al-Muyassar — Le Commentaire facilité
Verset 1
Nom de la sourate • Elle fut nommée « At-Tahrīm » car elle mentionne l'interdit que le Prophète ﷺ s'imposa de quelque chose qu'Allah lui avait permise, et s'ouvre sur le reproche de cette interdiction. Des buts de la sourate • L'éducation du foyer musulman et la proposition du modèle le plus accompli de la famille heureuse : l'interdiction de divulguer les secrets qui existent entre les époux, l'avertissement aux épouses de ne pas trop contrarier leurs maris, l'exhortation aux croyants à éduquer et exhorter leur famille, et à œuvrer à la préserver du châtiment de l'au-delà. • L'avertissement aux serviteurs en général et aux femmes en particulier que nul ne servira à quiconque dans l'au-delà, et que ni noblesse ni lignage ne profitent si l'œuvre de l'homme n'est pas droite — par deux paraboles : celle de la mécréante unie au croyant, et celle de la croyante unie au mécréant. [Commentaire] Ô Prophète ! Pourquoi te prives-tu de ce qu'Allah t'a permis, cherchant à satisfaire tes épouses ? Allah est indulgent envers toi, miséricordieux envers toi.
Verset 2
Allah vous a légiféré, ô croyants, de rendre licites vos serments en acquittant leur expiation : nourrir dix pauvres, ou les vêtir, ou affranchir un esclave ; que celui qui ne le peut jeûne trois jours. Allah est votre secoureur et le gestionnaire de vos affaires ; Il est le Savant de ce qui vous convient et qu'Il vous légifère, le Sage dans Ses paroles et Ses actes.
Verset 3
Et quand le Prophète confia un secret à son épouse Ḥafṣa — qu'Allah l'agrée —, et qu'elle l'eut rapporté à ʿĀʾisha, qu'Allah l'agrée, Allah lui révéla qu'elle avait divulgué son secret. Il fit savoir à Ḥafṣa une partie de ce qu'elle avait rapporté et s'abstint, par magnanimité, de lui en dire une autre partie. Quand il l'eut informée de ce qu'elle avait divulgué, elle dit : « Qui t'en a informé ? » Il dit : « M'en a informé l'Omniscient, le Parfaitement Informé, à qui rien n'est caché. »
Verset 4
Si vous revenez toutes deux à Allah — ô Ḥafṣa et ʿĀʾisha —, votre repentir est attendu, vos cœurs ayant penché vers l'amour de ce que le messager d'Allah ﷺ réprouvait : la divulgation de son secret ; et si vous vous liguez contre lui en ce qui lui déplaît, Allah est son protecteur et son secoureur, ainsi que Jibrīl, le vertueux des croyants et les anges — après le secours d'Allah, tous sont ses aides et ses soutiens contre quiconque lui nuit et l'hostilise.
Verset 5
Peut-être son Seigneur, s'il vous répudie, ô épouses, lui donnera-t-il en échange de vous des épouses soumises à Allah dans l'obéissance, croyantes en Allah et en Son messager, obéissantes à Allah, revenues à ce qu'Allah aime de Son obéissance, ferventes dans l'adoration, jeûneuses, parmi elles des déjà mariées et des vierges.
Verset 6
Ô vous qui avez cru en Allah et en Son messager et œuvré selon Sa loi : préservez-vous en accomplissant ce qu'Allah vous ordonne et en délaissant ce qu'Il vous interdit, et préservez vos familles par ce dont vous préservez vous-mêmes, du feu dont le combustible est les hommes et les pierres ; des anges vigoureux, durs dans leurs traitements, se tiennent au supplice de ses hôtes : ils ne désobéissent pas à Allah en ce qu'Il leur ordonne et exécutent ce qui leur est commandé.
Verset 7
Et il sera dit à ceux qui nièrent qu'Allah est la vraie divinité et mécru en Lui, quand on les précipitera au Feu : « N'invoquez pas d'excuses en ce jour ; vous n'êtes rétribués que de ce que vous œuvriez ici-bas. »
Verset 8
Ô vous qui avez cru en Allah et en Son messager et œuvré selon Sa loi : revenez de vos péchés à l'obéissance d'Allah d'un retour sans désobéissance après lui. Peut-être votre Seigneur effacera-t-Il vos mauvaises actions et vous fera-t-Il entrer aux jardins sous lesquels coulent les rivières, aux palais et aux arbres — le jour où Allah ne confondra pas le Prophète et ceux qui ont cru avec lui, et ne les châtiera pas, mais élèvera leur rang. Leur lumière s'avancera devant eux et à leur droite, tandis qu'ils marcheront sur le pont selon leurs œuvres, disant : « Seigneur ! Accomplis pour nous notre lumière jusqu'à ce que nous traversions le pont et soyons guidés vers le Paradis ; pardonne-nous, passe outre nos péchés et couvre-les pour nous : Tu es puissant sur toute chose. »
Verset 9
Ô Prophète ! Combats ceux qui ont manifesté et proclamé la mécréance, et combats-les par l'épée ; et combats ceux qui ont caché et dissimulé la mécréance, par l'argument, l'application des peines et les rites de la religion ; et use envers les deux groupes de dureté et de rudesse dans leur combat. Leur demeure, dans l'au-delà, est la Géhenne — et quelle détestable destination que celle où ils reviennent !
Verset 10
Allah a proposé une parabole de l'état des mécréantes — dans leur fréquentation des musulmans, leur proximité et leur vie commune avec eux, et le fait que cela ne leur profitait pas à cause de leur mécréance en Allah — : l'épouse du prophète d'Allah Nûh et l'épouse du prophète d'Allah Lût, qui furent unies à deux serviteurs pieux parmi Nos serviteurs, mais les trahirent dans la religion : elles étaient mécréantes, et ces deux messagers ne protégèrent en rien leurs épouses du châtiment d'Allah. Il fut dit aux deux épouses : « Entrez au Feu toutes les deux, avec ceux qui y entrent » Cette parabole prouve que la proximité des prophètes et des vertueux ne profite en rien avec une mauvaise œuvre.
Verset 11
Et Allah a proposé une parabole de l'état des croyants — ceux qui ont cru en Allah, L'ont adoré seul et œuvré selon Sa loi, et que la fréquentation des mécréants dans leurs affaires ne nuit pas — : l'épouse de Pharaon, unie au plus dur mécréant en Allah alors qu'elle croyait en Allah, quand elle dit : « Seigneur ! Construis-moi auprès de Toi une demeure au Paradis, sauve-moi de l'autorité de Pharaon et de sa tentation, et de ce qui émane de lui comme œuvres mauvaises ; sauve-moi du peuple qui le suit dans l'injustice et l'égarement, et de leur châtiment. »
Verset 12
Et Allah a proposé une parabole pour ceux qui ont cru : Maryam fille de ʿImrān, qui garda sa chasteté et la préserva de la fornication. Allah ordonna à Jibrīl, sur lui la paix, de souffler dans l'ouverture de sa chemise ; le souffle parvint à sa matrice et elle conçut ʿĪsā, sur lui la paix. Elle crut aux paroles de son Seigneur et œuvra selon les lois qu'Il légiféra à Ses serviteurs et les Livres descendus sur Ses messagers, et elle fut au nombre de Ses obéissants.