Coran › Sourate 4 › al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān

al-Saʿdī — Taysīr al-Karīm al-Raḥmān

ʿAbd al-Raḥmān al-Saʿdī (m. 1376 H/1956) · Sourate 4 complète · trad. IA non relue

Verset 1

Elle est médinoise. ◆ V.1 Allah ouvrit cette sourate en commandant Sa crainte, exhortant à L'adorer et à unir les liens de parenté, et exposa la cause obligeant chacun : ce qui oblige Sa crainte : Il est votre Seigneur {qui vous a créés}, vous a pourvus et éduqués de Ses immenses faveurs, dont votre création {d'une seule âme} dont Il fit {son épouse}, pour qu'elle lui corresponde, qu'il trouve en elle repos, la faveur s'achève et la joie s'ensuive. De même oblige Sa crainte : votre interrogation par Lui et votre magnification : quand vous voulez vos besoins, vous prenez moyen par la demande [par Allah] : qui veut dire à un autre : « Je te demande par Allah de faire ceci », sachant ce qui est en son cœur de magnification d'Allah, portant à ne pas refuser qui demande par Allah : comme vous L'avez magnifié ainsi, magnifiez-Le par L'adorer et Le craindre. De même l'information qu'Il est Observateur : attentif aux serviteurs en leurs mouvements et repos, secret et public, tous états, les surveillant : ce qui oblige Sa considération et la grande pudeur devant Lui, donc Sa crainte ; et l'information qu'Il les créa d'une seule âme et les répandit aux contrées de la terre, avec leur retour à une seule origine : pour que les uns s'inclinent sur les autres et s'attendrissent les uns aux autres. Il joignit le commandement de Sa crainte à celui de la piété envers les parents et l'interdiction de les rompre, pour confirmer ce droit : comme il faut tenir le droit d'Allah, il faut tenir les droits des créatures, surtout les plus proches — tenir leurs droits est du droit d'Allah, qu'Allah a commandé. Considère : Il ouvrit la sourate par la crainte, le lien de parenté et les époux en général, puis détailla ces choses de bout en bout : elle est bâtie sur ces choses, détaillant le global, éclaircissant l'obscur. Sa parole {et créa d'elle son épouse} : allusion à l'égard du droit des époux et épouses : les épouses étant créées des époux — entre eux et elles, la plus proche parenté, le lien le plus fort, la relation la plus solide. Et Sa parole :

Verset 2

La première des droits des créatures recommandés en cette sourate : les orphelins, privés de leurs pères qui pourvoyaient à eux, petits et faibles, ne pourvoyant pas à leurs affaires : le Compatissant Miséricordieux commanda à Ses serviteurs de bien les traiter, de ne point approcher leurs biens sinon de la meilleure façon, de leur remettre leurs biens — majeurs et sages — complets et entiers, et de ne point échanger l'immonde — manger le bien de l'orphelin sans droit — {contre le pur} : le licite sans gêne ni redevance ; {et ne mangez pas leurs biens avec les vôtres} : avec vos biens — allusion à la laideur de manger leur bien en cet état où l'homme se suffit de ce qu'Allah lui a attribué en son bien : qui se hardit à cet état a commis {un immense péché} (ḥūb) : faute immense et poids considérable. De l'échange de l'immonde contre le pur : que le tuteur prenne du bien de l'orphelin le précieux et mette à la place le vil de son bien. Y est la tutelle de l'orphelin : la remise du bien exigeant la tutelle du remettant sur son bien ; et le commandement de mettre en ordre le bien de l'orphelin : la remise parfaite étant de le garder, en prendre soin, le faire croître et ne pas l'exposer aux dangers.

Verset 3

Si vous craignez de ne point être équitables envers les orphelines [qui sont] sous vos ailes et votre tutelle, et de ne point tenir leurs droits faute de les aimer, tournez-vous vers d'autres et épousez {ce qui vous plaît des femmes} : celles que votre choix vise — religion, richesse, beauté, lignée et autres qualités appelant à les épouser : choisissez à votre vue — et le meilleur à choisir est la religion, comme dit le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix : « La femme est épousée pour quatre : sa richesse, sa beauté, sa lignée, sa religion : obtiens la religieuse, que ta main droite prospère ! » En ce verset : choisir avant le mariage — le Législateur a même permis de regarder celle qu'on veut épouser, pour savoir à quoi s'en tenir. Puis le nombre permis : {deux, trois, quatre} : qui veut deux, libre ; trois, libre ; quatre, libre — sans excéder : le verset visant la faveur, l'excès au-delà de ce qu'Allah a nommé est interdit au consensus : l'homme dont le désir n'est pas satisfait d'une seule, il lui est permis une après une jusqu'à quatre — quatre suffisant à quiconque, sauf le rare ; et cela ne lui est permis que s'il est sûr de ne point léser ni opprimer et confiant de tenir leurs droits ; s'il craint quelque chose de cela, qu'il se borne à une, ou à sa concubine : point de partage dû pour la concubine. {Cela} — se borner à une ou à la concubine — {est plus proche que vous ne transgressiez} : que vous lésiez : enseignement : s'exposer à ce dont on craint l'injustice et l'abandon du devoir, même permis, ne sied pas : demeurer dans la largeur et la santé — la santé est la meilleure chose donnée au serviteur.

Verset 4

Beaucoup d'hommes lésant les femmes et leurs droits, surtout le douaire, souvent considérable et payé en une fois avec difficulté, Il leur commanda et pressa de donner aux femmes {leurs douaires} (ṣaduqāt) {en offrande} (niḥla) : de bon gré et en tranquillité : ne les différer ni rien en diminuer ; preuve que le douaire se paie à la femme responsable et qu'elle le possède par le contrat — Il le lui a attribué, l'attribution entraînant la propriété ; {si elles vous en cèdent quelque chose de bon gré} : par générosité, agrément et choix — en remettre, différer ou compenser — {mangez-le en belle et agréable jouissance} : nul grief ni redevance. Preuve que la femme dispose de son bien, même par libéralité, si elle est sage ; sinon son don n'a point d'effet, et son tuteur n'a rien du douaire sinon ce qu'elle agrée. De {épousez ce qui vous plaît des femmes} : preuve qu'épouser la mauvaise n'est pas commandé mais interdit — l'associatrice, la débauchée : {n'épousez pas les associatrices jusqu'à ce qu'elles croient}, {la fornicatrice ne l'épouse qu'un fornicateur ou un associé}. Et Sa parole :

Verset 5

Les insensés (sufahā') : pluriel de safīh [légger, incapable de gérer] : qui ne sait pas disposer du bien — par défaut de raison : fou, débile et semblables ; ou défaut de sagesse : l'enfant, le non sage. Allah interdit aux tuteurs de remettre à ceux-ci leurs biens, de crainte de les corrompre et détruire : Allah a fait des biens le soutien de Ses serviteurs pour leurs intérêts religieux et mondains — ceux-ci ne savent pas les tenir et les garder : le tuteur ne les leur remet pas, mais les nourrit de là, les habille, en dépense pour leurs nécessités et besoins religieux et mondains, et leur tient parole convenable : leur promettre, s'ils le demandent, qu'on le leur remettra après leur sagesse, et user de douceur en parole pour consoler leurs cœurs. L'attribution des biens aux tuteurs allusione : ils doivent faire des biens des insensés ce qu'ils font des leurs : garder, disposer, ne pas exposer aux dangers. Le verset prouve : la dépense du fou, de l'enfant et de l'insensé est sur leur bien s'ils en ont : {nourrissez-les en et habillez-les} ; et que la parole du tuteur est reçue en la dépense et l'habillement possibles : Allah l'a fait de confiance sur leur bien — la parole du probe est reçue.

Verset 6

L'épreuve (ibtilā') : le test — remettre à l'orphelin proche de la sagesse et capable de sagesse une part de son bien, et le gérer de la gestion convenant à son état : sa sagesse ou sa légèreté en apparaît ; s'il ne sait toujours pas disposer, son bien ne lui est pas remis : il demeure insensé, dût-il être très âgé ; si sa sagesse et sa bonne gestion du bien apparaissent et qu'il atteint le mariage : {remettez-leur leurs biens} complets et entiers ; {et ne les mangez point en excès} : dépassant la limite licite permise de vos biens vers l'interdit de leurs biens ; {ni en hâte de leur majorité} : ne les mangez point en leur minorité où ils ne peuvent vous les prendre ni vous en empêcher, en vous hâtant avant qu'ils grandissent et vous les prennent et vous en empêchent — état de beaucoup de tuteurs sans crainte d'Allah ni miséricorde ni amour de leurs pupilles, qui voient là une aubaine et s'empressent de prendre ce qu'Allah leur a interdit : Allah interdit cet état en particulier.

Verset 7

Les Arabes à la Jāhiliyya, par tyrannie et dureté, ne faisaient pas hériter les faibles — femmes et enfants —, donnant l'héritage aux hommes forts : gens, disaient-ils, de la guerre, du combat, du pillage. Le Seigneur Miséricordieux Sage voulut légiférer à Ses serviteurs une loi où s'égalent hommes et femmes, forts et faibles, et présenta d'abord un énoncé global pour préparer les âmes, le détail venant après le global, les âmes l'ayant désiré et l'étrangeté des mauvaises habitudes étant partie : {aux hommes une part} : lot et portion {de ce qu'ont laissé} : délaissé {les deux parents} : père et mère, {et les proches} : général après particulier ; {et aux femmes une part de ce qu'ont laissé les deux parents et les proches} — comme si l'on demandait : cette part relève-t-elle de l'usage et de leur bon plaisir, ou d'une quantité fixée ? Allah dit : {une part fixée} : déterminée par l'Omniscient le Sage — le détail viendra, s'Allah veut. Autre illusion possible : que femmes et enfants n'aient part que de la grande richesse — écartée par {peu ou beaucoup} : béni soit Allah, le meilleur des juges !

Verset 8

Un des beaux et immenses jugements d'Allah, réparateur des cœurs : {quand est présente la division} — des héritages — {les proches parents} : les proches non héritiers, à preuve {la division} : les héritiers étant de ceux entre qui on divise — {et les orphelins et les pauvres} : les méritants des indigents — {donnez-leur de cela} : donnez-leur l'aisé de ce bien venu sans peine, labeur ni fatigue : leurs âmes le désirent et leurs cœurs y aspirent : consolez leurs cœurs de ce qui ne vous nuit pas et leur profite. On en tire : quiconque aspire à ce qui est devant l'homme, qu'il lui en donne l'aisé — comme le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : « Quand l'un de vous, son serviteur lui apporte sa nourriture, qu'il l'asseye avec lui ; sinon, qu'il lui donne une ou deux bouchées », ou comme il dit. Les compagnons — qu'Allah les agrée — aux premiers fruits de leurs arbres les apportaient au messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : il invoquait la bénédiction, regardait le plus petit enfant présent et le lui donnait, sachant son vif désir. Tout cela quand donner est possible ; sinon — bien d'insensés ou plus important — qu'on leur tienne {parole convenable} : les renvoyer d'un beau renvoi, parole bonne, ni obscène ni laide.

Verset 9

On a dit : interpellation de qui assiste un mourant injuste en sa recommandation : lui commander l'équité et l'égalité en elle — à preuve {et qu'ils disent une parole droite} : juste, conforme à l'équité et au convenable — et commander à qui veut recommander pour ses enfants ce qu'ils aiment qu'on traite leurs enfants après eux. On a dit : ce sont les tuteurs des insensés — fous, petits et faibles — : les traiter en leurs intérêts religieux et mondains comme ils aimeraient qu'on traite leur faible descendance après eux ; {qu'ils craignent Allah} en leur tutelle d'autrui : les traiter de la crainte d'Allah — ne pas les avilir, en prendre soin, leur imposer la crainte d'Allah.

Verset 10

Après ce commandement, Il les retint de manger les biens des orphelins et menaça du plus dur châtiment : {ceux qui mangent les biens des orphelins injustement} : sans droit — restriction excluant la permission pour le pauvre selon le convenable et le mélange de leur nourriture avec celle des orphelins ; qui les mange injustement {ne mangent que du Feu dans leurs ventres} : ce qu'ils ont mangé est feu flamboyant dans leurs gésiers, eux qui l'ont introduit dans leurs ventres — {et ils brûleront dans la Fournaise} : feu brûlant et attisé. Plus grande menace advenue pour des péchés : preuve de l'horreur de manger les biens des orphelins et de sa laideur, entraînant l'entrée au Feu : des plus grands péchés majeurs — nous demandons à Allah la préservation. Ces versets et le verset de fin de sourate sont les versets des parts successorales les contenant : avec le hadith d'Abdallāh ibn 'Abbās établi au Ṣaḥīḥ de Bukhārī : « Attribuez les parts à leurs ayants droit ; ce qui reste au plus proche homme mâle » — ils contiennent la plupart des règles des parts, sinon toutes, comme tu le verras — sauf l'héritage des grand-mères : non mentionné là, mais établi dans les Sunan, d'après al-Mughīra ibn Shu'ba et Muhammad ibn Maslama : le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — donna à la grand-mère le sixième, avec le consensus des savants.

Verset 11

Sa parole {Allah vous recommande, au sujet de vos enfants} : vos enfants, ô parents, sont des dépôts auprès de vous, dont Allah vous a recommandé la charge, pour tenir leurs intérêts religieux et mondains : les instruire, les éduquer, les retenir des corruptions, leur commander l'obéissance à Allah et la piété constante : {Ô vous qui croyez, préservez-vous et vos familles d'un Feu dont le combustible est les gens et les pierres} — les enfants sont confiés à leurs parents : s'ils tiennent cette recommandation, immense récompense ; s'ils la négligent, ils méritent menace et punition — preuve qu'Allah est plus miséricordieux envers Ses serviteurs que les parents, ayant recommandé aux parents malgré leur parfaite tendresse. Puis le mode de leur héritage : {au mâle la part de deux femelles} : les fils propres et les fils du fils — au mâle la part de deux femelles, sans détenteur de part, ou se partageant le surplus des parts ainsi — consensus des savants ; et avec des enfants propres, l'héritage est à eux, rien aux petits-fils quand il y a des enfants propres mâles et femelles. Cela avec mâles et femelles réunis ; deux cas : les mâles seuls — leur règle vient — et les femelles seules : {si elles sont des femmes au-dessus de deux} : filles propres ou petites-filles, trois ou plus — {à elles les deux tiers de ce qui est laissé ; et si elle est unique} : fille ou petite-fille — {à elle la moitié} : consensus. D'où tire-t-on que les deux filles ont les deux tiers, au consensus ? De {si elle est unique, à elle la moitié} : le sens impliqué : si elles excèdent une, la part quitte la moitié, et il n'y a après elle que les deux tiers. De même {au mâle la part de deux femelles} : s'il laisse un fils et une fille, le fils a les deux tiers, qu'Allah a dit être la part de deux femelles : les deux filles ont donc les deux tiers. De même : la fille prenant le tiers avec son frère — plus dur pour elle que sa sœur — le prend avec sa sœur à plus forte raison. De même, au sujet des deux sœurs : {si elles sont deux, à elles les deux tiers de ce qu'il a laissé} : texte explicite pour deux sœurs — éloignées prenant les deux tiers, les deux filles, plus proches, à plus forte raison. Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — donna aux deux filles de Sa'd les deux tiers, au Ṣaḥīḥ. Quel profit de {au-dessus de deux} ? Pour que l'on sache que la part — les deux tiers — n'excède pas par leur surcroît au-delà de deux : de deux et au-delà. Le noble verset prouve : une fille propre et une petite-fille ou des petites-filles : la moitié à la fille propre, et des deux tiers prescrits aux filles ou petites-filles reste le sixième, donné à la petite-fille ou petites-filles — d'où son nom : complément des deux tiers. Pareillement la petite-fille avec les petites-filles plus basses qu'elle. Et le verset prouve : les filles ou petites-filles épuisant les deux tiers, celles au-dessous d'elles tombent : Allah ne leur a prescrit que les deux tiers, accomplis — sinon, Il leur prescrirait plus, contre le texte. Tous ces jugements font consensus, à Allah la louange. Sa parole {de ce qu'il a laissé} prouve : les héritiers héritent tout ce que le défunt a laissé — immeubles, meubles, or, argent et autre, jusqu'à le prix du sang dû seulement après sa mort, et les dettes de charge. Puis l'héritage des deux parents : {et à ses deux parents} : père et mère, {à chacun le sixième de ce qu'il a laissé, s'il a un enfant} : enfant propre ou petit-fils, mâle ou femelle, un ou plusieurs : la mère ne dépasse pas le sixième avec aucun enfant ; le père, avec les mâles, ne mérite pas plus que le sixième ; si l'enfant est femelle ou femelles et rien ne reste après la part — deux parents et deux filles —, pas de complément agnatique pour lui ; s'il reste quelque chose après la part de la fille ou des filles, le père prend le sixième en part et le reste en agnation : nous avons attribué les parts à leurs ayants droit ; ce qui reste au plus proche mâle — plus proche que le frère, l'oncle et autres. {S'il n'a pas d'enfant et que ses parents héritent de lui, à sa mère le tiers} : le reste au père — Il a attribué le bien au père et à la mère d'une seule attribution, puis fixé la part de la mère : le reste est au père ; et on sait que le père, sans enfants, n'a point de part fixée : il hérite par agnation tout le bien ou le surplus des parts. Mais si avec les deux parents il y a l'un des deux époux — dits les deux 'umariyyatayn —, l'époux ou l'épouse prend sa part (la suite au verset 12). On objecta l'emploi du pluriel pour « frères » alors que deux suffisent ; réponse : le pluriel vise la pluralité, et deux la réalisent — le pluriel peut viser deux : {nous fûmes témoins de leur jugement} pour Dāwūd et Sulaymān ; et pour les frères de mère : {s'il a un frère ou une sœur, à chacun le sixième ; s'ils sont plus, associés au tiers} : pluriel visant deux ou plus, au consensus. Ainsi : mère, père et frères : le sixième à la mère, le reste au père, qui l'écarte du tiers tout en étant écarté par le père — sauf l'autre lecture : le tiers à la mère, le reste au père. Puis : {après une recommandation recommandée ou une dette} : ces parts et héritages ne sont dus qu'après acquittement des dettes du défunt envers Allah ou les hommes, et des recommandations qu'il a faites pour après sa mort : le reste est la masse aux héritiers. La recommandation est mentionnée avant la dette, bien que la dette la précède, pour l'importance — son prélèvement pèse aux héritiers ; sinon, les dettes passent avant, sur le capital ; la recommandation n'est valable que du tiers ou moins pour l'étranger non héritier ; au-delà, sans agrément des héritiers. Allah dit : {vos pères et vos fils, vous ne savez lequel vous est plus profitable} : si l'héritage était remis à vos raisons et choix, il en résulterait le mal qu'Allah connaît : raisons déficientes, ignorant le mieux convenant en tout temps et lieu — vous ne sauriez quel enfant ou parent est plus profitable et plus proche de vos buts religieux et mondains. {Prescription d'Allah : Allah sait, est sage} : Il l'a prescrit, Lui qui embrasse toute chose de science, a parfait ce qu'Il a légiféré et déterminé ce qu'Il a déterminé de la meilleure détermination : les raisons ne sauraient proposer le pareil de Ses jugements valables pour tout temps, lieu et état.

Verset 12

{Et à vous} — époux — {la moitié de ce qu'ont laissé vos épouses, si elles n'ont pas d'enfant ; si elles en ont, le quart de ce qu'elles ont laissé, après recommandation ou dette ; et à elles le quart de ce que vous avez laissé, si vous n'avez pas d'enfant ; si vous en avez, le huitième de ce que vous avez laissé, après recommandation ou dette} — « enfant » conditionné présent ou absent embrasse l'enfant propre et le petit-fils, mâle et femelle, un ou plusieurs, du mari ou d'un autre ; en sont exclus les enfants des filles, au consensus. Puis : {s'il est un homme dont on hérite sans ascendant ni descendant (kalāla) [sans père ni enfant], ou une femme, et qu'il ait un frère ou une sœur} : de mère — selon une lecture —, et les savants consensent que les frères ici sont de mère : s'il meurt kalāla : sans père ni grand-père, fils, petit-fils, fille ou petite-fille, si basse — telle est la kalāla selon Abū Bakr le Véridique — qu'Allah l'agrée —, consensus obtenu, à Allah la louange — {à chacun d'eux} : frère et sœur {le sixième ; s'ils sont plus, associés au tiers} : sans excéder le tiers, dussent-ils être plus de deux. {Associés au tiers} prouve : mâle et femelle égaux — « associé » exige l'égalité. Et kalāla prouve : les branches, si basses, et les mâles de la souche, si hauts, écartent les enfants de la mère : Allah ne les fait hériter que dans la kalāla — hors kalāla, rien pour eux, d'accord. Et {associés au tiers} prouve : dans la question dite « de l'ânesse » — époux, mère, frères de mère et frères germains : la moitié à l'époux, le sixième à la mère, le tiers aux frères de mère, et les germains tombent : Allah a attribué le tiers aux frères de mère ; s'ils partageaient avec les germains, on réunirait ce qu'Allah a séparé ; et les frères de mère sont détenteurs de parts, les germains agnats : « Attribuez les parts à leurs ayants droit ; le reste au plus proche mâle » — les gens des parts, Allah a fixé leurs quotes : rien ne reste, les germains tombent : le sens correct. Quant aux frères et sœurs germains ou de père : {ils t'interrogent : dis, Allah vous instruit de la kalāla...} — la sœur unique, germaine ou de père : la moitié ; deux : les deux tiers ; la germaine unique avec sœur ou sœurs de père : la moitié, et le reste des deux tiers à la sœur ou sœurs de père — le sixième, complément ; les germanes épuisant les deux tiers, les sœurs de père tombent, comme les filles et petites-filles ; frères et sœurs : au mâle la part de deux femelles. Si l'on demande : le meurtrier, l'esclave, le différent en religion, le partiellement libre, l'hermaphrodite, le grand-père avec les frères autres que de mère, l'accroissement ('awl), le retour (radd), les parents maternels et le reste des agnats, les sœurs avec filles ou petites-filles — tout cela du Coran ? Oui : allusions et indications subtiles, ardues au non-méditant : Le meurtrier et le différent en religion n'héritent pas : de la sagesse divine répartissant le bien selon la proximité et le profit religieux et mondain : {vous ne savez lequel vous est plus profitable} — le meurtrier a œuvré contre son hérité au plus grand mal : son titre d'héritier ne équilibre pas le mal du meurtre, contraire au profit sur quoi l'héritage est suspendu : le meurtre est le plus grand empêchement, coupant le lien de parenté : {les parents maternels sont les uns plus proches que les autres dans le livre d'Allah} — et la règle : qui hâte une chose avant son temps est puni de la privation. De même le différent de religion du défunt n'hérite pas : le titre — la parenté — contre l'empêchement — la différence de religion entraînant séparation totale : l'empêchement l'emporte. Allah a fait les droits des musulmans préférables aux droits mondains des parents mécréants : le musulman mort, son bien à qui en est plus en droit : {les parents sont les uns plus proches que les autres dans le livre d'Allah} — à religions égales ; à religions diverses, la fraternité religieuse prime la seule fraternité de sang. Ibn al-Qayyim dit dans Jalā' al-Afhām : « Considère ce sens dans le verset des héritages : Il a suspendu l'héritage au terme d'épouse, non de femme : {à vous la moitié de ce qu'ont laissé vos épouses} — indication que cet héritage vient de l'épousalité, exigeant ressemblance et correspondance : le croyant et le mécréant n'ont ni ressemblance ni correspondance : nul héritage entre eux. Les secrets des mots du Coran, simples et composés, dépassent les raisons des mondes. » Fin. L'esclave n'hérite ni ne transmet : ne transmet pas — clair : il n'a point de bien, tout ce qu'il a est à son maître ; n'hérite pas — il ne possède pas : s'il possédait, ce serait à son maître, étranger au défunt : {au mâle la part de deux femelles} et semblables valent pour qui peut posséder ; l'esclave ne le peut pas : nul héritage. Le partiellement libre : ses jugements se partagent : sa part libre mérité ce qu'Allah a suspendu aux héritages — sa liberté peut posséder, sa servitude non : il hérite, transmet et écarte à la mesure de sa liberté — comme l'esclave est loué, blâmé, rétribué, puni à la mesure des causes. L'hermaphrodite (khunthā) : masculinité ou féminité claire — la règle claire : mâle, règle des mâles ; femelle, des femelles. Ambigu : si mâle et femelle héritent pareil — frères de mère —, clair ; si différent et nul moyen de savoir : ne lui donner ni le plus des deux suppositions — injustice possible des cohéritiers — ni le moins — injustice possible envers lui : le moyen terme, la plus équitable des deux voies : {soyez équitables : plus proche de la piété} — nulle voie vers plus d'équité ; Allah ne charge pas l'âme au-delà de sa capacité. Le grand-père avec les frères germains ou de père : le livre d'Allah prouve la thèse d'Abū Bakr — qu'Allah l'agrée — : le grand-père écarte les frères, germains, de père ou de mère, comme le père : le grand-père est « père » en plus d'un lieu du Coran : {lorsque la mort vint à Jacob... "Nous adorons ton dieu et le dieu de tes pères Abraham, Ismaël et Isaac"} — Ismāʿīl et Isḥāq, grand-père et arrière-grand-père de Yaʿqūb, nommés « pères » ; Yūsuf : {j'ai suivi la religion de mes pères Abraham, Isaac et Jacob} : le grand-père et l'arrière-grand-père nommés père : le grand-père vaut le père, hérite comme lui, écarte comme lui — les savants consensant qu'à défaut du père, le grand-père vaut lui dans l'héritage avec les enfants, frères, oncles et leurs fils et le reste : il vaut aussi lui à écarter les frères autres que de mère ; si le fils du fils vaut le fils propre, pourquoi le grand-père ne vaudrait-il le père ? Et si l'on consens que l'arrière-grand-père écarte le neveu, pourquoi le grand-père du défunt n'écarterait-il son frère ? Nuls texte, allusion, indication ni analogie valide pour qui fait hériter les frères avec le grand-père. L'accroissement ('awl) : du Coran : Allah a prescrit les quotes aux héritiers, entre deux états : les uns écartent les autres ou non — écartés : tombés, sans concours ni droit ; non écartés : les parts n'épuisent pas la masse, ou l'épuisent sans excès ni manque, ou l'excèdent — aux deux premiers cas, chacun prend sa part entière ; au dernier : ou réduire l'un au-dessous de sa part et compléter les autres — préférence sans préférent, nul plus digne qu'un autre — ou donner à chacun sa quote autant que possible et répartir proportionnellement, comme les dettes des créanciers excédant le bien du débiteur : nulle voie que l'accroissement : l'accroissement est donc exposé dans le livre d'Allah. Par la voie inverse, le retour (radd) : les parts n'épuisant pas la masse et rien pour un agnat proche ou lointain : le retour à l'un — préférence sans préférent ; le donner à d'autres que proches — torsion et opposition à {les parents sont les uns plus proches que les autres} : il faut retourner aux gens des parts à la mesure de leurs parts — les époux n'étant pas de la parenté, sans excès sur leur quote [selon qui nie le retour pour eux ; selon le sens correct, leur règle est celle des autres au retour : la preuve les englobe comme elle les englobe à l'accroissement]. De même l'héritage des parents par les femmes (dhawū al-arḥām) : le défunt ne laissant ni détenteur de part ni agnat, l'affaire oscillant entre le Trésor pour des étrangers et ses proches rattachés aux héritiers consensés : le second s'impose — {les parents sont les uns plus proches que les autres dans le livre d'Allah} : le donner à d'autres délaisse le plus proche : leur héritage s'impose ; et n'ayant point de quote fixée en propre, ils descendent au rang de ceux par qui ils se rattachent. Allah sait mieux. Le reste des agnats — filiation, fraternité et leurs fils, oncles et leurs fils... : le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : « Attribuez les parts à leurs ayants droit ; le reste au plus proche mâle » ; et {à chacun Nous avons assigné des alliés de ce qu'ont laissé les parents et les proches} : les parts attribuées, rien ne reste : l'agnat n'a rien ; du reste : les agnats selon leurs voies et degrés — cinq voies : la filiation, la paternité, la fraternité et ses fils, l'oncléité et ses fils, l'allégeance — la plus proche voie d'abord ; même voie : le plus proche rang ; même rang : le plus fort, le germain ; égaux en tout : partage. Allah sait mieux. Les sœurs autres que de mère avec filles ou petites-filles deviennent agnates prenant le surplus des parts : rien dans le Coran n'indique qu'elles tombent devant les filles — du surplus après la part des filles, il est donné aux sœurs, sans passer à des agnats plus éloignés, neveu, oncle ou plus loin. Allah sait mieux.

Verset 13

Ces détails des héritages sont les limites d'Allah, auxquelles il faut s'arrêter sans les franchir ni y manquer — preuve que la recommandation en faveur d'un héritier est abrogée par la fixation par Allah des quotes des héritiers. Puis {telles sont les limites d'Allah : ne les transgressez pas} : la recommandation à un héritier au-delà de son droit est de la transgression, avec sa parole — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix : « Nulle recommandation pour un héritier. » Puis l'obéissance à Allah et Son messager et la désobéissance aux deux en général, le général englobant de tenir Ses limites aux parts ou les délaisser : {quiconque obéit à Allah et au Messager} — accomplir leur commandement, au sommet l'unicité puis les commandements en leurs degrés ; éviter leur interdiction, au sommet l'association puis les désobéissances en leurs rangs — {Il le fait entrer aux jardins sous lesquels coulent les rivières, y demeurant} : qui accomplit les commandements et évite les interdits entre nécessairement au Paradis et échappe au Feu. {Et cela est l'immense triomphe} : le salut de Sa colère et Son châtiment, l'obtention de Sa récompense et Son agrément, de la félicité durable que nul descrivant ne décrit.

Verset 14

{Et quiconque désobéit à Allah et Son messager...} — la désobéissance embrasse la mécréance et au-delà : nulle prise pour les kharijites disant mécréants les désobéissants : Allah a suspendu l'entrée au Paradis à L'obéir, Lui et Son messager, et l'entrée au Feu à Lui désobéir, Lui et Son messager : qui obéit d'obéissance parfaite entre au Paradis sans châtiment ; qui désobéit d'une désobéissance parfaite incluant l'association et au-delà entre au Feu à perpétuité ; qui réunit désobéissance et obéissance a récompense et punition selon sa part d'obéissance et de désobéissance. Les textes notoires prouvent que les monothéistes, détenant l'obéissance de l'unicité, ne demeurent pas au Feu : leur unicité les en préserve.

Verset 15

Les femmes {qui commettent la turpitude} : la fornication, dite turpitude pour son horreur et sa laideur. {Prenez-en témoins quatre d'entre vous} : de vos hommes croyants probes. {S'ils témoignent, retenez-les dans les maisons} : enfermez-les contre la sortie engendrant le soupçon — l'enfermement étant aussi punition — {jusqu'à ce que la mort les prenne} : terme de l'enfermement — {ou qu'Allah leur fasse une voie} : autre que l'enfermement. Ce verset n'est pas abrogé : il est borné à ce temps : tel fut l'ordre au début de l'islam, jusqu'à ce qu'Allah leur fît une voie : la lapidation du marié et la flagellation du non-marié.

Verset 16

{Et ceux d'entre vous qui la commettent} : la turpitude, des hommes et des femmes — {nuisez-leur} : parole, reproche, flétrissure et châtiment retentissant de cette turpitude. Ainsi les hommes commettant la turpitude sont nuit, les femmes enfermées et nuit — l'enfermement jusqu'à la mort, la nuisance jusqu'au repentir et à la réparation : {s'ils se repentent} : reviennent de la faute, la regrettent et résolvent de ne pas récidiver — {et réparent} : l'œuvre prouvant la sincérité du repentir — {détournez-vous d'eux} : de leur nuire : {Allah est agréeur du repentir, miséricordieux} : abondant en retour vers les fauteurs, immense de miséricorde et bienfaisance — dont la bienfaisance : les rendre capables du repentir, le recevoir, leur passer ce qui vint d'eux. On tire de ces deux versets : la preuve de la fornication exige quatre hommes croyants — à plus forte raison probes : Allah a durci l'affaire de cette turpitude pour couvrir Ses serviteurs : Il n'y reçoit ni les femmes seules, ni avec l'homme, ni moins de quatre ; et l'explicite de la testimonage est requis, comme les hadiths authentiques le prouvent et le verset le suggère : {prenez-en témoins quatre d'entre vous} n'ayant pas suffi jusqu'à {s'ils témoignent} : testimonage explicite d'une chose vue de ses yeux, sans allusion ni périphrase. On en tire aussi : la nuisance en parole et acte et l'enfermement, légiférés par Allah comme correction du genre de la désobéissance d'où résulte la retenue.

Verset 17

Le retour d'Allah (tawba) sur Ses serviteurs est de deux sortes : la réussite au repentir, et son acceptation une fois le serviteur repenti. Il informa que le repentir que Allah S'est imposé à Lui-même en droit, par générosité et grâce, est pour quiconque fait le mal — les désobéissances — {par ignorance} : ignorance de son issue et de ce qu'il entraîne, colère et châtiment d'Allah ; ignorance du regard d'Allah et de Sa surveillance ; ignorance de ce qu'il entraîne de diminution ou d'anéantissement de la foi : tout désobéissant à Allah est ignorant en ce sens, dût-il connaître l'interdiction — la connaissance de l'interdiction est même condition que ce soit désobéissance punissable. {Puis se repentent de près} : avant de voir la mort — Allah accepte le repentir du serviteur s'il se repent avant de voir la mort et le châtiment, certainement ; après la présence de la mort, nul repentir n'est reçu des désobéissants, nul retour des mécréants : {quand la noyade l'atteignit, Pharaon dit : je crois...} ; {quand ils virent Notre violence, ils dirent : nous croyons... leur foi ne leur servit point quand ils virent Notre violence : sunna d'Allah passée en Ses serviteurs} ; et ici : {le repentir n'est point pour ceux qui font les mauvaises actions — les désobéissances en deçà de la mécréance — jusqu'au moment où la mort vient à l'un d'eux : "je me repens maintenant" — ni pour ceux qui meurent mécréants : à eux Nous avons préparé un châtiment douloureux} : le repentir en cet état est repentir de nécessité, qui ne profite point : ne profite que le repentir de choix. On peut aussi comprendre {de près} : proche de leur faute exigeant le repentir : quiconque s'empresse de cesser dès la faute, revient à Allah et la regrette, Allah se repent sur lui — à la différence de qui persiste et s'obstine en ses défauts jusqu'à en faire des qualités enracinées : le repentir parfait lui devient difficile, et le plus souvent il n'est pas rendu capable du repentir ni de ses causes — comme qui fait le mal en savoir et certitude, négligeant le regard d'Allah : il se ferme la porte de la miséricorde. Oui : Allah peut rendre capable Son serviteur obstiné délibéré d'un repentir profitable effaçant ses méfaits et crimes passés — mais la miséricorde et la réussite sont plus proches pour le premier : d'où la clôture du premier verset : {Allah sait, est sage} : de Sa science, Il connaît le repenti sincère du menteur et rétribue chacun selon son mérite, par Sa sagesse ; et de Sa sagesse de rendre capable du repentir qui Sa sagesse et miséricorde veut rendre capable, et d'abandonner qui Sa sagesse et justice veulent priver de réussite. Allah sait mieux.

Verset 18

Le retour d'Allah (tawba) sur Ses serviteurs est de deux sortes : la réussite au repentir, et son acceptation une fois le serviteur repenti. Il informa que le repentir que Allah S'est imposé à Lui-même en droit, par générosité et grâce, est pour quiconque fait le mal — les désobéissances — {par ignorance} : ignorance de son issue et de ce qu'il entraîne, colère et châtiment d'Allah ; ignorance du regard d'Allah et de Sa surveillance ; ignorance de ce qu'il entraîne de diminution ou d'anéantissement de la foi : tout désobéissant à Allah est ignorant en ce sens, dût-il connaître l'interdiction — la connaissance de l'interdiction est même condition que ce soit désobéissance punissable. {Puis se repentent de près} : avant de voir la mort — Allah accepte le repentir du serviteur s'il se repent avant de voir la mort et le châtiment, certainement ; après la présence de la mort, nul repentir n'est reçu des désobéissants, nul retour des mécréants : {quand la noyade l'atteignit, Pharaon dit : je crois...} ; {quand ils virent Notre violence, ils dirent : nous croyons... leur foi ne leur servit point quand ils virent Notre violence : sunna d'Allah passée en Ses serviteurs} ; et ici : {le repentir n'est point pour ceux qui font les mauvaises actions — les désobéissances en deçà de la mécréance — jusqu'au moment où la mort vient à l'un d'eux : "je me repens maintenant" — ni pour ceux qui meurent mécréants : à eux Nous avons préparé un châtiment douloureux} : le repentir en cet état est repentir de nécessité, qui ne profite point : ne profite que le repentir de choix. On peut aussi comprendre {de près} : proche de leur faute exigeant le repentir : quiconque s'empresse de cesser dès la faute, revient à Allah et la regrette, Allah se repent sur lui — à la différence de qui persiste et s'obstine en ses défauts jusqu'à en faire des qualités enracinées : le repentir parfait lui devient difficile, et le plus souvent il n'est pas rendu capable du repentir ni de ses causes — comme qui fait le mal en savoir et certitude, négligeant le regard d'Allah : il se ferme la porte de la miséricorde. Oui : Allah peut rendre capable Son serviteur obstiné délibéré d'un repentir profitable effaçant ses méfaits et crimes passés — mais la miséricorde et la réussite sont plus proches pour le premier : d'où la clôture du premier verset : {Allah sait, est sage} : de Sa science, Il connaît le repenti sincère du menteur et rétribue chacun selon son mérite, par Sa sagesse ; et de Sa sagesse de rendre capable du repentir qui Sa sagesse et miséricorde veut rendre capable, et d'abandonner qui Sa sagesse et justice veulent priver de réussite. Allah sait mieux.

Verset 19

À la Jāhiliyya, un homme mort laissant une épouse, son proche — frère, cousin ou semblable — se croyait le plus en droit d'elle, la réservait à autrui, aimât-elle ou non : s'il l'aimait, il l'épousait pour un douaire de son choix inférieur à elle ; s'il ne l'agréait pas, il la retenait, ne la marait qu'à son choix, ou refusait jusqu'à ce qu'elle lui cède part de l'héritage de son proche ou de son douaire. L'homme aussi retenait l'épouse qu'il détestait pour emporter part de ce qu'il lui avait donné. Allah interdit aux croyants tous ces états, sauf deux : si elle agrée et choisit le mariage avec le proche de son premier époux — sens impliqué de {de force} ; et si elle a commis une turpitude manifeste — fornication, parole obscène, nuisance à son époux — : alors il peut la retenir en punition, pour qu'elle se rachète, si la retention est équitable. Puis : {cohabitez avec elles selon le convenable} : embrassant le commerce verbal et effectif : l'époux doit cohabiter avec son épouse selon le convenable — belle compagnie, retenue du mal, bienfaisance, bon traitement —, y entrant dépense et habillement : l'époux doit à son épouse le convenable de tel comme lui pour telle comme elle en ce temps et lieu, variant selon les états. {Si vous les répugnez, peut-être répugnez-vous une chose où Allah a mis un immense bien} : époux, retenez vos épouses malgré la répugnance : grand bien y est : obéir au commandement d'Allah et recevoir Sa recommandation où est le bonheur des deux mondes ; se contraindre sans amour est lutte de l'âme et character beau — la répugnance peut partir, remplacée par l'amour, comme il advient ; et peut-être en est-il gratifié d'un enfant vertueux profitant à ses deux parents en ce monde et dans l'autre.

Verset 20

Tout cela quand retenir est possible et sans danger ; si la séparation s'impose, sans lieu de retenir, la retention n'est point obligatoire : {quand vous voulez remplacer une épouse par une autre} : répudier et épouser — nul grief ni embarras ; mais si {vous avez donné à l'une d'elles} — la répudiée ou l'épousée — {un quintal} : une grande richesse — {n'en reprenez rien} : laissez-le aux femmes, ne le différez pas. Le verset prouve que la multiplicité du douaire n'est pas interdite — le meilleur étant d'imiter le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — en l'allégeant ; preuve : Allah rapporte d'eux un fait sans le désapprouver : preuve de non-interdiction. Mais on peut interdire l'excès du douaire s'il comporte corruption religieuse sans intérêt équivalent. Puis : {le prendriez-vous par calomnie et péché manifeste ?} : cela ne se peut, dussiez-vous y user de toutes les ruses : la faute en est claire.

Verset 21

Allah exposa la sagesse : {comment le prendriez-vous, quand vous êtes allés l'un à l'autre et qu'elles ont pris de vous un pacte solide ?} : l'épouse, avant le contrat, interdite à l'époux, n'agréant sa licéité que pour ce douaire qu'il lui paie ; quand il est entré en elle et l'a approchée de l'approche interdite avant cela, qu'elle n'agréait que pour cette contrepartie : il a consommé la chose contrepartiée : la contrepartie lui est due — comment consommer puis reprendre le prix ? La plus grande injustice et tyrannie. De même Allah a pris aux époux un pacte solide par le contrat et la tenue de ses droits. Puis Allah — exalté soit-Il — dit :

Verset 22

N'épousez pas des femmes que vos pères ont épousées — le père, si haut. {C'était turpitude} : chose laide dont la laideur croît et s'aggrave ; {détesté} : d'Allah envers vous et des créatures — le fils en hait le père pour cela et le père le fils, malgré le commandement de piété filiale ; {et quelle détestable voie !} : détestable chemin pour qui le prend : c'est des coutumes de la Jāhiliyya dont l'islam est venu se transcender et s'en déclarer quitte. Ces nobles versets contiennent les interdites par parenté, par allaitement, par alliance, par réunion, et les permises des femmes.

Verset 23

Les interdites par parenté : les sept qu'Allah a nommées : la mère — toute femme dont tu descends, si éloignée ; la fille — toute dont tu es l'ascendant ; les sœurs, germanes, de père ou de mère ; la tante paternelle — toute sœur de ton père ou de ton grand-père, si haut ; la tante maternelle — toute sœur de ta mère ou de ta grand-mère, si haute, héritière ou non ; les filles du frère et les filles de la sœur, si basses. Telles sont les interdites par parenté, au consensus des savants, texte du noble verset ; les autres entrent en {il vous est permis par-delà cela} : fille de l'oncle paternel ou maternel, de la tante paternelle ou maternelle. Les interdites par allaitement : Allah mentionna la mère et la sœur — l'interdiction de la mère d'allaitement, alors que le lait n'est pas sien mais au détenteur du lait, indique que le détenteur du lait est père de l'allaité : la paternité et la maternité établies, leurs branches le sont — frères, ascendants, descendants — ; et le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix : « Est interdit par l'allaitement ce qui l'est par la parenté » : l'interdit se propage du côté de la nourrice et du détenteur du lait comme chez les parents, et de l'enfant vers sa descendance seulement — à condition cinq tétées dans les deux ans, comme la Sunna l'expose. Les interdites par alliance : quatre : les épouses des pères, si hauts ; des fils, si bas, héritiers ou écartés ; les mères de l'épouse, si hautes — les trois interdites par le seul contrat ; la quatrième : la belle-fille (rabība) [fille de l'épouse], si basse — interdite seulement après pénétration de l'épouse : {les belles-filles qui sont en vos giron, de vos femmes avec qui vous êtes entrés...} — la majorité : {en vos giron} est restriction au cas dominant, sans sens impliqué : la belle-fille est interdite dût-elle n'être pas en son giron ; la restriction a deux profits : allusion à la sagesse de l'interdit — elle valait une fille, sa permission serait répugnante ; et l'indication de la permission de la solitude avec elle, valant celle qui est en son giron de ses filles et semblables. Allah sait mieux. Les interdites par réunion : Allah mentionna et interdit la réunion des deux sœurs, et le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — interdit de réunir la femme et sa tante paternelle ou maternelle : deux femmes entre qui est un lien d'interdit — l'une supposée mâle, l'autre lui serait interdite —, leur réunion est interdite, pour ce qu'elle entraîne de rupture entre les parents.

Verset 24

Des interdites en mariage : {les femmes préservées} (muḥṣanāt) [mariées] : les épousées — interdites tant qu'elles sont sous le lien du mari, jusqu'à répudiation et fin de viduité — {sauf ce que possèdent vos mains droites} : par captivité : la mécréante captive d'époux permise aux musulmans après vérification de non-grossesse ; quant à l'esclave mariée vendue ou donnée, son mariage ne se dissout pas : le second propriétaire vaut le premier — et l'histoire de Barīra, à qui le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — donna le choix. Sa parole {écrit d'Allah sur vous} : tenez-le et guidez-vous-en : il contient guérison et lumière, et le détail du licite et de l'interdit. Et {il vous est permis par-delà cela} embrasse tout ce qui n'est pas nommé au verset : licite et pur — l'interdit est limité, le licite sans limite ni fin : bienveillance, miséricorde et aisance d'Allah pour les serviteurs. {Cherchant par vos biens} : rechercher celle que votre regard et choix visent parmi celles qu'Allah vous a permises, {en vous préservant} : chastes de la fornication, rendant chastes vos femmes {, non débauchés} : la débauche est le versement de l'eau dans le licite et l'interdit — qui le fait ne chastifie pas son épouse, ayant posé son désir dans l'interdit, son désir du licite faiblissant : il n'est plus chastifié pour son épouse — preuve qu'on ne marie pas le non-chaste : {le fornicateur n'épouse qu'une fornicatrice ou une associatrice...}. {De ce que vous jouissez d'elles} — celles que vous avez épousées — {donnez-leur leurs salaires} : les salaires contre la jouissance : l'époux pénétré son épouse, son douaire lui est établi — {en prescription} : obligation prescrite par Allah, non libéralité qu'on maintient ou reprend à son gré ; ou {en prescription} : déterminé, vous l'avez déterminé, il vous est dû : n'en diminuez rien. {Nul grief sur vous en ce en quoi vous vous accordez après la prescription} : surcroît du mari ou renoncement de l'épouse, d'agrément et bon gré — dire de beaucoup d'exégètes. Beaucoup d'autres : descendu sur le mariage temporaire (mut'a) [jouissance], licite au début de l'islam puis interdit par le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, on lui commandait d'en fixer le terme et le salaire, le terme fini, s'ils s'accordaient après la prescription : nul grief. Allah sait mieux. {Allah sait, est sage} : parfait de science et d'ampleur, parfait de sagesse : de Sa science et Sa sagesse, Il vous a légiféré ces lois et fixé ces limites séparant le licite de l'interdit. Puis Allah — exalté soit-Il — dit :

Verset 25

Quiconque ne peut le moyen (ṭawl) [les moyens du douaire] d'épouser les préservées (muḥṣanāt) — les femmes libres croyantes — et craint pour soi la peine ('anat) : la fornication et la grande difficulté — il peut épouser les esclaves croyantes : selon l'apparent, sinon Allah connaît mieux que quiconque le croyant sincère — les affaires de ce monde reposent sur les apparences, les jugements de la Dernière Demeure sur les intérieurs. {Épousez-les} : les esclaves {avec l'autorisation de leurs gens} : leurs maîtres, un ou plusieurs. {Et donnez-leur leurs salaires selon le convenable} : dussent-elles être esclaves — le douaire dû à la libre l'est à l'esclave —, mais on n'épouse les esclaves que si elles sont {préservées} : chastes de la fornication, {non débauchées} : fornicateurs notoires, {et non prenant des amants} : secrets. En somme : le libre musulman n'épouse une esclave qu'à quatre conditions d'Allah : leur foi ; leur chasteté apparente et intérieure ; l'impossibilité du moyen de la libre ; la crainte de la peine — conditions faites, il le peut ; et pourtant la continence vaut mieux : elle expose les enfants à la servitude, et comporte bassesse et défaut — si la continence est possible ; si l'on ne peut s'abstenir de l'interdit qu'en les épousant, c'est une obligation : {il vous est meilleur de patienter, et Allah est pardonneur, miséricordieux}. Sa parole {quand elles sont préservées} : mariées ou islamisées — les esclaves —, sur elles la moitié de ce qui est sur les libres {comme châtiment} : ce qui se divise : la flagellation — cinquante coups ; la lapidation non : elle ne se divise pas. Selon le premier avis : non mariées, point de peine fixée, mais correction les retenant de la turpitude ; selon le second : les esclaves non musulmanes commettant la turpitude aussi corrigées. Il clôt le verset par ces deux noms nobles, Pardonneur et Miséricordieux : ces jugements étant miséricorde, générosité et bienfaisance envers les serviteurs : Il ne les a pas resserrés mais élargis à l'extrême. La mention du pardon après la peine allusione : les peines sont expiations par quoi Allah pardonne les fautes de Ses serviteurs, comme le hadith le dit. La règle de l'esclave mâle en la dite peine vaut celle de l'esclave femme : nulle différence.

Verset 26

Allah informe de Son immense faveur, Son don considérable et Sa belle éducation de Ses serviteurs croyants, et de l'aisance de Sa religion : {Allah veut vous exposer} : tout ce dont vous avez besoin d'exposition, du vrai et du faux, du licite et de l'interdit ; {et vous guider aux voies de ceux d'avant vous} : ceux qu'Allah a comblés — prophètes et leurs suiveurs — en leurs belles conduites, actes droits, caractères parfaits et réussite totale : Il a exécuté ce qu'Il voulait, vous a éclaircis comme Il éclaircit pour vos prédécesseurs, et guidé d'une grande guidée en savoir et œuvre. {Et se repentir sur vous} : user de finesse [envers vous] en vos états et ce qu'Il vous a légiféré, jusqu'à ce que vous puissiez tenir ce qu'Allah a fixé et vous suffire de ce qu'Il a permis : vos fautes diminuent par l'aisance qu'Allah vous a faite — tel est Son retour sur Ses serviteurs ; et Son retour : quand ils fauten, Il leur ouvre les portes de la miséricorde, incline leurs cœurs au retour et à l'humiliation devant Lui, puis se repent sur eux en acceptant ce qu'Il leur a rendu possible — à Lui la louange et la gratitude. {Allah sait, est sage} : [parfait de science], parfait de sagesse : de Sa science, Il vous a enseigné ce que vous ne saviez pas, dont ces choses et limites ; de Sa sagesse, Il se repent sur qui Sa sagesse et miséricorde veulent, et abandonne qui Sa sagesse et justice savent impropre au repentir.

Verset 27

{Allah veut se repentir sur vous} : d'un repentir rassemblant votre dispersion, réunissant votre dispersé, rapprochant votre éloigné. {Et veulent ceux qui suivent les passions} : inclinant où elles inclinent, les préférant à l'agrément de leur Aimé, adorant leurs passions — les sortes de mécréants et désobéissants préférant leurs passions à l'obéissance de leur Seigneur — : eux veulent {que vous incliniez d'une grande inclinaison} : que vous sortiez du droit chemin vers la voie des encouroyés et des égarés, vous détourner de l'obéissance du Miséricordieux vers celle de Satan, des limites de Celui dont l'obéissance est tout le bonheur vers celui dont le suivi est tout le malheur — sachant qu'Allah vous commande votre réforme, réussite et bonheur, et que ces suiveurs de passions vous commandent l'extrême perte et malheur : choisissez pour vous le meilleur des deux appelants et la meilleure des deux voies.

Verset 28

{Allah veut alléger pour vous} : par l'aisance de ce qu'Il commande et interdit ; et la peine survenant en certaines lois, Il vous a permis ce qu'exige votre besoin — la charogne, le sang et semblables pour le contraint ; l'esclave pour le libre aux dites conditions — par Sa miséricorde parfaite, Sa bienfaisance englobante, Sa science et Sa sagesse de la faiblesse humaine sous tous rapports : faiblesse de constitution, de volonté, de résolution, de foi, de patience — il convenait qu'Allah allège de ce devant quoi l'homme faiblit et ce que sa foi, sa patience et sa force ne portent pas.

Verset 29

Allah interdit à Ses serviteurs croyants de manger leurs biens entre eux injustement — ce qui embrasse rapines, vols, jeux de hasard et mauvais gains —, et peut-être aussi manger son propre bien par licence et gaspillage : cela est du vain, non du vrai. Ayant interdit l'injuste, Il permit le commerce et les gains exempts d'empêchements, réunissant les conditions, dont le consentement. {Et ne vous tuez pas vous-mêmes} : ne vous tuez pas les uns les autres, et que nul ne se tue — y entrant se jeter à la perdition et faire les dangers menant à la perte : {Allah est envers vous miséricordieux} : de Sa miséricorde, Il a protégé vos personnes et vos biens, interdit de les dilapider et détruire, et suspendu là-dessus les peines qu'Il a suspendues. Considère la concision : {ne mangez pas vos biens}, {ne vous tuez pas vous-mêmes} — embrassant le bien d'autrui et le sien, se tuer soi et autrui, d'une expression plus brève que « ne mangez pas le bien les uns des autres », laquelle se borne au bien d'autrui — l'attribution des biens et personnes à l'ensemble des croyants indiquant que les croyants, en leur amour, miséricorde, tendresse et intérêts, sont comme un seul corps : la foi les réunit sur leurs intérêts religieux et mondains. Ayant interdit l'injuste, dommage extrême pour le mangeur et le dépouillé, Il permit ce qui les intéresse : les sortes de gains, commerces, métiers et louages : {sauf être un commerce de votre consentement} : permis — le consentement conditionné avec le commerce indiquant que le contrat ne doit pas être d'usure : l'usure n'est pas du commerce, elle contredit son but ; que chacun des contractants consente et contracte par choix ; et de la plénitude du consentement : que l'objet soit connu — sinon le consentement est inconcevable — et livrable — le non-livrable ressemble au jeu : la vente d'aléa en toutes sortes est sans consentement, nulle validité. Et les contrats se forment par tout ce qui les indique, parole ou acte : Allah a conditionné le consentement : par quelque voie qu'il existe, le contrat se forme. Il clôt : {Allah est envers vous miséricordieux} : de Sa miséricorde, Il a préservé vos sangs et vos biens, les a protégés, interdit de les violer.

Verset 30

{Quiconque fait cela} — manger les biens injustement et tuer les personnes — {en hostilité et injustice} : non par ignorance et oubli — {Nous le ferons brûler au Feu} : immense, à preuve l'indétermination — {et cela est pour Allah aisé}.

Verset 31

Faveur et bienfaisance d'Allah sur Ses serviteurs croyants : Il leur promit que, s'ils évitent les péchés majeurs des interdits, Il leur pardonne toutes les fautes et méfaits et les fait entrer en une entrée généreuse, abondante de bien : le Paradis, contenant ce que nul œil n'a vu, nulle oreille n'a entendu, nul cœur d'homme n'a conçu. Éviter les majeures inclut faire les obligations dont l'abandon est majeure : les cinq prières, le vendredi, Ramadan — comme dit le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix : « Les cinq prières, du vendredi au vendredi, de Ramadan à Ramadan : expiations de l'intervalle, si les majeures sont évitées. » La meilleure définition des majeures : tout péché avec peine en ce monde, ou menace dans la Dernière Demeure, ou négation de foi, ou malédiction ou colère suspendues.

Verset 32

Allah interdit aux croyants de souhaiter ce dont Allah a comblé l'autre, possible ou impossible : que les femmes ne souhaitent pas les particularités des hommes par quoi Il les a préférés aux femmes ; que le pauvre et l'incomplet ne souhaitent pas l'état du riche et du complet d'un souhait pur — c'est l'envie même : souhaiter que la faveur d'Allah sur autrui te soit à toi et lui en soit ôtée ; et cela entraîne le mécontentement du décret d'Allah, la paresse et les espérances vaines sans œuvre ni gain. Le louable est double : que le serviteur œuvre selon sa capacité à ses intérêts religieux et mondains, et demande à Allah de Sa faveur — sans s'appuyer sur soi ni sur autre que son Seigneur : {aux hommes une part de ce qu'ils ont acquis} : de leurs œuvres productrices du but ; {et aux femmes une part de ce qu'elles ont acquis} : nul n'obtient que ce qu'il a gagné et peiné. {Et demandez à Allah de Sa faveur} : tous vos intérêts de religion et de monde : tel est la perfection du serviteur et le titre de son bonheur — non qui délaisse l'œuvre, s'appuie sur soi sans indigence de son Seigneur, ou réunit les deux : abandonné et perdant. {Allah sait toute chose} : Il donne à qui Il sait en être digne et refuse à qui Il sait ne pas le mériter.

Verset 33

{À chacun} des gens {Nous avons assigné des alliés} (mawālī) : qui les prennent en charge et les soutiennent par fierté, secours et entraide, {de ce qu'ont laissé les parents et les proches} : ce qui embrasse tous les proches — souches, branches et annexes : ces alliés sont les parents. Puis un autre genre : {ceux que vos mains droites ont lié} : vos alliés par pacte — le pacte d'alliance pour le secours, l'entraide et la mise en commun des biens —, le tout faveur d'Allah sur Ses serviteurs : les alliés coopérant à ce qu'aucun ne peut seul. {Donnez-leur leur part} : aux alliés leur part due : secours, entraide et assistance hors désobéissance d'Allah, et l'héritage aux plus proches parents des alliés. {Allah est témoin de toute chose} : attentif à tout par Sa science de toutes choses, Sa vue des mouvements de Ses serviteurs et Son ouïe de toutes leurs voix.

Verset 34

Allah informe que {les hommes ont autorité sur les femmes} : ils les chargent des droits d'Allah — garder Ses obligations, les retenir des corruptions —, les hommes devant les y obliger ; et ils ont autorité par la dépense à leur charge, l'habillement et le logement. Puis la cause : {de par la préférence qu'Allah a donnée à certains sur d'autres, et de par ce qu'ils dépensent de leurs biens} : la préférence des hommes sur les femmes, à multiple égards : les charges leurs étant propres, la prophétie, la mission, nombre d'adorations — combat, fêtes, vendredi —, le raison et la pondération, la patience et la constance dont les femmes n'ont pas le pareil, et la dépense aux épouses leur étant propre — peut-être le secret de {ce qu'ils dépensent} et de l'omission du complément : la généralité de la dépense. On sait que l'homme est comme le gouverneur et le maître de sa femme, elle près de lui captive servante : sa fonction est de tenir ce qu'Allah lui a confié, la sienne d'obéir à son Seigneur et à son époux : {les vertueuses sont orantes} : obéissantes à Allah, {gardiennes de l'absent} : obéissantes à leurs époux même en leur absence, gardant pour l'époux sa personne et son bien — par la garde et la réussite d'Allah pour elles, non d'elles-mêmes : l'âme commande le mal ; quiconque s'en remet à Allah, Il le suffit de ce qui le soucie de sa religion et de son monde. Puis : {celles dont vous craignez l'insoumission} (nushūz) [rébellion] : leur élévation contre l'obéissance aux époux, désobéissant en parole ou acte : il l'éduque du plus léger au plus léger. {Exhortez-les} : exposez le jugement d'Allah sur obéir au mari et désobéir, l'encouragement à l'obéir, la dissuasion de désobéir ; si elle cesse, voilà le voulu ; sinon, l'époux la boude au lit : ne pas partager ni s'unir le temps d'atteindre le but ; sinon, la frapper d'une frappe non violente ; le but atteint par l'une de ces choses et elles vous obéissent : {ne cherchez point contre elles de voie} : vous avez ce que vous aimez : laissez le reproche du passé et la fouille des défauts dont la mention nuit et entraîne le mal. {Allah est élevé, immense} : à Lui l'élévation absolue sous tous rapports : élévation d'essence, de degré, de domination ; l'Immense : nul plus grand, plus noble, plus immense que Lui, immense d'essence et d'attributs.

Verset 35

Si vous craignez la discorde entre les époux, l'éloignement et l'évitement jusqu'à ce que chacun soit d'un côté : {envoyez un arbitre de sa famille et un arbitre de la sienne} : deux hommes responsables, musulmans, probes et sensés, connaissant ce qui est entre les époux et connaissant la réunion et la séparation — tiré du terme « juge » (ḥakam) : n'est arbitre que qui est paré de ces qualités. Ils regardent ce que chacun reproche à l'autre, imposent à chacun son dû ; si l'un ne le peut, ils inclinent l'autre époux à agréer l'aisé de subsistance et de caractère ; chaque fois que réunion et réconciliation sont possibles, ils n'en démordent pas ; si l'on n'arrive à leur union et réconciliation que par inimitié, rupture et désobéissance d'Allah, et qu'ils voient la séparation meilleure : ils séparent — sans condition de l'agrément de l'époux, à preuve qu'Allah les nomme les deux arbitres, et l'arbitre juge sans l'agrément du jugé : {s'ils veulent réconcilier, Allah les accorde} : par l'avis heureux et la parole qui attire les cœurs et accorde les deux conjoints. {Allah sait, est informé} : savant de tous les apparences et intérieurs, attentif aux secrets des affaires : de Sa science et Son information, Il vous a légiféré ces règles immenses et belles lois.

Verset 36

Allah commande à Ses serviteurs de n'adorer que Lui, seul sans associé : entrer sous la servitude de Sa propriété, se soumettre à Ses commandements et interdictions, par amour, humilité et sincérité en toutes adorations extérieures et intérieures ; et interdit de Lui associer quoi que ce soit : ni petite ni grande association, ni ange, ni prophète, ni allié, ni autre créature ne possédant pour soi ni profit ni nuisance, ni mort, ni vie, ni résurrection — l'obligation s'impose : réserver l'adoration à qui détient la perfection absolue sous tous rapports et la disposition parfaite que nul ne partage ni n'assiste. Après Son droit, Il commanda les droits des serviteurs, du plus proche au plus proche : {et envers les parents, la bienfaisance} : belle parole, doux langage, beau fait — obéir à leur ordre, éviter leur interdit, dépenser pour eux, honorer qui s'y rattache, unir le lien de parenté qui ne vient d'eux. La bienfaisance a deux contraires, la malfaisance et l'absence de bienfaisance : interdits. {Et envers les proches} aussi la bienfaisance : tous les proches, proches ou éloignés — bien leur faire en parole et acte, ne point rompre le lien en parole ou acte. {Les orphelins} : privés de leurs pères étant petits : droit sur les musulmans, parents ou non : les prendre en charge, les bien traiter, consoler leurs cœurs, les éduquer et instruire de la meilleure éducation pour leurs intérêts religieux et mondains. {Les pauvres} : que le besoin et la pauvétude ont fait demeurer, sans subsistance pour eux ni pour leurs charges : Allah commande la bienfaisance : combler leur manque, repousser leur indigence, y presser et faire le possible. {Le voisin parent} : deux droits, voisinage et parenté : droit et bienfaisance sur son voisin selon l'usage. De même {le voisin étranger} : sans parenté ; plus la porte du voisin est proche, plus le droit est fort : le voisin doit veiller sur son voisin par cadeau, aumône, invitation, douceur de paroles et actes, s'abstenir de lui nuire en parole ou acte. {Le compagnon de côté} : on a dit, l'associé de voyage ; on a dit, l'épouse ; on a dit, le compagnon en général — le meilleur : il embrasse le compagnon en résidence et en voyage, et l'épouse : au compagnon de son compagnon un droit excédant la simple soumission : l'aider en ses affaires religieuses et mondaines, le conseiller, la fidélité dans l'aise et la gêne, l'entrain et la réticence, aimer pour lui ce qu'il aime pour soi et haïr pour lui ce qu'il hait pour soi — plus la compagnie dure, plus le droit s'affermît et croît. {Le voyageur} : l'étranger, dans le besoin en terre d'exil ou non : droit sur les musulmans, vu son besoin aigu et son absence de patrie : le mener à son but ou partie, l'honorer et le réconforter. {Et ce que possèdent vos mains droites} : hommes et bêtes : pourvoir à leur suffisance, ne point les charger de ce qui pèse, les aider en ce qu'ils portent, les éduquer en leur intérêt. Quiconque fait ces commandements est l'humble devant son Seigneur, modeste envers les serviteurs d'Allah, soumis à l'ordre d'Allah et Sa loi, digne de l'immense récompense et de la belle célébration ; quiconque ne le fait pas est serviteur détourné de son Seigneur, insoumis à Ses ordres, immodeste envers la création, orgueilleux envers les serviteurs d'Allah, émerveillé de soi, vantard : {Allah n'aime pas qui est vain} : émerveillé de soi, orgueilleux envers la création, {glorifiant} : se célébrant et se louant par fierté et licence envers les serviteurs d'Allah — leur vanité et leur fierté les empêchent de tenir les droits : Il les blâma : {ceux qui sont avares} : refusent les droits dus, {et commandent aux gens l'avarice} : en paroles et actes, {et cachent ce qu'Allah leur a donné de Sa faveur} : le savoir dont l'égaré se guide et l'ignorant s'éclaire : ils le leur cachent et leur montrent du faux qui s'interpose entre eux et le vrai — alliant l'avarice du bien et du savoir et l'effort à leur perte et celle des autres : traits des mécréants : {aux mécréants Nous avons préparé un châtiment humiliant} : s'étant élevés sur les serviteurs d'Allah, refusé Ses droits, fait refuser aux autres l'avarice et l'égarement — Il les a humiliés du châtiment douloureux et de l'ignominie durable : refuge auprès de Toi, ô Allah, de tout mal !

Verset 38

Puis Il informa de la dépense issue d'ostentation et renommée, sans foi : {ceux qui dépensent leurs biens par ostentation devant les gens} : pour qu'ils voient, louent et magnifient — {et ne croient ni en Allah ni au Jour dernier} : leur dépense n'émane pas de sincérité et foi en Allah et espoir de Sa récompense : c'est des pas de Satan et ses œuvres, auxquels il appelle son parti pour être des compagnons de la Fournaise, venus de leur fréquentation et de son incitation : {quiconque a Satan pour compagnon, quel détestable compagnon !} : il veut perdre qui le fréquente et s'y emploie de toutes ses forces. Comme qui est avare de ce qu'Allah lui a donné et cache ce dont Allah l'a comblé est désobéissant fautif contre son Seigneur, de même qui dépense et adore pour autre qu'Allah : fautif désobéissant à son Seigneur, méritant la punition : Allah n'a commandé que L'obéir et accomplir Son ordre avec sincérité : {ils n'ont été commandés que d'adorer Allah, Lui sincères en la religion} — telle est l'œuvre reçue digne de louange et récompense : d'où Son exhortation :

Verset 39

Quel poids et quelle peine leur viendrait-il de la foi en Allah — la sincérité — et de la dépense des biens qu'Allah leur a attribués et comblés — alliant sincérité et dépense ? La sincérité étant secrète entre le serviteur et son Seigneur, que nul ne connaît sinon Allah, Il informa de Sa science de tous les états : {Allah les connaissait}.

Verset 40

Allah informe de Sa justice parfaite et Sa faveur, transcendant ce qui les contredit d'injustice petite ou grande : {Allah ne lèse point du poids d'un atome} : ne le retranche des bonnes actions de Son serviteur ni ne l'ajoute à ses mauvaises : {quiconque fait un atome de bien le voit ; et quiconque fait un atome de mal le voit}. {Et si c'est une bonne action, Il la double} : jusqu'à dix pareilles et plus, selon son état, son profit et l'état de son auteur, sincérité, amour et perfection. {Et de auprès de Lui une immense récompense} : en sus de la rétribution de l'œuvre : la réussite à d'autres œuvres et le don du immense bien et de l'abondant profit.

Verset 41

{Comment sera-ce quand Nous viendrons de chaque communauté avec un témoin, et te ferons venir toi comme témoin sur ceux-ci ?} : quel sera cet état, ce jugement immense — porté par qui réunit science parfaite, justice parfaite et sagesse parfaite, avec le témoignage des plus purs des créatures, les messagers, sur leurs communautés, et l'aveu des jugés — le plus englobant, juste et immense des jugements, les jugés y demeurant confessants, avec la faveur, la justice, la louange et la célébration parfaites : là des peuples heureux de victoire, réussite, gloire, et des peuples malheureux d'ignominie, flétrissure et châtiment humiliant.

Verset 42

{Ce jour-là, ceux qui ont mécru et désobéi au Messager} — alliant mécréance en Allah et Son messager et désobéissance au messager — {aimeraient que la terre les nivelle} : les engloutisse et qu'ils soient poussière et néant : {le mécréant dira : puissé-je être poussière !} {Et ils ne cèleront point à Allah de propos} : ils confessent ce qu'ils ont fait, leurs langues, mains et jambes témoignant de ce qu'ils œuvraient ; ce jour-là Allah leur paie leur dette, leur vraie rétribution, et ils sauront qu'Allah est le Vrai manifeste. Quant à ce qui est rapporté que les mécréants cachent leur mécréance et négation : c'est en certains lieux de la résurrection, quand ils croient leur négation utile contre le châtiment d'Allah ; les réalités connues et leurs membres témoignant, l'affaire s'éclaircit : plus de lieu, profit ni utilité à celer.

Verset 43

Allah interdit à Ses serviteurs croyants d'approcher la prière en état d'ivresse, avant de savoir ce qu'ils disent — ce qui embrasse d'approcher les lieux de la prière, la mosquée : l'ivrogne n'y entre pas — et la prière même : nulle prière ni adoration pour l'ivrogne, son raison mêlé et ne sachant ce qu'il dit : Allah borna cela à l'existence du savoir de ce que dit l'ivrogne. Ce noble verset est abrogé par l'interdiction absolue du vin : au début, le vin n'était pas interdit ; Allah suggéra Son interdiction : {ils t'interrogent du vin et du jeu : dis : en eux un grand péché et des profits...} ; puis Il l'interdit à l'approche de la prière, comme ici ; puis l'interdit absolument en tout temps : {le vin, le jeu, les stèles et les flèches sont impureté de l'œuvre de Satan : évitez-le}. Et pourtant l'interdiction s'aggrave au temps de la prière : il contient l'immense corruption d'empêcher le but de la prière, son âme et son essence : le recueillement et la présence du cœur — le vin enivre le cœur et détourne du rappel d'Allah et de la prière. On en tire : interdire d'entrer en prière dans la somnolence extrême où l'on ne sait ce qu'on dit et fait ; et l'allusion : qui veut prier doit couper tout occupant sa pensée — retenir les deux besoins, désirer la nourriture et semblables — comme le hadith authentique le dit. Puis : {ni en état d'impureté majeure (junub), sauf de passage} : n'approchez pas la prière étant junub, sauf en cet état : passant dans la mosquée sans y demeurer. {Jusqu'à ce que vous vous laviez} : le lavage fait, c'est le terme de l'interdit d'approcher pour le junub : il lui est permis de traverser la mosquée seulement. {Et si vous êtes malades ou en voyage, ou si l'un de vous vient du lieu, ou a touché les femmes et ne trouve point d'eau : faites la tayammum} : Il permit la tayammum [ablution sèche] au malade absolument, eau présente ou non — la cause : la maladie rendant l'eau pénible ; de même le voyage : lieu présumé du manque d'eau — le voyageur sans eau, ou trouvant l'eau nécessaire à son boire et semblables, peut la tayammum ; de même l'homme en état d'impureté mineure — urine, selle, attouchement des femmes — peut la tayammum sans eau, en résidence et voyage, à preuve la généralité du verset. En somme : Allah permit la tayammum en deux états : l'absence d'eau — absolument, en résidence et voyage — et la peine de l'employer — maladie et semblable. Les exégètes divergèrent sur {ou avez touché les femmes} : l'union charnelle ? — le verset étant texte pour la tayammum du junub, comme les hadiths authentiques le multiplient — ; ou le simple attouchement de la main, restreint au cas présumé d'émission du madhī [liquide prostatique] : l'attouchement avec désir — le verset indiquant qu'il rompt l'ablution. Les juristes en tirèrent de {et ne trouvez point d'eau} : l'obligation de chercher l'eau à l'entrée du temps — on ne dit « n'a pas trouvé » de qui n'a pas cherché : cela n'est qu'après la recherche ; et que l'eau altérée par des pures peut — doit — servir à la purification : elle entre en {vous ne trouvez point d'eau} : c'est de l'eau — contesté : eau non absolue, à considérer. En ce [verset] : la légalité de cet immense jugement dont Allah comblé cette communauté : la tayammum, au consensus des savants, à Allah la louange. La tayammum se fait du sol pur (ṣa'īd) : tout ce qui s'élève sur la face de la terre, poussière ou non — on peut restreindre à ce qui a poussière : Allah a dit {essuyez-en vos visages et vos mains}, et ce qui n'a point de poussière n'en essuie pas. {Essuyez-en vos visages et vos mains} : lieu de l'essuyage : tout le visage et les mains jusqu'aux poignets, à preuve les hadiths authentiques ; recommandé d'une seule frappe, à preuve le hadith de 'Ammār ; et la tayammum du junub vaut celle de l'autre : visage et mains. Profit : sache que les règles de la médecine tournent sur trois : conserver la santé des nuisances, les évacuer, s'en abstenir (diète). Allah les a signalées en Son livre : conserver la santé et s'abstenir du nuisible : Il commanda de manger, boire, sans excès, permit au voyageur et au malade de rompre [le jeûne] pour conserver leur santé, employer ce qui répare le corps avec justice, et protéger le malade de ce qui lui nuit ; évacuer le nuisible : Il permit au sacralisé souffrant de la tête de se raser, pour ôter les vapeurs accumulées — allusion à évacuer ce qui est plus pressé : urine, selle, vomissement, sperme, sang et autre — Ibn al-Qayyim l'a signalé. En ce verset : l'obligation d'étendre l'essuyage au visage et aux mains ; la permission de la tayammum même sans étroitesse du temps ; qu'on n'est interpellé de chercher l'eau qu'après la cause de l'obligation. Allah sait mieux. Il clôt : {Allah est indulgent, pardonneur} : abondant en absolution et pardon envers Ses serviteurs croyants, aysant et extrêmement aysant ce qu'Il leur commande, sans que l'obéir pèse et gêne ; de Son absolution : avoir fait miséricorde à cette communauté par la purification par la terre au lieu de l'eau quand elle est impraticable ; d'ouvrir aux fauteurs la porte du repentir et du retour, les y appeler, leur promettre le pardon ; et que le croyant viendrait avec près de la terre pleine de fautes et Le rencontrerait sans rien Lui associer, qu'Il lui viendrait avec près d'elle pleine de pardon.

Verset 44

Blâme de {ceux qui ont reçu une part du Livre}, et implicitement avertissement de Ses serviteurs de s'y laisser prendre et tomber dans leurs filets : ils {achètent l'égarement} : l'aiment d'un grand amour, le préfèrent comme qui dépense beaucoup pour acquérir ce qu'il aime — préférant l'égarement à la guidée, la mécréance à la foi, le malheur au bonheur — et {veulent que vous vous égariez du chemin} : empressés à vous égarer à l'extrême, y dépensant leur effort ; mais Allah étant l'allié de Ses serviteurs croyants et leur secoureur, Il leur exposa l'égarement et l'égarement qu'ils contiennent.

Verset 45

{Allah suffit pour allié} : Il prend en charge les états de Ses serviteurs, use de finesse en toutes leurs affaires, leur rend aisé ce par quoi leur bonheur et réussite ; {et Allah suffit pour secoureur} : Il les secourt contre leurs ennemis, leur expose ce dont ils se gardent, les aide contre eux : Sa prise en charge obtient le bien, Son secours ôte le mal.

Verset 46

Puis Il exposa comment ils égarent, s'obstinent et préfèrent le vain au vrai : {de ceux qui judaïsent} : les juifs, leurs savants de l'égarement, {altèrent les paroles hors de leurs places} : le terme, le sens ou les deux — de leurs altérations : faire descendre sur un autre que le visé les attributs mentionnés dans leurs livres ne convenant et ne s'accomplissant que sur Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, prétendant qu'un autre est visé, et le cacher : tel leur état en science, le pire : ils ont renversé les réalités, appliqué le vrai au faux, nié le vrai. En œuvre et soumission : {ils disent : nous avons entendu et désobéi} : entendu ta parole et désobéi à ton ordre — comble de mécréance, d'obstination et de fuite de la soumission. Ils interpellent le Messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — de la pire interpellation, la plus loin de la courtoisie : {"écoute sans qu'on te fasse écouter"} : ils visent : écoute de nous sans qu'on te fasse entendre ce que tu aimes, mais ce que tu détestes ; {"rā'inā"} [accorde-nous attention] : visant la sottise (ru'ūna) [insulte] — croyant que le terme, portant autre que leur visée, passerait sur Allah et Son messager : par ce terme tordu de leurs langues, ils en venaient à porter atteinte à la religion et blâmer le Messager, et le disaient clairement entre eux : d'où {tordant leurs langues et portant atteinte à la religion}. Puis Il les dirigea vers le mieux : {s'ils avaient dit : nous avons entendu et obéi, écoute, et regarde-nous, c'eût été meilleur et plus droit pour eux} : ce que contient cette parole de belle interpellation, courtoisie convenable au Messager, entrée sous l'obéissance d'Allah et la soumission à Son ordre, belle douceur à demander le savoir par l'écoute de leur question et l'attention à leur affaire — telle est la voie, mais leurs natures n'étant pas pures, ils s'en détournèrent et Allah les chassa pour leur mécréance et obstination : {Allah les a maudits pour leur mécréance : ils ne croient que peu}.

Verset 47

Allah commande aux gens du Livre, juifs et chrétiens, de croire au messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — et à ce qu'Allah a fait descendre sur lui du immense Coran, dominateur des livres antérieurs qu'il authentifie : ils l'annoncèrent ; l'annoncé survenu, c'est l'authentification de l'annonce. Et s'ils ne croient pas en ce Coran, ils ne croient point à leurs livres : les livres d'Allah s'authentifient et s'accordent entre eux : prétendre croire en partie et mécroire en l'autre est prétention vaine, impossible à être vraie. En {croyez à ce que Nous avons fait descendre, authentifiant ce qui est avec vous} : exhortation — ils doivent être les premiers à s'y empresser, du fait de la science et du livre dont Allah les a comblés, exigeant que leur charge soit plus grande que celle des autres — d'où la menace s'ils ne croient pas : {avant que Nous n'effacions les visages et les retournions vers l'arrière} : rétribution selon l'espèce de leur acte : ayant délaissé le vrai, préféré le vain, renversé les réalités — faisant le vain vrai et le vrai vain — ils furent rétribués de même : l'effacement de leurs visages comme ils ont effacé le vrai, et leur retournement vers l'arrière : mis à leurs nuques — le plus monstrueux ; {ou que Nous ne les maudissions comme Nous avons maudit les gens du sabbat} : les chasser de Sa miséricorde et les punir de les changer en singes, comme leurs frères ayant transgressé le sabbat : {devenez singes, méprisés} — {l'ordre d'Allah est exécuté} : {son ordre, quand Il veut une chose : "Sois" — et elle est}.

Verset 48

Allah informe qu'Il ne pardonne pas à qui Lui associe aucune créature, et pardonne ce qui est en deçà — péchés mineurs et majeurs — selon Sa volonté de pardonner quand Sa sagesse l'exige : aux péchés en deçà de l'association, Allah a fait beaucoup de causes de pardon : les bonnes actions effaçantes, les épreuves expiatoires en ce monde, dans l'isthme et au Jour de la résurrection, l'invocation des croyants les uns pour les autres, l'intercession des intercesseurs, et par-dessus tout Sa miséricorde dont les gens de la foi et de l'unicité sont les plus justes détenteurs. Autre est l'association : l'associateur s'est fermé les portes du pardon, les portes de la miséricorde lui sont closes : les obéissances ne lui servent point sans l'unicité, les épreuves ne lui profitent en rien : {ils n'ont pas au Jour de la résurrection d'intercesseurs ni d'ami intime} — {quiconque associe à Allah forge un immense péché} : un immense crime. Quelle injustice plus grande que d'égaler la créature de terre, déficiente sous tous rapports, pauvre par essence, ne possédant pour soi ni profit ni nuisance, ni mort, ni vie, ni résurrection — au Créateur de toute chose, parfait sous tous rapports, riche par essence de toutes Ses créatures, détenant profit et nuisance, don et refus, dont toute faveur des créatures provient ? Y a-t-il injustice plus grande ? D'où l'éternité du châtiment et la privation de la récompense imposées à son auteur : {quiconque associe à Allah, Allah lui interdit le Paradis, et son gîte est le Feu}. Ce noble verset vaut le non-repenti ; le repenti : l'association et au-delà lui sont pardonnées : {dis : ô Mes serviteurs qui avez excédé contre vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah : Allah pardonne les péchés tous} — à qui revient à Lui.

Verset 49

Étonnement d'Allah envers Ses serviteurs et blâme de ceux qui se déclarent purs — juifs, chrétiens et leurs semblables, quiconque se purifie d'une chose qui n'est pas en lui : les juifs et chrétiens disent : {"nous sommes les fils d'Allah et Ses aimés"}, et {"n'entrera au Paradis que juif ou chrétien"} — prétention pure sans preuve ; la preuve est ce qu'Allah a annoncé : {si : quiconque soumet sa face à Allah tout en bienfaisant : à lui sa récompense auprès de son Seigneur...} — ceux-là sont ceux qu'Allah a purifiés : {c'est Allah qui purifie qui Il veut} : par la foi et l'œuvre pie, le dépouillement des vices et la parure des beaux traits. Eux, dussent-ils se déclarer purs, prétendant être sur quelque chose et la récompense à eux seuls, sont menteurs : nulle part des traits des purs, pour leur tyrannie et mécréance, non par tyrannie d'Allah : {ils ne seront point lésés d'un brin (fatīl) [pellicule du noyau]} — réaliser la généralité : lésés de rien, pas même d'un fil de la fente du noyau ou de ce qui se roule de la saleté de la main.

Verset 50

{Regarde comment ils forgent le mensonge sur Allah} : en se purifiant — des plus grands forfaits : leur auto-purification contient l'information qu'Allah a fait de leur état le vrai et de celui des croyants musulmans le faux : le plus grand mensonge et renversement des réalités — {et il suffit comme péché manifeste} : évident, clair, entraînant le châtiment complet et la douleur.

Verset 51

Des turpitudes des juifs et de leur envie du Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — et des croyants : leurs vices et leur nature abjecte les portèrent à délaisser la foi en Allah et Son messager et à la remplacer par la foi au jabt et au ṭāghūt [idoles et toute puissance rivale d'Allah] — la foi en toute adoration d'un autre qu'Allah ou jugement hors la loi d'Allah : y entrent la magie, la divination, l'adoration d'un autre qu'Allah, l'obéissance à Satan — ; et leur mécréance et envie les portèrent à préférer la voie des mécréants en Allah, adorateurs d'idoles, à celle des croyants : {et ils disent à ceux qui ont mécru} — par complaisance, flagornerie et haine de la foi — {"ceux-ci sont mieux guidés que les croyants en voie"} : en chemin — comme ils sont abjects, obstinés, pauvres de raison ! Comment ont-ils pris ce chemin funeste et cette vallée blâmable ? Pensèrent-ils que cela prenne sur quiconque des sensés ou entre en la raison d'un ignorant ? Une religion fondée sur l'adoration des idoles, l'interdiction des purs et la permission des immondes, la licéité de nombreux interdits, l'injustice entre les créatures et l'égalité du Créateur aux créatures, la mécréance en Allah, Ses messagers et Ses livres, vaut-elle mieux qu'une religion fondée sur l'adoration du Miséricordieux, la sincérité envers Allah en secret et public, la mécréance en ce qui est adoré en dehors de Lui d'idoles, d'égaux et de menteurs, sur le lien de parenté et la bienfaisance à toute création jusqu'aux bêtes, l'établissement de la justice et de l'équité entre les gens, l'interdiction de tout immonde et injustice, et l'authentification de toutes les paroles et œuvres ?! N'est-ce point délire ? Son auteur est du plus ignorant et plus faible de raison des gens, ou du plus obstiné, révolté et contrariant du vrai — tel est le réel.

Verset 52

{Ceux-là, Allah les a maudits} : chassés de Sa miséricorde, Sa vindicte leur est venue. {Et quiconque Allah maudit, tu ne lui trouveras point de secoureur} : qui le prenne en charge, tienne ses affaires et le garde des déplaisirs : l'extrême abandon.

Verset 53

{Ont-ils une part de la royauté ?} : favorisant qui ils veulent au gré de leurs seules passions, associés d'Allah à l'administration du royaume — s'ils l'avaient, ils seraient avares de la plus extrême avarice : {alors} : s'ils avaient part de royauté — {ils ne donneraient point aux gens un нитq} [pellicule du noyau] : rien, ni peu. Description de leur extrême avarice en l'hypothèse de leur royauté partagée à celle d'Allah, mise au mode interrogatif de déni établi chez quiconque.

Verset 54

{Ou sont-ils envieux des gens de ce qu'Allah leur a donné de Sa faveur ?} : ce qui les porte à leur dire, est-ce d'être associés d'Allah favorisant qui ils veulent, ou l'envie du Messager et des croyants de ce qu'Allah leur a donné de Sa faveur ? Cela n'est ni nouveauté ni étrange à la faveur d'Allah : {Nous avons donné à la famille d'Abraham le Livre et la Sagesse, et Nous leur avons donné une immense royauté} : ce qu'Allah a favorisé Ibrāhīm et sa descendance de prophétie, livre et royauté donnée à qui Il a donné de Ses prophètes — Dāwūd et Sulaymān — Sa faveur ne cessant sur Ses serviteurs croyants : comment nieraient-ils Sa faveur de prophétie, victoire et royauté à Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, la meilleure des créatures, la plus noble et la plus grande connaisseuse d'Allah, La plus craignante de Lui ?!

Verset 55

{Il en est qui a cru en lui} : en Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, obtenant le bonheur terrestre et la réussite dernière ; {et il en est qui s'est détourné} : par obstination, tyrannie et envie — il leur advint du malheur de ce monde et ses épreuves ce qui est partie des effets de leurs désobéissances — {et il suffit que la Géhenme soit une flamme} : embrasée sur quiconque mécrut en Allah et nia la prophétie de Ses prophètes, juifs, chrétiens et autres sortes de mécréants.

Verset 56

{Ceux qui mécroient à Nos versets, Nous les ferons brûler au Feu} : de combustible immense et chaleur terrible : {chaque fois que leurs peaux sont consumées}, Nous les remplacerons d'autres, {pour qu'ils goûtent le châtiment} : qu'il les atteigne à toute mesure — comme leur mécréance et obstination se réitérèrent et devinrent leur description et nature, le châtiment leur fut réitéré en juste réponse : {Allah est puissant, sage} : à Lui la puissance immense et la sagesse en Sa création, Son ordre, Sa récompense et Sa punition.

Verset 57

{Et ceux qui ont cru} — en Allah et ce qu'Il oblige de croire — {et fait les œuvres pies} : obligations et recommandations — {Nous les ferons entrer aux jardins sous lesquels coulent les rivières, où sont pour eux des épouses purifiées} : des vices et mauvais caractères, et de toute souillure et défaut des femmes de ce monde — {et Nous les ferons entrer en une ombre étendue}.

Verset 58

Les dépôts (amānāt) : tout ce dont l'homme est dépositaire et commandé de se charger : Allah commande à Ses serviteurs de les rendre — complets, entiers, non diminués, non rognés, non différés — y entrant les dépôts des charges, des biens, des secrets et les ordres que nul ne connaît sinon Allah. Les juristes disent : quiconque est dépositaire doit le garder en un coffre pareil : on ne peut le rendre qu'en le gardant : cela s'impose. {À leurs ayants droit} : preuve qu'on ne le donne ni ne rend à autre que le dépositeur, ni à son mandataire — à un autre que son maître, il ne l'a pas rendu. {Et quand vous jugez entre les gens, de juger avec équité} : embrassant le jugement entre eux en sangs, biens et honneurs, peu et beaucoup, proche et lointain, probe et scélérat, allié et ennemi. L'équité à juger selon : ce qu'Allah a légiféré sur la langue de Son messager : peines et jugements — ce qui exige de connaître l'équité pour juger par elle. Ces ordres étant beaux et justes : {Allah exalte ce à quoi Il vous exhorte : Allah est audient, voyant} : éloge d'Allah de Ses ordres et interdictions : ils contiennent les intérêts des deux demeures et écartent leurs nuisances — leur Législateur étant l'Audient le Voyant, à qui rien n'échappe, sachant des intérêts des serviteurs ce qu'ils ne savent pas.

Verset 59

Puis Il commanda de L'obéir et d'obéir à Son messager — accomplir leur commandement obligatoire et recommandé, éviter leur interdit — et d'obéir aux détenteurs du commandement : les autorités sur les gens — émirs, juges, muftis — : les gens ne tiennent leur religion et leur monde qu'en leur obéissant et se soumettant, obéissant à Allah et désirant ce qui est auprès de Lui — à condition qu'ils ne commandent pas la désobéissance d'Allah : pas d'obéissance à une créature dans la désobéissance du Créateur. Peut-être est-ce le secret de l'omission du verbe en commandant de les obéir et de sa mention pour le Messager : le Messager ne commande que l'obéissance d'Allah, qui lui obéit obéit à Allah ; quant aux détenteurs du commandement, l'obéissance leur est commandée à condition qu'il n'y ait pas désobéissance. Puis Il commanda de ramener tout ce dont les gens disputent, fondements et détails de la religion, à Allah et au Messager : au livre d'Allah et à la Sunna de Son messager — ils tranchent toutes les questions disputées : par l'explicite, la généralité, l'allusion, l'indication, le sens impliqué ou la généralité de sens sur quoi on analogise le semblable — le livre d'Allah et la Sunna de Son messager étant le bâtiment de la religion, la foi ne tenant que par eux : le ramener y est condition de foi : {si vous croyez en Allah et au Jour dernier} — preuve que quiconque ne ramène pas les questions de dispute à eux deux n'est pas croyant en vérité, mais croyant au ṭāghūt, comme le verset suivant le dit. {Cela} — le ramener à Allah et Son messager — {est meilleur et plus belle issue} : le jugement d'Allah et de Son messager, le plus beau, le plus juste et le plus salutaire des jugements pour les gens en leur religion, leur monde et leur fin.

Verset 60

Allah étonne Ses serviteurs de l'état des hypocrites prétendant croire en ce qu'a apporté le Messager et ce qui l'a précédé, et pourtant {voulant recourir au ṭāghūt} : quiconque juge hors la loi d'Allah — alors qu'{ils ont été commandés d'y mécroire} : comment cela s'accorde-t-il avec la foi ? La foi exige la soumission à la loi d'Allah et Sa juridiction en toute affaire : quiconque prétend croire et préfère le jugement du ṭāghūt à celui d'Allah est menteur — égarement de Satan pour eux : {Satan veut les égarer d'un égarement lointain} du vrai.

Verset 62

{Comment} sera l'état de ces égarés {quand une épreuve les atteint de ce qu'ils ont avancé} — désobéissances, dont juridiction du ṭāghūt — {puis ils viennent à toi}, s'excusant de ce qui vint d'eux, disant : {"nous n'avons voulu que bienfaisance et concorde"} : nous n'avons visé que bienfaire aux plaideurs et les accorder — menteurs : la bienfaisance parfaite est la juridiction d'Allah et de Son messager : {qui est meilleur qu'Allah en jugement pour un peuple convaincu ?}

Verset 63

{Ceux-là, Allah sait ce qui est dans leurs cœurs} : hypocrisie et mauvais dessein — {détourne-toi d'eux} : n'en fais pas cas, ne les affronte pas sur ce qu'ils ont fait — {et exhorte-les} : expose-leur le jugement d'Allah, encourageant à se soumettre à Allah et dissuadant de Le délaisser — {et dis-leur en eux-mêmes une parole pénétrante} : conseille-les en secret entre toi et eux : plus efficace pour le but ; insiste à les retenir et refréner de leur état. Preuve : quiconque commet des désobéissances, dût-on s'en détourner, est conseillé en secret et exhorté avec insistance, de façon à atteindre le but.

Verset 64

Allah informe, avec commandement et exhortation d'obéir au Messager et de se soumettre à lui : le but de l'envoi des messagers est qu'ils soient obéis, que les destinataires se soumettent à eux en tout ce qu'ils commandent et interdisent, et qu'ils soient magnifiés de la magnification de l'obéi par l'obéissant — affirmation de la préservation des messagers en ce qu'ils transmettent d'Allah et commandent et interdisent : Allah a commandé de leur obéir absolument : s'ils n'étaient pas préservés de légiférer l'erreur, Il n'eût point commandé absolument. {Par la permission d'Allah} : l'obéissance de l'obéissant procède du décret et de la prédestination d'Allah : affirmation du décret, exhortation à demander l'aide d'Allah, et exposition que l'homme ne peut, sans l'aide d'Allah, obéir au Messager. Puis Son immense noblesse et générosité et Son appel aux auteurs de méfaits de confesser, se repentir et implorer le pardon : {s'ils avaient, après avoir lésé leurs âmes, venu à toi} — confessant leurs fautes, accablés — {et imploré le pardon d'Allah, et le Messager eût imploré pour eux, ils auraient trouvé Allah agréeur, miséricordieux} : Se repentant sur eux en pardonnant leur injustice, leur faisant miséricorde en acceptant le repentir, y rendant capables et les rétribuant. Cette venue au Messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — est propre à sa vie : le contexte l'indique, l'imploration du Messager n'étant qu'en sa vie ; après sa mort, on ne lui demande rien : cela serait association.

Verset 65

Puis Allah jura par Sa noble essence qu'ils ne croient pas tant qu'ils ne prennent pas Son messager pour juge de leurs disputes : de toute chose à différend — hors les questions de consensus, qui ne reposent que sur le Livre et la Sunna — ; et ce choix ne suffit pas tant que la gêne et l'étroitesse ne disparaissent de leurs cœurs, et qu'ils ne le choisissent pas par condescendance ; et cela ne suffit pas tant qu'ils ne se soumettent pas à son jugement, de poitrine dilatée, âme tranquille, soumission extérieure et intérieure : le choix relève de l'islam, l'absence de gêne de la foi, la soumission de la bienfaisance : qui parfait ces degrés parfait tous les degrés de la religion ; quiconque délaisse ce choix sans l'assumer est mécréant ; le délaissant en l'assumant a le sort de ses pareils parmi les désobéissants.

Verset 66

Allah informe que s'Il avait prescrit à Ses serviteurs les commandements pénibles aux âmes — tuer les personnes, quitter les demeures —, peu d'entre eux, le rare, l'eût fait : qu'ils louent et remercient leur Seigneur de l'aisance de ce qu'Il leur commande, commandements aisés à quiconque et sans peine à faire — allusion : le serviteur doit considérer le contraire de ce qu'il subit de déplaisirs, pour que les adorations lui soient légères et sa louange et gratitude croître. Puis Il informa que s'ils {faisaient ce à quoi ils sont exhortés} — ce qui leur est prescrit en chaque temps selon lui —, dépensant leurs ambitions et leurs personnes à s'en acquitter et le parfaire, leurs âmes ne tendant pas vers ce qu'elles n'ont pas atteint et où elles ne sont pas — le serviteur doit regarder l'état dont il doit se charger, le parfaire, puis progresser peu à peu jusqu'à atteindre ce qui lui est destiné de savoir et d'œuvre en religion et monde — autre que celui dont l'âme tend à ce qu'elle n'a pas atteint et n'a pas encore été commandé : il n'y parvient guère, par dispersion de l'ambition, paresse et manque d'élan. Puis Il suspendit à l'accomplissement de l'exhorté quatre choses : La première : la préférence : {c'eût été meilleur pour eux} : ils eussent été des bons, parés de leurs traits — les œuvres de bien commandées — et la description des méchants écartée : l'affirmation d'une chose entraîne la négation de son contraire. La deuxième : l'affermissement et la constance et leur accroissement : Allah affermit les croyants par la foi qu'ils ont réalisée — s'acquitter de l'exhorté —, les affermissant en cette vie à l'arrivée des épreuves — commandements, interdictions, malheurs — : ils obtiennent la constance rendue capable de faire les commandements et laisser ce que l'âme presse de faire, et à la venue des épreuves déplaisantes, rendu capable de constance par patience, agrément ou gratitude, une aide d'Allah descendant pour cela ; et la constance sur la religion à la mort et dans la tombe. Et le serviteur accompli des ordres ne cesse de s'entraîner aux ordres légaux jusqu'à les apprivoiser et les désirer, ainsi que leurs pareils : aide à la constance dans les obéissances.

Verset 67

La troisième : {alors Nous leur aurions donné de auprès de Nous une immense récompense} : immédiate et différée, pour l'esprit, le cœur et le corps, et la félicité durable que nul œil n'a vue, nulle oreille n'a entendue, nul cœur d'homme n'a conçue.

Verset 68

La quatrième : la guidée vers un droit chemin — général après particulier, pour la noblesse de la guidée au droit chemin, contenant la science du vrai, son amour, sa préférence et l'œuvre selon lui, le bonheur et la réussite suspendus à cela : guidé au droit chemin, on est rendu capable de tout bien, tout mal et dommage écarté.

Verset 69

Quiconque obéit à Allah et à Son messager selon son état et la mesure de son devoir — mâle, femelle, petit, grand — : {ceux-là sont avec ceux qu'Allah a comblés} : l'immense faveur entraînant perfection, réussite et bonheur, {des prophètes} : qu'Allah a préférés par Sa révélation et particularisés par l'envoi vers la création et l'appel à Allah ; {des véridiques} : dont l'adhésion à ce qu'ont apporté les messagers est parfaite : ils ont connu le vrai, y ont adhéré de leur certitude, de sa mise en œuvre en parole, acte, état et appel à Allah ; {des martyrs} : qui combattirent dans la voie d'Allah pour élever Sa parole et furent tués ; {des vertueux} : dont l'extérieur et l'intérieur sont droits, leurs œuvres droites — quiconque obéit à Allah est avec eux et en leur compagnie. {Et quelle bonne compagnie !} : l'union avec eux aux jardins de félicité, l'intimité de leur proximité dans le voisinage du Seigneur des mondes.

Verset 70

{Cela est la faveur d'Allah} : qu'ils ont obtenue — Lui qui les en a rendus capables, les y a aidés, et leur a donné la récompense que leurs œuvres n'atteignent pas. {Et Allah suffit savant} : Il sait les états de Ses serviteurs et qui mérite l'immense récompense pour les œuvres pies où s'accordent cœur et membres.

Verset 71

Allah commande à Ses serviteurs croyants de prendre leur garde contre leurs ennemis mécréants — ce qui embrasse toutes les causes aidant à les combattre et détourner leur ruse et leur force : forteresses et tranchées, apprendre le tir et l'équitation, les métiers y aidant, connaître leurs entrées, sorties et ruses, et la mobilisation dans la voie d'Allah : {mobilisez-vous par groupes} : séparés — une expédition ou une armée partant, d'autres demeurant — {ou tous ensemble} : tout cela suit l'intérêt, la nuisance à l'ennemi et le repos des musulmans en leur religion. Ce verset est le pareil de : {préparez contre eux ce que vous pourrez de force}.

Verset 72

Puis Il informa des faibles de foi, paresseux au combat : {il est parmi vous} — ô croyants — {qui certes tardera} : se fera lourd pour le combat dans la voie d'Allah, par faiblesse, abattement et lâcheté — le sens correct ; on a dit : il tardera autrui : le dégoûter du combat — les hypocrites ; le premier est préférable pour deux raisons : {parmi vous}, l'interpellation étant aux croyants ; et la fin du verset : {comme s'il n'y avait pas d'affection entre vous et lui} : Allah a coupé l'affection entre les mécréants — associateurs et hypocrites — et les croyants. Et c'est le réel : les croyants sont de deux sortes : les sincères, dont la foi exige perfection d'adhésion et de combat ; et les faibles entrés dans l'islam, avec foi faible ne portant pas le combat : {les Bédouins disent : nous croyons ; dis : vous ne croyez pas, dites : nous nous soumettons...} et les versets. Puis les issues de ces lourds : l'essentiel de leur visée est le monde et son fumier : {si une épreuve vous atteint} — défaite, tués, victoire de l'ennemi par fois, aux sagesses d'Allah —, ce retardataire {dit : Allah m'a comblé de n'avoir pas été avec eux témoin} : de sa faible raison et foi, il voit le retrait du combat où fut cette épreuve comme une faveur, ne sachant pas que la vraie faveur est la réussite à cette immense obéissance par quoi la foi croît, le serviteur est sauvé de la punition et de la perte, et obtient l'immense récompense et l'agrément du Généreux Donateur ; le repos, s'il repose un peu, s'ensuit d'une longue fatigue et de grandes douleurs, et lui échappe ce qu'obtiennent les combattants.

Verset 73

{Et si une faveur d'Allah vous atteint} — victoire, butin —, {il dira certes, comme s'il n'y avait point d'affection entre vous et lui : "puissé-je avoir été avec eux, que j'eusse obtenu un immense succès"} : il souhaite être présent pour obtenir du butin, sans visée ni dessein au-delà — comme s'il n'était pas des vôtres, ô croyants, sans l'affection de foi dont il découle que les croyants participent à tous leurs intérêts et à repousser leurs nuisances, se réjouissant de leur obtention, dussent-elles par la main d'un frère croyant, s'affligeant de leur perte, œuvrant tous ensemble à ce qui répare leur religion et leur monde : celui qui ne souhaite que ce monde n'a pas cette âme de foi.

Verset 74

De la finesse d'Allah envers Ses serviteurs : ne point couper Sa miséricorde ni fermer ses portes : qui obtient autre que le convenable, Il l'appelle à réparer son manque et parfaire son âme : Il commanda à ceux-là la sincérité et la sortie dans Sa voie : {qu'ils combattent dans la voie d'Allah ceux qui vendent la vie présente contre la Dernière} : l'un des avis, le plus correct ; on a dit : que combattent dans la voie d'Allah les croyants parfaits de foi et sincères — {qui vendent la vie présente contre la Dernière} : vendant ce monde par dédain pour l'autre par désir — ceux-là sont interpellés, ayant préparé et préparé leurs âmes au combat de l'ennemi, par leur foi parfaite l'exigeant ; quant aux lourds, on n'en fait pas cas, sortis ou assis — pareil à : {dis : croyez-y ou n'y croyez pas...} et {s'ils y mécroient ceux-ci, Nous avons confié à d'autres qui n'y mécroient pas} ; on a dit : que combatte le combattant des mécréants qui vendent la vie présente contre la Dernière — {ceux qui} à l'accusatif d'objet. {Et quiconque combat dans la voie d'Allah} : combat commandé par Allah et Son messager, le serviteur y étant sincère pour Allah visant Sa Face — {tué ou vainqueur, Nous lui donnerons une immense récompense} : accroissement de foi et de religion, butin, belle célébration et récompense des combattants dans la voie d'Allah, à qui Allah a préparé au Paradis ce que nul œil n'a vu, nulle oreille n'a entendu, nul cœur d'homme n'a conçu.

Verset 75

Exhortation d'Allah à Ses serviteurs croyants et embrasement pour le combat dans Sa voie, qui s'impose à eux, le grand blâme pesant sur qui le délaisse : {qu'avez-vous à ne point combattre dans la voie d'Allah} — alors que les opprimés, hommes, femmes et enfants, sans stratégie ni voie, ont subi de leurs ennemis l'extrême injustice : ils implorent Allah de les faire sortir de cette cité dont les habitants sont injustes à eux-mêmes — mécréance et association — et aux croyants — nuisance et détournement de la voie d'Allah, empêchement de l'appel à leur religion et de l'émigration —, et implorent Allah de leur donner un allié et un secoureur les sauvant de cette cité injuste. Votre combat en cette forme relève du combat et de la défense de vos familles, enfants et interdits : le combat d'ambition contre les mécréants, de grande vertu et dont le retardataire est grandement blâmé, mais le combat sauvant vos opprimés est de plus grande récompense et profit : de l'ordre de repousser les ennemis. Puis Il dit :

Verset 76

Allah informe que les croyants combattent dans Sa voie, {et ceux qui ont mécru combattent dans la voie du ṭāghūt} : Satan. Plusieurs profits : — selon la foi du serviteur, son combat dans la voie d'Allah, sa sincérité et son suivi : le combat dans la voie d'Allah est effet, exigence et suite de la foi, comme le combat dans la voie du ṭāghūt est branche et exigence de la mécréance ; — qui combat dans la voie d'Allah doit et convient qu'il endure et tienne ce que nul autre ne tient : les alliés de Satan, sur le faux, endurent et combattent — les gens du vrai à plus forte raison : {si vous souffrez, ils souffrent comme vous souffrez, et vous espérez d'Allah ce qu'ils n'espèrent pas} ; — qui combat dans la voie d'Allah s'appuie sur un appui solide : le vrai et la confiance en Allah — au détenteur de la force et de l'appui solide on demande constance, fermeté et élan qu'on ne demande pas à qui combat pour le faux sans réalité ni issue heureuse : {combattez donc les alliés de Satan : la ruse de Satan est faible} — la ruse (kayd) : les voies cachées de nuire à l'ennemi ; Satan, dût sa ruse atteindre ce qu'elle atteint, est d'une faiblesse extrême, ne tenant pas devant le moindre du vrai ni devant la ruse d'Allah envers Ses serviteurs croyants.

Verset 77

Les musulmans, à La Mecque, avaient ordre de la prière et de la zakāt — secours aux pauvres, non la zakāt connue avec taux et conditions, prescrite seulement à Médine — et non du combat des ennemis, pour plusieurs profits : de la sagesse du Créateur de légiférer à Ses serviteurs des lois sans leur peine, commençant par le plus important puis le plus important, le plus aisé puis le plus aisé ; et leur prescrire le combat, peu nombreux et équipés, ennemis nombreux, eût mené à l'anéantissement de l'islam : l'intérêt suprême a été considéré — et d'autres sagesses. Certains croyants auraient voulu que le combat leur fût prescrit alors — inconvenable en ce temps, où convenait de tenir ce qui leur était commandé : unicité, prière, zakāt et semblables : {s'ils avaient fait ce à quoi ils sont exhortés, c'eût été meilleur pour eux et plus ferme affermissement}. Ayant émigré à Médine et l'islam fortifié, le combat leur fut prescrit en son temps propre ; un groupe de pressés, craignant les gens, faibles et abattus, dit : {"Seigneur, pourquoi nous as-Tu prescrit le combat ?"} — impatience et objection à Allah, quand il leur fallait le contraire : soumission à l'ordre d'Allah et patience en Ses commandements — ils inversèrent le voulu : {"n'eusses-Tu différé jusqu'à un terme proche"} : différer la prescription du combat au-delà du présent — état fréquent chez le non pondéré qui presse les choses avant leur temps : le plus souvent il n'endure pas à leur venue et les porte peu, peu patient. Puis Allah les exhorta de cet état de retrait du combat : {dis : la jouissance de ce monde est peu, et la Dernière Demeure est meilleure pour quiconque est pieux} : la jouissance des plaisirs et repos du monde est brève : porter les charges dans l'obéissance d'Allah le court temps est aisé et léger aux âmes : sachant la peine courte, elle leur est supportable — que dire en pesant ce monde et la Dernière Demeure, celle-ci meilleure en essence, plaisirs et durée : l'essence, comme le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — l'a établi : « La place d'un fouet au Paradis vaut mieux que le monde et ce qu'il contient » ; les plaisirs, purs des amertumes — tout plaisir concevable par la pensée, celui du Paradis l'excède : {nulle âme ne sait ce qui leur est caché comme réjouissance des yeux} ; « J'ai préparé à Mes serviteurs vertueux ce que nul œil n'a vu, nulle oreille n'a entendu, nul cœur d'homme n'a conçu. » Les plaisirs du monde sont mêlés d'amertumes : pesés à leurs douleurs, soucis et chagrins, sans proportion aucunement. Et le temps : ce monde s'achève, la vie de l'homme y est peu ; la Dernière Demeure est de félicité permanente, ses gens y demeurent. Le sensé réfléchissant aux deux demeures et les concevant en vérité connaît laquelle mérite préférence, effort et zèle : {la Dernière Demeure est meilleure pour quiconque est pieux} — de l'association et des interdits ; {et vous ne serez point lésés d'un brin} : votre effort pour la Dernière Demeure, vous le trouverez complet et entier, rien diminué.

Verset 78

Puis Il informa que nulle prudence n'écarte le décret, et que l'assis n'est pas protégé par son assise : {où que vous soyez, la mort vous atteint} : en tout temps et lieu — {dussions-vous être en des tours fortifiées} : palais imprenables et demeures élevées. Tout cela exhortation au combat dans la voie d'Allah — tantôt par l'encouragement à sa vertu et récompense, tantôt par la menace de la punition de son abandon, tantôt par l'information que l'assise ne sert point les assis, tantôt en rendant aisée et abrégeant la voie. Puis : {si un bien les atteint, ils disent : ceci vient d'Allah ; et si un mal les atteint, ils disent : ceci vient de toi. Dis : tout vient d'Allah. Qu'ont ces gens à ne point comprendre la parole ? Ce qui t'atteint de bien vient d'Allah ; et ce qui t'atteint de mal vient de toi-même. Et Nous t'avons envoyé aux gens comme messager — et Allah suffit témoin.} Allah informe de ceux qui ne savent pas, détournés de ce qu'ont apporté les messagers et leurs objecteurs : un bien les atteint — abondance, biens nombreux, enfants, santé —, ils disent : {"ceci vient d'Allah"} ; un mal — sécheresse, pauvreté, maladie, mort d'enfants et d'aimés —, ils disent : {"ceci vient de toi"} : de ce que tu nous as apporté, ô Muhammad ! — mauvais présage tiré du messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, comme leurs pareils des messagers d'Allah : le peuple de Pharaon : {si le bien les atteint, ils disent : à nous ; si un mal les atteint, ils tirent mauvais présage de Moïse et des siens} ; le peuple de Ṣāliḥ : {"nous tirons mauvais présage de toi et de qui est avec toi"} ; le peuple de Yā-Sīn à ses messagers : {"nous tirons mauvais présage de vous..."} — cœurs semblables en mécréance, paroles et actes semblables. Quiconque attribue la survenance du mal ou la perte du bien à ce qu'ont apporté les messagers ou à une partie est en ce blâme funeste. Allah répond : {dis : tout} — bien et mal, bon et mauvais — {vient d'Allah} : de Son décret, Sa prédestination, Sa création. {Qu'ont ces gens} — d'où leur vient cette parole vaine — {à ne point comprendre une parole} : ne comprendre pas du tout ou n'en approcher pas, ou n'en comprendre que faiblement : en tout cas blâme et reproche de leur manque de compréhension d'Allah et de Son messager, à cause de leur mécréance et détournement — implicitement : éloge de qui comprend d'Allah et de Son messager, exhortation à cela et à ses causes : se tourner vers leur parole, la méditer, prendre les voies y menant. S'ils comprenaient d'Allah, ils sauraient que le bien et le mal, les bonnes et mauvaises choses, tout est du décret et de la prédestination d'Allah, rien n'en sort, et que les messagers — sur eux la prière et la paix — ne peuvent être cause d'un mal survenant, ni eux ni ce qu'ils ont apporté : envoyés pour les intérêts des deux mondes et de la religion.

Verset 79

{Ce qui t'atteint de bien} — en religion et en monde — {vient d'Allah} : Lui qui t'en a comblé et en a rendu les causes aisées ; {et ce qui t'atteint de mal} — en religion et en monde — {vient de toi-même} : de tes fautes et ton acquis — ce qu'Allah pardonne est plus grand. Allah a ouvert à Ses serviteurs les portes de Sa bienfaisance, commandé d'entrer en Sa bonté et faveur, informé que les désobéissances empêchent Sa faveur : le serviteur les faisant, qu'il ne s'en prenne qu'à lui-même : il s'empêche lui-même la faveur et la bonté d'Allah. Puis l'universalité de la mission de Son messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix : {et Nous t'avons envoyé aux gens comme messager, et Allah suffit témoin} : que tu es réellement messager d'Allah, t'ayant soutenu de Son secours, des miracles éclatants et des preuves lumineuses : le plus grand témoignage absolu : {dis : quel témoignage est plus grand ? Dis : Allah, témoin entre moi et vous}. Sachant Allah parfait de science, parfait de puissance, immense de sagesse, ayant soutenu Son messager et magnifiquement secouru, on est certain qu'il est messager d'Allah — sinon, s'il avait forgé sur Lui quelque parole, Il l'eût saisi de la main droite, puis coupé l'aorte.

Verset 80

Quiconque obéit au messager d'Allah en ses commandements et interdictions {a obéi à Allah} : il ne commande ni n'interdit que sur l'ordre d'Allah, Sa loi, Sa révélation et Sa descente — affirmation de la préservation du Messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix : Allah a commandé de lui obéir absolument : s'il n'était pas préservé en tout ce qu'il transmet d'Allah, Il n'eût point commandé absolument ni élogié cela. Cela est des droits partagés : les droits sont trois : un droit d'Allah à nulle créature — L'adorer, s'adresser à Lui et les suites ; un droit propre au Messager — le magnifier, l'honorer, le secourir ; un droit partagé — croire en Allah et Son messager, les aimer, leur obéir : Allah a réuni ces droits : {pour que vous croyiez en Allah et Son messager, que vous Le magnifiiez, L'honoriez et Le célébriez matin et soir}. Qui obéit au Messager a obéi à Allah, avec la récompense et le bien suspendus à l'obéissance à Allah. {Et quiconque se détourne} de l'obéissance à Allah et Son messateur : il ne nuit qu'à lui-même, ne nuit en rien à Allah. {Nous ne t'avons pas envoyé sur eux gardien} : gardant leurs œuvres et états — Nous t'avons envoyé transmetteur, exposant, conseiller : tu t'es acquitté, ta récompense est due auprès d'Allah, qu'ils se guident ou non : {rappelle : tu n'es qu'un rappelleur ; tu n'as pas autorité sur eux...}.

Verset 81

L'obéissance à Allah et Son messager doit être extérieure et intérieure, en présence et en absence : qui montre en présence l'obéissance et l'engagement, puis seul ou avec les siens délaisse l'obéissance et se tourne vers son contraire : son obéissance montrée ne profite ni ne sert — semblable à ceux dont Allah dit : {ils disent : obéissance} : ils montrent l'obéissance auprès de toi — {puis sortis de chez toi, un groupe d'eux trame de nuit autre chose que ce que tu dis} : ils trament et ourdissent autre que l'obéissance — il n'y a que la désobéissance. {Un groupe d'eux trame de nuit autre chose que ce que tu dis} prouve que ce sur quoi ils se sont établis n'est pas l'obéissance : tramer de nuit (tabyīt) est ourdir l'affaire la nuit en un point fixé d'avis. Puis la menace : {Allah écrit ce qu'ils trament de nuit} : Il le leur conserve et les en rétribuera du plus entier — menace. Puis Il commanda à Son messager de répondre par le détour et non la rudesse : ils ne lui nuiront en rien s'il s'en remet à Allah et demande Son aide pour secourir Sa religion et établir Sa loi : {détourne-toi d'eux, remets-t'en à Allah — Allah suffit garant}.

Verset 82

Allah commande de méditer Son livre : considérer ses sens, y plonger la pensée, ses débuts, issues et suites — la méditation du livre d'Allah est la clé des sciences et connaissances : par elle tout bien s'infère et toutes sciences s'extraivent, la foi croît au cœur et son arbre s'enracine : elle fait connaître le Seigneur adoré, Ses attributs de perfection et ce dont Il est transcendant des marques de défaut, la voie menant à Lui, la description de ses gens et leur part à l'arrivée auprès de Lui, l'ennemi — l'ennemi véritable —, la voie menant au châtiment, la description de ses gens et leur part à la survenance des causes de la punition. Plus le serviteur médite, plus croissent son savoir, son œuvre et sa clairvoyance — d'où le commandement et l'exhortation d'Allah, et l'information que tel est le but de la descente du Coran : {un livre que Nous t'avons fait descendre, béni, pour qu'ils méditent ses versets et que réfléchissent les gens d'intelligence} ; {ne méditent-ils pas le Coran, ou sur les cœurs leurs serrures ?}. Des profits de la méditation : atteindre le degré de la certitude et du savoir que c'est la parole d'Allah : on le voit s'authentifier lui-même et s'accorder : sagesses, récit et informations revenant en maints lieux, tous accordés et concordants, sans contradiction : ainsi se connaît la perfection du Coran, venant de Celui dont la science embrasse toute chose : {s'il venait d'un autre qu'Allah, ils y trouveraient ample divergence} : venant d'Allah, point du tout de divergence.

Verset 83

Éducation d'Allah pour Ses serviteurs sur cet acte inconvenable : quand leur vient une affaire importante des intérêts généraux — sécurité et joie des croyants, ou crainte d'épreuve —, qu'ils vérifient et ne se hâtent pas de répandre la nouvelle, mais la renvoient au Messager et aux détenteurs du commandement — gens d'avis, savoir, conseil, raison et pondération, connaissant les choses, les intérêts et leurs contraires : s'ils voient profit à la répandre — élan, joie des croyants, précaution des ennemis —, ils le font ; s'ils voient nul profit, ou profit dépassé par le mal — ils ne la répandent pas : {l'auraient su ceux d'entre eux qui l'extraient} : le tirant de leur pensée, leurs avis droits et leurs sciences droites. Preuve d'une règle d'étiquette : à toute recherche d'une affaire, la confier à qui en est digne, aux siens, sans les devancer : plus proche du juste et plus sûr de l'erreur. Interdiction de la hâte à répandre les choses dès l'audition ; commandement de réfléchir avant de parler et d'y regarder : intérêt — on avance — ou non — on s'abstient. Puis : {n'eût été la faveur d'Allah sur vous et Sa miséricorde} — de vous rendre capables, vous éduquer, vous enseigner ce que vous ne saviez pas — {vous auriez suivi Satan, sinon peu} : l'homme est par nature injuste et ignorant, son âme ne lui commande que le mal ; s'il recourt à son Seigneur, s'agrippe à Lui et s'y applique, son Seigneur use de finesse, le rend capable de tout bien et le préserve du Satan lapidé.

Verset 84

Cet état est le meilleur du serviteur : s'appliquer soi-même à l'ordre d'Allah — combat et autre —, et presser autrui — l'un des deux ou les deux peut manquer au serviteur — d'où [Allah] à Son messager : {combats donc dans la voie d'Allah : tu n'es chargé que de toi-même} : tu n'as pouvoir sur personne d'autre : tu ne seras pas chargé de l'acte d'autrui. {Et presse les croyants} au combat — ce qui embrasse tout ce qui donne élan et force aux cœurs des croyants : les fortifier, informer de la faiblesse et de la déconfite des ennemis, de ce qu'Allah a préparé aux combattants de récompense et aux retardataires de punition : tout cela entre dans l'incitation au combat. {Peut-être Allah retiendra-t-Il la violence de ceux qui ont mécru} : par votre combat dans Sa voie et votre mutuelle incitation. {Allah est plus dur de violence} : force et puissance, {et plus dur de châtiment} (tankīl) [punition exemplaire] : du fauteur en sa personne et pour autrui — qu'Il ait voulu, Il se fût vengé des mécréants par Sa puissance sans leur laisser reste ; mais de Sa sagesse : éprouver les uns par les autres, pour que tienne le marché du combat et s'obtienne la foi profitable, foi de choix et non de contrainte — la contrainte ne profitant en rien.

Verset 85

L'intercession (shafā'a) vise ici l'entraide en une affaire : quiconque intercède pour autrui et se tient avec lui en une affaire de bien — dont l'intercession pour les opprimés contre qui les opprime — a une part de son intercession, selon son effort, son œuvre et son profit, sans que rien soit retranché de la récompense de l'initiateur ou de l'exécutant ; et quiconque aide autrui en une affaire de mal porte une part de la faute selon ce qu'il a fait et aidé. Immense exhortation à coopérer à la piété et à la bienveillance, immense dissuasion de coopérer au péché et à l'agression — établi par : {Allah est sur toute chose comptable (muqīt) [garant]} : témoin, gardien, comptable de ces œuvres, rétribuant chacun de son dû.

Verset 86

Le salut (taḥiyya) : le terme émanant de l'un des deux qui se rencontrent, en honneur, invocation et ce qui l'accompagne d'accueil et semblable ; le plus haut des saluts : celui que la Loi a apporté — le salām, en initiative et en réponse. Allah commanda aux croyants, salués de quelque salut, de répondre par meilleur — terme et accueil — ou pareil : le sens impliqué interdisant de ne point répondre du tout ou de répondre en deçà. On tire du noble verset l'exhortation à initier le salut, doublement : Allah commanda de répondre par meilleur ou pareil — ce qui entraîne que le salut est légalement voulu ; et le comparatif « meilleur » indique que le salut et sa réponse participent du beau, selon le principe. Sont exceptés de la généralité du verset : qui salue en un état non commandé — récitant, écoutant un sermon, priant et semblable : on ne doit pas répondre à son salut ; et quiconque la Loi commande de bouder et de ne pas saluer : le désobéissant non repenti que la bouderie retient : on le boude, on ne le salue pas, son salut n'est pas rendu — l'intérêt supérieur prévalant. Et la réponse au salut embrasse tout salut d'usage non interdit : on doit le rendre ou mieux. Puis la menace globale : {Allah est sur toute chose comptable} : Il conserve aux serviteurs leurs œuvres, bonnes et mauvaises, petites et grandes, puis les rétribue selon ce qu'exigent Sa faveur, Sa justice et Sa louange.

Verset 87

Allah informe de Son unicité : point d'adoré ni de divinité sinon Lui — parfait en essence et attributs, Singulier de la création, de l'administration et des faveurs apparentes et cachées — ce qui entraîne le commandement de L'adorer et de se rapprocher de toutes les servitudes, Lui seul le méritant, et rétribuant les serviteurs de ce qu'ils ont tenu de Sa servitude ou délaissé. Il jura du lieu de la rétribution, le Jour de la résurrection : {Il vous rassemblera} — premiers et derniers, en une station unique — {au Jour de la résurrection, dont nul doute} : ni doute ni illusion sous quelque rapport, par preuve rationnelle et preuve textuelle. Rationnelle : la revivification de la terre après sa mort, la première genèse dont la seconde est plus possible, et la sagesse certifiant qu'Allah n'a pas créé Sa création en vain, vivant puis mourant. Textuelle : l'information du plus véridique des véridiques, mieux, Son serment : {qui est plus véridique qu'Allah en récit ?} — et Il commanda à Son messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — d'en jurer en maint lieu : {les mécréants prétendent ne point être ressuscités : dis : si, par mon Seigneur, vous serez ressuscités...}. En {qui est plus véridique qu'Allah en récit ?} et {en parole ?} : l'information que Son récit, Ses informations et paroles sont au plus haut degré de véracité, mieux au plus haut : tout ce qui se dit en croyances, sciences et œuvres contredisant ce qu'Allah a annoncé est vain, contredisant l'information certaine véridique : il ne peut être vrai.

Verset 88

Les hypocrites visés en ces versets : ceux affichant l'islam sans émigrer, malgré leur mécréance. Les compagnons — qu'Allah les agrée — furent perplexes à leur sujet : certains scrupuleux de les combattre et rompre l'alliance à cause de la foi affichée ; d'autres connaissant leurs états par les indices de leurs actes, jugeant leur mécréance. Allah les informa : point de perplexité ni de doute : leur affaire est claire : hypocrites, leur mécréance réitérée, souhaitant votre mécréance et que vous leur ressembliez — quand cela est établi d'eux : {ne les prenez pas pour alliés} — ce qui entraîne de ne pas les aimer, l'alliance branche de l'amour, et de les haïr et les traiter en ennemis, l'interdit d'une chose commandant son contraire — ce commandement tempéré par l'émigration : émigrants, il leur est appliqué ce qui est appliqué aux musulmans, comme le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — appliquait les lois de l'islam à quiconque était avec lui et émigrait, croyant véritable ou d'apparence ; et s'ils n'émigrent pas et s'en détournent : {saisissez-les et tuez-les où vous les trouvez} : en tout temps et lieu — des preuves de l'abrogation de l'interdiction de combattre aux mois sacrés, selon la majorité ; les contestataires : textes absolus rapportés à la restriction de l'interdit aux mois sacrés.

Verset 90

Puis Allah excepta du combat de ces hypocrites trois groupes, deux qu'Il commanda de laisser, l'interdisant : Le premier : qui rejoint un peuple entre qui et les musulmans est pacte et engagement de cesser le combat : il a leur règle quant au sang et au bien épargnés. Le second : {ceux que les poitrines ont restreints de vous combattre ou de combattre leur peuple} : leurs âmes ne les portent ni à vous combattre ni à combattre leur peuple, aimant délaisser le combat des deux partis — Il commanda de les laisser, exposant la sagesse : {qu'Allah ait voulu, Il les eût lâchés sur vous et ils vous eussent combattus} : les choses possibles sont trois — qu'ils soient avec vous et combattent vos ennemis : impossible de ceux-ci — l'affaire oscille entre vous combattre avec leur peuple, et délaisser le combat des deux partis : le plus aisé pour vous — Allah peut les lâcher sur vous : acceptez le répit et remerciez votre Seigneur d'avoir retenu leurs mains de vous, pouvant le faire ; s'ils se tiennent à l'écart {sans vous combattre et vous offrant la paix, Allah ne vous a pas donné de voie contre eux}.

Verset 91

Le troisième groupe : visant leur intérêt, sans égard pour vous : {vous en trouverez d'autres} — de ces hypocrites — {voulant être en sécurité de vous et de leur peuple} : par peur de vous — {chaque fois qu'ils sont reconduits à la tentation, ils y culbutent} : ils demeurent en leur mécréance et hypocrisie, chaque tentation survenant les aveuglant et culbutant sur leurs têtes, leur mécréance et hypocrisie croissant — ceux-ci en apparence comme le second groupe, en vérité autre : le second a délaissé le combat des croyants par égard, non peur de soi ; celui-ci l'a délaissé par peur, sans égard — une occasion de combattre les croyants trouvée, ils s'y précipiteraient : s'il ne leur apparaît pas très clairement qu'ils se tiennent à l'écart des croyants et délaissent leur combat, on les combat : {s'ils ne se tiennent pas à l'écart de vous et ne vous offrent pas la paix} : paix et trêve — {et ne retiennent pas leurs mains, saisissez-les et tuez-les où vous les trouvez : sur eux Nous vous avons donné autorité manifeste} : preuve claire et évidente : agresseurs injustes envers vous, quittant la paix : qu'ils ne s'en prennent qu'à eux-mêmes.

Verset 92

Cette tournure est de l'impossibilité : il est impossible qu'un croyant tue un croyant — délibérément. Information de l'extrême interdiction et de la contradiction extrême avec la foi : cela ne sort que d'un mécréant ou d'un pervers dont la foi est extrêmement diminuée, et on craint pour lui pire — la foi saine retient le croyant de tuer son frère, dont Allah a conclu entre eux la fraternité de foi exigeant amour, alliance et l'écarter du mal — quel mal plus grand que le meurtre ? ! Le confirme sa parole — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix : « Ne revenez pas après moi mécréants vous frappant les nuques les uns des autres » — le meurtre relève de la mécréance pratique, le plus grand des péchés majeurs après l'association à Allah. Sa parole {il n'appartient pas à un croyant de tuer un croyant} étant générale à tous les cas, nul meurtre de son frère sous quelque rapport — Il excepta le meurtre par erreur : {sinon par erreur} : l'errant ne visant pas le meurtre n'est ni fautif ni hardi aux interdits d'Allah ; mais ayant fait un acte monstrueux dont la forme suffit à la laideur sans visée, Allah commanda l'expiation et le prix du sang : {quiconque tue un croyant par erreur} — le tueur mâle ou femelle, libre ou esclave, petit ou grand, raisonnable ou fou, musulman ou mécréant, à preuve « man » général — secret de « man » en ce lieu : le contexte eût exigé « s'il le tue », terme n'embrassant pas ce qu'embrasse « man » — et le tué mâle ou femelle, petit ou grand, à preuve l'indétermination dans la condition —, au tueur {l'affranchissement d'un esclave croyant} : expiation, sur son bien — embrassant petit et grand, mâle et femelle, sain et défectueux selon certains savants ; mais la sagesse exige que l'affranchissement du défectueux ne vaille pas : le but de l'affranchissement étant le profit de l'affranchi et la possession de ses utilités pour lui — si son affranchissement le perd et que son maintien en servitude lui est meilleur, il ne vaut pas, et {l'affranchissement (taḥrīr) d'un esclave} l'indique : affranchir, c'est libérer qui voit ses utilités acquises à autrui lui revenir ; s'il n'y a point d'utilités, l'affranchissement est inconcevable — considère : c'est clair. Quant au prix du sang (diya) : dû aux parents (litt. "à la parentèle agnatique") du tueur en cas d'erreur et de quasi-délibéré. {Livré à sa famille} : pour consoler leurs cœurs ; « sa famille » : ses héritiers — les héritiers héritent ce que le défunt a laissé : le prix en fait partie ; multiples détails dans les livres de fiqh. {Sauf s'ils font charité} : les héritiers du tué font aumône du pardon du prix : il tombe — exhortation au pardon : Allah l'a nommé aumône, et l'aumône est voulue en tout temps. {S'il était} le tué {d'un peuple ennemi pour vous} : mécréants en guerre, {et croyant : l'affranchissement d'un esclave croyant} : sans prix à sa famille, ses sangs et biens n'étant pas protégés. {Et s'il était d'un peuple entre vous et qui est pacte : un prix livré à sa famille et l'affranchissement d'un esclave croyant} : leurs sangs protégés par le pacte. {Quiconque ne trouve pas} l'esclave ni son prix — gêné, n'ayant rien excédant sa charge et ses besoins premiers suffisant à l'esclave — {jeûne de deux mois consécutifs} : sans rompre sans excuse ; rompant pour excuse — maladie, menstrues et semblables — l'excuse ne rompt pas la consécutivité ; sans excuse, la consécutivité est rompue et il doit reprendre le jeûne. {En repentir d'Allah} : ces expiations qu'Allah a imposées au tueur sont un retour d'Allah sur Ses serviteurs, miséricorde et effacement de la défaillance et du manque de précaution qui peuvent advenir, comme il advient souvent au tueur par erreur. {Allah sait, est sage} : parfait de science et sagesse : rien du poids d'un atome sur terre ni au ciel, ni plus petit ni plus grand, en tout temps et lieu, ne Lui échappe ; rien des créatures et lois ne sort de Sa sagesse : tout ce qu'Il crée et légifère contient la sagesse suprême. De Sa science et sagesse : avoir imposé au tueur une expiation convenant à son acte : il a causé l'anéantissement d'une vie protégée, l'a fait passer de l'être au néant — convenait qu'il affranchisse un esclave, le faisant passer de la servitude aux créatures à la pleine liberté ; sans esclave : deux mois de jeûne, se sortant de la servitude des désirs et plaisirs sensibles coupant le serviteur de son bonheur éternel, vers l'adoration d'Allah en les délaissant par rapprochement, Allah l'y prolongeant ce long terme dur en nombre et consécutivité — sans légiférer la nourriture en ces lieux, faute de convenance, à la différence du ẓihār [vœu de retraite conjugale], s'Allah veut. De Sa sagesse : le prix du sang en cas de meurtre, même par erreur : retenu et empêchant beaucoup de meurtres par l'usage des causes préservatrices ; et de l'avoir imposé aux parents agnatiques en cas d'erreur, au consensus — le tueur n'ayant point fauté, le poids du prix lui serait dur : il convenait qu'il soit porté par ceux entre qui sont entraide, secours et assistance aux intérêts et à couper les corruptions — les empêchant peut-être de laisser tuer qui est à leur charge, par crainte de la charge, et leur étant léger par la répartition selon leurs états et capacités, allégé encore par l'échelonnement sur trois ans ; et de réparer les proches du tué par le prix imposé aux parents du tueur.

Verset 93

Il a été dit qu'Allah informa que le meurtre du croyant ne procède pas du croyant, et que le meurtre relève de la mécréance pratique ; ici, la menace au tueur délibéré, menace qui fait frémir les cœurs, fendre les entendements et trembler les raisonnables : nulle menace plus grande ne vint pour les péchés majeurs, ni pareille : l'information que sa rétribution est la Géhenne : ce immense péché suffit seul à valoir à son auteur la Géhenne — son immense châtiment, l'ignominie humiliante, la colère du Tout-Puissant, la perte de la victoire et de la réussite, la déception et la perte : refuge auprès d'Allah contre toute cause éloignant de Sa miséricorde ! Cette menace a la règle de ses pareilles — textes de menace de péripétie au Feu ou de privation du Paradis pour certains majeurs et désobéissances. Les imams — qu'Allah leur fasse miséricorde — divergèrent en l'interprétation, d'accord sur la nullité de la thèse des kharijites et mu'tazilites les y laissant à perpétuité dussent-ils être monothéistes. Le sens correct : ce que dit l'imam vérificateur Shams al-Dīn Ibn al-Qayyim — qu'Allah lui fasse miséricorde — dans les Madārij : après avoir rapporté et critiqué les interprétations des imams, il dit : Un groupe dit : ces textes et leurs pareils mentionnent le exigeant de la punition, et l'existence du exigeant du jugement n'entraîne pas son existence : le jugement n'est parfait que par l'existence de son exigeant et l'absence de ses empêchements ; ces textes informent au plus que telle chose est cause et exigeant de la punition — et la preuve est établie des empêchements : certains au consensus, certains par texte : le repentir empêche au consensus ; l'unicité empêche par les textes notoires indéniables ; les immenses bonnes actions effaçantes empêchent ; les grandes épreuves expiatoires empêchent ; l'exécution des peines en ce monde empêche par texte. Nul moyen de neutraliser ces textes : il faut œuvrer les textes des deux côtés — de là se lève la balance des bonnes et mauvaises actions, considération du exigeant de la punition et de son empêchement, œuvrant le plus fort. Sur cela se bâtissent les intérêts et nuisances des deux demeures, les jugements légaux et décrétaux : exigence de la sagesse courant dans l'existence, par quoi se lient causes et effets, en création et en ordre. Allah a fait à chaque contraire un contraire qui le repousse, le combat, et le jugement au plus fort des deux : la force exige la santé, la santé et la corruption des humeurs et leur tyrannie empêchent l'œuvre de la nature et l'acte de la force — le jugement au dominant ; de même les forces des remèdes et des maladies ; le serviteur a en lui exigeant de santé et exigeant de perte, l'un empêche l'effet parfait de l'autre et le combat : l'emportant, l'effet est sien. De là se connaît la division de la création : qui entre au Paradis sans entrer au Feu, l'inverse, et qui entre au Feu puis en sort, sa démoration selon son exigeant de démorer, en la célérité ou lenteur de sortie ; et quiconque a une clairvoyance éclairée y voit tout ce qu'Allah a annoncé en Son livre du retour et de ses détails, comme vu de l'œil, et sait que cela est exigence de Sa divinité, Sa seigneurialité, Sa puissance et Sa sagesse, que le contraire Lui est impossible et qu'il Le rapporter serait Lui rapporter ce qui ne Lui sied point — tel rapport à sa clairvoyance vaut celui du soleil et des étoiles à sa vue. Telle est la certitude de la foi, brûlant les fautes comme le feu brûle le bois ; l'homme de cette station ne s'obstine pas aux fautes, dussent-elles survenir et abonder : la lumière de foi qui est en lui lui commande de renouveler le repentir à chaque instant, retournant à Allah au fil de ses souffles — des plus aimés des créatures d'Allah. Fin de sa parole — qu'Allah sanctifie son esprit et le rétribue pour l'islam et les musulmans.

Verset 94

Allah commande à Ses serviteurs croyants, sortant combattre dans Sa voie et recherchant Son agrément, d'examiner et vérifier toutes leurs affaires ambiguës : les affaires sont deux — claires et non claires : les claires n'exigent ni vérification ni examen : acquis de l'acquis. Les difficiles non claires exigent vérification et examen : pour connaître s'avancer ou non — la vérification y contient profits nombreux et coupure de maux immenses : par elle se connaissent la religion, la raison et la pondération du serviteur — autre que le pressé qui prend les choses à leur début avant d'en connaître la règle : il en vient à l'inconvenable, comme ceux qu'Allah reprocha au verset : n'ayant pas vérifié, ils tuèrent qui les salua, portant un butin à lui ou le bien d'autrui, croyant s'en suffire — erreur en réalité : d'où le reproche : {ne dites point à qui vous offre le salut : "tu n'es pas croyant", recherchant le bien passager de la vie présente : auprès d'Allah sont butins nombreux} : que le bien périssable peu ne vous porte pas à l'inconvenable, vous perdant la récompense immense durable d'Allah — ce qui est auprès d'Allah meilleur et plus durable. Allusion : quand le serviteur voit les moteurs de son âme incliner à un état de passion qui lui nuit, qu'il lui rappelle ce qu'Allah a préparé à qui a interdit son âme sa passion, préférant l'agrément d'Allah à l'assentiment de soi : encouragement de l'âme à obéir, dussé-t-il lui peser. Puis Il leur rappela leur premier état avant la guidée à l'islam : {ainsi étiez-vous avant ; Allah vous a comblés} : comme Il vous a guidés après l'égarement, Il guide autrui ; comme la guidée vous vint peu à peu, de même autrui — le parfait regardant son premier état déficient, traitant qui est tel selon ce qu'il connaît de son premier état, appelant avec sagesse et belle exhortation : des plus grandes causes de profit. D'où la réitération : {vérifiez donc} ! Si le sortant pour le combat dans la voie d'Allah, à combattre les ennemis d'Allah, préparé de tous préparatifs, est commandé d'examiner qui lui offre le salut, l'indice étant fort qu'il n'a salué que pour échapper à la mort et crainte sur soi — cela indique le commandement d'examiner et vérifier en tous les cas d'ambiguïté : le serviteur vérifie jusqu'à clarté, le vrai et le juste apparaissant. {Allah est informé de ce que vous faites} : Il rétribue chacun de son œuvre et intention, selon ce qu'Il sait des états et intentions de Ses serviteurs.

Verset 95

Ne sont pas égaux le croyant combattant de sa personne et de son bien, et qui n'est pas sorti combattre et n'a pas combattu les ennemis d'Allah — exhortation à sortir combattre, encouragement et dissuasion de la paresse et de l'assise sans excuse. Quant aux gens d'empêchement — malade, aveugle, boiteux, sans moyens d'équipement — : ils ne valent pas les assis sans excuse : l'empêché satisfait de son assise, ne visant pas la sortie dans la voie d'Allah faute de l'empêchement, ne s'en parlant pas, vaut l'assis sans excuse ; l'empêché résolu à sortir faute de l'empêchement, le souhaitant et s'en parlant, vaut le sorti : la résolution ferme jointe à son possible en parole ou acte fait descendre son détenteur au rang du faiseur. Puis Il explicita la préférence des combattants sur les assis d'un degré — élévation : préférence en globalité, puis en détail, leur promettant le pardon émanant de leur Seigneur et la miséricorde englobant l'obtention de tout bien et l'écart de tout mal, et les degrés que le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — a détaillés au hadith établi des deux Ṣaḥīḥ : « Au Paradis cent degrés : entre chaque deux, ce qu'entre ciel et terre, qu'Allah a préparés à ceux qui combattent dans Sa voie. » Cette rétribution du combat est le pareil de la sourate al-Ṣaff : {Ô vous qui croyez, vous indiquerai-Je un commerce qui vous sauve d'un châtiment douloureux ? croire en Allah et Son messager, combattre dans la voie d'Allah de vos biens et vos personnes — cela est meilleur pour vous... Il vous pardonnera vos fautes...}. Considère la beauté de la transition d'un état au supérieur : négation d'abord de l'égalité du combattant et de l'autre, puis explicitation de la préférence d'un degré, puis passage au pardon, la miséricorde et les degrés — la transition au supérieur en éloge, ou à l'inférieur en blâme, la plus belle en lettre et la plus frappante ; et préférant une chose à une autre toutes deux de mérite, Il précautionne par la mention du mérite commun, qu'on ne suppose le blâmé du préféré-contrepartie : {à tous Allah a promis la très belle} — comme en al-Ṣaff : {et annonce aux croyants}, et {ne sont pas égaux, de vous, qui a dépensé avant la conquête et combattu... à tous Allah a promis la très belle}, et {Nous la fîmes comprendre à Salomon ; et à chacun Nous avons donné jugement et savoir}. Quiconque recherche la préférence entre personnes, groupes et œuvres doit discerner cette nuance ; et blâmant personnes et thèses, qu'il mentionne le commun en préférant : qu'on ne suppose le préféré parvenu à la perfection — dire : les chrétiens valent mieux que les mages, et ajouter : chacun des deux est mécréant ; le meurtre est plus monstrueux que la fornication, et chacun est péché majeur interdit par Allah et Son messager, interdit et repoussé. Ayant promis aux combattants le pardon et la miséricorde émanés de Ses deux noms nobles, Pardonneur et Miséricordieux, Il cloît par eux : {Allah est pardonneur, miséricordieux}.

Verset 96

Ne sont pas égaux le croyant combattant de sa personne et de son bien, et qui n'est pas sorti combattre et n'a pas combattu les ennemis d'Allah — exhortation à sortir combattre, encouragement et dissuasion de la paresse et de l'assise sans excuse. Quant aux gens d'empêchement — malade, aveugle, boiteux, sans moyens d'équipement — : ils ne valent pas les assis sans excuse : l'empêché satisfait de son assise, ne visant pas la sortie dans la voie d'Allah faute de l'empêchement, ne s'en parlant pas, vaut l'assis sans excuse ; l'empêché résolu à sortir faute de l'empêchement, le souhaitant et s'en parlant, vaut le sorti : la résolution ferme jointe à son possible en parole ou acte fait descendre son détenteur au rang du faiseur. Puis Il explicita la préférence des combattants sur les assis d'un degré — élévation : préférence en globalité, puis en détail, leur promettant le pardon émanant de leur Seigneur et la miséricorde englobant l'obtention de tout bien et l'écart de tout mal, et les degrés que le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — a détaillés au hadith établi des deux Ṣaḥīḥ : « Au Paradis cent degrés : entre chaque deux, ce qu'entre ciel et terre, qu'Allah a préparés à ceux qui combattent dans Sa voie. » Cette rétribution du combat est le pareil de la sourate al-Ṣaff : {Ô vous qui croyez, vous indiquerai-Je un commerce qui vous sauve d'un châtiment douloureux ? croire en Allah et Son messager, combattre dans la voie d'Allah de vos biens et vos personnes — cela est meilleur pour vous... Il vous pardonnera vos fautes...}. Considère la beauté de la transition d'un état au supérieur : négation d'abord de l'égalité du combattant et de l'autre, puis explicitation de la préférence d'un degré, puis passage au pardon, la miséricorde et les degrés — la transition au supérieur en éloge, ou à l'inférieur en blâme, la plus belle en lettre et la plus frappante ; et préférant une chose à une autre toutes deux de mérite, Il précautionne par la mention du mérite commun, qu'on ne suppose le blâmé du préféré-contrepartie : {à tous Allah a promis la très belle} — comme en al-Ṣaff : {et annonce aux croyants}, et {ne sont pas égaux, de vous, qui a dépensé avant la conquête et combattu... à tous Allah a promis la très belle}, et {Nous la fîmes comprendre à Salomon ; et à chacun Nous avons donné jugement et savoir}. Quiconque recherche la préférence entre personnes, groupes et œuvres doit discerner cette nuance ; et blâmant personnes et thèses, qu'il mentionne le commun en préférant : qu'on ne suppose le préféré parvenu à la perfection — dire : les chrétiens valent mieux que les mages, et ajouter : chacun des deux est mécréant ; le meurtre est plus monstrueux que la fornication, et chacun est péché majeur interdit par Allah et Son messager, interdit et repoussé. Ayant promis aux combattants le pardon et la miséricorde émanés de Ses deux noms nobles, Pardonneur et Miséricordieux, Il cloît par eux : {Allah est pardonneur, miséricordieux}.

Verset 97

Terrible menace à quiconque délaisse l'émigration pouvant l'accomplir, jusqu'à mourir : les anges qui prennent son âme le blâment de ce grand blâme : {"en quoi étiez-vous ?"} : en quel état ? En quoi vous distinguiez-vous des associateurs ? Vous avez accru leur nombre, peut-être aidé contre les croyants, et perdu l'immense bien : le combat avec Son messager, l'être avec les musulmans et leur aide contre leurs ennemis. {"Ils dirent : nous étions opprimés sur terre"} : faibles, dominés, lésés, sans pouvoir émigrer — menteurs : Allah les a blâmés et menacés, ne chargeant l'âme que sa capacité, et exceptant les réellement opprimés — d'où les anges : {"la terre d'Allah n'était-elle pas vaste, que vous y émigriez ?"} : interrogation d'établissement : la terre d'Allah est vaste, notoire : le serviteur ne pouvant manifester sa religion où il est a largeur et espace pour adorer Allah : {ô Mes serviteurs croyants, Ma terre est vaste : c'est Moi qu'adorez}. De ceux sans excuse : {leur gîte est la Géhenne, et quelle détestable destination !} — comme dit : la mention de la cause exige son effet à conditions réunies et empêchements absents — un empêchement pouvant s'y opposer. Le verset prouve : l'émigration est des plus grandes obligations, la délaisser des interdits, mieux : des plus grands péchés ; que quiconque meurt a complété et reçu ce qui lui était décrété de subsistance, terme et œuvre — tiré de « recevoir (tawaffī) » : s'il restait quelque chose, il ne serait pas « reçu » ; et la foi aux anges et leur éloge : Allah a porté ce discours à leur mode d'établissement, d'approbation et de convenance à leur lieu.

Verset 98

Puis Il excepta les réellement opprimés sans aucun pouvoir d'émigrer {et ne trouvant point de voie} : {peut-être Allah leur fera-t-Il grâce — Allah est indulgent, pardonneur} — {peut-être} et semblables de la part d'Allah s'accomplissent nécessairement, par Sa générosité et bienfaisance. Espérer la récompense à qui fait quelque œuvre a un profit : il se peut qu'il ne s'en acquitte point parfaitement ni comme il convient, étant déficient, ne méritant pas cette récompense — Allah sait mieux. Le noble verset prouve : quiconque est incapable du commandé, obligatoire ou autre, est excusé : {nul grief à l'aveugle, nul grief au boiteux, nul grief au malade} ; {craignez Allah ce que vous pouvez} ; le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : « Quand je vous commande une chose, faites-en ce que vous pouvez » — mais l'homme n'est excusé qu'ayant dépensé son effort et fermé les portes des moyens : {ils ne trouvent point de stratégie}. Et allusion : la monture au pèlerinage et à la 'umra et semblables exigeant le voyage est des conditions de la capacité.

Verset 100

Exposé de l'exhortation à l'émigration, l'encouragement, et de ses intérêts : le Véridique en Sa promesse promit que quiconque émigre dans Sa voie recherchant Son agrément trouvera sur terre issue (murāgham) [moyen de défier les ennemis] et largeur : l'issue contient les intérêts de la religion, la largeur ceux du monde — beaucoup s'imaginent qu'en l'émigration sont dispersion après l'union, pauvreté après la richesse, humiliation après l'honneur, dureté après l'aisance — non : le croyant parmi les associateurs a sa religion extrêmement diminuée — ni les adorations restreintes à soi comme la prière, ni les adorations débordant comme le combat en parole et acte et suites, ne pouvant —, à la veille d'être tenté de sa religion, surtout s'il est opprimé ; émigrant dans la voie d'Allah, il peut établir la religion d'Allah, combattre Ses ennemis et les défier : murāgham est terme englobant tout ce qui enrage les ennemis d'Allah, en parole et acte ; et il obtient largeur de subsistance — il advint comme Allah l'annonça. Prends-en preuve les compagnons — qu'Allah les agrée : émigrant dans la voie d'Allah, quittant pour Lui demeures, enfants et biens, leur foi se parfait : ils obtinrent la foi parfaite, l'immense combat, la victoire de la religion d'Allah, devenant imams de ceux après eux, et les conquêtes et butins qui s'ensuivirent les firent les plus riches des gens — ainsi quiconque fait comme eux obtient ce qu'ils obtinrent, jusqu'au Jour de la résurrection. Puis : {quiconque sort de sa demeure émigrant vers Allah et Son messager} : visant son Seigneur, Son agrément, l'amour de Son messager et le secours de la religion d'Allah, non autre dessein — {puis la mort l'atteint} : par mise à mort ou autre — {sa récompense est acquise sur Allah} : il obtient la récompense de l'émigrant ayant atteint son but, au garant d'Allah : il a voulu, résolu, et il y a eu commencement et entrée en œuvre — de la miséricorde d'Allah envers lui et ses pareils de leur donner leur récompense complète dussent-ils ne point achever l'œuvre, et de leur pardonner leur défaillance en l'émigration et ailleurs — d'où la clôture par ces deux noms : {Allah est pardonneur, miséricordieux} : pardonnant aux croyants leurs fautes, surtout les repentis revenus à leur Seigneur ; miséricordieux envers toute création, miséricorde les faisant exister, les préservant, les pourvoyant de biens, enfants, force et autre ; miséricordieux envers les croyants : les rendant capables de la foi, leur enseignant le savoir par quoi la certitude s'obtient, leur rendant aisées les causes du bonheur et de la réussite et ce par quoi les plus grands profits s'atteignent — ils verront de Sa miséricorde et générosité ce que nul œil n'a vu, nulle oreille n'a entendu, nul cœur d'homme n'a conçu. Nous demandons à Allah de ne pas nous priver de Son bien à cause de notre mal.

Verset 101

Ces deux versets sont le fondement de la permission du raccourcissement et de la prière de la peur. Allah dit : {quand vous parcourez la terre} : en voyage — l'apparent du verset : la permission en tout voyage, même de désobéissance, comme Abū Ḥanīfa — qu'Allah lui fasse miséricorde — ; la majorité — les trois imams et autres — l'a niée pour le voyage de désobéissance, restreignant le verset par le sens et la convenance : la permission est aisance d'Allah à Ses serviteaux voyageant, pour raccourcir et rompre ; le désobéissant par son voyage ne convient pas à l'allègement. {Nul grief à raccourcir de la prière} : nul embarras ni faute — sans contredire que le raccourcissement est le meilleur : la négation du grief lève une illusion en beaucoup d'âmes ; ni même l'obligation, comme en al-Baqara : {al-Ṣafā et al-Marwa sont des rites d'Allah...} — l'illusion est claire ici : la prière étant établie chez les musulmans obligatoire en sa forme parfaite, rien ne l'ôte des âmes du plus grand nombre sinon la mention du contraire. La préférence du raccourcissement sur l'accomplissement a deux preuves : la constance du Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — au raccourcissement en tous ses voyages ; et que c'est largesse, permission et miséricorde envers les serviteurs : Allah aime qu'on use de Ses permissions comme Il hait qu'on commette Sa désobéissance. Sa parole {raccourcir de la prière} et non « raccourcir la prière » : deux profits : « raccourcir la prière » n'eût pas borné le raccourcissement — on pourrait croire raccourcir l'essentiel à une rak'a suffire — ; « de la prière » indique le raccourcissement limité, réglé sur ce qui est établi du Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — et ses compagnons. Second : « min » partitif : le raccourcissement vaut certaines prières, non toutes : l'aube et le coucher ne se raccourcissent pas ; se raccourcit la quadripartite, de quatre à deux rak'a. Le raccourcissement en voyage étant permis, sache que les exégètes divergèrent sur la restriction {si vous craignez que les mécréants ne vous troublent}, dont l'apparent est que le raccourcissement ne vaut qu'avec les deux : voyage et peur. Leur divergence revient à : {raccourcir} vise-t-il le nombre seul, ou le nombre et la forme ? Le problème ne se pose qu'au premier sens. Cela embarrassa le commandeur des croyants 'Umar ibn al-Khaṭṭāb — qu'Allah l'agrée —, jusqu'à interroger le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : « Ô Messager d'Allah, pourquoi raccourcissons-nous la prière étant en sécurité ? — car Allah dit : {si vous craignez...} — Le messager d'Allah dit : "Aumône dont Allah vous a favorisés : recevez Son aumône." » ou comme il dit. La restriction vaut alors l'état dominant du Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — et de ses compagnons : la plupart de ses voyages étaient de combat. Autre profit : l'exposé de la sagesse de la permission du raccourcissement : le verset expose l'extrême peine convenant à la permission : voyage et peur réunis — sans entraîner que le voyage seul, lieu présumé de la peine, ne permette point le raccourcissement. Au second sens — raccourcissement du nombre et de la forme — la restriction vaut : voyage et peur : nombre et forme ; voyage seul : nombre ; peur seule : forme.

Verset 102

De là la description de la prière de la peur : {quand tu es parmi eux et que tu leur établis la prière} : tu la diriges l'établissant et parachevant son obligatoire, eux accomplissant ce qui convient : {qu'une partie d'entre eux se tienne avec toi} : une partie debout face à l'ennemi, à preuve la suite — {puis quand ils se sont prosternés} : ceux avec toi, ayant complété leur prière — la prière dite prosternation pour marquer l'excellence de la prosternation, pilier de la prière, son plus grand pilier — {qu'ils soient derrière vous et qu'une autre partie, qui n'a pas prié, vienne} : ceux qui se tenaient face à l'ennemi — {et qu'ils prient avec toi} : preuve que l'imam demeure après le départ de la première partie attendant la seconde : venus, il prie avec eux le reste de sa prière, puis s'assied les attendant d'achever, puis salue avec eux — l'une des formes de la prière de la peur : établie du Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — en maintes formes, toutes permises. Ce verset prouve que la prière en groupe est obligation individuelle, doublement : Allah la commanda en cet état extrême, au comble de la peur de l'ennemi et du risque d'assaut — commandée en cet état, à plus forte raison en sécurité ; et que les priants de la peur y laissent maintes conditions et obligations et sont excusés d'actes annulant ailleurs : tant l'obligation du groupe est affermie — nulle contradiction entre obligatoire et recommandé : sans l'obligation du groupe, on n'eût point quitté ces obligations pour lui. Le noble verset prouve : le meilleur est de prier derrière un seul imam, dussé-ce comporter de négliger ce que prier derrière plusieurs imams n'eût pas négligé — pour l'union des musulmans et leur accord, et pour jeter plus de crainte aux cœurs de leurs ennemis. Allah commanda de prendre les armes et la garde en la prière de la peur : mouvement et occupation de certains états de la prière, mais intérêt prévalant : joindre la prière, le combat et la garde contre des ennemis empressés à l'extrême à fondre sur les musulmans et leurs bagages : {les mécréants aimeraient vous voir inattentifs de vos armes et bagages pour fondre sur vous d'un seul élan}. Allah excusa qui a excuse — malade ou pluie — de poser les armes, avec garde : {nul grief si une gêne de pluie est sur vous ou que vous êtes malades, de poser vos armes : prenez garde — Allah a préparé aux mécréants un châtiment humiliant} : du châtiment humiliant, ce qu'Allah a commandé à Son parti croyant, alliés de Sa religion, monothéistes : les tuer et les combattre où les trouver, les saisir, les cerner, leur tendre toute embuscade, s'en garder en tous états, ne pas s'en détourner de crainte que les mécréants n'obtiennent quelque but sur eux — à Allah la plus grande louange et célébration de ce dont Il a favoredisé les croyants, les soutenant de Son aide et de Ses enseignements qui, menés à la perfection, n'eussent jamais vu bannière vaincue ni ennemi l'emportant jamais. Sa parole {puis quand ils se sont prosternés, qu'ils soient derrière vous} prouve que cette partie achève toute sa prière avant d'aller au poste des gardes, et que le Messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — demeure attendant l'autre partie avant la salutation : d'abord la partie se tient avec lui — leur compagnonnage dit — puis l'acte ensuite leur est attribué sans le Messager : preuve du dit. {Qu'une autre partie qui n'a pas prié vienne et prie avec toi} prouve que la première a prié, et que toute la prière de la seconde est avec l'imam — en réalité sa première rak'a, en jugement sa dernière — : l'imam les attend d'achever puis salue avec eux : clair au méditant.

Verset 103

Quand vous avez fini votre prière — de la peur et autre — rappelez Allah en tous vos états et postures ; la prière de la peur y est particularisée pour des profits : le cœur, sa droiture, sa réussite et son bonheur sont au retour à Allah — amour et cœur empli de Son rappel et célébration —, et le plus grand moyen de ce but : la prière, réalité du lien entre le serviteur et son Seigneur ; elle contient des réalités de foi et connaissances de certitude obligeant Allah à la prescrire à Ses serviteurs chaque jour et nuit — or la prière de la peur n'atteint pas ces beaux buts, cœur et corps occupés et peur : Il commanda de la réparer par le rappel après ; la peur entraînant trouble et crainte du cœur, lieu présumé de sa faiblesse — le cœur faible, le corps faiblit à résister à l'ennemi ; et le rappel d'Allah et son abondance sont des plus grands fortifiants du cœur ; et le rappel d'Allah avec patience et constance est cause de réussite et victoire sur les ennemis : {ô vous qui croyez, quand vous rencontrez une troupe, tenez ferme et rappelez Allah abondamment, afin de réussir} : commandement d'abonder en cet état — et d'autres sagesses. {Puis quand vous êtes en sécurité, établissez la prière} : en sécurité de la peur, cœurs et corps tranquilles : accomplissez la prière de la façon la plus parfaite, extérieure et intérieure, piliers, conditions, recueillement et compléments. {La prière est pour les croyants une prescription à temps fixé} : prescrite en son temps : preuve de son obligation et de son temps sans lequel elle n'est pas valable — ces temps établis chez les musulmans, petits et grands, savants et ignorants, reçus de leur prophète Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : « Priez comme vous m'avez vu prier. » {Pour les croyants} prouve : la prière est la balance de la foi, la prière du serviteur proportionnée à sa foi, s'accomplissant et se parfaissant — preuve que les mécréants, dussent-ils être astreints aux lois des musulmans comme les gens du pacte, ne sont pas interpellés des branches de la religion comme la prière, ni commandés, ni ne leur est valable tant qu'ils mécroient, tout en étant punis pour elle et le reste des lois dans la Dernière Demeure.

Verset 104

Ne faiblissez pas et ne paressez pas à rechercher l'ennemi — les mécréants — : à les combattre et monter la garde : la faiblesse du cœur appelle celle du corps, affaiblissant contre l'ennemi : soyez forts et actifs au combat. Puis ce qui fortifie les cœurs des croyants, deux choses : la douleur, fatigue et blessures qui vous atteignent atteignent vos ennemis — la noblesse humaine et la vaillance islamique excluent d'être plus faibles qu'eux, étant égaux en ce qui l'entraîne : la coutume veut que ne faiblisse que celui sur qui se sont accumulées les douleurs et sur qui l'ennemi l'a toujours emporté, non celui à qui le sort tourne tantôt bien tantôt mal ; seconde : vous espérez d'Allah ce qu'ils n'espèrent pas : obtenir Sa récompense, être sauvé de Sa punition — et l'élite des croyants a des visées hautes et de nobles espoirs : victoire de la religion d'Allah, établissement de Sa loi, élargissement de l'islam, guidée des égarés, répression des ennemis de la religion — choses obligeant le croyant sincère à force accrue, élan doublé et courage parfait : qui combat et endure pour un honneur mondain qu'il peut atteindre ne vaut pas qui combat pour le bonheur des deux mondes et l'obtention de l'agrément d'Allah et de Son paradis — gloire à Celui qui a différencié les serviteurs et distingué entre eux par Sa science et Sa sagesse : {Allah sait, est sage} : parfait de science et sagesse.

Verset 105

Allah informe qu'Il a fait descendre sur Son serviteur et messager le Livre avec le vrai : préservé en sa descente des démons, nul faux n'y venant d'eux ; descendu avec le vrai et le contenant : Ses informations sont véridiques et Ses commandements et interdictions équitables : {la parole de ton Seigneur s'accomplit en vérité et justice} ; et Il l'a fait descendre pour juger entre les gens — et en l'autre verset : {Nous t'avons fait descendre le Rappel pour leur exposer ce qui leur est descendu} — ce verset peut viser le jugement entre les gens en leurs disputes et divergences, l'autre l'exposé de toute la religion, ses fondements et détails ; ou les deux versets ont un seul sens : le jugement entre les gens embrassant sangs, honneurs, biens, tous droits, croyances et toutes les questions de jugement. {Selon ce qu'Allah t'a montré} : non selon ta passion, mais selon ce qu'Allah t'a enseigné et inspiré : {il ne parle pas de passion : ce n'est que révélation révélée}. Preuve de sa préservation — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — en tout ce qu'il transmet d'Allah, jugements et autre ; et que le juge exige science et équité : {ce qu'Allah t'a montré}, non « ce que tu as vu » ; et le jugement entre les gens est suspendu à la connaissance du Livre. Ayant commandé le jugement entre les gens — justice et équité —, Il lui interdit la torsion et l'injustice contraires : {ne plaide pas pour les traîtres} : ne plaide pas pour quiconque tu connais la trahison — prétendant ce qui n'est pas à lui ou niant un droit sur lui, su ou supposé : preuve de l'interdiction de plaider pour le vain, et de représenter le spoliateur dans les litiges religieux et les droits mondains ; le sens impliqué : la permission de la représentation pour qui n'est pas connu de l'injustice.

Verset 106

{Et implore le pardon d'Allah} de ce qui est advenu de toi, s'il advint : {Allah est pardonneur, miséricordieux} : Il pardonne l'immense faute à qui L'implore et revient à Lui : Il le rend capable de l'œuvre pie ensuite, obtenant récompense et levée de punition.

Verset 107

{Et ne dispute pas pour ceux qui se trahissent eux-mêmes} : trahison (ikhtiyān) et trahison (khiyāna) visent crime, injustice et faute — ce qui embrasse l'interdiction de disputer pour qui a fauté et encouru peine — fixée ou correction : on ne dispute pas pour repousser sa trahison ni la punition légale qui s'ensuit. {Allah n'aime pas le grand traître fautif} : l'abondance de trahison et de faute — l'amour nié, la haine s'affirme : comme le motif de l'interdit précédent.

Verset 108

Puis Il rapporta de ces traîtres : {ils se cachent des gens et ne se cachent pas d'Allah, qui est avec eux quand ils trament de nuit ce qui ne L'agrée pas comme propos} : de la foi faible et de la certitude déficiente que la crainte des créatures soit plus grande que la d'Allah : ils s'appliquent, par voies permises et interdites, à éviter la flétrissure devant les gens, tout en affrontant Allah les grands péchés, insouciants de Son regard et Son observation — Il est avec eux par la science en tous leurs états, surtout quand ils trament de nuit ce qui ne L'agrée pas : innocenter le coupable et accuser l'innocent, et s'en démener auprès du Messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — pour faire ce qu'ils ont tramé : ils allièrent maints crimes, sans considérer le Seigneur de la terre et des cieux, attentif à leurs secrets et consciences — d'où la menace : {Allah embrasse ce qu'ils font} : Il l'embrasse de science — et pourtant ne hâte pas la punition : Il leur donne délai, leur offre le repentir, les avertit de s'obstiner à la faute entraînant le châtiment complet.

Verset 109

{Voici que vous voilà disputant pour eux en la vie présente — qui disputera pour eux contre Allah au Jour de la résurrection, ou qui sera pour eux un garant ?} : admettons que vous ayez disputé pour eux en ce monde, votre dispute détournant d'eux quelque crainte de flétrissure devant les créatures : que leur sert-il et profite-t-il ? Qui disputera contre Allah pour eux au Jour de la résurrection, quand la preuve se dressera et leurs langues, mains et jambes témoigneront de leurs œuvres ? Ce jour-là Allah leur paie leur vraie dette et ils sauront qu'Allah est le Vrai manifeste : qui disputera pour eux devant qui connaît le secret et le plus caché, et a dressé des témoins rendant le déni impossible ? En ce verset : la direction de confronter les intérêts mondains supposés du délaissement des ordres d'Allah ou de l'accomplissement de Ses interdits, avec la perte de la récompense dernière ou les punitions qui s'ensuivent — que se dise qui son âme porte à délaisser l'ordre d'Allah : voici que tu l'as délaissé par paresse et négligence : quel profit as-tu gagné ? Que perds-tu de la récompense dernière ? Qu'entraîne ce délaissement : malheur, privation, déception, perte ? De même l'âme l'appelant aux désirs interdits : dis-lui : admettons que tu aies fait ce que tu désires : son plaisir passe, suivi de soucis, chagrins, regrets, perte de récompense et punition — dont une partie suffit au sensé pour s'en absténir. Des plus profitables au serviteur : y méditer — propriété de la raison véritable ; autre est qui prétend la raison : par ignorance et injustice, il préfère le plaisir présent et le repos actuel, dussent-ils entraîner ce qui s'ensuit. Allah est le secours.

Verset 110

{Quiconque fait un mal ou lèse son âme, puis implore le pardon d'Allah, trouvera Allah pardonneur, miséricordieux} : qui se hardit aux désobéissances et assaille la faute, puis implore d'Allah une imploration parfaite — confession de la faute, regret, cessation, résolution de ne point retourner —, Celui qui ne manque pas à Sa promesse lui a promis pardon et miséricorde : Il lui pardonne sa faute, ôte le manque et le défaut qui s'ensuivirent, lui rend ses œuvres pies antérieures, le rend capable pour l'avenir de sa vie, et ne fait pas de sa faute obstacle à Sa réussite : Il l'a pardonnée, et pardonnée, Il pardonne ce qui s'ensuit. Sache : le mal, en absolu, embrasse toutes les désobéissances, petites et grandes — dit mal parce qu'il afflige son auteur de sa punition et qu'il est en soi mauvais non bon ; de même l'injustice à soi, en absolu, embrasse l'injustice de l'association et au-delà ; mais joints l'un à l'autre, chacun peut être interprété du convenant : le mal ici : l'injustice affligeant les gens — en leurs sangs, biens et honneurs ; l'injustice à soi : l'injustice et désobéissances entre Allah et Son serviteur ; dite injustice à soi parce que l'âme du serviteur n'est pas sa propriété dont il disposerait à son gré : elle est à Allah, dépôt auprès du serviteur, commandé de l'établir sur la voie de la justice en l'astreignant au droit chemin en savoir et œuvre, s'employant à son enseignement et à l'œuvre due : s'employer ailleurs est injustice à soi, trahison et déviation de la justice contraire : torsion et injustice.

Verset 111

{Quiconque gagne une faute ne la gagne que contre soi} : embrassant tout ce qui faute, petit et grand : qui gagne une mauvaise action, sa punition terrestre et dernière est sur soi, ne dépassant pas à autrui : {nulle chargeuse ne charge la charge d'une autre} — les mauvaises actions paraissant sans être désavouées, leur punition s'étend et leur faute embrasse : sortant aussi de ce noble verset, qui délaisse le désaveu obligatoire gagne une mauvaise action. Exposé de la justice et sagesse d'Allah : nul puni de la faute d'autrui, nul puni au-delà de la punition née de sa faute : {Allah sait, est sage} : science et sagesse parfaites — de Sa science et sagesse : connaître la faute, son auteur, la cause y portant, la punition qui s'ensuit, et l'état du fauteur : si la faute vint de la prévalence des moteurs de son âme commandant le mal, avec retour à son Seigneur en beaucoup de ses temps : Il lui pardonnera et le rendra capable du repentir ; si elle vint de la hardiesse aux interdits, méprisant le regard de son Seigneur et négligeant Sa punition : loin du pardon, loin de la réussite au repentir.

Verset 112

{Quiconque gagne une faute} : un péché majeur {ou une faute} : moins, {puis en accuse un innocent} de cette faute, dût-il être fauteur, {porte un mensonge et une faute manifeste} : chargé sur son dos du mensonge contre l'innocent et d'une faute claire et évidente — preuve que cela est des péchés majeurs et capitaux : il réunit maintes corruptions : gagner la faute, accuser qui ne l'a pas faite, le mensonge monstrueux en s'innocentant et accusant l'innocent, la punition terrestre détournée de qui la doit et appliquée à qui ne la mérite pas, et la parole des gens sur l'innocent — et autres corruptions dont nous demandons à Allah la préservation et celle de tout mal.

Verset 113

Puis Sa faveur à Son messager : Sa garde et préservation de qui voulait l'égarer : {n'eût été la faveur d'Allah sur toi et Sa miséricorde, un groupe d'eux aurait résolu de t'égarer} : les exégètes disent que ces nobles versets descendirent sur ceci : des gens d'une maison volèrent à Médine ; découverts, craignant la flétrissure, ils repritrent leur vol et le jetèrent dans la maison d'un innocent ; le voleur demanda aux siens d'aller au messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — et de lui demander d'innocenter leur compagnon publiquement : « il n'a pas volé ; le voleur est celui chez qui le vol fut trouvé » — l'innocent. Le messager d'Allah résolut d'innocenter leur compagnon : Allah fit descendre ces versets, rappel et exposé de l'événement et avertissement du Messager de plaider pour les traîtres : plaider pour le spoliateur est égarement — l'égarement est deux : en science : ignorer le vrai ; en œuvre : œuvrer hors le devoir. Allah préserva Son messager de cet égarement comme Il le préserva de l'égarement des œuvres, et informa que leur ruse et machination retombe sur eux, comme tout machinateur : {ils n'égarent qu'eux-mêmes} : leur ruse et stratagème n'obtenant pas leur but, n'obtenant que déception, privation, faute et perte — immense faveur sur Son messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, comprenant la faveur de l'œuvre : la réussite au devoir et la préservation de tout interdit ; puis Sa faveur par le savoir : {Allah t'a fait descendre le Livre et la Sagesse} : ce immense Coran et le Sage Rappel, contenant l'exposition de toute chose et la science des premiers et des derniers. La Sagesse : la Sunna — certains prédécesseurs disant qu'elle descend sur lui comme descend le Coran — ou la connaissance des secrets de la Loi excédant celle de ses règles, la mise des choses à leur rang et l'ordre de chaque chose selon elle. {Et Il t'a enseigné ce que tu ne savais pas} : embrassant tout ce qu'Allah lui a enseigné — avant la prophétie : {tu ne savais ce qu'est le Livre ni la foi}, {Il t'a trouvé égaré et t'a guidé} — puis Allah ne cessa de lui révéler, l'enseigner et le parfaire jusqu'à un degré de savoir inaccessible aux premiers et aux derniers : le plus savant des créatures absolument, les réunissant le mieux en les perfections : {la faveur d'Allah sur toi est immense} : Sa faveur au messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — plus grande que sur toute créature, et les genres de faveur dont Allah l'a préféré ne se limitent ni ne se comptent.

Verset 114

Il n'est pas de bien dans beaucoup de ce que les gens se confient et se disent : sans bien, ou nulle utilité — le superflu du permis —, ou mal et nuisance pure — la parole interdite en toutes ses sortes. Puis l'exception : {sinon un commandement d'aumône} : de bien, de savoir ou de tout profit — peut-être y entrent les adorations restreintes à soi : glorification, louange et semblable, comme le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : « chaque glorification est aumône, chaque magnification aumône, chaque profession aumône, commander le convenable aumône, interdire le blâmable aumône, et en votre union charnelle une aumône... » le hadith. {Ou un convenable} : la bienfaisance, l'obéissance, tout ce dont la bonté est connue en loi et raison — commandé le convenable absolument sans être joint à l'interdiction du blâmable, il l'englobe : délaisser les interdits est du convenable, et le bien ne se fait qu'en délaissant le mal ; joints, le convenable vise le commandé et le blâmable le délaissé. {Ou une réconciliation entre les gens} : la réconciliation n'est qu'entre disputants et querellants, et dispute, querelle et mésintelligence entraînent mal et division innombrables — d'où l'exhortation du Législateur à réconcilier les gens en sangs, biens, honneurs, et même en religions : {agrippez-vous tous au câble d'Allah, ne vous divisez pas} ; {si deux groupes de croyants combattent, réconciliez-les...} ; {la paix est meilleure} — et s'employer à réconcilier les gens vaut mieux que le tenant en prière, jeûne et aumône, et Allah répare nécessairement l'effort et l'œuvre du réconciliateur, comme Il ne répare point l'œuvre du corrupteur ni n'achève son but : {Allah ne répare point l'œuvre des corrupteurs} — ces choses, où qu'elles soient faites, sont bien, à preuve l'exception ; mais la perfection de la récompense suit l'intention et la sincérité : {quiconque fait cela recherchant l'agrément d'Allah, Nous lui donnerons une immense récompense} : le serviteur doit viser la Face d'Allah et rendre l'œuvre sincère en tout temps et toute partie du bien : pour l'immense récompense, et pour s'accoutumer à la sincérité et être des sincères ; et la récompense s'accomplit, le but atteint ou non : l'intention eut lieu, jointe au possible de l'œuvre.

Verset 115

Quiconque contredit le Messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — et s'y obstine en ce qu'il a apporté, {après que la guidée lui est apparue} : par les preuves coraniques et les arguments prophétiques, {et suit une voie autre que celle des croyants} : leur voie, leur chemin en croyances et œuvres — {Nous le laisserons à ce qu'il a pris} : Nous le laissons à son choix et l'abandonnons, sans le rendre capable du bien : ayant vu le vrai, su et délaissé, sa rétribution d'Allah en justice : demeurer dans son égarement perplexe, croissant en égarement sur égarement : {quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs} ; {Nous retournons leurs cœurs et leurs yeux comme ils n'y crurent pas la première fois}. Le sens impliqué : quiconque ne contrarie pas le Messager et ne suit pas une autre voie que celle des croyants — visant la Face d'Allah, suivant Son messager, tenant la communauté des musulmans —, puis surviennent de lui des fautes ou leurs visées, des exigences des âmes et des prévalences des natures : Allah ne le laisse pas à son âme et son démon, mais le reprend par Sa finesse, le comble de Sa garde et le préserve du mal : {ainsi détournâmes-Nous de lui le mal et la turpitude : il est de Nos serviteurs sincères} : à cause de sa sincérité, Nous avons détourné de lui le mal — ainsi tout sincère, à preuve la généralité du motif. {Et Nous le brûlerons au Feu} : Nous l'y châtierons d'un immense châtiment ; {et quelle détestable destination !} : retour et aboutissement.

Verset 116

Cette menace suspendue à la discorde et à la contradiction des croyants a des degrés qu'Allah seul compte, selon l'état de la faute, petite ou grande : tel y demeurant au Feu et entraînant tout l'abandon, tel au-dessous — le second verset peut détailler cet absolu : l'association n'est point pardonnée par Allah : elle contient l'attaque contre le Seigneur des mondes et Son unicité, et l'égalité de la créature ne possédant pour soi ni nuisance ni profit à Celui qui possède profit et nuisance, de qui toute faveur vient et qui seul écarte les fléaux, détenteur de la perfection absolue sous tous rapports et de la pleine richesse sous toutes considérations — la plus grande injustice et l'égarement le plus loin : ne pas réserver l'adoration à qui tel est, en détourner vers la créature sans aucune perfection ni richesse, n'ayant que le néant : néant d'être, de perfection, de richesse, pauvre sous tous rapports. Les péchés en deçà de l'association relèvent de la volonté : Allah les pardonne par Sa miséricorde et Sa sagesse s'Il veut, ou punit et châtie par Sa justice et Sa sagesse s'Il veut. On tire de ce noble verset que le consensus de cette communauté est preuve et qu'elle est préservée de l'erreur : Allah a menacé de l'abandon et du Feu quiconque contredit la voie des croyants ; or leur voie est un singulier annexé embrassant tout ce sur quoi sont les croyants, croyances et œuvres : s'accordant sur l'obligation, la recommandation, l'interdiction, la désapprobation ou la permission d'une chose, telle est leur voie : la contredire après leur consensus, c'est suivre une autre voie. Preuve aussi : {vous êtes la meilleure communauté suscitée pour les gens : vous commandez le convenable et interdisez le blâmable} — Allah informe que les croyants de cette communauté ne commandent que le convenable : s'accordant sur l'obligatoire ou le recommandé, c'est ce qu'ils commandent : nécessairement du convenable — après le convenable n'est que le blâmable ; de même s'accordant sur l'interdiction : c'est ce qu'ils interdisent : nécessairement du blâmable. Semblablement : {ainsi Nous fîmes de vous une communauté médiane pour que vous soyez témoins sur les gens} : communauté médiane, juste, excellente, témoin sur les gens en toute chose : attestant qu'Allah a commandé, interdit ou permis, leur témoignage est préservé : savants de ce qu'ils attestent, équitables en leur témoignage — sinon ils n'en seraient ni équitables ni savants. Et : {si vous disputez d'une chose, ramenez-la à Allah et au Messager} : on comprend que ce sur quoi ils ne disputent pas mais s'accordent n'est pas commandé d'être ramené au Livre et à la Sunna — ce qui n'est qu'en accord avec eux, non en contradiction. Ces preuves et semblables font certitude : le consensus de cette communauté est preuve décisive. C'est pourquoi Allah exposa la laideur de l'égarement des associateurs :

Verset 117

Ces associateurs n'invoquent en dehors d'Allah que des femelles : idoles et statues nommées de noms féminins — al-'Uzzā, Manāt et semblables. Le nom indiquant le nommé, des noms féminins déficients indiquent la déficience des nommés et leur manque des perfections : Allah informe en maint lieu de Son livre qu'elles ne créent ni pourvoient, ne détournent de leurs adorateurs ni ne d'elles-mêmes profit ou nuisance, ne se défendent pas de qui les veut en mal, sans ouïes, vues ni cœurs — comment adorer qui tel est, et délaisser la sincérité envers qui détient les noms les plus beaux, les attributs les plus hauts, louange, perfection, gloire, majesté, puissance, beauté, miséricorde, bienfaisance, ihsān, et l'unicité de la création, de l'administration et de l'immense sagesse en l'ordre et le décret ? N'est-ce point la plus laide laideur, indiquant la déficience de son auteur et le dernier degré de vileté et bassesse concevable ou descrivable ? Et pourtant leur adoration de ces idoles déficientes n'en est que la forme : en vérité ils n'adorèrent que Satan, leur ennemi, voulant leur perte et s'y employant de tout son pouvoir, l'extrêmement éloigné d'Allah, maudit et éloigné de Sa miséricorde : comme Allah l'a éloigné de Sa miséricorde, il s'emploie à éloigner les serviteurs de la miséricorde d'Allah : il n'appelle son parti qu'à être des compagnons de la Fournaise. Allah informa de son effort à égarer les serviteurs, embellir le mal et la corruption, et de son serment à son Seigneur : {je prendrai certes de Tes serviteurs une part fixée} : déterminée — le maudit savait ne pouvoir égarer tous les serviteurs d'Allah, et n'avoir nul pouvoir sur les serviteurs sincères, son pouvoir étant sur qui le prend pour allié et préfère son obéissance à celle de son Maître. Il jura ailleurs les égarer tous, {sauf Tes serviteurs sincères} — ce que le vilain supposa et résolut, Allah informa de sa réalisation : {Iblīs vérifia sur eux sa supposition : ils le suivirent, sauf un groupe de croyants}.

Verset 119

Cette part fixée qu'il jura à Allah de prendre, Il exposa ce qu'il leur veut et vise : {je les égarerai certes} : du droit chemin, égarement en science et en œuvre — {et je leur donnerai certes des illusions} : avec l'égarement, leur donner l'illusion d'obtenir ce qu'obtiennent les guidés — l'illusion même : il ne s'est pas borné à les égarer, il leur a embelli leur égarement : surcroît de mal à leur mal, œuvrant les œuvres du Feu entraînant la punition, croyant obtenir le Paradis. Prends-en preuve les juifs, chrétiens et semblables : {ils dirent : n'entrera au Paradis que juif ou chrétien — leurs espérances}, {ainsi Nous embellîmes à chaque communauté son œuvre}, {t'annoncerai-Je les plus perdants en œuvres : ceux dont l'effort s'égare en la vie présente, croyant bien faire...} ; des hypocrites au Jour de la résurrection : {"n'étions-nous pas avec vous ? — si, mais vous vous êtes tentés, attendu, douté ; les espérances vous ont trompés jusqu'à l'ordre d'Allah, et le Trompeur vous a trompés sur Allah"}. {Et je leur commanderai certes, qu'ils incisent les oreilles des bêtes} : les couper — la baḥīra, la sā'iba, la waṣīla, le ḥām [bêtes vouées aux idoles] : partie pour tout — sorte d'égarement entraînant interdire ce qu'Allah a permis ou permettre ce qu'Il a interdit ; y rentrent les croyances vaines et les jugements iniques qui sont du plus grand égarement. {Et je leur commanderai, qu'ils altèrent la création d'Allah} : embrassant l'altération de la constitution apparente — tatouage, fendage des dents, épilation, écartement pour beauté et semblables dont Satan les a grisés, altérant la constitution du Miséricordieux : ce qui contient le mécontentement de Sa création, l'attaque contre Sa sagesse, la croyance que leur ouvrage de mains vaut mieux que la constitution du Miséricordieux, le refus de Son décret et Son administration ; et l'altération de la constitution intérieure : Allah créa Ses serviteurs hanīf [monothéistes droits], primordialement aptes à recevoir et préférer le vrai ; les démons vinrent les détourner de cette belle constitution, embellir le mal, l'association, la mécréance, la perversité, la désobéissance : tout nouveau-né naît sur la nature primordiale, mais ses parents le judaïsent, le christianisent, le mazdéïsent et semblables altérations de ce qu'Allah a primairement créé : Son unicité, Son amour, Sa connaissance — les démons les ont dévorés en ce lieu comme le lion et le loup dévorent les brebis isolées : n'eût été la finesse et la générosité d'Allah envers Ses serviteurs sincères, il leur adviendrait ce qui advint à ces égarés. Les ayant quitté leur Seigneur et leur Créateur primordial pour leur ennemi leur voulant le mal de tout côté, ils perdirent les deux mondes, revinrent déçus et à la transaction perdante : {quiconque prend Satan pour allié en dehors d'Allah a perdu d'une perte manifeste} — quelle perte plus manifeste et plus grande que de perdre sa religion et son monde, ses désobéissances et fautes le perdant : malheur éternel, félicité perdue ? Autre est quiconque prend son Seigneur pour allié, préfère Son agrément : gagné tout le gain, réussi toute réussite, obtenu le bonheur des deux demeures, l'œil réjoui. Nul empêcheur de ce qu'Il donne, nul donneur de ce qu'Il empêche — ô Allah, prends-nous en charge parmi ceux que Tu as pris en charge, préserve-nous parmi ceux que Tu as préservés !

Verset 120

{Il leur promet et leur donne des illusions} : Satan promet ceux qu'il veut égarer — la promesse embrasse même la menace : {Satan vous promet la pauvreté} : il leur promet, s'ils dépensent dans la voie d'Allah, la pauvreté ; leur fait craindre, s'ils combattent, la mort et autre : {cela n'est que Satan effrayant ses alliés...} ; leur fait craindre, à préférer l'agrément d'Allah, tout le possible et l'impossible entrant en leurs raisons, jusqu'à les paresser du bien ; et leur donne les espérances vaines qui, vérifiées, sont le mirage sans réalité : {Satan ne leur promet que l'illusion}.

Verset 121

{Ceux-là, leur gîte est la Géhenne} : quiconque a suivi Satan, délaissé son Seigneur, est des suivants et du parti d'Iblīs : leur séjour le Feu, {sans y trouver d'issue} : ni délivrance ni refuge, y demeurant l'éternité des éternités. Après l'issue des malheureux alliés de Satan, celle des heureux Ses alliés :

Verset 122

{Ont cru} en Allah, Ses anges, Ses livres, Ses messagers, au Jour dernier et au décret, son bien et son mal, comme commandé : savoir, adhésion, confession. {Et fait les œuvres pies} nées de la foi : ce qui embrasse tous les commandés, obligatoires et recommandés — du cœur, de la langue et du reste des membres — chacun avec la récompense selon son état, rang et perfection de foi et d'œuvre, perdant ce qui est suspendu selon son manquement, selon la sagesse et miséricorde d'Allah connues, et Sa promesse véridique connue à suivre Son livre et la Sunna de Son messager : {Nous les ferons entrer aux jardins sous lesquels coulent les rivières} : où est ce que nul œil n'a vu, nulle oreille n'a entendu, nul cœur d'homme n'a conçu : mets et boissons délicieux, visions étonnantes, épouses belles, palais et chambres ornées, arbres pendants, fruits rares, sons mélodieux, faveurs débordantes, visites des frères, rappel de leur passé aux jardins des jardins — et par-dessus [tout] : l'agrément d'Allah sur eux, les esprits jouissant de Sa proximité, les yeux de Sa vision, les ouïes de Son parler, leur faisant oublier toute félicité et joie — n'eût été la constance d'Allah, ils s'envoleraient et mourraient de joie : quelle douce félicité ! Quelle hauteur de ce que le Seigneur Généreux leur a donné ! Quel bien et splendeur que nul descrivant ne décrit ! Et le comble : la demeure éternelle en ces demeures hautes. {Y demeurant à jamais — promesse d'Allah en vérité : qui est plus véridique qu'Allah en parole ?} : Allah le Grand a dit vrai, Sa parole et Son récit au comble de la véracité — Sa parole étant vraie et Son information vraie, ce qu'elle indique par correspondance, inclusion et conséquence est tout voulu de Sa parole, et de même la parole de Son messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, ne parlant que sur Son ordre et ne prononçant que par Sa révélation.

Verset 123

{Il n'est point} du salut et de la purification {selon vos espérances ni les espérances des gens du Livre} : les espérances (amānī) sont les discours de l'âme dépouillés d'œuvre, prétention pure : confrontée à sa pareille, elle serait du même genre — général à toute affaire, que dire de la foi et du bonheur éternel : les espérances des gens du Livre, Allah les a dites : {ils dirent : n'entrera au Paradis que juif ou chrétien — leurs espérances} — et qui ne se rattache à nul livre ni messager à plus forte raison, et de parfaite justice Il y fit entrer qui se rattache à l'islam : le simple rattachement à quelque religion ne profite en rien sans preuve de la prétention — les œuvres authentifient la prétention ou la démentent. {Quiconque fait un mal en est rétribué} : embrassant tous les œuvrants — le mal embrassant toute faute, mineure et majeure — et toute rétribution, peu ou beaucoup, terrestre ou dernière ; les gens en cela sont en degrés qu'Allah seul sait : au moins et au plus ; dont l'œuvre est tout mal — ce qui n'est que du mécréant —, mourant sans repentir : rétribué de l'éternité au châtiment douloureux ; dont l'œuvre est pie et droit en la plupart de ses états, n'en émanant par fois que de petites fautes : la peine, le chagrin, la nuisance et douleurs au corps, au cœur, à l'aimé ou au bien sont expiations des fautes — rétribution de son œuvre qu'Allah destine par finesse envers Ses serviteurs. Entre ces deux états, maints degrés ; cette rétribution du mal est restreinte aux non-repentis : le repenti d'une faute est comme sans faute, à preuve les textes. {Sans trouver en dehors d'Allah allié ni secoureur} : pour lever l'illusion que qui a mérité la rétribution aurait allié, secoureur ou intercesseur détournant son dû — Allah en informa la négation : nul allié obtenant le but, nul secoureur écartant la crainte, sinon son Seigneur et Son Roi.

Verset 124

{Quiconque fait des œuvres pies} : y entrent toutes les œuvres du cœur et du corps, et tout œuvrant — homme ou djinn, petit ou grand, mâle ou femelle : {du mâle ou de la femelle, et croyant} : condition de toutes les œuvres : elles ne sont pies, reçues, récompensées, n'écartent la punition que par la foi — les œuvres sans foi sont branches d'arbre à la racine coupée, édifice bâti sur la vague : la foi est l'origine, le fondement, la base sur quoi tout se bâtit ; cette restriction doit être discernée en toute œuvre absolue : elle y est restreinte. {Ceux-là} — réunissant foi et œuvre pie — {entrent au Paradis} : contenant ce que les âmes désirent et les yeux ravis — {sans être lésés d'un nitq} : ni peu ni beaucoup de leur bien : ils le trouvent complet, entier, multiplié de multiples multiplications.

Verset 125

Nul n'a meilleure religion que quiconque réunit la sincérité envers l'Adoré — soumettre sa face à Allah, indiquant la soumission du cœur, son tourné, son retour, sa sincérité, et le tourné de la face et des membres vers Allah —, {tout en étant}, avec cette sincérité et soumission, {bienfaisant} : suivant la loi d'Allah qu'Il a envoyée avec Ses messagers et fait descendre dans Ses livres, voie de l'élite de Sa création et de leurs suiveurs, {et suivant la religion d'Abraham, hanīf} : inclinant de l'association à l'unicité, des créatures au Créateur — {et Allah prit Abraham pour ami intime (khalīl)} : l'intimité est le plus haut de l'amour, degré des deux amis intimes Muhammad et Abraham — sur eux la prière et la paix ; l'amour d'Allah est général aux croyants ; Allah prit Abraham pour ami intime parce qu'il s'acquitta du commandé et tint ce dont il fut éprouvé : Allah le fit imam des gens, le prit pour ami et célébra son souvenir dans les mondes.

Verset 126

Ce noble verset expose l'embrassement d'Allah de toutes choses : {à Lui ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre} : tous Sa possession et Ses esclaves, Lui le Possesseur Singulier de leur administration ; Sa science embrasse tout le su, Sa vue tout le vu, Son ouïe tout l'ouï, Sa volonté et Sa puissance traversent tous les êtres, Sa miséricorde embrasse les gens de la terre et des cieux, et par Sa puissance et Sa domination II a dompté toute créature : à Lui toutes choses obéissent.

Verset 127

La consultation (istiftā') : le demandant demande au consulté l'exposé du jugement légal : Allah informa que les croyants consultaient le Messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — du jugement des femmes les concernant : Allah prit Lui-même cette consultation : {dis : Allah vous consulte d'elles} : œuvrez selon Sa consultation en toutes les affaires des femmes — tenir leurs droits, cesser leur nuire en général et en détail — général embrassant tout ce qu'Allah a légiféré, ordre et interdit, des femmes épouses et autres, petites et grandes ; puis après la généralité, Il particularisa la recommandation aux faibles — orphelines et enfants — par égard et dissuasion de négliger leurs droits : {et ce qui vous est récité du Livre au sujet des orphelines} : Il vous consulte de ce qui vous est récité au Livre des orphelines — {auxquelles vous ne donnez pas ce qui leur est écrit} : l'état existant en ce temps : l'orpheline sous la tutelle d'un homme lésant son droit : mangeant son bien ou partie, ou l'empêchant de se marier pour profiter de son bien, craignant de le perdre si elle se marie, ou prenant de son époux par condition ou autre — s'il ne la désire pas — ou la désirant, belle et riche, sans équité de douaire, donnant moins que son dû : tout cela est injustice entrant sous ce texte : {et que vous désirez les épouser} : désirer ne pas les épouser ou les épouser, comme exposé. {Et des enfants faibles} : Il vous consulte des enfants faibles : leur donner leur droit d'héritage et autre, ne pas s'emparer de leurs biens en injustice et usurpation ; {et de tenir l'équité pour les orphelines} : la justice parfaite — embrassant leur prise en charge en leur imposant l'ordre d'Allah et Son obligatoire : les tuteurs chargés de le leur imposer — et leurs intérêts mondains : faire croître leurs biens, y chercher leur meilleur partage, ne les approcher que de la meilleure façon, sans faveur à un ami ou autre en mariage ou ailleurs au détriment de leurs droits — miséricorde d'Allah envers Ses serviteurs : exhortation extrême à tenir les intérêts de qui ne tient pas les siens par faiblesse et perte de son père. Puis l'exhortation au bien en général : {et tout bien que vous faites} — aux orphelines et à d'autres, débordant ou restreint — {Allah le sait} : Sa science embrasse l'œuvre des bienfaiteurs, peu ou beaucoup, belle ou contraire : Il rétribue chacun selon son œuvre.

Verset 128

Quand la femme craint l'insoumission (nushūz) de son époux — son élévation au-dessus d'elle, son dédain et son détournement —, le mieux en cet état est qu'ils réconcilient d'une réconciliation : qu'elle cède de certains de ses droits dus par l'époux, demeure auprès de lui — agréeant moins que l'obligatoire de dépense, habillement, logement ou partage : renonçant à son droit, ou cédant son jour et sa nuit à son époux ou à sa coépouse — d'accord sur cet état, nul grief sur eux deux, ni elle ni lui : l'époux peut demeurer avec elle en cet état, meilleur que la séparation : {la paix est meilleure}. De la généralité du terme et du sens : la paix entre qui a droit ou dispute en toutes choses vaut mieux que l'exigence intégrale de chacun de tout son droit : elle répare, conserve l'union et pare de la mansuétude ; permise en toutes choses, sauf rendre licite l'interdit ou interdire le licite : ce serait torsion, non paix. Sache : nul jugement n'est parfait que par son exigeant et l'absence d'empêchements — dont ce grand jugement qu'est la paix : Il mentionna l'exigeant — c'est un bien, que tout sensé cherche et désire ; commandé et pressé par Allah, le croyant l'augmente de recherche et désir — et l'empêchement : {l'âme est prédisposée à l'avarice} (shuḥḥ) : les âmes sont créées avares — ne désirant donner son dû, avide de son droit : par nature — d'où : efforcez-vous d'arracher ce vil trait de vos âmes et d'y substituer son contraire, la mansuétude : donner son dû, se contenter d'une part de son droit — quiconque y est rendu capable, la paix avec son adversaire et partenaire lui devient aisée, et la voie au but ; autre que celui qui ne s'applique pas à ôter l'avarice de son âme : la paix et l'accord lui sont durs, rien ne le satisfait sinon tout son dû, et il ne veut payer le sien ; son adversaire étant pareil, l'affaire se durcit. Puis : {si vous bienfaitsez et craignez Allah} — bienfaire envers le Créateur : adorer son Seigneur comme si tu Le voyais : si tu ne Le vois pas, Lui te voit — et envers les créatures en toutes voies de bienfaisance : profit de bien, savoir, influence ou autre — et craindre Allah en tout commandé et tout interdit, ou bienfaire par le commandé et craindre par l'interdit : {Allah est informé de ce que vous faites} : Il l'embrasse de science, apparent et caché : Il vous le conserve et vous en rétribue du plus entier.

Verset 129

Allah informe que les époux ne peuvent — n'est pas en leur pouvoir — l'équité parfaite entre les femmes : l'équité exige égal amour, égal moteur, égale inclination du cœur, puis l'œuvre en conséquence — impossible et impraticable : Allah a excusé l'impossible et interdit le possible : {n'inclinez pas vers l'une à en laisser l'autre comme en suspens} : n'inclinez d'une forte inclination au point de ne point tenir leurs droits dus : faites ce qui est en votre pouvoir de l'équité — dépense, habillement, partage et semblables : soyez équitables ; autre que l'amour et l'union et semblables. L'épouse à qui son époux délaisse son dû devient comme en suspens : sans époux dont elle se repose et se dispose à se marier, ni épouse tenant ses droits. {Si vous réconciliez} — entre vous et vos épouses, en vous forçant à ce que l'âme n'aime pas, par dévotion et tenue du droit de l'épouse ; et entre vous et les gens ; et entre les gens en leurs disputes — ce qui entraîne l'exhortation à toute voie menant à la paix absolument, comme dit. {Et craignez Allah} : commandé fait, interdit délaissé, patienté le décrété — {Allah est pardonneur, miséricordieux} : Il pardonne vos fautes et manquements au droit obligé, et vous fait miséricorde comme vous avez incliné vers vos épouses et leur avez fait miséricorde.

Verset 130

Troisième état entre les époux, l'accord impossible : nul mal à la séparation : {s'ils se séparent} : par divorce, résiliation, khul' ou autre, {Allah enrichira chacun} des deux {de Sa largeur} : de Sa faveur et bienfaisance vastes englobantes : l'époux enrichi d'une épouse meilleure, elle enrichie de Sa faveur, sa part de l'époux coupée : sa subsistance sur le Priseur en charge des subsistances de toute la création, le Teneur de leurs intérêts — peut-être Allah lui donnera-t-Il un époux meilleur. {Allah est immense} : abondant de faveur, immense de miséricorde : Sa miséricorde et bienfaisance atteignent où atteint Sa science — et pourtant {sage} : donnant par Sa sagesse et refusant par Sa sagesse : Sa sagesse exigeant de refuser Sa bienfaisance à quiconque pour une cause de soi ne la méritant pas, Il l'en prive en justice et sagesse.

Verset 131

Allah informe de l'universalité de Sa immense et vaste royauté, exigeant Son administration de toutes dispositions et Sa disposition de toutes sortes, en décret et en loi. Sa disposition légale : Il recommanda aux premiers et aux derniers — gens des livres antérieurs et postérieurs — la piété, contenant commandement, interdiction, législation des règles, récompense à qui tient la recommandation et châtiment douloureux à qui la néglige et perd : {si vous mécroyez} — délaisser la piété d'Allah et Lui associer ce sur quoi Il n'a point fait descendre d'autorité — vous ne nuisez qu'à vous-mêmes, en rien à Allah, ne diminuez pas Sa royauté : Il a des serviteurs meilleurs, plus grands et plus nombreux que vous, Lui obéissant, soumis à Son ordre : {si vous mécroyez : à Allah ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre — Allah est riche, digne de louange} : à Lui la générosité parfaite et la bienfaisance englobante procédant des trésors de Sa miséricorde que la dépense ne diminue et qu'aucune dépense n'épuise, ruisselante nuit et jour : tous les gens des cieux et de la terre, premiers et derniers, réunis, chacun demandant l'extrême de son espoir, ne diminueraient de Sa royauté rien — Il est Généreux, Riche, Glorieux : Son don est parole, Son châtiment est parole : Son ordre à une chose qu'Il veut : "Sois" — et elle est ; et de la plénitude de Sa richesse : parfait d'attributs — quelque défaut sous quelque rapport, il y aurait besoin de cette perfection : à Lui toute attribut de perfection et de cette attribut sa perfection. Et de la plénitude de Sa richesse : point pris de compagne, ni enfant, ni associé en royauté, ni soutien, ni auxiliaire en rien des administrations de Son royaume ; et de la perfection de Sa richesse : le monde supérieur et inférieur entier, en tous états et affaires, indigent de Lui et Lui demandant tous leurs besoins menus et graves — Il tient ces demandes et questions, les enrichit, les met à l'aise, les comble de Sa finesse et les guide. Le Loué (Ḥamīd) : un des nobles noms d'Allah, indiquant qu'à Lui seul toute louange, amour, célébration et honoration sont dus — paré des attributs de louange, beauté et majesté, et par les faveurs immenses données à Sa création : le Loué en tout état. Que la juxtaposition de ces deux noms est belle : Riche et Loué : perfection de richesse, perfection de louange, perfection de leur union — puis Il réitéra l'embrassement de Sa royauté des cieux et [de] la terre et qu'Il est de toute chose garant (wakīl) : savant, tenant les choses selon la sagesse : tel est le comble de la garantie — la garantie exigeant science du garanti, force et puissance de l'exécuter et l'administrer, et que l'administration soit sagesse et intérêt : ce qui en manque manque au garant — Allah transcendant au-dessus de tout défaut.

Verset 132

Allah informe de l'universalité de Sa immense et vaste royauté, exigeant Son administration de toutes dispositions et Sa disposition de toutes sortes, en décret et en loi. Sa disposition légale : Il recommanda aux premiers et aux derniers — gens des livres antérieurs et postérieurs — la piété, contenant commandement, interdiction, législation des règles, récompense à qui tient la recommandation et châtiment douloureux à qui la néglige et perd : {si vous mécroyez} — délaisser la piété d'Allah et Lui associer ce sur quoi Il n'a point fait descendre d'autorité — vous ne nuisez qu'à vous-mêmes, en rien à Allah, ne diminuez pas Sa royauté : Il a des serviteurs meilleurs, plus grands et plus nombreux que vous, Lui obéissant, soumis à Son ordre : {si vous mécroyez : à Allah ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre — Allah est riche, digne de louange} : à Lui la générosité parfaite et la bienfaisance englobante procédant des trésors de Sa miséricorde que la dépense ne diminue et qu'aucune dépense n'épuise, ruisselante nuit et jour : tous les gens des cieux et de la terre, premiers et derniers, réunis, chacun demandant l'extrême de son espoir, ne diminueraient de Sa royauté rien — Il est Généreux, Riche, Glorieux : Son don est parole, Son châtiment est parole : Son ordre à une chose qu'Il veut : "Sois" — et elle est ; et de la plénitude de Sa richesse : parfait d'attributs — quelque défaut sous quelque rapport, il y aurait besoin de cette perfection : à Lui toute attribut de perfection et de cette attribut sa perfection. Et de la plénitude de Sa richesse : point pris de compagne, ni enfant, ni associé en royauté, ni soutien, ni auxiliaire en rien des administrations de Son royaume ; et de la perfection de Sa richesse : le monde supérieur et inférieur entier, en tous états et affaires, indigent de Lui et Lui demandant tous leurs besoins menus et graves — Il tient ces demandes et questions, les enrichit, les met à l'aise, les comble de Sa finesse et les guide. Le Loué (Ḥamīd) : un des nobles noms d'Allah, indiquant qu'à Lui seul toute louange, amour, célébration et honoration sont dus — paré des attributs de louange, beauté et majesté, et par les faveurs immenses données à Sa création : le Loué en tout état. Que la juxtaposition de ces deux noms est belle : Riche et Loué : perfection de richesse, perfection de louange, perfection de leur union — puis Il réitéra l'embrassement de Sa royauté des cieux et [de] la terre et qu'Il est de toute chose garant (wakīl) : savant, tenant les choses selon la sagesse : tel est le comble de la garantie — la garantie exigeant science du garanti, force et puissance de l'exécuter et l'administrer, et que l'administration soit sagesse et intérêt : ce qui en manque manque au garant — Allah transcendant au-dessus de tout défaut.

Verset 133

Lui le Riche le Loué, de parfaite puissance et volonté traversante en vous : {s'Il veut, Il vous fait disparaître, ô gens, et en amène d'autres} : que vous, plus obéissants à Allah et meilleurs. Menace aux gens de demeurer en leur mécréance et détournement de leur Seigneur : Allah n'en fait nul cas s'ils n'obéissent — mais Il donne délai et accable, sans négliger.

Verset 134

Puis Il informa que quiconque a l'ambition et la volonté basses, n'excédant pas la rétribution du monde, sans volonté pour la Dernière Demeure : son effort et regard sont bornés — et pourtant il n'obtient de la rétribution du monde que ce qu'Allah lui en a écrit : Il est le Possesseur de tout, chez qui la rétribution des deux mondes : qu'on les Lui demande et de Lui l'aide : ce qui est auprès de Lui ne s'obtient que par L'obéir, et les affaires religieuses et mondaines ne s'atteignent que par Lui demander aide et demeurer indigent de Lui ; à Lui la sagesse en la réussite de qui Il réussit et l'abandon de qui Il abandonne, en Son don et Son refus : {Allah est audient, voyant}.

Verset 135

Allah commande à Ses serviteurs croyants d'être {tenant l'équité, témoins pour Allah} — tenant (qawwām) est intensif : soyez en tous vos états tenant l'équité, la justice en les droits d'Allah et de Ses serviteurs : l'équité en les droits d'Allah : ne pas aider Ses faveurs à Sa désobéissance, les employer à Son obéissance ; en les droits des hommes : acquitter tous les droits dus comme tu exigees tes droits — dépenses obligatoires, dettes, traiter les gens comme tu aimes qu'ils te traitent, caractères et compensation et autre. Des plus grandes équités : celle des thèses et des tenants : ne pas juger pour l'une des deux paroles ou des deux plaideurs par rattachement ou inclination, mais viser la justice entre eux ; et déposer le témoignage détenu en quelque forme, même contre les aimés, même contre soi : {témoins pour Allah, même contre vous-mêmes, ou les parents et les proches ; riches ou pauvres : Allah est plus proche d'eux deux} : ne pas égarder le riche pour sa richesse ni le pauvre par prétendue miséricorde : témoignez du vrai sur quiconque. Tenir l'équité est des plus grandes choses et des plus indicatives de la religion, de la scrupulosité et du rang en islam de son détenteur : à qui conseille son âme et veut son salut de s'en soucier à l'extrême, de le mettre au devant de ses yeux et le lieu de sa volonté, et d'ôter de son âme tout empêchement l'arrêtant de vouloir ou faire l'équité — le plus grand empêchement : suivre la passion : d'où {ne suivez pas la passion au détriment de l'équité} : ne suivez pas les passions de vos âmes contraires au vrai : les suivant, vous déviez du juste et n'êtes pas rendus capables de l'équité — la passion ou aveugle la clairvoyance de son détenteur au point de voir le vrai faux et le faux vrai, ou connaît le vrai et le délaisse pour sa passion : sauvé de sa passion, on est rendu capable du vrai et guidé au droit chemin. Après le commandé, l'interdit contradictoire : tordre la langue du vrai en témoignages et autre, altérer la prononciation du juste visé, en tout ou partie — y entre l'altération du témoignage, son incomplétion, l'interprétation du témoin vers autre : cela est torsion : déviation du vrai. {Ou vous détournez} : délaissez l'équité confiée — le témoin délaissant son témoignage, le juge son jugement obligé. {Allah est informé de ce que vous faites} : embrassant votre fait, connaissant vos œuvres cachées et claires — terrible menace à qui tord ou se détourne, à plus forte raison à qui juge par le faux ou témoigne du parjure : faute plus grande — les deux premiers ont délaissé le vrai, celui-ci l'a délaissé et debout dans le faux.

Verset 136

Sache : le commandement ou s'adresse à qui n'est pas entré en la chose et n'en a rien : commandement d'y entrer — comme commander la foi à qui n'est pas croyant : {ô vous qui avez reçu le Livre, croyez à ce que Nous avons fait descendre...} ; ou à qui y est entré : commandement de rectifier ce qui est de lui et obtenir ce qui n'y est pas — dont Allah commande ici aux croyants de croire : cela commande de rectifier leur foi — sincérité, véracité, éviter les corrupteurs, se repentir de toutes diminutions — et d'obtenir ce qui manque au croyant des sciences et œuvres de la foi : chaque texte atteint, compris, cru, est de la foi commandée ; de même toutes les œuvres extérieures et intérieures : toutes de la foi, à preuve les textes nombreux et le consensus des prédécesseurs ; et d'y demeurer et y tenir jusqu'à la mort : {croyez, craignez Allah de Sa vraie crainte, ne mourez qu'en soumission} — ici : croire en Lui, Ses messagers, le Coran et les livres antérieurs : tout cela de la foi obligatoire sans laquelle le serviteur n'est pas croyant — globalement ce dont le détail n'est pas parvenu, en détail ce qui est su en détail : qui croit de cette foi commandée est guidé et réussit. Et qui mécroit {en Allah, Ses anges, Ses livres, Ses messagers et au Jour dernier s'est égaré d'un égarement lointain} : quel égarement plus loin que de quitter la voie de la guidée droite et prendre la voie menant au châtiment douloureux ? Sache : mécroire en l'une de ces choses vaut mécroire en toutes : elles sont solidaires, la foi en l'une sans l'autre impossible.

Verset 137

Quiconque réitère la mécréance après la foi — guidé puis égaré, voyant puis aveugle, croyant puis mécréant, y persévérant et croissant — est loin de la réussite et de la guidée au chemin le plus droit, loin du pardon, ayant commis le plus grand empêchement : sa mécréance devient punition et sceau indélébile : {quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs} ; {Nous retournons leurs cœurs et leurs yeux comme ils n'y crurent pas la première fois}. Le verset prouve : s'ils ne croissent pas en mécréance mais reviennent à la foi et quittent leur mécréance, Allah leur pardonne, dussent les apostasies se réitérer ; et si tel est le jugement de la mécréance, les désobéissances en deçà à plus forte raison : le serviteur dussé-les réitérer, puis revenir au repentir, Allah lui revient avec le pardon.

Verset 138

L'annonce (bishāra) sert au bien, et au mal avec restriction, comme ici : {annonce aux hypocrites} — affichant l'islam et recelant la mécréance — la plus laide annonce : le châtiment douloureux, à cause de leur amour des mécréants, leur alliance et secours, et leur délaissement de l'alliance des croyants : qu'est-ce qui les y porte ? Cherchent-ils auprès d'eux la gloire ? Tel est l'état des hypocrites : mauvaise opinion d'Allah, foi faible en le secours d'Allah à Ses serviteurs croyants, vue de certaines causes chez les mécréants, regard borné au-delà : ils prirent les mécréants pour alliés, s'en glorifiant, les en secourant — la gloire étant toute à Allah : les fronts des serviteurs en Sa main, Sa volonté s'accomplissant en eux, Lui garantissant le secours de Sa religion et de Ses serviteurs croyants, dussent-il s'intercaler épreuves et supériorité passagère de l'ennemi : l'issue et la stabilité aux croyants. En ce verset : la grande dissuasion d'allier les mécréants et délaisser l'alliance des croyants — traits des hypocrites —, et que la foi exige aimer et allier les croyants, haïr et traiter en ennemis les mécréants.

Verset 139

◆ V.138 L'annonce (bishāra) sert au bien, et au mal avec restriction, comme ici : {annonce aux hypocrites} — affichant l'islam et recelant la mécréance — la plus laide annonce : le châtiment douloureux, à cause de leur amour des mécréants, leur alliance et secours, et leur délaissement de l'alliance des croyants : qu'est-ce qui les y porte ? Cherchent-ils auprès d'eux la gloire ? Tel est l'état des hypocrites : mauvaise opinion d'Allah, foi faible en le secours d'Allah à Ses serviteurs croyants, vue de certaines causes chez les mécréants, regard borné au-delà : ils prirent les mécréants pour alliés, s'en glorifiant, les en secourant — la gloire étant toute à Allah : les fronts des serviteurs en Sa main, Sa volonté s'accomplissant en eux, Lui garantissant le secours de Sa religion et de Ses serviteurs croyants, dussent-il s'intercaler épreuves et supériorité passagère de l'ennemi : l'issue et la stabilité aux croyants. En ce verset : la grande dissuasion d'allier les mécréants et délaisser l'alliance des croyants — traits des hypocrites —, et que la foi exige aimer et allier les croyants, haïr et traiter en ennemis les mécréants.

Verset 140

Allah vous a exposé dans ce qu'Il a fait descendre la règle légale à la présence des assises de mécréance et désobéissance : {quand vous entendez les versets d'Allah niés et raillés} : rabaissés — à tout responsable envers les versets d'Allah : y croire, les magnifier, les honorer, les glorifier : tel est le but de leur descente et ce pour quoi Allah créa la création ; contraire de la foi : y mécroire ; contraire de la magnification : les railler et les mépriser — y entre disputer avec les mécréants et hypocrites pour annuler les versets d'Allah et secourir leur mécréance, et les innovateurs en leurs sortes : leur argumentation pour leur vain comporte le mépris des versets d'Allah : ils n'indiquent que le vrai et n'entraînent que véracité ; et y entre la présence des assises de désobéissance où l'on méprise les ordres et interdits d'Allah et on enfonce les limites fixées à Ses serviteurs. Le terme de l'interdit d'y siéger : {jusqu'à ce qu'ils entrent en un autre propos} : autre que la mécréance aux versets et leur raillerie. {Vous seriez alors comme eux} : ayant agréé leur mécréance et raillerie — qui agrée la désobéissance vaut qui la fait. En somme : quiconque est présent à une assise où Allah est désobéi : le désaveu s'impose à lui avec pouvoir, ou le départ sans pouvoir. {Allah rassemblera les hypocrites et les mécréants tous ensemble en la Géhenne} : réunis sur la mécréance et l'alliance, et nul profit aux hypocrites de leur seule apparence avec les croyants : {le jour où les hypocrites et hypocrites diront aux croyants : regardez-nous...} et les versets.

Verset 141

Puis l'alliance réelle des hypocrites aux mécréants et leur inimitié aux croyants : {qui vous guettent} : attendant votre état, bon ou mauvais, réponse prête à chaque état selon leur hypocrisie : {s'il y a pour vous une victoire d'Allah, ils disent : n'étions-nous pas avec vous ?} — affichant d'être avec les croyants en dehors et au-dedans, pour éviter critique et attaque, partager butin et quint, en être secourus — ; {et s'il y a une part aux mécréants} — non « victoire » : nulle victoire leur advient débutant un secours durable : au plus une part instable, par sagesse d'Allah —, {ils disent : n'avons-nous pas pris sur vous autorité, et vous protégé des croyants ?} : leur montrant qu'ils retiennent leurs mains d'eux avec pouvoir, et les protègent des croyants en toutes façons : les réfuter, les dégoûter du combat, aider les ennemis et autre de leur connu. {Allah jugera entre vous au Jour de la résurrection} : rétribuant les croyants, apparent et intérieur, du Paradis, châtiant hypocrites et hypocrites, associateurs et associatrices. {Allah ne donnera point aux mécréants de voie sur les croyants} : pouvoir ni domination — un groupe des croyants ne cesse d'être sur le vrai, victorieux, à qui ni l'abandon ni la contradiction ne nuit ; Allah ne cesse de créer des causes de victoire aux croyants et d'écarter la domination des mécréants, vu à l'œil — certains musulmans sous le pouvoir de groupes mécréants sont demeurés respectés, leur religion non attaquée, non méprisés : parfaite gloire d'Allah — à Allah la louange, première et dernière, apparente et cachée.

Verset 142

Allah informe des hypocrites, leurs vilains traits et monstrueuses marques : leur méthode est de tromper Allah — affichant la foi, recelant la mécréance — croyant que cela prenne sur Allah, qu'Il ne le sache ni ne l'expose à Ses serviteurs, alors qu'Allah les trompe : la seule existence de cet état et leur marche dessus est tromperie d'eux-mêmes — quelle tromperie plus grande que celle de qui s'emploie à son humiliation, avilissement et privation, et prouve le défaut de raison de son auteur, alliant la désobéissance, la croyant belle et la pensant raison et ruse ! Que font l'ignorance et l'abandon de leur détenteur ! De Sa tromperie d'eux au Jour de la résurrection : {le jour où les hypocrites et hypocrites diront aux croyants : regardez-nous, que nous empruntions de votre lumière — il sera dit : revenez derrière vous, cherchez une lumière — un mur fut dressé entre eux, à porte : intérieur en miséricorde, extérieur face au châtiment — ils les appellent : n'étions-nous pas avec vous ?...}. De leurs traits : {s'ils se lèvent à la prière} — dussent-ils se lever — la plus grande des adorations pratiques — {ils se lèvent paresseux} : lourds, agacés de la faire — la paresse ne venant que du manque de désir de leurs cœurs : leurs cœurs vides du désir d'Allah et de ce qui est auprès de Lui, privés de foi, sans quoi la paresse n'émanerait pas d'eux. {Ils se font voir des gens} : tel est leur secret et la source de leurs œuvres : se faire voir, visant le regard, la magnification et l'honneur des gens, sans sincérité pour Allah : {ils ne rappellent Allah que peu} : cœurs pleins d'ostentation — le rappel d'Allah et sa constance ne viennent que d'un croyant au cœur plein d'amour et de grandeur d'Allah.

Verset 143

{Vacillants entre cela, ni à ceux-ci ni à ceux-là} : oscillant entre le parti des croyants et celui des mécréants — ni des croyants en dehors et au-dedans, ni des mécréants en dehors et au-dedans : l'intérieur aux mécréants, l'extérieur aux croyants : l'extrême égarement concevable : {quiconque Allah égare, tu ne trouveras pas pour lui de voie} : ni voie à le guider, ni moyen à le détourner de sa perdition : la porte de la miséricorde lui fermée, toute vindicte venue à la place. Ces descriptions blâmables indiquent, par allusion, que les croyants en ont les contraires : véracité en dehors et au-dedans, sincérité, ce qu'ils ont n'est point ignoré, élan en leur prière et adorations, abondance du rappel d'Allah — guidés et rendus capables du droit chemin : que le sensé considère son âme à ces deux choses et choisisse laquelle lui sied — Allah est le secours.

Verset 144

Ayant dit que des traits des hypocrites est de prendre les mécréants pour alliés en dehors des croyants, Il interdit à Ses serviteurs croyants de se parer de cet état vil et de ressembler aux hypocrites : cela entraîne de {faire d'Allah contre vous une autorité manifeste} : preuve claire de votre punition : Il nous en a avertis et menacés, exposé ses corruptions — l'emprunter après cela entraîne le châtiment. En [ce] verset : preuve de la justice parfaite d'Allah : Il ne châtie personne avant l'établissement de la preuve contre lui ; et l'avertissement des désobéissances : leur auteur donne à Allah contre soi autorité manifeste.

Verset 145

Allah informe de l'issue des hypocrites : aux profondeurs les plus basses du châtiment et aux pires états de la punition — au-dessous de tous les mécréants : ils partagent leur mécréance en Allah et leur inimitié à Ses messagers, y ajoutent la ruse, la tromperie et la capacité de maintes hostilités aux croyants d'une façon insensible et insoupçonnée, et le déroulement sur eux des lois de l'islam et l'obtention de ce qu'ils ne méritent pas : par cela et semblables ils méritèrent le plus dur châtiment, sans sauveur de Son châtiment ni secoureur en écartant partie de Sa punition.

Verset 146

Cela vaut tout hypocrite, sauf qui Allah combla du repentir des méfaits — {et réparèrent} : les extérieurs et les intérieurs — s'agrippèrent à Lui, recoururent à Lui pour leurs bénéfices et l'écart de leurs nuisances, {et rendirent leur religion sincère pour Allah} — islam, foi et bienfaisance — : visant la Face d'Allah de leurs œuvres extérieures et intérieures, saufs de l'ostentation et de l'hypocrisie : qui se pare de ces traits {est avec les croyants} : en ce monde, dans l'isthme et au Jour de la résurrection — {et Allah donnera aux croyants une immense récompense} : dont nul ne connaît l'essence sinon Allah : ce que nul œil n'a vu, nulle oreille n'a entendu, nul cœur d'homme n'a conçu. Considère la particularisation de l'agrippement et de la sincérité, entrant pourtant en {et réparèrent} — car l'agrippement et la sincérité sont de la réparation — pour l'extrême besoin, surtout en ce lieu critique où l'hypocrisie s'est emparée des cœurs : ne l'ôte que le fort agrippement à Allah et le recours constant et l'indigence de Lui pour le repousser, et la sincérité étant le parfait contraire de l'hypocrisie : mentionnés pour leur excellence, les œuvres extérieures et intérieures en dépendant, et l'extrême besoin en ce lieu. Considère : ayant dit qu'ils sont avec les croyants, Il ne dit pas « Il leur donnera », bien que le contexte les vise, mais {Allah donnera aux croyants une immense récompense} : cette noble règle, Allah ne cesse d'y insister — le contexte en une partie, voulant y suspendre récompense ou punition, et cela étant commun à lui et au genre où il entre : la récompense suspendue au jugement général sous lequel cette cause et d'autres tombent, et pour qu'on ne suppose le jugement particularisé à la partie : des secrets merveilleux du Coran — le repenti des hypocrites avec les croyants et leur récompense à lui.

Verset 147

Puis Il informa de Sa pleine richesse, l'ampleur de Sa clémence, miséricorde et bienfaisance : {que ferait Allah de vous châtier, si vous remerciez et croyez ?} — Allah étant Reconnaissant, Savant : donnant à qui porte les charges pour Lui, s'emploie sans relâche aux œuvres, l'immense récompense et la vaste bienfaisance ; quiconque délaisse quelque chose pour Allah, Allah lui donne meilleur ; connaissant votre extérieur et intérieur, vos œuvres et ce qui en émane de sincérité et véracité et le contraire, et voulant de vous le repentir, le retour, le revenir à Lui : revenus à Lui, que ferait-Il de vous châtier ? Il ne se réjouit pas de votre châtiment ni ne profite de votre punition — le désobéissant ne nuit qu'à soi, comme l'œuvre de l'obéissant profite à soi ; la gratitude : l'humiliation du cœur, sa confession de la faveur d'Allah, la célébration de la langue envers le remercié, l'œuvre des membres en Son obéissance, et ne pas aider Ses faveurs à Ses désobéissances.

Verset 148

Allah informe qu'Il n'aime pas le public du mal en parole : Il le hait, le méprise et le punit — embrassant toutes les mauvaises paroles affligeant et attristant : injure, calomnie, outrage et semblables : tout cela est de l'interdit qu'Allah hait ; le sens impliqué : Il aime le beau en parole : rappel et parole bonne et douce. {Sauf qui a été lésé} : il peut invoquer contre qui l'a lésé, s'en plaindre, dire publiquement le mal à qui le lui a dit publiquement — sans mentir sur lui, ni excéder sa lésion, ni dans son injure dépasser son léseur — et pourtant son pardon et sa non-riposte valent mieux : {quiconque pardonne et répare : sa récompense est sur Allah} — {Allah est audient, savant}. Le verset contenant la mauvaise, la bonne et la permise parole : Il est audient, Il entend vos paroles : prenez garde de dire ce qui courrouce votre Seigneur et vous punit [de cela] — et encouragement à la belle parole ; savant de vos intentions et de la source de vos paroles.

Verset 149

{Si vous exposez un bien ou le cachez} : tout bien, verbal et effectif, apparent et caché, obligatoire et recommandé, {ou pardonnez un mal} : à qui vous a nui en vos personnes, biens et honneurs, en usez mansuétude — la rétribution selon l'espèce de l'acte : qui pardonne pour Allah, Allah lui pardonne ; qui bienfait, Allah lui bienfait : {Allah est indulgent, puissant} : Il absout les glissements et immenses fautes de Ses serviteurs, leur tend Son voile, puis les traite de Son pardon parfait procédant de Sa puissance. En ce verset : la direction à comprendre les sens des noms et attributs d'Allah : la création et l'ordre en émanent et les exigent — d'où les jugements motivés par les noms les plus beaux, comme ici : le bien et le pardon mentionnés, Il renvoya à la connaissance de Ses noms, nous épargnant leur récompense particulière.

Verset 150

Ici deux parts claires à chacun : croyant en Allah, tous Ses messagers et Ses livres, et mécréant en tout cela. Reste une troisième : qui prétend croire en certains messagers et pas en d'autres, voie le sauvant du châtiment d'Allah — pures espérances : ils veulent séparer Allah et Ses messagers : qui prend Allah pour allié en vérité prend tous Ses messagers — de la plénitude de Son alliance — et qui est l'ennemi d'un de Ses messagers est l'ennemi d'Allah et de tous Ses messagers : {qui était ennemi d'Allah...} ; de même mécroire en un messateur vaut mécroire en tous, même au messager en qui il prétend croire.

Verset 151

{Ceux-là sont les mécréants en vérité} — qu'on ne suppose leur rang intermédiaire entre foi et mécréance. Qu'ils soient mécréants même en ce en quoi ils prétendent croire : toute preuve de croire en qui ils crurent existe, ou sa pareille, ou supérieure, pour le prophète en qui ils mécrurent ; toute illusion dont ils prétendent frapper le prophète en qui ils mécrurent, sa pareille ou pire existe en qui ils crurent : il ne reste que caprice, passion et prétention pure que chacun peut opposer de sa pareille. Ayant dit qu'ils sont les mécréants en vérité, une punition les embrassant, eux et tout mécréant : {aux mécréants Nous avons préparé un châtiment humiliant} : s'étant élevés au-dessus de la foi en Allah, humiliés du châtiment douloureux et flétrissant. {Et ceux qui ont cru en Allah et Ses messagers} — embrassant la foi en tout ce qu'Allah a annoncé de Lui-même et tout ce qu'ont apporté les messagers d'informations et de règles — {sans distinguer entre aucun d'eux} : croyant en tous : la foi véritable et la certitude bâties sur la preuve — {à eux Il donnera leurs récompenses} : la rétribution de leur foi et de ce qui s'ensuivit d'œuvre pie, belle parole et beau caractère, chacun selon son état — peut-être le secret de l'attribution des récompenses à eux. {Allah est pardonneur, miséricordieux} : pardonnant les méfaits, recevant les bienfaits.

Verset 153

Cette demande des gens du Livre au messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — est par obstination et exigence, y suspendant leur croyance ou leur démenti : ils lui demandèrent de leur faire descendre le Coran en une masse, comme descendirent la Torah et l'Évangile — extrême injustice [et ignorance] d'eux : le messager est homme, serviteur administré, ne disposant de rien du commandement : l'affaire est toute à Allah, Lui envoie et fait descendre ce qu'Il veut sur Ses serviteurs : {dis : gloire à mon Seigneur : ne suis-je qu'un homme messager} ; et faire de la descente du livre en masse ou par parties la différence du vrai et du faux est prétention sans preuve, sans convenance ni même illusion : où trouve-t-on dans la prophétie d'aucun prophète que le messager qui vous vient d'un livre descendu par parties ne doit point être cru ? ! La descente de ce Coran par parties selon les états indique sa grandeur et le soin d'Allah envers qui il est descendu : {les mécréants dirent : que n'a-t-il été fait descendre sur lui en une masse ? — ainsi pour affermir ton cœur : Nous l'avons articulé avec art} ; {ils ne te viennent d'une parabole sans que Nous t'apportions le vrai et la meilleure interprétation}. Après leur objection vaine, Il informa qu'elle n'est pas étrangère à leur affaire : ils ont des prémices laides pires que ce qu'ils font au messager en qui ils prétendent croire : lui avoir demandé de voir Allah de leurs yeux, pris le veau pour diele adoré après avoir vu de leurs yeux des signes que nul autre ne vit, refusé les règles de leur livre — la Torah — jusqu'à l'élévation du Ṭūr au-dessus de leurs têtes et la menace d'être précipités s'ils ne croient pas : ils agréèrent par condescendance et foi proche de la foi de nécessité ; refusé d'entrer aux portes de la cité en se prosternant et demandant pardon, contredisant la parole et l'acte ; transgressé le sabbat, et Allah les punit de cette punition monstrueuse ; pris l'engagement lourd puis rejeté derrière leur dos, mécru aux versets d'Allah, tué Ses messagers sans droit ; prétendu avoir tué et crucifié le Messie Jésus — ils ne l'ont ni tué ni crucifié : un autre leur fut donné en ressemblance, et ils tuèrent et crucifièrent l'autre ; prétendu leurs cœurs enveloppés ne comprenant ni saisissant ce qu'on leur dit ; détourné les gens de la voie d'Allah, les détournant du vrai, les appelant à leur égarement et déviation ; pris le gain illicite et l'usure malgré l'interdiction et la dureté d'Allah — à qui fait ces forfaits, il n'est point étrange de demander au messager Muhammad de leur faire descendre un livre du ciel. Cette voie est des meilleures pour disputer le spoliateur : de son objection vaine faite illusion pour lui et d'autres en repoussant le vrai, exposer de son état abject et ses actes monstrueux le plus laid, pour que chacun sache que cette objection est de la vallée vile, avec des prémices dont elle fait partie. De même toute objection à la prophétie de Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — peut être opposée de sa pareille ou plus forte en la prophétie de qui ils prétendent croire : leur mal s'en trouve suffi et leur vain contenu ; tout argument de leur établissement de la prophétie de qui ils y croient, son pareil et plus fort établissent la prophétie de Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix. Le but de l'énumération des laideurs étant la confrontation, Il ne les exposa pas ici mais y allégua et renvoya à leurs lieux, exposées ailleurs en leur lieu de pleinement.

Verset 159

{il n'est pas des gens du Livre qui ne croie en lui avant sa mort} : le pronom de « avant sa mort » peut revenir aux gens du Livre : tout scripturaire à qui la mort vient et voit l'affaire en vérité croit en Jésus — sur lui la paix —, foi inutile : foi de nécessité : la menace porte qu'ils ne demeurent pas en cet état dont ils se repentiront avant leur mort — que sera leur état au jour de leur rassemblement ? ! Le pronom peut revenir à Jésus — sur lui la paix — : nul des gens du Livre qui ne croie au Messie avant la mort du Messie : à l'approche de l'Heure et de ses grands signes — les hadiths authentiques multiplient sa descente à la fin de cette communauté : il tuera l'Antéchrist, abolira la jizya, et les gens du Livre croiront en lui avec les croyants — {et au Jour de la résurrection} : Jésus témoin sur eux, attestant leurs œuvres conformes ou non à la loi d'Allah : il ne témoignera que de la nullité de tout leur état contredisant la loi du Coran et ce qu'y a appelé Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : su par la parfaite équité et véracité du Messie, ne témoignant que du vrai : ce qu'a apporté Muhammad est le vrai, le reste égarement et vain.

Verset 160

Puis Il informa qu'Il interdit aux gens du Livre beaucoup des purs qui leur étaient licites — interdiction punition, pour leur tyrannie et transgression, leur détournement des gens de la voie d'Allah, leur empêchement de la guidée, leur prise de l'usure interdite : refusant aux nécessiteux qui commerçaient avec eux l'équité, Allah les punit de l'espèce de leur acte : les priva de beaucoup de purs dont ils allaient jouir étant purs. Quant à l'interdiction à cette communauté : interdiction de préservation des immondices nuisant à leur religion et leur monde.

Verset 162

Après les défauts des gens du Livre, leurs loués : {mais les enracinés dans le savoir} : ceux dont le savoir s'établit aux cœurs et la certitude aux entendements, portant fruits : foi parfaite et générale, {en ce qui est descendu sur toi et ce qui a été descendu avant toi} — et œuvres pies : établir la prière et acquitter la zakāt, les deux meilleures œuvres, contenant sincérité envers l'Adoré et bienfaisance aux serviteurs —, croyant au Jour dernier, craignant la menace et espérant la promesse : {à eux Nous donnerons une immense récompense} : ayant réuni savoir, foi, œuvre pie et foi aux livres et messagers antérieurs et postérieurs.

Verset 163

Allah informe qu'Il a révélé à Son serviteur et messager de la immense loi et des informations véridiques ce qu'Il révéla à ces prophètes — sur eux la prière et la paix — plusieurs profits : Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — n'est pas une nouveauté parmi les messagers : Allah envoya avant lui messagers en grand nombre : s'étonner de sa mission n'a lieu que d'ignorance ou d'obstination ; Il lui a révélé comme à eux les fondements et la justice sur quoi ils s'accordèrent, chacun authentifiant et accordant chacun ; il est du genre de ces messagers : que le considérant le considère par ses frères envoyés — son appel est le leur, leurs caractères d'accord, leur source une, leur fin une : Il ne l'a pas joint aux inconnus, aux menteurs, aux rois injustes ; et la mention et l'énumération de ces messagers, la célébration et le louange véridique d'eux, l'exposé de leurs états accroissent chez le croyant foi en eux, amour, imitation de leur guidée, practice de leur sunna, connaissance de leurs droits — réalisation de : {paix sur Noé dans les mondes}, {paix sur Abraham}, {paix sur Moïse et Aaron}, {paix sur les Élias : ainsi rétribuons-Nous les bienfaisants} : tout bienfaisant a la belle célébration entre les hommes selon sa bienfaisance — les messagers, surtout ces nommés, au degré suprême de bienfaisance. Ayant mentionné le commun de la révélation, Il particularisa : Il donna à Dāwūd les Psaumes (zabūr), le livre écrit connu, particulier à Dāwūd — sur lui la paix —, pour sa faveur et noblesse ; et parla à Mūsā de parole : de vive voix, sans intermédiaire — dont il fut célèbre parmi les mondes : Mūsā l'Interlocuteur du Miséricordieux.

Verset 164

Des messagers : ceux dont Allah raconta à Son messager, et ceux dont Il ne raconta point — preuve de leur grand nombre.

Verset 165

Allah les envoya annonciateurs à qui obéit à Allah et les suivit du bonheur des deux mondes, avertisseurs à qui Lui désobéit et les contredit du malheur des deux demeures — {pour que les gens n'aient point contre Allah d'argument après les messagers}, disant : nul annonciateur ni avertisseur ne nous vint — dis : vous est venu annonciateur et avertisseur : nul argument des créatures contre Allah, Lui ayant envoyé les messagers successivement, leur exposant leur religion, les agréments de leur Seigneur et Ses courroux, les voies du Paradis et du Feu : qui mécroit après cela ne s'en prenne qu'à soi — perfection de Sa puissance et Sa sagesse : leur avoir envoyé les messagers et fait descendre les livres ; et Sa faveur et bienfaisance : les gens étant indigents des prophètes de la plus grande indigence concevable, Il l'ôta — à Lui la louange et gratitude ; nous Lui demandons, Lui qui commença Sa faveur par les envoyer, de la parachever par la réussite à leur voie : Il est Généreux Noble.

Verset 166

Après qu'il fut dit qu'Allah révéla à Son messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — comme à ses frères envoyés, Il informa de Son témoignage sur sa mission et la justesse de ce qu'il a apporté, et qu'{Il l'a fait descendre avec Sa science} : on peut viser : fait descendre contenant Sa science : les sciences divines, règles légales et informations invisibles de la science d'Allah dont Il instruisit Ses serviteurs ; ou : fait descendre procédant de Sa science — allusion au mode de Son témoignage : Allah ayant fait descendre ce Coran contenant commandements et interdictions, le sachant, sachant l'état de qui il fit descendre, qu'il appela les gens à lui : qui l'agrée et l'authentifie est Son allié ; qui le dément et l'hostile est Son ennemi, il licite son bien et son sang — Allah le rendant capable, renouvelant Son secours, exauçant ses invocations, abandonnant ses ennemis, secourant Ses alliés : quel témoignage plus grand et immense ? Nul ne l'attaque qu'après attaquer la science, la puissance et la sagesse d'Allah. Et Son information du témoignage des anges sur ce qui descendit sur Son messager : leur foi parfaite et la noblesse de l'attesté : aux choses immenses ne témoignent que les élites : {Allah témoigne qu'il n'est de divinité que Lui, et les anges et les gens du savoir, debout dans l'équité} — {et Allah suffit témoin}.

Verset 167

Après la mission des messagers — prière et paix d'Allah sur eux —, la mission de leur sceau Muhammad, Son témoignage et celui de Ses anges, s'impose l'établi attesté : les croire, y croire, les suivre. Puis la menace à qui y mécroit : {ceux qui ont mécru et détourné de la voie d'Allah} : alliant leur mécréance et le détournement des gens de la voie d'Allah — ceux-là [sont] les imams de la mécréance et les hérauts de l'égarement — {se sont égarés d'un égarement lointain} : quel égarement plus grand que celui qui s'égare soi et égare autrui : revenu aux deux fautes et aux deux pertes, manqué les deux guidées ?

Verset 168

{Ceux qui ont mécru et lésé} : l'injustice surcroît leur mécréance — la mécréance, en absolu de l'injustice, y entrant : l'injustice vise ici les œuvres de la mécréance et l'immersion — loin du pardon et de la guidée au droit chemin : {Allah n'était point pour leur pardonner ni les guider en une voie, sinon la voie de la Géhenne} : le pardon et la guidée impossibles : ils ont persévéré dans leur tyrannie et crû en mécréance : leurs cœurs scellés, les voies de la guidée fermées par leur acquis — ton Seigneur n'est point lésant envers les serviteurs. {Et cela est pour Allah aisé} : Il n'en fait pas cas : ils ne valent pas le bien, ne convient que l'état qu'ils ont choisi pour eux-mêmes.

Verset 170

Allah commande à tous les gens de croire en Son serviteur et messager Muhammad — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, exposant la cause obligeant d'y croire, le profit d'y croire et le dommage de n'y point croire. La cause : Il informe qu'il leur est venu avec le vrai : sa venue même est vraie, et la loi qu'il apporte est vraie : le sensé sait que le maintien de la création dans son ignorance errante et sa mécréance oscillante, la mission prophétique interrompue, ne convient pas à la sagesse et miséricorde d'Allah : de Sa sagesse et Sa immense miséricorde, l'envoi du messateur pour leur faire connaître la guidée de l'égarement et la déviation de la droiture — la seule considération de sa mission est preuve décisive de sa prophétie, de même la considération de l'immense loi et du droit chemin qu'il apporte : informations des invisibles passés et futurs, information d'Allah et du Jour dernier que seule révélation et mission connaissent ; commandement de tout bien, réforme, droiture, justice, bienfaisance, véracité, piété, lien, beau caractère ; interdiction du mal, de la corruption, de l'agression, de l'injustice, du mauvais caractère, du mensonge et de l'impie — dont on tranche qu'il vient d'Allah ; plus le serviteur y voit clair, plus croissent sa foi et sa certitude : telle est la cause appelant la foi. Le profit de la foi : il est bien {pour vous} : la foi est bien aux croyants en leurs corps, cœurs, esprits, monde et Dernière Demeure, par les intérêts et profits qui s'ensuivent : toute récompense immédiate et différée est fruit de la foi — victoire, guidée, savoir, œuvre pie, joie, félicités, Paradis et sa félicité : tout cela procède de la foi, comme le malheur des deux mondes procède du défaut de foi. Le dommage de n'y point croire : le contraire de ce qui s'ensuit d'y croire — le serviteur ne nuit qu'à soi, Allah Se passant de lui : la désobéissance des désobéissants ne Lui nuit pas : {à Allah ce qui est dans les cieux et la terre} : tous Sa création, Sa possession, sous Son administration et disposition. {Allah sait} toute chose, {est sage} en Sa création et Son ordre : le Savant de qui mérite guidée et perdition, le Sage mettant guidée et perdition à leur place.

Verset 171

Allah interdit aux gens du Livre l'excès (ghulūw) en religion : dépasser la limite et la mesure légiférée vers l'illégal — tel le dire des chrétiens excédant en Jésus — sur lui la paix — l'élevant de la prophétie et la mission au rang de seigneurialité ne convenant qu'à Allah : comme le manquement et la négligence sont interdits, l'excès l'est : {ne dites d'Allah que le vrai} — ce qui contient trois choses : deux interdites : le mensonge sur Allah et le dire sans science de Ses noms, attributs, actes, loi et messagers ; une commandée : dire le vrai en ces affaires. Ce principe étant général et le contexte Jésus — sur lui la paix —, Il particularisa le vrai à en dire, contraire aux voies juive et chrétienne : {le Messie, Jésus fils de Marie, est messager d'Allah} : le comble du Messie et de ce qu'il atteint de perfections est le plus haut état des créatures : le degré de la mission, le plus haut des degrés et des récompenses ; {et Sa parole qu'Il projeta à Marie} : une parole qu'Allah dite, par laquelle Jésus fut, sans être cette parole : il fut par elle — attribution d'honneur et de glorification ; de même {et un esprit de Lui} : des esprits qu'Il créa et para de vertus et parfaits caractères : Allah envoya Son esprit Gabriel — sur lui la paix —, qui souffla au sexe de Marie — sur elle la paix —, elle conçut par permission d'Allah Jésus — sur lui la paix. Sa réalité exposée, Il commanda aux gens du Livre d'y croire et en Ses messagers, leur interdit de faire d'Allah un tiers de trois — l'un Jésus, le second Marie : dire des chrétiens, qu'Allah les maudisse — commanda de cesser, informant que cela vaut mieux pour eux : la voie du salut, le reste voies de la perdition. Puis Il Se déclara transcendant de l'associé et de l'enfant : {Allah n'est qu'un dieu unique} : le Singulier de la divinité, à qui seul l'adoration convient ; {gloire à Lui} : transcendant et sanctifié — {d'avoir un enfant} : {à Lui ce qui est dans les cieux et la terre} : tous possédés, indigents de Lui : impossible qu'Il ait d'eux associé ou enfant. Ayant dit qu'Il possède le monde supérieur et inférieur, Il informa qu'Il tient leurs intérêts mondains et derniers, les garde et [les en rétribue] :

Verset 172

Après l'excès des chrétiens en Jésus — sur lui la paix —, ayant dit qu'il est Son serviteur et messager, Il informa qu'il ne s'abstient pas d'adorer son Seigneur — ne s'en refuse par dédain — ni lui {ni les anges rapprochés} : les déclarant transcendants de l'abstention, à plus forte raison de l'orgueil — la négation d'une chose affirmant son contraire : Jésus et les anges rapprochés ont désiré et aimé l'adoration de leur Seigneur et s'y employèrent selon leurs états : cela leur valut l'immense honneur et l'immense victoire — ils ne se sont pas abstenus d'être esclaves de Sa seigneurialité et de Sa divinité, voyant leur indigence au-dessus de toute indigence. Ne crois pas qu'élever Jésus ou autre créature au-dessus du rang où Allah l'a placé et s'élever de l'adoration soit perfection : c'est la déficience même, lieu de blâme et punition : {quiconque s'abstient de Son adoration et s'enorgueillit, Il les rassemblera tous vers Lui} : Il rassemblera toute la création — les abstinent, les orgueilleux et Ses serviteurs croyants — et jugera entre eux de Son juste jugement et Sa rétribution décisive.

Verset 173

Puis Il détailla Son jugement : {quant à ceux qui ont cru et fait les œuvres pies} — réunissant la foi commandée et l'œuvre pie, obligations et recommandations, droits d'Allah et de Ses serviteurs —, {Il leur paie leurs récompenses} : suspendues aux œuvres, chacun selon sa foi et son œuvre — {et leur ajoute de Sa faveur} : la récompense que leurs œuvres n'atteignent pas et leurs actes n'obtiennent pas et que leurs cœurs n'ont pas conçue — y entre tout ce qu'au Paradis est de mets, boissons, mariages, visions, joies, félicité du cœur et de l'esprit et du corps, plutôt tout bien religieux et mondain suspendu à la foi et à l'œuvre pie. {Quant à ceux qui se sont abstenus et enorgueillis} — de l'adoration d'Allah — {Il les châtie d'un châtiment douloureux} : la colère et le courroux d'Allah, le Feu attisé montant aux cœurs — {sans trouver en dehors d'Allah allié ni secoureur} : nulle créature ne les prend en charge obtenant le but, ni ne les secourt écartant la crainte : le Plus miséricordieux des miséricordieux les a délaissés dans leur châtiment à perpétuité — Son jugement sans retour ni changement.

Verset 174

Allah rappelle Sa faveur à tous les gens : les preuves décisives et lumières éclatantes parvenues, dressant la preuve et éclaircissant l'évidence : {ô gens, vous est venue une preuve de votre Seigneur} : arguments décisifs du vrai l'exposant, l'éclaircissant et exposant son contraire — embrassant preuves rationnelles et textuelles, signes des horizons et des âmes : {Nous leur montrerons Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes, jusqu'à leur apparaître qu'il est le vrai} — {de votre Seigneur} indiquant la noblesse et grandeur de la preuve : de votre Seigneur qui vous a éduqués de l'éducation religieuse et mondaine — de Son éducation digne de louange et gratitude : vous avoir fait parvenir les preuves pour vous guider par elles au droit chemin et aux jardins de félicité. Et {fait descendre sur vous une lumière manifeste} : ce immense Coran, contenant les sciences des premiers et des derniers, les informations véridiques profitables, le commandement de toute justice, bienfaisance et bien, l'interdiction de toute injustice et mal : les gens sont ténèbres sans s'éclairer de ses lumières, immense malheur sans puiser de son bien.

Verset 175

Les gens se divisent selon la foi au Coran et l'usage : {quant à ceux qui ont cru en Allah} — confessant Son existence, Ses attributs parfaits, Sa transcendance de tout défaut — {et s'y sont agrippés} : recouru à Allah, appuyé sur Lui, quittant leur force et puissance, aidés de leur Seigneur — {Il les fera entrer en une miséricorde et faveur de Lui} : couverts de la miséricorde particulière : rendus capables des biens, abondamment récompensés, préservés des épreuves et déplaisirs — {et les guidera vers Lui un droit chemin} : rendus capables du savoir et de l'œuvre : connaître le vrai et l'œuvrir. Et quiconque ne croit pas en Allah, ne s'y agrippe pas, ne tient pas Son livre : privé de Sa miséricorde et de Sa faveur, laissé à lui-même : point guidé, égaré d'un égarement manifeste, en punition d'avoir délaissé la foi : déception et privation. Nous Lui demandons absolution, santé et guérison.

Verset 176

Allah informe que les gens consultèrent Son messager — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — : de la kalāla, à preuve {dis : Allah vous consulte de la kalāla} : le mort sans enfant propre ni petit-fils, sans père ni grand-père : {si un homme périt sans enfant} : mâle ou femelle, propre ou petit-fils ; ni parent — à preuve qu'Il y fit hériter les frères, les sœurs n'héritant point avec le père au consensus — périt sans enfant ni parent {et a une sœur} : germaine ou de père, non de mère — leur règle fut dite — {à elle la moitié de ce qu'il a laissé} : la moitié des laissés de son frère : monnaies, immeubles, meubles et autre, après dette et recommandation, comme dit — {et il} : son frère germain ou de père — {l'hérite si elle n'a pas d'enfant} : sans part fixée : agnat, il prend tout son bien sans détenteur de part ni agnat partageant, ou le surplus des parts. {Si elles sont deux} : les deux sœurs {ou plus, à elles les deux tiers de ce qu'il a laissé ; et s'ils sont des frères mâles et femelles} : les mâles frères autres que de mère réunis aux femelles {au mâle la part de deux femelles} : la part des femelles tombe, leurs frères les rendant agnates. {Allah vous expose, que vous ne vous égariez pas} : Il expose Ses règles dont vous avez besoin, les éclaircit et les explique, par faveur et bienfaisance, pour que vous guidiez par Son exposé [et œuvriez] de Ses règles, et ne vous égariez pas du droit chemin par ignorance et défaut de savoir. {Allah sait toute chose} : l'invisible et le visible, le passé et le futur, sachant votre besoin de Son exposé et enseignement : Il vous enseigne de Sa science ce qui vous profite toujours, en tous temps et lieux. Fin du commentaire de la sourate al-Nisā'. À Allah louange et gratitude. * * *