al-Muyassar — Le Commentaire facilité
Verset 1
Dénomination de la sourate • Elle fut nommée « al-Baqara » (la Vache) parce qu'elle est la seule à rapporter l'histoire de la vache qu'Allah ordonna aux fils d'Israël d'immoler ; cette vache eut un rôle d'ordre divin dans la révélation du crime de meurtre commis par certains des fils d'Israël, qui s'étaient concertés pour dissimuler le nom du coupable. Parmi les objectifs de la sourate • Mettre en lumière le statut du Coran, et répartir les hommes, selon le profit qu'ils tirent de sa guidée, en quatre catégories : les croyants, les associateurs, les hypocrites et les gens du Livre. • Exhorter à la piété et l'ordonner, exposer les caractères des pieux, et appeler les croyants à observer les prescriptions d'Allah et à n'y point transgresser, à travers les récits, la promesse et la menace. • Mentionner le commencement de la création de l'homme, rappeler aux hommes la faveur faite à leur origine — Adam, paix sur lui —, préférée aux créatures de ce monde, et la manière dont naquit l'hostilité de Satan envers Adam et sa descendance, afin de prédisposer les âmes des auditeurs à veiller aux suggestions de Satan. • Parler des fils d'Israël, leur rappeler les bienfaits d'Allah envers eux et la manière dont ils répondirent à ces bienfaits en s'écartant de la voie droite, exposer un certain nombre de leurs caractères et rapporter quelques-unes de leurs situations sociales et religieuses. • Exposer les mérites de la Mosquée sacrée et l'excellence d'Ibrāhīm, qui l'édifia, et établir que la religion de l'islam repose sur le fondement de sa confession (milla), à savoir le monothéisme. • Argumenter contre les associateurs à partir des traces de l'œuvre d'Allah, rapporter leur état au Jour de la résurrection, réfuter leurs prétentions d'interdire ce qu'Allah leur avait permis, et mentionner une catégorie d'associateurs qui cachaient au-dedans leur hostilité à l'islam tout en affichant au-dehors de l'affection pour les musulmans. • Exposer un ensemble de règles législatives touchant aux affaires de l'État islamique, à la famille et aux transactions : le jihad, la loi du talion, le jeûne, le pèlerinage, les serments, certaines transactions financières, les aumônes, l'interdiction du vin et des jeux de hasard, le mariage, le régime de la vie conjugale, certaines prescriptions relatives aux femmes, et autres encore. • Exposer la doctrine des croyants et les caractéristiques de la Loi islamique, et engager les croyants vers le repentir et l'imploration d'Allah pour qu'Il décharge de ce qui nous pèse et pour la victoire sur les mécréants. [Commentaire] « Alif-Lām-Mīm » : ces lettres, et les autres lettres détachées ouvrant les sourates, renferment une allusion au caractère inimitable du Coran ; car c'est par lui que les associateurs furent défiés, et ils se révélèrent incapables de produire quoi que ce soit de semblable, alors qu'il est composé des lettres mêmes dont se forme la langue des Arabes. L'incapacité où furent les Arabes — eux, les plus éloquents des hommes — d'apporter quelque chose de pareil prouve que le Coran est une révélation d'Allah.
Verset 2
Ce Coran est le Livre immense dont il ne fait aucun doute qu'il émane d'Allah ; nul n'est donc fondé à douter de lui, tant il est manifeste. Les pieux en tirent profit par la science utile et l'œuvre salutaire : ce sont ceux qui craignent Allah et suivent Ses prescriptions.
Verset 3
Ce sont ceux qui croient à l'invisible, celui que leurs sens ni leurs seules raisons ne peuvent atteindre, car il ne se connaît que par la révélation d'Allah à Ses messagers — telle la foi aux anges, au Paradis, à l'Enfer et à tout ce dont Allah ou Son messager ﷺ a informé — la foi étant un terme englobant la reconnaissance d'Allah, de Ses anges, de Ses livres, de Ses messagers, du Dernier Jour et du Décret, en son bien comme en son mal, et la confirmation de cette reconnaissance par la parole et l'acte, avec le cœur, la langue et les membres. Tout en croyant à l'invisible, ils veillent à accomplir la prière en ses temps, d'un accomplissement correct conforme à ce qu'Allah a légiféré à Son prophète Muḥammad ﷺ, et, sur les biens que Nous leur avons donnés, ils prélèvent l'aumône de leurs richesses, celle qui est obligatoire comme celle qui est recommandée.
Verset 4
Et ceux qui croient à ce qui a été révélé sur toi, ô Messager — le Coran —, à ce qui a été descendu sur toi de la sagesse, qui est la Sunna, et à tout ce qui fut révélé avant toi aux messagers sous forme de livres, comme la Torah, l'Évangile et les autres ; et qui croient à la demeure de la vie après la mort et à ce qu'elle comporte de comptes et de rétribution, d'une foi du cœur qui se manifeste sur leurs langues et leurs membres. Le Dernier Jour a été mentionné en propre parce que la foi en lui est l'un des plus puissants mobiles de l'accomplissement des obéissances, de l'évitement des interdits et de l'examen de conscience.
Verset 5
Les hommes doués de ces caractères sont sur une lumière venant de leur Seigneur, sur une réussite accordée par leur Créateur et leur Guide ; ce sont les gagnants, qui ont obtenu ce qu'ils recherchaient et échappé au mal dont ils fuyaient la rencontre.
Verset 6
Ceux qui ont nié ce qui a été révélé sur toi de la part de ton Seigneur, par orgueil et tyrannie, jamais la foi ne se produira d'eux, que tu les menaces — ô Messager — du châtiment d'Allah et les en avertisses, ou que tu t'en abstiennes, tant ils s'obstinent dans leur faux.
Verset 7
Allah a scellé leurs cœurs et leur ouïe, et placé un voile sur leurs yeux, à cause de leur mécréance et de leur rébellion après que la vérité leur fut manifeste : Il ne leur a donc pas accordé la guidée, et un châtiment terrible les attend dans le feu de la Géhenne.
Verset 8
Parmi les gens, il est un groupe qui oscille, perplexe, entre les croyants et les mécréants : ce sont les hypocrites, qui disent de leurs langues : « Nous croyons en Allah et au Jour dernier! », tandis qu'au fond d'eux-mêmes ils sont menteurs et n'ont point cru.
Verset 9
Dans leur ignorance, ils s'imaginent tromper Allah et ceux qui ont cru, en affichant la foi et en dissimulant la mécréance ; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, car la conséquence de leur tromperie retombe sur eux. Et dans l'excès de leur ignorance, ils ne s'en rendent pas compte, tant leurs cœurs sont corrompus.
Verset 10
Dans leurs cœurs est un doute et une corruption ; ils furent donc éprouvés par les désobéissances qui entraînent leur châtiment, et Allah accrut leur doute. Un châtiment douloureux les attend, en punition de leur mensonge et de leur hypocrisie.
Verset 11
Et quand on les exhorte à cesser de semer le désordre sur terre par la mécréance et les péchés, la divulgation des secrets des croyants et l'alliance avec les mécréants, ils répondent, par mensonge et dispute : « Nous ne sommes que des gens du bien. »
Verset 12
Ce qu'ils font et qu'ils prétendent être une réforme est le désordre même ; mais eux, dans leur ignorance et leur obstination, ne s'en rendent pas compte.
Verset 13
Et quand on dit aux hypocrites : « Croyez comme ont cru les Compagnons » — c'est-à-dire la foi du cœur, de la langue et des membres —, ils ergotent et disent : « Croirions-nous comme croient les faibles d'esprit et de jugement, au point d'être leur égaux dans la sottise ? » Allah leur répond que la sottise leur est propre, et ils ne savent pas que ce dans quoi ils se trouvent est égarement et ruine.
Verset 14
Ces hypocrites, quand ils rencontrent les croyants, disent : « Nous croyons à l'islam, comme vous » ; mais quand ils s'en vont et rejoignent leurs chefs mécréants rebelles à Allah, ils leur assurent être restés sur la religion de la mécréance sans l'avoir quittée. Ils ne cherchaient qu'à prendre les croyants à la légère et à se moquer d'eux.
Verset 15
Allah Se moque d'eux et les laisse aller à leur perte, afin qu'ils s'enfoncent davantage dans l'égarement, la perplexité et l'indécision, et pour les rétribuer de leurs moqueries envers les croyants.
Verset 16
Ceux-là sont les hypocrites qui ont vendu leurs âmes dans une transaction perdante : ils ont pris la mécréance et délaissé la foi, sans rien gagner, perdant au contraire la guidée. Telle est la perte évidente.
Verset 17
La situation des hypocrites qui crurent — en apparence, non au fond — à la mission de Muḥammad ﷺ puis mécru, et qui s'enfoncèrent dans les ténèbres de leur égarement sans s'en rendre compte et sans espoir d'en sortir, ressemble à celle d'un groupe dans une nuit obscure : l'un d'eux alluma un grand feu pour se chauffer et s'éclairer ; mais quand le feu flamba et éclaira les alentours, il s'éteignit et s'obscurcit, laissant ses compagnons dans des ténèbres où ils ne voyaient rien, sans trouver ni chemin ni issue.
Verset 18
Ils sont sourds à l'écoute de la vérité, d'une écoute méditée, muets pour la prononcer, aveugles à la vue de la lumière de la guidée ; c'est pourquoi ils ne peuvent revenir à la foi qu'ils ont abandonnée et qu'ils ont troquée contre l'égarement.
Verset 19
Ou bien la situation d'un autre groupe d'hypocrites, à qui la vérité apparaît par moments et qui parfois en doutent, ressemble à celle de gens marchant en rase campagne lorsqu'un déluge s'abat sur eux : des ténèbres superposées, le tonnerre qui éclate, l'éclair qui luit et la foudre qui brûle, tant qu'ils enfoncent leurs doigts dans leurs oreilles sous le coup de la terreur de la mort. Et Allah — exalté soit-Il — cerne de tous côtés les mécréants : ils ne Lui échappent pas et ne sauraient Le réduire à l'impuissance.
Verset 20
L'éclair, tant sa lumière est vive, est sur le point de leur ravir la vue ; et pourtant, chaque fois qu'il les éclaire, ils marchent dans sa lumière ; mais quand il s'éteint, les voilà dans l'obscurité, immobiles sur place. Si Allah ne les ménageait pas, Il leur ravirait l'ouïe et la vue — Il en est capable à tout instant —, car Il est, toute chose, capable.
Verset 21
Appel d'Allah à l'ensemble des hommes : adorez Allah, qui vous a formés par Ses bienfaits, et craignez-Le en ne transgressant pas Sa religion ; c'est Lui qui vous a tirés du néant, ainsi que ceux qui vous ont précédés, afin que vous soyez parmi les pieux qu'Allah agrée et qui L'agréent.
Verset 22
Votre Seigneur, c'est Lui qui a fait pour vous de la terre un tapis, pour rendre votre vie aisée sur elle, et du ciel une voûte à la construction solide ; qui a fait descendre la pluie des nuées et fait surgir par elle, pour vous, des fruits de diverses couleurs et des plantes de maintes espèces, comme subsistance. Ne donnez donc pas d'égaux à Allah dans l'adoration, alors que vous savez qu'Il est seul à créer et à pourvoir, et que Lui seul mérite d'être adoré.
Verset 23
Et si vous êtes — ô mécréants obstinés — dans le doute au sujet de ce Coran que Nous avons révélé à Notre serviteur Muḥammad ﷺ, et que vous prétendez ne pas émaner d'Allah, alors produisez une sourate semblable à l'une des sourates du Coran, et faites appel à tous ceux que vous pouvez, parmi vos partisans, si vous êtes sincères dans votre prétention.
Verset 24
Si donc vous en êtes incapables — et vous le serez à coup sûr, sans aucun doute —, redoutez alors le Feu par la foi au Prophète ﷺ et l'obéissance à Allah — exalté soit-Il. Ce Feu dont les hommes et les pierres sont le combustible, préparé pour les mécréants en Allah et en Ses messagers.
Verset 25
Et annonce — ô Messager — aux gens de la foi et de l'œuvre pie une nouvelle qui les remplisse de joie : ils auront, dans l'Au-delà, des jardins admirables où les rivières coulent au pied de leurs palais élevés et de leurs arbres ombragés. Chaque fois qu'Allah les y pourvoit d'une variété de fruit savoureux, ils diront : « Voilà ce dont Allah nous a pourvus déjà » ; mais quand ils y goûtent, ils le trouvent d'une saveur et d'un délice nouveaux, bien qu'il ressemble au précédent par la couleur, l'aspect et le nom. Ils y auront des épouses purifiées de toute souillure, sensible comme l'urine et les menstrues, ou morale comme le mensonge et le mauvais caractère. Et ils demeureront à jamais dans les jardins et leurs délices : ils n'y mourront pas et n'en sortiront pas.
Verset 26
Allah — exalté soit-Il — ne répugne pas à la vérité de mentionner une chose, petite ou grande, fût-ce par la comparaison avec la plus infime des créatures, comme le moustique, la mouche et semblables, qu'Allah a donnés en parabole de l'impuissance de tout ce qui est adoré en dehors de Lui. Les croyants, eux, connaissent la sagesse d'Allah dans la parabole tirée du petit comme du grand de Sa création ; quant aux mécréants, ils s'en moquent et disent : « Qu'Allah veut-Il dire par cette parabole de ces insectes méprisables ? » Allah leur répond que le but est l'épreuve, et la distinction du croyant d'avec le mécréant. C'est pourquoi, par cette parabole, Allah détourne du vrai beaucoup de gens, à cause de leurs moqueries, et en guide d'autres vers un surcroît de foi et de guidée. Et Allah — exalté soit-Il — ne lése personne, car Il ne détourne du vrai que ceux qui sortent de Son obéissance.
Verset 27
Ceux qui violent l'engagement d'Allah qu'Il a pris sur eux — le monothéisme et l'obéissance —, engagement qu'Il a affermi par l'envoi des messagers et la descente des livres, et qui contreviennent à la religion d'Allah, comme rompre les liens du sang et répandre le désordre sur terre : ceux-là sont les perdants, ici-bas comme dans l'Au-delà.
Verset 28
Comment pouvez-vous nier — ô associateurs — l'unicité d'Allah — exalté soit-Il — et Lui donner des associés dans l'adoration, alors que la preuve éclatante en est en vous-mêmes ? Vous étiez inexistants, et Il vous a donné l'être et a soufflé en vous la vie ; puis Il vous fera mourir au terme des délais qu'Il vous a fixés ; puis Il vous rendra à la vie au Jour de la résurrection ; puis c'est vers Lui que vous serez ramenés, pour le compte et la rétribution.
Verset 29
C'est Allah seul qui créa pour vous tout ce que la terre contient de bienfaits dont vous tirez profit, puis Il Se tourna vers la création des cieux et les conforma en sept cieux. Et Il est, de toute chose, savant : Sa science — exalté soit-Il — embrasse tout ce qu'Il a créé.
Verset 30
Et rappelle-toi — ô Messager — quand ton Seigneur dit aux anges : « Je vais établir sur terre des générations qui se succéderont pour la peupler. » Ils dirent : « Seigneur ! Vas-Tu y établir celui qui y sèmera le désordre et versera le sang par injustice et agression, alors que nous, nous T'obéissons, nous Te célébrons en Te purifiant de tout ce qui ne sied pas à Ta louange et à Ta majesté, et nous Te glorifions par tous les attributs de perfection et de grandeur ? » Il leur dit : « En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas! » de l'intérêt prépondérant qu'il y a à les créer.
Verset 31
Et pour marquer l'excellence d'Adam — paix sur lui —, Allah lui enseigna les noms de toutes choses, puis Il présenta aux anges les êtres ainsi nommés en leur disant : « Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques quand vous prétendez être plus dignes qu'eux d'assumer la succession sur terre. »
Verset 32
Ils dirent : « Pureté à Toi ! Nous n'avons de science que celle que Tu nous as enseignée. C'est Toi, certes, le Savant des affaires de Ta création, le Sage dans Ton gouvernement. »
Verset 33
Allah dit : « Ô Adam, informe-les des noms de ces choses dont ils ont été incapables de connaître les noms. » Quand Adam les en eût informés, Allah dit aux anges : « Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez? »
Verset 34
Et rappelle-toi — ô Messager — l'honneur qu'Allah fit à Adam quand Il dit aux anges — exalté soit-Il — : « Prosternez-vous devant Adam » par égard pour lui et manifestation de son excellence. Tous obéirent, sauf Iblīs, qui refusa de se prosterner par orgueil et envie, et devint ainsi l'un des négateurs désobéissants à Allah et à Son ordre.
Verset 35
Et Allah dit : « Ô Adam, habite avec ton épouse Ḥawwāʾ le Paradis ; mangez de ses fruits en toute quiétude et abondance, en quelque endroit que vous vouliez ; mais ne vous approchez pas de cet arbre, de peur de tomber dans la désobéissance et de devenir ainsi des transgresseurs de l'ordre d'Allah. »
Verset 36
Satan les fit tomber dans la faute en leur suggérant des tentations jusqu'à ce qu'ils mangeassent de l'arbre, provoquant ainsi leur sortie du Paradis et de ses délices. Et Allah leur dit : « Descendez ! Vous serez ennemis les uns des autres » — c'est-à-dire Adam, Ḥawwāʾ et Satan —. « Vous aurez sur terre un établissement et une jouissance des biens qu'elle contient, jusqu'au terme de vos délais. »
Verset 37
Adam reçut avec acceptation des paroles qu'Allah lui inspira, en guise de repentir et d'imploration du pardon, à savoir la parole du Très-Haut : « O notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants », et Allah accueillit son repentir et lui pardonna sa faute. C'est Lui, exalté soit-Il, l'Accueillant du repentir de Ses serviteurs qui reviennent à Lui, le Miséricordieux envers eux.
Verset 38
Allah leur dit : « Descendez tous du Paradis ; il vous viendra, à vous et à vos descendances successives, une guidée venant de Moi. » Quiconque la suivra n'aura à craindre ni ce qui l'attend des affaires de l'Au-delà, ni à s'affliger de ce qui lui échappe des biens d'ici-bas.
Verset 39
Quant à ceux qui ont nié et traité de mensonge Nos signes récités et Nos preuves de l'unicité, ceux-là sont les compagnons du Feu : ils y demeureront éternellement, sans jamais en sortir.
Verset 40
Ô descendance de Yaʿqūb, rappelez-vous Mes nombreux bienfaits envers vous, soyez-M'en reconnaissants, et accomplissez Mon engagement envers vous : croire en tous Mes livres et en tous Mes messagers, et pratiquer Mes lois. Si vous faites cela, Je vous accomplirai la promesse que Je vous ai faite de miséricorde en ce monde et de salut dans l'Au-delà. Et c'est Moi seul que vous devez craindre ; redoutez Mon châtiment si vous violez l'engagement et mécroyez en Moi.
Verset 41
Et croyez — ô fils d'Israël — au Coran que J'ai révélé à Muḥammad, prophète d'Allah et Son messager, conformément à ce que vous savez de la Torah authentique ; ne soyez pas les premiers parmi les gens du Livre à le renier ; n'échangez pas Mes signes contre un vil prix, les friperies périssables de ce monde ; et c'est Moi seul que vous devez craindre : obéissez-Moi et délaissez Ma désobéissance.
Verset 42
Ne mêlez pas la vérité que Je vous ai exposée au faux que vous avez forgé, et prenez garde de dissimuler la vérité limpide touchant la description du prophète d'Allah et Son messager Muḥammad ﷺ, laquelle figure dans vos livres : vous la trouvez écrite chez vous, dans ce que vous connaissez des livres en vos mains.
Verset 43
Et entrez dans la religion de l'islam : accomplissez la prière de la manière correcte, telle que l'a apportée le prophète d'Allah et Son messager Muḥammad ﷺ, acquittez l'aumône légale prescrite selon la forme légitime, et soyez avec ceux qui s'inclinent parmi les membres de sa communauté ﷺ.
Verset 44
Qu'il est affreux, votre état et celui de vos savants, quand vous ordonnez aux hommes de faire le bien et vous oubliez vos propres personnes, sans ordonner à vos âmes le plus grand des biens : l'islam, alors même que vous lisez la Torah, où figurent la description de Muḥammad ﷺ et l'obligation de croire en lui ! N'employez-vous donc pas vos raisons d'un emploi correct ?
Verset 45
Et cherchez le secours, dans toutes vos affaires, de la patience en toutes ses formes, ainsi que de la prière. Elle est certes une chose pénible, mais hormis pour les humbles, ceux qui craignent Allah, espèrent ce qui est auprès de Lui et ont la certitude de rencontrer leur Seigneur — magnifié et élevé soit-Il — après la mort, et de retourner vers Lui au Jour de la résurrection, pour le compte et la rétribution.
Verset 46
Et cherchez le secours, dans toutes vos affaires, de la patience en toutes ses formes, ainsi que de la prière. Elle est certes une chose pénible, mais hormis pour les humbles, ceux qui craignent Allah, espèrent ce qui est auprès de Lui et ont la certitude de rencontrer leur Seigneur — magnifié et élevé soit-Il — après la mort, et de retourner vers Lui au Jour de la résurrection, pour le compte et la rétribution.
Verset 47
Ô descendance de Yaʿqūb, rappelez-vous Mes nombreux bienfaits envers vous et soyez-M'en reconnaissants ; souvenez-vous que Je vous ai préférés aux mondes de votre époque, par la multitude des prophètes et les livres descendus, comme la Torah et l'Évangile.
Verset 48
Et redoutez le Jour de la résurrection, jour où nul ne sera d'aucun secours à nul autre, où Allah n'acceptera aucune intercession en faveur des mécréants, n'acceptera d'eux nulle rançon — fût-elle de tous les biens de la terre — et où nul ne pourra s'avancer pour les secourir et les sauver du châtiment.
Verset 49
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous quand Nous vous sauvâmes de l'oppression de Pharaon et de ses partisans, qui vous infligeaient le pire des supplices : ils égorgeaient vos fils en grand nombre et conservaient vos femmes pour le service et l'humiliation. En cela il y avait une épreuve de la part de votre Seigneur, et dans votre délivrance un bienfait immense, qui oblige à la gratitude envers Allah — exalté soit-Il — en toutes vos époques et générations.
Verset 50
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous quand Nous fendîmes la mer à cause de vous et y ménageâmes des chemins de terre ferme : vous traversâtes, et Nous vous sauvâmes de Pharaon et de ses soldats et de la mort dans les flots. Quand Pharaon et ses soldats empruntèrent vos chemins, Nous les fîmes périr noyés sous vos yeux.
Verset 51
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous quand Nous donnâmes rendez-vous à Mūsā pendant quarante nuits pour la descente de la Torah, guidée et lumière pour vous : voilà que vous saisissez l'occasion de cette brève absence pour faire de l'adoré un veau façonné de vos propres mains, en dehors d'Allah — c'est là le comble de la mécréance —, et vous êtes des injustes d'avoir pris le veau pour divinité.
Verset 52
Puis Nous passâmes outre cet acte abominable et Nous agréâmes votre repentir après le retour de Mūsā, dans l'espoir que vous soyez reconnaissants envers Allah de Ses bienfaits et de Ses grâces, et que vous ne persistiez pas dans la mécréance et la rébellion.
Verset 53
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous quand Nous donnâmes à Mūsā le Livre qui discerne le vrai du faux — la Torah —, afin que vous soyez guidés hors de l'égarement.
Verset 54
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous quand Mūsā dit à son peuple : « O mon peuple, certes vous vous êtes fait du tort à vous-mêmes en prenant le Veau pour idole. Revenez donc à votre Créateur; puis, tuez donc les coupables vous-mêmes: ce serait mieux pour vous, auprès de votre Créateur! » Cela vous est meilleur auprès de votre Créateur que la demeure éternelle dans le Feu. Vous vous exécutâtes, et Allah vous gratifia en agréant votre repentir. C'est Lui, exalté soit-Il, l'Accueillant du repentir de Ses serviteurs qui reviennent à Lui, le Miséricordieux envers eux.
Verset 55
Et rappelez-vous quand vous dîtes : « Ô Mūsā, nous ne te croirons pas que la parole que nous t'entendons prononcer soit la parole d'Allah, jusqu'à ce que nous voyions Allah de nos propres yeux. » Alors vous saisit le châtiment anéantissant, que vous vîtes de vos propres yeux : il vous tua, en punition de vos fautes et de votre audace envers Allah — exalté soit-Il.
Verset 56
Puis Nous vous ressuscitâmes après votre mort par la foudre, afin que vous soyez reconnaissants du bienfait d'Allah envers vous. Cette mort fut pour eux un châtiment ; puis Allah les ressuscita pour qu'ils achèvent leurs délais.
Verset 57
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous quand vous erriez dans le désert : Nous plaçâmes au-dessus de vous des nuages qui vous ombrageaient de la chaleur du soleil, et Nous fîmes descendre sur vous la manne — une substance semblable à la gomme, dont le goût est celui du miel — et les cailles — un oiseau semblable à la caille sauvage —, et Nous vous dîmes : « Mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées en subsistance, et ne contreviez pas à votre religion. » Mais vous ne vous conformâtes pas. Ce n'est pas Nous qu'ils lésèrent par leur ingratitude des bienfaits : ils ne lésaient qu'eux-mêmes, car la conséquence de l'injustice leur revenait.
Verset 58
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous quand Nous dîmes : « Entrez dans cette ville — Bayt al-Maqdis —, et mangez de ses biens en quelque endroit que vous vouliez, en toute quiétude et abondance ; entrez-y soumis à Allah, humiliés devant Lui, et dites : 'Seigneur, décharge-nous de nos fautes' — Nous vous exaucerons, Nous vous pardonnerons et vous les couvrirons, et Nous accroîtrons la part des bienfaiteurs en bien et en récompense. »
Verset 59
Mais les injustes et les égarés parmi les fils d'Israël substituèrent à la parole d'Allah une autre, et altérèrent à la fois la parole et l'acte : ils entrèrent en rampant sur leurs derrières et dirent : « Un grain dans un poil », se jouant de la religion d'Allah. Alors Allah fit descendre sur eux un châtiment venu du ciel, en punition de leur rébellion et de leur sortie de l'obéissance à Allah.
Verset 60
Et rappelez-vous Notre bienfait envers vous — quand vous étiez altérés dans le désert — : Mūsā implora Notre aide avec supplication de donner à boire à son peuple. Nous dîmes : « Frappe le rocher avec ton bâton » Il le frappa, et douze sources en jaillirent, au nombre des tribus, chaque tribu ayant été désignée à la source qui lui était propre afin qu'ils ne se disputassent point. Et Nous leur dîmes : « Mangez et buvez de la subsistance d'Allah, et ne vous répandez pas sur terre pour y semer le désordre. »
Verset 61
Et rappelez-vous quand Nous fîmes descendre sur vous la nourriture douce — la manne — et l'oiseau savoureux — les cailles — : vous vous montrâtes ingrats envers ce bienfait, selon votre habitude, saisis par l'étroitesse et le dégoût, et vous dîtes : « Ô Mūsā, nous ne pouvons endurer une nourriture unique, qui ne change pas avec les jours ; invoque pour nous ton Seigneur, qu'Il fasse sortir pour nous, des productions de la terre, des aliments : les légumes et les herbes, les concombres, les grains comestibles, les lentilles et l'oignon. » Mūsā dit, désapprouvant leur demande : « Demandez-vous ces aliments, qui sont de moindre valeur, et délaissez-vous cette subsistance salutaire qu'Allah a choisie pour vous ? Descendez de ce désert vers une ville quelconque : vous y trouverez en abondance, dans les champs et les marchés, ce que vous avez désiré. » Et quand ils descendirent, il leur apparut qu'ils préféraient, en chaque lieu, leur propre choix au choix d'Allah, et qu'ils privilégiaient leurs désirs au lieu de ce qu'Allah avait choisi pour eux. C'est pourquoi l'humiliation et l'indigence des âmes s'attachèrent à eux, et ils s'en allèrent et revinrent chargés de la colère d'Allah, pour s'être détournés de la religion d'Allah, et parce qu'ils mécroyaient aux signes d'Allah et tuaient les prophètes sans droit et par agression — cela, en punition de leur désobéissance et de leur transgression des limites de leur Seigneur.
Verset 62
Les croyants de cette communauté — ceux qui ont cru en Allah et en Ses messagers et pratiqué Sa loi —, ainsi que ceux qui vivaient avant la mission de Muḥammad ﷺ parmi les nations antérieures : les Juifs, les chrétiens et les sabéens — un peuple demeuré dans sa disposition primordiale, sans religion établie qu'il suivît —, tous ceux-là, s'ils croient en Allah d'une foi correcte et sincère, au jour de la résurrection et de la rétribution, et s'ils accomplissent une œuvre agréée d'Allah, leur récompense est acquise auprès de leur Seigneur : nulle crainte sur eux pour ce qui les attend des affaires de l'Au-delà, et ils ne s'affligeront pas de ce qui leur échappe des biens d'ici-bas. Quant à après la mission de Muḥammad ﷺ, sceau des prophètes et des messagers envoyé à tous les hommes, Allah n'agrée de personne une religion autre que celle qu'il a apportée : l'islam.
Verset 63
Et rappelez-vous — ô fils d'Israël — quand Nous avons pris de vous l'engagement solennel de croire en Allah et de Lui réserver l'adoration, et quand Nous élevâmes au-dessus de vous le Mont Ṭūr, et que Nous vous dîmes : « Saisissez avec sérieux et effort le Livre que Nous vous avons donné, et gardez-le ; ne vous détournez pas de la Torah, en parole et en acte, afin que vous soyez pieux et que vous redoutiez Mon châtiment » — sinon Nous aurions fait tomber le mont sur vous.
Verset 64
Puis vous vous en détournâtes après cela ; sans la grâce d'Allah envers vous et Sa miséricorde, vous auriez certes été parmi les perdants.
Verset 65
Vous savez certes — ô communauté des Juifs — quel fléau s'abattit sur vos ancêtres, habitants du village qui désobéirent à l'ordre d'Allah concernant la sanctification du sabbat : ils usèrent d'un stratagème pour pêcher le jour du sabbat, en posant des filets et en creusant des bassins, puis prirent le poisson le dimanche — détournement rusé vers l'interdit. Quand ils eurent fait cela, Allah les métamorphosa en singes méprisés.
Verset 66
Et Nous fîmes de ce village un sujet de leçon pour les villages environnantes, à qui parviendrait la nouvelle de ce qui leur était arrivé, et une leçon pour quiconque commettrait ensuite des fautes semblables ; et Nous en fîmes un rappel pour les vertueux, afin qu'ils sachent qu'ils sont dans le vrai et s'y affermissent.
Verset 67
Et rappelez-vous — ô fils d'Israël — le crime de vos ancêtres et l'excès de leur obstination et de leurs disputations avec Mūsā — que la prière et la paix soient sur lui —, quand il leur dit : « Certes Allah vous ordonne d'immoler une vache » Ils dirent, avec arrogance : « Fais-tu de nous l'objet de moqueries et de railleries ? » Mūsā leur répondit : « Je cherche protection auprès d'Allah contre le fait d'être au nombre de ceux qui se moquent. »
Verset 68
Ils dirent : « Invoque pour nous ton Seigneur afin qu'Il nous précise la description de cette vache. » Mūsā leur répondit : « Allah vous dit : sa description est qu'elle ne soit ni une bête âgée et décrépite, ni une génisse trop jeune, mais d'un âge intermédiaire entre les deux. Hâtez-vous donc d'obéir à l'ordre de votre Seigneur. »
Verset 69
Ils revinrent à leurs arguties en disant : « Demande donc pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise sa couleur » Il dit : « Il dit qu'il s'agit d'une vache jaune, d'un jaune intense, qui réjouit quiconque la contemple. »
Verset 70
Les enfants d'Israël dirent à Mūsā : « Invoque pour nous ton Seigneur afin qu'Il nous précise d'autres caractéristiques que celles déjà mentionnées, car les vaches répondant à ces critères sont nombreuses, et la confusion est en nous : laquelle choisir ? Nous serons, si Allah le veut, bien guidés vers la vache qu'il nous est ordonné d'immoler. »
Verset 71
Mūsā leur dit : « Allah dit qu'il s'agit d'une vache non dressée pour labourer la terre en vue des semailles, ni préparée à l'arrosage depuis un canal d'irrigation, exempte de tout défaut, et ne portant aucune marque d'une couleur autre que celle de sa peau. » Ils dirent : « Te voilà venu avec la description exacte de la vache. » Ils furent alors contraints de l'immoler après de longues tergiversations, et ils faillirent ne pas le faire tant leur obstination était grande. C'est ainsi qu'ils rendirent la chose difficile, et Allah la leur rendit difficile.
Verset 72
Et rappelez-vous lorsque vous tuâtes un homme et vous disputâtes à son sujet, chacun repoussant de soi l'accusation de meurtre. Or Allah allait dévoiler ce que vous cachiez du meurtre de la victime.
Verset 73
Nous dîmes alors : « Frappez la victime avec une partie de cette vache égorgée ; Allah la ressuscitera et vous informera de son meurtrier. » Ils la frappèrent d'un morceau de celle-ci, et Allah la ramena à la vie et fit connaître son meurtrier. C'est ainsi qu'Allah ressuscite les morts au jour de la Résurrection, et qu'Il vous montre — ô enfants d'Israël — Ses signes miraculeux qui attestent la perfection de Sa toute-puissance, afin que vous réfléchissiez avec vos intelligences et vous absteniez de Lui désobéir.
Verset 74
Mais vous n'en tirâtes aucun profit : après tous ces miracles extraordinaires, vos cœurs se raidirent et s'endurcirent, si bien qu'aucun bien ne pénétra en eux, et ils ne s'adoucirent pas devant les signes éclatants qui vous furent montrés, au point que vos cœurs devinrent pareils aux pierres les plus dures — ils sont même plus durs encore, car parmi les pierres, il en est qui s'élargissent et s'entr'ouvrent jusqu'à ce que les eaux s'en déversent avec abondance et deviennent des rivières coulantes ; parmi les pierres, il en est qui se fissurent et se fendent, laissant jaillir sources et fontaines ; et parmi les pierres, il en est qui se détachent des sommets des montagnes par crainte et vénération d'Allah, exalté soit-Il. Et Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites.
Verset 75
Ô musulmans ! Avez-vous oublié les agissements des enfants d'Israël, au point d'espérer que les juifs croient en votre religion ? Leurs savants entendaient pourtant la parole d'Allah dans la Torah, puis ils la déformaient en la détournant de son sens correct après en avoir saisi la réalité, ou en altérant ses termes, tout en sachant qu'ils dénaturaient délibérément et par mensonge la parole du Seigneur des mondes.
Verset 76
Ces juifs, lorsqu'ils rencontraient ceux qui avaient cru, disaient de leur langue : « Nous croyons en votre religion et en votre messager annoncé dans la Torah. » Mais lorsque certains de ces hypocrites parmi les juifs se trouvaient seuls entre eux, ils disaient avec dénégation : « Allez-vous raconter aux croyants ce qu'Allah vous a exposé dans la Torah au sujet de Muhammad, pour qu'ils aient un argument contre vous auprès de votre Seigneur au jour de la Résurrection ? Ne comprenez-vous donc pas, afin de vous tenir en garde ? »
Verset 77
Commettent-ils tous ces crimes sans savoir qu'Allah connaît parfaitement ce qu'ils cachent et ce qu'ils manifestent ?
Verset 78
Parmi les juifs, il est une troupe ignorante de la lecture et de l'écriture, qui ne connaît pas la Torah ni ce qu'elle contient des descriptions du prophète d'Allah et Son messager Muhammad ﷺ ; ils n'ont en la matière que mensonges et conjectures corrompues.
Verset 79
Perdition et menace sévère aux mauvais docteurs parmi les juifs, qui écrivent de leurs propres mains un écrit, puis disent : « Ceci provient d'Allah » — alors qu'il contredit ce qu'Allah a révélé à Son prophète Mūsā, que la prière et la paix soient sur lui —, afin d'obtenir en échange un bien de ce bas monde. Ils auront un châtiment destructeur pour avoir écrit de leurs mains ce faux, et un châtiment destructeur pour ce qu'ils acquièrent en échange comme richesse illicite, telle la corruption et autre.
Verset 80
Et les enfants d'Israël dirent : « Le Feu ne nous touchera que pour quelques jours comptés! » Dis-leur — ô Messager, en invalidant leur prétention — : « Auriez-vous pris un engagement avec Allah - car Allah ne manque jamais à Son engagement; - non, mais vous dites sur Allah ce que vous ne savez pas »
Verset 81
Si, le décret d'Allah est ferme : quiconque commet les péchés jusqu'à ce qu'ils le mènent à la mécréance et l'enveloppent de tous côtés — ce qui ne peut concerner que celui qui a associé des partenaires à Allah —, ceux-là sont les associateurs et les mécréants qui demeureront dans le feu de la Géhenne d'une présence ininterrompue et permanente.
Verset 82
Et le décret d'Allah est ferme, en contrepartie : ceux qui ont cru en Allah et en Ses messagers d'une foi sincère, et ont accompli les œuvres conformes à la loi d'Allah qu'Il a révélée à Ses messagers, ceux-là demeureront au Paradis dans l'au-delà d'une présence ininterrompue et permanente.
Verset 83
Et rappelez-vous, ô enfants d'Israël, lorsque Nous avons pris de vous un engagement solennel : d'adorer Allah seul, sans associé, de bien traiter les parents, les proches, les enfants dont les pères sont morts alors qu'ils n'avaient pas atteint la puberté, et les nécessiteux qui ne possèdent pas de quoi subvenir à leur besoin, de tenir aux gens le meilleur des propos, ainsi que d'accomplir la prière et de verser la zakât. Puis vous vous êtes détournés et avez violé l'engagement — à l'exception d'un petit nombre d'entre vous qui y est demeuré ferme —, et vous persistez dans votre reniement.
Verset 84
Et rappelez-vous — ô enfants d'Israël — lorsque Nous avons pris de vous, dans la Torah, un engagement solennel : ne pas verser le sang les uns des autres, ne pas expulser les uns les autres de vos demeures. Vous avez alors reconnu cela, et vous étiez témoins de sa véracité.
Verset 85
Puis vous voilà, vous entretuez, vous expulsez les uns les autres de leurs demeures, et vous vous appuyez, chaque clan, sur les ennemis, contre ses frères, par tyrannie et agression. Et s'ils vous viennent captifs entre les mains des ennemis, vous vous efforcez de les libérer de captivité en payant la rançon, alors qu'il vous était interdit de les expulser de leurs demeures. Qu'il est odieux ce que vous faites, lorsque vous croyez en certaines prescriptions de la Torah et en rejetez d'autres ! La seule récompense de celui d'entre vous qui agit ainsi sera l'humiliation et l'ignominie dans ce bas monde ; et au jour de la Résurrection, Allah les refoulera vers le plus terrible des châtiments dans le Feu. Et Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites.
Verset 86
Ceux-là sont ceux qui ont préféré la vie d'ici-bas à celle de l'au-delà : le châtiment ne leur sera pas allégé, et ils n'auront aucun secoureur pour les protéger du châtiment d'Allah.
Verset 87
Nous avons donné à Mūsā la Torah, fait se succéder après lui des messagers issus des enfants d'Israël, et accordé à Jésus, fils de Marie, les miracles évidents, en le renforçant par Gabriel عليه السلام. Chaque fois qu'un messager vous est venu avec une révélation d'Allah contraire à vos passions, ne vous êtes-vous pas enorgueillis contre lui, démentant les uns et tuant les autres ?
Verset 88
Et les enfants d'Israël dirent au prophète d'Allah et Son messager Muhammad ﷺ : « Nos cœurs sont voilés, ta parole ne les atteint pas. » Il n'en est rien comme ils l'allèguent : leurs cœurs sont maudits, scellés, et ils sont bannis de la miséricorde d'Allah en raison de leur dénégation ; ils ne croient donc que d'une foi minime qui ne leur servira à rien.
Verset 89
Et lorsque leur vint, de la part d'Allah, le Coran confirmant ce qu'ils avaient avec eux dans la Torah, ils le rejetèrent et nièrent la prophétie de Muhammad ﷺ — alors qu'avant sa mission, ils sollicitaient son appui contre les associateurs arabes et disaient : « Proche est l'avènement du prophète de la fin des temps ; nous le suivrons et combattrons à ses côtés. » Mais lorsque leur vint le Messager dont ils connaissaient les descriptions et la véracité, ils mécroyèrent en lui et le traitèrent de menteur. Que la malédiction d'Allah soit sur quiconque mécroie au prophète d'Allah et Son messager Muhammad ﷺ et au Livre qu'Allah lui a révélé.
Verset 90
Qu'il est vil ce que les enfants d'Israël ont choisi pour eux-mêmes : ils ont troqué la foi contre la mécréance, par iniquité et par envie de ce qu'Allah, par Sa grâce, faisait descendre le Coran sur le prophète d'Allah et Son messager Muhammad ﷺ. Ils s'en retournèrent donc sous le coup d'une colère d'Allah pour leur dénégation du prophète Muhammad ﷺ, s'ajoutant à la colère d'Allah déjà tombée sur eux pour leur altération de la Torah. Et à ceux qui nient la prophétie de Muhammad ﷺ, un châtiment qui les humilie et les couvre d'opprobre.
Verset 91
Et lorsque des musulmans dirent aux juifs : « Croyez à ce qu'Allah a fait descendre », ils répondirent : « Nous croyons en ce qui a été révélé à nos prophètes », tout en rejetant ce qu'Allah a révélé ensuite — qui est la vérité, confirmant ce qu'ils détiennent. S'ils croyaient vraiment en leurs Livres, ils auraient cru au Coran qui les confirme. Dis-leur — ô Messager — : « Si vous croyez en ce qu'Allah a fait descendre sur vous, pourquoi donc avez-vous tué les prophètes d'Allah auparavant ? »
Verset 92
Mūsā vous était venu avec les miracles évidents attestant sa véracité — le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et autre encore qu'Allah mentionne dans le Coran sublime —, et pourtant vous avez pris le veau pour idole après le départ de Mūsā vers le rendez-vous de son Seigneur, transgressant les limites d'Allah.
Verset 93
Et rappelez-vous lorsque Nous avons pris de vous un engagement solennel : accepter ce que Mūsā vous apportait comme Torah. Vous avez violé l'engagement, et Nous avons soulevé au-dessus de vos têtes le mont Tor, en vous disant : « Prenez avec sérieux ce que Nous vous avons donné, écoutez et obéissez, sinon Nous vous ferons tomber la montagne dessus. » Vous dîtes : « Nous avons entendu ta parole et désobéi à ton ordre », car l'adoration du veau s'était infiltrée dans vos cœurs à force de persévérer dans la mécréance. Dis-leur — ô Messager — : qu'il est vil ce que votre foi vous ordonne comme mécréance et égarement, si vous êtes sincères envers ce qu'Allah a fait descendre sur vous !
Verset 94
Dis — ô Messager — aux juifs qui prétendent que le Paradis leur est réservé en exclusivité, alléguant qu'ils sont les alliés d'Allah à l'exclusion des gens, Ses fils et Ses bien-aimés : « S'il en est ainsi, appelez donc la mort contre les menteurs d'entre vous ou d'entre les autres, si vous êtes véridiques dans cette prétention. »
Verset 95
Mais ils ne le feront jamais, à cause de ce qu'ils savent de la véracité du prophète Muhammad ﷺ et de leur propre mensonge et forfaiture, et à cause de la mécréance et de la désobéissance qu'ils ont commis et qui les mènent à être privés du Paradis et à entrer au Feu. Allah, exalté soit-Il, connaît parfaitement les injustes parmi Ses serviteurs, et Il les rétribuera pour cela.
Verset 96
Tu constateras — ô Messager — que les juifs sont les hommes les plus attachés à la prolongation de la vie, quelle que soit cette vie dans l'humiliation et l'avilissement ; leur désir de vivre longtemps dépasse même celui des associateurs. Le juif souhaite vivre mille ans, sans que cette longue existence — s'il l'obtenait — ne l'éloigne du châtiment d'Allah. Rien des œuvres des juifs n'échappe à Allah, et Il les rétribuera du châtiment qu'ils méritent.
Verset 97
Dis — ô Messager — aux juifs lorsqu'ils dirent : « Gabriel est, parmi les anges, notre ennemi » : quiconque est ennemi de Gabriel, c'est lui qui a fait descendre le Coran sur ton cœur, avec la permission d'Allah, exalté soit-Il, confirmant ce qui l'avait précédé des Livres d'Allah, guidant vers la vérité et annonçant aux croyants toute heureuse nouvelle en ce bas monde et dans l'au-delà.
Verset 98
Quiconque prend pour ennemis Allah, Ses anges et Ses messagers, qu'ils soient anges ou humains, en particulier les deux anges Gabriel et Mīkāl — car les juifs prétendaient que Gabriel était leur ennemi et Mīkāl leur allié, et Allah leur fit savoir que quiconque est l'ennemi de l'un est aussi l'ennemi de l'autre, et l'ennemi d'Allah également —, Allah est l'ennemi de ceux qui renient ce qui a été révélé à Son messager Muhammad ﷺ.
Verset 99
Nous avons fait descendre sur toi — ô Messager — des versets limpides et évidents, qui attestent que tu es réellement et en vérité un messager d'Allah ; et seuls les exclus de la religion d'Allah les renient.
Verset 100
Qu'il est affreux l'état des enfants d'Israël dans la violation de leurs engagements ! Chaque fois qu'ils contractent un engagement, un clan parmi eux le rejette et le viole : les voilà qui concluent le pacte un jour pour le dénoncer le lendemain. Bien plus, la plupart d'entre eux ne croient pas en ce qu'a apporté le prophète d'Allah et Son messager Muhammad ﷺ.
Verset 101
Et lorsque leur vint Muhammad, le messager d'Allah ﷺ, avec le Coran conforme à ce qu'ils détenenaient de la Torah, un clan parmi eux rejeta le Livre d'Allah et le rejeta derrière leur dos, comme le font les ignorants qui n'en connaissent pas la réalité.
Verset 102
Et ils suivirent ce que les diables content aux sorciers du temps du roi Sulaymān, fils de Dāwūd. Sulaymān n'avait pas mécru et n'avait pas appris la magie : ce sont les diables qui mécroyurent en Allah lorsqu'ils enseignèrent aux hommes la magie, pour corrompre leur religion. De même, les juifs suivirent la magie révélée aux deux anges Hārūt et Mārūt, au pays de « Babil » en « Irak », comme épreuve et mise à l'épreuve d'Allah envers Ses serviteurs ; les deux anges n'instruisent quiconque sans d'abord l'exhorter et l'avertir d'apprendre la magie, en lui disant : « Ne deviens pas mécréant en apprenant la magie et en obéissant aux diables. » Les gens apprennent alors des deux anges l'art de semer la discorde entre l'époux et l'épouse jusqu'à la séparation. Les sorciers ne peuvent nuire à quiconque par cette magie qu'avec la permission et le décret d'Allah. Et les sorciers n'apprennent là que ce qui leur nuit et ne leur profite pas ; les diables la transmirent aux juifs, elle se répandit parmi eux au point qu'ils la préférèrent au Livre d'Allah. Les juifs savaient pourtant que quiconque choisit la magie et délaisse la vérité n'aura dans l'au-delà aucune part au bien. Et qu'il est mauvais ce prix pour lequel ils se sont vendus — la magie et la mécréance en échange de la foi et du suivi du Messager —, s'ils avaient eu une science qui fasse accomplir ce qu'on leur avait exhorté à faire !
Verset 103
Si les juifs avaient cru et craint Allah, ils auraient acquis la certitude que la récompense d'Allah est meilleure pour eux que la magie et que ce qu'ils en avaient acquis. S'ils avaient su, par une science véritable, ce que procurent la foi et la piété comme récompense et rétribution, ils auraient cru.
Verset 104
Ô vous qui avez cru, ne dites pas au Messager Muhammad ﷺ : « Rāʿinā » — c'est-à-dire « prête-nous attention » : écoute-nous et fais-nous comprendre —, car les juifs prononçaient ce mot au prophète ﷺ en tordant la langue, visant à l'insulter et à le taxer de sottise. Dites plutôt — ô croyants — : « Unẓurnā » — regarde-nous et veille sur nous —, qui porte le même sens requis ; écoutez ce qui vous est récité du Livre de votre Seigneur et comprenez-le. Et aux renieurs, un châtiment douloureux.
Verset 105
Ni les mécréants parmi les gens du Livre, ni les associateurs n'aiment qu'il descende sur vous le moindre bien de votre Seigneur — qu'il s'agisse de révélation ou de science, de secours ou d'heureuse annonce. Allah réserve Sa miséricorde à qui Il veut parmi Ses serviteurs, par la prophétie et la mission prophétique. Allah est le Détenteur de la bienfaisance et du don immense et vaste.
Verset 106
Nous n'abrogeons aucun verset sans en apporter un qui vous soit plus utile, ou sans en apporter un semblable en prescription et en récompense — à chacun une sagesse. Ne sais-tu pas — ô Prophète —, toi et ta communauté, qu'Allah est capable et que rien ne L'embarrasse ?
Verset 107
Ne sais-tu pas — ô Prophète —, toi et ta communauté, qu'Allah, exalté soit-Il, est le Souverain qui dispose des cieux et de la terre ? Il fait ce qu'Il veut, décrète ce qu'Il entend, ordonne à Ses serviteurs et leur interdit selon Sa volonté — à eux l'obéissance et la soumission. Et que sache celui qui désobéit : nul en dehors d'Allah ne peut être son protecteur pour le prendre en charge, ni secoureur pour le préserver du châtiment d'Allah.
Verset 108
Bien plutôt, voulez-vous — ô gens — demander à votre messager Muhammad ﷺ des choses par esprit de contradiction et d'obstination, comme du pareil fut demandé à Mūsā ? Sachez que quiconque choisit la mécréance et délaisse la foi est sorti du droit chemin d'Allah vers l'ignorance et l'égarement.
Verset 109
Beaucoup de gens du Livre souhaiteraient vous voir revenir mécréants après votre foi, comme vous étiez auparavant, adorateurs des idoles — à cause de l'envie qui remplit leurs âmes depuis que s'est manifestée la véracité du prophète d'Allah et Son messager Muhammad ﷺ dans ce qu'il a apporté. Passez outre le mal qu'ils vous ont fait et leurs fautes, pardonnez leur ignorance, jusqu'à ce qu'Allah rende Son décret à leur sujet — les combattre (et il est venu et s'est réalisé) —, et Il les punira pour la malice de leurs actes. Allah est capable de toute chose, rien ne L'embarrasse.
Verset 110
Et appliquez-vous — ô croyants — à accomplir la prière comme il se doit et à verser l'aumône obligatoire. Sachez que tout bien que vous avancez pour vous-mêmes, vous en trouverez la récompense auprès d'Allah dans l'au-delà. Il voit parfaitement toutes vos œuvres et vous en rétribuera.
Verset 111
Juifs et chrétiens ont chacun prétendu que le Paradis était réservé à leur seul groupe, à l'exclusion de toute autre — voilà leurs illusions corrompues. Dis-leur — ô Messager — : « Produisez votre preuve de la véracité de ce que vous avancez, si vous êtes véridiques dans votre prétention. »
Verset 112
Il n'en est pas comme ils l'allèguent, que le Paradis serait l'apanage d'un groupe à l'exclusion d'un autre : n'entre au Paradis que celui qui s'est consacré à Allah seul, sans associé, tout en suivant le Messager Muhammad ﷺ dans toutes ses paroles et ses actes. Quiconque agit ainsi aura la récompense de son œuvre auprès de son Seigneur dans l'au-delà — l'entrée au Paradis — ; ils n'éprouveront aucune crainte pour ce qui les attend de l'au-delà, ni aucun chagrin pour les parts de ce bas monde qui leur ont échappé.
Verset 113
Les juifs dirent : « Les chrétiens ne s'appuient sur rien de la religion vraie » ; et les chrétiens dirent de même des juifs, alors qu'ils lisent la Torah et l'Évangile, où figure l'obligation de croire en tous les prophètes. Semblablement, ceux qui ne savent pas — les associateurs arabes et autres — dirent comme eux : à chaque détenteur d'une religion : « Tu ne te tiens sur rien. » Allah tranchera entre eux au jour de la Résurrection en ce sur quoi ils divergeaient en matière de religion, et Il rétribuera chacun selon son œuvre.
Verset 114
Nul n'est plus injuste que ceux qui ont empêché que le nom d'Allah soit invoqué dans les mosquées — l'accomplissement de la prière, la récitation du Coran et ce qui s'ensuit — et qui se sont employés à les ruiner par démolition, fermeture ou en en chassant les croyants. À ces injustes, il n'appartenait pas d'entrer dans les mosquées qu'en proie à la crainte et au tremblement du châtiment. Ils auront pour cela humiliation et ignominie en ce bas monde, et dans l'au-delà un châtiment terrible.
Verset 115
À Allah appartiennent l'orient et l'occident du soleil et ce qui est entre eux : Il est le Maître de la terre entière. Quelle que soit la direction vers laquelle vous vous tournez dans la prière, sur l'ordre d'Allah, vous recherchez Sa face, sans sortir de Son royaume ni de Son obéissance. Allah est vaste en miséricorde envers Ses serviteurs, parfaitement informé de leurs actes : rien ne Lui en échappe.
Verset 116
Juifs, chrétiens et associateurs dirent : « Allah S'est donné un fils. » Qu'Allah — gloire à Lui — soit exalté au-dessus de cette parole vaine ! À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre : tous Lui appartiennent et sont Ses serviteurs, tous Lui sont soumis et assujettis sous Sa gouverne.
Verset 117
Allah, exalté soit-Il, est le Créateur des cieux et de la terre sans modèle préalable. Lorsqu'Il décrète une affaire et veut qu'elle soit, Il lui dit seulement : « Sois » — et elle est.
Verset 118
Les ignorants parmi les gens du Livre et autres dirent au prophète d'Allah et Son messager Muhammad ﷺ, par pur esprit de contradiction : « Que Allah ne nous parle-t-Il pas directement pour nous apprendre que tu es Son messager ? Ou que ne nous apportes-tu un miracle d'Allah attestant ta véracité ? » Parole semblable à celle que les communautés précédentes adressèrent à leurs messagers, par contradiction et outrecuidance, tant se ressemblent les cœurs des premiers et des derniers dans la mécréance et l'égarement. Nous avons exposé clairement les versets à ceux qui croient avec certitude, parce qu'ils sont croyants en Allah, exalté soit-Il, et suivent ce qu'Il leur a légiféré.
Verset 119
Nous t'avons envoyé — ô Messager — avec la religion vraie, étayée de preuves et de miracles : transmets-la aux gens, en annonçant aux croyants le bonheur de ce bas monde et de l'au-delà, et en avertissant les récalcitrants du châtiment d'Allah qui les attend. Après la transmission, tu n'es pas responsable de la mécréance de ceux qui ont mécru en toi : ils entreront au Feu au jour de la Résurrection et n'en sortiront pas.
Verset 120
Les juifs et les chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi — ô Messager — si tu n'abandonnes ta religion pour suivre la leur. Dis-leur : « La religion vraie est l'islam. » Et si tu suivais leurs passions après ce qui t'est venu de la révélation, tu n'aurais auprès d'Allah ni protecteur pour te profiter, ni secoureur pour te secourir. Et bien que cet adressé fût propre au Prophète ﷺ, il s'adresse à la communauté tout entière.
Verset 121
Ceux à qui Nous avons donné le Livre, parmi les juifs et les chrétiens, qui le récitent de la récitation correcte et le suivent du suivi véritable, croient en ce qui y est venu : la foi en les messagers d'Allah — dont le dernier d'entre eux, notre prophète et messager Muhammad ﷺ —, et ils n'altèrent ni ne modifient ce qui s'y trouve. Ceux-là sont ceux qui croient au prophète Muhammad ﷺ et en ce qui a été révélé sur lui. Quant à ceux qui ont modifié une partie du Livre et en ont dissimulé une autre, ceux-là mécroient au prophète d'Allah Muhammad ﷺ et en ce qui a été révélé sur lui ; et quiconque mécroit en lui : ceux-là sont les plus grands perdants auprès d'Allah.
Verset 122
Ô descendance de Yaʿqūb, rappelez-vous Mes nombreux bienfaits envers vous, et le fait que Je vous ai préférés aux hommes de votre époque par l'abondance de vos prophètes et les Livres qui furent révélés à ceux-ci.
Verset 123
Et redoutez les terreurs du jour du compte, où nulle âme ne sera d'aucune utilité à une autre âme en rien, où Allah n'acceptera d'elle nulle rançon pour la sauver du châtiment, où nulle intercession ne lui sera utile, et où nul ne la secourra.
Verset 124
Et rappelle-toi — ô Prophète — lorsqu'Allah éprouva Ibrāhīm par les obligations qu'Il lui prescrivit, et qu'il s'en acquitta et s'y tint de la meilleure façon. Allah lui dit : « Je fais de toi un modèle pour les hommes. » Ibrāhīm dit : « Seigneur ! Fais que de ma descendance il y ait des imams, par faveur de Toi. » Allah, gloire à Lui, lui répondit que l'imamat dans la religion n'est pas accessible aux injustes.
Verset 125
Et rappelle-toi — ô Prophète — lorsque Nous fîmes de la Kaaba un lieu de retour pour les hommes : ils viennent, puis retournent aux leurs, puis reviennent à elle ; un lieu de rassemblement pour eux dans le pèlerinage et la petite visite, la circumambulation et la prière ; et un sanctuaire de sécurité où nul ennemi ne les attaque. Et Nous dîmes : « Prenez de la station d'Abraham un lieu de prière » — la pierre sur laquelle Ibrāhīm se tenait debout lors de la construction de la Kaaba. Et Nous révélâmes à Ibrāhīm et à son fils Ismāʿīl : « Purifiez Ma Maison de toute souillure et impureté, pour ceux qui y accomplissent leur dévotion par la circumambulation autour de la Kaaba, la retraite pieuse dans la mosquée, ou la prière. »
Verset 126
Et rappelle-toi — ô Prophète — lorsqu'Ibrāhīm implora : « Seigneur ! Fais de « Makka » un pays sûr, à l'abri de la crainte, et accorde à ses habitants des fruits de toutes sortes — et réserve cette subsistance à celui d'entre eux qui croit en Allah et au Jour dernier. » Allah dit : « Et à celui d'entre eux qui mécroit, J'accorderai jouissance pour un temps, puis Je le contraindrai, malgré lui, au châtiment du Feu. » Et quelle mauvaise destination et quel mauvais séjour que ce sort !
Verset 127
Et rappelle-toi — ô Prophète — lorsqu'Ibrāhīm et Ismāʿīl élevaient les fondations de la Kaaba, invoquant Allah en humilité : « Notre Seigneur, agrée de nous nos œuvres pies et notre invocation, c'est Toi qui entends les paroles de Tes serviteurs et connais parfaitement leurs états. »
Verset 128
« Notre Seigneur ! Fais-nous fermement établis dans l'islam, soumis à Tes prescriptions, et fais de notre descendance une communauté soumise à Toi par la foi ; montre-nous les rites de notre adoration de Toi, et passe outre nos péchés. C'est Toi qui acceptes le plus la repentance de Tes serviteurs, Toi le Vaste en miséricorde envers eux. »
Verset 129
« Notre Seigneur ! Suscite au sein de cette communauté un messager issu de la descendance d'Ismaël, qui leur récite Tes versets, leur enseigne le Coran et la Sunna, et les purifie de l'association et des mauvaises mœurs. C'est Toi le Tout-Puissant, que rien ne saurait contraindre, le Sage qui place chaque chose à sa place. »
Verset 130
Et nul ne se détourne de la religion d'Ibrāhīm — qui est l'islam — sinon l'insensé ignorant. Nous avons choisi Ibrāhīm en ce bas monde comme prophète et messager, et dans l'au-delà il sera au nombre des vertueux qui occupent les plus hauts degrés.
Verset 131
La cause de ce choix fut son empressement à embrasser l'islam sans hésiter, lorsque son Seigneur lui dit : « Consacre-toi à Allah, soumis à Lui. » Ibrāhīm répondit et dit : « Je me soumets au Seigneur des mondes », avec sincérité, unification, amour et retour à Lui.
Verset 132
Ibrāhīm et Yaʿqūb exhortèrent leurs fils à demeurer fermes dans l'islam, disant : « Ô nos fils, Allah a choisi pour vous cette religion — la religion de l'islam — : ne la quittez pas tant que vous vivez, et que la mort ne vous saisisse qu'alors que vous êtes sur elle. »
Verset 133
Étiez-vous témoins — ô juifs — lorsque la mort vint à Yaʿqūb, quand il rassembla ses fils et leur demanda : « Qu'adorerez-vous après ma mort ? » Ils dirent : « Nous adorerons ton dieu et le dieu de tes pères Abraham, Ismaël et Isaac, un dieu unique, et nous Lui sommes soumis et inclinés. »
Verset 134
Voilà une communauté de vos ancêtres qui a passé : ils ont leurs œuvres, et vous avez les vôtres ; on ne vous interrogera pas sur leurs œuvres, et ils ne seront pas interrogés sur les vôtres. Chacun sera rétribué pour ce qu'il a fait : nul ne sera châtié pour le péché d'un autre, et nul ne profite d'autre chose que sa foi et sa piété.
Verset 135
Les juifs dirent à la communauté de Muhammad ﷺ : « Entrez dans la religion juive, vous trouverez la guidance » ; les chrétiens leur dirent de même. Dis-leur — ô Messager — : « La guidance est plutôt de suivre — tous ensemble — la religion d'Abraham, qui s'est détourné de toute religion vaine vers la religion vraie, et qui ne fut point au nombre des associateurs d'Allah, exalté soit-Il. »
Verset 136
Dites — ô croyants — à ces juifs et chrétiens : « Nous croyons en Allah, l'Un, adoré en vérité, en ce qui a été descendu sur nous comme Coran qu'Allah a révélé à Son prophète et messager Muhammad ﷺ, en ce qui a été descendu sur Abraham et ses deux fils Ismaël et Isaac, sur Jacob et les Tribus — les prophètes issus de la descendance de Jacob, qui étaient répartis dans les douze tribus des enfants d'Israël —, en ce qui a été donné à Moïse avec la Torah et à Jésus avec l'Évangile, et en ce qui a été donné à tous les prophètes de la part de leur Seigneur : nous ne distinguons aucun d'entre eux dans la foi, et nous sommes soumis à Allah par l'obéissance et l'adoration. »
Verset 137
S'ils croient — ces mécréants juifs, chrétiens et autres — en la même chose que celle en laquelle vous avez cru, de ce qu'a apporté le Messager, ils sont alors guidés vers la vérité ; s'ils se détournent, ils ne sont que dans une profonde divergence : Allah te suffira — ô Messager — contre leur mal et te donnera victoire sur eux. C'est Lui qui entend vos paroles et connaît vos états.
Verset 138
Attachez-vous à la religion d'Allah qui vous a créés selon elle : il n'existe rien de meilleur que la nature première d'Allah, celle selon laquelle Il a créé les hommes : attachez-vous donc à elle, et dites : « Nous sommes soumis et obéissants à notre Seigneur, en suivant la religion d'Abraham. »
Verset 139
Dis — ô Messager — aux gens du Livre : « Disputez-vous avec nous au sujet de l'unification d'Allah et du culte exclusif qui Lui est dû, alors qu'Il est le Seigneur de tous les mondes, sans se réserver à un peuple à l'exclusion d'un autre ? À nous nos œuvres, à vous les vôtres, et nous sommes sincères envers Lui dans l'adoration et l'obéissance : nous ne Lui associons rien et n'adorons nul autre que Lui. »
Verset 140
Ou bien direz-vous, en disputant sur Allah : « Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus — les prophètes issus de la descendance de Jacob, répartis dans les douze tribus des enfants d'Israël — étaient de religion juive ou chrétienne ? » Et c'est un mensonge : ils furent envoyés et moururent avant la descente de la Torah et de l'Évangile. Dis-leur — ô Messager — : « Êtes-vous plus savants, ou Allah ? » — Lui qui a informé dans le Coran qu'ils étaient hanifes, soumis. Nul n'est plus injuste que vous, qui dissimulez un témoignage établi que vous détenez de la part d'Allah, exalté soit-Il, pour alléguer le contraire par mensonge sur Lui. Allah n'est pas inattentif à quoi que ce soit de vos œuvres : Il les dénombre et vous en rétribuera.
Verset 141
Voilà une communauté de vos ancêtres qui a passé : ils ont leurs œuvres, et vous avez les vôtres ; on ne vous interrogera pas sur leurs œuvres, et ils ne seront pas interrogés sur les vôtres. Ce verset tranche quant à l'inutilité de s'attacher aux créatures et de se prévaloir de l'affiliation à elles : ce qui compte est la foi en Allah, Son adoration exclusive et le suivi de Ses messagers ; et quiconque mécroit en l'un de leurs messagers mécroie en tous les autres.
Verset 142
Les ignorants et les esprits faibles parmi les juifs et leurs semblables diront, par dérision et objection : « Qu'est-ce qui a détourné ces musulmans de la qibla vers laquelle ils s'orientaient dans leur prière au début de l'islam ? » — à savoir « Bayt al-Maqdis ». Dis-leur — ô Messager — : « À Allah appartiennent l'orient et l'occident et ce qui est entre eux : aucune direction n'est hors de Son royaume. Il guide qui Il veut parmi Ses serviteurs vers le droit chemin. » Il y a là l'indication que l'affaire tout entière revient à Allah dans l'obéissance à Ses ordres : là où Il nous oriente, nous nous orientons.
Verset 143
De même que Nous vous avons guidés — ô musulmans — vers la voie correcte dans la religion, Nous avons fait de vous une communauté de choix et d'équité, pour que vous attestiez sur les nations au jour de la Résurrection que leurs messagers leur ont transmis les messages de leur Seigneur, et que le Messager soit de même, dans l'au-delà, témoin sur vous qu'il vous a transmis le message de son Seigneur. Et si Nous t'avons établi — ô Messager — sur la qibla de « Bayt al-Maqdis » où tu étais, puis t'en avons détourné vers la Kaaba à « Makka », c'est uniquement pour distinguer ceux qui te suivent, t'obéissent et s'orientent avec toi là où tu te tournes, de celui dont la foi est faible et qui retourne sur ses pas, apostat, par son doute et son hypocrisie. Et cette situation — le passage du musulman, dans sa prière, de l'orientation vers « Bayt al-Maqdis » à l'orientation vers la Kaaba — est lourde et pénible, sauf pour ceux qu'Allah a guidés et comblés de la foi et de la piété. Allah n'allait pas laisser perdre votre foi en Lui et votre suivi de Son messager, ni annuler vos prières vers la qibla précédente. Lui, glorifié et exalté, est d'une immense miséricorde envers les hommes, dans l'immédiat et à terme.
Verset 144
Nous voyons ton visage — ô Messager — se tourner vers le ciel, à maintes reprises, dans l'attente de la descente de la révélation au sujet de la qibla : Nous allons te tourner vers une qibla que tu aimeras et qui te satisfera — la direction de la Mosquée sacrée à « Makka » : tourne donc ton visage vers elle. Et où que vous soyez — ô musulmans — lorsque vous voulez prier, orientez-vous vers la Mosquée sacrée. Ceux à qui Allah a donné la science du Livre, parmi les juifs et les chrétiens, savent que ce changement d'orientation vers la Kaaba est la vérité établie dans leurs livres. Et Allah n'est pas inattentif à ce que font ces objecteurs douteux : Il les en rétribuera.
Verset 145
Et si tu viens —ô Prophète— à ceux qui ont reçu la Torah et l'Évangile, avec toutes les preuves et démonstrations que ton orientation vers la Kaaba dans la prière est la vérité venant de Allah, ils ne suivront pas ta qibla ; par obstination et orgueil. Et tu ne suivras pas leur qibla une nouvelle fois, et les uns parmi eux ne suivent pas la qibla des autres. Et si tu suivais leurs passions en matière de qibla et en autre chose, après que la science te soit venue —à savoir que tu es sur la vérité et eux sur le faux—, tu serais alors au nombre des injustes envers eux-mêmes. Et ceci est une adresse à l'ensemble de la communauté : c'est une menace et un avertissement à l'égard de quiconque suit les passions de ceux qui contredisent la loi de l'islam.
Verset 146
Ceux à qui Nous avons donné la Torah et l'Évangile —les docteurs des juifs et les savants des chrétiens— reconnaissent que Muhammad ﷺ est le messager de Allah, aux attributs mentionnés dans leurs livres, comme ils reconnaissent leurs propres fils. Or un groupe parmi eux dissimule la vérité, alors qu'ils savent sa véracité et la constance de ses attributs.
Verset 147
Ce qui t'a été révélé —ô Prophète— est la vérité émanant de ton Seigneur : ne sois donc pas au nombre de ceux qui doutent à son sujet. Et bien que ce soit une adresse au Messager ﷺ, elle est destinée à la communauté.
Verset 148
À chaque communauté parmi les communautés appartient une qibla vers laquelle chacun d'elles se tourne dans sa prière. Empressez-vous donc —ô croyants—, en compétition, à accomplir les œuvres pies que Allah vous a prescrites dans la religion de l'islam. Et Allah vous rassemblera tous, au Jour de la Résurrection, quel que soit l'endroit où vous étiez. Allah est, à toute chose, omnipotent.
Verset 149
Et d'où que tu sortes —ô Prophète— en voyage, et que tu veuilles accomplir la prière, tourne ton visage vers la Mosquée sacrée. Et ton orientation vers elle est bien la vérité ferme émanant de ton Seigneur. Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites, et Il vous en rétribuera.
Verset 150
Et d'où que tu sortes —ô Prophète—, tourne-toi vers la Mosquée sacrée ; et où que vous soyez —ô musulmans—, dans quelque contrée des contrées de la terre, tournez vos visages vers elle ; afin que les hommes, vos contradicteurs, n'aient pas d'argument contre vous —par dispute et polémique— après cette orientation, excepté les injustes et les obstinés d'entre eux, qui persisteront dans leur controverse : ne les craignez donc pas, et craignez-Moi, en vous conformant à Mon ordre et en évitant Mon interdit ; et afin que J'achève Mon bienfait envers vous en choisissant pour vous les lois les plus parfaites, et afin que vous soyez guidés vers la vérité et la justesse.
Verset 151
De même que Nous vous avons comblés de grâces en faisant de la Kaaba la direction de la prière, Nous avons envoyé parmi vous un messager issu de vous, qui vous récite les versets qui distinguent le vrai du faux, vous purifie de la souillure de l'association et des mauvaises mœurs, vous enseigne le Livre et la Sunna ainsi que les règles de la Loi, et vous enseigne, des histoires des prophètes et des récits des communautés antérieures, ce que vous ignoriez.
Verset 152
Le Très-Haut a ordonné aux croyants de L'évoquer et a promis pour cela la plus excellente rétribution : l'éloge, dans l'assemblée suprême, de celui qui L'a évoqué. Réservez-Moi seul la gratitude —ô croyants—, en paroles et en actes, et ne reniez pas Mes bienfaits envers vous.
Verset 153
Ô vous qui croyez, demandez l'aide de Allah dans toutes vos affaires : par la patience face aux épreuves et aux malheurs, par la patience à s'abstenir des désobéissances et des péchés, et par la patience dans les actes d'obéissance et les œuvres pies ; et par la prière, par laquelle l'âme s'apaise et qui interdit la turpitude et le blâmable. Allah est avec les patients, par Son secours, la réussite qu'Il accorde et Son soutien. Ce verset établit la présence (ma'iyya) particulière de Allah auprès des croyants, laquelle entraîne ce qui a été mentionné précédemment ; quant à la présence générale, laquelle entraîne la science et l'embrassement de toute chose, elle vaut pour l'ensemble de la création.
Verset 154
Et ne dites pas —ô croyants— de ceux qui sont tués en combattant sur le chemin de Allah : « ils sont morts » ; ils sont au contraire vivants d'une vie qui leur est propre, dans leurs tombes, dont nul ne connaît la modalité sinon Allah —le Très-Haut—, mais vous ne la percevez pas. En cela il y a une preuve de la félicité de la tombe.
Verset 155
Et Nous vous éprouverons certes par quelque peu de peur, de faim, de diminution des biens — par la difficulté de les obtenir ou leur perte —, des personnes — par la mort ou le martyre sur le chemin de Allah —, et de diminution des fruits des palmiers, des vignes et des céréales — par la faiblesse de leur rendement ou leur corruption. Et annonce —ô Prophète— aux patients, face à cela et à ce qui y ressemble, ce qui les réjouit et les rassure de la belle issue, dans ce bas monde et l'au-delà.
Verset 156
Au nombre des qualités de ces patients figure qu'ils disent, lorsqu'un mal qui leur déplaît les atteint : « Nous sommes les serviteurs de Dieu, possédés par Lui, gérés par Son ordre et Son décret ; Il fait de nous ce qu'Il veut, et c'est à Lui que nous faisons retour » — par la mort, puis par la résurrection pour le compte et la rétribution.
Verset 157
Ceux qui endurent ont, de leur Seigneur, des éloges et une miséricorde immense de Sa part —qu'Il soit glorifié— ; et ce sont eux les bien-guidés vers la juste voie.
Verset 158
Le Ṣafā et al-Marwa —deux petites montagnes près de la Kaaba, du côté de l'orient— font partie des marques manifestes de la religion de Allah, par lesquelles Allah a prescrit à Ses serviteurs le rituel (saʿy) consistant à marcher entre elles. Quiconque se rend à la Kaaba en pèlerin ou en visiteur (umra) n'a aucun péché ni gêne à accomplir la course entre elles — c'est même un devoir pour lui. Et quiconque accomplit volontairement des actes d'obéissance, en les vouant sincèrement à Allah le Très-Haut, Allah est, Lui, reconnaissant : Il rétribue le peu par beaucoup ; savant des œuvres de Ses serviteurs, Il ne les perd pas et ne lèse personne du poids d'un atome.
Verset 159
Ceux qui dissimulent les versets limpides que Nous avons révélés —indicateurs de la prophétie de Muhammad ﷺ et de ce avec quoi il est venu—, à savoir les docteurs des juifs, les savants des chrétiens et d'autres encore qui taisent ce que Allah a révélé, après que Nous l'eûmes exposé aux hommes dans la Torah et l'Évangile : ceux-là, Allah les chasse de Sa miséricorde, et toutes les créatures L'implorent contre eux en malédiction.
Verset 160
Exception faite de ceux qui sont revenus en demandant pardon à Allah pour leurs fautes, ont réparé ce qu'ils avaient corrompu et exposé ce qu'ils avaient dissimulé : ceux-là, J'accepte leur repentir et leur donne l'absolution en récompense ; Je suis, envers quiconque revient parmi Mes serviteurs, Celui qui accepte le repentir, le Miséricordieux envers eux — puisque Je les ai aidés à se repentir et l'ai accepté d'eux.
Verset 161
Ceux qui ont nié la foi et dissimulé la vérité, et qui sont demeurés ainsi jusqu'à la mort : sur eux la malédiction de Allah —l'exclusion de Sa miséricorde—, et la malédiction des anges et des hommes tous ensemble.
Verset 162
Ils demeurent dans la malédiction et le Feu à jamais ; le châtiment ne leur sera pas allégé, et il ne leur sera pas accordé de délai pour s'excuser d'une excuse.
Verset 163
Et votre divinité —ô hommes— est une divinité unique, singulière dans Son essence, Ses noms, Ses attributs et Ses actes, ainsi que dans la servitude de Sa création envers Lui ; il n'est de divinité digne d'adoration que Lui : le Tout-Miséricordieux, doté de miséricorde dans Son essence et Ses actes envers l'ensemble de la création, le Miséricordieux envers les croyants.
Verset 164
Dans la création des cieux —par leur élévation et leur immensité—, de la terre —par ses montagnes, ses plaines et ses mers—, dans l'alternance de la nuit et du jour —en longueur et brièveté, en ténèbres et lumière, et leur succession par laquelle chacun remplace l'autre—, dans les navires qui voguent sur les mers, portant ce qui est utile aux hommes, dans l'eau de pluie que Allah fait descendre du ciel et par laquelle Il vivifie la terre, laquelle devient verdoyante et resplendissante après avoir été aride et sans végétation, dans ce que Allah y a diffusé comme tout ce qui rampe à la surface de la terre, dans ce qu'Il vous a accordé comme grâce du va-et-vient et de l'orientation des vents, et dans les nuages menés entre le ciel et la terre — dans tous ces indices précédents il y a des signes de l'unicité de Allah et de l'immensité de Ses bienfaits, pour un peuple qui raisonne sur les lieux des arguments et comprend Ses preuves —qu'Il soit glorifié— de Son unicité et du fait qu'à Lui seul revient l'adoration.
Verset 165
Et malgré ces preuves irréfutables, une partie des hommes prend, en dehors de Allah, des idoles et des statues, et des alliés qu'ils érigent en égaux de Allah le Très-Haut, leur accordant amour, glorification et obéissance dans la mesure qui ne convient qu'à Allah seul. Les croyants, eux, aiment Allah d'un amour plus grand que l'amour de ces mécréants pour Allah et pour leurs divinités ; car les croyants ont voué tout l'amour à Allah, tandis que ceux-là ont associé dans l'amour. Si les injustes envers eux-mêmes par l'association savaient, lorsqu'ils verront le châtiment de l'au-delà, que Allah est Celui qui détient seul la force entière, et que Allah est terrible en châtiment, ils ne prendraient pas, en dehors de Allah, des divinités qu'ils adoreraient en dehors de Lui et par lesquelles ils chercheraient à se rapprocher de Lui.
Verset 166
Lorsqu'ils verront le châtiment de l'au-delà, les chefs suivis se désolidariseront de ceux qui les ont suivis dans l'association, et tous les liens qui les unissaient dans ce bas monde seront rompus : la parenté, la sujétion, la religion et autre encore.
Verset 167
Et les suiveurs dirent : « Si seulement nous pouvions revenir au bas monde, nous désavouerions ces chefs comme ils nous ont désavoués. » De même que Allah leur montre la dureté de Son châtiment au Jour de la Résurrection, Il leur fera voir leurs œuvres vaines en regrets — et ils ne sortiront jamais du Feu.
Verset 168
Ô hommes ! Mangez de ce que Allah vous a permis sur terre — ce qui est pur, non impur, profitable, non nuisible — et ne suivez pas les voies de Satan dans le permis et l'interdit, les innovations et les désobéissances. Il est pour vous un ennemi à l'inimitié manifeste.
Verset 169
Satan ne vous ordonne que le péché déshonnête qui vous afflige, et la désobéissance d'une laideur extrême, et de proférer le mensonge contre Allah — en interdisant le licite et autre, sans science.
Verset 170
Et lorsque les croyants dirent aux égarés, par conseil : « Suivez ce que Dieu a révélé comme Coran et guidance », ils s'obstinèrent à imiter leurs ancêtres associateurs, disant : « Nous ne suivons pas votre religion ; nous suivons seulement ce que nous avons trouvé chez nos pères. » Suivront-ils leurs pères, fussent-ils sans aucune raison concernant Allah et sans percevoir aucune juste direction ?
Verset 171
La description des mécréants, et de celui qui les appelle à la guidée et à la foi, ressemble à celle du berger qui crie après les bêtes et les huste, alors qu'elles ne comprennent pas le sens de ses paroles et n'entendent que l'appel et le bruit de la voix. Ces mécréants sont sourds —leurs oreilles sont bouchées à la vérité—, muets —leurs langues sont liées pour son énonciation—, aveugles —leurs yeux ne voient pas ses preuves éclatantes— : ils n'engagent pas leur raison dans ce qui leur est profitable.
Verset 172
Ô vous qui croyez ! Mangez des nourritures agréables et licites que Nous vous avons attribuées, et ne soyez pas comme les mécréants qui interdisent les choses bonnes et déclarent licites les mauvaises. Et remerciez Allah pour Ses immenses bienfaits envers vous — par vos cœurs, vos langues et vos membres —, si vous êtes véritablement soumis à Son ordre, L'écoutant et Lui obéissant, adorant Lui seul sans associé.
Verset 173
Allah ne vous a interdit que ce qui vous nuit, comme la bête morte qui n'a pas été égorgée selon la voie légale, le sang coulé, la chair de porc et les bêtes égorgées pour autre que Allah. Et c'est une faveur de Allah envers vous et une facilité qu'Il vous a permis de manger de ces interdits en cas de nécessité. Celui que la nécessité contraint à en manger, sans être injuste dans sa consommation en excédant son besoin, ni transgresser les limites de Allah dans ce qui lui a été permis : il n'a aucun péché en cela. Allah est, envers Ses serviteurs, absoluteur, miséricordieux.
Verset 174
Ceux qui dissimulent ce que Allah a révélé dans Ses livres — comme la description de Muhammad ﷺ et autre vérité — et qui convoitent en échange de cette dissimulation un prix minime, la parure de la vie immédiate : ceux-là n'avalent, en contrepartie de leur occultation de la vérité, que le feu de la Géhenne qui s'embrase dans leurs ventres. Allah ne leur adressera pas la parole au Jour de la Résurrection, par colère et courroux contre eux ; Il ne les purifiera pas de la souillure de leurs péchés et de leur mécréance ; et ils auront un châtiment douloureux.
Verset 175
Ceux qui se sont décrits de ces traits ont échangé l'égarement contre la guidée, et le châtiment de Allah contre Son absolution. Qu'ils sont téméraires face au Feu, en commettant les œuvres des gens du Feu ! Allah s'étonne de leur audace à cela : étonnez-vous donc —ô hommes— de leur témérité et de leur endurance du Feu et de leur séjour en lui. Et ceci par manière de mépriser leur fait et de tenir leur affaire en peu de compte.
Verset 176
Ce châtiment qu'ils ont mérité est dû à ce que Allah le Très-Haut a fait descendre Ses livres sur Ses messagers, contenant la vérité manifeste — et eux ont mécru. Et ceux qui ont divergé au sujet du Livre, croyant en une partie et mécroyant en une autre, sont dans une dissension et une rupture bien éloignées de la juste direction.
Verset 177
Le bien, auprès de Allah —le Très-Haut—, ne réside pas dans l'orientation, dans la prière, vers le levant et le couchant, si ce n'est pas sur l'ordre de Allah et Sa loi ; le bien, tout le bien, est la foi de celui qui croit en Allah, Le reconnaît comme seule divinité sans associé, croit au Jour de la Résurrection et de la Rétribution, aux anges tous, aux Livres révélés en entier, et à l'ensemble des prophètes sans distinction ; qui donne de son bien, volontairement — en dépit de la force de son attachement —, aux proches parents, aux orphelins nécessiteux dont les pères sont morts alors qu'ils étaient en bas âge, aux pauvres qui ne possèdent pas de quoi suffire à leur besoin, aux voyageurs nécessiteux éloignés des leurs et de leurs biens, à ceux qui mendient, contraints par la dureté de leur besoin ; qui dépense pour l'affranchissement des esclaves et des captifs ; qui accomplit la prière, s'acquitte de l'aumône obligatoire ; qui tiennent leurs engagements ; et qui endurent dans la pauvreté et la maladie, et dans la violence du combat. Ceux qui se sont parés de ces qualités sont ceux qui ont été véridiques dans leur foi, et ce sont eux qui ont craint le châtiment de Allah et évité Ses désobéissances.
Verset 178
Ô vous qui avez cru en Allah et en Son messager et agi selon Sa loi : Allah vous a prescrit le talion contre celui qui tue volontairement — le tuer en retour —, à condition d'égalité et de similitude : le libre est tué pour son semblable, l'homme pour la femme comme la femme pour l'homme, l'esclave pour son semblable, la femelle pour sa semblable. Si l'héritier de la victime lui accorde la clémence, le dispense du talion et se contente de la compensation (diya) — un montant pécuniaire déterminé que verse le coupable en échange de la dispense —, que les deux parties se comportent avec bienveillance : l'héritier réclame la compensation sans violence, et le meurtrier lui acquitte son droit avec bienfaisance, sans retard ni diminution. Cette dispense avec perception de la compensation est un allègement de votre Seigneur et une miséricorde pour vous, en raison de la facilité et du bénéfice qu'elle comporte. Quiconque tue le meurtrier après la dispense et la perception de la compensation aura un châtiment douloureux : être tué en talion dans ce bas monde, ou le Feu dans l'au-delà.
Verset 179
Et il y a pour vous, dans la législation du talion et son application, une vie de sécurité —ô détenteurs d'intelligences saines— : dans l'espoir de craindre Allah et de Le révérer en Lui obéissant constamment.
Verset 180
Allah vous a prescrit, lorsque les signes de la mort et ses prémisses surviennent à l'un de vous — s'il laisse des biens —, de léguer par testament une part de ses biens aux parents et aux proches, en observant la justice : qu'il ne délaisse pas le pauvre pour léguer au riche, et qu'il ne dépasse pas le tiers. C'est un droit établi, mis en pratique par les gens de la piété qui craignent Allah. Cela était avant la révélation des versets des parts successorales, dans lesquels Allah a fixé la part de chaque héritier.
Verset 181
Celui qui modifie le testament du défunt après l'avoir entendu de lui avant sa mort : la faute pèse uniquement sur celui qui a modifié et altéré. Allah entend parfaitement votre testament et vos paroles, sait ce que vos poitrines cachent — l'inclination vers la vérité et la justice, ou la tyrannie et l'iniquité — et Il vous en rétribuera.
Verset 182
Celui qui constate chez un testateur un écart par rapport à la vérité dans son testament — par erreur ou délibérément —, et conseille le testateur, au moment du testament, en faveur de ce qui est plus juste ; s'il n'y parvient pas, qu'il réconcilie les parties en modifiant le testament pour qu'il soit conforme à la Loi : il n'a aucun péché dans cet amendement. Allah est, envers Ses serviteurs, absoluteur, miséricordieux.
Verset 183
Ô vous qui avez cru en Allah et en Son messager et agi selon Sa loi : Allah vous a prescrit le jeûne comme Il l'a prescrit aux communautés avant vous ; afin que vous craigniez votre Seigneur et placiez entre vous et les désobéissances une protection, par l'obéissance et l'adoration de Lui seul.
Verset 184
Allah vous a prescrit de jeûner des jours déterminés — les jours du mois de Ramadan. Celui d'entre vous qui est malade, le jeûne lui étant pénible, ou en voyage : qu'il rompe le jeûne et jeûne en d'autres jours un nombre égal à ceux qu'il a rompus. Et ceux pour qui le jeûne est une charge insupportable — comme le vieillard âgé et le malade dont la guérison n'est pas espérée — doivent une compensation pour chaque jour rompu : c'est la nourriture d'un nécessiteux qui ne possède pas de quoi suffire à son besoin. Quiconque donne davantage par charité : c'est un bien pour lui. Et jeûner est meilleur pour vous que de donner la compensation, si vous saviez l'immense mérite du jeûne auprès de Allah le Très-Haut.
Verset 185
Le mois de Ramadan, dans lequel Allah a commencé à faire descendre le Coran lors de la Nuit du Destin, en guidance pour les hommes vers la vérité et preuves limpides de la guidée de Allah et du discernement entre le vrai et le faux : celui d'entre vous qui atteint ce mois — étant sain et sédentaire — qu'il jeûne ses jours. Et la dispense de rupture est accordée au malade et au voyageur, qui rattraperont ensuite le nombre de ces jours. Allah veut, pour vous, la facilité et l'aisance dans Ses lois, et ne veut pour vous ni difficulté ni gêne. Et accomplissez le compte du jeûne en un mois entier ; clôturez le jeûne en proclamant la grandeur de Allah à la fête de la rupture ; et glorifiez-Le pour vous avoir guidés — afin que vous soyez reconnaissants envers Lui pour la guidée, la réussite et la facilité qu'Il vous a accordées.
Verset 186
Et lorsque Mes serviteurs t'interrogent sur Moi —ô Prophète—, dis-leur : Je suis proche d'eux, Je réponds à l'appel de celui qui M'appelle lorsqu'il M'invoque. Qu'ils M'obéissent donc en ce que Je leur ai ordonné et interdit, et qu'ils croient en Moi, afin qu'ils soient guidés vers les intérêts de leur religion et de leur vie immédiate. Ce verset comporte, de Sa part —qu'Il soit glorifié—, l'annonce de Sa proximité de Ses serviteurs, la proximité qui sied à Sa majesté.
Verset 187
Allah vous a permis, durant les nuits du mois de Ramadan, d'avoir commerce avec vos épouses. Elles sont un voile et une protection pour vous, et vous êtes un voile et une protection pour elles. Allah savait que vous vous trahissiez vous-mêmes en transgressant ce que Allah vous avait interdit : rejoindre vos femmes après la prière du soir durant les nuits du jeûne — cela aux débuts de l'islam —. Allah a accepté votre repentir et vous a donné de la latitude en la matière : désormais rejoignez-les, et recherchez ce que Allah vous a décrété comme enfants ; mangez et buvez jusqu'à ce que vous distinguiez le blanc de l'aube du fil noir de la nuit — à la manifestation de l'aube véritable — ; puis accomplissez le jeûne en vous abstenant des ruptures jusqu'à l'entrée de la nuit, au coucher du soleil. Et n'ayez pas commerce avec vos épouses, et ne vous adonnez pas à ce qui mène à ce commerce, lorsque vous êtes en retrait (iʿtikāf) dans les mosquées — car cela corrompt le retrait, qui est le séjour dans la mosquée pour une durée déterminée, avec l'intention de se rapprocher de Allah le Très-Haut. Tels sont les jugements que Allah a légiférés pour vous : ce sont Ses limites séparant le licite de l'illicite, ne les approchez donc pas afin de ne pas tomber dans l'interdit. C'est par cette exposition limpide que Allah expose Ses versets et Ses jugements aux hommes, afin qu'ils Le craignent et Le redoutent.
Verset 188
Et que vous ne vous dépossédiez pas les uns les autres de vos biens par un motif injuste — comme le faux serment, l'usurpation, le vol, la subordination et l'usure et semblables — ; et ne présentez pas aux juges des arguments fallacieux pour dévorer, par la voie du litige, les biens d'une partie des hommes injustement, alors que vous savez que cela vous est interdit.
Verset 189
Tes compagnons t'interrogent —ô Prophète— sur les croissants lunaires et le changement de leurs états. Dis-leur : Allah a fait des croissants des repères par lesquels les hommes connaissent les temps de leurs adorations fixées dans le temps — comme le jeûne et le pèlerinage — et de leurs transactions. Le bien ne réside pas dans la coutume qui était la vôtre à la période antéislamique et aux débuts de l'islam : pénétrer dans les maisons par leurs toits lorsqu'on se consacre au pèlerinage ou à la visitation, croyant que cela rapproche de Allah ; mais le bien est l'acte de celui qui craint Allah et évite les désobéissances. Entrez dans les maisons par leurs portes lorsque vous vous consacrez au pèlerinage ou à la visitation, et craignez Allah le Très-Haut dans toutes vos affaires, afin que vous réussissiez en tout ce que vous aimez des biens de ce bas monde et de l'au-delà.
Verset 190
Et combattez —ô croyants— pour la victoire de la religion de Allah ceux qui vous combattent, et ne commettez pas les interdits : la mutilation, le détournement du butin, la mise à mort de celui qu'il n'est pas licite de tuer — femmes, enfants, vieillards — et ceux qui leur sont assimilés. Allah n'aime pas ceux qui transgressent Ses limites en déclarant licite ce que Allah et Son messager ﷺ ont interdit.
Verset 191
Et tuez les associateurs qui vous combattent, où que vous les trouviez, et expulsez-les de l'endroit d'où ils vous ont expulsés — c'est « La Mecque ». Et la sédition (fitna) — à savoir la mécréance, l'association et le fait de détourner de l'islam — est plus grave que de les tuer. Et ne les attaquez pas premièrement auprès de la Mosquée sacrée, par vénération de ses inviolabilités — jusqu'à ce qu'ils vous y attaquent ; s'ils vous combattent dans la Mosquée sacrée, tuez-les donc en ce lieu. Tel est le châtiment dissuasif : telle sera la rétribution des mécréants.
Verset 192
S'ils cessent ce en quoi ils sont — mécréance et combat contre vous auprès de la Mosquée sacrée — et entrent dans la foi, Allah est, envers Ses serviteurs, absoluteur, miséricordieux.
Verset 193
Et combattez-les —ô croyants— jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de sédition des musulmans contre leur religion ni d'association à Allah, et que la religion soit à Allah seul, exclusive, sans qu'autre que Lui soit adoré. S'ils cessent la mécréance et le combat, cessez à leur égard : la sanction ne s'applique qu'à ceux qui persistent dans leur mécréance et leur agression.
Verset 194
Votre combat —ô croyants— contre les associateurs dans le mois où Allah a interdit d'y combattre est la rétribution de leur combat contre vous dans le mois sacré. Et quiconque transgresse ce que Allah a interdit — du lieu ou du temps — sera puni comme son fait, et de la même espèce que son acte. S'ils vous agressent — par le combat ou autre —, infligez-leur une punition semblable à leur forfait, sans que vous ayez à en faire reproche : ce sont eux les initiateurs de l'agression. Craignez Allah en ne dépassant pas la similitude dans la punition, et sachez que Allah est avec ceux qui Le craignent et Lui obéissent — en s'acquittant de Ses obligations et en évitant Ses interdits.
Verset 195
Et dépensez —ô croyants— de vos biens dans la voie de Allah, et ne vous jetez pas vous-mêmes dans la perdition — en abandonnant le combat sur le chemin de Allah et en n'y dépensant pas — ; et faites le bien, dans la dépense et l'obéissance, et rendez toutes vos œuvres exclusivement vouées à la face de Allah le Très-Haut. Allah aime les gens de la sincérité et du bienfait.
Verset 196
Et accomplissez intégralement le pèlerinage et la visitation, en toute sincérité pour la face de Allah le Très-Haut. Si, après consécration, un empêchement — ennemi ou maladie — vous barre la route de leur accomplissement, immolez alors ce que vous pouvez de chameaux, bovins ou ovins, en offrande à Allah le Très-Haut, afin de sortir de votre consécration en vous rasant la tête ou en la raccourcissant. Et ne vous rasez pas la tête si vous êtes retenu (iḥṣār) jusqu'à ce que l'offrande parvienne à son lieu d'immolation. Et si d'entre vous quelqu'un est malade ou souffre d'une affection de la tête, une compensation est alors due : jeûner trois jours, ou donner l'aumône à six pauvres — un demi-ṣāʿ de nourriture à chacun —, ou immoler une brebis aux pauvres du Sanctuaire. Une fois en sécurité : celui qui jouit de la visitation jusqu'au pèlerinage, en rendant licites les choses interdites par sa consécration après la fin de sa visitation, doit immoler ce qu'il peut de l'offrande ; celui qui ne trouve pas d'offrande à immoler doit jeûner trois jours durant le pèlerinage et sept à son retour : dix jours en comptes, complets. Cela vaut pour celui dont les familiers ne résident pas auprès de la Mosquée sacrée. Et craignez Allah le Très-Haut, veillez à vous conformer à Ses ordres et à éviter Ses interdits, et sachez que Allah est dur en punition envers quiconque contredit Son ordre et commet ce qu'Il a proscrit.
Verset 197
Le temps du pèlerinage : des mois connus, qui sont Shawwāl, Dhū al-Qaʿda et les dix [premiers jours] de Dhū al-Ḥijja. Celui qui s'impose le pèlerinage en s'y consacrant : lui sont interdits le commerce conjugal et ses préliminaires, verbaux et gestuels, la sortie de l'obéissance de Allah le Très-Haut par les désobéissances, et la dispute qui mène à la colère et à l'aversion. Et le bien que vous faites, Allah le sait, et Il rétribue chacun selon son œuvre. Et pourvoyez-vous de provisions de route — nourriture et boisson — pour le voyage du pèlerinage, et de provisions d'œuvres pies pour la Demeure dernière, car la meilleure des provisions est la piété. Et craignez-Moi, ô détenteurs d'intelligences saines.
Verset 198
Nulle gêne sur vous à rechercher une subsistance de votre Seigneur par le profit du commerce durant les jours du pèlerinage. Puis lorsque vous déferlerez de « ʿArafāt » — l'endroit où stationnent les pèlerins le neuvième jour de Dhū al-Ḥijja — après le coucher du soleil, en retournant, évoquez Allah par les tasbīḥ, la talbiya et l'invocation auprès du Lieu sacré « al-Muzdalifa ». Et évoquez Allah de la manière correcte à laquelle Il vous a guidés : vous étiez, avant cette guidée, dans un égarement qui ne vous laissait pas connaître la vérité.
Verset 199
Et déferlez de là où déferla l'ensemble des hommes — de « ʿArafāt », d'où déferla Ibrāhīm — sur lui la paix —, contredisant en cela ceux qui, parmi les gens de la période antéislamique, n'y stationnaient pas ; et demandez à Allah de vous absoudre vos péchés. Allah est, envers Ses serviteurs qui demandent pardon et reviennent, absoluteur, miséricordieux envers eux.
Verset 200
Et lorsque vous aurez accompli vos rites et terminé les œuvres du pèlerinage, évoquez abondamment Allah et Sa louange, comme vous évoquez vos pères — et plus encore. Parmi les hommes, il en est dont le seul souci est la vie immédiate ; il invoque : « Notre Seigneur, donne-nous dans ce bas monde santé, biens et enfants » — et ceux-là n'auront dans l'au-delà ni part ni lot, pour s'être détournés d'elle et avoir borné leur souci au bas monde.
Verset 201
Et il est, parmi les hommes, un groupe de croyants qui dit dans son invocation : « Notre Seigneur, donne-nous dans ce bas monde bien-être, subsistance, science profitable et œuvre pie, et dans l'au-delà le Paradis ; et détourne de nous le châtiment du Feu. » Cette invocation est l'une des plus complètes, et c'est pourquoi elle était l'invocation la plus fréquente du Prophète ﷺ, comme il est établi dans les deux Ṣaḥīḥ.
Verset 202
À ceux qui formulent cette invocation, une récompense immense, en rétribution des œuvres pies qu'ils ont acquises. Allah est prompt en compte, recenseur des œuvres de Ses serviteurs et les leur rétribuant.
Verset 203
Et évoquez Allah — par tasbīḥ et takbīr — en quelques jours, qui sont les jours de al-tashrīq : les onzième, douzième et treizième jours du mois de Dhū al-Ḥijja. Celui qui veut presser et quitte « Minā » avant le coucher du soleil du douzième jour, après la lapidation des stèles, n'a aucun péché ; et celui qui s'attarde, passant la nuit à « Minā » pour lapider les stèles le treizième jour, n'a aucun péché — pour celui qui craint Allah dans son pèlerinage. S'attarder est préférable, car c'est un supplément de provisions dans l'adoration et une imitation de la pratique du Prophète ﷺ. Et craignez Allah —ô musulmans—, surveillez-Le dans toutes vos œuvres, et sachez que c'est vers Lui seul que vous serez rassemblés après votre mort, pour le compte et la rétribution.
Verset 204
Il est des hommes — parmi les hypocrites — dont la parole éloquente te plaît —ô Messager—, qui vise par elle une part des parts de ce bas monde, non de l'au-delà ; et il prend Allah à témoin par serment de ce que renferme son cœur d'amour de l'islam — c'est là l'extrême audace envers Allah — ; il est d'une hostilité et d'une inimitié violentes envers l'islam et les musulmans.
Verset 205
Et lorsqu'il sort de chez toi —ô Messager—, il s'active et se hâte sur terre pour y semer la corruption, détruire les récoltes des gens et tuer leur bétail. Allah n'aime pas la corruption.
Verset 206
Et lorsque l'on conseille cet hypocrite corrupteur et qu'on lui dit : « Crains Dieu, redoute Son châtiment et cesse de corrompre sur terre », il ne goûte pas le conseil : c'est que l'orgueil et l'ardeur de la période antéislamique le portent vers plus de péchés. La Géhenne lui suffit comme demeure, et elle est misérable demeure !
Verset 207
Et il est des hommes qui se vendent eux-mêmes, en quête de l'agrément de Allah, en combattant sur Son chemin et en se conformant à Son obéissance. Allah est bienveillant envers Ses serviteurs : Il fait miséricorde à Ses serviteurs croyants d'une miséricorde ample dans l'immédiat et le différé, et les rétribue de la plus belle rétribution.
Verset 208
Ô vous qui avez cru en Allah comme Seigneur, en Muhammad comme prophète et messager, et en l'islam comme religion : entrez dans la totalité des lois de l'islam, en appliquant tous Ses jugements sans en délaisser aucun, et ne suivez pas les voies de Satan dans les désobéissances auxquelles il vous appelle. Il est pour vous un ennemi à l'inimitié manifeste : prenez garde à lui.
Verset 209
Si vous vous écartez de la voie de la vérité, après que vous sont venues les preuves manifestes du Coran et de la Sunna, sachez que Allah est puissant dans Son royaume — rien ne L'échappe —, sage dans Son ordre et Son interdit, plaçant chaque chose à sa juste place.
Verset 210
Ces obstinés mécréants n'attendent rien, après l'établissement des preuves lumineuses, sinon que Allah —le Puissant, le Très-Haut— vienne à eux, de la manière qui Lui sied —qu'Il soit glorifié—, dans des voiles de nuées, au Jour de la Résurrection, pour trancher entre eux par un décret équitable, et que les anges viennent : alors Allah portera sur eux Son décret. Et vers Lui seul font retour toutes les affaires des créatures.
Verset 211
Interroge —ô Messager— les Enfants d'Israël qui te contredisent : combien de signes manifestes, dans leurs livres, leur avons-Nous donnés, qui les guidaient vers la vérité — ils ont tout mécru, s'en sont détournés et les ont détournés de leurs places. Quiconque échange le bienfait de Allah — à savoir Sa religion — contre la mécréance, après l'avoir connu et que la preuve s'est dressée contre lui : Allah est, à son égard, dur en punition.
Verset 212
On a enjolivé aux yeux de ceux qui ont nié l'unicité de Allah la vie immédiate et ce qu'elle contient de désirs et de jouissances, et ils se moquent des croyants. Ceux qui craignent leur Seigneur seront, au-dessus de tous les mécréants, au Jour de la Résurrection : Allah les admettra aux plus hauts degrés du Paradis, et fera descendre les mécréants aux plus bas des degrés du Feu. Et Allah attribue subsistance à qui Il veut parmi Sa création, sans compte.
Verset 213
Les hommes formaient une seule communauté, unanimes dans la foi en Allah ; puis ils divergèrent dans leur religion. Allah envoya alors les prophètes, prédicateurs de la religion de Allah, annonçant le Paradis à quiconque obéit à Allah et avertissant du Feu quiconque mécroit en Lui et Lui désobéit ; et Il fit descendre avec eux les Livres célestes portant la vérité qu'ils contiennent, afin qu'ils tranchent entre les hommes, selon ce qui s'y trouve, au sujet de ce sur quoi ils divergeaient. Et nul ne disputa au sujet de Muhammad ﷺ et de son livre par injustice et jalousie, hormis ceux à qui Allah avait donné la Torah alors qu'ils connaissaient les arguments et les prescriptions qu'elle renferme. Par Sa faveur, Allah accorda aux croyants de distinguer le vrai du faux et de connaître l'objet de leur divergence. Et Allah guide qui Il veut parmi Ses serviteurs vers un chemin droit.
Verset 214
Vous avez supposé —ô croyants— que vous entreriez au Paradis alors que ne vous avait pas encore touchés l'épreuve semblable à celle qui frappa les croyants passés avant vous : pauvreté, maladies, peur et terreur. Ils furent ébranlés par toutes sortes d'effrois, au point que leur messager et les croyants avec lui dirent —pressés de voir venir le secours de Allah le Très-Haut— : « Quand viendra le secours d'Allah? » Apprenez que le secours de Allah est proche des croyants.
Verset 215
Tes compagnons t'interrogent —ô Prophète— : quelle part de leurs biens doivent-ils dépenser, en quels genres, pour se rapprocher de Allah le Très-Haut, et à qui la dépenser ? Dis-leur : dépensez de vos biens licites et bons tout ce qui vous est aisément possible, et réservez votre dépense aux père et mère, aux proches de vos familles et de vos parentés, aux orphelins dont les pères sont morts alors qu'ils étaient en bas âge, aux nécessiteux qui ne possèdent pas de quoi suffire à leur besoin et le couvrir, et au voyageur dans le besoin, éloigné des siens et de ses biens. Et quelque bien que vous fassiez, Allah le Très-Haut, certes, le sait.
Verset 216
Allah vous a prescrit —ô croyants— de combattre les mécréants ; or le combat vous est pénible par nature, en raison de sa dureté et de ses nombreux périls. Il se peut que vous ayez en aversion une chose qui, en réalité, vous est un bien, et il se peut que vous aimiez une chose pour l'aisance ou le plaisir immédiat qu'elle procure, alors qu'elle vous est un mal. Allah sait ce qui est un bien pour vous, et vous, vous ne le savez pas. Empressez-vous donc vers le combat sur Son chemin.
Verset 217
Les associateurs t'interrogent —ô Messager— au sujet du mois sacré : y combattre est-il licite ? Dis-leur : combattre durant le mois sacré est, aux yeux de Allah, un grand péché — le tenir pour licite et y verser le sang — ; mais empêcher les gens d'entrer dans l'islam par la torture et l'intimidation, nier Allah, Son messager et Sa religion, interdire aux musulmans d'entrer dans la Mosquée sacrée, expulser de celle-ci le Prophète et les émigrants alors qu'ils en sont les habitants et les alliés : voilà qui est péché plus grand et crime plus énorme auprès de Allah que de combattre durant le mois sacré. Et l'association dont vous êtes coupables est plus grave et plus lourde que la mise à mort durant le mois sacré. Ces mécréants ne se sont pas retenus de leurs crimes : ils y persistent, et ils ne cesseront de vous combattre jusqu'à vous faire revenir de l'islam à la mécréance, s'ils parviennent à réaliser cela. Quiconque parmi vous —ô musulmans— leur obéit, apostasie sa religion puis meurt dans la mécréance : son œuvre est perdue en ce monde et dans l'au-delà, et il devient au nombre des destinataires du feu de la Géhenne, sans jamais en sortir.
Verset 218
Ceux qui ont cru en Allah et en Son messager et ont œuvré selon Sa loi, ceux qui ont quitté leurs demeures et combattu sur le chemin de Allah : ceux-là espèrent la faveur de Allah et Sa rétribution. Et Allah est absoluteur des péchés de Ses serviteurs croyants, miséricordieux envers eux d'une vaste miséricorde.
Verset 219
Les musulmans t'interrogent —ô Prophète— sur le statut de l'usage du khamr [toute boisson enivrante qui enveloppe l'esprit et le couvre, qu'elle soit bue ou mangée] — le boire, le vendre et l'acheter —, et ils t'interrogent sur le statut du maysir [le jeu de hasard : prendre l'argent d'autrui ou le donner par pari — les compétitions où les deux parties mettent un enjeu]. Dis-leur : il y a en cela des dommages et des corruptions nombreux, pour la religion et la vie d'ici-bas, pour les esprits et les biens, et il y a en eux pour les gens des utilités, du côté des gains d'argent et d'autres ; mais leur péché est plus grand que leur utilité, car ils détournent de l'évocation de Allah et de la prière, sèment l'hostilité et la haine entre les gens, et ruinent les biens. Et ceci préparait leur interdiction. Et ils t'interrogent sur la quantité qu'ils doivent dépenser de leurs biens à titre de don spontané et d'aumône : dis-leur : dépensez ce qui excède votre besoin. C'est ainsi, par cette exposition claire, que Allah vous expose Ses versets et les règles de la Loi, afin que vous réfléchissiez à ce qui vous profite ici-bas et dans l'au-delà.
Verset 220
Et ils t'interrogent —ô Prophète— au sujet des orphelins dont les pères sont morts alors qu'ils étaient en bas âge : comment agir avec eux quant à leur subsistance et leurs biens ? Dis-leur : leur réforme est un bien : faites donc toujours ce qui leur est le plus utile. Et si vous mêlez vos affaires aux leurs dans toutes les questions de la subsistance, ils sont vos frères en religion ; et il incombe au frère de veiller à l'intérêt de son frère. Allah sait parfaitement qui dilapide les biens des orphelins et qui s'applique à les rétablir. Si Allah voulait, Il vous infligerait étroitesse et dureté en vous interdisant le mélange. Allah est invincible dans Son royaume, sage dans Sa création, Sa gestion et Sa législation.
Verset 221
N'épousez pas —ô musulmans— les idolâtres vouées au culte des idoles, jusqu'à ce qu'elles entrent dans l'islam. Et sachez qu'une esclave croyante en Allah, sans fortune ni lignage, vaut mieux qu'une idolâtre, quand même une idolâtre libre vous plairait. Et ne donnez pas en mariage vos femmes croyantes —esclaves ou libres— aux idolâtres, jusqu'à ce qu'ils croient en Allah et en Son messager. Et sachez qu'un esclave croyant, malgré sa pauvreté, vaut mieux qu'un idolâtre, quand même l'idolâtre vous plairait. Ceux-là, marqués par l'association, hommes et femmes, appellent quiconque les côtoie vers ce qui conduit au Feu, tandis que Allah —exalté soit-Il— appelle Ses serviteurs à Sa religion vraie, qui les conduit au Paradis et au pardon de leurs péchés par Sa permission, et Il expose aux gens Ses versets et Ses règles, afin qu'ils se rappellent et en tirent leçon.
Verset 222
Et ils t'interrogent au sujet des menstrues — le sang qui, par nature, s'écoule des matrices des femmes à des époques déterminées. Dis-leur —ô Prophète— : c'est une nuisance répugnante qui nuit à quiconque s'en approche. Écartez donc le commerce avec les femmes durant les menstrues, jusqu'à ce que le sang cesse ; puis, quand le sang a cessé et qu'elles se sont purifiées, avez commerce avec elles en l'endroit que Allah vous a rendu licite : le vagin, non l'anus. Allah aime Ses serviteurs qui multiplient la demande de pardon et le repentir, et Il aime Ses serviteurs qui se purifient, s'éloignant des turpitudes et des impuretés.
Verset 223
Vos femmes sont pour vous un champ de semence : vous déposez la goutte seminale dans leurs matrices, et les enfants en sortent par la volonté de Allah. Ayez donc commerce avec elles en ce seul lieu du commerce, le vagin, de la manière que vous voulez. Et devancez pour vous-mêmes, par l'observance des ordres de Allah, des œuvres pieuses ; craignez Allah, et sachez que vous Le rencontrerez pour le compte au Jour de la Résurrection. Et annonce —ô Prophète— aux croyants ce qui les réjouit et les réjouit de la belle rétribution de l'au-delà.
Verset 224
Et ne faites pas —ô musulmans— de votre serment par Allah un empêchement à la bienfaisance, au lien de parenté, à la piété et à la réconciliation entre les gens — lorsqu'on vous invite à accomplir l'une de ces œuvres et que vous vous excusez en disant que vous avez juré par Allah de ne pas la faire. Que celui qui a juré revienne donc plutôt de son serment, accomplisse les œuvres de bien, expie son serment et n'en fasse pas habitude. Allah entend vos paroles et sait la totalité de vos états.
Verset 225
Allah ne vous châtie pas pour les serments proférés sans intention dans vos invocations, mais Il vous châtie pour ce que vos cœurs ont visé. Allah est absoluteur envers quiconque revient à Lui, longanime envers quiconque Lui désobéit puisqu'Il ne hâte pas sur lui le châtiment.
Verset 226
Ceux qui jurent par Allah de ne plus jamais avoir commerce avec leurs femmes, ou pas plus de quatre mois, attendent quatre mois ; s'ils reviennent avant l'expiration des quatre mois, Allah est absoluteur de ce qui a échappé d'eux comme serment du fait de leur retour, et miséricordieux envers eux.
Verset 227
Et s'ils prennent la résolution du divorce, en persévérant dans le serment et en délaissant le commerce, Allah entend leurs paroles et connaît leurs intentions ; et Il les en rétribuera.
Verset 228
Les répudiées sujettes aux menstrues doivent attendre, sans noces après la répudiation, trois purifications ou trois menstrues à titre de délai de viduité, afin d'avoir l'assurance que leur matrice est vide de grossesse ; et il ne leur est pas permis d'épouser un autre homme durant cette viduité, jusqu'à son terme. Il ne leur est pas licite de dissimuler ce que Allah a créé dans leurs matrices — grossesse ou menstrues —, si les répudiées sont vraiment croyantes en Allah et au Jour dernier. Et les époux des répudiées ont le premier droit de les reprendre durant la viduité, et il convient que ce soit avec l'intention de réforme et de bien, non avec l'intention de nuire — les tourmenter en allongeant la viduité. Et les femmes ont sur les époux des droits pareils à ceux qui leur incombent, de la manière reconnue ; et les hommes ont sur les femmes un degré de plus : belle cohabitation, vie commune selon le convenable, charge de la maison, et possession du divorce. Allah est invincible, à qui appartient la puissance souveraine ; sage, qui dispose chaque chose à sa juste place.
Verset 229
La répudiation répudiable [celle après laquelle la reprise est possible] est double : l'une après l'autre. Le décret de Allah après chaque répudiation est de retenir la femme selon le convenable et de bien vivre avec elle après l'avoir reprise, ou de la laisser libre en la traitant bien : lui donner ses droits et ne pas la dénigrer par le répudiateur. Il ne vous est pas licite —ô époux— de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur avez donné comme douaire et semblable, sauf si les deux époux craignent de ne pas observer les droits conjugaux ; alors ils exposent leur affaire aux tuteurs, et si les tuteurs craignent que les époux n'observent pas les limites de Allah, nul grief sur les époux de ce que la femme donne à l'époux en échange de sa répudiation. Ces jugements sont les limites de Allah, qui séparent le licite de l'illicite : ne les outrepassez donc pas ; et quiconque outrepasse les limites de Allah, ceux-là sont les injustes envers eux-mêmes, en s'exposant au châtiment de Allah.
Verset 230
Si l'homme répudie sa femme pour la troisième fois, elle ne lui redevient licite que si elle épouse un autre que lui en mariage valable, et qu'il ait commerce avec elle ; et que ce mariage soit par désir, non avec l'intention de rendre la femme licite à son premier époux. Si l'autre époux la répudie ou meurt sur elle et que sa viduité s'achève, nul péché sur la femme et le premier époux de se marier par un nouveau contrat et une nouvelle douaire, s'ils estiment fermement qu'ils observeront les jugements que Allah a prescrits aux époux. Et tels sont les jugements délimités de Allah, qu'Il expose à un peuple qui connaît Ses jugements et Ses limites, car ce sont eux qui en profitent.
Verset 231
Et lorsque vous répudiez les femmes et qu'elles approchent du terme de leur viduité, reprenez-les — avec l'intention d'observer leurs droits de la manière approuvée par la Loi et l'usage —, ou laissez-les jusqu'à l'achèvement de leur viduité. Et prenez garde que leur reprise ne soit pour les nuire afin de porter atteinte à leurs droits ; quiconque fait cela s'est fait tort à lui-même en méritant le châtiment. Et ne prenez pas les versets de Allah et Ses jugements en jeu et divertissement. Et rappelez-vous le bienfait de Allah sur vous : l'islam et le détail des jugements. Rappelez-vous ce que Allah a fait descendre sur vous du Coran et de la Sunna, et remerciez-Le —exalté soit-Il— pour ces grâces immenses : Allah, par cela, vous exhorte et vous avertit de la transgression ; craignez-Le et veillez sur Lui, et sachez que Allah sait toute chose, rien ne Lui est caché, et qu'Il rétribuera chacun selon ce qu'il mérite.
Verset 232
Et lorsque vous répudiez vos femmes en deçà de trois fois et que leur viduité s'achève sans reprise, n'imposez pas —ô tuteurs— d'étroitesse aux répudiées en les empêchant de revenir à leurs époux par un nouveau contrat, si elles le veulent et qu'il y ait consentement mutuel selon la Loi et l'usage. Cela est un enseignement pour quiconque, parmi vous, croit sincèrement en Allah et au Jour dernier. Cesser l'empêchement et permettre aux époux d'épouser leurs femmes est plus fécond et plus pur pour vos honneurs, et plus grand en profit et en rétribution pour vous. Allah sait ce en quoi est votre réforme, et vous ne le savez pas.
Verset 233
Et aux mères d'allaiter leurs enfants une durée de deux années complètes, pour quiconque veut parfaire l'allaitement. Et il incombe aux pères de pourvoir aux nourrices répudiées leur nourriture et leur vêtement, sur la manière approuvée par la Loi et l'usage, car Allah n'impose à aucune âme au-delà de sa capacité. Il n'est pas licite aux deux parents de faire du nouveau-né un instrument de nuisance entre eux. Et il incombe à l'héritier, à la mort du père, ce qui incombait au père de son vivant : dépense et vêtement. Si les deux parents veulent sevrer l'enfant avant l'issue des deux années, nul grief sur eux, s'ils y consentent et se consultent, afin d'atteindre l'intérêt de l'enfant. Et si les deux parents s'accordent à faire allaiter l'enfant par une autre nourrice que sa mère, nul grief sur eux, si le père rend à la mère son droit et rend à la nourrice son salaire selon ce qui est d'usage entre les gens. Et craignez Allah dans tous vos états, et sachez que Allah est clairvoyant de ce que vous faites, et qu'Il vous en rétribuera.
Verset 234
Et ceux d'entre vous qui meurent en laissant des épouses : celles-ci doivent attendre par elles-mêmes une durée de quatre mois et dix jours, sans sortir de la demeure conjugale, sans se parer et sans se marier. Lorsque la durée dite est achevée, nul péché sur vous —ô tuteurs des femmes— dans ce qu'elles font d'elles-mêmes : sortie, parure et mariage, de la manière établie par la Loi. Allah —exalté et élevé soit-Il— est informé de vos œuvres, apparentes et cachées, et Il vous en rétribuera.
Verset 235
Nul péché sur vous —ô hommes— dans ce à quoi vous faites allusion de demande en mariage envers les femmes dont les époux sont décédés, ou les répudiées par répudiation irrévocable durant leur viduité ; nulle faute non plus dans ce que vous avez résolu en vous-mêmes d'intention de les épouser après l'achevement de leur viduité. Allah sait que vous évoquerez les femmes en viduité et que vous ne supporterez pas le silence à leur sujet, en raison de votre faiblesse ; aussi vous a-t-Il permis de les évoquer par allusion ou rétention intérieure. Prenez garde de convenir secrètement avec elles du mariage par la fornication ou l'accord sur les noces durant la viduité, sauf à dire une parole de laquelle on comprend que semblables à elles sont désirées des époux. Et ne vous décidez pas pour le contrat de noces au temps de la viduité jusqu'à ce que sa durée s'achève. Et sachez que Allah sait ce qui est en vous-mêmes ; craignez-Le donc. Et sachez que Allah est absoluteur envers quiconque revient de ses péchés, longanime envers Ses serviteurs, ne hâtant pas sur eux le châtiment.
Verset 236
Nul péché sur vous —ô époux— si vous répudiez les femmes après le contrat sur elles et avant d'avoir commerce avec elles ou de fixer leur douaire ; et gratifiez-les de quelque chose dont elles tirent profit, en compensation pour elles, pour repousser la solitude du divorce et dissiper les rancunes. Et cette gratification est due selon la situation de l'homme répudiant : au riche selon l'ampleur de sa fortune, au pauvre selon ce qu'il possède, à titre d'usage selon la manière reconnue par la Loi ; c'est un droit établi sur ceux qui font du bien aux répudiées et à eux-mêmes par l'obéissance à Allah.
Verset 237
Et si vous répudiez les femmes après le contrat sur elles sans avoir eu commerce avec elles, mais que vous vous êtes imposé à vous-mêmes un douaire déterminé, alors il vous incombe de leur donner la moitié du douaire convenu, sauf si les répudiées renoncent et laissent la moitié du douaire qui leur est dû, ou que l'époux consente à laisser à la répudiée le douaire entier. Et votre mutuel renoncement —ô hommes et femmes— est plus proche de la crainte de Allah et de Son obéissance. Et n'oubliez pas —ô gens— la libéralité et le bienfait entre vous — donner ce qui n'est pas obligatoire pour vous et le mutuel accommodement sur les droits. Allah est clairvoyant de ce que vous faites : Il vous invite au convenable et vous exhorte à la libéralité.
Verset 238
Présissez-vous de préserver les cinq prières prescrites en veillant constamment à les accomplir en leurs temps, selon leurs conditions, leurs piliers et leurs obligations, préservez la prière médiane parmi elles, à savoir la prière de l'après-midi (al-ʿasr), et levez-vous dans votre prière, obéissants à Allah, recueillis et humiliés.
Verset 239
Si vous craignez un ennemi, accomplissez la prière de la peur en marchant ou montés, sous quelque forme que vous puissiez, fût-ce par signe, ou vers une autre direction que la qibla ; et si la crainte se dissipe, accomplissez la prière de la sécurité, évoquez Allah en elle, et ne l'amenuisez pas de sa forme originelle ; et remerciez-Le de ce qu'Il vous a enseigné des affaires des cultes et des jugements que vous ignoriez.
Verset 240
Et aux époux qui meurent en laissant des épouses : qu'ils recommandent une recommandation en leur faveur, celle que l'on gratifie d'une année entière à compter du jour du décès, de résider dans la maison conjugale, sans que les héritiers les en expulsent durant l'année, en compensation pour l'épouse et bienfaisance envers le défunt. Si les épouses sortent de leur propre choix avant l'année achevée, nul péché sur vous —ô héritiers— en cela, ni gêne sur les épouses pour ce qu'elles font d'elles-mêmes de choses permises. Allah est invincible dans Son royaume, sage dans Son ordre et Son interdit. Et ce verset est abrogé par la parole du Très-Haut : ﴿وَالَّذِينَ يُتَوَفَّوْنَ مِنكُمْ وَيَذَرُونَ أَزْوَاجًا يَتَرَبَّصْنَ بِأَنفُسِهِنَّ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا﴾.
Verset 241
Et aux répudiées une gratification de vêtement et de subsistance, de la manière reconnue et approuvée par la Loi, à titre de droit sur ceux qui craignent Allah et Le redoutent en Son ordre et Son interdit.
Verset 242
C'est ainsi, par cette exposition claire des jugements des enfants et des femmes, que Allah vous expose Ses versets et Ses jugements en tout ce dont vous avez besoin pour votre vie et votre retour : afin que vous les compreniez et agissiez selon eux.
Verset 243
N'as-tu pas su —ô Messager— l'histoire de ceux qui fuirent leur terre et leurs demeures par milliers, craignant la mort — de la peste ou du combat —, Allah leur dit : mourez, et ils moururent d'un seul coup, en punition de leur fuite du décret de Allah ; puis Allah les ressuscita après un temps, pour qu'ils accomplissent leurs termes, tirent leçon et se repentent. Allah est certes d'une faveur immense envers les gens par Ses bienfaits nombreux, mais la plupart des gens ne remercient pas la faveur de Allah sur eux.
Verset 244
Et combattez —ô musulmans— les mécréants pour la victoire de la religion de Allah, et sachez que Allah entend vos paroles, sait vos intentions et vos actes.
Verset 245
Qui est celui qui dépense sur le chemin de Allah d'une dépense belle, en escomptant la rétribution, et Allah la lui multiplie en multiples innombrables de rétribution et de belle récompense ? Allah resserre et dilate : dépensez donc sans vous soucier, car c'est Lui le Pourvoyeur, qui resserre sur qui Il veut parmi Ses serviteurs dans la subsistance et la dilate pour d'autres ; à Lui la sagesse parfaite en cela, et c'est à Lui seul que vous ferez retour après la mort, et Il vous rétribuera de vos œuvres.
Verset 246
N'as-tu pas su —ô Messager— l'histoire des notables et dignitaires des Enfants d'Israël après l'époque de Mūsā ? Lorsqu'ils demandèrent à leur prophète de leur instituer un roi sous la conduite duquel ils se réuniraient et combattraient leurs ennemis sur le chemin de Allah, leur prophète leur dit : pensez-vous — comme je le présume — que s'il vous est prescrit de combattre sur le chemin de Allah, vous ne combattrez pas ? Je présume en effet votre lâcheté et votre fuite du combat. Ils dirent, s'étonnant de la présomption de leur prophète : et qu'est-ce qui nous empêcherait de combattre sur le chemin de Allah, alors que nous avons été expulsés de nos demeures et séparés de nos enfants par la mort et la captivité ? Mais lorsque Allah leur prescrivit de combattre avec le roi qu'Il leur avait institué, ils firent preuve de lâcheté et fuirent le combat, hormis un petit nombre d'entre eux qui tinrent ferme par la faveur de Allah. Allah sait les injustes, rompant leurs engagements.
Verset 247
Et leur prophète leur dit : Allah vous a envoyé Ṭālūt comme roi, en réponse à votre demande, pour vous conduire au combat de votre ennemi comme vous l'avez demandé. Les grands des Enfants d'Israël dirent : comment Ṭālūt serait-il roi sur nous alors qu'il ne le mérite pas, car il n'est ni de la tribu des rois, ni de la maison de la prophétie, et il n'a pas reçu abondance de biens pour s'aider dans sa royauté ? Nous sommes plus dignes de la royauté que lui, car nous sommes de la tribu des rois et de la maison de la prophétie. Leur prophète leur dit : Allah l'a choisi sur vous, et Lui —exalté soit-Il— sait le mieux les affaires de Ses serviteurs, et Il l'a accru d'ampleur en science et de force corporelle pour combattre l'ennemi. Allah, détenant la royauté, donne Son royaume à qui Il veut parmi Ses serviteurs ; Allah est vaste en faveur et en donation, savant des réalités des choses, rien ne Lui est caché.
Verset 248
Et leur prophète leur dit : le signe de sa royauté est que le coffret contenant la Torah — que leurs ennemis leur avaient arraché — viendra à vous ; il contient une Quiétude venant de votre Seigneur, qui affermit les cœurs des sincères, et un reste de certaines choses laissées par la famille de Mūsā et la famille d'Hārūn, comme le bâton et les fragments des Tables, que portent les anges. En cela il y a certes la plus grande preuve pour vous du choix de Ṭālūt comme roi sur vous par l'ordre de Allah, si vous êtes de ceux qui croient en Allah et en Ses messagers.
Verset 249
Lorsque Ṭālūt partit avec ses soldats combattre les Amalécites, il leur dit : Allah va vous éprouver sur la patience par un fleuve devant vous que vous traverserez, afin que le croyant se distingue de l'hypocrite. Celui qui en boit l'eau n'est pas des gens de ma religion et ne convient pas au combat avec moi ; celui qui n'y goûte pas est des miens, car il est obéissant à mon ordre et apte au combat — hormis celui qui s'en dispense et n'en puise qu'une seule poignée à la main, auquel cas nul blâme sur lui. Lorsqu'ils parvinrent au fleuve, ils se ruèrent sur l'eau et burent avec excès, hormis un petit nombre qui endurèrent la soif et la chaleur et se contentèrent de la poignée de la main ; alors les désobéissants demeurèrent en arrière. Et lorsque Ṭālūt eut traversé le fleuve, lui et le petit nombre croyant avec lui — trois cent treize et quelques hommes — pour rencontrer l'ennemi, et qu'ils virent le nombre et l'équipement de leur ennemi, ils dirent : nous n'avons aujourd'hui aucune force contre Ǧālūt et ses soldats aguerris. Alors répondirent ceux qui croient avec certitude à la rencontre de Allah, rappelant à leurs frères Allah et Sa puissance, disant : combien de groupes peu nombreux, croyants et endurants, ont vaincu — par la permission et l'ordre de Allah — des groupes nombreux, mécréants et injustes ! Et Allah est avec les endurants, par Sa grâce, Son secours et Sa belle rétribution.
Verset 250
Lorsqu'ils parurent devant Ǧālūt et ses soldats et virent le danger de leurs propres yeux, ils eurent recours à Allah par l'invocation et l'humilité, disant : « Notre Seigneur, déverse sur nos cœurs une patience immense, affermis nos pas et enracine-les dans le combat de l'ennemi, ne les laisse pas fuir devant l'horreur de la guerre, et accorde-nous la victoire, par Ton secours et Ton soutien, sur le peuple mécréant. »
Verset 251
Et ils les mirent en déroute par la permission de Allah ; et Dāwūd —sur lui la paix— tua Ǧālūt, le chef des tyrans. Allah —Puissant et Majestueux— donna à Dāwūd, après cela, la royauté et la prophétie sur les Enfants d'Israël, et lui enseigna ce qu'Il voulait des sciences. Et si Allah ne repoussait pas certains hommes par d'autres — les gens de Son obéissance et de la foi en Lui —, à savoir les gens de la désobéissance à Allah et de l'association à Lui, la terre se corromprait par la victoire de la mécréance, l'installation de la tyrannie et des gens du péché ; mais Allah est d'une faveur envers toutes les créatures.
Verset 252
Voilà les arguments de Allah et Ses preuves éclatantes, que Nous te récitons —ô Prophète— avec vérité, et tu es certes au nombre des messagers véridiques.
Verset 253
Ces messagers nobles : Allah en a préféré certains à d'autres, selon ce que Allah leur a départi. Il en est à qui Allah a parlé, comme Mūsā et Muhammad —sur eux les prières et la paix— — et cela établit l'attribut de la parole de Allah —Puissant et Majestueux— de la manière qui sied à Sa majesté. Il en est que Allah a élevé à de hauts degrés, comme Muhammad ﷺ, par l'universalité de son message, le sceau de la prophétie par lui, la préférence de sa communauté sur toutes les communautés, et autre encore. Et Allah le Très-Haut donna à Jésus fils de Marie —sur lui la paix— les preuves manifestes et les miracles éclatants : guérir par la permission de Allah le Très-Haut celui qui naquit aveugle et celui que frappait la lèpre, ressusciter les morts par la permission de Allah, et Il le renforça par Gabriel —sur lui la paix—. Et si Allah voulait que ne s'entretuent pas ceux qui vinrent après ces messagers, après que les preuves leur furent venues, ils ne se seraient pas entretués ; mais la divergence survint entre eux : les uns demeurèrent fermes dans leur foi, les autres persévérèrent dans leur mécréance. Et si Allah voulait, après que survint entre eux la divergence génératrice d'entretue, ils ne se seraient pas entretués ; mais Allah guide qui Il veut vers Son obéissance et la foi en Lui, et abandonne qui Il veut, qui alors Lui désobéit et mécroit en Lui : Il fait ce qu'Il veut et choisit.
Verset 254
Ô vous qui avez cru en Allah, attesté la vérité de Son messager et œuvré selon sa guidance : acquittez la zakāt [aumône légale prescrite] prescrite, et faites aumône de ce que Allah vous a donné, avant la venue du Jour de la Résurrection, où il n'y aura ni vente procurant profit, ni bien dont vous vous rachetiez du châtiment de Allah, ni amitié d'un ami qui vous sauve, ni intercesseur ayant autorité d'alléger pour vous le châtiment. Et les mécréants sont eux les injustes, outrepasseurs des limites de Allah.
Verset 255
Allah — nul ne mérite la divinité et l'adoration sinon Lui —, le Vivant, à qui appartiennent tous les attributs de la vie parfaite comme il sied à Sa majesté, le Subsistant par soi de toute chose, que n'assaille ni somnolence ni sommeil. Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre Lui appartient. Nul ne s'avise d'intercéder auprès de Lui qu'avec Sa permission. Son science cerne tous les êtres, passés, présents et futurs : Il sait ce qui est devant les créatures comme affaires à venir et ce qui est derrière elles comme affaires passées ; et nul des créatures n'accède à rien de Sa science sinon ce que Allah lui a fait connaître et lui a dévoilé. Son Trône (Kursī) [dans l'exégèse de ce verset : l'endroit des deux Pieds du Seigneur — exaltée soit Sa majesté —, dont la modalité n'est connue que de Allah exalté] embrasse les cieux et la terre ; et leur préservation ne Le pèse pas, Lui le Très-Haut par Son essence et Ses attributs au-dessus de toutes Ses créatures, le Réunissant tous les attributs de grandeur et de majesté. Et ce verset est le plus grand verset du Coran ; on l'appelle « le verset du Trône (āyat al-Kursī) ».
Verset 256
En raison de la perfection de cette religion et de l'évidence de ses versets, nul besoin de forcer quiconque à y entrer : les preuves sont manifestes, par lesquelles se distinguent le vrai du faux et la guidance de l'égarement. Quiconque donc mécroit en tout ce qui est adoré en dehors de Allah et croit en Allah, se tient ferme et s'affermit sur la voie la plus excellente, et saisit de la religion l'ancre la plus forte, sans rupture. Allah entend les paroles de Ses serviteurs, sait leurs intentions et leurs actes, et Il les en rétribuera.
Verset 257
Allah prend en charge les croyants par Son secours, Sa grâce et Sa protection : Il les fait sortir des ténèbres de la mécréance vers la lumière de la foi. Et ceux qui ont mécru : leurs partisans et alliés sont les idoles et les semblables qu'ils adorent en dehors de Allah, qui les font sortir de la lumière de la foi vers les ténèbres de la mécréance. Ceux-là sont les compagnons du Feu, qui s'y maintiennent, y demeurant d'une demeure éternelle dont ils ne sortent pas.
Verset 258
As-tu vu —ô Messager— plus étonnant que l'état de celui qui disputa à Ibrāhīm —sur lui la paix— au sujet de l'unicité de Allah le Très-Haut et de Sa seigneurie, parce que Allah lui avait donné la royauté ? Il s'enfla d'orgueil et demanda à Ibrāhīm : qui est ton Seigneur ? Il répondit —sur lui la paix— : mon Seigneur est Celui qui donne la vie aux créatures et elles vivent, et la leur retire et elles meurent : c'est Lui l'Unique à donner la vie et la mort. Il dit : moi, je donne la vie et la mort — c'est-à-dire je fais mourir qui je veux faire mourir et je laisse vivre qui je veux laisser vivre. Ibrāhīm lui dit : Allah, que j'adore, fait venir le soleil de l'Orient ; peux-tu changer cette loi divine en le faisant venir de l'Occident ? Ce mécréant fut confus et son argument s'interrompit — tel est l'état des injustes : Allah ne les guide pas vers la vérité et la justesse.
Verset 259
Ou as-tu vu —ô Messager— tel celui qui passa devant une cité dont les demeures s'étaient écroulées et les toits effondrés sur leurs supports ? Il dit : comment Allah fera-t-Il revivre cette cité après sa mort ? Allah le fit mourir cent années, puis lui rendit son âme et lui dit : combien de temps es-tu demeuré mort ? Il dit : je suis resté un jour ou une partie d'un jour. Il l'informa qu'il était demeuré mort cent ans, et lui ordonna de regarder sa nourriture et sa boisson — comment Allah les avait préservées de l'altération durant ce long temps —, et lui ordonna de regarder son âne, comment Allah l'avait fait revivre après qu'il fut devenu des ossements épars ; et Il lui dit : « Non! dit Allah, tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson: rien ne s'est gâté; mais regarde ton âne... Et pour faire de toi un signe pour les gens, et regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les revêtons de chair », c'est-à-dire une manifestation éclatante de la puissance de Allah à ressusciter après la mort. Il lui ordonna de regarder les ossements, comment Allah en élève les uns sur les autres, en joint les uns aux autres, puis les revêt de chair après leur jonction, puis y restitue la vie. Lorsque cela lui fut manifesté à l'évidence, il reconnut la grandeur de Allah et qu'Il est puissant sur toute chose, et il devint un signe pour les gens.
Verset 260
Et rappelle-toi —ô Messager— la demande d'Ibrāhīm à son Seigneur de lui montrer comment opère la résurrection. Allah lui dit : ne crois-tu donc pas ? Il dit : si, mais je demande cela pour que ma certitude s'accroisse sur ma certitude. Il dit : prends donc quatre oiseaux, apprivoise-les à toi, égorge-les et coupe-les en morceaux, puis dépose-en une part sur chaque montagne, puis appelle-les : elles viendront à toi en hâte. Ibrāhīm —sur lui la paix— appela, et voilà que chaque part revenait à sa place, et voilà qu'elles venaient à lui en hâte. Et sache que Allah est invincible, que rien ne Le domine, sage dans Ses paroles, Ses actes, Sa loi et Son décret.
Verset 261
Et parmi les plus grands biens dont profitent les croyants : la dépense sur le chemin de Allah. Les croyants qui dépensent leurs biens sur le chemin de Allah sont à l'image d'un grain semé en une bonne terre : voilà qu'il a sorti une tige dont se ramifient sept branches, chacune portant un épi, et chaque épi cent grains. Et Allah multiplie la rétribution à qui Il veut, selon ce qui se trouve dans le cœur du donateur comme foi et sincérité parfaite. La faveur de Allah est immense, et Lui —exalté soit-Il— sait qui la mérite, est informé des intentions de Ses serviteurs.
Verset 262
Ceux qui dépensent leurs biens dans le combat et dans les diverses œuvres de bien, puis ne suivent pas ce qu'ils ont dépensé de bienfaits d'une faveur [rappel importun du bienfait accordé] envers celui à qui ils l'ont donné, ni d'un tort, par parole ou acte, qui lui fasse sentir sa supériorité sur lui, ceux-là ont leur récompense immense auprès de leur Seigneur ; ils n'auront aucune crainte de ce qui les attend dans l'affaire de l'au-delà, et ne seront affligés pour rien de ce qui leur a échappé en ce bas monde.
Verset 263
Une parole aimable adressée au demandeur, et le pardon de l'insistance qu'il a montrée dans sa requête, valent mieux qu'une aumône que le donateur fait suivre d'un tort et d'un offense. Et Allah se passe des aumônes des serviteurs, Longanime [Celui qui ne hâte pas le châtiment des pécheurs] qu'Il ne surprend pas par le châtiment.
Verset 264
Ô vous qui avez cru en Allah et au Jour dernier, ne rendez pas vaine la récompense de ce que vous donnez en aumône par la faveur [rappel importun du bienfait] et le tort, car cela ressemble à celui qui dépense son bien pour que les gens le voient et fassent son éloge, alors qu'il ne croit pas en Allah et n'a pas la certitude du Jour dernier : son exemple est celui d'un rocher lisse couvert de terre sur lequel une pluie abondante s'est abattue et en a chassé la terre, le laissant lisse, sans rien dessus — de même, les œuvres de ces ostentateurs s'évanouissent auprès de Allah, et ils ne trouvent aucune part de récompense pour ce qu'ils ont dépensé. Et Allah ne donne pas aux négateurs de réussir au juste en leurs dépenses et autres actes.
Verset 265
Et l'exemple de ceux qui dépensent leurs biens en recherchant l'agrément de Allah et avec une conviction ferme en la vérité de Sa promesse est celui d'un jardin sur une terre élevée et bonne où une pluie abondante s'est abattue, et dont les fruits furent doublés ; et si une pluie abondante ne s'y abattait pas, la bruine suffirait à lui faire donner le fruit doublé. De même, les dépenses des sincères sont acceptées auprès de Allah et doublées, qu'elles soient peu nombreuses ou abondantes, car Allah, Celui qui connaît les secrets, Clairvoyant des apparences et des profondeurs, récompense chacun selon sa sincérité.
Verset 266
L'un de vous souhaiterait-il avoir un jardin de palmiers et de vignes, sous les arbres duquel coulent des eaux douces, où il possède toutes les espèces de fruits, alors qu'il a atteint la vieillesse et ne peut plus planter une telle plantation, et qu'il a des enfants en bas âge qui ont besoin de ce jardin — et dans cet état, un vent violent s'élève sur lui, porteur d'un feu qui le brûle ? Tel est l'état des non-sincères dans leurs dépenses : ils comparaîtront au Jour de la résurrection sans aucune bonne œuvre à leur actif. C'est par une telle exposition que Allah vous expose ce qui vous est profitable, afin que vous réfléchissiez et que vous rendiez vos dépenses sincères pour Allah.
Verset 267
Ô vous qui avez cru en Moi et suivi Mes messagers, dépensez du licite pur que vous avez gagné et de ce que Nous avons fait sortir pour vous de la terre, et ne visez pas la mauvaise part pour la donner aux pauvres — vous ne l'accepteriez pas vous-mêmes si on vous la donnait, qu'en fermant les yeux sur sa médiocrité et son défaut. Comment vous résignez-vous à offrir à Allah ce que vous ne voulez pas pour vous-mêmes ? Et sachez que le Allah qui vous a donné votre subsistance se passe de vos aumônes, Digne de louange, Loué en toute situation.
Verset 268
Cette avarice et ce choix de la mauvaise part pour l'aumône viennent du diable qui vous effraie par la pauvreté, vous incite à l'avarice et vous ordonne les désobéissances et l'opposition à Allah — exalté soit-Il. Et Allah — gloire et pureté à Lui — vous promet, en échange de votre dépense, le pardon de vos péchés et une subsistance vaste. Et Allah est vaste en grâce, Savant des intentions et des actes.
Verset 269
Allah accorde la justesse [en paroles et en actes] à qui Il veut parmi Ses serviteurs, et celui à qui Allah accorde cette faveur a reçu un bien immense. Et seuls s'en souviennent et en profitent les hommes aux intelligences éclairées par la lumière de Allah et Sa guidée.
Verset 270
Et tout ce que vous avez donné comme bien ou autre chose, peu ou beaucoup, en aumône recherchant l'agrément de Allah, ou ce que vous vous êtes imposé à vous-mêmes comme obligation de bien ou d'autre chose, Allah le sait, Lui qui est Informé de vos intentions, et Il vous en récompensera. Et celui qui retient le droit de Allah est un injuste, et les injustes n'ont pas d'assistants qui les préservent du châtiment de Allah.
Verset 271
Si vous manifester l'aumône que vous donnez pour Allah, quelle excellente chose vous avez donnée ; et si vous la dissimulez et que vous la donniez aux pauvres, cela vous est meilleur, car elle est plus éloignée de l'ostentation ; et l'aumône — avec la sincérité— efface vos péchés. Et Allah, qui connaît les subtilités des choses, rien de vos états ne Lui est caché, et Il rétribuera chacun selon son œuvre.
Verset 272
Tu n'es pas —ô Messager— responsable de la mise des négateurs sur la voie, mais Allah dilate la poitrine de qui Il veut à Sa religion et le dispose à l'observer. Et tout bien que vous distribuez, c'est vers Allah que remonte son profit, et les croyants ne dépensent qu'en recherchant l'agrément de Allah. Et tout ce que vous dépensez comme bien —avec sincérité pour Allah— vous en serez acquittés en intégralité, sans que rien ne vous en soit diminué. Et le verset établit l'attribut du visage pour Allah — exalté soit-Il — conformément à ce qui sied à Sa majesté — gloire à Lui.
Verset 273
Destinez vos aumônes aux pauvres parmi les musulmans qui ne peuvent se déplacer pour rechercher leur subsistance, occupés qu'ils sont au combat dans la voie de Allah ; ceux qui ne les connaissent pas les croient exempts de besoin, à cause de leur abstention de mendier ; vous les reconnaissez à leurs signes distinctifs et aux traces du besoin sur eux : ils ne mendient point les gens de manière absolue, et s'ils demandent par nécessité, ils n'insistent pas dans la requête. Et rien de ce que vous dépensez comme bien dans la voie de Allah n'échappe à Allah, et Il en donnera la rétribution la plus pleine et la plus parfaite au Jour de la résurrection.
Verset 274
Ceux qui dépensent leurs biens pour l'agrément de Allah, nuit et jour, en secret et au grand jour, ceux-là ont leur récompense auprès de leur Seigneur : ils n'auront aucune crainte de ce qui les attend dans l'affaire de l'au-delà, et ne seront affligés d'aucune des parts de ce bas monde qui leur a échappé. Cette législation divine sage est la méthode de l'islam en matière de dépense, pour ce qu'elle comporte de satisfaction des besoins des pauvres dans la dignité et l'honneur, de purification des biens des riches, et de réalisation de l'entraide dans la piété et la crainte — en recherchant la face de Allah, sans contrainte ni force.
Verset 275
Ceux qui commercent par le ribā [l'intérêt usuraire : l'augmentation sur le capital] ne se relèveront de leurs tombes, au Jour dernier, que comme se relève celui que le diable frappe de folie ; c'est parce qu'ils ont dit : « La vente est seulement comme le ribā », en ce que chacun des deux serait licite et conduirait à l'augmentation du bien — Allah les a démentis et a exposé qu'Il a rendu la vente licite et le ribā illicite, pour ce que la vente et l'achat comportent d'utilité pour les individus et les communautés, et pour ce que le ribā comporte d'exploitation, de ruine et de perdition. Celui à qui parvient l'interdit divin du ribā et qui s'en abstient : ce qui s'est passé avant que l'interdit ne lui parvienne lui revient, nul péché sur lui en cela, et son cas relève de Allah pour la suite de son temps ; s'il persévère dans son repentir, Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs ; et celui qui revient au ribā en l'ayant pratiqué après que l'interdit de Allah lui est parvenu, il a encouru le châtiment, la preuve est établie contre lui — c'est pourquoi Il a dit — gloire à Lui : ﴿فَأُوْلَٰٓئِكَ أَصۡحَٰبُ ٱلنَّارِۖ هُمۡ فِيها خَٰلِدُونَ ﴾ [Voilà ceux qui sont les compagnons du Feu, où ils demeureront éternellement].
Verset 276
Allah anéantit le ribā tout entier, ou prive son détenteur de la bénédiction de son bien de sorte qu'il n'en profite pas, et Il fait croître les aumônes, les multiplie, double la récompense des donateurs et les bénit dans leurs biens. Et Allah n'aime pas quiconque persiste dans sa négation, rendant licite la consommation du ribā, s'enfonçant dans le péché, l'illicite et les désobéissances à Allah.
Verset 277
Ceux qui ont cru en Allah et en Son messager, ont accompli les œuvres bonnes, ont acquitté la prière comme Allah et Son messager l'ont ordonné, et ont prélevé la zakāt [aumône légale purificatrice] de leurs biens : ceux-là ont une récompense immense, propre à eux, auprès de leur Seigneur et Pourvoyeur ; nulle crainte ne les atteindra dans leur au-delà, nulle affliction pour les parts de ce bas monde qui leur ont échappé.
Verset 278
Ô vous qui avez cru en Allah et suivi Son messager, craignez Allah, et renoncez à réclamer ce qui vous reste d'augmentations sur les capitaux de vos biens qui vous étaient dus avant l'interdiction du ribā, si vous êtes de véritables croyants, en paroles et en actes.
Verset 279
Si vous ne vous abstenez pas de ce que Allah vous a interdit, sachez alors avec certitude que vous encourez une guerre de la part de Allah et de Son messager ; et si vous revenez à votre Seigneur et abandonnez la consommation du ribā, il vous revient de percevoir les créances qui vous sont dues, sans augmentation : vous ne léserez personne en percevant au-delà de vos capitaux, et personne ne vous lèslera en diminuant ce que vous avez prêté.
Verset 280
Et si le débiteur est dans l'incapacité de s'acquitter, accordez-lui un délai jusqu'à ce que Allah lui facilite une subsistance qui lui permette de vous verser votre dû ; et si vous abandonnez le capital en entier ou en partie à la charge du débiteur, cela vous est meilleur, si vous saviez l'excellence d'une telle grâce et qu'elle est un bien pour vous dans ce monde et dans l'au-delà.
Verset 281
Et méfiez-vous —ô hommes— du jour où vous serez ramenés à Allah : c'est le Jour de la résurrection, où vous comparaîtrez devant Allah pour être jugés, et où Il rétribuera chacun de vous selon ce qu'il aura œuvré de bien ou de mal, sans que l'injustice ne l'atteigne. Et le verset indique que l'abandon de ce que Allah a interdit comme gains usuraires achève la foi et ses droits : l'acquittement de la prière, l'acquittement de la zakāt et la pratique des œuvres pies.
Verset 282
Ô vous qui avez cru en Allah et suivi Son messager Muhammad ﷺ, lorsque vous traitez entre vous par un crédit à terme déterminé, mettez-le par écrit, pour préserver le bien et conjurer la contestation. Et que l'écriture soit tenue par un homme honnête et fidèle, et que celui à qui Allah a enseigné l'écriture ne s'y refuse pas ; et que le débiteur se charge de dicter ce qu'il doit, qu'il craigne son Seigneur et ne diminue rien de sa dette. Si le débiteur est incapable de gérer ses affaires, ou est un enfant, ou un insensé, ou ne peut s'exprimer — muet ou incapable de parler complètement —, que dicte en son lieu celui qui a charge de ses intérêts. Et recherchez le témoignage de deux hommes musulmans, majeurs, sains d'esprit et probe ; si l'on ne trouve pas deux hommes, prenez un homme et deux femmes dont vous agréez le témoignage, afin que si l'une oublie, l'autre lui rappelle. Et aux témoins de répondre à celui qui les appelle à témoigner, et de déposer quand ils y sont requis ; et ne vous lassez pas de mettre la dette par écrit, qu'elle soit minime ou considérable, avec son terme — c'est là ce qui est le plus équitable auprès de la loi et de la guidée de Allah, le plus grand appui à l'établissement du témoignage et à son rendu, et le plus propre à écarter le doute sur la nature de la dette, son montant et son échéance. Mais s'il s'agit d'une transaction immédiate, que vous concluez entre vous, il n'y a pas de faute à ne pas l'écrire ; et il est recommandé de la faire témoigner, pour prévenir la contestation. Et il incombe aux témoins et au scribe de déposer et d'écrire comme Allah l'a commandé, sans que ni le créancier ni le débiteur ne cause de tort aux scribes et aux témoins ; de même, il n'est pas permis aux scribes et aux témoins de léser quiconque a besoin de leur écrit ou de leur témoignage. Si vous faites ce qui vous a été interdit, vous serez au nombre des pervers. Et craignez Allah en tout ce qu'Il vous a commandé et interdit ; et Allah vous enseigne tout ce qui assure votre prospérité en ce monde et dans l'au-delà. Et Allah, de toute chose est Savant : rien de vos affaires ne Lui échappe, et Il vous en rétribuera.
Verset 283
Si vous êtes en voyage et ne trouvez personne pour écrire, remettez alors au détenteur du droit un gage qui restera chez lui en garantie de son droit jusqu'à ce que le débiteur acquitte sa dette ; et si l'un de vous se fie à l'autre, il n'y a pas de faute à renoncer à l'écrit, au témoignage et au gage, la dette demeurant un dépôt confié à la conscience du débiteur, tenu de l'acquitter et de veiller à Allah en ne trahissant pas son pareil. Si le débiteur nie la dette qui est sur lui et qu'il se trouve quelqu'un qui ait été présent et témoin, celui-ci doit faire paraître son témoignage ; et quiconque dissimule ce témoignage a un cœur perfide et pervers. Et Allah, Celui qui connaît les secrets, dont la science embrasse toutes vos affaires, vous en demandera compte.
Verset 284
À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qu'ils contiennent — royauté, gestion et embrassement : rien ne Lui échappe. Et ce que vous manifestez de ce qui est en vous ou ce que vous cachez, Allah le sait et vous en demandera compte : Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Et Allah est capable de toute chose. Puis Allah a honoré les musulmans en faisant grâce ensuite des propos de l'âme et des mouvements du cœur, tant qu'ils ne sont suivis d'aucune parole ni d'aucun acte, ainsi que cela est établi du Messager de Allah ﷺ.
Verset 285
Le Messager de Allah, Muhammad ﷺ, a cru et a eu la certitude de ce qui lui a été révélé de la part de son Seigneur — et il était en droit d'avoir la certitude — ; les croyants de même ont cru et ont œuvré conformément au Coran sublime : chacun d'eux a cru en Allah comme Seigneur et Divinité, pourvu des attributs de majesté et de perfection, que Allah possède des anges nobles, qu'Il a fait descendre des livres et envoyé à Sa création des messagers — nous ne croyons pas, nous les croyants, en certains d'entre eux pour en renier d'autres, mais nous croyons en eux tous. Et le Messager et les croyants ont dit : « Nous avons entendu, ô notre Seigneur, ce que Tu as révélé, et Nous avons obéi en tout cela ; nous espérons que Tu pardonnes — par Ta grâce — nos péchés, Toi qui nous as élevés par les faveurs dont Tu nous as comblés, et c'est vers Toi seul qu'est notre retour et notre devenir. »
Verset 286
La religion de Allah est tolérance, sans dureté : Allah n'exige pas de Ses serviteurs ce qu'ils ne peuvent porter ; quiconque fait un bien en obtient un bien, et quiconque fait un mal en obtient un mal. « Ô notre Seigneur, ne nous châtie pas s'il nous arrive d'oublier quelque chose de ce que Tu nous as prescrit, ou de commettre une erreur en faisant ce que Tu nous as interdit de faire ; ô notre Seigneur, ne nous impose pas la charge que Tu as imposée à ceux d'avant nous, les désobéissants, pour les châtier ; ô notre Seigneur, ne nous fais pas porter ce que nous ne pouvons supporter comme obligations et épreuves, efface nos péchés, couvre nos défauts, accorde-nous Ta bienveillance ; Tu es le Maître de notre affaire et Son ordonnateur : donne-nous la victoire sur ceux qui ont renié Ta religion, nié Ton unicité et traité Ton prophète Muhammad ﷺ de menteur, et fais que l'issue finale soit pour nous contre eux, en ce monde et dans l'au-delà. »