al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān
Verset 2
[Elle est] mecquoise. Au nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Allah, exalté soit-Il, fait, d'une allusion dénotant la magnification, allusion à {aux versets du Livre sage} : Ses versets sont solidement ordonnés, issus d'un Sage bien informé. De cet ordre : ils sont venus avec les plus nobles, les plus éloquents et les plus clairs des mots, indiquant les plus nobles et meilleurs des sens. De cet ordre : ils sont préservés du changement, de la modification, de l'addition, du retranchement et de l'altération. De cet ordre : tout ce qu'ils contiennent d'informations antérieures et ultérieures et de matières de l'invisible est conforme au réel, et le réel leur est conforme : aucun livre des livres divins ne les contredit, aucun prophète n'annonça leur contraire, et aucune science sensible ou rationnelle valide, venue ou à venir, ne contredit ce qu'ils indiquent. De cet ordre : ils n'ont rien ordonné qui ne soit d'intérêt pur ou prépondérant, rien interdit qui ne soit de nuisance pure ou prépondérante — et ils joignent souvent l'ordre de la chose à la mention de sa sagesse et de son utilité, et l'interdit de la chose à la mention de son dommage. De cet ordre : ils réunissent l'attirance et l'intimidation et l'exhortation éloquente par laquelle les bonnes âmes s'équilibrent et, jugeant, œuvrent avec fermeté. De cet ordre : leurs versets répétés — histoires, statuts et semblables — tous se sont accordés et rejoints : il n'y a en eux ni contradiction ni divergence ; et plus le lucide les médite et y applique sa raison, plus son esprit s'émerveille et son intelligence est stupéfaite de l'accord et de la concorde, et il tranche sans hésiter que c'est une descente d'un Sage, digne de louange.
Verset 3
Mais, bien qu'il soit sage, appelant à toute vertu et interdisant tout vice, la plupart des gens sont privés de s'y guider, détournés d'y croire et d'y œuvrer — excepté quiconque Allah, exalté soit-Il, a rendu capable et préservé : les bienfaisants dans l'adoration de leur Seigneur et bienfaisants envers les créatures. Il est {une guidance} pour eux : il les guide au droit chemin et les avertit des chemins de la Fournaise ; {et une miséricorde} pour eux : par lui leur adviennent le bonheur en ce monde et en l'autre, le bien abondant, la récompense considérable, la joie et l'allégresse, et s'écartent d'eux l'égarement et la misère.
Verset 4
Puis Il décrit les bienfaisants par la science parfaite — la certitude qui oblige l'œuvre et la crainte de la punition d'Allah, dont ils délaissent les désobéissances — et les décrit par l'œuvre, particularisant de l'œuvre deux œuvres excellentes : {la prière}, qui contient la sincérité, l'entretien avec Allah, exalté soit-Il, et l'adoration générale du cœur, de la langue et des membres, et aide aux autres œuvres ; {et la zakāt}, qui purifie son auteur des vils caractères, profite à son frère musulman et couvre son besoin, et montre que le serviteur préfère l'amour d'Allah à l'amour du bien : il fait sortir de son bien ce qu'il aime pour Ce qui lui est plus cher, la quête de l'agrément d'Allah.
Verset 5
{Voilà ceux-là}, les bienfaisants réunissant science parfaite et œuvre, {sur une guidance} immense, comme l'indique l'indétermination — guidance qui est leur lot et leur est parvenue {de leur Seigneur}, qui n'a cessé de les éduquer par les bienfaits et d'écarter d'eux les rigueurs. Cette guidance qu'Il leur a fait parvenir est de Son éducation propre à Ses alliés, la meilleure des éducations. {Et voilà ceux-là les réussissants}, qui ont atteint l'agrément de leur Seigneur et Sa récompense terrestre et ultérieure, et sont saufs de Son indignation et de Sa punition — pour avoir suivi la voie du salut, qui n'en a point d'autre. Ayant mentionné les guidés par le Coran qui s'y appliquent, Il mentionne qui s'en détourna sans y élever la tête, et qu'il en fut puni par le remplacement de tout faux dire : il quitta la plus haute des paroles et le meilleur des discours, et en prit le plus bas dire et le plus laid. C'est pourquoi Il dit :
Verset 6
{Parmi les gens, il est qui} est privé et frustré, {achète}, choisit et désire du désir de qui paie le prix de la chose, {le divertissement du discours}, les discours qui distraient les cœurs et les détournent du plus noble des buts. Cela embrasse toute parole interdite, toute futilité, néant et délire : les paroles exhortant à la mécréance, la perversité et la désobéissance ; les paroles des contradicteurs de la vérité disputant par le faux pour l'abolir ; médisance, colportage, mensonge, insulte et invective ; chant et musiques du démon ; et les coursiers de distraction sans utilité ni pour la religion ni pour le monde. Ce genre de gens {achète le divertissement du discours} contre la guidance du discours, {pour égarer} les gens {sans science} : après s'être égaré en son acte, il égare autrui — car l'égarement d'autrui naît de l'égarement. Son égarer en ce discours est sa détournement du discours profitable, de l'œuvre profitable, de la vérité manifeste et du droit chemin ; et cela ne lui réussit qu'en critiquant la guidance et la vérité et en prenant les signes d'Allah en dérision, s'en moquant et moquant qui les apporta. Quand il réunit l'éloge du faux et l'exhortation à lui, la critique du vrai et la moquerie de lui et des siens, il égare qui n'a pas de science et le trompe de ce qu'il lui suggère de parole que cet égaré ne discerne pas et dont il ne connaît pas la réalité. {Ceux-là auront un châtiment avilissant} : pour s'être égarés, avoir égaré, s'être moqués des signes d'Allah et avoir nié la vérité claire.
Verset 7
C'est pourquoi Il dit : {quand Nos versets lui sont réitésrés}, pour qu'il y croie et s'y soumette, {il tourne le dos, orgueilleux} : il s'en détourne, en orgueilleux qui les repousse ; ils n'entrent pas son cœur et ne l'affectent pas — il s'en détourne {comme s'il ne les avait pas entendus}, comme s'il {avait dans ses oreilles une surdité} : une cécité de l'ouïe où les voix ne parviennent pas. Celui-là, nul moyen de le guider. {Annonce-lui} une annonce qui imprime en son cœur la tristesse et le chagrin, et sur son visage le mauvais, les ténèbres et la grisaille, {un châtiment douloureux}, douloureux pour son cœur et son corps, dont on ne peut mesurer la mesure ni connaître l'énormité — telle est l'annonce des gens du mal : ce n'est point une heureuse annonce.
Verset 8
Quant à l'annonce des gens du bien : {ceux qui ont cru et fait les œuvres pies}, réunissant l'adoration interne par la foi et l'externe par l'islam et l'œuvre bonne — {à eux les jardins de la félicité}, annonce de ce qu'ils ont avancé et accueil de ce qu'ils ont préparé, {ils y demeurent éternellement}, dans les jardins de la félicité : félicité du cœur, de l'âme et du corps. {Promesse d'Allah en vérité}, qui ne peut être manquée, ni changée, ni modifiée. {C'est Lui le Tout-Puissant, le Sage}, parfait en puissance, parfait en sagesse : de Sa puissance et Sa sagesse, Il a rendu capable qui Il a rendu capable, et frustré selon ce qu'exigeaient en eux Sa science et Sa sagesse.
Verset 10
Allah, exalté soit-Il, récite à Ses serviteurs des traces de Sa puissance, des merveilles de Sa sagesse et des bienfaits de Sa miséricorde : {Il a créé les cieux}, les sept, dans leur grandeur, leur étendue, leur épaisseur et leur prodigieuse élévation, {sans colonnes que vous voyez} : ils n'ont pas de colonnes — s'ils en avaient, on les verrait — mais ils se sont établis et tenus par la puissance d'Allah, exalté soit-Il. {Et Il a lancé dans la terre des ancrages}, des montagnes immenses qu'Il a plantées dans ses recoins et ses régions, de peur qu'{elle ne branle avec vous} : sans les montagnes ancrées, la terre eût branlé et ne se serait pas établie avec ses habitants. {Et Il y a répandu toute sorte de bêtes} : dans la terre large, de toutes espèces de bêtes, assujetties aux enfants d'Adam, à leurs intérêts et leurs utilités. Les y ayant répandues, Allah, exalté soit-Il, sut qu'elles nécessitaient une subsistance pour vivre : Il fit descendre du ciel une eau bénie, {et par elle Nous fîmes pousser toute paire noble} d'aspect, utile, bénie — les bêtes répandues s'y pâturent, et tout vivant s'y repose.
Verset 11
{Ceci}, la création du monde supérieur et inférieur — minéral et animal — et la conduite des subsistances des créatures, {est la création d'Allah} seul, sans associé : tous l'avouent, vous aussi, ô associationnistes. {Montrez-Moi donc ce qu'ont créé ceux qui sont en dehors de Lui}, ceux que vous Lui avez donnés comme associés, que vous invoquez et adorez : il s'ensuivrait qu'ils aient une création comme la Sienne et une subsistance comme la Sienne. S'ils ont quelque chose de cela, montrez-le-moi, pour que soit valide ce que vous avez prétendu de leur dignité à l'adoration. Il est su qu'ils ne peuvent rien montrer de création par elles : tous avouent que ce qui a été mentionné est la création d'Allah seul, et il n'y a rien d'autre de connu. Donc leur impuissance à établir pour elles quoi que ce soit qui les rende adorables est avérée — mais leur adoration d'elles est sans science ni lucidité, par ignorance et égarement. C'est pourquoi Il dit : {les injustes sont plutôt dans un égarement manifeste}, évident et clair : ils adorent qui ne possède ni profit ni nuisance, ni mort ni vie ni résurrection, et délaissent la sincérité au Créateur, Pourvoyeur, Possesseur de toutes les affaires.
Verset 12
Allah, exalté soit-Il, informe de Sa grâce envers Son excellent serviteur Luqmān : la sagesse, qui est la science de la vérité en sa forme et sa sagesse — la science des statuts et la connaissance de leurs secrets et règles. L'homme peut être savant sans être sage ; quant à la sagesse, elle entraîne la science, et même l'œuvre : c'est pourquoi la sagesse fut expliquée comme la science profitable et l'œuvre bonne. Lui ayant donné cet immense bienfait, Il lui ordonna de Le remercier de ce qu'Il lui a donné, pour le bénir en cela et l'accroître de Sa faveur, et l'informa que le profit de la gratitude des reconnaissants leur revient, et que quiconque est ingrat et ne remercie pas Allah, le revers de cela retombe sur lui — Allah Se suffit à lui, Digne de louange en ce qu'Il décrète et juge sur qui contredit Son ordre : Sa suffisance est inhérente à Son essence, et Sa qualité de Digne de louange — en Ses attributs de perfection comme en Sa belle facture — inhérente à Son essence ; chacune des deux descriptions est une perfection, et leur réunion est perfection sur perfection. Les exégètes divergèrent : Luqmān était-il prophète ou serviteur juste ? Allah, exalté soit-Il, ne rapporta de lui rien sinon qu'Il lui donna la sagesse, et rapporta quelque chose indiquant sa sagesse en son exhortation à son fils — il mentionna les fondements de la sagesse et ses grandes règles :
Verset 13
{Quand Luqmān dit à son fils, l'exhortant} — ou lui dit une parole par laquelle il l'exhorte ; l'exhortation est l'ordre et l'interdit joints à l'attirance et à l'intimidation. Il lui ordonna la sincérité, lui interdit l'association et lui en exposa la cause : {l'association est certes une immense injustice}. Elle est immense en ce qu'il n'est rien de plus atroce et d'plus abominable que d'égaler la créature de poussière au Maître des cous, d'égaler qui ne possède rien de l'ordre au Possesseur de tout l'ordre, d'égaler le déficient et pauvre à tous égards au Seigneur parfait et riche à tous égards, d'égaler qui n'a jamais gratifié du poids d'un atome de bienfaits à Celui de Qui ne vient aux créatures aucun bienfait — de leur religion, de leur monde, de leur au-delà, de leurs cœurs et de leurs corps — sinon de Lui, et que Lui seul écarte le mal. Y a-t-il injustice plus grande ?! Y a-t-il plus injuste que celui qu'Allah a créé pour L'adorer et L'unifier, et qui s'en va, lui le précieux, se placer au plus vil des rangs, adorateur de ce qui ne vaut rien, se faisant à lui-même la plus grande injustice ?!
Verset 14
Après l'ordre de tenir Son droit — délaisser l'association, dont il suit le monothéisme —, l'ordre de tenir le droit des parents : {Nous avons recommandé à l'homme}, Nous lui avons fait testament et l'avons mis en dépôt chez lui : Nous l'interrogerons de s'en être acquitté, l'a-t-il gardé ou non ? Nous lui avons recommandé {ses parents} et dit : {sois reconnaissant envers Moi}, en te tenant à Ma servitude, acquittant Mes droits, sans t'aider de Mes bienfaits pour Me désobéir, {et envers tes parents}, par la bienfaisance envers eux : parole douce, dire délicat, acte excellent, humilité envers eux, leur honneur et leur magnification, la charge de leur entretien et l'évitement de leur nuire en aucune façon, en parole et en acte. Nous lui avons recommandé ce testament et l'avons informé : {vers Moi est la destination} — tu retourneras, ô homme, à Celui qui t'a fait ce testament et t'a chargé de ces droits : Il t'interrogera — t'en es-tu acquitté, et Il te récompensera d'une immense récompense ? Ou l'as-tu perdu, et Il te punira d'une terrible punition ? Puis Il mentionna la cause obligeant la piété filiale en la mère : {sa mère l'a porté faiblesse sur faiblesse}, peine sur peine : elle ne cesse de rencontrer les peines depuis qu'il est goutte — nausées, maladie, faiblesse, lourdeur, changement d'état —, puis la douleur de l'enfantement, cette douleur sévère, puis {son sevrage en deux années}, attaché à la garde, la charge et l'allaitement de sa mère. Ne sied-il pas que celle qui a porté pour son enfant ces duretés, avec la violence de l'amour, insiste auprès de lui et lui recommande la totale bienfaisance envers elle ?
Verset 15
{S'ils te forcent}, tes deux parents s'évertuent, {à M'associer ce dont tu n'as pas science : ne leur obéis pas} — et ne crois pas que cela entre dans la bienfaisance envers eux : le droit d'Allah prime sur le droit de quiconque, et nulle obéissance à la créature dans la désobéissance au Créateur. Il ne dit pas : s'ils te forcent à M'associer, les frustre — mais : {ne leur obéis pas}, en l'association ; quant à la piété envers eux, persévère-y. C'est pourquoi Il dit : {accompagne-les en ce monde avec bienveillance}, compagnie de bienfaisance envers eux dans le convenable ; mais les suivre dans leur état de mécréance et de désobéissances, ne les suis pas. {Et suis la voie de qui revient à Moi}, les croyants en Allah, en Ses anges, Ses livres et Ses messagers, soumis à leur Seigneur, revenant à Lui ; suivre leur voie, c'est emprunter leur marche du retour à Allah — l'attraction des mobiles et volontés du cœur vers Allah, puis la suit l'effort du corps en ce qui agrée Allah et rapproche de Lui. {Puis vers Moi est votre retour}, l'obéissant et le désobéissant, le revenant et l'autre : {Je vous informerai alors de ce que vous œuvriez} — rien de leurs œuvres n'échappe à Allah.
Verset 16
{Ô mon fils, quand elle serait le poids d'un grain de moutarde}, la plus petite et la plus vile des choses, {fût-elle dans un rocher}, en son milieu, {ou dans les cieux ou dans la terre}, en quelque région de leurs régions, {Allah la fera venir}, pour l'étendue de Sa science, la perfection de Sa connaissance et la perfection de Sa puissance. C'est pourquoi Il dit : {Allah est Subtil, Informé} : subtil en Sa science et Sa connaissance, jusqu'à pénétrer les réalités internes, les secrets et les recoins des déserts et des mers. Le but : exhorter à surveiller Allah et œuvrer en Son obéissance autant que possible, et intimider de la laide œuvre, petite ou grande.
Verset 17
{Ô mon fils, accomplis la prière} — il l'y exhorte et la particularise, car elle est la plus grande des adorations corporelles —, {ordonne le convenable et interdis le répréhensible}, ce qui entraîne la science du convenable pour l'ordonner et du répréhensible pour l'interdire, et ce sans quoi l'ordre du convenable et l'interdit du répréhensible ne se font pas : la douceur et la constance — explicite en Sa parole {et sois constant en ce qui t'atteint} — et le fait d'être soi-même faiseur de ce qu'on ordonne et abstinent de ce qu'on interdit. Cela contient le perfectionnement de soi par le bien et l'abandon du mal, et le perfectionnement d'autrui par l'ordre et l'interdit. Sachant qu'il sera nécessairement éprouvé s'il ordonne et interdit, et qu'il y a en cela peine pour les âmes, il lui ordonna la constance : {et sois constant en ce qui t'atteint : cela}, dont Luqmān exhorta son fils, {est des affaires de résolution}, des affaires qu'on résout et auxquelles on veille, et auxquelles ne réussissent que les gens de résolution.
Verset 18
{Ne détourne pas ta joue des gens}, ne l'incline pas et ne fais pas mauvais visage aux gens par orgueil et dédain envers eux ; {et ne marche pas dans la terre avec insolence}, en vaincu de l'ivresse, glorieux des bienfaits, oubliant le Bienfaiteur, extasié de toi-même. {Allah n'aime pas tout vaniteux}, en soi, en son apparence et son dédain, {fanfaron}, en ses paroles.
Verset 19
{Modère ta marche} : marche humble et posé, non de la marche d'ivresse et d'orgueil ni de la marche affectée ; {et abaisse ta voix}, bienséance envers les gens et envers Allah : {la plus laide des voix}, la plus atroce et la plus abominable, {est certes la voix des ânes} — s'il y avait quelque profit et intérêt dans l'élévation extrême de la voix, elle n'aurait pas été particulière à l'âne, dont tu connais la vilenie et la stupidité. Ces recommandations que Luqmān fit à son fils rassemblent les mères des sagesses et entraînent ce qui n'en fut pas mentionné ; à chaque recommandation est joint ce qui appelle à la faire si c'est un ordre, à la délaisser si c'est un interdit. Cela indique ce que nous avons dit en expliquant la sagesse : c'est la science des statuts, de leurs sagesses et de leurs convenances. Il lui ordonna le fondement de la religion, l'unicité, lui interdit l'association et lui en exposa la cause ; lui ordonna la piété filiale, en exposa la cause obligeante, et lui ordonna la gratitude envers Allah et envers eux ; puis la précaution : le lieu de la piété filiale et de l'obéissance est sauf s'ils ordonnent une désobéissance — et même alors, ne les frustre pas, mais bienfais envers eux, quand même tu ne les obéis pas s'ils te forcent à l'association. Il lui ordonna la surveillance d'Allah et la crainte de comparaître devant Lui : Il ne laisse ni petite ni grande chose, en bien comme en mal, sans la faire venir ; lui interdit l'orgueil ; lui ordonna l'humilité et lui interdit l'ivresse, l'insolence et la fatuité ; lui ordonna le calme dans les mouvements et les voix et lui interdit le contraire ; lui ordonna l'ordre du convenable, l'interdit du répréhensible, l'accomplissement de la prière et la constance, par lesquelles toute affaire devient aisée — comme Allah, exalté soit-Il, dit : {cherchez aide dans la constance et la prière} (2:45). Il sied que qui a fait ces recommandations soit particularisé par la sagesse et célèbre par elle : c'est pourquoi, d'une grâce d'Allah [sur lui et sur le reste de] Ses serviteurs, Il leur raconta de Sa sagesse de quoi leur être bel exemple.
Verset 20
Allah, exalté soit-Il, rappelle Ses bienfaits à Ses serviteurs et les appelle à les remercier, les voir et ne pas les oublier : {n'avez-vous pas vu}, contemplé et vu de vos yeux et de vos cœurs, {qu'Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux} — soleil, lune et astres, tous assujettis au profit des serviteurs — {et ce qui est dans la terre} — animaux, arbres, cultures, rivières, minerais et semblables, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {C'est Lui qui a créé pour vous ce qui est dans la terre, ensemble} (2:29) — {et comblé sur vous}, enveloppés et couverts de Ses bienfaits apparents et cachés, que nous savons et qui nous sont cachés : bienfaits du monde et de la religion, venue des profits et repoussement des nuisances ? Votre fonction : vous acquitter de la gratitude de ces bienfaits par l'amour du Bienfaiteur, l'humilité envers Lui, et leur emploi à Lui obéir — qu'aucun n'en soit employé à Le désobéir. {Mais}, malgré la succession de ces bienfaits, {parmi les gens il est qui} ne les a pas remerciés, mais les a reniés, fut ingrat envers qui les a donnés, nia la vérité pour laquelle Il fit descendre Ses livres et envoya Ses messagers : voilà qui {dispute au sujet d'Allah}, dispute pour le faux afin d'abolir le vrai et repousser ce qu'apporta le messager — l'ordre d'adorer Allah seul. Ce disputeur n'est pas sur une lucidité : sa dispute n'est pas de science, à quoi l'on le laissât et permis de parler ; {ni guidance} dont on suive les guidés, {ni livre lumineux}, éclairant et exposant la vérité : ni raisonnable ni transmis ni imitation des guidés — sa dispute au sujet d'Allah est bâtie sur l'imitation de pères non guidés, mais égarés et égareurs. C'est pourquoi Il dit : {quand il leur est dit : suivez ce qu'Allah a fait descendre}, par les mains de Ses messagers, car c'est la vérité, et ses preuves évidentes leur furent exposées, {ils dirent}, en s'y opposant : {nous suivons plutôt ce que nous avons trouvé auprès de nos pères} : nous ne quittons pas ce que nous avons trouvé chez nos pères pour la parole de quiconque. Allah, exalté soit-Il, dit en réfutation contre eux et leurs pères : {quand même le Démon les appellerait au châtiment de la Fournaise ?} Leurs pères lui répondirent, marchèrent derrière lui et devinrent disciples du Démon, et l'égarement les saisit : est-ce là ce qui oblige de les suivre et de marcher sur leur voie ? Ou bien cela doit-il les effrayer de suivre leur chemin, et crier leur égarement et celui de qui les a suivis ?! L'appel du Démon à leurs pères et à eux n'est pas amour ni amitié : c'est inimitié et machination contre eux — en vérité, ses suiveurs sont ses ennemis dont il s'est rendu maître, qu'il a eus, et dont son œil s'est réjouie de mériter le châtiment de la Fournaise pour avoir accepté son appel.
Verset 21
Allah, exalté soit-Il, rappelle Ses bienfaits à Ses serviteurs et les appelle à les remercier, les voir et ne pas les oublier : {n'avez-vous pas vu}, contemplé et vu de vos yeux et de vos cœurs, {qu'Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux} — soleil, lune et astres, tous assujettis au profit des serviteurs — {et ce qui est dans la terre} — animaux, arbres, cultures, rivières, minerais et semblables, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {C'est Lui qui a créé pour vous ce qui est dans la terre, ensemble} (2:29) — {et comblé sur vous}, enveloppés et couverts de Ses bienfaits apparents et cachés, que nous savons et qui nous sont cachés : bienfaits du monde et de la religion, venue des profits et repoussement des nuisances ? Votre fonction : vous acquitter de la gratitude de ces bienfaits par l'amour du Bienfaiteur, l'humilité envers Lui, et leur emploi à Lui obéir — qu'aucun n'en soit employé à Le désobéir. {Mais}, malgré la succession de ces bienfaits, {parmi les gens il est qui} ne les a pas remerciés, mais les a reniés, fut ingrat envers qui les a donnés, nia la vérité pour laquelle Il fit descendre Ses livres et envoya Ses messagers : voilà qui {dispute au sujet d'Allah}, dispute pour le faux afin d'abolir le vrai et repousser ce qu'apporta le messager — l'ordre d'adorer Allah seul. Ce disputeur n'est pas sur une lucidité : sa dispute n'est pas de science, à quoi l'on le laissât et permis de parler ; {ni guidance} dont on suive les guidés, {ni livre lumineux}, éclairant et exposant la vérité : ni raisonnable ni transmis ni imitation des guidés — sa dispute au sujet d'Allah est bâtie sur l'imitation de pères non guidés, mais égarés et égareurs. C'est pourquoi Il dit : {quand il leur est dit : suivez ce qu'Allah a fait descendre}, par les mains de Ses messagers, car c'est la vérité, et ses preuves évidentes leur furent exposées, {ils dirent}, en s'y opposant : {nous suivons plutôt ce que nous avons trouvé auprès de nos pères} : nous ne quittons pas ce que nous avons trouvé chez nos pères pour la parole de quiconque. Allah, exalté soit-Il, dit en réfutation contre eux et leurs pères : {quand même le Démon les appellerait au châtiment de la Fournaise ?} Leurs pères lui répondirent, marchèrent derrière lui et devinrent disciples du Démon, et l'égarement les saisit : est-ce là ce qui oblige de les suivre et de marcher sur leur voie ? Ou bien cela doit-il les effrayer de suivre leur chemin, et crier leur égarement et celui de qui les a suivis ?! L'appel du Démon à leurs pères et à eux n'est pas amour ni amitié : c'est inimitié et machination contre eux — en vérité, ses suiveurs sont ses ennemis dont il s'est rendu maître, qu'il a eus, et dont son œil s'est réjouie de mériter le châtiment de la Fournaise pour avoir accepté son appel.
Verset 22
{Quiconque soumet sa face à Allah}, s'humilie devant Lui et se soumet en faisant les lois, Lui vouant une religion sincère, {et est bienfaisant}, en cette soumission : son œuvre étant légale, y ayant suivi le messager — paix et bénédiction sur lui ; ou : quiconque soumet sa face à Allah en accomplissant toutes les adorations, et y est bienfaisant, adorant Allah comme s'il Le voyait, car s'il ne Le voit pas, Lui le voit ; ou : quiconque soumet sa face à Allah en se tenant à Ses droits et bienfait envers les serviteurs d'Allah, se tenant à leurs droits — les sens se tiennent ensemble, sans différence sinon par la diversité du lieu des deux expressions ; tous s'accordent sur le fait de se tenir à toutes les lois de la religion d'une façon où elles soient reçues et parfaites. Qui fait cela {s'est saisi de l'anse la plus solide}, l'anse par laquelle qui s'y tient se fortifie, se sauve, échappe à la perte et obtient tout bien ; et qui ne soumet pas sa face à Allah, ou ne bienfait pas, ne s'est pas saisi de l'anse la plus solide — et s'il ne s'y est pas saisi, il n'y a que perte et ruine. {Et vers Allah est l'issue des affaires}, leur retour, leur refuge et leur terme : Il juge Ses serviteurs et les rétribue de ce qu'ont abouti leurs œuvres et où sont parvenues leurs fins : qu'ils se préparent à cela.
Verset 23
{Quiconque a mécru : sa mécréance ne t'afflige pas} : tu t'es acquitté de ce qui t'incombait de l'appel et de la transmission ; s'il ne se guide pas, ta récompense est acquise auprès d'Allah, et il n'y a plus lieu de t'affliger de sa non-guidance : s'il y avait en lui du bien, Allah l'eût guidé. Ne t'afflige pas non plus de ce qu'ils aient pris contre toi l'inimitié hardiment, t'aient déclaré la guerre et persévéré dans leur égarement et leur mécréance, et ne t'impatiente pas de ce qu'ils n'aient pas été hâtés du châtiment : {vers Nous est leur retour, et Nous les informerons de ce qu'ils œuvraient}, leur mécréance, leur inimitié, leur effort à éteindre la lumière d'Allah et leur nuisance à Ses messateurs. Il est {informé du contenu des poitrines}, que les parlants n'ont pas prononcée — comment de ce qui est apparu et a été témoigné ?!
Verset 24
{Nous leur donnons jouissance un peu}, en ce bas monde, pour que leur faute croisse et leur châtiment s'accumule. {Puis Nous les contraindrons}, les forcerons, {à un châtiment épais}, extrême en grandeur, en énormité, en horreur, en douleur et en dureté.
Verset 25
{Si tu interroges} ces associateurs négateurs de la vérité : {qui a créé les cieux et la terre ?} — ils sauront que leurs idoles n'ont rien créé de cela, et répondront aussitôt : {Allah}, qui les a créés seuls. {Dis-leur}, les acculant et argumentant contre eux de ce qu'ils avouent contre ce qu'ils nient : {louange à Allah}, qui a exposé la lumière et manifesté contre vous l'argumentation par vous-mêmes. S'ils savaient, ils trancheraient que l'Exclusif de la création et de la gestion est Celui qu'il faut réserver à l'adoration et à l'unicité. Mais {la plupart d'eux ne savent pas} : c'est pourquoi ils Lui ont associé un autre et agréé la contradiction de leur opinion, dans la perplexité et le doute, non dans la lucidité.
Verset 26
En ces deux versets, Il expose un spécimen de l'étendue de Ses attributs, pour appeler Ses serviteurs à Le connaître, L'aimer et Lui vouer la religion sincère. Il mentionne la généralité de Sa royauté : tout ce qui est dans les cieux et la terre — embrassant tout le monde supérieur et inférieur — est Sa royauté ; Il y dispose par les jugements décrétiels du royaume, Ses jugements d'ordre et Ses jugements rétributifs : tous sont serviteurs, possessions, dirigés, assujettis, sans rien du royaume. Et Il est vaste en richesse : Il n'a besoin de ce dont a besoin quelque créature — {Je ne veux d'eux nulle subsistance, et Je ne veux pas qu'ils Me nourrissent} (51:57) ; les œuvres des prophètes, véridiques, martyrs et justes ne profitent en rien à Allah : elles ne profitent qu'à leurs auteurs, Allah Se suffit à eux et à leurs œuvres — et de Sa richesse : Il les a enrichis et dotés en leur monde et leur au-delà. Puis Allah, exalté soit-Il, informe de l'étendue de Sa louange : elle est inhérente à Son essence — Il ne peut être que Digne de louange en toutes façons : Digne de louange en Son essence, Digne de louange en Ses attributs ; chaque attribut de Ses attributs mérite la plus parfaite et entière louange, étant attribut de grandeur et de perfection. Tout ce qu'Il a fait et créé mérite Sa louange, tout ce qu'Il a ordonné et interdit mérite Sa louange, tout ce qu'Il a jugé chez les serviteurs et entre eux, en ce monde et en l'autre, mérite Sa louange.
Verset 27
Puis Il informe de l'étendue de Sa parole et de la grandeur de Son dire, en un exposé qui atteint les cœurs au suprême, dont les raisons s'émerveillent, les cœurs se confondent et où errent les gens d'intelligence et de lucidité : {si tous les arbres de la terre étaient des calames} avec lesquels on écrit, {et la mer, sept mers la prolongeant après elle}, en encre qu'on y puise — ces calames se briseraient, cette encre s'épuiserait, et {les paroles d'Allah} ne s'épuiseraient pas. Ce n'est point là hyperbole sans réalité : quand le Béni, exalté soit-Il, sut que les raisons s'arrêtent court d'embrasser quelque attribut de Ses attributs, et qu'Il savait que Sa connaissance par Ses serviteurs est le meilleur bienfait qu'Il leur a donné et le plus noble titre qu'ils aient obtenu — laquelle ne se peut en sa perfection, mais ce qui n'est pas saisi en totalité n'est pas délaissé en totalité —, Il les éveilla à une partie, éveil par lequel leurs cœurs s'éclairent et leurs poitrines s'ouvrent, et par lequel ils infèrent de ce qu'ils ont atteint ce qu'ils n'ont pas atteint, disant comme dit le meilleur d'entre eux, le plus savant de son Seigneur : « Nous ne saurions compter Tes louanges : Tu es comme Tu T'es célébré Toi-même » — l'affaire est plus grande que cela. Cette parabelle est du genre du rapprochement, pour les intelligences et les esprits, d'un sens qu'on ne peut atteindre ; autrement, les arbres, fussent-ils multipliés en multiples multiples de ce qui est dit, et les mers, fussent-elles étendues en multiples démultipliés, leur épuisement et leur fin se conçoivent, étant créés ; mais la parole d'Allah, exalté soit-Il : son épuisement ne se conçoit pas — la preuve religieuse et rationnelle établit qu'elle n'a ni épuisement ni terme : toute chose finit excepté le Créateur et Ses attributs, {et vers ton Seigneur est la terminaison} (53:42). Quand la raison conçoit la réalité de Sa priorité et de Sa postériorité — que tout temps passé que l'esprit suppose, si loin que porte la supposition, est après Lui, sans fin ; et que tout temps futur que l'esprit et la raison supposent, si loin que porte la supposition et l'appui, est avant Lui, sans but ni fin — et qu'Allah en tous temps juge, parle, dit et fait comme Il veut, quand Il veut, sans empêcheur de Ses paroles et actes : quand la raison conçoit cela, elle sait que la parabole qu'Allah a frappée pour Sa parole est pour que les serviteurs en saisissent quelque chose — l'affaire est plus grande et plus noble. Puis Il mentionne la majesté de Sa puissance et la perfection de Sa sagesse : {Allah est Tout-Puissant, Sage} : à Lui toute puissance — il n'est au monde supérieur et inférieur de force qui ne vienne de Lui, Lui qui l'a donnée à la création : pas de force ni de puissance sinon par Lui ; par Sa puissance Il a dompté toutes les créatures, y dispose et les gouverne ; par Sa sagesse Il a créé la création, l'a inaugurée par la sagesse et fait de la sagesse sa fin et son but ; de même l'ordre et l'interdit furent par la sagesse, leur fin visée étant la sagesse : Il est Sage en Sa création et Son ordre.
Verset 28
Puis Il mentionne la grandeur et la perfection de Sa puissance, que la raison ne peut concevoir : {votre création et votre résurrection ne sont que comme une seule âme} — de quoi confondre les raisons : créer l'ensemble des créatures dans leur multitude et les ressusciter après leur mort, après leur dispersion, en un clin d'œil, comme créer une seule âme. Il n'est pas lieu de tenir la résurrection, la sortie et la rétribution pour éloignées, sinon par ignorance de la grandeur d'Allah et de la force de Sa puissance. Puis Il mentionne la généralité de Son ouïe de toutes les choses entendues et de Sa vue de toutes les choses vues : {Allah est Audient, Clairvoyant.}
Verset 29
Là aussi Son exclusivité de la gestion : l'étendue de Sa gestion en insérant la nuit dans le jour et le jour dans la nuit — faire entrer l'un sur l'autre : l'un entré, l'autre s'en va —, et Son assujettissement du soleil et de la lune, qui coulent selon une gestion et un ordre qui ne s'est pas dérangé depuis qu'Il les a créés, pour établir par cela les intérêts et utilités des serviteurs, en leur religion et leur monde, dont ils s'instruisent et profitent. {Chacun} des deux {court vers un terme dénommé} : ce terme venu, leur course s'interrompt et leur autorité se dissout — au Jour de la résurrection, quand le soleil sera roulé, la lune éclipsée, la demeure du bas monde achevée et la demeure dernière commencée. {Et Allah}, de ce que vous faites {en bien et en mal, est Informé} : rien de cela ne Lui est caché, et Il vous rétribuera de ces œuvres : récompense aux obéissants, punition aux désobéissants.
Verset 30
{Cela}, ce qu'Il vous a exposé de Sa grandeur et de Ses attributs : {qu'Allah est la Vérité} — en Son essence et Ses attributs ; Sa religion est vérité, Ses messagers vérité, Sa promesse vérité, Sa menace vérité, et Son adoration est la vérité. {Et que ce qu'ils invoquent en dehors de Lui est le néant}, en essence et attributs : sans la production d'Allah, il n'existerait pas ; sans Son soutien, il ne resterait pas — s'il est néant, son adoration est plus nulle encore. {Et qu'Allah est le Haut}, par Son essence, au-dessus de toutes Ses créatures, dont les attributs sont trop hauts pour qu'on y compare [les attributs de quiconque des créatures], élevé sur les créatures et les ayant domptées ; {le Grand}, à Qui la magnificence en Son essence et Ses attributs, et la magnificence dans les cœurs des gens du ciel et de la terre.
Verset 31
N'as-tu pas vu, des traces de Sa puissance, de Sa miséricorde et de Sa sollicitude envers Ses serviteurs, qu'Il a assujetti la mer, où naviguent les navires par Son ordre décrétiel, Sa douceur et Sa bienfaisance, {pour vous montrer de Ses signes} — en elle, profit et leçon ? {En cela il est certes des signes pour tout constant reconnaissant}, eux profitent des signes : {constant} dans l'adversité, {reconnaissant} dans l'aisance, constant dans l'obéissance à Allah, contre Sa désobéissance et devant Ses décrets, reconnaissant envers Allah de Ses bienfaits religieux et mondains.
Verset 32
Allah, exalté soit-Il, mentionne l'état des gens à la mer, quand les vagues les couvrent comme des auvents : ils vouent l'invocation et l'adoration à Allah seul. {Puis quand Il les a sauvés vers la terre ferme}, ils se divisent en deux partis : un parti modéré, qui ne s'est pas tenu à la gratitude d'Allah en sa perfection — fautif, injuste envers lui-même ; et un parti mécréant du bienfait d'Allah, le niant. C'est pourquoi Il dit : {ne nient Nos signes que tous les perfides}, les traîtres — il est de sa traîtrise d'avoir promis à son Seigneur : si Tu nous sauves de la mer et de sa dureté, nous serons certes des reconnaissants ; il trahit et ne tint pas. {Ingrats} des bienfaits d'Allah : ne sied-il pas, à ceux qu'Allah a sauvés de cette dureté, que la totale gratitude des bienfaits d'Allah ?!
Verset 33
Allah, exalté soit-Il, ordonne aux gens Sa crainte — exécuter Ses ordres et délaisser Ses interdits — et attire leur attention vers la peur du Jour de la résurrection, le jour sévère où chacun n'a souci que de soi : {un père ne suffit pas à son fils, ni un fils} à son père, en rien : il n'ajoute pas à ses bonnes actions ni ne retranche de ses mauvaises ; l'œuvre de chaque serviteur est achevée, sa rétribution avérée. Attirer le regard vers ce jour redoutable fortifie le serviteur et lui facilite la crainte d'Allah : c'est de la miséricorde d'Allah envers les serviteurs — Il leur ordonne Sa crainte où est leur bonheur, leur promet la récompense, les avertit de la punition et les émeut par les exhortations et les frayeurs : à Toi la louange, ô Seigneur des mondes. {La promesse d'Allah est vérité} : n'en doutez pas et n'œuvrez pas l'œuvre du non-croyant. C'est pourquoi Il dit : {que la vie terrestre ne vous leurre pas}, de sa parure, ses apparats et les épreuves et tribulations qu'elle contient ; {et que le Trompeur ne vous leurre pas au sujet d'Allah} — le Démon, qui ne cesse de tromper l'homme et ne l'oublie en aucun temps. Allah a sur Ses serviteurs un droit et leur a promis un rendez-vous où Il les rétribuera de leurs œuvres : ont-ils acquitté Son droit ou y ont-ils manqué ? C'est une affaire à laquelle il faut veiller, que le serviteur doit mettre devant ses yeux et au chef de son commerce vers lequel il court. Des plus grands obstacles et coupures : le bas monde séducteur et le Démon suggéreur et embellisseur — Allah, exalté soit-Il, interdit à Ses serviteurs que le bas monde les leurre ou que le Trompeur les leurre au sujet d'Allah : {il leur promet et leur fait souhaiter — le Démon ne leur promet que tromperie} (4:120).
Verset 34
Il est établi que la science d'Allah, exalté soit-Il, embrasse l'invisible et le visible, les apparences et les réalités internes ; et Allah peut informer Ses serviteurs de bien des matières de l'invisible. Ces cinq matières sont de celles dont Il a roulé la science loin de toutes les créatures : nul prophète messager n'en sait, nul ange proche, à plus forte raison un autre. Il dit : {c'est auprès d'Allah qu'est la science de l'Heure} — quand elle sera lancée, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {ils t'interrogent sur l'Heure : quand son lancement ? Dis : sa science est auprès de mon Seigneur ; nul ne la dévoile à son terme que Lui...} (7:187) — {c'est Lui qui fait descendre la pluie}, l'Exclusif de sa descente et de la science du temps de sa descente ; {et Il connaît ce que recèlent les matrices} : c'est Lui qui y a produit ce qu'elles contiennent et sait ce que c'est : mâle ou femelle ? C'est pourquoi l'ange chargé des matrices interroge son Seigneur : est-ce mâle ou femelle ? et Allah décrète ce qu'Il veut. {Nulle âme ne sait ce qu'elle acquerra demain}, de l'acquis de sa religion et de son monde ; {nulle âme ne sait en quelle terre elle mourra} : Allah, exalté soit-Il, est l'exclusif de la science de tout cela. Ayant particularisé ces choses, Il généralise Sa science de toutes choses : {Allah est Savant, Informé}, cernant apparences et réalités internes, les cachettes et leurs recoins, les secrets. Et il est de Sa parfaite sagesse d'avoir caché à Ses serviteurs la science de ces cinq : il y a en cela des intérêts qui n'échappent pas à qui le médite. Fin du commentaire de la sourate Luqmān, par la grâce d'Allah et Son aide. Louange à Allah. * * *