Coran › Sourate 58 › al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān

al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān

ʿAbd al-Raḥmān al-Saʿdī (m. 1376 H/1956) · Sourate 58 complète · trad. IA non relue

Verset 1

Elle est médinoise [révélée après l'Hégire]. Ces nobles versets descendirent au sujet d'un homme des Ansār [Auxiliaires] dont la femme se plaignit à Allah et porta cause au messager d'Allah — paix et bénédiction sur lui — : il s'était interdit elle [la déclara interdite à lui-même, formule de ẓihār] après la longue vie commune et les enfants, et c'était un homme âgé. Elle exposa son état et le sien à Allah et à Son messager — paix et bénédiction sur lui —, et le réitéra, y revint et revint. Allah, exalté soit-Il, dit : {Allah a bien entendu la parole de celle qui discutait avec toi au sujet de son époux et se plaignait à Allah. Allah entend votre conversation} ; c'est-à-dire : votre dialogue entre vous deux. {Allah est audient} : de toutes les voix, en tous temps, en la variété des besoins ; {clairvoyant} : Il voit ramper la fourmi noire sur le rocher dur, dans la nuit ténébreuse. C'est l'annonce de la perfection de Son ouïe et de Sa vue, et de leur embrassement des choses infimes et majestueuses — et, par là, l'indication qu'Allah [exalté] dissipera sa plainte et éloignera son épreuve. C'est pourquoi Il mentionna son cas et celui de toute autre semblable en général :

Verset 2

{Ceux, parmi vous, qui répudient par ẓihār leurs femmes — elles ne sont pas leurs mères ; leurs mères ne sont que celles qui les ont enfantés}. Le ẓihār [la formule de répudiation comparant l'épouse au dos de la mère] est que l'homme dise à sa femme : « Tu m'es comme le dos de ma mère », ou d'autres de ses interdites, ou : « Tu m'es interdite. » L'usage, pour eux, était ce mot du dos [ẓahr], c'est pourquoi Allah l'appela ẓihār, disant : {Ceux, parmi vous, qui répudient par ẓihār leurs femmes — elles ne sont pas leurs mères} ; c'est-à-dire : comment tiennent-ils ce propos dont ils savent qu'il n'a pas de réalité, comparant leurs épouses à leurs mères qui les ont enfantés ?! C'est pourquoi Allah en grandit l'affaire et la rendit hideuse : {ils profèrent certes une parole abominable et mensongère} ; c'est-à-dire : un propos monstrueux et un mensonge. {Et Allah est absous, pardonnable} [ʿafuww gafūr] envers qui de Lui procéda quelque désobéissance et la répara par le repentir sincère.

Verset 3

{Ceux qui répudient par ẓihār leurs femmes, puis reviennent à ce qu'ils ont dit} : les savants divergèrent sur le sens du retour [ʿawd]. On dit : c'est la résolution d'approcher celle dont il fit le ẓihār, et, dès sa résolution, l'expiation mentionnée lui incombe — cela est attesté par ce qu'Allah, exalté soit-Il, dit de l'expiation : qu'elle précède le contact ; ce qui n'a lieu que par la seule résolution. On dit : c'est le coït effectif — attesté par : {puis reviennent à ce qu'ils ont dit}, et ce qu'ils ont dit n'est que le coït. Sur les deux avis, quand le retour existe, l'expiation de cette interdiction devient {l'affranchissement d'un esclave} : croyant, comme c'est limité au verset de l'homicide ; mâle ou femelle, à condition d'être sain des défauts nuisant au service, {avant qu'ils ne se touchent} ; c'est-à-dire : le mari doit s'abstenir d'approcher la femme dont il fit le ẓihār jusqu'à expier par l'affranchissement. {Cela} — le jugement que Nous vous avons exposé — {pour que vous y soyez exhortés} : la règle vous est éclaircie avec l'effroi qui l'accompagne, car l'exhortation [mawʿiẓa] est la mention de la règle avec l'appât et l'effroi : qui veut faire ẓihār, se souvenant qu'il lui faut affranchir un esclave, s'en retient. {Et Allah est informé de ce que vous faites} : Il rétribue chaque agent de son acte.

Verset 4

{Quant à qui ne trouve pas} d'esclave à affranchir — ne le trouvant pas, ou n'en trouvant pas le prix —, {alors} sur lui {le jeûne de deux mois consécutifs avant qu'ils ne se touchent ; et quant à qui ne peut} jeûner, {alors nourrir soixante pauvres} : soit il les nourrit de la subsistance de son pays à leur suffrance, comme le disent beaucoup d'exégètes ; soit il nourrit chaque pauvre d'un mudd [mesure] de blé ou d'un demi-ṣāʿ d'autre chose de ce qui vaut pour l'aumône de la rupture, comme le dit un autre groupe. {Cela} — le jugement que Nous vous avons exposé et éclairci — {afin que vous croyiez en Allah et Son messager} : en vous soumettant à cette règle et aux autres et en y œuvrant : se soumettre aux règles d'Allah et y œuvrer relève de la foi, c'en est même le but ; la foi croît par elles, se parfait et augmente. {Et ce sont les limites d'Allah} : qui préviennent d'y tomber ; il ne faut ni les franchir ni s'en shortcoming tenir en deçà. {Et aux négateurs, un châtiment douloureux}. Ces versets contiennent plusieurs règles : — La sollicitude d'Allah envers Ses serviteurs et Son soin : Il mentionna la plainte de cette femme éprouvée, la dissipa et éloigna l'épreuve, par Sa règle générale pour quiconque est éprouvé d'une pareille affaire. — Le ẓihār est propre à l'interdiction de l'épouse, car Allah dit : {leurs femmes} : s'il interdit sa servante, ce n'est pas ẓihār, c'est du genre de l'interdiction des bonnes choses, comme nourriture et boisson, où ne vaut que l'expiation du serment. — Le ẓihār n'est pas valable d'une femme avant de l'épouser : elle n'entre pas dans ses femmes au moment du ẓihār, comme son divorce n'est pas valable, que ce soit immédiat ou suspendu. — Le ẓihār est interdit, car Allah l'appela {une parole abominable et mensongère}. — L'indication par Allah de la règle et de sa sagesse, car Allah dit : {elles ne sont pas leurs mères}. — Il est répréhensible que l'homme appelle sa femme du nom de ses interdites, comme : « ô ma mère, ô ma sœur », car cela ressemble à l'interdit. — L'expiation n'est obligatoire qu'avec le retour — selon les deux avis précédés sur ce que dit le ẓāhir —, non du seul ẓihār. — Dans l'expiation par l'esclave valent le petit et le grand, le mâle et la femelle, le verset étant absolu en cela. — L'expiation, si c'est l'affranchissement ou le jeûne, doit précéder le contact, comme Allah l'a limité ; non l'expiation de nourriture : le contact et le coït y sont permis en cours. — La sagesse d'obliger l'expiation avant le contact est peut-être que cela pousse à l'accomplir : désirant l'union et sachant qu'il ne lui en sera donné qu'après l'expiation, il s'empresse de l'accomplir. — Il faut nourrir soixante pauvres : s'il rassemble la nourriture de soixante pauvres et la donne à un seul ou à plus, moins de soixante, cela ne vaut pas, car Allah dit : {nourrir soixante pauvres}.

Verset 5

Contester Allah et Son messager [muḥādda] est Les contredire et leur désobéir, surtout dans les affaires effroyables, comme contester Allah et Son messager par la mécréance et l'inimitié des alliés d'Allah. Sa parole : {Qu'ils soient broyés comme furent broyés ceux d'avant eux} [kubitū : humiliés] ; c'est-à-dire : avilis et honnis, comme il fut fait à ceux d'avant eux, en rétribution conforme ; ils n'ont pas d'argument contre Allah : la preuve éclatante d'Allah s'est levée contre la création, et Il a fait descendre des signes manifestes et des démonstrations qui exposent les réalités et éclairent les visées : quiconque les suit et y œuvre est des bien guidés, des gagnants. {Et aux négateurs} [qui les traitent de mensonges] {un châtiment avilissant} : qui les honnit et les avilit : comme ils s'enflèrent d'orgueil contre les signes d'Allah, Il les honnit et les avilit.

Verset 6

Allah, exalté soit-Il, dit : {au jour où Allah les ressuscitera} — la création entière, debout, se levant vite de leurs tombeaux — pour les rétribuer de leurs œuvres et leur annoncer ce qu'ils ont fait de bien et de mal : Il l'a su et l'a inscrit dans la Table préservée, et ordonné aux anges nobles gardiens de l'écrire — tandis que les agents ont oublié ce qu'ils ont fait, Allah l'a dénombré. {Et Allah est témoin de toute chose} : des apparents et des secrets, des cachettes et des cachoteries.

Verset 7

C'est pourquoi Il informa de l'étendue de Sa science et de Son embrassement de ce qui est dans les cieux et la terre, infime et majestueux : {il n'est de concert secret de trois qu'Il ne soit leur quatrième, ni de cinq qu'Il ne soit leur sixième, ni moins ni plus, qu'Il ne soit avec eux, où qu'ils soient} — cette présence est présence de science et d'embrassement de ce dont ils concertèrent et se dirent en secret. C'est pourquoi Il dit : {Allah est, de toute chose, savant}. Puis Allah, exalté soit-Il, dit :

Verset 8

Le concert secret [najwā] est le secret entre deux ou plus : il peut être dans le bien ou dans le mal. Allah ordonna aux croyants de concerter dans le bien [birr], nom qui embrasse tout bien, obéissance et acquittement du droit d'Allah et de Ses serviteurs, et la crainte pieuse [taqwā], qui ici embrasse l'abandon de tous les interdits et crimes. Le croyant accomplit cet ordre divin : on ne le trouve concertant et parlant qu'en ce qui le rapproche d'Allah et l'éloigne de Son courroux ; le pervers prend à la légère l'ordre d'Allah et concertre dans le péché, l'agression et la désobéissance au messager — comme les hypocrites dont c'est l'habitude et l'état avec le messager — paix et bénédiction sur lui. Allah, exalté soit-Il, dit : {et quand ils viennent à toi, ils te saluent d'une salutation dont Allah ne t'a pas salué} ; c'est-à-dire : ils manquent à la bienséance dans leur salut à toi, {et disent en eux-mêmes} : ils y cachent ce qu'en expose le Connaisseur du caché et du visible, à savoir leur dire : {« Pourquoi Allah ne nous châtie-t-Il pas de ce que nous disons ? »} — le sens est qu'ils prennent cela à la légère et infèrent de ce que le châtiment ne leur est pas hâté que ce qu'ils disent n'est pas à craindre. Allah, exposant qu'Il diffère mais n'oublie pas, dit : {La Géhenne leur suffit, où ils brûleront — quelle détestable fin !} ; c'est-à-dire : la Géhenne leur suffit, elle qui réunit sur eux tout châtiment et malheur, les cerne et les y tourmente — quelle détestable fin ! Ceux qui sont mentionnés sont soit des gens des hypocrites, affichant la foi et tenant au messager — paix et bénédiction sur lui — ce langage qui donne à croire qu'ils y entendaient un bien, et ils mentent ; soit des gens du Livre qui, saluant le messager d'Allah — paix et bénédiction sur lui —, disaient : « As-sām ʿalayka, ô Muhammad » [que la mort soit sur toi] — voulant dire : la mort.

Verset 9

Le concert secret [najwā] est le secret entre deux ou plus : il peut être dans le bien ou dans le mal. Allah ordonna aux croyants de concerter dans le bien [birr], nom qui embrasse tout bien, obéissance et acquittement du droit d'Allah et de Ses serviteurs, et la crainte pieuse [taqwā], qui ici embrasse l'abandon de tous les interdits et crimes. Le croyant accomplit cet ordre divin : on ne le trouve concertant et parlant qu'en ce qui le rapproche d'Allah et l'éloigne de Son courroux ; le pervers prend à la légère l'ordre d'Allah et concertre dans le péché, l'agression et la désobéissance au messager — comme les hypocrites dont c'est l'habitude et l'état avec le messager — paix et bénédiction sur lui. Allah, exalté soit-Il, dit : {et quand ils viennent à toi, ils te saluent d'une salutation dont Allah ne t'a pas salué} ; c'est-à-dire : ils manquent à la bienséance dans leur salut à toi, {et disent en eux-mêmes} : ils y cachent ce qu'en expose le Connaisseur du caché et du visible, à savoir leur dire : {« Pourquoi Allah ne nous châtie-t-Il pas de ce que nous disons ? »} — le sens est qu'ils prennent cela à la légère et infèrent de ce que le châtiment ne leur est pas hâté que ce qu'ils disent n'est pas à craindre. Allah, exposant qu'Il diffère mais n'oublie pas, dit : {La Géhenne leur suffit, où ils brûleront — quelle détestable fin !} ; c'est-à-dire : la Géhenne leur suffit, elle qui réunit sur eux tout châtiment et malheur, les cerne et les y tourmente — quelle détestable fin ! Ceux qui sont mentionnés sont soit des gens des hypocrites, affichant la foi et tenant au messager — paix et bénédiction sur lui — ce langage qui donne à croire qu'ils y entendaient un bien, et ils mentent ; soit des gens du Livre qui, saluant le messager d'Allah — paix et bénédiction sur lui —, disaient : « As-sām ʿalayka, ô Muhammad » [que la mort soit sur toi] — voulant dire : la mort.

Verset 10

Allah, exalté soit-Il, dit : {le concert secret} — des ennemis des croyants contre les croyants, par ruse, tromperie et recherche du mal — {n'est que du Diable, pour affliger ceux qui croient} : telle est la fin de cette ruse et son but ; {il ne leur nuit en rien, sans la permission d'Allah} : Allah [exalté] a promis aux croyants la défense et la victoire sur les ennemis, et Allah, exalté soit-Il, dit : {la mauvaise ruse n'enveloppe que ses auteurs} : les ennemis d'Allah, de Son messager et des croyants, quel que soit leur concert et leur ruse, le mal en revient à eux-mêmes, et ils ne nuisent aux croyants que ce qu'Allah a décrété et destiné. {Et sur Allah que les croyants s'en remettent} ; c'est-à-dire : qu'ils s'appuient sur Lui et se fient à Sa promesse : quiconque s'en remet à Allah, Il lui suffit, et lui suffit l'affaire de sa religion et de son monde.

Verset 11

Voici une règle de bienséance d'Allah envers Ses serviteurs [croyants] quand ils se réunissent en une assemblée de leurs assemblées et que l'un d'eux, ou l'un des arrivants [sur eux], a besoin qu'on lui fasse place dans l'assemblée : il est de la bienséance de lui faire place [fasaḥ], pour réaliser ce but — cela ne nuit en rien à qui fait place : son frère obtient son but sans préjudice pour lui. La récompense est du genre de l'acte : à qui fait place, Allah fait place ; à qui élargit pour son frère, Allah élargit sur lui. {Et quand il est dit : « Levez-vous »} [unshuzū : élevez-vous] ; c'est-à-dire : levez-vous et quittez vos assemblées pour un besoin qui survient, {levez-vous} : hâtez-vous de vous lever pour réaliser cet intérêt : car tenir ces affaires relève de la science et de la foi, et Allah, exalté soit-Il, élève les gens de science et de foi de degrés selon ce qu'[Allah] leur a départi de science et de foi. {Et Allah est informé de ce que vous faites} : Il rétribue chaque agent de son acte : bien pour bien, mal pour mal. En ce verset est l'excellence de la science, dont la parure et le fruit sont de se conduire selon ses règles et d'agir selon elle.

Verset 12

Allah, exalté soit-Il, ordonne aux croyants l'aumône avant de concerter avec Son messager Muhammad — paix et bénédiction sur lui —, pour leur éducation, leur enseignement et la glorification du messager — paix et bénédiction sur lui. Cette glorification est un bien et une pureté pour les croyants : votre bien et votre salaire s'en accroissent, et vous obtenez la pureté des souillures, dont fait partie le manquement au respect du messager — paix et bénédiction sur lui — et à la bienséance envers lui, par la multiplication de concerts sans fruit. Quand l'aumône est ordonnée avant le concert, elle devient balance [mīzān] pour qui est avide de science et de bien : il ne regarde pas à l'aumône ; et qui n'a ni avidité ni désir du bien, dont le but est la seule multiplication des paroles, s'en retient de ce qui pèse au messager. Tel est pour qui trouve l'aumône ; quant à qui ne la trouve pas, Allah ne lui a pas rendu l'affaire étroite : Il l'a excusé, lui a fait grâce et lui a permis le concert sans offrande préalable d'aumône dont il n'est pas capable.

Verset 13

Puis, voyant [béni et] exalté soit-Il la gêne des croyants et la peine de l'aumône à chaque concert, Il leur facilita l'affaire et ne les prit pas d'avoir délaissé l'aumône avant le concert. La glorification du messager et le respect demeurèrent en leur état, non abrogés, car cela [ce jugement] relève du légiféré pour autre chose que lui, non visé pour lui-même : le but est la bienséance envers le messager et son honneur. Allah leur ordonna d'accomplir les grandes obligations visées pour elles-mêmes : {Puisque vous ne l'avez pas fait} — offrir l'aumône ne vous a pas été aisé —, et cela ne suffit pas, car il n'est pas condition de l'ordre qu'il soit aisé au serviteur ; c'est pourquoi Il le limita : {et qu'Allah a accueilli votre repentir} : Il vous a pardonné cela. {Accomplissez donc la prière} : en ses piliers, ses conditions, toutes ses limites et ses obligations, {et donnez la zakāt} obligatoire de vos biens à ses ayants droit. Ces deux adorations sont la mère des adorations corporelles et pécuniaires : quiconque les accomplit selon la Loi s'acquitte des droits d'Allah et de Ses serviteurs. C'est pourquoi Il dit ensuite : {et obéissez à Allah et à Son messager} : c'est le plus ample des ordres, y entrant l'obéissance à Allah et à Son messager, par l'accomplissement de leurs commandements, l'évitement de leurs interdictions, la certitude de leurs informations et l'arrêt aux limites de la Loi. L'essentiel en cela est la sincérité et l'excellence ; c'est pourquoi Il dit : {Allah est informé de ce que vous faites} : Allah connaît leurs œuvres et de quelle manière elles procèdent, et les rétribue selon Sa science de ce que recèlent leurs poitrines.

Verset 14

Allah, exalté soit-Il, informe de l'horrible état des hypocrites, qui prennent pour alliés les mécréants — juifs, chrétiens et autres — qu'Allah a courroucés et qui ont reçu de la malédiction d'Allah la plus ample part, et qui ne sont ni des croyants ni des mécréants : {ballottés entre les deux, ni vers ceux-ci ni vers ceux-là} : ils ne sont pas croyants en apparence et en dedans, car leur dedans est avec les mécréants ; ni mécréants en apparence et en dedans, car leur apparence est avec les croyants. Telle est la description qu'Allah en fait — tandis qu'ils jurent le contraire, qui est le mensonge : ils jurent qu'ils sont croyants, alors qu'ils ne le sont pas. La rétribution de ces traîtres, pervers et menteurs : Allah leur a préparé un châtiment sévère dont nul ne peut évaluer la grandeur ni connaître la description. {Qu'ils ont mal œuvré !} : ils ont œuvré ce qui courrouce Allah et leur vaut peine et malédiction.

Verset 16

{Ils ont pris leurs serments pour bouclier} [junnatan : cuirasse] : protection et rempart contre le blâme d'Allah, de Son messager et des croyants. Par là ils ont détourné d'eux-mêmes et les autres de la voie d'Allah — la route dont quiconque marche atteint les jardins du délice, et dont quiconque détourne n'a que la route menant à la Géhenne. {À eux un châtiment avilissant} : s'étant enflés d'orgueil contre la foi en Allah et la soumission à Ses signes, Allah les honnit du châtiment éternel dont il ne leur est pas donné de répit une heure, ni délai.

Verset 17

{Ni leurs biens ni leurs enfants ne leur serviront de rien contre Allah} : ils ne repousseront d'eux rien du châtiment et ne leur obtiendront nulle part de récompense. {Ceux-là sont les compagnons du Feu}, qui lui demeurent attachés et n'en sortent pas, {éternels en lui}.

Verset 18

Qui vit sur une chose meurt sur elle : comme les hypocrites, en ce monde, font miroiter aux croyants et leur jurent qu'ils croient, au Jour de la Résurrection, quand Allah les ressuscitera tous, ils jureront à Allah comme ils jurèrent aux croyants, et estimeront, en ce serment, {qu'ils sont sur quelque chose} : car leur mécréance, leur hypocrisie et leurs croyances fausses n'ont cessé de s'enraciner en leurs esprits, peu à peu, jusqu'à les abuser et leur faire croire qu'ils sont sur une chose qui compte et à laquelle la récompense s'attache — ils mentent, et le mensonge ne passe point au Connaisseur du caché et du visible.

Verset 19

Ce qui leur advint procède de l'emprise du Démon [shayṭān], qui les a dominés, leur a embelli leurs œuvres et leur a fait oublier l'évocation d'Allah — l'ennemi manifeste qui ne leur veut que le mal et n'appelle son parti qu'à être des compagnons de la Fournaise. {Ceux-là sont le parti du Démon. Certes, le parti du Démon sont les perdants}, qui ont perdu leur religion, leur monde, eux-mêmes et leurs familles.

Verset 20

Voici une promesse et une menace : menace à qui conteste Allah et Son messager par la mécréance et les désobéissances, d'être abandonné et avili, sans fin heureuse ni bannière victorieuse ; promesse à qui croit en Lui et en Ses messagers, suit ce qu'ont apporté les envoyés et devient du parti d'Allah, des gagnants : à eux l'ouverture, la victoire et la domination en ce monde et dans l'au-delà. C'est une promesse qui ne sera pas trahie ni changée : elle vient du Véridique, du Fort, du Puissant, que rien de ce qu'Il veut n'empuissante.

Verset 21

Voici une promesse et une menace : menace à qui conteste Allah et Son messager par la mécréance et les désobéissances, d'être abandonné et avili, sans fin heureuse ni bannière victorieuse ; promesse à qui croit en Lui et en Ses messagers, suit ce qu'ont apporté les envoyés et devient du parti d'Allah, des gagnants : à eux l'ouverture, la victoire et la domination en ce monde et dans l'au-delà. C'est une promesse qui ne sera pas trahie ni changée : elle vient du Véridique, du Fort, du Puissant, que rien de ce qu'Il veut n'empuissante.

Verset 22

Allah, exalté soit-Il, dit : {Tu ne trouveras pas un peuple qui croit en Allah et au Jour dernier prendre en affection qui conteste Allah et Son messager} ; c'est-à-dire : les deux ne font pas ensemble : le serviteur n'est croyant en Allah et au Jour dernier en vérité que s'il œuvre selon son exigence et ses suites — aimer qui se tient dans la foi et l'allier, haïr qui ne s'y tient pas et l'hostiler, dussent être les plus proches de lui. C'est là la foi réelle, dont le fruit et le but sont atteints ; les gens de cette description sont ceux {en les cœurs desquels Allah a écrit} la foi : Il l'a tracée, affermie et plantée d'une plantation qui ne chancelle pas, où les ambiguïtés et les doutes n'ont pas de prise. Ce sont ceux qu'Allah a fortifiés {d'un esprit de Lui} : Sa révélation, Son secours, Son aide divine et Sa bienfaisance seigneuriale. Ce sont eux à qui la vie bonne en cette demeure, et les jardins du délice en la demeure de la durée, où est tout ce que les âmes désirent, dont les yeux jouissent et qu'elles élisent ; et à eux le meilleur et le plus grand délice : qu'Allah fait descendre sur eux Son agrément — Il ne les courroucera jamais — et qu'ils sont agréés de leur Seigneur, de ce qu'Il leur donne des sortes de grâces, de l'abondance des récompenses, de l'ampleur des dons et de l'élévation des degrés, au point qu'ils ne voient au-dessus de ce que leur Maître leur a donné ni terme ni fin. Quant à qui prétend croire en Allah et au Jour dernier, tout en étant l'allié des ennemis d'Allah, aimant qui a jeté la foi derrière son dos : c'est une foi prétendue, sans réalité — toute chose exige une preuve qui l'atteste : la seule prétention ne sert de rien, et son auteur n'est pas cru. Louange à Allah. * * *