al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān
Verset 1
Elle est mecquoise. Au nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. ◆ V.1–3 Allah — exalté soit-Il — jura par le jour quand sa lumière se répand — la matinée —, et par la nuit {quand elle se calme} et épaissit son obscurité, au sujet du soin d'Allah pour Son messager — paix et bénédiction sur lui — : {ton Seigneur ne t'a pas abandonné} : Il ne t'a pas délaissé depuis qu'Il a pris soin de toi, ni négligé depuis qu'Il t'a éduqué et gardé — Il n'a cessé de t'éduquer de l'éducation la plus parfaite et de t'élever de degré en degré. {Et Il ne t'a pas} détesté : Il ne t'a pas haï depuis qu'Il t'a aimé — la négation du contraire atteste son opposé, et la négation pure n'est un éloge que si elle contient l'affirmation d'une perfection. Tel est l'état du Messager — paix et bénédiction sur lui —, passé et présent : le plus parfait et le plus complet des états, l'amour d'Allah pour lui et sa persistance, Son élévation de lui en degrés de perfection, et la permanence du soin d'Allah. ◆ V.4 Quant à son état futur : {l'au-delà est pour toi meilleur que le premier} : tout état tardif de tes états a l'excellence sur l'état antérieur. Il ne cessa — paix et bénédiction sur lui — de monter en degrés des sommets, Allah affermissant sa religion, le faisant vaincre ses ennemis, le dirigeant en ses états, jusqu'à sa mort, parvenu à l'état où nul des premiers ni des derniers n'est parvenu, en vertus, grâces, joie des yeux et allégresse du cœur. ◆ V.5 Et après cela, n'interroge pas sur son état dans l'au-delà, ses honneurs détaillés et ses sortes de bienfaisance : {ton Seigneur te donnera, et tu seras satisfait} — chose qu'aucune expression ne peut dire sinon cette formule totale et globale. ◆ V.6–8 Puis Il lui rappela ce qu'Il sait de ses états particuliers : {ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin, et abrité ?} Il t'a trouvé sans mère ni père — ton père et ta mère morts, toi incapable de pourvoir à toi — et Allah t'a abrité, fait garder par ton grand-père ʿAbd al-Muṭṭalib ; à sa mort, Allah te fit garder par ton oncle Abū Ṭālib, jusqu'à ce qu'Il te soutînt [Allah] de Son secours et des croyants. {Il t'a trouvé égaré, et dirigé} : Il t'a trouvé ne sachant ni le Livre ni la foi, Il t'a enseigné ce que tu ne savais pas, disposé aux meilleures œuvres et aux meilleurs caractères. {Il t'a trouvé pauvre, et enrichi} : Allah t'a enrichi par l'ouverture des pays dont les biens et l'impôt te furent rassemblés. Celui qui t'a ôté ces défauts t'ôtera tout défaut ; celui qui t'a conduit à la richesse, t'a abrité, secouru et dirigé — paie Sa grâce par la gratitude. ◆ V.9–11 C'est pourquoi : {quant à l'orphelin, ne l'écrase pas} : ne traite pas mal l'orphelin, que ta poitrine ne se resserre pas sur lui, ne le repousse pas rudement : honore-le, donne-lui ce qui est possible, fais pour lui comme tu voudrais qu'on fasse pour ton enfant après toi. {Quant au demandeur, ne le repousse pas} : que ne sorte de toi envers le demandeur aucune parole impliquant le rebut de sa demande par rudesse et dureté : donne-lui ce qui est possible, ou renvoie-le avec bienveillance et bonté — cela vaut le demandeur d'argent et le demandeur de savoir : c'est pourquoi l'enseignant doit être bienveillant envers l'apprenant, l'honorer et le caresser de tendresse, car cela l'aide dans son but et honore qui travaille au profit des serviteurs et des pays. {Et quant à la grâce de ton Seigneur, proclame-la} : cela embrasse les grâces religieuses et mondaines — fais l'éloge d'Allah pour elles, distingue-les par la mention s'il y a un intérêt ; sinon, raconte les grâces d'Allah en général : raconter la grâce d'Allah appelle à la gratitude et fait aimer les cœurs à Celui qui l'a donnée — les cœurs sont façonnés pour aimer le bienfaiteur.