al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān
Verset 2
Sixième volume du « Tayšīr al-Karīm al-Raḥmān fī tafsīr kalām al-Mannān » [Par] une des faveurs d'Allah envers Son serviteur, fils de Son serviteur et fils de Sa servante, 'Abd al-Raḥmān ibn Nāṣir ibn 'Abd Allāh ibn Saʿdī. Elle est mecquoise. {Voici}, méritant magnification et exaltation, {les versets du Livre explicite}, pour toute chose dont les serviteurs ont besoin : connaître leur Seigneur, connaître Ses droits, connaître Ses alliés et Ses ennemis, connaître Ses interventions et Ses jours, connaître la récompense des œuvres et la rétribution des ouvriers. Ce Coran les a exposés avec la dernière clarté, les a dévoilés aux serviteurs et éclaircis.
Verset 3
Parmi ce qu'il a exposé : l'histoire de Mūsā et de Pharaon ; il l'a reprise et répétée en plusieurs endroits, et la développe ici : {Nous te récitons, avec vérité, quelque de la nouvelle de Moïse et de Pharaon}, nouvelle étrange et récit étonnant, {pour un peuple qui croit} : c'est à eux que le discours est conduit et la parole adressée, car ils ont en eux une foi qui les porte à méditer cela, à le recevoir avec acceptation et à s'instruire aux lieux d'enseignement, et à en accroître leur foi, leur certitude et leur bien ; quant aux autres, ils n'en tirent que l'établissement de la preuve contre eux : Allah a préservé le récit à leur égard et mis entre eux et lui un voile, de sorte qu'ils ne le comprennent pas.
Verset 4
Le début de cette histoire : {Pharaon s'éleva dans la terre}, par son règne, son pouvoir, ses troupes et sa tyrannie : il fut des gens qui s'élèvent en elle, non de ceux qui y sont élevés ; {et fit de ses habitants des factions}, des groupes épars qu'il gouvernait selon sa convoitise et sur qui il exécutait ce qu'il voulait de sa puissance et de sa force ; {il affaiblissait une faction d'entre eux} : cette faction, ce sont les enfants d'Israël, ceux qu'Allah a préférés aux mondes, et qu'il aurait dû honorer et magnifier ; mais il les affaiblit au point d'estimer qu'ils n'avaient nulle force qui les protégeât de ce qu'il voulait d'eux : il ne fit plus cas d'eux ni ne s'occupa de leur sort, et parvint jusqu'à {égorger leurs fils et laisser vivre leurs femmes}, craignant qu'ils ne se multiplient, ne l'envahissent en son pays et n'obtiennent la royauté. {Il était du nombre des corrupteurs}, qui n'ont souci ni de la réforme de la religion ni de celle du monde — et cela est de sa corruption en la terre.
Verset 5
{Et Nous voulions accorder Notre faveur à ceux qui avaient été affaiblis dans la terre}, en écartant d'eux les causes de leur abaissement, anéantissant qui leur résistait et frustrant qui les hostilisait, {et faire d'eux des chefs} en la religion — ce qui ne s'obtient pas dans l'abaissement : il faut une installation en la terre et une capacité parfaite — {et les faire hériter} de la terre, eux à qui l'issue finale revient en ce monde avant l'au-delà.
Verset 6
{Et les établir dans la terre} : toutes ces choses furent visées par la volonté d'Allah et régies par Sa volonté. {Et} Nous voulons aussi {montrer à Pharaon et à Hāmān}, son ministre, {et à leurs troupes}, par qui ils rôdaient, dominaient et agissaient en tyrans, {ce qu'ils redoutaient d'eux}, de cette faction affaiblie : l'expulsion de leurs demeures — c'est pourquoi ils s'employaient à les réprimer, briser leur force et tuer leurs enfants, qui en étaient le lieu. Tout cela, Allah l'a voulu ; et quand Il veut une chose, Il en facilite les causes et en ouvre les chemins — cette affaire aussi : Il a décrété et fait courir des causes, que Ses alliés comme Ses ennemis n'ont pas aperçues, causes conduisant à ce dessein.
Verset 7
Le début : lorsqu'Allah fit exister Son messager Mūsā, par la main et par qui Il résolut de délivrer ce peuple israélite, au temps de cette grande crainte où l'on égorgeait les fils, Il révéla à sa mère de l'allaiter et de le garder auprès d'elle ; {si tu le crains}, en sentant quelqu'un dont tu crains qu'il le leur livre, {jette-le dans le fleuve} — le Nil d'Égypte —, au milieu d'un coffre fermé ; {ne crains pas, ne t'afflige pas : Nous te le rendrons et ferons de lui l'un des messagers} : Il l'annonça qu'Il le lui rendrait, qu'il grandirait, serait sauf de leur ruse, et qu'Allah le ferait messager — l'une des plus grandes et glorieuses annonces. Cette annonce fut donnée d'avance à la mère de Mūsā pour que son cœur s'apaise et son effroi se calme.
Verset 8
Comme si elle avait eu peur sur lui, elle fit ce qui lui était ordonné et le jeta dans le fleuve ; Allah le conduisit jusqu'à ce que {la famille de Pharaon le recueillît} : il devint leur trouvé, eux qui mirent la main sur lui — {pour qu'il fût pour eux un ennemi et une affliction} : l'issue et la fin de ce recueil devait être qu'il soit un ennemi pour eux et une affliction qui les afflige, parce que la prudence ne sert de rien contre le décret, et que celui qu'ils craignaient parmi les enfants d'Israël, Allah dispose que leur chef fût élevé entre leurs mains, sous leurs yeux et à leur charge. À considérer et méditer, tu trouves dans ce pli des intérêts pour les enfants d'Israël : la répulsion de bien des maux graves contre eux et la prévention de bien des agressions avant sa mission — au point qu'il devint des grands du royaume, et naturellement il devait nécessairement défendre les droits de son peuple, lui si haute âme et si vive jalousie. C'est pourquoi ce peuple opprimé — dont l'abjection et l'humiliation atteignirent ce qu'Allah nous en a raconté en partie — en vint à ce que certains de ses individus disputent à ce peuple dominateur et élevé en la terre, comme l'exposition en viendra : c'était un prélude à sa manifestation. Allah, exalté soit-Il, a pour règle établie de faire marcher les choses par degrés, peu à peu, et non d'un seul coup. Sa parole : {Pharaon, Hāmān et leurs troupes étaient du nombre des fauteurs} : Nous voulions les punir de leur faute et les perdre en prix de leur ruse et de leur machination.
Verset 9
Quand la famille de Pharaon l'eut recueilli, Allah inclina vers lui l'épouse de Pharaon, la vertueuse, noble et croyante Āsiya fille de Muzāḥim, {et elle dit} : cet enfant {est une fraîcheur d'œil pour moi et pour toi : ne le tuez pas} : garde-le-nous pour que nos yeux se rafraîchissent de lui et que nous nous réjouissions de lui en notre vie ; {peut-être nous sera-t-il utile, ou le prendrons-nous pour enfant} : il n'en manque pas : ou bien il sera au rang des servants qui œuvrent à notre utilité et notre service, ou nous l'élèverons à un degré plus haut : nous le ferons notre enfant, l'honorerons et le magnifierons. Allah disposa qu'il fut utile à l'épouse de Pharaon qui tint ce discours : devenu fraîcheur d'œil pour elle, elle l'aima d'un amour extrême, il demeura pour elle comme l'enfant attendri, jusqu'à ce qu'il grandît, Allah le fit prophète et l'envoya : elle se hâta vers l'islam et la foi en lui — qu'Allah l'agrée et la satisfasse. Allah, exalté soit-Il, dit [sur] ces échanges et ripostes au sujet de Mūsā : {et ils ne se doutaient pas} de ce qu'avait tracé la plume et accompli le décret de sa venue à ce qu'il atteignit. Cela est de Sa douceur : s'ils s'en étaient doutés, il en eût été autrement de lui et d'eux.
Verset 10
Quand la mère de Mūsā l'eut perdu, elle s'affligea d'une affliction extrême et son cœur se retrouva vide, dans l'inquiétude qui la bouleversait, selon la condition humaine — bien qu'Allah, exalté soit-Il, lui eût interdit le chagrin et la peur, et promis de le lui rendre. {Elle faillit le découvrir}, déceler ce qui était en son cœur, {si Nous n'avions affermi son cœur} : Nous l'avons affermie, elle endura et ne le découvrit pas, {pour qu'elle fût}, par cette endurance et cette constance, {du nombre des croyants} : quand le serviteur est atteint d'une épreuve et endure et tient ferme, sa foi en croît — preuve que la persistance de l'impatience chez le serviteur indique la faiblesse de sa foi.
Verset 11
{Et la mère de Moïse dit à sa sœur} : {suis-le}, va suivre la trace de ton frère et le chercher, sans que personne ne te sente ni ne vise ton dessein. Elle alla le suivre, {et elle l'aperçut de loin, eux ne s'en doutant pas} : elle le vit à la façon d'une passante qui n'a pas de dessein sur lui — marque d'une entière fermeté et prudence : car si elle l'eût vu et fût venue à eux exprès, ils eussent supposé que c'était elle qui l'avait jeté, et peut-être eussent-ils résolu de l'égorger en punition de sa famille.
Verset 12
De la douceur d'Allah envers Mūsā et sa mère : Il l'empêcha d'accepter le sein d'une femme. On le sortit au marché par miséricorde envers lui — peut-être quelqu'un le réclamerait-il. Sa sœur vint en cet état, {et dit : vous indiquerai-je une maison dont les gens prendront soin pour vous, et qui lui seront bons conseillers ?} — c'était l'essentiel de leur souci : ils l'aimaient d'un amour extrême, et Allah l'avait empêché des nourrices : ils craignaient qu'il ne mourût.
Verset 13
Quand sa sœur leur eut tenu ce discours, qui exhortait envers la maison par la perfection de la garde, de la prise en charge et du bon conseil, ils s'empressèrent d'y répondre : elle les informa et les guida vers la maison. {Nous le rendîmes ainsi à sa mère}, comme Nous le lui avions promis, {pour que son œil se rafraîchisse et qu'elle ne s'afflige pas} : il fut élevé chez elle d'une façon où elle était en sécurité et tranquillité, se réjouissant de lui et recevant le salaire nombreux pour cela, {et pour qu'elle sache que la promesse d'Allah est vérité} : Nous lui fîmes voir de Nos promesses une partie de ses yeux, pour que son cœur s'apaise et sa foi croisse, et qu'elle sache que la promesse d'Allah s'accomplirait en sa garde et sa mission. {Mais la plupart ne savent pas} : s'ils voient la cause bouleversée, cela bouleverse leur foi, faute de savoir pleinement qu'Allah place les épreuves et les obstacles difficiles devant les choses hautes et les fins excellentes. Mūsā — paix et bénédiction sur lui — demeura chez la famille de Pharaon, élevé dans leur pouvoir, montant leurs montures et portant leurs vêtements, sa mère en tranquillité : il était établi qu'elle était sa mère de lait, et l'on ne s'étonna pas qu'il la fréquentât et [qu'elle l'aimât]. Considère cette douceur et la préservation du prophète d'Allah, Mūsā, du mensonge en son dire, et la facilitation du lien par lequel il s'attacha à elle — ce qui apparut aux gens fut l'allaitement, cause pour laquelle il l'appelle mère : les nombreuses paroles de lui et d'autrui à ce sujet furent toutes vérité et réalité.
Verset 14
{Quand il eut atteint sa plénitude}, de force, de raison et d'intelligence — environ quarante ans le plus souvent — {et qu'il se fut formé}, ces choses furent parfaites en lui : {Nous lui donnâmes sagesse et science} : une sagesse par laquelle il connaît les statuts religieux et juge entre les gens, et une science abondante. {Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants}, envers Allah par l'adoration et envers les créatures d'Allah par la bienfaisance : Il leur donne science et sagesse selon leur bienfaisance — cela indique la perfection de la bienfaisance de Mūsā, paix sur lui.
Verset 15
{Il entra dans la cité à un moment d'inattention de ses habitants} — soit l'heure de la sieste, soit un autre temps où ils négligent de se répandre — {et y trouva deux hommes qui se battaient}, qui se disputaient et se frappaient : {celui-ci était des siens}, des enfants d'Israël, {et celui-là de ses ennemis}, les Coptes. {Celui des siens lui demanda secours contre celui de ses ennemis} : car il était notoire et les gens savaient qu'il était des enfants d'Israël, et son appel à Mūsā indique que Mūsā — paix sur lui — avait atteint un degré craint et espéré de la maison du royaume et du pouvoir. {Moïse lui donna un coup de poing}, au Copte, répondant à la demande de l'Israélite, {et en vint à bout} : il le tua de ce coup, tant il fut violent et grande la force de Mūsā. Mūsā, paix sur lui, regretta ce qui venait de lui, {et dit : ceci est l'œuvre du Diable}, de sa séduction et de son insinuation : {il est ennemi, égareur manifeste} — c'est pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait, à cause de son inimitié évidente et de son zèle à égarer. Puis il demanda pardon à son Seigneur : {il dit : Seigneur, je me suis fait injustice ; pardonne-moi. Et Il lui pardonna : c'est Lui le Pardonnant, le Miséricordieux}, en particulier envers les humbles qui se hâtent de revenir et de se repentir, comme il advint de Mūsā, paix sur lui. {Moïse dit : Seigneur, pour les bienfaits dont Tu m'as comblé}, par le repentir, le pardon et les biens nombreux, {je ne serai point le soutien des criminels} : je ne secourrai personne dans une désobéissance — promesse de Mūsā, paix sur lui, en raison de la faveur d'Allah sur lui, de ne secourir aucun criminel comme il l'avait fait en tuant le Copte : les bienfaits exigent du serviteur l'œuvre du bien et l'abandon du mal.
Verset 18
Après qu'il eut tué celui qui était de ses ennemis, {il s'éveilla dans la cité, craintif, aux aguets} : la famille de Pharaon saurait-elle ? Il craignait, car il savait que nul n'aurait l'audace d'un tel fait, parmi les enfants d'Israël, sinon Mūsā. Tandis qu'il était en cet état, {voici que celui qui la veille avait appelé son secours} contre son ennemi {le sollicitait à grands cris} contre un autre Copte. {Moïse lui dit}, le blâmant de son état : {tu es manifestement un égaré}, d'égarement avéré, d'audace extrême. {Quand il voulut frapper}, Mūsā, {celui qui était l'ennemi d'eux deux} — de lui et du disputant qui sollicitait Mūsā : la querelle entre le Copte et l'Israélite ne cessait, et celui-ci appelait Mūsā au secours ; l'ardeur l'emporta, au point qu'il faillit frapper le Copte. {Le Copte lui dit}, le détournant de le tuer : {veux-tu me tuer comme tu as tué une personne la veille ? Tu ne veux qu'être un tyran dans la terre} — car des plus grands effets du tyran en la terre est de tuer l'âme sans droit — {et tu ne veux pas être des réformateurs} : sinon, si tu voulais la réforme, tu te serais interposé entre moi et lui sans tuer personne. Mūsā s'abstint de le tuer et se rangea à son exhortation et sa semonce.
Verset 20
La nouvelle de ce qui était advenu de Mūsā en ces deux affaires se répandit, jusqu'à ce que les notables de Pharaon et Pharaon se concertassent pour le tuer : Allah leur suscita cet homme bon conseiller, qui les devança en avertissant Mūsā de ce qu'avait arrêté le conseil de leurs notables. {Un homme vint du fond de la cité, en courant}, à pied, par bon conseil pour Mūsā et crainte qu'ils ne l'attrapent avant qu'il ne s'en doute ; {il dit : Moïse, les notables complotent}, délibèrent à ton sujet, {pour te tuer : sors}, de la cité ; {je suis pour toi du nombre des bons conseillers}. Mūsā suivit son conseil.
Verset 21
{Il sortit d'elle, craintif, aux aguets} de peur que le meurtre ne l'atteignît ; il invoqua Allah et {dit : Seigneur, sauve-moi du peuple des injustes} : il s'était repenti de sa faute, et son acte était un emportement de colère, sans intention de tuer — leur menace contre lui était injustice et audace de leur part.
Verset 22
{Et quand il se dirigea vers Madyan}, prenant la direction de Madyan — au sud de la Palestine, là où Pharaon n'a point de royauté —, {il dit : il se peut que mon Seigneur me guide dans la voie droite}, le milieu du chemin, l'abrégé qui y mène avec aisance et douceur. Allah le guida dans la voie droite et il parvint à Madyan.
Verset 23
{Quand il arriva à l'eau de Madyan, il y trouva un groupe de gens qui abreuvaient} leurs bêtes — c'étaient des gens de nombreux troupeaux —, {et il trouva en deçà d'eux deux femmes qui retenaient} leurs brebis à l'écart des abreuvoirs des gens, incapables de bousculer les hommes, et ceux-ci, par avarice et défaut de noblesse, ne leur cédaient pas l'abreuvement. {Moïse leur dit : qu'avez-vous ?} — quelle est votre affaire en cet état ? {Elles dirent : nous n'abreuverons pas que les bergers ne soient partis} : l'usage veut que nous n'ayons l'abreuvement qu'après le départ des bergers avec leurs bêtes ; l'air libre nous étant libre, nous abreuverons. {Et notre père est un vieillard âgé} : il n'a pas la force d'abreuver ; nous n'avons ni force qui nous le permette, ni hommes pour disputer aux bergers.
Verset 24
Mūsā, paix sur lui, fut pris de tendresse et de miséricorde pour elles {et abreuva pour elles}, sans leur demander de salaire ni poursuivre d'autre fin que la face d'Allah, exalté soit-Il. Cela était au plus fort de la chaleur, au milieu du jour — preuve en Sa parole : {puis il se retira à l'ombre}, se reposant de cette ombre après la fatigue. {Il dit} en cet état, demandant sa subsistance à son Seigneur : {Seigneur, j'ai besoin du bien que Tu feras descendre vers moi} : je suis dans le besoin du bien que Tu m'envoies et me facilites — demande par son état, et la demande par l'état est plus éloquente que la demande par la langue.
Verset 25
Il demeura en cet état, invoquant et flattant son Seigneur. Quant aux deux femmes, elles allèrent à leur père et l'informèrent de ce qui s'était passé ; leur père leur envoya l'une d'elles à Mūsā : elle vint à lui {marchant avec pudeur} — marque de la noblesse de sa souche et de son bon caractère : la pudeur est des vertus, surtout chez les femmes ; et indice que Mūsā, paix sur lui, n'était pas en son abreuvement pour elles au rang du mercenaire et du servant dont on n'a point coutume d'avoir honte : c'était une âme haute ; elle vit en lui telle bonté de caractère et telles mœurs généreuses que la pudeur l'en saisit. {Elle dit : mon père t'appelle pour te récompenser du salaire de ce que tu as abreuvé pour nous}, non par gratuité envers toi : c'est toi qui nous as devancées en bienfaisance, et son seul dessein est de te récompenser de ta bienfaisance. Mūsā la suivit ; {quand il fut venu à lui et lui eut raconté l'histoire}, depuis le début de la cause de sa fuite jusqu'à sa venue à lui, {il dit}, calmant son effroi et pansant son cœur : {ne crains pas : tu es sauvé du peuple des injustes} — que ta crainte et ton effroi s'en aillent : Allah t'a sauvé d'eux puisque tu es parvenu à ce lieu sur lequel ils n'ont aucune autorité.
Verset 26
{L'une d'elles dit}, l'une de ses deux filles : {père, prends-le à ton service}, fais de lui un mercenaire chez toi qui paîtra les brebis et les abreuvera ; {le meilleur des hommes que tu engages est le fort, le digne de confiance} : Mūsā est le plus digne d'être engagé : il réunit force et fidélité, et le meilleur mercenaire est celui qui les réunit — force et capacité pour ce pourquoi il est engagé, fidélité en cela par l'absence de trahison. Ces deux qualités doivent être considérées en quiconque assume pour l'homme une œuvre par louage ou autrement : le désordre ne vient que de leur perte ou de la perte de l'une ; leur réunion parachève l'œuvre. Elle dit cela car elle avait vu de la force de Mūsā en abreuvant pour elles et de son ardeur ce qui lui fit connaître sa force, et vu sa fidélité et sa religion, et qu'il eut pitié d'elles en un état où l'on n'espère d'elles nulle utilité, son seul dessein étant la face d'Allah, exalté soit-Il.
Verset 27
{Le maître de Madyan dit : je veux te donner en mariage l'une de ces deux filles, à condition que tu sois à mon service}, que tu deviennes mon mercenaire, {huit années} ; {si tu en accomplis dix, c'est de toi}, libéralité de ta part, sans obligation. {Je ne veux pas te rendre la chose difficile} en t'imposant les dix ans, ni t'engager pour t'imposer des travaux pénibles : je t'engage pour une œuvre aisée et légère sans gêne. {Tu me trouveras, si Allah veut, du nombre des justes} — il l'exhortait par la facilité de l'œuvre et la belle manière : le juste doit embellir son caractère autant qu'il peut, et on attend de lui plus que d'autrui.
Verset 28
{Moïse dit}, répondant à sa demande : {cela est entre toi et moi} : cette condition que tu as dite, je l'agrée, elle est réglée entre toi et moi ; {lequel des deux termes que j'accomplisse, nul grief contre moi} : que j'accomplisse les huit obligatoires ou que je fasse libéralité du surplus. {Allah est garant de ce que nous disons}, gardien qui nous observe et sait ce que nous avons convenu. Cet homme, père des deux femmes, maître de Madyan, n'est pas Chu'ayb, le prophète connu, comme il est répandu chez beaucoup : c'est une opinion sans preuve ; le plus loin qu'on aille, c'est que la ville de Chu'ayb, paix sur lui, était Madyan et que cette affaire arriva à Madyan — où est la nécessaire liaison entre les deux ?! Et d'ailleurs on ne sait pas que Mūsā ait atteint le temps de Chu'ayb, a fortiori sa personne ! Si cet homme eût été Chu'ayb, Allah l'eût mentionné, et les deux femmes l'eussent nommé. Et de plus : Allah anéantit le peuple de Chu'ayb, paix et bénédiction sur lui, pour l'avoir traité de menteur, et il ne resta que les croyants en lui — et Allah préserve les croyants d'admettre que les deux filles de leur prophète soient refoulées de l'eau, leur bête repoussée, jusqu'à ce qu'un étranger leur fasse du bien et abreuve leur bête ; et Chu'ayb n'eût pas admis que Mūsā païsît chez lui et fût son servant, lui qui lui était supérieur et plus élevé en degré — à moins de dire : c'était avant la prophétie de Mūsā, et il n'y a pas de contradiction. En tout état de cause, on ne s'appuie pas sur ce qu'il fût Chu'ayb le prophète sans transmission authentique du Prophète — paix et bénédiction sur lui. Et Allah sait mieux.
Verset 29
{Quand Moïse eut accompli le terme} — il avait accompli le terme obligatoire ou le surplus, comme on doit le penser de Mūsā et de sa loyauté —, il aspira à rejoindre les siens, sa mère, sa parenté et sa patrie, et pensa que, la durée étant longue, ils avaient oublié ce qui était venu de lui. {Il partit avec les siens} en direction de l'Égypte. {Il aperçut}, vit, {du côté du Mont un feu}, et {dit à sa famille : restez ; j'ai aperçu un feu ; peut-être vous en apporterai-je une nouvelle, ou un tison de feu}, {peut-être vous réchaufferez-vous} : le froid les avait saisis et ils s'étaient égarés du chemin.
Verset 30
{Quand il y fut, on l'appela : ô Moïse, c'est Moi, Allah, le Seigneur des mondes} : Il l'informa de Sa divinité et de Sa seigneurialité, ce qui exige de lui ordonner de L'adorer et de Lui réserver le culte, comme Il l'explicite en l'autre verset : {Adore-Moi donc et accomplis la prière pour M'évoquer}.
Verset 31
{Jette ton bâton} : il le jeta ; {l'ayant vu s'agiter}, ramper d'un rude mouvement, sous une forme terrifiante, {comme un jānn}, le grand mâle des serpents, {il s'enfuit sans se retourner}, tant l'épouvante avait maîtrisé son cœur. Allah lui dit : {ô Moïse, approche et ne crains pas : tu es parmi les sécurisés} — le comble de la sécurité et de l'absence de peur : {approche} exige de lui l'ordre d'avancer, à quoi il doit obéir ; mais il pourrait avancer tandis que la chose crainte subsiste : {ne crains pas} lui ordonne deux choses — avancer, et l'absence de crainte en son cœur. Reste une éventualité : qu'il avance sans crainte mais sans recevoir protection et sécurité du mal — {tu es parmi les sécurisés} : le péril est alors écarté de toutes les faces. Mūsā, paix sur lui, s'avança sans crainte ni épouvante, en paix et confiant en la parole de son Seigneur, sa foi accrue et sa certitude achevée. Ce signe, Allah le lui montra avant sa marche vers Pharaon, pour qu'il fût en pleine certitude, plus hardi, plus fort et plus ferme.
Verset 32
Puis Il lui montra l'autre signe : {introduis ta main dans ton pan ; elle sortira blanche sans aucun mal} : il l'y introduisit et la retira comme Allah, exalté soit-Il, l'a dit. {Et serre ton bras contre toi pour fuir la crainte} : serre ton aile — ton bras — contre ton flanc, pour que la crainte et la peur te quittent. {Cela}, la transformation du bâton en serpent et la sortie de la main blanche sans mal, {sont deux preuves de ton Seigneur}, deux arguments tranchants d'Allah, {à destination de Pharaon et de ses notables : ils sont un peuple de pervers} — le simple avertissement et l'ordre du messager ne leur suffisent pas : il faut les signes éclatants, s'ils profitent.
Verset 33
{Moïse dit}, s'excusant auprès de son Seigneur, Lui demandant l'aide pour ce dont Il l'a chargé, et Lui rappelant les empêchements qui sont en lui, pour que son Seigneur écartât ce qu'il en craignait : {Seigneur, j'ai tué une personne des leurs} — {je crains qu'ils ne me tuent. Et mon frère Aaron est plus éloquent que moi ; envoie-le avec moi comme auxiliaire}, coopérateur et aide, qui me confirme : car à la jonction des nouvelles, la vérité se fortifie.
Verset 35
Allah exauça sa demande : {Nous renforcerons ton bras par ton frère}, Nous t'aiderons de lui et te fortifierons. Puis Il écarta de lui le péril du meurtre : {et Nous vous donnerons autorité}, prise de pouvoir et installation pour l'appel, par la preuve et la crainte inspirée d'Allah à leur ennemi {— ils ne vous atteindront pas}, à cause de Nos signes, de la vérité qu'ils indiquent et du trouble qu'ils infligèrent à qui les vit et les regarda : c'est par eux que vous aurez l'autorité, par eux sera repoussé le stratagème de votre ennemi, et ils vous vaudront plus que des troupes nombreuses et munies. {Vous deux et ceux qui vous suivent serez les vainqueurs} — promesse faite à Mūsā en ce temps où il était seul et unique, revenu en son pays après avoir été fugitif : les états ne cessèrent d'évoluer et les affaires de cheminer, jusqu'à ce qu'Allah accomplit Sa promesse, l'installa sur les serviteurs et les pays, et que lui et ses partisans eurent la victoire et la manifestation.
Verset 36
Mūsā partit avec le message de son Seigneur. {Quand Moïse leur vint avec Nos signets manifestes}, d'indication claire de ce qu'il leur disait, sans insuffisance ni obscurité, {ils dirent}, par injustice, orgueil et obstination : {ceci n'est que magie forgée} — comme dit Pharaon en l'état où la vérité se manifesta, domina le faux, le faux s'évanouit, et les chefs connaisseurs des réalités s'y soumirent : {c'est votre grand maître qui vous a appris la magie !} Lui, l'astucieux non pur, parvenu en ruse, tromperie et machination à ce qu'Allah nous en a raconté, et qui savait que nul n'avait fait descendre ceci sinon le Seigneur des cieux et de la terre — mais la misère domine. {Nous n'avons pas entendu cela chez nos premiers ancêtres} : ils mentirent en cela, car Allah envoya Yūsuf avant Mūsā, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {Joseph vous est venu auparavant avec les preuves, et vous n'avez cessé de douter de ce qu'il vous a apporté, jusqu'à sa mort, où vous dîtes : Allah n'enverra plus de messager après lui. Ainsi Allah égare qui est outrancier, douteur} (40:34).
Verset 37
{Moïse dit}, quand ils prétendirent que ce qu'il leur apportait était magie et égarement, et que leur état était la guidance : {mon Seigneur sait mieux qui vient de Sa part avec la guidance, et à qui sera l'issue finale de la demeure} : si la discussion avec vous et l'exposition des signes ne servent à rien et que vous ne persistez que dans votre égarement et votre obstination à la mécréance — Allah, exalté soit-Il, sait le guidé et l'autre, et à qui sera l'issue finale : nous ou vous. {Il ne réussit pas, les injustes} : l'issue finale revint à Mūsā et à ses partisans, avec la réussite et le salut, et à ceux-là la perte, la pire des fins et l'anéantissement.
Verset 38
{Pharaon dit}, hardi contre son Seigneur, et cachant à son peuple sot, aux intelligences oblitérées : {ô notables, je ne connais pour vous d'autre divinité que moi} : moi seul suis votre dieu et votre adoré — s'il y avait une divinité autre que moi, je la connaîtrais ! Vois ce scrupule achevé de Pharaon : il ne dit pas : vous n'avez pas de divinité autre que moi ! mais se fit scrupule et dit : je ne connais pour vous d'autre divinité que moi ! Car il est chez eux le savant vertueux : quoi qu'il dise, c'est la vérité ; quoi qu'il ordonne, ils obéissent. Cette parole, qui admettait qu'il y eût une divinité autre que lui, il voulut en vérifier la négation : il dit à Hāmān : {allume pour moi, Hāmān, un feu sur l'argile}, pour lui faire des briques de poterie, {et construis-moi une tour}, un bâtiment élevé, {peut-être atteindrai-je le dieu de Moïse} — {je le pense menteur}, mais nous vérifierons cette opinion et vous montrerons le mensonge de Mūsā. Vois cette immense hardiesse contre Allah, que nul humain n'atteignit ! Il traita Mūsā de menteur, prétendit être Allah, nia avoir science du vrai Dieu, et fit les causes pour parvenir au dieu de Mūsā — tout cela n'est que jonglerie. Mais l'étonnant est ces notables qui prétendent être les grands du royaume et gérer ses affaires : comment cet homme joua-t-il de leurs esprits et méprisa leurs intelligences ! C'est à cause de leur perversité devenue en eux qualité enracinée : leur religion se corrompit, puis à sa suite leur raison — nous Te demandons, ô Allah, la fermeté dans la foi, de ne pas dévier nos cœurs après que Tu nous as guidés, et de nous accorder de Ta part une miséricorde : c'est Toi le Donateur.
Verset 39
Allah, exalté soit-Il, dit : {il s'éleva, lui et ses troupes, dans la terre sans droit} : ils s'élevèrent sur les serviteurs d'Allah et leur infligèrent le pire supplice ; ils s'élevèrent contre les messagers d'Allah et les signes qu'ils leur apportaient, les traitèrent de mensonges et prétendirent que leur état était plus haut et meilleur ; {et ils pensèrent qu'ils ne seraient pas ramenés à Nous} : c'est pourquoi ils furent hardis — sinon, s'ils avaient su ou pensé qu'ils seraient ramenés à Allah, il ne fût pas été d'eux ce qui fut.
Verset 40
{Nous le saisîmes donc, lui et ses troupes}, quand persévérèrent leur obstination et leur tyrannie, {et les jetâmes dans le flot. Regarde quelle fut la fin des injustes !} La pire et la plus perdante des fins, suivie de la punition terrestre continuelle, jointe à la punition de l'au-delà.
Verset 41
{Et Nous fîmes d'eux des guides qui appellent au Feu} : Nous fîmes de Pharaon et de ses notables des guides qu'on suit et derrière qui l'on marche vers la demeure de l'opprobre et de la misère. {Et au Jour de la résurrection, ils ne seront pas secourus} contre le châtiment d'Allah : ils sont la chose la plus faible à le détourner d'eux-mêmes, et ils n'ont en dehors d'Allah ni protecteur ni secoureur.
Verset 42
{Et Nous fîmes suivre contre eux, en ce bas monde, une malédiction} : en surcroît de leur punition et de leur opprobre en ce monde, une malédiction dont on les maudit ; parmi les créatures, ils ont le mauvais renom, le mépris et le blâme — chose visible : ils sont les guides des maudits de ce monde et leur tête. {Et au Jour de la résurrection, ils seront du nombre des réprouvés} [maqbūḥīn : bannis], aux actions rendues abjectes, sur qui s'unissent le mépris d'Allah, le mépris des créatures et le mépris d'eux-mêmes.
Verset 43
{Nous donnâmes à Moïse le Livre} — la Thora — {après avoir détruit les premières générations}, dont la fin en l'anéantissement général fut Pharaon et ses troupes. Preuve qu'après la descente de la Thora l'anéantissement général cessa et fut instituée la lutte armée contre les mécréants : {comme lucidités pour les gens} : le livre d'Allah qu'Il fit descendre sur Mūsā contient des lucidités pour les gens, des choses par lesquelles ils voient ce qui leur profite et leur nuit : la preuve se dresse contre le désobéissant, le croyant en profite — miséricorde pour lui et guidance vers le droit chemin. C'est pourquoi Il dit : {et une guidance et une miséricorde, peut-être se rappelleraient-ils}.
Verset 44
Après qu'Allah eut raconté à Son messager ce qu'Il raconta de ces nouvelles de l'invisible, Il avertit les serviteurs que ceci est une information purement divine, à laquelle le messager n'a d'accès que par la révélation : {tu n'étais pas au flanc occidental}, au flanc occidental du Mont, quand Nous avons décrété l'affaire de Mūsā, {et tu n'étais pas parmi les témoins} de cela, qu'on puisse dire que cela t'est parvenu par cette voie.
Verset 45
{Mais Nous avons fait surgir des générations, et l'âge s'est prolongé sur eux} : la science s'effaça et Ses signes furent oubliés ; Nous t'envoyâmes au temps où le besoin de toi et de ce que Nous t'enseignons et te révélons fut extrême. {Tu ne demeurais pas}, résidant, {parmi les gens de Madyan à leur réciter Nos signes}, à les instruire et t'instruire d'eux, au point d'informer de ce que tu informas de l'affaire de Mūsā à Madyan. {Mais c'est Nous qui envoyons} : cette nouvelle que tu apportes sur Mūsā est un effet de Notre envoi de toi et une révélation : tu n'avais nulle voie vers sa science sans Notre mission.
Verset 46
{Tu n'étais pas au flanc du Mont quand Nous appelâmes} Mūsā et lui ordonnâmes de venir au peuple des injustes, de leur transmettre Notre message et de leur montrer de Nos signes et merveilles ce que Nous t'avons raconté. Le propos : les événements survenus à Mūsā — paix et bénédiction sur lui — en ces lieux, que tu racontas tels quels, sans addition ni retranchement, n'admettent que deux alternatives : ou tu y étais présent et les as vus, ou tu es allé aux lieux et les as appris de leurs habitants — mais alors cela n'indiquerait pas que tu es le messager d'Allah, car les choses rapportées par témoignage et étude sont communes, non propres aux prophètes. Or ceci est su et certain : tu n'y étais pas ni n'y vas — tes alliés comme tes ennemis le savent. Donc l'autre alternative s'impose : ceci t'est venu de la part d'Allah, de Sa révélation et de Son envoi. Ainsi s'établit par preuve décisive la validité de ta mission et la miséricorde d'Allah par toi pour les serviteurs — c'est pourquoi Il dit : {mais par une miséricorde de ton Seigneur, pour avertir un peuple auquel n'est venu aucun avertisseur avant toi}, les Arabes et Quraysh : la mission, chez eux, n'est pas connue au temps de l'envoi du messager ni longtemps avant, {peut-être se rappelleraient-ils} : le bien détaillé pour le faire, le mal pour le délaisser. Puisque tu es en ce rang, il leur incombe de se hâter de croire en toi et de remercier ce bienfait dont la valeur est inestimable et la gratitude insaisissable. Son avertissement aux Arabes ne nie pas qu'il fût envoyé aux autres : il est arabe, le Coran descendu sur lui est arabe, et les premiers touchés par son appel furent les Arabes — sa mission pour eux est l'originelle, pour les autres la suite, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {les gens s'étonnent-ils que Nous ayons révélé à un homme d'entre eux : avertis les gens} (29:50), {dis : ô gens, je suis le messager d'Allah à vous tous} (7:158).
Verset 47
{Si une affliction ne devait les atteindre pour ce que leurs mains ont avancé}, de mécréance et désobéissances, {ils diraient : Seigneur, pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé de messager ? Nous aurions suivi Tes signes et été parmi les croyants} — c'est pourquoi Nous t'avons envoyé, ô Muhammad : pour écarter leur argument et trancher leur discours.
Verset 48
{Quand la vérité leur vint de Notre part} — le Coran que Nous te révélâmes —, {ils dirent}, la niant et objectant ce qui n'est pas une objection : {pourquoi ne lui a-t-il pas été donné semblable à ce qui fut donné à Moïse ?} : qu'un livre fût descendu sur lui d'un seul tenant — donc, tant qu'il descend par fragments, il n'est pas d'Allah. Quel indice en cela ?! Quelle argutie que de dire qu'il n'est pas d'Allah parce qu'il descendit séparé ?! C'est au contraire perfection de ce Coran et sollicitude d'Allah envers celui sur qui il descendit, qu'il soit descendu par fragments : pour affermir par lui le cœur du messager, et que s'accroisse la foi des croyants : {ils ne t'apportent aucune parabole sans que Nous ne t'apportions la vérité et la meilleure interprétation} (25:33). Et d'ailleurs, leur raisonnement sur le livre de Mūsā, ils l'ont eux-mêmes détruit : comment le comparent-ils à un livre en quoi ils furent mécréants et qu'ils n'ont pas cru [en lui] ?! C'est pourquoi Il dit : {ont-ils mécru en ce qui fut donné à Moïse auparavant ? Ils dirent : deux magies qui se soutiennent} — le Coran et la Thora s'entraidant en leur magie et leur égarement des gens — {et ils dirent : nous sommes mécréants envers chacun} (28:48). Ainsi s'établit qu'ils veulent abolir la vérité par ce qui n'est pas une preuve, et la détruire par ce qui ne se détruit pas, et tiennent des discours contradictoires et divergents — tel est le cas de tout mécréant : c'est pourquoi il est explicite qu'ils furent mécréants en les deux livres et les deux messagers.
Verset 49
Mais leur mécréance envers eux deux : est-ce quête de vérité et suite d'une chose meilleure en leur possession, ou pur caprice ? Allah, exalté soit-Il, dit en les acculant : {dis : apportez donc un livre venant d'Allah qui soit mieux guide que ces deux-là} — la Thora et le Coran — {je le suivrai, si vous êtes véridiques} : ils n'ont nul moyen, ni personne, d'apporter leur pareil : jamais le monde, depuis qu'Allah l'a créé, n'a vu rien de tel que ces deux livres en science, guidance, clarté et miséricorde pour les créatures. Et c'est la perfection de l'équité de l'appelant : je ne vise que la vérité, la guidance et la droiture, et je vous ai apporté ce livre qui les contient et s'accorde au livre de Mūsā : il nous incombe à tous de nous soumettre à eux deux et de les suivre en tant qu'ils sont guidance et vérité ; si vous m'apportez un livre venant d'Allah mieux guide qu'eux deux, je le suivrai ; sinon, je ne délaisse pas une guidance et une vérité que je connais pour une guidance et une vérité qui ne sont pas.
Verset 50
{S'ils ne te répondent pas}, s'ils n'apportent pas de livre mieux guide qu'eux deux, {sache qu'ils ne suivent que leurs caprices} : s'ils délaisseront ta suite, ce n'est pas vers une vérité qu'ils connaissent ni vers une guidance qu'ils vont : ce n'est que pur suivre de leurs caprices. {Qui est plus égaré que celui qui suit son caprice sans guidance d'Allah ?} (28:50) : celui-là est des plus égarés des gens : la guidance et le droit chemin menant à Allah et à la demeure de Sa générosité lui furent offerts ; il ne s'y tourna pas, ne s'y porta pas, et son caprice l'appela aux chemins menant à la perdition et à la misère : il le suivit et délaissa la guidance — y a-t-il plus égaré que celui dont tel est le portrait ?! Mais son injustice, son agression et son absence d'amour de la vérité sont ce qui fait qu'il demeure en son égarement sans qu'Allah le guide — c'est pourquoi Il dit : {Allah ne guide pas le peuple des injustes}, ceux dont l'injustice est devenue la description et l'obstination le caractère : la guidance leur vint, ils la refusèrent ; le caprice se présenta, ils le suivirent ; ils se fermèrent à eux-mêmes les portes de la guidance et ses voies, et s'ouvrirent les portes de l'égarement et ses chemins : ils errent dans leur égarement et leur obscurité, oscillent dans leur misère et leur perdition. En Sa parole {s'ils ne te répondent pas, sache qu'ils ne suivent que leurs caprices}, il y a preuve que quiconque ne répond pas au messager et va vers une opinion contraire à celle du messager ne va pas vers une guidance, mais vers un caprice.
Verset 51
{Nous avons fait parvenir à eux la Parole}, Nous l'avons suivie et poursuivie, et faite descendre peu à peu, par miséricorde et douceur pour eux, {peut-être se rappelleraient-ils} : quand Ses signets se répètent sur eux et que Ses preuves descendent au temps du besoin — la descente par fragments fut miséricorde pour eux : pourquoi objectent-ils contre ce qui est de leurs intérêts ?! Chapitre : mention de quelques mérites et enseignements dans cette histoire étonnante. — Les signes d'Allah [exalté soit-Il], Ses leçons et Ses jours dans les nations antérieures, seuls les croyants en profitent et s'en éclairent : la leçon du serviteur est selon sa foi ; Allah ne conduit les récits que pour eux ; quant aux autres, Allah n'en fait nul cas, et il n'y a pour eux en cela ni lumière ni guidance. — Quand Allah, exalté soit-Il, veut une chose, Il en prépare les causes et l'amène peu à peu, par degrés, non d'un seul coup. — La nation opprimée, quelque degré d'oppression qu'elle atteigne, ne doit pas se laisser gagner la paresse à réclamer son droit, ni le désespoir de s'élever aux plus hautes affaires, surtout si elle est lésée : Allah délivra la nation des enfants d'Israël, la nation faible, de la captivité de Pharaon et de ses notables, les établit en la terre et leur donna leurs pays en possession. — Tant que la nation est abjecte et domptée, ne prenant pas son droit et ne le proclamant pas, ni sa religion ni son monde ne se redressent, et elle n'a en cela nulle direction à donner. — La douceur d'Allah envers la mère de Mūsā et l'allègement de son épreuve par l'annonce qu'Allah [exalté soit-Il] lui rendrait son fils et le ferait des messagers. — Allah impose à Son serviteur quelques peines pour lui accorder une joie plus grande, ou écarter de lui un mal plus grand : comme Il décréta sur la mère de Mūsā ce chagrin extrême et ce souci profond, moyen pour que son fils lui revienne d'une façon qui apaise son âme, rafraîchisse son œil et accroisse sa joie et son allégresse. — La crainte naturelle des créatures ne contredit pas la foi ni ne l'abolit : comme il advint de la mère de Mūsā, et des craintes de Mūsā. — La foi croît et décroît ; et des plus grands accroissements de la foi et achèvements de la certitude : l'endurance devant les épouvantes, et l'affermississement d'Allah devant les bouleversements — comme Allah, exalté soit-Il, dit : {si Nous n'avions pas affermi son cœur, pour qu'elle fût du nombre des croyants} (28:10), pour que sa foi en croisse et son cœur s'apaise. — Des plus grands bienfaits d'Allah sur Son serviteur, et Sa plus grande aide dans ses affaires : l'affermississement par Allah, l'affermissement de son sang-froid et de son cœur devant les craintes et les choses stupéfiantes : c'est par là qu'il peut la parole juste et l'acte juste — au contraire de celui dont l'inquiétude, l'effroi et le trouble persistent : sa pensée se perd, sa raison s'absente, et il ne profite pas de lui-même en cet état. — Le serviteur, quand même il saurait que le décret, la prédestination et la promesse d'Allah s'accomplissent nécessairement, ne néglige pas d'agir par les causes qui lui sont ordonnées, et cela ne contredit pas sa foi en la parole d'Allah : Allah promit à la mère de Mūsā de le lui rendre, et pourtant elle s'évertua à le faire revenir et envoya sa sœur le suivre et le chercher. — La permission pour la femme de sortir pour ses besoins et de parler aux hommes sans péril, comme il advint de la sœur de Mūsā et des deux filles du maître de Madyan. — La permission de recevoir un salaire pour la prise en charge, l'allaitement et l'indication de qui fait cela. — Allah, dans Sa miséricorde envers le serviteur faible qu'Il veut honorer, lui montre de Ses signes et lui fait assister de Ses preuves ce qui accroît sa foi : comme Allah fit revenir Mūsā à sa mère, pour qu'elle sache que la promesse d'Allah est vérité. — Tuer le mécréant qui a un pacte, par contrat ou par usage, n'est pas permis : Mūsā, paix sur lui, compta le meurtre du Copte mécréant comme un péché et en demanda pardon à Allah. — Celui qui tue les âmes sans droit est compté parmi les tyrans qui corrompent en la terre. — Celui qui tue les âmes sans droit et prétend vouloir la réforme en la terre et intimider les gens de désobéissance est un menteur, un corrupteur — comme Allah rapporte la parole du Copte : {tu ne veux qu'être un tyran dans la terre et tu ne veux pas être des réformateurs}, par way d'établissement à son adresse, non de négation. — Informer autrui de ce qui fut dit sur lui, pour l'avertir d'un mal qui l'attend, n'est pas médisance : cela peut être obligatoire, comme cet homme informa Mūsā en bon conseiller et avertisseur. — Qui craint le meurtre ou la perte en résidant ne se jette pas à sa perte et ne s'y résigne pas : il s'en va, comme fit Mūsā. — À l'entassement de deux maux, s'il faut en commettre un, on commette le moindre et le plus sûr : Mūsā, l'affaire roulant entre demeurer en Égypte mais être tué, ou aller vers quelque pays lointain dont il ne connaît pas le chemin, sans autre guide que son Seigneur — ce dernier état était plus espéré de salut que le premier : Mūsā le suivit. — Le savant, quand il doit parler et qu'aucun des deux avis ne prédomine en lui, demande à son Seigneur de le guider vers le juste des deux, après avoir visé la vérité de son cœur et l'avoir cherchée : Allah ne frustre pas qui est en cet état — comme Mūsā sortit vers Madyan et dit : {il se peut que mon Seigneur me guide dans la voie droite}. — La miséricorde envers les créatures et la bienfaisance envers qui l'on connaît et qui l'on ne connaît pas sont des mœurs des prophètes ; et de la bienfaisance : abreuver la bête et aider l'incapable. — Il est recommandé d'invoquer en exposant son état, quand même Allah le connaîtrait : Il aime l'humilité de Son serviteur et l'étalage de son abjection et de son indigence — comme dit Mūsā : {Seigneur, j'ai besoin du bien que Tu feras descendre vers moi}. — La pudeur — surtout envers les nobles — est des louables vertus. — La récompense de la bienfaisance fut de tout temps la manière des nations antérieures. — Le serviteur qui œuvre pour Allah, exalté soit-Il, puis reçoit une récompense sans l'avoir visée en premier, n'est pas blâmé : Mūsā accepta la rétribution du maître de Madyan pour son bienfait qu'il n'avait pas recherché, sans tendre le cœur vers un dédommagement. — La légalité du louage : il est permis pour la garde des brebis et ce qui s'y rattache, œuvre dont le travail n'est pas mesuré, et qui renvoie à l'usage. — Le louage par la prestation est permis, même si la prestation est la dote [al-biḍʿ : ce que la femme apporte ou reçoit]. — Le fait pour un homme de demander pour sa fille l'homme qu'il choisit n'est pas blâmé. — Le meilleur mercenaire et ouvrier pour l'homme est celui qui est fort et digne de confiance. — Des nobles mœurs : traiter avec bonté son mercenaire et son servant, et ne pas lui rendre le travail pénible — {je ne veux pas te rendre la chose difficile ; tu me trouveras, si Allah veut, du nombre des justes}. — La permission de conclure le louage et les autres contrats sans témoins : {Allah est garant de ce que nous disons}. — Les signes éclatants et miracles manifestes qu'Allah fit passer par la main de Mūsā : le serpent, le retournement de sa main blanche sans mal, et la préservation d'Allah de Mūsā et Hārūn contre Pharaon et la noyade. — Des plus grandes punitions : que l'homme soit guide dans le mal, selon son opposition aux signes d'Allah et à Ses preuves ; comme des plus grands bienfaits qu'Allah accorde à Son serviteur : le faire guide dans le bien, guidant et bien guidé. — Ce qu'elle contient comme indice de la mission de Muhammad — paix et bénédiction sur lui — : il l'annonça en détail conforme et en principe accordé, d'un récit par lequel il confirma les messagers et fortifia la vérité manifeste, sans assister à aucun de ces événements, sans voir un seul de ces lieux, sans lecture où il eût étudié quoi que ce soit de ces affaires, sans séance d'aucun des gens de science : ceci n'est que la mission du Miséricordieux, révélation que fit descendre sur lui le Généreux Donateur, pour avertir par elle un peuple ignorant et oublieux des avertisseurs et des messagers. Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur celui dont le simple récit annonce qu'il est le messager d'Allah, dont le simple ordre et la simple interdiction éveillent les intelligences lucides qu'il est de la part d'Allah — comment non, alors que sur la validité de ce qu'il apporta et sa véracité s'accordent la nouvelle des premiers et des derniers, la loi qu'il apporta du Seigneur des mondes, les nobles mœurs dont il fut doué, qui ne conviennent et ne siéent qu'au plus haut degré des créatures, et la victoire manifeste de sa religion et de sa communauté, jusqu'à ce que sa religion atteignît l'ampleur de la nuit et du jour, que sa communauté ouvrit la plupart des pays des cités par l'épée et la lance, et leurs cœurs par la science et la foi ; et les nations obstinées et les rois mécréants solidaires n'ont cessé de le viser d'un même arc, de lui machiner les machinations et comploter pour l'éteindre, le cacher et l'étouffer de la terre — et il les a éblouies et dominées : il ne croît que croissance, ses signes et preuves que manifestation ; et chaque temps montre de ses signes ce qui est leçon pour les mondes, guidance pour les savants, lumière et lucidité pour les clairvoyants. Louange à Allah seul.
Verset 52
Allah, exalté soit-Il, rappelle la grandeur du Coran, sa véracité et sa vérité, et que les gens de science véritable le reconnaissent, y croient et confessent qu'il est la vérité : {ceux à qui Nous avons donné le Livre avant lui} — les gens de la Thora et de l'Évangile, qui n'ont rien altéré ni modifié —, {y croient}, croient en ce Coran et en celui qui l'a apporté.
Verset 53
{Quand il leur est réitéré}, ils écoutent et se soumettent, {et disent : nous y croyons ; c'est la vérité venant de notre Seigneur}, du fait de sa conformité avec ce qu'ont apporté les messagers, de son accord avec ce qui est mentionné dans les livres, et de ce qu'il contient de nouvelles véridiques et d'ordres et interdits conformes au comble de la sagesse. Ceux-là, leur témoignage profite et leur parole sert, car ils ne disent ce qu'ils disent que de science et de lucidité : ils sont les gens de l'expérience et des livres. Quant aux autres, leur rejet et leur opposition à la vérité n'indiquent pas une argutie, à plus forte raison une preuve : car ils sont ou bien ignorants, ou bien feignant l'ignorance et obstinés contre la vérité. Allah, exalté soit-Il, dit : {dis : croyez-y ou n'y croyez pas : ceux à qui la science a été donnée avant lui, quand il leur est réitéré, tombent le menton à terre, prosternés} (17:107) — et Sa parole : {nous étions, avant lui, [soumis]} : c'est pourquoi nous avons tenu ferme dans ce qu'Allah nous a gracié de la foi : nous avons cru véridique en ce Coran, cru au premier livre et au dernier — tandis que d'autres, leur négation de ce livre abolit leur foi au premier livre.
Verset 54
{Voilà ceux qui reçoivent leur récompense deux fois}, une récompense pour la première foi et une pour la seconde, {pour ce qu'ils ont enduré} : ils ont enduré dans la foi et tenu ferme dans l'œuvre ; nulle argutie ne les a ébranlés, nulle dignité ni convoitise ne les a détournés de la foi. {Et}, des leurs vertus, effet de leur foi saine : {ils repoussent le mal par le bien} : leur manière et leur méthode est la bienfaisance envers quiconque, même envers qui leur fait du mal en parole et en acte : ils y répondent par la parole louable et l'acte excellent, car ils savent l'excellence de ce grand caractère, auquel ne réussit que celui d'immense part.
Verset 55
{Quand ils entendent la futilité}, d'un ignorant qui les interpelle, {ils disent}, parole des serviteurs du Tout-Miséricordieux doués d'intelligence : {à nous nos œuvres, à vous les vôtres} : chacun sera rétribué de ce qu'il a fait seul, rien de la faute d'autrui ne pèse sur lui — et il s'ensuit qu'ils se désolidarisent de ce en quoi sont les ignorants : futilité, néant et paroles sans profit. {Paix sur vous} : vous n'entendrez de nous que le bien, et nous ne vous répondons pas selon votre ignorance : si vous avez agréé pour vous-mêmes ce vil pâturage, nous purifions nos âmes et les préservons d'y plonger. {Nous ne recherchons pas les ignorants}, en aucune façon.
Verset 56
Allah, exalté soit-Il, t'informe, ô Muhammad — et autrui à plus forte raison —, que tu ne peux guider personne, fût-ce des gens que tu aimes le plus : ceci n'est pas au pouvoir des créatures, la guidance de la réussite et la création de la foi dans le cœur : cela n'appartient qu'à Allah, exalté soit-Il ; Il guide qui Il veut et sait mieux qui est apte à la guidance, qu'Il guide, de qui n'y est pas apte, qu'Il laisse en son égarement. Quant à l'attribution de la guidance au messager en Sa parole : {tu appelles certes vers un chemin droit} (42:52), c'est la guidance de l'exposition et de la direction : le messager expose le droit chemin, y exhorte, déploie son effort pour que les créatures l'empruntent ; mais quant à créer la foi dans les cœurs et de fait les faire réussir — à Dieu ne plaise : c'est pourquoi, s'il en était capable, il aurait guidé celui que sa bienfaisance, son secours et sa protection avaient atteint parmi son peuple, son oncle Abū Ṭālib : il lui fit parvenir de la bienfaisance, par l'appel à la religion et le parfait conseil, plus encore que son oncle n'avait fait pour lui ; mais la guidance est dans la main d'Allah.
Verset 57
Allah, exalté soit-Il, informe que les négateurs de Quraysh et les gens de La Mecque disent au Messager — paix et bénédiction sur lui : {si nous suivons la guidance avec toi, on nous arrachera de notre terre}, par le meurtre, la captivité et le pillage des biens : les gens t'ont pris en inimitié et t'ont contredit ; si nous te suivions, nous nous exposerions à l'inimitié de tous, et nous n'aurions pas force contre eux. Cette parole indique leur mauvaise opinion d'Allah, exalté soit-Il : qu'Il ne secourrait pas Sa religion ni n'élèverait Sa parole, mais livrerait les gens aux adeptes de Sa religion pour leur infliger le pire supplice ; ils pensèrent que le faux l'emporterait sur le vrai. Allah exposa un état par lequel ils sont au-dessous des gens et qu'Allah leur a réservé : {ne les avons-Nous pas établis dans un sanctuaire sûr, vers lequel sont rapportés les fruits de toute chose, en subsistance de Notre part ?} : ne les avons-Nous pas établis, affermis, dans un sanctuaire que visitent les uns et visent les autres, respecté du proche et du lointain : on n'attaque pas ses habitants, on ne les lèse ni peu ni prou — alors que tout lieu autour d'eux était cerné par la peur de tous côtés, ses habitants sans sécurité ni tranquillité. Qu'ils louent donc leur Seigneur de cette sécurité parfaite qui n'appartient qu'à eux, et de la subsistance abondante qui leur est rapportée de partout — fruits, denrées, marchandises dont ils vivent et prospèrent ; qu'ils suivent ce noble messager pour que s'achèvent pour eux sécurité et aisance — et qu'ils se gardent de le traiter de menteur et d'outrager le bienfait d'Allah : ils seraient échangés, après leur sécurité, la peur ; après leur force, l'abjection ; après leur richesse, la pauvreté.
Verset 58
C'est pourquoi Il les menaça de ce qu'Il fit aux nations avant eux : {combien de cités avons-Nous détruitées, qui se livraient à l'ivresse de leur aisance} : elle s'en enorgueillit, elle les absorba et les occupa au point de les détourner de la foi aux messagers ; Allah les anéantit, leur retira le bienfait et fit descendre sur eux la rigueur. {Voilà leurs demeures, inhabitées après eux que peu} — tant l'anéantissement et la perte se sont succédé sur elles, et elles se sont vidées après eux. {C'est Nous qui fûmes l'héritier} des serviteurs : Nous les faisons mourir, puis tout ce dont Nous les avions gratifiés de biens revient à Nous ; puis Nous les ramenons à Nous et les rétribuons de leurs œuvres.
Verset 59
Et il est de Sa sagesse et de Sa miséricorde de ne pas châtier les nations pour leur seule mécréance avant l'établissement de la preuve contre elles par l'envoi des messagers. C'est pourquoi Il dit : {ton Seigneur n'était pas à détruire les cités} pour leur mécréance et leur tyrannie, {qu'Il n'eût suscité dans leur mère}, dans la cité-mère, la ville à laquelle elles se rattachent, vers laquelle elles vont et viennent, que tout ce qui l'entoure fréquente et dont les nouvelles ne Lui sont pas cachées, {un messager qui leur récite Nos signes}, indiquant la validité de ce qu'il apporte et la véracité de ce vers quoi il les appelle : sa parole atteint leur lointain comme leur proche — à la différence de l'envoi de messagers dans les bourgades lointaines et les confins éloignés, où cachette et rudesse sont à craindre, tandis que les villes-mères sont lieu de manifestation et de diffusion, et leurs habitants d'ordinaire moins rudes que d'autres. {Et Nous n'étions pas à détruire les cités que leurs habitants ne fussent injustes}, par mécréance et désobéissances, méritant la punition. En somme : Allah ne châtie personne sinon pour son injustice et après établissement de la preuve sur lui.
Verset 60
Allah, exalté soit-Il, exhorte ici Ses serviteurs au détachement de ce bas monde, à ne pas s'y laisser prendre, et au désir de l'au-delà, à en faire le but et la demande du serviteur. Il les informe que tout ce qui est donné aux créatures — or, argent, animaux, marchandises, femmes, fils, mets, boissons, plaisirs — n'est que jouissance et parure de la vie terrestre : on en jouit un temps bref, d'une jouissance brève, bourrée d'amertumes et mêlée d'angoisses ; on s'en pare un instant, pour vaine gloire et ostentation ; puis cela s'en va vite, passe tout entier, et son possesseur n'en retire que regret, remords, déception et frustration. {Ce qui est auprès d'Allah} — la félicité durable, la vie saine — {est meilleur et plus durable} : plus excellent en qualité et en quantité, permanent à jamais, continuel pour l'éternité. {Ne raisonnez-vous donc pas ?} : n'avez-vous pas des raisons pour peser laquelle des deux choses mérite la préférence, laquelle des deux demeures mérite qu'on y œuvre ? Il en ressort que c'est selon sa raison que le serviteur préfère l'au-delà au bas monde, et que nul ne préfère le bas monde sans déficience de sa raison.
Verset 61
C'est pourquoi Il éveille les intelligences à la balance entre la fin de celui qui préfère le bas monde et celle de celui qui préfère l'au-delà : {est-ce que celui à qui Nous avons fait une belle promesse, et qu'il rencontrera... ?} — sont-ils égaux ? Un croyant, œuvrant pour l'au-delà de son œuvre, qui a travaillé selon la promesse de son Seigneur de la belle récompense — le Paradis et la félicité immense qu'il contient —, et il la rencontrera sans doute ni hésitation, car c'est une promesse du Généreux, véridique en Sa promesse, qui ne manque jamais au rendez-vous d'un serviteur qui s'est tenu à Son agrément et écarté de Son indignation ; {et celui à qui Nous avons donné jouissance de la jouissance de la vie terrestre}, qui y prend et donne, mange et boit, jouit comme jouissent les bêtes, occupé de son bas monde au détriment de son au-delà, n'ayant pas levé la tête vers la guidance d'Allah ni cédé aux messagers ? Il demeure ainsi, ne retirant de son bas monde que perte et ruine. {Puis il sera, au Jour de la résurrection, de ceux qu'on amène}, au compte — et l'on sait qu'il n'a rien avancé de bien pour lui-même, mais tout avancé de ce qui lui nuit, et transféré vers la demeure [de la rétribution des œuvres] : que pensez-vous donc où il aboutira, que croyez-vous qu'on fera de lui ?! Que l'intelligent choisisse pour lui-même ce qui est le plus digne d'être choisi et le plus digne des deux d'être préféré.
Verset 62
Allah, exalté soit-Il, informe de ce dont on interrogera les créatures au Jour de la résurrence : Il les interrogera sur les fondements des choses — l'adoration d'Allah et la réponse à Ses messagers. {Le jour où Il les appellera} : Il appellera ceux qu'ils Lui ont associés comme associés, qu'ils adorent et de qui ils espèrent le profit et le repoussement du mal ; Il les appellera pour leur en montrer l'impuissance et leur égarement, {et dira : où sont Mes associés ?} — Allah n'a pas d'associé, mais c'est selon leur prétention et leur forgerie : {que vous allégiez}, où sont-ils en eux-mêmes ?! Où est leur profit ?! Où est leur défense ?! Il est su qu'en cet état leur apparaîtra que ce qu'ils adoraient et espéraient est néant, évanoui en soi et en ce qu'ils en espéraient ; ils avoueront sur eux-mêmes l'égarement et la perdition. C'est pourquoi {ceux contre qui la parole s'avéra}, les chefs et meneurs de mécréance et de mal, dirent, avouant leur égarement et celui qu'ils ont causé : {Seigneur, voici ceux que nous avons égarés : nous les avons égarés comme nous-mêmes nous étions égarés} — nous avons tous part à la perdition, et la parole du châtiment s'est avérée sur nous. {Nous nous désolidarisons devant Toi} de leur adoration : nous sommes quitte d'eux et de leur œuvre. {Ce n'est pas nous qu'ils adoraient} : c'étaient les démons qu'ils adoraient.
Verset 64
{Et il sera dit : appelez vos associés}, en qui vous espériez le profit : on leur ordonna de les invoquer en cette heure de détresse où l'adorateur est réduit à invoquer qui il adorait. {Ils les appelèrent}, pour qu'ils leur profitent ou détournent d'eux quelque chose du châtiment d'Allah ; {ils ne leur répondirent pas}, et les mécréants surent alors qu'ils avaient été menteurs, méritant la punition. {Et ils virent le châtiment} qui allait les saisir, de leurs yeux, après l'avoir nié et rejeté. {S'ils avaient été guidés !} : ce qui les a atteints ne les aurait pas atteints, et ils auraient été guidés vers le chemin du Paradis comme ils s'étaient guidés en ce monde — mais ils ne furent pas guidés, et ne furent pas mis sur la voie.
Verset 65
{Le jour où Il les appellera et dira : que avez-vous répondu aux messagers ?} — les avez-vous crus et suivis, ou traités de menteurs et contredits ? {Ce jour-là, les nouvelles leur seront obscures et ils ne s'interrogeront pas} : ils ne trouveront pas réponse à cette question, ni ne parviendront au juste — et il est su qu'en ce lieu ne sauve que l'explicitation de la réponse correcte, conforme à leur état : « nous avons répondu par la foi et la soumission ». Mais sachant leur négation des messagers et leur obstination contre leur ordre, ils ne prononceront rien, et ils ne peuvent ni s'interroger mutuellement ni se concerter sur quoi répondre, fût-ce en mensonge.
Verset 67
Après avoir mentionné l'interrogation des créatures sur leur adoré et sur Ses messagers, Il mentionne la voie par laquelle le serviteur échappe au châtiment d'Allah, exalté soit-Il : nul salut sinon pour qui s'est paré du repentir de l'association et des désobéissances, a cru en Allah et L'a adoré, a cru en Ses messagers et les a tenus pour véridiques, et a œuvré en bien en les y suivant. {Il se peut qu'il soit}, lui qui réunit ces qualités, {du nombre des réussissants}, qui obtiennent ce qu'ils demandent et échappent à ce qu'ils craignent : il n'est pas de voie vers la réussite sans ces choses.
Verset 68
Ces versets embrassent : la généralité de Sa création de toutes les créatures, l'effectivité de Sa volonté sur tous les êtres, Son exclusivité dans le choix de qui Il choisit et distingue — personnes, commandements, temps et lieux —, le fait que personne n'a part à l'ordre et au choix, qu'Il, exalté soit-Il, est purifié de tout ce que les associateurs Lui associent : associé, soutien, aide, enfant, compagne et semblable ; qu'Il sait ce que recèlent les poitrines et ce qui est proclamé ; que Lui seul est l'adoré et le loué en ce monde et en l'autre, pour Ses attributs de majesté et de beauté et pour la bienfaisance et la faveur qu'Il dispense à Ses créatures ; et qu'Il est le Juge des deux demeures : en ce monde par le jugement du décret, dont l'effet est tout ce qu'Il a créé et produit, et le jugement religieux, dont l'effet est l'ensemble des lois, ordres et interdits ; en l'autre, Il jugera par Son jugement décrétiel et rétributif. C'est pourquoi Il dit : {et c'est vers Lui que vous serez ramenés} : Il rétribuera chacun de vous de son œuvre, en bien comme en mal.
Verset 69
Ces versets embrassent : la généralité de Sa création de toutes les créatures, l'effectivité de Sa volonté sur tous les êtres, Son exclusivité dans le choix de qui Il choisit et distingue — personnes, commandements, temps et lieux —, le fait que personne n'a part à l'ordre et au choix, qu'Il, exalté soit-Il, est purifié de tout ce que les associateurs Lui associent : associé, soutien, aide, enfant, compagne et semblable ; qu'Il sait ce que recèlent les poitrines et ce qui est proclamé ; que Lui seul est l'adoré et le loué en ce monde et en l'autre, pour Ses attributs de majesté et de beauté et pour la bienfaisance et la faveur qu'Il dispense à Ses créatures ; et qu'Il est le Juge des deux demeures : en ce monde par le jugement du décret, dont l'effet est tout ce qu'Il a créé et produit, et le jugement religieux, dont l'effet est l'ensemble des lois, ordres et interdits ; en l'autre, Il jugera par Son jugement décrétiel et rétributif. C'est pourquoi Il dit : {et c'est vers Lui que vous serez ramenés} : Il rétribuera chacun de vous de son œuvre, en bien comme en mal.
Verset 70
Ces versets embrassent : la généralité de Sa création de toutes les créatures, l'effectivité de Sa volonté sur tous les êtres, Son exclusivité dans le choix de qui Il choisit et distingue — personnes, commandements, temps et lieux —, le fait que personne n'a part à l'ordre et au choix, qu'Il, exalté soit-Il, est purifié de tout ce que les associateurs Lui associent : associé, soutien, aide, enfant, compagne et semblable ; qu'Il sait ce que recèlent les poitrines et ce qui est proclamé ; que Lui seul est l'adoré et le loué en ce monde et en l'autre, pour Ses attributs de majesté et de beauté et pour la bienfaisance et la faveur qu'Il dispense à Ses créatures ; et qu'Il est le Juge des deux demeures : en ce monde par le jugement du décret, dont l'effet est tout ce qu'Il a créé et produit, et le jugement religieux, dont l'effet est l'ensemble des lois, ordres et interdits ; en l'autre, Il jugera par Son jugement décrétiel et rétributif. C'est pourquoi Il dit : {et c'est vers Lui que vous serez ramenés} : Il rétribuera chacun de vous de son œuvre, en bien comme en mal.
Verset 71
C'est une grâce d'Allah envers Ses serviteurs, par laquelle Il les appelle à Le remercier, à se tenir dans Sa servitude et Son droit : Il a mis pour eux, de Sa miséricorde, le jour pour qu'ils quêtent de Sa faveur et se répandent à la recherche de leurs subsistances et de leurs moyens d'existence en sa lumière, et la nuit pour qu'ils s'y apaisent et reposent, que leurs corps et leurs âmes se remettent de la fatigue de l'activité du jour. Cela est de Sa faveur et de Sa miséricorde envers Ses serviteurs. Qui d'autre en serait capable ? S'Il faisait {de la nuit sur vous une permanence jusqu'au Jour de la résurrection, quelle divinité autre qu'Allah vous apporterait une lumière ? N'écoutez-vous pas ?} les exhortations d'Allah et Ses signes, d'une écoute de compréhension, d'acceptation et de soumission ; et s'Il faisait {du jour sur vous une permanence jusqu'au Jour de la résurrection, quelle divinité autre qu'Allah vous apporterait une nuit pour vous reposer ? Ne voyez-vous pas ?} les lieux d'enseignement et les emplacements des signes, que vos lucidités s'éclairent et que vous suiviez le droit chemin. Il dit de la nuit : {n'écoutez-vous pas}, et du jour : {ne voyez-vous pas}, car l'empire de l'ouïe est plus fort la nuit, et l'inverse le jour. Ces versets avertissent le serviteur qu'il doit méditer les bienfaits d'Allah sur lui, y pénétrer et les mesurer à leur absence : s'il met en balance leur présence et leur absence, sa raison s'éveille au lieu de la grâce — au contraire de qui suit les usages et voit cela comme une chose qui a toujours été et sera toujours, dont le cœur s'aveugle à la louange d'Allah pour Ses bienfaits et à la vue de son besoin d'eux en tout temps : chez celui-là, nulle idée de gratitude ni d'évocation ne surgit.
Verset 72
C'est une grâce d'Allah envers Ses serviteurs, par laquelle Il les appelle à Le remercier, à se tenir dans Sa servitude et Son droit : Il a mis pour eux, de Sa miséricorde, le jour pour qu'ils quêtent de Sa faveur et se répandent à la recherche de leurs subsistances et de leurs moyens d'existence en sa lumière, et la nuit pour qu'ils s'y apaisent et reposent, que leurs corps et leurs âmes se remettent de la fatigue de l'activité du jour. Cela est de Sa faveur et de Sa miséricorde envers Ses serviteurs. Qui d'autre en serait capable ? S'Il faisait {de la nuit sur vous une permanence jusqu'au Jour de la résurrection, quelle divinité autre qu'Allah vous apporterait une lumière ? N'écoutez-vous pas ?} les exhortations d'Allah et Ses signes, d'une écoute de compréhension, d'acceptation et de soumission ; et s'Il faisait {du jour sur vous une permanence jusqu'au Jour de la résurrection, quelle divinité autre qu'Allah vous apporterait une nuit pour vous reposer ? Ne voyez-vous pas ?} les lieux d'enseignement et les emplacements des signes, que vos lucidités s'éclairent et que vous suiviez le droit chemin. Il dit de la nuit : {n'écoutez-vous pas}, et du jour : {ne voyez-vous pas}, car l'empire de l'ouïe est plus fort la nuit, et l'inverse le jour. Ces versets avertissent le serviteur qu'il doit méditer les bienfaits d'Allah sur lui, y pénétrer et les mesurer à leur absence : s'il met en balance leur présence et leur absence, sa raison s'éveille au lieu de la grâce — au contraire de qui suit les usages et voit cela comme une chose qui a toujours été et sera toujours, dont le cœur s'aveugle à la louange d'Allah pour Ses bienfaits et à la vue de son besoin d'eux en tout temps : chez celui-là, nulle idée de gratitude ni d'évocation ne surgit.
Verset 73
C'est une grâce d'Allah envers Ses serviteurs, par laquelle Il les appelle à Le remercier, à se tenir dans Sa servitude et Son droit : Il a mis pour eux, de Sa miséricorde, le jour pour qu'ils quêtent de Sa faveur et se répandent à la recherche de leurs subsistances et de leurs moyens d'existence en sa lumière, et la nuit pour qu'ils s'y apaisent et reposent, que leurs corps et leurs âmes se remettent de la fatigue de l'activité du jour. Cela est de Sa faveur et de Sa miséricorde envers Ses serviteurs. Qui d'autre en serait capable ? S'Il faisait {de la nuit sur vous une permanence jusqu'au Jour de la résurrection, quelle divinité autre qu'Allah vous apporterait une lumière ? N'écoutez-vous pas ?} les exhortations d'Allah et Ses signes, d'une écoute de compréhension, d'acceptation et de soumission ; et s'Il faisait {du jour sur vous une permanence jusqu'au Jour de la résurrection, quelle divinité autre qu'Allah vous apporterait une nuit pour vous reposer ? Ne voyez-vous pas ?} les lieux d'enseignement et les emplacements des signes, que vos lucidités s'éclairent et que vous suiviez le droit chemin. Il dit de la nuit : {n'écoutez-vous pas}, et du jour : {ne voyez-vous pas}, car l'empire de l'ouïe est plus fort la nuit, et l'inverse le jour. Ces versets avertissent le serviteur qu'il doit méditer les bienfaits d'Allah sur lui, y pénétrer et les mesurer à leur absence : s'il met en balance leur présence et leur absence, sa raison s'éveille au lieu de la grâce — au contraire de qui suit les usages et voit cela comme une chose qui a toujours été et sera toujours, dont le cœur s'aveugle à la louange d'Allah pour Ses bienfaits et à la vue de son besoin d'eux en tout temps : chez celui-là, nulle idée de gratitude ni d'évocation ne surgit.
Verset 74
Le jour où Allah appellera les associateurs, ceux qui mettent à Son rang autre que Lui et prétendent qu'Il a des associés méritant d'être adorés, profitant et nuisant — Allah voudra, au Jour de la résurrection, manifester leur hardiesse, le mensonge de leur prétention, et leur démenti à eux-mêmes : Il les appellera : {où sont Mes associés que vous allégiez ?}, selon leur prétention, non selon la réalité — comme Il dit : {ceux qu'ils invoquent en dehors d'Allah ne suivent rien ; ils ne suivent que la conjecture, et ils ne font que divaguer} (10:66). Quand ils seront présents, eux et eux, Il tirera {de chaque nation}, des nations négatrices, {un témoin} attestant ce qui s'est passé en ce monde de leur association et de leur conviction — et ceux-là sont comme les élus : Nous avons choisi parmi les chefs des négateurs qui se chargent de la dispute pour eux et plaident pour leurs frères, tous sur une même voie. Quand ils comparaîtront au jugement : {Nous dirons : apportez votre preuve}, votre argument et votre indice de la validité de votre association : vous l'avons-Nous ordonné ? Nos messagers vous l'ont-ils ordonné ? L'avez-vous trouvé dans quelque livre à Nous ? Y en a-t-il un qui mérite quelque part de la divinité ? Vous profitent-ils, ou détournent-ils de vous quelque chose du châtiment d'Allah, ou vous suffisent-ils ? Qu'ils le fassent donc s'il y a en eux capacité, qu'ils vous le montrent s'ils ont pouvoir. {Ils surent} alors la nullité et la corruption de leur dire, {et que la vérité est à Allah}, exalté soit-Il : la dispute se retourna contre eux, leur argument fut coupé, l'argument d'Allah l'emporta, {et ce qu'ils forgeaient dévia d'eux} : leur mensonge et leur imposture s'évanouirent et cessèrent ; et ils surent qu'Allah avait été juste envers eux, n'ayant placé la punition que sur qui la méritait et la s'était acquise.
Verset 75
Le jour où Allah appellera les associateurs, ceux qui mettent à Son rang autre que Lui et prétendent qu'Il a des associés méritant d'être adorés, profitant et nuisant — Allah voudra, au Jour de la résurrection, manifester leur hardiesse, le mensonge de leur prétention, et leur démenti à eux-mêmes : Il les appellera : {où sont Mes associés que vous allégiez ?}, selon leur prétention, non selon la réalité — comme Il dit : {ceux qu'ils invoquent en dehors d'Allah ne suivent rien ; ils ne suivent que la conjecture, et ils ne font que divaguer} (10:66). Quand ils seront présents, eux et eux, Il tirera {de chaque nation}, des nations négatrices, {un témoin} attestant ce qui s'est passé en ce monde de leur association et de leur conviction — et ceux-là sont comme les élus : Nous avons choisi parmi les chefs des négateurs qui se chargent de la dispute pour eux et plaident pour leurs frères, tous sur une même voie. Quand ils comparaîtront au jugement : {Nous dirons : apportez votre preuve}, votre argument et votre indice de la validité de votre association : vous l'avons-Nous ordonné ? Nos messagers vous l'ont-ils ordonné ? L'avez-vous trouvé dans quelque livre à Nous ? Y en a-t-il un qui mérite quelque part de la divinité ? Vous profitent-ils, ou détournent-ils de vous quelque chose du châtiment d'Allah, ou vous suffisent-ils ? Qu'ils le fassent donc s'il y a en eux capacité, qu'ils vous le montrent s'ils ont pouvoir. {Ils surent} alors la nullité et la corruption de leur dire, {et que la vérité est à Allah}, exalté soit-Il : la dispute se retourna contre eux, leur argument fut coupé, l'argument d'Allah l'emporta, {et ce qu'ils forgeaient dévia d'eux} : leur mensonge et leur imposture s'évanouirent et cessèrent ; et ils surent qu'Allah avait été juste envers eux, n'ayant placé la punition que sur qui la méritait et la s'était acquise.
Verset 76
Allah, exalté soit-Il, informe de l'état de Qārūn (Coré), de ce qu'il fit, de ce qu'on fit de lui, des conseils et exhortations qu'il reçut : {Qārūn était du peuple de Moïse}, des enfants d'Israël, qui surpassèrent les mondes en leur temps et reçurent d'Allah ce qu'Il leur donna : leur état prêtait à la droiture. Mais ce Qārūn agit en tyran contre son peuple et outrepassa à cause des biens immenses, enivrant, qu'on lui avait donnés. {Et Nous lui donnâmes des trésors}, des trésors de biens en énorme quantité, {dont les clefs accablaient le groupe des plus forts} : le groupe ('uṣba) va de dix à neuf à sept et environ — tant les clefs des trésors de ses biens pesaient au groupe fort à les porter — ces clefs ! Que dire des trésors ?! {Son peuple lui dit}, le conseillant et l'avertissant de l'outrecuidance : {ne t' réjouis pas : Allah n'aime pas les réjouis}, ne te réjouis pas de ce grand bas monde, n'en tire vanité et ne le laisse pas t'absorber au point d'oublier l'au-delà : Allah n'aime pas ceux qui s'en réjouissent et se prosternent sur son amour.
Verset 77
{Recherche, par ce qu'Allah t'a donné, la demeure dernière} : tu as de quoi, plus que quiconque, accéder aux moyens de l'au-delà : cherche par tes biens ce qui est auprès d'Allah, fais aumône, ne t'arrête pas à la seule conquête des convoitises et des plaisirs. {Et n'oublie pas ta part du bas monde} : nous ne t'ordonnons pas de donner toute ta fortune en aumône et de rester dépourvu : dépense pour ton au-delà et jouis de ton bas monde d'une jouissance qui n'entame pas ta religion ni ne nuit à ton au-delà. {Et sois bienfaisant}, envers les serviteurs d'Allah, {comme Allah a été bienfaisant} envers toi par ces biens ; {et ne recherche pas la corruption en la terre}, par orgueil, œuvre de désobéissances à Allah et occupation des bienfaits oubliant le Bienfaiteur. {Allah n'aime pas les corrupteurs} : Il les punit de cela du plus dur châtiment.
Verset 78
{Qārūn dit}, rejetant leur conseil, mécréant au bienfait de son Seigneur : {je n'ai reçu cela que par une science qui est en moi} : je n'ai acquis ces biens que par mon gain, ma connaissance des voies de l'acquisition et mon habileté. Ou bien : par une science d'Allah sur mon état, sachant que j'en suis digne : pourquoi me conseillez-vous au sujet de ce qu'Allah m'a donné ?! Allah, exalté soit-Il, dit, exposant que Son don n'indique pas le bon état du donataire : {ne savait-il pas qu'Allah avait déjà anéanti avant lui des générations plus fortes que lui en force et plus abondantes en rassemblement ?} Qu'est-ce qui empêche d'anéantir Qārūn, quand Notre usage et Notre règle sont passés d'anéantir qui est tel que lui et plus grand, s'il fait ce qui oblige l'anéantissement ?! {Et on n'interrogera pas les criminels de leurs péchés} : Allah les punit et les supplicie de ce qu'Il sait d'eux : quand même ils se seraient donné un bel état et témoigné pour eux-mêmes du salut, leur parole n'est pas reçue, et cela ne détourne d'eux rien du châtiment, car leurs péchés ne sont pas cachés : leur négation n'a pas lieu.
Verset 79
Qārūn ne cessa de persévérer dans son obstination et sa tyrannie, refusant le conseil de son peuple, réjoui et enivré, son âme s'extasiant de lui-même, leurré par les biens reçus. {Il sortit un jour dans sa parade}, dans le plus haut état de son bas monde : il avait les biens qu'il avait, s'apprêta et se para de son mieux — et cette parade, de la part d'un tel homme, était ordinairement prodigieuse, réunissant la parure du bas monde, son éclat, sa splendeur, sa verdeur et son faste. Les yeux le visèrent en cet état, sa magnificence emplit les cœurs, sa parade enleva les âmes. Les regardants se divisèrent en deux clans, chacun parlant selon ce qu'il avait d'ambition et de désir. {Ceux qui voulaient la vie terrestre dirent}, ceux dont la volonté s'y attachait et pour qui elle était le terme du désir, sans volonté d'autre chose : {que n'avons-nous semblable à ce qui fut donné à Qārūn} du bas monde, de sa jouissance et de son éclat : {il possède certes une immense fortune} — et ils dirent vrai : il possède une immense fortune, si l'affaire s'arrêtait à leurs désirs et s'il n'y avait pas d'autre demeure au-delà du bas monde : il lui fut donné de quoi jouir au comble de la jouissance du monde et il put ainsi tout obtenir — cette immense fortune selon leur ambition. Et une ambition qui fait de cela sa fin et le terme de sa demande est des plus basses, des plus viles et des plus basses ambitions, sans nulle ascension vers les fins hautes et les buts précieux.
Verset 80
{Ceux à qui la science fut donnée dirent} — ceux qui connaissaient les réalités et regardaient l'intérieur du bas monde quand les autres en regardaient l'extérieur : {malheur à vous}, s'affligeant de ce qu'ils souhaitaient pour eux-mêmes, plaignant leur état, réfutant leur discours : {la récompense d'Allah} — l'immmédiate : la douceur de l'adoration, Son amour, le retour à Lui, la marche vers Lui ; et la différée : le Paradis et ce qu'il contient de ce que les âmes désirent et les yeux trouvent savoureux — {est meilleure que ce que vous souhaitiez et désiriez} : telle est la réalité de l'affaire. Mais tout celui qui sait cela ne préfère pas le plus haut au plus bas : cela n'est atteint et réussi {que par les endurants}, ceux qui ont retenu leurs âmes dans l'obéissance à Allah, contre Sa désobéissance, et devant Ses décrets douloureux, et enduré les attracteurs du bas monde et ses convoitises, de les occuper de leur Seigneur et s'interposer entre eux et ce pour quoi ils furent créés : ceux-là préfèrent la récompense d'Allah au bas monde périssable.
Verset 81
Quand l'état de tyrannie et de faste de Qārūn fut achevé, que le bas monde se para à ses yeux et que son extase s'en accrut, le châtiment le surprit : {Nous fîmes que la terre l'engloutît, lui et sa demeure}, rétribution de l'espèce de son acte : comme il s'était élevé sur les serviteurs d'Allah, Allah le fit descendre au plus bas des bas, lui et ce en quoi il se leurrait — sa demeure, son mobilier et son argent. {Il n'eut personne}, ni groupe, ni bande, ni servants, ni troupes, {pour le secourir contre Allah, et il ne fut pas des secourus} : le châtiment vint, il ne fut ni secouru ni ne se secourut.
Verset 82
{Et au matin, ceux qui la veille avaient souhaité être à sa place} — ceux qui voulaient la vie terrestre, ceux qui avaient dit : que n'avons-nous semblable à ce qui fut donné à Qārūn — {dirent}, s'affligeant, s'instruisant et craignant que le châtiment ne les atteigne : {ah ! Allah dépense la subsistance pour qui Il veut parmi Ses serviteurs et la mesure}, la restreint à qui Il veut. Nous sûmes alors que Sa libéralité envers Qārūn n'indiquait aucun bien en lui, et que nous nous trompions en disant : il possède une immense fortune. {Si Allah ne nous avait pas gratifiés}, en ne nous châtiânt pas de ce que nous dîmes — sans Sa faveur et Sa grâce, {Il nous aurait engloutis}. La perte de Qārūn fut châtiment pour lui et leçon et exhortation pour autrui : vois comme ceux qui l'envièrent regrettèrent, et leur première pensée changea. {Ah ! ne réussissent pas les mécréants} — ni en ce monde, ni en l'autre.
Verset 83
◆ V.79 Qārūn ne cessa de persévérer dans son obstination et sa tyrannie, refusant le conseil de son peuple, réjoui et enivré, son âme s'extasiant de lui-même, leurré par les biens reçus. {Il sortit un jour dans sa parade}, dans le plus haut état de son bas monde : il avait les biens qu'il avait, s'apprêta et se para de son mieux — et cette parade, de la part d'un tel homme, était ordinairement prodigieuse, réunissant la parure du bas monde, son éclat, sa splendeur, sa verdeur et son faste. Les yeux le visèrent en cet état, sa magnificence emplit les cœurs, sa parade enleva les âmes. Les regardants se divisèrent en deux clans, chacun parlant selon ce qu'il avait d'ambition et de désir. {Ceux qui voulaient la vie terrestre dirent}, ceux dont la volonté s'y attachait et pour qui elle était le terme du désir, sans volonté d'autre chose : {que n'avons-nous semblable à ce qui fut donné à Qārūn} du bas monde, de sa jouissance et de son éclat : {il possède certes une immense fortune} — et ils dirent vrai : il possède une immense fortune, si l'affaire s'arrêtait à leurs désirs et s'il n'y avait pas d'autre demeure au-delà du bas monde : il lui fut donné de quoi jouir au comble de la jouissance du monde et il put ainsi tout obtenir — cette immense fortune selon leur ambition. Et une ambition qui fait de cela sa fin et le terme de sa demande est des plus basses, des plus viles et des plus basses ambitions, sans nulle ascension vers les fins hautes et les buts précieux. ◆ V.80 {Ceux à qui la science fut donnée dirent} — ceux qui connaissaient les réalités et regardaient l'intérieur du bas monde quand les autres en regardaient l'extérieur : {malheur à vous}, s'affligeant de ce qu'ils souhaitaient pour eux-mêmes, plaignant leur état, réfutant leur discours : {la récompense d'Allah} — l'immmédiate : la douceur de l'adoration, Son amour, le retour à Lui, la marche vers Lui ; et la différée : le Paradis et ce qu'il contient de ce que les âmes désirent et les yeux trouvent savoureux — {est meilleure que ce que vous souhaitiez et désiriez} : telle est la réalité de l'affaire. Mais tout celui qui sait cela ne préfère pas le plus haut au plus bas : cela n'est atteint et réussi {que par les endurants}, ceux qui ont retenu leurs âmes dans l'obéissance à Allah, contre Sa désobéissance, et devant Ses décrets douloureux, et enduré les attracteurs du bas monde et ses convoitises, de les occuper de leur Seigneur et s'interposer entre eux et ce pour quoi ils furent créés : ceux-là préfèrent la récompense d'Allah au bas monde périssable. ◆ V.81 Quand l'état de tyrannie et de faste de Qārūn fut achevé, que le bas monde se para à ses yeux et que son extase s'en accrut, le châtiment le surprit : {Nous fîmes que la terre l'engloutît, lui et sa demeure}, rétribution de l'espèce de son acte : comme il s'était élevé sur les serviteurs d'Allah, Allah le fit descendre au plus bas des bas, lui et ce en quoi il se leurrait — sa demeure, son mobilier et son argent. {Il n'eut personne}, ni groupe, ni bande, ni servants, ni troupes, {pour le secourir contre Allah, et il ne fut pas des secourus} : le châtiment vint, il ne fut ni secouru ni ne se secourut. ◆ V.82 {Et au matin, ceux qui la veille avaient souhaité être à sa place} — ceux qui voulaient la vie terrestre, ceux qui avaient dit : que n'avons-nous semblable à ce qui fut donné à Qārūn — {dirent}, s'affligeant, s'instruisant et craignant que le châtiment ne les atteigne : {ah ! Allah dépense la subsistance pour qui Il veut parmi Ses serviteurs et la mesure}, la restreint à qui Il veut. Nous sûmes alors que Sa libéralité envers Qārūn n'indiquait aucun bien en lui, et que nous nous trompions en disant : il possède une immense fortune. {Si Allah ne nous avait pas gratifiés}, en ne nous châtiânt pas de ce que nous dîmes — sans Sa faveur et Sa grâce, {Il nous aurait engloutis}. La perte de Qārūn fut châtiment pour lui et leçon et exhortation pour autrui : vois comme ceux qui l'envièrent regrettèrent, et leur première pensée changea. {Ah ! ne réussissent pas les mécréants} — ni en ce monde, ni en l'autre.
Verset 84
◆ V.83 Après avoir rappelé Qārūn, ce qu'il reçut du bas monde, la fin de son affaire, et que les gens de science dirent : la récompense d'Allah est meilleure pour qui croit et œuvre en bien — Allah, exalté soit-Il, exhorta à la demeure dernière et indiqua la cause qui y mène : {cette demeure dernière}, dont Allah informa dans Ses livres et Ses messagers annoncèrent, qui rassemble toute félicité et de laquelle tout attristant et tout aigre est écarté, {Nous la réservons}, demeure et résidence, {à ceux qui ne veulent ni s'élever en la terre ni la corrompre} : ils n'ont pas même la volonté de s'élever en la terre sur les serviteurs d'Allah et de s'enorgueillir sur eux et sur la vérité — à plus forte raison l'acte —, ni de corrompre, ce qui embrasse toutes les désobéissances. S'ils n'ont la volonté ni de l'élévation en la terre ni de la corruption, il s'ensuit que leur volonté est tournée vers Allah, leur but la demeure dernière, leur état l'humilité envers les serviteurs d'Allah, la soumission à la vérité et l'œuvre bonne. Ceux-là sont les pieux, à qui l'issue finale revient : {et l'issue finale} — l'état de réussite et de succès qui s'établit et dure — {est aux pieux}, qui se gardent d'Allah, exalté soit-Il. Quant aux autres, quand même ils obtiendraient quelque manifestation et quelque repos, leur temps ne dure pas et s'en va bientôt. On apprend de cette restriction, dans le noble verset, que ceux qui veulent l'élévation en la terre ou la corruption n'ont aucune part à la demeure dernière, ni n'en ont part.
Verset 85
◆ V.84 Allah, exalté soit-Il, informe de la multiplication de Sa faveur et de la perfection de Sa justice : {quiconque vient avec une bonne œuvre} — à condition que l'ouvrier la rencontre : car il se peut qu'il l'accomplisse mais qu'elle s'accompagne de ce qui la rende non reçue ou l'abolisse : celui-là n'est pas venu avec la bonne œuvre. La bonne œuvre est un nom d'espèce embrassant tout ce qu'Allah et Son messager ont ordonné, paroles et œuvres, extérieures et intérieures, relevant de Son droit et des droits des serviteurs. {Il aura mieux qu'elle}, plus grand et plus noble — et en l'autre verset : {il en aura dix semblables} (6:160). Cette multiplication de la bonne œuvre est nécessaire ; il peut s'y joindre des causes qui l'augmentent, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {Allah multiplie à qui Il veut, et Allah est vaste, savant} (2:261), selon l'état de l'ouvrier, de l'œuvre, de son utilité, de son lieu et de son endroit. {Et quiconque vient avec une mauvaise œuvre} — tout ce que le Législateur a interdit d'interdit de prohibition —, {ceux qui œuvrent les mauvaises actions ne seront rétribués que selon ce qu'ils œuvraient}, comme Sa parole : {quiconque vient avec la bonne œuvre en a dix semblables, et quiconque vient avec la mauvaise œuvre n'est rétribué que de son pareil, et ils ne seront pas lésés} (6:160).
Verset 86
◆ V.84 Allah, exalté soit-Il, informe de la multiplication de Sa faveur et de la perfection de Sa justice : {quiconque vient avec une bonne œuvre} — à condition que l'ouvrier la rencontre : car il se peut qu'il l'accomplisse mais qu'elle s'accompagne de ce qui la rende non reçue ou l'abolisse : celui-là n'est pas venu avec la bonne œuvre. La bonne œuvre est un nom d'espèce embrassant tout ce qu'Allah et Son messager ont ordonné, paroles et œuvres, extérieures et intérieures, relevant de Son droit et des droits des serviteurs. {Il aura mieux qu'elle}, plus grand et plus noble — et en l'autre verset : {il en aura dix semblables} (6:160). Cette multiplication de la bonne œuvre est nécessaire ; il peut s'y joindre des causes qui l'augmentent, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {Allah multiplie à qui Il veut, et Allah est vaste, savant} (2:261), selon l'état de l'ouvrier, de l'œuvre, de son utilité, de son lieu et de son endroit. {Et quiconque vient avec une mauvaise œuvre} — tout ce que le Législateur a interdit d'interdit de prohibition —, {ceux qui œuvrent les mauvaises actions ne seront rétribués que selon ce qu'ils œuvraient}, comme Sa parole : {quiconque vient avec la bonne œuvre en a dix semblables, et quiconque vient avec la mauvaise œuvre n'est rétribué que de son pareil, et ils ne seront pas lésés} (6:160).
Verset 87
◆ V.84 Allah, exalté soit-Il, informe de la multiplication de Sa faveur et de la perfection de Sa justice : {quiconque vient avec une bonne œuvre} — à condition que l'ouvrier la rencontre : car il se peut qu'il l'accomplisse mais qu'elle s'accompagne de ce qui la rende non reçue ou l'abolisse : celui-là n'est pas venu avec la bonne œuvre. La bonne œuvre est un nom d'espèce embrassant tout ce qu'Allah et Son messager ont ordonné, paroles et œuvres, extérieures et intérieures, relevant de Son droit et des droits des serviteurs. {Il aura mieux qu'elle}, plus grand et plus noble — et en l'autre verset : {il en aura dix semblables} (6:160). Cette multiplication de la bonne œuvre est nécessaire ; il peut s'y joindre des causes qui l'augmentent, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {Allah multiplie à qui Il veut, et Allah est vaste, savant} (2:261), selon l'état de l'ouvrier, de l'œuvre, de son utilité, de son lieu et de son endroit. {Et quiconque vient avec une mauvaise œuvre} — tout ce que le Législateur a interdit d'interdit de prohibition —, {ceux qui œuvrent les mauvaises actions ne seront rétribués que selon ce qu'ils œuvraient}, comme Sa parole : {quiconque vient avec la bonne œuvre en a dix semblables, et quiconque vient avec la mauvaise œuvre n'est rétribué que de son pareil, et ils ne seront pas lésés} (6:160).
Verset 88
◆ V.84 Allah, exalté soit-Il, informe de la multiplication de Sa faveur et de la perfection de Sa justice : {quiconque vient avec une bonne œuvre} — à condition que l'ouvrier la rencontre : car il se peut qu'il l'accomplisse mais qu'elle s'accompagne de ce qui la rende non reçue ou l'abolisse : celui-là n'est pas venu avec la bonne œuvre. La bonne œuvre est un nom d'espèce embrassant tout ce qu'Allah et Son messager ont ordonné, paroles et œuvres, extérieures et intérieures, relevant de Son droit et des droits des serviteurs. {Il aura mieux qu'elle}, plus grand et plus noble — et en l'autre verset : {il en aura dix semblables} (6:160). Cette multiplication de la bonne œuvre est nécessaire ; il peut s'y joindre des causes qui l'augmentent, comme Allah, exalté soit-Il, dit : {Allah multiplie à qui Il veut, et Allah est vaste, savant} (2:261), selon l'état de l'ouvrier, de l'œuvre, de son utilité, de son lieu et de son endroit. {Et quiconque vient avec une mauvaise œuvre} — tout ce que le Législateur a interdit d'interdit de prohibition —, {ceux qui œuvrent les mauvaises actions ne seront rétribués que selon ce qu'ils œuvraient}, comme Sa parole : {quiconque vient avec la bonne œuvre en a dix semblables, et quiconque vient avec la mauvaise œuvre n'est rétribué que de son pareil, et ils ne seront pas lésés} (6:160).