Coran › Sourate 7 › al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān

al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān

ʿAbd al-Raḥmān al-Saʿdī (m. 1376 H/1956) · Sourate 7 complète · trad. IA non relue

Verset 1

Troisième volume du Taysīr al-Raḥmān fī tafsīr al-Qur'ān [La facilité du Miséricordieux en commentaire du Coran], de son compilateur indigent d'Allah, 'Abd al-Raḥmān ibn Nāṣir ibn Sa'dī — qu'Allah lui fasse miséricorde, ainsi qu'à ses parents et à tous les musulmans, et prie sur notre prophète Muhammad, sa famille et tous ses compagnons, et leur donne abondamment la paix jusqu'au Jour de la religion. Elle est mecquoise. Allah dit à Son messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, Lui exposant la grandeur du Coran : {un livre qui t'est descendu} : livre éminent contenant tout ce dont les serviteurs ont besoin, toutes les visées divines et les buts légaux, ferme et détaillé — que nul {serrement} ne soit en ta poitrine : ni étroitesse, ni doute, ni confusion : sache qu'il est descente d'un Sage Digne de louange, que le faux ne l'atteint ni par devant ni par derrière : que ta poitrine s'en dilate, ton âme s'en apaise, proclame ses commandements et interdictions, et ne crains blâmeur ni contradicteur — {pour que tu avertisses par lui} : la création, l'exhortes et la rappelles, la preuve se dressant sur les obstinés — {et qu'il soit un rappel pour les croyants} : {et rappelle : le rappel profite aux croyants} — s'y rappelant le droit chemin, les œuvres apparentes et cachées, et ce qui s'interpose entre le serviteur et de le suivre.

Verset 3

Puis Allah interpella les serviteurs, les appelant au Livre : {suivez ce qui vous est descendu de votre Seigneur} : le Livre voulu descendre pour vous, {de votre Seigneur} qui veut parfaire votre éducation : Il vous fit descendre ce Livre qui, suivi, parfait votre éducation, Sa faveur s'accomplit sur vous et vous êtes guidés aux meilleures œuvres, caractères et hauts faits — {et ne suivez point en dehors de Lui d'alliés} : les prenant, suivant leurs passions et délaissant pour eux le vrai — {que peu vous rappellez} : vous rappelant et connaissant l'intérêt, vous n'auriez pas préféré le nuisant au profitable, l'ennemi à l'allié.

Verset 4

Puis Il les avertit de Ses punitions des peuples qui démentirent ce que leurs messagers leur apportèrent, de crainte qu'ils ne leur ressemblent : {combien de cités Nous avons détruites, Notre violence leur venant} : Notre dur châtiment — {de nuit ou à leur sieste} : à l'heure de leur insouciance, surprises à l'improviste, la destruction ne passant pas par leurs cœurs : le châtiment venu, ils ne le détournèrent point d'eux, leurs dieux qu'ils espéraient ne leur servirent point, et ils ne désavouèrent pas l'injustice et les désobéissances qu'ils faisaient.

Verset 5

{Leur seule parole, quand Notre violence leur vint, fut : "nous étions injustes"} : {combien de cités injustes Nous avons brisées, et créé après elles un autre peuple ; quand ils sentirent Notre violence, voilà qu'ils en fuient ; ne fuyez pas ! Revenez à votre luxe et vos demeures, peut-être serez-vous interrogés ; ils dirent : malheur à nous, nous étions injustes ; et leur parole ne cessa d'être celle-là, jusqu'à que Nous les fîmes comme moissons éteintes}.

Verset 6

Sa parole : {Nous interrogerons certes ceux vers qui furent envoyés} : Nous interrogerons les peuples vers qui Allah envoya les envoyés de ce qu'ils [répondirent] à leurs messagers : {le jour où Il les appellera et dira : "qu'avez-vous répondu aux envoyés ?"} et les versets — {et Nous interrogerons certes les envoyés} : de leur transmission des messages de leur Seigneur et de ce que leurs peuples leur répondirent.

Verset 7

{Alors Nous leur raconterons} : à toute la création ce qu'ils œuvrèrent, {avec science} : de Lui, de leurs œuvres — {et Nous n'étions point absents} : en aucun temps : {Allah l'a compté, et eux l'ont oublié} ; {Nous avons créé au-dessus de vous sept voies, et Nous n'étions pas insoucieux de la création}. Puis Il mentionna la rétribution des œuvres :

Verset 8

La pesée au Jour de la résurrection se fera avec la justice et l'équité sans torsion ni injustice sous quelque rapport. {Quiconque pèsent lourdes ses balances} : le plateau de ses bonnes œuvres l'emportant sur ses mauvaises — {ceux-là sont les bienheureux} : sauvés du déplaisir, obtenant l'aimé, à eux l'immense gain et le bonheur durable.

Verset 9

{Et quiconque pèsent légères ses balances} : ses mauvaises œuvres l'emportant, le jugement leur étant — {ceux-là sont ceux qui ont perdu leurs âmes} : la félicité durable manquée, le châtiment douloureux venu — {de ce qu'ils étaient injustes envers Nos versets} : ne s'y étant pas soumis comme il leur incombait.

Verset 10

Allah rappelle Sa faveur à Ses serviteurs par la mention du gîte et de la subsistance : {Nous vous avons établis sur la terre} : Nous l'avons préparée pour que vous puissiez y bâtir, la cultiver et en user en toute façon — {et y mis des moyens de subsistance} : ce qui sort des arbres et plantes, des minerais de la terre, et les sortes de métiers et commerces : Lui l'a préparée et assujetti ses causes — {que peu vous remerciez} : Allah qui vous a comblés de toutes sortes de faveurs et écarté de vous les vindictes.

Verset 11

Allah interpelle les enfants d'Adam : {Nous vous avons créés} : en créant votre origine et votre matière d'où vous sortîtes — votre père Adam, sur lui la paix — {puis vous avons formés} : en la plus belle forme et la plus droite constitution, et [Allah] lui enseigna ce par quoi s'achève sa forme intérieure : les noms de toute chose — puis commanda aux nobles anges de se prosterner devant Adam, en honneur, respect et manifestation de sa faveur : ils accomplirent l'ordre de leur Seigneur {et se prosternèrent}, tous ensemble, {sauf Iblīs} : il refusa de se prosterner, par orgueil envers lui et auto-émerveillement.

Verset 12

Allah le blâma et dit : "qu'est-ce qui t'a empêché de te prosterner devant ce que J'ai créé de Mes mains ?" — l'honorant et le préférant de cette faveur n'étant à nul autre — "tu as désobéi à Mon ordre et pris peu de cas de Moi." {Iblīs dit}, contredisant son Seigneur : {"je suis meilleur que lui"}, puis il argumenta cette prétention vaine : {"Tu m'as créé de feu et lui d'argile"} : le feu étant supérieur à l'argile et montant — de cette analogie des plus vaines, vaine à maints égards : elle contredit l'ordre d'Allah de se prosterner — l'analogie contredisant le texte est vaine : l'analogie visant que le jugement sans texte s'approche des choses textuées et les suive ; contredisant les textes et les annulant par sa tenue, elle est des plus monstrueuses ; son dire {"je suis meilleur que lui"} suffit seul à la déficience d'Iblīs le vil : il argumenta sa déficience par son auto-émerveillement, son orgueil et son dire sur Allah sans science — quelle déficience plus grande ? ! Il mentit en préférant la matière du feu à celle de l'argile et de la terre : la matière de l'argile contenant humilité, repos et pondération, et d'elle paraissent les bénédictions de la terre — arbres et plantes de tous genres et espèces ; le feu contenant légèreté, étourderie et brûlure.

Verset 13

De ce qui advint d'Iblīs, il tomba de son rang élevé au plus bas des bas : Allah lui dit : descends {de là} — du Paradis — {il ne t'appartient pas de t'y enorgueillir} : demeure des purs et propres, ne convenant pas au plus vil et pire des créatures d'Allah — {sors : tu es des avilis} : des humiliés abaissés — puni de son orgueil et émerveillement par l'avilissement et l'abaissement.

Verset 14

L'ennemi d'Allah ayant proclamé l'inimitié d'Allah, d'Adam et de sa descendance, il demanda à Allah le sursis et le délai jusqu'au Jour de la résurrection, pour pouvoir égarer qui il peut des enfants d'Adam — la sagesse d'Allah exigeant d'éprouver et tester les serviteurs, pour distinguer le véridique du menteur, qui Lui obéit et qui obéit à Son ennemi — Il l'exauça : {tu es des sursisés}.

Verset 16

Iblīs, repoussé et désespéré de la miséricorde d'Allah, dit : {"de ce que Tu m'as égaré, je m'assoirai certes pour eux"} : pour la création — {"sur Ton droit chemin"} : je m'appliquerai au chemin, m'efforçant à l'extrême de détourner les gens de lui et de ne point le suivre.

Verset 17

{"Puis je viendrai certes à eux de devant eux et de derrière eux, à leurs droites et à leurs gauches"} : de toutes directions et de tout côté, de toute voie où il peut atteindre quelque but sur eux — le vilain sachant leur faiblesse, l'insouciance dominant beaucoup d'eux, et étant résolu à dépenser son effort à les égarer, il supputa — et sa supputation fut véridique — : {"et Tu ne trouveras la plupart d'eux point reconnaissants"} : la gratitude relevant de suivre le droit chemin, et il veut les en détourner et les en empêcher : {il n'appelle son parti qu'à être des compagnons de la Fournaise}. Allah nous exposa son dire et sa résolution, que nous en prenions garde, nous préparions contre notre ennemi, et nous en prémunissions par la science de ses voies et brèches d'où il vient et passe : à Allah sur nous la faveur parfaite en cela.

Verset 18

Allah dit à Iblīs, son dit dit : {"sors-en"} : sortie d'avilissement et mépris, non sortie d'honneur — plutôt {"blâmé"} : loué en mal, {"chassé"} : éloigné d'Allah, de Sa miséricorde et de tout bien. {"Je remplirai certes la Géhenne"} de toi et de qui te suit d'eux, {tous ensemble} : serment d'Allah que le Feu, demeure des désobéissants, sera rempli d'Iblīs et de ses suivants, djinns et hommes. Puis Il avertit Adam de son mal et de sa tentation :

Verset 19

Allah commanda à Adam et à son épouse Ève, dont Allah le combla pour qu'il trouve en elle repos, de manger du Paradis où ils veulent et d'y jouir de ce qu'ils veulent — désignant seulement un arbre et le leur interdisant, Allah sachant mieux ce qu'il est, nul profit pour nous de le nommer — leur en interdisant le manger : à preuve {de peur que vous ne soyez des injustes}.

Verset 20

Ils demeurèrent obéissants à l'ordre d'Allah jusqu'à ce que leur ennemi Iblīs ne s'insinue à eux par sa ruse : il leur souffla une insufflation dont il les trompa et maquilla, disant : {"votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour que vous ne soyez deux anges"} : du genre des anges — {"ou que vous ne soyez des immortels"} : {te l'indiquerais-Je l'arbre de l'éternité et une royauté qui ne périt pas ?"}

Verset 21

Et il leur jura par Allah : {"je suis certes pour vous du nombre des conseillers sincères"} : des conseillers — vous ayant dit ce que je dis.

Verset 22

Ils s'y laissèrent prendre, le désir dominant en cet état la raison : {il les fit déchoir} : les fit descendre de leur rang élevé — l'éloignement des péchés et désobéissances — à se souiller de leurs ordures : ils mangèrent — {quand ils eurent goûté de l'arbre, leurs nudités leur apparurent} : la pudeur de chacun parut, couverte avant — la nudité intérieure, privée de crainte, eut en cet état effet sur le vêtement extérieur, au point qu'il se détacha : leurs nudités parurent, et parues, ils eurent honte et se mirent à se couvrir de feuilles du Paradis — {et leur Seigneur les appela}, en cet état, les blâmant et reprenant : {"Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre, et ne vous avais-Je pas dit que Satan est pour vous un ennemi manifeste ?"} : pourquoi avez-vous commis l'interdit et obéi à votre ennemi ? !

Verset 23

Alors Allah les combla du repentir et le reçut : ils confessèrent la faute et demandèrent à Allah Son pardon : {"Seigneur, nous avons été injustes envers nous-mêmes, et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons certes des perdants"} : nous avons fait la faute dont Tu nous as avertis, et lésé nos âmes en la commettant, et réalisé la cause de la perte si Tu ne nous pardonnes pas — en effaçant la trace de la faute et sa punition — et ne nous fais miséricorde — en recevant le repentir et préservant de pareilles fautes. Allah leur pardonna : "Adam désobéit à son Seigneur et s'égara. Puis son Seigneur l'élut, Se repentit sur lui et guida." Iblīs, lui, persévère en sa tyrannie, sans cesser sa désobéissance : qui ressemble à Adam — confessant, demandant pardon, regrettant et cessant quand les fautes émanent de lui — son Seigneur l'élit et le guide ; qui ressemble à Iblīs — la faute émanant, il ne cesse de croître en désobéissances : il ne croît d'Allah qu'en éloignement.

Verset 24

Quand Allah eut fait descendre Adam, son épouse et leur descendance sur terre, Il les informa de leur état d'y séjourner : Il y fit pour eux une vie suivie de la mort, chargée d'épreuve et de test — ils y demeurent, Allah leur envoyant Ses messagers et faisant descendre sur eux Ses livres, jusqu'à ce que la mort les atteigne et qu'on les y enterre ; puis leur terme accompli, Allah les ressuscite et les en fait sortir vers la demeure qui est la demeure en vérité : la demeure du séjour.

Verset 26

Puis Sa faveur sur eux : le vêtement nécessaire et le vêtement visant la beauté — ainsi du reste, nourriture, boisson, montures, mariages et semblables : Allah rendit aux serviteurs le nécessaire et son parachèvement, et leur exposa que ce n'est point là le but par soi : Allah ne l'a fait descendre que pour les aider à L'adorer et Lui obéir : {le vêtement de la piété, cela est meilleur} que le vêtement sensible : le vêtement de la piété demeure avec le serviteur, ne s'use ni ne périt, et est la parure du cœur et de l'esprit ; le vêtement extérieur, au mieux couvre la pudeur apparente en un temps, ou embellit l'homme — nul profit au-delà ; et sans ce vêtement, se découvre sa pudeur apparente, sans gravité à la nécessité ; sans le vêtement de la piété, se découvre sa pudeur intérieure : l'ignominie et la flétrissure l'atteignent. {Cela est des signes d'Allah} : ce qui est mentionné pour vous du vêtement, dont vous vous rappelez ce qui vous profite et vous nuit, et dont le vêtement extérieur aide à l'intérieur — {puissiez-vous vous rappeler}.

Verset 27

Allah avertit les enfants d'Adam que Satan ne fasse d'eux comme il fit de leur père : {ô enfants d'Adam, que Satan ne vous tente point} : vous embellissant la désobéissance, vous y appelant et vous y encourageant, et vous y soumettant — {comme il fit sortir vos deux parents du Paradis} : les faisant descendre du lieu élevé au plus bas : il veut faire de même de vous, n'épargnant aucun effort contre vous jusqu'à vous tenter s'il peut — tenez donc sa garde présente, revêtez l'armure de la guerre entre vous et lui, et n'êtes point insoucieux des lieux par où il vous vient : il vous observe sans cesse, {il vous voit, lui et sa tribu}, les démons des djinns, {de là où vous ne les voyez point : Nous avons fait des démons les alliés de ceux qui ne croient pas} : l'absence de foi est ce qui noue l'alliance entre l'homme et Satan. {Il n'a point de pouvoir sur ceux qui croient et sur leur Seigneur s'appuient ; son pouvoir n'est que sur ceux qui le prennent pour allié et qui Lui associent}.

Verset 28

Allah expose la laideur de l'état des associateurs commettant les péchés et attribuant à Allah de les leur avoir commandés : {quand ils commettent une turpitude} : toute chose abjecte et répugnante, dont leur circumambulation nus autour de la Maison — {ils disent : nous avons trouvé nos pères sur cela} : véridiques en cela — {et Allah nous l'a commandé} : menteurs en cela : d'où la réjection d'Allah de cette attribution : {dis : Allah ne commande point la turpitude} : il ne sied pas à Sa perfection et Sa sagesse de commander à Ses serviteurs de commettre les turpitudes, ni celle des associateurs ni autre — {dites-vous sur Allah ce que vous ne savez pas ?} : quel forfait plus grand ? !

Verset 29

Puis ce qu'Il commande : {dis : mon Seigneur a commandé l'équité} : la justice en les adorations et les contrats, non l'injustice et la torsion — {et tenez vos faces droites en toute mosquée} : tournez-vous vers Allah, appliquez-vous à parfaire les adorations, surtout la prière : établissez-la en dehors et au-dedans, purifiez-la de tout diminutif et corrupteur — {et invoquez-Le, rendant la religion sincère pour Lui} : visant Sa Face seul, sans associé — l'invocation embrassant la demande et l'adoration : ne visant et ne voulant, en votre invocation, que la servitude d'Allah et Son agrément — {comme Il vous a commencés} la première fois, {vous serez rendus} : à la résurrection — qui peut commencer votre création peut la réitérer, la réitération plus aisée que la création.

Verset 30

{Une partie}, d'entre vous, {Allah guida} : les rendit capables de la guidée et leur aya la cause — {et une partie, l'égarement leur est dû} : l'égarement leur étant obligé par ce qu'ils s'acquis à eux-mêmes et leurs œuvres aux causes de la perdition : ils {prirent les démons pour alliés en dehors d'Allah} — qui prend Satan pour allié en dehors d'Allah perd d'une perte manifeste : ayant quitté l'alliance du Miséricordieux et préféré celle de Satan, leur vint la part ample de l'abandon, remis à eux-mêmes : la plus dure perte — et ils croient {être bien guidés} : les réalités s'étant renversées sur eux, croyant le faux vrai et le vrai faux. Ces versets prouvent que les commandements et interdictions suivent la sagesse et l'intérêt : Allah ne saurait commander ce que les raisons répugnent et renient, ne commandant que justice et sincérité ; que la guidée est par faveur et don d'Allah, et l'égarement par abandon du serviteur, lui, par son injustice, ayant pris Satan et acquis l'égarement ; et que qui croit être guidé étant égaré n'a point d'excuse : il pouvait la guidée, sa supputation ne venant que de son injustice, ayant quitté la voie y menant.

Verset 31

Allah, ayant fait descendre aux enfants d'Adam un vêtement couvrant leurs pudendeurs et une parure, dit : {ô enfants d'Adam, prenez votre parure en toute mosquée} : couvrez vos pudendeurs à toute prière, devoir et surérogatoire : les couvrir est parure du corps, comme les découvrir laisse le corps laid et difforme — la parure peut viser au-delà : le vêtement propre et beau : d'où le commandement de couvrir la pudeur en la prière, de s'y orner et de nettoyer la couverture des souillures et impuretés. Puis : {et mangez et buvez} : des purs qu'Allah vous a attribués — {et ne gaspillez point} : le gaspillage étant l'excès sur la suffisance et la gourmandise en nourritures nuisant au corps, ou l'excès de luxe et de raffinement en aliments, boissons et vêtements, ou le passage du licite à l'interdit. {Il n'aime point les gaspilleurs} : le gaspillage, Allah le hait, il nuit au corps et à la subsistance, pouvant conduire à l'incapacité des dépenses obligées. Ce noble verset commande de manger et boire, interdit de les délaisser et d'y gaspiller.

Verset 32

Allah reprend qui chicanait et interdisait ce qu'Allah permit des purs : {dis : qui a interdit la parure d'Allah qu'Il a produite pour Ses serviteurs} : les sortes de vêtements en leurs espèces, et les purs de la subsistance, aliments et boissons en leurs sortes — qui est-ce qui s'avance à interdire ce dont Allah combla les serviteurs ? Qui leur resserre ce qu'Allah leur a élargi ? Cet élargissement d'Allah aux serviteurs par les purs, Il le leur fit pour s'en aider à L'adorer : Il ne le permit qu'à Ses serviteurs croyants : {dis : elles sont à ceux qui croient en la vie présente, pures au Jour de la résurrection} : nulle redevance sur eux en elles ; le sens impliqué : qui ne croit pas en Allah et s'en aide à Ses désobéissances : elles ne lui sont point pures ni permises : il en est puni et puni d'en jouir, interrogé de la jouissance au Jour de la résurrection. {Ainsi Nous détaillons les signes} : les éclaircissons et exposons — {pour un peuple qui sait} : eux profitant de ce qu'Allah détailla des signes, sachant qu'ils viennent d'Allah, les saisissant et comprenant.

Verset 33

Puis les interdits qu'Allah interdit en toute loi : {dis : mon Seigneur n'a interdit que les turpitudes} : les grands péchés abjects et répugnants par leur horreur et leur laideur — fornication, sodomie et semblables — {apparentes et cachées} : tenant aux mouvements du corps et à celles du cœur : orgueil, auto-émerveillement, ostentation, hypocrisie et semblables ; {et le péché et l'agression sans droit} : les péchés fautiveurs entraînant la punition en les droits d'Allah, et l'agression des gens en leurs sangs, biens et honneurs — y entrant les péchés tenant au droit d'Allah et au droit des serviteurs ; {et que vous associiez à Allah ce sur quoi Il n'a point fait descendre d'autorité} : de preuve — plutôt la preuve et l'argument descendirent pour l'unicité : l'association étant qu'on associe à Allah en Son adoration quiconque de la création — l'association mineure pouvant y entrer : ostentation, serment par un autre qu'Allah et semblables ; {et que vous disiez sur Allah ce que vous ne savez pas} : en Ses noms, attributs, actes et loi — tout cela Allah l'interdit et en détourna les serviteurs : pour leurs corruptions propres et générales, leur injustice, leur hardiesse envers Allah, leur outrecuidance sur les serviteurs d'Allah et leur altération de la religion et de la loi d'Allah.

Verset 34

Allah a fait sortir les enfants d'Adam sur terre, les y établit et leur fit un terme nommé : nul peuple n'avance son temps nommé ni ne le retarde, ni les peuples ensemble ni les individus.

Verset 35

Allah, ayant fait sortir les enfants d'Adam du Paradis, les éprouva d'envoyer les messagers et faire descendre les livres, leur récitant les versets d'Allah et exposant Ses règles. Puis la faveur de qui leur répondit et la perte de qui ne répondit point : {quiconque est pieux} — de ce qu'Allah interdit : association, péchés majeurs et mineurs — {et répare} ses œuvres apparentes et intérieures — {nulle crainte sur eux} du mal que d'autrui peut craindre, {et ils ne seront point affligés} du passé : la crainte et l'affliction niées, la sécurité parfaite, le bonheur et la réussite éternels obtenus.

Verset 36

{Et ceux qui démentirent Nos versets et s'en enorgueillirent} : ni leurs cœurs n'y crurent, ni leurs membres ne s'y soumirent — {ceux-là sont les compagnons du Feu, ils y demeurent éternellement} : ayant pris peu de cas de Ses versets et demeuré au démenti, ils sont avilis du châtiment durable constant.

Verset 37

Nul plus injuste {que qui forge le mensonge sur Allah} : Lui attribuant associé et défaut, et L'imputant ce qu'Il n'a pas dit — {ou démentit Ses versets} : clairs, exposant le vrai manifeste, guidant au droit chemin : ceux-là, dussent-ils jouir du monde et atteindre leur part de ce qui leur était écrit au Tableau gardé, cela ne leur sert de rien : ils jouissent peu, puis sont châtiés longtemps. {Quand Nos messagers viennent les recevoir} : les anges préposés prendre leurs âmes et achever leurs échéances, {ils dirent}, les blâmant et reprenant : {"où sont ceux que vous invoquiez en dehors d'Allah ?"} : idoles et statues — voici le temps du besoin, s'il y avait en eux profit pour vous ou écart de nuisance — {ils dirent : ils se sont égarés de nous} : évanouis et anéantis, ne nous écartant en rien du châtiment d'Allah — {et ils attestèrent sur eux-mêmes qu'ils étaient mécréants} : méritant le châtiment humiliant durable.

Verset 38

Les anges leur dirent : {"entrez au nombre de communautés passées avant vous, djinns et hommes"} : passées en la mécréance et l'orgueil où vous passâtes, toutes méritant l'ignominie et la ruine. {Chaque fois qu'une communauté entre} : des communautés rebelles, au Feu, {elle maudit sa sœur} : {au Jour de la résurrection, les uns des autres, vous vous renierez, les uns des autres vous maudirez} — {jusqu'à ce que, y aboutissant tous ensemble}, tous les gens du Feu s'y rencontrant, les premiers et les derniers, les chefs et dirigeants, et les imitateurs suivants — {les derniers dirent aux premiers} : les suivants dirent à leurs chefs, se plaignant à Allah de leur égarement : {"Seigneur, ceux-là nous ont égarés : donne-leur un double châtiment du Feu"} : un châtiment redoublé, nous ayant égarés et embellissant les œuvres abjectes. {Les premiers dirent aux derniers} : les chefs dirent aux suivants : {"vous n'avez sur nous nulle prééminence"} : tous associés dans l'égarement et la perte, et dans l'œuvre des causes du châtiment : quelle prééminence auriez-vous sur nous ? {Il dit} — Allah — {à chacun} de vous : {un double} : une part du châtiment — {goûtez donc le châtiment de ce que vous acquériez} — et pourtant le châtiment des chefs et imams de l'égarement est plus fort et plus monstrueux que celui des suivants, comme la félicité des imams de la guidée et leurs chefs est plus grande que la récompense des suivants : {ceux qui mécruent et détournèrent de la voie d'Allah, Nous leur ajoutâmes châtiment sur châtiment de ce qu'ils corrompaient}. Ces versets et semblables prouvent que toutes sortes de négateurs des versets d'Allah demeurent au châtiment et y participent en son principe, différant en mesure selon leurs œuvres, obstination, injustice et forfait ; et que leur amitié d'ici-bas se change, au Jour de la résurrection, en inimitié et malédiction mutuelles.

Verset 40

Allah informe du châtiment de qui démentit Ses versets sans y croire — signes clairs — et s'en enorgueillit sans se soumettre à leurs règles, démentant et se détournant : ils sont désespérés de tout bien : les portes du ciel ne s'ouvrent point à leurs âmes à leur mort, montant voulant s'élever vers Allah, demandant permission : elle leur est refusée — n'ayant point monté en ce monde à la foi en Allah, Sa connaissance et Son amour, de même ne montent-elles point après la mort : la rétribution selon l'espèce de l'œuvre. Le sens impliqué : les âmes des croyants soumis à l'ordre d'Allah, authentiquant Ses versets, les portes du ciel leur sont ouvertes, s'élevant vers Allah, parvenant où Allah veut du monde supérieur, jouissant de la proximité de leur Seigneur et de la faveur de Son agrément. Sa parole des gens du Feu : {ils n'entrent point au Paradis que le chameau} — le chameau connu — {n'entre dans le chas de l'aiguille} : que le chameau, des plus grands animaux de corps, entre dans le trou de l'aiguille, des plus étroites choses — suspension de la chose à l'impossible : comme il est impossible que le chameau entre dans le chas, impossible que les négateurs des versets d'Allah entrent au Paradis : {quiconque associe à Allah, Allah lui interdit le Paradis} — {ainsi rétribuons-Nous les criminels} : au crime et à la tyrannie multipliés.

Verset 41

{À eux de la Géhenne un lit} : un matelas sous eux, {et au-dessus d'eux des couvertures} : des voiles de châtiment les couvrant — {ainsi rétribuons-Nous les injustes} : envers eux-mêmes, rétribution conforme : ton Seigneur n'est point lésant envers les serviteurs.

Verset 42

Après la punition des désobéissants injustes, la récompense des obéissants : {ceux qui crurent} de leurs cœurs {et firent les œuvres pies} de leurs membres : alliant foi et œuvre, œuvres apparentes et intérieures, accomplissement des obligations et abandon des interdits — Sa parole {et firent les œuvres pies} étant générale embrassant toutes les pies, obligatoires et recommandées, partie pouvant échapper au serviteur, Allah dit : {Nous ne chargeons une âme que de sa capacité} : la mesure de ce que contient sa force sans peine à son pouvoir — qu'elle craigne alors Allah selon sa capacité ; incapable de certaines obligations possibles à autrui, elles tombent d'elle : {Allah ne charge une âme que de sa capacité}, {Allah ne charge une âme que de ce qu'il lui a donné}, {Il n'a point mis en religion de gêne pour vous}, {craignez Allah ce que vous pouvez} : nulle obligation avec incapacité, nul interdit avec nécessité. {Ceux-là} — parés de foi et d'œuvre pie — {sont les compagnons du Paradis, ils y demeurent éternellement} : sans en sortir ni en vouloir autre : y voyant des sortes de délices et d'objets de désir où s'arrêtent les fins, sans demander plus haut.

Verset 43

{Et Nous ôtâmes ce qui était dans leurs poitrines de rancune} : de Sa noblesse et bienfaisance aux gens du Paradis : la rancune qui était en leurs cœurs et la compétition entre eux, Allah l'ôte et l'élimine, jusqu'à ce qu'ils soient des frères s'aimant et des amis sincères : {Nous ôtâmes ce qui était dans leurs poitrines de rancune : des frères sur des trônes face à face} — et Allah crée pour eux de la grâce par laquelle chacun obtient la satisfaction et la joie, voyant qu'il n'est point de félicité au-dessus de la sienne : d'où ils sont saufs de l'envie et de la haine, leurs causes étant perdues. Sa parole {sous lesquels coulent les rivières} : ils les font jaillir où et comme ils veulent, entre les palais, les chambres hautes, ou les jardins sous les parterres fleuris — rivières courant sans canal, félicités sans limite fixée. {Et} voyant ce dont Allah les a comblés et honorés, {ils dirent : louange à Allah qui nous a guidés à cela} : nous comblant et inspirant à nos cœurs d'y croire et de se soumettre aux œuvres menant à cette demeure — Allah gardant notre foi et nos œuvres jusqu'à nous y faire parvenir : quel excellent Seigneur généreux, qui nous commença les faveurs et en dispensa des apparentes et cachées que nul compteur ne compte ni ne dénombre ! {Nous n'aurions point été guidés si Allah ne nous avait guidés} : nulle aptitude en nous à la guidée, sans Sa faveur de Sa guidée et de suivre Ses messagers. {Les messagers de notre Seigneur vinrent certes avec le vrai} : jouissant de la félicité annoncée par les messagers, devenue pour eux certitude du regard après certitude du savoir : nous avons réalisé et vu ce que les messagers nous promirent, tout ce qu'ils apportèrent étant certitude absolue sans doute ni difficulté. {Et on les interpella}, les félicitant, honorant, saluant et respectant : {"voici le Paradis dont vous avez hérité"} : vous en étant les héritiers, fait votre fief — celui des mécréants étant le Feu — {"de ce que vous faisiez"} : certains prédécesseurs dirent : les gens du Paradis sont sauvés du Feu par le pardon d'Allah, entrés au Paradis par Sa miséricorde, et y partagèrent les demeures, l'héritant par les œuvres pies — de Sa miséricorde, plutôt de ses plus hautes sortes.

Verset 44

Après l'établissement de chaque parti aux deux demeures et la trouvaille de ce qu'annoncèrent les messagers et les livres, récompense et punition : les gens du Paradis appelèrent les compagnons du Feu : {"nous avons trouvé ce que notre Seigneur nous promettait, vérité"} : nous promettant le Paradis pour la foi et l'œuvre pie, Il nous y fit entrer et montra ce qu'Il nous décrivit — {"avez-vous trouvé ce que votre Seigneur vous promettait, vérité ?"} : pour la mécréance et les désobéissances — {ils dirent : oui} : trouvé vérité : la véracité de la promesse d'Allah parut à toute la création sans doute — qui plus véridique qu'Allah en dire ? — doutes et illusions s'en allèrent, l'affaire devint certitude absolue, les croyants se réjouirent de la promesse d'Allah, les mécréants désespérèrent du bien, et confessèrent sur eux-mêmes mériter le châtiment. {Un crieur les interpella entre eux} : entre les gens du Feu et les gens du Paradis : {"la malédiction d'Allah"} : Son éloignement et Sa mise à l'écart de tout bien — {"sur les injustes"} : Allah leur ayant ouvert les portes de Sa miséricorde, ils s'en détournèrent par injustice, détournèrent d'eux-mêmes de la voie d'Allah, en détournèrent autrui : égarés et égarants ; {détournant de la voie d'Allah, la cherchant tordue} : Allah voulant la voie droite et la marche droite de Ses marcheurs, eux la voulant tordue : déviée, détournée de la voie droite ; {et de la Dernière Demeure mécréants} : ce qui les fit dévier du chemin et se tourner aux passions interdites : leur absence de foi en la résurrection, leur absence de crainte de la punition et d'espoir de la récompense. Le sens impliqué : la miséricorde d'Allah sur les croyants, Sa bienveillance les embrassant, Sa bienfaisance se succédant sur eux.

Verset 45

Après l'établissement de chaque parti aux deux demeures et la trouvaille de ce qu'annoncèrent les messagers et les livres, récompense et punition : les gens du Paradis appelèrent les compagnons du Feu : {"nous avons trouvé ce que notre Seigneur nous promettait, vérité"} : nous promettant le Paradis pour la foi et l'œuvre pie, Il nous y fit entrer et montra ce qu'Il nous décrivit — {"avez-vous trouvé ce que votre Seigneur vous promettait, vérité ?"} : pour la mécréance et les désobéissances — {ils dirent : oui} : trouvé vérité : la véracité de la promesse d'Allah parut à toute la création sans doute — qui plus véridique qu'Allah en dire ? — doutes et illusions s'en allèrent, l'affaire devint certitude absolue, les croyants se réjouirent de la promesse d'Allah, les mécréants désespérèrent du bien, et confessèrent sur eux-mêmes mériter le châtiment. {Un crieur les interpella entre eux} : entre les gens du Feu et les gens du Paradis : {"la malédiction d'Allah"} : Son éloignement et Sa mise à l'écart de tout bien — {"sur les injustes"} : Allah leur ayant ouvert les portes de Sa miséricorde, ils s'en détournèrent par injustice, détournèrent d'eux-mêmes de la voie d'Allah, en détournèrent autrui : égarés et égarants ; {détournant de la voie d'Allah, la cherchant tordue} : Allah voulant la voie droite et la marche droite de Ses marcheurs, eux la voulant tordue : déviée, détournée de la voie droite ; {et de la Dernière Demeure mécréants} : ce qui les fit dévier du chemin et se tourner aux passions interdites : leur absence de foi en la résurrection, leur absence de crainte de la punition et d'espoir de la récompense. Le sens impliqué : la miséricorde d'Allah sur les croyants, Sa bienveillance les embrassant, Sa bienfaisance se succédant sur eux.

Verset 46

Entre les compagnons du Paradis et les compagnons du Feu un voile nommé al-A'rāf [les hauteurs], ni du Paradis ni du Feu, dominant les deux demeures, qui s'y tient voyant l'état des deux partis ; sur ce voile des hommes reconnaissant chacun des gens du Paradis et du Feu à leurs marques : les signes par lesquels ils se connaissent et se distinguent. Voyant les gens du Paradis, ils les appelèrent : {"paix sur vous"} : les saluant et saluant sur eux — ils ne sont point encore entrés au Paradis, mais espérant y entrer, Allah n'ayant mis l'espoir en leurs cœurs que pour ce qu'Il veut d'eux de grâce.

Verset 47

{Quand leurs regards sont tournés vers les compagnons du Feu} : voyant spectacle monstrueux et horreur affreuse, {ils dirent : "Seigneur, ne nous mets pas avec le peuple injuste"} : les gens de l'A'rāf, voyant les gens du Paradis, espérant être avec eux et les saluant, et leurs regards se détournant malgré eux vers les gens du Feu, demandent refuge [à Allah] de leur état, en général.

Verset 48

Puis le particulier après le général : {les gens de l'A'rāf appelèrent des hommes qu'ils reconnaissaient à leurs marques} : des gens du Feu, qui en ce monde avaient prestige, noblesse, biens et enfants — les gens de l'A'rāf leur dirent, les voyant seuls dans le châtiment sans secoureur ni sauveur : {"que vous a servi votre multitude ?"} : en ce monde, dont vous repoussiez les maux et accédiez à vos buts : aujourd'hui évanouie, ne vous servant de rien — de même, que vous a servi votre orgueil contre le vrai, contre ce qui vint, et contre qui le suivit ? !

Verset 49

Puis ils leur désignèrent des gens du Paradis qui en ce monde étaient pauvres et faibles, dont les gens du Feu se moquaient — ils dirent aux gens du Feu : {"ceux-là"} : ceux qu'Allah fit entrer au Paradis — {"que vous juriez qu'Allah ne les atteindrait d'aucune miséricorde ?"} : par mépris et dédain d'eux, émerveillés de vous-mêmes — vous avez failli à vos serments, et vous est apparu d'Allah ce qui n'était pas en votre calcul. {"Entrez au Paradis"} : dit à ces faibles, en honneur et respect — {"de ce que vous faisiez"} : par vos œuvres pies — {"nulle crainte sur vous"} de l'avenir des maux, {"ni vous ne serez point affligés"} du passé : sûrs, tranquilles, joyeux de tout bien : {ceux qui criminèrent riaient des croyants... aujourd'hui les croyants rient des mécréants, sur les lits regardant}. Les savants et exégètes divergèrent sur qui sont les gens de l'A'rāf et leurs œuvres : le sens correct : un peuple dont les bonnes et mauvaises œuvres s'équilibrèrent — ni les mauvaises l'emportant, entrés au Feu, ni les bonnes, entrés au Paradis — demeurant à l'A'rāf ce qu'Allah veut, puis Allah les fait entrer par Sa miséricorde au Paradis : Sa miséricorde précédant et l'emportant sur Sa colère, embrassant toute chose.

Verset 50

Les compagnons du Feu appellent les compagnons du Paradis quand le châtiment atteint en eux son comble, quand les atteint la faim extrême et la soif cuisante : ils cherchent secours auprès d'eux, disant : {"versez sur nous de l'eau ou de ce qu'Allah vous a attribué"} : de nourriture. Les gens du Paradis répondirent : {"Allah les a interdits aux mécréants"} : l'eau et la nourriture du Paradis — punition de leur mécréance aux versets d'Allah, ayant pris la religion qu'on leur commanda de tenir droite et dont on leur promit l'immense rétribution {pour jeu et divertissement} : leurs cœurs s'en étourdissant et s'en détournant, jouant et la prenant en dérision — ou ayant mis jeu et divertissement à la place de leur religion, échangeant la religion droite contre cela — {et la vie présente les a trompés} : de sa parure, son clinquant et l'abondance de ses biens : s'y installant, s'en contentant, s'en réjouissant, se détournant de la Dernière Demeure et l'oubliant. {Aujourd'hui Nous les oublions} : Nous les laissons au châtiment, {comme ils ont oublié la rencontre de leur jour celui-ci} : comme s'ils n'avaient été créés que pour ce monde, sans au-delà ni rétribution — {et ils démentaient Nos versets} : leur démenti ne venant pas d'un défaut des versets et preuves d'Allah, mais {Nous leur vînt un livre que Nous détaillâmes} : y exposant toutes les visets dont la création a besoin — {sur science} : d'Allah, des états des serviteurs en tout temps et lieu, de ce qui leur convient et ne leur convient pas — non le détail d'un non-savant, ignorant des choses et jugeant inadéquatement, mais le détail de Celui dont la science embrasse toute chose et la miséricorde toute chose. {Une guidée et une miséricorde pour un peuple qui croit} : aux croyants s'obtiennent par ce livre la guidée de l'égarement, l'exposé du vrai et du faux, de la déviation et de la droiture, et la miséricorde : le bien et le bonheur aux deux demeures — s'éloignant d'eux l'égarement et le malheur.

Verset 53

Ceux dont le châtiment est dû n'ont pas cru en ce immense livre, ni suivi ses ordres et interdits : ne reste d'eux que de subir ce qu'annonça le Coran — {qu'attendent-ils sinon sa réalisation ?} : la venue de ce qu'il annonce — comme Yūsuf — sur lui la paix — dit, sa vision accomplie : {"voilà la réalisation de ma vision d'autrefois"} — {le jour que sa réalisation viendra, ceux qui l'avaient oublié auparavant diront} : regrettant et s'attristant du passé, demandant intercession pour le pardon de leurs fautes, confessant ce qu'annoncèrent les messagers : {"les messagers de notre Seigneur vinrent certes avec le vrai ; avons-nous des intercesseurs qui intercèdent pour nous, ou serions-nous rendus"} : au monde — {"pour œuvrer autrement que nous œvrions"} : le temps du retour étant passé, l'intercession des intercesseurs ne leur sert point ; leur demande du retour pour œuvrer autrement est mensonge d'eux, visant à écarter ce qui les atteint : {s'ils étaient rendus, ils retourneraient à ce qui leur fut interdit : ils sont menteurs}. {Ils ont perdu leurs âmes} : leur ayant fait manquer les profits et mener à la perte — ce n'est point comme la perte des biens...

Verset 54

Allah expose qu'Il est le Seigneur adoré seul sans associé : {votre Seigneur est Allah qui créa les cieux et la terre} — et ce qu'ils contiennent, dans leur immensité, ampleur, solidité, perfection et création merveilleuse — {en six jours} : dont le premier est le dimanche et le dernier le vendredi. Les ayant achevés et y ayant déposé ce qu'Il déposa de Son ordre, {Il S'établit} — béni et exalté soit-Il — {sur le Trône} : l'immense Trône embrassant les cieux et la terre et ce qu'ils contiennent et ce qui est entre eux : établissement convenant à Sa majesté, grandeur et autorité — établi sur le Trône, cernant la royauté, administrant les royaumes, faisant courir sur eux Ses jugements cosmiques et religieux : {Il couvre la nuit} obscurcie {du jour} lumineux : ce qui est sur terre s'obscurcit, les hommes reposent, les créatures gagnent leurs gîtes, se reposant de la fatigue de l'aller et du retour du jour. {Il le poursuit vite} : la nuit venant, le jour s'en va ; le jour venant, la nuit s'en va — ainsi à jamais, jusqu'à ce qu'Allah plie ce monde et transfère les serviteurs à une autre demeure que celle-ci. {Et le soleil, la lune et les étoiles assujettis à Son ordre} : par Son assujettissement et administration indiquant Ses attributs de perfection : les créer et les grandir indique Sa puissance parfaite ; leur solidité, ordre et perfection indiquent Sa sagesse parfaite ; leurs profits et intérêts nécessaires et au-delà indiquent l'ampleur de Sa miséricorde — cela indique l'ampleur de Sa science, et qu'Il est le Dieu vrai à qui seul convient l'adoration. {À Lui la création et le commandement} : à Lui la création d'où procédèrent toutes les créatures, supérieures et inférieures, en leurs essences, attributs et actes ; et le commandement contenant les lois et les prophéties : la création contenant Ses jugements cosmiques et décrétaux, le commandement Ses jugements religieux et légaux — puis les jugements de rétribution, en la demeure de la permanence. {Béni soit Allah} : immense, élevé, abondant de bien et bienfaisance : béni en Soi pour la grandeur et perfection de Ses attributs, bénissant autrui en faisant descendre l'immense bien et l'abondante faveur — toute bénédiction en l'univers étant effet de Sa miséricorde : {béni soit Allah, Seigneur des mondes}. Ayant mentionné de Sa grandeur et majesté ce qui indique aux gens d'intelligence que Lui seul est l'Adoré visé en tous besoins, Il commanda ce qui s'ensuit :

Verset 55

L'invocation embrasse la demande et l'adoration : Il commanda de L'invoquer {en supplication} : insistance en la demande, constance en l'adoration — {et en secret} : non à voix haute et en public, dont on craint l'ostentation, mais en secret et sincérité pour Allah. {Il n'aime point les outranciers} : dépassant la limite en toute chose — de l'outrecuidance : que le serviteur demande à Allah des choses ne lui convenant pas, ou raffine en la demande, ou élève excessivement la voix en invoquant : tout cela entre dans l'outrecuidance interdit.

Verset 56

{Ne semez point la corruption sur terre} : par les désobéissances — {après sa réforme} : par les obéissances : les désobéissances corrompent les caractères, les œuvres et les subsistances : {la corruption parut sur terre et mer de ce que les gens acquirent} — comme les obéissances réforment caractères, œuvres, subsistances et états des deux demeures. {Et invoquez-Le en crainte et en espoir} : crainte de Sa punition, espoir de Sa récompense — espérant l'exaucement, craignant le refus — non l'invocation du serviteur outrecuidant envers son Seigneur, émerveillé de soi, se plaçant au-dessus de son rang, ni l'invocation de l'insoucieux étourdi. L'essentiel des règles de l'invocation qu'Allah exposa : la sincérité pour Allah seul — le secret l'impliquant —, sa dissimulation et son intimité, et que le cœur soit craintif et espérant, non insoucieux, ni tranquille, ni indifférent à l'exaucement : cela est de la bienfaisance de l'invocation, la bienfaisance en toute adoration étant de dépenser l'effort et l'accomplir complète sans nul manque sous quelque rapport. {La miséricorde d'Allah est proche des bienfaisants} : bienfaisants en l'adoration d'Allah, bienfaisants envers les serviteurs d'Allah : plus le serviteur est bienfaisant, plus proche de la miséricorde de son Seigneur, son Seigneur proche de lui de Sa miséricorde — exhortation à la bienfaisance, claire.

Verset 57

Allah exposa un effet de Sa puissance et un souffle de Sa miséricorde : {Lui qui envoie les vents annonciateurs devant Sa miséricorde} : les vents annonciateurs de la pluie, la suscitant de terre par permission d'Allah — la création s'en réjouit de la miséricorde d'Allah, les cœurs s'en apaisant avant sa descente. {Puis, quand ils portent} : les vents {des nuées lourdes} : que des vents ont soulevées, qu'un autre a assemblées, qu'un autre a fécondées — {Nous les menons vers une contrée morte} : dont les bêtes allaient périr et dont les habitants désespéraient de la miséricorde d'Allah — {et Nous en faisons descendre l'eau} : l'abondante eau de cette nuée — Allah assujettissant un vent la conduisant et un vent la dispersant par Sa permission — {et par elle faisons sortir toute sorte de fruits} : ils s'éveillèrent réjouis de la miséricorde d'Allah, paissant de Son bien. Sa parole : {ainsi faisons-Nous sortir les morts, puissiez-vous vous rappeler} : comme Nous avons vivifié la terre après sa mort par les plantes, ainsi faisons-Nous sortir les morts de leurs tombes après avoir été poussière dispersée. Argument évident : nulle différence entre les deux — le négateur de la résurrection la trouvant éloignée, tout en voyant son pareil, relève de l'obstination et du déni du sensible. Exhortation au rappel et à la méditation des faveurs d'Allah, à les regarder de l'œil de la leçon et de l'argument, non de l'insouciance et de la négligence.

Verset 58

Puis la différence des terres que la pluie atteint : {la bonne contrée} : de bon sol et matière — la pluie venue, {sa végétation sort} : celle à quoi elle est prête — {par permission de son Seigneur} : par volonté et permission d'Allah : les causes ne disposent point des choses indépendamment, qu'Allah le permette. {Quant à celle qui est vile} : des terres — {ne sort que chétive} : plante mauvaise, sans profit ni bénédiction. {Ainsi diversifions-Nous les signes pour un peuple reconnaissant} : les variions, exposons, y frappons les paraboles et les menons à un peuple reconnaissant Allah — confessant Ses faveurs, les avouant et les employant à Son agrément : eux profitant des règles et visées divines détaillées en Son livre, les tenant pour la plus grande des faveurs venues de leur Seigneur : les recevant indigents et joyeux, les méditant, leur paraissant de leurs sens selon leur aptitude. Parabole des cœurs quand l'inspiration y descend, matière de la vie comme la pluie matière du vivant : les cœurs bons, l'inspiration venant, la reçoivent, la savent, croissent selon la bonté de leur origine et de leur élément ; les cœurs immondes sans bien, l'inspiration venant, ne trouve point lieu receveur, les trouvant insoucieux détournés ou objecteurs — comme la pluie passant sur les salines, sables et rochers sans les affecter : {Il fit descendre du ciel une eau, des vallées coulèrent selon leur mesure...}

Verset 59

Du premier des envoyés, Noé : {Nous envoyâmes Noé à son peuple} : les appelant à n'adorer qu'Allah, eux adorant les idoles. {Il dit} : {"ô mon peuple, adorez Allah"} : unifiez-Le — {vous n'avez de dieu que Lui} : Lui le Créateur, Pourvoyeur, Administrateur de toutes choses, le reste créé et administré, ne disposant de rien. Puis il les effraya du châtiment d'Allah s'ils ne Lui obéissaient pas : {"je crains pour vous le châtiment d'un jour immense"} : sa sollicitude et compassion envers eux — craignant pour eux le châtiment éternel et le malheur perpétuel, comme ses frères messagers, compatissant la création plus que leurs pères et mères.

Verset 60

Ce dit fait, ils répondirent du pire : {les notables de son peuple dirent} : les chefs riches et suivis, coutumiers de l'orgueil contre le vrai et de la non-soumission aux messagers : {"nous te voyons dans un égarement manifeste"} : ne leur suffisant point de ne pas se soumettre, ils s'enorgueillirent, l'attaquèrent au plus fort, l'imputèrent d'égarement — et ne s'en contentant pas, le firent manifeste et clair à quiconque ! ! Des plus grandes outrecuidances, ne prenant pas au plus faible d'esprit — et ne s'appliquant qu'aux gens de Noé : venus à des idoles figurées et taillées de leurs mains, inanimées, n'entendant ni voyant ni servant à rien, les faisant descendre au rang du Créateur des cieux et leur sacrifiant ce qu'ils peuvent d'obéissances — n'eussent des esprits où se tient la preuve d'Allah contre eux, ils seraient jugés plus égarés que les insensés : plutôt les insensés plus guidés et plus raisonnables qu'eux.

Verset 61

Noé leur répondit d'une réponse fine, les flatteur pour les soumettre : {"ô mon peuple, point d'égarement en moi"} : je ne suis égaré en aucune question sous quelque rapport — je suis guide guidé, ma guidée du genre de celle de mes frères messagers de haute résolution, la plus haute et parfaite : la guidée de la mission parfaite — {"mais je suis messager du Seigneur des mondes"} : mon Seigneur, le vôtre, de toute création, éducateur de toute la création, dont la plus grande éducation : envoyer à Ses serviteurs des messagers leur commandant œuvres pies, caractères vertueux et croyances belles, et interdisant les contraires : {"je vous transmets les messages de mon Seigneur et vous conseille"} : ma charge est de vous transmettre Son unicité, Ses ordres et interdits, en conseil et compassion pour vous — {"et je sais d'Allah ce que vous ne savez pas"} : il vous incombe donc de m'obéir et de me suivre, si vous savez.

Verset 63

{"Vous étonnez-vous qu'un rappel de votre Seigneur vous vienne sur un homme d'entre vous ?"} : comment vous étonner d'un état qui ne sied point l'étonnement : le rappel, l'exhortation et le conseil vous venant d'un homme des vôtres, dont vous connaissez la réalité, la véracité et l'état ? Cet état est du soin d'Allah envers vous, Sa bienveillance et bienfaisance, à recevoir par acceptation et gratitude. Sa parole : {"pour vous avertir, que vous soyez pieux et que la miséricorde vous soit peut-être faite"} : vous avertir du châtiment douloureux, œuvrer aux causes sauvant : user de la piété d'Allah en dehors et au-dedans — vous obtenant l'immense miséricorde d'Allah.

Verset 64

Cela ne leur servit ni ne réussit : {"ils le démentirent ; Nous le sauvâmes, lui et ceux avec lui, dans l'arche"} : le navire qu'Allah commanda à Noé — sur lui la paix — de construire, et lui révéla d'y porter de chaque espèce d'animal deux paires, sa famille et qui crut avec lui : Allah les y sauva. {Et Nous noyâmes ceux qui démentirent Nos versets : ils étaient un peuple aveugles} : à la guidée — le vrai vu, Allah leur ayant montré par Noé des signes clairs où croient les gens d'intelligence — ils s'en moquèrent, le raillèrent et mécrurent.

Verset 65

{Et aux 'Ād} : les premiers 'Ād, en terre du Yémen — {leur frère} : de lignage — {Hūd} : sur lui la paix —, appelant à l'unicité, interdisant l'association et la tyrannie sur terre. Il leur dit : {"ô mon peuple, adorez Allah : vous n'avez de dieu que Lui ; ne Le craignez-vous point ?"} : Sa colère et Son châtiment si vous demeurez sur votre état.

Verset 66

Ils ne répondirent ni ne se soumirent : {les notables mécréants de son peuple dirent}, rejetant son appel et critiquant son avis : {"nous te voyons en sottise, et nous te tenons pour menteur"} : nous ne te voyons qu'insensé non pondéré, et il prévaut en notre supposition que tu es des menteurs. La réalité s'étant renversée sur eux et leur aveuglement affermi : ils imputèrent à leur prophète — sur lui la paix — ce dont ils sont décrits, lui en étant le plus loin : eux les insensés véritables et les menteurs — quelle sottise plus grande que de repousser le plus vrai des vrais, de s'enorgueillir de se soumettre aux guides et conseillers, et de se soumettre de cœur et de corps à tout démon rebelle, plaçant l'adoration hors de son lieu, adorant ce qui ne lui sert de rien — arbres et pierres ? ! Quel mensonge plus complet que de rapporter ces choses à Allah — exalté soit-Il ? !

Verset 67

{Il dit : "ô mon peuple, point de sottise en moi"} : sous quelque rapport — je suis le messager guide, pondéré — {"mais messager du Seigneur des mondes"}.

Verset 68

{"Je vous transmets les messages de votre Seigneur, et je suis pour vous un conseiller digne de foi"} : votre dû est de le recevoir par acceptation, soumission et obéissance au Seigneur des serviteurs.

Verset 69

{"Vous étonnez-vous qu'un rappel de votre Seigneur vous soit venu sur un homme d'entre vous, pour vous avertir ?"} : comment vous étonner d'une chose qui ne sied point l'étonnement : Allah vous envoya un homme des vôtres — vous savez son état, il vous rappelle vos intérêts et vous presse à ce qui vous profite : vous vous en êtes étonnés de l'étonnement des négateurs. {"Et rappelez-vous quand Il vous fit successeurs après le peuple de Noé"} : louez votre Seigneur et remerciez-Le : Il vous établit sur terre, vous fit succéder aux communautés anéanties ayant démenti les messagers — Allah les anéantit et vous conserva pour voir comment vous œuvrez : prenez garde de demeurer au démenti comme eux, de vous atteindre ce qui les atteignit — {et} rappelez-vous la faveur d'Allah vous particularisant : {Il vous accrut en stature} : en force, taille des corps et puissance de saisir — {"rappelez-vous les faveurs d'Allah"} : Ses faveurs amples et Ses bienfaits réitérés — {"peut-être réussirez-vous"} : les rappelant par la gratitude et l'acquittement de leur droit : obtenant le recherché, sauvés du redouté.

Verset 70

Exhortés, rappelés, commandés l'unicité, sa description exposée — conseiller digne de foi — avertis de ce qu'Allah saisit comme avant eux, Ses faveurs et l'affluence des subsistances rappelées : ils ne se soumirent ni ne répondirent, disant, s'étonnant de son appel et l'informant qu'ils ne l'obéiraient jamais : {"viens-tu à nous pour que nous adorions Allah seul, et que nous délaissions ce que nos pères adoraient ?"} — qu'Allah les maudisse : ayant fait la chose la plus obligatoire et la plus parfaite, une de celles qu'ils n'opposent point à ce qu'ils trouvèrent leurs pères faire : préférant ce que tenaient les pères égarés — association et idolâtrie — à ce qu'appelèrent les messagers : l'unicité d'Allah seul sans associé ; ils démentirent leur prophète, disant : {"apporte-nous ce que tu nous promets, si tu es véridique"} : commencement contre eux-mêmes.

Verset 71

Hūd — sur lui la paix — leur dit : {"la souillure et la colère de votre Seigneur sont tombées sur vous"} : elles tomberont nécessairement : leurs causes nouées, l'échéance de l'anéantissement venue. {"Disputez-vous avec moi au sujet de noms que vous et vos pères avez nommés ?"} : comment disputer sur des choses sans réalité — des idoles nommées dieux, n'ayant de la divinité rien, ni le poids d'un atome — {"et pour lesquelles Allah n'a point fait descendre d'autorité"} : l'eussent-elles été, Allah en eût fait descendre l'autorité : Son absence de la faire descendre prouve leur nullité — à toute chose visée et voulue, surtout les immenses, Allah exposa les arguments y menant et l'autorité n'en étant point cachée. {"Attendez donc"} : ce qui vous atteindra du châtiment promis — {"je suis avec vous de ceux qui attendent"} : différence entre les deux attentes : l'attente de qui craint l'arrivée du châtiment, et de qui espère d'Allah le secours et la récompense.

Verset 72

Allah trancha entre les deux partis : {"Nous le sauvâmes"} : Hūd — {"et ceux qui crurent avec lui, par une miséricorde de Notre part"} : Lui les guidant à la foi, faisant de leur foi une cause de Sa miséricété : sauvés par Sa miséricorde — {"et Nous arrachâmes la racine de ceux qui démentirent Nos versets"} : Nous les extirpâmes du châtiment dur n'en laissant nul — Allah lâchant sur eux {le vent stérile, ne laissant rien sur quoi il vient sans le faire comme poussière} — {ils furent anéantis : il ne se vit que leurs demeures... regarde comment fut l'issue de ceux qui furent avertis} : la preuve dressée sur eux sans qu'ils s'y soumettent, commandés la foi sans croire : leur issue l'anéantissement, l'ignominie et la flétrissure — {la malédiction les suivit en ce monde et au Jour de la résurrection : oui, 'Ād mécru en leur Seigneur : oui, loin soit 'Ād, le peuple de Hūd !} — et ici : {"Nous arrachâmes la racine de ceux qui démentirent Nos versets, et ils n'étaient point croyants"} : sous quelque rapport — leur description le démenti et l'obstination, leur trait l'orgueil et la corruption.

Verset 73

C'est-à-dire : {Et} Nous avons envoyé {aux Thamūd} : la tribu connue qui habitait al-Ḥijr [région du nord-ouest de l'Arabie, demeure des Thamūd] et ses environs, au Ḥijāz et dans la Péninsule arabe — Dieu leur envoya {leur frère Ṣāliḥ} : un prophète qui les appelait à la foi et à l'unicité, et leur interdisait l'association et le fait de donner des égaux à Allah. Il dit : {"ô mon peuple, adorez Allah : vous n'avez de dieu autre que Lui"} : son appel — sur lui la prière et la paix — était de même nature que celui de ses frères parmi les envoyés : ordonner l'adoration d'Allah et exposer qu'il n'y a pour les serviteurs d'autre dieu qu'Allah. {"Une preuve vous est déjà venue de votre Seigneur"} : c'est-à-dire un prodige parmi les prodiges hors de l'ordinaire, qui ne saurait être qu'un signe céleste, les hommes étant incapables d'en produire — Il l'explique ensuite en disant : {"voici la chamelle d'Allah, un signe pour vous"} : c'est-à-dire voici une chamelle noble et éminente, honorée par son attribution à Allah — attribution d'honorification —, en laquelle vous avez un signe immense. L'aspect du signe a été mentionné dans Sa parole : {"elle aura son jour à boire, et vous le vôtre, à jour connu"} : ils avaient un grand puits — celui connu sous le nom de puits de la Chamelle — qu'ils utilisaient à tour de rôle avec la chamelle : la chamelle avait un jour où elle le buvait et ils buvaient son lait de sa mamelle, et ils avaient un jour où ils y venaient puis s'en retournaient, la chamelle s'éloignant d'eux. Et leur prophète Ṣāliḥ — sur lui la paix — leur dit : {"laissez-la paître sur la terre d'Allah"} : rien de son entretien ne pèse sur vous, {"et ne lui faites aucun mal"} : c'est-à-dire ni l'abattre ni autre chose, {"de peur qu'un châtiment douloureux ne vous saisisse"}.

Verset 74

{"Et rappelez-vous quand Il vous a fait lieutenants"} : sur la terre, dont vous jouissez et où vous obtenez ce que vous recherchez, {"après les ʿĀd"} : qu'Allah avait anéantis, et Il vous fit leurs successeurs après eux ; {"et Il vous a installés dans la terre"} : c'est-à-dire Il vous y a affermis et vous a facilité les moyens d'atteindre ce que vous voulez et désirez, {"vous y prenez dans les plaines des palais"} : c'est-à-dire dans les terres planes qui ne sont pas des montagnes, des demeures ; et dans les montagnes, des maisons qu'ils y taillaient — comme on peut encore voir de nos jours leurs ouvrages dans les montagnes : habitations, al-Ḥijr et semblables —, lesquels subsisteront tant que subsisteront les montagnes. {"Rappelez-vous donc les bienfaits d'Allah"} : c'est-à-dire Ses grâces, et ce qu'Il vous a départi comme faveur, subsistance et force, {"et ne semez pas la corruption sur la terre en semeurs de désordre"} : c'est-à-dire ne dévastez pas la terre par la corruption et les désobéissances ; car les désobéissances laissent les demeures florissantes désertes [bawāliq, terres vides et dépeuplées] : elles vidèrent leurs demeures de leurs habitants et firent de leurs habitations des lieux désolés après leur disparition.

Verset 75

{"Les notables de son peuple, qui s'enflaient d'orgueil, dirent"} : c'est-à-dire les chefs et les nobles qui se dressèrent avec orgueil contre la vérité, {à ceux qu'on méprisait} : et comme les méprisés n'étaient pas tous croyants, ils dirent — {à ceux d'entre eux qui avaient cru} — : {"savez-vous si Ṣāliḥ est l'envoyé de son Seigneur ?"} : est-il véridique ou menteur ? Les méprisés dirent : nous croyons {"au message avec lequel il a été envoyé"} : à l'unicité d'Allah, à ce qu'il rapporte de Sa part, à Son ordre et à Son interdit.

Verset 76

{"Ceux qui s'enflaient d'orgueil dirent : nous sommes mécréants de ce en quoi vous avez cru"} : l'orgueil les empêcha de se soumettre à la vérité à laquelle s'étaient soumis les faibles.

Verset 77

{"Ils donc abattirent la chamelle"} : celle dont il les avait avertis que, s'ils la touchaient par quelque mal, un châtiment douloureux les atteindrait — {"et ils se révoltèrent contre l'ordre de leur Seigneur"} : c'est-à-dire ils s'endurcirent à son sujet et s'élevèrent avec orgueil contre Son ordre, dont quiconque se révolte, Allah lui fait goûter le châtiment terrible. Aussi Allah fit-il tomber sur eux un châtiment exemplaire [nukāl, supplicant destiné à servir d'exemple] tel qu'Il n'en fit tomber sur aucun autre qu'eux. {"Et ils dirent"} : tout en commettant ces actes, bravant Allah, Le croyant impuissant à les rejoindre, sans se soucier de ce qu'ils faisaient, mais s'en glorifiant : {"ô Ṣāliḥ, apporte-nous ce dont tu nous menaces"} — si tu es du nombre des véridiques — : du châtiment. Il dit : {"Jouissez dans vos demeures trois jours encore : c'est une promesse qui ne sera pas démentie"}.

Verset 78

{"Puis le tremblement les saisit, et au matin ils gisaient dans leurs demeures, effondrés"} : sur leurs genoux — Allah les avait exterminés et retranchés jusqu'au dernier.

Verset 79

{"Puis il se détourna d'eux"} : Ṣāliḥ — sur lui la paix — lorsqu'Allah eut fait tomber sur eux le châtiment, {"et il dit"} : s'adressant à eux en reproche et en admonition après qu'Allah les eut anéantis : {"ô mon peuple, je vous ai bien transmis le message de mon Seigneur, et je vous ai conseillés sincèrement"} : c'est-à-dire : tout ce qu'Allah m'a envoyé vous apporter, je vous l'ai transmis ; j'ai eu le souci de vous guider et je me suis efforcé de vous faire suivre la voie droite et la religion droite ; {"mais vous n'aimez pas les conseilleurs"} : vous avez au contraire repoussé la parole des conseillers et obéi à tout diable lapidé. Sache que nombre d'exégètes rapportent dans cette histoire que la chamelle serait sortie d'un rocher compact et lisse qu'ils avaient imposé à Ṣāliḥ ; qu'elle se serait agitée comme s'agite une femme en travail, et la chamelle en serait sortie sous leurs yeux ; qu'elle avait un petit qui, lorsqu'ils l'eurent abattue, brait trois fois, et la montagne se fendit devant lui et il y entra ; et que Ṣāliḥ — sur lui la paix — leur aurait dit : le signe de la venue du châtiment sur vous sera qu'au matin du premier des trois jours vos visages seront jaunes, le deuxième rouges, et le troisième noirs — et il en fut comme il avait dit. Or cela relève des isrāʾīliyyāt [récits d'origine israélite dépourvus de garantie] qu'il ne convient pas de rapporter dans l'exégèse du Livre d'Allah : rien dans le Coran n'atteste rien de tout cela, d'aucune manière que ce soit. Bien plus, si cela était exact, Allah l'aurait mentionné, car il y a là des merveilles, des leçons et des signes qu'Il ne saurait négliger ni omettre de mentionner jusqu'à ce que cela parvienne par la voie de quelqu'un dont la transmission n'offre pas de garantie — le Coran dément même certains de ces récits rapportés : Ṣāliḥ leur dit en effet {"Jouissez dans vos demeures trois [jours]"} : c'est-à-dire délectez-vous et jouissez de ce temps très bref, car vous n'aurez d'autre jouissance et d'autre délectation que celle-ci. Et quelle délectation, quelle jouissance pour des gens auxquels leur prophète avait prédit la venue du châtiment et décrit l'avènement de ses prémisses — prémisses qui se réalisèrent jour après jour, d'une manière qui les englobait et les saisissait tous, le rouge, le jaune et le noir de leurs visages relevant du châtiment !? N'est-ce pas là contredire le Coran et s'y opposer ? Le Coran suffit amplement et guide au-delà de tout autre. Oui : s'il était authentifié quelque chose venant du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — qui ne contredise pas le Livre d'Allah, il serait accueilli sur la tête et l'œil [expression d'accueil empressé et honoré], et cela relève de ce que le Coran ordonne de suivre : {"Ce que le Messager vous donne, prenez-le ; et ce qu'il vous interdit, cessez-le"}. Il a déjà été établi qu'il n'est pas permis d'interpréter le Livre d'Allah au moyen des récits israélites, dussent-ils être admis dans la transmission de choses dont le mensonge n'est pas certain : les sens du Livre d'Allah sont de l'ordre de la certitude, tandis que ces récits ne peuvent être ni affirmés ni démentis — leur accord est donc impossible.

Verset 80

C'est-à-dire : {Et} mentionne {Loth}, Notre serviteur — sur lui la prière et la paix —, lorsque Nous l'envoyâmes à son peuple pour leur ordonner d'adorer Allah seul et leur interdire l'infamie [turpitude sexuelle] que nul avant eux parmi les mondes n'avait commise. Il leur dit : {"comment commettez-vous cette infamie ?"} : c'est-à-dire la pratique qui a atteint un tel degré de gravité et d'horreur qu'elle embrasse toutes les sortes de turpitude, {"nul des mondes ne vous y a précédés"} : que ce soit une infamie est déjà ce qu'il y a de plus monstrueux ; que ce soit en outre eux qui l'aient inventée, inaugurée et établie comme sunna [précédent suivi] pour ceux venus après eux, c'est aussi ce qu'il y a de plus monstrueux.

Verset 81

Puis Il l'a exposée en disant : {"vous venez aux hommes de préférence aux femmes"} : c'est-à-dire : comment délaissez-vous les femmes qu'Allah a créées pour vous et en lesquelles se trouve ce qui satisfait le désir et convient à la nature innée, pour vous porter vers les postérieurs des hommes — extrême de l'horreur et de la souillure, lieu d'où sortent les immondices et les impuretés dont on a honte de faire mention, plus encore de toucher et d'approcher ? {"Vous n'êtes qu'un peuple outrancier"} : c'est-à-dire qui outrepasse les limites fixées par Allah, qui brave Ses interdits.

Verset 82

{"Et son peuple n'eut d'autre réponse que de dire : chassez-les de votre cité ; ce sont des gens qui se veulent purs"} : c'est-à-dire qui s'abstiennent de commettre l'infamie. {"Et ils ne leur reprochaient que d'avoir cru en Allah, le Puissant, le Digne de louange"}.

Verset 83

{"Nous le sauvâmes, lui et les siens, sauf sa femme : elle fut parmi les restés"} : c'est-à-dire les demeurés, frappés du châtiment. Allah lui ordonna de partir de nuit avec les siens : le châtiment atteindrait son peuple au matin ; il partit avec eux, hormis sa femme, que frappa ce qui les frappa.

Verset 84

{"Et Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie"} : c'est-à-dire des pierres brûlantes et violentes, de sijjīl [argile durcie en pierres], et Allah fit du haut de leur cité le bas : {"regarde donc quelle fut la fin des criminels"} : l'anéantissement et l'opprobre durable.

Verset 85

C'est-à-dire : {Et} Nous avons envoyé à la tribu connue sous le nom de Madyan {leur frère} : de lignage — {Shuʿayb} : qui les appelait à adorer Allah seul, sans associé, leur ordonnait de donner pleine mesure et plein poids, de ne point léser les gens dans leurs biens, et de ne point semer la corruption sur la terre en multipliant les désobéissances. C'est pourquoi il dit : {"ne semez pas la corruption sur la terre après son aménagement : cela vaut mieux pour vous, si vous êtes croyants"} : délaisser les désobéissances par soumission à l'ordre d'Allah et pour Se rapprocher de Lui est meilleur et plus profitable au serviteur que de les commettre — ce qui attire le mécontentement du Tout-Puissant et le châtiment du Feu.

Verset 86

{"Et ne vous asseyez pas} : pour guetter les gens {sur tout chemin} : c'est-à-dire une route des routes très fréquentées, pour en avertir les gens et {menacer} : quiconque l'emprunte, {détourner de la voie d'Allah} : quiconque veut s'y guider, {et chercher la tordre"} : c'est-à-dire vouloir que la voie d'Allah soit tordue et l'incliner en suivant vos passions. Il vous incombait, à vous comme aux autres, d'honorer et de magnifier la voie qu'Allah a dressée pour Ses serviteurs afin qu'ils l'empruntent vers Son agrément et la demeure de Sa noblesse — Il a eu pour eux, par elle, la plus grande miséricorde —, de vous employer à la soutenir, à y appeler et à la défendre, non d'être, vous, ses coupeurs de route qui en détournent les gens : cela serait ingrat envers la grâce d'Allah, hostilité envers Allah, faire pencher les voies les plus droites et les plus équitables, et dénigrer quiconque l'emprunte. {"Et rappelez-vous} : la grâce d'Allah sur vous {quand vous étiez peu nombreux et qu'Il vous a multipliés} : c'est-à-dire Il vous a fait croître par les épouses, la progéniture et la santé qu'Il vous a accordées ; Il ne vous a pas éprouvés par une épidémie ni par quelque maladie qui vous eût réduits, n'a pas lâché sur vous d'ennemi qui vous eût fauchés, et ne vous a pas dispersés sur la terre : Il vous a au contraire gratifiés de votre union, de l'afflux des subsistances et de la fécondité. {"Regardez comment finirent les semeurs de désordre"} : vous ne trouverez chez eux que la dispersion, et dans leurs contrées que la désolation et le déracinement ; ils n'ont pas laissé un bon renom, mais ont été suivis, dans cette vie-ci, de la malédiction, et au Jour de la résurrection d'un opprobre [plus grand encore] et d'une ignominie.

Verset 87

{"Si un parti de vous a cru en ce avec quoi j'ai été envoyé, et qu'un parti n'a pas cru"} : et c'est la majorité d'entre eux, {"alors prenez patience jusqu'à ce qu'Allah juge entre nous : Il est le meilleur des juges"} : Il secourt celui qui est dans le vrai et fait tomber le châtiment sur celui qui est dans le faux.

Verset 88

{"Les notables de son peuple, qui s'enflaient d'orgueil, dirent"} : ce sont les nobles et les grands d'entre eux, qui suivaient leurs passions et s'ébattaient dans leurs plaisirs ; quand la vérité leur vint et qu'ils la virent contraire à leurs passions vicieuses, ils la rejetèrent et s'en élevantèrent avec orgueil. Ils dirent à leur prophète Shuʿayb et aux croyants méprisés qui étaient avec lui : {"nous vous expulserons, ô Shuʿayb, vous et ceux qui ont cru avec vous, de notre cité, ou vous reviendrez à notre religion"} : ils firent usage de leur force de bêtes féroces face à la vérité, sans égard pour religion, ni pacte, ni droit : ils n'ont eu d'égard qu'à leurs passions et à leurs esprits insensés, qui les menèrent à cette parole vaine. Ils dirent : ou bien toi et les tiens vous revenez à notre religion, ou nous vous chassons de notre cité. Shuʿayb — sur lui la prière et la paix — les appelait encore, espérant leur foi ; et voilà qu'il ne fut pas épargné [de leur mal], au point qu'ils le menacèrent, s'il ne les suivait pas, de l'exil hors de sa patrie, à laquelle lui et les siens avaient plus de droit qu'eux. Shuʿayb — sur lui la prière et la paix — leur dit, s'étonnant de leur parole : {"quoi, même si nous y sommes contraints ?"} : c'est-à-dire : vous suivrions-nous dans votre religion et votre confession vaine alors même que nous l'aurions en horreur, sachant sa nullité ? On n'y appelle que qui a quelque inclination pour elle ; quant à qui proclame l'interdiction et dénigre quiconque la suit — comment l'y appellerait-on ?

Verset 89

{"Nous aurions forgé le mensonge contre Allah si nous revenions à votre religion après qu'Allah nous en a sauvés"} : c'est-à-dire : attestez sur nous que, si nous y revenons [à elle] après qu'Allah nous en a sauvés et nous a tirés de son mal, nous sommes des menteurs qui forgent le mensonge contre Allah. Nous savons en effet qu'il n'est pas de plus grand forfait que de donner un associé à Allah — Lui, l'Unique, le Seul, l'Un sans pareil, le Soutien [ṣamad, Celui qui se suffit à Lui-même et dont tout dépend] qui n'a pris ni compagne, ni enfant, ni associé en Sa royauté. {"Il ne nous appartient pas d'y revenir"} : il est inconcevable que des gens tels que nous y reviennent : cela relève de l'impossible. Ainsi les désespéra-t-il — sur lui la prière et la paix — de le voir jamais les suivre, à partir de multiples faces : du fait qu'ils ont cette religion en horreur et exècrent l'association où ils les tiennent ; du fait qu'il a qualifié leur état de mensonge et leur a fait attester que s'il les suivait, lui et les siens, ils seraient menteurs ; du fait de leur reconnaissance de la grâce d'Allah sur eux lorsqu'Il les en tira ; et du fait que leur retour y opérerait après qu'Allah les eut guidés, au regard de leur état présent et de ce qu'il y a dans leurs cœurs de magnification d'Allah et de reconnaissance de l'adoration qui ne Lui est due qu'à Lui seul, sans associé, et que les idoles des associants sont le faux le plus faux et l'impossible le plus impossible. Et quant au regard tourné vers la volonté d'Allah et Sa décision s'accomplissant dans Sa création, dont nul ne sort — dussent les causes se succéder et les forces s'unir —, ils ne prononcent pas sur eux-mêmes qu'ils feront ou délaisseront quoi que ce soit ; c'est pourquoi il fit réserve : {"il ne nous appartient pas d'y revenir, sinon si Allah notre Seigneur le veut"} : rien ne nous est possible, ni à nous ni à un autre, de sortir de Sa volonté, laquelle dépend de Sa science et de Sa sagesse. {"Et} notre Seigneur {a embrassé toute chose de Sa science"} : Il sait ce qui convient aux serviteurs et ce qu'Il dispose pour eux. {"Sur Allah nous prenons appui"} : nous comptons sur Lui pour nous affermir dans la voie droite et nous préserver de tous les chemins de la Géhenne : quiconque s'en remet à Allah, Il lui suffit et lui facilite les affaires de sa religion et de sa vie ici-bas. {"Seigneur, tranche entre nous et notre peuple, selon la vérité"} : secours l'opprimé et le détenteur du droit contre l'injuste qui s'obstine contre la vérité ; {"Tu es le meilleur des trancheurs"} : Son tranche pour Ses serviteurs est de deux sortes : le tranche de la science, en exposant le vrai du faux, la guidée de l'égarement, et qui suit la voie droite de qui s'en écarte ; et la deuxième sorte : le tranche du châtiment, faisant tomber le supplice sur les injustes, et délivrance et honneur pour les vertueux. Ils demandèrent donc à Allah de trancher entre eux et leur peuple selon la vérité et la justice, et de leur montrer de Ses signes et leçons quelque chose qui départage les deux parties.

Verset 90

{"Et les notables mécréants de son peuple dirent"} : avertissement contre le fait de suivre Shuʿayb : {"si vous suivez Shuʿayb, vous êtes perdus"} : voilà ce que leurs âmes leur ont suggéré : que la perte et le malheur résident dans le suivi de la droiture et de la guidée — ils ne savaient pas que la perte totale est de s'obstiner dans l'égarement et l'égarement d'autrui où ils se tenaient ; ils l'apprirent lorsque le châtiment exemplaire tomba sur eux.

Verset 91

{"Puis le tremblement les saisit"} : le violent séisme, {"et au matin ils gisaient dans leurs demeures, effondrés"} : foudroyés, morts, inanimés.

Verset 92

Allah dit, déplorant leur état : {"ceux qui ont traité Shuʿayb de menteur sont comme s'ils n'y avaient jamais séjourné"} : comme s'ils n'avaient jamais habité leurs demeures, jamais joui de leurs parvis, jamais eu l'ombre de leurs ombrages, jamais chanté sur les bords de leurs rivières, jamais mangé des fruits de leurs arbres : le châtiment les saisit et les transporta du lieu de divertissement, de jeu et de délices au séjour du chagrin, du malheur, du châtiment et des degrés [de l'Enfer]. C'est pourquoi Il dit : {"ceux qui ont traité Shuʿayb de menteur, ce sont eux les perdants"} : la perte est circonscrite en eux : ils ont perdu leur âme et leurs proches au Jour de la résurrection — ah ! c'est là la perte évidente —, non pas ceux à qui l'on avait dit : {"si vous suivez Shuʿayb, vous êtes alors perdus"}.

Verset 93

Quand ils eurent péri, leur prophète — sur lui la prière et la paix — se détourna d'eux, {"et dit"}, les admonestant, les blâmant, s'adressant à eux après leur mort : {"ô mon peuple, je vous ai bien transmis les messages de mon Seigneur"} : je vous les ai apportés et exposés jusqu'à ce qu'ils atteignent en vous le summum de ce qu'ils pouvaient atteindre et pénètrent vos poitrines ; {"et je vous ai conseillés sincèrement"} : mais vous n'avez pas accepté mon conseil ni vous êtes soumis à ma guidée — vous vous êtes pervertis et portés à la rébellion. {"Comment m'affligerais-je sur un peuple mécréant ?"} : comment serais-je affligé pour un peuple en qui il n'y a aucun bien, à qui le bien est venu et qui l'a rejeté et refusé, et qui ne mérite que le mal ? Ceux-là ne méritent pas qu'on s'afflige sur eux ; on se réjouit au contraire de leur anéantissement et de leur effacement. Cherchons refuge auprès de Toi, ô Allah, contre la honte et l'ignominie ! Et quel malheur, quelle punition sont plus éloquents que d'en arriver à un état où le plus sincère conseiller des hommes se détache d'eux ?!

Verset 94

Allah dit : {Nous n'avons envoyé dans aucune cité de prophète} : pour les appeler à l'adoration d'Allah et les détourner du mal où ils se trouvaient — sans qu'ils ne se soumissent à lui — sans qu'Allah ne les éprouvât {par l'adversité et l'affliction} : c'est-à-dire la pauvreté, la maladie et les sortes d'épreuves, {afin qu'eux} : lorsqu'elles les atteignaient, leurs âmes s'humilient, qu'ils implorent Allah avec insistance et s'inclinent devant la vérité.

Verset 95

{Puis}, si cela ne profitait pas et que leur orgueil persistât et leur tyrannie croît, {Nous avons changé le mal en bien} : Nous avons fait affluer sur eux les subsistances, rendu la santé à leurs corps et écarté d'eux les épreuves, {jusqu'à ce qu'ils aient cru} : c'est-à-dire qu'ils soient devenus nombreux, que leurs subsistances aient abondé, qu'ils se soient étendus dans la grâce et la faveur d'Allah et aient oublié les épreuves qui avaient passé sur eux. {Et ils ont dit : l'adversité et la prospérité ont touché nos pères} : c'est-à-dire c'est là une coutume constante, qui n'a cessé d'exister chez les premiers comme chez les derniers : tantôt ils sont dans la prospérité, tantôt dans l'adversité, tantôt dans la joie, tantôt dans le chagrin, selon les fluctuations du temps et l'alternance des jours. Et ils ont estimé que cela n'était ni pour l'exhortation et le rappel, ni pour les laisser aller à leur perte et blâmer — jusqu'à ce que, comblés et réjouis de ce qui leur avait été donné, la vie mondaine leur fût plus chère que jamais, Nous les saisissions par le châtiment {à l'improviste, sans qu'ils n'aient conscience} : c'est-à-dire que l'anéantissement ne leur passait pas à l'esprit ; ils pensaient qu'ils étaient capables de conserver ce qu'Allah leur avait donné, et qu'ils ne disparaîtraient ni ne s'en iraient.

Verset 96

Après qu'Allah a mentionné que les négateurs des messagers sont éprouvés par l'adversité à titre d'exhortation et d'avertissement, et par la prospérité à titre de lassez-aller à leur perte et de stratagème, Il mentionne que si les habitants des cités avaient cru de leurs cœurs une foi sincère que les œuvres auraient corroborée, et s'ils avaient mis en œuvre la crainte pieuse d'Allah, en apparence et au fond, en délaissant tout ce qu'Allah [l'Exalté] a interdit — alors Il aurait ouvert sur eux les bénédictions du ciel et de la terre : Il aurait fait pleuvoir sur eux une pluie abondante, fait pousser pour eux de la terre ce dont ils vivent et vivent leurs bêtes, dans l'existence la plus opulente et la subsistance la plus abondante, sans peiner ni se fatiguer, sans labeur ni exhaustion. Mais ils n'ont pas cru et n'ont pas craint pieusement, {Nous les avons donc saisis pour ce qu'ils acquéraient} : par les châtiments, les épreuves, le retrait des bénédictions et la multiplication des fléaux — et ce n'est là qu'une partie de la rétribution de leurs actes ; sinon, s'Il les avait pris pour tout ce qu'ils avaient acquis, Il n'aurait laissé sur terre aucune bête : {"la corruption est apparue sur terre et mer de ce que les mains des hommes ont acquis, afin de leur faire goûter une partie de ce qu'ils ont œuvré, peut-être reviennent-ils"}.

Verset 97

{"Les habitants des cités sont-ils à l'abri"} : les négatrices, par indice du contexte, {"que Notre rigueur ne leur vienne"} : Notre terrible châtiment, {"de nuit, pendant qu'ils dorment"} : dans leur insouciance, leur illusion et leur quiétude.

Verset 98

{"Ou bien les habitants des cités sont-ils à l'abri que Notre rigueur ne leur vienne au matin, pendant qu'ils jouent"} : quelle chose peut les mettre à l'abri de cela, alors qu'ils ont accompli ses causes et commis des crimes énormes dont une partie seule appelle l'anéantissement ?

Verset 99

{"Sont-ils à l'abri du stratagème d'Allah ?"} : Lui qui les laisse aller à leur perte par où ils ne savent pas, et leur accorde répit — Sa ruse est inébranlable. {"Ne sont à l'abri du stratagème d'Allah que les peuples perdants"} : quiconque se croit à l'abri du châtiment d'Allah n'a pas cru à la rétribution des actes ni réellement cru aux messagers. Or dans ce verset noble il y a une intimidation si éloquente que le serviteur ne doit jamais se tenir pour assuré de la foi qu'il porte ; il doit demeurer dans la crainte et le tremblement d'être éprouvé par une calamité qui lui ravit sa foi, et ne cesser d'invoquer : « ô Toi qui retourne les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion », et d'agir, et de s'employer à tout moyen qui le préserverait du mal lors de la survenance des épreuves ; car le serviteur, quel que soit le degré où il est parvenu, n'est jamais assuré d'être préservé.

Verset 100

Allah dit, avertissant les nations qui suivirent l'anéantissement des nations antérieures : {"ceux qui héritent la terre après ses habitants ne sont-ils pas guidés..."} : c'est-à-dire : ne s'est-il pas éclairci, ne s'est-il pas manifesté aux nations qui héritèrent la terre après l'anéantissement de leurs prédécesseurs pour leurs péchés — et qui agirent comme les actes de ces anéantis — que, si Allah voulait, Il les frapperait pour leurs péchés ? Telle est Sa sunna chez les premiers comme chez les derniers. Sa parole : {"et Nous scellons sur leurs cœurs, et ils n'entendent pas"} : lorsque Allah les a avertis et qu'ils ne se sont pas avisés, rappelés et qu'ils ne se sont pas souvenus, guidés par les signes et les leçons et qu'ils ne se sont pas laissés guider — alors Allah les punit et scelle leurs cœurs : le voile [rān, croûte qui s'épaissit sur le cœur] et la souillure les recouvrent jusqu'à ce qu'il soit scellé sur eux, de sorte que ni vérité n'y entre ni bien n'y parvient, et ils n'entendent pas ce qui leur profite — ils n'entendent que ce par quoi l'argument s'établit contre eux.

Verset 101

{"Ces cités-là"} : celles dont il a été fait mention, {"Nous te racontons de leurs nouvelles"} : ce dont tirent leçon ceux qui réfléchissent, retient les injustes, et exhortent les pieux. {"Leurs messagers leur avaient apporté des preuves"} : [et certes] les messagers vinrent à ces négateurs, les appelant à ce en quoi gisait leur félicité ; Allah les affermit par les miracles manifestes et les preuves exposant la vérité d'une exposition complète. Mais cela ne leur servit de rien et ne leur profita en rien : {"ils n'étaient pas pour croire à ce qu'ils avaient déjà traité de mensonge"} : à cause de leur négation et de leur rejet initial de la vérité, rien ne pouvait plus les guider à la foi, en rétribution de leur rejet de la vérité ; comme Allah dit : {"Nous retournons leurs cœurs et leurs regards comme ils n'ont pas cru la première fois, et Nous les laissons dans leur tyrannie errer aveuglément"}, {"ainsi Allah scelle les cœurs des mécréants"} : à titre de punition de Sa part ; Allah ne les a pas lésés : ce sont eux qui se sont lésés eux-mêmes.

Verset 102

{"Nous n'avons trouvé chez la plupart d'entre eux nul engagement"} : Nous n'avons trouvé chez la plupart des nations, auxquelles Allah a envoyé les messagers, aucun engagement — c'est-à-dire ni constance ni attachement à l'engagement qu'Allah a prescrit à tous les mondes, ni soumission aux ordres qu'Il leur a adressés par la langue de Ses messagers. {"Et Nous avons trouvé la plupart d'entre eux pervers"} : sortis de l'obéissance d'Allah, suivants leurs passions sans guidée venant d'Allah. Allah a éprouvé les serviteurs en envoyant les messagers et en révélant les Livres, et leur a ordonné de suivre Son engagement et Sa guidée ; mais seuls y ont déféré peu d'hommes, ceux pour qui la prédisposition au bonheur avait précédé de par Allah. Quant à la plupart des créatures, ils se détournèrent de la guidée et s'égorgèrent avec orgueil de ce qu'avaient apporté les messagers, si bien qu'Allah fit tomber sur eux les châtiments variés qu'Il fit tomber.

Verset 103

C'est-à-dire : {Puis}, après ces messagers, Nous envoyâmes Mūsā l'Interlocuteur [al-Kalīm, celui à qui Allah parla], l'imam immense et le noble messager, à un peuple rebelle et tyrannique — Pharaon et ses notables, ses nobles et ses grands — et il leur montra des signes immenses d'Allah dont nul équivalent n'avait été vu. {"Et ils furent injustes à leur sujet"} : en ne se soumettant pas au droit qu'ils établissaient — quiconque ne s'y soumet pas est injuste —, ils s'enorgueillirent au contraire devant elles ; {"regarde donc quelle fut la fin des semeurs de désordre"} : comment Allah les anéantit et fit suivre, en ce monde, le blâme et la malédiction à leur endroit — et au Jour de la résurrection, quel détestable renfort d'un détestable don !

Verset 104

Ceci est global, exposé en détail par Sa parole : {"Moïse dit"} : lorsqu'il vint à Pharaon pour l'appeler à la foi : {"ô Pharaon, je suis un messager du Seigneur des mondes"} : je suis un messager d'un Envoyeur immense — le Seigneur des mondes, qui embrasse le monde supérieur et inférieur, éducateur de toute Sa création par les sortes de dispositions divines, parmi lesquelles qu'Il ne les abandonne pas à l'abandon, mais leur envoie les messagers annonciateurs et avertisseurs ; et Il est Celui face à qui nul ne peut se targuer d'oser prétendre qu'Il l'a envoyé alors qu'Il ne l'a pas envoyé.

Verset 105

Puisque tel est Son rang, et qu'Il m'a choisi et élu pour Son message, il m'incombe de ne pas mentir sur Lui et de ne dire sur Lui que la vérité : si je disais autre chose, Il m'infligerait aussitôt le châtiment et me saisirait de la saisie d'un Puissant, Capable. Voilà qui exigeait qu'ils se soumissent à lui et le suivent — d'autant qu'il leur était venu avec une preuve évidente d'Allah de la véracité du vérité avec laquelle il était venu. Ils étaient donc tenus de réaliser le but de sa mission, laquelle a deux buts immenses : leur foi en lui et leur suivi de lui, et l'envoi [libre] des enfants d'Israël, le peuple qu'Allah a préféré aux mondes, enfants des prophètes et lignée de Yaʿqūb — sur lui la paix —, dont Mūsā — sur lui la prière et la paix — était l'un des leurs.

Verset 106

Pharaon lui dit : {"si tu es venu avec un signe, apporte-le, si tu es du nombre des véridiques"}.

Verset 107

{"Alors il jeta"} Mūsā {"son bâton"} : sur la terre, {"et voici qu'il fut un serpent manifeste"} : un serpent apparent qui rampait sous leurs yeux.

Verset 108

{"Et il retira sa main"} : de son vêtement, {"et voici qu'elle était blanche pour ceux qui regardaient"} : sans mal. Voilà deux signes immenses attestant la véracité de ce avec quoi Mūsā était venu, et qu'il était le messager du Seigneur des mondes.

Verset 109

Mais ceux qui ne croient pas, dussent tous les signes leur venir, ne croient pas jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux. C'est pourquoi {"les notables du peuple de Pharaon dirent"}, éblouis par les signes qu'ils avaient vus, sans croire, cherchant pour eux des interprétations vaines : {"celui-ci n'est qu'un sorcier savant"} : c'est-à-dire habile dans sa sorcellerie.

Verset 110

Puis ils effrayèrent les faibles d'esprit et les insensés en [prétendant] que {"il veut"}, par cet acte, Mūsā, {"vous expulser de votre terre"} : il veut vous exiler de vos patries ; {"qu'ordonnez-vous ?"} : ils délibérèrent entre eux sur ce qu'ils feraient de Mūsā et sur ce qui, croyaient-ils, détournerait d'eux son nuisement : ce avec quoi il était venu, si on ne l'affrontait pas de quoi le réfuter et l'anéantir, entrerait sinon dans l'esprit de la plupart des gens.

Verset 111

Alors leur avis se fixa et ils dirent à Pharaon : {"accorde un délai à"} lui {"et à son frère"} : retiens-les et accorde-leur délai, et envoie dans les cités des gens pour rassembler les gens du royaume et amener tout sorcier savant — qu'ils amènent les sorciers habiles pour affronter ce avec quoi Mūsā était venu. Ils dirent : ô Mūsā, {"fixe entre nous et toi un rendez-vous auquel ni nous ni toi ne manquerons, en un lieu équitable". Il dit : votre rendez-vous est le jour de la parure, et que les gens soient rassemblés au matin. Pharaon se retira, rassembla sa ruse puis vint"}.

Verset 113

Ici Il dit : {"Et les sorciers vinrent à Pharaon"} : lui demandant la récompense s'ils vainquaient ; ils dirent : {"nous aurons certes une récompense si nous sommes les vainqueurs"}.

Verset 114

Pharaon dit : {"oui"} : vous aurez une récompense, {"et vous serez certes parmi les rapprochés"} : il leur promit récompense, proximité et rang élevé auprès de lui, pour qu'ils s'appliquent et dépensent leur pouvoir et leur capacité à vaincre Mūsā.

Verset 115

Lorsqu'ils furent présents avec Mūsā devant la création immense, {"ils dirent"}, en manière de défi et sans souci de ce avec quoi Mūsā était venu : {"ô Moïse, ou bien tu jettes"} : ce que tu as, {"ou bien nous sommes ceux qui jetterons"}.

Verset 116

Mūsā dit : {"jetez"} : afin que les gens voient ce qu'ils avaient et ce que Mūsā avait. {"Lorsqu'ils jetèrent"} leurs cordes et leurs bâtons, voici que, de leur sorcellerie, ils étaient comme des serpents qui rampaient : ils ensorcelèrent {"les yeux des gens, les terrifièrent, et vinrent avec une sorcellerie immense"} : sans équivalent en fait de sorcellerie.

Verset 117

{"Et Nous révélâmes à Moïse : jette ton bâton"} : il le jeta, {"et voici qu'elle"} fut un serpent rampant, qui engloutit tout ce qu'ils forgeaient : c'est-à-dire ce par quoi ils mentaient et travestissaient.

Verset 118

{"Et la vérité s'accomplit"} : elle s'éclaircit, apparut et se manifesta en cette assemblée, {"et s'anéantit ce qu'ils faisaient"}.

Verset 119

{"Ils furent vaincus là"} : en ce lieu, {"et retournèrent humiliés"} : méprisables, leur faux s'étant dissipé et leur sorcellerie évanouie, sans obtenir le but qu'ils pensaient atteindre.

Verset 120

Et plus grand encore [que la défaite] : il se clarifia, à ceux-là mêmes qui [connaissaient] l'espèce et la sorcellerie — [ceux] qui connaissaient de la sorcellerie et de ses détails ce que nul autre ne connaissait — que c'était là un signe immense parmi les signes d'Allah auquel nul n'a prise. {Les sorciers se jetèrent prosternés. Ils dirent : nous croyons au Seigneur des mondes, le Seigneur de Moïse et d'Aaron"} : et nous croyons en ce avec quoi Mūsā a été envoyé comme signes évidents.

Verset 123

{"Pharaon leur dit"}, les menaçant à cause de leur foi : {"vous avez cru en lui avant que je ne vous le permette"} : le vicieux était un tyran despotique sur les corps et les paroles ; il était établi chez lui et chez eux que sa parole était la loi, son ordre s'exécutait sur eux et nul ne sortait de sa parole ni de son jugement — dans cet état les nations déclinent, leurs esprits et leur force s'affaiblissent et elles deviennent incapables de défendre leurs droits. C'est pourquoi Allah dit de lui : {"il confondit son peuple et ils lui obéirent"}, et Il dit ici : {"vous avez cru en lui avant que je ne vous le permette"} : c'est une mauvaise manière d'agir envers moi, une braverie à mon égard. Puis il trompa son peuple et dit : {"ceci n'est qu'une ruse que vous avez tramée en la cité pour en expulser ses habitants"} : Mūsā est votre maître qui vous a enseigné la sorcellerie ; vous vous êtes entendus avec lui pour l'emporter en sa faveur, qu'il paraisse, que vous le suiviez puis que les gens vous suivent — ou leur majorité — et que vous expulsiez de la cité ses habitants. C'est un mensonge dont lui-même et quiconque sonde les états savent que Mūsā — sur lui la prière et la paix — n'avait rencontré aucun d'eux, qu'ils furent rassemblés sur ordre de Pharaon et de ses émissaires, que ce avec quoi Mūsā vint était un signe divin, et que les sorciers avaient déployé tout leur effort pour vaincre Mūsā jusqu'à en être incapables, la vérité s'étant éclaircie pour eux, et ils la suivirent. Puis Pharaon les menaça : vous saurez {"bientôt"} quel châtiment je ferai tomber sur vous.

Verset 124

{"Je vous couperai certes mains et jambes alternées"} : le vicieux prétendit qu'ils étaient des semeurs de corruption sur terre et qu'il leur ferait ce qu'on fait aux corrupteurs : trancher les mains et les jambes alternées — la main droite et la jambe gauche — {"puis je vous crucifierai"} : sur les troncs de palmiers — pour que vous goûtiez, pensait-il, {"tous"} : je ne ferai pas cela à l'un plutôt qu'à l'autre : vous tous goûterez ce châtiment.

Verset 125

{"Les sorciers qui avaient cru dirent à Pharaon"}, lorsqu'il les menaça : {"c'est vers notre Seigneur que nous retournerons"} : ta punition ne nous touche pas : Allah est meilleur et plus durable — décrète donc ce que tu as à décréter.

Verset 126

{"Et tu ne nous reproches"} : en nous blâmant et nous menaçant — {"que d'avoir cru aux signes de notre Seigneur quand ils nous sont venus"} : si c'est là une faute qu'on blâme et dont l'auteur mérite punition, c'est là notre faute. Puis ils invoquèrent Allah de les affermir et leur donner patience, disant : {"Seigneur, déverse"} : répands {"sur nous la patience"} : immense — comme l'indique l'indétermination ; car c'est là une épreuve immense qui conduit à perdre la vie, et il y faut une immense patience pour que le cœur s'affermit, que le croyant soit en paix dans sa foi et quitte le trouble. {"Et fais-nous mourir soumis"} : soumis à Ton ordre, suivant Ton messager. Et l'apparent est qu'Il leur fit subir ce dont il les avait menacés, et qu'Allah les affermit dans la foi.

Verset 127

Quant à Pharaon, ses notables et leur peuple qui suivait les notables, ils s'élevèrent avec orgueil contre les signes d'Allah et les nièrent par injustice et outrecuidance, et ils dirent à Pharaon, l'excitant contre Mūsā et prétendant que ce avec quoi il venait était vain et corrupteur : {"laisses-tu Moïse et son peuple semer la corruption sur la terre"} : par l'appel à Allah, aux nobles caractères et aux belles œuvres qui sont la rectitude sur terre — tandis que ce sur quoi ils étaient était la corruption. Mais les injustes ne se soucient pas de ce qu'ils disent. {"Et t'abandonner, toi et tes dieux ?"} : il te laisse, toi et tes dieux, t'interdit, et détourne les gens de te suivre. Pharaon leur répondit qu'il laisserait les enfants d'Israël avec Mūsā en un état où ils ne prospéreraient pas, et où Pharaon et son peuple seraient, pensait-il, à l'abri de leur nuisance : {"nous tuerons leurs fils et épargnerons leurs femmes"} : nous les garderons en vie sans les tuer ; ce faisant, nous serons à l'abri de leur nombre et nous employerons le reste à nos travaux, les soumettant à ce que nous voulons ; {"et nous dominons sur eux, dominateurs"} : ils ne sortent pas de notre jugement, sans pouvoir. Et c'est là le comble de la tyrannie de Pharaon, de sa révolte et de sa dureté.

Verset 128

{"Moïse dit à son peuple"}, les exhortant, dans cet état où ils ne pouvaient rien ni résister, à la résistance divine et au secours du Seigneur : {"cherchez le secours d'Allah"} : appuyez-vous sur Lui pour obtenir ce qui vous profite et repousser ce qui vous nuit, et confiez-vous à Allah qu'Il mènera votre affaire à bien ; {"et endurez"} : tenez la patience face à ce qui vous atteint, dans l'attente du soulagement. {"La terre est à Allah"} : elle n'est ni à Pharaon ni à son peuple, pour qu'ils y commandent en maîtres ; {"Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs"} : Il la fait tourner entre les hommes selon Sa volonté et Sa sagesse — mais l'issue finale est aux pieux : dussent-ils être éprouvés un temps, à titre d'épreuve de la part d'Allah et de sagesse, la victoire est à eux ; {"et l'issue finale"} heureuse {"est à eux"} sur leur peuple. Telle est la fonction du serviteur : en capacité, faire ce qui est en son pouvoir des causes écartant le mal d'autrui ; dans l'impuissance, patienter, chercher le secours d'Allah et attendre le soulagement.

Verset 129

{"Ils dirent"} à Mūsā, excédés de la longueur de leur séjour dans le supplice et le mal traitement de Pharaon : {"nous avons été maltraités avant que tu ne viennes à nous"} : ils nous font subir le pire supplice, égorgent nos fils et épargnent nos femmes ; {"et après que tu es venu à nous"} : de même. Mūsā leur dit, leur promettant le soulagement et la délivrance de leur mal : {"peut-être votre Seigneur détruira-t-Il votre ennemi et vous fera-t-Il succéder sur la terre"} : Il vous y affermira et vous donnera la gestion du pays, {"pour voir comment vous agirez"} : serez-vous reconnaissants ou ingrats ? C'est une promesse qu'Allah accomplit lorsque vint le temps qu'Allah voulut.

Verset 130

Allah dit, exposant ce dont Il traita la maison de Pharaon en ce dernier temps — conformément à Sa coutume et Sa sunna à l'égard des nations : les saisir {par l'adversité et l'affliction, afin qu'ils implorent} — : {"Nous avons saisi la maison de Pharaon par les années de disette"} : les années et la stérilité, {"et diminution des fruits, afin qu'ils se rappellent"} : qu'ils tîrent leçon que ce qui les avait atteints était une admonestation d'Allah, peut-être reviendraient-ils de leur mécréance ; rien n'y fit : ils persévérèrent dans l'injustice et la corruption.

Verset 131

{"Puis, quand leur venait le bien"} : l'abondance et l'afflux de subsistance, {"ils disaient : c'est à nous que cela est dû"} : ils s'en croyaient dignes et ne rendaient pas grâce à Allah ; {"et si un mal les frappait"} : sécheresse et stérilité, {"ils voyaient en Moïse et les siens un mauvais présage"} : ils disaient : cela ne nous est venu qu'à cause de la venue de Mūsā et du fait que les enfants d'Israël l'ont suivi. Allah dit : {"n'est-ce pas que leur présage est auprès d'Allah"} : par Son décret et Sa puissance, non comme ils le disaient : ce sont leurs péchés et leur mécréance qui en sont la cause — mais la plupart ne savent pas : c'est pourquoi ils dirent ce qu'ils dirent.

Verset 132

{"Et ils dirent"}, exposant à Mūsā qu'ils ne démoulaient pas de leur faux : {"quoi que tu nous apportes comme signe pour nous ensorceler par lui, nous ne te croirons pas"} : il est établi chez nous que tu es un sorcier : quel que soit le signe que tu apportes, nous tranchons que c'est de la sorcellerie ; nous ne croirons pas en toi ni ne te croirons. Et c'est là le comble de l'obstination, quand elle amène les mécréants à ce que les états s'égalisent pour eux, que les signes descendent ou non.

Verset 133

{"Alors Nous envoyâmes sur eux le déluge"} : les eaux abondantes qui noyèrent leurs arbres et leurs cultures et leur nuisirent grandement ; {"les criquets"} : qui mangèrent leurs fruits, leurs cultures et leurs plantes ; {"les poux"} : on dit que ce sont les petits des criquets [dubbā] ; l'apparent est que c'est le pou connu ; {"les grenouilles"} : qui remplirent leurs récipients, les inquiétèrent et les incommodèrent fort ; {"et le sang"} : soit l'épistaxis, soit — comme le dirent beaucoup d'exégètes — leur eau potable se changea en sang, si bien qu'ils ne buvaient que du sang et ne cuisinaient [qu'avec du sang]. {"Des signes détaillés"} : preuves et démonstrations qu'ils étaient menteurs et injustes, et que ce avec quoi Mūsā était venu était vérité et véracité. {"Ils s'enorgueillirent"} : devant les signes, {"et ils étaient"}, antérieurement, {"un peuple criminel"} : aussi Allah les punit-il en les laissant dans l'égarement et l'errance.

Verset 134

{"Puis, quand tomba sur eux le supplice"} : le châtiment — il se peut que ce soit la peste, comme le dirent beaucoup d'exégètes, ou ce qui précède des signes : déluge, criquets, poux, grenouilles et sang, qui sont supplice et châtiment. Chaque fois que l'un d'eux les atteignait : {"ils disaient : ô Moïse, invoque pour nous ton Seigneur de ce qu'Il t'a promis"} : ils cherchèrent intercession auprès de Mūsā, en raison de l'alliance qu'Allah avait auprès de lui, de la révélation et de la Loi. {"Si tu écartes de nous le supplice, nous croirons certes en toi et laisserons certes partir avec toi les enfants d'Israël"} : ils mentaient : leur seul dessein était la disparition du châtiment qui les frappait, pensant qu'une fois levé, rien d'autre ne les atteindrait.

Verset 135

{"Mais lorsque Nous eûmes écarté d'eux le supplice jusqu'à un terme qu'ils devaient atteindre"} : une durée à laquelle Allah avait décrété les maintenir — ce n'était pas une levée définitive mais temporisée —, {"voilà qu'ils violaient"} : l'engagement pris envers Mūsā, la promesse de croire en lui et de laisser partir les enfants d'Israël : ils ne crurent pas en lui et ne les laissèrent pas partir ; ils persévérèrent dans leur mécréance errante et dans le supplice des enfants d'Israël, sans relâche.

Verset 136

{"Alors Nous tirâmes vengeance d'eux"} : quand vint le terme fixé pour leur anéantissement, Allah ordonna à Mūsā de partir de nuit avec les enfants d'Israël et l'informa que Pharaon les poursuivrait, lui et ses soldats. {"Pharaon envoya dans les cités des rassembleurs"} pour lever les gens afin de suivre les enfants d'Israël, et ils dirent : {"ceux-ci n'être qu'une petite troupe, et ils sont pour nous une source d'irritation, et nous sommes tous sur nos gardes". Alors Nous les fîmes sortir de jardins et de sources, de trésors et d'une demeure noble. Ainsi, et Nous les fîmes hériter aux enfants d'Israël. Alors ils les suivirent au point du jour. Puis, quand les deux groupes se virent, les compagnons de Moïse dirent : nous sommes rejoints. Il dit : non, mon Seigneur est avec moi, Il me guidera. Alors Nous révélâmes à Moïse : frappe la mer de ton bâton ; elle se fendit, et chaque partie fut comme la montagne immense. Et Nous approchâmes là les autres. Et Nous sauvâmes Moïse et tous ceux qui étaient avec lui ; puis Nous noyâmes les autres}. Ici Il dit : {"Nous les noyâmes donc dans le flot"} : parce qu'ils avaient traité Nos signes de mensonge et s'en étaient détournés insoucieux — à cause de leur négation des signes d'Allah et de leur détour de la vérité qu'ils indiquaient.

Verset 137

{"Et Nous fîmes hériter le peuple qui était opprimé"} : sur terre — les enfants d'Israël, qui étaient aux mains de la maison de Pharaon, leur faisant subir le pire supplice. Allah leur fit hériter {"les orients de la terre et ses occidents"} : la terre visée ici est la terre d'Égypte où ils étaient opprimés et humiliés : Allah la leur donna toute entière et les y affermit, {"elle que Nous avons bénie ; et s'accomplit la bonne parole de ton Seigneur sur les enfants d'Israël, parce qu'ils ont endure"} : lorsque Mūsā leur dit : {"cherchez le secours d'Allah et endurez : la terre est à Allah, Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs, et l'issue finale est aux pieux"} ; {"et Nous détruisîmes ce que Pharaon et son peuple avaient édifié"} : les constructions colossales et les demeures ornées, {"et ce qu'ils élevaient"} : voilà leurs demeures [désertes] pour ce qu'ils avaient été injustes : en cela est un signe pour un peuple qui sait.

Verset 138

{"Et Nous fîmes passer aux enfants d'Israël la mer"} : après qu'Allah les eut sauvés de leur ennemi Pharaon et son peuple, et qu'Il les eut anéantis sous leurs yeux. {"Ils vinrent"} : passèrent {"à un peuple attaché à des idoles"} : qui se tenait auprès d'elles, en tirait bénédiction et les adorait. Ils dirent, par ignorance et insouciance, à leur prophète Mūsā, après les signes qu'Allah leur avait montrés : {"ô Moïse, donne-nous un dieu comme ils ont des dieux"} : institue pour nous d'adorer des idoles comme ceux-ci les ont prises. Mūsā leur dit : {"vous êtes un peuple ignorant"} : et quelle ignorance est plus grande que celle de qui ignore son Seigneur et Créateur et veut Lui donner comme égal ce qui ne possède ni profit, ni nuisance, ni mort, ni vie, ni résurrection ?!

Verset 139

C'est pourquoi Mūsā leur dit : {"ces gens-ci, ce qu'ils font est voué à l'anéantissement, et vain est ce qu'ils œuvrent"} : leur invocation d'elles est vaine, et elles sont vaines en elles-mêmes : l'œuvre est vaine et sa fin est vaine.

Verset 140

{"Il dit : vous demandé-je un dieu autre qu'Allah"} : cherché-je pour vous un dieu autre qu'Allah, l'Adoré parfait en Son essence, Ses attributs et Ses actes, {"alors qu'Il vous a préférés aux mondes"} : cela exige que vous répondiez à Sa faveur et Sa préférence par la gratitude : Lui réserver l'adoration à Lui seul et mécroire en ce qu'on invoque en dehors de Lui.

Verset 141

Puis il leur rappela ce qu'Allah leur avait accordé : {"et quand Nous vous avons sauvés de la maison de Pharaon"} : de Pharaon et des siens, {"qui vous faisaient subir le pire des châtiments"} : vous dirigeant le pire châtiment : ils égorgeaient {"vos fils et épargnaient vos femmes ; et en cela} : le salut de leur supplice — {"est une épreuve immense de votre Seigneur"} : une grâce considérable et un don précieux — ou : dans ce supplice émané d'eux vers vous est une épreuve immense de votre Seigneur sur vous.

Verset 142

Lorsque Mūsā les eut rappelés et exhortés, ils s'en abstinrent. Et lorsqu'Allah eut achevé Sa grâce sur eux par le salut de leur ennemi et leur affermissement sur terre, le Béni et Exalté voulut parachever Sa grâce en faisant descendre le Livre contenant les lois religieuses et les croyances agréées : Il fixa à Mūsā un rendez-vous de trente nuits, qu'il compléta par dix, soit quarante nuits — afin que Mūsā se préparât et se tînt prêt au rendez-vous d'Allah, que la descente du Livre eût pour eux un grand retentissement et qu'on aspirât à sa descente. Lorsque Mūsā se rendit au rendez-vous de son Seigneur, il dit à Hārūn, dans son empressement et sa sollicitude pour les enfants d'Israël : {"succède-moi dans mon peuple"} : sois mon successeur parmi eux et agis en eux comme je le faisais, {"et réforme"} : suis la voie de la réforme, {"et ne suis pas la voie des semeurs de désordre"} : ceux qui commettent les désobéissances.

Verset 143

{"Et lorsque Moïse vint à Notre rendez-vous} : que Nous lui avions fixé pour la descente du Livre, {et que son Seigneur lui parla} : de ce qu'Il lui parla de révélation, d'ordre et d'interdit — il aspira à voir Allah, son âme tendit à cela, par amour de son Seigneur et désir de Le voir. {"Il dit : Seigneur, montre-Toi à moi que je Te voie"}. Allah dit : {"tu ne Me verras pas"} : tu ne peux pas maintenant Me voir : Allah — Béni et Exalté — a façonné la création en cette demeure selon une constitution avec laquelle ils ne peuvent ni ne supportent la vision d'Allah ; et il n'y a pas là d'argument qu'ils ne Le verront pas au Paradis : les textes coraniques et les hadiths prophétiques attestent que les gens du Paradis voient leur Seigneur — Béni et Exalté — et jouissent de la contemplation de Son noble Visage, et qu'Il les façonne d'une constitution complète avec laquelle ils pourront voir Allah. C'est pourquoi Allah subordonna, en ce verset, la vision à la stabilité de la montagne, disant pour convaincre Mūsā du refus de sa demande : {"mais regarde la montagne : si elle tient ferme en sa place} : quand Allah Se manifeste à elle, {alors tu Me verras". Puis, quand son Seigneur Se manifesta à la montagne} : sourde et massive, {Il la réduisit en miettes} : elle s'écoula comme du sable, bouleversée par la vision d'Allah, sans y tenir ; {et Moïse s'effondra} : en voyant ce qu'il vit, foudroyé. Il comprit alors que, si la montagne ne tient pas à la vision d'Allah, Mūsā est plus près encore de ne pas y tenir. Il demanda pardon à son Seigneur pour la demande qu'il avait formulée, qui n'était pas à sa place, {et dit : gloire à Toi} : Te sanctifiant et Te magnifiant de ce qui ne sied pas à Ta majesté, {je me repens à Toi} : de tous les péchés et de la mauvaise manière envers Toi, {et je suis le premier des croyants} : il renouvela — sur lui la prière et la paix — sa foi en ce qu'Allah lui avait parachevé et qu'il ignorait avant.

Verset 144

{Puis, quand Allah le lui eut interdit, alors qu'il y aspirait, Il lui donna beaucoup de bien : {"ô Moïse, Je t'ai élu parmi les hommes"} : Je t'ai choisi, désigné, préféré et distingué par des vertus immenses et des qualités éminentes, {"par Mes messages"} : que Je ne confie et ne réserve qu'au meilleur de la création, {"et par Ma parole"} : te parlant à toi, sans intermédiaire — faveur dont Mūsā l'Interlocuteur fut seul distingué, et par laquelle il fut reconnu parmi ses frères les envoyés. {"Prends donc ce que Je t'ai donné} : des grâces, et prends ce que Je t'ai donné d'ordre et d'interdit, avec cœur dilaté, reçois-le avec acceptation et soumission, et sois parmi les reconnaissants"} : envers Allah de ce qu'Il t'a distingué et préféré.

Verset 145

{"Et Nous écrivîmes pour lui sur les Tables de toute chose"} : dont les serviteurs ont besoin, {"une exhortation"} : qui fait désirer aux âmes les bonnes actions et les fait craindre les mauvaises, {"et un détail de toute chose"} : des lois religieuses, croyances, caractères et convenances. {"Prends-les avec force"} : avec sérieux et application à les établir, {"et ordonne à ton peuple d'en prendre le meilleur"} : les ordres obligatoires et recommandés, qui en sont le meilleur. En cela est une preuve que les ordres d'Allah, en toute Loi, sont complets, justes et bons. {"Je vous montrerai la demeure des pervers"} : après qu'Allah les eut anéantis et laissé leurs demeures comme leçon après eux, que méditent les croyants fortunés et humbles.

Verset 146

Quant aux autres, Il dit d'eux : {"Je détournerai de Mes signes"} : la méditation sur les signes des horizons et des âmes, et la compréhension des signes du Livre, {"ceux qui s'enflent d'orgueil sur la terre sans droit"} : qui s'enorgueillissent sur les serviteurs d'Allah, sur la vérité et sur qui l'apporte : quiconque a ce trait, Allah le prive d'un grand bien, l'abandonne, et ne lui fait pas comprendre des signes d'Allah ce dont il profite — les réalités s'inversent parfois pour lui et il trouve le laid beau. {"Et s'ils voient tous les signes, ils n'y croient pas"} : par leur détour, leur opposition et leur hostilité à Allah et Son messager ; {"et s'ils voient la voie de la droiture"} : la guidée et la rectitude, la voie qui mène à Allah et à la demeure de Sa noblesse, {"ils ne la prennent pas} [pour voie] : ils ne l'empruntent pas et n'y inclinent pas ; {et s'ils voient la voie de l'égarement} : l'errance qui mène son adepte à la demeure du malheur, {ils la prennent pour voie"}. Et la cause de cet égarement : {"c'est qu'ils ont traité Nos signes de mensonge et s'en étaient détournés insoucieux"} : c'est leur rejet des signes d'Allah, leur insouciance de leur visée et leur mépris d'eux qui leur a valu de suivre la voie de l'errance et de délaisser la voie de la droiture.

Verset 147

{"Et ceux qui ont traité de mensonge Nos signes"} : immenses, attestant la véracité de ce avec quoi Nous avons envoyé Nos messagers, {"et la rencontre de l'autre vie — leurs œuvres sont réduites à néant"} : car elles étaient sans fondement, ayant perdu leur condition, qui est la foi aux signes d'Allah et la croyance en Sa rétribution. {"Seront-ils rétribués"}, pour l'anéantissement de leurs œuvres et l'obtention du contraire de leur but, {"que par ce qu'ils œuvraient"} : les œuvres de qui ne croit pas au Dernier Jour n'y espèrent aucune récompense et n'ont nulle fin où elles aboutissent : c'est pourquoi elles se dissipèrent et s'anéantirent.

Verset 148

{"Et le peuple de Moïse adopta, après lui, un veau issu de ses parures, un corps"} : le Samaritain le façonna et jeta sur lui une poignée de la trace de l'Envoyé, et il eut {"un mugissement"} et un son : ils l'adorèrent, le prirent pour dieu et dirent : voici votre dieu et le dieu de Mūsā — Mūsā est parti le chercher. Voilà de leur insipidité et leur manque de clairvoyance : comment le Seigneur de la terre et des cieux put-il leur être confondu avec un veau, des plus imparfaits des créatures ?! C'est pourquoi Il dit, exposant qu'il n'a en lui rien des attributs d'essence ni d'action qui exigent la divinité : {"ne voient-ils pas qu'il ne leur parle pas"} : l'absence de parole est une imperfection immense : eux-mêmes sont plus parfaits que cet animal ou ce cadavre qui ne parle pas ; {"et qu'il ne les guide pas en une voie"} : ne leur montre pas une voie religieuse ni ne leur procure un intérêt mondain. Il est établi dans les esprits et les natures que prendre pour dieu ce qui ne parle, ne profite ni ne nuit est le faux le plus faux et la sottise la plus laide. C'est pourquoi Il dit : {"ils l'adoptèrent, et ils étaient injustes"} : posant l'adoration hors de son lieu, associant à Allah ce pour quoi nulle autorité n'est descendue. Et il y a en cela une preuve que quiconque nie la parole d'Allah nie les propriétés de la divinité d'Allah : Allah a mentionné que l'absence de parole est une preuve de l'inaptitude de ce qui ne parle pas à la divinité.

Verset 149

{"Et quand} Mūsā revint à son peuple, les trouva dans cet état et leur exposa leur égarement — ils se repentirent, {on leur tomba les mains} : du chagrin et du regret de leur acte, {et ils virent qu'ils s'étaient égarés"} : ils se réclamèrent d'Allah et L'implorèrent, {et dirent : si notre Seigneur ne nous prend pas en miséricorde} : ne nous y guide pas, ne nous donne pas Son adoration et ne nous accorde pas les œuvres bonnes, {"et ne nous pardonne pas"} : ce qui a procédé de nous, l'adoration du veau, {"nous serons certes parmi les perdants"} : ceux qui perdent ce monde et l'autre.

Verset 150

{"Et quand Moïse revint à son peuple, en colère et affligé"} : rempli de colère et d'indignation contre eux, du fait de sa jalousie parfaite — sur lui la prière et la paix — et de son parfait conseil et empressement, {"il dit : quelle détestable chose que celle dont vous m'avez succédé après mon départ !"} : quel détestable état que celui dont vous m'avez succédé après mon départ : un état qui mène à l'anéantissement éternel et au malheur sans fin. {"Avez-vous hâté l'ordre de votre Seigneur ?"} : puisqu'Il vous avait promis la descente du Livre, vous avez devancé par votre avis corrompu vers cette laideur. {"Et il jeta les Tables"} : il les jeta par colère, {"et saisit son frère"} Hārūn {"par la tête et la barbe, le tirant à lui"}. Il lui dit : {"qu'est-ce qui t'a empêché, quand tu les as vus s'égarer, de ne pas me suivre ? M'as-tu désobéi ?"} : à ma parole : {"succède-moi dans mon peuple, réforme et ne suis pas la voie des semeurs de désordre"} ?! Il dit : {"ô fils de ma mère, ne me saisis ni par la barbe ni par la tête ; j'ai craint que tu ne dises : tu as divisé les enfants d'Israël et n'as pas attendu ma parole"}. Ici {il dit : "fils de ma mère"} : attendrissement de son frère par la mention de la mère seule — c'est pourtant son frère germain, de mère et père. {"Le peuple m'a méprisé} : ils m'ont tenu pour négligent quand je leur dis : ô peuple, vous n'êtes qu'éprouvés par lui, et votre Seigneur est le Miséricordieux : suivez-moi et obéissez à mon ordre ; {et peu s'en fallut qu'ils ne me tuent} : ne me tiens donc pas pour négligent ; {ne donne pas aux ennemis prise sur moi"} : par ton brusquerie envers moi et ton mauvais traitement : les ennemis sont empressés de me trouver en défaut ou d'apercevoir de moi une chute, {"et ne me place pas avec le peuple des injustes"} : en me traitant comme eux.

Verset 151

Mūsā — sur lui la paix — regretta son empressement envers son frère avant de savoir son innocence de la négligence qu'il supposait, {et dit : "Seigneur, pardonne-moi ainsi qu'à mon frère"} : Hārūn, {"et admets-nous dans Ta miséricorde} : en son sein, et fais que Ta miséricorde nous entoure de tous côtés : elle est forteresse inexpugnable contre tous les maux et le lieu de tout bien et de toute joie. {Et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux"} : plus miséricordieux envers nous que tout miséricordieux, plus que nos pères, nos mères, nos enfants et nous-mêmes.

Verset 152

Allah dit, exposant l'état des gens du veau qui l'adorèrent : {"ceux qui ont adopté le veau"} : pour dieu, {"atteindront la colère de leur Seigneur et l'humiliation dans la vie immédiate"} : comme ils ont mis leur Seigneur en colère et pris à la légère Son ordre. {"Ainsi rétribuons-Nous les faussaires"} : quiconque forge contre Allah, ment sur Sa loi et L'attribue ce qu'Il n'a pas dit aura sa part de colère divine et d'humiliation dans la vie immédiate.

Verset 153

Et Sa colère les atteignit lorsqu'Il leur ordonna de s'entretuer, disant qu'Allah ne serait pas satisfait d'eux sans cela : ils s'entretuèrent, et la bataille se dénoua sur un grand nombre de tués ; puis Allah accueillit leur repentir. C'est pourquoi Il énonça un jugement général qui les inclut, eux et d'autres : {"ceux qui commettent les mauvaises actions} : association, péchés majeurs et mineurs, {puis se repentent après cela} : regrettant le passé, y renonçant et résolvant de ne pas y revenir, {et croient} : en Allah et en ce qu'Allah a ordonné de croire — la foi n'est complète que par les œuvres du cœur et les œuvres des membres qui en découlent. {"Certes ton Seigneur, après cela"} : après cet état — l'état de repentir des mauvaises actions et du retour aux obéissances — {"est Absoluteur"} : Il absout les mauvaises actions et les efface, dussent-elles emplir la terre ; {"Miséricordieux"} : acceptant le repentir, accordant la réussite des bonnes œuvres et les agréant.

Verset 154

{"Et quand la colère se fut retirée de Moïse} : qu'elle se fut apaisée et que son âme fut revenue, et qu'il connut son état — il vaqua à ce qu'il avait de plus important : il prit {les Tables} : qu'il avait jetées, tables immenses et précieuses, {dont la copie} : contenant et renfermant {une guidée et une miséricorde"} : en elles la guidée hors de l'égarement, l'exposition du vrai du faux, les bonnes œuvres et les mauvaises, la guidée vers les meilleures œuvres, caractères et convenances, et miséricorde et félicité pour qui les applique et connaît leurs lois et leurs sens. Mais tous n'acceptent pas la guidée et la miséricorde d'Allah : n'accepte cela, ne s'y soumet et ne le reçoit avec acceptation {"que ceux qui, à l'égard de leur Seigneur, sont dans la crainte"} : qui Le craignent et Le redoutent. Quant à qui ne craint ni Allah ni le comparaître devant Lui, elles ne lui ajoutent que révolte et répulsion, et l'argument d'Allah s'établit sur lui par elles.

Verset 155

{Et} quand les enfants d'Israël se repentirent et revinrent à leur droiture, {Moïse choisit parmi eux soixante-dix hommes} : parmi les meilleurs, pour présenter excuse pour leur peuple devant leur Seigneur. Allah leur fixa un rendez-vous où se rendre ; lorsqu'ils y furent, ils dirent : ô Mūsā, montre-nous Allah à découvert ! Ils bravèrent Allah d'une braverie immense et se conduisirent mal à Son égard : le tremblement les saisit et ils foudroyèrent et périrent. Mūsā — sur lui la prière et la paix — ne cessa d'implorer Allah et de se consacrer à Lui, disant : {"Seigneur, si Tu avais voulu, Tu les aurais anéantis avant"} : qu'ils ne se présentent et ne soient dans un état où ils présentent excuse pour leur peuple — et les voilà injustes. {"Détruis-Tu-nous pour ce qu'ont fait les insensés d'entre nous ?"} : les faibles d'esprit et déraisonnables. Il implora Allah et s'excusa en ce que ceux qui bravent Allah n'ont pas des esprits complets qui les retiendraient de ce qu'ils dirent et firent, et qu'il leur survint une épreuve par laquelle l'homme est en danger et craint pour sa religion. Il dit : {"ce n'est qu'une épreuve de Ta part : Tu égares qui Tu veux et guides qui Tu veux ; Tu es notre Maître : pardonne-nous donc, et fais-nous miséricorde, et Tu es le meilleur des absoluteurs"} : le meilleur qui pardonne, le plus en droit de faire miséricorde, le plus généreux qui donne et gratifie. Comme si Mūsā — sur lui la prière et la paix — avait dit : notre premier dessein, à nous tous, est de nous tenir à Ton obéissance et de croire en Toi ; quiconque est maître de son esprit et de sa droiture, et demeure dans la réussite que Tu lui as donnée, n'a cessé d'être droit ; quant à celui dont l'esprit est faible et l'avis insensé, que l'épreuve a détourné — c'est lui qui a agi ainsi pour ces deux raisons. Et malgré cela, Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux et le meilleur des absoluteurs : pardonne-nous et fais-nous miséricorde ! Allah exauça sa demande, les ressuscita après leur mort et leur pardonna leurs péchés.

Verset 156

Et Mūsā dit, achevant son invocation : {"et écris pour nous en cette vie immédiate une bonne part"} : science profitable, large subsistance et œuvre bonne, {"et dans la dernière vie} : la bonne part, ce qu'Allah a préparé à Ses amis vertueux comme récompense. {"Nous nous sommes tournés vers Toi"} : revenus, reconnaissants de notre négligence, revenants en toutes nos affaires. {"Il dit} : Allah — Exalté — {"Mon châtiment, Je le fais atteindre qui Je veux"} : qui était malheureux et s'exposait à ses causes, {"et Ma miséricorde embrasse toute chose"} : du monde supérieur et inférieur, le pieux et le débauché, le croyant et le mécréant : il n'est créature à laquelle la miséricorde d'Allah n'ait atteint, que Sa faveur et Sa bienveillance n'aient couverte. Mais la miséricorde spéciale, qui entraîne la félicité de ce monde et de l'autre, n'est pas pour chacun ; c'est pourquoi Il dit d'elle : {"Je l'écrirai pour ceux qui se préservent"} : des désobéissances, petites et grandes, {"et donnent l'aumône} : obligatoire, à ses ayants droit, {"et qui croient en Nos signes"}.

Verset 157

Et c'est au nombre de la foi complète aux signes d'Allah que sont la connaissance de leur sens et l'œuvre selon leur exigence — parmi lesquelles suivre le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — en apparence et au fond, dans les fondements de la religion et ses branches : {"ceux qui suivent le Messager, le Prophète gentil"} : restriction à l'exclusion des autres prophètes : celui visé est Muhammad fils de ʿAbd Allāh fils de ʿAbd al-Muṭṭalib, le contexte portant sur les états des enfants d'Israël — que la foi au prophète Muhammad — qu'Allah prie sur lui et le salue — est condition d'entrée dans la foi, et que ceux qui croient en lui et le suivent sont les gens de la miséricorde absolue qu'Allah leur a écrite. Il le décrit de « gentil » car il est des Arabes, nation gentille [ummiyya, ne sachant ni lire ni écrire], qui ne lisent ni n'écrivent et n'avaient pas de Livre avant le Coran. {"Qu'ils trouvent écrit chez eux dans la Torah et l'Évangile} : par son nom et sa description, dont la plus grande : ce à quoi il appelle et de quoi il interdit — qu'il {"leur ordonne le convenable"} : tout ce dont la bonté, la rectitude et l'utilité sont connues, {"et leur interdit le blâmable"} : tout ce dont la laideur est connue des esprits et des natures. Il leur ordonne la prière, l'aumône, le jeûne, le pèlerinage, le lien de parenté, la piété filiale, le bien au voisin et à l'esclave, l'utile à toute créature, la véracité, la chasteté, la bonté, le conseil sincère et semblables ; et il interdit l'association à Allah, le meurtre sans droit, la fornication, les boissons enivrant l'esprit, l'injustice envers les créatures, le mensonge, la débauche et autres. La plus grande preuve qu'il est le messager d'Allah est ce à quoi il appelle, ce qu'il ordonne et interdit, ce qu'il licite et illicite : {"il leur licite les bonnes choses} : nourritures, boissons et mariages, {"et leur interdit les mauvaises"} : nourritures, boissons, mariages, paroles et actes. {"Et leur retire leur fardeau et les carcans qui étaient sur eux"} : au nombre de ses traits : sa religion est aisée, conciliante, facilitée, sans fardeau [iṣr, charge écrasante] ni carcans [aghlāl, entraves], ni peines ni charges lourdes. {"Ceux donc qui croient en lui, le fortifient} : le magnifient et l'honorent, {"l'assistent, et suivent la lumière descendue avec lui"} : le Coran, dont on s'éclaire dans les ténèbres du doute et des ignorances, et qu'on prend pour guide quand les thèses s'opposent, {"ceux-là sont les prospères"} : les vainqueurs du bien de ce monde et de l'autre, sauvés de leur mal — car ils ont apporté les plus grandes causes de prospérité. Quant à qui n'a pas cru en ce Prophète gentil, ne l'a pas fortifié ni assisté, et n'a pas suivi la lumière descendue avec lui : ceux-là sont les perdants.

Verset 158

Comme il appelait les gens de la Torah, des enfants d'Israël, à le suivre — et qu'un quelqu'un pourrait penser le jugement borné à eux, il apporta ce qui indique la généralité : {"Dis : ô vous les gens, je suis le messager d'Allah à vous tous} : vos Arabes et non-Arabes, gens du Livre et autres, {"celui à qui appartient la royauté des cieux et de la terre} : qui y dispose par Ses décrets cosmiques et Ses dispositions souveraines, et par Ses lois religieuses — parmi lesquelles qu'Il vous a envoyé un messager immense qui vous appelle à Allah et à la demeure de Sa noblesse, et vous avertit de tout ce qui vous éloigne de Lui et de Sa demeure de noblesse. {"Pas de dieu sinon Lui"} : nul adoré en vérité qu'Allah seul, sans associé, et Son adoration ne se connaît que par la voie de Ses messagers. {"Il fait vivre et fait mourir"} : au nombre de Ses dispositions : donner la vie et donner la mort, où nul ne partage avec Lui — Allah a fait de la mort un pont et un passage vers la demeure de la permanence : qui y croit croit au messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et le salue — assurément. {"Croyez donc en Allah et en Son messager, le Prophète gentil} : d'une foi du cœur impliquant les œuvres du cœur et des membres, {"qui croit en Allah et à Ses paroles"} : croyez en ce messager droit dans ses croyances et ses actes, {"et suivez-le, peut-être serez-vous guidés"} : dans vos intérêts religieux et mondains : si vous ne le suivez pas, vous vous égarerez d'un égarement lointain.

Verset 159

{"Et du peuple de Moïse une communauté"} : un groupe {"guide par la vérité et par elle établit la justice"} : ils guident [par elle] les gens dans leur enseignement et leurs consultations juridiques, et tranchent par elle entre eux dans le jugement de leurs procès — comme Allah dit : {"et Nous fîmes d'eux des imams qui guident par Notre ordre, parce qu'ils ont endure, et ils étaient convaincus de Nos signes"}. En cela est un éloge de la communauté de Mūsā — sur lui la prière et la paix : Allah fit d'eux des guides qui guident par Son ordre. Et la venue de ce verset noble paraît porter une restriction à ce qui précède : Allah a mentionné plus haut un ensemble des défauts des enfants d'Israël, contraires à la perfection et à la guidée — on pourrait croire que cela les embrasse tous ; Allah mentionna qu'il est parmi eux une communauté droite, guidante et guidée.

Verset 160

{"Et Nous les répartîmes} : Nous les divisâmes {"en douze tribus, en nations"} : douze tribus connues et alliées, les fils de chaque fils des enfants de Yaʿqūb formant une tribu. {"Et Nous révélâmes à Moïse, quand son peuple lui demanda de l'eau} : ils lui demandèrent d'invoquer Allah de leur donner une eau à boire, eux et leurs bêtes — car ils étaient, Allah sait mieux, en un lieu pauvre en eau. Allah révéla à Mūsā, exauçant leur demande : {"frappe le rocher de ton bâton"} : peut-être un rocher déterminé, peut-être un nom d'espèce incluant toute pierre. Il le frappa, {"et elle jaillit"} : elle sourdit de ce rocher {"douze sources"} : coulantes, abondantes ; {"chaque groupe sut où boire"} : il fut assigné à chaque tribu des douze tribus une source qu'elle connut, et ils furent tranquilles et dispensés de la fatigue et de la cohue : c'est du parfait achèvement de la grâce d'Allah sur eux. {"Et Nous les couvrîmes de la nuée"} : qui les protégeait de la chaleur du soleil ; {"et Nous fîmes descendre sur eux la manne} : le sucré [mann, gomme douce], {"et les cailles} : la chair d'oiseau, des meilleures et des plus savoureuses. Allah leur réunit l'ombre, la boisson et la nourriture excellente de sucré et de viandes, dans le confort et la tranquillité. Il leur fut dit : {"mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées} — {"et ils ne Nous ont pas lésés"} : lorsqu'ils n'ont pas remercié Allah et n'ont pas accompli ce qu'Allah leur avait obligé, {"mais c'étaient eux-mêmes qu'ils léseront} : se privant de tout bien et s'exposant au mal et à la vindicte. Tel fut leur état durant leur séjour dans l'errance [tīh, la errance de quarante ans].

Verset 161

{"Et quand il leur fut dit : habitez cette cité} : entrez-y pour qu'elle soit votre patrie et demeure — c'est Iliyā [Jérusalem] ; {"et mangez-en où vous voudrez} : la cité était riche en arbres, abondante en fruits, d'existence opulente : Allah leur ordonna d'en manger où ils voudraient. {"Et dites} : en entrant par la porte : {"remission !"} : fais tomber nos fautes et pardonne-nous ; {"et entrez par la porte en prosternation} : humiliés devant votre Seigneur, soumis à Sa puissance, reconnaissants de Sa grâce. Il leur ordonna l'humilité et la demande de pardon, et leur promit pour cela l'absolution de leurs fautes et la récompense immédiate et ultérieure : {"Nous absoudrons vos fautes, et Nous augmenterons les bienfaiteurs"} : du bien de ce monde et de l'autre.

Verset 162

Puis ils ne déférèrent pas à cet ordre divin : {"ceux qui étaient injustes parmi eux substituèrent une parole à celle qui leur était dite"} : ils désobéirent à Allah et prisrent à la légère Son ordre, disant, au lieu de demander pardon et de dire « remission » : « un grain dans une orge ». Et s'ils substituèrent la parole malgré sa facilité, leur substitution du geste l'est à plus forte raison : c'est pourquoi ils entrèrent en se traînant sur leurs postérieurs. {"Alors Nous envoyâmes sur eux}, lorsqu'ils eurent contredit l'ordre d'Allah et désobéi, {"un supplice du ciel"} : un châtiment terrible — la peste ou un autre des punitions célestes. Allah ne les a pas lésés par Son châtiment : cela fut {"parce qu'ils étaient injustes"}.

Verset 163

{"Et interroge-les} : interroge les enfants d'Israël {"sur la cité qui était sur le bord de la mer} : sur son rivage, au temps de leur transgression et du châtiment d'Allah sur eux, {"quand ils transgressaient le sabbat"} : Allah leur avait ordonné de le magnifier et le respecter et de n'y point chasser. Allah les éprouva et les mit à l'épreuve : les poissons leur venaient le jour de leur sabbat {"en masses"} : nombreux, flottant à la surface de la mer ; {"et le jour où ils ne sabbataient pas} : passé le samedi, {"ils ne leur venaient pas} : ils s'en allaient en mer et ils n'en voyaient rien. {"Ainsi les éprouvâmes-Nous de ce qu'ils étaient pervers"} : c'est leur perversité qui exigea qu'Allah les éprouvât et qu'ils eussent cette épreuve ; sinon, s'ils n'avaient pas été pervers, Allah les aurait épargnés et ne les aurait pas exposés à l'épreuve et au mal.

Verset 164

Ils cherchèrent un stratagème pour chasser : ils creusèrent des fosses et tendirent des filets ; quand [les poissons] venaient le samedi et tombaient dans ces fosses et filets, ils ne les prenaient pas ce jour-là ; le dimanche venu, ils les prenaient. Cela se multiplia chez eux, et ils se divisèrent en trois groupes : la plupart transgressèrent, bravèrent et le proclamèrent ; un groupe proclama l'interdiction et le blâme ; un groupe se contenta du blâme et de l'interdiction des premiers, disant : {"pourquoi exhorter un peuple qu'Allah détruira ou punira d'un châtiment terrible ?"} : comme s'ils disaient : nulle utilité à exhorter qui a enfreint les interdits d'Allah, n'a pas écouté le conseil et a persévéré dans sa transgression et sa tyrannie : Allah le punira nécessairement, par anéantissement ou châtiment terrible. Les exhortateurs dirent : nous les exhortons et les interdisons {"pour être excusés auprès de votre Seigneur"} : pour être excusés à leur égard, {"et peut-être qu'ils se préserveront"} : qu'ils délaisseront la désobéissance où ils sont : ne désespérons pas de leur guidée — l'exhortation peut agir chez eux, et le blâme avoir effet. Et c'est le but suprême de l'interdiction du blâmable : qu'il y ait excuse et établissement de l'argument contre l'ordonné et l'interdit, et qu'Allah peut-être le guide pour agir selon cet ordre et cette interdiction.

Verset 165

{"Puis, quand ils oublièrent ce dont ils avaient été rappelés} : délaissèrent le rappel et persévérèrent dans leur égarement et leur transgression, {Nous sauvâmes ceux qui interdisaient le blâmable} : telle est la sunna d'Allah envers Ses serviteurs : quand le châtiment descend, en réchappent les ordonnateurs du convenable et les interdicteurs du blâmable. {"Et Nous saisîmes ceux qui étaient injustes} : ceux qui avaient transgressé le sabbat, {"d'un châtiment terrible} : immenge, {"de ce qu'ils étaient pervers"}. Quant à l'autre groupe, qui dit aux interdicteurs : pourquoi exhorter un peuple qu'Allah détruira ? — les exégètes ont divergé sur leur salut et leur perte ; l'apparent est qu'ils furent du nombre des sauvés, car Allah a restreint l'anéantissement aux injustes et n'a pas dit qu'ils étaient injustes : le châtiment fut donc propre aux transgresseurs du sabbat ; et parce que l'ordonnance du convenable et l'interdiction du blâmable sont une obligation communautaire [farḍ kifāya : elle tombe des autres si certains l'accomplissent] : ils s'acquittèrent par le blâme des premiers ; et parce qu'ils les blâmèrent en disant : {"pourquoi exhorter un peuple qu'Allah détruira ou punira d'un châtiment terrible ?"} — ils montrèrent contre eux une colère qui induit qu'ils avaient en horreur, de la pire horreur, leur acte, et qu'Allah les punirait de la pire punition.

Verset 166

{"Puis, quand ils s'enflèrent d'orgueil contre ce qui leur était interdit} : ils s'endurcirent sans s'amollir ni tirer leçon, {Nous leur dîmes} une parole décrétée : {"soyez des singes méprisés"} : par la permission d'Allah ils se retournèrent singes, et Allah les éloigna de Sa miséricorde.

Verset 167

Puis Il mentionna l'humiliation et l'avilissement frappant ceux d'entre eux qui demeurèrent : {"Et quand ton Seigneur proclama} : fit savoir en annonce formelle, {"qu'Il enverrait certes contre eux, jusqu'au Jour de la résurrection, qui leur ferait subir le pire supplice} : les humilierait et les avilirait. {"Certes ton Seigneur est prompt à la punition} : qui Le contredit, Il hâte pour lui la punition en ce monde ; {"et certes Il est Absoluteur, Miséricordieux"} : envers qui se repent et revient à Lui : Il lui pardonne les péchés, lui couvre les défauts, et lui fait miséricorde en acceptant ses obéissances et le récompensant de sortes de récompenses. Allah accomplit envers eux ce qu'Il leur avait promis : ils ne cessent d'être dans l'humiliation et l'avilissement, sous la domination d'autrui, sans étendard levé ni bannière secourue.

Verset 168

{"Et Nous les dispersâmes sur la terre en nations"} : Nous les séparâmes et les déchirâmes sur la terre après qu'ils furent réunis. {"Parmi eux les vertueux} : qui s'acquittent des droits d'Allah et des droits de Ses serviteurs ; {"et parmi eux il en est de moindre} : que la vertu : soit des modérés, soit des injustes envers eux-mêmes. {"Et Nous les éprouvâmes} : selon Notre coutume et Notre sunna {"par les bonnes choses et les mauvaises} : l'aisance et la gêne, {"peut-être reviennent-ils} : de la perdition où ils persistent, et reviennent à la guidée pour laquelle ils furent créés. Ils ne cessèrent d'être entre vertueux, mauvais et modérés.

Verset 169

{Puis leur succéda une génération} : leur mal crût {"qui hérita} du Livre {"après eux} : le recours y devint eux, et ils y disposèrent selon leurs passions ; on leur offrit des biens pour qu'ils consultent et jugent contre la vérité, et le pot-de-vin se répandit chez eux. {"Ils prennent le bien de cette vie immédiate et disent} : reconnaissant que c'est une faute et qu'ils sont injustes : {"il nous sera pardonné"} — parole vide de réalité : ce n'est pas là demander pardon ni le requester en vérité ; ce le fût-il, ils auraient regretté le passé et résolu de ne pas revenir ; mais qu'un autre bien, un autre pot-de-vin leur vienne, ils le prennent : ils achetèrent les signes d'Allah au plus vil prix et échangèrent ce qui est plus bas contre ce qui est meilleur ! Allah dit, les blâmant et exposant leur braverie : {"l'engagement du Livre ne fut-il pas pris sur eux, de ne dire sur Allah que la vérité ?"} : comment osent-ils dire sur Lui autre chose que la vérité, suivant leurs passions et inclinant vers leurs convoitises ?! {"Et} ils ont {étudié ce qui y est} : ils n'y ont point d'obscurité : ils vinrent à leur acte délibérément, clairvoyants — ce qui aggrave la faute, le blâme et la punition. Cela vient du défaut de leur esprit et de la faiblesse de leur avis, préférant la vie immédiate à la dernière : c'est pourquoi Il dit : {"et la Demeure dernière est meilleure pour ceux qui se préservent} : de ce qu'Allah leur a interdit des nourritures obtenues et mangées comme pot-de-vin pour juger autrement que selon ce qu'Allah a fait descendre, et autres sortes d'interdits. {"Ne comprenez-vous pas ?"} : n'avez-vous pas des esprits qui pèsent ce qu'il faut préférer et ce sur quoi il faut le préférer, ce qui mérite le plus l'effort et la priorité sur tout autre ?! Le propre de l'esprit est de regarder aux suites ; quant à qui regarde un immédiat minuscule et périssable, faisant échouer une félicité immense et durable, où sont pour lui esprit et avis ?!

Verset 170

{Les gens d'esprit en vérité sont ceux qu'Allah décrit : {"et ceux qui s'attachent au Livre} : s'y tiennent par science et œuvre : ils connaissent ce qu'il contient des lois et des informations — la plus noble des sciences — et appliquent ce qu'il contient d'ordres, qui sont la joie des yeux, l'allégresse des cœurs, la fête des âmes et la rectitude de ce monde et de l'autre. Et au nombre des ordres auxquels il faut le plus s'attacher : établir la prière en apparence et au fond — c'est pourquoi Il la mentionne expressément, pour son mérite, sa noblesse, son caractère de balance de la foi, et parce que son établissement appelle celui des autres adorations. Et comme toute leur œuvre était réforme, Allah dit : "Nous ne laisserons pas perdre la récompense des réformateurs} : en leurs paroles, actes et intentions, réformateurs d'eux-mêmes et d'autrui. Ce verset et ses semblables attestent qu'Allah envoya Ses messagers — sur eux la prière et la paix — pour la réforme et non la corruption, pour les profits et non les nuisements, et qu'ils furent envoyés pour la réforme des deux demeures : quiconque est plus réformateur est plus proche de les suivre.

Verset 171

Puis Allah dit : {"Et quand Nous avons soulevé la montagne au-dessus d'eux} : quand ils refusèrent d'accepter ce qui est dans la Torah, Allah leur imposa l'application et souleva la montagne au-dessus de leurs têtes, et elle fut {"comme une canopée, et ils pensèrent qu'elle allait tomber sur eux"}. Il leur fut dit : {"prenez avec force ce que Nous vous avons donné} : avec sérieux et application, {"et rappelez-vous ce qu'il contient} : étude, recherche et caractérisation par l'œuvre, {"peut-être vous préserverez-vous"} : si vous faites cela.

Verset 172

Allah dit : {"Et quand ton Seigneur tira des enfants d'Adam, de leurs reins, leur descendance"} : c'est-à-dire Il fit sortir de leurs reins leur descendance, et les fit se succéder et se reproduire génération après génération. {Et}, lorsqu'Il les fit sortir des ventres de leurs mères et des reins de leurs pères, {"Il les fit témoigner contre eux-mêmes : ne suis-Je pas votre Seigneur ?"} : Il les fit convenir de l'établissement de Sa seigneurie par ce qu'Il a déposé dans leur nature innée : la reconnaissance qu'Il est leur Seigneur, leur Créateur et leur Possesseur. Ils dirent : oui, nous le reconnaissons. Allah — Exalté — a en effet façonné Ses serviteurs selon la religion hanife [droite et pure] et droite : chacun est ainsi façonné ; mais la nature peut être changée et altérée par ce qui survient des esprits et des croyances vaines. C'est pourquoi {"ils dirent : oui, nous attestons — que vous ne disiez pas au Jour de la résurrection : nous étions, de cela, insoucieux"} : Nous ne vous avons éprouvés que pour que vous reconnaissiez ce qui est établi chez vous : qu'Allah — Exalté — est votre Seigneur — de crainte que vous ne niiez au Jour de la résurrection, que vous ne reconnaissiez rien de cela, et que vous ne prétendiez que l'argument d'Allah ne s'est pas établi sur vous, que vous n'en avez point science, mais que vous en étiez insoucieux et distraits. Aujourd'hui votre excuse est tombée, et l'argument concluant d'Allah est établi sur vous. Ou bien vous arguez d'une autre excuse, disant : {"ce sont nos pères qui ont associé auparavant, et nous n'étions une descendance qu'après eux"} : nous avons suivi leur modèle et les avons suivis dans leur faux. {"Nous ferait-Il périr pour ce qu'ont fait les faussaires ?"} Allah a déposé dans votre nature ce qui vous indique que ce qu'ont vos pères est faux et que la vérité est ce qu'ont apporté les messagers — et cela contrepèse et l'emporte sur ce que vous avez trouvé chez vos pères. Oui : peuvent survenir au serviteur, des paroles de leurs pères égarés et de leurs voies vaines, ce qu'il croit être la vérité ; cela n'est que par son détour des arguments d'Allah, de Ses preuves et de Ses signes dans les horizons et les âmes : ce détour et ce penchant vers ce qu'ont dit les faussaires peuvent le mettre en un état où il préfère le faux à la vérité. Tel est le correct dans l'exégèse de ces versets. On a dit que ce fut le jour où Allah prit l'engagement de la descendance d'Adam lorsqu'Il les fit sortir de son dos et les fit témoigner contre eux-mêmes, et qu'ils en témoignèrent — Allah arguant alors contre eux de ce qu'Il leur avait ordonné en ce temps-là, de leur injustice dans leur mécréance et leur obstination, en ce monde et dans la dernière vie ! Mais rien dans le verset n'indique cela, cela n'a pas de pertinence, la sagesse d'Allah — Exalté — ne l'exige pas, et le réel en témoigne : cette alliance et cet engagement — qu'ils disent avoir eu lieu quand Allah fit sortir la descendance d'Adam de son dos alors qu'ils étaient dans un monde semblable aux atomes — nul ne s'en souvient et cela ne passe à l'esprit d'aucun humain : comment Allah arguerait-Il contre eux d'une affaire dont ils n'ont ni nouvelle, ni trace, ni vestige ?!

Verset 174

C'est pourquoi, cela étant une affaire claire et manifeste, Allah dit : {"ainsi Nous détaillons les signes"} : Nous les exposons et les éclaircissons, {"peut-être reviennent-ils"} : à ce qu'Allah a déposé dans leur nature et à ce qu'ils ont promis à Allah, et s'abstiennent des turpitudes.

Verset 175

Allah dit à Son Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue : {"et récite-leur la nouvelle de celui à qui Nous avons donné Nos signes"} : Nous lui avons enseigné [la science] du Livre d'Allah, et il devint le grand savant, l'érudit éminent — puis il s'en dépouilla, et le diable le suivit. C'est-à-dire qu'il se dépouilla de la caractérisation réelle par la science des signes d'Allah : cette science rend son détenteur caractérisé par les nobles caractères et les belles œuvres, et l'élève aux plus hauts degrés et aux rangs les plus élevés. Celui-ci délaissa le Livre d'Allah derrière son dos, rejeta les caractères qu'ordonne le Livre et les dépouilla comme on dépouille un vêtement. Lorsqu'il s'en fut dépouillé, le diable le suivit : il eut prise sur lui quand il sortit de la forteresse inexpugnable et en vint aux plus bas des bas, le poussant aux désobéissances. {"Et il fut parmi les égarés"} : après avoir été parmi les droits et guides.

Verset 176

Et cela parce qu'Allah — Exalté — l'abandonna et le renvoya à son âme. C'est pourquoi Allah dit : {"et si Nous avions voulu, Nous l'aurions élevé par elles"} : en lui accordant la réussite de les appliquer, il se serait élevé en ce monde et dans la dernière vie et se serait fortifié contre ses ennemis ; {"mais il"} fit ce qui exige l'abandon : {"il s'inclina vers la terre"} : vers les désirs inférieurs et les visées mondaines, {"et suivit sa passion"} : et délaissa l'obéissance de son Maître. {"Son exemple"}, dans l'intensité de son avidité pour ce monde et l'attachement coupé de son cœur à lui : {"est l'exemple du chien : si tu le charges, il halète, et si tu le laisses, il halète"} : il ne cesse de haleter en tout état — et celui-ci ne cesse d'être avide, son cœur en étant coupé, rien de ce monde ne comble son besoin. {"Tel est l'exemple du peuple qui a traité Nos signes de mensonge"} : après qu'Allah les lui a présentés, sans s'y soumettre, les traitant plutôt de mensonge et les rejetant, tant ils étaient vils auprès d'Allah et suivaient leurs passions sans guidée d'Allah. {"Raconte donc les récits, peut-être réfléchissent-ils"} : sur les paraboles, les leçons et les signes : s'ils réfléchissent, ils savent ; et s'ils savent, ils agissent.

Verset 177

{"Quelle détestable image que celle du peuple qui a traité Nos signes de mensonge, et qui léseront eux-mêmes"} : qu'il est détestable et laid, l'exemple de qui a traité les signes d'Allah de mensonge et lésé son âme par les sortes de désobéissances : leur exemple est l'exemple de la laideur. Celui à qui Allah donna Ses signes : il se peut que ce soit une personne déterminée, de qui advint ce qu'Allah mentionna, dont Allah raconta l'histoire pour avertir les serviteurs ; il se peut que ce soit un nom d'espèce, embrassant quiconque Allah a donné Ses signes et qui s'en dépouilla. En ces versets : l'encouragement à œuvrer selon la science — élévation qu'Allah accorde à son détenteur et protection contre le diable — et l'avertissement contre le fait de n'y pas œuvrer : descente aux plus bas des bas et prise du diable sur lui. Et il y a que suivre la passion et s'incliner vers les désirs sont cause d'abandon.

Verset 178

Puis Allah dit, exposant qu'Il est le Seul à guider et à égarer : {"quiconque Allah guide"} : en lui accordant la réussite des biens, le préservant des réprouvés et lui enseignant ce qu'il ne savait pas, {"celui-là est le guidé"} : en vérité, car il a préféré Sa guidée — Exalté ; {"et quiconque Il égare"} : l'abandonne sans lui accorder la réussite du bien, {"ceux-là sont les perdants"} : pour eux-mêmes et leurs proches au Jour de la résurrection — ah ! c'est là la perte évidente.

Verset 179

Allah dit, exposant le grand nombre d'égarés, perdus, suiveurs d'Iblīs le maudit : {"Nous avons certes créé"} : produit et semé {"pour la Géhenne beaucoup de djinns et d'hommes"} : les bêtes eux sont supérieures en état. {"Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas"} : nulle compréhension ni science ne leur parvient — sinon le seul établissement de l'argument ; {"ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas"} : ce qui leur profite : ils ont perdu son utilité et son profit ; {"ils ont des oreilles avec lesquelles ils n'entendent pas"} : d'une ouïe dont le sens parvienne à leurs cœurs. {"Ceux-là"}, aux traits détestables : {"sont comme les bétails"} : les bêtes qui ont perdu les esprits — ceux-ci ont préféré ce qui périclite à ce qui demeure, et furent dépouillés du propre de l'esprit. {"Ils sont même plus égarés"} : que les bêtes : les bétails sont employés à ce pour quoi ils furent créés et ont des entendements dont ils saisissent leur nuisance et leur utilité : c'est pourquoi ils étaient en meilleur état qu'eux. {"Et ceux-là sont les insoucieux"} : insoucieux des choses les plus profitables : insoucieux de la foi en Allah, de Son obéissance et de Son rappel. Les cœurs, les ouïes et les vues leur furent créés pour être secours à s'acquitter des ordres d'Allah et de Ses droits : ils s'en aidèrent au contraire de cette visée. Ceux-là méritent d'être de ceux qu'Allah a créés pour la Géhenne et qu'Il a créés pour elle : créés pour le Feu, ils œuvrent les œuvres de ses gens. Quant à qui emploie ces membres à adorer Allah, dont le cœur se teint de la foi en Allah et de Son amour et ne dilapide pas Allah d'insouciance : ceux-là sont les gens du Paradis et œuvrent les œuvres de ses gens.

Verset 180

Ceci expose l'immensité de Sa majesté et l'étendue de Ses attributs : à Lui les noms les plus beaux [asmāʾ ḥusnā] — c'est-à-dire : à Lui tout nom beau, dont le critère : tout nom indiquant un attribut de perfection immense — c'est en cela qu'ils sont les plus beaux : s'ils indiquaient autre chose qu'un attribut, étant pure étiquette, ils ne seraient pas les plus beaux ; de même s'ils indiquaient un attribut qui n'est pas de perfection — soit un défaut, soit un attribut divisé entre éloge et blâme — ils ne seraient pas les plus beaux. Chacun de Ses noms indique donc tout l'attribut dont il dérive, embrassant tout son sens — tels {le Savant}, indiquant qu'à Lui une science enveloppante, générale à toutes choses : rien ne sort de Sa science, du poids d'un atome sur terre ou au ciel ; {le Miséricordieux}, indiquant qu'à Lui une miséricorde immense et étendue à toute chose ; {le Puissant}, indiquant qu'à Lui une puissance générale que rien n'impuise ... et semblables. Et c'est du parfait de leur caractère de plus beaux qu'on n'invoque que par eux : c'est pourquoi Il dit : {"invoquez-Le par eux"} : cela embrasse l'invocation d'adoration et l'invocation de demande : on L'invoque, pour chaque demandé, par ce qui convient à ce demandé. L'invocateur dit par exemple : ô Allah, pardonne-moi et fais-moi miséricorde : Tu es certes l'Absoluteur, le Miséricordieux ; retourne-toi de moi, ô Toi qui reviens sans cesse ! donne-moi subsistance, ô Pourvoyeur ! sois doux envers moi, ô Subtil ! et semblables. Sa parole : {"et délaissez ceux qui dévient dans Ses noms : ils seront rétribués de ce qu'ils œuvraient"} : punition et châtiment pour leur déviation dans Ses noms. La réalité de la déviation [ilḥād] : les incliner hors de ce pour quoi ils furent faits — soit en nommant par eux qui ne les mérite pas, comme les associants nommant par eux leurs idoles ; soit en niant leurs sens et les altérant, en leur donnant un sens que ni Allah ni Son messager n'a voulu ; soit en y assimilant d'autres. Il faut donc craindre la déviation envers eux et se méfier des déviants envers eux. Il est établi dans le Ṣaḥīḥ, du Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue : « Allah a quatre-vingt-dix-neuf noms : quiconque les recense entrera au Paradis ».

Verset 181

C'est-à-dire : parmi ceux que Nous avons créés, une communauté excellente, complète en elle-même, parachevant autrui, qui guide elle-même et autrui par la vérité : elle connaît la vérité, l'applique, l'enseigne et y appelle, ainsi qu'à l'œuvre selon elle. {"Et par elle établit la justice"} : entre les gens, en leurs jugements, quand ils jugent en les biens, les sangs, les droits, les thèses et autres. Ceux-là sont les imams de la guidée et les lampes des ténèbres — ce sont ceux qu'Allah a gratifiés de la foi, de l'œuvre bonne, de l'exhortation mutuelle à la vérité et de l'exhortation mutuelle à la patience ; ce sont les véridiques [ṣiddīqūn], dont le rang suit celui de la mission prophétique, et qui sont entre eux à des rangs divers, chacun selon son état et l'élévation de sa demeure. Gloire à Celui qui réserve à qui Il veut Sa miséricorde — Allah est détenteur de la faveur immense.

Verset 182

C'est-à-dire : ceux qui ont traité de mensonge les signes d'Allah attestant la véracité de ce avec quoi Muhammad — qu'Allah prie sur lui et le salue — est venu comme guidée, et les rejetèrent sans les accepter : {"Nous les laisserons aller à leur perte par où ils ne savent pas"} : en faisant affluer sur eux les subsistances.

Verset 183

{"Et leur accorderai répit"} : Je leur donne délai jusqu'à ce qu'ils pensent qu'ils ne seront pas saisis ni punis, et ils croissent en mécréance, tyrannie et mal sur leur mal : leur punition croît ainsi et leur châtiment double — ils nuisent à leurs âmes par où ils ne savent pas. C'est pourquoi Il dit : {"certes Ma ruse est ferme"} : forte, puissante.

Verset 184

{"N'ont-ils pas médité : n'a-t-il pas, son compagnon"}, [Muhammad] — qu'Allah prie sur lui et le salue —, {"de démence ?"} : n'ont-ils pas mis en œuvre leurs pensées et regardé s'il y a, en leur compagnon qu'ils connaissent et dont l'état ne leur est pas caché, quelque chose : est-il un insensé ?! Qu'ils regardent ses caractères, sa conduite, son maintien et ses traits, et ce à quoi il appelle : ils ne trouveront en lui que les plus complets des traits, que les plus parfaits des caractères, un esprit et un avis surpassant les mondes ; il n'appelle qu'à tout bien et n'interdit que tout mal ! Est-ce là, ô doués d'intelligence, de la démence [junūn, folie] ?! Ou est-il l'imam immense, le conseiller explicite, le généreux noble, le compatissant, le miséricordieux ?! C'est pourquoi Il dit : {"il n'est qu'un avertisseur explicite"} : il appelle la création à ce qui la sauve du châtiment et lui procure la récompense.

Verset 185

{"N'ont-ils pas regardé le royaume des cieux et de la terre ?"} : s'ils le regardent, ils y trouvent des indices attestant l'unicité de leur Seigneur et Ses attributs de perfection. {Et} de même, qu'ils regardent tout {ce qu'Allah a créé comme chose} : toutes les parties du monde attestent, de la plus grande attestation, la science d'Allah, Sa puissance, Sa sagesse, l'étendue de Sa miséricorde et de Sa bienveillance, l'effectivité de Sa volonté et autres de Ses attributs immenses — qui attestent Son unicité de création et disposition, et exigent qu'il soit Lui l'adoré, le loué, le glorifié, l'unifié, l'aimé. Sa parole : {"et que peut-être leur terme est proche"} : qu'ils regardent leur cas particulier, et veillent sur eux-mêmes avant que leur terme n'approche et que la mort ne les surprenne insoucieux et détournés : ils ne pourront alors pas rattraper le passé. {"À quel récit après lui croiront-ils donc ?"} : s'ils ne croient pas à ce Livre auguste, à quel récit croiront-ils ?! Au livre du mensonge et de l'égarement ?! Au récit de quelque imposteur trompeur ?!

Verset 186

Mais pour l'égaré, nul procédé ni voie vers sa guidée ; c'est pourquoi Allah dit : {"quiconque Allah égare, nul guide pour lui ; et Il les laisse dans leur tyrannie errer aveuglément"} : perplexes, oscillant, n'en sortant pas, sans être guidés à nulle vérité.

Verset 187

Allah dit à Son messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et le salue : {"ils t'interrogent"} : les négateurs obstinés {"sur l'Heure : quand est son ancrage ?"} : quand est son temps, quand viendra-t-elle ? quand s'abattra-t-elle sur la création ? {"Dis : sa science n'est qu'auprès de mon Seigneur"} : Lui — Exalté — est le seul à en savoir, {"nul ne la manifeste en son temps sinon Lui"} : nul ne la fait paraître en son temps décrété sinon Lui. {"Elle pèse lourd dans les cieux et la terre"} : sa science est cachée aux gens des cieux et de la terre, et son affaire leur est dure aussi : ils la redoutent. {"Elle ne vous vient qu'à l'improviste"} : soudain, par où ils ne savent pas, sans y être préparés ni disposés. {"Ils t'interrogent comme si tu en étais avide"} : ils sont empressés de t'interroger sur l'Heure comme si tu étais avide d'interroger sur elle. Ils ne savent pas que toi, par ta science parfaite de ton Seigneur et de ce dont il convient de demander, tu ne te soucies pas de la question [sur elle, ni n'y es empressé — pourquoi ne te suivent-ils pas en délaissant cet entêtement] vaine de bénéfice et dont la science est impossible : nul prophète envoyé ni ange rapproché n'en sait ; elle est des choses qu'Il a cachées à la création, par parfaite sagesse et étendue science. {"Dis : sa science n'est qu'auprès d'Allah, mais la plupart des gens ne savent pas"} : c'est pourquoi ils s'empresseur sur ce dont il ne convient pas de s'empresser — surtout l'état de ces gens, qui délaissent la question du plus important, abandonnent la science qui leur est due, et vont vers ce que nul ne peut atteindre et dont on ne leur demande pas compte.

Verset 188

{"Dis : je ne possède pour moi-même ni profit ni nuisance"} : je suis pauvre, disposé : aucun bien ne me vient sinon d'Allah, nul mal n'est repoussé de moi sinon par Lui, et je n'ai de science que ce qu'Allah — Exalté — m'a enseigné. {"Si je savais l'invisible, j'aurais multiplié le bien, et le mal ne m'aurait pas touché"} : j'aurais fait les causes dont je sais qu'elles me produisent intérêts et profits, et me serais gardé de tout ce qui mène à un mal ou réprouvé — sachant les choses avant leur être et ce où elles mènent. Mais, ne sachant pas, le mal qui m'atteint m'atteint, et les intérêts et profits de ce monde qui me manquent me manquent : voilà la plus grande preuve que je n'ai pas science de l'invisible. {"Je ne suis qu'un avertisseur"} : avertissant des punitions religieuses, mondaines et ultimes, exposant les œuvres qui y mènent et en avertissant ; et annonciateur de la récompense immédiate et ultime, exposant les œuvres qui y mènent et y encourageant. Mais tous n'acceptent pas cette annonce et cet avertissement : n'en profite et ne l'accepte que les croyants. Ces versets nobles exposent l'ignorance de qui vise le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — et l'invoque pour obtenir un bien ou repousser un mal : il n'a rien de l'ordre en main ; il ne profite pas à qui Allah n'a pas profité, ne repousse pas le mal de qui Allah ne l'a pas repoussé, et n'a de science que ce qu'Allah [l'Exalté] lui a enseigné. Il ne profite qu'à qui a accepté l'annonce et l'avertissement avec lesquels il fut envoyé et y a œuvré : tel est son profit — sur lui la paix — qui surpasse celui des pères et mères, des amis et frères, par ce qu'il exhorta les serviteurs à tout bien, les en avertit de tout mal, et le leur exposa de la plus grande exposition.

Verset 189

C'est-à-dire : {"C'est Lui qui vous a créés"} : vous, hommes et femmes répandus sur terre en votre grand nombre et votre dispersion, {"d'une seule âme"} : Adam, père des humains — qu'Allah prie sur lui et le salue — {"et en a fait son épouse"} : Il créa d'Adam son épouse Ève, afin qu'il trouvât repos auprès d'elle : étant de lui, il y eut entre eux la convenance et l'accord qui exigent le repos de l'un auprès de l'autre, et chacun fut mené à son compagnon par la bride du désir. {"Puis, quand il la couvrit"} : la recouvrit en s'unissant à elle — le Créateur décréta que naquît de ce désir et de cette union la descendance : elle conçut {"une grossesse légère"} : au début de la grossesse, la femme ne la sent pas et elle ne la pèse pas. {"Puis", quand elle persista [avec lui] et "s'alourdit"} de lui quand il grandit dans son ventre — alors vint dans leurs cœurs la sollicitude pour l'enfant et pour sa sortie vivant, sain, sauf, sans défaut : ils invoquèrent {"Allah, leur Seigneur : si Tu nous donnes"} un enfant {"sain"} : de constitution saine et complète, sans manque, {"nous serons certes parmi les reconnaissants"}.

Verset 190

{"Puis quand Il leur donna un enfant sain"} : selon ce qu'ils avaient demandé, et que la grâce s'accomplit sur eux en lui, {"ils Lui donnèrent des associés en ce qu'Il leur donna"} : ils donnèrent à Allah des associés en cet enfant qu'Allah seul a fait exister et gratifié, et qui a réjoui les yeux de ses parents — ils le vouèrent à autre qu'Allah : soit en le nommant du nom d'un serviteur d'autre qu'Allah — ʿAbd al-Ḥārith, ʿAbd al-ʿUzzā, ʿAbd al-Kaʿba et semblables —, soit en associant Allah dans l'adoration, après qu'Allah les eut gratifiés de grâces innombrables pour aucun des serviteurs. C'est un passage de l'individu à l'espèce : le commencement porte sur Adam et Ève, puis Il passa [à] la parole sur l'espèce — nul doute que cela existe beaucoup dans la descendance : c'est pourquoi Allah leur établit la nullité de l'association, et qu'en cela ils sont injustes du pire injuste, que l'association soit dans les paroles ou les actes. Celui qui les créa d'une seule âme, qui en créa l'épouse, leur fit de leurs semblables des épouses, puis mit entre eux l'affection et la miséricorde par quoi les uns reposent auprès des autres, s'y plaisent et en jouissent, puis les guida à ce par quoi s'obtiennent désir, jouissance, enfants et descendance, puis fit exister la descendance dans les ventres des mères un temps déterminé auquel leurs âmes aspirent et où ils invoquent Allah de le faire sortir droit et sain — Allah paracheva sur eux la grâce et leur donna leur demande : ne mérite-t-Il pas qu'ils L'adorent, n'associent personne à Lui dans Son adoration et Lui réservent la religion pure ?!

Verset 191

Mais il en vint au contraire : ils associèrent à Allah {"ce qui ne crée rien et est créé. Ne pouvant leur"} : aux adorateurs des idoles {"porter secours, ni se secourir eux-mêmes"} : si elles ne créent rien, pas même le poids d'un atome, sont créées, et ne peuvent repousser le réprouvé de qui les adore ni d'elles-mêmes — comment seraient-elles prises comme divinités avec Allah ?! Ce n'est là qu'injustice de la pire injustice et sottise de la pire sottise.

Verset 193

{"Si vous appelez"}, vous les associants, ces idoles que vous avez adorées en dehors d'Allah, {"à la guidée, elles ne vous suivent pas : égal pour vous que vous les appeliez ou que vous soyez silencieux"} : l'humain en vint à être en meilleur état qu'elles : elles n'entendent ni ne voient, ne guident ni ne sont guidées. Tout cela, si l'homme sensé et raisonnable se le représente en pure représentation, tranche de la nullité de leur divinité et de la sottise de qui les adore.

Verset 194

Ceci est du genre du défi aux associants adorateurs des idoles. Allah dit : {"ceux que vous invoquez en dehors d'Allah sont des serviteurs semblables à vous"} : nulle différence entre vous et eux : vous êtes tous des serviteurs d'Allah, possédés. Si vous êtes, comme vous le prétendez, véridiques en ce qu'elles méritent quelque adoration : {"invoquez-les donc, et qu'ils vous exaucent"} : s'ils vous exaucent et réalisent votre demande — sinon, il sera clair que vous êtes menteurs en cette prétention, forgeant contre Allah le plus grand forfait.

Verset 195

Cela n'a pas besoin d'exposition : quand vous les regardez, vous trouvez leur forme indiquant qu'elles n'ont nul profit : elles n'ont ni jambes pour marcher, ni mains pour saisir, ni yeux pour voir, ni oreilles pour entendre : elles sont privées de tous les outils et forces existant dans l'humain. Si elles ne vous répondent pas quand vous les invoquez, ce sont des serviteurs semblables à vous — vous êtes même plus complets qu'elles et plus capables en beaucoup de choses : pourquoi les avez-vous adorées ?! {"Dis : invoquez vos associés, puis rusez contre moi : ne me donnez pas de répit"} : assemblez-vous, vous et vos associés, pour me faire tomber le mal et le réprouvé, sans délai ni répit — vous n'atteindrez rien de mal contre moi.

Verset 196

Car {"mon Maître est Allah}, qui me prend en charge, m'apportant les profits et repoussant de moi les nuisances, {"Lui qui a fait descendre le Livre"} : en lequel sont la guidée, la guérison et la lumière — parmi Sa prise en charge et Son éducation religieuse de Ses serviteurs particuliers. {"Et Il prend en charge les vertueux"} : ceux dont les intentions, les œuvres et les paroles sont droites — comme Allah dit : {"Allah est le Maître de ceux qui ont cru : Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière"}. Les croyants vertueux, ayant pris pour maître leur Seigneur par la foi et la piété, sans prendre d'autre maître que Lui parmi ce qui ne profite ni ne nuit — Allah les prit en charge, fut doux avec eux, les aida en ce en quoi est leur bien et leur intérêt, en religion et en ce monde, et repoussa par leur foi tout réprouvé — comme Allah dit : {"certes Allah défend ceux qui ont cru"}.

Verset 197

Ceci aussi expose que ces idoles qu'ils adorent en dehors d'Allah ne méritent aucune adoration : elles n'ont ni capacité ni pouvoir de secourir ni elles-mêmes ni leurs adorateurs, ni force d'esprit ni d'exaucement. Si tu les appelais à la guidée, elles ne se guideraient pas : ce sont des formes sans vie. Tu les vois regarder sans voir en vérité : leurs adorateurs les ont façonnées sur les formes des animaux — d'humains ou d'autres — et leur ont donné des yeux et des membres : à les voir, tu dirais : celles-ci sont vivantes ; à les considérer, tu saurais que ce sont des corps inertes, sans mouvement ni vie. De quel avis les associants les ont-ils prises comme divinités avec Allah ?! Pour quel intérêt ou profit s'attarder auprès d'elles et s'en rapprocher par des sortes d'adorations ?! Cela connu, on sait que les associants et leurs idoles adorées, dussent-ils s'assembler et vouloir nuire à qui est pris en charge par le Créateur [faṭir] des cieux et de la terre, le Gérant des états de Ses serviteurs vertueux, ne pourraient lui nuire du poids d'un atome de mal — tant est parfaite leur impuissance et celle des idoles, et parfaite la force d'Allah et Son pouvoir, et la force de qui s'abrite dans Sa majesté et s'en remet à Lui. On a dit que le sens de Sa parole {"et tu les vois te regarder sans qu'ils voient"} : le pronom renvoie aux associants négateurs du messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue : tu les croirais te regarder, ô messager d'Allah, d'un regard de méditation distinguant le véridique du menteur ; mais ils ne voient pas ta réalité ni ce que les perspicaces discernent en toi de beauté, de perfection et de véracité.

Verset 198

Ceci aussi expose que ces idoles qu'ils adorent en dehors d'Allah ne méritent aucune adoration : elles n'ont ni capacité ni pouvoir de secourir ni elles-mêmes ni leurs adorateurs, ni force d'esprit ni d'exaucement. Si tu les appelais à la guidée, elles ne se guideraient pas : ce sont des formes sans vie. Tu les vois regarder sans voir en vérité : leurs adorateurs les ont façonnées sur les formes des animaux — d'humains ou d'autres — et leur ont donné des yeux et des membres : à les voir, tu dirais : celles-ci sont vivantes ; à les considérer, tu saurais que ce sont des corps inertes, sans mouvement ni vie. De quel avis les associants les ont-ils prises comme divinités avec Allah ?! Pour quel intérêt ou profit s'attarder auprès d'elles et s'en rapprocher par des sortes d'adorations ?! Cela connu, on sait que les associants et leurs idoles adorées, dussent-ils s'assembler et vouloir nuire à qui est pris en charge par le Créateur [faṭir] des cieux et de la terre, le Gérant des états de Ses serviteurs vertueux, ne pourraient lui nuire du poids d'un atome de mal — tant est parfaite leur impuissance et celle des idoles, et parfaite la force d'Allah et Son pouvoir, et la force de qui s'abrite dans Sa majesté et s'en remet à Lui. On a dit que le sens de Sa parole {"et tu les vois te regarder sans qu'ils voient"} : le pronom renvoie aux associants négateurs du messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue : tu les croirais te regarder, ô messager d'Allah, d'un regard de méditation distinguant le véridique du menteur ; mais ils ne voient pas ta réalité ni ce que les perspicaces discernent en toi de beauté, de perfection et de véracité.

Verset 199

Ce verset résume le beau caractère envers les gens et ce qui convient dans leurs rapports : ce dont les gens doivent être traités : {"prends le pardon"} : ce que leurs âmes accordent et ce qui leur est aisé en œuvres et caractères ; ne leur impose pas ce que leurs natures n'accordent pas ; remercie chacun de ce qu'il t'a offert de belle parole ou belle œuvre — ou de moindre —, passe sur leurs manquements, ferme l'œil sur leurs défauts, ne s'élève pas au-dessus du petit pour sa petitesse, ni du faible d'esprit pour son défaut, ni du pauvre pour sa pauvreté : traite tous avec douceur et selon ce qu'exige l'état, ce qui dilate leurs poitrines. {"Et ordonne le convenable"} : toute belle parole, belle œuvre et parfait caractère, envers le proche et le lointain : fais que ce qui vienne de toi aux gens soit enseignement de science, ou exhortation au bien — lien de parenté, piété filiale, réconciliation entre les gens, conseil profitable, avis juste, assistance à la bonté et à la piété, répression d'une laideur, ou orientation vers un intérêt religieux ou mondain. Et comme il faut inévitablement la nuisance de l'ignorant, Allah ordonna de traiter l'ignorant par le détour, sans répondre à son ignorance : qui t'a nui par sa parole ou son acte, ne lui nuis pas ; qui t'a privée, ne le prive pas ; qui t'a coupé, relie-le ; qui t'a lésé, sois équitable envers lui. Quant à ce dont le serviteur doit traiter les diables des djinns, Allah dit :

Verset 200

C'est-à-dire : {"si une atteinte du diable t'effleure"} : en quelque temps et état que ce soit — tu sens de lui une suggestion et un découragement du bien, ou une incitation au mal et une insinuation vers lui — {"cherche refuge auprès d'Allah"} : recours-toi à Allah, attache-toi à Lui, abrite-toi dans Sa protection : Il entend ce que tu dis, {"Il sait"} : ton intention, ta faiblesse et la force de ton recours à Lui : Il te protégera de sa séduction et te préservera de sa suggestion — comme Allah dit : {"dis : je cherche refuge auprès du Seigneur des gens..."} jusqu'à la fin de la sourate.

Verset 201

Le serviteur ne pouvant manquer d'insouciance, le diable ne cessant de guetter sa fraîcheur et son oublie, Allah mentionna le signe distinctif des pieux d'avec les égarés : le pieux, quand il sent une faute et qu'une tentative du diable le touche — fautant par un interdit fait ou une obligation délaissée — se souvient de quelle porte il fut atteint et de quelle entrée le diable lui est venu, se souvient de ce qu'Allah lui a obligé et de ce qui lui incombe des exigences de la foi : il voit clair, demande pardon à Allah — Exalté —, rattrape ce qui a procédé de lui par le repentir sincère et les multiples bonnes œuvres, et renvoie son diable chassé et brisé : il lui a corrompu tout ce qu'il avait obtenu de lui.

Verset 202

Quant aux frères des diables et leurs alliés, quand ils tombent dans les fautes, les diables ne cessent de les prolonger dans l'égarement, faute après faute, sans s'arrêter : les diables ne s'arrêtent pas de les égarer, car ils ont convoité en eux ce qu'ils virent : des rênes lâches pour eux — et eux ne s'arrêtent pas de faire le mal.

Verset 203

C'est-à-dire : ces négateurs ne cessent, envers toi, d'obstination et de rébellion ; et si leur viennent les signes attestant la guidée et la droiture — quand tu leur apportes quelque signe attestant ta véracité, ils ne s'y soumettent pas. {"Et si tu ne leur apportes pas de signe"} : des signes de défi qu'ils spécifient, {"ils disent : pourquoi ne l'as-tu pas choisie ?"} : pourquoi n'as-tu pas choisi le signe, en sorte que ce fût tel signe ou tel miracle — comme si c'était toi qui faisais descendre les signes et disposais de toutes les créatures ! Ils ne savent pas que tu n'as rien de l'ordre en main — ou [que le sens est] : pourquoi ne l'as-tu pas inventée de toi-même ? {"Dis : je ne fais que suivre ce qui m'est révélé de mon Seigneur"} : je suis un serviteur suiveur, disposé ; c'est Allah — Exalté — qui fait descendre les signes et les envoie selon ce qu'exige Sa louange et ce que réclame Sa sagesse parfaite. Si vous voulez un signe qui ne s'anéantisse pas à la succession des temps et un argument qui ne s'annule pas en tous instants : le voici — le Coran immense et le Rappel sage. {"Des lucides venant de votre Seigneur"} : on y voit clair dans toutes les demandes divines et les visées humaines : il est la preuve et la chose prouvée. Quiconque y médite et le considère sait qu'il est une descente d'un Sage, Digne de louange : le faux ne lui vient ni de devant ni de derrière, et par lui l'argument s'est établi sur quiconque il a atteint. Mais la plupart des gens ne croient pas ; sinon, quiconque croit : il est pour lui {"une guidée"} hors de l'égarement {"et une miséricorde"} hors du malheur : le croyant est guidé par le Coran, le suit, heureux en sa vie immédiate et sa dernière ; quant à qui n'y a pas cru : égaré et malheureux en ce monde et dans l'autre.

Verset 204

Cette injonction est générale et s'adresse à quiconque entend réciter le Livre d'Allah ; il lui est alors ordonné de l'écouter et de garder silence. La différence entre écouter (istimāʿ) et garder silence (inṣāt) est que le silence relève de l'extérieur : abandonner la parole ou toute occupation qui détourne de l'écoute ; quant à l'écoute, c'est prêter l'oreille, rendre présent son cœur et méditer ce qu'on écoute. Celui qui observe ces deux règles au moment où le Livre d'Allah est récité obtient un bien immense, une science abondante, une foi continue et sans cesse renouvelée, une guidance croissante et une clairvoyance dans sa religion. C'est pourquoi Allah a fait dépendre l'obtention de la miséricorde de ces deux règles, ce qui prouve que celui à qui le Livre est récité sans qu'il l'écoute ni garde silence est privé de sa part de miséricorde et a manqué un bien considérable. Et parmi les obligations les plus formelles imposées à l'auditeur du Coran figurent l'écoute et le silence lors de la prière à voix haute quand son imam récite, car il lui est ordonné de garder silence — au point que la majorité des savants disent que son silence est préférable à sa récitation de la Fātiḥa et d'autres sourates.

Verset 205

L'évocation (dhikr) d'Allah — exalté soit-Il — se fait par le cœur, par la langue, ou par les deux à la fois, ce qui est le plus parfait des modes et des états de l'évocation. Allah a donc ordonné à Son serviteur et messager Muḥammad — principalement, et aux autres à sa suite — d'évoquer son Seigneur en lui-même, c'est-à-dire avec sincérité, dans le recueillement ; {tạḍarruʿan} [avec supplication], c'est-à-dire en suppliant par ta langue et en multipliant les diverses formes d'évocation ; {wa khīfatan} [et avec crainte] : dans ton cœur, en redoutant Allah, le cœur étant saisi de frayeur à l'idée que ton œuvre ne soit pas acceptée. Le signe de la crainte, c'est que l'on s'efforce de parachever l'œuvre, de la rectifier et d'y être sincère. {wа dūna l-jahri mina l-qawli} [sans élever la voix dans la parole], c'est-à-dire : tiens le juste milieu, ne récite pas ta prière à voix haute, ni trop bas, et cherche un chemin entre les deux — {bi-l-ghadāti} : au début du jour, {wa l-aṣāli} : à sa fin. Ces deux moments [l'évocation d'Allah] comportent une prééminence et une vertu sur tous les autres. {lа takūn mina l-ghāfilīn} [ne sois pas des insouciants], qui ont oublié Allah et qu'Il a fait oublier à eux-mêmes ; ils sont privés du bien de ce bas monde et de l'au-delà : ils ont détourné leur attention de Celui en qui résident toute félicité et toute réussite, par l'évocation duquel et le service duquel on les obtient, et se sont tournés vers celui dans l'occupation duquel ne résident que malheur et déception. Voici l'un des rites que le serviteur se doit d'observer avec le plus grand soin : multiplier l'évocation d'Allah à toutes les heures de la nuit et du jour, particulièrement aux deux extrémités du jour, avec sincérité, recueillement, supplication, humilité, quiétude, le cœur et la langue concordant, avec bienséance, dignité, inclination vers l'invocation et l'évocation, le cœur pleinement présent et exempt d'insouciance ; car Allah n'exauce pas l'invocation d'un cœur distrait et inattentif.

Verset 206

Puis Allah — exalté soit-Il — mentionne qu'Il a des serviteurs qui L'adorent en permanence et ne cessent de Le servir : les anges. Sachez donc qu'Allah ne cherche ni à accroître, par votre adoration, ce qui Lui manque, ni à en tirer force d'une prétendue faiblesse ; Il ne veut que votre propre bien, et que vous receviez de Lui des récompenses multiples de vos œuvres. Il a dit : {inna lladhīna ʿinda rabbika} [ceux qui sont auprès de ton Seigneur] : les anges rapprochés, les porteurs du Trône et les karrūbiyyūn [anges de plus haut rang], {lа yastakbirūna ʿan ʿibādatihi} [ne dédaignent pas Son adoration] : ils s'y soumettent et obéissent aux ordres de leur Seigneur ; {wа yusabbiḥūnahu} [et Le glorifient] : nuit et jour sans relâche ; {wа lahu} [et à Lui seul], sans associé, {yasjudūn} [ils se prosternent]. Que les serviteurs prennent pour modèle ces anges nobles et persévèrent dans l'adoration du Roi Omniscient. Fin du commentaire de la sourate al-Aʿrāf. À Allah louange, gratitude et célébration. Que Allah prie sur Muḥammad, sa famille et ses compagnons et leur donne la paix. * * *