. Puis, fais-le reconduire en lieu sûr. Cette me-
sure est justifiée par l'ignorance de ces gens (6).
Si Dieu avait ordonné à Son Prophète de combattre les idolâtres
partout où il les trouvera, Il l'exhorte, en d'autre part, à accorder sa
protection à quiconque la lui demande, dans le but d'entendre la parole
de Dieu, c'est à dire le Coran, et afin que cela constitue un argument
contre lui au jour de la résurrection. «Puis, fais-le reconduire en lieu sûr»
et d'y rester la période nécessaire pour rentrer plus tard chez lui sain
et sauf. Car ce sont des gens qui ne savent pas que cette mesure n'a
été imposée que pour leur permettre d'avoir une idée de la religion de
Dieu, de se convertir, et par la suite ce message sera propagé partout
dans les quatre coins du monde.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - accordait sa
protection à quiconque venait la lui demander voulant en même temps
être dirigé dans la vie présente. Le jour de Houdaybya, les Mecquois
idolâtres qui étaient venus conclure avec lui le pacte connu, ont pu
constater et voir le grand respect et la vénération que les fidèles réser-
vaient à leur Prophète, des choses qui n'ont pas vues ni dans la cour
d'un César ni dans le palais d'un autre roi. En retournant chez les
leurs, ils leur racontèrent comment les musulmans étaient à l'égard de
leur Prophète, et ce fut une parmi les autres raisons qui les portèrent à
se convertir.
On a raconté que, lorsque l'émissaire de Moussailama l'imposteur,
vint chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - celui-là lui de-
manda: «Attestes-tu que Moussailama est l'envoyé de Dieu?» - Oui, ré-
pondit-il. Et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répliquer:
«Si on avait le droit d'exécuter les émissaires, je t'aurais tranché la
tête».
Le but que vise ce verset consiste à accorder une protection à qui-
conque vient la demander en se déplaçant d'un pays où une guerre
est déclenchée vers un autre où règne l'Islam, soit-il pour un
commerce, pour implorer une conciliation, ou autre chose, d'un gouver-
neur -imam- ou de son assistant tant qu'il tergiverse pour se convertir,
jusqu'à son retour à son propre pays.
En commentant ce fait, les ulémas ont jugé qu'il ne faut pas lais-
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ser un tel indivdu demeurer, en tant qu'idolâtre, plus que quatre mois
dans un pays musulman, bien que certains parmi eux ont fixé la durée
maximale à un an».
kayfa yakûnu li-l-musrïkîna 'ahdun 'inda-L-Lâhi wa 'inda rasûlihT 'illâ-1-
ladîna 'âhattum 'inda-l-masjidi-l-harâmi famastaqâmû lakum fastaqîmû
lahum 'inna-L-Lâha yuhibbu-l-muttaqîna (7).
Comment concevoir que des idolâtrs puissent pactiser avec Allah et
Son Prophète, à moins que ce ne soient ceux de l'oratoire sacré?. Avec
ceux-ci, soyez loyaux, tant qu'ils le seront eux-mêmes à votre égard. Allah
aime les gens de bonne foi (7).
Dieu montre pourquoi II a désavoué les polythéistes et leur a ac-
cordé les quatre mois pour s'amender, sinon ils seront tués où on les
trouvera. Après cela «comment concevoir que des idolâtres puissent pacti-
ser avec Allah et Son Prophète» en leur donnant asile et sécurité du mo-
ment qu'ils renient Dieu et Son Messager?. Exception faite pour ceux
«de l'oratoire sacré» qui ont conclu un pacte le jour de Houdaybya.
Ceux-là aussi longtemps qu'ils seront sincères avec vous et observe-
raient le pacte qu'il avaient conclu, sans qu'il y aura une hostilité de
part et d'autre, soyez sincères avec eux car Dieu aime ceux qui Le
craignent et qui ont la bonne foi.
En effet, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et les
musulmans respectèrent cet engagement pris vis-à-vis des idolâtres au
mois de Zoul-Qi'da en l'an 6 après l'Hégire. Mais plus tard, les idolâ-
tres trahirent ce pacte et et aidèrent leurs alliés Bani Bakr contre ceux
du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - les Banou Khouza'a, mê-
me ils les tuèrent à l'intérieur de l'enceinte sacrée. L'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - dut alors leur déclarer la guerre et les
attaquer au mois de Ramadan en l'an 8 et Dieu lui accorda la
conquête de La Mecque. Il relâcha ceux qui se sont convertis après
leur défaite en les appelant les «libérés» qui étaient au nombre de
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2000 environ. Quant à ceux qui préféraient rester incrédules durent
prendre la fuite. Il leur accorda un délai de quatre mois pour parcourir
dans les pays et se décider de leur propre sort. Parmi eux figuraient
Safwan Ben Oumaya, Ikrima Ben Abi Jahl et d'autre, puis Dieu les a
dirigés vers l'Islam et ils se convertirent.
kayfa wa 'iy-yazharû 'alaykum lâ yarqubû fîkum 'illan walâ dimmatan
yurdûnakum bi 'afwâhihim wa ta'bâ qulûbuhum wa 'aktaruhum fâsiqû-
na(8).
Comment le concevoir, alors que, s'ils étaient les plus forts, ils ne tien-
draient compte ni de lien du sang ni de la parole donnée? En paroles, ils re-
cherchent votre sympathie alors que leurs cours se refusent. Le plus grand
nombre manque de scrupules (8).
Dans ce verset, Dieu exhorte les fidèles à être hostiles envers ces
idolâtres et les désavouer, en montrant qu'ils ne méritent pas de jouir
d'aucun pacte à cause de leur polythéisme et leur reniement du Pro-
phète et de son Message. S'ils l'avaient emporté sur les musulmans,
ils n'auraient respecté à leur égard ni alliance ni pacte, étant donné
que la plupart d'entre eux sont des pervers.
starw bi 'â'yâti-L-Lâhi tamanan qalîlan fasaddû 'an sabîlihî 'innahum
sa* 'a mâ kânû ya'malûna (9) lâ yarqubûna fî mu'minin 'illan wala dim-
matan wa 'ulï'ika humu-l-mu'tadûna (10) fa 'in tâbû wa 'aqâmû-s-salâta
wa "a tÛ-Z-Zakâta fa 'ihwânulcum fî-d-dîni wa nufassilu-l-'ïyâti liqawmir
ya'lamûna (1 1).
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Ils trafiquent à vil prix des enseignements d'Allah et détournent leurs
prochains de Sa voie. Quelle détestable attitude (9) S'agit-il d'un croyant,
ils ne respectent ni les liens de sang ni la parole donnée? Ils sont intraita-
bles (10) S'ils se soumettent, s'ils observent la prière et s'ils paient la dîme,
ce sont vos frères en religion. Nous commentons ainsi nos enseignements à
ceux qui peuvent les comprendre (11).
Ces gens-là, au lieu de suivre les enseignements de Dieu, ils
s'adonnèrent aux plaisirs éphémères du bas monde et troquèrent à vil
prix les Signes du Seigneur. En plus, ils «Détournent leurs prochains de
Sa voie» en les écartant afin de ne plus suivre le chemin de la vérité.
Leurs actes sont très mauvais.
wa 'in nakatïï 'aymânahum min ba'di 'ahdihim wa ta'anû fî dînikum fa-
qâtilïï 'a'immata-l-kufri 'innahum là' 'aymâna lahum la'allahum yantahu-
na (12).
S'ils violent leurs engagements et s'ils attaquent votre religion, combat-
tez ces suppôts de l'impiété. Us n'ont aucune loyauté. Peut-être cesseront-ils
leurs méfaits (12).
Si après le pacte ils violent leurs serments et attaquent votre reli-
gion en la dénigrant, combattez-les. On a tiré de ce verset une sen-
tence que celui qui insulte l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - et attaque l'Islam, devra être exécuté.
«Combattez les suppôts de l'impiété» les chefs de l'infidélité et les
meneurs de l'incrédulité tels que Abou Jahl, Chaiba et Oumaya Ben
Khalaf, selon Qatada. Mais il s'avère que ce verset concerne tous les
polythéistes de Qoraïch.
f&fiZ. [45 #M dà$ ft
264
'alâ tuqâlilûna qawman nakatîî 'aymânahum wa hammû bi 'ihrâji-r-rasû-
li wahum bada 'ûkum 'awwala marratin 'atahsawnatmm fa-L-Lâhu
'ahaqqu 'an tahsawhu 'in kuntum mu'minîna (13) qâtilûhum yu'addib-
hûmu-L-Lâhu bi-'aydikum wa yuhzihim wa yansurkum 'alayhim wa yaS-
v>fï sudûra qawmim-mu'minîna (14) wa yudhib gayza qulûbihim wa
yatûbu-L-Lâhu 'alâ may-yasa 'u wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (15).
Pourquoi hésitez-vous à combattre un peuple qui a violé ses serments
et qui a voulu bannir le Prophète? Pourtant, c'est ce peuple qui a
commencé les hostilités. Le craignez-vous? c'est Allah qu'il faut craindre si
vous êtes croyants (13). Combattez-les Allah les châtiera par vos mains. Ils
les humiliera, vous donnera la victoire sur eux et apaisera les cœurs des
croyants (14) Il dissipera leurs rancœurs. Allah agrée qui II veut. Il est om-
niscient et sage (15).
Il y en a là aussi une exhortation et une incitation à combattre les
idolâtres qui ont cherché à expulser l'Envoyé de Dieu de La Mecque.
Comme Dieu le montre aussi dans ce verset: «Les infidèles trament un
complot contre toi pour te faire prisonnier te tuer ou te bannir» [Coran
VIII, 30] et dans celui-ci: «Par leurs persécutions, ils ont été sur le point
de te faire abandonner le pays» [Coran XVII, 76].
Puis Dieu montre que les idolâtres étaient les premiers à manifes-
ter leur hostilité soit le jour de Badr selon les dires de certaines, soit,
selon d'autres, quand ils ont violé le pacte et combattu à côté de Bani
Bakr contre la tribu Khouza'a l'alliée du Prophète - qu'Allah le bénisse
et le salue - Il se demande ensuite en parlant de ce peuple perfide:
«Le craignez-vous? C'est Allah qu'il faut craindre si vous êtes croyants»
Dieu mérite plus qu'eux d'être redouté. L'ordre du combat fut donné à
la suite: «Combattez-les. Allah les châtiera par vos mains-II les humiliera,
vous donnera la victoire sur eux et apaisera les cœurs des croyants». Un or-
dre qui concerne tous ceux qui ont la foi pour combattre les polythéis-
tes. Dieu accueille de qui II veut le repentir car II connait parfaitement
Ce Qu'il convient à ses serviteurs, et II est saae dans ses actes et paro-
les en les soumettant à ses lois.
265
'am hasibtum 'an tutraqû wa lammâ ya'lami-L-Lâhu-1-ladma jâhadû
minlnim wa lam yattahidû min dûni-L-Lâhi walâ rasûlihî wala-l-mu'mi-
nîna walîjatan wa-L-Lâhu habîrum bimâ ta'malûna (16)
Ne croyez pas qu'Allah va vous laisser comme vous êtes sans distin-
guer ceux d'entre vous qui combattent pour sa cause et ne nouent d'autres
rapports qu'avec Lui, Son Prophète et les croyants? Allah n'est pas inatten-
tif à ce que vous faites (16).
Les hommes pensent-ils que Dieu leur fera relâche tant qu'il ne
les a pas éprouvés, a connu d'entre eux qui ont combattu pour Sa
cause et ceux qui ne l'ont pas fait et a distingué entre ceux qui sont
sincères et ceux qui sont menteurs, ainsi pour connaître ceux qui n'au-
ront pas cherché d'alliés en dehors de Lui, de Son Prophète et des
croyants?
Cette épreuve est donc inévitable afin de connaître la fermeté de
fa foi car II a dit: «Les hommes croient-ils qu' en se disant croyants, Allah
leur évitera toute épreuve?» [Coran XXIX, 2] et: «Allah ne saurait laisser
les fidèles dans l'état où ils sont» [Coran III, 179]. Donc lorsque Dieu a
imposé le devoir de combattre pour Sa cause, Il a voulu connaître
ceux qui se soumettent et ceux qui se rebellent, bien que cela ne lui
serait nullement caché.
mâ kâna li-l-musrikîna 'ay-ya'murû masajida-L-Lâhi sâhidîna 'alâ 'anfu-
• •t.it» bi-i-kutii oisr-ika habitat a'maïuhum wa fî-n-nâri hum
266
hâlidûna (17) 'innamâ ya'muru masâjida-L-Lâhi man 'îfmana bi-L-Lâhi
wa-l-yawmi-l-'âhiri wa 'aqâma-s-salâta wa 'a'tâ-z-zakâta wa lam yahsa
'illâ-L-Lâha fa'asa 'ûl2"ika 'iy-yakûnû mina-l-muhtadîna (18).
II n'appartient pas anx infidèles d'entretenir le culte d'Allah, alors
qu'ils sont les propres témoins de leur impiété. Lenrs œuvres sont vaines et
ils auront l'enfer pour séjour éternel (17) L'entretien du culte ne saurait
être assuré que par ceux qui croient à Allah et au jour dernier, qui obser-
vent la prière et acquittent la dîme et qui ne craignent qu'Allah. Ceux-là
ont des chances de faire leur salut (18).
Il n'appartient pas aux idolâtres de fréquenter et peupler les mos-
quées de Dieu qui ne sont établies que pour proclamer Son unicité,
alors qu'ils témoignent contre eux-mêmes de leur incrédulité en actes
et paroles. Voilà ceux dont leurs œuvres s'échouent et ils demeureront
immortels dans le Feu.
En vérité, rien d'autres ne fréquentent les mosquées de Dieu que
«ceux qui croient à Allah et au jour dernier». A cet égard l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque vous voyez quel-
qu'un fréquenter souvent les mosquées, soyez témoins de sa foi».
Anas, rapporte que l'Envoyé de Diue - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit: «Dieu dit: «Par Ma gloire et Ma puissance, Je pense parfois
châtier les habitants de la terre, mais lorsque Je regarde ceux qui peuplent
les mosquées, ceux qui s'aiment à cause de Moi et ceux qui implorent, dès
l'aube Mon pardon, Je passe outre» (Ibn Assaker a jugé que ce hadith est
étrange ) (,) ?
A ce propos aussi Amr Ben Maïmoun Al-Awdi a dit: «Je vis du
temps de quelques uns des compagnons de Mouhammad - qu'Allah le
bénisse et le salue - qui disaient: «Les mosquées sont les maisons de
Dieu sur terre, et il est du devoir de Dieu d'honorer qui y viennent Lui
rendre visite».
267
Ibn Abbas, quant à lui, a déclaré: Celui qui entend l'appel à la
prière (adhâne), n'y répond pas et ne se rend pas à la mosquée pour
prier, sa prière, plus tard, ne sera plus agréée car par ce faire, il aura
désobéi à Dieu et à Son Prophète, et Dieu a dit: «L'entretien du culte
ne saurait être assuré que par ceux qui croient à Al'ah et au jour dernier».
La prière est la pratique cultuelle accomplie par le corps, tandis
que la zakat est la meilleure œuvre de charité dont son profit atteint
les autres créatures. Ceux qui observent la prière et s'acquittent de la
zakat ne craignent un autre que Dieu et ils «ont des chances de faire leur
salut» et ils sont bien dirigés.
'aja'altum siqâyata-l-hajji wa 'imârata-l-masjidi-l-harâmi kaman Ifmana
bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-lï'hiri wa jâhada fî sabîli-L-Lâhi la yastawûna
'inda-L-Lâhi wa-L-Lâhu lâ yahdî-l-qawma-z-zâlimîna (19) 'al-ladîna
Tmanû wa hâjarû wa jâhadû fî sabîli-L-Lâhi bi 'amwâlihim wa 'anfusi-
him 'a'zamu darajatan 'inda-L-Lâhi wa 'ûla 'ika humu-l-fif 'izûn (20) yu-
bassiruhum rabbuhum bi rahmatim-minhu wa ridwânin wa jannâti-1-
lahum fîhâ ma'îmum-muqîmun (21) hâlidîna fiha 'abadan 'inna-L-Lâha
'indahu 'ajrun 'azîmun (22).
Assimilerez-vous ceux qui distribuent l'eau aux pèlerins et entretien-
nent l'oratoire sacré à ceux qui croient en Allah et au jour dernier et qui
combattent au service d'Allah? Non, ils ne sont pas égaux aux yeux d'Al-
lah. Allah abandonne les insensés à leur sort (19) Ceux qui croient, qui ont
émigré et mis leurs biens et leurs personnes au service d'Allah, ceux-là oc-
cuperont un rang plus élevé auprès d'Allah. Ils seront parmi les bienheu-
268
reux (20) Leur Seigneur leur promet sa bénédiction et ses grâces et des jar-
dins où ils connaîtront une félicité éternelle (21) Ils s'y délecteront sans fin.
Allah dispose de récompenses merveilleuses (22).
Ibn Abbas a dit que le premier verset fut révélé en réponse à Al-
Abbas qui a déclaré aux musulmans: «Si vous nous avez précédés
dans la foi, l'émigration et le combat pour la cause de Dieu, sachez
que nous peuplions la mosquée sacrée, donnions à boire aux pèlerins
et libérions les captifs» Dieu fit alors descendre ce verset: «Assimilerez-
vous ceux qui distribuent l'eau pèlerins... jusqu'à la fin du verset. Il faut
entendre par là que Dieu n'accepte aucune œuvre bonne ou de charité
au moment où en est idolâtre.
Quant à Al-Nou'man Ben Bachlr Al-Ansari, il a raconté: «J'étais
devant la chaire de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
avec certains de ses compagnons quand l'un a dit: «Je ne me soucie-
rai pas de l'œuvre que je ferai après ma conversion à moins que ce ne
soit l'abreuvage des pèlerins». Un autre déclara: «Plutôt le peuplement
des mosquées est plus méritoire». Un troisième leur répondit: «Non,
c'est le combat dans le sentier de Dieu». En les entendant, Omar Ben
Al-Khattab les rabroua en leur disant: «Ne haussez pas vos voix de-
vant la chaire de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -,
c'est un jour de vendredi». Après la prière j'entrerai chez le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - pour lui demander son avis au sujet de
votre discussion. Omar accomplit sa mission, et Dieu à Lui la puis-
sance et la gloire fit descendre ce verset: «Assimilerez-vous ceux qui dis-
tribuent l'eau aux pèlerins et entretiennent l'oratore sacré... jusqu'à la fin
du verset.
269
yâ 'ayyuhâ-l-ladîna 'à A manû lâ tattahidtî Tbâ'aknm wa 'ihwânakum
'awliyâ*'a 'inistahabbu-l-kufra 'alâ-l-'imâni wa man yatawallahum min-
kum fa'ûlâ*'ika humu z-zâlimûna (23) qui 'in kâna *a ba 'ukum wa 'ab-
na 'ukum wa 'ihwânukum wa 'azwâjukum wa 'aSîratukum wa 'amwâlum-
i-qtaraftumuhâ wa tijâratun tahâfûna kasâdahâ wa masâkinu
tardawnahâ 'ahabba 'ilaykum mina-L-Lâhi wa rasûlihî wa jihâdin fî sabî-
lihî fatarabbasû hattâ ya'tiya-L-Lâhu ba'amrihî wa-L-Lâhu lâ yahdî-1-
qawma-l-fâsiqîna (24).
O croyants, au cas où vos pères et vos frères préféreraient l'impiété à
la foi, ne les prenez pas pour confidents. Ceux qui les prendraient pour
confidents commettraient une mauvaise action (23). Si vos pères, vos en-
fants, vos frères, vos femmes, vos familles, vos biens, vos commerces dont
la marche vous rend anxieux, vos souriantes demeures ont pour vous plus
de prix que l'amour d'Allah, de Son Prophète et de Sa cause, redoutez la
réaction d'Allah. Car Allah se désintéresse des mécréants (24).
Dieu ordonne aux croyants de s'écarter des incrédules même s'ils
sont les pères, les frères et les enfants, et de ne plus prendre nul par-
mi eux pour ami et confident, car ces gens-là préfèrent l'incrédulité à la
croyance. Ils les avertit d'agir contrairement à ses enseignements
comme II a dit: «Ceux qui croient en Allah et au jour dernier ne sympathi-
seront jamais avec ceux 'qui combattent Dieu et Son Prophète, fussent-ils
leur père, leur fils, leur frère ou leurs alliés?» [Coran LVIII, 22].
Il demande ensuite à Son Messager de menacer ceux qui trouvent
leurs pères, fils, épouses, clans, un négoce dont ils craignent le déclin
et des demeures où ils se plaisent, leur sont plus chers que Dieu, Son
Envoyé et le combat pour la cause de Dieu. Que ceux-là attendent
donc à ce que vienne l'ordre de Dieu pour leur infliger le châtiment
qu'ils méritent, car Dieu ne guide pas les méchants et les pervers.
L'imam Ahmed rapporte d'après Zouhra Ben Ma'bad, que son
grand-père a dit: «Nous tenions compagnie à l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - alors qu'il tenait Omar Ben Al-Khattab par la
main quand celui-ci lui dit: «O Envoyé de Dieu, par Dieu, tu m'es plus
cher que toute chose, mais je ne te préfère pas à moi-même» Il lui ré-
pondit: «Nul d'entre vous n'est un vrai croyant tant qu'il ne m'aime plus
'f— .... ... ,- .. I ' Omar ' * < . répliquer. «Tu in'*... donc plus cheT C|UQ
270
moi-même». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - rétorqua:
«C'est maintenant ô Omar (que tu es un vrai croyant» (Rapporté par Ab-
dul-Razzaq, Mouslim, Abou Daoud, Ibn Mardaweih, Ibn Hibban et Ibn Ja-
Ibn Omar, quant à lui, a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «Si vous pratiquez la vente à
terme (Al-'Ina) <2> , vous vous adonnez à la culture, vous vous contentez de
la récolte en négligeant le combat dans la voie de Dieu, Dieu vous infligera
une humiliation qui ne sera enlevée que lorsque vous retournerez à votre re-
ligion» (Rapporté par l'imam Ahmed et Abou Daoud) <3) .
laqad nasarakumu-L-Lâhu fi mawâtina katîratin wa yawma Hunaynin
'id 'a'jabatkum katrtukum falam tugni 'ankum say'an wa dâqat 'alayku-
mu-I-'ardu bimâ rahubat tumma wallaytum mudbirîna (25) tumma 'an-
zala-L-Lâhu sakînatahû 'alâ rasûlihî wa 'alâ-I-mu'minîna wa 'anzala
(2) Al-'lna est le fait de vendre une marchandise à un terme puis de la reprendre à prix infér-
ieur.
271
junûda-l-lam tarawhâ wa 'addaba-l-ladîna kafarû wa dâlika jazâ'u-l-kâ-
firina (26) tumma yatûbu-L-Lâhu mim ba'di dâlika 'alâ may-yasîf 'u wa-
L-Lâhu Gafûr-r-r-Rahîmun (27).
Allah vous a donné la victoire en maintes circonstances, notamment à
Hounein. Ce jour-là, vous vous étiez fiés à votre nombre. Mais le nombre
n'y fit rien. La terre, toute vaste qu'elle est, se déroba sous vos pieds. Vous
prîtes la fuite en désordre (25). Puis Allah rendit confiance à Son Prophète
et à Ses partisans. Il envoya à leur secours des troupes invisibles et mit en
déroute les infidèles. C'est le châtiment réservé aux infidèles. (26) Ensuite,
Allah accepta dans sa religion qui II voulut. Allah est miséricordieux et clé-
ment (27).
Dieu ra pelle aux fidèles, entre autres de Ses grâces, la victoire et
le secours en plusieurs endroits surtout dans les expéditions en
compagnie de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Cela
n'était dû ni au nombre ni aux équipements, mais à une aide venue de
Dieu. Le jour de Hounein surtout quand les musulmans se sont
complus à leur grand nombre, et malgré cela ils prirent la fuite à l'ex-
ception d'une minorité d'entre eux qui résista avec le Prophète - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - puis Dieu leur accorda la victoire afin qu'ils
sachent qu'elle ne vient que de lui et avec Sa permission car «combien
de fois n'a-t-on pas vu une petite troupe disperser une grande avec la per-
mission d'Allah?» Car Alalh est avec les persévérants» [Coran II, 249].
La bataille eut lieu au mois de Chawal en l'an 8 après l'Hégire et
la conquête de La Mecque. Après la prise de cette ville, l'établissement
de l'ordre, la libération de ses habitants et la conversion de la majorité,
on mit le Prophète au courant que la tribu Hawazen prépara une
grande armée pour le combattre. Leur chef Malek Ben Awf An-Nadir
était à la tête. Toute la tribu Thaqif y adhéra ainsi que quelques hom-
mes de Bani Amr Ben Amer et Aoun Ben Amer. Tous les hommes ac-
compagnés de leurs femmes, enfants, biens et troupeaux sortirent
pour combattre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - vint à leur ren-
contre à la tête de son armée formée de mille guerriers qui avaient
conquis i_a Mecque dont le nombre atteignait les dix mille et deux mil-
les parmi les nouveaux convertis appelés «les libérés». Les deux trou-
272
pes se rencontrèrent dans une vallée où les Hawazinites étaient aux
aguets. Lorsque les fidèles furent très proches, ils l'affrontèrent en ti-
rant sur eux une nuée de flèches, brandirent leurs sabres et les atta-
quèrent comme un seul homme comme était tracée la tactique par leur
chef Malek Ben Awf.
Les fidèles durent prendre la fuite, mais l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - monté sur sa mule «Achahba», la dirigeant
du côté de l'ennemi alors que son oncle Al-Abbas la tenait par sa
bride, s'écria: «Je suis le Prophète sans mentir, je suis le fils d'Abdul-
Muttalleb». Une troupe ne dépassant pas la centaine des hommes, ré-
sista avec lui. Il demanda à son oncle Al-Abbas, qui possédait une voix
très forte, d'annoncer aux fuyards: «O hommes de l'arbre», voulant dé-
signer ceux qui lui ont prêté serment d'allégeance sous l'arbre à Hou-
daybya de ne plus fuir devant quiconque. Al-Abbas appela tantôt: «O
ceux qui (se conforment aux enseignements) de la sourate de la va-
che».
Entendant ces cris, les hommes s'écrièrent: «Nous voilà à tes or-
dres». Ils rebroussèrent chemin vers l'endroit où se tenait le Prophète
- qu'Allah le bénisse et le salue -, Ceux qui dont leurs montures ne leur
obéissaient pas, portèrent à nouveau leurs boucliers, laissèrent leurs
montures et se joignirent au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
. Après la formation d'un petit régiment de ces fidèles, il leur ordonna
d'être fermes et sincères dans leur combat. Puis il prit une poignée de
sable et la jeta du côté des idolâtres, en invoquant Dieu par ces mots:
«Mon Dieu, réalise ce que tu m'as promis». Chacun des idolâtres fut
atteint par ce sable qui entra dans sa bouche ou ses yeux, et dut pour
un certain temps cesser de combattre. Alors les musulmans purent les
tuer ou les capturer et ils ne quittèrent le champ de bataille qu'après
avoir achevé leur mission en amenant les prisonniers avec eux pour
les présenter devant l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
L'imam Ahmed rapporte que Yazid Ben Oussaïd a dit: «J'étais en
comnaanie de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - le
jour <ae l'expédition de Hunam où la chaleur était torride, nous dûmes
faire la sieste à l'ombre des arbres. Quand le soleil eut quitté le méri-
273
dien, je portai mon heaume, montai sur mon cheval et partis vers l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui était dans sa tente.
-Que la paix de Dieu soit sur toi, ô Envoyé de Dieu, ainsi que Sa Misé-
ricorde et Ses bénédictions, lui dis-je, je crois qu'il est temps de lever
le camp» - Certes oui, répondit-il. Puis il appela Bilal qui s'abritait sous
un arbre qui lui fournissait un ombrage épais. - Me voilà à ton service,
s'écria-t-il, que Dieu t'accorde tout le bonheur et que mon âme soit une
rançon pour toi. Il lui ordonna de lui seller le cheval. Le bât était fourré
de fibres végétales et ne renfermait aucun signe de richesses ou d'os-
tentation.
«Durant la veille et la nuit, les hommes furent mis en rangées de
bataille. Les cavaliers s'affrontèrent, et les fidèles prirent la fuite
comme Dieu le montre: «Vous prîtes la fuite en désordre». L'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - les appela: «Ô serviteurs de
Dieu, je suis le serviteur de Dieu et Son Messager» Puis il ajouta: «O
Mouhagériens, je suis le serviteur de Dieu et Son Messager». Puis il
descendit de son cheval, prit une poignée de sable. L'homme qui était
le plus proche de lui, ajouta le rapporteur, me raconta que le Prophète
- qu'Allah le bénisse et le salue - jeta le sable du côté des idolâtres en
s'écriant: «Que ces visages soient enlaidis». Dieu le Très Haut mit
alors les idolâtres en déroute.
«You'la Ben 'Ata a dit: «Les fils de ces idolâtres m'ont raconté
d'après leurs pères que chacun d'entre eux avait reçu du sable qui lui
remplissait la bouche et les yeux. Ils ont entendu ensuite un cliquetis
des armes entre le ciel et la terre.
Il est cité dans les deux Sahihs qu'un homme demanda à Al-Bara
Ben 'Azeb: «O Abou 'Amara, avez-vous fui l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - le jour de Hounaïn?» Il lui répondit: «Oui mais
le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - résista. Les hommes de
Hawazen étaient de bons archers, en nous élançant contre eux, ils du-
rent se retirer et s'enfuir. Comme les fidèles s'occupèrent à ramasser
les butins, les Hawazenites nous surprirent par leurs flèches qui obligè-
rent les fidèles à prendre la fuite. A ce moment je vis l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue - sur sa mule blanche et Soufian Ben
A.I l— l un îtl > la l < ^ i > . -iî t y > • >< 1s L>rl<J*E*, Il disaît- «Je su\s \& ^ropAiète sans men—
tir, je suis le fils d'Abdul Muttaleb».
274
«Fuis Allah rendit confiance à Son Prophète et à ses partisans» en les
tranquillisant et les affermissant. «Il envoya à leur secours des troupes in-
visibles» c'est à dire les anges, comme a dit Ibn Jarir d'après Abdul
Rahman l'affranchi d'Ibn Barthan qui a raconté: «Un homme qui
combattait à côté des polythéistes le jour de Hounaïn m'a dit: «Lorsque
nous rencontrâmes les partisans de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue -, ils ne purent résister devant nous fut-ce le temps de
traire une brebis. Nous les poursuivîmes jusqu'à ce que nous fûmes
devant un homme qui montait une mule blanche et nous sûmes qu'il
était l'Envoyé Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. A son approche,
des hommes vêtus en blanc aux beaux visages nous dirent: «Que les
visages soient enlaidis! Retournez». Ils nous mirent en déroute en
montant sur nos épaules.
Chaîba Ben 'Othman rapporte: «Le jour de Hounaïn j'aperçus l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - sans défense et per-
sonne ne se trouvait à ses côtés. Je me rappelai à ce moment-là le
jour où Hamza et Ali avaient tué mon père et mon oncle. Je me suis
dit alors: «Aujourd'hui je les venge». J'allai l'attaquer à droite mais je
trouvai Al-Abbas Ben Abdul Muttaleb, portant un bouclier blanc sem-
blable à l'argent et était en train de l'épousseter. - Il est son oncle, me
dis-je, et il va sûrement le défendre. Je me dirigeai vers sa gauche
lorsque j'aperçus Abou Soufian qui devait aussi le défendre. En lui ve-
nant par le derrière et il ne me resta que de brandir le sabre et le frap-
per, soudain un jet de feu s'interposa entre nous comme un éclair. De
peur que ce feu ne m'atteigne, je dus couvrir mon visage de ma main
et me retirer à reculons. Alors l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - m'appela: «Ô Chaiba! Ô Chaiba! approche-toi. Mon Dieu,
éloigne le démon de lui».
Je levai mes regards sur lui, et à ce moment je le trouvai plus pré-
férable à moi que mon ouïe et ma vue. Il me dit: «O Chaiba, va
combattre les incrédules».
«Ensuite, Allah accepta dans sa religion qui II voulut. Allah est miséri-
cordieux et clément» En effet Dieu accueillit le repentir des hommes de
navrer, qui survécurent après la bataille de Hounaïn. Ils embrassè-
rent l'Islam et rejoignirent le Prophète près de Jou'rana en retournant à
275
La Mecque, après vingt jour de la bataille. Il leur donna le choix de ré-
clamer les captifs ou les biens, ils optèrent pour leurs captifs qui
étaient leurs femmes et enfants et qui comptaient 6000 environ. Puis il
répartit le butin, en donnant une part aux combattants, une autre aux li-
bérés afin de rallier leurs cœurs, qui s'éleva à 10.000 chameaux sans
oublier Malek Ben Awf An-Nadir qui lui consacra une partie et lui
confia le poste de chef de sa tribu.
ya 'ayyuhâ-l-ladîna 'ïmanû 'innamâ-l-musrikûna najasun falâ yaqrabû-
1-masjida-l-harâma ba'da 'âmihim hâdâ wa 'in hiftum 'aylatan fasawfa
yugnîkumu-L-Lâhu min fadlihî 'in 5â"a inna-L-Lâha 'Alîmun
Hakîmun (28) qâtilû-l-ladîna lâ yu'minûna bi-L-Lâhi walâ bi-l-yawmi-1-
'a hiri walâ yuharrimûna mâ harrama-L-Lâhu wa rasûluhû walâ yadînû-
na dîna-l-haqqi mina-l-ladîna 'ûtu-l-kitâba hattâ yu'tû-l-jizyata 'an yadin
wa hum sâgirûna (29).
O croyants, les idolâtres sont impurs. L'accès de l'oratoire sacré leur
sera interdit à l'expiration de cette année. Si vous redoutez que vos affaires
n'en pâtissent, Allah y pourvoira par l'effet de sa grâce. D est omniscient et
sage. (28). Combattez ceux qui ne croient ni à Allah ni au jour dernier,
ceux qui n'admettent pas les prohibitions décrétées par Allah et Son Pro-
phète et ceux qui, parmi les gens d'Ecriture, ne pratiquent pas la vraie reli-
gion. Combattez-les jusqu'à ce qu'ils paient le tribut de leurs propres mains,
manifestement humiliés (29).
Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants, purs et qui ne pratiquent
qu'un culte pur, de ne plus permettre aux idolâtres impurs de fréquen-
ter la MOSCUlée Sacrée et même de ne plue l'approcher aprèe la révéla-
276
tion de ce verset qui eut lieu en l'an 9 de l'Hégire. Et c'est pour cette
raison que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - envoya Ali à
la suite d'Abou Bakr d'annoncer qu'aucun polythéiste n'aura désormais
le droit de faire le pèlerinage après cette année, et il ne sera plus per-
mis à une personne nue de faire la circumambulation autour de la
Ka'ba. Ainsi Dieu réalisa ce qu'il a décrété et destiné.
A cet égard Omar Ben Abdul Aziz ordonna par écrit qu'il faut dé-
fendre aux juifs et chrétiens d'entrer aux mosquées, car Dieu a dit: «les
idolâtres sont impurs». Ata a précisé que toute l'enceinte sacrée est
considérée comme mosquée, et par la suite «L'accès de l'oratoire sacré
leur sera interdit à l'expiration de cette année».
Il est cité dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - a dit: «Le croyant ne souille pas» à l'inverse de l'idolâtre.
Quant à l'impureté du corps, elle n'est plus considérée comme souil-
lure de sa propre personne, la preuve en est que Dieu a permis de
manger de la nourriture des gens d'Ecriture. Mais les «Zaharia» ont
jugé qu'il ne faut plus serrer la main à un idolâtre, et AL-Hassan d'ajou-
ter: «Quiconque serre la main à un idolâtre doit faire des ablutions».
«Si vous redoutez que vos affaires n'en pâtissent, Allah y pourvoira
par l'effet de Sa grâce» Car, selon les dires d'Ibn Ishaq, lorsque les ido-
lâtres ne pouvant désormais accéder à l'enceinte Sacrée, les hommes
se plaignirent en redoutant la pénurie. Ibn Abi Hatem a rapporté que
les polythéistes faisaient le commerce de la nourriture en l'apportant à
la Maison. Lorsque le verset précité leur interdit de s'y approcher, les
musulmans s'écrièrent: «D'où pourrons-nous procurer de la nourri-
ture?» Dieu à cette occasion fit révéler la suite du verset.
Dieu pourvoit aux besoins de qui II veut et l'enrichit par Sa grâce.
Si ces idolâtres cessent un tel commerce, le Seigneur montre aux fidè-
les qu'il leur a assuré un autre moyen de revenu qui est le tribut im-
posé à ces idolâtres. «Combattez-les jusqu'à ce qu'ils paient le tribut de
leurs propres mains, manifestement humiliés». Donc cette compensation a
dissipé la peur de la pauvreté et du besoin, car Dieu est sage dans
Ses décrets et sait ce qu'il convient à Ses sujets.
«Combattez ceux qui ne croient ni à Allah ni au jour dernier».
puisque ces gens-là renient Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le sa-
277
lue - et son message, leur foi est incomplète voire nulle. Ceux là
«n'admettent pas les prohibitions décrétées par Allah», ils ne font que sui-
vre leurs passions et penchants et ce que pratiquaient leurs pères
sans se soumettre ni se conformer aux enseignements, car s'ils s'y
conformaient, ils auraient suivi Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le
salue - et appliqué la religion qu'il a apportée puisque tous les Prophè-
tes qui lui ont précédé avaient annoncé à leurs peuples son avène-
ment et leur ont ordonné de le suivre. Et l'ordre de combattre ces
gens-là devint une obligation pour les fidèles.
Une fois l'ordre établi dans la presqu'ile arabique, les gens entrè-
rent en masse dans la religion de Dieu et Dieu ordonna aux musul-
mans de combattre ceux parmi les gens du Livre qui ne pratiquent pas
la vraie religion. Pour cela, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - voulant préparer, en l'an 9 de l'Hégire, une armée pour combat-
tre les Byzantins, il appela les fidèles qui habitaient Médine et son en-
tourage et put recruter environ trente mille hommes et seuls les
hypocrites firent défection.
Ce fut dans une année de disette et un jour de chaleur torride que
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - sortit de Médine à
la tête de cette armée en se dirigeant vers le pays du Châm pour
combattre les Byzantins. Arrivé à Tabouk, il fit halte et demeura vingt
jours dans cette ville, puis fit une consultation du sort en demandant
au Seigneur de le guider, et dut par la suite retourner à Médine à
cause de la pénurie des ressources et la faiblesse des hommes,
comme nous allons le monterr plus loin si Dieu le veut.
«Jusqu'à ce qu'ils paient le tribut de leurs propres mains» S'ils ne se
convertissent pas «manifestement humiliés». Les fidèles devaient donc
combattre les gens du Livre jusqu'à ce qu'ils payent la capitation
contraints et qu'ils se fassent petits. Ceux qui vivaient dans un pays
musulman en toute sécurité en jouissant de la protection de fidèles de-
vaient se trouver en cet état: humiliés et soumis à la capitation.
A ce propos Abdul Rahman Ben Ghanam Al-Ach'ari a rapporté
que lorsque 'Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée- a accepté de
conclure un pacte de conciliation avec les chrétiens du Châm, il s'y
conforma aux Drincioes sus-mentionnés, et voici le texte de ce pacte:
278
«Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux.
Voici une lettre adressée des chrétiens de telle et telle région de
Châm au serviteur de Dieu, à 'Omar, le prince des croyants:
«Lorsque vous êtes venus dans notre pays, nous vous avons de-
mandé de nous accorder la sécurité pour nos personnes, descendan-
ces, biens et coreligionnaires en contractant un engagement vis-à-vis
de vous de: ne plus construire ni couvent, ni église ni ermitage dans
notre ville ou ses alentours, de ne plus restaurer ceux qui sont en
fuine, de ne plus empêcher un musulman d'y entrer jour ou nuit, d'élar-
gir leurs portes pour les passants et les voyageurs, de donner hospita-
lité pour trois jours à tout voyageur musulman, de ne plus abriter des
espions ni dans nos églises ni chez nous, de ne plus tricher les musul-
mans, de ne plus enseigner le Coran à nos enfants, de ne plus mani-
fester un acte de polythéisme ou d'y appeler un autrui, de ne plus
empêcher quiconque de nos proches s'il veut embrasser l'Islam, de vé-
nérer et respecter les musulmans en leur cédant la place s'ils veulent
s'y asseoir, de ne plus les imiter dans leurs habits, calottes, turbans,
ou de porter les mêmes sandales ou de peigner les cheveux à leur fa-
çon, de ne plus les imiter dans leurs paroles ou de porter leurs sur-
mons, de ne plus monter les chevaux ni ceindre l'épée ni porter une
arme quelconque ni graver nos bagues à leur façon, de ne plus vendre
le vin, de couper les toupets, de garder notre propre modèle de nos
vêtements où que nous soyons, de serrer les ceintures autour de la
taille, de ne plus montrer la croix sur nos églises ou sur la route des
musulmans ou dans leurs marchés avec nos évangiles, de ne plus
sonner la cloche que très légèrement, de ne plus hausser la voix à l'in-
térieur de nos églises en présence des musulmans, de ne plus célé-
brer nos fêtes publiquement, de ne plus élever la voix en faisant la
prière funéraire sur nos morts ni les enterrer à proxmité des morts mu-
sulmans, de ne plus asservir les esclaves appartenant aux musulmans,
de montrer la route aux musulmans et de ne plus les guetter à l'inté-
rieur de leurs foyers».
Et Abdul-Rahman d'ajouter: «Quand j'apportai la lettre à 'Omar, il
y ajouta: «et de ne plus frapper un musulman».
nous nous sommes engagés vis-à-vis de vous de nous conformer
279
au contenu de cette lettre ainsi que nos coreligionnaires pour profiter
de la sécurité. Au cas où nous transgressons une de ses clauses, au-
cune sécrurité ou protection n'empêchera de nous traiter comme des
rebelles et ennemis».
wa qâlati-l-yahûdu 'uzayrun-i-bnu-L-Lâhi wa qâlat-i-n-nasârâ-l-masîhu
bnu-l-lâhi d âlika qawluhum bi-'afwâhihim yudâhi'ûna qawla-l-ladîna ka-
farû min qablu qâtalahumu-L-Lâhu 'annâ yu'fakûna (30) t-tahadïï
'ahbârhum wa ruhbânahum 'arbâbam-min dûni-L-Lâhi wa-l-masîha bna
Maryama wamï 'umirli 'illâ liya'budïï 'ilâhan wâhidan YS 'ilâha 'illâ hu-
wa subhânahû 'ammâ yusrikûna (31).
Les juifs disent: «Ozaïr est le fils d'Allah». Les chrétiens disent: «Le
Messie est le fils d'Allah». Tels sont le propos qui sortent de leurs bouches.
Ils ressemblent à ceux que tenaient auparavant les infidèles. Malheur aux
auteurs de pareils propos! Ce sont des égarés (30). Ils ont délaissé Allah
pour déifier leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Ma-
rie. Et pourtant ils ont reçu l'ordre absolu de n'adorer qu'Allah seul, en de-
hors duquel il n'y a aucun Allah. Sa gloire le place bien au-dessus de ce
qu'on peut lui associer (31).
Comme juifs et chrétiens imputent à Dieu de s'être fait un enfant,
ce fut une raison de plus pour que les fidèles les combattent. Qu'il soit
exalté! Il les démentit en disant: «Ils ressemblent à ceux que tenaient au-
paravant les infidèles» en répétant les mêmes propos des générations
passées; que Dieu les maudisse! Comment ils préfèrent le chemin de
l'égarement à celui de la vérité? «Ils ont délaissé Allah pour déifier leurs
' " 1* — * "..-■■>. '- &ïneï «lue le Messie, file do Marfe>v.
280
A ce propos l'imam Ahmed et Trimidzi rapportent que, après avoir
eu connaissance du message du Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue -, 'Adiy Ben Hatem s'enfuit au pays de Châm, à savoir qu'il s'est
converti au christianisme du temps de la Jahilia. Sa sœur et quelques-
uns de ses proches furent capturés. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - libéra la soeur et lui fit une donation. Elle se rendit
chez son frère en le poussant à embrasser l'Islam et revenir au pays
pour rencontrer l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -.
'Adiy, qui était le chef de sa tribu Taiy' et son père illustre Hatem
Taiy reconnu pour sa large générosité, revint à Médine et les hommes
parlèrent de son retour. Il se rendit chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - portant au cou une croix en argent. Il l'entendit ré-
citer: «Ils ont délaissé Allah pour déifier leurs docteurs et leurs moines». Il
s'écria alors: «Non ils ne les ont pas adorés!» Le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - lui répondit: «Ils lui ont rendu l'illicite licite et vice
versa. Voilà comment ils les ont adorés». Puis il poursuivit: «Ô 'Adiy,
que penses-tu si tu proclames la grandeur de Dieu? Connais-tu un au-
tre plus grand que Lui? Trouves-tu un mal d'attester qu'il n'y a d'autre
'divinité que Dieu? Existe-il un Seigneur en dehors de Lui?». Puis il
l'appela à embrasser l'Islam et 'Adiy se convertit et prononça la profes-
sion de la foi. Le visage du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
s'illumina de joie et lui dit: «Les juifs sont ceux qui ont encouru la co-
lère de Dieu et les chrétiens sont les égarés».
Telle fut l'interprétation d'autres exégètes concernant l'adoration
des docteurs et moines en dehors de Dieu, en suivant leurs ordres re-
latifs au licite. Ces gens-là: «ont reçu l'ordre absolu de n'adorer qu'Allah
seul» en mettant ses enseignements à exécution. Gloire à Dieu, à l'ex-
clusion de ce qu'ils Lui associent, Il est loin d'avoir un associé un fils
ou un égal...
yurîdûna 'an yutfi'u nûra-L-Lâhi bi 'afwâhihim wa ya'bâ-L-Lâhu 'illa
'ay-yutimma nûrahû walaw kariha-l-kâfirûna (32) huwa-l-ladT 'arsala ra-
sûlahû bi-l-hudâ wa dîni-l-haqqi liyuzhirahû 'alâ-dîni kullihî wa law kari-
ha-l-musrikûna (33) .
Ils cherchent à ternir la lumière d'Allah avec leurs mensonges. Mais
Allah est résolu à maintenir tout l'éclat de Sa lumière, en dépit de l'hosti-
lité des infidèles (32) C'est Lui qui a envoyé Son Prophète avec ses directi-
ves pour faire triompher la véritable religion sur toutes les autres, en dépit
de l'hostilité des idolâtres (33).
Les incrédules parmi les gens du Livre et les idolâtres veulent, par
leurs bouches, éteindre la lumière de Dieu c'est à dire le message
qu'apporte Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - qui dirige les
hommes vers le chemin droit et la vérité, en créant les discussions et
les mensonges. Ils ressemblent à ceux qui veulent éteindre, en souf-
flant, les rayons solaires ou la lueur de la lune, mais ils échouent cer-
tainement parce que tout ce que Dieu veut le communiquer au monde
par l'intermédiaire de Ses Prophètes, nul ne pourra s'y opposer. Dieu
n'entend que compléter Sa lumière quelque répulsion qu'en aient les
infidèles.
«C'est Lui qui a envoyé Son Prophète avec ses directives» qui renfer-
ment la foi, la religion vraie et la science utile. La Religion vraie signifie
les bonnes œuvres qui n'apportent que le bien dans les deux mondes.
Ceci dans le but de «faire triompher la véritable religion sur toutes les au-
tres». A ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue a
dit dans un hadith authentifié: «Dieu m'a plié la terre de sorte que j'ai pu
apercevoir ses orients et ses occidents, le royaume de ma communauté se-
rait la partie pliée». (Rapporté par Mouslim) (I) .
Tamim Ad-Darimi -que Dieu l'agrée- a rapporté qu'il a entendu
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «Ce Message
apparaîtra aux hommes comme ils sont la nuit et le jour. Dieu ne lais-
sera ni une maison ni une tente sans qu'il n'y fasse entrer cette reli-
282
gion pour fortifier tout croyant et humilier tout infidèle en rendant cette
religion puissante et toute incrédulité humiliée». Et Tamim d'ajouter:
«J'ai constaté cette réalité chez moi en voyant ceux qui se sont cou-
verts jouir du bien, d'honneur et de puissance. Ceux qui sont restés in-
crédules ont subi une humiliation et dû payer le tribut».
Dans le Mousnad, 'Adiy Ben Hatem a rapporté «En entrant chez
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - il me dit: «Ô 'Adiy,
convertis-toi et tu seras sauvé» «Je lui répondis: «J'ai déjà embrassé
une autre religion», il répliqua: «Je connais ta religion mieux que toi. -
Aussi mieux que moi? m'exclamai-je. - Certes oui, dit-il, n'as-tu pas
embrassé «la Roukoussia» (c'est-à-dire ni chrétien ni sabéen) et tu
t'empares du quart de la récolte de tes concitoyens?»
- Oui, répondis-je. Il ajouta: «D'après les lois de ta religion cela ne
t'est plus licite! Je connais bien la raison qui t'empêche de te convertir
à l'Islam? Tu vas sans doute répondre que seuls les faibles et les pau-
vres parmi les hommes ont embrassé cette religion, et les Arabes s'en
sont débarrassés. Connais-tu la Hira?». - Non, répliquai-je, je ne l'ai
pas visité mais j'en ai entendu parler. Il poursuivit: «Par celui qui tient
mon âme dans Sa main, Dieu réalisera sa décision. Tu verras la
femme en palanquin voyager seule de Hira pour venir faire la circu-
mambulation autour de la Maison sans être gardée par quiconque. Tu
t'empareras des trésors de Cosroès» - Cosroès Ben Hormuz? deman-
dai-je. - Oui, continua-t-il, Cosroès Ben Hormuz, de sorte que tu verras
l'homme prendre des poignées d'argent cherchant à qui les offrir et ne
trouvera personne qui veuille les accepter».
Plus tard 'Adiy Ben Hatem a raconté: «J'ai aperçu des femmes en
palanquin venir de Hira faire les tournées processionnelles autour de la
Maison sans aucune protection, et j'ai été parmi ceux qui se sont em-
parés de trésors de Cosroès Ben Hormuz. Par celui qui tient mon âme
en Sa main, la troisième prédiction sera sûrement réalisée parce que
c'était l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui l'avait an-
noncée».
Aicha -que Dieu l'agrée- a rapporté qu'elle a entendu l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «La nuit et le jour ne pren-
drai ji„ (c.à.u le jour de la résurrection) avant que Al-Lat et Al-Ouzza ne
283
soient adorées de nouveau». Je lui dis: «O Envoyé de Dieu, après la révé-
lation de ce verset: «C'est Lui qui a envoyé Son Prophète avec ses directi-
ves» j'ai cru que Dieu à Lui la puissance et la gloire fera triompher sa
religion pour toujours?» Il répondit:" «Il sera ainsi le temps que Dieu vou-
dra, puis II enverra un bon vent qui fera périr tout homme dont le cœur
contiendra le poids d'un grain de moutarde de foi, et il n'en restera que
ceux qui seront bons à rien et reviendront à la religion de leurs ancêtres»
( Rapporté par MousUm) <1} .
yâ 'ayyuhâ-l-ladîna ^manfl 'inna katîram-mina-l-'ahbâri wa-r-ruhbâni
laya'kulûna 'amwâla-n-nâsi bi-l-bâtili wa yasuddûna 'an sabîli-L-Lâhi
wa-l-ladîna yaknizûna-d-dahaba wa-l-fiddata walâ yunfiqûnahâ fî sabîli-
L-Lâhi fabassirhum bi 'ad âbin 'alîmin (34) yawma yuhmâ 'alayhâ fî nâri
jahannama fatukwa bihâ jibâhuhum wa junûbuhum wa zuhuruhum hâdâ
mâ kanaztum li'anfusikum fadûqû ma kuntum taknizûna (35)
O croyants, un grand nombre de docteurs et de moines dépouillent
sans scrupule leurs semblables de leurs richesses et les détournent de la voie
d'Allah. Annonce un châtiment exemplaire à ceux qui thésaurisent l'or et
l'argent au lieu de les affecter à la cause d'Allah. (34) Un jour viendra où
as-*
le feu de l'enfer embrasera ces métaux qui seront appliqués, tout brûlants,
sur leurs fronts, sur leurs côtes et sur leurs reins. C'est bien le produit de
vos thésaurisations, leur dira-t-on. Eh bien! Savourez ce que vous avez thé-
saurisé (35).
As-Souddy a précisé que les docteurs sont des juifs et les moines
des chrétiens. On doit donc se méfier d'eux parce qu'ils ne montrent
que le chemin de l'égarement.
Dans un hadith authentifé, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - a dit: «Vous suivrez méticuleusement les traditions de ceux qui
vous ont précédés telles les plumes d'une flèche». On lui demanda:
«Tu veux dire les juifs et les chrétiens?» Il répondit: «Qui alors?».
L'essentiel consiste à ne plus imiter ces gens-là ni en paroles p;
en comportement, car ils «dépouillent sans scrupule leurs semblables de
leurs richesses et les détournent de la voie d'Allah» en abusant de leur
poste et leur situation par rapport aux autres, comme les docteurs juifs
qui, du temps de l'ignorance, recevaient les cadeaux et les impôts.
Après la venue de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -,
ils persistèrent dans leur égarement et leur mécroyance en s'attachant
fortement à leur poste, mais Dieu le leur a ôté par la lumière de la pro-
phétie, les a exposés à l'humiliation en encourant Sa colère.
Ces gens-là ne se sont pas contentés de manger en pure perte
les biens des autres, mais ils les ont détournés de la voie droite en dis-
simulant la vérité sous le mensonge, faisant croire aux hommes qu'ils
les appellent au bien mais en fait c'était autrement. Ils n'ont fait que
convier les autres à l'enfer et le jour de la résurrection ils ne seront
plus secourus.
«Ceux qui thésaurisent l'or et l'argent au lieu de les affecter à la cause
d'Allah» Ceux-ci constituent la troisième catégorie des «patrons» à
côté des docteurs et des moines, car les hommes sont une charge aux
savants (docteurs), aux moines et aux capitalistes. Une fois la situation
de ces «patrons» est corrompue celle des autres hommes le sera aus-
si.
D'après Ibn 'Omar, tout bien qu'on acquitte sa zakat n'est pas
considéré comme une thésaurisation et qui n'est pas en même temps
un trésor même s'il est enfoui sous terre. Mais tout bien apparent
285
qu'on s'abstient de payer la zakat à son sujet est une thésaurisation.
Cette zakat, d'après Ibn Omar, Dieu l'a imposée pour la purification
des biens, ainsi fut l'avis de 'Omar Ben Abdul Aziz et 'Irak Ben Malek,
mais ce verset fut abrogé par celui-ci: «Prélève sur leurs biens un impôt
pour les purifier» [Coran IX, 1 03].
L'imam Ahmed rapporte que Thawban a dit: «Après la révélation
de ce verset concernant l'or et l'argent, les hommes se demandèrent:
«Quel genre de biens peut-on alors thésauriser?» Omar leur répondit:
«Je vais aller demander l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue- à ce propos». Il lui dit: «O Envoyé de Dieu, quel genre de biens
peut-on thésauriser?». Il lui répliqua: «Un cœur reconnaissant, une lan-
gue qui ne cesse d'invoquer et mentionner Dieu et une femme qui aide
l'un d'entre vous pour faire son salut dans la vie future».
Ibn Abi Hatem rapporte d'après Ibn Abbas: «Lorsque ce verset fut
révélé: «Ceux qui thésaurisent l'or et l'argent» les hommes éprouvèrent
une certaine peine et se dirent: «Désormais il n'est plus permis à l'un
d'entre nous de laisser de l'argent à ses enfants» Omar s'écria alors:
«Je vais vous tirer de cet embarras». Il partit chez le Prophète - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - suivi de Thawban, et lui demanda: «O Pro-
phète de Dieu, ce verset a causé de la peine à tes compagnons».
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - lui répondit: «Dieu
n'a imposé cette zakat que pour purifier ce qu'il vous reste de vos richesses.
Quant aux biens que vous laissez après votre départ, ils sont soumis aux
lois de la succession». Omar proclama alors la grandeur de Dieu, et le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de poursuivre: «Te dirai-je
quel est le meilleur bien qu'un homme puisse thésauriser? C'est la femme
vertueuse qui, s'il la regarde, lui obéit, et s'il s'absente d'elle elle le garde»
(Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Al-Hakem) (,) .
286
Un jour viendra où ces métaux seront portés à incadescence dans
le feu de la Géhenne pour cautériser leurs fronts, côtes et reins, et on
leur dira: «C'est bien là le produit de vos thésaurisations, leur dira-t-on. Eb
bien! Savourez ce que vous avez thésaurisé». De tels propos ne sont que
réprimande, blâme et raillerie, c'est comme on leur dira: ceci est contre
cela. Et c'est pourquoi qu'on a dit: Quiconque aime une chose et la
préfère à l'obéissance de Dieu, il en sera châtié. En d'autres termes,
ces métaux précieux qu'ils ont préférés à la satisfaction de Dieu, se-
ront l'outil de leur châtiment dans l'au-delà, ils seront surchauffés sur le
feu de la Géhenne pour être appliqués sur leurs fronts, sur leurs flancs
et sur leurs dos.
A cet égard, Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Par celui qu'il n'y a
d'autre divinité que Lui, tout homme qui aura thésaurisé l'or et l'argent
ne sera pas cautérisé par les dirhams et les dinars tous à la fois et
dans le même endroit mais sa peau sera élargie de sorte que chaque
pièce monétaire sera placée à côté d'une autre.
Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - a dit: «Il n'y a pas un homme qui thésaurise de l'or ou de
l'argent que ces deux métaux ne soient transformés au jour de la
résurrection en plaques en feu pour être appliquées sur son flanc, son
front et son dos. Cela durera en un jour dont la durée est de cinquante
mille ans, jusqu'à ce que les comptes des hommes seraient réglés. Puis ou
montrera à cet homme son sort: au Paradis ou à l'Enfer» (Rapporté par
Mousttm) a> .
.ijUI
287
'inna 'iddata-S-Suhûri 'inda-L-Lâhi tnâ'asara sahran fî kitâbi-L-Lâhi yaw-
ma halaqa-s-samâwâti wa-l-'arda minha 'arba'atun hurumun dâlika-d-
dînu-l-qayyimu falâ tazlimû fîhinna 'anfusakum wa qâtilu-l-musrikîna
ka ffatan kamâ yuqâtilunakum ka ffatan wa'lamu 'anna-L-Lâha ma'a-1 1
muttaqîna (36).
Allah a divisé l'année en douze mois, ainsi que c'est écrit dans son li-
vre depuis le jour où II a créé les cieux et la terre. Quatre de ces mois sont
sacrés. Voilà la vérité. Evitez toute faute pendant ces mois. Combattez les
idolâtres sans merci, comme ils vous combattent sans merci. Sachez qu'Al-
lah est avec ceux qui Le craignent (36).
Abou Bakra rapporte que pendant le pèlerinage de l'adieu l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit dans un long dis-
cours: «Le temps a accompli un cycle complet (et notre situation) sera
qu'au jour où Dieu créa les cieux et la terre. L'année comporte douze mois
dont quatre sont sacrés trois se succèdent qui sont: Zoul-Qa'da, Zoul-Hijja
et Mouharram, puis viendra Rajab de Moudar qui se situe entre Jamada et
Cha'ban» (Rapporté par Ahmed et Boukhari) (1) .
Ces dires de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - af-
firment que, depuis la création des cieux et de la terre, rien ne fut
changé ni modifié ni avancé ni retardé et le monde restera ainsi jus-
qu'à la fin des temps. Ceci fut une réponse aux Arabes qui faisaient le
pèlerinage en d'autres mois qui lui sont consacrés.
Quant aux quatre mois sacrés cités dans le verset, les Arabes les
considéraient ainsi du temps de l'ignorance. Trois d'entre eux se suc-
MmII ji oLJlj^ ifj=- i-jjï 1+^ ïj*i jij* Wi îiJfl ^ji^j ol_ r _JI &\
288
cèdent qui seront: Zoul-Ka'da, Zoui-Hijja et Mouharram, le quatrième
qui est Rajab, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a
confirmé les dires de la tribu Moudar qu'il se situe entre les deux mois
Joumada et Cha'ban précisémènt pour réfuter les présomptions de la
tribu Rabi'a que ce Rajab est situé entre Cha'ban et Chawal qui n'est
autre que Ramadan.
Les mois sacrés étaient donc au nombre de quatre: trois qui se
succèdent et un isolé, et ceci dans le but de fixer aux hommes les mo-
ments du pèlerinage et de la visiste pieuse: «Zoul Qa'da, le mois qui
précède celui du grand pèlerinage, était déclaré sacré parce que les
hommes n'y combattaient pas. Zoul Hijja est le mois du pèlerinage où
les gens s'occupaient des formalités pour accomplir les rites du pèleri-
nage. Moharram était aussi sacré afin de permettre aux pèlerins de re-
gagner leurs pays. Quant à Rajab qui se situe au milieu de l'année
lunaire était consacré à la visite de la Maison pour faire la 'Omra et
donner à ceux qui arrivaient des régions lointaines de la presqu'ile ara-
bique le temps de faire cette visite en pleine sécurité.
«Voilà la vérité» ou suivant une autre interprétation: voilà la religion
immuable ou droite, qui renferme les enseignements à suivre dans le
but d'otempérer aux ordres divins en respectant ces quatre mois décla-
rés sacrés comme ils l'ont étaient dans le passé.
Pendant ces mois: «Evitez toute faute» et ne vous faites pas tort à
vous-mêmes, plutôt observez le chemin de la vérité car une faute
commise dans ce mois est considérée très grave surtout qu'elle est
perpétrée dans une enceinte sacrée. Dieu a dit à cet égard: «A qui-
conque veut la profaner par perversité, nous ferons goûter un châtiment
douloureux» [Coran XXII, 25]. D'après les différentes opinions des ulé-
mas la peine sera doublée à quiconque commet un péché dans dans
ces quatre mois et ce pays sacrés.
Qatada a dit: «Toute injustice commise pendant les mois sacrés
est plus grave que celle commise dans les autres, bien que toute injus-
tice constitue un grand péché. Dieu a choisi de préférence certains
ôtroe oeirmi Sec créatures: dec Messagers parmi les anges et les hu-
mains, les formules de Sa glorification parmi les paroles, les mosquées
sur la terre, les mois sacrés et Ramadan parmi les mois de l'année, le
289
vendredi parmi les jours de la semaine et la nuit du destin parmi les
autres nuits. Respectez donc tout ce que Dieu a déclaré sacré, que
ceux qui sont doués de raison et perspicacité observent ces enseigne-
ments.
Quant à Mouhammad Ben Ishaq et Ibn Jarir ils ont commenté les
dires divins: «Voilà la vérité» et dit: «Ne rendez pas le licite illicite et l'il-
licite licite àia façon des idolâtres».
Enfin Dieu ordonne aux fidèles sans exception «Combattez les ido-
lâtres» totalement comme ils vous «combattent sans merci» et totale-
ment, et sachez «qu'Allah est avec ceux qui le craignent».
L'interdiction de déclarer la guerre et de combattre pendant le
mois sacré est-elle abrogée ou catégorique? Deux opinions ont été
données à ce propos:
La Première:, qui est la plus logique, affirme que Cette interdiction
est abrogée en tirant argument de la suite du verset où Dieu a dit:
«Evitez toute faute pendant ces mois» et a ordonné de combattre les ido-
lâtres et ceci constitue un ordre général. Car si ce combat était interdit
pendant les mois sacrés, Il l'aurait limité à l'écoulement de ces mois.
En d'autre part, et pour confirmer cela, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - avait assiégé Taëf au mois de Zoul-Qa'da.
Comme il est cité aussi dans les deux Sahihs il sortit au mois de Cha-
wal pour combattre la tribu Hawazen, après la défaite de cette dernière
et l'acquisition du butin, un grand nombre d'eux chercha refuge à Taëf.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - les puirsuivit et as-
siégea cette ville pendant quarante jours sans pouvoir la conquérir. Cet
événement montre que cela eut lieu dans un mois sacré.
La deuxième: Commencer la guerre pendant le mois est un acte in-
terdit tout comme le caractère sacré de ces mois n'a pas été ôté, et
Dieu ordonne aux hommes: «Croyants, ne profanez pas ce qu'Allah a
rendu Sacré, Je mois saint....» [Coran V, 2] et dit aussi: «S'ils respectent
votre mois sacré, respectez le leur. Et pour tout ce qui est sacré, appliquez
le talion» [Coran II, 194], ainsi que cette confirmation: «A l'expiration
Quant aux dires de Dieu: «Combattez les idolâtres sans merci comme
290
ils vous combattent sans merci» il est très probable qu'ils soient pour inci-
ter les fidèles à combattre les polythéistes comme ils les combattent
totalement, comme il se peut aussi qu'ils soient une autorisation au
combat même dans le mois sacré si les idolâtres commencent l'hosti-
lité, en tirant argument de ce verset: «Ne les combattez pas dans l'ora-
toire sacré à moins qu'ils ne vous y attaquent. S'ils vous y attaquent, tuez-
les» [Coran II, 191]. Ainsi s'explique l'agir de l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - quand il a assiégé Taëf jusqu'à l'avènement
du mois sacré, car ce siège faisait partie de la lutte contre la tribu Ha-
wazen qui a commencé la guerre en appelant les hommes au combat
contre les musulmans. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - ne leur a pas laissé le temps de l'attaquer dans sa propre ville,
mais il a amené les fidèles à les combattre à l'intérieur de leur terri-
toire. Les Hawazenites durent alors chercher refuge dans les forteres-
ses qui furent attaquées par les mangonneaux, et l'état de siège dura
quarante jours environ qui eut lieu au début du mois sacré. Après
l'écoulement de quelques jours de ce mois sacré, l'état de siège fut
levé et les fidèles retournèrent à Médine à savoir que, selon le principe
connu, on pardonne la continuité de l'hostilité quand on est forcé, mais
on ne pardonne pas de la déclencher le premier.
'innamâ-n-nasT'u ziyâdatun fî-l-kufri yudallu bihi-l-ladîna kafarû
yuhillunahû 'âman wa yuharrimûnahû 'âma-l-liyuwâti'û 'iddata mâ
harrama-L-Lâhu fayuhilhi mâ harrama-L-Lâhu zuyyina lahum sû'u
'a'mâlihim wa-L-Lâhu là yahdî-l-qawma-l-kâfirîna (37).
Reporter la trêve des mois sacrés sur d'autres mois est un excès d'infî-
.ï ; t .'- q u ï porte à son v.i i«iVA*_- végsreiiKiit Aes infidèles, uae année, les mois
sacrés sont respectés et, une autre année, c'est à observer seulement le nom-
bre même fixé par Allah. Et ainsi ils rendent licite ce qui est illicite. Cette
291
détestable pratique leur paraissait normale. Allah se désintéresse des incré-
dules (37).
Dieu, dans ce verset déteste la conduite des idolâtres et montre
leurs jugements erronés en rendant licite ce qu'il a interdit et déclarant
illicite ce qui Dieu a rendu licite. Ils étaient si fanatiques et si robustes
qu'ils trouvaient trop longs ces trois mois sacrés qui les empêchaient
de combattre les ennemis. Pour cela, ils avaient introduit une innova-
tion, avant l'ère islamique, en retardant le mois sacré Mouharram à Sa-
far en profanant ainsi le mois sacré et rendant sacré un autre mois
rien que pour se mettre d'accord sur le nombre de mois que Dieu a dé-
clarés sacrés.
Ibn Abbas rapporte: «Jinada Al-Kinani, surnommé Abou Thouma-
ma, assistait chaque année à la saison du pèlerinage et disait aux
gens: «Or Abou Thoumama est un homme qu'on ne lui reproche rien
et on ne s'oppose pas à sa décision. Cette année le mois Safar est
non sacré...», et les gens le considèrent ainsi, puis l'année suivante il
le déclara sacré. Voilà le sens des dires divins: «Reporter la trêve des
mois sacrés sur d'autres mois est un excès d'infidélité» Ce fut dans le but
de resepecter «le nombre» des mois sacrés sans les respecter en eux-
mêmes. Ils faisaient donc une intercalation des mois pour transgresser
la loi divine et ne plus respecter la trêve imposée par Dieu. Tantôt ils
avançaient Mouharram qui est l'un des trois mois consécutifs, et tantôt
ils le retardaient à Safar.
Mouhammad Ben Ishaq, quant à lui, a précisé que le premier qui
a intercalé les mois sacrés fut «Al-Qoulmos» puis son fils Abbad et
ainsi de suite, et le dernier fut Jinada. Les arabes, après l'accomplisse-
ment des rites du pèlerinage entouraient Jinada et l'écoutaient faire
son discours. Une fois il rendait sacrés Zoul-Qa'da, Zoul-Hijj et Mou-
harram, et une autre fois il substituait Mouharram par Safar, afin d'em-
boîter le pas au nombre des mois que Dieu a fait sacrés.,
292
yâ 'ayyuhâ-l-ladîna 'amanû mâlakum 'idâ qîla lakumu-n-nfurû fi sabîli-
L-Lâhi-t-tâqaltum 'ila-l-'ardi 'aradîtum bi-l-hayâti-d-dunyâ mina-1-
"â'hirati famâ matâ'u-l-hayâti-d-dunyâ fî-l-'a hirati 'illâ qalîlun (38) 'illâ
tanfirû yu 'addibkum 'adâban 'alîman wa yastabdil qawman gayrakum-
walâ tadurrûhu say'an wa-L-Lâhu 'alâ kulli say'in qadîrun (39).
O croyants, lorsqu'on vous appelle à combattre pour la cause d'Allah,
prouquoi restez-vous cloués au sol? Préférez-vous la vie de ce monde à la
vie future? Les plaisirs d'ici-bas sont pourtant peu de chose en comparaison
de la vie future!(38) Si vous refusez de combattre, Allah vous infligera un
châtiment exemplaire et choisira, pour le servir, un autre peuple. Votre re-
fus ne saurait lui nuire. Car II est tout-Puissant(39).
C'est le début du reproche adressé à ceux qui ont fait défection
lors de l'expédition de Tabouk sans y participer avec l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue -. Ce fut dans un temps où la chaleur
était torride, les fruits mûris et l'ombre tant désirée. Dieu leur dit: «O
croyants, lorsqu'on vous appelle à combattre pour la cause d'Allah, pour-
quoi restez-vous cloués du sol?» sans vous élancer dans le sentier de
Dieu. «Préférez-vous la vie de ce monde à la vie future?» Contentez-vous
de jouir de la vie présente en vous en délectant sans penser au
combat? Qu'est-ce donc la jouissance éphémère de la vie de ce bas
monde comparée à celle de l'au-delà? Comme l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à cet égard: «(La durée et le bon-
heur) de ce bas monde, par rapport (à la durée et au bonheur) de la vie de
l'au-delà, sont comparables à ce que l'un d'entre vous pourrait apporter son
doigt quand il le plonge dans le mer. Qu'on considère donc ce qu'il en re-
tire». Puis il montra son index. (Rapporté par Ahmed et Mouslim) (,) .
Abdul Aziz Ben Abi Hazem a rapporté que son père a dit: «Quand
293
la mort se présenta à Abdul Aziz Ben Marwan, il dit aux siens: «Ap-
portez-moi le linceul dans lequel je serai enseveli pour que je le re-
garde». En le lui donnant, il s'écria: «Ma part du bas monde ne sera
jque cette pièce de tissu!! puis "il tourna le dos en pluerant et disant:
«Fi! quelle vie mondaine! Tout ce que contient le bas monde est peu
de chose et ce peu de chose n'est qu'éphémère, quant à nous, nous
nous en sommes leurrés».
Puis Dieu menace ceux qui s'abstiennent de lutter pour Sa cause
et dit: «Si vous refusez de combattre, Allah vous infligera un châtiment
exemplaire» Ibn Abbas raconte: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - appela les hommes d'une tribu Arabe pour participer
à un combat mais ils se furent appesantés vers la terre, et Dieu pour
les punir ne leur envoya plus de la pluie. Dieu choisit: «Pour le servir un
autre peuple» pour secourir Son Prophète et établir Sa religion, comme
Il a dit: «Si vous hésitez, Il appellera un autre peuple que vous et qui ne
vous ressemblera pas» [Coran XLVII, 38]. Les hommes, par leur absten-
tion du combat ne pourraient nullement nuire à Dieu qui est tout-puis-
sant pour vaincre seul Ses ennemis.
'illâ tansurûhu faqad nasarahu-L-Lâhu 'id 'ahrajahu-l-ladîna kafarû t
ânî-tnayni 'id humâ fî-l-gâri 'id yaqûlu lisâhibihî la tahzan 'inna-L-Lâha
ma'anâ fa'anzala-L-Lâhu sakînatahû 'alayhi wa 'ayyadahû bijunûdi-l-lam
tarawhâ wa ja'ala kalimata-l-ladîna kafarû-s-suflâ wa kalimata-L-Lâhi
hiya-l-'ulyâ wa-L-Lâhu 'Azîzun Hakîmun (40) .
Si vous ne soutenez pas votre Prophète, Allah le soutiendra comme à
l'époque où les infidèles l'ont chassé de chez lui. Il partit, suivi d'un seul
compagnon. A un moment, se trouvant dans une caverne avec lui, il lui dit:
«rv*e . ...... rien, Allah est uvec ■"><>-■ \H..li lu. (tonna .,1, , , -, 53.^ protection.
294
II envoya à son secours des troupes invisibles. Tandis que la parole des infi-
dèles baissait, celle d'Allah montait. Allah est puissant et sage» (40).
Ce verset se rapporte à l'événement de l'émigration qu'a ac-
complie le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de la Mecque à
Médine lorsque les idolâtres voulurent le tuer. Il les fuit en quittant la
ville accompagné de son ami Abou Bakr pour se réfugier dans la
grotte «Thawr» pendant trois jours. Après cette période ceux qui les re-
cherchaient rebroussèrent chemin. A l'intérieur de la grotte, s'aperce-
vant de la présence des polythéistes et de leur danger, Abou Bakr
éprouva une grande peur, mais l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - le rassura.
L'imam Ahmed rapporte qu'Abou Bakr a raconté à Anas: «Nous
trouvant au fond de la grotte je dis au Prophète - qu'Allah le bénisse et
le salue -: «Si l'un d'eux regarde là où il met ses pieds, il pourra nous
apercevoir». Il me répondit: «O Abou Bakr! Que penses-tu (qu'il advient)
à deux hommes dont Dieu est leur troisième (compagnon) (Rapporté aussi
par Boukhari et MousUm) (,) .
C'est pourquoi Dieu a dit: «Allah lui donna alors Sa protection» c'est
à dire sa tranquillité «n envoya à son secours de troupes invisibles» il
s'agit des anges. «Tandis que la parole des infidèles baissait, celle d'Allah
montait» La parole des incrédules, d'après Ibn Abbas, signifie le poly-
théisme, et celle de Dieu «Il n'y a d'autre divinité que Dieu». Il est cité
dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le
salue - a dit: «Celui qui combat pour que la parole de Dieu soit la plus éle-
vée, est celui qui combat dans la voie de Dieu» ( Rapporté par Boukhari et
MousUm) 0> .
Dieu affirme ensuite qu'il est puissant dans sa vengeance et Sa
victoire, secourt quiconque se réfugie auprès de Lui, et II est en même
temps sage dans ses actes et paroles.
295
n-nfirû hifâfan wa tiqâlan wa jâhidû bi 'amwâlikum wa 'anfusikum fî sa-
bîli-L-Lâhi dâlikum hayru-l-lakum 'in kuntum ta'lamûna (41).
Lourds ou légers, courez au combat et mettez vos biens et vos person-
nes au service d'Allah. C'est là votre intérêt, si vous le comprenez. (41).
Ce verset constitue un ordre adressé aux fidèles de s'élancer au
combat avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - contre
les incrédules parmi les gens du Livre. Les fidèles devaient participer à
ce combat qui eut lieu à Tabouk sans tenir compte de leur état et de
leur situation: aisés ou pauvres, forts ou faibles. Il leur dit: «Lourds ou
légers, courez au combat» cela signifie d'après les dires des ulémas:
Que vous soyez jeunes ou vieux.
On a rapporté: «Après avoir lu ce verset: «Lourds ou légers, courez
au combat et mettez vos biens et vos personnes au service d'Allah» Abou
Talha s'écria: «Mes enfants, équipez-moi pour le combat». Ils lui ré-
pondirent: «Que Dieu te faisse miséricorde, tu as combattu avec l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - jusqu'au dernier jour de
sa vie, ainsi avec Abou Bakr et Omar. Nous allons combattre à ta
place». Abou Talha refusa et prit le large dans une expédition et trouva
la mort. Ses compagnons ne trouvèrent une île pour l'y enterrer
qu'après neuf jours. Et durant cette période le cadavre ne fut plus dé-
composé.
D'après les dires des exégètes ce verset signifie: Elancez-vous,
que vous voyez riches ou pauvres, vieux ou jeunes, occupés ou non,
forts ou faibles... As-Souddy raconte qu'un homme corpulent et gras -
qui était Al-Miqdad selon les dires de certains- vint trouver l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - pour l'exempter de cette obliga-
tion mais il refusa. Ce verset fut révélé à cette occasion. Comme les
hommes incapables en éprouvèrent un certain désarroi et une peine, il
fut abrogé ou modifié par celui-ci: «Les faibles, les malades, ceux qui
manquent des moyens pour s'équiper sont soustraits à l'obligation de
296
combattre, à condition qu'ils se montrent dévoués à la cause d'Allah et de
Son Prophète» [Coran IX, 91].
Dans le même sens Ibn Jarir rapporte que Zaïd Ach-Cha'abi a ra-
conté: «Prenant part à un des combats sous le commandement de
Safwan Ben Amr qui était gouverneur à Homs, je vis un vieillard dont
ses sourcils convraient les yeux arrivant de Damas sur une monture
voulant combattre avec nous. Je lui dis: «O oncle, Dieu t'a exempté du
combat». Il me regarda et dit: «O fils de mon frère, Dieu nous a or-
donné de s'élancer au combat lourds on légers: Or celui qui Dieu
aime, Il l'éprouve, le rend sain et sauf et le laisse en vie. Dieu
n'éprouve parmi Ses créatures que ceux qui sont reconnaissants, pa-
tients, dont leurs langues ne cessent de mentionner Dieu, et qui n'ado-
rent que Lui à Lui la puissance et la gloire».
Puis Dieu exhorte les hommes à dépenser pour Sa cause et à lut-
ter avec leurs personnes mêmes en recherchant Sa satisfaction et
celle de Son Messager. Il dit: «Mettez vos biens et vos personnes au ser-
vice d'Allah. C'est là votre intérêt, si vous le comprenez» En d'autres ter-
mes, si vous dépensez quoi que ce soit de vos biens dans ce bas
monde, le peu que vous dépensez vous sera rendu multiplié en acqué-
rant du butin après le combat, et dans l'au-delà une récompense ma-
gnifique et une haute considération vous seront réservées.
A cet égard le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
«Dieu s'est porté garant du sort de celui qui combat pour Sa cause qu'il
l'entrera au Paradis s'il meurt, ou de le rendre à sa demeure avec ce qu'il
aura obtenu comme butin et récompense céleste». (Rapporté par Boukhari
et Moustim/ v .
Tel est le sens des dires de Dieu: «Il vous est prescrit de combattre
et c'est une obligation qui vous pèse. C'est ainsi qu'il vous arrive de détes-
ter ce qui vous convient» [Coran II, 216]. Et dans le même sens Anas
rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit à
297
un homme: Convertis-toi à l'Islam». Il lui répondit: «Ceci me pèse» -
Même si cela te pèse, répliqua-t-il, convertis-toi».
tilit ^ Zjctf ll^ls v& jf
law kâna 'aradan qarîban wa safaran qâsida-l-lattaba'ûka walâkim-
ba'udat 'alayhimu-s-5uqqatu wa sayhlifûna bi-L-Lâhi law-istatâ'nâ
laharajnâ ma'akum yuhlikûna 'anfusahum wa-L-Lâhu ya'lamu 'innahum
lakâdîbûna (42).
S'il s'était agi d'un profit facile et d'une expédition sans risque, ils te
suivraient. Mais l'itinéraire leur paraît trop long. Ainsi ne manquent-Os pas
de jurer: «Ah! si nous le pouvions, nous sortirons arec vous». Ils se déconsi-
dèrent eux-mêmes. Allah n'est pas dupe de leurs mensonges (42).
Dieu réprimande ceux qui ont obtenu l'autorisation du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - de rester chez eux sans prendre part à
l'expédition de Tabouk, en lui présentant différentes excuses non fon-
dées. S'il s'était agi d'une affaire à la portée des hommes, facile et
n'exige aucun effort, ou bien d'un court voyage, ils auraient suivi le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, mais la distance est trop
longue pour arriver au pays de Châm. Ils se sont mis à jurer: Ah, si
nous le pouvions, nous sortirons avec vous» en présentant différents pré-
textes. Mais Dieu les dénonce car II «n'est pas dupe de leurs mensonges».
'afa-L-Lâhu 'anka lima 'adinta lahum hatta yatabayyana laka a-l-ladîna
298
sadaqû wa ta'Iama-l-kâdibîna (43) lâ yasta'dinuka-l-ladîna lâ yu'minûna
bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-I-'ahiri 'ay-yujâhidû bi 'amwâlihim wa 'anfusihim
wa-L-Lâhu ' Alîmun bi-I-muttaqîna (44) 'innamâ yasta'd inuka-l-lad îna
yu'minûna bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-'ïhiri wa-r-tâbat qulûbuhum fahum fi
raybihim yataraddadûna (45).
Allah te pardonne. Mais pourquoi leur as-tu permis de rester? Tu au-
rais dû auparavant distinguer entre ceux dont les excuses étaient sincères et
ceux qui mentaient. (43). Certes, ceux qui croient en Allah et au jour der-
nier ne te demanderont jamais l'autorisation de ne pas se mettre, eux et
leurs biens, au service d'Allah! Allah connaît les véritables croyants (44)
Ceux qui te demandent une pareille autorisation, ce sont ceux qui ne
croient ni en Allah ni an jour dernier et dont les cœurs sont emplis de
doute. Leur doute les rend irrésolus (45).
Aoun a commenté le premier verset et dit: «Avez-vous jamais en-
tendu un reppche meilleur que celui-ci? Il lui promet le pardon avant
le reproche! «Allah te pardonne. Mais pourquoi leur as-tu permis de res-
ter?» A ce propos Ibn Jarir rapporte: «Deux choses l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - avait acceptées sans qu'il soit ordonné
de le faire: l'autorisation donnée aux hypocrites de rester, et le rachat
des captifs».
Mais plus tard, Dieu a octroyé le droit à Son Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue -, d'après Qatada, d'accorder l'autorisation de rester
à qu'il voudra en lui disant: «S'ils te demandent une autorisation pour une
affaire personnelle, accorde-là à qui tu voudras» [Coran XXIV, 62].
Moujahed, quant à lui, a dit que ce verset fut révélé au sujet des
gens auquels on a dit: Allez demander l'autorisation de l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, s'il vous l'accorde, restez, et s'il
ne vous l'accorde pas, restez quand même. C'est pourquoi Dieu dit à
la suite: «Tu aurais dû auparavant distinguer entre ceux dont les excuses
étaient sincères et ceux qui mentaient».
Dieu voulut dire à Son Prophète: «Pourquoi tu les as dipensés du
combat en leur donnant l'autorisation de rester, il fallait examiner leur
cas afin que ceux qui sont sincères se manifestent à toi et les men-
teurs. Les Hypocrites pensaient toujours à s'abstenir du combat cal".
«Ceux qui croient en Allah et au jour dernier ne te demanderont jamais
299
l'autorisations» Par contre, ceux qui croient en Dieu, en Son Prophète
et au jour dernier combattent avec leurs biens et leurs personnes
parce qu'ils savent bien le mérite du combat et qu'il est un moyen de
rapprochement du Seigneur.
Ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier n'espèrent et
ne recherchent pas la récompense divine dans les deux mondes, ils
restent à balancer dans leur doute et leur foi n'est pas ferme quant à
ton message. Ils hésitent en avançant un pied et retardant un autre
sans prendre aucune résolution.
wa law 'arâdû-l-hurûja la'a'adû lahû 'uddatan walâkin kariha-L-Lâhu-
mbi'âtahum fatabbatahum wa qîla-q'udû ma'a-1- qâ'idîna (46) law
harajû fîkum mâ zâdûkum 'illâ habâlan wa la 'awda'û hilâlakum
yabgûnakumu-l-fitnata wa fîkum sammâ'ûna lahum wa-L-Lâhu 'Alîmun
bi-z-zâlimîna (47).
S'ils avaient vraiment désiré combattre, ils auraient fait leurs prépara-
tifs. Mais Allah les en jugea indignes et les en empêcha. II leur dit: «Restez
avec ceux qui restent» (46). S'ils étaient sortis avec vous, ils auraient jeté la
confusion dans vos rangs. Ils se seraient faufilés parmi vous pour y jeter la
discorde et pour vous espionner. Allah connaît les séditieux (47).
Si ces tergiversés avaient vraiment voulu partir au combat, ils s'y
seraient préparés. Mais Dieu a répugné à leur départ en leur disant:
«Restez avec ceux qui restent». Puis II montre la raison de sa répu-
gnance: «S'ils étaient sortis avec vous, ils auraient jeté la confusion dans
vos rangs» parce qu'ils sont lâches et indignes, et en plus: «Ils se se-
raient faufilés parmi vous pour y jeter la discorde» en colportant la calom-
nie et la médisance afin de produire un trouble «et pour vous espionner»
' ■ L " 1 ' y ï_>^»r mi vous chux c^uit les» écoutent et agréent leur paroles
et conseils en ignorant leur vraie attitude.
300
Mouhammad Ben Ishaq a dit: «On m'a rpporté que parmi ceux qui
avaient eu l'autorisation de rester, il y avait Abdullah Ben Oubay Ben
Saloul et Al-Jad Ben Qais qui étaient les chefs de leurs tribus. Dieu les
empêcha de partir avec les fidèles pour ne plus semer la défiance par-
mi eux, à savoir que d'entre les guerriers, il y avait ceux qui les res-
pectaient et leur obéissaient.
Dieu, connaissant bien les prévaricateurs, met Son Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - au courant de leur attitude s'ils au-
raient pris part à l'expédition comme II l'affirme dans ce verset: «Si
nous leur avions commandé de mourir pour notre cause ou de s'expatrier,
bien peu d'entre eux l'auraient accepté. Et pourtant s'ils avaient suivi nos
prescriptions, c'eut été préférable pour eux. Leur foi en eût été raffermie»
[Coran IV, 66].
laqad-i-btagawu-l-fitnata min qablu wa qallabû laka-l-'umûra hattâ
ja Vl-haqqu wa zahara 'amru-L-Lâhi wa hum kârihûna (48).
Ce n'est pas la première fois qu'ils cherchent à semer la discorde dans
vos rangs. Ils ont contrarié les projets jusqu'au jour où la vérité s'est mani-
festée et où la cause d'Allah a triomphé en dépit d'eux (48).
Dieu excite Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - contre
les hypocrites en l'informant qu'ils voulaient auparavant semé le désor-
dre, suscité la révolte, tramé les machinations contre toi et tes compa-
gnons, faire avorter ta religion afin que les hommes l'oublient pour une
longue durée.
En effet, lors de l'arrivée du Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - à Médine en faisant l'émigration, les arabes s'unirent pour le
battre, les juifs et les hypocrites de cette ville lui déclarèrent leur hosti-
lié. Après son triomphe à Badr accordé par Dieu afin que Sa parole
soit la plus étevée, Abduiiati Ben oubay et ses compagnons dirent".
«C'est une affaire qu'on ne peut plus affronter». Ils se convertirent en
301
apparence, et chaque fois que les musulmans réalisaient une victoire,
cela ne faisait qu'accroître leur haine et leur rancune «jusqu'au jour où
la vérité s'est manifestée et où la cause d'Allah a triomphé en dépit d'eux».
wa minhum may-yaqûlu-'d a-l-lî walâ taftinnT 'alâ fî-l-fïtnati saqatû wa
'inna jahannama lamuhitatum-bi-l-kâfirîna (49).
Il y en a parmi eux qui disent: «Exempte-nous de la guerre. Epargne-
nous cette calamité». Mais cette calamité ne sont-ils pas en train de la su-
bir? Les infidèles seront cernés par les flammes de l'enfer (49).
Dieu s'adresse à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue-:
«O Mouhammad, parmi ces hypocrites il y en a ceux qui te disent:
«Dispense-nous du combat et ne nous mets pas en tentation. Per-
mets-nous de rester car, une fois sortis avec toi, nous serons tentés
par les femmes des Romains. Mais Dieu l'affrime qu'ils sont dans la
tentation.
On a rapporté: «Un jour, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - ayant fait ses préparatifs pour la guerre, dit à Al-Jad Ben
Qaïs: «Ô Jad, es-tu prêt à battre Bani Asfar (les Byzantins)?» Il lui ré-
pondit: «O Envoyé de Dieu! Dispense-moi et ne mets pas en tentation.
Par Dieu, mes concitoyens ne connaissent pas un homme qui a un
faible pour les femmes plus que moi. J'ai peur qu'en voyant les fem-
mes Byzantines de tomber amoureux et avide d'elles» L'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se détourna de lui en disant:
«Je te permets de rester». C'est à cette occasion que ce verset fut
descendu d'après les dires de Moujahed et Ibn Abbas.
La redoute d'AI-Jad d'être attiré et tenté par les femmes Byzanti-
nes, en voilà la tentation dans laquelle il est tombé; car faire défection
à l'Envoyé de Dieu et ne chercher que son propre intérêt, cela consti-
tue une tentation plus grave. La Géhenne, dans la vie future, envelop-
pera les incrédules.
302
'in tusibka hasanatun tasu'hum wa 'in tusibka musîbatuy-yaqûlû qad
'ahadnîf 'amranâ min qablu wa yatawallaw wa hum farihûna (50) qul-
lan yusïbana 'illâ mâ kataba-L-Lâhu lanâ huwa mawlânâ wa 'alâ-L-Lâhi
falyatawakkali-l-mu'minûna (51).
Si la fortune te sourit, ils éprouvent un dépit. Si tu subis un revers, ils
s'écrient: «Nous avons été bien inspirés de ne pas le suivre». Et, tournant le
dos, ils se réjouissent (50) Dis: «Il ne nous arrivera que ce qu'Allah voudra.
Il est notre maître. C'est en Lui que les croyants mettent leur
confiance. (51,).
Ces hypocrites-là sont toujours hostiles aux musulmans, surtout
quand un bonheur quelconque arrive à ces derniers: soit une
conquête, une victoire ou tout autre bien et faveur divins, et ils s'en af-
fligent. Mais «si tu subis un revers, ils s'écrient: «Nous avons été bien inspi-
rés de ne pas le suivre» Ils croient qu'ils ont pris d'avance leur
précaution, et ils se détournent remplis de joie.
Dieu montre à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - par
quoi il devait répondre à leurs suppositions: «Dis: «Il ne vous arrivera
que ce qu'Allah voudra» Car nous sommes soumis à Sa volonté «Il est
notre Maître» auprès de Lui nous trouvons notre refuge et II est notre
secoureur. «C'est en Lui que les croyants mettent leur confiance» et II
nous suffit comme protecteur.
303
qui hal tarabbasûna binï 'illa 'ihdâ-l-husnayayni wa nahnu natarabbasu
bikum 'ay-yusîbakumu-L-Lâhu bi 'adâbim-min 'indihî 'aw bi 'aydînâ
fatarabbasu 'innâ ma'akum mutarabbisûna (52) qui 'anfiqû taw'an 'aw
karha-l-lan yutaqabbala minkum 'innakum kuntum qawman fâsiqîna (53)
wamâ mana'ahum 'an-tuqbala minhum nafaqâtuhum 'illaâ" 'annahum
kafarû bi-L-Lâhi wa bi rasûlihî walâ ya'tûna-s-salâta 'illâ wa hum kusâlâ
walâ yunfiqûna 'illâ wa hum kârihûna (54).
Dis: En ce qui nous touche, vous ne pouvez vous attendre qu'à deux
éventualités, toutes deux aussi bonnes l'une que l'autre, la victoire ou le
martyre? Tandis que, nous, nous nous attendons à ce qu'Allah vous châtie
lui-même ou par notre intermédiaire. Attendons donc tous deux de notre
côté! (52) Dis: que vous mettiez vos biens au service d'Allah de bon gré ou
de mauvais gré, ils ne seront pas acceptés, car vous êtes des mécréants (53)
Ce qui empêche que leurs biens ne soient acceptés, c'est qu'ils ne croient
pas en Allah et en Son Prophète, c'est qu'ils ne prient que du bout des lè-
vres et n'offrent leurs biens qu'à contre-cœur (54).
Dieu ordonne à Mouhammad de leur dire aussi: «Qu'attendez-
vous pour nous, sinon l'une de ces deux choses: la victoire ou le mar-
tyre, et chacun d'elles est un bien pour nous dans les deux mondes.
Quant à nous, nous attendons pour vous que Dieu vous frappe d'un
châtiment venu de Lui, ou par notre intermédiaire soit en vous tuant
soit en vous prenant comme captifs.
Que vous dépensiez vos richesses pour la cause de Dieu de bon
gré ou de mauvais gré, jamais ce ne sera reçu, parce que vous êtes
des gens pervers. Leur perversité se manifeste par les faits suivants:
ils ne croient ni en Dieu ni en Son Prophète, car la foi est à la base de
toute œuvre, ils ne se rendent à la prière que paresseux sans aucune
ferveur; ils ne dépensent quoi que ce soit qu'à contre-cœur.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à ce pro-
r,^*.- „ d; l&ss& Afl vaus réirihuev tant pua vous on lassÏ67 de lui de-
mander» et: «Dieu est bon et n'accepte que le bon». Donc comment
304
accepterait-Il les œuvres et les dépenses de ceux-là? Sûrement II ne
les accepte que de ceux qui Le craignent.
falâ tu'jibka 'amwâluhum walâ" 'awlâduhum 'innamâ yurîdu-L-Lâhu
liyu'addibahum bihâ fî-l-hayâti-d-dunyâ wa tazhaqa 'anfusuhum wa
hum kâfirûna (55).
Ne te laisse pas séduire par leurs richesses et par leurs enfants. Ces ri-
chesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir
au cours de cette vie périssable. Finalement, ils rendent l'âme, qu'ils sont
encore infidèles (55).
Ne te laisse pas, ô Mouhammad, séduire par leurs richesses et
leurs enfants, comme II lui dit dans un autre verset: «Ne porte pas tes
yeux sur les biens matériels que nous avons accordés à certains, sur l'éclat
des plaisirs du siècle» [Coran XX, 131].
Dieu veut par là les châtier dans la vie présente. Ce qui signifie,
d'après Al-Hassan Al-Basri: en prélevant sur ces richesses la zakat im-
posée et en leur demandant d'en dépenser pour la cause de Dieu.
Mais Qatada a dit qu'il faut intervertir l'ordre des mots qui sera
comme celui-ci: Ne te laisse pas émerveiller par leurs biens et leurs
enfants dans le bas monde car Dieu ne les leur accorde que pour les
châtier dans la vie future. Mais le commentaire d'AI-Hassan s'avère
être plus logique.
En leur accordant ces richesses et ces enfants, Dieu veut par là
les châtier dans ce bas monde en les laissant mourir en incrédules afin
que leur châtiment dans l'au-delà soit plus atroce.
>-
305
wa yahlifûna bi-L-Lâhi 'innahum laminkum wamâ hum minkum walâ-
kinnahum qawmuy-yafraqûna (56) law yajidûna malja'an 'aw magârâtin
'aw muddahala-l-lawallû 'ilayhi wahum yajmahûna (57).
Ils jurent qu'ils sont de vôtres, alors qu'ils ne le sont pas. C'est la peur
qui leur inspire ce propos (56) Trouvent-ils un abri, une caverne ou un sou-
terrain? Es s'y précipitent, tête baissée(57).
Ces gens-là, mûs par leur peur, leur frayeur, jurent «qu'ils sont de
vôtres» en l'affirmant par ce serment, mais en réalité «ils ne le sont pas»
car, par rapport à eux, «c'est la peur qui leur inspire ce propos». Et pour
fuir, s'ils trouvaient un asile, une caverne ou un souterrain, ils s'y préci-
piteraient en toute hâte.
wa minhuni may-yalmizuka fï-s-sadaqâti fa'in 'u'tû minhâ radû wa 'il-
lam yu'taw minhâ* 'idâ hum yashatûna (58) wa law 'annahum radû ma
"a tâhumu-L-Lâhu wa rasûluhû wa qâlû hasbunâ-L-Lâhu sayu'tînâ-L-Lâ-
hu min fadlihî wa rasûluhïï 'innà* 'ilâ-L-Lâhi râgibûna (59).
Us y en a parmi eux qui critiquent la façon dont les subsides sont répar-
tis. Leur en distribue-t-on? ils sont satisfaits. Si on ne leur en distribue pas,
ils maudissent le sort (58). Que n'acceptent-ils de bon cœur ce qu'Allah et
Son Prophète leur attribuent? Que ne disent-ils: «Allah nos suffit. Nous
connaîtrons plus tard les bienfaits d'Allah et de Son Prophète. C'est en Al-
lah que nous mettons tous nos espoirs». (59).
Parmi ces hypocrites il y en a ceux qui te critiquent ô Mouham-
mad au sujet des aumônes lorsque tu les répartis. S'ils en reçoivent
leur part, ils sont satisfaits, mais «si on ne leur en distribue pas, ils mau-
dissent le sort» et ils se fâchent. On a rapporté qu'un bédouin vint au-
près du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - alors qu'il distribuait
' ' J ' ' ! 1 1 " ''argeot aux hommes. Ayant reçu sa part, ce bédouin
s'écria: «O Mouhammad, par Dieu tu n'es pas équitable comme Dieu
306
t'a ordonné d'être» Il lui répondit: «Malheur à toi, qui pourra être, après
moi, équitable envers toi?».
Cette histoire est pareille à celle qui est citée dans les deux Sa-
hihs lorsque Zoul-Khouwaissira critiqua l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - en départageant le butin de Hounaïn. Il lui dit:
«Sois équitable» Et le Prophète de lui répondre: Je serais défu et perdu
si je n'avais pas été équitable». Voyant l'homme s'éloigner, l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit à ses compagnons: «De la
postérité de cet homme naitront des gens avec lesquels vous répugnerez à
prier et jeûner. Ils sortiront de la religion telle une flèche qui perce un gi-
bier. Là où vous les trouverez, tuez-les car ils seront les pires victimes sous
le firmament» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (I> .
Puis Dieu les exhorte en disant que vraiment s'ils s'étaient satis-
faits de ce que Dieu et son Prophète donnent ils diraient: «Dieu nous
suffit, nous connaîtrons plus tard Ses bienfaits et ceux de Son Pro-
phète. Oui, vers Dieu vont nos désirs».
'innamâ-s-sadaqâtu li-l-fuqara'i wa-t-masâkîni wa-l-'âmilîna 'alayhâ wa-1-
mu'allfati qulûbuhum wafî-r-riqâbi wa-l-gârimîna wafî sabîli-L-Lâhi wa-
bni-s-sabîli farîdatam-mina-L-Lâhi wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (60).
Les aumônes sont affectées aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux qui
les recouvrent, à ceux dont les cœurs sont à gagner, au rachat des captifs et
307
à l'affranchissement des esclaves, aux endettés, au combat dans la voie
d'Allah et aux voyageurs. C'est là une répartition fixée par Allah. Allah est
omniscient et sage (60).
Pour répondre aux hypocrites qui ont critiqué la façon qu'utilisait le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - pour répartir les biens des
aumônes, dans ce verset, Il leur dit que c'est bien lui qui l'a imposée
en la révélant à son Messager et nul n'a le droit de s'y opposer.
La question qui a été suscitée est la suivante: Faut-il donner ces
aumônes à tous les intéressés cités dans le verset ou une partie
d'eux?
La première opinion l'exige. Tels sont les dires de Chafé'i et une
foule des ulémas.
La deuxième permet de les donner aux uns ou certains d'eux,
comme ont déclaré Malek et d'autres ulémas anciens et contempo-
rains.
Ibn Jarir a dit: ce sont les dires des ulémas mais il faut signaler
"que le pauvre est cité le premier puisqu'il est le plus besogneux parmi
les autres. Mais Abou Hanifa répond que le cas du nécessiteux est
plus exigeant, ainsi fut l'avis de l'imam Ahmed.
Et pour préciser le cas de chacun d'eux, Ibn Abbas, Moujahed, Ai-
Hassan, Ibn Jarir, ont dit que le pauvre ne parait pas comme tel à
cause de son attitude réservée, tandis que le nécessiteux quémande
et demande avec importunité.
Nous allons, en ce qui suit, nous limiter à quelques hadiths
concernent ces huit intéressés:
- Ibn Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - a dit: «L'aumône est interdite au riche et à tout homme qui pos-
sède un force» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Trmidzi) (I) .
- Abou Houraira rapporte que V Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
308
et le salue - a dit: «L'indigent n'est pas celui qui sollicite les gens à lui don-
ner se contentant d'une bouchée ou de deux, ou une datte ou deux».
On lui demanda: «Qui est donc l'indigent ô Envoyé de Dieu?» Il répon-
dit: «Ils est celui qui ne trouve pas de quoi lui suffire, personne ne se sou-
vient de lui et il ne demande pas aux gens de lui donner» ( Rapporté par
Boukhari et MousHm) (1) .
Quant «à ceux qui la recouvrent» ils sont ceux qui sont chargés de
les recueillir et auront une part, à condition qu'ils ne soient pas parmi '
les proches de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue A
ce propos on a rapporté que Abdul-Muttaleb Ben AL-hareth et Al-Fadl
Ben Al-Abbas se renirent chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le
salue - lui demandant de les charger de collecter les aumônes et la za-
kat. Il refusa en disant: «L'aumône n'est permise ni à Mouhammad ni à la
famille de Mouhammad, parce qu'elle est la souillure des gens» (Rapporté
par Mouslim) (2) .
Ceux «dont les cœurs sont à gagner», forment plusieurs catégories:
- Ceux à qui on donne pour embrasser l'Islam, tel le cas de Saf-
wan Ben Oumayya qui a pris part à la bataille de Hounain alors qu'il
était idolâtre. Il a déclaré: «Le jour de Hounain, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - qui était l'homme que je détestais le
plus, ne cessa de me donner (du butin) qu'à la fin il est devenu
l'homme le plus aimé».
- Ceux dont les cœurs ont besoin d'être raffermis sur la foi afin
qu'ils deviennent bons musulmans. Le jour de Hounain également, le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - avait donné cent chameaux
à chacun des libérés parmi leurs nobles et vaillants en disant: «Parfois
Jj— j \t — Jl Ui lljSJ (ùll^-dlj "j-fcJlj iillb^Âillj i^jlJI ijjïi ^Ul ^s- i-jjjai
309
je donne à un homme du moment qu'un autre me soit plus préféré, de
peur que Dieu ne le précipite sur sa face dans le feu de la Géhenne».
Il est cité dans les deux Sahihs, d'après Abou Sa'id, que 'Ali avait
envoyé une quantité de la poudre d'or au Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - qui l'a distribuée entre ces quatre personnes: Al-Aq-
ra' Ben Habes, Ouyayna Ben Badr, Alqama Ben llatha et Zaid AL-
Khaïr, en disant: «Je rallie leurs coeurs».
- Aux nouveaux convertis afin que d'autres l'imitent et embrassent
l'Islam.
- Enfin à ceux qui collectent les biens des aumônes des autres, ou
à ceux qui habitent aux frontières du pays pour défendre les musul-
mans.
La question qui se pose: ces gens-là dont les cœurs sont à ga-
gner, doit-on leur donner après la mort du Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue -?» Les opinions se controversent: Omar, Amer, Al-
Cha'bi et une partie des ulémas ont jugé que, après la mort du Pro-
phète - qu'Allah le bénisse et le salue - et l'expansion de l'Islam, cela
n'est plus d'obligation. D'autres ont répondu que ces gens-là ont tou-
jours droit à l'aumône en tirant argument du faire de l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue - qui leur a donné après la conquête
de La Mecque et la défaite de Hawazen. Donc on doit toujours gagner
le coeur des autres par les biens de l'aumône.
Quant «à l'affranchissement des esclaves» Al-Hassan Al-Basri, Mou-
qatel, et Sa'id Ben Joubaïr ont précisé qu'il s'agit des affranchis
contractuels (Moukateb). Ainsi fut l'avis de Chafé'i et Al-Laïth. Ibn Ab-
bas et Al-Hassan n'ont trouvé aucun inconvénient à affranchir les es-
claves en payant leur prix des biens de la zakat, une opinion qui est
soutenue par Ahmed et Malek qui consiste à affranchir l'esclave
quelque soit sa position: Moukateb ou non.
// est dit d'après un hadith: «Il incombe à Dieu de venir en aide à ces
trois personnes: un homme qui combat pour Sa cause, un esclave moukateb
*~ti<-ti**i"i--'- civ Ici jomme tjvii doit à son maître ei un homme qui
veut se marier pour garder sa chasteté» (Rapporté par Ahmed et les au-
310
teurs des sunans sauf Abou Daoudy
Dans son Mousnad, l'imam Ahmed rapporte d'après Al-Bara' Ben
Azeb qu'un homme vint auprès de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - et lui dit: «O Envoyé de Dieu, indique-moi une œu-
vre qui me rapproche du Paradis et m'éloigne de l'Enfer» Il lui
répondit: «Affranchis un esclave et rachète un captif» - Ces deux faires,
demanda l'homme, ne sont-ils pas les mêmes?» Non, fut la réponse,
affranchir un esclave consiste à payer son prix seul. Quand au rachat, tu
peux participer à une partie de la rançon» (Rapporté par Ahmed) (2> '.
«Aux endettés» qui peuvent être: un homme qui a pris à sa charge
une certaine somme pour indemniser quelqu'un et, en la payant, s'est
trouvé démuni de toute ressource, ou en s'acquittant d'une dette, ou
un autre qui devait une somme quelconque. Ceux-là ont droit à l'au-
mône. A cet égard Abou Sa'id raconte que, du temps de l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - un homme acheta une quantité
de dattes sans pouvoir l'écouler. Comme il devint incapable de payer
ses dettes, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - dit aux hom-
mes: «Faites-lui l'aumône». Les hommes s'éxécutèrent mais ce qu'ils
ont payé resta insuffisant. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - dit alors aux créanciers: «Contentez-vous de ce que vous avez
récupéré de vos dettes car vous n'aurez rien d'autre».
«Au combat dans la voie d'Allah» il s'agit des soldats qui luttent
dans le sentier de Dieu et font les expéditions, et qui ne touchent pas
leurs salaires du trésor publique. AIHassan a ajouté que le pèlerinage
fait partie de la lutte dans la voie d'Allah.
«Aux voyageurs» ceux qui traversent le pays et ne possèdent pas
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311
/
ce qu'il leur assure le retour à leur propre pays. Dans ce cas on leur
donne la somme suffisante à ces fins. A ce propos Abou Sa'id Al-
Khoudri rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit: «L'aumône n'est permise qu'à un riche qui combat dans la voie
de Dieu, aux voyageurs, et à un voisin pauvre qui vous fait un don ou vous
invite» (Rapporté par Abou Daoud) (1> .
«C'est là une répartition fixée par Allah» c'est à dire un arrêté de
Dieu et un ordre qu'on doit observer car II est omniscient, connaît les
intérêts apparents et cachés des hommes et est sage dans ses paro-
les et actes.
wa minhumu-l-lad îna yu'dûnâ-N-Nabiyya wa yaqûlûna huwa 'udunun
qui huwa 'udunu hayri-l-lakum yu'minu bi-L-Lâhi wa yu'minu-
mu'minîna wa rahmatu-l-lil-ladîna 'à'manû minkum wa-l-ladîna yu'dûna
rasûla-L-Lâhi lahum 'adâbun 'alîmun(61)
Il y en a parmi eux qui critiquent le Prophète. Us disent: «Il écoute
tout ce qu'on lui raconte». Réponds: «Une telle complaisance vous sert.
Croyant en Allah, le Prophète ne peut pas ne pas croire les croyants. Il est
toute mansuétude pour ceux d'entre vous qui ont la foi. Ceux qui critiquent
le Prophète subiront un châtiment sévère» (61).
Parmi ces hypocrites, il y en a ceux qui attaquent le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - par leurs paroles en disant qu'il est
tout oreilles, une expression qui signifie qu'il croit à tout ce qu'on lui dit
et si on lui jure il croit toujours. Mais Dieu leur répond: «Il est toute
oreille au bien pour vous» et il connait bien le menteur et le sincère. Il
croit en Dieu et il a confiance aux croyants «Il est toute mansuétude
312
pour ceux d'entre vous quiont la foi» et un argument contre les incrédu-
les. Ceux qui l'attaquent par leurs paroles subiront un châtiment sé-
vère.
yahlifûna bi-L-Lâhi lakum liyurdûkum wa-L-Lâhu wa rasûluhïï 'ahaqqu
'ay-yurdûhu 'in kânû mu'minîna (62) 'alam ya'lamu 'annahû may-
yuhâdidi-L-Lâha wa rasûlahû fa'anna lahû nâra jahannama hâlidan fihâ
dâlika-l-hizyu-l-'azîmu (63).
Ils en appelent à Allah dans leurs serments pour capter votre
confiance. Ils. seraient mieux avisés de recercher la confiance d'Allah et de
Son Prophète s'ils étaient sincères. (62) Ignorent-ils que le feu éternel de
l'enfer attend ceux qui sont en rébellion contre Allah et Son Prophète?
C'est là un châtiment ignominieux (63).
Qatada raconte qu'un hypocrite dit: «Par Dieu, ceux-là sont les
meilleurs et les plus nobles d'entre nous. Si ce que Mouhammad avait
dit est vrai ils seraient pires que les ânes». Un musulman, l'ayant en-
tendu, s'écria: «Par Dieu, ce que Mouhammad a dit est vrai, et toi tu
es pire qu'un âne». L'homme se rendit chez le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - et le mit au courant. Il manda l'hypocrite et lui de-
manda: «Qu'est-ce qui t'a porté à tenir de tel propos?» Il renia ses di-
res en jurant par Dieu. Le musulman dit alors: «Mon Dieu, montre-
nous le sincère et le menteur». C'est à cette occasion que fut descen-
du ce verset.
Ceux qui s'opposent à Dieu et à Son Prophète, subiront le châti-
ment éternel dans l'Enfer, humiliés et couverts d'opprobre.
313
yahdaru-l-munâfiqûna 'an tunazzala 'alayhim sûratun tunabbi'uhum bi-
mâ fî qulûbihim quli-stahzi'ïï 'inna-L-Lâha muhriium-mâ tahdarû-
na(64).
Les incrédules redoutent qu'une sourate ne divulgue ce qui recèlent
leurs cœurs. Dis-leur: «Moquez-rous? Allah divulguera ce que vous redou-
tez» (64).
Moujahed explique: «Ils échangent ces propos entre eux puis dis-
ent: «Peut-être Dieu les dissimule afin que les autres ne les sachent
pas». Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Se présentent-Os à toi? ils
emploient des formules moins respectueuses qu'Allah quand II te salue. En
eux-mêmes, ils se disent: «Pourquoi Allah laisse-t-Il impunies de pareilles
formules?» L'enfer sera leur punition. Ils y seront précipités. Quelle af-
freuse fin» [Coran LVIII, 8]. Dieu a dit dans un autre verset: «Moquez-
vous! Allah divulguera ce que vous redoutez» qui signifie qu'il va révéler à
Son Envoyé vos propos pour vous dénoncer, tout comme II le montre
dans ces paroles: «Ceux dont le cœur cache quelque infirmité, espèrent-ils
qu'Allah ni divulguera pas leurs mauvaises pensées» [Coran XLVII, 29].
Qatada rapporte qu'on donnait à cette sourate le nom: «La scanda-
leuse» car elle a dénoncé les hypocrites.
wa la'in sa'altahum layaqûlunna 'innamâ kunnâ nahûdu wa mal'abu qui
'abi-L-Lâhi wa 'a yàtihî wa rasûlihî kuntum tastahzi'ïïna (65) lâ ta'tadirû
qad kafartum ba'da 'imânikum 'in-na'fu 'an tï'ifatim minkum mu'add
ib ta 'ifatam-bi 'annahum kânû mujrimîna (66).
Si tu les interroges, ils répondent: «Nous badinions et nous plaisan-
tions». Réplique: «Et d'Allah, de Son Prophète et de Ses signes, vous mo-
quez-vous aussi? (65). Poin de vos excuses! Vous êtes devenus infidèles
après avoir cru. Si une partie d'entre vous est pardonnée, l'autre subira un
châtiment pour s'être montrée rebelle (66).
314
Coran ne sont que des gens qui cherchent à assouvir leur faim, forger
de mensonges mais lors de la mêlée ils sont des poltrons». On a
transmis ces propos à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue -. Ce même hypocrite vint auprès de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - alors qu'il s'apprêtait au départ et après avoir en-
fourché sa chamelle. Il lui dit: «O Envoyé de Dieu, nous ne faisions
que discuter et jouer!» Il lui répondit en citant les versets: «Et d'Allah,
de Son Prophète et de Ses signes... jusqu'à: Pour s'être montrée si re-
belle». Les pieds de cet homme heurtaient aux pierres, s'accrochant au
sabre de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors que
celui ci montait sa chamelle qui marchait à grande enjambée.
Ibn Ishaq raconta: «Une foule des hypocrites dont wadi'a Ben Tha-
bet, un homme de Achj'a appelé Moukhchi Ben Hamir marchaient à
côté de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui, sur sa
chamelle, se dirigeait vers Tabouk. Les uns disaient aux autres:
«Croyez-vous que l'affrontement du Roi des Romains est pareil au
combat des Arabes entre eux? par Dieu nous vous imaginerons de-
main enchainés afin que vous serviez une leçon pour les fidèles».
«A ce moment là l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - dit à 'Ammar Ben Yasser: «Va chez ces gens-là qui ont déjà subi
le châtiment du feu et demande-leur qu'est-ce qu'ils venaient de dire.
S'ils renient, dis-leur que vous avez proféré tel et tel propos». Ammar
s'exécuta. Les hypocrites vinrent trouver l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - en lui présentant différentes excuses. Wadi'a Ben
Thabet lui dit: «Nous badinions et nous plaisantions». Moukhchi Ben
Hamir, à son tour, avoua: «O Envoyé de Dieu, par Dieu C'est à cause
de mon nom et de celui de mon père que je suis resté sans participer
à cette expédition» (A savoir que son nom signifie: le peureux fils des
ânes). Il fut le seul à être pardonné et son nom devint Abdul Rahman
et il demanda à Dieu de le faire périr en martyr sans que personne sa-
che où il sera tué. En effet il fut tué le jour de Yamama.
Oatada. quant à lui. raconta: «Lors de l'expédition de Tabouk, le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - marchait et quelques cava-
liers des hypocrites le devançaient. Ils se dirent: «Cet homme-là croit-il
315
qu'il serait capable de conquérir les forteresses et les palais des Ro-
mains? Loin de cela! Loin de cela..»
Dieu fit révéler à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
les propos de ces hypocrites. Il les manda; et quand ils furent en sa
présence, il leur dit: «Vous avez dit telle et telle chose». Ils jurèrent et
s'excusèrent qu'ils badinaient et jouaient. Mais le verset révélé démen-
tit leurs réponses: «Foin de vos excuses! Vous êtes devenus infidèles après
avoir cru». Puis pour déterminer leur sort, Dieu a dit: «Si une partie d'en-
tre vous est pardonnée, l'autre subira un châtiment pour s'être montrée re-
belle». Une partie fut pardonnée mais l'autre subira le châtiment du feu
parce qu'ils sont coupables en proférant de tels propos indignes.
'almunâfiqûna wa-l-munâfiqâtu ba'duhum mim ba'diy-ya'murûna bi-1-
munkari wa yanhawna 'ani-l-ma'rûfi wa yaqbidûna 'aydiyahum nasû-L-
Lâha fanasiyahum 'inna-l-munâfiqîna humu-l-fâsiqûna (67) wa 'ada-L-
Lâhu-l-munâfiqîna wa-l-munâfiqâti wa-l-kuffâra nâra jahannama
halidîna fîhâ hiya hasbuhum wa la'anahumu-L-Làhu walahum 'adâbum-
muqîmûn (68).
Les hypocrites, hommes et femmes, encouragent mutuellement au mal
et déconseillent le bien. Leurs mains se ferment pour éviter de donner. Ils
ont oublié Allah et Allah les a oubliés. Les hypocrites sont les vrais rebel-
les (67) AUah réserve le feu de l'enfer aux hypocrites, hommes et femmes,
et aux infidèles pour l'éternité. Ils ne méritent pas mieux. Allah les a mau-
dits et leur infligera un châtiment sans fin» (68).
Les hypocrites, à l'inverse des fidèles, s'ordonnent mutuellement
ce qui est repréhensible et s'interdisent mutuellment le bien et ce qui
est convenable. Et en plus, ils ferment leurs mains pour ne pas dépen-
fl** nou» la cause de Dieu Ces gena-ià r\e ae rapeUent plus de Dieu,
316
et Dieu à Son tour, les traite de la même façon en les oubliant. Ils ne
pensent guère au jour où ils rencontreront Dieu comme il est montré
dans ce verset: «Aujourd'hui, nous les oublions comme ils ont oublié ce
jour où ils devaient comparaître» [Coran VII, 51].
Les hypocrites sont certes les pervers qui se sont détournés de la
voie droite pour emprunter le chemin de l'égarement. Pour prix de leur
comportement, Dieu leur a promis le feu de la Géhenne, ils y demeure-
ront éternellement. Cela leur suffit comme châtiment parce que Dieu
les a éloignés de Sa miséricorde.
ka-l-ladîna min qablikum kânu 'asadda minkum quwwatan wa 'aktara
'amwâlan wa 'awlâdan fastamata'û bihilâqihim fastamta'tum bi
hilâqikum kamâ-stamta'a-l-ladîna min qablikum bihilâqihim wa huttum
ka-l-ladî hâdïï 'ûlîf'ika habitat 'a'mâluhum fî-d-dunyâ wa-l-'â* hirati wa
'ûla''ika humu-l-hasirûna (69).
Vous ne valez pas mieux que les peuples qui vous ont précédés. Ils
étaient plus puissants et plus riches que vous et ils avaient aussi plus d'en-
fants que vous. Us se complaisaient dans le bien-être et, vous aussi, comme
eux, vous vous plaisez dans le bien-être. Vous discourez aussi futilement
qu'eux. Les actes de ces peuples se sont révélés vains dans ce monde et
dans l'autre. La perte de ces peuples est consommée. (69).
Ces gens-là ont subi le même châtiment qu'avaient subi les géné-
rations passées qui tenaient les mêmes propos et menaient des dis-
cussions comme les leurs n'ayant mené qu'à l'erreur et au mensonge.
Leurs oeuvres étaient vaines, ils seront certes les perdants qui ne rece-
vront aucune récompense dans l'au-delà.
»t»n Abbas de oomm enter: «Comme Us son\ identicjueS Ce p©\J-
317
pie et l'autre-les fils d'Israël- dont les premiers étaient sur les traces de
ces derniers. A cet égard, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main, vous suivrez les tra-
ditions de ceux qui vous ont précédés empan par emparn, coudée par
coudée et brasse par brasse, de sorte que s'ils entrent dans le trou d'un lé-
zard vous y seriez entrés». On lui demanda: «Qui sont-ils ô Envoyé de
Dieu? sont-ils les gens d'Ecriture?» Il répondit: «Qui donc?» (1> .
Abou Houraira a interprété le mot: «KhalaqiJ><-p» et dit qu'il s'agit
de la foi, mentionné dans le verset sous l'appelation: bien-être.
A propos du hadith précité, on demanda: «Ô Envoyé de Dieu,
c'est à dire comme les perses et les romains avaient agi?» Et le Pro-
phète de répondre: «S'agit-il d'autres peuples?».
'alam ya'tihim naba'u-l-ladîna min qablihim qawmi Nûhin wa 'Adin wa
Tamûda wa qawmi 'Ibrâhîma wa 'ashâbi Madyana wa-l-mu'tafiqâti
'atathum rusuluhum bi-l-bayyinâti famâ kâna-L-Lâhu liyazlimahum wa
lakin kânîî 'anfusahum yazlimûna (70).
Ont-ils ignoré l'histoire de leurs devanciers, de Noé, de 'Ad, de Thé-
moud. Du peuple d'Abraham, des Madianites et des cites ensevelies? A tous
ces peuples, Allah a envoyé des. Prophètes avec des signes. Ce n'est pas Al-
lah qui a mal agi envers eux, ce sont eux-mêmes qui ont provoqué leur per-
te. (70).
Dieu avertit et exhorte ces hypocrites qui traitent les Prophètes de
menteurs «Ont-ils ignoré l'histoire de leurs devanciers» qui ont agi de la
(1) i^IjAi Wjij îjti n^X* c>" Cf-^ if-* ù"^ *àst ^ — M ^>
J^l Jj— j (►> îljJli itijj^lLijJ t_j ji^jrr jj £V| WtJ
318
sorte envers leurs Prophètes. Parmi eux sont cités: le peuple de Noé
qui fut noyé à l'exception de ceux qui ont cru en Noé -que Dieu le sa-
lue- comme étant un envoyé de pieu, le peuple de 'Ad qui fut péri par
un vent dévastateur après avoir démenti Houd -que Dieu le salué-; le
peuple de Thémoud qui fut saisi par le «Cri» ou «le cataclysme» après
avoir traité Saleh -que Dieu le salue- de menteur et égorgé la chamelle
(le signe de Dieu); le peuple d'Abraham, comment Dieu lui donna le
pouvoir sur eux en l'appuyant par les miracles manifestes et fit périr
Nemrod -que Dieu le maudisse; le peuple de Madiane, celui de
Chou'aib -que Dieu le salue-; ce peuple qui fut péri par le tremblement
inextinguible et le châtiment du «Jour de l'ombre»; et enfin le peuple
des «cités renversées» c'est à dire le peuple de Loth qui habitait Ma-
da'en, qui à l'instar des autres peuples, a traité Loth -que Dieu le sa-
lue- de menteur, et qui a commis une abomination que nul, avant eux
parmi les mondes, n'a commis une chose pareille.
A tous ces peuples, Dieu a envoyé de Prophètes apportant des
preuves incontestables. «Ce n'est pas Allah qui a mal agi envers eux» ou
Il a été injuste en les faisant périr par différents moyens de châtiments
et avant de les avertir et les mettre en garde «Ce sont eux-mêmes qui
ont provoqué leur perte» Et pour les punir de leur incrédulité, ils de-
vaient subir ces châtiments.
wa-l-mu'minûna wa-l-mu'minâtu ba'duhum 'awliya 'u ba'din ya'murûna
bi-l-ma'rûfi wa yanhawna 'ani-l-munkari wa yuqîmuna-s-salâta wa yu'tu-
na-z-zakâta wa yuti'ûna-L-Lâha wa rasûlahîï 'ûlà*'ika sayarhamuhumu-
L-Lâhu 'inna-L-Lâha 'Azîzun Hakîmun (71).
Les croyants, hommes et femmes, sont solidaires les uns des autres. Ils
encouragent au bien et déconseillent le mal. Ils sont assidus à la prière, ac-
quittent la dîme et obéissent à Allah et à Son Prophète. Allah les recevra
dans le :-**.-««» «le sa miséricorde. ïl est puissant et sage, (71^.
319
Après que Dieu ait montré les caractères odieux des hypocrites, Il
parle dans ce verset de ceux des croyants hommes et femmes qui en-
couragent au bien et interdisent le blâmable. Il est cité dans le Sahih
que l'Envoyé cde Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le
croyant doit être pour le croyant comme des pierres d'un édifice qui se ren-
forcent l'une l'autre» et il entrecroisa ses doigts» (Rapporté par Boukha-
ri et Mouslim) (1> . Il a dit aussi: «Les croyants dans leur affection, leur
miséricorde et leur sympathie les uns à l'égard des autres, sont comparables
à un corps humain qui, si un membre est affecté, les autres membres ressen-
tent la douleur et s'enfièvrent» (Rapporté par Boukharirr et Mouslim) l2> '.
«Ils encouragent au bien et déconseillent le mal» des dires qui sont
pareils à ceux-ci: «Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui
ne commande que les bonnes actions et qui défendent les mauvaises» [Co-
ran III, 104] C'est à dire qui obéissent à Dieu et qui sont charitables
envers les hommes, en outre, ils font le bien et s'interdisent de tout ce
que Dieu a prohibé. Ces croyants-là, Dieu leur fera miséricorde car II
est puissant et accorde la puissance à ceux qui obtempèrent à ses or-
dres, et II est sage en répartissant les bons caractères et qualités en-
tre les fidèles et les mauvais entre hypocrites et incrédules. Tout cela
dépend de Sa sagesse.
wa'ada-L-Lâhu-l-mu'minîna wa-l-mu'minâti jannâtin tajrî min tahtihâ-1-
'anhârvi halidîna fîhâ wa masâkina tayyibatan fî jannâti 'adnin wa
ridwânum-mina-L-Lâhi 'akbaru dâlika huwa-l-fawzu-l-'azîmu (72).
Allah réserve des jardins arrosés d'eau vive aux croyants, hommes et
5^2
320
femmes, pour l'éternité. Il leur réserve aussi de riantes demeures dans les
jardins de l'Eden. D'avoir été élus par Allah sera pour eux une récompense
plus grande encore. Quelle magnifique récompense (72).
Dieu fait savoir à Ses serviteurs croyants ce qu'il leur a préparé
comme belle récompense: Des excellentes demeures dans les jardins
d'Eden où coulent les ruisseaux qui constituent leur séjour permament.
Ace propos il est cité dans les deux Sahihs que le Prophète - qu'Allah
le bénisse et le salue - a dit: «Deux jardins dont leurs vases et ce qu'ils
contiennent tous en or, deux autres dont leurs vases et ce qu'ils contiennent tous
en argent, seul le voile de la Majesté qui empêche les croyants de regarder leur
Seigneur au jardin d'Eden» Et dans un autre hadith il a dit: «Au Paradis il y a
cent degrés que Dieu a préparés à ceux qui combattent dans Sa voie, entre deux
degrés, il existe en espace équivalent à la distance qui sépare le ciel de la terre.
Lorsque vous demandez à Dieu de vous rétribuer le Paradis, que ce soit le Fir-
daws car il est le meilleur et le plus élevé degré du Paradis au-dessus duquel se
trouve le Trône du Miséricorf dieux, d'où prennent source les fleuves du Para-
dis» (Rapporté par Boukhari et Mouslim d'Après Abou Howraira) ll K
Dans un troisième hadith, il a dit: «Les habitants du Paradis aperce-
vront ceux qui seront dans les salles au-dessus d'eux, comme vous voyez les
étoiles dans le ciel».
On trouve également dans le Mousnad de l'imam Ahmed ce hadith
rapporté par Abou Houraira -que Dieu l'agrée- où il raconte: «Nous deman-
dâmes: «O Envoyé de Dieu, parle-nous du Paradis et de ses demeures?»
Il répondit: «Les demeures sont faites de briques en or et en argent enduites de
musc. Le sol du Paradis en perles et corindons, son sable de safran. Quiconque
y entrera ne connaîtra plus le malheur, y demeurera éternellement, ses habits ne
s'useront jamais et sa jeunesse est immortelle}/ 2 ^ .
Jf tir; itLj^-J. ^1 ^Xïisy^M <îll U.U-Î Âj^-jJ SjU ~i-^J\ ù\j I^t Jlij «jJLp
321
Ali, de sa part, rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse
et le salue - a dit: «Au Paradis, il y a des salles qu'on voit leur intérieur
de leur extérieur et leur extérieur de leur intérieur» Un bédouin se leva et
demanda: «A qui sont destinées?» Il lui répondit: «A ceux qui ne profè-
rent que les paroles douces, qui donnent à manger, qui observent le jeûne et
qui font les prières nocturnes alors que les autres dorment» (Rapporté par
Tirmidzi) (I) .
«D'avoir été élus par Allah sera pour eux une récompense plus grande
encore». En d'autres termes: La satisfaction de Dieu est plus grande
encore que tous ces demeures et délices, comme l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - le confirme par ce hadith. Il a raconté:
«Dieu le Béni et le Très Haut dira aux gens du Paradis: «O gens du Para-
dis!» Ils lui répondront: «Nous voici à Tes ordres notre Seigneur». Il leur
demandera: «Etes-vous satisfaits?» Ils répliqueront: «Comment pourrions-
nous n'être pas satisfaits alors que Tu nous a donné ce que Tu n'a donné à
aucune autre de Tes créatures?». Il poursuivra: «Je vais vous donner mieux
que cela encore» Ils diront: «Qu'est-ce qui est mieux que tout cela?» Il leur
assurera: «J'étendrai sur vous Ma satisfaction et alors jamais Je ne me
courroucerai contre vous» (Rapporté par Boukhari, Mouslim, et Malek
d'après Abou Sa'id Al-Khoudry) ni .
322
wa 'ayyuhâ-N-Nabiyyu jâhidi-l-kuffâra wa-l-munâfïqîna wa-gluz 'alayhim
wa ma'wâhum jahannamu wa bi'sa-l-masîru (73) yahlifûna bi-L-Lâhi mâ
qâlû walaqad qâlû kalimata-l-kufri wa kafarû ba'da 'islâmihim wa ham-
mû bimâ lam yanâlû wamâ naqamlî 'illâ 'an 'agnâhumu-L-Lâhu wa ra-
sûlûhu min fadlihî fa'iy-yatûbû yaku hayra-l-lahum wa 'iy-yatawallaw yu
'addibhumu-L-Lâhu 'adâban 'alîman fi-d-dunyâ wa-l-'à* hirati wamâ la-
hum fî-l-'ardi min waliyyin wa là nasîrin (74).
O Prophète, combats les infidèles et les hypocrites; sois sans merci
pour eux. Leur demeure dernière sera l'enfer. Quelle affreuse fin. (73) Ds
jurent qu'ils n'ont pas critiqué le Prophète. Ce n'est pas vrai. Us ont pro-
féré des paroles impies et se sont comportés en infidèles après s'être conver-
tis. Ils ont ourdi des machinations qu'ils n'ont pu réaliser. Au surplus, de
quoi peuvent-ils se plaindre sinon de ce qu'Allah et Son Prophète les aient
comblés de leur grâce? S'ils se rallient, ils en éprouveront du bien, s'ils se
persistent dans leur opposition, Allah leur infligera un châtiment impi-
toyable dans ce monde et dans l'autre. Et tout appui et secours leur seront
refusés dans ce monde (74).
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de
combattre les incrédules et les hypocrites et de les traiter sévèrement,
comme II lui a ordonné d'abaisser l'aile vers les croyants qui le suivent.
Il lui informe que leur refuge sera la Géhenne, la détestable fin dans la
vie future.
On a rapporté que le prince des croyants 'Ali Ben Abi Taleb a dit:
«L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a décrété quatre
ordres de combat: le premier contre les polythéistes: «A l'expiration des
- mois sacrés, combattez le» idolâtres J>HVtO\lt OÙ VOUS leS tr()U VCTt/»
[Coran IX, 5]; un deuxième contre les infidèles parmi les gens du Livre:
«Combattez ceux qui ne croient ni à Allah ni au jour dernier» [Coran IX,
323
29]; un troisième contre les hypocrites: «combats les infidèles et les hypo-
crites» [Coran IX, 73] et un quatrième contre les rebelles: «Luttez
contre celui qui se rebelle jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'Ordre d'Allah»
[Coran XLIX, 9]. Ceci implique à user de force contre ceux qui mani-
festent leur hypocrisie».
Quant à Ibn Mass'oud, il commenta ce verset de cette façon: «Il
faut combattre les infidèles et les hypocrites avec la main, sinon que
ce soit avec un visage renfrogné».
Mais Ibn Abbas a dit: «Dieu ordonne de combattre les infidèles
par l'épée, les hypocrites par la langue et de ne jamais se montrer clé-
ment à leur égard». Bien que d'autres exégètes avaient presque les
mêmes avis.
Ce verset: «Ils jurent qu'ils n'ont pas critiqué le Prophète. Ce n'est
pas vrai. Ils ont proféré des paroles impies et se sont comportés en infidèles
après s'être convertis» fut révélé à propos de Abdullah Ben Oubay, se-
lon Qatada: Un Ansarien et un homme de la tribu Jouhayna se sont
querellés et le Jouhany l'emporta sur l'Ansarien. Abdullah appela les
Ansariens et leur dit: «Ne portez-vous pas aide à votre frère. Par Dieu,
notre exemple avec Mouhammad est pareil à ce proverbe: «Elève ton
chien et il finira pas te dévorer». Puis il dit: «Si jamais nous retournons à
Médine, les plus forts en chasseront les plus faibles» [Coran LXIII, 8]. Ces
propos furent parvenus par un musulman au Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - qui convoqua Abdullah Ben Oubay qui, en lui répé-
tant ses propos, renia tout. Dieu alors fit descendre ce verset.
Ibn Abbas raconta: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - était assis à l'ombre d'un arbre. Il dit à ses compagnons:
«Bientôt un homme viendra auprès de vous et vous regardera avec les
yeux d'un démon. Ne lui adressez aucune parole». Un homme pâle ne
tarda à faire son apparition, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - l'appela et lui dit: «Pourquoi tu m'as injurié avec tes amis?»
L'homme quitta le lieu mais ses amis arrivèrent et jurèrent par Dieu
qu'ils n'ont rien dit contre le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
jusqu'à ce qu'il leur pardonne. A cette occasion Dieu fit cette révéla-
tion: «Ils jurent qu'ils n'ont pas critiqué le Prophète......
«Ils ont ourdi des machinations qu'ils n'ont pu réaliser» ce verset fut
324
révélé au sujet de Al-Jilas Ben Swaïd, selon les dires des exégètes,
qui décida de tuer le fils de sa femme quand il lui dit: «Je veux racon-
ter tout à l'Envoyé de Dieu». D'autres ont eu une autre interprétation et
ont précisé qu'il s'agit de Abdullah Ben Oubay qui songea à tuer l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - Al-Dahak, quant à lui, a
dit que ce verset désigne les hypocrites qui ont comploté à tuer l'En-
voyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'il se dirigeait
vers Tabouk. Ils étaient dix hommes et quelques et songèrent à le tuer
pendant la nuit.
En voilà enfin le récit de Houdzaifa Ben Al-Yamane qui a raconté:
«Je tenais la bride de la chamelle de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - et Ammar la poussait quand nous arrivâmes à Al-
Aqaba. Nous y trouvâmes douze cavaliers qui nous barrèrent la route.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - les réprimanda et
les avertit, ils durent prendre la fuite. Il nous dit: «Avez-vous reconnu
ces gens-là?» - Non, répondîmes-nom, ô Envoyé de Dieu parce qu'ils
voilaient le visage, autrement nous aurions pu les identifier. Il répliqua:
«Ce sont les hypocrites jusqu'au jour de la résurrection. Savez-vous ce
qu'ils voulaient faire?» - Non, dîmes-nous. Il rétorqua: «Ils ont voulu
disputer la place de Al Aqaba avec l'Envoyé de Dieu pour l'en chas-
ser». Nous lui dîmes: «Veux-tu qu'on charge les chefs de leurs tribus
pour qu'ils nous envoient leurs têtes?» - Non, protesta-t-il, parce que je
répugne à ce que les Arabes diront plus tard que Mouhammad a
combattu, et une fois secouru par Dieu et l'ayant emporté sur eux, il
les tua».
«Au surplus, de quoi peuvent-ils se plaindre sinon de ce qu'Allah et
Son Prophète les aient comblés de leur grâce» Cela signifie qu'ils ne peu-
vent imputer à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - une
faute sinon la faveur que Dieu et Son Prophète ont bien voulu leur ac-
corder. Si cette faveur avait été accomplie, Dieu les auraient dirigés
vers la bonne voie et vers ce que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - leur a apporté, comme il avait dit aux Ansariens,
dans une des circonstances: «Ne vous ai-je pas trouvés égarés et
Dieu vous a enrichis grâce à moi?» Et les Ansariens, à chaque ques-
tion, avouaient: «Certes oui, ô Envoyé de Dieu». Ces genres de formu-
les sont tolérés étant donné qu'ils ne comportent aucun péché.
325
Puis Dieu les appela à se repentir en disant: «S'ils se rallient, ils en
éprouveront dn bien, s'ils persistent dans leur opposition, Allah leur inflige-
ra un châtiment impitoyable dans ce monde et dans l'antre». S'ils se dé-
tournent et persévèrent dans leur égarement, Dieu les châtie
impitoyablement dans ce bas monde, et dans l'autre ils subiront un
supplice, une honte et une humiliation. Ces gens-là ne trouveront sûr
la terre ni ami ni défenseur, aucun appui et aucun secours, ne rece-
vront aucun bien et ne seront plus préservés contre le mal.
wa minhum man 'âhada-L-Lâha la'in 'â^tânâ min fadlihî
lanassaddaqanna wa la nakûnanna mina-s-sâlihîna (75) falammâ"
'â'tâhum min fadlihî bahilû bihî wa tawallaw wahum mu'ridûna (76)
fa'a'qabahum nifâqan fî qulûbihim 'ilâ yawmi yalqawnahû bimâ 'ahlafû-
L-Lâha mâ wa'adûhu wa bimâ kânû yakdibûna (77) 'alam ya'lamu 'an-
na-L-Lâha ya'lamu sirrahum wa najwâhum wa 'anna-L-Lâha 'allâmu-1-
guyûbi (78).
Il en est parmi enx qui avaient promis à Allah, au cas où celui-ci leur
accorderait ses grâces, de se montrer généreux et de devenir vertueux (75).
Après qu'Allah les eût comblés de sa grâce, ils se montrèrent avares et ou-
blièrent leurs promesses (76) Le résultat, c'est qu'Allah les rélégua dans
l'hypocrisie jusqu'au jour de leur comparution devant Lui pour les punir
d'avoir violé leurs promesses et d'avoir menti (77). Ne savant-ils pas qu'Al-
lah connaît leurs pensées et leurs entretiens les plus secrets et qu'il perce
les mystères (78).
*-«rn,h *-.y*.u^rlt.c.ù H e „ «st ceux ^vjI ont ur\ pactô QV6C DîôU
promettant que si Dieu leur accorde des faveurs, ils feront sûrement
326
l'aumône et seront parmi les justes. Mais ils n'ont ni respecté le pacte
ni tenu la promesse malgré les faveurs et les biens reçus de Dieu. Ils
se sont montrés avares. Dieu a suscité l'hypocrisie dans leurs cœurs
et ils demeureront comme tels jusqu'au jour de la résurrection où ils
rencontreront le Seigneur.
Quant à la circonstance de cette révélation, la plupart des exégè-
tes ont dit qu'il s'agit de Tha'laba Ben Hateb le Médinois. Abou Ouma-
ma Al-Bahiii raconte que Tha'laba avait dit un jour à l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue -: «Invoque-moi Dieu afin qu'il m'ac-
corde de Ses faveurs». Il lui répondit: «Malheur à toi ô Tha'laba! que
tu possèdes le peu de biens, que tu t'acquittes de leur droit et que tu
t'en sois reconnaissant vaudra mieux que d'une grande richesse dont
tu ne sauras être gré envers Dieu».
En réitérant la demande, il lui dit: «Ô Tha'laba! Ne consens-tu pas
d'être comme le Prophète de Dieu? Par celui qui tient mon âme dans
Sa main, si j'avais demandé que les montagnes soient transformées
en or et argent et de m'accompagner, Dieu m'aurait exaucé». Tha'laba
d'insister: «O Envoyé de Dieu! Par celui qui t'a envoyé par la vérité, si
tu me fais cette invocation et Dieu m'accorde de Ses faveurs, je m'ac-
quitterais de tous les droits». L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - leva alors ses mains et invoqua le Seigneur: «Grand Dieu,
donne à Tha'laba de Tes faveurs».
De quelques brebis qu'il possédait, Tha'laba eut un grand trou-
peau qui s'est accru à la façon de vers. Comme la ville fut devenue
pour lui une place étroite, il la quitta et s'installa dans une de ses val-
lées. Il s'acquittait seulement des deux prières du midi et de l'asr avec
d'autres gens en négligeant les autres prières. Puis son troupeau s'ac-
crut considérablement, ce qui le porta à délaisser toutes les prières
sauf celle du vendredi, et il ne tarda pas à nélgiger cette dernière en
voyant son troupeau proliférer.
Chaque vendredi il recevait des cavaliers et des caravanes pour
demander les nouvelles des gens. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - à son tour s'enquêta: «Qu'a fait Tha'laba?» Ils lui in-
formèrent: «O Envoyé de Dieu, Médine est devenue pour lui une place
» ,r ° 1,e vu ,a prolifération de son troupeau». En lui faisant un compte
327
rendu détaillé, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
s'écria alors: «Malheur à Tha'laba' Malheur à Tha'laba!».
A ce moment Dieu fit révéler le verset de la zakat, l'aumône lé-
gale: «Prélève sur leurs biens un impôt pour les purifier» [Coran LX, 103].
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - chargea alors deux
hommes pour collecter cet impôt de tous les musulmans. Il leur consi-
gna par écrit quelles normes devront-ils appliquer pour percevoir cette
aumône légale. Il leur dit: «Passez chez Tha'laba et un tel de la tribu
Souleïm et apportez leurs aumônes».
Les deux hommes partirent et, arrivés chez Tha'laba, ils lui mon-
trèrent la lettre de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue-. Il
s'écria: «Ce n'est qu'un impôt qui ne diffère plus du tribut. Je n'ai au-
cune idée comment m'exécuter! Allez. Acquittez-vous de votre mission
puis revenez chez moi». Ils le quittèrent.
L'autre homme de Bani Soulaïm, ayant eu vent du comportement
de Thalaba passa en revue son troupeau de chameaux, choisit les
meilleures chamelles et les isola à part attendant l'arrivée des deux
collecteurs. Ceux-ci, en voyant les chamelles, lui dirent: «Ceci dépasse
ce que tu dois comme zakat. Nous ne pouvons plus l'accepter. Mais
l'homme insista: «Prenez-les car je vous les donne de bon gré».
Les deux hommes reçurent les chamelles et poursuivirent leur mis-
sion en collectant la zakat d'autres personnes, et retournèrent chez
Tha'laba qui leur demanda: «Montrez-moi la lettre de l'Envoyé de
Dieu». L'ayant lue, pour la deuxième fois, il s'écria: «Ce n'est qu'un im-
pôt qui ne diffère plus du tribut». Partez et laissez-moi réfléchir». Les
deux hommes le quittèrent et se rendirent chez le Prophète - qu'Allah
le bénisse et le salue - qui, en les recevant, dit: «Malheur à Tha'laba!»
avant qu'il leur adresse la parole. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - demanda à Dieu de bénir les biens de l'homme de
Bani Soulaïm. Les deux hommes le mirent au courant du comporte-
ment de Tha'laba et de celui de As-Salami. Dieu à cette occasion fit
cette révélation: «11 en est parmi eux qui avaient promis à Allah, au cas
où celui-ci leur accorderait ses grâces, de se montrer généreux...» Tha'laba
mourut sous le règne de 'Othman.
Pour avoir viole ce que ces g B n 5 -là av B l M promis à Dieu et
328
comme il était de leur habitude de mentir, Dieu a suscité l'hypocrisie
dans leurs cœurs car II connaît ce qui est caché et ce qui est appa-
rent, et II pénètre le tréfonds des cœurs.
'al-ladîna yalmizûna-l-muttawwa'îna mina-l-mu'minûna fî-s-sadaqâti wa-
1-ladîna lâ yajidûna 'illâ juhdahum fayasharûna minhum sahira-L-Lâhu
minhum walahum 'adâbun 'alîmun (79).
Ceux qui, au moment de la distribution des subsides, dénigrent les
combattants bénévoles qui n'ont pour toute arme que leur courage, ceux qui
les raillent, Allah les raillera à leur tour. Un châtiment douloureux les at-
tend (79). j
Les hypocrites, mus par leur tempérament, ne cessent de critiquer
et railler les autres, de sorte que lorsqu'un homme aisé paye l'aumône
sur ses richesses comme il se doit, ils s'écrièrent: «C'est de l'ostenta-
tion!» Et lorsqu'un autre pauvre apporte le peu de biens pour s'acquit-
ter de la zakat, ces hypocrites s'exclamèrent: «Dieu peut s'en passer».
A ce propos Al-Boukhari rapporte d'après Ibn Mass'oud -que Dieu
l'agrée-: «Après la révélation du verset qui imposa la zakat, nous por-
tions cette aumône sur nos épaules -ou suivant une autre interpréa-
tion: nous chargions quelqu'un contre un salaire pour les porter. - à
leur destination. Un homme d'entre nous avait apporté une chose
considérable, les hypocrites s'écrièrent: «C'est de l'ostentation». Un au-
tre arriva n'apportant qu'un sa' de grains, ils ne tardèrent à dire: «Dieu
peut s'en passer». Dieu fit alors cette révélation: «Ceux qui, au moment
de la distribution des subsides, dénigrent...».
Suivant d'autres récits racontés par Ibn Abbas, Ibn Ishaq et bien
d'autres et qui sont quasi identiques, Abdul Rahman Ben Aouf a fait
une aumône de quatre mille dirhams, les hypocrites s'exclamèrent:
«C'est de l'ostentation» et dénigrèrent son faire. Puis Assem Ben 'Ady
aDDorta un Sa de dattes, les hypocrites le raillèrent et dirent que Dieu
n'a pas besoin de cette aumône.
329
En voici également ce hadith rapporté par Abou Houraira: «En-
tendant l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «Fai-
tes l'aumône car j'ai l'intention d'envoyer un régiment», Abdul Rahman
Ben Aouf vint le trouver et lui dit: «O Envoyé de Dieu, je possède qua-
tre mille dirhams: Je ferai un prêt de deux milles à mon Seigneur, et je
garderai les deux milles pour ma famille» Il lui répliqua: «Que Dieu bé-
nisse ce que tu donnes et ce que tu retiens». Un homme des Ansa-
riens, ayant assuré deux sa's de dattes, apporta l'un d'eux et dit: «O
Envoyé de Dieu, j'ai pu acquérir hier deux sa's de dattes dont l'un
d'eux j'en ferai prêt à Dieu et je garde l'autre pour ma famille».
Devant le faire de ces deux hommes, les hypocrites imputèrent
l'ostentation à Abdul Rahman Ben Aouf, et raillèrent l'Ansarien et di-
rent: «Dieu, ne pouvait-ll pas s'en passer de son aumône?» Le verset
alors fut descendu.
Contre leur raillerie, Dieu se moquera de ces hypocrites, et pour
venger les croyants et punir les infidèles, Il leur réserve un châtiment
exemplaire dans l'au-delà.
i-stagfir lahum 'aw lâ tastagfir lahum 'in tastagfir lahum sab'îna marra-
tan falay-yagfira-L-Lâhu lahum dâlika bi 'annahum kafarû bi-L-Lâhi wa
rasûlihî wa-L-Lâhu lâ yahdî-l-qawma-l-fâsiqîna (80).
Que tu implores leur pardon auprès d'Allah ou non, peu importe! Tu
aurais beau l'implorer soixante-dix fois qu'Allah ne leur pardonnera pas. Os
ont renié Allah et Son Prophète et Allah n'a cure des renégats (80).
Dieu fait savoir à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
que ces hypocrites ne sont pas dignes d'être absous et ne méritent
pas le pardon. Même si le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
demande pardon pour eux soixante-dix fois, Dieu ne leur pardonnera
plus. Le nombre «soixante-dix», selon les opinions des ulémas, ne
constitue oae un chiffre bien précis car les arabes avaient l'habitude de
ie citer dans leurs propos comme un signe d'exagération. Après la ré-
330
vélation de ce verset l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit: «Dieu m'a toléré de leur implorer le pardon soixante-dix fois.
Par Dieu je le ferai plus que ça peut-être Dieu enfin leur pardonnera».
Al-Cha'bi raconte: «Quand l'état de maladie de Abdullah Ben Ou-
bay devint grave, son fils se rendit chez le Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - et lui dit: «Mon père est agonisant. J'aime que tu lui
dictes la profession de foi et que tu fasses la prière funéraire sur lui».
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - partit chez Abdul-
lah, lui dicta la profession de foi et de témoigner qu'il n'y a d'autre divi-
nité que Dieu, le vêtit de son manteau et, quand il a rendu l'âme, fit la
prière sur lui. On lui demanda: «Fais-tu la prière funéraire sur lui?» Il
répondit: «Dieu a dit: «Tu aurais beau l'implorer (le pardon) soixante-dix
fois». Par Dieu je le leur implorerai soixante-dix fois, soixante-dix et en-
core soixante-dix».
fariha-l-muhallafûna bimaq'adihim hilâfa rasûli-L-Lâhi wa karihu 'ay-ya-
jâhidû bi 'amwâlihim wa 'anfusihim fi sabîli-L-Lâhi wa qâlû lâ tanfirû fî-
1-harri qui nâru jahannama 'asddu harra-l-law kânû yafqahûna (81)
falyadhakû qalîlan wa-l-yabkû katîran jazâ'am bimâ kânû yaksibû-
na (82).
Ceux qui sont restés dans leurs foyers et qui ont répugné à mettre
leurs biens et leurs personnes au service d'Allah s'en félicitent. Ils disaient
alors: «Ne vous mettez pas en campagne au moment des chaleurs». Ré-
ponds-leur: «Le feu de l'enfer est autrement brûlant». Ah s'ils le compre-
naient. (81). Qu'ils rient un peu! Un jour viendra où ils pleureront beaucoup
en punition de leurs actes (82).
Dieu critique et dénigre ceux qui sont restés en arrière et qui ont
tait défection à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et à
331
ses compagnons lors de l'expédition de Tabouk, et qui se sont réjouis
de pouvoir rester chez eux. «qui ont répugné à mettre leurs biens et leurs
personnes au service d'Allah et s'en félicitent». Comme il faisait une cha-
leur torride au moment de cette expédition: «ils disaient alors: «Ne vous
mettez pas en campagne au moment des chaleurs». Dieu ordonna à Son
Envoyé - qu'Allah le bénisse et le salue - de leur répondre: «Le feu de
l'enfer est autrement brûlant» car il sera votre destination à cause de vo-
tre rébellion et votre défection.
A propos de ce feu, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - a dit: «Le feu qu'allume les fils d'Adam est une des soixante-dix
parties du feu de la Géhenne». Dans un autre hadith rapporté par Abou
Houraira le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Ce feu
que vous allumez est une des soixante-dix parties du feu de la Géhenne et
fut refroidi deux fois par l'eau de la mer, sinon nul n'aurait tiré aucun pro-
fit» (Rapporte par Ahmed/' 1 .
Anas rapporte: «L'Envoyé de,'Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - récita ce verset: «Le feu qui dévorera hommes et pierres» [Coran
LXVI, 6] puis dit: «On a attisé le feu mille ans jusqu'à ce qu'il soit devenu
blanc, mille autres jusqu'à ce qu'il soit devenu rouge et mille autres jusqu'à
ce qu'il soit devenu noir: il est tellment noir comme une nuit où sa flamme
ne l'éclairé pas» (Rapporté par Ibn Mardaweidh) 121 .
Dieu, dans Son Livre, a bien décrit ce feu, par exemple quand II a
dit: «Non, ce sera impossible. Car le feu, faisant éclater les crânes» [Coran
LXX, 15-16] et: «Nous les précipiterons en enfer. Dès que leurs peaux se
détacheront en lambeaux, nous leur en substituerons d'autres, pour qu'ils
consomment toute l'horreur de leur supplice» [Coran IV, 56] et aussi: «...
332
de l'eau bouillante sera versée sur leur tête qui mettra à vif leurs entrailles
et leur peau. Us seront bâtonnés avec les massues de fer» [Coran XXII, 19-
Dans le verset précité Dieu le termine par: «Ah! s'ils le compre-
naient» il s'agit bien sûr de ceux qui ont été laissés en arrière sans
combattre dans le chemin de Dieu à côté de l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - à cause de la chaleur. S'ils savaient ce qui
leur est destiné, ils se seraient élancés pour combattre pour éviter,
dans l'au delà, le feu de la Géhenne.
Pour répondre à leur agissement, Dieu les avertit et dit: «Qu'ils
rient un peu». Et Ibn Abbas de commenter: «La vie dans ce bas monde
est très courte, qu'ils rient donc autant qu'ils voudront. Une fois ras-
semblés et comparus devant Dieu à Lui la puissance et la gloire, ils
pleureront pour toujours».
Anas BeiVMalek rapporte qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - dire: «Hommes! Pleurez! Si vous n'arrivez pas
à pleurer, faites semblant de le faire. Les damnés de l'Enfer pleureront de
sorte que leurs larmes couleront sur leurs visages et formeront comme de
ruisseaux, puis leurs larmes seront substituées par du sang qui blessera les
yeux de sorte que si des bateaux y étaient placés, ils auraient vogué»
(Rapporté par Ibn Maja et Al-Hafedh Al-Moussali) 111 .
fa 'i-r-raja'aka-L-Lâhu 'ilâ ta 'ifatin minhum fasta'danûka li-l-hurûji fa-
qul lan tahrujû ma'iya 'abadan wa lan tuqâtilu ma'iya 'aduwwan 'inna-
<jl Jj-_, Omm :Jli lLUL l js-
21].
333
kum radîtum bi-l-qu'ûdi 'awwala marratin faq'udû ma'a-I-hâlifîna (83).
Allah te ramène au milieu d'un groupe d'entre eux et s'ils te deman-
dent à combattre avec toi, dis-leur: «Vous ne m'accompagnez jamais et
nous ne combattrez jamais avec moi. Vous avez préféré rester à vos foyers
la première fois. Eh bien! continuez à y rester» (83).
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -:
«Après ton retour de cette expédition -de Tabouk- et que ces gens-là
qui étaient du nombre de douze, comme a précisé Qatada, «et s'ils te
demandent à combattre avec toi» dans une autre expédition, reponds-
leur: «Vous ne m'accompagnerez jamais et vous ne combattrez jamais avec
moi» pour punition de leur comportement. Puis pour montrer la raison,
Il a dit: «vous avez préféré rester à vos foyers la première fois» Donc on
récompense la bonne action par le bien et la mauvaise par le mal.
Cette partie du verset: «continuez à y rester» fut un sujet de contro-
verse. Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de ceux qui sont restés chez eux
sans prendre part à l'expédition de Tabouk. Mais Qatada a dit qu'ils
sont restés avec les femmes, un avis qu'lbn Jarir ne l'a pas trouvé lo-
gique et adopta l'interprétation d'Ibn Abbas.
lj>Uj
walâ tusalli 'alîf 'ahadim-minhum mâta 'abadan walâ taqum 'alâ qabri-
hT 'innahum kafarû bi-L-Lâhi wa rasûlihî wa mâtû wa hum fasiqû-
na (84).
Si l'un d'entre eux meurt, ne prie jamais pour lui et ne visite jamais sa
tombe, car ils ne croient pas en Allah et en Son Prophète et meurent en in-
fidèles (84).
C'est un ordre catégorique de désavouer les hypocrites sans prier
pour l'un d'entre eux qui meurt, ou visiter sa tombe, ou lui implorer le
pardon de Dieu ou lui invoquer Dieu à cause de leur impiété. Ceci doit
être appliqué, à tous les hypocrites sans exception, même si ce verset
rut révélé au sujet d Abduiian Ben oubay Ben Saloul, le chef des hypo-
crites.
334
Al-Boukhari rapporte d'après Nafe' les propos d'Ibn Omar: «A la
mort de Abdullah Ben Oubay, son fils vint trouver l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - et lui demanda de lui donner un man-
teau pour ensevelir son père. Il le lui donna. Puis il lui demanda de
faire sur lui la prière funéraire: Lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - se leva pour faire cette prière, Omar le tint par le
pan de son manteau et lui dit: «O Envoyé de Dieu! comptes-tu prier
pour lui alors que ton Seigneur te l'a interdit?» Il lui répondit: «Dieu
m'a donné le choix: «Que tu implores leur pardon auprès d'Allah ou non,
peu importe! Tu aurais beau l'implorer soixante dix fois qu'Allah ne leur
pardonnera pas» Quant à moi, je le leur implorerai soixante-dix fois en-
core». - Mais c'est un hypocrite, répliqua Omar! Mais l'Envoyé de Dieu
- qu'Allah le bénisse et le salue - fit la prière funéraire sur Abdullah, et
Dieu lui fit cette révélation: «Si l'un d'entre eux meurt, ne prie jamais
pour lui et/ne visite jamais sa tombe». Désormais, le Prophète - qu'Allah
le bénisse et le salue - ne priait pour aucun des hypocrites.
Le récit de Abdullah Ben Oubay Ben Saloul tel qu'a été cité par
l'imam Ahmed d'après Jaber est le suivant: «A la mort de Abdullah,
son fils vint chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et
le supplia de faire la prière funéraire sur son père en lui disant: «O En-
voyé de Dieu, si tu ne viens et tu ne fais cette prière, les hommes
nous railleraient pour toujours». A son arrivée, le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - trouva qu'ont l'a déjà enterré, il dit: «Pourquoi
vous avez hâté son enterrement avant ma venue?». Il le fit sortir de la
fosse, crachota de sa salive sur lui: de la tête aux pieds et le couvrit
de son manteau».
A partir de cet événement, et selon Qatada quand on appelait l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à faire la prière funé-
raire sur un mort, il s'enquêtait: si on le louait et disait du bien de lui, il
faisait cette prière, et si le mort était autrement il disait aux hommes:
«Faites vous-mêmes la prière».
De sa part Omar Ben AL-Khattab, en imitant le Prophète - qu'Allah
lo bénieee ©t le salue demandait Moudzaifa Ber* W-Yaman sur \e mort
car Houdzaifa connaissait presque tous les hypocrites d'après les ren-
seignements de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. On
335
surnommait Houdzaifa «Le garde du secret» qu'aucun des compa-
gnons n'en était au courant.
L'abstention de la prière funéraire sur les hypocrites après la révé-
lation de ce verset et l'imploration du pardon pour eux, était une faveur
que conférait Dieu à Ses serviteurs croyants et un rapprochement de
Lui. Quant à cette prière sur les croyants elle a un grand mérite sui-
vant ce hadith cité dans les deux Sahihs où le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - a dit: «Quiconque aura suivi un convoi funèbre et fait
la prière funéraire recevra un quirat de récompense. Quiconque aura en
plus assisté à l'enterrement du mort obtiendra deux quirats». En lui de-
mandant sur la valeur de ce quirat, il répondit: «Le moins valeureux sera
autant que le mont Ouhod» (Rapporté par Boukhari et Mousttm) t33i '.
Abou Daoud rapporte d'après Othman -que Dieu l'agrée- que l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, une fois le mort en-
terré, se tenait devant la tombe et disait à ses compagnons: «Implorez
le pardon pour votre frère et demandez (à Dieu de l'inspirer) le témoi-
gnage de la profession de foi car (les deux anges) l'interrogent» (Rapporté
par Abou Daoud) {1 K
walâ tu'jibka 'amwâluhum wa'awlâduhum 'innamâ yurîdu-L-Lâhu 'ay-
yu'addibahum bihâ fi-d-dunyâ wa tazhaqa 'anfusuhum wa hum kâfirû-
na (85).
Ne te laisse pas séduire par leurs richesses et par leurs enfants. Ces ri-
chesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir
au cours de cette vie périssable. Finalement, ils meurent en infidèles (85).
336
Nous avons déjà interprété un verset pareil, (voir le verset n 55 de
cette sourate).
wa 'idâ" 'unzilat sûratun 'an ^minû bi-L-Lâhi wa jâhidû ma'a rasûlihi-
sta'danaka 'ulû-t -t awli minhum wa qâlû d arnâ nakum-ma'a-1-
qa'idîna (86) radû bi 'ay-yakûnû ma'a-I-hawâlifi wa tubi'a 'alâ qulûbihim
fahum la yafqahûna (87).
Si un ordre leur vient du ciel d'avoir à croire en Allah et de combattre
avec Son Prophète, les plus riches d'entre eux te demandent à ête exemp-
tés, te disant: «Autorise-nous à rester dans nos foyers» (86) Ils acceptent de
rester à l'arrière. Leur cœur est fermé comme avec un sceau et ils ne sont
plus sensibles à rien (87).
Dieu continue à réprimander et dénigrer ceux qui se sont abstenus
de participer aux expéditions avec Son Prophète - qu'Allah le bénisse
et le salue - et prendre part au combat dans Sa voie, surtout les hom-
mes aisés qui, malgré leurs richesses, préféraient rester en arrière
avec les femmes qui gardaient leurs foyers. Au temps de la guerre, ils
se montraient poltrons et avaient la chair de poule, mais pendant la pé-
riode de sécurité et de paix, ils avaient la langue acerbe comme Dieu
le montre dans ce verset: «Mais sont-ils eux-mêmes en danger? leurs
yeux se font suppliants et se retournent comme ceux d'un agonisant. Quand
le danger est passé, ils laissent aller leur mauvaise langue....» [Coran
XXXIII, 19] et dans ce verset: «Mais qu'une sourate impérative soit révé-
lée dans ce sens et on verra les croyants au cœur fragile t'implorer d'un re-
gard voilé de moribond! Mieux que de tels vœux conviennent aux fidèles»
[Coran XLVII, 20].
A cause de leur abstention «leur cœur est fermé comme avec un
sceau» et ne comprennent rien du mérite de ce combat pour en tirer
bon parti.
337
lâkini-r-rasûlu wa-l-ladîna 'â*manû ma'ahû jâhadû bi 'amwâlihim wa
'anfusihim wa 'ûlâ*'ika lahumu-l-hayrâtu wa 'ûlâ*'ika humu-i-
muflihûna (88) 'a'adda-L-Lâhu lahum jannâtin tajrî min tahtiha-l-'anhâ-
ru hâlidîna fîhâ dâlika-l-fawzu-l-'azânu (89).
Par contre, le Prophète et les croyants combattent sans souci de leurs
personnes et de leurs biens. A eux les faveurs d'Allah et à eux la félicité
dans l'au-delà (88) Allah leur réserve des jardins arrosés d'eau vive pour
l'éternité. Quelle douce béatitude (89).
Le Seigneur ne fera jamais perdre les bonnes actions et le sacri-
fice que font le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et les
croyants, qui auront, à l'inverse des autres, des jardins où coulent des
ruisseaux et un bonheur sans limites et pour l'éternité.
wajï'a-l-nm'addirûna mina-l-'a'râbi liyu'dana lahum wa qa'ada-l-ladîna
kadabû-L-Lâha wa rasûlahû sayusîbu-l-ladîna kafarû minhum 'adâbun
'alîmun (90).
Les bédouins qui s'excusent se sont dérangés pour demander à ne pas
combattre. Tandis que ceux qui manquaient de sincérité envers Allah et
Son Prophète se sont contentés de rester. Un châtiment douloureux est ré-
servé à ceux qui n'ont pas de foi. (90).
Les bédouins qui habitaient aux alentours de Médine sont venus
chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et ont allégué des
excuses pour s'abstenir de combattre avec les fidèles. Ibn Ishaq a pré-
eiaô au'il s'aait de la tribu Ghifar dont ses hommes ont demandé d'être
dispensés au combal . Elam oe menteurs , DlBO iKimMm dW chât ._
ment très douloureux dans la vie future.
338
laysa 'alâ-d-du'afa 'i walâ 'alâ-l-mardâ walâ 'alâ-l-ladîna lâ yajidûna mâ
yunfiqûna harajun 'idâ nasahu li-L-Lâhi wa rasûlihî mâ 'alâ-l-muhsinîna
min sabîlin wa-L-Lâhu Gafû-r-Rahîmun (91) walâ 'alâ-l-ladîna 'idâ mï
'atawka ljtahmilahum qulta la 'ajidu mâ" 'ahmilukum 'alayhi tawallaw
wa 'a'yunuhum tafîdu mina-d-dam'i hazanan 'allâ yajidû mâ yunfiqû-
na (92) 'innamâ-s-sabîlu 'alâ-l-ladîna yasta'dinunaka wa hum 'agniya'u
radû bi'an yakûnû ma'a-l-hawâlifi wa taba'a-L-Lâhu 'alâ qulûbihim fa-
hum lâ ya'lamûna (93).
Les faibles, les malades, ceux qui manquent de moyens pour s'équiper
sont soutraits à l'obligation de combattre, à condition qu'ils se montrent dé-
voués à la cause d'Allah et de Son Prophète. On ne peut rien contre ceux
qui sont avec Allah. Allah est clément et miséricordieux (91). On ne peut
rien non plus contre ceux qui te demandèrent des montures pour combattre
et auxquels tu répondis: «Je ne trouve pas de montures à mettre à votre
disposition». Ils s'en retournèrent alors, les yeux gonflés de larmes, désolés
de n'avoir pas les moyens pour s'en procurer eux-mêmes (92). Mais on peut
quelque chose contre ceux qui, quoique riches, demandent à être exemptés
et à rester avec les gens de l'arrière. Allah a fermé leurs cœurs comme avec
un sceau et ils ne sont plus sensibles à rien (93).
Ce verset montre ceux qui sont exmptés du combat tels que les
malades, les aveugles, les boiteux, bref tous ceux dont leur participa-
tion s'avère inutile et leur cause un grand mal. Ajoutons à ceux-là les
indigents qui sont incapables de s'équiper et de se procurer une mon-
ture, auqu* on ne reproche rien s'ils restent chez eux sans découra-
ger les autres ni colporter des mensonges qui sèment la discorde.
339
Ceux-là s'ils sont sincères envers Dieu et Son Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - il n'y a pas non plus de raison de s'en prendre et
sont considérés parmi ceux qui font le bien.
Qatada rapporte que ce verset fut révélé au sujet de 'Aedz Ibn
Amr Al-Mouzni.
Zaïd Ben Thabet, quant lui, raconte: «J'étais le scribe de l'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, et en écrivant la sourate du
Repentir, il méditait sur le sens de ses versets et regardait autour de
lui quand un aveugle survint et dit: «O Envoyé de Dieu, je suis un
homme aveugle?» A cette occasion ce verset fut révélé: «Les faibles,
les malades...».
Ibn Abbas a commenté: Comme l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - avait incité les hommes en les appelant au combat à
ses cotés, un groupe d'hommes dont Abdullah Ben Moughaffal Al-
Mounzir, vinrent lui demander: «O Envoyé de Dieu, assure-nous les
montures» Il leur répondit: «Par Dieu, Je ne trouve aucune monture à
vous donner». Les hommes repartirent les yeux débordants de larmes.
En éprouvant une certaine angoisse de ne plus combattre faute de
montures ou faute d'argent pour s'en procurer. Dieu, constatant leur foi
sincère et leur amour pour Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - fit cette révélation qui marque leurs excuses».
Moujahed précisa qu'il s'agit bien des hommes de Bani Mouqren
de Mouzaïna qui étaient au nombre de sept.
Anas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - a dit: «Il y a des hommes qui sont restés à Médine, et pourtant vous
n'avez parcouru une distance, ni traversé une vallée, sans qu'ils n'étaient
avec vous». On lui demanda: «Et ils sont toujours à Médine?» - Oui, ré-
pondit-il, ce sont les excuses qui les ont retenus» (Rapporté Par Boukhari
et Mouslim) 1 ' 1 .
(1) îj_- p.;^ Lolj puiiî U Ujîi l^xJl ;>l| :Jlî is\ J ^ O^x- ^
340
Puis Dieu blâme les hommes aisés et robustes qui viennent s'ex-
cuser préférant rester avec les femmes et les hommes infirmes «Allah
a fermé leurs cœurs comme avec un sceau et ils ne sont plus sensibles à
rien».
ya'tadirûna 'ilaykum 'idâ raja'tum 'ilayhim qui lâ ta'tadirû lan nu'mina
lakum qad nabba'anâ-L-Lâhu min 'ahbârikum wa sayarâ-L-Lâhu 'ama-
lakum wa rasûluhû tumma turaddûna 'ilâ 'alimi-l-gaybi wa-s-sahâdati
fayunabbi'ukum bimâ kuntum ta'malûna (94) sayahlifûna bi-L-Lâhi la-
kum 'id â-nqalabtum 'ilayhim litu'ridû 'anhum fa'a'ridû 'anhum 'inna-
hum rijsun wa ma'wâhum jahannamu jaz& 'am bimâ kânû yaksibûna (95)
yahlifûna lakum litardaw 'anhum fa'in tardaw 'anhum fa'inna-L-Lâha lâ
yardâ 'anil-qawmi-l-fâsiqîna (96).
Ils ne se font pas faute de trouver des excuses, quand vous revenez du
champ de bataille. Dis-leur: «Vous êtes sans excuse. Nous ne vous croyons
pas. Allah nous a fixés sur votre compte. Allah et Son Prophète sont té-
moins de vos actes. Vous ferez retour à qui connaît l'invisible et le visible
et qui vous expliquera le sens de vos actes (94) Quand vous serez de retour
parmi eux, ils prendront Allah à témoin de leur sincérité pour ne pas être
inquiétés. Ne leur portez aucun intérêt. Ils sont vils. Us expieront dans la
Géhenne leurs forfaits (95) Ils vous adjureront de leur accorder votre bien-
veillance. Si vous la leur accordez, Allah n'accordera pas la sienne aux mé-
créants (96).
D.eu fait savoir à son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
que les hypocrites, une fois de retour à Médine, viendront présenter
341
leurs excuses, «ne les croyez pas» telle fut la recommandation céleste
et Dieu a déjà instruit les fidèles sur le compte de ces hypocrites qui,
bientôt, Dieu et Son Prophète verront leurs actions et ils en seront ré-
tribués. Lorsque vous les rencontrerez ils feront des serments par
Dieu, détournez-vous d'eux sans les réprimander et ce sera pour eux
un mépris et un dénigrement. Ne les approchez pas parce qu'ils sont
souillures à cause de leur mauvais tréfonds, leur sort sera la Géhenne
dans la vie future pour expier leurs forfaits.
Dieu avertit les fidèles de ne plus être satisfaits d'eux même s'ils
font des serments plaisants, car «Allah n'accordera pas la sienne aux mé-
créants» donc la satisfaction de Dieu serait loin de ceux qui se sont
montrés rebelles contre Dieu et Son Prophète - qu'Allah le bénisse et
le salue -.
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'al 'a'râbu 'asaddu kufran wa nifâqan wa 'ajdaru 'alla ya'lamû hudûda
ma 'anzala-L-Lâhu 'alâ rasûlihi wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (97) wa
mina-l-'a'râbi may-yattahidu mâ yunfiqu magraman wa yatarabbasu bi-
kumu-d-dawâ" 'ira 'alayhim dâ A 'iratu-s-saw'i wa-L-Lâhu Samî'un 'Alî-
mun (98) wa mina-l-'a'râbi may-yu'minu bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-Thiri
wa yattahidu mâ yunfiqu qurabâtin 'inda-L-Lâhi wa salawâti-r-rasûli
'ala 'innahâ qurbatu-l-lahum sayudhiluhumu-L-Lâhu fî rahmatihT 'inna-
L-Lâha Gafûr-r-Rahîmun (99).
Les bédouins sont les plus obstinés des incrédules, ce sont les pires hy-
pocrites. Ils sont les moins aptes à comprendre les commandements révélés
par Allah à Son Prophète. Allah est ominiscient et sage (97) Il y a des bé-
'i'" ■ wh**s .» . 1- ... . ...... ".\. . .......f- une carvée et qui ne souhai-
342
tent que votre échec. L'échec, c'est eux qui le subiront. Allah entend et sait
tout (98) n y en a d'autres qui croient en Allah et au jour dernier et qui re-
gardent leur contribution comme un moyen d'approcher Allah et d'obtenir
la bénédiction du Prophète. Assurément, c'est un moyen d'approcher Allah.
Allah les recevra dans le sein de sa miséricoccorde. Car Allah est clément
et miséricordieux (99).
Parmi les bédouins, il y a les croyants, les impies et les hypocri-
tes, mais leur impiété et leur hypocrisie sont plus violentes des autres
de sorte qu'ils sont les plus enclins à méconnaître les lois contenues
dans le Livre révélé au Prophète de Dieu. A cet égard, et comme pre-
uve, AI-'Amach raconte qu'un bédouin tint compagnie à Zaïd Ben Sou-
han au moment où il conversait avec ses amis, à savoir que ce dernier
avait la main coupée au combat le jour de Nahawand (un village au
sud de Hamadzane où avait lieu la guerre entre les musulmans et les
Perses). Le bédouin lui dit: «Ta conversation est très plaisante mais ta
main suscite en moi le doute!» Et Zaid de répondre: «Pour quelle rai-
son ma main suscite en toi le doute? elle est la gauche! Le bédouin ré-
pliqua: «J'ignore quelle main on coupe (en cas du vol) la droite ou la
gauche?» Zaïd s'écria alors: «Dieu a certes dit la vérité: «Les bédouins
sont les plus obstinés des incrédules, ce sont les pires hypocrites».
Comme la rudesse et la grossièreté caractérisent les habitants des
déserts, Dieu n'a jamais choisi parmi eux un Prophète, plutôt c'était
parmi les habitants des cités qui jouissient de la tendresse et de la clé-
mence.
Aïcha -que Dieu l'agrée- rapporte à cet égard que des bédouins
vinrent chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui
dirent: «Embrassez-vous vos enfants?» - Oui, répondit-il. Ils répliquè-
rent: «Par Dieu, nous n'avons jamais embrassé nos enfants». Le Pro-
phète - qu'Allah le bénisse et le scdue - s'écria alors: «Que puis-je pour vous
si Dieu a ôté la miséricorde de vos cœurs?» (Rapporté par Mouslim) 11 ' '.
o! tUAjt Al JUi cj^i L. Sj b& lijili tr i Ï^L-rf ùyojï
343
«Allah est omniscient» et connait bien ceux qui sont dignes de la foi
et de la science «et sage» en repartissant biens et caractères entre Ses
créatures.
Puis Dieu montre qu'il y a parmi ces bédouins ceux «qui regardent
leur contribution comme une corvée» et guettent vos revers attendant
que vous seriez infligés par les échecs et le mauvais sort. Qu'ils sa-
chent que «l'échec c'est eux qui le subiront» et que le malheur retombe
sur eux. Dieu connait bien qui II écoute et ceux qui méritent d'être se-
courus pour les rendre victorieux.
A part cette catégorie des bédouins, il y a d'autres «qui croient en
Allah et au jour dernier et qui regardent leur contribution comme un moyen
d'approcher Allah et d'obtenir la bénédiction du Prophète». Cette catégo-
rie de bédouins est la plus louée parce qu'ils considèrent que tout ce
qu'ils dépensent pour le bien est un moyen d'approcher Dieu et une of-
frande qui leur sera comptée. Il les recevra dans le sein de Sa miséri-
corde, car II est celui qui pardonne et II est miséricordieux.
&è e&3 ïSj u ùjVt
wa-s-sâbiqûna-l-'awwalûna mina-l-muhâjirîna wa-l-'ansâri wa-l-ladîna-t-
taba'ûhum bi 'ihsâni-r-radiya-L-Lâhu 'anhum wa radû 'anhu wa 'a'adda
lahum jannâtin tajrî min tahtîhâ-l-'anhâru halidîna fiha 'abadan dâlika-
l-fawzu-l-'azîmu (100).
Les premiers qui accompagnèrent le Prophète, les premiers qui l'ac-
ceuillirent à Médine et ceux qui se joignirent à eux d'un élan sincère, Allah
se félicitera d'eux comme ils se félicitent de Lui. Il leur réserve des jardins
arrosés d'eau vive pour l'éternité. Quelle douce béatitude (100).
Dieu est satisfait des premiers parmi les Mouhagériens et les An-
sariens et de ceux qui les ont suivis dans le bien, Il leur a préparé les
)i,rd,n5 a " NW»l# q U . .o« o BB p teml „ 5 , Une question qui a
soulevé une controverse dans les opinions:
344
Al-Cha'bi précise qu'ils sont ceux qui ont prêté serment d'allé-
geance à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - le jour de
Houdaybya. Pour Al-Hassan et Qatada, ils sont les premiers convertis
et qui ont fait la prière en se dirigeant tout d'abord vers Jérusalem puis
vers la Maison Sacrée.
Que ce soient les uns ou les autres, il incombe à tout fidèle de
leur réserver un profond respect surtout à leur premier calife Abou
Bakr As-Siddiq le compagnon intime de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - et ce dernier n'a cessé de recommander aux mu-
sulmans leur disant: «N'injuriez plus mes compagnons».
wa mimman hawlakum mina-l'a'râbi munâfiqûna wa min 'ahli-l-Madîna-
ti maradû 'alâ-n-nifâqi lâ ta'lamuhum nahnu na'lamuhum sanu'addibu-
hum marratayni tumma yuraddûna 'ilâ 'adâbin 'azîmin (101).
Il y a parmi les paysans qui vous entourent des hypocrites. II y en a
aussi dans la ville et qui le sont encore plus. Tu ne les connais pas, mais,
nous, nous les connaissons. Nous les châtierons deux fois. Puis ils seront li-
vrés à un supplice affreux (101).
Aussi bien à Médine que dans ses alentours, il y en a des hypocri-
tes obstinés et rebelles.
«Tu ne les connais pas, mais, nous, nous les connaissons». Ces dires
de Dieu ne contredisent pas ce verset: «Si nous le voulions, nous te les
montrerions, ces gens, nous te les ferions connaître en personne» [Coran
XLVII, 30] étant donné que ces hypocrites on peut les reconnaître
grâce à leurs caractères et leur comportement.
«Nous les châtierons deux fois» soit en les tuant et en les captivant,
selon les dires de Moujahed, soit en les éprouvant par la faim et le
tourment de la tombe d'après l'avis des autres. Quand au «supplice af-
fveuwi SI e'aait. d'après Al Hassan Al-Bassry, du châtiment darvs la vie
présente et du supplice de la tombe.
345
Mais Ibn Zaï'd a dit: «Le châtiment dans le bas monde porte sur
les biens et les enfants» et il récita: «Ne te laisse pas séduire par leurs ri-
chesses et par leurs enfants. Ces richesses et ces enfants. Allah ne les leur
accorde que pour les faire souffrir au cours de cette vie périssable» [Coran
IX, 55]. Cette souffrance est une récompense pour les croyants et un
châtiment pour les autres, et l'autre châtiment dans l'au-delà sera le
Feu.
wa 'à A harûna-'tarafû bid unubihim halatû 'amalan sâlihan wa 'à*hara
sayyi'an 'asâ-L-Lâhu 'ay-yatûba 'alayhim 'inna-L-Lâha Gafûr-r-
Rahîm (102).
D'autres confessent leurs fautes. Ils ont commis de bonnes ou de mau-
vaises actions. Allah leur laisse espérer son pardon, car II est plein de man-
suétude et de clémence (102).
A côté de ces hypocrites qui ont fait défection lors de l'expédition
de Tabouk et qui ont répandu le doute et les mensonges, il y a eu
ceux qui n'ont pas pris 'part par indolence et paresse mais leur cœur
témoigne de la foi et de la sincérité. Ils ont confessé leurs fautes et
mêlé de bonnes actions à d'autres mauvaises. Ceux-là, leur sort dé-
pendra du pardon de Dieu et sa clémence.
Ce verset, bien qu'il fut révélé à propos des personnes connues,
mais sa portée est générale et concerne tous les pécheurs. A cet
égard Ibn Abbas rapporte qu'il fut descendu au sujet de Abou Loubaba
et d'autres hommes qui étaient restés dans leurs foyers sans prendre
part à l'expédition de Tabouk avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue -. Lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - retourna de cette expédition, ces gens-là s'attachèrent aux co-
lonnes de la mosquée jurant que seul l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - aurait le droit de les détacher. A la suite de la ré-
vélation de ce verset, il les libéra».
B =" J ™** apport, i e,,»„ v A d„ nieu - RU ' Allah le
346
bénisse et le salue - a dit: «Cette nuit, deux personnes sont venus vers
moi, et après m' avoir réveillé, elles m'ont conduit vers une ville construite
en briques en or et en argent. Des hommes nous reçurent dont la moitié de
leur corps était tout ce qu'on peut voir de plus beau, et l'autre moitié tout
ce qu'on peut voir de plus laid. Ces deux personnes dirent à ces hommes:
«Allez vous jeter dans cette rivière». Ils allèrent se jeter, en revenant vers
nous, la partie laide fut disparue et ils devinrent des hommes d'une beauté
remarquable. Mes deux compagnons me dirent: «Voici le Paradis d'Eden et
voici ta demeure. Quant à ces hommes qui avaient le corps moitié beau et
moitié laid, ils sont ceux qui ont mêlé une bonne action à une autre mau-
vaise et à qui on a pardonné» (Rapporté par Boukhari) fI \
ud min 'amwâlihim sadaqatan tutahhiruhum wa tuzakkihim bihâ wa
salli 'alayhim 'inna salâtaka sakanu-l-lahum wa-L-Lâhu Samî'un 'Alî-
mun(103) 'alam ya'lamiï 'anna-L-Lâha huwa yaqbalu-t-tawbata 'an
'ibâdihî wa ya'hudu s-sadaqâti wa-'anna-L-Lâha huwa-t-tawwabu-r-
Rahîmu(104).
Prélève sur leurs biens un impôt pour les purifier et annoblir leurs
âmes. Prie pour eux, car tes prières apaisent leur conscience. Allah entend
et sait tout. (103) Ne savent-ils pas que c'est Allah Lui-même qui agrée le
repentir de ses serviteurs et qui reçoit leurs dons? Il est toute pitié et indul-
gence (104).
U i j — — Σ" p+iU- j. jki JWj liUOâ iXsi oJj y>i W ifrM Jl ^
347
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de
i prélever une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre
: sans taches. Cette règle est générale maglré qu'elle concerne, en prin-
cipe, une catégorie des hommes. (Il s'agit de Abou Loubaba et de ses
amis qui se sont attachés aux colonnes de la mosquée et qui ont de-
mandé à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - de les dé-
tacher en acceptant de prendre de leurs biens une somme comme
aumône pour les purifier et leur implorer le pardon).
En se référant à cet événement, il en est parmi ceux qui refusent
de s'acquitter de la zakat, qui considèrent que cette aumône légale
était d'obligation du temps du Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue -. Mais, plus tard, Abou Bakr les combattit jusqu'à ce qu'ils eussent
payé la zakat de leurs biens.
«prie pour eux» une expression qui signifie: invoque Dieu en leur fa-
veur et implore leur le pardon. Abdullah Ben Abi Awfa a dit: «Toutes les
fois qu'on apportait au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - une
aumône de la part d'une tribu, il leur-' invoquait Dieu. Lorsque mon père
s'acquitta de ce qu'il devait comme aumône, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah
le bénisse et le salue - dit: «Dieu prie pour la famille d'Abi Awfa».
«Car tes prières apaisent leur conscience» ou selon Ibn Abbas elles
sont une miséricorde pour eux.
«Ne savent-ils pas que c'est Allah Lui-même qui agrée le repentir de
Ses serviteurs et qui reçoit leurs dons?» On trouve là une incitation au re-
pentir et à l'aumône car l'un et l'autre ont le mérite d'effacer les fautes
et absoudre les péchés. Dieu fait connaître aux hommes que qui-
conque se serait repenti, Dieu reviendrait vers lui, et quiconque aura
fait une aumône de biens licitement acquis, Il l'acceptera, la prendra
de Sa main droite et la fera accroître pour son auteur de sorte qu'une
datte serait autant que le mont Ouhod. Une chose confirmée par ce
hadith authentifié: «Dieu accepte l'aumône, la prend de Sa main droite et
la fera accroître pour son auteur comme l'un d'entre vous qui élève son pou-
lain, de sorte qu'une bouchée serait autant que le mont Ouhod» 1 ' 1 .
348
Et Dieu affirme cela en disant: «Ne savent-Us pas qu'Allah Lui-même
qui agrée...»
wa qul-i'malû fasayarâ-L-Lâhu 'amalakum wa rasûluhû wa-l-mu'minûna
wa saturaddûna 'ilâ 'âlimi-l-gaybi wa-§-5ahâdati fayunabbi'ukum bimâ
kuntum ta'malûna (105).
Dis: «Agissez. Allah verra vos actions, ainsi que Son Prophète et les
croyants. Vous ferez retour un jour à Celui qui connaît l'invisible et le vi-
sible. Il récapitulera devant vos tous vos actes (105).
Ceci constitue un avertissement adressé à tous ceux qui désobéis-
sent à Dieu que leurs œuvres seront exposées devant Dieu, son Pro-
phète et les croyants, qui aura lieu indubitallement au jour de la
résurrection comme le montre ce verset: «Ce jour-là, vous défilerez de-
vant Allah. Vous ne pourrez cacher aucune de vos pensées, même les plus
secrètes» [Coran LXIX, 18].
D'autre part, Dieu pourra aussi montrer cela aux hommes dans le
monde d'ici-bas selon ce hadith rapporté par l'imam Ahmed où l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit: «Même si l'un d'en-
tre vous travaille sur un rocher lisse démuni de toute issue ou une cavité,
Dieu aurait montré aux autres le travail de cet homme quel qu'il soit». Il a
été rapporté aussi que les œuvres des vivants s'exposeront devant les
proches où les hommes seront retenus dans l'isthme. Le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - a dit pour confirmer cette réalité: «Vos
œuvres seront exposées à vos proches et à vos clans parmi les morts. Si
elles étaient bonnes, réjouissez-vous, mais si elles sont autrement, ils s'écrie-
ront: «Dieu, ne les fais pas mourir avant de les voir dirigés comme Tu
Nous a dirigés».
Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Lorsque les œuvres d'un homme
te plaisent, dis: «Agissez, Allah verra vos actions, ainsi que Son Prophète
et les croyants». Et dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah lô bénisCQ et l© CaluQ - fa dit* «Lorsque Dieu veut accorder le bien à
Son serviteur, II le fera travailler avant sa mort». On lui demanda: «Et
349
comment Dieu le fera travailler?». Il répondit: «Il lui trouvera l'occasion
pour faire une bonne action et recueillera son âme à ce moment» (Rap-
porté par Ahmed d'après Anas Ben Malek) 1 ' 1 .
wa 'aharûna murjûna li'amri-L-Lâhi 'immâ yu'addibuhum wa 'immâ ya-
tûbu 'alayhim wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (106).
Certains se remettent à la décision d'Allah, soit qu'il les punisse, soit
qu'il leur pardonne. Allah est omniscient et sage (106).
Ibn Abbas et Moujahed ont déclaré que ce verset concerne surtout
les trois hommes qui sont restés dans leurs foyers sans prendre part à
l'expédition de Tabouk à cause de leur paresse. Il s'agit de Mirara Ben
Al-Rabi 1 , Ka'b Ben Malek et Hilal Bén Oumayya qui ont fait défection
au moment où les fruits avaient mûri et l'ombre était recherchée dans
une période très chaleureuse. Ils ne doutaient plus et n'étaient point
des hypocrites, mais ils ne s'étaient pas attachés aux colonnes de la
mosquée à la façon de Abou Lababa.... Mais le repentir de ces trois in-
dividus fut agréé et proclamé avec celui des autres selon ces paroles
divines: «Allah a pardonné au Prophète, à ceux qui ont émigré avec lui...
jusqu'à: «Allah a également pardonné aux trois individus qui n'ont pas sui-
vi le Prophète...» Comme nous allons en parler en interprétant les ver-
sets 117 et 118 de cette sourate.
«Soit qu'il les punisse, soit qu'il leur pardonne» La décision donc re-
viendra à Dieu, mais il ne faut pas oublier que la miséricorde de Dieu,
en fin de compte, l'emportera. Il est omniscient et sage.
350
wa-l-ladîna-t-tahadû masjidan dirâran wa kufran wa tafrîqam bayna-1-
minîna wa 'irsâda-l-liman hâraba-L-Lâha wa rasûlahû min qablu wa
layahlifunna 'in 'aradnâ* 'illa-l-husnâ wa-L-Lâhu yaShadu 'innahum
lakâdibûna (107) lâ taqum fîhi 'abada-l-lamasjidun 'ussisa 'alâ-t-taqwâ
min 'awwali yawmin 'ahaqqu 'an taqûma fîhi fîhi rijâlun yuhibbûna 'ay-
yatatahharû wa-L-Lâhu yuhibbu-l-mutahhirîna (108).
H en est qui ont élevé une mosquée par malveillance et par impiété et
dans le but de diviser les fidèles. Ds en firent le repaire des ennemis d'Allah
et de Son Prophète. Os s'en défendront en jurant: «Nous n'avons voulu que
bien faire». Allah est témoin qu'ils mentent (107). N'y entre jamais. Il y a
une autre mosquée bâtie dès le premier jour sur la foi, qui est autrement di-
gne d'être fréquentée. C'est le rendez-vous de ceux qui mettent la pureté
au-dessus de tout. Allah aime les gens purs (108).
Comme raison de cette révélation on raconte le récit suivant:
Avant l'arrivée de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, à
Médine en accomplissant l'hégire (émigration de La Mecque), il y avait
un homme appelé Abou Amer Al-Raheb qui s'était converti au chris-
tiansime du temps de l'ignorance (Jahilia). Il avait étudié les Ecritures
et jouissait d'une grande dignité et était respectée par la tribu Al-Khaz-
raj. Lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - arriva à
Médine les musulmans l'entourèrent pour l'accueillir et entendre ses
enseignements. L'Islam à cette époque eut atteint un degré d'impor-
tance surtout après la victoire des fidèles sur les polythéistes à Badr.
Abou Amer manifesta son hostilité aux fidèles, sortit de Médine pour
se rejoindre les idolâtres parmi les Qoraïchites à La Mecque et les ex-
citer à combattre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -.
Les impies de La Mecque ainsi que d'autres tribus répondirent à son
•ppel «rt tirent la guerre contre le Prophète - qu'Allah le DéniSSe et le
351
salue - le jour de Ouhod. En ce jour-là les musulmans furent éprouvés
et ébranlés après la défaite qu'ils ont essuyée bien que le résultat avait
apporté une grande faveur aux musulmans.
Ce pervers, Abou Amer, avait creusé des fossés entre les deux
parties adverses pendant la bataille de Ouhod, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - devait tomber dans l'une d'elles, son
visage fut blessé, son incisive cassée. Au début de la bataille, Abou
Amer, ce maudit, appelait les Médinois à se joindre à son clan, mais
comme ils connaissaient son attitude et son comportement envers les
fidèles, ils lui répondirent: «Puisse Dieu te priver de toute joie ô le per-
vers, l'ennemi de Dieu» Ils réussirent à le prendre comme prisonnier, il
s'écria alors: «Malheur à mes concitoyens, ils devront supporter tant
de malheurs après moi».
Avant la fuite d'Abou Amer de Médine à La Mecque, l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - l'avait appelé à se couvertir en
lui récitant du Coran, mais il se montrait toujours rebelle et obstiné.
L'Envoyé de Dieu- qu'Allah le bénisse et le salue - appela la malédic-
tion sur lui et demanda à Dieu de le faire périr en infidèle et loin des
siens. L'invocation fut exaucée. Car après Ouhod, et constatant que
l'Islam commença à jouir du pouvoir et d'une grande importance, Abou
Amer se rendit chez Héraclius le roi des Romains pour lui demander
son assistance et combattre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue -. Il l'accueillit aimablement et lui promit de répondre à sa de-
mande. En effet Héraclius envoya des lettres à ses partisans parmi les
hypocrites pour combattre le Prophète - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue -, quant à lui, il alla les rejoindre avec une grande armée qu'il pré-
parait. Il leur ordonna de lui bâtir une sorte de forteresse qui sera sa
demeure quand il viendra à leur secours ou la demeure de ses émis-
saires qui arriveront bientôt portant ses lettres et enseignements, et
d'où ils pourraient guetter les musulmans.
En effet, les hypocrites réussirent à construire une mosquée tout
près de la mosquée Qouba', avant l'expédition de Tabouk menée par
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Pour camoufler leur
faire et leur hypocrisie, ils demandèrent au Prophète - qu'Allah le bé-
""^ 01 - « V N<=rV,r et M,, une prière com me preuve d© BOO
352
approbation et dans le but de la «baptiser» comme une mosquée
agréée du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, Ils lui présentè-
rent comme prétexte que la construction de cette mosquée n'avait pour
but que de permettre aux faibles et aux malades d'y prier. Dieu l'inspi-
ra de ne plus s'y rendre, il leur répondit: «Nous comptons partir en ex-
pédition et dès notre retour, nous y viendrons si Dieu le veut».
Avant son retour à Médine, une fois l'expédition de Tabouk termi-
née, d'une journée ou d'une fraction de journée, Gabriel descendit du
ciel pour l'informer au sujet de cette mosquée qui n'est construite que
"dans le but de nuire aux musulmans, et de les diviser dont leur mos-
quée est la mosquée de Qouba' qui fut bâtie dès les premiers jours
sur la crainte révérencielle de Dieu. Alors l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue -, et avant son arrivée à Médine, chargea quelques
fidèles pour démolir la mosquée nuisible».
Ces hypocrites, qui ont bâti cette mosquée, jurèrent avec force:
«Nous n'avons voulu que bien faire» mais Dieu les démentit en disant:
«Allah est témoin qu'ils mentent» car cette mosquée ne fera que nuire à
la mosquée Qouba', et n'est que preuve de leur incrédulité et dans le
but de diviser les fidèles.
«N'y entre jamais» tel fut l'ordre catégorique de Dieu, et les musul-
mans devaient, par la suite, obtempérer à cet ordre et d'aller à la mos-
quée de Qouba' pour adorer leur Seigneur.
«Il y a une autre mosquée bâtie dès le premier jour sur la foi, qui est
autrement digne d'être fréquentée», elle est bâtie sur la crainte révéren-
ceille de Dieu, elle est le lieu de la réunion des fidèles où ils peuvent
s'acquitter de leurs obligations cultuelles. Pour montrer l'importance de
la mosquée Qouba' l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
a dit: «Une prière faite dans la mosquée de Qouba' équivaut, en mérite, à
une visite pieuse». On a rapporté également que le Prophète - qu'Allah
le bénisse et le salue - s'y rendait souvent à pied ou monté.
'Ouwaym Ibn Sa'ida l'Ansarien raconte: «Le Prophète - qu'Allah le
bénisse et le salue - vint trouver les fidèles dans la mosquée de Qou-
ba' et leur dit: «Dieu très Haut a fait l'éloge de votre purification dans
votre moSQUée! Quelle est la raison de cette purification?» Us lui répon-
dirent: «par Dieu, ô Envoyé de Dieu nous n'en savons rien, mais nous
353
avions des voisins juifs qui se nettoyaient après avoir satisfait un be-
soin naturel, et nous les avons imités».
Dans un hadith authentifié il a été rapporté que la mosquée de
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui se trouve au
centre de Médine est celle qui est bâtie sur la crainte révérencielle de
Dieu. Ceci ne contredit pas les dires de Dieu: «Il y a une autre mosquée
bâtie dès le premier jour sur la foi» c'est à dire la mosquée de Qouba'
car si cette dernière était comme telle, alors la mosquée du Prophète
le serait à plus forte raison. A cet égard Abou Sa'id Al-Khoudry a rap-
porté qu'une discussion eut lieu entre deux fidèles sur la mosquée bâ-
tie dès le premier jour sur la foi; le premier dit que c'est la mosquée de
Qouba' tandis que l'autre affirma: C'est plutôt la mosquée de l'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. L'Envoyé de Dieu trancha
leur différend et dit: «C'est ma mosquée que voici».
Plusieurs hadiths ont été rapportés portant sur le même sujet par
plusieurs mais dont le but est le même. Les dires de Dieu: «C'est le
rendez-vous de ceux qui mettent la pureté au-dessus de tout. Allah aime les
gens purs» sont une preuve qu'il est recommandé de faire souvent la
prière dans les anciennes mosquées bâties sur la crainte révérencielle
de Dieu, sur la foi et sur l'adoration d'un Dieu unique qui n'a pas d'as-
sociés. Comme il est recommandé aussi à y être toujours avec les
hommes vertueux et justes qui observent leurs ablutions et leur pureté.
L'imam Ahmed rapporte qu'un des compagnons a dit: «L'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - fit la prière de l'aube avec
les fidèles et récita la sourate «Les Romains» mais il eut la sensation
qu'il a commis des erreurs. La prière achevée, il dit aux hommes: «Ce
Coran nous parut parfois confus car il y en a d'entre vous des hom-
mes qui prient avec nous sans toutefois faire des ablutions parfaites.
Quiconque veut prier avec nous, qu'il fasse ses ablutions en observant
ses règles».
Le hadith précité montre sans aucun doute que la pureté parfaite
permet à l'homme de s'acquitter des prescriptions religieuses en obser-
vant ses lois et règles.
Quant à l'expression: «Allah aime les gens purs» Abou AI-'Alya a dit
que si le nettoyage avec l'eau est un acte recommandé, la purification
354
des péchés est le but visé. AI-'A'mach, a déclaré qu'il faut se repentir
de péchés et se purifier du polythéisme.
'afaman 'assasa bunyânahû 'alâ taqwâ mina-L-Lâhi wa ridwânin hayrun
'am man 'assasa bunyânahû 'alâ safâ jurufin hârin fanhâra bihî fi nâri ja-
hannama wa-L-Lâhu lâ yahdî-l-qawma-z-zâlimîna (109). lâ yazàlu bunyâ-
nahumu-l-ladî banaw rîbatin fî qulûbihim 'illîf 'an taqatta'a qulûbuhum
wa-L-Lâhu 'Alîmun Hakîmun (110).
Laquelle vaut mieux d'une mosquée bâtie sur le respect et l'amour
d'Allah ou d'une mosquée construite sur le bord mouvant d'un précipice et
prête à s'écrouler dans le feu de l'enfer? Allah abandonne les infidèles à
leur sort. (109) La mosquée qu'ils ont édifiée ne cessera d'être pour eux une
source d'angoisse jusqu'au jour où leurs cœurs se briseront. Allah est savant
et sage (110).
Dieu dit: «Peut-on traiter sur le même pied d'égalité celui qui a
fondé son édifice sur la foi et fa crainte révérencielle de Dieu pour ob-
tenir Sa satisfaction et celui qui a fondé son édifice en vue de nuire
aux fidèles et de les diviser, sur le bord d'une berge croulante, rongée
par une eau, ou sur le bord d'un précipice de la Géhenne? Dieu certes
ne dirige pas les prévaricateurs.
Jaber raconte: «Du temps de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - j'ai vu la fumée sortir de la mosquée nuisible» Quant
à Ibn Jouraij, il a dit: «On m'a raconté que des hommes avaient creu-
sé dans cette mosquée et trouvé de la fumée qui en sortait».
A cause de leur agissement et leur manque de foi, la mosquée
que les hypocrites ont édifiée «ne cessera d'être pour eux une source
•*■ î œ 4 u » u jour où leurs cœurs se briseront» en éveillant toujours
355
le doute en leurs cœurs. Dieu connait parfaitement ses créatures et
sage en leur rétribuant le prix de leurs actions.
'inna-L-Lâha-§-starâ mina-l-mu'minîna 'anfusahum wa 'amwâlahum
bi'anna lahumu-l-jannata yuqâtilûna fî sabîli-L-Lâhi fayaqtulûna wa yuq-
talûna wa'dan 'alayhi haqqan fi-T-Tawrâti wa-l-'Injîli wa-l-Qur'âni wa
man 'awfâ bi'ahdihî mina-L-Lâhi fastabsirû bi bay'ikumu-l-lad î
bâya'tum bihî wa dâlika huwa-l-fawzu-l-'azîmu(lll).
Allah dispose des biens et des âmes des croyants et en compensation II
leur donne le Paradis. Ils doivent combattre pour Lui, tuer et se faire tuer.
La promesse d'Allah est indéniable, elle est inscrit dans le Pentateuque,
l'Evangile et le Coran. Y a-t-il promesse plus sûre que celle d'Allah? Félici-
tez-vous de l'échange que vous avez conclu ave Lui. Quel heureux événe-
ment (111).
Le grand sacrifice que présentent les croyants soit en biens soit
en personnes pour la cause de Dieu sera compensé par la plus belle
rétribution, telle est la promesse de Dieu citée dans tous les Livres cé-
lestes car le Seigneur par Sa générosité leur donnera le Paradis
comme échange. C'est pourquoi Al-Hassan Al-Basri et Qatada ont dit:
«Dieu a conclu un négoce avec ces croyants en estimant leur sacrifice
à un prix très élevé».
La veille de la nuit de 'A!-Aqaba, Abdullah Ben Rawaha -que Dieu
l'agrée- a dit à l'Env- À ie Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -:
«Stipule pour ton Si;. 'ajpK et pour toi-même ce que tu voudras». Il lui
répondit: «Pour mon seigneur, je vous demande de L'adorer sans rien
lui associer. Pour moi-même, je demande que vous me défendiez de
la même façon que vous défendez vos personnes et vos biens». Les
n cibles répliquèrent: «Qu'obtiendrons-nous en échange? » \\ leur répon-
356
dit «Le Paradis». Ils s'exclamèrent alors: «Le négoce a donné son pro-
fit! nous ne reviendrons plus sur nos décisions» Dieu alors fit cette ré-
vélation: «Allah dispose des biens et des âmes des croyants...» Que les
croyants donc tuent en combattant dans la voie de Dieu ou qu'ils
soient tués, c'est tout un, la récompense est la même.
Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le
bénisse et le salue - a dit: «Dieu s'est porté garant du sort de celui gui
part pour combattre dans le chemin de Dieu, n'ayant d'autre but que ce
combat, croyant en Lui et en Ses Prophètes de le faire entrer au Paradis
(s'il meurt) ou de le rendre à sa demeure qu'il a quittée avec ce qu'il a ob-
tenu comme récompense (céleste) et butin» (Rapporté par Boukhari et
Mouslim) 1 ' 1 .
«La promesse d'Allah est indéniable; elle est inscrite dans le Penta-
teuque» qu'il a révélé à Moïse, «l'Evangile» révélé à Jésus, «et le Co-
ran» à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -.
Qui' donc tient sa promesse mieux que Dieu? Une expression
qu'on trouve ses semblables dans le Coran, comme ce verset: «Qui
mieux qu'Allah voit ses propos réalisés» [Coran IV, 87] et cet autre: «Qui
est plus sincère qu'Allah» [Coran IV, 122].
Que les croyants -combattants- se réjouissent donc de cet
échange qu'ils ont conclu avec le Seigneur, voilà le bonheur sans limi-
tes».
teffi &±éï\ Hêë £A^ &V» 'o£d\ àgSl
'at-tâ* 'ibûna-I-'â" bidûna-l-h âmidûna-s-sâ* 'ih ûna-r-râki'ûna-s-sâjidûna-1-
"amirûna bi-l-ma'rûfi wa-n-nâhûna 'ani-l-munkari wa-l-hâfîzûna li-hudû-
di-L-Lâhi wa baSsiri-l-mu'minîna (112).
357
Les croyants, ce sont ceux qui se repentent à Allah, qui l'adorent, qui
Le glorifient, répandent Son nom, se courbent devant Lui, se prosternent à
Ses pieds, conseillent le bien et déconseillent le mal et observent les
commandements d'Allah. Annonce une bonne nouvelle aux croyants (112).
Ces croyants auxquels Dieu a acheté leurs personnes et leurs
biens, Il les décrit dans ce verset qui renferme leurs plus beaux épithè-
tes:
-ceux qui se repentent: en abandonnant tous les péchés et s'abs-
tenant de toute turpitude.
-qui L'adorent: en persévérant dans leurs pratiques cultuelles
sans manquer à leurs obligations envers Dieu.
-qui Le glorifient: ou suivant une autre interprétation: qui le louent
en toute circonstance.
- qui répandent Son nom en se livrant aux exercices de piété dont
le jeûne constitue le meilleur.
- qui se courbent devant Lui et se prosternent à ses pieds en ac-
complissant leurs prières quotidiennes et les autres surérogatoires
sans se lasser.
En plus ils ordonnent le bien et ce qui est convenable en dirigeant
les autres vers la voie droite et à être obéissants à Dieu. D'autre part,
ils interdisent tout ce qui est repréhensible, bref ils incitent les hommes
à observer les lois de Dieu et Ses enseignements.
«Annonce une bonne nouvelle aux croyants» car une fois la foi raffer-
mie, elle ne procure au croyant que le bonheur, tout le bonheur dans
les deux mondes.
L'expression «qui répandent Son nom» qui signifie en d'autre terme:
ceux qui se livrent aux exercices de piété, citée dans le verset:
«jjs Cj\ » (As-Sa'ihoun), ne veut pas dire s'isoler dans les cavernes ou
sur les sommets des montagnes ou dans les déserts. Car cette soli-
tude est recommandée pendant les troubles et les séditions. Mais dans
un temps normal, il s'agit, comme le montre un hadith prophétique, du
combat dans la voie de Dieu.
Quant à la période de trouble, Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte que
358
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il arrivera un
temps où la meilleure fortune de l'homme sera de mener son troupeau paî-
tre sur les cônes des montagnes et dans les endroits arrosés par la pluie, en
fuyant ainsi sa religion loin des troubles» (Rapporté par Boukhari) r,i '.
ma kâna U-N-Nabiyyi wa-l-ladîna 'amanû 'ay-yastagfîrû li-l-musrikîna
walaw kâniï 'ulî qurbâ mim ba'di mâ tabayyana lahum 'annahum
'ashâbu-l-jahîmi (113) wamâ kâna-stigfâru 'Ibrâhîma li'abîhi 'illâ 'am-
maw'idatin wa 'adahâ'iyyâhu falammâ tabayyana lahïî 'annahii 'aduw-
wu-l-li-L-Lâhi tabbarra'a minhu 'inna 'Ibrâhîma la'awwâhum
halîraun (1 14).
D ne sied pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon d'Al-
lah en faveur des idolâtres, fussent-Us leurs parents, lorsqu'ils les savent
voués à l'enfer (113) Si Abraham implora le pardon d'Allah en faveur de
son père, c'est qu'il le lui avait promis. Lorsqu'il se rendit compte que son
père était l'ennemi d'Allah, il le désavoua. Et pourtant Abraham était
compatissant et bon (114).
On a rapporté que lorsque Abou Taleb fut à l'article de la mort, le
Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - entra chez lui alors qu'il y
avait Abou Jahl et Abdullah Ben Oumayya auprès de lui. Il lui dit: «O
oncle! Dis: «Il n'y a d'autre divinité que Dieu,» une attestation dont je
359
serai témoin en ta faveur devant Dieu à Lui la puissance et la gloire»
Abou Jahl et Abdullah Ben Oumayya lui dirent: «O Abou Taleb! vas-tu
éprouver de l'aversion pour la religion de Abdul Mouttaleb?» Il répon-
dit: «En effet je suis la religion de'Abdul Mouttaleb». Le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - lui dit alors: «Je ne cesserai de t'implo-
re r le pardon de Dieu à moins de recevoir l'ordre de ne plus le faire»
Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Il ne sied pas au Pro-
phète et aux croyants d'implorer le pardon d'Allah en faveur des idolâtres,
fussent-ils leurs parents, lorsqu'ils les savent voués à l'enfer». Un autre ver-
set fut révélé aussi au sujet de Abou Taleb: «Tu ne diriges pas qui tu
veux. Tandis que Dieu dirige qui H veut» [Coran XXVIII, 56].
Ibn Bouraïda rapporte d'après son père le récit suivant: «Etant
dans une expédition avec le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -
, notre nombre était presque mille cavaliers, il descendit de sa mon-
ture, fit une prière de deux rak'ats, puis il nous regarda les yeux lar-
moyants. Omar Ben Al-Khattab se leva, lui fit la formule de rançon des
père et mère et lui demanda: «Qu'as-tu ô Envoyé de Dieu?» Il lui ré-
pondit: «J'ai imploré le pardon de mon Seigneur à Lui la puissance et la
gloire pour ma mère, mais il ne me l'a pas accordé. Alors mes yeux fondi-
rent en larmes pour la préserver contre l'enfer. Je vous avais interdit de ces
trois: de visiter les tombes, mais maintenant visitez-les cas dans leur visite,
peut-être il y aura un bien pour vous; de consommer la viande des offran-
des après trois jours de leur sacrifice, mangez-en et faites-en provision au-
tant que vous voudrez; enfin de boire dans certains récipients , mais
maintenant buvez comme vous voudrez et ne buvez plus de boissons enivran-
tes» (Rapporté par l'imam Ahmed) 1 ' 1 '.
360
Abdullah Ben Mass'oud raconte: «Un jour, l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - se rendit au cimetière et nous le suivî-
mes. Il s'assit tout près d'une tombe, s'entretint en secret avec son ha-
bitant durant un bon moment, puis il commença à pleurer et nous
pleurâmes aussi. Omar Ben Al-Khattab se rendit auprès de lui, puis il
nous appela et demanda: «Qu'est-ce qu'il vous fait pleurer?» Nous ré-
pondîmes: «O Envoyé de Dieu, nous t'avons vu pleurer et nous avons
pleuré comme toi» Il répliqua: «La tombe où je fus assis près d'elle est
celle de ma mère Amina. Je demandai à Dieu l'autorisation de la visi-
ter souvent et II me l'a accordée».
Suivant une autre version: «J'ai demandé à mon Seigneur de L'in-
voquer en sa faveur, mais II a refusé et m'a fait cette révélation:«n ne
sied pas au Prophète et aux croyants....» Je fus pris par le sentiment qui
prend le fils envers son père. Or je vous avais interdit de visiter les tom-
bes, mais maintenant visitez-les car elles vous font rappeler l'au-delà».
Ibn Abbas, en commentant cette version, à dit: «Les gens implo-
raient le pardon en faveur de leurs morts jusqu'à la révélation de ce
verset, alors ils cessèrent de le faire mais on ne les a pas interdit de
l'implorer pour leurs vivants jusqu'à ce qu'ils meurent. Puis Dieu fit des-
cendre: «Si Abraham implora le pardon d'Allah en faveur de son père». A
son sujet Qatada rapporte: «On nous a raconté que certains des
compagnons de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - lui
dirent: «O Prophète de Dieu! Parmi nos ancêtres il y avait ceux qui ob-
servaient le droit de la protection, maintenaient le lien du sang, libé-
raient les captifs et s'aquittaient de leurs promesses. Ne devrons-nous
pas leur implorer le pardon?» - Certes oui, répondit-il. Par Dieu, j'im-
plore le pardon pour mon père comme Abraham l'a fait pour le sien.
Dieu alors fit cette révélation».
A propos de ce verset: «Si Abraham implora le pardon d'Allah en fa-
veur de son père» Ibn Abbas raconte: «Un juif mourut et son fils qui
s'était converti ne suivit pas le convoi funèbre. En relatant ce fait (à Ibn
Abbas) il répondit: «Il lui appartenait de suivre le convoi funèbre de
son père et de l'enterrer en lui invoquant le Seigneur tant qu'il est vi-
vant. Quand il meurt, le sort du père dépendra de ses actions».
«... o-e St qu-ii lui avait promis. Lorsque il se rendit compte que son
361
père était l'ennemi d'Allah, il le désavoua». Ce comportement fut répété
par Ali Ben Abi Taleb qui, à la mort de son père, avait dit à l'Envoyé
de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Ton oncle le vieillard égaré
est mort» Il lui répondit: «Va l'enterrer et ne commets aucun acte anor-
mal avant ton retour chez moi». Puis il relata le hadith.
Abraham, selon Ibn Abbas, ne cessa d'implorer le pardon de Dieu
pour son père, mais, après sa mort, quand il s'avéra qu'il était un en-
nemi de Dieu, Abraham mit fin à son imploration. Abraham de par sa
nature était compatissant et bon malgré que son père lui nuisait par ac-
tes et paroles. Nous constatons ceci en lisant ces versets: «Vas-tu
maintenant, répliqua son père, faire fi de mes divinités? Cesse tes critiques,
ô Abraham, sinon je te ferai lapider. Va, je te bannis pour toujours. Adieu,
répondit Abraham, j'intercéderai néanmoins auprès de mon Dieu pour toi.
Car, sa bienveillance ne m'a jamais manqué» [Coran XIX, 46-47]. Abra-
ham était, malgré tout, clément et plein de mansuétude.
wamâ kâna-L-Lâhu liyudilla qawmam-ba'da 'id hadâhum hattâ yubayyi-
na lahum mâ yattaqûna 'inna-L-Lâha bikulli Say'in 'Alîmun (115) 'inna-
L-Laha lahû mulku-s-samâwâti wa-l-'ardi yuhyi wa yumîtu wamâ lakum
min dûni-L-Lâhi min waliyyin walâ nasîrin (116).
Allah n'abandonne jamais un peuple, après l'avoir guidé, sans l'avoir
mis en garde contre les dangers qu'il peut courir. Allah est omniscient (115)
Allah est maître des cieux et de la terre. Il donne la vie et la mort. Il n'y a
ni aide ni soutien en dehors de Lui (116).
Dieu se présente comme étant généreux et équitable. Il n'est pas
de Sa nature d'égarer un peuple après l'avoir dirigé en lui envoyant un
Prophète et un message afin que cela soit un argument contre lui au
jour du compte final.
et ibn Jarir de commenter: «Dieu ne vous condamne pas pour
362
l'imploration de Son pardon en faveur de vos morts idolâtres après
vous avoir dirigés vers la foi en Lui et en Son Prophète, mais une fois
qu'il vous interdise cette imploration, cessez-la, et vous ne serez pas
responsables de ce que vous ayez fait auparavant pour vous juger et
considérer comme égarés. Tant l'obéissance qu'à la désobéissance à
Dieu ne seraient considérées comme telles s'il n'y avait pas les ordres
et les interdictions.
«Allah est le maître des cieux et de la terre. Il donne la vie et la mort.
Il n'y a ni aide ni soutien en dehors de Lui» D'après Ibn Jarir, on trouve
dans ce verset une exhortation aux serviteurs croyants à combattre les
polythéistes et les chefs de l'incrédulité. Les croyants doivent avoir
conficence en Dieu qui leur accorde la victoire sans craindre Ses enne-
mis, Lui, dont la royauté des cieux et de la terre Lui appartient. Ils ne
trouvent pas en dehors de Lui ni maître ni défenseur.
Hakim )pn Hizam rapporta: «Tandis que l'Envoyé de Dieu - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - se trouvait parmi ses compagnons, il leur
demanda: «Entendez-vous ce que j'entends moi-même?» - Qu'entends-tu, ô
Envoyé de Dieu? répondirent-ils. Il répliqua: «J'entends le «gémissement»
du ciel et il a droit de le faire. Il n'y a plus l'endroit d'un empan sans qu'il
n'v ait un ange prosterné ou debout» (Rapporte par Ibn Abi Hatem) 111 .
laqad tâba-L-Lâhu 'alâ-N-Nabiyyi wa-l-muhâjirîna wa-l-'ansâri-l-ladîna-
t-taba'ûhu fi sâ'ati-I-'usrati mira ba'di mâ kâda yazîgu qulûbu farîqim-
minhum tumma tâba 'alayhim 'innahû bihim Ra'ûfu-r-Rahîmun (117).
363
Allah a pardonné au Prophète, à ceux qui ont émigré avec lui et à
ceux qui l'ont accueilli à Médine. Ne sont-ce pas ceux qui l'ont soutenu
aux heures difficiles après avoir été sur le point de faillir à leur devoir? Il
leur a pardonné puisqu'il est pour eux plein de mansuétude et de clé-
mence (117).
Ce verset fut descendu lors de l'expédition de Tabouk. A cette
époque-là, une disette envahissait le pays, la chaleur était torride et les
hommes ne trouvaient de quoi pour s'approvisionner.
On demanda à Omar Ben Al-Khattab de raconter ce qu'il y a eu
lieu pendant l'expédition de Tabouk? Il répondit: «Nous sortîmes avec
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dans un temps très
chaleureux. Nous arrivâmes à un endroit où nous éprouvâmes une soif
intense au point où nous sentîmes nps têtes se séparer de nos corps.
L'un d'entre nous s'en allait à la recherche de l'eau et revenait bre-
douille. Un autre égorgeait son chameau et pressait ses entrailles pour
se procurer d'un liquide et se désaltérer. Abou Bakr dit à l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «O Envoyé de Dieu! Dieu à Lui
la puissance et la gloire a souvent exaucé tes prières. Invoque-Le en
notre faveur» - Est-ce ton désir? lui répondit-il. Et Abou Bakr de
s'écrier: «Certes oui». L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa-
lue - alors tendit les mains vers le ciel et ne les abaissa avant que le
ciel ne nous eut envoyé une pluie puis cessa. Les hommes purent
alors se désaltérer et remplir des récipients qu'ils possédaient. En re-
gardant de l'autre côté du camp, nous constatâmes qu'il n'y a eu au-
cune gotte d'eau».
Ibn Jarir commenta le verset précité et dit: «aux heures dificiles» ce-
la signifie que les hommes manquaient les montures, les dépenses,
les provisions et l'eau. A ce moment les cœurs de plusieurs d'entre
eux étaient sur le point de dévier de la vérité et douter de la religion de
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, vu les moments dif-
fieiles in.'!!. in/icis Dieu «s=t revenu ensuite vers eux en les ex-
cusant, car h est bon et miséricordieux envers les hommes.
364
wa 'alâ-t-talâtati-l-ladîn hullifû hatta 'idâ dâqat 'alayhimu-l-'ardu bimâ
rubat wa dâqat 'alayhim 'anfusuhum wa zannïï 'a-l-lâ malja'a mina-L-
Lâhi 'illâ* 'ilayhi tumma tâba 'alayhim liyatûbïï 'inna-L-Lâha huwa-t-
Tawwabu-r-Rahîmu (118) yâ 'ayyuhâ-l-ladîna "S manû-t-taqû-L-Lâha wa
kûnû ma'a-s-sâdiqîna (119).
Allah a également pardonné aux trois individus qui n'ont pas suivi le
Prophète. Longtemps la terre leur parut étroite, toute vaste qu'elle est.
Eux-mêmes se sentaient oppressés et éprouvaient qu'ils ne pourraient trou-
ver d'autre appui qu'en Allah. Allah les accueillit dans le sein de Sa miséri-
corde et les amena ainsi au repentir. Allah est plein de mansuétude et de
clémence (118) O croyants, craignez Allah et soyez du côté des justes (119).
L'imam Ahmed rapporte d'après Oubaidallah Ben Ka'b Ben Malek
qui dirigeait Ka'b atteint de cécité, que ce dernier a raconté:
«Je n'ai manqué à aucune des expéditions que fit le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - à l'exception de celle de Tabouk. Tou-
tefois j'ai manqué aussi à prendre part à l'expédition de Badr, mais
personne ne m'a adressé un reproche ainsi à ceux qui n'y ont pas par-
ticipé, parce que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
était parti avec les musulmans, ayant l'intention de s'emparer du
convoi de Qouraïch, et Dieu les mit en présence de leur ennemi sans
y attendre. Mais j'étais présent la nuit de 'Aqaba lorsque nous adoptâ-
mes l'Islam. Et cette nuit-là m'était plus préférée de celle de Badr mê-
me si cette dernière était plus célèbre pour les hommes. Quant à moi,
jamais je n'avais été plus vigoureux et plus aisé qu'au moment où j'ai
manqué à prendre part à cette expédition.
je )u» par Dieu que je n'avais eu deux montures auparavant
■somme je les avais lors de cette expédition.
365
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - n'avait l'inten-
tion de faire une expédition sans qu'il simule une autre jusqu'au mo-
ment où cette expédition eut lieu. Il a fait cette expédition en affrontant
un long voyage à travers les déserts, accompagné d'un grand nombre.
Il fit connaître aux musulmans son intention afin qu'ils fissent leur pré-
paratif nécessaire pour qu'ils soient prêts pour cette expédition. Il leur
informa ce qu'il désirait faire. Les fidèles étaient très nombreux au
point qu'aucun registre n'en pouvait renfermer la liste. Presque celui
qui voulait s'abstenir pensât qu'on n'en apercevait pas à moins que
Dieu ne le fit connaître par révélation.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - entreprit cette
expédition au moment où les fruits mûrissent et l'ombre fut agréable. Il
fit ses préparatifs ainsi que les musulmans et, à mon tour, je m'apprê-
tai à les imiter mais je remis celà à plus tard en disant en moi-même:
«Je pourrais le faire quand je voudrais» Je restai ainsi sans terminer
mes préparatifs jusqu'au moment où les musulmans s'activaient fébrile-
ment et étaient devenus prêts avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - pour se mettre en route.
Je partis de bon matin et je revins sans toutefois avoir achevé
mes préparatifs. Je ne cessai d'agir ainsi jusqu'à ce que les hommes
hâtèrent le pas et l'expédition était loin. Je songeai à partir pour les rat-
traper et, plût à Dieu que j'eusse pu le faire mais cela me fut plus pos-
sible. Après le départ de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - je m'apprêtai à me mettre en route, mais, à mon vif chagrin, je
ne rencontrais qu'un homme soupçonné d'hypocrisie ou un autre que
Dieu avait excusé à cause de sa faiblesse.
L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - ne se rappela
de moi que lorsqu'il fut à Tabouk au milieu des musulmans et leur de-
manda: «Qu'avait fait Ka'b?» Un homme de Bénou Salama lui répon-
dit: «O Envoyé de Dieu, ce sont son orgueil et sa vanité qui l'ont
retenu».
Alors Mou'adz Ben Jabal s'écria: «C'est bien mal ce que tu dis là!
O Envoyé de Dieu, je jure par Dieu, nous ne savons que du bien de
lui». L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - garda le si-
Ipnce.
366
Lorsque j'appris que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - était de retour de l'expédition de Tabouk, j'éprouvai un grand
chagrin, et je songeai à créer un mensonge en disant à moi-même:
«De quoi pourrai-je demain éviter sa malédiction» en demandant l'aide
des gens avisés de ma famille. Et quand on m'annonça l'imminente ar-
rivée de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, je renonçai
à toute idée de mensonge et m'aperçus que rien ne pourrait me sous-
traire à son courroux. Je me décidai à lui dire la vérité.
Le lendemain, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
arriva. Il avait l'habitude quand il rentrait d'un voyage, de prier deux
rak'ats dans la mosquée et de s'asseoir au milieu des hommes. Aussi-
tôt qu'il eut fait sa prière, ceux qui n'ont pas participé à l'expédition vin-
rent le trouver pour s'excuser et jurer de leur bonne foi. Ils étaient au
nombre de quatre-vingt et quelques hommes. Il accepta leurs excuses
ainsi que leur serment d'allégeance, et demanda à Dieu de leur par-
donner en confiant aussi à Dieu leurs sentiments cachés.
J'arrivai et le saluai, il me dit, en me souriant d'un sourire d'un
homme irrité: «Approche-toi». Je me dirigeai vers lui jusqu'à ce que je
fus devant lui» - Qu'est-ce qui t'a retenu? N'avais-tu pas acheté ta
monture?» - Certes oui, répondis-je, ô Envoyé de Dieu, si je me trou-
vais en présencee d'un autre homme que toi en ce bas monde, je ne
pourrais me soustraire à son courroux sans une excuse et je donnerais
des arguments. Mais par Dieu je sais bien que si je réussis aujourd'hui
à te raconter un mensonge pour obtenir ton agrément, demain, Dieu
attirera sur moi ta colère. Et si je dis la vérité, j'encourrai ta colère et il
se peut que Dieu à Lui la puissance et la gloire me pardonne ce que
j'ai fait. Mais par Dieu je n'ai aucune excuse et je n'ai jamais été aussi
fort et à mon aise qu'au moment où je suis resté derrière toi sans parti-
ciper à l'expédition».
- Celui-là, s'écria l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le sa- i-
lue - a dit la vérité» Puis en m'adressant la parole, il dit: «Lève-toi, et
Dieu décidera à ton sujet ce qu'il voudra». Des hommes de Bénou Sa-
lama me suivirent et dirent: «Par Dieu, nous savons que tu n'as pas
«. mm i3 ae péchés avant cela, or tu as été capable de trouver une ex-
cuse auprès de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - ain-
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si que l'ont fait ceux qui n'ont pas répondu à son appel. La demande
qu'adressa l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à Dieu
pour te pardonner aurait suffi à effacer tout péché». Par Dieu, ils ne
cessèrent de m'accabler de reproches que j'eus le désir de retourner
auprès de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - pour re-
venir sur mes paroles. Je leur dis alors: «Y a-t-il d'autres que moi qui
se trouvaient dans le même cas?» - Oui, répondirent-ils, deux hommes
qui ont tenu les mêmes propos et ont reçu la même réponse. - Et qui
sont-ils. demandai-je. Ils répliquèrent: «Mourara Ben Al-Rabi' AI-'Amri
et Hilal Ben Oumayya Al-Waqifi. Ces deux personnes étaient des hom-
mes de bien, d'un comportement exemplaire et avaient assisté à la ba-
taille de Badr.
Je rentrai chez moi après que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - eut ordonné aux fidèles de ne plus adresser la pa-
role à aucun de nous, les trois. Les hommes nous évitèrent et
changèrent leur attitude vis-à-vis de nous. La terre elle-même changea
et je me demandai si la terre où j'étais était la même terre que je
connaissais. Cela dura cinquante jours». Puis il relata le reste du récit.
Dieu ensuite fit cette révélation: «Allah a pardonné au Prophète, à
ceux qui ont émigré avec lui et à ceux qui l'ont accueilli à Médine. Ne
sont-ce pas ceux qui l'ont soutenu aux heures difficiles après avoir été sur
le point de faillir à leur devoir? H leur a pardonné puisqu'il est pour eux
plein de mansuétude et de clémence. Allah a également pardonné aux trois
individus qui n'ont pas suivi le Prophète. Longtemps la terre leur parut
étroite, toute vaste qu'elle est. Eux-mêmes se sentaient oppresés et éprou-
vaient qu'ils ne pourraient trouver d'autre appui qu'en Allah. Allah les ac-
cueillit dans le sein de sa miséricorde et les amena ainsi au repentir. Allah
est plein de mansuétude et de clémence. O croyants, craignez Allah et soy-
ez du côté des justes».
Ces trois individus étaient quasiment isolés des autres pendant
cinquante jours et nul ne leur adressait la parole. La terre, toute vaste
qu'elle fût, leur paraissait exiguë, ils ne savaient quoi faire, comment
se f-nmrinrter. mais malaré tout, ils manifestèrent leur oonetanoa et en-
durèrent ce bycottage, et pour prix de leur sincérité, Dieu accepta leur
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repentir. Donc cette période de boycottage était pour eux une punition
puis Dieu revint vers eux.
«Soyez du côté des justes» un ordre divin qui ne procurera à celui
qui l'aura observé que des issues pour toute affaire et toute gêne. Ab-
dullah Ben Mass'oud a dit: «Aucun profit à tirer du mensonge que ce
soit sérieux ou une plaisanterie».
mâ kâna li'ahli-l-Madînati wa man hawlahum mina-l-'a'râbi 'ay-
yatahallafit 'an rasùli-L-Lâhi walâ yargabû bi 'anfusihim 'an nafsihî d âli-
ka bi 'annahum là yusîbuhum zama'un walâ nasabun walâ mahmasatun
fî sabîli-L-Lâhi walâ yata'ûna mawti'an yagîzu-l-kuffâra wa lâ yanâlûria
min 'aduwwin naylan 'illâ 'inna-L-Lâha lâ yudî'u 'ajra-l-muhsinîna (120).
Il est indigne des habitants de Médine et des nomades d'alentour
d'abandonner le Prophète ou de préférer leurs personnes à la sienne. En ef-
fet, il n'est ni soif, ni fatigue, ni privation qu'ils n'endurent au service d'Al-
lah, de même qu'ils ne fouleront pas un pouce de territoire ennemi ou qu'ils
ne remporteront sur l'ennemi aucun succès, sans que cela ne leur soit
compté comme une bonne œuvre! Allah ne laisse rien perdre aux gens de
bien des leurs œuvres (120).
Dieu blâme les hommes qui étaient restés à l'arrière sans partici-
per à l'expédition de Tabouk, parmi les habitants de Médine et les bé-
douins qui vivaient autour d'elle et qui préféraient leur propre vie à
celle du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, car par ce faire ils
se sont privés de la rétribution. S'ils l'avaient suivi et prit par à cette
expédition, ils n'éprouveraient ni soit, ni faim, ni fatigue en combattant
dans le chemin de Dieu. De même, ils ne fouleront pas un endroit qui
puisse être foulé en provoquant la colère des mécréants et ne rece-
vront aucun nuarvtsge sur U r> ennemi, sans que cela ne soit une bonne
369
action qui passe à leur actif. Dieu comme on le sait, ne laisse pas per-
dre la bonne rétribution à ceux qui font le bien.
walâ yunfiqûna nafaqatan sagîratan walâ kabîratan walâ yaqta'ûna wâ-
diyan 'illâ kutiba lahum liyajziyahumu-L-Lâhu 'ahsana mâ kânû
ya'malûna (121).
Ils ne consentiront aucune contribution petite ou grande, en campagne,
ils ne franchiront aucune vallée sans que cela ne soit inscrit à leur compte.
Allah rétribuera leurs actes de la plus belle récompense qui soit (121).
Ces combattants dans le sentier de Dieu ne feront aucune dé-
pense, petite ou grande, «ne franchiront aucune vallée» pour aller à la
rencontre de leur ennemi «sans que cela ne soit inscrit à leur compte».
On rapporte à ce propos que le prince des croyants Othman Ben
Affan -que Dieu l'agrée-, grâce à ce vreset, avait une très belle récom-
pense parce qu'il avait dépensé, pour réaliser cette expédition, des dé-
penses énormes. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -
avait excité les hommes à dépenser pour cette expéditin qui, comme
on l'a montré, avait lieu dans des circonstances très difficiles. Othman
s'écria: «Je prends à ma charge cent chameaux tout équipés. Puis à
la deuxième exhortation du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -;
Othman ajouta encore cent chameaux. Avant de descendre de sa
chaire, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - encouragea
les hommes à dépenser, et Othman de répondre sans aucune hésita-
tion: «Je suis prêt à donner aussi cent chameaux équipés.» Le rappor-
teur de cet événement ajouta: «J'ai vu alors l'Envoyé de Dieu -
qu'Allah le bénisse et le salue - faire un geste de sa main en disant:
«Dieu ne demandera pas compte à Othman sur tout ce qu'il aura
commis après cela».
Suivant une autre version, Othman vint trouver le Prophète - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - et versa devant lui mille dinars. Il les prit,
les tourna entre ses doigts en disant: «Dieu désormais absoudra à
&»w m „„ i=„i 64eM»! et n la réoéta plusieurs fois.
370
Quant à l'expression: «ils ne franchiront aucune vallée» Qatada l'a
commentée: «Ces gens-là ne traverseront une vallée en s'éloignant
des leurs sans qu'ils ne soient rapprochés de Dieu».
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kâna-l-mu'minûna liyanfirû kâ"ffatan falawl nafara min kulli fïrqatim-
minhum tï 'ifatu-l-liyatafaqqahû fi-d-dîni wa liyundirû qawmahum 'idâ
raja'ïï 'ilayhim la 'allahum yahdarûna (122)
Il n'est pas souhaitable que tous les fidèles quittent leur pays pour
s'instruire. Il suffit qu'un certain nombre d'entre eux viennent apprendre la
religion, puis s'en retournent chez eux pour l'enseigner à leurs concitoyens.
Peut-être en viendront-ils à craindre Allah (122).
lbn,Abbas a commnenté ce vereset de cette manière: «Les
croyants n'ont pas à sortir tous en campagne en laissant le Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - seul. Il convient donc qu'un groupe
d'entre eux- c.à.d un régiment- aille en campagne selon l'ordre du Pro-
phète - qu'Allah le bénisse et le salue - et, à leur retour, ils apprendront
des fidèles qui sont restés les enseignements et les révélations des-
cendus durant leur absence, et s'instruiront ainsi dans la religion.
«Peut-être en viendront-ils à craindre Allah» ou suivant une autre in-
terprétation: «Peut-être prendraint-ils garde». A ce propos Moujahed a
dit: «Ce verset fut révélé au sujet de certains compagnons du Pro-
phète - qu'Allah le bénisse et le salue - qui sont sortis dans les déserts
pour accomplir leur mission. Ils étaient accueillis aimablement par les
autres qui leur ont fait du bien. Ils les ont appelés à Dieu et à suivre la
voie droite, et eux de répondre: «Nous trouvons que vous avez quitté
vos compatriotes pour vivre entre nous». A cette réponse, les fidèles
éprouvèrent un certain embrarras, ils quittèrent le désert et se rendi-
rent chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - Dieu à Lui la
puissance et la gloire fit alors cette révélation: «Il suffit qu'un certain
nombre d'entre eux» à la recherche du bien «viennent apprendre la reli-
gion» pour être au courant des dernières révélations «puis s'en retour-
nent chez eux pour l'enseigner à leurs concitoyens».
371
Al-Dahak, quant à lui, a dit: «Lorsque le Prophète - qu'Allah le bé-
nisse et le salue - voulait être à la tête d'une expédition qui comptait
entreprendre, il n'était plus permis à tout musulman de rester chez soi
sans en prendre part à moins qu'il n'y ait des excuses valables. Quand
il envoyait les régiments, ceux-ci ne partaient avant son autorisation. Si
une certaine révélation fut descendue durant leur absence, à leur re-
tour ils demandaient à ceux qui étaient restés de la leur apprendre.
Ikrima de sa part a commenté: «Après la révélation de ce verset:
«Si vous refusez de combattre, Allah vous infligera un châtiment exemp-
laire» [Coran IX, 39] et ceci: «Il est indigne des habitants de Médine et
des nomades d'alentour...» [Coran IX, 120] les hypocrites s'écrièrent:
«Les nomades et ceux qui ont fait défection à Mouhammad sont per-
dus» alors qu'un certain nombre des compagnons du Prophète - qu'Al-
lah le bénisse et le salue - étaient sortis vers les déserts pour instruire
leurs concitoyens. Dieu à cette occasion fit descendre: «Tl n'est pas sou-
haitable que tous les fidèles quittent leur pays».
yâ 'ayyuhâ-l-ladîna If manû qâtilû-l-ladîna yalûnakum mina-l-kuffari wa
liyajidû fîkum gilzatan waiamû 'anna-L-Lâha ma'a-l-muttaqîna (123).
1 O croyants, combattez vos voisins infidèles! Qu'ils sentent votre ru-
desse! Et sachez qu'Allah est avec ceux qui évitent l'injustice (123).
Dieu ordonne aux fidèles de combattre d'abord les impies qui sont
près d'eux. C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - a commencé à combattre les idolijjres qui vivaient dans la pres-
qu'ile arabique. Lorsque les gens entré;. SM en masse dans la religion
de Dieu et embrassèrent l'Islam, à savoir que les principales régions
étaient conquises telles que La Mecque, Médine, Taëf et d'autres, l'En-
voyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se prépara alors au
combat des incrédules parmi les gens du Livre.
En l'an 9 après l'hégire, il fit l'expédition de Tabouk où vivaient les
Romains qui étaient des gens d'Ecriture, puis à cause de la disette, la
372
chaleur torride et les difficultés qu'avaient rencontrées les fidèles, il re-
tourna à Médine.
En l'an 10 de l'hégire, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le
salue - s'occupa du pèlerinage de l'adieu, et après quatre-vingt et un
jour de son accomplissement, la mort le surprit. Son successeur au
pouvoir le calife Abou Bakr As-Siddiq prit à sa charge la mission de
l'expansion de l'Islam,. En effet, il envoya des troupes pour combattre
les Romains qui adoraient la croix et les Perses adorateurs du feu.
Leurs pays furent conquis, César et Cosroès furent vainus, leurs tré-
sors pillés et emportés aux pays des musulmans pour être dépensés
dans le sentier de Dieu.
Après Abou Bakr, Omar fut élu calife et put conquérir les royau-
mes tant à l'est qu'à l'ouest et triompher sur les impies. A la mort de
'Omar, Othman Ben Affan tint les rênes du pouvoir et put conquérir
aussi d'autres régions, la Parole de Dieu fut la plus haute, la religion
de l'Islam envahit les pays et ainsi les successeurs du Prophète -
qu'Allah le bénisse et le salue - au pouvoir avaient obtempéré aux or-
dres divins en se conformant à ce verset: «O croyants, combattez vos
voisins infidèles».
«Qu'ils sentent votre rudesse» en les combattant, car un croyant fi-
dèle est celui qui est compatissant envers son frère le croyant, et rude
envers les incrédules selon les dires de Dieu: «Bons envers les croyants,
durs envers les infidèles» [Coran V, 54] et: «Mohammed est le Prophète de
Dieu. Autant ses compagnons sont implacables envers les infidèles, autant
ils sont compatissants entre eux» [Coran XLVIII, 29]. Que les croyants
sachent que Dieu est toujours avec ceux qui Le craignent, qu'ils se
fient donc à Lui et observent Ses enseignements.
wa 'id â mâ 'unzilat sûratun faminhum may-yaqûlu 'ayyukum zâdathu
373
hâdihî 'îmânan fa 'ammâ-l-ladîna 'à"manû fazâdathum 'îmânan wahum
yastabSirûna (124) wa 'amma-l-ladîna fî qulûbihim maradun fazâdathum
rijsan 'ilâ rijsihim wa mâtû wahum kâfirûn (125).
Quand une nouvelle sourate est révélée, il en est qui disent: «Duquel
d'entre vous, cette sourate a augmenté la foi?» Elle a augmenté la foi de
tous les vrais croyants, qui s'en réjouissent (124) Quant aux cœurs infirmes,
elle n'a fait qu'augmenter leur acrimonie. Et au moment de la mort, ils
sont encore infidèles (125).
Toutes les fois qu'une nouvelle sourate fut révélée, certains parmi
les hypocrites dirent les uns aux autres: «Duquel d'entre vous, cette sou-
rate a augmenté la foi?» C'est une preuve, comme ont avancé les ulé-
mas, que la foi peut augmenter comme elle peut diminuer.
«Quant aux cœurs infirmes, elle n'a fait qu'augmenter leur acrimonie»
c'est à dire elle ajoute souillure à la souillure de ceux qui doutent et
dont les cœurs sont malades, comme Dieu le confirme dans ce verset:
«Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se heurte à la
surdité et à l'aveuglement des incrédules» [Coran XLI, 44]. Ceci est en-
core un signe de leur misère et leur mauvais sort, car même ce Coran
qui est une guérison pour les cœurs et une voie droite ne fait qu'aggra-
ver leur égarement à cause de leur incrédulité et leur hypocrisie, tout
comme on a dit: «Celui dont son humeur est mauvaise, tout ce qui le
nourrit ne fera qu'augmenter son mauvais tempérament».
'awalâ yarawna 'annahum yuftanûna fî kulli 'âmim-marratan 'aw marra-
tayni tumma lâ yatûbûna walâ hum yaddkkarûna (126) wa'idâ ma 'un-
zilat sûratun nazara ba'duhum 'ilâ ba'din hal yarâkum min 'ahadin t
umma-n-sarafû sarafa-L-Lâhu qulûbahum bi 'annahum qawmu-l-la yaf-
qahûna(127).
Ne voient-ils pas qu'Allah les éprouve une ou deux fois l'an? Malgré
•3T7A
cela, ils ne se repentent ni ne s'amendent (126) Chaque fois qu'une sourate
est révélée, ils se regardent les uns les autres, disant: «Quelqu'un vous
voit?» Puis ils s'esquivent. Allah ferme les cœurs de gens aussi peu corapré-
hensifs (127).
On reproche à ces hypocrites leur obstinatin car, malgré qu'ils
sont éprouvés une ou deux fois l'an, ils ne se repentent pas de leurs
péchés ni se rappellent de ce qui les attendra dans l'au-delà. Cette
épreuve a été interprétée de manières différentes: Moujahed a dit qu'il
s'agit de la disette et de la faim. Pour Qatada l'épreuve est la guerre
ou la conquête une ou deux fois l'an.
Après la révélation d'une sourate, les hypocrites regardent les uns
les autres, et même à droite, à gauche, et partout si quelqu'un les voit,
puis ils se détournent sans prêter aucune attention. Tel est leur
comportement dans le bas monde, ils tergiversent et n'acceptent au-
cune vérité ou essayent de la saisir. Dieu montre leur cas quand II dit
dans une autre sourate: «Pourquoi se désobéissent-ils à nos avertisse-
ments? semblables à des ânes effarouchés» [Coran LXXIV, 49 - 50], Dieu,
de sa part, détourne leurs cœurs car ils sont des gens qui n'essayent
pas de concevoir ni de comprendre les enseignements, plutôt ils préfè-
rent s'en détourner et se préoccuper d'autres affaires.
laqad jâ*'akum rasûlum-min 'anfuslkuin 'azîzun 'alayhi mâ 'anittum
harîsun 'alaykum bi-l-mu'minîna ra 'ûfu-r-rahîm (128) fa 'in tawallaw fa-
qul hasbiya-L-Lahu la 'ilâha 'illâ huwa 'alayi tawakkaltu wahuwa rab-
bu-l-'arsi-l-'azîm (129).
Un Prophète choisi parmi vous est venu, compatissant à vos peines, im-
patient de vous convaincre. Il est toute bonté et clémence pour les
croyants (128) S'ils restent insensibles, dis: «Allah me suffit. Il n'y a d'au-
tre Allah que Lui. Je me fie à Lui. Il est le détenteur du trône sub-
lime (129).
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Dieu rappelle aux croyants qu'il leur a envoyé un Prophète pris
parmi eux, c'est à dire d'une même nature que la sienne et qui parle
leur langue, comme le montre également ce verset: «Allah a marqué
une extrême bienveillance aux fidèles en choisissant parmi eux un Pro-
phète» [Coran III, 164] et ce qu'Abraham avait demandé à Dieu en dis-
ant: «Seigneur, fais naître parmi eux un envoyé...» [Coran II, 129].
Ce Prophète qui a été envoyé, le mal que vous faites lui pèse, il
ne cherche pas à vous accabler par les pratiques excessives dont
vous êtes incapables d'accomplir, plutôt la loi qui l'a apportée est facile
à quiconque Dieu la lui rend comme telle. Il est aussi avide de votre
bien en vous dirigeant vers la voie droite.
A ce propos Abdullah Ben Mass'oud rapporte que l'Envoyé de
Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu n'a imposé une inter-
diction sans qu'il ne sache que vous allez la transgresser. Or, je vous tiens
par la tête de peur que vous ne vous précipitiez dans le feu comme font les
mouches et les papillons» (Rapporté par Ahmed)* 1 *'
Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - a raconté qu'il a vu en rêve deux anges venir à lui. L'un se
tint auprès de sa tête et l'autre auprès de ses pieds. Ce dernier dit au
premier: «Donne-moi la parabole de cet homme-là et de sa commu-
nauté». L'autre répondit: «Ils sont pareils à des gens qui ont entamé
un voyage et, arrivés à un désert, constatèrent que leur provision ne
leur permettra ni de franchir le désert ni de retourner chez eux». Etant
ainsi, un homme portant un joli manteau se présenta à eux et dit: «Si
je vous amène dans un verger où vous trouverez la verdure et l'eau,
me suivriez-vous?». - Certainement, répondirent-ils. Il les amena vers
ce verger où ils ont pu manger et se désaltérer et même ont gagné de
poids. Puis il leur dit: «Ne vous ai-je pas trouvé dans un état lamen-
table et vous m'avez suivi pour vous amener à ce verger?» - Oui, ré-
pondirent-ils. - Que pensez-vous si je vous dis qu'il y a aussi devant
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vous un jardin qui est aussi meilleur que celui-là, me suivriez-vous?»
Une partie s'écria: «Par Dieu, il ne dit que la vérité, suivons-le», mais
l'autre riposta: «Nous nous contentons d'y rester car nous y sommes
très bien».
«Il est toute bonté et clémnece pour les croyants» tel est le caractère
du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - à qui Dieu a dit aussi:
«Sois d'un abord facile pour les croyants qui se donnent à toi» [Coran
XXVI, 215]. S'ils se détournent de toi et de la religion grandiose et fa-
cile que vous avez apportée, réponds-leur: «Allah me suffit. Il n'y a
d'autre Allah que Lui». Il lui dit dans un autre verset: «Il est le maître de
l'Orient et de l'Occident. Il n'y a d'autre Allah que Lui. Prends-le pour
souverain» [Coran LXXIII, 9]. Il est le Maître du Trône immense, à qui
tout appartient. Il est le créateur de tout ce qu'il se trouve dans les
d'eux et sur la terre, entre eux et sous le Trône. Ils sont soumis à Sa
volonté. Sa science embrasse tout. Sa décision se réalise. Il est puis-
sant sur toute chose.
A cet égard Abou Ad-Darda' a dit: «Quiconque aura dit sept fois
matin et soir: «Dieu me suffit, il n'y a de Dieu que Lui. Je me fie à Lui.
Il est le Seigneur du Trône immense» Cela le délivre de toute gêne».
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